Sommes-nous en démocratie ? – Conférence théâtralisée (Sylvain Rochex et Gérard Volat)

13/07/2013 | 283 commentaires

Ça germe, ça foi­sonne, et c’est bien savoureux 🙂

Mer­ci à tous les gen­tils virus, pré­sents et à venir !

L’ex­cellent site
« La Cata­lyse » :
(avec des profs es désen­fu­mage)

http://​www​.sco​pla​ca​ta​lyse​.org/

Sur face­book :
https://​www​.face​book​.com/​s​c​o​p​l​a​c​a​t​a​l​yse

Je vous recom­mande les textes de Syl­vain Rochex, sou­vent passionnants :

http://​www​.face​book​.com/​s​y​l​v​a​i​n​.​r​o​c​hex

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Étienne

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283 Commentaires

  1. Patrick Flécheux

    Bra­vo les Gen­tils­crates Démoviraux.

    Joli tra­vail épistémocratique … :@)

    Réponse
  2. maoun gaultier

    Belle repré­sen­ta­tion , bravo !

    Réponse
  3. Carole

    Dans un article de Média­part (article payant) 
    http://www.mediapart.fr/journal/france/120713/politique-de-la-ville-ne-plus-decider-sans-l-avis-des-habitants‑0?page_article=4

    « Quel sens don­ner à la pro­mo­tion du tirage au sort par­mi les habi­tants des quar­tiers popu­laires que vous faites dans votre rap­port, notam­ment pour com­po­ser les tables de concer­ta­tion ou les ins­tances de dis­cus­sions locales ? Est-ce aus­si une façon d’admettre les limites de la repré­sen­ta­tion des seules associations ?

    M. M. : Oui, il existe des barons dans le sec­teur asso­cia­tif. Mais nous nous savons faire notre autocritique…

    M.-H. B. : Le tirage au sort per­met d’aller cher­cher des gens qui ne se mobi­li­se­raient pas for­cé­ment d’emblée. »

    Réponse
  4. michel fragai

    Un sup­port a mon­trer au plus grand nombre

    Féli­ci­ta­tions.

    Réponse
  5. phil82

    « Qu’est-ce qui pousse un orga­ni­sa­teur à orga­ni­ser ? Une curiosité
    contrai­gnante qui ne connaît pas de limite. Un vieux dic­ton assure que
    la « curio­si­té est un vilain défaut ». De telles mises en garde n’ont
    aucune prise sur l’or­ga­ni­sa­teur. La vie est pour lui la recherche d’un
    plan d’en­semble, la recherche de res­sem­blances dans les différences
    appa­rentes, la recherche de dif­fé­rences dans les ressemblances
    appa­rentes, la recherche d’un ordre dans le désordre, la recherche d’un
    sens autour de lui, la recherche d’une façon de se situer par rap­port à
    lui-même, une recherche inces­sante. Il avance, gui­dé par la question
    posée, et se doute bien qu’il n’y a pas de réponse, mais seulement
    d’autres ques­tions. L’or­ga­ni­sa­teur est por­teur du germe conta­gieux de
    la curio­si­té, car un peuple qui com­mence à se poser des ques­tions est
    un peuple en passe de prendre le maquis. La remise en ques­tion des
    valeurs accep­tées jus­qu’a­lors est le pre­mier pas vers la réforme, qui est
    elle-même le signe avant-cou­reur de toute révo­lu­tion
    . »

    Saul ALINSKY, Manuel de l’a­ni­ma­teur social, 1971.

    Réponse
  6. phil82

    La démo­cra­tie, ça marche !

    Emma­nuel Daniel (Repor­terre)

    Extraits :

    Repor­tage, Vau­don­court (Doubs)

    « Les 800 habi­tants de Vau­don­court, dans le Doubs, n’ont pas atten­du que la démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive soit à la mode pour s’impliquer dans la vie de leur vil­lage. Ils dis­posent de nom­breux canaux pour faire entendre leur voix. Et si la muni­ci­pa­li­té est tou­jours en charge des affaires cou­rantes, aucune déci­sion impor­tante n’est prise sans le consen­te­ment des citoyens. »

    « Le débat en cours sur l’implantation d’un parc éolien est un bon exemple de la culture démo­cra­tique qui règne dans la com­mune. Le pro­jet en est encore au stade des études d’impact et de fai­sa­bi­li­té, mais déjà, des voix s’élèvent, tant au sein du conseil muni­ci­pal que par­mi les villageois. »

    « Une oppo­si­tion qui n’incommode pas le maire, Patrice Ver­nier : « Je me suis enga­gé auprès des habi­tants en leur disant que dès que nous aurons tous les élé­ments en main, nous orga­ni­se­rons une réunion publique contra­dic­toire ». Si au terme de ce débat, les deux camps n’arrivent pas à s’entendre, le maire envi­sage de « lan­cer une consul­ta­tion de type réfé­ren­dum pour son­der l’avis des habitants ». »

    « Pour com­prendre l’origine de la dyna­mique par­ti­ci­pa­tive qui anime le vil­lage, il faut remon­ter au début des années 1970. À cette époque, une bande de jeunes emme­née par Jean-Pierre Maillard-Salin, un jeune retrai­té de l’Education natio­nale, décide de pré­sen­ter une liste aux élec­tions. Leur slo­gan : « Démo­cra­tie, contrôle popu­laire et autogestion ». »

    « Afin d’établir leur pro­gramme, ils mettent sur pied un ques­tion­naire et recueillent les dési­dé­ra­tas de la popu­la­tion. Lors des élec­tions, la liste l’emporte et l’ensemble des can­di­dats pré­sen­tés entrent au Conseil muni­ci­pal. Qua­rante ans plus tard, ils sont nom­breux à Vau­don­court à par­ler avec nos­tal­gie du regret­té Jean-Pierre Maillard-Salin et de la « révo­lu­tion cultu­relle » qu’il a impulsée. »

    « Sans comp­ter que chaque année, avant le vote du bud­get, la muni­ci­pa­li­té orga­nise une réunion publique. Les grandes orien­ta­tions y sont expo­sées et, là encore, cha­cun a son mot à dire. « Une cen­taine de per­sonnes y par­ti­cipent. C’est un moment impor­tant de la vie de la com­mune », estime Bri­gitte Cot­tier, conseillère muni­ci­pale en charge de la culture. »

    « Près d’un demi siècle plus tard, ces ins­ti­tu­tions existent tou­jours. Véro­nique Fiers, arri­vée au vil­lage il y a une quin­zaine d’années par­ti­cipe à quatre d’entre elles. « Je me sens direc­te­ment concer­née. Ça touche à la vie du vil­lage, à ses habi­tants », argue-t-elle. Convain­cue de l’utilité démo­cra­tique de ces com­mis­sions, elle assure que « tous les points de vue sont écou­tés et accep­tés. Ils rentrent dans la balance au même titre que le point de vue d’un élu ». »

    « Jean-Marie Bart, conseiller géné­ral qui connaît bien l’expérience vau­don­cour­toise pense que la « démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive à des limites. Ce sont tou­jours les mêmes qui par­ti­cipent », note-t-il. La baisse de l’implication citoyenne s’explique par la « ten­dance actuelle à pri­vi­lé­gier l’individu plu­tôt que le col­lec­tif », estime Véro­nique Fiers. « Et puis cer­taines per­sonnes pensent qu’elles ne seront pas utiles. Mais quand on ne fait pas par­tie de l’équipe muni­ci­pale, on peut appor­ter un autre regard, jus­te­ment parce qu’on ne fait pas par­tie de l’équipe », plaide-t-elle. »

    « Alors, pour évi­ter que l’héritage de Jean-Pierre Maillard-Salin ne soit pro­gres­si­ve­ment effa­cé par la rou­tine, Patrice Ver­nier veut « relan­cer l’utopie » et faire en sorte que « l’intelligence col­lec­tive conti­nue à œuvrer au ser­vice du vil­lage ». Y parviendra-t-il ? »

    La suite ici :

    http://​www​.repor​terre​.net/​s​p​i​p​.​p​h​p​?​a​r​t​i​c​l​e​4​533

    Réponse
  7. Wikicrate

    Il faut la liber­té des lan­ceurs d’alerte
    Le pou­voir impor­tant que repré­sente la puis­sance média­tique est un pou­voir dan­ge­reux : la puis­sance média­tique est un pou­voir dangereux.
    Ce pou­voir impor­tant que repré­sente la puis­sance média­tique est un pou­voir dangereux :
    Le pou­voir média­tique condi­tionne les votes des élec­teurs et déter­mine donc le choix des marion­nettes aux commandes.

    Ce pou­voir appar­tient (ou est sou­mis) dans sa grande majo­ri­té aux banques et aux mar­chands d’armes.

    La liber­té d’in­for­mer des lan­ceurs d’a­lertes doit ABSOLUMENT exis­ter comme grain de sable dans l’é­norme capa­ci­té de FABRICATION DU CONSENTEMENT au ser­vice de laquelle la plu­part des jour­na­listes « libres (?) » doivent prê­ter leurs ser­vices pour pou­voir gar­der leur tra­vail et payer leur loyer tous les mois.

    Pour la démo­cra­tie, signez l’ap­pel ci-des­sous adres­sé —sym­bo­li­que­ment— au « GRAND MOUVEMENT CITOYEN » (donc aux autres mais aus­si à nous même pour nous moti­ver) qui doit impé­ra­ti­ve­ment se consti­tuer dans les mois et années qui viennent :
    https://​secure​.avaaz​.org/​f​r​/​p​e​t​i​t​i​o​n​/​U​n​e​_​A​s​s​e​m​b​l​e​e​_​C​o​n​s​t​i​t​u​a​n​t​e​_​t​i​r​e​e​_​a​u​_​s​o​rt/

    Il faut dif­fu­ser ce mes­sage de façon virale et que chaque signa­taire fasse tout pour recru­ter deux autres signa­taires. Par­ta­gez cet appel sur les murs Face­book de vos amis et sur vos comptes Twitter.

    On n’en est qu’au début l’as­so­cia­tion : « Les Citoyens Consti­tuants » vient de voir le jour en juin. 
    http://​les​ci​toyens​cons​ti​tuants​.com/ Sou­te­nez là !

    Réponse
  8. phil82

    Je publie ici quelques para­graphes de « Dis­cours de la ser­vi­tude volon­taire », écrit par Etienne de la Boé­tie en 1549.

    « J’en arrive main­te­nant à un point qui est, selon moi, le res­sort et le secret de la domi­na­tion, le sou­tien et le fon­de­ment de toute tyran­nie. Celui qui pen­se­rait que les hal­le­bardes, les gardes et le guet garan­tissent les tyrans, se trom­pe­rait fort. Ils s’en servent, je crois, par forme et pour épou­van­tail, plus qu’ils ne s’y fient. Les archers barrent l’entrée des palais aux mal­ha­biles qui n’ont aucun moyen de nuire, non aux auda­cieux bien armés. On voit aisé­ment que, par­mi les empe­reurs romains, moins nom­breux sont ceux qui échap­pèrent au dan­ger grâce au secours de leurs archers qu’il n’y en eut de tués par ces archers mêmes. Ce ne sont pas les bandes de gens à che­val, les com­pa­gnies de fan­tas­sins, ce ne sont pas les armes qui défendent un tyran, mais tou­jours (on aura peine à le croire d’abord, quoique ce soit l’exacte véri­té) quatre ou cinq hommes qui le sou­tiennent et qui lui sou­mettent tout le pays. Il en a tou­jours été ain­si : cinq ou six ont eu l’oreille du tyran et s’en sont appro­chés d’eux-mêmes, ou bien ils ont été appe­lés par lui pour être les com­plices de ses cruau­tés, les com­pa­gnons de ses plai­sirs, les maque­reaux de ses volup­tés et les béné­fi­ciaires de ses rapines. Ces six dressent si bien leur chef qu’il en devient méchant envers la socié­té, non seule­ment de sa propre méchan­ce­té mais encore des leurs. Ces six en ont sous eux six cents, qu’ils cor­rompent autant qu’ils ont cor­rom­pu le tyran. Ces six cents en tiennent sous leur dépen­dance six mille, qu’ils élèvent en digni­té. Ils leur font don­ner le gou­ver­ne­ment des pro­vinces ou le manie­ment des deniers afin de les tenir par leur avi­di­té ou par leur cruau­té, afin qu’ils les exercent à point nom­mé et fassent d’ailleurs tant de mal qu’ils ne puissent se main­te­nir que sous leur ombre, qu’ils ne puissent s’exempter des lois et des peines que grâce à leur pro­tec­tion. Grande est la série de ceux qui les suivent. Et qui vou­dra en dévi­der le fil ver­ra que, non pas six mille, mais cent mille et des mil­lions tiennent au tyran par cette chaîne inin­ter­rom­pue qui les soude et les attache à lui, comme Homère le fait dire à Jupi­ter qui se targue, en tirant une telle chaîne, d’amener à lui tous les dieux. De là venait l’accroissement du pou­voir du Sénat sous Jules César, l’établissement de nou­velles fonc­tions, l’institution de nou­veaux offices, non certes pour réor­ga­ni­ser la jus­tice, mais pour don­ner de nou­veaux sou­tiens à la tyran­nie. En somme, par les gains et les faveurs qu’on reçoit des tyrans, on en arrive à ce point qu’ils se trouvent presque aus­si nom­breux, ceux aux­quels la tyran­nie pro­fite, que ceux aux­quels la liber­té plairait. »

    « C’est ain­si que le tyran asser­vit les sujets les uns par les autres. Il est gar­dé par ceux dont il devrait se gar­der, s’ils valaient quelque chose. Mais on l’a fort bien dit : pour fendre le bois, on se fait des coins du bois même ; tels sont ses archers, ses gardes, ses hal­le­bar­diers. Non que ceux-ci n’en souffrent sou­vent eux-mêmes ; mais ces misé­rables aban­don­nés de Dieu et des hommes se contentent d’endurer le mal et d’en faire, non à celui qui leur en fait, mais bien à ceux qui, comme eux, l’endurent et n’y peuvent mais. Quand je pense à ces gens qui flattent le tyran pour exploi­ter sa tyran­nie et la ser­vi­tude du peuple, je suis presque aus­si sou­vent éba­hi de leur méchan­ce­té qu’apitoyé de leur sottise. »

    « Car à vrai dire, s’approcher du tyran, est-ce autre chose que s’éloigner de sa liber­té et, pour ain­si dire, embras­ser et ser­rer à deux mains sa ser­vi­tude ? Qu’ils mettent un moment à part leur ambi­tion, qu’ils se dégagent un peu de leur avi­di­té, et puis qu’ils se regardent ; qu’ils se consi­dèrent eux-mêmes : ils ver­ront clai­re­ment que ces vil­la­geois, ces pay­sans qu’ils foulent aux pieds et qu’ils traitent comme des for­çats ou des esclaves, ils ver­ront, dis-je, que ceux-là, si mal­me­nés, sont plus heu­reux qu’eux et en quelque sorte plus libres. Le labou­reur et l’artisan, pour asser­vis qu’ils soient, en sont quittes en obéis­sant ; mais le tyran voit ceux qui l’entourent coqui­nant et men­diant sa faveur. Il ne faut pas seule­ment qu’ils fassent ce qu’il ordonne, mais aus­si qu’ils pensent ce qu’il veut et sou­vent même, pour le satis­faire, qu’ils pré­viennent ses propres dési­rs. Ce n’est pas le tout de lui obéir, il faut encore lu com­plaire ; il faut qu’ils se rompent, se tour­mentent, se tuent à trai­ter ses affaires, et puisqu’ils ne se plaisent qu’à son plai­sir, qu’ils sacri­fient leur goût au sien, qu’ils forcent leur tem­pé­ra­ment et dépouillent leur natu­rel. Il faut qu’ils soient atten­tifs à ses paroles, à sa voix, à ses regards, à ses gestes : que leurs yeux, leurs pieds, leurs mains soient conti­nuel­le­ment occu­pés à épier ses volon­tés et à devi­ner ses pensées. »

    « Est-ce là vivre heu­reux ? Est-ce même vivre ? Est-il rien au monde de plus insup­por­table que cet état, je ne dis pas pour tout homme de cœur, mais encore pour celui qui n’a que le simple bon sens, ou même figure d’homme ? Quelle condi­tion est plus misé­rable que celle de vivre ain­si, n’ayant rien à soi et tenant d’un autre son aise, sa liber­té, son corps et sa vie ? »

    « Mais ils veulent ser­vir pour amas­ser des biens : comme s’ils pou­vaient rien gagner qui fût à eux, puisqu’ils ne peuvent même pas dire qu’ils sont à eux-mêmes. Et comme si quelqu’un pou­vait avoir quelque chose à soi sous un tyran, ils veulent se rendre pos­ses­seurs de biens, oubliant que ce sont eux qui lui donnent la force de ravir tout à tous, et de ne rien lais­ser qu’on puisse dire être à sa per­sonne. Ils voient pour­tant que ce sont les biens qui rendent les hommes dépen­dants de sa cruau­té ; qu’il n’y a aucun crime plus digne de mort, selon lui, que l’avantage d’autrui ; qu’il n’aime que les richesses et ne s’attaque qu’aux riches ; ceux-là viennent cepen­dant se pré­sen­ter à lui comme des mou­tons devant le bou­cher, pleins et bien repus comme pour lui faire envie. »

    Quand je lis cet article de « l’Hu­ma. », je ne peux m’empêcher de relire La Boé­tie et de faire un sérieux rap­pro­che­ment avec les 500 tyrans lis­tés par « Challenge ».

    http://​www​.huma​nite​.fr/​s​o​c​i​a​l​-​e​c​o​/​l​e​s​-​p​l​u​s​-​r​i​c​h​e​s​-​t​i​r​e​n​t​-​d​-​e​n​o​r​m​e​s​-​p​r​o​f​i​t​s​-​d​e​-​l​a​-​c​r​i​-​5​4​5​843

    « Les 500 plus grandes for­tunes de France ont grim­pé de 25 % en un an. Un bond spec­ta­cu­laire qui révèle les pro­fits que tire de la crise une poi­gnée de grands patrons, pen­dant que le pou­voir d’achat des Fran­çais a recu­lé de 0,9 % l’an dernier. »

    Réponse
  9. Benoît

    Vrai­ment génial, j’ai par­ta­gé mas­si­ve­ment ! Avec ce genre d’ou­til d’é­du­ca­tion popu­laire for­mi­dable, la démo­cra­tie est pour demain !!!

    Extraits du texte de la confé­rence théâ­tra­li­sée http://​www​.sco​pla​ca​ta​lyse​.org/​s​o​m​m​e​s​n​o​u​s​e​n​d​e​m​o​c​r​a​t​i​e​d​e​s​y​l​v​a​i​n​r​o​c​h​e​x​e​t​g​e​r​a​r​d​v​o​l​a​t​j​u​i​n​2​0​1​3​.​pdf

    Nous consta­tons notre impuis­sance politique.

    Or, quand on a un problème,
    Quand on a un mal à soigner,
    Hip­po­crate disait : ne vous en pre­nez pas aux CONSÉQUENCES, Vous ne régle­rez jamais le problème.
    Ne vous en pre­nez même pas aux causes !!
    Il faut cher­cher LA CAUSE Qui serait
    déterminante.
    Celle qui déter­mine TOUTES les autres.
    Et c’est celle là qu’il nous faut.
    « La cause des causes », c’est ce que nous cher­chons tous ensemble.
    Il va donc nous fal­loir ÊTRE RADICAL,
    Être radi­cal, c’est-à-dire uni­que­ment prendre les choses par le bon bout, par la racine !

    Pour être en bonne san­té, c’est très
    impor­tant d’avoir une bonne Constitution !
    Et nous allons voir que nous pour­rions, pour être en bonne san­té, écrire une autre consti­tu­tion pour nous pro­té­ger des abus de pou­voir et pour être en véri­table démocratie.

    on ne vote pas pour les sénateurs !
    On ne vote pas non plus pour les communautés
    d’agglomération, ni les métropoles…
    on ne vote pas non plus pour le conseil constitutionnel.

    Au moment de mettre le bul­le­tin dans l’urne, nous aban­don­nons au can­di­dat, impo­sé, par un par­ti, la tota­li­té de notre pou­voir poli­tique, nous le per­dons, nous n’en avons plus, et nous le met­tons entiè­re­ment entre ses mains, et en plus, cerise sur le gâteau, nous lui fai­sons confiance.

    L’im­puis­sance politique…
    Pre­mier élément :
    Par cet acte de l’élection,
    Nous la créons,
    Nous-même,
    Cette impuissance.
    Et donc, nous dési­gnons ce qu’on appelle des : Représentants.
    Des per­sonnes qui auront donc le Pou­voir à
    notre place.
    Qui par­le­ront à notre place !
    Et qui agi­ront à notre place.
    Qui déci­de­ront à notre place.
    Qui débat­tront à notre place.
    Qui déli­bé­re­ront à notre place.
    Et qui vote­ront à notre place.
    Et qui puni­ront à notre place
    Et qui récom­pen­se­ront à notre place.
    Qui tran­che­ront à notre place.
    Qui dépen­se­ront à notre place.
    Jugeront.
    Choi­si­ront A notre place.
    Arbi­tre­ront à notre place.
    Qui vivront à notre place.
    Et qui auront des opi­nions A‑NOTRE-PLACE !

    « Démo­cra­tie repré­sen­ta­tive » est un oxy­more par­fai­te­ment fal­la­cieux. Démo­cra­tie et repré­sen­ta­tif, sont en totale oppo­si­tion dans cette expres­sion, ils s’annulent l’un l’autre…, ça ne veut rien dire.
    Il convient de par­ler de « Gouvernement
    Repré­sen­ta­tif » ou d’OLIGARCHIE.

    Scène 7 : Les 3 régimes décrits par Hérodote.

    La monar­chie c’est le pou­voir d’un seul homme.
    Ensuite : la Démo­cra­tie, qui vient du Grec : Démos Kra­tos, Kra­tos, le Pou­voir, Démos, le peuple, il s’agit d’un régime où il y a l’égalité des droits poli­tiques entre tous les citoyens.
    Autre­ment dit : le pou­voir du peuple, par le peuple, pour le peuple.
    La sou­ve­rai­ne­té du peuple.

    Mais entre les deux, il y a un régime dont nous ne par­lons pra­ti­que­ment pas depuis deux siècles, voir pas du tout, qui est pour­tant aus­si impor­tant que les deux autres. Et qui s’appelle l’oligarchie.
    Du Grec, Oli­gos, peu nombreux.
    C’est quand le pou­voir est déte­nu par une toute petite frac­tion de la popu­la­tion, par quelques personnes…
    Comme actuel­le­ment avec l’élection…

    L’élection, n’est pas démo­cra­tique un seul ins­tant, Elle est aris­to­cra­tique – du Grec Aris­tos, le meilleur – par nature, par défi­ni­tion (car élire c’est choi­sir le « meilleur » par­mi la sélec­tion et selon l’électeur).
    Elle conduit inévi­ta­ble­ment à une oli­gar­chie (dès que les élus ne sont plus les meilleurs pour l’in­té­rêt géné­ral), Puisque nous délé­guons notre pou­voir à un tout petit nombre.

    Scène 9 (cha­pitre 7, à 35:25): Une vraie démocratie

    Rous­seau s’est beau­coup expri­mé sur les
    gou­ver­ne­ments. Et il disait ceci dans le contrat social :
    « A l’instant qu’un Peuple se donne des Repré­sen­tants, il n’est plus libre ; il n’est
    plus. »

    Ensuite, je vou­drais vous lire un pro­pos d’un
    des pères fon­da­teurs de notre régime poli­tique, au len­de­main de la révolution
    fran­çaise, en sep­tembre 1789 : l’Abbé Sieyes.

    « Les citoyens qui nomment des représentants
    renoncent et doivent renon­cer à faire eux-mêmes la loi ; ils n’ont pas de volonté
    par­ti­cu­lière à impo­ser. S’ils dic­taient des volon­tés, la France ne serait plus cet
    État repré­sen­ta­tif ; ce serait un État démo­cra­tique. Le peuple, je le répète, dans
    un pays qui n’est pas une démo­cra­tie – et la France ne sau­rait l’être -, le peuple ne
    peut par­ler, ne peut agir que par ses représentants. »

    Et Rous­seau de nou­veau : « L’i­dée des repré­sen­tants est moderne : elle nous vient de l’inique gou­ver­ne­ment féodal. (…)
    Dans les anciennes répu­bliques, et même dans les monar­chies, jamais le peuple n’eut des repré­sen­tants ; on ne connais­sait pas ce mot-là. »

    Ecou­tez-bien, Voltaire :
    « Un pays bien orga­ni­sé est celui où le petit nombre fait tra­vailler le grand nombre, est nour­ri par lui, et le gou­verne. », Voltaire !!

    Scène 10 : La démo­cra­tie, c’est le pou­voir des Pauvres

    Cela est déjà arri­vé dans l’histoire. C’est d’ailleurs à ce moment là que le mot de démo­cra­tie fut inven­té, par des riches qui mépri­saient évi­dem­ment ce ren­ver­se­ment de « l’ordre des choses » et donc le mot de démo­cra­tie, était donc entiè­re­ment employé de façon négative.

    Le fait que le gou­ver­ne­ment puisse être réa­li­sé par la masse des gens ordi­naires, par les petites gens comme ont dit, cela
    déplai­sait for­te­ment aux riches, qui vou­laient eux d’un gou­ver­ne­ment oli­gar­chique et donc, ils rétor­quaient à tous ceux qui vou­laient don­ner le pou­voir au peuple : « vous rigo­lez, on ne va quand même pas faire… (avec un fort dégoût) une démocratie… !! »
    Vous vous sou­ve­nez de la phrase de l’abbé Sieyes de tout à l’heure ?!

    Après la révo­lu­tion fran­çaise, le terme
    Démo­cra­tie, était encore employé, comme chez Pla­ton dans l’antiquité : de façon ouver­te­ment péjo­ra­tive et, comme nous l’avons
    vu, de façon tota­le­ment oppo­sé à un régime représentatif.

    Scène 11 (cha­pitre 9, à 40:00): Inver­sion du sens du mot démo­cra­tie et la fabrique du consentement.

    Aldous Hux­ley dans son livre « Le meilleur des mondes » :

    « La dic­ta­ture par­faite serait une dic­ta­ture qui aurait les appa­rences de la démo­cra­tie, une pri­son sans murs dont les pri­son­niers ne son­ge­raient pas à s’é­va­der. Un sys­tème d’es­cla­vage où, grâce la consom­ma­tion et au diver­tis­se­ment, – et à Face­book -, les esclaves auraient l’a­mour de leur servitude. »

    Au len­de­main de la Com­mune de Paris en 1871, le bou­cher de la Commune :
    Adolphe Thiers était alors en cam­pagne électorale.
    Il est allé trou­ver les royalistes.
    Et il leur dit ceci (extraits de « L’a­vè­ne­ment de M. Thiers et Réflexions sur la Com­mune » par Hen­ri Guillemin) :
    Mes amis, « La Répu­blique démo­cra­tique est très supé­rieure à la monar­chie pour le main­tien de l’ordre. Sa force contrai­gnante sur la mul­ti­tude est beau­coup plus grande que celle d’un pou­voir monarchique. 
    Dans une monar­chie, en effet, c’est la volon­té d’un seul qui mène tout, et cette volon­té unique est vul­né­rable à une contes­ta­tion de la  » liber­té « . Dans une république
    démo­cra­tique, le pou­voir est l’é­ma­na­tion de la volon­té géné­rale, laquelle, dans
    la réa­li­té concrète, est celle de la majo­ri­té des citoyens. Plus d’in­sur­rec­tion, dès lors, qui se puisse faire, théo­ri­que­ment, au nom de la liber­té puisque c’est la liber­té elle-même, dans une démo­cra­tie, qui fait la loi et désigne le pouvoir.
    Une insur­rec­tion, sous la Répu­blique, est un atten­tat contre la République. »

    Les roya­listes n’ont pas été immé­dia­te­ment conquis, ils ont même un peu pro­tes­té et ont répon­du à peu près ceci : mais alors, c’est la plèbe qui va choi­sir le sou­ve­rain à notre place ?! Vous êtes vrai­ment sûr de votre tech­nique et de vos vues, Mon­sieur Thiers ?

    Et Thiers : Mes amis, mes amis
    « Il nous suf­fi­ra juste de bien mener, chose très facile, le suf­frage uni­ver­sel pour
    dis­po­ser, grâce à lui, d’une puis­sance plé­nière de com­man­de­ment… la voi­là, la
    supé­rio­ri­té insigne, inéga­lable, de la répu­blique démo­cra­tique sur la monarchie,
    quant à l’es­sen­tiel, qui est l’o­béis­sance du « grand nombre ». Une république
    démo­cra­tique est donc infi­ni­ment mieux armée et plus effi­cace qu’une monar­chie pour la pro­tec­tion des biens des possédants. »

    Rous­seau (Lettre à d’Alembert sur les spec­tacles (1758) ).
    « Jamais, dans une monar­chie, l’o­pu­lence d’un par­ti­cu­lier ne peut le mettre au-des­sus du prince ; dans une répu­blique, elle peut aisé­ment le mettre au-des­sus des lois. »
    Rien de plus aisé donc, dans une répu­blique démo­cra­tique, que de faire de l’É­tat, la pro­prié­té des pro­prié­taires et ce sont eux, par consé­quent, qui feront les lois. »
    C’est les riches qui font les lois !
    Ça s’appelle la ploutocratie.

    Et tou­jours concer­nant le suf­frage uni­ver­sel, un cer­tain Alexis de Toc­que­ville, un libé­ral, beau­coup plus tôt, vers 1837, a dit ceci : « Je ne crains pas le suf­frage uni­ver­sel : les gens vote­ront, Comme on leur dira. »

    Scène 12 : Les cli­chés per­vers sur la Démo­cra­tie Athénienne

    Athènes, parce qu’elle fut une vraie démo­cra­tie, réus­sit pen­dant près de 200 ans à être
    la Cité
    La plus prospère,
    La plus puissante,
    La plus stable,
    La plus pai­sible intérieurement,
    Et de loin la plus riche de tout le monde grec au point de vue culturel.
    Les tech­niques de démo­cra­tie directe que les athé­niens ont inven­tées et qu’ils ont mer­veilleu­se­ment uti­li­sé pen­dant deux siècles entiers, ces tech­niques, sont très impor­tantes pour l’humanité et un exemple pour que les peuples asser­vis d’aujourd’hui reprennent le pou­voir sur de nombreuses
    tyrannies.

    La Démo­cra­tie athé­nienne est sur­tout ensei­gnée selon le sché­ma : « Il y avait une véri­table démo­cra­tie MAIS… il y avait des esclaves, les femmes étaient exclues de la vie poli­tique et, les Salauds, ils ont tué Socrate… Fin de l’his­toire, cir­cu­lez, rien à voir !!».
    Un ensei­gne­ment sin­cère de la Démo­cra­tie athé­nienne devrait cor­res­pondre au sché­ma inverse : « il y avait des esclaves, les
    femmes étaient exclues de la vie poli­tique, ils ont tué Socrate dans des condi­tions bien par­ti­cu­lières, la reli­gion avait une grande place dans la vie de la cité, MAIS… MAIS !! »
    Der­rière quoi, on peut ensei­gner les tech­niques de démo­cra­tie directe. L’in­sis­tance qu’on ren­contre par­tout sur la condi­tion des femmes et des esclaves n’a d’autre but que d’é­car­ter les gens du germe,
    pas­sion­nant, cru­cial, de la démo­cra­tie athénienne.

    A Athènes, l’élection n’était pas du tout la
    pro­cé­dure cen­trale de dési­gna­tion, elle était
    réser­vée à des choses très par­ti­cu­lières, Très peu nom­breuses. Et c’est au titre de stra­tège mili­taire que Péri­clès fut effec­ti­ve­ment élu et réélu, mais ce, chaque année, les man­dats élec­tifs étaient courts.
    Le pou­voir de Péri­clès n’avait rien à voir avec celui de notre Pré­sident de la Répu­blique ou des autres élus ! Pour­quoi ? Ses pro­po­si­tions étaient toutes sou­mises à l’assemblée, semaine après semaine, les idées oppo­sées à celle de Péri­clès, demeu­raient sous les yeux des membres de l’assemblée et celle-ci pou­vait tou­jours, et elle le fit à l’occasion, l’abandonner, lui et sa politique.
    Ce n’était pas le chef. La déci­sion appar­te­nait aux membres de l’assemblée, elle n’appartenait pas à Périclès.

    L’a­nar­chisme, An- Archie, c’est l’absence d’autorité et de chefs, c’est tout. Ça ne
    signi­fie abso­lu­ment pas la confu­sion ou le désordre.

    « Il ne faut jamais don­ner le pou­voir à ceux qui le veulent. »
    Le phi­lo­sophe Alain disait les choses ainsi :
    « Le trait le plus visible dans l’homme juste est de ne point vou­loir du tout gouverner
    les autres mais de se gou­ver­ner seule­ment lui-même. Cela décide tout. Les pires
    gouverneront. »

    Une vraie démo­cra­tie est un régime où il y a
    l’égalité des droits poli­tiques entre tous les citoyens. Chaque citoyen pos­sède exac­te­ment la même quan­ti­té de pou­voir poli­tique que son voisin.
    C’est-à-dire donc la pos­si­bi­li­té de par­ti­ci­per à l’entièreté de la vie poli­tique, de voter toutes les lois.
    Un homme,
    Une voix.

    Il n’y pas d’ex­pert au niveau poli­tique. La vraie démo­cra­tie affirme pré­ci­sé­ment qu’il ne peut pas y avoir de science des affaires
    poli­tiques. On ne peut avoir qu’un ensemble d’opinions, sou­vent contra­dic­toires, et c’est pré­ci­sé­ment la jus­ti­fi­ca­tion en faveur d’un pou­voir de déci­sion partagé…
    Les experts existent tou­jours mais c’est pas eux qui prennent la déci­sion politique.
    Si des experts peuvent indi­quer quelles sont les pos­si­bi­li­tés de creu­ser un tun­nel fer­ro­viaire sous les Alpes et en pré­ci­ser chaque détail de sa construc­tion, la DÉCISION de creu­ser ou non un tel tun­nel demeure, elle, authen­ti­que­ment poli­tique et radi­ca­le­ment hors du champ de com­pé­tence des experts.

    En plus de voter toutes les lois, chaque citoyen a les mêmes pos­si­bi­li­tés que son voi­sin d’accéder à des charges poli­tiques. Aris­tote disait : être citoyen c’est être tour à tour gou­ver­né et gouvernant.
    Ce qu’on pour­rait nom­mer aus­si : la par­ti­ci­pa­tion de tous au pouvoir.
    Or, aujourd’hui, le gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif détruit méca­ni­que­ment la par­ti­ci­pa­tion et pro­voque une apa­thie poli­tique géné­rale et généralisée.

    Scène 14 : Le tirage au sort

    Le tirage au sort est la pro­cé­dure qui
    per­met de ne pas don­ner le pou­voir à ceux qui le veulent !
    Et qui pré­vient tous les vices
    Et toutes les pas­sions, ou presque.
    Mon­tes­quieu disait ceci :
    « Le suf­frage par le sort est de la nature de la démo­cra­tie. Le suf­frage par le choix, l’élection, est de celle de l’a­ris­to­cra­tie. Le sort est une façon de faire qui n’af­flige per­sonne et il laisse à chaque citoyen une espé­rance rai­son­nable de ser­vir sa patrie. »

    Tous les jours les athé­niens tirés au sort.
    C’était tout à fait cen­tral. Et la démo­cra­tie repo­sait en grande par­tie sur ce
    sys­tème de dési­gna­tion. D’ailleurs, actuel­le­ment, en France, lors des procès,
    les jurés d’assises sont tirés au sort.
    Des citoyens, tirés au sort, peuvent envoyer un accu­sé, en pri­son, pour 30 ans et ils ne pour­raient pas déci­der de la construc­tion d’un gym­nase ou de l’aménagement de rond-points ?

    C’est jus­te­ment parce que je pense qu’il y a du bon et du mau­vais chez cha­cun d’entre-nous que je pré­fère un sys­tème qui pousse les gens à la vertu.
    Et qui ne repose pas sur les sup­po­sées qua­li­tés d’untel ou untel.

    Les per­sonnes qui sont tirées au sort n’ont donc plus rien à voir avec les Élus d’aujourd’hui.
    Ce sont des ser­vi­teurs du peuple et non des maîtres politiques.

    Scène 15 : Des ins­ti­tu­tions pro­tec­trices complémentaires

    Les athé­niens avaient peurs de tom­ber sur des affreux, et donc, Pour pro­fi­ter des ver­tus démo­cra­tiques du tirage au sort, ils ne se sont pas arrê­tés là et ils ont mis sur pied toute une série d’ins­ti­tu­tions pro­tec­trices pour empê­cher tout abus.
    Voi­ci ce qu’on pour­rait appe­ler la deuxième loi du pou­voir, elle nous est don­née par Mon­tes­quieu : « Tout pou­voir va jusqu’à ce qu’il trouve une limite ».
    On trouve aus­si cette idée chez le phi­lo­sophe Alain :
    « Ce qui importe, ce n’est pas l’origine des pou­voirs, c’est le contrôle conti­nu et
    effi­cace que les gou­ver­nés exercent sur les gouvernants. »

    « le pou­voir cor­rompt toujours ».
    Donc mettre sur pied un prin­cipe comme le fai­sait les Athé­niens tels que les man­dats courts et non renouvelables.
    Pour que les hommes n’aient pas le temps de s’abîmer dans l’exercice d’une responsabilité.
    Et ce qui nous amène ensuite à deux autres notions essentielles :
    La rota­tion des charges.
    Et l’amateurisme politique.

    Aujourd’hui on a des vrais pro­fes­sion­nels de la poli­tique, Qui cumulent les indem­ni­tés, les man­dats ; ils ont repous­sé à 2017 la loi sur le « non cumul » mal­gré les pro­messes de campagne.
    Ils ne vote­ront jamais une loi qui sup­prime leurs privilèges

    Ils ont tout le pouvoir.
    Ils connaissent les tech­niques pour le conserver.
    En vraie démo­cra­tie on fait tout à fait autrement :
    On donne
    Très peu de pouvoir,
    Pas longtemps,
    Et jamais deux fois de suite.
    Avec ça, on se pro­té­ger au maxi­mum des phé­no­mènes de corruption.

    En vraie démo­cra­tie, le citoyen sait les risques qu’il prend en don­nant un man­dat, et il éta­blit ensuite un régime de méfiance, de défiance, de contrôle,
    de vigi­lance, Et de jugement.

    Alain, encore, nous dit ceci :
    « Tout pou­voir est méchant dès qu’on le laisse faire ; (Mais) Tout pou­voir est sage dès qu’il se sent… jugé. »

    C’est pour­quoi don­ner son pou­voir – et
    aujourd’hui don­ner TOUT son pou­voir – et faire confiance par-des­sus le mar­ché est une sot­tise incom­men­su­rable qu’il faut arrê­ter tout de suite.
    C’est même la pire des choses.

    Pour pous­ser vrai­ment les gens à être ver­tueux d’autres ins­ti­tu­tions existent en vraie démocratie.
    Les tirés au sort sont révo­cables à tout moment.
    Les tirés au sort doivent rendre des comptes
    moraux et finan­ciers à la fin de leur man­dat, c’est ce qu’on appelle la red­di­tion des comptes Qui est longue, éprouvante,
    Ça se passe devant un tri­bu­nal du peuple,
    Et à l’issue de laquelle peuvent intervenir
    Des récom­penses mais aus­si… des punitions !

    Il y avait beau­coup d’autres ins­ti­tu­tions. Tel que l’ostracisme, la doci­ma­sie, l’iségoria.
    L’iségoria est le droit de parole pour tous,
    à tout moment et à tout pro­pos, ça fonc­tionne avec : la parrhésia.
    La par­rhé­sia, c’est l’obligation morale de dire le fond de sa pensée.
    L’agora, le lieu ins­ti­tu­tion­na­li­sé des débats publics. Aujourd’hui, on a des maga­sins de vêtement !
    Ou encore la place occu­pée par le théâtre et par l’éducation en vue des affaires communes.
    Pour for­mer d’authentiques adultes citoyens qui adoptent cer­tains com­por­te­ments, au lieu d’enfants-producteurs-consommateurs-électeurs, qui sont tous éloi­gnés de la poli­tique comme aujourd’hui.

    Scène 16 : L’apathie poli­tique, les Idiotès

    A l’époque d’Athènes, le type de per­sonnes inté­res­sées uni­que­ment par leurs propres affaires, étaient très mino­ri­taires, contrai­re­ment à aujourd’hui.
    Et les citoyens athé­niens avaient un mot de mépris pour cela, Ils les appe­laient… les Idiotès.
    C’est ce terme qui a ensuite don­né le terme
    d’idiot.
    Heu­reu­se­ment ça se soigne…
    C’est le sys­tème qui nous rend malade de cette façon.
    Cet état est pro­fi­table au sys­tème capi­ta­liste, voi­là tout.
    Une des ver­tus pre­mières d’une véri­table démo­cra­tie est jus­te­ment la désyn­chro­ni­sa­tion totale des pouvoirs
    poli­tiques et économiques…
    Tout est fait pour éloi­gner les citoyens de la poli­tique en les abru­tis­sant, pour les rendre, uni­que­ment, consommateurs,
    En leur don­nant du pain et des jeux, C’est une vieille affaire.
    Les révo­lu­tions cor­res­pondent à chaque
    fois à cette réap­pa­ri­tion du peuple sur la scène poli­tique qui reven­dique son autonomie
    et qui ne veut plus être, l’inverse de l’autonomie : hété­ro­nome (subir des lois extérieurs).

    Il fau­dra qu’un jour il finisse par
    com­prendre qu’il ne doit plus jamais redes­cendre de scène s’il ne veut plus se
    faire ber­ner par des voleurs de pouvoir.
    Le peuple n’est pas bête.
    Il est trompé.

    Scène 17 : Quelques autres objections

    La ques­tion de la compétence ?
    Vous trou­vez nos Élus compétents ?
    Les élus soi-disant com­pé­tents ont fait explo­ser plus de 2 000 bombes ato­miques dans l’at­mo­sphère, en plein air ou sous l’eau depuis 1945 !
    Et com­bien de guerres ?!
    Et com­bien de mil­lions de mil­liards de dol­lars gas­pillés avec des armées suréquipées
    Pen­dant que des mil­liards d’hommes crèvent de faim ?
    Et com­bien de scan­dales de cor­rup­tion avérée ?
    Et com­bien de cas de col­lu­sion abjecte avec les riches qui ont per­mis d’élire les élus ?
    Et com­bien de tra­hi­sons du bien com­mun ? Tous les jours ! Com­bien de Cahu­zac ! C’est de la com­pé­tence, ça ?! Les Cahuzac ?!

    Un pro­fes­seur, un avo­cat, un homme d’af­faires,… un chi­rur­gien capil­laire qui vient d’être élu est tout à fait incom­pé­tent et c’est son tra­vail sur les dos­siers qui peut le rendre compétent.
    On peut en dire tout autant de n’im­porte quel tiré au sort volon­taire qui va
    deve­nir com­pé­tent en tra­vaillant sur ses dos­siers, Et qui le devien­dra sûre­ment plus car il aura une plus grande humi­li­té qui le
    condui­ra à cher­cher, à se nour­rir de tout le monde et à écou­ter les autres.
    Vous savez, les très nom­breuses expé­riences d’as­sem­blées tirées au sort sur des sujets tech­niques com­plexes montrent une extra­or­di­naire com­pé­tence col­lec­tive et un for­mi­dable dés­in­té­res­se­ment par rap­port aux lobbys.
    L’hon­nê­te­té, la trans­pa­rence et l’ab­sence de conflit d’in­té­rêts sont des carac­té­ris­tiques bien plus impor­tantes pour le bien com­mun que la pré­ten­due com­pé­tence, puis­qu’un réa­lisme élé­men­taire conduit à consta­ter qu’au­cun être humain ne peut pré­tendre, à prio­ri, maî­tri­ser un savoir encyclopédique.

    L’élection sup­pose que les gouvernés
    connaissent à la fois les gou­ver­nants et leurs actions. Ce qui est impos­sible à
    grande échelle.
    Pou­vons-nous savoir ce que font tous les jours nos élus à Bruxelles ou à Paris ?
    Un sys­tème basé sur le tirage au sort est lui, beau­coup mieux adap­té à la grande échelle puis­qu’il emporte avec lui des
    contrôles per­ma­nents à tous les étages politiques.
    Et puis, le tirage au sort, c’est mathé­ma­tique, c’est incorruptible.
    Si y’a des contrôles…

    La démo­cra­tie sup­pose l’existence d’une sub­di­vi­sion en Cités démo­cra­tiques pour que les gens puissent pra­ti­quer direc­te­ment leur pou­voir poli­tique pra­ti­que­ment de façon quo­ti­dienne, hebdomadaire.
    C’est le prin­cipe de la sub­si­dia­ri­té : tout ce qu’on peut faire au local, on le fait.
    Grâce au prin­cipe de la fédé­ra­tion déve­lop­pé par Pierre-Joseph Proudhon.
    Pour ne pas oppo­ser Cité démo­cra­tique et Nation et avoir une nation com­po­sée d’une mul­ti­tude de cités.

    Scène 18 : Une nou­velle constitution.
    Qui peut et qui doit l’écrire pour ins­ti­tuer une vraie démocratie ?

    Avant la Révo­lu­tion il nous fau­drait tous reprendre contact avec un texte tout à fait cen­tral dont on ne sou­ligne pas assez l’importance à l’école et dans les médias.
    Un texte cen­sé nous pro­té­ger des abus de pou­voirs : la Constitution.

    Aujourd’­hui, notre impuis­sance poli­tique y est inscrite !
    Car les élus écrivent la constitution !
    Comme en Égypte et en Tunisie …
    Nous sommes dans une situa­tion sur la pla­nète entière où les per­sonnes au pou­voir ont la pos­si­bi­li­té d’écrire les règles du pouvoir.
    Il y a conflit d’intérêts.
    Ils sont juges Et parties
    Le pou­voir est confis­qué par une minorité…
    Ils ont un inté­rêt per­son­nel dans les règles qu’ils instituent…
    Il faut reprendre le contrôle pour nous pro­té­ger des abus. Et ins­ti­tuer notre puis­sance, à nous, le peuple. Car ce n’est pas les élus qui vont le faire à notre place, ils n’écriront jamais des règles contre eux-mêmes, 
    c’est à nous d’écrire le texte qu’ils doivent craindre.
    Il faut fixer les limites de chaque pou­voir, sans exception.
    Et per­mettre l’initiative populaire.
    On pour­rait choi­sir cha­cun, libre­ment, des citoyens que l’on juge « hon­nêtes, valeu­reux, dés­in­té­res­sés, capables de bon sens » sans se lais­ser impo­ser les can­di­dats des par­tis et par­mi ces valeu­reux, on choi­sit les consti­tuants, ceux qui vont rédi­ger la consti­tu­tion, par tirage au sort.
    Ceux qui écri­ront la consti­tu­tion n’écriront pas les règles pour eux-mêmes.
    Ils seront inéli­gibles aux fonc­tions qu’ils instituent.
    Et ensuite ils retour­ne­ront dans le peuple.
    Et la nou­velle consti­tu­tion sera sou­mise au
    peuple par référendum.

    On pour­rait faire élire des can­di­dats dés­in­té­res­sés, dont l’unique pro­gramme serait d’instaurer la vraie démo­cra­tie par­tout, du local au natio­nal, en tirant au sort des assem­blées constituantes.

    Parce que Ce n’est pas aux hommes au pou­voir d’écrire les règles du pouvoir.
    Il nous faut donc une assem­blée consti­tuante, dés­in­té­res­sée, démo­cra­tique, et donc, tirée au sort !

    Réponse
  10. Benoît

    http://​api​.ning​.com/​f​i​l​e​s​/​p​Q​8​P​E​*​D​a​b​u​k​C​R​2​h​N​o​F​U​d​B​L​5​T​Q​H​G​N​J​f​C​u​C​a​t​U​e​G​G​6​2​A​d​9​B​S​r​q​E​2​J​n​C​x​x​b​x​O​R​H​c​G​H​V​A​8​1​I​Q​w​6​k​T​y​9​u​x​m​z​w​c​A​5​1​7​G​h​s​E​U​x​J​i​V​Z​g​/​s​c​h​e​m​a​v​r​a​i​e​d​e​m​o​c​r​a​t​i​e​.​jpg

    « On pour­rait faire élire des can­di­dats dés­in­té­res­sés, dont l’unique pro­gramme serait d’instaurer la vraie démo­cra­tie par­tout, du local au natio­nal, en tirant au sort des assem­blées constituantes. »
    Cette pro­po­si­tion de la confé­rence théâ­tra­li­sée pose la ques­tion de com­ment le peuple peut-il tirer le meilleur pro­fit de notre sys­tème élec­to­ral au lieu de le subir.

    Ana­ly­sons les cri­tiques sur les par­tis, essayons de trou­ver les meilleurs solu­tions et voyons si ça peut valoir le coup.

    Selon Alain :
    « Le trait le plus visible dans l’homme juste est de ne point vou­loir du tout gou­ver­ner les autres mais de se gou­ver­ner seule­ment lui-même.
    Cela décide tout. Les pires gouverneront. »

    -Nos can­di­dats, une fois élu, ne gou­ver­ne­ront pas : leur mis­sion, ins­crite dans le pro­gramme, sera uni­que­ment d’u­ti­li­ser tous les moyens en leur pou­voir pour pro­gres­ser vers la Démo­cra­tie, dans le but d’ins­tau­rer une assem­blée tirée au sort char­gée d’é­crire la nou­velle consti­tu­tion. Assem­blée ayant tous les moyens néces­saire au bon dérou­le­ment de son tra­vail jus­qu’à son achè­ve­ment. Alors, cette consti­tu­tion sera sou­mise à réfé­ren­dum. Une nou­velle assem­blée est consti­tuée en cas de rejet.

    -Par contre, je crois qu’il n’est pas sou­hai­table de tirer au sort nos can­di­dats car nous avons besoin, au sein de l’é­lec­tion, d’une com­pé­tence : ils faut qu’ils soient les meilleurs pour rem­por­ter les élec­tions uni­que­ment en dif­fu­sant le Mes­sage de la Démo­cra­tie. Cette sélec­tion des meilleurs pour­rait-être voté par tous les adhé­rents au « parti ».
    Les can­di­dats sont ceux qui se pré­sentent et/ou ceux choi­sis (et volon­taires) comme les meilleurs par les adhé­rents par­mi leurs connaissances.

    « La tra­hi­son est natu­relle dans un dépu­té, à quelque par­ti qu’il appar­tienne. Et la tra­hi­son, comme on l’a cent fois remar­qué, consiste à tirer vers (l’o­li­gar­chie) après avoir juré de res­ter plus ou moins (démo­crate) ».

    -Faire de nos can­di­dats et élus nos ser­vi­teurs en repro­dui­sant au par­ti les ins­ti­tu­tions pro­tec­trices de la Démo­cra­tie. Il y aura bien tirage au sort et rota­tion des charges donc mais pour les per­sonnes char­gées du contrôle du res­pect de l’in­té­rêt général.

    « Il fau­drait que la popu­lace des para­sites, inter­mé­diaires, intri­gants, joueurs, mar­chands de plai­sirs, jour­na­listes, vau­de­vil­listes, leur lais­sât un peu plus d’air. »

    -Outre les sur­veiller et ne pas les lâcher en roue libre : se pré­oc­cu­per de leur réac­tion face aux stress des cam­pagnes élec­to­rales, les re-confron­ter régu­liè­re­ment aux réa­li­tés et récla­ma­tions du peuple, et leur sou­tient en cas de bon travail.

    « le carac­tère du dépu­té, ses habi­tudes de tra­vail, sa clair­voyance, son indé­pen­dance sont le prin­ci­pal, une fois que le prin­cipe de la sou­ve­rai­ne­té du peuple est posé et maintenu. »

    -« une fois que le prin­cipe de la sou­ve­rai­ne­té du peuple posé et main­te­nu » nous n’au­ront pro­ba­ble­ment plus de députés.

    « Ce que j’ap­pelle liber­té, c’est la dépen­dance étroite de l’é­lu par rap­port à l’électeur. »
    « pour­vu que le dépu­té soit tenu par les élec­teurs et non par les par­tis, le pou­voir sera tenu de dire ses secrets, d’exposer ses pro­jets, d’étaler ses comptes ; et tout ira passablement. »

    -D’où les ins­ti­tu­tions de contrôle, le sys­tème de récompense/punition, etc…

    Selon Étienne :
    « Si on se regroupe, ils vont nous voir venir. Il faut être insaisissable. »

    -Regrou­pé ou non ils nous ver­ront venir, si ce n’est déjà fait (« antifas », … ?).
    Il me semble que nous pou­vons uti­li­ser les germes de la Démo­cra­tie pour se regrou­per tout en étant insai­sis­sable et incorruptible.

    Conclu­sion : j’ai donc l’im­pres­sion que c’est non seule­ment pos­sible mais même souhaitable.

    Quand pen­sez-vous ?

    Réponse
  11. phil82

    Contre les pro­fes­sion­nels de la politique

    http://​www​.marianne​.net/​C​o​n​t​r​e​-​l​e​s​-​p​r​o​f​e​s​s​i​o​n​n​e​l​s​-​d​e​-​l​a​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​_​a​2​3​0​0​4​9​.​h​tml

    « Ces bandes s’ap­pellent les par­tis. Leur fonc­tion est la col­lecte des suf­frages au pro­fit d’eux-mêmes et de leurs caciques. Alors que tout les oppose, ils sont au moins d’ac­cord sur un point : la mono­po­li­sa­tion du suf­frage uni­ver­sel au pro­fit du réseau qu’ils consti­tuent ensemble. Quitte à accep­ter de revoir à chaque scru­tin la clé de répar­ti­tion des reve­nus – par­don, des suf­frages ! – entre les bandes. »

    « Sauf que, dans la pra­tique, ces orga­nismes se consti­tuent en mono­poles pour confis­quer à leur pro­fit exclu­sif les volon­tés du suf­frage uni­ver­sel. Les par­tis deviennent ain­si à la poli­tique ce que les trusts, les ententes, les car­tels sont à la vie éco­no­mique : des orga­nismes d’ac­ca­pa­re­ment, qui font obs­tacle au libre-échange. Avec la mul­ti­pli­ca­tion des ins­tru­ments d’in­for­ma­tion et d’ex­pres­sion propres aux tech­niques modernes – médias, Inter­net -, cette confis­ca­tion de la démo­cra­tie est désor­mais res­sen­tie comme into­lé­rable par la masse des citoyens. »

    « Ce qui se passe aujourd’­hui ? Le peuple est en train de récla­mer sa place en poli­tique, c’est-à-dire dans le lieu même où se décident ses propres des­ti­nées. Il ne faut donc pas voir dans la cri­tique actuelle de la pro­fes­sion poli­tique par la popu­la­tion un déclin de la pas­sion démo­cra­tique mais, au contraire, une nou­velle exi­gence de cette pas­sion. Il serait grave pour l’a­ve­nir d’en lais­ser le mono­pole au Front national. »

    Réponse
  12. nlescan

    Je pense qu’il y a encore plus impor­tant que le tirage au sort de l’as­sem­blée consti­tuante : le fait qu’il n’y en ait pas une seule mais au moins 4 ou plus et que les citoyens choi­sissent par un vote celle qu’ils adoptent et éga­le­ment la pos­si­bi­li­té pour tout citoyen de prendre connais­sance de l’a­van­ce­ment de la rédac­tion des pro­jets et de réagir en sou­met­tant une objec­tion ou une sug­ges­tion aux consti­tuants qui doivent être tenus d’écouter et de prendre en compte.

    De toutes façons pour moi le simple tirage au sort n’est pas suf­fi­sant. Je suis favo­rable a un mix entre élec­tion et tirage au sort.

    Je pense qu’il faut créer un sys­tème ou l’on, vote pour des pro­grammes et non des can­di­dats, ou l’on a le droit de voter a bul­le­tin secret mais aus­si a bul­le­tin publique. Le bul­le­tin publique serait la façon de se por­ter volon­taire dans la liste des per­sonnes pou­vant être tirées au sort pour le pro­gramme pour lequel on a voté.

    exemple de constituante :

    Dans un pre­mier temps, les par­tis poli­tiques, les citoyens indé­pen­dants, tout un cha­cun sou­hai­tant pré­sen­ter un pro­jet de consti­tu­tion s’ex­priment équi­ta­ble­ment dans les médias, dif­fusent leur docu­men­ta­tion pour un temps don­né afin de décrire leurs pro­jets respectifs.

    Après cela les citoyens votent, un cer­tain nombre d’entre eux le font a bul­le­tin publique et ce fai­sant se portent volon­taires au tirage au sort en tant que consti­tuant repré­sen­ta­tif des idées qu’ils ont soutenu.

    On tire au sort ensuite, pro­por­tion­nel­le­ment aux resu­lats des elec­tions, les dépu­tés consti­tuants dans les dif­fé­rentes listes.

    Apres avoir tiré au sort au moins 4 mais pour­quoi pas 10 assem­blées consti­tuantes le tra­vail com­mence sous contrôle citoyen et avec pos­si­bi­li­té d’in­ter­ven­tion comme je l’ai déjà dit.

    Une fois les consti­tu­tions pro­po­sées il y aurait à nou­veau un débat publique équi­table ou cha­cun serait ame­né à prendre par­ti pour telle ou telle proposition.

    Nous choi­si­rions ensuite la consti­tu­tion défi­ni­tive grâce au scru­tin uni­no­mi­nal majo­ri­taire à deux tours.

    Réponse
  13. Pierre Parent

    @nlescan :

    A mon avis il faut prendre en compte une chose, une consti­tuante d’un nou­veaux genre n’ad­vien­dra très pro­ba­ble­ment quand dans une phase de révo­lu­tion de révolte ou de chaos quelconque.

    Cela implique que :

    • Toute idée trop com­pli­quée avec trop de détails (E.g mixer le tirage au sort avec l’é­lec­tion et je ne sais quel pro­cé­dé selon une méthode très pré­cise), n’ad­vien­dra jamais. Car on ne sera jamais d’ac­cord sur les détails. Cha­cun va y aller de sa petite idée et tout va s’écrouler.
    • Il faut accep­ter de suivre une méthode simple voir sim­pli­fiée, peut-être sous-opti­male mais suf­fi­sante, qui puisse ras­sem­bler tous les citoyens.
    • Que toute demande quan­ti­ta­tive plu­tôt que qua­li­ta­tive ne sera pas satis­faite. Si par exemple on demande au pou­voir actuel de don­ner la parole équi­ta­ble­ment dans les média à tous le monde, il feront seule­ment le mini­mum pour que une pro­por­tion suf­fi­sante s’estime satis­faite, et ain­si que les révo­lu­tion­naires soit suf­fi­sam­ment divi­sés pour qu’il n’y ai pas de nou­veau sou­lè­ve­ment. Autant dire que l’on aura jamais une équi­té de parole dans les média lors d’une pre­mière assem­blée constituante.
    • Tout méca­nisme qui a des fai­blesses ou qui est faci­le­ment tra­ves­tis­sable est à pros­crire. En par­ti­cu­lier toute forme de dési­gna­tion auquel il suf­fit de rajou­ter une petit moda­li­té, ou faire une petit modi­fi­ca­tion sour­noise, pour qu’il garan­tisse l’o­li­gar­chie alors que l’i­dée ini­tiale était de nous en pro­té­ger. Je pense notam­ment à toute forme d’é­lec­tion même libre et sans can­di­dat. Si l’on demande ça le pou­voir ajou­te­ra une clause qui ren­dra inof­fen­sif tout le pro­cé­dé consti­tuant, et ils diront : « Regar­dez on a sui­vit votre volon­té ». Un peu comme pour le soit disant réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive popu­laire de Sarkozy.

    Donc pour conclure à mon avis il faut récla­mer une chose claire, simple, qua­li­ta­tive, qui ne peut pas être détour­née, et qui ras­semble : « Une assem­blée consti­tuante démo­cra­tique donc tirée au sort »

    Réponse
  14. Benoît

    Oui, « Une assem­blée consti­tuante démo­cra­tique donc tirée au sort ».
    Pour­tant je trouve que nles­can a rai­son sur l’i­dée de plu­sieurs assem­blées tirées au sort tra­vaillant sépa­ré­ment mais au même moment, c’est plus malin et rapide. Ain­si il suf­fit de faire un réfé­ren­dum sur cha­cune des consti­tu­tions et ins­ti­tuer celle qui a le plus haut pour­cen­tage de « Pour » (si les abs­ten­tions ne sont pas trop élevés).

    « Nous vou­lons des assem­blées consti­tuantes démo­cra­tiques donc tirées au sort » serait plus juste ?

    Par contre je n’ai pas bien sai­si… nles­can, pour­rais-tu détailler quels seraient les avan­tages de l’é­lec­tion dans la procédure ?

    Vira­le­ment,
    Benoît

    Réponse
  15. nlescan

    @ Pierre : il est pos­sible que tu aies rai­son, ou peut être pas… Dans tout les cas c’est un sys­tème de ce type que j’i­ma­gine, y com­pris pour les tirages au sort des bou­leutes muni­ci­paux et natio­naux ain­si que des magis­trats et ministres.

    Cepen­dant il me semble que ce que je pro­pose est pro­ba­ble­ment plus démo­cra­tique qu’un simple tirage au sort et je dirait pour­quoi je pense cela en répon­dant à Benoit.

    La seule solu­tion « démo­cra­ti­que­ment supé­rieure » serait celle ou chaque article de la consti­tu­tion est votée par réfé­ren­dum mais la lour­deur et la fré­quence éle­vée des votes m’inquiète : j’ai peur d’un effet per­vers ou un repar­tie de la popu­la­tion, pas encore suf­fi­sam­ment pré­pa­rée, se dés­in­té­res­se­rai de ces nom­breux scru­tins. Nous obtien­drions donc une consti­tu­tion « des assidus ».

    Dans ce que je pro­pose il y a rela­ti­ve­ment peu de consul­ta­tions natio­nales au final, ça reste rai­son­nable, le but étant d’a­voir une bonne moti­va­tion et donc des résul­tats d’e­lec­tions « fiables ».

    @ benoit : je pense que l’a­van­tage de l’é­lec­tion est de don­ner plus de pou­voir au citoyen, en effet faire sim­ple­ment confiance à la « lois des grands nombres » pour que le tirage au sort de nos bouleutes/constituants/magistrats/ministres/controleurs soit repré­sen­ta­tif de la nation me semble un peu light.

    L’élection est aris­to­cra­tique et est un pro­blème lorsque qu’on a des can­di­dats ou même des listes préa­la­ble­ment éta­blie de can­di­dats puisque il est pos­sible de les cor­rompre en finan­çant leur cam­pagne, en noyau­tant leur par­ti, ect.

    Mais si seul des pro­grammes, donc des idées à éven­tuel­le­ment ten­ter de réa­li­ser sont pré­sen­tées et que l’on peut tous être volon­taires au tirage au sort pour repré­sen­ter ce pour­quoi on a voté je ne vois plus com­ment la cor­rup­tion peut se faire, ça devient beau­coup plus compliqué.

    Par contre on obtien­drait des tirés au sort dont les pro­por­tions seraient bien mieux ali­gnées avec l’o­pi­nion du peuple.

    Ce qui m’in­té­resse c’est de don­ner plus pou­voir de contrôle au peuple dans le cadre du pro­ces­sus de tirage au sort.

    Réponse
  16. J-Stéphane

    Bon­jour,

    La culture de l’hy­per­con­som­ma­tion a tel­le­ment bou­sillé l’es­prit poli­tique des citoyens, qu’il nous fau­dra être patients et pas­ser par la démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive expo­nen­tielle pour que la culture poli­tique décon­ta­mine les consom­ma­teurs, et pour qu’en­fin les parents rede­ve­nus citoyens, trans­mettent à leurs enfants qu’il faut être « poli­tique » pour avoir « l’usufruit ».

    Réponse
  17. Pierre Parent

    @nlescan

    A mon avis tu trouves une un peu « light » de faire confiance à la lois des grand nombres pour l’as­sem­blée consti­tuante ; car tu consi­dère que la dyna­mique des oppo­si­tions est de type droite/gauche ou extreme gauche/gauche/centre/droite/extreme droite. (soit des groupes de pro­por­tions de même ordre de grandeur)

    Or a mon avis lors du pro­ces­sus consti­tuant l’op­po­si­tion prin­ci­pale est entre les 99% et les 1%. Dans ce cas là on peut faire confiance à la lois des grand nombres. La pro­ba­bi­li­té que les 1% gagnent contre les 99% dans ces condi­tions est vrai­ment très très faible (négli­geable).

    Pour illus­trer ça regarde les résul­tats des son­dage sur le réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive popu­laire. L’é­norme majo­ri­té est pour. N’im­porte quelle assem­blée tirée au sort sera pour.

    Réponse
  18. nlescan

    @ Pierre Parent : ce que tu dis n’est pas tota­le­ment faux mais il y a quand même des diver­gences d’o­pi­nons entre le per­sonnes, que ce soit sur le clas­sique axe gauche droite ou même d’autres axes qui peuvent appa­raître si on laisse les gens s’ex­pri­mer et pré­sen­ter des pro­jets à l’élection…

    Bref, tout le monde ne pense pas pareil, cha­cun a des valeur a défendre et même si s’ex­tir­per des griffes de l’o­li­gar­chie est, j’en conviens, un objec­tif pri­mor­dial, ce n’est pas le seul pro­blème à régler.

    Hon­nê­te­ment je pense que mon objec­tion à l’en­contre de l’u­ti­li­sa­tion du tirage au sort pur est logique et solide.

    J’ai enten­du ton argu­ment concer­nant le fait qu’ob­te­nir l’adhé­sion du plus grand nombre à un sys­tème plus com­plexe serait difficile.

    Je veux bien mais ça ne veut pas dire que ce sys­tème ne soit pas meilleur et plus démo­cra­tique. Si c’est le cas je crois au contraire que sa « com­plexi­té » qui n’est pas non plus démente ne sera pas un frein. Je pense que le pou­voir sup­plé­men­taire qu’il donne au citoyen peut être un argu­ment fort pour faire pro­gres­ser l’i­dée du tirage au sort. Ce sys­tème peut per­mettre de lar­ge­ment ras­su­rer le citoyen vis a vis du tirage au sort en lui garan­tis­sant que les tirée cor­res­pon­dant à son vote ont un cer­tain nombre d’i­dées en com­mun avec lui.

    Réponse
  19. Ana Sailland

    Com­plé­ment au mes­sage 18 :

    Le sys­tème actuel met en com­pé­ti­tion des dogmes (qui par ailleurs sont tra­his) tan­dis que le tirage au sort redonne leur force nais­sante aux idées non conventionnelles.

    Réponse
  20. Ana Sailland

    « je trouve que nles­can a rai­son sur l’i­dée de plu­sieurs assem­blées tirées au sort tra­vaillant sépa­ré­ment mais au même moment » (mes­sage 15)

    J’a­vais aus­si pous­sé ce pion il y a envi­ron un an.
    Je suis donc d’accord 😉

    Un argu­ment :

    Le refe­ren­dum fonc­tionne en tout ou rien ( et c’est d’ailleurs un outil de la domi­nance qui en use pour faire vali­der par le peuple ce qui n’est pas idéal pour lui ) et si par hasard dans le cas d’une assem­blée unique le pro­duit fini est ban­cal, le peuple n’a que le choix entre le pire et le moins bon.

    A ce pro­pos, nous n’a­vons pas écrit ni ten­té d’é­crire le « cahier des charges de la démo­cra­tie » et un tel docu­ment (avec variantes) sans être contrai­gnant, serait pré­cieux pour une assem­blée de simples citoyens non for­més à une mis­sion aus­si grande.

    La solu­tion de l’as­sem­blé poly­morphe est inté­res­sante, mais on peut l’en­ri­chir en pré­voyant un round sup­plé­men­taire de mise en rela­tion des groupes constituants.

    Et par­tant de cette idée, mais ça devient com­pli­qué (et l’ar­gu­ment de la com­plexi­té, avan­cé plus haut comme frein à la réa­li­sa­tion du sou­hait est rece­vable), pour­quoi ne pas ima­gi­ner un réseau dense d’as­sem­blées consti­tuantes locales, inté­grant tout citoyen volon­taire, inter­con­nec­tées, et accou­chant par approxi­ma­tions suc­ces­sives (ici le tirage au sort peut inter­ve­nir) de une à trois assem­blées terminales.

    Réponse
  21. nlescan

    Super ! Je salue cette conver­gence d’idées !

    Sur ta pro­po­si­tion il fau­drait que tu déve­loppes, dit comme ça j’ai du mal a ima­gi­ner ce que ça pour­rait don­ner concrè­te­ment, quels tech­niques seraient uti­li­sées pour créer les inter­con­nec­tions et « accou­cher » des approxi­ma­tions dont tu parles ?

    Et le mix élection/tirage au sort ? Des objections ?

    Réponse
  22. Nad H

    You­py !!! Bonne nouvelle !
    Étienne CHOUARD plé­bis­ci­té, recom­man­dé et mis en lumière

    avec de larges cita­tions tout au long de l’ar­ticle du 17 juillet 2013 sur le site 
    Libre Vent :

    http://​librevent​.fr/​c​o​m​p​r​e​n​d​r​e​-​l​e​c​o​n​o​m​i​e​-​e​t​-​l​h​i​s​t​o​i​r​e​-​d​e​-​n​o​t​r​e​-​e​p​o​q​ue/

    Féli­ci­ta­tions Étienne tu prends le bon Vent 🙂

    « mais aus­si pro­pice au temps dis­po­nible pour la réflexion » pas au temps dis­po­nible de TF1 LOL ! « avec des textes sor­tant tous des che­mins et lieux com­muns géné­ra­le­ment dif­fu­sés par les nom­breux sys­tèmes d’informations clas­siques et officiels. »

    Excellent l’hu­mour du rédac­teur de cet article dans sa pré­sen­ta­tion des 5 livres que ce site pro­pose de lire cet été !

    Mer­ci à ce site indé­pen­dant des médias offi­ciels, il faut encou­ra­ger ce site ! Soyons nom­breux et nom­breuses à com­men­ter cet article en sou­tien et aus­si à déve­lop­per et encore mieux faire connaitre l’ac­tion citoyenne d’Étienne !

    Réponse
  23. Ana Sailland

    @22

    rhooooo, tu me demandes de bosser 😉

    Le cahier des charges de la démo­cra­tie pour­rait conte­nir entre autres une phrase que cer­tains juge­ront oni­rique : « Tout citoyen doit à tout ins­tant avoir la cer­ti­tude de pou­voir être enten­du et de pou­voir par­ti­ci­per à la codécision ».
    Il doit pou­voir pas­ser d’un dés­in­té­rêt chro­nique à la pas­sion dans l’ins­tant : c’est l’une des condi­tions néces­saires à la non prise de pou­voir par des « VIP » tenaces.

    Si on l’ac­cepte, il peut certes y avoir des variantes, mais la topo­lo­gie et l’or­ga­ni­sa­tion des assem­blées déli­bé­ra­tives est assez facile à pré­voir, dans les grandes lignes.

    A noter que vue comme ça la démo­cra­tie ne peut se conten­ter du tirage au sort, car l’é­ga­li­té des chances de par­ti­ci­per, sou­vent invo­quée comme jus­ti­fi­ca­tion clef du tirage au sort, n’est pas la par­ti­ci­pa­tion universalisée.

    Pour ce qui est de leur inter­con­nexion et des migra­tions de déli­bé­rants, les pièges sont les pièges habi­tuels et donc les solu­tions avan­cées sur ce site prennent leur pleine puis­sance. Il s’a­git de choi­sir des tis­se­rands réa­li­sant la trame des échanges, un peu comme les rémou­leurs au moyen-âge ;), ils peuvent être nom­més ou tirés au sort, ain­si que ceux qui les surveillent.

    De façon géné­rale, en assem­blée publique, ceux qui par­mi nous s’ex­priment dans le monde réel, nous sommes un peu limités/légers face à la ques­tion récur­rente posée par ceux qui ne croient pas à la démo­cra­tie à grande échelle. Nous devons tra­vailler ce thème et ce que j’é­cris ici n’est que piste, sans prétention.

    Réponse
  24. Pierre Parent

    Je pré­cise que je suis éga­le­ment plu­tôt favo­rable à plu­sieurs pro­jets de consti­tu­tions menés par plu­sieurs assem­blées tirées aux sort en paral­lèle. Et le déci­sion finale serait prise par référendum.

    A mon avis les assem­blées tirées au sort ne devraient avoir que pou­voir de pro­po­si­tion et pas de voter à la place des citoyens. En ce sens il ne me parait pas extrê­me­ment pro­blé­ma­tique qu’il y ai des fluc­tua­tion dans les repré­sen­ta­tion des dif­fé­rente opi­nion à l’as­sem­blée au cour du temps. Je dirai même que ça pour­rai être plu­tôt béné­fique dans le sens ou ça per­met­trait de varier un peu les pro­po­si­tions de lois.

    Pour des man­dats de 6 mois, et une assem­blée de 500 per­sonnes il faut tirer 3 per­sonnes au sort chaque matin. Donc les pro­por­tion d’o­pi­nions fluc­tue­raient gen­ti­ment au cour du temps, tout en res­tant lar­ge­ment contrainte par le loi des grands nombres.

    Enfin je pense qu’il faut réflé­chir à la ques­tion de com­ment réa­li­ser des assem­blées popu­laires ou vient qui veut pour voter les lois.

    Réponse
  25. Wikicrate

    Mer­ci à vous d’a­voir signé la 
    péti­tion deman­dant une Assem­blée Consti­tuante tirée au sort

    http://​www​.avaaz​.org/​f​r​/​p​e​t​i​t​i​o​n​/​U​n​e​_​A​s​s​e​m​b​l​e​e​_​C​o​n​s​t​i​t​u​a​n​t​e​_​t​i​r​e​e​_​a​u​_​s​o​rt/

    Sur les moda­li­tés, une ou plu­sieurs consti­tuante, on aura le temps de faire ce choix, avec les futures recrues de cette reven­di­ca­tion (on ne vas pas déci­der nous seuls, nous ne serions pas légitime).

    En revanche, on pour­rait mettre dans un texte
    une liste de moda­li­tés pos­sibles pour réa­li­ser ce tirage au sort et orga­ni­ser le tra­vail des Constituants.

    1. Par­mi qui tirer au sort ?

    - age ?
    – pré­re­quis ? niveau d’étude ?
    – pré-sélec­tion citoyenne ? oui/non comment ?
    – volon­ta­riat préalable/postérieur ?
    – étapes intermédiaires

    2. For­ma­tion pos­té­rieure au tirage au sort

    - légi­ti­mi­té des formateurs ?
    – sélec­tion par l’a­na­lyse de conflits d’intérêts
    – confé­rences débats contradictoires
    – spé­cia­li­sa­tion des constituants ?
    (tra­vail de commission)
    Ana­lyse de pro­po­si­tions citoyennes
    – économie
    – droit des personnes
    – référendum
    – droits des personnes
    – sécurité
    -

    etc .…

    Réponse
  26. J-Stéphane

    Bon­jour,

    Démo­cra­tie n’est peut-être plus un mode poli­tique à envisager.

    Peuple et pou­voir ne sont peut-être plus des termes appro­priés avec notre époque.

    Main­te­nant que les peuples s’ac­cordent et que le pou­voir est recon­nu comme moyen pour abu­ser des autres, il est peut-être temps de s’o­rien­ter vers une poli­tique à dimen­sion humaine et universelle…

    Réponse
  27. Benoît

    @ nles­can

    j’au­rais à objec­ter que ton sys­tème aura ten­dance à pro­po­ser des consti­tuions pour la « gauche » (ce que je ne sou­haite pas) et des consti­tu­tions pour la « droite » (ce que je ne sou­haite pas, et toi non plus je crois).

    Le tirage au sort per­met une repré­sen­ta­ti­vi­té DES opi­nions poli­tiques (entre autre) de la « cité ». Il n’est pas sou­hai­table que la règle qui contraint les pou­voirs, soit par­ti­sane, oriente et lèse toute une par­tie de la popu­la­tion. La consti­tu­tion doit per­mettre l’é­ga­li­té pour tous et donc l’as­sem­blée doit prendre en compte les objec­tions et sen­si­bi­li­tés de chacun.

    Réponse
  28. Benoît

    @ J‑Stéphane

    « Démo­cra­tie n’est peut-être plus un mode poli­tique à envisager.

    Peuple et pou­voir ne sont peut-être plus des termes appro­priés avec notre époque. »

    En gros je lis : peut-être fau­drait-il se lais­ser voler les mots…

    J’ai pas dû com­prendre, est-ce une blague ?

    Cor­dia­le­ment

    Réponse
  29. nlescan

    @ Benoit : je contestes ce que tu dis, dans le sys­tème que je pro­pose toutes les assem­blées consti­tuantes simul­ta­nées sont tirée au sort dans les listes de votants pro­por­tion­nel­le­ment aux résul­tats donc les assem­blées ne seront ni de droite ni de gauche mais bien repré­sen­ta­tives de l’en­semble des dif­fé­rents cou­rants de pen­sée du pays (de droite de gauche d’en haut d’en bas de der­rière de devant, de ou tu veux).

    Apres je vais vous dire un truc dont je suis per­sua­dé : du moment que les par­ti­sans du tirage au sort ne met­tront pas un peu d’eau dans leur vin pour pro­po­ser aux gens quelque chose dont ils peuvent tirer des avan­tages sup­plé­men­taires sans leur reti­rer ceux qu’ils croient déjà avoir (a tort ou a rai­son) nous n’arriverons jamais a convaincre nos concitoyens.

    Les gens sont per­sua­dés que leur vote leur per­met d’in­fluer sur la ligne poli­tique du pays (a tort ou a rai­son, ce n’est même pas mon débat). Du moment que le tirage au sort que vous leur pro­po­sez leur enlè­ve­ra la pos­si­bi­li­té de faire ce choix qu’ils ont été condi­tion­nés a consi­dé­rer comme un droit inalié­nable ça ne pren­dra pas plus que ça (et meme en vous escri­mant a expli­quer qu’ils vont pou­voir beau­coup plus influer sur les décisions).

    Le mix élec­tion de programme/tirage au sort résout ce pro­bleme tout en conser­vant toutes les ver­tus anti cor­rup­tion du tirage au sort qui sont celles qui nous intéressent…le tirage au sort pour le tirage au sort objec­ti­ve­ment on s’en fout.

    Et un mot au niveau de cli­vage gauche droite : a ceux qui s’i­ma­ginent que ces cli­vages seraient dépas­sés et qu’il faut mili­ter pour qu’il dis­pa­raissent je vous dis la chose sui­vante : peu importe que je sois d’ac­cord ou non avec vous, ce qui est par­fai­te­ment cer­tain c’est que la majo­ri­té des gens eux y croient dur comme fer, s’at­ta­quer a ce cli­vage est une perte de temps et d’énergie consi­dé­rable qui a mon sens est com­plè­te­ment inutile. Le com­bat contre les par­tis, les cli­vages, les diver­gences d’o­pi­nons est per­du d’a­vance, vous êtes face a une hydre : cou­pez lui une tète il en repous­se­ra deux.

    Le pro­jet démo­cra­tique plu­tôt que de s’at­ta­quer fron­ta­le­ment a ces pro­blèmes sans aucune chance de les résoudre devrait plu­tôt cher­cher a les contour­ner, à les inté­grer, a faire en sorte que chaque citoyen y trouve son compte. Il faut abso­lu­ment cher­cher a mini­mi­ser les objec­tions à l’en­contre du sys­tème démo­cra­tique et pour cela il faut accep­ter d’y inté­grer, au moins en appa­rence les ele­ments consti­tu­tifs de la vie poli­tique actuelle.

    Réponse
  30. Pierre Parent

    @nlescan

    Tu rai­sonnes encore comme si on fai­sait le tirage au sort à la place de l’é­lec­tion et que les tirés au sort déci­de­ront à notre place.

    Or à mon à vis encore une fois les tirés aux sort ne peuvent avoir que force de pro­po­si­tion. Pour l’as­sem­blée consti­tuante sou­mise à réfé­ren­dum. Et pour une assem­blée légis­la­tive tirée au sort : sou­mis au votes d’as­sem­blées popu­laire ou vient qui veut.

    Si tu dis juste on rem­place l’é­lec­tion par le tirage au sort alors oui on peut avoir peur de perdre un cer­tain pouvoir.

    Si tu dis on ins­taure le tirage au sort et des assem­blées ou vient qui veut. Toutes les lois seront votées par ces assem­blées. Si tu dis au gens « vous pour­rez voter les lois, plu­tôt que de voter pour les can­di­dats ». Alors tous le monde com­pren­dra que leur vote influe­ra beau­coup plus qu’avant.

    Réponse
  31. J.C

    @ Pierre Parent

    Nous n’a­vons pas besoin de tirés au sort, les assem­blées suf­fisent, il n’y a rien que le peuple ne puisse faire lui-même.

    Ce n’est pas le tirage au sort qu’il faut prô­ner, c’est la démo­cra­tie. Le tirage au sort n’est pas la carac­té­ris­tique de la démo­cra­tie, ce n’est qu’un moyen de dési­gner des fonc­tion­naires dont nous pou­vons aujourd’­hui tech­ni­que­ment nous passer.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  32. nlescan

    @Pierre Parent

    Pas du tout, tu te trompes complètement.

    Mon rai­son­ne­ment se situe a plu­sieurs niveaux :

    - d’une je suis cer­tain qu’on aura beau­coup moins de dif­fi­cul­tés a faire pro­gres­ser l’i­dée du tirage au sort si on ne cherche pas a pour­fendre la droite ou la gauche le centre, les par­tis, je ne sais quoi encore, et qu’on ne s’at­taque pas fron­ta­le­ment au mythique et qua­si divin suf­frage uni­ver­sel direct…Je vais te dire je suis même pour qu’on conti­nue d’é­lire un pré­sident au rôle uni­que­ment pro­to­co­laire pour pas trop bous­cu­ler les cou­tumes des gens et pas trop être moins embe­tés par les anti demorates…

    - de deux la gen­tille théo­rie du tiré au sort qui fait cal­me­ment ce que le peuple a voté, et qui le fait bien, alors qu’il pense exac­te­ment le contraire dans son fort inté­rieur, je pense que ça peut poser beau­coup de pro­blèmes : je pense que c’est bien mieux si les tirés au sort sont en accord avec ce qu’on leur demande de faire..

    - de trois, on peut tour­ner autours du pot tant qu’on veut le fédé­ra­lisme implique une dose de repré­sen­ta­tion, qui applique des votes popu­laires tout ce que vous vou­drez : il n’empêche. Mon sys­tème per­met d’a­voir des repré­sen­tants fédé­raux qui seront a la foi élus pour leurs choix poli­tiques et tirés au sort…ça couvre les deux axes, garde les ver­tus des deux sys­tèmes sans les corrompre…

    ou alors que l’on me dise ou je me plante avec des argu­ment sérieux parce que mon truc je l’ai retourné.

    Réponse
  33. Pierre Parent

    Bon­jour,

    Il me parait dif­fi­cile d’é­crire les lois nous-même de manière directe. On est trop nom­breux pour les écrire, mais pas pour les voter.

    De plus les lois sont une chose suf­fi­sam­ment sérieuses pour qu’il faille qu’il y ai des gens à plein temps à réflé­chir dessus.

    Donc je pense que le tirage au sort est néces­saire pour avoir une assem­blée qui rédige des pro­po­si­tions de loi, ou de consti­tu­tion, ou pour d’autre rôles similaires.

    Est-ce que vous voyez une autre manière d’é­crire les pro­po­si­tions de lois ?

    Ami­ca­le­ment,
    Pierre.

    Réponse
  34. nlescan

    @ JC : de mieux en mieux, après avoir arrête de bos­ser parce que des machines fabri­quées par d’autres machines conçues par des machines qui réflé­chissent le font a notre place nous pro­fi­tons tous de richesses abon­dantes et illi­mi­tées et nous n’a­vons même pas besoin que qui que se soit s’oc­cupe de faire appli­quer nos déci­sion puisque le sait esprit de Venus des­cend sur terre pour nous aider a ins­tau­rer le para­dis de la glande futu­riste. Mais en atten­dant il bikrave des DVD et qué­mande des dons pay­pal libel­lés en dollars…

    Réponse
  35. Pierre Parent

    @nlescan

    1)Oui je ne suis pas contre non plus gar­der un pré­sident élu avec très peu de
    pou­voir, et plu­tôt du pou­voir diplo­ma­tique et de repré­sen­ta­tion à l’é­tran­ger disons.

    2)Je n’ai jamais par­lé d’o­bli­ger les tirée au sort à faire ce qu’il n’ont pas
    envie, ou le contraire de ce qu’il pensent. Leur rôle serait de pro­po­ser des lois. Il pro­posent alors ce que bon leur semble !
    (sans contrainte du peuple ou de qui que ce soit). Ensuite c’est le peuple qui vote la pro­po­si­tion de loi. Ce n’est alors
    abso­lu­ment plus du res­sort des tirés au sort. Il n’ont plus aucun pou­voir et plus rien à faire à part prendre connais­sance des résultats.

    3)Je pré­cise que je ne suis pas per­son­nel­le­ment pour le fédé­ra­lisme au moins dans un pre­mier temps. Je pense qu’aujourd’hui le plus simple est le plus
    sou­hai­table est d’a­bord d’ins­tau­rer une démo­cra­tie à l’é­chelle de la France. Ensuite une fois que l’on sera en démo­cra­tie nous pour­ront réflé­chir à une éven­tuelle décen­tra­li­sa­tion des pou­voirs d’une part, et de l’autre à une éven­tuelle fédé­ra­tion à
    plus autre échelle.

    A mon avis ton sys­tème peut être
    inté­res­sant, mais pas pour une pre­mière consti­tuante pour les rai­sons que j’ai évo­quées plus haut. Il y a tout de même des objec­tions aux­quelles il fau­dra réflé­chir. Par exemple, com­ment on fait si un groupe de per­sonnes se pré­sente pour une liste alors qu’ils ne sont pas d’ac­cord du tout
    avec l’i­dée mais ont un plan pour se faire élire et détour­ner l’i­dée originale…

    Ami­ca­le­ment,
    Pierre.

    Réponse
  36. J-Stéphane

    Bon­soir,

    @ 29,

    Non Benoît, ce n’est pas une blague, c’est juste que j’ai par­fois le sen­ti­ment que l’on fasse un blo­cage sur un vieux sou­ve­nir que l’on n’a jamais réa­li­sé, et qu’au lieu de deve­nir adulte on cherche abso­lu­ment à vivre un moment man­qué de notre enfance, ou plu­tôt volé pour être plus juste.

    Il me semble que l’hu­ma­ni­té arrive à un moment de son évo­lu­tion où elle prend conscience que la défi­nir en tant que peuple la divise, et que le pou­voir crée des conflits.

    Donc il serait peut-être pré­fé­rable pour notre évo­lu­tion de cher­cher à inno­ver politiquement.

    Réponse
  37. J.C

    @ Pierre Parent

    Il est tout à fait pos­sible de débattre en groupe, il faut juste réap­prendre à communiquer.

    @ nles­can

    Tu as par­fai­te­ment résu­mé le pro­jet, je n’ai rien à redire. J’aime beau­coup la façon dont tu l’as pré­sen­té. Je te conseille de gar­der ce mes­sage en sou­ve­nir, dans quelques années tu l’ap­pré­cie­ra au moins autant que moi 😉

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  38. nlescan

    @ Pierre Parent :

    En par­tant du prin­cipe que la cel­lule de base d’une démo­cra­tie pour diri­ger le pays tu est bien obli­gé de pas­ser par une fédé­ra­tion (qui est une forme de repré­sen­ta­tion) ou un autre sys­tème uti­li­sant une part de représentation…

    Il me semble en tout cas.

    Pour le cas des plai­san­tins qui vou­draient se « pré­sen­ter » à une liste et détour­ner le pro­jet avec le sys­tème que je pro­pose ça risque d’etre assez compliqué :

    Pour te « pré­sen­ter » à une liste tu dois voter pour, en fait on se porte volon­taire par son vote que l’on accepte de rendre publique…

    A par­tir de la c’est assez dif­fi­cile de « noyau­ter » une liste : n’im­porte qui peut y figu­rer, il suf­fit de voter publi­que­ment pour.

    Tu crois vrai­ment que les gens qui sont contre un pro­jet vont voter pour en sachant qu’ils ont très peu de chances d’être tirés au sort et qu’il y a de fortes pro­ba­bi­li­tés que les tirés au sort issus de cette liste essaie­ront sin­cè­re­ment d’en défendre le programme ?

    Per­son­nel­le­ment j’y crois pas trop, ce serait vrai­ment le com­plot de la loose.

    Réponse
  39. nlescan

    @ JC : fran­che­ment j’ai­me­rai bien que tu sois en mesure de me clouer le bec dans quelques années, pour de vrais, j’y crois pas trop mal­heu­reu­se­ment mais fran­che­ment je suis de tout cœur avec vous les gars, appe­lez moi quand la para­dis de la glande gra­tos sera prêt, moi je suis chaud.

    Réponse
  40. nlescan

    @ Pierre parent : la pre­miere phrase du post 39 dit en fait « En par­tant du prin­cipe que la cel­lule de base d’une démo­cra­tie EST LA VILLE, pour diri­ger le pays tu est bien obli­gé de pas­ser par une fédération.

    Réponse
  41. Benoît

    @30
    « donc les assem­blées ne seront ni de droite ni de gauche mais bien repré­sen­ta­tives de l’en­semble des dif­fé­rents cou­rants de pen­sée du pays »

    Bon, je com­prends tou­jours pas com­ment tu peux en arri­ver là avec l’é­lec­tion. Mais de toute façon on arrive au même résul­tat avec seule­ment le tirage au sort et en plus c’est incor­rup­tible contrai­re­ment à l’é­lec­tion gran­de­ment influen­çable (même pour le vote d’un programme).

    Si c’est pour palier aux tirés au sort qui ne seraient pas volon­taire et qui biai­se­raient la pro­por­tion­na­li­té, je ne pense pas que tirer au sort des volon­taires soit préférable.
    Car dans ce der­nier cas on exclu­rait en plus les per­sonnes qui n’au­rait pas été volon­taire mais comme ils ont été tirés au sort, pour­raient se dire « pour­quoi pas ».

    Ca a son impor­tance comme disait Alain : « Le trait le plus visible dans l’homme juste est de ne point vou­loir du tout gou­ver­ner les autres mais de se gou­ver­ner seule­ment lui-même. Cela décide tout. Les pires gouverneront. »

    @16 Il me semble que tu n’as pas tota­le­ment inté­gré le dis­cours touf­fu d’E­tienne à en juger par cer­taines phrases :
    « je pense que l’a­van­tage de l’é­lec­tion est de don­ner plus de pou­voir au citoyen, en effet faire sim­ple­ment confiance à la « lois des grands nombres » pour que le tirage au sort de nos bouleutes/constituants/magistrats/ministres/controleurs soit repré­sen­ta­tif de la nation me semble un peu light. »

    Si la loi des grands nombres est bien « light », comme tu dis, c’est bien là l’un de ses avan­tages, en plus d’être mathé­ma­ti­que­ment vérifiée.
    Com­ment l’é­lec­tion peut-elle bien « don­ner plus de pouvoir » ?!

    Voir entre autre « 7 vices de l’élection et 11 ver­tus du tirage au sort » dans ce pdf qui m’a bien été utile d’im­pri­mer (en papier et dans ma tête ^^) pour convaincre : http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​D​o​c​u​m​e​n​t​s​_​c​o​n​f​e​r​e​n​c​e​s​/​c​e​n​t​r​a​l​i​t​e​_​d​u​_​t​i​r​a​g​e​_​a​u​_​s​o​r​t​_​e​n​_​d​e​m​o​c​r​a​t​i​e​.​pdf

    Si ces pro­grammes pour les­quels ont aurait à choi­sir ne contri­buent pas à « par­ti­tion­ner » les volon­taires selon leurs opi­nions, alors je ne vois pas à quoi leur conte­nu peut res­sem­bler. Aurais-tu des exemples de ces pro­grammes ? Et en quel mesure influen­ce­ront-ils les pro­jets de constitution ?

    La cor­rup­tion de pro­grammes n’est pas plus com­pli­qué que celle de can­di­dats. Il suf­fit de média­ti­ser deux pro­grammes oli­gar­chiques que l’on fait pas­ser pour les seuls rai­son­nables et faire croire que les dif­fé­rences sont importantes.

    Ca rap­pelle quelque chose, non ?

    Et reprendre le contrôle des médias avant que le peuple sou­ve­rain ait déci­dé de la consti­tu­tion pour­rait prê­ter le flanc à la cri­tique et ne serait peut-être pas pos­sible en terme de rap­port de force.

    @31
    Et pour ceux qui veulent abso­lu­ment des élec­tions en démo­cra­tie, y a celles pour les postes où il y a besoin de com­pé­tence comme les stra­tèges mili­taire (et qui doivent obéir au peuple pour res­ter en poste!). ça a quand même vache­ment plus de gueule que nos élec­tions (qu’une majo­ri­té avoue subir « faute de mieux »).

    Réponse
  42. Pierre Parent

    J’ai pro­po­sé ici
    un sys­tème pour le volet légis­la­tif d’une démo­cra­tie qui me parait tout à fait réa­li­sable. En tous le cas jus­qu’à main­te­nant per­sonne ne m’a oppo­sé d’ob­jec­tion qui mon­tre­rai que l’i­dée est impossible.

    Donc le volet légis­la­tif serait basé au niveau natio­nal sur 3 points :

    。Les assem­blées tirées au sort ont pour seul but de pré­pa­rer et pro­po­ser les lois (les écrire ain­si que les amen­de­ments pos­sibles). Les tirés aux sorts ne votent en aucun cas ces lois et n’ont donc aucun pou­voir de déci­sion sur l’a­dop­tion des lois.

    。Des assem­blées existent dans tous le pays (dont le nombre de places addi­tion­nées est au minium 5 000 000 ), chaque citoyen peut venir s’il le désire dans n’im­porte quelle des assem­blée de France, la limite des capa­ci­tés (sachant que l’ordre du jour est bien sur publié à l’a­vance), des débats sont orga­ni­sés (le dimanche prin­ci­pa­le­ment) sur les lois pro­po­sées par la chambre tirée au sort, sui­vit d’un vote sur la loi (à main levée ou autre) dans cha­cune des assem­blées, le résul­tat du vote de chaque assem­blée est direc­te­ment publié via inter­net, et la somme sur toutes les assem­blées du pays, donc le résul­tat final du vote cen­tra­li­sé est obte­nu ins­tan­ta­né­ment. Et en même temps tous le monde peut véri­fier, le score de son assem­blée étant publié on peut véri­fier que c’est bien le bon (et aus­si que la somme est cor­recte). Toute per­sonne pour voter doit avoir assis­té au débat.

    。Le réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive popu­laire per­met au peuple d’im­po­ser direc­te­ment sa volon­té (sans pas­ser par les tirés au sort): pro­po­ser une loi, en abro­ger une, révo­quer un repré­sen­tant, ou modi­fier la constitution.

    Qu’en penses-tu ? Il me semble que si on doit dis­soudre la nation pour avoir une démo­cra­tie alors ça com­plique tout. Je ne suis pas sur que les gens soit d’ac­cord pour aban­don­ner l’i­dée de la France. Et je suis pour iso­ler les modi­fi­ca­tions quand c’est pos­sible. Donc com­men­cer par un démo­cra­tie en France.

    Réponse
  43. nlescan

    @Pierre Parent : Il y a du bon dans ce que tu proposes…loin de moi l’i­dée de vou­loir dis­soudre la France, sur­tout pas, la France pour moi est avant tout un peuple, le mien, avec sa culture, la mienne, son pays, le mien,je ne suis pas du tout contre la nation moi, je suis patriote, alter­mon­dia­liste aus­si c’est vrais mais je ne veux rien diluer du tout.

    Quand je parle de fédé­ra­lisme, je parle de fédé­rer les villes Fran­çaises. C’est une vielle idée anar­chiste. Je ne sais pas si c’est la meilleure façon d’or­ga­ni­ser la gou­ver­nance démo­cra­tique du pays mais c’est une possibilité.

    @Benoit :

    « Bon, je com­prends tou­jours pas com­ment tu peux en arri­ver là avec l’é­lec­tion. Mais de toute façon on arrive au même résul­tat avec seule­ment le tirage au sort et en plus c’est incor­rup­tible contrai­re­ment à l’é­lec­tion gran­de­ment influen­çable (même pour le vote d’un programme). »

    Parce que tu n’as pas bien lu ou que je m’ex­prime mal.

    Je reprend : tu as des pro­grammes, les gens votent, quand tu votes pour un pro­gramme tu peut choi­sir de le faire publi­que­ment auquel cas tu est dans la liste des gens que l’on peut tirer au sort.

    Une fois l’é­lec­tion effec­tuée tu as des résul­tats avec un pour­cen­tage pour chaque programme.

    Tu uti­lises ces pro­por­tions pour tirer au sort des gens dans les dif­fé­rentes listes.

    résul­tat des courses tu obtiens des assem­blées de tirés au sort repré­sen­ta­tive des opi­nions expri­mées lors du vote.

    J’espère que c’est plus clair.

    La cita­tion d’A­lain est très bonne, je suis plu­tôt d’accord…n’empêche qu’en Grèce c’é­tait des volon­taire que l’on tirait au sort…bref, cette objec­tion est pro­ba­ble­ment la meilleure dans ta liste mais tu ne peux pas obli­ger les gens à faire des choses qui ne les inté­ressent pas et le coup du « oh ben ouais pour­quoi pas » je ne sais pas…avec le sys­tème que je pro­pose il est très facile d’être volon­taire au tirage au sort, le « oh ben ouais pour­quoi pas » on se le fait tout seul en choi­sis­sant de voter sans entrer dans l’i­so­loir, je pense que c’est valable.

    La loi des grands nombres est sur­tout extrê­me­ment approxi­ma­tive : il suf­fit de com­pa­rer le résul­tats des son­dages et la réa­li­té pour se rendre compte que les écarts sont impor­tants et jus­ti­fient un sys­tème qui com­porte moins de hasard.

    Bien sur que les pro­grammes servent a faire des choix, évi­de­ment, c’est exac­te­ment le but.

    En fait c’est fou, tu donnes l’im­pres­sion de tel­le­ment nier les diver­gences d’o­pi­nions que tu crois qu’en fai­sant l’au­truche elles vont disparaître…Il n’y a aucune logique la dedans.

    Moi les dif­fé­rences d’o­pi­nion je veux les prendre en compte, deman­der aux gens ce qu’ils pensent puisque c’est eux qui com­mandent et tirer les gens au sort pro­por­tion­nel­le­ment aux résul­tats. C’est simple, logique, ça com­porte les avan­tages du tirage au sort com­bi­nés à la déci­sion prise lors d’un vote.

    Et la soit disant cor­rup­tion des pro­grammes serait tout à fait com­pli­quée : tu auras beau faire deux pro­grammes pré­sen­tés comme « rai­son­nables » tu sera bien obli­gé d’y mettre quelques pro­jets qui plaisent aux gens si tu veux qu’ils les votent, sans tirage au sort pas besoin de tenir de pro­messe puisque le can­di­dat est dans la combine…mais si tu tires au sort de simple citoyens qui ont vote pour : les mecs vont vou­loir appli­quer le pro­gramme, avec les pro­messe, tout le bazar.

    ça change tout, des que tu mets du tirage au sort ça change tout..

    Et je suis contre l’é­lec­tion des stra­tèges, je suis pour qu’ils soirent tirés au sort comme les autres, sim­ple­ment par­mi les per­sonnes com­pé­tentes et pro­por­tion­nel­le­ment au vote du peuple (dans le sys­tème que je pro­pose), comme les autres.

    Je suis tota­le­ment oppo­sé a ce que l’on donne plus que des rôles pro­to­co­laires a des élus, je ne veux que des tirés au sort.

    De élus on peut en avoir quelques uns, des maires qui repré­sen­te­raient la ville lors des ver­nis­sages, un pré­sident qui irait accueillir les repré­sen­tants étran­gers à l’aéroport, éven­tuel­le­ment un conseil de séna­teurs maires qui don­ne­raient leurs avis mais sans réel pou­voir de décision…ça s’arrête la, pour les choses sérieuses : des tirés au sort.

    Réponse
  44. Ana Sailland

    On a écrit plus haut : « Nous n’a­vons pas besoin de tirés au sort, les assem­blées suf­fisent, il n’y a rien que le peuple ne puisse faire lui-même. »

    Dans cette vision : ->

    Y a‑t-il des assem­blées locales, régio­nales, natio­nales, conti­nen­tales, mondiales ?
    Qui va rendre compte à Neuilly des conclu­sions de Bar­bès, et à Ber­lin de celles de Collioures ? 
    Tout membre d’une assem­blées est il légi­time à en dif­fu­ser les conclusions ?
    Que se passe-t-il en cas de conclu­sions diver­gentes de deux assemblées ? 
    Qui des membres de deux assem­blées diver­gentes va par­ti­ci­per à l’é­change répa­ra­teur s’il en est déci­dé un et par qui et comment ?
    Com­ment va-ton concilier/harmoniser l’in­té­rêt géné­ral (mis au jour par déli­bé­ra­tion) et l’in­té­rêt local (mis au jour lui aus­si par délibération)?
    Quelles sont les com­pé­tences de la sou­ve­rai­ne­té locale et celles de la sou­ve­rai­ne­té globale ?

    Réponse
  45. J-Stéphane

    Bon­jour,

    On peut envi­sa­ger que la sou­ve­rai­ne­té locale s’ar­rête où com­mence une autre, ou dit autre­ment, la sou­ve­rai­ne­té citoyenne s’ag­glo­mère autour de besoins com­muns, et pour ça, il faut aus­si défi­nir la notion d’ingérence.

    Réponse
  46. Pierre Parent

    C’est vrai que je com­prends pas bien en fait l’in­te­ret de cette idée de fédé­ra­tion de communes.

    En effet soit l’es­sen­tiel du pou­voir de déci­sion est gar­dé au niveau de la nation et alors il y a for­ce­ment délé­ga­tions (lors du pas­sage de la com­mune aux éche­lons supé­rieurs), repré­sen­ta­tion, et donc perte de sou­ve­rai­ne­té popu­laire qui pour­rait s’exer­cer directement.

    Soit on donne de larges pou­voirs aux com­munes (d’é­crire leur propres lois sur des sujets impor­tant), et alors au delà de dis­soudre la nation, on s’ex­pose à de gros pro­blème pré­vi­sible de loin. Comme par exemple, un groupe orga­ni­sé qui se ras­semble et s’ins­talle dans une com­mune pour y être majo­ri­taire et impo­ser sa loi. (Et un cer­tains nombre d’autres chose dont j’a­vais mis en garde dans le post dont j’ai don­né le lien plus haut, et sûre­ment d’autres aux­quelles on aurait pas pensé).

    Si quel­qu’un peut me mon­trer un inter­et par­ti­cu­lier que je n’au­rai pas vu, à cette idée de fédé­ra­tion, je suis preneur.

    –
    @nlescan :

    Concer­nant l’ob­jec­tion du noyau­tage je ne suis pas convain­cu que ça ne puisse pas arri­vé. Un par­ti puis­sant et orga­ni­sé puisse mas­si­ve­ment détour­ner un pro­jet encore nais­sant (et donc avec une faible adhé­sion publique) mais dangereux.

    J’a­joute une seconde objec­tion. Sitôt qu’un pro­jet est écrit par un autre, non-seule­ment il y a des dif­fé­rences d’in­ter­pré­ta­tions, mais aus­si per­sonne ne sera jamais d’ac­cord avec 100% du pro­jet. Donc un tirée au sort qui a voté sin­cè­re­ment pour un pro­jet peut ne pas vrai­ment le repré­sen­ter. Par exemple que doit faire un tiré au sort si on en vient à une ques­tion sur-laquelle son idée per­son­nelle est oppo­sée à l’i­dée écrite dans le pro­jet pour lequel il a voté ? (car il n’é­tait d’ac­cord qu’à 80% avec celui-ci)

    J’a­joute que quand on réflé­chit à un sys­tème, il faut se dire que pro­ba­ble­ment il va y avoir dans celui-ci des choses qui arrivent aux-quelles ont avait pas pen­sé en l’é­cri­vant. Donc déja il faut au moins résoudre toutes les choses aux­quelles on pense qu’elle pour­raient se passer.

    Pierre.

    Réponse
  47. J.C

    @ Ana,

    Pour res­ter acces­sible de chaque citoyen, les assem­blées devraient être locales, pré­sentes dans chaque citées. Le compte ren­du des débats et des déci­sions qui en auront décou­lé devront être ren­du public de sorte que tout autres assem­blées sur des sujets simi­laires puissent être infor­mées des fruits des expé­riences qui l’ont précédés.

    Le point ici est de savoir com­ment les déci­sions sont prises. Si par exemple sur un même pro­blème deux assem­blées arrivent à des conclu­sions diver­gentes, il se peut que leurs condi­tions soient dif­fé­rentes et jus­ti­fient des conclu­sions dif­fé­rentes. Le but est de trou­ver les solu­tions les plus appro­priés pour chacune.
    Quelles pour­raient être les causes de conflits ?
    Il est inté­res­sant de se deman­der en quoi les inté­rêts de dif­fé­rentes assem­blées pour­raient diverger.
    Si on est encore dans un sys­tème de com­pé­ti­tion avec des finan­ce­ments, on aura tou­jours besoin d’une auto­ri­té supé­rieure à un niveau plus glo­bal pour prendre le des­sus sur les déci­sions conflic­tuelles du local. On ne peut se débar­ras­ser ain­si d’un sys­tème hié­rar­chique pyra­mi­dale et d’un pou­voir fort qui prends l’as­cen­dant au nom du bien com­mun et de la cohé­sion sociale.

    Si par contre on sort de cette logique de com­pé­ti­tion fon­dée sur le ration­ne­ment alors on peut se per­mettre de cher­cher les déci­sions les plus per­ti­nentes pour tous par l’ap­pli­ca­tion du meilleur des connais­sances au pro­fit des besoins de chacun.

    La vrai cause des pro­blème et ces solu­tions résident dans le fait d’ob­te­nir ou non l’a­bon­dance. Qui dit abon­dance dit par­tage et absence de conflits. Qui dit pénu­rie (ou rare­té) dit conflits.
    Il n’y a que deux choses à résoudre : 1) avons-nous les res­sources (matières pre­mières) néces­saire pour pro­duire tel ou tel bien et 2) avons nous les capa­ci­tés tech­niques et les connais­sances néces­saires pour les trans­for­mer et les rendre dis­po­nibles pour chacun.

    En dehors de ces deux ques­tions, tout le reste est super­fé­ta­toire et uni­que­ment jeu de pouvoir.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  48. Benoît

    @44
    C’est un peu plus clair, merci.

    Mais je n’ai tou­jours pas eu de réponse à : « Si ces pro­grammes pour les­quels ont aurait à choi­sir ne contri­buent pas à « par­ti­tion­ner » les volon­taires selon leurs opi­nions, alors je ne vois pas à quoi leur conte­nu peut res­sem­bler. Aurais-tu des exemples de ces pro­grammes ? Et en quel mesure influen­ce­ront-ils les pro­jets de constitution ? »

    J’i­ma­gine un pro­gramme du genre « un pays fort éco­no­mi­que­ment » est sédui­sant pour tous ceux qui n’au­raient pas décons­truit le dis­cours domi­nant. C’est pour­tant un pro­gramme néfaste à la démo­cra­tie car en faveur des mar­chands, de la plou­to­cra­tie (voir Rous­seau sur le « capi­ta­lisme » : http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​f​o​r​u​m​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​2​0​1​2​/​1​2​/​0​8​/​2​8​5​-​s​u​r​-​j​e​a​n​-​j​a​c​q​u​e​s​-​u​n​e​-​c​o​n​f​e​r​e​n​c​e​-​r​e​-​m​a​r​-​q​u​a​b​l​e​-​a​v​e​c​-​b​a​r​b​a​r​a​-​d​e​-​n​e​g​r​o​n​i​-​y​v​e​s​-​v​a​r​g​a​s​-​e​t​-​d​o​m​i​n​i​q​u​e​-​p​a​g​ani)

    « En fait c’est fou, tu donnes l’im­pres­sion de tel­le­ment nier les diver­gences d’o­pi­nions que tu crois qu’en fai­sant l’au­truche elles vont disparaître…Il n’y a aucune logique la dedans. »

    En fait c’est tout le contraire. Je ne nie en rien les diver­gences d’opinions.
    Je ne les classe cepen­dant pas sur le barème « gauche/droite » cal­qué sur le sché­ma arbi­traire (qui choi­sit ? Choix poli­ti­cien ?) de l’hémicycle qui nous enfume.
    Je me base sur les notions concrètes de défen­seur de la démo­cra­tie/an­ti-démo­cra­tie. Conscient des mul­tiples diver­gences d’o­pi­nions dans tout groupe (même au sein d’un par­ti, d’une famille, de frères jumeaux, d’un couple même fusion­nel…) il est sain qu’elles soient débat­tus avec l’en­semble du groupe (et à défaut une part réel­le­ment repré­sen­ta­tive, donc tirée au sort). L’as­sem­blée consti­tuante doit être repré­sen­ta­tive de l’as­sem­blée citoyennes car elle doit la pré­pa­rer en l’ins­cri­vant. De même que les citoyens ne devront pas choi­sir entre plu­sieurs assem­blées citoyennes (ou plu­sieurs Conseils tirées au sort) divi­sées selon leurs dif­fé­rentes sen­si­bi­li­tés politiques.
    Ca serait dan­ge­reux pour la démo­cra­tie, je trouve.

    « tu auras beau faire deux pro­grammes pré­sen­tés comme « rai­son­nables » tu sera bien obli­gé d’y mettre quelques pro­jets qui plaisent aux gens si tu veux qu’ils les votent »
    « quelques pro­jets qui plaisent », c’est fort pro­bable mais ce qu’on veut c’est la meilleur consti­tu­tion pos­sible pas des miettes qu’on nous pré­sen­te­ra comme des avan­cées incontournables.

    « si tu tires au sort de simple citoyens qui ont vote pour : les mecs vont vou­loir appli­quer le pro­gramme, avec les pro­messe, tout le bazar. »
    Dans ces deux pro­grammes (mais pos­si­ble­ment plus pour don­ner davan­tage l’illu­sion du choix, comme on le voit pour les par­tis) se pré­sen­te­ront tous les oli­garques « pres­ti­gieux », la clique des chiens de garde et ce sera méca­ni­que­ment un nid à citoyens endoc­tri­nés. Presque impos­sible qu’il n’en sorte pas des consti­tu­tions néfastes à l’in­té­rêt général.
    Ca revient qua­si­ment à des consti­tu­tions écrites par des pro­fes­sion­nels de la politique !

    Pour citer Etienne : « Le Talon d’A­chille des riches est à la por­tée des pauvres, mais à condi­tion que les pauvres cessent d’être aus­si orgueilleux en croyant stu­pi­de­ment (et en déni de tous les faits contraires qui leur donnent tort) que leur volon­té col­lec­tive (pour­tant facile à trom­per) est meilleure que le hasard (pour­tant incor­rup­tible) dans la dési­gna­tion des ser­vi­teurs poli­tiques de la Cité. »

    Vira­le­ment,
    Benoît

    Réponse
  49. Benoît

    Je vous pro­pose de lire ma pro­po­si­tion pour créer un par­ti au ser­vice du peuple pour qu’il accède au pou­voir, en espé­rant qu’elle ne vous déplai­ra pas totalement.

    Mer­ci de m’ex­po­ser vos objec­tions, modi­fi­ca­tions, points faibles ou autre…

    Pour reprendre la phrase d’Étienne trou­vée ici http://etienne.chouard.free.fr/wikiconstitution/index.php?title=Constitution_nationale_d%27origine_citoyenne_%C3%89C :
    « Comme tout chan­tier, il com­porte des répé­ti­tions, des lacunes, des choses mal dites, vous avez rai­son mais ne m’en veuillez pas et venez plu­tôt m’aider à pro­gres­ser : cet objet est com­mun, his­to­rique et libé­ra­teur (on peut y croire :o)  »

    Charte du par­ti « Pour la Démocratie »

    Intro­duc­tion
    Nous, simples élec­teurs du « gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif », fai­sons le constat de notre impuis­sance politique.
    Nous consta­tons que le pou­voir que nous délé­guons aux élus, sert les inté­rêt d’un petit groupe, l’oligarchie.
    Nous consta­tons que l’é­lec­tion est par défi­ni­tion aris­to­cra­tique et dérive en oli­gar­chie si le res­pect de l’in­té­rêt géné­ral, que doit garan­tir l’a­ris­to­cra­tie pour res­ter au pou­voir, n’est pas sévè­re­ment contrôlé.
    Nous nous rap­pe­lons que la Démo­cra­tie est appa­ru avec l’aide de l’aristocratie.
    Nous émet­tons l’hy­po­thèse, qu’au sein même de notre sys­tème, il est pos­sible de com­bi­ner les élé­ments aris­to­cra­tiques de l’é­lec­tion et ceux démo­cra­tiques du tirage au sort afin d’ar­ri­ver à la Démocratie.

    Article I
    Les can­di­dats et les élus s’en­gagent à pro­mou­voir et défendre le pro­gramme du par­ti et les idées qui en sont liées.
    Les élus s’en­gagent à appli­quer scru­pu­leu­se­ment leur mis­sion, ins­crite dans le pro­gramme du parti.
    Les adhé­rents volon­taires et tirés au sort en tant que magis­trats, s’en­gagent à l’exé­cu­tion des tâches néces­saires au bon fonc­tion­ne­ment du parti.
    Les adhé­rents volon­taires et tirés au sort au sein de la com­mis­sion des comptes s’en­gagent à véri­fier hon­nê­te­ment le bon usage des comptes du par­ti. En cas de malversation

    Article II
    Le par­ti ne peut être sépa­ré de ses ins­ti­tu­tions pro­tec­trices garan­tis­sant le dés­in­té­res­se­ment, l’in­té­gri­té et le res­pect de la mis­sion de ses can­di­dats et de ses élus.

    Défi­ni­tion
    Le man­dat désigne la charge de l’é­lu, du can­di­dat ou du tiré au sort appar­te­nant au parti.

    Annexe I

    Les ins­ti­tu­tions protectrices.

    Le volon­ta­riat :
    Avant chaque élec­tion les adhé­rents qui y vote­ront, éli­ront le can­di­dat du par­ti qui s’y présentera.
    Ce choix est fait par­mi les adhé­rents se présentant.

    L’in­ci­ta­tion aux justes :
    Les adhé­rents peuvent choi­sir les per­sonnes qu’ils jugent les meilleurs par par­mi leurs connaissances.
    Celles-ci devront être volon­taires et adhérer.

    La doci­ma­sie :
    Inéli­gi­bi­li­té au man­dat de tout indi­vi­du jugé fou ou condam­né pour tout abus de ses fonctions.

    L’os­tra­cisme :
    Chaque adhé­rent peut ins­crire le nom d’un indi­vi­du qu’il juge dan­ge­reux sur un registre infalsifiable.
    Celui qui est cité par plus de 10 % des adhé­rents, est exclu du par­ti pen­dant 10 ans.

    La révo­ca­bi­li­té :
    A tout moment, tout adhé­rant à le droit de pro­po­ser la des­ti­tu­tion d’un can­di­dat ou d’un élu. L’en­semble des adhé­rents sont invi­tés à voter. 
    Si les adhé­rents votent en majo­ri­té pour la des­ti­tu­tion d’un can­di­dat, une élec­tion est pré­pa­ré au sein du par­ti pour le rem­pla­cer ; pour la des­ti­tu­tion d’un élu, le vain­queur de la nou­velle élec­tion le rem­pla­ce­ra. Le révo­qué reçoit une puni­tion et est exclus du parti.
    Si les adhé­rents votent à moins de 20 % la des­ti­tu­tion, l’ins­ti­ga­teur de la demande reçoit une puni­tion et est exclus du parti.

    La red­di­tion des comptes :
    A chaque fin de man­dat d’un can­di­dat ou d’un élu, les comptes sont inspectés.
    En cas de bon usage, celui-ci est récompensé.
    En cas de mau­vais usage, celui-ci est puni.

    La mise en accusation :
    Chaque adhé­rent peut, à tout moment, accu­ser tout autre adhé­rent ayant enfreint les règles expo­sés dans cette charte. L’en­semble des adhé­rents sont invi­tés à voter. Si les adhé­rents votent en majo­ri­té pour la condam­na­tion de l’ac­cu­sé, celui-ci reçoit une puni­tion et est exclus du parti.
    Si les adhé­rents votent à moins de 20 % la condam­na­tion, l’ac­cu­sa­teur reçoit une puni­tion et est exclus du parti.

    La modi­fi­ca­tion
    Toute modi­fi­ca­tion de cette charte doit ne peut être faite qu’a­vec l’ac­cord de plus de 70 % des adhé­rents votant.

    Annexe II

    Le pro­gramme du parti.

    L’é­lu, contraint par la signa­ture de cette pré­sente charte, jure solen­nel­le­ment uti­li­ser tous les moyens en son pou­voir pour don­ner au peuple le pou­voir, par l’or­ga­ni­sa­tion des prises de déci­sion par une assem­blée citoyenne et autres initiatives.
    La mis­sion ultime de l’é­lu est d’ins­tau­rer des assem­blées consti­tuantes tirés au sort (entre 4 et 10) char­gées d’é­crire la nou­velle constitution.
    Ces assem­blées ont tous les moyens néces­saire au bon dérou­le­ment de son tra­vail jus­qu’à son achèvement.
    Une ren­contre entre les assem­blée doit être orga­ni­ser pour débattre, s’en­ri­chir d’i­dées inté­res­santes et reje­ter celles nuisibles.
    Une fois finies, ces consti­tu­tions sont sou­mises cha­cune à un référendum.
    La consti­tu­tion qui obtient le plus haut pour­cen­tage d’a­dop­tion est institué.
    En cas d’abs­ten­tions supé­rieur à 50 % des ins­crits, de nou­velles assem­blées consti­tuantes sont tirés au sort.

    La signa­ture de la charte du par­ti « Pour la Démo­cra­tie » entraîne l’ac­cep­ta­tion de celle-ci et l’obtention du titre de « adhé­rent » au parti.

    Réponse
  50. Ana Sailland

    Quel­qu’un a écrit :  » … mais ce qu’on veut c’est la meilleur consti­tu­tion possible ».

    Peut être que la modeste sagesse serait de réflé­chir à com­ment faire écrire ou per­mettre d’ écrire une consti­tu­tion ultra­simple et pro­vi­soire mais garan­tis­sant l’é­cri­ture de cette meilleure consti­tu­tion possible.
    Construire la piste d’en­vol avant les avions en quelque sorte.

    Dit autre­ment : sou­hai­ter un pro­duit fini par­fait et immé­diat est peut être irréa­liste cas dans lequel il vau­drait mieux réflé­chir à des struc­tures auto­ri­sant l’ap­proche pro­gres­sive mais iné­luc­table du meilleur, par approxi­ma­tions suc­ces­sives, et ça va de soi à l’a­bri des pièges usuels et des égos boulimiques.

    Réponse
  51. nlescan

    @ Pierre Parent :

    « Concer­nant l’ob­jec­tion du noyau­tage je ne suis pas convain­cu que ça ne puisse pas arri­vé. Un par­ti puis­sant et orga­ni­sé puisse mas­si­ve­ment détour­ner un pro­jet encore nais­sant (et donc avec une faible adhé­sion publique) mais dangereux. »

    Quel inté­rêt de « noyau­ter » un pro­jet ayant une faible adhé­sion publique ? Faible adhésion=faible score=peu ou pas de tirés au sort… Avec ce que je pro­pose plus un pro­jet rem­porte de votes plus il y a de volon­taires dans sa liste. Plus il y a de volon­taires, plus ça devient aléa­toire voir très peu pro­bable qu’un « noyau­teur » soit en mesure d’être tiré au sort.

    « J’a­joute une seconde objec­tion. Sitôt qu’un pro­jet est écrit par un autre, non-seule­ment il y a des dif­fé­rences d’in­ter­pré­ta­tions, mais aus­si per­sonne ne sera jamais d’ac­cord avec 100% du pro­jet. Donc un tirée au sort qui a voté sin­cè­re­ment pour un pro­jet peut ne pas vrai­ment le repré­sen­ter. Par exemple que doit faire un tiré au sort si on en vient à une ques­tion sur-laquelle son idée per­son­nelle est oppo­sée à l’i­dée écrite dans le pro­jet pour lequel il a voté ? (car il n’é­tait d’ac­cord qu’à 80% avec celui-ci) »

    Rein n’in­ter­dit au citoyen qui ne trouve pas le pro­jet qui lui convient de créer et de pré­sen­ter le sien. Il est évident que si l’on vote un pro­jet c’est qu’on au moins lar­ge­ment d’ac­cord avec le conte­nu et que si on se porte volon­taire pour être tiré au sort on accepte de le défendre.

    @ Benoit :

    « Si ces pro­grammes pour les­quels ont aurait à choi­sir ne contri­buent pas à « par­ti­tion­ner » les volon­taires selon leurs opi­nions, alors je ne vois pas à quoi leur conte­nu peut res­sem­bler. Aurais-tu des exemples de ces pro­grammes ? Et en quel mesure influen­ce­ront-ils les pro­jets de constitution ? »

    Ma réponse a cette ques­tion était : « Bien sur que les pro­grammes servent a faire des choix, évi­de­ment, c’est exac­te­ment le but. »

    A quoi le conte­nu des pro­grammes peu ressembler ?

    pour une consti­tuante il devrait s’a­gir de pro­jets de consti­tu­tion com­pa­rables a ce que l’on trouve sur le wiki du plan C. Pour être en mesure de pré­sen­ter un pro­jet de consti­tu­tion il fau­drait obte­nir un cer­tain nombre de signa­tures de citoyens.

    Pour une muni­ci­pale (tirage au sort des bou­leutes et magis­trats) ça res­sem­ble­rait a des pro­grammes d’élection muni­ci­pales la pho­to du cham­pion du monde en moins ce qui obli­ge­rait a déve­lop­per le conte­nu plu­tôt que de ne pro­po­ser uni­que­ment un slo­gan idiot.

    Pour une légis­la­tive (pour tirer au sort des « bou­leutes fédé­reaux ou natio­naux ») même histoire.

    « J’i­ma­gine un pro­gramme du genre « un pays fort éco­no­mi­que­ment » est sédui­sant pour tous ceux qui n’au­raient pas décons­truit le dis­cours domi­nant. C’est pour­tant un pro­gramme néfaste à la démo­cra­tie car en faveur des mar­chands, de la ploutocratie »

    Et tu t’i­ma­gines que les gens favo­rables a une plou­to­cra­tie vont dis­pa­raître comme par enchan­te­ment parce que tu tires au sort en fai­sant uni­que­ment confiance a la loi des grands nombres plu­tôt que de pro­cé­der a un vote pur connaitre la pro­por­tion exacte…Ils ne vont pas dis­pa­raître et tu prends le risque, par acci­dent, d’en tirer au sort plus qu’il ne devraient y en a voir… En fait ce que je pro­pose ne change stric­te­ment rien a part de per­mettre d’a­voir un résul­tat pré­cis qui cor­res­ponde aux pro­por­tions des opi­nions expri­mées par le peuple a un moment don­né et d’a­voir des tirés au sort repré­sen­ta­tifs de ça.

    « En fait c’est tout le contraire. Je ne nie en rien les diver­gences d’o­pi­nions. Je ne les classe cepen­dant pas sur le barème « gauche/droite » cal­qué sur le sché­ma arbitraire »

    DING DONG : les gens qui ne croient pas au cli­vage gauche droite en France sont ultra mino­ri­taires, pour l’ins­tant nous autres démo­crates radi­caux aus­si. Tu veux dépen­ser ton éner­gie a lut­ter contre la gauche et la droite ou a pro­mou­voir la démocratie ?

    Pour moi il est très clair que c’est une perte de temps de s’at­ta­quer a la conven­tion gauche droite. En plus même moi qui suis démo­crate convain­cu je trouve que c’est un cli­vage qui a un sens très clair et que je com­prends par­fai­te­ment. En oppo­sant la démo­cra­tie au cli­vage gauche droite on a tout faux, on ne fera que des­ser­vir notre cause.

     » l’hémicycle qui nous enfume »
    petite remarque : les bou­leutes consti­tuent un hémicycle…Ce sont des parlementaires…L’anti par­le­men­ta­risme est une erreur, la démo­cra­tie ne va pas faire dis­pa­raître le par­le­ment ni les par­le­men­taires, c’est juste qu’il seront tirés au sort au lieu d’être élus. En plus c’est une erreur stra­té­gique de dire que la démo­cra­tie est anti par­le­men­taire : ça per­met de nous dia­bo­li­ser bête­ment alors qu’ob­jec­ti­ve­ment au contraire des par­le­men­taires on en veux plus, beau­coup plus.

    « De même que les citoyens ne devront pas choi­sir entre plu­sieurs assem­blées citoyennes (ou plu­sieurs Conseils tirées au sort) divi­sées selon leurs dif­fé­rentes sen­si­bi­li­tés poli­tiques. Ca serait dan­ge­reux pour la démo­cra­tie, je trouve. »

    Tu n’as tou­jours pas com­pris ce que je pro­pose. Je compte uti­li­ser les pro­por­tions du vote non pas pour tirer au sort des assem­blées sépa­rées mais bien pour que chaque assem­blée soit repré­sen­ta­tive des suf­frages exprimés.

    exemple : tu as les pro­jets A B C et D. Les gens votent.

    A obtient 10% et une liste de volon­taires au tirage au sort.

    B obtient 30% et une liste de volon­taires au tirage au sort.

    C obtient 40% et une liste de volon­taires au tirage au sort.

    D obtient 20% et une liste de volon­taires au tirage au sort.

    Si l’on part sur des assem­blées de 500 A obtient 50 tirés au sort, B 150, C 200 et D 100.

    « Dans ces deux pro­grammes (mais pos­si­ble­ment plus pour don­ner davan­tage l’illu­sion du choix, comme on le voit pour les par­tis) se pré­sen­te­ront tous les oli­garques « pres­ti­gieux », la clique des chiens de garde et ce sera méca­ni­que­ment un nid à citoyens endoc­tri­nés. Presque impos­sible qu’il n’en sorte pas des consti­tu­tions néfastes à l’in­té­rêt géné­ral. Ca revient qua­si­ment à des consti­tu­tions écrites par des pro­fes­sion­nels de la politique ! »

    Si ces deux pro­grammes sont ceux qui rem­portent la majo­ri­té des voix alors ce seront ceux qui auront le plus de volon­taires issus du peuple et les éven­tuels oli­garques qui vou­draient être tirés au sort seraient noyés dans la masse. Donc non, pas de pro­fes­sion­nels de la poli­tique des qu’un grand nombre de citoyens est impliqué.

    Si une majo­ri­té des citoyens sont endoc­tri­nés et que tu fais un simple tirage au sort tu auras tou­jours les mêmes endoc­tri­nés (loi des grand nombres) tu prends juste le risque d’en tirer au sort une pro­por­tion plus impor­tante que ce qu’elle devrait être (dif­fé­rence entre les résul­tats des son­dages et des suffrages).

    Ce n’est pas le vote qui crée l’en­doc­tri­ne­ment, ce sont les médias et les doc­trines, il ne faut pas tout mélanger.

    Et a pro­pos de la cita­tion d’Étienne je trouve qu’il com­met une erreur de vou­loir oppo­ser la volon­té col­lec­tive et le tirage au sort alors qu’on peut être beau­coup plus malin et gar­der les deux pour com­bi­ner leurs avan­tages respectifs…D’ailleurs je l’ai déjà vu admettre, je crois que c’est quand il parle avec Blot, qu’une com­bi­nai­son entre vote (pas élec­tion, vote) et tirage au sort est envisageable.

    Réponse
  52. Benoît

    @51  »

    « Belle » trouvaille.

    J’ai comme l’im­pres­sion que le nou­ve­lobs ne va pas dire que vol­taire défen­dait les 1% et non les 99%… et ne vont pas citer cette phrase :

    “ un pays bien orga­ni­sé est celui où le petit nombre fait tra­vailler le grand nombre, est nour­ri par lui, et le gouverne ”.
    Vol­taire, Essai sur les mœurs et l’esprit des nations

    Ni se réfé­rer aux tra­vaux de Marion Sigaut


    Marion Sigaut « Vol­taire, le per­son­nage et l… par erlor­raine

    @52

    Effec­ti­ve­ment ça peut être sage

    Réponse
  53. nlescan

    Il faut arrê­ter de défor­mer la cita­tion de Vol­taire ça nous discrédite :

    « Quand nous par­lons de la sagesse qui a pré­si­dé quatre mille ans à la consti­tu­tion de la Chine, nous ne pré­ten­dons pas par­ler de la popu­lace ; elle est en tout pays uni­que­ment occu­pée du tra­vail des mains : l’esprit d’une nation réside tou­jours dans le petit nombre, qui fait tra­vailler le grand, est nour­ri par lui, et le gou­verne. Cer­tai­ne­ment cet esprit de la nation chi­noise est le plus ancien monu­ment de la rai­son qui soit sur la terre. »

    Réponse
  54. phil82

    Un texte très intéressant :

    http://​www​.rute​beuf​.com/​t​e​x​t​e​s​/​j​o​u​f​f​r​o​y​-​0​1​.​h​tml

    Théo­dore JOUFFROY

    Com­ment les dogmes finissent

    (in Mélanges philosophiques)

    (1823)

    Quand un dogme touche à la fin de son règne, on voit naître d’a­bord une indif­fé­rence pro­fonde pour la foi reçue. Cette indif­fé­rence n’est point le doute, on conti­nue de croire. Pas même une dis­po­si­tion à dou­ter, on ne s’est point encore avi­sé que le doute fût pos­sible. Mais c’est le propre d’une croyance qui n’a plus de vie et qui ne sub­siste que par la cou­tume. Dans les temps éloi­gnés où le dogme prit nais­sance, on l’a­dop­ta parce qu’il parut vrai ; on croyait alors, et on savait pour­quoi : la foi était vivante. Mais les enfants des pre­miers conver­tis com­men­cèrent à admettre le dogme sans véri­fier ses titres, c’est-a-dire à croire sans com­prendre. Dès lors, la foi chan­gea de base, et au lieu de repo­ser sur la convic­tion, s’as­sit sur l’au­to­ri­té et tour­na en habi­tude. Trans­mis ain­si de géné­ra­tion en géné­ra­tion sous des mots consa­crés et tou­jours moins com­pris à mesure qu’il s’é­loigne davan­tage de sa source, le moment vient où le dogme ne gou­verne plus qu’en appa­rence, parce que tout sen­ti­ment de sa véri­té est éteint dans les esprits. La foi n’est plus qu’une rou­tine indif­fé­rente qu’on observe sans savoir pour­quoi, et qui ne sub­siste que parce qu’on n’y fait pas attention.

    Alors s’é­lève l’es­prit d’exa­men. Éton­nés de leur docile atta­che­ment à des for­mules qu’ils ne com­prennent point, entou­rés d’un peuple qui par­tage leur igno­rance et leur cré­du­li­té, quelques hommes se demandent si l’on doit croire sans motif et, trou­vant au fond de leur conscience une invin­cible répu­gnance à une foi aveugle, com­mencent à regar­der de près à la véri­té du dogme qui règne sans se don­ner la peine de jus­ti­fier de ses droits. Ce n’est point là un acte d’hos­ti­li­té, mais de bon sens. Ceux en qui s’est déve­lop­pé cet esprit de recherche y cèdent comme à un besoin rai­son­nable. Ils ne songent ni à détruire le dogme, ni à chan­ger les idées du peuple. Ils ne songent qu’à trou­ver dans la doc­trine consa­crée quelque chose de vrai, qui légi­time leur foi pas­sée, réponde à leur bonne volon­té pré­sente, et fonde pour l’a­ve­nir leur atta­che­ment à ses maximes sur une convic­tion éclairée.

    Mais le dogme ne leur offre point ce qu’ils cherchent, car il s’est cor­rom­pu en tra­ver­sant tant de siècles. Éta­bli par la véri­té qui était en lui, cette véri­té est res­tée pure tant que la lutte enga­gée pour lui don­ner le pou­voir a sub­sis­té ; mais après, la fer­veur est tom­bée, et le triomphe a pro­duit l’a­pa­thie. La paresse humaine l’a enve­lop­pé de for­mules dont la mémoire s’est char­gée, et qui ont dis­pen­sé l’in­tel­li­gence de com­prendre. L’ou­bli du sens a per­mis la cor­rup­tion des formes. L’i­gno­rance et l’in­té­rêt, après les avoir déna­tu­rées, les ont inter­pré­tées : en sorte qu’au­jourd’­hui cette doc­trine, jadis pleine de véri­té et de vie, ne pré­sente plus à la bonne foi du scep­ti­cisme nais­sant qu’un assem­blage informe de vieux sym­boles muti­lés à tra­vers les­quels le sens pri­mi­tif ne perce plus, et de maximes des­po­tiques ou super­sti­tieuses ajou­tées par l’am­bi­tion du pou­voir ou l’a­bru­tis­se­ment du peuple.

    Mille erreurs, mille absur­di­tés pal­pables, des men­songes inté­res­sés et d’o­dieuses pra­tiques, frappent donc les yeux des pre­miers qui exa­minent. Et, comme ils sont d’une nature morale et rai­son­nable, ils cessent de croire ce qui est faux, ils cessent de res­pec­ter ce qui est mépri­sable. Dès lors, une foi nou­velle s’é­lève dans leur esprit sur les débris de l’an­cienne. Cette foi n’a rien de posi­tif, elle n’est que la néga­tion de la foi reçue, la croyance que cette foi n’est pas fon­dée ; mais cette convic­tion est vive, parce qu’elle est inat­ten­due ; elle est vive, parce qu’elle est le réveil de l’in­tel­li­gence humaine après des siècles d’en­gour­dis­se­ment, et que la véri­té, tou­jours belle par elle-même, pas­sionne ceux qui la sentent pour la pre­mière fois ; elle est vive enfin, parce qu’on sent qu’elle ren­ferme une révolution.

    Aus­si, dans l’é­mo­tion d’une décou­verte si impré­vue, les pre­miers scep­tiques ne peuvent rete­nir le cri qui la signale au monde. Il ne leur appar­tient pas d’a­voir cette pru­dence ou cette hypo­cri­sie qui enfouit la véri­té ; elle s’ap­prend dans l’o­rage des révo­lu­tions, quand on a connu la puis­sance d’une idée, et que les écha­fauds ont ensei­gné les dan­gers de la fran­chise. Elle n’est point de leur époque, parce qu’a­vant l’ex­pé­rience la nature va son che­min. Sans pré­voyance, sans inten­tion, sans cal­cul, ce qu’ils ont trou­vé ils l’an­noncent ; ils osent dire que le dogme régnant est faux, et remet­tant en cir­cu­la­tion des mots qui n’a­vaient pas été employés depuis des siècles, ils en attestent le bon sens et la rai­son. Dès lors, toute la socié­té est ébran­lée, et une lutte ter­rible s’engage.

    Éveillé par la voix de ces pro­phètes nou­veaux, le peuple endor­mi dans l’in­dif­fé­rence prête l’o­reille, et s’a­per­çoit qu’il ne croyait pas, ou du moins qu’il croyait sans savoir pour­quoi. Le doute s’é­lève en lui, car il ne peut se refu­ser au bon sens. Mais ce doute ne se pré­cise pas d’a­bord dans son esprit, et n’y pénètre que len­te­ment et à son insu. Tan­dis que sa rai­son le détache du dogme, et que l’a­mour de la nou­veau­té l’at­tire au scep­ti­cisme, quelque chose de plus fort le retient, l’ha­bi­tude et la véné­ra­tion pour le pas­sé. Loin d’in­cli­ner au chan­ge­ment, il y résiste, et c’est mal­gré lui qu’il est sai­si par le scep­ti­cisme ; et pen­dant que cette lutte inté­rieure se passe, il reste immo­bile, comme si des idées ne suf­fi­saient pas pour rompre son indif­fé­rence au mou­ve­ment et au repos, et semble attendre que les inté­rêts viennent pas­sion­ner les doc­trines, pour com­prendre ce dont il s’a­git et se décla­rer pour un parti.

    Il n’en est pas de même des hommes qui gou­vernent au nom de la foi ancienne, et qui en vivent. Ces hommes qui, dans la paix d’une longue domi­na­tion, ont oublié les tra­vaux qui la fon­dèrent et per­du de vue la pos­si­bi­li­té d’un chan­ge­ment, sortent a leur tour de l’as­sou­pis­se­ment com­mun, mena­cés, mais sur­pris et désar­més, car la sécu­ri­té les a amol­lis. Ils ont aus­si per­du le sens de leurs dogmes ; ils ne savent plus pour­quoi ni com­ment ils sont vrais. Ces for­mules si com­modes à leur paresse, si dociles et si souples à leur ambi­tion, à pré­sent que la rai­son les inter­roge, muti­lées par eux, pri­vées de sens, réduites à de vains mots, les tra­hissent au jour du dan­ger, et res­tent muettes entre leurs mains. À la véri­té qui les presse, ils ne savent oppo­ser que l’u­sage, l’au­to­ri­té, la foi ; ou plu­tôt ils ne songent point à répondre, et dédaignent tonte rai­son. Maîtres de la puis­sance maté­rielle qu’ils regardent comme leur pro­prié­té, fiers de leur vieille supré­ma­tie qu’ils pensent inébran­lable, ils méprisent leurs adver­saires, et sont plus irri­tés de leur audace qu’ef­frayés de leur pou­voir. Ils n’ad­mettent point la dis­cus­sion avec eux, ils les tuent. Ils n’é­clairent pas le peuple sur la véri­té de leurs dogmes, ils menacent de mort qui­conque les aban­don­ne­ra. Telle est la pre­mière lutte : l’es­prit d’exa­men d’un côté, l’au­to­ri­té de l’autre ; la phi­lo­so­phie ou l’ap­pel à la rai­son chez les uns, chez les autres l’ap­pel à l’u­sage ; d’une part, une force toute morale, de l’autre, une force toute matérielle.

    Mais le sang des pre­miers mar­tyrs com­mence à inté­res­ser le peuple à la que­relle. Un sen­ti­ment de jus­tice lui fait paraître indigne qu’on assas­sine des hommes pour avoir dit ce qui lui paraît vrai et de bon sens. Il en vient à les plaindre et haïr leurs per­sé­cu­teurs. La puis­sance de l’o­pi­nion publique s’é­lève. La véri­té a conduit à l’in­di­gna­tion. Bien­tôt l’in­di­gna­tion contre les bour­reaux attache aux doc­trines des per­sé­cu­tés, seconde leur véri­té et la fait admettre. La réa­li­sa­tion de ces doc­trines devient un besoin pour un grand nombre, la force se par­tage, et non seule­ment le vieux dogme est ébran­lé dans l’o­pi­nion, il com­mence à être mena­cé dans son exis­tence maté­rielle. Ce chan­ge­ment n’é­chappe pas à ses par­ti­sans. Ils com­mencent a reve­nir de leur fière confiance, et n’osent plus, devant cette force redou­table, mul­ti­plier les bûchers et les écha­fauds ; ils sont obli­gés de par­ler rai­son et de plai­der leur cause devant le tri­bu­nal de l’o­pi­nion, qu’ils avaient d’a­bord décliné.

    C’est l’é­poque de la lutte ration­nelle des deux doc­trines. Mais dans cette lutte, l’un des adver­saires a sur l’autre un immense avan­tage, celui de n’a­voir rien à défendre ; l’autre un grand désa­van­tage, la néces­si­té de sou­te­nir toutes les par­ties d’un mélange ou le faux s’est intro­duit et tient tel­le­ment au vrai qu’on ne sau­rait céder l’un sans aban­don­ner l’autre. Sans comp­ter que les par­ti­sans du dogme vieilli ne le com­prennent plus, ou ne peuvent accor­der sa pri­mi­tive inter­pré­ta­tion, qui était vraie, avec la nou­velle dont il s’a­git, et qui ne l’est pas. D’un côté donc, on parle le lan­gage du bon sens com­pris de tout le monde ; de l’autre, on est for­cé de s’en­fon­cer dans une mer d’é­ru­di­tion d’où l’on ne sau­rait faire sor­tir rien de pal­pable, rien de concluant aux yeux du peuple. On le sent, et la fai­blesse irri­tée s’emporte, se pas­sionne ; le sophisme et l’in­jure rem­placent le rai­son­ne­ment. C’est ain­si qu’on se dis­cré­dite et qu’on perd sa cause. Après avoir été condam­né comme répon­dant aux rai­son­ne­ments par la force, le vieux dogme est condam­né comme n’op­po­sant aux bons rai­son­ne­ments que des sub­ti­li­tés et des pas­sions. Le peuple passe contre lui de l’in­di­gna­tion au mépris ; on le haïs­sait, il devient ridicule.

    Alors com­mence l’é­poque des plai­san­te­ries. Le bon sens triom­phant devient moqueur et léger ; il achève par le ridi­cule une vic­toire com­men­cée par de sérieuses rai­sons. Mais la rage de ses adver­saires s’en accroît. Tous les inté­rêts sont convo­qués ; on leur montre l’in­cré­du­li­té comme une enne­mie qui les menace : si les croyances dont le pou­voir vit et par les­quelles il règne sont détruites, le pou­voir tom­be­ra avec elles, et avec le pou­voir les hommes qui l’oc­cupent. La puis­sance pas­se­ra aux doc­trines nou­velles. Elle sera exer­cée par leurs par­ti­sans. En un mot, la révo­lu­tion des idées entraî­ne­ra une révo­lu­tion com­plète dans les inté­rêts. Tout ce qui est se trouve mena­cé par ce qui veut être. De là une ligue puis­sante qui se com­pose de tous ceux qui tirent quelque par­ti des vieilles croyances et de tous ceux à qui on per­suade que leur ren­ver­se­ment chan­ge­ra tout et bles­se­ra leurs inté­rêts. Dans cette ligue, dont la peur est l’âme, il ne s’a­git plus de foi, plus de croyance ; il n’y a plus rien de moral : l’in­té­rêt seul en serre les nœuds, et cepen­dant on couvre ce vil mobile des beaux noms de morale, de reli­gion, d’ordre, de légi­ti­mi­té ; on le pare de tout ce que les vieux temps ont de saint et de res­pec­table. L’hy­po­cri­sie, l’ha­bi­le­té, les débris réunis d’une puis­sance ébran­lée mais non pas abat­tue, la néces­si­té de vaincre ou de périr, l’in­dif­fé­rence sur les moyens, qui naît de l’im­mo­ra­li­té du motif, tout donne à cette nou­velle ligue une force extrême, une force d’au­tant plus dan­ge­reuse que ses adver­saires, accou­tu­més à la vic­toire, tiennent leur enne­mi pour bat­tu, et le méprisent plus qu’ils ne l’ont jamais redouté.

    Une autre cause de revers s’a­joute à cette impré­voyance et à la force réelle du camp oppo­sé. D’a­bord on a détruit ; c’é­tait le pre­mier besoin. Après avoir détruit, on s’est moqué ; c’est le propre des vain­queurs. Mais jusque là on n’a pas son­gé à éta­blir, et pour­tant il faut du posi­tif au peuple et à la rai­son. Dans la ruine d’un dogme usé, la néga­tion sérieuse tient d’a­bord lieu de foi : c’est croire quelque chose que de croire qu’une doc­trine que l’on sui­vait est fausse ; on y met d’a­bord une ardeur, un zèle qui rem­plissent l’âme. Mais quand la chose est bien démon­trée, que l’en­ne­mi est abat­tu, qu’on n’a plus à faire que rire de son absur­di­té, le zèle tombe faute d’op­po­si­tion, et l’on se trouve à vide, déta­ché d’une croyance et ne tenant plus à aucune, dans une par­faite indé­pen­dance d’es­prit qui flatte et à laquelle on se plaît quelque temps, mais qui ne tarde pas à fati­guer une nature dont la fai­blesse ne sup­porte pas le doute.

    Dans toute révo­lu­tion d’i­dées, le scep­ti­cisme trouve sa place ; il vient pour détruire, et sur­vit à sa vic­time ; mais il ne peut tenir long­temps. Nous avons besoin de croire, parce que nous savons qu’il y a de la véri­té. Le doute est un état qui ne peut nous plaire que comme l’ab­sence d’une fausse croyance dont nous nous sen­tons déli­vrés. Cette satis­fac­tion goû­tée, nous aspi­rons à une nou­velle croyance. Le faux détruit, nous vou­lons le vrai.

    Or s’il est facile, l’es­prit d’exa­men une fois né, de détruire ce qui est faux, il ne l’est pas, le faux démon­tré, de trou­ver ce qui est vrai. Mille sys­tèmes s’é­lèvent. Le par­ti vain­queur, uni pour abattre, se par­tage pour réta­blir. La pers­pec­tive du pou­voir pour le par­ti triom­phant, com­plique d’in­té­rêts par­ti­cu­liers cette dis­pute phi­lo­so­phique. Les vieux amis de la réforme se divisent ; bien­tôt ils se craignent ; encore un moment ; et ils se détes­te­ront plus qu’ils ne détestent leurs com­muns enne­mis, qu’ils ne jugent plus redou­tables. Tout est fac­tion dans le par­ti de la véri­té, tan­dis que le par­ti oppo­sé devient de plus en plus com­pact par l’u­ni­té d’in­té­rêt qu’une crainte com­mune y a fait naître.

    Cepen­dant le peuple, dont les inté­rêts maté­riels ne sont point enga­gés direc­te­ment dans ces que­relles, conti­nue de regar­der avec son bon sens, ne vou­lant et ne cher­chant que la véri­té, mais la vou­lant promp­te­ment, parce qu’il en a besoin. Il sait qu’elle n’est pas dans le vieux dogme : quoi qu’il arrive, il ne se ral­lie­ra pas à ses par­ti­sans ; mais il est éton­né de ne plus trou­ver cette véri­té dans la bouche de ses amis. Eux qui par­laient de si bon sens et avec tant d’hu­ma­ni­té et de dés­in­té­res­se­ment, les voi­là qui se perdent dans des sys­tèmes inin­tel­li­gibles, qui se divisent sur tous les points, qui se haïssent, qui deviennent évi­dem­ment égoïstes et ambi­tieux comme leurs adver­saires. Qu’est deve­nu le zèle pur de ces apôtres de la nou­velle foi ? Où est la véri­té pro­mise ? Où est le bon­heur qu’ils annon­çaient au peuple ? C’é­tait pour lui et pour lui seul qu’ils vou­laient tra­vailler ; et c’est pour eux-mêmes qu’ils com­battent, se divisent, et oubliant le vieil enne­mi, se déchirent entre eux. Voi­là ce que fait res­sor­tir avec soin l’an­cien par­ti. À son tour, il attaque avec le rai­son­ne­ment et le ridi­cule les plans pro­po­sés ; à son tour, il reproche l’é­goïsme, il accuse d’am­bi­tion et d’hy­po­cri­sie ; il demande où l’on va mener ce pauvre peuple à qui on avait tant pro­mis ; il lui fait honte d’a­voir été dupe ; il lui fait honte d’a­voir prê­té sa force à des fourbes et d’a­voir ser­vi de moyen. Et comme le peuple souffre (car les temps de révo­lu­tion sont pénibles à tra­ver­ser), il lui fait sen­tir son malaise, qu’il oppose à son ancien bon­heur, ou du moins à celui de ses pères, dont l’é­loi­gne­ment per­met de tra­cer des tableaux de fan­tai­sie. Écar­tant la ques­tion de la véri­té du dogme ancien et des opi­nions nou­velles, il n’en atteste plus que l’in­té­rêt, démo­ra­li­sant ain­si de toutes ses forces la socié­té, qu’il ne pour­rait plus rete­nir par l’au­to­ri­té de la véri­té et du devoir. Et tout cela, il le fait répé­ter et prê­cher par­tout : car il est uni, orga­ni­sé ; il a la force consti­tuée entre les mains, et ses adver­saires n’ont que la parole.

    Alors le peuple déses­père de la véri­té. Il ne voit plus que des trom­peurs autour de lui ; il devient défiant envers tous, et pense qu’en ce monde l’af­faire unique est d’être le moins mal­heu­reux pos­sible ; que c’est folie de prê­ter l’o­reille aux beaux dis­cours et aux grands mots de véri­té, de jus­tice, de digni­té humaine ; que la reli­gion et la morale ne sont que des moyens de prendre le peuple et de le faire ser­vir à des pro­jets qui ne le touchent point. Il devient scep­tique sur tout, sauf sur son inté­rêt ; et pas­sant à l’in­dif­fé­rence pour tous les dogmes et pour tous les par­tis, estime que celui qui lui coû­te­ra le moins sera le meilleur. On ne pour­ra plus lui mettre les armes à la main pour aucun ; nul n’en vau­dra la peine. Sa reli­gion, sa morale, sa poli­tique, sa doc­trine uni­ver­selle et unique, c’est l’in­té­rêt ; ses maîtres et ses meneurs sont par­ve­nus à le rendre sem­blable à eux.

    Son indif­fé­rence obte­nue, c’est tout ce que veulent les par­ti­sans de l’an­cien dogme. Ils s’in­quiètent peu de prendre sur lui un ascen­dant moral, d’en être crus, aimés, esti­més ; encore moins qu’il soit ver­tueux, reli­gieux, heu­reux. Le peuple est indif­fé­rent, les voi­là maîtres ; ils le savent, et leurs adver­saires l’i­gnorent. Toute la confiance qu’a­vait ins­pi­rée à ceux-ci leur pre­mier empire sur l’o­pi­nion, ils la gardent ; ils se croient sûrs d’elle et dorment tran­quilles, atten­dant que le pou­voir leur tombe entre les mains sans qu’ils s’en mêlent, et n’a­vi­sant qu’à l’é­car­ter de celles de leurs amis. Ils rient des pro­grès de leurs enne­mis, et s’en consolent en son­geant que le peuple est pour eux et que sans lui on ne peut rien de durable.

    Enfin, le moment du réveil arrive. Après avoir lon­gue­ment et sour­de­ment ramas­sé ses forces et our­di sa trame, après s’être assu­ré sur­tout la neu­tra­li­té du peuple, le vieux régime éclate tout-à-coup, et laisse échap­per sa ven­geance long­temps conte­nue. Tous les sou­ve­nirs de sa défaite, de sa honte, du dan­ger qu’il a cou­ru, enflamment son res­sen­ti­ment ; il est cruel comme la fai­blesse humi­liée, vin­di­ca­tif comme l’hy­po­cri­sie ; de san­glantes exé­cu­tions le débar­rassent de ses enne­mis, et servent de pré­pa­ra­tion à un des­po­tisme défiant et étroit comme la peur. Il se hâte de l’or­ga­ni­ser. Ins­truit par ses revers, il songe avant tout à étouf­fer ce fatal esprit d’exa­men qui mena­ça de si près sa domi­na­tion, et cette sainte mora­li­té qui met les bras au ser­vice de ce qui paraît vrai. Il étouffe donc à la fois les lumières et la croyance à la ver­tu ; il y sub­sti­tue la super­sti­tion ; il y sub­sti­tue des for­mules, des pra­tiques, dont il se réserve l’ex­pli­ca­tion, afin de conten­ter le sourd et impé­ris­sable besoin de règle morale qui gît dans le coeur humain, de façon­ner ce besoin à sa manière et de le diri­ger à son but. Ces temps sont affreux : il n’y a plus rien qui console et qui rap­pelle la digni­té de la nature humaine, ni dans le pou­voir ni dans la socié­té. Le peuple dégoû­té des lumières et de la réforme, parait se prê­ter par cal­cul à l’é­du­ca­tion qu’on lui fait. Moyen­nant son inté­rêt maté­riel ména­gé, il semble aban­don­ner son intel­li­gence et sa volon­té à ses tristes pré­cep­teurs. On tremble de le voir pas­ser bien­tôt, de l’in­dif­fé­rence qui souffre la super­sti­tion et de l’é­goïsme qui la joue, à l’a­bru­tis­se­ment qui s’y com­plaît et y ajoute foi. On déses­père de lui et de la véri­té, que lui seul par l’ap­pui de sa force pour­rait faire remon­ter au pouvoir.

    Si l’on tourne ses regards vers la puis­sance qui régit cette socié­té dégra­dée, on y voit des hommes habiles, cor­rom­pus, hypo­crites, qui forment des élèves fana­tiques sans ver­tu, qui auront leur habi­le­té, leur indif­fé­rence sur les moyens, sans avoir comme eux la conscience de mal faire, et au contraire, qui auront la conscience que tout ce qui mène à un but regar­dé comme sacré est bon. Dans la main de ces maîtres effrayants, une affi­lia­tion puis­sante, qui couvre tout le pays d’un filet qui va se for­ti­fiant et se per­fec­tion­nant de jour en jour, et une orga­ni­sa­tion admi­nis­tra­tive non moins forte et non moins soi­gneu­se­ment entre­te­nue : par­tout la parole enle­vée à toute doc­trine contraire, et réser­vée aux agents du pou­voir ; nul espoir de voir tant de chaînes rom­pues, ni un terme à une si ter­rible pro­gres­sion de des­po­tisme, de dégra­da­tion et d’indignité.

    Mais ce n’est là qu’une crise salu­taire et der­nière, d’où sort la san­té du corps social. Il semble que dans ces moments sans espoir, la digni­té de la nature humaine fasse un effort sur­na­tu­rel pour ne point suc­com­ber, comme la force vitale dans le der­nier période d’une mala­die vio­lente. Ayez confiance, vous que la Pro­vi­dence fit naître dans ces tristes jours ! Un germe d’a­ve­nir et de vie fer­mente au sein de cette cor­rup­tion, et ce que vous pre­nez pour la mort n’est qu’une métamorphose.

    Il faut que la géné­ra­tion de ceux qui ont rui­né l’an­cienne foi, passe. Son œuvre fut de détruire, jamais il ne lui sera don­né de réta­blir. C’est trop pour la fai­blesse humaine de ren­ver­ser le faux et de res­sus­ci­ter le vrai. Leur vie s’est usée a com­battre l’an­cien dogme. Arri­vés vieux à leur fin, leur vigueur défaillante s’est endor­mie dans le scep­ti­cisme, et leur esprit vide de croyances s’est lais­sé prendre à la morale des pas­sions. Leurs enne­mis en ont eu bon mar­ché ; et témoin de leur impuis­sance, de leurs divi­sions, de leur dégra­da­tion, le peuple, qui avait encen­sé leur aurore, oubliant leurs nobles ser­vices et sa propre admi­ra­tion, les a vus de sang-froid périr sur les écha­fauds. Ain­si ils n’a­vaient point en eux la force d’é­ta­blir le dogme nou­veau, et ils n’a­vaient point autour d’eux une géné­ra­tion confiante qui en vou­lût pour ses apôtres. Il fal­lait qu’ils suc­com­bassent sous leurs adver­saires, après leur avoir por­té le coup mor­tel, et qu’ils lais­sassent entre leurs mains cette socié­té qu’ils avaient d’a­bord émancipée.

    Mais ces pre­miers sol­dats de la réforme n’ont point vai­ne­ment com­bat­tu ; ils ont rom­pu le charme, et pour les âmes jeunes et éclai­rées qu’ils éle­vèrent, ce charme ne sau­rait revivre. Le vieux régime a beau régner des­po­ti­que­ment, il est convain­cu de faus­se­té. Lui-même a la conscience de son néant. Il ne peut sen­tir ce qu’il a besoin d’af­fec­ter. Et cette impuis­sance de croire à ses doc­trines frappe de mort toutes ses paroles, et leur ôte toute force morale. Il le voit, et il opprime par fai­blesse, et ne pou­vant gou­ver­ner, il enchaîne. C’est une force sous laquelle on plie, mais qu’on méprise en lui cédant, pour peu qu’on ait de bon sens. Une géné­ra­tion nou­velle s’é­lève, qui a pris nais­sance au sein du scep­ti­cisme, dans le temps où les deux par­tis avaient la parole. Elle a écou­té et elle a com­pris : pour elle le vieux dogme est sans auto­ri­té ; pour elle le scep­ti­cisme a rai­son contre lui, mais il a tort en lui-même ; quand il a détruit, il n’en reste rien. Et déjà ces enfants ont dépas­sé leurs pères, et sen­ti le vide de leurs doc­trines. Une foi nou­velle s’est fait pres­sen­tir à eux ; ils s’at­tachent à cette pers­pec­tive ravis­sante avec enthou­siasme, avec convic­tion, avec réso­lu­tion. L’es­pé­rance des nou­veaux jours est en eux. Ils en sont les apôtres pré­des­ti­nés, et c’est dans leurs mains qu’est le salut du monde. Supé­rieurs à tout ce qui les entoure, ils ne sau­raient être domi­nés ni par le fana­tisme renais­sant, ni par l’é­goïsme sans croyance qui couvre la socié­té. Ils jugent le pas­sé, ils méprisent l’in­cré­du­li­té du pré­sent, ils abhorrent sa cor­rup­tion. Ils ont foi à la véri­té et à la ver­tu. Ou plu­tôt par une pro­vi­dence conser­va­trice qu’on appelle aus­si la force des choses, ces deux images impé­ris­sables de la divi­ni­té, sans les­quelles le monde ne sau­rait aller long­temps, se sont empa­rées de leurs cœurs, pour revivre par eux, et par eux rajeu­nir l’humanité.

    Aus­si ont-ils le sen­ti­ment de leur mis­sion et l’in­tel­li­gence de leur époque. Ils com­prennent ce que leurs pères n’ont point com­pris, ce que leurs tyrans cor­rom­pus n’en­tendent pas. Ils savent ce que c’est qu’une révo­lu­tion, et ils le savent, parce qu’ils sont venus à pro­pos. Leurs pères n’ont aper­çu que la pre­mière moi­tié de la tâche, et ils l’ont accom­plie, éclai­rés sur la faus­se­té du vieux dogme, leurs mains l’ont ren­ver­sé. Mais leur intel­li­gence, absor­bée par la gran­deur de cette œuvre, n’a pu s’en déga­ger et embras­ser d’autres perspectives.

    Quant aux par­ti­sans du dogme ancien, ils n’ont com­pris ni pour­quoi il tom­bait, ni ce qui s’en­sui­vrait. Par le mal­heur de leur posi­tion, ils n’ont pu voir dans la guerre avec les scep­tiques, qu’une dis­pute de pou­voir. Vain­cus d’a­bord, ils se sont esti­més mal­ha­biles ; vain­queurs à pré­sent, ils en font hon­neur à leur bonne conduite, et ils s’ar­rangent pour demeu­rer à l’a­ve­nir les plus adroits et les plus forts. Plus que per­sonne ils parlent de foi, de reli­gion et de morale, mais par habi­tude et par cal­cul. Eux seuls n’ont point de croyance, point de reli­gion, point de morale. Les scep­tiques en avaient plus qu’eux ; ils croyaient au mal de l’er­reur, c’é­tait leur foi, et elle était vraie et sin­cère, et parce qu’elle était vraie, elle a pré­va­lu contre l’er­reur. Ce n’est point comme adver­saires du vieux dogme qu’ils ont suc­com­bé, c’est comme adver­saires de tout dogme. Enne­mis de ce qui était faux, ils ont vain­cu. Inha­biles à mon­trer le vrai, le besoin de croire a sépa­ré le peuple d’eux, et les a livrés à la ven­geance de leurs rivaux.

    Mais main­te­nant leurs héri­tiers arrivent, sur la scène, nour­ris dans le mépris du vieux dogme, libres du soin déjà rem­pli de le réfu­ter, avides de nou­veau­tés, et pleins des besoins de leur époque qu’au­cun pré­ju­gé ne les empêche de res­sen­tir. À eux se dévoile l’é­nigme qui avait échap­pé aux autres ; à eux le doute ne paraît plus la révo­lu­tion, mais sa pré­pa­ra­tion. Ils aper­çoivent l’autre moi­tié de la tâche, et sentent la néces­si­té de la véri­té. Et parce que seuls ils la sentent, ils savent qu’en eux seuls est l’a­ve­nir, et par consé­quent la force. Ils se sentent donc appe­lés, non plus à pour­suivre la que­relle ter­mi­née du scep­ti­cisme et du vieux dogme, non plus à réchauf­fer dans le peuple de vieilles haines per­son­nelles, un enthou­siasme usé ou des pas­sions d’un autre siècle, mais à cher­cher la véri­té, mais à décou­vrir la doc­trine nou­velle à laquelle toutes les intel­li­gences aspirent à leur insu, au nom de laquelle tous les bras s’ar­me­ront s’il y a lieu, qui rem­pli­ra dans la croyance le vide lais­sé par l’an­cienne et ter­mi­ne­ra l’in­ter­règne illé­gi­time de la force. Telle est l’oeuvre sainte à laquelle ils se dévouent dans le silence.

    Cepen­dant, ils ne peuvent demeu­rer insen­sibles aux misères de leur époque, ni perdre le sen­ti­ment du pré­sent dans la contem­pla­tion de l’a­ve­nir. Le spec­tacle de ce que font leurs oppres­seurs et de ce qu’ils pré­parent, la vue de ce peuple par eux cor­rom­pu, dégra­dé, mal­heu­reux, trom­pé, façon­né avec un art exé­crable à une longue ser­vi­tude, tout, dans la scène de déso­la­tion qu’ils ont sous les yeux, enra­cine dans ces jeunes âmes, pos­sé­dées de l’a­mour de la véri­té et de la ver­tu, un dégoût amer de la socié­té et une indi­gna­tion pro­fonde contre ses cor­rup­teurs et ses maîtres. Ils n’en perdent pas leur foi, ils ne déses­pèrent pas pour cela de l’a­ve­nir. Mais ils ne croient pas que cet ave­nir soit fait pour eux. Ils n’osent même le pro­mettre à leurs enfants, tant est lourde la tyran­nie qui pèse sur eux, tant elle parait for­te­ment tis­sée, tant il leur semble qu’il y a loin de ce qu’ils voient à ce qu’ils pensent.

    Et com­ment se défendre entiè­re­ment des illu­sions du pré­sent, et, faibles que nous sommes, quand il nous écrase, quand il dévore notre courte vie, l’ap­pré­cier à sa valeur et le réduire à ce qu’il pèse ? Com­ment, quand les évé­ne­ments semblent chaque jour démen­tir de plus en plus les pré­voyances de la rai­son, résis­ter à la pas­sa­gère appa­rence du fait, et gar­der confiance en soi-même ? Ils ne savent pas que rien n’est si fra­gile qu’une domi­na­tion pure­ment fon­dée sur la force ; qu’un peuple sans foi à ses maîtres leur obéit mais les méprise, et n’at­tend qu’un revers pour leur échap­per ; que des maîtres sans morale et sans croyances ne s’ac­cordent pas long­temps ; qu’ils se détruisent après avoir détruit leur enne­mi com­mun. Ils ne savent pas que le monde est plein de causes secrètes qui paraissent tout-à-coup à la voix de la Pro­vi­dence, et rompent brus­que­ment comme un fil les plus habiles écha­fau­dages humains. Ils ne savent pas enfin, dans leur iso­le­ment, que plu­sieurs pensent comme eux dans le secret de leur conscience ; qu’ils sont nom­breux quand ils pensent être faibles, et que dans l’âme de tous les hommes oppri­més, aveu­glés, cor­rom­pus, il y a une voix sourde qui parle de liber­té, de véri­té et de ver­tu, et qui opère, quand le jour est arri­vé, des conver­sions rapides qui entourent l’é­ten­dard de la bonne cause d’une foule impré­vue de prosélytes.

    Ils ne le savent pas, et ils fuient le monde, et ils vont mou­rir dans la soli­tude, loin de la boue du peuple et des yeux impies du pou­voir, leurs croyances pros­crites et impuis­santes. Échauf­fés par l’in­di­gna­tion et par le feu concen­tré d’une nature qui n’a rien à pro­duire hors d’elle-même, tous les germes des hautes ver­tus, des grandes idées, des nobles sen­ti­ments, se déve­loppent avec rapi­di­té, et s’é­le­vant ensemble, appuyés, entre­la­cés, confon­dus, forment en peu de temps ces stoïques carac­tères qui éclatent dans les jours d’op­pres­sion, pro­testent contre elle tout à coup, tout à coup la ren­versent, et paraissent gigan­tesques aux siècles ordi­naires, qui ne peuvent ni les expli­quer, ni les égaler.

    C’est dans cette retraite des véri­tables repré­sen­tants de l’hu­ma­ni­té (car le reste n’en a que la forme) que se retrouvent les grandes véri­tés morales, poli­tiques, reli­gieuses, des­ti­nées à gou­ver­ner le monde sous une face ou sous une autre, et que les formes de l’an­cien dogme avaient étouf­fées. Elles se mani­festent de nou­veau au petit nombre qui n’en a point déses­pé­ré. Elles lui appa­raissent pures de tout nuage et telles qu’elles sont, parce qu’elles ren­contrent des intel­li­gences neuves, sor­ties du scep­ti­cisme sans foi, mais avec le besoin d’en avoir une, condi­tions indis­pen­sables à la per­cep­tion pure du vrai, et qui ne se repro­duisent que dans ces époques. Alors recom­mence l’empire légi­time de la véri­té, et il y a entre elle et notre nature une sym­pa­thie si puis­sante, que son retour excite dans les âmes un amour et un enthou­siasme inex­pri­mables. Celui qui l’a reçue est chan­gé. Ce n’est plus un homme, ce n’est plus un phi­lo­sophe, c’est un pro­phète. Il est tel­le­ment domi­né par l’as­cen­dant de la véri­té, qu’il s’ou­blie lui-même, qu’il se dévoue à elle, qu’il est elle : c’est la véri­té per­son­ni­fiée ; ses actions la parlent, sa voix la com­mande ; il n’a plus d’autre inté­rêt, plus d’autre affaire ; il est l’a­pôtre, il sera, s’il y a lieu, le mar­tyr de la nou­velle loi.

    On s’é­tonne dans les temps ordi­naires de l’exal­ta­tion morale de pareils carac­tères. C’est qu’on n’a pas vu le spec­tacle hideux d’une socié­té sans croyance, livrée tout entière à l’é­goïsme. C’est qu’on n’a pas sen­ti la dégoû­tante oppres­sion d’un pou­voir sans autre règle que son inté­rêt, sans autre borne que sa propre force, se fai­sant un jeu du par­jure et de la fraude, et mépri­sant la morale et les hommes. C’est ce contraste qui manque à l’empire de la jus­tice et de la véri­té, pour faire sen­tir ce qu’il a d’ad­mi­rable et de ravis­sant. C’est ce contraste qui le fait paraître à la fin des révo­lu­tions comme le salut du monde, qui fait de son avè­ne­ment l’u­nique affaire de ceux qui l’ont pres­sen­ti, et qui rend cet avè­ne­ment si néces­saire qu’au­cune puis­sance humaine ne peut l’empêcher.

    À mesure que le temps marche et qu’a­vec lui s’aug­mentent le dégoût de ce qui est et l’at­tente de la véri­té, un grand nombre d’es­prits, même par­mi ceux qui n’ont point cher­ché, se trouvent plus ou moins illu­mi­nés. Tous seront des apôtres ou des pro­sé­lytes, des sol­dats ou des chefs de la foi nou­velle. Cette foi est déjà née. Elle vit dans l’es­prit de plu­sieurs, elle est atten­due par tous, car tous res­sentent une vague inquié­tude, dont elle est l’ob­jet igno­ré, et qu’elle seule peut apai­ser. Ses enne­mis sont usés, divi­sés, mépri­sés. Les anciens chefs ne sont plus, et mal­gré leur ardeur à for­mer des élèves dignes d’eux, ils n’ont pu faire avec de l’i­gno­rance et du fana­tisme que des hommes plus méchants que redou­tables. La force du par­ti n’a plus de nerf ; c’est une appa­rence qui va tom­ber en pous­sière ; tout le peuple l’a­ban­don­ne­ra au pre­mier mot, au pre­mier signe. Enfin les temps sont arri­vés, et deux choses sont deve­nues inévi­tables : que la foi nou­velle soit publiée, et qu’elle enva­hisse toute la société.

    Com­ment ce grand phé­no­mène se pro­dui­ra-t-il ? quelles cir­cons­tances par­ti­cu­lières déci­de­ront son appa­ri­tion un jour plu­tôt qu’un autre, dans tel lieu plu­tôt que dans tel autre ? Il n’y a rien ici de néces­saire et d’ab­so­lu. Tan­tôt le pou­voir se désor­ga­nise lui-même, et laisse le champ libre a qui veut régner ; tan­tôt un évé­ne­ment exté­rieur vient le pous­ser et déter­mine la mani­fes­ta­tion de la véri­té ; tan­tôt un fait tri­vial, impré­vu, en appa­rence insi­gni­fiant, intro­duit sur la scène un homme qui parle, et cette étin­celle allume l’in­cen­die ; quel­que­fois c’est un pro­phète enthou­siaste qui ne peut résis­ter à la véri­té qui le pos­sède, et qui se pro­duit tout-à-coup fort de sa mis­sion et de son zèle. L’homme, le lieu, le moment, l’oc­ca­sion n’y font rien : tou­jours est-il que la force des choses rend inévi­table une pro­mul­ga­tion qu’elle a pré­pa­rée, et dont elle a d’a­vance abat­tu tous les obs­tacles. Ain­si s’ac­com­plit la ruine du par­ti de l’an­cien dogme et l’a­vè­ne­ment du nou­veau. Quant au vieux dogme lui-même, Il est mort depuis longtemps

    Réponse
  55. phil82

    Le suf­frage uni­ver­sel et le pro­blème de la sou­ve­rai­ne­té du peuple

    par P. Brousse…

    Auteur : Brousse, Paul (1844−1912)

    Édi­teur : impr. coopé­ra­tive (Genève)

    Date d’é­di­tion : 1874

    http://​gal​li​ca​.bnf​.fr/​a​r​k​:​/​1​2​1​4​8​/​b​p​t​6​k​5​4​5​2​0​6​9z/

    « La mani­fes­ta­tion de la volon­té col­lec­tive se pro­duit dans ce sys­tème par l’in­ter­mé­diaire de deux opé­ra­tions suc­ces­sives, le choix popu­laire du repré­sen­tant, l’é­la­bo­ra­tion par­le­men­taire de l’i­dée. Le pre­mier tra­vail s’o­père dans l’urne élec­to­rale où chaque citoyen apporte le bul­le­tin sur lequel il a écrit le nom du can­di­dat qu’il désire, le second se fait au fond de l’urne légis­la­tive dans laquelle chaque dépu­té vient dépo­ser son vote indi­vi­duel­le­ment moti­vé. Nous voyons bien, au moment du dépouille­ment, sor­tir de ces deux urnes les opi­nions per­son­nelles de tous ceux qui, dans les comices ou à la Chambre, ont pris part au vote, mais nous sommes encore en pré­sence d’un simple pêle-mêle, d’un véri­table chaos. Une chose reste à faire, déduire, remon­ter de cette expé­ri­men­ta­tion des ten­dances des élé­ments du corps élec­to­ral ou du corps légis­la­tif à une pen­sée unique, sys­té­ma­tique, géné­rale, qui puisse être regar­dée comme celle du peuple. Le peuple, en effet, au môme ins­tant, ne peut pas dési­rer oui et non, vou­loir blanc et noir tout ensemble ! A ces condi­tions seule­ment le suf­frage uni­ver­sel, ayant un carac­tère syn­thé­tique, une facul­té d’u­ni­fi­ca­tion, pour­ra être regar­dé comme l’ex­pres­sion de la volon­té collective.

    Exa­mi­nons s’il en est ainsi.

    …le vote est ter­mi­né et le dépouille­ment s’a­chève. Nous avons là, sur une table, devant nos yeux, les bul­le­tins qui portent les noms des can­di­dats. On compte ceux qui sont iden­tiques, on décide la ques­tion de majo­ri­té, et, ce beau tra­vail de syn­thèse fini, on s’é­crie, voi­là le repré­sen­tant du peuple ! Des cris rem­plissent la salle, vive la répu­blique, le roy ou l’empereur, sui­vant le côté qui triomphe, et la foule se dis­sipe, et le peuple pour sept ans peut-être, rentre dans son silence et reprend son som­meil. Mais qui donc est repré­sen­té ici, à part le par­ti qui triomphe ? Deman­dez à ceux qui s’en vont tête basse, ils vous diront s’ils se sentent un repré­sen­tant dans l’é­lu de la jour­née ? Amère iro­nie, la majo­ri­té est d’une voix peut-être ! N’im­porte, le suf­frage uni­ver­sel a pro­non­cé. Quoi donc ? L’os­tra­cisme de la moi­tié des électeurs.

    Si nous avions le temps d’al­ler jus­qu’à la Chambre, nous ver­rions la même farce se repro­duire. Ce qui vient d’être fait ici aux hommes, là-bas on le fait aux idées.

    Et c’est après cette éli­mi­na­tion des hommes par l’urne élec­to­rale, après cette éli­mi­na­tion des idées par l’urne légis­la­tive, que la pen­sée vic­to­rieuse et le gou­ver­ne­ment vain­queur vien­dront nous deman­der obéis­sance comme repré­sen­tant la sou­ve­rai­ne­té du peuple ? Il nous est impos­sible de voir en eux autre chose qu’une domi­na­tion de majorité.

    Oui, gou­ver­ne­ment d’une majo­ri­té ! Voi­là, mal­gré les hypo­cri­sies, les sophismes, la pauvre logique des radi­caux, la réa­li­té du sys­tème. Il rem­place, ce sys­tème, le peuple par les élec­teurs, les élec­teurs par les votants, et ceux-ci par leur majo­ri­té. Voi­là le tra­vail de l’urne élec­to­rale. Le parle- ment vient à son tour, qui sub­sti­tue à l’o­pi­nion des dépu­tés celle d’une majo­ri­té par­le­men­taire. Voi­là la besogne de l’urne légis­la­tive. La volon­té qu’ex­prime, l’or­gane exé­cu­tif que consti­tue le suf­frage même éten­du à tous, ne sortent donc ni du peuple, ni du corps élec­to­ral, ni même de la majo­ri­té de l’un ou de l’autre, ni des dépu­tés, mais de la seule majo­ri­té par­le­men­taire. Ce sys­tème n’est donc pas l’u­ni­fi­ca­tion des ten­dances indi­vi­duelles des élé­ments qui forment le peuple ; ce qu’il est, c’est l’os­tra­cisme par­tout et tou­jours, l’os­tra­cisme à plu­sieurs degrés, l’os­tra­cisme de l’homme, plus l’os­tra­cisme de l’idée.

    Le Pro­blème de la Sou­ve­rai­ne­té du peuple

    Est-ce donc un pro­blème inso­luble que le pro­blème de la sou­ve­rai­ne­té du peuple ? Faut-il bif­fer l’his­toire et décla­rer que les efforts de l’hu­ma­ni­té, cher­chant à tra­vers les âges la for­mule sin­cère de la sou­ve­rai­ne­té col­lec­tive, sont condam­nés à l’im­puis­sance ? Les Etats-Géné­raux, le droit de vote, le sys­tème repré­sen­ta­tif, le suf­frage uni­ver­sel, toutes ces étapes, toutes ces vic­toires que le peuple a payées de la pri­son, de la fusillade, de l’exil, sont donc deve­nus conquêtes inutiles ? Si le peuple ne peut par­ler, dira-t-on, s’il n’existe aucun moyen assu­ré de consta­ter sa volon­té sou­ve­raine, il ne nous reste qu’une chose à faire, amende hono­rable et nous réfu­gier impuis­sants dans le pas­sé. Non, certes. La solu­tion approche. Un pas de plus, nous tou­chons à la terre pro­mise. Que faut-il pour l’at­teindre ? Mar­cher seule­ment. Sous pré­texte de pro­grès accom­plis ne pas pié­ti­ner sur place, ne pas s’obs­ti­ner à s’embourber dans cette mare du suf­frage-prin­cipe. Il ne s’a­git nul­le­ment de renier nos pères, mais d’i­mi­ter leur audace. Nul­le­ment d’ef­fa­cer notre his­toire, mais il s’a­git, en véri­tables dis­ciples de la méthode expé­ri­men­tale, d’en bien com­prendre les enseignements.

    …Ici une objec­tion se pré­sente. « Nous recon­nais­sons volon­tiers, » — dira-t-on peut-être, — « dans nos grandes explo­sions his­to­riques, la mani­fes­ta­tion évi­dente, l’exé­cu­tion cer­taine de la volon­té col­lec­tive. A côté de la voix du peuple qui s’é­lève de la place publique, la voix qui sort des urnes nous paraît bien timide ! Bien faible la main de nos repré­sen­tants en pré­sence de celle qui dresse les bar­ri­cades exé­cu­tives ! Mais, enfin, pour si nom­breuses que soient nos révo­lu­tions dans l’his­toire, elles n’en forment pas moins une chaîne inter­rom­pue ? Pen­dant ses inter­mit­tences, durant les périodes où l’on dirait que le peuple som­meille, quel moyen aura-t-il, si nous ren­ver­sons la tri­bune, de faire connaître et pré­va­loir sa volon­té ? Ah ! s’il pou­vait agir d’une manière conti­nue, com­bien le pro­blème de sa sou­ve­rai­ne­té serait moins dif­fi­cile ! Il n’en est mal­heu­reu­se­ment pas ain­si. De là, la néces­si­té d’ad­mettre le suf­frage uni­ver­sel comme l’ex­pres­sion de la volon­té du peuple, le gou­ver­ne­ment qui en sort comme l’exé­cu­tif de cette volon­té, et de se fier aux inter­ven­tions directes du peuple pour remettre les choses en leur place quand le sys­tème élec­to­ral sera trop en défaut. C’est le seul moyen d’en finir. »

    D’a­bord, nous ne voyons pas qu’on en finisse à ce prix.

    Et, si ensuite il n’en était pas ain­si ? Si l’obs­tacle que ren­contre cette acti­vi­té, cette véri­table vie sociale, qui l’empêche d’être per­ma­nente, était jus­te­ment le main­tien de ce sys­tème gou­ver­ne­men­tal, expres­sion men­son­gère, nous l’a­vons vu, de la sou­ve­rai­ne­té du peuple ? Fau­drait-il le conser­ver ce sys­tème, ou fau­drait-il l’a­battre ? L’a­battre assu­ré­ment. Repla­cer pour ain­si dire le peuple sur ses jambes, afin que désor­mais il fasse sa volon­té natu­rel­le­ment comme le der­nier des mor­tels, et ne se voie plus dans la néces­si­té de recou­rir par moments à ces explo­sions ter­ribles de colère, après les­quelles, épui­sé, il retombe abattu.

    Radi­caux, si le mot PEUPLE est pour vous une abs­trac­tion, une méta­phore, une figure de rhé­to­rique, vous abu­sez de la naï­ve­té de ceux qui vous écoutent et qui prennent au sérieux tous ces grands mots vides de sens dont vous vous mon­trez si rare­ment avares. Ce mot serait-il dans votre esprit syno­nyme de majo­ri­té ? Pour­quoi ne le dites-vous- pas ? Pour­quoi trom­pez-vous vos élec­teurs par ces arti­fices de lan­gage ? Avouez-leur donc fran­che­ment que votre sou­ve­rai­ne­té du peuple n’est point autre chose que la sou­ve­rai­ne­té des majorités.

    Pour nous, nous accep­tons avec enthou­siasme le prin­cipe de la sou­ve­rai­ne­té du peuple, mais nous enten­dons par PEUPLE une réa­li­té. Le peuple est à nos yeux un être col­lec­tif, réel, vivant, ayant son orga­nisme spé­cial, obéis­sant à des lois qui lui sont propres, et dont le déve­lop­pe­ment, sous le nom de pro­grès, se fait à tra­vers l’his­toire. Nous l’ap­pe­lons Corps social, et nous le consi­dé­rons comme le der­nier degré connu du monde matériel.

    Tous ceux donc qui se déclarent par­ti­sans de la sou­ve­rai­ne­té du peuple doivent, nous l’a­vons déjà dit — ou admettre qu’il peut être consul­té, qu’il est capable de répondre, que l’au­then­ti­ci­té de sa parole peut être éta­blie, — ou bien, qu’il peut se pas­ser d’ex­pri­mer ses dési­rs, sa volon­té se mani­fes­tant et exé­cu­tant à la fois par ses propres actes.

    Pour qu’un être vivant (et nous savons que le corps social n’est point autre chose) puisse agir d’une manière conforme à sa volon­té, il est indis­pen­sable que l’on assure le déve­lop­pe­ment, l’in­dé­pen­dance, le libre jeu de son orga­nisme. Voyons donc quels peuvent être les organes du corps social et deman­dons-nous si, dans l’or­ga­ni­sa­tion actuelle de la socié­té, ils jouissent de toute l’in­dé­pen­dance nécessaire.

    Quels sont donc ces organes dont le jeu doit assu­rer la per­ma­nence de la sou­ve­rai­ne­té col­lec­tive ? Com­ment pou­vons-nous pré­voir aujourd’­hui ce qu’ils seront un jour, puisqu’il existe un orga­nisme fic­tif qui nous les cache et met obs­tacle à leur déve­lop­pe­ment ? Par quel moyen les des­si­ne­rons-nous dans la masse vivante du corps social ? On le voit, c’est toute une ana­to­mie embryo­gé­nique que nous avons à faire. Nous pren­drons pour point de départ une véri­té incon­tes­table : tout organe accuse une fonc­tion, mais aus­si toute fonc­tion annonce la pré­sence d’un organe. Quelles sont les fonc­tions prin­ci­pales du corps social ? La plus géné­rale est le Tra­vail. Le TRAVAILLEUR est donc notre pre­mier organe ; nous lui don­ne­rons son indé­pen­dance en l’ar­ra­chant à la ser­vi­tude qui l’é­crase, à son escla­vage poli­tique, phi­lo­so­phique, éco­no­mique, judi­ciaire et reli­gieux. Mais le tra­vail indi­vi­duel pèse peu dans la pro­duc­tion col­lec­tive moderne. De là la néces­si­té d’un autre organe, celui de la pro­duc­tion col­lec­tive. Cet organe est le CORPS DE MÉTIER. Que faut-il pour qu’à son tour il devienne libre ? Le mettre en pos­ses­sion de la matière pre­mière et des ins­tru­ments de tra­vail. Enfin, qui dit pro­duc­tion dit aus­si consom­ma­tion, répar­ti­tion ou échange ? Cela nous conduit à admettre un troi­sième organe, la COMMUNE SOCIALE de l’a­ve­nir. Ain­si donc, l’or­ga­nisme du corps social, nous le trou­vons dans la fédé­ra­tion des pro­duc­teurs dans le corps de métier, des consom­ma­teurs dans la Com­mune ; dans la fédé­ra­tion des corps de métier, dans la fédé­ra­tion des com­munes. Hâtons-nous de dire qu’on aurait tort de voir là une concep­tion per­son­nelle, mal­gré les obs­tacles qu’il ren­contre, ce fédé­ra­lisme révo­lu­tion­naire se pro­duit tous les jours, se déve­loppe de plus en plus sous nos yeux. Que faut-il pour qu’il existe d’une façon com­plète ? Que la révo­lu­tion sociale devienne une réalité.

    Dans la socié­té actuelle point de sou­ve­rai­ne­té du peuple pos­sible ; dans celle de l’a­ve­nir elle exis­te­ra par la nature môme des choses.

    …Pour se créer et vivre, un gou­ver­ne­ment s’ap­puie sur une majo­ri­té dans le corps élec­to­ral. Or, d’une part, cette majo­ri­té, étant sous la dépen­dance des fluc­tua­tions des par­tis poli­tiques, est variable ; d’autre part, tout pou­voir pos­sède des moyens d’ac­tion sur ces par­tis, soit qu’il se les rende favo­rables par des conces­sions de détails appor­tées dans sa ligne de conduite, soit qu’il en cor­rompe les membres par des siné­cures, des por­te­feuilles ou des fonc­tions. Une expé­rience donc, indi­quant au gou­ver­ne­ment, et, chaque fois qu’il le désire, la force numé­rique, les inten­tions, les ten­dances, le nom des chefs, les pro­grès ou la fai­blesse de ses adver­saires et de ses amis devient une source pré­cieuse de ren­sei­gne­ments, un auxi­liaire presque indis­pen­sable. Jour­nel­le­ment cette expé­rience a lieu dans le monde gou­ver­ne­men­tal : le corps élec­to­ral en four­nit la MATIÈRE, le suf­frage en est l’INS­TRU­MENT, le pou­voir l’EX­PÉ­RI­MEN­TA­TEUR. L’ha­bi­le­té de l’homme d’E­tat consiste donc à pro­cé­der à cette épreuve de la façon la plus com­plète pos­sible, afin d’é­vi­ter autant que faire se peut les résul­tats erronés.

    Aux grandes époques élec­to­rales le résul­tat du suf­frage, les noms des can­di­dats élus, les pro­grammes qui triomphent, le suc­cès ou la défaite des amis du pou­voir, telles sont les don­nées de l’ex­pé­rience. Mais pen­dant les inté­rims le pays élec­to­ral est muet, le gou­ver­ne­ment manœuvre dans l’obs­cu­ri­té, et il peut fort bien se faire qu’à la nou­velle période de vote venue, il soit trop enga­gé pour pou­voir répa­rer ses fautes.

    L’i­déal du sys­tème serait évi­dem­ment la pos­si­bi­li­té pour le pou­voir d’a­voir constam­ment sous les yeux le tableau com­plet et fidèle des fluc­tua­tions des par­tis. Quoi­qu’il soit impos­sible de tenir le peuple en per­ma­nence dans ses comices, ce qui serait le plus sûr moyen, cet idéal a été obte­nu. Par une fic­tion nou­velle, le prin­cipe repré­sen­ta­tif, on sup­pose que la sou­ve­rai­ne­té peut pas­ser du peuple dans une assem­blée de repré­sen­tants ; on fait voter à cer­taines époques, et par ce moyen on arrive à cette réa­li­té, avoir sous les yeux, sous le nom de chambre, une espèce de pho­to­gra­phie, non pas du corps social et de son orga­nisme, mais de la cohue élec­to­rale et de la force pro­por­tion­nelle des partis.

    …Mais, (curieux phé­no­mène de la tac­tique des par­tis), pen­dant que le suf­frage uni­ver­sel des­cen­du du pié­des­tal du droit et réduit à son véri­table rôle dans la méca­nique gou­ver­ne­men­tale, assure au pri­vi­lège la direc­tion des affaires humaines, voi­ci le tra­vailleur à son tour, l’ex­ploi­té lui-même qui, loin de le mau­dire, l’ac­cueille avec enthou­siasme, le réclame, le reven­dique, s’ap­prête à la mort pour le conqué­rir, ou s’il l’a, pour le conser­ver. Spec­tacle étrange que celui que donne celle vic­time sociale deman­dant, la tête sous le cou­teau, le main­tien de la guillo­tine ? Cet ins­tru­ment dres­sé pour sa perte, peut-il au moins le conqué­rir ? Espère-t-il un jour l’employer à son pro­fit, la tour­ner contre ses oppres­seurs ? En termes plus simples, le suf­frage-ins­tru­ment, favo­rable jus­qu’i­ci au main­tien de l’ex­ploi­ta­tion capi­ta­liste, peut-il échap­per aux mains de la classe moyenne pour deve­nir dans celles du pro­lé­ta­riat un outil émancipateur ?

    Depuis un quart de siècle, les urnes sont dres­sées sur la terre de France et nous vou­drions que l’on nous citât une seule bataille élec­to­rale où le pauvre peuple ne soit pas res­té meur­tri sur le car­reau ! Dans un article publié dans l’Al­ma­nach du Peuple, le com­pa­gnon Jules Guesde déroule ce long mar­ty­ro­loge du vote popu­laire. Ecoutons-le :

    « Depuis vingt-quatre ans que les urnes sont debout en France, — dans la France du 10 août 1792 et du 18 mars 1871, — sur les cadavres des insur­gés de Février, qu’en est-il sorti ?

    « L’As­sem­blée natio­nale de 1848, qui devait, à peine réunie, répondre par la fer­me­ture des ate­liers natio­naux à la confiance des ouvriers pari­siens, met­tant géné­reu­se­ment trois mois de misère au ser­vice de la République ; »

    « La dic­ta­ture de Cavai­gnac, les fusillades et les trans­por­ta­tions ouvrières de Juin »

    « La pré­si­dence de M. Louis Bona­parte et l’ex­pé­di­tion romaine, en atten­dant le 2 décembre »

    « L’As­sem­blée légis­la­tive de 1847, qui n’a été qu’un long com­plot contre le socia­lisme, alors à l’é­tat d’instinct ; »

    « La pré­si­dence décen­nale de Napo­léon-Bona­parte, en décembre 1851, et son lugubre cor­tège d’ou­vriers fusillés dans la rue, jetés à Cayenne ou guillo­ti­nés, comme Cade­lard et Charlet ; »

    « L’Em­pire en 1852, avec la loi de sûre­té géné­rale, le réta­blis­se­ment du livret autre­ment dit la mise en carte du tra­vailleur trai­té en fille publique, les tue­ries de la Rica­ma­rie et d’Au­bin que le sar­casme de Roche­fort définissait
    « L’extinction du pau­pé­risme par la sup­pres­sion des pauvres, » et cette condam­na­tion du bureau pari­sien de l’In­ter­na­tio­nale qui carac­té­rise un régime :  » Atten­du que… le but des asso­ciés était l’a­mé­lio­ra­tion de la condi­tion de tous les ouvriers sans dis­tinc­tion de natio­na­li­té, et ce, par la coopé­ra­tion, la pro­duc­tion et le cré­dit,… condamne…; »

    Quel avan­tage le pro­lé­ta­riat fran­çais a‑t-il reti­ré de son acti­vi­té élec­to­rale, de son empres­se­ment à faire, à chaque scru­tin « acte de souveraineté ? »

    « Deman­dez à l’ou­vrier des villes, à l’employé dont les patrons peuvent sup­pri­mer le tra­vail ou l’emploi ; deman­dez au manou­vrier des cam­pagnes qui peut être chas­sé par son maître ; à ce maître lui-même, qui, s’il n’est que fer­mier, peut se voir moles­ter de toutes manières par son pro­prié­taire ; deman­dez à tous ces élec­teurs s’ils se sentent réel­le­ment indé­pen­dants dans l’exer­cice de leur pré­ten­due souveraineté. »

    Que m’im­porte le droit de faire, si je n’en ai pas le moyen ? Le droit de vote sera un leurre jus­qu’à ce que le tra­vail ait la facul­té de le faire valoir. C’est l’é­ter­nelle absur­di­té du phi­lo­sophe : « Je suis libre, quoique dans les fers ! »

    Oh ! Je pré­vois l’ob­jec­tion ! Les CANDIDATURES OUVRIÈRES ! Citoyens, pas de grands mots. Les grands mots sont la perte du peuple.

    Il était incon­tes­table que l’emploi du suf­frage serait inutile dans les luttes éco­no­miques, et l’on devait pré­voir qu’il serait dan­ge­reux. Com­ment pou­vait-on espé­rer que cet ins­tru­ment de divi­sion cimen­te­rait la soli­da­ri­té ouvrière ? Il fal­lait craindre au contraire qu’il ne la détrui­sît. En divi­sant sur le ter­rain des prin­cipes les ouvriers d’une même pro­fes­sion, il a ren­du dif­fi­cile, presque impos­sible, l’en­tente qu’il est tou­jours indis­pen­sable d’é­ta­blir entre eux, lors­qu’on désire employer la grève pour avoir rai­son du mono­pole récalcitrant.

    Dans la lutte éco­no­mique, nous avons vu le sys­tème du suf­frage au moins impuis­sant. Les rares triomphes, en effet, rem­por­tés sur ce ter­rain par le pro­lé­ta­riat, sont dus à l’or­ga­ni­sa­tion de la soli­da­ri­té ouvrière. La pro­duc­tion exige le concours de deux élé­ments : le tra­vail consi­dé­ré en lui-même, la matière pre­mière et les ins­tru­ments des­ti­nés à sa trans­for­ma­tion, c’est-à-dire le capi­tal. Pour vaincre, il faut s’as­su­rer des deux choses ? Pour se défendre de l’une d’elles au moins ? Dans la socié­té actuelle, le patron est déten­teur de tous les capi­taux ; un seul espoir reste donc aux ouvriers, se rendre maître de la main‑d’œuvre. Le seul moyen qu’ils peuvent mettre on usage pour atteindre ce but, c’est l’as­so­cia­tion. A l’é­poque où la pro­duc­tion était res­treinte, les asso­cia­tions de métier, locales, éparses, iso­lées, pou­vaient suf­fire, mais quand la pro­duc­tion est deve­nue inter­na­tio­nale, il a fal­lu fédé­rer en asso­cia­tions. On y est par­ve­nu en créant dans chaque ville une sec­tion par métier et en unis­sant ces sec­tions dans une fédé­ra­tion locale ; en for­mant des unions régio­nales d’une même pro­fes­sion et en fédé­rant ces unions dans la nation et dans le monde. C’est là la pre­mière rai­son d’être de l’In­ter­na­tio­nale ; nous n’in­sis­tons pas sur ce sujet, il est com­pris de tous, l’ex­pé­rience sur ce point a convain­cu les plus incrédules. »

    Réponse
  56. Benoît

    @ 53

    Ok l’exemple que tu donnes pré­cise ton pro­jet, mais je n’y vois tou­jours qu’une étape dan­ge­reuse et inutile à rajouter :

    « les pro­grammes servent à faire des choix »

    C’est bien ça le problème.

    « Et tu t’i­ma­gines que les gens favo­rables à une plou­to­cra­tie vont dis­pa­raître comme par enchan­te­ment parce que tu tires au sort »

    Tirer au sort par­mi la popu­la­tion per­met d’a­voir 1% de plou­to­cra­tie. Faire inter­ve­nir l’é­lec­tion aug­mente natu­rel­le­ment, méca­ni­que­ment, les chances en leur faveur et ne peut que faus­ser la représentativité.

    « en fai­sant uni­que­ment confiance à la loi des grands nombres plu­tôt que de pro­cé­der à un vote pour connaitre la pro­por­tion exacte »

    Le vote ne per­met pas de connaître la pro­por­tion exacte (des opi­nions?) contrai­re­ment au tirage au sort.

    Nous sommes d’ac­cord sur le fait que les son­dages ne repré­sentent pas l’o­pi­nion de la popu­la­tion, mais c’est parce que ça n’a rien à voir avec un simple tirage au sort. La posi­tion poli­tique de l’ins­ti­tut de son­dage, le client qui com­mande le son­dage, le nombre de fois qu’il va être fait pour col­ler aux attentes du client, la tour­nure des ques­tions, etc… l’in­fluencent et le corrompent.

    « et tu prends le risque, par acci­dent, d’en tirer au sort plus qu’il ne devraient y en a voir… »

    Tu crains plus un IMPROBABLE acci­dent du hasard, cette loi natu­relle, que l’é­lec­tion qui apporte un faille cer­taine dans l’in­cor­rup­ti­bi­li­té du tirage au sort ?

    Je trouve ta peur de la non repré­sen­ta­ti­vi­té de la loi des grands nombres irrationnelle.

    « En fait ce que je pro­pose ne change stric­te­ment rien, à part de per­mettre d’a­voir un résul­tat pré­cis qui cor­res­ponde aux pro­por­tions des opi­nions expri­mées par le peuple à un moment don­né et d’a­voir des tirés au sort repré­sen­ta­tifs de ça. »

    Ça « ne change stric­te­ment rien » effec­ti­ve­ment, si ce n’est que les tirés au sort seront repré­sen­ta­tifs des opi­nions à un moment don­né, c‑à-d après avoir été tra­vaillées par des cam­pagnes élec­to­rales (au sens large de « choix »).

    Pas très alléchant.

    Cita­tion de Ber­nard Manin dans « Prin­cipes du gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif » : « Les effets inéga­li­taires et aris­to­cra­tique de l’é­lec­tion tiennent en quatre fac­teurs : le rôle des pré­fé­rences de per­sonne, la dyna­mique d’une situa­tion de choix, les contraintes cog­ni­tives, et les coûts de la dif­fu­sion de l’information. »
    (Le vote pour un pro­gramme est concer­né par les 3 derniers)

    (« DING DONG » ???
    et pour­quoi pas « Allo, non mais allo… » tant que tu y es !!!)

    « Tu veux dépen­ser ton éner­gie à lut­ter contre la gauche et la droite ou à pro­mou­voir la démocratie ? »

    « lut­ter contre » ?! Une fois de plus tu déformes mes pro­pos, c’est pénible. J’ai dit « Je ne classe cepen­dant pas (les dif­fé­rences d’o­pi­nions) sur le barème « gauche/droite » (…) qui nous enfume. Je me base sur les notions concrètes de défen­seur de la démo­cra­tie/an­ti-démo­cra­tie. »

    Je ne fais que ça, dépen­ser mon éner­gie à pro­mou­voir la démo­cra­tie, qui passe, entre autre, à réflé­chir sur un sché­ma 99%/1% plu­tôt que g/d qui me semble contri­buer à la « divi­sion du peuple pour mieux régner ». Car des gens de « gauche » comme des gens de « droite » ont inté­rêt, et se battent pour arri­ver en Démocratie.

    « petite remarque : les bou­leutes consti­tuent un hémicycle…Ce sont des parlementaires…L’anti par­le­men­ta­risme est une erreur, la démo­cra­tie ne va pas faire dis­pa­raître le par­le­ment ni les par­le­men­taires, c’est juste qu’il seront tirés au sort au lieu d’être élus. »

    « juste »?! C’est quand même une dif­fé­rence de taille, excuse-moi de le rappeler !
    Pour moi, l’er­reur ça serait de pré­tendre que la Démo­cra­tie ne sera pas très dif­fé­rente de notre régime par­le­men­taire, sous pré­texte qu’il y aurait des hémi­cycles dans les deux, ou autre.

    Je crois qu’il ne faut pas confondre tous les « par­le­ments » et donc tous les antiparlementarismes.

    La défi­ni­tion me parait col­ler avec ce que nous reje­tons aus­si : « L’an­ti­par­le­men­ta­risme désigne l’op­po­si­tion ou l’hos­ti­li­té envers le par­le­men­ta­risme, qu’il s’in­carne sous forme répu­bli­caine ou monar­chique, cri­ti­quant le plus sou­vent le coût de fonc­tion­ne­ment du Par­le­ment, la cor­rup­tion des par­le­men­taires, leur absen­téisme et le vote godillot »

    Le meilleur angle d’at­taque me semble être de rap­pe­ler toutes les tra­hi­sons des par­le­men­taires (entre autre) et de faire valoir les avan­tages pour le bien com­mun des « bou­leutes » tirés au sort(ou « par­le­men­taires tirés au sort » mais je crains que ça ne contri­bue à la confu­sion et aux réac­tions fré­quentes du genre « il me pro­pose le même sys­tème mais avec des poli­ti­ciens qui en plus sont tirés au sort. Non merci. »)

    Par exemple (et ils sont innom­brables) rap­pe­ler « le coup d’État du 4 février 2008, où nos pré­ten­dus « repré­sen­tants » nous ont impo­sé par voie par­le­men­taire le trai­té anti­cons­ti­tu­tion­nel que nous venions de refu­ser expres­sé­ment par réfé­ren­dum ! Ce viol poli­tique est gra­vis­sime, et nous n’avons pour­tant AUCUN moyen de résis­ter, même à ça. »

    J’ai consta­té qu’il est sou­vent bon de repo­ser un temps son pro­jet et de se/le nour­rir d’un maxi­mum de pen­sées et de points de vue. Après quoi, on a une toute autre vision, sou­vent plus objec­tive et cri­tique de celui-ci.

    @55
    Mer­ci pour la vision plus globale.

    Ceci dit, ça ne contri­bue pas à le rendre plus sym­pa­thique : « Quand nous par­lons de la sagesse (…) nous ne pré­ten­dons pas par­ler de la populace »

    Ce qui m’a mené ici :

    http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​f​o​r​u​m​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​2​0​1​2​/​1​1​/​3​0​/​2​8​2​-​h​e​n​r​i​-​g​u​i​l​l​e​m​i​n​-​e​x​p​l​i​q​u​e​-​v​o​l​t​a​ire

    A sa décharge il a tout de même dit « Dans tout pays qui aura de bonnes lois, le peuple même aura le temps de s’instruire, et d’acquérir le petit nombre d’idées dont il a besoin pour se conduire par la raison. »

    Constat qu’il fait pour mieux ensei­gner à asser­vir, semble-t-il :

    « Il me paraît essen­tiel qu’il y ait des gueux ignorants. »

    ou « Quand la popu­lace se mêle de rai­son­ner, tout est perdu. »

    une défi­ni­tion de la phi­lo­so­phie sociale de Vol­taire, par Robespierre :

    « une espèce de phi­lo­so­phie pra­tique rédui­sant l’é­goïsme en sys­tème, qui consi­dère la socié­té comme une guerre de ruses, le suc­cès comme la règle du juste et de l’in­juste, le monde comme le patri­moine des fri­pons les plus adroits ».

    Gen­til viralement,
    Benoît

    Réponse
  57. nlescan

    @58

    « Tirer au sort par­mi la popu­la­tion per­met d’a­voir 1% de plou­to­cra­tie. Faire inter­ve­nir l’é­lec­tion aug­mente natu­rel­le­ment, méca­ni­que­ment les chances en leur faveur et ne peut que faus­ser la représentativité. »

    Pre­miè­re­ment ce que je pro­pose n’est pas une élec­tion, il n’y a pas de can­di­dats, il s’a­git d’un vote, ça n’a stric­te­ment rien à voir.

    Deuxiè­me­ment ce que tu dis n’est juste pas logique : tu tires au sort et tu n’a que 1% de plou­to­crates mais si tu leur demande leur avis (aux mêmes) juste avant pour tirer au sort pro­por­tion­nel­le­ment à leurs choix tu aurais subi­te­ment un bond en plou­to­crates : ça ne veut abso­lu­ment rien dire.

    Le taux de plou­to­crates reste exac­te­ment pareil dans les deux cas, la seule dif­fé­rence est dans la fidé­li­té de la repré­sen­ta­tion que l’on obtient : pré­cise selon ma méthode, approxi­ma­tive avec le tirage au sort pur. Objec­ti­ve­ment c’est la seule différence.

    « Le vote ne per­met pas de connaître la pro­por­tion exacte (des opi­nions?) contrai­re­ment au tirage au sort. »

    Mais qu’est ce que tu racontes la mon ami ?

    Les déci­sions se prennent avec des votes pas en tirant au sort. Le tirage au sort n’est qu’un outil pour nous pro­té­ger de la cor­rup­tion de can­di­dat et nous garan­tir la non pro­fes­sion­na­li­sa­tion des hommes politiques.

    Tant que tu y est choi­sis­sons notre poli­tique éco­no­mique à la roulette.

    Non et non, le vote, je l’affirme per­met de connaitre l’o­pi­nion des per­sonnes a un moment don­né et le tirage au sort en aucun cas. les béné­fices du tirage au sort sont essen­tiel­le­ment de gran­de­ment com­pli­quer la cor­rup­tion préa­lable des acteurs politiques.

    Tu cites Ber­nard Manin qui parle d’é­lec­tion, moi je parle de vote : ça n’a abso­lu­ment aucun rapport.

    « Je ne fais que ça dépen­ser mon éner­gie a pro­mou­voir la démo­cra­tie, qui passe, entre autre, à réflé­chir sur un sché­ma 99%/1% plu­tôt que g/d qui me semble contri­buer à la « divi­sion du peuple pour mieux régner »

    C’est très bien, pense comme tu veux mais du moment que tu pas­se­ra le mes­sage que pour être démo­crate il faut ces­ser d’être par­ti­san pour tel ou tel bord poli­tique tu vas immé­dia­te­ment bra­quer les per­sonnes qui ont un par­ti pris (cad la majo­ri­té des fran­çais) contre ton idée, c’est juste méca­nique. Des que tu lais­se­ra de coté cette his­toire de ne plus pen­ser en termes de G/D pour te concentre uni­que­ment sur la démo­cra­tie je suis cer­tain que tu seras en mesure de ral­lier beau­coup plus de gens au pro­jet démocrate.

    « « juste »?! C’est quand même une dif­fé­rence de taille, excuse-moi de le rap­pe­ler ! Pour moi, l’er­reur ça serait de pré­tendre que la Démo­cra­tie ne sera pas très dif­fé­rente de notre régime par­le­men­taire, sous pré­texte qu’il y aurait des hémi­cycles dans les deux, ou autre. »

    J’ai dis le contraire ? je ne crois pas, tu n’as pas com­pris ce que je dis, ce que je dis c’est que clas­ser les démo­crates chez les anti-par­le­men­taires est une erreur tac­tique dou­blée d’une erreur sur le fond : les bou­leutes sont des parlementaires.

    « Je crois qu’il ne faut pas confondre tous les « par­le­ments » et donc tous les anti­par­le­men­ta­rismes. La défi­ni­tion me parait col­ler avec ce que nous reje­tons aus­si : « L’an­ti­par­le­men­ta­risme désigne l’op­po­si­tion ou l’hos­ti­li­té envers le par­le­men­ta­risme, qu’il s’in­carne sous forme répu­bli­caine ou monar­chique, cri­ti­quant le plus sou­vent le coût de fonc­tion­ne­ment du Par­le­ment, la cor­rup­tion des par­le­men­taires, leur absen­téisme et le vote godillot » »

    Je ne suis pas d’ac­cord, je ne suis pas du tout anti­par­le­men­taires, je n’ai abso­lu­ment rien contre les par­le­men­taires, je veux juste lar­ge­ment aug­men­ter leur nombre, les tirer au sort et les tenir sous surveillance.

    « Par exemple(et ils sont innom­brables) rap­pe­ler « le coup d’État du 4 février 2008, où nos pré­ten­dus « repré­sen­tants » nous ont impo­sé par voie par­le­men­taire le trai­té anti­cons­ti­tu­tion­nel que nous venions de refu­ser expres­sé­ment par réfé­ren­dum ! Ce viol poli­tique est gra­vis­sime, et nous n’avons pour­tant AUCUN moyen de résis­ter, même à ça. » »

    Cha­cun pen­se­ra ce qu’ils veut mais les gros cons qui ont voté pour Sar­ko­zy ne sont pas blanc comme neige sur ce coup la.

    « Ceci dit, ça ne contri­bue pas à le rendre plus sym­pa­thique : « Quand nous par­lons de la sagesse (…) nous ne pré­ten­dons pas par­ler de la populace « »

    Je te confirme Vol­taire était une salope, je sais je suis vul­gaire, déso­lé, mais il vaut mieux le citer cor­rec­te­ment pour pas qu’on vienne nous explique qu’on remixe. Je la vois venir gros comme une mai­son celle la.

    Réponse
  58. nlescan

    J’ai dit un peu trop de gros mots sur la fin la, j’au­rais pré­fé­ré les enle­ver, c’est pué­ril, désolé.

    Réponse
  59. Patrick Flécheux

    Salut les Virus

    Une vraie Démo­cra­tie sans le sou­tient de l’ar­mée et des per­son­nels qui la com­pose n’au­ra pas lieu.

    Mais qu’en pensent les militaires ?

    Le témoi­gnage d’un vété­ran d’Afghanistan.

    Réponse
  60. Ana Sailland

    La moro­si­té est dans la pano­plie copieuse et non dite des outils des maîtres, et de l’as­ser­vis­se­ment moderne du genre humain.
    Un outil silen­cieux, invi­sible, mais d’une ter­rible efficacité.
    Soyons conscients de cela que trop de dénon­cia­tions de l’ombre finissent par occul­ter la lumière.

    Alors soyons joyeux :
    Ce sera mon pre­mier acte révo­lu­tion­naire de ce beau dimanche matin.
    Et sans le sou­tien de l’ar­mée hihi 😉

    Au loin d’une célèbre maxime apache :
    C’est un bon jour pour sou­rire.

    Réponse
  61. J-Stéphane

    Bon­jour,

    J’ai plu­tôt l’im­pres­sion que nous sommes tous des Mohi­cans en sur­sis… mais bon, conti­nuons à être pas­sif poli­ti­que­ment et de se don­ner bonne conscience en choi­sis­sant nos maîtres.

    Sur ce, je vais faire mon Apache dans le jar­din, et y retour­ner un car­ré de terre pour écou­ter les Peaux-Rouges (les Rouges-gorges) s’im­pa­tien­ter d’y mettre leur bec.

    Réponse
  62. Patrick Flécheux

    « Le Liber­taire […] La droite le récuse parce qu’il est de gauche ; la gauche le refuse parce qu’on le classe à droite quand il affirme pré­fé­rer une véri­té de droite à une erreur de gauche. » Michel Onfray

    http://​mo​.miche​lon​fray​.fr/​c​h​r​o​n​i​q​u​e​s​/​l​a​-​c​h​r​o​n​i​q​u​e​-​m​e​n​s​u​e​l​l​e​-​d​e​-​m​i​c​h​e​l​-​o​n​f​r​a​y​-​n​-​9​8​-​j​u​i​l​l​e​t​-​2​0​13/

    HEURS & MALHEURS DU LIBERTAIRE

    Se dire liber­taire est assez facile, tâcher de vivre en liber­taire s’avère plus dif­fi­cile. Non pas que cette éthique pra­tique (ou cette pra­tique éthique…) soit irréa­li­sable, au contraire, c’est rela­ti­ve­ment facile, il suf­fit de com­men­cer un jour, mais parce qu’aux yeux d’autrui, pour qui la liber­té est la chose du monde la moins bien par­ta­gée, mieux valent tou­jours un mythe, une fic­tion, une légende, un caté­chisme, une reli­gion, même athée, une fable, un conte, (pour­vu que tout cela dis­pense de pen­ser par soi-même et de faire face direc­te­ment au réel), qu’une véri­té qui trouble et met cha­cun face à soi-même, en demeure de « se construire liber­té » pour uti­li­ser une expres­sion de Nietzsche. Dès lors, pour ceux qui n’ont pas construit leur vie selon ce prin­cipe, une vie liber­taire vaut comme un reproche vivant à leur vie de ser­vi­tudes volontaires.

    Le liber­taire veut une vie dans laquelle un maxi­mum de liber­té puisse être vécue sans que ce pro­jet exis­ten­tiel coûte à autrui en désa­gré­ment. Si l’autre se construit des châ­teaux de ser­vi­tudes inha­bi­tables quand on prend soin de lui pro­po­ser une chau­mière liber­taire habi­table, c’est son affaire, il ne tient qu’à lui de se sou­ve­nir des termes du contrat. On stig­ma­tise sou­vent la cruau­té ou l’égoïsme du liber­taire qui pré­serve sa liber­té pour évi­ter de mettre en ques­tion sa propre cruau­té ou son propre égoïsme. On sait que l’égoïste défi­nit sou­vent celui qui ne pense pas assez à nous…

    En matière reli­gieuse, le liber­taire est athée. Dès lors, il a contre lui tous les dévots : le Juif le traite d’antisémite, le Chré­tien lui reproche son goût du blas­phème, le Musul­man stig­ma­tise sa pré­ten­due isla­mo­pho­bie. On peut pré­fé­rer la liber­té à n’importe quel dieu sans insul­ter ceux qui croient à leurs divi­ni­tés. Le liber­taire traite à éga­li­té toutes les croyances là où le croyant se contente d’être lucide sur la reli­gion des autres, qu’il aborde avec une rai­son qui lui fait défaut pour la sienne, mais se met en colère quand on uti­lise sa logique à l’endroit de sa propre fic­tion. Il a éga­le­ment contre lui les Francs-maçons ou les tenants d’une dite Libre Pen­sée sou­vent enfer­més dans leurs propres caté­chismes réci­tés avec componction.

    Sur le ter­rain poli­tique, le liber­taire se sou­cie plus de véri­té et de jus­tice que de droite et de gauche – même si, dans l’histoire, la droite a moins sou­vent fait que la gauche pour la jus­tice sociale… Dès lors, il a éga­le­ment contre lui tous les tenants du caté­chisme idéo­lo­gique de gauche et tous les dévots de la reli­gion prag­ma­tique de droite. La droite le récuse parce qu’il est de gauche ; la gauche le refuse parce qu’on le classe à droite quand il affirme pré­fé­rer une véri­té de droite à une erreur de gauche.

    Le liber­taire se garde de toutes les tri­bus construites sur la classe sociale, le sol natal, le sang du lignage, la caste ins­ti­tu­tion­nelle, la secte reli­gieuse, l’appartenance poli­tique sur le papier, la pré­fé­rence sexuelle, l’esprit de corps, la pro­fes­sion… Toutes les com­mu­nau­tés tri­bales, repliées sur elles-mêmes, éli­tistes et élec­tives, actives en pro­mo­tion du même et en évic­tion du dis­sem­blable, intri­gantes et utiles à leur propre pro­mo­tion, le voient d’un mau­vais œil – tou­jours parce que la vie solaire du liber­taire vaut comme un reproche vivant à la vie en meute. Dio­gène, Aris­tippe, La Boé­tie, Nietzsche, Tho­reau, Prou­dhon, Camus sont dans son arbre généa­lo­gique. Il n’en chan­ge­rait pour rien au monde…

    Michel Onfray.

    Source : http://​mo​.miche​lon​fray​.fr/​c​h​r​o​n​i​q​u​e​s​/​l​a​-​c​h​r​o​n​i​q​u​e​-​m​e​n​s​u​e​l​l​e​-​d​e​-​m​i​c​h​e​l​-​o​n​f​r​a​y​-​n​-​9​8​-​j​u​i​l​l​e​t​-​2​0​13/

    Réponse
  63. Patrick Flécheux

    Ana et J‑S je n’a­vais pas lu vos saines envies joyeuses pré­cé­dentes et un seul mot tota­le­ment déca­lé me vient à l’es­prit : pouet 🙂

    (C’est com­plé­te­ment débile, je sais, mais ça me fait marrer …)

    Réponse
  64. J-Stéphane

    Il n’y a rien de débile, puisque le sérieux nous rend triste, alors il est bon de s’ac­cor­der des pauses pour se requin­quer, et le pouet est le prout du poète 😉

    Réponse
  65. J-Stéphane

    Bon­soir Étienne, et mer­ci d’a­voir cor­ri­gé ma gros­sière faute d’orthographe.

    Réponse
  66. Patrick Flécheux
  67. françoise

    Allez lire cet article par­ti­cu­liè­re­ment suc­cu­lent sur mediapart : 

    « Maistre cen­seur sur son lignage per­ché »

    du 22 juillet 2013, par Antoine Perraud

    http://​www​.media​part​.fr/​j​o​u​r​n​a​l​/​c​u​l​t​u​r​e​-​i​d​e​e​s​/​1​9​0​7​1​3​/​m​a​i​s​t​r​e​-​c​e​n​s​e​u​r​-​s​u​r​-​s​o​n​-​l​i​g​n​a​g​e​-​p​e​r​c​h​e​?​o​n​g​l​e​t​=​f​ull

    Patrice de Maistre a donc obte­nu la dis­pa­ri­tion de sa voix dans Media­part, qu’il semble pour­suivre d’une vin­dicte amère. Une exé­gèse de sa généa­lo­gie et de ses enre­gis­tre­ments montre pour­tant que rien n’est simple et que tout se com­plique. Por­trait herméneutique…

    …

    Court extrait,

    Puisque l’intéressé nous y convie, en s’assignant ain­si à rési­dence généa­lo­gique, sui­vons la piste patriar­cale. Et abreu­vons-nous à la source : Joseph de Maistre, donc. Ce gen­til­homme né à Cham­bé­ry va fuir, à par­tir de 1792, « la pure impu­re­té », « la fange san­glante », « une pros­ti­tu­tion impu­dente du rai­son­ne­ment », cette révo­lu­tion « sata­nique » agi­tant, en un « délire inex­pli­cable » et dans les « convul­sions », une France deve­nue folle au point de réduire à rien la Mai­son de Savoie et d’annexer ce ter­ri­toire alpin. Maistre trouve refuge au Pié­mont, puis en Suisse, un temps à Venise et fina­le­ment à Saint-Péters­bourg, où il conseille qua­torze ans durant le tsar de toutes les Rus­sies. Il prise le manant atta­ché à la glèbe et sur­tout pas le “citoyen” : « Ce fut dans une de leurs orgies légis­la­trices que des bri­gands inven­tèrent ce nou­veau titre. » …

    Par la même occasion,vous pou­vez signer l’ap­pel « Nous avons le droit de savoir »

    http://​blogs​.media​part​.fr/​b​l​o​g​/​l​a​-​r​e​d​a​c​t​i​o​n​-​d​e​-​m​e​d​i​a​p​a​r​t​/​1​1​0​7​1​3​/​p​l​u​s​-​d​e​-​5​0​0​0​0​-​p​e​r​s​o​n​n​e​s​-​o​n​t​-​s​i​g​n​e​-​l​a​p​p​e​l​-​n​o​u​s​-​a​v​o​n​s​-​l​e​-​d​r​o​i​t​-​d​e​-​s​a​v​oir

    et lar­ge­ment dif­fu­ser le gen­til virus…

    Réponse
  68. Patrick Flécheux

    Bon­jour Etienne

    Je ne savais pas trop où mettre ce lien qui, je pense, devrait vous inté­res­ser (ain­si que, je n’en doute pas, de nom­breux GV).

    Donc, je vous le mets dans cette file de dials.

    Michel Onfray vs Pierre Rabhi. Brrr on en fré­tille d’avance …

    http://​www​.phi​lo​mag​.com/​l​e​p​o​q​u​e​/​d​i​a​l​o​g​u​e​s​/​p​i​e​r​r​e​-​r​a​b​h​i​-​m​i​c​h​e​l​-​o​n​f​r​a​y​-​l​a​s​c​e​t​e​-​e​t​-​l​h​e​d​o​n​i​s​t​e​-​7​747

    Réponse
  69. thierry

    ce matin, 458 signa­tures de la péti­tion sur avaaz, ça mesure la per­cée des idées et le nombre de GV qui se mouillent, un peu, comme moi.
    Bonne jour­née à tous.

    Réponse
  70. Furax

    Quelle péti­tion ?

    Réponse
  71. Pparent

    @thierry ou peut-être que les gens se disent que péti­tion­ner, c’est récla­mer à nos maîtres, et on sait très bien qu’il ne faut rien attendre de nos maîtres.

    Les listes pour l’é­lec­tion euro­péennes démo­cra­tie réelle on eu presque 1000 par­ti­ci­pants, alors que devoir se pré­sen­ter à une élec­tion est bien plus enga­geant que de signer une péti­tion. De plus je pense que de nom­breuses per­sonnes dont moi n’é­taient pas au cou­rant de leur action ou n’é­taient pas encore convain­cu au moment de se pré­sen­ter pour le tirage au sort.

    Pierre.

    Réponse
  72. nlescan

    ça pro­gresse quand même thier­ry, l’autre jour quand j’ai mis mon blaze le chiffre étais bien plus bas si mes sou­ve­nirs sont bons…

    Pro­bable que du mili­tan­tisme de ter­rain avec un péti­tion à l’an­cienne serait plus payante et plus pro­pice a la dif­fu­sion du projet.

    Réponse
  73. Furax

    Il faut peut-être com­men­cer par aérer les cer­veaux de ceux qui sont volon­tai­re­ment pré­oc­cu­pés par des conséquences…

    Réponse
  74. Ana Sailland

    2014 approche. C’est le moment de créer en vu des muni­ci­pales des listes « démo­cra­tie locale directe ».

    S’en­ga­ger à ne jamais prendre une déci­sion sans éta­blir une concer­ta­tion à voca­tion déci­sion­nelle peut faire un tabac. Si ça ne fait que contraindre le sor­tant à sur­en­ché­rir sur ce thème, c’est djà pas mal.

    Réponse
  75. phil82

    « Benoit HAMON , à la marge du VRAI SOCIALISME »

    Quelques extraits d’une inter­view de Benoit Hamon par « La Tri­bune », le 23 juillet 2013.

    Titre ;
    Benoît Hamon :
    « assu­rer un ter­rain de jeu équi­table
    entre éco­no­mie clas­sique et éco­no­mie sociale et solidaire’ »

    1) « Avec la créa­tion de mon minis­tère, le gou­ver­ne­ment entend pour la pre­mière fois appli­quer au champ de l’E­co­no­mie sociale et soli­daire des poli­tiques publiques nou­velles pour favo­ri­ser son déve­lop­pe­ment et sou­te­nir ses créa­tions d’emplois. »

    2) « Les entre­prises et struc­tures de l’ESS créent de la richesse, jus­qu’à 10% du PIB chaque année. »

    3) « …les entre­prises de l’ESS sont moins expo­sées au risque de délo­ca­li­sa­tion parce que leur stra­té­gie est gui­dée, non par la rému­né­ra­tion des déten­teurs du capi­tal, mais par les déli­bé­ra­tions de per­sonnes qui se sont asso­ciées pour mettre en com­mun leur force de tra­vail, pour répondre à leurs propres besoins ou pour trai­ter un besoin igno­ré par le mar­ché… »

    4) « Ce serait une faute grave que d’i­gno­rer la robus­tesse de ce modèle éco­no­mique et son incroyable richesse ! »

    5) « Aujourd’­hui, les dif­fé­rentes com­po­santes de l’ESS sont confron­tées à des freins struc­tu­rels que nous devons lever sous peine de voir la dyna­mique fléchir… »

    6) « Il est faux de pen­ser que l’é­co­no­mie sociale et soli­daire vit grâce aux sub­ven­tions. C’est une éco­no­mie d’ac­teurs pri­vés, posi­tion­nés la plu­part du temps sur des mar­chés concur­ren­tiels.. »

    7) « Je veux assu­rer un ter­rain de jeu équi­table entre éco­no­mie clas­sique et ESS. Grâce à des allé­ge­ments de coti­sa­tions, et à divers dis­po­si­tifs d’in­ci­ta­tion fis­cale, la puis­sance publique aide des géants du sec­teur privé. »

    8) « Elle ne doit pas redou­ter les contre­par­ties que deman­de­ra l’E­tat à cette prio­ri­té poli­tique nou­velle don­née au déve­lop­pe­ment du sec­teur. Je ne cherche à exclure personne… »

    9) « Cette cla­ri­fi­ca­tion, que l’on pré­sente sous le terme de « label­li­sa­tion »

    10) « …sim­ple­ment res­pec­ter les prin­cipes mêmes de l’ESS : la non lucra­ti­vi­té et la gou­ver­nance démo­cra­tique… »

    11) « Je ne veux pas rater le ren­dez-vous de l’en­tre­pre­neu­riat social dans notre pays. Il y a déjà 78 mas­ters et chaires ESS dans les écoles de com­merce et uni­ver­si­té aujourd’hui… »

    12) « C’est un modèle qui se révèle plus robuste mais aus­si plus tem­pé­rant sans igno­rer les exi­gences de com­pé­ti­ti­vi­té. »

    13) « Le sta­tut des SCOP a tou­te­fois besoin d’être moder­ni­sé pour mieux répondre aux besoins des trans­mis­sions d’entreprise… »

    14) « Que les choses soient bien claires ! L’ ESS n’est pas l’é­co­no­mie des pauvres par les pauvres pour les pauvres ! »

    15) « Elle favo­rise des exter­na­li­tés posi­tives vis-à-vis du cadre de vie et de l’environnement… »

    16) « …ce sont des socié­tés de per­sonnes et non des socié­tés de capi­taux… »

    17) « …Mais ce n’est pas pour autant une éco­no­mie « naïve ». L’ESS est une éco­no­mie qui doit béné­fi­cier à tous, au sens éty­mo­lo­gique du mot béné­fice… »

    18) « Un acteur de l’ESS est donc évi­dem­ment encou­ra­gé à faire des béné­fices. C’est même recom­man­dé. La dif­fé­rence c’est que le pro­fit, l’ex­cé­dant est inté­gra­le­ment réin­jec­té dans l’en­tre­prise. »

    19) « L’ESS peut-elle favo­ri­ser l’é­mer­gence d’un nou­veau modèle éco­no­mique et social et français ? »

    20) « Il y a encore un pro­blème d’ac­cul­tu­ra­tion des déci­deurs poli­tiques et des chefs d’en­tre­prise. Il nous faut créer des passerelles. »

    21) « Si l’on consi­dère le sec­teur de la san­té par exemple, sans les acteurs de l’ESS, de nom­breux ter­ri­toires seraient médi­ca­le­ment désertifiés. »

    22) « En créant des pas­se­relles entre l’é­co­no­mie clas­sique et l’ESS, l’é­co­no­mie fran­çaise sera mieux armée pour répondre aux défis qui l’at­tendent dans un envi­ron­ne­ment de plus en plus instable… »

    Dans un pre­mier temps, Benoit Hamon devrait s’instruire avec deux ouvrages :
    « Les socia­listes et les droits de tra­vail » de Jean-Bap­tiste André GAUDIN, 1874

    « La bonne poli­tique et le bon socia­lisme ne peuvent être ni sépa­rés ni enne­mis :— car, si la bonne poli­tique doit consa­crer la sou­ve­rai­ne­té du peuple et inau­gu­rer avec elle la liber­té sociale, la liber­té morale et la liber­té reli­gieuse ; —si la poli­tique dés­in­té­res­sée, hon­nête, la poli­tique de la jus­tice doit nous conduire aux réformes sociales utiles et néces­saires, — le bon socia­lisme, celui du droit, du devoir et de la jus­tice doit être la science de ces réformes et de leur application. »

    « Qu’on ne s’y trompe donc plus ; ceux- là qui, même sous le nom de socia­listes, veulent, par un moyen quel­conque, réfor­mer la marche des gou­ver­ne­ments éta­blis, ne font pas du socia­lisme : ils ne font que de la poli­tique, ils ne font que des actes politiques. »

    « Il suf­fit d’é­tu­dier les socia­listes contem­po­rains pour voir que l’or­ga­ni­sa­tion du tra­vail et des inté­rêts, de la pro­duc­tion et de la consom­ma­tion, a sur­tout été l’ob­jet de leurs pré­oc­cu­pa­tions, et qu’au lieu de cher­cher à amé­lio­rer la consti­tu­tion des empires, ils se sont sur­tout occu­pés de l’a­mé­lio­ra­tion de la consti­tu­tion phy­sique, intel­lec­tuelle et morale des individus. »

    Du jour où la grande indus­trie s’or­ga­nise, le prin­cipe de par­ti­ci­pa­tion du tra­vail devient un droit social, plus vive­ment sen­ti qu’il ne l’é­tait anté­rieu­re­ment, par- ce qu’il se confon­dait alors dans l’exer­cice indi­vi­duel du droit de cha­cun à la pos­ses­sion de ses outils et des pro­duits de son tra­vail. La grande indus­trie, venant en- lever au tra­vailleur l’ins­tru­ment du tra­vail, et concen­trer la pro­duc­tion, doit, en rai­son des pro­grès accom­plis, res­ti­tuer au tra­vail un droit équi­valent et supé­rieur en res­sources et en bien-être.

    L’as­so­cia­tion du tra­vail, du capi­tal et de la capa­ci­té est un pro­grès social à réa­li­ser paral­lè­le­ment au pro­grès indus­triel, et loin de se nuire, ces deux pro­grès doivent mar­cher de concert à la conquête de tous les autres.

    C’est d’ailleurs l’as­so­cia­tion qui consti­tue­ra le remède aux plaies appa­rentes de notre pro­grès indus­triel : c’est en elle que sont ren­fer­més les véri­tables prin­cipes d’or­ga­ni­sa­tion indus­trielle sur les­quels repo­se­ra la pros­pé­ri­té future des nations ; la par­ti­ci­pa­tion du tra­vail et de la capa­ci­té n’est pas une for­mule vague, se n’est pas une de ces for­mules dont le sens pra­tique est insai­sis­sable comme l’é­taient naguère, par exemple, ces mots : Droit au tra­vail, jetés au vent de la publicité.

    Ain­si que « Le coopé­ra­tisme : confé­rences de pro­pa­gande » (5e édi­tion) / par Charles Gide, 1929 :

    « …tel est donc le véri­table but de la coopé­ra­tion. Per­met­tez-moi de le résu­mer une der­nière fois en ces termes trans­for­ma­tion paci­fique, mais radi­cale, du régime éco­no­mique actuel en fai­sant pas­ser la pos­ses­sion des ins­tru­ments de pro­duc­tion, et avec elle la supré­ma­tie éco­no­mique, des mains des pro­duc­teurs qui les détiennent aujourd’­hui, entre les mains des consom­ma­teurs. Et comme moyens pra­tiques orga­ni­sa­tion de grandes fédé­ra­tions de socié­tés, avec accu­mu­la­tion d’un fonds de réserve aus­si gros que pos­sible, et créa­tion de maga­sins de gros aus­si vastes que possible. »

    « C’est une bonne chose que la retraite, mais chaque chose doit venir, en son temps, et ce sera seule­ment quand la coopé­ra­tion aura orga­ni­sé la pro­duc­tion qu’elle pour­ra pré­le­ver sur l’ex­cé­dent de cette pro­duc­tion de quoi assu­rer une retraite aux ouvriers qu’elle emploie. »

    Il serait vrai­ment pénible de sup­po­ser que des êtres rai­son­nables, vivant en socié­té, n’ar­ri­ve­ront pas à résoudre le pro­blème social qui consiste à conci­lier la jus­tice avec la liber­té ; et il est impos­sible d’i­ma­gi­ner par quel autre moyen ils pour­ront y arri­ver, sinon par des asso­cia­tions libres, s’or­ga­ni­sant elles- mêmes en vue du résul­tat à atteindre, pro­cla­mant et met­tant en pra­tique, dans leur consti­tu­tion inté­rieure, le droit social nou­veau, et se mul­ti­pliant par la conta­gion de l’exemple. Or un tel régime, quel que soit le nom ou la forme qu’on lui donne, n’est autre. que le régime coopératif.

    « Or, la plu­part des coopé­ra­tives mortes ont suc­com­bé par les dis­cus­sions créées dans leur sein par ceux de leurs membres qui sont infec­tés de l’es­prit mer­can­tile ou de l’es­prit indi­vi­dua­liste, qu’on pour­rait résu­mer en un mot, l’es­prit bourgeois.

    Il ne faut pas confondre indi­vi­dua­lisme et indi­vi­dua­li­té celle-ci est une force et le signe d’une per­son­na­li­té vigou­reuse ; celle-là est une forme de l’égoïsme.

    J’ai dit tout à l’heure que les coopé­ra­tives ne vain­craient les mar­chands qu’à la condi­tion de ne pas deve­nir elles-mêmes mer­can­tiles. J’ap­pelle esprit mer­can­tile cette dis­po­si­tion à ne voir dans la coopé­ra­tion qu’une ques­tion de bou­tique, de gros sous à éco­no­mi­ser ou à gagner… »

    Mais l’es­prit indi­vi­dua­liste ne se mani­feste pas seule­ment par l’a­mour des bonis. Comme le diable, il est habile à se dégui­ser et sou­vent il exerce ses ravages dans les coopé­ra­tives sous la forme de « l’a­mour-propre ». Et il faut avouer que sous cette forme-là il est très connu en France. »

    Réponse
  76. phil82
  77. Ana Sailland

    Ce n’est pas une cri­tique : Le sujet 78 aborde en gros 1⁄5 du néces­saire de décou­ture du monde pré­sent, hos­tile au bonheur :

    -Rendre l’en­tre­prise aux gens (sa ges­tion, sa pro­duc­tion, sa finalité)
    ‑Rendre la mon­naie aux gens (sa créa­tion, sa dis­tri­bu­tion, sa des­truc­tion si néces­saire, le cré­dit, la finance)
    ‑Rendre aux gens la réflexion, la déci­sion et l’é­cri­ture de la loi, qui doit être issue d’un accord géné­ral et non plus d’un dic­tat oligarchique
    ‑Rendre l’in­for­ma­tion aux gens (et l’éducation)
    ‑Rendre la force des armes aux gens

    Ces sujets sont épais et longs à explo­rer mais ils sont inséparables 😉
    En par­ti­cu­lier, trai­ter le pre­mier sans régler le second conduit à un com­bat per­du d’avance.
    (Le PS ne méri­te­ra son éti­quette que le jour où bra­vant les fusils à lunette il s’en­ga­ge­ra à cas­ser le mono­pole du cré­dit – on peut rêver – qui est le fer de lance de la civi­li­sa­tion antisociale )

    Ce qui est important/ennuyeux avec le cer­veau humain, c’est que n’é­tant pas mul­ti­tâche il est obli­gé de sépa­rer, mais il est impor­tant de le savoir et de conser­ver un kaléi­do­scope bien en évi­dence sur la table d’é­la­bo­ra­tion des rêves.

    Réponse
  78. J-Stéphane

    Bon­soir,

    « ‑Rendre l’en­tre­prise aux gens (sa ges­tion, sa pro­duc­tion, sa fina­li­té) » : Localisation

    « ‑Rendre la mon­naie aux gens (sa créa­tion, sa dis­tri­bu­tion, sa des­truc­tion si néces­saire, le cré­dit, la finance)» : Localisation

    « ‑Rendre aux gens la réflexion, la déci­sion et l’é­cri­ture de la loi, qui doit être issue d’un accord géné­ral et non plus d’un dic­tat oli­gar­chique » : Localisation

    « ‑Rendre l’in­for­ma­tion aux gens (et l’é­du­ca­tion) » : Localisation

    « ‑Rendre la force des armes aux gens » : Localisation

    Pour moi la démo­cra­tie s’ar­rête là où le contact se perd.

    Réponse
  79. Ana Sailland

    @J‑Stéphane
    (81)

    En effet, plus le rayon d’ac­tion d’un pou­voir est vaste et plus ses déten­teurs sont autistes.
    C’est mécanique.

    Effet secon­daire de ce mal ori­gi­nel et ins­crit géné­ti­que­ment dans le cen­tra­lisme, ils sont incompétents.

    Rendre les pou­voirs aux gens est donc incom­pa­tible avec le concept d’é­tat cen­tral ; on com­prend vite alors que la démo­cra­tie réelle, pour fonc­tion­ner, ne peut pas­ser que par une relo­ca­li­sa­tion de tout ce qui peut l’être, assor­tie d’un tis­sage rela­tion­nel des enti­tés tech­niques ou déli­bé­ra­tives conçues dans le res­pect de ces idées. La topo­lo­gie de la démo­cra­tie doit être fon­dée sur un espace rela­tion­nel iso­trope et sans point d’accumulation.

    Le déten­teur d’un pou­voir cen­tral est aveugle au détail, mais le contri­bu­teur à la vie locale sera quant à lui aveugle au global.

    C’est pour­quoi le sou­ci est double, d’in­ven­ter un maillage de l’é­co­no­mie et de la déci­sion fon­dé sur le loca­lisme, mais aus­si d’in­ven­ter un sys­tème de com­mu­ni­ca­tion per­for­mant entre les enti­tés locales, en vue d’une syn­chro­ni­sa­tion concer­tée mais non contrainte.

    Ce n’est pas évident, car de même qu’un per­son­nage haut en cou­leur peut au sein d’un groupe empo­cher la démo­cra­tie des déci­bels, de même une région riche et hyper­ac­tive peut au sein d’un réseau d’en­ti­tés locales empo­cher un lea­der­ship natu­rel bien que nuisible.

    Y a du bou­lot en vue pour les méninges démocrates 😉

    et sans leader.

    Réponse
  80. nlescan

    C’est bien pour ça,je pense, qu’il faut bos­ser sur l’i­dée du gou­ver­ne­ment démo­cra­tique natio­nal. Je suis per­sua­dé que c’est pos­sible. confier le natio­nal uni­que­ment a des délé­gués de col­lec­ti­vi­tés locales ne me parait pas suf­fi­sam­ment démo­cra­tique : l’i­déal serait un réfé­ren­dum sys­té­ma­tique pour tout. Evi­dem­ment c’est com­pli­qué, il est pro­bable que ce soit trop exi­geant pour les citoyens, que la trop haute fré­quence des consul­ta­tions et la quan­ti­té de dos­siers sur lequel il faut se for­mer ne per­mette pas une véri­table effi­ca­ci­té démo­cra­tique avec le réfé­ren­dum systématique.

    Pour cette rai­son je ne pense pas qu’il soit stu­pide de voter pour des programmes…avec der­rière des votes loi par loi, amen­de­ment par amen­de­ment évidement.

    Réponse
  81. Furax

    Les tri­bus ne sont-elles pas plus démo­cra­tiques que l’empire ?

    Est-ce à ce moment que nous avons per­du la voie de la démocratie ?

    Réponse
  82. Ana Sailland

    @nlescan (85)

    Le refe­ren­dum ne résout pas de son simple méca­nisme le défaut cru­cial qui de nos jours fait de lui un outil des domi­nants : Qui pose la ques­tion pour laquelle le peuple va devoir se for­mer (ou être défor­mé 😉 ) avant d’y répondre, et donc qui décide des autres ques­tions lais­sées en stand­by …, cela est un vrai souci …

    Le pou­voir de poser la ques­tion, et de la rédi­ger, le pou­voir de choi­sir la cible com­mune des consciences, sont des pou­voirs immenses, et décisifs (!).
    Ce pou­voir sur l’at­ten­tion n’est certes pas le pou­voir de déci­sion, mais il est le pou­voir d’o­rien­ter la déci­sion, et de cadrer la réflexion et donc la volon­té géné­rales. Le pou­voir sur l’at­ten­tion ne doit pas être cen­tra­li­sé. Mais par­ta­gé. C’est un peu comme dans une assoce 1901 où des petits malins s’ac­cordent subrep­ti­ce­ment le rôle de rédi­ger l’ordre du jour :
    En démo­cra­tie réelle, le prin­cipe répu­bli­cain de l’é­ga­li­té doit donc s’é­tendre non seule­ment à la codé­ci­sion uni­ver­selle mais encore au ques­tion­ne­ment uni­ver­sel : les citoyens doivent être égaux dans le choix de la nature et du thème du débat public autant que dans le méca­nisme déci­sion­nel qui suit ce débat.
    Et il me semble qu’un loca­lisme bien conçu pour­rait favo­ri­ser ce but, en offrant au citoyen sa région comme porte-avion pour sa pensée.

    Pour ce qui est de la crainte que peut ins­pi­rer le trop de démo­cra­tie qui pour­rait épui­ser les gens, ou les las­ser (un argu­ment des anti RIP), l’im­por­tant n’est pas, c’est mon avis, que le citoyen par­ti­cipe à tout mais qu’il puisse le faire, en tout temps, et quelle que soit sa par­ti­ci­pa­tion antérieure :
    Le cahier des charges de la démo­cra­tie doit inté­grer la garan­tie pour le modeste du droit de sor­tir sou­dai­ne­ment de sa modes­tie, et pour ce faire, des outils effi­caces, bien que raisonnables.
    (En Suisse, les gens ne se déplacent que quand il y a une ques­tion qui les pas­sionne, et les vota­tions sont grou­pées, ce qui résout en par­tie cette inquiétude)

    Réponse
  83. phil82

    Le dis­cours poli­tique est volon­tai­re­ment sim­pliste, naïf, réduc­teur, déres­pon­sa­bi­li­sant, réac­tion­naire, par­fois cynique, il résume, à mon sens, la psy­cho­lo­gie type du poli­tique contemporain. 

    Le « Théâtre poli­tique et le ménage des riches », para­phrase du livre d’O­li­vier de Serres.

    « En tant qu’employeur et direc­teur de manu­fac­ture dans le Lan­ca­shire et le Lanark­shire, j’avais fait tout ce qui était en
    mon pou­voir pour allé­ger les maux dont souf­fraient mes employés ; pour­tant, mal­gré tout ce que j’avais pu mettre en
    oeuvre dans notre sys­tème hau­te­ment irra­tion­nel de créa­tion de richesses, de for­ma­tion du carac­tère et de conduite de
    toutes les affaires humaines, je n’avais pu atté­nuer que dans une mesure limi­tée le carac­tère misé­rable de leur
    situa­tion et ce, alors que je savais que la socié­té, même à cette époque, pos­sé­dait ample­ment les moyens d’éduquer,
    d’employer, de pla­cer et de gou­ver­ner l’ensemble de la popu­la­tion de l’Empire bri­tan­nique pour en faire des hommes
    et des femmes ayant une for­ma­tion pous­sée et une haute intel­li­gence en même temps qu’unis, jouis­sant en
    per­ma­nence de la pros­pé­ri­té et du bon­heur, et supé­rieurs en toutes leurs qua­li­tés phy­siques et mentales »

    (Owen, Robert.,1858).

    « (…) entrez dans n’importe laquelle des écoles dites natio­nales et deman­dez au maître de vous mon­trer ce qu’ont
    appris les enfants. Celui-ci les appel­le­ra pour leur poser des ques­tions théo­lo­giques aux­quelles les hommes les plus
    éru­dits sont inca­pables de répondre ration­nel­le­ment ; les enfants four­ni­ront cepen­dant sans hési­ter la réponse qu’on
    leur aura ensei­gnée ; car cette paro­die d’apprentissage ne requiert que de la mémoire. Ain­si l’enfant dont la faculté
    natu­relle de com­pa­rer les idées ou dont le pou­voir de rai­son­ner auront très rapi­de­ment été détruits
    devien­dra-t-il ce que l’on appelle le pre­mier de la classe s’il pos­sède en même temps une mémoire lui
    per­met­tant de rete­nir des absur­di­tés sans liens ; et les trois-quarts du temps qui devrait être employé à faire acquérir
    une ins­truc­tion utile seront-ils en fait occu­pés à détruire les capa­ci­tés men­tales des enfants »

    (Owen, R. 1814).

    Réponse
  84. phil82

    Pro­jet de loi

    Éco­no­mie sociale et soli­daire : le gou­ver­ne­ment veut-il sup­pri­mer la démo­cra­tie d’entreprise ?

    Par Fran­çois Lon­gé­ri­nas (29 mai 2013)

    http://​www​.bas​ta​mag​.net/​a​r​t​i​c​l​e​3​0​9​3​.​h​tml

    L’économie sociale et soli­daire (ESS), ce sont 2,4 mil­lions d’emplois dans des coopé­ra­tives, des mutuelles ou des asso­cia­tions, 10% du PIB et un ministre délé­gué, Benoît Hamon, qui pré­pare un pro­jet de loi sur le sujet. Pro­blème : sous pré­texte d’ouvrir le sec­teur à d’autres entre­pre­neurs, le ministre serait prêt à enter­rer l’une des spé­ci­fi­ci­tés de l’ESS, la ges­tion rela­ti­ve­ment démo­cra­tique des entre­prises, avec le prin­cipe « une per­sonne égale une voix », quelles que soient les res­pon­sa­bi­li­tés ou la part de capi­tal de chacun.

    Un pro­jet de loi sur l’économie sociale et soli­daire sera débat­tu au Par­le­ment dans quelques mois, pour assu­rer davan­tage de recon­nais­sance à ce sec­teur – qui repré­sente 10 % du PIB et 2,4 mil­lions d’emplois – et accom­pa­gner son déve­lop­pe­ment. A la lec­ture du pro­jet de loi por­té par Benoît Hamon, ministre délé­gué à l’Economie sociale et soli­daire (ESS) et à la Consom­ma­tion, on reste lar­ge­ment sur sa faim ! On ne sait s’il vaut mieux en rire ou en pleu­rer…

    Com­ment en effet ne pas applau­dir à cette volon­té affi­chée par le ministre d’offrir aux coopé­ra­tives, aux mutuelles et aux asso­cia­tions une visi­bi­li­té et une cré­di­bi­li­té qu’elles n’ont plus connues depuis la Libé­ra­tion ? Du temps où le Conseil natio­nal de la Résis­tance affir­mait son sou­tien aux coopé­ra­tives et aux autres démarches de soli­da­ri­té et d’intérêt géné­ral. Com­ment ne pas se réjouir que la majeure par­tie des struc­tures et des mou­ve­ments concer­nés par ce pro­jet ont été consul­tés depuis six mois ? L’exercice n’est pas facile, tant sec­teur de l’économie sociale et soli­daire recouvre des réa­li­tés très diverses.

    Mais à par­cou­rir le texte du pro­jet de loi, le lec­teur atten­tif retien­dra tout d’abord que le cabi­net de Benoît Hamon aura vou­lu pro­po­ser des bouts de réforme, répon­dant cha­cun à une reven­di­ca­tion de l’un des sec­teurs concer­nés. Une pin­cée de retour aux sub­ven­tions pour le mou­ve­ment asso­cia­tif, un zeste de faci­li­ta­tion des reprises en coopé­ra­tive par les sala­riés, deux cuillères à café d’accompagnement, par l’élargissement de la révi­sion coopé­ra­tive à toutes les struc­tures (la révi­sion per­met aux res­pon­sables des coopé­ra­tive de s’assurer que leurs struc­tures sont res­tées fidèles aux prin­cipes de l’ESS)… Et j’en passe. Ce sau­pou­drage ne consti­tue pour­tant pas une orien­ta­tion cohé­rente de trans­for­ma­tion sociale. C’est même l’inverse qui se pro­file.

    Rin­garde, la démocratie ?

    À force de vou­loir conten­ter tout le monde, l’ancien diri­geant de la gauche du PS fait la part belle aux cou­rants les plus libé­raux de l’ESS. Consta­tant depuis quelques années « un véri­table engoue­ment de la part de jeunes créa­teurs d’entreprise pour un modèle dont l’objectif prin­ci­pal n’est pas l’accumulation de béné­fices et leur dis­tri­bu­tion », le ministre en déduit qu’il faut leur ouvrir la porte et les inclure dans le champ de l’ESS. La loi va donc inté­grer dans le « sec­teur de l’ESS » des entre­prises au sta­tut capi­ta­lis­tique clas­sique mais qui se reven­diquent de l’économie sociale et soli­daire 1. Pro­blème : ces jeunes diri­geants pilotent des SA ou SARL, et non des struc­tures avec un mode de gou­ver­nance coopé­ra­tif et démo­cra­tique. D’un côté, c’est l’actionnaire qui décide en fonc­tion de son capi­tal (50% du capi­tal = 50% des voix), de l’autre, ce sont les socié­taires, qu’ils soient inves­tis­seurs ou sala­riés (un homme = une voix, quel que soit le mon­tant du capi­tal pla­cé dans l’entreprise). Consé­quence, pointe Benoit Hamon, « le seul prin­cipe qu’il ne nous sem­blait pas pos­sible d’inscrire dans la loi, dès lors qu’il s’agit d’une SA ou d’une SARL, c’est la gou­ver­nance démo­cra­tique » 2 ! Ce mode de gou­ver­nance spé­ci­fique – et his­to­rique – de l’ESS, sera seule­ment rap­pe­lé dans l’exposé des motifs de la loi…

    On croit mar­cher sur la tête lorsque Benoît Hamon va jusqu’à saluer les acteurs « his­to­riques », « qui au départ sou­hai­taient res­ter sur le seul péri­mètre des sta­tuts », seuls garants des prin­cipes de l’ESS, « d’avoir fait évo­luer leur posi­tion pour inclure de « nou­veaux entrants ». » C’est pour­tant exac­te­ment le contraire qu’ont défen­du jusqu’au bout Patrick Lenan­cker, pré­sident de la confé­dé­ra­tion géné­rale des SCOP, et Jean-Marc Roi­rant, secré­taire géné­ral de la Ligue de l’enseignement, qui ont réus­si à convaincre le très ins­ti­tu­tion­nel Conseil éco­no­mique, social et envi­ron­ne­men­tal (CESE) que la ques­tion de la gou­ver­nance démo­cra­tique, à tra­vers les sta­tuts des struc­tures, était centrale.

    Lisez plu­tôt : « Notre assem­blée consi­dère que ce sont les sta­tuts qui défi­nissent le péri­mètre de l’ESS. Ceux-ci reprennent en effet des valeurs com­munes (entre­prises de per­sonnes et non de capi­taux, soli­da­ri­té entre membres, gou­ver­nance démo­cra­tique, impar­ta­gea­bi­li­té de la pro­prié­té col­lec­tive) et spé­ci­fiques (non lucra­ti­vi­té pour les asso­cia­tions, les mutuelles et les fon­da­tions ; lucra­ti­vi­té enca­drée et règle­men­tée pour les coopé­ra­tives). En consé­quence, l’instauration d’un label ou dis­po­si­tif volon­taire de recon­nais­sance ne pré­sente pas de réel inté­rêt. » 3

    Une per­sonne = une voix : un prin­cipe dépassé ?

    Ce posi­tion­ne­ment gou­ver­ne­men­tal s’explique donc par une volon­té d’inclure dans le champ de l’ESS les jeunes gens qui veulent faire car­rière dans le social ou l’environnemental. Ceci est louable. Mais est-ce la bonne méthode que de bais­ser les bras sur les sta­tuts de l’ESS, avant même d’essayer de convaincre ces « nou­veaux entrants » de leur utilité ?

    Ne soyons pas naïfs. Benoît Hamon adopte le point de vue des diri­geants du Mou­ve­ment des entre­pre­neurs sociaux (Mouves) qui entendent faire de la gou­ver­nance un point secon­daire de leurs prin­cipes fon­da­teurs. Tout sim­ple­ment parce que leurs objec­tifs ne sont pas le chan­ge­ment de sys­tème éco­no­mique, mais la répa­ra­tion des pires dégâts du capi­ta­lisme. Ils en arrivent ain­si à cau­tion­ner le green­wa­shing opé­ré par les entre­prises du CAC 40 ou le social busi­ness prô­né par le réseau Asho­ka, qui incite les jeunes loups à occu­per le « mar­ché des besoins sociaux ». Bref, à faire de la pau­vre­té une terre de conquête éco­no­mique et financière.

    Il n’est pas trop tard pour réagir. Une alliance entre le mou­ve­ments coopé­ra­tif, les réseaux mutua­listes et les asso­cia­tions citoyennes per­met­trait peut-être d’inverser la ten­dance et de remettre l’intérêt géné­ral au cœur de ce pro­jet de loi.

    Il faut cepen­dant recon­naître que les pistes pro­po­sées pour chan­ger les dis­po­si­tifs de la com­mande publique à l’égard des acteurs de l’ESS, notam­ment en aug­men­tant la part des clauses sociales et envi­ron­ne­men­tales dans les appels d’offre, vont dans le bon sens 4… A condi­tion, une fois de plus, que le parole de toutes les per­sonnes concer­nées – sala­riés, usa­gers et « béné­fi­ciaires », y com­pris dans le sec­teur de l’insertion – soit plei­ne­ment reconnue.

    Fran­çois Lon­gé­ri­nas, direc­teur d’une coopé­ra­tive de for­ma­tion et co-ani­ma­teur du Front de Gauche de l’économie sociale et solidaire

    Notes

    1 Ces struc­tures devront ins­crire dans leurs sta­tuts des prin­cipes de l’ESS, se décla­rer « entre­prise de l’ESS » au moment de leur créa­tion. Elles béné­fi­cie­ront d’un « agré­ment soli­daire d’utilité sociale » déli­vré par les Direc­tions régio­nales des entre­prises, de la concur­rence, de la consom­ma­tion, du tra­vail et de l’emploi (DIRRECTE).

    2 Source : La Gazette des com­munes, 26/04/2013.

    3 Source : CESE.

    4 Actuel­le­ment les mar­chés incluant une clause sociale repré­sent à peine 3 % des appels d’offre

    Réponse
  85. phil82

    Pour­quoi l’oligarchie finan­cière ne veut pas de l’économie sociale

    Par Ivan du Roy (2 février 2012)

    http://​www​.bas​ta​mag​.net/​a​r​t​i​c​l​e​2​0​8​6​.​h​tml

    Les ravages du capi­ta­lisme finan­cier remettent au goût du jour « l’économie sociale ». L’idée de créer des socié­tés coopé­ra­tives, où l’actionnaire ne pré­do­mine plus, se répand de nou­veau par­mi les sala­riés. Les asso­cia­tions ras­sem­blant consom­ma­teurs et pro­duc­teurs se mul­ti­plient pour contour­ner les grands groupes. Les banques éthiques sus­citent un regain d’intérêt… D’où vient cette « éco­no­mie sociale » ? Peut-elle consti­tuer une alter­na­tive au sys­tème éco­no­mique actuel ? 

    Entre­tien avec Jean-Phi­lippe Mile­sy, délé­gué géné­ral de la coopé­ra­tive Ren­contres sociales.

    Bas­ta !  : D’où vient « l’économie sociale » ?

    Jean-Phi­lippe Mile­sy 1 : His­to­ri­que­ment, l’économie sociale se consti­tue en réac­tion au libé­ra­lisme éco­no­mique de la Révo­lu­tion fran­çaise et des régimes sui­vants. La loi Le Cha­pe­lier (pro­mul­guée en juin 1791) inter­dit tout grou­pe­ment de citoyens, d’ouvriers ou de pay­sans. Au départ, les formes d’économie sociale sont des démarches prag­ma­tiques de citoyens, dans un quar­tier ou sur un ter­ri­toire don­né, pour mettre en com­mun le peu qu’ils ont : capa­ci­té de tra­vail, outils, épargne, inven­ti­vi­té… Une des pre­mières socié­tés de secours mutuel s’appelle « Le sou du lin­ceul » : des gens d’un quar­tier qui réunissent leurs maigres éco­no­mies pour évi­ter qu’on enterre les leurs comme des chiens. Cela ren­voie à la Chan­son des Canuts. C’est l’essence de l’économie sociale : des réponses col­lec­tives immé­diates à un besoin social non satis­fait. Des arti­sans mettent en com­mun leurs outils, d’autres leur pécule pour pra­ti­quer le cré­dit, alors réser­vé aux grandes entre­prises. Autre exemple : dans les fabriques, le sys­tème de l’économat assu­jet­tit les tra­vailleurs au maga­sin de l’entreprise. Les employés doivent y ache­ter les pro­duits dont ils ont besoin – une manière pour le patron de récu­pé­rer leurs salaires. En réac­tion, des cir­cuits courts sont mis en place, qui per­mettent aux tra­vailleurs d’aller se four­nir chez des pay­sans et indus­triels pour ne plus dépendre des prix fixés par le patron.

    Qui sont les ini­tia­teurs de ce mouvement ?

    L’économie sociale est alors por­tée par des mili­tants, par­ti­sans du fou­rié­risme (de Charles Fou­rier et de son idée de pha­lan­stère, ndlr), de Prou­dhon (qui incarne l’un des cou­rants de l’anarchisme, ndlr), des socia­listes uto­pistes, des chré­tiens sociaux issus du mou­ve­ment ouvrier, et même des bour­geois, voire des petits aris­to­crates, en rébel­lion contre le capi­ta­lisme manu­fac­tu­rier et le libé­ra­lisme finan­cier. Ces struc­tures prag­ma­tiques et dis­per­sées vont assu­rer leur péren­ni­té grâce à l’idée de fédé­ra­lisme lan­cée par Prou­dhon ou le pen­seur anar­chiste Éli­sée Reclus. On assiste à des regrou­pe­ments de caisses de cré­dit, d’associations de secours mutuel, comme la Socié­té d’épargne de cré­dit mutuel des ouvriers relieurs à Paris avec le socia­liste Eugène Var­lin, et d’associations ouvrières de pro­duc­tion. Des struc­tures fédé­rées suf­fi­santes pour peser, et qui annoncent la créa­tion des syn­di­cats 2. La liber­té, l’égalité et la soli­da­ri­té consti­tuent leurs prin­cipes com­muns : la libre créa­tion, avec des citoyens qui, libre­ment, se regroupent ; la démo­cra­tie, avec le prin­cipe un homme égale une voix, indé­pen­dam­ment de sa for­tune ; et l’impartageabilité des résul­tats, vers des déten­teurs du capi­tal, par exemple.

    Pour­quoi les mou­ve­ments pro­gres­sistes et révo­lu­tion­naires qui émergent au sein du mou­ve­ment ouvrier au XIXe siècle ne portent-ils pas plei­ne­ment cette éco­no­mie sociale ?

    Les deux cou­rants majeurs du mou­ve­ment ouvrier – mar­xiste et anar­chiste – adoptent des atti­tudes ambi­guës envers l’économie sociale. Ils recon­naissent l’intérêt du mou­ve­ment mais portent des juge­ments très sévères sur la perte d’énergie qu’induirait, selon eux, l’économie sociale : le temps que les ouvriers passent à mon­ter ces struc­tures est autant de temps qui n’est pas consa­cré à la lutte contre le capi­tal. En paral­lèle, l’État, dès Napo­léon III, tente de cap­ter ces struc­tures, de les ins­ti­tu­tion­na­li­ser. Cer­tains cou­rants du mou­ve­ment ouvrier, autour du socia­liste Jules Guesde, par exemple, consi­dèrent que seul l’État peut assu­rer la régu­la­tion, la laï­ci­té… La conquête de l’État devient donc la prio­ri­té. Et c’est un débat qui per­dure encore aujourd’hui. Le sou­tien à de nou­velles formes d’économie sociale n’est pas vu comme un levier prin­ci­pal du chan­ge­ment par la gauche.

    Et ensuite ?

    Durant tout le XXe siècle, l’économie sociale va s’isoler et s’institutionnaliser, mal­gré les « coopé­ra­tives rouges » créées dans les années 1920 ou les coopé­ra­tives ouvrières relan­cées sous le Front popu­laire en 1936. À la Libé­ra­tion, on peut dire que l’économie sociale « rate le coche ». Le Conseil natio­nal de la Résis­tance n’y fera guère réfé­rence. Si les gaul­listes, les démo­crates chré­tiens et les com­mu­nistes n’ont alors aucune idée de ce qu’est l’économie sociale, c’est aus­si parce qu’une par­tie des notables du mou­ve­ment se sont com­pro­mis sous le régime de Vichy, en cédant au cor­po­ra­tisme et à la soli­da­ri­té natio­nale. L’économie sociale va ensuite subir les remous de la guerre froide, la CGT y est mar­gi­na­li­sée. Elle retrouve un peu de force dans les années 1970 avec l’arrivée de la deuxième gauche, por­teuse des idées du chris­tia­nisme social, notam­ment dans le monde rural, où la tra­di­tion de coopé­ra­tion est encore vivace. Les coopé­ra­tives agri­coles ne sont pas encore deve­nues des mul­ti­na­tio­nales agroa­li­men­taires, la vie démo­cra­tique y est alors pré­sente. Des ini­tia­tives comme Lip jouent un rôle dans cette renais­sance. La CGT s’ouvre aux coopé­ra­tives de luttes.

    Com­ment expli­quer le regain d’intérêt actuel pour l’économie sociale, en par­ti­cu­lier pour les socié­tés coopé­ra­tives (Scop), média­ti­sée par les ten­ta­tives de reprise des entre­prises Sea­France ou Fra­lib par leurs salariés ?

    Aujourd’hui, la des­truc­tion de l’État pro­vi­dence, ou de l’État du com­pro­mis social, la dis­lo­ca­tion des mesures héri­tées du Conseil natio­nal de la Résis­tance et la domi­na­tion du capi­ta­lisme finan­cier la remettent au goût du jour. Le fait que des entre­prises pour­tant béné­fi­ciaires soient lâchées par leurs action­naires invite à réagir. Mais il n’est pas tou­jours sûr que ces entre­prises puissent demeu­rer ren­tables en dehors d’un groupe capi­ta­liste, qui leur faci­lite les accès au marché.

    Quelles sont les condi­tions d’une reprise en coopérative ?

    Trois condi­tions sont néces­saires : l’engagement des sala­riés, la démo­cra­tie et une dose de réa­lisme éco­no­mique. Il semble que ces condi­tions n’étaient pas réunies dans le cas de Sea­France. Une Scop n’est pas un îlot de socia­lisme. Elle se situe sur un mar­ché, doit pro­duire quelque chose qui se vend, avoir la confiance de ses clients. Dans ce cadre, la trans­for­ma­tion de PME en coopé­ra­tive est plus réa­liste. Les grosses entre­prises, c’est plus dif­fi­cile. Mais cela peut fonc­tion­ner : Chèque Déjeu­ner face à Sodexo, ou Acome dans la fibre optique. Ce n’est pas un modèle, mais chaque fois une aven­ture humaine recom­men­cée. Les Scop ont besoin d’un sou­tien popu­laire. L’économie sociale est avant tout un élan col­lec­tif, ce que l’on a ten­dance à oublier. Ce n’est pas un lea­der cha­ris­ma­tique, avec des gens qui suivent.

    L’économie sociale peut-elle faire du tra­vail un vec­teur d’émancipation, dans un contexte où les condi­tions de tra­vail et l’emploi se dégradent ?

    Il existe une ambi­guï­té vis-à-vis des sala­riés. À part les Scop, au sein des­quelles les sala­riés sont eux-mêmes socié­taires, toutes les orga­ni­sa­tions de l’économie sociale sont dans un rap­port clas­sique de subor­di­na­tion. La Macif ou la MGEN sont des mutuelles entre socié­taires – leurs adhé­rents –, pas entre sala­riés. Même s’ils y sont glo­ba­le­ment mieux trai­tés que dans une entre­prise d’assurance pri­vée, ils ne par­ti­cipent pas au pro­ces­sus poli­tique de l’économie sociale. Les sala­riés d’un comi­té d’entreprise ne béné­fi­cient pas for­cé­ment des avan­tages du CE. À l’intérieur de ces entre­prises, la lutte des classes existe : il y a des syn­di­cats, des ins­ti­tu­tions repré­sen­ta­tives du personnel.

    Le mou­ve­ment asso­cia­tif est pour­tant très peu syndiqué…

    Dans le monde asso­cia­tif, c’est plus com­pli­qué. D’abord parce qu’une asso­cia­tion est contrainte par ses recettes. Ensuite parce qu’une par­tie des diri­geants du monde asso­cia­tif estiment – leurs struc­tures agis­sant pour le bien com­mun – que les sala­riés doivent prendre une part de la souf­france de leur public. Du coup, on vit par­fois dans une cer­taine éco­no­mie de la misère : « Ne vous atten­dez pas à être bien payés », répète-t-on aux sala­riés. L’institutionnalisation des asso­cia­tions par les pou­voirs publics pèse aus­si sur la ges­tion des res­sources humaines. La contrac­tua­li­sa­tion par appel à pro­jets aggrave le phé­no­mène et favo­rise le « moins-disant » social. Trop d’associations dépendent de la com­mande publique. C’est dan­ge­reux. Il suf­fit que le maire change et une asso­cia­tion est obli­gée de se sépa­rer bru­ta­le­ment d’une par­tie de ses sala­riés, sans avoir les moyens de mettre en place un plan social. Tout cela accroît la pré­ca­ri­té. En l’absence de réserves ou de fonds de rou­le­ment, la sor­tie de crise est sou­vent catastrophique.

    L’économie sociale ne peut-elle sur­vivre qu’en marge du sec­teur concur­ren­tiel ou peut-elle incar­ner une réelle alternative ?

    Il existe une éco­no­mie sociale de trans­for­ma­tion et une éco­no­mie sociale conser­va­trice à l’abri de ses sta­tuts, comme cer­taines coopé­ra­tives agri­coles ou les coopé­ra­tives de la grande dis­tri­bu­tion, tel le groupe Leclerc (une coopé­ra­tive de com­mer­çants) : des regrou­pe­ments de patrons qui peuvent adop­ter le même com­por­te­ment pré­da­teur que cer­taines mul­ti­na­tio­nales. L’oligarchie finan­cière ne veut pas de l’économie sociale. Lais­ser se déve­lop­per des entre­prises fon­dées sur autre chose que la recherche du pro­fit maxi­mum des action­naires n’est pas envi­sa­geable. En Alle­magne, le tis­su de PME sub­siste pour l’instant grâce aux règles anciennes du com­pro­mis social. Si l’économie sociale se déve­lop­pait trop, le modèle du mana­ge­ment unique – où le tra­vail est la plaie et où tout retour sur inves­tis­se­ment à moins de deux chiffres est jugé minable – serait remis en cause. Et le sys­tème des finan­ciers serait vicié. Pour le patro­nat comme pour cer­tains poli­tiques, l’idée d’un plu­ra­lisme éco­no­mique est donc into­lé­rable. L’économie sociale est donc accep­tée seule­ment comme une éco­no­mie sub­si­diaire. Elle montre que l’alternative est pos­sible, mais n’est pas en son état actuel l’alternative elle-même.

    Cette éco­no­mie sociale compte éga­le­ment des acteurs finan­ciers impor­tants (Cré­dit agri­cole, groupe Caisse d’Épargne-Banque popu­laire, Cré­dit mutuel…). Sont-ils si dif­fé­rents que les acteurs ban­caires clas­siques, poin­tés du doigt depuis le début de la crise ?

    Au sein du Cré­dit agri­cole, on assiste à une cer­taine ten­sion entre les hyper­ca­pi­ta­listes de Cré­dit agri­cole SA (socié­té ano­nyme) face aux élus et aux équipes qui viennent de la Fédé­ra­tion natio­nale du Cré­dit agri­cole (l’instance de réflexion, d’expression et de repré­sen­ta­tion des Caisses régio­nales, ndlr). Idem au Cré­dit mutuel ou au sein du groupe Caisse d’Épargne-Banque popu­laire, où l’arrivée de Fran­çois Pérol il y a deux ans a ten­du la situa­tion. Le Cré­dit mutuel et les banques popu­laires se sont mis à com­mu­ni­quer sur leur sta­tut d’économie sociale. Ils ont donc conscience que s’en reven­di­quer favo­rise leur implan­ta­tion et la fidé­li­té de leurs clients. Ils ne peuvent pas affir­mer que leurs socié­taires occupent une place domi­nante sans leur don­ner un peu de pou­voir. Quand la Maif choi­sit le slo­gan « assu­reur mili­tant », cela change la donne et inflé­chit néces­sai­re­ment, et dans le bon sens, les pra­tiques. Ils ne peuvent pas res­ter dans la schi­zo­phré­nie. Et si reven­di­quer les prin­cipes de l’économie sociale peut être un avan­tage com­pé­ti­tif, pour­quoi s’en priver ?

    1 sala­rié fran­çais sur 10 tra­vaille dans l’économie sociale (2,3 mil­lions de sala­riés). Pour­quoi ses struc­tures repré­sen­ta­tives sont-elles si peu pré­sentes dans le débat public, à l’image du Ceges (Conseil des entre­prises, employeurs et grou­pe­ments de l’économie sociale), invi­sible face au Medef ?

    Au sein du col­lège patro­nal, où il se pré­sen­tait pour la pre­mière fois aux élec­tions prud’homales de 2004, l’AES, un grou­pe­ment d’entreprises de l’économie sociale, réa­lise 9 % des voix, avec seule­ment trois syn­di­cats d’employeurs et sans les grandes ins­tances de l’économie sociale. Le Medef n’a pas appré­cié. En 2008, l’AES, avec cette fois l’appui du Ceges, passe de 9 % à 19 %, et ce, sans le sec­teur agri­cole et sans les banques coopé­ra­tives qui res­tent au Medef. Cela signi­fie que des entre­pre­neurs capi­ta­listes ou des arti­sans votent en faveur des listes de l’économie sociale pour mar­quer leur oppo­si­tion au Medef. Il serait donc légi­time que les employeurs de l’ES détiennent 20 % des sièges patro­naux dans tous les dis­po­si­tifs pari­taires dans lequel l’État est impli­qué. Or, le Medef refuse obs­ti­né­ment et reven­dique le mono­pole de la repré­sen­ta­tion patronale.

    Selon vous, l’économie sociale est-elle davan­tage pré­sente dans le débat poli­tique, en par­ti­cu­lier à l’occasion de l’élection présidentielle ?

    Quelles que soient les arrière-pen­sées poli­tiques, la recon­nais­sance de l’économie sociale pro­gresse. À gauche, les équipes de chaque can­di­dat qui tra­vaillent sur le sujet se sont ren­for­cées. La vision que l’État devait tout régler est en train d’évoluer, y com­pris au Front de gauche. Même l’UMP compte un délé­gué à l’économie sociale, ce qui n’était pas le cas aupa­ra­vant. De leur côté, les col­lec­ti­vi­tés locales ont ten­dance à regar­der plus atten­ti­ve­ment ceux qui tra­vaillent sur le lien social, face au démem­bre­ment des ser­vices publics. Cela les force à inter­ro­ger le modèle étatique.

    Quel est le rôle de Ren­contres sociales dans ce contexte ?

    Ren­contres sociales est une boîte à outils pour sus­ci­ter les coopé­ra­tions entre les diverses mai­sons de l’économie sociale, et les sec­teurs du mou­ve­ment social et syn­di­cal, avec une vision d’une éco­no­mie sociale trans­for­ma­trice de la socié­té. Pour prendre deux exemples, nous tra­vaillons sur de nou­velles formes de res­tau­ra­tion col­lec­tive sociale, à par­tir d’un tra­vail avec la CCAS (Caisse cen­trale d’activités sociales des indus­tries élec­triques et gazières) et avec un cer­tain nombre d’acteurs qui cherchent à échap­per au car­tel consti­tué par les grandes socié­tés finan­cières qui œuvrent dans le sec­teur de la res­tau­ra­tion col­lec­tive (Sodexo, Elior et Com­pass). Avec la mutuelle Cho­rum, nous tra­vaillons à mettre en place des acti­vi­tés de loi­sirs et de vacances sociales et cultu­relles pour les sala­riés d’associations, de TPE et de PME qui ne béné­fi­cient pas de comi­tés d’entreprise.

    Recueilli par Ivan du Roy

    Notes

    1 Délé­gué géné­ral de la coopé­ra­tive Ren­contres sociales.

    2 La Fédé­ra­tion pari­sienne des socié­tés ouvrières consti­tue le noyau de la future CGT, créée en 1895

    Réponse
  86. Ana Sailland

    J’ai un faible pour la fra­ter­nelle à Saint Claude.

    http://​www​.mai​son​du​peuple​.fr/​p​r​e​s​e​n​t​a​t​i​on/

    La fra­ter­ni­té obli­ga­toire a mis fin à la fra­ter­ni­té spon­ta­née. Une vraie réflexion phi­lo­so­phique serait ici nécessaire.

    ;;;;;

    J’a­vais visi­té deux « empre­sas ocu­pa­das » en Argen­tine ( salaires égaux et une voix par personne )
    ça mar­chait bien jus­qu’à ce qu’on leur tire des­sus à balles réelles ( et après la dictature ! )

    Réponse
  87. françoise

    Bon­soir,

    Ca bouge en Bulgarie…

    « Les Inau­dibles de Bul­ga­rie », Media­part,
    25 juillet 2013.

    Albe­na Dimi­tro­va, éco­no­miste et essayiste, expose les rai­sons du mou­ve­ment de pro­tes­ta­tion bul­gare et inter­pelle les Européens.

    http://​blogs​.media​part​.fr/​e​d​i​t​i​o​n​/​l​e​s​-​i​n​v​i​t​e​s​-​d​e​-​m​e​d​i​a​p​a​r​t​/​a​r​t​i​c​l​e​/​2​5​0​7​1​3​/​l​e​s​-​i​n​a​u​d​i​b​l​e​s​-​d​e​-​b​u​l​g​a​rie

    Après plus de 40 jours consé­cu­tifs de pro­tes­ta­tions, Sofia et d’autres villes de Bul­ga­rie voient leurs rues tou­jours inves­ties de citoyens excé­dés par la cor­rup­tion et les lacunes de la repré­sen­ta­ti­vi­té par­le­men­taire. Les Indi­gnés bul­gares sont aujourd’hui les Inau­dibles d’un pays et de toute l’Europe. Leurs reven­di­ca­tions de chan­ge­ment de la Consti­tu­tion, du Code élec­to­ral et plus lar­ge­ment, d’une refon­da­tion des règles démo­cra­tiques, émergent dans un contexte de crise poli­tique profonde.
    …
    « Nous vou­lons une démo­cra­tie directe !»

    Ces pro­tes­ta­tions posent des ques­tions plus fon­da­men­tales devant la démo­cra­tie euro­péenne. Les médias euro­péens parlent peu de ces pro­tes­ta­tions paci­fiques avant ce 40e jour. À croire que seule la nuit des vio­lences a droit d’audience dans les autres pays d’Europe. Pour­quoi un tel mou­ve­ment reste-t-il inau­dible en Europe ? Est-ce qu’un pays euro­péen dans lequel la popu­la­tion mani­feste quo­ti­dien­ne­ment et paci­fi­que­ment depuis 40 jours n’intéresse per­sonne ? Faut-il des visages en sang pour qu’un refus d’usurpation de la démo­cra­tie soit enten­du ? Est-ce la nature des reven­di­ca­tions socié­tales qui dénote avec les reven­di­ca­tions éco­no­miques habi­tuel­le­ment plus audibles ? Ou bien, est-ce l’absence d’homologues et de lea­ders poli­tiques du mou­ve­ment qui le pri­ve­rait de dia­logue avec les autres pays d’Europe ? Ce mou­ve­ment n’apporte-t-il rien à la réflexion euro­péenne ? Les mani­fes­tants sont-ils trop « Beaux », trop paci­fiques pour être entendus ?

    N’y a‑t-il pas, dans les pré­oc­cu­pa­tions bul­gares, une proxi­mi­té avec les exi­gences de mora­li­sa­tion de la vie publique dans toute l’Europe ? La quête pour une jus­tice indé­pen­dante et pour une presse libre n’est-elle pas com­mune ? Le récent exemple du ministre du bud­get fran­çais est élo­quent à cet égard. En charge de la lutte contre la fraude fis­cale, il est démas­qué en tant que frau­deur lui-même sous la pres­sion et par le sérieux des enquêtes de la socié­té civile indé­pen­dante. D’autres scan­dales poli­tiques en Europe montrent régu­liè­re­ment l’existence des conni­vences dan­ge­reuses qui se tissent entre les élites poli­tiques et la néces­si­té d’une vigi­lance ren­for­cée de la socié­té civile indé­pen­dante. Ce sont pré­ci­sé­ment ce genre de conni­vences qui poussent les citoyens bul­gares dans les rues depuis 40 jours. Et pour­tant leur mou­ve­ment est à peine relayé par la presse euro­péenne, alors même que des appels « Europe wake up ! Dic­ta­tor­ship can’t be vel­vet » ou « Europe, help our fight against mafia-gover­ne­ment ! » sont affi­chés quotidiennement.

    Dans l’exercice effec­tif des man­dats, le plu­ra­lisme démo­cra­tique est de plus en plus réduit à des alter­nances bipar­tites. Il ne garan­tit plus suf­fi­sam­ment ni la repré­sen­ta­ti­vi­té démo­cra­tique, ni le renou­vel­le­ment de ceux qui exercent le pou­voir confé­ré par le vote. Les Cahu­zac fré­quentent des hommes d’affaires en com­mun avec des Woerth et des Le Pen, tout en appar­te­nant à des par­tis poli­tiques différents.

    Pour­quoi en Europe néglige-t-on un mou­ve­ment citoyen qui reven­dique une refon­da­tion des règles de la démo­cra­tie ? La crise de repré­sen­ta­ti­vi­té démo­cra­tique n’est-elle pas une pro­blé­ma­tique com­mune pour les démo­cra­ties d’Europe ?

    Un mou­ve­ment comme celui des citoyens bul­gares aujourd’hui pour­rait ins­pi­rer la mise en place de nou­velles règles et sou­le­ver la ques­tion des ins­tru­ments d’accès direct des citoyens au Par­le­ment. « Nous vou­lons une démo­cra­tie directe !», reven­diquent-ils. « Chan­ge­ment du Code élec­to­ral ! », « Chan­ge­ment de la Constitution ! »

    Les urnes n’expriment plus plei­ne­ment les volon­tés des élec­teurs. Les pro­messes élec­to­rales sont de plus en plus rare­ment tenues et décou­ragent la par­ti­ci­pa­tion mas­sive aux élec­tions. Ce recul est per­cep­tible un peu par­tout en Europe y com­pris dans les pays à forte tra­di­tion démo­cra­tique. En Bul­ga­rie, plus de la moi­tié de l’électorat se dés­in­té­resse de son droit de vote, alors qu’au début des années 90, près de 96% des votants bul­gares s’étaient ren­dus aux urnes. Les gens ne croient plus que leur voix sera uti­li­sée pour la réa­li­sa­tion réelle des pro­jets électoraux.

    A ce titre, la place pré­vue pour le vote blanc dans la loi élec­to­rale est signi­fi­ca­tive. Dans nos démo­cra­ties struc­tu­rées par des par­tis poli­tiques, le vote blanc est comp­ta­bi­li­sé comme un bul­le­tin non valide au même titre que les bul­le­tins com­por­tant des irré­gu­la­ri­tés. Les voix expri­mées acti­ve­ment par le bul­le­tin blanc sont-elles vrai­ment vides de sens ?

    Les bul­le­tins blancs, inau­dibles aujourd’hui, tout comme les mani­fes­tants bul­gares, ne pour­raient-ils pas être enten­dus ? Des pro­jets de cette nature ne peuvent pas venir natu­rel­le­ment des par­tis poli­tiques, eux-mêmes sou­mis à des fonc­tion­ne­ments et à des logiques d’appareil. Ils gardent encore les méca­nismes obso­lètes d’une maxi­mi­sa­tion « d’utilité » poli­tique sous contrainte des voix élec­to­rales obte­nues. Mais la socié­té civile indé­pen­dante a la pos­si­bi­li­té d’exiger un décompte des bul­le­tins blancs et per­mettre de les uti­li­ser comme tickets d’entrée au Par­le­ment pour des dépu­tés-citoyens. Le pour­cen­tage obte­nu pour­rait déter­mi­ner le nombre de sièges de ces dépu­tés-citoyens qui seraient tirés au sort par­mi l’ensemble de la popu­la­tion. Le prin­cipe d’une part d’élection aléa­toire n’est-il pas un des prin­cipes fon­da­teurs de la démocratie ?

    Le rejet en masse du sys­tème actuel des par­tis poli­tiques en Bul­ga­rie appelle à une refon­da­tion de la démo­cra­tie et à la recherche de garan­ties sup­plé­men­taires contre les cor­po­ra­tismes hié­rar­chi­sés et les influences des pou­voirs éco­no­miques non élus. L’entrée dans les Par­le­ments démo­cra­tiques des dépu­tés-citoyens via la recon­nais­sance du bul­le­tin blanc pour­rait élar­gir les com­pé­tences des citoyens et le niveau de la culture élec­to­rale. Une for­ma­tion pour l’exercice du man­dat de dépu­té-citoyen pour­rait prendre la forme d’un ser­vice civique nou­veau… Les Inau­dibles de Bul­ga­rie pour­raient peut-être deve­nir des por­teurs de ces nou­velles règles de démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive. En tout cas, à Sofia le ren­dez-vous est don­né : « On res­te­ra devant le Par­le­ment jusqu’au bout ! »

    Réponse
  88. Ana Sailland

    Fran­çoise,

    « Nos » médias appar­tiennent à la mal­sainte tri­ni­té béton-canon-pognon, et n’ont donc aucun inté­rêt à relayer ce qui pour­rait don­ner des idées au peuple.

    C’est le même phé­no­mène qu’a­vec le silence sur l’Islande.

    Je pré­co­nise des jour­na­listes tirés au sort … 😉

    Réponse
  89. Patrick Flécheux

    Bon­jour Etienne

    J’ai trou­vé cette vidéo d’une conf où étaient pré­sent Dieu­don­né et Soral.

    La réponse don­née par Soral sur votre tra­vail et sur la Démo­cra­tie devrait vous intéresser.

    Démo­cra­mi­ca­le­ment. 🙂

    https://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​f​e​a​t​u​r​e​=​p​l​a​y​e​r​_​e​m​b​e​d​d​e​d​&​v​=​1​a​U​H​1​N​K​8​eEY

    Réponse
  90. Patrick Flécheux

    @ Fran­çoise (93)

    Pour com­plé­ter le msg d’A­na, les médias sont aus­si, et peut-être sur­tout, ven­dus au GRAND Saint Pognon.

    Je dirai que la masse dans son immense ser­vi­tude, sa sté­ri­li­té mou­ton­nière, voyeuse, et cupide aime le sang et les larmes, entre­cou­pés de cul et de jeux. L’homme aime avant toutes choses LES Plai­sirs. Son Plaisir.

    Le reste ne fai­sant pas vendre des espaces publi­ci­taires. Les médias n’ont aucun inté­rêt finan­cier à le proposer …

    Si les mar­chands de canons, béton et autres pré­da­teurs sociaux fai­saient plus de béné­fices en ven­dant des révo­lu­tions, je suis per­sua­dé qu’ils seraient tous révolutionnaires.

    Les médias nous vendent aus­si ce que nous aimons.

    A médi­ter …

    Réponse
  91. Patrick Flécheux

    Au fait Etienne, et votre bouquin ? …

    Réponse
  92. Pierre Parent

    Énorme la pro­po­si­tion de réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive popu­laire par NDA !

    Dom­mage que le seuil soit si éle­vée. Il aurait mis à 2% voir même 5% et ça aurait put se fêter !

    NDA doit en avoir tel­le­ment marre d’être trai­té comme il est, qu’il se sent hors de la classe poli­tique, et com­mence à être prêt à tout pour que ça change.

    Pierre.

    Réponse
  93. Ronald

    Cette pro­po­si­tion de loi montre à mon avis par quelle voie la démo­cra­tie est ame­née à s’imposer. Dans ses confé­rences et débats, Etienne en vient sou­vent à être confron­té au pro­blème du cercle vicieux. Etant don­né que les ins­ti­tu­tions sont éta­blies par une oli­gar­chie, et que ces ins­ti­tu­tions sont telles qu’elles favo­risent la déten­tion du pou­voir par une élite oli­gar­chique, com­ment espé­rer éta­blir une démo­cra­tie ? Les per­sonnes au pou­voir n’accorderont jamais volon­tai­re­ment le pou­voir au plus grand nombre. Etienne reste tou­jours peu disert sur le « com­ment ». Com­ment peut se faire la tran­si­tion d’une oli­gar­chie à une démo­cra­tie ? La réponse la plus intui­tive, qui revient régu­liè­re­ment, est que la tran­si­tion se fera par la vio­lence. C’est l’image de la révo­lu­tion. On ima­gine le peuple en masse mani­fes­ter dans la rue jusqu’à chas­ser les tyrans, avec comme exemple les révo­lu­tions arabes. Je ne crois pas trop à cette voie. Jusqu’à pré­sent, il n’y a pas d’exemple de révo­lu­tion ayant ame­né à long terme une démo­cra­tie, sans doute parce que pour fomen­ter une révo­lu­tion, il faut une orga­ni­sa­tion solide, et donc des lea­ders, etc … D’ailleurs, contrai­re­ment à d’autres régions du monde, on ne voit pas venir l’ébauche d’une révo­lu­tion sem­blable en Europe Occidentale.

    Je pense plu­tôt que dans nos pays, la démo­cra­tie vien­dra rem­pla­cer l’oligarchie par un méca­nisme de capil­la­ri­té. Les idées démo­cra­tiques se répan­dront dans la masse du peuple, puis avec un cer­tain retard, seront reprises par l’élite. C’est la thèse de Gus­tave le Bon dans La Psy­cho­lo­gie des Foules :

    « C’est sur­tout par le méca­nisme de la conta­gion, jamais par celui du rai­son­ne­ment, que se pro­pagent les opi­nions et les croyances des foules. C’est au caba­ret, par affir­ma­tion, répé­ti­tion et conta­gion que s’é­ta­blissent les concep­tions actuelles des ouvriers ; et les croyances des foules de tous les âges ne se sont guère créées autre­ment. Renan com­pare avec jus­tesse les pre­miers fon­da­teurs du chris­tia­nisme « aux ouvriers socia­listes répan­dant leurs idées de caba­ret en caba­ret» ; et Vol­taire avait déjà fait obser­ver à pro­pos de la reli­gion chré­tienne que « la plus vile canaille l’a­vait seule embras­sée pen­dant plus de cent ans ».
    On remar­que­ra que, dans les exemples ana­logues à ceux que je viens de citer, la conta­gion, après s’être exer­cée dans les couches popu­laires, passe ensuite aux couches supé­rieures de la socié­té. C’est ce que nous voyons de nos jours pour les doc­trines socia­listes, qui com­mencent à gagner ceux qui pour­tant sont mar­qués pour en deve­nir les pre­mières vic­times. Le méca­nisme de la conta­gion est si puis­sant que, devant son action, l’in­té­rêt per­son­nel lui-même s’évanouit.
    Et c’est pour­quoi toute opi­nion deve­nue popu­laire finit tou­jours par s’im­po­ser avec une grande force aux couches sociales les plus éle­vées, quelque visible que puisse être l’ab­sur­di­té de l’o­pi­nion triom­phante. Il y a là une réac­tion des couches sociales infé­rieures sur les couches supé­rieures d’au­tant plus curieuse que les croyances de la foule dérivent tou­jours plus ou moins de quelque idée supé­rieure res­tée sou­vent sans influence dans le milieu où elle avait pris nais­sance. Cette idée supé­rieure, les meneurs sub­ju­gués par elle s’en emparent, la déforment et créent une secte qui la déforme de nou­veau, puis la répand dans le sein des foules qui conti­nuent à la défor­mer de plus en plus. Deve­nue véri­té popu­laire, elle remonte en quelque façon à sa source et agit alors sur les couches supé­rieures d’une nation. C’est en défi­ni­tive l’in­tel­li­gence qui guide le monde, mais elle le guide vrai­ment de fort loin. Les phi­lo­sophes qui créent les idées sont depuis bien long­temps retour­nés à la pous­sière, lorsque, par l’ef­fet du méca­nisme que je viens de décrire, leur pen­sée finit par triompher. »

    Contrai­re­ment à l’idée clas­sique que le gou­ver­ne­ment impose ses vues au peuple, Le Bon pense que les gou­ver­ne­ments suivent les opi­nions qui se sont répan­dues dans le peuple :

    « De ces causes diverses est résul­té un phé­no­mène très nou­veau dans l’his­toire du monde, et tout à fait carac­té­ris­tique de l’âge actuel, je veux par­ler de l’im­puis­sance des gou­ver­ne­ments à diri­ger l’opinion.
    Jadis, et ce jadis n’est pas fort loin, l’ac­tion des gou­ver­ne­ments, l’in­fluence de quelques écri­vains et d’un tout petit nombre de jour­naux consti­tuaient les vrais régu­la­teurs de l’o­pi­nion. Aujourd’­hui, les écri­vains ont per­du toute influence, et les jour­naux ne font plus que reflé­ter l’o­pi­nion. Quant aux hommes d’É­tat, loin de la diri­ger, ils ne cherchent qu’à la suivre. Ils ont une crainte de l’o­pi­nion qui va par­fois jus­qu’à la ter­reur et ôte toute fixi­té à leur ligne de conduite.
    L’o­pi­nion des foules tend donc à deve­nir de plus en plus le régu­la­teur suprême de la poli­tique. Elle arrive aujourd’­hui à impo­ser des alliances, comme nous l’a­vons vu récem­ment pour l’al­liance russe, exclu­si­ve­ment sor­tie d’un mou­ve­ment popu­laire. C’est un symp­tôme bien curieux de voir de nos jours papes, rois et empe­reurs, se sou­mettre au méca­nisme de l’in­ter­view, pour expo­ser leur pen­sée, sur un sujet don­né, au juge­ment des foules. On a pu dire jadis que la poli­tique n’é­tait pas chose de sen­ti­ment. Pour­rait-on le dire encore aujourd’­hui où elle a de plus en plus pour guide les impul­sions de foules mobiles qui ne connaissent pas la rai­son, et que le sen­ti­ment seul peut guider ? »

    Bien plus pro­ba­ble­ment que par une révo­lu­tion de masse, je crois que les pro­jets démo­cra­tiques s’imposeront quand cer­taines franges de l’oligarchie, se voyant sys­té­ma­ti­que­ment mino­ri­taires et tenue à l’écart du pou­voir dans le sys­tème actuel, repren­dront à leur comptes des idées popu­laires deve­nues majo­ri­taires dans l’opinion publique : « Il est rare qu’un meneur pré­cède l’o­pi­nion ; presque tou­jours il se borne à la suivre et à en épou­ser toutes les erreurs. » (NB : pour Le Bon, les exemples qu’il reprend sou­vent d’ ‘erreurs’ issues du peuple sont les idées chré­tiennes, les idées démo­cra­tiques et les idées socia­listes). En France, les exemples de tels relais mar­gi­na­li­sés au sein de l’oligarchie pour­raient être Dupont-Aignan à droite, Mélen­chon à gauche, ou Ple­nel dans le monde média­tique. Je pense que les ins­ti­tu­tions démo­cra­tiques se construi­ront pas à pas quand de tels « meneurs », sur­fant sur la vague de l’opinion publique, feront pas­ser des pro­jets tels que le Réfé­ren­dum Citoyen.

    Réponse
  94. J-Stéphane

    Ces gou­ver­ne­ments qui appliquent le démo­cide ne devraient pas être cré­dibles quand ils disent agir au nom de la démocratie !

    Réponse
  95. Françoise

    Bon­jour,

    L’i­dée de Ber­nard Uguen, blog Media­part, 15 juillet 2013, en appe­lant à « Un Gre­nelle Citoyen de la Démo­cra­tie » est intéressante.

    http://​blogs​.media​part​.fr/​b​l​o​g​/​b​e​r​n​a​r​d​-​u​g​u​e​n​/​1​5​0​7​1​3​/​u​n​-​g​r​e​n​e​l​l​e​-​c​i​t​o​y​e​n​-​d​e​-​l​a​-​d​e​m​o​c​r​a​t​i​e​-​1​7​-​l​e​-​d​o​s​s​ier

    …  »« Il est plus que temps de ras­sem­bler toutes les éner­gies, les res­sources, en appe­lant par exemple à un « Gre­nelle de la démo­cra­tie », char­gé de mettre la socié­té civile au ser­vice d’une refon­da­tion démocratique.

    Ces tra­vaux qui por­te­raient sur les modi­fi­ca­tions ins­ti­tu­tion­nelles pro­po­sées par les citoyens, les orga­nismes et mou­ve­ments divers, pour­raient ain­si faire l’ob­jet d’un grand débat citoyen, par l’u­ti­li­sa­tion des tech­niques inter­net et média­tiques. Au terme de cette consul­ta­tion sur des objets clai­re­ment éta­blis, les moyens d’a­dop­tion par­le­men­taire ou citoyenne seront uti­li­sées avec beau­coup plus de force et d’efficacité.

    Cette solu­tion du Gre­nelle de la Démo­cra­tie, outre qu’elle for­me­rait une inno­va­tion inté­res­sante d’une révi­sion ins­ti­tu­tion­nelle, pré­sen­te­rait l’a­van­tage de lan­cer une grande opé­ra­tion de sen­si­bi­li­sa­tion publique vis-à-vis des ins­ti­tu­tions et du droit constitutionnel.

    J’es­père qu’il est pos­sible si toutes ces éner­gies dis­pa­rates de citoyens démo­crates pou­vaient conver­ger sur cette simple reven­di­ca­tion d’un « Gre­nelle de la Démo­cra­tie », par l’or­ga­ni­sa­tion d’une ren­contre sur 2 ou 3 jours, lors du pre­mier semestre 2014, de telle sorte que chaque par­ti­ci­pant puisse pré­pa­rer et affi­ner ses pro­po­si­tions avant le grand débat.

    Il s’a­git de réflé­chir col­lec­ti­ve­ment aux trans­for­ma­tions esti­mées néces­saires à la consti­tu­tion de la Véme Répu­blique, pour chan­ger la Répu­blique afin de réno­ver la démo­cra­tie et la faire évo­luer. Ceci n’é­va­cue pas le fait qu’au terme de ce Gre­nelle, une des conclu­sions puisse être le chan­ge­ment de consti­tu­tion et la néces­si­té d’une constituante…

    Il est alors obli­ga­toire de réflé­chir à la consti­tu­tion d’une petite struc­ture asso­cia­tive par ex, char­gée des contacts et de l’or­ga­ni­sa­tion, de trou­ver d’autres par­ti­ci­pants, de fixer des règles de conduite du futur débat, de faire cir­cu­ler l’in­for­ma­tion et les tra­vaux pré­pa­ra­toires, de rete­nir le lieu de la ren­contre et d’or­ga­ni­ser le conte­nu et le dérou­lé du pro­gramme des jour­nées… et peut être de trou­ver des par­te­naires … Cette struc­ture peut se limi­ter dans un pre­mier temps à un site inter­net pour un tra­vail col­lec­tif de réflexion sur cette seule fonc­tion technique.

    Y aurait ‘il des volontaires ?? »

    Lien vers le projet :
    http://​pacte​-demo​cra​tique​.over​-blog​.com/​c​a​t​e​g​o​r​i​e​-​1​1​9​2​2​0​7​7​.​h​tml
    et le forum :
    http://​gre​nel​le​ci​toyen​.forum​crea​.com/

    Réponse
  96. Pierre Parent

    Dom­mage que cette pro­po­si­tion de Réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive popu­laire ne fait pas plus par­ler d’elle, alors que pour­tant on a pas le droit à ça tous les 4 matins.

    Réponse
  97. Furax

    Article Ago­ra­vox le 29/07/13 :

    Un pre­mier pas dans la bonne direction

    Notre stra­té­gie de « lob­bying citoyen » vient de por­ter ses pre­miers fruits : le 12 juillet, le dépu­té Nico­las Dupont-Aignan (Debout la Répu­blique) a dépo­sé la pro­po­si­tion de loi n° 1248 visant à ins­crire le réfé­ren­dum d’initiative citoyenne dans l’article 3 de la Constitution.

    (http://​www​.assem​blee​-natio​nale​.fr/​1​4​/​p​r​o​p​o​s​i​t​i​o​n​s​/​p​i​o​n​1​2​4​8​.​asp)

    Nous les avions tous sol­li­ci­tés par cour­riel. 577 adresses élec­tro­niques à col­lec­ter une par une, un tra­vail long et fas­ti­dieux, il fal­lait vrai­ment le vou­loir, mais nous le vou­lions vrai­ment. Puis l’envoi d’un même mail à tous. Cer­tains ont répon­du, d’autres nous ont igno­rés. Peu de réponses posi­tives, et même pour ceux de nos élus qui se disaient favo­rables au réfé­ren­dum d’initiative popu­laire, le pas­sage des paroles aux actes sem­blait problématique.

    Il fal­lait en remettre une couche, et se tenir à l’affût de tout évé­ne­ment qui pou­vait ser­vir notre cause. C’est ain­si que fin jan­vier, je suis tom­bé sur un article du blog de Nico­las Dupont-Aignan, où il féli­ci­tait David Came­ron de sa déci­sion d’organiser dans son pays un réfé­ren­dum sur l’Europe. Il y écri­vait notam­ment « Nous devons sai­sir l’op­por­tu­ni­té pour exi­ger un réfé­ren­dum dans tous les pays d’Eu­rope d’i­ci 2017. Un réfé­ren­dum (…) pour dénon­cer les trai­tés et construire une Europe des Nations et des projets. »

    J’ai aus­si­tôt sai­si mon cla­vier (le 26 jan­vier) pour expli­quer au dépu­té sou­ve­rai­niste que si nous dis­po­sions du réfé­ren­dum d’initiative citoyenne, les Fran­çais pour­raient eux-mêmes pro­vo­quer des réfé­ren­dums sur des ques­tions de leur choix, sans dépendre du bon vou­loir d’un exé­cu­tif UMP ou PS qui sont euro­péistes l’un et l’autre. (Et quand nous nous adres­sions à des dépu­tés de gauche, nous met­tions en avant la pos­si­bi­li­té de tran­cher, par réfé­ren­dum, des ques­tions telles que la réforme des retraites ou l’Accord Natio­nal Inter­pro­fes­sion­nel, si défa­vo­rable aux salariés.)

    Sa réponse (du 30 jan­vier) m’a sin­gu­liè­re­ment irrité :

    « Cher Monsieur,

    Même si en l’occurrence, la stra­té­gie de David Came­ron n’est ins­pi­rée que d’intentions poli­ti­ciennes, je pense en effet que son ini­tia­tive vient à point nom­mé rap­pe­ler à nos gou­ver­nants qu’ils tiennent leur légi­ti­mi­té du peuple et qu’ils doivent le consul­ter sur les grands enjeux poli­tiques ou sociétaux.

    Encore, fau­drait-il que, bien sûr, ils res­pectent le ver­dict des urnes ! le réfé­ren­dum du 29 mai 2005 sur le pro­jet de consti­tu­tion euro­péenne est l’exemple-type de la tra­hi­son du peuple ; mal­gré les 59 % de suf­frages un peu moins de 55 % en réa­li­té qui se sont por­tés sur le non, le trai­té de Lis­bonne a été adop­té 3 ans plus tard par le Parlement…

    C’est la rai­son pour laquelle, comme vous le savez, je milite fer­me­ment pour l’organisation d’un réfé­ren­dum sur l’euro (j’avais lan­cé une péti­tion à ce sujet, voi­ci quelques mois) et me réjoui­rais que, grâce à David Came­ron, la cita­delle Bruxel­loise soit enfin ébranlée.

    Concer­nant le réfé­ren­dum d’initiative citoyenne, je vous rap­pelle qu’il n’est pas appli­cable tant que les gou­ver­ne­ments suc­ces­sifs dif­fèrent (déli­bé­ré­ment) la publi­ca­tion des décrets d’application du texte.

    Veuillez agréer, Cher Mon­sieur, l’expression de mes sen­ti­ments distingués. »

    J’avais le désa­gréable sen­ti­ment que lui aus­si se moquait de moi : oser appe­ler « réfé­ren­dum d’initiative citoyenne » cette lamen­table réforme de l’article 11 vou­lue par Nico­las Sar­ko­zy en 2008, c’était prendre les gens pour des ignares, de vrais anal­pha­bètes consti­tu­tion­nels, car il suf­fi­sait de lire le texte pour com­prendre que l’initiative n’appartenait pas au peuple mais à 20 % des membres du Par­le­ment, et qu’il suf­fi­sait que le par­le­ment exa­mine la pro­po­si­tion de loi (sans même la voter !) pour que le recours au réfé­ren­dum soit défi­ni­ti­ve­ment écar­té (alors que la pro­cé­dure exi­geait le sou­tien de 10 % des élec­teurs ins­crits, soit envi­ron 4,6 mil­lions de signatures) !

    J’ai donc pous­sé mon « coup de gueule » sur Face­book, ce qui a fait réagir André-Jacques Hol­becq (proche de NDA et auteur notam­ment de « La Dette publique, une affaire ren­table » et du « Mani­feste pour que l’argent serve au lieu d’asservir »). André-Jacques m’a pro­po­sé de lui réécrire pour dis­si­per ce qu’il consi­dé­rait comme un « mal­en­ten­du », et a lui-même repris contact avec le dépu­té pour appuyer mes arguments.

    C’est ain­si que j’ai obte­nu le 5 février la mise au point suivante :

    « Pour faire suite à notre échange du 30 jan­vier, je vous confirme être favo­rable à l’introduction du réfé­ren­dum d’initiative popu­laire dans notre consti­tu­tion, en par­ti­cu­lier dès lors qu’il s’agit d’adopter des trai­tés qui portent atteinte à la sou­ve­rai­ne­té de notre pays.

    Ce serait le seul moyen de contour­ner l’hostilité de nos gou­ver­nants – de droite, comme de gauche – à uti­li­ser l’article 11 de la Consti­tu­tion, vou­lu par le Géné­ral de Gaulle, pour asso­cier le peuple aux grandes déci­sions qui concernent son ave­nir. Ce serait aus­si et sur­tout le moyen de sous­traire le pou­voir aux technocrates.

    Veuillez agréer, cher Mon­sieur, l’expression de mes sen­ti­ments distingués. »

    Mais c’est Yvan Bachaud, infa­ti­gable pro­mo­teur du réfé­ren­dum d’initiative citoyenne depuis plus de 20 ans, qui a enfon­cé le clou, en pre­nant contact avec chaque dépu­té, chaque res­pon­sable de par­ti ayant (ou ayant eu) le RIC à son pro­gramme, et avec chaque pré­sident de groupe par­le­men­taire, et deman­dant très pré­ci­sé­ment à cha­cun de faire ce qui est en son pou­voir pour réa­li­ser cette pro­messe, c’est-à-dire dépo­ser une pro­po­si­tion de loi en ce sens. Nico­las Dupont-Aignan fut donc le pre­mier à pas­ser de la parole aux actes.

    Il est vrai que le texte de sa pro­po­si­tion de loi ne donne pas entiè­re­ment satis­fac­tion, mais il a deux qua­li­tés qu’il faut souligner :

    1) Il ins­tau­re­rait (s’il était voté) un réfé­ren­dum d’initiative exclu­si­ve­ment citoyenne, sans aucune inter­ven­tion du Parlement.

    2) Il est à la bonne place, à l’article 3 de la Consti­tu­tion (« De la sou­ve­rai­ne­té ») et non à l’article 11 (« Du pré­sident de la Répu­blique ») comme la réforme ban­cale de juillet 2008 (et dont le Par­le­ment est actuel­le­ment – 5 ans après ! – en train de voter la loi orga­nique cen­sée per­mettre son appli­ca­tion…). Ins­crit à cet empla­ce­ment, le RIC peut por­ter sur tous les domaines, alors qu’à l’article 11, son champ d’application est restreint.

    Cepen­dant, il com­porte aus­si des points faibles :

    1) Par pré­cau­tion, on aurait pu pré­ci­ser « … en toutes matières, y com­pris consti­tu­tion­nelle et de rati­fi­ca­tion des trai­tés » his­toire de lever toute ambi­guï­té (et évi­ter que la loi orga­nique ne puisse exclure ces domaines-clés !). Cela va sans dire, mais ça va encore mieux en le disant.

    2) Il pré­cise un seuil de signa­tures très éle­vé : 10 % des ins­crits (4,6 mil­lions d’électeurs), c’est plus qu’il n’en faut pour les « I.C.E. » (Ini­tia­tives Citoyennes Euro­péennes, 1 mil­lion de signa­tures mais qui ne débouchent pas – il est vrai – sur un réfé­ren­dum déci­sion­nel) ou pour les réfé­ren­dums suisses (1 à 2 % des ins­crits). De plus, ce seuil fai­sant par­tie des moda­li­tés d’application du RIC, il aurait pu être fixé par la loi orga­nique. Dans l’article 3, il vaut mieux s’en tenir au seul prin­cipe du RIC.

    3) Il main­tient la pos­si­bi­li­té pour le pré­sident de la Répu­blique d’être à l’initiative du réfé­ren­dum. Cela se com­prend aisé­ment en réfé­rence à l’héritage gaul­lien, (un héri­tage qui remonte en fait jusqu’aux plé­bis­cites du Second Empire) mais appa­raît aujourd’hui comme tota­le­ment ana­chro­nique : à l’époque où De Gaulle l’a ins­ti­tué, en 1958, l’autorité du Pré­sident était encore fra­gile et il pou­vait être confron­té à un Par­le­ment hos­tile (De Gaulle dénon­çait d’ailleurs le « sys­tème des par­tis »…) d’où l’utilité pour lui de pou­voir faire appel au peuple par-des­sus le Par­le­ment. Or depuis 1962, le Pré­sident est élu au suf­frage uni­ver­sel direct, ce qui accroît sa légi­ti­mi­té, et avec le quin­quen­nat et l’inversion du calen­drier élec­to­ral déci­dés en 2000 (les légis­la­tives ayant lieu après les pré­si­den­tielles), il est assu­ré d’avoir une majo­ri­té à l’Assemblée. Il dis­pose donc de tous les ins­tru­ments pour gou­ver­ner, et n’a plus besoin du réfé­ren­dum ! De plus, main­te­nir ce droit pré­si­den­tiel entre­tien la confu­sion entre les réfé­ren­dums-plé­bis­cites (à l’initiative du Pré­sident) et ceux qui sont à l’initiative des citoyens : on prête ain­si le flanc à la cri­tique des adver­saires de la démo­cra­tie directe, cla­mant que lorsque le peuple est consul­té par réfé­ren­dum, il répond davan­tage à celui qui pose la ques­tion qu’à la ques­tion elle-même. En Suisse, modèle du genre, la Consti­tu­tion inter­dit à l’exécutif de recou­rir au référendum.

    4) Le prin­ci­pal défaut de la pro­po­si­tion de loi n°1248 de Nico­las Dupont-Aignan est qu’elle émane de Nico­las Dupont-Aignan, c’est-à-dire d’un dépu­té qui est le seul repré­sen­tant de son par­ti, qui ne dis­pose pas d’un groupe par­le­men­taire et qui n’a donc pas la pos­si­bi­li­té de mettre sa pro­po­si­tion à l’ordre du jour de l’Assemblée. Elle est ren­voyée à la com­mis­sion des lois consti­tu­tion­nelles, et son par­cours dépen­dra de la mobi­li­sa­tion des citoyens qui se fera (ou pas…) autour de ce pro­jet de réfé­ren­dum d’initiative citoyenne sou­hai­té par une écra­sante majo­ri­té de Fran­çais (82 à 88 % selon plu­sieurs études) mais qui devront – eux aus­si – pas­ser des paroles aux actes.

    Nous avons donc gagné une bataille, mais nous n’avons pas encore gagné la guerre ! Cette pro­po­si­tion de loi consti­tue indu­bi­ta­ble­ment un pre­mier pas dans la bonne direc­tion, mais il fau­dra en faire d’autres si nous vou­lons par­ve­nir au but et faire vrai­ment de notre peuple le sou­ve­rain comme le pré­voit l’article 3 de notre Constitution…

    Patrice Camille Des­mou­lins, le 29 juillet 2013.

    P.S. L’association Article 3, à laquelle on pour­ra bien­tôt adhé­rer et dont le site sera pro­chai­ne­ment en ligne à l’adresse http://​www​.arti​cle3​.fr/, pré­co­nise la réécri­ture de l’article 3 de la Consti­tu­tion de 1958 en ces termes : (modi­fi­ca­tions en majus­cules et entre crochets)

    « La sou­ve­rai­ne­té natio­nale appar­tient au peuple qui l’exerce par ses repré­sen­tants et par la voie du réfé­ren­dum [D’INITIATIVE CITOYENNE, EN TOUTES MATIÈRES, Y COMPRIS CONSTITUTIONNELLE ET DE RATIFICATION DES TRAITES. CET ARTICLE NE PEUT ÊTRE MODIFIE QUE PAR VOIE RÉFÉRENDAIRE]. »

    Sa mise en œuvre néces­si­te­ra un toi­let­tage de quelques autres articles de la Consti­tu­tion pour prendre en compte la modi­fi­ca­tion de l’article 3, et notam­ment la sup­pres­sion de l’article 11. Les moda­li­tés d’application du réfé­ren­dum d’initiative citoyenne devront être pré­ci­sées dans une loi organique.

    Pour pro­fi­ter du dépôt de cette pro­po­si­tion de loi afin de sou­te­nir l’ins­crip­tion du réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive citoyenne dans la Consti­tu­tion, condi­tion incon­tour­nable de la démo­cra­ti­sa­tion de notre sys­tème politique : 

    http://​occir​.free​.fr/​p​l​_​1​2​4​8​.​htm

    Réponse
  98. J-Stéphane

    Bon­jour,

    {{La der­nière séance de la ses­sion extra­or­di­naire de l’As­sem­blée natio­nale a débu­té, jeu­di 25 juillet, sans aucun dépu­té dans l’Hé­mi­cycle. A l’ou­ver­ture des tra­vaux pré­vus pour 9h30, seuls le pré­sident de séance, l’é­co­lo­giste Denis Bau­pin et le ministre délé­gué au Bud­get, Ber­nard Caze­neuve étaient pré­sents sur les bancs de l’As­sem­blée, indique « Le Canard Enchaî­né », mer­cre­di 31 juillet.

    Un pré­sident de séance (le dépu­té (EELV) de la 10e cir­cons­crip­tion de Paris, Denis Bau­pin) un ministre délé­gué au Bud­get, Ber­nard Caze­neuve, et aucun dépu­té. C’est ain­si qu’a débu­té la der­nière séance de la ses­sion extra­or­di­naire à l’As­sem­blée natio­nale, pro­gram­mée jeu­di 25 juillet à 9h30.

    Les fonc­tion­naires du Palais-Bour­bon réus­sissent à rameu­ter deux parlementaires

    « Plu­tôt gênant, alors que l’As­sem­blée devait entendre un hom­mage aux vic­times de la catas­trophe fer­ro­viaire de Saint-Jacques-de-Com­pos­telle », pré­cise « Le Canard Enchaî­né ». Et l’heb­do­ma­daire sati­rique de pour­suivre : « les fonc­tion­naires de l’As­sem­blée ont fina­le­ment réus­si à rameu­ter deux mal­heu­reuses par­le­men­taires ». Les tra­vaux ont donc pu débu­ter avec une affluence record de quatre per­sonnes dans l’Hé­mi­cycle du Palais-Bourbon.

    Outre l’hom­mage ren­du aux vic­times de la catas­trophe fer­ro­viaire espa­gnole. Et après avoir atten­du que des cou­ra­geux arrivent en ren­fort, les par­le­men­taires ont dû approu­ver diverses conven­tions inter­na­tio­nales, le règle­ment du bud­get et les comptes de l’an­née 2012 avant de se pen­cher sur la thé­ma­tique des « soins sans consen­te­ment en psychiatrie ».}}

    Source : news​ring​.fr

    PS : L’ab­sen­téisme n’est-il pas sanc­tion­né ? Et si c’est le cas, qu’est-ce qui nous assure du sérieux de leur présence …

    Réponse
  99. Ana Sailland @109

    Mer­ci, c’est à ran­ger au dos­sier d’ac­cu­sa­tion du sys­tème représentatif.
    A res­ser­vir en public. Le thème n’est pas l’ab­sen­téisme mais bel et bien le jemenfoutisme.

    Réponse
  100. phil82

    Le pro­jet ne peut pas venir d’en haut (dépu­tés ou séna­teurs), mais bien évi­dem­ment d’en « bas ». Il ne ver­ra le jour qu’après un dys­fonc­tion­ne­ment majeur du sys­tème actuel (grains de sable). Par « sys­tème », j’évoque ce « des­po­tisme silen­cieux », cette « domi­na­tion légale » d’une tech­no­cra­tie si habile à étouf­fer toute ini­tia­tive d’un membre dissident.

    Le pré­am­bule à la pro­po­si­tion de loi N°1248 ne résume que quelques consé­quences du sys­tème actuel ; le diag­nos­tic est par­tiel et bien peu per­sua­sif. On y retrouve les pon­cifs habi­tuels (divorce, poli­tique éloi­gnée des réa­li­tés, sen­ti­ment de défiance, etc.), le « nous » plu­tôt que le « sa » est plus appro­prié pour juger la classe poli­tique : « les déci­sions que nous pre­nons ne sont pas en adé­qua­tion avec ne sont pas en adé­qua­tion avec les besoins du peuple ». Tou­chons au but ; c’est par la rédac­tion d’un pré­am­bule objec­tif et auto­cri­tique que NDA aurait dû com­men­cer et non un état des lieux aus­si banal que celui qu’il pro­pose. La pro­po­si­tion de loi qui en découle est bien timide, et, mal­gré le bien-fon­dé de cette ini­tia­tive, elle fini­ra bien évi­dem­ment aux oubliettes.

    Nous connais­sons tous (je l’espère) tant elle est une évi­dence, la trom­pe­rie que nous vivons, cette « domi­na­tion légale » que Max Weber a inti­tu­lé « La domi­na­tion légale à direc­tion admi­nis­tra­tive bureau­cra­tique ». Le pro­pos consiste à un clas­se­ment de la domi­na­tion légi­time en 3 types :

    1. « Dans le cas de la domi­na­tion sta­tu­taire (sat­zung­smäßig), on obéit à l’ordre imper­son­nel, objec­tif, léga­le­ment arrê­té, et aux supé­rieurs qu’il désigne, en ver­tu de la léga­li­té for­melle de ses règle­ments et dans leur éten­due. Dans le cas de la domi­na­tion tra­di­tion­nelle, on obéit à la per­sonne du déten­teur du pou­voir dési­gné par la tra­di­tion et assu­jet­ti (dans ses attri­bu­tions) à celle-ci, en ver­tu du res­pect qui lui est dû dans l’é­ten­due de la cou­tume. Dans le cas de la domi­na­tion cha­ris­ma­tique, on obéit au chef en tant que tel, chef qua­li­fié cha­ris­ma­ti­que­ment en ver­tu de la confiance per­son­nelle en sa révé­la­tion, son héroïsme ou sa valeur exem­plaire, et dans l’é­ten­due de la vali­di­té de la croyance en son charisme. »

    Je ne vou­drais pas ici sor­tir le pro­pos de son contexte, mais faire un rap­pro­che­ment entre notre sou­mis­sion et les dif­fé­rents arti­fices uti­li­sés par la classe politique :

    -Élec­tion du pré­sident au suf­frage uni­ver­sel (cha­risme).

    -L’avalanche de normes et de règle­ments (sta­tu­taire).

    -Fonc­tion­ne­ment des ins­ti­tu­tions (tra­di­tion « républicaine »).

    La solu­tion ne peut venir que du « bas », par une intru­sion dans les conseils muni­ci­paux, intru­sion légale par la pré­sence aux élec­tions muni­ci­pales. Un « mou­ve­ment citoyen », sans prendre la forme d’un par­ti, devrait s’immiscer lors des pro­chaines muni­ci­pales. Pas de lea­ders, mais des consciences éclai­rées devraient prendre cette ini­tia­tive et tirer vers le haut un ensemble de per­sonnes. Des réunions autour de thèmes prin­ci­paux (Consti­tu­tion, pou­voir, démo­cra­tie, citoyen­ne­té, cité, social, asso­cia­tion, com­mu­nau­té, etc.), doivent être orga­ni­sées dans les com­munes et arron­dis­se­ments. Le pro­pos doit être arti­cu­lé sous forme d’échanges, en ayant soin d’avoir fait un état des lieux des connais­sances du public. Les ora­teurs prin­ci­paux doivent don­ner des réfé­rences (phi­lo­so­phiques, socio­lo­giques), citer les auteurs ; tout débat a besoin d’un sup­port valable et nous n’en man­quons pas !!

    Le pre­mier temps de cette conquête citoyenne doit pas­ser par la sub­ver­sion du « sys­tème » à sa base, la pré­sence contra­dic­toire dans les conseils muni­ci­paux sans quoi, nous le savons par expé­rience, le « sys­tème » s’adaptera et ava­le­ra tel un pha­go­cyte, mou­ve­ment popu­laire quel qu’il soit.

    Je pense cette pos­si­bi­li­té à por­tée de mains. Le « sys­tème » recherche tou­jours l’affrontement, la dés­in­for­ma­tion, la mani­pu­la­tion et le dis­cré­dit. Pro­po­sons une autre méthode, une intru­sion sub­ver­sive dans le débat poli­tique, par­lons des causes et non des conséquences.

    Pré­am­bules :

    Indis­pen­sables : ins­truire, édu­quer, infor­mer et diffuser

    Pré­sence : com­munes puis dépar­te­ments, régions et Nation.

    Ques­tions : pou­voir, consti­tu­tion, démo­cra­tie, citoyenneté…

    Pour illus­trer le pro­pos ci-des­sus, je vous pro­pose un éclai­rage his­to­rique au tra­vers de l’article suivant :

    LE RÉFÉRENDUM D’INITIATIVE POPULAIRE : UN TRAIT MÉCONNU DU GÉNIE DE CONDORCET

    Anne-Cécile Mer­cier

    P.U.F. | Revue fran­çaise de droit constitutionnel
    2003⁄3 – n° 55
    pages 483 à 512
    ISSN 1151–2385

    L’institution du citoyen se fait consti­tu­tion répu­bli­caine »52. Il n’est donc pas sur­pre­nant de consta­ter que son sys­tème consti­tu­tion­nel s’élabore en paral­lèle avec une réflexion pro­fonde sur l’instruction publique. En 1791, il publie son Pre­mier mémoire sur l’instruction publique. Quatre autres sui­vront. En 1792, alors qu’il par­ti­cipe au comi­té de consti­tu­tion, il publie un Rap­port et pro­jet de décret sur l’organisation géné­rale de l’instruction publique. Au len­de­main de la dis­so­lu­tion du comi­té consti­tu­tion­nel (février 1793), Condor­cet rejoint le comi­té d’instruction publique. Ben­ja­min Frank­lin dira de ce sys­tème « qu’il vou­lait éta­blir entre les citoyens une com­mu­ni­ca­tion plus étroite des lumières et des sen­ti­ments, leur faire prendre l’habitude de se concer­ter pour leurs inté­rêts com­muns, et non pro­pa­ger ses opi­nions ou se don­ner un parti ».

    « L’ordre social n’aura vrai­ment atteint le degré de per­fec­tion auquel on doit tendre sans cesse, qu’à l’époque où aucun article des lois ne sera obli­ga­toire qu’après avoir été sou­mis immé­dia­te­ment à l’examen de tout indi­vi­du (…). Je pro­pose pour cette fois, de bor­ner ce droit indi­vi­duel aux seuls articles rela­tifs à la consti­tu­tion ; mais c’est dans l’espérance que les pro­grès de la rai­son et l’effet que des ins­ti­tu­tions plus légales et plus justes pro­dui­ront néces­sai­re­ment dans les esprits, per­met­tront à une autre époque d’étendre ce même droit à d’autres classes de lois, et suc­ces­si­ve­ment de l’étendre à toutes »

    Les hommes ont tel­le­ment pris l’habitude d’obéir à d’autres hommes, que la liber­té est, pour la plu­part d’entre eux, le droit de n’être sou­mis qu’à des maîtres choi­sis par eux-mêmes. Leurs idées ne vont pas plus loin, et c’est là que s’arrête le faible sen­ti­ment de leur indépendance.

    (…) Presque par­tout cette demi-liber­té est accom­pa­gnée d’orages ; alors on les attri­bue à l’abus de la liber­té, et l’on ne voit pas qu’ils naissent pré­ci­sé­ment de ce que la liber­té n’est pas entière ; on cherche à lui don­ner de nou­velles chaînes, lorsqu’il fau­drait son­ger, au contraire, à bri­ser celles qui lui restent.

    Pour ce qui est de la struc­ture de la consul­ta­tion, c’est-à-dire la réac­tion en chaîne entre sub­di­vi­sions ter­ri­to­riales, que l’on peut se figu­rer sous la forme de cercles concen­triques, on a vu que l’idée en a ger­mé aux côtés de Tur­got. On retrouve cette construc­tion dans l’Essai sur la consti­tu­tion et les fonc­tions des assem­blées pro­vin­ciales, écrit en 1788. Afin d’éviter les incon­vé­nients des assem­blées trop res­treintes, qui « dépendent trop des inté­rêts per­son­nels, des pas­sions par­ti­cu­lières de ceux qui la com­posent », et les incon­vé­nients des assem­blées trop impor­tantes, « livrées en quelque sorte au hasard, lorsqu’elles ne sont pas dic­tées par quelques hommes doués du talent dan­ge­reux d’ébranler l’imagination », il pro­pose une série de divi­sions ter­ri­to­riales s’emboîtant comme des tables gigognes. La pre­mière divi­sion cor­res­pon­drait à la com­mu­nau­té, soit d’une ville, soit de plu­sieurs « paroisses de cam­pagne réunies ». La seconde ras­sem­ble­rait plu­sieurs com­mu­nau­tés à l’échelon d’un dis­trict. Les dis­tricts enfin seraient ras­sem­blés en pro­vinces, la Nation représentantl’ensemble des provinces.

    « Pour que la masse entière de la nation émette un vœu, fau­dra-t-il attendre que l’universalité de ses por­tions s’assemble spon­ta­né­ment, ou que les repré­sen­tants du peuple convoquent ses assem­blées ? La tran­quilli­té publique serait-elle assu­rée si, dans le cas où une inquié­tude vive agi­te­rait une por­tion notable de citoyens, il leur fal­lait, ou déter­mi­ner cette convo­ca­tion, ou pro­duire un mou­ve­ment géné­ral dans toutes les autres por­tions ? Ne serait-il pas plus simple d’établir que telle por­tion de citoyens, qui aurait déjà un moyen légal d’émettre son vœu, pour­rait exi­ger la convo­ca­tion natio­nale ; qu’une por­tion plus petite pour­rait éga­le­ment obte­nir, sous une forme régu­lière, l’émission de ce vœu pour une convo­ca­tion, en sorte qu’il ne pût exis­ter une réunion un peu consi­dé­rable de citoyens, qui n’eût l’espérance et le moyen légal de consul­ter le peuple entier, si elle le croyait nécessaire ? »

    Le droit d’initiative popu­laire y est trai­té au titre VIII sous l’appellation de « Cen­sure du peuple sur les actes de la repré­sen­ta­tion natio­nale, et du droit de péti­tion ». L’article pre­mier explique la signi­fi­ca­tion et expose l’objectif de l’institution : « Lorsqu’un citoyen croi­ra utile ou néces­saire d’exciter la sur­veillance des repré­sen­tants du peuple sur des actes de consti­tu­tion, de légis­la­tion ou d’administration géné­rale, de pro­vo­quer la réforme d’une loi exis­tante ou la pro­mul­ga­tion d’une loi nou­velle, il aura le droit de requé­rir le bureau de son assem­blée pri­maire, de la convo­quer au jour de dimanche le plus pro­chain pour déli­bé­rer sur sa proposition ».

    Le droit d’initiative existe donc tant en matière légis­la­tive que consti­tu­tion­nelle (cette ques­tion est réglée dans le titre sui­vant, inti­tu­lé Des conven­tions natio­nales), et auto­rise à la fois la révi­sion d’une norme ancienne et la pro­po­si­tion d’une norme nou­velle. Le méca­nisme de sai­sine du corps légis­la­tif est le même, que la norme pro­po­sée soit de nature légis­la­tive ou consti­tu­tion­nelle. En revanche, les pro­cé­dures divergent une fois que l’initiative popu­laire a sai­si le corps législatif.

    La requête ini­tiale doit être rédi­gée en termes simples (article II) et com­por­ter la signa­ture de 50 citoyens rési­dant dans l’arrondissement de la même assem­blée pri­maire (article III). Elle est pré­sen­tée au bureau de l’assemblée pri­maire (article I), qui véri­fie si les signa­taires ont droit de suf­frage. Si tel est le cas, le bureau est tenu de convo­quer l’assemblée pri­maire le dimanche sui­vant (article IV). Lors de la réunion de l’assemblée, le pro­jet est lu et dis­cu­té, mais il ne pour­ra être voté que le dimanche sui­vant (article V). Le vote doit avoir lieu en répon­dant par oui ou non à la ques­tion : « Y a‑t-il, ou n’y a‑t-il pas lieu à déli­bé­rer ? » (article VI). « Si la majo­ri­té des votants est d’avis qu’il y ait lieu à déli­bé­rer, le bureau sera tenu de requé­rir la convo­ca­tion des assem­blées pri­maires, dont les chefs-lieux sont situés dans l’arrondissement de la même com­mune, pour déli­bé­rer sur l’objet énon­cé dans la réqui­si­tion » (article VII). Voi­ci le sché­ma de base. Il va être repro­duit à l’échelon de la com­mune, puis à celui du dépar­te­ment. On y trouve les com­po­santes essen­tielles du sys­tème de Condor­cet : cré­di­bi­li­té de la pro­po­si­tion de départ (sou­tien de cin­quante signa­tures), sai­sine de plein droit de la col­lec­ti­vi­té (assem­blée pri­maire, com­mune, dépar­te­ment), sans exa­men au fond, si les condi­tions en sont rem­plies (afin que le droit soit effec­tif et non sou­mis à une appré­cia­tion sub­jec­tive qui pour­rait faire obs­tacle au pro­ces­sus) ; une pro­po­si­tion simple pour bali­ser la dis­cus­sion ; un vote ajour­né pour plus de réflexion.

    Le bureau de l’assemblée pri­maire ini­tiale sai­sit alors les assem­blées pri­maires de la même com­mune en adres­sant à cha­cune d’entre elles le pro­cès-ver­bal de la déli­bé­ra­tion ain­si qu’une copie de la pro­po­si­tion elle-même (article VIII). Ces assem­blées se réunissent, votent selon les mêmes direc­tives, et envoient le résul­tat des déli­bé­ra­tions au bureau de l’assemblée pri­maire ini­tiale (article IX). S’il res­sort de ces résul­tats que la majo­ri­té des citoyens ayant voté dans les assem­blées pri­maires de la com­mune a esti­mé qu’il y avait lieu à déli­bé­rer sur la pro­po­si­tion, le bureau de l’assemblée pri­maire ini­tiale sai­sit l’administration du dépar­te­ment d’une copie de la pro­po­si­tion et du pro­cès-ver­bal des déli­bé­ra­tions (article X). La convo­ca­tion sous quin­zaine des assem­blées pri­maires du dépar­te­ment est alors obli­ga­toire ; elles se réunissent, votent, et adressent le résul­tat de leur déli­bé­ra­tion à l’administration du dépar­te­ment dans des formes iden­tiques à celles pré­cé­dem­ment décrites (article XI). « Si la majo­ri­té des citoyens décide qu’il y a lieu à déli­bé­rer, l’administration du dépar­te­ment adres­se­ra au corps légis­la­tif le résul­tat de leurs déli­bé­ra­tions, avec l’énonciation de la pro­po­si­tion qu’ils ont adop­tée, et le requer­ra de prendre cet objet en consi­dé­ra­tion » (article XII). Le corps légis­la­tif est enfin sai­si. « La pro­cé­dure entre ici dans une nou­velle phase et elle va se ter­mi­ner ou par le vote d’une nou­velle loi ou par une véri­table révo­ca­tion du Corps Légis­la­tif, sui­vie de sa réélec­tion, car tels sont les deux résul­tats consi­dé­rables que peut indif­fé­rem­ment pro­vo­quer l’initiative du plus humble des citoyens, du plus igno­rant des pay­sans »68. Si la pro­cé­dure paraît longue et com­pli­quée, c’est qu’elle confère un pou­voir unique à tout citoyen : cap­ter l’attention de la Nation entière sur son pro­jet. Il convient donc de dres­ser des rem­parts puis­sants contre les abus.

    Mais le sys­tème ne serait pas vrai­ment démo­cra­tique si le peuple n’avait pas un moyen de cen­su­rer la déci­sion du corps légis­la­tif. Le « droit de cen­sure et de péti­tion » n’est pas un simple droit de sug­ges­tion lais­sé in fine à l’appréciation des dépu­tés. Au contraire, la véri­table audace du droit d’initiative éla­bo­ré par Condor­cet repose pré­ci­sé­ment dans la pos­si­bi­li­té de cen­su­rer a pos­te­rio­ri la déci­sion des dépu­tés. Ain­si, si les assem­blées pri­maires d’un autre dépar­te­ment demandent la révo­ca­tion du décret qui a reje­té la pro­po­si­tion (en déci­dant qu’il n’y avait pas lieu de déli­bé­rer) ou la loi qui aura été faite suite à l’approbation de la pro­po­si­tion au fond, le corps légis­la­tif sera tenu de convo­quer sur le champ toutes les assem­blées pri­maires de l’ensemble du ter­ri­toire (article XX). En effet, la rebuf­fade d’un dépar­te­ment révèle une dis­tor­sion entre les citoyens et leurs repré­sen­tants, et seule une consul­ta­tion directe géné­rale peut lever ce doute. Si le résul­tat du réfé­ren­dum contre­dit la déci­sion prise par le corps légis­la­tif, la sanc­tion pro­po­sée par Condor­cet est radi­cale : dis­so­lu­tion, nou­velles élec­tions, et inéli­gi­bi­li­té pen­dant une légis­la­ture des dépu­tés qui se seraient pro­non­cés dans le sens condam­né par le vote du peuple70 (article XXII). Une consta­ta­tion s’impose : le pro­ces­sus est long, sur­tout s’il s’accompagne d’un réfé­ren­dum natio­nal et de la dis­so­lu­tion du Corps légis­la­tif, sui­vie de nou­velles élec­tions, d’un nou­veau vote, sus­cep­tible d’être l’objet d’une nou­velle cen­sure… Mais ces com­pli­ca­tions ne font que révé­ler un dys­fonc­tion­ne­ment en amont du sys­tème repré­sen­ta­tif, et tentent d’y remé­dier. Si le corps légis­la­tif est le fidèle repré­sen­tant de la volon­té du peuple, sa déci­sion n’a pas lieu d’être contes­tée. Le pro­ces­sus s’arrête là et il n’aura fal­lu fina­le­ment que 3 à 4 mois pour qu’une ini­tia­tive popu­laire devienne une loi de la République.

    « chaque citoyen a le droit de pro­vo­quer l’appel d’une conven­tion pour la réforme de la consti­tu­tion ; mais ce droit est sou­mis aux formes et aux règles éta­blies pour l’exercice de droit de cen­sure ».

    « En toutes cir­cons­tances, don­ner le der­nier mot au peuple »72

    « la sou­ve­rai­ne­té du peuple chez Condor­cet n’est pas dans l’élection, mais dans les divers actes par les­quels les citoyens répondent à l’initiative du corps légis­la­tif, ou déve­loppent une ini­tia­tive propre. C’est d’ailleurs pour­quoi la volon­té géné­rale ne sau­rait rési­der dans le peuple seul, mais émane du méca­nisme géné­ral des inter­ac­tions. (…) La volon­té géné­rale devient un pro­ces­sus et non une entité (…) ».

    Au len­de­main de la lec­ture du pro­jet devant la Conven­tion les 15 et 16 février 1793, les cri­tiques sont sur­tout de nature poli­tique. Pour les Mon­ta­gnards, le pro­jet est mau­vais parce que giron­din. Comme l’exprime Jean­bon Saint-André, « ce mal­heu­reux reje­ton de huit ou neuf pères bris­so­tins a contre lui, comme beau­coup consi­dèrent, un vice très essen­tiel : celui de sa nais­sance »74. Mais « en réa­li­té, le pro­jet de Condor­cet était si démo­cra­tique que les Jaco­bins ne trou­vaient pas d’objection à y faire : ils n’y étaient hos­tiles que parce qu’il éma­nait de leurs adver­saires, les Giron­dins »75. La meilleure preuve en est que le pro­jet de Consti­tu­tion pro­po­sé par les Mon­ta­gnards, rédi­gé à la hâte et adop­té quelques semaines plus tard le 24 juin 1793, ne peut que reprendre cer­taines des idées que Condor­cet avait mûri si lentement76. On retrouve ain­si à l’article 115 la mise en place d’un réfé­ren­dum d’initiative popu­laire en matière constitutionnelle77.

    Le droit d’initiative popu­laire selon Condor­cet sup­pose en effet l’approbation à la majo­ri­té de plu­sieurs éche­lons suc­ces­sifs de la popu­la­tion (assem­blée pri­maire, com­mune, dépar­te­ment), avec pour consé­quence de « noyer » tout sou­lè­ve­ment spon­ta­né d’un groupe mino­ri­taire. Les Sans-culottes ont de la démo­cra­tie directe une concep­tion dia­mé­tra­le­ment oppo­sée à celle de Condor­cet : spon­ta­née, et non cor­se­tée par le for­ma­lisme étouf­fant, una­nime et non majoritaire79

    « Nous enten­dons, sans cesse, les por­tions de citoyens, un peu nom­breuses, par­ler au nom du peuple sou­ve­rain. Ignorent- elles que la sou­ve­rai­ne­té n’appartient qu’au peuple entier ; qu’il n’exerce immé­dia­te­ment sa sou­ve­rai­ne­té qu’au moment où toutes ses por­tions peuvent émettre un vœu com­mun ; qu’alors seule­ment sa volon­té est sou­ve­raine ; que dans toute autre cir­cons­tance il ne peut pro­non­cer qu’une opi­nion, mani­fes­ter un désir ; que les réunions même les plus puis­santes sont, comme un seul indi­vi­du, sou­mises à la loi, et n’exercent que le pou­voir ou les fonc­tions qui leur sont délé­gués par elle ? »

    En effet, chaque assem­blée n’est pas sou­ve­raine ; la sou­ve­rai­ne­té ne peut appar­te­nir qu’à l’universalité d’un peuple, et ce droit serait vio­lé, si une frac­tion quel­conque de ce même peuple n’agissait pas, dans l’exercice d’une fonc­tion com­mune, sui­vant une forme abso­lu­ment sem­blable à celle que les autres ont sui­vie ». Robes­pierre, qui n’entend dans ce dis­cours qu’une jus­ti­fi­ca­tion bour­geoise et giron­dine, lui répond qu’ « assu­jet­tir à des formes légales la résis­tance à l’oppression est le der­nier raf­fi­ne­ment de la tyrannie… ».

    Cepen­dant, Condor­cet n’interdit pas l’insurrection comme ultime défense contre la tyrannie85. Ses prio­ri­tés sont sim­ple­ment inver­sées. Au lieu de pré­su­mer l’urgence et de relé­guer le pro­ces­sus démo­cra­tique à des jours meilleurs, comme la Conven­tion le fera en enfer­mant la Consti­tu­tion du 24 juin 1793 à peine adop­tée dans une arche de cèdre, dont elle ne sor­ti­ra jamais, Condor­cet pré­fère mettre en œuvre le prin­cipe démo­cra­tique avant tout, et n’envisager les piques et les cris qu’en der­nier recours.

    Invo­quant un autre argu­ment, le dépu­té Robert s’oppose vio­lem­ment devant la Conven­tion à l’adoption du pro­jet comme ins­ti­tuant la plou­to­cra­tie de manière indi­recte : « Si vous décré­tiez ces fré­quentes assem­blées, la par­tie la moins aisée du peuple serait dans l’impossibilité abso­lue de s’y rendre ; et si elle ne s’y ren­dait pas, son droit à l’exercice de la sou­ve­rai­ne­té ne serait plus qu’illusoire : la classe aisée, la classe opu­lente devien­drait la maî­tresse suprême des assem­blées, et par un excès de démo­cra­tie mal enten­du, vous ver­riez néces­sai­re­ment s’élever un genre d’aristocratie bien plus ter­rible, l’aristocratie presque abso­lue des riches »

    Alors que son article Aux citoyens fran­çais sur la nou­velle constitution93, qui cri­tique vive­ment la Consti­tu­tion mon­ta­gnarde du 24 juin 1793, lui a atti­ré les foudres de la Conven­tion, Condor­cet rédige un éclai­rant et tou­chant Frag­ments de justification95. On peut y lire ce pas­sage : « Au moment de la Révo­lu­tion, l’égalité abso­lue entre les citoyens, l’unité du corps légis­la­tif, la néces­si­té de sou­mettre une consti­tu­tion à l’acceptation immé­diate du peuple, la néces­si­té d’établir des assem­blées pério­diques qui pussent chan­ger cette consti­tu­tion, et de don­ner aus­si au peuple un moyen de faire convo­quer ces assem­blées lorsqu’il croi­rait sa liber­té mena­cée ou ses droits vio­lés par les pou­voirs exis­tants, me parurent devoir être la base de la nou­velle orga­ni­sa­tion sociale. L’idée sur­tout d’organiser un moyen pour le peuple d’exprimer son voeu sur la néces­si­té d’une réforme quel­conque, tel que jamais une insur­rec­tion ne fût néces­saire, me parais­sait aus­si utile qu’elle était en quelque sorte nou­velle, du moins pour le très grand nombre ». On retrouve le sou­ci de Condor­cet de faire pré­va­loir la dis­cus­sion et le vote sur les armes et la vio­lence. Il est inté­res­sant de remar­quer que ce leit­mo­tiv est bien dif­fé­rent des rai­sons qui pré­ci­pi­te­ront l’adhésion du droit d’initiative dans d’autres pays, en par­ti­cu­lier aux États-Unis d’Amérique, au milieu et à la fin du XIXe siècle. Ce ne sera plus la crainte de l’insurrection mais plu­tôt le dys­fonc­tion­ne­ment du sys­tème par­le­men­taire repré­sen­ta­tif qui sera au centre des pré­oc­cu­pa­tions. Pour l’heure, Condor­cet a rai­son de craindre la tyran­nie d’une mino­ri­té active : la Conven­tion, aux mains du Comi­té de Salut public, allait bien­tôt décré­ter son arres­ta­tion et l’acculer au suicide.

    Charles Cou­tel sou­ligne l’inventivité du sys­tème pro­po­sé par Condor­cet : « Les citoyens sont en liai­son avec l’Assemblée et les autres élus dans un débat conti­nu et libre. A la place d’une oppo­si­tion entre gou­ver­nés et gou­ver­nants (pré­sente chez Robes­pierre comme chez Sieyès), Condor­cet pro­pose une cir­cu­la­tion des avis, débats et déci­sions poli­tiques. C’est la Répu­blique per­ma­nente. A la place de l’unanimisme, le débat et l’argumentation ; à la place d’une citoyen­ne­té de « spé­cia­listes », une citoyen­ne­té par­ta­gée ». Léon Cahen évoque la « noblesse des prin­cipes » du pro­jet de Condor­cet, et Fran­cis Hamon en sou­ligne le modernisme

    En 1831, le can­ton de Saint-Gall adop­ta une Consti­tu­tion qui orga­ni­sait un droit de veto pré­sen­tant quelques simi­la­ri­tés frap­pantes avec le droit d’initiative de Condor­cet. A l’article 137, on peut lire que « dès que 50 citoyens d’une même com­mune le demandent, une assem­blée com­mu­nale doit être tenue pour déci­der s’il convient de s’opposer à la loi qui lui a été sou­mise ». L’article 138 conti­nue en pré­ci­sant que « si la majo­ri­té de l’assemblée com­mu­nale décide de ne sou­le­ver aucune objec­tion, la loi est consi­dé­rée comme approu­vée par la com­mune. Dans le cas contraire, l’Amman de la com­mu­nau­té com­mu­nique sans délai le résul­tat à l’Amman du dis­trict, qui lui-même en avise le Petit Conseil en lui envoyant une copie de la minute de la réunion ». Bien que cette pro­cé­dure ne concerne que le droit de veto et non le droit d’initiative, nous recon­nais­sons cer­taines carac­té­ris­tiques du sys­tème pro­po­sé par Condor­cet : le choix des 50 citoyens néces­saires à la mise en branle de tout le pro­ces­sus est une coïn­ci­dence frap­pante ; on retrouve aus­si la pro­gres­sion par paliers chère à Condorcet.

    Des auteurs comme Burk­li ou Rit­ten­hau­sen se réfé­re­raient direc­te­ment aux idées de Condor­cet, ce qui aurait fait dire à Louis Blanc « Plus de Giron­dins ! » en tête d’un de ses pam­phlets. Rit­tin­ghau­sen pro­pose en effet un méca­nisme de consul­ta­tion par éche­lon (sec­tion, com­mune, dis­trict, dépar­te­ment) qui rap­pelle avec force le sys­tème de Condor­cet : « Le peuple se divise en sec­tions de mille citoyens cha­cune. (…) Chaque sec­tion s’assemble dans un local propre à cet usage, école, hôtel de ville ou salle publique. Elle nomme son pré­sident, qui dirige les débats de la manière dont il sera par­lé ci-après. Chaque citoyen peut prendre la parole dans les dis­cus­sions, par consé­quent toutes les intel­li­gences sont au ser­vice de la patrie. La dis­cus­sion close, chaque citoyen émet­tra son vote. Après le dépouille­ment du scru­tin ; le pré­sident de la sec­tion fait trans­mettre au maire de la com­mune le chiffre des votes pour et contre. Le maire fait le rele­vé des votes de toutes les sec­tions de la com­mune et en com­mu­nique le résul­tat à l’administration supé­rieure, qui, opé­rant de la même manière pour son dis­trict, fait par­ve­nir le chiffre des votes pour et contre au pré­po­sé du dépar­te­ment. Ce der­nier trans­met le résul­tat du dépouille­ment au minis­tère, qui fait l’addition pour le pays entier »

    Un cli­ché repré­sente les Fran­çais volon­tiers cocar­diers, clai­ron­nant fort leurs conquêtes et inven­tions. Le droit d’initiative serait alors l’exception confir­mant la règle. L’aversion fran­çaise envers cette ins­ti­tu­tion est clai­re­ment expri­mée par Ulrich Coste, au tour­nant du XXe siècle : « Les ins­ti­tu­tions sont comme les hommes et les plantes ; un chan­ge­ment de pays, de zone et de cli­mat est presque tou­jours pour elles une cause de dépé­ris­se­ment et de mort. Donc il serait dan­ge­reux d’introduire dans un nou­veau pays des ins­ti­tu­tions qui se sont déve­lop­pées et ont pros­pé­ré dans un autre, appro­priées à sa nature, sur un sol apte à les nour­rir et à les for­ti­fier. La Suisse n’est pas un État com­pa­rable à la France : son ter­ri­toire est tout à fait minus­cule, il est étran­ger au grand concert des nations euro­péennes, il se prête faci­le­ment aux vota­tions popu­laires, n’est pas obli­gé de faire un grand nombre de lois, et par­tant le peuple n’est que rare­ment appe­lé à se pro­non­cer. Les ins­ti­tu­tions de la Suisse sont le résul­tat des moeurs du pas­sé, des condi­tions sociales de ce peuple, et il est plus que pro­bable, qu’en dehors de ces condi­tions émi­nem­ment favo­rables, le réfé­ren­dum serait chez nous une ins­ti­tu­tion para­site, d’un fonc­tion­ne­ment extrê­me­ment dif­fi­cile, peut-être même impossible ». 

    C’était oublier que la France avait pré­cé­dé la Suisse dans cette voie… Dès 1850, Vic­tor Consi­dé­rant se fait l’avocat du droit d’initiative : parce que « la démo­cra­tie ne peut vou­loir de la délé­ga­tion sous aucune forme », toute pro­po­si­tion éma­nant d’une « sec­tion » et recueillant plus de 500 000 suf­frages « sera répu­tée prise en consi­dé­ra­tion par la nation et mise à son ordre du jour »126. Les grands consti­tu­tion­na­listes du XXe siècle se sont affron­tés eux aus­si sur l’idée de réfé­ren­dum d’initiative popu­laire. Pour Esmein, c’est un « élé­ment de trouble et de désor­ga­ni­sa­tion légis­la­tive ». Il se demande, « alors qu’il est dif­fi­cile d’obtenir une légis­la­tion cohé­rente et pon­dé­rée avec l’initiative par­le­men­taire, com­ment l’espérer avec l’initiative populaire ? ». 

    Car­ré de Mal­berg estime en revanche que l’introduction du réfé­ren­dum (dans lequel il inclut l’initiative popu­laire des lois) est néces­saire a per­fec­tion­ne­ment du régime repré­sen­ta­tif. Duguit y est, lui aus­si, favo­rable. Plus récem­ment, Jacques Mestre, Alain Wer­ner, Pierre Nuss et Fran­cis Hamon ont fait des pro­po­si­tions en ce sens. Par ailleurs, le réfé­ren­dum d’initiative popu­laire est depuis plus d’une décen­nie l’arlésienne de nom­breux par­tis politiques138. Pour­tant, à l’exception du pro­jet Vedel qui n’a pas été sui­vi sur ce point, et d’une pro­po­si­tion de loi faite par le dépu­té André Gué­rin en 1999, qui n’a pas abou­ti, aucune mesure concrète n’a jamais été prise pour ins­tau­rer le droit d’initiative en France. Sous la pres­sion de quelques groupes, de nom­breux can­di­dats à l’élection pré­si­den­tielle d’avril-mai 2002 l’ont ins­crit à leur programme14

    Ain­si deux siècles « d’errance » ? Si cela devait être, le légis­la­teur serait ins­pi­ré de tenir compte de l’expérience des autres pays, et d’apporter les cor­rec­tifs adap­tés à cer­taines dérives obser­vées prin­ci­pa­le­ment aux États- Unis. Le méca­nisme pro­po­sé par Condor­cet offre à cet égard cer­taines garan­ties. Ce serait là l’occasion de lui en recon­naître la pater­ni­té, et d’honorer la mémoire d’un homme de génie.

    Pour l’article com­plet et les nom­breuses réfé­rences citées par l’auteur, je vous ren­voie au lien suivant :
    http://www.cairn.info/revue-francaise-de-droit-constitutionnel-2003–3‑page-483.htm

    Réponse
  101. Ana Sailland

    Trop de concor­dances avec ce que je pense. C’est louche 😉

    Chez Condor­cet il y a une réflexion sur la topo­lo­gie de la déli­bé­ra­tion col­lec­tive, bien enten­du incom­pa­tible avec le cen­tra­lisme conven­tion­nel, géo­mé­trie unique et sans nuance, hélas accep­tée presque sans rechi­gner, qui fait res­sem­bler le peuple humain, pour­tant muni de conscience, à une ruche d’in­sectes sans capa­ci­té d’individuation.

    Per­met­tez moi de diverger 😉

    Il y a pro­ba­ble­ment dans le cen­tra­lisme quel­que­chose d’ar­ché­ty­pal, issu de condi­tions bio­lo­giques que l’on retrouve dans la meute de loups sou­mise au loup alpha, dans la ruche, dans la four­mi­lière aus­si ; mais dans l’é­vo­lu­tion de la vie sur Terre, nous sommes le pre­mier pro­to­type à être capable de s’ar­ra­cher volon­tai­re­ment à ses arché­types pour se recons­truire en conscience et choi­sir une nou­velle « pro­gram­ma­tion ». Cette capa­ci­té est d’ailleurs sous uti­li­sée. Le pas­sage d’une socié­té hié­rar­chi­sée à une socié­té réel­le­ment démo­crate par­ti­cipe de cette muta­tion psy­cha­na­ly­tique, non seule­ment col­lec­ti­ve­ment, mais encore indi­vi­duel­le­ment ( les deux se tiennent ) si bien que la révo­lu­tion démo­crate passe pro­ba­ble­ment en pre­mier par une révo­lu­tion indi­vi­duelle, de l’ordre du tra­vail sur soi.

    Par­ler entre nous de ce qu’ex­pose ici PHil est bien, il faut le faire sur­tout à l’ex­té­rieur. Y a du boulot.

    Réponse
  102. phil82

    J’en­tends bien, j’ai pris Condor­cet comme exemple de réflexion et « d’or­ga­ni­sa­tion » d’un prin­cipe délibératif.

    Exemple à repla­cer en fonc­tion du per­son­nage (réfé­rences phy­sio­cra­tiques) et du contexte his­to­rique (consti­tu­tion pré­sen­tée par la mino­ri­té giron­dine en 1793).

    Tout à fait d’ac­cord avec toi Anna, cer­tains « dogmes » relèvent de l’ins­crip­tion dans le code géné­tique. Ce code est uni­ver­sel, réveillons alors les gène dor­mants, sti­mu­lons ce patri­moine caché.

    Réponse
  103. Benoît

    Suite à l’en­voi du mail type dis­po­nible ici http://​occir​.free​.fr/​p​l​_​1​2​4​8​.​htm je n’ai reçu qu’une réponse de Gil­bert COLLARD :

    Bon­jour,

    Vous avez bien vou­lu m’informer de la pro­po­si­tion de loi consti­tu­tion­nelle dépo­sée par Mon­sieur Nico­las Dupont-Aignan ; et qui figure bien dans son pro­gramme de 2012.

    J’en ai pris connais­sance avec sym­pa­thie, mais aus­si avec étonnement.

    En effet, la répu­blique réfé­ren­daire, le cas échéant par voie de péti­tion est une mesure phare du pro­gramme de Marine Le Pen depuis 12 ans et du Ras­sem­ble­ment Bleu Marine depuis sa créa­tion. Il est donc clair que Mon­sieur Dupont-Aignan qui était déjà par­le­men­taire à cette époque n’a pas appuyé cette initiative.

    Par ailleurs, Marion Maré­chal Le Pen et moi-même avons dépo­sé deux pro­po­si­tions de lois consti­tu­tion­nelles débou­chant sur un réfé­ren­dum d’initiative popu­laire, et ce dans deux cas précis :

    - l’interdiction du mariage entre per­sonnes du même sexe d’une part,

    - et d’autre part un réfé­ren­dum révo­ca­toire du man­dat du Pré­sident de la République.

    Or, les signa­taires de ces deux pro­po­si­tions de lois n’ont reçu aucun sou­tien de Mon­sieur Dupont-Aignan.

    Pour conclure, cette adhé­sion par­tielle à notre pro­gramme, même si elle est la bien­ve­nue, semble très tardive.

    Avec mes sen­ti­ments les meilleurs.

    « N. B : Vous vou­drez bien noter éga­le­ment que la pro­po­si­tion de loi n° 1248 dépo­sée par Mon­sieur Dupont-Aignan ne peut pas être adop­tée en l’état. En effet, dans la ver­sion dépo­sée par l’intéressé sur le Bureau de l’Assemblée Natio­nale, et dont je viens de prendre connais­sance, l’article 3 modi­fié par Mon­sieur Dupont-Aignan n’est pas cohé­rent avec la nou­velle rédac­tion de l’art 11 de la Consti­tu­tion ; ce qui parait rédhibitoire. »

    Réponse
  104. Ronald

    C’est un très chouette texte, phil82. 
    Je ne connais­sais pas du tout cette histoire. 
    Ce Condor­cet n’é­tait déci­dé­ment pas le der­nier des imbéciles. 
    Merci.:-)

    Réponse
  105. Benoît

    Comme un air de « Qu’est-ce qu’ils sont cons » de Mat­thieu Cote qui méri­tait bien une image des gen­tils virus 

    Réponse
  106. thierry

    À voir la vidéo et à lire le blog, on a un peu l’im­pres­sion qu’on cherche la solu­tion à des pro­blèmes qui concernent ou inté­ressent tout le monde. Mais c’est qui, tout le monde ?

    L’o­li­gar­chie qui nous dirige n’est pas qu’un petit groupe de per­sonnes, une liste finie, c’est une galaxie avec de nom­breuses nébu­leuses plus ou moins actives et un trou noir au centre.
    Cette galaxie repré­sente la seule véri­table orga­ni­sa­tion de notre socié­té en terme de pou­voir poli­tique et éco­no­mique (ins­ti­tu­tion­nelle avant tout), la seule solu­tion exis­tante, com­plexe à com­prendre dans le détail, mais très stable dans le temps (refor­mu­lée au long des siècles, le der­nier ava­tar étant notre oli­gar­chie bourgeoise).

    [Le trou noir, c’est une image, mais on peut y voir, pen­sée extrême et venue d’ailleurs, une mesure de l’in­com­pé­tence, voire de la mal­hon­nê­te­té en tout cas de la suf­fi­sance, de l’ar­ro­gance des gens de pou­voir, ce pou­voir qui per­met de « tenir » la galaxie par un effet d’at­trac­tion. Mais, bien sûr les gens concer­nés pensent exac­te­ment le contraire et, pour eux ce pou­voir d’at­trac­tion est leur grande qualité.]

    Le centre de cette galaxie de pou­voir est occu­pé par notre struc­ture de gou­ver­ne­ment, cen­sé diri­ger mais sur­tout noyau­té, pilo­té et contrô­lé par moult experts, conseillers, groupes de pres­sion (grand patro­nat, anciens des grandes écoles et divers clubs de riches et d’en­ri­chis) qui gra­vitent autour.

    Puis, autour, la galaxie s’é­lar­git en plu­sieurs cercles (« les chiens de garde ») d’im­por­tance (en pou­voir et en attrac­tion) décrois­sante (éta­tiques, média­tiques, uni­ver­si­taires…) puis plu­sieurs cercles de la popu­la­tion qui sont entrai­nés par cette attrac­tion (grave et pas gra­vi­ta­tion­nelle), soit qu’ils ne veulent rien chan­ger à cette socié­té (conser­va­tisme et/ou peur), soit qu’ils admirent les « gens arri­vés », qu’ils pensent (peut-être un jour) s’en­ri­chir (diplôme, lote­rie, arri­visme, pro­fit autre) et acqué­rir ain­si de l’ « impor­tance au yeux des autres » et peut-être se rap­pro­cher du centre…

    Autour, mais tout proche, on a un nuage flou, ensemble plus ou moins consen­suel (qui vote dans le bon sens droite puis gauche puis droite) plus ou moins mou, plus ou moins aigri, pas vrai­ment bien car géné­ra­le­ment dans la dif­fi­cul­té, mais qui ne sait que faire.

    Au total on arrive disons, à 30 à 40 % de la popu­la­tion, coin­cés volon­tai­re­ment ou non dans la galaxie prin­ci­pale et aux alentours.

    Dans l’u­ni­vers proche (notre popu­la­tion par rap­port au reste du monde) mais tou­jours coin­cé par l’at­trac­tion géné­rale (par obli­ga­tion), en s’é­car­tant un peu de ce pôle galac­tique de pou­voir, très mal struc­tu­rés, satel­li­sés (par les ins­ti­tu­tions), mani­pu­lés, contrô­lés en tout cas par la struc­ture prin­ci­pale, des « gens qui vou­draient autre chose », comme une bonne tyran­nie (un trou noir plus vaste qui bouf­fe­rait le reste) pour les uns, une espèce de démo­cra­tie (anar­chie-com­mu­nisme-autre…) , genre de galaxie tran­quille sans trou noir pour d’autres. Ces der­niers (qui se disent démo­crates), envi­ron 10% de la popu­la­tion, ont aus­si leurs satel­lites, leurs propres cercles, qui se croisent et s’in­ju­rient mais ne se rejoignent pas sou­vent (manifs, évé­ne­ments fes­tifs), asso­cia­tions, groupes et par­tis poli­tiques, « pen­seurs » et vel­léi­taires de tout poil. Il y a par­mi ceux-la un epsi­lon (0,002% ?) qui vou­drait faire chan­ger les choses en repre­nant à la base la répu­blique, en redé­fi­nis­sant la consti­tu­tion, en vou­lant y faire par­ti­ci­per l’en­semble de la popu­la­tion… [rires dans la salle de pro­jec­tion de la galaxie].

    Les démo­crates, les meilleurs, ceux dont je suis, par­ti­cipent comme les autres (bouh, les méchants) au main­tien de la struc­ture galac­tique, ne serait-ce que parce qu’ils y par­ti­cipent obli­ga­toi­re­ment (ils sont ins­crits dans les registres de la galaxie et ne peuvent s’en extraire), l’en­ri­chissent par leur tra­vail. C’est pour­quoi, ne pas par­ti­ci­per à la foire aux élec­tions, ne suf­fit pas pour se déter­mi­ner contre l’o­li­gar­chie galac­tique, il fau­drait refu­ser un cer­tain nombre de contraintes qui font ou jus­ti­fient cette socié­té : tra­vail, impôts, repro­duc­tion, plus faci­le­ment tous les médias « chiens de garde », la grande dis­tri­bu­tion, l’a­gro-ali­men­taire, les armes et l’ar­mée, l’en­tre­prise au delà de la struc­ture de coopé­ra­tive, les banques, mon micro-ordi­na­teur, moi.

    Réponse
  107. Bèrbère

    @117

    un peu com­pli­qué votre texte, ça donne pas envie de tout lire. 

    Est-ce que vous pou­vez résu­mer ou décoder ? 😉 

    Mer­ci d’avance.

    Réponse
  108. Benoît

    En écho au com­men­taire 62 d’Ana :

    L’op­ti­misme est un acte politique 

    « Les inté­rêts en place uti­lisent le déses­poir, la confu­sion et l’a­pa­thie pour empê­cher le chan­ge­ment. Ils encou­ragent des modes de pen­sée qui nous conduisent à pen­ser que les pro­blèmes sont inso­lubles, que rien que nous puis­sions faire peut avoir une impor­tance, que la situa­tion est si com­plexe qu’elle rend la pos­si­bi­li­té de chan­ge­ment impos­sible. C’est un art poli­tique depuis long­temps éta­bli que de plan­ter les graines de la défiance entre les gou­ver­nés : comme Machia­vel­li l’a dit, les tyrans ne sou­cient pas d’être haïs du moment que leurs gou­ver­nés ne s’aiment pas entre eux. Le cynisme est sou­vent vu comme une atti­tude rebelle alors qu’en réa­li­té il est sou­vent conforme au désir des puis­sants : le cynisme est une forme d’obéissance.

    L’op­ti­misme, d’un autre coté, par­ti­cu­liè­re­ment l’op­ti­misme qui n’est ni béat ni silen­cieux, peut être révo­lu­tion­naire. Quand per­sonne ne croit à un futur meilleur le déses­poir est un choix logique et les per­sonnes déses­pé­rées ne changent presque jamais rien. (…) Quand per­sonne ne croit à une pos­si­bi­li­té d’ac­tion alors l’a­pa­thie devient un obs­tacle insur­mon­table à la réforme. Mais intro­dui­sez des rai­sons intel­li­gentes de croire que l’ac­tion est pos­sible, que des solu­tions meilleures sont dis­po­nibles, et qu’un futur meilleur peut-être construit, alors vous libé­rez le poten­tiel des gens d’a­gir selon leurs des­seins les plus nobles. Une croyance par­ta­gée dans un meilleur futur est la force de cohé­sion la plus forte qui soit : elle per­met à cha­cun d’ai­mer son pro­chain et l’a­mour est une force explo­sive en politique.

    Les grands mou­ve­ments de chan­ge­ments sociaux com­mencent tou­jours par des affir­ma­tions d’un grand optimisme.

    (…)

    (…) Nous avons besoin de nous ins­truire des solu­tions, de par­ta­ger des idées, d’i­ma­gi­ner des pos­si­bi­li­tés, de peser les options. Nous devons trou­ver com­ment trans­for­mer au mieux le sys­tème que nous avons construit (…). »

    par Alex Stef­fen, source : http://​wiki​.gen​tils​vi​rus​.org/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​/​P​2​p​f​o​u​n​d​a​t​i​o​n​#​A​l​e​x​_​S​t​e​f​f​e​n​_​:​_​l​.​2​7​o​p​t​i​m​i​s​m​e​_​e​s​t​_​u​n​_​a​c​t​e​_​p​o​l​i​t​i​que

    Réponse
  109. Marie

    @ Benoît c’est exac­te­ment ce que je pen­sais lorsque j’ai lu le der­nier long com­men­taire, j’ai pen­sé au 62 d’Ana.

    Sor­tons de ce marasme ambiant !

    Voi­ci un lien qui, je trouve, va dans ce sens (sur les EMI), et qui nous montre tout le poten­tiel encore inex­plo­ré de l’hu­main, et svp, prou­vé scientifiquement !

    Aus­si vision­nable sur la télé de Lilou.

    Dr Pim Van Lom­mel, cardiologue

    http://​www​.dai​ly​mo​tion​.com/​v​i​d​e​o​/​x​1​2​4​v​c​x​_​e​t​u​d​e​s​-​s​c​i​e​n​t​i​f​i​q​u​e​s​-​d​u​-​d​r​-​p​i​m​-​v​a​n​-​l​o​m​m​e​l​-​s​u​r​-​l​e​s​-​e​m​i​-​e​x​p​e​r​i​e​n​c​e​s​-​d​e​-​m​o​r​t​-​i​m​m​i​n​e​n​t​e​_​w​e​b​c​a​m​#​u​s​e​r​_​w​i​d​get

    Aus­si le Dr Eben Alexan­der, neu­ro­chi­rur­gien ain­si que le Dr J. Char­bon­nier, anesthésiste

    Réponse
  110. Benoît

    La Com­pa­gnie Jolie Mome 
    Mes­sage capi­tal aux électeurs 
    La Com­mune de Paris 1871

    « La com­mune n’est pas morte »

    « Appel du comi­té cen­tral de la garde natio­nale aux élec­teurs pari­siens, le 25 mars 1871.


    CITOYENS

    Ne per­dez pas de vue que les hommes qui vous ser­vi­ront le mieux sont ceux que vous choi­si­rez par­mi vous, vivant votre propre vie, souf­frant des mêmes maux.

    Défiez-vous autant des ambi­tieux que des par­ve­nus ; les uns comme les autres ne consultent que leurs propres inté­rêts et finissent tou­jours par se consi­dé­rer comme indispensables.

    Défiez-vous éga­le­ment des beaux par­leurs, inca­pables de pas­ser à l’ac­tion ; ils sacri­fie­ront tout à un dis­cours, à un effet ora­toire ou à un mot spirituel.

    Évi­tez éga­le­ment ceux que la for­tune a trop favo­ri­sés, car trop rare­ment celui qui pos­sède la for­tune est dis­po­sé à regar­der le tra­vailleur comme un frère.

    Enfin, cher­chez des hommes aux convic­tions sin­cères, des hommes du Peuple, réso­lus, actifs, ayant un sens droit et une hon­nê­te­té reconnue.

    Por­tez vos pré­fé­rences sur ceux qui ne bri­gue­ront pas vos suf­frages ; le véri­table mérite est modeste, et c’est aux élec­teurs à choi­sir leurs hommes, et non à ceux-ci de se présenter.

    Nous sommes convain­cus que, si vous tenez compte de ces obser­va­tions, vous aurez enfin inau­gu­ré la véri­table repré­sen­ta­tion popu­laire, vous aurez trou­vé des man­da­taires qui ne se consi­dè­re­ront jamais comme vos maîtres. »


    — Hôtel-de-Ville, 25 mars 1871, le comi­té cen­tral de la Garde nationale

    Et un autre mes­sage encore plus indispensable : 
    http://​le​-mes​sage​.org/

    Réponse
  111. phil82

    Je vous pro­pose les extraits d’un texte de Fer­di­nand Las­salle (1825−1864) écrit en 1862 :

    Qu’est-ce qu’une Constitution ?

    « Je com­mence donc mon expo­sé par la ques­tion : qu’est-ce qu’une Consti­tu­tion ? En quoi réside l’es­sence d’une Constitution ?

    Si je pose cette ques­tion à un juriste, il me répon­dra à peu près ain­si :  » Une Consti­tu­tion est un pacte juré entre le roi et le peuple fixant les prin­cipes fon­da­men­taux de la légis­la­tion et du gou­ver­ne­ment d’un pays « . Ou il dira peut-être d’une façon plus géné­rale, puis­qu’il y a eu aus­si des Consti­tu­tions répu­bli­caines :  » Une Consti­tu­tion est la loi fon­da­men­tale pro­cla­mée dans un pays, qui fixe l’or­ga­ni­sa­tion du droit public dans cette nation « .
    …toutes ces réponses ne contiennent qu’une des­crip­tion exté­rieure de la façon dont une Consti­tu­tion est créée, de ce qu’est le  » rôle  » de la Consti­tu­tion, mais non l’in­di­ca­tion de ce qu’est une consti­tu­tion. Elles donnent des cri­tères, des signes aux­quels on  » recon­naît  » exté­rieu­re­ment et juri­di­que­ment une Consti­tu­tion. Mais elles ne nous disent nul­le­ment quelle est  » l’es­sence « , quelle est la  » notion  » d’une Constitution.

    Seule la  » notion  » de Consti­tu­tion – vous en convien­drez de vous mêmes une fois que nous aurons abor­dé cette notion – est la source de tout l’art et de toute la science dans la rédac­tion d’une Consti­tu­tion, qui à leur tour se déve­loppent à par­tir de ladite notion avec facilité.

    nous use­rons d’une méthode dont on fait d’ailleurs tou­jours bien de se ser­vir lors­qu’il s’a­git d’at­teindre à la claire concep­tion d’une chose. Cette méthode est simple, Mes­sieurs. Elle consiste à com­pa­rer la chose dont on cherche la notion avec une autre qui lui est sem­blable, et à déter­mi­ner clai­re­ment et rigou­reu­se­ment la dif­fé­rence qui les sépare l’une de l’autre.

    Vous ne voyez pas d’in­con­vé­nient à la modi­fi­ca­tion des lois, en géné­ral vous consi­dé­rez bien plu­tôt cela comme la tâche nor­male des organes de gou­ver­ne­ment. Mais des qu’on touche à la Consti­tu­tion, vous y voyez un incon­vé­nient et criez : On touche à notre Constitution !

    D’où vient cette dif­fé­rence ? Elle existe de façon tel­le­ment indé­niable que l’on a même dis­po­sé dans cer­taines Consti­tu­tions qu’on  » ne peut pas  » modi­fier la Consti­tu­tion ; dans d’autres qu’elle ne peut être modi­fiée qu’a­vec les deux tiers des voix des organes légis­la­tifs, au lieu de la majo­ri­té simple ; dans d’autres encore que le corps légis­la­tif ne peut en aucun cas, pas même en accord avec les autres auto­ri­tés gou­ver­ne­men­tales, pro­cé­der à une modi­fi­ca­tion de la Consti­tu­tion, et que, s’il décide une telle modi­fi­ca­tion, une nou­velle Assem­blée doit être élue par le pays, spé­cia­le­ment  » ad hoc « , pour sta­tuer sur cette modification.
    Car se pose à son tour la ques­tion : qu’est-ce qui dis­tingue une loi d’une loi fon­da­men­tale ? Nous en sommes donc au même point que tout à l’heure. Nous avons seule­ment gagné un nou­veau nom, loi fon­da­men­tale, qui ne nous est pas du moindre secours aus­si long­temps que nous ne pour­rons dire quelle est la dif­fé­rence entre une loi fon­da­men­tale et une autre loi.

    la Consti­tu­tion repré­sente la loi fon­da­men­tale d’un pays, elle serait donc – et c’est ici, Mes­sieurs, que nous voyons poindre une pre­mière lueur – quelque chose qu’il fau­dra bien­tôt déter­mi­ner de plus près ou, d’a­près ce que nous avons trou­vé pro­vi­soi­re­ment, une force agis­sante qui fait de toutes les autres lois et dis­po­si­tions juri­diques édic­tées dans ce pays néces­sai­re­ment ce qu’elles sont, en sorte que doré­na­vant des lois dif­fé­rentes des pre­mières ne peuvent même pas être pro­mul­guées dans ledit pays.

    existe-t-il dans un pays quelque chose, une force agis­sante, déter­mi­nante, qui influe sur toutes les lois édic­tées dans ce pays de telle sorte que, dans des limites don­nées, elles soient néces­sai­re­ment telles qu’elles sont et non dif­fé­rentes ? Mais évi­dem­ment, Mes­sieurs, cela existe, et ce quelque chose n’est rien d’autre que les rap­ports de forces réels exis­tant dans une socié­té donnée.

    Sup­po­sons main­te­nant qu’il se déclare un vaste incen­die, un peu comme l’in­cen­die de Ham­bourg, et que toutes ces archives d’E­tat, biblio­thèques, maga­sins et l’im­pri­me­rie Becker brûlent, et que par une coïn­ci­dence remar­quable il en soit de même dans les autres villes du Royaume, ain­si que pour les biblio­thèques pri­vées où se trouvent des Bul­le­tins des lois, en sorte que dans toute la Prusse il n’exis­te­rait plus une seule loi en bonne et due forme. Par cette cala­mi­té le pays aurait per­du toutes ses lois, et Il ne lui res­te­rait plus qu’à se don­ner de nou­velles lois.

    Je sup­pose donc que vous disiez : les lois ont été détruites, nous fai­sons main­te­nant de nou­velles lois, et ce fai­sant nous ne vou­lons plus accor­der à la monar­chie la posi­tion qu’elle occu­pait aupa­ra­vant ; ou même : nous ne vou­lons plus lui accor­der de posi­tion du tout.

    Là-des­sus le roi dirait sim­ple­ment : les lois peuvent bien avoir été détruites, mais en fait l’ar­mée m’o­béit, marche à mon com­man­de­ment ; en fait les com­man­dants des arse­naux et des casernes délivrent sur mes ordres des canons, avec les­quels l’ar­tille­rie se porte dans la rue. Appuyé sur cette force effec­tive, je ne tolère pas que vous me réser­viez une posi­tion dif­fé­rente de ce que je veux.

    Vous voyez, Mes­sieurs, un roi à qui l’ar­mée obéit, ain­si que les canons, c’est un mor­ceau de Constitution !

    Ou bien je sup­pose que vous disiez : nous sommes 18 mil­lions de Prus­siens. Par­mi ces 18 mil­lions il n’y a qu’un petit nombre de grands pro­prié­taires fon­ciers nobles en voie de dis­pa­ri­tion. Nous ne com­pre­nons pas pour­quoi ce petit nombre en voie de dis­pa­ri­tion de grands pro­prié­taires fon­ciers exer­ce­rait une influence égale à celle des 18 mil­lions ensemble, en for­mant une Chambre haute qui sus­pend et rejette les réso­lu­tions de la Chambre des dépu­tés élue par l’en­semble de la nation, quand ces réso­lu­tions valent quelque chose. Je sup­pose que vous teniez ce lan­gage et disiez : nous sommes tous des  » Pairs  » et ne vou­lons plus de Chambre haute particulière.

    Assu­ré­ment, Mes­sieurs, les grands pro­prié­taires fon­ciers nobles ne pour­raient pas alors faire mar­cher leurs pay­sans contre vous. Bien au contraire, ils auraient pro­ba­ble­ment assez à faire de leurs mains pour se sau­ver de leurs pay­sans d’abord !

    Mais les grands pro­prié­taires fon­ciers nobles ont de tout temps eu une grande influence auprès de la Cour et- du roi, et grâce à cette influence ils peuvent mettre en mou­ve­ment l’ar­mée et les canons pour leur compte aus­si bien que si ces ins­tru­ments de puis­sance étaient à leur dis­po­si­tion directe.

    Vous le voyez donc, Mes­sieurs, une noblesse qui a de l’in­fluence à la Cour et auprès du roi, c’est un mor­ceau de Constitution !

    Ou bien je sup­pose le cas contraire : le roi et la noblesse s’en­tendent entre eux pour réin­tro­duire la consti­tu­tion moyen­âgeuse des cor­po­ra­tions, non seule­ment pour le petit arti­sa­nat, comme on l’a en par­tie effec­ti­ve­ment ten­té il y a quelques années, mais comme ce fut le cas au Moyen Age, c’est-à-dire pour toute la pro­duc­tion sociale, par consé­quent aus­si pour la grande entre­prise, les fabriques, la pro­duc­tion avec des machines. Vous n’i­gno­rez pas que le grand capi­tal, la grande entre­prise pro­pre­ment dite, la pro­duc­tion à l’aide de machines ne pour­rait nul­le­ment s’ac­com­plir sous le régime moyen­âgeux des corporations.

    Car, dans ce sys­tème, exis­taient par exemple par­tout des déli­mi­ta­tions juri­diques entre les dif­fé­rentes branches d’ac­ti­vi­té, même les plus appa­ren­tées l’une à l’autre, et nul entre­pre­neur ne pou­vait en exer­cer deux. Le plâ­trier n’a­vait pas le droit de recou­vrir un trou ; entre les clou­tiers et les ser­ru­riers s’en­ga­geaient à l’é­poque des pro­cès inter­mi­nables sur les limites de leurs métiers res­pec­tifs ; l’im­pri­meur de toiles de coton ne pou­vait pas employer de tein­tu­riers. De même était juri­di­que­ment fixée avec pré­ci­sion, sous le régime des cor­po­ra­tions, la quan­ti­té qu’un entre­pre­neur pou­vait pro­duire, puisque aus­si bien en chaque lieu, dans chaque métier, chaque maître n’a­vait le droit d’employer qu’un contin­gent de main-d’œuvre don­né, fixé par la loi.

    Vous voyez que déjà pour ces deux rai­sons, la grande pro­duc­tion, la pro­duc­tion avec des machines et un sys­tème de machines, ne pour­rait pro­gres­ser un seul jour sous le régime des cor­po­ra­tions. Car cette grande pro­duc­tion exige d’a­bord pour atmo­sphère vitale l’as­so­cia­tion des dif­fé­rentes branches d’ac­ti­vi­té dans les mains du même grand capi­tal, ensuite la pro­duc­tion en masse, la libre concur­rence, c’est-à-dire l’emploi à dis­cré­tion et sans limi­ta­tion de la main-d’œuvre.

    Si néan­moins on vou­lait intro­duire aujourd’­hui la consti­tu­tion cor­po­ra­tive, qu’ar­ri­ve­rait-il ? Mes­sieurs Bor­sig, Egels, etc., les grands fabri­cants de coton, de soie, etc., fer­me­raient leurs fabriques et licen­cie­raient leurs ouvriers ; la direc­tion des che­mins de fer devrait faire de même, le com­merce et l’in­dus­trie ces­se­raient ; à leur tour un grand nombre d’ar­ti­sans, en par­tie for­cés, en par­tie volon­tai­re­ment, ren­ver­raient leurs com­pa­gnons ; toutes ces masses sans fin par­cour­raient les rues, récla­mant du pain et du tra­vail ; der­rière elles se trou­ve­rait la grande bour­geoi­sie sti­mu­lant par son influence, encou­ra­geant par sa consi­dé­ra­tion, aidant par ses moyens finan­ciers, et il y aurait un com­bat tel que la vic­toire ne pour­rait en aucun cas reve­nir à l’armée.

    Vous le voyez donc, Mes­sieurs, les sieurs Bor­sig et Egels, les grands indus­triels en géné­ral, voi­là un mor­ceau de Constitution !

    Ou bien je sup­pose que le gou­ver­ne­ment veuille prendre une de ces mesures qui lèsent de façon déci­sive les inté­rêts des grands ban­quiers. Le gou­ver­ne­ment dirait par exemple que la Banque royale n’est pas des­ti­née, comme elle l’est actuel­le­ment, à rendre le cré­dit encore meilleur mar­ché aux ban­quiers et aux capi­ta­listes qui dis­posent déjà de tout l’argent et de tout le cré­dit, et qui, à pré­sent, sur leur simple signa­ture peuvent escomp­ter à la Banque, c’est-à-dire obte­nir du cré­dit, mais qu’elle est pré­ci­sé­ment des­ti­née à rendre le cré­dit acces­sible aux petites et moyennes gens, et on confé­re­rait alors à la Banque royale une orga­ni­sa­tion qui engen­dre­rait ce résultat.

    Cela serait-il pos­sible, Messieurs ?

    Certes, cela n’en­traî­ne­rait pas un sou­lè­ve­ment. Mais pour le gou­ver­ne­ment actuel, cela serait aus­si impossible.

    Car de temps en temps, le gou­ver­ne­ment se trouve dans un besoin de moyens finan­ciers tels, de masses d’argent telles, qu’il n’ose pas se les pro­cu­rer sous la forme d’im­pôt. Dans ce cas, il se sai­sit de l’ex­pé­dient qui consiste à consom­mer l’argent de l’a­ve­nir, c’est-à-dire à faire des emprunts et à émettre en contre­par­tie des valeurs d’État. Pour cela il a besoin des ban­quiers. II est vrai qu’a­vec le temps la majeure par­tie des valeurs d’État va dans les mains de l’en­semble de la classe pos­sé­dante de la nation et des petits ren­tiers. Mais pour cela il faut du temps, sou­vent beau­coup de temps. Le gou­ver­ne­ment cepen­dant a besoin d’a­voir rapi­de­ment de l’argent, en une seule fois ou en quelques échéances ; pour cela, il lui faut des inter­mé­diaires qui com­mencent par lui don­ner l’argent et qui prennent sur eux de pla­cer ulté­rieu­re­ment au grand public les valeurs d’État qu’ils obtiennent en échange, en y ajou­tant le pro­fit de la mon­tée des cours arti­fi­ciel­le­ment don­née à ces valeurs à la Bourse. Ces inter­mé­diaires sont les grands ban­quiers, et c’est pour­quoi le gou­ver­ne­ment de nos jours ne peut se brouiller avec eux.

    Vous voyez donc, Mes­sieurs, les ban­quiers Men­dels­sohn, Schik­ler, en géné­ral la Bourse c’est un mor­ceau de Constitution.

    Je vais main­te­nant poser la ques­tion ain­si : on veut reti­rer au petit bour­geois et à l’ou­vrier non seule­ment sa liber­té poli­tique mais aus­si sa liber­té per­son­nelle, c’est-à-dire on veut le décla­rer per­son­nel­le­ment non libre, asser­vi ou dépen­dant, comme c’é­tait le cas dans beau­coup de pays dans les siècles loin­tains du Moyen-âge. Cela se pour­rait-il ? Non, même si le roi, la noblesse et toute la bour­geoi­sie s’u­nis­saient à ce sujet ! Car dans ce cas vous diriez : nous pré­fé­rons nous battre jus­qu’à la mort plu­tôt que de l’ac­cep­ter. Les ouvriers sor­ti­raient dans la rue, sans que Bor­sig et Egels ferment leurs usines, toute la petite bour­geoi­sie les aide­rait, et comme leur résis­tance unie serait très dif­fi­cile à vaincre, vous voyez, Mes­sieurs, que dans cer­tains cas extrêmes, vous êtes tous un mor­ceau de Constitution.

    Nous avons donc vu main­te­nant ce qu’est la Consti­tu­tion d’un pays : les rap­ports de force réels exis­tant dans un pays.

    Mais qu’en est-il par consé­quent de ce qu’on appelle habi­tuel­le­ment Consti­tu­tion, de la Consti­tu­tion légale ? Vous le voyez tout aus­si­tôt. Ces rap­ports de force réels, on les ins­crit sur une feuille de papier, on leur donne une expres­sion écrite ; et lors­qu’ils sont écrits, ce ne sont plus des rap­ports de force réels, ils sont deve­nus le droit, des dis­po­si­tions légales, et qui les enfreint est puni !

    De même, vous voyez main­te­nant clai­re­ment com­ment on pro­cède pour écrire ces rap­ports de force réels afin qu’ils deviennent légaux. On n’é­crit pas : mon­sieur Bor­sig est un mor­ceau de la Consti­tu­tion, mon­sieur Men­dels­sohn est un mor­ceau de la Consti­tu­tion, etc., mais on exprime cela d’une manière bien plus adroite.

    Veut-on ensuite éta­blir qu’un petit nombre de nobles pro­prié­taires fon­ciers ait à lui seul à son tour autant de pou­voir que les riches, les pos­sé­dants et les non pos­sé­dants, que les élec­teurs des trois classes, que toute la nation réunie ? On se gar­de­ra encore de le dire en termes aus­si gros­siers — remar­quez bien, Mes­sieurs, une fois pour toutes, que tout ce qui est clair est gros­sier — on ins­crit dans la Consti­tu­tion : qu’a­vec quelques dis­po­si­tions non essen­tielles il est créé au moyen des repré­sen­tants de l’an­cienne pro­prié­té fon­cière conso­li­dée une Chambre haute, dont l’as­sen­ti­ment est néces­saire aux déci­sions de la Chambre des dépu­tés repré­sen­tant toute la nation et ain­si on donne tout le pou­voir poli­tique à une poi­gnée de vieux pro­prié­taires fon­ciers pour annu­ler même la volon­té una­nime de toute la nation et de toutes ses classes.

    On ins­crit dans l’ar­ticle 47 de la Consti­tu­tion :  » Le roi nomme à tous les postes dans l’ar­mée « , et dans l’ar­ticle 108 de la Consti­tu­tion :  » Il n’y a pas de ser­ment de l’ar­mée à la Consti­tu­tion « . Cet article, on l’ap­puie par la théo­rie qui en fait y a une base prin­ci­pielle, à savoir que le roi a envers l’ar­mée une toute autre atti­tude qu’en­vers toute autre ins­ti­tu­tion de l’État, qu’en­vers l’ar­mée il n’est pas seule­ment roi mais aus­si quelque chose d’autre, de très Par­ti­cu­lier, Secret et Incon­nu, pour lequel on a trou­vé le terme de  » chef de guerre  » et qu’à cause de cela la Chambre des dépu­tés ou la nation ne doit pas du tout se pré­oc­cu­per de l’ar­mée, ne pas inter­fé­rer dans ses affaires et dans son orga­ni­sa­tion, qu’elle a seule­ment à voter l’argent pour celle-ci. Et on doit admettre, Mes­sieurs, comme je l’ai dit — la véri­té avant tout — que cette théo­rie a sans aucun doute un cer­tain fon­de­ment dans l’ar­ticle 108 de la Consti­tu­tion. Car si la Consti­tu­tion décide que l’ar­mée, à la dif­fé­rence de tous les ser­vi­teurs de l’État et du roi lui-même, ne doit pas prê­ter ser­ment à la Consti­tu­tion, on déclare ain­si en prin­cipe que l’ar­mée se trouve en dehors de la Consti­tu­tion et n’a rien à faire avec elle, qu’elle doit avoir seule­ment un rap­port avec la per­sonne du roi et non avec le pays.

    L’ar­mée, moyen du pou­voir poli­tique du roi, est orga­ni­sée, ras­sem­blée à tout moment, par­fai­te­ment dis­ci­pli­née et prête à inter­ve­nir à chaque ins­tant ; par contre, la force qui se trouve dans la nation, même si elle est infi­ni­ment plus grande, n’est pas orga­ni­sée, la volon­té de la nation et notam­ment le degré de réso­lu­tion que cette volon­té a atteint n’est pas tou­jours faci­le­ment appré­ciable par ses membres ; per­sonne ne sait exac­te­ment com­bien il trou­ve­rait de com­pa­gnons. En outre, il manque à la nation ces ins­tru­ments d’une force orga­ni­sée, ces fon­de­ments si impor­tants d’une Consti­tu­tion dont nous avons déjà par­lé : les canons. Il est vrai que ceux-ci sont payés avec l’argent des citoyens, il est vrai qu’ils sont pro­duits et per­fec­tion­nés aus­si au moyen des sciences, de la phy­sique, de la tech­nique, etc., que la socié­té civile déve­loppe. Leur seule exis­tence est en elle-même une preuve du déve­lop­pe­ment auquel la puis­sance de la socié­té civile a ame­né le pro­grès des sciences, les arts tech­niques, les domaines de la fabri­ca­tion et du tra­vail de toute sorte. Mais là s’ap­plique le vers de Vir­gile : sic vos non vobis ! Tu l’as pro­duit mais pas pour toi ! Étant don­né que les canons ne sont pro­duits que pour la force orga­ni­sée, le pays sait qu’il trou­ve­rait contre lui dans un conflit ces enfants et pro­duits de sa puissance. 

    Ce sont ces rai­sons qui font que la force la plus faible, mais orga­ni­sée, peut domi­ner sou­vent pen­dant long­temps la force beau­coup plus grande mais inor­ga­ni­sée de la nation, jus­qu’à ce que la direc­tion et l’ad­mi­nis­tra­tion des affaires natio­nales s’exer­çant conti­nuel­le­ment dans un sens oppo­sé aux volon­tés et inté­rêts de la nation, celle-ci se décide à oppo­ser à la force orga­ni­sée sa force inor­ga­ni­sée supérieure.

    Nous avons vu jus­qu’à pré­sent, Mes­sieurs, de quoi il retourne au sujet des deux consti­tu­tions d’un pays, la consti­tu­tion réelle, les réels rap­ports de force qui existent dans une socié­té, et la consti­tu­tion écrite qu’à la dif­fé­rence de l’autre nous pour­rions appe­ler la feuille de papier.

    Une consti­tu­tion réelle, comme cela vous appa­raî­tra aus­si­tôt clai­re­ment, chaque pays en a eu une à chaque époque, et rien ne serait plus faux et ne condui­rait à des conclu­sions plus erro­nées que de pen­ser, comme cela est la concep­tion répan­due, domi­nante, qu’a­voir une consti­tu­tion est une carac­té­ris­tique des temps modernes. Bien plus, aus­si néces­sai­re­ment que tout corps a une consti­tu­tion, bonne ou mau­vaise, faite d’une manière ou d’une autre, chaque pays a néces­sai­re­ment aus­si une consti­tu­tion réelle. Car dans chaque pays il existe cer­tains rap­ports de force réels.

    Vous voyez, Mes­sieurs, qu’on par­lait alors d’une Consti­tu­tion, tout comme aujourd’­hui et même d’une Consti­tu­tion telle que le roi ne pou­vait la chan­ger. Ce qui y était for­mu­lé comme Consti­tu­tion, à savoir que le bas peuple pou­vait être taillable et cor­véable à volon­té, ne se trou­vait certes pas dans une pro­cla­ma­tion ras­sem­blant tous les droits du pays et tous les prin­cipes impor­tants de gou­ver­ne­ment, mais c’é­tait sim­ple­ment l’ex­pres­sion des rap­ports de force réels dans la France du Moyen-Age. Le bas peuple était au Moyen-Age réel­le­ment si impuis­sant qu’on pou­vait à volon­té le char­ger de tailles et de cor­vées ; on pro­cé­dait tou­jours selon ces rap­ports de force réels, le peuple était tou­jours ain­si char­gé. Cette pro­cé­dure réelle don­na lieu aux soi-disant pré­cé­dents qui, encore aujourd’­hui en Angle­terre et par­tout pen­dant le Moyen-Age, jouent un si grand rôle dans les ques­tions de consti­tu­tion. Dans l’ins­ti­tu­tion de ces charges réelles, il était sou­vent expri­mé, comme il ne pou­vait en être autre­ment, le fait que le peuple pou­vait ain­si être frap­pé. Ces expres­sions four­nis­saient le prin­cipe de droit poli­tique auquel on recou­rait dans des cas sem­blables. Sou­vent aus­si on don­nait une expres­sion et une recon­nais­sance par­ti­cu­lière sur par­che­min a une cir­cons­tance par­ti­cu­lière qui avait ses racines dans les rap­ports de force réels. C’é­tait les fran­chises, liber­tés, droits, pri­vi­lèges, sta­tuts d’un État, d’une cor­po­ra­tion, d’un lien, etc.

    Tous ces faits, pré­cé­dents, prin­cipes de droit public, par­che­mins, fran­chises, sta­tuts, pri­vi­lèges, for­maient par leur ensemble la consti­tu­tion du pays, et tous ensemble ne for­maient pas autre chose que la simple et natu­relle expres­sion des rap­ports réels des forces en ce pays.

    Aus­si chaque pays et à chaque moment, a eu une consti­tu­tion effec­tive. Ce qui est donc vrai­ment par­ti­cu­lier aux temps modernes — il est très impor­tant de le remar­quer tou­jours net­te­ment — ce ne sont pas les consti­tu­tions effec­tives mais la consti­tu­tion écrite, la feuille de papier. Dans les temps modernes nous voyons, dans la plu­part des États, se mani­fes­ter l’ef­fort pour se don­ner une Consti­tu­tion écrite qui com­prend et doit fixer dans un docu­ment, sur une feuille de papier toutes les ins­ti­tu­tions et tous les prin­cipes de gou­ver­ne­ment ou pays.

    Com­ment pour­ra bien être faite la Consti­tu­tion d’un tel État ? Elle résulte néces­sai­re­ment de ces mêmes rap­ports de forces réels que nous venons de consi­dé­rer dans ce pays. Ce sera une Consti­tu­tion d’é­tat, où la noblesse sera le pre­mier état ou ordre, et à tous égards l’é­tat gou­ver­nant. Sans son accep­ta­tion, le prince ne pour­ra pas per­ce­voir un sou d’im­pôts ; il n’au­ra, rela­ti­ve­ment aux nobles, pas d’autre posi­tion que celle du pre­mier par­mi ses égaux.

    Telle était, Mes­sieurs, la Consti­tu­tion de la Prusse et de la plu­part des autres États au Moyen-Age.

    Sup­po­sons main­te­nant que la popu­la­tion aug­mente tou­jours, que l’in­dus­trie et les métiers pros­pèrent, don­nant ain­si les moyens de sub­sis­tance néces­saires à un nou­vel accrois­se­ment de la popu­la­tion qui com­mence à rem­plir les villes. Le capi­tal et la richesse moné­taire com­mencent à se déve­lop­per entre les mains de la bour­geoi­sie et des cor­po­ra­tions urbaines. Que va-t-il arriver ?

    L’ac­crois­se­ment de la popu­la­tion urbaine qui ne dépend pas de la noblesse et dont les inté­rêts sont bien plu­tôt oppo­sés à ceux de la noblesse, est d’a­bord favo­rable au prince, aug­men­tant le nombre des hommes d’armes à sa dis­po­si­tion. Avec les sub­sides des bour­geois et des métiers qui souffrent tant des per­pé­tuelles que­relles nobi­liaires, qui dési­rent dans l’in­té­rêt du com­merce et de la pro­duc­tion repos, sécu­ri­té et jus­tice régu­lière, et qui, ain­si, donnent volon­tiers au prince l’ap­pui de leur argent et de leurs hommes, le prince peut, aus­si sou­vent qu’il en a besoin, enrô­ler une armée suf­fi­sante et de puis­sance bien supé­rieure à celles des nobles rebelles. Les princes dès lors ne cessent de limi­ter tou­jours plus la puis­sance de la noblesse et lui reti­re­ront le droit de guerre ; quand elle vio­le­ra les lois du pays, ils déman­tè­le­ront ses for­te­resses. Et quand, dans le cours des temps, par le pro­grès de l’in­dus­trie, la richesse et la popu­la­tion du pays se seront déve­lop­pées suf­fi­sam­ment pour que le prince puisse for­mer une armée per­ma­nente, ce prince fera alors avan­cer ses régi­ments contre les états-géné­raux comme le Grand élec­teur ou comme Fré­dé­ric-Guillaume 1er, s’é­criant :  » J’é­ta­bli­rai ma sou­ve­rai­ne­té comme un rocher de bronze  » ; il sup­pri­me­ra l’ex­cep­tion d’im­pôts de la noblesse et met­tra fin à son droit de consen­te­ment à leur levée.

    Vous voyez com­ment, par un chan­ge­ment des rap­ports réels de forces, est inter­ve­nu un chan­ge­ment de la Consti­tu­tion : l’ab­so­lu­tisme prin­cier ou royal est né.

    Le prince n’a pas main­te­nant besoin d’é­crire la nou­velle Consti­tu­tion ; le prince est beau­coup trop pra­tique pour cela. Le prince a dans les mains le réel et effec­tif ins­tru­ment de force, l’ar­mée per­ma­nente, qui forme la véri­table Consti­tu­tion de cette socié­té, et le prince et ses ser­vi­teurs ne man­que­ront pas par la suite de le dire en nom­mant le pays un État militaire.

    Mais l’in­dus­trie, les métiers se déve­loppent de plus en plus, et avec eux croît de plus en plus la popu­la­tion. Il semble que ce pro­grès ne doive tou­jours ser­vir qu’au prince qui peut ain­si, sans cesse, aug­men­ter son armée per­ma­nente et en arri­ver à occu­per une posi­tion dans le monde.

    Mais le déve­lop­pe­ment de la socié­té bour­geoise finit par deve­nir si énorme, si gigan­tesque que, même au moyen de l’an­née per­ma­nente, le prince ne peut plus par­ti­ci­per dans le même rap­port qu’au­pa­ra­vant à ce pro­grès de la puis­sance de la bourgeoisie.

    Sous l’in­fluence d’un si gigan­tesque déve­lop­pe­ment, la bour­geoi­sie com­men­ça à se sen­tir une puis­sance poli­tique propre. Paral­lè­le­ment à ce déve­lop­pe­ment de la popu­la­tion se pro­dui­sit un déve­lop­pe­ment encore plus grand de la richesse sociale ; de plus, dans une aus­si forte mesure, pro­gres­saient les sciences et la culture géné­rale, la conscience publique, et nous avons déjà dit qu’elle était aus­si un mor­ceau de Consti­tu­tion. Les citoyens se dirent alors : nous ne vou­lons pas res­ter plus long­temps un peuple domi­né, sans volon­té ; nous vou­lons com­man­der nous aus­si ; le prince lui-même ne devra nous régir et diri­ger nos affaires que sui­vant notre volonté.

    Bref, Mes­sieurs, les rap­ports réels des forces dans ce pays se sont de nou­veau modifiés

    Quand dans une socié­té une révo­lu­tion est vic­to­rieuse, le droit pri­vé demeure il est vrai ; mais toutes les lois du droit public sont à terre, ou n’ont qu’une signi­fi­ca­tion pro­vi­soire et sont à refaire.

    Évi­dem­ment en ce seul cas où, comme il résulte de tout notre expo­sé, elle répond à la Consti­tu­tion effec­tive, aux réels rap­ports de forces exis­tant dans le pays. Là où la Consti­tu­tion écrite ne cor­res­pond pas à la Consti­tu­tion effec­tive, un conflit se pro­duit, conflit inévi­table et dans lequel, inévi­ta­ble­ment, à la longue, la Consti­tu­tion écrite, la simple feuille de papier, est vain­cue par les rap­ports réels de forces exis­tant dans le pays.

    Qu’au­rait-il donc alors dû arriver ?

    Et bien, on aurait dû avant tout non écrire une Consti­tu­tion sur du papier mais faire une Consti­tu­tion effec­tive, c’est-à-dire qu’il aurait fal­lu modi­fier les rap­ports réels de forces dans le pays, et les modi­fier en faveur des citoyens.

    Mais j’ai déjà, aupa­ra­vant, appe­lé votre atten­tion sur cette impor­tante dif­fé­rence entre la force de la nation et la force de l’ar­mée per­ma­nente qui a pour consé­quence que, quoique en véri­té plus petite, la force de l’ar­mée per­ma­nente est cepen­dant plus effec­tive que la force, certes plus grande, de la nation.

    Cette dif­fé­rence consiste, comme vous vous en sou­ve­nez, en ce que la force de la nation est une force inor­ga­ni­sée, tan­dis que la force de l’an­née per­ma­nente est une force orga­ni­sée, prête chaque jour à recom­men­cer le com­bat, et par consé­quent devant par là, à la longue, être plus effec­tive et se rendre maî­tresse du champ de bataille contre la force plus grande mais inor­ga­ni­sée de la nation, qui ne se ras­semble qu’en de rares moments de grande excitation.

    Il aurait fal­lu par exemple réduire la durée du ser­vice à six mois, ce qui d’une part, d’a­près les plus hautes auto­ri­tés mili­taires, est tout à fait suf­fi­sant pour une com­plète ins­truc­tion mili­taire du sol­dat et, d’autre part, est trop court pour qu’on puisse insuf­fler au sol­dat l’es­prit de caste. La briè­ve­té de ce temps de ser­vice aurait eu pour consé­quence un renou­vel­le­ment popu­laire conti­nu de l’ar­mée qui, au lieu de res­ter l’ar­mée du prince, deve­nait ain­si l’ar­mée du peuple.

    On aurait dû, de plus, éta­blir que tous les offi­ciers subal­ternes, jusques et y com­pris le major, devaient non être nom­més par les chefs mais élus par les corps de troupe, de façon que les postes d’of­fi­ciers ne fussent pas occu­pés par des enne­mis du peuple pou­vant contri­buer à chan­ger l’ar­mée en un ins­tru­ment aveugle de la puis­sance princière.

    Il aurait fal­lu de plus que, pour toutes les fautes qui n’é­taient pas d’ordre pure­ment mili­taire, l’ar­mée fût pla­cée sous la juri­dic­tion des tri­bu­naux civils ordi­naires afin que, par là aus­si, elle apprit à se consi­dé­rer comme for­mant un tout avec le peuple, et non comme quelque chose à part, une caste séparée.

    De tout cela, au prin­temps, en l’é­té de 1848 rien n’a été fait. Pou­vez-vous donc vous éton­ner si, en novembre 1848, la Révo­lu­tion de Mars refou­lée en arrière, était res­tée sans résul­tat ? Non, c’é­tait pré­ci­sé­ment une consé­quence néces­saire de ce qu’on n’a­vait rien change aux rap­ports réels des forces en présence.

    Au com­men­ce­ment de nos recherches, nous avons pro­cé­dé très len­te­ment afin d’ar­ri­ver d’a­bord à la notion de la Consti­tu­tion. Peut-être cela vous a‑t-il même sem­blé trop long. Mais, par compte, vous aurez remar­qué depuis long­temps que, depuis que nous pos­sé­dons cette notion, pas à pas se déve­lop­paient les consé­quences les plus sur­pre­nantes et nous com­pre­nons les choses bien mieux, beau­coup plus clai­re­ment et tout autre­ment ; et même, à pro­pre­ment par­ler, nous sommes par­ve­nus à des consé­quences qui, pour la plu­part, sont tout à fait oppo­sées aux concep­tions habi­tuelles de l’o­pi­nion publique à ce sujet

    Trans­for­mer effec­ti­ve­ment dans les pays les rap­ports réels des forces, enta­mer le pou­voir exé­cu­tif, le faire de telle façon, le trans­for­mer tel­le­ment qu’il ne pût plus jamais, par lui-même, s’op­po­ser à la volon­té de la nation — c’é­tait cela qu’il fal­lait faire alors, ce qui devait tout pré­cé­der, afin qu’une Consti­tu­tion puisse être durable. Cela n’ar­ri­vant pas à temps, on ne lais­sa même pas à l’As­sem­blée natio­nale le temps de faire une Consti­tu­tion, on la chas­sa avec les ins­tru­ments de ce pou­voir exé­cu­tif qui n’a­vaient pas été brisés.

    Deuxième consé­quence : Sup­po­sez que l’on n’ait pas chas­sé l’As­sem­blée natio­nale, et qu’elle ait pu réus­sir à faire et à ter­mi­ner une Consti­tu­tion. Cela aurait-il chan­gé quelque chose d’es­sen­tiel au cours des choses ?

    Pas du tout, la preuve en est dans les faits eux-mêmes. L’Assemblée natio­nale a été, il est vrai, chas­sée, mais le roi lui-même, le 5 décembre 1848, a pro­cla­mé une Consti­tu­tion tirée des papiers lais­sés par l’As­sem­blée natio­nale et qui, dans la plu­part de ses dis­po­si­tions, cor­res­pon­dait entiè­re­ment à celle que nous aurions eu à attendre de l’As­sem­blée natio­nale. Cette Consti­tu­tion fut pro­cla­mée par le roi lui-même. Elle ne lui fut pas impo­sée ; elle fut par lui, se posant en vain­queur, libre­ment octroyée. Alors, sem­ble­rait-il, cette Consti­tu­tion aurait d’au­tant mieux dû être viable !

    Nul­le­ment, Mes­sieurs ! Si vous avez un pom­mier dans votre jar­din et y atta­chez une éti­quette sur laquelle vous avez écrit c’est un figuier, cet arbre est-il deve­nu un figuier ? Non ; et quand même toute votre mai­son­née et avec elle tous les habi­tants du pays s’as­sem­ble­raient tout autour et solen­nel­le­ment jure­raient : C’est un figuier, l’arbre res­te­ra ce qu’il était, et l’an­née sui­vante, il le prou­ve­ra, en por­tant des pommes et non des figues.

    Il en est exac­te­ment de même, nous l’a­vons vu, avec la Consti­tu­tion. Ce qui est écrit sur la feuille de papier est fort indif­fé­rent quand elle est en contra­dic­tion avec la situa­tion réelle des choses, avec les rap­ports réels des forces.

    Mais chaque fois qu’en quelque lieu ou temps que ce soit un par­ti fait entendre pour cri de guerre ce cri d’an­goisse : se grou­per autour de la Consti­tu­tion, quelle conclu­sion en tirez-vous ? Je ne vous inter­roge pas ici, comme des hommes ani­més d’une volon­té ; ce n’est pas à votre volon­té que j’a­dresse ma ques­tion. Je vous inter­roge sim­ple­ment comme êtres pen­sants. Que conclu­riez-vous de ce phénomène ?

    Les rai­sons en sont simples. Quand une Consti­tu­tion écrite répond aux rap­ports de forces exis­tant dans le pays, jamais ce cri n’est pous­sé. Devant une telle Consti­tu­tion, cha­cun se tient à dis­tance et se garde de l’ap­pro­cher de trop près. Cha­cun se garde envers une telle Consti­tu­tion de fami­lia­ri­tés qui pour­raient mal tour­ner pour lui. Là où la Consti­tu­tion écrite répond aux rap­ports réels des forces, on ne voit pas ce phé­no­mène d’un par­ti fai­sant de l’at­ta­che­ment à la Consti­tu­tion son cri par­ti­cu­lier de ral­lie­ment. Où ce cri est pous­sé, c’est un signe cer­tain et infaillible d’an­goisse, car dans la Consti­tu­tion écrite il y a quelque chose qui est en contra­dic­tion avec la vraie Consti­tu­tion, avec les rap­ports réels des forces. Et là où cette contra­dic­tion s’est pro­duite, il n’y a ni Dieu ni cris qui la puissent secou­rir. La Consti­tu­tion écrite est tou­jours et irré­mé­dia­ble­ment condamnée.

    Si, Mes­sieurs, non seule­ment vous vous rap­pe­lez la confé­rence que j’ai eu l’hon­neur de vous faire et y réflé­chis­sez, mais aus­si, si par la pen­sée, vous en déve­lop­pez toutes les consé­quences, vous vien­drez en pos­ses­sion de tout art consti­tu­tion­nel et de toute science constitutionnelle.

    Les ques­tions consti­tu­tion­nelles sont en pre­mier lieu non des ques­tions de droit mais des ques­tions de force ; la Consti­tu­tion effec­tive d’un pays n’existe que dans les rap­ports réels des forces dans un pays ; les Consti­tu­tions écrites n’ont de valeur et de durée que si elles sont l’ex­pres­sion exacte des rap­ports effec­tifs de forces, tels qu’ils sont dans la socié­té — ce sont les prin­cipes que vous vou­drez bien rete­nir. J’ai expo­sé aujourd’­hui ces prin­cipes en consi­dé­rant tout par­ti­cu­liè­re­ment la force de l’ar­mée — d’a­bord parce que la briè­ve­té du temps ne me per­met­tait pas plus, et ensuite parce que l’ar­mée est le plus déci­sif et le plus impor­tant de tous les moyens orga­ni­sés de force, de puissance.

    Mais vous com­pre­nez, cela va de soi, qu’il en est entiè­re­ment de même de la jus­tice, de l’ad­mi­nis­tra­tion, etc. Ce sont en effet éga­le­ment les ins­tru­ments orga­ni­sés de force d’une socié­té. Rete­nez ce que je vous ai dit, Mes­sieurs, et si jamais vous vous retrou­viez en état de vous don­ner vous-mêmes une Consti­tu­tion, vous sau­rez ce que vous avez à faire, et que quelque chose peut être fait non en rem­plis­sant d’é­cri­ture une feuille de papier, mais en modi­fiant les rap­ports réels des forces du pays.

    Jusque là et en atten­dant, vous aurez appris, Mes­sieurs, par cette confé­rence, pour votre usage quo­ti­dien, et sans que j’en dit un mot, de quels besoins sont sor­tis les nou­veaux pro­jets mili­taires, l’aug­men­ta­tion de l’ar­mée qu’on vous demande. Vous aurez de vous-mêmes mis le doigt sur la source pro­fonde d’où ces pro­jets de loi sont issus.

    La monar­chie, Mes­sieurs, a des ser­vi­teurs pra­tiques ; ce ne sont pas de beaux par­leurs mais des ser­vi­teurs pra­tiques, comme vous devriez en désirer.

    Ver­sion complète :

    http://​www​.mar​xists​.org/​f​r​a​n​c​a​i​s​/​g​e​n​e​r​a​l​/​l​a​s​s​a​l​l​e​/​c​o​n​s​t​i​t​u​t​i​o​n​.​h​t​m​#​f​tn1

    Fer­di­nand Las­salle :

    http://​www​.mar​xists​.org/​f​r​a​n​c​a​i​s​/​b​i​o​s​/​l​a​s​s​a​l​l​e​.​htm

    Réponse
  112. Ronald

    Pour appro­fon­dir le texte de Las­salle, il y a, pour ceux qui ne les ont pas lues, les œuvres de Marx qui évoquent le sujet : Les luttes de classes en France et sa suite, Le 18 bru­maire de Louis Bona­parte. L’idée prin­ci­pale est de pré­sen­ter la luette des classes comme le moteur de l’histoire, en l’occurrence ici de la Deuxième Répu­blique. Mais ceci est deve­nu une idée cou­ram­ment admise de nos jours. De manière plus secon­daire, Marx aborde par­fois aus­si le pro­blème – qui nous inté­resse – de la Consti­tu­tion. Je ne suis pas spé­cia­liste de Marx, mais mon inter­pré­ta­tion (toute) per­son­nelle est la suivante.

    A la chute de Louis-Phi­lippe, l’intention a été d’établir un régime qui pré­serve les inté­rêts de cha­cune des classes qui avaient par­ti­ci­pé à la révo­lu­tion. Mais la consé­quence de cette idée de « Consti­tu­tion équi­li­brée » est que fina­le­ment per­sonne ne la sou­te­nait réel­le­ment. Très rapi­de­ment, chaque groupe a vou­lu « tirer la cou­ver­ture à soi » et trans­for­mer voire trans­gres­ser la consti­tu­tion répu­bli­caine dès qu’elle contre­di­sait leurs inté­rêts. Marx ne croit pas qu’une consti­tu­tion seule puisse s’imposer d’elle-même : « l’in­ter­pré­ta­tion de la Consti­tu­tion n’ap­par­te­nait pas à ceux qui l’a­vaient faite, mais uni­que­ment encore à ceux qui l’a­vaient accep­tée ». Il n’au­rait cer­tai­ne­ment pas consi­dé­ré la rédac­tion de la Consti­tu­tion comme la cause des causes, et pour lui elle n’est pas l’expression de la volon­té géné­rale, mais le résul­tat d’un rap­port de force. Dès lors qu’une classe ne peut plus main­te­nir son rang, la consti­tu­tion n’est plus qu’un bout de papier. Contre le pro­lé­ta­riat, la Répu­blique bour­geoise usa de moyens non consti­tu­tion­nels, et quand il en eut l’occasion, Louis-Napo­léon Bona­parte usa à son tour des mêmes moyens contre la Répu­blique. La consti­tu­tion n’est qu’une enve­loppe prête à cra­quer au moindre dés­équi­libre social :

    « La bour­geoi­sie fran­çaise s’é­tait cabrée contre la domi­na­tion du pro­lé­ta­riat tra­vailleur, et c’est elle qui mit au pou­voir le sous-pro­lé­ta­riat ayant à sa tête le chef de la socié­té du Dix-Décembre. La bour­geoi­sie avait tenu la France toute hale­tante dans la crainte des hor­reurs futures de l’a­nar­chie rouge, et c’est Bona­parte qui lui escomp­ta cet ave­nir en fai­sant, le 4 décembre, des­cendre de leurs fenêtres à coups de fusils, par les sol­dats de l’ordre saouls d’eau-de-vie, les bour­geois dis­tin­gués du bou­le­vard Mont­martre et du bou­le­vard des Ita­liens. La bour­geoi­sie avait fait l’a­po­théose du sabre, et c’est le sabre qui la domine.

    Elle avait sup­pri­mé la presse révo­lu­tion­naire, et c’est sa propre presse qui est sup­pri­mée. Elle avait pla­cé les réunions popu­laires sous la sur­veillance de la police, et ce sont ses salons qui sont, à leur tour, pla­cés sous la sur­veillance de la police. Elle avait dis­sous la garde natio­nale démo­cra­tique, et c’est sa propre garde natio­nale qui est dis­soute. Elle avait pro­cla­mé l’é­tat de siège, et c’est contre elle que l’é­tat de siège est main­te­nant pro­cla­mé. Elle avait rem­pla­cé les jurys par des com­mis­sions mili­taires, et ses propres jurys sont, à leur tour, rem­pla­cés par des com­mis­sions militaires.

    Elle avait livré aux prêtres l’ins­truc­tion publique, et main­te­nant c’est sa propre ins­truc­tion qui est livrée aux prêtres. Elle avait dépor­té sans juge­ment, et main­te­nant c’est elle que l’on déporte sans juge­ment. Elle avait répri­mé à l’aide de la force publique tout mou­ve­ment de la socié­té, et main­te­nant le pou­voir d’E­tat réprime, à son tour, tout mou­ve­ment de sa propre socié­té. Pour l’a­mour de son porte-mon­naie, elle s’é­tait révol­tée contre ses propres poli­ti­ciens et lit­té­ra­teurs. Main­te­nant, non seule­ment ses poli­ti­ciens et lit­té­ra­teurs sont à l’é­cart, mais on pille son porte-mon­naie, après l’a­voir bâillon­née et après avoir bri­sé sa plume. (…) Cette Répu­blique n’a­vait per­du que l’ap­pa­rence de la res­pec­ta­bi­li­té. La France actuelle était déjà tout entière dans la Répu­blique par­le­men­taire. Il avait suf­fi d’un coup de baïon­nette pour cre­ver l’en­ve­loppe exté­rieure et faire appa­raître le monstre à tous les yeux. » (Le 18 bru­maire de Louis Bonaparte)

    Marx ne semble donc pas croire aux ins­ti­tu­tions de l’Etat pour pré­ve­nir les abus de pou­voir. Ceux-ci resur­gi­ront dès qu’une classe entre­ver­ra la pos­si­bi­li­té de domi­ner les autres. Aus­si, il en arri­ve­ra à ce qu’il voit comme seule solu­tion : une socié­té sans classes.

    Pour ter­mi­ner, voi­ci un petit pas­sage nar­quois qui me plaît bien, où il exprime sa pen­sée sur les démo­crates de son temps (nous sommes dans le contexte de juin 1849, et Bona­parte com­mence à vio­ler pro­gres­si­ve­ment les pré­ro­ga­tives du Par­le­ment en atta­quant Rome).

    « Aucun par­ti ne s’exa­gère davan­tage les moyens dont il dis­pose que le Par­ti démo­crate. Aucun ne s’illu­sionne plus légè­re­ment sur la situa­tion. Parce qu’une par­tie de l’ar­mée avait voté pour elle, la Mon­tagne était per­sua­dée que l’ar­mée se sou­lè­ve­rait en sa faveur. Et à quelle occa­sion ? A une occa­sion qui, du point de vue des troupes, ne signi­fiait autre chose que ceci : les révo­lu­tion­naires pre­naient par­ti pour les sol­dats romains contre les sol­dats fran­çais. D’autre part, les sou­ve­nirs de Juin 1848 étaient encore trop vivaces pour que le pro­lé­ta­riat ne res­sen­tît pas une aver­sion pro­fonde à l’é­gard de la garde natio­nale, et pour que les chefs des socié­tés secrètes n’eussent pas une pro­fonde méfiance à l’é­gard des chefs du Par­ti démo­crate. Pour apla­nir ces dif­fé­rends, il fal­lait les grands inté­rêts com­muns qui étaient en jeu. La vio­la­tion d’un para­graphe abs­trait de la Consti­tu­tion ne pou­vait pas offrir cet inté­rêt. La Consti­tu­tion n’a­vait-elle pas été déjà vio­lée à dif­fé­rentes reprises, de l’a­veu des démo­crates eux-mêmes ? Les jour­naux les plus popu­laires ne l’a­vaient-ils pas stig­ma­ti­sée comme une machi­na­tion contre-révolutionnaire ?

    Mais le démo­crate, parce qu’il repré­sente la petite bour­geoi­sie, par consé­quent une classe inter­mé­diaire, au sein de laquelle s’é­moussent les inté­rêts de deux classes oppo­sées, s’i­ma­gine être au-des­sus des anta­go­nismes de classe. Les démo­crates recon­naissent qu’ils ont devant eux une classe pri­vi­lé­giée, mais eux, avec tout le reste de la nation, ils consti­tuent le peuple. Ce qu’ils repré­sentent, c’est le droit du peuple ; ce qui les inté­resse, c’est l’in­té­rêt du peuple. Ils n’ont donc pas besoin, avant d’en­ga­ger une lutte, d’exa­mi­ner les inté­rêts et les posi­tions des dif­fé­rentes classes. Ils n’ont pas besoin de peser trop minu­tieu­se­ment leurs propres moyens. Ils n’ont qu’à don­ner le signal pour que le peuple fonce avec toutes ses res­sources inépui­sables sur ses oppres­seurs. Mais si, dans la pra­tique, leurs inté­rêts appa­raissent sans inté­rêt, et si leur puis­sance se révèle comme une impuis­sance, la faute en est ou aux sophistes cri­mi­nels qui divisent le peuple indi­vi­sible en plu­sieurs camps enne­mis, ou à l’ar­mée qui est trop abru­tie et trop aveu­glée pour consi­dé­rer les buts de la démo­cra­tie comme son propre bien, ou encore, c’est qu’un détail d’exé­cu­tion a tout fait échouer, ou, enfin, c’est qu’un hasard impré­vu a fait perdre cette fois la par­tie. En tout cas, le démo­crate sort de la défaite la plus hon­teuse tout aus­si par qu’il était inno­cent lors­qu’il est entré dans la lutte, avec la convic­tion nou­velle qu’il doit vaincre, non pas parce que lui et son par­ti devront aban­don­ner leur ancien point de vue, mais parce que, au contraire, les condi­tions devront mûrir. » (Le 18 bru­maire de Louis Bonaparte)

    Réponse
  113. J.C

    @ Ronald

    « Il n’au­rait cer­tai­ne­ment pas consi­dé­ré la rédac­tion de la Consti­tu­tion comme la cause des causes, et pour lui elle n’est pas l’expression de la volon­té géné­rale, mais le résul­tat d’un rap­port de force »

    Je suis par­fai­te­ment d’ac­cord avec ça, toute consti­tu­tion vise à impo­ser des lois. Ceux qui sont garants de ces lois imposent les leurs aux autres. Comme il ne peut y avoir de consen­sus sur tout les sujets sauf à aban­don­ner les opi­nions, il y aura tou­jours des domi­nants et des domi­nés. Tant que les choses seront déci­dés en fonc­tions d’in­té­rêts plu­tôt qu’en fonc­tions des besoins de cha­cun, il en sera ainsi.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  114. J-Stéphane

    Bon­soir,

    Je pense qu’il serait bon de revoir com­plè­te­ment la com­po­si­tion des minis­tères qui struc­ture notre gou­ver­ne­ment ain­si que leurs fonctions.

    Alors que cer­tains minis­tères devraient être tout sim­ple­ment sup­pri­més, d’autres ont besoin d’être com­plè­te­ment rema­niés, et pour mieux cor­res­pondre aux réa­li­tés de notre époque, il fau­drait éga­le­ment en créer de nouveaux.

    Réponse
  115. J-Stéphane

    Eco­no­mie démocratique.

    Puisque ce n’est pas le coût de pro­duc­tion qui déter­mine les prix, mais l’offre et la demande, les pro­duc­teurs détruisent leurs pro­duc­tions pour faire grim­per les prix… :

    {{Une ving­taine de pro­duc­teurs d’œufs du Finis­tère s’est ren­due jeu­di, à 21 h, devant le centre des Finances publiques de Mor­laix, place du Pou­liet, pour y déver­ser 100 000 œufs.

    Ce chiffre repré­sente 5 % de la pro­duc­tion quo­ti­dienne de la tren­taine d’éleveurs qui com­posent ce col­lec­tif infor­mel pour la défense de l’agriculture bre­tonne. 5 %, c’est ce qu’ils estiment être le taux de sur­pro­duc­tion d’œufs en France, res­pon­sable selon eux de la baisse des prix. « Ces œufs ne doivent pas res­ter sur le ter­ri­toire natio­nal. On est prêt a les expé­dier ailleurs s’il le faut », explique un des producteurs

    « Ca fait sept mois que l’on vend en des­sous du prix de revient, ça suf­fit », s’indigne l’un d’eux. Ils appellent l’État à enca­drer la pro­duc­tion, et à four­nir un lieu où la des­truc­tion du sur­plus pour­ra se faire dans les normes, le temps qu’une solu­tion pérenne soit trou­vée. Pour cela, ils demandent aux grou­pe­ments de pro­duc­teurs de les rejoindre. Pour que les négo­cia­tions prennent en compte les inté­rêts de cha­cun, ils sou­haitent la pré­sence d’un média­teur autour de la table de discussion.

    Tant qu’une solu­tion ne sera pas trou­vée, ils menacent de pour­suivre leurs actions. « Il faut que l’on trouve une solu­tion avant la fin du mois d’août », tranche l’un des membres du collectif.

    À l’issue de leur action de pro­tes­ta­tion qui a duré une tren­taine de minutes, les pro­duc­teurs se sont ren­dus dans les locaux des Res­tos du cœur pour y faire don de 5 400 œufs.}}

    Source : Ouest-france

    Réponse
  116. nlescan

    Per­so les agri­cul­teurs qui déversent je ne sais com­bien de tonnes pro­duits chi­miques dans la terre, qui traitent leurs ani­maux d’une façon mons­trueuse et qui pour mon­trer leur mécon­ten­te­ment détruisent de la nour­ri­ture je le dis clai­re­ment : je ne trouve pas leur action légi­time, je ne les sou­tien pas, je trouve ce qu’ils font par­fai­te­ment dégueulasse.

    Que les gars aillent faire des dis­tri­bu­tion de den­rées gra­tos devant les super­mar­chés, la je les res­pec­te­rai, la ce serait subversif.

    Aller gâcher de la bouffe pen­dant que d’autres crèvent de faim c’est une honte !

    Leurs éle­vages en bat­te­rie une honte !

    Leurs pro­duits chi­miques une honte !

    Réponse
  117. Marie

    Abso­lu­ment d’accord !

    Réponse
  118. Anonymous

    LA DÉMOCRATIE QUI NE FAIT PAS DU PEUPLE LE RESPONSABLE DE SES DÉCISIONS EST UNE TROMPERIE.

    LA RELIGION QUI NE RECONNAÎT PAS LA FOI COMME UN DON PERSONNEL DE DIEU EST UNE MANIPULATION.

    LE BIEN COMMUN QUI NE SE FONDE PAS SUR LA JUSTICE ET LA VÉRITÉ EST UNE ESCROQUERIE.

    Source : Oscar For­tin

    POUR UNE HUMANITÉ À VISAGE HUMAIN

    L’image que pro­jette l’humanité, celle des guerres, des famines, des crises éco­no­miques, n’a pas de quoi la révé­ler dans ce qu’elle a de plus humain. Elle est plu­tôt un champ de bataille où se com­mettent les crimes les plus atroces et son des­tin est plus près de l’abîme que de la plé­ni­tude d’humanité dont elle porte pour­tant le germe.

    Que l’on soit croyant ou pas, l’HUMANITÉ ne porte-t-elle pas dans sa propre nature une réa­li­té et des valeurs qui rejoignent toutes les per­sonnes de bonne volon­té de la pla­nète terre ? Serait-elle donc condam­née par un mys­té­rieux des­tin à n’être que la contra­dic­tion d’elle-même ?

    Pour­tant, depuis la nuit des temps où elle s’est mise en marche vers un des­tin non encore atteint, elle a fait des pas de géants pour fran­chir, étape après étape les résis­tances de la matière, de l’ignorance, de l’esclavitude, de l’individualisme, des pou­voirs de domi­na­tion et de conquêtes. Des peuples ont conquis leur indé­pen­dance, les droits des per­sonnes ont été recon­nus dans des chartes inter­na­tio­nales, etc.

    Cette HUMANITÉ, à laquelle nous appar­te­nons tous et toutes, est une semence dont les prin­ci­pales carac­té­ris­tiques se révèlent au fur et à mesure qu’elle se déve­loppe dans le temps. Celles qui s’imposent à ce moment pré­cis des temps que nous vivons ce sont, cette fois-ci dans leur dimen­sion uni­ver­selle et pla­né­taire, la jus­tice, la véri­té, la soli­da­ri­té, la com­pas­sion, la digni­té, le res­pect des per­sonnes et des peuples. Nous n’en sommes plus au vil­lage qui se prend pour le monde pas plus qu’à l’individu qui se prend pour l’humanité. Nous pas­sons du « tout pour moi » au « tout pour l’humanité ». Nous pas­sons, comme dirait le grand phi­lo­sophe Gabriel Mar­cel, du moi au nous.

    Le monde que nous connais­sons n’est plus une enti­té uni­forme, mais une réa­li­té mul­ti­forme et mul­ti­po­laire, se pré­sen­tant comme un prisme aux mille cou­leurs et se révé­lant sous diverses facettes. Chaque fois où ces valeurs prennent forme et consis­tance, l’HUMANITÉ se révèle plus lumi­neuse, plus belle, plus diver­si­fiée et plus authen­tique. Nous en sommes à ce pas­sage. Un pas­sage où tout n’est pas évident. De nou­veaux para­digmes de la gou­ver­nance mon­diale s’imposent. À nous de les iden­ti­fier, d’en prendre plei­ne­ment conscience et d’en faire les réfé­rences d’un monde nou­veau à naître.

    LES RÉSISTANCES À LA CROISSANCE DE L’HUMANITÉ

    Autant la matière brute fut une résis­tance aux pre­miers pas de la vie de cette HUMANITÉ, autant les pou­voirs domi­nants de nos socié­tés, gui­dés par les ambi­tions de conquête et d’asservissement, empor­tés par la cupi­di­té sans limites de ses arti­sans, la consom­ma­tion chlo­ro­for­mante des esprits, sont deve­nus les résis­tances qu’elle doit vaincre pour pour­suivre sa route par en avant.

    Ce com­bat s’avère d’autant plus ardu que ces forces de résis­tance sont par­ve­nues, jusqu’à un cer­tain point, à trans­for­mer leurs men­songes en véri­té et la véri­té en men­songe, leur cupi­di­té en géné­ro­si­té et la géné­ro­si­té en cupi­di­té, leurs guerres, en guerres huma­ni­taires et les guerres huma­ni­taires, en ter­ro­risme. On parle de cer­taines choses tout en pas­sant sous silence d’autres pour mieux trom­per. Une toile, tis­sée habi­le­ment et fine­ment, pré­sente ce mirage comme l’authentique et véri­table humanité.

    Les der­nières tech­niques de com­mu­ni­ca­tion et les médias les plus puis­sants sont, évi­dem­ment, au ser­vice de cette grande trom­pe­rie. La majo­ri­té des esprits n’ont plus le temps de s’arrêter pour regar­der ce qui se passe réel­le­ment, envoû­tés qu’ils sont par leur quo­ti­dien. Ils s’en remettent à ce que leur racontent les jour­naux et leur jour­nal télé­vi­sé qu’ils reçoivent comme paroles d’Évangile. Les diri­geants des pays déve­lop­pés aux­quels plu­sieurs d’entre nous appar­te­nons nous vendent l’idée que nous sommes les bâtis­seurs d’une huma­ni­té nou­velle aux mille vertus.

    Le fameux dis­cours de G.W. Bush, alors pré­sident des États-Unis, défi­nis­sant ce qui est bon et ce qui est mal, les bons étant les États-Unis d’Amérique et tous leurs alliés, les méchants étant tous ceux qui ne se ral­lient pas à leurs pro­jets de domi­na­tion et d’empire, marque un tour­nant dans l’histoire des rela­tions des peuples et des nations.

    Les Nations Unies ain­si que toutes ses chartes sur les droits des per­sonnes et des États passent au second rang, l’arbitre n’étant plus la com­mu­nau­té inter­na­tio­nale, mais plu­tôt les prin­ci­paux arti­sans des pou­voirs de l’État éta­su­nien. Même l’Église catho­lique, à tra­vers sa papau­té et sa hié­rar­chie, s’est faite com­plai­sante avec cette façon de défi­nir le bien et le mal.

    Le pape Jean-Paul II n’a‑t-il pas reçu la médaille de la liber­té des mains de ce G.W. Bush, cet enva­his­seur d’Irak et Benoit XVI ne s’est-il pas prê­té à une célé­bra­tion gran­diose de son anni­ver­saire de nais­sance dans les jar­dins de la Mai­son Blanche en com­pa­gnie de plus de 10 000 invi­tés, la plu­part enga­gés dans les guerres cri­mi­nelles contre « ces ter­ro­ristes », à savoir ceux qui ne s’allient pas à leur volon­té de puis­sance et de domi­na­tion ? Sur ce point, je vous réfère à un article qui fait état de cette grande alliance entre l’Église et l’Empire.

    Les guerres en Libye et en Syrie, les coups d’État au Hon­du­ras et au Para­guay ain­si que les mul­tiples ten­ta­tives de ren­ver­se­ment de gou­ver­ne­ments en Boli­vie, au Vene­zue­la, en Équa­teur ont tous un objec­tif com­mun, celui de contrer l’émergence d’un autre monde et de recon­qué­rir les richesses et les pou­voirs de l’État.

    Lorsque les « indi­gnés » ont pris la rue en Europe et aux États-Unis, ils ont vou­lu dire, assez c’est assez. Le scan­dale du 1% de l’humanité, dis­po­sant à volon­té des 99%, a assez duré.

    LES FORCES MONTANTES DE L’HUMANITÉ

    Der­rière cette image offi­cielle que nous donnent les prin­ci­paux médias de l’empire et de leurs alliés poli­tiques et reli­gieux, il y a une huma­ni­té qui avance, fra­gi­li­sant tou­jours plus ce mon­tage média­tique et démas­quant avec tou­jours plus d’acuité l’hypocrisie et le men­songe qui en consti­tuent les fondements.

    Julian Assange, fon­da­teur de Wiki­Leaks, qui a bri­sé la glace du secret en dévoi­lant des mil­liers de docu­ments met­tant en cause le gou­ver­ne­ment des États-Unis Brad­ley Man­ning, ce jeune sol­dat (26 ans) qui a dénon­cé les crimes com­mis par l’armée et les ser­vices secrets de son pays, Edward Snow­den, cet autre jeune (29 ans) qui vient de révé­ler tous les des­sous de l’espionnage cri­mi­nel des États-Unis dans le monde sont, tous les trois, de véri­tables chefs de file dans cette lutte contre le secret cou­vrant des crimes et des cri­mi­nels. Leurs inter­ven­tions lèvent le voile der­rière lequel se cachent les véri­tables visages de ceux et de celles qui se font pas­sés pour des grands ser­vi­teurs d’humanité, alors qu’ils n’en sont que des fossoyeurs.

    Au-delà de ces évè­ne­ments tout récents, il y a eu et a tou­jours de plus en plus de lea­ders et de peuples qui prennent conscience de cette grande mani­pu­la­tion et qui l’affrontent avec cou­rage, digni­té et une déter­mi­na­tion indé­fec­tible au ser­vice de la véri­té, de la jus­tice et de la solidarité.

    La deuxième moi­tié du siècle der­nier nous four­nit de nom­breux exemples de ces prises de conscience de la grande trom­pe­rie. Que ce soit en Afrique ou en Amé­rique latine ces pour­fen­deurs des pou­voirs domi­nants et de leurs tri­che­ries ont, pour un grand nombre, témoi­gné de leurs convic­tions jusqu’au sacri­fice de leur propre vie. Qu’on pense aux cen­taines de mil­liers de vic­times des coups d’État mili­taire que ce soit au Gua­te­ma­la, au Bré­sil, au Chi­li, en Boli­vie, en Uru­guay, enAr­gen­tine, sans oublier toutes ces vic­times du Plan Condor.

    En juillet der­nier, le peuple cubain célé­brait le 60e anni­ver­saire de l’attaque à la caserne mili­taire « La Mon­ca­da ». Un groupe de jeunes, encore dans la ving­taine, scan­da­li­sés par la dic­ta­ture de Batis­ta, par les injus­tices sociales, par la domi­na­tion des mul­ti­na­tio­nales, par le main­tien d’un régime d’esclavitude, se sont atta­qués, un 26 juillet 1953, à la caserne mili­taire La Mon­ca­da, sym­bole de ce pou­voir. Cer­tains y lais­sèrent leur vie, plu­sieurs autres furent bles­sés ou fait pri­son­nier. Fidel par­vien­dra à s’enfuir à la mon­tagne, mais il sera vite dénon­cé et fait pri­son­nier. Le jeune Fidel Cas­tro, 26 ans et avo­cat de for­ma­tion, assu­me­ra lui-même sa propre défense. Cette défense est deve­nue une réfé­rence fon­da­men­tale pour tout ce qui va suivre en Amé­rique latine et dans de nom­breux pays du Tiers-monde, « L’Histoire vas m’absoudre ». Il a d’ailleurs ter­mi­né sa plai­doi­rie par ces mots :

    « « Je ter­mi­ne­rai ma plai­doi­rie d’une manière peu com­mune à cer­tains magis­trats en ne deman­dant pas la clé­mence de ce tri­bu­nal. Com­ment pour­rais-je le faire alors que mes com­pa­gnons subissent en ce moment une igno­mi­nieuse cap­ti­vi­té sur l’île des Pins ? Je vous demande sim­ple­ment la per­mis­sion d’al­ler les rejoindre, puis­qu’il est nor­mal que des hommes de valeur soient empri­son­nés ou assas­si­nés dans une Répu­blique diri­gée par un voleur et un cri­mi­nel. Condam­nez-moi, cela n’a aucune impor­tance. L’his­toire m’absoudra. »

    Le 1er jan­vier 1959, Batis­ta est ren­ver­sé et les jeunes révo­lu­tion­naires, sou­te­nus par la grande majo­ri­té du peuple feront une entrée triom­phale à la Havane. Depuis plus de 53 ans, ce petit pays des Antilles est sou­mis à un des pires blo­cus éco­no­miques de son puis­sant voi­sin du nord. En dépit de toutes ces dif­fi­cul­tés, la Cuba révo­lu­tion­naire a sur­vé­cu, deve­nant la réfé­rence conti­nen­tale pour ses méde­cins et ses ser­vices de san­té, offrant gra­tui­te­ment l’éducation à tous ses citoyens et citoyennes et déployant une soli­da­ri­té inter­na­tio­nale qui fit dire à l’ex-président de l’Assemblée géné­rale des Nations Unies, Miguel Des­co­to, que Fidel était l’homme le plus soli­daire de notre temps.

    Les forces domi­nantes ne l’entendent pas ain­si, mais Fidel, cible de plus de 635 ten­ta­tives d’assassinat, est tou­jours là pour écou­ter et conseiller les nom­breux pré­si­dents et digni­taires de l’Amérique latine et des Caraïbes, de même que ceux venant de par­tout à tra­vers le monde.

    Depuis lors, le germe d’une pen­sée nou­velle pour un autre monde, une autre huma­ni­té, a pris racine et s’est déve­lop­pé. Les pays émer­gents de l’Amérique latine ain­si que les diverses orga­ni­sa­tions d’intégration régio­nale en font de plus en plus la démons­tra­tion. Ils confondent l’empire et ses oli­gar­chies en réa­li­sant par des voies entiè­re­ment démo­cra­tiques les chan­ge­ments pro­fonds qui redonnent à leurs peuples le véri­table pou­voir de leur destin.

    Voi­ci ce qu’avait à dire Pepe Muji­ca, pré­sident d’Uruguay, ancien révo­lu­tion­naire Tupa­ma­ros, 14 ans de pri­son dans des condi­tions où le res­pect de la per­sonne n’avait pas sa place, en ce 60e anni­ver­saire de l’attaque de la caserne de la Moncada.

    « Les chan­ge­ments sociaux ne sont pas au coin de la rue. Les chan­ge­ments sociaux ne dis­posent pas de labo­ra­toires où on peut expé­ri­men­ter à froid. Les chan­ge­ments sociaux sont le résul­tat de l’expérimentation directe de la lutte avec les peuples.

    « La révo­lu­tion cubaine a été une révo­lu­tion d’auto-estime pour les Lati­no-Amé­ri­cains. Les chan­ge­ments maté­riels sont plus faciles que les chan­ge­ments cultu­rels qui sont en défi­ni­tive le ciment de l’histoire.

    Quant à Nico­las Madu­ro, pré­sident du Vene­zue­la, ancien chauf­feur d’autobus et de Métro il a eu ces paroles à l’endroit du peuple cubain :

    « Mer­ci au peuple cubain si l’Amérique latine est aujourd’hui ce qu’elle est. Cuba est res­pon­sable de la créa­tion d’institutions comme l’ALBA (Alliance boli­va­rienne pour les peuples de notre Amé­rique), la CELAC (Com­mu­nau­té d’États lati­no-amé­ri­cains et Cari­béens), de qui nous avons l’espérance de ce que nous sommes aujourd’hui. Il a fal­lu attendre 60 ans de lutte. Grâce à Cuba, grâce à Fidel, grâce à Bolivar. »

    Nos médias et nos gou­ver­nants ont tel­le­ment dia­bo­li­sé Cuba et ses diri­geants que nous avons peine à com­prendre que des diri­geants de pays démo­cra­tiques, des intel­lec­tuels de répu­ta­tion inter­na­tio­nale, des prix Nobel de la paix, puissent avoir un tel res­pect et une telle admi­ra­tion pour ces derniers.

    N’empêche que l’Humanité de l’avenir, celle dans laquelle tous les humains pour­ront s’y recon­naître, doit pas­ser par cette voie de la soli­da­ri­té, de la démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive, du res­pect des dif­fé­rences à tra­vers l’intégration qui soudent les peuples et les per­sonnes les unes aux autres. La jus­tice doit deve­nir une réfé­rence constante et la véri­té doit s’imposer par sa transparence.

    L’Humanité n’a plus besoin de ces maîtres qui s’imposent aux peuples pour se les asser­vir, mais de ces maîtres qui s’unissent aux peuples pour les servir.

    CONCLUSION

    Un vent d’optimisme se filtre un pas­sage à tra­vers la moro­si­té des temps que nous tra­ver­sons. Les pays émer­gents de l’Amérique latine avancent avec leurs peuples, fon­de­ments de leur capa­ci­té de vaincre ces forces occultes qui les ont pen­dant de si nom­breuses années mani­pu­lés et asservis.

    Le pre­mier geste de ces nou­veaux gou­ver­ne­ments est de doter leurs peuples d’une nou­velle consti­tu­tion qui soit à leur image. Les anciennes consti­tu­tions, éla­bo­rées par les oli­gar­chies, répon­daient prio­ri­tai­re­ment aux inté­rêts de ces der­niers. Ce fut, entre autres, le cas pour le Vene­zue­la, la Boli­vie et l’Équateur. Dans les trois cas, les nou­velles consti­tu­tions ont été recon­nues et accep­tées à tra­vers un réfé­ren­dum populaire.


    Le pape Fran­çois avec Rafael Cor­rea, pré­sident de l’Équateur

    Il y a aus­si, avec l’arrivée du pape Fran­çois, une ère nou­velle qui s’annonce pour l’Église, alliée tra­di­tion­nelle des forces de l’Empire. Beau­coup d’ingrédients indiquent que cette alliance tire à sa fin.

    De fait, l’option pour les pauvres et avec les pauvres qu’il prêche ne pour­ra fra­ter­ni­ser long­temps avec les forces qui sont à la source d’une grande par­tie de cette pau­vre­té. L’appel à la cha­ri­té dont elle se fait la pro­mo­trice pour résoudre les pro­blèmes de pau­vre­té ne pour­ra résis­ter long­temps à la néces­si­té de s’attaquer au sys­tème qui en est le germe et la prin­ci­pale cause.

    La cha­ri­té qui fait appel à la géné­ro­si­té et à la bon­té doit se conju­guer avec la jus­tice qui fait appel aux droits des per­sonnes et des peuples. Les jours et les mois qui viennent seront déter­mi­nants pour voir plus clai­re­ment la direc­tion vers laquelle se dirige le pape François.

    Pour l’Amérique latine, un chan­ge­ment de cap de l’église ins­ti­tu­tion­nelle aurait un impact déter­mi­nant sur les forces oli­gar­chiques et impé­riales du Continent.

    Par­fois il m’arrive de pen­ser que j’aurai vu naître le Nou­veau Monde, l’homme nou­veau, l’humanité dans ses der­niers pas vers son plein achè­ve­ment. Le livre de l’Apocalypse a sa manière bien lui de nous racon­ter cet avènement.

    Puis je vis un ciel nou­veau, une terre nou­velle – car le pre­mier ciel et la pre­mière terre ont dis­pa­ru, et de mer, il n’y en a plus. Je vis la Cité sainte, Jéru­sa­lem nou­velle, qui des­cen­dait du ciel, de chez Dieu ; elle s’est faite belle, comme une jeune mariée parée pour son époux. J’en­ten­dis alors une voix cla­mer, du trône : « Voi­ci la demeure de Dieu avec les hommes. Il aura sa demeure avec eux ; ils seront son peuple, et lui, Dieu-avec-eux, sera leur Dieu. Il essuie­ra toute larme de leurs yeux : de mort, il n’y en aura plus ; de pleur, de cri et de peine, il n’y en aura plus, car l’an­cien monde s’en est allé. » Alors, Celui qui siège sur le trône décla­ra : « Voi­ci, je fais l’u­ni­vers nou­veau. » Puis il ajou­ta : « Écris : Ces paroles sont cer­taines et vraies. » (Apoc. 21, 1–5)

    Source : Oscar For­tin

    Réponse
  119. Furax

    Qui peut faire feu de l’arme nucléaire ?

    Qui seront les vic­times, et qui en profitera ?

    Les 99% ou les 1% ?

    Réponse
  120. J-Stéphane

    La démo­cra­tie c’est le peuple qui fait auto­ri­té sur sa poli­tique et qui ne s’in­gère pas dans celles des autres.

    Réponse
  121. J-Stéphane

    Le gou­ver­ne­ment Fran­çais réagit, et compte inter­ve­nir à l’é­tran­ger pour répondre à l’u­ti­li­sa­tion de l’arme chimique.

    Sans remettre en ques­tion la véra­ci­té de l’u­ti­li­sa­tion de l’arme chi­mique sur les civils, on peut quand même s’in­ter­ro­ger sur qui en est l’utilisateur…

    Il me semble que le gou­ver­ne­ment Fran­çais fait preuve d’une ingé­rence mani­feste, sur­tout quand on prend en compte que tous les jours en France des citoyens meurent de l’arme chi­mique, et qu’il en encou­rage l’utilisation…

    Réponse
  122. EFFAB

    sans par­ler de ceci…

    Réponse
  123. Ronald

    @ Patrick Flécheux

    Cet article de Sud Ouest est super. C’est une belle trou­vaille. Ce Sté­phane Ber­nard est vrai­ment sur la ligne des reven­di­ca­tions démo­cra­tiques. Je ne doute pas qu’il soit un lec­teur de ce site. Je sous­cri­rais à l’ensemble de son pro­jet, sauf sur un point mais essen­tiel. A mon avis, le maire ne devrait pas être tiré au sort. Je pense que dans une struc­ture démo­cra­tique, le plus haut poste ne devrait pas être confié à un démo­crate. Si, si ! J’explique.

    Dans son pro­jet, sa liste sera com­po­sée de volon­taires, avec tirage au sort par­mi les volon­taires. Il espère que sa liste sera vic­to­rieuse aux élec­tions, et ain­si qu’il aura la majo­ri­té au conseil muni­ci­pal. Il pour­ra alors impo­ser son idée, qui est de tirer le maire au sort, par­mi les conseillers. Au cours du man­dat, il y une rota­tion du poste entre les can­di­dats à la fonction :
    « Sur­tout lorsque, dans le pro­jet muni­ci­pal d’EBR‑T, le maire sera lui aus­si dési­gné par la for­tune. « Ce sera un poste tour­nant. Nous pren­drons tous ceux qui veulent bien être maire, nous divi­se­rons les six ans du man­dat par leur nombre. »

    Sa liste rem­porte les élec­tions. Admet­tons que par­mi les can­di­dats au poste de maire, il y en a quatre de sa liste et deux de l’opposition oli­gar­chique. (NB : S’il y a cinq can­di­dats de l’opposition et un de la majo­ri­té, cela pose déjà pro­blème, puisque l’opposition aura la poste pen­dant 5 ans et la majo­ri­té 1 an ; mais pas­sons, admet­tons qu’il y a quatre can­di­dats de la majo­ri­té et deux de l’opposition).

    Pen­dant les 6 ans de la man­da­ture, il y aura deux ans où le maire est un vieux rou­blard de la poli­tique, repré­sen­tant l’oligarchie. Et puis 4 ans ou le maire sera un novice issu des tirés au sort. Par­mi ces quatre, il y en aura sans doute trois pas très com­pé­tents (c’est le prin­cipe de la démo­cra­tie), pour un com­pé­tent. Cha­cun n’a son poste qu’un an.

    Or, le maire est le repré­sen­tant de sa com­mune pour l’extérieur. C’est lui qui doit défendre les pro­jets, obte­nir les sub­sides. A ce jeu, les maires oli­gar­chiques, qui ont l’avantage d’être plus com­pé­tents, plus mal­hon­nêtes et de dis­po­ser de réseaux seront bien plus effi­caces que des gens qui étaient aupa­ra­vant répa­ra­teurs de pho­to­co­pieurs. A la fin des six ans, il n’y aura pas pho­to sur les résul­tats obte­nues par les uns et les autres et le tirage au sort sera décré­di­bi­li­sé par rap­port au sys­tème oligarchique.

    Aus­si, je pense que comme repré­sen­tant de la com­mune face aux autres ins­ti­tu­tions qui sont elle diri­gées par des oli­garques (le dépar­te­ment, les minis­tères, les mul­ti­na­tio­nales, etc), on ne peut pas se pas­ser de quelqu’un qui soit lui-même une per­son­na­li­té « rapace ». Sinon, la com­mune sera tou­jours per­dante dans les com­bats avec l’extérieur. Et les gens se détour­ne­ront du sys­tème démo­cra­tique. Aus­si je pense que dans le pro­jet pré­sen­té, le maire doit res­ter élu par le conseil muni­ci­pal. Pour évi­ter l’abus de pou­voir, le plus simple reste de gar­der l’idée d’une rota­tion annuelle du poste, non renouvelable.

    Ceci per­met­trait de mon­trer qu’un sys­tème démo­cra­tique peut obte­nir d’aussi bons résul­tats qu’un méca­nisme oli­gar­chique. Ceci tant que le tirage au sort en est au stade expé­ri­men­tal et doit faire ses preuves. Quand toutes les ins­ti­tu­tions du pays seront diri­gées de manière démo­cra­tique, alors on pour­ra aus­si appli­quer le tirage au sort pour dési­gner le maire, puisque tous les autres diri­geants aux­quels il sera confron­té seront aus­si des tirés au sort. Ils seront alors à armes égales.

    Mais ce jour-là, le poste non démo­cra­tique devra être main­te­nu à un niveau plus éle­vé. Ce sera notam­ment le Chef de l’Etat qui devra conti­nuer à être élu. Car les autres Chefs d’Etats avec qui il devra négo­cier seront eux des cra­pules : il faut que le pays ait un repré­sen­tant qui puisse leur tenir tête. En fait, il faut tou­jours gar­der à l’idée qu’un diri­geant tiré au sort est un avan­tage pour la socié­té en interne, mais un han­di­cap en tant que la socié­té est confron­tée à d’autres socié­tés dotées d’un pou­voir non démocratique.

    Ronald

    Réponse
  124. Patrick Flécheux

    Slt Ronald

    Se n’est pas faut. Sauf qu’à l’é­che­lon local, voir même inter­na­tio­nal, se n’est pas le Maire qui négo­cie, se sont ceux qui eux ont les épaules taillés pour le job.
    L’é­lu, quel que soi son rang dans la hié­rar­chie poli­tique, se contente (ou peut se conten­ter) d’a­va­li­ser ou pas l’ac­cord négo­cié au préa­lable en buvant de la Vod­ka lors d’un som­met mal­en­con­treux … (Sou­ve­nirs, souvenirs)

    Ceci dit, le Maire ou l’é­quipe muni­ci­pale en ques­tion devra au moins être une équipe capable de bien s’entourer …

    Mais cette condi­tion est iden­tique pour des pro­fes­sion­nels de la poli­tique. Donc …

    Réponse
  125. Ronald

    Oui, c’est vrai. Il y a aus­si ce pro­blème que le « délé­gué de la com­mu­nau­té » (maire, dépu­té, chef d’E­tat, …) ne détient sou­vent que la façade du pou­voir. Il est entou­ré d’une kyrielle d’ex­perts. Sans oublier les inté­rêts pri­vés divers qui ont sou­te­nu son ascen­sion et sou­haitent un ren­voi d’as­cen­seur (par exemple les labos phar­ma­ceu­tiques avec Cahuzac).

    Alors on peu se dire qu’un des objec­tif com­mun aux idéo­logues démo­crates est sou­vent d’af­fai­blir tant les experts que les lob­bies au pro­fit des ama­teurs et du pou­voir public et que quand les cou­rants démo­cra­tiques pren­dront le pou­voir, il y veilleront.

    Mais on peut aus­si argu­men­ter en crai­gnant qu’au contraire des non-com­pé­tents seront encore plus sou­mis aux experts et aux lob­bies que les poli­tiques pro­fes­sion­nels. En fait il est dif­fi­cile d’i­ma­gi­ner com­ment se modi­fie­ront les équi­libres de force. il fau­dra sans doute de nom­breux essais à petite échelle comme celui de Bayonne, et des échecs, pour trou­ver les méca­nismes ins­ti­tu­tion­nels opti­maux avant de pas­ser à des échelles plus grandes.

    Réponse
  126. nlescan

    Oh merde, les chemtrails…

    Et les cas­tor sata­nistes psy­cho­pathes qui for­niquent avec les extra­te­restres pour invo­quer l’antéchrist au pied des grandes pyra­mides tu est au courant ?

    Ce sont eux les maîtres du monde occultes.

    Réponse
  127. EFFAB

    NLESCAN, réa­li­té obser­vable et récur­rente que les Chem­trails, ni para­noïa ni fan­tai­sie ici, sois-en per­sua­dé sinon ce mini­mum, ce béné­fice du doute.

    Excep­té si cela n’est que de l’hu­mour de ta part, bien sûr_sinon, sache que ton iro­nie est très dépla­cée ici et, en ce cas, ren­seigne-toi mieux : les Chem­trails et la Démo­cra­tie même com­bat, même dés­in­for­ma­tion, même asservissement…

    .. et j’en­rage aujourd’­hui d’en­tendre les inten­tions bel­li­queuses fran­çaise en Syrie ! pas vous ?

    Réponse
  128. J-Stéphane

    Bon­soir,

    Notre pré­sident a dit « Le mas­sacre chi­mique de Damas ne peut res­ter sans réponse, et la France est prête à punir ceux qui ont pris la déci­sion infâme de gazer des inno­cents » je serais curieux de savoir s’il tien­drait le même dis­cours s’il est prou­vé que c’est le gou­ver­ne­ment USA qui en est l’auteur.

    Réponse
  129. nlescan

    Non c’est sérieux le pro­blème des chem­trails, c’est a mon avis l’exemple type du racon­tars de base des­ti­né à dis­cré­di­ter tout un tas de ques­tion très sérieuses. Je fais des blagues pour trom­per la frousse que me file l’es­cro­que­rie globale.

    Je guet­tais ça der­niè­re­ment, une trad serait été top pour le non hispanophones.

    La Syrie c’est ter­rible, je suis terrorisé.

    Si la France y va, comme ça se pré­cise, je ne le par­don­ne­rai pas a ce gou­ver­ne­ment, ils ont déjà beau­coup de choses très graves a leur actif en peu de temps mais la c’est un point de non retour.

    Réponse
  130. J-Stéphane

    Nles­can, il n’est jamais très judi­cieux de déni­grer des hypo­thèses per­ti­nentes sous pré­texte qu’elles sont aber­rantes, l’his­toire de l’hu­ma­ni­té en est jon­chée, car c’est ain­si que l’Hu­main est…

    Réponse
  131. nlescan

    A mon avis ce qui n’est pas judi­cieux c’est de se lais­ser embour­ber l’at­ten­tion dans des pitre­ries pen­dant le massacre.

    Réponse
  132. nlescan

    Il semble y avoir un léger rétro­pé­da­lage de la repré­sen­ta­tion élue au niveau de vel­léi­tés guerrières.

    Les son­dages nous donnent l’es­ti­ma­tion du résul­tat d’une consul­ta­tion des peuples occi­den­taux sur le sujet : la majo­ri­té est conte la guerre.

    Obser­vez main­te­nant com­ment par­mi les jour­na­listes et autres com­men­ta­teurs télé­vi­sés que l’on entend il semblent y avoir lar­ge­ment plus de per­sonnes favo­rables à la guerre. Il y a ces ques­tion d’in­di­gna­tion guer­rières hal­lu­ci­nantes du genre « com­ment ? Vous vou­lez dire qu’on pour­rait ne pas y aller ? ». C’est flippant.

    http://​blogs​.media​part​.fr/​b​l​o​g​/​p​i​l​h​a​o​u​e​r​/​2​8​0​8​1​3​/​o​p​p​o​s​a​n​t​s​-​s​y​r​i​e​n​s​-​c​o​n​t​r​e​-​l​a​-​g​u​e​rre

    Réponse
  133. Ana Sailland

    Une idée en passant :

    Si un sys­tème est glo­ba­le­ment défi­ni­tif, ce sys­tème ne peut pas être la démocratie.

    (soli­di­fier l’or­ga­ni­sa­tion de la cité implique le refus auto­ri­taire de l’imaginaire)

    Le pro­blème c’est que par peur, les humains aiment la sta­bi­li­té et le défi­ni­tif.
    Le grand nombre ne s’op­pose donc que dif­fi­ci­le­ment à celles des contraintes qu’il subit qui sont favo­rables à la continuité.

    Réponse
  134. nlescan

    Il y a quand même des élé­ments des élé­ment qui paraissent indis­pen­sables à la démo­cra­tie. Par exemple je ne voit pas com­ment un sys­tème pour­rait se pré­tendre démo­cra­tique si ce ne sont pas des assem­blées popu­laire qui exercent le pouvoir.

    Réponse
  135. Ana Sailland

    @158 nles­can

    Le sys­tème, c’est à dire les gens au pou­voir, n’est pas à un men­songe près, et mar­te­ler une idée fausse est l’un de ses outils de pré­di­lec­tion, hélas efficace.

    Mais je suis plus éton­née quand je vois de simples citoyens défendre bec et ongle ce qui asservit.

    Mieux com­prendre la ser­vi­tude volon­taire offri­rait peut être à ceux qui osent pen­ser des clefs pour la liber­té des autres.
    (Demeure la ques­tion de la légi­ti­mi­té du vou­loir la liber­té de ceux qui ne se battent pas pour elle … un chouette sujet de dis­ser­ta­tion pour le bac hihi)

    Réponse
  136. J.Stéphane

    Pire que ne pas se battre contre un sys­tème mal­sain, c’est d’y collaborer.

    Je n’ai aucun pou­voir pour lut­ter contre, mais j’ai encore la force de ne pas en être complice…

    Réponse
  137. J-Stéphane
  138. nlescan

    En même temps J. Steph vu que tu postes sur inter­net tu uti­lises un ordi­na­teur (pro­ba­ble­ment fabri­qué par des enfants asia­tiques) lui même ali­men­té par une élec­tri­ci­té très pro­ba­ble­ment géné­rée par une cen­trale ato­mique qui tourne au sous sol afri­cain et connec­té sur le web grâce a un abon­ne­ment auprès d’un des groupes qui font entre autres des Telecom…

    Brea­king news ! Tu col­la­bores man ! Comme tout le monde ou presque.

    Réponse
  139. Ana Sailland

    Cas extrême : Flin­guer le tyran avec le fusil construit dans ses usines n’est pas vrai­ment col­la­bo­rer. Réveiller ses sujets avec le porte voix pro­duit par ses esclaves et dans ses usines ne l’est pas davantage.

    Mais atten­tion au syn­drome de Loren­zac­cio (Mus­set)

    Réponse
  140. nlescan

    atten­tion : tu parles (entre autres) a un ignare…

    Ce syn­drome consis­te­rait a col­la­bo­rer avec le sys­tème mais a ten­ter un coup type atten­tat ou assas­si­nat et a ce que ça ne serve a rien du tout dans la mesure ou per­sonne ne vien­drait pro­fi­ter de l’oc­ca­sion pour ins­tau­rer une alternative ?

    …

    Si si…

    Mais sinon ce que je vou­lais dire c’est que mal­heu­reu­se­ment nous col­la­bo­rons (qua­si­ment) tous plus ou moins au sys­tème actuel d’une manière ou d’une autre…

    En gros c’est ça ou deve­nir ermite…

    D’où la néces­si­té d’es­sayer de résis­ter, ne serai-ce qu’en s’in­for­mant le plus pos­sible, en essayant de par­ta­ger, de débattre le plus possible…

    Quelque part l’ur­gence pour moi c’est de « réveiller » un maxi­mum de per­sonnes autour de moi…

    Pour le reste je ne me raconte pas d’his­toire, je ne suis ni Gand­hi ni Che Guevara.

    Réponse
  141. J-Stéphane

    Com­plè­te­ment d’ac­cord avec toi Nles­can, sans ren­trer dans les jus­ti­fi­ca­tions de mes maté­riels et mes éner­gies, que je sélec­tionne comme les moins néfaste « de mon point de vu », il est de plus en plus dif­fi­cile de ne pas s’en être complice.

    C’est pour quoi, il faut, pour ne pas être mis hors  » jeu « , faire des choix contre prin­cipes pour gar­der un mini­mum de combativité.

    Autre­ment cela s’assimile plus à de la néga­tion et de la lâcheté.

    Réponse
  142. Patrick Flécheux

    Col­la­bo­rer ou ne pas col­la­bo­rer ? N’est pas la question.

    Voi­la deux posi­tions qui me semblent man­quer de stra­té­gie, voir de pertinence.

    Ne pas col­la­bo­rer au sys­tème est un non sens quant on vie en occi­dent. S’est une vision roman­tique voir même enfantine.

    Col­la­bo­rer est aus­si un non sens. Col­la­bo­rer à quoi ? Gagner du pognon pour faire bouf­fer sa famille ?
    Par­ti­ci­per à la socié­té de consom­ma­tion car nos gosses aiment bien le coca de Mon­san­to ? Regar­der la télé, allé au match de foot, entre­te­nir de gros édi­teurs véreux en ache­tant le der­nier bou­quin qu’il faut abso­lu­ment lire quand on veut faire de la politique ?
    Finir dans un hôtel un peu classe (quand même) avec la jolie copine de son voi­sin et la rac­com­pa­gner au volant de sa belle voi­ture toute propre direc­te­ment sor­tie de l’E­lé­phant Bleu du super mar­ché local ? Voi­ture fabri­quée à la chaine par des esclaves payés au SMIC.

    Allons allons est-ce bien sérieux tout ça …

    Bien sur, que quand on vit dans notre monde il faut Col­la­bo­rer avec un grand C.

    Il faut col­la­bo­rer au point d’en deve­nir tel­le­ment puis­sant, indis­pen­sable et effrayant que le sys­tème ne puisse igno­rer notre puissance.

    Il faut col­la­bo­rer au point d’en deve­nir tel­le­ment puis­sant, indis­pen­sable et effrayant que les déci­sions que nous pren­drons ne pour­ront être QUE bénies par les maîtres du monde. Car, sans notre puis­sance ils per­draient la leur, ils ne seraient pas. Toutes résis­tances doit-être vaines sous peine d’être défi­ni­ti­ve­ment anni­hi­lée et sor­tie du jeu.

    S’est d’ailleurs ce qu’on com­pris nos maîtres depuis la nuit des temps. Et s’est tout sim­ple­ment pour ça qu’ils dirigent le monde et que nous, on le subit.

    Main­te­nant, si l’on à pas les épaules, si l’on est pas près à être le maître du monde, alors conten­tons nous d’être suf­fi­sam­ment puis­sant pour pré­ser­ver au mieux les siens et en faire des gens biens, confiants et conscients de l’avenir.

    Car ses der­niers pour­rons par­ta­ger leur puis­sance avec d’autres qui leurs res­semblent, qui à leur tour enri­chi­rons cette puis­sance pour la trans­mettre aux géné­ra­tions futures.

    Il existe un prin­cipe Boud­dhiste, fon­dé sur l’ex­pé­rience des hommes, de l’im­per­ma­nence des choses. Le tout est d’être près (mora­le­ment et maté­riel­le­ment) à accueillir et à trans­mettre le renou­veau quand il surviendra.

    Un seul obs­tacle à se pro­gramme : nos maîtres ont 3000 ans d’a­vance sur nous.
    Mais, il n’est pas trop tard pour bien com­men­cer. Car aujourd’­hui tous va beau­coup plus vite.

    A Men.

    Réponse
  143. Furax

    La domi­na­tion gran­dis­sante des oppres­seurs réside dans le fait qu’ils éta­blissent des régles d’ap­pro­pria­tion sur toute créa­tion, même monaitaire.

    Là où notre pla­nète est géné­reuse, et offre sans comp­ter, cer­tains s’oc­troient le droit dans n’etre les pro­pri­taires, et font croire aux autres qu’il est morale et pos­sible de faire par­ti du ban­quet des banquiers.

    Il serait peut-etre judi­cieux de s’é­men­ci­per de ces finan­ciers éra­di­qua­teur de vie.

    Sauf si nous sommes seule­ment dési­reux démen­ci­per de leurs acti­vi­tés sociales,nos vieux, nos femmes, nos enfants et nos han­di­ca­pés pour qu’ils aillent s’é­rein­ter pour ces dieux de l’asservissement…

    Réponse
  144. Marie

    Ces asser­vis­seurs per­ver­tissent sans ver­gogne, le don sacré, géné­reux et abon­dant de la vie, en un enfer et repère d’as­sas­sins. À nous de prendre conscience qu’on nous a men­ti sur toute la ligne en per­ver­tis­sant tout, pour cher­cher cha­cun la véri­té au milieu de ce bour­bier, de ce laby­rinthe de mensonges.

    Je crois que cha­cun sait au fond de lui ce qui sonne juste.

    Libé­rons-nous de tout joug mal­sain quel qu’il soit, la joie est un bon baro­mètre pour ça.

    Tout ennui est mau­vais pour l’es­prit, seule une joie simple est por­teuse d’une dyna­mique posi­tive et saine.

    Ban­nis­sons l’en­nui, fuyons le découragement !

    Par­fois, sor­tir des sen­tiers bat­tus peut être néces­saire, au moins au niveau de l’esprit.

    L’en­traide peut aus­si aider grandement.

    Réponse
  145. Patrick Flécheux

    @ Marie

    L’en­nui est loin d’être mau­vais pour l’es­prit. Bien au contraire. S’est dans l’en­nui qui les hommes se retrouvent, qu’ils réflé­chissent et se recentre sur eux-mêmes.

    L’en­nui est la plus grande arme contre les puis­sants car il réap­prend aux hommes à vivre plei­ne­ment avec ce qu’il sont et pas ce que l’on vou­drait qu’ils soient.

    S’est d’ailleurs pour cela que toute notre socié­té de consom­ma­tion est basée sur « l’oc­cu­pa­tion », pour ne pas dire le gavage, des cer­veaux et du temps dis­po­nible, que ce soit par le tra­vail, les jeux ou la pub.

    Le sys­tème ne veut sur­tout pas que l’on s’en­nuie, car on ris­que­rait de réfléchir …

    S’est dans l’i­nac­tion que l’on com­prend les choses, que l’on com­prend le sens de nos actes. S’est dans l’i­nac­tion que l’on à envie de bou­ger vraiment.

    Com­ment appré­cier un bon bif­teck si l’on ne sait pas ce que s’est d’a­voir faim ?

    Réponse
  146. Patrick Flécheux

    Déso­lé pour l’ac­cu­mu­la­tion de fautes d’or­tho­graphe et de gram­maire … C’est navrant … :/

    Réponse
  147. J-Stéphane

    Per­sau, jean évu oqu’une.

    Réponse
  148. Marie

    @ Patrick Flécheux
    je suis d’ac­cord que l’en­nui, ennuie;-) et ce qui est désa­gréable pousse à recher­cher une solu­tion pour en sortir.
    Peut-être alors que le terme de « désen­chan­te­ment »;tout ce qui ter­nis notre âme et éteinds notre joie de vivre convient mieux car comme vous dites ; tout est fait pour occu­per les gens, et les faire ain­si évi­ter de voir et s’oc­cu­per de l’essentiel.

    Réponse
  149. Ana Sailland

    Enthou­siasme et fan­tai­sie : deux com­po­santes de la crois­sance (la vraie, celle de l’esprit) ?

    Dites moi pour­quoi il est mal vu de hur­ler de joie pen­dant l’entracte.

    Expri­mer sa joie en public, qui ose ?

    Nos pri­sons ne sont pas que poli­tiques et c’est peut être en abat­tant celles qui sont en nous que nous pour­rons éro­der celles qui nous sont extérieures.

    Réponse
  150. Patrick Flécheux
  151. J-Stéphane

    Bon­jour,

    Ana, ce doit-être la pro­pa­gande du paraître qui enferme l’être dans l’a­voir, et nous emmène de plus en plus à nous expri­mer que par la pos­ses­sion, et de moins en moins par l’aptitude.

    Avec un masque ou plon­gé dans l’obs­cu­ri­té, l’être n’a plus cette pré­oc­cu­pa­tion du paraître.
    Faut-il en déduire que l’a­voir est un luxe qui a besoin de lumière, et l’être d’être à l’ombre de l’a­voir ?

    Oui et non, je pense que ce n’est pas une fata­li­té, mais un condi­tion­ne­ment, je pense qu’il ne tient qu’à nous de refaire les règles, et c’est d’un inté­rêt uni­ver­sel que de faire que chaque règle mette plus de lux sur l’être, et fasse de l’ombre à l’a­voir, car avoir c’est prendre et être c’est don­ner.

    Les lois sont de plus en plus pen­sées pour auto­ri­ser d’a­voir et inter­dire d’être. Pour moi c’est un choix contre nature et tota­le­ment illo­gique, je pense que plus l’a­voir dépos­sé­de­ra, plus il aura des consé­quences mal­saines sur l’être.

    La réac­tion sera de faire encore une nou­velle loi qui inter­dit d’être en sanc­tion­nant la consé­quence, et non de revoir la loi qui en est la cause pour en éra­di­quer ses effets préjudiciables.

    Alors, pour l’u­ni­ver­sa­li­té et la démo­cra­tie, brû­lons toutes ces lois qui impli­ci­te­ment prennent plus que ce qu’elles pré­tendent donner.

    Mais, tant que ce seront les pos­sé­dants qui feront les lois, il en sera ain­si, la démo­cra­tie c’est l’être, pas l’avoir…

    Réponse
  152. Marie

    @Jstéphane

    « avoir c’est prendre et être c’est donner »

    Mer­ci Jstéphane.

    L’art peut nous aider à être davan­tage dans l’être plu­tôt que dans le paraître par le res­sen­ti, le fait de sor­tir qqch de ses tripes aus­si (je pense à des ate­liers inter­gé­né­ra­tion­nels par exemples…)

    Réponse
  153. Ana Sailland

    Cette pen­sée qu’être c’est don­ner est puis­sante et je l’in­tègre à ma besace 🙂

    Don­ner sans condi­tion peut conduire l’autre à faire de même.
    Il s’a­git d’a­mor­cer le siphon.
    Par des actes quo­ti­diens ori­gi­naux on le peut.

    Les pro­po­si­tions telles que le reve­nu incon­di­tion­nel vont dans ce sens mais de manière limi­tée puis­qu’on reste dans l’i­dée qu’il faut un revenu.
    Par contre, l’ex­pé­rience de Tod­mor­den incarne en local un total chan­ge­ment de para­digme que je sou­haite au glo­bal, puisque dans les faits il s’a­git bel et bien d’une tran­si­tion du contrac­tuel vers le don acra­to­pège.

    Ces pen­sées sont évi­dem­ment en rela­tion avec les concepts d’a­nar­chie et de démo­cra­tie puisque la majo­ri­té des lois sont écrites en vue de (mal) cana­li­ser l’é­goïsme et devien­draient donc obso­lètes si le mam­mi­fère humain avait la sagesse de muter vers le don.
    (juste pour confir­mer que nous ne sommes pas hors sujet 🙂 )

    Réponse
  154. Marie

    Trans­mettre sa joie, (la valeur de l’en­thou­siasme, comme nous disait André Stern)

    Vou­loir par­ta­ger sa joie, sa gaie­té, son rire trans­mettre sa bonne humeur, son dyna­misme, comme si on entraî­nait les autres dans son sillage d’en­cou­ra­ge­ment, tout cela pour dire non à l’a­bat­te­ment, ren­ver­ser la vapeur du sys­tème mor­ti­fère pour aller dans le sens de la nature, qui elle, fait une fête de la vie et d’être à la vie. Évi­dem­ment, c’est plus facile lorsque le soleil paraît et que les amis sont là. On peut bien com­men­cer par trans­mettre aux amis, puis aux amis des amis, aux clients des amis, puis aux amis des clients… 😉 lorsque je le fais, en géné­ral, ça fonc­tionne comme feux aux poudres, parce qu’il y a un fort besoin d’é­change posi­tif et chaleureux.

    Mais ça a alors l’a­van­tage de me sti­mu­ler moi aus­si, ce qui confirme ain­si bien la règle qu’en don­nant, on reçoit. Ça doit évi­dem­ment par­tir d’un élan spon­ta­né du besoin de par­tage qui nous anime tous, car je pense qu’on aspire tous à ça au fond de nous. C’est parce qu’on n’ose pas qu’on se retient. Donc, lais­sons rejaillir notre enthou­siasme natu­rel et notre joie, plus d’au­to-cen­sure svp. Lan­çons une pro­pa­gande pour cela, pour­quoi pas ?

    Réponse
  155. Marie

    Vive le don acratopège.
    Il a tous les avantages

    Celui d’être vec­teur de cha­leur humaine, d’en­thou­siasme et de joie. 
    Sti­mule et dyna­mise, trans­met la joie de don­ner, etc.

    À faire passer 😉

    Réponse
  156. Ana Sailland

    On plane et je vais donc cas­ser l’ambiance 🙂

    Com­ment faire avec les gens qui aiment tant leurs pri­sons qu’ils sont prêts à les défendre bec et ongle contre qui­conque leur montre le monde extérieur ?

    Com­ment riva­li­ser avec le syn­drome du cana­ri, né en cage, et qui reste enfer­mé même si la porte est ouverte, même si le chat est mort ?

    Dans des échanges réels ou vir­tuels, je me casse sou­vent le nez là des­sus et ne sais pas com­ment faire.
    Pire encore, dans mes efforts de convaincre, je finis par être désa­gréable. Et pour­tant se taire n’est pas non plus une solution.
    Help me 😉

    Réponse
  157. Marie

    Eh bien, le rire et la sur­prise, je dirais que ça désar­çonne et donc ça pro­voque par­fois la remise en ques­tion. La vraie bonne humeur, le fait de la réins­ta­ler constam­ment en soi, ça devient conta­gieux et ça transforme.
    Que ça trans­forme tout le monde n’est pas de la res­pon­sa­bi­li­té de cha­cun, mais cha­cun devrait au moins faire ça part pour ins­tal­ler ça en lui au quotidien.
    Tel­le­ment les gens en ont besoin de cet enthou­siasme. Mais il faut par­fois de la per­sé­vé­rence, dire bon­jour plu­sieurs fois avant d’en rece­voir un.
    Et sur­tout être bien avec soi-même avant d’es­pé­rer se sen­tir bien au milieu des autres.
    Donc, être bien même si l’autre ne répond pas !
    D’où l’im­por­tance de l’en­tou­rage pour com­men­cer en pre­mier à par­ta­ger ce dynamisme

    Réponse
  158. Patrick Flécheux

    « Être c’est don­ner » Oui mais c’est avant tout recevoir.

    Car pour pou­voir don­ner il faut d’a­bord avoir reçu.
    Et il est sou­vent plus dif­fi­cile d’ap­prendre à rece­voir que d’ap­prendre à donner.

    Peut-être par­ceque « don­ner » fait par­tie de notre héri­tage Chré­tien et : Capi­ta­liste … (via Enri­co Macias hihi)

    Réponse
  159. Patrick Flécheux

    « Com­ment faire avec les gens qui aiment tant leurs pri­sons qu’ils sont prêts à les défendre bec et ongle contre qui­conque leur montre le monde extérieur ? »

    Peut-être que ce qui est une pri­son pour toi, n’en est pas une pour eux ? Nous ne sommes pas tous au même stade d’é­vo­lu­tion spirituel.
    Et per­sonne ne peut pré­tendre que son « propre stade » est plus éle­vé que celui d’un autre. Tout au plus, nous cor­res­pond t‑il mieux …

    « Com­ment riva­li­ser avec le syn­drome du cana­ri, né en cage, et qui reste enfer­mé même si la porte est ouverte, même si le chat est mort ? »

    « Riva­li­ser », c’est réer une ten­sion supplémentaire.
    Il faut donc absor­ber et fuir les délin­quants rela­tion­nels si l’on veut être en paix.
    Sauf si l’on est suf­fi­sam­ment sage, ou 8eme dan d’Aï­ki­do, pour que ces der­niers n’aient aucune emprise sur nous.

    Ce qui n’empêche pas d’être tou­jours navré, voir attris­té quand on fait de pareils constats … (En ce qui me concerne tout du moins) 🙂

    Réponse
  160. Patrick Flécheux

    Pour faire simple, on ne « sauve pas » les gens mal­grés eux.

    Réponse
  161. Marie
  162. Ana Sailland

    Nous sommes ici au cœur du pro­blème : per­ce­voir la rela­tion étroite entre la poli­tique inté­rieure à l’être-indi­vi­du et la poli­tique col­lec­tive, par pour ou contre le corps social, et plus loin encore.

    J’a­vais un jour ici sur ce même site posé une ques­tion du genre : est il rai­son­nable de se battre pour la démo­cra­tie avant d’a­voir favo­ri­sé le déve­lop­pe­ment de la conscience indi­vi­duelle et/ou col­lec­tive ? Il me semble que je n’a­vais pas reçu de réponse.

    Le temps a pas­sé et je pense que d’une part la démo­cra­tie est néces­saire à la conscience et que d’autre part la conscience est néces­saire à la démo­cra­tie (à son avè­ne­ment puis à sa vie).

    Com­pris cela se des­sine de manière plus nette la néces­si­té d’un com­bat poli­tique qui doit être en soi au mini­mum autant qu’­hors soi.

    Cette notion de reprise du pou­voir en soi déve­lop­pée ici par Jean-Jacques Crè­ve­coeur (quel nom pré­des­ti­né pour cre­ver l’abcès !) est bien essen­tielle, qui induit une trans­for­ma­tion exo­gène, depuis le cœur de l’in­di­vi­du jus­qu’aux confins de l’u­ni­vers collectif.

    Réponse
  163. Alix

    Bon­jour à tous,

    Je me pose la même ques­tion concer­nant le rap­port entre conscience indi­vi­duelle et mise en place d’une véri­table démocratie…

    J’ai mal­heu­reu­se­ment l’im­pres­sion que les idées se pro­pagent et s’a­doptent plus par effet de mode et conta­gion que par effort de réflexion. Les per­sonnes capables de pen­ser par elles-mêmes, aus­si libre­ment que pos­sible, et capables de faire preuve d’un altruisme authen­tique ne me semble pas vrai­ment majo­ri­taire. Mais peut-être y a‑t-il une couche à grat­ter sous le cos­tume que cha­cun enfile chaque matin pour sur­vivre dans ce monde absurde ?

    Ce que je vois en revanche, c’est que les per­sonnes qui nous gou­vernent ou qui accu­mulent des « biens » et des « richesses » ont une conscience d’eux-mêmes et du monde qui les entoure extrê­me­ment limi­tée… Ce qui fait que le tirage au sort devient une solu­tion presque inévi­table pour inci­ter à la réflexion et res­pon­sa­bi­li­ser un maxi­mum de monde…

    Réponse
  164. Alix

    J’a­joute ce lien vers les tra­vaux de ce psy­chiatre polo­nais sur le déve­lop­pe­ment de la conscience, qui dépend selon lui du degré de sen­si­bi­li­té de l’in­di­vi­du à son environnement :
    http://​wiki​.zebras​-cros​sing​.org/​d​o​k​u​.​p​h​p​?​i​d​=​a​r​t​i​c​l​e​s​:​d​a​b​r​o​w​ski

    Il est inté­res­sant de voir qu’il classe la plu­part de nos lea­ders dans le niveau 1, c’est-à-dire dans la caté­go­rie des per­sonnes qui ne se remettent que très peu en ques­tion, qui se dis­tinguent par leur égoisme et leur égo­cen­trique et qui ne sont inté­res­sés que par la satis­fac­tion de leurs besoins personnels…

    Réponse
  165. Ana Sailland

    D’autres théo­ri­ciens du déve­lop­pe­ment per­son­nel parlent de l’é­tape « mou­rir à soi même« qui cor­res­pond peut être à ce concept de dés­in­té­gra­tion posi­tive de Dabrowski.

    Un peu comme si la vie se pas­sait en deux temps :

    construire en état de pro­to­cons­cience un moule pro­tec­teur et « ren­trer dans le moule » = phase de socia­li­sa­tion peu cri­tique ou au contraire dou­lou­reuse = construc­tion d’un ego social, assez robotique

    puis

    cas­ser le moule, en sor­tir, et alors seule­ment choi­sir en conscience liens et libertés.

    La che­nille doit pas­ser par son enfer­me­ment ini­tial, puis per­fo­rer sa pro­tec­tion ini­tiale, avant de s’envoler.

    De même : L’é­co­no­mie que nous vivons, construite sur la défiance, qui nous enferme dans le contrat social, euphé­misme pour dési­gner la par­ci­mo­nie du don­nant-don­nant, est peut être ce cocon vital à l’o­ri­gine, mais à détruire pour accé­der à la liber­té uni­ver­selle qu’im­pli­que­rait la géné­ro­si­té sans compter.

    De même encore : Le hié­rar­chisme radi­cal, qu’il soit celui des pha­raons ou celui de Louis XIV, ou celui de la répu­blique fran­çaise est peut être aus­si le cocon qui nous était néces­saire avant d’ac­cé­der à la démocratie.

    L’hu­ma­ni­té n’a jamais ten­té démo­cra­tie + géné­ro­si­té -> c’est un mélange qui devrait « décoiffer » 😉

    A nous d’in­ven­ter notre serrapeptase 😉

    Réponse
  166. J-Stéphane

    Bon­jour,

    La géné­ro­si­té, être à l’i­mage de notre mère Nature, ou plu­tôt, ne plus lui faire obs­truc­tion, mais géné­ra­li­ser le fait de par­ti­ci­per à cette géné­ro­si­té naturelle.

    Par ailleurs, peut-on com­pa­rer la vie des végé­taux à un régime poli­tique ? Et quel serait-il ?

    Réponse
  167. J-Stéphane

    Pour ten­ter de repondre à Ana, @181. Ma pen­sé du moment est que nous avons tous le devoir d’in­for­mer, pas de convaincre.

    Quand le prin­cipe thèse anti­thèse est grip­pé, c’est qu’il y a un manque d’in­for­ma­tion, ou le contraire.

    Alors il est pré­fé­rable de lais­ser un temps pour la médi­ta­tion afin que toutes ces nou­velles trouvent une place de raison.

    De toute façon, la convic­tion per­son­nelle s’ac­quiert par la volon­té per­son­nelle, et la volon­té ne va pas natu­rel­le­ment vers le pré­ju­dice immé­diat, elle a ten­dance à repous­ser la sentence.

    On atten­dra que la carie soit dou­lou­reuse pour aller chez le dentiste…

    Réponse
  168. Ana Sailland

    Fran­çois Plas­sard com­pare la crois­sance expo­nen­tielle des algues vertes qui en quelques mois peuvent asphyxier tout un grand lac à la folle crois­sance éco­no­mique prô­née par nos édiles.

    Oui, il peut donc y avoir une ana­lo­gie entre la folie d’un végé­tal qui n’est pro­gram­mé que pour croître et la folie d’une oli­gar­chie poli­ti­co-finan­cière qui ne se foca­lise que sur la croissance.

    Mais c’est une pen­sée au fond assez néga­tive et a contra­rio l’é­qui­libre d’un éco­sys­tème heu­reux pour­rait peut être nous gui­der dans la réflexion sur une éco­no­mie saine et naturelle.

    Curieu­se­ment, il y a là quel­que­chose proche d’une autre pen­sée libé­rale que celle qu’on nous impose puis­qu’il s’a­gi­rait de lais­ser vivre, mais en har­mo­nie. Et un peu de l’é­tude des sys­tèmes com­plexes en vue de défi­nir quelles condi­tions ini­tiales engendrent un équi­libre dyna­mique non des­truc­teur et res­pec­tueux de toutes les com­po­santes du système.

    ça tombe bien cette ques­tion de J‑Stéphane (192) : j’ai reçu un mail de Phi­lippe Derud­der qui dif­fuse cette vidéo (et nous sug­gère d’en faire autant.)

    ;;;;;;;;;;

    Le droit à la len­teur n’est pas ins­crit dans la DUDH. Une grave lacune ?

    Réponse
  169. Ana Sailland

    @193

    « nous avons tous le devoir d’in­for­mer, pas de convaincre » »> J’aime cette réponse.

    Dans convaincre, il y a vaincre. Pas ano­din ça.

    Réponse
  170. thierry

    Tous les échanges pré­cé­dents convergent : un chan­ge­ment de men­ta­li­té qui ne peut se faire sans modi­fier notre sys­tème d’éducation-formation-enseignement.
    Un texte dejà ancien et déjà signa­lé sur ce blog et qu’il faut rap­pe­ler tel­le­ment il est clai­voyant de ce point de vue.
    http://​ensor​tant​de​le​cole​.word​press​.com/​2​0​1​3​/​0​9​/​0​9​/​m​o​i​-​a​l​b​e​r​t​-​j​a​c​q​u​a​r​d​-​m​i​n​i​s​t​r​e​-​d​e​-​l​e​d​u​c​a​t​i​o​n​-​j​e​-​d​e​c​r​e​te/

    Réponse
  171. Anonymous

    22 mars 1999

    Moi, Albert Jac­quard, ministre de l’Éducation, je décrète :

    L’Éducation natio­nale ne doit pas pré­pa­rer les jeunes dont l’économie ou la socié­té ont besoin. La fina­li­té de l’éducation est de pro­vo­quer une méta­mor­phose chez un être pour qu’il sorte de lui-même, sur­monte sa peur de l’étranger, et ren­contre le monde où il vit à tra­vers le savoir.

    Moi, ministre de l’Éducation natio­nale, je n’ai qu’une obses­sion : que tous ceux qui me sont confiés apprennent à regar­der les autres et leur envi­ron­ne­ment, à écou­ter, dis­cu­ter, échan­ger, s’exprimer, s’émerveiller.

    À la socié­té de s’arranger avec ceux qui sortent de l’école, aux entre­prises d’organiser les éva­lua­tions et la for­ma­tion de leur per­son­nel à l’entrée des fonctions.

    Il faut que les rôles cessent d’être inver­sés : l’éducation natio­nale ne pro­dui­ra plus de chair à profit.

    Article pre­mier

    Il faut sup­pri­mer tout esprit de com­pé­ti­tion à l’école. Le moteur de notre socié­té occi­den­tale est la com­pé­ti­tion, et c’est un moteur suicidaire.
    Il ne faut plus apprendre pour et à être le premier.

    Article deuxième

    L’évaluation notée est aban­don­née. Appré­cier une copie, ou pire encore, une intel­li­gence avec un nombre, c’est uni­di­men­tion­na­li­ser les capa­ci­tés des élèves.
    Elle sera rem­pla­cée par l’émulation. Ce prin­cipe, plus sain, per­met­tra la com­pa­rai­son pour pro­gres­ser, et non pour dépas­ser les cama­rades de classe.
    Mettre des mots à la place des notes sera plus approprié.

    Article troi­sième

    Les exa­mens res­tent dans leur prin­cipe, sachant que seuls les exa­mens ratés par l’élève sont valables. Ils sont utiles aux pro­fes­seurs pour éva­luer la com­pré­hen­sion des élèves. Mais les diplômes ou les concours comme le bac­ca­lau­réat sont une perte de temps et sont abolis.

    Sur tous les fron­tons des lycées figu­re­ra l’inscription :  » Que per­sonne ne rentre ici s’il veut pré­pa­rer des examens. »

    Article qua­trième

    Les grandes écoles (Poly­tech­nique, l’ENA…) sont remises en ques­tion dans leur mode de recru­te­ment. La sélec­tion, corol­laire néces­saire de la concur­rence, et qui régis­sait l’entrée dans ces éta­blis­se­ments, ne pro­dui­sait que des per­son­na­li­tés confor­mistes, inca­pables de créa­ti­vi­té et d’imagination.

    Pour entrer à l’ENA, des jeunes de vingt-cinq ans devaient plaire à des vieux de cin­quante ans. Ce n’était pas bon signe.

    Article cin­quième

    Les ensei­gnants n’ont plus le droit de se ren­sei­gner sur l’âge de leurs élèves. Les dates de nais­sances doivent être rayées de tous les docu­ments sco­laires, sauf pour le méde­cin de l’école.

    Il n’est plus ques­tion de dire qu’un enfant est en retard ou en avance, car c’est un ins­tru­ment de sélec­tion. Cha­cun doit avan­cer sur le che­min du savoir à son rythme, et sans culpa­bi­li­sa­tion ou fier­té par rap­port aux cama­rades de classe.

    Par contre, un pro­fes­seur a le devoir de deman­der à l’élève ce qu’il sait faire pour adap­ter son ensei­gne­ment, éven­tuel­le­ment pro­gram­mer un redoublement.

    Le redou­ble­ment est d’une réelle uti­li­té s’il n’a pas de conno­ta­tion de jugement.

    Article sixième

    Chaque pro­fes­seur sera assis­té d’un pro­fes­seur de phi­lo­so­phie. Il faut en effet dou­bler l’accumulation des connais­sances d’une approche par les concepts. Il faut en par­ti­cu­lier pas­ser par l’histoire des sciences, res­ti­tuer les connais­sances par rap­port aux erreurs his­to­riques d’interprétation des savoirs. Il faut que les élèves aient conscience des enjeux poli­tiques qui se cachent der­rière le pro­grès scien­ti­fique. On pour­ra res­ter quelques semaines sur un même concept, plu­tôt que de sau­pou­drer du savoir dans chaque cours.

    Article sep­tième

    Le tra­vail des pro­fes­seurs par dis­ci­plines est annu­lé au pro­fit du tra­vail en équipe. La pro­gres­sion du tra­vail des classes ne doit pas être per­tur­bée par des impé­ra­tifs de programme.

    Article hui­tième

    Chaque per­sonne dis­po­se­ra dans sa vie, vers la fin de la tren­taine, de quatre années sab­ba­tiques afin de faire le point, se réorien­ter, apprendre d’autres choses. Cha­cun a le droit de vou­loir chan­ger de métier ou de voca­tion, parce qu’il n’est pas évident de se déter­mi­ner défi­ni­ti­ve­ment à dix-huit ans.

    Article neu­vième

    Le minis­tère de l’Économie ne dic­te­ra plus ses besoins au minis­tère de l’Éducation. Doré­na­vant, le ministre de l’Économie don­ne­ra tous les moyens néces­saires à l’Éducation natio­nale pour réus­sir sa vocation.

    Réponse
  172. Anonymous

    Albert Jac­quard :

    Mon uto­pie – 2006

    •Les spé­cia­listes peuvent bien faire de savants cal­culs pour mesu­rer le coût et les consé­quences pour l’é­co­no­mie d’un pro­gramme d’a­mé­lio­ra­tion de la san­té publique, de même ils peuvent éva­luer l’im­pact d’un pro­gramme d’ex­plo­ra­tion de la pla­nète Mars, mais c’est au citoyen de défi­nir les prio­ri­té entre ces projets.

    •Le droit aux soins ne dépend dans chaque Etat que des déci­sions des auto­ri­tés natio­nales ; il a donc pu pas­ser, assez rapi­de­ment dans cer­tains pays comme le nôtre, du sta­tut de rêve au sta­tut de qua­si-réa­li­té. Il est désor­mais temps de le géné­ra­li­ser à toute l’hu­ma­ni­té et, pour cela, de ne pas seule­ment natio­na­li­ser le sys­tème sani­taire, mais de le planétiser.

    •Jamais, avant la géné­ra­li­sa­tion du ciné­ma et de la télé­vi­sion, les yeux et sys­tème ner­veux cen­tral de nos ancêtres n’a­vaient été agres­sés par tant de formes et de cou­leurs constam­ment chan­geantes, et dont le rythme est d’au­tant plus rapide que le dis­cours asso­cié est plus insi­gni­fiant. Aucun de nos pré­dé­ces­seurs humains n’a­vait été sou­mis à un tel trai­te­ment qui désar­çonne notre capa­ci­té de réac­tion, fas­cine notre regard, enva­hit nos neu­rones et leurs connexions, et struc­ture sans nous, ou même mal­gré nous notre cer­veau. Il peut avoir sur lui le même effet qu’une drogue, met­tant en place un écran entre la réa­li­té et notre per­cep­tion de cette réa­li­té, créant une accou­tu­mance, un besoin.

    •Autant la radio, dont le maté­riau est la parole, est dans la conti­nui­té des moyens d’in­for­ma­tion de la presse, autant la télé­vi­sion, dont le maté­riau est l’i­mage en mou­ve­ment, consti­tue une muta­tion dans notre rap­port à la réa­li­té aus­si inquié­tante que les muta­tions de notre patri­moine génétique.

    •Pré­sen­ter la télé­vi­sion comme un pro­lon­ge­ment des moyens d’in­for­ma­tion d’au­tre­fois est lui faire beau­coup trop d’hon­neur. Elle ne suc­cède nul­le­ment aux jour­naux ou aux revues qui décri­vaient les faits et pro­po­saient une réflexion à leur pro­pos. Elle a plu­tôt pris la place des boni­men­teurs qui jadis, sur les bou­le­vards, ven­daient des poudres mira­cu­leuses, et celle des came­lots qui dis­tri­buaient des chan­sons illus­trées para­phra­sant l’actualité.

    •Les boni­men­teurs et les came­lots des bou­le­vards n’é­taient guère dan­ge­reux car leur impact était limi­té ; ils n’é­taient que des amu­seurs. Aujourd’­hui, les télé­vi­sions par­ti­cipent lar­ge­ment à ce rôle d’a­mu­seurs, mais elles inter­viennent simul­ta­né­ment, sans en avoir le man­dat, dans la for­ma­tion des esprits. Qu’elles puissent se don­ner comme objec­tif de décer­ve­ler les citoyens donne la mesure du danger.

    •Le pétrole et le gaz natu­rel sont les exemples les plus spec­ta­cu­laires de ces res­sources non renou­ve­lables. L’on sait que ces sub­stances, deve­nues pré­cieuses pour nos socié­tés fon­dées sur la tech­nique, sont le résul­tat d’un pro­ces­sus de pro­duc­tion qui s’é­tend sur plu­sieurs cen­taines de mil­lions d’an­nées. Les détruire, c’est les faire dis­pa­raître défi­ni­ti­ve­ment. Avant d’en dis­po­ser, il fau­drait donc répondre à la ques­tion :  » A qui appar­tiennent-elles ?  » La réponse la plus rai­son­nable est :  » A tous les hommes « , en incluant dans ce  » tout  » non seule­ment les six mil­liards et demi d’êtres humains d’au­jourd’­hui, mais les nom­breux mil­liards qui leur suc­cè­de­ront jus­qu’à la fin de l’humanité.

    •Lorsque des familles sont à la rue, lorsque des enfants sont logés dans des trous à rats, lorsque, comme à Paris durant l’é­té 2005, plu­sieurs incen­dies de tau­dis pro­voquent des dizaines de morts, tan­dis que des locaux tout proche res­tent vides, il serait cri­mi­nel de ne pas réagir en remet­tant en cause le droit de propriété.

    •Son­geons à la mul­ti­pli­ca­tion des objets inutiles et rap­pe­lons-nous de la réac­tion de Socrate qui se serait écrié en entrant dans une bou­tique :  » Que de chose dont je n’au­rai jamais besoin !  » que dirait-il aujourd’­hui en entrant dans un supermarché ?

    •Sur une pla­nète dont les dimen­sions et les richesses sont finies, tout pro­ces­sus expo­nen­tiel ne peut qu’être éphé­mère. La crois­sance de la consom­ma­tion est en réa­li­té l’é­qui­valent d’une drogue ; la pre­mière dose crée l’eu­pho­rie mais les sui­vantes mènent inévi­ta­ble­ment à la catas­trophe. Pré­tendre résoudre un pro­blème, par exemple le chô­mage, par la crois­sance, s’est s’en­fon­cer déli­bé­ré­ment dans une impasse.

    •Réus­sir est deve­nu l’ob­ses­sion géné­rale de notre socié­té, et cette réus­site est mesu­rée par notre capa­ci­té à l’emporter dans des com­pé­ti­tions per­ma­nentes. Il est pour­tant clair que la prin­ci­pale per­for­mance de cha­cun est sa capa­ci­té à par­ti­ci­per à l’in­tel­li­gence col­lec­tive, à mettre en sour­dine son je et à s’in­sé­rer dans le nous, celui-ci étant plus riche que la somme des je dans laquelle l’at­ti­tude com­pé­ti­tive enferme cha­cun. Le drame de l’é­cole est d’être conta­mi­née par une atti­tude de lutte per­ma­nente, qui est à l’op­po­sé de sa finalité.

    •À deux reprises, j’ai donc défi­lé avec ma pro­mo sur les Champs-Ély­sée. Je me sou­viens d’a­voir éprou­vé une cer­taine gêne, car j’a­vais lu la remarque d’Ein­stein :  » Pour mar­cher au pas, le cer­veau est super­flu, la moelle épi­nière suffit. »

    •Il ne s’a­git pas de refu­ser l’au­to­ri­té du pou­voir, nous sommes par bon­heur en démo­cra­tie, mais d’in­ter­ve­nir au quo­ti­dien, au dif­fi­cile équi­libre entre le désordre et les excès de l’ordre.

    •Élève médiocre Albert Jac­quard change d’é­cole sans que son dos­sier sco­laire le suive. Ses nou­veaux pro­fes­seurs l’interrogent :

     » En quoi êtes-vous bon ? « , j’ai répon­du :  » En tout, sauf en gym­nas­tique.  » Les pro­fes­seurs m’ont cru. J’ai donc été bon. Je regrette pour la gymnastique.

    •La meilleure façon de faire le tour d’un domaine scien­ti­fique est de l’ex­po­ser, de l’en­sei­gner, d’en faire un livre.

    •Sélec­tion­ner par­mi quelques cen­taines d’é­tu­diants ceux qui seront aptes, dix années plus tard, à exer­cer tel métier est une tâche impos­sible. Sauf cas extrêmes, seule une voyante extra­lu­cide pour­rait pré­tendre don­ner une réponse. Com­ment quelques copies appor­te­raient-elles des infor­ma­tions suf­fi­santes pour déci­der d’une per­for­mance à venir aus­si mul­ti­forme que, par exemple, la pro­fes­sion de médecin ?

    •Une uto­pie qui se borne à décrire un rêve irréa­li­sable est plus néfaste qu’u­tile ; le fos­sé entre le réel vécu dans l’ins­tant et le sou­hai­table ima­gi­né pour plus tard appa­raît défi­ni­ti­ve­ment infranchissable.
    Tous les aban­dons sont alors jus­ti­fiés, tous les pro­jets se heurtent à la lâche­té des  » À quoi bon ? « .
    Elle peut être au contraire un fac­teur de renou­veau, être à l’o­ri­gine d’une dyna­mique, si elle est reçue en sus­ci­tant un  » Pour­quoi pas ? « .

    •N’ou­blions pas que c’est un Occi­den­tal, un chré­tien, le pré­sident Har­ry Tru­man, qui a osé s’a­dres­ser publi­que­ment à Dieu au len­de­main de l’ex­plo­sion d’Hi­ro­shi­ma pour – je cite :  » Le remer­cier de nous avoir don­né cette arme.  » Cette réfé­rence à Dieu dans un tel contexte montre que les consciences n’ont guère pro­gres­sé depuis les XIIe siècle, époque où les car­di­naux du Vati­can condam­naient l’u­sage de l’ar­ba­lète, mais en limi­tant cet inter­dit aux seuls com­bats entre chrétiens.

    •Pour mettre un terme défi­ni­tif aux guerres, la seule issue est de déve­lop­per l’art de la rencontre.

    •Le risque est grand que l’on réflé­chisse à l’é­du­ca­tion avec une men­ta­li­té d’in­gé­nieur s’ef­for­çant de pro­duire des objets défi­nis avec pré­ci­sion, ou avec un regard d’é­co­no­miste, de comp­table, s’ef­for­çant de déga­ger la meilleure rentabilité.

    Le compte à rebours a‑t-il com­men­cé ? – 2009

    •Ce n’est pas là seule­ment une affir­ma­tion de la Décla­ra­tion uni­ver­selle des droits de l’Homme, c’est la conclu­sion de la recherche scien­ti­fique : tous les humains ont une ori­gine commune.

    Ils sont donc tous éga­le­ment co-pro­prié­taire de la pla­nète, donc co-res­pon­sables de sa ges­tion. A la ques­tion :  » A qui est confiée la pla­nète ?  » la seule réponse est désor­mais :  » A tous les humains, y com­pris ceux qui ne sont pas encore nés « .

    •Depuis de nom­breuses géné­ra­tions ils les humains savaient que, pour créer de la richesse, il faut des idées, du tra­vail et des outils ; des paraphes sur des docu­ments impri­més peuvent tout au plus dépla­cer les richesses, non les créer. Les clients des banques ont été sem­blables aux publics naïfs qui, dans les foires, sont séduits par les pro­messes des boni­men­teurs. Ils ont confié leur for­tune à des finan­ciers, ceux-ci l’ont conver­tie en prêts qui ne seront jamais remboursés.

    •Le mot  » crois­sance  » à lui seul est le signe d’une véri­table super­che­rie, contre laquelle l’en­sei­gne­ment pré­mu­nis­sait autre­fois les élèves pré­pa­rant le cer­ti­fi­cat d’é­tudes, au bon vieux temps où ce cer­tif mar­quait la fin de l’a­do­les­cence. Les pro­grammes sco­laires intro­dui­saient le concept  » d’in­té­rêts com­po­sés « , c’est-à-dire, en terme plus pédants, celui de l’é­vo­lu­tion expo­nen­tielle. Les élèves com­pre­naient qu’un franc pla­cé à  » trois pour cent l’an  » à l’é­poque de Char­le­magne repré­sen­tait, douze siècles plus tard, une for­tune fabu­leuse, supé­rieure à la tota­li­té des avoirs de tous les humains morts ou vivants ; ils savaient donc qu’un tel pro­ces­sus ne peut être durable.

    •Ceux qui prêchent la crois­sance de la consom­ma­tion, dans les pays où les besoins vitaux sont déjà plus que satis­faits, sont aus­si néfastes que les dea­lers répandent leurs drogues.

    •Le chan­ge­ment de pers­pec­tive que néces­site, dès à pré­sent, l’a­ban­don du leurre qu’est la crois­sance des biens maté­riels ne pour­ra abou­tir que par l’adhé­sion des géné­ra­tions qui nous sui­vront. Les signes sont nom­breux d’un écœu­re­ment des ado­les­cents devant ce que nos socié­tés pré­sentent comme des réus­sites et qui ne sont res­sen­tis par les nou­veaux venus que comme des embri­ga­de­ments, des mises aux normes, qu’ils récusent.

    Il est temps que les années pas­sées dans le sys­tème édu­ca­tif leur appa­raissent non comme la pré­pa­ra­tion à une sou­mis­sion, mais comme le début de la construc­tion par cha­cun de la per­sonne qu’il choi­sit d’être.

    C’est cette sou­mis­sion qui repré­sente le pire dan­ger de l’in­té­grisme éco­no­mique : l’ac­cep­ta­tion pas­sive des consé­quences de pro­ces­sus qui nous échappent, ampli­fiés par le recours à des mots qui ne font réfé­rence à aucune réalité.

    •La machine devrait être au ser­vice de ceux qu’elle aide, non au ser­vice des finan­ciers qui s’en rendent propriétaires.

    •L’é­cole est au ser­vice de ceux qui s’a­dressent à elle pour qu’elle les aide à deve­nir eux-mêmes, non au ser­vice de la socié­té. Elle n’est pas char­gée de lui four­nir des humains prêts à l’emploi dont elle a besoin ; elle n’a pas à se pré­oc­cu­per du nombre d’ar­chi­vistes-paléo­graphes, d’as­tro­nautes, de jar­di­niers ou de pia­nistes dont la socié­té aura besoin dans vingt ans. Son rôle est de four­nir dans l’im­mé­diat, à ceux qui pensent en avoir la voca­tion, les moyens d’ac­qué­rir les com­pé­tences qu’ils désirent.

    J’ac­cuse l’é­co­no­mie triom­phante – 1995

    •Les élé­ments néces­saires pour pro­duire du blé étaient autre­fois la terre, le soleil, et la sueur des bêtes et des hommes. Aujourd’­hui, la terre ne compte guère, les ani­maux ont dis­pa­ru, les hommes conti­nuent à se fati­guer, dif­fé­rem­ment mais au moins autant qu’a­vant, et le reste des ingré­dients est four­ni par l’in­dus­trie. Certes le ren­de­ment à l’hec­tare s’ac­croît régu­liè­re­ment, mais ce terme n’a plus le même sens, puisque le rôle de la terre s’est amoin­dri. Il faut com­pa­rer la récolte non à la sur­face qui lui est consa­crée, mais à l’en­semble des pro­duits de toutes natures qu’il a fal­lu consom­mer pour l’ob­te­nir (les intrants). Le bilan est alors beau­coup moins glo­rieux. Ce que met en évi­dence le prix de revient éle­vé des céréales pro­duites. Encore ce prix ne tient-t-il pas compte des charges qui, en bonne logique, devraient lui être impu­tées : coût des pol­lu­tions induites qui détruisent peu à peu l’é­co­sys­tème, coût du dépla­ce­ment de popu­la­tions qui avaient un toit au vil­lage et pour qui il faut construire des barres ou des tours dans les grands ensembles.

    •L’ob­jec­tif affi­ché [de la socié­té actuelle] est de deve­nir un  » gagnant « , comme si un gagnant n’é­tait pas, par défi­ni­tion, un pro­duc­teur de per­dants. En nous pré­sen­tant cette atti­tude de com­bat per­ma­nent de cha­cun contre les autres, comme une consé­quence néces­saire de la  » lutte pour la vie « , les éco­no­mistes ont enfer­mé les hommes d’au­jourd’­hui dans une logique abou­tis­sant à l’é­chec final de tous.

    •La publi­ci­té […], pour arri­ver à ses fins, doit décer­ve­ler les citoyens. Ceux-ci ne sont plus que des consom­ma­teurs qu’il faut mani­pu­ler, trans­for­mer en foule docile, à qui l’on veut faire prendre des ves­sies pour des lan­ternes. Cet objec­tif est naï­ve­ment avoué par l’u­sage d’une expres­sion dont le cynisme éhon­té n’est plus per­çu tant elle est uti­li­sée :  » amé­lio­rer l’i­mage de marque « . Il ne s’a­git plus d’a­mé­lio­rer la réa­li­té des pro­duits offerts par une grande entre­prise sous une marque com­mune, mais la per­cep­tion floue qu’en ont les acheteurs.

    •Le pou­voir voit sans déplai­sir les frus­tra­tions et les colères engen­drées par une vie sans espoir trou­ver un exu­toire dans la fré­né­sie des fins de match. Pen­dant qu’ils braillent  » On a gagné « , les sans-emploi ne pensent pas à faire la révolution.

    •Aller de Paris à Dakar est cer­tai­ne­ment une aven­ture humaine mer­veilleuse, à condi­tion de par­cou­rir le tra­jet le plus len­te­ment pos­sible. Qu’ap­porte la vitesse, sinon la pos­si­bi­li­té infan­tile d’é­ta­blir un clas­se­ment à l’ar­ri­vée ? Deve­nu une course, le Paris-Dakar n’est plus qu’un jeu stu­pide, dan­ge­reux, que gagne le plus capable de dépen­ser, et qui mani­feste avec une morgue insup­por­table le mépris des Euro­péens repus pour les Afri­cains qui crèvent de faim. Une fois de plus l’é­co­no­misme a tout perverti.

    •La véri­table liber­té est indis­so­ciable de la pro­tec­tion des plus faibles. Le libé­ra­lisme à l’oc­ci­den­tale est syno­nyme d’es­cla­vage pour la grande majo­ri­té des hommes, qu’ils soient citoyens des pays du Sud ou relé­gués dans les couches déva­lo­ri­sées des pays du Nord.

    •Admettre comme des véri­tés abso­lues les pro­po­si­tions des éco­no­mistes, c’est pas­ser de l’é­co­no­mie, dis­ci­pline scien­ti­fique par­mi d’autres, à l’é­co­no­misme, inté­grisme aus­si rava­geur que les inté­grismes religieux.

    •Un objet, maté­riel ou imma­té­riel, n’a pas de valeur en soi ; il n’en a que si au moins une per­sonne voit en lui une source de satis­fac­tion ; c’est donc l’at­ti­tude des hommes qui est la source de la valeur. Un sou­rire cha­leu­reux, une jour­née enso­leillée, de l’air pur, apportent au moins autant de satis­fac­tion qu’une pièce en or. Mais un éco­no­miste ne sait en tenir compte ; cette valeur-là ne peut entrer dans ses rai­son­ne­ments. Tout en gar­dant le même mot  » valeur « , il res­treint son champ de réflexion aux objets qui ont d’autres carac­té­ris­tiques per­met­tant d’é­vo­quer un autre type de valeur, que l’on appelle la valeur marchande.

    •Être libre, ce n’est pas avoir la capa­ci­té de faire n’im­porte quoi ; la liber­té de l’in­di­vi­du seul sur une île n’a pas de conte­nu. Être libre, c’est accep­ter des contraintes dis­cu­tées en com­mun et aux­quelles cha­cun se sou­met au nom d’un objec­tif supé­rieur : la liber­té de la parole est l’a­bou­tis­se­ment des contraintes du langage.

    •L’é­cole de demain ne ser­vi­ra plus à appro­vi­sion­ner les géné­raux en chair à canon ou les chefs d’en­tre­prise en chair à pro­fit ; elle aide­ra des hommes à se construire eux-mêmes au contact des autres.

    •L’o­bli­ga­tion sco­laire ne devrait pas être com­prise comme impo­sant aux enfants d’al­ler à l’é­cole, mais comme impo­sant à leur entou­rage, et en pre­mier lieu à leur famille, de les aider à béné­fi­cier de son enseignement.

    Petite phi­lo­so­phie à l’u­sage des non-phi­lo­sophes – 1997

    •La fra­ter­ni­té a pour résul­tat de dimi­nuer les inéga­li­tés tout en pré­ser­vant ce qui est pré­cieux dans la différence.

    •Est fana­tique celui qui est sûr de pos­sé­der la véri­té. Il est défi­ni­ti­ve­ment enfer­mé dans cette cer­ti­tude ; il ne peut donc plus par­ti­ci­per aux échanges ; il perd l’es­sen­tiel de sa per­sonne. Il n’est plus qu’un objet prêt à être manipulé.

    •Ceux qui pré­tendent déte­nir la véri­té sont ceux qui ont aban­don­né la pour­suite du che­min vers elle. La véri­té ne se pos­sède pas, elle se cherche.

    •Oublions ces exa­mens qui agissent comme des aimants per­ni­cieux en orien­tant les efforts vers la  » réus­site « . En réa­li­té, ils ne sont que des évé­ne­ments anec­do­tiques, de peu d’im­por­tance à côté de l’en­jeu essen­tiel : construire cet outil fabu­leux qu’est notre intelligence.

    •Com­mu­ni­quer, c’est mettre en com­mun ; et mettre en com­mun, c’est l’acte qui nous consti­tue. Si l’on estime que cet acte est impos­sible, on refuse tout pro­jet humain.

    •Res­pec­ter autrui, c’est le consi­dé­rer comme une par­tie de soi, ce qui cor­res­pond à une évi­dence si l’on accepte la défi­ni­tion :  » Je suis les liens que je tisse avec d’autres. »

    •Expri­mer une idée est une acti­vi­té dif­fi­cile à laquelle il faut s’exer­cer ; la télé sup­prime cet exer­cice ; nous ris­quons de deve­nir un peuple de muets, frus­trés de leur parole, et qui se défou­le­ront par la violence.

    •L’a­mou­reux qui espère res­sent plus de bon­heur que l’a­mou­reux qui a obtenu !

    •Idéa­le­ment, tout com­por­te­ment devrait résul­ter d’une déci­sion per­son­nelle prise après une ana­lyse lucide. Suivre un exemple, c’est se défaus­ser d’une res­pon­sa­bi­li­té sur un autre. Don­ner l’exemple en pro­po­sant à l’autre de suivre cet exemple, c’est l’en­cou­ra­ger à une irresponsabilité.

    •Le rôle de l’é­cole est d’in­té­grer un petit d’homme dans la com­mu­nau­té humaine, de trans­for­mer un indi­vi­du en une per­sonne. Répé­tons-le : édu­quer c’est é‑ducere, c’est conduire un jeune hors de lui-même, le faire exis­ter dans les échanges qu’il vit avec les autres.

    •Les maths sont ce qu’il y a de plus facile à com­prendre. Sauf patho­lo­gie men­tale pro­fonde, tout le monde est  » bon en maths « . Mais pour des rai­sons que les psy­cho­logues pour­raient sans doute élu­ci­der, cer­tains jeunes décident qu’ils ne sont pas bons. Je crois que la prin­ci­pale res­pon­sa­bi­li­té réside dans la façon dont les mathé­ma­tiques sont enseignées.

    •La liber­té n’est pas la pos­si­bi­li­té de réa­li­ser tous ses caprices ; elle est la pos­si­bi­li­té de par­ti­ci­per à la défi­ni­tion des contraintes qui s’im­po­se­ront à tous.

    •On ne peut mesu­rer que ce qui est unidimensionnel.

    •Le péché fon­da­men­tal des reli­gions : faire des adeptes qui ne posent plus de ques­tions. L’at­ti­tude scien­ti­fique est exac­te­ment à l’opposé.

    •Les reli­gions devraient solen­nel­le­ment pro­cla­mer que toute guerre en leur nom consti­tue véri­ta­ble­ment un blasphème.

    •Plus nous sen­tons le besoin d’a­gir, plus nous devons nous effor­cer à la réflexion. Plus nous sommes ten­tés par le confort de la médi­ta­tion, plus nous devons nous lan­cer dans l’action.

    •On peut apprendre à un ordi­na­teur à dire :  » Je t’aime « , mais on ne peut pas lui apprendre à aimer.

    •Nous ne voyons pas le monde avec nos yeux, nous le voyons avec nos concepts.

    •L’oi­si­ve­té est, dit-on, la mère de tous les vices, mais l’ex­cès de tra­vail est le père de toutes les soumissions.

    •Le véri­table remède contre le chô­mage est qu’il n’y ait plus de tra­vail pour per­sonne, mais pour cha­cun une place dans la société.

    •Uti­li­ser les maths comme outil de sélec­tion est déci­dé­ment une aber­ra­tion. Sur quoi sélec­tion­ner alors ? direz-vous. La vraie ques­tion est : Pour­quoi sélec­tion­ner ? Et je ne connais pas la réponse.

    •La plu­part des reli­gions recom­mandent  » d’ai­mer son pro­chain « . Le fait est que, mal­gré ce bel objec­tif, elles ont sou­vent secré­té des com­por­te­ments d’ex­clu­sion des païens, des infi­dèles, des enne­mis du vrai Dieu, qui n’é­taient plus regar­dés comme des pro­chains, des frères, mais comme des adver­saires à éli­mi­ner. Ce n’est pas au nom d’une volon­té divine qu’il faut  » aimer son pro­chain « , mais au nom de notre luci­di­té sur la réa­li­té humaine. Cette luci­di­té est pour moi le fon­de­ment de la laïcité.

    •Si le fou­lard n’é­tait qu’une façon de s’ha­biller, il ne pose­rait pas pro­blème. Mais le  » fou­lard isla­mique  » est une façon d’af­fir­mer qu’une jeune musul­mane, pour être fidèle à sa reli­gion, doit le por­ter. Il s’a­git donc d’une pres­sion sur celles qui jugent bon de n’en pas por­ter. A ce titre, il ne peut être toléré.

    •L’in­ven­tion des dieux […] résulte d’une démis­sion de la rai­son, plus pré­ci­sé­ment d’une inca­pa­ci­té à accep­ter une évi­dence dou­lou­reuse, du moins pour cer­tains : que la rai­son ne peut appor­ter des réponses à tout. Cette inven­tion, comme toutes les inven­tions, a été uti­li­sée par­fois pour pro­vo­quer les pires fléaux, ain­si les effroyables guerres de religion.

    •L’é­vo­ca­tion d’un para­dis à gagner en accep­tant les misères du monde pré­sent a été une véri­table drogue évi­tant la révolte des exploi­tés. La reli­gion catho­lique n’a pas fini de payer sa com­pro­mis­sion avec ce détour­ne­ment des paroles de l’Évangile.

    •La démarche scien­ti­fique n’u­ti­lise pas le verbe croire ; la science se contente de pro­po­ser des modèles expli­ca­tifs pro­vi­soires de la réa­li­té ; et elle est prête à les modi­fier dès qu’une infor­ma­tion nou­velle apporte une contra­dic­tion. Pour­quoi les reli­gions n’en feraient-elles pas autant ?

    •Je suis, comme beau­coup, agnos­tique, c’est-à-dire conscient de mon inca­pa­ci­té à dire quoi que ce soit à pro­pos de ce qu’il est conve­nu de dési­gner par le mot Dieu.

    •Les reli­gions sont un obs­tacle sur ce che­min [recherche de la véri­té] dans la mesure où elles se réfèrent à une parole révé­lée. Le concept de révé­la­tion conduit droit à l’in­té­grisme dont nous voyons les ravages.

    Halte aux Jeux ! – 2004

    •Rame­ner l’é­vé­ne­ment à un pal­ma­rès est aus­si réduc­teur que de décrire une sta­tue de bronze en se conten­tant d’en indi­quer le poids.

    •N’est-il pas gro­tesque de pré­tendre que  » la France est cham­pionne du monde  » alors que le res­pect de la véri­té néces­site de dire sim­ple­ment qu’une équipe sub­ven­tion­née par le bud­get de l’É­tat fran­çais a rem­por­té un championnat ?

    •L’his­toire de notre espèce n’est pas seule­ment celle des exploits indi­vi­duels peu à peu amé­lio­rés, elle est sur­tout celle des réus­sites per­mises par notre capa­ci­té à mettre en com­mun. Tout exploit de l’un d’entre nous doit donc être res­sen­ti par cha­cun comme le signe d’une avan­cée dont tous nous pou­vons nous sen­tir acteurs.

    •Lorsque cet objec­tif de vic­toire per­son­nelle est la fina­li­té réelle des efforts consen­tis, l’a­bou­tis­se­ment ne peut être qu’une lutte contre les autres, alors que la réus­site essen­tielle des êtres humains est de savoir lut­ter contre soi avec l’aide des autres…

    Offi­ciel­le­ment, il s’a­git de ren­contres loyales où cha­cun mani­feste au mieux ses talents. Le mot d’ordre est par­tout répé­té :  » L’im­por­tant, c’est de par­ti­ci­per, non de gagner.  » Mais il est dif­fi­cile de ne pas déce­ler dans cette for­mule une bonne dose d’hy­po­cri­sie, tant l’ac­cent est mis à toute occa­sion sur la néces­si­té de gagner…

    Si vrai­ment l’ob­jec­tif est de par­ti­ci­per, il ne peut pas être de gagner ; si vrai­ment l’ob­jec­tif est de ren­con­trer ami­ca­le­ment d’autres êtres humains, il ne peut pas être de cher­cher à l’emporter sur eux ; si vrai­ment il s’a­git de faire la fête, il ne peut pas s’a­gir de se doper. Pour éra­di­quer le dopage, la seule voie pos­sible est d’en sup­pri­mer la cause, c’est-à-dire d’ou­blier la compétition.

    La science à l’u­sage des non-scien­ti­fiques – 2003

    •Cal­cu­ler la pro­ba­bi­li­té d’un évé­ne­ment n’a aucun sens une fois que l’on sait qu’il s’est pro­duit. L’ap­pa­ri­tion de la vie, celle des dino­saures, celles des Hommes, a résul­té d’un grand nombre de bifur­ca­tions dans le cours des pro­ces­sus se dérou­lant sur notre pla­nète ; cha­cune de ces bifur­ca­tions s’est pro­duite alors que de nom­breuses autres étaient pos­sibles ; cha­cune avait une pro­ba­bi­li­té faible, mais il fal­lait bien qu’une de ces pos­si­bi­li­tés se produise.

    Entre­tien sur Nou­velles Cles​.com

    •Je ne suis pas athée, mais agnos­tique. Athée, cela veut dire : je sais que Dieu n’existe pas. Moi, je n’en sais stric­te­ment rien. Gnose signi­fie par­ler. Être agnos­tique, cela veut dire : si Dieu existe, je suis inca­pable de le dire, donc je n’en parle pas. Mais je peux évo­quer l’i­dée que d’autres se font de Dieu.

    Revue Topo, ana­to­mie du cre­do – avril 2004

    • »… j’ai été un petit catho très fervent dans ma jeu­nesse. J’ai pas­sé deux ans chez les jésuites, j’ai même ser­vi la messe ! Mais pro­gres­si­ve­ment, je me suis éloi­gné de l’É­glise et de ses rites : « Trop long­temps, j’ai cru ce qui m’é­tait dit », sont les pre­miers mots de mon livre Dieu ?. J’ai réa­li­sé que les reli­gieux m’a­vaient ensei­gné des choses aux­quelles eux-mêmes ne croyaient pas. Et je leur en ai voulu.

    Réponse
  173. Anonymous

    Une pen­sée à Albert Jac­quard, un grand homme vient de nous quitter…

    Réponse
  174. Marie

    Un grand inspirateur.
    Merci

    Réponse
  175. Ana Sailland

    On pour­rait jouer à défi­nir ce qu’est être humain.

    Je com­mence 🙂

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    La four­mi trans­porte des brin­dilles sans se poser de question.
    La vache broute sans se poser de question.
    Le lion bouffe la gazelle sans se poser de question.
    Le cas­tor abat des arbres sans se poser de question.

    L’hu­main, c’est le contraire :
    L’hu­main tue en se posant des questions.
    L’hu­main défo­reste en se posant des questions.
    Le client du super mar­ché mange du pou­let éle­vé en bat­te­rie, en se posant des questions.

    Et en plus, il arrive que l’hu­main réponde à ces ques­tions qu’il se pose en inflé­chis­sant son com­por­te­ment pour s’é­car­ter de son inté­rêt immé­diat et solitaire.

    Et cela au nom de « valeurs » dont il ne sait pas vrai­ment d’où elles viennent.

    (Énorme mys­tère que l’é­ta­lon moral qui me sert à mesu­rer mes actes)

    En pre­mière approxi­ma­tion, on pour­rait mesu­rer le degré de conscience d’un humain par le nombre de choix qu’il a fait contre la faci­li­té des solu­tions immé­diates qui lui sont pro­po­sées. Mais c’est plus com­pli­qué que ça je crois 😉

    Réponse
  176. Patrick Flécheux

    Bon­jour Ana

    Je rebon­dis sur ton post, mais j’au­rai pu le faire à maintes reprises (et de façon plus épi­der­mique) dans cette fil de dial sur plu­sieurs inter­ven­tions de Virus.

    Mais, même si l’on ne se connait tou­jours pas, je « t’aime bien » donc je rebon­di syn­thé­ti­que­ment sur toi, car ça me démange depuis un bon moment déjà. 🙂

    « En pre­mière approxi­ma­tion, on pour­rait mesu­rer le degré de conscience d’un humain par le nombre de choix qu’il a fait contre la faci­li­té des solu­tions immé­diates qui lui sont pro­po­sées. Mais c’est plus com­pli­qué que ça je crois »

    On pour­rait te répondre que l’on peut « mesu­rer le degré de conscience d’un imbé­cile par le nombre de choix qu’il a fait etc »

    Car pour vou­loir com­pli­quer ce qui est simple, (les solu­tions immé­diates), faut quand même être un peu con, non ? Ou, au mieux, n’a­voir vrai­ment que ça à foutre (S’est le cas des oli­garques et de nom­breux intel­lec­tuels inutiles, mais pro­duc­teurs de concepts. Mal­heu­reu­se­ment inca­pables de tenir une pelle ou un balais.)

    Cela me rap­pelle vague­ment (dans d’autres registres) le dis­cours des castes « nor­mées » auto-pro­cla­mées « élites ». Ain­si que nombre de poli­ti­ciens professionnels.

    Pour finir, tu ter­mines ton exemple par : Mais c’est plus com­pli­qué que ça.

    Il fau­drait donc (pour « com­prendre ») ajou­ter de la com­pli­ca­tion, à plus de com­pli­ca­tions afin de digres­ser sur ce qui à la base est une défi­ni­tion (celle de Jac­quard) simple et péda­go­gique, car phi­lo­so­phi­que­ment éman­ci­pa­trice, et sur­tout à la por­tée de tout le monde.

    Là, je vais te soup­çon­ner d’a­voir peur de perdre le « pou­voir » que te donne ton éru­di­tion certaine. 🙂

    Ques­tions : à qui vont ser­vir (qui est ser­vit par ? Qui se sert de ?) toutes ces « com­pli­ca­tions » « digressantes » ?

    Pas aux gens simples en tout cas. Donc, pas à la Démocratie.

    Réponse
  177. Ana Sailland

    Patrick,

    renon­cer à la faci­li­té peut être par exemple s’ins­crire à une AMAP et s’é­loi­gner du supermarché.
    C’est à ce genre d’exemple que je pen­sais, bien enten­du. Mer­ci de ne pas l’a­voir compris.

    Je me suis mal expri­mée, donc.

    Quant à mon pou­voir, hum hum, il n’est pas bien immense.
    Et si je ne touche pas les mêmes per­sonnes que toi, tant mieux : ça fait deux sons de cloches, et un carillon, c’est mieux que big ben 😉

    Ici, je bavarde avec des amis (j’ose le croire), et j’a­voue me lacher un peu, mais si mon but est de dif­fu­ser (ça arrive), je tente d’être plus synthétique.

    Un blog, c’est une somme de styles et de pen­sées, émis par des gens dif­fé­rents, de cultures dif­fé­rentes et d’o­pi­nions dif­fé­rentes, et le résul­tat est ce qu’il est, c’est à dire riche et varié !
    Un réser­voir immense où cha­cun puise ce qu’il peut pui­ser à un ins­tant t de sa vie.

    C’est mar­rant ce que tu écris sur la démo­cra­tie car il y a sur ce site des gens qui sug­gé­raient de faire pas­ser un exa­men d’ap­ti­tude aux can­di­dats au tirage au sort, et je m’é­tais insur­gée contre cette idée. Il ne fau­drait pas d’un autre côté faire taire ceux qui (c’est par­fois un han­di­cap rela­tion­nel, hélas) sont à l’op­po­sé de l’illet­trisme, non ?
    La démo­cra­tie, c’est tout le monde, et pas seule­ment les gens « simples », comme tu dis, ou « la France d’en bas » comme disait Raffarin.

    A ce pro­pos, quel­qu’un a‑t-il des nou­velles de Mor­pheus ? (Je m’inquiète)

    La défi­ni­tion que tu admires, très posi­tive au demeu­rant, n’a­borde qu’une par­tie de la ques­tion qu’elle est cen­sée résoudre.
    Mais tu peux t’en conten­ter. Moi pas : pour moi, ce sujet est immense et ne s’a­chève pas d’un trait péda­go­gique. Mais c’est moi …

    Ton ain­tair­vans­sion m’ait utile, messie.

    Réponse
  178. Patrick Flécheux

    Non le monde n’est pas com­po­sé que de gens simples. S’est bien là tout le pro­blème. Car s’est ce qui fait que ce monde est en appa­rence si com­pli­qué et si insoluble.

    N’ou­blions jamais que se sont les gens simples qui font tour­ner le monde au quo­ti­dien. Que se sont les gens simples qui nous nour­rissent et nous per­mettent de vivre autre part que dans des grottes. Se sont les gens simples qui vont tou­jours à l’es­sen­tiel, car pour pou­voir sur­vivre ils y sont condamnés.

    Quand je lis sur les posts des trucs du style « il faut apprendre aux gens les réa­li­tés de la vie », ça me fout en rage.

    Car quand un gamin prend des tartes dans la gueule tous les matins « pour la conne­rie qu’il fera plus tard » je peux t’as­su­rer que ce môme à plus le sens des réa­li­tés de la vie que n’im­porte quel intel­lo sor­tie de l’ENA.
    Lui, il n’a pas besoin de faire appel à des psy­chiatres Polo­nais pour com­prendre la réa­li­té du monde et de ce que sont les humains qui le com­posent. Le monde il a gran­dit avec et il vit en plein dedans. Et il doit s’a­dap­ter très vite si il veut survivre.

    Et s’est à ces gens là que l’on vou­drait apprendre ce qu’est la « vraie » vie, les réa­li­tés sociales et politiques 
    Mais s’est nous qui avons tout à apprendre d’eux. Car s’est nous qui nous ber­çons d’illu­sions sur l’humanité.

    Si les indiens avant d’être Démo­crates étaient des guer­riers ce n’est pas par hasard.

    Tout est dans cet exemple. Les intel­los et autres pseu­do-cher­cheurs de véri­tés n’é­la­borent que du concept mais se sont eux qui n’y com­prennent rien à rien à la réa­li­té de ce qui les entoure. Les types ne vivent que dans leur cerveau.
    (Sauf ceux qui ont mor­flés et encore là, les aigris peuvent deve­nir encore plus dan­ge­reux car ils savent magner les mots et le bara­tin et en prime l’ins­truc­tion t’ap­prends aus­si à te défaire de toute morale.)

    Qui a fait de notre monde ce qu’il est ? Qui a assis sa domi­na­tion et son pou­voir sur les autres, si se n’est les zélites et les zéru­dits. Tous ces êtres qui pensent avoir tout com­pris mais qui se cachent der­rière le pre­mier cor­don de CRS qui passent dés que le peuple les ramène à la seule réa­li­té qui vaille et qui compte. A savoir : que la vie est TRES fra­gile, même pour eux.

    Et d’où tirent-ils ce pou­voir, si se n’est de l’en­fu­mage intel­lec­tuel qu’ils pro­pagent comme un saint Graal tout puissant.

    Seul un retour à l’es­sen­tiel et à la sim­pli­ci­té (intel­lec­tuel et maté­riel) nous don­ne­ra une chance de sur­vivre à notre inhu­ma­ni­té. Car s’est seule­ment en pre­nant cette inhu­ma­ni­té en pleine gueule que l’on apprend à s’en préserver.
    Nous devons sor­tir du for­ma­tage intel­lec­tuel oli­gar­chique ou nous nous trou­vons. Il faut flin­guer Des­cartes et tous ses soupirants.

    Car la réduc­tion des inéga­li­té de tous ordres sous entends que les moins disant acceptent d’en gagner plus (ce qui ne sera pas trop com­pli­qué, quoi que il va fal­loir appor­ter du concret, car le bla­bla ils en bouffent depuis des siècles.)
    Et que les mieux disant acceptent de perdre l’i­nu­tile et cette bonne dose du super­flue qui nour­rit leurs cer­veaux malades. (Et là c’est loin d’être gagné) Et je ne parle pas uni­que­ment de maté­riel bien sur.

    La sculp­ture de soi passe par le corps, seul le corps peut nour­rir l’es­prit car il ancre les faits dans la chair et dans le coeur des hommes. S’est sans doute une des rai­sons qui fait que l’homme aime tant les guerres, la vio­lence et le cul. Car là, on ne peut se la racon­ter, on est à l’es­sence des choses, on est aux tripes. On est tout seul.

    L’es­prit n’est qu’un l’heur super­fi­ciel qui ne sert qu’à tri­cher, à trom­per et qui n’a jamais nour­rit ou fait les gosses.

    Un sage Hin­dou dont j’ai oublié le nom com­pli­qué à cette phrase merveilleuse.

    « Cherche la réponse en se lieu même d’où t’es venue la question. »

    Un autre Samou­raï de ma connais­sance celui-là, l’ex­plique avec moins de délicatesse.

    « Il y a des moments dans la vie où il faut mettre ses couilles sur la table. »

    L’hu­ma­ni­té est en guerre contre elle même. Seuls les plus forts survivrons.

    Réponse
  179. Ana Sailland

    On peut être simple et avoir des idées, et avoir envie de les par­ta­ger, et faire ça autre­ment qu’en SMS. Je suis d’ac­cord avec plein de trucs que tu viens d’é­crire, mais pas avec le nivel­le­ment par le bas que ça sous entend.

    Oui, comme le sug­gère ta cita­tion de Mon­sieur Jac­quard, la ren­contre est un des pro­ces­sus (pas le seul) qui per­mettent de se construire. Mais à condi­tion qu’elle s’o­père entre gens dif­fé­rents (car me ren­con­trer dans un miroir gla­cé ne va pas me faire me construire). Et c’est exac­te­ment ce qui nous arrive ici : nous sommes dif­fé­rents (toi et moi en par­ti­cu­lier au vu de ta réac­tion), ce qui va nous per­mettre de nous enri­chir mutuel­le­ment. Encore faut il que ne s’im­misce pas quelque com­plexe d’in­fé­rio­ri­té ou de supé­rio­ri­té, soyons y attentifs.

    Sur le forum d’E­tienne, il y a eu un court débat ces der­niers jours concer­nant la néces­saire sim­pli­ci­té (mon point de vue) des textes légis­la­tifs ou consti­tu­tion­nels : j’é­cri­vais qu’on devrait pou­voir les lire à haute voix à un illet­tré sans qu’il ren­contre des dif­fi­cul­tés à les entendre (c’est peut être opti­miste). En cette cir­cons­tance, la sim­pli­ci­té est selon moi un but que la démo­cra­tie doit inté­grer. Mais au cours de simples échanges, je ne suis pas d’ac­cord avec l’i­dée que bri­der sys­té­ma­ti­que­ment le style et l’ex­pres­sion serait une bonne chose : la qua­li­té du Verbe se trans­met par osmose (!) (au cours de cette fameuse ren­contre qui per­met de se construire, n’est ce pas), et par ailleurs, l’ap­pau­vris­se­ment de la langue du peuple, ou son main­tiens volon­taire en son état, serait don­ner plus de pou­voir à l’é­lite que tu dénonces. Donc : Vive le bras­sage des styles entre gens honnêtes.

    Réponse
  180. Ana Sailland

    « Dic­ta­ture du pro­lé­ta­riat » est un oxy­more qui me semble en rela­tion avec notre échange 😉

    Réponse
  181. Marie

    A chaque fois… quel mer­veilleux pédagogue.
    Il explique d’une façon si clair et si fluide que ça touche là où il faut pour que ça touche

    Réponse
  182. Patrick Flécheux

    Ana se que je sous entend dans le mot « sim­pli­ci­té », ne se situe pas au niveau de la langue Fran­çaise. Ou de l’ap­pau­vris­se­ment des savoirs. Cer­tains savoirs sont utiles et indis­pen­sables à l’é­vo­lu­tion du monde et des hommes.

    Mais com­bien d’entre ces « savoirs » ne per­mettent que de se gaus­ser dans les salons bien pen­sant entre deux petits fours ?
    Et sur se blog il ne manque sou­vent que les petits fours.

    Il faut une juste mesure dans tout cela. Je ne crois pas que tous les savoirs, ou pré­ten­dus tels, aient une uti­li­té autre que de se dif­fé­ren­cier des autres per­sonnes. (Ins­truite ou pas, inculte ou pas. Pour moi Jac­quard, Rab­bi ou Etienne font par­tis des gens simples. D’ailleurs pour­quoi asso­cier le mot « simple » à pauvres ou incultes ? Serait-ce encore là une excrois­sance de l’ego ?)

    Donc de prendre le pou­voir sur eux. « Nous ont sait, eux pas. Nous on connait eux pas. »

    Et si tu y fait bien atten­tion ce type de remarques est récur­rente sur ce blog.

    Non pas que je crois fourbes ou pré­ten­tieux les gens qui publient ces posts (même si il est per­mis d’en dou­ter, vu qu’ils sont, semble t‑il, « intel­li­gents » et ins­truits. Il connaissent donc le sens et le poids des mots. Mais ce n’est pas à moi d’en juger.)
    Mal­heu­reu­se­ment je les crois sin­cères dans leurs démarches. Et s’est bien se qui me cha­grine le plus.

    Mais de par leurs for­ma­tage intel­lec­tuel Il ne semblent n’être même plus conscient de se qu’ils sont réel­le­ment et de leur (in)utilité minus­cule et ridi­cule dans la socié­té et à la vie en géné­rale. Et je ne parle pas à l’é­chelle de la France ou de l’u­ni­vers, mais à celui de leur propre foyer, à savoir leur cerveau.

    Le but n’est pas de « nive­ler vers le bas ». (Déjà rien que dans cette phrase tu sous entends qu’il y a des gens plus « haut » que d’autres, ce qui est un non sens, donc s’est peut-être à toi de te « nive­ler » dans un pre­mier temps … Mais depuis le temps que je te lis, je sais que tu ne te consi­dères pas, consciem­ment tout du moins, comme « supé­rieure ». Ou alors tu es une sacrée fumiste lol)

    Mais je digresse … Donc le but n’est effec­ti­ve­ment pas de « nive­ler » ni même « d’é­le­ver » (se qui revient au même …), mais de se mettre « à la mesure de » qui nous sommes et de se que nous repré­sen­tons réel­le­ment. (Se que j’ap­pelle le retour à la « sim­pli­ci­té ». Peut-être que le mot « authen­ti­ci­té » sera plus juste. Mais l’un ne va pas sans l’autre.

    Car à par­tir du moment ou une per­sonne, même incons­ciem­ment, se consi­dère comme plus « haute », « mieux que » ou « supé­rieur » à d’autres, tout se qu’elle peut racon­ter au delà de cet aveux nar­cis­sique n’est QUE de l’en­fu­mage rhé­to­rique pour prendre (et oui) : Le Pou­voir sur autrui et assoir sa domi­na­tion et son contrôle sur les autres de part cette pseu­do dif­fé­rence qui ne repose que sur du vent et des mots.

    Ce ne sont pas les gens simples qui se pensent supé­rieurs ou infé­rieurs, car eux ne peuvent se le per­mettre, la vie concrète et bien réelle les rame­nant tou­jours à ce qu’ils sont vrai­ment à savoir : des merdes de pas­sage sur la Terre.
    Se sont les gens QUE ins­truits qui n’ont sou­vent que ça à foutre que de se gaus­ser d’eux-mêmes en se regar­dant le nom­bril (ou le cerveau).

    Je ne m’é­lève pas contre l’ins­truc­tion et le savoir. Je m’é­lève contre l’u­ti­li­sa­tion que tout à cha­cun en fait.

    A savoir une ten­ta­tive de démons­tra­tion per­ma­nente de sa propre « supé­rio­ri­té » sa propre « intel­li­gence » et de son « éru­di­tion » his­toire de se prou­ver que l’on est aus­si « quelque chose » ou « quel­qu’un » de mieux que les autres.

    Se consi­dé­rer comme à part ou dif­fé­rent, s’est vou­loir prendre le pou­voir et domi­ner autrui. Et ça, (aux pro­los ce coup çi), tu ne leurs fais pas.

    D’ailleurs une phrase qui devrait être au fron­ton des Mai­ries et à la base de tous les cours de phi­lo revient sou­vent dans mon monde : « Mais tu te prends pour qui ? …

    La Démo­cra­tie com­mence peut-être avec cette phrase ? A méditer …

    Réponse
  183. J-Stéphane

    Sim­pli­fier ce qui semble com­plexe, c’est vou­loir partager.

    Com­pli­quer ce qui est simple, c’est vou­loir exclure.

    Je suis pour la vulgarisation.

    Réponse
  184. Marie

    @ Patrick Flé­cheux #213
    je crois bien que ce que vous dites je l’at­ten­dais depuis un bon moment(même si moi aus­si je tombe dans le pan­neau) mais n’au­rais pas oser le dire moi-même sur­tout que je n’au­rais pas su l’ex­pri­mer de cette façon. Alors merci.

    Réponse
  185. Marie

    Per­son­nel­le­ment, j’ai beau­coup plus de dif­fi­cul­té à échan­ger par écrit qu’oralement,
    J’ai remar­qué que lorsque je me reli­sais, ça ne cor­res­pon­dait pas vrai­ment à ce que je vou­lais par­ta­ger, écrire je sup­pose que ça s’ap­prends :-)j’es­père !

    Réponse
  186. Ana Sailland

    Patrick,

    Le par­tage du peuple entre deux classes, c’est toi qui l’a mis sur le tapis, et c’est toi qui dans notre échange a par­lé des gens simples le premier.
    J’ai répon­du sur le ter­rain que tu avais défi­ni et il serait logique que tu ne me reproche pas d’y être.

    Tu serais par ailleurs sym­pa­thique de ne pas m’as­si­mi­ler aux baveux qui veulent le pou­voir. J’ai eu été aux écoles et c’est pas ma faute 😉

    Par ailleurs, fouille un peu les écrits de Mon­sieur Jac­quard, et tu ver­ras que ce n’est pas tou­jours aus­si simple que ça. Il y a quand même des mes­sages ori­gi­naux qu’il n’est pas facile d’ex­pri­mer comme tu le souhaites.

    Pour ma part, rebon­dis­sant sur une cita­tion four­nie par tes soins, j’ai ten­té de pro­po­ser une dis­cus­sion sur la spé­ci­fi­ci­té de l’hu­main. C’est mal reçu ? Jugé com­pli­quant ? Ou pédant ? Tant pis après tout.
    Dom­mage, car c’est un sujet qui aurait pu nous enrichir.
    Mais peut être que quand un grand homme pro­nonce une phrase il faut juste admi­rer et fer­mer sa gueule, c’est ça ?

    Pour qui tu te prends ?
    Bonne question.
    Tu sau­rais dire qui tu es toi ?

    ;;;;;;;;;

    Marie,

    Peut être que ce ne sont pas les mêmes zones du cer­veau qui tra­vaillent à l’é­crit et à l’oral

    C’est un peu comme si en face à face et par écrit les inter­lo­cu­teurs n’é­taient pas les mêmes …

    ;;;;;;;;;;;

    Toustes,

    Il y a envi­ron un mois, j’ai ren­con­tré par hasard en ville un vieil ami pas vu depuis dix ans (un col­lègue en fait). Nous avons bavar­dé plus de trois heures autour d’un café. Echange passionnant.

    A un moment, cet ami m’a dit que « par­ler contient tou­jours une part de violence ».
    Je trouve cette idée au mini­mum inté­res­sante et depuis elle me turlupine.

    Réponse
  187. Marie

    Peut-être Dr Jekil et Mis­ter Hyde 😉

    Réponse
  188. J-Stéphane

    Bon­soir,

    « par­ler contient tou­jours une part de violence »

    Voi­la une remarque très per­ti­nente, d’ailleurs, nous le consta­tons clai­re­ment au réveil, nous somme beau­coup moins dis­po­sé à être sociable, on peut en déduire, je pense, que par­ler n’est pas inné, et donc contre nature, on peut aus­si prendre en compte que dans une dis­cus­sion le délais de réflexion est un stress sup­plé­men­taire pour l’individu…

    Réponse
  189. Marie

    En tout cas moi je rêve de vivre une rela­tion amou­reuse où on se com­pren­drait sans dire mot, où on com­mu­ni­que­rait juste par le regard

    ça devrait être le bon celui-là 😉 ça c’est pour la touche d’humour 🙂

    Réponse
  190. Patrick Flécheux

    « Le par­tage du peuple entre deux classes, c’est toi qui l’a mis sur le tapis, et c’est toi qui dans notre échange a par­lé des gens simples le premier. »

    Je viens de relire mes post (au cas où) et à aucun moment je ne fais men­tion de peuple, de sépa­ra­tion entre les classes. Ou même de classes sociales ou autres.
    Je ne sépare même pas les gens simples des tor­dus com­pli­qués, (les deux étant inter­dé­pen­dants et tota­le­ment liés – il existe aus­si des « com­pli­qués » pauvres.) je pointe juste leurs dif­fé­rences et leur défaut prin­ci­pal, car omni­pré­sent. (En y met­tant, pour le coup, s’est vrai, une échelle de valeurs morales.)

    Après, choi­sit ton camp cama­rade. Mais n’ou­blies jamais que où que tu te trouves sans ceux d’en face tu n’es rien.

    J’ai effec­ti­ve­ment par­lé de « gens simples » (sans pré­ci­ser il est vrai ce que je met­tais der­rière ce mot tota­le­ment apo­li­tique. Pen­sant – à tort semble t‑il – que ce mot ne souf­frait pas d’in­ter­pré­ta­tions autres que ce qu’il exprime – Impru­dence que j’ai cor­ri­gé dans mon 2eme post à la lec­ture de ta réponse. En te citant comme exemple Etienne ou Rab­bi car au moins ceux là je suis sur que tu les connais.)
    Donc, pour une fois, l’in­ter­pré­ta­tion ne vient pas de moi. Non mais 🙂

    « Tu serais par ailleurs sym­pa­thique de ne pas m’as­si­mi­ler aux baveux qui veulent le pou­voir. J’ai eu été aux écoles et c’est pas ma faute »

    Loin de moi cette idée. Même si je me per­met de te tes­ter un peu … Sans vrais doutes te concer­nant je te ras­sure. Mais ça, il me semble te l’a­voir déjà dit plus haut. 🙂

    Mais dans la mesure ou tu te posi­tionnes comme une per­sonne « vou­lant chan­ger » les gens, ou tout du moins la per­cep­tion qu’ils ont du monde, il me semble nor­mal, fai­sant par­ti des gens en ques­tion, de savoir se que tu as dans le ventre.
    Car vou­loir chan­ger les autres s’est bien gen­til, mais es-tu au moins capable de te chan­ger toi-même ?

    Et je ne parle pas de chan­ger sur des posi­tions intel­lec­tuelles bien confor­tables pour esqui­ver la réponse.

    Je te parle de chan­ger sur se qui te main­tient en vie. Sur tes propres fon­de­ments, au delà de tes posi­tions phi­lo­so­phiques, sur ce que tu es fon­da­men­ta­le­ment et qui a main­te­nu, jus­qu’à se jour, ce que tu consi­dères comme ton équi­libre social et peut-être même, ton équi­libre tout court.

    Car le chan­ge­ment de posi­tion rhé­to­rique, ça tout le monde sais le faire ou peut y pré­tendre avec un peu d’entrainement.
    Mais le vrai chan­ge­ment pro­fond et indi­vi­duel, s’est autre chose.
    Et seule la capa­ci­té de chan­ge­ment pro­fond de cha­cun d’entre nous per­met­tra l’a­vè­ne­ment d’une Anar­chique Démocratie.

    Donc, tout le bla­bla s’est très bien pour pas­ser les longues soi­rées d’hi­ver et se faire plai­sir entre potes.

    Mais as tu vrai­ment les couilles de chan­ger se que tu es ? (De les mettre sur la table …)

    Là est la seule ques­tion qui vaillent.
    Si ton quo­ti­dien répond non. Alors tout ton bara­tin n’est que du vent. Et tu es un mani­pu­la­teur en pré­ten­dant le contraire. (Donc tu cherches à obte­nir ou à conser­ver un pouvoir)

    Tu ne veux pas du pou­voir ? Alors que ta vie réponde à ces exi­gences et peut-être pour­ras-tu me convaincre.

    (NB : le « tu » que j’emploie, si il t’es adres­sé indi­rec­te­ment, s’a­dresse sur­tout à cha­cun d’entre nous, moi y compris.)

    Même quant on pré­tend agir pour le bien com­mun, s’est encore de la mani­pu­la­tion intel­lec­tuelle des autres et une trom­pe­rie machia­vé­lique du cerveau.

    Si l’on choi­sit l’op­tion « huma­niste » s’est pour exis­ter et pour briller dans quelque chose ou l’on se sent à l’aise quand on est pas un vrai guer­rier, que l’on est plus sen­sible que la moyenne et/ou que cer­tains aspects de la vio­lence nous effraie et nous paralyse.

    C’est pour être recon­nu comme quel­qu’un « de bien » par ces pairs, qui semble t‑il, nous ressemblent.

    Donc pour avoir du pou­voir et de l’emprise sur eux. Tout sim­ple­ment pour (au mieux) être aimé, au pire avoir l’im­pres­sion de contrô­ler son des­tin en contrô­lant celui de ces autres poten­tiel­le­ment dan­ge­reux pour nous.

    Et ce, pour la seule et unique rai­son qui nous anime : conti­nués à vivre pour son orgueil, dans le regard des autres, le plus long­temps possible.

    CHAPITRE II 🙂

    « Pour qui tu te prends ?
    Bonne question.
    Tu sau­rais dire qui tu es toi ? »

    Cela va cer­tai­ne­ment te sur­prendre. Mais oui.
    Et jusque dans le moindre de mes recoins obs­curs et tor­dus. Non seule­ment je sais qui je suis, mais je sais aus­si ce que l’on a fait de moi, qui, quand et sou­vent même pourquoi.
    Ce qui ne veut pas dire pour autant que j’en accepte tou­jours le constat et que je m’en satis­fasse. Mais je ne m’en plein pas.

    Je n’ai pas été aux écoles et c’est en par­ti de ma faute … :p

    Réponse
  191. Patrick Flécheux

    Marie

    Ecrire demande de prendre le temps. (Donc de l’avoir …).
    Le temps de choi­sir ses mots, de se relire et d’en chan­ger mainte fois, jus­qu’à trou­ver celui qui se rap­proche au plus près de ce que l’on veut exprimer.
    Le temps d’être le plus pré­cis possible …

    Je passe des heures à écrire ces post, afin d’es­sayer de ne pas tra­hir mes pen­sés pour évi­ter toutes inter­pré­ta­tions de celles ci et pour évi­ter aus­si d’être trop blessant.

    Et aus­si pour cor­ri­ger mes fautes … Mais là, je suis fran­che­ment mauvais.

    Et contrai­re­ment à toi, si il m’ar­rive avec sur­prise d’être par­fois élo­quent, je suis très mau­vais à l’o­ral, car je n’ai pas le temps de choi­sir mes mots. Et trop sou­vent mes paroles dépassent et tra­ves­tissent mes pensés.

    Mon manque d’ins­truc­tion et mon émo­ti­vi­té, sans doute.

    Réponse
  192. Patrick Flécheux

    J’ou­bliais Ana

    « Mais peut être que quand un grand homme pro­nonce une phrase il faut juste admi­rer et fer­mer sa gueule, c’est ça ? »

    Non, il suf­fit de lais­ser les gens l’in­ter­pré­ter comme ils l’en­tendent, et s’ils le sou­haitent, sans for­ce­ment leur impo­ser ta défi­ni­tion ou ta vision de la chose.

    Cha­cun est assez grand pour se faire une opi­nion sans toi. Ou sans qui que ce soit d’autre d’ailleurs.

    Trans­mettre, c’est mettre à la dis­po­si­tion. Ce n’est pas défi­nir pour les autres.

    Tu note­ras d’ailleurs que c’est ce qu’É­tienne fait sur ce blog. Il se contente de mettre du savoir à disposition.

    Réponse
  193. Patrick Flécheux

    Voi­là un bel exemple de « sim­pli­ci­té » res­pec­tueuse de chacun.

    La simple mise à dis­po­si­tion du savoir. Sans inter­pré­ta­tion autre que celle que les gens choi­sissent pour s’épanouir.

    Ni plus, ni moins.

    Réponse
  194. Ana Sailland

     » pour évi­ter aus­si d’être trop blessant » 

    C’est un pro­jet à pour­suivre avec constance 🙂

    Réponse
  195. Alix

    Je rebon­dis juste là-des­sus car ça m’a fait un peu rire en le lisant :

    « Car quand un gamin prend des tartes dans la gueule tous les matins « pour la conne­rie qu’il fera plus tard » je peux t’as­su­rer que ce môme à plus le sens des réa­li­tés de la vie que n’im­porte quel intel­lo sor­tie de l’E­NA. Lui, il n’a pas besoin de faire appel à des psy­chiatres Polo­nais pour com­prendre la réa­li­té du monde et de ce que sont les humains qui le com­posent. Le monde il a gran­dit avec et il vit en plein dedans. Et il doit s’a­dap­ter très vite si il veut survivre. »

    J’ai eu une vie à peu près simi­laire à ce gamin qui est décrit, pour­tant, c’est moi qui ai cité le psy­chiatre polo­nais un peu plus haut dans la dis­cus­sion. D’ailleurs, c’est jus­te­ment parce que j’ai eu affaire très tôt à des com­por­te­ments humains vio­lents et incom­pré­hen­sibles que j’ai eu besoin par la suite de lire des ouvrages de psy­chia­trie. Les lec­tures ne servent pas qu’à « briller » dans les diners, elles peuvent aus­si ser­vir à don­ner du sens et à gué­rir cer­taines souffrances.

    Je pense qu’il y a confu­sion dans la suite de la dis­cus­sion entre ceux qui ont besoin d’é­ta­ler leur culture et ceux qui s’in­ter­rogent réel­le­ment sur le monde qui les entoure. Et jus­qu’à pré­sent, il ne me semble n’a­voir lu ici que des per­sonnes de la seconde catégorie.

    Pour en reve­nir au fameux psy­chiatre polo­nais, il n’y a rien de pré­ten­tieux der­rière ces inter­ro­ga­tions sur le déve­lop­pe­ment de la conscience ou la capa­ci­té à réflé­chir par soi-même, bien au contraire. Ce méde­cin a assis­té aux deux guerres et a vou­lu com­prendre les rai­sons qui font qu’un homme va se com­por­ter en héros, por­té par de hautes valeurs et un sens du sacri­fice, tan­dis qu’un autre tor­tu­re­ra ses sem­blables sans cas de conscience.
    C’est jus­te­ment en étant au cou­rant de ce genre de tra­vaux qu’on dimi­nue les risques de choi­sir des per­sonnes imma­tures à la tête d’un pays, ou que l’on peut réflé­chir à des sys­tèmes poli­tiques plus adap­tés pour limi­ter les risques d’a­bus de pou­voir. J’ai lais­sé sa réfé­rence ici uni­que­ment dans une optique de partage..

    Réponse
  196. Ana Sailland

    « Même si je me per­mets de te tes­ter un peu … » »> Ah bon ?!?

    Tu fais ça toi ???

    Réponse
  197. Patrick Flécheux

    « Les lec­tures ne servent pas qu’à « briller » dans les diners, elles peuvent aus­si ser­vir à don­ner du sens et à gué­rir cer­taines souffrances. »

    Alix cela j’en convient tout à fait, mais (com­ment dire …) c’est un che­mi­ne­ment d’é­vo­lu­tion et de recons­truc­tion qui est propre à cha­cun et tota­le­ment personnel.

    De fait, il semble vous avoir réussit.
    Et dans ce cas le plus « humain » que vous puis­siez faire est de mettre à dis­po­si­tion des autres cette expé­rience per­son­nelle, pour le cas ou elle pour­rait être utile à autrui.

    Ce que vous avez vou­lu faire en pro­po­sant cette vidéo.

    Mais ce che­mi­ne­ment per­son­nel ne peut être trans­po­sé à un col­lec­tif en son ensemble.
    Il est donc inutile à une réflexion sur le fonc­tion­ne­ment et l’or­ga­ni­sa­tion d’un col­lec­tif Démocratique.
    (Ce qui ne veut pas dire que je le consi­dère comme inutile ou inin­té­res­sant en soi. Ou que je veuille nive­ler les ori­peaux Ana ! Par­don Alix.)

    Ceci dit, je veux bien admettre que l’on puisse en tirer des infor­ma­tions utiles pour la Démo­cra­tie, mais dans ce cas il suf­fit de les expo­ser sim­ple­ment. On pour­ra tous s’ins­truire en gagnant du temps …

    Sur­tout que le sujet embraye (si ma mémoire est bonne) sur l’é­vo­lu­tion des algues vertes ou je ne sais plus trop quoi …

    Fran­che­ment vou­loir accou­pler une algue verte et un psy­chiatre Polo­nais pour don­ner nais­sance à la Démo­cra­tie. Avouez qu’il y a de quoi soup­çon­ner le grand fou­tage de gueule quand même …

    Réponse
  198. Patrick Flécheux

    Marie

    Je vou­drai te pro­po­ser une cita­tion très « par­lante » de Jules Renard.

    « Ecrire : s’est une façon de par­ler sans être interrompu. »

    Et juste pour le plaisir :

    Kan­gou­rou ? Puce géante.

    Bou­de­rie ? Grève de gamin.

    Je te laisse médi­ter là-dessus 🙂

    Réponse
  199. Patrick Flécheux

    Ana déso­lé de t’embêter encore, mais bon, tu me per­mets d’é­tayer mon pro­pos. Donc …

    Et comme je suis pra­ti­que­ment convain­cu que le chan­ge­ment de para­digme dont l’a­vè­ne­ment Démo­cra­tique à besoin pour réus­sir ne peut pas­ser que par le choix col­lec­tif de la « sim­pli­ci­té », je me per­met d’in­sis­ter encore un peu. Mais après j’ar­rê­te­rai là.

    (Extrait de ton 217 je coupe ta phrase en deux.)

    « Pour ma part, rebon­dis­sant sur une cita­tion four­nie par tes soins, j’ai ten­té de pro­po­ser une dis­cus­sion sur la spé­ci­fi­ci­té de l’hu­main. C’est mal reçu ? Jugé com­pli­quant ? Ou pédant ? Tant pis après tout. »

    Mais pour savoir cela il suf­fit de regar­der vrai­ment ce que l’on est et de vision­ner quelques émis­sions sur les pois­sons rouges ou les Bono­bos, ou d’ob­ser­ver les pigeons en bas de chez de chez toi, (très ins­truc­tif le Pigeon) et tu connaî­tras tes spé­ci­fi­ci­tés d’être humain.

    Révé­la­tion : tu es sans aucun doute plus atti­rante qu’un Bono­bo ou qu’un pois­son rouge. Mais à part ça, juste une dif­fé­rence de cou­leurs et de nature … Cer­tains éta­blissent une hié­rar­chie et parlent de degrés, je pense qu’ils ont tort, dans la mesure où ils nous posi­tionnent au-dessus.

    Par contre, les Pois­sons Rouges, eux connaissent très bien la spé­ci­fi­ci­té des hommes.
    La preuve dés que tu t’ap­proches, ils se barrent.
    Il faut croire qu’ils sont moins cons que nous. Et pour­tant qu’est-ce qu’ils peuvent être incultes … 🙂

    (Se rap­pro­cher de la sim­pli­ci­té = se rap­pro­cher – je n’ai pas dis assou­vir ! – de ses ins­tincts ? Peut-être un truc à creu­ser de ce côté là … Mais anti­no­mique avec nos modes de pen­sés actuelles. Et je ne parle même pas de notre fonc­tion­ne­ment sociétal …)

    Après si l’ins­truc­tion amène à devoir faire une thèse pour être en mesure de dif­fé­ren­cier un Pois­son Rouge de son voi­sin de palier. Alors je suis vrai­ment ravi d’a­voir fuit les études pour explo­rer la vie. J’ai gagné du temps en évi­tant pour le coup, cet exemple effec­ti­ve­ment « compliquant ».

    Par contre si ta pro­po­si­tion consiste à vou­loir com­prendre l’in­di­vi­du. Là oui s’est « pédant ».

    Car pré­tendre être poten­tiel­le­ment en capa­ci­té de com­prendre un homme qui non seule­ment à sou­vent du mal à se com­prendre lui-même, mais qui en prime sera dif­fé­rent dans 5mn, dans 6 mois ou dans 10 ans.
    Si se n’est pas de l’es­broufe neu­ro­nale et/ou de la mas­tur­ba­tion intel­lec­tuelle inutile ça, je ne vois pas com­ment çà s’appelle.

    Une phrase qui doit-être de Sarthe illustre bien cette affaire : « Ma véri­té n’est vraie qu’au moment ou je l’exprime. »

    « Dom­mage, car c’est un sujet qui aurait pu nous enrichir. »

    Et là, PAN, tu pré­sumes de ce qui pour­rait enri­chir les autres. (Je sais, il y a un « Condi­tion­nel », mais on le sent bien venir là ton « Conditionnel » …)

    Non s’est un sujet qui pour­rait t’en­ri­chir toi. Résul­tat : mani­pu­la­tion séman­tique expri­mant ta décep­tion de n’a­voir pu satis­faire ton plai­sir. (Car j’ai fou­tu la merde hihi)

    Ca s’est vrai­ment « compliquant ».

    Atten­tion ne te méprend pas, il n’y a aucun juge­ment dans cette der­nière remarque, étant un mani­pu­la­teur de pre­mière, je serai mal pla­cé pour en porter.

    Juste des exemples que je crois expli­cites sur ce que je pense contraire à cette « sim­pli­ci­té authen­tique » que j’ap­pelle de mes voeux.

    Réponse
  200. J-Stéphane

    Bon­jour,

    « Écrire, c’est une façon de par­ler sans être interrompu. »

    J’aime bien cette inter­pré­ta­tion, aus­si, on peut en pen­ser que la lec­ture est une façon d’é­cou­ter sans inter­rompre. Ce qu’il faut sur­tout rete­nir, je pense, c’est que l’é­cri­ture et la lec­ture laissent du temps à la réflexion.

    Pour ma part, je res­sens le besoin d’é­crire (même si je ne suis pas lu), car je me suis ren­du compte que ça m’é­vi­tait de soma­ti­ser, et en plus je suis plus agréable à vivre. Avec Inter­net et les blogs, on a géné­ra­li­sé à tous les biens faits du jour­nal intime.

    À ce pro­pos, je me demande com­ment les Fran­çais peuvent être cham­pions de prise d’anxiolytiques et râleurs en même temps…

    Pro­tes­ter n’est pas râler, et pro­tes­ter c’est comme la curio­si­té, ce ne sont pas de vilains défauts, ce sont des atti­tudes qui révèlent un esprit sain.

    Réponse
  201. Marie

    @Patrick Flé­cheux
    Les images ça doit aus­si beau­coup aider à expri­mer sa pen­sée, et plus on est simple mieux c’est, mais pour ça faut les idées les plus claires pos­sibles évi­dem­ment, et ne pas par­tir dans tous les sens comme je le fais généralement.

    Réponse
  202. Ana Sailland

    Patrick,

    Je crois que nous avons tiré tout le béné­fice pos­sible de ta sainte colère.

    Il est assez inco­hé­rent de nous ser­vir la phrase de Mon­sieur Jac­quard que tu as citée et par ailleurs de décla­rer que tu pré­fères pen­ser seul.
    Je me demande com­ment on peut pré­tendre se construire à tra­vers la ren­contre tout en deman­dant aux gens de ne pas don­ner leur opi­nion, ceci afin de ne pas cou­rir le risque d’être influencé.
    Au pays des sourds-muets-aveugles, peut être.

    Par ailleurs, quel cré­dit accor­der à un échange où l’un des inter­lo­cu­teurs déclare tes­ter les gens, ou manipuler ?
    Vaut il vrai­ment la peine d’ar­gu­men­ter face à ce qui n’est peut être qu’une col­lec­tion de fal­la­cieuses argu­ties ? Pro­ba­ble­ment pas :
    Dans les accé­lé­ra­teurs de par­ti­cules, on casse les briques de matière afin d’es­sayer d’en com­prendre la sub­tile sub­stance. Mais entre humain, ça ne marche pas comme ça.

    Au vu de tout cela, je choi­sis de ne pas me décons­truire à tra­vers ma ren­contre vir­tuelle avec toi, et de m’en tenir donc, du moins pro­vi­soi­re­ment, à la construc­tion opé­rée par 66 ans de ren­contres mul­tiples et variées.

    Et de conti­nuer à m’ex­pri­mer libre­ment quand je le juge utile, et avec mon style. Libre à toi de me lire, ou pas si tu as peur d’être pol­lué par une abo­mi­nable pen­sée élitiste : 
    c’est ton affaire.

    Mais je m’ex­prime peut être encore ici de manière trop com­plexe : alors m’ins­pi­rant de ton style, je résume : tu me gonfles.

    Réponse
  203. Ana Sailland

    « Écrire, c’est une façon de par­ler sans être interrompu. »

    +

    « Lire, c’est une façon d’é­cou­ter sans interrompre. »

    C’est assez génial, merci 🙂

    A l’o­ral, le ping pong har­mo­nieux devient un chal­lenge dif­fi­cile à rele­ver mais infi­ni­ment satis­fai­sant aux ins­tants pri­vi­lé­giés où on réus­sit à s’en­ri­chir mutuel­le­ment sans se mar­cher dessus.

    NB : on retire plus de béné­fice à écou­ter l’autre qu’à lui par­ler, c’est mathématique.
    Mais comme nous ne sommes pas égoïstes, se taire ne serait pas une bonne solution 😉

    Réponse
  204. J-Stéphane

    Je n’ai pas trou­vez un article où inté­grer judi­cieu­se­ment ce sujet, mer­ci de le couper/coller si il en existe un…

    Les phrases signa­lées par * [*] sont mes propres commentaires.

    Source : Le petit livre vert

    {{Pour une réforme huma­niste du Droit de Propriété

    Résu­mé du livre de Jacques Ber­thil­lier. Edi­tion : La Pen­sée Uni­ver­selle – 1991.

    Pré­face par le Pro­fes­seur Albert Jacquard

    Depuis que les hommes regardent autour d’eux, ils se sont tout natu­rel­le­ment ima­gi­nés que la terre était un espace sans limite. Sou­dain tout a chan­gé ; l’effectif des hommes est pas­sé à 7 mil­liards. Aujourd’hui le temps du monde fini commence.
    Nous devons être éco­nomes des richesses offertes, sinon nous abou­ti­rons très vite à l’épuisement de la pla­nète et à la mort de l’homme.
    Toutes les orga­ni­sa­tions mises en place par les socié­tés humaines pour assu­rer leur sur­vie doivent être revues, une réflexion s’affranchissant des anciennes illu­sions est néces­saire et urgente. Aucune remise en cause ne doit être taboue.
    Les méthodes pro­gres­si­ve­ment éla­bo­rées au cours des siècles pas­sés, soit pour répar­tir les biens dis­po­nibles, soit pour se les appro­prier, doivent désor­mais faire l’objet d’une révi­sion fondamentale.
    Ce qui était vrai pour l’appropriation des ter­rains l’est aus­si pour les moyens de pro­duc­tion. Leur trans­mis­sion héré­di­taire sys­té­ma­tique ne peut qu’aboutir à l’accumulation du capi­tal entre les mains de quelques-uns, jouis­sant d’un pou­voir exor­bi­tant, face à une foule de gens dému­nis qui sont peu à peu pri­vés de tout espoir. L’idéal d’une socié­té juste, fra­ter­nelle, assu­rant cer­taine éga­li­té entre les citoyens, ne peut plus être alors que le camou­flage d’une socié­té inflexible, impi­toyable, des­truc­trice de la majo­ri­té des hommes.
    Certes, la remise en cause du droit de pro­prié­té entraîne, dans des cultures comme la nôtre, de tels bou­le­ver­se­ments que la plu­part des esprits pré­fèrent res­ter cris­pés sur le main­tien du sys­tème actuel. En réa­li­té ces bou­le­ver­se­ments, de toute façon inévi­tables, peuvent s’avérer béné­fiques pour autant que le chan­ge­ment du sys­tème juri­dique fasse l’objet d’une réflexion suf­fi­sam­ment approfondie.
    C’est à cette réflexion que nous convie Jacques Ber­thil­lier. Son ana­lyse de l’histoire du droit de pro­prié­té et de l’inadaptation de ce droit, aux condi­tions à venir de l’homme, lui per­met de déga­ger une voie nou­velle. Son enthou­siasme pour la for­mule qu’il pré­co­nise est com­mu­ni­ca­tif. Sans doute fau­dra-t-il sou­mettre sa pro­po­si­tion à mille cri­tiques ; il n’existe pas en ce domaine, il en est bien conscient, de « il n’y a qu’à ». Son tra­vail a le grand mérite de nous mettre face à une ques­tion déci­sive pour notre ave­nir. Grâce à lui le pro­blème est bien posé. Reste à confron­ter les pos­sibles solutions.

    Intro­duc­tion.

    Le droit de pro­prié­té est au cœur de notre orga­ni­sa­tion sociale. Com­bat­tu par les uns, prô­née par les autres, il divise le monde en deux clans, le capi­ta­lisme et le collectivisme.
    Entre les tenants de la pro­prié­té indi­vi­duelle et ceux de la pro­prié­té col­lec­tive, le fos­sé n’est pas irré­mé­diable. Il existe une voie inter­mé­diaire, de nature à rap­pro­cher les uns et les autres sans pour autant com­pro­mettre les acquis de notre civilisation.
    À l’aube de notre mil­lé­naire, à une époque en par un phé­no­mène d’accélération de l’histoire, le monde évo­lue à une vitesse pro­di­gieuse, il est donc grand temps de libé­rer l’individu, à la fois des ser­vi­tudes d’un pou­voir éta­tique cen­tra­li­sa­teur et, du pou­voir de l’argent géné­ré par l’accumulation du capital.
    Ain­si, l’accumulation du capi­tal, par l’héritage, a main­te­nu cer­taines inéga­li­tés sociales pro­vo­quant, de ce fait, un sen­ti­ment d’injustice à l’égard des immenses for­tunes qui se per­pé­tuent de père en fils sans la moindre pres­ta­tion de tra­vail pour ces bénéficiaires.
    Alors que la dis­pa­ri­tion pro­gres­sive des régimes tota­li­taires donne aux hommes jusqu’ici asser­vis de réels espoirs, le moment est donc venu de réflé­chir sur la manière d’assurer une meilleure répar­ti­tion du capi­tal pro­duc­tif entre les indi­vi­dus. Pour y par­ve­nir, cer­tains pré­co­nisent un ren­for­ce­ment de l’imposition du capi­tal. Pour nous, il sem­ble­rait pré­fé­rable d’opérer une redis­tri­bu­tion équi­table du capi­tal à chaque géné­ra­tion, par une trans­for­ma­tion radi­cale de l’héritage et une remise en cause des fon­de­ments de la propriété.

    Un peu d’histoire

    I – Évo­lu­tion historique
    Aux temps les plus recu­lés de notre civi­li­sa­tion, la pro­prié­té, droit de dis­po­ser des choses de la façon la plus abso­lue, n’existait que pour les biens mobi­liers. Avec l’apparition du séden­ta­risme se sont déve­lop­pées l’appropriation pri­vée du sol et sa trans­mis­sion héré­di­taire dans le cadre de la tri­bu, puis de la famille. Le déve­lop­pe­ment du com­merce et l’importance accrue des métaux pré­cieux ont contri­bué, par la suite, à réduire la part de la pro­prié­té fon­cière. La pro­prié­té indi­vi­duelle se sub­sti­tuait alors à la pro­prié­té fami­liale pour les objets, les ani­maux et même pour la terre. C’est ain­si que pro­gres­si­ve­ment se sont consti­tués de grands domaines fon­ciers, puis d’immenses for­tunes héré­di­taires. Cette évo­lu­tion se pour­sui­vra par des voies diverses jusqu’à la fin du XIXe siècle dans la plu­part des pays.
    __Face aux inéga­li­tés de richesses de plus en plus mar­quées, s’est éle­vé un cou­rant de pen­sée hos­tile à la notion même de pro­prié­té indi­vi­duelle. Il prit ses racines dans la plus haute Anti­qui­té puisque déjà Pla­ton, dans un écrit célèbre « La Répu­blique », conce­vait l’idéal d’une socié­té nou­velle tota­le­ment com­mu­niste. Plus près de nous, Jean-Jacques Rous­seau prône des idées éga­li­taires dans son « Contrat Social », reprise par Saint-Simon et Prou­dhon, ce der­nier ayant résu­mé sa pen­sée dans une phrase célèbre : « la pro­prié­té c’est le vol ».
    C’est pour­tant Karl Marx qui conteste, avec le plus de force, l’appropriation pri­vée des moyens de pro­duc­tion, consi­dé­rant que ceux-ci doivent être cen­tra­li­sés aux mains de l’État, c’est-à-dire du pro­lé­ta­riat ins­ti­tué en classe diri­geante (le capi­tal, 1867). 50 ans plus tard, avec la révo­lu­tion bol­che­vique conduite par Lénine, naî­tront les répu­bliques socia­listes dans les­quelles la plu­part des moyens de pro­duc­tion seront confiés à l’État. La Chine à son tour, en 1958 avec la créa­tion des com­munes popu­laires, ins­tau­re­ra une vie com­mu­nau­taire extrê­me­ment pous­sée au sein de 26 000 com­munes regrou­pant 750 000 coopératives.
    Ces trans­for­ma­tions cepen­dant, ne vont pas appor­ter tous les bien­faits atten­dus. C’est ain­si que, deux évo­lu­tions paral­lèles mais déca­lées, 1978 pour la Chine, 1988, pour l’URSS, vont tendre à relan­cer l’initiative pri­vée et à réduire l’emprise de l’État sur l’économie. Une évo­lu­tion d’une rapi­di­té incon­ce­vable il y a encore quelques années, a vu éga­le­ment le jour dans les pays socia­listes euro­péens pour récla­mer plus de jus­tice, davan­tage de liber­tés indi­vi­duelles et un nou­vel amé­na­ge­ment de l’organisation éco­no­mique et sociale.__

    II – La leçon des faits
    Face aux récents bou­le­ver­se­ments des pays socia­listes, le moment est venu de tirer par­ti de l’expérience du pas­sé pour réflé­chir sur la place don­née à l’homme dans l’économie et sur le rôle assi­gné à l’État.
    L’homme, en pre­mier lieu, et ceci n’est plus contes­té, consti­tue bien la force maî­tresse de tout déve­lop­pe­ment éco­no­mique ; il est le vrai moteur de la crois­sance. De ses moti­va­tions, de son goût de l’effort, de son apti­tude à inno­ver, de sa liber­té d’entreprendre vont dépendre les réus­sites de l’espace éco­no­mique dans lequel il s’insère. D’ailleurs, sa liber­té d’initiative fait par­tie inté­grante du droit à la liber­té, un des besoins fon­da­men­taux de la nature humaine.
    Mais l’homme, en tant que consom­ma­teur, est aus­si un agent de régu­la­tion de l’économie par ses arbi­trages sur le mar­ché où la loi de l’offre et de la demande* [*per­son­nel­le­ment je n’adhère pas à ce concept, sur­tout pour les besoins essen­tiels, je pré­fère le prin­cipe : coût de pro­duc­tion + marge pla­fon­née] per­met de fixer les prix de vente des pro­duits et des services.
    L’État, de son côté, un rôle essen­tiel à jouer en tant que régu­la­teur de l’économie, par son action sur le bud­get, sur la poli­tique du cré­dit et par ses choix stra­té­giques. Il doit veiller aus­si à la sau­ve­garde du patri­moine natio­nal et de l’environnement, sans pour autant trans­gres­ser le prin­cipe essen­tiel de sépa­ra­tion des pou­voirs* [*et col­lec­ti­vi­té pour chaque pou­voir], fon­de­ment de toute démocratie.
    Dans ce contexte, conforme au sché­ma de la pen­sée clas­sique, il semble néan­moins sou­hai­table d’amender le régime de la pro­prié­té pri­vée pour assu­rer une meilleure répar­ti­tion du capi­tal, afin d’éviter que son accu­mu­la­tion, par le jeu de la trans­mis­sion héré­di­taire, non seule­ment fausse la com­pé­ti­tion éco­no­mique, mais crée un esprit de classe for­te­ment pré­ju­di­ciable aux bons rap­ports humains. Cette « réforme huma­niste du droit de pro­prié­té » crée­rait aus­si les bases d’un rap­pro­che­ment entre les peuples qui vivent sous des régimes éco­no­miques différents.

    Une voie nouvelle
    Dans les pays démo­cra­tiques le pou­voir poli­tique n’est plus héré­di­taire. Pour­quoi n’en va-t-il pas de même pour le pou­voir éco­no­mique encore trop dépen­dant de la règle de trans­mis­sion héré­di­taire du capi­tal, elle-même contraire au prin­cipe d’égalité des droits et de pro­mo­tion au seul mérite ?
    Il serait donc judi­cieux d’accompagner toute réforme sur l’héritage d’une meilleure répar­ti­tion du capi­tal, de façon à par­ve­nir à une asso­cia­tion plus équi­table entre le capi­tal et le tra­vail, tout en pre­nant soin de ne pas alté­rer l’esprit d’entreprise et la moti­va­tion des agents éco­no­miques les plus performants.
    Dans ces condi­tions, il sem­ble­rait oppor­tun d’envisager quelques mesures essentielles :
     faci­li­ter à tout indi­vi­du l’accès au capi­tal productif
     lui per­mettre, de son vivant, de se consti­tuer un capi­tal en accu­mu­lant une épargne pré­le­vée sur le reve­nu de son travail.
     mais limi­ter, néan­moins, la trans­mis­sion héré­di­taire du patri­moine aux seuls avoirs sen­ti­men­taux tels que la mai­son fami­liale (prin­ci­pale ou secon­daire) et des biens mobi­liers pou­vant lui être rat­ta­chés (objet de famille ou bien pré­cieux).
    Pour cela il conviendrait :
     d’exonérer de tout droit de suc­ces­sion les biens char­gés d’un avoir sen­ti­men­tal, sous réserve de leur conser­va­tion dans la famille ou d’un réem­ploi dans des biens de même nature ;
     de taxer for­te­ment, au-delà d’une fran­chise, la trans­mis­sion héré­di­taire des biens de courte durée (infé­rieure à 15 ans) ;
     de sup­pri­mer tota­le­ment l’héritage pour les autres biens.
    Ain­si, au décès de leur pro­prié­taire, tous les biens exclus de la trans­mis­sion héré­di­taire revien­draient à la col­lec­ti­vi­té qui, obli­ga­toi­re­ment, devrait recé­der le droit de jouis­sance à toute per­sonne phy­sique ou morale qui s’en por­te­rait acqué­reur. Celle-ci béné­fi­cie­rait alors d’un contrat de jouis­sance de très longue durée, de 7 à 49 ans, selon les biens consi­dé­rés et le choix des titu­laires, ce qui leur per­met­traient de jouir de ses biens et même de les céder, mais non de les trans­mettre héré­di­tai­re­ment. En contre­par­tie, il s’obligeait à acquit­ter à la com­mu­nau­té une indem­ni­té fixée par adjudication.
    Les moda­li­tés de cette adju­di­ca­tion, propre à chaque caté­go­rie de biens, condui­rait à des valeurs fixées par le mar­ché, évi­tant ain­si tout passe-droit et tout arbi­traire dans la fixa­tion des prix.
    Dans son esprit, cette réforme rejoin­drait les for­mules de finan­ce­ment par cré­dit-bail dans les­quelles, si l’utilisateur du bien n’en pos­sède pas l’entière pro­prié­té, néan­moins il en récolte bien les fruits résul­tant de son usage. Cette réforme offri­rait en outre, l’immense avan­tage de per­mettre une redis­tri­bu­tion du capi­tal à chaque géné­ra­tion. La col­lec­ti­vi­té de son côté per­ce­vrait une rému­né­ra­tion fonc­tion des avan­tages atten­dus des biens don­nés en jouis­sance et des dis­po­ni­bi­li­tés moné­taires des adju­di­ca­taires ; en revanche, elle en per­drait tout pou­voir de gestion.
    Pour évi­ter tout excès de bureau­cra­tie dans le cadre d’une pro­cé­dure infor­ma­ti­sée, les contrats de jouis­sance immo­bi­lier seraient éta­blis par les notaires, les banques, de leur côté, inter­ve­nant dans la négo­cia­tion des contrats de jouis­sance por­tant sur les entreprises.

    Pers­pec­tives.
    __Pour autant que nous ayons foi en la nature humaine et sur sa capa­ci­té de choi­sir son des­tin, de vaincre les dif­fi­cul­tés et de for­ger l’histoire de sa géné­ra­tion, le moment est venu d’essayer, simul­ta­né­ment, de libé­rer l’individu des ser­vi­tudes d’un pou­voir éta­tique et, tout autant, du pou­voir de l’argent géné­ré par l’accumulation du capital.
    En assu­rant la pro­mo­tion des indi­vi­dus, en favo­ri­sant leur esprit d’entreprise et leur sens de l’initiative, en culti­vant leur goût de l’effort, en leur don­nant l’ambition de réus­sir, on en fera des hommes plei­ne­ment res­pon­sables et non plus des agents éco­no­mi­que­ment assistés.__
    Or, dans le domaine éco­no­mique, se sont notam­ment la sup­pres­sion du pou­voir héré­di­taire et l’ouverture du capi­tal aux plus grands nombres qui seront les plus sûrs moyens pour modi­fier les com­por­te­ments humains grâce à une meilleure asso­cia­tion entre le capi­tal et le travail.
    Mais com­ment par­ve­nir à ce résul­tat sans remettre en cause notre légis­la­tion sur la pro­prié­té, de façon à sup­pri­mer les pri­vi­lèges, aus­si bien de l’individu que de l’État, qui bride l’individu en l’assujettissant aus­si bien à la bureau­cra­tie qu’au capital ?
    Pour autant, en Occi­dent, une remise en cause aus­si fon­da­men­tale d’un droit suc­ces­so­ral plus que mil­lé­naire n’est pra­ti­que­ment conce­vable que si elle est appli­quée à une très vaste échelle. C’est pour­quoi, cette pro­po­si­tion de réforme du droit de pro­prié­té et de la trans­mis­sion du patri­moine doit s’envisager, d’emblée, non seule­ment dans une pers­pec­tive à très long terme mais aus­si à l’échelle pla­né­taire. En effet, elle per­drait toute cré­di­bi­li­té, si, dès le départ, on admet­tait l’existence de para­dis fis­caux ou vien­drait se réfu­gier les capitaux.
    Cet objec­tif appa­rem­ment loin­tain ne doit pas pour autant nous ame­ner à dif­fé­rer notre réflexion. Ce serait oublier la for­mi­dable accé­lé­ra­tion de l’histoire, née du pro­grès tech­nique et du déve­lop­pe­ment des com­mu­ni­ca­tions. L’Europe se construit avec les anciens pays socia­listes, les nations dites « émer­gentes » ne pour­ront pas res­ter étran­gères aux muta­tions des pays les plus développés.
    Alors que les anciens pays de l’Est découvrent l’efficacité de l’économie de mar­ché et s’orientent déjà vers des for­mules de type loca­tif, il serait oppor­tun que, paral­lè­le­ment, les pays occi­den­taux prennent conscience des injus­tices chro­niques géné­rées par une accu­mu­la­tion héré­di­taire du capi­tal, qui réflé­chissent aus­si aux freins éco­no­miques résul­tant d’une exces­sive et durable concen­tra­tion du capi­tal qui limite son acces­sion au plus grand nombre.
    C’est sur cette récon­ci­lia­tion loyale entre les forces du capi­tal et du tra­vail que pour­rait s’accélérer le pro­ces­sus de rap­pro­che­ment entre les peuples, qui vivait sous des régimes dif­fé­rents et qui aspire à vaincre leurs antagonismes.

    Réfé­rences bibliques.
    La Bible, il y a plus de 3000 ans, a posé de façon claire quelques règles essen­tielles, en par­ti­cu­lier la répar­ti­tion de la terre, prin­ci­pal fac­teur de pro­duc­tion de cette époque, entre les 12 tri­bus d’Israël. En cas d’aliénation, son retour tous les 50 ans à ses pro­prié­taires d’origine, à l’occasion du jubi­lé, pour pré­ser­ver les règles de par­tage initial.
    La terre est dis­tri­buée en fonc­tion de l’importance de la popu­la­tion des tri­bus et à l’intérieur de chaque tri­bu, entre les familles, par tirage au sort quelque soit leur impor­tance. Cette façon de pro­cé­der avait pro­ba­ble­ment pour rai­sons d’éviter tout favo­ri­tisme dans l’affectation des lots et de res­pon­sa­bi­li­ser la famille en trans­gres­sant la règle : à cha­cun selon ses besoins
    __Tous les 50 ans au plus tard, c’est-à-dire pour le jubi­lé, la terre en cas d’aliénation, retourne à la famille qu’il avait reçue en partage.
    Les terres ne se vendent donc pas à per­pé­tui­té, toute vente com­porte un droit de rachat et en l’absence de rachat le ven­deur retrouve sa terre l’année du jubilé
    Cette règle ne s’applique qu’aux biens de pro­duc­tion (à l’époque les fonds de terre) et la fixa­tion du prix de vente est fonc­tion du nombre de récoltes res­tant à venir. L’année du jubi­lé est l’année de liberté__

    En conclu­sion.
    __Avec le jubi­lé, soit tous les 50 ans envi­ron toutes les deux géné­ra­tions, on revient à la répar­ti­tion du capi­tal d’origine. Il s’agit d’un retour aux sources, selon le sens don­né au mot jubilé.
    Ain­si, cha­cun accède au capi­tal sans dis­po­ser pour autant de la pos­si­bi­li­té de s’enrichir indé­fi­ni­ment au détri­ment d’autrui. Façon har­mo­nieuse de conci­lier effi­ca­ci­té éco­no­mique et jus­tice sociale.__
    Mal­heu­reu­se­ment, la pra­tique du jubi­lé n’est plus appli­cable. En outre, l’économie s’est diver­si­fiée et la terre n’est plus l’unique fac­teur de production.
    Dès lors, que faire aujourd’hui ?
    Lais­ser les choses en l’état ou bien essayer de s’adapter aux impé­ra­tifs d’une éco­no­mie moderne, en s’appuyant sur les règles don­nées par la Bible : ouvrir à cha­cun l’accès au capi­tal pro­duc­tif, et évi­ter son accu­mu­la­tion indéfinie.
    Ce sont ces règles qui sous-tendent nos pro­po­si­tions. D’où la réduc­tion de la trans­mis­sion héré­di­taire et de déve­lop­pe­ment des régimes de loca­tion pour des durées de base mul­tiples de 7 : 7,14, 21, 28, 35, 42 et 49 ans (une année de moins que le jubilé).
    Cepen­dant, au risque de trans­gres­ser l’esprit des textes, nous avons inno­vé avec le retour aux inté­rêts com­po­sés, for­mule qui a paru néces­saire dans le contexte d’une éco­no­mie moderne.}}

    Réponse
  205. nlescan

    « La Bible, il y a plus de 3000 ans »

    ça c’est pas sur, d’après les connais­sances archéo­lo­giques actuelles ce serait plu­tôt un peu moins, l’an­cien tes­ta­ment a pro­ba­ble­ment été écrit autours du 7eme siècle avant JC à l’é­poque le royaume de Juda com­mence à être mili­tai­re­ment menacé.

    Réponse
  206. Furax

    Avec ce type de remarque, il fau­dra attendre 3000 ans après JC pour faire avan­cer le schmilblick…

    Réponse
  207. nlescan

    Ou pas, parce que quitte a faire avan­cer le schmil­blick autant que ce soit sur des bases sérieuses.

    Et pui je pense que Prou­dhon ne s’é­tait pas trom­pé quand il a écrit à Miche­let en 1860 :

    « Le vieux monde chré­tien, monar­chique, féo­dal, capi­ta­liste est en dis­so­lu­tion, il fait des bam­boches. On ne sort de là que par une révo­lu­tion inté­grale dans les idées et dans les cœurs…
    Mais la croyez-vous faite, cette révo­lu­tion ? Une révo­lu­tion dure des siècles. »

    Réponse
  208. Patrick Flécheux

    « Par ailleurs, quel cré­dit accor­der à un échange où l’un des inter­lo­cu­teurs déclare tes­ter les gens, ou manipuler ? »

    Le mérite de ne pas faire sem­blant et de per­mettre aux autres de s’en pré­ser­ver si néces­saire peut-être …

    Réponse
  209. Patrick Flécheux

    « Mais je m’ex­prime peut être encore ici de manière trop com­plexe : alors m’ins­pi­rant de ton style, je résume : tu me gonfles. »

    Là au moins on se comprends 🙂

    Mais en reli­sant ton 233 je me rends compte au vue de ta réponse que c’est moi qui pour le coup doit-être trop com­plexe. Ou que je dois expri­mer très mal mes pensés …

    Trop de mots tuent les mots.

    Réponse
  210. Alix

    @ Patrick, j’ignorais qu’il fal­lait vous consul­ter avant de pos­ter un com­men­taire sur ce site.

    « Alix cela j’en convient tout à fait, mais (com­ment dire …) c’est un che­mi­ne­ment d’é­vo­lu­tion et de recons­truc­tion qui est propre à cha­cun et tota­le­ment per­son­nel (…) Ce que vous avez vou­lu faire en pro­po­sant cette vidéo. »

    Ceci me fait pen­ser que vous êtes en train de reje­ter un docu­ment que vous n’avez pas consulté.

    Il s’agit d’un article.

    « Fran­che­ment vou­loir accou­pler une algue verte et un psy­chiatre Polo­nais pour don­ner nais­sance à la Démo­cra­tie. Avouez qu’il y a de quoi soup­çon­ner le grand fou­tage de gueule quand même »

    « Le fou­tage de gueule » pour moi s’apparente plu­tôt à la condam­na­tion d’une réfé­rence sans même en avoir pris connais­sance, ou encore, dans la volon­té d’instaurer une véri­table démo­cra­tie en évin­çant la ques­tion de l’homme et de son comportement.

    La démo­cra­tie ne peut être appe­lée que par des per­sonnes qui ne subissent plus le dic­tat de l’idéologie actuelle. Or, cette idéo­lo­gie se main­tient et per­siste parce qu’elle dis­tille tous les jours dans les consciences une défi­ni­tion tota­le­ment erro­née de l’être humain.

    L’individu prô­né par le sys­tème se trouve être natu­rel­le­ment égoïste, com­pé­ti­tif et égo­cen­trique, tou­jours prêt à faire fi de sa conscience et à pié­ti­ner les autres pour gagner de l’argent. L’individu prô­né par ce sys­tème accepte la vio­lence dans les rap­ports humains comme un mal néces­saire et inévitable…

    Cet indi­vi­du nous est pré­sen­té comme l’aboutissement même de toutes les années d’évolution du genre humain, comme ce qu’il y a de mieux à atteindre et à espé­rer, or, ceci rentre en par­faite contra­dic­tion avec les tra­vaux qui ont été diri­gés sur le déve­lop­pe­ment de la conscience.

    Chez Dabrows­ki (mais il y en a d’autres), ce type d’individu se place au niveau un de l’échelle de la conscience, et tout indi­vi­du qui se déve­loppe (ou on pour­rait dire : qui gran­dit) tend natu­rel­le­ment à inté­grer les autres dans son rai­son­ne­ment, à deve­nir pro­fon­dé­ment altruiste et à mettre ses capa­ci­tés au pro­fit de l’épanouissement réel de la société.

    Il me semble donc néces­saire de faire cir­cu­ler ce genre de réflexion, d’autant plus que la mise en place d’un sys­tème démo­cra­tique ne pour­ra se faire tant que cette inver­sion des valeurs et cette igno­rance de ce que nous sommes per­du­ra dans l’esprit du plus grand nombre et déci­me­ra les ini­tia­tives individuelles.

    Réponse
  211. Patrick Flécheux

    « Le fou­tage de gueule » pour moi s’apparente plu­tôt à la condam­na­tion d’une réfé­rence sans même en avoir pris connaissance »

    Ce n’est pas faut, j’en prends ma part. 🙂

    « ou encore, dans la volon­té d’instaurer une véri­table démo­cra­tie en évin­çant la ques­tion de l’homme et de son comportement. »

    Donc cher­cher un com­por­te­ment qui serait propre à tous les hommes.

    Donc pen­ser l’homme, abor­der l’homme comme un ensemble, une enti­té au fonc­tion­ne­ment homo­gène et aux réac­tions iden­ti­fiables et prévisibles.
    Donc, pen­ser l’homme comme un être défi­nis­sable ? Contrô­lable ? Mani­pu­lable ? Orien­table ? Edu­cable peut-être ?

    Donc (qu’ils soient fon­dés, inté­res­sant ou pas) des tra­vaux qui seront for­ce­ment récu­pé­rés par le sys­tème que nous dénon­çons (étant uti­li­sables à leurs pro­fits) pour encore un peu mieux contrô­ler les hommes en sup­pri­mant un peu plus leur indi­vi­dua­li­té et la fan­tai­sie qui les com­posent. Pour un peu mieux les formater.

    Je ne suis pas un savant. Mais je sais une chose. La capa­ci­té des oli­garques à récu­pé­rer à leur avan­tage des tra­vaux dont si je peux en conce­voir l’in­té­rêt éven­tuel, je peux aus­si en éva­luer cer­taines consé­quences pour l’homme.

    Je sais une chose que la méca­nique quan­tique à menée à la bombe ato­mique et à la mani­pu­la­tion géné­tique. (Avec un Ein­stein se confon­dant en contri­tions pour avoir contri­bué à cela, le pauvre il ne savait pas … Tu parles.)

    La vie m’a apprise autre chose, que l’homme (quand son cer­veau n’est pas défi­cient ou abi­mé) nait fon­da­men­ta­le­ment sadique et méchant, tout du moins pul­sion­nel (les deux adjec­tifs pré­cé­dents res­tant une inter­pré­ta­tion sub­jec­tive), et que seul l’en­sei­gne­ment à l’empathie en assu­mant la consé­quence de ses actes, lui per­met de mai­tri­ser et d’a­pai­ser ses ins­tincts et ses pulsions.

    L’homme n’est ni bon ni mau­vais en soi. Il est s’est tout. Tout du moins il aspire à être. Il suf­fit de tra­vailler ou d’être avec des enfants pour s’en rendre compte.

    Tant que des cher­cheurs et autres pen­seurs abor­de­rons l’homme, le pen­se­rons, dans son ensemble (la com­plexi­té dont je fai­sais état) alors il ne faut pas attendre de l’homme qu’il s’é­pa­nouisse et devienne un indi­vi­du auto­nome et à part entière.
    Donc qu’il devienne un Démocrate.

    Comme disait Coluche, « ils nous prennent pour des cons et ils vou­draient que l’on soit intel­li­gent. Com­ment on fait alors ? … »

    Quand vous dites que l’in­di­vi­du « accepte la vio­lence comme un mal nécessaire ».
    Mais l’in­di­vi­du qui n’ac­cepte pas la vio­lence est condam­né au sui­cide et est inca­pable de s’é­pa­nouir dans la vie.

    Car se n’est pas l’in­di­vi­du qui est violent, s’est la vie en générale.
    Rien qu’un accou­che­ment ou une simple par­tie de jambes en l’air au moment du « rûte col­lec­tif », si se n’est pas violent ça …

    Se n’est pas à vous que je vais apprendre que pour maî­tri­ser et trans­cen­der la vio­lence, le pre­mière des choses à faire s’est de l’ac­cep­ter puis d’a­gir sur elle dou­ce­ment afin qu’elle en devienne une éner­gie constructive.

    La vie ne dépend pas de l’in­di­vi­du. Elle est, et nous devons faire avec, s’est tout.

    Et si vous n’a­vez pas la chance d’a­voir été bien brea­fé par une édu­ca­tion vous faci­li­tant la tache pour vous construire, la vie se charge de vous ensei­gner les règles du jeu : violemment.

    Ceci dit, dans ce marasme intel­lec­tuel je sais que l’i­gno­rant s’est moi. Et que ma voix compte très cer­tai­ne­ment pour de la sottise.

    Réponse
  212. Patrick Flécheux

    En fait je com­mence à prendre pas mal de recul par rap­port à tout ça. (La Démo­cra­tie, une orga­ni­sa­tion sociale dif­fé­rente etc.)

    On veut une Démo­cra­tie avec des indi­vi­dus éclai­rés et autonomes.

    Donc des « UN-divi­dus » qui pensent et sur­tout DECIDENT par eux-mêmes. Nous sommes d’ac­cord là-des­sus je pense ?

    Et que fait-on pour rendre les gens autonomes ?
    (Ce qui sous entends, quand même, que nous consi­dé­rons que cer­tains d’entre eux ne le serait pas. Pour­tant les mecs sur­vivent très bien, sou­vent même mieux que nous, sans même nous connaître …)

    On débat sur le cadre social, socié­tal, poli­tique, bio­lo­gique, éco­lo­gique et même moral qu’il fau­drait mettre en place pour que NOTRE sys­tème fonctionne.

    Afin de pro­po­ser quoi ? Des solu­tions à une nou­velle orga­ni­sa­tion sociale et socié­tale, morale, éco­lo­gique, pla­né­taire, uni­ver­selle, etc etc Pffuu ça en fait du monde tout ça …

    Dois-je rap­pe­ler que cette SSo­lu­tion « Démo­cra­tique » à laquelle nous aspi­rons de nos voeux convient, à ce jour et avant toute chose, à nous-mêmes.

    Et pour quelle advienne il faut évi­de­ment qu’elle conviennent aux autres, net­te­ment plus nom­breux que nous …
    Mais bon, ils sont mani­pu­lés, décé­ré­brés, lobo­to­mi­sés, voir même sodo­mi­sés par un sys­tème qu’ils ne com­prennent pas, et for­ce­ment ils ne peuvent pas aimer ça, vu que nous nous ne l’ai­mons pas (mais nous on « com­prends ». On est pas cons …), donc for­ce­ment les mecs déconnent, ils ne se rendent pas comptes, ce n’est pas de leur faute on les trompes obli­ga­toi­re­ment. Les pauvres …

    On cherche donc aus­si à décrip­ter, médi­ca­le­ment, neu­ro­lo­gi­que­ment, psy­chia­tri­que­ment, géné­ti­que­ment, com­ment réagit et fonc­tionne cette foule, cette masse dif­forme et imparfaite.

    Pour faire simple, nous cher­chons à savoir pour­quoi ils ne pensent pas comme nous et pour­quoi ils sont si récal­ci­trant à nos idées si lumineuses.

    En gros, on pense des trucs et des machins, pour des gens dont on aime­rai qu’ils pensent par eux-mêmes dans la mesure où ils pensent comme nous.
    (Tout en affir­mant le contraire, bien sur. Mais quand même le but est qu’ils deviennent Démo­crate. Donc, qu’ils pensent comme nous.)

    Il faut donc qu’ils soient « auto­nome », mais pas trop quand même.

    D’ailleurs nous avons pré­pa­rés, pen­sés à un cadre social, socié­tal, éco­lo­gique, moral, pré-natal, orbi­tal, mais sur­tout COLLECTIF pour que cette « auto­no­mie » pré mâché, pré construite et pré défi­nie puisse s’ex­pri­mer et s’o­rien­ter plei­ne­ment dans le sens que l’on aura choi­si. Dans le sens « Démocratique ».

    En gros on pense un col­lec­tif pour que des per­sonnes soit des UN-divi­dus. Euh …

    Ce qui, soi dit en pas­sant est exac­te­ment le mode de fonc­tion­ne­ment et de rai­son­ne­ment de notre sys­tème de socié­té actuel.

    Vous ne trou­vez pas qu’il y a une sacré contra­dic­tion dans tout ça ?

    La logique et la cohé­rence Anar­chique, donc Démo­cra­tique, vou­drai que l’on réflé­chissent à des outils per­met­tant l’a­vè­ne­ment d’un UN-divi­du tota­le­ment auto­nome car tota­le­ment indé­pen­dant du col­lec­tif. Et non pas l’inverse.

    Un-divi­du qui : si il l’es­time néces­saire à son épa­nouis­se­ment à l’ins­tant T construi­ra de lui même le col­lec­tif qui lui convient le mieux.
    Si il juge néces­saire dans construire un, quand il le juge­ra néces­saire et sur­tout COMME il le pen­se­ra néces­saire à ses besoins à l’ins­tant T.

    Enfer­mez 10 types dans une pièce autour d’une table. Au bout d’une heure, soi il se foutent sur la gueule, soi ils se tapent sur l’é­paule et vont boire une bière ensemble.

    Si vous n’in­ter­ve­nez pas et n’an­ti­ci­pez pas de ce qu’ils vont se dire, faire ou pen­ser. Là vous êtes en Anar­chique Démocratie.

    Car tout ce que vous avez fait s’est de leur per­mettre de se réunir.

    Réponse
  213. Ana Sailland

    L’a­nar­chie, « sans foi ni loi », pré­sup­pose que chaque indi­vi­du est assez grand pour bien faire et que ce bien faire par tous pro­dui­ra le bien être de tous.

    La démo­cra­tie, c’est le contraire : nous consta­tons notre bas niveau et déci­dons donc d’é­crire des règles pour remé­dier à cela, consen­ties par tous, et écrites avec la par­ti­ci­pa­tion de tous.
    La démo­cra­tie pré­sup­pose donc quand même que nous ne sommes pas si bas que ça puisque capables de tra­vailler ensemble à un édi­fice juri­dique optimal.

    Et l’o­li­gar­chie, c’est de trois sys­tèmes le plus mépri­sant de tous, qui pré­sup­pose que le peuple est trop con pour se gérer lui-même.
    Et le plus dan­ge­reux puisque ceux qui se croient supé­rieurs au point de bri­guer le pou­voir sont de ce simple fait autistes.

    En l’é­tat de l’é­vo­lu­tion de la conscience sur terre, il me semble donc rai­son­nable d’être démo­crate mais avec un regard amou­reux ou nos­tal­gique tour­né vers l’anarchie.

    C’est pour­quoi je trouve très per­ti­nentes les quelques lignes d’A­lix dans deux ou trois mes­sages où il pointe la néces­si­té d’ap­pro­fon­dir la connais­sance de l’humain.

    J’y rajou­te­rais que le grand avan­tage qu’of­fri­rait un déve­lop­pe­ment sain de la conscience col­lec­tive et indi­vi­duelle devrait nous pous­ser à inté­grer ce chal­lenge dans la réflexion démocrate.

    Mis à part ici ou là un débat sur l’é­cole, ce ter­rain est en friche et reste hélas l’a­pa­nage de phi­lo­sophes tels qu’Al­bert Jac­quard, entre autres.

    Per­sua­dés que nous devons reprendre le pou­voir sur la ges­tion, per­sua­dés que nous devons reprendre le pou­voir sur la mon­naie, pour­quoi renon­ce­rions nous à reprendre le pou­voir sur la philosophie ?

    Com­ment donc obte­nir que « la masse » ose pen­ser, pen­ser neuf, pen­ser libre et sans suivre les pul­sions que les médias lui offrent ?

    Réponse
  214. nlescan

    - Il faut une télé démo­crate avec des thunes

    - Il serait bon d’avoir un gros péplum avec les moyens d’un block­bus­ter un peut comme avaient pu l’être Troie ou Alexandre (même si vous n’ai­mez pas le ciné­ma grin­go ce sont de beaux spec­tacles qui d’après moi valent le coup d’œil)à pro­pos de la démo­cra­tie Athénienne.

    -On pour­rait peut être par­ve­nir a écrire une très bonne consti­tu­tion, mais qui soit REALISTE (cad vrai­ment appli­cable demain matin en l’é­tat actuel des infra­struc­tures, us et cou­tumes du pays) et que l’on pour­rait pro­mou­voir qui a direc­te­ment fon­der un par­ti poli­tique dont l’ob­jec­tif serait de la mettre en place (c’est une tac­tique dif­fé­rente de l’as­sem­blée consti­tuante tirée au sort mais qui sert le même objec­tif mais dont le résul­tat serait peut être plus maî­trise et qui pour­rait peut être rem­por­ter un adhé­sion plus impor­tante puisque n’é­tant pas un concept avant-gar­diste pou­vant effrayer cer­tains mais une règle du jeu expli­cite et concrète consul­table par touts par avance)

    -Pour l’ins­tant, sous le régime « repré­sen­ta­tif » actuel une reforme pro­fonde (et néces­saire) du sys­tème édu­ca­tif me semble inat­tei­gnable. Les lacunes de ce qui existe aujourd’­hui font par­tie des consé­quences du réime. Il faut pro­ba­ble­ment com­men­cer par ins­tau­rer la démo­cra­tie pour pou­voir mettre en place une façon d’é­du­quer de vrais citoyens.

    -On en revient aux outils pro­mo­tion­nels pré­cé­dem­ment cités, pour l’ins­tant c’est la meilleure arme.

    IL FAUT DONC DE L’OSEILLE. On a besoin de gros inves­tis­se­ment misés sur la pro­mo de la démo­cra­tie, je vois pas d’autre solution…

    Réponse
  215. nlescan

    J’au­rai du relire avant de pos­ter, mais bon je sup­pose que celui qui lira arri­ve­ra a com­prendre ce que j’ai vou­lu dire.

    Réponse
  216. nlescan

    Et ça me ramène évi­de­ment a ce film, la forme a un peu le meu­lon mais on sent que c’est spon­ta­né, le fond est très sérieux.

    Réponse
  217. Patrick Flécheux
  218. Furax
  219. Anonymous

    Dans le texte du com­men­taire @235, à la ques­tion : « le pou­voir poli­tique n’est plus héré­di­taire. Pour­quoi n’en va-t-il pas de même pour le pou­voir éco­no­mique ? »

    J’ai envie de répondre que quand on a le pou­voir éco­no­mique, on a le pou­voir poli­tique, la pseu­do-démo­cra­tie n’est qu’un sub­ter­fuge pour mater le peuple. C’est comme une par­tie d’é­checs où le roi et la reine n’ont plus besoin de s’ex­po­ser pour mater l’adversaire…

    Réponse
  220. J-Stéphane

    Bon­jour,

    La seule solu­tion pour évi­ter tous les abus de pou­voir, c’est de ne le confier à per­sonne, mais à tout le monde.

    C’est pour cela qu’il ne faut pas nous battre pour la démo­cra­tie, mais pour les démo­cra­ties, la démo­cra­tie poli­tique et sur­tout la démo­cra­tie économique.

    Démo­cra­ti­ser c’est mettre au ser­vice du peuple, pri­va­ti­ser l’en priver.

    D’où l’ur­gence et l’im­por­tance de légi­fé­rer sur le droit à la pro­prié­té indi­vi­duelle, pour y men­tion­ner la notion de pro­prié­té d’usage.

    Réponse
  221. Furax

    Je viens d’en­tendre à la radio, un ministre se plaindre de la soli­tude du pouvoir …

    Réponse
  222. Patrick Flécheux

    Salut les GV

    On veut tous du concret et de la Démocratie ?

    Beau­coup de gens en ont marre du bla­bla poli­ti­cien, des pro­messes sur FB ou autres blog de pseu­dos révol­tés dis­tri­bu­teurs de tracs, qui ne chan­ge­rons rien à rien de toute façon.
    De plus ils n’ont pas que ça à foutre, ou pas l’en­vie (et c’est leur droit !), de faire de la poli­tique et/ou de prendre du temps sur celui consa­cré à leurs enfants pour ça.

    S’est d’ailleurs pour cela qu’il payent des poli­ti­cars pro­fes­sion­nels. Cha­cun son métier.

    Quand on va chez le gara­giste, le gara­giste ne vous demande pas de connaître le fonc­tion­ne­ment de son moteur avant de répa­rer votre bagnole. Il fait le bou­lot pour lequel il est payé. Point barre. Et si il ne le fait pas ou mal, il coule sa boite, se prend une droite ou un pro­cès dans les dents.

    Le Sénat vient de démon­trer qu’il ne fai­sait pas le bou­lot pour lequel il était payé. Qu’il estor­quait pure­ment et sim­ple­ment l’argent public en s’oc­troyant plu­sieurs salaires ad vitae eter­nam illé­ga­le­ment. Donc qu’il était hors la loi.

    Car, que je sache, dans se pays il est inter­dit de cumu­ler plu­sieurs emploies à plein temps et de cumu­ler les fonctions.

    Quand on signe un contrat avec un patron et que l’on ne res­pecte pas ce contrat on est tous virés non ?
    Et bien les élus signent un contrat avec le peuple quand ils pré­sentent un pro­gramme élec­to­ral. Donc, les règles du droit du tra­vail s’ap­pliquent cer­tai­ne­ment aus­si pour eux. (Mais les com­pé­tents c’est vous, donc c’est à vous de le dire. Pas à moi.)

    Bref les séna­teurs, l’é­tat et le reste sont cer­tai­ne­ment dans la plus totale illégalité.
    Je ne suis pas juriste et je n’ai pas votre culture, mais je suis cer­tains qu’ils vont à l’en­contre des lois du tra­vail ou de je ne sais où …

    Sur ce blog vous êtes de nom­breux éru­dits, vous étu­diez les textes légis­la­tifs depuis main­te­nant plu­sieurs années. Vous débat­tez, sur le pour­quoi du com­ment etc.

    Vous devez donc, je sup­pose, maî­tri­ser sérieu­se­ment le sujet ?

    Vous vou­lez faire connaître la VRAIE Démo­cra­tie ? Vous vou­lez que les gens s’en empares ? Vous vou­lez qu’ils y croient ? Vous vou­lez convaincre avec des faits ?

    Voi­la du concret.

    Mon­tez un dos­sier en béton (en pre­nant le temps qu’il fau­dra pour le faire) et col­lons un pro­cès au cul de tous ces enfoirés.

    1/ Les médias ne pour­ront pas nous ignorez.
    2/ Le peuple ver­ra que ce que l’on pro­pose est effi­cace car effec­tif et concret.

    3/ Vous vou­lez chan­gez la loi via un super texte juri­dique, la Constitution ?

    S’est bien gen­til, mais la jus­tice à tou­jours été pour les plus riches et les plus puis­sants. Et ça les gens le savent tous pertinemment.
    Donc, com­ment vou­lez-vous qu’ils croient à votre truc 

    A nous de prou­ver au peuple qu’un acte juri­dique peut réel­le­ment chan­ger les choses, les poli­tiques élec­to­rales de merde, et donc leur quotidien.

    Faire autre chose que du bla­bla et de petites réunions entre amis qui n’a­bou­ti­rons jamais à rien, car elles ne tou­che­rons jamais la grande masse des gens qui nous pren­drons tou­jours pour des fumistes et ils auront raisons !

    Car ce n’est pas en se mas­tur­bant le cer­veau pen­dant 50 ans ou en plan­tant 3 poi­reaux que l’on chan­ge­ra le monde.

    Que toute votre éru­di­tion et tous vos bou­quins servent à autre chose qu’à dis­cu­ter entre amis.

    Fou­tez leurs au cul toutes vos connais­sances et redon­nons sa sou­ve­ren­ne­té au peuple. Sans armes, ni vio­lence, mais par la loi.

    Et alors le peuple nous suivra.

    A Men

    Réponse
  223. Mikinos
  224. Patrick Flécheux

    Pré­ci­sions.

    Il est évident que la plainte ne devra pas être dépo­sée par un homme ou une petite asso­cia­tion ridi­cule qui sera dis­cré­di­tée et rui­née en un rien de temps par les membres des RG encore inféo­dé au système.
    (Car je suis cer­tain qu’il existe au sein de RG des gens qui ont une haute idée de la France, et qui sont exas­pé­rés par les com­por­te­ments pré­da­teurs des oligarques).

    Mais la plainte devra être dépo­sée par des mil­liers, voir des dizaines de mil­liers, de citoyens, de toutes ten­dances poli­tiques confon­dues, se por­tant par­ti civile.

    Car si l’on peut rui­ner une assoc on ne ruine pas aus­si faci­le­ment 30 000 personnes.

    Je crois qu’il existe assez de preuves et de décla­ra­tions (jour­naux, télé, radio) de tous les élus qui seront accu­sés, pour les lami­ner et attes­ter de leurs trom­pe­ries devant un tri­bu­nal. Non ?

    De plus, il existe aus­si de nom­breux juges intègres, tel Eric De Mont­gol­fier (pour ne citer que le plus connu), qui serait près je suis sur à nous aider de leurs conseils avisés.

    Une seule chose, un tel pro­jet ne devra se faire, dans les débuts, que dans la plus grande confi­den­tia­li­té. Afin, qu’ils aient le moins de temps pos­sible pour se retour­ner et sur­tout faire voter des lois (si ils sentent que ça devient trop chaud pour leurs fesses) pour nous cou­per l’herbe sous le pied avant même que l’on ne soit près au combat.

    Car réunir toutes les preuves et mon­ter un vrai dos­sier en béton armé pren­dra peut-être 3 ou 3 années.

    Les RG étant de toute évi­dence déjà sur le dos d’E­tienne, voir de cer­tains autres GV, depuis cer­tai­ne­ment pas mal de temps déjà. Il serait naïf de croire le contraire.

    Une telle action deman­de­ra un maxi­mum de dis­cré­tion jus­qu’à ce qu’elle soit prête pour le com­bat final ou il s’a­gi­ra de mobi­li­ser tous les GV mili­tants qui devront tous allés por­ter plainte en même temps au com­mis­sa­riat de leur de leur lieu de résidence.

    Réponse
  225. Marie

    Prête !
    🙂

    Réponse
  226. Patrick Flécheux

    Der­niers points.

    Je suis presque cer­tains que nous pour­rions comp­ter sur tous les GV et même ceux qui ne le sont pas, pour nous dégot­ter des infos, articles de presses, décla­ra­tions vidéos etc, de tous les élus qui devront pas­sés à la trappe.

    Ce qui sera donc, en prime, une bonne manière de fédé­rer tous les GV et les citoyens (nous sommes tous plus ou moins curieux par nature) autour d’un objec­tif concret, com­mun, ludique et enri­chis­sant politiquement.

    Mener des enquêtes via le net (ou autre) sur les décla­ra­tions des élus de leur région.

    Ce serait donc un bon moyen de mettre en appli­ca­tion la VRAIE Démo­cra­tie via une par­ti­ci­pa­tion concrète du peuple.

    Réponse
  227. Ana Sailland

    OGM, hybrides F1, codex ali­men­ta­rius, purin d’or­tie, taxes sur le réen­se­men­ce­ment, koko­pel­li condam­né … pas de com­plot … pas de com­plot … pas de com­plot … pas de com­plot … pas de com­plot … pas de com­plot … démo­cra­tie … démo­cra­tie … démo­cra­tie … démocratie

    Il est minuit, tout est calme, dormez 😉

    Réponse
  228. J-Stéphane

    … Dor­mez braves gens… Main­te­nant, il est l’heure de vous réveillez, ou de reprendre une pilule pour vous s’endormir…

    Réponse
  229. Ana Sailland

    @267

    Il fau­drait quand même que Noël Mamère com­prenne que nous ne sommes pas en démocratie.

    Misère de misère, à l’u­ni­ver­si­té d’u­to­pia (fin sep­tembre), même après la confé­rence d’E­tienne, j’ai enten­du plein de gens uti­li­ser le mot démo­cra­tie dans son sens perverti.
    y a du boulot
    et convaincre nos propres amis sera long.

    ;;;;;;;;;

    Quand le gou­ver­ne­ment est autiste, ou cruel, plus encore qu’en période de ron ron, la démo­cra­tie, et la répu­blique (!), c’est le peuple, et le désordre devient le symp­tôme de sa san­té intrinsèque.

    Pre­nons bien conscience du fait que ce sont des élus qui avaient mis en place le délit de soli­da­ri­té. Les élus peuvent donc bien être des salo­pards rep­ti­liens, nous en avons la preuve, et ce sys­tème qui les sacra­lise est abominable.

    Réponse
  230. NaturaïKarta

    Ecou­tez donc David Gra­ber, même si c’est sur France Culture, la culture qui féconde le marasme actuel, par­fois entre deux ivraies, il y a un bon grain!!!

    Réponse
  231. J-Stéphane

    Article Ago­ra­vox

    La véri­table démo­cra­tie n’existe pas

    sans la recon­nais­sance du vote blanc.

    Encore un plé­bis­cite pour le vote blanc, pen­se­ront cer­tains avec aga­ce­ment qui dénie­ront tout inté­rêt à un nou­vel article sur ce sujet.

    Pour­tant le com­bat est tou­jours d’actualité puisqu’en dépit de tous les mou­ve­ments popu­laires qui péti­tionnent depuis de nom­breuses années en faveur du vote blanc, ce der­nier, dépo­sé dans les urnes, est tou­jours consi­dé­ré comme nul.

    Pour­tant le com­bat a sa rai­son d’être tant que des fran­çais et des fran­çaises vote­ront non pas en faveur d’un can­di­dat mais contre un can­di­dat à la pré­si­dence de la république.

    Pour­tant le com­bat n’est pas vain tant que des fran­çais et des fran­çaises s’abstiendront de voter parce qu’ils ne cau­tionnent ni l’un ni l’autre des can­di­dats qui se pré­sentent à l’élection présidentielle.

    Parce qu’il ne faut s’y trom­per, nous croyons peut-être déte­nir un pou­voir avec le droit de vote mais ce pou­voir est une illusion.

    En véri­té, nous n’avons aucune impor­tance aux yeux de cer­tains qui se sont pré­sen­tés can­di­dats à l’élection pré­si­den­tielle 2012 et qui ne briguent que les hon­neurs et la recon­nais­sance des puis­sants de ce monde. Et pour les deux der­niers en liste, seul leur importe l’autre, le rival, l’adversaire qu’il convient d’abattre.

    En véri­té, ne nous leur­rons pas, le séduc­teur qui emporte les suf­frages n’est pas celui qui offre les meilleurs argu­ments ou les meilleures pro­po­si­tions mais celui qui use de la meilleure dia­lec­tique pour convaincre de sa supériorité.

    Alors, allons-nous conti­nuer de per­mettre aux gens à la tête des gou­ver­ne­ments de s’obstiner à nier aux élec­teurs le droit de n’en pré­fé­rer aucun de ceux que l’on veut nous imposer.

    Allons-nous les lais­ser nous contraindre au silence alors que la démo­cra­tie est déjà bafouée à par­tir du moment où on ne nous laisse que le choix de can­di­dats dési­gnés non pas par le peuple mais par les maires.

    N’est-il pas atter­rant de son­ger qu’un génie de la poli­tique et de la finance sans res­sources et/ou sans rela­tions ne pour­ra jamais bri­guer la pré­si­dence de la répu­blique quand bien même il sou­lè­ve­rait l’enthousiasme ET L’ADHÉSION des foules ? Conster­nant de son­ger que ce génie de la poli­tique et de la finance serait obli­gé de lais­ser la place à un médiocre ?

    Ne soyons pas uto­pistes ; rares sont les poli­ti­ciens assez intègres pour recon­naître la légi­ti­mi­té du vote blanc. Et je sup­pose encore plus rares ceux qui, déte­nant le pou­voir, se mon­tre­raient favo­rables à un pro­jet de loi léga­li­sant le vote blanc.

    Il est plus à sup­po­ser que si une déci­sion devait être prise par les poli­ti­ciens, elle se ferait en faveur du vote obligatoire.

    Si aucun homme de pou­voir ne peut être favo­rable au vote blanc, c’est parce que le vote blanc est la pire menace qui soit pour les poli­ti­ciens. Le vote blanc, c’est la néga­tion de leur auto­ri­té. Le vote blanc c’est une mani­fes­ta­tion de mépris en réponse à leurs cam­pagnes insanes, à leur absence de créa­ti­vi­té, à leurs pro­messes men­son­gères, à leur aveu­gle­ment volon­taire face aux pro­blèmes réels.

    Mais si les hommes de pou­voir se rendent cou­pables de tota­li­ta­risme en refu­sant aux citoyens le droit au vote blanc, nous qui votons contre et non pas en faveur d’un can­di­dat, nous qui nous abs­te­nons d’aller dépo­ser un bul­le­tin dans l’urne, n’avons pas le droit de nous cacher que, ce fai­sant, nous appor­tons notre col­la­bo­ra­tion aux gens de pouvoir.

    Voter contre un can­di­dat, c’est se rendre com­plice de l’élection de l’autre, c’est confier notre des­tin à une per­sonne à qui nous n’accordons ni cré­dit ni respect.

    S’abstenir de voter, c’est offrir aux poli­ti­ciens (avec la conni­vence plus imbé­cile que mal­hon­nête des médias) l’opportunité de pré­tendre qu’en sont res­pon­sables des élé­ments externes comme la météo ou les vacances.

    Que disent-ils, en effet, les poli­ti­ciens et les médias :

    Les abs­ten­tion­nistes ont pré­fé­ré aller à la pêche ou en excur­sion quand il fait beau ; se sont réfu­giés dans les salles de ciné­ma si le temps est à la pluie. Ils ont pré­fé­ré par­tir sur les plages ou à la cam­pagne si les élec­tions ont lieu pen­dant un pont ou en période de vacances scolaires.

    N’est ce pas se moquer du monde ?

    Comme si les condi­tions météo­ro­lo­giques empê­chaient de consa­crer un quart d’heure du temps de toute une jour­née pour aller voter. Comme s’il n’était pas aus­si facile de déli­vrer une pro­cu­ra­tion pour qui s’absente.

    S’abstenir de voter est pire encore que voter par défaut pour un can­di­dat. S’abstenir de voter, c’est encou­ra­ger les poli­ti­ciens à ne pas se remettre en cause.

    Le 22 avril der­nier, j’ai voté pour un can­di­dat qui ne se montre pas uto­pique, ne cherche pas à faire accroire que la crise est sur­mon­tée, n’hé­site pas à pré­ve­nir que nous devons nous attendre à connaître de pro­chaines années d’austérité, consi­dère que contrai­re­ment à ce qu’on cherche à faire gober aux fran­çais, l’immigration n’est pas un fléau mais, bien au contraire, une richesse pour le pays.

    J’ai voté pour ce can­di­dat bien que sachant, qu’avec un tel dis­cours, il n’avait aucune chance d’être agréé par une majo­ri­té qui craint plus que tout de ces­ser d’être assistée.

    Je suis cer­taine que nom­breux sont ceux qui, comme moi, ne veulent voir élire ni l’un ni l’autre des can­di­dats qui arrivent en tête.

    Le 22 avril der­nier, le nombre des votes ne se pro­non­çant pour aucun des can­di­dats a inter­pel­lé les médias par son impor­tance (700.119 per­sonnes ont voté blanc ou nul. Soit 1,91% des votants).

    Alors, et si le 6 mai 2012 nous ces­sions d’être lâches. Si, au lieu de choi­sir l’abstention, si, au lieu de voter à contre-cœur pour un can­di­dat, nous nous lan­cions dans une véri­table révo­lu­tion pas­sive en allant dépo­ser un bul­le­tin blanc dans l’urne.

    Peut-être aurions-nous une chance d’émouvoir enfin les poli­ti­ciens. Peut-être par­vien­drions-nous à les per­tur­ber assez pour qu’ils cessent de se contem­pler le nom­bril et s’intéressent, ENFIN, aux pro­blèmes des français.

    Source : Ago­ra­vox

    Réponse
  232. Anonymous

    Il nous faut des ani­maux en politique…

    Réponse
  233. Ana Sailland

    En fure­tant, je découvre la consti­tuante de 1945.

    🙂 C’est fou ce que nous (je) sommes (suis) inculte 🙂

    Vous pour­rez décou­vrir ça ici et là.

    On y voit ces mes­sieurs se dis­pu­ter entre le mono­ca­mé­risme et le bicamérisme.

    ça confirme l’es­sence de nos idées : au sein d’une consti­tuante élue, la contra­dic­tion por­te­ra pour les élus sur la façon d’or­ga­ni­ser LEUR pou­voir mais jamais sur le pou­voir du peuple.

    On y voit du referendum.
    ça confirme : le refe­ren­dum à la fran­çaise a pour fonc­tion de faire signer par le peuple des déci­sions dont il n’est pas artisan.

    1944–1945 peut être assi­mi­lé à une révo­lu­tion, puisque c’est tout un peuple qui secoue le joug d’une tyran­nie. Et pour­tant, le peuple se laisse domi­ner par ses « sau­veurs », via l’élection.

    Si je peux me per­mettre d’en­fon­cer notre clou :

    1)Nous avons besoin d’une consti­tuante radi­ca­le­ment dépro­fes­sion­na­li­sée, et le tirage au sort est une excel­lente méthode, sinon la meilleure, pour garan­tir cette déprofessionalisation.

    2)L’initiative réfé­ren­daire doit appar­te­nir au peuple.

    3)Il est au cœur du tra­vail péda­go­gique qui incombe à tout citoyen mis au par­fum de divul­guer comme une cer­ti­tude l’i­dée qu’en cas de révo­lu­tion, le peuple ne doit sur­tout pas recou­rir à l’é­lec­tion pour nom­mer les orga­ni­sa­teurs de son futur.

    4)Nous devons réflé­chir au moyen d’ob­te­nir hors révo­lu­tion une consti­tuante rigou­reu­se­ment citoyenne.

    L’AG de « citoyens consti­tuants » aura lieu pro­ba­ble­ment en janvier.
    Je pense me taper mes 600 bornes pour y être.
    Soyons nombreux.

    Réponse
  234. Catherine B

    Excu­sez-moi, je ne sais pas où mettre ce sujet gra­vis­sime,
    je le mets donc dans l’es­pace qui inter­roge le fait que nous soyons réel­le­ment en démocratie !

    Voi­ci le sujet

    PROTÉGEONS LA PUDEUR ET L’INTÉGRITÉ DE NOS ENFANTS

    Fari­da Bel­ghoul lance une action nationale
    pour l’in­ter­dic­tion du gen­der à l’école

    http://​jre2014​.fr/

    Réponse
  235. Ana Sailland

    Cathe­rine, l’in­tru­sion dans l’é­cole de théo­rie vaseuses crée en effet malaise.

    Réponse
  236. Bèrbère

    Faire pas­ser l’in­fo de Denis Che­neau, mer­ci à lui pour son courage !

    Réponse
  237. Ana Sailland

    Et si on se retrou­vait sur la marche ?

    Réponse
  238. Bèrbère

    Per­so, je crois, ça ne sera mal­heu­reu­se­ment pas pos­sible cette fois.
    J’es­père tou­te­fois qu’il y aura beau­coup, beau­coup, beau­coup de monde et que la zeni­tude ain­si qu’un beau soleil règne­ra ce jour-là.

    Réponse
  239. Ana Sailland

    euh … Rei­gner-Paris, ça fait au moins 15 jours …

    Les déci­sions concer­nant le par­cours seront prises en début de semaine. Je vous tiens au cou­rant avec plus de détails.

    Je ne serai pas au départ (suis ailleurs) mais rejoin­drai en route 🙂

    Réponse
  240. Marie

    Les enjeux des accords de libre échange UE-USA sur l’a­gri­cul­ture et les semences

    Réponse
  241. Bèrbère

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