Sa rencontre avec Nicolas Dupont-Aignan :
Bruno a besoin d’aide, et il ne peut compter que sur nous (les 99 %) pour l’aider : ne compter ni sur les « politiciens » au pouvoir (scandaleusement au service des banques), ni sur les prétendus « médias » (évidemment aux mains des banques aussi). Compter (peut-être) sur certains avocats et sur certains juges ? En tout cas, pour tenir, financièrement et moralement, Bruno compte sur nous.
Je trouve ce gars exemplaire, emblématique : si on était tous déterminés et courageux comme lui, ça bougerait plus vite, non ?
Son site : http://www.bruno-boulefkhad.fr/
Sa page facebook : https://www.facebook.com/pages/Bruno-Boulefkhad-communauté/126560767501862
L’adresse à utiliser avec Paypal pour lui verser de l’argent, ponctuellement ou régulièrement, à : [email protected]
Bon courage, Bruno !
Étienne.

Cette façon qu’ils ont d’essayer de le considérer comme fou me rappelle une phrase de Zeitgeist moving forward :
http://youtu.be/4Z9WVZddH9w?t=17m11s
« Tout est dans les gènes… une explication de la façon dont les choses sont faites qui ne menace pas les choses telles qu’elles sont.
Pourquoi quelqu’un devrait-il se sentir malheureux ou s’engager dans un comportement antisocial, alors que cette personne vit dans la nation la plus libre et la plus prospère sur Terre ?
Cela ne peut provenir du système.
Il doit y avoir un défaut quelque part dans le câblage. »
3 900 001…
Merci à Étienne Chouard pour le soutien à Bruno Boulefkhad. Ce type est » vrai », il exprime une révolte juste et saine face à un monde économique qui a perdu la raison.
Aujourd’hui en France, de plus en plus de gens sombrent dans des difficultés invraisemblables pour juste tenir la tête hors de l’eau. Plus personne n’est à l’abri du chômage alors que plus personne ne croit encore au plein emploi.
Cela veut dire que le gouvernement laisse un système en faillite emporter tout un pays vers un naufrage où ce sont encore les plus faibles (jeunes sans emploi, petits retraités, travailleurs pauvres, mères seules, etc ) qui s’enfoncent dans la marginalisation.
Mais, où va-t-on ?
Il y a des solutions. Chouard, Jorion, Lordon, Asselineau, Dupont-Aignan, au secours !
Le cas de ce monsieur est franchement impressionnant, c’est très intéressant de l’entendre raconter l’acharnement délirant dont il est victime…
Le pire c’est qu’il ne serait pas un cas isolé…
Encore un cadeau insoupçonné de l’administration Sarkozy.
On a une loi qui permet aux banques de détruire les PME qui utilisent des découverts. Super. Et c’est le contribuable qui paye les pots cassés.
Normal.
Passez voir mon article :
L’élection est mathématiquement absurde comparée au tirage au sort
http://www.agoravox.fr/actualites/citoyennete/article/l‑election-est-mathematiquement-139291
http://www.raquel-garrido.net/2013/08/1393/
L’UMP et le PS suppriment discrètement le référendum obligatoire
J’apprends dans les DNA que l’UMP et le PS ont voté en toute discrétion la suppression du référendum en cas de regroupement de départements, de changement de limites d’une région, de regroupement de régions et de fusion d’une région et des départements qui la composent.
Dans les quatre cas, la loi impose un vote au suffrage universel, et pour une fois l’exigence démocratique est forte puisqu’il faut l’accord de la majorité absolue des suffrages exprimés représentant au moins le quart des électeurs inscrits, ce qui détonne à une époque où la majorité des édiles se satisfait, sans mot piper, d’être élu dans un océan d’abstention.
Au creux de l’été, comme sont faites les meilleures réformes anti-démocratiques, Hervé Gaymard (UMP) et Olivier Dussopt (PS) ont ainsi fait voter un amendement au Code Général des Collectivités Territoriales.
Cela pourrait avoir pour conséquence de refaire voter les alsaciens qui avaient voté NON à la création d’une Collectivité Territoriale d’Alsace. Procès d’intention ? Pas du tout.
Rappelons-nous du précédent européen, où l’habitude a été prise de refaire le suffrage lorsque les peuples ne votent pas selon les désidératas oligarchiques. En France, c’est le vote NON de 2005 qui a été contourné sans vergogne.
Pour une fois que le peuple avait le dernier mot.. on lui supprime ! La réforme doit maintenant être étudiée au Sénat. Je m’attends au pire. Dans cette 5ème République où la souveraineté est concentrée entre les seules mains du Président de la République, la suppression d’un référendum populaire c’est une broutille. En fait, ces fous rêvent de supprimer le peuple !
LA VIDÉO de la forfaiture !
Il n’aura pas fallu plus de 3 minutes à Hervé Gaymard et Olivier Dussopt pour retirer le pouvoir aux citoyens.
Amendement 745 – 348827 par Sebastien_Brant
Réflexion sur la science.
La science (latin scientia, « connaissance ») est « ce que l’on sait pour l’avoir appris, ce que l’on tient pour vrai au sens large, l’ensemble de connaissances, d’études d’une valeur universelle, caractérisées par un objet (domaine) et une méthode déterminés, et fondés sur des relations objectives vérifiables [sens restreint] ». La science se doit d’être en constante analyse de toute réflexion et prête à remettre en cause ses propres recherches et conclusions, sinon elle est dogmatique. Il ne doit pas y avoir de sujet exclu.
Nous vivons en ploutocratie, le système où l’argent corrompt tout. Ce sont les puissances industrielles qui financent la recherche scientifique. Si l’énergie vitale, le mouvement perpétuel, l’énergie du vide, etc… sont rejetés c’est par manque d’intérêt pécuniaire. Au temps de la monarchie, n’était accepté par la communauté scientifique que ce qui ne déplaisait pas au pouvoir.
Je crois qu’il va falloir réfléchir à une science indépendante et incorruptible comme il le faut pour les autres pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire, y compris celui financier, médiatique…
La République de Platon,
une cité « idéale » ressemblant fort
au « meilleur des mondes » d’Aldous Huxley.
C’est (seulement) au Volume V que Platon donne la description du système politique qu’il vante tant, et qui est selon lui tellement meilleur à la Démocratie qu’il a en horreur.
Est-ce pour ça qu’il nous est présenté comme un modèle, une référence ?
« -Il faut, selon nos principes, rendre les rapports très fréquents entre les hommes et les femmes d’élite, et très rares, au contraire, entre les sujets inférieurs de l’un et de l’autre sexe ; de plus, il faut élever les enfants des premiers et non ceux des seconds, si l’on veut que le troupeau atteigne à la plus haute perfection ; et toutes ces mesures devront rester cachées, sauf aux magistrats, pour que la troupe des gardiens soit, autant que possible, exempte de discorde.
-Très bien.
-Donc, nous instituerons des fêtes, où nous rassemblerons fiancés et fiancées, avec accompagnement de sacrifices et d’hymnes que nos poètes composeront en l’honneur des mariages célébrés. Pour ce qui est du nombre des mariages, nous laisserons aux magistrats le soin de le régler de telle sorte qu’ils maintiennent le même nombre d’hommes — eu égard aux pertes causées par la guerre, les maladies et autres accidents — et que notre cité, dans la mesure du possible, ne s’agrandisse ni ne diminue.
-Bien, dit-il.
-Nous organiserons, j’imagine, quelque ingénieux tirage au sort, afin que les sujets médiocres qui se trouveront écartés accusent, à chaque union, la fortune et non les magistrats.
-Parfaitement.
-Quant aux jeunes gens qui se seront signalés à la guerre ou ailleurs, nous leur accorderons, entre autres privilèges et récompenses, une plus large liberté de s’unir aux femmes, pour qu’il y ait prétexte à ce que la plupart des enfants soient engendrés par eux.
-Tu as raison.
-Les enfants, à mesure qu’ils naîtront, seront remis entre les mains de personnes chargées d’en prendre soin, hommes, femmes, ou bien hommes et femmes réunis ; car les charges sont communes à l’un et à l’autre sexe.
-Oui.
-Ces préposés porteront les enfants des sujets d’élite au bercail, et les confieront à des nourrices habitant à part dans un quartier de la ville. Pour les enfants des sujets inférieurs, et même ceux des autres qui auraient quelque difformité, il les cacheront en un lieu interdit et secret * , comme il convient.
-… Si l’on veut conserver sa pureté à la race des gardiens, ajouta-t-il.
-Ils veilleront aussi à la nourriture des enfants, conduiront les mères au bercail, à l’époque où leurs seins se gonflent de lait, et mettront en œuvre tous les moyens possibles pour qu’aucune d’elles ne reconnaisse sa progéniture. Si les mères ne suffisent pas à l’allaitement ils se procureront d’autres femmes pour cet office. »
* De ce passage et de deux autres du même livre (459 d, 461 b‑c), il résulte que Platon considérait l’infanticide comme légitime dans certains cas déterminés. Sans doute, nulle part il ne s’explique ouvertement sur cette délicate question : mais la retenue qu’il observe, les périphrases dont il use, n’ont d’autre but que de jeter un voile de décence sur une pratique qu’au fond il jugeait peut-être brutale.
Aristote (Polit. H, 16. 1335 b 19 sqq.) préconise, plus explicitement que Platon, les pratiques d’exposition et d’avortement : d’une part pour faire disparaître les sujets difformes, d’autre part pour maintenir à peu près invariable le nombre des enfants dans la cité : « Pour ce qui est des enfants à élever et de ceux à exposer, qu’une loi interdise de nourrir tout être difforme ; et si les mœurs répugnent à l’exposition, et que le nombre des enfants soit en excès (ce nombre doit être limité) il faut, lorsque certains couples sont trop féconds, provoquer l’avortement avant que n’apparaisse dans le fœtus le sentiment et la vie. Le caractère licite ou illicite de cette pratique dépend en effet de l’apparition du sentiment et de la vie. »
« Les hommes ont deux mobiles principaux de sollicitude et d’amour : la propriété et les affections ; or il n’y a place ni pour l’un ni pour l’autre de ces sentiments dans une cité ainsi organisée. » commente Aristote à propos de La République.
Merci pour ces partages et ces posts ô combien libertaires, BENOIT.
Ne connaissant toujours pas Le Meilleur des mondes d’Aldous Huxley, je suis allé voir sur Wikipédia ce qu’on en disait…
… en effet, sans commentaire, et vive cette déconstruction du mythe Platon et ce nom qui nous est si familier à présent et que je retrouve ici dans cette petite prtésentation :
»Le Meilleur des mondes (en anglais, Brave New World) est un roman d’anticipation dystopique, écrit en 1931 par Aldous Huxley. Il parait en 1932. Huxley le rédige en quatre mois1 seulement.
Vingt-cinq ans plus tard, Huxley publie un essai dédié à ce livre, Retour au meilleur des mondes.
Le titre original du roman, Brave New World, provient de La Tempête de William Shakespeare, acte 5 scène 1. Le titre français, Le Meilleur des mondes, est tiré d’une phrase en français présente au début de la version originale anglaise du livre de Huxley, empruntée à Candide de Voltaire.
Le roman a été adapté au cinéma en 1998. Même s’il reprend beaucoup d’éléments, le film présente une histoire assez différente. »
(http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Meilleur_des_mondes)
http://www.dailymotion.com/video/x9hxkr_le-meilleur-des-mondes‑1–5_news
Autres passages de La République de Platon qui ont retenus mon attention :
« les leçons qu’on fait entrer de force dans l’âme n’y demeurent point. »
« Ainsi donc, excellent homme, n’use pas de violence dans l’éducation des enfants, mais fais en sorte qu’ils s’instruisent en jouant »
« Quand la richesse et les riches sont honorés dans une cité, la vertu et les hommes vertueux y sont tenus en moindre estime. 1 »
« Il y a nécessité qu’une cité oligarchique ne soit pas une mais double, celle des pauvres et celle des riches, qui habitent le même sol et conspirent sans cesse les uns contre les autres. »
« ‑Vois maintenant si de tous ces maux celui-ci n’est pas le plus grand dont, la première, l’oligarchie se trouve atteinte.
-Lequel ?
-La liberté qu’on y laisse à chacun de vendre tout son bien, ou d’acquérir celui d’autrui, et, quand on a tout vendu, de demeurer dans la cité sans y remplir aucune fonction, ni de commerçant, ni d’artisan, ni de cavalier, ni d’hoplite, sans autre titre que celui de pauvre et d’indigent.
-Cette constitution est en effet la première qui soit atteinte de ce mal.
-On ne prévient point ce désordre dans les gouvernements oligarchiques, autrement les uns n’y seraient pas riches à l’excès et les autres dans un complet dénuement. »
« ‑Dans les cités oligarchiques ne vois-tu pas des pauvres ?
-Presque tous les citoyens le sont, à l’exception des chefs. (…)
-Et ne dirons-nous pas que c’est l’ignorance, la mauvaise éducation, et la forme du gouvernement qui les y ont fait naître ?
-Nous le dirons. »
« ‑N’est-il pas inévitable que dans une cité démocratique l’esprit de liberté s’étende à tout ?
-Comment non, en effet ?
-Qu’il pénètre, mon cher, dans l’intérieur des familles, et qu’à la fin l’anarchie gagne jusqu’aux animaux ?
-Qu’entendons-nous par là ? demanda-t-il.
-Que le père s’accoutume à traiter son fils comme son égal et à redouter ses enfants, que le fils s’égale à son père et n’a ni respect ni crainte pour ses parents, parce qu’il veut être libre, que le métèque devient l’égal du citoyen, le citoyen du métèque et l’étranger pareillement. 2 »
Xénophon, Const. d’Athènes, I, 10 sqq.: « Quant aux esclaves et aux métèques, nulle part leur licence n’est si grande qu’à Athènes ; là il n’est point permis de les frapper, et l’esclave ne se rangera pas sur votre passage. »
{{Le meilleur des mondes :
Dans le livre visionnaire écrit dès 1932, Aldous Huxley imagine une société qui utiliserait la génétique et le clonage pour le conditionnement et le contrôle des individus.
Dans cette société future, tous les enfants sont conçus dans des éprouvettes. Ils sont génétiquement conditionnés pour appartenir à l’une des 5 catégories de population. De la plus intelligente à la plus stupide : les Alpha (l’élite), les Bétas (les exécutants), les Gammas (les employés subalternes), les Deltas et les Epsilons (destinés aux travaux pénibles).
Le « meilleur des mondes » décrit aussi ce que serait la dictature parfaite : une dictature qui aurait les apparences de la démocratie, une prison sans murs dont les prisonniers ne songeraient pas à s’évader. Un système d’esclavage où, grâce la consommation et au divertissement, les esclaves « auraient l’amour de leur servitude »…}}
http://www.lalibrairie.com/cache/img/couv/568/9782266128568.jpg
http://www.lalibrairie.com/cache/img/couv/455/9782266172455.jpg
{{Retour au meilleur des mondes (Brave New World Revisited) est un essai d’Aldous Huxley paru en 1958.
Cet ouvrage, écrit par Aldous Huxley presque trente ans après Le Meilleur des mondes, n’est pas une œuvre de science-fiction ni d’ailleurs un roman.
L’auteur cherche à analyser si le monde a évolué dans la direction de la vision du futur qu’il avait eue dans les années 1930 ou s’il s’en était éloigné.
Lorsqu’il rédigeait le roman original, il le pensait décrire, raisonnablement, ce vers quoi le monde pourrait tendre dans l’avenir. Mais, dans Retour au Meilleur des Mondes, il conclut que notre monde se mettait à ressembler à celui du Meilleur des Mondes bien plus rapidement que ce qu’il avait prévu.
Huxley analysa les causes de cet état de fait et en déduisit que cette évolution était due en grande partie à la surpopulation ainsi qu’à tous les moyens de contrôle disponibles sur les populations.
Il était particulièrement intéressé par les effets de l’usage occasionnel de la drogue ainsi que par les messages subliminaux.
Retour au meilleur des mondes a un ton évidemment différent de son prédécesseur, ce de par sa forme ‑c’est un essai et non un roman- et puis de par l’évolution de la pensée de Huxley ; s’y ajoute sa conversion au Vedanta entre les deux ouvrages.}}
Source : wikipedia
« Ceux qui choisissent le système électoral déterminent l’heureux gagnant. C’est sur des considérations de cette ordre que Kenneth Arrow, prix Nobel d’économie en 1972, prouva qu’il n’y avait pas de système électoral qui soit juste. »
Nous en arrivons là à l’Inconscience, cet état existentiel dénué de sens, cet état passif et aveugle où la créativité et l’émotion ne sont plus là pour susciter quelque amour et quelque idéal que ce soit, bref, la fin de la Vie et ce renoncement à Soi !
(@11)
Sidérant, FURAX, cette série TV (?!), dès la première séquence, on prend conscience de la démesure (je ne trouve pas le terme exact) d’une telle société mais, surtout, de cette possibilité que tout cela puisse advenir un jour… et là, décidément, c’est très inquiétant…
… quoique on se soit déjà surpassé en inconséquence et démesure en tous genres, cette soit-disant civilisation porteuse de valeurs et de connaissances qui n’en délaisse pas moins une grande partie des siens pour le plus grand confort et toute la vanité de quelques uns.
Étienne,
J’ai trouvé cette vidéo par hasard.
Pour ceux qui n’ont pas lu sur la démocratie Athénienne, voila un petit cours d’histoire pas mal fait.
Ceux qui aiment écouter Étienne aimeront aussi écouter Jean-Michel Dufays.
Titre :
Exercices de critique historique III.
Aristophane et Platon : la démocratie athénienne au Ve siècle av. J.-C.
Analyse et comparaison de deux sources littéraires
Lien :
http://www.youtube.com/watch?v=SBHuVr1Pw_g
Merci pour ton travail Étienne 🙂
Ggouv c’est une « plate »-forme participative où les administrateurs sont tirés au sort et où les idées et les coups de main sont les bienvenues pour arriver enfin aux assemblées tirées au sort.
Voici l’une d’elles, peut-être pas la plus séduisante mais qu’il est possible de mettre en place dès la rentrée :
http://ggouv.fr/brainstorm/view/111353/Je-propose-que-les‑d%C3%A9l%C3%A9gu%C3%A9s-de-classe-%C3%A0‑l%27%C3%A9cole,-au-coll%C3%A8ge-et-au-lyc%C3%A9e-soient-tir%C3%A9s-au-sort-chaque-trimestre,-en-guise-de‑d%C3%A9couverte-du-TAD
Je propose que les délégués de classe à l’école, au collège et au lycée soient tirés au sort chaque trimestre, en guise de découverte du TAS
Afin de supprimer l’élection comme réflexe dès le plus jeune âge, introduisons la notion de tirage au sort à l’école…
Le TAS se fait pour toute la classe, mais chacun, s’il est désigné à le droit de refuser. Un TAS est souhaitable au moins tous les trimestre pour la rotation des responsabilités. Un système de récompenses des bons délégués, votées par les élèves pourrait peut-être être bénéfique pour encourager chacun à faire de son mieux.
1 La procédure du tirage au sort est impartiale et équitable : elle garantit une justice distributive, principe d’égalité affirmé comme objectif central de la démocratie.
2. Le tirage au sort empêche la corruption et il n’accorde aucune chance à la tromperie, à la manipulation des volontés. Personne n’est tenté de mentir pour se faire élire.
3. Le tirage au sort ne crée jamais de rancunes : pas de vanité d’avoir été choisi ; pas de ressentiment à ne pas avoir été choisi : il a des vertus pacifiantes pour la classe.
4. Tous les participants, représentants et représentés sont mis sur un réel pied d’égalité
5. Le hasard, reproduisant rarement deux fois le même choix et pousse naturellement à la rotation des délégués. Le principe protecteur majeur est celui-ci : les délégués sont plus respectueux des attentes de ses camarades quand ils savent avec certitude qu’ils reviendront bientôt eux-mêmes « simples élèves ».
6. Le tirage au sort est facile, économique et plus rapide que l’élection.
7. Le hasard et les grands nombres composent naturelle- ment , mécaniquement, un échantillon représentatif . Rien de mieux que le tirage au sort pour composer une assemblée qui ressemble trait pour trait au peuple à représenter. Pas besoin de quotas, pas de risque d’intrigues.
8. Savoir qu’il peut être tiré au sort incite chaque élève à s’instruire et à s’impliquer dans la vie de la classe : c’est un moyen pédagogique d’ émancipation intellectuelle.
9. Avoir été tiré au sort pousse chaque délégué à s’extraire de ses préoccupations personnelles et à se préoccuper du monde commun. Sa désignation et le regard public posé sur lui le poussent à s’instruire et à développer ses compétences par son travail : c’est un moyen pédagogique de responsabilisation des élèves, de tous les élèves.
10. L’élection suppose que tous les élèves connaissent bien tous les candidats entre qui il doit choisir. Ce qui n’est jamais le cas, surtout en début d’année.
11. Préférer le tirage au sort, c’est ne pas favoriser celui qui a déjà de l’aisance mais donner à tous la chance d’en acquérir.
Je signale aussi ce fil de conversation très intéressant
https://www.facebook.com/groups/gentilsvirus/631732840184613/?notif_t=group_comment_reply
où par exemple Alexandre Kazanegra écrit « Lorsque j’avais ma classe (CP), j’utilisais le tirage au sort pour désigner tous les responsables, on avait même fabriqué un kleroterion… C’est étonnant à quel point cela évite tous les conflits, pour avoir fait le test, jamais un élève n’est venu contesté le résultat d’un tirage au sort. L’élection entraine toujours des conflits et des pleurs.
Je n’ai jamais eu à me poser des questions sur le « devoir de neutralité », en même temps, je n’ai fait presque que du CP et de la maternelle.. La question de la neutralité se pose plus en ce qui concerne ce qu’apportent les élèves, je pense. Il n’est pas rare qu’un élève lance impulsivement une idée entendue à la maison, parce qu’il ressent le besoin de la comprendre, et sait instinctivement que tout le monde ne partage pas cette opinion. Et je crois que c’est dans ces cas-là que certains enseignants se trompent en taisant le débat sous couvert de neutralité. Il faut essayer d’exploiter le filon pour amener l’enfant à réfléchir par lui-même justement, mais sans heurter ses représentations de manière trop rude, sinon c’est foutu. C’est bien parce qu’il faut être très subtil pour permettre à un enfant de forger sa propre opinion qu’on ne peut pas donner la nôtre. C’est un processus très long.
Un élève entre en classe avec des idées acquises via la famille, les copains et les médias, et des représentations qu’il a conçues lui-même face à des points d’ignorance. Les représentations sont souvent faciles à dépasser lorsque l’on se retrouve en situation d’apprentissage, mais les idées reçues… Dans le meilleur des cas l’élève les dépasse lui-même, sinon, il y a un conflit affectif (entre l’enseignant, la famille, le présentateur télé — trop fort celui-là). Même si on l’emporte dans le conflit affectif, ce n’est jamais bénéfique pour l’élève.
C’est pour cette raison que je pense que tout est une question d’éducation populaire.
Néanmoins je vous rejoins lorsque vous désignez les enseignants comme des agents du système, incapables de la moindre action subversive etc… Mais vous n’avez pas la bonne grille de lecture.
La meilleure façon d’encourager les enseignants à devenir plus subversifs, c’est de les soutenir, de les défendre et de les renseigner sur leurs droits (surtout les jeunes enseignants). Parce que ce qu’est devenu la formation et le stress imposé lors de la stagiérisation aujourd’hui ne peut laisser passer que des moutons lobotomisés, et gare à ceux qui ne rentrent pas dans le moule… Je ne vous raconte pas toute les humiliations et la violence que j’ai pu subir pour exercer ce métier, cela prend des années avant d’être à nouveau capable de relever les yeux et dire : NON.
Une petite poignée y arrive : soutenons-les pour qu’ils deviennent légion. »
Pour rejoindre ce que dit Benoît, les enfants utilisent le tirage au sort sans en avoir pleinement conscience, ou alors cela se perd en grandissant.
Je m’explique : en cas de conflit entre deux personnes, ils utilisent le jeux « chifoumi » (pierre, feuille, ciseaux) et lorsqu’ils se disputent, par exemple pour savoir qui va débarrasser la table, je demande un chiffre et je fais plouf plouf ça sera toi qui fera la table au bout de x (le nombre précédent).
Pour Bruno, j’invite vraiment les personnes sur Paris et Banlieue à venir le voir : cela permet de rencontrer des gens de tous les horizons (qui viennent même de très loin) et de partager de très riches moments. Il est présent du lundi au vendredi et en gros de 9h à 17h.
Ce citoyen doit en faire beaucoup parce que VOUS n’en faites pas assez !
À chaque colibri sa tâche !
http://youtu.be/NxfdmZ69k9Q
Bonjour,
Pardon pour le hors-sujet, mais que pensez-vous de ceci ? :
http://thierrycurty.fr/brisons-mythe-loi-73-pas-origine-dette/
Merci…
Je dis dans un premier temps, qu’il fallait en faire part, et que comme l’article de la loi 73 sur ce blog est en overdose, la remarque est très bien ici, maintenant je vais lire l’article…
@Fab
Ce que nous dénonçons est la perte de la création monétaire publique. Le rôle qu’a pu avoir la loi de 73 là dedans n’a que peu d’intérêt. (et de toute façon la loi de 73 est aujourd’hui abrogée).
Ce qui compte, c’est que la création monétaire est aux mais des banques privées au lieu d’être au mais du peuple.
A titre informationnel (à moins qu’il ne s’agisse là de réchauffé) ou pour complément d’informations :
http://www.planete-revelations.com/t13564-lallemagne-veut-rapatrier-son-or-depose-a-la-fed-usa-mais-celle-ci-refuse-obstinement-de-lui-rendre
@ Pparent, T’as la N contre les N ? Mains peut-être que je me trompe 😉
@Anonymous
^^
Merci Pparent,
Vu que « l’article de la loi 73 sur ce blog est en overdose », j’espérais une réponse plus précise sur les arguments soulevés dans ce lien…peut-être Furax…
@fab a propos de la 73.
Les gens qui contestent le role de la 73 dans l endettement de l etat francais sont dans la manipulation. Je t invite a ne pas me croire sur parole et a aller consulter toi meme la 73 ainsi que ( tres important) le decret qui l a accompagnee, lis aussi les decret et loi annules a cette occasion. lis aussi les statuts de la bdf promulgues par le cnr… Il faut arreter d ecouter les charlatans de tous bords et aller soi meme a la SOURCE.
Si le lien thierrycurty (@23) est à ce point contestable et même davantage, il faut le dire clairement et le plus tôt sera le mieux.
J’en ai lu une bonne partie mais tout cela me dépasse un peu ; c’est, c’était en tout cas très bien présenté !
Tout point de vigilence mériterait chaque fois d’aller à la SOURCE, se faire sa propre opinion, mais ce n’est pas toujours possible, mais ce n’est pas toujours aisé_comme il appartient à ceux qui ont assimilé ces choses et maîtrisent au mieux certains sujets d’intervenir et d’éclairer tout quidam que nous sommes.
La démocratie n’est pas tant de tout faire soi-même ce qu’autrui fait pareillement… la démocratie est la mise en commun(e) des connaissances et des lacunes ; de cette interactivité incessante qu’il y a à partager ce qui nous enrichit mutuellement, dans ce partage et ce respect, dans cette responsabilité et cette humilité_ce plaisir surtout une fois qu’on prend la mesure de toute cette ignorance en nous, et de toutes ces richesses qui ne prennent de valeur que dans cet échange et ce flux vital.
Certes, cette émancipation, mais tout le monde n’est pas logé à la même enseigne, mais certains sont à ce point déconnectés (de la Source) et conditionnés par le Système qu’il faut savoir usé parfois de certains raccourcis, de synthèses_qui n’en dispensent pas moins des bons repères et de l’ensemble, cette compréhension comme ce sens.
Là est cette part subjective en nous, cette honnêteté communicative, cette confiance que l’on inspire, cette pertinence et cette étincelle qui font souvent mouche à tous les coups, quand il y a là cette ouverture et cette vérité des (deux) parties en présence : là sont toute la pertinence d’un Michel ONFRAY, toute la force et la légitimité d’un Etienne CHOUARD !
Mon humble avis
Et si l’humain devenait la référence monétaire ?
histoire de lui redonner valeur et intérêt ! ce minimum existentiel
EFFAB…comprends pas trop de quoi tu parles ni ou tu veux en venir…la 73 c est une loi, pas super longue, sui tu veux savoir quoi vas la lire ainsi que son decret copain et tout ce que ces deux textes annulent…c est vite fait. Apres si tu preferes perdre du temps a lire un gars qui connait un gars qui a dit que son cousin a lu la 73 fais comme tu veux.
Et des textes super bien faits qui t expliquent qu apporter la democratie en Irak c est magnifique, qu on a bien fait de bombarder la Lybie, que la dette c est la faute a la secu et que pour plus de croissance il faut arreter les depenses publiques…Le fait qu un texte soit bien ecrit ou donne l impression d un travail serieux n est en aucun cas un indicateur quand a la pertinence de son contenu… si je me met un brushing une blouse blanche et un stetoscope ca ne fera pas de moi un medecin. Le moine, l habit.
je disais… le fait qu un texte soit bien ecrit et donne l impression d un travail serieux n est pas un indicateur fiable quand a la qualite de l information qu il delivre. Le moine, l habit, tu connais.
Oui, j’ai très bien compris, NLESCAN, et je suis bien d’accord avec toi.
Je faisais simplement allusion à ce cercle vertueux et interactif de partage, d’écoute et de pédagogie, le tout accompagné de la façon la plus pragmatique et la plus éclairée qui soit de confiance et de vigilance.
Imagine qu’une pléthore de textes très bien écrits et apparemment très crédibles, et tout autant de moines aux habits si trompeurs, sans oublier non plus une invasion de publicités et autres citations anglosaxones, comment fait-on alors pour nous y retrouver, entre démêler le vrai du faux, ce temps constructif à tout ce temps gâché qui n’est en fait que manoeuvres désinformationnelles et guerre psychologique, idéologique ?
C’est pour cela qu’il est dans notre intérêt et de notre responsabilité d’agir de la façon la plus transparente et la plus directe à la fois_le pragmatisme n’empêche ni la démocratie ni la courtoisie ni la gentillesse… au contraire, espérer que ces vertus et cet humanisme, cette humanité en nous perdurent et ne soit plus jamais bafoués demande de notre part des choix et des mesures concrètes… sinon toujours ROUSSEAU ne restera que de la littérature et la pensée libertaire de CAMUS un voeu pieux et, au final, cette démesure et ses conséquences les plus facheuses.
Il n’y a là aucun hermétisme, NLESCAN, ou alors à chacun le sien, le mien (celui que j’éprouve) étant souvent cette indigestion à lire des lois, décrets et alinéas à la pelle_non seulement pouvoir s’y retrouver – et c’est pas facile pour un esprit/cerveau intuitif comme le mien – mais quelle interprétation parfois en donner ni quelle application exacte sinon celle du bon vouloir du médiateur institutionnel en place, sans oublier la volonté politique qui peut également influencer tout ça.
C’est pour cela que je suis autant méfiant du texte le plus simple et préfère de loin pousser plus avant cette démarche chouardienne, entre confiance et transparence…
Bonsoir,
On en est encore à dire que l’on ne devrait pas traiter l’homme comme un animal, alors que l’on devrait en être à traiter l’animal comme l’homme.
Vous allez loin vos insinuations les mecs. Restez tranquilles quand meme.
Là c’est moi qui n’y comprends rien, NLESCAN… si tu développais un peu ?
Au plaisir
Ça bouge pour Bruno !
( à regarder à partir de 1,45)
Immolation à Clichy : la précarité salariale tue
22 AOÛT 2013 | PAR ROBERT CRÉMIEUX
C’est en définitive un article du journal Le Parisien – dans son édition des Hauts-de-Seine du 22/08/13 – qui a confirmé les informations qui circulaient depuis plusieurs jours : une employée s’est immolée par le feu à Clichy. Les circonstances de ce suicide, dont la victime est restée non identifiée pendant quelques temps, sont désormais connues. La femme, dont seul le prénom, Dominique, a été rendu public, était âgée de 59 ans et elle a accompli son geste le jour même de la fin de son contrat en CDD, dans les parties communes du centre administratif de la mairie de Clichy, alors qu’elle savait que son contrat ne serait pas renouvelé.
Ce nouveau drame du chômage et de l’emploi précaire, intervient quelques mois après les immolations par le feu de chômeurs, à Mantes-la-Jolie et Nantes. Il faut rappeler aussi que la Mairie de Clichy avait été le théâtre d’un suicide par pendaison, un employé s’étant donné la mort sur son lieu de travail.
Une fois de plus il faut refaire le même constat : la précarité salariale et le chômage tuent. La précarité de l’emploi, qui n’est que la forme intermittente du chômage, a des effets particulièrement lourds à supporter pour les personnes touchées. Le Mouvement National des Chômeurs et Précaires (MNCP) a eu beau alerter les pouvoirs publics, le gouvernement et les institutions concernées, dont Pôle emploi et l’Unédic, ont fait le dos rond face à une situation pour laquelle ils ne proposent pas de solution. Sauf à répéter à chaque fois qu’il s’agissait d’une « personne fragile », bla bla bla…
« Tout va bien à la ville ! »
Il faut dire aussi que l’atmosphère politique délétère qui règne depuis de nombreux mois à la mairie de Clichy n’arrange pas les choses dans un contexte de peur du chômage. Après s’être séparé des adjoints non-PS (FDG, EELV, Lutte ouvrière) de la municipalité d’union pour les remplacer par des personnalités de droite, le maire PS Gilles Catoire, crée dans la ville un climat pesant qui se traduit dans ses services par des mutations et un turn-over importants. Lors du suicide de M. Fernando Lino, sur son lieu de travail en mairie, le 19 janvier 2012, les syndicats avaient déjà dénoncé la situation. Par exemple la CFDT qui écrivait dans un tract :
« Nous avions averti à maintes reprises l’autorité territoriale et ses services sur la souffrance et le mal-être qui règnent au sein de notre collectivité… Des alertes restées sans effet, et avec pour seule réponse : « Tout va bien à la ville » ! ».
Alors si tout va bien… Une rengaine que nous chante aussi le gouvernement, pour qui il est urgent d’attendre « l’inversion de la courbe du chômage » ou 2025, date à laquelle selon le ministre Sapin nous pourrons fêter le plein emploi ! (Déclaration faite le jour du séminaire gouvernemental de prospective réuni le lundi 19 août). Ce même ministre, qui face aux piteux résultats de son gouvernement a refusé de recevoir les associations de chômeurs, de même que le Premier ministre Ayrault, qui n’a pas daigné répondre à la demande des représentants de la Marche des chômeurs qui a sillonné la France du 10 juin au 6 juillet dernier. Dire que le chômage tue est un constat facile à faire. Encore faut-il ajouter que l’indifférence et l’inaction du gouvernement, en regard des propositions des associations de chômeurs et des syndicats, le rend coupable de non-assistance à chômeurs en danger.
Robert Crémieux
Petit rappel pour ceux qui croient que la guerre est légitime :
Ce cas est franchement impressionant. Je le felicite pour son acharnement en esperant qu’il recevra le soutien necessaire
Dans l’entretien avec Mr Dupont Aignan, Mr Boulefkhad parle de oseo( je ne sais pas comment ça s’écrit) Quelqu’un peut-il l’orthographier correctement car j’aimerais beaucoup investiguer cette piste. Merci.
BANQUES + OSEO : Attention ARNAQUE !!!
http://forum.actufinance.fr/banques-oseo-attention-arnaque-P205709/
http://www.egaliteetreconciliation.fr/local/cache-vignettes/L650xH919/arnaque-rap-antiracisme-4a0cb.jpg
http://resistance71.wordpress.com/
http://www.mediapart.fr/journal/economie/300813/ce-que-revele-le-tango-damour-moscovici-gattaz
http://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/020913/mediaporte-une-belle-bande-de-malades-mentaux
http://www.dailymotion.com/video/x13ozh1_discours-de-jean-luc-melenchon-aux-estivales-du-front-de-gauche-le-25-aout-2013_news
http://www.fakirpresse.info/L‑air-du-soupcon.html
L’air du soupçon
Par François Ruffin, 10 septembre 2013
Le journal Fakir est un journal papier, en vente dans tous les bons kiosques près de chez vous. Il ne peut réaliser des reportages que parce qu’il est acheté ou parce qu’on y est abonné !
Pierre Carles, Frédéric Lordon, Hervé Kempf, Alain Gresh, Étienne Chouard, Jean Bricmont… tous fachos ? Les accusations pleuvent sur les sites des « antifas ».
Et Fakir n’échappe pas à cette suspicion : des « nationaux-staliniens moisis », qui entretiendraient des liens obscurs avec des gens pas clairs.
Alors, amis lecteurs, êtes-vous, sur le site d’un journal d’une officine du Front National ? Marcherez-vous bientôt au pas de l’oie à nos côtés ?
Cet été, à peine le numéro sorti, j’ai reçu ce courriel de Sarah :
De : [email protected]
À : [email protected]
Objet : Explication
Cher François,
J’imagine que tu es déjà au feu de la nouvelle polémique qui vous secoue sur le réseau : affiliation véritable avec ce cher Chouard ?
Je sais ton ignorance des réseaux sociaux, mais j’espère que tu nous feras l’honneur d’une explication de tout ceci.
Je t’embrasse
Non, je n’étais pas au courant de la « nouvelle polémique » ni de cette « affiliation » avec Étienne Chouard. J’ai donc à mon tour demandé des explications.
De : [email protected]
À : [email protected]
Objet : Ce qui fait débat
Antifa 75 dit :
5 juillet 2013 à 15:35
De pire en pire Pierre Carles salit la mémoire de Clément Méric. Mais ce n’est pas une première : son film récent « DSK, Hollande, etc. » a été réalisé avec une proche du dieudonniste Olivier Mukuna, la colloniste Aurore Van Opstal (1). On peut y visionner une séquence dans laquelle François Ruffin du journal Fakir fait l’apologie de Cheminade et Dupont-Aignan (2). Rien de surprenant donc à ce que Carles salisse aujourd’hui la mémoire de Clément.
À propos de Ruffin, avez-vous lu le dernier Fakir ? Il y est fait l’apologie de Chouard (dont Ruffin, tout comme Lordon, est un ami) (3) et de la nation et Ruffin y rend hommage à « l’hyper-efficacité » du FN (4) dans une interview assez hallucinante d’Emmanuel Todd. A noter que dans ce journal une rubrique est tenue par les souverainistes de Bastille-République-Nations qui compte parmi ses membres le négationniste Bruno Drewski et le cadre de l’UPR Laurent Dauré (5), ceci sans compter les nombreux autres dérapages passés de Fakir (apologie des « matons humanistes » de la prison d’Amiens (6), des super flics que sont les douaniers (7) ou interview de l’économiste larouchiste Maurice Allais (8). Mais comme dirait Bricmont, c’est sûrement de la « culpabilité par association »… En tout cas tous ces nationaux-staliniens moisis n’ont vraiment aucune leçon d’antifascisme à donner !
Apparemment, ce gloubi-boulga circulait sur Facebook et trois lecteurs m’ont, à leur tour, réclamé des « explications ». Cette salade, touillée par une passionaria de l’antifascisme, Ornella Guyet, m’a paru grotesque. Mais tellement symptomatique, en même temps, d’une littérature qui pollue le Net, qui assimile, en vrac, Frédéric Lordon, Alain Gresh, Étienne Chouard, Jean Bricmont, Hervé Kempf, maintenant Pierre Carles, et j’en passe, à du « rouge-brun ». Du coup, je me suis dit : « Tiens, on va s’arrêter sur ces quelques lignes, on va faire une mise au point », non pas pour Fakir, mais parce que ces petits procureurs qui confondent leur écran avec des miradors, qui flinguent toute idée qui dépasse, non seulement salissent des hommes, mais pourrissent le débat démocratique de leur suspicion généralisée. Et si l’ « antifascisme » c’est ça, cette police de la pensée, ma foi, c’est une publicité vivante pour leurs adversaires.
Je vais donc étudier ce texte, phrase par phrase, comme un cas d’école, pour trier le grain de l’ivraie.
(1) Pierre Carles
Le réalisateur de Pas vu, pas pris a publié, dans Siné Mensuel, une tribune autour de l’affaire Méric : « Méric et ses amis n’ont-ils pas été victimes d’un certain complexe de supériorité sociale ? Ne faut-il pas percevoir dans ce drame l’incapacité de certains membres de la petite bourgeoisie intellectuelle à percevoir à quel point un fils d’immigré espagnol Esteban Murillo peut se sentir profondément humilié par des jeunes perçus comme des nantis ? »
Pierre Carles avait, au préalable, adressé son article à Fakir. Mais Siné l’a accepté avant que nous n’ayons eu le temps de le refuser. Car nous l’aurions refusé : l’enquête nous apparaissait insuffisante, les faits trop maigres pour soutenir sa thèse. N’empêche, dans le martyrologue consacré à ce drame, ça tranchait, ça apportait un autre regard.
Mais il ne suffisait pas, alors, à nos « antifas » de contester ce papier, d’argumenter contre cette lecture de classe d’un fait divers, il fallait encore montrer que cette prise de position n’avait « rien de surprenant » : car Pierre Carles serait, sinon « facho », du moins pas très clair. Et comment le prouver ?
Par une espèce de contagion du soupçon.
Le site La Horde – « portail méchamment antifasciste » – a ainsi dégotté une photo de Pierre Carles aux côtés de l’écrivain Marc-Édouard Nabe, et une autre photo de l’écrivain Marc-Édouard Nabe aux côtés de Dieudonné. Pierre Carles était ainsi assimilé à Dieudonné… c’est-à-dire à Le Pen !
La bloggeuse « Antifa 75 » procède de même : Pierre Carles a co-réalisé un documentaire avec une jeune journaliste, Aurore Van Opstal, dont jamais une prise de position n’est citée. Mais elle-même serait proche d’un dénommé Olivier Mukuna, qui lui-même a écrit un livre sur Dieudonné, et voilà Pierre Carles ramené à Dieudonné… c’est-à-dire à Le Pen !
C’est mathématique, non ?
À ce tarif-là, les suspects seront nombreux.
(2) Ma pomme
Circonstance aggravante pour Pierre Carles : il m’a filmé.
J’ai la mémoire courte, parfois : je ne me souvenais pas avoir fait une « apologie de Cheminade et Dupont-Aignan » – moi qui me considère plutôt, en gros, comme un compagnon de route du Front de Gauche.
J’ai donc re-visionné « DSK, Hollande et Cie ».
Durant la dernière campagne présidentielle, sur Canal +, Jacques Cheminade était qualifié de « candidat inutile » par Jean-Michel Apathie. Et Nicolas Dupont-Aignan était traité avec la même condescendance par Michel Denisot, toujours sur Canal + : « Si vous promettez le retour au franc, moi je promets le retour de la télé en noir et blanc ».
Interrogé sur ces séquences, je réagissais comme suit : « Quand on dit “Cheminade est un candidat inutile”, certes, il ne sera pas président de la République, mais est-ce qu’il n’a pas des idées sur la finance, par exemple, qui peuvent être utiles ? De la même manière pour Nathalie Artaud de Lutte Ouvrière. C’est, au contraire, les candidatures les plus utiles sur le terrain démocratique, parce qu’elles portent des idées, qui peuvent être des idées loufoques, mais qui peuvent être aussi des idées de rupture intéressantes. On voit bien le mépris pour Nicolas Dupont-Aignan parce qu’il envisage de rompre avec l’euro, qui est quand même une question qui peut se poser légitimement quand on a 80% des ouvriers qui y sont favorables. Donc ça n’est pas une question qui peut se traiter avec mépris, dédain, arrogance. »
Qui lira dans ces lignes une « apologie » ? Il est évident que je ne partage pas les idées de Cheminade, par exemple, sur la colonisation de la planète Mars, ni davantage celles de Dupont-Aignan sur l’immigration. Mais réclamer que, pour une fois qu’ils passent à la télé, on les écoute sans morgue, on les laisse s’exprimer, cela dépasse-t-il, déjà, le seuil de tolérance de nos « antifas » ?
(3) Étienne Chouard
Suite à ces alertes, j’ai cherché, dans le dernier numéro, une « apologie d’Étienne Chouard ». Je n’ai rien trouvé.
Je l’ai re-parcouru.
Ah, ça y est.
C’était dans l’agenda, page 2, en tout petit : « À Avignon, ne manquez pas “ la dette expliquée à mon banquier ! ”, une pièce d’Étienne Chouard. » Et c’était tout. Un peu court, comme « apologie ». Mais bon, cette pub m’avait échappé, sans doute rajoutée en dernière minute par Eric, notre Monsieur Commerce, ou par Mathilde, notre metteuse en page. Pas trop au courant des controverses gauchistes, eux ignoraient que, depuis quelques semaines, Étienne Chouard était devenu « facho ». Ils avaient manqué un épisode. On m’avait prévenu, moi, que le héraut du « non » en 2005 était passé chez les méchants.
Puisqu’on proclame, comme ça, qu’Étienne Chouard serait mon « ami », je voudrais décrire nos maigres liens – non pas pour prendre mes distances, mais parce que c’est tout simplement la vérité. J’ai rencontré Étienne Chouard une fois, chez lui, à côté de Marseille, en 2009, avant le passage de Fakir en national. Une heure ensemble, une seule : avouez que ça fait un peu court pour des « amis ».
À moins que ce ne soit un coup de foudre. Ce ne le fut pas. Pourquoi ? Mon impression est confuse, mais j’avais le sentiment qu’il raisonnait trop en juriste, prenant les mots – la Constitution, sa marotte – pour les choses, ne partant pas assez du réel, des conditions effectives d’existence. Que du coup, ses propositions, le tirage au sort des élus, par exemple, intéressantes en soi, rouvrant l’imaginaire démocratique, me paraissaient plaquées, utopie voulant recréer un monde idéal en dehors du monde – alors que, à l’inverse, je pars de la gadoue où nous traînons, et de la boue dont nous sommes faits. Et puis, intervenant dans mes débats, ou aux Rencontres Déconnomiques d’Aix-en-Provence, il m’a gentiment gonflé, ramenant tout – le protectionnisme, la crise économique, la guerre des classes – à ses lubies, « tirage au sort… tirage au sort… tirage au sort… », comme une espèce de Géo Trouvetout qui aurait découvert la pierre angulaire.
Pour toutes ces raisons, embrouillées, intuitives, je n’ai pas accroché à sa pensée. Et en quatre années de Fakir, malgré son aura dans les milieux militants, et des réclamations de nos lecteurs, jamais nous n’avons réalisé une interview d’Étienne Chouard.
Voilà pour notre « amitié ».
Malgré ces réserves, je l’ai toujours considéré, de loin, comme un homme sincère, un profond démocrate. Alors, quand Fabien – un copain de Lyon – m’a prévenu par courriel : « J’ai rencontré Chouard, et quand un mec te dit (ce qu’il m’a dit à moi, en face) que « quand même on peut pas nier que Soral est un patriote et qu’il est tout sauf d’extrême droite », ça a de quoi te scotcher », quand Sarah et Arthur m’ont raconté le même genre d’anecdotes, ça m’a troublé.
Parce que, pour moi, on ne blague pas avec Alain Soral : c’est un mec d’autant plus dangereux que talentueux. Son site, Égalité et Réconciliation, fait un carton. Son influence dans les quartiers populaires est réelle. Et j’entends combien, jusque dans mon entourage, des jeunes se politisent par Soral, adoptent son discours.
Et quel discours ?
« Quand avec un Français, Juif sioniste, déclare Alain Soral, en 2004, sur France 2, tu commences à dire “y a peut-être des problèmes qui viennent de chez vous. Vous avez peut-être fait quelques erreurs. Ce n’est pas systématiquement la faute de l’autre, totalement, si personne ne peut vous blairer partout où vous mettez les pieds.” Parce qu’en gros c’est à peu près ça leur histoire, tu vois. Ça fait quand même 2 500 ans, où chaque fois où ils mettent les pieds quelque part, au bout de cinquante ans ils se font dérouiller. Il faut se dire, c’est bizarre ! C’est que tout le monde a toujours tort, sauf eux. Le mec, il se met à aboyer, à hurler, à devenir dingue, tu vois. Tu ne peux pas dialoguer. C’est-à-dire, je pense, c’est qu’il y a une psychopathologie, tu vois, du judaïsme sionisme qui confine à la maladie mentale. » Bref, la Shoah, c’est quand même un peu parce qu’ils l’ont cherchée.
Son chemin le conduit, naturellement, au Front National : « Le Pen méritait la France mais je ne suis pas sûr que la France méritait Le Pen », déclare-t-il au lendemain de la présidentielle 2007. Il est alors nommé, à l’automne, au Comité central du FN. Un parti qu’il quitte, deux années plus tard – mais non pas pour des divergences idéologiques : parce qu’il n’obtient pas la tête de liste FN en Île-de-France.
Profondément dandy, avant tout opportuniste, en quête de renommée, Alain Soral avait démarré bien à gauche, au Parti communiste, avant de basculer à l’extrême-droite. Il se prétend aujourd’hui « transcourants », réconciliant « la gauche du travail et de la droite des valeurs », affiche Hugo Chavez en une de son site – mais tout en rejoignant Dieudonné sur « l’antisionisme et le lobby juif ».
De voir que, en effet, Étienne Chouard donne des entretiens à Égalité et Réconciliation, participe à des débats publics avec les membres de ce groupe, et défend Alain Soral – « un type bien » – au nom de la liberté d’expression, voilà une ambiguïté qui, pour moi, devenait rédhibitoire.
Il fallait rendre cette position publique.
Sans pour autant blesser un homme isolé, et déjà largement attaqué.
Mardi 23 juillet, Trets.
Au milieu de ces réflexions, je voyageais justement dans le Sud, pour le « Fakir Provença Tour ». J’ai envoyé un SMS à Étienne Chouard, l’avertissant que je souhaitais l’interroger sur « les antifascistes », et je me suis pointé chez lui, en plein cagnard, entre la piscine et la table de jardin.
Sur Soral
Étienne Chouard : Je ne supporte pas quand il parle des féministes et des “pédés”. Ça me hérisse. Mais il m’a rendu sensible à un point qui, pour moi, n’existait pas auparavant : c’est le sionisme, le poids du sionisme au niveau mondial.
Fakir : Mais tu pouvais y parvenir par Mermet, par Gresh, par des lectures beaucoup plus nettes, sans trace d’antisémitisme !
Étienne Chouard : C’est vrai. Mais je suis rentré par là.
Fakir : Et quand il parle du « lobby juif »…
Étienne Chouard : Il évoque davantage les sionistes. Mais si certains Juifs disent : « Nous, on est élus, et on va dominer le monde », c’est grave. C’est grave aussi quand ce sont des musulmans ou des chrétiens.
Sur les complots
Fakir : Tu crois qu’il y a un complot, alors, pour dominer le monde ?
Étienne Chouard : Mais il y en a plein, des complots. C’est normal. Les gens conspirent, ils complotent pour maintenir leur pouvoir.
Fakir : Mais par exemple, le MEDEF : est-ce qu’il s’organise ou est-ce qu’il complote ?
Étienne Chouard : Bien sûr qu’ils se réunissent en secret…
Fakir : Quand j’entends Pierre Gattaz à la radio, à peine élu à la tête du Medef, et qu’il assène ses objectifs avec clarté, j’ai pas tellement l’impression qu’il garde ses buts secrets… Pour moi, toutes les forces sociales s’organisent pour défendre leurs intérêts – et avec, à l’intérieur de cette organisation, une part de secret, mais qui est une part minoritaire.
Sur le FN
Fakir : Et que Soral ait appartenu au FN, qu’il ait déclaré que « la France ne méritait pas Jean-Marie Le Pen » ?
Étienne Chouard : Mais alors, on va faire quoi ? On va trier selon les appartenances politiques : « Toi tu votes mal, je ne discute pas avec toi », ça n’est pas ça la démocratie. Quand tu dis à un raciste, « t’es un sale raciste », il va rester raciste. Mais si tu parles avec lui, il peut évoluer.
Fakir : Qu’on cherche à convaincre les électeurs du Front National, qu’on change les conditions économiques et sociales qui produisent ce vote, c’est une priorité politique. Mais là, il ne s’agit pas du mécontent de base, mais bien d’un idéologue, d’un cadre du FN.
Étienne Chouard : Moi, je suis le défenseur de toutes les paroles. Il faut débattre avec tout le monde, là où le régime des partis nous enferme dans une guerre électorale.
Fakir : Je ne suis pas d’accord. Je suis partisan d’un cordon sanitaire autour du FN.
Étienne Chouard : Et qu’est-ce que je devrais faire, alors ? Insulter leurs dirigeants ?
Fakir : Je ne te demande pas d’insulter quiconque, juste de ne plus te répandre dans leurs médias, ne plus te compromettre dans des débats avec eux. Et, éventuellement, une fois que tu l’aurais mûrie, de rédiger un texte qui explique ta nouvelle position.
J’étais pressé.
J’ai dû partir à la va-vite pour un débat à Aubagne. En roulant, j’ai réfléchi à cet échange, et mon intuition se confirmait : Étienne Chouard est un homme de bonne foi. Mais en même temps, sa construction idéologique me paraissait bien récente, bien fragile, bien confuse : avant 2005, la politique ne l’intéressait pas trop, et d’un coup, voilà que le référendum sur le TCE l’a porté au pinacle, mis sous le feu des projecteurs, transformé lui-même en modeste guide. Et c’est ensuite, seulement après, qu’il s’est formé politiquement. En accéléré. De bric et de broc, comme tout le monde. Sauf que chacune de ses réflexions, chacun de ses errements, sont publics, consultés par vingt mille lecteurs, twittés et facebookés. Alors que ce mûrissement aurait réclamé, peut-être, un temps de retrait, de silence et de solitude.
Mercredi 24 mars, Marseille.
Étienne Chouard m’a adressé un long texte, déjà préparé d’avance, pour répondre aux détracteurs qui lui reprochent ses « mauvaises fréquentations ». Je le lis, et bien des choses m’horripilent. Cette opposition, déjà, entre un « faux suffrage universel » et une « vraie démocratie » :
« La scène politique actuelle est, de mon point de vue un théâtre trompeur qui permet de tout décider sans nous. Et ce n’est pas nouveau, c’est structurel : depuis deux cents ans, on nous donne le spectacle (et on nous invite à lutter dans) une fausse confrontation, un jeu de dupes… Je rappelle que nous ne pouvons rien gagner politiquement dans la cage du faux « suffrage universel »… Si on en cherche la cause des causes, c’est l’élection de maîtres parmi des candidats, le faux « suffrage universel »…
Ensuite, ce consensus nécessaire à la rédaction d’un nouveau contrat social :
« Mais pour arriver à un tel résultat (notre mutation en très grand nombre en citoyens constituants), il faut que je touche tout le monde, de gauche à droite et même les abstentionnistes (qui se méfient souvent de tous les partis), et pas seulement « le peuple de gauche » ! Je ne peux évidemment pas dire, même diplomatiquement : « non, pas vous : vous êtes « fascistes », ni vous car vous êtes nationalistes, ou racistes, ou machistes, ou nucléophiles, ou bourgeois, ou banquiers, ou publicitaires, etc. donc on ne vous parle pas »… Impossible de faire société en tenant à l’écart de l’écriture du contrat social des pans entiers de la société. Ces gens dont tu hais l’idéal de société (je le redoute moi aussi), ce sont bien des êtres humains, n’est-ce pas, on ne va pas les tuer ? Alors ? On va bien (être obligés de) vivre ensemble dans le même pays avec le même contrat social, non ? »
Et plein d’autres désaccords.
Du coup, je reprends rendez-vous avec Étienne, à Marseille cette fois, l’après-midi, accompagné de mon copain Kamel, un gars de la cité, camionneur et intello.
Et cette fois, j’ai décidé de mettre la gomme – quitte à démarrer mollo :
Sur la démocratie
Fakir : Tu essentialises le suffrage universel, comme s’il n’était, pour toujours et depuis toujours, qu’une gigantesque tromperie, comme s’il n’y avait pas des étapes. Comme si, surtout, toutes les conquêtes sociales du XXème siècle n’étaient pas liées, pour partie, à ce suffrage universel, avec des élus qui même à droite ne doivent pas complètement se brouiller avec le peuple.
Étienne Chouard : C’est possible. Mais tu considères que, aujourd’hui, on vit dans une vraie démocratie ? Étymologiquement, « le pouvoir au peuple » ?
Fakir : Mais cette expression de « vraie démocratie », moi, je ne peux pas l’endosser. Je considère qu’on est dans un système imparfait mais que, de toute façon, on sera toujours dans un système imparfait, que l’imperfection de l’homme, de la société, ça fait partie du monde, qu’on est juste dans des dégradés de gris. Et qu’à défaut d’un idéal, je me bagarre juste pour que ce soit un peu mieux ou un peu moins pire. Donc la « vraie démocratie », la république pure et parfaite, je n’y crois pas, moi, ni hier à Athènes ni demain en France.
Et le risque, c’est que tu invites à balayer la « fausse démocratie » – dans laquelle, tout de même, et je ne le compte pas pour rien, nous pouvons exprimer nos opinions – et ton message contre cette « fausse démocratie » est entendue, répandue, même à l’extrême-droite, mais qui garantit que, derrière, nous n’aurons pas une vraie tyrannie ?
Étienne Chouard : Mais parce qu’il y a tout le travail des citoyens constituants, avec l’instauration du tirage au sort. Je parie sur une prise de conscience, sur une contagion.
Sur le contrat social
Fakir : Tu écris, par ailleurs, qu’il faut discuter avec le Front National – et y compris, semble-t-il, avec leurs dirigeants – parce que, pour rédiger le nouveau contrat social, il faudrait que tout le monde, le peuple entier, soit d’accord…
Étienne Chouard : C’est bien ça.
Fakir : Mais quand est-ce que ça a fonctionné avec cet unanimisme ? Le contrat de 1789 se fait très largement contre l’aristocratie, contre le clergé, et contre des fractions importantes des classes populaires qui se solidarisent avec leurs anciens maîtres. En 1944, le Conseil National de la Résistance n’a pas demandé l’avis des collabos – et encore moins de Pétain et de ses ministres – pour rédiger son programme !
Étienne Chouard : Mais s’il n’y a pas un consensus, allez, des 99 % contre les 1 %, ça signifie que, derrière, il y aura des violences.
Fakir : D’abord, je ne suis pas d’accord du tout sur cette structure de classes : 99% contre 1%. Ça serait trop facile pour nous. Et ensuite, si tu souhaites vraiment une redistribution des cartes – des richesses, des statuts, des lois –, ça se fera de toute façon avec une immense tension. D’autant plus si, d’après toi, ça ne peut pas passer par les élections.
Sur Soral (fin)
Fakir : Vas‑y, Kamel, raconte-lui ta rencontre avec Alain Soral.
Kamel : L’an dernier, tu sais, Soral est venu à Marseille. Comme il attire vachement de jeunes dans les quartiers, comme mon petit frère était sous son charme, je suis allé l’écouter. Y avait plein de mecs avec des djellabas, des barbes, les filles avec le voile, et là Soral leur dit en gros : « Si vous êtes dans la merde, c’est à cause d’un banquier sioniste à New-York. » Moi j’ai pris la parole, après, et je lui ai demandé pourquoi il indique « sioniste » ? pourquoi il dit pas un « capitaliste », un « oligarque » ? Et là, il m’a répondu qu’il fallait appeler un chat un chat.
Étienne Chouard : C’est pas raciste. Il ne dit pas « Juif », il dit « sioniste ».
Fakir : Est-ce qu’il a précisé, dans son exposé, qu’il ne fallait surtout surtout surtout pas confondre « juif » et « sioniste » ?
Kamel : Non, il n’a rien précisé.
Fakir : Mais Étienne, comment tu penses que c’est reçu, dans la salle ? Tu penses qu’ils donnent dans la nuance, les mecs ? Moi, pendant que je faisais mon bouquin Quartier nord, à Amiens, y a plein de gars qui me prenaient pour un juif à cause de mon gros pif, et c’était pas amical crois-moi.
Étienne Chouard se tait, frappé.
Kamel : C’est dangereux ce jeu-là. Là, pour moi, Soral déplace la question de la lutte des classes à la lutte des races.
Sur l’adolescence
Fakir : Mon sentiment profond, c’est que tu es comme un adolescent en politique. Tu voles d’émerveillements en indignations. C’est beau, en un sens, ça apporte de la naïveté, de la fraîcheur, de la hardiesse aussi. Mais ça comporte une part d’errance.
Moi, avant de lancer Fakir, je me suis tapé une traversée du désert : durant sept années, j’ai écrit écrit écrit, sans que rien ne soit publié. « Malheureusement », je pensais à l’époque. « Heureusement », je me dis aujourd’hui. Parce que c’était complètement immature : en gros, il fallait flinguer l’humanité (à commencer par les présentateurs du jité).
Tu es loin de ces sommets du ridicule, mais je vois là un danger, avec des prises de position un peu sur tout. D’autant plus que tu aimes flirter avec la ligne jaune.
Ça tournait à la leçon.
Et je devais filer à mon débat.
Il m’a remercié.
J’ai reçu un SMS, encore : « Je te remercie pour ta gentillesse et ta patience. » Et c’est là que Chouard est un mec pas banal. Parce que c’est lui, l’aîné, vingt ans de plus que moi, c’est lui le prof, c’est lui la star, « Don Quichotte du non », etc., et moi un gamin m’aurait avoiné comme ça, je n’aurais pas apprécié. Mais lui, plus tu lui rentres dans la gueule, plus il te remercie ! C’est soit un masochiste, soit un démocrate !
On a repassé une heure, ensemble, le jeudi, à Aix cette fois.
Et j’ignore ce que va donner, politiquement, tout ce baratin, s’il va rompre avec ces machins de Soral et de complots. Je crains que non. Je sais, en revanche, qu’au fil de ces trois jours, j’ai mesuré le fossé qui, politiquement, nous sépare. Mais aussi que, personnellement, je me sens davantage son « ami », un peu, pas trop mais un peu, après ces échanges.
(4) Le Front National
Dans le dernier numéro de Fakir, Emmanuel Todd déclarait : « Au Front de Gauche, sur le protectionnisme, ça avance, mais avec quel retard sur les classes populaires ! »
J’ajoutais : « Et quel retard sur le Front National, aussi, qui est devenu hyper-efficace sur ces questions. Vous voyez le FN comme le parti des dominés, le refuge pour le refus du libre-échange, pour le refus de l’euro…
- Le parti des dominés, il n’y a qu’à regarder les statistiques, il n’y a qu’à regarder les cartes. Le vote FN se déplace des marges anti-maghrébines, situées à l’est, pour aller se loger dans le vieil espace révolutionnaire égalitaire français. »
Je ne rends pas hommage, ni ici ni dans mon esprit, à l’efficacité du FN : elle m’inquiète. Le virage idéologique pris avec Marine Le Pen – fût-il superficiel, traversé par des contradictions –, le tranchant des prises de position – notamment par la voix du vice-président à la stratégie, Florian Philippot – marquent des points, je le crains, j’en ai l’impression quand je bois un coup au bistro. Ce que vérifient les législatives partielles.
Je ne m’en réjouis pas, bien au contraire. Mais jamais je ne méprise l’adversaire – qu’il soit patronal, eurocrate, libéral, président de la Banque centrale européenne, ou en l’occurrence d’extrême-droite : oui, il peut être « hyper-efficace » et « talentueux ». Non, nous ne sommes pas forcément les plus intelligents, complexe de supériorité culturelle qui habite, bien souvent, une gauche truffée d’étudiants, d’universitaires, de surdiplômés.
Oui, « l’ennemi de classe » est parfois plus stratège, plus organisé, plus malin que nous ne le sommes. Sans quoi, nous n’en serions pas là.
(5) BRN
Il y a deux ans, déjà, en juin 2011, Ornella Guyet nous sommait de « supprimer le partenariat qui vous lie à BRN ». Et pour quelles raisons, déjà ?
« Dans son comité de rédaction figure Laurent Dauré, membre de l’UPR – un groupuscule souverainiste situé très à droite sur l’échiquier politique. Vous ne pouvez donc pas, en toute décence, travailler en confiance avec une revue animée par un tel personnage.
Par ailleurs, je vous signale qu’on trouve aussi dans l’équipe de cette revue Bruno Drewsky, un ami du négationniste Claude Karnoouh, qu’il publie régulièrement dans sa revue La Pensée libre (la plus récente remonte à janvier 2011) : http://lapenseelibre.fr/contenudesnumeros.aspx
Le même Drewsky a donné en 2009 une interview à Rebellion, organe d’un groupuscule d’extrême droite toulousain qui est une émanation du Parti national-bolchevique russe en France et est distribué par la maison d’édition d’Alain Soral : http://rebellion.hautetfort.com/archive/2009/10/28/entretien-avec-bruno-drweski.html
Je demande donc à ce qu’une mesure de rétorsion immédiate soit prise par Fakir à l’encontre de BRN et le partenariat qui vous lie à cette revue supprimé.
O. »
Nous avions repoussé cette mise à l’index :
« Chère Ornella,
La citation est notre arme préférée, à Fakir – comme dans bien d’autres publications de médias-critique et de critiques des médias qui nous ont précédés.
Pour me convaincre de ne pas publier quelques brèves de BRN, un argument primera donc : qu’à partir de citations, tu démontres leur appartenance ou leur proximité avec l’extrême droite. Pour l’instant, sans adhérer à tout leur contenu, ce qui m’intéresse dans BRN – et ce qui, je pense, peut intéresser les lecteurs de Fakir – ce sont leurs citations, justement, des commissaires européens, des parlementaires, de Business Europe, etc.
Pour me convaincre, là, tu me dis que Bruno Drewski (que je n’ai jamais rencontré) collabore à BRN – ce qui suffirait à disqualifier la revue. Mais qu’a donc dit ou écrit Bruno Drewski de si scandaleux ? Tu ne m’apportes, sur ce point, aucune citation. A la place, tu me dis qu’il a accordé une interviou à Rebellion (que je ne connais pas). J’ai lu l’interview : sans être, encore une fois, en accord avec tout, je ne vois absolument pas dans ses propos de quoi discréditer un homme. Ça me paraît même de plutôt bonne tenue. Tout comme son Que sais-je, sur la Biélorussie (que j’ai lu).
Pour me convaincre encore, tu me dis que Bruno Drewski publie avec le négationniste Claude Karnouh sur le site La Pensée libre. J’ai circulé sur ce site et, à première vue, très rapidement, je n’ai rien aperçu de cette nature. Bien que, en toute sincérité, ce compagnonnage me trouble.
De même, pour dénoncer l’UPR et François Asselineau (mouvement que je méconnais : je ne suis franchement pas un spécialiste de toute cette mouvance), dans ton article, tu ne fais pas une seule citation, démontrant qu’ils seraient bel et bien « ultra-nationalistes », « fascistes », etc.
Pour me convaincre, et pour convaincre tous les hommes de bonne volonté (qui existent), mieux vaudrait, à mon sens, en revenir à cette arme majeure : la citation. L’analyse. Les preuves, comme disait Jaurès.
Quant à un futur éventuel oukase sur Fakir, j’aimerais qu’il s’établisse sur des bases claires : qu’avons-nous publié qui le mérite ? »
Cette réponse, je l’avais également transmise à Pierre Lévy, le directeur de BRN. Pour l’avertir que, bien sûr, nous romprions notre partenariat au moindre propos en faveur, par exemple, du Front National. Mais notre vigilante « antifasciste » ne nous a, en retour, pas adressés la moindre citation – et n’en continue pas moins de récidiver, usant sans la moindre preuve de l’accusation – extrêmement grave – de « négationniste ».
(6) Le maton sympa
Dans un dossier consacré à la maison d’arrêt d’Amiens, en 2003, nous avons, en effet, consacré un portrait à Luc Rody, gardien de prison, habitant juste derrière, et délégué CGT : « À la réunion d’arrivants, témoignait-il, on leur raconte des histoires : “ Avec la Mission locale, on va vous aider à trouver du boulot, un logement, une formation… ”, mais c’est faux. On promet, on promet énormément, mais on ne fait rien. Alors, le gars a la haine. La nuit, j’en surprends beaucoup qui pleurent, même si ça joue aux hommes…
- La prison compte combien de travailleurs sociaux ?
- Six. Six pour plus de six cents prisonniers. Comment ils peuvent faire ? comment ils régleraient des difficultés de santé, de famille ? Certains détenus, ils ne les voient qu’une fois en deux ans ! Pour la sortie, ils ne peuvent même plus payer un billet de train, même pas donner un ticket repas, on grignote sur tous les budgets. Alors, dehors, les gars retournent à la rue, limite clochards… J’en croise, souvent : “Alors, tu as décroché un job ? – Non. – Qu’est-ce que tu vas faire ? – Je vais remonter bientôt.” La vérité, c’est qu’on fait de la répression, mais à côté, rien n’existe. Le vide. On n’a même pas le plaisir de se dire ‘on fait un métier utile’, même pas, parce que derrière, la réinsertion, c’est du bidon… »
Voilà qui, apparemment, ne mérite pas d’être entendu. Et constitue un grave « dérapage », une « apologie des matons humanistes ».
(7) Les douaniers
Notre antifasciste qualifie de « dérapage », à nouveau, notre « apologie » des « superflics que sont les douaniers ». C’est en-deçà de la vérité, pour une fois : car c’est avec constance que nous dérapons !
« Vive les douaniers ! » proclamions-nous en Une de notre numéro 57. Un titre que je reprenais pour un chapitre de mon ouvrage, Leur grande Trouille. Et la même déclaration nous sert encore, cet été, pour notre T’chio Rouge et Vert : « Contre le libre-échange, vive les douaniers ! »
Réclamer une transformation de la douane, exiger qu’elle s’occupe moins des clandestins – à vrai dire plus du tout – mais davantage d’entraver la circulation des capitaux et des marchandises, voilà qui, bizarrement, est douteux. Tend vers le fascisme.
(8) Maurice Allais
Depuis son virage protectionniste, au début des années 90, Maurice Allais était privé de médias. Au printemps 2009, Fakir sera le seul journal à avoir publié un entretien avec le seul prix Nobel d’Économie – ou plus exactement : le prix de la banque de Suède d’économie. Doit-on tenir cela, franchement, pour une honte ?
Et pourquoi le qualifier de « larouchiste » ? Parce que, après la chute de Lehman Brother, Maurice Allais a signé une lettre soutenant l’appel de Lyndon Larouche – le Cheminade américain – pour le « sauvetage de l’économie mondiale ».
Mais signer une lettre, une fois, sur un thème précis, suffit-il à faire de vous un « larouchiste » dans l’âme ? Et à discréditer tout propos qui sort de votre bouche, ou de votre plume ? Fût-il de bon sens : « L’histoire n’est pas écrite, concluait pour nous Maurice Allais, et je ne vois dans ce processus mondialiste aucune fatalité. C’est en fait de l’évolution des opinions publiques, c’est du poids relatif des forces politiques, que dépendent les changements de politique réalistes qui nous sauveront du désastre et détermineront notre avenir.
Et si j’insiste sur le “-isme”, c’est que je dresse un parallèle. Les perversions du socialisme ont entraîné l’effondrement des sociétés de l’Est. Mais les perversions laissez-fairistes mènent à l’effondrement des sociétés occidentales.
En réalité, l’économie mondialiste qu’on nous présente comme une panacée ne connaît qu’un seul critère, “l’argent”. Elle n’a qu’un seul culte, “l’argent”. Dépourvue de toute considération éthique, elle ne peut que se détruire elle-même. »
Mise au point : Pour un cordon sanitaire
Je le disais à Étienne Chouard, je le répète ici : je suis partisan d’un cordon sanitaire avec l’extrême-droite. On ne joue pas avec le feu, on ne fait pas mumuse avec les héritiers de Doriot et Déat, même relookés et souriants.
C’est d’autant plus impératif pour Fakir – et pour d’autres intellectuels de gauche, Lordon, Todd, Sapir, etc. – que, avouons-le, nous partageons des analyses avec le Front National : sur l’Europe et la mondialisation.
Circonstance aggravante, nous sommes prêts à recourir à quelques outils communs : protectionnisme, sortie de l’euro, cadre national.
Raison de plus, alors, pour ne pas se mélanger, et pour rappeler que les fins poursuivies sont aux antipodes : à nous l’émancipation sociale (avec, notamment, une réduction et un partage du temps de travail), la justice fiscale (relèvement des impôts sur les sociétés, ainsi que des taxes sur les hauts revenus), la transformation environnementale (tout est à revoir, ici, des transports à la production). Autant de thématiques qui ne figurent pas dans le fonds de commerce des Le Pen and co.
Le combat contre le FN n’est clairement pas la raison d’être de Fakir.
Ou alors, indirectement.
Notre ADN, depuis la naissance du journal en 1999, c’est une attention portée aux classes populaires, à leurs conditions d’existence, et en particulier à ce fléau qui les lamine depuis trois décennies : le chômage. Rédigeant ce journal depuis Amiens, nous avons assisté à des délocalisations en série, des lave-linge (Whirlpool), des canapés (Parisot), des pneus (Goodyear), et même des chips (Flodor) ! Voilà le meilleur carburant pour un vote de désespoir – et nous voyons lentement la Picardie, « première région ouvrière de France » (d’après le Figaro), terre jacobine durant la Révolution, à la tradition rouge dans bien des coins, nous la voyons glisser lentement au Front National. Alors, rouvrir l’espoir, rassurer un peu sur l’avenir, nous paraît plus utile que de dessiner des moustaches d’Hitler à la Marine, que de crier « F comme fasciste, N comme nazi ». L’un, il est vrai, n’empêchant pas l’autre.
Mais comme nous y sommes peu attentifs, justement, nous avons besoin de vigies. Des guetteurs, qui examinent la nouvelle rhétorique du FN, qui veillent sur ses clubs de pensée, qui informent sur ses stratégies de récupération.
Et qui nous avertissent, à l’occasion : « Attention, là, faites gaffe ! Terrain miné ! »
Les antifascistes que nous citons ici, largement repris sur le web, qui nous fustigent, ne remplissent pas ce rôle.
Ou fort mal.
Ils s’avèrent même, de notre point de vue, contre-productifs.
À force de crier « au loup », qui croira qu’il existe encore un loup ? Comment puis-je lire avec sérieux, maintenant, un auteur qui trace un trait d’union entre Pierre Carles et Dieudonné ? des sites qui font un petit paquet avec Frédéric Lordon, Hervé Kempf ou moi-même, et vous classent tout ça allègrement dans le « rouge-vert-brun » ? Et pourtant, en ces temps politiquement troublés, brouillés, ce serait une nécessité : des lanceurs d’alerte en qui, sur ce terrain, nous ayons confiance. Mais il y a, chez ces « antifas », une telle joie de la calomnie, un tel bonheur d’avoir découvert une tâche – quitte à l’inventer, avec malhonnêteté.
À la moindre incartade, avérée ou fantasmée, les voilà qui traitent des camarades d’hier en quasi-ennemis. Un vague courriel privé fut-il, par exemple, adressé à Hervé Kempf, avant que ne soit publiquement pointé le « confusionnisme » de son site Reporterre, parce que le communiqué d’un « micro-parti fascisant » – la Dissidence française – se serait égaré dessus ?
Le risque, aussi, c’est de créer des Dieudonné en série. Car qu’était cet humoriste ? Une outre politiquement vide et qui, prétendant s’engager, pouvait se remplir de n’importe quoi. Je me souviens de son passage, au journal télévisé de France 2 en 1997, alors qu’il se présentait aux élections législatives à Dreux. C’était gentiment démago de gauche, il se voulait l’héritier de Coluche, il rouvrirait les casernes pour les SDF. Et puis il y eut ce sketch chez Fogiel, pas drôle, mais non, pas antisémite, et le lendemain, le voilà lapidé en place publique, banni des peoples, et sans grand monde pour le défendre, sans personne pour lui ouvrir une porte de sortie. Il est resté avec ceux qui lui restaient, les pires. Et empirant chaque jour avec eux.
Voilà ce que produisent des mises à l’index hâtives.
J’ai gardé le plus grave pour la fin : la paresse de ces raisonnements, qui prolifèrent désormais à gauche. Il n’y a plus à argumenter et contre argumenter, à comprendre les forces à l’œuvre dans le peuple, à imaginer les chemins tortueux de la transformation, non : il suffit de vous amalgamer à des noms propres, supposés sales, « dieudonniste », « colloniste », « larouchiste », « Dupont-Aignan », « Cheminade », pour que la vilénie vous couvre à votre tour. Il suffit d’annoncer qu’Untel a débattu avec Machin qui a publié une préface pour Truc qui connaît bien Bidule, lui-même proche de l’extrême droite, pour qu’Untel soit compromis. Et il devient dès lors inutile d’écouter ses propos, de contester son point de vue avec des chiffres, des concepts, des comparaisons historiques.
C’est à un terrorisme de la pensée – et des fréquentations – qu’aspirent ces inquisiteurs : songer à un nouveau rôle pour les douaniers, réfléchir au cadre national, et même discuter avec un surveillant de prison, voilà qui relève de l’interdit. Et vous vaut, sans débat, d’ajouter votre patronyme à une liste noire, publiquement tenue.
Pareille malhonnêteté intellectuelle, même juste 10 %, vous vaudrait, à la fac, dans un parti, même dans la presse, un discrédit immédiat. Sauf qu’Internet bénéficie, en la matière, d’un régime d’exception.
Mais regardons ces anathèmes comme un signe, aussi.
Presque encourageant.
Pourquoi ces salves d’injures qui s’intensifient, sur Lordon, Todd, Sapir, etc., voire Mélenchon ? C’est qu’une controverse s’ouvre, à gauche, comme un clivage. Il a vécu, le consensus altermondialiste, ou alter-européiste, le temps où l’on se laissait bercer par un internationalisme angélique et impuissant. Face à la débâcle de l’Euro, aux dommages du libre-échange, l’offensive est lancée, et nous en sommes des artilleurs : « frontières », « souveraineté », ces mots ne nous sont plus tabous. Une réponse politique, concrète, réaliste, de masse, ne pourra plus demain, pensons-nous, se priver d’eux, s’interdire de les prononcer et de les repenser.
Cette bataille des idées, interne à notre camp, peut être, doit être menée en douceur, autant que possible, sans désir de heurter, de déchirer, de perdre des camarades en route : à quoi bon se brouiller, quand on se retrouvera côte à côte dans les grèves et les manifs ? Mais on comprend que ces avancées – de notre point de vue, ces reculades du leur – hérissent le poil de militants, libertaires par exemple, que ces vocables à eux seuls font gerber, et qu’ils nous renvoient, comme par réflexe, sans trop s’embarrasser de fioritures, à la guerre de 14 ou au fascisme.
No pasaran !
Nous ne cèderons pas à ces autoproclamés « antifas », sectaires, paranos, minoritaires, qui dénaturent l’antifascisme, le trahissent, qui en font la chose d’un clan, recroquevillé sur lui-même, excluant les hérétiques, gardiens d’une nouvelle pensée unique. Quand le véritable antifascisme, historique, généreux, né en 1934 avec les syndicats ouvriers et les partis de gauche, existant toujours mais avec moins de tumultes, doit retrouver les profondeurs du pays et embrasser tout le mouvement social.
Dont nous sommes.
PS : Fakir est si manifestement fasciste que, dans le dernier numéro en kiosques, nous consacrons quatre pages à une usine tunisienne (contre une relocalisation en France !), autant à un portrait de Kamel, deux pages et un livre au Résistant – et antifasciste de la première heure – Maurice Kriegel-Valrimont.
Source : http://www.fakirpresse.info/L‑air-du-soupcon.html
Bien que la gouvernance ne soit pas blanc-bleu, loin de là, nous ne vivons pas à l’heure actuelle le pire de ce à quoi peut aboutir notre système politique (et financier), faussement nommé démocratie :
Le pire de ce système a été vécu avec l’élection d’Adolphe Hitler.
Et cette catastrophe peut très bien se reproduire.
D’où une terreur générale mais rigoureusement non dite qui lamine en profondeur la pensée politique, et se traduit par le fait qu’au lieu de débattre un à un de tous les sujets de société, on en vient à ne débattre que des interlocuteurs.
Cette terreur vient du fait qu’il est possible de manipuler l’opinion.
Cette terreur vient aussi du fait que le système représentatif porte en germe, par nature, l’accès au pouvoir absolu des gens les plus indignes et les plus dangereux.
On en vient donc à vouloir contrôler qui parle, à vouloir filtrer l’accès au statut de VIP, par tous les moyens possibles, le dénigrement et les amalgames douteux, entre autres.
Alors qu’en réelle démocratie, c’est à dire quand chaque citoyen a la certitude à tout instant de pouvoir être entendu et de n’être filtré que par ses pairs, c’est à dire également quand il n’est pas possible à une faction de s’emparer de la gouvernance, cette crainte n’aurait pas vraiment de raison d’être.
L’organisation des médias joue également un rôle énorme : L’information est centripète et va du petit nombre au grand nombre, part d’une classe de gens en vue pour imprégner la foule.
Il n’y a donc pas besoin d’être un génie pour comprendre qu’occuper une place de bavard reconnu offre un pouvoir immense, et donc, là aussi, nous devons comprendre qu’une peur de voir sous les spots des gens peu recommandables conduise à une parano contre performante, qui dans une démocratie englobant le système de l’information serait moins importante, ou absente.
Le cahier des charges de la démocratie (en amont des structures de la démocratie, qui à ma connaissance n’a jamais été écrit, doit inclure l’égalité des citoyens au chapitre du pouvoir de rayonnement de la pensée individuelle autant qu’au chapitre du pouvoir décisionnel.
Ce serait la meilleure protection non seulement contre les abus de pouvoir, mais encore contre leur quintessence qu’est le fascisme (sous toutes ses formes)
Les antifas devraient donc se concentrer sur la promotion de la vraie démocratie et sur l’abolition du hiérarchisme absolutiste de notre société plutôt que sur une censure sauvage en vue de protéger le sommet de l’Etat de son pire possible.
Car courir après toute pensée suspecte à leurs yeux ne les protégera jamais de ce qu’il craignent puisque pour que ce moyen soit efficace, il faudrait imposer le silence de tous, en fin de compte le fascisme.
C’est ici que sharu (#42) a posté un témoignage intéressant a propos de la syrie, je poste ce petit HS, j’attend que ce gars la developpe, forcément :
http://www.youtube.com/watch?v=2eWmYOkqfJg#t=51
‘Le parti du cordon sanitaire autour du fn vous demande de vous arrêter !’ …au lieu de balayer devant sa porte.
C’est essentiellement à un discours défensif que Ruffin se livre ici, et si sa maturité politique était si grande pourquoi n’a-t-il pas orienté cette critique surtout sur l’urgence de tirer ce cordon sanitaire entre les vrai et les faux antifas. Pourquoi la gauche est-elle toujours en retard d’une autocritique, pourquoi laisse-t-elle des « Ornella Guyet » vendre leurs salade d’antifas sans s’inquiéter de combien de victimes devront encore sombrer dans la confusion avant qu’ils soient clairement qualifié d’infréquentables ?
Fakir : « Mais par exemple, le MEDEF : est-ce qu’il s’organise ou est-ce qu’il complote ? »
curieux cette ‘hantise du complot’, même si Gattaz à la radio assène ses objectifs avec clarté, tous les moyen mis en œuvre par les puissances économiques, pour étendre leur domination à but privatif, ne font l’objet ni de publicité ni de débat. Appelez ça comme vous voulez, les faits sont là.
La volonté de faire abstraction des complots, c’est dans quel but ? prétendre que nous serions autonome et souverain ?
Je crois indispensable de faire la part des choses :
il est indispensable de se projeter autonome et souverain, mais tout aussi indispensable de comprendre l’histoire, et pas seulement depuis 20 siècles.
le complot serait devenu ‘l’opium du peuple’, donc si une analyse apparaît complotiste, elle est de facto suspecte de religiosité et donc non démocratique. On peut opposer que le dogmatisme est encore plus antidémocratique.
Je suis cependant en accord avec lui sur un point. Le désir, culturel, de consensus et de paix, si intense soit-il, ne peut pas nous faire oublier la violence de la nature ni simplement en faire abstraction. Peut-on construire un consensus sans opposition ? Et même quand ce n’est pas notre ‘nature’ il faut savoir sabrer pour mettre en valeur.
N’empêche que pour moi il met le doigt sur deux trois points importants et auxquels certaines personnes qui fréquentent ce site devraient d’après moi réfléchir parce qu’à lire certains commentaires on voit bien que certaines choses ne sont pas claires pour tout le monde :
- non le gouvernement représentatif n’est pas le pire des régimes, oui il y a nettement pire aussi bien aujourd’hui que dans l’histoire.
Les gens qui prétendent lutter contre la représentation pour la remplacer par une tyrannie/monarchie me paraissent dangereux.. leur parler pour tenter de les faire évoluer pourquoi pas… mais ça s’arrête clairement la pour moi.. Et copiner c’est clair que c’est mort.
Oui je préfère le suffrage universel aux dynasties ou à la loi du militaire le plus fort.
- Oui je crois que certains devraient arrêter la branlette intellectuelle à propos des complots, la plupart des saloperies se font au grand jour… Et je ne dis pas qu’il n’y a pas de complots, bien sûr il y en a, ce n’est pas le sujet… Quand Obama fait privatiser la graine par le gouvernement colombien et que ce dernier détruit de tonnes de nourriture brutalement confisquées aux paysans pour que Monsanto et Dupond vendent leur produits ça se fait au grand jour… Et les complots sont tellement pouraves que je sais même pas s’ils méritent ce qualificatif, les mecs qui agitent des fioles de jus de pomme comme preuve irréfutable je trouve que ça tient plus du sketch macabre…
Je ne rejoins pas Ruffin sur tout, en particulier sur son délire à propos du côté adolescent de Chouard ou de sa critique à propos du projet qu’il propose qui serait une lubie de juriste, je trouve que c’est un peu du n’importe quoi.
Ruffin passe complètement à côté de l’importance de la constitution et de la nécessite d’une réflexion (puis rédaction) collective d’un texte qui permettrait l’avènement de la démocratie, celle où le pouvoir est exercé par les assemblées du peuple.
Ce serait commode pour EC de pouvoir être assimilé à un ado, pour moi ça ne tient pas, le gars est tout ce qu’il y a de plus mature… Après, il est comme tout le monde : des fois il dit des conneries et quand c’est le cas il faut lui dire, pas besoin de faire de la psychologie de comptoir.
Et à propos de complots super rodav ambiance fiole de jus de pomme ne ratez pas ce post chez Collon :
12 ex des services US à Obama :« Ce n’est pas Bachar ! »
http://www.michelcollon.info/12-ex-des-services-US-a-Obama-Ce‑n.html
Bonjour Etienne,
Sans rapport (direct) avec le post sur Bruno Boulefkhad, il y a 3 liens que je veux partager avec vous (et les internautes) depuis quelques semaines.
Par manque de temps je ne l’ai pas fait.
Les voici :
1) http://www.vuncf.org/ :
VUNCF qui veut dire
« Vers Une Nouvelle Constitution Française »
(que j’ai découvert sur une émission de Radio Ici et Maintenant http://rim953.fr/?p=2106 ), créé par Sebastien Mayer. Il me parait être quelqu’un d’intéressant et d’honnête dans son approche.
2) http://www.framablog.org/index.php/post/2013/07/26/biens-communs-six-outils-servigne :
« Six outils pour faire vivre les biens communs,
par Pablo Servigne » article traduit par l’excellente association « Framasoft » ( https://fr.wikipedia.org/wiki/Framasoft ) qui promeut les logiciels libres.
3) http://www.nouvelordremondial.cc/2013/07/23/letre-humain-nest-pas-predispose-a-la-guerre-montre-une-nouvelle-etude/ :
« L’être humain n’est pas prédisposé à la guerre,
montre une nouvelle étude », étude effectuée par Patrik Soderberg
Une petite pensée pour Bruno Boulefkhad, bon courage à vous, et bravo pour votre force et votre audace !
Et une petite pensée aussi pour Albert Jacquard, mort il y a une semaine et que j’adorais depuis que j’étais enfant…
Bonne journée à tous ! 🙂
Aujourd’hui, les chambres à gaz se font plus discrètes, plus soft, mais n’en sont pas moins mortifères.Dans les administrations, les bureaux, les écoles , les hôpitaux, on est entrain de tuer vos enfants, vous en rendez-vous compte ? Les forces vives s’éteignent une à une pour ne laisser paraître que des lumières ternes. C’est d’un oeil neuf qu’il nous faut , oeil débarrassé de toutes les bienséances malséantes au regard de la vie. Homme(s) de bonne volonté, levez-vous et que le monde verticalisé advienne enfin, marre des rampants consensuels et gluants !
Écouter et faire (re)découvrir
Jean-Marc Le Bihan
Connaissait pas. Bien le gars.
Putain… ça c’est un bonhomme !
http://vimeo.com/25012751
http://www.dailymotion.com/video/xwbwjg_zebda-pourquoi-ont-ils-tue-jaures-9mn_news
Bonjour,
La publicité c’est prendre l’argent des besogneux pour les inciter à surconsommer des intérêts.
Citation très éclairante sur ces mensonges et ces inversions qui nous en imposent et nous polluent et la vie et cette Terre nourricière à qui l’on doit tout sinon tant, cet Esprit ou cette cette Conscience mise à part et néanmoins imbriquée au coeur des choses et du vivant.
publicité = rendre publique, dans sa première acception et comme l’a si bien explicité ETIENNE, je crois, quelque part.
Bien des choses, avec ou sans tempêtes
Du goudron et des plumes !
Les nominés sont :
Et …
0
https://www.youtube.com/watch?v=MznWdCvuemQ#t=360
https://www.youtube.com/watch?v=ab-2V1fsAdM
BRUNO en a lourd sur la patate et est très crtique… et très juste !
Et ce que dit le public, les anonymes autour de lui, ensuite, est également très intéressant, ces vrais activistes à l’instar d’un Etienne CHOUARD qui est lui-même cité (9’45), oui, très intéressant ce que dit ce jeune et l’exprimant très bien, simplement et en connaissance de cause^^.