Rdz-vs sur poli​to​scope​.tv lundi 20 mai 2013, de 9h à 12h, avec Bernard Friot et Claude Rochet

11/05/2013 | 56 commentaires

Émission en direct sur le site,
le lundi 20 mai 2013, de 9h à 12h

Venez nom­breux com­men­ter et poser vos ques­tions en direct sur le chat 🙂

http://politoscope.tv/event/107/marketing-politique/politique‑s–2.0/la-reorganisation-du-travail/tabs/privnotes

Avec :

• Yoland Bres­son (asso­cia­tion AIRE / pour le Reve­nu de base universel)

• Étienne Chouard (Le Plan C, pour une Consti­tu­tion d’o­ri­gine Citoyenne, avec les « Gen­tils Virus »)

• Ber­nard Friot (asso­cia­tion Réseau Sala­riat / pour le Salaire à vie)

• Ber­nard Stie­gler (asso­cia­tion Ars Indus­tria­lis, philosophe)

La réorganisation du travail

Qu’on se le dise ! 🙂

Étienne.

______________________

[Mise à jour 9 juin 2013 : la vidéo est arrivée 🙂

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Étienne

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56 Commentaires

  1. J-Stéphane

    Bon­soir,

    J’at­tends ce moment avec l’im­pa­tience d’un enfant qui attend de décou­vrir ses cadeaux au pied du sapin 🙂

    Réponse
  2. J-Stéphane

    Ber­nard Stiegler : 
    Incroyable, Inima­gi­nable, mais vrai :

    Réponse
  3. Étienne
  4. Morpheus

    Confé­rence Isé­go­ria : Ber­nard Stiegler

    Extrait (à par­tir de 42:00 min. jusque +/- 45:00 min.)

    « Dans le phé­no­mène de « pas­sage aux limites », qu’est-ce qui se passe ? Et bien, un pas­sage aux limites, c’est ce qui se passe quand les condi­tions de fonc­tion­ne­ment d’un sys­tème consiste à détruire les condi­tions ini­tiales du sys­tème et ça, c’est ce qui est en train de se pro­duire en ce moment.

    Et ça engendre ce que j’ap­pelle la « mécrois­sance ». Moi, je ne suis pas du tout un par­ti­san de la décrois­sance. Je pense que le dis­cours sur la décrois­sance est un dis­cours com­plè­te­ment super­fi­ciel et pro­fon­dé­ment irresponsable.

    La décrois­sance, c’est quelque-chose de tota­le­ment inima­gi­nable dans un sys­tème comme celui dans lequel nous vivons – le capi­ta­lisme – et qui, même si nous disons qu’il se porte très mal, et bien c’est en lui que nous vivons et donc il faut… On n’a mal­heu­reu­se­ment pas d’autre solu­tion que d’es­sayer de le sau­ver, car on ne connait pas – en tout cas, moi je ne connais pas – d’al­ter­na­tive éco­no­mique « viable », à court ou moyen terme en tout cas, pour rem­pla­cer ce modèle.

    Mais ce modèle, il a pro­duit de la « mécrois­sance ». Qu’est-ce que la mécrois­sance ? C’est une dés­éco­no­mie, c’est-à-dire que ça consiste en un por­ces­sus de des­truc­tion de l’é­co­no­mie : c’est ça que ça veut dire « la dés-éco­no­mie ». C’est anti-économique. »

    Bon, cette confé­rence n’est bien sûr pas inin­té­res­sante, mais glo­ba­le­ment, je trouve que Ber­nard Stie­gler n’ap­porte pas grand chose de très nova­teur.

    En par­ti­cu­lier, je trouve qu’il est bien triste et bien pauvre, pour un pen­seur phi­lo­sophe, d’en arri­ver à ce pâle constat d’im­puis­sance, cette rési­gna­tion fata­liste qui trans­pa­rait clai­re­ment dans ce passage :

    « On n’a mal­heu­reu­se­ment pas d’autre solu­tion que d’es­sayer de le sau­ver (le capi­ta­lisme), car on ne connait pas – en tout cas, moi je ne connais pas – d’al­ter­na­tive éco­no­mique « viable », à court ou moyen terme en tout cas, pour rem­pla­cer ce modèle ».

    Ce n’est donc pas vers Ber­nard Stie­gler que je vais me tour­ner pour cher­cher des solu­tions et des alter­na­tives. Il fait cer­tai­ne­ment de bons constats, mais je n’a­vais pas besoin de lui pour cela. Et si ses seules inno­va­tions sont dans des néo­lo­gismes un peu abs­cons, comme « mécrois­sance » ou « dés­éco­no­mie », ça ne m’ap­porte vrai­ment pas grand chose.

    Mais pire ! Il com­mence par expli­quer que « un pas­sage aux limites, c’est ce qui se passe quand les condi­tions de fonc­tion­ne­ment d’un sys­tème consiste à détruire les condi­tions ini­tiales du sys­tème », pour en arri­ver à la conclu­sion qu’il faut quand-même essayer de sau­ver le sys­tème parce qu’il ne connait pas d’alternative…

    C’est extra­or­di­nai­re­ment médiocre de la part d’un pen­seur ! Pré­ten­tieux de dire cela de ma part (moi qui ne suis qu’un vul­gaire ver­mis­seau) ? Peut-être que oui, pour­tant, je per­siste et signe : ana­ly­ser une défaillance sys­té­mique dont la cause se trouve dans ses condi­tions ini­tiales de for­ma­tion, puis dire qu’il faut essayer de sau­ver le sys­tème, moi je trouve que c’est ça qui est « super­fi­ciel et irres­pon­sable » (même si per­son­nel­le­ment je ne suis pas spé­cia­le­ment un défen­seur de la décrois­sance, là n’est pas mon propos).

    « peut mieux faire »

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  5. J-Stéphane

    Quand on n’a pas accès aux médias de grande écoute, il faut par­cou­rir les routes et se répé­ter inlas­sa­ble­ment pour infor­mer le plus grand nombre…

    Réponse
  6. Alfila

    @Morpheus
    J’ai com­pris ça comme étant « il faut sau­ver le sys­tème le temps de mettre autre chose en place ». Fré­dé­ric Lor­don ne dit pas autre chose en disant que s’il y a un effon­dre­ment sys­té­mique des banques, oui, bien sûr, il faut sau­ver celles-ci avant toutes choses.

    De même, quand on aura notre assem­blée consti­tuante tirée au sort, il fau­dra bien un gou­ver­ne­ment et un par­le­ment pro­vi­soires sur le mode actuel pour gérer les affaires courantes.

    Mais je suis d’ac­cord avec toi qu’il ne pro­pose pas grand chose. Je suis curieuse de voir s’il va pen­cher du côté du reve­nu de base, avec conser­va­tion du capi­ta­lisme, ou du côté du salaire à vie, avec abo­li­tion du capi­ta­lisme, ou autre 🙂

    Réponse
  7. djamga

    Salut,

    B Friot a fait il y a quelque temps une confé­rence au Blanc Mesnil, 
    que j’ai trou­vé si inté­res­sante que j’ai pris le temps de la retrans­crire. La voilà :

    Je n’ai pas toutes les com­pé­tences pour ana­ly­ser la crise dans sa totalité.
    Ce qui m’in­té­resse, c’est la crise du tra­vail, et nous avons les moyens de sor­tir de la
    crise parce que la classe ouvrière les a conquis lors­qu’elle a été en mesure d’être révolutionnaire,
    et la culmi­nai­son de cette conquête, c’est 1945 mais les choses se sont pro­lon­gées entre 1920 et
    1980, nous avons une série de conquêtes qui aujourd’­hui sont de fait déjà là pour sor­tir de la crise
    si on ana­lyse la crise comme une crise de la conven­tion capi­ta­lis­tique du tra­vail. J’explique
    lon­gue­ment dans mon livre, l’en­jeu du salaire, le fait que ce qui s’ap­pelle tra­vail dans le capitalisme,
    ce n’est pas le tra­vail dans son essence éter­nelle, ce qui au demeu­rant n’existe pas, c’est une
    conven­tion qui a été construite pen­dant 5 siècles, en gros entre le 14 et le 19e siècle, c’est dire
    que la sor­tie du capi­ta­lisme sera longue parce que l’in­ven­tion du capi­ta­lisme, cela a été long, et
    sa sor­tie sera longue, ce n’est pas une affaire de grand soir, et cette sor­tie elle a déjà été commencée
    depuis un siècle.

    Nous sommes en train de sor­tir du capi­ta­lisme avec des convul­sions consi­dé­rables au demeurant
    mais si on prends la classe ouvrière non pas dans son exten­sion mon­diale que je ne connais pas mais
    ce seg­ment de la classe ouvrière que j’ai eu l’oc­ca­sion d’a­na­ly­ser qui est la classe ouvrière des pays
    bis­mar­quien, c’est à dire les pays du conti­nent euro­péen ; Alle­magne, Autriche, France, Ita­lie, etc
    pour prendre les prin­ci­paux pays ini­tia­teurs de ce modèle. Les pays bis­mar­quiens qui ont mis en
    place une socia­li­sa­tion du salaire à tra­vers la sécu­ri­té sociale, qui ont mis en place une fonction
    publique à tra­vers le sta­tut de la fonc­tion publique nous pré­sentent les anti­ci­pa­tions déjà
    consi­dé­rables qui n’at­tendent que notre déter­mi­na­tion poli­tique pour les faire aller plus loin.

    Alors quelles sont ces anti­ci­pa­tions, il y en a au moins 2 aux­quelles nous sommes insuffisamment
    atten­tif, c’est pour­quoi nous nous lamen­tons sur com­ment sor­tir de la crise alors que nous avons
    déjà de quoi en sor­tir, ce qui nous manque c’est l’or­ga­ni­sa­tion et le dis­cours auto­nome qui
    pren­drait le relais de la classe ouvrière. Il faut que nous sor­tions du rap­port nos­tal­gique à cette
    classe et que nous rede­ve­nions les héri­tiers actifs de ce qu’elle a construit, 2 anti­ci­pa­tions majeures,
    le salaire à vie à la place du mar­ché du tra­vail, et la coti­sa­tion à la place de la pro­prié­té lucra­tive. Or
    le mar­ché du tra­vail et la pro­prié­té lucra­tive sont 2 ins­ti­tu­tions majeures de la conven­tion capitaliste
    du tra­vail, celle la même qui met le tra­vail en si grande souf­france. Nous nous sommes déjà débarrassé
    et du tra­vail et de la pro­prié­té lucra­tive, et ce qui a été com­men­cé il ne tient qu’à nous de le poursuivre.

    Nous nous sommes débar­ras­sé du mar­ché du tra­vail. Qu’est-ce que c’est que le mar­ché du tra­vail ; le
    mar­ché du tra­vail, c’est le fait que nous soyons niés comme pro­duc­teur de valeur éco­no­mique et que
    pour être indi­rec­te­ment recon­nus comme pro­duc­teur et à ce titre tou­cher un salaire, nous devons porter
    une par­tie de nous même, la force de tra­vail, sur le mar­ché du tra­vail, alors que nous sommes les seuls
    pro­duc­teurs de la valeur nous devons qué­man­der de l’emploi et nous devons nous for­ma­ter, d’ailleurs
    toute une série de lieus aujourd’­hui nous for­matent pour le mar­ché du tra­vail, nous apprennent à nous
    vendre, nous apprennent à amé­lio­rer notre employa­bi­li­té, nous apprennent à nous mouvoir
    comme des mineurs face aux seuls acteurs, aux seuls majeurs que sont les employeurs sur
    un mar­ché du tra­vail sur lequel nous n’a­vons aucune prise, stric­te­ment aucune et qui laisse
    donc le pou­voir aux employeurs et aux actionnaires. 

    Or ce mar­ché du tra­vail, nous l’a­vons déjà dépassé
    dans 2 ins­ti­tu­tions qui sont majeures, la fonc­tion publique, sin­gu­liè­re­ment la fonc­tion publique d’état
    car la fonc­tion publique ter­ri­to­riale n’a pas été jus­qu’au bout du pro­jet de la fonc­tion publique qui est
    de sup­pri­mer l’employeur, le maire est encore un employeur, c’est une étape à fran­chir de supprimer
    la fonc­tion d’employeur du maire, mais les fonc­tion­naires d’é­tat n’ont pas d’employeur. Ils n’ont pas d’emploi,
    ils ont un grade, et ce grade est le sup­port de leur droits.

    C’est le grade qui est le sup­port de leur car­rière, Ils n’ont pas à pas­ser par un quel­conque chantage
    d’un employeur. Une fois qu’ils ont pas­sé le concours, ce grade est irré­vo­cable, irré­ver­sible, il ne peut
    que pro­gres­ser par des concours ultérieurs.

    Bref la mobi­li­té qui est incon­tes­table des sala­riés de la fonc­tion publique, ce sont les plus mobiles des
    sala­riés, ce sont eux qui changent le plus sou­vent de poste de tra­vail. Cette mobi­li­té elle est assumée
    par d’autres moyens que le mar­ché du tra­vail, et le fonc­tion­naire ne passe jamais par la case chômage.
    Il a un salaire à vie parce que c’est lui qui est qua­li­fié et non pas son poste.

    Alors certes les réfor­ma­teurs ( réfor­ma­teurs dans ma bouche, c’est un arc bien connu, le Medef, l’Ump,
    le Ps, les verts, et la Cfdt ) voi­là l’arc réfor­ma­teur. Ce sont les ins­ti­tu­tions qui sont à la manœuvre pour
    la réforme. Il faut réfor­mer, il y a une urgence de la réforme, je reprends le terme indi­gène, c’est comme
    cela qu’ils se présentent.

    Les réfor­ma­teurs n’ont de cesse d’in­tro­duire la logique du mar­ché du tra­vail dans la fonc­tion publique,
    d’in­tro­duire le chô­mage, de faire que ce soit le poste qui soit le fon­de­ment du salaire à tra­vers la prime,
    en refu­sant de négo­cier la hausse du point, la ministre l’a encore bien dit hier ; il n’y aura pas de hausse
    du point, etc etc. Bien sûr que les réfor­ma­teurs sont là pour s’at­ta­quer à la fonc­tion publique parce que
    pré­ci­sé­ment les réfor­ma­teurs ont pour objet de res­tau­rer la conven­tion capi­ta­liste du tra­vail, et cette
    res­tau­ra­tion passe par la sup­pres­sion de cette ano­ma­lie qui a été conquise entre 1906 et 1946, 40 ans
    de bagarres consi­dé­rables avec Mau­rice Tho­rez ministre d’é­tat en charge entre autre de la fonction
    publique qui met en place en 1946 le sta­tut de la fonc­tion publique. Cette conquête elle est
    consi­dé­rable, elle est en per­ma­nence remise en cause, elle nous montre que l’on peut tra­vailler sans
    employeur, sans mar­ché du travail.

    La 2ème anti­ci­pa­tion du dépas­se­ment du mar­ché du tra­vail dans le salaire à vie c’est la retraite, la
    retraite comme salaire conti­nué c’est une des conquêtes majeure de la classe ouvrière et là encore on
    peut l’as­so­cier à la figure d’un ministre com­mu­niste Amboise Croi­zat et à toute la bagarre qui a à la fois
    pré­cé­dé ce qui se passe en 46 et qui a sui­vi puisque le taux de coti­sa­tion qui était de 16 % en 1946
    passe à 32 %, c’est l’acte poli­tique majeur que pose Amboise Croi­zat, dou­bler le taux de coti­sa­tion, et
    ensuite la lutte syn­di­cale fera que ce taux de coti­sa­tion pas­se­ra aux cours des 50 années
    sui­vantes de 32 à 66 % du salaire brut puisque c’est le niveau de coti­sa­tion pour les salaires supérieurs
    à 1,6 Smig, les autres ayant des exo­né­ra­tion de coti­sa­tion employeur qui font que c’est moins.

    Cette bataille pour la coti­sa­tion a 2 effets impor­tants, d’une part d’é­tendre le champs du salaire à vie
    contre le mar­ché du tra­vail, et d’autre part de rem­pla­cer la pro­prié­té lucra­tive dans le finan­ce­ment de
    l’in­ves­tis­se­ment et d’é­tendre le champs du sala­riat à vie pour la fonc­tion publique hos­pi­ta­lière, la cotisation
    mala­die, c’est ce qui paie les fonc­tion­naires de la fonc­tion publique, ce n’est pas l’im­pôt et les retraités.

    Tout notre sys­tème de retraite s’est construit sur le j’ai coti­sé, j’ai droit que les réfor­ma­teurs voudraient
    nous impo­ser à tra­vers les comptes notion­nels, ou les comptes par points mais sur un âge poli­tique, l’ âge
    légal, et la CGT jus­qu’en 95 reven­dique que ce soit 55 ans, un âge
    poli­tique, le plus tôt pos­sible, nous n’a­vons plus à pas­ser par le mar­ché du tra­vail pour être payé, nous
    avons un salaire à vie, ce n’est pas nos postes qui sont qua­li­fiés comme dans la logique de l’emploi
    qui fait que nous sommes sou­mis aux aléas de l’employeur, nous pou­vons tra­vailler en étant libé­rés du
    mar­ché du tra­vail, c’est ce que disent les retrai­tés qui ont une pen­sion proche de leur salaire.

    et évi­dem­ment, il s’a­git que nous assu­mions cette conquête, en posant bien que les retrai­tés pro­duisent de la
    valeur éco­no­mique, et non pas dépendent de la soli­da­ri­té inter­gé­né­ra­tion­nelle comme nous continuons
    sou­vent à le pen­ser de manière aliénée.

    Nous avons donc inven­té 2 formes d’ins­ti­tu­tions alter­na­tives au mar­ché du tra­vail, le salaire à vie des
    fonc­tion­naires à tra­vers le grade,et le salaire à vie des retrai­tés à tra­vers la pen­sion comme salaire
    conti­nué. Évi­dem­ment la solu­tion à la crise du tra­vail qui est née de l’exis­tence du mar­ché du tra­vail, c’est
    d’é­tendre à tous le salaire à vie, de 18 ans à la mort avec un pre­mier niveau de qua­li­fi­ca­tion à 1500 €
    par mois, et ensuite, vous avez une car­rière sala­riale avec des inci­ta­tions, et des ins­ti­tu­tions en partie
    syn­di­cale pour assu­rer que cette car­rière a lieu avec la pos­si­bi­li­té de pas­ser 4 niveaux de qualification.
    Je reprends la sug­ges­tion de la CGT qui ne parait pas absurde, et donc de pas­ser de 1500 € à 6000 €
    de salaire, c’est tout à fait pos­sible macroé­co­no­mi­que­ment, nous pou­vons ins­crire tous les salaire dans
    une four­chette de 1500 à 6000 €, et c’est à notre por­tée sauf que cette ins­ti­tu­tion majeure conquise par
    la classe ouvrière n’a pas d’héritier.

    Aucun syn­di­cat, aucun par­ti de la gauche de gauche ne reven­dique aujourd’­hui la géné­ra­li­sa­tion du salaire
    à vie alors même que la fonc­tion publique, et les retraites en sont les anti­ci­pa­tions déci­sives. C’est cette
    absence d’hé­ri­tier qui met la gauche de gauche en déshé­rence, et qui la pla­fonne depuis maintenant
    30 ans à 15 % de l’é­lec­to­rat. Nous ne pou­vons pas dépas­ser ce han­di­cap qui est aus­si un échec tant que
    nous n’as­su­me­rons pas pour ce qu’elles sont les conquêtes de la classe ouvrière en reven­di­quant le
    salaire à vie pour tous.

    2ème voie de sor­tie de crise, la crise du tra­vail a comme ori­gine cette ins­ti­tu­tion outre le mar­ché du travail
    cette ins­ti­tu­tion spé­ci­fi­que­ment capi­ta­liste du droit de pro­prié­té lucra­tive. C’est ins­crit dans le droit,c’est
    ain­si que c’est spé­ci­fique au capi­ta­lisme vous avez un droit de prop lucrat qui auto­rise le propriétaire
    d’un patri­moine à tirer un reve­nu à par­tir du tra­vail d’au­trui, et ce droit à la prop lucrat qui nous met aujourd’hui
    dans un chan­tage à la dette dont nous souf­frons consi­dé­ra­ble­ment. J’ai par­lé du chan­tage à l’emploi, parlons
    main­te­nant du chan­tage à la dette, ce DPLu­crat nous l’a­vons éga­le­ment dépassé.

    Com­ment avons nous finan­cé les CHU, com­ment avons nous finan­çé cette muta­tion consi­dé­rable du
    ser­vice hos­pi­ta­lier entre 58 et 64 quand nous avons sani­ta­ri­sé un appa­reil de san­té qui était jusqu’alors
    un mou­roir. Les caté­go­ries popu­laires disaient :  » sur­tout pas l’hô­pi­tal, on en sort les pieds devant « .
    Com­ment avons nous fait de l’hô­pi­tal le lieu où on a sala­rié l’é­lite du corps médi­cal qui en était jusque là
    tota­le­ment absent. Nous l’a­vons fait par l’aug­men­ta­tion du taux de coti­sa­tion, c’est un investissement
    consi­dé­rable, l’hô­pi­tal c’est une usine. Nous avons aug­men­té le taux de coti­sa­tion nous nous sommes passé
    du para­si­tisme de la pro­prié­té lucra­tive pour finan­cer l’hôpital. 

    Il faut 11 % du PIB pour finan­cer la san­té, on affecte 11 % du PIB à une cotisation, 
    c’est à dire que nous nous appro­prions nous même à tra­vers la sécurité
    sociale la part de PIB néces­saire pour finan­cer l’in­ves­tis­se­ment sani­taire. Et c’est depuis qu’il n’y a plus de
    hausse de la coti­sa­tion que comme espèce de sanc­tion de ce gel de la hausse, mais un gel qui est lié au fait que
    per­sonne à la gauche de gauche, per­sonne dans le syn­di­ca­lisme de trans­for­ma­tion sociale ne reven­dique une
    hausse mas­sive du taux de coti­sa­tion, ce gel qu taux de coti­sa­tion se tra­duit par la créa­tion de la dates par
    Jup­pé en 96 c’est à dire qu’il s’a­git d’al­ler cher­cher sur les mar­chés finan­ciers les capi­taux la caisse sociale
    pour laquelle nous payons la CRDS recul consi­dé­rable, mais il ne tient qu’a nous d’as­su­mer nou­veau­té d’un
    finan­ce­ment de l’in­ves­tis­se­ment qui ne passe pas par le para­si­tisme de la pro­pr lucrat en éten­dant au delà
    de la san­té, au delà de la retraite.

    La retraite est la démons­tra­tion qu’il n’y a pas besoin de l’accumulation
    finan­cière pour finan­cer les enga­ge­ments de long terme comme les pen­sions.
    Il n’y a pas pho­to, ce sont les
    pays qui financent sans fonds de pen­sion, sans faire appel à la pro­prié­té lucra­tive qui ont le plus fort taux de
    rem­pla­ce­ment, c’est à dire le plus fort pour­cen­tage du der­nier salaire dans la pre­mière pen­sion qui ont le
    plus fort taux de pen­sion­nés par­mi les plus de 60 ans La sta­tis­tique est incon­tes­table, il ne faut sur­tout pas
    accu­mu­ler de la finance si nous vou­lons hono­rer des enga­ge­ments de long terme ça marche beaucoup
    mieux si on ne le fait pas, eh bien de cela qui concerne, addi­tion­nons la san­té 200 mil­liards, la pen­sion 260
    mil­liards soit 460 mil­liards, on est pas dans un truc mar­gi­nal avec des chèvres sur le Lar­zac, on est au cœur
    même du fonc­tion­ne­ment de notre dis­po­si­tif col­lec­tif, dans une conquête majeure de la classe ouvrière, il n’y
    a pas besoin de finan­ceur, il n’y a pas besoin d’ac­tion­naires, il n’y a pas besoin d’in­ves­tis­seurs. Il n’y a pas
    besoin de prêts, il n’ y a de prê­teur que si il y a des piqueurs, un prê­teur ne prête que ce qu’il a piqué. Nous
    avons appris à nous en pas­ser, nous avons appris à finan­cer les avances néces­saires pour toute l’activité
    éco­no­mique non pas en pas­sant par le para­si­tisme de la pro­prié­té lucra­tive, mais en affec­tant à des caisses
    de sécu­ri­té sociale le finan­ce­ment d’en­ga­ge­ment de long terme en matière de finan­ce­ment hos­pi­ta­lier ou en
    matière de retraite, fai­sons pareil pour tout l’in­ves­tis­se­ment, sup­pri­mons la pro­prié­té lucra­tive, sup­pri­mons le
    cré­dit pour finan­cer l’in­ves­tis­se­ment.

    Il ne s’a­git pas de faire un pôle public de cré­dit, qui sera la socialisation
    des pertes inévi­ta­ble­ment, il s’a­git de sup­pri­mer le cré­dit pour finan­cer l’ inves­tis­se­ment comme nous l’ avons
    fait dèjà pour la pen­sion et pour la santé.

    Conti­nuons, allons au bout, affec­tons les 30 % du PIB néces­saires pour l’in­ves­tir parce que ceux qui avec la
    pro­pr lucra­tive nous piquent 35% de ce que nous pro­dui­sons, on peut dis­cu­ter du cal­cul du PIB, mais nous
    pro­dui­sons disons 2000 mil­liards par an, 700 mil­liards vont au pro­fit. Et après nous avoir piqué 35 % de ce
    que nous pro­dui­sons, ils nous en concèdent 20%, 400 mil­liards, comme ils veulent, aux condi­tions qu’ils veulent,
    s’il le veulent etc. Quand allons nous nous pas­ser de ce para­si­tisme abso­lut car nous avons l’ex­pé­rience que
    nous l’a­vons déjà dépas­sé. Quand allons nous être révo­lu­tion­naire, qu’est-ce que c’est que d’être révolutionnaire,
    c’est assu­mer le sub­ver­sif déjà là. C’est hono­rer les conquêtes de la classe ouvrière.

    Nous avons une déshé­rence du suf­frage uni­ver­sel, les gens qui s’abs­tiennent de plus en plus par exemple ou
    qui sont ten­té ou qui votent front natio­nal, c’est parce qu’il y a le spec­tacle de notre impuis­sance col­lec­tive tel
    que les ins­ti­tu­tions poli­tiques fonc­tionnent face à la mai­trise par la mino­ri­té des pro­prié­taires lucra­tifs de la valeur
    éco­no­mique Une mino­ri­té qui est inso­lente, une mino­ri­té que l’on va a juste titre contes­ter, mais qui a le pouvoir,
    et il s’a­git d’en­ri­chir la citoyen­ne­té de la mai­trise de la valeur éco­no­mique en fai­sant la même opé­ra­tion que
    l’o­pé­ra­tion des révo­lu­tion­naires au XVIII e et XIX e siècle autour du suf­frage uni­ver­sel. Le suf­frage universel,
    c’est le pos­tu­lat que nous pou­vons tous, y com­pris des manants qui n’a­vaient aucune culture poli­tique participer
    à la déli­bé­ra­tion de la chose com­mune. Ça n’a pas créé des peuples ver­tueux, les peuples ver­tueux n’existent pas.

    L’ins­ti­tu­tion du suf­frage uni­ver­sel a créé des par­tis poli­tiques, a créé la liber­té de la presse, a créé une série
    d’ins­ti­tu­tions qui ont ren­du capables les citoyens de déli­bé­rer de la poli­tique. Nous avons à faire la même chose
    aujourd’­hui en enri­chis­sant la citoyen­ne­té de la mai­trise de l’é­co­no­mie. Enri­chir la citoyen­ne­té de la mai­trise de
    l’é­co­no­mie, cela signi­fie que qu’au jour de la majo­ri­té poli­tique, avec le droit de vote et les droits de citoyenneté
    qui lui sont liés est attri­bué à cha­cun le pre­mier niveau de qua­li­fi­ca­tion avec un salaire à vie parce qu’une
    qua­li­fi­ca­tion qui n’est pas armée d’un salaire, cela laisse les gens com­plè­te­ment démunis.

    Deuxième dimen­sion du droit de qua­li­fi­ca­tion uni­ver­sel. À 18 ans, le droit à une car­rière sala­riale qui s’inscrit
    en pre­mière approche dont on peut débattre dans une hié­rar­chie de 1 à 4, avec des ins­ti­tu­tions inci­ta­tives pour
    pas­ser des épreuves de qua­li­fi­ca­tion et des syn­di­cats qui véri­fient que ce droit là s’exerce bien et qu’il ne
    laisse pas de per­sonnes au bord du chemin

    Troi­sième dimen­sion de ce droit poli­tique, car il s’a­git d’un droit poli­tique irré­vo­cable, lié à la per­sonne, sans
    condi­tion­na­li­té, de même que le suf­frage, il est incon­di­tion­nel, troi­sième dimen­sion la pro­prié­té d’u­sage des
    lieux de tra­vail, tout le monde doit être copro­prié­taire des lieux de tra­vail, y com­pris les fonc­tion­naires ce qui
    n’est pas le cas. C’est quoi cette copro­prié­té d’u­sage et qui est copro­prié­taire ? C’est de la pro­prié­té, c’est à
    dire que l’on décide de l’in­ves­tis­se­ment, on décide de la hié­rar­chie, on décide évi­de­ment de ce qui est produit
    et des façons de le pro­duire. On décide des accords inter­na­tio­naux à pas­ser puisque toute pro­duc­tion suppose
    une divi­sion inter­na­tio­nale du tra­vail, pas toute la pro­duc­tion mais beau­coup de la pro­duc­tion. Cette division
    c’est une pro­prié­té d’u­sage, c’est à dire que le fait d’être copro­prié­taire de l’en­tre­prise n’ap­porte aucun revenu.
    La géné­ra­li­sa­tion de la pro­prié­té d’u­sage sup­pose bien évi­de­ment la sup­pres­sion de la pro­prié­té lucrative.

    Donc dans le droit de citoyen­ne­té qu’il faut construire, cha­cun à 18 ans a :

    1 le pre­mier niveau de qua­li­fi­ca­tion avec un salaire
    2 un droit à car­rière, avec les ins­ti­tu­tions qui assurent son effectivité
    3 le droit de copro­prié­té d’u­sage de tous ses lieux de tra­vail, qu’il soit tra­vailleur indé­pen­dant ou fonctionnaire

    Qui est copro­prié­taire ? Pas les seuls sala­riés de l’en­tre­prise, il n’y a pas que les che­mi­nots qui doivent décider
    de la SNCF, il y a aus­si les par­ties pre­nantes, les muni­ci­pa­li­tés. Il n’y a aucun che­mi­nots aujourd’­hui qui décide
    ce que doit être la SNCF. Dans le cas d’une bou­lan­ge­rie, ses sala­riés peuvent suf­firent, donc la copropriété
    par les sala­riés et les par­ties pre­nantes et qua­trième dimen­sion de ce droit de pro­prié­té d’u­sage, droit de qualification
    uni­ver­sel, salaire à vie, 4e dimen­sion, mai­trise de l’in­ves­tis­se­ment, là encore cela va avec la sup­pres­sion de la
    pro­prié­té lucra­tive, pas sim­ple­ment pour les grandes entre­prises, pour tout l’in­ves­tis­se­ment, les nationalisations
    ont échoués parce qu’elles n’é­taient pas exos­tives. Il ne s’a­git pas d’ailleurs de natio­na­li­ser, natio­na­li­ser la SNCF
    peut être, mais pas la bou­che­rie du coin. Les sta­tuts juri­diques des entre­prises seront très dif­fé­rents d’a­près leur
    impact sur le reste de la socié­té. Il faut inven­ter des sta­tuts juri­diques, la SCOP, n’est pas la seule pos­sible, ni
    l’as­so­cia­tion, il faut créer de nou­veau sta­tuts juri­diques de ces entre­prises en copro­prié­té d’usage.

    L’in­ves­tis­se­ment doit être à la mai­trise des sala­riés et donc dans le droit qui est attri­bué dans le droit de chacun
    à 18 ans, il y a le droit à codé­ci­der de l’u­sage des caisses d’in­ves­tis­se­ment qui recueille­ront la cotisation
    éco­no­mique qui se sub­sti­tue­ra au droit de pro­prié­té et au pro­fit. Les 700 mil­liards qui nous sont piqués par les
    pro­prié­taires, nous sup­pri­me­rons ce droit comme nous l’a­vons déjà fait pour une par­tie impor­tante, 40 % du PIB
    ne relève pas de cette logique, allons à 100 %. 

    Créons des caisses d’in­ves­tis­se­ment qui recueille­ront la
    coti­sa­tion éco­no­mique encore une fois sans rem­bour­se­ment et sans taux d’in­té­rêt puisque encore une fois
    le taux d’in­té­rêt n’existe que parce qu’il y a une appro­pria­tion pri­vée de la valeur, c’est pour cela que j’ai dit que
    les prê­teurs ont d’a­bord piqué ce qu’il prêtent, il n’y aura ni rem­bour­se­ment, ni taux d’in­té­rêt, et il y aura une
    codé­ci­sion, là encore cela implique que nous res­tions vigi­lants face à la démo­cra­tie effec­tive de ces caisses,
    cela implique qu’il n’y ait pas bureau­cra­ti­sa­tion de 5e droit lié à l’ins­tau­ra­tion de la majo­ri­té à 18 ans, la
    par­ti­ci­pa­tion à la créa­tion moné­taire, la créa­tion moné­taire aujourd’­hui est une ins­ti­tu­tion massivement
    capi­ta­liste, depuis presque un siècle, il n’y a plus que les banques com­mer­ciales qui créent de la monnaie,
    cela ins­crit la créa­tion moné­taire dans une logique de la dette : il faut s’en­det­ter pour être recon­nu comme
    pro­duc­teur de valeur. Il s’a­git que la créa­tion moné­taire devienne le pou­voir des sala­riés sur les caisses de
    créa­tion moné­taire qui devrait se faire non pas à l’oc­ca­sion de cré­dit ban­caires comme c’est le cas
    aujourd’­hui de façon catas­tro­phique mais à l’oc­ca­sion de l’at­tri­bu­tion des qua­li­fi­ca­tions, il faut évi­ter par la
    créa­tion moné­taire, anti­ci­per la pro­duc­tion nou­velle de valeur, on anti­cipe la pro­duc­tion nou­velle de valeur
    en attri­buant des qua­li­fi­ca­tions nou­velles, et à cette occa­sion, on crée la mon­naie cor­res­pon­dante, voi­là la
    solu­tion poli­tique à la crise économique.

    Visible sur http://​www​.paul​jo​rion​.com/​b​l​o​g​/​?​p​=​4​9​891

    Enfin quel­qu’un qui dit quelque chose. Autant B F est lim­pide dans ses conférences, 
    je me sou­viens d’une autre conf à Metz lors de la réforme des retraites, 
    autant ses écrits sont d’un abord dif­fi­ciles. Ses bou­quins sont passionnants, 
    L’en­jeu des retraites, du salaires concerne 20 mil­lions au moins de
    per­sonnes en France, ça a été dif­fu­sé à com­bien d’exemplaires ?

    Il fau­drait qu’il en fasse une ver­sion en Fran­çais acces­sible en expli­ci­tant des notions qui doivent aller de soi pour lui, mais qui sont tota­le­ment étran­gères au Kiki lamb­da. Je le constate en par­lant de cela avec des col­lègues. Peux-tu lui pas­ser le mot Étienne.

    Réponse
  8. Ana Sailland

    Ce jour j’ai regar­dé la confé­rence de Ber­nard Stie­gler, pas­sion­nant comme à son habi­tude (mer­ci à lui de ne pas trop user du verbe man­da­rin comme le fait par­fois F.Lordon) et PAF , voi­ci celle de Ber­nard Friot. Quel déluge ! 😉 Je la regar­de­rai plus tard.
    Nous sommes riches et ça se voit lorsque nous n’ar­ri­vons plus à suivre !

    Concer­nant Ber­nard S. :

    Un phi­lo­sophe (je m’a­dresse ici à Mor­pheus) n’est pas un chef de par­ti, ni un déci­deur, et sa mis­sion n’est pas de pro­po­ser un modèle de socié­té. Je pense même que si on s’en­gage dans cette voie fort hono­rable de l’in­ven­tion et de la pro­po­si­tion, on ne peut plus être phi­lo­sophe qu’à temps par­tiel, car s’en­ga­ger, c’est se pas­sion­ner plus que de rai­son avec le risque de se voir obli­té­rer en soi la vision pano­ra­mique néces­saire à la sagesse aimée.
    Par ailleurs, cette longue confé­rence n’est mal­gré tout pas vide de toute piste de réflexion (une piste n’est pas une pro­po­si­tion), et qu’elles sont mêmes sur­abon­dantes. J’ai même le sen­ti­ment qu’il me fau­drait toute une vie pour les explo­rer toutes.
    Je vois une ana­lo­gie pro­fonde (mer­ci Mor­pheus de me l’a­voir fait voir) entre le phi­lo­sophe et le démo­crate : tous deux se doivent de ne jamais se trans­for­mer en direc­teurs mais en dis­tri­bu­teurs de direc­tions, charge aux récep­teurs d’en faire libre­ment usage.

    Après vision­ne­ment, je relève quelques points importants.

    -Le tra­vail n’est pas l’emploi.
    +Emer­gence d’un modèle et d’un esprit de la contribution.

    -L’Es­prit (suite à la ques­tion du « jeune homme à cas­quette »), son impor­tance, sa néces­si­té en toute socié­té ; au sens de Valé­ry ; éco­no­mie poli­tique de l’es­prit. L’âme noé­tique capable de subli­mer et d’in­fi­ni­ti­ser l’ob­jet du désir : Tout ça est bien enten­du assez dif­fé­rent des pro­po­si­tions de gom­mage du désir par la pro­duc­tion qui nous ont dif­fé­ren­tiés récemment.

    -Le fonc­tion­ne­ment de la bêtise sys­té­mique, fon­dé sur le pou­voir pro­duc­teur de doxa : on est pour moi à l’une des racines de l’é­mer­gence de l’é­gré­gore domi­nance auquel je fais allu­sion dans la zone Marat. (je devrais développer)

    -Le concept de pro­lé­taire selon Stie­gler est l’un de ses éta­lons de bataille, assez sub­tile pour être dif­fi­cile à domp­ter. On y per­çoit la réduc­tion de l’être à l’é­tat de ser­vant de ce qui est sup­po­sé lui per­mettre d’être, l’ou­til qui est cen­sé le libé­rer. C’est sans en avoir l’air une sacrée mise en garde, bien que sur­vienne cette phrase que j’ai notée : la tech­nique n’est jamais une solu­tion et n’est jamais un pro­blème ». A creuser …

    -Les civi­li­sa­tions lors­qu’elles déchaînent les pul­sions impliquent en réac­tion les tech­niques de soi qui peuvent être à l’o­ri­gine de la civi­li­sa­tion qui suit.
    Sim­ple­ment passionnant …
    Sur­tout dans le contexte de notre pré­sent volcanique

    -Concer­nant la démo­cra­tie, il me semble que Ber­nard gagne­ra à ren­con­trer Etienne 🙂

    - Je (sans guille­met, c’est bien je, suite à des phrases qui m’ont nour­rie) vois un paral­lèle ou une cova­riance ou une syner­gie entre l’ap­pa­ri­tion d’un vraie démo­cra­tie et le chan­ge­ment de para­digme cor­res­pon­dant à l’é­mer­gence d’une éco­no­mie de la contri­bu­tion ( qui n’est ni celle de l’é­change, ni celle de la domination ).
    La fausse démo­cra­tie est comme le capi­ta­lisme fon­dée sur la par­ti­ci­pa­tion exi­gée et sur la sou­mis­sion, alors que la vraie démo­cra­tie ins­taure la par­ti­ci­pa­tion libre mais non entra­vée, de même que l’é­co­no­mie contri­bu­tive, qui ne peut vivre sans libi­do créa­tive et syner­gi­sante. ça me rap­proche aus­si du don acra­to­pège que j’a­vais évo­qué comme para­digme éven­tuel quoique fort uto­pique, et sur lequel il fau­drait peut être encore me/nous pen­cher, puisque incre­dible edible en démontre phy­si­que­ment la pertinence.

    Réponse
  9. Morpheus

    @ Alfi­la (#8)

    C’est pos­sible que ce soit ce qu’il veut dire (bien que per­son­nel­le­ment je ne l’ai pas com­pris comme cela). Mais sau­ver le sys­tème pour le rem­pla­cer, à mon avis, c’est idiot. L’his­toire nous montre que les grands chan­ge­ments (et chan­ger de modèle éco­no­mique, voir même de para­digme éco­no­mique, c’est un grand chan­ge­ment) sont tou­jours le fruit de la chute d’un sys­tème dont découle une inévi­table crise.

    Pour­quoi cela ? Parce qu’une carac­té­ris­tique com­mune de l’être humain est de ne pas recher­cher le chan­ge­ment. L’homme est un ani­mal reli­gieux, il pré­fère s’ac­cro­cher à ce qu’il connait, même si ce à quoi il s’ac­croche s’ef­fondre ou est défi­cient, plu­tôt qu’al­ler vers l’in­con­nu de la nou­veau­té. Seule une crise per­met une remise en cause et donne l’im­pul­sion (par­fois la néces­si­té impé­rieuse) de chan­ger. Cette ana­lyse des com­por­te­ments humains est valable aus­si bien sur le plan indi­vi­duel que collectif.

    Donc, si nous sau­vions le sys­tème (et je pense que ce n’est pas pos­sible ; tout au plus pou­vons-nous le mettre sous per­fu­sion quelques temps), nous pren­drions le risque de blo­quer le chan­ge­ment. Et ce chan­ge­ment est deve­nu à la fois indis­pen­sable, néces­saire et urgent.

    Mais ce n’est que mon avis.

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  10. Étienne

    Ça germe partout 🙂

    • Le Par­ti de Gauche 73 ouvre un débat sur l’é­lec­tion des futurs consti­tuants par tirage au sort

    http://73.lepartidegauche.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=1117%3Ale-pg-73-propose-le-tirage-au-sort&catid=407%3Aarguments


    • « Au sort citoyens ! »
    par Pierre-andré Achour, ancien secré­taire régio­nal des Verts-Lorraine :

    http://​blogs​.media​part​.fr/​b​l​o​g​/​p​i​e​r​r​e​-​a​n​d​r​e​-​a​c​h​o​u​r​/​0​5​0​5​1​3​/​a​u​-​s​o​r​t​-​c​i​t​o​y​ens

    Réponse
  11. mathieu nercess
  12. Ana Sailland

    @Mathieu,

    Les thèmes favo­ris de Ber­nard Stie­gler nous offrent l’op­por­tu­ni­té (à moi en tout cas) d’en­ri­chir notre regard au delà du mani­chéen juge­ment, usuel et en tout.

    Il met ici en lumière un désen­glue­ment de l’in­di­vi­du scot­ché pour l’heure par un »contrat social« fon­dé sur l’as­si­gna­tion de la per­sonne à sa fonction.

    La défo­ca­li­sa­tion cultu­relle (déspé­cia­li­sa­tion, dépro­lé­ta­ri­sa­tion cog­ni­tive, ouver­ture du champ de conscience) et la pul­sion par­ti­ci­pa­tive (créa­ti­vi­té insu­bor­don­née mais syn­chrone, empa­thie-syner­gie créa­tive, don de temps de vie, décomp­ta­bi­li­sa­tion de l’ac­tion) vont en effet ensemble.

    La démo­cra­tie réelle devrait trou­ver natu­rel­le­ment sa place dans ce tan­dem vertueux.
    Car on peut s’at­tendre à la voir en nour­rir les deux termes et à être nour­rie par eux.

    C’est comme un tré­pied dont les trois pieds se main­tiennent mutuellement.
    Il peut s’a­gir d’une muta­tion des moteurs humains et donc d’une nou­velle civilisation.

    @Étienne

    Je ne sais pas si cette évo­lu­tion du FdG de Cham­bé­ry est en rap­port avec le mou­ve­ment qui veut/voulait pré­sen­ter aux muni­ci­pales des can­di­dats s’en­ga­geant à ne jamais rien voter sans consulter.

    Un joint ven­ture serait intéressant.

    ;;;;;

    Mal­gré notre dénon­cia­tion légi­time des per­ver­sions induites par le sys­tème des par­tis, il est tout à fait pos­sible que le salut vienne de l’un d’eux.
    La condi­tion néces­saire et suf­fi­sante est que ses mili­tants les plus hon­nêtes et clair­voyants réus­sissent à exi­ger en son sein ou à obte­nir par la per­sua­sion la déci­sion ultime et sal­va­trice qui sans vio­lence ni révo­lu­tion bru­tale sabor­de­rait la domi­nance en usant de ses propres outils.

    Je ne suis pas du tout en train de faire la pub au FdG 😉 mais je pense que dans le dis­cours de JLM du mois de Mai, dans le pas­sage sur la consti­tuante, il y avait aus­si une évo­lu­tion pro­met­teuse. Dom­mage que les têtes de par­tis soient tou­jours qua­si injoi­gnables (autisme par coma tech­nique), car c’est peut être le moment idéal pour convaincre et vaincre.

    Réponse
  13. Morpheus

    Flute, j’ai évi­dem­ment vou­lu écrire « le Par­ti », pas le Tar­ti. Serait-ce un lap­sus cla­vie­ri ?

    :-))

    Mor­pheus

    Réponse
  14. Grumeau

    C’est pas de la tarte comme lapsus 😉

    Mer­ci pour le lien en tout cas.

    Les pousses vont-elles éclore cet été ? Si on en prend soin ça peut le faire…!

    Réponse
  15. Alain Guillou

    Je rejoins ici le camp des « ver­mis­seaux pré­ten­tieux », donc celui de mon cher « enne­mi » (rire) Morpheus…Ce que l’on attend aujourd’­hui avec, je l’a­voue une « impa­tience non phi­lo­so­phique », ce n’est pas de refaire un rond dans l’eau des concepts « pour rien »…çà fait plu­sieurs mil­liers d’an­nées qu’on patiente en obser­vant la ronde des maté­ria­listes et des idéalistes…Il me semble que nous ne serions pas entrain de « blo­guer » si nous n’es­pé­rions pas ce que bon gré mal gré on appelle « un progrès ».
    Peu importe si le mot est deve­nu, après « révo­lu­tion » un gros mot confis­qué à la classe des « ver­mis­seaux » par la classe des « mar­ti­nets »…Ce sont des oiseaux migra­teurs qui vivent l’es­sen­tiel de leur vie sans tou­cher terre, volent dorment et bouffent les ver­mis­seaux …bref, d’é­lé­gants « dominants ».
    Loin de moi l’i­dée de ne rien apprendre d’eux, mais au bout de trois loo­pings j’ai com­pris « l’es­sen­tiel » : nous sommes tous « dans la M.…, et faut pas comp­ter sur une pen­sée trans­cen­dante. La solu­tion miracle n’existe pas sous une for­mule, même géniale. La solu­tion émerge péni­ble­ment des luttes concrètes qui trans­forment à la fois les humains en acteurs conscients de leur poten­tiel « révo­lu­tion­naire » ‑il y a des mots plus poé­tiques pour dire « çà »-et cor­ré­la­ti­ve­ment les fina­li­tés visées par ces « humains en pro­grès »…zut encore un poème à inven­ter pour contour­ner ce gros mot de « progrès » !
    Amicalement

    Réponse
  16. Morpheus

    Bon, je suis d’une impar­don­nable dis­trac­tion, parce que mon #16 donne la même infor­ma­tion que le #13 d’Étienne !

    PAS BIEN !

    (quoique, la répé­ti­tion des infor­ma­tions inté­res­sante ne soit peut-être pas tota­le­ment vaine ?)

    😉

    Mor­pheus

    Réponse
  17. J.C

    @ Ana

    « La défo­ca­li­sa­tion cultu­relle (déspé­cia­li­sa­tion, dépro­lé­ta­ri­sa­tion cog­ni­tive, ouver­ture du champ de conscience) et la pul­sion par­ti­ci­pa­tive (créa­ti­vi­té insu­bor­don­née mais syn­chrone, empa­thie-syner­gie créa­tive, don de temps de vie, décomp­ta­bi­li­sa­tion de l’ac­tion) vont en effet ensemble. »

    Exac­te­ment.

    Il nous reste plus qu’a dépas­ser ces notions de domi­nants et de domi­nés pour com­pren­drons que nous n’a­vons pas besoin d’une logique de rap­port de force.
    Nous ver­rons alors l’i­na­ni­té de l’emploi, des salaires, de l’é­co­no­mie moné­taire et des représentants.

    Nous étant affran­chi des contraintes qui n’ont pas lieu d’être, nous par­ti­ci­pe­ront à l’or­ga­ni­sa­tion de notre socié­té en étant sim­ple­ment ce que nous sommes.

    À la manière de l’O­pen-source nous ferons évo­luer la socié­té au tra­vers de cha­cune de nos acti­vi­tés à la fois indi­vi­duelles et collectives.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  18. Ana Sailland

    @J.C

    Exac­te­ment 🙂

    Sur un autre fil, nous débat­tons sur la vio­lence et la non vio­lence en temps révolutionnaire.

    C’est pour­quoi je trouve pas­sion­nante et pro­met­teuse l’é­mer­gence du « contri­bu­tisme » car il peut s’a­gir là, sous nos yeux, de la révo­lu­tion lente et non coer­ci­tive, géné­ti­que­ment non vio­lente, qui serait pré­fé­rable à un nème bain de sang, et infi­ni­ment plus radi­cale puis­qu’elle concerne les moteurs psy­chiques de l’ac­ti­vi­té humaine.

    ;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;

    L’un des liens qui trans­forment le para­dis ter­restre en un immense jeu sado maso, c’est l’as­si­gna­tion de l’in­di­vi­du à une fonction.
    La socié­té nazie fonc­tion­nait ain­si, fon­dée qu’elle était sur un treillis de domination/soumission recou­vrant toute sa popu­la­tion, dans l’en­ga­ge­ment ou la peur, et capable d’in­duire tan­tôt la com­pli­ci­té active, tan­tôt la com­pli­ci­té pas­sive, et dans ce second cas, à peine moins inter­ro­ga­teur, l’au­to-obli­té­ra­tion du regard.
    Et notre socié­té mon­dia­li­sée, avec ses îlots, qui sont par­fois des quar­tiers, par­fois des conti­nents, ses îlots tan­tôt de richesse tan­tôt de misère, fonc­tionne de même !
    Je ne cite­rai que le gérant de supé­rette qui com­mande des fraises à une entre­prise escla­va­giste du sud de l’Espagne.
    Je ne l’ac­cuse pas : il est assi­gné à fonc­tion, et fort heu­reu­se­ment pour lui n’au­ra pas à répondre de son obéis­sance à un Nurem­berg de l’é­co­no­mie libérale.
    (Insert qui m’é­loigne un peu : Le pro­ces­sus d’as­si­gna­tion est en grande par­tie fon­dé sur la spé­cia­li­sa­tion pro­fes­sion­nelle, ou sur l’in­com­pé­tence, dans les deux cas sur la pro­lé­ta­ri­sa­tion de l’esprit)

    Le pro­ces­sus d’as­si­gna­tion de l’in­di­vi­du à sa fonc­tion est la ver­sion moderne du mar­ché aux esclaves.
    Sauf qu’au pré­sent, il n’y a qu’un maître, et ceux que nous nom­mons sur ce site les maîtres sont eux-même assi­gnés à leur fonc­tion, leur fonc­tion de maîtres. Plus agréable certes que la fonc­tion d’ou­vrier aux tan­ne­ries du ban­gla­desh, mais fonc­tion cepen­dant, au sein d’une archi­tec­ture socié­tale qui n’est déci­dée par per­sonne, sinon par nos pul­sions com­munes et la libi­do collective.
    Ce maître unique, c’est celui que j’ap­pelle l’é­gré­gore domi­nance ; il est né de nous et de notre orga­ni­sa­tion, il est notre créa­tion mais nous échappe et nous tient, et nous dirige. Il est pétri de notre cer­veau col­lec­tif, de nos orien­ta­tions, de nos choix, de nos lois et de nos usages, de nos outils, de tout ce que nous créons, dans les domaines abs­trait autant que concret. Car un sys­tème hyper­com­plexe, dont les atomes sont des êtres pen­sants, a cette par­ti­cu­la­ri­té de pou­voir deve­nir auto­nome et de domi­ner ses cel­lules ner­veuses autant qu’il est fon­dé sur elles. Et ce sont ces cel­lules qui lui confèrent son sta­tut de pen­sant, doué de stra­té­gie, non pas contre mais sans sou­ci de ses racines.

    Qu’il s’a­gisse du reve­nu incon­di­tion­nel, ou du pro­jet Fres­co, ou de l’exi­gence démo­crate, la secrète inten­tion de nos avan­cées uto­piques, immé­dia­te­ment acces­sibles ou loin­taines, peu importe, c’est de cas­ser l’é­gré­gore domi­nance (((et le refon­der plus sain ?))), en jouant sur la struc­ture de la socié­té, sur les organes de déci­sion, sur le chan­tage à l’emploi, sur ce qui crée la peur de man­quer et tout son cor­tège d’in­te­rac­tions perverses.
    Mais
    Nos pro­jets, tous sans excep­tion, cor­res­pondent à l’es­poir d’a­mé­lio­rer la vie en rebor­dant son lit,
    mais pas en nour­ris­sant son Esprit.
    Ils négligent l’i­dée que notre liber­té d’être pour­rait être la source du chan­ge­ment et non pas seule­ment l’ef­fet du changement.
    Et signent notre négli­gence pour l’autre voie de la révo­lu­tion, qui est la voie de l’être, comme moteur prin­ci­pal de la trans­for­ma­tion, sans le moteur auxi­liaire de la refonte de la loi.

    Or, la liber­té, la vraie hein, pas celle qui s’ar­rête là où com­mence celle des autres, mais au contraire cette liber­té excep­tion­nelle en qua­li­té humaine qui com­mence là où com­mence celle des autres, qui est la liber­té du troi­sième cer­veau (le cer­veau des cel­lules miroir), est inhi­bée par la syner­gie socié­tale chaque fois que cette syner­gie est fon­dée sur la loi, la conven­tion, la contrainte, est rehaus­sée chaque fois que cette syner­gie est spon­ta­née, fon­dée sur le simple désir de créer, de par­ti­ci­per, de contri­buer, en don­nant son désir à la tri­bu, la tri­bu étant bien l’ob­jet du désir de con_tribuer.

    Nos pro­jets, poli­tiques ou moné­taires ou éco­no­miques, tout comme la révo­lu­tion fran­çaise, cor­res­pondent à l’es­poir d’a­mé­lio­rer la vie en rebor­dant son lit.
    L’in­ten­tion est « le bon­heur et la liber­té », certes, mais sa réa­li­sa­tion se fonde sur une réécri­ture du code et du contrat social, donc en der­nier res­sort sur une règle­men­ta­tion du droit et du devoir d’a­gir, pou­vant aller jus­qu’au contin­gen­te­ment du droit d’a­gir, sur en der­nier res­sort un rema­nie­ment de l’as­si­gna­tion de l’in­di­vi­du à une fonc­tion … ou à l’é­trange fonc­tion qu’est la pas­si­vi­té <une socié­té per­fec­tion­née tech­ni­que­ment au point d’a­bou­tir à la pas­si­vi­té contri­bu­tive uni­ver­selle peut être stable mais le bon­heur risque d’y être bien terne oups j’ai pas pu m’empêcher 😉 >.
    L’in­ten­tion « évo­lu­tion­naire », hono­rable, ne pro­pulse donc pas ce chan­ge­ment de para­digme fon­da­men­tal que serait la sus­dite liber­té contri­bu­tive, du troi­sième cer­veau, qui est l’une des émer­gences du concept plus géné­ral d’Es­prit et de Conscience.
    Je crois avoir com­pris mais peut être vais-je inter­pré­ter abu­si­ve­ment, qu’il est dans la volon­té de Ber­nard Stie­gler de nous faire per­ce­voir que loin d’être anec­do­tiques cer­taines nou­veau­tés com­por­te­men­tales sont peut être l’in­dice d’une révo­lu­tion lente et non vio­lente, qui avec le temps peut conduire à la réa­li­sa­tion de la liber­té contri­bu­tive, et à la nais­sance d’une autre civi­li­sa­tion que l’ac­tuelle civi­li­sa­tion de la carotte (dans laquelle l’in­di­vi­du n’est qu’un âne mû par une récom­pense qui s’é­loigne de lui à cha­cun de ses pas).
    Ber­nard place en tête de ces indices le logi­ciel libre, mais il y en a d’autres, qui sautent aux yeux, l’un des plus récents étant le mou­ve­ment des incre­dible edible, qui par­ti de l’An­gle­terre se répand de plus en plus, et pré­fi­gure une pos­sible civi­li­sa­tion du don acratopège.

    Mais ne soyons pas modestes, notre pré­sence assi­due sur ce site n’est pas que mas­tur­ba­toire et témoigne d’un Esprit Contri­bu­tif cer­tain chez tous ceux qui passent des heures à réflé­chir ensemble, tra­vail copieux, sans attente personnelle.
    Et les exemples de béné­vo­lat foi­sonnent. Il ne manque peut être pas grand chose pour qu’ils nous fassent oublier la carotte. Allez savoir de quoi demain notre esprit sera fait.

    Réponse
  19. J.C

    @ Ana

    « en der­nier res­sort sur une règle­men­ta­tion du droit et du devoir d’a­gir, pou­vant aller jus­qu’au contin­gen­te­ment du droit d’a­gir, sur en der­nier res­sort un rema­nie­ment de l’as­si­gna­tion de l’in­di­vi­du à une fonc­tion … ou à l’é­trange fonc­tion qu’est la pas­si­vi­té <une socié­té per­fec­tion­née tech­ni­que­ment au point d’a­bou­tir à la pas­si­vi­té contri­bu­tive uni­ver­selle peut être stable mais le bon­heur risque d’y être bien terne oups j’ai pas pu m’empêcher >

    Nul besoin de oups, tes obser­va­tions et doutes sur le pro­jet Vénus sont les bienvenues.

    Une socié­té per­fec­tion­née tech­ni­que­ment est jus­te­ment la conti­nui­té de la logique démo­cra­tique et de l’é­veil des consciences qui rend les lois et les assi­gna­tions à une fonc­tion obsolètes.

    On peut enfin s’en­ga­ger plus libre­ment dans des acti­vi­tés utiles, sou­hai­tées etc.

    Quand on ne se bat plus pour sur­vivre, on peut enfin vivre.

    Et vivre passe par la libé­ra­tion de ces contraintes impo­sées par la logique de la pénu­rie monétaire.
    Contraintes d’au­tant plus absurde puisque l’on a les savoirs faire et les res­sources pour s’en passer.

    Réta­blir l’a­bon­dance néces­saire à une socié­té libre, éga­li­taire, fra­ter­nelle et donc démo­cra­tique passe par la tech­nique. La tech­nique bien uti­li­sée n’est autre que le fruit de l’in­tel­li­gence, son prolongement.
    Cette intel­li­gence qui est la source doit être mise en appli­ca­tion concrètement.

    L’es­prit et la matière ne sont pas sépa­rable. Le fait que les gens prennent conscience de ce qu’est une véri­table démo­cra­tie libre, puis y aspirent et mettent en place les moyens de son avè­ne­ment sont les pre­miers pas d’une éman­ci­pa­tion universelle.

    Quant au reve­nu de base incon­di­tion­nel s’il est vu comme un moyen, une tran­si­tion et non une fin, il pour­rait déjà por­ter en lui un dépas­se­ment de l’i­dée d’une simple pré­ser­va­tion du sys­tème actuel.

    Les pro­grès ne visent pas à nous empê­cher d’a­gir mais à rendre nos actions plus efficace.

    On nous a tel­le­ment racon­té d’his­toire en ren­ver­sant le sens des mots pour jus­ti­fier notre empri­son­ne­ment qu’on a fini par y croire.

    En nous disant le bon­heur peut être triste et terne, le mal­heur joyeux et pétillant.
    Inep­tie qui ne choque même plus. L’en­nui, c’est être mal­heu­reux et pas heureux.

    La contri­bu­tion se fera sur tout les plans et plus uni­que­ment dans une pers­pec­tive pure­ment matérialiste.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  20. Ana Sailland

    l’hu­main est infi­ni­ment plus com­plexe que

    j’ai <=> je suis

    Réponse
  21. Gaudefroy

    Une cita­tion très per­ti­nente de Ber­nard Friot :

     » Insis­ter dans le tra­vail sur la liber­té et la contra­dic­tion, c’est être en déca­lage avec des gens comme Bour­dieu ou Cas­tel lqui pré­sentent le sala­rié comme quel­qu’un de domi­né, qui est en manque, qui est défi­ni négativement.
    Et qui ont une lec­ture de l’his­toire du salaire et du sala­riat comme une domi­na­tion sans partage.
    A l’heure où nous pen­sons être submergés

    c’est le chien de garde par excel­lence, c’est la céci­té savante qui nous empêche de voir ce qu’il y a de neuf, nous sommes vain­cus, nous avons été tra­his, etc…

    ce dis­cours-là, qui dit qu’il ne s’est rien pas­sé depuis 50 ans, ou que des défaites, ce dis­cours-là est mor­ti­fère, il nous empêche d’a­van­cer, il faut s’en débarrasser. »

    Un autre exemple selon moi de céci­té savante est Jean pierre Gar­nier qui a la fâcheuse habi­tude d’at­tri­buer tout ce qui passe dans l’his­toire à la volon­té des capi­ta­listes (avec peut-être une excep­tion : la révo­lu­tion sovié­tique). Tous ceux qui agissent se trompent, des indi­gnés, de syry­za au prin­temps arabe ou au front de gauche. Sa grille de lec­ture est que la classe domi­née s’a­gite vai­ne­ment mais reste domi­née par la classe domi­nante. Alors mon­sieur cri­tique, et comme tout empire et va de pire en pire, on ne peut que lui don­ner rai­son (la deuxième droite vient d’être réédi­tée chez agone).

    http://​www​.liberte​-expres​sion​.fr/​l​a​-​d​e​u​x​i​e​m​e​-​d​r​o​i​t​e​-​c​o​m​m​e​n​t​-​l​e​-​p​s​-​a​u​-​p​o​u​v​o​i​r​-​c​o​n​f​o​r​t​e​-​l​e​-​c​a​p​i​t​a​l​i​s​m​e​-​m​i​e​u​x​-​q​u​e​-​s​e​s​-​p​r​e​d​e​c​e​s​s​e​u​rs/

    Mais il ne donne aucune pers­pec­tive et ne défend aucune idée dans la rue si ce n’est attendre le grand soir quand la coupe sera pleine.

    Autre ana­lyse très fine du mas­sacre du tra­vail par l’i­déo­lo­gie néo­li­bé­rale de l’é­va­lua­tion, Roland Gori qui signe en 2009 L’ap­pel des appels, un appel cen­sé donc être uni­taire et axé sur les fondamentaux :

    http://www.appeldesappels.org/l‑appel-des-appels‑1.htm

    Cette cri­tique claire et per­ti­nente va fédé­rer des pro­fes­sion­nels du soin, du tra­vail social, de l’é­du­ca­tion, de la jus­tice, de l’in­for­ma­tion et de la culture et réunir ain­si des dizaines de mil­liers de signatures.

    Dans la fou­lée, une grande réunion du col­lec­tif créé a lieu où on se pose la ques­tion :  » Bon main­te­nant, qu’est-ce qu’on fait ?  » Et là, Roland Gori de répondre Bon, ben moi je retourne à mes cours. »

    Un an plus tard, Roland Gori en appelle à l’in­sur­rec­tion des consciences (autant dire le grand soir).

    http://www.appeldesappels.org/l‑appel-des-appels/l‑appel-des-appels-un-an-apres-679.htm

    Voi­là, il est facile de cri­ti­quer mais l’ap­pro­pria­tion des conquêtes sociales est impor­tante et le sta­tut de citoyen et de sala­rié sont des outils de contre-offen­sive très pré­cieux qu’un cer­tain gau­chisme a hélas balan­cé par-des­sus bord.

    PS : On pour­ra noter que Mélen­chon a repris l’ex­pres­sion de JP Gar­nier  » Par­ti Sol­fé­ri­nien  » à la place de Par­ti Socia­liste (liqui­da­teur du socialisme).

    Réponse
  22. J.C

    @ Ana

    « l’hu­main est infi­ni­ment plus com­plexe que

       j'ai <=> je suis"

    Abso­lu­ment

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  23. J-Stéphane

    Bon­soir,

    Amé­rique : esclaves dans les champs de coton. Inde : pouce cou­pé pour inter­dire les métiers à tis­ser et impo­ser les machines. Ban­gla­desh, en 2013 : ! morts écra­sés par leur ate­lier qui s’ef­fondre à force de vibra­tions des machines à coudre…

    Pour ceux qui veulent la totale.

    Réponse
  24. Alfila

    @ J.C

    Dans une note pré­cé­dente, tu nous par­lais d’un moyen révo­lu­tion­naire pour pro­pa­ger l’i­dée de la Consti­tuante tirée au sort.

    Je suis mor­tel­le­ment curieuse, c’é­tait quoi ? Tu as le droit de nous le dire ?

    Réponse
  25. J.C

    @ Alfi­la

    Pas for­cé­ment l’i­dée de consti­tuante tirée au sort mais au moins de démocratie.
    J’at­tends la réponse d’E­tienne pour cela.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  26. EFFAB

    (@5)
    Plus vul­gaire ver­mis­seau que toi, MORPHEUS, je rebon­dis à mon tour, moi qui viens seule­ment de décou­vrir Ber­nard STIEGLER et ai vision­né cette confé­rence à Nantes Auden­cia le 17 mars 2009… déjà, on peut sup­po­ser que la réflexion de ce pen­seur et cette inter­ac­ti­vi­té avec d’autres pen­sées et d’autres opi­nions ont pu évo­luer et s’af­fi­ner depuis 4 ans.

    En véri­té, avant de com­men­ser la lec­ture de ces comm­men­taires, j’ai trou­vé très très inté­res­sant l’in­ter­ven­tion de cet intel­lec­tuel qui semble bien connaître son sujet, éru­di­tion à l’ap­pui – excep­té qu’il achoppe sur le nom de Roo­se­velt à un moment, il a une faci­li­té décon­cer­tante pour citer untel et untel… mais c’est son job, j’i­ma­gine, et moi j’en suis encore à décou­vrir des noms et des concepts… comme on peut dire aus­si que la dif­fé­rence est là : ces limites et ce capi­ta­lisme dont il dit bien pour­tant qu’il est né un jour et sera rem­pla­cé par autre chose_nous qui nous ne encom­brons pas/plus de tous ces héri­tages et autres asser­vis­se­ments obso­lètes et totalitairisants.

    J’ai bien aimé ce qu’il dit sur le désir, cette cap­ta­tion de l’at­ten­tion, cette socié­té de l’i­na­ten­tion… mais je n’en suis qu’au tout début de ces com­men­taires et je vois ce gros mor­ceau de DJAMGA sur Ber­nard FRIOT.

    Au plai­sir

    Réponse
  27. Étienne

    Passionnant :

    Réponse
  28. Étienne
  29. EFFAB

    Oui, PASSIONNANT, cela nous pro­met un bel échange demain.

    Je découvre Yoland BRESSON et je peux enfin mettre des mots et un visage sur des choses et des méca­nismes que je savais exis­ter intuitivement.

    Ce chan­ge­ment pro­gres­sif, équi­li­bré et sou­hai­table pour tous, ce plus pour ceux qui ont si peu et ce sta­tu quo pour tous ceux qui ont déjà suf­fi­sam­ment… tout l’en­jeu étant main­te­nant de mettre tout ça en oeuvre, avec cette même modé­ra­tion poli­ti­co-socié­tale néces­saire, ce qui n’est pas gagné_ou c’est mon opti­misme que la gri­saille ambiante mal­mène, ces fameuses cartes qui ne sont tou­jours pas entre nos mains.

    AS ROBESPIERRE

    Réponse
  30. J-Stéphane

    À l’é­coute de tout cela et à la lec­ture de tous les com­men­taires sur ce blog, nous pou­vons faire le constat que les ama­teurs de la poli­tique sont de meilleurs poli­ti­ciens que les professionnels…

    Réponse
  31. Ana Sailland

    Dans le jour­nal des SDF, je découvre ce matin qu’en Angle­terre les ins­ti­tuts de recherche publique sont inci­tés à mettre sys­té­ma­ti­que­ment en ligne sur le net les résul­tats de leurs travaux.

    A pre­mière vue, ça va dans le sens de mon amour uto­pique pour la civi­li­sa­tion du don.
    Mais comme le sec­teur pri­vé ne ren­ver­ra pas l’ascenseur, « ça craint ».

    Si vous êtes intel­li­gents, sau­tez ce para­graphe hihi. »> Du coup, en sim­pli­fiant, le public va offrir le pro­duit de ses efforts à ses domi­na­teurs et ain­si ren­for­cer sa soumission.

    Mais dans l’am­biance de cette page, il y a un autre point à ne pas rater :

    Le béné­fice de la connais­sance tech­nique col­lec­tive n’est pas dis­tri­bué équitablement.
    Non pas seule­ment en rai­son de mau­vaises inten­tions ou d’une mal­hon­nê­te­té du sys­tème, mais sim­ple­ment comme ça, natu­rel­le­ment, méca­ni­que­ment, du fait que selon leur posi­tion dans l’ar­chi­tec­ture de la socié­té, les gens sont équi­pés, ou pas, pour tirer les mar­rons du feu :

    -L’in­dus­triel peut uti­li­ser le cadeau cultu­rel tech­nique que la socié­té, pré­sente ou pas­sée, livre sans condi­tion. Et comme il est pro­prié­taire de l’ou­til de pro­duc­tion (ce point est impor­tant), il va être en mesure de faire fruc­ti­fier cet héri­tage (issu des ancêtres et du pas­sé immé­diat) et de le conver­tir en espèces son­nantes et trébuchantes.

    -Au contraire, le « pro­lé­taire », c’est à dire celui qui n’est pro­prié­taire que de sa che­mise et de sa maigre citoyen­ne­té, voire de sa spé­cia­li­sa­tion pro­fes­sion­nelle (au sens de Rome, celui qui n’a que sa famille), lui n’est pas en mesure de tirer pro­fit finan­cier de la manne cultu­relle collective.
    Il pour­ra certes tirer confort de l’hé­ri­tage, en ache­tant ce magni­fique fri­go issu des recherches il y a ~200 ans de Car­not, mais ce confort sera payant, acquis contre espèces, jus­te­ment ces espèces qu’en­grange son cohé­ri­tier, l’industriel.

    Du coup :
    Les cartes sont inéga­le­ment dis­tri­buées entre ces deux cohé­ri­tiers de la nation, et le plus avan­ta­gé des deux frères ne va pas se pri­ver de plu­mer l’autre.

    Vous l’au­rez com­pris, réta­blir jus­tice peut pas­ser pour par­tie par l’im­pôt, comme au pré­sent, mais aus­si par le reve­nu incon­di­tion­nel, qui est un dû.

    Réponse
  32. Ana Sailland

    Yoland (vidéo 2) a détec­té que le ou un pro­blème est la stricte cor­ré­la­tion entre le tra­vail et le revenu.

    De la même façon, j’ai poin­té la civi­li­sa­tion du don­nant-don­nant, où rece­voir est trop for­te­ment condi­tion­né par don­ner ( des choses ou de l’énergie )

    Dans les deux cas, il y a une dimen­sion psy­cho­lo­gie-col­lec­tive qui vient en sus des ques­tions d’or­ga­ni­sa­tion poli­tique ou économique.

    Cette pen­sée est loin du prag­ma et n’im­pli­que­ra donc que peu de réflexion. Je crois cepen­dant déci­sif l’es­prit dans lequel on se trouve quand on écrit les lois, qui n’est peut être pas l’  »esprit des lois ».

    Je compte donc sur Ber­nard Stie­gler pour équi­li­brer les « techniciens » 😉

    Réponse
  33. Ana Sailland

    Dans le style « Mar­tine repense l’é­co­no­mie mondiale » 😉

    La BCE ne peut prê­ter au états, ni aux par­ti­cu­liers, mais peut prê­ter aux banques.
    C’est pas du racisme mais presque 😉

    Nous avons ten­dance à vou­loir cor­ri­ger cela par la sup­pres­sion du 123 de Lis­bonne et de ses prototypes.

    Mais pour­quoi pas cette autre idée (à affi­ner ?) : inter­dire à la BCE de prê­ter aux banques pri­vées et lui don­ner l’ordre de prê­ter aux par­ti­cu­liers, un fort « prêt incon­di­tion­nel citoyen », à taux zéro ou très bas, le citoyen pou­vant s’il le sou­haite « finan­cer les banques », ou des pro­jets sans pas­ser par la case banque.

    =>réduc­tion des effets per­vers de la pro­prié­té lucrative

    =>reve­nu incon­di­tion­nel oublié …

    Absurde ?*
    ptetrpa 😉

    Réponse
  34. EFFAB

    http://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​1​O​L​u​1​q​S​m​aHE

    Entre cet équi­libre et cette per­ti­nence, on ne s’en lasse pas et je me découvre chaque jour moins idiot ou plus ignare… mais Dieu que ça fait du bien d’en­tendre toutes ces véri­tés et de savoir qu’on n’est pas tout seul et que plane tout alen­tour ces intel­li­gences et cette égré­gore éman­ci­pa­trice et vertueuse…

    … confé­rence phare demain ? (un) acte II de 2013…

    … acte I (en ce qui me concerne, évi­dem­ment, moi qui suis à ce point igno­rant de toutes cette pro­lixi­té interactive) :

    http://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​s​j​u​V​4​A​T​8​QBg

    Réponse
  35. J.C

    Eh bien moi je dis que si la BCE avait finan­cé à auteur de 1000 Mil­liards les comptes en banques des par­ti­cu­liers, ça aurait été tout aus­si bien pour les banques.
    Mais le pro­blème c’est que ça se serait vu que depuis 71 la mon­naie n’é­tant plus ados­sée à l’or, qu’on peut créer gra­tui­te­ment autant d’argent qu’on veut.

    Il est pro­bable qu’a­près une méga infla­tion et une mega indexa­tion, on aurait fini par se débar­ras­ser de la mon­naie réa­li­sant qu’elle n’a­vait plus aucune valeur réelle sur laquelle s’appuyer.

    Ce n’est qu’une supposition.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  36. Ana Sailland

    J.C

    Si ce qui a été prê­té aux banques avait été prê­té aux par­ti­cu­liers, cela aurait il créé plus d’in­fla­tion comme tu le suggères ?

    Je ne crois pas puisque les banques dis­po­sant de moins de réserve pru­den­tielle n’au­raient pas pu émettre autant de mon­naie scripturale.

    De toute façon, émettre de la mon­naie fidu­ciaire pério­di­que­ment et en faire cadeau sans condi­tion aux gens serait cer­tai­ne­ment une bonne idée. La saine injec­tion étant à déter­mi­ner expé­ri­men­ta­le­ment de préférence.

    Réponse
  37. EFFAB

    Sauf erreur de ma part, ETIENNE, ce lien débouche sur erreur ou c’est là une incom­pa­ti­bi­li­té du sys­tème informatique.

    Mer­ci

    Réponse
  38. J.C

    @ Ana

    Il me semble que l’in­fla­tion ne dépends pas direc­te­ment de la masse monétaire.

    Mais bien plus du pou­voir d’a­chat de la population.

    un exemple pour illus­trer ces propos.
    Si on donne un mil­liards à un mil­liar­daire ou mieux à une grosse banque, il y a peu de chance que cela se réper­cute dans l’é­co­no­mie réelle.
    Par contre si on dis­tri­bue ce mil­liard à une popu­la­tion don­nées (de taille rai­son­nable), leur consom­ma­tion va aug­men­ter et il y a toutes les chances que les prix montent aus­si puisque la pro­duc­tion ne pour­ra pas suivre instantanément.
    Cela paraît-il logique ?

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  39. Ana Sailland

    J.C

    Ton argu­ment sur le mil­liar­daire est rece­vable et reçu. Il sou­lève la ques­tion du rôle du mil­liar­daire dans le phé­no­mène « argent rare ».

    Prê­ter à bas taux (ou zéro) de la mon­naie fidu­ciaire aux gens ne serait pas plus grave que de le prê­ter aux banques.
    Quand je serai pré­si­dente de la BCE, je ferai un essai expé­ri­men­tal hihi.

    Réponse
  40. J-Stéphane

    « … leur consom­ma­tion va aug­men­ter et il y a toutes les chances que les prix montent aus­si puisque la pro­duc­tion ne pour­ra pas suivre ins­tan­ta­né­ment. Cela paraît-il logique ? »

    Ce n’est pas logique et encore moins une chance, c’est une règle qui n’est pas natu­relle, qui lèse les modestes et per­met de s’en­ri­chir sur la misère. Là est l’EXEMPLE d’une règle finan­cière néfaste. Pour­quoi tout le monde trouve logique que le prin­cipe de l’offre et de la demande puisse jouer avec les tarifs ? S’il y a bien une loi à faire, qui régle­ra bien des crimes, c’est d’in­ter­dire cette règle de l’offre et la demande. Il faut mettre des limites sur les marges.

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  41. mathieu nercess

    @Morpheus

    Dans cette vidéo de 2013, Ber­nard Stie­gler remet en cause le modèle de la croissance

    Réponse
  42. J-Stéphane

    Bon­jour,

    La crois­sance devrait être un soin appor­té à une carence, et non un gavage qui rend malade un corps sain.

    Depuis trop de décen­nies, et de manière de plus en plus gros­sière, ceux qui pro­fitent de la crois­sance ne sont pas ceux qui en ont besoin. Et c’est cet injuste par­tage qui jus­ti­fie cette crois­sance dévas­ta­trice, c’est le malade qui soigne le bien portant.

    Para­doxa­le­ment ceux qui ont besoin et qui oeuvrent pour de la crois­sance, par­ti­cipent à repous­ser sans cesse les limites de la crois­sance en aug­men­tant le niveau de vie de ceux qui servent de réfé­rence, et de plus en plus d’in­di­vi­dus sont insa­tis­fait de leurs richesses.

    C’est ce concept de crois­sance illi­mi­té du niveau de vie qui jus­ti­fie la crois­sance éco­no­mique sans fin, et nous pousse à accé­lé­rer la crois­sance démo­gra­phique au lieu de la raisonner.

    Éta­blir des règles qui struc­ture la modé­ra­tion col­lec­tive et sur­tout indi­vi­duelle, devrait per­mettre la crois­sance là où elle est néces­saire, et jouir de la quié­tude là où les condi­tions sont réunies.

    Par consé­quent, cela devrait per­mettre de nous consa­crer à pen­ser démo­gra­phie rai­son­née, car le nombre d’hu­mains ne sera plus un fac­teur de puis­sance dans la com­pé­ti­tion de l’absurde.

    Réponse
  43. Ana Sailland

    Tout n’est pas dû qu’à la vilé­nie des acteurs.

    Le loyer de l’argent inhé­rent au méca­nisme de créa­tion moné­taire condamne à la croissance :

    Si non auto-finan­cée, ce qui est presque tou­jours le cas, la créa­tion de ter­rain s’ac­com­pagne de la créa­tion moné­taire néces­saire et (en prin­cipe) adé­quate, mais qui, étant fon­dée sur l’emprunt, sera insuf­fi­sante, du fait de l’in­té­rêt à payer, qui vient en sus, et quant à lui cor­res­pond à une mon­naie qui n’est pas encore créée, et dont la créa­tion néces­site de la créa­tion de ter­rain, donc de la crois­sance. Tout désir de créa­tion autre qu’au­to-finan­cé fait entrer dans une spi­rale de créa­tion phy­sique et moné­taire, sans fin.
    Ou bien pas ?

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  44. Étienne

    La vidéo est arrivée 🙂

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  45. nlescan

    Juste wow, du très haut niveau, les inter­ve­nants sont jus ex-cel-lents.

    INCONTOURNABLE!!

    Réponse
  46. nlescan

    Juste wow, du très haut niveau, les inter­ve­nants sont juste ex-cel-lents.

    INCONTOURNABLE!!

    Réponse
  47. nlescan

    M.Rochet pose une ques­tion très inté­res­sante à Friot sur le risque de « sovié­ti­sa­tion » de ce qu’il propose…Je me pose la meme ques­tion en fait…Personnellement la réponse que j’ai trou­vé c’est qu’il est peut être inté­res­sant de gar­der une part, limi­tée, de capi­ta­lisme dans le sys­tème, pour gar­der un peu de l’es­prit « d’a­ven­ture indi­vi­duelle » qui mal­gré ces aspecte néga­tifs contient a mon sens quelque chose qui évoque, c’est peut être une illu­sion, la liber­té, l’autonomie…Je ne sais pas vraiment…Friot est très convainquant.

    Je ne suis pas d’ac­cord avec la cri­tique que M. Rochet fait des trots­kistes, il y a bien sur des gens qui cor­res­pondent a ce qu’il décrit, mais c’est une cari­ca­ture. Mon père l’é­tait et si y’a bien un type qui cor­res­pond pas du tout a ca qu’il dit ni socia­le­ment, ni dans les actes, c’é­tait lui.

    Réponse
  48. Morpheus

    Oui, excellent, vrai­ment très intéressant !

    Réponse

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