Gérard Filoche est toujours PA-SSIO-NNANT.
Ceci est une IMPORTANTE LEÇON de droit du travail comme outil POLITIQUE, à ne pas rater, à travailler stylo à la main, et à faire connaître :
Sur les 27 articles de l’ANI, PAS UN progrès, PAS UN SEUL !
Pour ceux qui avaient raté ce coup de gueule contre le Ministre du Budget qui s’avère être un fraudeur fiscal, je le rappelle ici :
https://youtu.be/qmuy85NC8Lo
Il force un peu, quand même, quand il essaie de nous faire croire que tout le monde est honnête au PS :o)
Au parti prétendument « socialiste », Gérard Filoche est un type formidable noyé au milieu d’une bande de crapules.
C’est un type bien. Précieux, même, pour nous autres salariés (plus de 90% de la population active).
Étienne.

Pourquoi est il encore au PS
Parce que PS veut dire Parti Socialiste, et que c’est un socialiste.
C’est les non-socialistes qui doivent quitter ce parti.
Très instructif.
Je vais transmettre à des amis syndicalistes…
Le texte
Un article
» La démocratie représentative et la démocratie sociale ont réussi leur mariage. » »> Le pire, c’est que la Dame qui dit ça est peut être honnête, mais qu’on puisse se planter à ce point là quand on est dans les huiles est désespérant.
Le PS est de fait à droite et il est compréhensible que des gens bien y restent malgré tout pour tenter de le sauver de l’intérieur. J’y ai des amis convaincus de cela. Stéphane Hessel était dans cet esprit.
Il y a encore au PS des motions de gauche qui n’ont pas qu’un succès d’estime. Ce sont les têtes qui trahissent.
Ce serait bien d’avoir une transcription.
Ayant vécu toute ma carrière hors de France, je suis assez ignorante »> Comment se fait il que les mandatés syndicaux signent ? »> Qui peut m’éclairer sans passion ?
Bonjour Étienne.
C’est de la dynamite cette vidéo!!!! si chaque employé, salarié visionnent ça , il y a de quoi foutre un bordel monstre!!!!
Alors .….. PARTAGEONS AVEC LE PLUS GRAND NOMBRE!!!!!!
Dès les premières minutes, cette conférence semble très intéressante.
Pour ce qui est de l’intervention sur LCI et reconnaissant moi-même qu’il force un peu beaucoup le trait(…), il me semble évident qu’entre cette actualité détonnante et ces cris du coeurs en série – si ça continue ainsi et parce qu’il est toujours plus facile de sa lâcher quand l’opinion peut balancer à tout instant de tous côtés – il y a quelque chose à faire et que certains ici feraient bien d’accompagner ce renouveau printanier avec tout ce potentiel et toute cette légitimité dont ils sont capables, tout calmes et rationnels, tout modestes et passionnés soient-ils…
Cette intervention est effectivement passionnante et hautement pédagogique, avec son accent touchant à la Raymond Devos.
On se demande en effet ce que Filoche fait dans ce parti mafieux dit « socialiste ».
Mais il commet plusieurs erreurs :
1) Les 35H00 n’étaient pas un progrès puisque en contrepartie les horaires de travail étaient rendus variables, ce que Filoche évoque par ailleurs comme une aggravation de l’accord actuel. Les 35H00 partent du principe malthusien commun au PS et au MEDEF que la quantité de travail disponible est limitée et qu’il faut donc se la partager. Certes, la durée du travail est appelée à baisser mais en fonction de l’accroissement de la productivité.
2) Pour liquider le Code du travail, le moyen adopté par le PS (Martine Aubry) est simple : le rendre tellement complexe qu’il en devient inapplicable et que tout le monde s’accorde à la présenter comme un boulet. C’est le principe « d’euthanasie bureaucratique » que j’analyse ici : http://claude-rochet.fr/anatomie-dun-processus-deuthanasie-bureaucratique-de-letat-le-systeme-de-speenhamland/ Martine Aubry a ajouté 100 pages au Code du travail !
3) Filoche a soutenu et soutient – autre point commun avec le MEDEF – la politique d’immigration dont il ne voit pas qu’elle est utilisée comme masse de manœuvre pour la baisse des salaires
Bon, dès les premières secondes de la vidéo, il attaque sur cette vieille antienne du >droit au travail<.
Désolé, j’ai pas été plus loin (tant pis s’il dit des choses intéressantes).
cri du cœur du jour
Pourquoi ? Je ne PEUX plus entendre cet argument ! Il me hérisse le poil. Le >droit au travail< n’est ni plus ni moins que le droit d’être un esclave bien traité. NI PLUS, NI MOINS ! Et je pèse mes mots à l’aune d’une mure et longue réflexion, bien documentée. Le >droit au travail< est le terme de novlangue pour désigner la SERVITUDE VOLONTAIRE déjà décriée par Sénèque il y a près de 2000 ans (« Quelques-uns sont tenus en servitude, un plus grand nombre y tiennent »), repris par Étienne de La Boétie au XVIe siècle dans son discours de la servitude volontaire.
Mais bons dieux, il y a MOYEN de concevoir une société débarrassée de toute forme d’aliénation au travail. Nous n’avons pas BESOIN de travailler, il ne s’agit pas d’un DROIT, mais d’une OBLIGATION lorsque l’on doit avoir de l’ARGENT pour pouvoir vivre. C’est l’ARGENT (la monnaie, ce ticket de rationnement pour le temps de la paix / de la guerre économique) dont nous avons besoin et qui devrait être un droit, non celui d’être contraint au travail.
Qu’est-ce que c’est que cette société archaïque et malade où, si t’a pas de pognon, t’as rien ?
Sortez-vous les doigts du cuuuuuuul !
/cri du cœur du jour
Cordialement,
Morpheus
Concernant l’aristocratie qui vote nos lois à notre place, voici un livre récent bien intéressant :
La face cachée du Palais-Bourbon
(16÷01÷2013, acteurspublics.com)
Dans le livre Petits secrets et grands privilèges de l’Assemblée nationale (Éditions du Moment, janvier 2013), Bruno Botella, rédacteur en chef d’Acteurs publics, dévoile les us et coutumes de la maison des députés (…)
1. Des fonctionnaires en or
2. Le trésor de guerre de l’Assemblée
3. L’audit qui enflamme le Palais-Bourbon
4. Opacité sur les comptes
5. La carrière des huissiers de l’Assemblée
***
Pourquoi Gérard Filoche ne promeut-il pas davantage la réduction du temps de travail ?
30h par semaine à la carte = fin du chômage de masse = droit du travail bien davantage facile à re-construire !
Malheureusement, il reste inexplicablement bloqué sur la très mauvaise 2ème loi Aubry des 35 heures … Après un tel échec (même si ça a créé bien davantage d’emplois que toute autre mesure), et avec un chômage de plus en plus massif, il aura beau essayer de convaincre une majorité électorale (interne au PS ou non), il n’y arrivera pas.
Les chômeurs souffrent, et les travailleurs ont peur du chômage. « Si t’es pas content, va voir ailleurs ! » : les employeurs n’ont même plus à prononcer cette phrase, tout le monde l’a déjà en tête.
Les employés ont le syndrome de Stockholm et en viennent à aimer leurs patrons, les chômeurs tapent sur les immigrés en espérant trouver du travail, et chacun survit en faisant le moins de vagues possibles pour ne pas attirer l’attention.
Quels droits voulez-vous défendre dans une telle situation ? D’ailleurs, de quel sujet politique voulez-vous parler avec un citoyen fondamentalement, en y passant plus de 30 secondes ? … A un tel niveau de précarité et de concurrence individualiste, le raisonnement politique n’existe plus.
***
Concernant les 35 heures et le partage du temps de travail, je conseille vivement les livres instructifs et enthousiasmants de Pierre Larrouturou : le pire est que la solution a déjà existé et a déjà été appliquée … mais trop discrètement (loi Robien 1996).
Du temps pour vivre – La semaine de quatre jours à la carte
(decitre.fr, Larrouturou, 1995 !!!)
35 HEURES. Le double piège
(decitre.fr, Larrouturou, 1998)
POUR LA SEMAINE DE QUATRE JOURS. Sortir du piège des 35 heures
(decitre.fr, Larrouturou, 1999)
Larrouturou : « La gauche doit reparler fièrement du temps de travail »
(30 octobre 2012, liberation.fr)
@Morpheous
je vous cite :« Sortez-vous les doigts du cuuuuuuul ! »
Il me semble que vous n’avez pas vraiment sorti votre obsession de son siège : le narcissisme, et pourtant , libéré, vous utilisez le mot « travail » … puis vous rétrogradez de nouveau, l’aperçu du monde extérieur ayant refoulé votre « renaissance »…et votre Mère doit reprendre son « travail »…
Le mot droit vous blesse, il faut tuer le père… Mais il n’y a pas de « travail » sans droit : on peut prendre son plaisir au « travail » mais la nature est ainsi faite que vous trouverez toujours des dominants à tous les étages de « cette partie de plaisir » qu’est le travail… les travailleurs ne sont pas « naturellement » solidaires, et si l’on n’y met pas un zeste de « droit du travail », certains auront double tâche et se feront mettre pour parler comme vous, par des « dominants paresseux »…
Je peux vous dire que cela existe : c’est sans droit du travail qu’on tombe en esclavage : un patron d’un service hospitalier qui laisse les personnels « s’auto-gérer » arrivera trop tard quand le suicide d’un « dominé » aura clos sa surcharge de travail due à la défection « auto-satisfaite » d’un de ses collègues dominant.
Il nous faut une Constitution qui invente et réinvente tous les droits sans lesquels les monstres biologique que nous sommes s’entre-bouffent !
Faire semblant de ne pas savoir cela (le potentiel de cruauté de tout mammifère), c’est séparer Liberté d’Egalité, or le lien nécessaire c’est celui du droit, que même dans « votre lit », vous devez ne pas violer !
Il y a une forme d’auto-gestion possible, mais c’est au droit de la « programmer »…
Faute d’un autre logiciel que celui de l’exploitation, il faut quand-même savoir qu’on ne sort pas de celle-ci !
Merci quand-même , mais je ne fume pas…ah, ce n’est pas vous (qui me tendez une cigarette…) rire !
Il faut écouter Filoche, pour plein de bonnes raisons : Il fait partie des « sachant » et non des « savants » , c’est-à-dire que son « savoir », il l’a construit dans son rapport social aux « autres »…Y compris en matière de « PS ».
Il ne prétend pas savoir depuis l’observatoire « extérieur » que nous offrent les institutions médiatiques, mais ce qu’il sait par sa pratique « interne », lui, il en témoigne…
A‑t-il raison ? s’il y a des « savants » doués d’un doigt long ici et d’autres au bras long ailleurs, ils prétendront « délibérer » là-dessus comme des « juges »…
Mais moi je dis qu’il n’a pas tort, car je fréquente non pas « le PS », mais les manifestations et autres champs de la bataille quotidienne, et que ce soit dans les quartiers , « la rue », ou « au travail » ou dans les associations culturelles ou de loisir, je côtoie « des socialistes véritables »…
Je vomirais d’être au PS, certains d’entre eux ont « la nausée »…
Mais il s’agit d’un combat où l’on perdra tous, si l’on fait mine de ne pas comprendre ce qui attend la place que laisserait vacante l’absence de la « fraternité republicaine »…
Et là, désolé, moi je suis un sincère « anti-fachiste » ! et pas ce que l’on nomme péjorativement « antifa » (un faux etc…).
Donc le « combat » est celui qui consiste à aider la prise de conscience par tous de la grave perversité de notre Constitution. (pour abréger, mais… je suppose que d’autres peuvent développer … )
Le droit ou le Droit sont trop méchamment connotés à présent, j’imagine, cette inversion séculaire comme ces excès en tous genres… préférons-lui plutôt l’éthique, la justice, le bon sens commun et tout ce qu’on ne doit faire à autrui sous peine d’encourir soi-même tout ceci.
Il faut des gardes-fous, il faut des limites, c’est évident, dicter des règles communes à tous, mais point trop n’en faut, pas besoin de tout un arsenal juridique qui n’a jamais rien résolu, et épargnons-nous d’assujetir plus avant encore l’individu et le citoyen : n’étant plus vraiment libre en quoi que ce soit et victime par trop consentante ou bien obligé de notre propre déconvenue, au point où vont les choses, autant prendre la pillule bleu de l’oubli ou encore mettre un terme à tout ça !
Non, le Droit comme le suffrage universel comme la fonction présidentiel, et j’en passe, tout cela n’a plus lieu d’être, allons beaucoup plus loin encore sous peine de n’arriver à rien, en oubliant tel paramètre si important ou en n’osant cette radicalité ou cette créativité, cette humanité en même temps que cette exigence.
Le Droit est une usurpation à la liberté, seule la Justice doit prévaloir, entre cette Ethique commune à tous et ce profond respect de nos différences et de cet intérêt mutuel. Un monde plus juste et plus vertueux inspire davantage de justice qu’il n’a plus besoin de droit.
EFFAB
L’anarchie, c’est quand la conscience individuelle est portée à son maximum, au point de pouvoir tout régler et tout gérer naturellement, à l’exception de ce qui pour être harmonieux nécessite la concertation, puis la convention, un accord, ou une loi.
Ainsi, aussi haute que soit la conscience, une loi est nécessaire pour dire si l’on roule à droite ou à gauche.
Par contre, la fraternité et la solidarité n’ont besoin d’être obligatoires et encadrées par la loi que tant que la conscience est embryonnaire ou infantile.
Les lois sociales ne créent pas la fraternité mais encadrent des individus qui n’ont plus l’opportunité d’être naturellement fraternels. Pire encore, ils peuvent avoir le sentiment d’être plumés, et donc s’enfermer dans un mental qui interdira la naissance de la fraternité vraie.
Mais peut être Morpheus n’était il pas dans ce type de pensée et peut être que s’il s’insurgeait contre cette notion de droit du travail c’était car omnibullé par une société où le contrat social ne serait plus nécessaire, ni la loi, ni même le travail : non pas du fait de la conscience mais du fait que la science et la technique auraient mis fin à la rareté, donc au paupérisme, donc aux grossiers appétits et aux bas instincts. C’est le pari de Jacques Fresco.
Me trompais-je Morpheus ?
C’est possible 😉
Quoiqu’il en soit, outre le fait que les techniciens peuvent toujours se planter, je me demande sérieusement ce qui se passerait si toute difficulté était abolie par miracle ou par l’ingénierie, et me demande si l’ennui ne serait pas tel que nous nous inventerions de nouveaux buts, et donc de nouvelles nécessités, de bonnes raisons de travailler, qui elles aussi auraient besoin d’être régulées par le droit du travail.
Et puisque le ton est à la rugosité, c’est à mon avis par la conscience plus que par la science ou par la loi que l’on pourra éviter que certains aiment se faire maître tandis que d’autres se font …
Etienne a écrit :
« Gérard Filoche est toujours PA-SSIO-NNANT. »
Je viens de retrouver à quoi cette syllabation me faisait penser :
cf vidéo de nos cousins québécois.
Fou rire du québec par oliviercatel
Désolé …
République, un autre mot à rejeter… Droit, République, aux oubliettes de l’Histoire ! ni plus ni moins, EFFAB a parlé_ou Monsieur Fraise, si vous préférez, lol.
C’est tellement plus beau Démocratie, entre tirage au sort et considération de tous, cette équité, cette égalité, ce rapport plus juste et plus vertueux d’une société équilibrée et mature, ce plaisir, ce bien-être, cette joie d’évoluer au sein d’une économie respectueuse de tous et de l’environnement, savoir enfin que tout est possible pour qui envisage sereinement la vie et le futur.
Démocratie, Poésie, Beauté, Joie, Humour, Terrain de Jeux, Clé des Champs, Architectures, Immensités, Infini, Solitude, Humeur festive, la Musique les Rires, la Joie de Vivre et cet Amour à décliner sur tous les tons et à tous les modes… bref, exit République, exit Droit ! il n’y a plus désormais de droit constitutionnel, il n’y a plus qu’une Constitution, avec ses règles, ses gardes-fous et ses piliers constituants.
Idem
… entubés, ma chère ANA, ni plus ni moins, ou c’est déjà pas si mal, si tu pensais à autre chose, lol
un verbe beaucoup plus neutre (@16)
@15 que le peuple gouverne la chose publique me semble assez raisonnable : Res-Publica est peut être simplement un mot à l’envers de plus.
@ Alain Guillou
Je n’ai rien capté à votre verbiage freudien, mais c’est sans importance (Freud étant l’exemple même du type qui prend son cas pour une généralité, je ne suis pas concerné 😉 ).
Quand à la « nature est ainsi faite, etc. », et bien c’est une analyse qui n’a pas de (bon) sens, dans la mesure où ce qu’on accole à la « nature humaine » est erroné. Erroné dans le sens suivant : l’humain n’est pas séparé de son environnement, et si « nature humaine » il y a, elle ne peut à l’évidence pas être réifiée de son environnement. C’est l’environnement qui façonne l’humain. L’environnement socioculturel étant ce qu’il est (une construction humaine artificielle, civilisée et réifiée des principes naturels), il semble logique d’assimiler la « nature » de l’homme aux >valeurs< de son environnement socioculturel : cela, c’est correct, étant donné que la seule vérité concernant la « nature humaine » est la faculté d’adaptation du genre humain (comme des autres formes de vie) à son environnement. Conclusion : ce que vous voyez dans la nature humaine est artificiel.
La façon dont vous présentez et considérez cette nature est également erronée parce que vous la percevez comme une fatalité, quelque chose d’immuable. Autant dire que vous souscrivez à l’immuabilité d’une civilisation entièrement dominée par le dieu Hermès, dieu des marchands… et des voleurs ! (cela pour situer dans quel contexte socioculturel nous évoluons). Mais les civilisations, comme les dieux, passent et trépassent. Et précisément, celle-ci est en train de crever. Ou de muter, si vous préférez. Comme la chenille devenant papillon. Certes, de nombreuses cellules résistent à cette transformation, s’accrochent au vieux programme ADN, mais à la fin, la chenille finira papillon. Les cellules du changement l’emportent.
La prochaine civilisation ne sera ni fondée sur le travail, ni sur l’argent. Si cela n’advient pas, alors préparons-nous à un enfer pire que celui où nous sommes. Le régime nazi, à côté de ce que nous devrons endurer, c’est du pipi de chat si nous ne devenons pas papillon. Le destin de l’homme et du genre humain n’est pas le travail forcé, pas plus que la pénurie orchestrée par la monnaie. Je le redis : s’en est finit du règne d’Hermès.
Cordialement,
Morpheus
PS : j’oubliais de citer cette maxime à propos de « droit » : « Le droit n’est que l’ombre de la Justice, et les lois sont comme des toiles d’araignée : les faibles et les pauvres s’y font prendre et meurent, mais les riches et les puissants la déchirent et passent ».
(c’est Anacharsis, un métèque qui participa à la rédaction de la constitution athénienne, qui a écrit cela)
Une loi n’est rien d’autre que la manifestation de notre impuissance à résoudre un problème. Réguler n’est pas résoudre. Et c’est toujours arbitraire. Le droit, comme la monnaie et le travail : de fausses bonnes idées qui nous empoisonnent l’existence.
Anarchiquement vôtre,
Morpheus
😉
@ Ana
Parfaitement bien vu Ana 🙂
J’ajoute pour préciser l’essence de ce coup de cœur : « On ne peut pas résoudre un problème avec le mode de pensée qui a engendré ce problème » (Einstein)
Amicalement,
Morpheus
@Morpheus,
Je pense qu’il y a malentendu.
Après avoir lu votre commentaire, dubitative, j’ai réécouté le début de la vidéo et Filoche ne parle pas du tout de « droit AU travail » mais bien de « droit DU travail ».
Ce qui n’a rien à voir.
Oui, cette inversion mais beaucoup trop connoté selon moi, trop latin, trop romain – et Dieu sait que je les ai idéalisés pourtant ! -, non, préférons-lui Démocratie, infiniment plus féminin, plus respectueux, plus équitable… ce génie grec mais cette inspiration divine, ce parfait trait d’union entre le Masculin et le Féminin…
… justement, en parlant d’antinomie, ce verbe beaucoup plus neutre est bien au centre de cette antagonisme_et si commun aux deux à la fois.
satané bambin
(@18) D’autant plus que depuis ONFRAY ce sieur Freud n’a plus trop intérêt à la ramener ! mais il est vrai, combien suis-je influençable parfois, moi qui me repose souvent sur les seuls dire des uns et des autres… mais c’est justement là que commence la confiance sans parler du fait et de cette impossiblité à tout décortiquer et à tout visionner soi-même… partageons plutôt tous ces trésors et toutes ces vérités qui nous entourent ou se désirent, là se place cette plus-value qualitative rappportée au plus grand nombre… bref, l’amour se mérite peut-être mais l’intelligence se donne sans compter et, si l’on craint de n’en point disposer beaucoup, c’est déjà suffisamment l’être_que donner sans compter et aimer sans retour.
J’aimerais citer ici quelques courts passages de l’ouvrage ‘la grande relève’ (1932) de J. Duboin :
« je ne vois pas pourquoi la race humaine serait condamnée au travail à perpétuité ? Ou alors il ne fallait pas la doter d’un cerveau grâce auquel elle oblige la matière à travailler à sa place. Des trésors de patience et d’intelligence ont été dépensés par des générations et des générations, pour inventer et mettre au point des machines qui, de plus en plus, remplacent le travail des hommes. Nous assistons aujourd’hui à la grande relève des travailleurs par la matière disciplinée et animée d’une force de production. …
Le chômage serait donc un bien ? dit timidement le propriétaire terrien.
Théoriquement, il est la preuve irréfutable que le pays, où il sévit, a réalisé de grands progrès techniques dans sa production, répondit Hermodan. Théoriquement toujours, ces hommes qui ne sont plus obligés de tenir la tranchée, ces hommes qui ont été relevés par les machines, sont le signe qu’une victoire a été remportée par le commandement, c’est-à-dire par l’intelligence. La présence de ces affranchis devrait être un élément de confiance, de réconfort, de fierté pour toute la nation. Mais c’est à la nation qu’il incombe de les faire vivre. Elle s’en acquitte un peu partout sous forme d’indemnités de chômage. Seulement, on espère, dans l’état actuel des esprits, que ces secours sont passagers et que ces libérés ne sont que des permissionnaires ; qu’ils vont bientôt être forcés de remonter aux tranchées et de reprendre leur métier de galérien en travaillant le plus d’heures possible tous les jours. On souhaite que, pour obtenir ce résultat admirable, le niveau industriel baisse prochainement. Quelques-uns vont jusqu’à rêver qu’on démolisse une partie de ces esclaves-matière ou chevaux-vapeur, afin de replacer leur fardeau sur des épaules de chair. Que tout le monde retourne au bagne, c’est à cela que s’emploient les experts qui veillent mettre fin au bienfaisant chômage. …/…
Évidemment, je m’aperçois que ce que je dis vous surprend légèrement. J’insisterai donc en affirmant que, du moment que vous n’avez plus besoin de ces hommes, vous êtes dans l’obligation absolue de les faire vivre sans travailler. Car du moment qu’ils sont venus au monde, ils ont droit à la vie. Ils y sont venus comme tous leurs frères, nus, sans poches remplies sur les côtés. Est-ce leur faute si toutes les richesses qui existent ont déjà un propriétaire légitime ? Et si l’abondance de ces richesses est telle que vous préférez les détruire ? Ah ! pour légitimer cette appropriation de tout ce qui est nécessaire à la vie, la société a élevé le travail à la hauteur d’une véritable religion. Ils ont accepté cette loi, bien qu’elle dût leur paraître dure, et ils se sont mis courageusement à l’oeuvre. Mais voilà que, grâce au progrès technique, leur travail ne vous est plus nécessaire ! C’est cependant leur unique bien, qu’ils sont forcés d’échanger contre le morceau de pain indispensable à la vie. Concluez?… Préférez-vous les faire disparaître comme les chevaux ? C’est la solution des anthropophages. Elle paraît tellement odieuse que, dans tous les pays, c’est l’État qui vient en aide à ces soi-disant déshérités. Vous savez, d’ailleurs, qu’une attitude différente conduirait droit à la révolution, car ils sont de plus en plus nombreux. Aujourd’hui 30 millions, demain 35, 40, 50 millions ! Il n’y a pas de raison pour que cela s’arrête, puisque l’idéal du progrès technique est la suppression totale de la main‑d’œuvre. …/…
Logiquement, si la science, grâce aux savants, aux inventeurs, aux praticiens, est parvenue à fournir à l’humanité une armée d’un milliard d’esclaves de fer, et une autre d’un milliard de chevaux-vapeur, ce n’était pas dans l’intention que disparaissent quelques millions d’hommes, sous prétexte que leur travail ne devenait plus nécessaire. L’homme, contrairement à ce que vous avez cru, n’était pas condamné au travail à perpétuité. Il a durement peiné jusqu’à ce qu’il possède cette armée d’esclaves matériels qui, désormais, vont travailler pour lui. C’est la grande relève qu’il attend, qu’il a préparée et qui, enfin, est en marche pour le débarrasser de la corvée du labeur. Pourquoi serait-ce épouvantable ? La civilisation antique ? Quelques hommes libres portés par un monde d’esclaves. Demain ? L’humanité tout entière sera ces quelques hommes libres, et la matière sera la multitude d’esclaves. Je ne vois vraiment pas là de quoi nous attrister et vous empêcher de dormir. »
Le droit du travail pour protéger du chômage ?
Pendant combien de temps encore allons nous promouvoir des slogans du type « le travail, c’est la liberté », combien de temps ?
On nous a appris dès tout petit qu’il fallait travailler et gagner de l’argent pour gagner sa vie.
Le travail et l’argent ne sont que des moyens de pouvoir pour ceux qui en profitent. En réalité, l’argent n’a d’utilité que pour contrôler les activités humaines, nullement pour la production de biens et services qui peut être automatisée rapidement.
Tant que la valeur reconnue est celle du travail, la liberté reste un mythe.
L’argent n’est qu’un moyen d’imposer la notion de travail dont il n’est pas nécessaire de rappeler la signification. Cette notion de travail doit être dépassée afin de rendre sa liberté à l’être humain et au vivant en général.
Le constat est sans équivoque, l’argent a détruit toute possibilité d’abondance véritable, de paix et de liberté.
S’il y a abondance, l’argent perd toute sa valeur et n’a plus lieu d’être.
Quelle que soit la méthode, l’usage de la monnaie est toujours un outil d’asservissement des individus.
Aujourd’hui, grâce au progrès technique, si nous le souhaitons, l’abondance est acquise, nous pouvons nous débarrasser de la monnaie et de l’aliénation quelle engendre.
Un monde meilleur est possible et parfaitement à notre portée, un monde sans argent, sans travail avilissant et sans guerre pour les ressources.
Bien amicalement
J.C
Bonjour,
La confusion fait couler de l’encre inutilement, il vaut mieux que ce soit de l’encre que du sang… L’exemple est flagrant, quand on s’attarde aux conséquences, on néglige les causes. Et là, sans me prononcer au nom d’un autre, je dirais que :
J‑Stéphane vous explique que certaines interventions ci-dessus sont au premier degré, d’autres au second, troisième voir quatrième degré, rien de sérieux, pas de quoi se prendre le chou. 😉 _ 😉 _ 😉 _ 😉
Verbiagement vôtre
Aussi, J‑Stéphane pense que :
Celui qui se dit démocrate, se doit de démocratiser ses discours et non faire étalage de sa culture en ayant des mots élitistes, sauf s’il y a volonté d’isoler les élites des autres, mais dans cet état d’esprit, il ne peut prétendre avoir l’esprit démocratique.
Bonne journée, le prolo va travailler.
(@24) Merci J.C pour ce partage, ce très intéressant texte de 1932 et ces réflexions qui me semblent être à la pointe et à cette exigence de toute émancipation existentielle et politique.
Pour le plaisir de te citer et la pertinence de tes propos, ces vérités et ce ressenti qui nous sont si familiers à nous, nous ces illuminés, nous qui ne trouvons pas toujours l’écoute et les mots pour le dire et pour convaincre, moi le premier.
… »Le travail et l’argent ne sont que des moyens de pouvoir pour ceux qui en profitent. En réalité, l’argent n’a d’utilité que pour contrôler les activités humaines, nullement pour la production de biens et services qui peut être automatisée rapidement.
Tant que la valeur reconnu est celle du travail, la liberté reste un mythe.
L’argent n’est qu’un moyen d’imposer la notion de travail dont il n’est pas nécessaire de rappeler la signification. Cette notion de travail doit être dépassée afin de rendre sa liberté à l’être humain et au vivant en général.
Le constat est sans équivoque, l’argent a détruit toute possibilité d’abondance véritable, de paix et de liberté. S’il y a abondance, l’argent perd toute sa valeur et n’a plus lieu d’être… »
Nous ne pouvons faire les choses à moitié, c’est certain, car oublier quelques postulats essentiels et garants d’un monde et d’une société juste et vertueuse, c’est permettre à terme de nouvelles dérives et ces incessantes redites historiques… c’est là que se situe toute vraie légitimité, exigente et désintéressée tout à la fois.
Cette délectation de vous lire tous, ces connivences, ces synergies. Bonne journée.
Fabien
Il y a des gens qui souffrent ‑pas moi, merci- et ne peuvent attendre la réalisation du plus pur de nos rêves.
Ils n’ont pas le loisir de rêver, et je l’ai toujours eu, car ma carrière s’est inscrite sous un droit du travail correct, hors de France.
J’ai un compte UBS moi hihi.
La lutte syndicale et la réflexion sur l’abolition de l’argent s’inscrivent dans des échelles de temps fort différentes.
Elles ne sont pas antagonistes mais complémentaires.
Morpheus, on peut considérer un droit du travail amélioré comme étape utile pour que les travailleurs disposent du confort, de la sécurité, et du loisir nécessaires pour commencer à rêver hors du schéma mental imposé par l’Histoire et les siècles des siècles.
Ce qu’il faut éviter, c’est de faire comme le PS qui sacrifie définitivement ses valeurs au nom du pragmatisme contextuel : Même quand nous sommes scotchés sur l’immédiate nécessité, nous devons garder à l’esprit le projet de terrasser la bête.
Au prolo travailleur, je voulais savoir quels étaient ces mots élitistes faisant étalage de leur prétention démocratique… tu sais, la bêtise humaine n’interdit pas un peu de connaissance et d’éclaircissement_comme le bon sens populaire a souvent raison sur bien des points, je te l’accorde volontiers, lol.
Tu fais très bien en tout cas d’aller travailler, ne serait-ce que pour financer tous ceux qui n’ont pas cette chance ou ce privilège, ou de tout autre mot si tu préfères, assujetissement, nécessité, devoir, droit, esclavagisme moderne, j’en passe, des vertes et des plus mûres, verbiage que tout cela, je te le concède.
Dernier point : il n’y pas lieu ici de faire étalage de quoi que ce soit mais bien d’éduquer les consciences et les esprits, cette exigence philosophique comme cette responsabilité politique.
Bien des choses
Je pense que critiquer et proposer des améliorations au droit du travail actuel n’est pas inutile mais gardons en tête que le droit du travail est supposé être un « contre pouvoir » au droit du propriétaire. Si le droit du travail est bancale et compliqué (à dessein ou pas) c’est parce que la droit du propriétaire est omnipotent ou presque. Si on place le droit du peuple au dessus du droit du propriétaire, la solution apparaît d’elle même. Bref, pas de justice au travail sans démocratie.
A fortiori, dans une société « sans monnaie Morpheus-like » (on lui trouve un petit nom?), la question ne se pose même pas.
@ Alfila
@ Alain Guillou
Ta remarque, Alfila, m’a fait tiquer, du coup j’ai revu le début de la vidéo et… tu as parfaitement raison, il parle bien du droit DU travail et non du droit AU travail.
Constat affligeant : j’ai laissé ma passion déformer mes sens et j’ai interprété (entendu) un discours sur le droit au travail alors qu’effectivement il parle bien du droit du travail (le code du travail). Ce qui confirme, comme je le dis parfois, que nos jugements occultent ce qu’éclaire notre discernement, et que pour éclairer un sujet il vaut mieux ne pas laisser nos émotions nous emporter (je le sais bien, et cela ne m’empêche pas, quelques fois, de laisser les affects m’aveugler).
Du coup, bien que je ne retire rien de ce que j’ai dit (c’était l’expression sincère de ce que je pense concernant une société où l’on est obligé de travailler pour vivre – ce que j’appelle l’esclavage), je reconnais que ce n’était sans doute pas approprié au regard de l’intervention de Gérard Filoche.
AU TEMPS POUR MOI !
Amicalement,
Morpheus
@ J‑Stéphane
Tu as écris : Celui qui se dit démocrate, se doit de démocratiser ses discours et non faire étalage de sa culture en ayant des mots élitistes, sauf s’il y a volonté d’isoler les élites des autres, mais dans cet état d’esprit, il ne peut prétendre avoir l’esprit démocratique.
Je ne sais pas si cela s’adressait à moi en particulier, mais je vais répondre comme si 😉
J’expliquais l’autre jour à J.C que si mon langage est parfois un brin chiadé, c’est parce que je considère que l’expression écrite (et orale), est le plus imprécis et le plus imparfait de nos modes de communications. Hélas, c’est notre mode de communication quasi exclusif, celui que nous employons à 99,99%. Dès lors, dans le but de bien se comprendre, je considère de mon devoir de m’efforcer d’user au mieux de ce langage si imparfait. Et ce n’est pas facile.
Ta remarque a du sens, car pour bien me faire comprendre du plus grand nombre, il peut être utile d’user d’un langage compréhensible par le plus grand nombre.
L’ennui, c’est qu’il y a une contradiction inhérente à cette thèse : comme je ne peux deviner quel est le (niveau de) langage de mes interlocuteurs (je ne les connais pas, et d’autant moins via internet – très impersonnel malheureusement), cela m’imposerait de niveler mon expression par le bas. Cela impliquerait une impossibilité d’exprimer avec autant de précision que possible ce que je souhaite expliquer, ou alors, en prenant beaucoup de temps pour le dire (cf. Les Ents dans Le seigneur des anneaux de Tolkien 😉 ).
Je crois qu’il pourrait y avoir une alternative a contrario : ce serait que lorsque quelqu’un ne comprend pas ce que j’exprime (parce que mon langage est trop « pointu »), il me le fasse simplement savoir en disant « je ne comprend ce passage / ce mot / cette expression, peux-tu me l’expliquer autrement ? »
Cela permettrait de préciser ma pensée, tout en identifiant un défaut de communication. J’y gagne en pointant un concept difficile à expliquer (ce qui peut éventuellement me permettre d’affiner mon expression en essayant de la rendre plus facile à comprendre) et mon interlocuteur (ou interlocutrice) y gagne en découvrant de nouveaux concepts / mots / expressions. Gagnant – gagnant.
Qu’en penses-tu ?
Cordialement,
Morpheus
Par contre, l’article 23 de la déclaration universelle des droits de l’humain … je vous laisse le relire 🙂
Voilà, on passe pour des débiles, merci Morpheus !
Je propose : Projet Ravioli.
« Pas le droit de tremper ses frites dans la sauce au poivre de son voisin de table ». Je ne vois vraiment pas le rapport.
Vient de paraître cette excellente et motivante analyse :
La véritable richesse
Une économie du temps retrouvé
(de Juliet Schor, eclm.fr)
On peut commenter sur le blog de Gérard Filoche :
http://www.filoche.net/2013/03/18/l‑ani-explique-en-video-conference-a-argeles-sur-mer-le-14-mars-2013/
@ Méchant Virus
Ben oui, on passe pour des débiles. En même temps, il y a un côté rassurant : si on est débile en se laissant aveugler par nos émotion, au moins on n’est sûr de ne pas mourir idiot tout seul 😀
« Projet Ravi au lit » ?
Je suis pour !
L’article 23 de la DUDH c’est ça :
[1. Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage.
2. Tous ont droit, sans aucune discrimination, à un salaire égal pour un travail égal.
3. Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante lui assurant ainsi qu’à sa famille une existence conforme à la dignité humaine et complétée, s’il y a lieu, par tous autres moyens de protection sociale.
4. Toute personne a le droit de fonder avec d’autres des syndicats et de s’affilier à des syndicats pour la défense de ses intérêts.]
C’est un tantinet en rapport avec le sujet, tout de même, non ? En tout cas, il y a de quoi discuter sur cette base… 😉
Amicalement,
Morpheus
Je ne sais pas si le monsieur lit son blog mais je viens de lui laisser un petit message. J’ai hésité à conclure par un petit « IN YOUR FACE ! » mais j’ai finalement décidé de rester plus traditionnel.
(@34)… je vous laisse le relire
Divine ANA, le relire ?! mais l’ai-je bien lu un jour auparavant ? oui, évidemment, un jour au collège ou au lycée, peut-être ici-et-là à la dérobée… toujours est-il qu’on est loin de toute inversion ici : non seulement cela est écrit noir sur blanc et à notre entière avantage – j’entends dans l’intérêt du travailleur et, si j’ai bien lu, ce droit et cette dignité au travail mais encore à une existence décente -, c’est-à-dire la Loi comme elle a été voté et dont s’enorgueillissent tous les bien-pensants et autres démocrates de France et de navarre, fussent-ils de droite ou de gauche_il n’empêche, j’ai pas vraiment l’impression que tous ceux qui nous gouvernent et sont censés juger tout abus l’observent vraiment cette fameuse Loi et tous ces prétendus droits acquis et universels… c’est pourquoi, relisons bien cet article et pinçons-nous encore autant de fois que nécessaire, lol.
Article 23
1. Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage.
2. Tous ont droit, sans aucune discrimination, à un salaire égal pour un travail égal.
3. Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante lui assurant ainsi qu’à sa famille une existence conforme à la dignité humaine et complétée, s’il y a lieu, par tous autres moyens de protection sociale.
4. Toute personne a le droit de fonder avec d’autres des syndicats et de s’affilier à des syndicats pour la défense de ses intérêts.
( http://www.un.org/fr/documents/udhr/#a23)
(@36)… le temps retrouvé, oui, ALAIN, cette poésie en même temps que cet essentiel.
Ça commence comme « pince mi et pince moi sont dans un bateau », mais ne vous inquiétez pas, ce n’est que provisoire :
Wolfgang Pauli et Paul Dirac voyagent ensemble dans un train.
Le silence règne, car le second, fidèle à sa réputation de taiseux, reste dans son mutisme.
Alors que le train traverse la campagne, Pauli cherche à engager la conversation :
« Regardez Dirac, on dirait que ces moutons ont été fraîchement tondus. »
Son voisin regarde par la fenêtre, réfléchit et répond :
« Oui, au moins de ce côté-ci. »
Il y a plusieurs façons d’interpréter cet épisode.
L’une d’elles met en avant la nécessité d’explorer toutes les facettes d’un objet avant de prétendre en avoir une connaissance globale que l’on pourrait éventuellement exploiter.
Mais ça, qui remonte à la nuit des temps, c’est l’interprétation classique de l’inconnaissance, qui stipule que l’observable inaccessible est déterminé avant que je ne l’observe, qui stipule une réalité indépendante, préexistante à la simple présence d’une conscience.
L’autre, qui n’a guère plus d’un siècle, est née avec la mécanique quantique :
si je ne vois pas, cela ne veut pas dire forcément que ce qui m’est inaccessible n’en possède pas moins des caractéristiques précises bien qu’inconnues, cela peut au contraire signifier que l’invisible n’est pas à l’instant présent dans un état déterminé, et que seule l’observation de la face cachée (du mouton ou des choses) précipitera ultérieurement la réalité dans l’un de ses schémas possibles.
Nous avons une similarité de cela, qui n’est pas que métaphorique :
Un ami ne pense pas forcément en ce moment à un sujet qui me préoccupe.
Et il se peut qu’il n’y ait jamais réfléchi sérieusement.
Il est ainsi possible que son opinion ne me soit pas inconnue mais soit, de fait, provisoirement indéterminée, ce qui est très différent.
Par contre, si j’interroge cet ami, il va probablement se déterminer quasi instantanément et me livrer une opinion claire nette précise, qui nous était l’instant d’avant inaccessible car non encore forgée.
Ainsi donc l’observation oblige-t-elle l’observable à se déterminer.
(C’est, appliqué à l’échange entre consciences, le collapsus des possibles selon Schrödinger)
C’est pourquoi il est si important d’observer avec la plus grande attention ce qui n’existe pas encore, l’utopie veux-je dire : ce n’est qu’ainsi que le rêveur lui permettra de se déterminer réaliste, puis pragmatique, puis incarnée.
Nous a été offerte dans une vidéo récente cette idée magnifique que celui qui est parfaitement adapté à une société malsaine, celui-là est probablement malade.
C’est d’une logique irréprochable 🙂
Le remède ne sera pas de prendre la poudre d’escampette et de choisir la marginalité, mais consistera à orienter son propre esprit, et peut être celui des autres, vers ce qui n’existe pas, vers le rêve, le rêve à observer avec d’autant plus d’attention que nous savons que l’observation détermine l’observable.
@ Morpheus
Pour ma part, je trouve ton intervention excellente. Même si elle n’est pas une réponse directe au propos de Gérard Filoche que je trouve très sympathique, elle touche à la cause de ce type de discours.
En effet, si nous parlons aujourd’hui du droit du travail c’est bien parce que d’abord, il y a un droit au travail qui n’est autre qu’une obligation, l’une des sources de notre esclavage.
Et de manière bien plus grave, ce droit au travail est inscrit dans un texte bien plus fondamental à celui qui est exposé ici.
Pour en revenir aux propos de Gérard filoche, si j’ai bien compris, il va résulter de ce texte, la baisse des salaires et du temps de travail à volonté, des licenciements sans motifs en 21 jours.
Ils n’y sont effectivement pas aller avec le dos de la cuillère ce coup çi.
Je garde de cette conférence deux commentaires fort :
1° le chômage est un dû, c’est une assurance qui a été payé, on a cotisé pour ça.
2° concernant le volontarisme dans l’entreprise, je cite : « Ce qui caractérise un contrat de travail est un lien de subordination juridique permanent. Quand vous êtes dans l’entreprise, il n’y a pas de citoyenneté, il n’y a pas de démocratie, il n’y a pas d’égalité. Vous êtes su-bor-don-nés
»
@ Ana
« Il y a des gens qui souffrent ‑pas moi, merci- et ne peuvent attendre la réalisation du plus pur de nos rêves.
Ils n’ont pas le loisir de rêver, et je l’ai toujours eu, car ma carrière s’est inscrite sous un droit du travail correct, hors de France.
J’ai un compte UBS moi hihi. »
Si tu souhaites me donner de l’argent, je te promets que je ne te les rendrait jamais, ce sera un don pur 😉
@ Méchant virus
« Je pense que critiquer et proposer des améliorations au droit du travail actuel n’est pas inutile mais gardons en tête que le droit du travail est supposé être un « contre pouvoir » au droit du propriétaire. Si le droit du travail est bancale et compliqué (à dessein ou pas) c’est parce que la droit du propriétaire est omnipotent ou presque. Si on place le droit du peuple au dessus du droit du propriétaire, la solution apparaît d’elle même. Bref, pas de justice au travail sans démocratie. »
Tu as raison, cependant nous sommes comme d’habitude de simples spectateurs, les problèmes et les solutions seront toujours décidé par les mêmes tant que l’on ne s’attaquera à la cause des causes de leur puissance et de notre impuissance, j’ai nommé l’argent.
Sans ce centrer sur ce point, les prises de conscience démocratiques sont utiles et un préalable nécessaire mais insuffisantes.
La question du droit du travail pourrait ne pas être une question nécessaire.
Si on arrive à instaurer notre puissance politique, elle ne se posera pas et dans le cas contraire, on y pourra rien.
le pouvoir est d’abord à l’argent et ce n’est pas nouveau. Pour s’en convaincre :
Si demain on abolit l’argent, après demain plus personne n’obéit aux lois.
Si demain on abolit les lois, après demain les gens obéiront toujours à l’argent.
Au moins c’est clair.
Dans un pays ou l’Etat n’a plus le contrôle, seul l’argent fait la loi. En tout cas jusqu’à ce que les lois propre à l’argent elle-même soient remises en cause.
« Nous pouvons uniquement contrôler le gouvernement et notre destin grâce à notre pouvoir sur l’argent. Tant que nous n’exercerons pas ce pouvoir, il sera inutile de débattre des pour et des contre des programmes politiques » E.C Riegel (1944)
Si nous ne voulons définitivement plus qu’un groupe de riche prenne le pouvoir, il nous faut renoncer à la monnaie et au chantage qu’il représente.
Bien amicalement
J.C
PAULI, DIRAC, SCHRODINGER, bref, rien que de plus banal ici… qui parlait tantôt d’élitisme ? – sourires – et cela est d’autant plus amusant que je ne sais pas grand chose à vrai dire de ces messieurs-là, il n’empêche, elle est épatante, mon cher YOG-SOTHOTH, et c’est bien ce qui la rend d’autant plus précieuse et intègre, si je puis me permettre, chère ANA.
Par contre, entre pinçons-nous et pince-mi et pince-moi, j’ignore s’il faut y voir là quelque déterminisme que ce soit ou ce fieffé hasard mais c’est trop amusant en tout cas.
Bien des choses
« Quand il ne peut plus lutter contre le vent et la mer pour poursuivre sa route, il y a deux allures que peut encore prendre un voilier : la cape (le foc bordé à contre et la barre dessous) le soumet à la dérive du vent et de la mer, et la fuite devant la tempête en épaulant la lame sur l’arrière avec un minimum de toile. La fuite reste souvent, loin des côtes, la seule façon de sauver le bateau et son équipage. Elle permet aussi de découvrir des rivages inconnus qui surgiront à l’horizon des calmes retrouvés. Rivages inconnus qu’ignoreront toujours ceux qui ont la chance apparente de pouvoir suivre la route des cargos et des tankers, la route sans imprévu imposée par les compagnies de transport maritime.
Vous connaissez sans doute un voilier nommé Désir. »
Voici ce qu’écrit Henri LABORIT , chercheur, biologiste, neurologue, non « freudien »…mais aussi :
« Nous ne vivons que pour maintenir notre structure biologique, nous sommes programmés depuis l’œuf fécondé pour cette seule fin, et toute structure vivante n’a pas d’autre raison d’être que d’être. »…Il poursuit en dénonçant les dominants de ce monde qui politiquement et médiatiquement veulent nous faire oublier que tout homme est un mammifère, tout mammifère un potentiel dominant, et tout dominant un « monstre »…
Il serait dommage pour « nos » sens critiques (l’individuel et le collectif), que nous perdions de vue le bute de notre « randonnée sur ce blog » : non pas croiser entre les gros porteurs d’idéologies à vendre d’un bout à l’autre de la planète homme, « contre vents et marées », mais des personnes « en solitaires » ou « en équipes », qui sur cette étrange « planète homme », découvrent que les « Vents établis » dominants l’ont été par les humains dominants…reste donc , comme le courageux capitaine Filoche, soit à mettre en fuite, soit à refaire cet océan dont on sait qu’il est factice : n’est-ce pas le but d’écrire nous-mêmes la Constitution, donc d’autres « vents contraires », qui « nous « permettent de naviguer « selon nos désirs » ? l’utopie a aussi « ses lois » ! s’arrêter et afaler les voiles dans un clapot prétendu « anarchie », c’est en réalité attendre que les requins de notre « humanitude originelle » remontent à la surface, « faire leur LOI…Les véritables « écologistes » sont ceux qui cherchent une « planification écologique », les véritables humanistes sont ceux qui cherchent une Constitution « contraignant les dominants ».
(mon défaut ici encore, comme Morphéus, j’essaie de faire assez court : les raccourcis forcément trahissent). Bref je ne réfléchis pas qu’avec Freud ! Merci les copains !
@J.C
Plus malin que donner, prêter avec l’injonction de rendre à une tierce personne, sans date butoir.
C’est une façon modeste d’amorcer … le changement de paradigme.
Le don possible ne se limite pas au don de symbole monétaire, qui confirme le piège et n’en libère pas.
Le bénévolat par exemple illustre et démontre cette potentialité d’un travail exonéré de l’argent, et toute une réflexion sur le travail offert pourrait s’amorcer ici.
Symptomatique de notre civilisation, quand on parle de « droit au travail », ce n’est jamais (ou presque) dans l’esprit du droit de contribuer à la vie du corps social, élan humain de base, qui n’est pas forcément contractuel.
Nous avons déjà parlé du don acratopège ici
et juste en dessous, de l’article 23 de la DUDH
et du revenu inconditionnel
Tous ces sujets sont intimement liés, et dès qu’on touche à l’un, les autres surgissent.
Sauf sur TF1, ça va de soi …
Un moine bouddhiste m’a dit qu’en sanscrit, le travail et le lien avec le divin seraient synonymes. On est loin du tripalium, mais je n’ai pas vérifié.
@ Alain Guillou
« Nous ne vivons que pour maintenir notre structure biologique, nous sommes programmés depuis l’œuf fécondé pour cette seule fin, et toute structure vivante n’a pas d’autre raison d’être que d’être » Henri LABORIT.
Ce type de raisonnement tout a fait matérialiste et nihiliste est tout à fait dans l’air du temps.
Les êtres ne cherchent pas juste à survivre biologiquement, ils s’ennuieraient très vite.
Ils peuvent bien chercher à se distraire mais à y regarder d’un peu plus près, expérimentant l’éternel insatisfaction du devenir, ils cherchent toujours à améliorer leur condition.
Ils cherchent tous le bonheur et veulent tous éviter la souffrance et même ceux qui recherche la douleur, c’est bien parce qu’elle leurs apportent un certains plaisir.
nous cherchons tous à échapper à la souffrance d’une manière ou d’une autre et c’est la le moteur de notre apprentissage.
@ Ana
« Plus malin que donner, prêter avec l’injonction de rendre à une tierce personne, sans date butoir.
C’est une façon modeste d’amorcer … le changement de paradigme. »
Ce n’est à priori pas idiot (chiche)
Cependant, il y a une contre partie, un devoir, ça reste une forme d’asservissement , que ce soit d’ordre monétaire ou non.
En fait, chez les bouddhistes il s’agit plutôt des activités en général qui sont effectuées dans un esprit altruiste. Si l’on effectue ces activités sans attachement, elles sont faites à la manière des divinités.
Bien amicalement
J.C
Bonsoir,
@ Morpheus, mess 33.
Voilà le Morpheus que j’aime lire, celui qui est plein de pertinence, de bon sens et de tolérance. Pas celui qui s’abaisse à prendre de haut ceux qui n’ont pas les mêmes raisonnements que lui.
Maintenant, pour essayer de faire comprendre ce que j’entends par esprit démocratique qui ne se démocratise toujours pas, prenons pour exemple la philosophie de J‑J Rousseau. Elle est sociale et démocratique, et pourtant elle ne s’est pas démocratisée, elle a même été franchement réduite au silence.
À mon avis, c’est parce qu’il l’a écrite à une époque où le peuple n’en était qu’à sa protohistoire, et que majoritairement ceux qui pouvaient le lire étaient ceux dont il dénonçait les privilèges. Donc à cette période sa philosophie ne pouvait pas se démocratiser.
Maintenant, il en est tout autrement, le peuple est lettré, et en plus les médias se sont diversifiés. Mais cela ne suffit pas, il faut que notre propagande – car il s’agit bien d’une guerre de propagande – soit la plus plaisante possible à assimiler par le plus grand nombre, qui est actuellement plus préoccupé à trouver de l’opium, ne l’oublions pas. Il faut captiver, accrocher et faire plaisir dès les premiers mots, dès les premières images. Les graines de la démocratie ne demandent plus qu’à être semées en chaque citoyen pour enfin germer , et à l’inverse d’une dictature, ça ne se fera pas par la contrainte.
Tous les jours je côtoie des gens qui se lassent de mes discours politiques et quand je fais l’erreur d’utiliser un mot qu’il ne connaissent pas, ils préfèrent ne rien dire. Les yeux dans les yeux je le décèle et me corrige, mais via la TV, la radio, Internet ou un livre, beaucoup ne font pas la démarche de chercher à comprendre, ils passent à autre chose, star academy par exemple.
Aussi, je n’ai pas l’impression quand j’adapte mon discours à celui qui m’écoute, de le niveler par le bas, bien au contraire, c’est comme une sorte d’espéranto, un langage unique que j’améliore en me faisant comprendre par le plus grand nombre, et en plus ayant de moins en moins la préoccupation de l’adapter je suis plus perspicace, car j’arrive de plus en plus à lui donner un sens attractif.
Bonne nuit
Ce n’est pas à proprement parler une contrepartie, car tu l’auras deviné, l’émetteur ne contrôlera pas le receveur. Le mot injonction était mal choisi ; disons suggestion.
Morpheus,
« Nous n’avons pas BESOIN de travailler, il ne s’agit pas d’un DROIT, mais d’une OBLIGATION lorsque l’on doit avoir de l’ARGENT pour pouvoir vivre. C’est l’ARGENT (la monnaie, ce ticket de rationnement pour le temps de la paix / de la guerre économique) dont nous avons besoin et qui devrait être un droit, non celui d’être contraint au travail. »
Ah oui et je ne vous explique le modèle de société qui va avec.
La monnaie libère aussi.
N’en faites pas un bouc émissaire.
Chassez plutôt du côté de ceux qui abusent et sanctionnez les hardiment.
Echange effarant de connerie.
Que dites-vous de ça, avec Monsieur Filoche ?
http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/20121008trib000723545/l‑urssaf-liquidateur-d-entreprises.html
Pouvez-vous aussi discuter de ce qui intéresse le Peuple ?
En 2008 , je suis allé à une réunion d’information portant sur l’auto-entrepreneuriat.
J’espèrais en connaitre les règles , les démarches.
L’animateur du registre des métiers , un bon syndicaliste , un bon socialiste a tout fait pour nous décourager en essayant de démonter le statut et de nous faire peur.
Je rappelle que sa mission consistait à nous informer sur les atouts et les risques .
Il était là , comme procureur contre la réforme
gouvernementale.
Lamentable.
Voilà le contre pouvoir.
Maintenant qu’ils sont au pouvoir , qu’ils ont tous les pouvoirs , ils cassent tout.
et je ne vous explique pas ce que ce serait avec Mélenchon ou Le Pen.
Pauvre France
Mon cher Luc,
Sans être un anti-monétariste forcené, je pense qu’affirmer que la monnaie libère est un peu fort. Du moins, une argumentation solide s’impose avant d’en arriver là et je ne la vois pas.
D’autre part, un échange n’est effarant de connerie seulement quand il n’est pas correctement étayé. Il faut donc faire un effort aussi de ton côté.
Je ne comprend pas bien où tu veux en venir : sur un autre sujet tu réclames une constitution populaire (à moins qu’il y ait un autre Luc), ici tu vantes les mérites de la monnaie et de l’auto-entreprise, tu conchies le syndicalisme, le socialisme, Mélenchon et Le Pen. Je ne dis pas que je suis en désaccord mais il va falloir que tu approfondisses ta pensée.
@ LUC, message 51
Les partis ne sont que des outils pour diviser le peuple, et les candidats les plus médiatisés sont des instruments pour diviser les partisans.
@ Luc (ou Lu ?)
Je vais rajouter dans la connerie, pardonnes-moi 🙂
Citation :
1. La monétarisation est un des traits spécifiques des sociétés modernes, et marque une rupture nette avec le système féodal. Son influence s’évalue pour le sociologue en terme d’émergence de nouveaux types de personnalités et de socialités : la socialité marchande tout comme les figures de l’avare, du prodigue et du blasé en sont de bons exemples.
1.1. La caractéristique première de la monétarisation est d’instaurer partout la médiation de l’argent, dans les relations de sujet(s) à objet(s) et de sujet(s) à co-sujet(s) : la possibilité à tout moment de voir ses biens transmutés en argent induit un relatif détachement du sujet vis à vis de l’objet ; qui plus est, l’argent rend possible l’exercice du droit de propriété sur des biens très éloignés géographiquement. Par ailleurs, l’essor d’interactions sociales prenant la “forme” monnaie (la rémunération du travail en argent et non en nature, ou la possibilité d’appartenir à un collectif sur la base d’une cotisation financière, par exemple) implique le croisement des cercles sociaux, ainsi qu’une profonde modification des sentiments d’obligation et de responsabilité. Les individus accroissent le réseau des dépendances qui les lient à autrui, tout en réduisant leur sentiment de dépendance envers chacune des personnes prises individuellement ; ils passent d’un fort sentiment d’obligation envers une seule personne (le seigneur) ou un seul groupe (la bourgade) vers un sentiment faible d’obligation envers une multitude de personnes et de groupes.
1.1.1. La médiation de l’argent implique une dépersonnalisation de l’agir économique ainsi que l’éclatement de l’unité personnalité-appartenance-propriété, typique de la société féodale : cette dépersonnalisation agit comme un facteur de délivrance pour les acteurs. En dépouillant l’échange de tout ce qu’il a de proprement personnel, il met de fait tous les échangistes sur un pied d’égalité. L’acquisition d’un bien ou d’un service n’est alors plus conditionnée, comme c’est le cas dans une économie de troc, par la possession du bien ou du service susceptible d’être offert en contrepartie, ni par la possession de certains attributs personnels ou par l’appartenance à un groupe particulier, comme c’est le cas dans la société féodale ; il suffit d’avoir en sa possession la somme requise.
1.2. Cette médiation induit une double dialectique, dont la première est caractérisée par le couple séparation-unification et la seconde par l’opposition aliénation-libération : les points précédemment abordés nous ont mené à développer en priorité les aspects libérateur et séparateur de l’économie monétaire, l’aliénation et l’unification seront traitées aux points 2 et 3.
2. L’argent, en plaçant tous les objets dans un rapport de commune dénomination, gomme entre ceux-ci les différences de nature au profit d’une simple différence de degrés : la mise en relation implicite des biens sur le plan de la valeur d’échange rend possible, par exemple, la conversion d’un tableau de Rembrandt en un nombre indéterminé (mais déterminable) de paires de chaussettes.
2.1. L’argent induit un nivellement de la réalité en l’unifiant sous le principe de la valeur d’échange et de l’intérêt stricto-sensu des acteurs : il gomme les différences sur le plan objectal des biens et prestations ainsi que sur le plan “subjectal” des opinions et préférences en érigeant la quête d’argent comme fin possible de l’association. Quelques soient leurs divergences, les individus tombent toujours d’accord en ce qui concerne leur intérêt financier.
2.1.1 L’argent est le “coincidentia oppositorum” de notre ère : En lui s’annule les conflits. Les acteurs ne s’associent jamais aussi efficacement que pour l’acquisition des moyens.
2.1.2 Ce nivellement entraîne une perte du sens des réalités qualitatives, et un profond désarroi quand au rapprochement possible entre ce qu’on estime être le plus noble (une œuvre d’art, une idée, une vie ou un préjudice moral) et de plus vulgaire (une enchère, un brevet, une amende) : puisque tout s’achète, rien n’a de valeur.
2.2. L’existence de cette commune dénomination tend à dissiper l’appréciation que les agents ont de la valeur d’usage des biens, pour se focaliser progressivement et exclusivement sur leur valeur d’échange : dans ce référentiel, qui tend à dominer tous les autres, l’univers des valeurs non-exprimables en argent perd peu à peu de sa réalité pour les acteurs ; il leur semble, stricto-sensu, moins objectif que l’autre. En conséquence, la raison tend à contracter une sorte d’incompétence en matière de délibération morale, de hiérarchisation des valeurs, au profit d’un abandon complet en faveur de l’échelle linéaire des valeurs d’échanges.
2.3. L’apparition d’un domaine d’objets et de prestations que l’argent ne peut acheter ou racheter, est une conséquence logique du processus de marchandisation du monde : De par son statut d’équivalent universel, l’argent perd le pouvoir d’équivaloir pour certains biens ou prestations spécifiques. Ainsi l’amour, la confiance, les diplômes, le droit d’exercer une responsabilité tout comme le droit au crime ne sont (en principe) pas des choses qu’il est possible de négocier contre de l’argent dans nos sociétés modernes. Tout se passe comme si ces biens et prestations ne pouvaient préserver leur valeur spécifique qu’en récusant toute équivalence avec l’argent.
3. L’argent, du statut de pur moyen qu’il est, est progressivement appréhendé comme moyen absolu, puis comme une fin en soi : dans tous ses raisonnements visant la réalisation d’une fin, l’homme envisage une “série téléologique” qui lui est propre. Il s’agit de l’enchaînement des moyens adaptés et socialement admis qu’il lui faut mettre bout à bout afin d’atteindre son objectif. L’argent occupant une place de choix parmi tous les moyens possibles, de par le fait qu’il est lui-même un moyen d’acquérir tous les autres, il n’est pas étonnant que son acquisition soit progressivement érigée comme une fin.
3.1. La focalisation de la pensée sur l’acquisition d’argent, hors de toute considération finaliste, s’explique par le caractère limité de la raison humaine et par l’économie psychique que représente en elle-même cette focalisation : comme toute interrogation sur la finalité d’une action mène à une régression à l’infini, et en vertu de sa finitude théorique, il est nécessaire pour l’esprit humain de s’arrêter à l’une des étapes de la série téléologique (sans quoi il s’épuiserait psychiquement dans cette régression et ne pourrait pas agir). Cette étape est alors désignée comme visée de son action (visée sans laquelle l’action n’aurait aucun sens pour le sujet lui-même). Il est notoire que cette visée, ou fin provisoire, n’est elle-même qu’un moyen pour atteindre une autre fin. Et ceci indéfiniment.
3.1.1. Quoiqu’inévitable, cette focalisation détourne l’homme des questions réellement importantes, celles de sa destinée individuelle et collective : c’est ainsi que se venge, en quelque sorte, la signification bafouée des valeurs non-monétaires, “à travers ces sentiments lourds tellement modernes : le cœur et le sens de la vie ne cesse de nous glisser entre les doigts, les satisfactions définitives deviennent de plus en plus rares, tous ces efforts et cette agitation ne valent en réalité pas la peine.”
3.2. L’argent est le Dieu de notre époque : cette métaphore pointe la similitude des croyances et des attitudes suscitées par l’argent et par l’idée de Dieu et résume la position de Simmel en une formule. Tous deux ont, en effet, la capacité d’unir en eux les diversités et les contradictions du monde, de fédérer les hommes, de procurer confiance, paix, sécurité et élévation au dessus du particulier.
(Source)
Connement vôtre,
Morpheus
🙂
Il y a peut être quand même des points à étudier.
C’est passionnant ! merci à toi, MORPHEUS, pour ce partage et cet extrait de Georg SIMMEL… à ce niveau d’analyse et d’aliénation, toutes conneries confondues, je suis preneur !… sourires
Ce collectif démocratique qui pourrait être composé, en parallèle à tous les gentils virus et autres quidams que nous sommes, de deux collèges (comme il peut y en avoir d’autres) : l’un réunissant nos ambassadeurs, tel Pierre RHABI, Etienne CHOUARD, Edwy PLENEL…, l’autre composé essentiellement de spécialistes, ces personnes qui maîtrisent tel ou tel sujet, à l’instar de Georg SIMMEL (pour le peu que je viens de découvrir) sur la question de l’argent, de Bernard MANIN et Yves SINTOMER sur le tirage au sort (comme je viens de l’apprendre tout récemment), Michel COLLON pour les relations internationales, Frédéric LORDON pour les banques, etc., etc., comme on peut très bien retrouver une même personne faisant partie des deux à la fois, tel ETIENNE qui défend très bien la Cause démocratique tout en étant cet amateur et cet indépendant très avisé de cette thématique ô combien causale et déterminante… je ne pense pas que l’accumulation des charges ici soit contr-indiqué… enfin, autre point à étudier.
Que du bonheur !
La démocratie adviendra, s’établira pleinement qu’avec une refonte complète de l’économie.
Tant que le pouvoir reviendra à ceux qui possèdent l’argent, il n’y aura pas de vraie démocratie, le peuple dans sa totalité ne sera pas libre.
Penser que la démocratie peut émerger alors que l’économie reste entre les mains des plus riches est à mon sens peu réaliste. Le système économique doit changer en même temps que le système politique. Si le système économique s’effondre ou s’il est toujours dans les mains d’une minorité nous n’aurons pas le temps d’en débattre longuement ensuite. Il nous faut y réfléchir en amont afin de le mettre en place immédiatement le moment venu, sinon nous serons pris au piège.
@ ANA
« Ce n’est pas à proprement parler une contrepartie, car tu l’auras deviné, l’émetteur ne contrôlera pas le receveur. Le mot injonction était mal choisi ; disons suggestion »
Oui, à ce moment la, je suis d’accord.
bien amicalement
J.C
Filoche et les sociliste ça me fait exactement penser à ça, argent, sinon pouvoir, mais toujours grenouille de bénitier.
https://fbcdn-sphotos-g‑a.akamaihd.net/hphotos-ak-ash3/p480x480/543730_351835411593501_1098137639_n.jpg
Hop un petit coup de Perruchot pour donner la réplique.
http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=DS6mRgNVa6Y#!
L’article 23 de la DUDH n’est pas respecté puisque
des lois,
et des accords supérieurs à la loi,
peuvent en réduire la portée.
« Sur 577 députés, il y en a dix qui ont travaillé dans le privé »
=> Ils n’ont pas une conscience tripale des subtilités de l’ANI et ne savent donc réagir qu’en cas d’alerte fouleuse
(((La composition de l’assemblée est l’une des assises perverses de l’adémocratie)))
J’ai rendez-vous cet après midi avec des syndicalistes pour discuter de tout ça.
oups, ma langue française … « Ils », c’est les 577, pas les 10 😉
Morpheus,
L’argent libère malgré tout , réfléchis au delà des repères qui t’arrangent et te rassurent et rapporte ma remarque au temps ou l’échange se faisait par le troc. Je n’ai rien dis de plus.
Je ne précisais pas que l’argent doit être roi.
J’adore ce passage :
2.1.2 Ce nivellement entraîne une perte du sens des réalités qualitatives, et un profond désarroi quand au rapprochement possible entre ce qu’on estime être le plus noble (une œuvre d’art, une idée, une vie ou un préjudice moral) et de plus vulgaire (une enchère, un brevet, une amende) : puisque tout s’achète, rien n’a de valeur.
Tu t’emballes autour de ton sujet de prédilection.
Combien cela fait il de temps que tu discutes de ces différents thèmes abordés dans ce site ?
Des années…? pour quels résultats ou quelles nouveautés par rapport à tous les auteurs qui t’ont précédé ?
Fais toi plaisir, je ne trouve rien de novateurs ici.
que des ramassis de conneries auxquels je viens de contribuer humblement.
Concernant l’ANI et les syndicats
La grosse question, c’est comment se fait il que l’accord soit accepté par la classe oeuvrière alors qu’il lui est défavorable …
Je tente d’y répondre au moyen d’un alambic 😉 qui risque de produire d’autres essences que celle qui est attendue.
»>
Autant que je sache
( dans ce qui suit il peut donc y avoir des erreurs.
Grossières peut être 😉 )
-Le gouvernement se contente d’offrir le cadre de la négociation et ne présente pas de contre projet au projet MEDEF.
-Les syndicats ne présentent pas non plus de projet. Je me demande pourquoi. Si quelqu’un peut m’éclairer.
-Le choix du terrain de la négociation et de sa base de départ est donc unilatéral.
-Certains syndicats refusent et d’autres acceptent. La CFDT fait pencher la balance. On me dit qu’ensuite de cela de nombreux adhérents rendent leur carte.
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C’est le dernier point qui m’intéresse, en tant que démocrate.
On retrouve au niveau syndical la même problématique qu’au niveau de la politique générale : des représentants sont nommés, qui du fait qu’ils sont élus finissent par se croire autorisés à ne plus consulter leurs mandants, ou à les consulter mollement, voire à les trahir.
Je trouve donc à ces deux niveaux de l’organisation humaine, et ça me chagrine, et ça m’inquiète, ce même tropisme organisationnel qui tend à la perversion de la représentativité et/ou à l’abandon de sa souveraineté par un groupe souverain.
Au delà de l’ANI, et au delà de la dénonciation des structures pyramidales, ce qui me trouble et m’inquiète, c’est de retrouver ça même quand il n’y a pas d’abbé Sieyes, ce qui me fait croire (il y a d’autres indices) à un comportement archétypal (du type de celui de la meute), contre lequel nous aurons peine à lutter, même si nous avons capté ses défauts, car la conscience, si elle peut endiguer le génétique, devra cependant entretenir ses victoires avec constance.
Je change maintenant de sujet pour me diriger vers une autre récurrence comportementale qui elle aussi pose problème ; un problème sans solution définitive car chaque cas particulier est particulier.
Au cours d’un dialogue social, ceux qui tiennent le couteau par le manche, les employeurs, ont toute facilité à argumenter que pour sauver les emplois, les oeuvriers ont intérêt à accepter d’oeuvrer à bas prix (la sacro sainte compétitivité, ça va de soi), et que pour n’être pas définitivement pauvres, ils doivent accepter de l’être quand même un peu, cela »provisoirement«.
C’est en acceptant de céder à cette argumentation qu’un syndicat acceptera de ne pas être exigeant.
Il est vrai que dans le contexte donné du déséquilibre des pouvoirs, qui fonde notre » civilisation «, le « faible » a le choix entre estimer l’argument recevable, voire intelligent, etentrer en guerre, en une guerre qui peut effectivement être suicidaire. Et c’est ainsi que l’on voit dans certaines entreprises des oeuvriers accepter de brader leur force de peur de perdre ce terrain si précieux où ils sont autorisés à la vendre. Mais si le « faible » cède, en se laissant mordre la dernière phalange du petit doigt, de fil en aiguille, il verra son bras dévoré, et c’est ainsi que la CFDT signe un accord défavorable, accepte de composer pour ne pas être décomposée.
Je finis en mea culpa en avouant mes fautes, qui peut être vous ont échappé.
J’ai parlé des employeurs comme de ceux qui tiennent le couteau par le manche, et j’ai parlé de l’ouvrier comme du faible. Alors qu’on peut très bien inverser les rôles : celui qui est le propriétaire légal de l’outil est faible en ce sens qu’il dépend de l’ouvrier pour que l’outil soit manié et bien manié, tandis que l’oeuvrier, qui n’a que son corps ou son savoir pour unique richesse, est fort puisqu’il peut envoyer le proprio sur les roses et ainsi le ruiner.
C’est toute la problématique de la lutte des classes, qui consiste à déterminer qui est fort, du muscle ou de l’argent.
Et Morpheus ne manquera pas de dénoncer l’argent comme cause première, clin d’oeil préventif 😉
Mais le fond du problème en 2013, abyssal, est ailleurs, inscrit comme dit plus haut dans l’article 23 de la DUDH qui sans en avoir l’air entérine et accepte le fait de la lutte : le problème, c’est que l’espèce humaine est à ce point stupide qu’elle ne sait pas être fraternelle, inconditionnellement synergique et partageuse.
@Luc
Je crois que l’intersection de nos opinions n’est pas vide 😉
->
Il y a fort longtemps, l’argent fut enfanté par nos psychopathies et notre carence en gentillesse, et au présent il les renforce jusqu’à la démence collective ;
mais il n’en est pas la cause.
On ne soigne pas radicalement la maladie en gommant ses symptômes.
Les excès de désir, l’envie de dominer, les tendances masochistes, le sadisme, l’autisme antifraternel, le désamour, la peur d’être englouti par la société, et les violences impulsées par le besoin de s’en libérer, violences contre autrui ou contre soi, ne seront pas guéris par l’abondance, qu’elle soit issue de l’ingénierie ou d’une saine structure gestionnaire.
Pire encore, si l’argent est supprimé par la structure et non pas par les progrès de l’âme humaine, il sera toujours là, fantomatique reflet de son corps désagrégé, mais sous une autre forme, cachée, comme ces graines enfouies sous les eaux d’un barrage qui germent à nouveau à l’occasion d’une purge.
Je crois pourtant à la suppression de l’argent, mais comme un effet de nous et non de notre faire, mais seulement parce que je crois au progrès de l’âme humaine, conditionné et consécutif un jour peut être à la nécessaire montée en puissance, voulue, intentionnelle, délibérée, la montée en puissance de la liberté d’être, de la liberté d’être qui l’on choisit d’être, cette liberté particulière qui est ce qui nous distingue de l’animal, cette liberté qui nous contraint, si nous voulons vivre heureusement le désir, à adhérer à des désirs choisis et non pas à suivre des impulsions d’origine incontrôlée, cette liberté que pourtant nous exploitons si peu, cette liberté que même nous refoulons.
Tout est dit et bien dit.
Le monde du travail n’a plus de contre-pouvoir.
Les employés et les vrais patrons ont vu leur pouvoir diminuer, alors que les pseudo grands patrons, qui ne sont en fait que des dictateurs de grands groupes financiers, étalent de plus en plus leur hégémonie sur le marché du travail, et ont le droit de vie ou de mort sur toutes les entreprises.
Je pense que tu te trompes Ana
L’argent fut enfantée par la pénurie et l’a perpétuée. Avant l’argent était l’âge d’or.
Quant à la structure (sociale), elle est toujours le produit de l’âme humaine.
Il n’y a aucune raison valable de vouloir séparer les deux. Ce qui se manifeste à l’extérieur est le reflet de l’intérieur.
Bien amicalement
J.C
Je vais finir par détester ces « tu te trompes » intempestifs étayés d’un argument monoïde opposé à l’immensité du mystère humain.
Difficile en effet de dire qui allume le feu, de l’allumette, du souffre, du frottoir ou de la main. Il est même certain que la pénurie est l’une des sources du désir d’accumuler par devers soi, c’est évident. Mais entre l’une des sources et la source, il y aurait l’intelligence réductrice. Mais croire qu’aux Eyzies, ou ailleurs, seul le manque fut à l’origine de ce désir là, et de tout autre désir, et de l’égoïsme comptable, et du troc <insert : le troc, lui, est aussi motivé par un partage collaboratif des tâches, qui n’a rien à voir avec la pénurie ou l’égoïsme, on pourrait cependant distinguer le donnant donnant du partage des tâches> , et du besoin de symbole qui s’ensuit <cf Aristote>, cela est assez simpliste, qui néglige dans la grande équation mystérieuse de l’Histoire de nos mœurs jusqu’aux pulsions amoureuses ou de haine, jusqu’aux sources les plus secrètes de l’orientation de nos actes. Et si cette croyance s’inscrit dans une école de pensée, l’inquiétude est de mise en ce qui concerne la liberté et la vigilance de ses amoureux. Leur religion ne résiste pas à l’examen.
@ Ana
Dans le « je pense que tu te trompes », c’est le « trompes » qui m’intéresse pas le « TU ».
Le « tu » en question m’es plutôt sympathique, c’est l’objet de ce qui pourrait être tromperie le point.
Trouver ça détestable est contre productif et je pense inapproprié surtout que ça risque de se reproduire.
Il ne s’agit nullement là d’une attaque personnelle malveillante.
Comme je l’ai dit précédemment, nous sommes en accord sur un certain nombre de sujet, il est pour moi plus intéressant maintenant de débattre des différences pour avancer, qu’il en résulte le fait que chacun évolue dans des directions opposées ou au contraire dans le rapprochement de certaines positions, peu importe.
Pour en revenir au sujet proprement dit :
« seul le manque fut à l’origine de ce désir là, et de tout autre désir, et de l’égoïsme comptable, et du troc »
Cela me semble pourtant parfaitement claire.
« le troc, lui, est aussi motivé par un partage collaboratif des tâches »
Le troc n’est partager mais échanger.
Il est, il me semble, indéniable qu’une communauté importante à l’origine d’une civilisation ne peut fonctionner sur la base du troc.
Le troc ne peut fonctionner que de manière ponctuelle entre petit groupe d’individu. Au quotidien, entre individu d’une communauté de grande ampleur, le troc presque industrialisé ne perdurerait pas plus que quelques semaines avant d’être remplacer par une forme ou une autre de monnaie.
Cette idée de mystère des comportements humain n’est-elle pas justement le fait de croyance religieuse qui ne résiste pas à l’examen ?
Bien amicalement
J.C
Juste pour mettre un terme à ce qui ne doit pas être vinaigre : Si j’avais lu « Je pense au contraire que », je n’aurais pas fait cette remarque stupidement réactive.
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« Cette idée de mystère des comportements humain n’est-elle pas justement le fait de croyance religieuse qui ne résiste pas à l’examen ? »
Non. Il me semble qu’on a le droit d’employer, même quand on est athée comme moi, des mots tels que mystère, ou esprit, sans les voir en réponse scotchés à la religion.
Je pense d’ailleurs que la laïcité souffre du rejet de la spiritualité laïque que la peur historique des conflits religieux induit ou le souvenir des pouvoirs ecclésiastiques.
Le retour de balancier assomme plus que d’oraison 😉
Mais c’est un autre sujet.
L’hypercomplexe (humain) dont une partie des rouages demeure cachée est de facto mystérieux, et le vouloir réduire au besoin consumériste et à son degré de satisfaction est au minimum osé.
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A la phrase « le troc, lui, est aussi motivé par un partage collaboratif des tâches » tu réponds « Le troc n’est pas partager mais échanger » »> on te parle de ce qui motive et tu réponds sur un autre plan que celui des causes de l’acte. Mais c’est vrai que j’aurais pu développer, et que ne l’ayant pas fait, mon propos est incorrect car trop ramassé »> Je développe donc au moyen d’un exemple vécu vendredi avec un honorable membre du POI.»>
Vers 15h30, je lui offre un exemplaire du livre « de la dette, indignons nous ».
Vers 16h30 il m’offre un pack de documents photocopiés et me dit que ça fait un échange sympa.
Ce à quoi je réponds : non, ce sont deux cadeaux. La somme algébrique de deux cadeaux équivaut à un troc, mais n’est pas un troc
Mathématiquement, la résultante physique de deux cadeaux entre deux personnes est équivalente à un troc, mais psychologiquement ce n’est pas la même chose.
Dans cette histoire, les deux personnes concernées n’ont qu’une ambition : accroître la conscience politique globale, et c’est ce qui les pousse, chacune séparément, pour contribuer à cet accroissement, à offrir pour cela un document. Il ne s’agit pas d’un échange, tu as raison, et le mot troc est lui aussi inadéquat pour cette situation.
Je remarque que l’économie contributive n’étant que balbutiante (densifiée dans le logiciel libre, le bénévolat, certaines associations), il est difficile de trouver le mot juste, et peut être n’en existe-t-il pas encore, pour décrire la situation dans laquelle un ensemble de contributions équivaut mathématiquement à un commerce mais en fait ne correspond qu’à un flux de générosité aussi satisfaisant que des transferts de bien fondés sur le donnant-donnant, voire plus satisfaisant du point de vue du bonheur qu’il y a à collaborer sans condition.
C’est en ce sens que j’écrivais que la contribution (partage collaboratif des tâches) peut motiver le troc, j’aurais du écrire le troc apparent.
Nous sommes tellement peu habitués à ne voir dans le don acratopège, dans la contribution spontanée, dans le bénévolat, que des attitudes anecdotiques, nous sommes tellement rétifs à l’idée que l’humanité pourrait fonctionner selon ce paradigme là (((dans le fait que des gens aient osé diffuser le concept de revenu inconditionnel, je vois, plus qu’un remède discuté à nos difficultés sociétales, l’amorce indiscutable de la transition psychanalytique nécessaire à la fin de ce refus rétif))) que nous ne disposons tout simplement pas du vocabulaire qui va avec. C’est marrant car nous sommes à l’envers de ces peuplades qui ne disposent pas du verbe avoir et sont donc à mille lieux de nos encrassements relationnels. Les locutions « semer le bien commun », ou « polliniser l’économie », seraient pour nous cependant assez jolies et plus sympas que « négocier l’ANI » 😉
Bonjour,
Les groupes d’entreprises et les grandes entreprises ne devraient pas être autorisés à exploiter les autoentrepreneurs.
Par leur force de frappe publicitaire, qui est une concurrence déloyale – qui se finance par le travail des autres -, les grandes entreprises ont détruit le tissu national des petites entreprises.
En surexploitant les sous-traitants, les grandes entreprises ont pu faire baisser les prix à un tel point que les petites entreprises n’ont pas pu s’aligner, et les ont contraintes de ce fait, à n’avoir que ces grands groupes de financiers pour clientèle.
Maintenant qu’ils n’ont plus suffisamment de petites entreprises à exploiter, qu’ils rechignent à embaucher en CDI, et qu’il semble être plus difficile de retoquer le CDD et le CDI que de créer un nouveau statut d’exploité. Les groupes de financiers nous balancent l’autoentrepreneur sous le couvert de principes qui faciliteraient l’insertion sociale des travailleurs.
Or, il n’en est rien, le statut d’autoentrepreneur c’est faire passer l’exploitation des travailleurs à une vitesse supérieure, ces financiers qui n’ont pour seul savoir-faire, que le savoir défaire, poussent même leurs propres CDI à s’auto-précariser.
Bonsoir,
Gérard Filoche, c’est maintenant sur Europe 1.
Cotisations sociales et dividendes même transparence.
Puisqu’il est devenu normal d’énumérer sur les bulletins de paie toutes les cotisations sociales – cotisations qui finissent de plus en plus dans les poches des actionnaires privés, car les services publics font de plus en plus appelle aux prestataires privés…
Puisqu’il semble normal que les dividendes soient des rentes à vie prélevées par des non-acteurs de la production sans qu’ils n’aient besoin de vendre leurs actions…
Alors, appliquons pour les dividendes la même transparence. Faisons apparaître sur les bulletins de paie, chaque part de chaque actionnaire, pas les petits pseudo actionnaires lambda qui ne servent qu’à pervertir l’opinion publique, mais ceux qui trônent sur l’entreprise.
Cela devrait permettre de révéler à tous pourquoi les cotisations sociales et les impôts augmentent, alors que les budgets et les dépenses du public stagnent et diminuent. La réduction de la part sociale sur répartition du PIB sera plus claire…
Bonsoir,
Vous voulez augmenter le budget retraite, alors augmentons les salaires…
http://www.citoyens-resistants.fr/local/cache-vignettes/L409xH600/couv_cnr-94de6.jpg
LE CONSEIL NATIONAL DE LA RÉSISTANCE
Le CNR se réunit pour la première fois le 27 mai 1943, clandestinement, dans un appartement parisien, sous la présidence de Jean Moulin, représentant en France occupée du Général de Gaulle (installé à Londres puis à Alger comme chef de la France libre). Jean Moulin sera arrêté par les nazis en juin de la même année. Lui ont succédé Georges Bidault, démocrate chrétien, puis, à la Libération, le 15 septembre 1944, Louis Saillant, CGT.
Le CNR regroupait :
- huit mouvements de RÉSISTANCE intérieure : « Combat », « Libération zone Nord », « Libération (Sud) », « Francs-tireurs partisans (FTP) », « Front national » (rien à voir avec le Front national actuel), « Organisation civile et militaire » (OCM), « Ceux de la Résistance » (CDLR), « Ceux de la Libération » (CDLL),
– les deux grandes confédérations syndicales de l’époque : CGT (réunifiée) et CFTC,
– six représentants des principaux partis politiques reconnaissant la France Libre, dont le parti communiste, le parti socialiste, les radicaux, la droite républicaine et les démocrates-chrétiens.
Le CNR a défini son programme prévisionnel pour la Libération le 15 mars 1944. Comme vous pourrez le constater, on y trouve des objectifs d’une troublante actualité.
Plus d’information :
– lire le livre « Les Jours Heureux », Chap2 Le programme du CNR : un acte et un héritage, par Olivier Vallade
– Voir sur le site de l’ANACR, l’interview de Robert Chambeiron
LE PROGRAMME DU CONSEIL NATIONAL DE LA RÉSISTANCE
Née de la volonté ardente des Français de refuser la défaite, la RÉSISTANCE n’a pas d’autre raison d’être que la lutte quotidienne sans cesse intensifiée.
Cette mission de combat ne doit pas prendre fin à la Libération. Ce n’est, en effet, qu’en regroupant toutes ses forces autour des aspirations quasi unanimes de la Nation, que la France retrouvera son équilibre moral et social et redonnera au monde l’image de sa grandeur et la preuve de son unité.
Aussi les représentants des organisations de la RÉSISTANCE, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R. ,
délibérant en assemblée plénière le 15 mars 1944, ont-ils décidé de s’unir sur le programme suivant, qui comporte à la fois un plan d’action immédiate contre l’oppresseur et les mesures destinées à instaurer, dès la Libération du territoire, un ordre social plus juste.
I – PLAN D’ACTION IMMÉDIATE
Les représentants des organisations de RÉSISTANCE, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R.
Expriment leur angoisse devant la destruction physique de la Nation que l’oppresseur hitlérien poursuit avec l’aide des hommes de Vichy, par le pillage, par la suppression de toute production utile aux Français, par la famine organisée, par le maintien dans les camps d’un million de prisonniers, par la déportation d’ouvriers au nombre de plusieurs centaines de milliers, par l’emprisonnement de 300.000 Français et par l’exécution des patriotes les plus valeureux, dont déjà plus de 50.000 sont tombés pour la France.
Ils proclament leur volonté de délivrer la patrie en collaborant étroitement aux opérations militaires que l’armée française et les armées alliées entreprendront sur le continent, mais aussi de hâter cette libération, d’abréger les souffrances de notre peuple, de sauver l’avenir de la France en intensifiant sans cesse et par tous les moyens la lutte contre l’envahisseur et ses agents, commencée dès 1940.
Ils adjurent les gouvernements anglais et américain de ne pas décevoir plus longtemps l’espoir et la confiance que la France, comme tous les peuples opprimés de l’Europe, a placés dans leur volonté d’abattre l’Allemagne nazie, par le déclenchement d’opérations militaires de grande envergure qui assureront, aussi vite que possible, la libération des territoires envahis et permettront ainsi aux Français qui sont sur notre sol de se joindre aux armées alliées pour l’épreuve décisive.
Ils insistent auprès du Comité Français de la Libération Nationale pour qu’il mette tout en oeuvre afin d’obtenir les armes nécessaires et de les mettre à la disposition des patriotes. Ils constatent que les Français qui ont su organiser la RÉSISTANCE ne veulent pas et d’ailleurs ne peuvent pas se contenter d’une attitude passive dans l’attente d’une aide extérieure, mais qu’ils veulent faire la guerre, qu’ils veulent et qu’ils doivent développer leur RÉSISTANCE armée contre l’envahisseur et contre l’oppresseur.
Ils constatent, en outre, que la RÉSISTANCE Française doit ou se battre ou disparaître ; qu’après avoir agi de façon défensive, elle a pris maintenant un caractère offensif et que seuls le développement et la généralisation de l’offensive des Français contre l’ennemi lui permettront de subsister et de vaincre.
Ils constatent enfin que la multiplication des grèves, l’ampleur des arrêts de travail le 11 Novembre qui, dans beaucoup de cas, ont été réalisés dans l’union des patrons et des ouvriers, l’échec infligé au plan de déportation des jeunes français en Allemagne, le magnifique combat que mènent tous les jours, avec l’appui des populations, dans les Alpes, dans le Massif Central, dans les Pyrénées et dans les Cévennes, les jeunes Français des maquis, avant garde de l’armée de la Libération, démontrent avec éclat que notre peuple est tout entier engagé dans la lutte et qu’il doit poursuivre et accroître cette lutte.
En conséquence, les représentants des organisations de RÉSISTANCE, des centrales syndicales et des partis ou tendances politiques groupés au sein du C.N.R.
Déclarent que c’est seulement par l’organisation, l’intensification de la lutte menée par les forces armées, par les organisations constituées, par les masses, que pourra être réalisée l’union véritable de toutes les forces patriotiques pour la réalisation de la libération nationale inséparable, comme l’a dit le Général De Gaulle, de l’insurrection nationale qui, ainsi préparée, sera dirigée par le C.N.R, sous l’autorité du C.F.L.N, dès que les circonstances politiques et militaires permettront d’assurer, même au prix de lourds sacrifices, son succès.
Ils ont l’espoir que les opérations de la Libération du pays, prévues par le plan de l’état major interallié, pourront ainsi être, le cas échéant, avancées grâce à l’aide apportée par les Français dans la lutte engagée contre l’ennemi commun, ainsi que l’a démontré l’exemple glorieux des patriotes corses.
Ils affirment solennellement que la France qui, malgré l’armistice, a poursuivi sans trêve la guerre, entend plus que jamais développer la lutte pour participer à la libération et à la victoire.
***
Pour mobiliser les ressources immenses d’énergie du peuple français, pour les diriger vers l’action salvatrice dans l’union de toutes les volontés, le C.N.R décide :
D’inviter les responsables des organisations déjà existantes à former des comités de villes et de villages, d’entreprises, par la coordination des formations qui existent actuellement, par la formation de comités là où rien n’existe encore et à enrôler les patriotes non organisés.
Tous ces comités seront placés sous la direction des comités départementaux de la libération (C.D.L). Ils seront soumis à l’autorité des C.D.L qui leur transmettront, comme directives, la plate-forme d’action et la ligne politique déterminée par le C.N.R.
Le but des ces comités sera, à l’échelon communal, local et d’entreprise, de faire participer de façon effective tous les Français à la lutte contre l’ennemi et contre ses agents de Vichy, aussi bien par la solidarité et l’assistance active à l’égard des patriotes sous l’impulsion et le soutien donnés aux revendications vitales de notre peuple. Par dessus tout, leur tâche essentielle sera de mobiliser et d’entraîner les Français qu’ils auront su grouper à l’action armée pour la Libération.
Ces comités devront, selon les circonstances et en se conformant aux instructions données par les C.D.L, appuyer et guider toutes les actions menées par les Français contre toutes les formes d’oppression et d’exploitation imposées par l’ennemi, de l’extérieur et de l’intérieur.
Ces comités devront :
1) Développer la lutte contre la déportation et aider les réfractaires à se cacher, à se nourrir, à se vêtir et à se défendre, enlevant ainsi des forces à l’ennemi et augmentant le potentiel humain de la RÉSISTANCE ;
2) Traquer et punir les agents de la Gestapo et de la Milice de DARNAND ainsi que les mouchards et les traîtres ;
3) Développer l’esprit de lutte effective en vue de la répression des nazis et des fascistes français ;
4) Développer, d’une part, la solidarité envers les emprisonnés et déportés ; d’autre part, la solidarité envers les familles de toutes les victimes de la terreur hitlérienne et vichyssoise ;
5) En accord avec les organisations syndicales résistantes, combattre pour la vie et la santé des Français pour une lutte quotidienne et incessante, par des pétitions, des manifestations et des grèves, afin d’obtenir l’augmentation des salaires et traitements, bloqués par Vichy et les Allemands, et des rations alimentaires et attributions de produits de première qualité, réduites par la réglementation de Vichy et les réquisitions de l’ennemi, de façon à rendreà la population un minimum de vital en matière d’alimentation, de chauffage et d’habillement ;
6) Défendre les conditions de vie des anciens combattants, des prisonniers,des femmes de prisonniers, en organisant la lutte pour toutes les revendications particulières ;
7) Mener la lutte contre les réquisitions de produits agricoles, de matières premières et d’installations industrielles pour le compte de l’ennemi ; saboter et paralyser la production destinée à l’ennemi et ses transports par routes, par fer et par eau ;
8) Défendre à l’intérieur de la corporation agricole les producteurs contre les prélèvements excessifs, contre les taxes insuffisantes, et lutter pour le remplacement des syndicats à la solde de Vichy et de l’Allemagne par des paysans dévoués à la cause de la paysannerie française.
Tout en luttant de cette façon et grâce à l’appui de solidarité et de combativité que développe cette lutte, les comités de villes, de villages et d’entreprises devront en outre :
a) Renforcer les organisations armées des Forces Françaises de l’Intérieur par l’accroissement des groupes de patriotes : groupes francs, francs-tireurs et partisans, recrutés en particulier parmi les réfractaires ;
b) En accord avec les états majors nationaux, régionaux et départementaux des F.F.I, organisées milices patriotiques dans les villes, les campagnes et les entreprises, dont l’encadrement sera facilité par des ingénieurs, techniciens, instituteurs, fonctionnaires et cadres de réserve, et qui sont destinés à défendre l’ordre public, la vie et les biens des Français contre la terreur et la provocation, assurer et maintenir l’établissement effectif de l’autorité des Comités départementaux de la Libération sur tout ce qui aura été ou sera créé dans ce domaine pour le strict rattachement aux F.F.I dont l’autorité et la discipline doivent être respectées par tous.
Pour assurer la pleine efficacité des mesures énoncées ci-dessus, le C.N.R prescrit de l’état major national des Forces Françaises de l’Intérieur, tout en préparant minutieusement la coopération avec les Alliés en cas de débarquement, doit :
1) Donner ordre à toutes les formations des F.F.I de combattre dès maintenant l’ennemi en harcelant ses troupes, en paralysant ses transports, ses communications et ses productions de guerre, en capturant ses dépôts d’armes et de munitions afin d’en pourvoir les patriotes encore désarmés ;
2) Faire distribuer les dépôts d’armes encore inutilisés aux formations jugées par lui les plus aptes à se battre utilement dès à présent et dans l’avenir immédiat ;
3) Organiser de façon rationnelle la lutte suivant un plan établi avec les autorités compétentes à l’échelon régional, départemental ou local, pour obtenir le maximum d’efficacité ;
4) Coordonner l’action militaire avec l’action de RÉSISTANCE de la masse de la nation en proposant pour but aux organisations régionales paramilitaires d’appuyer et de protéger les manifestations patriotiques, les mouvements revendicatifs des femmes de prisonniers, des paysans et des ouvriers contre la police hitlérienne, d’empêcher les réquisitions de vivres et d’installations industrielles, les rafles organisées contre les réfractaires et les ouvriers en grève et défendre la vie et la liberté de tous les Français contre la barbare oppression de l’occupant provisoire.
***
Ainsi, par l’application des décisions du présent programme d’action commune, se fera, dans l’action, l’union étroite de tous les patriotes, sans distinction d’opinions politiques, philosophiques ou religieuses. Ainsi se constituera dans la lutte une armée expérimentée, rompue au combat, dirigée par des cadres éprouvés devant le danger, une armée capable de jouer son rôle lorsque les conditions de l’insurrection nationale seront réalisées, armée qui élargira progressivement ses objectifs et son armement.
Ainsi, par l’effort et les sacrifices de tous, sera avancée l’heure de la libération du territoire national ; ainsi la vie de milliers de Français pourra être sauvée et d’immenses richesses pourront être préservées.
Ainsi dans le combat se forgera une France plus pure et plus forte capable d’entreprendre au lendemain de la libération la plus grande oeuvre de reconstruction et de rénovation de la patrie.
II – MESURES À APPLIQUER DÈS LA LIBÉRATION DU TERRITOIRE
Unis quant au but à atteindre, unis quant aux moyens à mettre en oeuvre pour atteindre ce but qui est la Libération rapide du territoire, les représentants des mouvements, groupements, partis ou tendances politiques, groupés au sein du C.N.R. proclament qu’ils sont décidés à rester unis après la Libération :
1 ) Afin d’établir le gouvernement provisoire de la République formé par le Général de Gaulle pour défendre l’indépendance politique et économique de la nation, rétablir la France dans sa puissance, dans sa grandeur et dans sa mission universelle ;
2 ) Afin de veiller au châtiment des traîtres et à l’éviction dans le domaine de l’administration et de la vie professionnelle de tous ceux qui auront pactisé avec l’ennemi ou qui se seront associés activement à la politique des gouvernements de collaboration ;
3 ) Afin d’exiger la confiscation des biens des traîtres et des trafiquants de marché noir, l’établissement d’un impôt progressif sur les bénéfices de guerre et plus généralement sur les gains réalisés au détriment du peuple et de la nation pendant la période d’occupation, ainsi que la confiscation de tous les biens ennemis y compris les participations acquises depuis l’armistice par les gouvernements de l’Axe et par leurs ressortissants dans les entreprises françaises et coloniales de tout ordre, avec constitution de ces participations en patrimoine national inaliénable ;
4 ) Afin d’assurer :
- l’établissement de la démocratie la plus large en rendant la parole au peuple français par le rétablissement du suffrage universel ;
– la pleine liberté de pensée, de conscience et d’expression ;
– la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’État, des puissances d’argent et des influences étrangères ;
– la liberté d’association, de réunion et de manifestation ;
– l’inviolabilité du domicile et le secret de la correspondance ;
– le respect de la personne humaine ;
– l’égalité absolue de tous les citoyens devant la loi ;
5) Afin de promouvoir les réformes indispensables :
a) Sur le plan économique :
• l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie ;
• une organisation rationnelle de l’économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général et affranchie de la dictature professionnelle instaurée à l’image des États fascistes ;
• l’intensification de la production nationale selon les lignes d’un plan arrêté par l’État après consultation des représentants de tous les éléments de cette production ;
• le retour à la nation des grands moyens de production monopolisés, fruit du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grandes banques ;
• Le développement et le soutien des coopératives de production, d’achats et de ventes, agricoles et artisanales ;
• Le droit d’accès, dans le cadre de l’entreprise, aux fonctions de direction et d’administration, pour les ouvriers possédant les qualifications nécessaires, et la participation des travailleurs à la direction de l’économie.
b) Sur le plan social :
• le droit au travail et le droit au repos, notamment par le rétablissement et l’amélioration du régime contractuel du travail.
• un rajustement important des salaires et la garantie d’un niveau de salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d’une vie pleinement humaine.
• la garantie du pouvoir d’achat national par une politique tendant à la stabilité de la monnaie ;
• la reconstitution, dans ses libertés traditionnelles, d’un syndicalisme indépendant, doté de larges pouvoirs dans l’organisation de la vie économique et sociale ;
• un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’État ;
• la sécurité de l’emploi, la réglementation des conditions d’embauchage et de licenciement, le rétablissement des délégués d’atelier ;
• l’élévation et la sécurité du niveau de vie des travailleurs de la terre par une politique de prix agricoles rémunérateurs, améliorant et généralisant l’expérience de l’Office du blé, par une législation sociale accordant aux salariés agricoles les mêmes droits qu’aux salariés de l’industrie, par un système d’assurance contre les calamités agricoles, par l’établissement d’un juste statut du fermage et du métayage, par des facilités d’accession à la propriété pour les jeunes familles paysannes et par la réalisation d’un plan d’équipement rural ;
• une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ;
• le dédommagement des sinistrés et des allocations et pensions pour les victimes de la terreur fasciste.
c) Une extension des droits politiques, sociaux et économiques des populations indigènes et coloniales.
d) La possibilité effective pour tous les enfants français de bénéficier de l’instruction et d’accéder à la culture la plus développée quelle que soit la situation de fortune de leurs parents, afin que les fonctions les plus hautes soient réellement accessibles à tous ceux qui auront les capacités requises pour les exercer et que soit ainsi promue une élite véritable, non de naissance mais de mérite, et constamment renouvelée par les apports populaires.
Ainsi sera fondée une République nouvelle qui balaiera le régime de basse réaction instauré par Vichy et qui rendra aux institutions démocratiques et populaires l’efficacité que leur avaient fait perdre les entreprises de corruption et de trahison qui ont précédé la capitulation. Ainsi sera rendue possible une démocratie qui unisse au contrôle effectif exercé par les élus du peuple la continuité de l’action gouvernementale.
L’union des représentants de la RÉSISTANCE pour l’action dans le présent et dans l’avenir, dans l’intérêt supérieur de la patrie, doit être pour tous les Français un gage de confiance et un stimulant. Elle doit les inciter à éliminer tout esprit de particularisme, tout ferment de division qui pourraient freiner leur action et ne servir que l’ennemi.
En avant donc, dans l’union de tous les Français rassemblés autour du C.F.L.N et de son président, le général De Gaulle !
En avant pour le combat, en avant pour la victoire, afin que VIVE LA FRANCE !
LE CONSEIL NATIONAL DE LA RÉSISTANCE
Le Programme du Conseil National de la résistance (CNR)
La situation difficile que connaît notre pays aujourd’hui a conduit quelques rares analystes à évoquer, dans le passé, un moment particulier de notre histoire. C’est celui de la Libération, après la défaite de l’Allemagne nazie, et de la période qui la suit qu’on a nommée « les Trente Glorieuses » (1945 – 1975). Elles sont marquées par l’application d’un programme, celui du CNR, Conseil national de la Résistance, et la création de « l’Etat providence », tant décrié par les conservateurs.
Il ne s’agit pas d’une banale nostalgie d’un passé jugé plus heureux mais d’une période qui mérite un examen attentif, et sans doute utile, à une réflexion sur le devenir de notre société.
I – Le programme du Conseil National de la résistance
1 – Le contexte
La défaite de 1940 a eu pour conséquence la démission du président du Conseil Paul Raynaud. Le Maréchal Pétain lui succède, le 16 juin 1940. Le 22 juin est signé l’armistice franco- allemand, en fait la capitulation. La France est divisée en deux zones, les Allemands occupant la zone nord. Le 10 juillet, le Maréchal reçoit les pleins pouvoirs de l’Assemblée (ce qu’il en reste) afin de promulguer une nouvelle constitution pour la nation. C’est là une décision contraire à toutes les pratiques du régime républicain car elle délègue le pouvoir constituant à un seul homme ! Circonstances aggravantes, dès les 11 et 12 juillet, sous la seule signature de Pétain, sont publiés quatre actes constitutionnels lui attribuant la fonction de chef de l’Etat Français et la plénitude du pouvoir constituant. Les chambres sont ajournées jusqu’à nouvel ordre.
Le nouveau pouvoir s’installe, à Vichy, en « zone libre », et met en œuvre la « Révolution nationale », instituant un régime réactionnaire, antirépublicain, autoritaire, contre-révolutionnaire, car il condamne les idéaux de 1789. Sa devise est « Travail, Famille, Patrie ». Le régime pratique une collaboration avec l’Etat allemand nazi, symbolisée par la rencontre de Pétain et d’Hitler, à Montoire, en octobre 1940.
Cependant, du refus de la défaite, naît une résistance dont le Général de Gaulle, réfugié à Londres, prend la tête : résistance intérieure, périlleuse et difficile, dans la France soumise à l’Allemagne, résistance extérieure par l’organisation d’une force armée aux côtés des Alliés et la constitution, d’un « Comité français de Londres », dirigé par de Gaulle. Il devient, à Alger, en 1943, le « Comité français de la libération nationale » par la fusion avec le « Commandement civil et militaire d’Alger », dirigé par le général Giraud. De Gaulle, consacré seul chef de la « France libre », en prend la direction, reconnu à la fois par les Alliés et la Résistance unie.
Les divers mouvements constituant la Résistance s’unissent en effet et s’organisent, à partir de 1943, en « Conseil national de la Résistance » (CNR). Après de longs débats, il adopte, le 15 mars 1944, un programme, à l’unanimité des membres du CNR qui ont su surmonter leurs divergences politiques. Ce programme fait l’objet de plusieurs publications, dont celle de « Libération Sud, avec le titre « Les Jours Heureux ».
2 – Le contenu du texte
Dans son introduction, le texte précise que « ce n’est… qu’en regroupant toutes ses forces autour des aspirations quasi unanimes de la Nation que la France retrouvera son équilibre moral et social et redonnera au monde l’image de sa grandeur et de son unité ». Aussi, unis au sein du CNR, ses membres adoptent le programme qui compte à la fois un plan d’action immédiate contre l’oppresseur et les mesures destinées à instaurer dès la libération du territoire, un ordre social plus juste. La plupart des dirigeants politiques de l’époque soutiennent ce programme qui sera donc appliqué.
Le texte comporte deux parties, dont la seconde nous intéresse particulièrement aujourd’hui. Elle présente « les mesures à appliquer dès la libération du territoire ». Elle s’articule en cinq points.
Le premier point prône l’établissement d’un « gouvernement provisoire de la République formé par le général de Gaulle pour défendre l’indépendance politique et économique de la Nation, rétablir la France dans sa puissance, dans sa grandeur et dans sa mission universelle ».
Les deux points suivants évoquent l’épuration, la confiscation des biens des traîtres, l’établissement d’un impôt sur les bénéfices de guerre.
Le quatrième point est consacré au rétablissement des libertés fondamentales dont le régime de Vichy et l’occupant avaient privé les Français. Il faut noter que s’agissant de l’établissement de la démocratie la plus large par le rétablissement du suffrage universel, pour la première fois, les femmes obtiennent le droit de vote. Mais c’est par un décret du 21 avril 1944 du Gouvernement provisoire, installé encore à Alger. Ce n’était pas prévu dans le programme du CNR.
Enfin, le cinquième point définit les réformes économiques et sociales, les deux aspects étant étroitement associés.
3 – L’application du programme à la libération
La presse : dès le 22 juin 1944 la liberté de la presse est rétablie. La résolution met l’accent sur l’indépendance de la presse « à l’égard de l’Etat, des puissances d’argent et des influences étrangères ». Ce qui est nouveau, c’est le rôle assigné à l’Etat : il doit organiser la liberté d’expression par la loi. Mais la publication d’un titre relève de la propriété privée. Mais dès 1947, l’Etat se désengage de son rôle de garant d’une presse indépendante et la publicité devient de plus en plus présente. Les journaux sont livrés aux lois du marché.
Les réformes économiques veulent instaurer une véritable démocratie, économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités de la direction de l’économie. Le moyen a été la nationalisation des industries d’énergies (EDF et Gaz de France, Charbonnages) et de transport (SNCF, Air France, les usines Renault, contrôle de l’Etat sur la marine marchande…). Ajoutons les PTT, dans la communication. Les actions sont transférées à l’Etat. Dans le secteur financier, est effectuée la nationalisation du crédit, de la banque de France et de quatre banques de dépôt. Le but est de protéger les épargnants et de faciliter l’octroi de crédits. En outre, 34 compagnies d’assurances sont nationalisées et privées du « marché » des accidents du travail. Elles s’orientent alors vers la prévoyance. Les banques d’affaires sont épargnées. L’intensification de la production nationale suivra les grandes lignes d’un plan arrêté par l’Etat, après consultation des représentants de la production. Avec les nationalisations et la sécurité sociale, l’apport majeur du programme du CNR est la création d’un Commissariat Général au Plan, chargé de la modernisation et de l’équipement. Il est prévu « le droit d’accès, dans le cadre de l’entreprise pour les ouvriers possédant les qualifications nécessaires, et la participation des travailleurs à la direction de l’économie ».
Deux mesures importantes, sont prises : La réforme de la fonction publique (le droit syndical est reconnu à la Fonction publique) et la création de l’Ecole Nationale d’Administration (ENA). Elles témoignent de la volonté d’établir un Etat au service de tous et de l’intérêt général.
Réformes sociales
Droit au travail, au repos, rétablissement de la semaine de 40 heures, réajustement des salaires dont le niveau est garanti, création du SMIG (1950), sont institués. Des syndicats indépendants, dotés de larges pouvoirs dans l’organisation de la vie économique, sont reconstitués…
Un plan complet de Sécurité Sociale est élaboré. Fondé sur l’universalité (il s’adresse à tous), et sur la solidarité : on cotise selon ses revenus, mais on reçoit selon ses besoins. Il s’agit d’assurer à tous les citoyens des moyens d’existence quand ils ne peuvent s’en procurer par le travail (chômage, maladie, vieillesse, handicaps…). Jusque là, en effet, un tiers seulement de la population française est couverte contre la maladie par les assurances sociales et l’épargne privée est souvent déterminante pour accéder à la médecine.
Quatre principes essentiels : législation unique pour tous les systèmes existants – gestion par les représentants des assurés – système par répartition – financement par des cotisations du patronat et des salariés.
La mise en place est faite par l’ordonnance de base d’octobre 1945, et la loi de mai 1946.
Les agriculteurs, les commerçants, les professions libérales refusent d’intégrer le régime général, ne voulant pas un système commun avec les salariés.
En 1946, un projet de loi organisant un système de retraites universel est retiré devant l’opposition des mêmes catégories.
Enfin, l’enseignement a fait l’objet d’un plan (Langevin-vallon) en 1947, prévoyant un enseignement gratuit et obligatoire jusqu’à 18 ans, mais restera lettre morte. Il est créé un ministère de l’Education Nationale avec une direction de l’éducation populaire et de la jeunesse.
Le programme du CNR est un texte fondateur du pacte social français
Des réformes importantes sont accomplies en peu de temps par des résistants, dans la continuité de leur combat pour les libertés et la démocratie, issues de la révolution de 1789 et des réformes de la 3ème République. Les nouvelles libertés ouvrent la voie à une démocratie qui unit « un contrôle exercé par les élus du peuple et la continuité de l’action gouvernementale ». Les nouveaux droits figurent dans une charte, ils sont repris dans le préambule de la constitution de 1946 et dans la constitution de 1958, et font partie de ce que le Conseil constitutionnel a appelé le « bloc de constitutionalité ». Rappelons l’art. 1er de la constitution : La France est une République laïque, démocratique et sociale.
II – Que reste-t-il aujourd’hui de ce programme ?
1 – « Les Jours Heureux »
A la Libération, le patronat est mécontent des réformes entreprises, mais il est discrédité pour avoir massivement collaboré pendant l’occupation. Les forces conservatrices ne sont pas davantage en mesure de s’y opposer. Durant une trentaine d’années, le pacte social scellé à cette époque est maintenu. Il est vrai que c’est la période dite des « Trente Glorieuses », marquée par le plein emploi et une croissance forte, car il faut reconstruire le pays, et le plan Marshall apporte une aide très importante (1947). Les patrons peuvent s’enrichir malgré tout ; les investisseurs insatisfaits prennent leur mal en patience, sans pouvoir spéculer sans frein, car les mouvements des capitaux sont étroitement limités et surveillés, rendant difficile l’évasion vers des cieux plus cléments pour eux. Jusqu’au début des années 1970, le commerce international se développe dans un cadre relativement protectionniste. La contribution remarquable des échanges internationaux à la croissance mondiale ne s’explique pas par le « libre échange », mais par un encadrement, voulu par de grands pays pratiquant des politiques industrielles volontaristes, à l’abri de tarifs douaniers, de règlements, de normes, et d’un contrôle administratif des flux financiers (le contrôle des changes). Ainsi, l’application du programme du CNR a permis des progrès économiques et sociaux durant les trois décennies qui ont suivi la seconde guerre mondiale. Ils ne doivent rien à la vertu des marchés autorégulés et du capitalisme, mais à une économie largement pilotée par l’Etat et contrôlée par des normes et des institutions sociales.
Bien sûr, La société, pendant cette période, n’est pas le paradis sur terre. Il a fallu travailler beaucoup, les salaires étaient modestes, les retraites faibles. Mais la dynamique du progrès était engagée.
2 – Une remise en cause radicale
Deux questions se posent à partir du constat que chacun peut faire de la remise en cause radicale du Programme du CNR : quel bilan aujourd’hui ? Comment en est-on arrivé là ?
Le bilan
A partir des années 70, les capitalistes et les conservateurs n’ont plus aucune raison économique de soutenir le régime mis en place après la guerre : les gains de productivité dès 1965 ralentissent, les coûts salariaux augmentent fortement dans les années suivantes, l’inflation s’accélère, les chocs pétroliers pèsent sur l’économie. La rentabilité réelle fléchit. Il apparaît urgent de limiter l’imposition du capital, de stopper l’inflation de trouver de nouveaux débouchés, d’abaisser le coût de la main d’œuvre. D’autre part, il est moins indispensable de contrecarrer l’influence du communisme sur les intellectuels et les ouvriers, car la déception est forte devant l’échec de l’union soviétique, et de ses satellites, notamment sur le plan économique. Son effondrement est proche (1989)
C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre la remise en cause de l’héritage du CNR.
Tous les secteurs sont touchés. D’abord, la protection sociale. Ses adversaires se sont dressés très tôt contre son coût et son « archaïsme ». Ils ont protesté contre les charges sociales « écrasant les entreprises » et contre les impôts, contre la lourdeur des prélèvements obligatoires. Mais, pratiquement, c’est à partir de 1989 que la reconquête méthodique de ce secteur est menée à bien par le privé : Treize compagnies d’assurances sont privatisées (Jaques Chirac est premier ministre, lors de la première cohabitation). La loi Evin (31÷12 /89) adoptée à l’initiative du gouvernement Rocard, qui voulait réguler la concurrence, officialise l’entrée des assureurs privés dans la complémentaire maladie jusqu’alors assurée par des organismes à but non lucratif, qui se trouvent désormais placés sur le même plan que les assurances privées, malgré une logique différente, car le système officiel repose en effet sur la solidarité et les cotisations sont assises sur les salaires.
La montée du chômage diminue les ressources de la sécurité sociale qui connaît de grosses difficultés de financement, avec un déficit de la caisse maladie qui atteint plus de 11 milliards d’euros, tandis que le nombre d’assurés augmente ainsi que les dépenses de santé, liées au progrès de la médecine et au vieillissement de la population. L’Etat réagit par des mesures qui conduisent à une diminution des dépenses prises en charge par la sécurité sociale, à un allégement des charges des entreprises par de nombreuses exonérations, et à une augmentation de la part du privé dans le remboursement des compléments-santé. Sa part augmente de 27 % entre 2001 et 2008… Et la cotisation que réclament les assureurs privés augmente de 44% ! Dans les années 2000, le patronat demande l’individualisation des risques et une privatisation de la protection sociale au nom, bien sûr, de la liberté de choix des Français. Mais la crise de financement n’est pas résolue pour autant. On connaît également le sort qui est fait à l’hôpital et à son personnel, qui appartiennent au service public. A Paris, 4 OOO suppressions d’emplois sont prévues, alors même que des patients modestes se tournent de plus en plus pour des soins ordinaires vers les services hospitaliers d’urgence déjà surchargés.
En matière d’indemnisation du chômage, on note la même tendance à la restriction des prestations, assorties de nouvelles obligations pour les chômeurs. Les retraites on connu en 2010 une nouvelle réforme, très contestée. La tentation de recourir à la capitalisation par des placements dans les fonds de pension a reculé, crise financière oblige ! Mais la baisse des pensions est vraiment programmée.
Dans le domaine économique et financier, la privatisation est pratiquement achevée. Les nationalisations de la Libération puis de 1982, avec le retour de la Gauche au pouvoir ont été annulées dans le domaine industriel et bancaire. Il ne reste à privatiser que la caisse des dépôts et consignations et la Banque postale que le gouvernement affaiblit avec l’affaire du livret A que toutes les banques peuvent gérer désormais.
La même volonté de privatisation se manifeste dans les transports (SNCF) ou l’énergie (EDF, Gaz de France…) avec toujours la référence à la concurrence, ardemment souhaitée par la Commission européenne.
Enfin, les services publics connaissent de très sérieuses difficultés car ils subissent un véritable traitement de choc : un fonctionnaire deux non remplacé, diminution des subventions, transfert aux collectivités locales, entrainant des difficultés de fonctionnement, tout cela pour des raisons comptables et des économies supposées. Malgré de nombreux discours sur la sécurité, et les protestations de nombreux maires jugeant que la sécurité est une fonction régalienne qui doit être assurée par l’Etat, la police nationale a perdu en 2009 près de 500 emplois et la police dite de proximité est jugée trop coûteuse. Par contre, les effectifs d’agents privés de sécurité sont en pleine croissance : de 165 000 en 2008, ils passeraient à 200 000 en 2014 !
En fait l’ensemble est placé sous le signe de la RGPP (révision générale des politiques publiques) engagée en 2007. Le maillage serré de services publics (Poste, transports par le rail, services fiscaux, hôpitaux…) qui les mettaient à la portée du plus grand nombre s’est considérablement distendu et de véritables déserts apparaissent dans les zones les moins peuplées au profit des centres urbains les plus importants.
Enfin, le monde du travail est profondément affecté par les politiques suivies à partir des années 1980. Des richesses ont été créées : de 1980 à 2009 le PIB français est passé de 445 milliards d’euros à 1907 milliards. Mais la part des salaires dans la valeur ajoutée est passée de 75% en 1975 à 66% en 1985 et elle stagne à ce niveau. Les inégalités s’accroissent, l’écart entre les revenus augmente. La crise de 2008 n’a rien arrangé. Après avoir régressé entre 1960 et 1980, la part des 1% les plus riches est passée de 7% à 9% de la richesse nationale dans les vingt dernières années. La pauvreté augmente, touchant un nombre croissant de jeunes et surtout des personnes seules, sans travail, souvent des femmes, des travailleurs mal payés tombant dans la précarité, même des personnes âgées plus récemment. Pourtant, grâce à son système de protection sociale, encore performant malgré tout, la France demeure parmi les pays les moins inégalitaires de la planète, après le nord de l’Europe.
Après les chocs pétroliers (1973 et 1979), dans les années 80, un chômage de masse s’installe durablement, aggravé par la mondialisation (délocalisations, concurrence fiscale et salariale), la crise financière et économique de 2008, s’établissant entre 8 et 10% de la population active, avec des catégories plus touchées (jeunes, seniors… Toutes catégories confondues, 4,6 millions de chômeurs inscrits à Pôle emploi et 2,7 de cat. A, en août 2010)… Mais le gouvernement n’a pas renoncé à la défiscalisation des heures supplémentaires ni à la réduction d’emploi dans la fonction publique… Notons aussi l’importance des CDD (8% des emplois, mais dont la proportion s’accroît jusqu’à 80% des embauches dans le tertiaire, 70% dans l’industrie et 60% dans la construction, au second trimestre 2009). Si l’emploi constitue une protection contre la pauvreté, il existe pourtant des travailleurs pauvres, certains travaillant à temps partiel (surtout des femmes) et dont les salaires sont insuffisants. Ce qui apparaît comme un élément de stabilité pour les travailleurs semble peut être menacé : statut de la F.P. (fonction publique) ou CDI (contrat à durée indéterminée), avec la création d’un statut d’auto-entrepreneur très fragile et libérant les entreprises de toutes charges sociales.
Comment en est-on arrivé là ?
Deux logiques économiques et sociales s’opposent désormais, de façon radicale, celle du CNR et de son programme, qui est une forme de libéralisme très contrôlé par les pouvoirs publics, et celle d’une pensée qu’on désigne par le mot « néolibéralisme » et qui s’impose désormais dans une économie mondialisée. Quels en sont les traits essentiels ?
Une conception de l’homme considéré comme un consommateur, qui cherche le maximum d’utilité dans les biens et les services qu’il convoite, et cela au meilleur coût possible. Il est supposé complètement informé de l’état du marché. Homme rationnel, bon calculateur, on peut si bien prévoir son comportement qu’il peut se traduire en formules mathématiques !
Une vision du marché : rencontre d’une offre de l’entreprise et d’une demande du consommateur. Si la liberté totale de vendre et d’acheter est garantie, l’offre et la demande s’ajusteront naturellement grâce à la concurrence, si elle est libre et parfaite. Il faut donc laisser jouer le mécanisme du marché concurrentiel, en s’interdisant de l’entraver par des règlementations étatiques qui le fausseraient. Le maximum d’efficacité économique est ainsi garanti ; et même si chacun recherche son intérêt personnel, le bonheur de tous et l’harmonie sociale seront réalisés, comme si « une main invisible » agissait au profit de l’intérêt général, qui est donc un produit de l’égoïsme des individus ! La loi du marché doit s’étendre à tout le champ de l’activité économique, sans exclusive (par exemple la santé ou l’éducation, ainsi que le travail, et son marché qui seul peut assurer le plein emploi…). L’Etat doit tout faire pour favoriser la libre entreprise et la libre concurrence.
Enfin, est affirmé une certaine conception de l’Etat, « l’Etat minimal ». Son intervention si elle n’est pas sévèrement bridée est éminemment nuisible, car elle porte atteinte à la liberté des acteurs économiques, et déresponsabilise les individus qui s’en remettent à lui. En outre, il est dépensier, ses dépenses excèdent ses ressources (trop de fonctionnaires par exemple !) et il est responsable de déficits insupportables. Il faut donc diminuer les prélèvements obligatoires : impôts et cotisations sociales, subventions de toutes sortes etc.
Les concepteurs de cette pensée libérale ont été Friedrich Hayek (1899−1992) et Milton Friedman (1912−2006). Le premier connaît la célébrité en 1960 et reçoit un prix Nobel d’économie en 1974. Pour lui, l’ennemi de la liberté est toujours l’Etat. Le second, prix Nobel d’économie en 1976, a institué l’école monétariste qui domine les études économiques à l’université de Chicago où il enseigne longtemps. Son livre « Capitalisme et liberté » devient la bible de l’économie néolibérale : capitalisme, liberté économique et politique sont inséparables, nous dit-il. Cet ouvrage renforce la croyance, de « type métaphysique » (pensée qui n’est pas validée par l’expérience) dans la supériorité du marché quand il est libre de toute intervention de l’Etat, ce qui assure à la fois la liberté et le bonheur de l’homme. Mme Thatcher et Reagan furent les disciples fidèles de ces universitaires.
La crise économique et financière majeure que nous connaissons, marque l’échec de cette pensée. Les néolibéraux, qui récusent toute intervention de l’Etat, en pleine contradiction avec leur théorie, sont les premiers à solliciter son aide pour sortir de leur impasse. On a vu l’ampleur de cette intervention, qui se chiffre par milliards de dollars ou d’euros de dette publique et un chômage aggravé ! Mais la théorie n’est pas abandonnée pour autant, l’intervention de l’Etat dans la sphère privée, pour eux, ne peut être que provisoire et doit cesser dès que sera assuré le retour « à la normale » du fonctionnement des marchés. C’est la position des républicains aux Etats-Unis et celle de l’ensemble des dirigeants européens adeptes de cette nouvelle pensée portée par la culture anglo-saxonne.
La diffusion mondiale de la pensée néolibérale
Cette diffusion réussie de la pensée néolibérale, auprès des élites mondiales, a été conduite de manière méthodique et persévérante par les universitaires américains qui l’ont théorisée.
Dès 1947 Hayek crée le réseau du « Mont-Pèlerin » et les néolibéraux, pendant l’après guerre, mettent en relation réseaux académiques, politiques et patronaux, impulsent un enseignement universitaire fidèle à leur pensée qui émerge dans les années 70. Elle se diffuse ensuite dans de nombreuses écoles de commerce et de gestion des affaires et en finances qui se multiplient, à partir des années 80 et jusqu’à nos jours, gagnant même nos grandes écoles (HEC, polytechnique, Centrale, Ponts et Chaussées, Mines, ENA…). Les institutions internationales, (FMI, Banque mondiale, OCDE, Banques régionales – FED américaine, Banque Centrale européenne…) ont rigoureusement respecté l’orthodoxie néolibérale.
« S’est ainsi créé à l’échelle mondiale une nouvelle aristocratie d’institutions académiques, produisant elles-mêmes une nouvelle aristocratie mondialisé de « gérant d’affaires », (aux salaires fastueux) et échangeant des étudiants pour assurer le brassage formaté de cette nouvelle élite ». (G. Corm – Le Nouveau Gouvernement du monde)
Je conclurai ce constat sur deux remarques :
C’est au nom du libéralisme triomphant et de ses thèses que l’héritage du programme du CNR est en voie d’être détruit, avec les conséquences désastreuses que nous vivons. Les élites mondiales politiques – de droite et de gauche – et économiques comme financières, ont été convaincues de leur justesse et les ont appliquées avec zèle. Malgré leur échec, ces théories peuvent être jugées fausses et dans l’incapacité de réaliser leur ambition d’efficacité économique et de bonheur pour tous ; néanmoins, rien n’indique un changement profond de paradigme.
C’est, peut-être, à la lumière de cette situation qu’il nous faut tenter de répondre aux questions que nous nous sommes posées : que devons-nous préserver du programme du CNR ? Que devons-nous développer ? Que faut-il changer ?
III – Le devenir de notre société
La question qui est désormais posée est celle du devenir de notre société. Deux remarques, au préalable.
1 – L’application du programme du CNR, même si elle n’a pas été totale, apparaît positive, si l’on juge qu’un élan a été donné, dans l’immédiat après guerre, à une véritable « dynamique de progrès », jusqu’au début des années 80.
2 – Aujourd’hui, le contexte est tout à fait différent. L’idéologie néolibérale s’est imposée dans le monde entier, y compris dans notre pays, où elle a été adoptée par les gouvernements conservateurs. Cependant, l’échec global de ses thèses, la crise financière qui lui est liée, la crise économique et sociale qui l’accompagnent, donnent un nouveau souffle à une forte critique, notamment dans les pays d’Amérique latine, qui est conduite aussi par un certain nombre d’économistes. Mais le adeptes du néolibéralisme résistent avec opiniâtreté à tout véritable changement.
D’autre part, les organisations internationales, la Communauté européenne, sa Commission, le FMI, l’OMC, La Banque mondiale, l’OCDE…, limitent la souveraineté des nations, imposent l’idéologie dominante à des Etats consentants, liés par des traités, et dirigés par des conservateurs.
On peut considérer qu’il reste deux façons d’aborder les questions que nous posons :
- Soit on tente de définir ce qui nous paraît souhaitable pour notre société, au regard de nos idéaux et de nos valeurs, ce qui nous place dans le registre de la révolution ou de l’utopie.
- Soit on part de la réalité politique et sociale pour tenter de la modifier ou de la transformer dans le sens du progrès que nous voulons. C’est la démarche pragmatique des petits pas ou du réformisme. Cette démarche doit s’appuyer sur une analyse lucide des rapports de force dans la société.
Quelle que soit l’option choisie, il nous faut définir l’esprit, les principes, l’ambition qui nous motivent.
Conclusion
Les dégâts causés par l’application dogmatique des thèses néolibérales appellent une réaction vigoureuse. La difficulté est grande car elles ont gagné les esprits dans l’enseignement universitaire et chez les décideurs politiques, économiques, financiers qui dirigent l’économie mondiale, et elles sont largement diffusées par les médias. Que faire ?
Il y a, me semble-t-il, deux types d’actions, à conduire, au plus tôt.
1 – Un combat idéologique pour démystifier ces thèses néolibérales qui sont devenues une pensée unique, qui sont considérées comme des idées fausses par de nombreux économistes, marginalisés et qui ne peuvent populariser leurs critiques et leurs propositions de façon suffisante. S’imposent, notamment, la défense énergique de la protection sociale et des services publics, la réduction des inégalités qui s’accroissent, et d’une façon générale la réhabilitation de l’Etat comme garant de l’intérêt général.
2 – Un combat politique. Contrairement à ce qu’on voudrait nous faire croire, les nations, leurs gouvernements peuvent encore décider dans un certain nombre de domaines, par exemple celui de la fiscalité, sans demander l’avis des autres gouvernements européens, ou celle des contenus de l’enseignement, et naturellement, le respect de la laïcité. Rien n’interdit non plus d’ouvrir des discussions pour modifier certaines dispositions au niveau européen et mondial. La tâche est ardue, encore faut-il que les politiques en aient la volonté, surtout s’ils se réclament des valeurs humanistes.
3 – Sur ces deux points, la société civile doit aussi se manifester. Il existe de multiples organisations comme syndicats, mutuelles, coopératives, organisations très engagées comme ATTAC, le Forum social, des cercles de pensée, dont l’ambition est de promouvoir les valeurs démocratiques et républicaines. Il appartient à chaque Citoyen, dans une démocratie, de déterminer librement ses convictions et ses engagements de façon éclairée et responsable.
Jean MOLERES
Source : http://humanisme-et-lumieres.com/societe/21-economie/61-le-programme-du-cnr.html
Bonjour,
La répartition théorique et juste de la somme globale des richesses produite n’a cessé d’augmenter par habitant, tout en permettant à chacun de travailler moins.
Nous sommes en surproduction et en surconsommation, et le chômage augmente.
Alors pourquoi les politiciens et les médias continuent-ils à nous rabâcher que le chômage est un drame sociétal ?
Pourquoi, nous peuple, continuons à croire que le chômage est la cause de notre problème financiers ?
Il n’est pas malheureux que l’on puisse se passer de plus en plus de la main-d’oeuvre humaine pour subvenir aux besoins de l’humanité, c’est un progrès !
L’espèce humaine sera-t-elle la dernière des espèces animales à être employée pour satisfaire l’avidité de certains ?
Une autre façon de vivre l’entreprise :
axiome 0 = L’homme est bon
LE SYSTÈME FAVI
» l’essentiel du management par la CONFIANCE du petit patron naif et paresseux »
http://www.favi.com/managf.php
Merci Ana
(je suggère de télécharger le pdf)
Passer de la défiance à la confiance
Passer du contractuel au contributif
Enclencher la civilisation du don acratopège
C’est le changement de paradigme nécessaire à la survie de l’espèce
Todmorden a démontré « par inadvertance » que l’être humain sait le faire
D’autres germes poussent de ci de là, c’est comme un blé nouveau dont la germination s’accélère
C’est le printemps
Bonjour Ana,
Quelle mine d’or ! Je vais devoir poser des jours de congé pour lire tout ce filon 😉
Petit extrait trouvé dans l’introduction de ces PDF, et que je vais aussi coller sous un post d’Étienne, où il a dû, une fois de plus, avoir l’impression, d’avoir un raisonnement « rond » face à des gens aux raisonnements « carrés ».
« Ben nous sommes des gens ronds dans un monde de gens carrés !. Nous sommes une entreprise ronde cernée par un monde d’entreprises carrées. Nos clients sont carrés. Nos fournisseurs sont carrés. Nos lois Françaises sont carrées ».
Nous sommes une classe sociale ronde, gouvernée par une classe sociale carrée.
très jolie imagerie qui passera mieux que le yin yang. Je mémorise 🙂
Hervé Morin : « Il faut passer aux 39 heures, payées 35 »
Le pacte de responsabilité de François Hollande n’est pas en mesure d’améliorer emploi et croissance, assure le président du Nouveau Centre Hervé Morin, qui n’hésite pas à prôner le passage aux 39 heures payées 35 dans une interview publiée mardi dans Les Échos. Interrogé sur la capacité du pacte de responsabilité à améliorer l’emploi et la croissance, Hervé Morin déclare : « Je n’y crois pas. La question fondamentale est que la France souffre d’un vrai problème de compétitivité, qui n’est pas seulement lié à la question du coût du travail. »
« La France n’est plus compétitive dans son espace économique : on le voit avec sa balance commerciale, une croissance des entreprises moins forte qu’ailleurs, des taux de marge inexistants, un sous-investissement », ajoute le président du conseil national de l’UDI. « Je défends l’idée d’un vrai choc de compétitivité, autour d’une politique libérale, qui dit aux Français : c’est par l’amélioration des conditions de production que l’on fera la meilleure des politiques sociales, c’est-à-dire le retour au plein-emploi ! »
« 39 heures payées 35 »
« Les Français découvrent les vertus des entreprises qui marchent, ils sont prêts à voir leurs services publics réduits, car ils ont compris que le système actuel ne marche plus », assure l’ex-ministre de la Défense. « D’abord, première mesure, il faut le passage à 39 heures payées 35 ! » s’exclame-t-il. « Est-ce que notre destin est de voir notre pouvoir d’achat se réduire, un chômage massif, des prélèvements obligatoires augmenter pour un déficit qu’on n’arrive plus à réduire, car il n’y a pas assez de production ? Ou essaie-t-on de renverser la vapeur ? » s’interroge-t-il.
Hervé Morin prône également « une réduction des charges sociales avec une baisse des cotisations patronales familiales » et la « mise en place d’un contrat de travail unique ». « Pour que les entreprises n’aient plus peur d’embaucher, il faut aussi qu’elles puissent licencier », affirme Hervé Morin.
Source : http://www.lepoint.fr/economie/herve-morin-il-faut-passer-aux-39-heures-payees-35–28-01–2014-1785039_28.php