Tirage au sort des représentants politiques, l’idée germe en Belgique et au Québec : David Van Reybrouck et Francis Dupuis-Déri

22/11/2013 | 32 commentaires

En Bel­gique, ça germe : 

David Van Rey­brouck pré­sente son livre,
« CONTRE LES ÉLECTIONS » :
David Van Rey­brouck : « La démo­cra­tie… par Le_Soir

David Van Reybrouck :
« Nous sommes des fondamentalistes des élections »

http://​www​.rtbf​.be/​i​n​f​o​/​b​e​l​g​i​q​u​e​/​d​e​t​a​i​l​_​d​a​v​i​d​-​v​a​n​-​r​e​y​b​r​o​u​c​k​-​n​o​u​s​-​s​o​m​m​e​s​-​d​e​s​-​f​o​n​d​a​m​e​n​t​a​l​i​s​t​e​s​-​d​e​s​-​e​l​e​c​t​i​o​n​s​?​i​d​=​8​1​3​6​684

David Van Reybrouck plaide
pour une démocratie par tirage au sort

http://​www​.lalibre​.be/​c​u​l​t​u​r​e​/​l​i​v​r​e​s​/​d​a​v​i​d​-​v​a​n​-​r​e​y​b​r​o​u​c​k​-​p​l​a​i​d​e​-​p​o​u​r​-​u​n​e​-​d​e​m​o​c​r​a​t​i​e​-​p​a​r​-​t​i​r​a​g​e​-​a​u​-​s​o​r​t​-​5​2​2​7​7​b​a​a​3​5​7​0​9​3​4​0​8​3​d​3​5​268

Vous allez retrou­ver Ber­nard Manin et la démo­cra­tie athé­nienne… Je me retrouve sou­vent dans ce que dit cet homme-là ; vous ne serez pas dépay­sés, je pense 🙂

Et vous allez sans doute bouillir un peu en enten­dant cer­taines ques­tions des jour­na­listes (par exemple quand ils sou­tiennent que « les tirés au sort n’ont pas à rendre de compte », ou que « le tirage au sort des repré­sen­tants prive les citoyens du débat démocratique »…)


Au Qué­bec aus­si, ça germe : 

Francis Dupuis-Déri
Démocratie : histoire d’un malentendu 

Fan­cis Dupuis-Déri vient de publier un livre fort inté­res­sant (« Démo­cra­tie. His­toire poli­tique d’un mot ») qui apporte de nom­breux docu­ments nou­veaux et cita­tions ori­gi­nales pour étayer les thèses radi­cales que je défends depuis huit ans. Ce livre est à la fois agréable à lire et ins­truc­tif. Un bon outil de gen­til virus, je trouve 🙂

Démocratie. Histoire politique d’un mot
Aux États-Unis et en France
un livre de Francis Dupuis-Déri

http://www.luxediteur.com/content/d%C3%A9mocratie-histoire-politique-dun-mot

Étienne.

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Étienne

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32 Commentaires

  1. Paul Poulallion

    Le tirage au sort est, de toute évi­dence la meilleure solu­tion pour rem­pla­cer l’o­li­gar­chie – ou la démo­cra­tie repré­sen­ta­tive – mais le plus impor­tante est de cas­ser le dogme de Mon­tes­quieu — monar­chiste — qui a créé le pou­voir EXÉCUTIF, qui comme son nom l’in­dique, n’est pas un pou­voir mais un simple EXÉCUTANT. voir http://​www​.pou​lal​lion​.com​.br/

    les trois pou­voirs sont :

    • l’as­sem­blée repré­sen­tant les tra­vailleurs, dési­gnée par tirage au sort.

    • le Sénat repré­sen­tant tout ce qui s’ac­cu­mule, mémo­rise, savoir, connais­sances toutes les struc­tures « capi­tales » de la société

    • le « Judi­ciaire » ou garant du droit et des devoirs de l’homme, de la socié­té, et de l’environnement.

    L’exécutif et ses ser­vices de coor­di­na­tion (ministres) n’ont qu’à réa­li­ser les déci­sions des trois pouvoirs.

    Réponse
  2. Ana Sailland

    @2 : très beau et profond

    Slo­gan 2017 : 
    Tant qu’il res­te­ra en France 
    un SDF autre que Dio­gène volontaire, 
    le gou­ver­ne­ment dor­mi­ra sous les ponts.

    (blog de mémé ; supprimé)

    Réponse
  3. Morpheus

    Jacques Dala­run veut-il nous dire que les gou­ver­nants du moyen-âge étaient les ser­vi­teurs du peuple ? Que les princes, les rois et les sei­gneurs ser­vaient le peuple ? Que les papes ser­vaient le peuple ? Qu’un Alexandre VI Bor­gia ser­vait le peuple ?

    C’est une blague ?

    Mor­pheus

    Réponse
  4. zedav

    Ci des­sous copie du cour­riel que je viens d’en­voyer à M. Dupuis-Deri :

    Je viens de regar­der la vidéo de pré­sen­ta­tion de votre livre : « démo­cra­tie : his­toire poli­tique d’un mot »

    Vos pro­pos com­plètent bien le tra­vail d’E­tienne Chouard, sur le site duquel j’ai trou­vé cette vidéo.

    Les pré­ci­sions his­to­riques que vous appor­tez pré­cisent uti­le­ment le tableau qui révèle com­ment les hommes de pou­voir ont contrô­lé et conte­nu le peuple, « che­vau­chés la bête ».

    Mais c’est concer­nant une autre sujet que je vous écris. Au début de la vidéo, vous dites que vous étiez récem­ment en France pour étu­dier l’anti-féminisme.

    Comme tout mou­ve­ment, ce der­nier contient plu­sieurs com­po­santes. L’une d’entre elles est pro­ba­ble­ment due à une miso­gy­nie cultu­relle et psy­cho­lo­gique qui perdure.

    Mais, venant du Qué­bec, le pays des « 300.000 femmes bat­tues » (qui sont en réa­li­té moins de 30.000) et du tiers de femmes qui ont subit, subissent ou subi­ront une agres­sion sexuelle, la nou­velle affir­ma­tion déli­rante des orga­ni­sa­tions pré­ten­du­ment fémi­nistes, peut-être devriez vous vous pen­cher sur une autre piste : et si une des com­po­sante de l’an­ti-fémi­nisme n’é­tait rien d’autre qu’une réac­tion à un anti-pseu­do fémi­nisme, un pseu­do fémi­nisme qui masque der­rière sa défense louable des droits des femmes une misan­drie vio­lente et acharnée ?

    - Un pseu­do fémi­nisme qui pré­tend com­battre les dis­cri­mi­na­tions faites aux femmes mais qui est arc bou­tée sur ses pri­vi­lièges, notam­ment le rôle pré­do­mi­nant des mères et des femmes en géné­ral auprès des jeunes enfants.

    - Un peu­do fémi­nisme qui se scan­da­lise de ce que les hommes sont injus­tem­ment encore un peu meilleurs à haut niveau en mathé­ma­tique mais qui trouvent tout à fait nor­mal que les filles dominent les gar­çons dans presque tous les autres domaines scolaires.

    - Un pseu­do fémi­nisme ram­pant qui a colo­ni­sé les média et leur pré­ten­due bien pen­sence : où on peut entendre à lon­gueur d’é­mis­sion la liste des ver­tues spé­ci­fi­que­ment fémi­nines (écoute, huma­ni­té, dou­ceur, finesse psy­cho­lo­gique, altruisme) cepen­dant que la moindre carac­té­ris­tique posi­tive reven­di­quée comme étant mas­cu­line sera aus­si­tôt qua­li­fiée de sexiste, seules les carac­té­ris­tiques mas­cu­lines néga­tives (vio­lence, bru­ta­li­té, égoisme) ne sus­ci­tant pas la répro­ba­tion des idéo­logues médiatiques.

    La plu­part des mou­ve­ments fémi­nistes ont connu le triste sort de tous les sys­tèmes de pou­voirs, de tous les lob­bys : ils se consti­tuent sou­vent ini­tia­le­ment pour de bonnes rai­sons puis dévient peu à peu, le pou­voir d’in­fluence qu’ils exercent deve­nant leur vraie rai­son d’être.

    Dans sa grande majo­ri­té, le fémi­nisme d’au­jourd’­hui ne démontre qu’une seule chose :
    – les femmes sont bien des « hommes » (au sens d’êtres humains) comme les autres, dès qu’ils ont le pou­voir, ils en abusent…

    - Les femmes sont bien des hommes (mani­pu­lables) comme les autres ; pen­dant qu’elles s’a­charnent à dis­cré­di­ter les hommes (intrin­sé­que­ment vio­lents, abu­seurs sexuels, immo­raux, paren­ta­le­ment inaptes) ceux qui ont his­to­ri­que­ment finan­cé le fémi­nisme (famille Rocke­fel­ler, Sor­ros) se réjouissent : là aus­si, leur stra­té­gie du « divi­ser pour mieux régner » fonc­tionne à plein sous la forme de guerre des sexes.

    Pre­nez le temps d’in­ter­ro­ger la situa­tion ins­ti­tu­tion­nelle des hommes dans les pseu­dos démo­cra­ties occi­den­tales : jus­tice, police, école, minis­tère des droits de femmes, ONG…les femmes sont-elles tou­jours les victimes ?

    Bien cor­dia­le­ment,
    David Zandberg

    Réponse
  5. cb

    Oui, je suis une femme et je trouve que vous avez tout à fait rai­son David d’ex­pri­mer ce que vous expri­mez . Le tableau que vous nous mon­trez est sou­vent, mais pas tou­jours heu­reu­se­ment, le tableau enfer­mant de la femme qui s’en­ferme elle-même dans une viri­li­sa­tion mal­trai­tante . Mal­trai­tant pour la femi­ni­té qu’elle étouffe en elle à force de voir en l’homme un rival alors que le sens d’une vie est d’en faire un allié. Un allié, c’est à dire un homme qui com­plète sa nature.

    Réponse
  6. zedav

    Il existe une contra­dic­tion majeure dans cha­cune des 2 grandes familles du fémi­nisme : les dif­fé­ren­tia­listes et les anti-dif­fé­ren­tia­listes qui revient fina­le­ment au même :

    S’il on est dans le pre­mier cas, il est logique de concé­der que des rôles sociaux issus de dif­fé­rences natu­relles aient don­né la pré­do­mi­nance à cha­cun des sexes dans des domaines différents.

    S’il on est dans le second, on doit être vio­lem­ment cho­qué qu’il y ait 95% d’hommes (soit 20 fois plus d’hommes que de femmes) en pri­son, bien plus que par la dis­cri­mi­na­tion sala­riale de 20% (soit 1/5ème d’é­cart) pré­ten­du­ment subie par les femmes.
    Entre la dis­cri­mi­na­tion sala­riale subie par les femmes et la dis­cri­mi­na­tion car­cé­rale subie par les hommes, il y a un rap­port de 1 à 100, qui plus est dans un domaine bien plus grave.

    Réponse
  7. c

    Il y a une dif­fé­rence entre un homme et une femme, mais cette dis­tinc­tion est une com­plé­men­ta­ri­té, source de richesse pour l’un et l’autre nor­ma­le­ment, et en rien une incom­pa­ti­bi­li­té à s’u­nir, bien au contraire.

    Je crois que c’est en par­tie parce que les femmes ont répon­du à l’in­jonc­tion d’être l’é­gale des hommes, qu’il y a tant de sinis­trose dans les couples. S’il y a deux hommes à la mai­son, ça va être dur de faire couple en effet.

    Cela ne veut pas dire que la femme doit être godiche, non, ça veut dire qu’elle doit essayer de déve­lop­per son ouver­ture grâce à la pré­sence construite d’un homme, point de vue perso.

    Pour ce qui est des qua­li­tés qui seraient ou fémi­nines ou mas­cu­lines, je n’en sais fich­tre­ment rien. Cha­cun voit midi à sa porte je crois et on ne peut pas ran­ger les femmes dans telle ou telle caté­go­rie, elles font ou essaient de faire ce qui cor­res­pond le mieux à leur nature inté­rieure, leur désir, avec tous les bémols dont elles doivent tenir compte, elles font leur petite cui­sine quoi, comme les hommes ma foi, mais je crois qu’ac­tuel­le­ment c’est bien plus dif­fi­cile d’être un homme qu’une femme.

    Réponse
  8. Ana Sailland

    Un jour à Mont­pel­lier, il fai­sait moins dix (c’est assez rare). Ma sœur qui allait au lycée du Mas de Tesse a récol­té une colle pour le dimanche sui­vant, car ce jour-là, en rai­son du froid, elle avait choi­si de venir en pantalon.

    Par la suite, le mou­ve­ment fémi­niste a per­mis d’a­bo­lir ce genre d’in­jus­tice, sans même une loi, sim­ple­ment par une modi­fi­ca­tion du cer­veau collectif.

    Les évo­lu­tions se passent sur plu­sieurs géné­ra­tions, si bien que tel qui en 2013 juge, ignore, puis­qu’il n’é­tait pas né, ce qu’é­tait la vie en 1960.
    Se foca­li­ser sur le revers de la médaille ne doit pas non plus faire oublier la médaille.

    Ma maman, qui lisait Aris­tote dans le texte, devait cepen­dant deman­der l’au­to­ri­sa­tion de Mon­sieur son époux mon papa, pour ouvrir un compte au Cré­dit Lyon­nais, bou­le­vard Gam­bet­ta 😉 Com­ment ne pas être fémi­niste en ce temps là crénondenon ?

    Sur le plan théo­rique, l’a­ni­mus et l’a­ni­ma selon Jung ne sont pas des billevesées :
    Il ne s’a­git plus du genre au pre­mier degré, mais des com­po­santes de l’être, indi­vi­du ou plu­riel, en tant que pôles arché­ty­paux en toute chose.

    Le mariage alchi­mique, c’est pas non plus des nuts, qui tend à libé­rer de l’incomplétude.

    Pour finir : j’aime bien cette phrase, pour cela qu’elle fait réflé­chir, bien que cer­tai­ne­ment contestable :

    « L’Homme ense­mence la Femme dans son Corps, et la Femme ense­mence l’Homme dans son Esprit ».
    Sur­tout réflé­chis­sez y bien avant de me flin­guer hein 🙂 :
    Il ne s’a­git pas for­cé­ment de Madame et Mon­sieur Dupont, mais peut être de Shak­ti et Shi­va, inéga­le­ment dis­tri­bués en eux.

    Bon sang, mais oui mais c’est bien sûr, le monde est plus sub­til que ce que nos lunettes ratio­ci­neuses nous laissent entrevoir.

    S’en­ga­ger, c’est main­te­nir le pou­voir voir au-delà de l’opportunité fugace.

    Réponse
  9. Marie

    « « L’Homme ense­mence la Femme dans son Corps, et la Femme ense­mence l’Homme dans son Esprit ». »
    moi aus­si j’aime bien cette phrase, per­so les deux sont aus­si impor­tant l’un que l’autre;-)
    Il faut s’in­car­ner pour apprendre et spi­ri­tua­li­ser la matière ensuite, non ?

    Réponse
  10. J-Stéphane

    Tout est par com­plé­men­ta­ri­té, rien ne peut être par lui-même, le froid existe parce qu’il y a le chaud, le bien avec le mal, la vie, la mort, la matière, le vide, etc.

    Réponse
  11. Ana Sailland

    « Il faut s’in­car­ner pour apprendre et spi­ri­tua­li­ser la matière ensuite, non ? » »> Recoudre la Terre avec le Ciel, disent cer­tains. A moins que le sens de la vie ne soit la trans­mu­ta­tion de l’i­nerte en conscience. Mais ne sommes nous pas hors sujet ? 😉 😉 😉

    Réponse
  12. mic el

    c’est pas bien j’hor­su­jète encore un peu…

    « « L’Homme ense­mence la Femme dans son Corps, et la Femme ense­mence l’Homme dans son Esprit ». » -@10- c’est direc­te­ment en accord avec la théo­rie du chan­ge­ment de pola­ri­té sui­vant ‘l’é­tage’ corporel.

    C’est un rai­son­ne­ment qui requiert d’accepter, au moins théo­ri­que­ment, l’emboîtement des dif­fé­rents corps, donc leur existence.

    Mais qui offre cette pers­pec­tive : le mas­cu­lin dans le corps phy­sique devient fémi­nin dans l’as­tral et de nou­veau mas­cu­lin dans le men­tal, pen­dant que le phy­sique fémi­nin devient mas­cu­lin dans l’as­tral et fémi­nin dans le men­tal, etc… Comme deux ser­pents qui s’enlacent.

    Qui va contes­ter que si la popu­la­tion mas­cu­line est ultra majo­ri­taire en pri­son c’est bien que la bru­ta­li­té, la force exté­rio­ri­sée, est un carac­tère phy­sique mas­cu­lin ; et , pas­sez-moi les mots, qui va contes­ter la puis­sance du ‘filet’ des femmes, c’est à dire la puis­sante facul­té de don­ner corps à des images, c’est-à-dire à pro­je­ter et à maté­ria­li­ser de l’as­tral… c’est qu’il faut ça pour matri­cer les enfants… ce aus­si qui ‘fait’ aus­si les hommes plus sen­ti­men­taux que les femmes, … enfin, une fois la brute prise au filet…

    l’in­jonc­tion faite aux femmes d’être l’é­gale des hommes, brouille puis­sam­ment les pistes, et c’est pro­ba­ble­ment sur le plan men­tal que cette contrainte fonc­tionne le mieux. Et c’est évi­de­ment l’i­ma­gi­na­tion qui en pâtit. En même temps une socié­té sans ima­gi­na­tion est plus facile à contrôler.

    Reste aux hommes à deve­nir des femmes, qu’on se le dise.

    Réponse
  13. NaturaïKarta

    mes­sage 15, je reprends ce qui est dit:« le mas­cu­lin dans le corps phy­sique devient fémi­nin dans l’as­tral et de nou­veau mas­cu­lin dans le men­tal, pen­dant que le phy­sique fémi­nin devient mas­cu­lin dans l’as­tral et fémi­nin dans le men­tal, etc… Comme deux ser­pents qui s’enlacent ».

    Je crois que c’est tout l’en­jeu de notre exis­tence. Conver­tir ce mas­cu­lin bles­sé en la femme, son ani­mus, qui réagit( et parce qu’il réagit n’est donc pas libre!) qui réagit à cause de cette bles­sure, bles­sure de toutes les mal­trai­tances anté­rieures faites à toutes les femmes, ani­mus qui réagit mal­adroi­te­ment par une mal­trai­tance guer­royante qui com­bat et qui finit par mal­trai­ter tout le monde y com­pris elle bien sûr, le che­min serait donc me semble-t-il de conver­tir ce prin­cipe mas­cu­lin, son ani­mus et le paci­fier au pro­fit d’une fémi­ni­té pleine et sereine. Un mas­cu­lin qui vien­drait ser­vir la fémi­ni­té en elle et non l’as­ser­vir et l’a­lié­ner. Un mas­cu­lin , comme une puis­sance d’af­fir­ma­tion du fémi­nin, mais pas affir­ma­tion arro­gante, non, une affir­ma­tion paci­fiée au ser­vice du relè­ve­ment de la fémi­ni­té en nous, en moi.

    Ceci dit, je ne crois pas que ce soit hors sujet de par­ler de cet épi­neux problème.

    Réponse
  14. Anonymous

    Dans son livre « Démo­cra­tie. His­toire poli­tique d’un mot aux États-Unis et en France », Fran­cis Dupuis-Déri déve­loppe une ter­mi­no­lo­gie éclai­rante, qui per­met notam­ment de nous dépa­touiller des inévi­tables confu­sions dans les débats à pro­pos de « démo­cra­tie », « répu­blique », etc.

    Il écrit :

    « Il n’est pas simple d’utiliser le mot « démo­cra­tie » lorsque l’on écrit son his­toire, puisque son sens des­crip­tif et nor­ma­tif change à tra­vers le temps, voir évoque des réa­li­tés contraires. Faut-il nom­mer « démo­crates » les « fon­da­teurs » de la démo­cra­tie moderne, repré­sen­ta­tive et libé­rale, même s’ils se disaient ouver­te­ment anti­dé­mo­crates ? Ain­si, James Madi­son en Amé­rique du Nord et Emma­nuel Sieyès en France ont publi­que­ment condam­né la démo­cra­tie. Ils étaient ouver­te­ment anti­dé­mo­crates, c’est-à-dire contre ce que l’on appelle aujourd’hui « démo­cra­tie directe ». Ils s’identifiaient à la répu­blique, soit un régime élec­to­ral. Ils avaient le même res­pect pour le régime élec­to­ral qu’Andrew Jack­son, pré­sident des États-Unis (1829−1837), et Léon Gam­bet­ta, homme poli­tique fran­çais influent de la deuxième moi­tié du XIXe s. Mais Jack­son et Gam­bet­ta se disaient « démo­crates », et ils appe­laient « démo­cra­tie » le régime élec­to­ral que Madi­son et Sieyès nom­maient « répu­blique ». Doit-on alors éti­que­ter Madi­son et Sieyès comme « anti­dé­mo­crates », et Jack­son et Gam­bet­ta comme « démo­crates », même si tous les quatre sont oppo­sés à la démo­cra­tie (directe) et sont par­ti­sans du régime élec­to­ral ? Les termes « démo­crates » et « anti­dé­mo­crates » risquent ici d’obscurcir plu­tôt qu’éclairer la réflexion.

    J’utiliserais donc ago­ra­pho­bie poli­tique plu­tôt que anti­dé­mo­cra­tisme pour faire réfé­rence à la peur de la démo­cra­tie directe. En psy­cho­lo­gie, l’agoraphobie désigne une peur des foules et des vastes espaces publics. L’agoraphobie poli­tique, pour sa part, désigne la peur de l’agora, le nom de la place publique dans les cités grecques où les citoyens s’assemblaient pour délibérer.

    (…)

    L’ago­ra­phi­lie poli­tique, pour sa part, désigne une forte sym­pa­thie (voire de l’amour) pour le peuple assem­blé. Ren­ver­sant la logique de l’agoraphobie poli­tique, l’agoraphilie affirme que toute élite gou­ver­nante 1) est irra­tion­nelle, car ani­mée pas sa pas­sion pour le pou­voir et la gloire ; 2) déma­go­gique ; 3) consti­tue une fac­tion qui, par sa seule exis­tence, divise la com­mu­nau­té entre gou­ver­nants et gouvernés. »

    Je trouve cette dis­tinc­tion très éclai­rante pour faci­li­ter les échanges.

    Réponse
  15. nlescan

    Bien Fran­cis Dupuis-Déri, intéressant.

    Sur le « fémi­nisme » ou en tout cas les femmes qui se défendent il faut quand même recon­naître qu’il y en a encore bien besoin, peut être moins dans cer­tains coins main­te­nant mais a l’é­chelle mon­diale y’a grave du boulot.

    Réponse
  16. EFFAB

    Tirage au sort des élus : le dépu­té Laurent LOUIS ébranle le Par­le­ment belge !

    Je ne connais­sais pas cette vidéo de Laurent LOUIS : une véri­table perle riche de véri­té, si je puis dire, le genre de cap­ta­tion qui méri­te­rait tant une vaste audience… mais il est des véri­tés qui effraient les nan­tis et tous ceux qui les servent, il est de mots et des notions incom­pa­tibles avec cette main­mise éli­tiste et libé­rale, et des noms dont on se garde bien de van­ter l’exis­tence et tout ce mérite qui les accom­pagnent… c’est un hon­neur, ETIENNE, d’embrasser cette Cause, aus­si pas­sion­né et aus­si dis­pa­rate que je le suis, mais c’est bien de tout cela dont il s’a­git, aus­si minus­cule soit ma fraise, l’u­ti­li­té d’un seul mais cette com­plé­men­ta­ri­té de tous !

    3’40 (Laurent LOUIS)… je suis fier et je suis heu­reux d’être trai­té par le pré­sident de cette assem­blée d’ac­ci­dent de la Démo­cra­tie !…

    6.58 (inter­ven­tion d’Her­man De Croo)… Ce qui est exces­sif est insi­gni­fiant.

    7’18 (réponde de Laurent LOUIS) Et bien c’est dom­mage que l’on consi­dère la voix du peuple comme quelque chose d’in­si­gni­fiant !…

    ROBESPIERRE FOR EVER

    Réponse
  17. Rodfab

    Il est ques­tion d’O­lympe de Gouges dans la vidéo Québécoise.
    Flo­rence Gau­thier en parle dans les deux liens sui­vant : ici et là.

    C’est très inté­res­sant et son por­trait est sans doute bien dif­fé­rent de la fémi­niste qui est par­fois décrite.

    Réponse
  18. Ronald

    Gil Delan­noi est l’auteur de ce qui me semble être l’une des meilleures syn­thèses actuelle sur l’utilisation du tirage au sort en poli­tique (ici). Il a l’intérêt de ren­trer dans les détails et de pré­ci­ser qu’un mode d’utilisation du tirage au sort n’est pas l’autre. Il est aus­si inté­res­sant parce qu’il se réfère à des auteurs amé­ri­cains qui ont tra­vaillé sur le sujet (que je n’ai pas lus) et qui ont par­fois une vision des choses un peu inha­bi­tuelle pour nous. Alors, bien sûr, je ne suis pas d’accord avec tout. Notam­ment, il est étran­ge­ment contre l’idée de dési­gner l’assemblée légis­la­tive par tirage au sort (Il accep­te­rait qu’il y ait une assem­blée tirée au sort mais qui ne serait que consul­tée par l’assemblée de pro­fes­sion­nels, alors que moi, je pense que ce serait l’inverse qui serait le plus logique).

    Pour situer l’auteur, il fait par­tie du Fon­da­pol, fon­da­tion diri­gée par Domi­nique Rey­nié. J’ai un peu du mal à situer Rey­nié. Oli­garque de métier, il est l’auteur d’un texte cri­ti­quant Étienne en 2008, assez médiocre. Mais actuel­le­ment, lors de ses par­ti­ci­pa­tions à « C dans l’air » (Je ne regarde plus que très peu la télé mais je garde encore mon télé­vi­seur pour regar­der Bob l’E­ponge et Yves Cal­vi), il a par­fois des réflexions per­ti­nentes, et il glisse par­fois l’idée d’utiliser le tirage au sort. Je l’ai même enten­du dire un jour qu’il pen­sait que les par­tis allaient bien­tôt disparaître.

    Tout ceci pour dire que, glo­ba­le­ment, je recom­mande la lec­ture de ce texte « Le retour du tirage au sort en politique ».

    __________________

    [MÀJ 21/12/2013, 18h20 : 
    j’ai répon­du à ce billet (assez insul­tant) de Domi­nique Rey­nié de façon très approfondie : 
    voyez le fil des com­men­taires du texte cité ci-des­sus) 🙂
    Atten­tion, les com­men­taires sont longs, riches et respectueux 
    (donc construc­tifs et tou­jours par­fai­te­ment valides et utiles aujourd’hui) 
    et il y en a DEUX PAGES (lien ‘sui­vant’ à la fin)
    Étienne.]

    Réponse
  19. Ana Sailland

    Je trouve mar­rant le texte de M.Reynier qui se plaint du fait que ceux qui ne s’ex­priment jamais sur l’es­pace offi­ciel ne soient pas contre­dits sur l’es­pace dissident.

    Et hop, le popu­lisme est bran­di, … ben voyons …

    Réponse
  20. EFFAB

    D’au­tant plus que pro­nos­ti­quer le dis­pa­ri­tion des par­tis ne sti­pule pas for­cé­ment de quelle façon ni dans quel contexte^^… car, détrom­pez-moi si je ne m’a­buse, mais il me semble que la poli­tique du par­ti unique est chose plu­tôt com­mune dans l’Histoire !

    Réponse
  21. Ana Sailland

    « L’u­ti­li­sa­tion des com­men­taires est désac­ti­vée pour cette note. »

    Mais ici elle ne l’est pas.

    Deux styles 😉

    Réponse
  22. EFFAB

    @22

    Je viens de lire cet article Que fait la rédac­tion de Rue 89 ? de Domi­nique Rey­nié, c’est vrai­ment du grand n’im­porte quoi cette façon de rebon­dir et de sous-entendre, de déni­grer en citant abon­dam­ment ETIENNE mais tout en pré­sen­tant cela par de petites pointes assas­sines et pure­ment gra­tuites, comme si tout cela était faux_quand nous savons per­ti­nem­ment, nous, com­bien tout ceci est vrai et juste… c’est non seule­ment insul­tant, c’est car­ré­ment malhonnête !!

    Réponse
  23. EFFAB

    Ce plai­sir comme tant d’autres d’a­voir lu cette réponse à cet article insul­tant, ETIENNE…

    … logique de Dieu ou pas, le hasard fait en tout cas très bien les choses^^

    Réponse
  24. Ronald

    J’ai lu l’ouvrage de 

    David Van Rey­brouck, « Contre les élec­tions ».

    C’est un très bon livre, qui fait bien le tour du sujet sur l’usage du tirage au sort en poli­tique.
    Il contient du connu mais aus­si des pers­pec­tives per­son­nelles. Je vais vous en résu­mer les grandes lignes.

    Dans la pre­mière par­tie « Symp­tômes », l’auteur constate une usure du sou­tien au régime en place, qu’il appelle « syn­drome de fatigue démo­cra­tique ». Cela résulte de l’association entre un inté­rêt crois­sant de la popu­la­tion pour la poli­tique rele­vé dans les enquêtes socio­lo­giques (contrai­re­ment au lieu com­mun res­sas­sé), et un déclin de la confiance dans le per­son­nel poli­tique. Une telle évo­lu­tion ne peut se pour­suivre sans qu’il « se passe quelque chose ». Alors qu’un régime se doit d’être un com­pro­mis entre légi­ti­mi­té et effi­ca­ci­té, le régime actuel n’est plus esti­mé ni légi­time ni effi­cace. Les symp­tômes de cette usure sont : la désaf­fec­tion pour les élec­tions, l’inconstance des élec­teurs, la dimi­nu­tion des effec­tifs des par­tis, la dif­fi­cul­té à confec­tion­ner des gou­ver­ne­ments, l’impopularité crois­sante des équipes issues des élec­tions, l’inefficacité admi­nis­tra­tive, l’électoralisme permanent.

    Dans une seconde par­tie « Diag­nos­tics », il évoque les dif­fé­rentes causes et les remèdes qui ont été pro­po­sés, pour les réfuter.

    • Pour les par­tis popu­listes (type « FN »), la cause est au per­son­nel poli­tique en place, qui ne reflè­te­rait pas la popu­la­tion et serait décon­nec­tée de la réa­li­té. Oui, mais la pro­po­si­tion de ces par­tis ne ferait que renou­ve­ler le per­son­nel, alors le pro­blème vient plus pro­ba­ble­ment du fonc­tion­ne­ment du régime.
    • Pour les tech­no­crates (type « UE »), la cause est l’inefficacité du poli­tique, et il fau­drait que les affaires soient gérées par un per­son­nel de spé­cia­listes non élu. Oui, mais si une telle approche est plus effi­cace, sa légi­ti­mi­té est nulle.
    • Pour les tenants de la démo­cra­tie directe (type « Indi­gnés »), la cause est dans le par­le­men­ta­risme. Oui, mais les mou­ve­ments de type Indi­gnés se sont mon­tré sans effi­ca­ci­té et le souffle est rapi­de­ment retom­bé. Dans la même veine, Van Rey­brouck est aus­si réser­vé vis-à-vis des sys­tèmes réfé­ren­daires, la plu­part des gens ame­nés à voter étant peu au cou­rant du conte­nu réel de la matière traitée.

    Il intro­duit alors l’i­dée que pour lui le pro­blème vien­drait de la démo­cra­tie repré­sen­ta­tive élective.

    Dans la troi­sième par­tie « Patho­ge­nése », il explique le sujet, repre­nant le conte­nu des ouvrages de Manin et Sin­to­mer (usage dans l’histoire, détour­ne­ment du nom de démo­cra­tie après la Révo­lu­tion Fran­çaise, etc). Rien que vous ne connais­siez déjà, je ne déve­loppe donc pas.

    Dans la der­nière par­tie « Remèdes », il pré­sente les appli­ca­tions concrètes de pro­ces­sus par­ti­ci­pa­tif qui ont déjà eu lieu, avec notam­ment les cinq prin­ci­pales (Colom­bie-Bri­tan­nique 2004, Pays-Bas 2006, Onta­rio 2006–7, Islande 2010-12, Irlande 2013). Son ana­lyse est inté­res­sante. Les trois pre­mières n’ont abou­ti à aucun résul­tat réel. Les défauts qu’il pointe sont : 1) Il fal­lait vali­der la déci­sion de l’assemblée par réfé­ren­dum : dans l’idée col­lec­tive, le tirage au sort n’est pas encore jugé comme une pro­cé­dure fiable de prise de déci­sion, en com­pa­rai­son avec le réfé­ren­dum notam­ment. 2) Le public n’était pas tenu au cou­rant des débats au sein de l’assemblée. 3) Les pro­jets sem­blaient menés contre les pou­voirs éta­blis, qui en retour ont dis­cré­di­té le pro­ces­sus. En Onta­rio, la posi­tion de la presse fut même selon un obser­va­teur « hys­té­ri­que­ment néga­tive ». L’expérience islan­daise à ten­té de cor­ri­ger ces défauts, en main­te­nant un lien avec l’opinion par Inter­net, en éli­sant l’assemblée, et en inté­grant des poli­ti­ciens pro­fes­sion­nels au méca­nisme. Cela fut une réus­site puisque les déci­sions ont été approu­vées par réfé­ren­dum, mais au prix d’une nette batar­di­sa­tion du concept ini­tial. L’expérience irlan­daise a ten­té un com­pro­mis, avec une assem­blée com­pre­nant une par­tie de citoyens tirés au sort et une par­tie de poli­ti­ciens pro­fes­sion­nels. Van Rey­brouck consi­dère qu’il est plus effi­cace de « mouiller » ces der­niers dans le pro­ces­sus, d’une part pour évi­ter de les bra­quer, d’autre part pour dimi­nuer la méfiance réciproque.

    Il rap­porte ensuite dif­fé­rentes publi­ca­tions qui pro­posent l’utilisation du tirage au sort dans le pro­ces­sus légis­la­tif : Cal­len­bach et Phi­lips 1985 (USA ; rem­pla­ce­ment de la Chambre des Repré­sen­tants par une chambre tirée au sort), Bar­nett et Car­ty 1998 (GB ; rem­pla­ce­ment de la Chambre des Lords), Suther­land 2008 (GB ; rem­pla­ce­ment de la chambre des Com­munes), Buch­stein 2009 (UE ; ajout d’une seconde assem­blée en plus du Par­le­ment Euro­péen), Sin­to­mer 2011 (France ; ajout d’une troi­sième assem­blée). L’utilisation qui est pro­po­sée du tirage au sort est sys­té­ma­ti­que­ment la dési­gna­tion d’une chambre coexis­tant avec une autre chambre, qui reste élue. Van Rey­brouck consi­dère que le pas­sage par un tel sys­tème légis­la­tif – qu’il nomme « bi-repré­sen­ta­tif » – est sans doute la pro­chaine étape dans l’histoire du tirage au sort. Mais qu’il s’agit d’une phase de tran­si­tion pour habi­tuer les esprits avant un pas­sage com­plet à une « démo­cra­tie repré­sen­ta­tive non-élective ».

    Le modèle théo­rique qui semble empor­ter son adhé­sion est celui décrit dans une publi­ca­tion récente (2013) d’un cher­cheur amé­ri­cain, T. Bou­ri­cius. Sa pro­po­si­tion est effec­ti­ve­ment astu­cieuse, et assez dif­fé­rente de ce que j’ai lu jusqu’à pré­sent. Je ter­mi­ne­rai donc en vous le décri­vant plus en détail.

    Le mul­ti-body sor­ti­tion (sys­tème de tirage au sort de plu­sieurs ins­tances) de Bou­ri­cius.

    Ce modèle se veut un sys­tème de démo­cra­tie repré­sen­ta­tive non-élec­tive ayant trait au pro­ces­sus législatif.

    Il s’inspire du fonc­tion­ne­ment de la démo­cra­tie athé­nienne, avec des modi­fi­ca­tions issues du fonc­tion­ne­ment des régimes actuels, et des expé­riences de démo­cra­tie participative.

    Il cherche à répondre aux dilemmes sou­le­vés par un pro­jet d’une assem­blée légis­la­tive tirée au sort :

    • un grand groupe est plus repré­sen­ta­tif, mais un petit groupe favo­rise l’implication et l’intérêt de chacun
    • un man­dat long aug­mente la com­pé­tence, mais aus­si le risque de corruption
    • cha­cun qui le veut doit avoir le droit de par­ler, mais on risque alors de pri­vi­lé­gier les plus moti­vés et ceux qui ont le plus de faci­li­té à s’exprimer
    • une déli­bé­ra­tion col­lec­tive tend à favo­ri­ser la pola­ri­sa­tion et la pen­sée de foule
    • on veut lais­ser au groupe tiré au sort le choix de son propre agen­da et de ses règles de fonc­tion­ne­ment, mais cela risque d’entraîner que cer­tains lea­ders exercent trop d’influence sur ces points

    En outre, il n’est pas sûr que l’on puisse obte­nir des gens qu’ils quittent leur acti­vi­té quo­ti­dienne pour qu’ils se consacrent au pro­ces­sus légis­la­tif pen­dant plu­sieurs années.

    L’idée de Bou­ri­cius est dès lors de divi­ser le pro­ces­sus légis­la­tif en une série d’étapes élé­men­taires. Chaque étape serait rem­plie par une ins­tance. Chaque ins­tance aurait les carac­té­ris­tiques (mode de sélec­tion, durée des man­dats) qui offrent le plus d’avan­tages pour répondre à sa fonc­tion. Les incon­vé­nients et biais inhé­rents au mode de sélec­tion seraient contre­ba­lan­cés par les filtres que repré­sentent les autres ins­tances. Il pro­pose un modèle en six instances.

    1. Le Conseil de Défi­ni­tion des Prio­ri­tés (Agen­da Coun­cil). 150–400 membres, tirés au sort par­mi des volon­taires, pour un man­dat de 3 ans, non renou­ve­lable. Il éta­blit l’ordre des sujets prio­ri­taires sur les­quels il faut légi­fé­rer. L’initiative est donc dis­tinctes des ins­tances qui font la loi. Bou­ri­cius envi­sage que la péti­tion puisse être une voie alter­na­tive pour la mise à l’agenda.
    2. Les Panels d’Intérêt (Inter­est Panels). Suite à la mise à l’agenda d’un sujet, une série de petits groupes de tra­vails, com­po­sées des per­sonnes qui le sou­haitent, se signalent. Ils ont pour fonc­tion de réflé­chir sur le sujet don­né. Il n’y a pas de limite dans le nombre de ces panels. Il n’y a pas non plus de durée de man­dat et de vie du panel pré­dé­fi­nie. C’est aus­si la seule ins­tance non rému­né­rée. On aura ici les experts du sujets, les asso­cia­tions, les lob­bies, qui voient leur place ins­ti­tu­tion­na­li­sée. L’expertise et la petite taille des groupe favo­rise ici la com­pé­tence de l’argumentation déve­lop­pée, mais bien enten­du pas du tout la représentativité.
    3. Les Panels d’Examen (Review Panels). Ils ont pour fonc­tion de rédi­ger les pro­po­si­tions de loi. Une assem­blée de 150 membres est tirée au sort par­mi des volon­taires, pour un man­dat de 3 ans, non renou­ve­lable, à plein temps. Chaque membre est affec­té à un panel qui aura en charge un domaine poli­tique (les membres ne choi­sissent pas le panel auquel ils sont affec­tés). C’est l’analogue des com­mis­sions par­le­men­taires actuelles, ou de la Bou­lè à Athènes. Ici, on a l’avantage d’avoir des gens moti­vés par l’action citoyenne, et qui ont le temps d’acquérir une connais­sance du sujet. Mais on a le biais du volon­ta­riat, qui n’assure pas la repré­sen­ta­ti­vi­té de l’ensemble de la popu­la­tion. Et on a le risque de pola­ri­sa­tion et d’effet de groupe consta­tés dans les assem­blées déli­bé­ra­tives. Les Panels d’Examens effec­tuent le tra­vail légis­la­tif clas­sique, uti­lisent les tra­vaux des Panels d’Intérêt et audi­tionnent les gens qu’ils souhaitent.
    4. Le Jury des Actions Publiques (Poli­cy Jury). 400 membres sont recru­tés par tirage au sort, cette fois dans l’ensemble de la popu­la­tion (on a ici la réelle repré­sen­ta­ti­vi­té), pour un jury qui ne dure que un ou quelques jours, le temps de voter une loi spé­ci­fique. C’est la seule ins­tance ou la par­ti­ci­pa­tion est obli­ga­toire. Le Jury écoute la pro­po­si­tion de loi du Panel d’Examen. Il écoute les argu­ments des par­ti­sans du pour et du contre au sein du Panel. Il n’y a pas de dis­cus­sion entre les membres. Le vote est à bul­le­tin secret. Les pos­si­bi­li­tés de cor­rup­tion et de mar­chan­dage sont réduites au mini­mum. Les membres du Panel d’Examen auront inté­rêt à dépo­ser des pro­po­si­tions de loi modé­rées pour opti­mi­ser les chances qu’elle soit adop­tée par le Jury, ce qui contre­ba­lance la ten­dance à la pola­ri­sa­tion des Panels d’Examen. C’est l’analogue de l’Ecclesia d’Athènes.
    5. Le Conseil de Régle­men­ta­tion (Rules Coun­cil). C’est un groupe de citoyens tirés au sort par­mi les per­sonnes ayant déjà effec­tué anté­rieu­re­ment un man­dat dans une ins­tance tirée au sort (et qui connaît donc les rouages de l’institution). Il fixe les règles du fonc­tion­ne­ment des ins­tances. Le modèle de Bou­ri­cius n’est donc pas fixé, mais évo­lue en fonc­tion des pro­blèmes de fonc­tion­ne­ment ren­con­trés. C’est ce conseil qui en est char­gé. Il faut juste trou­ver un moyen qu’il ne s’approprie trop de pou­voir. Bou­ri­cius pro­pose par exemple que les réformes pro­po­sées ne s’appliquent qu’une fois tout le conseil renou­ve­lé. Le man­dat est de trois ans, non renouvelable.
    6. Le Conseil de Sur­veillance (Over­sight Coun­cil). Tiré au sort par­mi des volon­taires pour un man­dat de 3 ans non renou­ve­lable, il veille au res­pect des pro­cé­dures et tranche les réclamations.
    Réponse
  25. Étienne

    Mer­ci Ronald.

    Com­ment avez-vous fait pour avoir ce fichu bou­quin ? Je l’ai com­man­dé il y a deux mois et je n’ai tou­jours rien reçu 🙁

    🙂

    Réponse
  26. Ronald

    Encore une cen­sure oli­gar­chique ! Les salauds ! Ou alors c’est parce que le livre est déjà sor­ti chez son édi­teur belge (De Bezige Bij) mais pas encore chez l’é­di­teur fran­çais (Actes Sud) … 🙂

    Réponse
  27. Ronald

    Encore une cen­sure oli­gar­chique ! Les salauds ! Ou alors c’est parce que le livre est déjà sor­ti chez son édi­teur belge (De Bezige Bij) mais pas encore chez l’é­di­teur fran­çais (Actes Sud) … 🙂

    Réponse
  28. Étienne

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