Chers amis,
Voici quinze jours que j’ai sur mon bureau (pour penser absolument à vous le signaler) un petit livre épatant, stimulant, amusant, vivifiant :
il s’appelle Vive la banqueroute !, et il est proposé par l’équipe de Fakir : François Ruffin & Cie.

https://www.fakirpresse.info/L‑histoire-comme-arme,573
(Quatrième de couverture)
La dette est à payer. L’austérité, nécessaire. Les réformes, impératives. Cette petite musique, nous la connaissons par coeur. Il suffit de regarder dans notre propre histoire, pourtant, pour découvrir que des alternatives existent. Que les dirigeants de la France ont, au fil des siècles, recouru à d’autres choix que la rigueur : l’impôt, la dévaluation, l’inflation, et surtout la banqueroute.
En dix brefs récits, nous racontons donc comment nos grands hommes, qui ont bâti l’état, qui ont leur statue sur les places de nos villes, ont régulièrement choisi, tout simplement, de ne pas payer rentiers et banquiers. Comment ces rois, ces ministres, furent plus radicaux dans leurs actes que ne le sont aujourd’hui ATTAC ou Jean-Luc Mélenchon dans leurs discours.
C’est Philippe Le Bel, qui fait confisquer la vaisselle des bourgeois, qui dévalue la monnaie, avant de liquider « les banquiers de l’Occident » : les Templiers. C’est François II qui met en place une loterie : seul un créancier sur trois sera remboursé, au hasard ! C’est Sully qui mène « un audit public de la dette », qui écarte les « dettes illégitimes », qui rejette les plaintes des prêteurs. C’est Colbert, qui dresse le procès des oligarques, des clans entiers d’affairistes qui sont démantelés, poursuivis, leurs biens adjugés. C’est l’abbé Terray, ministre des Finances de Louis XV, qui théorise cette saine pratique : « La banqueroute est nécessaire une fois tous les siècles, afin de mettre l’état au pair. »
« Entre 1500 et 1800, la France a répudié ses dettes en huit occasions, notent Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff, ancien chef économiste du FMI.
Comme les rois de France avaient pris l’habitude de mettre à mort les grands créanciers nationaux (une forme ancienne et radicale de “restructuration de la dette”), le peuple avait fini par appeler ces épisodes des “saignées”. » Et notre pays est toujours debout !
J’ai demandé à François qu’il me laisse reproduire ici son introduction (que j’ai bien surlignée et annotée 🙂 ) : vous allez voir, ça décape, et ça donne envie de lire la suite, géniale : contre l’histoire officielle (des possédants), vive les contre-histoires (populaires) !
Encore une pensée émancipatrice, pour nous libérer des usuriers cette fois, pensée libre qu’on n’entendra guère à la télévision aux heures de grande écoute.
=> Donc, à nous et à nous seuls de faire connaître à nos amis, nos collègues, nos voisins, cette issue formidable (testée et approuvée depuis des siècles) à la >crise financière<, solution que les élus-des-usuriers ne sont même pas capables de penser.
Bonne lecture.
Étienne.
L’histoire comme arme
Ce n’est pas comme ça
Yves Calvi, animateur de C dans l’air : « Le
seul enjeu de 2012 ne doit-il pas être la réduction de la dette française et
les moyens proposés pour y arriver ? »
Nicolas Baverez, du Point : « Oui. »
Nicolas Beytout, des Échos : « Si. »
Jean-Pierre Gaillard, de LCI : « Bah oui ! »
Philippe Dessertine, professeur de finance et de gestion, qui signe
régulièrement dans Libération : « Bien sûr… C’est bien tout
le problème. »
Yves Calvi : « Tout le monde est d’accord ? »
Nicolas Baverez : « Il n’y a pas d’alternative au désendettement de
l’État. »
(France 5, 14 septembre
2011).
Cette petite musique, nous la
connaissons par cœur.
La dette est à payer.
L’austérité, nécessaire.
Les réformes, impératives.
Sur tous ces points « il ne devrait pas y avoir de débat », prévient le
Cercle des économistes. Qui ajoute : « la rigueur n’est pas un
choix », « la priorité, c’est de réduire la dépense, et ce de manière
enfin radicale ». La crise est « l’occasion de renoncer aux illusions
sur l’État protecteur et de faire enfin le pari audacieux en faveur du
marché ».
Tout ce fatalisme, là réside leur
habileté, se déguise en « leçon de
réalisme ». Ainsi pédagogise, chaque matin, « l’édito-éco » sur ma radio, France
Inter :face aux « chiffres durs de la
réalité économique », face
aux « principes de réalité »
qui « s’imposent à tous », aux ministres socialistes, aux ouvriers de
Peugeot-Aulnay, aux sidérurgistes de Florange, face à « une
réalité économique incontournable », nous
devons renoncer. Sans quoi nous voilà rejetés parmi les ir-réalistes, autant
dire les rêveurs, les utopistes, les démagogues.
Même lorsque,
à la télévision cette fois, Nicolas Beytout présente une œuvre d’éco-fiction,
fantasmant notre pays en 2017, en faillite évidemment, avec un État « encadré dorénavant par le FMI et l’Union
européenne », qui « ne pourra plus payer les retraites, les salaires
de ses fonctionnaires, les remboursements médicaux », qui « devra
aussi vendre des hôpitaux, des universités, des écoles », au nom de quoi
nous livre-t-il ses prophéties catastrophistes ? Pour « mieux
interpeller sur la réalité économique de la France d’aujourd’hui », bien
sûr. Car « la France vit au-dessus de ses moyens », cela va de soi.
« Regardons
la réalité en face », répètent-ils.
Tel un
miroir, le réel ne renvoie plus qu’au réel.
La
pensée en devient interdite, face à cette réalité posée là, comme un gros
bloc solide, qu’il serait impossible de modeler, de transformer, de bouger, de
contourner, de briser. Ne reste plus qu’à l’accepter et se taire.
Jusqu’au
« c’est comme ça » final, suprême tautologie : qu’on le
prononce, et ils ont gagné. Que de découragement, que de démission, elle
contient, cette expression passe-partout, « c’est comme ça », que de
renoncement à la lutte, au changement, au progrès, « c’est comme
ça », combien on les devine, les épaules baissées, le dos voûté, la voix
désemparée « c’est comme ça », l’espoir évanoui, l’avenir rétréci,
les lendemains qui ressemblent au présent, mais en pire.
Eh bien
non, ça n’est pas comme ça.
Qu’on
regarde la réalité ailleurs, en Équateur, en Islande, en Argentine, et c’est
autrement, pas forcément le paradis mais autrement.
Qu’on
regarde la réalité au passé, et il en existe « des alternatives au
désendettement de l’État ».
Ce qui
est n’a pas toujours été.
Et
pourrait donc bien, demain, ne plus être.
L’histoire
est une arme contre ces perroquets.
Une tradition
« La banqueroute est
nécessaire une fois tous les siècles, afin de mettre l’État au pair. » Qui
théorise cette saine gestion ? Un fantaisiste ? Un
pamphlétaire ? Pas du tout : l’abbé Terray, qui exerçait comme contrôleur
général des finances de Louis XV. Qu’on imagine alors ses homologues
contemporains, un Pierre Moscovici, un François Baroin, un ministre de
l’Economie s’exprimant avec pareille audace !
À relire notre histoire de
France sous cette lumière, on éprouve comme une jouissance anachronique à cette
habitude qu’avaient prise les monarques de régler leurs comptes, pour de bon,
aux créanciers…
Philippe le Bel ne chipote
pas : il chasse d’abord ses créanciers du royaume avant de saisir, de
condamner, de brûler « les banquiers de l’Occident »… plus radical
dans ses actes que Jean-Luc Mélenchon dans ses discours !
Quand le « sieur
Barbeite », conseiller du roi, recommande qu’on en revienne au
« franc fort » et qu’à cause de lui les loyers triplent dans la
capitale, on se le représente volontiers sous les traits de Jacques Attali,
conseiller spécial de François Mitterrand, persuadant le prince moderne
d’accrocher le franc au mark, de ne pas quitter le Système monétaire européen
et de désindexer les salaires. Et c’est donc chez Jacques Attali que se
déroulerait l’émeute, ouvriers et artisans au rendez-vous, saccageant sa
résidence, buvant son vin, cassant ses meubles.
S’avance Henri II, qui
emprunte des deniers à s’en faire péter le gosier, qui renverse le « too
big to fail » d’aujourd’hui : c’est son royaume de France qui
apparaît alors, aux yeux des financiers,« trop gros pour faire
faillite », et eux lui prêtent donc par millions, par crainte de tout
perdre. Qu’importent, pour ce souverain, les « générations
futures » : qu’elles se débrouillent après lui avec
l’endettement public.
Son fils met en place une
loterie : seul un rentier sur trois, tiré au sort, sera
dédommagé ! C’est une « alternative », ça, non ? Et si on
montait un loto géant, un Euromillions qui permettrait aux Grecs, aux Espagnols
aux Portugais, aux Chypriotes, de ne payer leurs créances qu’au hasard ?
Arrive l’honnête Sully : dès
son entrée au ministère, lui mène « un audit de la dette » comme en
rêvent aujourd’hui Attac ou le CADTM. Et le compagnon d’Henri IV écarte
les« dettes illégitimes », opère une banqueroute, rejette les
plaintes des prêteurs. La trésorerie est ainsi assainie, et il peut lancer un
plan de grands travaux digne du New Deal.
Colbert fait
mieux : il dresse le procès des oligarques. Des clans entiers
d’affairistes, 494 d’entre eux, sont démantelés, poursuivis, leurs biens
adjugés, eux qui vivaient sur l’impôt comme des parasites. Il faut mesurer le
choc, à l’époque, la peur qui règne chez les nantis : comme si, en
2013, d’un coup, les gros actionnaires d’EADS, de Veolia, de Dassault, etc.,
ces sangsues accrochées à la société, étaient emprisonnés, spoliés.
Louis XVI rompt avec cette
coutume : à l’audacieux abbé Terray, qui s’inscrivait dans une
lignée, il préfère le spéculateur Jacques Necker, un genre de « Goldman
Sachs boy », le chouchou de la bourgeoisie. Bien mal lui en
prit : la crise de la dette, aggravée, conduira tout droit à la
Révolution, et le roi à l’échafaud.
Comment Mirabeau, dès lors, à
l’Assemblée nationale, envisage-t-il de le combler, « ce gouffre
effroyable » ? « Eh bien ! Voici la liste des propriétaires
français. Choisissez parmi les plus riches ; car ne faut-il pas qu’un
petit nombre périsse pour sauver la masse du peuple ? Allons ! Ces
deux mille notables possèdent de quoi combler le déficit. Ramenez l’ordre dans
les finances, la paix et la prospérité dans le royaume. Frappez, immolez sans
pitié ces tristes victimes. » C’est mieux que du Besancenot ! La CGT
n’oserait pas signer pareil pamphlet !
Finalement, en cette année
1789, à la place de « deux mille », un seul propriétaire
suffira : le patrimoine de l’Église sera confisqué.
Et comment Talleyrand, évêque
lui-même, justifie-t-il cette mesure extraordinaire ? « Le
clergé n’est pas un propriétaire à l’instar des autres propriétaires, puisque
les biens dont il jouit et dont il peut disposer ont été donnés non pour
l’intérêt des personnes, mais pour le service des fonctions. » À notre
tour, qui pourrions-nous exproprier – et sous quels motifs ?
Sont-elles bien légitimes, au fond, les fortunes accumulées par cette classe
d’inspecteurs des finances, Minc, Messier, Naouri, qui ont tout privatisé, tout
libéralisé, avant de passer au privé et de ramasser la mise ? Sont-ils
bien légitimes, les tas d’or amoncelés par les PDG des sociétés d’autoroutes,
de télévision, de distribution d’eau, de gaz, d’électricité – qui ne doivent
leurs prébendes qu’à leur connivence avec les dirigeants politiques ?
L’histoire est insoumise.
C’est elle, par ses
convulsions, par ses solutions hardies, qui nous enseigne la dissidence, voire
la violence, c’est elle qui se braque contre les aboyeurs de la rigueur, contre
les caniches du « il n’y a pas d’alternative », contre ces intellos
toutous postés dans les écrans de télé comme les vigiles dans le sas des
banques, protecteurs des coffres-forts, préférant ne plus penser.
Car qui les a prises, au fil
des siècles, ces mesures brutales ? Pas des extrémistes, non. Et il y a
certes de la facétie à les avoir pour héros, ces Sully, ces Colbert, ces
Talleyrand, ces Raymond Poincaré même, tous ces personnages, ambigus, plutôt
conservateurs, qui ont leur place dans les manuels scolaires et leurs statues
au carrefour de nos villes.
Et l’on ne se berce pas d’illusions : ces
banqueroutes, eux ne les ont pas menées pour le bien du peuple, qu’ils visaient
rarement. Au mieux, pour la grandeur du royaume, pour le service de la France.
Au pire, pour un mariage royal, pour un palais ruineux, et, le plus souvent
pour des guerres incessantes.
Même : dans les
faillites qu’ils déclaraient, l’injustice était de mise. Le spéculateur proche
du prince, les plus puissants financiers, échappaient bien souvent aux
sanctions et rétablissaient vite leurs positions.
Mais ainsi ont-ils construit
l’État, ces grands hommes officiels : entre autres, par des
banqueroutes régulières. Par la spoliation des rentiers. Par
l’annulation calculée des dettes.
Voilà une autre « leçon
de réalisme » à retenir.
Le
vrai terme
« Le vrai terme, c’est pas
“banqueroute”, m’interpelle un ingénieur lors d’un débat à la gauche du PS.
C’est “défaut de paiement souverain”, en anglais sovereign payment default,
et ça veut dire que, là, contrairement à la banqueroute, l’État contrôle, il
décide de payer telle dette et pas telle autre. »
J’ai regardé dans Le Petit
Robert, tout bêtement.
À « défaut », j’ai
trouvé des définitions sur le « manque », l’
« insuffisance », l’ « imperfection physique, morale »,
etc., mais rien qui concernait les dettes.
À « banqueroute »,
en revanche, c’était plus clair : « Défaillance d’un État qui
n’exécute pas les contrats d’emprunts qu’il a conclus, viole ses engagements à
l’égard des créanciers de la dette publique. »
Pourquoi, alors, chez ce
militant – et plus généralement dans les milieux militants – remplacer un mot
connu, installé dans les dictionnaires, par une expression nouvelle, complexe,
imbitable, comme si la situation l’était, nouvelle ?
C’est qu’on singe
l’adversaire, d’abord. À l’expertise répond la contre-expertise sur le même
terrain, avec le même langage bourré d’anglicismes, empli de chiffres, avec les
mêmes armes « technicistes ».
Alors que le choix est
d’évidence politique : doit-on respecter nos « engagements à l’égard
des créanciers » ? Ou avons-nous des engagements plus sacrés, à
l’égard des trois millions de chômeurs, par exemple, avec le « droit
d’obtenir un emploi » inscrit dans le préambule de notre Constitution ?
Des engagements à l’égard des malades, avec le droit à « la santé, au bien-être, notamment pour l’alimentation,
l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services
sociaux nécessaires », comme le
mentionne la Déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen ?
Des engagements à l’égard des enfants, avec le droit à « une éducation qui contribue à sa
culture générale et lui permette, dans des conditions d’égalité de chances, de
développer ses facultés, son jugement personnel et son sens des responsabilités
morales et sociales », tels qu’établis dans la Déclaration des droits de
l’enfant ? Et si le service de la dette obère trop le budget de la nation,
si c’est toute une population qui en souffre, dans ses entreprises, ses
hôpitaux, ses écoles, la priorité est-elle encore d’« exécuter les
contrats d’emprunts que l’État a conclus » ? Place-t-on notre sens de
la morale, de l’honneur, dans cette déférence envers les créanciers ?
La question se
pose en ces termes simples, que les « défauts
de paiement souverain » embrouillent.
Ces « sovereign
payment default », et autres jargons de la City, occultent également
une longue tradition française : la« banqueroute ».
« Entre
1500 et 1800, la France a
répudié ses dettes en huit occasions, notent Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff.
Comme les rois de France avaient pris l’habitude de mettre à mort les grands créanciers
nationaux (une forme ancienne et radicale de restructuration de la dette), le
peuple avait fini par appeler ces épisodes des “saignées”. » Et le pays est
toujours debout !
Ces deux
économistes, dont un ancien chief economist du FMI, dédramatisent
d’ailleurs : « Une
faillite d’État est finalement assez banale et l’on sait comment gérer le
problème d’une restructuration. » Eux en dénombrent « au moins 250 entre 1800 et 2009 ». Et
surtout, d’après leurs statistiques, les économies se relèvent assez vite d’une
cessation de paiement « sur la dette extérieure » : trois
ans après la crise, il n’y paraît plus. Le recul du PIB est effacé. Mais pas le
recul dans la fortune des créanciers…
« Un
rentier est non seulement inutile à la république, mais il lui est à charge,
parce que sa subsistance est prise sur l’industrie des autres sujets,
proclamait Ange Goudar, littérateur et aventurier, en 1756, dans Les
Intérêts de la France mal entendus. Le remède unique est d’abolir ces
rentes, dont l’effet tend à augmenter le nombre de gens oisifs, et à diminuer
considérablement la culture des terres. Ce n’est point à nous à en indiquer les
moyens ; ils doivent naître de la nécessité politique de l’abolition. Sans
doute qu’on les trouvera impraticables si on n’envisage que les intérêts des
particuliers ; mais la difficulté disparaîtra à mesure que l’on envisagera
la mesure du côté du bien général. » Voilà qui résonnait comme un écho à
Colbert, déclarant qu’ « il n’y a pas
de bien plus inutile à un État, ni qui lui soit plus à charge que les
rentes ».
Cette
tradition politique, et intellectuelle presque, cet irrespect à l’endroit de l’argent
et de ses possédants, les contestataires pourraient s’en saisir, s’ils ne l’ignoraient
pas. S’ils ne l’altéraient pas : dans nos banqueroutes également,« l’État contrôle, il décide de payer telle dette et pas
telle autre, etc. » Aucune des faillites que
nous avons étudiées – et il en est des dizaines d’autres, plus mineures – n’est
totale, toutes sont partielles (et partiales).
Le seul enjeu
Samedi 28 janvier 2012. Ils sont venus, ils sont tous là : à Davos,
dans la station de luxe suisse. Et tous pour entonner le même refrain : « Une
avancée sur le problème de la dette nécessite une discipline budgétaire ainsi
qu’une déréglementation du marché du travail », déclare la chancelière
allemande Angela Merkel.
« Angela Merkel et moi
avons discuté ensemble sur le sujet de la déréglementation, poursuit le Premier
ministre britannique David Cameron, et nous ferons des propositions lors des
prochains sommets européens. Il y a trop de bureaucratie superflue en Europe,
comme par exemple cette directive sur le temps de travail. »
Et Mario Draghi, le président
de la Banque centrale européenne, de se féliciter des « réformes
structurelles engagées » et de réclamer « davantage de réformes
structurelles » : sur« le marché du travail », « les
retraites », « la discipline budgétaire », etc.
Dimanche 29 janvier. À midi, le journaliste Stéphane Paoli lance cette
tirade sur France Inter : « La question, elle est très intéressante
et très complexe, avons-nous d’autre choix ? Je veux dire, avons-nous
d’autre choix qu’une certaine forme de rigueur ? Une certaine forme de
retour, un, au réel, arrêter de croire à des choses qui n’existent pas, et deux,
de rigueur dans la gestion au quotidien ? Est-ce qu’on peut encore
échapper à ça ? Comme si la croissance ne passait pas aussi par une
certaine forme de rigueur, comme si on ne pouvait pas concilier les deux ? »
Le soir même, sur huit
chaînes, le chef de l’État allait citer en exemple, à trente reprises,
« l’Allemagne », « le modèle allemand », etc.
Lundi 30 janvier. Les dirigeants de 26 pays européens – tous sauf le
Royaume-Uni – se réunissent à Bruxelles pour adopter le Traité sur la
stabilité, la coordination et la gouvernance dans l’Union économique et
monétaire. Ce texte ne contenait que du banal : la réaffirmation – et
le renforcement – des critères de Maastricht, avec des « parties
contractantes CONSCIENTES de la nécessité de s’assurer que leur déficit reste
inférieur à 3 % », optant pour « une politique économique favorisant
la croissance grâce à la convergence et à la compétitivité », etc. Du neuf
avec du très vieux.
Trois journées presque
ordinaires.
Et l’on peut alors répondre à
la question d’Yves Calvi, citée plus haut : quel est« le seul
enjeu », en vérité, aujourd’hui, pour les dominants ?
Que la crise en cours ne
vienne pas saper les dogmes. Que demeurent « gravés dans le marbre » de
Bruxelles « la concurrence libre et non faussée », « la libre
circulation des capitaux et des marchandises », « l’indépendance de
la Banque centrale européenne ». Que les traités garantissent « une
assurance-vie contre le retour à l’expérience socialiste », tel que le
souhaitait le libéral Alain Madelin, mais aussi, au fond, contre toute
expérience. Que l’on fige le présent. Qu’il n’y ait pas d’alternative. Que soit
fermé le champ des possibles.
Quel serait « le
seul enjeu », dès lors, aujourd’hui pour nous ? Rouvrir l’imaginaire
économique, d’abord. Avec, par exemple, pour les banques, la socialisation du
crédit. Avec, pour le commerce, un recours à des barrières douanières. Avec,
pour les dettes, en cas de nécessité, la banqueroute.
Les soubresauts qui ébranlent
l’Europe pourraient bien, sous peu, secouer la France. Mieux vaudrait alors que
les esprits soient armés, prêts à des décisions audacieuses, plutôt que
d’accepter, tels des moutons, une éternité de tontes et de sacrifices.
L’HISTOIRE DU PROJET
Au printemps 2012, Fakir a publié un quatre pages intitulé « Qu’on leur coupe la dette », en partenariat avec ATTAC, où étaient brièvement mentionnés les cas de Philippe Le Bel, de Fouquet, et de la Révolution française. Dans la foulée, on a reçu un courriel de Thomas Morel, doctorant en histoire des sciences, qui avait « creusé en détail un épisode particulier : l’emprunt du Grand Parti de Lyon, en 1555 où la France emprunte alors des sommes monstrueuses, qu’elle ne remboursera bien sûr jamais, et du coup comment l’État gère la banqueroute de 1557 (banqueroute européenne provoquée par… l’Espagne évidemment). »
L’article était intéressant, mais manquait de chair, rédigé façon disserte d’agrégation. Et ça aurait fait bizarre que, d’un coup, comme ça, notre journal s’intéresse à cette seule crise, isolée, au milieu du XVIe siècle. Pourquoi celle-là et pas une autre ? On a adressé ces deux réserves à Thomas. Qui, en retour, nous a livré l’inventaire des banqueroutes qu’il avait repérées dans l’Histoire de France. Ça mettait en appétit. Notre petite équipe s’est donc réparti les périodes. À Florent Martel, dit Ptitatou (en master de science politique, devenu apprenti menuisier, 25 ans), Sully. À Arnaud Théry (Monsieur Vidéo de Fakir, 23 ans), Colbert. À Catherine Mounié (enseignante en histoire, croisée à la Fête de l’Huma, 30 ans), Law. À Thomas Dupeux (infirmier au chômage, 23 ans), Raymond Poincaré. À Yannick Martel (en master de socio, 25 ans), 1848. À Antoine Dumini (qui passe le Capes d’éco, 25 ans), l’épisode Law et l’après-guerre. À Thomas Morel (26 ans), Henri II, Louis XV, la Révolution. À François Ruffin (reporter, 37 ans), Philippe Le Bel et la Fronde — ainsi que la coordination et la réécriture de l’ensemble.
Ce groupe est jeune. Au vu de sa composition et de sa diversité, on le devine : il n’a guère de prétention scientifique. Pour la plupart des auteurs, c’était bien la première fois qu’ils effectuaient des recherches historiques. Tant mieux. Ça dit quelque chose, peut-être, quant à une volonté de se réapproprier notre histoire, notre destin commun – face à des « experts », économiques notamment, qui, avec leur science, cherchent à nous en déposséder. Cette absence de spécialistes n’interdit pas, cependant, un travail sérieux. Pour chaque chapitre, plusieurs ouvrages ont été lus, croisés – notamment des biographies. Des erreurs, des mauvaises interprétations se sont sans doute glissées dans ces pages, et si des lecteurs nous les signalent, dans une prochaine édition – que nous espérons -, nous les corrigerons avec humilité. Sans que le sens politique de notre essai en soit altéré.
On l’a noté : un chapitre était prévu sur 1848. Nous avons dû y renoncer pour une raison simple : les révolutionnaires d’alors, d’après les recoupements effectués par Yannick, se sont montrés extrêmement timides face à la dette, n’ont pris aucune mesure sérieuse contre les financiers et se sont abstenus de toute banqueroute, même partielle. Dès lors, cette première brochure collective en appelle sans doute une seconde. Sur la timidité à travers l’histoire, voire la complaisance, de la gauche face à la finance : des ambiguïtés de 1789 à l’apathie du Cartel, en 1924, en passant par 1848 donc, mais aussi les communards et la Banque de France, jusqu’à François Mitterrand„ Lionel Jospin et François Hollande, évidemment. On va se remettre au travail.
Sommaire :
Prologue
L’histoire comme arme
1 – PHILIPPE LE BEL (1307)
Brûler « les banquiers de l’Occident »
2 – HENRI II (1557)
Le Royaume de France, too big to fail
3 – SULLY (1598)
Un audit public des dettes
4 – MAZARIN (1648)
La bataille des rentiers
5 – COLBERT (1661)
Le procès des oligarques
6 – LE DUC D’ORLÉANS (1720)
La Saint-Barthélémy du papier
7 – LABBÉ TERRAY (1774)
La réforme manquée
8 – CAMBON (1794)
La Révolution à crédit
9 – POINCARÉ (1927)
La banqueroute tranquille 91
10 ‑DE GAULLE (1945)
Vive l’inflation !
Entretien avec Frédéric Lordon
L’irréalisme, c’est eux !
Donc, pour un prix qui fait rire, c’est un concentré d’idées géniales, qui pourrait être d’un grand usage pour tous nos >journalistes< (de banque) qui sont tous les jours en panne d’inspiration pour nous sortir du pétrin (à part se-priver-de-tout-pour-payer-la-dette-aux-nababs-négriers).
En bonus, deux chouettes vidéos liées au livre :
https://vimeo.com/66799517

Ruffin:« je ne suis pas économiste »
Lui au moins a me mérite de s’en rendre compte.
L’escroquerie consiste d’abord à comparer les banquiers d’hier (personnes physiques) aux banquiers d’aujourd’hui (personne morale). aujourd’hui, c’est la population française qu’on ramassera à la petite cuillère.
Lordon:« ya que ça »
Le voilà qui tombe dans le travers dénoncé par Ruffin…
Et bien non, il y a autre chose :
Réduire la dépense étatique, couler les banques mal gérées en sauvant les comptes des déposants par la créations de billets dans l’exacte mesure du trou de leurs dépôts.
Fractionner les grosses banques en petites banques à responsabilité illimitée, interdire à l’état d’emprunter sauf accord de 2⁄3 du parlement.
Lordon:« le precedent islandais »
L’Islande n’a pas fait défaut, elle a refuser de ponctionner les contribuable pour palier à des banques en faillite. faut arreter de mentir a ses auditeurs Philippe…
Nous ne sommes plus dans une période où la monnaie était d’une certaine manière liée à l’or dont on pouvait disposer.
Ont-ils seulement réfléchi que pour environ 60% de la dette ce sont les PETITS retraités (simplement parce que leurs retraites sont placées en assurance-vie par les caisses de retraite et fonds de pension qui vont morfler ? … les fonctionnaires y échapperaient par exemple : quelle injustice !
Sans doute vaudrait-il mieux décréter l’interdiction successorale et la revente des titres de dette et payer aux détenteurs les intérêts jusqu’à leur décès.
Je ne suis pas pour la banqueroute en ce qui concerne les personnes physiques mais cette dette peut tout à fait être « roulée » et la monnaie nécessaire émise à chaque échéance par la banque de France au lieu de faire appel aux marchés pour la renouveler.
C’est quoi cette « idée » de Patrick (message 1), je ne comprends pas trop : « en sauvant les comptes des déposants par la créations de billets dans l’exacte mesure du trou de leurs dépôts. » ? LOL
L’Etat peut « sauver les comptes des déposants » simplement en les garantissant en totalité, contrairement à ce qu’il est en train de faire actuellement en limitant cette garantie (et encore ?) à 100000 €.
A noter aussi que l’Etat n’a pas à emprunter mais il a à créer (surtout pas sous forme de dette remboursable) la monnaie nécessaire à son bénéfice pour des investissements collectifs car ainsi cette monnaie va diffuser dans toute l’économie (et surtout en période de récession comme nous la vivons)
😉 Ils ont oublié Jacques Coeur 😉
Plus riche est le créancier du Prince, plus dure serait la chute ?
AJH
Le fait d’avoir mélangé les créanciers modestes avec ceux qui ne le sont pas complique en effet les choses. Et cela fait certainement l’affaire des gros qui sont à l’abris derrière les petits. Mais il doit bien y avoir moyen de trier. Passer par exemple pour la France de 1800 milliards de dette à la moitié ne serait pas désagréable au citoyen.
Il est clair également que le quasi abandon de la création monétaire fut une sacrée entourloupe et qu’abolir ce cadeau cosmique fait aux dominants aiderait bel et bien à résoudre nos soucis.
Mais Yves Calvi invoquera l’inflation 😉
Maître mot des chiens de garde à opposer à toute idée émancipatrice.
Au sujet de la dette, Eric Toussaint avait proposé cette piste de la reconnaissance de son caractère illégitime dans un article qu’on peut encore lire ici :
http://www.elcorreo.eu.org/Appliquer-la-doctrine-de-la-dette
Voici un extrait :
« Il s ’agit d’élargir le champ d’application de la doctrine de la dette odieuse aux dettes contractées à l’égard des Institutions de Bretton Woods (le FMI, la Banque mondiale et les autres membres du groupe : Banque Africaine de Développement et ses homologues d’Amérique latine et d’Asie).
De quoi s’agit-il ? Le FMI et la Banque mondiale (= créanciers multilatéraux) détiennent environ 450 milliards de dollars de créances sur les pays endettés et une grande partie de ces dettes entre dans la catégorie des dettes odieuses. »
(…)
»Les dettes multilatérales contractées par des régimes légaux et légitimes à condition d’appliquer des politiques d’ajustement structurels préjudiciables aux populations (la démonstration du caractère préjudiciable de celle-ci a été faite par de nombreux auteurs et organismes internationaux ‑notamment des organes de l’ONU-) sont également odieuses.
Le fait que pendant vingt ans, la Banque mondiale et le FMI ont, contre vents et marées, défini et imposé des conditionnalités qui se sont avérées catastrophiques au niveau de la garantie des droits fondamentaux des êtres humains, constitue un dol à l’égard des emprunteurs et de leurs populations. Le contrat d’ emprunt en question est frappé de nullité. Les lettres d’intention que les autorités des pays endettés sont obligées d’envoyer, bien souvent sous leur dictée, au FMI et à la Banque mondiale constituent un artifice construit par ces institutions afin d’être disculpées face à d’éventuelles poursuites judiciaires. Cet artifice est nul. Un individu NE peut PAS accepter d’être réduit en esclavage : le contrat par lequel il aurait renoncé à sa liberté n’a strictement aucune valeur légale. Il en va de même pour la lettre d’intention signée par un gouvernement. Dans la mesure où elle annihile l’exercice de la souveraineté d’un Etat, cette lettre est nulle. Les institutions de Bretton Woods ne peuvent pas utiliser la lettre d’intention pour se disculper. Elles restent pleinement responsables des torts causés aux populations via l’application des conditionnalités qu’elles imposent (l’ajustement structurel, aujourd’hui rebaptisé Cadre Stratégique de lutte contre la pauvreté). »
La monnaie est le moyen des échanges d’une communauté. Ceux qui tésorisent créent l’inflation. Ils devraient remettre leur trop plein à la communauté qui assure leur sécurité et leur bien être.
Le système financier actuel fait qu’ils en gardent la propriété en le prêtant et qu’ils reçoivent en surplus des intérêts, ce qui accroît davantage l’inflation.
N’oublions pas que c’est l’auteur du « Manifeste Pour Briser Les Chaînes de L’Usure » qui a décidé Hitler à faire de la politique.
@ Patrick
L’austérité impacte de plein fouet l’économie réelle. Les recettes fiscales se contractent plus vite que la réduction des dépenses budgétaires. Du coup ça ne fonctionne pas en plus d’aggraver les conditions économiques et la précarité de nos concitoyens.
Il suffit à l’état de garantir les dépôts. La création de monnaie papier n’est pas nécessaire pour cela.
Il faut nationaliser pour faire ça.
Si tu es contre le fait de faire défaut, c’est exactement le genre de mesure qui risque de te forcer à le faire.
Spéciale dédicace pour nos antifas infiltrés jusqu’au trognon, puristes épurateurs qui défendent les guerres de l’OTAN, l’impérialisme amerloque et qui s’attaquent aux Michel Collon, Etienne Chouard, le Grand Soir, Maxime Vivas ou Viktor Dedaj (les antifas ont une dent contre Castro et Cuba), tous ceux enfin qu’ils réunissent sous l’étiquette fallacieuse de « complotiste » (c’est-à-dire tous ceux qui ne croient pas dans le complot – on dit plutôt « conjuration » alors – islamiste postulé par Bush en guise d’enquête définitive sur les attentats du 11 septembre) et par exemple Annie Lacroix-Riz :
« On ne sait pas encore suffisamment à l’étranger que le bolchevisme a grandi, s’est constitué et s’est aguerri au cours d’une lutte de longues années contre l’esprit révolutionnaire petit-bourgeois qui frise l’anarchisme ou lui fait quelque emprunt et qui, pour tout ce qui est essentiel, déroge aux conditions et aux nécessités d’une lutte de classe prolétarienne conséquente. Il est un fait théoriquement bien établi pour les marxistes, et entièrement confirmé par l’expérience de toutes les révolutions et de tous les mouvements révolutionnaires d’Europe, – c’est que le petit propriétaire, le petit patron (type social très largement représenté, formant une masse importante dans bien des pays d’Europe) qui, en régime capitaliste, subit une oppression continuelle et, très souvent, une aggravation terriblement forte et rapide de ses conditions d’existence et la ruine, passe facilement à un révolutionnarisme extrême, mais est incapable de faire preuve de fermeté, d’esprit d’organisation, de discipline et de constance. Le petit bourgeois, « pris de rage » devant les horreurs du capitalisme, est un phénomène social propre, comme l’anarchisme, à tous les pays capitalistes. L’instabilité de ce révolutionnarisme, sa stérilité, la propriété qu’il a de se changer rapidement en soumission, en apathie, en vaine fantaisie, et même en engouement « enragé » pour telle ou telle tendance bourgeoise « à la mode », tout cela est de notoriété publique. »
La Maladie infantile du communisme (le « gauchisme »), Lénine (1920)
@A‑J Holbecq
Ce n’est pas mon idée, il semble que ça ait été utilisé dans les pays de l’Est après la chute du mur pour liquider les « banques » soviétiques, mais la doc sur le sujet en anglais est assez faible.
1/Une banque mal gérée entre en cessation de paiement.
2/Les comptes des déposants sont virés temporairement à la banque centrale (ou la banque de France) avec des intérêts négatifs pour les faire chercher une autre banque.
3/La banque mal gérée est liquidée au profit de la banque centrale, les employés et mandataires sociaux peuvent aller chercher ailleurs.
4/les créanciers obligataires de la banque mal gérée en sont pour leurs frais.
L’important pour moi est que la société zombie ne soit pas gardée en demi-vie et gérée par des politiciens encore plus irresponsables que les dirigeants précédents. Que la planche à billet n’est pas aux main des politiciens, que la banque centrale ne crée de billets supplémentaires QUE pour cette occasion.
@Méchant Virus
« L’austérité impacte de plein fouet l’économie réelle. Les recettes fiscales se contractent plus vite que la réduction des dépenses budgétaires. »
Si vous appeler austerité l’augmentation des impots, alors oui l’augmentation des impots tue l’economie et reduit les recettes fiscales au delà du « sommet » de la courbe de Laffer. et ou cette austérité est antilibérale.
« Il suffit à l’état de garantir les dépôts. La création de monnaie papier n’est pas nécessaire pour cela. »
Non la banque doit disparaître.
Il faut nationaliser pour faire ça.
Il faut baisser les impôts des sociétés à responsabilité pleine (banques comprises) et augmenter ceux des banques à risque limité (et de leurs dirigeants) pour que ça se fasse tout seul. Evidemment pour le second point, il ne faut plus que l’état en soit trop dépendant, donc déficit 0%.
« Si tu es contre le fait de faire défaut, c’est exactement le genre de mesure qui risque de te forcer à le faire. »
Pour les nouveaux emprunts, bien sur, pas pour le renouvellement des emprunts de la dette existantes (on est pas forcé d’être idiot). Cela concernera aussi les engagement pluriannuels de l’État (ppp,…) et les garanties apportées à des établissements dont l’État est associé.
@Méchant Virus
Je ne suis pas nécessairement contre un petit défaut tactique.
1/ pour dissuader les investisseurs à trop prêter à une organisation criminelle comme l’état.
2/Je ne considère pas la dette d’État comme légitime, pour moi un état ne doit pas s’endetter puisque les poiticiens ne sont pas responsables sur leurs biens personels de la dette.
3/Vivre par l’usage de la force est deja assez grave. On ne va pas en plus taxer des gens qui ne sont pas encore né ou pas en age de voter.
L’idée de baisser les dépenses de l’état est super nulle. C’est la contraction de PIB assurée. D’ailleurs flamby est fier comme un camion d’expliquer qu’il est le premier a vraiment baisser les dépenses de l’état, du coup, ça y est, on est en récession !
Bien joué !
1‑audit de la dette : tout ce qui est dans les paradis fiscaux on paye pas.
2‑Il faut monétiser, sur plusieurs années pour pas faire exploser l’inflation, ça en fera quand meme un peu ce qui aidera d’autant pour l’allègement. Vu que seul la BCE pour faire ça il faut mettre la pression, on nous le dit jamais mais nous (par la BDF) sommes propriétaires de 14% de la BCE,
http://commons.wikimedia.org/wiki/File:R%C3%A9partition_des_actionnaires_de_la_BCE.png
et si il se braquent on claque la porte, c’est faisable, Sapir détaille ça très bien.
Et le bouquin a l’air génial, le cas Louis XVI devrait alerter nos dirigeants actuels…
Je me demande comment vont réagir le français quand on vas sérieusement leur réduire la gamelle.
Est ce qu’on est devenu des sans cojones ou est ce qu’il nous reste du sang culotte ?
Bonjour à vous tous,pour ceux que cela intéresse il y a un article de « vive la banqueroute » dans le journal Fakir de ce mois-ci (3euros).
De plus, il y a un livre qui va sortir le 25/09/2013 « Dette : 5000 ans d’histoire » de David Graeber ; je met un copié/collé de la présentation du livre : »
Voici un livre capital, best-seller aux États-Unis – plus de 100 000 exemplaires vendus – et en Grande-Bretagne, commis par l’un des intellectuels les plus influents selon le New York Times et initiateur d’Occupy Wall Street à New York.
Un livre qui, remettant en perspective l’histoire de la dette depuis 5 000 ans, renverse magistralement les théories admises. Il démontre que le système de crédit, apparu dès les premières sociétés agraires, précède de loin l’invention des pièces de monnaie. Quant au troc, il n’a toujours été qu’un pis-aller et ne s’est réellement développé que dans des situations particulières ou de crise. La dette a donc toujours structuré nos économies, nos rapports sociaux et jusqu’à nos représentations du monde.
David Graeber montre que le vocabulaire des écrits juridiques et religieux de l’Antiquité (des mots comme « culpabilité », « pardon » ou « rédemption ») est issu en grande partie des affrontements antiques sur la dette. Or il fonde jusqu’à nos conceptions les plus fondamentales du bien et du mal, jusqu’à l’idée que nous nous faisons de la liberté. Sans en avoir conscience, nous livrons toujours ces combats…
Selon l’auteur, l’endettement est une construction sociale fondatrice du pouvoir. Si autrefois les débiteurs insolvables ont nourri l’esclavage, aujourd’hui les emprunteurs pauvres – qu’il s’agisse de particuliers des pays riches ou d’États du tiers-monde – sont enchaînés aux systèmes de crédit. « L’histoire montre, explique Graeber, que le meilleur moyen de justifier des relations fondées sur la violence, de les faire passer pour morales, est de les recadrer en termes de dettes – cela crée aussitôt l’illusion que c’est la victime qui commet un méfait. » Trop d’économistes actuels perpétuent cette vieille illusion d’optique, selon laquelle l’opprobre est forcément à jeter sur les débiteurs, jamais sur les créanciers.
Ils oublient aussi une leçon déjà connue de la civilisation mésopotamienne : si l’on veut éviter l’explosion sociale, il faut savoir « effacer les tablettes »…
L’auteur sera présent à Paris pour défendre son livre du 29 septembre au 3 octobre 2013. »
pour le lien de l’ édition : http://www.editionslesliensquiliberent.fr/f/index.php?sp=liv&livre_id=73
Sinon bravo à tous, je lis souvent vos commentaires (même si je poste jamais de commentaire) et je les trouve très bon, continuons de nous échanger les informations 😉
désolé pour le double poste, je précise que je n’ai pas de lien avec la maison d’édition les liens qui libèrent.
Ce qu’aurait dû dénoncer en priorité les antifas, passé comme une lettre à la poste le 22 mai 2012 :
Apologie d’Aube dorée, parti néo-nazi grec, et du « nettoyage social des émigrés » en direct sur une chaîne publique.
Calvi vante le rôle positif de l’aube dorée en… par rikiai
Un pro sioniste qui fait l’apologie sur antenne à grande écoute de la politique néo nazie d’Aube dorée, tout cela me semble parfaitement dans l’ordre des choses.
Dommage que le SCALP-Reflex vient de se dissoudre, car eux, au moins, avaient une position absolument claire à propos du sionisme : c’est une forme de fascisme.
Morpheus
@morpheus
Bonsoir,
ce texte annonçant une dissolution est étonnant et tranche avec le ton habituel de procureur du scalp
http://juralib.noblogs.org/2013/02/14/paris-auto-dissolution-du-scalp-reflex/
Point de vue d’un ancien de l’OCL sur le scalp :
http://www.aredam.net/scalp-reflex-police-renseignement-generaux.html
(Je précise que Michel Dakar est pour le révisionnisme historique de la shoah, c’est pour moi son droit car je m’oppose à la loi liberticide Gayssot – mais si Étienne est gêné par ce lien, il peut le supprimer.)
Scalp-reflex est toujours actif, dans son dernier schéma de l’extrême droite, on voit que la LDJ est dissoute depuis 2003 et l’assimilation sionistes/i.e juifs comme position claire vis-a-dis du sionisme, j’ai vu mieux. Le Réseau Voltaire et Reopen sont qualifiés » indéniablement d’extrême-droite. ». Ces deux organisations n’ont cessé de dénoncer le néoconservatisme étazunien, sorte de fascisme très lié à la machine de guerre US. Cet antifascisme-là doit être reconnu et non diabolisé.
Le scalp s’est lui spécialisé dans le » fascisme français » (la » Rance », la » France qui pue ») avec des outrances comme :
» Étrangers, ne nous laissez pas seuls avec les Français »
Pour avoir feuilleté nombre de revues no pasaran, je peux dire que la propagande est fondamentalement mondialiste ou altéritaire. (si identitaire est l’extrémisme de l’identité et signifie l’amour des français et la haine de l’étranger, altéritaire veut signifier l’extrémisme de l’altérité, cad l’amour des étrangers et la haine des français)
En faisant la chasse aux souverainistes et aux conspirationnistes, le scalp est devenu clairement un chien de garde mais qui peine heureusement à recruter.
L’Offensive Libertaire et Sociale, issue d’une scission du scalp me parait plus honnête, en meilleure santé (une revue, une émission de radio, un site actif) et plus ouverte aux débats, par exemple sur la question épineuse des mouvements de libération nationale :
http://offensive.samizdat.net/spip.php?article721#nb1
Remarque technique : de façon générale, vaut mieux éviter d’utiliser la fonction « citation en ligne », elle ne fonctionne pas et génère une fenêtre sans marge à droite (on doit scroller horizontalement, c’est chiant).
@ Gaudefroy
Le lien vers la page qui dénonce le SCALP-Reflex comme officine sioniste est plus qu’étrange (et douteux).
Sur le blog du SCALP-Reflex, en première page, on trouve notamment ceci :
Vous vous rappelez que depuis 2009, la LDJ a multiplié les agressions contre nos mobilisations. Jusqu’à présent, à quelques rares exceptions, les fanatiques pro-israéliens ont bénéficié d’une impunité inouïe, qui contraste avec la répression dont sont l’objet les militants du boycott d’Israël. Le dernier exemple est la condamnation de Sakina Arnaud par la cour de cassation de Bordeaux : elle avait collé des stickers de la campagne BDS sur des bouteilles de jus de fruits israéliens.
[Un prochain rendez-vous important arrive. *Les mardi 5 et 12 juin après-midi, au Palais de Justice de Paris,* auront lieu des procès opposant des jeunes sympathisants de la cause palestinienne aux membres de la LDJ.
Comme d’habitude, les fanatiques pro-israéliens, soutenus par les officines pro-israéliennes BNCVA et autres SPCJ, veulent nous la faire à l’envers : ils ont porté plainte et se présentent en victimes. Dans les deux cas pourtant, ils sont clairement venus pour casser du « sale arabe ».]
La première affaire jugée remonte aux manifestations de l’hiver 2008–2009. Le 4 janvier 2009 http://agen-nanterre.over-blog.com/article-31071348.html rassemblés devant l’ambassade israélienne à l’appel du CRIF, les fascistes sionistes ont ensuite déboulé à Opéra à une manifestation spontanée contre les massacres israéliens. Là, ils se sont heurtés à des jeunes militants du droit et de la justice. Ils jouent maintenant les victimes et essayent de se faire passer pour de simples passant juifs victimes d’une agression antisémite. Mensonge !
La seconde affaire http://www.ujfp.org/spip.php?article246 s’est déroulée en avril 2009 au métro Rue des Boulets, à proximité du CICP, le soir d’un événement de solidarité organisé par Génération Palestine : les sionistes attendaient les invités à la sortie du métro et en ont agressé plusieurs. Ils prétendront ensuite être venus coller des affiches pour Ilan Halimi et avoir été attaqués par les jeunes militants. Mensonge encore.
Dans les deux cas, la police et la justice semblent intimidées par les pressions sionistes. Dans les deux cas, Hassen, Nizar, Souleymane et les autres inculpés ont besoin de notre solidarité. Ils se sont défendus contre la LDJ, ils nous ont défendu contre les agressions. A nous de les défendre !
(remarque : « LDJ » = ligue de « défense » juive)
Hypothèse : le SCALP-Reflex a été noyauté depuis le début du siècle. La « revue » REFLEXes était à l’origine une revue en kiosque (papier) ; il est possible que le site REFLEXes soit un faux (orchestré par les noyauteurs).
Cette hypothèse expliquerait ces incroyables contradictions.
Morpheus
Pardon d’être un peu hors sujet je viens d’avoir une idée :
est ce qu’on ne pourrait pas tirer au sort une commune qui écrira la constitution en assemblée populaire ? (assemblée ouverte uniquement aux habitants de cette commune)
Tiens Étienne, pour te mettre du baume au cœur et te dire qu’on n’est pas dupes de notre côté…
PSEUDO ANTIFASCISTES VRAIS MACCARTHYSTES !
Bonjour à vous tous.
Pour remettre réellement du baume au cœur à tous les gentils virus : Merci Monsieur Friot !
Bernard Friot sur le salaire universel à CSOJ
http://www.agoravox.tv/actualites/economie/article/bernard-friot-sur-le-salaire-39552
Et cette idée de copropriété d’usage serait une sacrée bonne base à l’exercice de la véritable démocratie dans l’entreprise. Il n’y aurait plus qu’à la généraliser aux pouvoirs politiques, judiciaire et médiatique. Qu’en pensez-vous ?
Savez vous ce qu’est devenu la vidéo d’Etienne avec Rocard ?
Après lecture du site du
Comité de Vigilance contre les Infiltrations Policières dans le Mouvement Antifasciste
http://cvipma.chez.com/index.htm débusqué par Morpheus, je ne résiste pas à en citer un passage :
La Charte du CVIPMA
Comité de Vigilance
contre les Infiltrations Policières
dans le Mouvement Antifasciste
Fliquons les flics !
Notre Comité est né sur un constat simple. L’antifascisme, depuis sa naissance, est l’objet des réappropriations idéologiques les plus contradictoires et les plus démagogiques.
Nous pensons que le combat contre le fascisme ne doit pas être inféodé à une cause idéologique et ne doit pas être instrumentalisé. L’antifascisme était autrefois la propriété exclusive des staliniens et autres maoïstes. Aujourd’hui, les idéologues du néo-libéralisme l’utilisent à des fins de propagande.
Recentrer l’antifascisme sur ce qui fait sa légitimité est essentiel pour éviter ce type de récupération. Le combat antifasciste doit se doter d’une définition claire de son combat. C’est seulement ainsi que seront évités les amalgames et les dérives idéologiques.
Le combat de CVIPMA s’effectue à un double niveau. Ce Comité lutte contre les abuse de langage concernant le fascisme. Il est dangereux de taxer n’importe quel adversaire de fasciste. C’est la porte ouverte à toutes les récupérations idéologiques.
Mais ce Comité lutte aussi au quotidien contre les agents des idéologies les plus diverses qui tentent de s’emparer de l’antifascisme. Les ex ou néo staliniens, les néo-libéraux, les provocateurs liés au nouvel ordre mondial cherchent tous à se légitimer comme antifascistes.
C’est pourquoi la vigilance est de mise. N’importe qui ne peut être antifasciste, c’est à dire avec n’importe quel objectif bassement idéologique. Il est trop facile aujourd’hui de régler ses comptes politiques, à l’échelle d’un Etat ou sur la scène internationale, en accusant l’ennemi de fascisme, tout comme à l’échelle groupusculaire où les accusations de fascisme sont monnaie courante.
Conserver la spécificité de l’antifascisme, c’est conserver le sens historique de ce combat, à savoir la lutte contre une idéologie qui a produit le système concentrationnaire nazi. C’est refuser que cette spécificité soit occultée, et qu’elle disparaisse sous les amalgames.
C’est aussi admettre que le fascisme peut aujourd’hui prendre plusieurs visages, particulièrement au sein du national-populisme lepéniste, dont les courants ont tous un rapport avec le fascisme historique. C’est ainsi lutter contre toute forme de négationnisme néo-nazi.
Mais avant tout, protéger notre combat, c’est comprendre que nos ennemis sont aussi ceux qui abusent de l’antifascisme a des fins idéologiques, en vidant ce terme de sa substance. L’antifascisme possède deux adversaires : les fascistes et les faux antifascistes. Les deux sont tout aussi dangereux.
Les premiers parce qu’ils représentent tout ce que l’humanité a produit de pire, et les seconds parce qu’ils se servent de l’antifascisme à des fins de propagande et de démagogie. Pour eux, le fascisme n’est qu’un repoussoir utile pour les coups médiatiques ou pour légitimer leur action partisane.
La plupart sont aujourd’hui des flics du système néo-libéral. Autrefois, les antifas était infiltrés par les staliniens, maintenant ils le sont par les idéologues du nouvel ordre mondial. Ceux-ci cherchent à détourner l’antifascisme vers leurs propres objectifs.
Des pseudos-organisations antifascistes sont créées, qui luttent contre des fascistes imaginaires dont le seul tord est de s’opposer au néo-libéralisme. Tout comme autrefois étaient taxés de fascisme ceux qui s’opposaient à l’impérialisme soviétique.
Les mouvements antifascistes sincères sont noyautés, accusés de se tromper de combat, lorsque ne suivent pas cette logique de l’antifascisme comme slogan idéologique. C’est l’écœurement vis à vis de cette évolution qui nous a poussé à fonder le CVIPMA.
Notre objectif n’est pas de soumettre chaque mouvement antifasciste à une critique systématique. Nous n’avons pas à juger les antifascistes. Nous concentrons notre attention sur les publications, déclarations et sites web qui nous semblent ambigus, marqués par des idéologies néfastes.
Le CVIPMA n’est pas apolitique. Ses membres viennent de différentes familles de gauche. Mais nous prônons un antifascisme non idéologique. Nous rejettons autant le stalinisme, le néo-libéralisme que le fascisme, sans jamais les amalgamer.
C’est au prix de ce gain de lucidité et d’efficacité que l’antifascisme ne se perdra pas à nouveau dans les dérives d’autrefois. Ces déclarations tiennent lieu de Charte, en ce qu’elles constituent ce que nous considérons comme le minimum de la rigueur dans la lutte antifasciste.
Source : http://cvipma.chez.com/charte.htm
@ 10. Le samedi 8 juin 2013 à 20:19, par Patrick
Vu comme ça, ça peut se concevoir … mais sans création de billets (la banque centrale peut détenir des comptes scripturaux et virer les soldes à la banque choisie par le déposant.
Mais il me semble plus simple de déclarer une banque en faillite (pour 1 €), virer les dirigeants set actionnaires, tout en garantissant les comptes des déposants (DAV et DAT)
Tirage au sort des élus : le député Laurent Louis ébranle le parlement belge
Tirage au sort des élus : le député Laurent LOUIS ébranle le Parlement belge !
Parce que les citoyens ne font plus confiance aux politiciens, parce que ces politiciens n’écoutent plus les demandes de la population et qu’ils méprisent les citoyens, le député Laurent LOUIS, se basant sur les travaux d’Étienne Chouard, propose un changement de système : remplacer les élections par le tirage au sort de citoyens volontaires.
Découvrez le texte complet de la proposition de Laurent LOUIS :
http://www.lachambre.be/FLWB/PDF/53/2860/53K2860001.pdf
13 juin 2013
http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=VQfqdpP03Nc
Le texte devrait vous intéresser. Pas lu pas le temps.
Il y a plus de trolls que vous ne le pensez, bien sur c’est la réinfosphère qui diffuse l’info et on trouve toujours des internautes qui bizarrement trouvent un intérêt et du temps pour dénigrer critiquer, ne voir que les cotés négatifs de la personne de Laurent Louis au lieu d’applaudir. Il y en a partout ici aussi.
Certains se font plus discret en orientant les discussions vers la stérilité.
Honte aux 99 % de cette assemblée, et bravo à ce 1 % qui représente plus les 99 % qui ne sont pas présents dans cette assemblée.
Cette vidéo avec Laurent Louis est très chouette, très éloquente. Est-ce que l’on sait s’il y a un précédent dans le monde d’une telle soumission de proposition de loi par un député de tirer au sort l’assemblée législative ou est-ce une première ? Auquel cas, cette date est sans doute appelée à devenir historique.
Merci monsieur Louis de ce que vous faites !
En effet, Colibri, connaissant l’histoire du vieux chinois, je ne suis pas de ceux qui « applaudissent », mais de ceux qui restent sceptiques et qui s’interroge sur les intentions, sur la pertinence, sur l’opportunisme et surtout … sur le résultat et les suites d’un tel baroud d’honneur.
Ne t’en déplaise.
Morpheus
c’est bien ce que je disais.
Il ne faut certainement pas compter sur nos prétendus « représentants » pour nous protéger des usuriers en déclarant la banqueroute : sur l’essentiel, ce sont tous (de plus en plus clairement) des traîtres à la patrie.
Mais pas celui-là :
Traité européen de stabilité :
Laurent LOUIS dénonce l’Europe à la sauce Goldman-Sachs
Ce député a à peine 30 ans, je ne sais pas ce qu’il a fait ou dit comme c… par le passé, mais là, force est de reconnaître que ça devient un porte-parole assez courageux d’un peuple littéralement trahi par ses « élus ».
Remarquez bien, sur le mur, à droite de l’image, le FAISCEAU sculpté sur la colonne du Parlement Belge !
Je n’avais jamais fait attention avant l’écriture de mon article sur les antifascistes, mais du coup, ça m’a sauté aux yeux, comme une baffe dans la gueule : le symbole du faisceau, attribut des licteurs dans la Rome antique, est aussi le symbole des fascistes (c’est de là que proviennent les mots « fascisme », « fasciste »).
http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcTCgl3zOJ8ypxuQ09a1KTgyD9qhO-Ry5Nd1LjUXkaYVSCC1Nu1_1WxtJtxX
On le retrouve aussi dans le grand sceau des USA :
Et le logo de l’Elysée :
Peut-on encore, en démocratie, se prévaloir de cet emblème, alors même que l’on fustige le fascisme ? Qui irait se prévaloir de la croix gammée ? Que pensera-t-on de quelqu’un qui arborerait la croix dite « celtique » (en réalité un symbole solaire et zodiacal très ancien) ? Mais là, nos soi-disant démocraties assument toutes l’usage du faisceau, emblème du fascisme italien de Mussolini.
…
Morpheus
Jamais un parlement n’a refusé un traité de l’union.
Il est arrivé que des peuples refusent un traité de l’union.
On comprend donc pourquoi les plus indignes des traités sont confiés à la voie parlementaire…
La dernière occasion, c’était Lisbonne. Il y a eu un seul referendum, en Irlande, car la constitution irlandaise l’imposait. Et le peuple a voté non. Mais on l’a fait revoter ! (signalez moi si erreur)
La démocratie représentative est un oxymore, certes, mais la dictature parlementaire n’en est pas un.
Tant que ce sont les parlementaires qui écrivent eux-mêmes la constitution (qu’ils devraient craindre), non seulement « dictature parlementaire » n’est pas un oxymore, mais c’est même… un pléonasme.
Merci pour ce très bon blog et longue vie à la bonne volonté et au courage de Laurent Louis.
C’est nous les citoyens qu’on va gagner
(@33)
Cela me rappelle une petite vidéo : un cimetière militaire américain, si je ne me trompe pas, un homme montrant un signe ou un emblème chargé de sens et de symbole… il faufrait que je retrouve ceci et c’est pas gagné ! J’ai bien des dizaines et des dizaines de téléchargements mais la plupart (encore) non classés_c’est pas très malin je sais – sic !
J’ai trouvé !
En fait, j’ai fait emblème dans un cimetière américain et en un clic j’ai retrouvé cette vidéo.
Je ne sais pas vous, mais moi ça m’avait un peu sidéré.
INFO :
Pierre Rosanvallon est ancien membre du conseil d’administration du club Le Siècle :
http://le-siecle.info/wp-content/uploads/2013/04/Le-Siecle-CA-janvier-2013.pdf
(je fait confiance à l’intégrité et au sérieux d’Emmanuel Ratier, sa réputation ne tient qu’à ça)
Quand on regarde le CV de Rosanvallon sur Wikipedia on ne peut être que dégoûté. Mais quand on y réfléchit, tout ça est très classique finalement : un social-traitre avec légion d’honneur de plus.
Être proche de la question sociale, proche de la CFDT et promouvant la démocratie et l’autogestion tout en étant membre du conseil d’administration du club Le Siècle, c’est, compte tenu de la contradiction grossière (au delà de tout baratin sophistique) être une pute, surement bien payée d’ailleurs.
J’avais commencé à lire un de ses ouvrages et son amphigouri de juriste me l’avait déjà rendu très suspect (il explique de la sociologie par le droit d’une façon vraiment perverse à mes yeux), très fort pour étaler un propos rachitique sur un grand nombre de pages.
Qu’il aille se faire foutre.
Je tenais à faire partager l’info puisque je sais que Étienne le lit…
@EFFAB
C’est en effet absolument étonnant.
Je pense que tu es aussi au courant du fait que de très nombreux hommes politiques, et non des moindres, lorsqu’ils parlent sur la tribune, envoient de leur main un signe subreptice de reconnaissance, qui n’est pas « blanc-bleu » (indexe et petit doigt en avant, tous autres doigts repliés).
Pour ainsi s’afficher, il faut se sentir fort …
Par décence, je me garde de suggérer le signe exorciste (la bataille s’annonce rude), qui est le majeur vers le ciel 😉
(@40)
Oui, ANA, je suis au courant ou, disons – pour garder la bonne mesure, moi qui ne suis pas très familier de toutes ces choses quelque peu ésotériques_quoi que persuadé que le Conspirationnisme est bien tout autre chose que ce que les bien-pensants et autres pseudo-démocrates voudraient nous faire croire – que j’ai déjà vu ce signe sur différentes vidéos montrant des personnalités tels que Sarkozy et Busch (les Skull and Bones pour Busch et il faudrait que je retrouve ce lien concernant Sarkozy, l’historique de son ascension ou de ses réseaux secrets plutôt, si je puis dire)
En parlant du petit NIcolas, nous avons visionné hier ceci :
http://www.youtube.com/watch?v=Gp0Q2wgsIXo&feature=player_embedded
Je ne connaissais pas : super générique et super thème musical !! lol
Ce plaisir de vous lire et tout l’humour qui va avec, ANA, SIMON… des mots et des doigts qui font chaud au coeur !
JP Morgan réclame des régimes autoritaires en Europe
http://www.legrandsoir.info/jpmorgan-reclame-des-regimes-autoritaires-en-europe.html
Le vrai fascisme est déjà là.
Une bonne constitution ferait de la création d’une banque privée un crime contre l’humanité. Il n’y a pas de plus grand danger pour la paix sociale que l’existence de banques privées. La création monétaire DOIT être publique et sous le contrôle des citoyens.
Merci au site ‘Le Grand Soir’ pour cette information.
Rappel : Eustace Mullins (devenu plus tard violemment antisémite, c’est vrai), dans le livre important « Les secrets de la réserve fédérale », a démontré (pages 103 et s. par exemple) que, depuis 1835, (ce qui est rapidement devenu) la banque « JP Morgan » est le faux nez américain de (contrôlé par) la branche londonienne de la banque Rothschild. Ne ratez pas ce livre, il est bouleversant.
Voici l’article :
JPMorgan réclame des régimes autoritaires en Europe
par Stefan STEINBERG
Dans un document publié à la fin du mois de mai, le géant des banques d’investissement américain JPMorgan Chase réclame l’abrogation des constitutions démocratiques bourgeoises établies après la Seconde Guerre mondiale dans une série de pays européens et la mise en place de régimes autoritaires.
Le document de 16 pages a été réalisé par le groupe Europe Economic Research de JPMorgan et est intitulé « L’ajustement de la zone euro – bilan à mi-parcours. » Le document commence par faire remarquer que la crise de la zone euro a deux dimensions.
Pour commencer, il affirme que des mesures financières sont nécessaires pour garantir que les principales institutions d’investissement comme JPMorgan puissent continuer à engranger d’énormes bénéfices de leurs activités spéculatives en Europe. Ensuite, les auteurs soutiennent qu’il est nécessaire d’imposer des « réformes politiques » destinées à supprimer l’opposition aux mesures d’austérité massivement impopulaires qui sont appliquées au nom des banques.
Le rapport exprime sa satisfaction vis à vis de l’application par l’Union européenne d’un certain nombre de mécanismes financiers visant à garantir les intérêts bancaires. A cet égard, l’étude souligne que la réforme de la zone euro en est pratiquement à mi-chemin. Mais le rapport réclame aussi davantage d’action de la part de la Banque centrale européenne (BCE).
Depuis l’éruption de la crise financière mondiale de 2008, la BCE débloque des milliers de milliards d’euros en faveur des banques pour leur permettre d’effacer leurs créances douteuses et de redémarrer une nouvelle série de spéculations. En dépit d’une pression grandissante venant des marchés financiers, le chef de la BCE, Mario Draghi a déclaré l’été dernier qu’il ferait le nécessaire pour consolider les banques.
En ce qui concerne les analystes de JPMorgan, ceci n’est cependant pas suffisant. Ils exigent de la part de la BCE une « réponse plus spectaculaire » à la crise.
Les critiques les plus dures du document sont cependant formulées à l’égard des gouvernements nationaux qui ont mis bien trop de temps à appliquer le genre de mesures autoritaires nécessaires à l’imposition de l’austérité. Le processus d’une telle « réforme politique » précise l’étude, a « même à peine commencé. »
Vers la fin du document, les auteurs expliquent ce qu’ils entendent par « réforme politique. » Ils écrivent : « Au début de la crise l’on avait pensé que ces problèmes nationaux hérités du passé étaient en grande partie d’ordre économique, » mais « il est devenu manifeste qu’il y a des problèmes politiques profondément enracinés dans la périphérie qui, à notre avis, doivent être changés si l’Union monétaire européenne (UME) est censée fonctionner à long terme. »
Le document détaille ensuite les problèmes existant dans les systèmes politiques des pays de la périphérie de l’Union européenne – la Grèce, l’Espagne, le Portugal et l’Italie – qui sont au centre de la crise de l’endettement en Europe.
Les auteurs écrivent : « Les systèmes politiques de la périphérie ont été établis après une dictature et ont été définis par cette expérience-là. Les constitutions ont tendance à montrer une forte influence socialiste, reflétant la force politique que les partis de gauche ont acquise après la défaite du fascisme. »
« Les systèmes politiques autour de la périphérie affichent de manière typique les caractéristiques suivantes : des dirigeants faibles ; des Etats centraux faibles par rapport aux régions ; une protection constitutionnelle des droits des travailleurs ; des systèmes recherchant le consensus et qui encouragent le clientélisme politique ; et le droit de protester si des modifications peu appréciées sont apportées au statu quo politique. Les lacunes de cet héritage politique ont été révélées par la crise. » Quelles que soient les inexactitudes historiques contenues dans leur analyse, il ne peut y avoir l’ombre d’un doute que les auteurs du rapport de JPMorgan plaident pour que les gouvernements adoptent des pouvoirs de type dictatorial afin de mener à bien le processus de contre-révolution sociale qui est déjà bien avancé à travers toute l’Europe.
En réalité, il n’y avait rien de véritablement socialiste dans les constitutions établies durant la période d’après-guerre partout en Europe. De telles constitutions visaient à garantir le régime bourgeois dans une situation où le système capitaliste et ses agents politiques avaient été totalement compromis par les crimes des régimes fascistes et dictatoriaux.
Les constitutions des Etats européens, y compris celles de l’Italie, de l’Espagne, de la Grèce et du Portugal, ont été élaborées et appliquées en collaboration avec les partis socialistes et communistes des pays respectifs et qui ont joué le rôle clé dans la démobilisation de la classe ouvrière pour permettre à la bourgeoisie de maintenir son régime.
Dans le même temps cependant les classes dirigeantes discréditées de l’Europe étaient parfaitement conscientes que la Révolution russe demeurait une inspiration pour de nombreux travailleurs. Elles se sont senties obligées de faire une série de concessions à la classe ouvrière dans le but d’empêcher une révolution – sous la forme précisément de protections sociales et constitutionnelles, dont le droit de manifester, ce que JPMorgan aimerait à présent voir aboli.
Dans une certaine mesure, les critiques de la banque à l’égard du manque d’autoritarisme des gouvernements européens sonnent creux. Partout en Europe, les gouvernements ont à maintes reprises recouru ces dernières années à des mesures d’Etat policier pour réprimer l’opposition à l’encontre de leur politique.
En France, en Espagne et en Grèce, des décrets d’urgence et l’armée ont été utilisés pour briser des grèves. La constitution adoptée en Grèce en 1975, après la chute de la dictature des colonels, n’a pas empêché le gouvernement grec de licencier en masse des fonctionnaires. Et dans un certain nombre de pays européens, les partis dirigeants sont en train d’encourager le développement de partis néofascistes tel le mouvement Aube dorée en Grèce.
Toutefois, pour JPMorgan cela ne suffit pas. Afin d’éviter une révolution sociale dans la période à venir, ses analystes préviennent qu’il est indispensable que les gouvernements capitalistes partout en Europe se préparent aussi vite que possible à mettre en place des formes de régime dictatoriales.
A la fin du document, les auteurs avancent une série de scénarios qui, selon eux, pourraient découler de l’échec des gouvernements européens à ériger des systèmes autoritaires. Ces variantes comprennent : « 1) l’effondrement de plusieurs gouvernements favorables aux réformes en Europe méridionale, 2) un effondrement du soutien à l’euro ou à l’UE, 3) une victoire électorale incontestée de partis anti-européens radicaux quelque part dans la région, ou 4) l’ingouvernabilité de fait de certains Etats membres une fois que les coûts sociaux (notamment le chômage) dépasseront un certain seuil. »
C’est la voix authentique du capital financier qui parle. Il faut rappeler que JPMorgan est profondément impliqué dans les opérations spéculatives qui ont dévasté la vie de centaines de millions de travailleurs partout dans le monde. En mars de cette année, une commission du sénat américain a rendu public un rapport de 300 pages documentant les pratiques criminelles et la fraude réalisées par JPMorgan, la plus grande banque des Etats-Unis et le plus grand agent de produits dérivés du monde. En dépit des révélations détaillées dans le rapport, aucune action ne sera prise à l’encontre du PDG de la banque, Jamie Dimon, qui jouit de la confiance personnelle du président américain.
Cette même banque se permet à présent de faire la leçon aux gouvernements. Soixante-dix ans après la prise de pouvoir par Hitler et les nazis en Allemagne, dont les conséquences furent catastrophiques pour l’Europe et le monde, JPMorgan est le premier à réclamer des mesures autoritaires pour réprimer la classe ouvrière et éradiquer ses acquis sociaux.
Stefan Steinberg
(Article original paru le 17 juin 2013)
* http://www.wsws.org/fr/articles/2013/jui2013/morg-j19.shtml
Source : Le Grans Soir, http://www.legrandsoir.info/jpmorgan-reclame-des-regimes-autoritaires-en-europe.html
Bonsoir,
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2013/06/07/331-passionnant-bernard-friot-explique-l-enjeu-des-retraites-par-repartition-resister-a-la-reforme-capitaliste-et-assumer-cette-autre-definition-de-la-valeur-economique#c16637
Mesdames Messieurs, on nous a volé des mots
Franck Lepage, Éric Hazan, Étienne Chouard, sur l’enjeu des mots essentiels.
Une information courte mais incisive, une invitation à bosser le sujet, gentille et virale 🙂
Merci les GV 🙂
Il va falloir se battre sur les mots.
Sources :
Inculture(s) – Franck Lepage
https://www.youtube.com/watch?v=9MCU7ALAq0Q
LQR (langue de la Ve République)- La propagande au quotidien
https://www.youtube.com/watch?v=BEYrB_NUpfs
Conférence & atelier populaire constituant – Étienne Chouard
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2012/12/14/287-grenoble-7-dec-2012-un-atelier-populaire-constituant-sur-le-ric
Infos et débats :
Le Message
http://www.le-message.org/
La Vraie Démocratie
http://lavraiedemocratie.fr/
Page FB Le-Message / Gentils Virus
https://www.facebook.com/pages/Le-Messageorg/183950378356724
Google+
https://plus.google.com/communities/101552783457990440558
Coluche avait bien compris tout ça avec son histoire des cons qui deviennent des mal-pensants.
La pensée libre, et en particulier la pensée contestataire, est volontairement annihilée au moyen de plusieurs techniques :
1) Les mots à l’envers, ou essorés, ici dénoncés
2) Le mensonge par omission : par exemple le silence sur l’Islande, ou sur le MES
3) Le « laisser vivre une erreur » , par exemple : les états créent la monnaie , ou bien : les élus sont plus compétents que le peuple. Ou bien : les intérêts de l’emprunt sont justifiés par les coûts administratifs et la prise de risque.
4) Le mensonge direct, qui reste une valeur sûre 😉 , par exemple : avec l’argent de nos déposants, nous finançons l’économie locale (sic sur vitrines du CA)
5) Dire le contraire de ce qu’on fait : par exemple : la réforme pour sauver le système par répartition
6)Jouer sur la corde sensible pour omettre la réalité. Exemple : « cette usine d’enrobés à Villaz apportera des emplois » et on omet de dire que des unités plus petites seront fermées ailleurs.
etc
La privatisation des médias, ou leur achat par la trilogie canon-béton-pognon, c’est comme la percée des Ardennes, car la pensée devient alors aussi inefficace que la ligne Magino .……
La troisième guerre mondiale est en cours, et c’est la conscience qui est envahie.
NOUS DEVONS DIFFUSER
Et cet Esprit derrière les mots, ce qui fera toute la différence…
… mais cette confrontation, mais ce combat, c’est dans la logique des choses, c’est dans la nature humaine…
… à nous de pacifier tout ceci autant que faire se peut comme on ne peut faire d’omelette sans casser d’oeufs, bref, mille interprétations/visions des choses comme autant de possibilités/scenarii.
Non ! Ce n’est pas un procès de cinéma. C’est un procès démocratique ! Et le verdict est …
J’ai fait un article, avec l’aide des autres GV, sur agora vox :
http://www.agoravox.fr/actualites/citoyennete/article/texte-fondateur-du-message-de-la-137400
@ Étienne
Je vous ait envoyé le pdf par mail si vous voulez le mettre sur votre site.
Très bien ! Mais pour rester cohérent dans le temps, il me semble qu’il serait préférable de quantifier par pourcentage plutôt que de se référer à un nombre d’individus.
Merci, si vous voyez autre chose a corriger n’hésitez pas.
« Le monde pseudo libéral occidental qui se dessine, semble avoir fait sienne cette sentence du Big Brother de Georges Orwell : « si vous n’avez rien à cacher, vous n’avez rien à craindre ». Peut-être. Mais nous avons à retourner que nous avons tout à craindre de ce qu’il nous cache et que la réciproque devrait tout aussi leur être appliquée. »
A propos de ces « antifas », de ces infiltrés :
Et puisqu’il est question de Ruffin, je dois avouer que je me délecte des Fakirs que je surligne abondamment (je me suis précipité sur les anciens numéros encore disponibles et à prix réduit. Ils sont toujours d’actualité!). Et puis ses Wikiluttes sont d’utilité publique, il faut lire celle de l’impôt sur le revenu :
http://www.fakirpresse.info/-Wikiluttes-.html
http://www.fakirpresse.info/Un-mode-exagere-d-expropriation.html
Version texte pour ceux qui préfèrent (merci à la « reconnaissance optique de caractères » ABBYY plutôt pas mal)
L’impôt sur le revenu,
« un mode exagéré d’expropriation »
Contre l’impôt sur le revenu, au fil d’un siècle, la bourgeoisie a usé de toutes les armes : les fusils si nécessaire, la dictature pourquoi pas, le Sénat qui traîne des pantoufles, les campagnes de presse calomnieuses…
Au nom de « la morale » et de « l’honneur », bien sûr.
Le 16 mars 1914, Henriette Caillaux, la femme du ministre des Finances, se fait conduire au Figaro. Elle demande à voir le rédacteur en chef, Gaston Calmette. Reçue en tête-à-tête, elle vide le chargeur de son revolver et l’éditorialiste meurt dans la soirée. C’est le premier mort, pourrait- on dire, de la Grande Guerre.
C’est surtout le dernier mort d’une bataille séculaire, d’une féroce opposition des possédants à l’impôt sur le revenu.
Inventer dans l’urgence
« Le meilleur moyen de répartition de l’impôt consisterait à obliger chaque particulier à faire une déclaration exacte de tout ce qu’il possède, faire une masse de tout et répartir la masse des impositions proportionnellement. »
C’est à Saulchery, dans l’Aisne, près de Château-Thierry, qu’on trouve, en 1788, cette proposition de réforme fiscale assez radicale.
Et la date ne doit rien au hasard : certes, sous l’Ancien Régime, cette idée était parfois émise, ici ou là. Mais c’est avec la Révolution française qu’elle allait germer pour de bon.
Dès l’été 1789 d’ailleurs, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen énonce, dans son article 13 :
« Pour l’entretien de la force publique, et pour les dépenses d’administration, une contribution commune est Indispensable ; elle doit être également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés. »
Ça restait flou, un joli principe. Bientôt, en lutte contre toute l’Europe, avec des soldats à nourrir, vêtir, armer, la France va réclamer des décisions plus vigoureuses.
Le 20 mai 1793, la Convention vote, par décret, un emprunt forcé d’un milliard sur les riches. Le député Réal propose alors une distinction entre le « revenu nécessaire », qui devait être exempté d’impôt, le « revenu abondant », soumis à une taxe progressive, et le « revenu superflu », qu’il fallait entièrement prendre. L’Assemblée approuve, et elle présente un barème en dix tranches : aux 1 000 premières livres, on ne prélève rien. Entre 1 000 et 2 000 livres, on prélève un dixième. Entre 2 000 et 3 000 livres, deux dixièmes. Entre 3 000 et 4 000 livres, trois dixièmes, etc. Et au- dessus de 10 000 livres, tout est ponctionné !
On aboutit donc à un revenu maximal de 5 500 livres pour un célibataire, de 7 500 livres pour un couple avec un enfant, de 9 500 livres pour un couple avec trois enfants… car tout est modulé, également, selon un quotient familial ! Chaque citoyen est invité, sous peine d’amende, à déclarer ses revenus dans sa municipalité, avec des commissaires vérificateurs.
Tout est là.
C’est formidable de songer qu’il y a deux siècles, dans l’urgence, en quelques semaines, avec des ennemis à toutes nos frontières, avec la Vendée qui s’ouvrait au sein de la République comme un gouffre, à cause de ces périls, peut-être, ces hommes inventaient un système fiscal qui a largement inspiré le nôtre. Et qui, dans sa radicalité, peut encore nous servir de modèle. Mais leurs lois n’ont pas eu le temps, ou à peine, d’entrer dans les faits. Déjà Robespierre tombe, déjà la contre-révolution l’emporte. Et surtout, cette mesure est présentée comme provisoire : appliquée le temps de la guerre, et ensuite, on rembourserait tout le monde.
Verser le sang avant l’impôt
Une autre révolution survient, en 1848, et le spectre revient.
C’est le député socialiste Pierre-Joseph Proudhon, élu un mois plus tôt, qui rédige, le 11 juillet, une « proposition relative à l’impôt sur le revenu ». Ainsi, « considérant que l’établissement de cet impôt, irréprochable dans sa moralité, est dans le vœu de la Révolution de février et dans le devoir de son gouvernement », cet impôt produirait une recette « qu’on ne saurait évaluer à moins de 1 500 millions par année », assez pour « supprimer ou réduire notablement les autres impôts, surtout les impôts de consommation et somptuaires, les plus odieux de tous ». Le ministre des Finances, Garnier-Pagès, approuve : « proportionnellement progressif », un impôt sur le revenu serait « juste en principe et plus juste que les autres ».
Mais au comité des finances, à l’Assemblée, la bourgeoisie est bien installée, avec à sa tête Adolphe Thiers : cette proposition lui paraît « immorale, injuste, factieuse, pleine de malice, de perfidie et d’ignorance, anti-financière, antisociale, sauvage, extravagante, violatrice des contrats et attentatoire à la propriété ». Les adjectifs finissent par lui manquer, avant de conclure : « L’impôt direct est celui des pays barbares. »
Proudhon grimpe néanmoins à la tribune, mais son projet ne sera même pas voté ! Le président de séance considère, en effet, « que la proposition présentée par le citoyen Proudhon est attentatoire au droit de propriété sur lequel repose l’état social, quelle est contraire à la liberté des transactions, à la loi des contrats et à la morale publique ».
Pour autant, la lutte ne s’arrête pas là : le 23 août, le ministre des Finances, à son tour, se lance dans un réquisitoire « contre les privilèges dont les revenus mobiliers ont joui jusqu’à présent », et suggère « pour 1849 un impôt de 60 millions sur les revenus mobiliers ». Voilà le péril.
Contre ce danger d’une République démocratique et sociale, la bourgeoisie préfère l’ordre, même imposé par la force des armes : le général Cavaignac écrase le peuple parisien, laisse” 5 000 gueux sur le pavé, et pour ces brillants services se voit accorder le pouvoir suprême – où il suspend les journaux hostiles, déclare l’état de siège, exile les insurgés.
Le progrès n’est plus à l’ordre du jour.
La bourgeoisie peut respirer.
Faire payer les « richards »
Elle va pouvoir respirer, encore, durant tout le Second Empire.
Mais à peine Napoléon III tombé, voilà que le populisme ressurgit ! Dans leur appel aux « Travailleurs des campagnes », le 18 avril 1871, les communards écrivent :
« Paris demande que tout homme qui n’est pas propriétaire ne paye pas un sou d’impôt ; que celui qui ne possède qu’une maison et un jardin ne paye rien encore : que les petites fortunes soient imposées légèrement, et que tout le poids de l’impôt tombe sur les richards. »
Qui retrouve-t-on alors ? Adolphe Thiers.
Depuis Versailles, l’homme a retourné les canons contre la Commune de Paris. Il a présidé aux fusillades d’innocents, aux égorgements. d’enfants, aux déportations de femmes. Ses pieds baignent dans le sang de la boucherie, il s’en félicite d’ailleurs en privé : « Le sol de Paris est jonché de cadavres. Ce spectacle affreux servira de leçon. » Il s’applaudit en sourdine : « La répression a été terrible ; elle a tué la démagogie pour trente ans. » Mais sitôt l’alerte passée, dès juin, voilà que la démagogie reparaît : « Il n’y a pas d’impôt plus conforme aux principes de l’équité et de l’économie sociale que l’impôt sur le revenu », défend ie républicain Jules Barni, proche de Gambetta.
Un projet « funeste, dangereux, déplorable », s’emporte Thiers – qui a trouvé de nouveaux adjectifs depuis 1848. Et pour quelle raison ? Parce que, lui qui vient de faire 20 000 morts, se soucie avant tout de la concorde civile ! « Ce serait un impôt de discorde. Le peuple n’a pas besoin, il faut bien le lui dire et le lui répéter, d’appauvrir le riche pour être heureux lui-même. » Aussi, le chef du gouvernement ne consent-il « à rien de ce qui pourrait troubler le repos des esprits et ajouter des brandons de discorde. » Ainsi préserve-t-il l’harmonie sociale : aux gueux on peut ôter la vie, aux nantis on n’enlèvera pas un sou.
Combattre la lenteur
En 1900, la France, bien que républicaine, bien que démocratique, « est l’un des derniers pays à refuser le principe de l’impôt sur le revenu, note ainsi l’ancien ministre du Budget (de droite) Alain Lamassoure. l’income tax britannique datait de 1842, l’impôt allemand datait de 1893, les autres pays européens l’avaient aussi. En 1914, il n’y avait que la France, la Russie, l’Espagne et le Portugal qui n’avaient pas adopté cet impôt moderne. »
Et pourtant : de 1871 à 1914, plus d’une centaine de propositions ont été déposées à l’Assemblée !
« Dans une société où celui qui ne possède pas a tant de peine pour se défendre, soutient Jean Jaurès en 1894, tandis au contraire que celui qui possède de grands capitaux voit sa puissance se multiplier non pas en proportion de ses grands capitaux mais en progression des capitaux de ceux qui n’ont rien, l’impôt progressif vient corriger une sorte de progression automatique et terrible de la puissance croissante des grands capitaux. »
Mais face à chaque assaut, Thiers et ses émules n’ont pas faibli.
Il fallait, en face, et au sommet de l’État, un homme pourvu de la même constance :
ce fut le radical Joseph Caillaux.
En 1901, à son premier passage comme ministre, Caillaux introduit, en douceur, la progressivité dans l’impôt sur les successions.
Il revient aux commandes en 1907 avec, cette fois, un projet d’impôt sur le revenu dans ses cartons. Là, l’Assemblée établit un record : la discussion parlementaire va se prolonger près de deux ans ! Le taux d’imposition maximal n’est que de 5 %, mais les députés bourgeois, et avec eux les experts bourgeois, et la presse bourgeoise, refusent que l’État devienne un « inquisiteur fiscal ». Ils dénoncent « un attentat à l’honneur ». Les possédants ne lésinent jamais sur la morale lorsque leurs intérêts sont en jeu. La loi est enfin adoptée, le 9 mars 1909, avec 388 voix pour et 129 contre. Mais le chemin de croix législatif n’est pas achevé : le Sénat traîne des pantoufles, et cinq ans après le vote, l’impôt sur le revenu n’est toujours pas appliqué ! Il faut que Joseph Caillaux revienne au ministère, à une troisième reprise, en 1914. Les journaux se déchaînent alors contre lui, le calomniant, et notamment Le Figaro : en à peine trois mois, 110 articles, échos ou dessins, dirigés contre Caillaux, sont publiés dans ses colonnes. L’affrontement est total, féroce. Jusqu’au drame d’une épouse poussée à bout. Devant l’imminence de la guerre, les nouvelles ressources à trouver, l’Union sacrée à assurer, le Sénat donne son accord.
Il aura fallu plus d’un siècle de débats et de combats, de mots et de morts, pour inscrire ces lignes simples dans la loi :
« Chaque chef de famille est imposable, tant en raison de ses revenus personnels que de ceux de sa femme et des autres membres de la famille qui habitent avec lui. »
Resserrer l’étau
Cette réforme entre en vigueur, en catimini, le 1er janvier 1916, comme si on en avait encore honte. L’historien Nicolas Delalande explique :
« Elle fut annoncée par voie d’affichage dans les mairies et dans les perceptions. Aucun effort particulier ne semble toutefois avoir été envisagé pour promouvoir sa dimension patriotique. Nulle affiche n’a vanté les vertus de l’impôt générai sur le revenu. II semble qu’il y ait, pour l’administration fiscale, une incapacité à communiquer autrement que sur un mode technique sur les mécanismes et les finalités du nouvel impôt. »
L’impôt de 1916 ne portera en définitive que sur 260 000 contribuables – soit 1,7 % des foyers de l’époque, avec un taux fort bas de 2 %. Le rendement en sera donc très faible : seulement 32 millions de francs. Faute de moyens de contrôle, les agents fiscaux sont un peu déprimés : « L’impôt général sur le revenu est encore, dans une large mesure, un impôt sur la conscience publique, un impôt volontaire », explique l’Inspection générale des Finances en 1917.
Mais qu’importe : la graine est semée, même minuscule, même imparfaite, elle ne demande qu’à grossir. Et la bourgeoisie avait bien raison de la craindre : les besoins de la guerre, puis de la dette, vont en faire un impôt primordial.
Le taux marginal d’imposition sera porté à 10 % dès 1917, puis à 20 % en 1918, SO % en 1920 et 72 % en 1924… jusqu’à 90 % pour les célibataires et les couples sans enfants !
Cette progression sera stoppée par Raymond Poincaré qui, en août 1926, le ramène à 30 %.
Depuis, de « bouclier fiscal » en « censure du Conseil constitutionnel », des 63 % sous Pompidou aux 40 % sous Sarkozy, le barème bouge sans cesse. C’est qu’il est un indice des rapports de force, le témoin chiffré d’une lutte des classes qui n’arrête jamais.
Antoine Dumini et Nicolas Hirth
POUR ALLER PLUS LOIN
Les batailles de l’impôt : consentement et résistances de 1789 à nos jours, Nicolas Delalande, Le Seuil, Paris, 2010.
L’affaire Caillaux, Lionel Dumarcet, éditions De Vecchi, Paris, 1999.
Et en vidéo : L’impôt sur le revenu (1914), documentaire de Bernard George, Cinétévé, 1996.
« C’ÉTAIT SÛR COMME LES IMPÔTS ; ET ÇA, Y A RIEN DE PLUS SÛR. » Charles Dickens
« QUAND L’HISTOIRE GRANDIT, LES HOMMES GRANDISSENT AVEC, ET C’EST BEAU À VOIR ; » Maurice Kriegel-Vairimont
Salut les Virus
Cahuzac, comptes en Suisses, offshore, détournements fiscaux, banques françaises, collusions et magouilles en tous genres.
Audition d’un banquier devant une commission.
De quoi faire sauter la Raie Publique.
intégralité audition du banquier Qui Pourrait Faire Sauter La République
Bonjour,
Cela devrait enfin réveiller l’arrêt-public sur les dangers de l’hégémonie des banques privées…
Sur son (excellent) site (http://www.les-crises.fr), Olivier (Berruyer) a fait une utile compilation à partir de cette incroyable vidéo.
Merci à lui.
[Hallucinant] Audition de Pierre Condamin-Gerbier au Sénat
http://www.les-crises.fr/pierre-condamin-gerbier/
Étienne.
Les photos sous-titrées réalisées par slate.fr
sont très pédagogiques pour FIXER les idées et tâcher de ne pas trop oublier…
C’est de l’éducation populaire, entre nous.
Source des images :
http://www.slate.fr/story/74021/audition-condamin-gerbier-senat
Source des images :
http://www.slate.fr/story/74021/audition-condamin-gerbier-senat
Brésil : Dilma Rousseff propose un référendum pour une réforme politique
Confrontée à un mouvement de protestation historique, la présidente brésilienne Dilma Rousseff a pris une initiative forte en proposant de soumettre à référendum une « réforme politique » profonde du pays par le biais d’une « assemblée constituante spécifique ».
C’est « le Congrès qui dira sous quelle forme se fera » (…) l’assemblée constituante spécifique » proposée par la présidente, a‑t-il ajouté.
À ce rythme là, le pays des droits de l’homme sera le dernier à avoir une constitution démocratique.
Un autre qui est pour le non-remboursement de la dette (belge):
Bonjour à tous,
Je ne comprends pas bien pourquoi cette pétition pour une Assemblée Constituante tirée au sort sur le site Avaaz suivi par maintenant 23 millions d’internaute n’a recueilli que 15 signatures à ce jour.
Si vous ne comprenez pas non plus, je vous propose de la signer, bien sûr, mais surtout de la diffuser dans tous vos réseaux.
Ce serait dommage si elle ne devait pas dépasser haut la main l’objectif de 1000 signatures.
Lien vers la pétition :
https://secure.avaaz.org/fr/petition/Une_Assemblee_Constituante_tiree_au_sort/launch/
Accord européen sur le sauvetage des banques en faillite
le 27-06-2013 à 08h39 – Mis à jour à 09h06
Par Le Nouvel Observateur avec AFP
Cet accord entre les ministres européens des Finances épargne les contribuables. Un succès obtenu « de haute lutte ».
Les ministres européens des Finances ont trouvé dans la nuit de mercredi 26 juin à jeudi un compromis pour restructurer ou liquider les banques en difficultés tout en épargnant les contribuables, un succès obtenu « de haute lutte » à quelques heures d’un sommet européen.
Après plus de six heures de discussions, les ministres sont parvenus à un accord sur le degré de flexibilité laissé à chaque Etat dans la résolution des crises bancaires.
Ce sujet constituait un point de blocage sur lequel avaient achoppé les ministres la semaine dernière à Luxembourg, malgré une première réunion marathon de plus de 18 heures.
« C’est un succès, un succès arraché de haute lutte », a réagi à la sortie de la réunion le ministre français des Finances, Pierre Moscovici, jugeant que cet accord était « très important pour la stabilité financière de l’Union européenne ». L’Allemand Wolfgang Schäuble a salué « une avancée importante » en ce sens.
C’est « un jalon majeur dans nos efforts pour briser le cercle vicieux entre les banques et les dettes des Etats », a renchéri l’Irlandais Michael Noonan, qui présidait la réunion.
« Si une banque a des problèmes, nous aurons désormais un ensemble unique de règles dans toute l’Europe pour décider qui paie la facture », a souligné de son côté le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem, par ailleurs président de l’Eurogroupe. Ces nouvelles règles devraient entrer en vigueur à partir de 2018.
Pour éviter de faire payer les contribuables quand une banque doit être restructurée ou liquidée, les Européens s’étaient déjà mis d’accord pour faire payer, dans l’ordre : les actionnaires, puis les créanciers les moins bien assurés, puis, le cas échéant, les détenteurs d’obligations dits « seniors » et en dernier recours les déposants, au-delà de la somme de 100.000 euros.
Mais deux groupes de pays s’opposaient. Dans le premier se trouvaient la France et le Royaume-Uni, qui voulaient pouvoir bénéficier d’une certaine flexibilité au cas par cas. Paris souhaitait par exemple pouvoir protéger, dans certaines circonstances, les déposants individuels et les PME.
D’autres pays comme l’Allemagne, les Pays-Bas et la Finlande, défendaient au contraire les règles les plus strictes possibles, pour éviter l’incertitude qui risque de faire fuir investisseurs et déposants.
Au final, les Etats qui souhaiteront de la flexibilité devront imposer des pertes d’abord aux créanciers et actionnaires à hauteur de 8% minimum du passif des banques. Autrement dit, pour une banque dont le passif est de 100 milliards d’euros, créanciers et actionnaires se verront imposer au moins 8 milliards d’euros de pertes.
Une fois cette condition remplie, pourra intervenir un fonds national « de résolution » et si nécessaire, seront sollicitées « des ressources, soit nationales, soit européennes », avec la possibilité de « recapitalisation directe par le MES », le fonds de secours de la zone euro, a expliqué Pierre Moscovici.
Ce deuxième niveau d’intervention ne pourra pas dépasser 5% du passif de la banque.
Même si le recours à l’argent public est donc encore possible pour les pays qui voudront faire jouer la flexibilité, notamment à travers le MES, il s’agit d’ »un changement majeur », a souligné Jeroen Dijsselbloem, car « on passera de l’argent public, celui du contribuable, à celui du secteur financier lui-même, qui va devoir dans une très large mesure régler ses propres problèmes ».
L’intervention possible du MES, et donc des contribuables européens, parfois pour sauver les banques d’autres pays, n’était pas du goût de tout le monde, notamment de l’Allemagne.
Mais, a souligné Pierre Moscovici, « il ne paraissait pas cohérent d’un côté de mettre en place un mécanisme direct de recapitalisation des banques par le MES et de l’autre côté, d’exclure le MES du jeu de la flexibilité ».
Les ministres étaient sous pression pour trouver un accord avant jeudi. D’une part, parce que s’ils avaient échoué, le calendrier parlementaire aurait été trop serré pour que le texte soit adopté définitivement avant mai 2014, date des élections européennes.
Michael Noonan a souhaité un accord sur le texte « d’ici la fin de l’année » avec le Parlement européen.
Par ailleurs, un échec aurait entaché le sommet des chefs d’Etat et de gouvernement qui doit s’ouvrir jeudi après-midi à Bruxelles, et qui doit notamment faire le point sur les avancées réalisées en matière d’union bancaire.
Commentaire :
Harpagon
Certes ce n’est pas une petite peine que de garder chez soi une grande somme d’argent ; et bienheureux qui a tout son fait bien placé, et ne conserve seulement que ce qu’il faut pour sa dépense. On n’est pas peu embarrassé à inventer dans toute une maison une cache fidèle ; car pour moi, les coffres−forts me sont suspects, et je ne veux jamais m’y fier ; je les tiens justement une franche amorce à voleurs, et c’est toujours la première chose que l’on va attaquer. Cependant je ne sais si j’aurai bien fait d’avoir enterré dans mon jardin dix mille écus qu’on me rendit hier. Dix mille écus en or chez soi est une somme assez… (Ici le frère et la sœur paraissent s’entretenant bas.) O Ciel ! je me serai trahi moi−même : la chaleur m’aura emporté, et je crois que j’ai parlé haut en raisonnant tout seul. Qu’est−ce ?
L’avare, Molière.
Le contribuable est épargné par l’accord européen sur le sauvetage des banques…
la preuve avec la Cour des Comptes !!!
« Les pistes d’économies de la Cour des Comptes » :
Des mesures transversales de freinage à court terme nécessaires pour tenir les objectifs de réduction de la dépense publique en 2014 et 2015.
Alors que la croissance des dépenses publiques en volume était de 1,7 % en moyenne sur la période allant de 2007 à 2011, de 1,0 % en 2012 et serait de 0,9 % en 2013 selon les prévisions du gouvernement, le programme de stabilité prévoit qu’elle soit ramenée à 0,4 % en 2014 et 0,2 % en 2015. Par rapport à une croissance tendancielle de ces dépenses estimée à 1,5 % par an, des économies de l’ordre de 13 Md€ en 2014 et 15 Md€ en 2015 sont à dégager pour atteindre cet objectif.
Pour respecter les engagements pris par la France, l’effort de réduction des dépenses doit être partagé par l’ensemble des administrations publiques.
Au-delà des effets budgétaires attendus, la démarche de recherche d’économies doit être comprise et utilisée comme un levier permettant d’initier des réformes plus profondes, touchant à l’adaptation des politiques publiques mais aussi à la gouvernance et à l’organisation institutionnelle. La démarche de la modernisation de l’action publique, engagée en 2012, a vocation à s’inscrire dans cette perspective.
Alors que les mesures issues de la révision générale des politiques publiques (RGPP) n’auront plus de nouvel impact sur la dépense en 2014 et que les principales décisions qui devraient découler de la démarche de modernisation de l’action de l’État trouveront peu de traduction budgétaire avant l’exercice 2015, le respect des engagements du programme de stabilité au titre des années 2014 et 2015 pourrait conduire à recourir à des mesures transversales de freinage à effet immédiat sur les grands déterminants de la dépense publique, tels que le gel du point de la fonction publique, la sous-indexation temporaire (hors minima sociaux) des prestations familiales, des pensions de retraite, des aides au logement, du salaire de référence de l’assurance-chômage ou encore la réduction du rythme d’évolution de l’ONDAM.
- Pour mémoire, l’ONDAM est l’enveloppe destinée aux hôpitaux publics.
http://www.ccomptes.fr/index.php/Publications/Publications/Situation-et-perspectives-des-finances-publiques-2013
Sauver une banque en difficulté, c’est une idée, et ne pas la contester dans un système qui se dit libéral peut paraître étrange, voire schizophrène, mais surtout, je ne vois pas de réflexion sur le pourquoi de cette difficulté ni sur l’institution de garde-fous, au sens littéral…
(Car enfin, je vous le dis, si ma pomme disposait de l’agrément autorisant la création monétaire scripturale, il me semble que pour arriver aux portes de la faillite, il me faudrait vraiment faire un effort suicidaire)
Ayrault donne (évidemment) raison à la cour des comptes…
La Cour des comptes a « malheureusement » raison, admet Ayrault
Créé le 27-06-2013 à 17h50 – Mis à jour à 19h22
Par Le Nouvel Observateur avec AFP
La Cour juge que le déficit public de la France pourrait dépasser les 3,7% du produit intérieur brut prévus dans le Programme de stabilité européen.
Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a déclaré jeudi 27 juin que, « malheureusement, du fait de l’absence de croissance », la Cour des comptes avait raison de craindre un dérapage du déficit public en 2013 par rapport aux prévisions.
Interrogé sur la mise en garde de la Cour des comptes, qui juge que le déficit public de la France pourrait dépasser les 3,7% du produit intérieur brut prévus dans le Programme de stabilité européen, le chef du gouvernement, en déplacement à Fort-de-France, a déclaré : « Je pense que, pour 2013, malheureusement, du fait de l’absence de croissance, ce que dit la Cour des comptes est vrai. Mais, à la fin de l’année, nous verrons. »
« La Cour des comptes est indépendante. Elle fait ses observations, elle donne son diagnostic, mais ce n’est pas elle qui fait la politique du gouvernement », a toutefois ajouté Jean-Marc Ayrault. « C’est au gouvernement, avec le Parlement, de trouver les bonnes solutions. »
« Il n’y a pas de dérapages sur les dépenses, ça c’est très important. Effectivement, la Cour des comptes note qu’il y a une insuffisance de recettes due essentiellement à une insuffisance de croissance », a poursuivi le chef du gouvernement. De source proche de François Hollande, on indique aussi que « l’engagement que le gouvernement doit respecter coûte que coûte » c’est « la dépense ». « La dépense ne doit pas augmenter par rapport à ce qui a été prévu. Ca serait un vrai décrochage qui nous mettrait en difficulté vis-à-vis de nos partenaires européens, peut-être des marchés, en tout cas vis-à-vis du Parlement ».
Tout en avertissant le gouvernement d’un risque de dérapage en 2013 par rapport aux prévisions, la Cour des comptes a exclu la nécessité d’un collectif budgétaire à mi-année, dans un rapport publié jeudi. « Il est important de noter (…) que la Cour des comptes ne demande pas de collectif budgétaire. Les efforts que nous avons faits sont réels, il faudra les poursuivre dans la durée mais pas forcément avec la brutalité que certains nous demandent », a encore dit Jean-Mac Ayrault.
Si la croissance française était plus basse que le taux de +0,1% prévu par le gouvernement pour 2013, comme l’annoncent la Commission européenne, le FMI mais aussi désormais l’Insee, « le déficit public effectif pourrait se situer entre 3,8 et 4,1% du PIB », affirme la Cour des comptes dans ce rapport sur la situation et les perspectives des finances publiques. La Cour des comptes a également mis en garde contre le poids du déficit des retraites dans les comptes sociaux, demandant des « mesures à effet immédiat ».
Olivier BERRUYER nous donne l’intitulé du site internet du Ministère du Budget et des Finances Publiques :
http://www.performance-publique.budget.gouv.fr/accueil.html
Comme le dit Olivier : « il fallait oser… »
En 2012, Le Temps Économie et Finance publie une série d’articles :
« La dette publique, une vieille histoire ».
1953, le tournant qui a permis à l’Allemagne de rebondir
L’Accord de Londres, signé le 27 février [1953], a permis à la République fédérale d’effacer la moitié de sa dette d’avant et d’après-guerre. Le « miracle économique » allemand est lancé.
En 1951, lorsque Hermann Josef Abs est chargé de représenter la délégation allemande lors d’une série de conférences prévues à Londres, le banquier est conscient de la difficulté de la tâche qui l’attend. « Monsieur Abs, si vous faites du mauvais travail, vous serez pendu à un poirier. Et si vous faites du bon travail, ce sera à un pommier », lui déclare Fritz Schäfer, le ministre des Finances. La boutade, rapportée par Hermann Josef Abs, ne décourage pas pour autant le conseiller financier du chancelier ouest-allemand Konrad Adenauer.
Durant deux ans, le responsable de la délégation allemande tentera de négocier les conditions les plus avantageuses pour la jeune République fédérale d’Allemagne. La RFA doit rembourser à la fois les obligations financières issues du Traité de Versailles, jamais honorées ; les emprunts internationaux contractés durant la République de Weimar, dont le paiement des intérêts a été suspendu au début des années 1930 ; à quoi s’ajoutent encore les aides financières accordées par les Alliés pour reconstruire le pays ravagé après 1945.
Suite à la partition du pays en deux Républiques au sortir de la guerre, les négociateurs allemands sont confrontés à un premier dilemme : la RFA doit-elle accepter d’assumer pleinement l’héritage des dettes d’avant-guerre du Reich ? Ou peut-elle se soustraire à cette responsabilité, étant donné que la partie est du territoire, la RDA, est occupée par les troupes soviétiques ? Deux raisons incitent Konrad Adenauer à opter pour la première solution.
Premièrement, le chancelier, en place depuis 1949, fait du regain de souveraineté de la jeune République l’une des priorités de son action politique. Or, lors d’une conférence réunissant les ministres des Affaires étrangères des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne et de la France, organisée en septembre 1950 à New York, les Alliés ont fait miroiter une révision du statut d’occupation de la RFA, à condition que le pays reconnaisse les dettes d’avant-guerre de l’Allemagne.
Deuxièmement, le chancelier veut aussi rétablir la crédibilité du pays comme débiteur sur le plan international. Avoir accès à l’emprunt est indispensable pour permettre aux entreprises allemandes de se refinancer à l’international. En raison du défaut de paiement d’avant la guerre, ces dernières sont alors pénalisées dans leur activité d’exportations par des problèmes de liquidités et des coûts supplémentaires. Au début des années 1950, le pays a encore une balance commerciale négative, la valeur des importations dépassant celle des exportations.
Lorsque les négociations commencent, la partie est loin d’être gagnée. La délégation allemande fait face aux réticences de certains pays, comme la Grande-Bretagne et la France, concernant les dettes d’avant-guerre, jamais honorées. Ces dernières découlent encore en grande partie des réparations pour dommages de guerre prévues par le Traité de Versailles de 1919.
Très vite, l’Allemagne a été étranglée par le poids de ces paiements, soumis à un moratoire partiel dès 1922. En 1923, la République de Weimar n’est plus en mesure de verser quoi que ce soit.
Face à l’incapacité de l’Allemagne à satisfaire à ses engagements, un banquier américain, Charles Dawes, élabore, au milieu des années 1920, un premier plan de rééchelonnement. Le paiement des annuités est abaissé et la dette elle-même est réaménagée sous la forme d’emprunts internationaux à un taux de 7% avec une maturité de vingt-cinq ans. Leur valeur totale atteint 800 millions d’anciens Marks. Pendant un temps, l’économie allemande se redresse et le pays paie une partie de ses dettes. Grâce à ces remboursements, l’Allemagne affiche même un net bilan excédentaire de 1926 à 1929. Mais l’embellie est de courte durée : à la suite du krach boursier de 1929, l’économie allemande replonge.
En 1930, un autre Américain, Owen Young, patron de General Electric, élabore un deuxième plan de rééchelonnement de la dette ¬allemande. Les « emprunts Young », d’un montant de 1,2 milliard d’anciens Marks, sont émis à un taux inférieur, de 5,5% et étalés sur une durée encore plus longue. Mais très vite, l’aggravation des conditions économiques réduit à néant l’effet des concessions consenties.
En 1931, le président américain Herbert Hoover suspend le paiement des réparations de guerre pour un an.
Et en juillet 1932, les Alliés renoncent finalement à toute indemnité de guerre lors de la conférence à Lausanne, qui réunissait des représentants de la France, de la Grande-Bretagne et de l’Allemagne pour régler la question des réparations prévues dans le Traité de Versailles. C’est le premier défaut de paiement officiel du Reich.
Cependant, les emprunts de Dawes et de Young, qui avaient été souscrits par des investisseurs de divers pays, restent, eux, valables. L’arrivée d’Adolf Hitler au pouvoir ralentit une nouvelle fois les paiements, qui reprendront peu à peu par la suite. Après l’éclatement de la Seconde Guerre mondiale, seuls quelques pays comme la Suisse et la Suède continuent d’être remboursés. Lorsque Hermann Josef Abs entame en 1951 les négociations avec les représentants des Alliés, la question des engagements découlant pour l’Allemagne des emprunts de Dawes et de Young reste ainsi entièrement ouverte.
Les dettes d’avant-guerre sont estimées au départ à 13,5 milliards de Deutsche Marks. Au fil des négociations, leur valeur est d’abord ramenée à 9,6 milliards, en raison notamment de l’abandon de la ‑référence à l’or et de la chute de la valeur du dollar. Au final, la somme des emprunts d’avant-guerre est encore ramenée à 7,3 milliards de Deutsche Marks, soit une remise de plus de 45% comparée à la somme initiale.
Quant aux dettes d’après-guerre, chiffrées initialement entre 15 et 16 milliards de Deutsche Marks, elles sont rabattues à un montant de 7 milliards également, soit une remise de dette de plus de moitié. Elles seront payées en tranches annuelles d’un peu plus de 200 millions, qui s’ajoutent à celles de 340 millions par an pour les emprunts d’avant-guerre.
Avec l’essor économique de la RFA durant les années 1950, ces montants peuvent être versés aisément. Le montant annuel d’un demi-milliard de Deutsche Marks versé par l’Allemagne en 1953 correspond à environ 4% du total de ses exportations. Les derniers emprunts de Dawes ont été entièrement remboursés en 1969, ceux de Young en 1980.
La question du règlement de la dette allemande n’est pas encore terminée. La RFA ne s’estimait pas responsable d’assumer l’entier des sommes dues par le Reich. Mais une clause dite de « réunification » garantissait le remboursement des intérêts supplémentaires si les deux parties du pays devaient être réunifiées. Les derniers paiements correspondant à ces intérêts furent effectués en 2010.
À l’issue de la conférence de Londres, la République fédérale est ainsi parvenue à diviser par deux le poids de sa dette, avec le consentement de ses créanciers. Partant d’un montant total initial de près de 30 milliards de Deutsche Marks, les dettes d’avant et d’après-guerre de l’Allemagne sont ramenées à moins de 14 milliards, résume l’historienne Ursula Rombeck-Jaschinski, auteur d’un ouvrage consacré à cette question, publié en 2005.
Cette remise de dette, d’une ampleur rare en Europe au XXe siècle, est scellée avec l’accord signé le 27 février 1953 à Londres entre la RFA et 21 pays ayant pris part aux négociations. Outre les États-Unis, la plupart des pays européens ainsi que la Suisse en font partie. L’accord, qui sera ratifié par une loi le 24 août de la même année, sera reconnu par une douzaine de pays supplémentaires, y compris Israël en 1955.
Comment la RFA a‑t-elle pu obtenir des conditions aussi favorables ? La réponse tient en partie à l’argumentation de Konrad Adenauer et de son conseiller économique : il ne faut pas mettre en péril le « miracle économique » naissant de la jeune République, un argument qui fait mouche auprès des Américains.
De plus, les États-Unis veulent pouvoir compter sur la RFA, non seulement comme client mais aussi et surtout en tant que rempart contre le bloc communiste.
Enfin, la capacité de négociateur de Hermann Josef Abs, qui a siégé dans une trentaine de conseils d’administration d’entreprises et qui finira par présider la Deutsche Bank dans les années 1960, a aussi joué un rôle clé. Le banquier, que ses contemporains disent coquet et obsédé par les détails, parlait couramment plusieurs langues étrangères, dont le français, l’anglais et le néerlandais. S’y ajoute son pragmatisme lors des négociations.
Dans un long article publié en 1959, où il revient sur la phase qui a précédé l’Accord de Londres, il est frappant d’observer que Hermann Josef Abs raisonne plus comme un comptable que comme un politicien. Cette approche, tout comme la distance qu’il a gardé avec le régime nazi durant la guerre, jugée suffisante par les Alliés, ajoute à sa crédibilité. Peu importe s’il avait aussi siégé dans les conseils de plusieurs entreprises qui ont employé des prisonniers de guerre.
Cette remise de dette peut-elle servir de modèle dans le contexte la crise actuelle ? On peut en tout cas observer que l’Accord de Londres, peu connu du grand public, a la particularité de faire parler de lui à chaque crise importante liée à l’endettement. Au milieu des années 1980, cet accord a souvent été cité en exemple par les adeptes d’un effacement d’une plus grande partie de la dette des pays en voie de développement. L’Allemagne, faisaient-ils valoir, n’a jamais dû rembourser plus de 5% de la valeur de ses exportations à partir de 1953, alors que de nombreux pays du tiers-monde ont dû y consacrer plus de 20%.
Plus récemment, l’aggravation de la crise de la dette en Grèce et en Espagne a aussi ramené cet accord sur le devant de la scène. La remise de dette octroyée à l’Allemagne a favorisé un redémarrage rapide du pays, argumente-t-on en substance.
Mais on entend aussi un autre argument, plus inattendu : en 1946, l’Allemagne avait été condamnée à payer une somme de 7 milliards de dollars à la Grèce à titre de réparation pour l’occupation du pays de 1941 à 1944, un montant non réglé par l’Accord de Londres. Toutefois, en acceptant la réunification de la RFA et de la RDA dans le cadre du Traité de Moscou, la Grèce s’est privée de la possibilité de réclamer des réparations, a fait valoir l’Allemagne par la suite.
Selon une interpellation déposée au Parlement européen en février par le député Daniel Cohn-Bendit, cette dette vaudrait aujourd’hui plus de 80 milliards d’euros compte tenu des intérêts qui s’y sont ajoutés. Cette somme permettrait à la Grèce de rembourser une partie de la dette que le pays doit à l’Union européenne.
Si les chances d’obtenir gain de cause apparaissent plutôt minces pour la Grèce dans ce dossier, ce dernier épisode démontre qu’en matière de dette, l’histoire n’est jamais vraiment terminée.
Le Temps, samedi 28 juillet 2012.
La plus grande manifestation de l’histoire de l’humanité : un message au monde
http://npa2009.org/node/37961
« Il y aurait eu hier 30 juin dans quasi toutes les villes d’Egypte, petites ou grandes, entre 14 millions de manifestants anti Morsi selon l’agence Reuters citant des sources militaires et 33 millions selon CNN ou la BBC. Quoi qu’il en soit, il y en avait bien plus que lors des 18 jours cumulés de la révolution de janvier 2011 qui a fait tomber Moubarak. C’est la plus grande manifestation de l’histoire de l’Égypte et même probablement de l’histoire de l’humanité. » […]
Bravo aux Égyptiens, à nous maintenant !
Ce qui est dommage, c’est que même devant l’évidence que l’élection ne fonctionne pas pour assurer que la voix du peuple soit suivie, les Égyptiens semblent ne réclamer aucune modification institutionnelle majeure, mais plutôt une présidentielle anticipée…
À ce niveau-là, ils sont tellement, et ils ont l’armée avec eux… S’ils demandaient ne serait-ce que le Référendum d’initiative populaire, ça pourrait faire un vrai changement !
@Petit Virus
oui,
Un travail pédagogique doit être mené AVANT les révolutions, car pendant, c’est trop tard.
Bonaparte et le loi du 17 germinal an XI
Le franc germinal
Cet article est issu d’une conférence de M. Jean Tulard, membre de l’Institut, donnée au MINEFI le 12 décembre 2001.
À la veille du passage à l’euro, le MINEFI a organisé une manifestation autour de l’histoire de notre monnaie, du Moyen Âge à nos jours. Cette série de conférences organisée par le Comité pour l’histoire économique et financière de la France et intitulée « Les Français et leur monnaie : le louis, le franc, l’euro et les autres », offre l’occasion de montrer comment la monnaie a toujours été au cœur des enjeux économiques majeurs de notre pays et de la vie quotidienne des Français. Cet article, troisième de la série après ceux consacrés à la naissance du franc et à la période allant du louis à l’assignat (voir NBB n° 221 et 222), évoque la réforme du franc germinal en 1803.
La nationalisation des biens du clergé
Les États Généraux, qui ne s’étaient pas réunis depuis 1614, ont été convoqués en mai 1789 pour trouver une solution au déficit des finances publiques que la monarchie n’avait pas su combler, se contentant de multiplier les emprunts.
Le déficit était de deux milliards, les réformes de Turgot et de Calonne ayant été repoussées. Les États Généraux transformés en assemblée constituante s’occupèrent d’abord et surtout de politique, laissant s’aggraver la crise financière. La situation devenait catastrophique lorsque le 2 novembre 1789, l’évêque d’Autun, Monseigneur de Talleyrand-Périgord, est monté à la tribune et a annoncé aux députés qu’il avait la solution pour le déficit des finances royales.
Ancien agent général du clergé, expliquait-il, il avait géré la fortune de l’Église de France et l’évaluait précisément à deux milliards, le chiffre même du déficit. Si donc nous nationalisions les biens de l’Église pour les mettre à la disposition de la Nation, le déficit serait comblé. Ainsi Talleyrand trahissait-il son Ordre en attendant de trahir sa foi.
L’accueil fut enthousiaste, mais il fut curieusement surtout enthousiaste parmi les curés majoritaires au sein de la représentation ecclésiastique et auxquels Talleyrand, avec une habileté démoniaque, avait fait miroiter un traitement avantageux si cette nationalisation se produisait, un traitement plus avantageux que la fameuse portion congrue à laquelle ils étaient réduits. Ainsi la solution au déficit était trouvée et votée par l’assemblée.
Par conséquent, il n’y avait plus de crise financière. Mais, alors que l’on venait, au mois d’août, de proclamer la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen et alors que parmi ces droits inviolables et sacrés figurait le droit de propriété, se posait un problème : pouvait-on nationaliser ainsi les biens du clergé, enlever à l’Église sa propriété ? N’était-ce pas une entorse au fameux principe de propriété ? Non, répondait Talleyrand, Mirabeau et autres, puisqu’il y avait dans la Déclaration des droits de l’homme la possibilité de confisquer une propriété lorsque l’imposait la nécessité publique. Autre question de taille, les biens qui allaient être nationalisés appartenaient-ils vraiment à l’Église, n’avaient-ils pas été donnés pour des motifs précis tels que les messes à l’attention des âmes du purgatoire, les fondations charitables, les témoignages de reconnaissance à l’égard de sainte Rita, patronne des causes désespérées, ou de saint Antoine de Padoue permettant de retrouver les objets que l’on croyait perdus ? Ces biens avaient été donnés dans une intention précise, non pas à un curé mais à un saint, le curé n’en étant que le représentant, ou alors dans une intention pieuse, par exemple faire dire des messes à l’attention d’un vieil oncle qui n’avait pas mené une vie très sainte et qui risquait de se retrouver au purgatoire. On fondait donc une tradition de messe annuelle pour l’âme de ce vieil oncle, de façon à ce qu’il sorte du purgatoire. Si on nationalisait ces biens, le vieil oncle était condamné à rester toute sa vie au purgatoire et même au-delà et, par ailleurs, on frustrait des saints comme sainte Rita ou saint Antoine. On passa outre et, finalement, le courroux du ciel allait être fatal aux finances publiques.
La solution des assignats
Il était certes facile de nationaliser les biens d’Église, mais ces biens étaient des terres, des immeubles, des maisons qu’il fallait vendre. Si on mettait immédiatement sur le marché pour deux milliards d’immeubles, on ne pouvait que provoquer une très forte dévaluation des prix.
Ce qui représentait deux milliards mis immédiatement sur le marché risquait de ne se vendre que pour la valeur d’un milliard. Mais d’un autre côté, ces deux milliards étaient nécessaires pour combler tout de suite le déficit des finances. Alors, pour faire face aux dépenses, on émit dans l’immédiat des assignats créés le 19 décembre 1789 et gagés sur les biens de l’Église. Du papier fut émis immédiatement pour disposer tout de suite de l’argent en attendant la vente du bien lui-même, le bien étant le gage de ce papier.
À l’origine, l’assignat était un bon du Trésor portant intérêts à 5 % et admis de préférence dans les achats des biens nationaux. Mais très vite, la tentation est arrivée d’en faire un papier monnaie et à partir du moment où l’État avait la possibilité d’émettre du papier avec toujours les biens d’Église comme gages, la tentation allait devenir de plus en plus grande d’émettre au-delà de la valeur des biens d’Église.
Ce danger fut pressenti à l’assemblée constituante. Il existait un risque d’émettre plus de papier monnaie que ne représentaient en valeur les biens nationaux, les biens d’Église. Mais l’argumentation de Mirabeau fut déterminante en faveur de l’assignat. Partout, dit-il, où se placera un assignat monnaie, là sûrement reposera avec lui un vœu secret pour le crédit des assignats et comme le sort de la Constitution tient à la sûreté de cette ressource, vous compterez un défenseur nécessaire de vos mesures, un créancier intéressé à vos succès. C’est-à-dire que tout individu qui aura un assignat en poche aura tout intérêt à ce que la Révolution réussisse, sinon il aura un assignat sans valeur. Analyse très juste sur le plan politique mais qui ne distinguait pas le bien national de l’assignat, la réalité de la terre et l’aspect factice du billet de papier. Le bien national a fait de ses acquéreurs des partisans de la Révolution, mais l’assignat, en raison d’émissions de plus en plus fortes, a ruiné la France révolutionnaire en la vouant à l’inflation.
Sous le Directoire, la situation des finances publiques est désastreuse : la dévaluation d’un assignat est telle que les mendiants les refusent, l’assignat ne représentant absolument plus rien. Pour rassurer l’opinion, on décide de brûler solennellement la planche à assignats, il en avait été émis pour 45 milliards, alors que la base était deux milliards. Certes, on y avait ajouté les biens d’Église de la Belgique quand elle avait été annexée, certes il y avait les biens des nobles, dits biens nationaux de seconde origine. Mais le tout ne faisait pas 45 milliards. La guerre a entraîné précisément des émissions inconsidérées d’assignats. Donc on brûle la planche à assignats le 19 février 1796 et on donne comme oraison funèbre à l’assignat ces vers : « je fus cher aux bons citoyens, des malveillants m’ont fait outrage, ma vie a fait beaucoup de bien et ma mort en fait davantage ». Tous les assignats sont retirés et détruits, mais le 18 mars 1796 sont crées des mandats territoriaux. Ainsi, on retire l’assignat pour lui substituer un autre papier monnaie. Comme il n’y a plus de gage et que la confiance s’est envolée, ces mandats territoriaux à peine émis ont été dévalués et il fallut les retirer le 4 février 1797.
La situation lors de l’arrivée de Bonaparte
Il n’y a donc plus de papier monnaie, plus d’assignats ni de mandats territoriaux en circulation. Mais dans cette période de troubles, la bonne monnaie, les espèces sonnantes et trébuchantes, se cachent et ne vont pas resurgir. À la fin du Directoire, il n’existe donc plus de signe monétaire, plus de monnaie et la France se retrouve avec une économie de troc où on achète en payant avec une poule et on rend la monnaie avec deux œufs. Tel est donc l’héritage que trouve Bonaparte après Brumaire. Mais de ce désastre surnagent quelques éléments positifs qui vont permettre les réformes de Bonaparte.
Les acquéreurs de biens nationaux
La première réforme qui va réussir le sera grâce à une catégorie qui est contrainte de faire confiance au premier consul : ce sont les acquéreurs de biens nationaux. Combien sont-ils ? Difficile de le déterminer puisqu’il n’existe pas encore de dépouillement exhaustif des ventes de biens nationaux, même si tous les procès-verbaux ou presque de ventes sont disponibles.
Mais il existe bel et bien toute une petite bourgeoisie rurale. Un certain nombre d’entrepreneurs, d’architectes et autres ont acheté des biens d’Église, des abbayes, des terres, des vignobles et Bonaparte ne va pas cesser de s’appuyer sur cette catégorie. En 1804, au moment du sacre, après la cérémonie religieuse qui a été considérée avec une bienveillance amusée et un agréable scepticisme, le Pape est poussé vers la sortie. On l’envoie dans la sacristie et c’est là que les choses commencent. Dans son serment, Bonaparte jure de maintenir l’intégrité du territoire de la République et le principe de l’égalité. Mais il s’agit surtout du maintien des ventes des biens nationaux, comme cela figure en toutes lettres dans le procès-verbal du sacre et comme Mirabeau l’avait prévu. Napoléon est donc l’homme des acquéreurs de biens nationaux et lorsqu’un système de notabilité est mis en place, la liste des 600 plus imposés, on y retrouve essentiellement des acquéreurs de biens nationaux. Il existe donc un élément social sur lequel pourront s’appuyer les réformes monétaires de Napoléon.
Le tiers consolidé
Il existe un deuxième élément fondamental. La dette publique, qui était de deux milliards au départ et que devait combler, grâce à l’ingéniosité de Talleyrand, la vente des biens nationaux, s’est au contraire aggravée, devenant presque catastrophique. Or, la chance de Bonaparte, et c’est ce qui explique finalement le succès du franc germinal, c’est que le Directoire s’est résigné les 30 septembre et 14 décembre 1797 à annoncer la grande mesure du tiers consolidé.
__En réalité, ce que le Directoire appelle le tiers consolidé est en réalité ce que ses adversaires appellent la banqueroute des deux tiers. L’explication est la suivante : une personne prête 300 F à l’État et donc en attend des intérêts. Ces intérêts ont été versés pendant toute la période révolutionnaire en assignats de plus en plus dévalués, de sorte que le placement s’est révélé catastrophique. Mais le Directoire a décidé de consolider un tiers de ces 300 F, donc de verser des intérêts sur ces 100 F et, au moment du remboursement, de rembourser 100 F. Mais il est bien évident que les 200 F restants sont envoyés à la trappe. C’est donc bel et bien la banqueroute de l’État. Simplement, les Thermidoriens savaient faire passer leurs réformes.
Par conséquent, les intérêts de la dette publique ont été réduits des deux tiers, ce qui allège considérablement les finances de l’État. Bonaparte se trouve désormais avec un passif beaucoup moins grave. Il s’agit donc au final d’une autre mesure favorable.__
L’élection des agents de l’État
Le mauvais fonctionnement du fisc faisait aussi partie de la ruine des finances publiques. Au début de la Révolution, les Français ne payent pas d’impôts. Pourquoi ? Parce que le désordre est tel qu’on n’a pas besoin d’en payer. Par conséquent, les habitants d’Avignon, enclave pontificale au cœur de la France, qui sont soumis à une fiscalité pontificale particulièrement lourde, se sont dit qu’il serait plus simple de devenir français. La demande de rattachement d’Avignon et du Comtat venaissin à la France ne s’explique donc pas par une admiration intense qu’aurait vouée les Avignonnais au principe noble de la Révolution française. Ils sont passés d’un système fiscal particulièrement lourd à une absence de paiement d’impôts.
Après cette période d’anarchie, la Révolution a eu l’idée de substituer à la vénalité des charges l’élection. Les agents de l’État sont désormais élus, comme les juges, ce qui leur assure une indépendance qu’ils perdront ensuite sous Napoléon. Les percepteurs contrôleurs des contributions et autres sont élus, mais plus pour percevoir les impôts, puisque la grande réforme consistait en la mise en place de la contribution en substitution à l’impôt.
Dans l’idéal qui avait été imaginé par les constituants, la contribution devait être payée de soi-même. L’administration fiscale serait devenue inutile puisque les citoyens souhaiteraient contribuer eux-mêmes aux dépenses de l’État. Les constituants prévoyaient même que seuls participaient à la vie publique les citoyens actifs, c’est-à-dire ceux qui payaient un taux de contribution.
L’administration fiscale est donc aux mains d’agents élus. Le premier souci d’un agent du fisc étant d’être réélu, il ne va donc pas faire un zèle énorme et ne va pas pressurer ses propres électeurs. Dans cette atmosphère d’idéalisation où l’on pensait que les gens allaient contribuer aux dépenses de l’État, dans cette administration de gens élus et soucieux avant tout de leur réélection, le système fiscal fonctionnait donc très mal. Or, Ramel, qui déjà sous le Directoire a eu le souci de redresser la barre, a le premier compris la nécessité d’avoir des agents du fisc nommés.
La création du franc germinal
La loi du 17 germinal an XI
Lorsque Bonaparte prend le pouvoir après le coup d’État de Brumaire, certaines réformes sont déjà engagées. Il manque à présent la confiance. Il faut avant tout rétablir l’autorité de l’État, apaiser les querelles politiques et religieuses, ramener la vie économique et à partir de ce moment-là, une réforme monétaire est possible. Le rétablissement d’une monnaie en France va être l’un des grands soucis de Bonaparte. Le Conseil d’État, institution par excellence du Consulat, va examiner la loi de Germinal, créant le franc germinal lors d’une discussion mémorable où Béranger, conseiller d’État important à l’époque, pose à ce moment-là un certain nombre de principes :
– l’utilité de la monnaie consiste dans la propriété qu’elle a de faciliter et de multiplier les échanges ;
– la monnaie est d’autant plus favorable à la multiplication des échanges que sa valeur est invariable ;
– la valeur des monnaies est indépendante de la volonté des législateurs. Elle tient uniquement à la nature et à la quantité du métal précieux qui la constitue et la fixité de cette valeur ne saurait être autre chose que la fixité de ce poids et de cette matière.
– il faut faire coïncider monnaie de compte et monnaie réelle.
Ces principes, qui apparaissent simples et de bon sens, étaient nécessaires après la période agitée qu’avait connue la France.
Après discussion, ce sera la loi du 17 germinal an XI, ou 7 avril 1803, qui va définir le franc. Le franc germinal est constitué de 5 g d’argent au titre de 9⁄10 de fin, et représente l’unité monétaire qui, dit la loi, conserve le nom de franc. Cette réforme, qui institue donc un franc basé sur l’argent est suivie de la loi du 24 germinal (14 avril 1803) qui accorde pour 15 ans à la Banque de France le privilège des maîtres du papier. Seront également émises des pièces d’un quart de franc, d’un demi-franc, de trois quarts de franc, d’un franc, de deux francs et de cinq francs. Leur titre est de 9⁄10 de fin et 1⁄10 d’alliage.
Le rôle des Thermidoriens
La réforme du franc germinal n’a curieusement pas posé de problèmes alors qu’on sortait du papier monnaie, de l’économie de troc où on échange deux œufs contre une poule et que les esprits étaient déboussolés. Il ne faut pas oublier que le franc n’était pas une nouveauté, car le Consulat a pu s’appuyer sur une loi du 15 août 1795, déclarant l’unité monétaire qui porte désormais le nom de franc. Le titre de la monnaie d’argent est de 9 parties de ce métal pur et d’une partie d’alliage. La pièce d’un franc est à la taille de 5 g. Le franc ne naît pas en germinal. Il naît avant, et cette réforme est rendue possible par l’approvisionnement en métal américain après la paix signée avec l’Espagne, qui permet la frappe de pièces d’argent de 5 F qui a eu lieu en 1796 et s’est continuée jusqu’en 1801 pour un total de 86 millions. Ainsi y a‑t-il abus de langage à faire de Bonaparte le créateur du franc : le franc thermidor a existé avant.
Les Thermidoriens ont tout inventé : la séparation de l’Église et de l’État, l’Institut de France, l’École polytechnique, l’École normale supérieure, les Archives nationales… Ils avaient donc préparé cette réforme, tout était admirablement agencé. Bonaparte n’a eu qu’à recueillir leur réforme. Ils avaient fait banqueroute ; la dette publique était donc amoindrie. Ils avaient également déjà préparé les esprits à avoir des fonctionnaires du fisc nommés.
Bonaparte n’a pas fait que plagier les Thermidoriens. Brasch, dans une étude sur la livre tournois et le franc germinal, déclare que le franc germinal, c’est la livre tournois elle-même, simplement adaptée au système métrique. La réforme de l’an XI a défini par l’argent l’unité de monnaie mais celle-ci reposait déjà sur l’argent dans la période antérieure et non sur l’or. Donc, dit Brasch, Bonaparte reprend en quelque sorte la livre tournois, mais il fait la synthèse de l’Ancien régime et de la Révolution avec le franc thermidor.
La disparition de l’ancienne monnaie
Restait encore à faire disparaître l’ancienne monnaie. Il fallait remplacer les pièces reniées par une monnaie d’un aloi solide et définitif. Il fallait donc substituer l’ordre à l’anarchie. Selon Guy Thuillier, la circulation des espèces se serait élevée à 3,24 milliards d’espèces d’or fabriquées avant 1785, 746 millions de louis après la réforme de Calonne.
Les monnaies d’argent comprenaient aussi bien des écus de 6 livres, pour une valeur de 1,7 milliard que des pièces de 24, 12 et 6 sous pour une valeur de 80 milliards. Existait aussi une monnaie de cuivre et de billon qui faussait les échanges.
Ainsi, par exemple, les salaires journaliers étaient réglés sous cette forme d’une monnaie de cuivre et les petits commerçants devaient les accepter, souvent à perte. Ils compensaient alors en augmentant les prix. Circulaient aussi dans cette France de la veille de la Révolution des monnaies étrangères.
La réforme monétaire du franc germinal étant lancée, cette anarchie monétaire ne pouvait plus durer. Des troubles avaient éclaté en 1803 puis en 1808 à propos de pièces altérées, refusées par les comptables.
Si la refonte générale proposée par Gaudin en 1807 est écartée à l’initiative de Cambacérès, elle finit toutefois par s’imposer.
Le décret du 18 août 1810 tarifie les pièces de 6, 12 et 24 sols ayant conservé leur empreinte à 25 centimes, 50 centimes et un franc et le décret du 18 août 1810 déclare que la monnaie de cuivre et de billon ne pourra être utilisée dans les paiements que pour l’appoint de la pièce de 5 francs.
Le décret du 12 décembre 1810 tarifie les écus de 6 et de 3 livres à 5,80 francs et à 2,75. Ces mesures pourtant limitées ont provoqué des paniques et des émeutes dues à l’incompréhension générale des citoyens.
Finalement, la seule réforme importante en définitive a été la suppression des banques de sols qui émettaient des billets payables en sous de cuivre et qui avaient contribué à multiplier la mauvaise monnaie.
En définitive, beaucoup de pièces ont continué à circuler.
« Le domaine de l’extraordinaire »
Le retour à l’équilibre budgétaire
Pourtant, le franc germinal résiste. Pourquoi tient-il ? Et pourquoi va-t-il tenir jusqu’à la chute de l’Empire et bien au-delà ? En 1802, le budget de l’État est en équilibre, situation inédite depuis le fameux compte-rendu de Necker sous l’Ancien Régime (budget en équilibre du fait de la non-prise en compte des dépenses de la guerre d’Amérique). Gaudin, ministre des Finances, explique dans son résumé général que l’intérêt des receveurs généraux et particuliers est étroitement lié à celui de l’État par les soumissions qu’ils souscrivent. Ils assurent désormais la rentrée régulière du produit des contributions directes qui se trouve entièrement réalisé au Trésor Public en obligations à terme. Le budget de l’État napoléonien se présente sous la forme de deux rubriques : une rubrique dépenses et une rubrique recettes.
Gaudin publie donc un budget en équilibre qui continuera à l’être malgré la guerre.
Pourquoi ? Parce que Napoléon a inventé « le domaine de l’extraordinaire ». Chaque fois que Napoléon remporte une victoire et signe un traité de paix, ce traité prévoit que la puissance vaincue devra payer une énorme contribution de guerre, une contribution si énorme que très souvent certains États ont été saignés comme la Prusse. Par ailleurs, on confisque un certain nombre de biens à des adversaires qui habitaient dans le pays vaincu. De ce fait, ces sommes énormes sont affectées à une caisse, « le domaine de l’extraordinaire », qui ne figure pas dans la comptabilité publique et qui est une caisse à part gérée par un fonctionnaire, La Bouillerie, qui a donc des sommes énormes à sa disposition. Par exemple, le 31 janvier 1806, après la défaite de l’Autriche, La Bouillerie indique la rentrée de 58 635 427 francs en numéraires, lettres de change et billets de banque provenant d’Autriche, de Moravie et de Styrie. Après la défaite de la Prusse, d’octobre 1806 à octobre 1808, 477 500 440 francs sont prélevés et versés dans les « caisses de l’extraordinaire ».
Les rôles des « caisses de l’extraordinaire »
Cette caisse noire a une existence légale par l’article 21 du sénatus-consulte du 30 janvier 1811 qui prévoit qu’elle subviendra aux dépenses des armées. Les guerres de Napoléon, sauf sur la fin, n’ont pas ruiné la France. Le principe de Napoléon était le suivant : la guerre paie la guerre et c’est le butin de guerre de la campagne précédente qui subventionne la campagne suivante. Ce système a fonctionné jusqu’à l’affaire d’Espagne : aucun traité de paix n’a été signé avec l’Espagne et donc aucune contribution n’a pu être imposée aux Espagnols. Cependant, la défaite de l’Autriche en 1809 permettra de refinancer l’expédition de Russie.
Le deuxième rôle de ce « domaine extraordinaire » consiste à récompenser les grands services militaires et civils. Les énormes gratifications que Napoléon attribue à ses maréchaux, à ses nobles, ne sont pas payées par les contribuables. Elles sont prélevées sur le domaine de l’extraordinaire qui sert aussi à des monuments, des travaux publics. Mais il a aussi un rôle occulte. Par exemple, il remet en équilibre le budget de 1808 selon un certain nombre d’opérations de prêts. Le franc germinal va rester donc stable pendant toute la période face à la livre sterling qui, elle, va au contraire souffrir des rigueurs du blocus continental. Quand Napoléon découvre que finalement « le domaine de l’extraordinaire » n’est peut-être pas toujours suffisant, il assouplit le blocus continental. Il interdit donc aux navires de faire commerce avec l’Angleterre et vend à certains négociants des licences d’autorisation de commerce. Il interdit donc une chose et il vend précisément l’autorisation de tourner cette interdiction en se faisant payer.
Le franc de la stabilité
Il y a eu donc toute une série d’expédients et il n’en reste pas moins que, malgré les guerres, malgré ces tempêtes monétaires, malgré la tyrannie de Napoléon, le franc germinal reste stable et marque le retour après la tempête qu’avait déclenchée l’évêque d’Autun en novembre 1789 à la Constituante.
Cette tempête monétaire s’apaise, le franc germinal est le retour à la stabilité. Il est la synthèse attendue, comme le Code civil qui faisait la synthèse de l’ancien régime et de la Révolution.
Livre tournois et franc révolutionnaire deviennent donc le franc germinal.
Le franc germinal va durer jusqu’au franc Poincaré. En définitive, c’est parce que Napoléon a su l’entourer de légendes et de confiance que ce franc germinal est parvenu pratiquement jusqu’à l’époque Poincaré.
La monnaie est avant tout une affaire de confiance.
Le pouvoir central politique induit le pouvoir central monétaire, et réciproquement. Ils sont mi amis, mi ennemis, mais dans tous les cas ils interdisent la démocratie, l’un comme l’autre, et l’autre comme l’un.
L’autisme politique et l’autisme monétaire sont deux composantes d’une même surdité systémique.
La pensée démocrate est à mon sens inséparable d’une réflexion sur la gestion (réellement) démocratique de la création monétaire et de l’affectation de la monnaie créée ( puisque nous ne nous débarrasserons pas de la monnaie en 2013 😉 )
Il est probable (toujours à mon sens) que la structuration de la codécision par le peuple souverain ne peut être pensée qu’en corrélation avec la structure topologique du système monétaire : dans les deux cas le principe de subsidiarité devrait être respecté un minimum.
Sous cet angle de vue, une monnaie unique et continentale ne peut pas laisser espérer la réelle démocratie.
Je vous propose trois interprétations concernant les dettes souveraines :
1)Une première lecture que l’on peut trouver dans « Les Echos.fr ». On peut y lire la solution face à la dette souveraine : la compétitivité…
Comment la compétitivité est devenue un impératif
Les pays ont désormais la même contrainte que les entreprises : ils doivent être compétitifs. C’est la conséquence de la crise, qui a tari le financement des déficits courants. En Europe, cet effort reste à faire.
A l’échelle des entreprises, c’est une évidence : il faut être compétitif. Seuls les monopoles bien protégés, espèce en voie de disparition, peuvent espérer échapper à cette loi d’airain de l’économie. A l’échelle des nations, il en a longtemps été autrement. Contrairement à une firme, un pays pouvait vivre longtemps en déficit, en achetant beaucoup plus qu’il ne vendait. Mais la donne a complètement changé. La compétitivité est devenue une exigence absolue, macro comme micro. En France, elle justifie non seulement des accords sans précédent dans des entreprises comme Renault, mais aussi un crédit d’impôt d’une ampleur inédite. Au Japon, aux Etats-Unis, en Espagne, elle a chamboulé des équilibres anciens. Le monde entier s’est lancé dans une gigantesque course à la compétitivité. Et ce n’est pas près de s’arrêter.
Pour comprendre ce basculement, il faut revenir à un double choc de la fin des années 1990. Premier choc : les pays émergents d’Asie sortent alors d’une profonde crise financière, aggravée par les mesures préconisées par le FMI. Ils en tirent une leçon simple : il faut désormais accumuler des excédents commerciaux massifs pour ne plus prendre le risque de faire appel au Fonds monétaire international. La Chine, épargnée par la secousse, parvient à la même conclusion. L’Asie devient dès lors le banquier de l’Amérique, dans un pacte faustien : elle prête de l’argent aux Etats-Unis, argent avec lequel les Etats-Unis nourrissent la croissance de l’Asie en achetant ses produits. L’excédent courant chinois culmine à 10 % du PIB en 2007, le trou américain atteint 6 % du PIB l’année précédente
En Europe, un second choc aboutit au même résultat : la création de l’euro. Dans l’Union monétaire, les tensions indiquées par les fluctuations des taux de change disparaissent. L’Allemagne, qui se remet alors de sa coûteuse réunification, réduit ses coûts de production et renforce son industrie. Comme la Chine, elle dégage des excédents énormes (plus de 7 % de son PIB en 2007). Et elle prête directement ou indirectement de l’argent à l’Irlande, à l’Espagne, à la Grèce pour qu’elles achètent ses produits (les déficits de ces pays plongent respectivement en 2007 à 5, 10 et 15 % de leur PIB).
L’essor fabuleux de ces prêts et donc de ces dettes repose sur une idée simple : tout sera remboursé, car les banques et les Etats des pays avancés sont des gens sérieux. Mais la faillite de la banque Lehman Brothers en 2008 montre que cette idée est fausse, tout comme le défaut de la Grèce quatre ans plus tard. Brutalement, les prêteurs arrêtent de prêter. La Chine, par exemple, décide alors de basculer sa croissance du moteur de l’exportation vers ceux de l’investissement et de la consommation. Les pays emprunteurs, eux, se retrouvent face à une terrible contrainte de financement qu’ils avaient fini par oublier. Ils n’ont que deux choix possibles pour rétablir une balance courante que les étrangers ne veulent plus financer. Le premier est très douloureux : il consiste à sabrer dans la demande interne, et donc au premier chef la consommation. Cette demande interne a baissé en cinq ans de 10 % en Italie et en Espagne, et même de plus de 30 % en Grèce – un choc d’une violence inouïe. Le deuxième choix n’est pas douloureux, mais beaucoup plus exigeant : il consiste à exporter davantage, à faire de la croissance ailleurs.
Sauf que le monde entier ne peut pas accroître les exportations, faute de commerce avec d’autres planètes (l’excédent de 336 milliards de dollars dans la balance courante du monde en 2012, qui figure dans les chiffres du FMI, reflète des problèmes de mesure et non des échanges intergalactiques). L’excédent commercial de la Chine est donc revenu à moins de 3 % de son PIB. Les grands pays d’Amérique latine, qui étaient à l’équilibre jusqu’en 2008, affichent désormais un déficit de 150 milliards de dollars qui pourrait finir par leur poser un problème de financement. Même risque pour l’Inde, qui s’enfonce dans le rouge, avec un trou qui dépasse désormais 10 % de son PIB.
Les pays avancés, eux, ont déployé toute une panoplie pour regagner en compétitivité. Les Etats-Unis ont employé deux leviers majeurs, qui leur ont permis de réduire leur déficit de moitié. D’abord l’essor des gaz de schiste, qui pèse sur les prix de l’énergie, facteur essentiel de compétitivité dans certaines industries comme la chimie. Ensuite et surtout, une forte pression sur les salaires. Anton Brender et Florence Pisani, économistes chez Dexia Asset Management, relèvent que les coûts salariaux par unité produite dans l’industrie, exprimés en dollars, ont reculé de 2 % par an aux Etats-Unis sur une décennie (2002−2011), tandis qu’ils augmentaient de 4 % en Allemagne, de 5 % en France et plus de 6 % en Italie. Le Japon, lui, a décidé d’actionner l’outil du taux de change. Après avoir laissé le yen s’apprécier pendant des années, les dirigeants du pays ont annoncé un objectif de dévaluation massive et mis en œuvre les moyens monétaires pour le rendre crédible.
L’Europe, elle, dégage désormais un excédent sur le reste du monde, de l’ordre de 2 % de son PIB, alors qu’elle était à l’équilibre avant la crise. Tandis que l’Allemagne maintenait son excédent à 6 % du PIB, les pays du sud de l’Europe ont pratiquement résorbé leur déficit. En retard, la France devrait à peine commencer cette année le redressement de ses comptes, alors que son déficit courant dépassait 2 % du PIB l’an dernier. Mais là comme au sud, le rééquilibrage vient surtout de la compression de la demande intérieure. Seule l’Espagne montre des signes de meilleure performance à l’export. L’effort de compétitivité reste largement à faire. Voilà pourquoi nous n’avons pas fini d’en entendre parler.
Les points à retenir :
Dans un monde vivant à crédit, l’essor fabuleux des prêts et des dettes reposait sur une idée simple : tout sera remboursé, car les banques et les Etats des pays avancés sont des gens sérieux.
La faillite de Lehman Brothers et le défaut de la Grèce ont montré que l’idée était fausse. Brutalement, les prêteurs ont cessé de prêter.
Les pays emprunteurs n’ont que deux choix pour rétablir leur balance courante : sabrer dans la demande interne, ou exporter davantage, faire de la croissance ailleurs.
Jean-Marc Vittori
Editorialiste aux « Echos »
2) MICHAEL HUDSON, nous propose une autre lecture. En premier lieu, il fait une analyse historique de la dette et de ses conséquences. Il décrit ensuite l’abandon du politique face à la finance.
La dette publique, histoire d’un esclavage à briser, par Michael Hudson, économiste de Wall Street
Depuis la plus haute antiquité nous avons appris à vivre dans l’esclavage de la dette, et quand elle disparait parfois, brisée par la volonté d’un peuple épris de liberté, son cadavre hante encore les fantômes de nos rêves.
Le livre V de La Politique d’Aristote décrit l’éternel cycle des oligarchies qui se transforment en aristocraties héréditaires —pour finalement être renversées par des tyrans ou se déchirer entre elles quand certaines familles décident de « mettre la multitude dans leur camp » et de réinstaurer la démocratie dont émerge à nouveau une oligarchie, suivie d’une aristocratie et ainsi de suite tout au long de l’histoire.
La dette a été la force motrice de ces évolutions —seules les stratégies changent. La dette clive la richesse en créant une classe de créanciers dont le pouvoir oligarchique est renversé par de nouveaux leaders (« tyrans » dans le vocabulaire d’Aristote) qui obtiennent le soutien populaire en supprimant la dette et en redistribuant les biens ou en gardant les profits que génèrent ces biens pour l’état.
Depuis la Renaissance, cependant, les banques se sont mises à soutenir les démocraties. Non pas par souci de liberté ou d’égalité mais bien plutôt pour sécuriser leurs prêts. Comme l’a expliqué James Steuart en 1767, les emprunts royaux restaient des affaires privées plutôt que des dettes publiques. Pour qu’une dette souveraine devienne la responsabilité d’une pays tout entier, il fallait que des représentants élus puissent faire passer des augmentations d’impôts pour payer les intérêts.
En accordant aux contribuables une voix au gouvernement, les démocraties anglaises et hollandaise ont donné aux créanciers de bien meilleures garanties de remboursement que les rois et les princes dont les dettes s’éteignaient avec eux. Mais à cause des récentes protestations contre la dette, de l’Islande à la Grèce en passant par l’Espagne, les créanciers retirent leur adhésion aux démocraties. Ils exigent l’austérité fiscale et même la privatisation des biens publics.
La finance internationale est devenue le fer de lance d’un nouveau type de guerre. Son objectif est le même que la conquête militaire d’autrefois : s’approprier la terre et les ressources minières, ainsi que les infrastructures communales et les revenus de l’extraction. En réponse les démocraties exigent des référendums pour choisir de payer ou non les créanciers en vendant le domaine public et en augmentant les impôts, ce qui engendrera du chômage, des baisses de salaire et une récession économique. L’alternative étant de réduire le montant de la dette ou même de l’annuler et de remettre en place des règles pour contrôler le secteur financier.
Des dirigeants du Proche Orient ont effacé leurs ardoises pour maintenir l’équilibre économique.
Faire payer un intérêt sur l’argent ou les marchandises livrées en avance de règlement n’avait pas pour but au départ de cliver l’économie. Lorsqu’il a été institué pour la première fois au troisième millénaire avant JC par un accord contractuel entre les temples et les palais sumériens et les marchands et les entrepreneurs qui travaillaient dans la bureaucratie royale, l’intérêt était de 20% (le capital doublait en 5 ans) et représentait une honnête part des profits générés par le commerce de longue distance ou la location de terre ou d’autres biens publics comme des usines, des navires et des maisons à boire.
Quand la pratique a été privatisée au profit des collecteurs royaux de redevances et de loyers, « la royauté divine » protégeait les créditeurs agricoles. Les lois de Hammourabi (vers 1750 avant JC) ont décrété la suppression de leurs dettes en cas d’inondation ou de tornade. Tous les dirigeants de la dynastie babylonienne, en montant sur le trône, annulaient les dettes des paysans afin de leur permettre de repartir à zéro. Le travail gratuit des débiteurs, les hypothèques sur la terre ou la récolte et autres obligations étaient annulés pour « réinstaurer l’ordre » dans une situation idéale d’équilibre « originel ». Cette coutume s’est poursuivie avec l’année du Jubilée de la Loi de Moïse comme elle est décrite dans le Lévitique 25.
La logique était claire. Les sociétés anciennes avaient besoin de lever des armées pour défendre leur terre et pour cela il leur fallait libérer les citoyens de l’esclavage. Les lois de Hammourabi empêchaient les conducteurs de chars et autres combattants d’être réduits en esclavage à cause de leur dette et empêchaient les créanciers de prendre les récoltes des tenanciers des terres royales, publiques et communales qui étaient redevables au roi de service sur ses terres et dans son armée.
« La finance internationale est devenue le fer de lance d’un nouveau type de guerre. Son objectif est le même que la conquête militaire d’autrefois : s’approprier la terre et les ressources minières, ainsi que les infrastructures communales et les revenus de l’extraction. »
En Egypte, le pharaon Bakenranef (vers 720–715 avant JC, “Bocchoris” en Grec) a proclamé une amnistie de la dette et aboli l’esclavage des endettés devant la menace d’une invasion militaire de l’Ethiopie. Selon Diodore de Sicile, (I, 79, écrit en 40–30 avant JC), il a établi que si un débiteur contestait sa dette, la dette était annulée si le créancier ne pouvait présenter un contrat écrit. (Il semble que les créanciers aient toujours eu tendance à exagérer le montant des dettes). Le pharaon pensait que « les corps des citoyens devaient appartenir à l’état afin que l’état puisse bénéficier des services que les citoyens lui devaient en temps de paix comme en temps de guerre. Car il se disait qu’il serait absurde qu’un soldat… soit mis en prison par son créancier pour ne pas avoir remboursé un prêt et que l’avidité de personnes privées mette ainsi en danger la sécurité de tous. »
Le fait que les principaux créanciers du Proche Orient étaient les rois, les temples et leurs collecteurs facilitait l’annulation des dettes. Il est toujours plus facile d’annuler les dettes qu’on vous doit à vous. Même les empereurs romains ont brûlé des livres d’arriérés d’impôts pour empêcher une crise. Mais il est devenu beaucoup plus difficile d’annuler des dettes dues à des créanciers privés quand la pratique de l’intérêt s’est répandue à l’ouest vers les royaumes de la Méditerranée à partir de 750 avant JC environ. Au lieu de permettre aux familles d’équilibrer les recettes et les dépenses, la dette est devenue le principal facteur des expropriations et du clivage des sociétés en deux camps : l’oligarchie créditrice et les clients endettés. En Judée, le prophète Isaïe (5:8–9) condamne les créanciers qui saisissent les bien hypothéqués et « ajoutent maisons aux maisons et champs au champs au point qu’il ne reste plus d’espace libre et qu’ils se retrouve les seuls habitants du pays ».
« D’une manière moins autoritaire, Solon, a fondé la démocratie athénienne en 594 avant JC en interdisant l’esclavage de la dette. »
Le pouvoir des créanciers et la croissance stable n’ont jamais fait bon ménage. La plupart des dettes personnelles de la période classique étaient constituées de petites sommes d’argent prêtées à des individus au seuil de la pauvreté qui avaient du mal à joindre les deux bouts. La saisie de leur terre et de leurs biens —et de leur liberté personnelle— enchaînaient irréversiblement les débiteurs. Au 7ième siècle avant JC, des « tyrans » (leaders populaires) se sont levés pour renverser les aristocraties de Corinthe et d’autres riches cités grecques en obtenant le soutien populaire par l’annulation des dettes. D’une manière moins autoritaire, Solon, a fondé la démocratie athénienne en 594 avant JC en interdisant l’esclavage de la dette.
Mais les oligarchies se sont reformées et ont appelé Rome à la rescousse quand les rois de Sparte, Agis, Cléomène et leur successeur Nabis ont voulu effacer les dettes à la fin du 3ième siècle avant JC. Ils ont été assassinés et leurs supporters chassés. Depuis l’antiquité, ça a été une constante politique de l’histoire que les créanciers s’opposent à la fois à la démocratie populaire et au pouvoir royal qui pouvaient tous les deux empêcher la conquête de la société par la finance —une conquête qui a pour objectif de transformer en dette productrice d’intérêts autant de pans de l’économie qu’il est possible.
Quand les frères Gracchus et leurs adeptes ont essayé de réformer les lois sur le crédit en 133 avant JC, la classe sénatoriale dominante a réagi avec violence et les a fait assassiner, inaugurant de la sorte un siècle de guerre sociale qui s’est terminée avec le sacre de l’empereur Auguste en 29 avant JC.
L’oligarchie créancière romaine gagne la Guerre Sociétale, réduit la population en esclavage et c’est le début des années noires.
Les choses étaient plus sanglantes à l’étranger. Aristote n’a pas mentionné la construction d’un empire dans son schéma politique, mais la conquête étrangère a toujours été un instrument capital dans la création de dettes et les guerres ont été la cause principale des dettes publiques des temps modernes. Rome a été le plus intraitable créancier de l’Antiquité ; ses collecteurs rançonnaient l’Asie Mineure, sa province la plus prospère. Le droit n’existait plus quand les « chevaliers » qui levaient le tribut arrivaient. Mithridate de Ponts a mené trois révoltes populaires et les populations d’Ephèse et d’autres cités se sont soulevées et ont tué 80 000 Romains en 88 avant JC selon les estimations. L’armée romaine a riposté et Sulla a imposé un tribut de guerre de 20 000 talents en 84 avant JC. En 70 avant JC les amendes pour les intérêts en retard avaient multiplié la somme par six.
Tite Live, Plutarque et Diodore, entre autres historiens célèbres de Rome, ont rejeté la responsabilité de la chute de la République sur l’intransigeance des créanciers qui a provoqué une guerre sociétale de 100 ans (133 à 29 avant JC) marquée par les meurtres politiques. Des leaders populaires ont essayé d’obtenir le soutien populaire en demandant l’annulation de la dette (la conspiration de Catilina en 63–62 avant JC). Ils ont été assassinés. Au 2ième siècle après JC, environ un quart de la population était réduite en esclavage. Au 5ième siècle, l’économie de Rome s’est effondrée car il ne lui restait plus un sou. Pour survivre les gens retournèrent dans les campagnes.
Les créanciers trouvent une raison légale pour soutenir la démocratie
Quand les banquiers se sont remis en selle après le pillage de Byzance par les croisés et ont investi de l’or et de l’argent dans le commerce occidental européen, les chrétiens n’ont pas réussi à empêcher le paiement d’intérêts comme ils l’auraient souhaité à cause de l’entente entre des prêteurs prestigieux (les Templiers et les Hospitaliers ont prêté de l’argent pendant les croisades) et leurs principaux clients — les rois, d’abord pour payer l’Eglise et de plus en plus pour financer les guerres. Mais les dettes royales n’étaient pas honorées quand les rois mouraient. Les Bardi et les Peruzzi ont fait faillite en 1345 quand Edward III a refusé d’honorer ses dettes. Les familles de banquiers ont perdu beaucoup d’argent en prêtant aux Habsbourg et aux Bourbon qui régnaient sur l’Espagne, l’Autriche et la France.
Les choses ont changé quand la démocratie hollandaise a voulu se libérer de l’Espagne des Habsbourg. Le fait que leur parlement pouvait faire des emprunts publics sur le long terme au nom de l’état a permis aux Pays Bas de lever des emprunts pour s’offrir des mercenaires à une époque où l’argent et le crédit étaient le nerf de la guerre. L’accès au crédit « a été l’arme la plus puissante dans leur lutte pour l’indépendance » a écrit Richard Ehrenberg dans Capital et finance à l’époque de la Renaissance (1928). « Celui qui faisait crédit à un prince savait que le remboursement de la dette dépendait de la capacité et du bon vouloir de son débiteur. Il n’en était pas de même avec les cités qui n’avaient pas seulement le pouvoir de décider mais étaient aussi des corporations et des groupes d’individus reliés par un destin commun. Selon la règle généralement acceptée chaque habitant de la cité répondait des dettes de la cité sur sa personne et sur ses biens ».
« De nouveaux gouvernements peuvent agir de manière démocratique et obliger le secteur bancaire et financier à servir l’économie au lieu du contraire. »
L’avantage financier du gouvernement parlementaire était donc de pouvoir contracter des dettes qui n’étaient pas seulement les obligations personnelles de princes, mais étaient véritablement publiques et contraignantes quelque soit le roi en place. C’est pourquoi les deux premiers pays démocratiques, la Hollande et l’Angleterre après sa révolution de 1688, sont devenus les pays marchands les plus actifs pour ensuite devenir des puissances militaires de première importance. Ce qui est ironique, c’est que c’est le besoin de financement de la guerre qui a promu la démocratie en formant une trinité symbiotique, la guerre, le crédit et la démocratie parlementaire, qui s’est perpétuée jusqu’à nos jours.
A l’époque « la situation légale du roi en tant qu’emprunteur n’était pas claire et on ne savait pas encore si ses créanciers pouvaient exercer un recours contre lui en cas de non-paiement. » (Charles Wilson, England’s Apprenticeship : 1603–1763 : 1965.) Plus l’Espagne, l’Autriche et la France devenaient despotiques, plus elles avaient du mal à financer leurs opérations militaires. A la fin du 18ième siècle, l’Autriche était un pays « sans crédit et par conséquent sans grande dette », un pays à qui personne ne voulait prêter, qui avait la plus mauvaise armée d’Europe et qui était complètement dépendant des subsides et garanties de prêts anglais au moment des guerres napoléoniennes.
La finance s’adapte à la démocratie, puis s’efforce d’y promouvoir une oligarchie
Au 19ième siècle, alors que les réformes démocratiques réduisaient le pouvoir de l’aristocratie terrienne au parlement, les banquiers ont adroitement développé des relations symbiotiques avec presque toutes les formes de gouvernement.
En France, les adeptes de Saint-Simon réclamaient des banques mutualistes qui accordent du crédit en échange d’une répartition équitable des profits. L’état germanique a fait alliance avec la grande finance et l’industrie lourde. Marx a écrit avec optimisme que le socialisme rendrait la finance productive au lieu de parasitaire. Aux Etats-Unis, la régulation des services publics était assortie de profits garantis. En Chine, Sun-Yat-Sen a écrit en 1922 : « J’ai l’intention de regrouper toutes les industries nationales chinoises en un Grand Trust appartenant au peuple chinois qui sera financé par les capitaux internationaux pour un profit mutuel. »
Pendant la première guerre mondiale les Etats-Unis ont remplacé l’Angleterre comme principal pays créancier et à la fin de la guerre ils avaient accaparé 80% de l’or monétaire mondial. Leurs diplomates ont modelé le FMI et la Banque Mondiale de façon à ce que leurs crédits engendrent la dépendance financière aux Etats-Unis principalement. Les prêts accordés pour financer le commerce et le règlement des déficits étaient soumis a des « conditions » qui mettaient la direction de l’économie entre les mains d’une oligarchie aux ordres et de dictateurs militaires. La réaction démocratique aux plans d’austérité nécessaires au service de la dette s’est réduite à des « soulèvements contre le FMI » jusqu’à ce que l’Argentine refuse d’honorer sa dette étrangère.
« Les dettes des banques privées ont été intégrés aux bilans des gouvernements irlandais et grecs et les contribuables en sont redevables… »
Une austérité au service de la dette similaire est aujourd’hui imposée à l’Europe par la Banque Centrale Européenne (BCE) et la bureaucratie européenne.
Des gouvernements d’obédience sociale démocrate ont été mis en demeure de sauver les banques au lieu de promouvoir la croissance économique et l’emploi. Les pertes dues aux prêts bancaires toxiques et à la spéculation sont imputés aux budgets des états grevant les dépenses publiques et obligeant même à vendre des infrastructures. En réponse les contribuables, écrasés par le poids de la dette, sont sortis dans les rues ; les manifestations ont commencé en Islande et en Lettonie en janvier 2009 et se sont amplifiées en Grèce et en Espagne à l’automne pour protester contre le refus de leurs gouvernements de faire des référendums au sujet de ces aides funestes en bonds étrangers.
La planification passe des représentants du peuple aux banquiers
Toutes les économies sont planifiées. Ce sont traditionnellement les gouvernements qui sont chargés de cette planification. Renoncer à cette prérogative au nom du » libre marché » revient à la céder aux banques. De plus la planification de la création et de la répartition du crédit est encore plus centralisée que lorsque les officiels élus en avaient la responsabilité.
Et pour combler le tout, le cadre temporel financier est le court terme, une course en avant qui se termine quand nous n’avons plus rien. En recherchant leur seul profit, les banques tendent à détruire l’économie. Les surplus sont finalement absorbés par les intérêts et autres frais financiers, et il ne reste rien pour de nouveaux investissements ou pour les dépenses sociales de première nécessité.
C’est pourquoi donner le contrôle de la politique d’un pays à une classe de créanciers a rarement engendré la croissance économique et la hausse du niveau de vie. La tendance des dettes à grossir plus vite que la capacité des peuples à les rembourser est une constante de toute l’histoire connue. Les dettes croissent exponentiellement, absorbant les surplus et réduisant une grande partie de la population en esclavage de la dette pour ainsi dire. Le cri du peuple de l’Antiquité pour annuler la dette avait la même fonction que les ordonnances royales du Proche Orient de l’âge de bronze : annuler l’excès de dettes pour retrouver l’équilibre économique.
A une époque plus récente, les démocraties incitaient un état fort à taxer les revenus et les biens des rentiers et à effacer une partie de la dette quand cela devenait nécessaire. Cela est plus facile à faire quand c’est l’état lui-même qui crée la monnaie et le crédit. Quand les banques ont la possibilité de faire leurs propres règles et peuvent mettre leur veto à ceux qui veulent leur imposer des limites, l’économie est pervertie et incite les créanciers à se livrer aux paris spéculatifs et aux fraudes cyniques qui ont marqué la dernière décennie. La chute de l’Empire Romain montre ce qui arrive quand les exigences des créanciers ne sont pas contrecarrées. En effet, la seule alternative à la planification et la régulation étatique du secteur financier est l’esclavage de la dette.
La finance contre le gouvernement ; l’oligarchie contre la démocratie
La démocratie implique de subordonner la dynamique financière à l’équilibre économique et à la croissance — et de taxer les revenus des rentiers ou de garder les monopoles essentiels dans le domaine public. Détaxer ou privatiser les revenus de la propriété c’est les « libérer » pour les confier aux banques pour qu’ils soient capitalisés en prêts plus importants. Financée par l’augmentation de la dette, l’inflation des prix des biens augmente la richesse des rentiers tout en endettant l’économie globale. L’économie se contracte et la valeur des biens devient inférieure au montant des emprunts contractés.
Le secteur financier a assez de pouvoir pour profiter de telles situations d’urgence pour convaincre les gouvernements que l’économie va s’effondrer s’ils ne « sauvent pas les banques ». En pratique cela leur permet de renforcer leur contrôle de la politique pour cliver encore plus l’économie. Le modèle typique est ce qui est arrivé dans la Rome ancienne en passant de la démocratie à l’oligarchie. En fait, en donnant la priorité aux banquiers et en permettant à l’Europe, à la BCE et au FMI prendre la direction des économies, on prend le risque de déposséder les pays de leur pouvoir de frapper ou d’imprimer de la monnaie et de lever les impôts.
Le conflit qui en résulte est celui des intérêts financiers contre l’indépendance nationale. L’idée que la banque centrale indépendante est le « fleuron de la démocratie » est un euphémisme qui permet de confier la décision politique la plus importante —celle de créer la monnaie et le crédit— au secteur financier. Au lieu de laisser le choix politique à des référendums populaires, le sauvetage des banques organisé par l’UE et la BCE représente aujourd’hui la meilleure manière d’augmenter la dette nationale. Les dettes des banques privées ont été intégrées aux bilans des gouvernements irlandais et grecs et les contribuables en sont redevables. C’est la même chose pour les 13000 milliards de dollars qui ont été ajouté en Amérique aux bilans du gouvernement depuis septembre 2008 (dont 5300 milliards de dollars de mauvaises hypothèques de Fannie Mae et Freddie Mac portés au bilan de l’état et 2000 milliards de dollars de produits toxiques « recyclés » par la Réserve Fédérale).
« Des gouvernements d’obédience sociale démocrate ont été mis en demeure de sauver les banques au lieu de promouvoir la croissance économique et l’emploi. »
Tout cela est fait sur ordre des représentants de la finance qu’on appelle par euphémisme des technocrates. Ils sont mis en place par des lobbys de créanciers pour évaluer la quantité de chômage et de récession qu’il faut pour extraire le surplus d’argent nécessaire pour rembourser aux créanciers des dettes qui sont maintenant intégrées aux bilans des pays. Mais cela va à l’encontre du but recherché car la contraction de l’économie —la déflation due à la dette— rend la dette encore plus impossible à rembourser.
Ni les banques, ni les autorités publiques (ni les universitaires de la pensée dominante d’ailleurs) n’ont évalué la capacité concrète de l’économie à rembourser —je veux dire à rembourser sans contracter l’économie. Grâce à leurs médias et à leurs think tanks, ils ont convaincu les populations que la manière de devenir riche rapidement est d’emprunter de l’argent pour acheter des maisons, des actions et des obligations qui montent —grâce à l’inflation due au crédit bancaire— et d’inverser le système d’imposition progressive de la richesse du siècle dernier.
Pour le dire clairement, ce sont des pratiques économiques malsaines. Le but est de détruire les équilibres et les réglementations étatiques pour transférer le pouvoir de décision économique à la haute finance sous prétexte que c’est plus efficace que les réglementations publiques. On accuse la planification et la taxation gouvernementales de « mener à l’esclavage » comme si le « libre marché », contrôlé par des banquiers qui ont tout loisir de prendre des risques insensés, n’était pas au service des intérêts spécifiques de l’oligarchie et non de la démocratie. On ordonne aux gouvernements de rembourser des emprunts contractés non pas pour défendre des pays en temps de guerre comme au temps passé mais au profit des couches les plus riches de la population en faisant payer leurs pertes par les contribuables.
Le refus de prendre les opinions publiques en considération laisse les dettes nationales sans solide garantie politique ni même légale. En face d’une forte opposition populaire, des dettes imposées par décret, par des gouvernements ou par des agences financières étrangères peuvent se révéler aussi fragiles que celles des Habsbourg et autres despotes des temps passés. N’ayant pas été validées par le peuple, elles peuvent devenir caduques en même temps que le régime que les a contractées. De nouveaux gouvernements peuvent agir de manière démocratique et obliger le secteur bancaire et financier à servir l’économie au lieu du contraire.
Ils pourraient au moins essayer de les payer en réinstaurant une imposition progressive sur le patrimoine et les revenus, faisant ainsi passer le fardeau fiscal sur la richesse et les biens des rentiers. La re-réglementation bancaire et la remise en place de banques publiques de services et de crédit renouerait avec le programme social démocratique qui semblait avoir un bel avenir au siècle dernier.
L’Islande et l’Argentine en sont les exemples les plus récents mais on peut aussi se rappeler le moratoire sur les dettes de guerre des alliés et les réparations germaniques en 1931. Un principe mathématique et politique de base est à l’oeuvre : Les dettes qui ne peuvent pas être payées ne le seront pas.
MICHAEL HUDSON
3)Un petit film pertinent qui vient illustrer le texte de Michael Hudson :
La dette, c’est toi !!! par TheAnarchy322
Conclusion :
En 1), on peut aisément déceler la médiocrité éditoriales des Echos (rien de surprenant).
En 2) on peut y voir un travail de fond s’appuyant sur l’analyse historique.
En 3 le petit film résume bien, avec des images crues, la conséquence de choix politiques dictés par l’oligarchie financière.
Petit Virus
« Ce qui est dommage, c’est que même devant l’évidence que l’élection ne fonctionne pas pour assurer que la voix du peuple soit suivie, les Égyptiens semblent ne réclamer aucune modification institutionnelle majeure, mais plutôt une présidentielle anticipée… »
Une évidence pour ceux qui ont déconstruit le mensonge du gouvernement « représentatif ». Lorsque le peuple ne sait pas qu’une vraie démocratie est possible et compris comment elle marche, il se contente de l’élection et espère toujours qu’elle peut lui donner le pouvoir.
Il n’est jamais trop tard pour informer. Il faut vite prévenir les Égyptiens. Quelqu’un serait capable de traduire en arabe (en priorité l’essentiel du message).
Etienne, n’as-tu pas fait des rencontres qui en seraient capables ?
Et comme il ne faut pas hésiter à faire appel à nos réseaux, je vais recontacter un ami Syrien qui m’avait sensibilisé aux média-mensonges que subis son pays. Mais ça peut prendre pas mal de temps car il doit être pas mal occupé. Et de ce que j’ai compris des analyses de Collon, Meyssan… ce travail pourrait aussi particulièrement intéresser les Tunisiens, les Libyens… même si ça concerne évidemment tous les peuples du monde.
Une idée si tu te le sens et en a la possibilité Etienne : prendre un billet rapidement pour Le Caire ! Sur la place Tahrir il sera facile de trouver un traducteur, je pense. Je ne sais pas si un espace pour le débat est déjà prévu comme chez les indignés, mais tu pourrais simplement proposer de prendre la parole pour échanger et dialoguer avec un penseur de la révolution ou simplement avec ceux qui t’écouteront.
Ça serait un plus si (au moins) un gentil virus doté d’une caméra avait l’envie de l’accompagner.
Non seulement ce n’est peut-être pas trop tard mais en plus ça peut être le moment idéale si on utilise les atouts que peut nous offrir la modernité : la rapidité de l’information sur LES révolutions mondiales et la rapidité d’y aller.
Voilà j’espère que ce n’est pas une idée folle mais solution radicale contre l’oligarchie !
Une idée comme ça 😉 ->
A propos des banqueroutes d’état :
Mais pourquoi ne songer à annuler que la dette des états ?
Pourquoi pas celle des gens ? .….….….
Et mettre fin aux intérêts par pourcentage…
Encore une idée farfelue 😉
Confisquer (une fois) aux banques privées ceux des contrats de prêts personnels en cours qui ont été assortis de création monétaire scripturale ex nihilo…
On peut même les indemniser de leurs frais …
;;;;;;;;;;
La monnaie fiduciaire représente le dixième de la dette des états de l’UE (il n’existe pas, et de loin, assez de monnaie légale-légitime pour rembourser !!!) et la monnaie scripturale, i.e. l’argent-dette, légale-illégitime, représente le reste, c’est à dire presque tout.
Si le mécanisme du prêt scriptural appartenait à la société, la société ne serait pas endettée.
Depuis 200 ans que le pouvoir politique est aux mains du pouvoir économique, les saignées des créanciers n’ont plus cours, cela n’a eu pour effet que d’empirer les abus.
Juste pour exhumer le post 14 de skeol : à lire, « Dette : 5000 ans d’histoire » de David Graeber.
Interview du célèbre Olivier Delamarche,
au alentour de la 20 ème minute, on aborde la question de la loi de 73, la modernisation de la production, le financement à taux 0% par la banque de France, la banqueroute etc.
http://www.youtube.com/watch?v=58EmAZLLhcQ#t=1484
Bien amicalement
J.C
Les prêts, l’endettement, développement logique de la quête du profit propre à une économie monétaire.
Bien amicalement
J.C
Je l’ai trouvé très décevant, dans cet entretien, Delamarche.
Quitté avant la fin, même…
Quand au bouquin de Graeber, c’est une perle.
J’y apprends un truc important par page, passionnant bouquin.
Il faut que je prépare un billet sur cet auteur étonnant.
Étienne.
Personnellement, j’ai trouvé la 1ere partie plutôt décevante et le moment ou il a commencé à aborder la loi de 73 un peu vite balayée de la main mais la suite est franchement intéressante je trouve.
Bien amicalement
J.C
@ Etienne
Et comme tu le dis souvent, ce sont aussi les positions qui ne semblent pas aller dans notre sens qui peuvent aussi se révéler intéressantes.
Bien amicalement
J.C
ETIENNE, il me semble, tout comme J.C, que la seconde partie est très très intéressante, sans parler de la fin et des réponses aux deux dernières questions (à partir de 33’18), la première abordant la relation qu’il y a entre ces moutons que nous sommes, les médias et l’économie.
Cette seconde partie aborde cette impossibilité selon lui pour un Etat dans le contexte d’économie de marché de créer autant qu’il le souhaite de l’argent… je comprends certaines choses mais certains points m’échappent_bien que j’ai l’impression qu’une meilleure compréhension de ce nerf de la guerre et de cette nécessité au quotidien qu’est l’argent nous aiderait à mieux envisager le futur et ce passage et tout ce bien-fondé de vouloir une Constituante et une Démocratie enfin digne de ce nom.
Je ne reprendrai pas ici les passages qui me posent questions (problème) car vous en avez certainement débattus ici et quelqu’un pourra très aisément nous expliquer tout ça, mais nous ne lâcherons pas le morceau (^^) car il est impératif de faire ce lien entre le discours économiste révolutionnaire et ces propos, ce point de vue d’Olivier DELAMARCHE.
Merci
_
« l’histoire comme arme (extrait – @0)
Colbert fait mieux : il dresse le procès des oligarques. Des clans entiers d’affairistes, 494 d’entre eux, sont démantelés, poursuivis, leurs biens adjugés, eux qui vivaient sur l’impôt comme des parasites. Il faut mesurer le choc, à l’époque, la peur qui règne chez les nantis : comme si, en 2013, d’un coup, les gros actionnaires d’EADS, de Veolia, de Dassault, etc., ces sangsues accrochées à la société, étaient emprisonnés, spoliés.
Louis XVI rompt avec cette coutume : à l’audacieux abbé Terray, qui s’inscrivait dans une lignée, il préfère le spéculateur Jacques Necker, un genre de « Goldman Sachs boy », le chouchou de la bourgeoisie. Bien mal lui en prit : la crise de la dette, aggravée, conduira tout droit à la Révolution, et le roi à l’échafaud. »
_
Excellent, c’est comme cela que j’envisage les choses dans ma petite tête et le bon sens, et ce sentiment de justice qui l’accompagnent.
Que les choses soient bien clair, lors de cette passation de pouvoir, pas de demi-mesures, pas de conciliations, tout ce qui fut entubage et spoliation, dettes impies et plus-values excessives ne recevra aucun contre-remboursement, bien au contraire, cela sera compatible de poursuites et d’atteintes au bien public comme au respect de l’humain et du vivant : la propriété a ses limites et la spéculation aucun droit de cité !
_
« l’histoire comme arme (extrait – @0)suite
Comment Mirabeau, dès lors, à l’Assemblée nationale, envisage-t-il de le combler, « ce gouffre effroyable » ? « Eh bien ! Voici la liste des propriétaires français. Choisissez parmi les plus riches ; car ne faut-il pas qu’un petit nombre périsse pour sauver la masse du peuple ? Allons ! Ces deux mille notables possèdent de quoi combler le déficit. Ramenez l’ordre dans les finances, la paix et la prospérité dans le royaume. Frappez, immolez sans pitié ces tristes victimes. » C’est mieux que du Besancenot ! La CGT n’oserait pas signer pareil pamphlet !
Finalement, en cette année 1789, à la place de « deux mille », un seul propriétaire suffira : le patrimoine de l’Église sera confisqué.
Et comment Talleyrand, évêque lui-même, justifie-t-il cette mesure extraordinaire ? « Le clergé n’est pas un propriétaire à l’instar des autres propriétaires, puisque les biens dont il jouit et dont il peut disposer ont été donnés non pour l’intérêt des personnes, mais pour le service des fonctions. » À notre tour, qui pourrions-nous exproprier – et sous quels motifs ? Sont-elles bien légitimes, au fond, les fortunes accumulées par cette classe d’inspecteurs des finances, Minc, Messier, Naouri, qui ont tout privatisé, tout libéralisé, avant de passer au privé et de ramasser la mise ? Sont-ils bien légitimes, les tas d’or amoncelés par les PDG des sociétés d’autoroutes, de télévision, de distribution d’eau, de gaz, d’électricité – qui ne doivent leurs prébendes qu’à leur connivence avec les dirigeants politiques ? »
_
Je ne vais pas citer tout ce topic mais combien d’évidences, de vérités et de possibilités contenues ici… on comprend mieux pourquoi la monarchie et l’Eglise sont ainsi montré du doigt et accusées de bien des mots… on comprend surtout que ces privatisations sont surtout l’une des plus belles enfumisteries qu’on nous ait vendue, au propre comme au figuré et plaise à des Attali, des Hollande et des Rockfeller de pouvoir cultiver leur petit bout de jardin demain, ce plaisir des choses simples et ce temps de libre à consacrer à la méditation et à la rémission de leurs péchés, si je puis dire, douce consolation et paix inestimable comparées à toutes les injustices et les violences dont ils sont en grande partie coupables.
Désolé… il faut que ça sorte, il faut que ça se fasse
Excellent ce livre. Mais saviez-vous que des historiens soi-disant de gauche ne veulent y voir qu’un mauvais « roman national de gauche » ??! (http://www.leshistoriensdegarde.fr/fakir-retour-du-roman-national-gauche/)
J’ai écrit deux articles à ce sujet pour remettre les pendules à l’heure
@94
(extraits)
La référence appuyée au lexique des mobilisations antifascistes de l’Entre-deux-guerres n’est ici que le paravent facile d’une association dépourvue de but politique et prisonnière d’une idéologie scientiste de substitution. Derrière la fracassante dénonciation de la « vague brune », il y a le vide.
Si enfin pour les historiens de « gauche » il est si néfaste d’écrire une histoire de France engagée, on peut se demander pourquoi la récente disparition d’Howard Zinn, auteur militant (si souvent isolé) d’une Histoire populaire des États-Unis, a reçu un écho si sensible en France15. Que nous raconte en effet le livre documenté, instruit et intelligent de l’historien américain sinon une histoire de gauche, qui s’assume comme telle ? A regarder le succès de librairie d’Howard Zinn16 et l’impuissance du CVUH, on ne peut manquer de poser cette question simple : pourquoi la figure vraie de l’intellectuel engagé fait-elle aujourd’hui si peur à la gauche française ?…
… peut-être parce qu’il n’existe pas de gauche qui soit ?! au sein des élites et de la représentation politique, j’entends bien^^
http://www.wikistrike.com/article-dictature-la-banque-d-italie-rachetee-par-des-banques-privees-dont-et-surtout-goldman-sachs-122356271.html
Réelle agitation ou simple mise en scène ?^^… bref, qui parle parfaitement bien italien ? Grazie !
A méditer… entre carottes au second degré et pommes de terre fondamentales