Ruffin, Morel, Lordon, Fakir & Co : VIVE LA BANQUEROUTE ! Comment la France a réglé ses dettes de Philippe Le Bel à Raymond Poincaré (en passant par Sully, Colbert, Talleyrand, etc.)

7/06/2013 | 97 commentaires

Chers amis,

Voi­ci quinze jours que j’ai sur mon bureau (pour pen­ser abso­lu­ment à vous le signa­ler) un petit livre épa­tant, sti­mu­lant, amu­sant, vivi­fiant :
il s’ap­pelle Vive la ban­que­route !, et il est pro­po­sé par l’é­quipe de Fakir : Fran­çois Ruf­fin & Cie.

https://www.fakirpresse.info/L‑histoire-comme-arme,573

(Qua­trième de couverture)

La dette est à payer. L’aus­té­ri­té, néces­saire. Les réformes, impé­ra­tives. Cette petite musique, nous la connais­sons par coeur. Il suf­fit de regar­der dans notre propre his­toire, pour­tant, pour décou­vrir que des alter­na­tives existent. Que les diri­geants de la France ont, au fil des siècles, recou­ru à d’autres choix que la rigueur : l’im­pôt, la déva­lua­tion, l’in­fla­tion, et sur­tout la banqueroute.

En dix brefs récits, nous racon­tons donc com­ment nos grands hommes, qui ont bâti l’é­tat, qui ont leur sta­tue sur les places de nos villes, ont régu­liè­re­ment choi­si, tout sim­ple­ment, de ne pas payer ren­tiers et ban­quiers. Com­ment ces rois, ces ministres, furent plus radi­caux dans leurs actes que ne le sont aujourd’­hui ATTAC ou Jean-Luc Mélen­chon dans leurs discours.

C’est Phi­lippe Le Bel, qui fait confis­quer la vais­selle des bour­geois, qui déva­lue la mon­naie, avant de liqui­der « les ban­quiers de l’Oc­ci­dent » : les Tem­pliers. C’est Fran­çois II qui met en place une lote­rie : seul un créan­cier sur trois sera rem­bour­sé, au hasard ! C’est Sul­ly qui mène « un audit public de la dette », qui écarte les « dettes illé­gi­times », qui rejette les plaintes des prê­teurs. C’est Col­bert, qui dresse le pro­cès des oli­garques, des clans entiers d’af­fai­ristes qui sont déman­te­lés, pour­sui­vis, leurs biens adju­gés. C’est l’ab­bé Ter­ray, ministre des Finances de Louis XV, qui théo­rise cette saine pra­tique : « La ban­que­route est néces­saire une fois tous les siècles, afin de mettre l’é­tat au pair. »

« Entre 1500 et 1800, la France a répu­dié ses dettes en huit occa­sions, notent Car­men Rein­hart et Ken­neth Rogoff, ancien chef éco­no­miste du FMI.

Comme les rois de France avaient pris l’ha­bi­tude de mettre à mort les grands créan­ciers natio­naux (une forme ancienne et radi­cale de “restruc­tu­ra­tion de la dette”), le peuple avait fini par appe­ler ces épi­sodes des “sai­gnées”. » Et notre pays est tou­jours debout !

J’ai deman­dé à Fran­çois qu’il me laisse repro­duire ici son intro­duc­tion (que j’ai bien sur­li­gnée et anno­tée 🙂 ) : vous allez voir, ça décape, et ça donne envie de lire la suite, géniale : contre l’his­toire offi­cielle (des pos­sé­dants), vive les contre-his­toires (popu­laires) !

Encore une pen­sée éman­ci­pa­trice, pour nous libé­rer des usu­riers cette fois, pen­sée libre qu’on n’en­ten­dra guère à la télé­vi­sion aux heures de grande écoute.

=> Donc, à nous et à nous seuls de faire connaître à nos amis, nos col­lègues, nos voi­sins, cette issue for­mi­dable (tes­tée et approu­vée depuis des siècles) à la >crise finan­cière<, solu­tion que les élus-des-usu­riers ne sont même pas capables de penser.

Bonne lec­ture.

Étienne.

L’histoire comme arme

Ce n’est pas comme ça

Yves Cal­vi, ani­ma­teur de C dans l’air : « Le
seul enjeu de 2012 ne doit-il pas être la réduc­tion de la dette fran­çaise et
les moyens pro­po­sés pour y arriver ? »

Nico­las Bave­rez, du Point : « Oui. »

Nico­las Bey­tout, des Échos : « Si. »

Jean-Pierre Gaillard, de LCI : « Bah oui ! »

Phi­lippe Des­ser­tine, pro­fes­seur de finance et de ges­tion, qui signe
régu­liè­re­ment dans Libé­ra­tion : « Bien sûr… C’est bien tout
le problème. »

Yves Cal­vi : « Tout le monde est d’accord ? »

Nico­las Bave­rez : « Il n’y a pas d’al­ter­na­tive au désen­det­te­ment de
l’État. »

(France 5, 14 sep­tembre
2011).

Cette petite musique, nous la
connais­sons par cœur.

La dette est à payer.

L’aus­té­ri­té, nécessaire.

Les réformes, impératives.

Sur tous ces points « il ne devrait pas y avoir de débat », pré­vient le
Cercle des éco­no­mistes. Qui ajoute : « la rigueur n’est pas un
choix », « la prio­ri­té, c’est de réduire la dépense, et ce de manière
enfin radi­cale ». La crise est « l’oc­ca­sion de renon­cer aux illu­sions
sur l’É­tat pro­tec­teur et de faire enfin le pari auda­cieux en faveur du
marché ».

Tout ce fata­lisme, là réside leur
habi­le­té, se déguise en « leçon de
réa­lisme ». Ain­si péda­go­gise, chaque matin, « l’é­di­to-éco » sur ma radio, France
Inter :face aux « chiffres durs de la
réa­li­té éco­no­mique », face
aux « prin­cipes de réa­li­té »
qui « s’im­posent à tous », aux ministres socia­listes, aux ouvriers de
Peu­geot-Aul­nay, aux sidé­rur­gistes de Flo­range, face à « une
réa­li­té éco­no­mique
incon­tour­nable », nous
devons renon­cer. Sans quoi nous voi­là reje­tés par­mi les ir-réa­listes, autant
dire les rêveurs, les uto­pistes, les démagogues.

Même lorsque,
à la télé­vi­sion cette fois, Nico­las Bey­tout pré­sente une œuvre d’é­co-fic­tion,
fan­tas­mant notre pays en 2017, en faillite évi­dem­ment, avec un État « enca­dré doré­na­vant par le FMI et l’U­nion
euro­péenne », qui « ne pour­ra plus payer les retraites, les salaires
de ses fonc­tion­naires, les rem­bour­se­ments médi­caux », qui « devra
aus­si vendre des hôpi­taux, des uni­ver­si­tés, des écoles », au nom de quoi
nous livre-t-il ses pro­phé­ties catas­tro­phistes ? Pour « mieux
inter­pel­ler sur la réa­li­té éco­no­mique de la France d’au­jourd’­hui », bien
sûr. Car « la France vit au-des­sus de ses moyens », cela va de soi.

« Regar­dons
la réa­li­té en face », répètent-ils.

Tel un
miroir, le réel ne ren­voie plus qu’au réel.

La
pen­sée en devient inter­dite, face à cette réa­li­té posée là, comme un gros
bloc solide, qu’il serait impos­sible de mode­ler, de trans­for­mer, de bou­ger, de
contour­ner, de bri­ser. Ne reste plus qu’à l’ac­cep­ter et se taire.

Jus­qu’au
« c’est comme ça » final, suprême tau­to­lo­gie : qu’on le
pro­nonce, et ils ont gagné. Que de décou­ra­ge­ment, que de démis­sion, elle
contient, cette expres­sion passe-par­tout, « c’est comme ça », que de
renon­ce­ment à la lutte, au chan­ge­ment, au pro­grès, « c’est comme
ça », com­bien on les devine, les épaules bais­sées, le dos voû­té, la voix
désem­pa­rée « c’est comme ça », l’es­poir éva­noui, l’a­ve­nir rétré­ci,
les len­de­mains qui res­semblent au pré­sent, mais en pire.

Eh bien
non, ça n’est pas comme ça.

Qu’on
regarde la réa­li­té ailleurs, en Équa­teur, en Islande, en Argen­tine, et c’est
autre­ment, pas for­cé­ment le para­dis mais autrement.

Qu’on
regarde la réa­li­té au pas­sé, et il en existe « des alter­na­tives au
désen­det­te­ment de l’État ».

Ce qui
est n’a pas tou­jours été.

Et
pour­rait donc bien, demain, ne plus être.

L’his­toire
est une arme contre ces perroquets.

Une tradition

« La ban­que­route est
néces­saire une fois tous les siècles, afin de mettre l’É­tat au pair. »
Qui
théo­rise cette saine ges­tion ? Un fan­tai­siste ? Un
pam­phlé­taire ? Pas du tout : l’ab­bé Ter­ray, qui exer­çait comme contrô­leur
géné­ral des finances de Louis XV. Qu’on ima­gine alors ses homo­logues
contem­po­rains, un Pierre Mos­co­vi­ci, un Fran­çois Baroin, un ministre de
l’E­co­no­mie s’ex­pri­mant avec pareille audace !

À relire notre his­toire de
France sous cette lumière, on éprouve comme une jouis­sance ana­chro­nique à cette
habi­tude qu’a­vaient prise les monarques de régler leurs comptes, pour de bon,
aux créanciers…

Phi­lippe le Bel ne chi­pote
pas : il chasse d’a­bord ses créan­ciers du royaume avant de sai­sir, de
condam­ner, de brû­ler « les ban­quiers de l’Oc­ci­dent »…
plus radi­cal
dans ses actes que Jean-Luc Mélen­chon dans ses discours !

Quand le « sieur
Bar­beite », conseiller du roi, recom­mande qu’on en revienne au
« franc fort » et qu’à cause de lui les loyers triplent dans la
capi­tale, on se le repré­sente volon­tiers sous les traits de Jacques Atta­li,
conseiller spé­cial de Fran­çois Mit­ter­rand, per­sua­dant le prince moderne
d’ac­cro­cher le franc au mark, de ne pas quit­ter le Sys­tème moné­taire euro­péen
et de dés­in­dexer les salaires. Et c’est donc chez Jacques Atta­li que se
dérou­le­rait l’é­meute, ouvriers et arti­sans au ren­dez-vous, sac­ca­geant sa
rési­dence, buvant son vin, cas­sant ses meubles.

S’a­vance Hen­ri II, qui
emprunte des deniers à s’en faire péter le gosier, qui ren­verse le « too
big to fail »
d’au­jourd’­hui : c’est son royaume de France qui
appa­raît alors, aux yeux des finan­ciers,« trop gros pour faire
faillite », et eux lui prêtent donc par mil­lions, par crainte de tout
perdre. Qu’im­portent, pour ce sou­ve­rain, les « géné­ra­tions
futures » : qu’elles se débrouillent après lui avec
l’en­det­te­ment public.

Son fils met en place une
lote­rie : seul un ren­tier sur trois, tiré au sort, sera
dédom­ma­gé ! C’est une « alter­na­tive », ça, non ?
Et si on
mon­tait un loto géant, un Euro­mil­lions qui per­met­trait aux Grecs, aux Espa­gnols
aux Por­tu­gais, aux Chy­priotes, de ne payer leurs créances qu’au hasard ?

Arrive l’hon­nête Sul­ly : dès
son entrée au minis­tère, lui mène « un audit de la dette »
comme en
rêvent aujourd’­hui Attac ou le CADTM. Et le com­pa­gnon d’Hen­ri IV écarte
les« dettes illé­gi­times », opère une ban­que­route, rejette les
plaintes des prê­teurs. La tré­so­re­rie est ain­si assai­nie, et il peut lan­cer un
plan de grands tra­vaux digne du New Deal.

Col­bert fait
mieux : il dresse le pro­cès des oli­garques. Des clans entiers
d’af­fai­ristes, 494 d’entre eux, sont déman­te­lés, pour­sui­vis, leurs biens
adju­gés, eux qui vivaient sur l’im­pôt comme des para­sites. Il faut mesu­rer le
choc, à l’é­poque, la peur qui règne chez les nan­tis
 : comme si, en
2013, d’un coup, les gros action­naires d’EADS, de Veo­lia, de Das­sault, etc.,
ces sang­sues accro­chées à la socié­té, étaient empri­son­nés, spoliés.

Louis XVI rompt avec cette
cou­tume : à l’au­da­cieux abbé Ter­ray, qui s’ins­cri­vait dans une
lignée, il pré­fère le spé­cu­la­teur Jacques Necker, un genre de « Gold­man
Sachs boy », le chou­chou de la bour­geoi­sie. Bien mal lui en
prit : la crise de la dette, aggra­vée, condui­ra tout droit à la
Révo­lu­tion, et le roi à l’échafaud.

Com­ment Mira­beau, dès lors, à
l’As­sem­blée natio­nale, envi­sage-t-il de le com­bler,
« ce gouffre
effroyable » ? « Eh bien ! Voi­ci la liste des pro­prié­taires
fran­çais. Choi­sis­sez par­mi les plus riches ; car ne faut-il pas qu’un
petit nombre périsse pour sau­ver la masse du peuple ? Allons ! Ces
deux mille notables pos­sèdent de quoi com­bler le défi­cit. Rame­nez l’ordre dans
les finances, la paix et la pros­pé­ri­té dans le royaume. Frap­pez, immo­lez sans
pitié ces tristes vic­times. »
C’est mieux que du Besan­ce­not ! La CGT
n’o­se­rait pas signer pareil pamphlet !

Fina­le­ment, en cette année
1789, à la place de « deux mille », un seul pro­prié­taire
suf­fi­ra : le patri­moine de l’É­glise sera confisqué.

Et com­ment Tal­ley­rand, évêque
lui-même, jus­ti­fie-t-il cette mesure extra­or­di­naire ? « Le
cler­gé n’est pas un pro­prié­taire à l’ins­tar des autres pro­prié­taires, puisque
les biens dont il jouit et dont il peut dis­po­ser ont été don­nés non pour
l’in­té­rêt des per­sonnes, mais pour le ser­vice des fonc­tions. »
À notre
tour, qui pour­rions-nous expro­prier – et sous quels motifs ?
Sont-elles bien légi­times, au fond, les for­tunes accu­mu­lées par cette classe
d’ins­pec­teurs des finances, Minc, Mes­sier, Naou­ri, qui ont tout pri­va­ti­sé, tout
libé­ra­li­sé, avant de pas­ser au pri­vé et de ramas­ser la mise ? Sont-ils
bien légi­times, les tas d’or amon­ce­lés par les PDG des socié­tés d’au­to­routes,
de télé­vi­sion, de dis­tri­bu­tion d’eau, de gaz, d’élec­tri­ci­té – qui ne doivent
leurs pré­bendes qu’à leur conni­vence avec les diri­geants politiques ?

L’his­toire est insoumise.

C’est elle, par ses
convul­sions, par ses solu­tions har­dies, qui nous enseigne la dis­si­dence, voire
la vio­lence, c’est elle qui se braque contre les aboyeurs de la rigueur, contre
les caniches du « il n’y a pas d’al­ter­na­tive », contre ces intel­los
tou­tous pos­tés dans les écrans de télé comme les vigiles dans le sas des
banques, pro­tec­teurs des coffres-forts, pré­fé­rant ne plus penser.

Car qui les a prises, au fil
des siècles, ces mesures bru­tales ? Pas des extré­mistes, non. Et il y a
certes de la facé­tie à les avoir pour héros, ces Sul­ly, ces Col­bert, ces
Tal­ley­rand, ces Ray­mond Poin­ca­ré même, tous ces per­son­nages, ambi­gus, plu­tôt
conser­va­teurs, qui ont leur place dans les manuels sco­laires et leurs sta­tues
au car­re­four de nos villes.

Et l’on ne se berce pas d’illu­sions : ces
ban­que­routes, eux ne les ont pas menées pour le bien du peuple, qu’ils visaient
rare­ment. Au mieux, pour la gran­deur du royaume, pour le ser­vice de la France.
Au pire, pour un mariage royal, pour un palais rui­neux, et, le plus sou­vent
pour des guerres incessantes.

Même : dans les
faillites qu’ils décla­raient, l’in­jus­tice était de mise. Le spé­cu­la­teur proche
du prince, les plus puis­sants finan­ciers, échap­paient bien sou­vent aux
sanc­tions et réta­blis­saient vite leurs positions.

Mais ain­si ont-ils construit
l’É­tat, ces grands hommes offi­ciels : entre autres, par des
ban­que­routes régu­lières. Par la spo­lia­tion des ren­tiers. Par
l’an­nu­la­tion cal­cu­lée des dettes.

Voi­là une autre « leçon
de réa­lisme » à retenir.

Le
vrai terme

« Le vrai terme, c’est pas
“ban­que­route”, m’in­ter­pelle un ingé­nieur lors d’un débat à la gauche du PS.
C’est “défaut de paie­ment sou­ve­rain”, en anglais sove­rei­gn pay­ment default,
et ça veut dire que, là, contrai­re­ment à la ban­que­route, l’É­tat contrôle, il
décide de payer telle dette et pas telle autre. »

J’ai regar­dé dans Le Petit
Robert
, tout bêtement.

À « défaut », j’ai
trou­vé des défi­ni­tions sur le « manque », l’
« insuf­fi­sance », l’ « imper­fec­tion phy­sique, morale »,
etc., mais rien qui concer­nait les dettes.

À « ban­que­route »,
en revanche, c’é­tait plus clair : « Défaillance d’un État qui
n’exé­cute pas les contrats d’emprunts qu’il a conclus, viole ses enga­ge­ments à
l’é­gard des créan­ciers de la dette publique. »

Pour­quoi, alors, chez ce
mili­tant – et plus géné­ra­le­ment dans les milieux mili­tants – rem­pla­cer un mot
connu, ins­tal­lé dans les dic­tion­naires, par une expres­sion nou­velle, com­plexe,
imbi­table, comme si la situa­tion l’é­tait, nouvelle ?

C’est qu’on singe
l’ad­ver­saire, d’a­bord. À l’ex­per­tise répond la contre-exper­tise sur le même
ter­rain, avec le même lan­gage bour­ré d’an­gli­cismes, empli de chiffres, avec les
mêmes armes « technicistes ».

Alors que le choix est
d’é­vi­dence poli­tique : doit-on res­pec­ter nos « enga­ge­ments à l’é­gard
des créan­ciers » ? Ou avons-nous des enga­ge­ments plus sacrés, à
l’é­gard des trois mil­lions de chô­meurs, par exemple, avec le « droit
d’ob­te­nir un emploi » ins­crit dans le pré­am­bule de notre Consti­tu­tion ?
Des enga­ge­ments à l’é­gard des malades, avec le droit à « la san­té, au bien-être, notam­ment pour l’a­li­men­ta­tion,
l’ha­bille­ment, le loge­ment, les soins médi­caux ain­si que pour les ser­vices
sociaux néces­saires », comme le
men­tionne la Décla­ra­tion uni­ver­selle des droits de l’homme et du citoyen ?
Des enga­ge­ments à l’é­gard des enfants, avec le droit à « une édu­ca­tion qui contri­bue à sa
culture géné­rale et lui per­mette, dans des condi­tions d’é­ga­li­té de chances, de
déve­lop­per ses facul­tés, son juge­ment per­son­nel et son sens des res­pon­sa­bi­li­tés
morales et sociales », tels qu’é­ta­blis dans la Décla­ra­tion des droits de
l’en­fant ? Et si le ser­vice de la dette obère trop le bud­get de la nation,
si c’est toute une popu­la­tion qui en souffre, dans ses entre­prises, ses
hôpi­taux, ses écoles, la prio­ri­té est-elle encore d’« exé­cu­ter les
contrats d’emprunts que l’É­tat a conclus » ? Place-t-on notre sens de
la morale, de l’hon­neur, dans cette défé­rence envers les créanciers ?

La ques­tion se
pose en ces termes simples, que les « défauts
de paie­ment sou­ve­rain » embrouillent.

Ces « sove­rei­gn
pay­ment default
 », et autres jar­gons de la City, occultent éga­le­ment
une longue tra­di­tion fran­çaise : la« banqueroute ».

« Entre
1500 et 1800, la France a
répu­dié ses dettes en huit occa­sions, notent Car­men Rein­hart et Ken­neth Rogoff.
Comme les rois de France avaient pris l’ha­bi­tude de mettre à mort les grands créan­ciers
natio­naux (une forme ancienne et radi­cale de restruc­tu­ra­tion de la dette), le
peuple avait fini par appe­ler ces épi­sodes des “sai­gnées”. » Et le pays est
tou­jours debout !

Ces deux
éco­no­mistes, dont un ancien chief eco­no­mist du FMI, dédra­ma­tisent
d’ailleurs : « 
Une
faillite d’É­tat est fina­le­ment assez banale et l’on sait com­ment gérer le
pro­blème d’une restruc­tu­ra­tion. »
Eux en dénombrent « au moins 250 entre 1800 et 2009 ». Et
sur­tout, d’a­près leurs sta­tis­tiques, les éco­no­mies se relèvent assez vite d’une
ces­sa­tion de paie­ment « sur la dette exté­rieure » : trois
ans après la crise, il n’y paraît plus. Le recul du PIB est effa­cé. Mais pas le
recul dans la for­tune des créanciers…

« Un
ren­tier est non seule­ment inutile à la répu­blique, mais il lui est à charge,
parce que sa sub­sis­tance est prise sur l’in­dus­trie des autres sujets,
pro­cla­mait Ange Gou­dar, lit­té­ra­teur et aven­tu­rier, en 1756, dans Les
Inté­rêts de la France mal enten­dus
. Le remède unique est d’a­bo­lir ces
rentes, dont l’ef­fet tend à aug­men­ter le nombre de gens oisifs, et à dimi­nuer
consi­dé­ra­ble­ment la culture des terres. Ce n’est point à nous à en indi­quer les
moyens ; ils doivent naître de la néces­si­té poli­tique de l’a­bo­li­tion. Sans
doute qu’on les trou­ve­ra impra­ti­cables si on n’en­vi­sage que les inté­rêts des
par­ti­cu­liers ; mais la dif­fi­cul­té dis­pa­raî­tra à mesure que l’on envi­sa­ge­ra
la mesure du côté du bien géné­ral. » Voi­là qui réson­nait comme un écho à
Col­bert, décla­rant qu’
« il n’y a pas
de bien plus inutile à un État, ni qui lui soit plus à charge que les
rentes ».

Cette
tra­di­tion poli­tique, et intel­lec­tuelle presque, cet irres­pect à l’en­droit de l’argent
et de ses pos­sé­dants, les contes­ta­taires pour­raient s’en sai­sir, s’ils ne l’i­gno­raient
pas. S’ils ne l’al­té­raient pas : dans nos ban­que­routes éga­le­ment,« l’É­tat contrôle, il décide de payer telle dette et pas
telle autre, etc. » Aucune des faillites que
nous avons étu­diées – et il en est des dizaines d’autres, plus mineures – n’est
totale, toutes sont par­tielles (et partiales).

Le seul enjeu

Same­di 28 jan­vier 2012. Ils sont venus, ils sont tous là : à Davos,
dans la sta­tion de luxe suisse. Et tous pour enton­ner le même refrain : « Une
avan­cée sur le pro­blème de la dette néces­site une dis­ci­pline bud­gé­taire ain­si
qu’une déré­gle­men­ta­tion du mar­ché du tra­vail », déclare la chan­ce­lière
alle­mande Ange­la Merkel.

« Ange­la Mer­kel et moi
avons dis­cu­té ensemble sur le sujet de la déré­gle­men­ta­tion, pour­suit le Pre­mier
ministre bri­tan­nique David Came­ron, et nous ferons des pro­po­si­tions lors des
pro­chains som­mets euro­péens. Il y a trop de bureau­cra­tie super­flue en Europe,
comme par exemple cette direc­tive sur le temps de travail. »

Et Mario Dra­ghi, le pré­sident
de la Banque cen­trale euro­péenne, de se féli­ci­ter des « réformes
struc­tu­relles enga­gées » et de récla­mer « davan­tage de réformes
struc­tu­relles » : sur« le mar­ché du tra­vail », « les
retraites », « la dis­ci­pline bud­gé­taire », etc.

Dimanche 29 jan­vier. À midi, le jour­na­liste Sté­phane Pao­li lance cette
tirade sur France Inter : « La ques­tion, elle est très inté­res­sante
et très com­plexe, avons-nous d’autre choix ? Je veux dire, avons-nous
d’autre choix qu’une cer­taine forme de rigueur ? Une cer­taine forme de
retour, un, au réel, arrê­ter de croire à des choses qui n’existent pas, et deux,
de rigueur dans la ges­tion au quo­ti­dien ? Est-ce qu’on peut encore
échap­per à ça ? Comme si la crois­sance ne pas­sait pas aus­si par une
cer­taine forme de rigueur, comme si on ne pou­vait pas conci­lier les deux ? »

Le soir même, sur huit
chaînes, le chef de l’É­tat allait citer en exemple, à trente reprises,
« l’Al­le­magne », « le modèle alle­mand », etc.

Lun­di 30 jan­vier. Les diri­geants de 26 pays euro­péens – tous sauf le
Royaume-Uni – se réunissent à Bruxelles pour adop­ter le Trai­té sur la
sta­bi­li­té, la coor­di­na­tion et la gou­ver­nance dans l’U­nion éco­no­mique et
moné­taire. Ce texte ne conte­nait que du banal : la réaf­fir­ma­tion – et
le ren­for­ce­ment – des cri­tères de Maas­tricht, avec des « par­ties
contrac­tantes CONSCIENTES de la néces­si­té de s’as­su­rer que leur défi­cit reste
infé­rieur à 3 % », optant pour « une poli­tique éco­no­mique favo­ri­sant
la crois­sance grâce à la conver­gence et à la com­pé­ti­ti­vi­té », etc. Du neuf
avec du très vieux.

Trois jour­nées presque
ordinaires.

Et l’on peut alors répondre à
la ques­tion d’Yves Cal­vi, citée plus haut : quel est« le seul
enjeu », en véri­té, aujourd’­hui, pour les dominants ?

Que la crise en cours ne
vienne pas saper les dogmes. Que demeurent « gra­vés dans le marbre » de
Bruxelles « la concur­rence libre et non faus­sée », « la libre
cir­cu­la­tion des capi­taux et des mar­chan­dises », « l’in­dé­pen­dance de
la Banque cen­trale euro­péenne ». Que les trai­tés garan­tissent « une
assu­rance-vie contre le retour à l’ex­pé­rience socia­liste », tel que le
sou­hai­tait le libé­ral Alain Made­lin, mais aus­si, au fond, contre toute
expé­rience. Que l’on fige le pré­sent. Qu’il n’y ait pas d’al­ter­na­tive. Que soit
fer­mé le champ des possibles.

Quel serait « le
seul enjeu », dès lors, aujourd’­hui pour nous ? Rou­vrir l’i­ma­gi­naire
éco­no­mique, d’a­bord. Avec, par exemple, pour les banques, la socia­li­sa­tion du
cré­dit. Avec, pour le com­merce, un recours à des bar­rières doua­nières. Avec,
pour les dettes, en cas de néces­si­té, la banqueroute.

Les sou­bre­sauts qui ébranlent
l’Eu­rope pour­raient bien, sous peu, secouer la France. Mieux vau­drait alors que
les esprits soient armés, prêts à des déci­sions auda­cieuses, plu­tôt que
d’ac­cep­ter, tels des mou­tons, une éter­ni­té de tontes et de sacrifices.

Source : Vive la ban­que­route ! Un petit livre for­mi­dable, pro­po­sé par Fakir, le jour­nal fâché avec tout le monde ou presque 🙂 


L’HISTOIRE DU PROJET

Au prin­temps 2012, Fakir a publié un quatre pages inti­tu­lé « Qu’on leur coupe la dette », en par­te­na­riat avec ATTAC, où étaient briè­ve­ment men­tion­nés les cas de Phi­lippe Le Bel, de Fou­quet, et de la Révo­lu­tion fran­çaise. Dans la fou­lée, on a reçu un cour­riel de Tho­mas Morel, doc­to­rant en his­toire des sciences, qui avait « creu­sé en détail un épi­sode par­ti­cu­lier : l’emprunt du Grand Par­ti de Lyon, en 1555 où la France emprunte alors des sommes mons­trueuses, qu’elle ne rem­bour­se­ra bien sûr jamais, et du coup com­ment l’É­tat gère la ban­que­route de 1557 (ban­que­route euro­péenne pro­vo­quée par… l’Es­pagne évidemment). »

L’ar­ticle était inté­res­sant, mais man­quait de chair, rédi­gé façon dis­serte d’a­gré­ga­tion. Et ça aurait fait bizarre que, d’un coup, comme ça, notre jour­nal s’in­té­resse à cette seule crise, iso­lée, au milieu du XVIe siècle. Pour­quoi celle-là et pas une autre ? On a adres­sé ces deux réserves à Tho­mas. Qui, en retour, nous a livré l’in­ven­taire des ban­que­routes qu’il avait repé­rées dans l’His­toire de France. Ça met­tait en appé­tit. Notre petite équipe s’est donc répar­ti les périodes. À Florent Mar­tel, dit Pti­ta­tou (en mas­ter de science poli­tique, deve­nu appren­ti menui­sier, 25 ans), Sul­ly. À Arnaud Thé­ry (Mon­sieur Vidéo de Fakir, 23 ans), Col­bert. À Cathe­rine Mou­nié (ensei­gnante en his­toire, croi­sée à la Fête de l’Hu­ma, 30 ans), Law. À Tho­mas Dupeux (infir­mier au chô­mage, 23 ans), Ray­mond Poin­ca­ré. À Yan­nick Mar­tel (en mas­ter de socio, 25 ans), 1848. À Antoine Dumi­ni (qui passe le Capes d’é­co, 25 ans), l’é­pi­sode Law et l’a­près-guerre. À Tho­mas Morel (26 ans), Hen­ri II, Louis XV, la Révo­lu­tion. À Fran­çois Ruf­fin (repor­ter, 37 ans), Phi­lippe Le Bel et la Fronde — ain­si que la coor­di­na­tion et la réécri­ture de l’ensemble.

Ce groupe est jeune. Au vu de sa com­po­si­tion et de sa diver­si­té, on le devine : il n’a guère de pré­ten­tion scien­ti­fique. Pour la plu­part des auteurs, c’é­tait bien la pre­mière fois qu’ils effec­tuaient des recherches his­to­riques. Tant mieux. Ça dit quelque chose, peut-être, quant à une volon­té de se réap­pro­prier notre his­toire, notre des­tin com­mun – face à des « experts », éco­no­miques notam­ment, qui, avec leur science, cherchent à nous en dépos­sé­der. Cette absence de spé­cia­listes n’in­ter­dit pas, cepen­dant, un tra­vail sérieux. Pour chaque cha­pitre, plu­sieurs ouvrages ont été lus, croi­sés – notam­ment des bio­gra­phies. Des erreurs, des mau­vaises inter­pré­ta­tions se sont sans doute glis­sées dans ces pages, et si des lec­teurs nous les signalent, dans une pro­chaine édi­tion – que nous espé­rons -, nous les cor­ri­ge­rons avec humi­li­té. Sans que le sens poli­tique de notre essai en soit altéré.

On l’a noté : un cha­pitre était pré­vu sur 1848. Nous avons dû y renon­cer pour une rai­son simple : les révo­lu­tion­naires d’a­lors, d’a­près les recou­pe­ments effec­tués par Yan­nick, se sont mon­trés extrê­me­ment timides face à la dette, n’ont pris aucune mesure sérieuse contre les finan­ciers et se sont abs­te­nus de toute ban­que­route, même par­tielle. Dès lors, cette pre­mière bro­chure col­lec­tive en appelle sans doute une seconde. Sur la timi­di­té à tra­vers l’his­toire, voire la com­plai­sance, de la gauche face à la finance : des ambi­guï­tés de 1789 à l’a­pa­thie du Car­tel, en 1924, en pas­sant par 1848 donc, mais aus­si les com­mu­nards et la Banque de France, jus­qu’à Fran­çois Mit­ter­rand„ Lio­nel Jos­pin et Fran­çois Hol­lande, évi­dem­ment. On va se remettre au travail.

Som­maire :

Pro­logue
L’his­toire comme arme

1 – PHILIPPE LE BEL (1307)
Brû­ler « les ban­quiers de l’Occident »

2 – HENRI II (1557)
Le Royaume de France, too big to fail

3 – SULLY (1598)
Un audit public des dettes

4 – MAZARIN (1648)
La bataille des rentiers

5 – COLBERT (1661)
Le pro­cès des oligarques

6 – LE DUC D’ORLÉANS (1720)
La Saint-Bar­thé­lé­my du papier

7 – LABBÉ TERRAY (1774)
La réforme manquée

8 – CAMBON (1794)
La Révo­lu­tion à crédit

9 – POINCARÉ (1927)
La ban­que­route tran­quille 91

10 ‑DE GAULLE (1945)
Vive l’inflation !

Entre­tien avec Fré­dé­ric Lor­don
L’ir­réa­lisme, c’est eux !

Donc, pour un prix qui fait rire, c’est un concen­tré d’i­dées géniales, qui pour­rait être d’un grand usage pour tous nos >jour­na­listes< (de banque) qui sont tous les jours en panne d’ins­pi­ra­tion pour nous sor­tir du pétrin (à part se-priver-de-tout-pour-payer-la-dette-aux-nababs-négriers).

En bonus, deux chouettes vidéos liées au livre :

https://​vimeo​.com/​6​6​7​9​9​517

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97 Commentaires

  1. Patrick

    Ruf­fin:« je ne suis pas économiste »

    Lui au moins a me mérite de s’en rendre compte.
    L’es­cro­que­rie consiste d’a­bord à com­pa­rer les ban­quiers d’hier (per­sonnes phy­siques) aux ban­quiers d’au­jourd’­hui (per­sonne morale). aujourd’­hui, c’est la popu­la­tion fran­çaise qu’on ramas­se­ra à la petite cuillère.

    Lor­don:« ya que ça »
    Le voi­là qui tombe dans le tra­vers dénon­cé par Ruffin…

    Et bien non, il y a autre chose :
    Réduire la dépense éta­tique, cou­ler les banques mal gérées en sau­vant les comptes des dépo­sants par la créa­tions de billets dans l’exacte mesure du trou de leurs dépôts.
    Frac­tion­ner les grosses banques en petites banques à res­pon­sa­bi­li­té illi­mi­tée, inter­dire à l’é­tat d’emprunter sauf accord de 2⁄3 du parlement.

    Lor­don:« le pre­cedent islandais »
    L’Islande n’a pas fait défaut, elle a refu­ser de ponc­tion­ner les contri­buable pour palier à des banques en faillite. faut arre­ter de men­tir a ses audi­teurs Philippe…

    Réponse
  2. A-J Holbecq

    Nous ne sommes plus dans une période où la mon­naie était d’une cer­taine manière liée à l’or dont on pou­vait disposer.

    Ont-ils seule­ment réflé­chi que pour envi­ron 60% de la dette ce sont les PETITS retrai­tés (sim­ple­ment parce que leurs retraites sont pla­cées en assu­rance-vie par les caisses de retraite et fonds de pen­sion qui vont mor­fler ? … les fonc­tion­naires y échap­pe­raient par exemple : quelle injustice !
    Sans doute vau­drait-il mieux décré­ter l’in­ter­dic­tion suc­ces­so­rale et la revente des titres de dette et payer aux déten­teurs les inté­rêts jus­qu’à leur décès.

    Je ne suis pas pour la ban­que­route en ce qui concerne les per­sonnes phy­siques mais cette dette peut tout à fait être « rou­lée » et la mon­naie néces­saire émise à chaque échéance par la banque de France au lieu de faire appel aux mar­chés pour la renouveler.

    Réponse
  3. A-J Holbecq

    C’est quoi cette « idée » de Patrick (mes­sage 1), je ne com­prends pas trop : « en sau­vant les comptes des dépo­sants par la créa­tions de billets dans l’exacte mesure du trou de leurs dépôts. » ? LOL
    L’E­tat peut « sau­ver les comptes des dépo­sants » sim­ple­ment en les garan­tis­sant en tota­li­té, contrai­re­ment à ce qu’il est en train de faire actuel­le­ment en limi­tant cette garan­tie (et encore ?) à 100000 €.

    A noter aus­si que l’E­tat n’a pas à emprun­ter mais il a à créer (sur­tout pas sous forme de dette rem­bour­sable) la mon­naie néces­saire à son béné­fice pour des inves­tis­se­ments col­lec­tifs car ain­si cette mon­naie va dif­fu­ser dans toute l’é­co­no­mie (et sur­tout en période de réces­sion comme nous la vivons)

    Réponse
  4. Ana Sailland

    😉 Ils ont oublié Jacques Coeur 😉

    Plus riche est le créan­cier du Prince, plus dure serait la chute ?

    Réponse
  5. Ana Sailland

    AJH

    Le fait d’a­voir mélan­gé les créan­ciers modestes avec ceux qui ne le sont pas com­plique en effet les choses. Et cela fait cer­tai­ne­ment l’af­faire des gros qui sont à l’a­bris der­rière les petits. Mais il doit bien y avoir moyen de trier. Pas­ser par exemple pour la France de 1800 mil­liards de dette à la moi­tié ne serait pas désa­gréable au citoyen.

    Il est clair éga­le­ment que le qua­si aban­don de la créa­tion moné­taire fut une sacrée entour­loupe et qu’a­bo­lir ce cadeau cos­mique fait aux domi­nants aide­rait bel et bien à résoudre nos soucis.
    Mais Yves Cal­vi invo­que­ra l’inflation 😉
    Maître mot des chiens de garde à oppo­ser à toute idée émancipatrice.

    Réponse
  6. Alix

    Au sujet de la dette, Eric Tous­saint avait pro­po­sé cette piste de la recon­nais­sance de son carac­tère illé­gi­time dans un article qu’on peut encore lire ici :

    http://​www​.elcor​reo​.eu​.org/​A​p​p​l​i​q​u​e​r​-​l​a​-​d​o​c​t​r​i​n​e​-​d​e​-​l​a​-​d​e​tte

    Voi­ci un extrait :

    « Il s ’agit d’élargir le champ d’application de la doc­trine de la dette odieuse aux dettes contrac­tées à l’égard des Ins­ti­tu­tions de Bret­ton Woods (le FMI, la Banque mon­diale et les autres membres du groupe : Banque Afri­caine de Déve­lop­pe­ment et ses homo­logues d’Amérique latine et d’Asie).

    De quoi s’agit-il ? Le FMI et la Banque mon­diale (= créan­ciers mul­ti­la­té­raux) détiennent envi­ron 450 mil­liards de dol­lars de créances sur les pays endet­tés et une grande par­tie de ces dettes entre dans la caté­go­rie des dettes odieuses. »

    (…)

     »Les dettes mul­ti­la­té­rales contrac­tées par des régimes légaux et légi­times à condi­tion d’appliquer des poli­tiques d’ajustement struc­tu­rels pré­ju­di­ciables aux popu­la­tions (la démons­tra­tion du carac­tère pré­ju­di­ciable de celle-ci a été faite par de nom­breux auteurs et orga­nismes inter­na­tio­naux ‑notam­ment des organes de l’ONU-) sont éga­le­ment odieuses.

    Le fait que pen­dant vingt ans, la Banque mon­diale et le FMI ont, contre vents et marées, défi­ni et impo­sé des condi­tion­na­li­tés qui se sont avé­rées catas­tro­phiques au niveau de la garan­tie des droits fon­da­men­taux des êtres humains, consti­tue un dol à l’égard des emprun­teurs et de leurs popu­la­tions. Le contrat d’ emprunt en ques­tion est frap­pé de nul­li­té. Les lettres d’intention que les auto­ri­tés des pays endet­tés sont obli­gées d’envoyer, bien sou­vent sous leur dic­tée, au FMI et à la Banque mon­diale consti­tuent un arti­fice construit par ces ins­ti­tu­tions afin d’être dis­cul­pées face à d’éventuelles pour­suites judi­ciaires. Cet arti­fice est nul. Un indi­vi­du NE peut PAS accep­ter d’être réduit en escla­vage : le contrat par lequel il aurait renon­cé à sa liber­té n’a stric­te­ment aucune valeur légale. Il en va de même pour la lettre d’intention signée par un gou­ver­ne­ment. Dans la mesure où elle anni­hile l’exercice de la sou­ve­rai­ne­té d’un Etat, cette lettre est nulle. Les ins­ti­tu­tions de Bret­ton Woods ne peuvent pas uti­li­ser la lettre d’intention pour se dis­cul­per. Elles res­tent plei­ne­ment res­pon­sables des torts cau­sés aux popu­la­tions via l’application des condi­tion­na­li­tés qu’elles imposent (l’ajustement struc­tu­rel, aujourd’hui rebap­ti­sé Cadre Stra­té­gique de lutte contre la pauvreté). »

    Réponse
  7. Dugesclin

    La mon­naie est le moyen des échanges d’une com­mu­nau­té. Ceux qui téso­risent créent l’in­fla­tion. Ils devraient remettre leur trop plein à la com­mu­nau­té qui assure leur sécu­ri­té et leur bien être. 

    Le sys­tème finan­cier actuel fait qu’ils en gardent la pro­prié­té en le prê­tant et qu’ils reçoivent en sur­plus des inté­rêts, ce qui accroît davan­tage l’inflation.

    N’ou­blions pas que c’est l’au­teur du « Mani­feste Pour Bri­ser Les Chaînes de L’U­sure » qui a déci­dé Hit­ler à faire de la politique.

    Réponse
  8. Méchant Virus

    @ Patrick

    Et bien non, il y a autre chose : Réduire la dépense étatique.

    L’aus­té­ri­té impacte de plein fouet l’é­co­no­mie réelle. Les recettes fis­cales se contractent plus vite que la réduc­tion des dépenses bud­gé­taires. Du coup ça ne fonc­tionne pas en plus d’ag­gra­ver les condi­tions éco­no­miques et la pré­ca­ri­té de nos concitoyens.

    cou­ler les banques mal gérées en sau­vant les comptes des dépo­sants par la créa­tions de billets dans l’exacte mesure du trou de leurs dépôts.

    Il suf­fit à l’é­tat de garan­tir les dépôts. La créa­tion de mon­naie papier n’est pas néces­saire pour cela.

    Frac­tion­ner les grosses banques en petites banques à res­pon­sa­bi­li­té illimitée.

    Il faut natio­na­li­ser pour faire ça.

    Inter­dire à l’é­tat d’emprunter sauf accord de 2⁄3 du parlement.

    Si tu es contre le fait de faire défaut, c’est exac­te­ment le genre de mesure qui risque de te for­cer à le faire.

    Réponse
  9. Disjecta

    Spé­ciale dédi­cace pour nos anti­fas infil­trés jus­qu’au tro­gnon, puristes épu­ra­teurs qui défendent les guerres de l’O­TAN, l’im­pé­ria­lisme amer­loque et qui s’at­taquent aux Michel Col­lon, Etienne Chouard, le Grand Soir, Maxime Vivas ou Vik­tor Dedaj (les anti­fas ont une dent contre Cas­tro et Cuba), tous ceux enfin qu’ils réunissent sous l’é­ti­quette fal­la­cieuse de « com­plo­tiste » (c’est-à-dire tous ceux qui ne croient pas dans le com­plot – on dit plu­tôt « conju­ra­tion » alors – isla­miste pos­tu­lé par Bush en guise d’en­quête défi­ni­tive sur les atten­tats du 11 sep­tembre) et par exemple Annie Lacroix-Riz :

    « On ne sait pas encore suf­fi­sam­ment à l’é­tran­ger que le bol­che­visme a gran­di, s’est consti­tué et s’est aguer­ri au cours d’une lutte de longues années contre l’es­prit révo­lu­tion­naire petit-bour­geois qui frise l’a­nar­chisme ou lui fait quelque emprunt et qui, pour tout ce qui est essen­tiel, déroge aux condi­tions et aux néces­si­tés d’une lutte de classe pro­lé­ta­rienne consé­quente. Il est un fait théo­ri­que­ment bien éta­bli pour les mar­xistes, et entiè­re­ment confir­mé par l’ex­pé­rience de toutes les révo­lu­tions et de tous les mou­ve­ments révo­lu­tion­naires d’Eu­rope, – c’est que le petit pro­prié­taire, le petit patron (type social très lar­ge­ment repré­sen­té, for­mant une masse impor­tante dans bien des pays d’Eu­rope) qui, en régime capi­ta­liste, subit une oppres­sion conti­nuelle et, très sou­vent, une aggra­va­tion ter­ri­ble­ment forte et rapide de ses condi­tions d’exis­tence et la ruine, passe faci­le­ment à un révo­lu­tion­na­risme extrême, mais est inca­pable de faire preuve de fer­me­té, d’es­prit d’or­ga­ni­sa­tion, de dis­ci­pline et de constance. Le petit bour­geois, « pris de rage » devant les hor­reurs du capi­ta­lisme, est un phé­no­mène social propre, comme l’a­nar­chisme, à tous les pays capi­ta­listes. L’ins­ta­bi­li­té de ce révo­lu­tion­na­risme, sa sté­ri­li­té, la pro­prié­té qu’il a de se chan­ger rapi­de­ment en sou­mis­sion, en apa­thie, en vaine fan­tai­sie, et même en engoue­ment « enra­gé » pour telle ou telle ten­dance bour­geoise « à la mode », tout cela est de noto­rié­té publique. »

    La Mala­die infan­tile du com­mu­nisme (le « gau­chisme »), Lénine (1920)

    Réponse
  10. Patrick

    @A‑J Hol­becq

    Ce n’est pas mon idée, il semble que ça ait été uti­li­sé dans les pays de l’Est après la chute du mur pour liqui­der les « banques » sovié­tiques, mais la doc sur le sujet en anglais est assez faible.

    1/Une banque mal gérée entre en ces­sa­tion de paiement.
    2/Les comptes des dépo­sants sont virés tem­po­rai­re­ment à la banque cen­trale (ou la banque de France) avec des inté­rêts néga­tifs pour les faire cher­cher une autre banque.
    3/La banque mal gérée est liqui­dée au pro­fit de la banque cen­trale, les employés et man­da­taires sociaux peuvent aller cher­cher ailleurs.
    4/les créan­ciers obli­ga­taires de la banque mal gérée en sont pour leurs frais.

    L’im­por­tant pour moi est que la socié­té zom­bie ne soit pas gar­dée en demi-vie et gérée par des poli­ti­ciens encore plus irres­pon­sables que les diri­geants pré­cé­dents. Que la planche à billet n’est pas aux main des poli­ti­ciens, que la banque cen­trale ne crée de billets sup­plé­men­taires QUE pour cette occasion.

    @Méchant Virus
    « L’aus­té­ri­té impacte de plein fouet l’é­co­no­mie réelle. Les recettes fis­cales se contractent plus vite que la réduc­tion des dépenses budgétaires. »

    Si vous appe­ler aus­te­ri­té l’aug­men­ta­tion des impots, alors oui l’aug­men­ta­tion des impots tue l’e­co­no­mie et reduit les recettes fis­cales au delà du « som­met » de la courbe de Laf­fer. et ou cette aus­té­ri­té est antilibérale.

    « Il suf­fit à l’é­tat de garan­tir les dépôts. La créa­tion de mon­naie papier n’est pas néces­saire pour cela. »

    Non la banque doit disparaître.

    Il faut natio­na­li­ser pour faire ça.

    Il faut bais­ser les impôts des socié­tés à res­pon­sa­bi­li­té pleine (banques com­prises) et aug­men­ter ceux des banques à risque limi­té (et de leurs diri­geants) pour que ça se fasse tout seul. Evi­dem­ment pour le second point, il ne faut plus que l’état en soit trop dépen­dant, donc défi­cit 0%.

    « Si tu es contre le fait de faire défaut, c’est exac­te­ment le genre de mesure qui risque de te for­cer à le faire. »

    Pour les nou­veaux emprunts, bien sur, pas pour le renou­vel­le­ment des emprunts de la dette exis­tantes (on est pas for­cé d’être idiot). Cela concer­ne­ra aus­si les enga­ge­ment plu­ri­an­nuels de l’État (ppp,…) et les garan­ties appor­tées à des éta­blis­se­ments dont l’État est associé.

    Réponse
  11. Patrick

    @Méchant Virus

    Je ne suis pas néces­sai­re­ment contre un petit défaut tactique.

    1/ pour dis­sua­der les inves­tis­seurs à trop prê­ter à une orga­ni­sa­tion cri­mi­nelle comme l’état.

    2/Je ne consi­dère pas la dette d’État comme légi­time, pour moi un état ne doit pas s’en­det­ter puisque les poi­ti­ciens ne sont pas res­pon­sables sur leurs biens per­so­nels de la dette.

    3/Vivre par l’u­sage de la force est deja assez grave. On ne va pas en plus taxer des gens qui ne sont pas encore né ou pas en age de voter.

    Réponse
  12. nlescan

    L’i­dée de bais­ser les dépenses de l’é­tat est super nulle. C’est la contrac­tion de PIB assu­rée. D’ailleurs flam­by est fier comme un camion d’ex­pli­quer qu’il est le pre­mier a vrai­ment bais­ser les dépenses de l’é­tat, du coup, ça y est, on est en récession !

    Bien joué !

    1‑audit de la dette : tout ce qui est dans les para­dis fis­caux on paye pas.

    2‑Il faut moné­ti­ser, sur plu­sieurs années pour pas faire explo­ser l’in­fla­tion, ça en fera quand meme un peu ce qui aide­ra d’au­tant pour l’al­lè­ge­ment. Vu que seul la BCE pour faire ça il faut mettre la pres­sion, on nous le dit jamais mais nous (par la BDF) sommes pro­prié­taires de 14% de la BCE,

    http://commons.wikimedia.org/wiki/File:R%C3%A9partition_des_actionnaires_de_la_BCE.png

    et si il se braquent on claque la porte, c’est fai­sable, Sapir détaille ça très bien.

    Réponse
  13. nlescan

    Et le bou­quin a l’air génial, le cas Louis XVI devrait aler­ter nos diri­geants actuels…

    Je me demande com­ment vont réagir le fran­çais quand on vas sérieu­se­ment leur réduire la gamelle. 

    Est ce qu’on est deve­nu des sans cojones ou est ce qu’il nous reste du sang culotte ?

    Réponse
  14. skeol

    Bon­jour à vous tous,pour ceux que cela inté­resse il y a un article de « vive la ban­que­route » dans le jour­nal Fakir de ce mois-ci (3euros).

    De plus, il y a un livre qui va sor­tir le 25/09/2013 « Dette : 5000 ans d’his­toire » de David Grae­ber ; je met un copié/collé de la pré­sen­ta­tion du livre : »

    Voi­ci un livre capi­tal, best-sel­ler aux États-Unis – plus de 100 000 exem­plaires ven­dus – et en Grande-Bre­tagne, com­mis par l’un des intel­lec­tuels les plus influents selon le New York Times et ini­tia­teur d’Occupy Wall Street à New York.

    Un livre qui, remet­tant en pers­pec­tive l’histoire de la dette depuis 5 000 ans, ren­verse magis­tra­le­ment les théo­ries admises. Il démontre que le sys­tème de cré­dit, appa­ru dès les pre­mières socié­tés agraires, pré­cède de loin l’invention des pièces de mon­naie. Quant au troc, il n’a tou­jours été qu’un pis-aller et ne s’est réel­le­ment déve­lop­pé que dans des situa­tions par­ti­cu­lières ou de crise. La dette a donc tou­jours struc­tu­ré nos éco­no­mies, nos rap­ports sociaux et jusqu’à nos repré­sen­ta­tions du monde.

    David Grae­ber montre que le voca­bu­laire des écrits juri­diques et reli­gieux de l’Antiquité (des mots comme « culpa­bi­li­té », « par­don » ou « rédemp­tion ») est issu en grande par­tie des affron­te­ments antiques sur la dette. Or il fonde jusqu’à nos concep­tions les plus fon­da­men­tales du bien et du mal, jusqu’à l’idée que nous nous fai­sons de la liber­té. Sans en avoir conscience, nous livrons tou­jours ces combats…

    Selon l’auteur, l’endettement est une construc­tion sociale fon­da­trice du pou­voir. Si autre­fois les débi­teurs insol­vables ont nour­ri l’esclavage, aujourd’hui les emprun­teurs pauvres – qu’il s’agisse de par­ti­cu­liers des pays riches ou d’États du tiers-monde – sont enchaî­nés aux sys­tèmes de cré­dit. « L’his­toire montre, explique Grae­ber, que le meilleur moyen de jus­ti­fier des rela­tions fon­dées sur la vio­lence, de les faire pas­ser pour morales, est de les reca­drer en termes de dettes – cela crée aus­si­tôt l’illusion que c’est la vic­time qui com­met un méfait. » Trop d’économistes actuels per­pé­tuent cette vieille illu­sion d’optique, selon laquelle l’opprobre est for­cé­ment à jeter sur les débi­teurs, jamais sur les créanciers.

    Ils oublient aus­si une leçon déjà connue de la civi­li­sa­tion méso­po­ta­mienne : si l’on veut évi­ter l’explosion sociale, il faut savoir « effa­cer les tablettes »…

    L’auteur sera pré­sent à Paris pour défendre son livre du 29 sep­tembre au 3 octobre 2013. »

    pour le lien de l’ édi­tion : http://​www​.edi​tions​les​liens​qui​li​berent​.fr/​f​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​s​p​=​l​i​v​&​l​i​v​r​e​_​i​d​=73

    Sinon bra­vo à tous, je lis sou­vent vos com­men­taires (même si je poste jamais de com­men­taire) et je les trouve très bon, conti­nuons de nous échan­ger les informations 😉

    Réponse
  15. skeol

    déso­lé pour le double poste, je pré­cise que je n’ai pas de lien avec la mai­son d’é­di­tion les liens qui libèrent.

    Réponse
  16. Morpheus

    Un pro sio­niste qui fait l’a­po­lo­gie sur antenne à grande écoute de la poli­tique néo nazie d’Aube dorée, tout cela me semble par­fai­te­ment dans l’ordre des choses.

    Dom­mage que le SCALP-Reflex vient de se dis­soudre, car eux, au moins, avaient une posi­tion abso­lu­ment claire à pro­pos du sio­nisme : c’est une forme de fascisme.

    Mor­pheus

    Réponse
  17. gaudefroy

    @morpheus

    Bonsoir,

    ce texte annon­çant une dis­so­lu­tion est éton­nant et tranche avec le ton habi­tuel de pro­cu­reur du scalp

    http://​jura​lib​.noblogs​.org/​2​0​1​3​/​0​2​/​1​4​/​p​a​r​i​s​-​a​u​t​o​-​d​i​s​s​o​l​u​t​i​o​n​-​d​u​-​s​c​a​l​p​-​r​e​f​l​ex/

    Point de vue d’un ancien de l’O­CL sur le scalp :

    http://​www​.are​dam​.net/​s​c​a​l​p​-​r​e​f​l​e​x​-​p​o​l​i​c​e​-​r​e​n​s​e​i​g​n​e​m​e​n​t​-​g​e​n​e​r​a​u​x​.​h​tml

    (Je pré­cise que Michel Dakar est pour le révi­sion­nisme his­to­rique de la shoah, c’est pour moi son droit car je m’op­pose à la loi liber­ti­cide Gays­sot – mais si Étienne est gêné par ce lien, il peut le supprimer.)

    Scalp-reflex est tou­jours actif, dans son der­nier sché­ma de l’ex­trême droite, on voit que la LDJ est dis­soute depuis 2003 et l’as­si­mi­la­tion sionistes/i.e juifs comme posi­tion claire vis-a-dis du sio­nisme, j’ai vu mieux. Le Réseau Vol­taire et Reo­pen sont qua­li­fiés  » indé­nia­ble­ment d’ex­trême-droite. ». Ces deux orga­ni­sa­tions n’ont ces­sé de dénon­cer le néo­con­ser­va­tisme éta­zu­nien, sorte de fas­cisme très lié à la machine de guerre US. Cet anti­fas­cisme-là doit être recon­nu et non diabolisé.

    Le scalp s’est lui spé­cia­li­sé dans le  » fas­cisme fran­çais  » (la  » Rance », la  » France qui pue ») avec des outrances comme :

     » Étran­gers, ne nous lais­sez pas seuls avec les Français »

    Pour avoir feuille­té nombre de revues no pasa­ran, je peux dire que la pro­pa­gande est fon­da­men­ta­le­ment mon­dia­liste ou alté­ri­taire. (si iden­ti­taire est l’ex­tré­misme de l’i­den­ti­té et signi­fie l’a­mour des fran­çais et la haine de l’é­tran­ger, alté­ri­taire veut signi­fier l’ex­tré­misme de l’al­té­ri­té, cad l’a­mour des étran­gers et la haine des français)

    En fai­sant la chasse aux sou­ve­rai­nistes et aux conspi­ra­tion­nistes, le scalp est deve­nu clai­re­ment un chien de garde mais qui peine heu­reu­se­ment à recruter. 

    L’Of­fen­sive Liber­taire et Sociale, issue d’une scis­sion du scalp me parait plus hon­nête, en meilleure san­té (une revue, une émis­sion de radio, un site actif) et plus ouverte aux débats, par exemple sur la ques­tion épi­neuse des mou­ve­ments de libé­ra­tion nationale :

    http://​offen​sive​.samiz​dat​.net/​s​p​i​p​.​p​h​p​?​a​r​t​i​c​l​e​7​2​1​#​nb1

    Réponse
  18. Morpheus

    Remarque tech­nique : de façon géné­rale, vaut mieux évi­ter d’u­ti­li­ser la fonc­tion « cita­tion en ligne », elle ne fonc­tionne pas et génère une fenêtre sans marge à droite (on doit scrol­ler hori­zon­ta­le­ment, c’est chiant).

    Réponse
  19. Morpheus

    @ Gau­de­froy

    Le lien vers la page qui dénonce le SCALP-Reflex comme offi­cine sio­niste est plus qu’é­trange (et douteux).

    Sur le blog du SCALP-Reflex, en pre­mière page, on trouve notam­ment ceci :

    Vous vous rap­pe­lez que depuis 2009, la LDJ a mul­ti­plié les agres­sions contre nos mobi­li­sa­tions. Jus­qu’à pré­sent, à quelques rares excep­tions, les fana­tiques pro-israé­liens ont béné­fi­cié d’une impu­ni­té inouïe, qui contraste avec la répres­sion dont sont l’ob­jet les mili­tants du boy­cott d’Is­raël. Le der­nier exemple est la condam­na­tion de Saki­na Arnaud par la cour de cas­sa­tion de Bor­deaux : elle avait col­lé des sti­ckers de la cam­pagne BDS sur des bou­teilles de jus de fruits israéliens.

    [Un pro­chain ren­dez-vous impor­tant arrive. *Les mar­di 5 et 12 juin après-midi, au Palais de Jus­tice de Paris,* auront lieu des pro­cès oppo­sant des jeunes sym­pa­thi­sants de la cause pales­ti­nienne aux membres de la LDJ.
    Comme d’ha­bi­tude, les fana­tiques pro-israé­liens, sou­te­nus par les offi­cines pro-israé­liennes BNCVA et autres SPCJ, veulent nous la faire à l’en­vers : ils ont por­té plainte et se pré­sentent en vic­times. Dans les deux cas pour­tant, ils sont clai­re­ment venus pour cas­ser du « sale arabe ».]

    La pre­mière affaire jugée remonte aux mani­fes­ta­tions de l’hi­ver 2008–2009. Le 4 jan­vier 2009 http://​agen​-nan​terre​.over​-blog​.com/​a​r​t​i​c​l​e​-​3​1​0​7​1​3​4​8​.​h​tml ras­sem­blés devant l’am­bas­sade israé­lienne à l’ap­pel du CRIF, les fas­cistes sio­nistes ont ensuite débou­lé à Opé­ra à une mani­fes­ta­tion spon­ta­née contre les mas­sacres israé­liens. Là, ils se sont heur­tés à des jeunes mili­tants du droit et de la jus­tice. Ils jouent main­te­nant les vic­times et essayent de se faire pas­ser pour de simples pas­sant juifs vic­times d’une agres­sion anti­sé­mite. Mensonge !

    La seconde affaire http://​www​.ujfp​.org/​s​p​i​p​.​p​h​p​?​a​r​t​i​c​l​e​246 s’est dérou­lée en avril 2009 au métro Rue des Bou­lets, à proxi­mi­té du CICP, le soir d’un évé­ne­ment de soli­da­ri­té orga­ni­sé par Géné­ra­tion Pales­tine : les sio­nistes atten­daient les invi­tés à la sor­tie du métro et en ont agres­sé plu­sieurs. Ils pré­ten­dront ensuite être venus col­ler des affiches pour Ilan Hali­mi et avoir été atta­qués par les jeunes mili­tants. Men­songe encore.

    Dans les deux cas, la police et la jus­tice semblent inti­mi­dées par les pres­sions sio­nistes. Dans les deux cas, Has­sen, Nizar, Sou­ley­mane et les autres incul­pés ont besoin de notre soli­da­ri­té. Ils se sont défen­dus contre la LDJ, ils nous ont défen­du contre les agres­sions. A nous de les défendre !

    (remarque : « LDJ » = ligue de « défense » juive)

    Hypo­thèse : le SCALP-Reflex a été noyau­té depuis le début du siècle. La « revue » REFLEXes était à l’o­ri­gine une revue en kiosque (papier) ; il est pos­sible que le site REFLEXes soit un faux (orches­tré par les noyauteurs).

    Cette hypo­thèse expli­que­rait ces incroyables contradictions.

    Mor­pheus

    Réponse
  20. Sharu

    Par­don d’être un peu hors sujet je viens d’a­voir une idée : 

    est ce qu’on ne pour­rait pas tirer au sort une com­mune qui écri­ra la consti­tu­tion en assem­blée popu­laire ? (assem­blée ouverte uni­que­ment aux habi­tants de cette commune)

    Réponse
  21. ABARIS

    Bon­jour à vous tous.

    Pour remettre réel­le­ment du baume au cœur à tous les gen­tils virus : Mer­ci Mon­sieur Friot !

    Ber­nard Friot sur le salaire uni­ver­sel à CSOJ

    http://​www​.ago​ra​vox​.tv/​a​c​t​u​a​l​i​t​e​s​/​e​c​o​n​o​m​i​e​/​a​r​t​i​c​l​e​/​b​e​r​n​a​r​d​-​f​r​i​o​t​-​s​u​r​-​l​e​-​s​a​l​a​i​r​e​-​3​9​552

    Et cette idée de copro­prié­té d’u­sage serait une sacrée bonne base à l’exer­cice de la véri­table démo­cra­tie dans l’en­tre­prise. Il n’y aurait plus qu’à la géné­ra­li­ser aux pou­voirs poli­tiques, judi­ciaire et média­tique. Qu’en pensez-vous ?

    Savez vous ce qu’est deve­nu la vidéo d’E­tienne avec Rocard ?

    Réponse
  22. Benoît

    Après lec­ture du site du 
    Comi­té de Vigi­lance contre les Infil­tra­tions Poli­cières dans le Mou­ve­ment Anti­fas­ciste
    http://​cvip​ma​.chez​.com/​i​n​d​e​x​.​htm débus­qué par Mor­pheus, je ne résiste pas à en citer un passage :

    La Charte du CVIPMA

    Comi­té de Vigilance 
    contre les Infil­tra­tions Policières 
    dans le Mou­ve­ment Antifasciste

    Fli­quons les flics !

    Notre Comi­té est né sur un constat simple. L’an­ti­fas­cisme, depuis sa nais­sance, est l’ob­jet des réap­pro­pria­tions idéo­lo­giques les plus contra­dic­toires et les plus démagogiques.

    Nous pen­sons que le com­bat contre le fas­cisme ne doit pas être inféo­dé à une cause idéo­lo­gique et ne doit pas être ins­tru­men­ta­li­sé. L’an­ti­fas­cisme était autre­fois la pro­prié­té exclu­sive des sta­li­niens et autres maoïstes. Aujourd’­hui, les idéo­logues du néo-libé­ra­lisme l’u­ti­lisent à des fins de propagande.

    Recen­trer l’an­ti­fas­cisme sur ce qui fait sa légi­ti­mi­té est essen­tiel pour évi­ter ce type de récu­pé­ra­tion. Le com­bat anti­fas­ciste doit se doter d’une défi­ni­tion claire de son com­bat. C’est seule­ment ain­si que seront évi­tés les amal­games et les dérives idéologiques.

    Le com­bat de CVIPMA s’ef­fec­tue à un double niveau. Ce Comi­té lutte contre les abuse de lan­gage concer­nant le fas­cisme. Il est dan­ge­reux de taxer n’im­porte quel adver­saire de fas­ciste. C’est la porte ouverte à toutes les récu­pé­ra­tions idéologiques.

    Mais ce Comi­té lutte aus­si au quo­ti­dien contre les agents des idéo­lo­gies les plus diverses qui tentent de s’emparer de l’an­ti­fas­cisme. Les ex ou néo sta­li­niens, les néo-libé­raux, les pro­vo­ca­teurs liés au nou­vel ordre mon­dial cherchent tous à se légi­ti­mer comme antifascistes.

    C’est pour­quoi la vigi­lance est de mise. N’im­porte qui ne peut être anti­fas­ciste, c’est à dire avec n’im­porte quel objec­tif bas­se­ment idéo­lo­gique. Il est trop facile aujourd’­hui de régler ses comptes poli­tiques, à l’é­chelle d’un Etat ou sur la scène inter­na­tio­nale, en accu­sant l’en­ne­mi de fas­cisme, tout comme à l’é­chelle grou­pus­cu­laire où les accu­sa­tions de fas­cisme sont mon­naie courante.

    Conser­ver la spé­ci­fi­ci­té de l’an­ti­fas­cisme, c’est conser­ver le sens his­to­rique de ce com­bat, à savoir la lutte contre une idéo­lo­gie qui a pro­duit le sys­tème concen­tra­tion­naire nazi. C’est refu­ser que cette spé­ci­fi­ci­té soit occul­tée, et qu’elle dis­pa­raisse sous les amalgames.

    C’est aus­si admettre que le fas­cisme peut aujourd’­hui prendre plu­sieurs visages, par­ti­cu­liè­re­ment au sein du natio­nal-popu­lisme lepé­niste, dont les cou­rants ont tous un rap­port avec le fas­cisme his­to­rique. C’est ain­si lut­ter contre toute forme de néga­tion­nisme néo-nazi.

    Mais avant tout, pro­té­ger notre com­bat, c’est com­prendre que nos enne­mis sont aus­si ceux qui abusent de l’an­ti­fas­cisme a des fins idéo­lo­giques, en vidant ce terme de sa sub­stance. L’an­ti­fas­cisme pos­sède deux adver­saires : les fas­cistes et les faux anti­fas­cistes. Les deux sont tout aus­si dangereux.

    Les pre­miers parce qu’ils repré­sentent tout ce que l’hu­ma­ni­té a pro­duit de pire, et les seconds parce qu’ils se servent de l’an­ti­fas­cisme à des fins de pro­pa­gande et de déma­go­gie. Pour eux, le fas­cisme n’est qu’un repous­soir utile pour les coups média­tiques ou pour légi­ti­mer leur action partisane.

    La plu­part sont aujourd’­hui des flics du sys­tème néo-libé­ral. Autre­fois, les anti­fas était infil­trés par les sta­li­niens, main­te­nant ils le sont par les idéo­logues du nou­vel ordre mon­dial. Ceux-ci cherchent à détour­ner l’an­ti­fas­cisme vers leurs propres objectifs.

    Des pseu­dos-orga­ni­sa­tions anti­fas­cistes sont créées, qui luttent contre des fas­cistes ima­gi­naires dont le seul tord est de s’op­po­ser au néo-libé­ra­lisme. Tout comme autre­fois étaient taxés de fas­cisme ceux qui s’op­po­saient à l’im­pé­ria­lisme soviétique.

    Les mou­ve­ments anti­fas­cistes sin­cères sont noyau­tés, accu­sés de se trom­per de com­bat, lorsque ne suivent pas cette logique de l’an­ti­fas­cisme comme slo­gan idéo­lo­gique. C’est l’é­cœu­re­ment vis à vis de cette évo­lu­tion qui nous a pous­sé à fon­der le CVIPMA.

    Notre objec­tif n’est pas de sou­mettre chaque mou­ve­ment anti­fas­ciste à une cri­tique sys­té­ma­tique. Nous n’a­vons pas à juger les anti­fas­cistes. Nous concen­trons notre atten­tion sur les publi­ca­tions, décla­ra­tions et sites web qui nous semblent ambi­gus, mar­qués par des idéo­lo­gies néfastes.

    Le CVIPMA n’est pas apo­li­tique. Ses membres viennent de dif­fé­rentes familles de gauche. Mais nous prô­nons un anti­fas­cisme non idéo­lo­gique. Nous rejet­tons autant le sta­li­nisme, le néo-libé­ra­lisme que le fas­cisme, sans jamais les amalgamer.

    C’est au prix de ce gain de luci­di­té et d’ef­fi­ca­ci­té que l’an­ti­fas­cisme ne se per­dra pas à nou­veau dans les dérives d’au­tre­fois. Ces décla­ra­tions tiennent lieu de Charte, en ce qu’elles consti­tuent ce que nous consi­dé­rons comme le mini­mum de la rigueur dans la lutte antifasciste.

    Source : http://​cvip​ma​.chez​.com/​c​h​a​r​t​e​.​htm

    Réponse
  23. A-J Holbecq

    @ 10. Le same­di 8 juin 2013 à 20:19, par Patrick

    Vu comme ça, ça peut se conce­voir … mais sans créa­tion de billets (la banque cen­trale peut déte­nir des comptes scrip­tu­raux et virer les soldes à la banque choi­sie par le déposant.
    Mais il me semble plus simple de décla­rer une banque en faillite (pour 1 €), virer les diri­geants set action­naires, tout en garan­tis­sant les comptes des dépo­sants (DAV et DAT)

    Réponse
  24. Sharu

    Tirage au sort des élus : le dépu­té Laurent Louis ébranle le par­le­ment belge

    Réponse
  25. ColibRIC41AC(TAS)

    Tirage au sort des élus : le dépu­té Laurent LOUIS ébranle le Par­le­ment belge !

    Parce que les citoyens ne font plus confiance aux poli­ti­ciens, parce que ces poli­ti­ciens n’é­coutent plus les demandes de la popu­la­tion et qu’ils méprisent les citoyens, le dépu­té Laurent LOUIS, se basant sur les tra­vaux d’É­tienne Chouard, pro­pose un chan­ge­ment de sys­tème : rem­pla­cer les élec­tions par le tirage au sort de citoyens volontaires.

    Décou­vrez le texte com­plet de la pro­po­si­tion de Laurent LOUIS :

    http://​www​.lachambre​.be/​F​L​W​B​/​P​D​F​/​5​3​/​2​8​6​0​/​5​3​K​2​8​6​0​0​0​1​.​pdf

    13 juin 2013

    http://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​f​e​a​t​u​r​e​=​p​l​a​y​e​r​_​e​m​b​e​d​d​e​d​&​v​=​V​Q​f​q​d​p​P​0​3Nc

    Le texte devrait vous inté­res­ser. Pas lu pas le temps.

    Il y a plus de trolls que vous ne le pen­sez, bien sur c’est la réin­fo­sphère qui dif­fuse l’in­fo et on trouve tou­jours des inter­nautes qui bizar­re­ment trouvent un inté­rêt et du temps pour déni­grer cri­ti­quer, ne voir que les cotés néga­tifs de la per­sonne de Laurent Louis au lieu d’ap­plau­dir. Il y en a par­tout ici aussi.
    Cer­tains se font plus dis­cret en orien­tant les dis­cus­sions vers la stérilité.

    Réponse
  26. J-Stéphane

    Honte aux 99 % de cette assem­blée, et bra­vo à ce 1 % qui repré­sente plus les 99 % qui ne sont pas pré­sents dans cette assemblée.

    Réponse
  27. Ronald

    Cette vidéo avec Laurent Louis est très chouette, très élo­quente. Est-ce que l’on sait s’il y a un pré­cé­dent dans le monde d’une telle sou­mis­sion de pro­po­si­tion de loi par un dépu­té de tirer au sort l’as­sem­blée légis­la­tive ou est-ce une pre­mière ? Auquel cas, cette date est sans doute appe­lée à deve­nir historique.

    Mer­ci mon­sieur Louis de ce que vous faites !

    Réponse
  28. Morpheus

    En effet, Coli­bri, connais­sant l’his­toire du vieux chi­nois, je ne suis pas de ceux qui « applau­dissent », mais de ceux qui res­tent scep­tiques et qui s’in­ter­roge sur les inten­tions, sur la per­ti­nence, sur l’op­por­tu­nisme et sur­tout … sur le résul­tat et les suites d’un tel baroud d’honneur.

    Ne t’en déplaise.

    Mor­pheus

    Réponse
  29. ColibRIC41AC(TAS)

    c’est bien ce que je disais.

    Réponse
  30. Étienne

    Il ne faut cer­tai­ne­ment pas comp­ter sur nos pré­ten­dus « repré­sen­tants » pour nous pro­té­ger des usu­riers en décla­rant la ban­que­route : sur l’es­sen­tiel, ce sont tous (de plus en plus clai­re­ment) des traîtres à la patrie. 

    Mais pas celui-là :

    Trai­té euro­péen de stabilité : 
    Laurent LOUIS dénonce l’Eu­rope à la sauce Goldman-Sachs

    Ce dépu­té a à peine 30 ans, je ne sais pas ce qu’il a fait ou dit comme c… par le pas­sé, mais là, force est de recon­naître que ça devient un porte-parole assez cou­ra­geux d’un peuple lit­té­ra­le­ment tra­hi par ses « élus ».

    Réponse
  31. Morpheus

    Remar­quez bien, sur le mur, à droite de l’i­mage, le FAISCEAU sculp­té sur la colonne du Par­le­ment Belge !

    Je n’a­vais jamais fait atten­tion avant l’é­cri­ture de mon article sur les anti­fas­cistes, mais du coup, ça m’a sau­té aux yeux, comme une baffe dans la gueule : le sym­bole du fais­ceau, attri­but des lic­teurs dans la Rome antique, est aus­si le sym­bole des fas­cistes (c’est de là que pro­viennent les mots « fas­cisme », « fasciste »).

    http://​t2​.gsta​tic​.com/​i​m​a​g​e​s​?​q​=​t​b​n​:​A​N​d​9​G​c​T​C​g​l​3​z​O​J​8​y​p​x​u​Q​0​9​a​1​K​T​g​y​D​9​q​h​O​-​R​y​5​N​d​1​L​j​U​X​k​a​Y​V​S​C​C​1​N​u​1​_​1​W​x​t​J​txX

    On le retrouve aus­si dans le grand sceau des USA :

    Et le logo de l’Elysée :

    Peut-on encore, en démo­cra­tie, se pré­va­loir de cet emblème, alors même que l’on fus­tige le fas­cisme ? Qui irait se pré­va­loir de la croix gam­mée ? Que pen­se­ra-t-on de quel­qu’un qui arbo­re­rait la croix dite « cel­tique » (en réa­li­té un sym­bole solaire et zodia­cal très ancien) ? Mais là, nos soi-disant démo­cra­ties assument toutes l’u­sage du fais­ceau, emblème du fas­cisme ita­lien de Mussolini.

    …

    Mor­pheus

    Réponse
  32. Ana Sailland

    Jamais un par­le­ment n’a refu­sé un trai­té de l’union.
    Il est arri­vé que des peuples refusent un trai­té de l’union.

    On com­prend donc pour­quoi les plus indignes des trai­tés sont confiés à la voie parlementaire…

    La der­nière occa­sion, c’é­tait Lis­bonne. Il y a eu un seul refe­ren­dum, en Irlande, car la consti­tu­tion irlan­daise l’im­po­sait. Et le peuple a voté non. Mais on l’a fait revo­ter ! (signa­lez moi si erreur)

    La démo­cra­tie repré­sen­ta­tive est un oxy­more, certes, mais la dic­ta­ture par­le­men­taire n’en est pas un.

    Réponse
  33. Étienne

    Tant que ce sont les par­le­men­taires qui écrivent eux-mêmes la consti­tu­tion (qu’ils devraient craindre), non seule­ment « dic­ta­ture par­le­men­taire » n’est pas un oxy­more, mais c’est même… un pléonasme.

    Réponse
  34. la fraise des bois

    Mer­ci pour ce très bon blog et longue vie à la bonne volon­té et au cou­rage de Laurent Louis.
    C’est nous les citoyens qu’on va gagner

    Réponse
  35. EFFAB

    (@33)

    Cela me rap­pelle une petite vidéo : un cime­tière mili­taire amé­ri­cain, si je ne me trompe pas, un homme mon­trant un signe ou un emblème char­gé de sens et de sym­bole… il fau­frait que je retrouve ceci et c’est pas gagné ! J’ai bien des dizaines et des dizaines de télé­char­ge­ments mais la plu­part (encore) non classés_c’est pas très malin je sais – sic !

    Réponse
  36. EFFAB

    J’ai trou­vé !

    En fait, j’ai fait emblème dans un cime­tière amé­ri­cain et en un clic j’ai retrou­vé cette vidéo.

    Je ne sais pas vous, mais moi ça m’a­vait un peu sidéré.

    Réponse
  37. Simon

    INFO :

    Pierre Rosan­val­lon est ancien membre du conseil d’ad­mi­nis­tra­tion du club Le Siècle :

    http://​le​-siecle​.info/​w​p​-​c​o​n​t​e​n​t​/​u​p​l​o​a​d​s​/​2​0​1​3​/​0​4​/​L​e​-​S​i​e​c​l​e​-​C​A​-​j​a​n​v​i​e​r​-​2​0​1​3​.​pdf

    (je fait confiance à l’in­té­gri­té et au sérieux d’Em­ma­nuel Ratier, sa répu­ta­tion ne tient qu’à ça)

    Quand on regarde le CV de Rosan­val­lon sur Wiki­pe­dia on ne peut être que dégoû­té. Mais quand on y réflé­chit, tout ça est très clas­sique fina­le­ment : un social-traitre avec légion d’hon­neur de plus.

    Être proche de la ques­tion sociale, proche de la CFDT et pro­mou­vant la démo­cra­tie et l’au­to­ges­tion tout en étant membre du conseil d’ad­mi­nis­tra­tion du club Le Siècle, c’est, compte tenu de la contra­dic­tion gros­sière (au delà de tout bara­tin sophis­tique) être une pute, sur­ement bien payée d’ailleurs.

    J’a­vais com­men­cé à lire un de ses ouvrages et son amphi­gou­ri de juriste me l’a­vait déjà ren­du très sus­pect (il explique de la socio­lo­gie par le droit d’une façon vrai­ment per­verse à mes yeux), très fort pour éta­ler un pro­pos rachi­tique sur un grand nombre de pages.

    Qu’il aille se faire foutre.

    Je tenais à faire par­ta­ger l’in­fo puisque je sais que Étienne le lit…

    Réponse
  38. Ana Sailland

    @EFFAB

    C’est en effet abso­lu­ment étonnant.

    Je pense que tu es aus­si au cou­rant du fait que de très nom­breux hommes poli­tiques, et non des moindres, lors­qu’ils parlent sur la tri­bune, envoient de leur main un signe subrep­tice de recon­nais­sance, qui n’est pas « blanc-bleu » (indexe et petit doigt en avant, tous autres doigts repliés).

    Pour ain­si s’af­fi­cher, il faut se sen­tir fort …

    Par décence, je me garde de sug­gé­rer le signe exor­ciste (la bataille s’an­nonce rude), qui est le majeur vers le ciel 😉

    Réponse
  39. EFFAB

    (@40)

    Oui, ANA, je suis au cou­rant ou, disons – pour gar­der la bonne mesure, moi qui ne suis pas très fami­lier de toutes ces choses quelque peu ésotériques_quoi que per­sua­dé que le Conspi­ra­tion­nisme est bien tout autre chose que ce que les bien-pen­sants et autres pseu­do-démo­crates vou­draient nous faire croire – que j’ai déjà vu ce signe sur dif­fé­rentes vidéos mon­trant des per­son­na­li­tés tels que Sar­ko­zy et Busch (les Skull and Bones pour Busch et il fau­drait que je retrouve ce lien concer­nant Sar­ko­zy, l’his­to­rique de son ascen­sion ou de ses réseaux secrets plu­tôt, si je puis dire)

    En par­lant du petit NIco­las, nous avons vision­né hier ceci :

    http://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​G​p​0​Q​2​w​g​s​I​X​o​&​f​e​a​t​u​r​e​=​p​l​a​y​e​r​_​e​m​b​e​d​ded

    Je ne connais­sais pas : super géné­rique et super thème musi­cal !! lol

    Ce plai­sir de vous lire et tout l’hu­mour qui va avec, ANA, SIMON… des mots et des doigts qui font chaud au coeur !

    Réponse
  40. Étienne

    JP Mor­gan réclame des régimes auto­ri­taires en Europe

    http://​www​.legrand​soir​.info/​j​p​m​o​r​g​a​n​-​r​e​c​l​a​m​e​-​d​e​s​-​r​e​g​i​m​e​s​-​a​u​t​o​r​i​t​a​i​r​e​s​-​e​n​-​e​u​r​o​p​e​.​h​tml

    Le vrai fas­cisme est déjà là. 

    Une bonne consti­tu­tion ferait de la créa­tion d’une banque pri­vée un crime contre l’hu­ma­ni­té. Il n’y a pas de plus grand dan­ger pour la paix sociale que l’exis­tence de banques pri­vées. La créa­tion moné­taire DOIT être publique et sous le contrôle des citoyens. 

    Mer­ci au site ‘Le Grand Soir’ pour cette information.

    Rap­pel : Eus­tace Mul­lins (deve­nu plus tard vio­lem­ment anti­sé­mite, c’est vrai), dans le livre impor­tant « Les secrets de la réserve fédé­rale », a démon­tré (pages 103 et s. par exemple) que, depuis 1835, (ce qui est rapi­de­ment deve­nu) la banque « JP Mor­gan » est le faux nez amé­ri­cain de (contrô­lé par) la branche lon­do­nienne de la banque Roth­schild. Ne ratez pas ce livre, il est bouleversant.

    Voi­ci l’article :

    JPMor­gan réclame des régimes auto­ri­taires en Europe
    par Ste­fan STEINBERG

    Dans un docu­ment publié à la fin du mois de mai, le géant des banques d’investissement amé­ri­cain JPMor­gan Chase réclame l’abrogation des consti­tu­tions démo­cra­tiques bour­geoises éta­blies après la Seconde Guerre mon­diale dans une série de pays euro­péens et la mise en place de régimes autoritaires.

    Le docu­ment de 16 pages a été réa­li­sé par le groupe Europe Eco­no­mic Research de JPMor­gan et est inti­tu­lé « L’ajustement de la zone euro – bilan à mi-par­cours. » Le docu­ment com­mence par faire remar­quer que la crise de la zone euro a deux dimensions.

    Pour com­men­cer, il affirme que des mesures finan­cières sont néces­saires pour garan­tir que les prin­ci­pales ins­ti­tu­tions d’investissement comme JPMor­gan puissent conti­nuer à engran­ger d’énormes béné­fices de leurs acti­vi­tés spé­cu­la­tives en Europe. Ensuite, les auteurs sou­tiennent qu’il est néces­saire d’imposer des « réformes poli­tiques » des­ti­nées à sup­pri­mer l’opposition aux mesures d’austérité mas­si­ve­ment impo­pu­laires qui sont appli­quées au nom des banques.

    Le rap­port exprime sa satis­fac­tion vis à vis de l’application par l’Union euro­péenne d’un cer­tain nombre de méca­nismes finan­ciers visant à garan­tir les inté­rêts ban­caires. A cet égard, l’étude sou­ligne que la réforme de la zone euro en est pra­ti­que­ment à mi-che­min. Mais le rap­port réclame aus­si davan­tage d’action de la part de la Banque cen­trale euro­péenne (BCE).

    Depuis l’éruption de la crise finan­cière mon­diale de 2008, la BCE débloque des mil­liers de mil­liards d’euros en faveur des banques pour leur per­mettre d’effacer leurs créances dou­teuses et de redé­mar­rer une nou­velle série de spé­cu­la­tions. En dépit d’une pres­sion gran­dis­sante venant des mar­chés finan­ciers, le chef de la BCE, Mario Dra­ghi a décla­ré l’été der­nier qu’il ferait le néces­saire pour conso­li­der les banques.

    En ce qui concerne les ana­lystes de JPMor­gan, ceci n’est cepen­dant pas suf­fi­sant. Ils exigent de la part de la BCE une « réponse plus spec­ta­cu­laire » à la crise.

    Les cri­tiques les plus dures du docu­ment sont cepen­dant for­mu­lées à l’égard des gou­ver­ne­ments natio­naux qui ont mis bien trop de temps à appli­quer le genre de mesures auto­ri­taires néces­saires à l’imposition de l’austérité. Le pro­ces­sus d’une telle « réforme poli­tique » pré­cise l’étude, a « même à peine commencé. »

    Vers la fin du docu­ment, les auteurs expliquent ce qu’ils entendent par « réforme poli­tique. » Ils écrivent : « Au début de la crise l’on avait pen­sé que ces pro­blèmes natio­naux héri­tés du pas­sé étaient en grande par­tie d’ordre éco­no­mique, » mais « il est deve­nu mani­feste qu’il y a des pro­blèmes poli­tiques pro­fon­dé­ment enra­ci­nés dans la péri­phé­rie qui, à notre avis, doivent être chan­gés si l’Union moné­taire euro­péenne (UME) est cen­sée fonc­tion­ner à long terme. »

    Le docu­ment détaille ensuite les pro­blèmes exis­tant dans les sys­tèmes poli­tiques des pays de la péri­phé­rie de l’Union euro­péenne – la Grèce, l’Espagne, le Por­tu­gal et l’Italie – qui sont au centre de la crise de l’endettement en Europe.

    Les auteurs écrivent : « Les sys­tèmes poli­tiques de la péri­phé­rie ont été éta­blis après une dic­ta­ture et ont été défi­nis par cette expé­rience-là. Les consti­tu­tions ont ten­dance à mon­trer une forte influence socia­liste, reflé­tant la force poli­tique que les par­tis de gauche ont acquise après la défaite du fascisme. »

    « Les sys­tèmes poli­tiques autour de la péri­phé­rie affichent de manière typique les carac­té­ris­tiques sui­vantes : des diri­geants faibles ; des Etats cen­traux faibles par rap­port aux régions ; une pro­tec­tion consti­tu­tion­nelle des droits des tra­vailleurs ; des sys­tèmes recher­chant le consen­sus et qui encou­ragent le clien­té­lisme poli­tique ; et le droit de pro­tes­ter si des modi­fi­ca­tions peu appré­ciées sont appor­tées au sta­tu quo poli­tique. Les lacunes de cet héri­tage poli­tique ont été révé­lées par la crise. » Quelles que soient les inexac­ti­tudes his­to­riques conte­nues dans leur ana­lyse, il ne peut y avoir l’ombre d’un doute que les auteurs du rap­port de JPMor­gan plaident pour que les gou­ver­ne­ments adoptent des pou­voirs de type dic­ta­to­rial afin de mener à bien le pro­ces­sus de contre-révo­lu­tion sociale qui est déjà bien avan­cé à tra­vers toute l’Europe.

    En réa­li­té, il n’y avait rien de véri­ta­ble­ment socia­liste dans les consti­tu­tions éta­blies durant la période d’après-guerre par­tout en Europe. De telles consti­tu­tions visaient à garan­tir le régime bour­geois dans une situa­tion où le sys­tème capi­ta­liste et ses agents poli­tiques avaient été tota­le­ment com­pro­mis par les crimes des régimes fas­cistes et dictatoriaux.

    Les consti­tu­tions des Etats euro­péens, y com­pris celles de l’Italie, de l’Espagne, de la Grèce et du Por­tu­gal, ont été éla­bo­rées et appli­quées en col­la­bo­ra­tion avec les par­tis socia­listes et com­mu­nistes des pays res­pec­tifs et qui ont joué le rôle clé dans la démo­bi­li­sa­tion de la classe ouvrière pour per­mettre à la bour­geoi­sie de main­te­nir son régime.

    Dans le même temps cepen­dant les classes diri­geantes dis­cré­di­tées de l’Europe étaient par­fai­te­ment conscientes que la Révo­lu­tion russe demeu­rait une ins­pi­ra­tion pour de nom­breux tra­vailleurs. Elles se sont sen­ties obli­gées de faire une série de conces­sions à la classe ouvrière dans le but d’empêcher une révo­lu­tion – sous la forme pré­ci­sé­ment de pro­tec­tions sociales et consti­tu­tion­nelles, dont le droit de mani­fes­ter, ce que JPMor­gan aime­rait à pré­sent voir aboli.

    Dans une cer­taine mesure, les cri­tiques de la banque à l’égard du manque d’autoritarisme des gou­ver­ne­ments euro­péens sonnent creux. Par­tout en Europe, les gou­ver­ne­ments ont à maintes reprises recou­ru ces der­nières années à des mesures d’Etat poli­cier pour répri­mer l’opposition à l’encontre de leur politique.

    En France, en Espagne et en Grèce, des décrets d’urgence et l’armée ont été uti­li­sés pour bri­ser des grèves. La consti­tu­tion adop­tée en Grèce en 1975, après la chute de la dic­ta­ture des colo­nels, n’a pas empê­ché le gou­ver­ne­ment grec de licen­cier en masse des fonc­tion­naires. Et dans un cer­tain nombre de pays euro­péens, les par­tis diri­geants sont en train d’encourager le déve­lop­pe­ment de par­tis néo­fas­cistes tel le mou­ve­ment Aube dorée en Grèce.

    Tou­te­fois, pour JPMor­gan cela ne suf­fit pas. Afin d’éviter une révo­lu­tion sociale dans la période à venir, ses ana­lystes pré­viennent qu’il est indis­pen­sable que les gou­ver­ne­ments capi­ta­listes par­tout en Europe se pré­parent aus­si vite que pos­sible à mettre en place des formes de régime dictatoriales.

    A la fin du docu­ment, les auteurs avancent une série de scé­na­rios qui, selon eux, pour­raient décou­ler de l’échec des gou­ver­ne­ments euro­péens à éri­ger des sys­tèmes auto­ri­taires. Ces variantes com­prennent : « 1) l’effondrement de plu­sieurs gou­ver­ne­ments favo­rables aux réformes en Europe méri­dio­nale, 2) un effon­dre­ment du sou­tien à l’euro ou à l’UE, 3) une vic­toire élec­to­rale incon­tes­tée de par­tis anti-euro­péens radi­caux quelque part dans la région, ou 4) l’ingouvernabilité de fait de cer­tains Etats membres une fois que les coûts sociaux (notam­ment le chô­mage) dépas­se­ront un cer­tain seuil. »

    C’est la voix authen­tique du capi­tal finan­cier qui parle. Il faut rap­pe­ler que JPMor­gan est pro­fon­dé­ment impli­qué dans les opé­ra­tions spé­cu­la­tives qui ont dévas­té la vie de cen­taines de mil­lions de tra­vailleurs par­tout dans le monde. En mars de cette année, une com­mis­sion du sénat amé­ri­cain a ren­du public un rap­port de 300 pages docu­men­tant les pra­tiques cri­mi­nelles et la fraude réa­li­sées par JPMor­gan, la plus grande banque des Etats-Unis et le plus grand agent de pro­duits déri­vés du monde. En dépit des révé­la­tions détaillées dans le rap­port, aucune action ne sera prise à l’encontre du PDG de la banque, Jamie Dimon, qui jouit de la confiance per­son­nelle du pré­sident américain.

    Cette même banque se per­met à pré­sent de faire la leçon aux gou­ver­ne­ments. Soixante-dix ans après la prise de pou­voir par Hit­ler et les nazis en Alle­magne, dont les consé­quences furent catas­tro­phiques pour l’Europe et le monde, JPMor­gan est le pre­mier à récla­mer des mesures auto­ri­taires pour répri­mer la classe ouvrière et éra­di­quer ses acquis sociaux.

    Ste­fan Steinberg

    (Article ori­gi­nal paru le 17 juin 2013)
    * http://​www​.wsws​.org/​f​r​/​a​r​t​i​c​l​e​s​/​2​0​1​3​/​j​u​i​2​0​1​3​/​m​o​r​g​-​j​1​9​.​s​h​tml

    Source : Le Grans Soir, http://​www​.legrand​soir​.info/​j​p​m​o​r​g​a​n​-​r​e​c​l​a​m​e​-​d​e​s​-​r​e​g​i​m​e​s​-​a​u​t​o​r​i​t​a​i​r​e​s​-​e​n​-​e​u​r​o​p​e​.​h​tml

    Réponse
  41. J-Stéphane
  42. Étienne

    Mes­dames Mes­sieurs, on nous a volé des mots

    Franck Lepage, Éric Hazan, Étienne Chouard, sur l’en­jeu des mots essentiels.
    Une infor­ma­tion courte mais inci­sive, une invi­ta­tion à bos­ser le sujet, gen­tille et virale 🙂
    Mer­ci les GV 🙂

    Il va fal­loir se battre sur les mots.

    Sources :

    Inculture(s) – Franck Lepage
    https://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​9​M​C​U​7​A​L​A​q0Q

    LQR (langue de la Ve Répu­blique)- La pro­pa­gande au quotidien
    https://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​B​E​Y​r​B​_​N​U​pfs

    Confé­rence & ate­lier popu­laire consti­tuant – Étienne Chouard
    http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​f​o​r​u​m​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​2​0​1​2​/​1​2​/​1​4​/​2​8​7​-​g​r​e​n​o​b​l​e​-​7​-​d​e​c​-​2​0​1​2​-​u​n​-​a​t​e​l​i​e​r​-​p​o​p​u​l​a​i​r​e​-​c​o​n​s​t​i​t​u​a​n​t​-​s​u​r​-​l​e​-​ric

    Infos et débats :

    Le Mes­sage
    http://​www​.le​-mes​sage​.org/

    La Vraie Démocratie
    http://​lavraie​de​mo​cra​tie​.fr/

    Page FB Le-Mes­sage / Gen­tils Virus
    https://​www​.face​book​.com/​p​a​g​e​s​/​L​e​-​M​e​s​s​a​g​e​o​r​g​/​1​8​3​9​5​0​3​7​8​3​5​6​724

    Google+
    https://​plus​.google​.com/​c​o​m​m​u​n​i​t​i​e​s​/​1​0​1​5​5​2​7​8​3​4​5​7​9​9​0​4​4​0​558

    Réponse
  43. Ana Sailland

    Coluche avait bien com­pris tout ça avec son his­toire des cons qui deviennent des mal-pensants.

    La pen­sée libre, et en par­ti­cu­lier la pen­sée contes­ta­taire, est volon­tai­re­ment anni­hi­lée au moyen de plu­sieurs techniques :

    1) Les mots à l’en­vers, ou esso­rés, ici dénoncés

    2) Le men­songe par omis­sion : par exemple le silence sur l’Is­lande, ou sur le MES

    3) Le « lais­ser vivre une erreur » , par exemple : les états créent la mon­naie , ou bien : les élus sont plus com­pé­tents que le peuple. Ou bien : les inté­rêts de l’emprunt sont jus­ti­fiés par les coûts admi­nis­tra­tifs et la prise de risque.

    4) Le men­songe direct, qui reste une valeur sûre 😉 , par exemple : avec l’argent de nos dépo­sants, nous finan­çons l’é­co­no­mie locale (sic sur vitrines du CA)

    5) Dire le contraire de ce qu’on fait : par exemple : la réforme pour sau­ver le sys­tème par répartition

    6)Jouer sur la corde sen­sible pour omettre la réa­li­té. Exemple : « cette usine d’en­ro­bés à Vil­laz appor­te­ra des emplois » et on omet de dire que des uni­tés plus petites seront fer­mées ailleurs.

    etc

    La pri­va­ti­sa­tion des médias, ou leur achat par la tri­lo­gie canon-béton-pognon, c’est comme la per­cée des Ardennes, car la pen­sée devient alors aus­si inef­fi­cace que la ligne Magino .……

    La troi­sième guerre mon­diale est en cours, et c’est la conscience qui est envahie.

    NOUS DEVONS DIFFUSER

    Réponse
  44. EFFAB

    Et cet Esprit der­rière les mots, ce qui fera toute la différence…

    … mais cette confron­ta­tion, mais ce com­bat, c’est dans la logique des choses, c’est dans la nature humaine…

    … à nous de paci­fier tout ceci autant que faire se peut comme on ne peut faire d’o­me­lette sans cas­ser d’oeufs, bref, mille interprétations/visions des choses comme autant de possibilités/scenarii.

    Réponse
  45. J-Stéphane

    Non ! Ce n’est pas un pro­cès de ciné­ma. C’est un pro­cès démo­cra­tique ! Et le ver­dict est …

    Réponse
  46. Sharu
  47. J-Stéphane

    Très bien ! Mais pour res­ter cohé­rent dans le temps, il me semble qu’il serait pré­fé­rable de quan­ti­fier par pour­cen­tage plu­tôt que de se réfé­rer à un nombre d’individus.

    Réponse
  48. Sharu

    Mer­ci, si vous voyez autre chose a cor­ri­ger n’hé­si­tez pas.

    Réponse
  49. Benoît

    « Le monde pseu­do libé­ral occi­den­tal qui se des­sine, semble avoir fait sienne cette sen­tence du Big Bro­ther de Georges Orwell : « si vous n’a­vez rien à cacher, vous n’a­vez rien à craindre ». Peut-être. Mais nous avons à retour­ner que nous avons tout à craindre de ce qu’il nous cache et que la réci­proque devrait tout aus­si leur être appliquée. »

    Réponse
  50. Benoît

    A pro­pos de ces « anti­fas », de ces infiltrés :

    Réponse
  51. Benoît

    Et puis­qu’il est ques­tion de Ruf­fin, je dois avouer que je me délecte des Fakirs que je sur­ligne abon­dam­ment (je me suis pré­ci­pi­té sur les anciens numé­ros encore dis­po­nibles et à prix réduit. Ils sont tou­jours d’ac­tua­li­té!). Et puis ses Wiki­luttes sont d’u­ti­li­té publique, il faut lire celle de l’im­pôt sur le revenu :

    http://​www​.fakir​presse​.info/​-​W​i​k​i​l​u​t​t​e​s​-​.​h​tml

    http://​www​.fakir​presse​.info/​U​n​-​m​o​d​e​-​e​x​a​g​e​r​e​-​d​-​e​x​p​r​o​p​r​i​a​t​i​o​n​.​h​tml

    Ver­sion texte pour ceux qui pré­fèrent (mer­ci à la « recon­nais­sance optique de carac­tères » ABBYY plu­tôt pas mal)

    L’im­pôt sur le revenu,
    « un mode exa­gé­ré d’expropriation »

    Contre l’impôt sur le reve­nu, au fil d’un siècle, la bour­geoi­sie a usé de toutes les armes : les fusils si néces­saire, la dic­ta­ture pour­quoi pas, le Sénat qui traîne des pan­toufles, les cam­pagnes de presse calomnieuses…

    Au nom de « la morale » et de « l’honneur », bien sûr.

    Le 16 mars 1914, Hen­riette Caillaux, la femme du ministre des Finances, se fait conduire au Figa­ro. Elle demande à voir le rédac­teur en chef, Gas­ton Cal­mette. Reçue en tête-à-tête, elle vide le char­geur de son revol­ver et l’éditorialiste meurt dans la soi­rée. C’est le pre­mier mort, pour­rait- on dire, de la Grande Guerre.

    C’est sur­tout le der­nier mort d’une bataille sécu­laire, d’une féroce oppo­si­tion des pos­sé­dants à l’impôt sur le revenu.

    Inven­ter dans l’urgence

    « Le meilleur moyen de répar­ti­tion de l’impôt consis­te­rait à obli­ger chaque par­ti­cu­lier à faire une décla­ra­tion exacte de tout ce qu’il pos­sède, faire une masse de tout et répar­tir la masse des impo­si­tions proportionnellement. »

    C’est à Saul­che­ry, dans l’Aisne, près de Châ­teau-Thier­ry, qu’on trouve, en 1788, cette pro­po­si­tion de réforme fis­cale assez radicale.

    Et la date ne doit rien au hasard : certes, sous l’Ancien Régime, cette idée était par­fois émise, ici ou là. Mais c’est avec la Révo­lu­tion fran­çaise qu’elle allait ger­mer pour de bon.
    Dès l’été 1789 d’ailleurs, la Décla­ra­tion des droits de l’homme et du citoyen énonce, dans son article 13 :

    « Pour l’entretien de la force publique, et pour les dépenses d’administration, une contri­bu­tion com­mune est Indis­pen­sable ; elle doit être éga­le­ment répar­tie entre tous les citoyens, en rai­son de leurs facultés. »

    Ça res­tait flou, un joli prin­cipe. Bien­tôt, en lutte contre toute l’Europe, avec des sol­dats à nour­rir, vêtir, armer, la France va récla­mer des déci­sions plus vigoureuses.

    Le 20 mai 1793, la Conven­tion vote, par décret, un emprunt for­cé d’un mil­liard sur les riches. Le dépu­té Réal pro­pose alors une dis­tinc­tion entre le « reve­nu néces­saire », qui devait être exemp­té d’impôt, le « reve­nu abon­dant », sou­mis à une taxe pro­gres­sive, et le « reve­nu super­flu », qu’il fal­lait entiè­re­ment prendre. L’Assemblée approuve, et elle pré­sente un barème en dix tranches : aux 1 000 pre­mières livres, on ne pré­lève rien. Entre 1 000 et 2 000 livres, on pré­lève un dixième. Entre 2 000 et 3 000 livres, deux dixièmes. Entre 3 000 et 4 000 livres, trois dixièmes, etc. Et au- des­sus de 10 000 livres, tout est ponctionné !

    On abou­tit donc à un reve­nu maxi­mal de 5 500 livres pour un céli­ba­taire, de 7 500 livres pour un couple avec un enfant, de 9 500 livres pour un couple avec trois enfants… car tout est modu­lé, éga­le­ment, selon un quo­tient fami­lial ! Chaque citoyen est invi­té, sous peine d’amende, à décla­rer ses reve­nus dans sa muni­ci­pa­li­té, avec des com­mis­saires vérificateurs.

    Tout est là.

    C’est for­mi­dable de son­ger qu’il y a deux siècles, dans l’urgence, en quelques semaines, avec des enne­mis à toutes nos fron­tières, avec la Ven­dée qui s’ouvrait au sein de la Répu­blique comme un gouffre, à cause de ces périls, peut-être, ces hommes inven­taient un sys­tème fis­cal qui a lar­ge­ment ins­pi­ré le nôtre. Et qui, dans sa radi­ca­li­té, peut encore nous ser­vir de modèle. Mais leurs lois n’ont pas eu le temps, ou à peine, d’entrer dans les faits. Déjà Robes­pierre tombe, déjà la contre-révo­lu­tion l’emporte. Et sur­tout, cette mesure est pré­sen­tée comme pro­vi­soire : appli­quée le temps de la guerre, et ensuite, on rem­bour­se­rait tout le monde.

    Ver­ser le sang avant l’impôt

    Une autre révo­lu­tion sur­vient, en 1848, et le spectre revient.

    C’est le dépu­té socia­liste Pierre-Joseph Prou­dhon, élu un mois plus tôt, qui rédige, le 11 juillet, une « pro­po­si­tion rela­tive à l’impôt sur le reve­nu ». Ain­si, « consi­dé­rant que l’é­ta­blis­se­ment de cet impôt, irré­pro­chable dans sa mora­li­té, est dans le vœu de la Révo­lu­tion de février et dans le devoir de son gou­ver­ne­ment », cet impôt pro­dui­rait une recette « qu’on ne sau­rait éva­luer à moins de 1 500 mil­lions par année », assez pour « sup­pri­mer ou réduire nota­ble­ment les autres impôts, sur­tout les impôts de consom­ma­tion et somp­tuaires, les plus odieux de tous ». Le ministre des Finances, Gar­nier-Pagès, approuve : « pro­por­tion­nel­le­ment pro­gres­sif », un impôt sur le reve­nu serait « juste en prin­cipe et plus juste que les autres ».

    Mais au comi­té des finances, à l’Assemblée, la bour­geoi­sie est bien ins­tal­lée, avec à sa tête Adolphe Thiers : cette pro­po­si­tion lui paraît « immo­rale, injuste, fac­tieuse, pleine de malice, de per­fi­die et d’ignorance, anti-finan­cière, anti­so­ciale, sau­vage, extra­va­gante, vio­la­trice des contrats et atten­ta­toire à la pro­prié­té ». Les adjec­tifs finissent par lui man­quer, avant de conclure : « L’impôt direct est celui des pays bar­bares. »

    Prou­dhon grimpe néan­moins à la tri­bune, mais son pro­jet ne sera même pas voté ! Le pré­sident de séance consi­dère, en effet, « que la pro­po­si­tion pré­sen­tée par le citoyen Prou­dhon est atten­ta­toire au droit de pro­prié­té sur lequel repose l’é­tat social, quelle est contraire à la liber­té des tran­sac­tions, à la loi des contrats et à la morale publique ».

    Pour autant, la lutte ne s’arrête pas là : le 23 août, le ministre des Finances, à son tour, se lance dans un réqui­si­toire « contre les pri­vi­lèges dont les reve­nus mobi­liers ont joui jusqu’à pré­sent », et sug­gère « pour 1849 un impôt de 60 mil­lions sur les reve­nus mobi­liers ». Voi­là le péril.

    Contre ce dan­ger d’une Répu­blique démo­cra­tique et sociale, la bour­geoi­sie pré­fère l’ordre, même impo­sé par la force des armes : le géné­ral Cavai­gnac écrase le peuple pari­sien, laisse” 5 000 gueux sur le pavé, et pour ces brillants ser­vices se voit accor­der le pou­voir suprême – où il sus­pend les jour­naux hos­tiles, déclare l’état de siège, exile les insurgés.

    Le pro­grès n’est plus à l’ordre du jour.

    La bour­geoi­sie peut respirer.

    Faire payer les « richards »

    Elle va pou­voir res­pi­rer, encore, durant tout le Second Empire.

    Mais à peine Napo­léon III tom­bé, voi­là que le popu­lisme res­sur­git ! Dans leur appel aux « Tra­vailleurs des cam­pagnes », le 18 avril 1871, les com­mu­nards écrivent :

    « Paris demande que tout homme qui n’est pas pro­prié­taire ne paye pas un sou d’impôt ; que celui qui ne pos­sède qu’une mai­son et un jar­din ne paye rien encore : que les petites for­tunes soient impo­sées légè­re­ment, et que tout le poids de l’impôt tombe sur les richards. »

    Qui retrouve-t-on alors ? Adolphe Thiers.

    Depuis Ver­sailles, l’homme a retour­né les canons contre la Com­mune de Paris. Il a pré­si­dé aux fusillades d’innocents, aux égor­ge­ments. d’enfants, aux dépor­ta­tions de femmes. Ses pieds baignent dans le sang de la bou­che­rie, il s’en féli­cite d’ailleurs en pri­vé : « Le sol de Paris est jon­ché de cadavres. Ce spec­tacle affreux ser­vi­ra de leçon. » Il s’applaudit en sour­dine : « La répres­sion a été ter­rible ; elle a tué la déma­go­gie pour trente ans. » Mais sitôt l’alerte pas­sée, dès juin, voi­là que la déma­go­gie repa­raît : « Il n’y a pas d’impôt plus conforme aux prin­cipes de l’é­qui­té et de l’économie sociale que l’im­pôt sur le reve­nu », défend ie répu­bli­cain Jules Bar­ni, proche de Gambetta.

    Un pro­jet « funeste, dan­ge­reux, déplo­rable », s’emporte Thiers – qui a trou­vé de nou­veaux adjec­tifs depuis 1848. Et pour quelle rai­son ? Parce que, lui qui vient de faire 20 000 morts, se sou­cie avant tout de la concorde civile ! « Ce serait un impôt de dis­corde. Le peuple n’a pas besoin, il faut bien le lui dire et le lui répé­ter, d’appauvrir le riche pour être heu­reux lui-même. » Aus­si, le chef du gou­ver­ne­ment ne consent-il « à rien de ce qui pour­rait trou­bler le repos des esprits et ajou­ter des bran­dons de dis­corde. » Ain­si pré­serve-t-il l’harmonie sociale : aux gueux on peut ôter la vie, aux nan­tis on n’enlèvera pas un sou.

    Com­battre la lenteur

    En 1900, la France, bien que répu­bli­caine, bien que démo­cra­tique, « est l’un des der­niers pays à refu­ser le prin­cipe de l’impôt sur le reve­nu, note ain­si l’ancien ministre du Bud­get (de droite) Alain Lamas­soure. l’in­come tax bri­tan­nique datait de 1842, l’impôt alle­mand datait de 1893, les autres pays euro­péens l’avaient aus­si. En 1914, il n’y avait que la France, la Rus­sie, l’Espagne et le Por­tu­gal qui n’avaient pas adop­té cet impôt moderne. »

    Et pour­tant : de 1871 à 1914, plus d’une cen­taine de pro­po­si­tions ont été dépo­sées à l’Assemblée !

    « Dans une socié­té où celui qui ne pos­sède pas a tant de peine pour se défendre, sou­tient Jean Jau­rès en 1894, tan­dis au contraire que celui qui pos­sède de grands capi­taux voit sa puis­sance se mul­ti­plier non pas en pro­por­tion de ses grands capi­taux mais en pro­gres­sion des capi­taux de ceux qui n’ont rien, l’impôt pro­gres­sif vient cor­ri­ger une sorte de pro­gres­sion auto­ma­tique et ter­rible de la puis­sance crois­sante des grands capitaux. »

    Mais face à chaque assaut, Thiers et ses émules n’ont pas faibli.

    Il fal­lait, en face, et au som­met de l’État, un homme pour­vu de la même constance :

    ce fut le radi­cal Joseph Caillaux.

    En 1901, à son pre­mier pas­sage comme ministre, Caillaux intro­duit, en dou­ceur, la pro­gres­si­vi­té dans l’impôt sur les successions.

    Il revient aux com­mandes en 1907 avec, cette fois, un pro­jet d’impôt sur le reve­nu dans ses car­tons. Là, l’Assemblée éta­blit un record : la dis­cus­sion par­le­men­taire va se pro­lon­ger près de deux ans ! Le taux d’imposition maxi­mal n’est que de 5 %, mais les dépu­tés bour­geois, et avec eux les experts bour­geois, et la presse bour­geoise, refusent que l’État devienne un « inqui­si­teur fis­cal ». Ils dénoncent « un atten­tat à l’honneur ». Les pos­sé­dants ne lésinent jamais sur la morale lorsque leurs inté­rêts sont en jeu. La loi est enfin adop­tée, le 9 mars 1909, avec 388 voix pour et 129 contre. Mais le che­min de croix légis­la­tif n’est pas ache­vé : le Sénat traîne des pan­toufles, et cinq ans après le vote, l’impôt sur le reve­nu n’est tou­jours pas appli­qué ! Il faut que Joseph Caillaux revienne au minis­tère, à une troi­sième reprise, en 1914. Les jour­naux se déchaînent alors contre lui, le calom­niant, et notam­ment Le Figa­ro : en à peine trois mois, 110 articles, échos ou des­sins, diri­gés contre Caillaux, sont publiés dans ses colonnes. L’affrontement est total, féroce. Jusqu’au drame d’une épouse pous­sée à bout. Devant l’imminence de la guerre, les nou­velles res­sources à trou­ver, l’Union sacrée à assu­rer, le Sénat donne son accord.

    Il aura fal­lu plus d’un siècle de débats et de com­bats, de mots et de morts, pour ins­crire ces lignes simples dans la loi :

    « Chaque chef de famille est impo­sable, tant en rai­son de ses reve­nus per­son­nels que de ceux de sa femme et des autres membres de la famille qui habitent avec lui. »

    Res­ser­rer l’étau

    Cette réforme entre en vigueur, en cati­mi­ni, le 1er jan­vier 1916, comme si on en avait encore honte. L’historien Nico­las Dela­lande explique :

    « Elle fut annon­cée par voie d’affichage dans les mai­ries et dans les per­cep­tions. Aucun effort par­ti­cu­lier ne semble tou­te­fois avoir été envi­sa­gé pour pro­mou­voir sa dimen­sion patrio­tique. Nulle affiche n’a van­té les ver­tus de l’impôt géné­rai sur le reve­nu. II semble qu’il y ait, pour l’administration fis­cale, une inca­pa­ci­té à com­mu­ni­quer autre­ment que sur un mode tech­nique sur les méca­nismes et les fina­li­tés du nou­vel impôt. »

    L’impôt de 1916 ne por­te­ra en défi­ni­tive que sur 260 000 contri­buables – soit 1,7 % des foyers de l’époque, avec un taux fort bas de 2 %. Le ren­de­ment en sera donc très faible : seule­ment 32 mil­lions de francs. Faute de moyens de contrôle, les agents fis­caux sont un peu dépri­més : « L’impôt géné­ral sur le reve­nu est encore, dans une large mesure, un impôt sur la conscience publique, un impôt volon­taire », explique l’Inspection géné­rale des Finances en 1917.

    Mais qu’importe : la graine est semée, même minus­cule, même impar­faite, elle ne demande qu’à gros­sir. Et la bour­geoi­sie avait bien rai­son de la craindre : les besoins de la guerre, puis de la dette, vont en faire un impôt primordial.

    Le taux mar­gi­nal d’imposition sera por­té à 10 % dès 1917, puis à 20 % en 1918, SO % en 1920 et 72 % en 1924… jusqu’à 90 % pour les céli­ba­taires et les couples sans enfants !
    Cette pro­gres­sion sera stop­pée par Ray­mond Poin­ca­ré qui, en août 1926, le ramène à 30 %.

    Depuis, de « bou­clier fis­cal » en « cen­sure du Conseil consti­tu­tion­nel », des 63 % sous Pom­pi­dou aux 40 % sous Sar­ko­zy, le barème bouge sans cesse. C’est qu’il est un indice des rap­ports de force, le témoin chif­fré d’une lutte des classes qui n’arrête jamais.

    Antoine Dumi­ni et Nico­las Hirth

    POUR ALLER PLUS LOIN

    Les batailles de l’impôt : consen­te­ment et résis­tances de 1789 à nos jours, Nico­las Dela­lande, Le Seuil, Paris, 2010.
    L’affaire Caillaux, Lio­nel Dumar­cet, édi­tions De Vec­chi, Paris, 1999.
    Et en vidéo : L’impôt sur le reve­nu (1914), docu­men­taire de Ber­nard George, Ciné­té­vé, 1996.

    « C’ÉTAIT SÛR COMME LES IMPÔTS ; ET ÇA, Y A RIEN DE PLUS SÛR. » Charles Dickens

    « QUAND L’HISTOIRE GRANDIT, LES HOMMES GRANDISSENT AVEC, ET C’EST BEAU À VOIR ; » Mau­rice Kriegel-Vairimont

    Réponse
  52. Patrick Flécheux

    Salut les Virus

    Cahu­zac, comptes en Suisses, off­shore, détour­ne­ments fis­caux, banques fran­çaises, col­lu­sions et magouilles en tous genres.

    Audi­tion d’un ban­quier devant une commission.

    De quoi faire sau­ter la Raie Publique.

    inté­gra­li­té audi­tion du ban­quier Qui Pour­rait Faire Sau­ter La République 

    Réponse
  53. J-Stéphane

    Bon­jour,

    Cela devrait enfin réveiller l’ar­rêt-public sur les dan­gers de l’hé­gé­mo­nie des banques privées…

    Réponse
  54. Étienne

    Sur son (excellent) site (http://​www​.les​-crises​.fr), Oli­vier (Ber­ruyer) a fait une utile com­pi­la­tion à par­tir de cette incroyable vidéo. 
    Mer­ci à lui.

    [Hal­lu­ci­nant] Audi­tion de Pierre Conda­min-Ger­bier au Sénat

    http://​www​.les​-crises​.fr/​p​i​e​r​r​e​-​c​o​n​d​a​m​i​n​-​g​e​r​b​i​er/

    Étienne.

    Les pho­tos sous-titrées réa­li­sées par slate​.fr
    sont très péda­go­giques pour FIXER les idées et tâcher de ne pas trop oublier…
    C’est de l’é­du­ca­tion popu­laire, entre nous.

    Source des images : 
    http://​www​.slate​.fr/​s​t​o​r​y​/​7​4​0​2​1​/​a​u​d​i​t​i​o​n​-​c​o​n​d​a​m​i​n​-​g​e​r​b​i​e​r​-​s​e​nat

    Source des images : 
    http://​www​.slate​.fr/​s​t​o​r​y​/​7​4​0​2​1​/​a​u​d​i​t​i​o​n​-​c​o​n​d​a​m​i​n​-​g​e​r​b​i​e​r​-​s​e​nat

    Réponse
  55. ColibRIC41AC(TAS)

    Bré­sil : Dil­ma Rous­seff pro­pose un réfé­ren­dum pour une réforme politique

    Confron­tée à un mou­ve­ment de pro­tes­ta­tion his­to­rique, la pré­si­dente bré­si­lienne Dil­ma Rous­seff a pris une ini­tia­tive forte en pro­po­sant de sou­mettre à réfé­ren­dum une « réforme poli­tique » pro­fonde du pays par le biais d’une « assem­blée consti­tuante spécifique ».

    C’est « le Congrès qui dira sous quelle forme se fera » (…) l’as­sem­blée consti­tuante spé­ci­fique » pro­po­sée par la pré­si­dente, a‑t-il ajouté.

    Réponse
  56. Dieu des rêves

    À ce rythme là, le pays des droits de l’homme sera le der­nier à avoir une consti­tu­tion démocratique.

    Réponse
  57. Petit Virus

    Un autre qui est pour le non-rem­bour­se­ment de la dette (belge):

    Réponse
  58. Wikicrate

    Bon­jour à tous,

    Je ne com­prends pas bien pour­quoi cette péti­tion pour une Assem­blée Consti­tuante tirée au sort sur le site Avaaz sui­vi par main­te­nant 23 mil­lions d’in­ter­naute n’a recueilli que 15 signa­tures à ce jour.

    Si vous ne com­pre­nez pas non plus, je vous pro­pose de la signer, bien sûr, mais sur­tout de la dif­fu­ser dans tous vos réseaux.
    Ce serait dom­mage si elle ne devait pas dépas­ser haut la main l’ob­jec­tif de 1000 signatures.

    Réponse
  59. phil82

    Accord euro­péen sur le sau­ve­tage des banques en faillite
    le 27-06-2013 à 08h39 – Mis à jour à 09h06

    Par Le Nou­vel Obser­va­teur avec AFP

    Cet accord entre les ministres euro­péens des Finances épargne les contri­buables. Un suc­cès obte­nu « de haute lutte ».

    Les ministres euro­péens des Finances ont trou­vé dans la nuit de mer­cre­di 26 juin à jeu­di un com­pro­mis pour restruc­tu­rer ou liqui­der les banques en dif­fi­cul­tés tout en épar­gnant les contri­buables, un suc­cès obte­nu « de haute lutte » à quelques heures d’un som­met européen.

    Après plus de six heures de dis­cus­sions, les ministres sont par­ve­nus à un accord sur le degré de flexi­bi­li­té lais­sé à chaque Etat dans la réso­lu­tion des crises bancaires.

    Ce sujet consti­tuait un point de blo­cage sur lequel avaient achop­pé les ministres la semaine der­nière à Luxem­bourg, mal­gré une pre­mière réunion mara­thon de plus de 18 heures.

    « C’est un suc­cès, un suc­cès arra­ché de haute lutte », a réagi à la sor­tie de la réunion le ministre fran­çais des Finances, Pierre Mos­co­vi­ci, jugeant que cet accord était « très impor­tant pour la sta­bi­li­té finan­cière de l’U­nion euro­péenne ». L’Al­le­mand Wolf­gang Schäuble a salué « une avan­cée impor­tante » en ce sens.

    C’est « un jalon majeur dans nos efforts pour bri­ser le cercle vicieux entre les banques et les dettes des Etats », a ren­ché­ri l’Ir­lan­dais Michael Noo­nan, qui pré­si­dait la réunion.

    « Si une banque a des pro­blèmes, nous aurons désor­mais un ensemble unique de règles dans toute l’Eu­rope pour déci­der qui paie la fac­ture », a sou­li­gné de son côté le Néer­lan­dais Jeroen Dijs­sel­bloem, par ailleurs pré­sident de l’Eu­ro­groupe. Ces nou­velles règles devraient entrer en vigueur à par­tir de 2018.

    Pour évi­ter de faire payer les contri­buables quand une banque doit être restruc­tu­rée ou liqui­dée, les Euro­péens s’é­taient déjà mis d’ac­cord pour faire payer, dans l’ordre : les action­naires, puis les créan­ciers les moins bien assu­rés, puis, le cas échéant, les déten­teurs d’o­bli­ga­tions dits « seniors » et en der­nier recours les dépo­sants, au-delà de la somme de 100.000 euros.

    Mais deux groupes de pays s’op­po­saient. Dans le pre­mier se trou­vaient la France et le Royaume-Uni, qui vou­laient pou­voir béné­fi­cier d’une cer­taine flexi­bi­li­té au cas par cas. Paris sou­hai­tait par exemple pou­voir pro­té­ger, dans cer­taines cir­cons­tances, les dépo­sants indi­vi­duels et les PME.

    D’autres pays comme l’Al­le­magne, les Pays-Bas et la Fin­lande, défen­daient au contraire les règles les plus strictes pos­sibles, pour évi­ter l’in­cer­ti­tude qui risque de faire fuir inves­tis­seurs et déposants.

    Au final, les Etats qui sou­hai­te­ront de la flexi­bi­li­té devront impo­ser des pertes d’a­bord aux créan­ciers et action­naires à hau­teur de 8% mini­mum du pas­sif des banques. Autre­ment dit, pour une banque dont le pas­sif est de 100 mil­liards d’eu­ros, créan­ciers et action­naires se ver­ront impo­ser au moins 8 mil­liards d’eu­ros de pertes.

    Une fois cette condi­tion rem­plie, pour­ra inter­ve­nir un fonds natio­nal « de réso­lu­tion » et si néces­saire, seront sol­li­ci­tées « des res­sources, soit natio­nales, soit euro­péennes », avec la pos­si­bi­li­té de « reca­pi­ta­li­sa­tion directe par le MES », le fonds de secours de la zone euro, a expli­qué Pierre Moscovici.

    Ce deuxième niveau d’in­ter­ven­tion ne pour­ra pas dépas­ser 5% du pas­sif de la banque.

    Même si le recours à l’argent public est donc encore pos­sible pour les pays qui vou­dront faire jouer la flexi­bi­li­té, notam­ment à tra­vers le MES, il s’a­git d’  »un chan­ge­ment majeur », a sou­li­gné Jeroen Dijs­sel­bloem, car « on pas­se­ra de l’argent public, celui du contri­buable, à celui du sec­teur finan­cier lui-même, qui va devoir dans une très large mesure régler ses propres problèmes ».

    L’in­ter­ven­tion pos­sible du MES, et donc des contri­buables euro­péens, par­fois pour sau­ver les banques d’autres pays, n’é­tait pas du goût de tout le monde, notam­ment de l’Allemagne.
    Mais, a sou­li­gné Pierre Mos­co­vi­ci, « il ne parais­sait pas cohé­rent d’un côté de mettre en place un méca­nisme direct de reca­pi­ta­li­sa­tion des banques par le MES et de l’autre côté, d’ex­clure le MES du jeu de la flexibilité ».

    Les ministres étaient sous pres­sion pour trou­ver un accord avant jeu­di. D’une part, parce que s’ils avaient échoué, le calen­drier par­le­men­taire aurait été trop ser­ré pour que le texte soit adop­té défi­ni­ti­ve­ment avant mai 2014, date des élec­tions européennes.

    Michael Noo­nan a sou­hai­té un accord sur le texte « d’i­ci la fin de l’an­née » avec le Par­le­ment européen.

    Par ailleurs, un échec aurait enta­ché le som­met des chefs d’E­tat et de gou­ver­ne­ment qui doit s’ou­vrir jeu­di après-midi à Bruxelles, et qui doit notam­ment faire le point sur les avan­cées réa­li­sées en matière d’u­nion bancaire.

    Com­men­taire :

    Har­pa­gon

    Certes ce n’est pas une petite peine que de gar­der chez soi une grande somme d’argent ; et bien­heu­reux qui a tout son fait bien pla­cé, et ne conserve seule­ment que ce qu’il faut pour sa dépense. On n’est pas peu embar­ras­sé à inven­ter dans toute une mai­son une cache fidèle ; car pour moi, les coffres−forts me sont sus­pects, et je ne veux jamais m’y fier ; je les tiens jus­te­ment une franche amorce à voleurs, et c’est tou­jours la pre­mière chose que l’on va atta­quer. Cepen­dant je ne sais si j’au­rai bien fait d’a­voir enter­ré dans mon jar­din dix mille écus qu’on me ren­dit hier. Dix mille écus en or chez soi est une somme assez… (Ici le frère et la sœur paraissent s’en­tre­te­nant bas.) O Ciel ! je me serai tra­hi moi−même : la cha­leur m’au­ra empor­té, et je crois que j’ai par­lé haut en rai­son­nant tout seul. Qu’est−ce ?

    L’a­vare, Molière.

    Réponse
  60. phil82

    Le contri­buable est épar­gné par l’ac­cord euro­péen sur le sau­ve­tage des banques…

    la preuve avec la Cour des Comptes !!!

    « Les pistes d’économies de la Cour des Comptes » :

    Des mesures trans­ver­sales de frei­nage à court terme néces­saires pour tenir les objec­tifs de réduc­tion de la dépense publique en 2014 et 2015.

    Alors que la crois­sance des dépenses publiques en volume était de 1,7 % en moyenne sur la période allant de 2007 à 2011, de 1,0 % en 2012 et serait de 0,9 % en 2013 selon les pré­vi­sions du gou­ver­ne­ment, le pro­gramme de sta­bi­li­té pré­voit qu’elle soit rame­née à 0,4 % en 2014 et 0,2 % en 2015. Par rap­port à une crois­sance ten­dan­cielle de ces dépenses esti­mée à 1,5 % par an, des éco­no­mies de l’ordre de 13 Md€ en 2014 et 15 Md€ en 2015 sont à déga­ger pour atteindre cet objectif.

    Pour res­pec­ter les enga­ge­ments pris par la France, l’effort de réduc­tion des dépenses doit être par­ta­gé par l’ensemble des admi­nis­tra­tions publiques.

    Au-delà des effets bud­gé­taires atten­dus, la démarche de recherche d’économies doit être com­prise et uti­li­sée comme un levier per­met­tant d’initier des réformes plus pro­fondes, tou­chant à l’adaptation des poli­tiques publiques mais aus­si à la gou­ver­nance et à l’organisation ins­ti­tu­tion­nelle. La démarche de la moder­ni­sa­tion de l’action publique, enga­gée en 2012, a voca­tion à s’inscrire dans cette perspective.

    Alors que les mesures issues de la révi­sion géné­rale des poli­tiques publiques (RGPP) n’auront plus de nou­vel impact sur la dépense en 2014 et que les prin­ci­pales déci­sions qui devraient décou­ler de la démarche de moder­ni­sa­tion de l’action de l’État trou­ve­ront peu de tra­duc­tion bud­gé­taire avant l’exercice 2015, le res­pect des enga­ge­ments du pro­gramme de sta­bi­li­té au titre des années 2014 et 2015 pour­rait conduire à recou­rir à des mesures trans­ver­sales de frei­nage à effet immé­diat sur les grands déter­mi­nants de la dépense publique, tels que le gel du point de la fonc­tion publique, la sous-indexa­tion tem­po­raire (hors mini­ma sociaux) des pres­ta­tions fami­liales, des pen­sions de retraite, des aides au loge­ment, du salaire de réfé­rence de l’assurance-chômage ou encore la réduc­tion du rythme d’évolution de l’ONDAM.

    - Pour mémoire, l’ON­DAM est l’en­ve­loppe des­ti­née aux hôpi­taux publics.

    http://​www​.ccomptes​.fr/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​/​P​u​b​l​i​c​a​t​i​o​n​s​/​P​u​b​l​i​c​a​t​i​o​n​s​/​S​i​t​u​a​t​i​o​n​-​e​t​-​p​e​r​s​p​e​c​t​i​v​e​s​-​d​e​s​-​f​i​n​a​n​c​e​s​-​p​u​b​l​i​q​u​e​s​-​2​013

    Réponse
  61. Ana Sailland

    Sau­ver une banque en dif­fi­cul­té, c’est une idée, et ne pas la contes­ter dans un sys­tème qui se dit libé­ral peut paraître étrange, voire schi­zo­phrène, mais sur­tout, je ne vois pas de réflexion sur le pour­quoi de cette dif­fi­cul­té ni sur l’ins­ti­tu­tion de garde-fous, au sens littéral… 
    (Car enfin, je vous le dis, si ma pomme dis­po­sait de l’a­gré­ment auto­ri­sant la créa­tion moné­taire scrip­tu­rale, il me semble que pour arri­ver aux portes de la faillite, il me fau­drait vrai­ment faire un effort suicidaire)

    Réponse
  62. phil82

    Ayrault donne (évi­dem­ment) rai­son à la cour des comptes…

    La Cour des comptes a « mal­heu­reu­se­ment » rai­son, admet Ayrault

    Créé le 27-06-2013 à 17h50 – Mis à jour à 19h22

    Par Le Nou­vel Obser­va­teur avec AFP

    La Cour juge que le défi­cit public de la France pour­rait dépas­ser les 3,7% du pro­duit inté­rieur brut pré­vus dans le Pro­gramme de sta­bi­li­té européen.

    Le Pre­mier ministre Jean-Marc Ayrault a décla­ré jeu­di 27 juin que, « mal­heu­reu­se­ment, du fait de l’ab­sence de crois­sance », la Cour des comptes avait rai­son de craindre un déra­page du défi­cit public en 2013 par rap­port aux prévisions.

    Inter­ro­gé sur la mise en garde de la Cour des comptes, qui juge que le défi­cit public de la France pour­rait dépas­ser les 3,7% du pro­duit inté­rieur brut pré­vus dans le Pro­gramme de sta­bi­li­té euro­péen, le chef du gou­ver­ne­ment, en dépla­ce­ment à Fort-de-France, a décla­ré : « Je pense que, pour 2013, mal­heu­reu­se­ment, du fait de l’ab­sence de crois­sance, ce que dit la Cour des comptes est vrai. Mais, à la fin de l’an­née, nous verrons. »

    « La Cour des comptes est indé­pen­dante. Elle fait ses obser­va­tions, elle donne son diag­nos­tic, mais ce n’est pas elle qui fait la poli­tique du gou­ver­ne­ment », a tou­te­fois ajou­té Jean-Marc Ayrault. « C’est au gou­ver­ne­ment, avec le Par­le­ment, de trou­ver les bonnes solutions. »

    « Il n’y a pas de déra­pages sur les dépenses, ça c’est très impor­tant. Effec­ti­ve­ment, la Cour des comptes note qu’il y a une insuf­fi­sance de recettes due essen­tiel­le­ment à une insuf­fi­sance de crois­sance », a pour­sui­vi le chef du gou­ver­ne­ment. De source proche de Fran­çois Hol­lande, on indique aus­si que « l’en­ga­ge­ment que le gou­ver­ne­ment doit res­pec­ter coûte que coûte » c’est « la dépense ». « La dépense ne doit pas aug­men­ter par rap­port à ce qui a été pré­vu. Ca serait un vrai décro­chage qui nous met­trait en dif­fi­cul­té vis-à-vis de nos par­te­naires euro­péens, peut-être des mar­chés, en tout cas vis-à-vis du Parlement ».

    Tout en aver­tis­sant le gou­ver­ne­ment d’un risque de déra­page en 2013 par rap­port aux pré­vi­sions, la Cour des comptes a exclu la néces­si­té d’un col­lec­tif bud­gé­taire à mi-année, dans un rap­port publié jeu­di. « Il est impor­tant de noter (…) que la Cour des comptes ne demande pas de col­lec­tif bud­gé­taire. Les efforts que nous avons faits sont réels, il fau­dra les pour­suivre dans la durée mais pas for­cé­ment avec la bru­ta­li­té que cer­tains nous demandent », a encore dit Jean-Mac Ayrault.

    Si la crois­sance fran­çaise était plus basse que le taux de +0,1% pré­vu par le gou­ver­ne­ment pour 2013, comme l’an­noncent la Com­mis­sion euro­péenne, le FMI mais aus­si désor­mais l’In­see, « le défi­cit public effec­tif pour­rait se situer entre 3,8 et 4,1% du PIB », affirme la Cour des comptes dans ce rap­port sur la situa­tion et les pers­pec­tives des finances publiques. La Cour des comptes a éga­le­ment mis en garde contre le poids du défi­cit des retraites dans les comptes sociaux, deman­dant des « mesures à effet immédiat ».

    Réponse
  63. phil82

    En 2012, Le Temps Éco­no­mie et Finance publie une série d’articles :

    « La dette publique, une vieille histoire ».

    1953, le tour­nant qui a per­mis à l’Allemagne de rebondir

    L’Accord de Londres, signé le 27 février [1953], a per­mis à la Répu­blique fédé­rale d’effacer la moi­tié de sa dette d’avant et d’après-guerre. Le « miracle éco­no­mique » alle­mand est lancé.

    En 1951, lorsque Her­mann Josef Abs est char­gé de repré­sen­ter la délé­ga­tion alle­mande lors d’une série de confé­rences pré­vues à Londres, le ban­quier est conscient de la dif­fi­cul­té de la tâche qui l’attend. « Mon­sieur Abs, si vous faites du mau­vais tra­vail, vous serez pen­du à un poi­rier. Et si vous faites du bon tra­vail, ce sera à un pom­mier », lui déclare Fritz Schä­fer, le ministre des Finances. La bou­tade, rap­por­tée par Her­mann Josef Abs, ne décou­rage pas pour autant le conseiller finan­cier du chan­ce­lier ouest-alle­mand Kon­rad Adenauer.

    Durant deux ans, le res­pon­sable de la délé­ga­tion alle­mande ten­te­ra de négo­cier les condi­tions les plus avan­ta­geuses pour la jeune Répu­blique fédé­rale d’Allemagne. La RFA doit rem­bour­ser à la fois les obli­ga­tions finan­cières issues du Trai­té de Ver­sailles, jamais hono­rées ; les emprunts inter­na­tio­naux contrac­tés durant la Répu­blique de Wei­mar, dont le paie­ment des inté­rêts a été sus­pen­du au début des années 1930 ; à quoi s’ajoutent encore les aides finan­cières accor­dées par les Alliés pour recons­truire le pays rava­gé après 1945.

    Suite à la par­ti­tion du pays en deux Répu­bliques au sor­tir de la guerre, les négo­cia­teurs alle­mands sont confron­tés à un pre­mier dilemme : la RFA doit-elle accep­ter d’assumer plei­ne­ment l’héritage des dettes d’avant-guerre du Reich ? Ou peut-elle se sous­traire à cette res­pon­sa­bi­li­té, étant don­né que la par­tie est du ter­ri­toire, la RDA, est occu­pée par les troupes sovié­tiques ? Deux rai­sons incitent Kon­rad Ade­nauer à opter pour la pre­mière solution.

    Pre­miè­re­ment, le chan­ce­lier, en place depuis 1949, fait du regain de sou­ve­rai­ne­té de la jeune Répu­blique l’une des prio­ri­tés de son action poli­tique. Or, lors d’une confé­rence réunis­sant les ministres des Affaires étran­gères des Etats-Unis, de la Grande-Bre­tagne et de la France, orga­ni­sée en sep­tembre 1950 à New York, les Alliés ont fait miroi­ter une révi­sion du sta­tut d’occupation de la RFA, à condi­tion que le pays recon­naisse les dettes d’avant-guerre de l’Allemagne.

    Deuxiè­me­ment, le chan­ce­lier veut aus­si réta­blir la cré­di­bi­li­té du pays comme débi­teur sur le plan inter­na­tio­nal. Avoir accès à l’emprunt est indis­pen­sable pour per­mettre aux entre­prises alle­mandes de se refi­nan­cer à l’international. En rai­son du défaut de paie­ment d’avant la guerre, ces der­nières sont alors péna­li­sées dans leur acti­vi­té d’exportations par des pro­blèmes de liqui­di­tés et des coûts sup­plé­men­taires. Au début des années 1950, le pays a encore une balance com­mer­ciale néga­tive, la valeur des impor­ta­tions dépas­sant celle des exportations.

    Lorsque les négo­cia­tions com­mencent, la par­tie est loin d’être gagnée. La délé­ga­tion alle­mande fait face aux réti­cences de cer­tains pays, comme la Grande-Bre­tagne et la France, concer­nant les dettes d’avant-guerre, jamais hono­rées. Ces der­nières découlent encore en grande par­tie des répa­ra­tions pour dom­mages de guerre pré­vues par le Trai­té de Ver­sailles de 1919.

    Très vite, l’Allemagne a été étran­glée par le poids de ces paie­ments, sou­mis à un mora­toire par­tiel dès 1922. En 1923, la Répu­blique de Wei­mar n’est plus en mesure de ver­ser quoi que ce soit.

    Face à l’incapacité de l’Allemagne à satis­faire à ses enga­ge­ments, un ban­quier amé­ri­cain, Charles Dawes, éla­bore, au milieu des années 1920, un pre­mier plan de rééche­lon­ne­ment. Le paie­ment des annui­tés est abais­sé et la dette elle-même est réamé­na­gée sous la forme d’emprunts inter­na­tio­naux à un taux de 7% avec une matu­ri­té de vingt-cinq ans. Leur valeur totale atteint 800 mil­lions d’anciens Marks. Pen­dant un temps, l’économie alle­mande se redresse et le pays paie une par­tie de ses dettes. Grâce à ces rem­bour­se­ments, l’Allemagne affiche même un net bilan excé­den­taire de 1926 à 1929. Mais l’embellie est de courte durée : à la suite du krach bour­sier de 1929, l’économie alle­mande replonge.

    En 1930, un autre Amé­ri­cain, Owen Young, patron de Gene­ral Elec­tric, éla­bore un deuxième plan de rééche­lon­ne­ment de la dette ¬alle­mande. Les « emprunts Young », d’un mon­tant de 1,2 mil­liard d’anciens Marks, sont émis à un taux infé­rieur, de 5,5% et éta­lés sur une durée encore plus longue. Mais très vite, l’aggravation des condi­tions éco­no­miques réduit à néant l’effet des conces­sions consenties.

    En 1931, le pré­sident amé­ri­cain Her­bert Hoo­ver sus­pend le paie­ment des répa­ra­tions de guerre pour un an. 
    Et en juillet 1932, les Alliés renoncent fina­le­ment à toute indem­ni­té de guerre lors de la confé­rence à Lau­sanne, qui réunis­sait des repré­sen­tants de la France, de la Grande-Bre­tagne et de l’Allemagne pour régler la ques­tion des répa­ra­tions pré­vues dans le Trai­té de Ver­sailles. C’est le pre­mier défaut de paie­ment offi­ciel du Reich.

    Cepen­dant, les emprunts de Dawes et de Young, qui avaient été sous­crits par des inves­tis­seurs de divers pays, res­tent, eux, valables. L’arrivée d’Adolf Hit­ler au pou­voir ralen­tit une nou­velle fois les paie­ments, qui repren­dront peu à peu par la suite. Après l’éclatement de la Seconde Guerre mon­diale, seuls quelques pays comme la Suisse et la Suède conti­nuent d’être rem­bour­sés. Lorsque Her­mann Josef Abs entame en 1951 les négo­cia­tions avec les repré­sen­tants des Alliés, la ques­tion des enga­ge­ments décou­lant pour l’Allemagne des emprunts de Dawes et de Young reste ain­si entiè­re­ment ouverte.

    Les dettes d’avant-guerre sont esti­mées au départ à 13,5 mil­liards de Deutsche Marks. Au fil des négo­cia­tions, leur valeur est d’abord rame­née à 9,6 mil­liards, en rai­son notam­ment de l’abandon de la ‑réfé­rence à l’or et de la chute de la valeur du dol­lar. Au final, la somme des emprunts d’avant-guerre est encore rame­née à 7,3 mil­liards de Deutsche Marks, soit une remise de plus de 45% com­pa­rée à la somme initiale.

    Quant aux dettes d’après-guerre, chif­frées ini­tia­le­ment entre 15 et 16 mil­liards de Deutsche Marks, elles sont rabat­tues à un mon­tant de 7 mil­liards éga­le­ment, soit une remise de dette de plus de moi­tié. Elles seront payées en tranches annuelles d’un peu plus de 200 mil­lions, qui s’ajoutent à celles de 340 mil­lions par an pour les emprunts d’avant-guerre.

    Avec l’essor éco­no­mique de la RFA durant les années 1950, ces mon­tants peuvent être ver­sés aisé­ment. Le mon­tant annuel d’un demi-mil­liard de Deutsche Marks ver­sé par l’Allemagne en 1953 cor­res­pond à envi­ron 4% du total de ses expor­ta­tions. Les der­niers emprunts de Dawes ont été entiè­re­ment rem­bour­sés en 1969, ceux de Young en 1980.

    La ques­tion du règle­ment de la dette alle­mande n’est pas encore ter­mi­née. La RFA ne s’estimait pas res­pon­sable d’assumer l’entier des sommes dues par le Reich. Mais une clause dite de « réuni­fi­ca­tion » garan­tis­sait le rem­bour­se­ment des inté­rêts sup­plé­men­taires si les deux par­ties du pays devaient être réuni­fiées. Les der­niers paie­ments cor­res­pon­dant à ces inté­rêts furent effec­tués en 2010.

    À l’issue de la confé­rence de Londres, la Répu­blique fédé­rale est ain­si par­ve­nue à divi­ser par deux le poids de sa dette, avec le consen­te­ment de ses créan­ciers. Par­tant d’un mon­tant total ini­tial de près de 30 mil­liards de Deutsche Marks, les dettes d’avant et d’après-guerre de l’Allemagne sont rame­nées à moins de 14 mil­liards, résume l’historienne Ursu­la Rom­beck-Jaschins­ki, auteur d’un ouvrage consa­cré à cette ques­tion, publié en 2005.

    Cette remise de dette, d’une ampleur rare en Europe au XXe siècle, est scel­lée avec l’accord signé le 27 février 1953 à Londres entre la RFA et 21 pays ayant pris part aux négo­cia­tions. Outre les États-Unis, la plu­part des pays euro­péens ain­si que la Suisse en font par­tie. L’accord, qui sera rati­fié par une loi le 24 août de la même année, sera recon­nu par une dou­zaine de pays sup­plé­men­taires, y com­pris Israël en 1955.

    Com­ment la RFA a‑t-elle pu obte­nir des condi­tions aus­si favo­rables ? La réponse tient en par­tie à l’argumentation de Kon­rad Ade­nauer et de son conseiller éco­no­mique : il ne faut pas mettre en péril le « miracle éco­no­mique » nais­sant de la jeune Répu­blique, un argu­ment qui fait mouche auprès des Américains. 
    De plus, les États-Unis veulent pou­voir comp­ter sur la RFA, non seule­ment comme client mais aus­si et sur­tout en tant que rem­part contre le bloc communiste.

    Enfin, la capa­ci­té de négo­cia­teur de Her­mann Josef Abs, qui a sié­gé dans une tren­taine de conseils d’administration d’entreprises et qui fini­ra par pré­si­der la Deutsche Bank dans les années 1960, a aus­si joué un rôle clé. Le ban­quier, que ses contem­po­rains disent coquet et obsé­dé par les détails, par­lait cou­ram­ment plu­sieurs langues étran­gères, dont le fran­çais, l’anglais et le néer­lan­dais. S’y ajoute son prag­ma­tisme lors des négociations.

    Dans un long article publié en 1959, où il revient sur la phase qui a pré­cé­dé l’Accord de Londres, il est frap­pant d’observer que Her­mann Josef Abs rai­sonne plus comme un comp­table que comme un poli­ti­cien. Cette approche, tout comme la dis­tance qu’il a gar­dé avec le régime nazi durant la guerre, jugée suf­fi­sante par les Alliés, ajoute à sa cré­di­bi­li­té. Peu importe s’il avait aus­si sié­gé dans les conseils de plu­sieurs entre­prises qui ont employé des pri­son­niers de guerre.

    Cette remise de dette peut-elle ser­vir de modèle dans le contexte la crise actuelle ? On peut en tout cas obser­ver que l’Accord de Londres, peu connu du grand public, a la par­ti­cu­la­ri­té de faire par­ler de lui à chaque crise impor­tante liée à l’endettement. Au milieu des années 1980, cet accord a sou­vent été cité en exemple par les adeptes d’un effa­ce­ment d’une plus grande par­tie de la dette des pays en voie de déve­lop­pe­ment. L’Allemagne, fai­saient-ils valoir, n’a jamais dû rem­bour­ser plus de 5% de la valeur de ses expor­ta­tions à par­tir de 1953, alors que de nom­breux pays du tiers-monde ont dû y consa­crer plus de 20%.

    Plus récem­ment, l’aggravation de la crise de la dette en Grèce et en Espagne a aus­si rame­né cet accord sur le devant de la scène. La remise de dette octroyée à l’Allemagne a favo­ri­sé un redé­mar­rage rapide du pays, argu­mente-t-on en substance.

    Mais on entend aus­si un autre argu­ment, plus inat­ten­du : en 1946, l’Allemagne avait été condam­née à payer une somme de 7 mil­liards de dol­lars à la Grèce à titre de répa­ra­tion pour l’occupation du pays de 1941 à 1944, un mon­tant non réglé par l’Accord de Londres. Tou­te­fois, en accep­tant la réuni­fi­ca­tion de la RFA et de la RDA dans le cadre du Trai­té de Mos­cou, la Grèce s’est pri­vée de la pos­si­bi­li­té de récla­mer des répa­ra­tions, a fait valoir l’Allemagne par la suite.

    Selon une inter­pel­la­tion dépo­sée au Par­le­ment euro­péen en février par le dépu­té Daniel Cohn-Ben­dit, cette dette vau­drait aujourd’hui plus de 80 mil­liards d’euros compte tenu des inté­rêts qui s’y sont ajou­tés. Cette somme per­met­trait à la Grèce de rem­bour­ser une par­tie de la dette que le pays doit à l’Union européenne.

    Si les chances d’obtenir gain de cause appa­raissent plu­tôt minces pour la Grèce dans ce dos­sier, ce der­nier épi­sode démontre qu’en matière de dette, l’histoire n’est jamais vrai­ment terminée.

    Le Temps, same­di 28 juillet 2012.

    Réponse
  64. Étienne

    La plus grande mani­fes­ta­tion de l’his­toire de l’hu­ma­ni­té : un mes­sage au monde

    http://​npa2009​.org/​n​o​d​e​/​3​7​961

    « Il y aurait eu hier 30 juin dans qua­si toutes les villes d’E­gypte, petites ou grandes, entre 14 mil­lions de mani­fes­tants anti Mor­si selon l’a­gence Reu­ters citant des sources mili­taires et 33 mil­lions selon CNN ou la BBC. Quoi qu’il en soit, il y en avait bien plus que lors des 18 jours cumu­lés de la révo­lu­tion de jan­vier 2011 qui a fait tom­ber Mou­ba­rak. C’est la plus grande mani­fes­ta­tion de l’his­toire de l’Égypte et même pro­ba­ble­ment de l’his­toire de l’hu­ma­ni­té. » […]

    Réponse
  65. Furax

    Bra­vo aux Égyp­tiens, à nous maintenant !

    Réponse
  66. Petit Virus

    Ce qui est dom­mage, c’est que même devant l’é­vi­dence que l’élection ne fonc­tionne pas pour assu­rer que la voix du peuple soit sui­vie, les Égyp­tiens semblent ne récla­mer aucune modi­fi­ca­tion ins­ti­tu­tion­nelle majeure, mais plu­tôt une pré­si­den­tielle anticipée…

    À ce niveau-là, ils sont tel­le­ment, et ils ont l’ar­mée avec eux… S’ils deman­daient ne serait-ce que le Réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive popu­laire, ça pour­rait faire un vrai changement !

    Réponse
  67. Ana Sailland

    @Petit Virus

    oui,

    Un tra­vail péda­go­gique doit être mené AVANT les révo­lu­tions, car pen­dant, c’est trop tard.

    Réponse
  68. phil82

    Bona­parte et le loi du 17 ger­mi­nal an XI

    Le franc germinal

    Cet article est issu d’une confé­rence de M. Jean Tulard, membre de l’Institut, don­née au MINEFI le 12 décembre 2001.

    À la veille du pas­sage à l’euro, le MINEFI a orga­ni­sé une mani­fes­ta­tion autour de l’histoire de notre mon­naie, du Moyen Âge à nos jours. Cette série de confé­rences orga­ni­sée par le Comi­té pour l’histoire éco­no­mique et finan­cière de la France et inti­tu­lée « Les Fran­çais et leur mon­naie : le louis, le franc, l’euro et les autres », offre l’occasion de mon­trer com­ment la mon­naie a tou­jours été au cœur des enjeux éco­no­miques majeurs de notre pays et de la vie quo­ti­dienne des Fran­çais. Cet article, troi­sième de la série après ceux consa­crés à la nais­sance du franc et à la période allant du louis à l’assignat (voir NBB n° 221 et 222), évoque la réforme du franc ger­mi­nal en 1803.

    La natio­na­li­sa­tion des biens du clergé

    Les États Géné­raux, qui ne s’étaient pas réunis depuis 1614, ont été convo­qués en mai 1789 pour trou­ver une solu­tion au défi­cit des finances publiques que la monar­chie n’avait pas su com­bler, se conten­tant de mul­ti­plier les emprunts.

    Le défi­cit était de deux mil­liards, les réformes de Tur­got et de Calonne ayant été repous­sées. Les États Géné­raux trans­for­més en assem­blée consti­tuante s’occupèrent d’abord et sur­tout de poli­tique, lais­sant s’aggraver la crise finan­cière. La situa­tion deve­nait catas­tro­phique lorsque le 2 novembre 1789, l’évêque d’Autun, Mon­sei­gneur de Tal­ley­rand-Péri­gord, est mon­té à la tri­bune et a annon­cé aux dépu­tés qu’il avait la solu­tion pour le défi­cit des finances royales.

    Ancien agent géné­ral du cler­gé, expli­quait-il, il avait géré la for­tune de l’Église de France et l’évaluait pré­ci­sé­ment à deux mil­liards, le chiffre même du défi­cit. Si donc nous natio­na­li­sions les biens de l’Église pour les mettre à la dis­po­si­tion de la Nation, le défi­cit serait com­blé. Ain­si Tal­ley­rand tra­his­sait-il son Ordre en atten­dant de tra­hir sa foi.

    L’accueil fut enthou­siaste, mais il fut curieu­se­ment sur­tout enthou­siaste par­mi les curés majo­ri­taires au sein de la repré­sen­ta­tion ecclé­sias­tique et aux­quels Tal­ley­rand, avec une habi­le­té démo­niaque, avait fait miroi­ter un trai­te­ment avan­ta­geux si cette natio­na­li­sa­tion se pro­dui­sait, un trai­te­ment plus avan­ta­geux que la fameuse por­tion congrue à laquelle ils étaient réduits. Ain­si la solu­tion au défi­cit était trou­vée et votée par l’assemblée.

    Par consé­quent, il n’y avait plus de crise finan­cière. Mais, alors que l’on venait, au mois d’août, de pro­cla­mer la Décla­ra­tion des droits de l’homme et du citoyen et alors que par­mi ces droits invio­lables et sacrés figu­rait le droit de pro­prié­té, se posait un pro­blème : pou­vait-on natio­na­li­ser ain­si les biens du cler­gé, enle­ver à l’Église sa pro­prié­té ? N’était-ce pas une entorse au fameux prin­cipe de pro­prié­té ? Non, répon­dait Tal­ley­rand, Mira­beau et autres, puisqu’il y avait dans la Décla­ra­tion des droits de l’homme la pos­si­bi­li­té de confis­quer une pro­prié­té lorsque l’imposait la néces­si­té publique. Autre ques­tion de taille, les biens qui allaient être natio­na­li­sés appar­te­naient-ils vrai­ment à l’Église, n’avaient-ils pas été don­nés pour des motifs pré­cis tels que les messes à l’attention des âmes du pur­ga­toire, les fon­da­tions cha­ri­tables, les témoi­gnages de recon­nais­sance à l’égard de sainte Rita, patronne des causes déses­pé­rées, ou de saint Antoine de Padoue per­met­tant de retrou­ver les objets que l’on croyait per­dus ? Ces biens avaient été don­nés dans une inten­tion pré­cise, non pas à un curé mais à un saint, le curé n’en étant que le repré­sen­tant, ou alors dans une inten­tion pieuse, par exemple faire dire des messes à l’attention d’un vieil oncle qui n’avait pas mené une vie très sainte et qui ris­quait de se retrou­ver au pur­ga­toire. On fon­dait donc une tra­di­tion de messe annuelle pour l’âme de ce vieil oncle, de façon à ce qu’il sorte du pur­ga­toire. Si on natio­na­li­sait ces biens, le vieil oncle était condam­né à res­ter toute sa vie au pur­ga­toire et même au-delà et, par ailleurs, on frus­trait des saints comme sainte Rita ou saint Antoine. On pas­sa outre et, fina­le­ment, le cour­roux du ciel allait être fatal aux finances publiques.

    La solu­tion des assignats

    Il était certes facile de natio­na­li­ser les biens d’Église, mais ces biens étaient des terres, des immeubles, des mai­sons qu’il fal­lait vendre. Si on met­tait immé­dia­te­ment sur le mar­ché pour deux mil­liards d’immeubles, on ne pou­vait que pro­vo­quer une très forte déva­lua­tion des prix.

    Ce qui repré­sen­tait deux mil­liards mis immé­dia­te­ment sur le mar­ché ris­quait de ne se vendre que pour la valeur d’un mil­liard. Mais d’un autre côté, ces deux mil­liards étaient néces­saires pour com­bler tout de suite le défi­cit des finances. Alors, pour faire face aux dépenses, on émit dans l’immédiat des assi­gnats créés le 19 décembre 1789 et gagés sur les biens de l’Église. Du papier fut émis immé­dia­te­ment pour dis­po­ser tout de suite de l’argent en atten­dant la vente du bien lui-même, le bien étant le gage de ce papier.

    À l’origine, l’assignat était un bon du Tré­sor por­tant inté­rêts à 5 % et admis de pré­fé­rence dans les achats des biens natio­naux. Mais très vite, la ten­ta­tion est arri­vée d’en faire un papier mon­naie et à par­tir du moment où l’État avait la pos­si­bi­li­té d’émettre du papier avec tou­jours les biens d’Église comme gages, la ten­ta­tion allait deve­nir de plus en plus grande d’émettre au-delà de la valeur des biens d’Église.

    Ce dan­ger fut pres­sen­ti à l’assemblée consti­tuante. Il exis­tait un risque d’émettre plus de papier mon­naie que ne repré­sen­taient en valeur les biens natio­naux, les biens d’Église. Mais l’argumentation de Mira­beau fut déter­mi­nante en faveur de l’assignat. Par­tout, dit-il, où se pla­ce­ra un assi­gnat mon­naie, là sûre­ment repo­se­ra avec lui un vœu secret pour le cré­dit des assi­gnats et comme le sort de la Consti­tu­tion tient à la sûre­té de cette res­source, vous comp­te­rez un défen­seur néces­saire de vos mesures, un créan­cier inté­res­sé à vos suc­cès. C’est-à-dire que tout indi­vi­du qui aura un assi­gnat en poche aura tout inté­rêt à ce que la Révo­lu­tion réus­sisse, sinon il aura un assi­gnat sans valeur. Ana­lyse très juste sur le plan poli­tique mais qui ne dis­tin­guait pas le bien natio­nal de l’assignat, la réa­li­té de la terre et l’aspect fac­tice du billet de papier. Le bien natio­nal a fait de ses acqué­reurs des par­ti­sans de la Révo­lu­tion, mais l’assignat, en rai­son d’émissions de plus en plus fortes, a rui­né la France révo­lu­tion­naire en la vouant à l’inflation.

    Sous le Direc­toire, la situa­tion des finances publiques est désas­treuse : la déva­lua­tion d’un assi­gnat est telle que les men­diants les refusent, l’assignat ne repré­sen­tant abso­lu­ment plus rien. Pour ras­su­rer l’opinion, on décide de brû­ler solen­nel­le­ment la planche à assi­gnats, il en avait été émis pour 45 mil­liards, alors que la base était deux mil­liards. Certes, on y avait ajou­té les biens d’Église de la Bel­gique quand elle avait été annexée, certes il y avait les biens des nobles, dits biens natio­naux de seconde ori­gine. Mais le tout ne fai­sait pas 45 mil­liards. La guerre a entraî­né pré­ci­sé­ment des émis­sions incon­si­dé­rées d’assignats. Donc on brûle la planche à assi­gnats le 19 février 1796 et on donne comme orai­son funèbre à l’assignat ces vers : « je fus cher aux bons citoyens, des mal­veillants m’ont fait outrage, ma vie a fait beau­coup de bien et ma mort en fait davan­tage ». Tous les assi­gnats sont reti­rés et détruits, mais le 18 mars 1796 sont crées des man­dats ter­ri­to­riaux. Ain­si, on retire l’assignat pour lui sub­sti­tuer un autre papier mon­naie. Comme il n’y a plus de gage et que la confiance s’est envo­lée, ces man­dats ter­ri­to­riaux à peine émis ont été déva­lués et il fal­lut les reti­rer le 4 février 1797.

    La situa­tion lors de l’arrivée de Bonaparte

    Il n’y a donc plus de papier mon­naie, plus d’assignats ni de man­dats ter­ri­to­riaux en cir­cu­la­tion. Mais dans cette période de troubles, la bonne mon­naie, les espèces son­nantes et tré­bu­chantes, se cachent et ne vont pas resur­gir. À la fin du Direc­toire, il n’existe donc plus de signe moné­taire, plus de mon­naie et la France se retrouve avec une éco­no­mie de troc où on achète en payant avec une poule et on rend la mon­naie avec deux œufs. Tel est donc l’héritage que trouve Bona­parte après Bru­maire. Mais de ce désastre sur­nagent quelques élé­ments posi­tifs qui vont per­mettre les réformes de Bonaparte.

    Les acqué­reurs de biens nationaux

    La pre­mière réforme qui va réus­sir le sera grâce à une caté­go­rie qui est contrainte de faire confiance au pre­mier consul : ce sont les acqué­reurs de biens natio­naux. Com­bien sont-ils ? Dif­fi­cile de le déter­mi­ner puisqu’il n’existe pas encore de dépouille­ment exhaus­tif des ventes de biens natio­naux, même si tous les pro­cès-ver­baux ou presque de ventes sont disponibles.

    Mais il existe bel et bien toute une petite bour­geoi­sie rurale. Un cer­tain nombre d’entrepreneurs, d’architectes et autres ont ache­té des biens d’Église, des abbayes, des terres, des vignobles et Bona­parte ne va pas ces­ser de s’appuyer sur cette caté­go­rie. En 1804, au moment du sacre, après la céré­mo­nie reli­gieuse qui a été consi­dé­rée avec une bien­veillance amu­sée et un agréable scep­ti­cisme, le Pape est pous­sé vers la sor­tie. On l’envoie dans la sacris­tie et c’est là que les choses com­mencent. Dans son ser­ment, Bona­parte jure de main­te­nir l’intégrité du ter­ri­toire de la Répu­blique et le prin­cipe de l’égalité. Mais il s’agit sur­tout du main­tien des ventes des biens natio­naux, comme cela figure en toutes lettres dans le pro­cès-ver­bal du sacre et comme Mira­beau l’avait pré­vu. Napo­léon est donc l’homme des acqué­reurs de biens natio­naux et lorsqu’un sys­tème de nota­bi­li­té est mis en place, la liste des 600 plus impo­sés, on y retrouve essen­tiel­le­ment des acqué­reurs de biens natio­naux. Il existe donc un élé­ment social sur lequel pour­ront s’appuyer les réformes moné­taires de Napoléon.

    Le tiers consolidé

    Il existe un deuxième élé­ment fon­da­men­tal. La dette publique, qui était de deux mil­liards au départ et que devait com­bler, grâce à l’ingéniosité de Tal­ley­rand, la vente des biens natio­naux, s’est au contraire aggra­vée, deve­nant presque catas­tro­phique. Or, la chance de Bona­parte, et c’est ce qui explique fina­le­ment le suc­cès du franc ger­mi­nal, c’est que le Direc­toire s’est rési­gné les 30 sep­tembre et 14 décembre 1797 à annon­cer la grande mesure du tiers consolidé.

    __En réa­li­té, ce que le Direc­toire appelle le tiers conso­li­dé est en réa­li­té ce que ses adver­saires appellent la ban­que­route des deux tiers. L’explication est la sui­vante : une per­sonne prête 300 F à l’État et donc en attend des inté­rêts. Ces inté­rêts ont été ver­sés pen­dant toute la période révo­lu­tion­naire en assi­gnats de plus en plus déva­lués, de sorte que le pla­ce­ment s’est révé­lé catas­tro­phique. Mais le Direc­toire a déci­dé de conso­li­der un tiers de ces 300 F, donc de ver­ser des inté­rêts sur ces 100 F et, au moment du rem­bour­se­ment, de rem­bour­ser 100 F. Mais il est bien évident que les 200 F res­tants sont envoyés à la trappe. C’est donc bel et bien la ban­que­route de l’État. Sim­ple­ment, les Ther­mi­do­riens savaient faire pas­ser leurs réformes.
    Par consé­quent, les inté­rêts de la dette publique ont été réduits des deux tiers, ce qui allège consi­dé­ra­ble­ment les finances de l’État. Bona­parte se trouve désor­mais avec un pas­sif beau­coup moins grave. Il s’agit donc au final d’une autre mesure favorable.__

    L’élection des agents de l’État

    Le mau­vais fonc­tion­ne­ment du fisc fai­sait aus­si par­tie de la ruine des finances publiques. Au début de la Révo­lu­tion, les Fran­çais ne payent pas d’impôts. Pour­quoi ? Parce que le désordre est tel qu’on n’a pas besoin d’en payer. Par consé­quent, les habi­tants d’Avignon, enclave pon­ti­fi­cale au cœur de la France, qui sont sou­mis à une fis­ca­li­té pon­ti­fi­cale par­ti­cu­liè­re­ment lourde, se sont dit qu’il serait plus simple de deve­nir fran­çais. La demande de rat­ta­che­ment d’Avignon et du Com­tat venais­sin à la France ne s’explique donc pas par une admi­ra­tion intense qu’aurait vouée les Avi­gnon­nais au prin­cipe noble de la Révo­lu­tion fran­çaise. Ils sont pas­sés d’un sys­tème fis­cal par­ti­cu­liè­re­ment lourd à une absence de paie­ment d’impôts.

    Après cette période d’anarchie, la Révo­lu­tion a eu l’idée de sub­sti­tuer à la véna­li­té des charges l’élection. Les agents de l’État sont désor­mais élus, comme les juges, ce qui leur assure une indé­pen­dance qu’ils per­dront ensuite sous Napo­léon. Les per­cep­teurs contrô­leurs des contri­bu­tions et autres sont élus, mais plus pour per­ce­voir les impôts, puisque la grande réforme consis­tait en la mise en place de la contri­bu­tion en sub­sti­tu­tion à l’impôt.
    Dans l’idéal qui avait été ima­gi­né par les consti­tuants, la contri­bu­tion devait être payée de soi-même. L’administration fis­cale serait deve­nue inutile puisque les citoyens sou­hai­te­raient contri­buer eux-mêmes aux dépenses de l’État. Les consti­tuants pré­voyaient même que seuls par­ti­ci­paient à la vie publique les citoyens actifs, c’est-à-dire ceux qui payaient un taux de contribution.

    L’administration fis­cale est donc aux mains d’agents élus. Le pre­mier sou­ci d’un agent du fisc étant d’être réélu, il ne va donc pas faire un zèle énorme et ne va pas pres­su­rer ses propres élec­teurs. Dans cette atmo­sphère d’idéalisation où l’on pen­sait que les gens allaient contri­buer aux dépenses de l’État, dans cette admi­nis­tra­tion de gens élus et sou­cieux avant tout de leur réélec­tion, le sys­tème fis­cal fonc­tion­nait donc très mal. Or, Ramel, qui déjà sous le Direc­toire a eu le sou­ci de redres­ser la barre, a le pre­mier com­pris la néces­si­té d’avoir des agents du fisc nommés.

    La créa­tion du franc germinal

    La loi du 17 ger­mi­nal an XI

    Lorsque Bona­parte prend le pou­voir après le coup d’État de Bru­maire, cer­taines réformes sont déjà enga­gées. Il manque à pré­sent la confiance. Il faut avant tout réta­blir l’autorité de l’État, apai­ser les que­relles poli­tiques et reli­gieuses, rame­ner la vie éco­no­mique et à par­tir de ce moment-là, une réforme moné­taire est pos­sible. Le réta­blis­se­ment d’une mon­naie en France va être l’un des grands sou­cis de Bona­parte. Le Conseil d’État, ins­ti­tu­tion par excel­lence du Consu­lat, va exa­mi­ner la loi de Ger­mi­nal, créant le franc ger­mi­nal lors d’une dis­cus­sion mémo­rable où Béran­ger, conseiller d’État impor­tant à l’époque, pose à ce moment-là un cer­tain nombre de principes :

    – l’utilité de la mon­naie consiste dans la pro­prié­té qu’elle a de faci­li­ter et de mul­ti­plier les échanges ;

    – la mon­naie est d’autant plus favo­rable à la mul­ti­pli­ca­tion des échanges que sa valeur est invariable ;

    – la valeur des mon­naies est indé­pen­dante de la volon­té des légis­la­teurs. Elle tient uni­que­ment à la nature et à la quan­ti­té du métal pré­cieux qui la consti­tue et la fixi­té de cette valeur ne sau­rait être autre chose que la fixi­té de ce poids et de cette matière.

    – il faut faire coïn­ci­der mon­naie de compte et mon­naie réelle.

    Ces prin­cipes, qui appa­raissent simples et de bon sens, étaient néces­saires après la période agi­tée qu’avait connue la France.

    Après dis­cus­sion, ce sera la loi du 17 ger­mi­nal an XI, ou 7 avril 1803, qui va défi­nir le franc. Le franc ger­mi­nal est consti­tué de 5 g d’argent au titre de 9⁄10 de fin, et repré­sente l’unité moné­taire qui, dit la loi, conserve le nom de franc. Cette réforme, qui ins­ti­tue donc un franc basé sur l’argent est sui­vie de la loi du 24 ger­mi­nal (14 avril 1803) qui accorde pour 15 ans à la Banque de France le pri­vi­lège des maîtres du papier. Seront éga­le­ment émises des pièces d’un quart de franc, d’un demi-franc, de trois quarts de franc, d’un franc, de deux francs et de cinq francs. Leur titre est de 9⁄10 de fin et 1⁄10 d’alliage.

    Le rôle des Thermidoriens

    La réforme du franc ger­mi­nal n’a curieu­se­ment pas posé de pro­blèmes alors qu’on sor­tait du papier mon­naie, de l’économie de troc où on échange deux œufs contre une poule et que les esprits étaient débous­so­lés. Il ne faut pas oublier que le franc n’était pas une nou­veau­té, car le Consu­lat a pu s’appuyer sur une loi du 15 août 1795, décla­rant l’unité moné­taire qui porte désor­mais le nom de franc. Le titre de la mon­naie d’argent est de 9 par­ties de ce métal pur et d’une par­tie d’alliage. La pièce d’un franc est à la taille de 5 g. Le franc ne naît pas en ger­mi­nal. Il naît avant, et cette réforme est ren­due pos­sible par l’approvisionnement en métal amé­ri­cain après la paix signée avec l’Espagne, qui per­met la frappe de pièces d’argent de 5 F qui a eu lieu en 1796 et s’est conti­nuée jusqu’en 1801 pour un total de 86 mil­lions. Ain­si y a‑t-il abus de lan­gage à faire de Bona­parte le créa­teur du franc : le franc ther­mi­dor a exis­té avant.

    Les Ther­mi­do­riens ont tout inven­té : la sépa­ra­tion de l’Église et de l’État, l’Institut de France, l’École poly­tech­nique, l’École nor­male supé­rieure, les Archives natio­nales… Ils avaient donc pré­pa­ré cette réforme, tout était admi­ra­ble­ment agen­cé. Bona­parte n’a eu qu’à recueillir leur réforme. Ils avaient fait ban­que­route ; la dette publique était donc amoin­drie. Ils avaient éga­le­ment déjà pré­pa­ré les esprits à avoir des fonc­tion­naires du fisc nommés.

    Bona­parte n’a pas fait que pla­gier les Ther­mi­do­riens. Brasch, dans une étude sur la livre tour­nois et le franc ger­mi­nal, déclare que le franc ger­mi­nal, c’est la livre tour­nois elle-même, sim­ple­ment adap­tée au sys­tème métrique. La réforme de l’an XI a défi­ni par l’argent l’unité de mon­naie mais celle-ci repo­sait déjà sur l’argent dans la période anté­rieure et non sur l’or. Donc, dit Brasch, Bona­parte reprend en quelque sorte la livre tour­nois, mais il fait la syn­thèse de l’Ancien régime et de la Révo­lu­tion avec le franc thermidor.

    La dis­pa­ri­tion de l’ancienne monnaie

    Res­tait encore à faire dis­pa­raître l’ancienne mon­naie. Il fal­lait rem­pla­cer les pièces reniées par une mon­naie d’un aloi solide et défi­ni­tif. Il fal­lait donc sub­sti­tuer l’ordre à l’anarchie. Selon Guy Thuillier, la cir­cu­la­tion des espèces se serait éle­vée à 3,24 mil­liards d’espèces d’or fabri­quées avant 1785, 746 mil­lions de louis après la réforme de Calonne.

    Les mon­naies d’argent com­pre­naient aus­si bien des écus de 6 livres, pour une valeur de 1,7 mil­liard que des pièces de 24, 12 et 6 sous pour une valeur de 80 mil­liards. Exis­tait aus­si une mon­naie de cuivre et de billon qui faus­sait les échanges.

    Ain­si, par exemple, les salaires jour­na­liers étaient réglés sous cette forme d’une mon­naie de cuivre et les petits com­mer­çants devaient les accep­ter, sou­vent à perte. Ils com­pen­saient alors en aug­men­tant les prix. Cir­cu­laient aus­si dans cette France de la veille de la Révo­lu­tion des mon­naies étrangères.

    La réforme moné­taire du franc ger­mi­nal étant lan­cée, cette anar­chie moné­taire ne pou­vait plus durer. Des troubles avaient écla­té en 1803 puis en 1808 à pro­pos de pièces alté­rées, refu­sées par les comptables.

    Si la refonte géné­rale pro­po­sée par Gau­din en 1807 est écar­tée à l’initiative de Cam­ba­cé­rès, elle finit tou­te­fois par s’imposer.

    Le décret du 18 août 1810 tari­fie les pièces de 6, 12 et 24 sols ayant conser­vé leur empreinte à 25 cen­times, 50 cen­times et un franc et le décret du 18 août 1810 déclare que la mon­naie de cuivre et de billon ne pour­ra être uti­li­sée dans les paie­ments que pour l’appoint de la pièce de 5 francs.

    Le décret du 12 décembre 1810 tari­fie les écus de 6 et de 3 livres à 5,80 francs et à 2,75. Ces mesures pour­tant limi­tées ont pro­vo­qué des paniques et des émeutes dues à l’incompréhension géné­rale des citoyens.

    Fina­le­ment, la seule réforme impor­tante en défi­ni­tive a été la sup­pres­sion des banques de sols qui émet­taient des billets payables en sous de cuivre et qui avaient contri­bué à mul­ti­plier la mau­vaise monnaie.

    En défi­ni­tive, beau­coup de pièces ont conti­nué à circuler.

    « Le domaine de l’extraordinaire »

    Le retour à l’équilibre budgétaire

    Pour­tant, le franc ger­mi­nal résiste. Pour­quoi tient-il ? Et pour­quoi va-t-il tenir jusqu’à la chute de l’Empire et bien au-delà ? En 1802, le bud­get de l’État est en équi­libre, situa­tion inédite depuis le fameux compte-ren­du de Necker sous l’Ancien Régime (bud­get en équi­libre du fait de la non-prise en compte des dépenses de la guerre d’Amérique). Gau­din, ministre des Finances, explique dans son résu­mé géné­ral que l’intérêt des rece­veurs géné­raux et par­ti­cu­liers est étroi­te­ment lié à celui de l’État par les sou­mis­sions qu’ils sous­crivent. Ils assurent désor­mais la ren­trée régu­lière du pro­duit des contri­bu­tions directes qui se trouve entiè­re­ment réa­li­sé au Tré­sor Public en obli­ga­tions à terme. Le bud­get de l’État napo­léo­nien se pré­sente sous la forme de deux rubriques : une rubrique dépenses et une rubrique recettes.

    Gau­din publie donc un bud­get en équi­libre qui conti­nue­ra à l’être mal­gré la guerre.

    Pour­quoi ? Parce que Napo­léon a inven­té « le domaine de l’extraordinaire ». Chaque fois que Napo­léon rem­porte une vic­toire et signe un trai­té de paix, ce trai­té pré­voit que la puis­sance vain­cue devra payer une énorme contri­bu­tion de guerre, une contri­bu­tion si énorme que très sou­vent cer­tains États ont été sai­gnés comme la Prusse. Par ailleurs, on confisque un cer­tain nombre de biens à des adver­saires qui habi­taient dans le pays vain­cu. De ce fait, ces sommes énormes sont affec­tées à une caisse, « le domaine de l’extraordinaire », qui ne figure pas dans la comp­ta­bi­li­té publique et qui est une caisse à part gérée par un fonc­tion­naire, La Bouille­rie, qui a donc des sommes énormes à sa dis­po­si­tion. Par exemple, le 31 jan­vier 1806, après la défaite de l’Autriche, La Bouille­rie indique la ren­trée de 58 635 427 francs en numé­raires, lettres de change et billets de banque pro­ve­nant d’Autriche, de Mora­vie et de Sty­rie. Après la défaite de la Prusse, d’octobre 1806 à octobre 1808, 477 500 440 francs sont pré­le­vés et ver­sés dans les « caisses de l’extraordinaire ».

    Les rôles des « caisses de l’extraordinaire »

    Cette caisse noire a une exis­tence légale par l’article 21 du séna­tus-consulte du 30 jan­vier 1811 qui pré­voit qu’elle sub­vien­dra aux dépenses des armées. Les guerres de Napo­léon, sauf sur la fin, n’ont pas rui­né la France. Le prin­cipe de Napo­léon était le sui­vant : la guerre paie la guerre et c’est le butin de guerre de la cam­pagne pré­cé­dente qui sub­ven­tionne la cam­pagne sui­vante. Ce sys­tème a fonc­tion­né jusqu’à l’affaire d’Espagne : aucun trai­té de paix n’a été signé avec l’Espagne et donc aucune contri­bu­tion n’a pu être impo­sée aux Espa­gnols. Cepen­dant, la défaite de l’Autriche en 1809 per­met­tra de refi­nan­cer l’expédition de Russie.

    Le deuxième rôle de ce « domaine extra­or­di­naire » consiste à récom­pen­ser les grands ser­vices mili­taires et civils. Les énormes gra­ti­fi­ca­tions que Napo­léon attri­bue à ses maré­chaux, à ses nobles, ne sont pas payées par les contri­buables. Elles sont pré­le­vées sur le domaine de l’extraordinaire qui sert aus­si à des monu­ments, des tra­vaux publics. Mais il a aus­si un rôle occulte. Par exemple, il remet en équi­libre le bud­get de 1808 selon un cer­tain nombre d’opérations de prêts. Le franc ger­mi­nal va res­ter donc stable pen­dant toute la période face à la livre ster­ling qui, elle, va au contraire souf­frir des rigueurs du blo­cus conti­nen­tal. Quand Napo­léon découvre que fina­le­ment « le domaine de l’extraordinaire » n’est peut-être pas tou­jours suf­fi­sant, il assou­plit le blo­cus conti­nen­tal. Il inter­dit donc aux navires de faire com­merce avec l’Angleterre et vend à cer­tains négo­ciants des licences d’autorisation de com­merce. Il inter­dit donc une chose et il vend pré­ci­sé­ment l’autorisation de tour­ner cette inter­dic­tion en se fai­sant payer.

    Le franc de la stabilité

    Il y a eu donc toute une série d’expédients et il n’en reste pas moins que, mal­gré les guerres, mal­gré ces tem­pêtes moné­taires, mal­gré la tyran­nie de Napo­léon, le franc ger­mi­nal reste stable et marque le retour après la tem­pête qu’avait déclen­chée l’évêque d’Autun en novembre 1789 à la Constituante.

    Cette tem­pête moné­taire s’apaise, le franc ger­mi­nal est le retour à la sta­bi­li­té. Il est la syn­thèse atten­due, comme le Code civil qui fai­sait la syn­thèse de l’ancien régime et de la Révolution.
    Livre tour­nois et franc révo­lu­tion­naire deviennent donc le franc germinal.

    Le franc ger­mi­nal va durer jusqu’au franc Poin­ca­ré. En défi­ni­tive, c’est parce que Napo­léon a su l’entourer de légendes et de confiance que ce franc ger­mi­nal est par­ve­nu pra­ti­que­ment jusqu’à l’époque Poincaré.

    La mon­naie est avant tout une affaire de confiance.

    Réponse
  69. Ana Sailland

    Le pou­voir cen­tral poli­tique induit le pou­voir cen­tral moné­taire, et réci­pro­que­ment. Ils sont mi amis, mi enne­mis, mais dans tous les cas ils inter­disent la démo­cra­tie, l’un comme l’autre, et l’autre comme l’un.

    L’au­tisme poli­tique et l’au­tisme moné­taire sont deux com­po­santes d’une même sur­di­té systémique.

    La pen­sée démo­crate est à mon sens insé­pa­rable d’une réflexion sur la ges­tion (réel­le­ment) démo­cra­tique de la créa­tion moné­taire et de l’af­fec­ta­tion de la mon­naie créée ( puisque nous ne nous débar­ras­se­rons pas de la mon­naie en 2013 😉 )

    Il est pro­bable (tou­jours à mon sens) que la struc­tu­ra­tion de la codé­ci­sion par le peuple sou­ve­rain ne peut être pen­sée qu’en cor­ré­la­tion avec la struc­ture topo­lo­gique du sys­tème moné­taire : dans les deux cas le prin­cipe de sub­si­dia­ri­té devrait être res­pec­té un minimum.
    Sous cet angle de vue, une mon­naie unique et conti­nen­tale ne peut pas lais­ser espé­rer la réelle démocratie.

    Réponse
  70. phil82

    Je vous pro­pose trois inter­pré­ta­tions concer­nant les dettes souveraines :

    1)Une pre­mière lec­ture que l’on peut trou­ver dans « Les Echos​.fr ». On peut y lire la solu­tion face à la dette sou­ve­raine : la compétitivité…

    Com­ment la com­pé­ti­ti­vi­té est deve­nue un impératif

    Les pays ont désor­mais la même contrainte que les entre­prises : ils doivent être com­pé­ti­tifs. C’est la consé­quence de la crise, qui a tari le finan­ce­ment des défi­cits cou­rants. En Europe, cet effort reste à faire.

    A l’é­chelle des entre­prises, c’est une évi­dence : il faut être com­pé­ti­tif. Seuls les mono­poles bien pro­té­gés, espèce en voie de dis­pa­ri­tion, peuvent espé­rer échap­per à cette loi d’ai­rain de l’é­co­no­mie. A l’é­chelle des nations, il en a long­temps été autre­ment. Contrai­re­ment à une firme, un pays pou­vait vivre long­temps en défi­cit, en ache­tant beau­coup plus qu’il ne ven­dait. Mais la donne a com­plè­te­ment chan­gé. La com­pé­ti­ti­vi­té est deve­nue une exi­gence abso­lue, macro comme micro. En France, elle jus­ti­fie non seule­ment des accords sans pré­cé­dent dans des entre­prises comme Renault, mais aus­si un cré­dit d’im­pôt d’une ampleur inédite. Au Japon, aux Etats-Unis, en Espagne, elle a cham­bou­lé des équi­libres anciens. Le monde entier s’est lan­cé dans une gigan­tesque course à la com­pé­ti­ti­vi­té. Et ce n’est pas près de s’arrêter.

    Pour com­prendre ce bas­cu­le­ment, il faut reve­nir à un double choc de la fin des années 1990. Pre­mier choc : les pays émer­gents d’A­sie sortent alors d’une pro­fonde crise finan­cière, aggra­vée par les mesures pré­co­ni­sées par le FMI. Ils en tirent une leçon simple : il faut désor­mais accu­mu­ler des excé­dents com­mer­ciaux mas­sifs pour ne plus prendre le risque de faire appel au Fonds moné­taire inter­na­tio­nal. La Chine, épar­gnée par la secousse, par­vient à la même conclu­sion. L’A­sie devient dès lors le ban­quier de l’A­mé­rique, dans un pacte faus­tien : elle prête de l’argent aux Etats-Unis, argent avec lequel les Etats-Unis nour­rissent la crois­sance de l’A­sie en ache­tant ses pro­duits. L’ex­cé­dent cou­rant chi­nois culmine à 10 % du PIB en 2007, le trou amé­ri­cain atteint 6 % du PIB l’an­née précédente

    En Europe, un second choc abou­tit au même résul­tat : la créa­tion de l’eu­ro. Dans l’U­nion moné­taire, les ten­sions indi­quées par les fluc­tua­tions des taux de change dis­pa­raissent. L’Al­le­magne, qui se remet alors de sa coû­teuse réuni­fi­ca­tion, réduit ses coûts de pro­duc­tion et ren­force son indus­trie. Comme la Chine, elle dégage des excé­dents énormes (plus de 7 % de son PIB en 2007). Et elle prête direc­te­ment ou indi­rec­te­ment de l’argent à l’Ir­lande, à l’Es­pagne, à la Grèce pour qu’elles achètent ses pro­duits (les défi­cits de ces pays plongent res­pec­ti­ve­ment en 2007 à 5, 10 et 15 % de leur PIB).

    L’es­sor fabu­leux de ces prêts et donc de ces dettes repose sur une idée simple : tout sera rem­bour­sé, car les banques et les Etats des pays avan­cés sont des gens sérieux. Mais la faillite de la banque Leh­man Bro­thers en 2008 montre que cette idée est fausse, tout comme le défaut de la Grèce quatre ans plus tard. Bru­ta­le­ment, les prê­teurs arrêtent de prê­ter. La Chine, par exemple, décide alors de bas­cu­ler sa crois­sance du moteur de l’ex­por­ta­tion vers ceux de l’in­ves­tis­se­ment et de la consom­ma­tion. Les pays emprun­teurs, eux, se retrouvent face à une ter­rible contrainte de finan­ce­ment qu’ils avaient fini par oublier. Ils n’ont que deux choix pos­sibles pour réta­blir une balance cou­rante que les étran­gers ne veulent plus finan­cer. Le pre­mier est très dou­lou­reux : il consiste à sabrer dans la demande interne, et donc au pre­mier chef la consom­ma­tion. Cette demande interne a bais­sé en cinq ans de 10 % en Ita­lie et en Espagne, et même de plus de 30 % en Grèce – un choc d’une vio­lence inouïe. Le deuxième choix n’est pas dou­lou­reux, mais beau­coup plus exi­geant : il consiste à expor­ter davan­tage, à faire de la crois­sance ailleurs.

    Sauf que le monde entier ne peut pas accroître les expor­ta­tions, faute de com­merce avec d’autres pla­nètes (l’ex­cé­dent de 336 mil­liards de dol­lars dans la balance cou­rante du monde en 2012, qui figure dans les chiffres du FMI, reflète des pro­blèmes de mesure et non des échanges inter­ga­lac­tiques). L’ex­cé­dent com­mer­cial de la Chine est donc reve­nu à moins de 3 % de son PIB. Les grands pays d’A­mé­rique latine, qui étaient à l’é­qui­libre jus­qu’en 2008, affichent désor­mais un défi­cit de 150 mil­liards de dol­lars qui pour­rait finir par leur poser un pro­blème de finan­ce­ment. Même risque pour l’Inde, qui s’en­fonce dans le rouge, avec un trou qui dépasse désor­mais 10 % de son PIB.

    Les pays avan­cés, eux, ont déployé toute une pano­plie pour rega­gner en com­pé­ti­ti­vi­té. Les Etats-Unis ont employé deux leviers majeurs, qui leur ont per­mis de réduire leur défi­cit de moi­tié. D’a­bord l’es­sor des gaz de schiste, qui pèse sur les prix de l’éner­gie, fac­teur essen­tiel de com­pé­ti­ti­vi­té dans cer­taines indus­tries comme la chi­mie. Ensuite et sur­tout, une forte pres­sion sur les salaires. Anton Bren­der et Flo­rence Pisa­ni, éco­no­mistes chez Dexia Asset Mana­ge­ment, relèvent que les coûts sala­riaux par uni­té pro­duite dans l’in­dus­trie, expri­més en dol­lars, ont recu­lé de 2 % par an aux Etats-Unis sur une décen­nie (2002−2011), tan­dis qu’ils aug­men­taient de 4 % en Alle­magne, de 5 % en France et plus de 6 % en Ita­lie. Le Japon, lui, a déci­dé d’ac­tion­ner l’ou­til du taux de change. Après avoir lais­sé le yen s’ap­pré­cier pen­dant des années, les diri­geants du pays ont annon­cé un objec­tif de déva­lua­tion mas­sive et mis en œuvre les moyens moné­taires pour le rendre crédible.

    L’Eu­rope, elle, dégage désor­mais un excé­dent sur le reste du monde, de l’ordre de 2 % de son PIB, alors qu’elle était à l’é­qui­libre avant la crise. Tan­dis que l’Al­le­magne main­te­nait son excé­dent à 6 % du PIB, les pays du sud de l’Eu­rope ont pra­ti­que­ment résor­bé leur défi­cit. En retard, la France devrait à peine com­men­cer cette année le redres­se­ment de ses comptes, alors que son défi­cit cou­rant dépas­sait 2 % du PIB l’an der­nier. Mais là comme au sud, le rééqui­li­brage vient sur­tout de la com­pres­sion de la demande inté­rieure. Seule l’Es­pagne montre des signes de meilleure per­for­mance à l’ex­port. L’ef­fort de com­pé­ti­ti­vi­té reste lar­ge­ment à faire. Voi­là pour­quoi nous n’a­vons pas fini d’en entendre parler.

    Les points à retenir :

    Dans un monde vivant à cré­dit, l’es­sor fabu­leux des prêts et des dettes repo­sait sur une idée simple : tout sera rem­bour­sé, car les banques et les Etats des pays avan­cés sont des gens sérieux.

    La faillite de Leh­man Bro­thers et le défaut de la Grèce ont mon­tré que l’i­dée était fausse. Bru­ta­le­ment, les prê­teurs ont ces­sé de prêter.
    Les pays emprun­teurs n’ont que deux choix pour réta­blir leur balance cou­rante : sabrer dans la demande interne, ou expor­ter davan­tage, faire de la crois­sance ailleurs.

    Jean-Marc Vit­to­ri

    Edi­to­ria­liste aux « Echos »

    2) MICHAEL HUDSON, nous pro­pose une autre lec­ture. En pre­mier lieu, il fait une ana­lyse his­to­rique de la dette et de ses consé­quences. Il décrit ensuite l’abandon du poli­tique face à la finance.

    La dette publique, his­toire d’un escla­vage à bri­ser, par Michael Hud­son, éco­no­miste de Wall Street

    Depuis la plus haute anti­qui­té nous avons appris à vivre dans l’esclavage de la dette, et quand elle dis­pa­rait par­fois, bri­sée par la volon­té d’un peuple épris de liber­té, son cadavre hante encore les fan­tômes de nos rêves.

    Le livre V de La Poli­tique d’Aristote décrit l’éternel cycle des oli­gar­chies qui se trans­forment en aris­to­cra­ties héré­di­taires —pour fina­le­ment être ren­ver­sées par des tyrans ou se déchi­rer entre elles quand cer­taines familles décident de « mettre la mul­ti­tude dans leur camp » et de réins­tau­rer la démo­cra­tie dont émerge à nou­veau une oli­gar­chie, sui­vie d’une aris­to­cra­tie et ain­si de suite tout au long de l’histoire.

    La dette a été la force motrice de ces évo­lu­tions —seules les stra­té­gies changent. La dette clive la richesse en créant une classe de créan­ciers dont le pou­voir oli­gar­chique est ren­ver­sé par de nou­veaux lea­ders (« tyrans » dans le voca­bu­laire d’Aristote) qui obtiennent le sou­tien popu­laire en sup­pri­mant la dette et en redis­tri­buant les biens ou en gar­dant les pro­fits que génèrent ces biens pour l’état.

    Depuis la Renais­sance, cepen­dant, les banques se sont mises à sou­te­nir les démo­cra­ties. Non pas par sou­ci de liber­té ou d’égalité mais bien plu­tôt pour sécu­ri­ser leurs prêts. Comme l’a expli­qué James Steuart en 1767, les emprunts royaux res­taient des affaires pri­vées plu­tôt que des dettes publiques. Pour qu’une dette sou­ve­raine devienne la res­pon­sa­bi­li­té d’une pays tout entier, il fal­lait que des repré­sen­tants élus puissent faire pas­ser des aug­men­ta­tions d’impôts pour payer les intérêts.

    En accor­dant aux contri­buables une voix au gou­ver­ne­ment, les démo­cra­ties anglaises et hol­lan­daise ont don­né aux créan­ciers de bien meilleures garan­ties de rem­bour­se­ment que les rois et les princes dont les dettes s’éteignaient avec eux. Mais à cause des récentes pro­tes­ta­tions contre la dette, de l’Islande à la Grèce en pas­sant par l’Espagne, les créan­ciers retirent leur adhé­sion aux démo­cra­ties. Ils exigent l’austérité fis­cale et même la pri­va­ti­sa­tion des biens publics.

    La finance inter­na­tio­nale est deve­nue le fer de lance d’un nou­veau type de guerre. Son objec­tif est le même que la conquête mili­taire d’autrefois : s’approprier la terre et les res­sources minières, ain­si que les infra­struc­tures com­mu­nales et les reve­nus de l’extraction. En réponse les démo­cra­ties exigent des réfé­ren­dums pour choi­sir de payer ou non les créan­ciers en ven­dant le domaine public et en aug­men­tant les impôts, ce qui engen­dre­ra du chô­mage, des baisses de salaire et une réces­sion éco­no­mique. L’alternative étant de réduire le mon­tant de la dette ou même de l’annuler et de remettre en place des règles pour contrô­ler le sec­teur financier.

    Des diri­geants du Proche Orient ont effa­cé leurs ardoises pour main­te­nir l’équilibre économique.

    Faire payer un inté­rêt sur l’argent ou les mar­chan­dises livrées en avance de règle­ment n’avait pas pour but au départ de cli­ver l’économie. Lorsqu’il a été ins­ti­tué pour la pre­mière fois au troi­sième mil­lé­naire avant JC par un accord contrac­tuel entre les temples et les palais sumé­riens et les mar­chands et les entre­pre­neurs qui tra­vaillaient dans la bureau­cra­tie royale, l’intérêt était de 20% (le capi­tal dou­blait en 5 ans) et repré­sen­tait une hon­nête part des pro­fits géné­rés par le com­merce de longue dis­tance ou la loca­tion de terre ou d’autres biens publics comme des usines, des navires et des mai­sons à boire.

    Quand la pra­tique a été pri­va­ti­sée au pro­fit des col­lec­teurs royaux de rede­vances et de loyers, « la royau­té divine » pro­té­geait les cré­di­teurs agri­coles. Les lois de Ham­mou­ra­bi (vers 1750 avant JC) ont décré­té la sup­pres­sion de leurs dettes en cas d’inondation ou de tor­nade. Tous les diri­geants de la dynas­tie baby­lo­nienne, en mon­tant sur le trône, annu­laient les dettes des pay­sans afin de leur per­mettre de repar­tir à zéro. Le tra­vail gra­tuit des débi­teurs, les hypo­thèques sur la terre ou la récolte et autres obli­ga­tions étaient annu­lés pour « réins­tau­rer l’ordre » dans une situa­tion idéale d’équilibre « ori­gi­nel ». Cette cou­tume s’est pour­sui­vie avec l’année du Jubi­lée de la Loi de Moïse comme elle est décrite dans le Lévi­tique 25.

    La logique était claire. Les socié­tés anciennes avaient besoin de lever des armées pour défendre leur terre et pour cela il leur fal­lait libé­rer les citoyens de l’esclavage. Les lois de Ham­mou­ra­bi empê­chaient les conduc­teurs de chars et autres com­bat­tants d’être réduits en escla­vage à cause de leur dette et empê­chaient les créan­ciers de prendre les récoltes des tenan­ciers des terres royales, publiques et com­mu­nales qui étaient rede­vables au roi de ser­vice sur ses terres et dans son armée.

    « La finance inter­na­tio­nale est deve­nue le fer de lance d’un nou­veau type de guerre. Son objec­tif est le même que la conquête mili­taire d’autrefois : s’approprier la terre et les res­sources minières, ain­si que les infra­struc­tures com­mu­nales et les reve­nus de l’extraction. »

    En Egypte, le pha­raon Baken­ra­nef (vers 720–715 avant JC, “Boc­cho­ris” en Grec) a pro­cla­mé une amnis­tie de la dette et abo­li l’esclavage des endet­tés devant la menace d’une inva­sion mili­taire de l’Ethiopie. Selon Dio­dore de Sicile, (I, 79, écrit en 40–30 avant JC), il a éta­bli que si un débi­teur contes­tait sa dette, la dette était annu­lée si le créan­cier ne pou­vait pré­sen­ter un contrat écrit. (Il semble que les créan­ciers aient tou­jours eu ten­dance à exa­gé­rer le mon­tant des dettes). Le pha­raon pen­sait que « les corps des citoyens devaient appar­te­nir à l’état afin que l’état puisse béné­fi­cier des ser­vices que les citoyens lui devaient en temps de paix comme en temps de guerre. Car il se disait qu’il serait absurde qu’un sol­dat… soit mis en pri­son par son créan­cier pour ne pas avoir rem­bour­sé un prêt et que l’avidité de per­sonnes pri­vées mette ain­si en dan­ger la sécu­ri­té de tous. »

    Le fait que les prin­ci­paux créan­ciers du Proche Orient étaient les rois, les temples et leurs col­lec­teurs faci­li­tait l’annulation des dettes. Il est tou­jours plus facile d’annuler les dettes qu’on vous doit à vous. Même les empe­reurs romains ont brû­lé des livres d’arriérés d’impôts pour empê­cher une crise. Mais il est deve­nu beau­coup plus dif­fi­cile d’annuler des dettes dues à des créan­ciers pri­vés quand la pra­tique de l’intérêt s’est répan­due à l’ouest vers les royaumes de la Médi­ter­ra­née à par­tir de 750 avant JC envi­ron. Au lieu de per­mettre aux familles d’équilibrer les recettes et les dépenses, la dette est deve­nue le prin­ci­pal fac­teur des expro­pria­tions et du cli­vage des socié­tés en deux camps : l’oligarchie cré­di­trice et les clients endet­tés. En Judée, le pro­phète Isaïe (5:8–9) condamne les créan­ciers qui sai­sissent les bien hypo­thé­qués et « ajoutent mai­sons aux mai­sons et champs au champs au point qu’il ne reste plus d’espace libre et qu’ils se retrouve les seuls habi­tants du pays ».

    « D’une manière moins auto­ri­taire, Solon, a fon­dé la démo­cra­tie athé­nienne en 594 avant JC en inter­di­sant l’esclavage de la dette. »

    Le pou­voir des créan­ciers et la crois­sance stable n’ont jamais fait bon ménage. La plu­part des dettes per­son­nelles de la période clas­sique étaient consti­tuées de petites sommes d’argent prê­tées à des indi­vi­dus au seuil de la pau­vre­té qui avaient du mal à joindre les deux bouts. La sai­sie de leur terre et de leurs biens —et de leur liber­té per­son­nelle— enchaî­naient irré­ver­si­ble­ment les débi­teurs. Au 7ième siècle avant JC, des « tyrans » (lea­ders popu­laires) se sont levés pour ren­ver­ser les aris­to­cra­ties de Corinthe et d’autres riches cités grecques en obte­nant le sou­tien popu­laire par l’annulation des dettes. D’une manière moins auto­ri­taire, Solon, a fon­dé la démo­cra­tie athé­nienne en 594 avant JC en inter­di­sant l’esclavage de la dette.

    Mais les oli­gar­chies se sont refor­mées et ont appe­lé Rome à la res­cousse quand les rois de Sparte, Agis, Cléo­mène et leur suc­ces­seur Nabis ont vou­lu effa­cer les dettes à la fin du 3ième siècle avant JC. Ils ont été assas­si­nés et leurs sup­por­ters chas­sés. Depuis l’antiquité, ça a été une constante poli­tique de l’histoire que les créan­ciers s’opposent à la fois à la démo­cra­tie popu­laire et au pou­voir royal qui pou­vaient tous les deux empê­cher la conquête de la socié­té par la finance —une conquête qui a pour objec­tif de trans­for­mer en dette pro­duc­trice d’intérêts autant de pans de l’économie qu’il est possible.
    Quand les frères Grac­chus et leurs adeptes ont essayé de réfor­mer les lois sur le cré­dit en 133 avant JC, la classe séna­to­riale domi­nante a réagi avec vio­lence et les a fait assas­si­ner, inau­gu­rant de la sorte un siècle de guerre sociale qui s’est ter­mi­née avec le sacre de l’empereur Auguste en 29 avant JC.

    L’oligarchie créan­cière romaine gagne la Guerre Socié­tale, réduit la popu­la­tion en escla­vage et c’est le début des années noires.

    Les choses étaient plus san­glantes à l’étranger. Aris­tote n’a pas men­tion­né la construc­tion d’un empire dans son sché­ma poli­tique, mais la conquête étran­gère a tou­jours été un ins­tru­ment capi­tal dans la créa­tion de dettes et les guerres ont été la cause prin­ci­pale des dettes publiques des temps modernes. Rome a été le plus intrai­table créan­cier de l’Antiquité ; ses col­lec­teurs ran­çon­naient l’Asie Mineure, sa pro­vince la plus pros­père. Le droit n’existait plus quand les « che­va­liers » qui levaient le tri­but arri­vaient. Mithri­date de Ponts a mené trois révoltes popu­laires et les popu­la­tions d’Ephèse et d’autres cités se sont sou­le­vées et ont tué 80 000 Romains en 88 avant JC selon les esti­ma­tions. L’armée romaine a ripos­té et Sul­la a impo­sé un tri­but de guerre de 20 000 talents en 84 avant JC. En 70 avant JC les amendes pour les inté­rêts en retard avaient mul­ti­plié la somme par six.

    Tite Live, Plu­tarque et Dio­dore, entre autres his­to­riens célèbres de Rome, ont reje­té la res­pon­sa­bi­li­té de la chute de la Répu­blique sur l’intransigeance des créan­ciers qui a pro­vo­qué une guerre socié­tale de 100 ans (133 à 29 avant JC) mar­quée par les meurtres poli­tiques. Des lea­ders popu­laires ont essayé d’obtenir le sou­tien popu­laire en deman­dant l’annulation de la dette (la conspi­ra­tion de Cati­li­na en 63–62 avant JC). Ils ont été assas­si­nés. Au 2ième siècle après JC, envi­ron un quart de la popu­la­tion était réduite en escla­vage. Au 5ième siècle, l’économie de Rome s’est effon­drée car il ne lui res­tait plus un sou. Pour sur­vivre les gens retour­nèrent dans les campagnes.

    Les créan­ciers trouvent une rai­son légale pour sou­te­nir la démocratie

    Quand les ban­quiers se sont remis en selle après le pillage de Byzance par les croi­sés et ont inves­ti de l’or et de l’argent dans le com­merce occi­den­tal euro­péen, les chré­tiens n’ont pas réus­si à empê­cher le paie­ment d’intérêts comme ils l’auraient sou­hai­té à cause de l’entente entre des prê­teurs pres­ti­gieux (les Tem­pliers et les Hos­pi­ta­liers ont prê­té de l’argent pen­dant les croi­sades) et leurs prin­ci­paux clients — les rois, d’abord pour payer l’Eglise et de plus en plus pour finan­cer les guerres. Mais les dettes royales n’étaient pas hono­rées quand les rois mou­raient. Les Bar­di et les Per­uz­zi ont fait faillite en 1345 quand Edward III a refu­sé d’honorer ses dettes. Les familles de ban­quiers ont per­du beau­coup d’argent en prê­tant aux Habs­bourg et aux Bour­bon qui régnaient sur l’Espagne, l’Autriche et la France.

    Les choses ont chan­gé quand la démo­cra­tie hol­lan­daise a vou­lu se libé­rer de l’Espagne des Habs­bourg. Le fait que leur par­le­ment pou­vait faire des emprunts publics sur le long terme au nom de l’état a per­mis aux Pays Bas de lever des emprunts pour s’offrir des mer­ce­naires à une époque où l’argent et le cré­dit étaient le nerf de la guerre. L’accès au cré­dit « a été l’arme la plus puis­sante dans leur lutte pour l’indépendance » a écrit Richard Ehren­berg dans Capi­tal et finance à l’époque de la Renais­sance (1928). « Celui qui fai­sait cré­dit à un prince savait que le rem­bour­se­ment de la dette dépen­dait de la capa­ci­té et du bon vou­loir de son débi­teur. Il n’en était pas de même avec les cités qui n’avaient pas seule­ment le pou­voir de déci­der mais étaient aus­si des cor­po­ra­tions et des groupes d’individus reliés par un des­tin com­mun. Selon la règle géné­ra­le­ment accep­tée chaque habi­tant de la cité répon­dait des dettes de la cité sur sa per­sonne et sur ses biens ».

    « De nou­veaux gou­ver­ne­ments peuvent agir de manière démo­cra­tique et obli­ger le sec­teur ban­caire et finan­cier à ser­vir l’économie au lieu du contraire. »

    L’avantage finan­cier du gou­ver­ne­ment par­le­men­taire était donc de pou­voir contrac­ter des dettes qui n’étaient pas seule­ment les obli­ga­tions per­son­nelles de princes, mais étaient véri­ta­ble­ment publiques et contrai­gnantes quelque soit le roi en place. C’est pour­quoi les deux pre­miers pays démo­cra­tiques, la Hol­lande et l’Angleterre après sa révo­lu­tion de 1688, sont deve­nus les pays mar­chands les plus actifs pour ensuite deve­nir des puis­sances mili­taires de pre­mière impor­tance. Ce qui est iro­nique, c’est que c’est le besoin de finan­ce­ment de la guerre qui a pro­mu la démo­cra­tie en for­mant une tri­ni­té sym­bio­tique, la guerre, le cré­dit et la démo­cra­tie par­le­men­taire, qui s’est per­pé­tuée jusqu’à nos jours.

    A l’époque « la situa­tion légale du roi en tant qu’emprunteur n’était pas claire et on ne savait pas encore si ses créan­ciers pou­vaient exer­cer un recours contre lui en cas de non-paie­ment. » (Charles Wil­son, England’s Appren­ti­ce­ship : 1603–1763 : 1965.) Plus l’Espagne, l’Autriche et la France deve­naient des­po­tiques, plus elles avaient du mal à finan­cer leurs opé­ra­tions mili­taires. A la fin du 18ième siècle, l’Autriche était un pays « sans cré­dit et par consé­quent sans grande dette », un pays à qui per­sonne ne vou­lait prê­ter, qui avait la plus mau­vaise armée d’Europe et qui était com­plè­te­ment dépen­dant des sub­sides et garan­ties de prêts anglais au moment des guerres napoléoniennes.

    La finance s’adapte à la démo­cra­tie, puis s’efforce d’y pro­mou­voir une oligarchie

    Au 19ième siècle, alors que les réformes démo­cra­tiques rédui­saient le pou­voir de l’aristocratie ter­rienne au par­le­ment, les ban­quiers ont adroi­te­ment déve­lop­pé des rela­tions sym­bio­tiques avec presque toutes les formes de gou­ver­ne­ment.

    En France, les adeptes de Saint-Simon récla­maient des banques mutua­listes qui accordent du cré­dit en échange d’une répar­ti­tion équi­table des pro­fits. L’état ger­ma­nique a fait alliance avec la grande finance et l’industrie lourde. Marx a écrit avec opti­misme que le socia­lisme ren­drait la finance pro­duc­tive au lieu de para­si­taire. Aux Etats-Unis, la régu­la­tion des ser­vices publics était assor­tie de pro­fits garan­tis. En Chine, Sun-Yat-Sen a écrit en 1922 : « J’ai l’intention de regrou­per toutes les indus­tries natio­nales chi­noises en un Grand Trust appar­te­nant au peuple chi­nois qui sera finan­cé par les capi­taux inter­na­tio­naux pour un pro­fit mutuel. »

    Pen­dant la pre­mière guerre mon­diale les Etats-Unis ont rem­pla­cé l’Angleterre comme prin­ci­pal pays créan­cier et à la fin de la guerre ils avaient acca­pa­ré 80% de l’or moné­taire mon­dial. Leurs diplo­mates ont mode­lé le FMI et la Banque Mon­diale de façon à ce que leurs cré­dits engendrent la dépen­dance finan­cière aux Etats-Unis prin­ci­pa­le­ment. Les prêts accor­dés pour finan­cer le com­merce et le règle­ment des défi­cits étaient sou­mis a des « condi­tions » qui met­taient la direc­tion de l’économie entre les mains d’une oli­gar­chie aux ordres et de dic­ta­teurs mili­taires. La réac­tion démo­cra­tique aux plans d’austérité néces­saires au ser­vice de la dette s’est réduite à des « sou­lè­ve­ments contre le FMI » jusqu’à ce que l’Argentine refuse d’honorer sa dette étrangère.

    « Les dettes des banques pri­vées ont été inté­grés aux bilans des gou­ver­ne­ments irlan­dais et grecs et les contri­buables en sont rede­vables… »

    Une aus­té­ri­té au ser­vice de la dette simi­laire est aujourd’hui impo­sée à l’Europe par la Banque Cen­trale Euro­péenne (BCE) et la bureau­cra­tie européenne.

    Des gou­ver­ne­ments d’obédience sociale démo­crate ont été mis en demeure de sau­ver les banques au lieu de pro­mou­voir la crois­sance éco­no­mique et l’emploi. Les pertes dues aux prêts ban­caires toxiques et à la spé­cu­la­tion sont impu­tés aux bud­gets des états gre­vant les dépenses publiques et obli­geant même à vendre des infra­struc­tures. En réponse les contri­buables, écra­sés par le poids de la dette, sont sor­tis dans les rues ; les mani­fes­ta­tions ont com­men­cé en Islande et en Let­to­nie en jan­vier 2009 et se sont ampli­fiées en Grèce et en Espagne à l’automne pour pro­tes­ter contre le refus de leurs gou­ver­ne­ments de faire des réfé­ren­dums au sujet de ces aides funestes en bonds étrangers.

    La pla­ni­fi­ca­tion passe des repré­sen­tants du peuple aux banquiers

    Toutes les éco­no­mies sont pla­ni­fiées. Ce sont tra­di­tion­nel­le­ment les gou­ver­ne­ments qui sont char­gés de cette pla­ni­fi­ca­tion. Renon­cer à cette pré­ro­ga­tive au nom du  » libre mar­ché  » revient à la céder aux banques. De plus la pla­ni­fi­ca­tion de la créa­tion et de la répar­ti­tion du cré­dit est encore plus cen­tra­li­sée que lorsque les offi­ciels élus en avaient la responsabilité.

    Et pour com­bler le tout, le cadre tem­po­rel finan­cier est le court terme, une course en avant qui se ter­mine quand nous n’avons plus rien. En recher­chant leur seul pro­fit, les banques tendent à détruire l’économie. Les sur­plus sont fina­le­ment absor­bés par les inté­rêts et autres frais finan­ciers, et il ne reste rien pour de nou­veaux inves­tis­se­ments ou pour les dépenses sociales de pre­mière nécessité.

    C’est pour­quoi don­ner le contrôle de la poli­tique d’un pays à une classe de créan­ciers a rare­ment engen­dré la crois­sance éco­no­mique et la hausse du niveau de vie. La ten­dance des dettes à gros­sir plus vite que la capa­ci­té des peuples à les rem­bour­ser est une constante de toute l’histoire connue. Les dettes croissent expo­nen­tiel­le­ment, absor­bant les sur­plus et rédui­sant une grande par­tie de la popu­la­tion en escla­vage de la dette pour ain­si dire. Le cri du peuple de l’Antiquité pour annu­ler la dette avait la même fonc­tion que les ordon­nances royales du Proche Orient de l’âge de bronze : annu­ler l’excès de dettes pour retrou­ver l’équilibre économique.

    A une époque plus récente, les démo­cra­ties inci­taient un état fort à taxer les reve­nus et les biens des ren­tiers et à effa­cer une par­tie de la dette quand cela deve­nait néces­saire. Cela est plus facile à faire quand c’est l’état lui-même qui crée la mon­naie et le cré­dit. Quand les banques ont la pos­si­bi­li­té de faire leurs propres règles et peuvent mettre leur veto à ceux qui veulent leur impo­ser des limites, l’économie est per­ver­tie et incite les créan­ciers à se livrer aux paris spé­cu­la­tifs et aux fraudes cyniques qui ont mar­qué la der­nière décen­nie. La chute de l’Empire Romain montre ce qui arrive quand les exi­gences des créan­ciers ne sont pas contre­car­rées. En effet, la seule alter­na­tive à la pla­ni­fi­ca­tion et la régu­la­tion éta­tique du sec­teur finan­cier est l’esclavage de la dette.

    La finance contre le gou­ver­ne­ment ; l’oligarchie contre la démocratie

    La démo­cra­tie implique de subor­don­ner la dyna­mique finan­cière à l’équilibre éco­no­mique et à la crois­sance — et de taxer les reve­nus des ren­tiers ou de gar­der les mono­poles essen­tiels dans le domaine public. Détaxer ou pri­va­ti­ser les reve­nus de la pro­prié­té c’est les « libé­rer » pour les confier aux banques pour qu’ils soient capi­ta­li­sés en prêts plus impor­tants. Finan­cée par l’augmentation de la dette, l’inflation des prix des biens aug­mente la richesse des ren­tiers tout en endet­tant l’économie glo­bale. L’économie se contracte et la valeur des biens devient infé­rieure au mon­tant des emprunts contrac­tés.

    Le sec­teur finan­cier a assez de pou­voir pour pro­fi­ter de telles situa­tions d’urgence pour convaincre les gou­ver­ne­ments que l’économie va s’effondrer s’ils ne « sauvent pas les banques ». En pra­tique cela leur per­met de ren­for­cer leur contrôle de la poli­tique pour cli­ver encore plus l’économie. Le modèle typique est ce qui est arri­vé dans la Rome ancienne en pas­sant de la démo­cra­tie à l’oligarchie. En fait, en don­nant la prio­ri­té aux ban­quiers et en per­met­tant à l’Europe, à la BCE et au FMI prendre la direc­tion des éco­no­mies, on prend le risque de dépos­sé­der les pays de leur pou­voir de frap­per ou d’imprimer de la mon­naie et de lever les impôts.

    Le conflit qui en résulte est celui des inté­rêts finan­ciers contre l’indépendance natio­nale. L’idée que la banque cen­trale indé­pen­dante est le « fleu­ron de la démo­cra­tie » est un euphé­misme qui per­met de confier la déci­sion poli­tique la plus impor­tante —celle de créer la mon­naie et le cré­dit— au sec­teur finan­cier. Au lieu de lais­ser le choix poli­tique à des réfé­ren­dums popu­laires, le sau­ve­tage des banques orga­ni­sé par l’UE et la BCE repré­sente aujourd’hui la meilleure manière d’augmenter la dette natio­nale. Les dettes des banques pri­vées ont été inté­grées aux bilans des gou­ver­ne­ments irlan­dais et grecs et les contri­buables en sont rede­vables. C’est la même chose pour les 13000 mil­liards de dol­lars qui ont été ajou­té en Amé­rique aux bilans du gou­ver­ne­ment depuis sep­tembre 2008 (dont 5300 mil­liards de dol­lars de mau­vaises hypo­thèques de Fan­nie Mae et Fred­die Mac por­tés au bilan de l’état et 2000 mil­liards de dol­lars de pro­duits toxiques « recy­clés » par la Réserve Fédérale).

    « Des gou­ver­ne­ments d’obédience sociale démo­crate ont été mis en demeure de sau­ver les banques au lieu de pro­mou­voir la crois­sance éco­no­mique et l’emploi. »

    Tout cela est fait sur ordre des repré­sen­tants de la finance qu’on appelle par euphé­misme des tech­no­crates. Ils sont mis en place par des lob­bys de créan­ciers pour éva­luer la quan­ti­té de chô­mage et de réces­sion qu’il faut pour extraire le sur­plus d’argent néces­saire pour rem­bour­ser aux créan­ciers des dettes qui sont main­te­nant inté­grées aux bilans des pays. Mais cela va à l’encontre du but recher­ché car la contrac­tion de l’économie —la défla­tion due à la dette— rend la dette encore plus impos­sible à rem­bour­ser.

    Ni les banques, ni les auto­ri­tés publiques (ni les uni­ver­si­taires de la pen­sée domi­nante d’ailleurs) n’ont éva­lué la capa­ci­té concrète de l’économie à rem­bour­ser —je veux dire à rem­bour­ser sans contrac­ter l’économie. Grâce à leurs médias et à leurs think tanks, ils ont convain­cu les popu­la­tions que la manière de deve­nir riche rapi­de­ment est d’emprunter de l’argent pour ache­ter des mai­sons, des actions et des obli­ga­tions qui montent —grâce à l’inflation due au cré­dit ban­caire— et d’inverser le sys­tème d’imposition pro­gres­sive de la richesse du siècle der­nier.

    Pour le dire clai­re­ment, ce sont des pra­tiques éco­no­miques mal­saines. Le but est de détruire les équi­libres et les régle­men­ta­tions éta­tiques pour trans­fé­rer le pou­voir de déci­sion éco­no­mique à la haute finance sous pré­texte que c’est plus effi­cace que les régle­men­ta­tions publiques. On accuse la pla­ni­fi­ca­tion et la taxa­tion gou­ver­ne­men­tales de « mener à l’esclavage » comme si le « libre mar­ché », contrô­lé par des ban­quiers qui ont tout loi­sir de prendre des risques insen­sés, n’était pas au ser­vice des inté­rêts spé­ci­fiques de l’oligarchie et non de la démo­cra­tie. On ordonne aux gou­ver­ne­ments de rem­bour­ser des emprunts contrac­tés non pas pour défendre des pays en temps de guerre comme au temps pas­sé mais au pro­fit des couches les plus riches de la popu­la­tion en fai­sant payer leurs pertes par les contribuables.

    Le refus de prendre les opi­nions publiques en consi­dé­ra­tion laisse les dettes natio­nales sans solide garan­tie poli­tique ni même légale. En face d’une forte oppo­si­tion popu­laire, des dettes impo­sées par décret, par des gou­ver­ne­ments ou par des agences finan­cières étran­gères peuvent se révé­ler aus­si fra­giles que celles des Habs­bourg et autres des­potes des temps pas­sés. N’ayant pas été vali­dées par le peuple, elles peuvent deve­nir caduques en même temps que le régime que les a contrac­tées. De nou­veaux gou­ver­ne­ments peuvent agir de manière démo­cra­tique et obli­ger le sec­teur ban­caire et finan­cier à ser­vir l’économie au lieu du contraire.

    Ils pour­raient au moins essayer de les payer en réins­tau­rant une impo­si­tion pro­gres­sive sur le patri­moine et les reve­nus, fai­sant ain­si pas­ser le far­deau fis­cal sur la richesse et les biens des ren­tiers. La re-régle­men­ta­tion ban­caire et la remise en place de banques publiques de ser­vices et de cré­dit renoue­rait avec le pro­gramme social démo­cra­tique qui sem­blait avoir un bel ave­nir au siècle dernier.
    L’Islande et l’Argentine en sont les exemples les plus récents mais on peut aus­si se rap­pe­ler le mora­toire sur les dettes de guerre des alliés et les répa­ra­tions ger­ma­niques en 1931. Un prin­cipe mathé­ma­tique et poli­tique de base est à l’oeuvre : Les dettes qui ne peuvent pas être payées ne le seront pas.

    MICHAEL HUDSON

    3)Un petit film per­ti­nent qui vient illus­trer le texte de Michael Hud­son :


    La dette, c’est toi !!! par TheAnarchy322

    Conclu­sion :

    En 1), on peut aisé­ment déce­ler la médio­cri­té édi­to­riales des Echos (rien de surprenant).

    En 2) on peut y voir un tra­vail de fond s’ap­puyant sur l’a­na­lyse historique.

    En 3 le petit film résume bien, avec des images crues, la consé­quence de choix poli­tiques dic­tés par l’o­li­gar­chie financière.

    Réponse
  71. Benoît

    Petit Virus

    « Ce qui est dom­mage, c’est que même devant l’é­vi­dence que l’élection ne fonc­tionne pas pour assu­rer que la voix du peuple soit sui­vie, les Égyp­tiens semblent ne récla­mer aucune modi­fi­ca­tion ins­ti­tu­tion­nelle majeure, mais plu­tôt une pré­si­den­tielle anticipée… »

    Une évi­dence pour ceux qui ont décons­truit le men­songe du gou­ver­ne­ment « repré­sen­ta­tif ». Lorsque le peuple ne sait pas qu’une vraie démo­cra­tie est pos­sible et com­pris com­ment elle marche, il se contente de l’é­lec­tion et espère tou­jours qu’elle peut lui don­ner le pouvoir.

    Il n’est jamais trop tard pour infor­mer. Il faut vite pré­ve­nir les Égyp­tiens. Quel­qu’un serait capable de tra­duire en arabe (en prio­ri­té l’es­sen­tiel du message).

    Etienne, n’as-tu pas fait des ren­contres qui en seraient capables ?

    Et comme il ne faut pas hési­ter à faire appel à nos réseaux, je vais recon­tac­ter un ami Syrien qui m’a­vait sen­si­bi­li­sé aux média-men­songes que subis son pays. Mais ça peut prendre pas mal de temps car il doit être pas mal occu­pé. Et de ce que j’ai com­pris des ana­lyses de Col­lon, Meys­san… ce tra­vail pour­rait aus­si par­ti­cu­liè­re­ment inté­res­ser les Tuni­siens, les Libyens… même si ça concerne évi­dem­ment tous les peuples du monde.

    Réponse
  72. Benoît

    Une idée si tu te le sens et en a la pos­si­bi­li­té Etienne : prendre un billet rapi­de­ment pour Le Caire ! Sur la place Tah­rir il sera facile de trou­ver un tra­duc­teur, je pense. Je ne sais pas si un espace pour le débat est déjà pré­vu comme chez les indi­gnés, mais tu pour­rais sim­ple­ment pro­po­ser de prendre la parole pour échan­ger et dia­lo­guer avec un pen­seur de la révo­lu­tion ou sim­ple­ment avec ceux qui t’écouteront.
    Ça serait un plus si (au moins) un gen­til virus doté d’une camé­ra avait l’en­vie de l’accompagner.

    Non seule­ment ce n’est peut-être pas trop tard mais en plus ça peut être le moment idéale si on uti­lise les atouts que peut nous offrir la moder­ni­té : la rapi­di­té de l’in­for­ma­tion sur LES révo­lu­tions mon­diales et la rapi­di­té d’y aller.

    Voi­là j’es­père que ce n’est pas une idée folle mais solu­tion radi­cale contre l’oligarchie !

    Réponse
  73. Ana Sailland

    Une idée comme ça 😉 ->

    A pro­pos des ban­que­routes d’état :

    Mais pour­quoi ne son­ger à annu­ler que la dette des états ?

    Pour­quoi pas celle des gens ? .….….….

    Réponse
  74. Furax

    Et mettre fin aux inté­rêts par pourcentage…

    Réponse
  75. Ana Sailland

    Encore une idée farfelue 😉

    Confis­quer (une fois) aux banques pri­vées ceux des contrats de prêts per­son­nels en cours qui ont été assor­tis de créa­tion moné­taire scrip­tu­rale ex nihilo…

    On peut même les indem­ni­ser de leurs frais …

    ;;;;;;;;;;

    La mon­naie fidu­ciaire repré­sente le dixième de la dette des états de l’UE (il n’existe pas, et de loin, assez de mon­naie légale-légi­time pour rem­bour­ser !!!) et la mon­naie scrip­tu­rale, i.e. l’argent-dette, légale-illé­gi­time, repré­sente le reste, c’est à dire presque tout.

    Si le méca­nisme du prêt scrip­tu­ral appar­te­nait à la socié­té, la socié­té ne serait pas endettée.

    Réponse
  76. Anonymous
  77. Anonymous
  78. J-Stéphane

    Depuis 200 ans que le pou­voir poli­tique est aux mains du pou­voir éco­no­mique, les sai­gnées des créan­ciers n’ont plus cours, cela n’a eu pour effet que d’empirer les abus.

    Réponse
  79. nlescan
  80. Mike

    Juste pour exhu­mer le post 14 de skeol : à lire, « Dette : 5000 ans d’his­toire » de David Graeber.

    Réponse
  81. J.C

    Les prêts, l’en­det­te­ment, déve­lop­pe­ment logique de la quête du pro­fit propre à une éco­no­mie monétaire.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  82. Étienne

    Je l’ai trou­vé très déce­vant, dans cet entre­tien, Delamarche. 
    Quit­té avant la fin, même…

    Quand au bou­quin de Grae­ber, c’est une perle. 
    J’y apprends un truc impor­tant par page, pas­sion­nant bouquin. 
    Il faut que je pré­pare un billet sur cet auteur étonnant.

    Étienne.

    Réponse
  83. J.C

    Per­son­nel­le­ment, j’ai trou­vé la 1ere par­tie plu­tôt déce­vante et le moment ou il a com­men­cé à abor­der la loi de 73 un peu vite balayée de la main mais la suite est fran­che­ment inté­res­sante je trouve.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  84. J.C

    @ Etienne

    Et comme tu le dis sou­vent, ce sont aus­si les posi­tions qui ne semblent pas aller dans notre sens qui peuvent aus­si se révé­ler intéressantes.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  85. EFFAB

    ETIENNE, il me semble, tout comme J.C, que la seconde par­tie est très très inté­res­sante, sans par­ler de la fin et des réponses aux deux der­nières ques­tions (à par­tir de 33’18), la pre­mière abor­dant la rela­tion qu’il y a entre ces mou­tons que nous sommes, les médias et l’économie.

    Cette seconde par­tie aborde cette impos­si­bi­li­té selon lui pour un Etat dans le contexte d’é­co­no­mie de mar­ché de créer autant qu’il le sou­haite de l’argent… je com­prends cer­taines choses mais cer­tains points m’échappent_bien que j’ai l’im­pres­sion qu’une meilleure com­pré­hen­sion de ce nerf de la guerre et de cette néces­si­té au quo­ti­dien qu’est l’argent nous aide­rait à mieux envi­sa­ger le futur et ce pas­sage et tout ce bien-fon­dé de vou­loir une Consti­tuante et une Démo­cra­tie enfin digne de ce nom.

    Je ne repren­drai pas ici les pas­sages qui me posent ques­tions (pro­blème) car vous en avez cer­tai­ne­ment débat­tus ici et quel­qu’un pour­ra très aisé­ment nous expli­quer tout ça, mais nous ne lâche­rons pas le mor­ceau (^^) car il est impé­ra­tif de faire ce lien entre le dis­cours éco­no­miste révo­lu­tion­naire et ces pro­pos, ce point de vue d’O­li­vier DELAMARCHE.

    Mer­ci

    Réponse
  86. EFFAB

    _

    « l’his­toire comme arme (extrait – @0)

    Col­bert fait mieux : il dresse le pro­cès des oli­garques. Des clans entiers d’affairistes, 494 d’entre eux, sont déman­te­lés, pour­sui­vis, leurs biens adju­gés, eux qui vivaient sur l’impôt comme des para­sites. Il faut mesu­rer le choc, à l’époque, la peur qui règne chez les nan­tis : comme si, en 2013, d’un coup, les gros action­naires d’EADS, de Veo­lia, de Das­sault, etc., ces sang­sues accro­chées à la socié­té, étaient empri­son­nés, spoliés.

    Louis XVI rompt avec cette cou­tume : à l’audacieux abbé Ter­ray, qui s’inscrivait dans une lignée, il pré­fère le spé­cu­la­teur Jacques Necker, un genre de « Gold­man Sachs boy », le chou­chou de la bour­geoi­sie. Bien mal lui en prit : la crise de la dette, aggra­vée, condui­ra tout droit à la Révo­lu­tion, et le roi à l’échafaud. »

    _

    Excellent, c’est comme cela que j’en­vi­sage les choses dans ma petite tête et le bon sens, et ce sen­ti­ment de jus­tice qui l’accompagnent.

    Que les choses soient bien clair, lors de cette pas­sa­tion de pou­voir, pas de demi-mesures, pas de conci­lia­tions, tout ce qui fut entu­bage et spo­lia­tion, dettes impies et plus-values exces­sives ne rece­vra aucun contre-rem­bour­se­ment, bien au contraire, cela sera com­pa­tible de pour­suites et d’at­teintes au bien public comme au res­pect de l’hu­main et du vivant : la pro­prié­té a ses limites et la spé­cu­la­tion aucun droit de cité !

    Réponse
  87. EFFAB

    _

    « l’his­toire comme arme (extrait – @0)suite

    Com­ment Mira­beau, dès lors, à l’Assemblée natio­nale, envi­sage-t-il de le com­bler, « ce gouffre effroyable » ? « Eh bien ! Voi­ci la liste des pro­prié­taires fran­çais. Choi­sis­sez par­mi les plus riches ; car ne faut-il pas qu’un petit nombre périsse pour sau­ver la masse du peuple ? Allons ! Ces deux mille notables pos­sèdent de quoi com­bler le défi­cit. Rame­nez l’ordre dans les finances, la paix et la pros­pé­ri­té dans le royaume. Frap­pez, immo­lez sans pitié ces tristes vic­times. » C’est mieux que du Besan­ce­not ! La CGT n’oserait pas signer pareil pamphlet !

    Fina­le­ment, en cette année 1789, à la place de « deux mille », un seul pro­prié­taire suf­fi­ra : le patri­moine de l’Église sera confisqué.

    Et com­ment Tal­ley­rand, évêque lui-même, jus­ti­fie-t-il cette mesure extra­or­di­naire ? « Le cler­gé n’est pas un pro­prié­taire à l’ins­tar des autres pro­prié­taires, puisque les biens dont il jouit et dont il peut dis­po­ser ont été don­nés non pour l’in­té­rêt des per­sonnes, mais pour le ser­vice des fonc­tions. » À notre tour, qui pour­rions-nous expro­prier – et sous quels motifs ? Sont-elles bien légi­times, au fond, les for­tunes accu­mu­lées par cette classe d’inspecteurs des finances, Minc, Mes­sier, Naou­ri, qui ont tout pri­va­ti­sé, tout libé­ra­li­sé, avant de pas­ser au pri­vé et de ramas­ser la mise ? Sont-ils bien légi­times, les tas d’or amon­ce­lés par les PDG des socié­tés d’autoroutes, de télé­vi­sion, de dis­tri­bu­tion d’eau, de gaz, d’électricité – qui ne doivent leurs pré­bendes qu’à leur conni­vence avec les diri­geants politiques ? »

    _

    Je ne vais pas citer tout ce topic mais com­bien d’é­vi­dences, de véri­tés et de pos­si­bi­li­tés conte­nues ici… on com­prend mieux pour­quoi la monar­chie et l’E­glise sont ain­si mon­tré du doigt et accu­sées de bien des mots… on com­prend sur­tout que ces pri­va­ti­sa­tions sont sur­tout l’une des plus belles enfu­mis­te­ries qu’on nous ait ven­due, au propre comme au figu­ré et plaise à des Atta­li, des Hol­lande et des Rock­fel­ler de pou­voir culti­ver leur petit bout de jar­din demain, ce plai­sir des choses simples et ce temps de libre à consa­crer à la médi­ta­tion et à la rémis­sion de leurs péchés, si je puis dire, douce conso­la­tion et paix ines­ti­mable com­pa­rées à toutes les injus­tices et les vio­lences dont ils sont en grande par­tie coupables.

    Déso­lé… il faut que ça sorte, il faut que ça se fasse

    Réponse
  88. EFFAB

    @94

    (extraits)

    La réfé­rence appuyée au lexique des mobi­li­sa­tions anti­fas­cistes de l’Entre-deux-guerres n’est ici que le paravent facile d’une asso­cia­tion dépour­vue de but poli­tique et pri­son­nière d’une idéo­lo­gie scien­tiste de sub­sti­tu­tion. Der­rière la fra­cas­sante dénon­cia­tion de la « vague brune », il y a le vide.

    Si enfin pour les his­to­riens de « gauche » il est si néfaste d’écrire une his­toire de France enga­gée, on peut se deman­der pour­quoi la récente dis­pa­ri­tion d’Howard Zinn, auteur mili­tant (si sou­vent iso­lé) d’une His­toire popu­laire des États-Unis, a reçu un écho si sen­sible en France15. Que nous raconte en effet le livre docu­men­té, ins­truit et intel­li­gent de l’historien amé­ri­cain sinon une his­toire de gauche, qui s’assume comme telle ? A regar­der le suc­cès de librai­rie d’Howard Zinn16 et l’impuissance du CVUH, on ne peut man­quer de poser cette ques­tion simple : pour­quoi la figure vraie de l’intellectuel enga­gé fait-elle aujourd’hui si peur à la gauche fran­çaise ?…

    … peut-être parce qu’il n’existe pas de gauche qui soit ?! au sein des élites et de la repré­sen­ta­tion poli­tique, j’en­tends bien^^

    Réponse
  89. EFFAB
  90. EFFAB

    A médi­ter… entre carottes au second degré et pommes de terre fondamentales

    Réponse

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