
Émission en direct sur le site,
le lundi 20 mai 2013, de 9h à 12h
Venez nombreux commenter et poser vos questions en direct sur le chat 🙂
Avec :
• Yoland Bresson (association AIRE / pour le Revenu de base universel)
• Étienne Chouard (Le Plan C, pour une Constitution d’origine Citoyenne, avec les « Gentils Virus »)
• Bernard Friot (association Réseau Salariat / pour le Salaire à vie)
• Bernard Stiegler (association Ars Industrialis, philosophe)
La réorganisation du travail
Qu’on se le dise ! 🙂
Étienne.
______________________
[Mise à jour 9 juin 2013 : la vidéo est arrivée 🙂

Bonsoir,
J’attends ce moment avec l’impatience d’un enfant qui attend de découvrir ses cadeaux au pied du sapin 🙂
Bernard Stiegler :
Incroyable, Inimaginable, mais vrai :
Conférence Iségoria : Bernard Stiegler
Extrait (à partir de 42:00 min. jusque +/- 45:00 min.)
« Dans le phénomène de « passage aux limites », qu’est-ce qui se passe ? Et bien, un passage aux limites, c’est ce qui se passe quand les conditions de fonctionnement d’un système consiste à détruire les conditions initiales du système et ça, c’est ce qui est en train de se produire en ce moment.
Et ça engendre ce que j’appelle la « mécroissance ». Moi, je ne suis pas du tout un partisan de la décroissance. Je pense que le discours sur la décroissance est un discours complètement superficiel et profondément irresponsable.
La décroissance, c’est quelque-chose de totalement inimaginable dans un système comme celui dans lequel nous vivons – le capitalisme – et qui, même si nous disons qu’il se porte très mal, et bien c’est en lui que nous vivons et donc il faut… On n’a malheureusement pas d’autre solution que d’essayer de le sauver, car on ne connait pas – en tout cas, moi je ne connais pas – d’alternative économique « viable », à court ou moyen terme en tout cas, pour remplacer ce modèle.
Mais ce modèle, il a produit de la « mécroissance ». Qu’est-ce que la mécroissance ? C’est une déséconomie, c’est-à-dire que ça consiste en un porcessus de destruction de l’économie : c’est ça que ça veut dire « la dés-économie ». C’est anti-économique. »
Bon, cette conférence n’est bien sûr pas inintéressante, mais globalement, je trouve que Bernard Stiegler n’apporte pas grand chose de très novateur.
En particulier, je trouve qu’il est bien triste et bien pauvre, pour un penseur philosophe, d’en arriver à ce pâle constat d’impuissance, cette résignation fataliste qui transparait clairement dans ce passage :
« On n’a malheureusement pas d’autre solution que d’essayer de le sauver (le capitalisme), car on ne connait pas – en tout cas, moi je ne connais pas – d’alternative économique « viable », à court ou moyen terme en tout cas, pour remplacer ce modèle ».
Ce n’est donc pas vers Bernard Stiegler que je vais me tourner pour chercher des solutions et des alternatives. Il fait certainement de bons constats, mais je n’avais pas besoin de lui pour cela. Et si ses seules innovations sont dans des néologismes un peu abscons, comme « mécroissance » ou « déséconomie », ça ne m’apporte vraiment pas grand chose.
Mais pire ! Il commence par expliquer que « un passage aux limites, c’est ce qui se passe quand les conditions de fonctionnement d’un système consiste à détruire les conditions initiales du système », pour en arriver à la conclusion qu’il faut quand-même essayer de sauver le système parce qu’il ne connait pas d’alternative…
C’est extraordinairement médiocre de la part d’un penseur ! Prétentieux de dire cela de ma part (moi qui ne suis qu’un vulgaire vermisseau) ? Peut-être que oui, pourtant, je persiste et signe : analyser une défaillance systémique dont la cause se trouve dans ses conditions initiales de formation, puis dire qu’il faut essayer de sauver le système, moi je trouve que c’est ça qui est « superficiel et irresponsable » (même si personnellement je ne suis pas spécialement un défenseur de la décroissance, là n’est pas mon propos).
« peut mieux faire »
Cordialement,
Morpheus
Quand on n’a pas accès aux médias de grande écoute, il faut parcourir les routes et se répéter inlassablement pour informer le plus grand nombre…
Outil pour les GV archivistes, http://www.kastorsoft.com/index_fr.php .
J’ai essayé, avec Dailymotion et Youtube ça fonctionne, mais je n’ai pas réussi avec Vimeo alors que le logiciel est sensé pouvoir télécharger les vidéos sur ce site.
@Morpheus
J’ai compris ça comme étant « il faut sauver le système le temps de mettre autre chose en place ». Frédéric Lordon ne dit pas autre chose en disant que s’il y a un effondrement systémique des banques, oui, bien sûr, il faut sauver celles-ci avant toutes choses.
De même, quand on aura notre assemblée constituante tirée au sort, il faudra bien un gouvernement et un parlement provisoires sur le mode actuel pour gérer les affaires courantes.
Mais je suis d’accord avec toi qu’il ne propose pas grand chose. Je suis curieuse de voir s’il va pencher du côté du revenu de base, avec conservation du capitalisme, ou du côté du salaire à vie, avec abolition du capitalisme, ou autre 🙂
l’article 2 constitutif de la C.G.T. : « « La CGT groupe, en dehors de toute école politique, tous les travailleurs conscients de la lutte à mener pour la disparition du salariat et du patronat »
http://revenudebase.info/2013/01/revenu-salaire-vie-friot/
de quoi alimenter le débat.
Bien amicalement
J.C
Salut,
B Friot a fait il y a quelque temps une conférence au Blanc Mesnil,
que j’ai trouvé si intéressante que j’ai pris le temps de la retranscrire. La voilà :
Je n’ai pas toutes les compétences pour analyser la crise dans sa totalité.
Ce qui m’intéresse, c’est la crise du travail, et nous avons les moyens de sortir de la
crise parce que la classe ouvrière les a conquis lorsqu’elle a été en mesure d’être révolutionnaire,
et la culminaison de cette conquête, c’est 1945 mais les choses se sont prolongées entre 1920 et
1980, nous avons une série de conquêtes qui aujourd’hui sont de fait déjà là pour sortir de la crise
si on analyse la crise comme une crise de la convention capitalistique du travail. J’explique
longuement dans mon livre, l’enjeu du salaire, le fait que ce qui s’appelle travail dans le capitalisme,
ce n’est pas le travail dans son essence éternelle, ce qui au demeurant n’existe pas, c’est une
convention qui a été construite pendant 5 siècles, en gros entre le 14 et le 19e siècle, c’est dire
que la sortie du capitalisme sera longue parce que l’invention du capitalisme, cela a été long, et
sa sortie sera longue, ce n’est pas une affaire de grand soir, et cette sortie elle a déjà été commencée
depuis un siècle.
Nous sommes en train de sortir du capitalisme avec des convulsions considérables au demeurant
mais si on prends la classe ouvrière non pas dans son extension mondiale que je ne connais pas mais
ce segment de la classe ouvrière que j’ai eu l’occasion d’analyser qui est la classe ouvrière des pays
bismarquien, c’est à dire les pays du continent européen ; Allemagne, Autriche, France, Italie, etc
pour prendre les principaux pays initiateurs de ce modèle. Les pays bismarquiens qui ont mis en
place une socialisation du salaire à travers la sécurité sociale, qui ont mis en place une fonction
publique à travers le statut de la fonction publique nous présentent les anticipations déjà
considérables qui n’attendent que notre détermination politique pour les faire aller plus loin.
Alors quelles sont ces anticipations, il y en a au moins 2 auxquelles nous sommes insuffisamment
attentif, c’est pourquoi nous nous lamentons sur comment sortir de la crise alors que nous avons
déjà de quoi en sortir, ce qui nous manque c’est l’organisation et le discours autonome qui
prendrait le relais de la classe ouvrière. Il faut que nous sortions du rapport nostalgique à cette
classe et que nous redevenions les héritiers actifs de ce qu’elle a construit, 2 anticipations majeures,
le salaire à vie à la place du marché du travail, et la cotisation à la place de la propriété lucrative. Or
le marché du travail et la propriété lucrative sont 2 institutions majeures de la convention capitaliste
du travail, celle la même qui met le travail en si grande souffrance. Nous nous sommes déjà débarrassé
et du travail et de la propriété lucrative, et ce qui a été commencé il ne tient qu’à nous de le poursuivre.
Nous nous sommes débarrassé du marché du travail. Qu’est-ce que c’est que le marché du travail ; le
marché du travail, c’est le fait que nous soyons niés comme producteur de valeur économique et que
pour être indirectement reconnus comme producteur et à ce titre toucher un salaire, nous devons porter
une partie de nous même, la force de travail, sur le marché du travail, alors que nous sommes les seuls
producteurs de la valeur nous devons quémander de l’emploi et nous devons nous formater, d’ailleurs
toute une série de lieus aujourd’hui nous formatent pour le marché du travail, nous apprennent à nous
vendre, nous apprennent à améliorer notre employabilité, nous apprennent à nous mouvoir
comme des mineurs face aux seuls acteurs, aux seuls majeurs que sont les employeurs sur
un marché du travail sur lequel nous n’avons aucune prise, strictement aucune et qui laisse
donc le pouvoir aux employeurs et aux actionnaires.
Or ce marché du travail, nous l’avons déjà dépassé
dans 2 institutions qui sont majeures, la fonction publique, singulièrement la fonction publique d’état
car la fonction publique territoriale n’a pas été jusqu’au bout du projet de la fonction publique qui est
de supprimer l’employeur, le maire est encore un employeur, c’est une étape à franchir de supprimer
la fonction d’employeur du maire, mais les fonctionnaires d’état n’ont pas d’employeur. Ils n’ont pas d’emploi,
ils ont un grade, et ce grade est le support de leur droits.
C’est le grade qui est le support de leur carrière, Ils n’ont pas à passer par un quelconque chantage
d’un employeur. Une fois qu’ils ont passé le concours, ce grade est irrévocable, irréversible, il ne peut
que progresser par des concours ultérieurs.
Bref la mobilité qui est incontestable des salariés de la fonction publique, ce sont les plus mobiles des
salariés, ce sont eux qui changent le plus souvent de poste de travail. Cette mobilité elle est assumée
par d’autres moyens que le marché du travail, et le fonctionnaire ne passe jamais par la case chômage.
Il a un salaire à vie parce que c’est lui qui est qualifié et non pas son poste.
Alors certes les réformateurs ( réformateurs dans ma bouche, c’est un arc bien connu, le Medef, l’Ump,
le Ps, les verts, et la Cfdt ) voilà l’arc réformateur. Ce sont les institutions qui sont à la manœuvre pour
la réforme. Il faut réformer, il y a une urgence de la réforme, je reprends le terme indigène, c’est comme
cela qu’ils se présentent.
Les réformateurs n’ont de cesse d’introduire la logique du marché du travail dans la fonction publique,
d’introduire le chômage, de faire que ce soit le poste qui soit le fondement du salaire à travers la prime,
en refusant de négocier la hausse du point, la ministre l’a encore bien dit hier ; il n’y aura pas de hausse
du point, etc etc. Bien sûr que les réformateurs sont là pour s’attaquer à la fonction publique parce que
précisément les réformateurs ont pour objet de restaurer la convention capitaliste du travail, et cette
restauration passe par la suppression de cette anomalie qui a été conquise entre 1906 et 1946, 40 ans
de bagarres considérables avec Maurice Thorez ministre d’état en charge entre autre de la fonction
publique qui met en place en 1946 le statut de la fonction publique. Cette conquête elle est
considérable, elle est en permanence remise en cause, elle nous montre que l’on peut travailler sans
employeur, sans marché du travail.
La 2ème anticipation du dépassement du marché du travail dans le salaire à vie c’est la retraite, la
retraite comme salaire continué c’est une des conquêtes majeure de la classe ouvrière et là encore on
peut l’associer à la figure d’un ministre communiste Amboise Croizat et à toute la bagarre qui a à la fois
précédé ce qui se passe en 46 et qui a suivi puisque le taux de cotisation qui était de 16 % en 1946
passe à 32 %, c’est l’acte politique majeur que pose Amboise Croizat, doubler le taux de cotisation, et
ensuite la lutte syndicale fera que ce taux de cotisation passera aux cours des 50 années
suivantes de 32 à 66 % du salaire brut puisque c’est le niveau de cotisation pour les salaires supérieurs
à 1,6 Smig, les autres ayant des exonération de cotisation employeur qui font que c’est moins.
Cette bataille pour la cotisation a 2 effets importants, d’une part d’étendre le champs du salaire à vie
contre le marché du travail, et d’autre part de remplacer la propriété lucrative dans le financement de
l’investissement et d’étendre le champs du salariat à vie pour la fonction publique hospitalière, la cotisation
maladie, c’est ce qui paie les fonctionnaires de la fonction publique, ce n’est pas l’impôt et les retraités.
Tout notre système de retraite s’est construit sur le j’ai cotisé, j’ai droit que les réformateurs voudraient
nous imposer à travers les comptes notionnels, ou les comptes par points mais sur un âge politique, l’ âge
légal, et la CGT jusqu’en 95 revendique que ce soit 55 ans, un âge
politique, le plus tôt possible, nous n’avons plus à passer par le marché du travail pour être payé, nous
avons un salaire à vie, ce n’est pas nos postes qui sont qualifiés comme dans la logique de l’emploi
qui fait que nous sommes soumis aux aléas de l’employeur, nous pouvons travailler en étant libérés du
marché du travail, c’est ce que disent les retraités qui ont une pension proche de leur salaire.
et évidemment, il s’agit que nous assumions cette conquête, en posant bien que les retraités produisent de la
valeur économique, et non pas dépendent de la solidarité intergénérationnelle comme nous continuons
souvent à le penser de manière aliénée.
Nous avons donc inventé 2 formes d’institutions alternatives au marché du travail, le salaire à vie des
fonctionnaires à travers le grade,et le salaire à vie des retraités à travers la pension comme salaire
continué. Évidemment la solution à la crise du travail qui est née de l’existence du marché du travail, c’est
d’étendre à tous le salaire à vie, de 18 ans à la mort avec un premier niveau de qualification à 1500 €
par mois, et ensuite, vous avez une carrière salariale avec des incitations, et des institutions en partie
syndicale pour assurer que cette carrière a lieu avec la possibilité de passer 4 niveaux de qualification.
Je reprends la suggestion de la CGT qui ne parait pas absurde, et donc de passer de 1500 € à 6000 €
de salaire, c’est tout à fait possible macroéconomiquement, nous pouvons inscrire tous les salaire dans
une fourchette de 1500 à 6000 €, et c’est à notre portée sauf que cette institution majeure conquise par
la classe ouvrière n’a pas d’héritier.
Aucun syndicat, aucun parti de la gauche de gauche ne revendique aujourd’hui la généralisation du salaire
à vie alors même que la fonction publique, et les retraites en sont les anticipations décisives. C’est cette
absence d’héritier qui met la gauche de gauche en déshérence, et qui la plafonne depuis maintenant
30 ans à 15 % de l’électorat. Nous ne pouvons pas dépasser ce handicap qui est aussi un échec tant que
nous n’assumerons pas pour ce qu’elles sont les conquêtes de la classe ouvrière en revendiquant le
salaire à vie pour tous.
2ème voie de sortie de crise, la crise du travail a comme origine cette institution outre le marché du travail
cette institution spécifiquement capitaliste du droit de propriété lucrative. C’est inscrit dans le droit,c’est
ainsi que c’est spécifique au capitalisme vous avez un droit de prop lucrat qui autorise le propriétaire
d’un patrimoine à tirer un revenu à partir du travail d’autrui, et ce droit à la prop lucrat qui nous met aujourd’hui
dans un chantage à la dette dont nous souffrons considérablement. J’ai parlé du chantage à l’emploi, parlons
maintenant du chantage à la dette, ce DPLucrat nous l’avons également dépassé.
Comment avons nous financé les CHU, comment avons nous finançé cette mutation considérable du
service hospitalier entre 58 et 64 quand nous avons sanitarisé un appareil de santé qui était jusqu’alors
un mouroir. Les catégories populaires disaient : » surtout pas l’hôpital, on en sort les pieds devant « .
Comment avons nous fait de l’hôpital le lieu où on a salarié l’élite du corps médical qui en était jusque là
totalement absent. Nous l’avons fait par l’augmentation du taux de cotisation, c’est un investissement
considérable, l’hôpital c’est une usine. Nous avons augmenté le taux de cotisation nous nous sommes passé
du parasitisme de la propriété lucrative pour financer l’hôpital.
Il faut 11 % du PIB pour financer la santé, on affecte 11 % du PIB à une cotisation,
c’est à dire que nous nous approprions nous même à travers la sécurité
sociale la part de PIB nécessaire pour financer l’investissement sanitaire. Et c’est depuis qu’il n’y a plus de
hausse de la cotisation que comme espèce de sanction de ce gel de la hausse, mais un gel qui est lié au fait que
personne à la gauche de gauche, personne dans le syndicalisme de transformation sociale ne revendique une
hausse massive du taux de cotisation, ce gel qu taux de cotisation se traduit par la création de la dates par
Juppé en 96 c’est à dire qu’il s’agit d’aller chercher sur les marchés financiers les capitaux la caisse sociale
pour laquelle nous payons la CRDS recul considérable, mais il ne tient qu’a nous d’assumer nouveauté d’un
financement de l’investissement qui ne passe pas par le parasitisme de la propr lucrat en étendant au delà
de la santé, au delà de la retraite.
La retraite est la démonstration qu’il n’y a pas besoin de l’accumulation
financière pour financer les engagements de long terme comme les pensions. Il n’y a pas photo, ce sont les
pays qui financent sans fonds de pension, sans faire appel à la propriété lucrative qui ont le plus fort taux de
remplacement, c’est à dire le plus fort pourcentage du dernier salaire dans la première pension qui ont le
plus fort taux de pensionnés parmi les plus de 60 ans La statistique est incontestable, il ne faut surtout pas
accumuler de la finance si nous voulons honorer des engagements de long terme ça marche beaucoup
mieux si on ne le fait pas, eh bien de cela qui concerne, additionnons la santé 200 milliards, la pension 260
milliards soit 460 milliards, on est pas dans un truc marginal avec des chèvres sur le Larzac, on est au cœur
même du fonctionnement de notre dispositif collectif, dans une conquête majeure de la classe ouvrière, il n’y
a pas besoin de financeur, il n’y a pas besoin d’actionnaires, il n’y a pas besoin d’investisseurs. Il n’y a pas
besoin de prêts, il n’ y a de prêteur que si il y a des piqueurs, un prêteur ne prête que ce qu’il a piqué. Nous
avons appris à nous en passer, nous avons appris à financer les avances nécessaires pour toute l’activité
économique non pas en passant par le parasitisme de la propriété lucrative, mais en affectant à des caisses
de sécurité sociale le financement d’engagement de long terme en matière de financement hospitalier ou en
matière de retraite, faisons pareil pour tout l’investissement, supprimons la propriété lucrative, supprimons le
crédit pour financer l’investissement.
Il ne s’agit pas de faire un pôle public de crédit, qui sera la socialisation
des pertes inévitablement, il s’agit de supprimer le crédit pour financer l’ investissement comme nous l’ avons
fait dèjà pour la pension et pour la santé.
Continuons, allons au bout, affectons les 30 % du PIB nécessaires pour l’investir parce que ceux qui avec la
propr lucrative nous piquent 35% de ce que nous produisons, on peut discuter du calcul du PIB, mais nous
produisons disons 2000 milliards par an, 700 milliards vont au profit. Et après nous avoir piqué 35 % de ce
que nous produisons, ils nous en concèdent 20%, 400 milliards, comme ils veulent, aux conditions qu’ils veulent,
s’il le veulent etc. Quand allons nous nous passer de ce parasitisme absolut car nous avons l’expérience que
nous l’avons déjà dépassé. Quand allons nous être révolutionnaire, qu’est-ce que c’est que d’être révolutionnaire,
c’est assumer le subversif déjà là. C’est honorer les conquêtes de la classe ouvrière.
Nous avons une déshérence du suffrage universel, les gens qui s’abstiennent de plus en plus par exemple ou
qui sont tenté ou qui votent front national, c’est parce qu’il y a le spectacle de notre impuissance collective tel
que les institutions politiques fonctionnent face à la maitrise par la minorité des propriétaires lucratifs de la valeur
économique Une minorité qui est insolente, une minorité que l’on va a juste titre contester, mais qui a le pouvoir,
et il s’agit d’enrichir la citoyenneté de la maitrise de la valeur économique en faisant la même opération que
l’opération des révolutionnaires au XVIII e et XIX e siècle autour du suffrage universel. Le suffrage universel,
c’est le postulat que nous pouvons tous, y compris des manants qui n’avaient aucune culture politique participer
à la délibération de la chose commune. Ça n’a pas créé des peuples vertueux, les peuples vertueux n’existent pas.
L’institution du suffrage universel a créé des partis politiques, a créé la liberté de la presse, a créé une série
d’institutions qui ont rendu capables les citoyens de délibérer de la politique. Nous avons à faire la même chose
aujourd’hui en enrichissant la citoyenneté de la maitrise de l’économie. Enrichir la citoyenneté de la maitrise de
l’économie, cela signifie que qu’au jour de la majorité politique, avec le droit de vote et les droits de citoyenneté
qui lui sont liés est attribué à chacun le premier niveau de qualification avec un salaire à vie parce qu’une
qualification qui n’est pas armée d’un salaire, cela laisse les gens complètement démunis.
Deuxième dimension du droit de qualification universel. À 18 ans, le droit à une carrière salariale qui s’inscrit
en première approche dont on peut débattre dans une hiérarchie de 1 à 4, avec des institutions incitatives pour
passer des épreuves de qualification et des syndicats qui vérifient que ce droit là s’exerce bien et qu’il ne
laisse pas de personnes au bord du chemin
Troisième dimension de ce droit politique, car il s’agit d’un droit politique irrévocable, lié à la personne, sans
conditionnalité, de même que le suffrage, il est inconditionnel, troisième dimension la propriété d’usage des
lieux de travail, tout le monde doit être copropriétaire des lieux de travail, y compris les fonctionnaires ce qui
n’est pas le cas. C’est quoi cette copropriété d’usage et qui est copropriétaire ? C’est de la propriété, c’est à
dire que l’on décide de l’investissement, on décide de la hiérarchie, on décide évidement de ce qui est produit
et des façons de le produire. On décide des accords internationaux à passer puisque toute production suppose
une division internationale du travail, pas toute la production mais beaucoup de la production. Cette division
c’est une propriété d’usage, c’est à dire que le fait d’être copropriétaire de l’entreprise n’apporte aucun revenu.
La généralisation de la propriété d’usage suppose bien évidement la suppression de la propriété lucrative.
Donc dans le droit de citoyenneté qu’il faut construire, chacun à 18 ans a :
1 le premier niveau de qualification avec un salaire
2 un droit à carrière, avec les institutions qui assurent son effectivité
3 le droit de copropriété d’usage de tous ses lieux de travail, qu’il soit travailleur indépendant ou fonctionnaire
Qui est copropriétaire ? Pas les seuls salariés de l’entreprise, il n’y a pas que les cheminots qui doivent décider
de la SNCF, il y a aussi les parties prenantes, les municipalités. Il n’y a aucun cheminots aujourd’hui qui décide
ce que doit être la SNCF. Dans le cas d’une boulangerie, ses salariés peuvent suffirent, donc la copropriété
par les salariés et les parties prenantes et quatrième dimension de ce droit de propriété d’usage, droit de qualification
universel, salaire à vie, 4e dimension, maitrise de l’investissement, là encore cela va avec la suppression de la
propriété lucrative, pas simplement pour les grandes entreprises, pour tout l’investissement, les nationalisations
ont échoués parce qu’elles n’étaient pas exostives. Il ne s’agit pas d’ailleurs de nationaliser, nationaliser la SNCF
peut être, mais pas la boucherie du coin. Les statuts juridiques des entreprises seront très différents d’après leur
impact sur le reste de la société. Il faut inventer des statuts juridiques, la SCOP, n’est pas la seule possible, ni
l’association, il faut créer de nouveau statuts juridiques de ces entreprises en copropriété d’usage.
L’investissement doit être à la maitrise des salariés et donc dans le droit qui est attribué dans le droit de chacun
à 18 ans, il y a le droit à codécider de l’usage des caisses d’investissement qui recueilleront la cotisation
économique qui se substituera au droit de propriété et au profit. Les 700 milliards qui nous sont piqués par les
propriétaires, nous supprimerons ce droit comme nous l’avons déjà fait pour une partie importante, 40 % du PIB
ne relève pas de cette logique, allons à 100 %.
Créons des caisses d’investissement qui recueilleront la
cotisation économique encore une fois sans remboursement et sans taux d’intérêt puisque encore une fois
le taux d’intérêt n’existe que parce qu’il y a une appropriation privée de la valeur, c’est pour cela que j’ai dit que
les prêteurs ont d’abord piqué ce qu’il prêtent, il n’y aura ni remboursement, ni taux d’intérêt, et il y aura une
codécision, là encore cela implique que nous restions vigilants face à la démocratie effective de ces caisses,
cela implique qu’il n’y ait pas bureaucratisation de 5e droit lié à l’instauration de la majorité à 18 ans, la
participation à la création monétaire, la création monétaire aujourd’hui est une institution massivement
capitaliste, depuis presque un siècle, il n’y a plus que les banques commerciales qui créent de la monnaie,
cela inscrit la création monétaire dans une logique de la dette : il faut s’endetter pour être reconnu comme
producteur de valeur. Il s’agit que la création monétaire devienne le pouvoir des salariés sur les caisses de
création monétaire qui devrait se faire non pas à l’occasion de crédit bancaires comme c’est le cas
aujourd’hui de façon catastrophique mais à l’occasion de l’attribution des qualifications, il faut éviter par la
création monétaire, anticiper la production nouvelle de valeur, on anticipe la production nouvelle de valeur
en attribuant des qualifications nouvelles, et à cette occasion, on crée la monnaie correspondante, voilà la
solution politique à la crise économique.
Visible sur http://www.pauljorion.com/blog/?p=49891
Enfin quelqu’un qui dit quelque chose. Autant B F est limpide dans ses conférences,
je me souviens d’une autre conf à Metz lors de la réforme des retraites,
autant ses écrits sont d’un abord difficiles. Ses bouquins sont passionnants,
L’enjeu des retraites, du salaires concerne 20 millions au moins de
personnes en France, ça a été diffusé à combien d’exemplaires ?
Il faudrait qu’il en fasse une version en Français accessible en explicitant des notions qui doivent aller de soi pour lui, mais qui sont totalement étrangères au Kiki lambda. Je le constate en parlant de cela avec des collègues. Peux-tu lui passer le mot Étienne.
Ce jour j’ai regardé la conférence de Bernard Stiegler, passionnant comme à son habitude (merci à lui de ne pas trop user du verbe mandarin comme le fait parfois F.Lordon) et PAF , voici celle de Bernard Friot. Quel déluge ! 😉 Je la regarderai plus tard.
Nous sommes riches et ça se voit lorsque nous n’arrivons plus à suivre !
Concernant Bernard S. :
Un philosophe (je m’adresse ici à Morpheus) n’est pas un chef de parti, ni un décideur, et sa mission n’est pas de proposer un modèle de société. Je pense même que si on s’engage dans cette voie fort honorable de l’invention et de la proposition, on ne peut plus être philosophe qu’à temps partiel, car s’engager, c’est se passionner plus que de raison avec le risque de se voir oblitérer en soi la vision panoramique nécessaire à la sagesse aimée.
Par ailleurs, cette longue conférence n’est malgré tout pas vide de toute piste de réflexion (une piste n’est pas une proposition), et qu’elles sont mêmes surabondantes. J’ai même le sentiment qu’il me faudrait toute une vie pour les explorer toutes.
Je vois une analogie profonde (merci Morpheus de me l’avoir fait voir) entre le philosophe et le démocrate : tous deux se doivent de ne jamais se transformer en directeurs mais en distributeurs de directions, charge aux récepteurs d’en faire librement usage.
Après visionnement, je relève quelques points importants.
-Le travail n’est pas l’emploi.
+Emergence d’un modèle et d’un esprit de la contribution.
-L’Esprit (suite à la question du « jeune homme à casquette »), son importance, sa nécessité en toute société ; au sens de Valéry ; économie politique de l’esprit. L’âme noétique capable de sublimer et d’infinitiser l’objet du désir : Tout ça est bien entendu assez différent des propositions de gommage du désir par la production qui nous ont différentiés récemment.
-Le fonctionnement de la bêtise systémique, fondé sur le pouvoir producteur de doxa : on est pour moi à l’une des racines de l’émergence de l’égrégore dominance auquel je fais allusion dans la zone Marat. (je devrais développer)
-Le concept de prolétaire selon Stiegler est l’un de ses étalons de bataille, assez subtile pour être difficile à dompter. On y perçoit la réduction de l’être à l’état de servant de ce qui est supposé lui permettre d’être, l’outil qui est censé le libérer. C’est sans en avoir l’air une sacrée mise en garde, bien que survienne cette phrase que j’ai notée : la technique n’est jamais une solution et n’est jamais un problème ». A creuser …
-Les civilisations lorsqu’elles déchaînent les pulsions impliquent en réaction les techniques de soi qui peuvent être à l’origine de la civilisation qui suit.
Simplement passionnant …
Surtout dans le contexte de notre présent volcanique
-Concernant la démocratie, il me semble que Bernard gagnera à rencontrer Etienne 🙂
- Je (sans guillemet, c’est bien je, suite à des phrases qui m’ont nourrie) vois un parallèle ou une covariance ou une synergie entre l’apparition d’un vraie démocratie et le changement de paradigme correspondant à l’émergence d’une économie de la contribution ( qui n’est ni celle de l’échange, ni celle de la domination ).
La fausse démocratie est comme le capitalisme fondée sur la participation exigée et sur la soumission, alors que la vraie démocratie instaure la participation libre mais non entravée, de même que l’économie contributive, qui ne peut vivre sans libido créative et synergisante. ça me rapproche aussi du don acratopège que j’avais évoqué comme paradigme éventuel quoique fort utopique, et sur lequel il faudrait peut être encore me/nous pencher, puisque incredible edible en démontre physiquement la pertinence.
@ Alfila (#8)
C’est possible que ce soit ce qu’il veut dire (bien que personnellement je ne l’ai pas compris comme cela). Mais sauver le système pour le remplacer, à mon avis, c’est idiot. L’histoire nous montre que les grands changements (et changer de modèle économique, voir même de paradigme économique, c’est un grand changement) sont toujours le fruit de la chute d’un système dont découle une inévitable crise.
Pourquoi cela ? Parce qu’une caractéristique commune de l’être humain est de ne pas rechercher le changement. L’homme est un animal religieux, il préfère s’accrocher à ce qu’il connait, même si ce à quoi il s’accroche s’effondre ou est déficient, plutôt qu’aller vers l’inconnu de la nouveauté. Seule une crise permet une remise en cause et donne l’impulsion (parfois la nécessité impérieuse) de changer. Cette analyse des comportements humains est valable aussi bien sur le plan individuel que collectif.
Donc, si nous sauvions le système (et je pense que ce n’est pas possible ; tout au plus pouvons-nous le mettre sous perfusion quelques temps), nous prendrions le risque de bloquer le changement. Et ce changement est devenu à la fois indispensable, nécessaire et urgent.
Mais ce n’est que mon avis.
Cordialement,
Morpheus
Ça germe partout 🙂
• Le Parti de Gauche 73 ouvre un débat sur l’élection des futurs constituants par tirage au sort
http://73.lepartidegauche.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=1117%3Ale-pg-73-propose-le-tirage-au-sort&catid=407%3Aarguments
• « Au sort citoyens ! »
par Pierre-andré Achour, ancien secrétaire régional des Verts-Lorraine :
http://blogs.mediapart.fr/blog/pierre-andre-achour/050513/au-sort-citoyens
@Mathieu,
Les thèmes favoris de Bernard Stiegler nous offrent l’opportunité (à moi en tout cas) d’enrichir notre regard au delà du manichéen jugement, usuel et en tout.
Il met ici en lumière un désengluement de l’individu scotché pour l’heure par un »contrat social« fondé sur l’assignation de la personne à sa fonction.
La défocalisation culturelle (déspécialisation, déprolétarisation cognitive, ouverture du champ de conscience) et la pulsion participative (créativité insubordonnée mais synchrone, empathie-synergie créative, don de temps de vie, décomptabilisation de l’action) vont en effet ensemble.
La démocratie réelle devrait trouver naturellement sa place dans ce tandem vertueux.
Car on peut s’attendre à la voir en nourrir les deux termes et à être nourrie par eux.
C’est comme un trépied dont les trois pieds se maintiennent mutuellement.
Il peut s’agir d’une mutation des moteurs humains et donc d’une nouvelle civilisation.
@Étienne
Je ne sais pas si cette évolution du FdG de Chambéry est en rapport avec le mouvement qui veut/voulait présenter aux municipales des candidats s’engageant à ne jamais rien voter sans consulter.
Un joint venture serait intéressant.
;;;;;
Malgré notre dénonciation légitime des perversions induites par le système des partis, il est tout à fait possible que le salut vienne de l’un d’eux.
La condition nécessaire et suffisante est que ses militants les plus honnêtes et clairvoyants réussissent à exiger en son sein ou à obtenir par la persuasion la décision ultime et salvatrice qui sans violence ni révolution brutale saborderait la dominance en usant de ses propres outils.
Je ne suis pas du tout en train de faire la pub au FdG 😉 mais je pense que dans le discours de JLM du mois de Mai, dans le passage sur la constituante, il y avait aussi une évolution prometteuse. Dommage que les têtes de partis soient toujours quasi injoignables (autisme par coma technique), car c’est peut être le moment idéal pour convaincre et vaincre.
C’est le printemps, les pousses commencent à germer…
Le Tarti de Gauche 73 ouvre un débat sur le tirage au sort des constituants.
Morpheus
Flute, j’ai évidemment voulu écrire « le Parti », pas le Tarti. Serait-ce un lapsus clavieri ?
:-))
Morpheus
C’est pas de la tarte comme lapsus 😉
Merci pour le lien en tout cas.
Les pousses vont-elles éclore cet été ? Si on en prend soin ça peut le faire…!
Je rejoins ici le camp des « vermisseaux prétentieux », donc celui de mon cher « ennemi » (rire) Morpheus…Ce que l’on attend aujourd’hui avec, je l’avoue une « impatience non philosophique », ce n’est pas de refaire un rond dans l’eau des concepts « pour rien »…çà fait plusieurs milliers d’années qu’on patiente en observant la ronde des matérialistes et des idéalistes…Il me semble que nous ne serions pas entrain de « bloguer » si nous n’espérions pas ce que bon gré mal gré on appelle « un progrès ».
Peu importe si le mot est devenu, après « révolution » un gros mot confisqué à la classe des « vermisseaux » par la classe des « martinets »…Ce sont des oiseaux migrateurs qui vivent l’essentiel de leur vie sans toucher terre, volent dorment et bouffent les vermisseaux …bref, d’élégants « dominants ».
Loin de moi l’idée de ne rien apprendre d’eux, mais au bout de trois loopings j’ai compris « l’essentiel » : nous sommes tous « dans la M.…, et faut pas compter sur une pensée transcendante. La solution miracle n’existe pas sous une formule, même géniale. La solution émerge péniblement des luttes concrètes qui transforment à la fois les humains en acteurs conscients de leur potentiel « révolutionnaire » ‑il y a des mots plus poétiques pour dire « çà »-et corrélativement les finalités visées par ces « humains en progrès »…zut encore un poème à inventer pour contourner ce gros mot de « progrès » !
Amicalement
Bon, je suis d’une impardonnable distraction, parce que mon #16 donne la même information que le #13 d’Étienne !
PAS BIEN !
(quoique, la répétition des informations intéressante ne soit peut-être pas totalement vaine ?)
😉
Morpheus
@ Ana
« La défocalisation culturelle (déspécialisation, déprolétarisation cognitive, ouverture du champ de conscience) et la pulsion participative (créativité insubordonnée mais synchrone, empathie-synergie créative, don de temps de vie, décomptabilisation de l’action) vont en effet ensemble. »
Exactement.
Il nous reste plus qu’a dépasser ces notions de dominants et de dominés pour comprendrons que nous n’avons pas besoin d’une logique de rapport de force.
Nous verrons alors l’inanité de l’emploi, des salaires, de l’économie monétaire et des représentants.
Nous étant affranchi des contraintes qui n’ont pas lieu d’être, nous participeront à l’organisation de notre société en étant simplement ce que nous sommes.
À la manière de l’Open-source nous ferons évoluer la société au travers de chacune de nos activités à la fois individuelles et collectives.
Bien amicalement
J.C
@J.C
Exactement 🙂
Sur un autre fil, nous débattons sur la violence et la non violence en temps révolutionnaire.
C’est pourquoi je trouve passionnante et prometteuse l’émergence du « contributisme » car il peut s’agir là, sous nos yeux, de la révolution lente et non coercitive, génétiquement non violente, qui serait préférable à un nème bain de sang, et infiniment plus radicale puisqu’elle concerne les moteurs psychiques de l’activité humaine.
;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;
L’un des liens qui transforment le paradis terrestre en un immense jeu sado maso, c’est l’assignation de l’individu à une fonction.
La société nazie fonctionnait ainsi, fondée qu’elle était sur un treillis de domination/soumission recouvrant toute sa population, dans l’engagement ou la peur, et capable d’induire tantôt la complicité active, tantôt la complicité passive, et dans ce second cas, à peine moins interrogateur, l’auto-oblitération du regard.
Et notre société mondialisée, avec ses îlots, qui sont parfois des quartiers, parfois des continents, ses îlots tantôt de richesse tantôt de misère, fonctionne de même !
Je ne citerai que le gérant de supérette qui commande des fraises à une entreprise esclavagiste du sud de l’Espagne.
Je ne l’accuse pas : il est assigné à fonction, et fort heureusement pour lui n’aura pas à répondre de son obéissance à un Nuremberg de l’économie libérale.
(Insert qui m’éloigne un peu : Le processus d’assignation est en grande partie fondé sur la spécialisation professionnelle, ou sur l’incompétence, dans les deux cas sur la prolétarisation de l’esprit)
Le processus d’assignation de l’individu à sa fonction est la version moderne du marché aux esclaves.
Sauf qu’au présent, il n’y a qu’un maître, et ceux que nous nommons sur ce site les maîtres sont eux-même assignés à leur fonction, leur fonction de maîtres. Plus agréable certes que la fonction d’ouvrier aux tanneries du bangladesh, mais fonction cependant, au sein d’une architecture sociétale qui n’est décidée par personne, sinon par nos pulsions communes et la libido collective.
Ce maître unique, c’est celui que j’appelle l’égrégore dominance ; il est né de nous et de notre organisation, il est notre création mais nous échappe et nous tient, et nous dirige. Il est pétri de notre cerveau collectif, de nos orientations, de nos choix, de nos lois et de nos usages, de nos outils, de tout ce que nous créons, dans les domaines abstrait autant que concret. Car un système hypercomplexe, dont les atomes sont des êtres pensants, a cette particularité de pouvoir devenir autonome et de dominer ses cellules nerveuses autant qu’il est fondé sur elles. Et ce sont ces cellules qui lui confèrent son statut de pensant, doué de stratégie, non pas contre mais sans souci de ses racines.
Qu’il s’agisse du revenu inconditionnel, ou du projet Fresco, ou de l’exigence démocrate, la secrète intention de nos avancées utopiques, immédiatement accessibles ou lointaines, peu importe, c’est de casser l’égrégore dominance (((et le refonder plus sain ?))), en jouant sur la structure de la société, sur les organes de décision, sur le chantage à l’emploi, sur ce qui crée la peur de manquer et tout son cortège d’interactions perverses.
Mais
Nos projets, tous sans exception, correspondent à l’espoir d’améliorer la vie en rebordant son lit,
mais pas en nourrissant son Esprit.
Ils négligent l’idée que notre liberté d’être pourrait être la source du changement et non pas seulement l’effet du changement.
Et signent notre négligence pour l’autre voie de la révolution, qui est la voie de l’être, comme moteur principal de la transformation, sans le moteur auxiliaire de la refonte de la loi.
Or, la liberté, la vraie hein, pas celle qui s’arrête là où commence celle des autres, mais au contraire cette liberté exceptionnelle en qualité humaine qui commence là où commence celle des autres, qui est la liberté du troisième cerveau (le cerveau des cellules miroir), est inhibée par la synergie sociétale chaque fois que cette synergie est fondée sur la loi, la convention, la contrainte, est rehaussée chaque fois que cette synergie est spontanée, fondée sur le simple désir de créer, de participer, de contribuer, en donnant son désir à la tribu, la tribu étant bien l’objet du désir de con_tribuer.
Nos projets, politiques ou monétaires ou économiques, tout comme la révolution française, correspondent à l’espoir d’améliorer la vie en rebordant son lit.
L’intention est « le bonheur et la liberté », certes, mais sa réalisation se fonde sur une réécriture du code et du contrat social, donc en dernier ressort sur une règlementation du droit et du devoir d’agir, pouvant aller jusqu’au contingentement du droit d’agir, sur en dernier ressort un remaniement de l’assignation de l’individu à une fonction … ou à l’étrange fonction qu’est la passivité <une société perfectionnée techniquement au point d’aboutir à la passivité contributive universelle peut être stable mais le bonheur risque d’y être bien terne oups j’ai pas pu m’empêcher 😉 >.
L’intention « évolutionnaire », honorable, ne propulse donc pas ce changement de paradigme fondamental que serait la susdite liberté contributive, du troisième cerveau, qui est l’une des émergences du concept plus général d’Esprit et de Conscience.
Je crois avoir compris mais peut être vais-je interpréter abusivement, qu’il est dans la volonté de Bernard Stiegler de nous faire percevoir que loin d’être anecdotiques certaines nouveautés comportementales sont peut être l’indice d’une révolution lente et non violente, qui avec le temps peut conduire à la réalisation de la liberté contributive, et à la naissance d’une autre civilisation que l’actuelle civilisation de la carotte (dans laquelle l’individu n’est qu’un âne mû par une récompense qui s’éloigne de lui à chacun de ses pas).
Bernard place en tête de ces indices le logiciel libre, mais il y en a d’autres, qui sautent aux yeux, l’un des plus récents étant le mouvement des incredible edible, qui parti de l’Angleterre se répand de plus en plus, et préfigure une possible civilisation du don acratopège.
Mais ne soyons pas modestes, notre présence assidue sur ce site n’est pas que masturbatoire et témoigne d’un Esprit Contributif certain chez tous ceux qui passent des heures à réfléchir ensemble, travail copieux, sans attente personnelle.
Et les exemples de bénévolat foisonnent. Il ne manque peut être pas grand chose pour qu’ils nous fassent oublier la carotte. Allez savoir de quoi demain notre esprit sera fait.
@ Ana
« en dernier ressort sur une règlementation du droit et du devoir d’agir, pouvant aller jusqu’au contingentement du droit d’agir, sur en dernier ressort un remaniement de l’assignation de l’individu à une fonction … ou à l’étrange fonction qu’est la passivité <une société perfectionnée techniquement au point d’aboutir à la passivité contributive universelle peut être stable mais le bonheur risque d’y être bien terne oups j’ai pas pu m’empêcher >
Nul besoin de oups, tes observations et doutes sur le projet Vénus sont les bienvenues.
Une société perfectionnée techniquement est justement la continuité de la logique démocratique et de l’éveil des consciences qui rend les lois et les assignations à une fonction obsolètes.
On peut enfin s’engager plus librement dans des activités utiles, souhaitées etc.
Quand on ne se bat plus pour survivre, on peut enfin vivre.
Et vivre passe par la libération de ces contraintes imposées par la logique de la pénurie monétaire.
Contraintes d’autant plus absurde puisque l’on a les savoirs faire et les ressources pour s’en passer.
Rétablir l’abondance nécessaire à une société libre, égalitaire, fraternelle et donc démocratique passe par la technique. La technique bien utilisée n’est autre que le fruit de l’intelligence, son prolongement.
Cette intelligence qui est la source doit être mise en application concrètement.
L’esprit et la matière ne sont pas séparable. Le fait que les gens prennent conscience de ce qu’est une véritable démocratie libre, puis y aspirent et mettent en place les moyens de son avènement sont les premiers pas d’une émancipation universelle.
Quant au revenu de base inconditionnel s’il est vu comme un moyen, une transition et non une fin, il pourrait déjà porter en lui un dépassement de l’idée d’une simple préservation du système actuel.
Les progrès ne visent pas à nous empêcher d’agir mais à rendre nos actions plus efficace.
On nous a tellement raconté d’histoire en renversant le sens des mots pour justifier notre emprisonnement qu’on a fini par y croire.
En nous disant le bonheur peut être triste et terne, le malheur joyeux et pétillant.
Ineptie qui ne choque même plus. L’ennui, c’est être malheureux et pas heureux.
La contribution se fera sur tout les plans et plus uniquement dans une perspective purement matérialiste.
Bien amicalement
J.C
l’humain est infiniment plus complexe que
j’ai <=> je suis
Une citation très pertinente de Bernard Friot :
» Insister dans le travail sur la liberté et la contradiction, c’est être en décalage avec des gens comme Bourdieu ou Castel lqui présentent le salarié comme quelqu’un de dominé, qui est en manque, qui est défini négativement.
Et qui ont une lecture de l’histoire du salaire et du salariat comme une domination sans partage.
A l’heure où nous pensons être submergés
c’est le chien de garde par excellence, c’est la cécité savante qui nous empêche de voir ce qu’il y a de neuf, nous sommes vaincus, nous avons été trahis, etc…
ce discours-là, qui dit qu’il ne s’est rien passé depuis 50 ans, ou que des défaites, ce discours-là est mortifère, il nous empêche d’avancer, il faut s’en débarrasser. »
Un autre exemple selon moi de cécité savante est Jean pierre Garnier qui a la fâcheuse habitude d’attribuer tout ce qui passe dans l’histoire à la volonté des capitalistes (avec peut-être une exception : la révolution soviétique). Tous ceux qui agissent se trompent, des indignés, de syryza au printemps arabe ou au front de gauche. Sa grille de lecture est que la classe dominée s’agite vainement mais reste dominée par la classe dominante. Alors monsieur critique, et comme tout empire et va de pire en pire, on ne peut que lui donner raison (la deuxième droite vient d’être rééditée chez agone).
http://www.liberte-expression.fr/la-deuxieme-droite-comment-le-ps-au-pouvoir-conforte-le-capitalisme-mieux-que-ses-predecesseurs/
Mais il ne donne aucune perspective et ne défend aucune idée dans la rue si ce n’est attendre le grand soir quand la coupe sera pleine.
Autre analyse très fine du massacre du travail par l’idéologie néolibérale de l’évaluation, Roland Gori qui signe en 2009 L’appel des appels, un appel censé donc être unitaire et axé sur les fondamentaux :
http://www.appeldesappels.org/l‑appel-des-appels‑1.htm
Cette critique claire et pertinente va fédérer des professionnels du soin, du travail social, de l’éducation, de la justice, de l’information et de la culture et réunir ainsi des dizaines de milliers de signatures.
Dans la foulée, une grande réunion du collectif créé a lieu où on se pose la question : » Bon maintenant, qu’est-ce qu’on fait ? » Et là, Roland Gori de répondre Bon, ben moi je retourne à mes cours. »
Un an plus tard, Roland Gori en appelle à l’insurrection des consciences (autant dire le grand soir).
http://www.appeldesappels.org/l‑appel-des-appels/l‑appel-des-appels-un-an-apres-679.htm
Voilà, il est facile de critiquer mais l’appropriation des conquêtes sociales est importante et le statut de citoyen et de salarié sont des outils de contre-offensive très précieux qu’un certain gauchisme a hélas balancé par-dessus bord.
PS : On pourra noter que Mélenchon a repris l’expression de JP Garnier » Parti Solférinien » à la place de Parti Socialiste (liquidateur du socialisme).
@ Ana
« l’humain est infiniment plus complexe que
Absolument
Bien amicalement
J.C
Bonsoir,
Amérique : esclaves dans les champs de coton. Inde : pouce coupé pour interdire les métiers à tisser et imposer les machines. Bangladesh, en 2013 : ! morts écrasés par leur atelier qui s’effondre à force de vibrations des machines à coudre…
Pour ceux qui veulent la totale.
@ J.C
Dans une note précédente, tu nous parlais d’un moyen révolutionnaire pour propager l’idée de la Constituante tirée au sort.
Je suis mortellement curieuse, c’était quoi ? Tu as le droit de nous le dire ?
@ Alfila
Pas forcément l’idée de constituante tirée au sort mais au moins de démocratie.
J’attends la réponse d’Etienne pour cela.
Bien amicalement
J.C
(@5)
Plus vulgaire vermisseau que toi, MORPHEUS, je rebondis à mon tour, moi qui viens seulement de découvrir Bernard STIEGLER et ai visionné cette conférence à Nantes Audencia le 17 mars 2009… déjà, on peut supposer que la réflexion de ce penseur et cette interactivité avec d’autres pensées et d’autres opinions ont pu évoluer et s’affiner depuis 4 ans.
En vérité, avant de commenser la lecture de ces commmentaires, j’ai trouvé très très intéressant l’intervention de cet intellectuel qui semble bien connaître son sujet, érudition à l’appui – excepté qu’il achoppe sur le nom de Roosevelt à un moment, il a une facilité déconcertante pour citer untel et untel… mais c’est son job, j’imagine, et moi j’en suis encore à découvrir des noms et des concepts… comme on peut dire aussi que la différence est là : ces limites et ce capitalisme dont il dit bien pourtant qu’il est né un jour et sera remplacé par autre chose_nous qui nous ne encombrons pas/plus de tous ces héritages et autres asservissements obsolètes et totalitairisants.
J’ai bien aimé ce qu’il dit sur le désir, cette captation de l’attention, cette société de l’inatention… mais je n’en suis qu’au tout début de ces commentaires et je vois ce gros morceau de DJAMGA sur Bernard FRIOT.
Au plaisir
Passionnant :
revenu universel par ConfUtopia
Oui, PASSIONNANT, cela nous promet un bel échange demain.
Je découvre Yoland BRESSON et je peux enfin mettre des mots et un visage sur des choses et des mécanismes que je savais exister intuitivement.
Ce changement progressif, équilibré et souhaitable pour tous, ce plus pour ceux qui ont si peu et ce statu quo pour tous ceux qui ont déjà suffisamment… tout l’enjeu étant maintenant de mettre tout ça en oeuvre, avec cette même modération politico-sociétale nécessaire, ce qui n’est pas gagné_ou c’est mon optimisme que la grisaille ambiante malmène, ces fameuses cartes qui ne sont toujours pas entre nos mains.
AS ROBESPIERRE
À l’écoute de tout cela et à la lecture de tous les commentaires sur ce blog, nous pouvons faire le constat que les amateurs de la politique sont de meilleurs politiciens que les professionnels…
Dans le journal des SDF, je découvre ce matin qu’en Angleterre les instituts de recherche publique sont incités à mettre systématiquement en ligne sur le net les résultats de leurs travaux.
A première vue, ça va dans le sens de mon amour utopique pour la civilisation du don.
Mais comme le secteur privé ne renverra pas l’ascenseur, « ça craint ».
Si vous êtes intelligents, sautez ce paragraphe hihi. »> Du coup, en simplifiant, le public va offrir le produit de ses efforts à ses dominateurs et ainsi renforcer sa soumission.
Mais dans l’ambiance de cette page, il y a un autre point à ne pas rater :
Le bénéfice de la connaissance technique collective n’est pas distribué équitablement.
Non pas seulement en raison de mauvaises intentions ou d’une malhonnêteté du système, mais simplement comme ça, naturellement, mécaniquement, du fait que selon leur position dans l’architecture de la société, les gens sont équipés, ou pas, pour tirer les marrons du feu :
-L’industriel peut utiliser le cadeau culturel technique que la société, présente ou passée, livre sans condition. Et comme il est propriétaire de l’outil de production (ce point est important), il va être en mesure de faire fructifier cet héritage (issu des ancêtres et du passé immédiat) et de le convertir en espèces sonnantes et trébuchantes.
-Au contraire, le « prolétaire », c’est à dire celui qui n’est propriétaire que de sa chemise et de sa maigre citoyenneté, voire de sa spécialisation professionnelle (au sens de Rome, celui qui n’a que sa famille), lui n’est pas en mesure de tirer profit financier de la manne culturelle collective.
Il pourra certes tirer confort de l’héritage, en achetant ce magnifique frigo issu des recherches il y a ~200 ans de Carnot, mais ce confort sera payant, acquis contre espèces, justement ces espèces qu’engrange son cohéritier, l’industriel.
Du coup :
Les cartes sont inégalement distribuées entre ces deux cohéritiers de la nation, et le plus avantagé des deux frères ne va pas se priver de plumer l’autre.
Vous l’aurez compris, rétablir justice peut passer pour partie par l’impôt, comme au présent, mais aussi par le revenu inconditionnel, qui est un dû.
Yoland (vidéo 2) a détecté que le ou un problème est la stricte corrélation entre le travail et le revenu.
De la même façon, j’ai pointé la civilisation du donnant-donnant, où recevoir est trop fortement conditionné par donner ( des choses ou de l’énergie )
Dans les deux cas, il y a une dimension psychologie-collective qui vient en sus des questions d’organisation politique ou économique.
Cette pensée est loin du pragma et n’impliquera donc que peu de réflexion. Je crois cependant décisif l’esprit dans lequel on se trouve quand on écrit les lois, qui n’est peut être pas l’ »esprit des lois ».
Je compte donc sur Bernard Stiegler pour équilibrer les « techniciens » 😉
Dans le style « Martine repense l’économie mondiale » 😉
La BCE ne peut prêter au états, ni aux particuliers, mais peut prêter aux banques.
C’est pas du racisme mais presque 😉
Nous avons tendance à vouloir corriger cela par la suppression du 123 de Lisbonne et de ses prototypes.
Mais pourquoi pas cette autre idée (à affiner ?) : interdire à la BCE de prêter aux banques privées et lui donner l’ordre de prêter aux particuliers, un fort « prêt inconditionnel citoyen », à taux zéro ou très bas, le citoyen pouvant s’il le souhaite « financer les banques », ou des projets sans passer par la case banque.
=>réduction des effets pervers de la propriété lucrative
=>revenu inconditionnel oublié …
Absurde ?*
ptetrpa 😉
http://www.youtube.com/watch?v=1OLu1qSmaHE
Entre cet équilibre et cette pertinence, on ne s’en lasse pas et je me découvre chaque jour moins idiot ou plus ignare… mais Dieu que ça fait du bien d’entendre toutes ces vérités et de savoir qu’on n’est pas tout seul et que plane tout alentour ces intelligences et cette égrégore émancipatrice et vertueuse…
… conférence phare demain ? (un) acte II de 2013…
… acte I (en ce qui me concerne, évidemment, moi qui suis à ce point ignorant de toutes cette prolixité interactive) :
http://www.youtube.com/watch?v=sjuV4AT8QBg
Eh bien moi je dis que si la BCE avait financé à auteur de 1000 Milliards les comptes en banques des particuliers, ça aurait été tout aussi bien pour les banques.
Mais le problème c’est que ça se serait vu que depuis 71 la monnaie n’étant plus adossée à l’or, qu’on peut créer gratuitement autant d’argent qu’on veut.
Il est probable qu’après une méga inflation et une mega indexation, on aurait fini par se débarrasser de la monnaie réalisant qu’elle n’avait plus aucune valeur réelle sur laquelle s’appuyer.
Ce n’est qu’une supposition.
Bien amicalement
J.C
J.C
Si ce qui a été prêté aux banques avait été prêté aux particuliers, cela aurait il créé plus d’inflation comme tu le suggères ?
Je ne crois pas puisque les banques disposant de moins de réserve prudentielle n’auraient pas pu émettre autant de monnaie scripturale.
De toute façon, émettre de la monnaie fiduciaire périodiquement et en faire cadeau sans condition aux gens serait certainement une bonne idée. La saine injection étant à déterminer expérimentalement de préférence.
Quelques détails sur les cafouillages (sans gravité) du lundi matin :
http://lite.framapad.org/p/retour_r%C3%A9org_travail
Vous verrez, la conversation fut bien intéressante (Claude Rochet est passionnant).
Étienne.
Sauf erreur de ma part, ETIENNE, ce lien débouche sur erreur ou c’est là une incompatibilité du système informatique.
Merci
@ Ana
Il me semble que l’inflation ne dépends pas directement de la masse monétaire.
Mais bien plus du pouvoir d’achat de la population.
un exemple pour illustrer ces propos.
Si on donne un milliards à un milliardaire ou mieux à une grosse banque, il y a peu de chance que cela se répercute dans l’économie réelle.
Par contre si on distribue ce milliard à une population données (de taille raisonnable), leur consommation va augmenter et il y a toutes les chances que les prix montent aussi puisque la production ne pourra pas suivre instantanément.
Cela paraît-il logique ?
Bien amicalement
J.C
J.C
Ton argument sur le milliardaire est recevable et reçu. Il soulève la question du rôle du milliardaire dans le phénomène « argent rare ».
Prêter à bas taux (ou zéro) de la monnaie fiduciaire aux gens ne serait pas plus grave que de le prêter aux banques.
Quand je serai présidente de la BCE, je ferai un essai expérimental hihi.
« … leur consommation va augmenter et il y a toutes les chances que les prix montent aussi puisque la production ne pourra pas suivre instantanément. Cela paraît-il logique ? »
Ce n’est pas logique et encore moins une chance, c’est une règle qui n’est pas naturelle, qui lèse les modestes et permet de s’enrichir sur la misère. Là est l’EXEMPLE d’une règle financière néfaste. Pourquoi tout le monde trouve logique que le principe de l’offre et de la demande puisse jouer avec les tarifs ? S’il y a bien une loi à faire, qui réglera bien des crimes, c’est d’interdire cette règle de l’offre et la demande. Il faut mettre des limites sur les marges.
@Morpheus
Dans cette vidéo de 2013, Bernard Stiegler remet en cause le modèle de la croissance
Bonjour,
La croissance devrait être un soin apporté à une carence, et non un gavage qui rend malade un corps sain.
Depuis trop de décennies, et de manière de plus en plus grossière, ceux qui profitent de la croissance ne sont pas ceux qui en ont besoin. Et c’est cet injuste partage qui justifie cette croissance dévastatrice, c’est le malade qui soigne le bien portant.
Paradoxalement ceux qui ont besoin et qui oeuvrent pour de la croissance, participent à repousser sans cesse les limites de la croissance en augmentant le niveau de vie de ceux qui servent de référence, et de plus en plus d’individus sont insatisfait de leurs richesses.
C’est ce concept de croissance illimité du niveau de vie qui justifie la croissance économique sans fin, et nous pousse à accélérer la croissance démographique au lieu de la raisonner.
Établir des règles qui structure la modération collective et surtout individuelle, devrait permettre la croissance là où elle est nécessaire, et jouir de la quiétude là où les conditions sont réunies.
Par conséquent, cela devrait permettre de nous consacrer à penser démographie raisonnée, car le nombre d’humains ne sera plus un facteur de puissance dans la compétition de l’absurde.
Tout n’est pas dû qu’à la vilénie des acteurs.
Le loyer de l’argent inhérent au mécanisme de création monétaire condamne à la croissance :
Si non auto-financée, ce qui est presque toujours le cas, la création de terrain s’accompagne de la création monétaire nécessaire et (en principe) adéquate, mais qui, étant fondée sur l’emprunt, sera insuffisante, du fait de l’intérêt à payer, qui vient en sus, et quant à lui correspond à une monnaie qui n’est pas encore créée, et dont la création nécessite de la création de terrain, donc de la croissance. Tout désir de création autre qu’auto-financé fait entrer dans une spirale de création physique et monétaire, sans fin.
Ou bien pas ?
La vidéo est arrivée 🙂
Juste wow, du très haut niveau, les intervenants sont jus ex-cel-lents.
INCONTOURNABLE!!
Juste wow, du très haut niveau, les intervenants sont juste ex-cel-lents.
INCONTOURNABLE!!
M.Rochet pose une question très intéressante à Friot sur le risque de « soviétisation » de ce qu’il propose…Je me pose la meme question en fait…Personnellement la réponse que j’ai trouvé c’est qu’il est peut être intéressant de garder une part, limitée, de capitalisme dans le système, pour garder un peu de l’esprit « d’aventure individuelle » qui malgré ces aspecte négatifs contient a mon sens quelque chose qui évoque, c’est peut être une illusion, la liberté, l’autonomie…Je ne sais pas vraiment…Friot est très convainquant.
Je ne suis pas d’accord avec la critique que M. Rochet fait des trotskistes, il y a bien sur des gens qui correspondent a ce qu’il décrit, mais c’est une caricature. Mon père l’était et si y’a bien un type qui correspond pas du tout a ca qu’il dit ni socialement, ni dans les actes, c’était lui.
Oui, excellent, vraiment très intéressant !