http://www.unspecial.org/2013/04/democratie-et-constitution/
Encore une synthèse, pardonnez-moi : vous allez trouver ça saoulant, à force.
Le journaliste, Nicolas-Émilien ROZEAU du site UN Special (avec qui j’ai passé quelques heures au téléphone) a bien résumé l’essentiel, je trouve. Merci à lui.
Étienne Chouard, vous êtes enseignant en économie-gestion en France. Vous êtes également un philosophe politique. Qu’y-a-t-il de si passionnant dans la philosophie politique ?
Je suis un philosophe politique amateur, bien sûr, comme nous devrions tous l’être. Suivant la façon dont nous l’exerçons, cette activité intellectuelle peut nous donner des moyens inédits pour régler la plupart de nos problèmes, qui ne sont pas techniques mais politiques, y compris la pollution, le chômage et les bas salaires que nous saurions très bien résoudre ; mais nous avons un sacré problème politique, avec nos prétendus « représentants ».
Une des raisons d’être de la philosophie politique, c’est d’essayer d’organiser au mieux la vie ensemble pour éviter que règne l’arbitraire de la loi du plus fort, pour que l’on arrive à vivre ensemble sans s’entretuer, tout en se protégeant contre l’adversité. Manifestement, la philosophie politique ne tient pas ses promesses, et c’est parce que seuls les puissants s’en occupent. Ceux qui ont du pouvoir et ceux qui ont beaucoup d’argent ont un intérêt personnel et vital à faire de la philosophie politique, de l’économie et du droit. L’appropriation de ces clefs assure leur domination durable. Elles pourraient aussi être les clefs de notre libération, si nous autres, les 99% restants, les pauvres, nous nous les appropriions.
Est-ce que les peuples s’intéressent à la vie de la cité du point de vue politique ?
La vie moderne pourrait laisser croire que non. Aujourd’hui, après des siècles de conditionnement avec des institutions infantilisantes, nous avons désappris à faire de la politique. Mais il y a des tas d’exemples qui montrent qu’à la première occasion, l’homme est resté un animal politique. Il est prêt à agir à la condition que sa voix soit prise en compte. Avec de bonnes institutions, on s’apercevrait que les humains réapprennent très vite et ont le goût intense de l’action politique.
Qu’est-ce qui domine actuellement dans notre société ? De façon entretenue, manipulée, voulue, je dirais : la division, l’atomisation. Y compris la division de la pensée. Le zapping est une habitude que l’on entretient à la télévision. Nous n’arrivons plus à nous concentrer. Dès lors, nous n’arrivons plus à seulement VOULOIR un projet global cohérent. Il ne faut pas laisser les médias, c’est-à-dire les professionnels de la désinformation, nous distraire. C’est à nous de nous émanciper de nos maîtres en nous formant entre nous, par éducation populaire.
Finalement, en courant après un gain de productivité et de compétitivité, n’avons-nous pas scié la branche sur laquelle nous étions tous assis ?
Le libre-échange, qui n’intéresse — depuis toujours — que les multinationales, aura notre peau. Il ruinera les peuples comme il l’a toujours fait. Le libre-échange n’a jamais enrichi aucun pays. Tous les pays riches ont toujours été protectionnistes. Tous. Tous les pays pauvres sont ceux qui ont supprimé leurs protections, souvent de force. C’est une course non nécessaire et perdue d’avance qui nous entraîne, en plus, dans des gaspillages éhontés. Alors que l’on devrait tâcher de vivre une frugalité heureuse comme le suggère Pierre Rabhi.
Là encore, le problème est politique car ce sont les multinationales qui dirigent leurs marionnettes politiques, en achetant les médias qui permettent de les faire élire. Dans ces conditions, ce n’est pas étonnant que l’intérêt du plus grand nombre soit négligé et celui de la minorité (les banques) favorisé. L’impression est trompeuse, mais l’offre politique est unique. Napoléon le disait : « il faut enduire les actes d’une confiture de paroles. ». Nous y sommes. Mais ce n’est pas une fatalité. Relisez le Contrat Social de Rousseau, chapitre « des députés ou représentants » sur les désastres causés par la démission du citoyen. C’est d’une actualité brûlante.
Les médias jouent-ils encore leur rôle d’information ?
Les médias sont une pièce maîtresse de la domination politique des pauvres par les ultrariches. Les pauvres, c’est nous tous, 99%, et les 1% riches sont une poignée de gens hyperpuissants : ils ont compris avant tout le monde comment on créait la monnaie et depuis, ils ont tout acheté, y compris le politique.
Les médias devraient être sous la protection de l’État, comme le pouvoir judiciaire. Évidemment, l’État ne devrait pas pouvoir s’ingérer dans les affaires médiatiques. Les journalistes devraient être protégés par le peuple parce que nos libertés dépendent de leur indépendance. Aujourd’hui, nous sommes dans une situation dramatiquement inverse : nos journalistes dépendent pour leur survie des puissants qui les font vivre. Ils se croient libres ; ils sont en fait au service du pouvoir. Ce ne sont plus des sentinelles du peuple, mais des collaborateurs des tyrans.
Comment se répartit la responsabilité de ce que nous vivons actuellement ?
Je ne trouve pas les causes du problème dans ceux qui nous mentent, nous violent et nous volent. Ils sont dans leur rôle : tout pouvoir va jusqu’à ce qu’il trouve une limite. C’est nous qui sommes éteints politiquement, peureux et paresseux. Il en va pourtant de notre responsabilité de changer les choses. Quand un pouvoir abuse, cela ne sert à rien d’essayer de changer ce pouvoir : c’est dans sa nature d’abuser, il essaiera toujours. Il faut donc lui résister comme il faut. Qui fixe les limites ? La limite des pouvoirs est normalement inscrite dans la Constitution. Ce n’est donc pas aux hommes au pouvoir, ni aux hommes de partis, ni aux parlementaires d’écrire la Constitution. Tout est là ! Nous devons créer dans nos communes des assemblées constituantes citoyennes.
Quelle définition donneriez-vous aux mots « citoyen », « électeur » et « démocratie » ?
Un citoyen est une personne qui accepte d’être gouverné par les lois qu’il a votées lui-même, directement. Il est autonome : il a produit lui-même le droit auquel il consent à obéir. Au contraire, un électeur est hétéronome ; il subit le droit écrit par quelqu’un d’autre qui est son maître. Une démocratie, c’est un régime de citoyens, au sein duquel le peuple tire au sort et contrôle ses représentants pour qu’ils restent toujours à son service. Aujourd’hui, nous vivons en ploutocratie.
La révolution est-elle une solution ?
Oui, mais seulement si elle est bien préparée. Sinon, les mêmes causes généreront les mêmes effets. Les professionnels de la politique écriront la Constitution et ils reprendront le pouvoir. Les banques feront du lobbying pour imposer leur monnaie privée et elles reprendront le pouvoir également. Les usuriers recommenceront à circonvenir les constituants. À ce jour, aucun peuple n’a été capable d’être constituant.
Il y a des milliers d’acteurs qui pensent et agissent pour un autre monde, pourtant rien ne semble changer. Pourquoi ?
On dénonce souvent et fort bien les dangers (pesticides, publicité, libre-échange…) avec toutes les solutions techniques, mais sans rien changer depuis 50 ans : il faut se rendre à l’évidence. Au lieu de dénoncer les conséquences de notre impuissance politique, prenons le problème à la racine, soyons radicaux, et écrivons nous-mêmes la Constitution dont nous avons besoin ! Car il faut d’abord instituer notre puissance politique, et seulement ensuite discuter des solutions. Regardez les banques : elles l’ont, leur constitution… Elles ont écrit elles-mêmes la Constitution européenne !
Tous les gens qui œuvrent pour un autre monde doivent enfin se réunir pour introduire cette idée centrale et commune dans leur action.
Le mot de la fin ?
Il n’y aura pas de prospérité sans monnaie publique. Il n’y aura jamais de monnaie publique (gratuite et permanente) sans démocratie. Et il n’y a pas de démocratie sans tirage au sort. Cela s’applique à toutes les nations, c’est une réflexion à portée universelle.
Pour creuser la question : https://old.chouard.org/Europe
Source : UE http://www.unspecial.org/2013/04/democratie-et-constitution/

Mélenchon semble plus ouvert sur une constituante populaire d’après les expériences équatorienne et vénézuélienne :
« C’est de cette Constituante dont il faut parler de nouveau haut et fort. Car ce n’est pas une lubie idéologique que cette idée. C’est une réponse concrète à une question concrète. C’est elle, d’ailleurs la réponse complète au large problème posé.
Car du simple fait qu’il s’approprie la définition de la règle commune le peuple redevient acteur et propriétaire de la société. Le faisant il se refonde lui-même. Il s’unifie en se définissant. La seule carte d’identité rend constituant. La Constitution ne se contente donc pas de s’imposer à tous elle appartient à tous. Évidemment, il faut pour cela qu’il y ait une Constituante !
Et il faut qu’elle soit préparée par une implication populaire de grande envergure. Les équatoriens fixèrent un lieu et un délai de plusieurs mois pour préparer ce qu’ils auraient pu régler à l’ancienne entre juristes en une semaine. Vers ce lieu convergèrent des délégations populaires de tout le pays.
Au Venezuela on fixa aussi un délai et les articles proposés furent mis en débat dans tout le pays, expliqués et critiqués quartier par quartier, imprimés sur tous les supports de communication les plus quotidiens comme l’emballage des paquets de pâtes alimentaires… »
http://www.jean-luc-melenchon.fr/2013/04/05/que-diriez-vous-dune-marche-pour-la-sixieme-republique-le-5-mai-prochain/
L’Homme et la Femme sont cet animal politique, oui, ils en ont la capacité, le potentiel, ce pragmatisme obligé comme cet idéal intrinsèque… mais ne pas oublier que c’est bien la loi du Talion et toutes ces forces de l’Ombre agissantes qui dirigent l’Humanité et perturbent quelque peu ledit potentiel et cette appropriation démocratique de ces clefs fondamentales.
La propagation des gentils virus est primordiale mais la chose publique et la seule Ethique ne sauraient à elles seules faire enfin pencher la balance dans cette direction plus souhaitable au bien commun comme à la liberté de chacun, c’est du moins mon sentiment ; ce combat-là, cette démarche nécessitent autrement plus de recul et de foi, cette foi non seulement susceptible de soulever des Everest mais cette intelligence et cette volonté aussi éclairées que légitimes.
Il est un paradoxe au coeur de toute chose, de l’existence humaine comme de la chose publique : il y a bien cet élitisme originel et subjectif qui va penser et désirer pour autrui ce qui est bon et pour tous et pour lui-même. Il y a quelque chose d’essentiel au coeur de toute volonté_comme il y a de la simplicité et de l’humilité au coeur de tout absolu.
Il est temps, parallèlement à la propagation de toutes ces idées, du tirage au sort, de l’Iségoria, de la Constituante, de tous ces mécanismes institutionnels garantissant cette indépendance et cette souveraineté démocratique, d’unir nos voix, nos démarche et cette volonté communes, un collège au sommet de tous ces penseurs et donneurs d’alerte dont vous faites partie, ETIENNE, ce devoir et cette responsabilité politique et philosophique qui sont les vôtres, non un club de pouvoir mais bien cette communauté de pensée et d’action prenant acte et légitimité dans sa démarche opérante et sa médiatisation obligée… et cela déborde autrement ces gentils virus qui ne sont qu’un des multiples maillons de ce grand-tout libertaire_tel ces mandats non renouvelés et ce droit de chacun à pouvoir s’exprimer, mais cet Ethique, mais cet Idéal, mais cette Volonté, fut-elle celle d’un seule mais c’est bien de tous et de cet intérêt mutuel et individuel dont il s’agit : la qualité de cette Idée ne pouvant s’exprimer que dans la réalité de cette Quantité commune et collective.
Toujours aussi important de rôder sur le Plan C et de relire Etienne Chouard !
Et ici, la manière dont le texte progresse me semble fort pertinente (et digeste) pour amener aux principes fondamentaux de la pensée des lieux. Le déroulement vers le summum est limpidissime.
Deux petites remarques :
L’Etat n’est peut-être pas le seul modèle d’organisation sociale !
Et le lien entre prospérité et frugalité heureuse est peut-être à enrichir un peu, d’autant que le « développement » et la « croissance » sont si connotés et kidnappés par les forces de l’argent (de même que l’économie est assimilée au capitalisme).
Autour de la 10ème minute, Cahuzac indique en clair les institutions (européennes) comme cause de notre impuissance.
bingo
Si c’est de bonne foi et que ça n’est pas des paroles en l’air, ça peut être intéressant. Il me semble qu’Etienne avait déjà essayé de le contacter sans succès.
Toute personnalité, toute personne influente peut être approchée car, en même temps que la virimania des GV, le soutien ou l’intérêt à la Cause des causes comme une médiatisation de notre volonté et démarche sont bons à prendre, qui plus est, un politique… oui et non, ou plutôt non en ce sens que nous nous attaquons bel et bien à son gagne-pain, excepté bien sûr si il est tout disposé à changer de travail un jour… et je parle bien ici d’un vrai travail et non de cet emploi si servile et si pernicieux dont parle si bien Bernard FRIOT – http://www.dailymotion.com/video/xdrm57_bernard-friot-la-retraite-c-est-rev_news
Qui se sentirait capable de dresser une petite liste accompagnant le nom d’ETIENNE, susceptible d’animer un jour une conférence de nature historico-constitutive ?…
Moi me viennent des noms comme FRIOT, justement, Alain SORAL, Pierre RHABI, Henri GUILLEMIN, Jean-Jacques ROUSSEAU… oui, évidemment, certains sont morts, juste pour dire qu’il y a bon nombres de noms que j’ignore encore, comme certains ici ont autrement plus de culture et de connaissances que je n’aurai jamais… d’où cette question de ma part.
Evidemment, ces futures conférenciers doivent être intègres, incorruptibles, tout autant passionnés que désintéressés.
Manifestation le 17 avril :
STOP À L’IMPOSTURE FINANCIÈRE DES BANQUES
https://www.facebook.com/events/459217494141641/?ref=ts&fref=ts
On peut proposer des slogans pour la manifestation et voter pour les meilleurs.
Je viens d’en mettre 3 sur le tirage au sort et la constituante.
Si nous votons tous pour, ils arriveront dans le groupe de tête. Énorme !
Wikicrate
@ EFFAB :
Pour l’économie je te recommande Frédéric Lordon. Un vrai hétérodoxe qui manie délicieusement la langue française, ce qui ne gâche rien.
Lordon chez Taddeï, vidéo mise en ligne le 12 octobre 2011.
Oui, une intervention très pertinente sinon magistrale, cette leçon de chose ou cette prise d’otage par le système bancaire du citoyen et de son devenir… (à partir de 6’25)
Oui, certains savent très bien parler, d’autres utilisent à l’excès (ou cette inversion) cette langue française… fort heureusement, d’autres en sont à ce point pétri qu’il ne peuvent ni mentir ni même tromper qui que ce soit, et là est la force et la légitimité de tout rousseauiste inné et respectueux : savoir dire non quand il serait si facile de dire oui_et nuancer à l’envie et à l’extrême le moindre mot puisque c’est dans cette interconnexion syntaxique incessante et imprévisible que vont s’enrichir mutuellement tout langage et toute pensée… les mots pour le dire mais la façon pour le faire.
Grand merci à toi, TANGUY, pour LORDON, une nouvelle pierre à mon temple de la déconstruction !
J’ai une petite question qui m’a été posée dans un débat et à laquelle je n’avais pas d’autre réponse que, « c’est une question qui se posera » : admettons qu’on « bascule » dans un régime démocratique, qui représente la France dans les instances internationales ?
Très bonne question, VINCENT, très pertinente mais comme tout ce qui touche à la vraie démocratie, rien d’impossible et rien que des solutions puisque l’intérêt de tous est en jeu et détermine tout le reste et non l’inverse.
Soit on imagine un corps diplomatique ou disons plutôt des représentants élus ou tiré au sort pour cela, soit on délibère au cas par cas ou cet intérêt communautaire : ces échanges purement économiques et culturels_comme cette autonomie et cette philosophie de vie… mais certains ici te répondront certainement mieux que je ne le fais de façon évasive.
Comme on peut imaginer aussi ce basculement historique agissant en divers lieux comme à diverses niveaux, mais c’est là un autre sujet, relevant autant de l’égrégore, du hasard, de la destinée, du quantum voire de cet absolu ou de cet infini qui nous échappe et qui nous dépasse… ici commence cette humilité politique en même temps que cette Lumière et cette Volonté, pour rebondir sur les mots de BRIGITTE – @169, http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2013/03/25/315-rendez-vous-a-paris-le-4-avril-2013-avec-michel-rocard-sur-la-vision-a-long-terme-en-democratie#c14782 – et d’autres du même acabit que j’avais lus ici il y a quelques temps : ce sens à trouver et cette conscience à avoir qui déterminent de tout équilibre et de toute harmonie_ces animaux que l’on doit respecter et cette nature humaine qu’il faut libérer tout en l’émancipant, et d’elle-même et d’autrui, cette autonomie d’action mais ce communautarisme obligé.
J’en reviens à ces penseurs, éclaireurs, donneurs d’alerte, conférenciers auxquels je faisais allusion en @6.
Je suis persuadé qu’il faille un collectif agissant, synthétisant et représentant ce grand mouvement alternatif et démocratique ; ces compétences, ces pédagogues et ces orateurs (au sens le plus noble et le plus technique qui soit) capables d’investir l’espace public comme de délibérer face à qui que ce soit, ce collège élitiste et agissant porteur de cette volonté commune, porte-parole de cette Légitimité des peuples et des individus à prendre leur destin en main… mais qu’il soit bien clair qu’ils n’ont aucun pouvoir et ne sont eux-mêmes qu’au service de la Constituante et de ce nouveau projet sociétal d’une démocratie réelle et participative basée sur le tirage au sort et l’implication de tous ses citoyens.
Elitiste car c’est nous qui allons les nommer, comme il me semble évident, par exemple, de proposer à ETIENNE de devenir l’un de ces collégiens, ce qu’il fait déjà très bien tout seul, lui et sa modestie compulsive, lol. Mais l’enjeu et la réalité sont telles qu’il est grand temps de commencer à mettre en commun ces revendications démocratiques car, sinon, tout cela ne restera que vaines et belles intentions.
C’est pour cela, j’aimerais que nombreux parmi citent des noms : ses préférences, ses préférés, de la pertinence et/ou de la passion de ce choix ; que nous recoupions tout cela, histoire un jour-bientôt d’instituer une tête pensante et commune à tous qui prenent enfin acte et légitimité, et qui incarne et réprésente ce renouveau humanitaire et ce projet sociétal en commun.
Prouvez-moi que l’idée est absurde sinon faite montre de votre liberté de choix et ce pouvoir de nommer une compétence suffisamment intègre et capable de représenter votre utopie aussi bien que vos intérêts.
Merci
@ Vincent
Salut,
La question diplomatique en démocratie peut être abordée de la sorte :
A mon sens, elle doit combiner l’élection et le tirage au sort.
- L’élection libre (donc sans candidat) d’une ou plusieurs personnalités qu’on estime capables de représenter la France pour les discours, les serrages de paluches, les signatures de traités et autre protocoles.
- Pour démocratiser l’opération, je visualise un petit groupe de tirés au sort qui forment la délégation pour contrôler, transmettre la parole du peuple…
@ EFFAB
Content que Lordon te plaise, c’est pour moi une référence en économie.
En matière de relations internationales, j’aime bien Michel Collon. Si tu ne connais pas déjà, c’est souvent un régal.
Bonsoir,
5 Mai 2013, marchons pour la République par lepartidegauche
Y aura-t-il des GV parisiens pour porter des pancartes « Assemblée Constituante tirée au sort ! » à cette marche du 5 mai pour la 6ème République ?
« Porter la plume dans la plaie »
L’émotion d’Edwy Plenel dans Le Monde vu par… par franceo
Je l’ai découvert sur Planète révélations, à l’occasion du Mali : sa connaissance de la situation et sa pertinence en font un excellent spécialiste des affaires étrangères et géostratégiques, si je ne me trompe pas.
Libye, Otan et médiamensonges – Manuel de contre-propagande (2011) et La stratégie du chaos : Impérialisme et islam (co-rédigé avec Grégoire Lalieu) sont apparemment des mines d’informations sur le sujet.
Donc, un éminent spécialiste des relations internationales et de tous ces rouages diplomatiques ou plus radicaux qui y sont associés en temps normal… peux-tu m’en dire encore un ou deux mots, TANGUY, toi qui sembles beaucoup l’apprécier, et à juste cause… est-il ouvert également à un tel projet sociétal tel que nous le concevons ? et pourrions-nous compter sur lui ? moi qui, au même titre, aimerais tellement compter sur Michel ONFRAY pour allier à la Cause son discours libertaire à notre légitimité démocratique.
@ Catherine B,
Les sages et les philosophes sont de plus en plus jeunes, je crois que cela est plein d’espoir…
À propos de la première question de Nicolas,
et de la légitimité de tout humain à réfléchir et s’exprimer en politique,
je rappelle la formidable introduction de Rousseau au Contrat social :
Je veux chercher si, dans l’ordre civil, il peut y avoir quelque règle d’administration légitime et sûre, en prenant les hommes tels qu’ils sont, et les lois telles qu’elles peuvent être. Je tâcherai d’allier toujours, dans cette recherche, ce que le droit permet avec ce que l’intérêt prescrit, afin que la justice et l’utilité ne se trouvent point divisées.
J’entre en matière sans prouver l’importance de mon sujet. On me demandera si je suis prince ou législateur pour écrire sur la politique. Je réponds que non, et que c’est pour cela que j’écris sur la politique. Si j’étais prince ou législateur, je ne perdrais pas mon temps à dire ce qu’il faut faire ; je le ferais, ou je me tairais.
Né citoyen d’un État libre, et membre du souverain, quelque faible influence que puisse avoir ma voix dans les affaires publiques, le droit d’y voter suffit pour m’imposer le devoir de m’en instruire : heureux, toutes les fois que je médite sur les gouvernements, de trouver toujours dans mes recherches de nouvelles raisons d’aimer celui de mon pays !
Rousseau, « Du contrat social » (1762), introduction.
• http://fr.wikisource.org/wiki/Rousseau_-_Du_contrat_social_%28texte_complet%29
• Autres textes (importants) de Rousseau : http://classiques.uqac.ca/classiques/Rousseau_jj/rousseau.html
A propos de la vidéo présentée par Catherine (19)
brièvement ce que ça allume en moi :
-personnes morales : nous créons des entités non humaines qui ont nos droits et en abusent, pour nous gouverner. Nous nous sommes fait posséder. Littéralement.
-esprit cartésien : s’il est nécessaire pour analyser, il nous écarte de la perception de l’unité. Le fin du fin, c’est le chamanisme scientifique, la rigueur aux aguets du subtil. Un tango torride de la raison et de l’imaginaire. S’engager, c’est décider de voir et de reconnaître ce que l’on voit. S’engager, c’est maintenir le pouvoir voir au delà de l’opportunité fugace. Oser écarter le rideau opaque de l’évidence.
((( mon job, c’était les maths, et j’ai fréquenté le chamanisme de très près, donc cette vidéo me parle)))
-nos anciens modes : nous sommes dans la civilisation du donnant-donnant, de la défiance, et de l’appropriation, vérue que la nature ne va pas supporter longtemps. Nécessité vitale de changer.
-Réalité : le monde n’est pas celui qu’on perçoit mais celui qu’on refuse de percevoir.
Il n’est pas rigidifié par le vrai/faux que nous aimerions lui imposer mais au contraire infiniment souple et imprévisible. Il est à la fois unité et détail. Le principe de l’effet et de la cause n’y est pas absolu.
-L’intelligence n’est pas la conscience.
-La pensée aléatoire : développer l’attention, la concentration, et la liberté de choisir en soi le calme de la pensée adéquate, cela est un vrai travail, que nous négligeons. Lorsque ce travail n’est pas en cours, le corps est provisoirement vide de sens et l’homme est plus robot qu’humain.
C’est le fait d’être conscients de et attentifs à notre pensée, et de la choisir, qui fait de nous des êtres libres. État rare …
-Crédibilité : le faire est plus crédible que le dire ( cf incredible edible versus Fresco)
Très riche vidéo 🙂
ETIENNE,
J’aimerais savoir ce que vous savez et ce que vous pensez de ce projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Monts…
Croyez bien que ma question n’est pas anodine tant cette idée qui vient de me traverser l’esprit ne semble pas vouloir en sortir, petite pépite peut-être ou ce trait d’union possible entre une problématique isolée et cet enjeu sociétal et communautaire qui nous réunit tous ici.
Dans l’espoir de vous lire à ce sujet
Fabien
A propos de cette conférence de Marc de la MENARDIERE, citée par CATHERINE :
Le Monde selon Monsanto
The Corporation
We feed the World
Oui, omme il le dit si bien, l’eau est bien ce bien commun et non ce produit de luxe.
Vandana Shiva, écrivain, écologiste, physicienne indienne, Noble alternatif, qu’on a pu voir dans le film de Coline Serreau, Solutions locales pour un désordre global, ce doumentaire où j’ai déouvert, en ce qui me conerne, Pierre RHABI.
5’18… cette séparation cartésienne qui nous a séparé de nous-mêmes et a quantifié sinon évincé ces choses essentielles…
7’38… les problèmes du monde actuellement sont liés à nos coyances, en fait, ce sont simplement les crises que nous traversons_sont les symptômes d’une représentation du monde et qu’il fallait repenser notre rapport à la nature et notre rapport à l’invisible, au sacré… eh oui, nous en revenons toujours à SCHOPENHAUER, à ROUSSEAU, à… Terence MALICK ou EFFAB, c’est comme vous voulez – j’assume mon côté Lumière, même si je ne serais jamais Kal-El, ma mère s’appelant Françoise et mon père Louis et non Jor-El et Lora
9’50… cet autre dimension de l’être et de l’existence, cette conscientisation comme ce potentiel et cette ouverture quantique…
12’50… ces structures, ces institutions n’étaient pas en phase avec la vie… qui va créer ce nouveau monde ?… est-ce que c’est les professionnels de la politique ?… tous ces gens ordinaires qui font des choses extraordinaires, qui inovent à partir d’une autre mentalité, à travers un autre rapport… mais…
…
Merci ETIENNE
Merci CATHERINE
@ EFFAB
Salut l’ami,
en ce qui concerne Michel Collon, je ne l’ai jamais vu ou lu à propos de démocratie à proprement parler. Il m’arrive de percevoir quelques bribes de pensée démocratique dans son discours mais son sujet de prédilection est habituellement la situation internationale.
Il dirige un site qui s’appelle Investig’action (où j’avais déjà laissé un ou 2 messages leur conseillant d’interviewer Étienne Chouard mais qui sont restés sans réponse) dont voici le lien :
http://www.michelcollon.info/
Bien à toi, VIRUS EN TONGS…
Tu en sais plus que moi au sujet de michel COLLON, c’est certain. Comme ne pas aborder le fait Constituant et ne jamais parler de Constitution n’a rien de dommageable_là où il peut y avoir problème c’est si la personne rejette tout tirage au sort ou quelques fondamentaux démocratiques que ce soit.
Nous avons besoins de toutes les compétences, ne nous refusons pas tout ce qui pourrait nous faire défaut, nous qui savons très bien combien chaque voix et chaque volonté sont ici nécessaires et déterminantes, ce postulat fondamental entre le tout et le un, entre la communauté et le citoyen.
J’ignore si ce collectif et ces ambassadeurs de ce vaste projet sociétal démocratique pourrait intéresser un Michel COLLON et bien d’autres, mais je reste persuadé qu’il faut poursuivre l’idée et tenter de rassembler de ces éclaireurs et autres sonneurs d’alerte ; les choisirs parce qu’il y va de notre intérêt, à eux d’accepter ou non ; voire de les tirer au sort si la liste était trop longue et ces dissensions entre nous quant à tel ou tel choix.
J’ai voulu la réécouter cette conférence et c’est mission impossible, ça se coupe tout le temps.
Je suis passée de Mozilla à Google chrome, mais c’est pas mieux, je ne comprends pas pourquoi il est si difficile parfois d’écouter une conférence, simplement.
Bon, moi, ce qui m’a plu dans cette conférence, c’est le renversement, la conversion des pôles.
Un homme, gentil, « propre » sur lui, doux de prime abord, rien d’un méchant conspirationniste aux dents aiguisés suceurs de sang comme on peut les imaginer parfois, qui soutient la structure du système et qui va, au décours d’un banal événement comprendre sa fonction délétère à l’intérieur d’un système perverti et qui dès lors, après moult interrogations et rencontres, va converger vers l’autre pôle.
C’est très réconfortant de constater cela, car ça dit de la vitesse que peut prendre le processus de retournement.
Oui, Fabien, cette ouverture de la psyché qui réconcilie les divorcés, cette fantaisie créatrice comme l’appelle Jung qui épouse les contradictions, chose(matérialisme) et idée( idéalisme) pour en faire du vivant( psyché du vécu)… Chaque terme est juste et nécessaire mais doit obéir au final à un ordre supérieur et cet ordre supérieur c’est celui de la vie, cette conjonction de coordination qui conjugue les inconciliables, mais ils ne sont inconciliables qu’au niveau de notre lecture brute, avec le travail, la manière, la mayonnaise entre idée et matière risque possiblement de s’homogénéiser…Ni trop, ni trop peu, juste pour se tendre à nouveau et chercher son équilibre toujours dans ses errements chaotiques !
Quand tout semble avoir été déjà dit et ce de façon si belle et si inspirée, que pourrions-nous encore y ajouter, chère CATHERINE, tant ceci me semble si limpide, si pertinent, si irréfutable_si l’on veut bien se poser les vraies questions tout en se persuadant enfin que rien n’est impossible si nous le voulons bien et reconnaissons nos limites au même titre que cet absolu qui nous dépasse et nous inspire…
… et quand les mots ne suffisent plus pour décrire la réalité et exprimer tout cet infini, tout ce potentiel, toute cette démesure, la musique alors peut prendre le relais et porter à son paroxysme ce ressenti et cet idéal.
Grand merci à cet artiste, Misié Sadik, sauf erreur de ma part, il a très bien saisi cette marche en avant, cette ®evolution majeure de l’Humanité et ce combat de titans qui oppose l’Ombre et la Lumière, peu importe qui ou quoi se cache derrière ces notions et ces partis pris, ces réalités ou ces fantasmagories, le fait est que l’ignominie et l’injustice règnent ici-bas, et ça c’est inexcusable, intolérable, et tout cet amour, toute cette intelligence en nous ne peuvent ni le concevoir ni l’accepter.
ÉTIENNE, pardonnez-moi ces apartés, ces hors-sujets qui n’en sont peut-être pas vraiment
mais je me fie trop à mon intuition et à ces questionnements pour me taire plus longtemps et ne point exprimer ma voix, mon vote, ma volonté… comme tout un chacun ici, citoyens libres et consciences éclairées, même si il y a encore bien du chemin en ce qui me concerne question éveil et tutti quanti, lol.
Merci. Merci infiniment à vous d’exister et de m’autoriser cette liberté de dire tout ce qui me passe par la tête, ce pouvoir qu’on nous restreint en général mais cette égalité de fait et de principe.
Oui, je sais, la musique et son lyrisme, la musique et cette quintessence solennelle, les mots qui dépassent la pensée ou cet esprit en roue libre tel Icare coupé de toutes ses réalités… mais c’est bien de cela dont il s’agit, accepter ce monde tel qu’il prétend être, entre pseudo-raison et spoliations en tous genres_ou exiger tout ce dont la liberté ne peut se passer ni s’interdire… car il est si doux et si jouissif de donner sans compter et de recevoir sans jamais rien attendre, cette abondance comme cette beauté et cette richesse intrinsèque en toute chose et partout, ce sourire comme un trésor,ce fruit mûr comme la plus délicieuse chose à cueillir et à savourer.
Bonjour Etienne (et bonjour à tous),
Juste quelques réflexions qui me sont venues à la lecture des deux articles de La Croix et de UN Spécial.
Les journalistes aiment étiqueter et vous n’êtes pas facile à l’être. Dans UN Special, vous êtes promu « philosophe politique » ! Est-ce parce que le journaliste veut se hausser en montrant qu’il invite des « gens importants » ? Est-ce lié au contexte suisse, qui est favorable à la démocratie ? Est-ce lié à l’esprit issus des pays anglo-saxon de l’ONU, où l’on révère moins les titres, et où tout qui disserte des institutions peut se voir nommé « philosophe politique ». Cela me semble en tout cas tout à fait cohérent avec le modèle démocratique, où idéalement, tout citoyen devrait être un peu philosophe politique. C’est aussi le raisonnement de Chomsky a qui l’on a reproché de n’être que linguiste et n’avoir aucune >légitimité< (ce mot m’a toujours bien fait rire) pour critiquer la politique. Il explique que justement sa critique consiste à combattre le principes de « philosophes politiques » professionnels, alors qu’en démocratie, ce ne devrait pas être une discipline réservée à quelques-uns.
Inversement, dans la Croix, vous êtes qualifié de « enseignant et blogueur ». Autant dire – c’est ce que le lecteur entend – « un baba cool ». Ce qui bloque encore la diffusion de vos thèses, c’est qu’au niveau des médias mainstream français, on reste encore très attaché au titres qui fondent la respectabilité. C’est un peu analogue à ce que décrit Marion Sigaut lorsqu’elle explique qu’elle a dû d’abord obtenir son diplôme d’historien avant de pouvoir publier ce qu’elle avait à dire (on est en plein dans la parabole de l’astronome turc du Petit Prince).
Je pense que la publication de votre livre sera bien une étape déterminante dans l’obtention de cette respectabilité. Je ne crois pas que son contenu révolutionnera par son contenu conceptuel. Il est difficile d’apporter encore beaucoup de choses novatrices sur le tirage au sort après les travaux de Bernard Manin et Yves Sintomer. Vous n’êtes pas homme à écrire des traités théoriques. Votre apport dans le combat démocratique, ce sont toutes les conférences que vous effectuez aux quatre coins de la France, le fait que vous ayez cette capacité à emporter immédiatement l’adhésion de votre public, et le plaisir que l’on a à vous écouter. C’est clair : alors que vos vidéos ont quelques dizaines de milliers de visionnages, Sintomer n’en a que quelques centaines (je ne veux pas être méchant, mais c’est vrai qu’il faut être motivé pour l’écouter pendant toute une conférence …). Vous avez plus un rôle de Robespierre que de Rousseau.
Seulement voila, dans la société médiatique actuelle, dire quelque chose sur une vidéo internet et l’écrire dans un livre, ce n’est pas la même chose. C’est bête mais c’est ainsi. Je pense que d’une part les 20.000 auditeurs qui vous suivent seront une « légitimité » qui parlera à l’éditeur auquel vous proposerez votre manuscrit. Et d’autre part, une fois celui-ci publié, vous serez promu « écrivain politique », ce qui à mon avis ouvrira plus de portes dans les médias à grande audience. Cela devrait sans doute permettre de crever le plafond de verre actuel pour la propagande démocratique.
PS : Juste un dernier mot pour signaler un petit texte que j’ai découvert. Excusez-moi s’il est déjà connu de la communauté. C’est un dialogue de Francesco Guicciardini sur les arguments respectivement en faveur de l’élection et en faveur du tirage au sort des fonctions publiques à Florence en 1494 (traduit par Sintomer). L’intérêt est de montrer les avantages des deux principes pour des gens qui avaient pu réellement expérimenter les deux pratiques, à l’échelle d’un état dans une société proche de la nôtre. C’est très vivant. La neutralité de l’exposé par Guicciardini est remarquable (il est personnellement en faveur de l’élection). On retrouve en faveur de l’élection l’argument central de nos oligarques : la compétence.
Il y est aussi décrit un phénomène fondamental dont je n’avais jamais vraiment compris l’explication finale : pourquoi l’élection aboutit-elle à un résultat aristocratique ? Le deuxième dialoguiste explique bien ce qui se passe : les patriciens se refusent à voter pour un candidat issu de la plèbe. On a donc les votes suivants :
Au total, on a donc que : le nombre de poste étant restreint et confié aux personnes ayant recueilli le plus de voix, ce sont tous les candidats des classes supérieures qui sont élus (plus quelques-uns des classes inférieures s’il reste des places à pourvoir).
Si j’ai bien compris, le tirage au sort l’a finalement emporté en 1496, et a été pratiqué jusqu’au retour au pouvoir des Médicis.
Bonne semaine.
Ronald
Très intéressantes analyses et suggestions, RONALD, des pistes à suivre, ces réalités comme cet espoir, cette possibilité enfin de crever le plafond de verre actuel pour la propagande démocratique, même si la passion des GV et leur propagation douce et quotidienne fait sa part et y contribue à sa façon, avec ses moyens.
Oui, ETIENNE est bien comme un ambassadeur doué d’un très bon pédagogue et d’un très bon orateur (délibérateur), il a la maîtrise de son sujet comme la passion de celui qui vise juste, à tous les sens du terme… il n’empêche, ce travail de synthèse n’en est pas moins essentiel et fondamental, et ce petit plaisir tout en même temps, ce travail parachevé comme cette estime de soi, cette jouissance et cerise intellectuelle, cette conséquence finale (et momentanée) à toutes ces causes : La Cause des causes !
Une hypothèse :
Le degré de démocratie d’un pays serait en partie explicable par le mode d’agrégation de son territoire en des temps anciens.
Pays observés : France et Suisse
1) France
Après la chute des carolingiens, le territoire français se (re)constitue selon trois ou quatre modes :
-mariages entre familles suzeraines
‑luttes intestines au sein de familles dominantes
‑conquêtes militaires
‑traités ( Celui de Turin par exemple, suivi d’un plébiscite truqué )
Ce mode d’agrégation est yang, agressif, sans écoute des peuples régionaux.
Quand le pays annexé est en marche vers la démocratie ( cf Corse avec Paoli ), cet élan est cassé.
Cette dynamique « constructive » est clairement orientée vers le principe d’un pouvoir central.
Une telle Histoire façonne l’Esprit d’une nation, qui aura par la suite beaucoup de peine à s’arracher à sa tradition et à concevoir autre chose que le centralisme autoritaire ; et les saines pulsions vers la gestion éthique ne peuvent qu’accoucher du parlementarisme. S’ensuit une fausse démocratie et une fausse régionalisation.
Et c’est imprégnée par cette Histoire que la France participe < malgré l’opposition d’îlots de conscience > à l’agrégation européenne, dans le même mécanisme d’édification de structures autistes et autoritaires (parfois débiles 😉 )
2) La Suisse
La confédération démarre avec le serment du Grütli (1291 ou 1307) qui institue l’union sacrée de trois territoires de petite taille Uri, Schwytz et de Nidwald face au dominant local et aux attaques extérieures.
Il s’agit donc d’une génération spontanée, sans ruse ni dissimulation.
Et déjà ici démarre la démocratie directe, fondée sur des assemblées physiques entre les habitants, du type de la fameuse landsgemeinde.
On pourrait presque dire qu’ici le destin est scellé (en bien)
Les agrégations futures s’effectuent peu ou prou dans le même esprit, et la révolution française qui aurait pu casser la dynamique démocrate n’est qu’un soubresaut +/- enrichissant.
Ce mode d’agrégation, Yin, présente un avantage : les nouveaux arrivants sont respectés en leur âme et en leur essence, conservent leur libre arbitre interne et n’abandonnent que le stict nécessaire à la confédération. Si bien que ce sont les prérogatives globales qui sont encadrées et non pas les prérogatives locales. C’est la différence majeure entre une vraie confédération et un bazar de type CEE , yang, où le nouvel adhérent doit se plier, se soumettre.
La population augmentant, la démocratie directe en place publique devient difficile ((( la difficulté majeure que nous avons à résoudre théoriquement ici sur ce site ))) -> il a pu arriver au cours de l’Histoire et en divers cantons ( Saint Gall entre autres ) que des tentatives apparaissent de supprimer la landsgemeinde. Colère des habitants. C’est à ce moment qu’on apprend à couper la poire en deux et qu’on invente le droit de veto populaire, lui permettant de refuser une décision du bourgmestre, droit qui sera plus tard complété du droit d’initiative populaire.
Comprenons que le RIP n’est pas en Suisse un progrès vers la démocratie semi-directe mais un bémol depuis la démocratie directe.
Le processus vécu en Suisse est donc radicalement différent du processus souhaité en France (et en Europe)
C’est incomplet et la vive critique est souhaitée 😉
@ Ana
Sans parler de la « conquête » des pays de langue d’Oc par les français (parisiens) sous couvert de « croisade contre les hérétiques Albigeois = Cathares) ; « conquête sanglante et pour le moins brutale avec l’appui de Rome et de la Papauté, jamais en reste pour soutenir les holocaustes et autres bains de sang. Les conquérant et les papes aiment le sang. Et les français s’y entendent bien dans ce domaine.
Morpheus
j’y pensais bien en écrivant ;
« tuez les tous, dieu reconnaîtra les siens »
Et puis les enfants punis à la récré quand il parlaient patois …
tiens ça aussi c’est une différence de taille entre la France et la Suisse, la seconde étant construite en mode multilingue.
Ce qui m’intéresse dans tout ça, ce n’est pas d’accuser Simon de Montfort pour au contraire encenser tel ou Tell, mais de comprendre
-que si pour nous le RIP serait un progrès, en Suisse il fut une régression
-et que donc l’espoir de nous inspirer de l’Histoire suisse pour enrichir la notre est peut être vain : nous sommes dans un schéma mental évolutif différent.
-Si bien qu’il serait peut être judicieux de multiplier les expériences de type landsgemeinde avant d’exiger la démocratie nationale, expériences qui peuvent se passer du feu vert central.
->?
On est sur la même longueur d’onde, Ana, à ceci prêt que je tiens pour certain que les institutions de l’UE y trouveraient de quoi alimenter le « diviser pour mieux régner ». Il faut donc, il me semble, dans le même temps, enlever à cette UE crapuleuse tous ses moyens et sa fausse crédibilité « publique ». L’UE c’est un nid de vipères aspics.
Morpheus
N° 978
_____
ASSEMBLÉE NATIONALE
CONSTITUTION DU 4 OCTOBRE 1958
QUATORZIÈME LÉGISLATURE
Enregistré à la Présidence de l’Assemblée nationale le 22 avril 2013.
PROPOSITION DE LOI CONSTITUTIONNELLE
organisant le référendum révocatoire
du Président de la République,
(Renvoyée à la commission des lois constitutionnelles, de la législation et de l’administration générale
de la République, à défaut de constitution d’une commission spéciale
dans les délais prévus par les articles 30 et 31 du Règlement.)
présentée par
MM. Gilbert COLLARD et Jacques BOMPARD,
députés.
EXPOSÉ DES MOTIFS
Mesdames, Messieurs,
La présente proposition ne fait que transposer en droit français la procédure du référendum révocatoire (« recall ») prévue par les Constitutions de six cantons helvétiques, d’une province canadienne, de dix-huit États américains et du Venezuela.
Une telle possibilité, résultant d’une initiative populaire, peut en théorie viser tout élu du suffrage universel ; puisqu’elle en est le symétrique. Aux États-Unis, ce parallélisme est d’ailleurs total ; puisque le recall peut viser aussi bien un gouverneur qu’un sénateur ou un juge élu.
La présente proposition constitutionnelle n’est donc que le corollaire logique de la révision constitutionnelle du 6 novembre 1962 instituant l’élection du Chef de l’État au suffrage universel direct.
L’historique de telles initiatives montre que la pétition trouve sa source dans deux motifs distincts : soit l’élu fait montre d’incompétence, soit il opte des politiques qui vont à l’encontre de son programme électoral.
Il s’agit donc ici d’une procédure totalement différente de celle de « l’impeachment » ; lequel empêchement définitif peut déjà être prononcé par le Conseil constitutionnel dans le cadre de l’article 7 de notre Constitution.
Il est à noter que la présente proposition de référendum révocatoire n’exclut aucunement la candidature nouvelle du Président de la République sortant : le suffrage universel doit pouvoir conserver la totalité de son libre arbitre. L’exemple du Wisconsin en 2012, avec la réélection du gouverneur révoqué, prouve qu’un tel cas de figure n’est pas purement virtuel.
PROPOSITION DE LOI CONSTITUTIONNELLE
Article unique
Il est ajouté à la Constitution un article 6–1 ainsi rédigé :
« Art. 6–1. – Un référendum peut être organisé soit à l’initiative d’un cinquième des membres du Parlement soutenue par un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales, soit à l’initiative d’un cinquième des électeurs inscrits sur les listes électorales, en vue de mettre un terme au mandat du Président de la république actuellement en fonction.
« Lorsque le référendum révocatoire prévu à l’alinéa 1er a conclu à la cessation du mandat du Président de la République, le Conseil Constitutionnel déclare la vacance de la Présidence de la République dans les conditions prévues par l’article 7 de la Constitution.
« Le Président de la République déchu de ses fonctions en vertu de la consultation référendaire révocatoire prévue à l’alinéa 1er du présent article est immédiatement rééligible ; nonobstant la limitation du nombre des mandats consécutifs prévue par l’article 6 alinéa 2 de la Constitution.
« Les conditions dans lesquelles le Conseil Constitutionnel contrôle le respect des dispositions des alinéas précédents sont déterminées par une loi organique. »
© Assemblée nationale
Source : http://www.assemblee-nationale.fr/14/propositions/pion0978.asp
Mon commentaire :
Devinez ce que vont voter les « élus » de la « majorité »…
🙂
Étienne
Pour les citoyens éveillés, c’est de plus en plus clair : ce n’est pas aux hommes au pouvoir d’écrire les règles du pouvoir.
Oui, n’empêche, 1/5ème du Parlement + 1/10ème des électeurs ou 1/5ème des électeurs, ça fait tout de même BEAUCOUP de voix à réunir rien que pour demander la tenue du referendum.
Si je ne m’abuse, en France, cela fait 185 sénateurs et/ou députés (Parlement = 348 sénateurs et 577 députés de l’Assemblée Nationale) plus 4.300.000 électeurs !! (1/10ème de 43 million d’électeurs) OU 8.600.000 électeurs (1/5ème de 43 million d’électeurs) !!!!
Bonne chance pour réunir ça…
Et sans que cela empêche le révoqué de se représenter si par miracle on parvenait à le révoquer.
Encore trop mou.
Cordialement,
Morpheus
Suggestion d’action horticole :
• Vous pourriez argumenter là pour que notre préoccupation démocratique passe un jour à la télé (on peut rêver) :
https://arte.uservoice.com/forums/203023-arte-future-fr-/suggestions/3896267-repenser-la‑d%C3%A9mocratie-du-tirage-au-sort-aux-poss
• Là aussi ?
http://forums.france2.fr/ce-soir-ou-jamais/Vos-suggestions-de-themes/republique-etienne-chouard-sujet_1915_1.htm
• Là aussi, peut-être ? (avec beaucoup plus de chance que ça advienne)
http://politoscope.tv/event/107/marketing-politique/politique‑s–2.0/la-reorganisation-du-travail
Mais bon, je pense qu’il n’y a aucun espoir : à la télé tout paraît parfaitement verrouillé ; c’est un outil absolument décisif pour les voleurs de pouvoir. Sont pas fous.
Mais en semant un peu partout des graines de démocratie, ça finira sans doute par germer dans des endroits improbables, et possiblement très fertiles.
Fais ce que dois et advienne que pourra.
Étienne.
Je viens juste d’aller voter sur ARTE (sans trop y croire, je suis comme toi, y sont pas fous – quoique le score est tout de même passé de 300+ à 500+ voix en quelque heures ce soir et qu’on rattrape le sujet n°1 qui est le revenu de base) ; je m’empresse d’aller sur les deux autres liens. Puis dodo.
Bonne nuit,
Morpheus
A Saint Gall, le droit de dire non (droit populaire de veto)a précédé le droit de décider (droit d’initiative populaire).
Le droit de jeter est un droit passif en ce sens qu’il ne permet pas encore au peuple d’être actif en participant à la réflexion ET à la décision.
Mais il amorce une révolution de la psyché collective en la sortant du béton de la dictature par l’élection. Et si ceci se produit, la pensée devrait s’ouvrir et impulser la suite.
La classe politique va refuser probablement mais elle démontre une faille (?)
« Fais ce que dois et advienne que pourra »
On ne tire pas sur les carottes pour mieux les faire pousser, mais semer est nécessaire, puis arroser.
Commission des lois :
Application de l’article 11 de la Constitution
(référendum prétendument « d’origine citoyenne »
alors qu’il est évidemment d’origine parlementaire)
Gilbert Collard détonne, au milieu de la bande de voleurs de pouvoir du moment.
C’est intéressant de voir qui est pour et qui est contre le référendum, et avec quelle confiture de paroles (selon l’expression-aveu du traître à la patrie que fut Napoléon) les escrocs politiques professionnels masquent leurs forfaits.
Toutes ces personnalités sont très civiles, bien élevées, équipées de cerveaux agiles et intelligents, mais ont (apparemment) un point commun moins reluisant : toute cette intelligence est incroyablement mobilisée pour tenir le peuple à l’écart de la production du droit qui s’impose à lui. Je trouve fascinant le spectacle de ces réflexions législatives approfondies, du point de vue du peuple trahi par ses prétendus « représentants ».
http://videos.assemblee-nationale.fr/chaines.html?media=4205&synchro=1848730&dossier=12
Concernant Gilbert Collard, ce n’était pas la première proposition de loi d’inspiration démocratique qu’il déposait. Je ne sais pas si vous aviez vu passer ceci à l’époque :
»Proposition de loi constitutionnelle n°483 déposée le 7 décembre 2012 par Marion Maréchal-Le Pen et Gilbert Collard relative à la désignation des membres du Conseil constitutionnel
Exposé des motifs
Le fait que les membres du Conseil constitutionnel soient généralement choisis parmi des personnalités politiques, et qu’ils soient désignés par des autorités politiques, ne garantit en rien leur impartialité.
Qu’il s‘agisse de l’approbation des comptes de campagne des candidats à l’élection présidentielle, du contentieux électoral, ou de la constitutionnalité des lois, les exemples sont nombreux d’évidente partialité ou de méconnaissance délibérée des règles fondamentales de droit et d’équité.
La présente proposition de loi a pour but de remédier à cette situation périlleuse pour notre démocratie.
Proposition de loi constitutionnelle
Article unique
L’article 56 de la Constitution est ainsi rédigé :
Le Conseil constitutionnel est composé de seize membres, nommés pour huit années. Leur mandat n’est pas renouvelable.
Ils sont désignés par tirage au sort, à raison de huit membres tous les quatre ans : deux parmi les conseillers d’État en service ordinaire, deux parmi les conseillers à la Cour de cassation, deux parmi les conseillers maîtres à la Cour des comptes, deux parmi les professeurs des Universités agrégés de droit public.
Ils cessent d’exercer leurs fonctions dans leurs corps d’origine dès leur nomination.
Le premier tirage au sort désigne ceux d’entre eux dont le mandat durera quatre années.
En cas de décès ou de démission de l’un d’entre eux, son remplacement, pour la durée restant à courir jusqu’à l’expiration de son mandat, se fera par tirage au sort dans le même corps d’origine.
Les membres du Conseil constitutionnel élisent en leur sein leur président. En cas de partage des voix, celle du président est prépondérante. »
Pour les « 1/5° du corps électoral » qui doit faire la demande de tenue du referendum, c’est vrai que c’est beaucoup. Mais c’est tout de même pour la destitution du Chef de l’Etat, ce n’est tout de même pas pour instaurer une loi pour la protection d’une espèce de chenille. Il ne faut pas non plus que cela soit trop facile. Après 6 mois de présidence, il y toujours 75% de la population qui est déçue par tous les Chefs d’Etat. S’il suffisait de 500.000 demandes pour déclencher la procédure de referendum révocatoire, il serait impossible de terminer un mandat. Il faut que ce genre de procédure de vise que les mandataires franchement déviants.
à propos du peuple trahi : Je vous recommande vivement la lecture d’une histoire populaire des Etats ‑Unis d’Howard Zinn.
Cet ouvrage très dense apporte un éclairage sur la façon de fonctionner par les 1% les plus riches aux Etats-Unis et actuellement sur la planète : Génocide des populations indigènes : amérindiens, (…Vietnamiens, Irakiens) afin de convertir des biens communs en « propriétés privées ». Fraude et vols au profit des plus puissants, armée et police à leur service, division des sociétés ( esclaves blancs opposés aux esclaves noirs, indiens opposés aux blancs pauvres et aux noirs, noirs opposés aux indiens) . Le mythe du melting – pot américain que nous avons appris à l’école n’existe pas.
Cependant, alors que l’histoire d’après les puissants se veut linéaire, elle ne l’a pas été et tous les opprimés ont tenté de se lever par tous leurs moyens disponibles et de tous temps : révoltes indiennes, révoltes – fuites – résistances passives des esclaves noirs, révoltes des fermiers pauvres, des ouvriers. Tout a été remis en ordre au profit des 1% par la violence et la propagande.
Le mythe des pères fondateurs de la nation américaine en prend un coup : les avancées sociales ne se sont faites que parce qu’elles s’imposaient d’un point de vue économique !
Enfin, ce livre montre que l’histoire officielle fait toujours intervenir un grand homme qui va sauver la société , comme un père sauve ses enfants, un berger guide son troupeau. Nous ne sommes ni des enfants, ni des moutons, alors réveillons-nous et ne croyons plus tous les mensonges, réalisons notre société sans laisser sur le côté nos frères.
Ce livre a un côté encourageant : l’Homme a toujours lutté et certaines de ses luttes ont abouties.
Actuellement, nous avons la chance de disposer de plus de moyens de communication pour pouvoir échanger entre nous des idées plus humaines. Mais la propagande est beaucoup plus puissante : nul besoin pour l’état d’agir comme en Corée du Nord pour contraindre sa population : les médias s’en chargent : on fait la guerre pour la paix, notre armée vole au secours des populations opprimées, il faut consommer pour sauver notre économie, les gaz de schiste vont nous sauver … Le principal média actuel : la télévision agit comme une matrice qui nourrit une façon unique de penser et nous ferme les yeux en obstruant nos cerveaux (neuro-marketing).
Notre problème fondamental est donc bien d’être représenté par des personnes cupides, paresseuses, corrompues, formées avec la technocratie dans des écoles qui ont perdues le sens de l’humain. Protégeons nous des puissances de l’argent : manda unique, tirage au sort, révocation des représentants… Toutes les propositions d’Etienne sont à explorer.
http://youtu.be/nNCZqZzdc5g
😉 j’espère que ces 6′35″ n’ont pas été sélectionnées comme étant les plus intéressantes 😉
Perso, je trouve qu’il est bon de répéter qu’il n’y a jamais qu’une solution, mais des solutions à un problème, et qu’affirmer qu’il y a une solution débouche toujours sur de l’extrémisme et du totalitarisme.
Ensuite, j’ai trouvé cinglant sa présentation du tirage au sort, et qu’il est bon de l’entendre pour en améliorer sa pertinence…
Leçon de démocratie par Nigel FARAGE…
http://www.youtube.com/watch?v=rGNVk05iVXA
… où quand les images et le ton donné valent tous les discours ; ces attitudes, ces vérités, ces faux-semblants, cette verve et ce verbe si sûr de lui et si légitime en soi, toute cette justesse et ces évidences qu’on ne peut combattre sans violence et sans arbitraire.