ROBESPIERRE PARLE AUX FRANÇAIS, par Philippe Landeux

8/05/2013 | 142 commentaires

L’INTÉGRALE DES DISCOURS DE ROBESPIERRE
EN UN SEUL GROS LIVRE,
com­men­té et façon­né par Phi­lippe Landeux

Un simple citoyen, Phi­lippe Lan­deux, vient d’a­che­ver un tra­vail extra­or­di­naire : ras­sem­bler en un seul livre tous les dis­cours (et docu­ments impor­tants) de Robespierre !

C’est une mine incroyable, de pen­sées huma­nistes, de for­mules choc, de faits impor­tants, de pro­jets astu­cieux, de plai­doyers enthou­sias­mants… Et tout ça est d’une actua­li­té éton­nante, d’une grande uti­li­té pra­tique pour com­prendre ce qui se passe aujourd’hui.

Phi­lippe Lan­deux a for­mu­lé un court résu­mé devant chaque texte, pour en rap­pe­ler le contexte et les enjeux : tout ça est bien inté­res­sant à lire.

Voi­ci la qua­trième de cou­ver­ture (où l’au­teur s’ef­face com­plè­te­ment et laisse par­ler Robes­pierre, comme s’il était vivant et nous aidait à com­prendre nos pro­blèmes d’au­jourd’­hui, comme dans tout le livre) :

On peut com­man­der ce (très gros) livre de réfé­rence ici : 900 pages pour 42 € (port com­pris), ou aus­si en pdf pour 10 €..


Puis­qu’on défend ici Robes­pierre, je vous signale aus­si une vidéo où le même Phi­lippe Lan­deux est confron­té à Rey­nald Secher, un uni­ver­si­taire qui pré­tend que Robes­pierre est un impi­toyable géno­ci­daire (à pro­pos des mas­sacres en Ven­dée), et j’y ai trou­vé Phi­lippe Lan­deux à la fois cou­ra­geux (un simple citoyen qui ose contre­dire publi­que­ment l’U­ni­ver­si­té sur son sujet d’ex­per­tise) et convain­cant. C’est à voir (vous allez apprendre plein de choses intéressantes) :


Quoi qu’il en soit à pro­pos de la Ven­dée, Phi­lippe Lan­deux est deve­nu (tout seul) un bon connais­seur de Robes­pierre, et j’u­ti­lise main­te­nant son tra­vail avec celui des his­to­riens que j’aime bien comme Albert Mathiez, Jean Mas­sin, Hen­ri Guille­min, ou Sophie Wah­nich dont je pro­fite de l’oc­ca­sion pour signa­ler le travail :

• une inté­res­sante confé­rence sur 1792 :

1792 : Sophie wah­nich et la rai­son sensible

Et quatre livres pas­sion­nants de Sophie Wahnich :

• « Pour le bon­heur et pour la liber­té » une com­pi­la­tion épa­tante des meilleurs dis­cours de Robes­pierre, choi­sis et com­men­tés avec Flo­rence Gau­thier et Yan­nick Bosc. Ce livre est une perle.

• « La liber­té ou la mort. Essai sur la Ter­reur et le ter­ro­risme ». Pas­sion­nant aussi.

• « La longue patience du peuple. 1792, nais­sance de la Répu­blique » : déca­pante ver­sion pour dis­soudre les men­songes accu­mu­lés par les Ther­mi­do­riens depuis 200 ans.

• « La Révo­lu­tion fran­çaise : un évé­ne­ment de la rai­son sen­sible (1787−1799) » : pal­pi­tant récit (péda­go­gique) de la Révo­lu­tion fran­çaise, expur­gé de toutes les couillon­nades contre-révo­lu­tion­naires rabâ­chées depuis Miche­let jus­qu’à Furet.


Bon, voi­là. Le gros bou­quin de Phi­lippe Lan­deux vous inté­res­se­ra sûre­ment, et longtemps ! 🙂

Ami­tiés à tous.

Étienne.

__________

PS : oui, je sais : Phi­lippe Lan­deux va sans doute être clas­sé à droite parce qu’il est patriote, et ça va me valoir toutes sortes de misères avec ceux qui se pré­tendent « anti­fas » (et qui attaquent en fait tous ceux qui résistent au sys­tème de domi­na­tion en for­ma­tion, sys­tème mon­dia­liste et donc vio­lem­ment anti­na­tio­nal).
Il va sans dire que je ne connais ni ne cau­tionne évi­dem­ment pas tout ce que dit ou pense Phi­lippe Lan­deux (ni per­sonne d’ailleurs), mais je trouve son tra­vail sur Robes­pierre admi­rable, comme je trouve sa réflexion sur Largent (sans apos­trophe) ori­gi­nale et sti­mu­lante (je vous en repar­le­rai). Je ne confonds pas tout (moi), en tout cas j’es­saie de ne pas tout confondre : j’use de mon sens du dis­cer­ne­ment et donc… je dis­cerne 🙂 Et quand je trouve un tra­vail utile, j’as­sume d’en par­ler. Et c’est en toute liber­té que je ne res­pecte PAS la Police de la Pen­sée des (pré­ten­dus) « antifas ».

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Étienne

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142 Commentaires

  1. Patrick Flécheux

    Mer­ci Etienne pour ces infos.

    Je vais tâcher à mon tour de « dis­cer­ner » en toute conscience. Et voir si la bibli de chez moi ne peut pas com­man­der ce bou­quin. Il ont bien com­man­dé celui d’A­JH, non mais … 🙂

    Réponse
  2. Étienne
  3. Étienne

    Exemple : 

    ______________

    DISCOURS

    SUR L’INFLUENCE DE LA CALOMNIE

    SUR LA RÉVOLUTION (1)

    Pro­non­cé aux Jaco­bins, le 28 octobre 1792

    Publié le 30 octobre 1792 dans ses Lettres à ses Com­met­tants, n° 3

    ______

    [Com­men­taire intro­duc­tif de Ph. L.] 
    Aucune calom­nie n’a été épar­gnée à Robes­pierre de son vivant ni depuis qu’il est mort. Vivant, il pou­vait se défendre — et le fit géné­ra­le­ment avec suc­cès — contre les traîtres à la cause popu­laire qui avaient inté­rêt à dis­cré­di­ter le défen­seur du peuple pour que celui-ci l’immole de ses propres mains ou, du moins, pour qu’il ne s’oppose pas à son immo­la­tion. Depuis qu’il est mort, rien ne s’est oppo­sé à ce que ses vain­queurs et leurs héri­tiers, à défaut de pou­voir le gom­mer de l’Histoire, scellent leur vic­toire en fai­sant exé­crer sa mémoire par ceux-là mêmes qui devraient le véné­rer et être ins­pi­rés par son exemple. Les calom­nies varient selon le temps et les mœurs, selon qui les pro­fèrent et qui il s’agit d’effaroucher, selon l’idée cari­ca­tu­rale que l’on a de lui ou que l’on veut en don­ner, de sorte que tout et son contraire a été dit : sans talent, abs­trait, idéo­logue, déma­gogue, anar­chiste, fac­tieux, popu­lo­mane, idole du peuple, agent autri­chien, roya­liste, répu­bli­cain, athée, croyant, calo­tin, pon­tife, puri­tain, para­noïaque, fana­tique, sec­taire, san­gui­naire, dic­ta­teur, extré­miste, tyran, franc-maçon, etc.. Mais les insultes des oppres­seurs du peuple ne valent pas mieux que celles des igno­rants ; elles les désho­norent plus qu’elles ne le souillent. 

    Déjà, le 27 avril 1792, aux Jaco­bins, il avait répon­du à tous ses calom­nia­teurs, pré­sents et futurs : « Je ne vou­lais de répu­ta­tion que pour le bien de mon pays ; si pour la conser­ver il faut tra­hir, par un cou­pable silence, la cause de la véri­té et du peuple, je vous l’abandonne ; je l’abandonne à tous les esprits faibles et ver­sa­tiles que l’imposture peut éga­rer, à tous les méchants qui la répandent. J’aurai l’orgueil encore de pré­fé­rer, à leurs fri­voles applau­dis­se­ments, le suf­frage de ma conscience et l’estime de tous les hommes ver­tueux et éclai­rés ; appuyé sur elle et sur la véri­té, j’attendrai le secours tar­dif du temps qui doit ven­ger l’humanité tra­hie et les peuples oppri­més » (p. 333).

    Ce 28 octobre 1792, il livre aux Jaco­bins une ana­lyse des res­sorts de la calom­nie qui est alors le fait des Giron­dins. L’impression de son dis­cours est décré­tée et il est même envi­sa­gé, avec iro­nie, sur une pro­po­si­tion de Bri­val, de sol­li­ci­ter le ministre de l’Intérieur, le giron­din Roland, le « ver­tueux » Roland, de le faire impri­mer grâce au 100.000 livres de fonds secrets dont il dis­pose pour empoi­son­ner l’opinion et avec les­quels il crée­ra bien­tôt un Bureau de for­ma­tion de l’esprit public (2).
    [Fin du com­men­taire intro­duc­tif de Ph. L.]

    Je veux vous entre­te­nir aujourd’hui d’un sujet qui n’a point encore été trai­té, que je sache, par aucun écri­vain poli­tique. Je parle du pou­voir de la calom­nie. Il fal­lait une révo­lu­tion telle que la nôtre, pour la déployer dans toute son éten­due. Je vais vous révé­ler les pro­diges qui l’ont signa­lé ; et vous convien­drez que ce sera puis­sam­ment contri­buer aux pro­grès de l’esprit public et de la vérité.

    Sous le régime des­po­tique, tout est petit, tout est mes­quin, la sphère des vices, comme celle des ver­tus, est étroite. Sous l’ancien gou­ver­ne­ment, la puis­sance de la calom­nie se bor­nait à divi­ser les frères, à brouiller les époux ; à éle­ver la for­tune d’un intri­gant sur la ruine d’un hon­nête homme ; elle n’opérait de révo­lu­tions, que dans les anti­chambres et dans le cabi­net des rois ; le plus noble de ses exploits consis­tait à dépla­cer des ministres, ou à chas­ser des cour­ti­sans. Notre révo­lu­tion lui a ouvert une immense car­rière. Ce ne sont plus des indi­vi­dus ; c’est l’humanité elle-même qui est deve­nue l’objet de ses trames per­fides. Com­pagne insé­pa­rable de l’intrigue, elle a embras­sé, comme elle, l’univers, dans ses com­plots. Toutes les fac­tions qui se sont éle­vées, l’ont invo­quée, tour à tour, pour com­battre la liberté.

    L’opinion avait don­né le branle à la révo­lu­tion ; l’opinion pou­vait seule l’arrêter ; chaque par­ti devait donc natu­rel­le­ment faire tous ses efforts pour s’en empa­rer. Les intri­gants savaient bien que la mul­ti­tude igno­rante est por­tée à lier les prin­cipes poli­tiques, avec les noms de ceux qui les défendent ; ils se sont appli­qués sur­tout à dif­fa­mer les plus zélés par­ti­sans de la cause popu­laire. Ils ont fait plus, ils ont calom­nié la liber­té elle-même. Mais com­ment désho­no­rer la liber­té ? Com­ment dif­fa­mer même ceux qui défendent publi­que­ment sa cause ? Il n’était qu’un seul moyen d’y réus­sir, c’était de peindre chaque ver­tu, sous les cou­leurs du vice oppo­sé, en l’exagérant jusqu’au der­nier excès. C’était d’appeler les maximes de la phi­lo­so­phie appli­quées à l’organisation des socié­tés poli­tiques, une théo­rie désor­ga­ni­sa­trice de l’ordre public ; de nom­mer le ren­ver­se­ment de la tyran­nie, anar­chie ; le mou­ve­ment de la révo­lu­tion, troubles, désordres, fac­tions ; la récla­ma­tion éner­gique des droits du peuple, fla­gor­ne­rie sédi­tieuse ; l’opposition aux décrets tyran­niques qui réduisent la plus grande par­tie des citoyens à la condi­tion d’ilotes, décla­ma­tion extra­va­gantes ou ambi­tieuses ; c’était, en un mot, de flé­trir les choses hon­nêtes et louables, par des mots odieux, et de dégui­ser tous les sys­tèmes de l’intrigue et de l’aristocratie, sous des déno­mi­na­tions hono­rables ; car on connaît l’empire des mots sur l’esprit des hommes. Or, les hommes de la révo­lu­tion étaient des hommes de l’ancien régime ; et par­tout où il y a un sot, un homme faible ou per­vers, la calom­nie et l’intrigue trouvent à coup sûr une dupe ou un agent. Par là, on trou­vait le moyen de res­sus­ci­ter les pré­ju­gés et les habi­tudes faibles ou vicieuses de l’ancien régime pour les oppo­ser aux sen­ti­ments géné­reux, aux idées saines et pures que sup­pose le règne de la liber­té. Ain­si, on fai­sait pas­ser l’opinion publique, par une route oblique tra­cée entre les excès mons­trueux de l’ancien régime et les prin­cipes du gou­ver­ne­ment juste qui devait les rem­pla­cer, pour la conduire au but des intri­gants ambi­tieux qui vou­laient la maîtriser.

    Sui­vez les pro­grès de la calom­nie, depuis l’origine de la révo­lu­tion, et vous ver­rez que c’est à elle que sont dus tous les évé­ne­ments mal­heu­reux qui en ont trou­blé ou ensan­glan­té le cours. Vous ver­rez que c’est elle seule qui s’oppose encore au règne de la liber­té et de la paix publique.

    N’est-ce pas la calom­nie qui, par la bouche des prêtres, pei­gnant les tra­vaux de l’Assemblée consti­tuante, comme autant d’attentats contre la morale et contre la divi­ni­té, arma la super­sti­tion contre la liber­té, qui fit cou­ler le sang des citoyens à Nîmes, à Mon­tau­ban, et dans plu­sieurs contrées de l’empire français ?

    N’est-ce pas la calom­nie qui arrê­ta long­temps les pro­grès de l’esprit public, tan­tôt en flé­tris­sant du nom de régi­cides les pre­miers repré­sen­tants de la nation, qui n’osaient pas même tou­cher à la royau­té, tan­tôt en pré­sen­tant les défen­seurs des droits de l’humanité comme les per­tur­ba­teurs de la socié­té et comme les apôtre insen­sé de la loi agraire ?

    N’est-ce pas la calom­nie qui, déliant toutes les langues aris­to­cra­tiques, prê­chait dès lors la guerre civile, en exci­tant la haine et la jalou­sie des pro­vinces contre les Pari­siens ? n’est-ce pas elle qui vou­lait flé­trir le ber­ceau de la liber­té par ces décla­ma­tions éter­nelles contre les pre­miers actes de la jus­tice du peuple exer­cée sur quelques scé­lé­rats qui avaient conspi­ré sa ruine ? N’est-ce pas elle qui éle­va une bar­rière entre la révo­lu­tion et les autres peuples de l’Europe, en leur mon­trant sans cesse la nation fran­çaise comme une horde de can­ni­bales, et le tom­beau de la tyran­nie comme le théâtre de tous les crimes.

    Je viens de vous déve­lop­per le sys­tème des cham­pions décla­rés du des­po­tisme et de l’aristocratie. Lafayette vint, et le per­fec­tion­na. Per­sonne, avant lui, n’avait aus­si bien connu la puis­sance de la calom­nie, ni l’art de la mettre en œuvre. La cour avait culti­vé les heu­reux talents qu’il avait reçus de la nature. 

    Tout le monde connaît main­te­nant quel était l’objet de ses vues poli­tiques. Ce petit émule de Monk ou de Crom­well, qui n’était pas plus le chef que l’instrument de la fac­tion qu’il avait embras­sée, vou­lait créer un par­ti mitoyen entre l’aristocratie hideuse de l’ancien régime et le peuple, et l’appuyer de toute la puis­sance royale en fai­sant entrer Louis XVI dans ce pro­jet. Or, pour le réa­li­ser, il fal­lait encore com­men­cer par pré­sen­ter le par­ti du peuple lui-même comme une fac­tion. Il fal­lait tra­ves­tir la morale de l’égalité et de la jus­tice sociale, en sys­tème de des­truc­tion et d’anarchie ; peindre les plus zélés défen­seurs de la liber­té, soit dans l’Assemblée consti­tuante, soit dans Paris, soit dans tout l’empire, sous des traits effrayants pour l’ignorance et pour les pré­ju­gés. On les mon­trait aux grands pro­prié­taires comme les flat­teurs des arti­sans et des pauvres ; aux mar­chands, comme les fléaux du com­merce ; aux hommes pusil­la­nimes, comme les auteurs de tous les mou­ve­ments de la révo­lu­tion, et comme les per­tur­ba­teurs de la paix publique ; à tous, comme des extra­va­gants ou comme des sédi­tieux. Le chef‑d’œuvre de la poli­tique de ce par­ti fut de faire ser­vir à ses pro­jets le nom des lois et le pres­tige de la consti­tu­tion même. Tan­dis qu’il met­tait tout en œuvre pour la modi­fier selon leurs vues ambi­tieuses et les inté­rêts de la cour, il s’attachait à per­sua­der que les amis de la liber­té, dont le seul vœu était alors de la voir exé­cu­ter de manière loyale et popu­laire, n’avaient d’autre but que de la détruire. Cette consti­tu­tion, dont tous les vices étaient son ouvrage, devint bien­tôt entre ses mains un ins­tru­ment de tyran­nie et de pros­crip­tion. Tou­jours nulle pour pro­té­ger les patriotes per­sé­cu­tés, elle était tou­jours active pour jus­ti­fier les atten­tats contre la liber­té, pour pal­lier tous les com­plots de la cour et de l’aristocratie.

    Par ce sys­tème de calom­nie, on four­nit à tous les mau­vais citoyens, trop pru­dents ou trop lâches pour arbo­rer ouver­te­ment les livrées de l’aristocratie, le moyen de com­battre la liber­té, sans paraître déser­ter ses dra­peaux. On déta­cha de la cause popu­laire tous les hommes timides, faibles ou pré­ve­nus. Les riches, les fonc­tion­naires publics, les égoïstes, les intri­gants ambi­tieux, les hommes consti­tués en auto­ri­té, se ran­gèrent en foule sous la ban­nière de cette fac­tion hypo­crite, connue sous le nom de modé­rés, qui seule à mis la révo­lu­tion en péril.

    Ain­si on voit que la calom­nie est encore la mère du feuillan­tisme, ce monstre dou­ce­reux qui dévore en cares­sant, et qui a pen­sé tuer la liber­té nais­sante, en secouant sur son ber­ceau tous les ser­pents de la haine et de la dis­corde. C’est la calom­nie qui fon­da ces clubs anti-popu­laires, des­ti­nés à assu­rer l’empire de la fac­tion en dégra­dant l’opinion publique ; c’est elle qui pour­sui­vit avec un si long et si ridi­cule achar­ne­ment, les jaco­bins et les socié­tés popu­laires pour anéan­tir, avec eux, le patrio­tisme et le peuple.

    N’est-ce pas la calom­nie qui avait pré­pa­ré ces for­faits, par des for­faits plus abo­mi­nables encore, lorsque Lafayette et ses com­plices égor­gèrent, sur l’autel de la patrie, cette mul­ti­tude de patriotes, pai­si­ble­ment assem­blés, pour pro­vo­quer par une péti­tion le juge­ment de Louis XVI ? Comme en un moment, elle cou­vrit toute la France d’un voile funèbre ! Avec quelle faci­li­té elle ren­dit tous les défen­seurs de la liber­té, les objets de la pré­ven­tion et de la haine publique, sous les noms de fac­tieux, de répu­bli­cains, etc., etc., etc.

    C’est la calom­nie seule, qui fit absoudre la tyran­nie et la tra­hi­son, dans la per­sonne du der­nier de nos rois. Quel est donc son fatal ascen­dant, puisque alors récla­mer, dans la tri­bune de l’Assemblée consti­tuante, la juste sévé­ri­té des lois, et les droits de la nation outra­gée, ne parais­sait aux repré­sen­tants de la nation qu’un lan­gage sédi­tieux, qu’un pro­jet cou­pable de ren­ver­ser toutes les lois et de dis­soudre l’État ? Quel est ce pou­voir magique de chan­ger la ver­tu en vice, et le vice en ver­tu ! de don­ner à la sot­tise, à la cor­rup­tion et à la lâche­té, le droit d’accuser hau­te­ment la cou­rage, l’intégrité et la rai­son ! J’ai vu ce scan­dale. J’ai vu les délé­gués d’un grand peuple, vils jouets des per­fides char­la­tans qui tra­his­saient la patrie, redou­ter, calom­nier le peuple, décla­rer la guerre à ceux de ses man­da­taires qui vou­laient res­ter fidèles à sa cause ; leur impu­ter à crime, et l’estime de leurs conci­toyens, et les mou­ve­ments spon­ta­nés de l’indignation publique, pro­vo­qués par la tyran­nie ; croire stu­pi­de­ment à tous ces fan­tômes de com­plots, de bri­gan­dage, de dic­ta­ture, dont on les épou­van­tait ; je les ai vu applau­dir eux-mêmes à leur sagesse, à leur modé­ra­tion, à leur civisme, lorsqu’ils ren­ver­saient, de leurs propres mains, les bases sacrées de la liber­té qu’ils avaient fon­dée. Je m’en sou­viens encore, le len­de­main de ce jour cruel, qui éclai­ra le mas­sacre des meilleurs citoyens, dont la démarche légi­time nous était aus­si étran­gère que le crime de leurs bour­reaux, j’ai vu Pétion, qui alors lut­tait aus­si contre les intri­gants, accueilli par les séna­teurs fran­çais, à peu près comme Cati­li­na le fut un jour, par le sénat romain. Moi-même j’éprouvai le même sort ! et de plus, la coa­li­tion cou­pable qui maî­tri­sait l’Assemblée consti­tuante, ces mêmes hommes que la répu­blique a pros­crit comme des traîtres, agi­tèrent sérieu­se­ment, avec nos col­lègues, dans leur club anti-révo­lu­tion­naire, la ques­tion de faire rendre contre moi, un décret d’accusation, et, s’il eut été pro­po­sé, ce n’eût peut-être pas été la jus­tice qui aurait arrê­té l’Assemblée natio­nale, mais quelque reste de pudeur.

    C’est la calom­nie qui alors éle­va le mons­trueux ouvrage de la révi­sion de l’acte constitutionnel.

    C’est elle qui, avant cette époque, avait assas­si­né à Nan­cy les plus zélés défen­seurs de la liber­té ; c’est elle, qui immo­la ou chas­sa de nos armées, avec des car­touches infa­mantes, par des juge­ments iniques et par les ordres arbi­traires de l’aristocratie, les sol­dats les plus dévoués pour la cause publique. C’était elle, qui dans toutes ces occa­sions dic­taient les lettres des offi­ciers de l’armée, les rap­ports des ministres, des corps admi­nis­tra­tifs, les dis­cours des légis­la­teurs qui pros­ti­tuaient leur organe à l’intrigue. C’est elle qui rem­plit nos cachots des citoyens dont les tyrans redou­taient l’énergie ; c’est elle, qui, depuis le com­men­ce­ment de la révo­lu­tion, a fait cou­ler cent fois le sang du peuple, au nom de la loi bar­bare, dont le nom seul désho­nore les légis­la­teurs français.

    Dieux ! à quelles mépri­sables causes tiennent les mal­heurs des nations ! et comme le phi­lo­sophe doit sou­rire de pitié, lorsqu’il voit de près les vils res­sorts des grands évé­ne­ments qui changent quel­que­fois la face du globe ! Lafayette fut deux ans au moins un grand homme, et le héros des deux mondes. Le mérite de bien payer, ou de cares­ser des fai­seurs de jour­naux, lui tint lieu de talents et de ver­tus ; et peu s’en fal­lut que ce petit homme s’élevât à la dic­ta­ture, sur des tas de pam­phlets. Les fol­li­cu­laires tiennent dans leurs mains la des­ti­née des peuples. Ils font ou défont les héros, comme un cer­tain War­wick fai­sait et défai­sait les rois. Aus­si, comme les princes cal­culent leurs forces par la mul­ti­tude de leurs sol­dats et par les res­sources de leurs finances, les chefs des fac­tions rivales, par­mi nous, cal­culent les leurs par le nombre de leurs écri­vains et par les moyens pécu­niaires qu’ils ont de les ali­men­ter. Lafayette était péné­tré de ces grands prin­cipes ; il sut s’environner d’une armée de jour­na­listes : la Gazette Uni­ver­selle, l’Ami des Patriotes, le Jour­nal de Paris, la Chro­nique, Mon­sieur Per­let lui-même, et tant d’autres firent à son par­ti plus de conquêtes dans l’espace de quelques mois, qu’il n’en eût pu faire lui-même à la révo­lu­tion, durant un demi-siècle, même à la tête d’une armée française.

    Indé­pen­dam­ment de ces grands moyens, il avait fon­dé les plus belles fabriques, et les plus magni­fiques arse­naux que l’on eût encore vu, de libelles, soit lucra­tifs, soit vitu­pé­ra­tifs, soit éphé­mères, soit pério­diques, qu’il pou­vait trans­por­ter à chaque ins­tant aux extré­mi­tés de l’empire, soit par le minis­tère de ses aides-de-camps, soit par celui du gou­ver­ne­ment. Je n’ai pas besoin d’observer qu’il n’oubliait pas de tirer par­ti de son cré­dit à la cour, et de ses rap­ports avec la liste civile, pour étendre chaque jour ces utiles établissements.

    Cepen­dant comme la véri­té a aus­si une puis­sance et ses sol­dats, la petite pha­lange des jaco­bins et des défen­seurs de la liber­té le har­ce­laient dans sa marche avec assez de suc­cès. Il ne pût jamais l’entamer, aus­si long­temps qu’il demeu­ra sépa­ré d’une autre fac­tion, qui com­bat­tait quel­que­fois avec les patriotes pour arri­ver à la domi­na­tion par une autre route.

    Je parle de celle qui avait pour chefs les Lameth, Bar­nave et Duport. Mais lorsque quelque temps avant la fuite de Louis XVI, elles se confon­dirent, pour acca­bler le par­ti du peuple, les Lameth ren­for­cèrent le corps d’armée des libel­listes de Lafayette, par la jonc­tion de ceux qui étaient à leur solde, et sur­tout du Logo­graphe, jour­na­liste très fidèle car il rem­plis­sait scru­pu­leu­se­ment l’engagement qu’il avait contrac­té avec le maître de la liste civile, de défi­gu­rer les opi­nions des dépu­tés patriotes, et d’embellir celles des ora­teurs ven­dus à la cour.

    Ce fut alors que les deux fac­tions com­bi­nées, retran­chées sous le châ­teau des Tui­le­ries, et à l’abri de la par­tie de la consti­tu­tion qui pro­té­geait le des­po­tisme royal, tom­bèrent sur les patriotes avec toutes leurs forces, et rem­por­tèrent les vic­toires du Champ-de-Mars, de l’inviolabilité abso­lue et de la révi­sion. Ce fut alors que la France entière fut déso­lée par l’épidémie du feuillantisme.

    Durant cette période, Lafayette et ses alliés régnèrent en effet sur la France. Il était le héros, le libé­ra­teur de la nation. Il parut au milieu du corps légis­la­tif ; le pré­sident lui dit : “la nation mon­tre­ra avec fier­té, à ses amis et à ses enne­mis, la consti­tu­tion et Lafayette”, et le corps légis­la­tif applau­dit avec trans­port. Il vint une autre fois trai­ter les repré­sen­tants du peuple beau­coup plus dure­ment que Louis XVI ne haran­gua le par­le­ment de Paris, le jour où il vint le visi­ter, le fouet à la main ; et les repré­sen­tants du peuple se pros­ter­nèrent devant lui, un peu plus bas que la par­le­ment de Paris devant Louis XVI. Pen­dant toute la durée de son empire, toute parole, tout écrit qui atta­quait Lafayette, était un crime. Tous les patriotes, dont les cachots regor­geaient, le savent bien. Médire de Lafayette, c’était détruire la dis­ci­pline mili­taire, c’était favo­ri­ser Coblentz et l’Autriche, c’était prê­cher l’anarchie et bou­le­ver­ser l’État. Aujourd’hui encore il ne res­te­rait à ceux qui avaient le cou­rage de dénon­cer ses crimes pas­sés, et de pré­dire ceux qu’il médi­tait, que le nom de fous ou de fac­tieux, s’il n’avait pris le soin de se dénon­cer lui-même, et s’il n’avait vou­lu abu­ser trop brus­que­ment de la cré­du­li­té, j’ai presque dit de la stu­pi­di­té publique. Le peuple de paris, qui le détes­tait depuis long­temps, quand on l’adorait ailleurs, et les fédé­rés des autres dépar­te­ments, aidés par Lafayette lui-même, ren­ver­sèrent le mons­trueux édi­fice de sa répu­ta­tion et de sa for­tune, qui ne tom­ba qu’avec le trône.

    Toutes les fac­tions ont-elles été ense­ve­lies sous ses ruines ? L’égoïsme, l’ambition, l’ignorance, tous les pré­ju­gés et toutes les pas­sions enne­mies de l’égalité ont-elles dis­pa­ru avec Lafayette ? Non, son esprit vit encore au milieu de nous ; il a lais­sé des héri­tiers de son ambi­tion et de ses intrigues. Et quels suc­cès ne peuvent-ils pas se pro­mettre encore, avec un peuple aus­si confiant, aus­si léger que géné­reux, qui a long­temps encen­sé de si ridi­cules idoles ? Que dis-je ? Ôtez le mot répu­blique, je ne vois rien de chan­gé. Je vois par­tout les mêmes vices, les mêmes cabales, les mêmes moyens, et sur­tout la calom­nie. Vous qui vous dis­po­sez à me démen­tir, si vous êtes de bonne foi, appre­nez à vous défier de vous-mêmes, son­gez que votre usage est d’apercevoir la véri­té deux ans trop tard ; son­gez qu’il est bien des intrigues funestes, dont vous favo­ri­siez le suc­cès par votre non­cha­lante incré­du­li­té, et que j’ai dévoi­lées. Si vous êtes de mau­vaise foi, je vous récuse ; ce que je vais dire vous inté­resse. Qui que vous soyez, qu’aurez-vous à répondre à des faits ? Que direz-vous, quand je vous aurai démon­tré qu’il existe une coa­li­tion de patriotes ver­tueux, de répu­bli­cains aus­tères, qui per­fec­tionnent la cri­mi­nelle poli­tique de Lafayette et de ses alliés, comme ceux-ci avaient per­fec­tion­né celle des aris­to­crates décla­rés. Je n’aurai pas même besoin de vous les nom­mer, vous les recon­naî­trez à leurs œuvres. 

    Que dis-je ? Dans tout ce que je viens de dire jusqu’ici, n’avez-vous pas cru lire l’histoire des intrigues du jour ? n’avez-vous pas recon­nu leur tac­tique et leur langage ?

    Après la révo­lu­tion du 14 juillet, vous avez enten­du les aris­to­crates crier à l’anarchie, par­ler de déma­gogues incen­diaires, déplo­rer éter­nel­le­ment le brû­le­ment de quelques châ­teau et la puni­tion de quelques scé­lé­rats. Vous avez vu Lafayette et ses com­plices com­men­ter ensuite ce texte, à leur manière, et dans le même esprit.

    Que fait la fac­tion nou­velle, depuis la révo­lu­tion du 10 août ? Elle crie à l’anarchie, parle sans cesse d’un par­ti désor­ga­ni­sa­teur, de déma­gogues for­ce­nés, qui égarent et qui flattent le peuple. Bri­gan­dage, assas­si­nats, conspi­ra­tions ; voi­là toutes les idées dont elle entre­tient sans cesse les quatre-vingt-trois dépar­te­ments. Seule­ment au mot de fac­tieux, usé par ses pré­dé­ces­seurs, elle a sub­sti­tué celui d’agitateur, un peu moins tri­vial ; car elle sait, comme eux, qu’on conduit les sots et les igno­rants. Et à qui adresse-t-elle ces reproches ? Aux aris­to­crates, aux émi­grés, aux roya­listes ? Non. Aux Feuillants ? aux modé­rés hypo­crites ? aux patriotes dont le zèle répu­bli­cain remonte jusqu’au 10 août ? Non ; aux patriotes, qui, depuis le com­men­ce­ment de la révo­lu­tion, étran­gers à toutes les fac­tions, imper­tur­ba­ble­ment atta­chés à la cause publique, ont mar­ché par la même route au but unique de toute consti­tu­tion libre, le règne de la jus­tice et de l’égalité, à ceux qui se sont mon­trés dans la révo­lu­tion du 10 août et qui veulent qu’elle ait été faite pour le peuple, et non pour une fac­tion ; enfin à ceux-là même qui furent les objets éter­nels des per­sé­cu­tions de Lafayette, de la cour et de tous leurs complices.

    Les aris­to­crates et les Feuillants trou­vaient tou­jours quelques motifs pour mécon­naître les droits du peuple, ou pour avi­lir son caractère.

    Les intri­gants de la répu­blique les copient, en cela, avec une exac­ti­tude ser­vile. Comme leurs devan­ciers, ils déclament contre le public qui assiste aux séances de l’Assemblée natio­nale. Ils n’ont pas dédai­gné d’adopter les bons mots des plus inso­lents détrac­teurs du peuple. Comme eux, ils s’égaient sur le sou­ve­rain des tri­bunes, sur le sou­ve­rain de la ter­rasse des feuillants. D’André et Mau­ri auraient le droit de pour­suivre, comme pla­giaires, tels jour­na­listes, pré­ten­dus patriotes, que leurs lec­teurs peuvent recon­naître à ce trait.

    Les aris­to­crates et les Feuillants osaient impu­ter aux amis de la liber­té l’absurde pro­jet de la loi agraire. Mais c’était en rou­gis­sant, et dans les ténèbres, qu’ils fai­saient cir­cu­ler cette calom­nie. Les intri­gants de la répu­blique l’ont affi­ché sur les murs de Paris ; ils l’ont fait débi­ter à l’Assemblée légis­la­tive où ils domi­naient, par un ministre qui est leur créa­ture, et c’est contre l’Assemblée élec­to­rale même du dépar­te­ment de Paris qu’ils ont osé diri­ger cette absurde incul­pa­tion, démen­tie par la noto­rié­té publique et par l’indignation uni­ver­selle. Il y a plus, lorsque immé­dia­te­ment avant le décret de l’abolition de la royau­té, pro­vo­qué par un dépu­té de Paris, un autre du même dépar­te­ment, connu par les grands ser­vices qu’il a ren­dus à la révo­lu­tion, eut fait décré­té que toutes les pro­prié­tés étaient sous la sau­ve­garde de la nation, n’a‑t-on pas vu l’un des jour­na­listes et des cory­phées de la coa­li­tion dont je parle, membre aus­si de la conven­tion natio­nale, impri­mer le len­de­main, que cette motion n’avait point été faite de bonne foi ?

    Vous avez vu les aris­to­crates et les Feuillants décla­mer éter­nel­le­ment contre Paris. Les intri­gants de la répu­blique déclament éter­nel­le­ment contre Paris ; avec cette dif­fé­rence, que, de la part des pre­miers, ce n’était que des décla­ma­tions, et que, de la part des autres, c’est une conspi­ra­tion contre Paris et contre la répu­blique entière.

    Voyez avec quel achar­ne­ment ils accusent cette cité du pro­jet insen­sé de vou­loir sub­ju­guer la liber­té du peuple fran­çais, au moment où elle vient de l’enfanter. Voyez comme ils lui reprochent son opu­lence, quand elle s’est rui­né pour la défense de la cause com­mune. Voyez comme ils érigent en pri­vi­lège odieux le séjour for­tuit de l’Assemblée repré­sen­ta­tive dans son sein, lorsque c’est à cette cir­cons­tance que sont dus, en grande par­tie, et la nais­sance et les pro­grès de la révo­lu­tion. Voyez comme ils vont jusqu’à lui faire un crime même de rap­pe­ler ses ser­vices et ses sacri­fices pour répondre à leurs calom­nies. Prennent-ils même soin de dis­si­mu­ler que c’est en haine de la liber­té qu’ils lui déclarent la guerre ? Et pour­quoi donc ne cessent-ils d’outrager le conseil géné­ral de la com­mune qui s’est dévoué à toutes les fureurs de la cour dans la nuit du 9 au 10 août ; qui a don­né à cette immor­telle révo­lu­tion le mou­ve­ment néces­saire pour fou­droyer le des­po­tisme ? Pour­quoi ne cessent-ils d’outrager les sec­tions qui l’ont choi­si ; les sec­tions qui ont choi­si ces mêmes élec­teurs qu’ils ont dif­fa­mé avec tant d’audace ; qui ont rati­fié solen­nel­le­ment, par elles-mêmes le choix de ces mêmes dépu­tés, qu’ils ne rou­gissent pas de pros­crire ; ces sec­tions enfin qui ont méri­té la recon­nais­sance, non du peuple fran­çais, mais de l’humanité, par la pro­fonde sagesse avec laquelle elles ont pré­pa­ré, pen­dant plus de quinze jours, la der­nière révo­lu­tion ; par le cou­rage sublime avec lequel elles ont don­né solen­nel­le­ment à toute la France le signal de la sainte insur­rec­tion qui a sau­vé la patrie ? Tan­dis que les Pari­siens, unis avec les fédé­rés, ter­ras­saient le des­po­tisme ; tan­dis qu’ils envoyaient qua­rante mille défen­seurs intré­pides pour com­battre les enne­mis de l’État, de lâches libel­listes sou­le­vaient contre eux les Fran­çais des autres dépar­te­ments, rem­plis­saient de ridi­cules ter­reurs et de fatales pré­ven­tions les dépu­tés qui devaient com­po­ser la conven­tion natio­nale, et jetaient par­tout le germe de la dis­corde et de tous les maux qui le suivent. Si la conven­tion natio­nale n’a rien fait encore qui réponde ni à la hau­teur de la révo­lu­tion, ni à l’attente du peuple fran­çais, il n’en faut pas cher­cher la cause ailleurs que dans la confiance avec laquelle un grand nombre de ses membres s’est aban­don­né aux guides infi­dèles qui les avaient trom­pés d’avance. Com­ment s’occuper du bon­heur de la nation et de la liber­té du monde, lorsqu’on n’est occu­pé qu’à faire le pro­cès au patrio­tisme pari­sien ; lorsqu’au milieu du calme pro­fond dont on est envi­ron­né, on attend sans cesse les orages dont on a tant enten­du par­ler, et ces ter­ribles agi­ta­teurs dont une coa­li­tion intri­gante nous entre­tient tous les jours ; lorsqu’on semble regret­ter de ne les ren­con­trer nulle part ? Arrive-t-il dans le fond de quelque dépar­te­ment un de ces mou­ve­ments insé­pa­rables de la révo­lu­tion, qui, dans tout autre moment, ne serait même pas aper­çu ? Un ministre ne manque pas d’en faire à l’Assemblée un récit épou­van­table, et les intri­gants de la répu­blique de péro­rer contre les agi­ta­teurs de Paris. Un bateau de blé est-il arrê­té par un peuple alar­mé pour sa sub­sis­tance ? Ce sont les agi­ta­teurs de Paris. Des sol­dats sont-ils accu­sés d’insubordination jus­te­ment ou injus­te­ment ? Ce sont les agi­ta­teurs de Paris. Cent mille Fran­çais infor­tu­nés sont-ils à la veille de man­quer de pain, par la faillite des direc­teurs d’une ban­que­route publique ? Croyez-vous que les intri­gants s’occuperont des moyens de les secou­rir ? Ils ne son­ge­ront qu’à décla­mer contre la com­mune de paris, qui n’en est aucu­ne­ment cou­pable. Une péti­tion qui, dans la bouche de tout autre, eût obte­nu des éloges, est-elle pré­sen­tée par des citoyens de Paris ? Le pré­sident la calom­nie par une réponse insi­dieuse et pré­pa­rée ; et la fac­tion la dénonce à la France entière. Des citoyens, des magis­trats ont-ils méri­té l’estime de la répu­blique par la vigi­lance cou­ra­geuse avec laquelle ils ont décou­vert et étouf­fé les conspi­ra­tions de la cour, dont ils apportent les preuves authen­tiques ? Il n’est ques­tion que de leur faire le pro­cès ; c’est le comi­té de sur­veillance de la com­mune de Paris. Des ouvriers du camp, qui manquent notoi­re­ment de tra­vail, viennent-ils spon­ta­né­ment et pai­si­ble­ment pré­sen­ter à l’Assemblée une péti­tion légi­time ? C’est une émeute, exci­tée par les dépu­tés de Paris. Un membre apprend que quatre mille ouvriers sont en insur­rec­tion sur la place Ven­dôme, l’Assemblée s’alarme. Il n’y a pas un seul ouvrier. Une autre fois, un autre membre vient annon­cer que le peuple s’est révol­té au Palais-royal. Le Palais-royal est calme et désert.

    Que serait-ce donc, s’il arri­vait, en effet, quelque mou­ve­ment par­tiel, qu’il serait impos­sible de pré­voir ou d’empêcher ? C’est alors qu’il serait prou­vé, aux yeux de tous les dépar­te­ments, que rien n’est exa­gé­ré dans le por­trait hideux qu’ils ont tra­cé des hor­reurs dont Paris est le théâtre, et que les repré­sen­tants de la répu­blique doivent le fuir, en secouant la pous­sière de leurs pieds. Voi­là l’événement que les intri­gants de la répu­blique attendent avec impa­tience. Heu­reu­se­ment jusqu’ici les citoyens semblent avoir devi­né leur inten­tion. Ce peuple si féroce a lut­té contre la misère ; il a impo­sé le silence à l’indignation que pou­vaient exci­ter toutes ces lâches per­sé­cu­tions ; et ce n’est pas le moindre pro­dige de la révo­lu­tion que ce calme pro­fond qui règne dans une ville immense, mal­gré tous les moyens qu’ils emploient chaque jour pour exci­ter eux-mêmes quelque mou­ve­ment favo­rable à leurs vues per­fides. C’était encore l’un des prin­ci­paux point de la poli­tique de Lafayette, de pro­vo­quer lui-même quelques troubles, pour effrayer l’Assemblée natio­nale et tous les gens pai­sibles, et pour les impu­ter ensuite aux patriotes. Or, ils savent encore imi­ter en cela ce conspi­ra­teur, leur ancien ami, et peut-être plus près de l’être encore qu’on ne le pense.

    Mais la tran­quilli­té publique les irrite ; ils n’en sont que plus ardents à calom­nier les Fran­çais de Paris ; et ce cri sédi­tieux, par lequel l’un des leurs dans la tri­bune de l’Assemblée natio­nale, osa for­mel­le­ment invi­ter tous les dépar­te­ments à se liguer contre Paris, est tous les jours répé­té de mille manières dif­fé­rentes dans toute l’étendue de la république.

    Ah ! du moins les aris­to­crates, même les plus décriés de l’Assemblée consti­tuante, conve­naient que l’on pou­vait vivre pai­si­ble­ment à Paris, même en insul­tant la révo­lu­tion. J’ai vu l’abbé Mau­ri et ses pareils, après avoir blas­phé­mé contre le peuple, s’étonner de la sécu­ri­té avec laquelle il tra­ver­sait tous les jours une mul­ti­tude immense de citoyens qui savaient les appré­cier. Et lorsqu’il s’avisait, par hasard, de mena­cer le peuple assem­blé, en lui mon­trant les pis­to­lets dont il était muni, je l’ai vu rendre hau­te­ment jus­tice aux citoyens de Paris, qui l’avaient sous­trait faci­le­ment à la juste indi­gna­tion qu’il venait de provoquer.

    Les intri­gants de la répu­blique n’ont pu par­ve­nir encore à exci­ter ces marques de mépris public, dont ils paraissent assez jaloux. Le zèle inquiet du patrio­tisme ne forme même plus, dans les lieux voi­sins de la salle, ces groupes nom­breux, tant calom­niés par les enne­mis de la révo­lu­tion ; et ils n’ont pas le désa­gré­ment insigne de ren­con­trer des citoyens assem­blés sur leur pas­sage. N’importe, ils ne cessent d’entretenir la France entière des périls épou­van­tables aux­quelles leurs per­sonnes sacrées sont expo­sées. Com­bien l’abbé Mau­ri doit paraître aimable aux Pari­siens, auprès de tels répu­bli­cains, qui occupent, chaque jour, la tri­bune nationale !

    Lafayette et ses amis avaient bien ima­gi­né de s’environner quel­que­fois d’un épais bataillon de gardes natio­nales pari­siennes, sous le pré­texte de gar­der les repré­sen­tants de la nation. Mais ils ne s’avisèrent jamais de créer pour eux une mis­sion mili­taire et des gardes du corps atta­chés au ser­vice des dépu­tés. Jamais ils ne son­gèrent à appe­ler à eux les dépar­te­ments pour les défendre contre Paris. Tous ces tyrans consti­tu­tion­nels étaient des princes débon­naires, en com­pa­rai­son des petits tyrans de la répu­blique. Sans doute, les per­sonnes de ces der­niers sont d’une bien autre impor­tance que celle des légis­la­teurs pré­cé­dents ; et ce serait man­quer à l’espèce humaine toute entière de confier ce dépôt sacré à une seule cité : il faut que tous les dépar­te­ments fran­çais par­tagent l’honneur de leur conser­va­tion ; ils se trompent, il faut que ce soit toutes les nations du monde.

    Encore s’ils n’étaient que ridi­cules ! Mais quelle pro­fonde per­ver­si­té ! Quel mépris de la pudeur et des lois les plus saintes ! Voyez comme ils se jouent de la majes­té des repré­sen­tants de la nation fran­çaise ! Comme ils leur pré­sentent aujourd’hui brus­que­ment, à sanc­tion­ner, leur hon­teux pro­jet, comme ils lui inter­disent ensuite la dis­cus­sion au moment où ils s’aperçoivent que l’opinion publique en éclaire toute la tur­pi­tude, ou que le seul ins­tinct de la pro­bi­té le rejette. Comp­tez, si vous le pou­vez, tous les petits moyens qu’ils ont en vain ten­tés pour l’extorquer à la conven­tion natio­nale. Mais ils savent bien se pas­ser de son aveu. Et tan­dis qu’ils sou­met­taient cette ques­tion à ses lumières, ils la mépri­saient assez pour appe­ler autour d’elle, à son insu et contre toutes les lois, des corps armés consi­dé­rables. Ne les crai­gnons pas ; ils sont com­po­sés de citoyens ; mais hâtons-nous de les détrom­per. Jugez par cer­taines démarches, jugez par les dis­cours de quelques indi­vi­dus, de l’astuce avec laquelle quelques intri­gants cherchent à les éga­rer. À chaque ins­tant, ils versent dans leurs cœurs tous les poi­sons de la haine et de la défiance. Que ne font-ils pas déjà, pour enga­ger des rixes funestes et souf­fler le feu de la guerre civile ? Ah ! Fran­çais, qui que vous soyez, embras­sez-vous comme des frères ; et que cette sainte union soit le sup­plice de ceux qui cherchent à vous diviser.

    Ils veulent qu’on les garde. Quel crime veulent-ils donc commettre ?

    Ils veulent quit­ter Paris, ils ne dis­si­mulent plus ce pro­jet ; ils ont rai­son. C’est à eux de réa­li­ser le vœu secret que for­maient sans doute ces pre­miers enne­mis de la révo­lu­tion, que je crois quel­que­fois avoir outra­gés en les com­pa­rant à eux. Dans le fait, ce n’est point au milieu d’un peuple immense, éclai­ré, accou­tu­mé à démê­ler le fil des intrigues, et dont ils sont déjà connus ; ce n’est point dans une cité qui est, pour ain­si dire, le ren­dez-vous de tous les Fran­çais, ce n’est point sous les regards les plus per­çants et les plus vastes de l’opinion publique qu’il faut res­ter, lorsqu’on a quelque trame téné­breuse à our­dir. Paris fut tour à tour l’écueil de l’aristocratie ancienne, du des­po­tisme royal et de la tyran­nie consti­tu­tion­nelle ; il serait encore celui de toutes les tyran­nies nou­velles. Qu’ils partent donc. Qu’ils cessent de fati­guer la nation par de vaines ter­reurs, par les misé­rables arti­fices qu’ils emploient chaque jour pour par­ve­nir à ce but. Qu’ils partent. Où vont-ils ? Dans quelle contrée bien froide, bien inac­ces­sible aux ardeurs du patrio­tisme ou à la lumière de la phi­lo­so­phie ; dans quelle ville bien igno­rante, ou bien tra­vaillée par leurs manœuvres vont-ils exer­cer leur heu­reux talent pour démem­brer l’État et pour conspi­rer contre la liber­té du monde ? 

    Plus cri­mi­nels dans leurs moyens que toutes les fac­tions qui les ont pré­cé­dés, auraient-ils des vues moins funestes ? Mais quelle dif­fé­rence y a‑t-il entre les fac­tions ? Les autres se dis­pu­taient le fan­tôme du monarque pour exer­cer l’autorité sous son nom, ceux-ci veulent régner sous un autre titre ; et si, pour conser­ver la puis­sance, il leur fal­lait réta­blir un roi, pour­raient-ils hési­ter ? À quoi sert en effet l’empire de la jus­tice et de l’égalité ? Il n’est bon que pour le peuple, et quand le peuple est ce qu’il doit être, les ambi­tieux, les hommes cupides et cor­rom­pus ne sont rien.

    Aus­si les voyez-vous for­mer un par­ti mitoyen entre l’aristocratie rebelle et le peuple ou les francs répu­bli­cains. Obser­vez s’ils ne caressent pas tou­jours les per­son­nages les plus puis­sants de la répu­blique, et si ce n’est pas ceux-là qu’ils fré­quentent, qu’ils favo­risent à toute occa­sion. Obser­vez si ce n’est pas à eux que se ral­lient les riches, les corps admi­nis­tra­tifs, les fonc­tion­naires publics, et les citoyens qui inclinent aux idées aris­to­cra­tiques, tous ceux même qui jadis sui­vaient le par­ti des intri­gants aux­quels ils ont suc­cé­dé. Enfin, ils sont les hon­nêtes gens, les gens comme il faut de la répu­blique ; nous sommes les sans-culottes et la canaille.

    Sont-ils moins puis­sants que leurs pré­dé­ces­seurs ? Ils le sont beau­coup plus. Ils nous accusent de mar­cher à la dic­ta­ture, nous, qui n’avons ni armée, ni tré­sor, ni places, ni par­ti ; nous, qui sommes intrai­tables comme la véri­té, inflexibles, uni­formes, j’ai presque dit insup­por­tables, comme les prin­cipes. Mais voyez en quelles mains sont pas­sés tout le pou­voir et toutes les richesses. Le tré­sor public, toute l’autorité du gou­ver­ne­ment, la dis­po­si­tion de toutes les places qu’il dis­pense leur a été dévo­lue ; voi­là leur liste civile. Ils exercent la puis­sance royale sous un autre nom. Ils dominent au conseil exé­cu­tif ; ils dominent au sein de la conven­tion : le bureau, le fau­teuil, les comi­tés, les tri­bunes même semblent être deve­nus leur patri­moine. Par­ler dans l’Assemblée natio­nale est moins un droit des repré­sen­tants du peuple qu’un pri­vi­lège réser­vé à leurs amis. Être soup­çon­né de vou­loir contre­dire leurs vues équi­vaut à la pri­va­tion du droit de suf­frage. La loi, si on n’y prend garde, ne sera plus que leur volon­té ; et pour lui don­ner le carac­tère d’un décret et l’autorité de la volon­té géné­rale, il leur suf­fi­ra d’entretenir, dans l’assemblée des légis­la­teurs du peuple fran­çais, un tumulte scan­da­leux qui favo­rise toutes les intrigues ; de pro­lon­ger, ou de pré­ci­pi­ter avec art la fin des déli­bé­ra­tions, et de déployer toutes les res­sources que pré­sentent au génie la science sublime de poser la ques­tion et sur­tout l’art de faire mou­rir subi­te­ment la dis­cus­sion. Mal­heur aux patriotes sans appui qui ose­ront encore défendre la liber­té ! Ils seront écra­sés comme de vils insectes. Mal­heur au peuple, s’il ose mon­trer quelque éner­gie ou quelque signe d’existence ! Ils savent le divi­ser pour l’égorger par ses propres mains ; et ils ont soif de son sang. Lorsqu’ils lut­taient contre une autre fac­tion et qu’ils cher­chaient à tran­si­ger avec la cour, ils étaient for­cés à cares­ser le peuple et à ména­ger jusqu’à un cer­tain point les patriotes, pour inti­mi­der leurs adver­saires ou pour les com­battre ; et cette lutte même des enne­mis de l’égalité lais­sait res­pi­rer les bons citoyens. Mais aujourd’hui qu’ils sont les maîtres, leur unique affaire est de se défaire des plus intré­pides amis de la patrie et de les acca­bler du poids de leur toute puis­sance. Il est vrai que leur empire, comme celui de leurs devan­ciers, est fon­dé sur l’erreur, et doit être pas­sa­ger comme elle. J’ajouterai même qu’ils sont déjà connus à Paris. Mais ne vous ras­su­rez pas trop vite. Voyez quelle bar­rière ils ont éle­vé entre Paris et les autres par­ties de la répu­blique ; et ne per­dez pas de vue que leur sys­tème est pré­ci­sé­ment de fuir, d’annuler Paris, pour éteindre ce grand fanal qui devait éclai­rer toute la France : de manière qu’ils semblent s’être ména­gés le moyen d’échapper à l’opinion, en se réfu­giant dans la confu­sion qu’ils amènent et dans le chaos de la répu­blique bou­le­ver­sée. Est-il temps encore d’éclairer les citoyens des 82 dépar­te­ments et d’étouffer les dis­sen­sions funestes qu’ils cherchent à exci­ter ? En avez-vous les moyens ? Car, ne vous y trom­pez pas, ce qui semble garan­tir la durée de leur puis­sance, ce sont les faci­li­tés immenses qu’ils se sont ména­gées dès long­temps pour pro­pa­ger l’erreur et pour inter­cep­ter la véri­té. Toutes les trom­pettes de la renom­mée, tous les canaux de l’esprit public sont entre leurs mains ; et cette confé­dé­ra­tion de tant d’écrivains per­fides, sou­te­nue par toutes les res­sources de la puis­sance publique, est peut-être plus redou­table à la liber­té que toutes les conspi­ra­tions de la cour.

    Quels moyens nous reste-t-il donc aujourd’hui pour décon­cer­ter leurs funestes pro­jets ? Je n’en connais point d’autre, en ce moment, que l’union des amis de la liber­té, la sagesse et la patience. Citoyens, ils veulent vous agi­ter pour vous affai­blir, pour vous déchi­rer par vos propres mains et vous rendre res­pon­sable ensuite de l’ouvrage même de leur per­ver­si­té : res­ter calmes et immo­biles. Obser­vez, en silence, leurs cou­pables manœuvres ; lais­sez-les se démas­quer, et se perdre eux-mêmes par leurs propres excès. Un peuple magna­nime et éclai­ré est tou­jours à temps de récla­mer ses droits et de ven­ger ses injures. Éclai­rez-vous, éclai­rez vos conci­toyens autant qu’il est en votre pou­voir ; dis­si­pez l’illusion sur laquelle se fonde l’empire de l’intrigue ; et il ne sera plus. 

    Pas­ser la véri­té en contre­bande, à tra­vers tous les obs­tacles que ses enne­mis lui opposent ; mul­ti­plier, répandre par tous les moyens pos­sibles les ins­truc­tions qui peuvent la faire triom­pher ; balan­cer par le zèle et par l’activité du civisme, l’influence des tré­sors et des machi­na­tions pro­di­guées pour pro­pa­ger l’imposture, voi­là, à mon avis, la plus utile occu­pa­tion et le devoir le plus sacré du patrio­tisme épu­ré. Des armes contre les tyrans, des livres contre les intri­gants ; la force pour repous­ser les bri­gands étran­gers, la lumière pour recon­naître les filous domes­tiques, voi­là le secret de triom­pher à la fois de tous vos ennemis.

    Robes­pierre, « DISCOURS SUR L’INFLUENCE DE LA CALOMNIE SUR LA RÉVOLUTION », pro­non­cé aux Jaco­bins, le 28 octobre 1792

    ______________

    (1) Œuvres de Maxi­mi­lien Robes­pierre, tome IX, p. 43 

    (2) Le 10 jan­vier 1793, dans un article sur l’instruction publique (p. 498), publié dans le n° 2 de la deuxième série de ses Lettres à ses Com­met­tants, Robes­pierre énon­ça un prin­cipe géné­ral qui peut s’appliquer ici : « L’éducation des citoyens ne doit pas être dans la dépen­dance abso­lue de ceux qui gou­vernent ; elle ne serait que la sau­ve­garde de leurs crimes, et un obs­tacle funeste aux pro­grès des lumières qui doivent ame­ner la des­truc­tion des abus et la per­fec­tion du bon­heur social ». C’est, du reste, à pro­pos du Bureau de for­ma­tion de l’esprit public qu’il était dit, dans le même article : « Il faut conve­nir, que si une manu­fac­ture de cette espèce n’est pas la plus ridi­cule de toutes les ins­ti­tu­tions, elle en est au moins la plus dan­ge­reuse pour l’esprit public et pour la liber­té ». Ledit Bureau fut sup­pri­mé le 21 jan­vier 1793 par la Conven­tion, sur une inter­ven­tion de Robespierre.

    http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​R​o​b​e​s​p​i​e​r​r​e​_​D​I​S​C​O​U​R​S​_​S​U​R​_​L​_​I​N​F​L​U​E​N​C​E​_​D​E​_​L​A​_​C​A​L​O​M​N​I​E​_​S​U​R​_​L​A​_​R​E​V​O​L​U​T​I​O​N​_​2​8​_​1​0​_​1​7​9​2​.​pdf

    Réponse
  4. Ana Sailland

    Je suis ter­ro­ri­sée, c’est vrai­ment la ter­reur 😉 par l’ef­fort néces­saire pour com­plé­ter ma culture.
    J’é­tais si satis­faite d’a­voir déjà lu Sophie et voi­ci que pour­tant sur­git un autre tsunami 😉 

    ;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;

    « L’éducation des citoyens ne doit pas être dans la dépen­dance abso­lue de ceux qui gou­vernent » »> heu­reuse exten­sion du prin­cipe de sépa­ra­tion des pou­voirs, car qui jar­dine l’en­fant détient tout du futur.

    Par ailleurs, encore dans cet esprit de sépa­ra­tion des pou­voirs, bien que non-vio­lente, je pense que ce qu’on nomme »la force publique« n’é­tant pas public mais au contraire dans la main de qui gou­verne, le peuple est non seule­ment mani­pu­lé par l’é­du­ca­tion (et les médias) mais encore déli­ca­te­ment contraint par la force à se sou­mettre à un ordre et à des options fon­da­men­tales qu’il ne choi­sit pas.
    Si cette contrainte ne s’ex­prime que spo­ra­di­que­ment au point d’être par moments presque feu­trée, elle acquiert par sa constance pérenne un impact ter­rible qui inhibe dra­ma­ti­que­ment le désir d’é­man­ci­pa­tion du peuple.

    Je viens de don­ner dans ce que je vais dénoncer :

    Mais sur­tout, je note qu’en fili­grane de cette cita­tion, il y a de fait l’ac­cep­ta­tion de l’exis­tence d’un gou­ver­ne­ment. Car si l’on sou­haite réduire le champ d’ac­tion d’un gou­ver­ne­ment, c’est bien qu’on n’en conteste pas le prin­cipe.

    Quels que soient par ailleurs les dis­cours sur la sou­ve­rai­ne­té du peuple : Dans la forêt de nos convic­tions appa­rentes, nous devrions apprendre à détec­ter ceux de nos propres mots qui sont les traces archéo­lo­giques de ce que nous croyons ne pas pen­ser et qui pour­tant occupe sour­noi­se­ment notre esprit 😉

    Réponse
  5. Étienne

    Le SOMMAIRE
    du livre « Robes­pierre parle aux Français » :

    (Remarque : le livre est dis­po­nible au for­mat PDF pour 10 €.)




    TABLE

    TABLE

     

     

    Pré­sen­ta­tion

     

    I

     

    Rap­pel biographique

     

    III

     

    Cita­tions

     

    V

     

     

     

     

     

    Adresse

    A la nation arté­sienne (extraits)

    Jan­vier 1789

     

    1

     

     

     

     

     

     

    Adresse

    Au peuple arté­sien (extraits)

    Cri­tères pour choi­sir les
    députés

    Mars 1789

     

    5

     

     

     

     

     

     

    Cahier

    Doléances des cor­don­niers mineurs d’Arras

    (25) mars 1789

     

    6

     

     

     

     

     

     

    Pam­phlet

    Les enne­mis de la patrie 

    Fin mars-avril mai 1789

     

    8

     

     

     

     

     

     

    Opi­nion

    Sur les hommes en vue 

    Lettre à Buissart

    18 mai 1789

     

    11

     

     

     

     

     

     

    Dédi­cace

    Aux mânes de Jean-Jacques Rousseau 

    1789

     

    16

     

     

     

     

     

     

    Dis­cours

    Contre le veto royal, soit abso­lu, soit
    suspensif

    Fin sep­tembre 1789

     

    17

     

     

     

     

     

     

    Opi­nion

    Contre la loi martiale

    21 octobre 1789⁄9, 22 et 23 février 1790

     

    26

     

     

     

     

     

     

    Opi­nion

    Sur les juifs

    23 décembre 1789

     

    30

     

     

     

     

     

     

    Opi­nion

    Sur le droit de décla­rer la guerre 

    Contre la guerre de
    conquête

    15 mai 1790

     

    31

     

     

     

     

     

     

    Opi­nion

    Sur la consti­tu­tion civile du clergé

    Sur le mariage des prêtres

    31 mai 1790

     

    33

     

     

     

     

     

     

    Opi­nion

    Sur le trai­te­ment des ecclésiastiques

    Sur le mariage des prêtres
    (bis)

    22 juin 1790

     

    35

     

     

     

     

     

     

    Opi­nion

    Sur l’immunité parlementaire

    25 juin 1790⁄15 juin 1793

     

    38

     

     

     

     

     

     

    Opi­nion

    Sur l’assistance aux criminels

    23 août 1790

     

    39

     

     

     

     

     

     

    Opi­nion

    Contre le cumul des fonc­tions publiques

    Sur l’exclusion des prêtres
    des tribunaux

    25 août 1790

    + Pour l’élargissement de Carion
    (17 mars 1791)

    + Sur la muni­ci­pa­li­té de
    Douai (19 mars 1791)

     

    40

     

     

    41

    41

     

     

     

     

     

     

    Dis­cours

    Sur le droit des peuples à disposer
    d’eux-mêmes

    Sur la péti­tion du peuple
    avignonnais

    18 novembre 1790

     

    42

     

     

     

     

     

     

    Dis­cours

    Sur l’organisation des Gardes nationales

    Fin décembre 1790

     

    52

     

     

     

     

     

     

    Dis­cours

    Sur l’organisation des jurés

    20 jan­vier 1791 – mars 1791

    + Pour l’institution de
    jurés au civil et au pénal (7 avril 1790)

     

    78

     

    78

     

     

     

     

     

     

    Réponse
  6. Lamartinien

    Aujourd’­hui, la majo­ri­té des uni­ver­si­taires, même s’il n’a­dorent pas for­cé­ment Robes­pierre, recon­naissent ses qua­li­tés et avouent et qu’il n’a jamais été un tyran. Être un spé­cia­liste de la révo­lu­tion et dire des énor­mi­tés comme cela, c’est impossible. 
    Et d’ailleurs, cer­tains de nos intel­lec­tuels, jour­na­listes, devraient s’in­té­res­ser un peu plus à l’His­toire de la révo­lu­tion notam­ment, et pas celle qu’on trouve dans les livres de Lorent Deutsh… je pense à Onfray ou Caron..

    Réponse
  7. Morpheus

    @ Lamar­ti­nien

    Onfray se plante com­plè­te­ment au sujet de Robes­pierre. Il le consi­dère comme le bou­cher que les livres d’his­toire pré­tende qu’il était. Mau­vais exemple.

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  8. Lamartinien

    le tra­vail de rey­nald secher est vive­ment cri­ti­qué dans le milieux uni­ver­si­taire.. par­ler d’un géno­cide ven­déens est com­plè­te­ment anachronique.

    Réponse
  9. Étienne

    Un flo­ri­lège à pro­pos de Robes­pierre pour son anni­ver­saire,
    avec quelques pépites inattendues, 
    comme la cita­tion dithy­ram­bique de cette cra­pule de Georges Sand (qui s’é­tait réjouie du mas­sacre et des tor­tures des Com­mu­nards par l’a­bo­mi­nable Thiers, voir Guille­min, Len­de­mains de la Com­mune, min 11:00) :

    http://lesgrossesorchadeslesamplesthalameges.skynetblogs.be/archive/2013/05/06/6‑mai-2013–255e-anniversaire-de-maximilie-robespierre.html


    Sur ce même blog, j’ai aus­si trou­vé cette autre pépite : 

    « Ils m’ap­pellent tyran…

    Si je l’é­tais, ils ram­pe­raient à mes pieds, je les gor­ge­rais d’or, je leur assu­re­rais le droit de com­mettre tous les crimes, et ils seraient recon­nais­sants. Si je l’é­tais, les rois que nous avons vain­cus, loin de me dénon­cer me prê­te­raient leur cou­pable appui ; je tran­si­ge­rais avec eux. 
    Dans leur détresse, qu’at­tendent-ils si ce n’est le secours d’une fac­tion pro­té­gée par eux, qui leur vende la gloire et la liber­té de notre pays ? 
    On arrive à la tyran­nie par le secours des fri­pons ; où courent ceux qui les com­battent ? Au tom­beau et à l’immortalité. 
    Quel est le tyran qui me pro­tège ? Quelle est la fac­tion à laquelle j’ap­par­tiens ? C’est vous mêmes. 
    Quelle est cette fac­tion qui depuis le com­men­ce­ment de la révo­lu­tion a ter­ras­sé les fac­tions, a fait dis­pa­raitre tant de traitres accré­di­tés ? C’est vous, c’est le peuple, ce sont les principes. 
    Voi­là la fac­tion à laquelle je suis voué et contre laquelle tous les crimes sont ligués. […/…] 

    Je suis fait pour com­battre le crime, non pour le gouverner. 
    Le temps n’est pas encore arri­vé où les hommes de bien peuvent ser­vir impu­né­ment la patrie ; les défen­seurs de la liber­té ne seront que des pros­crits, tant que la horde des fri­pons domi­ne­ra. »

    Robes­pierre.

    Réponse
  10. Lamartinien

    @morpheus

    j’ai dû mal m’ex­pri­mer. C’est jus­te­ment ce que je vou­lais dire : Onfray et Caron ont, semble-t-il, une mau­vaise connais­sance de l’his­toire de la Révo­lu­tion, et répètent des cli­chés sur un Robes­pierre tyran­nique et sanguinaire.

    Réponse
  11. Ana Sailland
  12. EFFAB

    (@6)

    Sophie… les Mal­heurs de Sophie ?

    Là c’et moi qui suis ter­ro­ri­sé par cette incom­plé­tude cultu­relle ata­vique et quotidienne…

    … et je n’ai rien lu encore concer­nant ROBESPIERRE, ni dans ce blog ni nulle part ailleurs_sinon ce que j’en ai enten­du dire, ici et depuis, cette inver­sion de la réa­li­té et cette mise au point Guille­mienne… ô ter­rible véri­té d’un esprit réin­car­né et l’in­si­gni­fiance d’un Gen­til Robes­pierre face à toute la force et la réa­li­té d’un ROBESPIERRE liber­taire et agissant !

    Petit délire mati­nal, et grand mer­ci pour ces rebonds météo­ro­lo­giques, entre petits Mor­gel­lons invi­sibles aux aveugles et res­pon­sa­bi­li­té poli­tique de cadres mili­taires et pré­ten­du­ment res­pon­sables, bien infor­més, patriotes et ce droit de pen­ser et d’ac­tion, et d’ex­pres­sion, ce par­tage en com­mun, cette trans­pa­rence démo­cra­tique comme ce devoir et cette légi­ti­mi­té, au besoin…

    … à vos plumes numé­riques, Gent­le­men, user du pseu­do à bon escient et tel ETIENNE à l’a­dresse de Fran­cois Asse­li­neau en sep­tembre 2012, lors de cette Table Ronde, Démo­cra­tie, médias et liber­té d’ex­pres­sion, je vous dirais : Il me semble que vous vous gran­di­riez… (à 1h46’40)

    http://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​a​H​v​e​R​c​6​E​oFE

    Petit rap­pel pour les éven­tuels concernés_comme il ne faut pas confondre secret défense et trans­pa­rence, obli­ga­tions et contrôles démo­cra­tique, bref, ce silence opé­rant de la grande Muette sur le ter­rain mili­tai­ren certes, cette dis­cré­tion média­tique si néces­saire et en par­tie, mais cette subor­di­na­tion consti­tu­tio­nelle abso­lue à la puis­sance de la Nation :

    http://questions.assemblee-nationale.fr/q14/14–7016QE.htm

    http://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​A​S​T​_​s​L​-​o​Z9Q

    (Mise en ligne de cette vidéo le 20 août 2011)
    Niko­la Alek­sic du mou­ve­ment éco­lo­gique serbe s’op­pose fer­me­ment à l’é­pan­dage par des avions bana­li­sés de pro­duits chi­miques empoi­son­nant notre pla­nète avec ses habitant.
    Il dénonce la cor­rup­tion des gou­ver­ne­ments occi­den­taux qui on ven­du leur propre pays et leur propre peuple !
    Il est temps de se réveiller !!!
    RÉVOLUTION !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

    Réponse
  13. Patrick Flécheux

    Mes­sage de Laurent Louis, pour les Pari­siens que ça intéresse …

    Avis aux Pari­siens : Ce same­di, je serai dans votre belle ville ! N’hésitez pas à venir à ma ren­contre ! Je ne serai libre de 10h à 18h (j’ai un repas de pré­vu le soir…). Par faci­li­té, parce que j’ai déjà 2 inter­views qui y sont pré­vues et afin de satis­faire tout le monde, je peux vous ren­con­trer à mon hôtel entre 13h et 18h : Hôtel Ely­sées Paris Adresse :19 Ave­nue de Wagram, 17ème. À deux pas de l’Arc de Triomphe. Le plus simple est donc de pas­ser me voir sans ren­dez-vous. Il y a déjà tel­le­ment de demandes qu’il m’est impos­sible de don­ner un RDV per­son­nel à tout le monde… Mon numé­ro de télé­phone sur place : 0032 477 595068 A demain !

    Réponse
  14. Disjecta

    D’ac­cord Etienne pour pas t’emmerder sur Phi­lippe Lan­deux. Mais puisque le type semble t’es­ti­mer, et si tu as l’oc­ca­sion de le ren­con­trer, essaye de le convaincre qu’on ne peut pas sérieu­se­ment défendre Robes­pierre et être du côté du FN, le par­ti des tra­dis, de Saint-Nico­las-du-Char­don­nay, des roya­listes, clique répu­gnante de néo-ven­déens prêts à col­la­bo­rer dès que le pre­mier nazillon repoin­te­ra son bout de nez.

    On ne peut pas défendre Robes­pierre et écrire ça (ici): « En fait, la plu­part des idées et des aspi­ra­tions authen­ti­que­ment de gauche qui remontent à la Révo­lu­tion (d’où viennent éga­le­ment les notions de droite et de gauche) sont aujourd’hui por­tées par la droite natio­nale anti-capi­ta­lo-libé­rale, qua­li­fiée d’extrême droite par la gau­che­rie. Le Front Natio­nal est objec­ti­ve­ment le seul par­ti de gauche en France à l’heure actuelle, du moins le par­ti le plus à gauche d’après ses fon­da­men­taux. Qui d’autre arbore le dra­peau tri­co­lore, chante la Mar­seillaise à pleins pou­mons, qui d’autre est fier d’être fran­çais au lieu d’en être hon­teux ? qui parle de patrie, de nation comme au temps de la Révolution ? »

    C’est du même ordre que le site Éga­li­té et récon­ci­lia­tion qui affiche Cha­vez, Cas­tro et le Che sur sa page d’accueil…

    Réponse
  15. Philippe Landeux

    Vous avez oublié… « qui défend le peuple fran­çais au lieu d’en nier l’existence et d’essayer de le dis­soudre ? qui réclame des réfé­ren­dums au lieu de craindre le peuple ? qui appelle à sor­tir de l’Europe au lieu de se ber­cer d’illusions à son sujet ? qui s’émeut de la décom­po­si­tion géné­rale de la France au lieu de jouer les autruches ? qui fus­tige l’insécurité et le laxisme poli­ti­co-juri­dique au lieu de nier que la sécu­ri­té soit le pre­mier des droits du citoyen ? qui sonne l’alarme contre l’immigration-invasion au lieu de s’en faire le com­plice ? Etc. Etc. Il n’y a aucune dif­fé­rence fon­da­men­tale entre ce dis­cours et celui des révo­lu­tion­naires de 1792–1793 qui criaient « Vive la nation ! », décré­taient « la patrie en dan­ger » et vouaient les traîtres à l’échafaud. »

    J’a­joute que l’ac­tua­li­té des der­niers temps nous a four­ni un autre exemple de simi­li­tude. Robes­pierre était contre la guerre de conquête et les croi­sades sous quelque pré­texte que ce soit. Qui a sou­te­nu les inter­ven­tions en Libye, en Syrie, au Mali… au nom de la liber­té et de la démo­cra­tie, bla­bla­bla. Qui était contre, donc sur une ligne robespierriste ?

    Je ne juge pas les par­tis poli­tiques à leur éti­quette et à leurs pré­ten­tions, mais à leurs prin­cipes. Or on ne peut pas être de gauche sans être patriote (le patrio­tisme est intrin­sè­que­ment éga­li­taire, donc de gauche) ; et on ne peut pas être patriote en étant immi­gra­tion­niste, euro­péiste, capi­ta­lo-libé­ral, mon­dia­liste, en étant l’en­ne­mi, conscient ou non, de son propre pays, de son propre peuple. De fait, la gau­che­rie (tous les par­tis actuel­le­ment dits de gauche, mais qui n’ont rien de gauche au sens his­to­rique) est le par­ti de l’Étranger. Qui­conque est de bonne foi le constate tous les jours.

    Réponse
  16. Antipodes

    @Philippe Lan­deux
    Est-ce qu’en arguant de votre pré­ten­due ‘bonne foi’, vous pré­ten­driez à l’ob­jec­ti­vi­té par hasard ?
    Parce que votre tirade (entre autre) sur l’exis­tence du peuple fran­çais, sur sa dis­so­lu­tion éven­tuelle, est pathé­tique. Si votre ouvrage est de la même veine, ça promet…

    @E.C.
    Voi­là, encore une fois, une tri­bune gra­tuite offerte par notre cham­pion de la démo­cra­tie directe, à une de ces per­son­na­li­tés pré­ten­du­ment plus bleu blanc rouge que le qui­dam moyen. CQFD.

    Ah, pour rap­pel, le sieur Robes­pierre, le révo­lu­tion­naire si cher à cer­tains, vota contre le droit de vote des femmes, alors que le Giron­din Condor­cet votait pour… allez comprendre !

    Lorsque les Enra­gés comme Jacques Roux, Var­let, posèrent la ques­tion de la répar­ti­tion éga­li­taire des richesses, et plus lar­ge­ment de celle de la pro­prié­té pri­vée ; pas touche ! Ils furent liqui­dés, sans même que les Giron­dins eurent à lever le petit doigt pour cette sale besogne.
    Ensuite, ce fut le tour des héber­tistes, qui s’é­taient goin­frés des Biens Natio­naux, mais qui sur­tout avaient l’ou­tre­cui­dance d’ap­pe­ler le peuple à se dépouiller de toute ido­lâ­trie, notam­ment chré­tienne ; pas touche non plus, mau­vais pour l’Être Suprême en ges­ta­tion du Grand Génie en exer­cice (Gégé pour les intimes!). Liquidés !
    Les Giron­dins, tou­jours les mêmes, furent à la fête, mais en tapi­nois, le temps qu’ad­vienne leur heure…

    Réponse
  17. Gaudefroy

    @Philippe Lan­deux

     » Le rôle qui a été attri­bué au Front natio­nal dans la socié­té fran­çaise est simi­laire à celui qui a été attri­bué à Emma­nuel Gold­stein dans la socié­té d’Oceania décrite dans 1984 (le livre culte de Georges Orwell). » (Adrien Abauzit)

    http://​www​.meca​no​po​lis​.org/​?​p​=​2​5​047

    « Le Front natio­nal joue un rôle très iden­tique à celui d’un Duval d’Eprémesnil en 1788. Lui qui se ornait des ori­peaux de la contes­ta­tion n’était en réa­li­té qu’un tar­tufe par­mi les tar­tufes, un membre du Sys­tème par­mi les membres du Sys­tème, comme le révé­la sa mar­gi­na­li­sa­tion dès le début des Etats généraux. »

    http://​www​.meca​no​po​lis​.org/​?​p​=​2​5​096

    L’UPR néo-Gaul­liste est le par­ti réel­le­ment patriote même si la ques­tion de l’im­mi­gra­tion est rare­ment évoquée.

    P.S : Il fau­drait dire à votre édi­teur que plus per­sonne ne lit des PDF de 900 pages sur un écran. Il y a main­te­nant des liseuses qui n’a­bi­ment pas les yeux mais qui exigent le for­mat stan­dard epub. S’il était pro­po­sé un epub, je l’a­chè­te­rai tout de suite comme j’ai ache­té récem­ment l’e­pub de  » Crimes sans châ­ti­ment  » du jour­na­liste Jean-loup Izambert.

    Réponse
  18. Ronald

    Comme je crains que ce fil de dis­cus­sion ne parte en sucette, je vou­drais juste rap­pe­ler deux prin­cipes qui me semblent évi­dents et j’espère le sont pour la plu­part des gens :

    1) Si nous comp­tons un jour par­ti­ci­per à une assem­blée déli­bé­ra­tive tirée au sort, il faut nous attendre à être confron­tés à des gens déten­teurs d’idées très dif­fé­rentes des nôtres. Pour qu’elle fonc­tionne, il faut se pré­pa­rer à devoir écou­ter en silence des gens dont nous ne par­ta­geons pas du tout le point de vue. Par exemple des gens qui pro­posent la léga­li­sa­tion de la pédo­phi­lie ou le bom­bar­de­ment à l’arme ato­mique de popu­la­tions civiles. Alors évi­dem­ment, après, nous pour­rions répli­quer. Mais dans mon esprit, il n’y a en démo­cra­tie pas de cri­tère pour empê­cher quelqu’un d’accéder à la tri­bune sur la base de ses idées.

    2) Défendre des idées n’est pas défendre des hommes. Les gens ont des idées dif­fé­rentes sur dif­fé­rents sujets. Il n’est pas pos­sible de trou­ver deux indi­vi­dus qui soient exac­te­ment d’accord sur tout. On peut trou­ver que quelqu’un a un excellent point de vue sur un domaine, et qu’il l’explique avec beau­coup de brio, tout en trou­vant qu’il a une atti­tude déplo­rable sur une autre ques­tion. Ce n’est pas parce qu’on approuve l’un que l’on s’engage de même sur tout ce qu’il pour­rait pro­fes­ser, et inver­se­ment. Si l’on ne veut dis­cu­ter ou ne pro­mou­voir que des per­sonnes qui par­tagent toutes nos idées, on risque d’attendre long­temps un chan­ge­ment poli­tique. En outre, je pense que les gens ont le droit d’avoir des opi­nions qui se contredisent.

    Réponse
  19. Disjecta

    Cher Phi­lippe Landeux,

    J’ai écrit cette remarque parce que je suis sus­cep­tible sans vous connaître d’é­ven­tuel­le­ment croire en votre sin­cé­ri­té par rap­port à la figure intel­lec­tuelle et his­to­rique de Robes­pierre. C’est d’ailleurs une sorte de « naï­ve­té » que je pense pou­voir attri­buer à la consul­ta­tion régu­lière du site d’Étienne Chouard depuis presque deux ans et ce remar­quable inter­view don­né à Syl­vain Durain. 

    Aller vous confron­ter à cet Rey­nald Secher qui est aus­si his­to­rien que ma grand-mère est pilote de ral­lye (il a cepen­dant la cuis­tre­rie uni­ver­si­taire inhé­rente au rôle) ten­drait d’ailleurs à plai­der en votre faveur. Ou bien (hypo­thèse gra­tuite ? j’ai envie de le croire) à vou­loir don­ner à un type qui pré­tend asso­cier Robes­pierre, Sta­line et Hit­ler, une impor­tance que d’au­cune manière il ne devrait avoir. Tout cela est fort ambi­gu en tout cas.

    Ce qui en tout cas est sûr c’est qu’il est abso­lu­ment impos­sible d’as­so­cier la figure de Robes­pierre au FN, c’est sim­ple­ment l’an­ti­no­mie totale. 

    Pour tra­cer deux paral­lèles his­to­riques un peu osé et rapide, je pro­po­se­rais : Robes­pierre, Babeuf (après 1794), juin 1848, La Com­mune, Jau­rès, la résis­tance com­mu­niste en France, Lise Lon­don, le CNR, aujourd’­hui sans doute aucun le Front de Gauche (quoique sa posi­tion sur la Libye et la Syrie n’ait effec­ti­ve­ment pas brillé par sa luci­di­té). En face, le comte de Bre­teuil, les mus­ca­dins, Charles X, les ver­saillais contre la com­mune, les anti-drey­fu­sards, Action Fran­çaise, l’OAS, les Lepen et donc évi­dem­ment le FN (Jean-Marie ou Marine, cela ne change rien, sauf que l’une est encore plus rou­blarde que l’autre).

    Sin­cè­re­ment, Phi­lippe Lan­deux, j’ai quand même du mal à croire qu’a­près toutes vos lec­tures de Robes­pierre, vous puis­siez vous trom­per à ce point-là. C’est aus­si sus­pect (ou d’un manque de luci­di­té confon­dant) qu’E­ga­li­té et Récon­ci­lia­tion affi­chant Cha­vez en pre­mière page et dont l’es­sen­tiel du site semble faire l’é­loge d’un Efraín Ríos Montt.

    (On part en sucette là ?)

    Réponse
  20. Ana Sailland

    J’ai un peu lu Robespierre.
    Je pour­rais cosi­gner la plu­part de ses exhortations.

    Par contre, jamais je ne pour­rais orga­ni­ser une arma­da plus que coû­teuse en temps et fric en direc­tion de Lam­pe­du­sa pour aller dire droit dans les yeux à un type qui vient de ris­quer sa vie sur un radeau « casse toi ».

    Mais ce n’est pas cette dis­pute qui m’intéresse 😉

    J’ai un doute concer­nant Robes­pierre et j’en appelle aux historiens :

    A‑t-il oui ou non signé des ordres de massacrer ?
    Ou bien :
    A‑t-il eu connais­sance de tels ordres, sans s’y opposer ?
    A‑t-il été en pos­ses­sion de rap­ports mili­taires objec­tifs et sans dis­si­mu­la­tion, et si oui, était il à un tel ins­tant en posi­tion de pou­voir infléchir ?

    Peut être la réponse est elle évi­dente et facile à trou­ver au détour d’un docu­ment, mais moi je ne l’ai pas.
    Help me 😉

    Pour­quoi cette inter­ro­ga­tion ? ->

    Pas pour juger : Il peut être ins­truc­tif pour notre connais­sance de la per­sonne humaine, la notre donc, de savoir si des dis­cours aus­si lumi­neux que ce que nous trou­vons sous la plume de Robes­pierre peuvent per­mettre au niveau de l’ac­tion le contraire de la lumière.

    Je me réjouis donc de rece­voir des réponses à mes ques­tions (j’in­siste sur mon igno­rance de la chose)

    Dans le même ordre d’i­dée, j’ai pas mal d’a­mis qui se disent trots­kistes. Il appré­cient cer­tai­ne­ment cer­tains des aspects de la pen­sée de Trots­ky, et cer­tai­ne­ment les plus lumi­neux, puisque eux-mêmes mes amis, sont lumineux 😉
    Mais Trots­ky fut un bou­cher, qui ne s’est pas défou­lé que sur les blancs.

    Le thème de cette inter­ro­ga­tion, et cela hors du cadre offert par Robes­pierre, est donc la non cohé­rence du dire et du faire, dont nous devons nous méfier comme de la peste, brune, rouge, bleu blanc rouge, ou de toute couleur.

    Car il y a quelque chose de fou à vou­loir impo­ser la jus­tice par des moyens qui sont fous.

    Réponse
  21. J-Stéphane

    Bon­soir,

    Ana,

    Comme tou­jours, la réponse est dans le pou­voir et de l’argent.

    Réponse
  22. gilles

    Salut Ana, bon, tu n’as plus accès à wiki­pé­dia main­te­nant et tu en appelles aux historiens 🙂

    Article de wiki­pé­dia consa­cré à Robes­pierre ; sous-cha­pitre consa­cré à la Terreur

    Voir aus­si Robes­pierre : Pour le bon­heur et la liber­té – Dis­cours page 326 :

    Extrait rema­nié et rac­cour­ci ( il est tard ) :

    Les membres du Comi­té de sûre­té géné­rale ont détour­né l’es­prit de la loi du 22 prai­rial-10 juin 1794 pour en faire une arme contre Robes­pierre. Cette loi qui devait réor­ga­ni­ser le Tri­bu­nal Révo­lu­tion­naire pour des Com­mis­sions popu­laires soient for­mées au préa­lable pour trier les sus­pects et n’en­voyer au Tri­bu­nal révo­lu­tion­naire que des incul­pés de crimes contre-révo­lu­tion­naires. Ceci pour évi­ter les abus scan­da­leux et cri­mi­nels com­mis par ce Tribunal.

    Voir l’ar­ticle Georges Cou­thon sur wiki­pé­dia ( il a prin­ci­pa­le­ment rédi­gé cette loi et en a été le rap­por­teur à la Convention. )

    Or, la loi du 22 prai­rial à peine votée par la Conven­tion, le Comi­té de sûre­té géné­rale ( dont ne fait PAS par­tie Robes­pierre ) la fait appli­quer sans orga­ni­ser au préa­lable les Com­mis­sions popu­laires pré­vues. Ce sabo­tage de la loi s’ac­com­pagne d »une cam­pagne de calom­nies auprès de l’o­pi­nion en cher­chant à iso­ler Robes­pierre en le ren­dant seul res­pon­sable de cette loi et de son appli­ca­tion manipulée.

    Fin de l’extrait

    Robes­pierre, ancien avo­cat, a tou­jours, à ma connais­sance, vou­lu des pro­cès équi­tables pour les accu­sés. Peu à voir avec Trots­ky et le cli­mat san­gui­naire et auto­ri­taire du tsa­risme, de la bou­che­rie de 14–18 et des révo­lu­tions russes qui ont sui­vi ces évènements.

    Réponse
  23. Philippe Landeux

    @ Dis­jec­ta

    Je ne me suis pas confron­té à Rey­nald Secher pour lui don­ner « l’importance que d’au­cune manière il ne devrait avoir », mais tout sim­ple­ment parce que Jean Robin m’a offert cette oppor­tu­ni­té et que je ne suis pas actuel­le­ment en posi­tion de faire la fine bouche.

    Pour le reste, comme vous le dites, je connais bien Robes­pierre et je ne crois pas m’aventurer à sou­te­nir les opi­nions, je devrais même dire les convic­tions, qui sont les miennes. Vous ne me ferez pas plus chan­ger d’avis que je ne par­vien­drai à vous convaincre. Pour votre gou­verne, et cela vous sur­pren­dra peut-être, les seuls par­tis et mou­ve­ments aux­quels je n’ai jamais adhé­ré étaient estam­pillés de gauche, dont la CNT. Donc je sais ce que c’est ; j’ai vu qu’ils ne brillaient pas par leur amour de la France, pour ne pas dire le plus. Mais ce n’est pas le sujet.

    Pour ceux qui ne l’auraient pas encore com­pris, cet ouvrage n’est ni un roman ni un essai, mais un recueil de texte et de docu­ments que je me contente de pré­sen­ter. En admet­tant que mes pré­sen­ta­tions ne conviennent pas, il reste que les textes sont authen­tiques et que, pour la pre­mière fois, l’essentiel de Robes­pierre est réuni en un seul livre.

    @ Ana Sailland

    A‑t-il oui ou non signé des ordres de massacrer ?
    A‑t-il eu connais­sance de tels ordres, sans s’y opposer ?
    A‑t-il été en pos­ses­sion de rap­ports mili­taires objec­tifs et sans dis­si­mu­la­tion, et si oui, était il à un tel ins­tant en posi­tion de pou­voir infléchir ?

    Vos ques­tion sont en elles-mêmes ambi­guës. Qu’appelez-vous « mas­sa­crer » ? Il est évident qu’en temps de guerre (et Robes­pierre a tout fait pour que ce temps n’arrive pas) cer­tains ordres impliquent des tue­ries. Il faut donc dis­tin­guer l’acte de tuer légi­ti­me­ment les enne­mis et mas­sa­crer aveu­glé­ment tout ce qui bouge.

    A‑t-il oui ou non signé des ordres de massacrer ?

    Pour ma part, j’ai vu tous les arrê­tés du Comi­té de salut public et je vous cer­ti­fie qu’il n’y a aucun docu­ment éma­nant du Comi­té, a for­tio­ri signé par Robes­pierre, ordon­nant des mas­sacres. S’il en exis­tait un seul, croyez bien que les tar­tuffes à la Secher le bran­di­raient de longue ! Mais walou ! Ain­si, le seul arrê­té à charge contre Robes­pierre, sur la ques­tion de la Ven­dée, est l’arrêté du 27 novembre 1793 por­tant la nomi­na­tion du géné­ral Tur­reau. « Le Comi­té de salut public arrête que le géné­ral Tur­reau alors à l’armée des Pyré­nées-Orien­tales pren­dra le com­man­de­ment de l’armée de l’Ouest en sa qua­li­té de géné­ral de divi­sion et qu’en atten­dant le géné­ral Mar­ceau exer­ce­ra le même com­man­de­ment. » – Ecrit par Barère qui signe, ain­si que Billaud-Varenne, Car­not, Robes­pierre. Sachant que Tur­reau ne conçut les colonnes infer­nales qu’en jan­vier et que sa tac­tique allait à l’encontre de celle du Comi­té, on voit que c’est un peu faible contre Robes­pierre. Mais c’est tout ce qu’il y a à se mettre sous la dent.

    A‑t-il eu connais­sance de tels ordres, sans s’y opposer ?

    Poser ain­si la ques­tion c’est déjà sup­po­ser que de tels ordres ont exis­té. Encore une fois, on ne fait pas la guerre sans tuer per­sonne. Mais la tac­tique du Comi­té et des repré­sen­tants en mis­sion était de faire éva­cuer autant que pos­sible la popu­la­tion des ter­ri­toires insur­gés et d’écraser ensuite tout ce qui res­te­rait. C’est une tac­tique clas­sique face à un enne­mi qui se fond dans la popu­la­tion. Le résul­tat res­semble à un mas­sacre, mais la tac­tique en elle-même, qui vise à dis­tin­guer « le bon grain de l’ivraie », inter­dit de par­ler de géno­cide. Cela ramène la ques­tion à savoir si Robes­pierre avaient connais­sance que des ordres étaient don­nés pour tuer des gens. Évi­dem­ment ! Quant aux exac­tions annexes, aux hor­reurs de la guerre, les ordres venaient moins d’en haut (sauf peut-être pour les noyades de Nantes, orga­ni­sées par Car­rier) que des ini­tia­tives de la troupe. Les repré­sen­tants en mis­sion se sont plaints de l’indiscipline, le CSP a don­né des ordres pour que la dis­ci­pline soit main­te­nue ou réta­blie, mais que faire de plus, dans ces condi­tions, sans faire le jeu de l’ennemi ? On sait du reste que Robes­pierre avait hor­reur des exac­tions et qu’il s’est mis à dos tous les repré­sen­tants qui en avaient ordon­né (Fou­ché, Fré­ron, Bar­ras, Car­rier, etc.).

    A‑t-il été en pos­ses­sion de rap­ports mili­taires objec­tifs et sans dis­si­mu­la­tion, et si oui, était il à un tel ins­tant en posi­tion de pou­voir infléchir ?

    Robes­pierre ne s’occupait pas sinon peu de la guerre inté­rieure ou exté­rieure. C’était le domaine de Car­not. De manière géné­rale, Robes­pierre n’a jamais eu LE pou­voir. Il ne faut pas perdre de vue, non plus, que la guerre de Ven­dée a eu lieu pen­dant la lutte des fac­tions (giron­dins, héber­tistes, dan­to­nistes) et que le CSP lui-même, obli­gé de lou­voyer, n’a pas tou­jours eu le choix des nomi­na­tions et de sa politique.

    Réponse
  24. Ana Sailland

    C’é­tait équi­valent à une perche ten­due. Mer­ci à Gilles de l’a­voir saisie.
    ça m’é­claire mieux que les cours d’His­toire subis au lycée il y a un demi siècle.
    (((je détiens et j’ai lu du bon­heur et de la liber­té mais la beau­té de l’ac­cu­sé ne suf­fi­sant pas à le dis­cul­per, des regards exté­rieurs tels ceux ici pré­sen­tés <mer­ci encore> sont nécessaires)))

    @Philippe , le verbe mas­sa­crer n’est pas ambi­gu. En par­ti­cu­lier en ces ter­ribles années. Et la défi­ni­tion « tirer sur tout ce qui bouge » est assez convenable 🙂

    Par contre, l’u­sage du mot légi­time est à mon sens dan­ge­reux puisque c’est celui dont se parent les mas­sa­creurs, de tout temps.
    Ils sont juges et par­ties et en tel cas la convic­tion d’a­voir rai­son n’est pas légi­ti­ma­tion mais pré­texte aveuglant.
    Per­sonne, qu’il s’a­gisse d’un indi­vi­du ou d’un peuple, per­sonne n’a au moment de tuer le recul néces­saire pour esti­mer son acte.
    Il me semble que le plus simple serait de ne pas tuer pour motif politique .….…..
    Quant aux autres motifs, je n’en vois pas 😉

    ;;;;;;;;;;;;

    On me dit que Robes­pierre ne vou­lait que des pro­cès équitables.
    Je conti­nue à res­sen­tir un malaise pro­fond face au concept de pro­cès équi­table avec pour enjeu la mort, mais c’est moi ça 😉
    Et la ques­tion, géné­ra­liste, ne concerne plus le cas Robes­pierre mais l’es­pèce humaine.

    Je suis convain­cue que tout ordre nou­veau cen­sé être béné­fique mais obte­nu par la vio­lence porte en ses gênes la vio­lence et la coer­ci­tion. Et jus­qu’à sa chute trai­ne­ra comme un han­di­cap ses bles­sures fondatrices.

    Réponse
  25. J-Stéphane

    Bon­jour,

    C’est un vrai plai­sir de vous lire, merci !

    Réponse
  26. gilles

    Ana, l’ordre nou­veau, déjà comme expres­sion, c’est très conno­té, mais bon, je sup­pose que tu ne l’as pas fait exprès, naïve 🙂

    Cet orga­ni­sa­tion nou­velle de la socié­té, cen­sée être béné­fique, peut-être que les béné­fi­ciaires de l’ordre ancien ne l’en­ten­dront pas de cette oreille.

    Ima­gi­nons le monde des bisour­nous, j’a­dore les démons­tra­tions par l’absurde :

    « Bon­jour Mon­sieur Mit­tal, on est venus, nous les licen­ciés de la sidé­rur­gie, par­ta­ger vos biens qui viennent des pro­fits que vous avez fait sur nous. »

    « Don­nez-vous la peine d’en­trer, vous connais­sez ma femme, jus­te­ment, je vous atten­dais, vous en avez mis du temps, tout est prêt, tout se fera en règle, mon notaire est là, ah, là, là, quelle atmo­sphère, tous ces riches una­nimes dans le Monde entier qui se dépouillent de leurs richesses, sans vio­lence, au pro­fit des plus pauvres. Eh, bien, au fond de moi, je l’ai tout le temps vou­lu, ma conscience me le dic­tait, mais j’a­gis­sais autre­ment, je n’o­sais sau­ter le pas, main­te­nant, grâce à vous, je suis fier d’en faire partie. »

    Est-ce que cela va se pas­ser comme cela, à la Ana Sailland, ou bien va-t-il fal­loir un peu pous­ser et ne vont-ils pas essayer de conser­ver leurs posi­tions par cer­tains moyens, disons peu ortho­doxes, ce qui entraî­ne­ra une forme de réplique ?

    Les inéga­li­tés ne sont-elles pas, aus­si une forme de vio­lence muette ?

    N’y-at-il pas une cer­taine forme de tra­gique dans toute existence ?

    Peut-on vivre toute sa vie, je dis bien chaque ins­tant de sa vie, sans jamais nuire à qui que soit, le moins du Monde, sans pro­non­cer la moindre parole offen­sante à qui que soit, sans tuer le moindre orga­nisme vivant, ne serait-ce qu’ à une four­mi que l’on écra­se­rait par mégarde ?

    N’est-ce pas facile, à tous points de vue, de se don­ner tou­jours le beau rôle de la conscience morale, sans tâche et irréprochable ?

    Cela me déman­geait depuis long­temps, mais ici, j’ai réus­si à expri­mer mes réserves face à l’an­gé­lisme facile.

    Sur Robes­pierre, contre la loi mar­tiale et les manoeuvres que les patriotes doivent contrer de la part de La Fayette, Mira­beau, Bar­nave, lis page les pages 36, 37 et 38 de « Robes­pierre : Pour le bon­heur et la liber­té – Dis­cours »

    Ne m’en veux pas si je n’ai pas le temps de répondre à ta réponse, mes proches récri­minent dès qu’ils voient l’i­mage d’É­tienne Chouard sur l’é­cran. « Encore avec cet ordi­na­teur à faire de la politique ! »

    « Étienne Chouard, il ne sera pas là, quand tu seras dans la merde ! »

    Réponse
  27. Philippe Landeux

    @ Ana

    Il me semble avoir été clair dans les nuances que j’ai appor­tées. Du coup, je ne vois pas où vous vou­lez en venir. Je vous rap­pelle que Robes­pierre n’a pas vou­lu de la guerre dont la Ter­reur fut une consé­quence. Robes­pierre espé­rait que les lois évo­luent par le simple jeu démo­cra­tique. Ce n’é­tait pas un adepte de la vio­lence, sauf cas d’ex­trême néces­si­té et de légi­time défense. Or c’est bien la guerre, vou­lue par la Cour et les Giron­dins, quoique pour des rai­sons dif­fé­rentes, qui a contraint les révo­lu­tion­naires à réagir avec vio­lence sous peine d’être eux-mêmes écrasés.

    Il est facile d’ar­guer de bons sen­ti­ments quand on n’a pas soi-même connu une guerre à mort ou quand on ne se pro­jette pas dans une telle époque. Son­gez à l’in­di­gna­tion qui serait la votre si, au cours d’une mani­fes­ta­tion, la police tuait une ou deux per­sonnes. Son­gez main­te­nant à toutes les répres­sions san­glantes qui pré­cé­dèrent le 10 août 1792, rap­pe­lez-vous le mani­feste de Bruns­wick, et vous com­pren­drez pour­quoi les révo­lu­tion­naires, confron­tés à des enne­mis impla­cables, n’ont guère eu le choix des moyens.

    Bref, c’est faire un mau­vais pro­cès aux révo­lu­tion­naires que de leur repro­cher d’avoir usé de vio­lence face à des adver­saires aus­si vio­lents qu’eux et qui ini­tièrent la vio­lence, soit qu’ils en usèrent réel­le­ment, soit qu’ils en bran­dirent la menace.

    Réponse
  28. Morpheus

    « S’il fal­lait abso­lu­ment choi­sir entre la vio­lence et la lâche­té, je conseille­rais la vio­lence (…) mais je crois que la non-vio­lence est infi­ni­ment supé­rieure à la violence. »

    Gand­hi

    Réponse
  29. Ana Sailland

    Phi­lippe, je crois avoir été mal lue car nous ne sommes pas en désac­cord sur l’His­toire, je serais pré­ten­tieuse à jou­ter sur ce ter­rain là, si ça avait un inté­rêt construc­tif. Je ne crois pas avoir fait de pro­cès aux révo­lu­tion­naires mais seule­ment au mot légi­time auto-admi­nis­tré par un camp, phé­no­mène récur­rent à tra­vers siècles ou mil­lé­naires, et je crois avoir annon­cé que je déper­son­na­li­sais le débat pour pas­ser à autre chose que le cas Robes­pierre, pour ne faire état que de mon aller­gie au concept de pro­cès équi­table avec la mort en vue. Je par­lais de la vio­lence en géné­ral, je veux dire de la vio­lence libé­ra­trice et de son impact géné­tique sur la civi­li­sa­tion libé­rée qui suit. C’est une réflexion plus phi­lo­so­phique qu’ins­crite dans la condam­na­tion des acteurs. C’é­tait aus­si une réponse très par­tielle à un pas­sage de la vidéo de Sophie W. qui pose cer­taines ques­tions fon­da­men­tales sur l’en­sei­gne­ment de l’His­toire et la réflexion de fond qu’elle devrait sus­ci­ter si nous accep­tions de la per­ce­voir comme objet non refroi­di, encore brû­lant, et d’ac­tua­li­té. Nous nous dis­pu­tâmes elle et moi un jour sur un sujet connexe. Je suis heu­reuse de la redé­cou­vrir plus pro­fonde que ce que j’a­vais per­çu à ce moment.
    Je ne suis abso­lu­ment pas dans la ligne, même en terme feu­tré, de ceux qui pré­sentent Robes­pierre comme pré­cur­seur des totalitarismes.
    Cepen­dant, si on insiste, je peux jouer à la dénon­cia­tion mora­liste, mais sans plaisir 😉
    Par exemple en obser­vant les mas­sacres d’A­vrillé, dont les vic­times sont par­fois des enfants ou des jeunes filles, exé­cu­tions consé­cu­tives à un « pro­cès équi­table » un an après les faits repro­chés, donc à tête repo­sée et sans la folie de bataillons débri­dés en goguette car­nas­sière. L’ar­gu­ment d’une volon­té d’é­car­ter les gen­tils avant de zigouiller les méchants ne me semble pas tenir la route. Mais ce jeu n’est pas ma tasse de thé 😉

    ;;;;;;;

    Je serais par ailleurs inté­res­sée à avoir des avis sur le maquillage en bri­gan­dage des chefs d’ac­cu­sa­tion. Ce phé­no­mène n’est pas rare et couvre tout le ter­ri­toire ven­déen, au sens large. Com­prendre le méca­nisme psy­chique qui conduit ceux qui jugent à ne pas oser dire ce qu’ils jugent.

    Il fait beau, ce soir il pleut. Je pars à vélo soi­gner mes coro­naires. Bon après-midi 🙂

    Réponse
  30. Philippe Landeux

    Ana, les révo­lu­tion­naires n’envisageaient pas de recou­rir à la vio­lence ; ils n’associaient pas, comme vous le sous-enten­dez, l’idée de révo­lu­tion à celle de vio­lence. Le recours à la vio­lence fut, de leur part, une réac­tion, une néces­si­té et non l’application d’une théo­rie. Le seul qui prô­na la vio­lence dès le début, c’était Marat qui fut pré­ci­sé­ment incom­pris et détes­té pour cela.

    Par ailleurs, même si cela n’est pas votre inten­tion, il est per­ni­cieux de lais­ser entendre que les idées de révo­lu­tion et de vio­lence sont liées et par consé­quent condam­nables, comme si la vio­lence était la carac­té­ris­tique des seules révo­lu­tions. Vous posez une ques­tion au sujet des civi­li­sa­tions nées d’une révo­lu­tion vio­lente. Mais les civi­li­sa­tions et les régimes naissent rare­ment dans la joie et la bonne humeur ! Que fau­drait-il dire que la 3e répu­blique inau­gu­rée par le mas­sacre des Pari­siens, d’une vio­lence dont la Révo­lu­tion fran­çais n’offre aucune com­pa­rai­son ? Et on pour­rait trou­ver ain­si beau­coup d’autres exemples. Les sys­tèmes éta­blis ont l’art d’effaroucher le peuple en poin­tant la vio­lence révo­lu­tion­naire pour mieux faire oublier la leur et les formes qu’elle prend.

    Réponse
  31. Ana Sailland

    La répé­ti­tion d’un phé­no­mène ne le jus­ti­fie pas.

    Réponse
  32. Disjecta

    Cher Phi­lippe Landeux,

    Je ne com­prends pas très bien votre désir de ne pas débattre. Si vous n’a­vez effec­ti­ve­ment aucune chance de me convaincre que Robes­pierre puisse avoir quoi que ce soit à voir avec le FN, c’est du moins l’oc­ca­sion pour vous de pro­fi­ter de cette tri­bune (certes rela­tive) pour expo­ser vos idées et convaincre d’autres per­sonnes sus­cep­tibles de lire les com­men­taires de ce fil que vos idées ont un sens. A moins que vous ayez quelque rai­son de pen­ser que l’ex­po­si­tion de vos thèses ris­que­rez de nuire à la vente de votre livre ?
    Quelques ques­tions pour lan­cer la chose (si vous accep­tez le défi):

    1. Vous n’êtes tout de même pas sans savoir que la thèse du géno­cide ven­déen est une thèse défen­due par des milieux proches du FN, et par exemple les tra­di­tio­na­listes et la Fra­ter­ni­té Saint-Pie X ?

    2. Vous pen­sez vrai­ment que de s’être pro­non­cé contre les guerres en Libye, en Syrie et au Mali suf­fit à mettre un signe égal entre le FN et Robes­pierre ? Marine Lepen ne vient-elle pas tout juste de défendre le bilan éman­ci­pa­teur et édu­ca­tif de la colo­ni­sa­tion fran­çaise ? (Je vous four­nis les sources si celles-ci vous manquent)?

    3. Qu’est-ce qui vous fait croire que le Front de Gauche n’est pas pro­fon­dé­ment atta­ché à la Mar­seillaise et au dra­peau fran­çais ? Acces­soi­re­ment qui a com­mé­mo­ré le 22 sep­tembre der­nier la mémoire de la Répu­blique devant le Pan­théon (sinon le Front de Gauche et Mélen­chon)? Qui a écrit Robes­pierre reviens (sinon Alexis Cor­bière du Par­ti de Gauche)? Qui, a contra­rio et chaque année, fait un défi­lé en l’hon­neur de Jeanne d’Arc, figure émi­nem­ment tra­di­tio­na­liste et monar­chiste (sinon le FN)?

    Trois ques­tions en guise d’a­pé­ri­tif. Si vous n’a­vez pas l’am­bi­tion de me convaincre, essayez de convaincre les lec­teurs de ce fil…

    NB : Je res­pecte votre tra­vail, mais vous devriez être au Front de Gauche, à ten­ter de rendre cen­trale cette figure émi­nente qu’est Robes­pierre dans ce par­ti. Ou bien vous êtes juste là pour ten­ter de brouiller les cartes, comme sait si bien le faire le FN, qui se pré­tend pro-ouvrier et qui n’est rien moins que le molosse en der­nier recours de la rente.

    Réponse
  33. J-Stéphane

    Bon­soir,

    Les par­tis n’ont qu’une rai­son d’être : divi­ser pour mieux régner.

    Réponse
  34. Ana Sailland

    Notre niveau est assez bas.

    Je conserve les liens vers l’in­té­grale de Robespierre.

    Réponse
  35. Morpheus

    Les par­tis, de quelque bord qu’ils soient, n’ont aucune légi­ti­mi­té pour s’ap­pro­rier ni la figure ni les idées de Robes­pierre. Ils peuvent s’en ins­pi­rer, mais nous savons bien que les par­tis ne se contentent pas de s’ins­pi­rer des grandes figures de l’His­toire : ils s’en emparent afin de s’en parer et de dorer ain­si arti­fi­ciel­le­ment – et indue­ment – leur bla­son. Il en va ain­si de ceux qui s’emparent de Jean jau­rès, ou de ceux qui s’emparent de De Gaule, ou encore de ceux qui s’emparent de Jeanne d’Arc.

    Mes­sieurs et Mes­dames les par­ti­sans, de quelque bord que vous soyez, ces figures – aucune d’entre elles – ne vous appar­tiennent pas ! Gar­dez-vous d’en abu­ser, et si vous êtes sin­cères, conten­tez-vous de vous en ins­pi­rer sans acca­prer ni leur aura ni leurs idées, car leur aura n’ap­par­tienne qu’à eux, et les idées sont à tout le monde.

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  36. Philippe Landeux

    Avec ce recueil, mon but n’est pas de dire quel par­ti poli­tique peut se récla­mer de Robes­pierre, mais que tout Fran­çais, de quelque bord qu’il soit, puisse enfin décou­vrir, à tra­vers ses textes, et non sur la foi de récits par­tiaux ou fan­tai­sistes, la réa­li­té de ce per­son­nage tant décrié et que tous ceux qui aiment encore la France, leur patrie, rendent hom­mage et jus­tice à ce grand patriote.

    Tous ceux qui connaissent bien Robes­pierre et l’ad­mirent avec rai­son devraient, d’une part, applau­dir à cette entre­prise de réha­bi­li­ta­tion, d’autre part, dépas­ser les cli­vages poli­tiques et s’u­nir dans l’in­té­rêt com­mun, pour le salut de la France.

    Réponse
  37. Disjecta

    Pas d’ac­cord Morpheus. 

    Je reven­dique pour la gauche (la vraie) les figures de Marat, Robes­pierre et Saint-Just, les figures de Louis Ménard, de Lis­sa­ga­ray, de Louise Michel, celles de Rosa Luxem­burg, d’Ar­tur et Lise Lon­don, celles du Che et de Cas­tro, enfin celle de Cha­vez (tous ceux-là par­mi bien d’autres).

    Qu’en face l’ex­trême-droite assume ses propres « héros » : Jeanne d’Arc, les rois de France, les com­man­dants ven­déens, le géné­ral Bou­lan­ger et la ligue des patriotes, Charles Maur­ras et l’Ac­tion Fran­çaise, le maré­chal Pétain, le géné­ral Salan et l’OAS, Fran­co et Pino­chet. Pour avoir eu l’oc­ca­sion de « fré­quen­ter » le milieu, c’est d’ailleurs les figures qu’ils assument en pri­vé. Comme c’est moins por­teur en public évi­dem­ment, on essaye tran­quille­ment de pré­tendre qu’un Robes­pierre ou un Cha­vez repré­sentent exac­te­ment l’i­dée que l’on se fait de la nation et du patrio­tisme et qu’ils sont sans pro­blème solubles dans l’extrême-droite.

    Par ailleurs, vous devriez consi­dé­rer avec un peu plus d’at­ten­tion ce qui se passe au sein du Par­ti de Gauche et du Front de Gauche. C’est tout de même de ce côté-là qu’on est le plus sus­cep­tible de bien­tôt connaître une constituante. 

    Et Étienne vient de don­ner un lien sur le PG73 (Par­ti de Gauche de Savoie) qui s’in­té­resse de près à la ques­tion du tirage au sort. 

    Compte tenu de la poli­tique socia­liste actuelle, il n’est pas impos­sible que le Front de Gauche devienne la pre­mière force de gauche du pays d’i­ci moins de cinq ans. Et donc que la consti­tuante et, si tant est qu’on nour­risse le débat de ce côté-là, la ques­tion du tirage au sort, soient sus­cep­tibles d’oc­cu­per le devant de la scène. 

    Les par­tis existent, ça sert à rien de les nier et si effec­ti­ve­ment ils sont un risque pour la démo­cra­tie que l’on vou­drait voir abou­tir, ils peuvent être (du moins le Front de Gauche) un vec­teur impor­tant des idées qui sont défen­dues par Étienne Chouard.

    Réponse
  38. Ana Sailland

    Gilles me com­mu­nique par mail ce lien fort intéressant :

    https://​fr​.wiki​pe​dia​.org/​w​i​k​i​/​O​l​y​m​p​e​_​d​e​_​G​o​u​ges

    Olympe de Gouges

    J’y relève :

    « le sang, même des cou­pables, ver­sé avec cruau­té et pro­fu­sion, souille éter­nel­le­ment les Révolutions »

    C’est qua­si­ment l’un de mes pro­pos contes­té plus haut.
    Gare à mon col 😉

    Dans le para­graphe « La fin » il y a plein d’autres trucs en rap­port avec le débat d’ici.

    Mer­ci Gilles 🙂

    Réponse
  39. Morpheus

    A pro­pos de vio­lence dans les révo­lu­tions, on peut aus­si médi­ter sur cette cita­tion de Sénèque :

    « La rai­son veut déci­der ce qui est juste ; la colère veut qu’on trouve juste ce qu’elle a décidé. »

    Mais tout en sachant éga­le­ment que « La vio­lence est le der­nier recours de l’impuissance ».

    Aus­si, lors­qu’un pou­voir abso­lu réduit à l’im­puis­sance (ou même au sen­ti­ment d’im­puis­sance, car le résul­tat est pareil), un peuple et que, pous­sé à bout, au pied du mur, le peuple se rebelle, il n’y a rien d’é­ton­nant que ce peuple soit mu par la colère et s’a­donne à quelque violence.

    Des années, des lustres, des siècles d’in­jus­tices et de spo­lia­tions, de ser­vi­tudes et d’exac­tions, abou­tissent inévi­ta­ble­ment à la vio­lence (choc en retour, loi de cau­sa­li­té réciproque).

    Condam­ner ensuite les révol­tés d’a­voir cédé à la vio­lence dans un moment de colère et de révolte, c’est pro­pre­ment ignoble de la part des mêmes qui, avant la révolte, n’a­vaient aucun com­plexe à exer­cer leur tyran­nie sur le peuple. Car ces mêmes puis­sants n’ont jamais aucun scru­pule à le faire cou­ler, le sang, eux.

    Il fau­drait donc que le bon peuple soit en toute situa­tion par­fai­te­ment ver­tueux et ne cède jamais à la vio­lence, même lors­qu’il est pous­sé dans ses der­niers retran­che­ments et ren­du impuis­sant par les fumiers qui abusent de leur rang et posi­tion sociale ?

    A y regar­der de plus près, on se trouve dans une situa­tion typique où le peuple, vic­time de la per­ver­sion des voleurs de res­sources et de pou­voir, se trouve accu­sé de vile­nie par leurs bour­reaux de tous les jours (et de tou­jours) parce que pen­dant le temps de la révolte, il aurait usé de vio­lence et de cruau­té, alors que cette même vio­lence et cruau­té, tout autant injuste, étaient le quo­ti­dien par lequel les puis­sants exer­çaient leur pouvoir ?

    Per­ver­sion bourgeoise.

    Mor­pheus le Rebel

    Réponse
  40. Vincent

    Au fond, ce qui fait très peur à Secher ce sont les mas­sacres. Sa crainte c’est que des néos Robes­pierre arrivent avec de nou­velles belles idées cen­sées défendre le peuple, la liber­té réci­proque, la digni­té de tous, etc… qu’au nom du prin­cipe de « résis­tance à l’op­pres­sion », une insur­rec­tion « vienne » et reven­dique l’u­sage d’une force légi­time et qu’à ce titre et dans ce contexte une frange du peuple (sur le modèle des « Ven­déens ») s’op­pose aux insur­gés, ou à un nou­veau pou­voir, se récla­mant à leur tour de la vio­lence légi­time et de la résis­tance à l’oppression.

    À cette crainte, Lan­deux oppose la réa­li­té (d’hier et dans une moindre mesure d’au­jourd’­hui) d’une oppres­sion des uns sur les autres et la vic­toire d’un camp (les riches) sur l’autre (les pauvres).

    Mais là où Secher a rai­son c’est que les Chouans et les Ven­déens, c’é­tait le peuple, aus­si. Et même si effec­ti­ve­ment il ne voit pas toute la por­tée huma­niste et pro­fon­dé­ment paci­fiste de la pen­sée de Robes­pierre, fina­le­ment dans le débat, ce qu’on entend de la bouche de Lan­deux c’est « qu’on ne fait pas d’o­me­lettes sans cas­ser des oeufs ».

    Pour avan­cer je crois qu’il faut bien com­prendre que le petit peuple révo­lu­tion­naire qu’on envoya mas­sa­crer le petit peuple roya­liste en 1793 est le même que le petit peuple envoyé par les Ver­saillais pour mas­sa­crer le petit peuple de la Com­mune en 1871. On aura beau jeu d’ar­gu­men­ter que dans tel cas le peuple est plus ou moins mani­pu­lé que dans tel autre, à chaque fois il y a des morts et ces morts sont autant d’êtres humains appar­te­nant au « peuple ».

    La seule façon de s’en sor­tir c’est de reve­nir à la notion de repré­sen­ta­tion popu­laire. Dès lors qu’un homme (élu ou non) pré­tend repré­sen­ter un peuple, il com­met un crime. Robes­pierre, mal­gré tout le bien que je pense de lui par ailleurs, est à ce titre, un cri­mi­nel. Comme tous les repré­sen­tants poli­tiques d’hier et d’aujourd’hui.

    Cela me fait pen­ser à Soral et son admi­ra­tion pour Cha­vez. Fas­ci­né par Gus­tave Le Bon, il per­çoit comme sublime le ral­lie­ment d’un peuple au cha­risme d’un résis­tant qu’il estime juste et droit. C’est omettre deux détails. 1) Le peuple n’est pas une foule. 2) Ceux qui pensent autre­ment (c’est tout le pro­blème sou­le­vé par Secher et qui en d’autres cir­cons­tances conduit à la Terreur)

    L’hu­ma­ni­té se divise donc en deux :
    1) ceux qui croient à l’i­dée juste et vraie et aux hommes pro­vi­den­tiels (Lan­deux : Robes­pierre ou, à défaut, Marine Le pen / Secher : « les gens de bien ») – ça va de l’ex­trême gauche à l’ex­trême droite en pas­sant par toutes les orga­ni­sa­tions politiques.
    2) ceux qui croient au peuple dans sa tota­li­té et sa diver­si­té (donc, aus­si, à « ceux qui croient à l’i­dée juste et vraie et aux hommes pro­vi­den­tiels ») et au tirage au sort comme dis­tri­bu­tion du pouvoir.

    Mais nous avons tel­le­ment peur les uns des autres que le pre­mier groupe écrase encore numé­ri­que­ment lar­ge­ment le second. Cepen­dant je crois au deve­nir huma­niste et ne peux me résoudre à l’é­ter­nelle défaite de ceux-ci. En ce sens je crois que « ce qui vient » ce n’est pas l’in­sur­rec­tion (nou­velle boucle macabre de l’His­toire), mais la démo­cra­tie, la vraie – ce n’est pas le Grand Soir, ce n’est pas la fin des pro­blèmes mais le début d’une recon­quête par les peuples de leur Histoire.

    Les moda­li­tés d’un tel avè­ne­ment résident dans l’in­ten­si­fi­ca­tion du débat que nous menons ici-même.

    Réponse
  41. J.C

    @ Vincent

    C’est inté­res­sant ce que tu dis là.

    On aborde ici le sujet du prin­cipe de l’o­béis­sance à une hié­rar­chie et l’i­dée même de représentativité.

    Si nous n’é­tions pas tenu à l’o­béis­sance nous n’au­rions pas ensuite à nous révolter.
    Nous avons cha­cun d’entre nous une res­pon­sa­bi­li­té à cet égard.
    Il appa­raît donc essen­tiel que nous allions cher­cher du côté de la cause de cette obéis­sance toujours
    renouvelée.
    Par ailleurs, je ne pense pas que le tirage au sort soit la meilleure alter­na­tive d’or­ga­ni­sa­tion démo­cra­tique car elle est encore une forme de repré­sen­ta­ti­vi­té. Les tirés aux sorts sou­mis à l’o­béis­sance pour­raient bien avoir envie de se rebel­ler et de pro­fi­ter, en contre par­tie de leurs ser­vices, des pou­voirs qui leurs sont accor­dés. Toute idée de délé­ga­tion du pou­voir poli­tique pour­rait être consi­dé­ré comme répugnant.

    En outre, accor­der des sta­tuts spé­ci­fiques va à l’en­contre du prin­cipe d’é­ga­li­té propre à une démo­cra­tie. Démo­cra­tie qui a, entre autres, la fonc­tion d’ac­cor­der au faible la pro­tec­tion à l’é­gard du fort afin qu’il puisse lui aus­si jouir de sa liberté.

    J’en­tends aus­si par fort ceux qui de part leurs capa­ci­tés sont en posi­tion de contri­buer davan­tage que d’autres ou en tout cas le prétendent.
    De ce point de vue si nous gar­dons à l’es­prit qu’il est indis­pen­sable d’en­vi­sa­ger un système
    ou cha­cun peut béné­fi­cier plei­ne­ment des pro­grès accom­pli. Il faut que nous puis­sions tous y accéder.
    La méri­to­cra­tie, fon­dé sur le cha­cun pour soi ins­ti­tuant le fait qu’il n’y en aura davan­tage pour cer­tains que pour d’autres est à l’o­ri­gine même de la stra­ti­fi­ca­tion, de l’é­mer­gence des castes qui au nom de l’a­ris­to­cra­tie prennent le pou­voir et finissent par rendre les autres impuissants.

    Toute pro­duc­tion doit béné­fi­cier à son ou ses auteurs ain­si qu’à toute la population.
    En réa­li­té, tout étant inter­dé­pen­dant, nous par­ti­ci­pons tous de prêt ou de loin dans la chaîne des cau­sa­li­tés à ce qui advient.

    Réponse
  42. J.C

    Oups, j’ai encore pos­té un peu vite.

    Nous par­ti­ci­pons tous de près ou de loin à la chaîne des cau­sa­li­tés de ce qui advient.

    Il pour­rait être utile d’a­na­ly­ser les argu­ments qui visent à sou­te­nir la néces­si­té de l’i­dée de nation et celle de territoire.

    On jus­ti­fie sou­vent ces concepts par le sen­ti­ment de sécu­ri­té qu’ils peuvent apporter.

    Les termes « nation » et « ter­ri­toire » sont uti­li­sés pour jus­ti­fier l’i­dée de pro­tec­tion des richesses d’un pays à l’é­gard d’un autre pays, de pro­tec­tion de la culture à l’é­gard d’une autre culture etc.

    à y regar­der de plus près, il s’a­git tou­jours de défendre des inté­rêts pri­vés de domi­na­tion et non l’in­té­rêt com­mun des populations.

    L’i­dée de démo­cra­tie uni­ver­selle (la vraie) est dans l’in­té­rêt de tous et éli­mine toute pos­si­bi­li­té de prise de pouvoir.

    L’a­bon­dance pour tous éli­mine la nécés­si­té de faire des guerres pour les ressources.

    Ces notions de com­pé­ti­tions sont obso­lètes et dan­ge­reuses, elles ne pro­duisent en somme que des perdants.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  43. J-Stéphane

    Bon­soir,

    Le peuple doit se faire vio­lence pour ne pas deve­nir violent.

    Réponse
  44. Philippe Landeux

    @ Mor­phéus (41)

    Je par­tage entiè­re­ment votre der­nier commentaire.

    @ Vincent (42)

    Ce ne sont pas les idées de Robes­pierre qui ont ame­né la guerre, la Ven­dée, la Ter­reur, mais pré­ci­sé­ment celles qu’il a com­bat­tues. Les causes de la guerre dite de Ven­dée sont dans la poli­tique aris­to-bour­geoise de la Consti­tuante et dans la poli­tique guer­rière et anti-pari­sienne (anti-polu­laire) des Giron­dins (et de la Cour, en ce qui concerne la guerre). Quand les Mon­ta­gnards arrivent au pou­voir en juin 1793, la guerre et la guerre civile sont déjà là ; ils ne les ont pas pro­vo­quées, mais ils vont pour­tant devoir les sou­te­nir et vaincre.

    Il est facile mais faux de pré­tendre que les révo­lu­tion­naires (Jacobins/Montagnards) ont mené en « Ven­dée » une guerre idéo­lo­gique (contre la royau­té, contre la reli­gion). Ils ont maté une dan­ge­reuse rébel­lion qui, dans le contexte d’une guerre étran­gère, était aus­si une trahison.

    Comme je le dis d’ailleurs à Secher, la « Ven­dée » inter­vient à la même époque que l’in­sur­rec­tion fédé­ra­liste mais pour des rai­sons inverses, puis­qu’elle était elle-même une réac­tion à la poli­tique giron­dine. C’est ça le drame de la Ven­dée : les « Ven­déens » et les « Sans-culottes » avaient au fond le même enne­mi mais ne se sont pas dres­sés contre lui au même moment, de sorte qu’ils ont fini par se retrou­ver face à face, à lut­ter les uns contre les autres, alors que rien ne les sépa­rait fon­da­men­ta­le­ment. Mais dès lors que l’un déclare à l’autre une guerre à mort, fut-ce sur un mal­en­ten­du et avec force manipulation(je parle ici des « Ven­déens »), que peut faire ce der­nier si ce n’est la lui rendre ?

    Quant à mes concep­tions per­son­nelles sur la poli­tique en géné­ral, et dans le pré­sent en par­ti­cu­lier, vous pré­ju­gez un peu vite. Étienne a évo­qué mes tra­vaux mais n’en a pas encore par­lé. Je vous invite à visi­ter mon blog et plus par­ti­cu­liè­re­ment les articles suivants :

    Les limites de la démocratie :

    http://​phi​lip​pe​lan​deux​.hau​tet​fort​.com/​a​r​c​h​i​v​e​/​2​0​1​2​/​0​1​/​0​2​/​l​e​s​-​l​i​m​i​t​e​s​-​d​e​-​l​a​-​d​e​m​o​c​r​a​t​i​e​.​h​tml

    L’im­pos­sible aristocratie :

    http://philippelandeux.hautetfort.com/archive/2012/02/21/l‑impossible-aristocratie.html

    Réponse
  45. Vincent

    À pro­pos de nation et de ter­ri­toire, je pense que nous devons évi­ter deux écueils qu’on pour­rait gros­siè­re­ment qua­li­fier de fas­ciste pour l’un et de com­mu­niste pour l’autre.

    1) Conce­voir la nation et son ter­ri­toire comme une enti­té venue du fond des âges. Bien malin, par exemple, qui sau­ra dater l’o­ri­gine his­to­rique de la France.

    2) Rêver d’un effa­ce­ment des nations et des ter­ri­toires au pro­fit d’un monde réunis­sant l’es­pèce humaine dans la paix. C’est l’a­chè­ve­ment de tous les totalitarismes.

    La clef me semble-t-il a été don­née par Attac : pen­ser glo­bal, agir local. Il s’a­git de pen­ser une arti­cu­la­tion dyna­mique entre le monde et la com­mune. Dans cette arti­cu­la­tion, la nation est un éche­lon fon­da­men­tal. Ne serait-ce que pour la langue.

    Je me suis beau­coup inté­res­sé à l’es­pe­ran­to (et l’his­toire de l’i­do en par­ti­cu­lier). J’ai par­ti­ci­pé à plu­sieurs congrès inter­na­tio­naux et une chose m’a pro­fon­dé­ment mar­qué. Alors que la cri­tique prin­ci­pale à l’é­gard des pro­jets de langues uni­ver­selles réside dans leur arti­fi­cia­li­té et la dis­pa­ri­tion des langues ver­na­cu­laires qu’ils sug­gèrent, je n’ai jamais ren­con­tré autant de poly­glottes et de pas­sion­nés de la diver­si­té cultu­relle que dans ces congrès espérantistes.

    Au fond, une langue uni­ver­selle n’est qu’un outil. Tout dépend du pro­jet poli­tique qu’elle sert. La dis­pa­ri­tion des langues ver­na­cu­laires au pro­fit d’une langue véhi­cu­laire unique est à l’é­vi­dence une dérive (dont il faut se pré­ser­ver). Fon­da­men­ta­le­ment, une langue uni­ver­selle est tout l’in­verse : c’est un pont entre les dif­fé­rentes cultures, une manière de com­mu­ni­quer et d’é­chan­ger de manière neutre.

    Un pont, parce que cha­cun doit faire le même effort d’ap­pren­tis­sage pour pos­sé­der un outil lin­guis­tique qui n’ap­par­tient à per­sonne et donc à tous. Je crois qu’on sous-estime radi­ca­le­ment l’im­pact des impé­ria­lismes lin­guis­tiques. Hier le latin ou le fran­çais (mais dans des mondes non mon­dia­li­sés) et aujourd’­hui l’an­glais – ou plu­tôt le « globish ».

    Com­men­cer une réflexion sérieuse sur le res­pect de la diver­si­té cultu­relle et donc lin­guis­tique invite à se poser la ques­tion d’une langue / d’un lan­gage uni­ver­sel qui vien­drait s’as­so­cier aux langues natio­nales et régio­nales pour les ren­for­cer, un outil tech­nique qui aurait pour but de rap­pro­cher les peuples et lut­ter contre toute hégé­mo­nie linguistique.

    Défen­due par les tenants de l’ef­fa­ce­ment des fron­tières et des nations cette idée est détes­table mais sou­te­nue dans le cadre d’une pré­ser­va­tion de la diver­si­té cultu­relle, elle per­met­trait le dépas­se­ment de l’an­ta­go­nisme si vivace aujourd’­hui entre l’ordre mon­dial cen­tra­li­sé et le repli nationaliste.

    Enfin on oublie sou­vent qu’au niveau mon­dial, ce sont sur­tout les élites qui parlent anglais et qu’in­ter­net – qui per­met sur le papier de réunir les citoyens de tous les conti­nents – n’est en fait qu’une réplique des espaces natio­naux et des échanges inter­na­tio­naux déjà exis­tants. Si donc nous vou­lions vrai­ment doter les peuples d’un moyen de com­mu­ni­quer entre eux, fau­drait-il lan­cer une vaste cam­pagne d’ap­pren­tis­sage de l’an­glais et de la repré­sen­ta­tion anglo-saxonne du monde qu’il véhi­cule inévitablement ?

    Réponse
  46. Vincent

    @ Phi­lippe Lan­deux (46) Tout d’a­bord je vou­drais m’ex­cu­ser pour la mal­adresse péremp­toire de mon com­men­taire. Il s’a­git de réflexions très géné­rales, tou­jours trop géné­rales ! Je ne connais pas la période révo­lu­tion­naire et je ne vous connais pas et je me per­mets des asser­tions com­plè­te­ment défi­ni­tives. Je n’as­sume pas du tout. En par­ti­cu­lier la réduc­tion Lan­deux –> Marine Le Pen. C’est débile.

    Je com­prends bien – je crois – le com­bat fra­tri­cide des Sans-culottes et des Ven­déens. C’est d’ailleurs le rap­pro­che­ment que je ten­tais avec les sol­dats envoyés par les Ver­saillais pour mas­sa­crer les Com­mu­nards. Dans les deux cas des alliés objec­tifs se font la guerre au pro­fit de leurs enne­mis com­muns. Ce que je vou­lais sim­ple­ment signi­fier c’est que bien sou­vent – il me semble – en fonc­tion du point de vue où l’on choi­sit de se situer les inten­tions sont louables. Ce qu’at­teste, vous en convien­drez, l’his­to­rio­gra­phie pour le moins four­nie concer­nant les guerres de l’Ouest.

    Or le conflit n’est jamais pour moi la marque d’un anta­go­nisme indé­pas­sable mais plu­tôt l’in­di­ca­tion d’un levier de dépas­se­ment. J’ai long­temps été para­ly­sé intel­lec­tuel­le­ment par la croyance que deux camps idéo­lo­giques étaient irré­con­ci­liables par nature : celui des puis­sants contre celui des oppri­més. Je ne rai­sonne plus aujourd’­hui selon ces caté­go­ries (en tout cas pas « stric­te­ment »). Je pré­fère pen­ser que dans le cadre de la dia­lec­tique du maître et de l’es­clave, le maître comme l’es­clave est sou­mis au méca­nisme de la domi­na­tion. Un peu comme le pas­teur et les enfants dans le Ruban blanc de Han­neke, per­ti­nent labo­ra­toire de la génèse de la violence.

    Ce qui est par­ti­cu­liè­re­ment mar­quant avec l’é­pi­sode ven­déen c’est que le peuple se retourne contre ses inté­rêts. Mais au-delà : les giron­dins expriment aus­si une sen­si­bi­li­té popu­laire. Tout comme les monar­chistes. De mon point de vue et du haut de la minus­cule connais­sance que j’en ai, il n’y a dans l’his­toire peu d’é­qui­valent d’in­ten­tions plus pures et plus louables que celle de Robes­pierre et du Comi­té de Salut Public. Mais je crois que l’ap­port his­to­rique majeur de la Révo­lu­tion est cette idée que le peuple est un tout, qu’il n’y a pas le Roi d’un côté et son peuple de l’autre. Dès lors, dans une pers­pec­tive poli­tique, tout en tra­vaillant à la réha­bi­li­ta­tion de la seconde Révo­lu­tion, il faut s’ef­for­cer d’in­clure les puis­sants par­mi le peuple, de le consi­dé­rer comme un ensemble hété­ro­clite d’in­té­rêts diver­gents. Il n’y a pas d’autre inté­rêt supé­rieur du peuple (jus­ti­fiant tout acte) que celui de la com­pré­hen­sion de la diver­gence d’in­té­rêts des indi­vi­dus qui le composent.

    Dès lors que l’on aban­donne la cari­ca­ture du san­gui­naire, le juge­ment de Robes­pierre repose sur la ques­tion de la repré­sen­ta­tion poli­tique. Robes­pierre devient le simple repré­sen­tant d’une vision, d’un pro­jet poli­tique. Quand bien même ce pro­jet est-il pro­fon­dé­ment huma­niste et uni­ver­sa­liste : quels sacri­fices peut-il consen­tir ? Mou­rir pour des idées, c’est déjà quelque chose, mais envoyer d’autres à la mort ? Sur ce point comme sur tant d’autres, je prends le par­ti de Brassens :

    O vous, les bou­te­feux, ô vous les bons apôtres /
    Mou­rez donc les pre­miers, nous vous cédons le pas /
    Mais de grâce, mor­bleu ! lais­sez vivre les autres ! /
    La vie est à peu près leur seul luxe ici bas /
    Car, enfin, la Camarde est assez vigilante /
    Elle n´a pas besoin qu’on lui tienne la faux /
    Plus de danse macabre autour des échafauds ! /
    Mour­rons pour des idées, d´accord, mais de mort lente /
    D’ac­cord, mais de mort lente /

    Réponse
  47. Morpheus

    @ Vincent

    Rêver d’un effa­ce­ment des nations et des ter­ri­toires au pro­fit d’un monde réunis­sant l’es­pèce humaine dans la paix. C’est l’a­chè­ve­ment de tous les totalitarismes.

    Je t’in­vite, Vincent, à BIEN médi­ter ce que tu as écris là. Relis ce que tu as écris et ana­lyse l’angle sous lequel tu pro­nonces cette sentence.

    Tu viens d’écrire que l’a­chè­ve­ment de tous les tota­li­ta­rismes, c’é­tait l’ef­fa­ce­ment des nations au pro­fit d’un monde réunis­sant l’es­pèce humaine dans la paix.

    En d’autres termes, tu viens d’é­crire que tu pré­fères un monde divi­sé où règnent des nations en per­pé­tuels conflits. Tu viens d’é­crire que tu pré­fères la guerre à la paix.

    Et je suis sûr – abso­lu­ment sûr – que tu ne pré­fères PAS la guerre à la paix (sauf si tu es psy­cho­pathe, mais tu ne l’es pas, n’est-ce pas ?). Alors que peux donc vou­loir dire ce que tu as écris ? Dans quel piège ta pen­sée a‑t-elle été entraî­née pour que tu en vienne à pro­non­cer et à pen­ser que la divi­sion et la guerre valent mieux que l’u­ni­té et la paix ? Com­ment en es-tu arri­vé à croire que paix et uni­té de l’hu­ma­ni­té cor­res­pond au rêve de tous les totalitarisme ?

    La réponse est simple : 6000 ans (peut-être même 8000 ans) d’his­toire des civi­li­sa­tions où, tou­jours, la hié­rar­chie domine au détri­ment de l’é­ga­li­té (c’est-à-dire au détri­ment de l’a­nar­chie dans son vrai sens : orga­ni­sa­tion sociale éga­li­taire et sans chef ni pou­voir centralisé).

    Tu en est venu à pen­ser que la divi­sion et la guerre était pré­fé­rable à l’u­ni­té et la paix parce que ton esprit est enfer­mé, pié­gé par une concep­tion exclu­si­ve­ment hié­rar­chique du pou­voir. Parce que le pou­voir, dans ton esprit (et tu n’es pas le seul, bien sûr, ce n’est pas un juge­ment que je fais, c’est une obser­va­tion) ne peut par­ve­nir à conce­voir autre chose qu’un pou­voir hié­rar­chique, pyra­mi­dale, au som­met duquel se trouve un maître qui domine et décide de tout.

    Or, il y a un pro­fond para­doxe en cela. Réel­le­ment pro­fond : la jus­ti­fi­ca­tion de la hié­rar­chie et le besoin de chef ne se trouve QUE dans la guerre, PAS dans la paix. Ce n’est que par et pour la guerre qu’il faut une hié­rar­chie et des chefs. La paix n’en a pas besoin. Dans un monde en paix, nous n’a­vons besoin ni de chefs ni de hié­rar­chie : nous avons besoin de par­ta­ger nos richesses maté­rielles et cultu­relles, qui toutes pro­viennent de la Terre elle-même (qui est UNE et indi­vi­sible) et de notre propre diversité.

    C’est donc seule­ment la furieuse et obs­ti­née concep­tion hié­rar­chique de la socié­té qui te font pro­non­cer cette ter­rible sen­tence, qui res­semble à une Alter­na­tive du Diable (ou la divi­sion et la guerre, ou l’u­ni­té totalitaire).

    Il y a d’autres options, qui ne renient ni ne sacri­fient nul­le­ment la diver­si­té au pro­fit de l’u­ni­té, mais qui inclut la diver­si­té dans l’u­ni­té, parce que ce qui fait la richesse d’un monde, ce n’est pas l’u­ni­for­mi­té, c’est sa diver­si­té. Et ce n’est pas là une conclu­sion phi­lo­so­phique, mais une obser­va­tion prag­ma­tique fon­dée sur les lois natu­relles. Ni plus ni moins.

    La peur expri­mée par ta ter­rible sen­tence, ce n’est pas l’u­ni­té et la paix, c’est l’ordre hié­rar­chique, l’u­ni­for­mi­té, la concep­tion de l’or­ga­ni­sa­tion sociale fon­dée sur la notion de gou­ver­ne­ment. Notion du gou­ver­ne­ment elle même enfer­mée dans l’u­nique décli­nai­son hiérarchique.

    Le monde nous a pri­vé – le monde t’a pri­vé – d’une autre vision en t’im­po­sant cette seule expé­rience, et tu ne vois dès lors que cette pers­pec­tive. C’est une ombre. Si tu veux voir au delà des ombres, il faut chan­ger ton angle de vue, prendre du recul et remettre en ques­tion les croyances que le monde (c’est-à-dire le monde des voleurs – de res­sources, de pou­voir, de mots…) t’a impo­sées et qui t’en­ferment dans SA matrice de pen­sée. C’est une écharde dans ton esprit.

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  48. Vincent

    @ Mor­pheus

    Oui, par­don, comme tou­jours : c’est trop rapide, trop géné­ral et je m’en veux ! Je ne fai­sais que réfé­rence à la défi­ni­tion du tota­li­ta­risme comme « sys­tème ten­dant à la tota­li­té ». Tout sys­tème tota­li­taire pour­sui­vant sa logique à fond déploie un espace mon­dial uni­fié où s’ef­facent (je crois que c’est le mot impor­tant) les nations et les ter­ri­toires. Je crois que les nations comme ensembles cultu­rels (voir la suite du com­men­taire sur les langues) et les ter­ri­toires issus de l’his­toire des hommes sont les obs­tacles les plus déci­sifs à toute entre­prise tota­li­taire. Le tota­li­ta­risme est une domi­na­tion de l’i­dée (aus­si louable soit-elle, comme la paix, le bon­heur ou la pros­pé­ri­té du genre humain) sur le réel. Ma petite phrase bien trop expé­di­tive signi­fie sim­ple­ment que le réel (le ter­ri­toire, la langue, l’his­toire) est une indis­pen­sable résis­tance à l’idée.

    Réponse
  49. Philippe Landeux

    @ Vincent (48)

    Je ne sais pas pour­quoi vous vou­lez à toute force que la vio­lence dans la Révo­lu­tion fran­çaise trouve son ori­gine dans l’i­déal de Robes­pierre. Robes­pierre vou­lait que le sys­tème et ses lois puissent évo­luer poli­ti­que­ment, démo­cra­ti­que­ment, paci­fi­que­ment. C’est pour­quoi il espé­rait beau­coup de la Légis­la­tive, après les renie­ments de la Consti­tuante. Mais on connait la suite… les Giron­dins poussent à la guerre (croi­sade au nom de la Liber­té), et, après le 10 août, à la guerre civile.

    @ Mor­phéus,

    La Matrice, c’est Largent.

    L’hu­ma­ni­té réunie en une même nation est une noble pen­sée, mais vue de l’es­prit. Les dif­fé­rences entre les peuples ne sont pas arti­fi­cielles ; elles sont dans la nature des choses. La néga­tion des dif­fé­rences pro­cède moins d’un idéal éga­li­taire que d’une vision éga­li­ta­riste induite par l’in­ca­pa­ci­té d’ins­tau­rer une véri­table Ega­li­té (des citoyens en devoirs et en droits) et tend à l’u­ni­for­mi­té. Or pour tout uni­for­mi­ser, pour tout assep­ti­ser, pour étouf­fer toutes les dif­fé­rences, il faut tout oppri­mer. C’est en cela que l’é­ga­li­ta­risme (qui n’est pas l’E­ga­li­té même s’il s’en réclame) conduit au totalitarisme.

    Réponse
  50. Morpheus

    @ Phi­lippe Landeux

    Pour les rédac­teurs des livres de sciences et de phy­sique appli­quée du XIXe siècle, conce­voir un engin per­met­tant aux hommes de voler dans les airs était une belle idée de rêveurs, d’u­to­pistes, mais une vue de l’es­prit. Les frères Wright, de simples répa­ra­teurs de bicy­clettes, n’a­vaient pas lu ces ouvrages éru­dits qui disaient la véri­té scien­ti­fique, donc ils ne savaient pas que c’é­tait impos­sible… et ils l’ont fait !

    Les dif­fé­rences entre les peuples ne sont pas arti­fi­cielles ? C’est nier le fac­teur déter­mi­nant de l’in­fluence cultu­relle (c’est-à-dire l’im­pré­gna­tion des croyances à tra­vers les géné­ra­tions, l’ac­quis), et donc consi­dé­rer comme une fata­li­té un fait qui dépend des hommes eux-mêmes (faire de l’ac­quis une fata­li­té issue de l’in­né – la fameuse >nature humaine<). C’est confondre ce qui est natu­rel et ce qui est habi­tuel.

    Mais même sans ces consi­dé­ra­tions, la ques­tion est de rela­ti­ve­ment peu d’im­por­tance s’il s’a­git de conce­voir une nation terrestre.

    Pour­quoi ? Parce que même au sein d’une nation, il per­siste des dif­fé­rences cultu­relles qui ne consti­tuent pas néces­sai­re­ment un obs­tacle à l’u­ni­té natio­nale, en par­ti­cu­lier si l’on se situe dans une nation réel­le­ment démo­cra­tique où la voix de tous est enten­due et où cha­cun est libre de s’ex­pri­mer et d’in­fuer sur les choix poli­tiques. La France est consti­tuée de fran­ci­liens, de bre­tons, d’al­sa­ciens, de lyon­nais, de savoyards, de pyrén­néens, etc.

    Cha­cune de ses régions a ses par­ti­cu­la­ri­tés, son accent, ses cou­tumes et tra­di­tions par­ti­cu­lières. Et cela n’empêche pas de for­mer une nation. Il existe par­fois des ten­sions, des dis­sen­sions, bien sûr (en Corse, en pays Basque, en Bre­tagne), mais ces ten­sions sont beau­coup duent au fait que, mal­heu­reu­se­ment, la France n’est pas démo­cra­tique. Si elle l’é­tait, je gage que ces ten­sions pour­raient trou­ver des solu­tions paci­fiques et avan­ta­geuse pour tous, sans rui­ner l’u­ni­té de la nation. Donc, pour­quoi ce qui est pos­sible à l’é­chelle d’une nation serait-il impos­sible à l’é­chelle de la planète ?

    …

    Si vous me reli­sez bien, vous ver­rez que la concep­tion d’une nation ter­restre telle que je la conçois ne nie nul­le­ment les dif­fé­rences, et ne cherche en aucune façon à les effa­cer, mais au contraire, à les pré­ser­ver en tant que richesses cultu­relles issues de la diver­si­té – la même diver­si­té de richesses que la Terre produit.

    J’af­firme (cela peut paraître péremp­toire, je le recon­nais) que l’u­ni­té et l’é­ga­li­té peut être acquise sans rui­ner la diver­si­té cultu­relle issue de la mosaïque des peuples – que par ailleurs les seules fron­tières natio­nales (toutes arti­fi­cielles) ne peuvent syn­thé­ti­ser. A ce titre, la piste entre­vue par Vincent d’une forme de démo­cra­tie fon­dée sur un prin­cipe de fédé­ra­tion de com­munes libres (ou de cités libres), est la bonne.

    Si tous ont à la fois l’é­ga­li­té poli­tique (iso­no­mie) et l’é­ga­li­té éco­no­mique (iso­cra­tie), l’é­ga­li­té dans la diver­si­té peut être atteinte. Et c’est là, dans ce der­nier point (éga­li­té éco­no­mique / iso­cra­tie) où vous avez mis le doigt des­sus lorsque vous dites que la Matrice (actuelle) est l’ARGENT.

    Mais cette matrice n’est PAS une don­née natu­relle : c’est une don­née arti­fi­cielle et pure­ment cultu­relle. Nous ne sommes liés (enchaî­nés) à la mon­naie que par ata­visme. Rien ne nous oblige à per­pé­tuer une concep­tion moné­ta­riste de l’é­co­no­mie (sinon ceux qui en pro­fitent, les voleurs de res­sources – et ceux qui ne peuvent pas voir au delà de ce qu’ils peuvent comprendre).

    En fait, c’est pré­ci­sé­ment cette concep­tion moné­ta­riste de l’é­co­no­mie qui nous enferme dans les contra­dic­tions que je tente de poin­ter dans mon mes­sage à Vincent : si la cause des causes de l’im­puis­sance poli­tique des peuples à peser sur leur sort se trouve dans l’a­ban­don du pro­ces­sus consti­tuant aux pro­fes­sion­nels du droit et de la poli­tique, la cause des causes de la plu­part des per­ver­sions humaines, des conflits, des guerres, des inéga­li­tés, des injus­tices, etc. est l’é­co­no­mie fon­dée sur la monnaie.

    L’é­ga­li­té éco­no­mique, c’est-à-dire le libre accès aux biens et aux ser­vices, ne dépend pas tant de l’é­ga­li­té nor­ma­tive impo­sée par des lois néces­sai­re­ment contrai­gnantes (a) (qui uni­for­misent) , mais par une chose essen­tielle : l’accession à une réelle abon­dance pour tous. Ce qui est stric­te­ment impos­sible à atteindre par l’é­co­no­mie moné­ti­sée, qui ne per­met pas de géné­rer l’a­bon­dance, mais seule­ment de gérer (et entre­te­nir par son para­digme) la pénu­rie (donc le stricte contraire de ce dont nous avons besoin pour éta­blir l’u­ni­té et l’é­ga­li­té dont nous avons besoin, tout en res­pec­tant la diversité).

    Si nous avons l’a­bon­dance (pour tous, par pour une petite mino­ri­té de voleurs de res­sources et de pou­voir), la majeure par­tie des conflits et des dif­fé­rents (dif­fé­rents, pas dif­fé­rences) s’es­tompent, pour lais­ser place au par­tage et à la col­la­bo­ra­tion. Sans l’a­bon­dance, nous sommes condam­nés à pro­té­ger nos prés car­rés et nos res­sources contre l’a­vi­di­té d’au­trui et/ou enva­hir les autres pour leur piquer les leurs.

    La seule ques­tion a nous poser est donc : com­ment par­ve­nir à l’a­bon­dance pour tous ? Toutes les autres ques­tions sont subalternes.

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    (a) Une loi n’est jamais une solu­tion à un pro­blème, mais l’ex­pres­sion tra­gique de notre impuis­sance à résoudre le problème.

    PS @ tous : depuis quelques temps, j’ai de grosses dif­fi­cul­tés à actua­li­ser cer­taines pages du blog, dont celle-ci, qui ne s’af­fiche pas com­plè­te­ment. Avez-vous les mêmes pro­blèmes ? Connais­sez-vous la cause ? Solution ?

    Réponse
  51. Philippe Landeux

    @ Mor­pheus

    Ok, je vois, je com­prends. En fait, les nations vous contra­rient parce que vous ne conce­vez pas la fin de la mon­naie au niveau natio­nal, parce que vous crai­gnez qu’une nation qui serait sor­tie du sys­tème moné­taire ne puisse plus par­ti­ci­per aux échanges inter­na­tio­naux et soit de fait cou­pée du monde. Mais cette ques­tion est facile à résoudre ; c’est un faux pro­blème. En revanche, une telle révo­lu­tion (l’a­ban­don de la mon­naie), pas plus qu’une autre, ne peut avoir lieu au niveau mon­dial. Elle sera tel­le­ment extra­or­di­naire qu’elle ne pour­ra évi­dem­ment avoir lieu par­tout en même temps, que tous les peuples n’y son­ge­ront ni ne seront dans les condi­tions de la faire par­tout en même temps. Vou­loir que la Révo­lu­tion soit mon­diale d’emblée et faire comme si l’Hu­ma­ni­té était un tout indi­vi­sible, c’est condam­ner la Révo­lu­tion elle-même, c’est réduire les révo­lu­tion­naires à l’impuissance.

    Réponse
  52. Morpheus

    @ Phi­lippe Landeux

    Je com­prends bien vos réserves (dans une cer­taine mesure, une par­tie de moi y sous­cris). Disons que je suis vision­naire et que jus­te­ment, j’en­vi­sage une nou­velle forme de révo­lu­tion, non plus loca­li­sée, mais glo­ba­li­sée. Et comme cela n’est jamais arri­vé de mémoire d’homme, bien sûr, cela semble com­plè­te­ment irréa­liste et uto­pique. Forcément.

    D’un autre côté, au point cri­tique où notre civi­li­sa­tion en est aujourd’­hui, j’é­prouve le sen­ti­ment très vif que cette alter­na­tive, a prio­ri impos­sible, est deve­nue indis­pen­sable. On va de toute façon, soit vers un effon­dre­ment com­plet (crise finan­cière fatale), soit vers un déclin inévi­table (le pic éner­gé­tique est là et l’é­co­no­mie avec sa crois­sance expo­nen­tielle indis­pen­sable dépendent entiè­re­ment des éner­gies fos­siles, et du fait du pic, la crois­sance, dès main­te­nant, c’est fini > cf. Jean-Marc Jan­co­vi­ci), soit des bou­le­ver­se­ments inima­gi­nables dus aux consé­quences de nos actes durant ces deux der­niers siècles (les prin­cipes de l’é­co­no­mie moné­ti­sée – le pro­fit à tout prix – nous empêche struc­tu­rel­le­ment et cultu­rel­le­ment de bas­cu­ler vers une prise en compte des lois de cau­sa­li­té réci­proques qui régissent la biosphère).

    Tech­ni­que­ment, une solu­tion pos­sible est for­mu­lée depuis plus d’un demi-siècle. L’as­pect uto­pique n’est pas dans la réa­li­sa­tion tech­nique, mais bien sûr, socio­lo­gique et cultu­rel (chan­ger les croyances et les habi­tudes, bonne chance^^). C’est là que le pro­jet bloque, évi­dem­ment (je m’a­per­çois que je n’ai pas men­tion­né à quel pro­jet je fais réfé­rence, et j’i­gnore si vous en avez enten­du par­ler, donc je cor­rige).

    Enfin, si on ne fait rien, si on ne cherche pas, c’est sûr qu’on ne chan­ge­ra rien, et qu’en face, les voleurs de pou­voir et de res­sources, qui eux veulent éta­blir une dic­ta­ture mon­diale, ils ont déjà our­di leur plan pour tirer pro­fit de la pro­chaine crise majeure. Pour leur cou­per l’herbe sous le pied, il faut inven­ter quelque chose de nou­veau, d’i­né­dit, d’im­pen­sable. Enfin, il me semble. D’où un impor­tant tra­vail d’é­du­ca­tion popu­laire (auquel vous par­ti­ci­pez en réta­blis­sant cer­tains faits à pro­pos de la Révo­lu­tion et de Robes­pierre, ce que j’apprécie).

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  53. Philippe Landeux

    @ Mor­pheus

    Je pen­sais que vous auriez com­pris que je remets en cause la mon­naie tout autant que vous, et même plus, en fait. Et oui, je connais la théo­rie à laquelle vous faites allu­sion. Mais elle ne me satis­fait pas plus que celle de l’é­co­no­mie dis­tri­bu­tive. Toutes ces théo­ries sont fai­blardes. Elles n’ont pas pous­sé assez loin la réflexion sur la mon­naie et sur les Prin­cipes de l’ordre social. Or ces deux aspects sont liés. Qui pêche d’un côté, pêche de l’autre. Leurs insuf­fi­sances théo­riques débouchent ain­si sur des inco­hé­rences pra­tiques qu’elles pensent sur­mon­ter par des sophismes anarcho-mondialistes.

    Je sais bien que des choses jugées impos­sibles dans un temps se réa­lisent par­fois dans un autre. Mais, à pro­pos des peuples, je main­tiens que c’est une vue de l’es­prit de croire que l’Hu­ma­ni­té pour­ra jamais agir comme si elle n’en for­mait qu’un. Or, si l’on pose l’u­ni­té d’ac­tion comme la condi­tion de la Révo­lu­tion, il n’y aura jamais de Révo­lu­tion. Du reste, la Révo­lu­tion n’a cure des sophismes. Quand un peuple est prêt à la faire, il la fait sans attendre les autres, sans se sou­cier d’eux. Ce qui ramène à la ques­tion : Com­ment éra­di­quer la mon­naie et anéan­tir ce que j’ap­pelle Largent au niveau natio­nal ? La réponse est dans le pour­quoi. Il faut poser les Prin­cipes de l’ordre social pour com­prendre com­ment l’é­change doit s’o­pé­rer et donc pour­quoi anéan­tir Largent et par quoi rem­pla­cer la monnaie.

    Réponse
  54. Philippe Landeux

    suite

    Pour appuyer ce que je disais à pro­pos du pro­jet Vénus, je cite : « Le Pro­jet Venus en appelle à l’adoption d’une approche simple pour la refonte d’une culture dans laquelle les anciens maux que sont la guerre, la pau­vre­té, la faim, la dette, les dégra­da­tions envi­ron­ne­men­tales et les souf­frances humaines inutiles sont consi­dé­rés non seule­ment comme évi­tables, mais aus­si tota­le­ment inac­cep­tables… L’un des prin­cipes fon­da­men­taux du Pro­jet Venus est d’œu­vrer à décla­rer toutes les res­sources recon­nues de la Terre comme étant l’hé­ri­tage com­mun de tous les peuples du monde. Les demi-mesures n’en­traî­ne­raient qu’une per­pé­tua­tion du même ensemble de pro­blèmes inhé­rents au sys­tème actuel ».

    On voit bien que la méthode ne consiste pas à poser (à retrou­ver) les Prin­cipes de l’ordre social pour en déduire les solu­tions à mettre en oeuvre (méthode Robes­pierre), mais à foca­li­ser sur des pro­blèmes concrets et à décré­ter la solu­tion, sans jamais mener une véri­table réflexion phi­lo­so­phique sur les objets concer­nés (révo­lu­tion, mon­naie, socié­té, droits, Ega­li­té, etc.).

    Réponse
  55. J-Stéphane

    Bon­soir,

    Atten­tion de ne pas cher­cher à rem­pla­cer un sys­tème mori­bond par un mort-né.

    Réponse
  56. J-Stéphane

    Il nous faut quit­ter cet AVOIR des­truc­teur, et nous retrou­ver dans l’ÊTRE.

    Réponse
  57. J.C

    @ Mor­pheus

    Bra­vo pour ton inter­ven­tion 49.

    Je n’au­rais pas pu expri­mer les choses aus­si bien

    Phi­lippe Lan­deux a déjà fait sur son blog, (voir les liens plus haut) un tra­vail impor­tant sur la démo­cra­tie, l’argent etc.

    Je cite :

    « il est dans la nature du sys­tème moné­taire que les inéga­li­tés s’accroissent inexo­ra­ble­ment. Il est donc inutile de s’en déso­ler et de dénon­cer tel ou tel si l’on cau­tionne soi-même Largent. Ce ne sont pas les consé­quences de Largent qu’il faut com­battre (en vain), ni même les indi­vi­dus qui pro­fitent de cet ordre des choses inéga­li­taire, arbi­traire et bran­lant ; c’est Largent lui-même qu’il faut anéan­tir. Il s’agit d’ailleurs moins d’être contre Largent que pour l’Egalité. »

    @ Phi­lippe Landeux

    « La Matrice, c’est Largent. »

    Oui

    Pour le reste, quelques ajus­te­ments s’im­posent pour que nous puis­sions par­ler de la même chose.

    La démo­cra­tie telle que je l’en­vi­sage est le meilleur moyen de res­pec­ter les dif­fé­rences, la diversité.

    La démo­cra­tie dans son sens le plus fon­da­men­tal n’est pas celle que vous décri­vez sur votre blog.
    Si j’ai bien com­pris, vous sem­blez consi­dé­rer que démo­cra­tie et éco­no­mie peuvent être dis­so­ciées. Il s’a­git donc de bien défi­nir de quoi il s’agit.

    Je pré­tends qu’il n’y a pas de démo­cra­tie sans éga­li­té poli­tique, qu’il n’y a pas d’é­ga­li­té poli­tique sans éga­li­té éco­no­mique et qu’il n’y a pas d’é­ga­li­té éco­no­mique sans dis­pa­ri­tion de l’argent, des échanges monétaires.

    Votre obser­va­tion pré­cé­dente sur l’é­ga­li­ta­risme n’est valable que dans un sys­tème moné­taire qui vise­rait à tout nive­ler par le bas, tel qu’on a pu l’ob­ser­ver dans les régimes dit communistes.
    Il s’a­git tou­jours d’un sys­tème éta­ti­sé qui s’op­pose à l’individualisme.

    la vraie signi­fi­ca­tion de l’in­di­vi­dua­lisme n’est pas celle d’é­goïsme contrai­re­ment à ce que vou­drait nous faire croire ce détour­ne­ment de lan­guage (nov­langue) vou­lant oppo­sé l’in­di­vi­du au collectif.

    il s’a­git bien plus de pla­cer la sou­ve­rai­ne­té au niveau de l’in­di­vi­du qu’à celle d’une ins­ti­tu­tion qui n’est encore rien d’autre qu’un moyen de sou­mettre les citoyens à un pou­voir supérieur.

    Il ne peut y avoir de vraie démo­cra­tie que si chaque citoyen qui com­pose le peuple est libre. Soit une socié­té qui place au centre de ses pré­oc­cu­pa­tions la liber­té indi­vi­duelle. Ce qui est l’exact oppo­sé de la socié­té actuelle qui pré­tends le contraire (idem pour la démocratie).

    Je dois vous avouez qu’a­vant d’a­voir pris la pré­cau­tion de jeter un oeil sur votre blog, votre dis­cours qui sem­blait rame­ner l’é­ga­li­té démo­cra­tique à l’é­ga­li­ta­risme tota­li­taire res­sem­blait à quelle que chose comme :
    ins­tau­rer la liber­té de pen­ser pour tous mène­rait à la pen­sée unique, ce qui n’a, vous en convien­drez, aucun sens.

    L’é­ga­li­té des liber­tés en démo­cra­tie n’est pas l’op­pre­sion mais son contraire.
    Ain­si, elle pour­rait bien avoir une valeur universelle.

    Dans un second temps, vous par­lez d’une fin de la mon­naie au niveau national.
    Les ins­ti­tu­tions éco­no­miques actuelles sont inter­na­tio­nales. Il est plus sou­hai­table de mettre fin au sys­tème moné­taire au niveau mon­diale car la pénu­rie engen­drée par l’u­sage de la mon­naie entrai­ne­rait des conflits inutiles entre les pays qui y sont encore sou­mis et les autres. on peut faci­le­ment ima­gi­ner des tas d’autres raisons.

    D’autre part, le sys­tème d’é­change est le fon­de­ment même de la mon­naie, il vaut mieux s’en pas­ser défi­ni­ti­ve­ment et ce mondialement.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  58. J-Stéphane

    C’est la pro­prié­té pri­vée qui prive, la mon­naie, elle, ne prive que parce qu’elle a la par­ti­cu­la­ri­té d’être pri­vée. Si le par­ti­cu­lier et le pri­vé n’en avaient pas l’u­sage, il serait pos­sible d’en maî­tri­ser la réten­tion et par la même, les outrances de la pro­prié­té qui prive.

    Réponse
  59. Philippe Landeux

    @ J.C

    Vous me dites : « Je pré­tends qu’il n’y a pas de démo­cra­tie sans éga­li­té poli­tique, qu’il n’y a pas d’é­ga­li­té poli­tique sans éga­li­té éco­no­mique et qu’il n’y a pas d’é­ga­li­té éco­no­mique sans dis­pa­ri­tion de l’argent, des échanges monétaires. »

    Dis-je autre chose : « L’idée des démo­crates est que la démo­cra­tie per­met­tra, grâce à des lois de plus en plus justes, d’instaurer petit à petit l’Egalité, de réa­li­ser l’égalité sur le plan éco­no­mique comme elle est sen­sée l’avoir déjà réa­li­sée sur le plan poli­tique. Mais ceci est une vue de l’esprit ! D’une part, aspi­rer à l’Egalité signi­fie que l’Egalité n’est pas et que les hommes ne savent pas en quoi elle consiste. S’ils le savaient, s’ils savaient pour­quoi elle n’est pas et com­ment l’instaurer, ils l’instaureraient eux-mêmes au lieu de la ren­voyer à la Saint-Glin­glin et de comp­ter qui sur l’évolution, qui sur la révo­lu­tion per­ma­nente, qui sur les petits bons­hommes verts. D’autre part, attendre de la démo­cra­tie qu’elle apporte un jour l’Egalité prouve que l’inégalité règne pré­sen­te­ment et que, dans ces condi­tions, il n’y a pas de véri­table démo­cra­tie, puisque le pou­voir réel est fata­le­ment déte­nu et exer­cé ouver­te­ment ou dis­crè­te­ment par les béné­fi­ciaires de l’inégalité qui ne tra­vaille­ront évi­dem­ment jamais à ins­tau­rer l’Egalité. Un sys­tème éga­li­taire serait démo­cra­tique par la force des choses. Mais un sys­tème intrin­sè­que­ment inéga­li­taire est oli­gar­chique voire tyran­nique par défi­ni­tion et mal­gré les appa­rences dont le peuple est dupe. Voi­là les rai­sons théo­riques pour les­quelles espé­rer que la démo­cra­tie apporte l’Egalité est une vue de l’esprit. »

    Par contre, j’ai bien peur de ne pas vous rejoindre sur la ques­tion de l’in­di­vi­dua­lisme et de la liber­té indi­vi­duelle. Pour moi, l’in­di­vi­dua­lisme est un symp­tôme capi­ta­liste. Il y a une contra­dic­tion à vou­loir faire la révo­lu­tion sans avoir dépas­sé les pré­ju­gés du sys­tème que l’on com­bat. Et l’in­di­vi­dua­lisme, consé­quence d’un mode d’é­change indi­vi­dua­liste, en est un.

    On ne peut pas fon­der la socié­té sur l’in­di­vi­dua­lisme. Une Socié­té digne de ce nom ne peut avoir d’autre prin­cipe fon­da­men­tal que l’E­ga­li­té de ses citoyens en devoirs (dont celui de par­ti­ci­per à la vie de la Cité) et en droits (dont celui de pro­fi­ter des bien­faits de la Cité, donc d’ac­cé­der au mar­ché) (Voir ma théo­rie : le Civisme ). Il n’y a pas de Liber­té hors de l’E­ga­li­té, car il n’y a ni devoir ni droit ni socié­té ni citoyen hors de l’Egalité.

    Il est assez extra­or­di­naire de croire que des peuples qui sont rare­ment maîtres chez eux pour­ront un jour agir au niveau mon­dial comme un seul homme. Un peuple ne bouge que dans cer­taines condi­tions, dans des condi­tions très par­ti­cu­lières, rare­ment réunies. Un révo­lu­tion mon­diale sup­pose que quelque chose de rare quelque part peut se pro­duire par­tout en même temps. C’est un non-sens. c’est éga­le­ment oublier que les peuples sont dif­fé­rents, qu’ils ont une his­toire dif­fé­rente et des aspi­ra­tions dif­fé­rentes. Vou­loir que la révo­lu­tion soit mon­diale est une forme de colo­nia­lisme, de supré­ma­tisme, tou­jours au nom des droits de l’Homme. C’est à la fois absurde et inique.

    Réponse
  60. Morpheus

    @ Phi­lippe Landeux

    N’ayant pas encore été visi­té votre blog (ce que je vais cer­tai­ne­ment faire très pro­chai­ne­ment), je vous avoue que non, je n’a­vais cap­té que vous aus­si com­bat­tiez l’argent (autant pour moi).

    Vous dites Toutes ces théo­ries sont fai­blardes. Elles n’ont pas pous­sé assez loin la réflexion sur la mon­naie et sur les Prin­cipes de l’ordre social. En êtes-vous si sûr ? je veux dire : avez-vous appro­fon­di et embras­sé l’en­semble des approches, non seule­ment tech­niques, mais aus­si (sur­tout) sociales et socio­lo­giques qui sous-tendent le Pro­jet Venus ?

    Moi pas, en tout cas. Mon idée est loin d’être arrê­tée, j’ai encore trop à étu­dier, cepen­dant, depuis deux ans que je cherche, ce pro­jet me semble être, de tous ceux que j’ai appro­ché, le plus abou­tit et le plus rigou­reux. Il me semble qu’en écri­vant Leurs insuf­fi­sances théo­riques débouchent ain­si sur des inco­hé­rences pra­tiques qu’elles pensent sur­mon­ter par des sophismes anar­cho-mon­dia­listes. vous allez un peu vite en besogne. En tout cas concer­nant le TVP (je connais moins bien le dis­tri­bu­tisme). Cela fait tout de même depuis les années qua­rante que Jacque Fres­co (rejoins par des col­la­bo­ra­teurs) pense et conçoit le truc. Et il ne m’a pas du tout don­né l’im­pres­sion de faire dans le sophisme.

    Venons-en donc aux ques­tions que vous posez Ce qui ramène à la ques­tion : Com­ment éra­di­quer la mon­naie et anéan­tir ce que j’ap­pelle Largent au niveau natio­nal ? La réponse est dans le pour­quoi. Il faut poser les Prin­cipes de l’ordre social pour com­prendre com­ment l’é­change doit s’o­pé­rer et donc pour­quoi anéan­tir Largent et par quoi rem­pla­cer la monnaie.

    Il y a un réel pro­blème pra­tique à anéan­tir l’argent au (seul) niveau natio­nal : nous avons besoin (du moins si nous sou­hai­tons conser­ver un niveau de vie à peu près équi­valent à celui que nous avons aujourd’­hui) d’im­por­ter des res­sources de l’é­tran­ger (notam­ment l’éner­gie). Si nous n’a­vons plus de mon­naie et que l’é­tran­ger uti­lise tou­jours de la mon­naie, c’est mort… Com­ment fait-on ?

    D’autre part, vous posez la ques­tion « par quoi rem­pla­cer la mon­naie », parce que vous res­tez dans un prin­cipe d’é­change. Dans le TVP, on aban­donne la notion d’échange au pro­fit de celle de par­tage et d’ac­cès aux res­sources – parce que l’ob­jec­tif est une réelle abon­dance (vous aurez com­pris que l’a­bon­dance est la clef).

    L’é­change se fonde en prin­cipe sur la notion de sur­plus de pro­duc­tion. Celui-ci induit un cer­tain nombre d’ef­fets plus ou moins per­vers que l’on ne trouve pas dans la concep­tion de l’E­BR, en ce sens que la pro­duc­tion est actua­li­sée en fonc­tion des besoins, d’où une ration­na­li­sa­tion de la pro­duc­tion (moins de gas­pillage, moins d’ex­cé­dants, plus de recy­clage, etc.).

    De plus, si vous rem­pla­cer la mon­naie par « quelque chose d’autre » pour gérer des échanges, ne crai­gniez-vous pas de réin­ven­ter le fil à cou­per le beurre ? C’est un peu l’im­pres­sion que me donne les ini­tia­tives de mon­naies locales ou les SEL. Pas « mau­vais » en soi, enten­dons-nous bien : ils peuvent consti­tuer des solu­tions locales pour résoudre des situa­tions de chô­mage et de pré­ca­ri­té, et en cela, c’est très bien. Mais je n’y vois aucun pro­grès socio­lo­gique majeur pour régler des pro­blé­ma­tiques qui sont deve­nues mon­diales (et que nous ne pou­vons plus occulter).

    Enfin, vous dites « On voit bien que la méthode ne consiste pas à poser (à retrou­ver) les Prin­cipes de l’ordre social pour en déduire les solu­tions à mettre en oeuvre (méthode Robes­pierre), mais à foca­li­ser sur des pro­blèmes concrets et à décré­ter la solu­tion, sans jamais mener une véri­table réflexion phi­lo­so­phique sur les objets concer­nés (révo­lu­tion, mon­naie, socié­té, droits, Ega­li­té, etc.). »

    Une réflexion phi­lo­so­phique, je vous accorde bien volon­tiers que Jacque fres­co ne s’y attarde pas, en effet 😉 Il est clair qu’il a opté pour une tout autre approche qui est : réglons les pro­blèmes pra­tiques qui empêchent l’a­bon­dance pour tous, et nous régle­rons en même temps toute une série de pro­blèmes qui en découlent. C’est là que je trouve son approche (pour le moins prag­ma­tique) bien plus rigou­reuse et inté­re­sante que n’im­porte quelle approche philosophique.

    D’ailleurs, le phi­lo­sophe n’a-t-il pas pour devise « pri­mum vivere, deinde phi­lo­so­pha­ri » (d’a­bord vivre, ensuite phi­lo­so­pher). Si j’en crois cette devise des phi­lo­sophes, Jacque Fres­co est un grand philosophe 🙂

    Très cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  61. J-Stéphane

    La nature n’a ni de pro­jets, ni de plans. Elle ne fait que choi­sir la vie. Et la vie c’est l’ins­tant présent.

    Réponse
  62. Ana Sailland

    Dans le pro­jet venus, il n’y a plus de péda­gogues ou bien ils tra­vaillent à l’œil ?

    C’est quoi l’a­bon­dance en médecine ?

    Com­ment on fait si tout le monde veut du Caviar sauvage ?

    Réponse
  63. J-Stéphane

    En équipe (com­mu­nau­té), il nous faut des règles pour pro­duire, ser­vir et dis­tri­buer. La mon­naie est le sup­port de ces règles com­mu­nau­taires, qui pour le moment ne sont ni sociales ni uni­ver­selles. Les billets du Mono­po­ly sont aus­si de l’argent, et il n’ont pas le même pou­voir de propriété…

    Réponse
  64. Philippe Landeux

    @ Mor­pheus

    Je ne suis pas un spé­cia­liste du pro­jet Vénus (Est-ce la même chose que Zeit­geist ?), mais le peu que j’en sais m’in­dique qu’il fait fausse route mal­gré ses bonnes inten­tions. Quand on pose la pre­mière pierre de tra­vers, tout le reste est fata­le­ment tor­du. L’a­bon­dance de détails pra­tiques ne fait alors que cacher le vicie initial.

    Pour ma part, je dis une chose simple qui me semble aller de soi : quand on veut chan­ger la socié­té, la rendre har­mo­nieuse, il faut d’a­bord se deman­der ce qu’est et doit être une Socié­té, sur quels Prin­cipes elle doit repo­ser. Tant que l’on a pas éta­bli de manière rigou­reuse et irré­fra­gable la fina­li­té de la socié­té, les devoirs et les droits du citoyen, on n’a rien fait, on parle dans le vide.

    C’est par cela que com­mence ma propre théo­rie dite Le Civisme ; et c’est en cela qu’elle se dis­tingue de toutes les autres.

    Main­te­nant, pour avoir une dis­cus­sion construc­tive, le mieux serait que vous lisiez soit mes livress soit mon blog car mon dis­cours s’ap­puie sur tant de notions nou­velles qu’il fau­drait que je vous écrive un livre pour m’expliquer.

    Juste un mot, cepen­dant, sur la notion d’é­change. Pour qu’il y ait abon­dance de pro­duits, il faut que quel­qu’un les pro­duise. Les citoyens sont tan­tôt pro­duc­teurs, tan­tôt consom­ma­teurs. Quand un pro­duit fabri­qué par quel­qu’un fini entre les mains de quel­qu’un qui n’a pris aucune part à sa pro­duc­tion, c’est qu’il y a eu échange. Cela ne veut pas dire que cet échange s’est opé­ré selon la logique du troc et de la mon­naie. Je sais bien qu’au­jourd’­hui les hommes sont pri­son­niers de ce que j’ap­pelle Largent (= croyance que la notion de valeur mar­chande est néces­saire pour échan­ger) et ne conçoivent pas d’autre mode d’é­change. Ceux qui croient avoir échap­pé à ce piège tombent géné­ra­le­ment dans un autre.

    L’a­bon­dance (liée à la méca­ni­sa­tion et à l’in­for­ma­tique) n’est pas la clé ; c’est juste la condi­tion pour dépas­ser la mon­naie. La clé, si je peux me per­mettre, c’est le prin­cipe sui­vant : Un citoyen a le droit d’ac­cé­der au mar­ché parce qu’il est citoyen. Il fau­drait évi­dem­ment déve­lop­per, mais la clé est là.

    Cor­dia­le­ment

    Réponse
  65. Morpheus

    @ Phi­lippe Landeux

    Je vais très cer­tai­ne­ment me pen­cher sur votre blog et dans le cas où ce que j’y lis m’interpelle, j’a­chè­te­rai et lirai votre livre. Il est cer­tain que je com­pren­drai ain­si mieux vos posi­tions et vos pro­po­si­tions, bien mieux que de nom­breux échanges.

    De la même manière, je vous invite tout de même à plan­cher sur le Pro­jet Venus, je vous assure qu’il est bien mieux fice­lé que l’im­pres­sion que vous sem­blez en avoir (je n’ai pas dis que c’é­tait la solu­tion par­faite, seule­ment qu’une étude plus détaillée est néces­saire pour en éva­luer la pertinence).

    Pour répondre à votre ques­tion concer­nant le rap­port entre le Mou­ve­ment Zeit­geist et le Pro­jet Venus, en fait, le MZ est né en 2009 suite à la sor­tie du second film de Peter Joseph « Zeit­geist : Adden­dum » dont la seconde par­tie aborde le Pro­jet Venus, pré­sen­té comme une alter­na­tive cré­dible au sys­tème et à la pro­blé­ma­tique de l’argent (1).

    Le MZ était cen­sé être le « bras acti­viste » du Pro­jet Venus, suite à un accord entre Peter Joseph et Jacque Fres­co, mais en 2011, Jacque Fres­co et Roxane Mea­dows (sa col­la­bo­ra­trice) ont déci­dé de rompre avec le Mou­ve­ment Zeit­geist, car celui-ci n’a­gis­sait pas en acti­viste et fonc­tion­nait en solo, sans en réfé­rer à Jacque Fres­co. De plus, de nom­breux membres du MZ ne connais­saient pas le Pro­jet Venus (un ques­tion­naire a mon­tré qu’à la ques­tion « qu’est-ce que le TVP », cer­tains ont répon­du « une bande dessinée » …).

    Ayant cau­sé beau­coup de pré­ju­dice et fait perdre beau­coup de cré­di­bi­li­té au Pro­jet Venus, J. Fres­co et R. Mea­dows ont déci­dé de rompre l’as­so­cia­tion (2011). Donc, aujourd’­hui, le MZ n’a plus de lien avec le TVP et milite pour une « tran­si­tion » vers une EBR dont la plu­part ne savent pas la définir.

    J’ai fais par­tie du MZ pen­dant quatre mois (durant les­quels j’ai été l’un des « coor­di­na­teurs ») juste avant la rup­ture, et je dois dire qu’ils sont très brouillons, très mal orga­ni­sé et très dis­per­sés dans leurs efforts. Je ne sais pas où ils en sont actuel­le­ment, mais une chose est cer­taine : ils ne consti­tuent pas une réfé­rence fiable et sérieuse concer­nant le TVP. Et je dois dire que si vos remarques se fon­daient sur ce que vous avez pu receuillir comme infor­ma­tions auprès du Mou­ve­ment Zeit­geist, je com­prends mieux votre impres­sion (que je par­tage par expérience).

    Une der­nière chose avant dodo : dans la concep­tion du TVP, la majeure par­tie de la pro­duc­tion et de la dis­tri­bu­tion est dévo­lue à des machines, si bien que l’homme n’in­ter­vient plus que pour plus ou moins 3 à 5 % du tra­vail (ce qui est la suite logique du mou­ve­ment actuel). Dès lors, le temps libé­ré peut être consa­cré à autre chose que la pro­duc­tion et la dis­tri­bu­tion des biens.

    C’est donc une tout autre culture que tout ce que nous connais­sons et avons connu. L’acent sera mis sur l’ap­pren­tis­sage, l’en­sei­gne­ment, les échanges cultu­rels, la décou­verte, la par­ti­ci­pa­tion (libre et volon­taire) au déve­lop­pe­ment des cités, au net­toyage des nom­breuses zones pol­luées, à rendre à la nature des zones qui ont été pillées, à l’in­ven­tion, etc. L’un des vec­teurs par­ti­ci­pa­tif sera le déploie­ment à de nom­breux domaines des prin­cipes de l’o­pen source et de la concep­tion participative.

    Les « banques » exis­te­ront tou­jours : ce sera des banques de don­nées en ligne (open source) où l’on pour­ra par exemple trou­ver un ensemble de don­nées tech­niques mises à jours sur dif­fé­rents sys­tèmes, per­met­tant par exemple au qui­dam qui a une idée de la tes­ter (vir­tuel­le­ment) et de recher­cher les solu­tions ad hoc à son idée de départ en fonc­tion de ce qu’il recherche.

    (1) Jacque Fres­co a com­pris l’ac­tion per­verse de la mon­naie sur nos socié­tés dès la crise de ’29, et c’est à la suite de cela qu’il a com­men­cé à plan­cher sur son pro­jet. Une vie entière de recherches, qui fait peut-être bien de lui le Léo­nard de Vin­ci du XXe siècle vaut la peine que l’on se penche sérieu­se­ment sur son tra­vail avant de le reje­ter, enfin il me semble. Ce serait bête de pas­ser à côté de ce qui pour­rait bien être une solu­tion sur une mau­vaise impres­sion de départ. Et puis son pro­jet n’est rien moins qu’un chan­ge­ment com­plet de culture.

    Bien cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  66. J.C

    @ Phi­lippe Landeux

    « Dis-je autre chose »

    Mer­ci de l’a­voir pré­ci­sé. Ce n’é­tait pas évident en lisant ceci :

    « Voi­là les rai­sons théo­riques pour les­quelles espé­rer que la démo­cra­tie apporte l’Egalité est une vue de l’esprit »

    En une seule lec­ture, cela pou­vait lais­ser sup­po­ser que la démo­cra­tie peut sur­gir en amont de l’é­ga­li­té éco­no­mique ou qu’il pou­vait exis­ter une démo­cra­tie sans éga­li­té économique.
    Ce n’est effec­ti­ve­ment pas le fait que la démo­cra­tie ne soit pas à même d’ap­por­ter l’é­ga­li­té que vous poin­tez ici mais bien qu’il ne peut exis­ter de démo­cra­tie sans éga­li­té n’est-ce pas ?

    Je suis d’ac­cord sur le fait qu’il n’y ait pas de démo­cra­tie sans éga­li­té poli­tique et éco­no­mique, par contre je ne par­tage pas votre posi­tion sur le fait qu’un sys­tème éga­li­taire serait démo­cra­tique par la force des choses. On peut être asser­vie de manière égale et par­ti­ci­per soi-même à cette asservissement.

    Ima­gi­nons qu’une popu­la­tion impré­gnés des idées de son dic­ta­teur per­pé­tue à sa mort sans le rem­pla­cer l’é­ga­li­té pour tous mais dans la pau­vre­té et l’uniformité.
    Cette situa­tion pour­rait être main­te­nu par la popu­la­tion elle-même un cer­tain temps.

    La démo­cra­tie implique la liber­té indi­vi­duelle. Il n’y a pas de vraie liber­té indi­vi­duelle au sein du capi­ta­lisme, il y a la >liber­té< obli­ga­toire d’o­béir aux lois de l’argent, la recon­nais­sance sociale par l’argent, l’o­béis­sance par l’argent, la sur­vie par l’argent etc.

    L’é­ga­li­té en démo­cra­tie est par­fai­te­ment en accord avec l’in­di­vi­dua­lisme (le vrai).
    La liber­té, l’é­ga­li­té et la fra­ter­ni­té sont les piliers de la démocratie.
    La sou­ve­rai­ne­té du peuple implique la liber­té indi­vi­duelle de chaque indi­vi­du qui le compose.
    Si le pou­voir n’ap­par­tient qu’à une por­tion du peuple, serait-ce la majo­ri­té, nous ne serions plus dans une démo­cra­tie mais dans une dic­ta­ture de la majo­ri­té. Pour que le pou­voir revienne au peuple dans sa tota­li­té, il faut que la liber­té indi­vi­duelle soit respectée.

    « Un révo­lu­tion mon­diale sup­pose que quelque chose de rare quelque part peut se pro­duire par­tout en même temps. C’est un non-sens. c’est éga­le­ment oublier que les peuples sont dif­fé­rents, qu’ils ont une his­toire dif­fé­rente et des aspi­ra­tions dif­fé­rentes. Vou­loir que la révo­lu­tion soit mon­diale est une forme de colo­nia­lisme, de supré­ma­tisme, tou­jours au nom des droits de l’Homme. C’est à la fois absurde et inique. »

    Vous sem­blez avoir une vision très res­tric­tive de com­ment une révo­lu­tion doit adve­nir. Pour­tant aujourd’­hui, les actes d’une poi­gnée d’homme à l’autre bout de la pla­nète ont des consé­quences direct sur nos vies en très peu de temps, ce peut être éco­no­mique, envi­ron­ne­men­tal ou sur le plan de simples idées par exemple.

    à pro­pos du pro­jet Vénus :

    « On voit bien que la méthode ne consiste pas à poser (à retrou­ver) les Prin­cipes de l’ordre social pour en déduire les solu­tions à mettre en oeuvre (méthode Robes­pierre), mais à foca­li­ser sur des pro­blèmes concrets et à décré­ter la solu­tion, sans jamais mener une véri­table réflexion phi­lo­so­phique sur les objets concer­nés (révo­lu­tion, mon­naie, socié­té, droits, Ega­li­té, etc.). »

    J’ai une petite diver­gence de vue avec Mor­pheus sur ce point.
    une pro­fonde réflexion a été menée par Jacque Fres­co et son entou­rage sur ce qui nous animes, sur la psy­cho­lo­gie humaine, sur l’é­thique, sur le sens que l’on donne à nos actes, sur l’é­du­ca­tion etc.
    On ne pro­pose pas sérieu­se­ment une pers­pec­tive civi­li­sa­tion­nelle mon­diale sans envi­sa­ger toutes ces questions.
    Une petite intro­duc­tion ici

    @ Ana

    « Dans le pro­jet venus, il n’y a plus de péda­gogues ou bien ils tra­vaillent à l’œil ? »

    Il n’y a plus de tra­vail, seule­ment des acti­vi­tés désirées.
    Les ensei­gnants peuvent ensei­gner à la manière des retrai­tés, c’est à dire libre­ment, pour le plai­sir de par­ta­ger, de rendre heu­reux, de se rendre utile ou même pour la recon­nais­sance peut-être etc.
    Il y a des tas de rétri­bu­tions à nos actes mais finan­ciè­re­ment ça sera tota­le­ment gratuit.

    « C’est quoi l’a­bon­dance en médecine ? »

    C’est le fait que tout le monde puisse avoir accès aux meilleurs soins.

    « Com­ment on fait si tout le monde veut du Caviar sauvage ? »

    On en pro­duit en abondance

    Cela dit, il y a peu de chance que ça arrive

    Penses tu que nous ayons tous les mêmes goûts ?
    Et puis man­ger la même chose à tout les repas, ça fini­rait par être écœu­rant sur­tout lors­qu’on peut avoir une abon­dance de diversité 😉

    J’ai bon espoir à ce sujet, que les men­ta­li­tés évo­lue­ront puis­qu’il n’y aura plus d’en­jeu moné­taire et que les humains fini­ront par aban­don­ner l’i­dée de man­ger des pro­duits d’o­ri­gine animale.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  67. Philippe Landeux

    @ J.C

    « je ne par­tage pas votre posi­tion sur le fait qu’un sys­tème éga­li­taire serait démo­cra­tique par la force des choses. On peut être asser­vi de manière égale et par­ti­ci­per soi-même à cette asservissement. »

    C’est sans doute parce que nous n’a­vons pas la même idée de l’E­ga­li­té. Telle que je la conçois, les citoyens sont libres d’ac­cé­der au mar­ché parce que ce droit (bor­né par la nature des choses et éven­tuel­le­ment par la loi) leur est confé­ré par la citoyen­ne­té elle-même (elle-même attes­tée par une carte), il est indé­fi­ni, il ne dépend pas du sys­tème poli­tique, il n’offre aucune prise à une dic­ta­ture. C’est pour cela que je parle des révo­lu­tion. Les droits sont garan­tis par la nature du sys­tème éco­no­mique, de sorte qu’une dic­ta­ture poli­tique n’a plus aucun sens et que la démo­cra­tie est inéluctable.

    « La sou­ve­rai­ne­té du peuple implique la liber­té indi­vi­duelle de chaque indi­vi­du qui le compose. »

    Sans doute, mais qu’en­ten­dez-vous par « liber­té indi­vi­duelle » ? Conce­vez-vous que les citoyens, avant d’être libres, aient des devoirs, et si oui les­quels (par exemple) ? D’un autre côté, le libre accès au mar­ché ne serait-il pas la meilleure garan­tie de la liber­té individuelle ?

    « aujourd’­hui, les actes d’une poi­gnée d’homme à l’autre bout de la pla­nète ont des consé­quences direct sur nos vies en très peu de temps, ce peut être éco­no­mique, envi­ron­ne­men­tal ou sur le plan de simples idées par exemple. »

    Peut-être, mais cela ne consti­tue pas en soi une révo­lu­tion et, même en admet­tant qu’un évé­ne­ment secoue le monde entier, il n’au­ra pas les mêmes consé­quences par­tout car tous les peuples n’y réagi­ront pas de la même manière, dans le même esprit, dans le même but.

    « une pro­fonde réflexion a été menée par Jacque Fres­co et son entou­rage sur ce qui nous animes, sur la psy­cho­lo­gie humaine, sur l’é­thique, sur le sens que l’on donne à nos actes, sur l’é­du­ca­tion etc. »

    C’est jus­te­ment ce qui me trouble… Où est la réflexion sur les prin­cipes de l’ordre social qui doit être au coeur d’une théo­rie révo­lu­tion­naire, puis­qu’une révo­lu­tion n’est autre chose qu’un bou­le­ver­se­ment social.

    Réponse
  68. Ana Sailland

    1
    à :« Dans le pro­jet venus, il n’y a plus de péda­gogues ou bien ils tra­vaillent à l’œil ? »
    On me répond : « Il n’y a plus de tra­vail, seule­ment des acti­vi­tés désirées. »

    »>
    Ce n’est pas l’a­bon­dance qui crée la pul­sion contributive.
    On peut pen­ser même le contraire dès que les tâches obser­vées (et non obli­té­rées par le machi­nisme) sont pénibles ou pré­sentent un carac­tère contraignant.
    Nous connais­sons déjà de nos jours la pul­sion contri­bu­tive et elle est sous exploi­tée et/ou mal reconnue.
    Le pro­jet venus n’a rien à voir avec ce moteur-ci du dyna­misme humain et ne le met pas en route.
    Si la pul­sion contri­bu­tive est en panne, le chan­tage actuel y pour­voie hélas mieux que l’abondance.

    Une grande ques­tion est com­ment magni­fier et libé­rer la pul­sion contributive.
    Et une autre : com­ment coor­don­ner le dyna­misme humain dans l’harmonie.

    Ces deux ques­tions sont éter­nelles et cru­ciales en tout système.

    2
    à :« C’est quoi l’a­bon­dance en médecine ? »
    On me répond:« C’est le fait que tout le monde puisse avoir accès aux meilleurs soins. »

    »>
    Bon­jour la tautologie 😉
    Et qui donne ces soins ? Des béné­voles qui ont sacri­fié leur jeu­nesse folle en mil­liers d’heures d’é­tude ?!? Encore la pul­sion contributive ?
    Ou bien a‑t-on des ordi­na­teurs qui reçoivent le patient, posent le diag­nos­tique, défi­nissent le trai­te­ment et assurent le suivi ?

    Qui torche les diarrhéiques ?
    Des machines ?

    3
    à : « Com­ment on fait si tout le monde veut du Caviar sauvage ? »
    On me répond:« On en pro­duit en abondance »

    »>

    C’est absurde : le caviar sau­vage n’est par défi­ni­tion pas pro­duit mais récolté.

    La pro­duc­tique ne résout pas tout et en par­ti­cu­lier ne résout pas la ques­tion de la fan­tai­sie lors­qu’elle pousse à débor­der la nature.

    Il res­te­ra tou­jours la ques­tion des cadeaux de Dame Nature et de leur affectation.

    Ce pro­blème ne peut être trai­té que par la dic­ta­ture ( élue ou mili­taire ) ou par la déli­bé­ra­tion démocratique.

    Le pro­jet venus, s’il n’est pas soli­de­ment assis sur une vraie démo­cra­tie, abou­tit à une dic­ta­ture écologique.
    Sans par­ler du pro­blème de la contraception.

    Lorsque Mor­pheus écrit qu’il n’y a qu’un but, l’a­bon­dance, et que toutes les autres ques­tions sont subal­ternes, il se plante, donc, car la ques­tion démo­cra­tique vient en amont.
    D’autre part, tant que l’a­bon­dance bor­née (on ne sera jamais au pays de cocagne), bor­née au moins du fait d’une nature qui ne peut être sucée sans contrôle, tant que l’a­bon­dance, même non idéa­li­sée de manière outran­cière, n’est pas là, la ges­tion humaine de la par­ci­mo­nie et le sain renon­ce­ment au consu­mé­risme et à l’hu­bris consu­mé­riste néces­sitent une réflexion et un contrôle du désir que le pro­jet venus n’as­sume pas puis­qu’il part naï­ve­ment du prin­cipe que ce n’est pas nécessaire.

    La cause des causes demeure la non-démocratie.
    Le but des buts demeure la démocratie.
    Quelles que soient les prouesses de l’ingénierie.

    Par ailleurs, ça serait sym­pa de ne pas écra­ser ~cha­cun des fils actifs de votre belle pla­nète Venus. Choi­sis­sez en un, par pitié 😉

    Réponse
  69. Ana Sailland

    Ima­gine pépère 😉

    Le pro­jet Vénus est opérationnel.
    Tu es en 2847.
    Tu es médecin.
    Tu adores les courses en mon­tagne, et comme 199765432 autres citoyens, tu as choi­si de vivre à Cha­mo­nix, ou Interlaken.

    Il y a un patient qui compte sur toi, c’est vital pour lui, car tu es très poin­tu dans ta spé­cia­li­té et son cas, gra­vis­sime, ne peut être réso­lu que par toi.
    Tu dois le voir avant midi.

    Mais ce matin là, il fait beau, et tu brules du désir de te faire une grim­pette sur l’al­pette avec ta dulcinée.

    Grâce à Big­Sys 3.7, tu es assu­ré de ton loge­ment et de ta nour­ri­ture, et de la réa­li­sa­tion de tous tes dési­rs, quelles que soient tes pres­ta­tions et contri­bu­tions à la socié­té. Car en ce temps là, le tra­vail (rému­né­ré) est abo­li et il n’y a que des actes libres, et l’a­voir n’est pas condi­tion­né par le faire.
    Génial !

    Alors tem­pête sous un crâne : pro­me­nade en mon­tagne ou soin au patient ?
    Deux vec­teurs anta­go­nistes agissent sur toi : ton désir égoïste et ton désir altruiste.

    Lequel des deux l’emporte ?

    C’est toi qui décides.
    En ce temps là, donc, la liber­té a atteint son apo­gée et elle consiste en le choix d’o­béir ou pas à sa conscience.

    En fait, la socié­té idéale exi­ge­ra tou­jours la conscience de tous.

    Jamais la réflexion poli­tique ne se penche sur ce pro­blème (le pour­rait elle ? Peut être …)

    Et les solu­tions pro­po­sées, tor­dues ou bien inten­tion­nées, consistent tou­jours à encadrer/réguler la paresse et le désir ou à répondre aux appé­tits, à pré­ve­nir nos défauts, à com­bler plus ou moins élé­gam­ment (ou de manière per­verse) les lacunes de la conscience et de la pul­sion contributive.
    Elles ne rendent pas l’homme bon ni ne se fondent sur la bon­té humaine.

    Il existe a contra­rio une autre per­cep­tion, qui conduit à exhi­ber des exemples concrets de réa­li­sa­tions fon­dées sur la pul­sion contri­bu­tive telles que celles dont on a par­lé, déjà, effec­tives et efficaces.
    Ces réa­li­sa­tions ont la par­ti­cu­la­ri­té de déjà fonc­tion­ner sans mon­naie, débar­ras­sées qu’elles sont, et cela SPONTANEMENT de la logique comp­table, du chan­tage et du don­nant don­nant, au loin de l’es­prit du troc, qui est la cause de l’in­ven­tion de l’argent.

    Il y a là l’es­poir que ces exemples peuvent faire tâche d’huile, du fait de leur carac­tère sédui­sant : qui voit cela et en constate l’ex­cel­lente per­for­mance, peut avoir l’en­vie de mimer, repro­duire, adop­ter, au moins partiellement.
    Cet espoir est peut être vain, nul ne sait.
    Et nous igno­rons quelle peut être sa portée.
    Nous igno­rons si de proche en proche il peut consti­tuer une révo­lu­tion lente et non vio­lente abou­tis­sant à une socié­té riche mais non comp­table ni contractuelle.
    Mais c’est une carte à jouer.
    Avec la par­ti­cu­la­ri­té qu’elle échappe à la tra­di­tion poli­tique de notre monde et ne se fonde que sur l’être, son dyna­misme, sa gentillesse.
    Nous ne pou­vons pas la struc­tu­rer puis­qu’il s’a­git d’un élan.
    Mais nous pou­vons la favoriser.
    Mais nous pou­vons en par­ler. Pou­vons ou devons.
    Mais nous pou­vons l’i­ni­tier dans nos vies.
    Humble révolte créa­tive du coli­bri phi­lo­sophe mais actif.

    Pour ma part, je donne des cours de math gra­tuits, par­fois ou rare­ment car le prin­cipe inquiète, et je sug­gère au béné­fi­ciaire de rendre dans quelques années un ser­vice consé­quent mais gra­tuit à quel­qu’un d’autre. Il s’a­git d’un acte révo­lu­tion­naire assez dif­fé­rent de l’en­voi de troupes en Anjou 😉

    Réponse
  70. J.C

    @ Phi­lippe Landeux

    « … Les droits sont garan­tis par la nature du sys­tème éco­no­mique, de sorte qu’une dic­ta­ture poli­tique n’a plus aucun sens et que la démo­cra­tie est inéluctable. »

    Exac­te­ment. En allant peut être un tout petit peu plus loin, une carte attes­tant de la citoyen­ne­té ne devrait pas être néces­saire, le simple fait d’exis­ter suffit.

    « Sans doute, mais qu’en­ten­dez-vous par « liber­té indi­vi­duelle » ? Conce­vez-vous que les citoyens, avant d’être libres, aient des devoirs, et si oui les­quels (par exemple) ? D’un autre côté, le libre accès au mar­ché ne serait-il pas la meilleure garan­tie de la liber­té individuelle ? »

    Si par libre accès au mar­ché vous enten­dez libre accès aux biens et aux ser­vices, il s’a­git bien aus­si de cela.
    À condi­tion de pro­duire l’a­bon­dance, oui, c’est la meilleure garan­tie de la liber­té indi­vi­duelle. Cela rend obso­lète un grand nombre de com­por­te­ments nuisibles.

    Le pro­blème avec les lois, les règles, les devoirs c’est qu’ils sur­im­posent des contraintes qui ne sont pas for­cé­ment utiles et qui pour­raient deve­nir un moyen d’oppression.
    Puisque l’ac­cès aux res­sources est incon­di­tion­nel, que l’argent n’a plus le pou­voir de dic­ter les com­por­te­ments, plu­tôt que de vou­loir poser des inter­dits (par qui d’ailleurs) mieux vaut aller cher­cher du côté des causes à cer­tains comportements.

    Au lieu de vou­loir impo­ser des lois, il est plus simple de conce­voir des cités qui pré­viennent les com­por­te­ments aber­rant en pre­nant en compte causes et conséquences.
    Pour illus­trer cela pre­nons l’exemple du pan­neau de signa­li­sa­tion « ralen­tir enfants », il serait bien plus ingé­nieux de mettre en place un dis­po­si­tif arrê­tant les véhi­cules lorsque les enfants traversent.

    « Peut-être, mais cela ne consti­tue pas en soi une révo­lu­tion et, même en admet­tant qu’un évé­ne­ment secoue le monde entier, il n’au­ra pas les mêmes consé­quences par­tout car tous les peuples n’y réagi­ront pas de la même manière, dans le même esprit, dans le même but » 

    Un effon­dre­ment mon­dial du sys­tème moné­taire aura les mêmes consé­quences par­tout puisque la mon­naie est uti­li­sée de la même façon par­tout dans le monde pour accé­der aux biens et aux services.
    Quelque soit notre culture, nous avons tous en com­mun des besoins en res­sources ali­men­taires, en eau, en loge­ments, vête­ments, médi­ca­ments… bref, tous ce qui est néces­saire à la vie avec des variantes liées aux condi­tions de l’en­vi­ron­ne­ment etc.

    « C’est jus­te­ment ce qui me trouble… Où est la réflexion sur les prin­cipes de l’ordre social qui doit être au coeur d’une théo­rie révo­lu­tion­naire, puis­qu’une révo­lu­tion n’est autre chose qu’un bou­le­ver­se­ment social » 

    Je com­prends votre étonnement.
    L’ordre sociale, dans le pro­jet Vénus, n’est pas fon­dé sur des lois arbi­traires mais sur la mise en oeuvre des méthodes scien­ti­fiques appli­quées à l’or­ga­ni­sa­tion de la socié­té (ou ges­tion de la cité).

    @ Ana

    « Une grande ques­tion est com­ment magni­fier et libé­rer la pul­sion contributive.
    Et une autre : com­ment coor­don­ner le dyna­misme humain dans l’harmonie. »

    En ayant accès aux biens et aux ser­vices cha­cun contri­bue­ra déjà à l’a­mé­lio­ra­tion de la société.
    La contri­bu­tion démo­cra­tique est inté­grée au fonc­tion­ne­ment des cités du pro­jet Vénus (cf conce­voir le futur).

    Aujourd’­hui, les contri­bu­tions qui sont deman­dées aux indi­vi­dus sont sou­vent inutiles voir nui­sibles au regard de ce qui pour­rait être fait.
    Ces contri­bu­tions for­cées là n’au­ront plus leur place dans le futur.
    Les contraintes maté­rielles de bases seront dépas­sées afin de lais­ser tou­jours plus de place à des acti­vi­tés sou­hai­tées. La recherche scien­ti­fique, la spi­ri­tua­li­té etc. pour­raient bien y prendre une place cen­trale. Il s’a­git bien là d’une révo­lu­tion des consciences.

    « Et qui donne ces soins ? Des béné­voles qui ont sacri­fié leur jeu­nesse folle en mil­liers d’heures d’é­tude ?!? Encore la pul­sion contributive ?
    Ou bien a‑t-on des ordi­na­teurs qui reçoivent le patient, posent le diag­nos­tique, défi­nissent le trai­te­ment et assurent le suivi ? »

    La jeu­nesse aura mieux à faire que d’a­gir sous la contrainte pour avoir droit à un salaire puisque tout sera gratuit.
    Les machines vont-elles rem­pla­cer les médecins ?
    Il sem­ble­rait que ça com­mence déjà, la preuve ici

    « Qui torche les diarrhéiques ?
    Des machines ? »

    Des dis­po­si­tifs robo­ti­sés pour­raient très bien s’oc­cu­per de ça.

    « Il res­te­ra tou­jours la ques­tion des cadeaux de Dame Nature et de leur affectation »

    La ques­tion de la petite fan­tai­sie, c’est comme l’his­toire de l’o­range à noël, ça n’existe que dans un monde de pénu­rie. C’est le petit plai­sir que l’on s’oc­troie quand on a pas les moyens de vivre dans l’abondance.

    Nul besoin de dic­ta­ture ou de déli­bé­ra­tion démo­cra­tique pour aller cueillir quelques fraises des bois dans des che­mins boi­sées ou il y en a un peu partout.

    « La cause des causes demeure la non-démocratie. »

    Pas de démo­cra­tie sans abon­dance pour tous et pas d’a­bon­dance pour tous sans abo­li­tion de la monnaie.

    Pour faire plus court, comme le démontre très bien de son côté Phi­lippe Landeux,
    démo­cra­tie et argent sont antinomique.

    « Par ailleurs, ça serait sym­pa de ne pas écra­ser ~cha­cun des fils actifs de votre belle pla­nète Venus. Choi­sis­sez en un, par pitié »

    Hé ho, c’est pas de notre faute si ça parle par­tout de démo­cra­tie sur le site ;-p

    Et puis qu’est ce que tu fais toi à rame­ner ta fraise… des bois (j’a­dore les fraises des bois, ça com­mence à se voir) sur tout les fils avec ton don acra­to­pège et tes pul­sions contri­bu­tives mmh ?!

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  71. Ana Sailland

    Je crois que tu es convain­cu, c’est sûr 😉

    Réponse
  72. Philippe Landeux

    @ J.C

    « une carte attes­tant la citoyen­ne­té ne devrait pas être néces­saire, le simple fait d’exis­ter suffit. »

    C’est là que nous diver­geons fon­da­men­ta­le­ment. Pour moi, il n’y a pas de droits sans devoirs. Pré­tendre qu’exis­ter garan­tit tous les droits du citoyen, c’est dis­pen­ser les citoyens de devoirs, c’est vider de sens la citoyen­ne­té, c’est anéan­tir la cité. Si vous croyez que tout le monde il est beau, tout le monde il est gen­til, tout le monde a une conscience, vous vous trom­pez. Aucun sys­tème ne peut fonc­tion­ner en par­tant d’un tel postulat.

    Du reste, vous avez une concep­tion limi­tée du rôle d’une carte civique (à puce). Elle ne sert pas seule­ment à attes­ter la citoyen­ne­té des consom­ma­teurs, mais aus­si à mesu­rer l’ac­ti­vi­té (les ventes) des com­mer­çants et des entre­prises, et donc à four­nir à la cité des don­nées éco­no­miques ins­tan­ta­nées et pré­cises qui lui per­mettent d’in­ter­ve­nir si besoin est.

    « Puisque l’ac­cès aux res­sources est incon­di­tion­nel, que l’argent n’a plus le pou­voir de dic­ter les com­por­te­ments, plu­tôt que de vou­loir poser des inter­dits (par qui d’ailleurs) mieux vaut aller cher­cher du côté des causes à cer­tains comportements. »

    Comme nous le disions pré­cé­dem­ment, l’E­ga­li­té éco­no­mique per­met­tra l’ins­tau­ra d’une véri­table démo­cra­tie. Les lois seront donc le fait des citoyens. Or si les citoyens jugent néces­saire de se fixer à eux-mêmes des limites égales pour tous, c’est que ces limites sont mani­fes­te­ment néces­saires pour le bien com­mun. Ces limites, ces inter­ven­tions peuvent être de diverses natures, mais on ne peut pas en contes­ter le principe.

    « Un effon­dre­ment mon­dial du sys­tème moné­taire aura les mêmes consé­quences par­tout puisque la mon­naie est uti­li­sée de la même façon par­tout dans le monde pour accé­der aux biens et aux services. »

    Ceci n’a rien à voir avec cela. Evi­dem­ment, pour vous, il suf­fit de sup­pri­mer la mon­naie et tout fonc­tionne par l’o­pé­ra­tion du Saint Esprit. J’ai bien peur que les choses ne soient plus com­plexes en pra­tique. Pour moi, la pos­si­bi­li­té d’a­néan­tir Largent (qui est plus que la mon­naie) est don­née par l’in­for­ma­tique qui fra­gi­lise à la fois la mon­naie en la ren­dant vir­tuelle et per­met de conce­voir le sys­tème des cartes civiques (évo­lu­tion des cartes de cré­dits). Autre­ment dit, la Révo­lu­tion n’est pos­sible que dans les pays ayant atteint par eux-mêmes un niveau éle­vé de déve­lop­pe­ment tech­nique, lui-même lié à une cer­taine orga­ni­sa­tion éco­no­mique et poli­tique. Or, sous ce rap­port, tous les pays n’en sont pas au même point. Ce seul constat explique pour­quoi la Révo­lu­tion ne pour­ra avoir lieu par­tout en même temps. cer­tains pays ne sont pas encore mûrs pour dépas­ser la mon­naie. Ceux qui le sont ne le savent même pas. Avant de vou­loir faire la Révo­lu­tion, fai­sons-la déjà quelque part (chez nous), ce sera déjà pas mal. Quand on veut cou­rir avant de savoir marcher.…

    « L’ordre sociale, dans le pro­jet Vénus, n’est pas fon­dé sur des lois arbi­traires mais sur la mise en oeuvre des méthodes scien­ti­fiques appli­quées à l’or­ga­ni­sa­tion de la socié­té (ou ges­tion de la cité) »

    J’ai­me­rais bien com­prendre com­ment on peut appli­quer des remèdes à la socié­té avant même d’a­voir cer­né ce qu’est une socié­té, quels sont ses prin­cipes et de quel mal elle souffre.

    Je crois que vous devriez lire ma théo­rie du Civisme pour mieux com­prendre de quoi je parle et pou­voir com­pa­rer avec le pro­jet Vénus. Sans quoi, nous allons nous épuiser.

    Réponse
  73. Morpheus

    @ Phi­lippe Landeux

    Je vais prendre le temps de lire les réfé­rences que vous don­nez et bien com­prendre votre vision des choses avant de reve­nir poin­ter mon nez dans le débat. Cet après-midi, j’ai pro­fi­té du soleil (trop rare ces der­niers jours) et donc j’ai sèché les cours.

    😉

    A bien­tôt 🙂

    Mor­pheus

    Réponse
  74. J.C

    « C’est là que nous diver­geons fon­da­men­ta­le­ment. Pour moi, il n’y a pas de droits sans devoirs. »

    Et dire que j’y croyais aus­si, il y a encore peu de temps.
    Les droits du citoyen sont inalié­nables ou ils ne le sont pas. Si ces droits dépendent de devoir, ils ne le sont plus.

    Les gens ne sont pas gen­tils par nature, ils sont condi­tion­nés et donc leurs com­por­te­ments changent au gré de leurs expériences.

    « Du reste, vous avez une concep­tion limi­tée du rôle d’une carte civique (à puce). Elle ne sert pas seule­ment à attes­ter la citoyen­ne­té des consom­ma­teurs, mais aus­si à mesu­rer l’ac­ti­vi­té (les ventes) des com­mer­çants et des entreprises »

    Ce que vous expli­quez ici n’existe pas dans un monde sans mon­naie : pas de ventes, pas d’a­chats, pas de commerçants.

    « Evi­dem­ment, pour vous, il suf­fit de sup­pri­mer la mon­naie et tout fonc­tionne par l’o­pé­ra­tion du Saint Esprit. »

    Je n’ai jamais pré­ten­du cela.

    « cer­tains pays ne sont pas encore mûrs pour dépas­ser la mon­naie. Ceux qui le sont ne le savent même pas. Avant de vou­loir faire la Révo­lu­tion, fai­sons-la déjà quelque part (chez nous), ce sera déjà pas mal »

    Vous savez pour­tant à quoi mène les inéga­li­tés (entre indi­vi­dus, entre populations…).

    Le sys­tème moné­taire et les échanges sont mon­diaux, les régimes poli­tiques quel­qu’ils soient n’existent que par les inéga­li­tés engen­drées par l’u­sage de la monnaie.

    La mise en appli­ca­tion du pro­jet Vénus ne dépends pas du niveau de déve­lop­pe­ment tech­nique d’un pays. La tech­no­lo­gie ne connaît pas les fron­tières, elle est appli­cable par­tout ou on en a besoin quand il n’est plus ques­tion d’argent.

    Mer­ci pour le lien, fiouu 320 pages. Je vais y jeter un oeil et mettre ici quelques liens pour que vous puis­siez aus­si prendre davan­tage connais­sance du Pro­jet Vénus. ça risque de prendre un peu de temps.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  75. J-Stéphane

    Bon­soir,

    Com­ment la sup­pres­sion de la mon­naie va-t-elle convaincre les trop grands et trop nom­breux pro­prié­taires de terres et de res­sources de les restituer ?

    Et par quels pro­ces­sus le monde sans argent va-t-il dis­sua­der les plus forts d’en­tre­po­ser plus que de rai­son dans leurs propres greniers ?

    Réponse
  76. J.C

    @ Phi­lippe Landeux

    Je pense que dans un 1er temps, il serait bon que vous pre­niez connais­sance de
    ceci et
    celà
    en fai­sant abs­trac­tions des quelques fautes d’or­tho­graphes et autres coquilles que j’ai pu voir en relisant.

    et bien sûr ici aus­si

    @ J‑Stéphane

    « Com­ment la sup­pres­sion de la mon­naie va-t-elle convaincre les trop grands et trop nom­breux pro­prié­taires de terres et de res­sources de les restituer ? »

    Sans mon­naie, ils n’au­ront aucun moyen de les gar­der ni aucun inté­rêts d’ailleurs (à moins de se faire malmener).
    Elles ne leur appar­tien­dront plus.
    La pro­prié­té pri­vée sera abolie.

    Cer­tains pour­ront bien pré­tendre que telle terre agri­cole à telle endroit ou que tel cours d’eau ou que telle forêt leur appar­tient mais qui les écoutera ?

    « Et par quels pro­ces­sus le monde sans argent va-t-il dis­sua­der les plus forts d’en­tre­po­ser plus que de rai­son dans leurs propres greniers ? »

    Il n’y aura pas de plus fort et de toutes façons entre­po­ser plus que de rai­son des pommes (par exemple) alors qu’il en sera pro­duit en abon­dance n’au­ra aucun intérêt.

    Ps : c’est la 3 eme fois que je réponds à ces ques­tions que tu as déjà posées (ou qua­si­ment les mêmes).

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  77. Philippe Landeux

    Bon, allez, un petit dernier.…

    @ J.C

    « Les droits du citoyen sont inalié­nables ou ils ne le sont pas. Si ces droits dépendent de devoir, ils ne le sont plus. »

    Les droits du citoyen sont ce qu’ils sont. la ques­tion est : à par­tir de quand un indi­vi­du est citoyen, à quelles condi­tions. Si vous répon­dez qu’il n’y a pas de condi­tions pour l’être, alors la citoyen­ne­té ne veut rien dire.

    Par ailleurs, les droits d’un citoyen ne dépendent pas de ce qu’il fait pour lui-même, mais de ce que ses conci­toyens font pour lui. C’est parce que les citoyens ont des devoirs les uns envers les autres qu’ils se garan­tissent mutuel­le­ment les mêmes droits. Son­gez, par exemple, à la sécurité.

    « dans un monde sans mon­naie : pas de ventes, pas d’a­chats, pas de commerçants. »

    Ce n’est pas parce qu’il n’y aura plus de mon­naie qu’il n’y aura plus d’ac­ti­vi­té éco­no­mique. J’ai uti­li­sé un voca­bu­laire propre au sys­tème moné­taire pour dési­gner des choses qui ont une réa­li­té quelle que soit la nature du sys­tème, même si elles peuvent alors être dési­gnées autre­ment. Pro­duit ven­du = pro­duit écou­lé / achat = retrait / ache­teur = client…

    « Vous savez pour­tant à quoi mène les inéga­li­tés (entre indi­vi­dus, entre populations…). »

    Il n’y a pas d’i­né­ga­li­té entre indi­vi­dus ou popu­la­tion, il n’y a que des dif­fé­rences. L’E­ga­li­té comme l’i­né­ga­li­té est un rap­port de droits ; elle n’existe qu’entre citoyens.

    Pour le reste, si vous croyez que les peuples et les pays n’existent pas, qu’il n’y a aucune dif­fé­rence entre eux, que ce qui vaut pour l’un est valable pour tous, que tous pensent et veulent la même chose… tant mieux pour vous. Mais vous n’ar­ri­ve­rez à rien, si ce n’est à secon­der le capi­ta­lisme lui-même et son idéo­lo­gie mondialiste.

    @ j‑Stéphane

    « Com­ment la sup­pres­sion de la mon­naie va-t-elle convaincre les trop grands et trop nom­breux pro­prié­taires de terres et de res­sources de les restituer ? »

    L’ac­cu­mu­la­tion est per­mis par le sys­tème moné­taire dans le but de faire du pro­fit. Elle n’a aucun sens dans un sys­tème non-moné­taire, puis­qu’elle ne rap­porte rien. cela étant dit, quand la Révo­lu­tion sera faite, les choses seront ce qu’elles seront. La Cité aura ses propres règles. La terre et les res­sources ne seront plus des pro­prié­tés pri­vées ; elles seront confiées à des exploi­tants dans l’in­té­rêt com­mun. Autre­ment dit, si les actuels pro­prié­taires suivent les règles et ils pour­ront conti­nuer à exploi­ter les­dites res­sources. Dans le cas contraire, ces res­sources ne leur ser­vi­ront à rien et soit ils s’en défe­ront eux-mêmes soit la cité les confie­ra à d’autres.

    « Et par quels pro­ces­sus le monde sans argent va-t-il dis­sua­der les plus forts d’en­tre­po­ser plus que de rai­son dans leurs propres greniers ? »

    Dans un sys­tème sans mon­naie, il n’y a pas de plus fort (car ce qui fait la force aujourd’­hui ce n’est pas la force phy­sique mais la richesse), per­sonne ne peut tout acca­pa­rer et l’in­té­rêt même d’ac­ca­pa­rer est nul (puis­qu’il n’y a pas de pro­fit à la clé).

    Réponse
  78. Morpheus

    Bon­jour Phi­lippe Landeux 🙂

    Bon, je n’ai bien évi­dem­ment pas encore lu l’en­tiè­re­té du Civisme (320 pages, il me fau­dra un peu plus de temps), néan­moins, j’ai déjà des remarques à faire.

    Une chose appa­rait déjà clai­re­ment : nous sommes en accord sur la noci­vi­té de la mon­naie (Largent) et le fait qu’il faille choi­sir entre l’é­ga­li­té et le pognon.

    En deuxième point, vous vous atta­chez à recher­cher le moyen de construire une socié­té éga­li­taire et vous avez éta­blit, pour se faire, une théo­rie que vous appe­lez « Civisme ». Votre objec­tif n’est donc pas dif­fé­rent de celui d’un Jacque Fres­co. Lui, vous, J.C, Étienne, les Gen­tils Virus, … pour­sui­vons le même objectif.

    S’il y a diver­geance (je devrais plu­tôt dire, là où il y a diver­geance), c’est dans le moyen, pas dans la fin. Et s’il y a diver­geance, c’est parce que les ana­lyses de causes des pro­blèmes sont dif­fé­rentes. C’est donc là que je vois le ter­rain des débats : non dans la fin, mais dans les moyens et l’a­na­lyse des causes.

    Dans le peu que j’ai déjà lu, je décelle déjà quelques diver­gences d’analyse.

    Mais la pre­mière remarque que j’au­rais à appor­ter est dans une conclu­sion qui appa­rait dans l’in­tro­duc­tion du Civisme. Vous écri­vez que le but à atteindre c’est le Civisme. Dit autre­ment, ayant déve­lop­pé une théo­rie phi­lo­so­phique ayant pour voca­tion d’a­bou­tir à une socié­té éga­li­taire, vous concluez que le but est d’at­teindre à la réa­li­sa­tion pra­tique de cette théo­rie (je résume un pas­sage de l’in­tro­duc­tion : « Le moyen d’é­ta­blir une réelle éga­li­té résulte d’une phi­lo­so­phie socio-éco­no­mique qui per­met au Civisme de s’an­crer dans la réa­li­té. Ce moyen et cette phi­lo­so­phie sont donc indi­vi­sibles »).

    Si j’en­tends bien, il s’a­git donc de com­prendre et adhé­rer à la phi­lo­so­phie qui se dégage de la théo­rie que vous énon­cez, puis de la mettre en oeuvre dans le but d’a­bou­tir à un résul­tat pra­tique qui coïn­cide avec la phi­lo­so­phie du Civisme.

    Je per­çois déjà une dif­fé­rence entre TVP et Civisme :

    - Le Civisme est à la fois la théo­rie phi­lo­so­phique qui consti­tue la méthode (le moyen) ET la fin (l’ob­jec­tif).

    - Le TVP est une méthode (moyen) pra­tique (et non phi­lo­so­phique) pour par­ve­nir au résul­tat pratique.

    Où est la dif­fé­rence ? Dans la théo­rie du Civisme, l’ac­cent est mit sur une méthode fon­dée sur une théo­rie phi­lo­so­phique. Dans le TVP, l’ac­cent est mit sur l’ap­pli­ca­tion de la méthode scien­ti­fique pour résoudre les pro­blèmes pra­tiques. Deux approches fon­da­men­ta­le­ment dif­fé­rentes visant un même but : l’une phi­lo­so­phique, l’autre pratique.

    D’où ques­tion : ne crai­gniez-vous pas que le Civisme, en sa qua­li­té de théo­rie phi­lo­so­phique à voca­tion sociale ne consti­tue – ou ne devienne – une énième idéo­lo­gie poli­tique qui ne se réfère qu’à elle même ? Si l’on confond le moyen et la fin, c’est géné­ra­le­ment ce qu’il se pro­duit. Les théo­ries mar­xistes et les théo­ries du capi­tal en sont deux grands exemples.

    Il me semble (mais je peux me trom­per) qu’il est pré­fé­rable et plus pru­dent, pour résoudre des pro­blèmes pra­tiques, de res­ter dans le domaine pra­tique sans pas­ser par une théo­rie phi­lo­so­phique. Disant cela, je ne vous cache­rai pas que je suis de for­ma­tion phi­lo­so­phique et non scien­ti­fique. On peut donc s’é­ton­ner que j’en arrive à cette conclu­sion. Je ne crois pour­tant pas qu’il s’a­gisse là d’une contra­dic­tion. La méthode scien­ti­fique est un moyen fiable, qui a fait ses preuves dans le domaine des pro­blèmes pra­tiques. La phi­lo­so­phie s’est révé­lée jus­qu’i­ci inadap­tée à résoudre les pro­blèmes pra­tiques. Je réitère ce que j’ai écris en #63 « D’a­bord vivre, ensuite philosopher ».

    L’es­prit peut se nour­rir de phi­lo­so­phie, mais pas le corps. Et dans le monde mani­fes­té, c’est le corps qui prime et com­mande les priorités.

    Je reviens bien­tôt pour par­ler de la théo­rie de « l’é­tat de nature où le dan­ger est permanent » 🙂

    Très cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  79. J-Stéphane

    Bon­jour,

    Oui JC, il y avait eu un début de réponses à mes ques­tions, mais pas à :

    Pour­quoi ne pas tout d’a­bord et seule­ment abo­lir la pro­prié­té, on ver­ra pour la mon­naie après ?

    Unis­sons nos efforts sur la cause des causes, suite à ça, les fac­teurs d’in­ter­pré­ta­tions n’au­ront plus du tout les mêmes valeurs.

    Peut-être que cela va rai­son­ner la mon­naie pour deve­nir un outil vrai­ment pratique.

    Peut-être qu’il serait bon de conser­ver le sys­tème moné­taire pour les gros­sistes (coor­di­na­tion entre nations et entre com­munes) et de sup­pri­mer les détaillants (plus de sou­cis d’argent pour le par­ti­cu­lier, fin du cash).

    « Pas de mon­naie, pas de rap­port de force, pas de réten­tion. pas de pénurie »

    C’est là que je n’ar­rive pas à suivre vos pré­vi­sions avec ce que j’ai pu voir de nos com­por­te­ments natu­rels et culturels.

    D’a­bord, je pense qu’il serait rai­son­nable de faire le dis­tin­guo entre pénu­rie à la dis­tri­bu­tion et pénu­rie à la production.

    Nous pro­dui­sons de quoi nour­rir 12 mil­liards d’in­di­vi­dus, nous sommes 7 mil­liards, et j’ai plus les chiffres en tête, mais beau­coup trop sont en mal-nutrition.

    Pour moi, l’argent et les règles n’ont fait que trans­fé­rer les vices hégé­mo­niques des plus forts aux plus malins (une sorte de revanche contre nature).

    Une bonne règle, ce n’est celle qui auto­rise ou qui inter­dit, c’est celle qui guide vers le mieux tout en conci­liant le bien indi­vi­duel et universel.

    Aujourd’­hui, il nous manque tou­jours la sagesse indi­vi­duelle pour être modé­ré, mais ensemble, nous l’a­vons cette sagesse, elle est juste oppri­mée par les règles per­ni­cieuses actuelles.

    Quand nous serons sous une réelle démo­cra­tie, je suis cer­tain que nos règles sociales et éco­no­miques pren­dront le bon sens.

    Je ne pense pas qu’il y aura abon­dance au bout de chaque bras, les res­sources et ser­vices ne ruis­sel­le­ront pas pour autant le long des parois en béton et des cani­veaux des grandes villes (même si l’on glo­ba­lise les fermes urbaines).

    Dans un monde sans mon­naie, à la mater­nelle, on peut consta­ter que cer­tains enfants veulent s’ap­pro­prier tous les LEGOS pour faire une méga-construction.

    En pri­maire, cer­tains sous­traient des billes pour être de ceux qui en auront le plus. Plus tard, dans le quar­tier, une mino­ri­té (même juste un) filtre l’ac­cès aux besoins, fait payer en nature ou en échange de quelques faveurs. L’exemple de l’ac­cès au par­king fil­tré par des caïds peut très bien être envi­sa­geable sans argent, taxes pirates, X % du cageot de légumes…

    Je ne pense pas qu’un monde sans mon­naie éra­di­que­ra les sept péchés capi­taux, c’est plu­tôt, à mon avis, les règles de pro­prié­tés indi­vi­duelles qui ampli­fie nos bas ins­tincts, au point de mora­li­ser et nous confor­ter du droit de vie et de mort sur ce qui nous appartiens…

    Dans la chaine ali­men­taire, où en sommes-nous, pré­da­teur, cha­ro­gnard, para­site avec le machi­nisme ou plus rien ?

    http://​www​.dai​ly​mo​tion​.com/​v​i​d​e​o​/​x​o​8​7​q​a​_​d​e​s​-​d​a​u​p​h​i​n​s​-​e​t​-​d​e​s​-​h​o​m​m​e​s​-​p​e​c​h​e​n​t​-​e​t​-​c​h​a​s​s​e​n​t​-​e​n​s​e​m​b​l​e​_​w​e​b​cam

    Réponse
  80. Morpheus

    @ J‑Stéphane

    Pour­quoi ne pas tout d’a­bord et seule­ment abo­lir la pro­prié­té, on ver­ra pour la mon­naie après ?

    Dans le TVP, la pre­mière étape consiste à décla­rer comme patri­moine com­mun de l’hu­ma­ni­té l’en­semble des res­sources de la pla­nète. Une telle décla­ra­tion consti­tue en elle-même, de fac­to, une abo­li­tion de la pro­prié­té pri­vée, puisque ce qui appar­tient à tout le monde en géné­ral n’ap­par­tient à per­sonne en particulier.

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  81. J.C

    @ Phi­lippe Landeux

     » Par ailleurs, les droits d’un citoyen ne dépendent pas de ce qu’il fait pour lui-même, mais de ce que ses conci­toyens font pour lui. C’est parce que les citoyens ont des devoirs les uns envers les autres qu’ils se garan­tissent mutuel­le­ment les mêmes droits »

    Dans une socié­té de droit, les droits d’un citoyen dépendent de ce qui lui est pos­sible de faire que ce soit pour lui-même ou pour les autres.
    Ce n’est pas parce que les citoyens ont des devoirs les uns envers les autres qu’ils se garan­tissent mutuel­le­ment les mêmes droits. C’est pour pré­ser­ver leurs droits que vous consi­dé­rez qu’ils doivent avoir des devoirs mutuels. Vous inver­sez là.

    « Il n’y a pas d’i­né­ga­li­té entre indi­vi­dus ou popu­la­tion, il n’y a que des différences »

    Je par­lais bien évi­dem­ment des inéga­li­tés entre indi­vi­dus ou popu­la­tions concer­nant l’ac­cès aux ressources.

    « Pour le reste, si vous croyez que les peuples et les pays n’existent pas, qu’il n’y a aucune dif­fé­rence entre eux, que ce qui vaut pour l’un est valable pour tous, que tous pensent et veulent la même chose… tant mieux pour vous. Mais vous n’ar­ri­ve­rez à rien, si ce n’est à secon­der le capi­ta­lisme lui-même et son idéo­lo­gie mondialiste. »

    Evi­dem­ment qu’il y a des dif­fé­rences entre indi­vi­dus, cultures etc. c’est ce qui fait la diver­si­té par contre en terme d’ac­cès aux res­sources, de par notre huma­ni­té, nous avons des besoins vitaux simi­laires. Quant à secon­der le capi­ta­lisme en prô­nant l’E­BR, ça paraît difficile 😉

    Pour reve­nir rapi­de­ment sur la notion d’é­change et TVP vous pou­vez lire ceci (from Morpheus)

    @ J‑Stéphane

    « Pour­quoi ne pas tout d’a­bord et seule­ment abo­lir la pro­prié­té, on ver­ra pour la mon­naie après ? »

    Parce qu’a­bo­lir la pro­prié­té sans abo­lir la mon­naie reviens à ins­tau­rer l’es­cla­vage pure et simple.
    Si tu avais pris la peine de lire ceci (jus­qu’au bout) tu l’au­rais com­pris et tu ces­se­rais pro­ba­ble­ment de te poser tou­jours les mêmes ques­tions sur la monnaie.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  82. J-Stéphane

    Je l’ai lu, et je n’ai pas été convain­cu, essais un autre­ment si tu veux que ton pro­jet soit démo­cra­ti­que­ment vali­dé un jour.

    Pour ma part, des tar­tines de com­plexi­té c’est : soit un brouillon inache­vé, soit un rai­son­ne­ment à haute voix pour se convaincre soi-même, voir une embrouille, façon magi­cien, « regardes main droite ges­ti­cu­ler, mais sur­tout ne regarde pas ma main gauche où se passe l’essentiel ».

    La démo­cra­tie ce n’est pas dic­ter une doc­trine avec de grands textes, c’est la sim­pli­ci­té et la pure­té, c’est, pour moi, prendre les pro­blèmes les uns après les autres, et ne pas s’é­par­piller dans la confusion.

    Avec vos para­digmes, vous por­tez pré­ju­dice au peu d’es­poir d’une démocratie.

    Je le redis, vous ne m’a­vez pas convain­cu, car vous avez la même phi­lo­so­phie que le FN, stig­ma­ti­ser une consé­quence et non une cause.

    Quel est le PIB mon­dial actuel, et même si repar­ti rai­son­na­ble­ment entre tous, cela ne suf­fit pas. Qu’est-ce qui empêche de faire tour­ner la planche à billets ?

    Juste les règles de la finance et non la finance elle-même, même pro­blème avec les règles sociales, on ne va pas sup­pri­mer le prin­cipe de règles parce cer­taines sont mau­vaises. Même réflexion pour la politique…

    Réponse
  83. J.C

    @ J‑Stéphane

    « Quel est le PIB mon­dial actuel, et même si repar­ti rai­son­na­ble­ment entre tous, cela ne suf­fit pas. Qu’est-ce qui empêche de faire tour­ner la planche à billets ? »

    Si tu penses que le sys­tème moné­taire n’est pas le pro­blème et bien reponds donc toi même à tes questions.

    Nous ver­rons bien si tu es convainquant.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  84. J-Stéphane

    Prends la peine de lire mes courts textes, les réponses y sont, car quand je ne suis pas d’ac­cord, je donne mes rai­sons, mais éga­le­ment les solu­tions qui me semble les plus adap­tées sur le moment, c’est toute la dif­fé­rence entre vivre avec son temps et être dans le fan­tasme et la fiction.

    Mais bon, rien ne vous empêche de publier votre bible, per­met­tez-moi de vous sug­gé­rer un nom à votre reli­gion, Néo­bo­bo. Je suis cer­tain que vous aurez vos dis­ciples, mais n’au­rez pas le peuple dans sa majo­ri­té avec des règles démo­cra­tiques, sauf si vous pro­fi­tez de leurs détresses, quelques illu­mi­nés l’ont déjà fait.

    Réponse
  85. Morpheus

    @ J‑Stéphane

    J’ai répon­du en @84 de façon claire et sans ambi­guï­té à ta ques­tion. Mais soit par mau­vaise volon­té, soit par mau­vaise foi, tu ne veux pas entendre les arguments.

    Si tu n’a pas envie de liree des réponses qui ne satis­font pas à ce que tu as envie d’en­tendre, alors ne poses pas de ques­tions, contentes-toi de tes certitudes.

    Mor­pheus

    Réponse
  86. J-Stéphane

    Déso­lé, mais je ne vois pas où est le clair et le sans ambi­guï­té dans ton mes­sage 84.

    Par contre à ma ques­tion anté­rieure sur un autre fil :

    Com­ment un dogme peut-il être cré­dible quand d’un côté il fus­tige l’é­co­no­mie et non ses règles au point de récla­mer sa totale éra­di­ca­tion, et para­doxa­le­ment faire l’a­po­lo­gie du machi­nisme qui a pour­tant pous­sé les pauvres à la misère en les ren­dant inutiles ? Là aus­si c’est un pro­blème de règle et de réglages, non ?

    Réponse
  87. J-Stéphane

    Bon tant pis, ce n’est pas encore cette fois-ci que j’au­rais la réponse, toute la dif­fi­cul­té de la démo­cra­tie est là.

    Mais bon, plu­tôt que de recou­rir à un sys­tème éli­tiste, remet­tez en ques­tion votre façon de vous expri­mer, plu­tôt que d’é­mettre un doute dédai­gneux envers celui qui ne vous com­prend pas. La pro­chaine étape logique après votre mépris, c’est de me cen­su­rer, alors atten­tion ! Il me semble vous avoir lu condam­nant ces prin­cipes de diffamations…

    Car per­son­nel­le­ment, ce n’est pas moi qui ai des cer­ti­tudes au point d’adhé­rer à un pro­jet de ce type et d’en faire la pro­pa­gande. Je ne fais qu’é­mettre des doutes et j’es­saye de rai­son­ner avec autre chose que mes dési­rs per­son­nels. Je fais l’ef­fort d’a­voir des réflexions tota­le­ment impersonnelles.

    Nos diver­gences sont d’a­bord d’ordre chro­no­lo­gique. Pour moi, vous vou­lez jeter le fruit avant matu­ri­té, et moi je dis atten­dez, expo­sons le au soleil de la démo­cra­tie et patience. Mais hélas ! quand ça ne va pas dans votre sens, vous faites des attaques per­son­nelles, ce n’est pas la pre­mière fois, et ça fait tache…

    Bon­soir

    Réponse
  88. Brigitte

     » remet­tez en ques­tion votre façon de vous expri­mer, plu­tôt que d’é­mettre un doute dédai­gneux envers celui qui ne vous com­prend pas. »

    J‑Stéphane, il est impos­sible de don­ner des réponses claires aux ques­tions posées sur un sys­tème tota­li­taire, qui pré­tend, comme la « science » actuelle, sup­pri­mer la cause en éra­di­quant le symp­tôme. Tu l’as par­fai­te­ment détecté.

    Les mili­tants de ce « mou­ve­ment » Vénus font un flop par­tout, ils ont essayé les forums d’a­dos, de mor­dus de jeux vidéos, et même là ils se font ren­voyer dans leur 22 mètres en 2 lignes.

    Tu disais dans un autre fil que l’ar­chi­tec­ture de Fres­co t’ins­pi­rait une tris­tesse pro­fonde. Eh bien là encore il faut te fier à ton ins­tinct (mer­ci aux mili­tants du PV de ne plus tra­duire auo­ma­ti­que­ment « ins­tinct de sur­vie » quand j’é­cris « ins­tinct » : je veus dire « ins­tinct de Vie » bien sûr. Mais c’est jus­te­ment ce détail, cette tra­duc­tion erro­née qui tra­hit toute la croyance sur laquelle repose leur mili­tance), car la géo­mé­trie est un lan­gage, c’est même un lan­gage pri­mor­dial de la Vie.

    Elle n’a pas besoin d’être expli­quée avec l’in­tel­lect pour que nous res­sen­tions avec 100% fia­bi­li­té que la tris­tesse de ces habi­tats nous ren­drait neu­ras­té­niques, et pour pas­ser à autre chose.

    Je vou­lais faire un post depuis long­temps sur ce « pro­jet Vénus », et à qui et à quoi il sert de façade, avec des liens qui ne laissent sub­sis­ter aucun doute. Mais déso­lée, je n’en ai pas eu le temps. (Je vou­lais aus­si faire une réponse à Cathe­rine sur les consé­quences du « mariage pour tous »…)

    D’un autre côté, il suf­fit de quelques clics pour véri­fier soi-même.

    Bri­gitte

    Réponse
  89. J.C

    @ Bri­gitte

    « Je vou­lais faire un post depuis long­temps sur ce « pro­jet Vénus », et à qui et à quoi il sert de façade »

    Il serait temps qu’on puisse pas­ser à autre chose.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  90. J-Stéphane

    Bon­jour,

    @ JC et Mor­pheus, vous êtes com­plè­te­ment endoc­tri­né par votre pro­jet extraterrestre.

    Vous ne savez que répé­ter inlas­sa­ble­ment les prières de votre dieu par simple copier/coller, et dès que quel­qu’un pose une ques­tion grain de sable, vous faites les trois singes.

    Vous êtes à la poli­tique ce que les tra­ders sont à la finance, des spé­cu­la­teurs, et par la même des intel­los formaté.

    Hypo­cri­te­ment : Bien amicalement

    Réponse
  91. Morpheus

    Aux grands démo­crates de ce blog (Bri­gitte, J‑Stéphane, Cathe­rine B et Co).

    Voi­là donc où nous en sommes.

    « Si l’on s’a­per­çoit que l’ad­ver­saire est supé­rieur et que l’on ne va pas gagner, il faut tenir des pro­pos déso­bli­geants, bles­sants et gros­siers. Etre déso­bli­geant, cela consiste à quit­ter l’ob­jet de la que­relle (puis­qu’on a per­du la par­tie) pour pas­ser à l’ad­ver­saire, et à l’at­ta­quer d’une manière ou d’une autre dans ce qu’il est : on pour­rait appe­ler cela argu­men­tum ad per­so­nam pour faire la dif­fé­rence avec l’ar­gu­men­tum ad homi­nem. Ce der­nier s’é­carte de l’ob­jet pure­ment objec­tif pour s’at­ta­cher à ce que l’ad­ver­saire en a dit ou concé­dé. Mais quand on passe aux attaques per­son­nelles, on délaisse com­plè­te­ment l’ob­jet et on dirige ses attaques sur la per­sonne de l’ad­ver­saire. On devient donc vexant, méchant, bles­sant, gros­sier. C’est un appel des facul­tés de l’es­prit à celles du corps et de l’animalité. »
    – Scho­pen­hauer : L’Art d’a­voir tou­jours raison -

    (remarque : et non, ceci n’est pas un copier/coller, c’est une trans­crip­tion que j’ai faite tout seul comme un grand avec mes petits doigts sur mon cla­vier, dans le but d’illus­trer « où nous en sommes »).

    Donc voi­là. A bout d’ar­gu­men­ta­tion, dans une logique non pas de débat contra­dic­toire ouvert (prin­cipe de l’é­change démo­cra­tique por­tant sur un sujet par­ti­cu­lier), mais de dia­lec­tique éris­tique (bagarre d’e­go ayant pour voca­tion de « gagner » le débat), vous en êtes arri­vé à l’UL­TIME STRATAGEME décrit par Scho­pen­hauer dans l’Art d’a­voir tou­jours rai­son : les attaques méchantes contre les per­sonnes (J.C et moi), afin de nous vexer, de nous bles­ser, de nous atteindre dans ce que nous sommes.

    Je ne par­le­rai pas pour J.C mais pour moi : vous avez réus­sis à me bles­ser et à me vexer, car contrai­re­ment à vos allé­ga­tions, je ne fais pas de copier/coller, je construis mes argu­men­taires, je les pense, j’u­ti­lise mes mots et ma propre per­cep­tion, j’es­saye de me faire au mieux com­prendre, et je reste tou­jours dans le sujet du débat. J’y passe par­fois des heures. Je montre beau­coup de patiente. A aucun moment je ne vous ai consi­dé­ré comme des « enne­mis », et à aucun moment je ne suis entré dans une logique de conflit.

    Vous pré­ten­dez être de grands démo­crates, et vous appli­quez les mêmes méthodes que les anti­fas­cistes qui s’en prennent à Étienne pour le dis­cré­di­ter, le bles­ser, l’at­teindre dans ce qu’il est en atta­quant sa per­sonne, et en sor­tant com­plè­te­ment du sujet et des idées.

    Vous auriez pu tout sim­ple­ment consi­dé­rer que vous n’adhé­riez pas aux idées du TVP, que vous vous méfiez du TVP, ou même – il n’y a pas de honte – que vous ne com­pre­nez pas le TVP. Mais non. Il a fal­lu que vous en veniez à être méchant.

    Oui, vrai­ment, un bel exemple d’es­prit démo­cra­tique que vous nous don­nez. J’ai fais la pro­messe de res­ter gen­til et cour­tois, par consé­quent, je le res­te­rai par res­pect envers la per­sonne à qui j’ai fais cette pro­messe, et par res­pect pour moi-même. Mais que les choses soient claires : je ne sou­haite plus com­mu­ni­quer avec vous. Il y a encore des per­sonnes sur ce blog avec qui je peux avoir des échanges construc­tifs, et c’est seule­ment avec elles que je sou­haite conti­nuer à dia­lo­guer. Alors soyez cor­rects : lorsque vous ver­rez mes inter­ven­tions, pas­sez outre et oubliez-moi.

    Mer­ci,
    Morpheus

    Réponse
  92. EFFAB

    Après ce post de MORPHEUS qui m’in­ter­pelle et que je trouve juste, comme un cri du coeur, croyez bien que je vais prendre le temps néces­saire de lire ce topic que je n’ai fait que survoler…

    … aus­si pré­ten­tieux que je puisse être, je n’en ai pas moins cette écoute et cette inté­gri­té, cette inté­gri­té et ce dés­in­té­rêt que j’ai enfin trou­vés chez un autre, mais à ce niveau d’exi­gence et d’ex­cel­lence qui me font tant défaut encore…

    … bref, tout ça pour dire que la Garde rap­pro­chée se doit non seule­ment d’être irré­duc­tible mais res­pec­tueuse et humble, à l’ins­tar d’E­TIENNE, ni plus ni moins.

    EFFAB

    Réponse
  93. Ana Sailland

    Sau­ver le monde avec la couche qu’on tient, ça va pas être coton 😉

    ce n’est pas une cri­tique : j’suis d’dans à mes heures.

    Réponse
  94. Marie
  95. Morpheus

    @ Phi­lippe Landeux

    Les pré­misses de votre ana­lyse repose sur la théo­rie de « l’é­tat de nature où le dan­ger est per­ma­nent ». Pro­blème : je vois là à la fois un pléo­nasme et un sophisme. Pléo­nasme, parce que dire qu’il y a des dan­gers à vivre dans l’é­tat de nature c’est énon­cer une évi­dence. Je pour­rais faire une tau­to­lo­gie et dire « vivre est dan­ge­reux »… Oui, mais encore ? Sophisme, parce que cette pen­sée pro­vient elle-même d’une idée qui oppose l’é­tat de nature et la civi­li­sa­tion : l’homme sau­vage, qui vit à l’é­tat de nature, serait constam­ment expo­sé à des dan­gers, mais celui qui vit dans la cité, pro­té­gé du monde exté­rieur (la nature sau­vage), serait pro­té­gé de ces dan­gers. Cette théo­rie n’est pas nou­velle, qui jus­ti­fie le choix de la civi­li­sa­tion en l’op­po­sant à la bar­ba­rie de « l’é­tat de nature ». Je dirais même qu’elle est pas­sa­ble­ment poussiéreuse…

    Je réfute donc cette théo­rie et je vais même plus loin : pour l’es­pèce humaine, et pour l’é­qui­libre natu­rel de la bio­sphère tout entière, les dan­gers inhé­rents à la civi­li­sa­tion (telle que nous l’a­vons éla­bo­rée et déve­lop­pée jus­qu’i­ci) sont infi­ni­ment plus grands que les dan­gers inhé­rents à la vie natu­relle. Si nous ne voyons pas cela de nos jours, alors nous ne le ver­rons jamais.

    Dans la théo­rie de « l’é­tat de nature oppo­sé à la civi­li­sa­tion » est enten­du l’i­dée géné­rale que dans la nature, tout n’est que rap­ports de force. Mais dans la nature, tout n’est pas que rap­ports de force. Il y a cer­tains rap­ports de force, mais il y a tout autant, voir plus de rap­ports de col­la­bo­ra­tion, de sym­biose, d’as­so­cia­tions mutuel­le­ment avan­ta­geuse, etc. (les prin­cipes de la per­ma­cul­ture en sont une belle démons­tra­tion). Réduire la vie sou­mise au lois natu­relles à d’é­ter­nels rap­ports de force est donc un sophisme. Cette théo­rie est le fruit de la construc­tion intel­lec­tuelle de l’homme civi­li­sé, et cette idée n’est rien d’autre qu’une auto­jus­ti­fi­ca­tion d’un choix antique contes­table : la séden­ta­ri­sa­tion plu­tôt que le nomadisme.

    Cette théo­rie est contes­table car elle se fonde sur une concep­tion réi­fiée de l’homme et de la nature, une concep­tion qui per­çoit l’homme comme quelque chose de sépa­ré, pos­sé­dant en lui-même ses propres condi­tions d’exis­tence indé­pen­dam­ment de son envi­ron­ne­ment, et devant même domi­ner, contrô­ler, mode­ler son envi­ron­ne­ment (la nature et ses lois) selon ses propres besoins (et les com­man­de­ments divins). C’est une concep­tion reli­gieuse, biblique (Genèse 1:26 – Puis Dieu dit : « Fai­sons l’homme à notre image, selon notre res­sem­blance, et qu’ils tiennent dans la sou­mis­sion les pois­sons de la mer, et les créa­tures volantes des cieux, et les ani­maux domes­tiques, et toute la terre, et tout ani­mal se mou­vant qui se meut sur la terre. » ; Genèse 1:28 – En outre, Dieu les bénit et Dieu leur dit : « Soyez féconds, et deve­nez nom­breux, et rem­plis­sez la terre, et sou­met­tez-la, et tenez dans la sou­mis­sion les pois­sons de la mer, et les créa­tures volantes des cieux, et toute créa­ture vivante qui se meut sur la terre. »). Notre civi­li­sa­tion a accom­plit le décret du dieu biblique, et pour quel résul­tat ? Le dan­ger est-il moindre dans la civi­li­sa­tion que dans la nature ?

    La réa­li­té qui défie ces croyances reli­gieuses est que, dans la nature, tous les phé­no­mènes (y com­pris l’homme) sont régis par le prin­cipe de l’in­ter­dé­pen­dance mutuelle. L’exis­tence de cha­cun dépend de celle des autres. L’é­qui­libre, et donc le salut de l’es­pèce, réside dans la sym­biose entre l’homme et son envi­ron­ne­ment. Les autres espèces semblent par­ve­nir natu­rel­le­ment à cette sym­biose, seul l’homme civi­li­sé (et j’in­siste sur « civi­li­sé ») parait inca­pable de s’ins­crire dans cet équi­libre (cf. Le sophisme de l’agent Smith). Cette nature sym­bio­tique se tra­duit dans l’homme, mais aus­si dans les autres espèces vivantes, par un prin­cipe simple, le seul qui déter­mine réel­le­ment les fon­de­ments de la « nature humaine » : la facul­té d’adaptation.

    Le concept de « nature humaine », lié au concept de l’é­tat de nature oppo­sé à la civi­li­sa­tion, est un concept flou et trom­peur dans lequel l’homme civi­li­sé pro­jette tous ses défauts, toutes ses per­ver­sions, toutes ses peurs, toutes ses névroses et toutes ses psy­choses, bref : son côté obs­cure. La seule véri­té qui tienne dans la concep­tion de la « nature humaine », c’est que l’homme s’a­dapte aux condi­tions de son envi­ron­ne­ment. La facul­té ins­tinc­tive d’a­dap­ta­tion est la seule clef de com­pré­hen­sion que nous devions prendre en compte en tant que racine cau­sale. Tout le reste découle de ça. Dar­win ne disait rien d’autre.

    C’est donc sur cette base que les solu­tions socio­lo­giques du TVP reposent. L’i­dée est la sui­vante : L’être humain, comme toutes les formes de vie sur Terre, répond à la loi dar­wi­nienne de l’a­dap­ta­tion. La loi de l’a­dap­ta­tion est le cœur de la théo­rie dar­wi­nienne, et non la loi du plus fort (sophisme de l’i­déo­lo­gie des phy­sio­crates du XVIIIe siècle, reprise par les capi­ta­listes). S’a­dap­tant à son envi­ron­ne­ment socio­cul­tu­rel, l’être humain déve­loppe le com­por­te­ment utile à sa (sur)vie. L’en­vi­ron­ne­ment socio­cul­tu­rel dépend de nos croyances (opi­nions), donc n’est pas une fatalité.

    Cela signi­fie que, dans un contexte socio­cul­tu­rel anxio­gène, où règne la pénu­rie, donc la com­pé­ti­tion et la vio­lence, il aura ten­dance à déve­lop­per des atti­tudes agres­sives, vio­lentes et anxio­gènes. A contra­rio, dans un contexte socio­cul­tu­rel bien­veillant, ou règne l’a­bon­dance et l’en­traide mutuelle, il aura ten­dance à déve­lop­per des atti­tudes bien­veillantes, coopé­ra­tives et soli­daires. Par consé­quent, si l’on cherche la cause des causes de la majeure par­tie des pro­blèmes que ren­contre notre civi­li­sa­tion, nous trou­vons l’é­co­no­mie basée sur la mon­naie. L’é­co­no­mie moné­taire repose sur le pos­tu­lat de la rare­té, de la pénu­rie ; c’est une éco­no­mie de ration­ne­ment : il n’y en a pas assez pour tous, il faut ration­ner et gérer les échanges grâce à la mon­naie. Dans un sys­tème d’é­co­no­mie moné­taire, ce qui donne de la valeur aux res­sources, biens et ser­vices, c’est leur rela­tive rare­té. Par consé­quent, le sys­tème éco­no­mique, fon­dé sur le pro­fit, ali­mente et génère — arti­fi­ciel­le­ment — la pénu­rie (sur­pro­duc­tion, thé­sau­ri­sa­tion et confis­ca­tion des res­sources et des biens, gas­pillage, obso­les­cence planifiée).

    Para­doxa­le­ment, consi­dé­rant les immenses res­sources de la Terre — notam­ment les res­sources renou­ve­lables — ain­si que les connais­sances tech­niques et scien­ti­fiques actuelles, une autre alter­na­tive est pos­sible et sou­hai­table : déve­lop­per une éco­no­mie glo­ba­li­sée fon­dée sur une ges­tion intel­li­gente et res­pec­tueuse des res­sources per­met­tant de géné­rer l’a­bon­dance néces­saire pour répondre aux besoins de cha­cun. Cette alter­na­tive se fonde, pri­mo, sur une éco­no­mie basée sur le par­tage et la ges­tion rai­son­née des res­sources (le « cœur » du TVP), secun­do, sur la cyber­né­tique (le « cer­veau » du TVP).

    La clef de com­pré­hen­sion de cette logique se trouve donc dans l’a­na­lyse des causes qui entraînent les com­por­te­ments déviants et para­si­taires. Ces causes ne se trouvent pas dans un défaut de morale ou d’é­thique (réponse reli­gieuse et/ou phi­lo­so­phique), mais dans une réac­tion innée, un ins­tinct incons­cient mais déter­mi­nant, qui mène les êtres humains à s’a­dap­ter, par mimé­tisme, aux com­por­te­ments per­çus dans leur envi­ron­ne­ment socio­cul­tu­rel. Cette cause étant iden­ti­fiée, le remède peut alors être éla­bo­ré : il consiste dans le fait de chan­ger les condi­tions ini­tiales de l’en­vi­ron­ne­ment, et en l’oc­cur­rence, vaincre le para­digme de la pénu­rie en déve­lop­pant de bonnes méthodes de ges­tion des res­sources per­met­tant l’a­bon­dance. L’ob­jec­tif du TVP est donc l’a­bon­dance pour tous.

    Ayant com­pris cela, il reste donc à résoudre un para­doxe dans le rai­son­ne­ment que je viens de dérou­ler. J’ai écris ci-des­sus « Les autres espèces semblent par­ve­nir natu­rel­le­ment à cette sym­biose, seul l’homme civi­li­sé (et j’in­siste sur « civi­li­sé ») parait inca­pable de s’ins­crire dans cet équi­libre » (ce qui, au pas­sage, ne cor­res­pond pas à une ana­lyse éma­nant des idées du TVP mais à ma propre ana­lyse ; c’est moi qui affirme cela). Or, il ne vous aura pas échap­pé que la solu­tion pro­po­sée par le TVP s’ins­crit dans une logique civi­li­sée, même s’il s’a­git d’une tout autre civi­li­sa­tion dotée d’une tout autre culture et fon­dée sur un para­digme radi­ca­le­ment dif­fé­rent de notre actuelle civilisation.

    La ques­tion est donc : sommes-nous en mesure de fon­der une civi­li­sa­tion qui puisse vive en sym­biose avec son environnement ?

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  96. J-Stéphane

    Bon­soir,

    @ Mor­pheus et JC

    Avez-vous conscience que vous ne répon­dez à aucune ques­tion ? Le peu de fois que vous pen­sez le faire, vous ne faites que répondre l’é­qui­valent d’un, parce que, il n’y a rien de tan­gible dans vos réponses, rien que du vent, du fantasme.

    Exemple : j’ar­gu­mente à « la mon­naie crée la pénu­rie » parce qu’il me semble être tan­gible. La mon­naie est conforme aux règles éta­blies, et que l’on peut les chan­ger. Et la pénu­rie que vous pla­cez au niveau de la dis­tri­bu­tion ne peut être défi­nie comme pénu­rie, les seules pénu­ries ont été dues à la météo et non à l’argent. Et vous me répon­dez inlas­sa­ble­ment, la mon­naie crée la pénu­rie sans contre argu­ment. C’est fati­gant à force !

    Aus­si, arrê­tez de pré­tendre que je prê­tant. Arrê­tez de vous confor­tez et vous abri­tez en citant untel ou untel, éman­ci­pez-vous intel­lec­tuel­le­ment, tuez le père, cou­pez la laisse.

    Pour ma part, je pour­rais vous répondre en vous citant :

    « Il serait temps qu’on puisse pas­ser à autre chose. Bien ami­ca­le­ment » à bout d’ar­gu­ment on boucle

    Ou

    « J’ai répon­du en @84 de façon claire et sans ambi­guï­té à ta ques­tion. Mais soit par mau­vaise volon­té, soit par mau­vaise foi, tu ne veux pas entendre les argu­ments. Si tu n’as pas envie de lire des réponses qui ne satis­font pas à ce que tu as envie d’en­tendre, alors ne pose pas de ques­tions, contente-toi de tes cer­ti­tudes. » aucune réponse à mes ques­tions, et encore moins d’ar­gu­men­ta­tion objective

    Ou

    « Si tu penses que le sys­tème moné­taire n’est pas le pro­blème et bien, réponds donc toi même à tes ques­tions. Nous ver­rons bien si tu es convain­quant. » Je n’ai jamais pen­sé que le sys­tème moné­taire n’é­tait pas un pro­blème, je dis qu’il peut, peut-être, être amélioré…

    Ou

    « Tes pro­po­si­tions sont tota­li­taires, J‑Stéphane, est-ce que tu en as conscience ? » Pour­quoi une attaque per­son­nelle sur un exemple que je donne tota­le­ment impersonnelle ?

    etc.

    Mais je n’ai pas envie de m’a­bais­ser à ça, non, je serais plus diplo­mate et péda­gogue, et je vous répondrais :

    il n’y a pas de honte à dire que tu n’as pas com­pris. Quelle est la ques­tion ou la réponse que tu n’as pas com­pris mon petit ? Veux que je te fasse un dessin ?

    Mes ques­tions sont volon­tai­re­ment courtes et simples, pour appe­ler une réponse courte et simple. Et je le redis, si la réponse est longue, c’est que vous n’êtes pas convain­cu vous-même.

    Réponse
  97. J.C

    Je com­prends tout à fait la réac­tion de Morpheus.

    Je passe moi même beau­coup de temps à essayer de com­prendre dans quel monde nous vivons et à ten­ter de construire ma pen­sée de manière cohé­rente afin de trou­ver les moyens de régler nos problèmes.

    Dans la mesure de mes capa­ci­tés, j’es­saie de tou­jours m’at­ta­cher aux arguments.

    Ceux qui sont sur le blog d’E­tienne depuis un moment savent que mes pre­mières inter­ven­tions concer­naient des inter­ro­ga­tions sur le tirage au sort.
    Je n’en suis venu que plus tard à l’E­BR et au TVP par l’en­tre­mise des inter­ven­tions de Mor­pheus que je n’ai pas hési­té à ques­tion­ner d’ailleurs.

    à force de recherche, de vision­nages de nom­breuses vidéos et de lec­tures, j’en suis venu à la conclu­sion qu’un nou­veau para­digme de type pro­jet Vénus rele­vait tout sim­ple­ment du bon sens.

    Si je trouve mieux, je défen­drais mieux mais pour le moment, j’en arrive aux mêmes conclusions.

    Quant aux objec­tions, j’es­saie de faire de mon mieux pour y répondre, par­fois plu­sieurs fois (et puis ça me fait pro­gres­ser aussi).

    Cepen­dant, mal­gré cela, il faut bien consta­ter qu’il n’est pas tou­jours pos­sible de se com­prendre pour dif­fé­rentes raisons.

    Et puis de toute évi­dence, cer­taines inter­ven­tions ne portent en elles que des objec­tifs mal­veillants, attaques per­son­nelles, dif­fa­ma­tions et autres… refu­sant tout débats sincère.
    Même s’il peut tou­jours y avoir quelque chose à en tirer, vou­loir entrer dans ce jeu est d’a­van­tage une perte de temps qu’autre chose.

    Mais je suis sûr que ces per­sonnes trou­ve­rons ici ou ailleurs d’autres inter­lo­cu­teurs dont la vision cor­res­pond mieux à la leur.

    Cela étant dit, comme je suis curieux et que la curio­si­té n’est pas tou­jours un vilain défaut, si Bri­gitte à des révé­la­tions à nous faire sur le TVP, je suis entiè­re­ment ouvert à l’i­dée de les examiner.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  98. Morpheus

    @ J‑Stéphane, Bri­gitte, Cathe­rine B et Co

    « LORSQUE VOUS VERREZ MES INTERVENTIONS, PASSEZ OUTRE ET OUBLIEZ-MOI »

    Moi, en tout cas, c’est doré­navent ce que je ferai à vos interventions.

    Mor­pheus

    Réponse
  99. J-Stéphane

    Tou­jours en attente :

    Pour­quoi fus­ti­ger l’é­co­no­mie et non ses règles au point de récla­mer sa totale éra­di­ca­tion, et para­doxa­le­ment faire l’a­po­lo­gie du machi­nisme qui a pour­tant pous­sé les pauvres à la misère en les ren­dant inutiles ? Là aus­si c’est un pro­blème de règle et de réglages, non ?

    Réponse
  100. J-Stéphane

    «@ J‑Stéphane, Bri­gitte, Cathe­rine B et Co

    « LORSQUE VOUS VERREZ MES INTERVENTIONS, PASSEZ OUTRE ET OUBLIEZ-MOI »

    Moi, en tout cas, c’est doré­navent ce que je ferai à vos interventions.

    Mor­pheus »

    ça ne va pas être dif­fi­cile, c’était déjà le cas à 90%

    Bisou

    Réponse
  101. J-Stéphane

    Com­ment des esprits aus­si ouverts n’ar­rivent-ils pas accep­ter que le bien et le mal sont un concept d’es­prit et non natu­rel ? Vous ne pour­rez jamais éra­di­quer le mal sans éra­di­quer le bien, et autant dire que c’est l’a­néan­tis­se­ment de toutes âmes. accep­ter vos fai­blesses, et vos qua­li­tés s’en por­te­ront que mieux.

    Réponse
  102. Ana Sailland

    Tout cela moins grave que les guerres ven­déennes et la paix devrait reve­nir d’i­ci deux ans 😉

    La der­nière inter­ven­tion de J‑Stéphane (105) pose une vraie ques­tion que j’ex­prime autrement :

    Si l’é­tat du monde, et sa struc­ture poli­tique, et les choix fon­da­men­taux de son éco­no­mie, si tout cela influence les com­por­te­ments, donc l’être appa­rent, y a‑t-il autre chose, d’autres causes impul­sant nos res­sen­tis et nos attitudes ?

    Cer­tains, comme y fait allu­sion Mor­pheus, invoquent des idées proches de la religion.
    J’y suis moi-même assez aller­gique (je suis en fait une chré­tienne athée).

    D’autres vont invo­quer la gra­vure par l’His­toire de sillons pro­fonds dans l’in­cons­cient col­lec­tif, et c’est là que Jacques Fres­co a un cré­neau inté­res­sant, que j’a­vais abor­dé sur ce blog bien avant qu’on l’a­borde à tra­vers le prisme vénus. Inté­res­sant, car en cham­bou­lant le sys­tème, on peut en effet cas­ser l’hé­ri­tage men­tal. C’est exact.
    Il ne fau­drait pas négli­ger de pen­ser à ten­ter de per­ce­voir ce qui le remplacerait !

    D’autres encore évoquent l’Es­prit. Ber­nard Stie­gler y est vu y faire allu­sion sur le récent fil poli­to­scope. Il s’a­git d’autre chose que de la reli­gion (confondre esprit et reli­gion est une vraie erreur) mais de l’é­mer­gence de la conscience comme concept abs­trait émergent au des­sus des cel­lules ner­veuses et du corps sen­sible, issu de l’hy­per­com­plexe (un sys­tème hyper­com­plexe peut sécré­ter plus que son sub­strat phy­sique et sa fonc­tion initiale)

    Les spé­cia­listes des neu­ros­ciences pour­ront mettre en évi­dence phy­si­que­ment les racines arché­ty­pales de nos com­por­te­ments, que des psys tels que Jung mettent en évi­dence par d’autres che­mi­ne­ments, même si ce n’est pas rigou­reu­se­ment équivalent.

    Les boud­dhistes et autres adeptes du cha­ma­nisme de conscience pré­sentent et démontrent la liber­té de l’in­di­vi­du, inté­rieure, qui lui per­met, si et seule­ment s’il se décide à le vou­loir, qui lui per­met de choi­sir et déci­der qui il est en fonc­tion de cri­tères qu’il choi­sit éga­le­ment. ça peut don­ner quelque chose d’autre que les béa­ti­tudes méca­ni­que­ment induites par l’abondance.

    Le pro­jet vénus se foca­lise sur un seul de ces aspects. C’est sa grande faiblesse.
    Et je pense que nier X% de ce qui fait l’hu­main peut conduire à une déshu­ma­ni­sa­tion de l’humanité.
    Tout comme le sys­tème pré­sent que nous vivons d’ailleurs.
    Qui que nous soyons sur cet étri­poir ver­bal, nous avons donc encore un gros tra­vail d’i­ma­gi­na­tion à conduire, sans nous radi­ca­li­ser mais au contraire en inté­grant toute bonne idée sans en faire la panacée.

    Six mois après mon infarc­tus, j’ai fait ce jour 20 km en mon­tagne. La vie est belle mes amis.

    Réponse
  103. J.C

    @ Mor­pheus

    Mer­ci pour ton inter­ven­tion 99.
    que je trouve tout sim­ple­ment lumineuse.
    Elle sera sûre­ment très utile à beau­coup de gens.

    @ Jean-Sté­phane

    Ne m’en veux pas mais en lisant 100. j’ai eu une crise de rire.
    Je ne com­pre­nais déjà pas bien ou tu vou­lais en venir aupa­ra­vant mais là,
    Je ne com­prends abso­lu­ment rien à ce que tu racontes.

    De toute façon, je laisse tom­ber. il faut savoir renon­cer parfois.

    « LORSQUE VOUS VERREZ MES INTERVENTIONS, PASSEZ OUTRE … »
    réponse « ça ne va pas être dif­fi­cile, c’était déjà le cas à 90% »

    On s’en était ren­du compte.

    allez Bisou

    J.C

    Réponse
  104. Ana Sailland

    Dans le roman de renard, il y a une scène remar­quable entre le pois­son­nier, Gou­pil, et Ysengrin.

    Il y a l’a­bon­dance car la char­rette du pois­son­nier est pleine.

    L’argent n’entre pas en ligne de compte dans cette histoire.

    Et pour­tant, cha­cun des trois per­son­nages espère gar­der tout pour lui, en pri­ver les deux autres, bien qu’il n’ait pas besoin de tout.

    A médi­ter.

    Réponse
  105. J-Stéphane

    Chouette ! j’ai enfin trou­vé la for­mule pour avoir des réponses.

    Rire sans com­prendre, c’est rire bête­ment. Veux-tu que je te fasse un des­sin ani­mé pour que tu te fasses pipi dessus ?

    Gros pou­tou

    Réponse
  106. EFFAB

    (@96) myself

    Oui, ces pul­sions stie­gle­rienne… dans ce manque évident de subli­ma­tion… j’en suis bien conscient, moi qui aurais pu m’é­par­gner ce post.

    COUCHE & COTON
    (signé – je l’ai bien mérité !)

    Réponse
  107. J.C

    @ Ana

    Il y a des spé­cia­listes en neu­ros­ciences au sein du pro­jet Vénus, ce champ d’in­ves­ti­ga­tion n’est pas lais­sé de côté.

    Pour ce qui est de la liber­té inté­rieure, les spi­ri­tua­li­tés qui traitent ce sujet prennent en consi­dé­ra­tion les condi­tions extérieures.
    Lorsque nos vies se résument à pen­ser à l’argent et à tra­vailler pour en obte­nir, se dis­traire en ava­lant des diver­tis­se­ments qui nous dictes les valeurs de l’argent, il n’est pas évident d’a­voir le loi­sir de se pen­cher sérieu­se­ment sur cet essentiel.

    Quand notre sur­vie est assu­rée, nous pou­vons vivre.

    Dans le roman de renard… Il y a l’a­bon­dance car la char­rette du pois­son­nier est pleine

    Un indi­vi­du pour­rait bien son­ger à vou­loir empê­cher aux autres d’ac­cè­der aux pommes d’un pom­mier qui en pro­duit en abon­dance, bien plus qu’il ne pour­rait en consom­mer lui-même.
    Mais dans un monde ou il y a plein de pom­miers par­tout, il n’y son­ge­ra même pas.
    L’exemple de la char­rette de pois­son est com­pré­hen­sible dans un monde de pénu­rie mais s’il y a des pois­sons par­tout en abon­dance, ça ne lui vien­drait même pas à l’esprit.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  108. J-Stéphane

    Bon­jour,

    Actuel­le­ment cer­tains indi­vi­dus sont en sur­con­som­ma­tion alors que d’autres sont en sous-consommation.

    Quoi qu’il en soit, depuis quelque temps Dame Nature est en sur­ré­gime, on consomme et gas­pille plus par cycle qu’elle ne peut se régénérer.

    Ce qui veut dire, si les esti­ma­tions offi­cielles sont cor­rectes, que nous pui­sons dans les réserves, et que ce phé­no­mène va logi­que­ment s’amplifier.

    Quand nous en serons tous à man­ger des insectes, mon­naie, ou pas mon­naie, là il y aura vrai­ment pénu­rie sur cer­taines den­rées, et la cri­mi­na­li­té suivra.

    Sans mon­naie, il fau­dra espé­rer que la logis­tique de dis­tri­bu­tion sera meilleure pour évi­ter les pertes, car on peut pen­ser que la mon­naie créait une sur­pro­duc­tion qui absor­bait une par­tie des dif­fi­cul­tés de distribution.

    De plus la démo­gra­phie et le cli­mat font un face à face, ils prennent de la vitesse, et il n’y a encore per­sonne aux commandes.

    Réponse
  109. J-Stéphane

    Le pro­jet Venus me fait pen­ser à ces fic­tions qui sélec­tionnent des pri­vi­lé­giés pour fuir la terre déso­lée dans l’es­poir d’en trou­ver une autre.

    Mais là, on reste sur place, et la sélec­tion serait sexuelle. Rac­cour­ci sim­pliste entre Mars et Vénus, mais suite logique puisque les sper­ma­to­zoïdes seront créés par les mêmes machines qui ont déjà rem­pla­cé les muscles de l’homme.

    Les Ama­zones auraient cha­cune leur robot pilule bleu, elles pour­ront le che­vau­cher en criant I.A ! I.A ! … Hou­là ! Par­don, je m’é­gare… Reve­nons ici et main­te­nant. Alors… ah oui, la consti­tu­tion, Article 7543.890 : L’homme est un animal…

    à plus tard, il faut que j’aille sif­fler chez des clients

    Réponse
  110. Ana Sailland

    Nous n’a­vons pas encore vu pas­ser les tra­vaux de tes spé­cia­listes en neuroscience.
    Tu as des infos sérieuses ?
    Que disent ils de l’empathie et de la pul­sion contributive ?
    Et qu’en disent ils lorsque la néces­si­té de ces par­ti­cu­la­ri­tés humaines dis­pa­raît du fait du bon­heur d’a­voir tout, toutes et tous, sans compter ?
    La satis­fac­tion per­pé­tuelle est elle selon eux géné­ra­trice du meilleur tonus neu­ro musculaire ?

    ;;;;;;;;;;;

    Des pois­sons de pis­ci­cul­ture j’imagine.
    Peut être ana­bo­li­sés pour qu’ils aient le goût mus­cu­leux du sauvage.

    Ou bien on a inven­té des cha­lu­tiers auto­ma­ti­sés ( équi­pés de moteurs propres bien sûr ) qui pra­tiquent la pêche du thon rouge rede­ve­nu abon­dant grâce aux bio-océa­no­graphes vénu­siens, pour le plus grand bon­heur gus­ta­tif des japonais ?

    ;;;;;;;;;;;;

    Chic ! Voi­ci venir l’a­gri­cul­ture à grande échelle.

    Oui mais : Plein de pom­miers et plein de lilas, il faut choi­sir et donc choi­sir qui choi­sit.
    C’est quand le man­geur pia­note son cla­vier our gar­goule sur sa recon­nais­sance vocale pour com­man­der son repas que se décide la quan­ti­té de pom­miers plan­tés dix ans plus tôt ? Sait on anti­ci­per son désir ou bien a‑t-on inven­té des pom­miers hors sol d’un genre nou­veau qui pro­duisent à la demande ? 

    Et les nèfles ? On décide comment ?
    Qui décide de la quan­ti­té de nèfles ?
    Ah je sais, pas besoin de démo­cra­tie puisque les neu­ros­ciences savent pré­voir le désir de masse. Suis-je bête.
    L’a­bon­dance est abso­lue, y com­pris l’a­bon­dance des pro­duits sau­vages puis­qu’on sait les imi­ter, et la pro­duc­tion est syn­chro­ni­sée avec le désir. A moins que ce ne soit le désir qui est syn­chro­ni­sé avec la pro­duc­tion. On sait faire.

    ;;;;;;;;;

    Sur les pho­tos du site venus, on voit de magni­fiques mai­sons, ou des com­plexes, en pleine nature, qui sont loin en taille de nos abo­mi­nables cités gigan­tesques. ça peut donc faire rêver. Quoique un joli cha­let de bois, c’est peut être plus sym­pa que ces ruti­lences syn­thé­tiques … Mais en regar­dant ces pho­tos je me demande où sont les 20 mil­liards d’hu­main que l’on attend et qui vien­dront peut être plus vite que pré­vu lorsque sera inven­té le confort uni­ver­sel. Autre­ment dit, quid de la contra­cep­tion ? Qui se contra­cepte volon­tai­re­ment en période d’a­bon­dance gra­tuite ? Quelle méthode ? et y a‑t-il une poli­tique géné­rale de ges­tion des naissances ?

    ;;;;;;;;;;

    Mes ques­tions sont bien enten­du orien­tées vers la cri­tique, et plus rigo­lo encore, cer­taines, juste en modi­fiant un chouilla, peuvent aus­si ser­vir à inter­ro­ger l’ac­tuelle civi­li­sa­tion, sur le banc des accu­sés de pré­fé­rence, elle le mérite largement.

    Ce que je vois, et je l’ai déjà écrit, c’est qu’un peu plus de tech­nique, ou de pla­ni­fi­ca­tion, ou d’in­tel­li­gence, peut et doit amé­lio­rer les choses, mais que le pro­blème de la vie en socié­té, le pro­blème du désir, le pro­blème éco­lo­gique, la ques­tion de la sur­po­pu­la­tion, celle de l’ha­bi­tat, et de l’a­dé­qua­tion des besoins et de la pro­duc­tion, tout cela est bien plus com­pli­qué que soluble dans l’or­ga­ni­sa­tion tech­nique sans la conscience du peuple humain. Il y a de la naï­ve­té dans ce pro­jet, une dan­ge­reuse naï­ve­té qui peut mener à de graves excès.

    Et n’ou­bliez pas que si vous arri­vez à faire naître des scien­ti­fiques dés­in­té­res­sés grâce au gavage glo­bal, donc incor­rup­tibles, ça ne les empê­che­ra jamais d’être cons.

    Je ne sais pas pour­quoi, mais je pense à l’ap­pren­ti sor­cier de Walt Disney.

    Réponse
  111. Ana Sailland

    ( J’a­vais com­men­cé à écrire après 111 )

    Réponse
  112. J.C

    « Tu as des infos sérieuses ? »

    Oui,
    Le pro­jet Vénus n’est pas une lubie d’un écri­vain romantique.
    La pro­duc­tion de l’a­bon­dance propre à l’E­BR néces­site une orga­ni­sa­tion de la socié­té très poin­tue et une for­ma­tion de la popu­la­tion à grande échelle.

    Le pro­jet Vénus favo­rise l’empathie de nom­breuses manières, Mor­pheus en a déjà tra­cé les grandes lignes, quant à la pul­sion contri­bu­tive envi­sa­ger comme une forme de contrainte, celle-çi n’au­ra pas de rai­son d’être au sein de ce para­digme. Des inci­ta­tions à vivre ne seront pas néces­saire, les condi­tions seront natu­rel­le­ment pro­pice pour que la créa­ti­vi­té puisse s’exprimer.
    Il y aura beau­coup à faire, les choses ne sont jamais éta­bli une fois pour toute (ce n’est que dans notre socié­té éli­tiste que les pri­vi­lé­giés font tout ce qu’ils peuvent pour que rien ne change afin de gar­der leur position).
    Dans cette dyna­mique, le sen­ti­ment de satis­fac­tion sera sans aucun doute bien plus éle­vé que dans la situa­tion de frus­tra­tion dans laquelle nous sommes, pri­son­nier de la hié­rar­chie financière.
    De là à par­ler de satis­fac­tion per­pé­tuelle, on peut tou­jours l’espérer.

    Des pois­sons de pis­ci­cul­ture j’i­ma­gine. Peut être anabolisés…

    Je pense qu’il serait pré­fé­rable de faire un bon usage de nos connais­sances et non un usage com­mer­ciale au mépris de tout le reste comme c’est le cas actuel­le­ment. J’ai bonne espoir que la consom­ma­tion des ani­maux par les humains ira en décrois­sant jus­qu’à disparaître.
    Il y a plus de pro­téines dans les épi­nards et autres végé­taux que dans la viande rouge.
    Pour le moment, nous avons un accès res­treint aux vraies infor­ma­tions. Lorsque les inéga­li­tés engen­drées par le sys­tème moné­taire dis­pa­raî­tront, le pou­voir hié­rar­chique et ses avan­tages aussi.
    La logique d’a­lié­na­tion sera l’af­faire du passé.

    Concer­nant la pro­duc­tion et la dis­tri­bu­tion de biens et ser­vices, on peut déjà prendre exemple, en par­tie du moins sur ce que nous vivons, en rem­pla­çant les publi­ci­tés men­son­gères par de vraies informations.
    Dans les pays riches nous avons déjà une rela­tive abon­dance, il suf­fit de faire preuve d’un peu d’i­ma­gi­na­tion pour conce­voir une abon­dance plus grande, des pro­duits de meilleures qua­li­tés, durables, renou­ve­lables cou­plés à une dis­tri­bu­tion plus équi­table puisque libre d’accès.

    En outre, par­ti­cu­liè­re­ment lors de la période de tran­si­tion, lors­qu’un pro­duit ne sera pas dis­po­nible, il fau­dra attendre mais quand il le sera, il le sera en quan­ti­té suffisante.
    Le TVP EST une démo­cra­tie dans le sens le plus fon­da­men­tal du terme.
    L’au­to­ma­ti­sa­tion gérer par la cyber­né­tique est plus effi­ciente que l’hu­main pour la pro­duc­tion et la dis­tri­bu­tion de biens et services.

    Nous avons déjà abor­der la ques­tion de la contra­cep­tion et de l’é­du­ca­tion ailleurs il me semble.
    Je poste ici, une inter­view de Jacque Fres­co qui porte sur les ques­tions de l’é­du­ca­tion et des valeurs (tra­duite en français).

    Il existe par ailleurs de nom­breuses vidéos et entre­tiens qui abordent les dif­fé­rents aspects tech­niques du TVP de manière pré­cise mais elles sont en anglais (et il y a de quoi faire).

    http://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​v​7​m​s​T​V​g​I​wc0

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  113. Ana Sailland

    J’aime bien le « oui » du début, pour son côté exhaus­tif, et les réponses à côté.

    Réponse
  114. J.C

    @ Ana

    P.S : déso­lé pour les fautes d’orthographes.

    La fin du tra­vail ne devrait pas t’inquiéter.
    La plu­part des retrai­tés qui ont une retraite conve­nable le vivent bien, ils sont même sou­vent très actifs, enfin, tant qu’ils ont la santé.
    Plu­tôt que le salaire (inégal) à vie, pas­sons à la gra­tui­té à vie.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  115. J.C

    Je ne réponds pas à côté de tes ques­tions Ana, j’es­saie de reve­nir à la source en amont des pré­sup­po­sées qu’elles contiennent.

    à te lire, dans une EBR on conti­nue­rait à uti­li­ser des pes­ti­cides, des ogms et je ne sais quoi encore au nom de l’abondance.
    Pour­tant, ce mau­vais usage pro­vient de rai­son moné­taire puis­qu’on pour­rait déjà nour­rir qua­si­ment 2 fois la popu­la­tion mondiale.

    Les scien­ti­fiques sont cons parce qu’ils sont payer pour ça et ceux qui ne le sont pas assez sont rem­pla­cés par d’autres qui le sont.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  116. Morpheus

    @ Phi­lippe Landeux

    Un Droit se tra­duit par un verbe ouvrant de vastes pos­si­bi­li­tés d’action, confé­rant une liber­té indé­fi­nie et a prio­ri illi­mi­tée. Mais l’ensemble des Droits se mérite par l’accomplissement d’un fais­ceau de Devoirs. De fait, l’exercice des Droits est bor­né en amont par tout ce qu’un Citoyen doit faire pour les obte­nir ou les conser­ver, et, en aval, par tout ce qu’il ne doit pas faire, sous peine de les perdre. Autre­ment dit, les Devoirs cir­cons­crivent les actes légi­times qui seuls peuvent être consi­dé­rés comme l’exercice d’un Droit. Par exemple, un Citoyen, après avoir fait ce qu’il doit, est a prio­ri libre de faire ce qu’il veut, mais n’a pas pour autant le Droit d’agresser ou de nuire à ses Conci­toyens au nom de la Liber­té, car il a au contraire le Devoir de les défendre et de res­pec­ter leurs Droits. Ain­si, l’ensemble des Devoirs borne la por­tée des Droits. Mais il est d’autres limites. (Le Civisme, p.27)

    Il me paraît curieux de com­men­cer par dire qu’un droit confère une liber­té indé­fi­nie et a prio­ri illi­mi­tée, puis ensuite expli­quer que, non, en fait il y a des limites pré­cises. Un droit est « 1. Ce que cha­cun peut exi­ger, ce qui est per­mis, selon une règle morale, sociale. 2. Ce qui est exi­gible ou per­mis par confor­mi­té à une règle pré­cise. 3. Ce qui donne une auto­ri­té morale consi­dé­rée comme légi­time. » (Le Robert).

    Cette défi­ni­tion exclu donc l’i­dée que le droit « confère une liber­té indé­fi­nie (ce qui consti­tue une « règle pré­cise » ne peut être indé­fi­ni) et a prio­ri illi­mi­tée (étant don­né que la notion en elle-même implique des limites, on ne peut pas dire que la liber­té qui est don­née par le droit est « a prio­ri illi­mi­tée »). Il y a donc au départ un sérieux pro­blème de défi­ni­tion, en contra­dic­tion avec le terme même de DROIT !

    Il est donc expli­qué ensuite (en contra­dic­tion avec la défi­ni­tion don­née dans la pre­mière phrase) que l’en­semble des droits « se méritent par l’ac­com­plis­se­ment d’un fais­ceau de Devoirs ». Il faut donc com­men­cer par accom­plir des devoirs, se confor­mer à des inter­dits et des pres­crip­tions, et ensuite seule­ment, on peut obte­nir cer­taines formes de liber­tés enca­drées. Donc, on ne peut que conclure que le droit est un ensemble de liber­tés stric­te­ment enca­drées et condi­tion­nées à l’ac­com­plis­se­ment préa­lable de devoirs : le contraire de la défi­ni­tion initiale.

    Pour­quoi com­men­cer par don­ner une défi­ni­tion contraire à la défi­ni­tion conven­tion­nelle et tra­di­tion­nelle du droit, pour ensuite rec­ti­fier en expli­quant le contraire de ce qu’on a écrit ? Cela me semble pour le moins confus.

    Mais il y a plus. La notion même de droits et de devoirs repose sur une pen­sée ini­tiale : l’ordre social devrait néces­sai­re­ment repo­ser sur un cane­vas de lois qui imposent des devoirs et donne des droits en contre­par­tie, parce que, dans la nature, l’ordre social n’exis­te­rait pas. Tout repo­se­rait donc néces­sai­re­ment sur des pres­crip­tions et des inter­dits. Il n’y a donc pas de véri­table liber­té, car dans un tel contexte, la notion même de liber­té, qui recouvre néces­sai­re­ment la notion de res­pon­sa­bi­li­té, est anéan­tie par l’ef­fet inévi­table de tout enca­dre­ment légal : la déres­pon­sa­bi­li­sa­tion des indi­vi­dus, qui n’ont ni a réflé­chir aux consé­quences de leurs actes ni aux moti­va­tions qui les ont entraî­nés, mais seule­ment se confor­mer à des lois qui sont impo­sées à tous.

    Il est fon­da­men­ta­le­ment contra­dic­toire de pré­tendre que le droit donne des liber­tés, alors que c’est très exac­te­ment le contraire : les lois, par défi­ni­tion, restreignent les liber­tés. Mais comme cha­cun aspire natu­rel­le­ment et ins­tinc­ti­ve­ment à la liber­té, on com­pren­dra que la plu­part refu­se­rait intui­ti­ve­ment qu’on leur impose des lois. Il faut dès lors faire croire le contraire, c’est-à-dire que les lois accor­de­raient des liber­tés. On est donc au mieux dans une logique pater­na­liste, au pire dic­ta­to­riale, et dans tous les cas, diri­giste et autoritaire.

    Il y a lieu de ques­tion­ner l’o­ri­gine his­to­rique du droit et de la loi. Com­ment ces notions sont-elles nées ? Dans quel contexte socio­cul­tu­rel ? Avec quels objec­tifs ? Par qui ? Quelle légi­ti­mi­té ? Quelle effi­ca­ci­té ? Quelle pertinence ?

    Le droit, les règles, sont des concepts issus d’une racine indo-euro­péenne *reg- « diri­ger en droite ligne », en sans­crit raja « roi », en ger­ma­nique right (anglais) et recht (alle­mand) « roi », en latin rex, regis « celui qui dirige », « le roi ». La loi, quant à elle, vient d’une famille du latin lex, legis, à l’o­ri­gine « loi religieuse ».

    Nous somment donc his­to­ri­que­ment dans une logique hié­rar­chique dans laquelle le droit, les lois et les règles sont éta­blies par un roi, un diri­geant qui assoit la légi­ti­mi­té de ses pres­crip­tions par une auto­ri­té divine. Le concept hié­rar­chique est lui-même, par défi­ni­tion, un concept reli­gieux (de hié­ros « sacré » et arkein « com­man­der »). Toute la logique dont le droit est issu est donc pure­ment reli­gieuse, fon­dée sur des croyances et des mythes.

    Selon le pro­fes­seur de théo­lo­gie et de phi­lo­so­phie des reli­gions David Ray Grif­fin « Un mythe est une idée qui, même si elle est com­mu­né­ment admise, est fausse. Dans un sens plus sub­til – dans un sens reli­gieux – un mythe est une his­toire qui sert à orien­ter et à mobi­li­ser le peuple. L’accent n’est pas mis sur le rap­port entre l’histoire et la réa­li­té, mais sur la fonc­tion qu’est cen­sé exer­cer le mythe. Une his­toire ne peut fonc­tion­ner à moins d’être sup­po­sée vraie par la com­mu­nau­té ou la nation. Il n’y a pas de débat pos­sible. Si cer­taines per­sonnes ont le mau­vais goût de mettre en doute l’authenticité de l’histoire sacrée, les gar­diens de la foi et de l’orthodoxie refu­se­ront de dis­cu­ter avec elles. Ils les accu­se­ront de blas­phème ou, au mieux, les ignoreront. »

    Nous nous trou­vons donc, lorsque l’on parle de lois, de droits, de règles et d’ordre social hié­rar­chique, dans le contexte de récits mythiques, un contexte reli­gieux fon­dé sur des his­toires qui n’ont pas de rap­port avec la réa­li­té, mais seule­ment avec la fonc­tion du mythe : orien­ter et mobi­li­ser le peuple. Plus ennuyeux encore, nous sommes dans une concep­tion qui ne tolère pas de débat et impose une logique ortho­doxe. S’il s’a­git de réin­ven­ter une autre façon de vivre ensemble et d’or­ga­ni­ser la socié­té, il y a tout lieu, pour bien faire, de s’au­to­ri­ser à débattre de tout et repen­ser la per­ti­nence et la légi­ti­mi­té de tous les sujets, en par­ti­cu­lier celui-là.

    Res­ter dans ce cadre, c’est s’au­to­li­mi­ter et per­pé­tuer une tra­di­tion et un ordre éta­blit, non conce­voir une nou­velle culture. On n’est alors plus dans une révo­lu­tion ni une réforme cultu­relle, mais dans un amé­na­ge­ment de la culture, qui ne touche pas au para­digme en vigueur. Cela inter­dit notam­ment de ques­tion­ner à la fois la per­ti­nence et la légi­ti­mi­té de l’ordre social fon­dé sur la Loi et la hiérarchie.

    Si en outre l’on songe à l’ob­jec­tif ini­tial, qui est d’é­ta­blir une éga­li­té vraie entre les indi­vi­dus, on se trouve face à un pro­blème de taille, un contra­dic­tion onto­lo­gique, car il s’a­git non seule­ment de choi­sir entre Largent (l’é­co­no­mie basée sur la mon­naie) et l’é­ga­li­té, mais aus­si choi­sir entre hié­rar­chie et éga­li­té, car la hié­rar­chie – prin­cipe ver­ti­cal par défi­ni­tion – est en totale contra­dic­tion avec l’é­ga­li­té, prin­cipe hori­zon­tal. Il n’est tout sim­ple­ment pas pos­sible de fon­der une socié­té éga­li­taire sur la base de prin­cipes hié­rar­chiques. Croire le contraire révèle un défaut de logique.

    Si réel­le­ment on a le vœux d’ins­tau­rer l’é­ga­li­té, il faut adop­ter une logique contraire à la logique hié­rar­chique, c’est-à-dire choi­sir la logique anar­chique. L’a­nar­chie est le contraire de la hié­rar­chie (de an- pri­va­tif et arkein « com­man­de­ment ») : c’est une concep­tion de l’or­ga­ni­sa­tion sociale qui se fonde sur l’ho­ri­zon­ta­li­té des rap­ports entre les membres de la socié­té (donc sur l’é­ga­li­té des rap­ports humains) et sur l’ab­sence de chef, de pou­voir cen­tra­li­sé. Il peut y avoir une cer­taine forme de gou­ver­ne­ment dans l’a­nar­chie, mais sans que celui-ci repose sur des prin­cipes hié­rar­chiques ni de cen­tra­li­sa­tion du pouvoir.

    Pour le dire autre­ment, la logique anar­chique est indis­so­ciable de la logique démo­cra­tique (« pou­voir, gou­ver­ne­ment du grand nombre ») : pas d’a­nar­chie sans démo­cra­tie ; pas de démo­cra­tie sans anar­chie. Sans anar­chie, la démo­cra­tie se trans­forme rapi­de­ment et inévi­ta­ble­ment en oli­gar­chie, voir en tyran­nie ; sans démo­cra­tie, l’a­nar­chie se trans­forme imman­qua­ble­ment en ochlo­cra­tie « gou­ver­ne­ment des foules », c’est-à-dire l’ano­mie (ce que la nov­langue oli­gar­chique appelle trom­peu­se­ment, depuis un peu plus d’un siècle, « l’a­nar­chie », dans le but évident de détour­ner les esprits de la voie contraire aux inté­rêts de ceux qui veulent impo­ser la logique hiérarchique).

    Évi­dem­ment, il est dif­fi­cile de par­ve­nir à cette conclu­sion tant que l’on s’at­tache à la croyance expri­mée en page 15 et dont je viens de démon­trer le sophisme : Mais hié­rar­chie sociale et inéga­li­té en droits n’ont aucun rap­port. Si l’inégalité ne va pas sans hié­rar­chi­sa­tion, la hié­rar­chie qui découle de la spé­cia­li­sa­tion des Citoyens, c’est-à-dire de leur fonc­tion, n’engendre pas en soi l’inégalité, laquelle n’est pos­sible que si les droits sont déper­son­na­li­sés, maté­ria­li­sés et cumu­lables. Éga­li­té et hié­rar­chie ne sont donc pas incom­pa­tibles. Au contraire, sans hié­rar­chie le corps social tombe bien­tôt dans l’anarchie et court à sa ruine ou à la tyran­nie, n’étant plus assez orga­ni­sé pour construire ou assez fort pour résis­ter à ses enne­mis exté­rieurs ou intérieurs.

    Ana­char­sis disait de la Loi qu’elle est comme une toile d’a­rai­gnée dans laquelle les faibles et les pauvres se font prendre et meurent mais que les riches et les puis­sants déchirent et passent au tra­vers. Nous avons l’illu­sion que les lois sont des solu­tions ad hoc pour régler les pro­blèmes, mais les lois ne résolvent jamais aucun pro­blème. Une loi n’est jamais que l’ex­pres­sion tra­gique de notre impuis­sance à résoudre un pro­blème. Régu­ler n’est pas résoudre. Or, ce que nous avons besoin en socié­té, c’est de trou­ver des solu­tions pour résoudre les pro­blèmes, non d’ar­ti­fices spé­cieux pour les régu­ler. Une loi ne peut donc trou­ver de jus­ti­fi­ca­tion et de légi­ti­mi­té que dans le cadre d’une mesure tran­si­toire, aus­si courte que pos­sible, don­nant le temps néces­saire pour trou­ver la solu­tion per­met­tant de résoudre un problème.

    Cette réflexion nous mène éga­le­ment à la prise de conscience, for­cé­ment déran­geante et incon­for­table, que tous les concepts qui sont à la racine des prin­cipes sur les­quels repose la Répu­blique fran­çaise sont en pro­fonde contra­dic­tion avec les prin­cipes de l’a­théisme, de l’é­ga­li­té et de la liber­té qui sont reven­di­qués. Dit autre­ment, la Répu­blique fran­çaise n’est pas une répu­blique, n’est pas laïque et n’ac­corde pas de véri­table liber­té ni sur­tout d’é­ga­li­té à ses res­sor­tis­sants. Fon­dée sur un pou­voir cen­tra­li­sé fort, émi­nem­ment ver­ti­cal et for­te­ment hié­rar­chi­sé, où le peuple ne vote pas ses propres lois, le régime du gou­ver­ne­ment de la France est une réin­ven­tion de la monar­chie de droit divin, un palimp­seste de l’an­cien régime tra­ves­tit en pré­ten­due « démo­cra­tie repré­sen­ta­tive », oxy­more trom­peur qui nous impose une croyance erronée.

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  117. EFFAB

     »…
    Non ; aux patriotes, qui, depuis le com­men­ce­ment de la révo­lu­tion, étran­gers à toutes les fac­tions, imper­tur­ba­ble­ment atta­chés à la cause publique, ont mar­ché par la même route au but unique de toute consti­tu­tion libre, le règne de la jus­tice et de l’égalité, à ceux qui se sont mon­trés dans la révo­lu­tion du 10 août et qui veulent qu’elle ait été faite pour le peuple, et non pour une fac­tion ; enfin à ceux-là même qui furent les objets éter­nels des per­sé­cu­tions de Lafayette, de la cour et de tous leurs complices.
    … »
    (DISCOURS SUR L’INFLUENCE DE LA CALOMNIE SUR LA RÉVOLUTION – @5, ETIENNE)

    ROBESPIERRE (le vrai)

    Réponse
  118. J.C

    @ Ana

    Vou­loir des nèfles ?

    Si l’on me pose la ques­tion de savoir si ma fille va bien, on s’at­tends à un oui ou à un non.
    Si je ne réponds pas par oui ou par non, on pour­rait m’ac­cu­ser de ne pas répondre à la ques­tion. On oublie sim­ple­ment de tenir compte du fait que je n’ai pas de fille.

    Nos ques­tions sont sou­vent rem­plies de pré­sup­po­sés, c’est peut être cela qu’il faut inter­ro­ger d’abord.

    Pour­quoi sou­hai­te­rions nous obte­nir des choses rares ?
    Parce que ce qui est rare est meilleur que tout le reste ? Assu­ré­ment non

    Si ce rare nous pou­vons ne plus le rendre rare, le vou­drons nous encore ?
    Pour­quoi vou­drions nous ce qui est rare ?

    La réponse me semble d’une grande sim­pli­ci­té, c’est parce qu’on nous a appris que ce qui est rare à de la valeur.

    Ce n’est pas plus com­pli­qué que ça. De même que la majeure par­tie d’entre nous avons par­fai­te­ment inté­gré le sens des expres­sions «  tout se paye » ou « toutes peines méritent salaire ». ce sont les idéaux du sys­tème monétaire.

    « Ne te rends-tu pas compte » me dira-t-on, cela fait des géné­ra­tions et des géné­ra­tions que l’on uti­lise la monnaie.
    Mais ça fait aus­si des géné­ra­tions qu’on ne savait uti­li­ser des por­tables et bien ça ne m’a posé aucun problème.
    Le temps qu’il a fait sombre dans une pièce ne change rien au fait qu’on y voit claire dès que l’on allume la lumière.

    @ Tous

    Etienne veut vous nous évi­ter le viol et pas seule­ment le dimanche mais aus­si le samedi.
    Pour le reste de la semaine, fau­dra être un peu compréhensif.
    Tant qu’il y aura de l’argent et une hié­rar­chie, ne serait ce que celle du nombre, on se fera violer.

    Cette der­nière inter­ven­tion de Mor­pheus est une bombe.
    En remet­tant en cause les lois, on remet en cause le prin­cipe même de la constitution.

    De mon côté et ce jus­qu’à main­te­nant, je conti­nue de sou­te­nir l’ap­pro­pria­tion par les gen­tils virus du pro­ces­sus consti­tuant parce je pense qu’il est impor­tant que les gens se ques­tionnent sur la constitution.

    Pour­quoi cela ? Parce que ques­tion­ner la consti­tu­tion c’est aus­si ques­tion­ner les règles elles-mêmes. Je vois ça comme une pre­mière étape, un moyen de prise de conscience en vu de la réap­pro­pria­tion par cha­cun de ses propres responsabilités.

    Mais fina­le­ment, pour­quoi ne pas remettre direc­te­ment et entiè­re­ment en cause l’i­dée de loi puisque cela est par­fai­te­ment jus­ti­fié et que cela a été ren­du compréhensible.

    Consi­dé­rons que nous devions aller jus­qu’au bout et inter­ro­geons toute forme de tran­si­tion car le temps nous est compté.
    La tran­si­tion de type moné­taire, nous pou­vons l’ex­clure car elle n’est pas entre nos mains.
    Ne pour­rait-on pas exclure aus­si la tran­si­tion gouvernementale ?

    Une consti­tu­tion ne peut se main­te­nir sans sys­tème moné­taire car toute loi ou règle doit s’ac­com­pa­gner d’une forme de chan­tage. Il faut un moyen de pres­sion pour faire obéir les indi­vi­dus aux règles.

    Lorsque la com­mu­nau­té est impor­tante, il est dif­fi­cile de faire du chan­tage aux res­sources sans créer de rébellion.
    L’u­sage de la mon­naie per­met de l’é­vi­ter jus­qu’à un cer­tain point.

    Je pense que c’est parce qu’E­tienne est atta­ché à l’i­dée de consti­tu­tion (d’au­tant plus par sa for­ma­tion de juriste) qu’il a du mal à envi­sa­ger autre chose qu’un sys­tème contrai­gnant uti­li­sant la monnaie.

    Je pense qu’il va finir par se rendre compte qu’il fait fasse à un mur puis­qu’au tra­vers des lois et de la mon­naie, on ne peut pas sor­tir du sys­tème hiérarchique.

    Une consti­tu­tion n’est pas la solu­tion, au pou­voir de l’argent revient tout pou­voir. Jamais les règles ne s’éc­car­te­rons de lui.
    Cepen­dant, s’y inté­res­ser à des ver­tus pédagogiques.

    J’i­rais même jus­qu’à ques­tion­ner la notion de gou­ver­ne­ment. Le gou­ver­ne­ment ren­voi à la notion d’é­tat et de pou­voir supé­rieur qui dirige les individus.

    Un sys­tème qui inclus un gou­ver­ne­ment est un sys­tème qui s’oc­troie le pou­voir de contraindre l’in­di­vi­du à l’o­béis­sance. Ne serait-il pas alors, par essence, le contraire d’une démocratie ?

    Si je dis : « Sans hié­rar­chie, pas de gou­ver­ne­ment » cela est-il logique ?

    Cela me semble inévitable.
    C’est pour cela qu’il n’y a pas de gou­ver­ne­ment pré­vu dans le TVP.
    Uto­pie ? Telle la démocratie.

    J’en viens fina­le­ment à poser, ce qui est pour moi, la vraie ques­tion du moment :

    L’é­ga­li­té étant accom­plie de fait par l’E­BR, est-il vrai­ment néces­saire de se battre pour la démocratie ?

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  119. EFFAB

    Please, J.C, TVP ? EBR ?

    Déso­lé, très mau­vais élève et ce peu de mémoire.

    Bonne nuit

    Réponse
  120. J.C

    @ EFFAB,

    TVP : the Venus project

    L’é­ga­li­té étant de fait accom­plie par une éco­no­mie basée sur les res­sources (EBR), est-il vrai­ment néces­saire de se battre pour la démocratie ?

    Pour cela, il suf­fit des décla­rer l’en­semble des res­sources de la terre patri­moine com­mun de tout ses habitants.

    Et régler deux petits détails 😉

    1. Expli­quer à la popu­la­tion com­ment cela fonctionne
    2. Faire dis­pa­raître le sys­tème monétaire

    Il n’est pas dif­fi­cile de com­prendre que, sans hié­rar­chie, il n’y a plus de tra­vaux forcés.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  121. Ana Sailland

    La trans­mis­sion de pen­sée étant au mini­mum inef­fi­cace, pour vivre serei­ne­ment une har­mo­nie des dési­rs et des actes, et de la créa­tion, pour déci­der de la forme et de l’u­sage des outils, de la dis­po­si­tion de l’ha­bi­tat, de son style, de son esthé­tique, et de bien d’autres choses, la concer­ta­tion est néces­saire ; donc sont néces­saires des conven­tions rela­tives au pro­ces­sus de concertation.
    J.C, aucun sys­tème, aus­si per­for­mant soit il, ne dis­pense de l’or­ga­ni­sa­tion de la réflexion commune.

    Réponse
  122. EFFAB

    Mer­ci J.C

    Oui, là je com­prends mieux et ces noms-là me sont un peu plus fami­liers, bien que je ne les ai pas approf­fon­dis comme il le fau­drait quand on aborde une pro­blé­ma­tique dans ses détails et tous ses cas de figures… je n’en pour­suis pas moins, cette liber­té du Net comme ma sata­né fraise.

    J’a­vais décou­vert le Pro­jet Vénus par l’en­tre­mise du Zeit­geist Move­ment. Evi­dem­ment, cette ges­tion éco­lo­gique, ration­na­li­sée, auto­ma­ti­sée, infor­ma­ti­sée et par­ta­gée des res­sources a tout pour séduire et résou­drait bien des choses, nous qui avons gran­de­ment besoin d’un pro­jet de socié­té de cette enver­gure pour réen­chan­ter le monde et sor­tir de cette impasse où ce n’est pas seule­ment un mur qui risque de nous tom­ber sur la tête.

    Comme je peux me faire l’a­vo­cat du diable et y trou­ver à redire à toutes ces pho­to-com­po­si­tions futu­ristes, où on pour­rait voir dans ces archi­tec­tures urba­no-éco­lo­giques une phi­lo­so­phie et une démarche autre­ment plus ciblée qu’une authen­tique volon­té liber­taire et huma­niste. J’exa­gère, bien sûr, sur ce fil ténu et très glis­sant de la pro­vo­ca­tion, mais je me méfie de ce qui n’existe pas mais n’en prend pas moins forme et dona­tions…

    … quand je sais que toute uto­pie ne l’est plus tant quand les Hommes s’en sont don­nés les moyens et ont com­bat­tu pour ça_car une éco­no­mie basée sur les res­sources va à l’en­contre de la nature et de la cupi­di­té humaine, et il y a bien rap­port de force et pro­jets de vie fort différents.

    Une ges­tion à ce point inter­ac­tive est certes très com­mode, très utile, très libé­ra­trice mais ce n’est là qu’un méca­nisme qui, aus­si éla­bo­ré et éman­ci­pa­teur soit-il, n’empêche à rien les dérap­pages ou quelque inver­sion sub­tile, ce pro­fit col­lec­tif détour­né et cet énième rêve américain.

    Cet EBR est à plé­bis­ci­ter et le plus tôt sera tou­jours le mieux, mais ce n’est pas la prio­ri­té, comme on ne peut ima­gi­ner – mais je ne suis pas éco­no­miste comme je ne fais que sup­po­ser – une socié­té urbaine et moderne pri­vée de mon­naie du jour au len­de­main : les remarques de TANGUY (MECHANT VIRUS) me paraissent suf­fi­sam­ment per­ti­nentes à ce sujet _ @90,93, http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​f​o​r​u​m​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​2​0​1​3​/​0​5​/​2​7​/​3​2​9​-​i​l​s​-​s​o​n​t​-​f​o​u​s​-​c​e​s​-​a​n​t​i​f​a​s​-​c​o​n​t​r​e​-​l​o​r​d​o​n​-​c​o​n​t​r​e​-​l​e​-​d​i​p​l​o​-​c​o​n​t​r​e​-​l​e​s​-​e​c​o​n​o​m​i​s​t​e​s​-​a​t​t​e​r​r​e​s​-​c​o​n​t​r​e​-​c​o​u​t​r​o​t​-​c​o​n​t​r​e​-​b​a​l​m​e​-​c​o​n​t​r​e​-​a​t​t​a​c​-​c​o​n​t​r​e​-​l​e​-​f​d​g​-​c​o​n​t​r​e​-​l​a​-​c​g​t​-​c​o​n​t​r​e​-​k​e​m​p​f​-​c​o​n​t​r​e​-​r​u​f​f​i​n​-​c​o​n​t​r​e​-​f​a​k​i​r​#​c​1​5​913

    Le plus urgent, selon moi, est bien de se réap­pro­prier le pou­voir, cette puis­sance publique et cette sou­ve­rai­ne­té populaire :

    1. viri­ma­nia (pro­pa­ga­tion virale du Mes­sage par Gen­tils Robespierres)

    2. Coup d’E­tat en bonne et due forme his­toire de se réap­pro­prier ces notions démo­cra­tiques et ces­ser enfin tous ces men­songes d’E­tat, toutes ces inver­sions abru­tis­santes et usur­pa­trices (ROBESPIERRE et autres Fraises révolutionnaires).

    Mais nous avons tous ici comme des pré­fé­rences, commes des cer­ti­tudes, ce qui peut faire notre force et notre richesse si et seule­ment si nous pla­çons en com­mun cette ouver­ture et cette volonté…

    … tels ces spé­cia­listes qui ont déjà toutes les réponses et les alter­na­tives à ce chan­ge­ment socié­tal, mais je ne recon­nais qu’une Cause ultime à tout cela, entre bien et mal, entre Diable et Tout ce que vous vou­drez, ce noeud gor­dien est poli­tique ou alors je n’ai tou­jours rien com­pris au film et ÉTIENNE n’a qu’à retour­ner à l’é­cole et brû­ler tous ses sata­nés bouquins !

    EFFAB

    Réponse
  123. J.C

    @ Ana

    « aucun sys­tème, aus­si per­for­mant soit il, ne dis­pense de l’or­ga­ni­sa­tion de la réflexion commune »

    Tout à fait

    @ Effab

    se réap­pro­prier le pou­voir sans pas­sé par l’é­co­no­mie est une illusion.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  124. J.C

    @ Ana

    les expli­ca­tions sur com­ment sont prises les déci­sions col­lec­tives sont expo­sés dans de nom­breuses vidéos dont cer­taines sont déjà pos­tées sur le blog.

    Quant aux ques­tions tech­niques préa­lables, c’est comme l’ins­tal­la­tion d’une assem­blée. On a pas besoin de tout le monde pour pla­cer les chaises, bran­cher les micros, posi­tion­ner la vidéo, les tech­ni­ciens sont très bien pla­cés pour le faire.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  125. Morpheus

    @ EFFAB (#126)

    « mania » (μανια en grec) signi­fie FOLIE (par exemple dans nym­pho­ma­nie, qui signi­fie lit­té­ra­le­ment « nymphe folle »). D’où il me semble que le terme « viri­ma­nia » me parait inapro­prié car on vou­drait inci­ter à la sagesse, non à la folie…

    😉

    Beau­coup de mots sont tirés de mania : maniaque, manie, méga­lo­ma­nie, mytho­ma­nie, nym­pho­ma­nie, etc.

    Je sug­gère donc plu­tôt le terme « virodiffusion ».

    Pour pour­suivre dans l’é­ty­mo­lo­gie et le sens des mots, je vou­drais en pro­fi­ter pour évo­quer le mot « gen­til » que nous uti­li­sons pour nous dési­gner (gen­tils virus).

    GENTIL : du latin gens, gen­tis « race, famille au sens large, famille noble » ; gen­ti­lis « qui appar­tient à une famille », « qui porte le même nom que les autres membres d’une famille noble » (d’où gen­til­homme) ; en latin ecclé­sias­tique, ce mot a été employé pour tra­duire l’hé­breux GÔIM « peuple » appli­qué aux non juifs, et a pris le sens de « païens », « étrangers ».

    Dans le dic­tion­naire Le Robert, la défin­tion de GENTIL, ILLE est :

    1. Qui plaît par la grâce de ses formes, de son allure, de ses manières > agréable, aimable, mignon.

    2. Qui plaît par sa déli­ca­tesse morale, sa dou­ceur > déli­cat, géné­reux.

    3. (enfants) > sage, tran­quille.

    » GENTILLESSE = qua­li­té d’une per­sonne gen­tille > ama­bi­li­té, com­plai­sance, obli­geance.

    4. Nom que les juifs et les pre­miers chré­tiens don­naient aux per­sonnes étran­gères à leur reli­gion > infi­dèle.

    Quant au mot VIRUS, c’est un mot latin du XVIe siècle qui signi­fie « suc de plantes » et « poison ».

    Autant savoir.

    Mor­pheus

    Réponse
  126. J.C

    @ EFFAB,

    Régu­ler les pro­blèmes ne les empêchent pas de se pro­duire, les résoudre par contre, c’est bien les faires disparaître.

    Les exemples de méchant Virus sont inter­chan­geables entre régu­ler et résoudre.
    La peine de mort c’est le résul­tat d’une loi et ça ne résout pas les problèmes.

    Quant à l’ef­fon­dre­ment moné­taire, il est inévi­table. Le seul moyen que l’on a en notre pos­ses­sion c’est de trou­ver une alter­na­tive viable et peut être d’in­fluen­cer le moment ou cela se produira.

    Pour ce qui est de la pro­pa­ga­tion virale, j’ai envoyé un mail à Etienne pour lui pro­po­ser des idées d’ac­cé­lé­ra­tion rapide de la conta­mi­na­tion démo­cra­tique mais je n’ai pas de réponse.

    Ce qui est sûr c’est que plus le temps va pas­ser, plus la situa­tion sociale et éco­no­mique va se dégra­der et plus la pres­sion va être forte sur les por­teurs d’alternatives.

    Je ne sais si Etienne sou­haite demeu­rer auto­nome, s’il sou­haite que ces idées se pro­pagent plus vite, à lui de nous le dire.

    Il est fort pro­bable que dans un futur proche, on le pousse à choi­sir son camps ou tout faire pour le dis­cré­di­ter et l’empécher de s’exprimer.

    Puis­qu’il dit se sen­tir proche des idées de Jacques Géné­reux, je pro­nos­tique qu’on le pous­se­ra à s’en­ga­ger au sein du FDG.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  127. Ana Sailland

    @128

    je ne par­lais pas du sys­tème actuel mais répon­dais à un mes­sage anté­rieur qui lui aus­si était généraliste.

    Réponse
  128. EFFAB

    @129 – MORPHEUS,

    Oui, je suis bien d’ac­cord que viri­ma­nia n’é­tait pas le plus adé­quat comme ter­mi­no­lo­gie et je n’ai pas cher­ché plus que ça, moi qui pour­tant ai sou­vent ce sou­cis de la pré­ci­sion. Viro­dif­fu­sion ne m’ins­pire pas pour autant, aus­si pré­cis puisse-t-il être, ce je-ne-sais-quoi de trop tech­nique, je ne trouve pas le terme exact.

    Oui, GENTIL, ce peuple, cette noblesse… assu­ré­ment, on peut pas faire plus chouar­dien, lol.

    @127 – J.C,

    Je suis bien d’ac­cord… mais c’est bien dans ce rap­port de force qu’il appar­tient d’en impo­ser aux déci­deurs éco­no­miques comme de limi­ter cer­tains patri­moines exor­bi­tants et ces plus-values dépla­cées et pernicieuses ?!…

    @130

    Régu­ler les pro­blèmes ne les empêchent pas de se pro­duire, les résoudre par contre, c’est bien les faires disparaître.

    J’en­tends bien, je sai­sis tout ça et je comme je dis sou­vent : il faut mieux pré­ve­nir que gué­rir… il n’empêche, l’im­pré­vu peut tou­jours adve­nir et c’est là où il faut être le plus vigilent et le plus puis­sant – cette puis­sance popu­laire et tous ces méca­nismes et contrôles asso­ciés -, méta­phore : les boeufs avant la char­rue, évi­dem­ment, mais tou­jours un risque de s’embourber, aus­si pré­cau­tion­neux qu’on puisse être… mais je cherche peut-être là la p’tite bête.

    Oui, je me rap­pelle cette pro­po­si­tion à ETIENNE et j’é­tais très curieux de savoir de quoi il s’a­gis­sait, et main­te­nant que tu en parles… mais peut-être que cer­taines choses méritent davan­tage de dis­cré­tion, et en ce cas, je serais prêt, en pri­vée, de reflé­chir là-dessus.

    Gérard PHILIPE, je crois, a dis n’être d’au­cun par­ti, ce que je me reven­dique moi-même, tel ETIENNE qui ne devrait en aucun cas adhé­rer à quelque par­ti que ce soit_bien que rien n’empêche cela… mais nous sommes bien dans quelque démarche oecu­mé­nique à l’en­semble des citoyens et de la Nation…

    … mais entre ce que je dis et ce que je fais, comme dirait notre chère ANA, il y a là une large lati­tude de pos­si­bi­li­tés et une large palette d’at­ti­tudes, hihi

    Très bonne journée

    Réponse
  129. J.C
  130. BEYER Michel

    Dans la pré­sen­ta­tion de son livre,Philippe LANDEUX fait état de la bio­gra­phie de ROBESPIERRE par Ernest HAMEL. Pour ceux que cela inté­resse, les 3 livres sont télé­char­geables sur « Gallica »

    Réponse
  131. EFFAB

    ETIENNE, je suis en train d’é­cou­ter sur France Culture Michel ONFRAY dans ce dif­fé­ré esti­val annuel de cette Uni­ver­si­té popu­laire de Caen… et je l’en­tends avoir de sérieux a prio­ri envers BOB, euh, sor­ry, ROBESPIERRE !

    Ce n’est la pre­mière fois ces deux der­nières semaines que je l’en­tends ain­si prendre posi­tion clair et nette contre ce père de la Nation.

    Michel ONFRAY n’est-il pas au cou­rant de cette véri­té comme de toute cette dés­in­for­ma­tion concer­nant ce grand révo­lu­tion­naire ? lui qui pour­tant lit énor­mé­ment et pos­sède une culture comme j’en rêve­rai toute ma vie ?… petite syn­chro­ni­ci­té en com­men­çant cette phrase : j’a­vais le mot ‘culti­vé’ à l’es­prit quand au même moment lui-même à la radio emploit ce même mot !

    Et main­te­nant, à l’ins­tant, il cite à nou­veau ROBESPIERRE, disant qu’il uti­li­sait les mots et les plus belles valeurs mais détes­tait en réa­li­té le peuple !

    Où est le hic, là, entre vous, entre ces deux croyances quand, for­cé­ment, l’un a for­cé­ment un peu plus rai­son que l’autre… à moins que notre per­son­nage his­to­rique soit à ce point beau­coup plus com­plexe qu’on ne le croit, au-delà de tout par­ti pris.

    Mer­ci à vous, ETIENNE, de bien vou­loir vous pen­cher quelques secondes sur ce petit désac­cord cultu­rel qui me cha­grine un peu entre vous deux.

    Fabien

    Réponse
  132. EFFAB

    Sinon, très inté­res­sante cette radio­dif­fu­sion, ça parle de ces pro­jets socié­taux qui nous pas­sionnent tant ici, sous cet éclai­rage de la contre-culture de la phi­lo­so­phie (poli­tique) et la pen­sée de Guy DEBORD.

    Réponse
  133. J-Stéphane

    Bon­soir EFFAB,

    Peut-être que le peuple d’au­jourd’­hui lui plai­rait encore moins que celui de son époque… quoi qu’il en soit, il me semble qu’il faille faire le dis­tin­guo entre l’ap­pré­cia­tion d’un peuple à une période, et la pro­jec­tion du poten­tiel de l’humanité…

    Réponse
  134. EFFAB

    Bon­soir J‑STEPHANE,

    Donc, ce serait dans le sens : de ses conci­toyens il n’en pen­sait pas moins, mais pas à ce point là tout de même car, en ce cas, à quoi bon s’oc­cu­per des affaires publiques et vou­loir le bien de son pro­chain ? quand on a fort à parier, connais­sant la nature et la cupi­di­té humaines, que tout cela est peine perdue.

    Non, je pré­fère pen­ser, qu’a­près ce que j’ai pu lire ici-et-là, Michel ONFRAY inter­prète un peu trop exces­si­ve­ment cette cri­tique de ROBESPIERRE vis-à-vis de ses conci­toyens, si même elle est fon­dée, mais peut-être il amal­game les choses et reste convain­cu (voire encore condi­tion­né) par tout ce gavage his­to­rique et cette si mau­vaise presse d’un des acteurs prin­ci­paux de la Ter­reur, cette Ter­reur et ses excès mais cette Ter­reur et son contexte, son com­bat, son deve­nir, à savoir, la sur­vie à ce prix de cet idéal démo­cra­tique face aux puis­sances hos­tiles et per­ni­cieuses de tous ordres.

    Mais je ne suis pas spé­cia­liste de cette période ni d’au­cune d’ailleurs, je ne fais que conjec­tu­rer sur tout le peu que je possède_et cette fraise récur­rente, évidemment !

    Réponse
  135. nlescan

    Onfray est comme plein de gens : il dit des c*##@ries… pas que, mais quand il s y met il y va a fond… Sur Robes­pierre il est au taquet… Regarde Lan­deux, pareil, il est d un cote capable de pro­pos tout a fait valables sur Robes­pierre et d un autre c est un gros raciste… si si, j ai lu ses c*##@ries. Bete de raciste. A choi­sir je pre­fere encore ce c@# de Onfray malgres ce qu il dit sur Bob.

    Réponse
  136. Ana Sailland

    J’aime bien l’i­dée écrite plus haut que Robes­pierre serait, qui ne l’est pas, complexe.

    Mais quelle que soit la nature de cette com­plexi­té, ce qu’il dit et écrit consti­tue glo­ba­le­ment un recueil pré­cieux de pen­sées pro­fondes et qui ne prennent pas une ride.
    Il ne four­nit pas bien enten­du un modèle de socié­té « clef en main », mais bon sang de bon soir, on aime­rait bien voir naître ici-bas une réelle démo­cra­tie qui aurait struc­tu­rel­le­ment les moyens et l’en­vie de relan­cer la réflexion (uni­ver­selle et non pas entre VIP hein) sur cha­cun des mots de « Bob », pour ne pas dire cha­cun de ses sou­pirs (entre autres ora­teurs, car il n’est pas seul hein)

    L’un des outils de la domi­nance est l’oc­cul­ta­tion des thèmes essen­tiels et fon­da­men­taux qui en ces années 1790 bouillon­naient de partout.
    Comme s’ils étaient dépas­sés, quelle farce, par des sou­cis plus à la mode, dont cer­tains sont construits, qui détournent notre regard de la racine des choses …

    Moquons nous de savoir si tel ou tel théo­ri­cien du bien com­mun, ou crieur public de l’é­qui­té, empê­tré par­fois peut être dans les plis de l’His­toire, tra­hit peu ou peu peu sa propre cohé­rence : après tout, nous qui allons au super mar­ché, ne sommes que bien peu cohé­rents, n’est ce pas, et si les temps changent et le style des guerres, l’héroïsme de la cohé­rence demeure comme autre­fois dif­fi­cile à contacter ->
    Ce qui compte, et doit nous pré­oc­cu­per, c’est la matu­ra­tion des idées, depuis leur émis­sion ini­tiale jus­qu’à leur accom­plis­se­ment har­mo­nieux, et en cela nous sommes reliés aux acteurs du pas­sé, nous sommes leurs col­lègues en quelque sorte, avec, modestes ou célèbres, la même res­pon­sa­bi­li­té, et ces dif­fi­cul­tés qui si elles ont chan­gé de style sont de la même source : nos faiblesses.

    Réponse
  137. EFFAB

    Oui, ANA, ce ne sont là que des points de détail, si je puis dire, et j’y pen­sais moi-même en écri­vant mon pre­mier post, à savoir, ces petits défauts de tel ou untel, voire ces mau­vaix choix, mais que nous importe en véri­té que ROBESPIERRE ne soit pas si par­fait quand il y a tant d’in­co­hé­rence en nous, dans nos actes et dans nos choix, ne serait-ce que cette faci­li­té de croire et de vou­loir chan­ger le monde tout en payant à côté notre dîme à l’in­ter­mar­ché du coin, nous qui savons fort bien que ce boy­cott consu­mé­riste aurait autre­ment plus de poids que nos suf­frages détour­nés… mais c’est bien de cela dont il s’a­git, cette inter­ac­ti­vi­té si com­plexe et si bien éta­blie entre la néces­si­té fai­sant loi et cette pla­ni­fi­ca­tion pla­né­taire d’une élite aux com­mandes qui impose son idéo­lo­gie et ses diktats.

    NLESCAN, je suis bien d’ac­cord avec toi, ceci-dit (bien que ne connais­sant pas per­son­nel­le­ment Michel ONFRAY) je crois qu’il est pro­fon­dé­ment démo­crate et est loin de dire autant de conne­rie que ça… une des rares choses qu’on pour­rait lui rep­pro­cher, c’est son athéisme, son manque d’ou­ver­ture sur d’autres croyances comme je ne puis conjec­tu­rer sur lui et ses convic­tions les plus pro­fondes seule­ment d’a­près quelques vidéos, six, sept bou­quins et des radio­dif­fu­sion : c’est encore trop limi­té, me semble-t-il.

    Il n’en est pas moins vrai néan­moins que toute cette connais­sance intel­lec­tuelle en ommet peut-être quelques autres dimen­sions, voire par exemple, la spi­ri­rua­li­té qui n’est pas seule­ment dog­ma­tique ou une mode, l’art et toute approche artis­tique autre­ment plus conscient et intui­tif encore qu’un hédo­nisme liber­taire et bien assi­mi­lé, cette vision plus conspi­ra­tion­niste de cette socié­té qui nous oblige à bien des égards, sans par­ler de ces niveaux déci­sion­nels échap­pant à notre per­cep­tion des choses et de nous-mêmes…

    Mais c’est là ouvrir des portes encore invi­sibles pour le com­mun des mor­tels… quand on aurait tant à gagner pour­tant à les ouvrir, dus­sions-nous nous trom­per par­fois sur cer­tains par­ti pris ou des théo­ries fina­le­ment fumeuses… mais en atten­dant, doute il y a, dés­in­for­ma­tion l’ac­com­pagne, raille­rie de mise, usur­pa­tion de fait, déni, délit d’i­ni­tié, exac­tions à la pelle et ces choix bien assumés !!

    Bref, il se pour­rait bien que la Terre soit creuse et, telle Alice, tel Peter (Pan), tel Richard BYRD, j’aime à pen­ser que le monde est infi­ni­ment plus beau et plus juste qu’il ne l’est ou devrait l’être.

    Réponse
  138. EFFAB

    Richard Eve­lyn Byrd
    25 octobre 1888 – 11 mars 1957)
    explo­ra­teur polaire et avia­teur amé­ri­cain de l’US Navy, contre-amiral.

    C’est l’une des pho­tos, l’un des visages les plus roman­tiques que je connaisse et que j’ai décou­vert assez récemment.

    Il y a la ver­sion offi­cielle et c’est celle qu’on trouve sur Wiki­pe­dia, puis il y a ce récit incroyable qui peut faire rêver comme il peut faire sou­rire… qui détient la véri­té ? et laquelle au juste ? Tout ce que j’en sais c’est que le droit à l’er­reur n’a jamais à être remis en cause : se trom­per n’est pas tricher_et rêver ce n’est que vou­loir tout ce qu’on nous a volé, à savoir, l’in­no­cence et la liberté.

    QUANTIC VIRUS

    Réponse

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