Le sort des 99% sur La Croix : si on veut une Constitution, il faudra l’écrire nous-mêmes !

6/04/2013 | 39 commentaires

Ven­dre­di der­nier, le sort des 99% sur La Croix :

Repen­ser le long terme.
Pour une nou­velle Consti­tuante.

Étienne Chouard, ensei­gnant et blo­gueur
La Croix, 5 avril 2013.

« Dans une démo­cra­tie digne de ce nom, les citoyens devraient avoir toute la place. Leurs repré­sen­tants devraient être des ser­vi­teurs, empê­chés de deve­nir des maîtres par le tirage au sort des charges, par des man­dats courts et non renou­ve­lables, et par de nom­breux contrôles avant, pen­dant et après leur man­dat. Dans la réa­li­té, cha­cun peut consta­ter que c’est exac­te­ment le contraire qui se pro­duit : sitôt élus, nos « repré­sen­tants » se com­portent comme s’ils étaient nos maîtres, tout en se met­tant au ser­vice exclu­sif des car­tels et des banques, contre l’in­té­rêt général.

Notre pro­blème fon­da­men­tal n’est donc pas tech­nique mais poli­tique : nos « repré­sen­tants » ne nous repré­sentent pas, pour la bonne rai­son qu’ils ne nous doivent rien. C’est méca­nique : celui qui passe le plus à la télé est élu, c’est tout. Il a donc suf­fi aux banques d’a­che­ter les médias de masse pour être sûres de gagner les élec­tions à tous les coups. Les élus ne repré­sentent que les banques parce qu’ils leur doivent tout.

Quant à nous, simples élec­teurs (pas citoyens), nous sommes pri­vés de toute ins­ti­tu­tion pour nous défendre contre ces faux « repré­sen­tants » : nous n’a­vons pas de Constitution.

Une Consti­tu­tion, c’est un texte supé­rieur qui sert à pro­té­ger le peuple contre les abus de pou­voir, en sur­plom­bant tous les pou­voirs, publics et pri­vés. Une Consti­tu­tion digne de ce nom doit être crainte par les pou­voirs : il ne faut donc à aucun prix lais­ser les pou­voirs en ques­tion l’é­crire eux-mêmes, ce n’est pas aux hommes au pou­voir d’é­crire les règles du pou­voir, ce n’est pas aux par­le­men­taires, ni aux ministres, ni à aucun pro­fes­sion­nel de la poli­tique, d’é­crire ou de modi­fier la Constitution.

Une bonne Consti­tu­tion – que les « élus » n’é­cri­ront jamais, à cause de leur inté­rêt per­son­nel – pré­voi­rait de (vrais) réfé­ren­dums d’i­ni­tia­tive popu­laire (RIP légis­la­tif, abro­ga­toire, révo­ca­toire et consti­tuant), la sépa­ra­tion des pou­voirs dan­ge­reux (légis­la­tif, exé­cu­tif, judi­ciaire, média­tique et moné­taire) pour les affai­blir, une des Chambres légis­la­tives tirée au sort pour une repré­sen­ta­tion fidèle du pays, des man­dats courts et non renou­ve­lables pour évi­ter la pro­fes­sion­na­li­sa­tion, la res­pon­sa­bi­li­té illi­mi­tée (et la révo­ca­bi­li­té) des déci­deurs publics, des chambres de contrôle tirées au sort pour sur­veiller tous les pou­voirs sans excep­tion, une créa­tion moné­taire uni­que­ment publique et des banques toutes publiques aus­si, des ser­vices publics d’in­for­ma­tion ren­dus indé­pen­dants (sur le modèle des juges) mais eux aus­si contrô­lés par des jurys citoyens tirés au sort, etc.

Aucune de ces ins­ti­tu­tions, néces­saires à la jus­tice sociale, ne ver­ra jamais le jour tant qu’on n’au­ra pas com­pris et éli­mi­né le conflit d’in­té­rêts majeur qui est à la racine com­mune de toutes nos impuis­sances : il faut que les consti­tuants soient désintéressés.

Alors, com­ment faire ? Soit on réunit une Assem­blée consti­tuante dans chaque com­mune ou quar­tier (où vien­dront ceux qui le vou­dront) et on en dégage une syn­thèse pour fédé­rer les prin­ci­pales exi­gences citoyennes. Soit on tire au sort une seule Assem­blée consti­tuante (au lieu de l’é­lire!) : c’est beau­coup plus simple et ça don­ne­ra pro­ba­ble­ment le même résul­tat, parce que fina­le­ment, nous avons tous inté­rêt aux mêmes ins­ti­tu­tions fondamentales.

Pour que cela advienne, il suf­fi­rait que nous soyons des mil­lions à le vou­loir ; c’est donc à nous de faire pas­ser le mes­sage de façon virale, auto­nome, sou­ter­raine, insai­sis­sable, pour deve­nir rapi­de­ment très nom­breux à dire ensemble : « Nous vou­lons avant tout une Assem­blée consti­tuante tirée au sort – car tout le reste suivra. »

C’est une vraie cause com­mune : ins­ti­tuons d’a­bord notre puis­sance, on se dis­pu­te­ra après. On n’é­chap­pe­ra pas autre­ment aux usu­riers, qui ont déjà volé presque tous les pou­voirs : si on veut une Consti­tu­tion, il fau­dra l’é­crire nous-mêmes.

Nous, on a com­men­cé ; si le cœur vous en dit, rejoi­gnez-nous (1). »

Étienne CHOUARD

(1) Site : https://​old​.chouard​.org/​E​u​r​ope

Source : La Croix, http://www.la-croix.com/Archives/2013–04-05/Repenser-le-long-terme.-Pour-une-nouvelle-Constituante.-Etienne-Chouard-enseignant-et-blogueur-2013–04-05–929560

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Étienne

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39 Commentaires

  1. vilistia

    Mer­ci à vous pour votre travail.

    Réponse
  2. Étienne

    Impos­sible de s’en sor­tir sans écrire nous-mêmes notre Consti­tu­tion, je pense :

    Réponse
  3. Jo.

    Bon­soir,
    Une ques­tion d’ordre tech­nique : com­ment « on dégage une syn­thèse » à par­tir du tra­vail d’un groupe ?
    Il y a des méthodes un peu scien­ti­fiques qui existent qui per­mettent de syn­thé­ti­ser le che­mi­ne­ment et les résul­tats ? Et après on vote la synthèse ?
    Qui anime et guide le groupe ? qui décide de la méthode d’animation .?

    Mer­ci par avance si vous avez des élé­ments de réponses à ces simples ques­tions qui m’in­té­ressent sincèrement.(peut ‑être sont ils sur le site que je n’ai pas encore fouillé)
    (mer­ci au pas­sage pour votre inter­ven­tion jeu­di soir)

    Réponse
  4. Ana Sailland

    Jo,

    Ta ques­tion est essen­tielle, car si grâce au tirage au sort on peut la fuir au moment de la consti­tuante, par contre, plus tard, elle est incon­tour­nable, au moment de la vie réelle de la vraie démocratie.

    Peut être, pour un pays de 60000000 de per­sonnes, faut il envi­sa­ger une foul­ti­tude d’as­sem­blées avec des pro­ces­sus de navi­ga­tion des indi­vi­dus de l’une à l’autre, ou une topo­lo­gie des assem­blées, en famille de pou­pées russes, avec des phé­no­mènes de fonte de l’ef­fec­tif (per­met­tant de quand même bos­ser) assor­tis de pro­ces­sus de contrôle par les « éliminés ».

    C’est le sujet cen­tral de la démo­cra­tie à grande échelle car le simple tirage au sort ne résoud pas tout. Et nous n’y pas­sons pas assez de temps.

    Je déborde de ta question :;)

    Pour moi, le sys­tème suisse est chouette, et le tirage au sort aus­si, mais il n’ont pas le mérite qu’au­rait la démo­cra­tie vrai­ment directe de boos­ter la com­pé­tence et la conscience du peuple, en por­tant à son maxi­mum la res­pon­sa­bi­li­té du citoyen.

    Réponse
  5. Ana Sailland

    Com­plé­ment de réponse à Jo :

    J’ai vécu un truc inté­res­sant : l’é­cri­ture d’un petit bou­quin à six personnes.
    Et bien c’est extrê­me­ment difficile !
    Et nous avons dû à un moment confier le der­nier sprint à une per­sonne unique, avec tou­te­fois des sou­bre­sauts de démo­cra­tie directe avant d’en­voyer à l’éditeur.
    Il se trouve que la per­sonne choi­sie ne l’a­vait pas deman­dé ; cela me semble essentiel.

    Une autre fois, nous avons à 20 construit un mou­lin à vent, avec la déci­sion de ne pas avoir de maître d’œuvre. Là, après quelques heures de ter­gi­ver­sa­tions ver­bales et d’en­li­se­ment, nous avons lais­sé choir l’in­tel­lect -> il s’est pas­sé des phé­no­mènes inté­res­sants où, sans pro­non­cer un mot, des gens amor­çaient une ges­tuelle tech­nique qui ensuite était sui­vie par les moins inven­tifs. Et le pro­jet a abouti.

    Sinon, il existe cer­tai­ne­ment des groupes de tra­vail sur soi qui ont expé­ri­men­té la ques­tion de la syner­gie avec un esprit métho­dique. Il fau­drait cher­cher en effet.

    Réponse
  6. Patrick Flécheux

    Bon­soir Jo

    Quelques pistes que nous met­tons en pra­tique depuis un an au sein du col­lec­tif des Résis­tants. Ins­pi­rées par les prin­cipes de l’holocratie.

    Il y a des méthodes un peu scien­ti­fiques qui existent qui per­mettent de syn­thé­ti­ser le che­mi­ne­ment et les résultats ?

    Pour les syn­thèses je ne sais pas. En dehors du logique « bon secrétaire ».

    Pour le che­mi­ne­ment des résultats :

    1 Un cercle géné­ral CG prend les déci­sions finales par consensus.
    2 Des cercles inter­mé­diaires CI tra­vail et exploitent un sujet pré­cis jus­qu’à obten­tion d’une solu­tion consen­suelle sur les résul­tats obtenus.
    3 Les déci­sions des CI remontent et sont trai­tées pour appro­ba­tion par le CG
    Si appro­ba­tion du CG ont passe à un autre sujet.
    Si désac­cord le tra­vail redes­cend au CI concer­né pour amen­de­ments et corrections.

    Et ain­si de suite. Prin­cipe des allez retour jus­qu’à consen­sus abso­lue. Où au mini­mum que per­sonne ne s’op­pose caté­go­ri­que­ment à la déci­sion finale.

    Et après on vote la synthèse ?

    1- Déci­sion par consen­sus abso­lue de la syn­thèse résu­mé en fin de séance.
    2- Où au mini­mum per­sonne ne s’op­pose caté­go­ri­que­ment au contenu.

    Qui anime et guide le groupe ?

    Volon­taire approu­vé ou dési­gna­tion du MC par le groupe. Ce der­nier pou­vant don­ner sa place en cours d’a­ni­ma­tion afin d’être plus pré­sent dans les débats.

    Qui décide de la méthode d’animation ?

    Les tech­niques de l’holocratie

    Des petits groupes max 8 à 10 per­sonnes pour une rota­tion rapide.
    La parole tourne jus­qu’à se que le tra­vail soit ter­mi­né. Ou repor­té par le groupe.

    1 Parole à tour de rôle dans le sens des aiguilles d’une montre. Sou­hai­table ! Si une per­sonne n’a rien à dire elle passe son tour. Sinon elle s’ex­prime le temps qu’elle veut. Per­sonne ne devant cou­per la parole à l’o­ra­teur. Il faut donc prendre des notes pour ne pas oublier ses objec­tions quand s’est son tour de parler.

    2 Per­sonne levant la main pour prendre la parole. Le MC devant alors faire aus­si office de secré­taire pour noter l’ordre des per­sonnes qui se mani­festes. (Beau­coup moins bien à mon avis.)

    Voi­la en gros.

    Réponse
  7. Ana Sailland

    On peut uti­li­ser les méthodes 1 et 2 à divers moments d’une même séance, selon ce qu’on est en train de faire.

    Un bâton de parole creux avec un gre­lot à l’in­té­rieur per­met d’ac­cep­ter le cou­page de parole, ce qui dyna­mise, et s’en pas­ser est un peu dom­mage, cou­page qui sera inter­rom­pu par le déten­teur du bâton s’il estime l’in­ter­rup­tion inadé­quate (vécu)

    J’ai vu des gens fonc­tion­ner qui levaient la main en ten­dant un nombre de doigts pro­por­tion­nel à leur sen­ti­ment d’ur­gence. c’é­tait un groupe rodé et ça mar­chait super bien.

    Un autre pro­blème, c’est la durée du temps de parole. Il y a des gens qui ne savent pas s’ar­rê­ter. Mais il y a des choses à dire qui néces­sitent du temps. Pas simple. Mais com­pre­nons bien que la démo­cra­tie n’est pas simple, … au contraire de l’obéissance 🙂

    Réponse
  8. Ana Sailland

    Dans un autre groupe de résis­tants (RCR) j’a­vais pro­po­sé « le café des mots » qui res­semble à une des choses que tu sug­gères : des tables thé­ma­tiques sont dis­po­sées éparses, avec pour cha­cune un secré­taire neutre qui ne fait que noter (bavar­dage exclu) ce que les gens qui passent lui disent concer­nant le thème de la table.
    Puis ras­sem­ble­ment où les secré­taires lisent leurs notes.
    ça per­met d’ob­te­nir en un temps record une vision com­plète de toutes les opi­nions et idées de toutes les per­sonnes pré­sentes !!!

    Réponse
  9. J-Stéphane

    Bon­jour,

    Ici et là des pion­niers ont com­men­cé à écrire cette consti­tu­tion ( elle sera peut-être la pre­mière bible écrite par ces disciples ).

    Il s’a­git dans un pre­mier temps ( col­lec­tif ) de don­ner corps à une ver­sion sim­pliste, mais essen­tielle, sur laquelle tous les autres pro­jets pour­ront s’ap­puyer pour tra­vailler à l’é­la­bo­ra­tion de ver­sions plus détaillées.

    Vien­dront des moments pour les rédac­teurs de dif­fé­rents ate­liers, de se réunir ( par ren­contre et par Inter­net ) pour com­pa­rer leurs pro­jets afin de syn­thé­ti­ser leurs consti­tu­tions et fusion­ner leurs groupes.

    Il y aura des navettes, comme entre le sénat et l’As­sem­blée natio­nale, les non-rédac­teurs seront for­te­ment conviés à don­ner leurs avis.

    Puis via les outils Inter­net, par son­dages, péti­tions ou autres outils, les citoyens se pro­non­ce­ront, article par article (adop­ter, modi­fier ou rejeter ).

    On peut aus­si ima­gi­ner un article qui sti­pule que tels thèmes ne peuvent faire l’ob­jet d’ar­ticles ver­rouillés, ceci pour ne pas empê­cher toute évo­lu­tion à venir et saine, et d’autres, à l’in­verse, doivent abso­lu­ment être ver­rouillés à tout jamais.

    Après cette fas­ti­dieuse période à s’ex­pri­mer par navettes, une pre­mière ver­sion numé­rique ( bêta ) pour­ra être mise à dis­po­si­tion sur Inter­net, et comme pour les logi­ciels, y inté­grer un bou­ton à cli­quer pour écrire un com­men­taire, qui sera auto­ma­ti­que­ment envoyé comme mes­sage sur un blog dédié, et où cha­cun aura le loi­sir de le commenter.

    Quand les remarques s’é­pui­se­ront et n’au­ront plus d’ob­jec­tion per­ti­nente, vien­dra le moment pour le peuple ( essayiste plu­riel ) de trou­ver un édi­teur qui accep­te­ra de publier « la consti­tu­tion démo­cra­tique » ( au for­mat poche et à petit prix)

    Je ne connai­trais sur­ement jamais la démo­cra­tie de mon vivant, mais je serais le plus heu­reux des hommes si son esprit se démo­cra­ti­sait, car je pense aus­si que « Rien n’est plus fort qu’une idée dont l’heure est venue. »

    Réponse
  10. Philnosy

    Étienne Chouard

    Votre ana­lyse et vos pro­po­si­tions de solu­tions sont très inté­res­santes, et j’y réflé­chi déjà depuis plu­sieurs mois, en par­ti­cu­lier parce qu’après y avoir adhé­ré fran­che­ment, quelques chose s’est mis à me gêner. Je l’i­den­ti­fie enfin et vous le livre.

    En réa­li­té nous ne connais­sons pas les sché­mas qui peuvent fonc­tion­ner car lors­qu’ils sont mis en œuvre l’homme n’en res­pecte pas les règles.

    L’orque nous iden­ti­fions sur le tard les pro­blèmes, notre réac­tion est de repen­ser, cor­ri­ger ou chan­ger le sys­tème. Or je ne vois que deux solu­tions pour abou­tir à un sys­tème viable :

    Soit l’homme est capable de chan­ger en effec­tuant le tra­vail sur lui même qui le lui permettra ???

    Le pro­fes­seur Labo­rit disait qu’il était inutile d’es­pé­rer un chan­ge­ment tant que l’homme ne connaî­trait pas com­ment il fonctionne.

    Soit, la cor­rec­tion ou le nou­veau sys­tème, doit inté­grer la réa­li­té du com­por­te­ment de l’homme.

    En par­ti­cu­lier qu’ils détournent natu­rel­le­ment les règles fixés, à son avan­tage, car il ne peut bio­lo­gi­que­ment pas, faire autrement.

    Je pense comme Labo­rit qu’a­lors qu’il est pos­sible grâce à la science de savoir assez pré­ci­sé­ment com­ment fonc­tionne notre cer­veau. Que tout pro­gramme de ges­tion de nos socié­tés, devra être, avant tout autre point, basé la des­sus sous peine de nou­vel échec.

    Réponse
  11. Jo.

    Bon­jour,

    Mer­ci beau­coup pour vos réponses, qui m’é­clairent, et me réchauffent (quoique encore un peu sceptique ;))

    Ce que je me dis, c’est qu’il ne faut pas regar­der que les échecs de l’E­tat démo­cra­tique, mais éga­le­ment du côté des corps inter­mé­diaires : coopé­ra­tifs, asso­cia­tifs, mutua­listes, syn­di­cats qui, dans leur sta­tuts, sont cen­sés fonc­tion­ner de façons démocratiques.

    En effet, dans ces struc­tures de l’é­co­no­mie sociale ou syn­di­cales, par­ti­cipe qui veut, et les assem­blées « démo­cra­ti­que­ment » élues, devraient être reines. Pour­tant, la démo­cra­tie n’y existe pas non plus réellement

    • parce que le pou­voir est ver­rouillé par des sys­tèmes de « clubing »
    • parce que, comme c’est le cas dans cer­taines struc­tures capi­ta­listes (Gal­braith), le pou­voir est lar­ge­ment par­ta­gé avec les managers
    • et/ ou parce que les per­sonnes qui devraient être légi­ti­me­ment impli­quées dans la vie des struc­tures ont la flemme de venir par­ti­ci­per à la gou­ver­nance, qu’elles pré­fèrent délé­guer pei­nar­de­ment à d’autres,… comme Toc­que­ville l’a­vait suggéré

    J’en reviens donc à me deman­der si cet exer­cice de syn­thèse des points de vues et des aspi­ra­tions sur l’organisation de sa propre san­té (mutuelle), de sa pro­duc­tion (coopé­ra­tives) ou de ses condi­tions de tra­vail (syn­di­cats) n’est pas en soi le pro­ces­sus-frein ? Si la solu­tion à la démo­cra­ti­sa­tion de la démo­cra­tie ne devraient pas être cher­chée là ?
    Pour­quoi, dans ces orga­nismes, qui devraient par essence fonc­tion­ner de manière démo­cra­tique, la pro­duc­tion de déci­sion, la pro­duc­tion du droit interne (sta­tut) et même la déli­bé­ra­tion, font sou­vent émer­ger de nou­veaux lieux de blo­cage (omni­po­tence du pré­sident ou du mana­ger diri­geant, défi­ni­tion uni­la­té­rale de pro­jet ins­ti­tu­tion­nelle par quelques uns, géron­to­cra­tie assu­mée (dans le Code la mutua­li­té, il y a un ratio de x% de per­sonnes de plus de 70 ans impo­sé pour frei­ner cette ten­dance natu­relle (!!)), biais socio­lo­giques, pou­voirs du savoir,…) ? Com­ment favo­ri­ser la flui­di­té des échanges puis une syn­thèse pertinente ?

    Admet­tons que l’ho­lo­cra­tie fonc­tionne ; comme – un peu – par exemple dans le milieu coopé­ra­tif agri­cole : les agri­cul­teurs adhèrent à une coop, les coopé­ra­tives adhèrent à une union de coopératives…
    Cepen­dant, il n’y a que quelques membres qui fina­lisent une syn­thèse glo­bale, et non pas cha­cun des agri­cul­teurs. En fait, si une syn­thèse peut être réa­li­sée à grande échelle, qui nous dit que nous réus­si­rons pour autant à faire confiance à ceux qui éta­bli­ront cette syn­thèse, tant cette der­nière sera pos­si­ble­ment à l’op­po­sée de ce que pensent certains ?

    Là-des­sus le sys­tème d’aller/ retour entre les dif­fé­rentes « chambres » (CG/ CI) est inté­res­sant, mais jus­qu’à quel point est-il envi­sa­geable. Il y a réel­le­ment des pen­sées anta­go­nistes et incon­ci­liables, cela existe 😉

    In fine, le pro­ces­sus de syn­thèse devrait être

    • défi­ni et compréhensible
    • contrô­lable à chaque étape, pour être sûr de la fidé­li­té aux avis, pro­po­si­tions, posi­tion­ne­ments de chacun…

    Je vais conti­nuer à creu­ser le site car j’i­ma­gine que tout cela a déjà été débat­tu, et que le résul­tat du débat et du che­mi­ne­ment ayant ame­né à la syn­thèse de cette thé­ma­tique peuvent faci­le­ment y être retrouvé.

    Syn­cè­re­ment démocrate 🙂

    Réponse
  12. Étienne

    Jérôme cherche de nou­velles cordes pour notre arc. 

    Voi­ci une approche inha­bi­tuelle, la déconne : 

    Pro­blèmes d’é­lec­tions : avez vous essayé la démocratie ? 

    L’im­puis­sance n’est plus une fatalité !

    http://​jcfrog​.com/​d​e​m​o​c​r​a​c​y​4​a​ll/

    Vous souf­frez d’impuissance poli­tique depuis trop long­temps, vous dése­pé­rez de trou­ver une solu­tion. Réjouis­sez-vous : il existe une méthode natu­relle et sans risque ! [la suite…]

    Mer­ci Jérôme, elle est bien bonne, celle-là 🙂

    Réponse
  13. Méchant Virus

    C’est vrai­ment excellent, ça m’a arra­ché un grand sou­rire (et je suis loin d’être bon public). Mer­ci à Jérôme.

    (je fonce en com­man­der une boîte!)

    Réponse
  14. Morpheus

    @ Étienne (#15)

    D’un point de vue sym­bo­lique, je trouve abso­lu­ment regret­table que les pilules soient de cou­leur bleue : elles devraient être rouges !

    Donc, Jérôme, si tu me lis, je serais au comble du bon­heur s’il était pos­sible de cor­ri­ger cela en chan­geant ces affreuses pilules bleues (pilules de la sou­mis­sion volon­taire à l’illu­sion qui masque la réa­li­té) en pilules rouges (pilules qui per­mettent de se débran­cher de la Matrice) 😉

    Mor­pheus

    Réponse
  15. Le parti du vote blanc

    Le par­ti du vote blanc peut il être un moteur politique ?

    Réponse
  16. Ana Sailland

    génial 🙂

    Réponse
  17. J-Stéphane

    {{16. Le dimanche 7 avril 2013 à 18:42, par Le par­ti du vote blanc

    Le par­ti du vote blanc peut il être un moteur politique ?}}

    Le vote blanc per­met­tra dans un pre­mier temps d’ex­clure les voyous, et ensuite, ça inci­te­ra les futurs can­di­dats à res­ter le plus blancs possible.

    Donc oui, je pense que le par­ti du vote blanc va blan­chir le pay­sage politique.

    Réponse
  18. Morpheus

    @ Jo

    Il existe en effet des méthodes scien­ti­fiques de déli­bé­ra­tion et de syn­thèse, de même que des méthodes scien­ti­fiques de consen­sus. Par exemple (par­mi d’autres), la méthode delphi.

    Cer­taines de ces méthodes ont déjà été mise en œuvre dans de nom­breuses expé­riences de com­mis­sion citoyennes déli­bé­ra­tives. Je crois que Yves Sin­to­mer a écrit plu­sieurs ouvrages à ce sujet.

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  19. Alain Guillou

    Bon­jour !

    la ques­tion posée ici par Jo et com­plé­tée en quelque sorte par Phil­no­sy me fait sor­tir de mon ter­rier car je sens un fro­mage (non c’est pas les grosses dra­gées bleues): ques­tion cru­ciale pour faire sor­tir le tirage au sort de sa répu­ta­tion d’ « irréalisme ».

    Je crois moi aus­si qu’il faut prendre en compte la bio­lo­gie humaine sous-esti­mée selon le Dr Labo­rit (« cou­rage fuyons »)…
    Mais aus­si les obser­va­tions de bien d’autres savants , qui touchent le phé­no­mène de « l’é­mer­gence » , lié à com­plexi­té des « cyber­né­tiques » entre cor­tex humain et « cer­veau rep­ti­lien » : la voca­tion du tirage au sort peut être de pro­duire une vraie démo­cra­tie, à condi­tion d’ou­vrir à ce poten­tiel le champ que les réa­li­tés humaines sous-esti­mées lui barrent : Les humains faillibles tirés au sort ont comme tous les autres le défaut d’être faillibles (je ne dis pas « cor­rup­tible » à ce stade), mais leur qua­li­té est de l’ad­mettre à prio­ri en étant dépouillés de la fausse « com­pé­tence » donc de « l’au­to­ri­té » d’un « élu du peuple ».

    Ce qui signi­fie pour moi, qu’il faut pla­cer le citoyen tiré au sort dans une situa­tion d’où pour­ra émer­ger « une vraie com­pé­tence popu­laire », ce qui est un gros pro­blème à prendre à bras le corps, et qui concerne le phé­no­mène des rap­ports entre expert et ensei­gnant, puis ensei­gnant et appren­ti, d’où doit émer­ger le dépas­se­ment du maître par l’é­lève, si le maître a été un vrai péda­gogue : pour que le peuple s’é­man­cipe, ce n’est pas le bâton mer­deux du « pou­voir » qu’il doit prendre, c’est le fil du savoir qu’il doit tirer ! (ensuite, je crois pos­sible de réflé­chir avec suc­cès quant à « ce qui consti­tue l’es­sen­tiel du fameux savoir » : il s’a­git fina­le­ment du savoir émer­geant d’une syn­thèse : si l’as­sem­blée tirée au sort apprend vite à convo­quer les experts dont elle estime col­lec­ti­ve­ment ne pas pou­voir se pas­ser, alors, cette assem­blée sau­ra faire les syn­thèses, donc les choix, jus­te­ment au cours d’un rap­port « conflic­tuel » avec…« l’autre » : ici qui doit jouer le rôle de « l’autre » ? 

    C’est l’As­sem­blée élue (conflit néces­saire à la pen­sée véri­table, car conflit trans­po­sé au col­lec­tif, entre cor­tex et reptile-dixit-laborit)…il faut faire face aux requins « en amont du fleuve » !

    En effet, le risque d’é­chec vient de la non visi­bi­li­té du conflit caché, alors que sa mise en évi­dence fait gagner un temps contre « la fata­li­té des trahisons ». 

    J’es­père n’être pas obs­cur, mais il faut confron­ter Labo­rit, Lucien Sève et Bour­dieu au moins !

    Réponse
  20. Ana Sailland

    Pour répondre un peu à côté, ou pas :

    Il m’est arri­vé de poser cette question :
    « Est il judi­cieux de récla­mer la démo­cra­tie avant d’a­voir éle­vé les consciences ? »

    « J’au­rais pu aus­si la poser ainsi :

    « Est il judi­cieux de récla­mer le tirage au sort avant d’a­voir éle­vé les consciences ? »

    Et Étienne nous écrit ce jour :

    « Aujourd’hui, après des siècles de condi­tion­ne­ment avec des ins­ti­tu­tions infan­ti­li­santes, nous avons désap­pris à faire de la politique. »

    Et Alain Guillou, juste en dessus :

    « il faut pla­cer le citoyen tiré au sort dans une situa­tion d’où pour­ra émer­ger une vraie com­pé­tence popu­laire »

    Quand je posais mes ques­tions, je ne savais pas y répondre. C’est pour ça qu’on pose des ques­tions, par­di. Mais au fil du temps, ça se précise.

    ->

    C’est la démo­cra­tie active qui indui­ra la com­pé­tence néces­saire au peuple pour vivre sai­ne­ment sa démo­cra­tie retrouvée.
    Ma ques­tion était donc un peu absurde, car démo­cra­tie et com­pé­tence (du peuple) sont cova­riantes, et vou­loir l’une avant l’autre n’est pas malin car cha­cune est néces­saire à l’autre, qui l’impulse.
    Cepen­dant, en ces ins­tants pré­sents où nous sou­hai­tons la démo­cra­tie, nous n’a­vons pou­voir que sur la com­pé­tence du peuple et sur la notre en par­ti­cu­lier. C’est pour­quoi les pol­li­ni­sa­teurs de conscience sont si impor­tants : ils sont ceux qui évi­te­ront à la démo­cra­tie neuve d’être malade ou per­ver­tie dès l’ins­tant de sa naissance.

    Le cou­plage tirage au sort + man­dat court a sur­tout pour avan­tage de blo­quer la cor­rup­tion, ou les conflits d’intérêts.
    Mais il ne dope pas la com­pé­tence du tiré au sort, et encore moins celle du peuple tout entier.
    C’est en for­geant qu’on devient for­ge­ron, dit on, et le man­dat court ne prend pas en compte cet adage, qui n’est pas un lieu com­mun vide de sens.
    Même si cha­cun a une chance d’être un jour tiré au sort, il ne fau­drait pas que le tiré au sort soit un repré­sen­tant bis ser­vant d’a­li­bi au citoyen lamb­da et à la paresse tama­sique pour se dis­tan­cer comme de nos jours dra­ma­ti­que­ment de la pro­blé­ma­tique publique.

    Il n’y a que la par­ti­ci­pa­tion directe et conti­nue à la prise de déci­sion, par tous et cha­cun, qui soit à mon avis sus­cep­tible de faire naître cette com­pé­tence glo­bale qui me pré­oc­cupe ici et que nous appe­lons de nos vœux car vitale.

    Le gou­ver­ne­ment par la com­pé­tence et sans ni la cor­rup­tion ni le conflit d’in­té­rêt ne peut donc être que celui du peuple et du peuple tout entier.

    Dans cette optique, le tiré au sort reste un repré­sen­tant-ser­vi­teur, dont nous devons bien com­prendre que sta­tis­ti­que­ment il n’a pas la capa­ci­té de ges­tion des choses complexes.

    Il est cer­tai­ne­ment néces­saire pour cer­taines tâches mais par­mi le nombre des mis­sions incon­tour­nables, n’en pour­ra assu­mer que peu.

    Sont donc néces­saires des pro­fes­sion­nels-ser­vi­teurs, conseillers tech­niques des assem­blées du peuple sou­ve­rain. A sur­veiller comme le lait sur le feu … par des tirés au sort par exemple.

    Mais pour résu­mer, car ça reste confus peut être, mon sen­ti­ment est que seule la démo­cra­tie directe débouche sur les auto­routes de la conscience col­lec­tive, et que le tirage au sort, comme l’ap­pel aux tech­ni­ciens, doivent être réduits au minimum.

    Et dans ce sens, je re_cite ce mes­sage de Robes­pierre offert hier par Étienne :

    « La démo­cra­tie est un état où le peuple souverain,
    gui­dé par des lois qui sont son ouvrage,
    fait par lui-même tout ce qu’il peut bien faire,
    et par des délé­gués tout ce qu’il ne peut faire lui-même. »

    En y ajou­tant : et le peuple dans son ensemble, du fait de sa pra­tique, ver­ra natu­rel­le­ment croître sa capa­ci­té à ne pas délé­guer, mais doit aus­si se don­ner les moyens et s’ef­for­cer de se for­mer et d’ap­prendre tout ce qui lui est néces­saire pour être libre de gérer tout par lui-même.

    Réponse
  21. blablabla

    En réponse à :Il m’est arri­vé de poser cette ques­tion : « Est il judi­cieux de récla­mer la démo­cra­tie avant d’a­voir éle­vé les consciences ? » de Ana Sailland

    Les Athé­niens garan­tis­saient l’ab­sence de pro­fes­sion­na­lisme dans leur admi­nis­tra­tion en exi­geant que la plu­part des magis­trats fussent tirés au sort, pour une seule année, non renou­ve­lable(…) c’é­taient bien les ins­ti­tu­tions poli­tiques qui façon­naient l’homme et la vie démo­cra­tique, pas l’in­verse in Mogens Her­man Han­sen, La Démo­cra­tie athé­nienne, p350 & 364

    c’é­taient bien les ins­ti­tu­tions poli­tiques qui façon­naient l’homme et la vie démo­cra­tique, pas l’inverse.

    Tout est dit…

    Réponse
  22. Morpheus

    Je suis d’ac­cord avec blabla 🙂

    Mor­pheus

    Réponse
  23. EFFAB

    c’é­taient bien les ins­ti­tu­tions poli­tiques qui façon­naient l’homme et la vie démo­cra­tique, pas l’inverse.

    Je me per­mets cette petite apar­té. Ce cadre ins­ti­tu­tion­nel va garan­tir de cette bonne hygiène démo­cra­tique, je suis bien d’ac­cord, mais aus­si avi­sé et per­fec­tible puisse-t-il être, tout indi­vi­du comme l’en­semble des citoyens peuvent très bien dévier du jour au len­de­main et modi­fier, voire mal­me­ner tel sys­tème ver­tueux : l’un ne peut aller sans l’autre.

    Je veux dire par-là que rien n’est jamais acquis et, de la même façon qu’une vraie démo­cra­tie se mérite et se conquiert au quo­ti­dien, tout abso­lu pres­sen­ti ou vécu en son for inté­rieur n’empêchera jamais le quo­ti­dien ni tout impré­vu de chan­ger la donne et d’u­sur­per cette har­mo­nie… tant
    que l’es­prit et le coeur, tant que le sen­ti­ment et le rai­son­ne­ment, cette juste per­cep­tion des choses et de la vie, n’ont pas atteint ce par­fait équi­libre et ce centre ultime de la Conscience, il est à consi­dé­rer cha­cun d’entre nous comme per­fec­tible et poten­tiel­le­ment défaillant.

    Bref, rien n’est vrai en soi sans la consi­dé­ra­tion de ce pas de deux, ce mou­ve­ment per­pé­tuel binaire comme ce para­doxe en toute chose, et ne pas en tenir compte c’est comme vou­loir mettre la Cause des causes autant avant l’oeuf qu’a­vant la poule.

    Est il judi­cieux de récla­mer la démo­cra­tie avant d’a­voir éle­vé les consciences ?… les deux mon capi­taine, l’un n’al­lant pas sans l’autre, tour à tour ou tout en même temps oeuf et poule, c’est aus­si simple que cela ! là où ça se com­plique c’est dans son appli­ca­tion et croyez bien que c’est là une véri­table gageure : j’en parle en connais­sance de cause moi qui l’ex­pé­ri­mente au quo­ti­dien chez nous, à la mai­son, ces poules idiotes par­fois ou ces com­port­ments arbi­traires voire sadiques à l’en­contre d’une de leurs congénères_mais ces beaux oeufs dont elles nous gra­ti­fient, crèpes à la pelle et sand­wiches copieux !

    Réponse
  24. EFFAB

    Cette Volon­té démo­cra­tique et cet Idéal humain sont inti­me­ment imbri­qués, enche­vê­trés, cette Ethique et cette Trans­pa­rence garantes du bon suc­cès de l’en­tre­prise, comme de cette pas­sion qui nous anime tous ici et de cette publi­ci­té incon­tour­nable, cette donne essen­tielle, ce par­tage avec autrui et cet inté­rêt en commun_cette pro­pa­ga­tion virale mais cette légi­ti­mi­té à inves­tir, à pro­po­ser, à impo­ser, eux qui nous en imposent jus­qu’à l’eau qu’on boit et ce qu’on doit man­ger, grosses indus­tries et gros mono­poles livrés à eux-mêmes !

    ALAIN GUILLOU, je crois avoir com­pris ton déve­lop­pe­ment mais j’ai­me­rais mal­gré tout que tu y reviennes, et confrontes quelque peu LABORIT, Lucien SEVE et BOURDIEU, ces noms-là me dépassent encore comme il me semble que tu as bien des choses inté­res­santes à dire là-des­sus. Mais je ne vou­drais sur­tout pas t’o­bli­ger et par­donne-moi si je ne me suis pas don­né la peine de ce qui peut paraître si évident à d’autres.

    Cor­dia­le­ment

    Réponse
  25. Renaud

    Ces 27 minutes (LIEN ci-des­sous) d’é­mis­sion à la TV-suisse romande (en 1981) du pro­fes­seur fran­çais Hen­ri Guille­min (1903−1992) sont une excel­lente mine de mémoire his­to­rique s’a­gis­sant de l’im­pôt sur le reve­nu, depuis la Révo­lu­tion fran­çaise jus­qu’à la veille immé­diate de la 2ème guerre mondiale.

    La Conven­tion (1792−1795) n’a­vait que 2 dépu­tés venant vrai­ment du monde du travail !

    Il y avait alors 750 dépu­tés rap­pelle H. Guille­min, donc sur 750 dépu­tés, 2 seule­ment repré­sen­taient les 98% de la socié­té qui étaient pauvres. La qua­si tota­li­té des autres dépu­tés (donc au nombre de 748!…) étaient des notables, le plus sou­vent riches et cupides. Ils « arran­geaient » les choses de la Nation pour leurs inté­rêts sous ver­biage démo­cra­tique sopo­ri­fique. Et cette situa­tion fut le modèle arché­ty­pal de rou­lage dans la farine du bon petit peuple igno­rant durant des 140 ans qui allaient suivre ; bien écou­ter Hen­ri Guille­min. Et c’est cette « struc­ture fis­cale » qui per­dure encore aujourd’­hui. Rien de chan­gé pour l’es­sen­tiel depuis tant et tant d’années !

    Je crois que c’est le Géné­ral de Gaulle qui a dit : « les lois conservent tou­jours les condi­tions qui les ont fait naître », rien n’est plus vrai ! Étienne Chouard, une fois de plus, on a la preuve de la néces­si­té de ce que tu démontres et pro­pose de faire, le tirage au sort des dirigeants.

    Hen­ri Guille­min parle de son point de vue poli­tique à lui, mais c’é­tait un homme fon­ciè­re­ment hon­nête et fiable, qui, comme tout pro­fes­sion­nel accom­pli, ne se réfère qu’aux choses dument docu­men­tées, même si ces choses ne recouvrent pas la tota­li­té de la véri­té (ce qui n’est guère pos­sible), et c’est cela, seul, qui compte.
    On com­prend mieux l’ac­tua­li­té en écou­tant atten­ti­ve­ment cette vidéo (pas trop longue)

    Hen­ri Guille­min : La mon­tée du fascisme

    http://​www​.rts​.ch/​a​r​c​h​i​v​e​s​/​t​v​/​c​u​l​t​u​r​e​/​h​i​s​t​o​i​r​e​/​3​4​4​9​6​0​1​-​l​a​-​m​o​n​t​e​e​-​d​u​-​f​a​s​c​i​s​m​e​.​h​tml

    Réponse
  26. Ana Sailland

    Heu­reuse mise en relief.

    Ces réfé­rences his­to­riques seront plus qu’utiles.

    Ce qu’il faut abso­lu­ment évi­ter chaque fois que comme récem­ment en Tuni­sie une étin­celle du peuple allume l’in­cen­die, c’est que ceux qui ont ris­qué leur peau soient mis sur la touche et qu’au fes­tin de l’é­cri­ture ne soient pas pré­sents les 99%, en pro­por­tion de leur nombre qui est leur droit naturel.
    Toute la force du tirage au sort est d’é­vi­ter le squat du futur par les voleurs de révolution.

    Sous une forme ou une autre, cette alerte doit faire par­tie du mes­sage viral.(?):

    En cas de révo­lu­tion inat­ten­due, le peuple ne devrait jamais accep­ter d’autre pro­ces­sus consti­tuant. Et il doit donc être mas­si­ve­ment ins­truit de cela avant que d’en avoir besoin.

    Réponse
  27. Étienne

    Les­sig’s TED talk on figh­ting cor­rup­tion in politics 
    with cam­pai­gn finance reform

    Il fau­drait tra­duire cette confé­rence en fran­çais, je trouve 🙂

    Étienne.

    Réponse
  28. EFFAB

    (@27)

    Appa­rem­ment, pour cette vidéo, nous avons à pré­sent les sous-titrages en français.

    Mer­ci, MYEFOX, pour ce rappel !

    Réponse
  29. maris

    @Etienne

    J’ai décou­vert récem­ment les tra­vaux et vos confé­rences / ren­contres, votre ouver­ture d’es­prit et votre modes­tie. J’ai aus­si décou­vert que les soit-disant « anti­fa » cher­chaient à nuire, non pas à vous, encore que c’est à votre pré­sence qu’ils s’en prennent, mais à l’i­dée cen­trale que vous met­tez en avant : la non-démo­cra­tie et son anti­dote, le tirage au sort des « constituants ». 

    Proche du PG et ancien de la LCR, je m’in­quié­tais encore récem­ment de l’exi­gence pro­cla­mée par le FdG d’une sixième répu­blique, munie d’une consti­tuante digne de ce nom. Il semble bien que la sym­biose n’est pas loin d’être faite mais pas dans l’es­prit de tous… même au PG car la « boue » anti­dé­mo­cra­tique a par­fai­te­ment com­pris que, vue la tour­nure que pre­nait l’emprise de vos idées et la manière dont elles se répan­daient, il fal­lait abso­lu­ment leur bar­rer le che­min. Qui y‑a-t-il de mieux que de salir l’i­mage d’un vrai démo­crate aux yeux de ceux qui pour­raient l’ac­com­pa­gner que de le trai­ter de fasciste ? 

    Je n’ai pas de conseil à vous don­ner, mais peut-être mettre en avant de façon plus expli­cite que ce n’est pas l’in­té­gra­li­té de l’œuvre que vous vali­dez mais une idée, un papier. Vous aurez beau dire que vous êtes un démo­crate, ce n’est pas contre vous (encore que..) mais plu­tôt contre vos idées que les faux « anti­fa » se dressent.

    Rien à voir mais connais­sez-vous Paul Jorion… C’est un bon­homme plus qu’in­té­res­sant, à la façon de B Friot mais sur un autre mode.
    Bra­vo et cou­rage, le cou­rant se répand mais il va fal­loir faire vite.

    Réponse
  30. J-Stéphane

    Bon­soir,

    Pour­quoi ne pas envi­sa­ger un par­ti poli­tique qui aurait pour seul pro­gramme de por­ter le pro­jet d’une assem­blée consti­tuante tirée au sort ?

    Le par­ti du vote blanc a pris ce pari pour faire recon­naître le ni oui ni oui, et ça com­mence à germer…

    Réponse
  31. Ana Sailland

    L’as­so­cia­tion « citoyens consti­tuants » pour­rait jouer ce rôle.

    -> ?

    Réponse
  32. J-Stéphane

    Bon­jour,

    Petite réflexion du matin qui va me tenir la journée.

    Il nous faut, pour per­cer dans ce monde poli­tique per­ver­ti, de nou­veaux par­tis ; le par­ti du vote blanc, le par­ti consti­tuante citoyenne, et le par­ti mon­naie publique…

    Réponse
  33. EFFAB

    @33

    « Ce qu’on appelle hasard, c’est peut-être la logique de Dieu »

    (Georges BERNANOS)

    Très simple et très abor­dable, mer­ci pour ce par­tage, FURAX, où nous abor­dons ici aux méca­nismes ins­ti­tu­tion­nels, et celui en par­ti­cu­lier et fon­da­men­tal qu’est le Tirage au Sort…

    … sinon nous avons éga­le­ment ceci, dans un autre genre, une autre approche quant aux méca­nismes, quant aux agis­se­ments plus occultes au sein de toute élec­to­cra­tie qui se respecte…

    http://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​b​c​G​2​s​R​k​g​yzQ

    Réponse
  34. EFFAB

    @34

    Mais des par­tis sans pou­voir réels, sans hié­rar­chie aucune, des col­lec­tifs de citoyens, des opi­nions voire des idéo­lo­gies mais ces col­lec­tifs au ser­vice de cha­cun et dans ce res­pect du bien public…

    Réponse
  35. EFFAB

    @37

    Oui, cela semble fuser de toute part actuel­le­ment, entre ces que­nelles qui en inter­pellent certain(s) ministre(s), le coup de gueule d’un God­frey BLOOM au Par­le­ment euro­péen, Dianne REYNI ici au Sénat amé­ri­cain, tous ces docu­men­taires ô com­bien révé­la­teurs sur le 11/9…

    Réponse

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