En Belgique, ça germe :
David Van Reybrouck présente son livre,
« CONTRE LES ÉLECTIONS » :
David Van Reybrouck : « La démocratie… par Le_Soir
David Van Reybrouck :
« Nous sommes des fondamentalistes des élections »
David Van Reybrouck plaide
pour une démocratie par tirage au sort

Vous allez retrouver Bernard Manin et la démocratie athénienne… Je me retrouve souvent dans ce que dit cet homme-là ; vous ne serez pas dépaysés, je pense 🙂
Et vous allez sans doute bouillir un peu en entendant certaines questions des journalistes (par exemple quand ils soutiennent que « les tirés au sort n’ont pas à rendre de compte », ou que « le tirage au sort des représentants prive les citoyens du débat démocratique »…)
Au Québec aussi, ça germe :
Francis Dupuis-Déri
Démocratie : histoire d’un malentendu
Fancis Dupuis-Déri vient de publier un livre fort intéressant (« Démocratie. Histoire politique d’un mot ») qui apporte de nombreux documents nouveaux et citations originales pour étayer les thèses radicales que je défends depuis huit ans. Ce livre est à la fois agréable à lire et instructif. Un bon outil de gentil virus, je trouve 🙂
Démocratie. Histoire politique d’un mot
Aux États-Unis et en France
un livre de Francis Dupuis-Déri
http://www.luxediteur.com/content/d%C3%A9mocratie-histoire-politique-dun-mot
Étienne.

Le tirage au sort est, de toute évidence la meilleure solution pour remplacer l’oligarchie – ou la démocratie représentative – mais le plus importante est de casser le dogme de Montesquieu — monarchiste — qui a créé le pouvoir EXÉCUTIF, qui comme son nom l’indique, n’est pas un pouvoir mais un simple EXÉCUTANT. voir http://www.poulallion.com.br/
les trois pouvoirs sont :
• l’assemblée représentant les travailleurs, désignée par tirage au sort.
• le Sénat représentant tout ce qui s’accumule, mémorise, savoir, connaissances toutes les structures « capitales » de la société
• le « Judiciaire » ou garant du droit et des devoirs de l’homme, de la société, et de l’environnement.
L’exécutif et ses services de coordination (ministres) n’ont qu’à réaliser les décisions des trois pouvoirs.
Jacques Dalarun – Gouverner c’est servir, essai… par Librairie_Mollat
Les élections prud’hommales sont supprimées, la question du tirage au sort ne s’est même pas posée…
http://www.regards.fr/web/Le-ministre-du-travail-supprime,7233
@2 : très beau et profond
Slogan 2017 :
Tant qu’il restera en France
un SDF autre que Diogène volontaire,
le gouvernement dormira sous les ponts.
(blog de mémé ; supprimé)
Jacques Dalarun veut-il nous dire que les gouvernants du moyen-âge étaient les serviteurs du peuple ? Que les princes, les rois et les seigneurs servaient le peuple ? Que les papes servaient le peuple ? Qu’un Alexandre VI Borgia servait le peuple ?
C’est une blague ?
Morpheus
Ci dessous copie du courriel que je viens d’envoyer à M. Dupuis-Deri :
Je viens de regarder la vidéo de présentation de votre livre : « démocratie : histoire politique d’un mot »
Vos propos complètent bien le travail d’Etienne Chouard, sur le site duquel j’ai trouvé cette vidéo.
Les précisions historiques que vous apportez précisent utilement le tableau qui révèle comment les hommes de pouvoir ont contrôlé et contenu le peuple, « chevauchés la bête ».
Mais c’est concernant une autre sujet que je vous écris. Au début de la vidéo, vous dites que vous étiez récemment en France pour étudier l’anti-féminisme.
Comme tout mouvement, ce dernier contient plusieurs composantes. L’une d’entre elles est probablement due à une misogynie culturelle et psychologique qui perdure.
Mais, venant du Québec, le pays des « 300.000 femmes battues » (qui sont en réalité moins de 30.000) et du tiers de femmes qui ont subit, subissent ou subiront une agression sexuelle, la nouvelle affirmation délirante des organisations prétendument féministes, peut-être devriez vous vous pencher sur une autre piste : et si une des composante de l’anti-féminisme n’était rien d’autre qu’une réaction à un anti-pseudo féminisme, un pseudo féminisme qui masque derrière sa défense louable des droits des femmes une misandrie violente et acharnée ?
- Un pseudo féminisme qui prétend combattre les discriminations faites aux femmes mais qui est arc boutée sur ses privilièges, notamment le rôle prédominant des mères et des femmes en général auprès des jeunes enfants.
- Un peudo féminisme qui se scandalise de ce que les hommes sont injustemment encore un peu meilleurs à haut niveau en mathématique mais qui trouvent tout à fait normal que les filles dominent les garçons dans presque tous les autres domaines scolaires.
- Un pseudo féminisme rampant qui a colonisé les média et leur prétendue bien pensence : où on peut entendre à longueur d’émission la liste des vertues spécifiquement féminines (écoute, humanité, douceur, finesse psychologique, altruisme) cependant que la moindre caractéristique positive revendiquée comme étant masculine sera aussitôt qualifiée de sexiste, seules les caractéristiques masculines négatives (violence, brutalité, égoisme) ne suscitant pas la réprobation des idéologues médiatiques.
La plupart des mouvements féministes ont connu le triste sort de tous les systèmes de pouvoirs, de tous les lobbys : ils se constituent souvent initialement pour de bonnes raisons puis dévient peu à peu, le pouvoir d’influence qu’ils exercent devenant leur vraie raison d’être.
Dans sa grande majorité, le féminisme d’aujourd’hui ne démontre qu’une seule chose :
– les femmes sont bien des « hommes » (au sens d’êtres humains) comme les autres, dès qu’ils ont le pouvoir, ils en abusent…
- Les femmes sont bien des hommes (manipulables) comme les autres ; pendant qu’elles s’acharnent à discréditer les hommes (intrinséquement violents, abuseurs sexuels, immoraux, parentalement inaptes) ceux qui ont historiquement financé le féminisme (famille Rockefeller, Sorros) se réjouissent : là aussi, leur stratégie du « diviser pour mieux régner » fonctionne à plein sous la forme de guerre des sexes.
Prenez le temps d’interroger la situation institutionnelle des hommes dans les pseudos démocraties occidentales : justice, police, école, ministère des droits de femmes, ONG…les femmes sont-elles toujours les victimes ?
Bien cordialement,
David Zandberg
Oui, je suis une femme et je trouve que vous avez tout à fait raison David d’exprimer ce que vous exprimez . Le tableau que vous nous montrez est souvent, mais pas toujours heureusement, le tableau enfermant de la femme qui s’enferme elle-même dans une virilisation maltraitante . Maltraitant pour la feminité qu’elle étouffe en elle à force de voir en l’homme un rival alors que le sens d’une vie est d’en faire un allié. Un allié, c’est à dire un homme qui complète sa nature.
Il existe une contradiction majeure dans chacune des 2 grandes familles du féminisme : les différentialistes et les anti-différentialistes qui revient finalement au même :
S’il on est dans le premier cas, il est logique de concéder que des rôles sociaux issus de différences naturelles aient donné la prédominance à chacun des sexes dans des domaines différents.
S’il on est dans le second, on doit être violemment choqué qu’il y ait 95% d’hommes (soit 20 fois plus d’hommes que de femmes) en prison, bien plus que par la discrimination salariale de 20% (soit 1/5ème d’écart) prétendument subie par les femmes.
Entre la discrimination salariale subie par les femmes et la discrimination carcérale subie par les hommes, il y a un rapport de 1 à 100, qui plus est dans un domaine bien plus grave.
Il y a une différence entre un homme et une femme, mais cette distinction est une complémentarité, source de richesse pour l’un et l’autre normalement, et en rien une incompatibilité à s’unir, bien au contraire.
Je crois que c’est en partie parce que les femmes ont répondu à l’injonction d’être l’égale des hommes, qu’il y a tant de sinistrose dans les couples. S’il y a deux hommes à la maison, ça va être dur de faire couple en effet.
Cela ne veut pas dire que la femme doit être godiche, non, ça veut dire qu’elle doit essayer de développer son ouverture grâce à la présence construite d’un homme, point de vue perso.
Pour ce qui est des qualités qui seraient ou féminines ou masculines, je n’en sais fichtrement rien. Chacun voit midi à sa porte je crois et on ne peut pas ranger les femmes dans telle ou telle catégorie, elles font ou essaient de faire ce qui correspond le mieux à leur nature intérieure, leur désir, avec tous les bémols dont elles doivent tenir compte, elles font leur petite cuisine quoi, comme les hommes ma foi, mais je crois qu’actuellement c’est bien plus difficile d’être un homme qu’une femme.
Un jour à Montpellier, il faisait moins dix (c’est assez rare). Ma sœur qui allait au lycée du Mas de Tesse a récolté une colle pour le dimanche suivant, car ce jour-là, en raison du froid, elle avait choisi de venir en pantalon.
Par la suite, le mouvement féministe a permis d’abolir ce genre d’injustice, sans même une loi, simplement par une modification du cerveau collectif.
Les évolutions se passent sur plusieurs générations, si bien que tel qui en 2013 juge, ignore, puisqu’il n’était pas né, ce qu’était la vie en 1960.
Se focaliser sur le revers de la médaille ne doit pas non plus faire oublier la médaille.
Ma maman, qui lisait Aristote dans le texte, devait cependant demander l’autorisation de Monsieur son époux mon papa, pour ouvrir un compte au Crédit Lyonnais, boulevard Gambetta 😉 Comment ne pas être féministe en ce temps là crénondenon ?
Sur le plan théorique, l’animus et l’anima selon Jung ne sont pas des billevesées :
Il ne s’agit plus du genre au premier degré, mais des composantes de l’être, individu ou pluriel, en tant que pôles archétypaux en toute chose.
Le mariage alchimique, c’est pas non plus des nuts, qui tend à libérer de l’incomplétude.
Pour finir : j’aime bien cette phrase, pour cela qu’elle fait réfléchir, bien que certainement contestable :
« L’Homme ensemence la Femme dans son Corps, et la Femme ensemence l’Homme dans son Esprit ».
Surtout réfléchissez y bien avant de me flinguer hein 🙂 :
Il ne s’agit pas forcément de Madame et Monsieur Dupont, mais peut être de Shakti et Shiva, inégalement distribués en eux.
Bon sang, mais oui mais c’est bien sûr, le monde est plus subtil que ce que nos lunettes ratiocineuses nous laissent entrevoir.
S’engager, c’est maintenir le pouvoir voir au-delà de l’opportunité fugace.
(4 ans avant ma naissance l’histoire de la banque : on m’en avait parlé et j’ai mélangé les dates)
Les effets des luttes féministes
http://maisondesfemmes.free.fr/dates/avancees.droits.fems.htm
« « L’Homme ensemence la Femme dans son Corps, et la Femme ensemence l’Homme dans son Esprit ». »
moi aussi j’aime bien cette phrase, perso les deux sont aussi important l’un que l’autre;-)
Il faut s’incarner pour apprendre et spiritualiser la matière ensuite, non ?
Tout est par complémentarité, rien ne peut être par lui-même, le froid existe parce qu’il y a le chaud, le bien avec le mal, la vie, la mort, la matière, le vide, etc.
« Il faut s’incarner pour apprendre et spiritualiser la matière ensuite, non ? » »> Recoudre la Terre avec le Ciel, disent certains. A moins que le sens de la vie ne soit la transmutation de l’inerte en conscience. Mais ne sommes nous pas hors sujet ? 😉 😉 😉
c’est pas bien j’horsujète encore un peu…
« « L’Homme ensemence la Femme dans son Corps, et la Femme ensemence l’Homme dans son Esprit ». » -@10- c’est directement en accord avec la théorie du changement de polarité suivant ‘l’étage’ corporel.
C’est un raisonnement qui requiert d’accepter, au moins théoriquement, l’emboîtement des différents corps, donc leur existence.
Mais qui offre cette perspective : le masculin dans le corps physique devient féminin dans l’astral et de nouveau masculin dans le mental, pendant que le physique féminin devient masculin dans l’astral et féminin dans le mental, etc… Comme deux serpents qui s’enlacent.
Qui va contester que si la population masculine est ultra majoritaire en prison c’est bien que la brutalité, la force extériorisée, est un caractère physique masculin ; et , passez-moi les mots, qui va contester la puissance du ‘filet’ des femmes, c’est à dire la puissante faculté de donner corps à des images, c’est-à-dire à projeter et à matérialiser de l’astral… c’est qu’il faut ça pour matricer les enfants… ce aussi qui ‘fait’ aussi les hommes plus sentimentaux que les femmes, … enfin, une fois la brute prise au filet…
l’injonction faite aux femmes d’être l’égale des hommes, brouille puissamment les pistes, et c’est probablement sur le plan mental que cette contrainte fonctionne le mieux. Et c’est évidement l’imagination qui en pâtit. En même temps une société sans imagination est plus facile à contrôler.
Reste aux hommes à devenir des femmes, qu’on se le dise.
message 15, je reprends ce qui est dit:« le masculin dans le corps physique devient féminin dans l’astral et de nouveau masculin dans le mental, pendant que le physique féminin devient masculin dans l’astral et féminin dans le mental, etc… Comme deux serpents qui s’enlacent ».
Je crois que c’est tout l’enjeu de notre existence. Convertir ce masculin blessé en la femme, son animus, qui réagit( et parce qu’il réagit n’est donc pas libre!) qui réagit à cause de cette blessure, blessure de toutes les maltraitances antérieures faites à toutes les femmes, animus qui réagit maladroitement par une maltraitance guerroyante qui combat et qui finit par maltraiter tout le monde y compris elle bien sûr, le chemin serait donc me semble-t-il de convertir ce principe masculin, son animus et le pacifier au profit d’une féminité pleine et sereine. Un masculin qui viendrait servir la féminité en elle et non l’asservir et l’aliéner. Un masculin , comme une puissance d’affirmation du féminin, mais pas affirmation arrogante, non, une affirmation pacifiée au service du relèvement de la féminité en nous, en moi.
Ceci dit, je ne crois pas que ce soit hors sujet de parler de cet épineux problème.
Dans son livre « Démocratie. Histoire politique d’un mot aux États-Unis et en France », Francis Dupuis-Déri développe une terminologie éclairante, qui permet notamment de nous dépatouiller des inévitables confusions dans les débats à propos de « démocratie », « république », etc.
Il écrit :
« Il n’est pas simple d’utiliser le mot « démocratie » lorsque l’on écrit son histoire, puisque son sens descriptif et normatif change à travers le temps, voir évoque des réalités contraires. Faut-il nommer « démocrates » les « fondateurs » de la démocratie moderne, représentative et libérale, même s’ils se disaient ouvertement antidémocrates ? Ainsi, James Madison en Amérique du Nord et Emmanuel Sieyès en France ont publiquement condamné la démocratie. Ils étaient ouvertement antidémocrates, c’est-à-dire contre ce que l’on appelle aujourd’hui « démocratie directe ». Ils s’identifiaient à la république, soit un régime électoral. Ils avaient le même respect pour le régime électoral qu’Andrew Jackson, président des États-Unis (1829−1837), et Léon Gambetta, homme politique français influent de la deuxième moitié du XIXe s. Mais Jackson et Gambetta se disaient « démocrates », et ils appelaient « démocratie » le régime électoral que Madison et Sieyès nommaient « république ». Doit-on alors étiqueter Madison et Sieyès comme « antidémocrates », et Jackson et Gambetta comme « démocrates », même si tous les quatre sont opposés à la démocratie (directe) et sont partisans du régime électoral ? Les termes « démocrates » et « antidémocrates » risquent ici d’obscurcir plutôt qu’éclairer la réflexion.
J’utiliserais donc agoraphobie politique plutôt que antidémocratisme pour faire référence à la peur de la démocratie directe. En psychologie, l’agoraphobie désigne une peur des foules et des vastes espaces publics. L’agoraphobie politique, pour sa part, désigne la peur de l’agora, le nom de la place publique dans les cités grecques où les citoyens s’assemblaient pour délibérer.
(…)
L’agoraphilie politique, pour sa part, désigne une forte sympathie (voire de l’amour) pour le peuple assemblé. Renversant la logique de l’agoraphobie politique, l’agoraphilie affirme que toute élite gouvernante 1) est irrationnelle, car animée pas sa passion pour le pouvoir et la gloire ; 2) démagogique ; 3) constitue une faction qui, par sa seule existence, divise la communauté entre gouvernants et gouvernés. »
Je trouve cette distinction très éclairante pour faciliter les échanges.
Bien Francis Dupuis-Déri, intéressant.
Sur le « féminisme » ou en tout cas les femmes qui se défendent il faut quand même reconnaître qu’il y en a encore bien besoin, peut être moins dans certains coins maintenant mais a l’échelle mondiale y’a grave du boulot.
Tirage au sort des élus : le député Laurent LOUIS ébranle le Parlement belge !
Je ne connaissais pas cette vidéo de Laurent LOUIS : une véritable perle riche de vérité, si je puis dire, le genre de captation qui mériterait tant une vaste audience… mais il est des vérités qui effraient les nantis et tous ceux qui les servent, il est de mots et des notions incompatibles avec cette mainmise élitiste et libérale, et des noms dont on se garde bien de vanter l’existence et tout ce mérite qui les accompagnent… c’est un honneur, ETIENNE, d’embrasser cette Cause, aussi passionné et aussi disparate que je le suis, mais c’est bien de tout cela dont il s’agit, aussi minuscule soit ma fraise, l’utilité d’un seul mais cette complémentarité de tous !
3’40 (Laurent LOUIS)… je suis fier et je suis heureux d’être traité par le président de cette assemblée d’accident de la Démocratie !…
6.58 (intervention d’Herman De Croo)… Ce qui est excessif est insignifiant.
7’18 (réponde de Laurent LOUIS) Et bien c’est dommage que l’on considère la voix du peuple comme quelque chose d’insignifiant !…
ROBESPIERRE FOR EVER
Il est question d’Olympe de Gouges dans la vidéo Québécoise.
Florence Gauthier en parle dans les deux liens suivant : ici et là.
C’est très intéressant et son portrait est sans doute bien différent de la féministe qui est parfois décrite.
http://youtu.be/JRMg0-0QlqA
Gil Delannoi est l’auteur de ce qui me semble être l’une des meilleures synthèses actuelle sur l’utilisation du tirage au sort en politique (ici). Il a l’intérêt de rentrer dans les détails et de préciser qu’un mode d’utilisation du tirage au sort n’est pas l’autre. Il est aussi intéressant parce qu’il se réfère à des auteurs américains qui ont travaillé sur le sujet (que je n’ai pas lus) et qui ont parfois une vision des choses un peu inhabituelle pour nous. Alors, bien sûr, je ne suis pas d’accord avec tout. Notamment, il est étrangement contre l’idée de désigner l’assemblée législative par tirage au sort (Il accepterait qu’il y ait une assemblée tirée au sort mais qui ne serait que consultée par l’assemblée de professionnels, alors que moi, je pense que ce serait l’inverse qui serait le plus logique).
Pour situer l’auteur, il fait partie du Fondapol, fondation dirigée par Dominique Reynié. J’ai un peu du mal à situer Reynié. Oligarque de métier, il est l’auteur d’un texte critiquant Étienne en 2008, assez médiocre. Mais actuellement, lors de ses participations à « C dans l’air » (Je ne regarde plus que très peu la télé mais je garde encore mon téléviseur pour regarder Bob l’Eponge et Yves Calvi), il a parfois des réflexions pertinentes, et il glisse parfois l’idée d’utiliser le tirage au sort. Je l’ai même entendu dire un jour qu’il pensait que les partis allaient bientôt disparaître.
Tout ceci pour dire que, globalement, je recommande la lecture de ce texte « Le retour du tirage au sort en politique ».
__________________
[MÀJ 21/12/2013, 18h20 :
j’ai répondu à ce billet (assez insultant) de Dominique Reynié de façon très approfondie :
voyez le fil des commentaires du texte cité ci-dessus) 🙂
Attention, les commentaires sont longs, riches et respectueux
(donc constructifs et toujours parfaitement valides et utiles aujourd’hui)
et il y en a DEUX PAGES (lien ‘suivant’ à la fin)
Étienne.]
Je trouve marrant le texte de M.Reynier qui se plaint du fait que ceux qui ne s’expriment jamais sur l’espace officiel ne soient pas contredits sur l’espace dissident.
Et hop, le populisme est brandi, … ben voyons …
D’autant plus que pronostiquer le disparition des partis ne stipule pas forcément de quelle façon ni dans quel contexte^^… car, détrompez-moi si je ne m’abuse, mais il me semble que la politique du parti unique est chose plutôt commune dans l’Histoire !
« L’utilisation des commentaires est désactivée pour cette note. »
Mais ici elle ne l’est pas.
Deux styles 😉
@22
Je viens de lire cet article Que fait la rédaction de Rue 89 ? de Dominique Reynié, c’est vraiment du grand n’importe quoi cette façon de rebondir et de sous-entendre, de dénigrer en citant abondamment ETIENNE mais tout en présentant cela par de petites pointes assassines et purement gratuites, comme si tout cela était faux_quand nous savons pertinemment, nous, combien tout ceci est vrai et juste… c’est non seulement insultant, c’est carrément malhonnête !!
Ce plaisir comme tant d’autres d’avoir lu cette réponse à cet article insultant, ETIENNE…
… logique de Dieu ou pas, le hasard fait en tout cas très bien les choses^^
J’ai lu l’ouvrage de
David Van Reybrouck, « Contre les élections ».
C’est un très bon livre, qui fait bien le tour du sujet sur l’usage du tirage au sort en politique.
Il contient du connu mais aussi des perspectives personnelles. Je vais vous en résumer les grandes lignes.
Dans la première partie « Symptômes », l’auteur constate une usure du soutien au régime en place, qu’il appelle « syndrome de fatigue démocratique ». Cela résulte de l’association entre un intérêt croissant de la population pour la politique relevé dans les enquêtes sociologiques (contrairement au lieu commun ressassé), et un déclin de la confiance dans le personnel politique. Une telle évolution ne peut se poursuivre sans qu’il « se passe quelque chose ». Alors qu’un régime se doit d’être un compromis entre légitimité et efficacité, le régime actuel n’est plus estimé ni légitime ni efficace. Les symptômes de cette usure sont : la désaffection pour les élections, l’inconstance des électeurs, la diminution des effectifs des partis, la difficulté à confectionner des gouvernements, l’impopularité croissante des équipes issues des élections, l’inefficacité administrative, l’électoralisme permanent.
Dans une seconde partie « Diagnostics », il évoque les différentes causes et les remèdes qui ont été proposés, pour les réfuter.
Il introduit alors l’idée que pour lui le problème viendrait de la démocratie représentative élective.
Dans la troisième partie « Pathogenése », il explique le sujet, reprenant le contenu des ouvrages de Manin et Sintomer (usage dans l’histoire, détournement du nom de démocratie après la Révolution Française, etc). Rien que vous ne connaissiez déjà, je ne développe donc pas.
Dans la dernière partie « Remèdes », il présente les applications concrètes de processus participatif qui ont déjà eu lieu, avec notamment les cinq principales (Colombie-Britannique 2004, Pays-Bas 2006, Ontario 2006–7, Islande 2010-12, Irlande 2013). Son analyse est intéressante. Les trois premières n’ont abouti à aucun résultat réel. Les défauts qu’il pointe sont : 1) Il fallait valider la décision de l’assemblée par référendum : dans l’idée collective, le tirage au sort n’est pas encore jugé comme une procédure fiable de prise de décision, en comparaison avec le référendum notamment. 2) Le public n’était pas tenu au courant des débats au sein de l’assemblée. 3) Les projets semblaient menés contre les pouvoirs établis, qui en retour ont discrédité le processus. En Ontario, la position de la presse fut même selon un observateur « hystériquement négative ». L’expérience islandaise à tenté de corriger ces défauts, en maintenant un lien avec l’opinion par Internet, en élisant l’assemblée, et en intégrant des politiciens professionnels au mécanisme. Cela fut une réussite puisque les décisions ont été approuvées par référendum, mais au prix d’une nette batardisation du concept initial. L’expérience irlandaise a tenté un compromis, avec une assemblée comprenant une partie de citoyens tirés au sort et une partie de politiciens professionnels. Van Reybrouck considère qu’il est plus efficace de « mouiller » ces derniers dans le processus, d’une part pour éviter de les braquer, d’autre part pour diminuer la méfiance réciproque.
Il rapporte ensuite différentes publications qui proposent l’utilisation du tirage au sort dans le processus législatif : Callenbach et Philips 1985 (USA ; remplacement de la Chambre des Représentants par une chambre tirée au sort), Barnett et Carty 1998 (GB ; remplacement de la Chambre des Lords), Sutherland 2008 (GB ; remplacement de la chambre des Communes), Buchstein 2009 (UE ; ajout d’une seconde assemblée en plus du Parlement Européen), Sintomer 2011 (France ; ajout d’une troisième assemblée). L’utilisation qui est proposée du tirage au sort est systématiquement la désignation d’une chambre coexistant avec une autre chambre, qui reste élue. Van Reybrouck considère que le passage par un tel système législatif – qu’il nomme « bi-représentatif » – est sans doute la prochaine étape dans l’histoire du tirage au sort. Mais qu’il s’agit d’une phase de transition pour habituer les esprits avant un passage complet à une « démocratie représentative non-élective ».
Le modèle théorique qui semble emporter son adhésion est celui décrit dans une publication récente (2013) d’un chercheur américain, T. Bouricius. Sa proposition est effectivement astucieuse, et assez différente de ce que j’ai lu jusqu’à présent. Je terminerai donc en vous le décrivant plus en détail.
Le multi-body sortition (système de tirage au sort de plusieurs instances) de Bouricius.
Ce modèle se veut un système de démocratie représentative non-élective ayant trait au processus législatif.
Il s’inspire du fonctionnement de la démocratie athénienne, avec des modifications issues du fonctionnement des régimes actuels, et des expériences de démocratie participative.
Il cherche à répondre aux dilemmes soulevés par un projet d’une assemblée législative tirée au sort :
En outre, il n’est pas sûr que l’on puisse obtenir des gens qu’ils quittent leur activité quotidienne pour qu’ils se consacrent au processus législatif pendant plusieurs années.
L’idée de Bouricius est dès lors de diviser le processus législatif en une série d’étapes élémentaires. Chaque étape serait remplie par une instance. Chaque instance aurait les caractéristiques (mode de sélection, durée des mandats) qui offrent le plus d’avantages pour répondre à sa fonction. Les inconvénients et biais inhérents au mode de sélection seraient contrebalancés par les filtres que représentent les autres instances. Il propose un modèle en six instances.
Merci Ronald.
Comment avez-vous fait pour avoir ce fichu bouquin ? Je l’ai commandé il y a deux mois et je n’ai toujours rien reçu 🙁
🙂
Encore une censure oligarchique ! Les salauds ! Ou alors c’est parce que le livre est déjà sorti chez son éditeur belge (De Bezige Bij) mais pas encore chez l’éditeur français (Actes Sud) … 🙂
Encore une censure oligarchique ! Les salauds ! Ou alors c’est parce que le livre est déjà sorti chez son éditeur belge (De Bezige Bij) mais pas encore chez l’éditeur français (Actes Sud) … 🙂
18 avril 2014, à Bruxelles : échange avec David Van Reybrouck, sur les mécanismes démocratiques dignes de ce nom
http://chouard.org/blog/2014/04/10/18-avril-2014-a-bruxelles-echange-avec-david-van-reybrouck-sur-les-mecanismes-democratiques-dignes-de-ce-nom/