Un entretien qui résume assez bien ma thèse centrale,
pour le journal de DLR (« La France Debout », n°2, nov-déc 2012) :


La démocratie représentative est-elle une imposture ?
Entretien avec Etienne Chouard
La France debout, n°2, nov. déc. 2012.
1) En quoi votre définition de la démocratie diffère-t-elle du sens courant ?
La démocratie est le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple.
Or, notre système est une ploutocratie : un gouvernement des riches, par les riches et pour les riches.
Pourquoi ? Il faut chercher « la cause des causes » (Hippocrate):
l’élection sans contrôle délègue à des maîtres,
alors que le tirage au sort (avec ses multiples contrôles) vise à désigner des serviteurs du bien commun.
2) Est-ce le principe même de la représentation qui est vicié ?
Nous employons à contre-sens certains mots essentiels : « représentant » a deux sens en français , maître ou serviteur. Actuellement, c’est en tant que maîtres qu’agissent nos élus, sous prétexte de nous servir.
On utilise le terme « suffrage universel » pour désigner des maîtres alors qu’on devrait parler du vote direct des lois par le peuple : ce faux « suffrage universel » permet aux plus riches de mettre la main sur le pouvoir politique. Henri Guillemin rappelle cette phrase saisissante de Mauriac en 1966 :
« Ce que le général n’a pas fait et ce qu’il ne dépendait pas de lui de faire, c’est d’obliger à lâcher prise ces mains, ces quelques mains, oui ce petit nombre de mains qui tiennent les commandes secrètes de l’État, qui assurent les immenses profits de quelques-uns et qui font de chacun de nous les têtes d’un troupeau exploitable, exploité » (Bloc-notes de François Mauriac, 23 septembre 1966, à propos du général de Gaulle) (1).
« Constitution », devrait être une protection : c’est en fait, aujourd’hui, une prison. Nous ne votons pas les lois auxquelles nous acceptons de nous soumettre, nous ne votons que pour désigner des maîtres choisis par les plus riches soutenus par leurs médias. L’électeur n’est pas cet « adulte politique » qu’est le citoyen authentique qui ne saurait obéir qu’aux lois qu’il a lui-même discutées et votées.
Quand je remonte à la cause des causes, j’observe partout le conflit d’intérêts des personnes qui écrivent les constitutions : ce sont des professionnels de la politique qui composent les assemblées constituantes, car elles sont toujours élues parmi des candidats des partis qui, puissamment médiatisés, sont les seuls à pouvoir être élus. Or, ces gens-là, une fois élus constituants, ont un intérêt personnel évident à instituer leur puissance et notre impuissance.
Mais le corps social en train de prendre conscience : quand nous voudrons enfin une vraie constitution, nous l’écrirons nous-mêmes.
3) Quel régime permettrait d’incarner cette démocratie ?
Ce n’est pas aux hommes au pouvoir d’écrire les règles du pouvoir : l’assemblée constituante doit être tirée au sort
ou, autre possibilité, elle peut être composée de tous les citoyens qui désirent participer à l’écriture de leur contrat social, commune par commune.
Ensuite, cette Assemblée constituante, débarrassée de ses conflits d’intérêts, pourra enfin choisir un bon régime.
Aucune institution ne peut travailler pour le bien commun sans contrôle permanent et sourcilleux des citoyens.
Le pouvoir doit être constamment inquiété, par des institutions de contrôle tirées au sort ou par la société civile.
Ceci ne se fera que par une réappropriation populaire de l’écriture de la Constitution.
On doit pouvoir révoquer ses représentants, surveiller leur vertu et contrôler leurs comptes.
Les élus ne doivent jouir d’aucun privilège.
L’institution-pivot de toute « démocratie représentative » digne de ce nom, est le référendum d’initiative citoyenne (RIC), qui permet une expression directe et autonome de la volonté populaire. Par exemple, c’est par RIC que les Suisses ont récemment abrogé — de leur propre initiative ! — la loi de privatisation de leur électricité nationale. Il y a en Suisse cent autres exemples frappants d’une puissance populaire en action. C’est à nous de le vouloir et de l’imposer.
Notre société connaît en ce moment une réactivation politique, grâce notamment à l’outil formidable (et nouveau) d’éducation populaire qu’est l’Internet : les électeurs peuvent s’informer entre eux, à la base, sans subir la censure de leurs maîtres, et aspirer à devenir enfin citoyens.
4) L’amateurisme de ces nouveaux élus va renforcer le pouvoir de la haute fonction publique ?
Reprendre le contrôle de la Constitution, c’est reprendre le contrôle des élus et des fonctionnaires, notamment des plus puissants. Il s’agit encore une fois de ne mettre au pouvoir que des serviteurs du bien commun, et de le garantir grâce à la surveillance et à la révocabilité (tout en protégeant ces serviteurs contre l’arbitraire, bien sûr).
Nous devrions imposer comme critère de sélection « l’importance donnée au regard des autres ». Dans l’Athènes antique, cela s’appelait la « VERGOGNE » : avoir de la vergogne était nécessaire pour être un bon citoyen ; et celui qui en était privé devait être mis à mort, selon Platon, car il était dangereux pour le corps social.
Aujourd’hui, ce levier de vertu est oublié : les professionnels de la politique et les chefs de grandes entreprises sont souvent sans vergogne ; ils peuvent sans honte tricher, trahir, mal faire, sans souffrir le moins du monde du climat de détestation qui peut régner à leur égard.
5) Quelles pourraient être les modalités techniques du référendum d’initiative citoyenne ?
Il devrait exister 4 types de RIC, soumis à des modalités intelligentes, afin d’éviter l’instabilité institutionnelle et les erreurs graves :
• Un référendum législatif, permettant d’imposer nous-mêmes les lois que nous voulons.
•Un référendum abrogatoire, permettant d’abroger une loi dont nous ne voulons pas.
• Un référendum révocatoire, permettant de révoquer n’importe quel acteur public.
• Un référendum constituant, permettant de modifier nous-mêmes notre Constitution.
Un RIC doit pouvoir être déclenché par un petit nombre de citoyens, 1 % par exemple, et être accompagné d’un débat riche, contradictoire et honnête, sans aucune possibilité de blocage ou de détournement par les pouvoirs en place.
Pour faire face à un grand nombre de propositions individuelles, nous pourrions instituer une « Chambre du référendum » composée de 200 ou 300 personnes tirées au sort. Cette chambre aurait pour fonction d’examiner les différents projets, en permettant à leurs promoteurs de défendre leurs arguments. Deux fois par an, un jour férié chômé serait consacré au vote populaire sur la liste des projets en cours, individuels filtrés et collectifs non filtrés.
En Suisse, où cette institution existe depuis longtemps, 8/10e des propositions s’avèrent non primordiales. Reste néanmoins que, pour les 2/10e de propositions utiles et décisives, cette institution se révèle d’une très grande importance et les Suisses y tiennent plus qu’à toute autre.
6) Croyez-vous que cela puisse remédier au désengagement civique dont souffre la démocratie française ?
Le désengagement civique provient de ce que les citoyens se rendent compte de l’escroquerie : la « démocratie représentative » est un oxymore.
Toute élection d’un petit nombre est pour le plus grand nombre un renoncement à la politique et une source d’apathie, qui doit être équilibrée par des assemblées tirées au sort.
Lorsque les citoyens sentent enfin que ce qu’ils font est important, ils reprennent goût à la vie politique, comme en 2005.
Dans De la démocratie en Amérique, Tocqueville a écrit des lignes formidables sur l’importance pédagogique des jurys populaires tirés au sort (2) :
« Le jury est donc avant tout une institution politique.
J’entends par jury un certain nombre de citoyens pris au hasard et revêtus momentanément du droit de juger.
Le jury, et surtout le jury civil sert à donner une partie des habitudes du juge ; et ces habitudes sont précisément celles qui préparent le mieux le peuple à être libre.
Il répand dans toutes les classes le respect pour la chose jugée et l’idée du droit.
Ôtez ces deux choses et l’amour de l’indépendance ne sera plus qu’une passion destructive.
Il enseigne aux hommes la pratique de l’équité. Chacun, en jugeant son voisin, pense qu’il pourra être jugé à son tour.
Le jury apprend à chaque homme à ne pas reculer devant la responsabilité de ses propres actes ; disposition virile, sans laquelle il n’y a pas de vertu politique.
(…)
En forçant les hommes à s’occuper d’autre chose que de leurs propres affaires, il combat l’égoïsme individuel, qui est comme la rouille des sociétés. »
Avons-nous en France des candidats suffisamment démocrates pour partager VRAIMENT le pouvoir avec leurs électeurs ?
Nicolas Dupont-Aignan a certainement une réponse à cette question.
Entretien mené par Pierre-Yves Rougeyron, directeur de rédaction de la Revue Perspectives Libres et analyste en intelligence économique.
Notes :
(1) Voir cette passionnante vidéo de la RTS, à la minute 27 : http://www.rts.ch/archives/tv/culture/dossiers-de-l-histoire/3448829-caid-respectueux‑6.html
(2) De la démocratie en Amérique, Partie II, chapitre VII, pages 406 à 410, folio histoire

Etienne Chouard – Debout la Républque. Que voilà un rapprochement judicieux !
On en redemande.
A quand la rencontre publique avec Nicolas Dupont-Aignan ?
Un grand sourire d’une amie d’Etienne militante de DLR.
Marion
je trouve pour ma part parfaitement scandaleuse la proposition de Nicolas Dupont-Aignan de rendre le vote obligatoire. Il y a tellement de chose à faire pour rendre la démocratie participative et rendre le plus petit élément de contrôle populaire du pouvoir – le vote – obligatoire, c’est masquer encore un peu plus la mascarade ploutocrate de nos institutions.
Pour Étienne et les autres lecteurs,
deux livres sur Gallica.fr
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k61335191.r=democratie+representative.langFR
Henry LEYRET était journaliste (1864−1944)
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k82336x.r=leyret.langFR
Bonne lecture
Cher Monsieur Chouard,
J’aimerais savoir comment vous vous situez par rapport au courant du « public choice ». Pour ceux qui ne connaissent pas, ce sont des théories et des explications économiques sur le rôle du pouvoir sur les politiques budgétaires ou comment notre système politique et gouvernemental nous pousse à avoir un niveau de dépense trop (et toujours plus) important.
J’aimerais votre avis. Il serait intéressant d’avoir un article sur votre blog à propos de ce courant qui pourrait apporter de l’eau au moulin « Chouard », si je puis m’exprimer ainsi.
Par ailleurs, je ne connais que les bases et les débuts de ce courant mais je ne connais pas trop son actualité. Connaissez vous, par exemple, des économistes qui continuent d’étayer ce courant de pensées ?
Merci,
Cher Etienne,
toute mon admiration et mes plus vifs encouragements pour votre travail, d’une intelligence rare.
Je pense que le dernier message de l’auteur d’une file nommée
LE SILENCE DES LOUPS (Décryptage d’un monde interdit aux moins de 16 dents)
pourra vous intéresser :
MESSAGE N°48 : ÉLÉVATION DE L’ESPRIT
http://www.pro-at.com/forums-bourse/bourse-268–30072.html#1408118
Vous y figurez en bonne place et en bonne compagnie.
Vous étiez d’ailleurs déjà cité en référence sur la toute 1ère page de la file, début 2009.
Certains intervenants postent des infos qui partent parfois dans trop de directions différentes, mais le travail d’analyse et de lanceur d’alertes du créateur de la file ne manque pas d’intérêt, ainsi que celui de certains participants.
Je vous invite à y jeter un coup d’oeil.
Merci encore pour votre engagement dans une cause aussi noble qu’ambitieuse.
Mes meilleurs vœux pour la nouvelle année
…et qu’une santé de fer vous accompagne.
FreeDem
Etienne,
De l’eau à ton moulin :
DU GOUVERNEMENT POUR TOUS
Citoyen Auguste CAUNES
Pas de date mais probablement fin XIXème siècle
Source :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k56112244.r=democratie+tirage+au+sort.langFR
…« Il existe plusieurs modes de conférer ses pouvoirs ; quant à nous, nous n’en connaissons qu’un qui soit rationnel, impartial, exempt d’erreur, de surprise, qui ferme la porte aux intrigues, aux ambitions, aux rivalités, aux préférences et à tous les maux que causent les passions humaines mises en action et en jeu ; ce mode est la voie du sort.
Le sort, sagement combiné, produira l’heureux résultat de fondre ensemble l’élément aristocratique et l’élément démocratique, de façon que l’un des deux ne puisse jamais prédominer sur l’autre, et entraver la marche de la révolution et du gouvernement juste et libre auquel tendent et les efforts et les besoins du peuple.
Cette fusion délivrera, en outre, la société de la coalition des intérêts privés qui l’épuisent, et des conspirations permanentes des partis, dés coteries, des factions qui la désolent.
Développons notre pensée et notre théorie par des exemples.
Procédons d’abord à l’élection des députés de la ville de Paris, qui forme à elle seule un département ; et supposons qu’on ait fixé le nombre des députés à douze (1), c’est-à-dire un par arrondissement.
Le tableau statistique de tous les citoyens actifs, étant préalablement connu et arrêté ; la répartition faite dans les arrondissements par des listes dressées et affichées dans les mairies, les électeurs convoqués procèdent par la voie du suffrage à la nomination de dix candidats à la députation sur mille électeurs dans chaque arrondissement ;
cette première opération terminée, on fait le recensement de tous les candidats élus ; ils sont convoqués à jour fixe dans un local disposé à cet effet, et là, en présence de commissaires ou d’autres autorités compétentes, on procède à l’élection des députés par la voie du sort, en se conformant aux formalités et usages pratiqués pour le tirage au sort de nos jeunes soldats.
Les douze notas que le sort atteint sont proclamés députés. Rendons cette opération sensible par des chiffres ; l’exemple que nous allons poser est purement hypothétique, mais cependant susceptible de recevoir une application rigoureuse en consultant les tables statistiques des citoyens actifs et les listes publiées dans les mairies. Nous supposerons donc que le nombre des citoyens actifs, pour la ville de Paris, s’élève à 48 000, ce qui porterait le nombre d’électeurs à 4 000 par arrondissement ; 10 candidats sur 1 000 électeurs produiraient 40 candidats à la députation pour chaque arrondissement.
(1) Je prends ce chiffre au hasard ; ceci n’est que pour donner une idée de ma théorie.
Ce chiffre de 40 candidats multiplié par le chiffre 12 d’arrondissements, donné un total de 480 candidats à la députation, sur lesquels on applique l’opération du sort pour obtenir, par cette voie, les 12 députés.
Maintenant, si l’on objectait que les électeurs ne se trouvent pas toujours, comme dans notre exemple, également distribués dans chaque arrondissement, nous n’irons pas chercher le plus ou le moins ; notre règle invariable étant de prendre 10 candidats sur mille électeurs, ce point de départ répond suffisamment à l’objection.
Dans les villes, la population se trouvant agglomérée sur un seul point : ces sortes d’opérations n’entraînent aucun inconvénient ; il n’en est pas ainsi dans les campagnes où la population est éparse et disséminée ; Pour éviter les déplacements coûteux, onéreux aux électeurs, on les convoquera un jour férié, au chef-lieu de canton : là ils éliront, par la voie des suffrages, le nombre de candidats à la députation ; d’après la règle de 10 candidats sur l000 électeurs.
Cette opération terminée, les candidats à la députation se rendront, au jour indiqué, dans leurs chefs-lieux d’arrondissement respectifs, où l’on procédera au tirage au sort des députés.
Le nombre des députés pour toute la France doit s’élever de 1 000 à 1 200 au moins : cette réunion nombreuse formera une assemblée puissante, majestueuse, imposante comme le vaste empire qu’elle doit représenter. Plus l’assemblée des représentants sera considérable, plus elle sera animée d’un esprit* véritablement indépendant, et moins aussi elle sera accessible aux séductions, aux malversations et à la corruption.
La population des départements étant variable et mobile, le nombre des députés suivra cette fluctuation ; il peut arriver que des départements n’aient que 8, 10 nominations ; d’autres 12, 15 ; la représentation est fixée d’après le chiffre de la population : ce travail statistique est connu.
Les députés suppléants destinés à former la réserve seront tirés au sort concurremment avec les députés partants.
Les candidats à la députation peu fortunés, seront dédommagés des frais de déplacement, si leur position l’exigeait.
Les députés seront salariés par l’État et révocables par le peuple. »…
…« Tout citoyen qui se soumet aux charges que lui impose l’État, sans réclamer la jouissance de ses droits de citoyen, sert volontairement, ou forcément, ou aveuglément le pouvoir ; il est dupe, ou victime, ou complice de la tyrannie : s’il est dupe, on doit l’éclairer ; s’il est victime, on doit le plaindre ; s’il est complice, il est criminel. »…
… « La base du pacte, du contrat social ; son objet est la constitution ; son but est l’existence même de la société. »…
L’union des états est une progression, leur fusion est une régression.
L’évolution d’une union passe par l’émancipation.
Bonjour,
Jusqu’à présent, le peuple n’a pas dépassé le stade de l’adolescence.
Il acquiesce avec joie quand « l’autorité » l’invite à aller jouer pour laisser les grands entre eux.
Maintenant, de plus en plus de citoyens font « leur crise d’adolescence », ils écoutent aux portes des comploteurs et font leurs rapports aux concitoyens.
Grâce à ces sentinelles, le peuple commence à comprendre que l’on ne lui proposera pas son émancipation politique, et qu’il va devoir aller la chercher lui même.
La démocratie n’est pas un cadeau qui s’offre, c’est un cadeau que l’on se fait à soi même.
Étienne je me permet de te soumettre ceci au cas ou tu ne le connaîtrais pas :
Yann Moncomble :
« DU VIOL DES FOULES à la SYNARCHIE
ou le complot permanent »
http://www.histoireebook.com/index.php?post/Moncomble-Yann-Du-viol-des-foules-a-la-Synarchie-ou-le-complot-permanent
…
Le droit de vivre ne se mendie pas : il se vole à l’oppresseur.
Bonjour,
Tout peuple, et chaque élément de ce peuple, doivent pouvoir proposer avant de choisir, et, pouvoir choisir ce qui n’est pas proposé, c’est ça la démocratie, c’est ça être libre.
Salut Etienne,
Je viens de découvrir un nouvel auteur qui reprend un peu la même démarche que toi concernant l’anticonstitution européenne (bien qu’il ne l’appelle pas – encore – « anticonstitution »).
Il s’appelle Jean-Luc Mordoh et il vient de publier un livre intitulé « Comment sortir de l’Europe sans sortir de table ». Il se présente sous forme d’une discussion à deux autour de ces questions – et autour d’une table, dans une mise en scène théâtrale qui pourrait d’ailleurs être une bonne base pour une pièce proprement-dite (soi dit en passant).
Voici une interview de Jean-Luc Mordoh :
Cordialement,
Morpheus
« François Hollande a annoncé vouloir mettre fin au statut de membre de droit des ex-présidents au Conseil constitutionnel. »
Il faut en penser quoi ? Quelles en sont les raisons ? Quels en seront les effets ?…
Bonjour,
Se focaliser sur une Constituante est une impasse. La vie publique ne se résume pas à un moment sacré. Même remarque pour le référendum d’initiative populaire, censé combattre un acte inique et mener au bonheur de tous. Je crois, pour ma part, que la politique est comme la vie ; c’est un petit pas chaque jour et rêver qu’on ne fera qu’une grande enjambée une fois pour toute, c’est passer à côté.
Je pense que l’effort doit être porté sur la désignation au sort à parité avec l’élection.
Cordialement,
Stéphane.
Au fond de l’impasse il y a un muret qui n’est pas forcément épais.
Juste un flash
Et si le système représentatif-parlementaire était une phase d’apprentissage, nécessaire dans l’évolution de la conscience et de l’organisation collective …
en direction de la réelle démocratie.
Une étape d’expérimentation et de compréhension, intermédiaire entre l’absolutisme et le « concertationisme ».
Pardon pour le néologisme
Juste un flash 😉
« La démocratie ne consiste pas à mettre épisodiquement un bulletin dans une urne, à déléguer les pouvoirs à un ou plusieurs élus, puis à se désintéresser, s’abstenir, se taire, pendant cinq ans. Elle est action continuelle du citoyen, non seulement sur les affaires de l’État, mais sur celles de la région, de la commune, de la coopérative, de l’association, de la profession. Si cette présence vigilante ne se fait pas sentir, les gouvernants (quels que soient les principes dont ils se recommandent), les corps organisés, les fonctionnaires, les élus, en butte aux pressions de toutes sortes de groupes, sont abandonnés à leurs propres faiblesses et cèdent bientôt soit aux tentations de l’arbitraire, soit aux routines et aux droits dits acquis. Le mouvement, le progrès ne sont possibles que si une démocratie généralisée dans tout le corps social imprime à la vie collective une jeunesse constamment renouvelée. La démocratie n’est efficace que si elle existe partout et en tout temps. »
Pierre Mendès France, La république moderne.
Oups ! L’austérité était une erreur… (FMI)
http://www.rue89.com/2013/01/07/oups-lausterite-etait-une-erreur-fmi-238357
Par Daniel Schneidermann, Fondateur d’@rrêt sur images
Désolé d’interrompre la conversation nationale sur Depardieu, nouvelle idole des jeunes en Mordovie, mais je voudrais juste vous signaler une petite nouvelle, qui vous a peut-être échappé : l’austérité, c’était une erreur. Oui, je sais, rien de neuf, on n’arrête pas de le répéter ici, notamment dans les chroniques de l’éconaute. Mais cette fois, ce n’est pas seulement nous qui le disons.
Ce sont deux types nommés Olivier Blanchard et Daniel Leigh. Vous ne les connaissez pas, je sais bien. Et vous avez des excuses : ils n’ont jamais revêtu la blouse nationale de Mordovie, et ne se sont pas prononcés, à ma connaissance, sur l’euthanasie des éléphantes. Ils n’ont donc aucune raison de passer au 20 Heures. Mais l’un (Leigh) est économiste au FMI, et l’autre (Blanchard), chef économiste dans la même estimable institution.
Et donc, dans un colloque économique en fin de semaine dernière, ils ont admis un léger bug dans les calculs. En fait, voyez comme c’est ballot, au FMI, dans un moment de distraction, ils ont mal réglé leurs ordinateurs. Et ils avaient juste sous-estimé l’impact négatif des politiques d’austérité sur la croissance.
Faux coefficient de calcul
En gros, ils ne pensaient pas que l’austérité assécherait à ce point la demande, et donc l’économie. Si si, je vous jure que c’est vrai, leur coefficient de calcul était faux, la reconnaissance de la grosse boulette est attestée sur des sites sérieux, ici ou là.
Ils ne savaient pas, comme le rappelle Paul Krugman dans le New York Times, qu’en économie, mes dépenses sont tes revenus, et mes revenus sont tes dépenses. Ça doit être une question de formation continue. Il faudrait accorder quelques jours par an de formation continue aux chefs économistes du FMI.
Évidemment, ce n’est pas le FMI, en tant qu’institution, qui reconnaît qu’elle s’est trompée. Ces choses-là ne se font pas. Blanchard et Leigh, ils ont bien pris soin de le préciser, s’expriment à titre personnel. Bien sûr, bien sûr. Et c’est forcément pour cette raison qu’à l’heure où j’écris, cette nouvelle a totalement échappé aux médias français (à quelques exception près, ndlr de Rue89), et accessoirement au gouvernement français (comment l’ai-je apprise moi-même ? Parce que je suis abonné au compte Twitter d’un spécialiste des petits Mickeys, voyez le sérieux de mes sources !).
Sinon, on imagine bien qu’on ne s’écharperait pas sur le nombre de demandes de naturalisations belges, sur le régime fiscal en Russie et sur l’euthanasie des éléphantes.
Franchement, je ne vois aucune autre raison.
http://www.rue89.com/2013/01/07/oups-lausterite-etait-une-erreur-fmi-238357
…
On ne sait plus où donner de l’indignation.
La patrie est en danger, littéralement aux mains de TRAÎTRES.
Oui, la >« démocratie représentative » est une imposture, ça crève les yeux :
Notre problème, ce sont nos gouvernants (et >journalistes et >économistes), tous prostitués aux banques !
1. Nous n’avons pas de Constitution.
2. Si on veut une Constitution, il faudra l’écrire nous-mêmes.
Bonne année à tous, bien virale et bien contagieuse (rappel).
Étienne.
Mort du marché boursier Français :
Scénario déjà écrit..
Deutsche Boerse vient en tout cas de l’annoncer.
Merci Étienne pour votre travail, c’est vous qui m’avez donné l’énergie nécessaire à la publication de ce billet d’humeur qui n’exprime qu’une partie de mon indignation devant nos lois, notre constitution, constamment transgressées, violées, bafouées, sans que personne n’y trouve rien à redire ni ne s’en émeuve.
Information d’aujourd’hui passée inaperçue…
Deutsche Boerse n’est plus intéressé par Euronext.
Citation :
« Deutsche Börse a mis le cap sur la croissance organique axée sur les pays émergents, les activités de compensation, notamment pour les transactions négociées hors Bourse (OTC) et les services technologiques. »
La plateforme américaine Inter Continental Exchange (ICE) a lancé en décembre une offre publique d’achat (OPA) de 8,2 milliards de dollars sur NYSE Euronext, mais a fait savoir qu’en cas de succès de l’opération les activités européennes que regroupe Euronext seraient vendues.
Les motivations annoncées sont justement les transactions Hors bourse marché OTC.. ce que l’on appelle le shadow banking.. opaque par définition puisque les plates formes non régulées qui permettent ces transactions échappent à tout contrôle comptable et juridique ; elles y échappent d’autant plus que les émetteurs des produits dérivés en question, sont les mêmes que ceux qui montent ces plates formes ou contrôlent les flux qui en sont issus comme la société Clearstream, qui appartient à.… Oh Surprise, la société Deutsche Boerse (dont on cherche toujours les actionnaires)…
Ces plates formes revêtent des formes et des dénominations multiples, elles ont au moins une caractéristique commune, l’absence totale de contrôle et de régulation.
Je prendrais un exemple très caractéristique nommé les « plates formes direct émetteurs ».. qui comme leur nom l’indique sont des filiales ou des plates formes appartenant, ou gérées par les émetteurs des produits dérivés, dont elles assurent les prix et les cotations des produits offerts.. Par curiosité, je ne saurais que conseiller aux curieux d’aller vérifier le fonctionnement d’une plate forme « direct Émetteur ».. C’est assez fascinant à observer dans la mesure où toutes les règles de droit commun applicables aux contrats ont volé en éclat sans que personne n’y trouve quoi que ce soit à redire. Pour se couvrir de toute poursuite éventuelle, les utilisateurs de ces produits signent des contrats incompréhensibles où tout est autorisé à l’opérateur sans que l’utilisateur ne puisse s’y opposer.. Ce qui s’appelle théoriquement en droit commun dans mes souvenirs, une clause non écrite si cette clause vient en contradiction d’une loi établie, votée et promulguée.
Les cotations sont arbitraires, interrompues en fonction de l’humeur du « Market Maker « .. le bien nommé.. Les échelles et la commission que s’octroie l’émetteur peuvent changer sans avertissement au cours du contrat et les volumes traités sont totalement fantaisistes et non mentionnés pour la grande majorité des produits offerts. Les prix se font en fonction de critères soi-disant modélisés et soi-disant très mathématiques comme la volatilité, le bêta ou le teta, critères que personne ne peut ni mesurer ni contrôler, ce qui accroit totalement l’arbitraire du système de cotation et de fixation du prix.
En français courant, ils peuvent faire n’importe quoi, n’importe comment, aucun contrôle n’est désormais possible. Et d’ailleurs, ils ne s’en privent pas… On appelle ça pour une partie, pudiquement le « trading pour compte propre », ce qui pour n’importe quel chef d’entreprise non financière se nomme encore : de la cavalerie financière, surtout si cette cavalerie est effectuée à partir de comptes de tiers (dépôts clients en langage bancaire)…
J’ai donc une très bonne nouvelle pour tous les chefs d’entreprise non financière : ils peuvent faire n’importe quoi… présenter des traites à l’escompte en double, faire de la cavalerie.. Devant Monsieur le Juge ou devant le Président du Tribunal de Commerce qui leur demandera sévèrement à quoi ils pensaient, ils n’auront qu’à invoquer la jurisprudence bancaire sur le sujet.
Juste un chiffre : le shadow banking et les produits OTC sur lesquels se concentre désormais la société Deutsche Boerse et les plates formes non régulées ont représenté 67 000 Milliards de dollars, chiffre qui a provoqué un certain émoi chez les autorités de régulation et que l’on peut rapprocher des 700 000 Milliards de produits dérivés en circulation.
Les opérations sont désormais bien plus importantes sur ces produits que sur les titres cotés eux mêmes.
Dans ces conditions, il est tout à fait logique que la Société Deutsche Boerse ait renoncé à l’achat d’une plate forme régulière, contrôlable par des comptables et par la justice.. Elle préfère continuer à opérer dans l’opacité qui la caractérise.. ou celle qui caractérise ses actionnaires…
Dans ces conditions, on peut également se demander quel sera le commissaire aux comptes, l’expert comptable, ou encore le Conseil d’Administration, qui aura la légèreté de signer des comptes bancaires dont il n’a aucun moyen de vérifier la véracité..
Enfin, on ne peut que se demander quelle est la valeur des comptes présentés par les banques pour justifier certaines opérations ou certaines condamnations, puisqu’elles ont tout loisir de dissimuler, via ces plates formes, les opérations qui ne seraient pas dans le sens qu’elles veulent démontrer..
On ne peut évidemment que se poser la question suivante : que vaut la cotation boursière d’une banque dont les informations comptables ne sont plus vérifiables par qui que ce soit.
Enfin, cerise sur le gâteau, à quoi correspond une taxe sur des transactions financières dont le principal opérateur Européen (Deutsche Boerse) a décidé qu’elles n’étaient plus suffisantes en nombre pour susciter son intérêt : je parle bien entendu de la plate forme régulière qui se nomme Euronext..
Et la justice B.….. elle fait quoi ???
Ou plus exactement le législateur ??? il fait quoi ??
Ou encore Finances Watch, ils font quoi ??
sources :
http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/01/09/deutsche-borse-ne-serait-pas-interesse-par-euronext_1814620_3234.html
La finance de l’ombre pèse 67000 milliards de dollars :
http://lexpansion.lexpress.fr/economie/le-systeme-bancaire-echappe-toujours-aux-regulateurs_360982.html
http://fipcarolinep.xooit.fr/t17-Qui-va-superviser-la-Finance-Europeenne.htm
texte publié ici : vous y trouverez également des commentaires qui le complètent.
http://fipcarolinep.xooit.fr/t191-Deutsche-Boerse-n-est-plus-int-ress-par-Euronext-ou-sc-nario-annonc-de-la-mort-du-march-boursier-Fran-ais.htm
Pierre Mendès France,
Extrait de « La république moderne » 1955–1962
« Devoir d’Éthique des élus de la République »
« Le spectacle trop souvent offert au sein des murs de l’Assemblée Nationale, sur la scène médiatique, ou régulièrement en vigueur dans
les pratiques des familles politiques en dit long sur la perversion et la désacralisation de la représentation publique.
Ceux qui par l’effet de leur volonté propre ou par la force des choses, ont la charge d’assumer un mandat politique doivent être conscients de la mesure et de la sobriété, de la discipline et de l’honneur que cela exige.
Les règlements de comptes étalant une haine inexpiable, les confidences dévoilant une indifférence insupportable révèlent chaque jour la futilité, la trivialité, la lâcheté et l’indignité de certains de nos élus.
Ce déficit d’image ridiculise l’engagement politique, méprise la loi et l’éthique et offense la confiance des électeurs. Il est politiquement préjudiciable et démocratiquement intolérable.
Comment ignorer le tort fait à l’action politique et donc au bien commun de notre pays ?
Comment rester impassible face à ces dérives individuelles qui déshonorent à ce point la représentation collective ?
Comment exiger des Français le respect et la tolérance mutuelle quand leurs représentants s’en affranchissent impunément ?
Quand le scandale, la polémique, la corruption, l’égocentrisme s’invitent dans les hautes sphères de la République, il convient à nous citoyens, de les condamner.
Cette page se veut une tribune populaire où chacun d’entre vous peut diffuser, commenter, condamner ou au contraire louer les usages politiques des élus de la République dans l’exercice de leur mandat.
Cette démarche recueille une légitimité au-delà des partis car aucune famille politique ne peut se prévaloir d’exemplarité sur le terrain de l’éthique et du politiquement correct. Elle signe la conscience et l’exigence citoyenne de la moralisation de la vie politique et de la responsabilisation de ses acteurs.
Face à l’urgence de retisser le lien social, de rétablir une société de solidarité et de fraternité, il est urgent que les responsables politiques recouvrent l’exemplarité inhérente à leur fonction.
Pour que les jeunes générations puissent retrouver foi en la chose publique, respecter les règles régissant notre société et estimer la voie de l’engagement, il faut remettre du désirable, de l’honorable et du vertueux dans les pratiques politiques.
C’est une question de respect et de dignité mais aussi une garantie de l’efficacité des politiques publiques et de la sérénité de notre démocratie.
L’amour de la démocratie est d’abord un état d’esprit. »
Ce que vous dites Caroline est très très très précieux car s’appuie sur du concret.
Je garde précieusement votre témoignage, reste à savoir auprès de qui nous pouvons demander des comptes de toutes ces déviations qui construisent désormais notre quotidien.
Extraordinaire : l’austérité est une erreur mathématique !
http://www.franceculture.fr/emission-le-billet-politique-d-hubert-huertas-extraordinaire-l-austerite-est-une-erreur-mathematique
C’est une information extraordinaire, dont les conséquences sont immenses, mais qui fait beaucoup moins parler que les dérives pathétiques d’un acteur célèbre. Un rapport de quarante quatre pages signé par un économiste en chef du FMI, un français, Olivier Blanchard. Il dit tout simplement que les plus hautes instances économiques mondiales et européennes se sont plantées en imposant, au nom de la science, l’austérité à toute l’Europe.
Ce que dit Olivier Blanchard, c’est que le modèle mathématique sur lequel s’appuyaient ces politiques visant au désendettement radical, et au retour sacré à l’équilibre budgétaire, comportaient une erreur au niveau, je cite, du multiplicateur fiscal. Pour simplifier beaucoup, ce modèle mathématique, donc incontestable, prévoyait que lorsqu’on retire un euro dans un budget il manquerait un euro dans le pays concerné. Or c’est faux. Pour des raisons qui tiennent à une réalité parfaitement triviale, et qui est que les hommes sont humains, cette austérité a déclenché des réactions collectives qui ont abouti à ce que cet euro retiré a provoqué la perte de trois euros dans les sociétés concernées.
Multipliez par des milliards, et vous comprendrez pourquoi l’austérité imposée à coup de sabre par des troïkas savantes n’a conduit qu’à plus d’austérité, plus de chômage, et plus de récession.
L’équation était fausse, ce qui est remarquable en soi, surtout quand on songe au Mississipi, que dis-je, à l’Amazone de leçons d’austérité péremptoire, délivrées chaque minute, sur toutes les antennes, et dans tous les journaux, par des commentateurs sûrs d’eux et dominateurs.
Mais le plus incroyable est ailleurs.
C’est qu’il ait fallu s’apercevoir que quelque chose clochait dans une équation pour découvrir que quelque chose n’allait pas dans la vraie vie. Un peu comme si on assistait à des accidents de la route en chaîne et qu’on ne donnait pas l’alerte tant qu’un modèle mathématique ne disait pas que c’était des accidents.
On ne peut pas aller plus loin dans le triomphe de la technocratie. Il a fallu qu’un expert constate un problème avec un coefficient multiplicateur pour que ce qui saute aux yeux soit perçu par nos cerveaux. L’Europe est à la traîne, son chômage bat des records, sa croissance est en berne, la pauvreté s’installe, bref la voiture est dans le fossé, mais peu importe, on ne change pas de politique puisque c’est la seule et qu’en vouloir une autre serait une demande ignare.
Les ignares vous saluent bien, mais les dévots de l’austérité n’ont pas rendu les armes. L’histoire de l’équation commence à cheminer, on en a parlé dans le journal de France 2 hier soir, l’Humanité l’a évoquée, le Washington Post aussi, mais elle ne fait pas encore la une. C’est qu’on ne renonce pas d’un jour à l’autre à une idéologie. Même vermoulus les murs de Berlin ne s’affaissent pas d’un jour à l’autre.
Bonjour à tous et bonne année 2013, puisqu’il semble enfin qu’on a un début de compréhension.
Il y a cependant un autre problème à résoudre : c’est celui du REGARD des politiques. On a vu, depuis les dernières élections, que les promesses électorales n’ont pas de valeur, qu’elle ne sont que des promesses électorales. Cela ne m’avait jamais paru aussi évident. Or récemment, je me suis dit que cela provenait du regard des politiques, de leur centre d’intérêt. En effet, qu’y a‑t-il de plus important pour eux, que d’être réélus ? Or on a vu juste après les dernières élections en France et au Canada, que ce qui compte, c’est la couverture médiatique : plus vous passez à la télé, et plus vous avez des voix.
Bon, et qui paye ?
À partir de là, vous comprenez bien que ce qui est important pour les politiques, c’est de séduire ceux qui paient les campagnes électorales, les mêmes d’ailleurs qui tiennent les médias capables de faire et- défaire une réputation. Ce sont ces quelques centaines de personnes qu’il faut convaincre, pas le peuple, puisqu’il votera selon ce qu’on lui dira à la télé, à la radio, dans les journaux ou magazines.
Et du coup, comme le peuple n’a plus aucune importance, on lui raconte n’importe quoi. C’est normal. C’est plus simple de s’occuper des financiers de la politique qui vous feront élire à coup sûr, que des besoins très diversifiés de tout un peuple.
cela donne envie de pleurer…
La démocratie telle qu’elle est présentée, et sous n’importe quelle redingote, n’est qu’une armure pour celui qui la dessine avec les plumes d’aristocrates.
C’est une belle opportunité de pouvoir échanger sur le blog d’Étienne Chouard.
les travaux de Monsieur E. Chouard sont en droit fil avec mon engagement associatif entrepris il y a près de 30 an ; officialisé en Mai 2007 avec le concours de quelques sommités éclairées.
Cependant venant d’un viticulteur et en l’absence de moyens, tenter d’alerter sur les dérives du système et sur le chaos à venir, suggérer, sur la base de la réelle démocratie, des propositions d’ordres, économiques, financières, sociales et fiscales, dans une société rurale et citadine, aveuglée et anesthésiée par le régime des partis et ses suppôts (financiers, médias, lobbies du commerce international) nous a valu plus de sarcasmes que d’approbatives !
En 2012, aux présidentielles, sur la base d’un projet ébauché dans un ouvrage intitulé « L’esprit de l’Acropole » aux Éditions Baudelaire, j’ai au nom de mon association appelé à une révolution des intelligences par l’expression d’un vote blanc massif. le black-out du régime de censure a fait le reste… quasiment personne n’en a entendu parler. (!?)
Or notre engagement étant altruiste, je souhaiterais apporter à Étienne Chouard un concours, non pas pour récolter quelques gloires où notoriétés, ni pour interférer, mais pour lui faire prendre connaissance, à toutes fins utiles, des fruits de mes recherches entreprises pour la cause Nationale et Européenne.
Dans cette attente
Georges Boulon
Le billet de Mr Huertas me rappelle une anecdote vécue que je m’en vais vous conter.
Pendant mes études, au siècle passé, lors d’un TD de Maths Financières, nous planchions sur un problème dit de complétude des marchés. Le chargé de TD, Mr Memhmet Tuncel, nous dit au début de l’exercice « Intuitivement, on sent que l’hypothèse est vraie. » Cette intuition était basée sur les dogmes de la matière. Le but de l’exercice était de démontrer l’hypothèse.
Après des calculs forts savants et un déluge d’équation [sans s puisque, pour les imposteurs matholâtres, l’équation est au kilo, un bien fongible ! 🙂 ÉC], fièrement, il nous démontre que l’hypothèse est bonne.
Timidement, une demoiselle lève le doigt et demande si, au milieu de la démonstration, il n’y aurait pas une erreur de signe. Effectivement, il y avait bien, au milieu de ce brillant exposé, une vulgaire erreur de signe ( un – pour un + ou inversement ).
Cette erreur inversait le résultat et démontrait que l’hypothèse était fausse…
Quel souvenir jouissif.
Bonjour,
« Il y a trop de grands hommes dans le monde ; il y a trop de législateurs, organisateurs, instituteurs de sociétés, conducteurs de peuples, pères des nations, etc. Trop de gens se placent au-dessus de l’humanité pour la régenter, trop de gens font métier de s’occuper d’elle »
Frédéric Bastiat,(1850)
Bonjour espèce de gentils virus.
Un chiffre : Avaaz, première organisation mondial de conscience pour un changement, selon un sondage interne en cours, pour ses dix-sept millions d’adhérents, parmi neuf thèmes de revendication, la préoccupation sur une vraie démocratie arrive en sixième (!!!) position
https://secure.avaaz.org/fr/2013_global_survey_results/?vl
Si tel est l’état de la prise de conscience pour ceux qui sont les plus « conscientisés », il reste du chemin a parcourir pour que la cause des causes soit vue…
Un article intéressant sur Avaaz, en anglais malheureusement,
« Avaaz : activism or ‘slacktivism’? » :
http://www.guardian.co.uk/world/2011/jul/20/avaaz-activism-slactivism-clicktivism
Slacktivism : pourrait se traduire par « activisme mou » 🙂
Honneur aux soixante-dix !
9 octobre 2012
Par Jacques Sapir
Soixante-dix députés ont osé voter contre le TSCG.
Soixante-dix sur cinq cent soixante-huit votants, c’est peu.
Soixante-dix contre quatre cent soixante-dix-sept qui ont voté pour, c’est peu.
Mais soixante-dix qui, venant de tous les horizons politiques, ont osé se dresser contre les consignes d’état-major, contre l’intense pression médiatique, contre le conformisme, contre les petits calculs politiciens, contre la lâcheté servile, cela, en vérité, fait beaucoup.
Ce Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance, contient trois mensonges pour le prix d’un.
Quelle stabilité, quand on voit dans le rapport récent du FMI, posté sur ce carnet, que les mécanismes mis en oeuvre depuis 2010 n’ont fait qu’aggraver la crise ? Quelle stabilité encore quand on voit la dépression que connaissent certains des pays en crise ? Parler de stabilité est ici un mensonge flagrant.
Quelle coordination quand on sait qu’il n’y a de coordination qu’entre des agents libres, sinon c’est à une autorité hiérarchique que l’on a affaire, et qu’il n’y a dans ce traité qu’asservissement à des agences dites indépendantes ? Ce Traité organise en fait le dépérissement de la démocratie en Europe avec la fin de l’autorité suprême des Parlements nationaux en matière budgétaire. Or, il faut s’en souvenir, c’est par le consentement à l’impôt que commence la démocratie.
Quelle gouvernance enfin dans un Traité qui est en fait inapplicable et qui n’a pas d’autres fonctions que d’être violé à peine signé ? Est-ce ainsi que l’on croit créer un « bonne gouvernance » dans les mots dont on se gargarise à Bruxelles et ailleurs ?
On dit aussi, et c’est un argument avancé en sa faveur, que ce Traité institue une solidarité en Europe. Mais quelle solidarité, dans un traité qui condamne l’Europe à l’austérité et à la récession ? C’est la solidarité de la matraque et du bâton, de l’oppression et de la répression, comme l’expérimentent les manifestants qui, d’Athènes à Madrid en passant par Lisbonne, se sont levés contre la misère qui leur est imposée. User alors d’un tel argument revient à déconsidérer pleinement l’idée d’une possible solidarité européenne
Trouvera-t-on ces mots excessifs ? Que l’on regarde alors le rapport du Fond Monétaire International, le World Economic Outlook d’octobre 2012 qui explique bien la marche à la misère entamée au nom d’une austérité qui n’a donc pour but que de sauver un fétiche : l’Euro. Que l’on regarde ce rapport, qui reste prudent dans ses projections, mais qui n’en établit pas moins que la majorité des pays ne pourront respecter les clauses de ce traité qui vient d’être ratifié. Que l’on regarde aussi la note commune à trois instituts (l’INSEE, l’IFO et l’ISTAT) sur la récession dans la zone Euro. Que l’on regarde enfin les rapports de l’UNICEF qui établissent la montée de la dénutrition et du manque de soin chez les enfants grecs. Je pense avoir, par ailleurs, montré dans de nombreux textes et notes, tous les effets pervers de ce traité.
De cela, les thuriféraires du TSCG, les sectateurs de l’Euro, n’en ont cure. Même l’appel des économistes hétérodoxes, avec lequel j’avais des désaccords suffisamment importants pour ne pouvoir le signer, a été scandaleusement censuré par Le Monde. Il était dit que pour faire passer cette amère pilule, on ne reculerait devant aucune bassesse, devant aucune ignominie.
Le TSCG nous a donné l’exemple éclatant du cynisme en politique, quand un candidat à l’élection présidentielle se prononce pour sa réécriture et s’empresse, une fois élu, de le faire voter. Ce n’est pas le codicille sur la croissance, malheureux engagement de 140 milliards d’euros étalé sur trois ans, une aumône, qui peut en changer la nature. Même ses amis politiques le reconnaissent aujourd’hui publiquement. Ce Traité ne fut pas renégocié, et d’ailleurs ce gouvernement n’a jamais cherché à s’en donner les moyens.
C’est ainsi que l’on détruit la démocratie.Le mensonge électoral nourrit la colère et produit le mépris pour une classe politique qui affiche sa solidarité profonde contre le peuple. Bientôt montera le vieux cri de l’anti-parlementarisme : « tous pourris » ! On dira, c’est le populisme qui monte. Et l’on se trompera, car ce sera alors devenu la stricte vérité.
Oui, le fétichisme de l’Euro – car c’est bien de cela qu’il s’agit avec cette transformation dans l’imaginaire d’un instrument en une fin en soi – et la volonté de pouvoir de ses grands prêtres nous condamnent à un appauvrissement généralisé, à une montée du chômage sans limites et, à la fin des fins, comme en Grèce et en Espagne, à la destruction de nos sociétés.
Alors, si dire la vérité vaut que l’on soit taxé d’être excessif, je veux bien être excessif et je l’assume. Car, aujourd’hui, la raison et l’intelligence vomissent les tièdes.
Honneur donc à ces soixante-dix députés !
Ils ont eu le bon réflexe et ils ont raisonné de manière juste, en refusant d’accorder leurs suffrages à ce texte inique. Qu’importe leurs raisons circonstancielles ; qu’importe d’où ils viennent et à quel parti ils appartiennent ! Quand il s’agit de résister, on ne mégote pas sur ses alliés.
Il y a soixante-douze ans de cela, le 10 juillet 1940, quatre-vingts parlementaires, députés et sénateurs (57 députés et 23 sénateurs) refusèrent d’accorder les pleins pouvoirs constituants à Philippe Pétain. Le vote de l’écrasante majorité mit fin à la République, et institua un régime de fait et non de droit. Le vote de ces quatre-vingts minoritaires fut, avec l’appel du 18 juin, le deuxième acte fondateur de la France Libre, préparant la résurrection de la République défunte.
Ce rappel est aujourd’hui nécessaire.
Puissent les soixante-dix députés qui ont refusé de voter être rejoints par autant de sénateurs que possible. Puissent-ils voir leur nombre croître quand ce texte viendra en seconde lecture.
Les canons furent, par le passé, l’ultime raison des rois.
Les traités sont aujourd’hui l’ultime raison des élites oligarchiques.
Qu’ils se rappellent que l’ultime raison des peuples reste le pavé.
Merci à toi Étienne pour m’avoir mis sur la piste de Castoriadis.
Je découvre cet auteur au coeur de nos préoccupations et finalement assez incompris, je pense.
J’ai notamment dégotté un axe majeur de son travail et qui devrait nous inspirer.
C’est en quelque sorte un de ses points de départ : sa critique des postulats du marxisme, en particulier le fait de penser que la domination des possédants repose sur la distribution des possessions et non sur la distribution du pouvoir. Confusion de la corrélation pouvoir-domination et de la corrélation possession-domination.
Il n’y a, d’après Castoriadis et à la lumière de son étude de la Grèce antique, aucune corrélation entre la possession et le pouvoir.
Ce lien, aujourd’hui opérant est une construction reposant sur la servitude volontaire, on l’accepte comme un état de fait.
Ce qui me semble particulièrement intéressant là-dedans, c’est la dimension parasitante de cette erreur d’analyse. Je m’explique. Parce que l’on considère que les possédants s’accaparent le pouvoir politique nous nous concentrons sur la dénonciation des mécanismes de distribution des richesses plutôt que d’affronter en amont la distribution du pouvoir. Bref, en inversant les priorités on relègue au second plan ce qui est premier et on se trompe de bataille.
On pourrait penser qu’il s’agit de deux fronts d’égale importance mais on se piège nous-mêmes.
Ça me fait beaucoup penser à ton effort pour faire converger les différentes luttes vers ce que tu appelles « la cause des causes ». Je pense que c’est en effet tout à fait fondamental. C’est triste à dire mais toute lutte qui ne s’intéresse qu’aux conséquences d’une distribution inégalitaire du pouvoir sans s’en prendre à la distribution elle-même non seulement est inefficace sur le long terme et pour le grand nombre mais contribue en outre à renforcer le système de domination.
La clef n’est pas économique mais bien politique au sens de la répartition du pouvoir.
La seule option est bien la démocratie entendue comme une égale répartition du pouvoir entre chaque citoyen.
Répartition que seule l’institutionnalisation du tirage au sort autorise.
http://www.youtube.com/watch?v=XWqE965Nck8&feature=share
A écouter, cette magnifique prise de position d’un Député.
Publiée le 11 janv. 2013
Une première dans le monde politique belge, un élu réclame la suppression des partis politiques ! Le député fédéral belge Laurent LOUIS annonce la dissolution de son parti et plaide pour la suppression de tous les partis politiques responsables, selon lui, de la mauvaise gouvernance actuelle, de la corruption et du copinage organisé à tous les niveaux de pouvoir. Il défend la création d’un Parlement citoyen composé d’élus tirés au sort, sans le moindre quota linguistique afin de revenir aux bases de la démocratie qui, aujourd’hui, est malheureusement prise en otage par les partis politiques, les cordons sanitaires et les accords pré-électoraux. Un Parlement tiré au sort et composé de citoyens normaux, voilà, selon lui, le gage d’une réelle représentativité !
A propos de l’austérité, j’ai fait mardi dernier un petit exposé sur le thème »
Un Etat n’a pas à se poser la question de savoir s’il y a assez de recettes fiscales,
car en fait il n’en a pas réellement besoin. »
Le « mémo » est ici
Complément au message 24
http://gillesbonafi.blogspot.fr/2013/01/economie-mathematiques-et-previsions.html
Message 35
ça porte un sacré coup au concept d’intégration subversive.
Ceci dit on aimerait qu’il y en ai plus des comme lui.
Merci André-Jacques pour cette pépite
Message 36
« Un Etat n’a pas à se poser la question de savoir s’il y a assez de recettes fiscales, car en fait il n’en a pas réellement besoin. » »> Je crois que c’est 1913 qui avec l’invention de la réserve « fédérale-privée » marque le démarrage de l’imposition aux États Unis.
Pour apporter de l’eau aux moulins :
Dans le système actuel, si la communauté <je ne parle pas ici de l’état hein> décide de construire un hôpital tout beau tout neuf, elle paiera les différents corps de métier avec de la monnaie scripturale qui à un moment ou à un autre a été crée ex nihilo par le secteur privé, secteur privé qui appartient physiquement à la communauté au sens large, vue globalement et sans dichotomie : même si certains individus tirent les marrons du feu, ils sont éléments physiques de la communauté. L’hôpital est donc, oublions la monnaie quelques secondes, de fait, créé ex nihilo par la communauté humaine. Il est absurde que cette création bénéfique parmi les bénéfiques entraine des distorsions et de douloureuses angoisses, du fait de la mauvaise organisation des flux agissants.
C’est très simplificateur, je sais 😉
Mais afin d’amener ça :
Un système économique sain devra, quel qu’il soit, permettre la maintenance du bien commun, et chaque fois qu’opportun sa création ex nihilo, et cela sans distorsion, sans douleur, et sans autre frein que le respect de l’harmonie du vivant.
Simpliste ?
@ Vincent
« La seule option est bien la démocratie entendue comme une égale répartition du pouvoir entre chaque citoyen. Répartition que seule l’institutionnalisation du tirage au sort autorise »
Non, le système représentatif ne permet pas une égale répartition du pouvoir.
@ Ana
« Un système économique sain devra, quel qu’il soit, permettre la maintenance du bien commun, et chaque fois qu’opportun sa création ex nihilo, et cela sans distorsion, sans douleur, et sans autre frein que le respect de l’harmonie du vivant.
Simpliste ? »
non, juste logique
Bien amicalement
J.C
hallucinant, un politicien belge fait un mea culpa, scie la branche sur laquelle il est assis et fait la promo du tirage au sort, visiblement éveillé par Etienne :
http://www.egaliteetreconciliation.fr/Laurent-LOUIS-dissout-le-MLD-et-reclame-un-Parlement-citoyen-tire-au-sort-15845.html
pour ceux qui boycottent Soral :
Laurent LOUIS dissout le MLD et réclame un… par JaneBurgermeister
@ Vincent sur ton message n° 34.
Je ne sais pas si c’est ce qu’explique vraiment Castoriadis mais quoiqu’il en soit, je pense que c’est un contresens total de séparer richesse et pouvoir. La richesse permet de corrompre et donc d’acquérir du pouvoir et le pouvoir peut se négocier en échange d’une contre partie financière (relire ou voir Topaze de Pagnol qui explique ça très bien).
La richesse est une des modalités du pouvoir qui, comme l’énergie, peut se présenter sous plusieurs formes.
C’est même la forme reine du pouvoir car la plus fluide, la plus facilement transmutable en une autre forme de pouvoir…
Si vous parvenez à mette en place une démocratie réelle et que les citoyens ne limitent pas drastiquement la richesse, les riches reprendront le dessus tôt ou tard, en soudoyant, corrompant, complotant, peu à peu, patiemment, insidieusement…
@ A‑J Holbecq
Votre Mémo est vraiment intéressant.
La quantité de monnaie étant maintenant complètement déconnecté de référent réel, il est possible de la créer à volonté.
Ce n’est qu’un choix politique de contrôle de population. Sans classe dirigeante, c’est à dire en démocratie, l’usage de la monnaie ne ferait pas long feu.
Qui imposera aux autres la médiocrité lorsqu’elle n’est pas nécessaire ?
Qui imposera les inégalités lorsqu’elles ne sont pas nécessaires ?
qui s’opposera au bien commun, si tous son à la même enseigne ?
Bien amicalement
J.C
@ zedav
« Si vous parvenez à mette en place une démocratie réelle et que les citoyens ne limitent pas drastiquement la richesse, les riches reprendront le dessus tôt ou tard, en soudoyant, corrompant, complotant, peu à peu, patiemment, insidieusement… »
C’est en limitant drastiquement la richesse que l’on crée le désir de richesse.
Ce n’est pas en gérant la pénurie que nous règlerons les problèmes mais en créant la prospérité.
Bien amicalement
J.C
Bonne année Étienne !
Je fais le serment pour 2013 de mordre au jarret la démocratie représentative agonisante.
Bonne année à tous, soyez de belles flammes de la démocratie, je fais quant à moi le serment d’aller emmerder les élus de ma commune jusqu’à ce qu’ils comprennent qu’ils sont les derniers maillons, les prolétaires de la politique !!!
Nous créerons l’abondance en nous débarrassant du superflu que nos peurs nous poussent à désirer.
Battons nous pour récupérer le Verbe, si nous appliquons à nous-mêmes le concept de « conspirationnisme », nous en sommes, et c’est bien rassurant 🙂
L’injure « conspirationniste » est la mondialisation du gros mot « communiste ».
Ana ( @ 39)
Oui la monnaie nécessaire peut être émise pour construire un hôpital, mais elle va continuer à circuler (et à grossir avec d’autres monnaies créées pour construire d’autres …) en créant du pouvoir d’achat qui ne corresponds pas nécessairement à des créations de richesses internes au pays (ou a la zone monétaire). Il faut donc pouvoir détruire un excès de monnaie, et les chartalistes considèrent que c’est par l’imposition qu’il faut y parvenir.
En fait ce qu’il apparait c’est la nécessité d’actions contra cycliques : quand l’économie privée est en déprime (augmentation du chômage en particulier) il faut que l’économie publique prenne le relai ; le contraire de ce que font les gouvernements européens, tétanisés par les déficits publics.
« C’est en limitant drastiquement la richesse que l’on crée le désir de richesse. »
Affirmation péremptoire, pas même accompagnée d’un semblant d’argument et directement issue de l’imaginaire pseudo-libéral. C’est au contraire l’existence du faste qui suscite l’envie de ceux qui n’y ont pas accès et le mépris des possédants envers les moins riches, tandis que les sociétés égalitaires (certes souvent de petite taille) révèlent des interactions sociales apaisées.
« Ce n’est pas en gérant la pénurie que nous règlerons les problèmes mais en créant la prospérité. »
Seconde affirmation péremptoire issue du jargon pseudo-libéral. De plus je n’ai parlé ni de gérer la pénurie, ni de créer la prospérité (on se croirait vraiment dans un think tank d’économistes néo-classiques)qui seraient deux faux problèmes dans une vraie démocratie.
Il s’agirait pour les citoyens de faire ensemble les choix de ce qu’ils veulent produire en évaluant les coûts sociaux et environnementaux qu’ils souhaiteraient assumer. Autrement dit de choisir ensemble le niveau de richesse de la nation à partager entre les citoyens, et surtout sans reproduire les strates voulues par Friot.
Les distinctions et les récompenses devraient à mon avis être cantonnées à la sphère symbolique ou de réalisations personnelles, c’est le seul moyen pour échapper complètement à la réintroduction insidieuse de mécanismes de servitude instituées.
À propos de
Veblen :
Esprit extrêmement caustique, il s’intéressa à la partie cachée de l’iceberg économique : les motivations des acheteurs.
Considérant la classe à l’abri des besoins matériels immédiats et de la contrainte du travail autre que souhaité (qu’il nomme la classe de loisir), il y trouva essentiellement la vanité et le désir de se démarquer de son voisin.
Il note que par sa consommation l’élite gaspille du temps et des biens. Elle fait du gaspillage du temps, soit le loisir, et du gaspillage des biens, soit la consommation ostentatoire, ses priorités.
Par exemple, une de ses pages inoubliables dans sa Théorie de la classe de loisir (1899) concerne le lustre de l’étoffe, prisée dans les chapeaux car servant à montrer qu’on les change souvent, et considéré défavorablement pour les pantalons parce qu’il montre qu’au contraire on ne l’a pas changé depuis longtemps.
Alors qu’il s’agit du même lustre !
Il n’y a donc pas selon lui d’esthétique dans l’affaire, mais simplement une émission de signifiants de puissance qui est la raison d’être de la consommation ostentatoire (conspicuous consumption).
Ce concept est fondateur en sociologie et on le retrouve sous une forme ou une autre dans la sociologie de Pierre Bourdieu, de Robert K. Merton et dans une autre mesure dans l’œuvre de Jean Baudrillard.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Thorstein_Veblen
@ A‑J Holbecq et zedav
A propos de Laurent Louis.
J’ai écouté cette allocution intéressante et rare, cependant, je me dois de faire remarquer que Laurent Louis, s’il est ostracisé par le monde politique belge, l’est en partie à raison.
En s’engouffrant dans la question des réseaux pédophiles, Laurent Louis a cherché à tirer une ficelle populaire, en usant de méthodes populistes (au sens péjoratif du terme), notamment en publiant une prétendue >liste de pédophiles< complètement infondée, établie par des « chasseurs de pédophiles » sur base d’amalgames et d’associations par liens de parenté. Il se fait que dans cette liste, trois personnes que je connais ainsi qu’une association de jeu de rôle grandeur nature sont cités (par suite justement d’un amalgame par lien de parenté et nom de famille), et qui n’ont strictement rien à voir, ni de près ni de loin, avec la pédophilie. Imaginez ce qui peut résulter d’une telle publication, faite sans la moindre réserve. Imaginez que vous trouviez votre nom ou celui d’un proche dans une telle liste…
En tout état de cause, et quel que soit le bienfondé d’une lutte visant à démanteler de possibles réseaux pédophiles, ce genre de méthode n’est pas acceptable, qui lance sur la voie publique des noms et des associations sans autre >preuve< que des associations par amalgame fondée sur des liens de parenté (association par nom de famille), comme l’a fait cette liste.
D’autre part, Laurent Louis s’est essayé à un triste numéro de victimisation, en mettant en scène une prétendue agression violente contre sa personne, orchestrée par ses militants et diffusée sur internet. Il dira ensuite qu’il a fait cela car ce serait le seul moyen de se faire entendre. Encore une fois, je trouve cette méthode très discutable.
Je l’entends à présent faire cette allocution aux accents et aux propos intéressants, mais je ne l’entends pas (encore) faire amende honorable pour ses erreurs dans sa chasse aux
sorcièrespédophiles.Par conséquent, j’invite à rester prudent vis-à-vis de Laurent Louis : peut-être est-il sincère et idéaliste comme il le dit, mais en ce cas, il est aussi très maladroit et pas très subtil.
À bon entendeur…
Cordialement,
Morpheus
Merci Morpheus pour ces précisions, comme quoi les gens sont rarement tout blanc ou tout noir…
Je ne suis pas surpris (son ton, sa façon de s’exprimer et ce qu’il dit de lui l’étiquette « démago-populiste ») et j’ai envisagé que cette subite lucidité soit due à une motivation d’intérêt personnel, une stratégie de carrière.
Mais ça reste spectaculaire et ça pourrait contribuer à diffuser ces idées auxquelles nous adhérons auprès de personnes qu’elles auraient pu mettre bien plus longtemps à atteindre…
Si seulement ça pouvait aussi arriver dans d’autres pays !
@ zedav
Vouloir réduire drastiquement les richesses n’est rien d’autre que de prôner la pauvreté, la pénurie.
La pauvreté n’est l’idéal de personne, même les renonçants au monde aspirent à la richesse intérieure.
« C’est au contraire l’existence du faste qui suscite l’envie de ceux qui n’y ont pas accès et le mépris des possédants envers les moins riches, tandis que les sociétés égalitaires (certes souvent de petite taille) révèlent des interactions sociales apaisées. »
On est bien d’accord.
il n’y a que les dirigeants qui contraignent la population à la pauvreté pour garder le pouvoir sur lui.
Personne n’aspire à la pauvreté pour lui-même et tant bien même que la pauvreté deviendrait la règle, certains réussiront à améliorer leur condition et générer l’envie des autres. Mais si tout le monde est prospère parce que l’abondance est devenue la norme, alors cette société égalitaire sera plus durable.
Il suffit de remplacer le gaspillage et le médiocre par le durable et la qualité pour que s’établisse un nivellement par le haut.
La consommation ostentatoire n’a lieu que dans une société inégalitaire ou la valeur se mesure à la quantité d’argent que l’on possède.
L’émergence d’une véritable démocratie dans une société monétaire me semble plus qu’irréaliste.
Pour reprendre ton expression, l’usage de la monnaie implique l’introduction insidieuse de mécanismes de servitude instituées.
Il est temps d’arrêter d’acheter la vie d’autrui.
Bien amicalement
J.C
Je voudrais attirer votre attention sur un article du Monde qui est sorti Samedi ..
La marche vers L’union Bancaire
http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/01/11/la-marche-vers-l-union-bancaire_1815759_3232.html
Cet article est intéressant car il commence à pointer du doigt la perte totale de contrôle du politique sur la finance Européenne :
Grâce à ce système fédéral de gestion des crises, le lien entre banques et Etat, entre dettes bancaires et dettes publiques, en cause dans la crise de l’euro, sera rompu
c’est le MES qui interviendra et rappelons que par la rédaction même du traité , les acteurs du MES n’ont de comptes à rendre à personne , et encore moins de justification à fournir .
L’article souligne également les invraisemblables disparités de traitement au sein même de la zone euro ou hors zone euro .
L’article conclut
Dans ce contexte l’efficacité du nouveau dispositif de contrôle reposera sur l’intransigeance du futur superviseur unique ..
Et qui sera ce superviseur qui l’influencera
Là aussi , j’ai écrit voici quelques semaines un billet sur la future gouvernance financière Européenne , en posant un certain nombre de questions , j’attends toujours les réponses ..
Qui va superviser la Finance Européenne ?
Un autre article, des Échos cette fois, qui n’est pas neutre du tout et qui montre combien nos démocraties n’ont plus aucun pouvoir sur le financier ou le simple contrôle du financier ..
Par contre certains contrôlent !!!
Le projet Fatca vient d’entrer en application .
Banque : les Etats-Unis imposent leur loi à l’Europe
http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/0202488374141-banque-les-etats-unis-imposent-leur-loi-a-l-europe-527131.php
La loi fiscale Fatca qui obligera les banques à fournir des informations au fisc américain pourrait coûter 500 millions d’euros aux banques françaises.
« Complexe », « intrusif », « disproportionné », « bombe à retardement ». Les critiques ne manquent pas sur le projet fiscal Fatca. Peu connu du grand public, il constitue pourtant l’une des évolutions fiscales les plus structurantes pour le secteur bancaire mondial. Adopté aux Etats-Unis en 2010 après l’affaire UBS, le Foreign Account Tax Compliance Act (Fatca) traque littéralement tous les citoyens américains à travers le monde et exerce des moyens de pression si considérables sur les institutions financières qu’aucune d’entre elles ne pourra passer à travers ses mailles. Applicable à l’origine au 1 er janvier de cette année, la loi a dû être repoussée d’un an par les Américains, en raison de la complexité de sa mise en oeuvre ainsi que des négociations internationales qu’elle a provoquées. Les banques de tous les pays se mettent en ordre de marche… forcée.
Qu’impose Fatca ?
La loi part du principe que tout citoyen américain ou entreprise du pays basé à l’étranger est un fraudeur fiscal potentiel. Elle veut donc tous les répertorier et s’assurer qu’ils ne commettent aucune faute envers le fisc. Dans sa mouture d’origine, la loi Fatca impose donc à chaque établissement financier dans plus de 50 pays de signer un contrat avec le fisc américain (l’IRS), dans lequel il devra s’engager sous peine de sévères sanctions (voir ci-contre) à lui communiquer toutes les informations sur ses ressortissants à partir de 50.000 dollars d’avoirs ou d’un certain nombre de virements ou paiements effectués par ces derniers avec les Etats-Unis.
Quel impact sur les banques ?
Ils sont multiples et concernent la gestion d’actifs, la banque privée et la banque d’investissement en priorité. Les banques devront grosso modo adapter leurs systèmes d’information et de reporting dans tous les pays où elles sont présentes afin de détecter leurs clients américains et toutes les opérations faites avec les Etats-Unis. Avec une menace de taille : si une filiale n’a pas transmis les informations, c’est tout le groupe qui se retrouve en faute. « Ce sont des adaptations lourdes pour toutes les banques », note le responsable conformité d’une banque française. En France, le chiffre de 500 millions d’euros de coûts supplémentaires a couru l’an dernier sans être confirmé officiellement.
Les oligarques ont aussi le droit de manifester, mais ils n’en ont pas besoin…
Nous aurons fait un grand pas vers démocratie, le jour où le peuple n’aura plus à manifester ses idées dans la rue.
Alors arrêtons toutes ces manifestations qui condamnent le peuple (la majorité) à manifester pour retarder une sentence et laisse l’oligarchie (la minorité) de faire passer de manière définitive leurs règles politiques sans avoir à manifester.
Soit le peuple utilise les mêmes moyens que les oligarques, soit ce sont les oligarques qui doivent utiliser les mêmes moyens que le peuple.
Mais arrêtons se deux poids deux mesures qui ne sert qu’à distraire le peuple.
Focalisons-nous sur les causes, pas sur les conséquences.
Faisons une seule et dernière manifestation, une manifestation qui demandera d’inscrire dans la constitution, que tout politicien n’a de droit que celui de citoyen, et que tout citoyen ne soit pas contraint de manifester pour engager un processus d’étude de loi.
Aphorisme du jour :
À tout prendre, il serait encore préférable que la chose publique soit administrée par un peuple d’ignorants qui ne sait pas bien où il va, plutôt que par une élite qui sait très bien où elle veut aller.
D.Z.
Tant que l’on persistera dans un système monétaire, une élite dirigera.
Une société monétaire est motivé par l’argent.
Tout le monde ne peut être riche dans une telle société. Personne ne croit que tout le monde peut l’être et à raison. L’utilisation de l’argent interdit l’égalité.
je défie quiconque de me prouver le contraire.
La solution est simple, elle est résumée en moins de 15 minutes.
Bien amicalement
J.C
Aphorisme du jour :
L’aristocratie s’héritait quand, grâce à la révolution, la ploutocratie se m’hérite.
D.Z.
@61
La science n’est pas la conscience.
Et porte en elle le préfixe qui lui manque 😉
L’argent a été inventé par une espèce animale en déficit de conscience. Supprimer l’effet ne supprimerait pas la cause.
Je suis également favorable à l’abolition de l’argent, mais comme conséquence naturelle d’une évolution préparée pas à pas, donc après le développement de la conscience, pas avant, et surtout pas en livrant le grand nombre au petit nombre des techniciens.
Nous en avions déjà causé abondamment ailleurs 😉
D’autant que les neurosciences montrent que l’expert est avant tout quelqu’un qui répond plus vite aux problèmes en faisant appel à des catégories préétablies mais que sa créativité baisse proportionnellement à son expertise.
Un gouvernement d’expert, outre que sa promesse de neutralité est illusoire, conduirait inexorablement à une sclérose des modes de fonctionnement.
Envie de me recentrer sur le thème de la page 😉
Il fait un temps magnifique et je viens de m’offrir une marche fantastique dans la neige, et la marche conduit à penser .….
Voici le résultat.
La mise en harmonie des êtres et/ou la synergie des actes, aux fins de créer société cohérente et « sécure » (anglicisme), sont nécessaires.
Pour ce faire, nous (le singe nu) avons choisi jusqu’à ce jour la loi, et, à rare exception historique près, la loi écrite par le petit nombre dominant, tantôt légitimé par la « noblesse du sang », quelle blague (!), tantôt légitimé par l’élection, c’est une autre blague, ce fut ici chez Étienne développé. Et soit dit en passant, nous entrons dans cette ère bizarre et démente où l’élu nomme ses propres maîtres (commission européenne, BCE, etc), sans même consulter le peuple.
Mais retenons, c’est la trame de ce message, que pour l’heure l’outil principal de la nécessaire harmonisation est la loi ; alors qu’il en existe d’autres (l’empathie,la culture, la perception de l’unité ‑l’unité des trois règnes‑, l’amour, la conscience, j’en oublie probablement)
Un futur éventuel dégagé de ce choix présent <la loi écrite par le petit nombre> pourrait soit rester fidèle au concept de loi, mais libéré de l’inacceptable sur-pouvoir du petit nombre, soit pousser encore plus loin en optant pour une harmonisation non coercitive, donc sans la loi.
La première option s’appelle démocratie.
La seconde se nomme anarchie.
Il me semble à tort ou à raison que l’anarchie est davantage souhaitable que la démocratie car elle serait une harmonisation fondée sur le cœur et la conscience, donc située à un plus haut niveau d’humanité, le cœur et la conscience développés au point d’être naturels, et naturellement moteurs de nos actes.
Tandis que la démocratie (la réelle démocratie, n’est ce pas, et non la supercherie présente) demeure principiellement fondée sur la coercition (mais consentie à travers une vraie délibération libre et non faussée), et non pas sur le libre arbitre d’un individu capable d’obéir à son cœur plus qu’à ses désirs égocentrés, ou à ses peurs.
Mais malgré cette préférence (mienne), il me semble que la démocratie est sur le chemin de l’évolution une étape nécessaire, et antérieure à l’anarchie (elle même prémisse à étapes plus lointaines et invisibles de nos yeux encore myopes, ou que nous ne percevons que peu).
La loi, telle qu’imposée par le système prétendu représentatif, inhibe la conscience et la responsabilité de l’électeur, spolié de sa citoyenneté. La communauté, en cet état prototypal actuel, pour clin d’œil à Proudhon, « est essentiellement contraire au libre exercice de nos facultés, à nos penchants les plus nobles … ».
Elle « viole l’autonomie de la conscience… en comprimant la spontanéité de l’esprit et du cœur, le libre arbitre dans l’action et dans la pensée. »
Sortir du système « « représentatif » » tout en restant dans l’option « loi », pour aboutir donc à la démocratie réelle, cela mettrait fin à ce viol de la conscience, et au contraire mettrait en route le processus autopédagogique par le peuple et pour le peuple, via la concertation systématisée, impliquant l’envol vers la compétence harmonisée, propre à bientôt autoriser l’utopie anarchique à devenir pragmatisme incontournable.
Ce bon prodigieux de conscience est rendu présentement impossible par la coercition inhibitrice de l’envie de penser. Outre les abus de pouvoir et les injustices institutionnelles, non seulement frustrantes mais encore souvent mortifères, cette inhibition de l’essor des consciences est à mon sens l’un des principaux motifs de condamnation du système représentatif, sinon le principal.
L’histoire de MOUSELAND
ou le Domaine des Souris
Telle que racontée par Tommy Douglas en 1944
C’est l’histoire d’un endroit qui s’appelle Mouseland. Mouseland était un endroit où toutes les petites souris vivaient et jouaient, naissaient et mouraient. Elles y vivaient d’une manière vraiment semblable à notre vie, à vous et moi.
Elles avaient même un Parlement. Et tous les quatre ans, elles avaient des élections. Elles marchaient pour se rendre au bureau de scrutin pour y voter. Certaines se faisaient même conduire au bureau de scrutin. Et ensuite elles se faisaient conduire pour les quatre prochaines années. Tout comme vous et moi. Chaque fois qu’il y avait une journée d’élection, toutes les petites souris se rendaient aux urnes pour choisir un gouvernement. Un gouvernement formé de gros chats noirs bien nourris.
Si vous pensez que c’est étrange qu’une souris élise un gouvernement de chats, vous n’avez qu’à regarder l’histoire du Canada des 90 dernières années et vous verrez peut-être qu’elles ne sont pas plus stupides que nous.
Je n’accuse pas les chats parce que je n’ai rien contre les chats. Ils étaient gentils. Ils gouvernaient avec dignité. Ils adoptaient de bonnes lois – en fait, des lois très bonnes pour les chats. Mais les lois bonnes pour les chats n’étaient pas très bonnes pour les souris. L’une des lois disait que les trous de souris devaient être assez gros pour qu’un chat puisse y glisser la patte. Une autre loi disait que la souris ne pouvait voyager qu’à une certaine vitesse – pour qu’un chat puisse déjeuner sans trop d’effort.
Toutes les lois étaient de bonnes lois. Pour les chats. Mais, elles étaient vraiment dures pour les souris. Et la vie devenait de plus en plus difficile. Le moment est venu lorsque les souris n’en pouvaient plus et elles ont décidé qu’il fallait faire quelque chose à ce sujet. Elles se sont rendues en masse aux bureaux de scrutin. Elles ont voté pour remplacer les chats noirs. Elles ont voté pour les chats blancs.
Les chats blancs avaient fait une campagne incroyable. Ils ont dit : « Tout ce qui est nécessaire pour Mouseland c’est plus de vision. » Ils ont dit : « Le problème de Mouseland est tous ces trous de souris ronds que nous avons. Si vous nous élisez, nous mettrons en place des trous de souris carrés. » Et c’est ce qu’ils ont fait. Les trous de souris carrés étaient deux fois plus gros que les trous de souris ronds et maintenant les chats pouvaient y faire entrer les deux pattes. Et la vie était plus difficile que jamais auparavant.
Et lorsque les souris n’en pouvaient plus à nouveau, elles ont voté contre les chats blancs pour élire les chats noirs à nouveau. Elles sont ensuite revenues aux chats blancs. Puis aux chats noirs. Elles ont même essayé moitié chats noirs et moitié chats blancs. Et elles ont appelé cela une coalition. Elles ont même élu un gouvernement de chats à taches : des chats qui essayaient de faire un bruit ressemblant à celui d’une souris, mais ils mangeaient comme un chat.
Vous voyez, mes amis, le problème n’était pas la couleur du chat. Le problème était qu’ils étaient des chats. Puisqu’ils étaient des chats, ils s’occupaient bien sûr des chats au lieu des souris.
Un jour est apparu une petite souris avec une idée. Mes amis, attention au petit gars avec une idée. Cette souris a dit aux autres souris : « Les copains pourquoi est-ce qu’on continue à élire un gouvernement de chats ? Pourquoi ne pas élire un gouvernement de souris ? » « Oh », ont-elles dit, « il est un bolchevique. Enfermez-le ! » Et ils l’ont mis en prison.
Je tiens à vous rappeler une chose : vous pouvez enfermer une souris ou un homme, mais vous ne pouvez pas emprisonner une idée.
La vidéo ici :
AJH (@50)
Pour la réduction monétaire, la monnaie fondante …
Mais t’aimes pas 😉
Ana,
Ce matin, je me suis levé et j’ai écrit spontanément ce qui suit. (ça rejoint vraiment ce que tu dis).
Bon, j’admets que je me suis trompé, le pouvoir ne consiste pas en l’argent. Le vrai pouvoir consiste en l’information et les croyances quelle induit. En véhiculant l’idée que l’argent a de la valeur et qu’il est la source du pouvoir, nous entretenons cette croyance qu’il en a effectivement et agissons comme tel. Nous agissons selon nos croyances. Tous les jours nos croyances changent sur un sujet ou un autre, peu importe le temps que celles-çi aient été entretenue.
Le point relève donc de l’information, des croyances qui sont entretenues dans notre conscience.
Il nous faut donc nous libérer d’un certain nombre de schémas de pensée comme celui que les choses doivent forcément prendre du temps. Une nouvelle loi voté peu s’appliquer du jours au lendemain et changer radicalement certains aspects de notre mode de vie. On peut perdre en très peu de temps ses biens, son argent et inversement. Ça se produit tout les jours avec les jeux, la bourse, un vol, un décès, une séparation, une rencontre dans un sens comme dans l’autre.
On véhicule dans les médias l’idée que les choses sont laborieuses et se meuvent lentement mais c’est juste une vue de l’esprit qui nous rends apathique et résigné.
Nous libérer d’un certain nombre de schémas de pensée pourrait consister aussi, pour l’écriture d’une constitution par exemple, à prendre des distances à l’égard de ce qui existe et qui est mauvais pour oser ce centrer sans retenue sur ce qui est souhaitable.
Il ne faut pas oublier que la constitution est à l’origine de ce qui régie une société et pas l’inverse. Nous nous devons, de ce point de vue, de porter un regard neuf dans son élaboration et nous autoriser à exprimer ce qui nous semble être le meilleur pour faire société.
Ceci afin qu’elle porte en elle non seulement les grands principes qui nous souhaitons y voir figurer au fond de nous mais aussi d’y énoncer librement les moyens de sa mise en application.
Sur le gouvernement représentatif maintenant puisque c’est le sujet de ce fil, il me semble qu’il y ait un petit malentendu.
Ce que tu dénonces est cela même que nous expérimentons.
Nous sommes ACTUELLEMENT entre les mains d’experts techniciens et ce que nous proposes J.Fresco c’est justement d’en sortir par la mise en application de l’approche scientifique pour tous et non plus par des experts qui décident pour nous au moyen de la gestion de la finance etc.
Autrement dit, ce que propose Jacques Fresco, c’est qu’il n’y ait plus de gouvernements, plus d’expert mais que chacun participe aux choix de société au travers de la modernisation des moyens de communication et de gestion de la citée.
Il n’est pas toujours facile pour un prisonnier né en prison, qui n’a rien connu d’autre et dont on a réussi à lui caché la nature de sa condition de s’apercevoir tout de suite lorsqu’on lui ouvre la porte si, en la franchissant, il entre en prison ou il en sort.
» Il me semble à tort ou à raison que l’anarchie est davantage souhaitable que la démocratie car elle serait une harmonisation fondée sur le cœur et la conscience, donc située à un plus haut niveau d’humanité, le cœur et la conscience développés au point d’être naturels, et naturellement moteurs de nos actes. »
Pour que les consciences puissent se développer, il faut que les conditions y soient favorables.
L’adversité peut en être une mais il faut aussi qu’il y ait l’espace pour une perspective plus vaste, bref de l’information, de la communication, de la connaissance.
Il me semble que défendre une position tranchée n’est pas un mal lorsque cela nous semble justifié mais sur ce que tu présentes ici comme étant la démocratie et l’anarchie, j’envisage une voie médiane entre les deux qui m’apparaît être la nature même de ce que serait une vraie démocratie.
Une démocratie qui tend vers la compréhension ou plutôt la cohérence avec les lois naturelles qui résulte de la connaissance toujours plus fine de la réalité et donc de l’émancipation de tout principe imposé arbitrairement. Ceci comme voie de mûrissement de la conscience au bénéfice de la sagesse.
Bien amicalement
J.C
Il y a des vidéos de Jacques Fresco qui sont plus inquiétantes quant à la décision technicienne.
;;;
Les sujets de réflexion et/ou de projection d’avenir sont étagés sur des niveaux de conscience multiples et distincts. A une minute donnée, et en particulier à l’instant de communiquer, « on » se focalise sur un seul de ces niveaux, forcément, et les autres peuvent paraître abscons, mais c’est faux car tout ça est complémentaire, synergique quant à l’éveil. Ainsi par exemple si JF ou JLM causent campés sur deux niveaux fort distincts (et qui là où par hasard ce jour là je plane) me hérissent le poil, leurs démarches n’en sont pas moins utiles, qui vont chercher les gens là où ils sont et non pas depuis des hauteurs imperçues donc provisoirement inaccessibles. C’est ainsi que paradoxalement tel qui milite pour une meilleure gestion de l’argent et tel qui prône son abolition par l’abondance ingénieuse, vont dans le même sens, qui est celui de la belle intention.
Bonjour,
La démocratie c’est l’initiative au citoyen et la décision au peuple.
Les politiciens ne doivent être que les agents du peuple et du citoyen.
Les politiciens n’ont que leur droit de citoyen pour proposer et choisir les choses du peuple, c’est cela une République démocratique, c’est dans cet esprit que la constitution nationale doit écrit.
Complément à #69
Un débat « politique » qui fait le yoyo entre les niveaux :
À décortiquer.
Hiérarchie chez les rats
Une expérience a été effectuée sur des rats.
Pour étudier leur aptitude à nager, un chercheur du laboratoire de biologie comportementale de la faculté de Nancy, Didier Desor, en a réuni six dans une cage dont l’unique issue débouchait sur une piscine qu’il leur fallait traverser pour atteindre une mangeoire distribuant les aliments.
On a rapidement constaté que les six rats n’allaient pas chercher leur nourriture en nageant de concert.
DES RÔLES SONT APPARUS qu’ils s’étaient ainsi répartis :
deux nageurs exploités,
deux non nageurs exploiteurs,
un nageur autonome
et un non nageur souffre-douleur.
Les deux exploités allaient chercher la nourriture en nageant sous l’eau. Lorsqu’ils revenaient à la cage, les deux exploiteurs les frappaient et leur enfonçaient la tête sous l’eau jusqu’à ce qu’ils lâchent leur magot. Ce n’est qu’après avoir nourri les deux exploiteurs que les deux exploités soumis pouvaient se permettre de consommer leur propre croquette. Les exploiteurs ne nageaient jamais, ils se contentaient de rosser les nageurs pour être nourris.
L’autonome était un nageur assez robuste pour ramener sa nourriture et passer les exploiteurs pour se nourrir de son propre labeur. Le souffre-douleur, enfin, était incapable de nager et incapable d’effrayer les exploités, alors il ramassait les miettes tombées lors des combats.
La même structure-deux exploités, deux exploiteurs, un autonome et un souffre-douleur se retrouva dans les vingt cages où l’expérience fut reconduite.
Pour mieux comprendre ce mécanisme de hiérarchie, Didier Desor plaça six exploiteurs ensemble. Ils se battirent toute la nuit. Au matin, ils avaient recréée les mêmes rôles. Deux exploiteurs, deux exploités, un souffre douleur, un autonome.
Et on a obtenu encore le même résultats en réunissant six exploités dans une même cage, six autonomes, ou six souffre douleur.
Puis l’expérience a été reproduite avec une cage plus grande contenant deux cents individus. Ils se sont battus toute la nuit, le lendemain il y avait trois rats crucifiés dont les autres avaient arraché la peau.
Moralité : plus la société est nombreuse plus la cruauté envers les souffre douleur augmente.
Parallèlement, les exploiteurs de la cage des deux cents entretenaient une hiérarchie de lieutenants afin de répercuter leur autorité sans même qu’ils aient besoin de se donner le mal de terroriser les exploités.
Autre prolongation de cette recherche, les savants de Nancy ont ouvert par la suite les crânes et analysés les cerveaux. Or les plus stressés n’étaient ni les souffre-douleur, ni les exploités, mais les exploiteurs. Ils devaient affreusement craindre de perdre leur statut privilégié et d’être obligés d’aller un jour au travail.
Se pourrait-il que pour chaque espèce animale il existe une sorte de grille d’organisation spécifique ?
Quels que soient les individus choisis, dès qu’ils sont plus de deux, ils s’empressent de tenter de reproduire cette grille pour s’y intégrer.
Peut-être que l’espèce humaine est tributaire elle aussi d’une telle grille.
Et quel que soit le gouvernement anarchiste, despotique, monarchiste, républicain ou démocratique, nous retombions dans une répartition similaire des hiérarchies.
Seules changent l’appellation et le mode de désignation des exploiteurs.
Bernard Werber
© Albin Michel
http://www.bernardwerber.com/unpeuplus/ESRA/hierarchie_rats.html
Nous promenant dans la campagne, nous levons souvent un perdreau qui prend son envol pour détourner notre attention et ainsi sauver sa famille cachée dans les blés hauts.
La différenciation des rôles peut aller jusqu’au sacrifice ultime.
Chez l’humain, cet oubli de soi peut survenir sans plus aucune amorce individualiste (la croquette du rat)
Voir cependant Winkelried
@72
Je crois volontiers à cette grille, mais qu’elle n’est qu’un élément de nos orientations.
La conscience, lorsqu’elle est moyennement développée, en est l’antagonisme potentiel, qui par contre prend toute sa mesure chez les plus éveillés, qu’ils soient ponctuellement éveillés, ou plus continument (c’est rare 😉 ).
C’est ici, là où commence l’humain, que s’arrête l’analogie avec le rat, analogie qui explique beaucoup mais ne détermine pas tout.
Bon, je file au bistrot de Cruseilles. Hier, j’y ai parlé de l’idée de AJH ( des listes municipales formées de gens qui s’engagent à ne voter que des décisions prises par le plus grand nombre ) .….….…..
Allez, cadeau, un petit peu de bonne musique populaire qui donne du baume au coeur, et si j’ai tendance à saturer le forum avec mes messages, fallait y penser avant de me réveiller Citoyens !
Et puis en plus pour une fois je reste dans mon sujet en vous passant ces belles musiques d’un groupe génial, La Tordue, la première chanson s’intitule « les rats ». Je vais vous passer ces quelques chansons de La Tordue et je finirai avec une perle du répertoire de Brassens qu’il n’a jamais pu enregistrer mais que son ami Jean Bertola nous chante pour le faire revivre dans nos cœurs…
Les Rats :
La bête :
Y’a bon la mine :
Je vous invite à découvrir ce groupe qui est en plein dans la ligne des esprits libres, ils ont vraiment de très beaux textes, des poètes populaires, la relève de notre immense Georges Brassens, j’ose le dire !
Et enfin cette perle de notre pornographe du phonographe, qui est toujours vivant dans tant de coeurs :
Bonne écoute les amis 🙂
Laurent LOUIS s’oppose à la guerre au Mali
et dénonce la manipulation internationale
J’ai bien écouté, et je n’ai pas entendu les parlementaires belges applaudir… AUCUN 🙂
C’est un Nigel Farage belge, on dirait.
Halala, ces populistes sont de plus en plus contagieux !
Voltaire, ce bienfaiteur de l’humanité, avait bien dit : « quand la populace se mêle de penser, tout est perdu. »
Si quelqu’un récupère le script de ce discours, on le publie…
Étienne.
Discours de Pierre Mendès-France
à l’Assemblée Nationale, le dimanche 1er juin 1958.
Réné Coty, Président de la République, informe le parlement de la démission de Pierre Pfimlin, Président du Conseil.
En application de l’article 45 de la Constitution, René Coty nomme Charles de Gaulle à la présidence du Conseil.
De Gaulle demande les pleins pouvoirs à son gouvernement suites aux « troubles » en Algérie.
Le gouvernement en place demande également un projet de réforme de l’article 90 de la Constitution, de telle sorte que l’Assemblée donne mandat au gouvernement d’élaborer, puis de proposer, par voie de référendum, les changement indispensables…
Nous connaissons la suite.
M. Pierre Mendès-France. Mesdames, mes chers collègues, dans cet instant émouvant où nous allons prendre ensemble ne lourde responsabilité, nos pensées se portent à la fois vers le passé et vers l’avenir. Vers le passé, car cette séance va mettre un terme à une période de notre histoire ; vers l’avenir, car un nouveau chapitre de cette histoire va être écrit par un homme qui y occupe déjà une place illustre et parce que chacun ici, — ceux qui vont voter pour, comme ceux qui vont voter contre — doit souhaiter de toutes les forces de son patriotisme que la France connaisse demain, sous une magistrature nouvelle le redressement, ici comme dans l’outre-mer, que nous attendons depuis si longtemps et pour lequel un certain- nombre d’entre nous ont conscience d’avoir combattu sans relâche.
Le passé ?
La République périt de ses propres fautes. Ce ‘régime disparaît perce qu’il n’a pas su résoudre les problèmes auxquels il était confronté. Après la Libération, son patrimoine, resté presque intact, largement grâce à de Gaulle, autorisait l’espérance et le succès. La France ardente et optimiste, semblait destinée à un avenir digne de sa tradition. Il lui fallait du – courage et de la foi. Elle en avait. Il lui fallait aussi des dirigeants courageux et clairvoyants. Les tâches à accomplir étaient rudes, mais elles étaient à l’échelle de ses moyens. Deux surtouts étaient décisives pour son avenir.
La reconstruction, ou plutôt, la construction d’un pays plus moderne ; plus jeune, plus dynamique, le redressement économique, financier et monétaire, gage du progrès social à l’intérieur et de l’indépendance au dehors. C’était la première série de questions à résoudre.
Mais la reconversion de l’ancien’ empire colonial était notre plus grande, notre plus- difficile responsabilité. Seule, une politique novatrice, ouvrant la voie à l’émancipation progressive, pouvait amener et même renforcer les liens unissant des peuples et des territoires qui, aujourd’hui autant et plus qu’hier, ont besoin les uns des autres.
La domination coloniale ‘du 19ème siècle ne peut plus survivre aux poussées populaires qui se sont fait jour, partout, en Asie et en Afrique. A cette domination, une association doit ‘être substituée et elle doit être pratiquée avec une entière bonne foi.
Cette transformation correspond aux sentiments des populations- autochtones, également désireuses de liberté et de promotion et d’union et d’intime et étroite coopération avec la France.
Nous avons été un certain nombre à redouter, dès le début, que, si la France ne conduisait pas, elle-même une évolution inévitable, conforme d’ailleurs à ses meilleures traditions, elle se heurterait bientôt à des antagonismes aigus, peut-être sanglants, à des mouvements violemment nationalistes.
Tenter de les contenir par le seul recours à une répression de plus en plus rigoureuse, conduirait à une sorte de fascisme légal dans les : territoires en cause, ce fascisme tendant ensuite, par la force des choses, à s’étendre à la métropole.
Peu à peu, les droits de l’homme les plus élémentaires ; les progrès que nous croyions définitivement acquis, grâce aux luttes de nos anciens, les institutions elles-mêmes seraient menacées. Le régime se laisserait pénétrer et envahir. N’a-t-on pas vu déjà le président de la Ligue des droits de l’homme proclamer, sans que cela surprenne qui que ce soit, que ses fonctions étaient devenues incompatibles avec celles de député
En même temps, notre peuple, accablé par le poids de vingt ans de guerres continuelles, obligé de consacrer une part considérable du produit de son travail à des dépenses improductives et ruineuses, s’est vu privé des progrès et des améliorations auxquelles, autrement, il aurait pu prétendre.
Enfin, 1’indépendançe même du pays s’est trouvée mise en cause.
Ne soyons donc pas surpris que tant de Français se soient peu à peu détournés du régime qui leur réservait tant de sujets de découragements, de déception et même de colère.
Ainsi, la IVème République a dilapidé, en peu d’années, son capital moral dans l’outre-mer, en France, et finalement dans le monde. Ainsi, le système que le général de Gaulle a si souvent critiqué et qui méritait, en effet, bien des critiques, a échoué.
Mais ce n’est pas la démocratie qui a échoué, car c’est pour n’avoir pas respecté ses principes que nous en sommes là aujourd’hui. (Applaudissements à l’extrême gauche et sur plusieurs bancs à gauche.)
De notre faillite, prétendre faire celle de la démocratie serait mentir, une fois de plus, et ce mensonge-là serait plus grave encore que les précédents, parce qu’il fermerait à la France un espoir qui doit rester ouvert pour elle, demain. (Interruptions
à droite.)
M. Eugène Pébellier. Personne n’a prétendu cela.
M. Pierre Mendès-France. Non, ce n’est pas la République, ce n’est même pas le système parlementaire qui méritent d’être condamnés. Seul, le mauvais usage qui en a été fait nous a réduits à l’impuissance et nous a conduits à tant de déconvenues. (Applaudissements à l’extrême gauche et sur plusieurs bancs à gauche.)
M. René Mlalbrant. À qui la faute.
M. Pierre Mendès-France. L’entreprise a échoué parce que nous n’avons pas gardé la moralité politique et une fidélité suffisante aux grandes volontés initiales et constamment renouvelées de la Nation, celles qui figurent dans de préambule de la Constitution et qui concernent aussi bien la gestion de notre patrimoine matériel ‚et moral dans la métropole que le destin de ce vaste ensemble, de cette grande famille de peuples qu’est l’Union française, la représentation nationale a eu le tort de suivre des gouvernements débiles et incertains, toujours à la merci des intrigues et manœuvres des groupes d’intérêts et qui se perdaient dans le jeu réputé habile des fausses promesses des atermoiements et des équivoques des gouvernements dont les représentants se retrouvent d’ailleurs au sein du nouveau cabinet.
(Rires et applaudissements sur les .mêmes bancs.)
Assez souvent, je me suis rendu importun dans cette enceinte et avertissant des périls où l’on marchait avec cet irréalisme composé de grandes illusions et de petites ruses.
Quelle peine aujourd’hui pour ceux qui annonçaient que nous en arriverions, bientôt, là où nous nous trouvons aujourd’hui, pour ceux qui essayaient d’élever leur voix, trop souvent dominée par les clameurs de la démagogie (Protestations à droite), contre les mauvaises mœurs politiques, contre les routines, contre la pusillanimité devant- les grands intérêts.
Leur chagrin immense je prie que l’on croie à ma sincérité au moment où je l’affirme après quinze ans de combats à cette tribune — est de n’avoir pu, en temps utile, convaincre ceux auxquels ils s’adressaient désespérément.
Mais aujourd’hui le devoir de ces opposants d’hier est le même que le devoir de ceux dont ils étaient séparés. Et c’est en fonction de l’avenir, de l’avenir seul, que ce devoir doit être défini.
Quoi qu’il en coûte aux sentiments que j’éprouve pour la personne et pour le passé du général de Gaulle, je ne voterai pas en faveur de son investiture ; et il n’en sera ni surpris ni offensé.
Tout d’abord, je ne puis admettre de donner un vote contredit par l’insurrection et la menace d’un coup de force militaire. (Applaudissements à l’extrême gauche et sur plusieurs bancs à gauche.) Car la décision que l’Assemblée va prendre — chacun ici le sait — n’est pas une décision libre, le consentement que l’on va donner est vicié. (Protestations à droite. — Applaudissements à l’extrême gauche et sur certains bancs de gauche.)
Je ne fais pas allusion, dans cet instant, aux menaces individuelles et nominatives, presque officielles, à l’égard d’un certain nombre ; d’entre nous et dont la censure interdit la reproduction ; révoque le chantage à la guerre dette, l’annonce du coup de force organisé contre les représentants du peuple au cas où leur décision ne serait pas celle qu’on prétend leur dicter. (Applaudissements à l’extrême gauche).
Parmi ceux qui déposeront dans l’urne un bulletin blanc, il en est, je le sais, qui le feront en toute conscience et je ne puis que respecter leur choix sincère, mais il en est qui le feront seulement dans la crainte d’une guerre civile dont depuis des entre on leur annonce et la minutieuse préparation et l’immédiate proximité.
Sans doute le peuple français l’ignore ; la censure — encore —interdit que soient révélés au pays des préparatifs à la guerre civile et à la sédition militaire en Algérie comme dans la métropole, des préparatifs dont le Gouvernement a connaissance dont la presse étrangère lait état et dont on s’entretient constamment jusque dans les couloirs de cette Assemblée.
Le peuple français nous croit libres ; nous ne le sommes plus. Ma dignité m’interdit de céder à cette pression des factions et de la rue. Et le général de Gaulle, qui a toujours sauvegardé jalousement sa fierté et son indépendance, plus encore lorsqu’il parlait au nom de la nation, ne saurait être surpris que j’élève ici ma protestation contre l’affront dont nous sommes l’objet et grée morne nos erreurs d’hier ne justifient pas, car notre mandat nous interdit d’abdiquer devant la force, notre mandat nous fait un devoir de revenir vers la démocratie si nous nous en sommes éloignés et non de nous en éloigner plus encore (Applaudissements , à l’extrême gauche et sur plusieurs bancs à gauche .)
C’est pour protester contre cette nouvelle atteinte à la moralité publique, dont ils se considèrent comme les garants vis-à-vis de notre jeunesse, que les membres de l’enseignement, en accord avec les étudiants de France, ont manifesté avant-hier. (Protestations à droite. — Applaudissements à l’extrême gauche et sur plusieurs bancs à gauche.)
Dans plus de 30 .000 écoles, lycées et collèges, c’est un appel auquel, pour ma part, je ne !peux rester sourd.
M. Antoine Guitton. Non, c’est un scandale.
M. Pierre Cot. C’est la protestation de la pensée française !
M. Pierre Mendie-France. Reste le problème politique, l’investiture qu’on nous demande pour le nouveau gouvernement. Ici se pose pour moi — je n’hésite pas à le dire — un cas de conscience comme je n’en ai connu aucun depuis vingt-six ans que je siège dans cette Assemblée.
Certes, la confiance et l’attachement personnel que nous inspire, dans la fidélité eu souvenir du passé, le chef du gouvernement, pèsent lourd dans la balance.
Mais l’autre plateau, hélas ! Est plus lourdement chargé encore.
Il est trop vrai que les ennemis de la République, les factieux, s’emparant du nom du général de Gaulle, ont tout d’abord dénaturé et altéré gravement le caractère de l’appel lait aujourd’hui à son arbitrage. Il est vrai aussi qu’une équivoque trop longue, en un temps où les jours et les heures comptent, subsiste malgré tout, sur les conditions et sur le sens d’une intervention qui n’aurait dû à aucun instant pouvoir être soupçonnée d’aucune tolérance, au profit des ennemis de la République et de la liberté.
Car enfin, ce gouvernement, qui nous l’impose ? Hélas ! –ce sont les mêmes hommes qui dans le passé ont tait échouer toutes les tentatives de règlement raisonnable et humain en Afrique du Nord (Protestations à droite. — Applaudissements à l ‘extrême gauche et sur plusieurs bancs à gauche), qui ont rendu la guerre inévitable, l’ont orientée vers la répression sans issue politique, ont joué sur les nerfs d’une population européenne affolée et exultent en ce moment, parce qu’ils se flattent d’avoir porté le général de Gaulle au pouvoir.
Ah ! Puissent-ils être déçus ! Je veux l’espérer pour la France et pour la gloire du général de Gaulle lui-même. (Applaudissements sur certains bancs à gauche et à l’extrême gauches.)
Certes il n’a rien révélé des solutions qu’il envisage pour mettre fin à la guerre d’Algérie. C’est compréhensible. Peut-être ne convient-il pas de dévoiler un plan précis avant d’être en mesure de le mettre à exécution, en tenant compte des circonstances dans lesquelles l’action doit n’insérer.
On ne peut, dans ces conditions, discuter de telle ou telle des intentions que l’on prête au chef du nouveau gouvernement ; mais l’on commuait assez son intelligence des grands courants de l’histoire pour être confiant qu’il voudra les orienter dans les voies de la liberté et de l’association,
Plusieurs voix à droite. Alors ?
M. Pierre Mendès-France. Seulement, ceux qui l’ont conduit au pouvoir le lui permettront-ils, eux qui viennent, ces jours-ci encore, de choisir spectaculairement, au moins en paroles, la prétendue solution de l’intégration, en poussent, encore une fois, vers une impasse sans issue où la métropole, comme les musulmans d’Algérie, buteront dès demain contre de nouvelles impossibilités politiques et techniques et contre de nouvelles déceptions ?
Ce n’est pas tout. Le drame algérien et celui de la métropole sont — on le voit bien maintenant — irrésistiblement mêlés l’un à l’autre. La pression que le général de Gaulle va subir de la part de certains de ses plus étranges, de ses plus récents partisans, de ceux dont il ne s’est pas assez dégagé, de ceux qui, cependant, et sans même s’en cacher, entendent instaurer la dictature fasciste, l’arbitraire et la revanche, abolir les conquêtes de la liberté dans ce vieux pays libéral, établir, eu un mot, un régime de violence et de haine.
M. Henri Dorgères d’Halluin. Vous avez voté l’état d’urgence !
M. Pierre Mendès-France …celle pression deviendra très vite redoutable.
De Gaulle voudra-t-il y résister ? Je le souhaite.
Sur plusieurs bancs à droite. Alors ?
M. Pierre Mendès-France. Le pourra-t-il ? Ne s’est-il pas mis dès le départ en situation d’infériorité, lui qui parlera demain au nom de l’Etat en acceptant que son nom soit ainsi exploité à Alger, à Ajaccio, comme à Paris, en acceptant que son investiture soit extorquée à l’Assemblée par la menace de la sédition ? (Protestations à droite . — Applaudissements à l’extrême gauche et sur plusieurs bancs à gauche.)
Qu’il rompe dès demain avec ceux qui ne cessent de se recommander de lui ; qu’il restitue à l’Etat qu’il va personnifier l’indépendance et la dignité.
Ce jour-là, nous l’aiderons sans réserve et de toutes nos forces. Notre attitude à son égard ne sera jamais celle de l’opposition stérile et destructrice ; elle sera celle de la critique vigilante, constructive et utile au pays. Seulement, que de Gaulle ne tarde pas dans l’effort qui s’impose, cet effort qui sera, de jour en jour, rendu plus difficile par les exigences accrues de ceux qui déjà crient victoire.
Puisse l’Histoire dire un jour que de Gaulle a éliminé le péril fasciste, qu’il a maintenu et restauré les libertés, qu’il a rétabli la discipline dans l’administration et dans l’armée, qu’il a extirpé la torture qui déshonore l’Etat (Protestations à droite), en un mot qu’il a consolidé et assaini la République . Alors, mais alors seulement, le général de Gaulle représentera la légitimité.
Je ne parle pas de la légitimité formelle des votes et des procédures, je parle de la légitimité profonde, celle qu’il invoquait justement en 1940.
Elle tenait alors à l’honneur du combat pour la libération du sol.
Elle tient aujourd’hui, par-delà les constitutions qui se modifient, à ces principes qui datent de 1789, mais qui devaient déjà avoir mûri très profondément dans les souffrances du peuple et dans l’effort des penseurs de l’ancienne France, pour avoir pu être formulés, dans te tumulte d’une seule séance, en une langue si belle ; à ces principes qui dominent nos lois, qui ont fait à la France une grandeur singulière, incommensurable, à ses forces matérielles, et qui survit à ses revers. Ce n’est pas pour nous, parlementaires, bien sûr, que 250.000 hommes ont défilé de la Nation à la République, ouvriers, bourgeois et étudiants mêlés. (Exclamations à droite et à l’extrême droite. —Applaudissements à l’extrême gauche et sur plusieurs bancs à gauche.)
Ce n’est pas pour nous, mais c’est pour leur liberté menacée.
Si elle était atteinte demain, ces hommes seraient des millions ; et ils seraient — que le général de Gaulle ne l’oublie jamais — le peuple de France dont émane toute légitimité authentique.
Le drame d’aujourd’hui, c’est l’inquiétude et l’angoisse qui ont étreint ces hommes lorsqu’ils ont vu le nom du général de Gaulle accaparé et confisqué — et pour quelles fins — par ceux dont ils se méfient à juste titre et sans que cela leur soit interdit par le général de Gaulle et sans qu’Il se désolidarise d’eux.
De telle sorte que son arrivée au pouvoir c’est, qu’il le veuille ou non, leur victoire et leur revanche ; et c’est une délaite pour la fraction la plus libérale, la plus ardente, la plus jeune, la plus progressive de notre peuple, pour cette fraction qui était cependant aux premiers rangs du combat de 194O à 1945 autour du libérateur de la patrie et sans laquelle on ne redressera pas ce pays.
Je ne veux pas encore croire que ce divorce — ce divorce contre nature — soit irrémédiable. Mais le péril est tel que nous ne pouvons pas ratifier ainsi de notre vote la novation politique qui va s’accomplir.
Que de Gaulle, dès demain, garantisse sans réserve, et pour l’immédiat, les libertés menacées par le fascisme, le respect de la légalité républicaine et des droits de l’homme et du citoyen ; qu’il rétablisse très vite une représentation populaire rénovée, contenue par une exacte séparation des pouvoirs, alors — alors seulement — nous trouverons les apaisements que nous avons le droit, le devoir, le mandat d’exiger.
La représentation populaire, j’ose dire que le général de Gaulle en a besoin comme il a besoin de la présence vivante des forces démocratiques s’il veut opposer son refus, aujourd’hui aux clameurs du fascisme, demain à la revendication, d’abord insidieuse, mais à bref délai impérieuse, d’une sorte de parti unique qui usurperait son min et que nous annoncent déjà ouvertement les décisions publiées à Alger par des hommes qui se réclament de lui.
C’est un axiome en démocratie et c’est une leçon de l’histoire, que ce n’est pas une unanimité acquise dans le silence où l’équivoque, dans la sommation imposée ou acceptée ou dans la discipline de quelque parti unique, mais que c’est la confrontation de thèses sincères qui est le plus favorable à la détermination et à la mise en œuvre d’une bonne politique. C’est la vertu reconnue des institutions parlementaires, quand elles fonctionnent bien et correctement, d’assurer cette salutaire confrontation.
Que le général de Gaulle n’oublie pas non plus qu’en dehors des libertés démocratiques — liberté de la presse, liberté syndicale, liberté de pensée et d’expression — le, pays serait condamné demain ou après-demain à passer de la dictature fasciste à la dictature communiste, après une longue période de désordres, après une guerre civile interminable, l’asservissement permanent de l’homme à la violence et aux menaces de la violence et la perte de l’indépendance nationale . (Applaudissements sur divers bancs à gauche, sur plusieurs bancs à l’extrême droite.) L’extrême gauche n’applaudit plus ?
M. Jean Legendre. Monsieur Mendès-France, vous défiliez avec eux mercredi.
M. Pierre Mendès-France. Face à la responsabilité historique qui lui est impartie une fois encore et qu’il affronte, qu’il le sache, dans l’inquiétude d’hommes déçus par ses démarches des dernières semaines — il n’est aucun impératif plus important et plus grave pour le succès même de la mission du général de Gaulle que celui des libertés de la nation, puisque l ‘existence et le respect de ces libertés peuvent seuls nous rendre les chances d’une démocratie restaurée, rajeunie et enfin efficace, les chances de cette République dure et pure dont nous avons rêvé naguère, aux heures de la Résistance.
Quant à nous, dans l’exacte conscience de nos faiblesses et de nos erreurs d’hier, il n’est aucun vœu meilleur, aucun vœu plus sacré que nous puissions former pour la patrie déchirée que celui qui s’exprime dans un cri traditionnel, mais où l’angoisse, aujourd’hui, pour moi, l’emporte sur l’espérance : Vive la République. (Applaudissements sur quelques bancs à gauche el sua certains bancs à l’extrême gauche.)
Vision politique à la sauce
Michel Debré.
Extraits du discours à l’Assemblée, le 15 janvier 1959.
La constitution de le Vème République est approuvée par >référendum< le 28 septembre 1958 (82.6% de oui).
Michel Debré, premier ministre, fait partie du petit groupe des rédacteurs de ladite >Constitution<.
Extraits :
Démocratie – Elus du peuple – Etat – Parlement rénové -
« Notre démocratie a désormais pour expression un gouvernement désigné par le chef légitime de la nation, consacré, au départ de son entreprise, par la confiance des élus du peuple, disposant pour sa mission des moyens de. L’Etat, c’est-à- dire capable de mener une politique ‑et de manifester son autorité, placé, enfin, sous le contrôle d’Assemblée dont le fonctionnement et les pouvoirs permettent d’éviter l’arbitraire aussi bien à l’égard de la nation qu’à l’égard des citoyens. En d’autres termes, la Constitution, approuvée le 28 septembre de l’an passé, établit un régime gouvernemental de type parlementaire. »
« Les Assemblées vont prochainement adopter leur règlement, puis elles commenceront, d’ici trois mois, leur tâche législative. Qu’il s’agisse de la durée des sessions, du rôle des commissions, de la procédure législative et budgétaire, du vote personnel, du non-cumul du mandat parlementaire et des fonctions ministérielles, il convient de s’inspirer sans arrière-pensée de l’esprit qui a présidé aux institutions nouvelles.
Le Parlement discute et vote les lois, c’est-à-dire les règles fondamentales touchant les structures de l’Etat, les bases de la société, les droits de la famille et des individus. Le Parlement discute et vote le budget, c’est-à-dire les impôts demandés aux citoyens, les dépenses qu’exigent les services publics, l’orientation économique et sociale de la nation.
Tant en ce qui concerne la loi que le budget, il n’y a pas de responsabilités séparées : pour le bien commun, le travail se fait en commun, et le Gouvernement y’a sa part. Enfin, le Parlement contrôle et questionne, non : à propos d’intérêts professionnels ou locaux, mais pour le bien de l’Etat ou par souci de la liberté. »
« A l’égard de ce Parlement rénové, le Gouvernement a des devoirs d’autant plus impérieux qu’il dispose des pouvoirs nécessaires A sa mission, il doit exposer franchement sa politique, ne point tarder la réalité ; ni dissimuler ses intentions.
Il doit préparer le travail législatif et budgétaire et s’imposer une collaboration utile pour le bien commun. Il n’est pas plus de Gouvernement- souverain qu’il n’est d’Assemblées souveraines. Gouvernement et Parlement sont, ensemble, au service de la seule souveraineté, qui est celle de la Nation. »
Algérie
« Des hommes et des femmes y vivent, dont les pères ont fait l’Algérie, et qui continuent à la faire chaque jour. La France y a groupé autour de son drapeau, et par ses hautes conceptions politiques, des Européens et des Africains, les- uns et les autres citoyens comme nous-mêmes. No.; concitoyens musulmans sont, comme les descendants de ceux qui ont traversé la Méditerranée, des hommes et des femmes dans le regard desquels nous voyons l’image d’une commune espérance.
Il eut des esprits qui pèsent avant toute chose le doit et l’avoir, les profits et les charges : disons hautement, à l’honneur de notre peuple, et spécialement à l’honneur des officiers et des soldats, que nous mettons avant toute, chose cet élan des sentiments qui unit des millions d’Algériens, de la ville et du bled, dans l’affection spontanée qui crée, au-dessus et par-delà les différences d’origine, de race et de religion, le communauté d’espérance. »
« Faut-il convaincre les calculateurs ? Montrons-leur le Sahara ce désert où le coq gaulois s’est longtemps en vain réchauffé les ergots.
Que de puissances désormais y viendraient volontiers gratter le sable brûlant ! Acceptons de les associer à une œuvre immense qui peut ouvrir une ère nouvelle à l’Algérie et à l’Afrique, à la France et à l’Europe. »
« A ceux que ne contente pas la vision des grandes possibilités économiques et humaines auxquelles nous accédons grâce à l’Algérie, recommandons de réfléchir au problème de notre sécurité. La France est à Alger par une nécessité fondamentale que nos ancêtres ont connue et que- nous ne pouvons méconnaître sans trahir. C’est par notre présence indiscutée, notre autorité incontestée, qua nous garantissons la sécurité de la Méditerranée occidentale, et, par-là, notre sécurité.
Devoir, enfin, d’envisager le retour à la paix. Une organisation rebelle, dont les chefs réfugiés à l’étranger reçoivent de l’étranger, avec l’or et les armes, les consignes d’une tuerie permanente, mène contre nous la lutte depuis quatre ans. »
« A qui cette lutte profite-t-elle ? Disons-le hautement : elle profite à toutes les forces subversives, de terrorisme, de racisme, au détriment de l’ordre, de 1a paix et de la fraternité. N’est-ce rien le référendum du mois de septembre ? Le cœur profond de l’Algérie a parlé ; et il n’a pas parlé pour ceux qui ont choisi le camp de la rébellion, c’est-à-dire le camp de la haine. En octobre dernier, le chef du Gouvernement, évoquant pour les uns la paix des soldats, pour les autres la venue en France avec sauf-conduit, a ouvert les seules perspectives possibles de cessation des hostilités. Le chef du Gouvernement d’hier est aujourd’hui Président de la République et Président de la Communauté. En d’autres termes, son offre est toujours ouverte, et pensant aux fausses rumeurs si sottement mais si complaisamment rapportées, je dis qu’il n’en est aucune autre qui ait jamais été envisagée, aucune autre qui puisse être envisagée. »
Empire colonial
« La création de l’Empire fut une vraie gloire de la République. Cette grande aventure demeure pour toujours à l’éloge et à l’honneur de plusieurs générations de Français la France, élevée au rang d’une forte et attirante métropole, a apporté à l’Asie et à l’Afrique une contribution inégalée : mise en valeur, au temps où l’on ne connaissait pas ce terme, formation d’élites autochtones, au temps où ils étaient peu nombreux dans le monde les Etats qui se préoccupaient d’éducation et de promotion, enfin gout et connaissance de la vraie liberté, celle qui est fondée sur le respect de la dignité de chaque personne humaine. En réponse, les peuples de l’Empire ont apporté à notre patrie, en des heures décisives, une aide marquée pour toujours dans notre sol. Enfin n’oublions pas qu’ensemble ; pendant un demi-siècle, métropole et empire ont contribué, par leur unité, à l’équilibre du monde. »
Arme nucléaire
Le Gouvernement français a compris .certains devoirs que lui impose l’alliance atlantique : devoir d’accéder à la puissance militaire atomique, nécessité peur la France et pour l’Europe, devoir de faire considérer l’importance stratégique A nulle autre pareille des positions françaises en Méditerranée. Ce sont ces devoirs qui ont inspiré au précédent gouvernement un effort de révision et de mise au point qui sera poursuivi. Sans doute la solidarité n’est-elle damais sans défaillance ; c’est la rançon de la liberté.
Europe
Quelles que soient les conséquences espérées de cet effort économique, il ne suffira pas à engager les nations européennes, du fond du cœur, dans l’œuvre d’association que postule notre temps. Les frontières ne s’estompent que devant une conception communément acceptée de la solidarité politique. La cause de chacun est la cause de tous ; la cause de l’ensemble est la cause de chacun : voilà en quoi doit se manifester l’Europe de demain, l’Europe des patries et de la liberté.
Communistes – opposition
Qu’à certains moments un Français sur cinq, une Française sur cinq, consultés à l’occasion des élections, aient été portés à voter pour une formation politique dont les ambitions sont ouvertement révolutionnaires, dont la tactique est commandée de l’étranger, et dont la doctrine est la négation de la liberté, voilà qui était grave, et malgré le redressement que l’espérance de l’année 1958 a fait naître, voilà qui demeure grave.
Le premier devoir de parlementaires et de gouvernants est d’inspirer leur action par une longue perspective. Or, toute longue perspective nous est fermée si dans les dix ou quinze ans qui viennent on ne réussit pas à prolonger les résultats des derniers mois, à les amplifier, à les consolider, c’est-à-dire à reconstituer l’unité de la société française. Il ne faut plus que la vocation politique d’une partie de la France soit la vocation de révoltés. L’avenir de notre patrie, l’avenir de nos libertés exigent la participation profonde d’une nation quasiment unanime à son destin.
Syndicats
Au-delà de la vie des entreprises, c’est avec les syndicats que l’on doit assurer la participation du monde du travail à l’économie nationale. En ce domaine, depuis plusieurs années on a pu constater un relâchement qui est sans doute le résultat de nos divisions intérieures. Le Gouvernement a le désir de marquer, avec la mise en place des nouvelles institutions, sa volonté d’offrir aux responsables des syndicats les possibilités de prendre leur part aux délibérations qui précéderont les décisions de l’État.
Economie
Il faut voir d’abord où nous en étions arrivés : une inflation continue aux incidences économiques et sociales à la longue dégradantes, des investissements insuffisants, une production détournée de, l’exportation ou même hors d’état d’exporter, l’amenuisement du stock d’or et l’équipement des réserves de devises ; en fit de compte, une France eu position permanente d’emprunteur et de quémandeur. L’opinion n’a jamais pris clairement conscience de la profondeur de l’abîme financier, et, de ce fait, politique, où nous risquions d’être précipités.
Il n’est pas d’indépendance politique, c’est-à-dire qu’il y a risque de servitude, si la vie quotidienne du pays dépend de prêts ou de dons de l’étranger.
Équilibrer nos comptes, éviter l’inflation, avoir une monnaie saine, certes, la tâche n’est pas facile, car les charges de la France sont multiples, niais la tâche est nécessaire.
Privatisations
« A l’abri de la concurrence étrangère, parfois et trop souvent avec l’aide de l’Etat, beaucoup d’entreprises fonctionnent dans des conditions qui ne leur assurent pas la meilleure productivité. Ces entreprises devront affronter la concurrence internationale. Le Gouvernement, dans les mois qui viennent, étudiera et promulguera les mesures nécessaires à l’encouragement des spécialisations ou des reconversions. »
Le referendum est un simulacre de démocratie. Toujours. C’est un alibi pour ensuite pouvoir dire « circulez, y a rien à voir : nous sommes en démocratie et c’est ce que le peuple a choisi ». Et c’est là que réside l’arnaque : il (le peuple) n’a choisi ni le thème ni le texte, mais on l’a contraint à opter pour un oui ou pour un non, sur un terrain imposé, sans débattre, sans avoir en aucun cas le droit de présenter les mille et une autres options possibles.
Pire encore, puisqu’il n’a pas l’opportunité de voir sa réflexion portée sur la scène nationale, il entre en standby décérébré, il (sauf quelques farfelus gêneurs 😉 ) ne planche pas vraiment sur la complexité du problème, ne s’enquiert pas de la face cachée ni des alinéas, ne tente pas de décoder le verbe mandarin, et s’engouffre ainsi, au grand plaisir de ses maîtres, dans la bataille binaire qu’on lui impose, dans le tiers exclu émotionnel, avec souvent la tronche des opposeurs ou proposeurs comme critère essentiel.
Ceux qui rédigent le texte d’un referendum sont seuls à bénéficier de l’immense pouvoir de proposer, qui devrait appartenir au grand nombre, et la rédaction du texte leur permet presque toujours, sauf couac inattendu (mais le parlement « « réparera« »), d’imposer leur vue en laissant le choix entre leur volonté et l’enfer, le choix est vite fait.
Le referendum est antipédagogique puisqu’il érode l’esprit d’invention. C’est un tueur d’imaginaire.
ça me fait penser à un truc :
Prenons garde à cet enfermement dans le binaire qu’une constituante unique impose, quelle que soit sa composition et son éthique. Je le répète : le processus constituant doit offrir plusieurs textes, et non pas un seul à prendre ou laisser.
Sur Marianne.net
« Ils se sont faufilés et imposés dans tous les recoins de la société, tels des envahisseurs d’un nouveau genre :
les imposteurs sont parmi nous.
On les croise chaque jour au travail.
On les subit dans les dîners.
On les entend à la télévision.
On lit parfois leur prose.
Ils nous envoient dans le mur en prétendant nous sauver de la crise.
Il nous arrive même de voter pour eux !
Virtuoses des apparences, éponges des valeurs de leur temps, les imposteurs vivent à crédit – celui que les autres leur accordent. »
http://www.marianne.net/Comment-les-imposteurs-ont-pris-le-pouvoir_a225940.html
Exemple d’imposteurs…
Robert HERSANT
« C’est le pouvoir qui est, chaque fois, derrière cet homme qui dispose de milliards à plaisir. Pour l’achat de « Paris-Normandie », qui avait le tort de ne pas s’être mis au service des députés de la majorité et d’avoir à sa tête un grand journaliste, Pierre-René Wolf, Hersant a bénéficié du soutien du chef de l’Etat d’alors, Georges Pompidou. Pour l’acquisition du « Figaro » aussi, Hersant a reçu l’appui de Valéry Giscard d’Estaing et de Jacques Chirac, qui voulaient que ce journal tombe entre des mains sûres. »
« Avec de tels parrainages, Robert Hersant obtient toujours des prêts à volonté. Sa recette : le député de l’Oise travaille avec une quinzaine de banques. Pour procéder à ses achats de presse, il lui suffit d’obtenir des crédits, avec la bénédiction gouvernementale, dans plusieurs d’entre elles. Prenons l’exemple du « Figaro ». Il lui fallait verser tout de suite 40 millions de francs lourds à Jean Prouvost. Il a trouvé 10 millions — comment ? — dans les journaux de son groupe, et emprunté les trente autres à une dizaine de banques, à raison de 3 millions chacune. « Une petit somme, dit Hersant, et il n’y a aucune raison de vous la refuser quand on apporte en garantie la totalité de ses propres affaires. » A plus forte raison, quand on est « recommandé » par l’Elysée et Matignon… Les banques Hervet, Worms, la B.N.P., les Banques populaires, la Société générale, Suez, etc. auraient donc prêté chacune quelques millions à Hersant pour qu’il s’empare du « Figaro ».
http://referentiel.nouvelobs.com/archives_pdf/OBS0609_19760712/OBS0609_19760712_029.pdf
« Qu’espère Robert Hersant, en lançant cette semaine, dans le dernier « Fig-Mag », une spectaculaire opération anti-immigrés ? Simple ballon d’essai ?
Prélude à de futures alliances ?
En tout cas, Hersant est bien décidé à être celui avec lequel les dirigeants de la droite devront compter. Au mois d’octobre 1984, Robert Hersant, dit R.H., réunit dans son bureau de l’avenue
Matignon Jean-Maxime Lévêque, Louis Pauwels, Henri Amouroux, Jacques Bloch-Morhange, Alain Griotteray et deux professeurs de droit. Objet de cette réunion : la création d’un parti ou d’un mouvement, provisoirement baptisé « Union libérale ». Le noyau de départ de cette Union libérale existe déjà. Il s’agit de la Ligue des Contribuables, fondée un an auparavant par Jacques Bloch-Morhange et qui revendique alors plus de cent mille adhérents.
Le complément viendrait des socioprofessionnels (d’où la présence de Jean-Maxime
Lévêque), d’hommes politiques non-inscrits et… de candidats poussés par Hersant.
R.H. rêve alors de jouer, à la tête d’un groupe parlementaire, un rôle charnière dans la prochaine Assemblée. D’être celui sans lequel on ne peut rien. Il aurait dit à la même époque.
« Si Le Pen peut faire ça, pourquoi pas moi ? »
Mais la réunion (qui a commencé à dix heures) s’enlise. A dix-huit heures, tout le monde se sépare fâché. Bloch-Morhange n’a pas marché. La création d’un énième parti lui semble irréaliste. Sans lui et sa Ligue des Contribuables, rien n’est possible. C’est l’échec. Hersant abandonne l’idée, d’autant plus que les sondages donnent aujourd’hui à l’UDF et au RPR la majorité absolue.
Mais il place quand même ses pions. Il arrivera à l’Assemblée nationale en force et avec ses troupes. Côté sortants, ils sont trois :
— le fidèle André Audinot, numéro deux de son groupe. Il conduira la liste d’union dans la Somme au titre du RPR ;
— Philippe Mestre, PDG de « Presse- Océan », député UDF de Vendée. Il sera second derrière le RPR Vincent Ansquer ;
Alain Peyrefitte, directeur politique du « Figaro », député RPR de Seine-et-Marne, sera tête de liste en 1986 :
Côté nouvelle cuvée, ils seront sept :
—Robert Hersant sera deuxième derrière Marcel Dassault, RPR, sur la liste de l’Oise
— Jacques Hersant, PDG de « France- Soir », fils du précédent, sera troisième au titre
du CNI sur la liste RPR dans le Pas-de-Calais ;
—Bertrand Cousin, numéro trois du groupe, conseiller municipal de Brest, sera tête de liste RPR dans les Côtes-du-Nord ;
—Philippe Vasseur, rédacteur en chef économique du « Figaro », mènera la liste UDF dans le Pas-de-Calais ;
—Alain Griotteray, éditorialiste au « Figaro- Magazine », battu en 1981, sera tête de liste UDF dans le Val-de-Marne.;
—Jean-François Deniau, grand reporter au « Figaro », président du conseil général du Cher, sera tête de liste UDF dans le Cher ;
—Jean Allard, directeur de « Paris-Normandie », aura la cinquième position sur la liste de Jean Lecanuet en Seine-Maritime.
Trois candidats Hersant sont en suspens
– Gautier Audinot, président du conseil de surveillance du « Dauphiné libéré », en quatrième place en Isère, sous l’étiquette UDF ;
—Jean-Pierre Pierre-Bloch, directeur à « France-Soir », conseiller UDF de Paris, devrait être cinquième sur la liste UDF de Paris ou deuxième en Seine-Saint-Denis ;
—Jean Miot ; directeur délégué du « Figaro », cherche encore une place dans le Vaucluse. Son cas est, dit-on, désespéré.
R.H. a aussi des sympathisants comme Alain Madelin, bras droit de Léotard, et chroniqueur régulier, au « Figaro-Magazine », ou bien encore Michel d’Ornano.…
Les élus de cette équipe ne pourront pas constituer un groupe parlementaire et ne se plieront pas forcément aux choix risqués du patron du « Fig-Mag ». Mais ils formeront sans doute un groupe de pression bien utile pour R.H.’ qui se voit déjà, après 1986, sinon ministre, du moins patron d’une Antenne 2 enfin privatisée. »
CAROLE BARJON • LE NOUVEL OBSERVATEUR
http://referentiel.nouvelobs.com/archives_pdf/OBS1095_19851101/OBS1095_19851101_045.pdf
Famille DASSAULT
Dassault s’achète Le Figaro… La presse aux mains des industriels et des banquiers
Serge Dassault, héritier d’une des plus grandes fortunes de France, érigée essentiellement grâce aux commandes d’État puisque le groupe qu’il dirige a fourni la plupart des avions qui équipent l’armée française, vient de mettre la main sur Le Figaro, et du même coup sur 30% de la presse régionale (Le Progrès, Le Dauphiné libéré, La Voix du Nord, entre autres). Du même coup, il s’empare du quotidien Le Soir de Bruxelles, de France Soir et d’une soixantaine de publications, qui vont de l’hebdomadaire L’Express à L’Expansion ou encore L’Étudiant et quelques autres.
Les commentateurs et les syndicats de journalistes s’inquiètent de possibles « changements de la ligne éditoriale » et expriment leurs craintes pour la « liberté de l’information ». On a du mal à imaginer comment l’avionneur Dassault serait plus réactionnaire que feu Hersant.
En novembre 2002, Serge Dassault critiquait la « ligne » du Figaro, dont il venait d’acheter, premier pas dans la prise de contrôle du quotidien, 30% des actions : « Je ne dis pas qu’il est trop à gauche, je dis seulement que l’on n’explique pas suffisamment à l’opinion la réalité économique telle qu’elle est vraiment dans les entreprises. » Cela précise ce qu’il entendait quand il déclarait, dans Entreprendre, qu’il voulait que ses journaux ‑le possessif est de mise- expriment des « idées saines ». Les siennes.
Le fait qu’un magnat de l’industrie s’achète un groupe de presse avec la même facilité qu’un citoyen va s’acheter son journal au kiosque, le matin, n’est ni unique ni nouveau. Dassault n’est ni le seul ni le premier.
Le groupe Hersant, qu’il vient de s’offrir, s’était constitué à partir des années cinquante autour d’un homme qui, condamné après la guerre à dix ans d’indignité nationale, avait engrangé, au fil des années, dans son empire de presse, des dizaines de titres parmi les plus influents du pays, notamment Le Figaro, France Soir, qui fut pendant longtemps le plus fort tirage des quotidiens français, et bien d’autres. Député, il siégeait sur les bancs de la droite gaulliste avec une dizaine de ses collaborateurs au Parlement après avoir, un temps, été dans un petit parti fondé… par Mitterrand.
Avant-guerre, il existait des situations similaires. Le Temps, qui apparaissait comme le quotidien de référence de l’époque, était quasi ouvertement le journal du Comité des Forges, du fait de ses liens connus avec les barons de la sidérurgie, les De Wendel et consorts. Il y eut aussi la dynastie des Prouvost, riches propriétaires de filatures du Nord, qui eux aussi, comme Hersant, avaient eu quelques problèmes avec la justice, liés à leur attitude durant la Seconde Guerre mondiale. Ils se retrouvèrent à la tête d’un des empires de presse, à partir des années cinquante, qui comprenait Le Figaro, L’Aurore, Match (qui devint par la suite Paris-Match), Marie-Claire, et quelques autres aussi connus.
Quand les titres changent de patrons, ils n’en restent pas moins aux mains des puissances d’argent. Il en a été ainsi du groupe de presse que s’était payé Jean-Marie Messier et le groupe Vivendi Universal (VU) qui, après leurs déboires, tomba dans l’escarcelle de Jean-Luc Lagardère, qui s’est construit sa fortune dans la vente d’armes, donc grâce aux commandes d’État… tout comme Dassault, et qui contrôle désormais, outre les messageries de presse (la diffusion des journaux et des magazines), pas moins de la moitié de l’édition en France. Et n’oublions pas Bouygues, à qui l’État a revendu la première chaîne de télévision nationale, et qui s’est acheté TF1 avec la même facilité que n’importe quel quidam s’achète son téléviseur chez Darty. Pour un prix bradé, il est vrai.
Parfois ceux qui tirent les ficelles dans la presse écrite ou radio-télévisée changent, mais ils font toujours partie de ce monde restreint de financiers, d’affairistes, qui jonglent avec les titres en Bourse comme certains jonglent avec les titres de journaux. On y retrouve les quelques noms qui font les gros titres de la rubrique financière, parfois de la rubrique des scandales, comme Pinault ou Messier, et qui sont parmi les vieux amis des dirigeants politiques, de droite comme de gauche, d’ailleurs.
C’est donc une douce plaisanterie de parler de liberté de la presse, ou encore de son indépendance. C’est un article qu’on ne trouve plus, en supposant qu’il ait un jour existé en magasin, dans ce que l’on appelle la grande presse. Elle n’est pas seulement sous influence, elle est aux mains des milieux financiers, qui s’achètent des organes de presse, non seulement pour faire de l’argent (certains titres ne sont pas forcément rentables) mais pour fabriquer l’opinion, autant que faire se peut, avec parfois en prime la possibilité de décrocher un poste électif, de député par exemple comme ce fut le cas de Robert Hersant et de Marcel Dassault, le père de Serge, qui n’est pour le moment lui-même qu’un modeste maire, à Corbeil-Essonnes, dans la grande banlieue parisienne.
Comme quoi, en démocratie, une voix n’en vaut pas une autre. Il y a ceux qui n’ont pas accès à la parole et ceux qui peuvent se payer de puissants porte-voix. Serge Dassault est de ceux-là.
Vincent GELAS, LUTTE OUVRIERE N°1859 DU 19 MARS 2004
Christina Kirchner vient de mettre en demeure Clarin et Pagina doce de casser leur monopole médiatique.
Larousse
Dictature : Régime politique dans lequel le pouvoir est détenu par une personne ou par un groupe de personnes (junte) qui l’exercent sans contrôle, de façon autoritaire.
Mais pourquoi diable rajoutent ils « junte » et pas « élus » ?
Bonsoir,
{{Bonsoir Jean-Stéphane,
Après la séance au sénat de ce jeudi 28 février, le PVB se regroupera au Café Tournon (vers 18h30 je pense), qui est situé juste en face du Sénat.
Si vous souhaitez vous joindre à nous, vous êtes plus que bienvenu 😉
Amicalement blanc,
Brieuc MARTIN}}
Chapitre 3.15
Des députés ou représentants
Sitôt que le service public cesse d’être la principale affaire des citoyens, et qu’ils aiment mieux servir de leur bourse que de leur personne, l’État est déjà près de sa ruine. Faut-il marcher au combat ? ils payent des troupes et restent chez eux ; faut-il aller au conseil ? ils nomment des députés et restent chez eux. À force de paresse et d’argent, ils ont enfin des soldats pour asservir la patrie, et des représentants pour la vendre.
C’est le tracas du commerce et des arts, c’est l’avide intérêt du gain, c’est la mollesse et l’amour des commodités, qui changent les services personnels en argent. On cède une partie de son profit pour l’augmenter à son aise. Donnez de l’argent, et bientôt vous aurez des fers. Ce mot de finance est un mot d’esclave, il est inconnu dans la cité. Dans un pays vraiment libre, les citoyens font tout avec leurs bras, et rien avec de l’argent ; loin de payer pour s’exempter de leurs devoirs, ils payeraient pour les remplir eux-mêmes. Je suis bien loin des idées communes ; je crois les corvées moins contraires à la liberté que les taxes.
Mieux l’État est constitué, plus les affaires publiques l’emportent sur les privées, dans l’esprit des citoyens. Il y a même beaucoup moins d’affaires privées, parce que la somme du bonheur commun fournissant une portion plus considérable à celui de chaque individu, il lui en reste moins à chercher dans les soins particuliers. Dans une cité bien conduite, chacun vole aux assemblées ; sous un mauvais gouvernement, nul n’aime à faire un pas pour s’y rendre, parce que nul ne prend intérêt à ce qui s’y fait, qu’on prévoit que la volonté générale n’y dominera pas, et qu’enfin les soins domestiques absorbent tout. Les bonnes lois en font faire de meilleures, les mauvaises en amènent de pires. Sitôt que quelqu’un dit des affaires de l’État : Que m’importe ? on doit compter que l’État est perdu.
L’attiédissement de l’amour de la patrie, l’activité de l’intérêt privé, l’immensité des États, les conquêtes, l’abus du gouvernement, ont fait imaginer la voie des députés ou représentants du peuple dans les assemblées de la nation. C’est ce qu’en certain pays on ose appeler le tiers état. Ainsi l’intérêt particulier de deux ordres est mis au premier et second rang ; l’intérêt public n’est qu’au troisième.
La souveraineté ne peut être représentée, par la même raison qu’elle peut être aliénée ; elle consiste essentiellement dans la volonté générale, et la volonté ne se représente point : elle est la même, ou elle est autre ; il n’y a point de milieu. Les députés du peuple ne sont donc ni ne peuvent être ses représentants, ils ne sont que ses commissaires ; ils ne peuvent rien conclure définitivement. Toute loi que le peuple en personne n’a pas ratifiée est nulle ; ce n’est point une loi.
Le peuple Anglais pense être libre, il se trompe fort ; il ne l’est que durant l’élection des membres du parlement : sitôt qu’ils sont élus, il est esclave, il n’est rien. Dans les courts moments de sa liberté, l’usage qu’il en fait mérite bien qu’il la perde.
L’idée des représentants est moderne : elle nous vient du gouvernement féodal, de cet inique et absurde gouvernement dans lequel l’espèce humaine est dégradée, et où le nom d’homme est en déshonneur. Dans les anciennes républiques, et même dans les monarchies, jamais le peuple n’eut des représentants ; en ne connaissait pas ce mot-là. Il est très singulier qu’à Rome, où les tribuns étaient si sacrés, on n’ait pas même imaginé qu’ils pussent usurper les fonctions du peuple, et qu’au milieu d’une si grande multitude ils n’aient jamais tenté de passer de leur chef un seul plébiscite. Qu’on juge cependant de l’embarras que causait quelquefois la foule par ce qui arriva du temps des Gracques, où une partie des citoyens donnait son suffrage de dessus les toits.
Où le droit et la liberté sont toutes choses, les inconvénients ne sont rien. Chez ce sage peuple tout était mis à sa juste mesure : il laissait faire à ses licteurs ce que ses tribuns n’eussent osé faire ; il ne craignait pas que ses licteurs voulussent le représenter.
Pour expliquer cependant comment les tribuns le représentaient quelquefois, il suffit de concevoir comment le gouvernement représente le souverain. La loi n’étant que la déclaration de la volonté générale, il est clair que, dans la puissance législative, le peuple ne peut être représenté ; mais il peut et doit l’être dans la puissance exécutive, qui n’est que la force appliquée à la loi. Ceci fait voir qu’en examinant bien les choses on trouverait que très peu de nations ont des lois. Quoi qu’il en soit, il est sûr que les tribuns, n’ayant aucune partie du pouvoir exécutif, ne purent jamais représenter le peuple romain par les droits de leurs charges, mais seulement en usurpant sur ceux du sénat.
Chez les Grecs, tout ce que le peuple avait à faire, il le faisait par lui-même : il était sans cesse assemblé sur la place. Il habitait un climat doux ; il n’était point avide ; des esclaves faisaient ses travaux ; sa grande affaire était sa liberté. N’ayant plus les mêmes avantages, comment conserver les mêmes droits ? Vos climats plus durs vous donnent plus de besoins (a): six mois de l’année la place publique n’est pas tenable ; vos langues sourdes ne peuvent se faire entendre en plein air ; vous donnez plus à votre gain qu’à votre liberté, et vous craignez bien moins l’esclavage que la misère.
Quoi ! la liberté ne se maintient qu’à l’appui de la servitude ? Peut-être. Les deux excès se touchent. Tout ce qui n’est point dans la nature a ses inconvénients, et la société civile plus que tout le reste. Il y a telles positions malheureuses où l’on ne peut conserver sa liberté qu’aux dépens de celle d’autrui, et où le citoyen ne peut être parfaitement libre que l’esclave ne soit extrêmement esclave. Telle était la position de Sparte. Pour vous, peuples modernes, vous n’avez point d’esclaves, mais vous l’êtes ; vous payez leur liberté de la vôtre. Vous avez beau vanter cette préférence, j’y trouve plus de lâcheté que d’humanité.
Je n’entends point par tout cela qu’il faille avoir des esclaves, ni que le droit d’esclavage soit légitime, puisque j’ai prouvé le contraire : je dis seulement les raisons pourquoi les peuples modernes qui se croient libres ont des représentants, et pourquoi les peuples anciens n’en avaient pas. Quoi qu’il en soit, à l’instant qu’un peuple se donne des représentants, il n’est plus libre ; il n’est plus.
Tout bien examiné, je ne vois pas qu’il soit désormais possible au souverain de conserver parmi nous l’exercice de ses droits, si la cité n’est très petite. Mais si elle est très petite, elle sera subjuguée ? Non. Je ferai voir ci-après (a) comment on peut réunir la puissance extérieure d’un grand peuple avec la police aisée et le bon ordre d’un petit État.
Jean-Jacques Rousseau, « DU CONTRAT SOCIAL ou Principes du droit politique » (1762).
Source : http://classiques.uqac.ca/classiques/Rousseau_jj/rousseau.html
« le droit est le résultat d’un rapport de force, et jamais l’inverse » – mardi 26 février 2013 à 01:33, par Étienne(@5)
Tout est mathématique, nous dit-on, toutes les lois de l’Univers pouvant être comprises et suggérées par la plus simplifiée ou la plus improbable des formules, pure abstraction en soi et démesure symbolique échappant à l’entendement mais cette intuition en nous, toute cette beauté contenue, tout ce qui nous dépasse encore en même temps que cet infini ou cette potentialité illimités, mais comprise tout entière dans l’intention d’un sourire ou l’évidence et la poésie de la Lumière caressant les choses et la vie. Tout serait donc mathématique…
La loi du talion qui nous en impose depuis des lustres, cette loi arbitraire et contre-nature, bancale autant qu’abusive, assujetissant l’individu et les sociétés, cette loi à mille lieux de toute justice, de toute émancipation, de tout réalisme, cette loi qui s’octroie tous les pouvoirs au détriment de tous mais dans le seul intérêt d’une élite auto-proclamée et manipulatrice qui a détourné et la loi de nature (ce respect du vivant) et ces notions essentielles et fondamentales à toute humanité et démarche spirituelle, cette loi qui s’est accaparée cette légitimité qui ne lui appartient pas, en aucune façon, cette démesure morale et cette prétention intellectuelle.
La Loi est mathématique et appartient au plus grand nombre : le Tout comprenant chacun d’entre nous pris individuellement et cependant participant de ce juste équilibre de l’Ensemble qui les réunit tous ; la conscience au coeur du vivant, l’individu au milieu de tous les possibles, à la croisée des chemins communs à tous et divergents partout, ce Tous en Un et ce Chacun en Tous, Tous pour un, un pour tous !… Cette chaîne invisible, métaphysique, spirituelle réunissant chacun d’entre nous dans ce mouvement incessant de la vie et cette diversité si riche en nombre et en possibilités, cette plus-value d’ensemble.
La loi du nombre, du plus grand nombre, établit un rapport de force en faveur de celui-ci, fondé lui-mlême sur ce respect mutuel et cette équité de droits et de faveurs ; ainsi, tous logés à la même enseigne et participant tous ensemble à cet intérêt commun comme à ces libertés individuelles, le Droit est ainsi de facto institué, souverain, garde-fou contre soi-même et chartre communautaire de tous les bons usages et bons comportements.
La loi du nombre et ce droit qui en découle sont bien les fondements primordiaux de tout démocratie digne de ce nom ; ils sont en tout cas les garants de notre indépendance et le bras armé de notre volonté. A nous de proclamer dès à présent cette Légitimité de droit et de principe : contaminer le plus grand nombre mais d’ores et déjà rejeter en bloc toute autorité et tout abus anti-constitutionnel. Imposons enfin la justice et tous ces droits inaliénables : nous en avons le pouvoir si nous nous en donnons le volonté, ni plus ni moins.
EFFAB
Je suis parfaitement d’accord avec notre copain J.Jacques. Je n’ai cessé de le répéter, d’ailleurs doit finir par me détester. allez tant pis encore une petite fois :
Le pouvoir législatif ne doit jamais s’écarter du peuple, jamais.
il ne doit y avoir aucun représentants en la matière d’aucune façon, ni des élus ni des tirés au sort, c’est le peuple lui même qui doit légiférer et personne d’autre.
On peut bien penser à des tirés au sort pour l’exécutif ce qui évite la main mise de spécialistes ou tout simplement contrôler et renouveler régulièrement ces fonctionnaires qui peuvent être désignés sur la base d’examen (concours etc.), autant avoir les meilleurs. Et les meilleurs pour accomplir ces tâches, ce sont aujourd’hui les machines, tout simplement.
Bien amicalement
J.C
processus constituant :
art 1 :
Les constituants ne devront pas être des professionnels de la politique.
Art 2 :
Les constituants ne devront avoir aucun liens avec les lobbies financier pendant le processus constituant.
Art 3 :
Les constituants ne devront pas écrire des règles pour eux-mêmes.
Art 4 :
Les constituants ne devront pas instaurer l’impuissance du peuple à l’égard de représentants.
Art 5 :
Les constituants devront renoncer à exercer le pouvoir.
Art 6 :
une autre chambre dont la fonction serait de contrôler le processus constituant pourra être envisagée.
Art 7 :
cette seconde chambre devra se soumettre au règles suivantes etc.
Mes questions sont simples, Étienne, si tu n’as pas le temps d’y répondre je ne t’en voudrais pas, j’espère simplement que tu aborderas le sujet dans ton livre.
Les voici :
Comment imposera-t-on ces règles au processus constituant ?
Le peuple aura-t-il le pouvoir avant même l’écriture de la constitution ?
Comment le peuple aura-t-il le pouvoir d’écrire une pré-constitution ?
S’il a ce pouvoir, pourquoi n’écrit-il pas directement une constitution s’il peut déjà écrire des règles ?
Pourquoi devrait-il laisser à un petit groupe le droit de le faire à sa place ?
Déléguer ce pouvoir d’écriture à ses risques et périls n’est-il pas tout simplement idiot s’il est en position de produire les règles lui-même ?
Et s’il ne l’est pas, comment un authentique processus constituant pourrait-il voir le jour ?
Vois-tu ou je veux en venir ?
Bien amicalement
J.C
C’est mieux de dire les choses clairement.
Il me semble que le tirage au sort n’est pas applicable à un processus constituant désintéressé parce que le peuple n’a pas encore la puissance nécessaire à l’égard des institutions qui lui permette d’imposer quoi que ce soit.
Il doit d’abord lui-même écrire et instaurer de nouvelles institutions pour pouvoir contrôler ses fonctionnaires.
Sinon, ce processus sera corrompu par le système en place ou tout simplement mis à l’écart.
Le peuple doit prendre confiance en son pouvoir et le garder.
Vouloir utiliser les institutions déjà existantes conçues pour la corruption, ce serait comme livrer quelques uns d’entre nous aux loups ou verser de l’eau pure dans un récipient souillé.
Si nous voulons que le monde change, n’attendons pas que d’autres le fassent à notre place, changeons-le nous-mêmes.
Bien amicalement
J.C
L’idée d’imposer au processus constituant des règles autres que celles de l’organisation, cette idée ne me séduit pas du tout 😉
La démocratie est un risque ( inférieur probablement au risque de l’oligarchie ).
Et vouloir par crainte d’un résultat qui ne serait pas celui de mon travail solitaire, ni le fruit d’un travail de « guides précurseurs », vouloir cadrer la démocratie avant même sa naissance, cela procède d’une pensée oligarchique ; dit sans méchanceté.
Par contre, la multiplicité des assemblées constituantes peut protéger des glissades d’une assemblée unique, et cela sans l’intrusion d’un quelconque comité des sages.
Vivre est risqué. Et le meilleur remède au risque est la confiance.
« Par contre, la multiplicité des assemblées constituantes peut protéger des glissades d’une assemblée unique, et cela sans l’intrusion d’un quelconque comité des sages.
Vivre est risqué. Et le meilleur remède au risque est la confiance. »
exactement, pas mieux.
Bien amicalement
J.C
{{Vote blanc : feu vert du Sénat.
Le Sénat a donné aujourd’hui son feu vert à la reconnaissance du vote blanc, mais sans toutefois le considérer comme un suffrage exprimé, en adoptant une proposition de loi déjà votée par l’Assemblée nationale.
Ce texte du député UDI François Sauvadet prévoit que les votes blancs aux élections soient comptabilisés séparément des nuls, mais pas pris en compte dans les suffrages exprimés.
« Le gouvernement est favorable à cette initiative qui permet de mieux apprécier le phénomène du vote blanc », a indiqué le ministre des Relations avec le Parlement, Alain Vidalies. « Le message de citoyens qui se sont déplacés pour effectuer leur devoir électoral ne peut être considéré comme négligeable », a‑t-il dit.
En revanche, il a exprimé son hostilité à voir les votes blancs pris en compte pour la détermination des suffrages exprimés, donnant l’exemple notamment du second tour de l’élection présidentielle où cela poserait un problème constitutionnel si aucun des candidats n’obtenait 50% des voix.
La reconnaissance du vote blanc est un véritable serpent de mer de la vie politique : 30 textes parlementaires ont été déposés en 20 ans et un seul adopté, en 2003, qui a été interrompu dans une navette au Sénat, ont rappelé les intervenants}}
Voter blanc ce n’est plus nul !
Source : Metro France
« Les défenseurs du vote blanc dénoncent une « supercherie »
ÉLECTIONS – Le Sénat a adopté à son tour jeudi une proposition de loi sur la reconnaissance du vote blanc. Mais les partisans de ce geste politique s’élèvent contre les conséquences de ce texte a minima.
C’est une « avancée démocratique majeure », « un pas important » selon beaucoup de responsables politiques.
Les défenseurs du vote blanc, eux, voient rouge après l’adoption, jeudi au Sénat, d’une proposition de loi sur la reconnaissance de ce geste politique.
Le texte, qui doit encore revenir en seconde lecture à l’Assemblée, reconnaît la spécificité des bulletins blancs en permettant leur décompte, séparément des nuls, lors des élections. Mais les votes blancs n’entreront pas dans le calcul des suffrages exprimés. Le gouvernement, comme la plupart des responsables politiques, s’y oppose en effet, mettant notamment en avant les problèmes constitutionnels qu’une telle intégration poserait : si les bulletins blancs avaient compté en mai dernier, François Hollande aurait accédé au pouvoir sans majorité absolue.
Les enveloppes vides pas assimilées au vote blanc
« Les 5,8% d’électeurs qui ont voté ‘blanc ou nul’ le 6 mai 2012 et l’ensemble des citoyens français ont le regret de vous faire part du décès du vote blanc. La cérémonie a eu lieu dans les dorures du Sénat le 28 février 2013 », n’hésite pas à proclamer vendredi, dans un communiqué en forme d’avis d’obsèques, le Parti du vote blanc. Joint par Metro, son président Stéphane Guyot dénonce en effet une « supercherie » dans la proposition de loi auquel le palais du Luxembourg a donné son feu vert. « Elle aurait pu constituer un vrai premier pas, même timide, si on avait permis aux électeurs de voter blanc, explique-t-il. Là, ce n’est pas le cas : on va distinguer les blanc des nuls, mais les enveloppes vides ne seront finalement pas assimilées au vote blanc, et il n’y aura toujours pas de bulletin spécifique mis à disposition des électeurs. »
Pour que leur voix soit entendue, ceux-ci devront donc apporter eux-mêmes un papier blanc préalablement découpé. Une rupture du principe d’égalité des citoyens selon Stéphane Guyot, les machines à voter dont disposent certaines villes étant équipées d’une touche « vote blanc ».
Le militant, qui assure que « 90 à 95% » de ceux qui votent blanc le font en glissant une enveloppe vide dans l’urne, craint que beaucoup ne continuent ainsi. Et donc que les scores désormais comptabilisés du vote blanc ne soient « réduits à peau de chagrin ». Il s’emporte : « On voudrait faire taire le vote blanc et l’insatisfaction des électeurs, on ne s’y prendrait pas autrement. » »
http://www.metronews.fr/info/les-defenseurs-du-vote-blanc-denoncent-une-supercherie/mmca!lBJvSyFCpMvU/
Il me semble que la bataille du vote blanc a pu s’engager, car il y a la volonté sournoise de transformer le suffrage direct libre en suffrage direct obligatoire, et en plus le désir de généraliser les urnes électroniques.
Nous ne devons pas manquer les occasions qui se présentent à nous, surtout quand on en devine les plans machiavéliques, refuser le combat c’est abdiquer. Au contraire, il nous faut sans cesse mettre des coups dans la gouverne, peut-être n’arriverons-nous pas là où nous le désirons, mais peut-être qu’eux non plus. Et puis cela permettra de dévoiler sur la place publique les agissements oligarchiques de notre bicamérisme, tout en informant et formant les citoyens.
Il serait peut-être judicieux de riposter sur la pseudo-majorité des suffrages exprimés. En effet, sauf erreur de ma part, il me semble que dans la théorie, notre constitution dite démocratique peut permet d’élire un président de la république avec 1% des électeurs et 99% des électeurs seraient totalement méprisé parce qu’ils exprimeraient en votant blanc, nul et abstention.
Qu’est-ce que cette démocratie qui ne laisse aucune place au NON, quelque soit le choix à faire il faut dire OUI toujours OUI et jamais NON ! Est-ce cela un peuple souverain ?
Comment peut-on permettre une telle lacune, et en est-ce vraiment une ? J’invite tous les électeurs à ne voter dorénavant pour aucun candidat, voter pour un candidat c’est voter OUI, alors maintenant votez NON ! Ceci pour exprimer que vous n’êtes pas dupe, et aussi pour mettre en panne ce suffrage d’abdication. Ne reniez plus vos convictions, ne les laisser plus vous imposer leurs idées. Seul un grave dysfonctionnement pourra venir à bout d’un tel monstre et son point faible c’est le NON.
LA LIQUIDATION DES BIENS PUBLICS EN FRANCE.
Avec la mondialisation capitaliste, les privatisations massives sont imposées à tous par le bradage des biens publics et la destruction des systèmes sociaux. Cela remet en cause la fameuse notion d’identité nationale : qu’est-ce qui nous unit ? Nos impôts ne servent plus qu’à remplir les caisses du patronat et les poches des actionnaires.
De 1933 à 1982 : constitution et création du Bien Public avec notamment : Air France, SNCF, Renault, Crédit Lyonnais, Société Générale, AFP, Alsthom, Saint Gobain, Usinor Sacilor, Rhône-Poulenc, Crédit commercial de France, et la création d’EDF-GDF, soit un total d’une cinquantaine de groupes. Plus des groupes où les participations publiques sont majoritaires comme Matra, la Société d’étude Marcel Dassault, la Banque Rothschild ou la Banque Worms. Tout cela constituait le patrimoine que nous devions léguer à nos enfants !
De 1986 à 2006 : dénationalisations totales ou partielles par tous les gouvernements si bien qu’en 2007, il ne reste plus rien du secteur public industriel, le secteur public social et les biens d’usage collectif sont privatisés. Comment en est-on arrivé là ? Par le lobbying et la modification de la législation. Quand cela ne suffit pas, le gouvernement s’abrite derrière les directives européennes. La sous-évaluation des biens publics livrés aux copains est systématique, en surestimant l’endettement ou en mettant en cause la gestion par exemple. Tout devient source de profits : l’énergie, l’eau, le chômage, le savoir, la santé, les retraites et même la délinquance avec des prisons privées, tout doit être transformé en marchandises, rien de doit échapper au marché !
Les techniques utilisées : la vente totale ou partielle des entreprises publiques, l’externalisation par le recours massif à la sous-traitance (informatique, maintenance, nettoyage, restauration …), le démantèlement et la vente des filiales les plus rentables, le bradage des terrains et des logements de l’Etat … avec de gros profits en vue pour les repreneurs. L’état coupe ses sources de revenu et explique après que les caisses sont vides !
Les prédateurs sont pour l’essentiel de grandes sociétés multinationales qui ont leur siège en France ou de grands groupes financiers multinationaux, les fonds de pension, Les Hedge Funds et les Fonds Souverains. Actuellement en France les P‑D.G des sociétés du CAC 40 gagnent de 300 à 500 fois le SMIC. Le bien être de quelques uns est bâti sur la misère des autres. Les impôts sur les sociétés et des plus riches ne cessent de diminuer et le chômage augmente. Le nombre de fonctionnaires et d’entreprises publiques diminue et le déficit de l’Etat augmente ! Cherchez l’erreur !! Le transfert des fonds publics vers les fonds privés est la principale cause des difficultés de l’Etat.
L’appât du gain sans limite a autorisé au nom d’une supposée efficacité économique une remontée des inégalités de revenus et de patrimoine à des niveaux que l’on n’avait plus connus depuis la fin du XIXe siècle. Ces formidables inégalités n’ont aucune utilité pour la société, bien au contraire : elles sont source de pauvreté, de misère, de délinquance et d’insécurité pour la majorité de la population ; le système profite à une minorité, tous les autres tôt ou tard le subiront. Que laisserons nous à nos enfants ?
Source : http://2ccr.unblog.fr/2010/10/19/la-liquidation-des-biens-publics-en-france/
« Quelle planète laisserons nous à nos enfants ? et Quels enfants laisserons nous à la planète ? »
[Edit : malfaiteurs en bande :
ÉC]