Entretien sur Radio-Ici-Et-Maintenant, à Paris, le 28 octobre 2013 (où l’on reparle de Michel Rocard)

24/11/2013 | 49 commentaires

Encore une vidéo, pardon 🙂

Si un virus a le cou­rage d’en extraire des petites pépites, c’est bien.

Je pense que vous aime­rez le pas­sage sur Montaigne.

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Étienne

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49 Commentaires

  1. Ana Sailland

    Je note avec une immense satis­fac­tion que l’im­pul­seur modeste, celui qui est sous les spots, de dis­cours en dis­cours, intègre les dièses et les bémols qu’é­mettent au fil des mois ses amis et col­lègues-citoyens, voire ses adversaires.
    C’est sou­vent juste une demi-phrase, qui suf­fit dans sa densité.
    Un repré­sen­tant, ça devrait être comme ça.
    S’il était nom­breux, ce serait bien pratique.
    Mais il est trop rare pour qu’on conti­nue à accep­ter d’être repré­sen­tés et de n’être que cela.

    @Montaigne

    Voir celui avec qui je converse s’en­flam­mer au delà du rai­son­nable, fou par­fois, au point, dérive ter­rible, de cher­cher à bles­ser, le voir ne m’est pas utile que par les quelques idées qu’il émet et que je pour­rais pio­cher, mais aus­si et sur­tout par cela que le spec­tacle affli­geant qu’il m’offre, m’en­seigne sur ces forces qui sont en moi et que je dois ne pas lais­ser me dominer.

    M’i­so­ler de lui sera par­fois néces­saire, mais en der­nière extré­mi­té, lors­qu’il y a dan­ger, ou consom­ma­tion de trop de mon temps.

    S’i­so­ler n’est pas for­cé­ment per­dant, et en Asie, cer­tains le font, en quelques grottes, per­sua­dés que culti­ver leur sagesse au creux de l’ombre la fera rayon­ner au delà des montagnes.

    Mais m’i­so­ler dans ma mon­tagne pour n’y pen­ser que seule me lais­se­rait bien pauvre en évo­lu­tion et bien riche en orgueil. Orgueil caché.

    Me voi­ci donc sou­vent en face d’un inter-locuteur ->

    Je gagne plus à écou­ter qu’à me taire, car si j’é­coute, je reçois, tan­dis que si je parle je donne.
    Mais croire que rece­voir m’en­ri­chit plus que don­ner est peut être une erreur.
    Car enri­chir l’autre, c’est enri­chir le couple que je forme avec lui, mais aus­si, à tra­vers lui, le monde, qui me contient, et donc me nour­rit, en Esprit.
    Donc, je m’en­ri­chis aus­si en par­lant, par un effet boo­me­rang et cos­mique, dont nul ne sait l’ampleur.
    Cepen­dant, il ne s’a­git pas par mes mots de gaver, mais bien de nour­rir, d’of­frir une impul­sion à la réflexion de l’autre, et de tout l’ex­té­rieur de moi, réflexion qui leur per­met­tra à leur tour de m’impulser.
    Ain­si donc, ce que nous appe­lons la dis­pute, si elle est aimable, mais ferme, impo­se­ra aux convives des mots, de chan­ger inten­tion­nel­le­ment celui qu’ils sont, à la lumière de celui qui est autre, et lui aus­si change.
    Et cette dis­cus­sion, qui peut être âpre autant qu’un des­sert au gin­gembre, piment d’o­rient, sel de Gué­rande, géné­re­ra du pen­ser vivant, qui s’en­vo­le­ra au loin pour ense­men­cer le monde.
    Ain­si donc, lorsque nous bavar­dons, nous chan­geons le monde.
    C’est bien enten­du une immense responsabilité.
    Qui nous impose de dis­ci­pli­ner notre puis­sance de diseur-écou­teur afin de la mettre au ser­vice du mieux et non pas au ser­vice de notre petit être.
    Cette dis­ci­pline ne peut pas­ser que par la sur­veillance constante de l’être par lui-même.
    L’art de la conver­sa­tion est donc un entrai­ne­ment à la conscience, autant que la conscience est un préa­lable à l’art de la conversation.
    En ce sens que la conscience, ce dia­mant poly­édrique, si mul­tiple qu’il est indes­crip­tible, se fonde en l’une de ses facettes sur ce veilleur, dit intérieur.
    De nos jours, nous ne par­lons plus latin, mais tech­nique, une langue nou­velle, et si tu étais là encore, tu sau­rais que s’il est un peu mul­ti­tâche, notre cer­veau ne l’est que peu. Si bien que don­ner force à cet asses­seur inté­rieur, qui doit me sur­veiller lorsque je converse, néces­site tout un tra­vail, une inten­tion aus­si conti­nue que ce que nos paresses vitales permettent.
    Ce n’est qu’à ce prix que ces forces qui sont en moi et que je ne dois pas lais­ser prendre pou­voir, seront disciplinées.

    Ceci, c’é­tait peut être un peu long, désigne la voie de la volon­té, mais il en est une autre, qui s’ap­pelle la voie de la gen­tillesse, et de la bien­veillance. Mes ami­tiés à Étienne (de La Boétie)

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  2. EFFAB

    @1, ANA et MONTAIGNE

    L’art de la conver­sa­tion est donc un entrai­ne­ment à la conscience, autant que la conscience est un préa­lable à l’art de la conversation.

    gen­tillesse et bien­veillance, ces préa­lables à toute volon­té et pré­ten­tion (exi­gence) poli­tiques et socié­tales, ces fon­da­men­taux men­taux, intel­lec­tuelles, idéo­lo­giques… si joli­ment incar­nés ici, en quelques per­sonnes, me semble, et notre hôte, ce pléo­nasme, ce lieu commun^^

    Réponse
  3. AlainR

    Il y a peut-être un point que tu n’a­bordes pas, ou rare­ment ? C’est celui du confor­misme ou conser­va­tisme méri­to­cra­tique qui conduit au pou­voir (concours ou élec­tion) les plus aptes à se sou­mettre à l’ordre imposé.

    Grâce à toi, des élec­teurs deviennent des citoyens débu­tant et bal­bu­tiant. Ce ne sont pas « les meilleurs » consti­tuant mais c’est « le meilleur » moyen de créer une Consti­tu­tion, et de tou­jours la faire vivre, et de tou­jours résis­ter contre les pou­voirs conser­va­teurs en place.

    =====
    « On est en train de sélec­tion­ner les gens les plus dan­ge­reux ».
    Albert Jac­quard – 1994 – Noms de dieux. 

    =====
    De l’im­por­tance de tra­ver­ser hors des clous
    24 novembre 2013
    http://​www​.media​part​.fr/​j​o​u​r​n​a​l​/​c​u​l​t​u​r​e​-​i​d​e​e​s​/​2​4​1​1​1​3​/​d​e​-​l​i​m​p​o​r​t​a​n​c​e​-​d​e​-​t​r​a​v​e​r​s​e​r​-​h​o​r​s​-​d​e​s​-​c​l​ous

    Extrait :
    « (…) Pour l’an­thro­po­logue, l’a­nar­chisme est plu­tôt à entendre dans le sens de la mutua­li­té ou de la « coopé­ra­tion sans hié­rar­chies et sans le mono­pole de l’État ».

    S’il en fait alors l’é­loge, c’est aus­si, avant tout, pour la « tolé­rance dont font preuve les anar­chistes à l’é­gard de la confu­sion et de l’im­pro­vi­sa­tion qui accom­pagnent l’ap­pren­tis­sage social ain­si que la confiance en la coopé­ra­tion spon­ta­née et la réci­pro­ci­té ». Il cite à ce sujet Rosa Luxem­burg, pour laquelle « les erreurs com­mises par un mou­ve­ment ouvrier véri­ta­ble­ment révo­lu­tion­naire sont his­to­ri­que­ment infi­ni­ment plus fécondes et plus pré­cieuses que l’in­failli­bi­li­té du meilleur « comi­té cen­tral » » (…) »

    =====
    Il faut beau­coup d’in­dis­ci­pli­nés pour faire un peuple libre.
    Georges Bernanos

    Réponse
  4. Ana Sailland

    En effet :

    -Le génie n’est pas pro­gram­mable, et le désordre ou l’im­pro­vi­sa­tion sont à l’in­ven­tion ce qu’un jar­din sau­vage est à la permaculture.

    -Il y a sur ce site une vidéo d’en­tre­tiens où un pro­fes­sion­nel de la poli­tique explique très bien com­ment les nuls sont pro­mus en fonc­tion de leur capa­ci­té à ne pas faire d’ombre aux éléphants.
    (De toute évi­dence, ce méca­nisme concerne jus­qu’au som­met de l’E­tat, ce qui pose la ques­tion du qui gou­verne la gouvernance)

    -Le prin­cipe de Peters fonc­tionne tou­jours, même s’il est si clas­sique qu’on l’in­voque peu.

    -La modes­tie, l’hon­nê­te­té sans faille, intel­lec­tuelle autant que morale, la lim­pi­di­té, la bra­voure et le sens du sacri­fice, sont des qua­li­tés qu’on devrait pou­voir attendre d’un gou­ver­nant ; mais pour accé­der à ce sta­tut, il est néces­saire d’être immo­deste et obs­cur, et de savoir tru­quer, mentir.
    Par­mi les failles du sys­tème, celle-ci est peut être la plus des­truc­trice de la séré­ni­té d’un pays.

    -Les gens les plus com­pé­tents sont pas­sion­nés par d’autres aven­tures que la course au pou­voir. Par contre, cer­tains qui connaissent leurs fai­blesses et lacunes trouvent sur ce ter­rain un refuge où les cacher devient pos­sible, confor­table, ou glorieux.

    -L’ap­pren­tis­sage du jeune poli­tique est un appren­tis­sage de la rou­blar­dise. Plus que sou­vent il y per­dra son âme (syn­drome de Lorenzacio)

    :::::

    J’ai un ami res­tau­ra­teur qui a réus­si par miracle à se faire entendre au plus haut niveau pour y expli­quer les impos­si­bi­li­tés tech­niques dont il souffre, lui ain­si que ses col­lègues, par la force des lois et des taxes. Il a pu entendre : « On ne savait pas ». Comme jus­ti­fi­ca­tif mais sans honte. -> Ces gens qui décident pour nous sont vrai­ment nuls, décon­nec­tés de la réa­li­té et des gens.

    ;;;;;

    Dou­tant qu’un JLM élu choi­si­rait une 6ème répu­blique démo­crate au point d’im­pli­quer son retrait, je suis en colère de l’a­voir vu s’emparer du « Que se vayan todos ».

    Réponse
  5. NaturaïKarta

    Mer­ci Albert Jac­quard pour cet entre­tien sur le confor­misme qui sévit dans tous les rangs car le dan­ger est par­tout de se conformer.

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  6. EFFAB

    Pour une nou­velle démo­cra­tie en Europe…

    Réponse
  7. Florence

    1 – Sur la figu­ra­tion de l’or­ga­ni­sa­tion sociale, celle d’au­jourd’­hui (et depuis long­temps ?) lou­chant sérieu­se­ment sur la pyramide :

    Impos­sible pour moi d’i­ma­gi­ner qu’un repré­sen­tant ou un délé­gué fût supérieur.

    Dans l’ac­tion et le mou­ve­ment qui carac­té­risent la vie sociale, une vague « déci­sion­nelle » va prendre son élan, les posi­tions humaines peuvent y être mul­tiples, cha­cune néces­saire et chan­geante (plus ou moins ?).

    Et pas de hau­teur sans fond…

    tan­dis que les vagues peuvent se com­plaire à la houle, en mul­ti­tude d’é­ma­na­tions, d’une mer bien oxy­gé­née, et pleine de courants…

    Cela rejoint pos­si­ble­ment et en par­tie l’i­dée d’E­tienne lors­qu’il énonce son absence de gêne à être de la base.

    Si on aban­don­nait donc cette image de la pyra­mide, elle est sta­tique, et comme cher­chant l’ab­so­lue sta­bi­li­té, l’im­mua­bi­li­té, l’é­cra­se­ment du bas. L’empèsement la guette, ou le rétré­cis­se­ment, aus­si peu enviable.

    (La pro­po­si­tion de la mettre à l’en­vers n’est-il pas le réflexe d’en finir avec elle ?)

    Et de la hié­rar­chie des êtres ou des fonc­tions : notion récur­rente qui nous aveuglerait…

    2 – J’ai été très inté­res­sée par l’i­dée de for­ma­tions col­lec­tives par ailleurs, voire indi­vi­duelles, elles aus­si mou­vantes, fri­sant l’in­cer­tain, sou­ter­raines aussi.

    La vision est – certes et encore – ani­mée, dynamique !

    Au cours de la conver­sa­tion, le scé­na­rio est celui de la catas­trophe et de la répres­sion humaine pour ima­gi­ner les res­sources néces­saires : l’in­té­rêt de forces de toute nature, en écho à la diver­si­té de la Nature, où les « iso­lats » ont leur per­ti­nence et leur place, est très sti­mu­lante à mes yeux !

    Et quel calme dans le tem­po des échanges ici : très appréciable.

    Réponse
  8. boris

    Bon­jour

    Je ne me lasse pas de vous écou­ter et le sou­haite encore. La répé­ti­tion me forme, donc merci.

    J’ai trou­vé que l’ac­cent mis sur com­ment faire était inté­res­sant, car après avoir com­pris l’in­té­rêt d’é­crire notre consti­tu­tion, il faut pou­voir pro­po­ser un mode opé­ra­toire plau­sible et fai­sable. Comme toute struc­ture il faut écrire « un plan rouge » .

    Je pense qu’il serait même bon d’en faire un fas­ci­cule télé­char­geable avec les grandes idées (tirage au sort, contrôle), les réfé­rences his­to­riques (Aris­tote, Mon­tes­quieu, Mon­taigne …) une FAQ qui répond aux objec­tions cou­rantes, les réfé­rences biblio­gra­phiques, et les moda­li­tés dont vous avez par­lé : Tirer au sort 2 assemblées…

    Enfin je lis le livre inti­tu­lé : le point de bas­cule qui traite de l’é­mer­gence du chan­ge­ment sur le mode des épidémies

    http://www.amazon.fr/Le-point-bascule-Comment-diff%C3%A9rence/dp/2081285746/ref=sr_1_1?ie=UTF8&qid=1385554388&sr=8–1&keywords=le+point+de+bascule

    « Des­crip­tion de l’ouvrage :

    Date de publi­ca­tion : 26 sep­tembre 2012 | Série : Champs Essais (Livre 1051)

    Com­ment New York, capi­tale du crime, est-elle deve­nue une ville sécu­ri­taire en quelques mois au milieu des années Iggo ? Conti­nent une marque de chaus­sures has been a‑t-elle recon­quis le mar­ché mon­dial de la mode à par­tir de quelques clubs bran­chés de Man­hat­tan ? Com­ment expli­quer les « épi­dé­mies » de sui­cides en Micro­né­sie ?… Le point de bas­cule est l’his­toire d’une idée toute simple : la meilleure façon de com­prendre l’é­mer­gence des modes, la baisse de la cri­mi­na­li­té, la nais­sance des best-sel­lers, l’aug­men­ta­tion du taba­gisme chez les ado­les­cents, le phé­no­mène du bouche à oreille, ou tout autre chan­ge­ment a prio­ri mys­té­rieux, consiste à les conce­voir comme des épi­dé­mies. Et rien ne résiste à l’a­na­lyse de Mal­colm Clad­well : mode, mar­ke­ting, idéo­lo­gie reli­gieuse, socié­té de haute tech­no­lo­gie, pas même la Révo­lu­tion amé­ri­caine ! Retra­çant la genèse de quelques suc­cès reten­tis­sants, il montre que des chan­ge­ments mineurs, minu­tieu­se­ment pla­ni­fiés, peuvent pro­vo­quer de véri­tables épi­dé­mies sociales. Dans tous les cas, un oiseau rare, un prin­cipe d’adhé­rence qui rende un tres­sage « conta­gieux », et un contexte favo­rable suf­fisent à déclen­cher l’é­pi­dé­mie. Quel que soit le domaine : com­ment pro­vo­quer un effet boule de neige. »

    À mon avis, s’ap­puyer sur ce tra­vail pour pro­pa­ger l’é­pi­dé­mie pour­rait nous être béné­fique ; mais peut-être que ce sujet a déjà été abordé ?

    Bien à tous

    Réponse
  9. Étienne

    Benoît (Darous­sin), grand virus devant l’Éternel, 
    a tout de suite com­po­sé ce pré­cieux montage :

    Et puis ça, aussi : 

    Mille mer­cis à lui !

    Faites pas­ser ! 🙂

    Étienne.

    Réponse
  10. Florence

    Boris, mer­ci de votre référence !

    (et je relève la même pas­sion à écou­ter toute nou­velle vidéo d’Étienne — tan­dis que je me bride pour ne pas ré-écou­ter celles déjà vision­nées : un bain de rap­pel et de réac­ti­va­tions, mais non de « jou­vence » — comme dirait le poli-Ro-card ;

    nota : entendre les pro­pos de ce der­nier est si illus­tra­tif de ce que dit Étienne, tant à la radio que sur le pla­teau de la ren­contre même : « enfant, jeu­not Étienne, enfin, comme vous êtes mignon, et mineur… Moi, je sais, et vous, quels fougue et imma­tu­ri­té, idéa­lisme. » Alors, enfant ou ado, Étienne : on hésite ! 🙂 Peut-être fémi­nin, aus­si ? car, d’ex­pé­rience et de socio­lo­gie, l’at­ti­tude mas­cu­line de ten­dresse hau­taine voire de com­mi­sé­ra­tion sont sou­vent dans les rela­tions hommes / femmes, dès qu’il s’a­git de sérieux, de pou­voir, de poli­tique).

    J’ai une ques­tion, pour vous, tou­jours Boris, à la suite de votre pré­sen­ta­tion du livre :

    quels méca­nismes d’adhé­sion, ou d’adhé­rence y sont mis à jour, à par­tir de l’épidémie ?

    J’ai immé­dia­te­ment pen­sé à la notion de « masse cri­tique », mais aus­si aux tra­vaux de René Girard, autour du « désir mimé­tique » :

    http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9sir_mim%C3%A9tique

    J’ai enten­du éga­le­ment par­ler de recherches en Mémé­tique, sans avoir vrai­ment regar­dé par là. Est-ce en lien direct ? Le nom est sau­gre­nu et drôle en fran­çais mais cache pos­si­ble­ment toutes ces études igno­rées de la grande masse de per­sonnes que nous sommes, mais très sui­vies par ceux qui savent com­man­der et récol­ter les fruits de leur agis­se­ments exploiteurs.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9m%C3%A9tique

    Réponse
  11. boris

    @ flo­rence

    Je ne connais­sais pas les tra­vaux de Girard mais cela ren­voie à 
    un autre livre connu et étu­dié dit on par les RG : les lois de l’i­mi­ta­tion étude socio­lo­gique – Gabriel TARDE.

    Info ou intox je ne peux pas le dire …petit bjr en pas­sant à la task force 🙂

    En ce qui concerne votre ques­tion je viens de com­men­cer ce livre et il me faut le travailler.

    Je viens de ter­mi­ner le 1° aspect à savoir les oiseaux rares ; Il s’a­git de per­son­na­li­té ayant des capa­ci­tés à entrer faci­le­ment en rela­tion avec les autres (connec­teur) , à récol­ter de de l’in­for­ma­tion (maven), et à savoir vendre la chose (ven­deur).

    Il y a rare­ment un indi­vi­du qui rem­pli ces trois fonc­tions. Est cité en exemple en tant que connec­teur et maven , Mr Revere qui en 1775 fut, dit on, le déclen­cheur de la révo­lu­tion d’in­dé­pen­dance des états unis d’A­mé­rique en aler­tant les habi­tants de sa colonie.

    Voi­là pour l’instant.

    Sachant que nous sommes au maxi­mum à 6 poi­gnées de mains d’un indi­vi­du pris au hasard, nous avons for­ce­ment pas très loin de nous un connec­teur un maven et un vendeur. 

    Voi­là l’i­dée que j’a­vais en com­men­çant ce livre : cibler les oiseaux rares.…

    Réponse
  12. Florence

    Mer­ci Boris.
    Intriguant.

    Vous regar­de­rez aus­si du côté de la mémétique ?
    Je lisais l’ar­ticle de Wiki­pe­dia un peu plus atten­ti­ve­ment il y a un instant.
    Ceci me fait aus­si assez peur… les idéo­lo­gies post-huma­nistes en fond.

    On attend votre syn­thèse alors ? 🙂

    Réponse
  13. Étienne

    MANDAT COURT ET NON RENOUVELABLE
    IMPÉRATIF ET RÉVOCABLE

    Je découvre que ces deux (très) gen­tils virus ne jouent pas que du violon…

    Ça paye 🙂

    Aidez-les à com­po­ser leurs listes de tirés au sort pour les euro­péennes, s’ils en ont besoin (je ne sais plus où ils en sont exactement) : 

    Réponse
  14. Ronald

    Bon­jour Étienne,

    J’ai regar­dé votre inter­view. C’est tou­jours un plai­sir de vous écou­ter. Je ne vais pas tout reprendre. Juste quelques remarques qui me viennent à l’esprit.

    • Sur Mon­taigne, je confirme que la lec­ture en est tou­jours enrichissante. 
    Mais effec­ti­ve­ment, je l’ai lu en fran­çais de l’époque (édi­tion de la Pléiade) et c’est vrai que c’est assez fastidieux. 
    Si je le relis un jour, je le ferai dans l’édition que vous proposez.

    • Sur l’organisation en struc­ture (18:38) : je suis content que vous conti­nuiez à frei­ner contre ceux qui veulent une orga­ni­sa­tion struc­tu­rée. À mon avis, il faut res­ter sur cette posi­tion. Vous dites qu’une struc­ture, c’est comme don­ner son nom pour être sur­veillé et arrê­té. C’est vrai, mais il me semble que le prin­ci­pal pro­blème n’est pas là. C’est que qui dit struc­ture dit hié­rar­chie, et que on ne peut pas comp­ter sur une hié­rar­chie pour ins­tau­rer un sys­tème démo­cra­tique (le moyen contre­dit la fin). Dès qu’il y a une struc­ture, il y a des places à prendre, des luttes d’égos (même pour des asso­cia­tions de bou­listes ou ce genre de truc, je l’ai vu). Et a par­tir de là, c’est fichu.

    D’autant que, quand il y a une struc­ture orga­ni­sée, il est plus facile pour ses enne­mis de la neu­tra­li­ser en en pre­nant les manettes. Tous les nou­veaux par­tis dans l’histoire ont tou­jours dit au départ qu’ils vou­laient défendre le plus grand nombre. Et il est cer­tain que la pre­mière géné­ra­tion est de bonne foi. Mais très rapi­de­ment, les choses dégé­nèrent. S’il nait un « par­ti démo­crate », je suis convain­cu qu’il ne fau­dra que quelques années pour qu’il soit noyau­té par des gens aux objec­tifs contraires : psy­cho­pathes mani­pu­la­teurs, anciens diri­geants de banque, anti­fas, agents de la CIA, etc.

    Le pro­blème est qu’un mou­ve­ment non orga­ni­sé est beau­coup moins effi­cace, et que le tra­vail sera beau­coup plus long, si même il abou­tit un jour.

    Mais le com­pro­mis est dif­fi­cile à trou­ver. Une orga­ni­sa­tion sans droit d’entrée et sans hié­rar­chie ? Est-ce encore une orga­ni­sa­tion ? Alors, faute de mieux, on pour­rait adop­ter ce que vous pro­po­sez : des struc­tures asso­cia­tives mais AUSSI des gens exté­rieurs. Ça pour­rait peut-être mar­cher (d’autant que le mou­ve­ment démo­cra­tique, qui mêle des gens qui croient à l’action col­lec­tive et d’autres de ten­dance anar­cho-indi­vi­dua­liste, s’y prête assez bien). J’avoue que je n’ai pas de solu­tion évi­dente en tête.

    • Sur la créa­tion moné­taire : vous dites (42:00) « c’est une mal­chance qu’il y ait des acteurs pri­vé qui ont com­pris avant l’acteur public com­ment créer la mon­naie ».

    Je ne vois pas les choses ainsi. 

    Quand John Law pro­pose son sys­tème au régent, cela lui vau­dra de pou­voir à la fois créer la Banque Géné­rale (pri­vée), qui créait la mon­naie et d’être nom­mé Contrô­leur Géné­ral des Finances (charge publique). Cela était nor­mal car le sou­ve­rain se consi­dé­rait un peu comme le pro­prié­taire de son Royaume et qu’il n’y avait pour lui pas la même dif­fé­rence entre pri­vé et public qu’aujourd’hui. Depuis lors, il a sans doute été consi­dé­ré comme natu­rel que ban­quiers et poli­tiques gèrent main dans la main le pays comme leur bien. Aujourd’hui qu’intérêt pri­vé et ges­tion publique sont bien dis­tincts, cela com­mence à sem­bler inop­por­tun. Le pou­voir moné­taire déte­nu par les ban­quiers est une sur­vi­vance du régime mono-/oli­gar­chique dans un monde en voie de démocratisation.

    • Sur la presse (1:02:26), je me fai­sais la même réflexion que vous. J’ai aus­si l’impression qu’elle est de plus en plus médiocre, et que l’on se fout de plus en plus ouver­te­ment de nous. Je ne la lis plus beau­coup, mais rien que ces deux der­nières semaines, on peut trou­ver des énormités. 
    Par exemple nous avons cette anthro­po­logue qui trouve que « Quand je voyage en France, ce bon­heur de vivre au quo­ti­dien me saute tou­jours aux yeux. ».
    Ou une poli­ti­cienne qui, après 30 ans de car­rière, un poste de dépu­té, de ministre, une can­di­da­ture à l’élection pré­si­den­tielle, etc, découvre aujourd’hui que « Trop de cor­rom­pus sont réélus » (peut-être des cor­rom­pus du camp adverse au sien ?). 
    Ou encore le Secré­taire géné­ral de l’OCDE qui trouve que les États devraient don­ner plus d’argent aux banques (non ce n’est pas une blague, voyez ici).

    Et tout cela sans contra­dic­teurs.

    J’ai l’impression qu’il y a 20 ans, on n’aurait pas pu entendre de telles incon­grui­tés dans la presse. 
    Est-ce que les médias sont à ce point deve­nus décon­nec­tés du monde réel, ou est-ci qu’ils sont de plus en plus sou­mis aux pou­voirs éta­blis, je ne sais trop.

    • Sur la guerre (1:16:10) enfin : effec­ti­ve­ment elles sont déclen­chées par le pou­voir, notam­ment celle de 1914. Et les peuples et ceux qui parlent en leur nom (ex : Jau­rès) cherchent à l’éviter.

    C’est ce que ne semble pas avoir com­pris cette per­sonne-ci qui a été mise en avant par les médias lors des com­mé­mo­ra­tions du 11 novembre, exemple assez typique de l’ « idiot de gauche ». 

    Ce qu’il faut dire est que le 11 novembre com­mé­more une guerre déclen­chée par les élites contre la volon­té des peuples et qui a cau­sé des mil­lions de vic­times par­mi eux. Et que Fran­çois Hol­lande est le suc­ces­seur de ces élites. Et qu’à nou­veau, il aurait été prêt à déclen­cher pas plus tard qu’en sep­tembre der­nier une troi­sième guerre mon­diale en atta­quant la Syrie, là aus­si contre la volon­té de la popu­la­tion.

    Tout en étant cyni­que­ment conscient qu’il prend une déci­sion contraire à ce que sou­haite la population.

    Ronald

    Réponse
  15. EFFAB

    @16… cette per­sonne-ci

    Vous ne trou­vez pas com­bien ce pauvre bougre fait tache au milieu de la foule, com­plè­te­ment à côte de la plaque et condi­tion­né à l’ex­trême, joli­ment for­ma­té, ô com­bien igno­rant de la réa­li­té des choses ? un qui n’a cer­tai­ne­ment jamais lu la Soupe aux … non, je ne suis plus cer­tain du titre, un récit auto­bio­gra­phique rela­tant la condi­tion rurale et plus pré­ci­sé­ment la Grande Guerre qui mobi­li­sa les hommes des cam­pagnes (mon­ta­gnards ici je crois) dont la seule pré­oc­cu­pa­tion était de nou­rir leur famille et cer­tai­ne­ment pas aller se battre contre son vis-à-vis allemand !

    Tout en étant cyni­que­ment conscient qu’il prend une déci­sion contraire à ce que sou­haite la popu­la­tion… oui, bizarre ces son­dages qu’on nous res­sasse à lon­gueur de jour­née en période élec­to­rale et ce cynisme une fois qu’on se per­met tout ce qu’on veut !

    Réponse
  16. Étienne

    Les gen­tils-virus-mon­teurs-de-vidéos sont au boulot 🙂

    Réponse
  17. boris

    Suite du livre : 
    le point de bascule :

    2° point le prin­cipe d’adhérence.

    Ce n’est pas facile à décrire mais en résu­mé, pour qu’un mes­sage soit adhé­rent, il faut que « l’in­for­ma­tion adhère à la mémoire, qu’elle soit inou­bliable au point de pro­vo­quer un chan­ge­ment et d’in­ci­ter les gens à agir »

    Pour cela il suf­fit par­fois « d’un chan­ge­ment sub­til dans la pré­sen­ta­tion de l’in­for­ma­tion » par exemple l’a­jout d’un plan du cam­pus et des horaires de vac­ci­na­tion pour inci­ter des étu­diants à se faire vacciner.

    ce qui compte « c’est la forme du mes­sage » et pour s’en faire une idée il faut tes­ter des ver­sions différentes.

    Pour l’au­teur que je cite :  » selon le prin­cipe des oiseaux rares il suf­fit de quelques per­sonnes pour déclen­cher une épi­dé­mie . Il n’y a qu’à les décou­vrir. Le prin­cipe d’adhé­rence fonc­tionne de la même manière . Il existe une façon simple de for­mu­ler l’in­for­ma­tion afin de la rendre convain­cante dans les bonnes cir­cons­tances. Il suf­fit de la trouver ».

    Dans notre cas, trou­ver une forme au mes­sage qui colle à la mémoire : slo­gan , tract, vidéo, chan­son, conte , fable « d’Ésope ».… À nous d’essayer.

    Dans la conclu­sion de l’ou­vrage (eh oui je lis par­fois les conclu­sions avant les cha­pitres) il résume en 3 mots sa démarche

    CIBLER, TESTER , CROIRE

    Cibler les oiseaux rares ; Tes­ter la forme du mes­sage pour en véri­fier l’ef­fi­ca­ci­té ; Croire qu’en réac­tion au bon sti­mu­lus les indi­vi­dus peuvent se méta­mor­pho­ser (biais d’attribution).

    3° point une autre fois, il faut que je travaille …

    Bien à tous

    Réponse
  18. Ana Sailland

    @Quelques mes­sages plus haut

    La connais­sance des mul­tiples aspects du phé­no­mène de l’in­fluence et de la sug­ges­tion, et du phé­no­mène de la pro­pa­ga­tion est importante.

    Le risque est de vou­loir uti­li­ser cette connaissance.
    C’est un des risques majeurs qui guettent un esprit démo­crate, pour­tant hon­nête, qui va être ten­té de faire triom­pher sa foi en s’ap­puyant sur cette connais­sance : car à par­tir de ce point de non retour, il n’est plus démocrate !
    Cruelle situa­tion que celle de qui sait et sait que savoir empoi­sonne le natu­rel, car nul ne sait oublier 😉

    N’ou­blions pas que toute cer­ti­tude peut être une erreur, et que donc vou­loir faire pas­ser en force ma cer­ti­tude est une atti­tude incer­taine, risquée 😉

    Si je crois, notre thème favo­ri, si je crois aux ver­tus de la démo­cra­tie réelle, je vais pou­voir en débattre avec ceux qui n’y croient pas, afin qu’EN­SEMBLE nous puis­sions avan­cer ; cela va néces­si­ter de ma part une hyper modes­tie, qui ne sau­rait être mimée pour empor­ter le mor­ceau, hein, mais des­ti­née à per­mettre l’é­clo­sion par­ta­gée d’une pen­sée com­mune impré­vi­sible. C’est là l’es­sence de la démarche consen­suelle. Par contre, si je cherche à con-vaincre (en deux mots, ce qui sera symp­to­ma­tique de ma men­ta­li­té en tel cas), alors je m’en­ferme et renonce à ma propre évo­lu­tion. Pire encore, si j’use de la sus­dite connais­sance des méca­nismes de la sug­ges­tion, alors je mani­pule, c’est à dire que je bloque dans l’œuf la capa­ci­té de l’autre à lui-même me faire avancer.

    Cer­tains pen­se­ront : « ouais, Ana, elle dis­joncte là, puisque nos idées sont les bonnes, et sont sal­va­trices, soyons prag­ma­tiques et fon­çons sans qua­dri­sec­tion capil­laire ». Mais voi­là, qui nous prouve que notre vision est la bonne ? Per­sonne, ni rien, sinon notre cer­ti­tude, qui n’est pas celle de l’autre.

    Dans ce qu’on appelle l’é­du­ca­tion popu­laire, le but, s’il est l’Es­prit, ou toute autre grande cause, peut, s’il est pour­sui­vi dans la pas­sion, abou­tir à l’é­chec tout autant que s’il était bas (le but), car la pas­sion alour­dit la mis­sion que se donne l’Es­prit, au point de le faire se trahir.
    Et la ten­ta­tion de la pro­pa­gande est bien de cet ordre des choses.

    Le suc­cès de la trans­mis­sion peut être un échec, et inver­se­ment l’é­chec de la trans­mis­sion peut être un suc­cès : tout dépend de l’Es­prit dans lequel s’o­père l’ef­fort de trans­mis­sion, car cet Esprit là sera de toute façon trans­mis, pa osmose et mimé­tisme, qu’il soit bon ou mau­vais (!), et influen­ce­ra donc nos usages futurs, en bien ou en mal.
    Oui, il est exa­gé­ré de dire, comme je m’y applique ici, que L’Es­prit de la trans­mis­sion est plus impor­tant que la chose trans­mise, mais son­geons y quand même.

    Ce n’est pas l’hu­mus qui darde ses bras vers le ciel pour saluer les astres, non, celui qui embrasse l’ho­ri­zon, c’est l’arbre, que l’hu­mus a nour­ri, l’arbre, le fils de l’hu­mus. Et dans humi­li­té, j’en­tends humus. L’hu­mi­li­té, c’est être ter­reau, c’est nour­rir, sans contraindre, ni tri­cher. On ne sau­rait être démo­crate sans assu­mer cela au plus pro­fond de nous.

    (Je viens de pas­ser quatre jours en forêt, ceci explique cela 😉 )

    Réponse
  19. Ana Sailland

    Quelques frian­dises pour me faire par­don­ner ma neuronite :

    Le soleil, avec toutes ces pla­nètes qui gra­vitent sous sa gou­verne, prend encore le temps de mûrir une grappe de rai­sin, comme s’il n’y avait rien de plus impor­tant. (Gali­lée)

    La cri­tique peut être désa­gréable, mais elle est néces­saire. Elle est comme la dou­leur pour le corps humain : elle attire l’attention sur ce qui ne va pas. (Wins­ton Churchill) 

    Nous sommes comme les noix : nous devons être bri­sés pour être décou­verts. (Kha­lil Gibran)

    Réponse
  20. EFFAB

    @20, 21… ANA en Neuronie

    Il existe quelque part une forêt si dense et si antique qu’y péné­trer est à la fois comme un appel irré­sis­tible des sens et des corps, et la chose la plus sacrée qui soit, une terre si fer­tile et une nature si belle qu’on ne peut plus jamais s’en pas­ser… et je crois moi-même la Démo­cra­tie iden­tique, tel un forum une com­mu­nau­té douées de toute la richesse du monde à l’en­semble et de ce que cha­cun en par­ti­cu­lier est à l’é­coute de ce que l’autre en lui est en train d’ex­pri­mer, cette diver­si­té en même temps que ces syner­gies, ces syn­chro­ni­ci­tés, cette sym­biose s’a­mal­ga­mant et s’en­ri­chis­sant sans cesse.

    Qua­dri­sec­tions neu­ro­niques : la Démo­cra­tie à l’é­preuve de la confron­ta­tion idéologique.

    Cer­tains pen­se­ront : « ouais, Ana, elle dis­joncte là, puisque nos idées sont les bonnes, et sont sal­va­trices, soyons prag­ma­tiques et fon­çons sans qua­dri­sec­tion capil­laire ». Mais voi­là, qui nous prouve que notre vision est la bonne ? Per­sonne, ni rien, sinon notre cer­ti­tude, qui n’est pas celle de l’autre.

    Le Verbe et l’Es­prit – cet humus et cette volon­té : la trans­pa­rence de n’a­voir rien à cacher mais cette légi­ti­mi­té poli­tique et cette imma­nence amoureuse.

    …
    Oui, il est exa­gé­ré de dire, comme je m’y applique ici, que L’Es­prit de la trans­mis­sion est plus impor­tant que la chose trans­mise, mais son­geons y quand même.

    Ce n’est pas l’hu­mus qui darde ses bras vers le ciel pour saluer les astres, non, celui qui embrasse l’ho­ri­zon, c’est l’arbre, que l’hu­mus a nour­ri, l’arbre, le fils de l’hu­mus. Et dans humi­li­té, j’en­tends humus. L’hu­mi­li­té, c’est être ter­reau, c’est nour­rir, sans contraindre, ni tri­cher. On ne sau­rait être démo­crate sans assu­mer cela au plus pro­fond de nous.

    🙂 🙂 🙂

    Réponse
  21. zedav

    Étienne : on hésite ! 🙂 Peut-être fémi­nin, aus­si ? car, d’ex­pé­rience et de socio­lo­gie, l’at­ti­tude mas­cu­line de ten­dresse hau­taine voire de com­mi­sé­ra­tion sont sou­vent dans les rela­tions hommes / femmes, dès qu’il s’a­git de sérieux, de pou­voir, de politique.

    Hommes :vio­lents, abu­seurs, auto­ri­taires, égo­cen­triques, mépri­sants, parents incompétents,etc, etc.

    Femmes : douces,tendres,soumises, généreuses,aimantes, parents com­pé­tents, etc, etc.

    Heu­reu­se­ment que nous sommes dans une socié­té miso­gyne domi­née par les hommes et qui refuse de consi­dé­rer les femmes à leur juste valeur…

    @ Flo­rence : effec­ti­ve­ment, cette com­mi­sé­ra­tion se res­sent par­fai­te­ment dans le dia­logue entre Flo­rence Gau­thier et Étienne Chouard.

    Allez, je ne t’en veux pas, dif­fi­cile d’é­chap­per à ce type de repré­sen­ta­tions dans des socié­tés asper­gées de géné­ra­li­tés misandres au point qu’elles deviennent normatives.

    le biais intro­duit par les médias (entiè­re­ment domi­nés par l’i­déo­lo­gie pseu­do-fémi­niste victimaire/misandre, comme ils sont domi­nés par l’i­déo­lo­gie pseu­do-libé­rale) fait qu’il est deve­nu tout à fait légi­time de reven­di­quer cer­taines qua­li­tés comme fémi­nines (plus dans l’é­coute, la conci­lia­tion, etc) sans que cela soit qua­li­fié de sexisme. Cepen­dant qu’au­cune qua­li­té ne peut plus être cor­ré­lée au mas­cu­lin sans être taxée de sexisme.

    Symé­tri­que­ment aucune carac­té­ris­tique néga­tive ne peut plus être acco­lée au fémi­nin (et c’est tant mieux) sans être qua­li­fiée de miso­gy­nie tan­dis que le mas­cu­lin peut en prendre pour son grade sans sus­ci­ter la moindre réprobation.

    On est tel­le­ment immer­gés dans cette idéo­lo­gie qu’elle en est deve­nue transparente

    Une femme par­ti­cu­liè­re­ment stu­pide — Cathe­rine Vidal — direc­trice de recherche au CNRS illustre par­fai­te­ment cela :

    Pour elle, le fait que les femmes soient deve­nues plus forte en mathé­ma­tiques que les hommes en Nor­vège est la consé­quence des poli­tiques anti-sexistes des pays du nord (càd que lorsque il y a poli­tique anti-sexiste, les femmes se révèlent meilleures). Une affir­ma­tion dont elle semble ne même pas réa­li­ser qu’elle entre en par­faite contra­dic­tion avec sa posi­tion dog­ma­tique d’une indif­fé­ren­cia­tion totale entre les cer­veaux des 2 sexes… Où quand l’in­cons­cient sexiste vient déchi­rer le masque anti-sexiste.

    Véri­table concen­tré de bêtise et d’in­com­pé­tence par­ve­nu au plus haut niveau, cette per­sonne affirme encore que « les hor­mones sont une expli­ca­tions un peu courte pour expli­quer les dif­fé­rences com­por­te­men­tales » (les endo­cri­no­logues appré­cie­ront) et qu’il n’y a aucune cor­ré­la­tion entre la taille du cer­veau et l’intelligence.

    On retrouve encore son anti-sexisme men­son­ger dans son com­bat mili­tant visant à démon­trer que cer­veaux d’hommes et de femmes ne dif­fèrent en rien. Il est donc into­lé­rable et for­cé­ment fruit des dis­cri­mi­na­tions sociales que les femmes soient moins bonnes en recherche mathé­ma­tique que les hommes (en France). Tout à fait ano­din et non cho­quant par contre qu’en dépit de cette indif­fé­ren­cia­tion par­faite des cer­veaux des 2 sexes, les hommes consti­tuent 95% de la popu­la­tion car­cé­rale (en France).

    Bon, j’es­saie juste d’a­ler­ter sur la domi­na­tion insi­dieuse de cette misan­drie ram­pante géné­ra­li­sée mais autant pis­ser dans un vio­lon… pas vrai­ment l’en­droit non plus.

    Déso­lé Étienne d’a­voir squat­té un peu sur ce sujet mais je me demande si ce type de repré­sen­tions seraient vrai­ment dimi­nuées dans le contexte d’une démo­cra­tie authentique.

    Réponse
  22. Ana Sailland

    @zedav (der­nier paragraphe)

    Au delà de l’as­pect du thème que tu abordes ici (((et je pré­fère l’u­sage des termes yin yang à l’u­sage des termes fémi­nin mas­cu­lin, car il fait res­sor­tir des prin­cipes indé­pen­dants des êtres qui les portent, et se retrouvent en tout et en tous, mal répartis))) :

    Il me semble que la démo­cra­tie, par le fait qu’elle implique un effort du citoyen, muscle les qua­li­tés du citoyen, tan­dis que le sys­tème repré­sen­ta­tif inté­gral, du fait qu’il inter­dit la par­ti­ci­pa­tion effec­tive du citoyen à la chose publique (res publi­ca), inhibe et atro­phie les qua­li­tés néces­saires à cette par­ti­ci­pa­tion, et par effet domi­no en réduit beau­coup d’autres.

    Alors oui, une « démo­cra­tie inté­grale », du fait de la déli­bé­ra­tion uni­ver­selle et non biai­sée qu’elle induit, ne peut que, même si c’est lent, réduire les défaillances du cer­veau col­lec­tif, en par­ti­cu­lier celle qui titille ici.

    J’embraye 😉

    Jamais un peuple éclai­ré n’ac­cep­te­rait d’être éteint.

    D’où l’i­dée incluse dans le concept de poli­tique virale : c’est en éclai­rant le peuple qu’on espère le voir refu­ser d’être main­te­nu éteint.

    Mais « le mes­sage » n’é­claire qu’un recoin de la conscience, celui où demeure caché un piège à évi­ter, tech­nique et unique, donc lacunaire :

    D’autres pièges, émo­tion­nels traî­nants, archaïques pen­sées, arché­types fre­la­tés, enti­tés pétries de men­songes, igno­rance de Soi, etc, demeurent tapis dans l’ombre, et la nourrissent.

    Peut-être donc faut il plus 😉

    Et l’es­poir qu’une révo­lu­tion conduit à ce plus sans qu’il soit pré­pa­ré est ténu.

    😉 Com­ment va-t-on faire ? 😉

    Réponse
  23. EFFAB

    Il fau­drait que cer­tains esprits lisent des choses qu’ils ne sont en géné­ral jamais ame­ner à lire ; il fau­drait pour le grand public des films autre­ment plus ins­pi­rés et de ces plages de silence plus tar­kovs­kienne que la grosse machi­ne­rie des vents et des vio­lons en-veux-tu en-voi­là ; il fau­drait évi­dem­ment en paral­lèle avec ça un peu moins de télé pour les uns et tout autant moins de petite pou­cette (jou­jou high-tech et réseaux sociaux, futi­li­té et for­ma­tage) pour les autres ; il fau­drait des jour­nées pleines et entières de (vraie) détente et de dis­cus­sions aus­si ami­cales et pro­fondes à la fois, et ces plages plus actives au quo­ti­dien pour mettre tout ceci en appli­ca­tion : des pro­jets socié­taux d’en­ver­gure des plus libé­ra­teurs et des plus éman­ci­pa­teurs en même temps que des petits riens près de chez soi, un peu d’at­ten­tion, un petit ser­vice ren­du ou un mur à mon­ter dans la quar­tier, en endroit à embel­lir, des com­mo­di­tés asso­ciant confort et éco­lo­gie, éco­no­mie ; il fau­drait chan­ger tant de choses et tant dans nos com­por­te­ments, les miens en pre­miers que je me demande si je ne suis pas à ce point irra­tion­nel et utopiste…

    … mais il y a bien conspi­ra­tion ou cet état des lieux, appe­lez ça comme vous vou­lez, et quand nous sommes à ce point mort, ce point de non retour, je ne vois qu’une solu­tion salu­taire et intel­li­gente, embrayer et inver­ser à son avan­tage, à l’op­po­sé tout ce qui ce qui a été détour­né et déna­tu­ré jus­qu’a­lors sans conscience et sans logique.

    ANA, @24 :

     »Jamais un peuple éclai­ré n’ac­cep­te­rait d’être éteint.

    D’où l’i­dée incluse dans le concept de poli­tique virale : c’est en éclai­rant le peuple qu’on espère le voir refu­ser d’être main­te­nu éteint. »

    Réponse
  24. zedav

    Conclu­sion d’un article dis­cri­mi­na­tion sala­riale hommes femmes :

    Donc en conclu­sion on n’est plus à 27%, 25% ou 20%? Non. On est à 5, 6 ou 7%. La stra­té­gie vic­ti­maire ne tient pas la route. On n’est pas loin d’une escro­que­rie intel­lec­tuelle de grande ampleur. Il n’y a pas de dis­cri­mi­na­tion sexiste géné­rale, col­lec­tive, mas­sive et éle­vée. Encore un déca­lage entre ce qui est dit et la réa­li­té, déca­lage que j’ai men­tion­né entre autres dans ce billet. C’est ce chiffre de 5, 6 ou 7% qui doit encore être ana­ly­sé et com­pris : est-ce une véri­table dis­cri­mi­na­tion, tenant compte de com­pé­tences, diplômes, niveau de res­pon­sa­bi­li­té, ancien­ne­té, absen­téisme, pro­duc­ti­vi­té équi­va­lents ? Si c’est le cas il s’agit d’une injus­tice. Ou cette dif­fé­rence a‑t-elle une autre expli­ca­tion, auquel cas il n’y a plus d’inégalité sala­riale, ou seule­ment rési­duelle et sectorisée ?

    Et pour­quoi cette pré­sen­ta­tion tron­quée, gon­flée des chiffres ? Pour­quoi faire chauf­fer ain­si le public fémi­nin sur des rai­sons aus­si dou­teuses ? Pour­quoi déve­lop­per de toutes pièces une frus­tra­tion chez les femmes ? Cherche-t-on sim­ple­ment à ali­men­ter une ten­sion entre les sexes et culpa­bi­li­ser un peu plus les hommes ? Quelle est la stra­té­gie en place et à quoi sert-elle ? Dans quel but les orga­ni­sa­tions concer­nées mani­pulent-elles les femmes ? Qui, grâce à ces cam­pagnes, béné­fi­cie d’éventuelles aug­men­ta­tions de salaire : les repré­sen­tantes de la nomenk­la­tu­ra Fémi­nis­ta, ou les cais­sières de super­mar­chés ? Est-ce la classe domi­nante de la Fémi­nis­ta qui rafle la mise au détri­ment du peuple d’en bas dont elle se sert pour avan­cer ? Il est aujourd’hui indis­pen­sable que le gou­ver­ne­ment fran­çais et les orga­ni­sa­tions fémi­nistes concer­nées s’en expliquent. C’est leur cré­di­bi­li­té qui se joue, et une par­tie des rela­tions femmes-hommes. Dire la véri­té ins­pi­re­rait le res­pect et l’envie de col­la­bo­rer. Mani­pu­ler l’information et exploi­ter un réflexe vic­ti­maire qui n’a pas lieu d’être engendre une frac­ture sup­plé­men­taire entre les femmes et les hommes, et fait mon­ter la légi­time méfiance des hommes.

    Réponse
  25. boris

    Hel­lo voi­ci le der­nier point du livre « le point de bas­cule » :
    le pou­voir du contexte

    Je cite :  » le véri­table pou­voir du contexte réside dans des aspects sub­tils. D’une part on n’est pas sen­sible au contexte on y est extrê­me­ment sen­sible. D’autre part les chan­ge­ments contex­tuels qui peuvent déclen­cher une épi­dé­mie sont insoupçonnables »

    En fait, cela ren­voie en psy­cho­lo­gie sociale à la notion du biais d’at­tri­bu­tion (voir par ex le livre de Rolf Dobel­li : arrê­tez de vous trom­per) cad la ten­dance à sur­es­ti­mer sys­té­ma­ti­que­ment l’in­fluence d’in­di­vi­dus et à sous-esti­mer des fac­teurs exté­rieurs liés à une situa­tion donnée.

    je cite l’au­teur Dobel­li  » Si fas­ci­nant que soit pour nous le spec­tacle de la vie, les indi­vi­dus sur scène ne sont pas des per­son­na­li­tés accom­plies libres et indé­pen­dantes mais voguent au gré des situa­tions. Si vous vou­lez com­prendre la pièce qui se joue vrai­ment ne faites pas atten­tion aux inter­prètes mais essayer de sen­tir le va et vient des influences aux­quelles les acteurs sont sou­mis. »

    Cela rejoint aus­si la notion de neu­ro-psy­cho­lo­gie de l’in­ter­prète : module neu­ro­lo­gique situé dans le cer­veau gauche qui a une capa­ci­té nar­ra­tive don­nant l’illu­sion de l’u­ni­té ou de l’in­ten­tion alors qu’il s’a­git d’un phé­no­mène né a pos­te­rio­ri ( ref Michaels Gaz­za­ni­ga : le libre arbitre et la science du cerveau)

    Bon, reve­nons au livre : un exemple est celui du car­reau cas­sé : « les gens qui passent devant une mai­son dont une vitre est bri­sée mais jamais répa­rée fini­ront par conclure que per­sonne ne s’en pré­oc­cupe ou que per­sonne n’en est res­pon­sable. Bien­tôt d’autres fenêtres seront fra­cas­sées et le sen­ti­ment d’a­nar­chie se répan­dra dans tout le voisinage… »

    Il y a aus­si l’ex­pé­rience de Zim­bar­do en 1970 avec des étu­diants qui jouaient aux déte­nus et aux gardes. Expé­rience arrê­tée au bout de 6 jours car cela pre­nait des pro­por­tions dangereuses.

    Ce cha­pitre est très inté­res­sant et je ne peux citer tous les exemples ; à lire, par exemple, les bons sama­ri­tains : expé­rience avec des séminaristes…

    La deuxième par­tie du cha­pitre aborde une notion déjà expri­mée par cer­tains, à savoir de ne pas dépas­ser un cer­tains nombre qu’est 150 voire 200 afin de ne pas faire perdre au groupe sa cohé­sion. Il s’a­git d’une notion d’an­thro­po­lo­gie, ce nombre cor­res­pon­dant au nombre maxi­mum de per­sonnes avec les­quelles l’être humain peut avoir une authen­tique rela­tion humaine. Au-delà, il y a rup­ture de la cohé­sion et il vaut mieux que le groupe se scinde ; ex. des congré­ga­tions huttérrienes.

    Voi­là… Mais pour 9 euros, vous aurez mieux 🙂

    PS je n’ai pas de conflits d’in­té­rêts directs ou indi­rects avec les auteurs cités ou leurs éditeurs.

    Bien à tous

    Réponse
  26. Méchant Virus

    Sean Penn a man­gé Noël Mamère et a créé un « par­ti » à « par­tir des idées d’E­tienne Chouard » (selon le titre de la vidéo).

    Je suis tom­bé des­sus par un pur hasard, vous en aviez enten­du parler ?

    Réponse
  27. Méchant Virus

    Avec le lien, c’est mieux…

    Réponse
  28. EFFAB

    Excellent^^^ ! je me deman­dais ce que venait faire Sean PENN aux côtés de Noël MAMERE tout en me disant qu’­Har­vey MILK était enfin pas­sé à la vitesse supé­rieure (la chouar­dienne, évi­dem­ment)… je n’en suis qu’au tout début, mer­ci pour ce par­tage et appa­rem­ment cet heu­reux hasard !

    Réponse
  29. Méchant Virus

    Ne t’at­tend pas à de grandes révé­la­tions de la part de ce Sean Mamère, ça reste du Chouard remasterisé.

    Par contre on se marre bien en regar­dant la vidéo parce qu’on dirait vrai­ment un mor­phing entre les 2. Par­fois même dans les expres­sions du visage.

    Réponse
  30. EFFAB

    Un remas­te­ri­sé de pre­mier plan, je trouve (en train de le regar­der), et un sacré conden­sé de tout ce qui nous inté­resse ici…

    … ah oui ! j’a­vais pas cap­té pour MAMERE (-sic !), effec­ti­ve­ment, mais moi c’est un pote à moi en même temps que Sean PENN qu’il me rap­pelle ! lol

    En tout cas, même si ETIENNE sait déjà tout ça et ne trou­ve­ra pas confron­ta­tion avec Domi­nique TONIN, je pense que décou­vrir cet homme et l’en­tendre par­ler de tout ça ne peut que lui être béné­fique, encou­ra­geant, voire peut-être lui don­ner des idées.

    Au plai­sir, BAD BOY^^!

    Réponse
  31. nlescan

    Plus Sean Clu­zet ou Fran­çois Penn (plus crai­gnos déjà le blaze) je dirais, je le trouve plu­tôt sym­pa au pre­mier abord, j’ai pas tout regardé.

    Réponse
  32. EFFAB

    Oui, très cos­mo­po­lite ce mon­sieur !^^ et très très intéressant !

    Réponse
  33. zedav

    lire et relire le post 27 de Boris.
    Inté­res­sez vous à la psycho-sociale…
    Expé­riences de Mil­gram, Ash et Zimbardo…
    Ques­tion­nez l’é­vi­dence du libre arbitre…

    Mer­ci Boris !

    Réponse
  34. Florence

    A ‑Mince alors, Zedav ! Réactif !
    User des arché­types qui fondent une socié­té pour pour­suivre mon com­men­taire nar­quois sur l’at­ti­tude de don­neur de leçon de Rocard, ne signi­fie pas que j’aille jus­qu’aux conclu­sions essen­tia­listes que vous détaillez à mon propos !

    Ne me faites pas écrire ce que je n’é­cris pas. D’au­tant que nous sommes appa­rem­ment d’ac­cord ! (Du coup, je n’en lis pas la suite de votre com­men­taire ! iro­nie et « las­si­tude » ! Mille pardons !)

    Je déve­lope un peu ?, sachant que cha­cun de mes mots va pou­voir créer un autre sur­saut, des mal­en­ten­dus, tant cha­cun abrite un sens par­ti­cu­lier à toute for­mule, toute expres­sion (et que si je suis le tra­vail incroyable d’E­tienne Chouard depuis quelques années main­te­nant avec cha­leur et inté­rêt, je ne suis pas une grande ration­na­liste, ni forte débatteuse).

    - Dans notre socié­té, la gente fémi­nine est lar­ge­ment assi­mi­lée aux valeurs que vous citez, et me porte par­ti­cu­liè­re­ment à l’attention.
    C’est un objet de ques­tion­ne­ment qui ne me lasse pas et que je vais lier avec la « struc­ture hié­rar­chi­sante » de Ronald, qui était d’a­bord l’ob­jet de mon com­men­taire aujourd’hui.

    - Et en poli­tique, dans bien des lieux de pou­voir (comme je le repré­cise ici), il semble néces­saire d’être viril (au sens de fort, davan­tage que cou­ra­geux) : Flo­rence Gau­thier est cer­tai­ne­ment virile, ou sau­ra en jouer, dans un savant fleu­ret séduc­tion / sérieux, puis­qu’elle est femme uni­ver­si­taire (un pou­voir qui ne fait pas beau­coup d’en­vieux de nos jours : on pré­fè­re­ra la finance ? Une étude socio­lo­gique de Mar­ga­ret Marua­ni qui date un peu main­te­nant révé­lait que les métiers qui per­daient de leur pou­voir effec­tif tom­baient – dégrin­go­laient – aux mains des femmes : si je vous dis que je suis d’un métier his­to­ri­que­ment mas­cu­lin… j’ai de quoi entre­te­nir mon ques­tion­ne­ment inlas­sable, au point d’en être lasse de tant de lourdeur).
    Et j’a­vance paral­lè­le­ment en ter­rain glis­sant, car je n’ai pas vision­né la vidéo de Flo­rence Gauthier.
    Com­ment une femme qui a gra­vi tous les éche­lons de la recon­nais­sance uni­ver­si­taire, pour­rait-elle admettre qu’un qui­dam – prof de col­lège ou non, a une parole égale à la sienne, si j’in­ter­prète votre lec­ture du débat, Zedav… Pré­ju­gés, pré­ju­gés, j’en suis aus­si bar­dée… Je n’ai pas eu encore envie de la regar­der avec Etienne. J’en­rage sou­vent avec ces uni­ver­si­taires pour les­quels seules la rai­son et la jus­ti­fi­ca­tion argu­men­tée seraient valables… incol­lables de plus dans leur domaine ! A l’ex­tré­mi­té de mon rejet, réside l’i­dée que quel­qu’un ne sachant pas déve­lop­per sa pen­sée sera tou­jours inca­pable de savoir à leurs yeux…

    Un peu d’ex­pé­rience, donc, de constat per­son­nel et quelques réfé­rences… uni­ver­si­taires pour m’a­mu­ser de ce Michel Rocard, sans gêne, mépri­sant sans « trop » le mon­trer direc­te­ment (ou l’art du ral­lie­ment envo­lé des autres), jouant des arché­types pour décri­bi­li­ser le plus pos­sible son inter­lo­cu­teur, qui lui, en connaît aus­si sur le pou­voir, et, c’est pure inten­tion que je lui porte, connaît tout autant les abus de pou­voir pour (essayer de) ne pas (trop) en user (qui en réchappe, n’est-ce pas ?). Jouer des arché­types pour se gagner l’o­pi­nion géné­rale, et conser­ver les rôles ou obte­nir davan­tage. Un jeu que tout le monde a vécu, la vic­time aussi..

    En démo­cra­tie véri­table, nous aurons à faire avec ces représentations.
    Bien­ve­nue à elles !
    Et peut-être irons-nous jus­qu’à leur terme ?

    J’ai décou­vert l’ise­go­ria de la Grèce antique grâce à Etienne. Je dois dire que je m’en fais une cer­taine… repré­sen­ta­tion, et des plus positives !

    Cette ise­go­ria peut, risque d’être en effet le lieu de la débauche des archétypes !
    Débauche argu­men­taire et pas­sion­nelle, débauche faite corps et pré­sence, voi­ci telle que je l’imagine.
    Que l’on y aille. Tel est mon voeu.
    Car il s’a­git, par cet exer­cice public exi­geant et démons­tra­tif par excel­lence, de déci­der d’af­faires importantes !
    Si les arché­types dévi­dés sont invi­sibles, les choix seront har­mo­nieux dans l’assemblée.
    Choix démo­cra­tiques assu­ré­ment ! Aus­si sté­réo­ty­pés seront-ils.
    Si cer­tains arché­types se révèlent cho­quants, les choix évo­lue­ront peut-être au vu de ces mises en lumière débri­dées et suscitées ?
    Expo­si­tion, regards croi­sés, auto-cri­tique peuvent y trou­ver leur compte, et poin­ter l’in­cons­cient aus­si col­lec­tif qu’in­di­vi­duel : trou­ver de la véri­té, un choix adap­té et obte­nu de son propre aveu.
    Et si nous retrou­vions Montaigne ?

    Toute la dif­fi­cul­té réside peut-être dans l’ex­pres­sion, car là encore, nos édu­ca­tions per­son­nelles, dou­blées des condi­tion­ne­ments sociaux vont sur-expo­ser les « indignes », les « mal-pen­sants », les « gros­siers », valo­ri­ser les « nobles », « soi­gnés », « déli­cats », « intelligents » ?

    Quels héri­tages ? Quelles pré­fé­rences ? Quelle capa­ci­té à s’ex­pri­mer, écou­ter, com­prendre, offrir une vraie place à la diver­si­té, à l’al­té­ri­té, aus­si mal­séante soit-elle – a priori ?
    N’y réside-t-il pas une véri­té, à com­men­cer par celle de l’être en pré­sence, dont le dis­cours n’est que le dis­cours. Son exis­tence même ne jus­ti­fie-t-elle pas qu’elle soit prise en compte dans l’exer­cice d’une démo­cra­tie véritable ?

    B – Le lien est tout trou­vé avec la struc­ture for­cé­ment hié­rar­chique de Ronald…
    Repré­sen­ta­tions, donc, encore et tou­jours. Et je sou­tiens que la struc­ture n’est pas for­cé­ment hié­rar­chique, ni stable, figée !
    La mer ci-des­sus ima­gée déjà. En clin d’oeil, je me per­met­trai même de poser cette ques­tion limite : le super­flu est-il inférieur ?
    Ma réponse est l’i­gno­rance dans le marasme des valeurs tou­jours incar­nées, et reve­nant au plus ciblé : haut et bas, noir et blanc, sombre et clair, l’un supé­rieur à l’autre, franchement ?
    Qui a écrit cette hié­rar­chie quelque part ?
    Quelles qua­li­tés sont ins­crites dans le marbre, et leur magni­fi­cence défi­ni­ti­ve­ment entérinée ?

    Nous sommes tel­le­ment habi­tués à des repré­sen­ta­tions du pou­voir sur­plom­bant et/ ou solide, ras­su­rant, pater­nel et mater­nel (néces­saire / natu­rel même), du bon fonc­tion­ne­ment social par la struc­ture claire, agen­cée et logique (sur-rôle de la rai­son car­té­sienne), et de toute construc­tion viable par les mêmes prin­cipes (ici, allu­sion pos­sible aux construc­tions du bâti­ment dont la struc­ture serait le sque­lette indis­pen­sable) qu’il nous est dif­fi­cile de pro­je­ter une struc­ture souple, et sans domi­na­tion ! Pas de struc­ture même ou dans une for­mule telle qu’elle n’en revêt plus la condi­tion habi­tuelle… Un sens, un dérou­le­ment, un mou­ve­ment. Un ordre ?, on recom­mence à vou­loir du maître ou pres­sen­tir le déci­deur, l’ar­chi­tecte, la trame, le des­sin et le des­sein pré-éta­bli de gou­ver­ne­ment… Sans valeurs atta­chées et fer­me­ment for­mu­lées alors, ou plu­tôt tou­jours modi­fiées de suc­ces­sion d’é­tats et de vies !

    L’in­gé­nieur et archi­tecte fran­çais, Jean Prou­vé, a construit un bâti­ment qui n’a tenu que com­plet, ache­vé. Début d’une décons­truc­tion de nos repré­sen­ta­tions de l’ar­chi­tec­ture et de la structure ?
    Un bâti­ment reste loin d’un corps social, et que dire si l’on accepte aus­si que la Nature reste le cadre et le rudi­ment indé­pas­sable de la socié­té humaine. Il est de plus sou­vent dif­fi­cile de trans­for­mer un bâti­ment, de le muer avec suc­cès une fois ses condi­tions de créa­tion dépassées.

    Le fédé­ra­lisme social à la Prou­dhon, du peu que je le connais (par Jacques Lan­glois) explore cette voie de car­di­na­li­té de chaque maillon, de chaque être, dans une inter-rela­tion chan­geante et soucieuse.
    Des grou­pe­ments s’en détachent, des lignes de force ; s’a­git-il pour autant de hiérarchie ?
    Un sens tem­po­raire, de plas­ti­ci­té variable.

    Mes réfé­rences de recherches (hum : de pré­oc­cu­pa­tion, disons, car je ne suis pas Flo­rence… Gau­thier !) se can­tonnent par­fois au monde natu­rel (dont nous fai­sons par­tie donc, jus­qu’à nou­vel « ordre » – post-huma­niste ? brr).

    Un peu de Ste­phen Jay Gould pour nous rap­pe­ler que nous ne sommes pas le pro­duit génial, abou­ti et supé­rieur d’une longue chaîne tâton­nante du vivant… Nous avons des capa­ci­tés éton­nantes (dont nous ne sommes pas les auteurs !). Et nous fai­sons pas mal de dégâts et de conne­ries sur Terre. Sommes-nous supé­rieurs aux autres règnes ? Quant à éta­blir une hié­rar­chie entre nous autres, humains ? Entre fonc­tions ? Pen­chant his­to­rique ou encore récu­pé­ra­tion de faits par­ti­cu­liers à un moment tout aus­si sin­gu­lier par cer­tains en des ins­ti­tu­tions à leur pro­fit valent-ils loi éternelle ?
    Man­de­la est-il supé­rieur aux hommes et aux femmes qui conti­nuent de souf­frir ici et là en Afrique du Sud et par­tout ailleurs, aux­quels « l’his­toire » telle que les (cer­tains) êtres humains la fabriquent et l’é­crivent depuis si long­temps n’of­fri­ra jamais aucune issue ?
    Ces per­sonns ne sont-elles pas capables de savoir de quoi faire leur vie ? (si les condi­tions leur deviennent décentes, sans qu’elles res­semblent – et sans doute loin de là – à celles de « consom­ma­teurs – sala­riés » que nous sommes tous plus ou moins – ce modèle capi­ta­liste aujourd’­hui ven­du comme unique et seule source de bon­heur et de vie accomplie ?)

    Com­ment se sont orga­ni­sées les « grandes civi­li­sa­tions » à leur origine ?
    Pou­voir reli­gieux et mili­taire est-il nar­ré… Un ima­gi­na­tif, de la chance, un contexte, un cos­taud, de la chance, un contexte… ?
    Lewis Mum­ford pro­pose des sché­mas de cap­ta­tion du pou­voir sur deux temps mini­mum, par­tant d’é­changes de sécu­ri­té et de foi contre des pro­duits maté­riels, l’a­bus ou l’ex­ploi­ta­tion des pre­miers méca­nismes mis en place pour suite et constitutionnalité.
    Un docu­men­taire récent que j’ai vu, retra­çant un site archéo­lo­gique celte de Suisse témoigne de rites incroyables, il est ques­tion de tableaux « gores », mons­trueux pour nos yeux (civi­li­sés qui scé­na­risent des guerres au bout du monde, des films d’hor­reur et inventent la bombe ato­mique…) de sépul­tures soi­gnées, et rigou­reuses entou­rées de sacri­fiés pour des chefs ou pré­su­més supé­rieurs, druides peut-être. Les Romains ont-ils su faire bon ménage !?, regar­dant les che­ve­lus goû­teurs de cer­voise comme bar­bares : inté­res­sants jeux du cirque pour contre­par­tie, main-mise sur tous les ter­ri­toires acces­sibles en des fonc­tion­ne­ments hau­te­ment hié­rar­chi­sés dits paci­fi­ca­teurs (après leur guerre) : ceux des vain­queurs, leurs lois en référence.

    Notre per­pé­tuelle ter­mi­no­lo­gie à base de « com­bat », de « résis­tance », de « croyance » : « je crois », « je refuse », « je me bats »…, – soit des visions dans l’op­po­si­tion, la guerre et la foi sûre­ment héri­tés d’un pas­sé si riche en matière d’af­fron­te­ments et de cau­sa­li­tés ras­su­rantes, sta­tué sur ces conflits, nous font oublier la pos­si­bi­li­té de la dia­lec­tique et du tiers, et leur dyna­misme par­ti­cu­liè­re­ment adap­tés à la vie et aux socié­té humaines, d’une hié­rar­chie tou­jours rela­tive si ce n’est ridicule.

    Les pre­miers temps de la démo­cra­tie ver­ront sans doute des déchaî­ne­ments à par­tir des longues habi­tudes de socié­té accu­mu­lées par les siècles de vie col­lec­tive, inau­gu­rée par une rela­tion ini­tiale sans doute très ten­due avec le monde natu­rel (peur, vio­lence, manques ou erreurs humaines) et trop sou­vent orga­ni­sée sur un contrat pétri­fiant un accord tem­po­rel, mais la pos­si­bi­li­té d’a­voir (enfin) sa place sans cri­tères ins­ti­tués et défi­ni­tifs, de trou­ver dis­po­nible ce qui est capi­tal à chaque vie bonne nous fera peut-être aban­don­ner sans même y pen­ser nos arché­types et repré­sen­ta­tions, d’au­tant plus si les abus sont rapi­de­ment englou­tis ou lis­sés par l’en­semble social en mou­ve­ment, écoute, com­mu­ni­ca­tion et res­pect enfin déve­lop­pés (ou même tout sim­ple­ment compris).

    Une « struc­ture » de démar­rage par un texte, notam­ment, et une adhé­sion consti­tu­tion­nels, lisibles, aux canons enten­dus et révo­cables, sont peut-être nécessaire.
    Nous sommes tel­le­ment habi­tués aux pou­voirs supé­rieurs et à la hié­rar­chie qu’ils en sont deve­nus évi­dents. Ils n’en sont pas pour autant vrais, ni justes, ni bons, ni même effi­caces comme les femmes ne sont ni douces, fra­giles et aimantes de fait, et dès lors si sou­vent démas­quées en chaque agent‑e poli­tique que l’on veut faire sor­tir de la scène sous les hour­ras du public (mas­cu­lin ? en grande majo­ri­té ? viril ? vigou­reux et volontaire ?).

    C – Mer­ci Boris pour votre téna­ci­té à résu­mer. Je n’ai pas encore lu votre tra­vail (chaque jour sa grâce !) à part ce terme de contexte cho­pé en sur­vo­lant les com­men­taires de ce soir.
    Contexte, un mot qui me plaît beaucoup !

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  35. Ana Sailland

    La démo­cra­tie inté­grale suppose/exige le débat public ouvert à toustes, déli­bé­ra­tif et décisionnel.
    (savoir com­ment il est modu­lé et sub­di­vi­sé <la fameuse limite en taille> est un sujet à élu­ci­der … démocratiquement 😉 )
    Ce débat doit être impé­ra­ti­ve­ment déhiérarchisé.
    Non seule­ment ins­ti­tu­tion­nel­le­ment, struc­tu­rel­le­ment, mais encore psy­cho­lo­gi­que­ment, men­ta­le­ment, afin que les strates arché­ty­paux de la socié­té ne le troublent pas en équi­té ni en direc­tion <d’où la ques­tion de l’ostracisme>.
    Cela sup­pose un appren­tis­sage de l’art de la conver­sa­tion entre gens dif­fé­rents <il est déjà si dif­fi­cile entre sosies …>, dif­fé­rents en culture, connais­sance, art ora­toire, capa­ci­té d’entendement.
    J’ose dire : l’i­diot du vil­lage doit être écou­té reli­gieu­se­ment !
    Par cette obligation/exigence, la démo­cra­tie inté­grale implique un accrois­se­ment phé­no­mé­nal de la convi­via­li­té et du res­pect mutuel, trans­cen­dant les classes, donc au final un big bang de la conscience col­lec­tive <car l’a­bo­li­tion de l’au­tisme inter­classe est une néces­si­té vitale pour la conscience, qui sera nour­rie de toutes les cultures et non plus seule­ment de la séche­resse élitiste>.

    La démo­cra­tie sera convi­viale ou ne sera pas.

    Nous pou­vons avant révo­lu­tion enta­mer indi­vi­duel­le­ment cet appren­tis­sage de la gen­tillesse citoyenne en osant nous frot­ter là où ça coince … et ain­si mesu­rer l’Himalaya de notre ambition …

    Réponse
  36. EFFAB

    Oui, ce para­doxe hima­layen qui n’en referme pas moins – ce qu’il faut croire ou se convaincre ou espé­rer – la solution !

    Effec­ti­ve­ment, dur dur d’exi­ger d’au­trui ce qui n’est déjà pas si évident à maî­tri­ser soi-même, et cette ambi­tion-là l’est autant sur le plan indi­vi­duel et per­son­nelle qu’elle en concerne tout en même temps tout un cha­cun et la col­lec­ti­vi­té dans son ensemble.

    Mais c’est bien là toute la dif­fé­rence et toute la force d’une telle démarche et d’une telle ascen­sion : plus le nombre se ral­lie à l’ef­fort et à la volon­té com­mune, plus le che­min paraît aisé et com­mu­ni­ca­tif.

    Toute idée nou­velle, révo­lu­tion­naire inter­pelle et exi­ge­ra tou­jours des remises en causes et des oppo­si­tions : c’est non seule­ment men­tal, ce long pro­ces­sus édu­ca­tif, cultu­rel, condi­tion­nel (condi­tion­nant), cela est vou­lu par tout pou­voir et ces élites qui se sont octroyées les rênes de la gou­ver­nance et des monopoles.

    Pour gagner à sa Cause le plus grand nombre qui soit et faire peu à peu tache d’huile, consen­sus et volon­té, ce sont bien aux pre­miers mar­cheurs de faire cet effort pro­por­tion­nel au défi et à cette infime mino­ri­té, mino­ri­té d’o­pi­nion mais non factuelle.

    Et ren­ver­ser cette ten­dance, éclai­rer toutes ces lan­ternes en par­tie éteintes ou plus for­ma­tées, cela nous est beau­coup plus aisé aujourd’­hui par le biais de tous ces outils com­mu­ni­ca­tion­nels actuels ; en fait, ce qui sert si bien ce monde mar­chand et repré­sen­ta­tif (Ins­ti­tu­tions, consu­mé­risme, Repré­sen­ta­tion scho­pen­hau­rienne) contient éga­le­ment tout ce qui peut leur être opposé.

    Certes, cette humi­li­té en nous (cette évi­dence, cette réa­li­té) mais cette volon­té, cette exi­gence, cette pré­ten­tion et cela n’a rien d’é­li­tiste ni de quoi que ce soit… ou si tu pré­fères : plus démo­crate que moi tu meurs ! mais que tu fais bien d’être exigent(e) toi-même et m’en impose au besoin que je m’é­carte et confonde à nou­veau cet inté­rêt col­lec­tif avec cette gour­man­dise personnelle.

    Que cer­tains ramènent leur fraise à tout-va est dans l’ordre des choses : ces lan­ceurs d’a­lerte, ces maîtres à pen­ser, ces acti­vistes, ces petites gens voire ces per­son­na­li­tés, sans oublier des gui­gnols comme moi… mais tous à notre façon et selon nos moyens ces mar­cheurs exi­geants et hésitants…

    … et de plus en plus confiants et forts de cette idée com­mune à mesure que nous gra­vis­sons les pentes de cette mon­tagne au départ inabor­dable, la volon­té col­lec­tive et cette idée ger­mante et se pro­pa­geant inver­sant la pyra­mide au coeur de cette réa­li­té hiérarchique.

    Bref…

    … d’une idée de départ naît un monde, une volon­té collective

    fai­sant s’ef­fon­drer sur soi cet ancien monde d’es­claves et de maîtres

    Réponse
  37. EFFAB

    Mais reve­nons à nos mou­tons et Gen­tils Virus…

    @28, 29, ce très inté­res­sant lien de MECHANT VIRUS /

    Réponse
  38. EFFAB

    @28, 29

    Domi­nique TONIN parle du docu­men­taire Les lob­bies au coeur de la Répu­blique (vidéo mise en ligne en 2009 et peut-être déjà citée ici). Je poste néan­moins le lien du pre­mier volet, très très inté­res­sant docu­men­taire à décou­vrir pour ceux qu comme moi en avait encore jamais enten­du parler.

    Ce lob­byiste que nous sui­vons au tout début non seule­ment mérite notre atten­tion, lui qui a en par­tie levé un coin du voile sur cette réa­li­té, mais inter­pelle tout en même temps les citoyens et les êtres humains, les êtres sociaux que nous sommes.

    Cet homme me paraît tout à fait sym­pa­thique, comme bon nombre de poli­tiques qui sont tout autant d’a­gréables com­pa­gnons et de bons pères de famille, j’imagine…

    … néan­moins il y a là conflits d’in­té­rêts, inté­rêts stric­te­ment per­son­nels de quelques uns (celui du lob­byiste, des lobbies/industries pour les­quelles il tra­vaille et bien sûr celui de l’é­lu qui ne doit sa place qu’à ceux qui ont per­mis de l’é­lire) et non cet inté­rêt plus consen­suel ou/et plus pro­fi­table à un plus grand nombre, en tout cas aux indi­vi­dus, au peuple de choi­sir ce qui est bon (ou mau­vais) pour lui et non ce qui est ren­table et béné­fique pour le lob­by qui com­man­dite telle inter­ces­sion auprès de quelque notable que ce soit, droite et gauche se conju­guant tout pareille­ment dans cette approche pro­fi­teuse et oli­gar­chique du pou­voir et des richesses.

    Bref, tout ça pour répé­ter après Domi­nique TONIN, ETIENNE et bon nombre d’entre vous qu’il faut abor­der tout ça de la façon la plus paci­fique et la plus cour­toise qui soit (pas évident en ce qui me concerne quand j’au­rais plu­tôt à la bouche toutes sortes de noms d’oi­seau à l’en­contre d’un Fran­çois Hol­lande !), cette huma­ni­té comme ces fai­blesses, ces vices… mais à nous d’y remé­dier : ce qu’on ne peut auto­ri­ser ou ces choses incom­pa­tibles avec le fait et l’ob­jec­tif démocratique.

    Réponse
  39. Étienne

    Sur Rocard, ne pas oublier ça, c’est important :


    Rocard à l’U­ni­ver­si­té du Medef par LEXPRESS

    NB : le PARTI « SOCIALISTE »
    (exac­te­ment comme son ancêtre le par­ti « CENTRE GAUCHE » de Thiers et des Versaillais) 
    est un par­ti d’ex­trême droite, c’est-à-dire au ser­vice des mul­ti­na­tio­nales et des banques.

    « Qui est Mon­sieur Thiers ? », par Hen­ri Guillemin :


    Encore Hen­ri Guille­min pour com­prendre que « l’ex­trême droite », 
    ce sont les pos­sé­dants pré­ten­du­ment « répu­bli­cains » qui deviennent violents 
    dès que le faux « suf­frage uni­ver­sel » ne leur per­met plus de voler le pou­voir aux pauvres :

    http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​f​o​r​u​m​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​2​0​1​2​/​0​6​/​0​1​/​2​2​5​-​h​e​n​r​i​-​g​u​i​l​l​e​m​i​n​-​l​e​-​f​a​s​c​i​s​m​e​-​e​n​-​f​r​a​nce.

    Réponse
  40. Ronald

    Etienne, au moins main­te­nant sur Rocard, vous avez la réponse à la ques­tion que vous lui posiez à la fin du débat … 🙂

    Réponse
  41. Ana Sailland

    « Les sou­ve­rai­ne­tés natio­nales ont dépas­sé leur stade d’ef­fi­ca­ci­té, elles entrent dans la nui­sance » Michel Rocard 

    Ceux des poli­ti­ciens qui n’ont aucune connais­sance des éco­sys­tèmes et du carac­tère vital du prin­cipe bio­lo­gique de sub­si­dia­ri­té ont dépas­sé leur stade de cré­di­bi­li­té, ils entrent dans la nui­sance. Ana Sailland

    Réponse
  42. Ana Sailland

    Mer­veilleux Guille­min qui a le talent d’ex­traire d’un détail de l’His­toire tout le sens de l’Histoire.

    Moi per­son­nel­le­ment, s’il ne m’a­vait pas mon­tré ce Thiers conso­la­teur des puis­sants, qui leur susurre que désor­mais c’est l’é­lec­tion qui les pro­té­ge­ra, je pour­rais à la rigueur m’in­sur­ger de mon manque de pou­voir citoyen, mais je n’en com­pren­drais pas la sub­ti­li­té machiavélique.

    Je ne résiste pas au plai­sir de reco­pier la phrase cœur du lien rap­pe­lé plus haut :

    le fas­cisme est L’IDÉOLOGIE QUI REMET —DE FORCE— L’ÉTAT AU SERVICE DES POSSÉDANTS QUAND LES ÉLECTIONS N’Y SUFFISENT PLUS.

    J’ai enten­du dire qu’il ne serait pas his­to­rien mais lit­té­raire, chré­tien sin­cère, et pas­sion­né d’histoire.
    Tant mieux, car c’est grâce à cette nuance, qui condamne à la foi et à l’en­ga­ge­ment, qu’il ose, plus loin que l’ob­jec­ti­vi­té scien­ti­fique, détri­co­ter les liens sub­tils qui relient les mystères.
    Ce qui nous per­met avec lui de dyna­mi­ter le men­songe des siècles.

    ((tiens …, je n’a­vais jamais per­çu la légende des siècles <Hugo> sous cet angle … à creuser))

    Nous conten­tant d’un Miche­let, nous serions riches en connais­sance, mais dans la béa­ti­tude tran­quille de l’a­veugle qui n’est jamais ébloui.

    Réponse
  43. Florence

    L’Hi­ma­laya comme image de la déhié­rar­chi­sa­tion, Ana, j’é­mets quelque doute sur l’a­dé­qua­tion brute.
    Mais peut-être une réfé­rence m’échappe.

    La hié­rar­chi­sa­tion en l’hu­ma­ni­té est une thé­ma­tique immense !
    Notre erreur originelle ?
    L’in­dis« pen­sable » dont il faut rire dès que possible ?

    Et je suis donc (car je me répète ici) pour une expres­sion de l’in­di­vi­du qui n’est pas for­cé­ment celle de la gen­tillesse, d’au­tant que celle-ci peut être le fruit de la soumission.

    L’ex­pres­sion humaine est une manne de connais­sance : à vivre en émet­teur comme en récepteur.
    L’une de mes saveurs vitales est de me voir réagir à l’autre : tiens, je réagis là et de telle manière. Que se cache dans cette réac­tion si vive, outre ce qui veut être dit…

    Si d’a­ven­ture et de joie humaines enfin trou­vées ou retrou­vées (car comme notre monde en voie d’hu­ma­ni­sa­tion éco­no­miste et fonc­tion­na­liste totale est pro­fon­dé­ment triste et sinistre, en plus d’ex­ploi­ter ce qui peut « juter », soit la tota­li­té du don­né), le pro­jet démo­cra­tique prend forme et vie, je suis convain­cue que bien de nos arché­types sociaux s’ef­fon­dre­ront d’eux-mêmes, ou évo­lue­ront sans volon­té ni effort.

    Davan­tage encore que la pro­blé­ma­tique de la taille, de l’é­chelle, se noue ici l’é­ven­tuel obli­ga­tion de tran­cher en amont, ou de délier idée / pra­tique sans doute en prio­ri­sant la pre­mière : inten­tion et ali­men­ta­tion, oui pour moi !
    Et com­men­cer le comment.
    Car : si nous ne savions voir ce qui est, ou que nous ne finis­sions tou­jours par trop l’oublier…
    De même qu’é­cou­ter est à por­tée d’o­reille et de temps.

    Juste pour pimen­ter encore le blog et les deux réac­tions d’A­na et d’Effab ?

    (Michel Rocard est « émou­vant » avec les patrons ! Enfin, sa car­rière de per­dant auréo­lée ? Si je me fais quelque peu Alice Mil­ler, après le tapage des valeurs cou­rantes (per­dant, gloire), cour­rait-il encore après la recon­nais­sance de ses parents, ou qu’est-ce ? Tant de ser­vi­tude mala­dive d’un côté, certes habillée du coffre de l’é­lo­cu­tion, un peu ame­nui­sée par les deux oreillettes à fil mou­vantes tout de même, de rejet d’autre part de la plus simple poli­tesse humaine – en ce qui concerne son atti­tude avec Etienne. Un vrai socia­liste, c’est donc cela ?)

    Goethe : « Ce ne sont pas les sens qui se trompent mais le jugement ».
    Ce qui n’empêche pas le pen­seur d’é­mettre que : « Les ani­maux sont ins­truits par leurs organes disaient les anciens ; j’a­joute, les hommes aus­si ; ils ont tou­te­fois le pri­vi­lège de pou­voir à leur tour ins­truire leurs organes. »
    Dia­lec­tique endia­blée au point de ne pas pou­voir dis­so­cier les pôles ?
    Ciao !

    Réponse
  44. Ana Sailland

    « L’Hi­ma­laya comme image de la déhié­rar­chi­sa­tion, Ana, j’é­mets quelque doute sur l’a­dé­qua­tion brute. » »> j’a­vais écrit « hima­laya de notre ambi­tion » dans un contexte rela­tif à l’é­lé­va­tion néces­saire de cer­taines qua­li­tés humaines. Mon pro­pos signi­fiait que sur le plan de la com de qua­li­té, nous ne sommes pas encore au camp de base.
    Est ce plus clair ?

    Il m’ar­rive aus­si de poin­ter l’é­vo­lu­tion vers la démo­cra­tie et l’é­lé­va­tion de la conscience comme allant de pair, sans qu’on sache trop quelle tran­si­tion doit pré­cé­der ou géné­rer l’autre. Syn­drome de l’œuf et de la poule appli­qué à la révo­lu­tion en quelque sorte.

    ;;;;;;

    Si j’a­vais vou­lu écrire sou­mis­sion, j’au­rais écrit sou­mis­sion et pas gen­tillesse. Je n’ai pas non plus écrit mollesse.

    En écri­vant gen­tillesse, je pen­sais à Mon­taigne bien plus qu’à Vol­taire, le second cher­chant à tuer, le pre­mier réflé­chis­sant aux moda­li­tés d’une com­mu­ni­ca­tion enri­chis­sante et à l’é­cart du pugilat.
    La car­pette n’ef­fleu­rait même pas ma pensée.

    ;;;;;;

    Il me semble que nous sommes d’ac­cord sur le fond mais pas sur l’u­sage du Larousse.

    ;;;;;;;;

    Sur un autre fil se vit en ce moment un débat ser­ré concer­nant un texte issu de l’OMS. On y voit clai­re­ment l’op­po­si­tion entre audi­tifs et visuels : cer­tains indi­vi­dus se foca­lisent sur la séquence et donc sur le détail tan­dis que d’autres per­çoivent le glo­bal et au delà. cela engendre des incom­pré­hen­sions fatales, et c’est bien dommage.

    => Com­prendre com­ment nous fonc­tion­nons sera aus­si un tra­vail à mener par le grand nombre, tra­vail qui soit dit en pas­sant me serait bien utile, afin que la codé­ci­sion uni­ver­selle soit menée par des êtres conscients plus que par des robots cytoplasmiques.

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  45. Florence

    Je me savais en ter­rain dif­fi­cile avec vous Ana Sailland, si pro­lixe. Mon état d’es­prit actuel m’a per­mis de vous signa­lé un mot, voire deux.
    J’ai tu « l’i­diot du village ».
    Je suis stu­pé­faite de vos propos.
    Rece­vez mes belles salutations ! 😉

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  46. Ana Sailland

    Flo­rence, j’é­prouve de la dif­fi­cul­té à déco­der votre message.

    Je ne com­prends pas cette his­toire de ter­rain dif­fi­cile, ni la rai­son pré­cise de votre stupéfaction.

    J’ai trou­vé très tou­chant l’i­diot du vil­lage dans « la fille de Ryan ».

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  47. EFFAB

    Dieu­don­né et la quenelle, 
    mais pour­quoi sont-ils si méchants ?

    Réponse

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