La démocratie représentative est-elle une imposture ? (Entretien avec DLR n°2, déc. 2012)

31/12/2012 | 96 commentaires

Un entre­tien qui résume assez bien ma thèse cen­trale,
pour le jour­nal de DLR (« La France Debout », n°2, nov-déc 2012) :


La démo­cra­tie repré­sen­ta­tive est-elle une impos­ture ?
Entre­tien avec Etienne Chouard
La France debout, n°2, nov. déc. 2012.

1) En quoi votre défi­ni­tion de la démo­cra­tie dif­fère-t-elle du sens courant ?

La démo­cra­tie est le gou­ver­ne­ment du peuple, par le peuple, pour le peuple.
Or, notre sys­tème est une plou­to­cra­tie : un gou­ver­ne­ment des riches, par les riches et pour les riches.
Pour­quoi ? Il faut cher­cher « la cause des causes » (Hip­po­crate):
l’é­lec­tion sans contrôle délègue à des maîtres,
alors que le tirage au sort (avec ses mul­tiples contrôles) vise à dési­gner des ser­vi­teurs du bien commun.

2) Est-ce le prin­cipe même de la repré­sen­ta­tion qui est vicié ?

Nous employons à contre-sens cer­tains mots essen­tiels : « repré­sen­tant » a deux sens en fran­çais , maître ou ser­vi­teur. Actuel­le­ment, c’est en tant que maîtres qu’a­gissent nos élus, sous pré­texte de nous servir.

On uti­lise le terme « suf­frage uni­ver­sel » pour dési­gner des maîtres alors qu’on devrait par­ler du vote direct des lois par le peuple : ce faux « suf­frage uni­ver­sel » per­met aux plus riches de mettre la main sur le pou­voir poli­tique. Hen­ri Guille­min rap­pelle cette phrase sai­sis­sante de Mau­riac en 1966 :

« Ce que le géné­ral n’a pas fait et ce qu’il ne dépen­dait pas de lui de faire, c’est d’o­bli­ger à lâcher prise ces mains, ces quelques mains, oui ce petit nombre de mains qui tiennent les com­mandes secrètes de l’É­tat, qui assurent les immenses pro­fits de quelques-uns et qui font de cha­cun de nous les têtes d’un trou­peau exploi­table, exploi­té » (Bloc-notes de Fran­çois Mau­riac, 23 sep­tembre 1966, à pro­pos du géné­ral de Gaulle) (1).

« Consti­tu­tion », devrait être une pro­tec­tion : c’est en fait, aujourd’­hui, une pri­son. Nous ne votons pas les lois aux­quelles nous accep­tons de nous sou­mettre, nous ne votons que pour dési­gner des maîtres choi­sis par les plus riches sou­te­nus par leurs médias. L’é­lec­teur n’est pas cet « adulte poli­tique » qu’est le citoyen authen­tique qui ne sau­rait obéir qu’aux lois qu’il a lui-même dis­cu­tées et votées.

Quand je remonte à la cause des causes, j’ob­serve par­tout le conflit d’in­té­rêts des per­sonnes qui écrivent les consti­tu­tions : ce sont des pro­fes­sion­nels de la poli­tique qui com­posent les assem­blées consti­tuantes, car elles sont tou­jours élues par­mi des can­di­dats des par­tis qui, puis­sam­ment média­ti­sés, sont les seuls à pou­voir être élus. Or, ces gens-là, une fois élus consti­tuants, ont un inté­rêt per­son­nel évident à ins­ti­tuer leur puis­sance et notre impuissance.

Mais le corps social en train de prendre conscience : quand nous vou­drons enfin une vraie consti­tu­tion, nous l’é­cri­rons nous-mêmes.

3) Quel régime per­met­trait d’in­car­ner cette démocratie ?

Ce n’est pas aux hommes au pou­voir d’é­crire les règles du pou­voir : l’as­sem­blée consti­tuante doit être tirée au sort

ou, autre pos­si­bi­li­té, elle peut être com­po­sée de tous les citoyens qui dési­rent par­ti­ci­per à l’é­cri­ture de leur contrat social, com­mune par commune.

Ensuite, cette Assem­blée consti­tuante, débar­ras­sée de ses conflits d’in­té­rêts, pour­ra enfin choi­sir un bon régime.
Aucune ins­ti­tu­tion ne peut tra­vailler pour le bien com­mun sans contrôle per­ma­nent et sour­cilleux des citoyens.
Le pou­voir doit être constam­ment inquié­té, par des ins­ti­tu­tions de contrôle tirées au sort ou par la socié­té civile.
Ceci ne se fera que par une réap­pro­pria­tion popu­laire de l’é­cri­ture de la Constitution.

On doit pou­voir révo­quer ses repré­sen­tants, sur­veiller leur ver­tu et contrô­ler leurs comptes.
Les élus ne doivent jouir d’au­cun pri­vi­lège.
L’ins­ti­tu­tion-pivot de toute « démo­cra­tie repré­sen­ta­tive » digne de ce nom, est le réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive citoyenne (RIC), qui per­met une expres­sion directe et auto­nome de la volon­té popu­laire. Par exemple, c’est par RIC que les Suisses ont récem­ment abro­gé — de leur propre ini­tia­tive ! — la loi de pri­va­ti­sa­tion de leur élec­tri­ci­té natio­nale. Il y a en Suisse cent autres exemples frap­pants d’une puis­sance popu­laire en action. C’est à nous de le vou­loir et de l’imposer.

Notre socié­té connaît en ce moment une réac­ti­va­tion poli­tique, grâce notam­ment à l’ou­til for­mi­dable (et nou­veau) d’é­du­ca­tion popu­laire qu’est l’In­ter­net : les élec­teurs peuvent s’in­for­mer entre eux, à la base, sans subir la cen­sure de leurs maîtres, et aspi­rer à deve­nir enfin citoyens.

4) L’a­ma­teu­risme de ces nou­veaux élus va ren­for­cer le pou­voir de la haute fonc­tion publique ?

Reprendre le contrôle de la Consti­tu­tion, c’est reprendre le contrôle des élus et des fonc­tion­naires, notam­ment des plus puis­sants. Il s’a­git encore une fois de ne mettre au pou­voir que des ser­vi­teurs du bien com­mun, et de le garan­tir grâce à la sur­veillance et à la révo­ca­bi­li­té (tout en pro­té­geant ces ser­vi­teurs contre l’ar­bi­traire, bien sûr).

Nous devrions impo­ser comme cri­tère de sélec­tion « l’im­por­tance don­née au regard des autres ». Dans l’A­thènes antique, cela s’ap­pe­lait la « VERGOGNE » : avoir de la ver­gogne était néces­saire pour être un bon citoyen ; et celui qui en était pri­vé devait être mis à mort, selon Pla­ton, car il était dan­ge­reux pour le corps social.

Aujourd’­hui, ce levier de ver­tu est oublié : les pro­fes­sion­nels de la poli­tique et les chefs de grandes entre­prises sont sou­vent sans ver­gogne ; ils peuvent sans honte tri­cher, tra­hir, mal faire, sans souf­frir le moins du monde du cli­mat de détes­ta­tion qui peut régner à leur égard.

5) Quelles pour­raient être les moda­li­tés tech­niques du réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive citoyenne ?

Il devrait exis­ter 4 types de RIC, sou­mis à des moda­li­tés intel­li­gentes, afin d’é­vi­ter l’ins­ta­bi­li­té ins­ti­tu­tion­nelle et les erreurs graves :

• Un réfé­ren­dum légis­la­tif, per­met­tant d’im­po­ser nous-mêmes les lois que nous vou­lons.
•Un réfé­ren­dum abro­ga­toire, per­met­tant d’a­bro­ger une loi dont nous ne vou­lons pas.
• Un réfé­ren­dum révo­ca­toire, per­met­tant de révo­quer n’im­porte quel acteur public.
• Un réfé­ren­dum consti­tuant, per­met­tant de modi­fier nous-mêmes notre Constitution.

Un RIC doit pou­voir être déclen­ché par un petit nombre de citoyens, 1 % par exemple, et être accom­pa­gné d’un débat riche, contra­dic­toire et hon­nête, sans aucune pos­si­bi­li­té de blo­cage ou de détour­ne­ment par les pou­voirs en place.

Pour faire face à un grand nombre de pro­po­si­tions indi­vi­duelles, nous pour­rions ins­ti­tuer une « Chambre du réfé­ren­dum » com­po­sée de 200 ou 300 per­sonnes tirées au sort. Cette chambre aurait pour fonc­tion d’exa­mi­ner les dif­fé­rents pro­jets, en per­met­tant à leurs pro­mo­teurs de défendre leurs argu­ments. Deux fois par an, un jour férié chô­mé serait consa­cré au vote popu­laire sur la liste des pro­jets en cours, indi­vi­duels fil­trés et col­lec­tifs non filtrés.

En Suisse, où cette ins­ti­tu­tion existe depuis long­temps, 8/10e des pro­po­si­tions s’a­vèrent non pri­mor­diales. Reste néan­moins que, pour les 2/10e de pro­po­si­tions utiles et déci­sives, cette ins­ti­tu­tion se révèle d’une très grande impor­tance et les Suisses y tiennent plus qu’à toute autre.

6) Croyez-vous que cela puisse remé­dier au désen­ga­ge­ment civique dont souffre la démo­cra­tie française ?

Le désen­ga­ge­ment civique pro­vient de ce que les citoyens se rendent compte de l’es­cro­que­rie : la « démo­cra­tie repré­sen­ta­tive » est un oxy­more.

Toute élec­tion d’un petit nombre est pour le plus grand nombre un renon­ce­ment à la poli­tique et une source d’a­pa­thie, qui doit être équi­li­brée par des assem­blées tirées au sort.
Lorsque les citoyens sentent enfin que ce qu’ils font est impor­tant, ils reprennent goût à la vie poli­tique, comme en 2005.

Dans De la démo­cra­tie en Amé­rique, Toc­que­ville a écrit des lignes for­mi­dables sur l’im­por­tance péda­go­gique des jurys popu­laires tirés au sort (2) :

« Le jury est donc avant tout une ins­ti­tu­tion politique.

J’en­tends par jury un cer­tain nombre de citoyens pris au hasard et revê­tus momen­ta­né­ment du droit de juger.

Le jury, et sur­tout le jury civil sert à don­ner une par­tie des habi­tudes du juge ; et ces habi­tudes sont pré­ci­sé­ment celles qui pré­parent le mieux le peuple à être libre.

Il répand dans toutes les classes le res­pect pour la chose jugée et l’i­dée du droit.
Ôtez ces deux choses et l’a­mour de l’in­dé­pen­dance ne sera plus qu’une pas­sion des­truc­tive.
Il enseigne aux hommes la pra­tique de l’é­qui­té. Cha­cun, en jugeant son voi­sin, pense qu’il pour­ra être jugé à son tour.

Le jury apprend à chaque homme à ne pas recu­ler devant la res­pon­sa­bi­li­té de ses propres actes ; dis­po­si­tion virile, sans laquelle il n’y a pas de ver­tu poli­tique.
(…)
En for­çant les hommes à s’oc­cu­per d’autre chose que de leurs propres affaires, il com­bat l’é­goïsme indi­vi­duel, qui est comme la rouille des sociétés. »

Avons-nous en France des can­di­dats suf­fi­sam­ment démo­crates pour par­ta­ger VRAIMENT le pou­voir avec leurs élec­teurs ?
Nico­las Dupont-Aignan a cer­tai­ne­ment une réponse à cette question.

Entre­tien mené par Pierre-Yves Rou­gey­ron, direc­teur de rédac­tion de la Revue Pers­pec­tives Libres et ana­lyste en intel­li­gence économique.

Notes :
(1) Voir cette pas­sion­nante vidéo de la RTS, à la minute 27 : http://www.rts.ch/archives/tv/culture/dossiers-de-l-histoire/3448829-caid-respectueux‑6.html
(2) De la démo­cra­tie en Amé­rique, Par­tie II, cha­pitre VII, pages 406 à 410, folio histoire

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Étienne

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96 Commentaires

  1. Marion

    Etienne Chouard – Debout la Répu­blque. Que voi­là un rap­pro­che­ment judicieux !

    On en redemande.

    A quand la ren­contre publique avec Nico­las Dupont-Aignan ? 

    Un grand sou­rire d’une amie d’E­tienne mili­tante de DLR.
    Marion

    Réponse
  2. immanuel

    je trouve pour ma part par­fai­te­ment scan­da­leuse la pro­po­si­tion de Nico­las Dupont-Aignan de rendre le vote obli­ga­toire. Il y a tel­le­ment de chose à faire pour rendre la démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive et rendre le plus petit élé­ment de contrôle popu­laire du pou­voir – le vote – obli­ga­toire, c’est mas­quer encore un peu plus la mas­ca­rade plou­to­crate de nos institutions.

    Réponse
  3. phil82
  4. Jacquemin Gringonneur

    Cher Mon­sieur Chouard,

    J’ai­me­rais savoir com­ment vous vous situez par rap­port au cou­rant du « public choice ». Pour ceux qui ne connaissent pas, ce sont des théo­ries et des expli­ca­tions éco­no­miques sur le rôle du pou­voir sur les poli­tiques bud­gé­taires ou com­ment notre sys­tème poli­tique et gou­ver­ne­men­tal nous pousse à avoir un niveau de dépense trop (et tou­jours plus) important.
    J’ai­me­rais votre avis. Il serait inté­res­sant d’a­voir un article sur votre blog à pro­pos de ce cou­rant qui pour­rait appor­ter de l’eau au mou­lin « Chouard », si je puis m’ex­pri­mer ainsi.

    Par ailleurs, je ne connais que les bases et les débuts de ce cou­rant mais je ne connais pas trop son actua­li­té. Connais­sez vous, par exemple, des éco­no­mistes qui conti­nuent d’é­tayer ce cou­rant de pensées ?

    Mer­ci,

    Réponse
  5. FreeDem

    Cher Etienne,

    toute mon admi­ra­tion et mes plus vifs encou­ra­ge­ments pour votre tra­vail, d’une intel­li­gence rare.

    Je pense que le der­nier mes­sage de l’au­teur d’une file nommée

    LE SILENCE DES LOUPS (Décryp­tage d’un monde inter­dit aux moins de 16 dents)

    pour­ra vous intéresser :

    MESSAGE N°48 : ÉLÉVATION DE L’ESPRIT
    http://www.pro-at.com/forums-bourse/bourse-268–30072.html#1408118

    Vous y figu­rez en bonne place et en bonne compagnie.

    Vous étiez d’ailleurs déjà cité en réfé­rence sur la toute 1ère page de la file, début 2009.

    Cer­tains inter­ve­nants postent des infos qui partent par­fois dans trop de direc­tions dif­fé­rentes, mais le tra­vail d’a­na­lyse et de lan­ceur d’a­lertes du créa­teur de la file ne manque pas d’in­té­rêt, ain­si que celui de cer­tains participants.

    Je vous invite à y jeter un coup d’oeil.

    Mer­ci encore pour votre enga­ge­ment dans une cause aus­si noble qu’ambitieuse.

    Mes meilleurs vœux pour la nou­velle année
    …et qu’une san­té de fer vous accompagne.

    Free­Dem

    Réponse
  6. phil82

    Etienne,

    De l’eau à ton moulin :
    DU GOUVERNEMENT POUR TOUS

    Citoyen Auguste CAUNES

    Pas de date mais pro­ba­ble­ment fin XIXème siècle

    Source :
    http://​gal​li​ca​.bnf​.fr/​a​r​k​:​/​1​2​1​4​8​/​b​p​t​6​k​5​6​1​1​2​2​4​4​.​r​=​d​e​m​o​c​r​a​t​i​e​+​t​i​r​a​g​e​+​a​u​+​s​o​r​t​.​l​a​n​gFR

    …« Il existe plu­sieurs modes de confé­rer ses pou­voirs ; quant à nous, nous n’en connais­sons qu’un qui soit ration­nel, impar­tial, exempt d’er­reur, de sur­prise, qui ferme la porte aux intrigues, aux ambi­tions, aux riva­li­tés, aux pré­fé­rences et à tous les maux que causent les pas­sions humaines mises en action et en jeu ; ce mode est la voie du sort.

    Le sort, sage­ment com­bi­né, pro­dui­ra l’heu­reux résul­tat de fondre ensemble l’élé­ment aris­to­cra­tique et l’élé­ment démo­cra­tique, de façon que l’un des deux ne puisse jamais pré­do­mi­ner sur l’autre, et entra­ver la marche de la révo­lu­tion et du gou­ver­ne­ment juste et libre auquel tendent et les efforts et les besoins du peuple. 

    Cette fusion déli­vre­ra, en outre, la socié­té de la coa­li­tion des inté­rêts pri­vés qui l’é­puisent, et des conspi­ra­tions per­ma­nentes des par­tis, dés cote­ries, des fac­tions qui la désolent. 

    Déve­lop­pons notre pen­sée et notre théo­rie par des exemples. 

    Pro­cé­dons d’a­bord à l’é­lec­tion des dépu­tés de la ville de Paris, qui forme à elle seule un dépar­te­ment ; et sup­po­sons qu’on ait fixé le nombre des dépu­tés à douze (1), c’est-à-dire un par arrondissement. 

    Le tableau sta­tis­tique de tous les citoyens actifs, étant préa­la­ble­ment connu et arrê­té ; la répar­ti­tion faite dans les arron­dis­se­ments par des listes dres­sées et affi­chées dans les mai­ries, les élec­teurs convo­qués pro­cèdent par la voie du suf­frage à la nomi­na­tion de dix can­di­dats à la dépu­ta­tion sur mille élec­teurs dans chaque arrondissement ; 
    cette pre­mière opé­ra­tion ter­mi­née, on fait le recen­se­ment de tous les can­di­dats élus ; ils sont convo­qués à jour fixe dans un local dis­po­sé à cet effet, et là, en pré­sence de com­mis­saires ou d’autres auto­ri­tés com­pé­tentes, on pro­cède à l’é­lec­tion des dépu­tés par la voie du sort, en se confor­mant aux for­ma­li­tés et usages pra­ti­qués pour le tirage au sort de nos jeunes soldats. 

    Les douze notas que le sort atteint sont pro­cla­més dépu­tés. Ren­dons cette opé­ra­tion sen­sible par des chiffres ; l’exemple que nous allons poser est pure­ment hypo­thé­tique, mais cepen­dant sus­cep­tible de rece­voir une appli­ca­tion rigou­reuse en consul­tant les tables sta­tis­tiques des citoyens actifs et les listes publiées dans les mai­ries. Nous sup­po­se­rons donc que le nombre des citoyens actifs, pour la ville de Paris, s’é­lève à 48 000, ce qui por­te­rait le nombre d’é­lec­teurs à 4 000 par arron­dis­se­ment ; 10 can­di­dats sur 1 000 élec­teurs pro­dui­raient 40 can­di­dats à la dépu­ta­tion pour chaque arrondissement.

    (1) Je prends ce chiffre au hasard ; ceci n’est que pour don­ner une idée de ma théorie.

    Ce chiffre de 40 can­di­dats mul­ti­plié par le chiffre 12 d’ar­ron­dis­se­ments, don­né un total de 480 can­di­dats à la dépu­ta­tion, sur les­quels on applique l’o­pé­ra­tion du sort pour obte­nir, par cette voie, les 12 députés. 

    Main­te­nant, si l’on objec­tait que les élec­teurs ne se trouvent pas tou­jours, comme dans notre exemple, éga­le­ment dis­tri­bués dans chaque arron­dis­se­ment, nous n’i­rons pas cher­cher le plus ou le moins ; notre règle inva­riable étant de prendre 10 can­di­dats sur mille élec­teurs, ce point de départ répond suf­fi­sam­ment à l’objection. 
    Dans les villes, la popu­la­tion se trou­vant agglo­mé­rée sur un seul point : ces sortes d’o­pé­ra­tions n’en­traînent aucun incon­vé­nient ; il n’en est pas ain­si dans les cam­pagnes où la popu­la­tion est éparse et dis­sé­mi­née ; Pour évi­ter les dépla­ce­ments coû­teux, oné­reux aux élec­teurs, on les convo­que­ra un jour férié, au chef-lieu de can­ton : là ils éli­ront, par la voie des suf­frages, le nombre de can­di­dats à la dépu­ta­tion ; d’a­près la règle de 10 can­di­dats sur l000 électeurs. 
    Cette opé­ra­tion ter­mi­née, les can­di­dats à la dépu­ta­tion se ren­dront, au jour indi­qué, dans leurs chefs-lieux d’ar­ron­dis­se­ment res­pec­tifs, où l’on pro­cé­de­ra au tirage au sort des députés. 

    Le nombre des dépu­tés pour toute la France doit s’é­le­ver de 1 000 à 1 200 au moins : cette réunion nom­breuse for­me­ra une assem­blée puis­sante, majes­tueuse, impo­sante comme le vaste empire qu’elle doit repré­sen­ter. Plus l’as­sem­blée des repré­sen­tants sera consi­dé­rable, plus elle sera ani­mée d’un esprit* véri­ta­ble­ment indé­pen­dant, et moins aus­si elle sera acces­sible aux séduc­tions, aux mal­ver­sa­tions et à la cor­rup­tion.

    La popu­la­tion des dépar­te­ments étant variable et mobile, le nombre des dépu­tés sui­vra cette fluc­tua­tion ; il peut arri­ver que des dépar­te­ments n’aient que 8, 10 nomi­na­tions ; d’autres 12, 15 ; la repré­sen­ta­tion est fixée d’a­près le chiffre de la popu­la­tion : ce tra­vail sta­tis­tique est connu.

    Les dépu­tés sup­pléants des­ti­nés à for­mer la réserve seront tirés au sort concur­rem­ment avec les dépu­tés partants.

    Les can­di­dats à la dépu­ta­tion peu for­tu­nés, seront dédom­ma­gés des frais de dépla­ce­ment, si leur posi­tion l’exigeait.

    Les dépu­tés seront sala­riés par l’É­tat et révo­cables par le peuple. »…

    …« Tout citoyen qui se sou­met aux charges que lui impose l’É­tat, sans récla­mer la jouis­sance de ses droits de citoyen, sert volon­tai­re­ment, ou for­cé­ment, ou aveu­glé­ment le pou­voir ; il est dupe, ou vic­time, ou com­plice de la tyran­nie : s’il est dupe, on doit l’é­clai­rer ; s’il est vic­time, on doit le plaindre ; s’il est com­plice, il est criminel. »…

    … « La base du pacte, du contrat social ; son objet est la consti­tu­tion ; son but est l’exis­tence même de la société. »…

    Réponse
  7. J-Stéphane

    L’u­nion des états est une pro­gres­sion, leur fusion est une régression.

    L’é­vo­lu­tion d’une union passe par l’émancipation.

    Réponse
  8. J-Stéphane

    Bon­jour,

    Jusqu’à pré­sent, le peuple n’a pas dépas­sé le stade de l’adolescence.
    Il acquiesce avec joie quand « l’autorité » l’invite à aller jouer pour lais­ser les grands entre eux.

    Main­te­nant, de plus en plus de citoyens font « leur crise d’adolescence », ils écoutent aux portes des com­plo­teurs et font leurs rap­ports aux concitoyens.

    Grâce à ces sen­ti­nelles, le peuple com­mence à com­prendre que l’on ne lui pro­po­se­ra pas son éman­ci­pa­tion poli­tique, et qu’il va devoir aller la cher­cher lui même.

    La démo­cra­tie n’est pas un cadeau qui s’offre, c’est un cadeau que l’on se fait à soi même.

    Réponse
  9. mic el
  10. Étienne

    Le droit de vivre ne se men­die pas : il se vole à l’oppresseur.

    Réponse
  11. J-Stéphane

    Bon­jour,

    Tout peuple, et chaque élé­ment de ce peuple, doivent pou­voir pro­po­ser avant de choi­sir, et, pou­voir choi­sir ce qui n’est pas pro­po­sé, c’est ça la démo­cra­tie, c’est ça être libre.

    Réponse
  12. Morpheus

    Salut Etienne,

    Je viens de décou­vrir un nou­vel auteur qui reprend un peu la même démarche que toi concer­nant l’an­ti­cons­ti­tu­tion euro­péenne (bien qu’il ne l’ap­pelle pas – encore – « anticonstitution »).

    Il s’ap­pelle Jean-Luc Mor­doh et il vient de publier un livre inti­tu­lé « Com­ment sor­tir de l’Eu­rope sans sor­tir de table ». Il se pré­sente sous forme d’une dis­cus­sion à deux autour de ces ques­tions – et autour d’une table, dans une mise en scène théâ­trale qui pour­rait d’ailleurs être une bonne base pour une pièce pro­pre­ment-dite (soi dit en passant).

    Voi­ci une inter­view de Jean-Luc Mor­doh :

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  13. J-Stéphane

    « Fran­çois Hol­lande a annon­cé vou­loir mettre fin au sta­tut de membre de droit des ex-pré­si­dents au Conseil constitutionnel. »

    Il faut en pen­ser quoi ? Quelles en sont les rai­sons ? Quels en seront les effets ?…

    Réponse
  14. steff

    Bon­jour,

    Se foca­li­ser sur une Consti­tuante est une impasse. La vie publique ne se résume pas à un moment sacré. Même remarque pour le réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive popu­laire, cen­sé com­battre un acte inique et mener au bon­heur de tous. Je crois, pour ma part, que la poli­tique est comme la vie ; c’est un petit pas chaque jour et rêver qu’on ne fera qu’une grande enjam­bée une fois pour toute, c’est pas­ser à côté.
    Je pense que l’ef­fort doit être por­té sur la dési­gna­tion au sort à pari­té avec l’élection.
    Cordialement,
    Stéphane.

    Réponse
  15. Ana Sailland

    Au fond de l’im­passe il y a un muret qui n’est pas for­cé­ment épais.

    Réponse
  16. Ana Sailland

    Juste un flash 

    Et si le sys­tème repré­sen­ta­tif-par­le­men­taire était une phase d’ap­pren­tis­sage, néces­saire dans l’é­vo­lu­tion de la conscience et de l’or­ga­ni­sa­tion collective …
    en direc­tion de la réelle démocratie.
    Une étape d’ex­pé­ri­men­ta­tion et de com­pré­hen­sion, inter­mé­diaire entre l’ab­so­lu­tisme et le « concertationisme ».
    Par­don pour le néologisme

    Juste un flash 😉

    Réponse
  17. phil82

    « La démo­cra­tie ne consiste pas à mettre épi­so­di­que­ment un bul­le­tin dans une urne, à délé­guer les pou­voirs à un ou plu­sieurs élus, puis à se dés­in­té­res­ser, s’abs­te­nir, se taire, pen­dant cinq ans. Elle est action conti­nuelle du citoyen, non seule­ment sur les affaires de l’É­tat, mais sur celles de la région, de la com­mune, de la coopé­ra­tive, de l’as­so­cia­tion, de la pro­fes­sion. Si cette pré­sence vigi­lante ne se fait pas sen­tir, les gou­ver­nants (quels que soient les prin­cipes dont ils se recom­mandent), les corps orga­ni­sés, les fonc­tion­naires, les élus, en butte aux pres­sions de toutes sortes de groupes, sont aban­don­nés à leurs propres fai­blesses et cèdent bien­tôt soit aux ten­ta­tions de l’ar­bi­traire, soit aux rou­tines et aux droits dits acquis. Le mou­ve­ment, le pro­grès ne sont pos­sibles que si une démo­cra­tie géné­ra­li­sée dans tout le corps social imprime à la vie col­lec­tive une jeu­nesse constam­ment renou­ve­lée. La démo­cra­tie n’est effi­cace que si elle existe par­tout et en tout temps. »

    Pierre Men­dès France, La répu­blique moderne.

    Réponse
  18. Étienne

    Oups ! L’aus­té­ri­té était une erreur… (FMI)

    http://​www​.rue89​.com/​2​0​1​3​/​0​1​/​0​7​/​o​u​p​s​-​l​a​u​s​t​e​r​i​t​e​-​e​t​a​i​t​-​u​n​e​-​e​r​r​e​u​r​-​f​m​i​-​2​3​8​357

    Par Daniel Schnei­der­mann, Fon­da­teur d’@rrêt sur images

    Déso­lé d’interrompre la conver­sa­tion natio­nale sur Depar­dieu, nou­velle idole des jeunes en Mor­do­vie, mais je vou­drais juste vous signa­ler une petite nou­velle, qui vous a peut-être échap­pé : l’austérité, c’était une erreur. Oui, je sais, rien de neuf, on n’arrête pas de le répé­ter ici, notam­ment dans les chro­niques de l’éconaute. Mais cette fois, ce n’est pas seule­ment nous qui le disons.

    Ce sont deux types nom­més Oli­vier Blan­chard et Daniel Leigh. Vous ne les connais­sez pas, je sais bien. Et vous avez des excuses : ils n’ont jamais revê­tu la blouse natio­nale de Mor­do­vie, et ne se sont pas pro­non­cés, à ma connais­sance, sur l’euthanasie des élé­phantes. Ils n’ont donc aucune rai­son de pas­ser au 20 Heures. Mais l’un (Leigh) est éco­no­miste au FMI, et l’autre (Blan­chard), chef éco­no­miste dans la même esti­mable institution.

    Et donc, dans un col­loque éco­no­mique en fin de semaine der­nière, ils ont admis un léger bug dans les cal­culs. En fait, voyez comme c’est bal­lot, au FMI, dans un moment de dis­trac­tion, ils ont mal réglé leurs ordi­na­teurs. Et ils avaient juste sous-esti­mé l’impact néga­tif des poli­tiques d’austérité sur la croissance.

    Faux coef­fi­cient de calcul

    En gros, ils ne pen­saient pas que l’austérité assé­che­rait à ce point la demande, et donc l’économie. Si si, je vous jure que c’est vrai, leur coef­fi­cient de cal­cul était faux, la recon­nais­sance de la grosse bou­lette est attes­tée sur des sites sérieux, ici ou là.

    Ils ne savaient pas, comme le rap­pelle Paul Krug­man dans le New York Times, qu’en éco­no­mie, mes dépenses sont tes reve­nus, et mes reve­nus sont tes dépenses. Ça doit être une ques­tion de for­ma­tion conti­nue. Il fau­drait accor­der quelques jours par an de for­ma­tion conti­nue aux chefs éco­no­mistes du FMI.

    Évi­dem­ment, ce n’est pas le FMI, en tant qu’institution, qui recon­naît qu’elle s’est trom­pée. Ces choses-là ne se font pas. Blan­chard et Leigh, ils ont bien pris soin de le pré­ci­ser, s’expriment à titre per­son­nel. Bien sûr, bien sûr. Et c’est for­cé­ment pour cette rai­son qu’à l’heure où j’écris, cette nou­velle a tota­le­ment échap­pé aux médias fran­çais (à quelques excep­tion près, ndlr de Rue89), et acces­soi­re­ment au gou­ver­ne­ment fran­çais (com­ment l’ai-je apprise moi-même ? Parce que je suis abon­né au compte Twit­ter d’un spé­cia­liste des petits Mickeys, voyez le sérieux de mes sources !).

    Sinon, on ima­gine bien qu’on ne s’écharperait pas sur le nombre de demandes de natu­ra­li­sa­tions belges, sur le régime fis­cal en Rus­sie et sur l’euthanasie des éléphantes. 

    Fran­che­ment, je ne vois aucune autre raison.

    http://​www​.rue89​.com/​2​0​1​3​/​0​1​/​0​7​/​o​u​p​s​-​l​a​u​s​t​e​r​i​t​e​-​e​t​a​i​t​-​u​n​e​-​e​r​r​e​u​r​-​f​m​i​-​2​3​8​357

    …

    On ne sait plus où don­ner de l’indignation.
    La patrie est en dan­ger, lit­té­ra­le­ment aux mains de TRAÎTRES. 

    Oui, la >« démo­cra­tie repré­sen­ta­tive » est une impos­ture, ça crève les yeux :
    Notre pro­blème, ce sont nos gou­ver­nants (et >jour­na­listes et >éco­no­mistes), tous pros­ti­tués aux banques !

    1. Nous n’avons pas de Constitution.

    2. Si on veut une Consti­tu­tion, il fau­dra l’écrire nous-mêmes.

    Bonne année à tous, bien virale et bien conta­gieuse (rap­pel).

    Étienne.

    Réponse
  19. Caroline Porteu

    Mort du mar­ché bour­sier Français :

    Scé­na­rio déjà écrit..

    Deutsche Boerse vient en tout cas de l’annoncer.

    Mer­ci Étienne pour votre tra­vail, c’est vous qui m’a­vez don­né l’éner­gie néces­saire à la publi­ca­tion de ce billet d’hu­meur qui n’ex­prime qu’une par­tie de mon indi­gna­tion devant nos lois, notre consti­tu­tion, constam­ment trans­gres­sées, vio­lées, bafouées, sans que per­sonne n’y trouve rien à redire ni ne s’en émeuve.

    Infor­ma­tion d’au­jourd’­hui pas­sée inaperçue…

    Deutsche Boerse n’est plus inté­res­sé par Euronext.

    Cita­tion :

    « Deutsche Börse a mis le cap sur la crois­sance orga­nique axée sur les pays émer­gents, les acti­vi­tés de com­pen­sa­tion, notam­ment pour les tran­sac­tions négo­ciées hors Bourse (OTC) et les ser­vices technologiques. »

    La pla­te­forme amé­ri­caine Inter Conti­nen­tal Exchange (ICE) a lan­cé en décembre une offre publique d’a­chat (OPA) de 8,2 mil­liards de dol­lars sur NYSE Euro­next, mais a fait savoir qu’en cas de suc­cès de l’o­pé­ra­tion les acti­vi­tés euro­péennes que regroupe Euro­next seraient vendues.

    Les moti­va­tions annon­cées sont jus­te­ment les tran­sac­tions Hors bourse mar­ché OTC.. ce que l’on appelle le sha­dow ban­king.. opaque par défi­ni­tion puisque les plates formes non régu­lées qui per­mettent ces tran­sac­tions échappent à tout contrôle comp­table et juri­dique ; elles y échappent d’au­tant plus que les émet­teurs des pro­duits déri­vés en ques­tion, sont les mêmes que ceux qui montent ces plates formes ou contrôlent les flux qui en sont issus comme la socié­té Clears­tream, qui appar­tient à.… Oh Sur­prise, la socié­té Deutsche Boerse (dont on cherche tou­jours les actionnaires)…

    Ces plates formes revêtent des formes et des déno­mi­na­tions mul­tiples, elles ont au moins une carac­té­ris­tique com­mune, l’ab­sence totale de contrôle et de régulation.

    Je pren­drais un exemple très carac­té­ris­tique nom­mé les « plates formes direct émet­teurs ».. qui comme leur nom l’in­dique sont des filiales ou des plates formes appar­te­nant, ou gérées par les émet­teurs des pro­duits déri­vés, dont elles assurent les prix et les cota­tions des pro­duits offerts.. Par curio­si­té, je ne sau­rais que conseiller aux curieux d’al­ler véri­fier le fonc­tion­ne­ment d’une plate forme « direct Émet­teur ».. C’est assez fas­ci­nant à obser­ver dans la mesure où toutes les règles de droit com­mun appli­cables aux contrats ont volé en éclat sans que per­sonne n’y trouve quoi que ce soit à redire. Pour se cou­vrir de toute pour­suite éven­tuelle, les uti­li­sa­teurs de ces pro­duits signent des contrats incom­pré­hen­sibles où tout est auto­ri­sé à l’o­pé­ra­teur sans que l’u­ti­li­sa­teur ne puisse s’y oppo­ser.. Ce qui s’ap­pelle théo­ri­que­ment en droit com­mun dans mes sou­ve­nirs, une clause non écrite si cette clause vient en contra­dic­tion d’une loi éta­blie, votée et promulguée.

    Les cota­tions sont arbi­traires, inter­rom­pues en fonc­tion de l’hu­meur du « Mar­ket Maker « .. le bien nom­mé.. Les échelles et la com­mis­sion que s’oc­troie l’é­met­teur peuvent chan­ger sans aver­tis­se­ment au cours du contrat et les volumes trai­tés sont tota­le­ment fan­tai­sistes et non men­tion­nés pour la grande majo­ri­té des pro­duits offerts. Les prix se font en fonc­tion de cri­tères soi-disant modé­li­sés et soi-disant très mathé­ma­tiques comme la vola­ti­li­té, le bêta ou le teta, cri­tères que per­sonne ne peut ni mesu­rer ni contrô­ler, ce qui accroit tota­le­ment l’ar­bi­traire du sys­tème de cota­tion et de fixa­tion du prix.

    En fran­çais cou­rant, ils peuvent faire n’im­porte quoi, n’im­porte com­ment, aucun contrôle n’est désor­mais pos­sible. Et d’ailleurs, ils ne s’en privent pas… On appelle ça pour une par­tie, pudi­que­ment le « tra­ding pour compte propre », ce qui pour n’im­porte quel chef d’en­tre­prise non finan­cière se nomme encore : de la cava­le­rie finan­cière, sur­tout si cette cava­le­rie est effec­tuée à par­tir de comptes de tiers (dépôts clients en lan­gage bancaire)…

    J’ai donc une très bonne nou­velle pour tous les chefs d’en­tre­prise non finan­cière : ils peuvent faire n’im­porte quoi… pré­sen­ter des traites à l’es­compte en double, faire de la cava­le­rie.. Devant Mon­sieur le Juge ou devant le Pré­sident du Tri­bu­nal de Com­merce qui leur deman­de­ra sévè­re­ment à quoi ils pen­saient, ils n’au­ront qu’à invo­quer la juris­pru­dence ban­caire sur le sujet.

    Juste un chiffre : le sha­dow ban­king et les pro­duits OTC sur les­quels se concentre désor­mais la socié­té Deutsche Boerse et les plates formes non régu­lées ont repré­sen­té 67 000 Mil­liards de dol­lars, chiffre qui a pro­vo­qué un cer­tain émoi chez les auto­ri­tés de régu­la­tion et que l’on peut rap­pro­cher des 700 000 Mil­liards de pro­duits déri­vés en circulation.

    Les opé­ra­tions sont désor­mais bien plus impor­tantes sur ces pro­duits que sur les titres cotés eux mêmes.

    Dans ces condi­tions, il est tout à fait logique que la Socié­té Deutsche Boerse ait renon­cé à l’a­chat d’une plate forme régu­lière, contrô­lable par des comp­tables et par la jus­tice.. Elle pré­fère conti­nuer à opé­rer dans l’o­pa­ci­té qui la carac­té­rise.. ou celle qui carac­té­rise ses actionnaires…

    Dans ces condi­tions, on peut éga­le­ment se deman­der quel sera le com­mis­saire aux comptes, l’ex­pert comp­table, ou encore le Conseil d’Ad­mi­nis­tra­tion, qui aura la légè­re­té de signer des comptes ban­caires dont il n’a aucun moyen de véri­fier la véracité..

    Enfin, on ne peut que se deman­der quelle est la valeur des comptes pré­sen­tés par les banques pour jus­ti­fier cer­taines opé­ra­tions ou cer­taines condam­na­tions, puis­qu’elles ont tout loi­sir de dis­si­mu­ler, via ces plates formes, les opé­ra­tions qui ne seraient pas dans le sens qu’elles veulent démontrer..

    On ne peut évi­dem­ment que se poser la ques­tion sui­vante : que vaut la cota­tion bour­sière d’une banque dont les infor­ma­tions comp­tables ne sont plus véri­fiables par qui que ce soit.

    Enfin, cerise sur le gâteau, à quoi cor­res­pond une taxe sur des tran­sac­tions finan­cières dont le prin­ci­pal opé­ra­teur Euro­péen (Deutsche Boerse) a déci­dé qu’elles n’é­taient plus suf­fi­santes en nombre pour sus­ci­ter son inté­rêt : je parle bien enten­du de la plate forme régu­lière qui se nomme Euronext..

    Et la jus­tice B.….. elle fait quoi ???

    Ou plus exac­te­ment le légis­la­teur ??? il fait quoi ??

    Ou encore Finances Watch, ils font quoi ??

    sources :
    http://​www​.lemonde​.fr/​e​c​o​n​o​m​i​e​/​a​r​t​i​c​l​e​/​2​0​1​3​/​0​1​/​0​9​/​d​e​u​t​s​c​h​e​-​b​o​r​s​e​-​n​e​-​s​e​r​a​i​t​-​p​a​s​-​i​n​t​e​r​e​s​s​e​-​p​a​r​-​e​u​r​o​n​e​x​t​_​1​8​1​4​6​2​0​_​3​2​3​4​.​h​tml

    La finance de l’ombre pèse 67000 mil­liards de dollars : 
    http://​lex​pan​sion​.lex​press​.fr/​e​c​o​n​o​m​i​e​/​l​e​-​s​y​s​t​e​m​e​-​b​a​n​c​a​i​r​e​-​e​c​h​a​p​p​e​-​t​o​u​j​o​u​r​s​-​a​u​x​-​r​e​g​u​l​a​t​e​u​r​s​_​3​6​0​9​8​2​.​h​tml

    http://​fip​ca​ro​li​nep​.xooit​.fr/​t​1​7​-​Q​u​i​-​v​a​-​s​u​p​e​r​v​i​s​e​r​-​l​a​-​F​i​n​a​n​c​e​-​E​u​r​o​p​e​e​n​n​e​.​htm

    texte publié ici : vous y trou­ve­rez éga­le­ment des com­men­taires qui le complètent.

    http://​fip​ca​ro​li​nep​.xooit​.fr/​t​1​9​1​-​D​e​u​t​s​c​h​e​-​B​o​e​r​s​e​-​n​-​e​s​t​-​p​l​u​s​-​i​n​t​-​r​e​s​s​-​p​a​r​-​E​u​r​o​n​e​x​t​-​o​u​-​s​c​-​n​a​r​i​o​-​a​n​n​o​n​c​-​d​e​-​l​a​-​m​o​r​t​-​d​u​-​m​a​r​c​h​-​b​o​u​r​s​i​e​r​-​F​r​a​n​-​a​i​s​.​htm

    Réponse
  20. phil82

    Pierre Men­dès France,

    Extrait de « La répu­blique moderne » 1955–1962

    « Devoir d’É­thique des élus de la République »

    « Le spec­tacle trop sou­vent offert au sein des murs de l’Assemblée Natio­nale, sur la scène média­tique, ou régu­liè­re­ment en vigueur dans
    les pra­tiques des familles poli­tiques en dit long sur la per­ver­sion et la désa­cra­li­sa­tion de la repré­sen­ta­tion publique.

    Ceux qui par l’effet de leur volon­té propre ou par la force des choses, ont la charge d’assumer un man­dat poli­tique doivent être conscients de la mesure et de la sobrié­té, de la dis­ci­pline et de l’honneur que cela exige.

    Les règle­ments de comptes éta­lant une haine inex­piable, les confi­dences dévoi­lant une indif­fé­rence insup­por­table révèlent chaque jour la futi­li­té, la tri­via­li­té, la lâche­té et l’indignité de cer­tains de nos élus.

    Ce défi­cit d’image ridi­cu­lise l’engagement poli­tique, méprise la loi et l’éthique et offense la confiance des élec­teurs. Il est poli­ti­que­ment pré­ju­di­ciable et démo­cra­ti­que­ment intolérable.

    Com­ment igno­rer le tort fait à l’action poli­tique et donc au bien com­mun de notre pays ?

    Com­ment res­ter impas­sible face à ces dérives indi­vi­duelles qui désho­norent à ce point la repré­sen­ta­tion collective ?

    Com­ment exi­ger des Fran­çais le res­pect et la tolé­rance mutuelle quand leurs repré­sen­tants s’en affran­chissent impunément ?

    Quand le scan­dale, la polé­mique, la cor­rup­tion, l’égocentrisme s’invitent dans les hautes sphères de la Répu­blique, il convient à nous citoyens, de les condamner.

    Cette page se veut une tri­bune popu­laire où cha­cun d’entre vous peut dif­fu­ser, com­men­ter, condam­ner ou au contraire louer les usages poli­tiques des élus de la Répu­blique dans l’exercice de leur mandat.

    Cette démarche recueille une légi­ti­mi­té au-delà des par­tis car aucune famille poli­tique ne peut se pré­va­loir d’exemplarité sur le ter­rain de l’éthique et du poli­ti­que­ment cor­rect. Elle signe la conscience et l’exigence citoyenne de la mora­li­sa­tion de la vie poli­tique et de la res­pon­sa­bi­li­sa­tion de ses acteurs.

    Face à l’urgence de retis­ser le lien social, de réta­blir une socié­té de soli­da­ri­té et de fra­ter­ni­té, il est urgent que les res­pon­sables poli­tiques recouvrent l’exemplarité inhé­rente à leur fonction.

    Pour que les jeunes géné­ra­tions puissent retrou­ver foi en la chose publique, res­pec­ter les règles régis­sant notre socié­té et esti­mer la voie de l’engagement, il faut remettre du dési­rable, de l’ho­no­rable et du ver­tueux dans les pra­tiques politiques.

    C’est une ques­tion de res­pect et de digni­té mais aus­si une garan­tie de l’efficacité des poli­tiques publiques et de la séré­ni­té de notre démocratie.

    L’a­mour de la démo­cra­tie est d’a­bord un état d’esprit. »

    Réponse
  21. t'es moins

    Ce que vous dites Caro­line est très très très pré­cieux car s’ap­puie sur du concret.

    Je garde pré­cieu­se­ment votre témoi­gnage, reste à savoir auprès de qui nous pou­vons deman­der des comptes de toutes ces dévia­tions qui construisent désor­mais notre quotidien.

    Réponse
  22. Étienne

    Extra­or­di­naire : l’aus­té­ri­té est une erreur mathématique !

    http://​www​.fran​ce​cul​ture​.fr/​e​m​i​s​s​i​o​n​-​l​e​-​b​i​l​l​e​t​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​-​d​-​h​u​b​e​r​t​-​h​u​e​r​t​a​s​-​e​x​t​r​a​o​r​d​i​n​a​i​r​e​-​l​-​a​u​s​t​e​r​i​t​e​-​e​s​t​-​u​n​e​-​e​r​r​e​u​r​-​m​a​t​h​e​m​a​t​i​que

    C’est une infor­ma­tion extra­or­di­naire, dont les consé­quences sont immenses, mais qui fait beau­coup moins par­ler que les dérives pathé­tiques d’un acteur célèbre. Un rap­port de qua­rante quatre pages signé par un éco­no­miste en chef du FMI, un fran­çais, Oli­vier Blan­chard. Il dit tout sim­ple­ment que les plus hautes ins­tances éco­no­miques mon­diales et euro­péennes se sont plan­tées en impo­sant, au nom de la science, l’austérité à toute l’Europe.

    Ce que dit Oli­vier Blan­chard, c’est que le modèle mathé­ma­tique sur lequel s’appuyaient ces poli­tiques visant au désen­det­te­ment radi­cal, et au retour sacré à l’équilibre bud­gé­taire, com­por­taient une erreur au niveau, je cite, du mul­ti­pli­ca­teur fis­cal. Pour sim­pli­fier beau­coup, ce modèle mathé­ma­tique, donc incon­tes­table, pré­voyait que lorsqu’on retire un euro dans un bud­get il man­que­rait un euro dans le pays concer­né. Or c’est faux. Pour des rai­sons qui tiennent à une réa­li­té par­fai­te­ment tri­viale, et qui est que les hommes sont humains, cette aus­té­ri­té a déclen­ché des réac­tions col­lec­tives qui ont abou­ti à ce que cet euro reti­ré a pro­vo­qué la perte de trois euros dans les socié­tés concernées.

    Mul­ti­pliez par des mil­liards, et vous com­pren­drez pour­quoi l’austérité impo­sée à coup de sabre par des troï­kas savantes n’a conduit qu’à plus d’austérité, plus de chô­mage, et plus de récession.

    L’équation était fausse, ce qui est remar­quable en soi, sur­tout quand on songe au Mis­sis­si­pi, que dis-je, à l’Amazone de leçons d’austérité péremp­toire, déli­vrées chaque minute, sur toutes les antennes, et dans tous les jour­naux, par des com­men­ta­teurs sûrs d’eux et dominateurs.

    Mais le plus incroyable est ailleurs.

    C’est qu’il ait fal­lu s’apercevoir que quelque chose clo­chait dans une équa­tion pour décou­vrir que quelque chose n’allait pas dans la vraie vie. Un peu comme si on assis­tait à des acci­dents de la route en chaîne et qu’on ne don­nait pas l’alerte tant qu’un modèle mathé­ma­tique ne disait pas que c’était des accidents.

    On ne peut pas aller plus loin dans le triomphe de la tech­no­cra­tie. Il a fal­lu qu’un expert constate un pro­blème avec un coef­fi­cient mul­ti­pli­ca­teur pour que ce qui saute aux yeux soit per­çu par nos cer­veaux. L’Europe est à la traîne, son chô­mage bat des records, sa crois­sance est en berne, la pau­vre­té s’installe, bref la voi­ture est dans le fos­sé, mais peu importe, on ne change pas de poli­tique puisque c’est la seule et qu’en vou­loir une autre serait une demande ignare.

    Les ignares vous saluent bien, mais les dévots de l’austérité n’ont pas ren­du les armes. L’histoire de l’équation com­mence à che­mi­ner, on en a par­lé dans le jour­nal de France 2 hier soir, l’Humanité l’a évo­quée, le Washing­ton Post aus­si, mais elle ne fait pas encore la une. C’est qu’on ne renonce pas d’un jour à l’autre à une idéo­lo­gie. Même ver­mou­lus les murs de Ber­lin ne s’affaissent pas d’un jour à l’autre.

    Réponse
  23. profil

    Bon­jour à tous et bonne année 2013, puis­qu’il semble enfin qu’on a un début de compréhension.

    Il y a cepen­dant un autre pro­blème à résoudre : c’est celui du REGARD des poli­tiques. On a vu, depuis les der­nières élec­tions, que les pro­messes élec­to­rales n’ont pas de valeur, qu’elle ne sont que des pro­messes élec­to­rales. Cela ne m’a­vait jamais paru aus­si évident. Or récem­ment, je me suis dit que cela pro­ve­nait du regard des poli­tiques, de leur centre d’in­té­rêt. En effet, qu’y a‑t-il de plus impor­tant pour eux, que d’être réélus ? Or on a vu juste après les der­nières élec­tions en France et au Cana­da, que ce qui compte, c’est la cou­ver­ture média­tique : plus vous pas­sez à la télé, et plus vous avez des voix.

    Bon, et qui paye ?

    À par­tir de là, vous com­pre­nez bien que ce qui est impor­tant pour les poli­tiques, c’est de séduire ceux qui paient les cam­pagnes élec­to­rales, les mêmes d’ailleurs qui tiennent les médias capables de faire et- défaire une répu­ta­tion. Ce sont ces quelques cen­taines de per­sonnes qu’il faut convaincre, pas le peuple, puis­qu’il vote­ra selon ce qu’on lui dira à la télé, à la radio, dans les jour­naux ou magazines.

    Et du coup, comme le peuple n’a plus aucune impor­tance, on lui raconte n’im­porte quoi. C’est nor­mal. C’est plus simple de s’oc­cu­per des finan­ciers de la poli­tique qui vous feront élire à coup sûr, que des besoins très diver­si­fiés de tout un peuple.

    Réponse
  24. aurélie surget-roy

    cela donne envie de pleurer…

    Réponse
  25. BAMM Andalous

    La démo­cra­tie telle qu’elle est pré­sen­tée, et sous n’im­porte quelle redin­gote, n’est qu’une armure pour celui qui la des­sine avec les plumes d’aristocrates.

    Réponse
  26. Georges Boulon

    C’est une belle oppor­tu­ni­té de pou­voir échan­ger sur le blog d’Étienne Chouard.

    les tra­vaux de Mon­sieur E. Chouard sont en droit fil avec mon enga­ge­ment asso­cia­tif entre­pris il y a près de 30 an ; offi­cia­li­sé en Mai 2007 avec le concours de quelques som­mi­tés éclairées.

    Cepen­dant venant d’un viti­cul­teur et en l’ab­sence de moyens, ten­ter d’alerter sur les dérives du sys­tème et sur le chaos à venir, sug­gé­rer, sur la base de la réelle démo­cra­tie, des pro­po­si­tions d’ordres, éco­no­miques, finan­cières, sociales et fis­cales, dans une socié­té rurale et cita­dine, aveu­glée et anes­thé­siée par le régime des par­tis et ses sup­pôts (finan­ciers, médias, lob­bies du com­merce inter­na­tio­nal) nous a valu plus de sar­casmes que d’approbatives !

    En 2012, aux pré­si­den­tielles, sur la base d’un pro­jet ébau­ché dans un ouvrage inti­tu­lé « L’es­prit de l’A­cro­pole » aux Édi­tions Bau­de­laire, j’ai au nom de mon asso­cia­tion appe­lé à une révo­lu­tion des intel­li­gences par l’ex­pres­sion d’un vote blanc mas­sif. le black-out du régime de cen­sure a fait le reste… qua­si­ment per­sonne n’en a enten­du parler. (!?)

    Or notre enga­ge­ment étant altruiste, je sou­hai­te­rais appor­ter à Étienne Chouard un concours, non pas pour récol­ter quelques gloires où noto­rié­tés, ni pour inter­fé­rer, mais pour lui faire prendre connais­sance, à toutes fins utiles, des fruits de mes recherches entre­prises pour la cause Natio­nale et Européenne.

    Dans cette attente

    Georges Bou­lon

    Réponse
  27. David

    Le billet de Mr Huer­tas me rap­pelle une anec­dote vécue que je m’en vais vous conter.

    Pen­dant mes études, au siècle pas­sé, lors d’un TD de Maths Finan­cières, nous plan­chions sur un pro­blème dit de com­plé­tude des mar­chés. Le char­gé de TD, Mr Memh­met Tun­cel, nous dit au début de l’exer­cice « Intui­ti­ve­ment, on sent que l’hy­po­thèse est vraie. » Cette intui­tion était basée sur les dogmes de la matière. Le but de l’exer­cice était de démon­trer l’hypothèse.

    Après des cal­culs forts savants et un déluge d’é­qua­tion [sans s puisque, pour les impos­teurs matho­lâtres, l’é­qua­tion est au kilo, un bien fon­gible ! 🙂 ÉC], fiè­re­ment, il nous démontre que l’hy­po­thèse est bonne.

    Timi­de­ment, une demoi­selle lève le doigt et demande si, au milieu de la démons­tra­tion, il n’y aurait pas une erreur de signe. Effec­ti­ve­ment, il y avait bien, au milieu de ce brillant expo­sé, une vul­gaire erreur de signe ( un – pour un + ou inversement ).

    Cette erreur inver­sait le résul­tat et démon­trait que l’hy­po­thèse était fausse…

    Quel sou­ve­nir jouissif.

    Réponse
  28. J-Stéphane

    Bon­jour,

    « Il y a trop de grands hommes dans le monde ; il y a trop de légis­la­teurs, orga­ni­sa­teurs, ins­ti­tu­teurs de socié­tés, conduc­teurs de peuples, pères des nations, etc. Trop de gens se placent au-des­sus de l’hu­ma­ni­té pour la régen­ter, trop de gens font métier de s’oc­cu­per d’elle »

    Fré­dé­ric Bastiat,(1850)

    Réponse
  29. Luc Guthrie

    Bon­jour espèce de gen­tils virus.

    Un chiffre : Avaaz, pre­mière orga­ni­sa­tion mon­dial de conscience pour un chan­ge­ment, selon un son­dage interne en cours, pour ses dix-sept mil­lions d’adhé­rents, par­mi neuf thèmes de reven­di­ca­tion, la pré­oc­cu­pa­tion sur une vraie démo­cra­tie arrive en sixième (!!!) position

    https://​secure​.avaaz​.org/​f​r​/​2​0​1​3​_​g​l​o​b​a​l​_​s​u​r​v​e​y​_​r​e​s​u​l​t​s​/​?vl

    Si tel est l’é­tat de la prise de conscience pour ceux qui sont les plus « conscien­ti­sés », il reste du che­min a par­cou­rir pour que la cause des causes soit vue…

    Réponse
  30. Grumeau

    Un article inté­res­sant sur Avaaz, en anglais malheureusement, 
    « Avaaz : acti­vism or ‘slack­ti­vism’? » :

    http://​www​.guar​dian​.co​.uk/​w​o​r​l​d​/​2​0​1​1​/​j​u​l​/​2​0​/​a​v​a​a​z​-​a​c​t​i​v​i​s​m​-​s​l​a​c​t​i​v​i​s​m​-​c​l​i​c​k​t​i​v​ism

    Slack­ti­vism : pour­rait se tra­duire par « acti­visme mou » 🙂

    Réponse
  31. phil82

    Hon­neur aux soixante-dix !

    9 octobre 2012
    Par Jacques Sapir

    Soixante-dix dépu­tés ont osé voter contre le TSCG.

    Soixante-dix sur cinq cent soixante-huit votants, c’est peu.

    Soixante-dix contre quatre cent soixante-dix-sept qui ont voté pour, c’est peu.

    Mais soixante-dix qui, venant de tous les hori­zons poli­tiques, ont osé se dres­ser contre les consignes d’état-major, contre l’intense pres­sion média­tique, contre le confor­misme, contre les petits cal­culs poli­ti­ciens, contre la lâche­té ser­vile, cela, en véri­té, fait beaucoup.

    Ce Trai­té sur la Sta­bi­li­té, la Coor­di­na­tion et la Gou­ver­nance, contient trois men­songes pour le prix d’un.

    Quelle sta­bi­li­té, quand on voit dans le rap­port récent du FMI, pos­té sur ce car­net, que les méca­nismes mis en oeuvre depuis 2010 n’ont fait qu’aggraver la crise ? Quelle sta­bi­li­té encore quand on voit la dépres­sion que connaissent cer­tains des pays en crise ? Par­ler de sta­bi­li­té est ici un men­songe flagrant.

    Quelle coor­di­na­tion quand on sait qu’il n’y a de coor­di­na­tion qu’entre des agents libres, sinon c’est à une auto­ri­té hié­rar­chique que l’on a affaire, et qu’il n’y a dans ce trai­té qu’asservissement à des agences dites indé­pen­dantes ? Ce Trai­té orga­nise en fait le dépé­ris­se­ment de la démo­cra­tie en Europe avec la fin de l’autorité suprême des Par­le­ments natio­naux en matière bud­gé­taire. Or, il faut s’en sou­ve­nir, c’est par le consen­te­ment à l’impôt que com­mence la démocratie.

    Quelle gou­ver­nance enfin dans un Trai­té qui est en fait inap­pli­cable et qui n’a pas d’autres fonc­tions que d’être vio­lé à peine signé ? Est-ce ain­si que l’on croit créer un « bonne gou­ver­nance » dans les mots dont on se gar­ga­rise à Bruxelles et ailleurs ?

    On dit aus­si, et c’est un argu­ment avan­cé en sa faveur, que ce Trai­té ins­ti­tue une soli­da­ri­té en Europe. Mais quelle soli­da­ri­té, dans un trai­té qui condamne l’Europe à l’austérité et à la réces­sion ? C’est la soli­da­ri­té de la matraque et du bâton, de l’oppression et de la répres­sion, comme l’expérimentent les mani­fes­tants qui, d’Athènes à Madrid en pas­sant par Lis­bonne, se sont levés contre la misère qui leur est impo­sée. User alors d’un tel argu­ment revient à décon­si­dé­rer plei­ne­ment l’idée d’une pos­sible soli­da­ri­té européenne

    Trou­ve­ra-t-on ces mots exces­sifs ? Que l’on regarde alors le rap­port du Fond Moné­taire Inter­na­tio­nal, le World Eco­no­mic Out­look d’octobre 2012 qui explique bien la marche à la misère enta­mée au nom d’une aus­té­ri­té qui n’a donc pour but que de sau­ver un fétiche : l’Euro. Que l’on regarde ce rap­port, qui reste pru­dent dans ses pro­jec­tions, mais qui n’en éta­blit pas moins que la majo­ri­té des pays ne pour­ront res­pec­ter les clauses de ce trai­té qui vient d’être rati­fié. Que l’on regarde aus­si la note com­mune à trois ins­ti­tuts (l’INSEE, l’IFO et l’ISTAT) sur la réces­sion dans la zone Euro. Que l’on regarde enfin les rap­ports de l’UNICEF qui éta­blissent la mon­tée de la dénu­tri­tion et du manque de soin chez les enfants grecs. Je pense avoir, par ailleurs, mon­tré dans de nom­breux textes et notes, tous les effets per­vers de ce traité.

    De cela, les thu­ri­fé­raires du TSCG, les sec­ta­teurs de l’Euro, n’en ont cure. Même l’appel des éco­no­mistes hété­ro­doxes, avec lequel j’avais des désac­cords suf­fi­sam­ment impor­tants pour ne pou­voir le signer, a été scan­da­leu­se­ment cen­su­ré par Le Monde. Il était dit que pour faire pas­ser cette amère pilule, on ne recu­le­rait devant aucune bas­sesse, devant aucune ignominie.

    Le TSCG nous a don­né l’exemple écla­tant du cynisme en poli­tique, quand un can­di­dat à l’élection pré­si­den­tielle se pro­nonce pour sa réécri­ture et s’empresse, une fois élu, de le faire voter. Ce n’est pas le codi­cille sur la crois­sance, mal­heu­reux enga­ge­ment de 140 mil­liards d’euros éta­lé sur trois ans, une aumône, qui peut en chan­ger la nature. Même ses amis poli­tiques le recon­naissent aujourd’hui publi­que­ment. Ce Trai­té ne fut pas rené­go­cié, et d’ailleurs ce gou­ver­ne­ment n’a jamais cher­ché à s’en don­ner les moyens.

    C’est ain­si que l’on détruit la démocratie.Le men­songe élec­to­ral nour­rit la colère et pro­duit le mépris pour une classe poli­tique qui affiche sa soli­da­ri­té pro­fonde contre le peuple. Bien­tôt mon­te­ra le vieux cri de l’anti-parlementarisme : « tous pour­ris » ! On dira, c’est le popu­lisme qui monte. Et l’on se trom­pe­ra, car ce sera alors deve­nu la stricte vérité.

    Oui, le féti­chisme de l’Euro – car c’est bien de cela qu’il s’agit avec cette trans­for­ma­tion dans l’imaginaire d’un ins­tru­ment en une fin en soi – et la volon­té de pou­voir de ses grands prêtres nous condamnent à un appau­vris­se­ment géné­ra­li­sé, à une mon­tée du chô­mage sans limites et, à la fin des fins, comme en Grèce et en Espagne, à la des­truc­tion de nos sociétés.

    Alors, si dire la véri­té vaut que l’on soit taxé d’être exces­sif, je veux bien être exces­sif et je l’assume. Car, aujourd’hui, la rai­son et l’intelligence vomissent les tièdes.

    Hon­neur donc à ces soixante-dix députés !

    Ils ont eu le bon réflexe et ils ont rai­son­né de manière juste, en refu­sant d’accorder leurs suf­frages à ce texte inique. Qu’importe leurs rai­sons cir­cons­tan­cielles ; qu’importe d’où ils viennent et à quel par­ti ils appar­tiennent ! Quand il s’agit de résis­ter, on ne mégote pas sur ses alliés.

    Il y a soixante-douze ans de cela, le 10 juillet 1940, quatre-vingts par­le­men­taires, dépu­tés et séna­teurs (57 dépu­tés et 23 séna­teurs) refu­sèrent d’accorder les pleins pou­voirs consti­tuants à Phi­lippe Pétain. Le vote de l’écrasante majo­ri­té mit fin à la Répu­blique, et ins­ti­tua un régime de fait et non de droit. Le vote de ces quatre-vingts mino­ri­taires fut, avec l’appel du 18 juin, le deuxième acte fon­da­teur de la France Libre, pré­pa­rant la résur­rec­tion de la Répu­blique défunte.

    Ce rap­pel est aujourd’hui nécessaire.

    Puissent les soixante-dix dépu­tés qui ont refu­sé de voter être rejoints par autant de séna­teurs que pos­sible. Puissent-ils voir leur nombre croître quand ce texte vien­dra en seconde lecture.

    Les canons furent, par le pas­sé, l’ultime rai­son des rois.

    Les trai­tés sont aujourd’hui l’ultime rai­son des élites oligarchiques.

    Qu’ils se rap­pellent que l’ultime rai­son des peuples reste le pavé.

    Réponse
  32. Vincent

    Mer­ci à toi Étienne pour m’a­voir mis sur la piste de Castoriadis. 

    Je découvre cet auteur au coeur de nos pré­oc­cu­pa­tions et fina­le­ment assez incom­pris, je pense. 

    J’ai notam­ment dégot­té un axe majeur de son tra­vail et qui devrait nous inspirer. 

    C’est en quelque sorte un de ses points de départ : sa cri­tique des pos­tu­lats du mar­xisme, en par­ti­cu­lier le fait de pen­ser que la domi­na­tion des pos­sé­dants repose sur la dis­tri­bu­tion des pos­ses­sions et non sur la dis­tri­bu­tion du pou­voir. Confu­sion de la cor­ré­la­tion pou­voir-domi­na­tion et de la cor­ré­la­tion possession-domination. 

    Il n’y a, d’a­près Cas­to­ria­dis et à la lumière de son étude de la Grèce antique, aucune cor­ré­la­tion entre la pos­ses­sion et le pouvoir. 

    Ce lien, aujourd’­hui opé­rant est une construc­tion repo­sant sur la ser­vi­tude volon­taire, on l’ac­cepte comme un état de fait. 

    Ce qui me semble par­ti­cu­liè­re­ment inté­res­sant là-dedans, c’est la dimen­sion para­si­tante de cette erreur d’a­na­lyse. Je m’ex­plique. Parce que l’on consi­dère que les pos­sé­dants s’ac­ca­parent le pou­voir poli­tique nous nous concen­trons sur la dénon­cia­tion des méca­nismes de dis­tri­bu­tion des richesses plu­tôt que d’af­fron­ter en amont la dis­tri­bu­tion du pou­voir. Bref, en inver­sant les prio­ri­tés on relègue au second plan ce qui est pre­mier et on se trompe de bataille. 

    On pour­rait pen­ser qu’il s’a­git de deux fronts d’é­gale impor­tance mais on se piège nous-mêmes. 

    Ça me fait beau­coup pen­ser à ton effort pour faire conver­ger les dif­fé­rentes luttes vers ce que tu appelles « la cause des causes ». Je pense que c’est en effet tout à fait fon­da­men­tal. C’est triste à dire mais toute lutte qui ne s’in­té­resse qu’aux consé­quences d’une dis­tri­bu­tion inéga­li­taire du pou­voir sans s’en prendre à la dis­tri­bu­tion elle-même non seule­ment est inef­fi­cace sur le long terme et pour le grand nombre mais contri­bue en outre à ren­for­cer le sys­tème de domination. 

    La clef n’est pas éco­no­mique mais bien poli­tique au sens de la répar­ti­tion du pouvoir. 
    La seule option est bien la démo­cra­tie enten­due comme une égale répar­ti­tion du pou­voir entre chaque citoyen. 
    Répar­ti­tion que seule l’ins­ti­tu­tion­na­li­sa­tion du tirage au sort autorise.

    Réponse
  33. A-J Holbecq

    http://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​X​W​q​E​9​6​5​N​c​k​8​&​f​e​a​t​u​r​e​=​s​h​are

    A écou­ter, cette magni­fique prise de posi­tion d’un Député.

    Publiée le 11 janv. 2013

    Une pre­mière dans le monde poli­tique belge, un élu réclame la sup­pres­sion des par­tis poli­tiques ! Le dépu­té fédé­ral belge Laurent LOUIS annonce la dis­so­lu­tion de son par­ti et plaide pour la sup­pres­sion de tous les par­tis poli­tiques res­pon­sables, selon lui, de la mau­vaise gou­ver­nance actuelle, de la cor­rup­tion et du copi­nage orga­ni­sé à tous les niveaux de pou­voir. Il défend la créa­tion d’un Par­le­ment citoyen com­po­sé d’é­lus tirés au sort, sans le moindre quo­ta lin­guis­tique afin de reve­nir aux bases de la démo­cra­tie qui, aujourd’­hui, est mal­heu­reu­se­ment prise en otage par les par­tis poli­tiques, les cor­dons sani­taires et les accords pré-élec­to­raux. Un Par­le­ment tiré au sort et com­po­sé de citoyens nor­maux, voi­là, selon lui, le gage d’une réelle représentativité !

    Réponse
  34. A-J Holbecq

    A pro­pos de l’aus­té­ri­té, j’ai fait mar­di der­nier un petit expo­sé sur le thème » 
    Un Etat n’a pas à se poser la ques­tion de savoir s’il y a assez de recettes fiscales, 
    car en fait il n’en a pas réel­le­ment besoin.
     »

    Le « mémo » est ici

    Réponse
  35. Ana Sailland

    Mes­sage 35

    ça porte un sacré coup au concept d’in­té­gra­tion subversive.

    Ceci dit on aime­rait qu’il y en ai plus des comme lui.

    Mer­ci André-Jacques pour cette pépite

    Réponse
  36. Ana Sailland

    Mes­sage 36

    « Un Etat n’a pas à se poser la ques­tion de savoir s’il y a assez de recettes fis­cales, car en fait il n’en a pas réel­le­ment besoin. » »> Je crois que c’est 1913 qui avec l’in­ven­tion de la réserve « fédé­rale-pri­vée » marque le démar­rage de l’im­po­si­tion aux États Unis.

    Pour appor­ter de l’eau aux moulins :

    Dans le sys­tème actuel, si la com­mu­nau­té <je ne parle pas ici de l’état hein> décide de construire un hôpi­tal tout beau tout neuf, elle paie­ra les dif­fé­rents corps de métier avec de la mon­naie scrip­tu­rale qui à un moment ou à un autre a été crée ex nihi­lo par le sec­teur pri­vé, sec­teur pri­vé qui appar­tient phy­si­que­ment à la com­mu­nau­té au sens large, vue glo­ba­le­ment et sans dicho­to­mie : même si cer­tains indi­vi­dus tirent les mar­rons du feu, ils sont élé­ments phy­siques de la com­mu­nau­té. L’hô­pi­tal est donc, oublions la mon­naie quelques secondes, de fait, créé ex nihi­lo par la com­mu­nau­té humaine. Il est absurde que cette créa­tion béné­fique par­mi les béné­fiques entraine des dis­tor­sions et de dou­lou­reuses angoisses, du fait de la mau­vaise orga­ni­sa­tion des flux agissants.
    C’est très sim­pli­fi­ca­teur, je sais 😉
    Mais afin d’a­me­ner ça :
    Un sys­tème éco­no­mique sain devra, quel qu’il soit, per­mettre la main­te­nance du bien com­mun, et chaque fois qu’op­por­tun sa créa­tion ex nihi­lo, et cela sans dis­tor­sion, sans dou­leur, et sans autre frein que le res­pect de l’har­mo­nie du vivant.

    Sim­pliste ?

    Réponse
  37. J.C

    @ Vincent

    « La seule option est bien la démo­cra­tie enten­due comme une égale répar­ti­tion du pou­voir entre chaque citoyen. Répar­ti­tion que seule l’ins­ti­tu­tion­na­li­sa­tion du tirage au sort autorise »

    Non, le sys­tème repré­sen­ta­tif ne per­met pas une égale répar­ti­tion du pouvoir.

    @ Ana

    « Un sys­tème éco­no­mique sain devra, quel qu’il soit, per­mettre la main­te­nance du bien com­mun, et chaque fois qu’op­por­tun sa créa­tion ex nihi­lo, et cela sans dis­tor­sion, sans dou­leur, et sans autre frein que le res­pect de l’har­mo­nie du vivant.

    Sim­pliste ? »

    non, juste logique

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  38. zedav
  39. zedav

    @ Vincent sur ton mes­sage n° 34.

    Je ne sais pas si c’est ce qu’ex­plique vrai­ment Cas­to­ria­dis mais quoi­qu’il en soit, je pense que c’est un contre­sens total de sépa­rer richesse et pou­voir. La richesse per­met de cor­rompre et donc d’ac­qué­rir du pou­voir et le pou­voir peut se négo­cier en échange d’une contre par­tie finan­cière (relire ou voir Topaze de Pagnol qui explique ça très bien).

    La richesse est une des moda­li­tés du pou­voir qui, comme l’énergie, peut se pré­sen­ter sous plu­sieurs formes.

    C’est même la forme reine du pou­voir car la plus fluide, la plus faci­le­ment trans­mu­table en une autre forme de pouvoir…

    Si vous par­ve­nez à mette en place une démo­cra­tie réelle et que les citoyens ne limitent pas dras­ti­que­ment la richesse, les riches repren­dront le des­sus tôt ou tard, en sou­doyant, cor­rom­pant, com­plo­tant, peu à peu, patiem­ment, insidieusement…

    Réponse
  40. J.C

    @ A‑J Holbecq

    Votre Mémo est vrai­ment intéressant.

    La quan­ti­té de mon­naie étant main­te­nant com­plè­te­ment décon­nec­té de réfé­rent réel, il est pos­sible de la créer à volonté.

    Ce n’est qu’un choix poli­tique de contrôle de popu­la­tion. Sans classe diri­geante, c’est à dire en démo­cra­tie, l’u­sage de la mon­naie ne ferait pas long feu.

    Qui impo­se­ra aux autres la médio­cri­té lors­qu’elle n’est pas nécessaire ?
    Qui impo­se­ra les inéga­li­tés lors­qu’elles ne sont pas nécessaires ?
    qui s’op­po­se­ra au bien com­mun, si tous son à la même enseigne ?

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  41. J.C

    @ zedav

    « Si vous par­ve­nez à mette en place une démo­cra­tie réelle et que les citoyens ne limitent pas dras­ti­que­ment la richesse, les riches repren­dront le des­sus tôt ou tard, en sou­doyant, cor­rom­pant, com­plo­tant, peu à peu, patiem­ment, insidieusement… »

    C’est en limi­tant dras­ti­que­ment la richesse que l’on crée le désir de richesse.

    Ce n’est pas en gérant la pénu­rie que nous règle­rons les pro­blèmes mais en créant la prospérité.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  42. Guillaume Z

    Bonne année Étienne ! 

    Je fais le ser­ment pour 2013 de mordre au jar­ret la démo­cra­tie repré­sen­ta­tive agonisante.

    Réponse
  43. Yel

    Bonne année à tous, soyez de belles flammes de la démo­cra­tie, je fais quant à moi le ser­ment d’al­ler emmer­der les élus de ma com­mune jus­qu’à ce qu’ils com­prennent qu’ils sont les der­niers maillons, les pro­lé­taires de la politique !!!

    Réponse
  44. Yel

    Nous crée­rons l’a­bon­dance en nous débar­ras­sant du super­flu que nos peurs nous poussent à désirer.

    Réponse
  45. Yel

    Bat­tons nous pour récu­pé­rer le Verbe, si nous appli­quons à nous-mêmes le concept de « conspi­ra­tion­nisme », nous en sommes, et c’est bien rassurant 🙂

    L’in­jure « conspi­ra­tion­niste » est la mon­dia­li­sa­tion du gros mot « communiste ».

    Réponse
  46. A-J Holbecq

    Ana ( @ 39)

    Oui la mon­naie néces­saire peut être émise pour construire un hôpi­tal, mais elle va conti­nuer à cir­cu­ler (et à gros­sir avec d’autres mon­naies créées pour construire d’autres …) en créant du pou­voir d’a­chat qui ne cor­res­ponds pas néces­sai­re­ment à des créa­tions de richesses internes au pays (ou a la zone moné­taire). Il faut donc pou­voir détruire un excès de mon­naie, et les char­ta­listes consi­dèrent que c’est par l’im­po­si­tion qu’il faut y parvenir.

    En fait ce qu’il appa­rait c’est la néces­si­té d’ac­tions contra cycliques : quand l’é­co­no­mie pri­vée est en déprime (aug­men­ta­tion du chô­mage en par­ti­cu­lier) il faut que l’é­co­no­mie publique prenne le relai ; le contraire de ce que font les gou­ver­ne­ments euro­péens, téta­ni­sés par les défi­cits publics.

    Réponse
  47. zedav

    « C’est en limi­tant dras­ti­que­ment la richesse que l’on crée le désir de richesse. »

    Affir­ma­tion péremp­toire, pas même accom­pa­gnée d’un sem­blant d’ar­gu­ment et direc­te­ment issue de l’i­ma­gi­naire pseu­do-libé­ral. C’est au contraire l’exis­tence du faste qui sus­cite l’en­vie de ceux qui n’y ont pas accès et le mépris des pos­sé­dants envers les moins riches, tan­dis que les socié­tés éga­li­taires (certes sou­vent de petite taille) révèlent des inter­ac­tions sociales apaisées.

    « Ce n’est pas en gérant la pénu­rie que nous règle­rons les pro­blèmes mais en créant la prospérité. »

    Seconde affir­ma­tion péremp­toire issue du jar­gon pseu­do-libé­ral. De plus je n’ai par­lé ni de gérer la pénu­rie, ni de créer la pros­pé­ri­té (on se croi­rait vrai­ment dans un think tank d’é­co­no­mistes néo-classiques)qui seraient deux faux pro­blèmes dans une vraie démocratie.

    Il s’a­gi­rait pour les citoyens de faire ensemble les choix de ce qu’ils veulent pro­duire en éva­luant les coûts sociaux et envi­ron­ne­men­taux qu’ils sou­hai­te­raient assu­mer. Autre­ment dit de choi­sir ensemble le niveau de richesse de la nation à par­ta­ger entre les citoyens, et sur­tout sans repro­duire les strates vou­lues par Friot.

    Les dis­tinc­tions et les récom­penses devraient à mon avis être can­ton­nées à la sphère sym­bo­lique ou de réa­li­sa­tions per­son­nelles, c’est le seul moyen pour échap­per com­plè­te­ment à la réin­tro­duc­tion insi­dieuse de méca­nismes de ser­vi­tude instituées.

    Réponse
  48. zedav

    À pro­pos de 
    Veblen :

    Esprit extrê­me­ment caus­tique, il s’in­té­res­sa à la par­tie cachée de l’i­ce­berg éco­no­mique : les moti­va­tions des acheteurs. 

    Consi­dé­rant la classe à l’a­bri des besoins maté­riels immé­diats et de la contrainte du tra­vail autre que sou­hai­té (qu’il nomme la classe de loi­sir), il y trou­va essen­tiel­le­ment la vani­té et le désir de se démar­quer de son voisin. 

    Il note que par sa consom­ma­tion l’é­lite gas­pille du temps et des biens. Elle fait du gas­pillage du temps, soit le loi­sir, et du gas­pillage des biens, soit la consom­ma­tion osten­ta­toire, ses priorités. 

    Par exemple, une de ses pages inou­bliables dans sa Théo­rie de la classe de loi­sir (1899) concerne le lustre de l’é­toffe, pri­sée dans les cha­peaux car ser­vant à mon­trer qu’on les change sou­vent, et consi­dé­ré défa­vo­ra­ble­ment pour les pan­ta­lons parce qu’il montre qu’au contraire on ne l’a pas chan­gé depuis longtemps. 

    Alors qu’il s’a­git du même lustre ! 

    Il n’y a donc pas selon lui d’es­thé­tique dans l’af­faire, mais sim­ple­ment une émis­sion de signi­fiants de puis­sance qui est la rai­son d’être de la consom­ma­tion osten­ta­toire (conspi­cuous consumption). 

    Ce concept est fon­da­teur en socio­lo­gie et on le retrouve sous une forme ou une autre dans la socio­lo­gie de Pierre Bour­dieu, de Robert K. Mer­ton et dans une autre mesure dans l’œuvre de Jean Baudrillard.

    http://​fr​.wiki​pe​dia​.org/​w​i​k​i​/​T​h​o​r​s​t​e​i​n​_​V​e​b​len

    Réponse
  49. Morpheus

    @ A‑J Hol­becq et zedav

    A pro­pos de Laurent Louis.

    J’ai écou­té cette allo­cu­tion inté­res­sante et rare, cepen­dant, je me dois de faire remar­quer que Laurent Louis, s’il est ostra­ci­sé par le monde poli­tique belge, l’est en par­tie à rai­son.

    En s’en­gouf­frant dans la ques­tion des réseaux pédo­philes, Laurent Louis a cher­ché à tirer une ficelle popu­laire, en usant de méthodes popu­listes (au sens péjo­ra­tif du terme), notam­ment en publiant une pré­ten­due >liste de pédo­philes< com­plè­te­ment infon­dée, éta­blie par des « chas­seurs de pédo­philes » sur base d’a­mal­games et d’associations par liens de paren­té. Il se fait que dans cette liste, trois per­sonnes que je connais ain­si qu’une asso­cia­tion de jeu de rôle gran­deur nature sont cités (par suite jus­te­ment d’un amal­game par lien de paren­té et nom de famille), et qui n’ont stric­te­ment rien à voir, ni de près ni de loin, avec la pédo­phi­lie. Ima­gi­nez ce qui peut résul­ter d’une telle publi­ca­tion, faite sans la moindre réserve. Ima­gi­nez que vous trou­viez votre nom ou celui d’un proche dans une telle liste…

    En tout état de cause, et quel que soit le bien­fon­dé d’une lutte visant à déman­te­ler de pos­sibles réseaux pédo­philes, ce genre de méthode n’est pas accep­table, qui lance sur la voie publique des noms et des asso­cia­tions sans autre >preuve< que des asso­cia­tions par amal­game fon­dée sur des liens de paren­té (asso­cia­tion par nom de famille), comme l’a fait cette liste.

    D’autre part, Laurent Louis s’est essayé à un triste numé­ro de vic­ti­mi­sa­tion, en met­tant en scène une pré­ten­due agres­sion vio­lente contre sa per­sonne, orches­trée par ses mili­tants et dif­fu­sée sur inter­net. Il dira ensuite qu’il a fait cela car ce serait le seul moyen de se faire entendre. Encore une fois, je trouve cette méthode très discutable.

    Je l’en­tends à pré­sent faire cette allo­cu­tion aux accents et aux pro­pos inté­res­sants, mais je ne l’en­tends pas (encore) faire amende hono­rable pour ses erreurs dans sa chasse aux sor­cières pédophiles.

    Par consé­quent, j’in­vite à res­ter pru­dent vis-à-vis de Laurent Louis : peut-être est-il sin­cère et idéa­liste comme il le dit, mais en ce cas, il est aus­si très mal­adroit et pas très subtil.

    À bon entendeur…

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  50. A-J Holbecq

    Mer­ci Mor­pheus pour ces pré­ci­sions, comme quoi les gens sont rare­ment tout blanc ou tout noir…

    Réponse
  51. zedav

    Je ne suis pas sur­pris (son ton, sa façon de s’ex­pri­mer et ce qu’il dit de lui l’é­ti­quette « déma­go-popu­liste ») et j’ai envi­sa­gé que cette subite luci­di­té soit due à une moti­va­tion d’in­té­rêt per­son­nel, une stra­té­gie de carrière.

    Mais ça reste spec­ta­cu­laire et ça pour­rait contri­buer à dif­fu­ser ces idées aux­quelles nous adhé­rons auprès de per­sonnes qu’elles auraient pu mettre bien plus long­temps à atteindre…

    Si seule­ment ça pou­vait aus­si arri­ver dans d’autres pays !

    Réponse
  52. J.C

    @ zedav

    Vou­loir réduire dras­ti­que­ment les richesses n’est rien d’autre que de prô­ner la pau­vre­té, la pénurie.
    La pau­vre­té n’est l’i­déal de per­sonne, même les renon­çants au monde aspirent à la richesse intérieure.

    « C’est au contraire l’exis­tence du faste qui sus­cite l’en­vie de ceux qui n’y ont pas accès et le mépris des pos­sé­dants envers les moins riches, tan­dis que les socié­tés éga­li­taires (certes sou­vent de petite taille) révèlent des inter­ac­tions sociales apaisées. »

    On est bien d’accord.

    il n’y a que les diri­geants qui contraignent la popu­la­tion à la pau­vre­té pour gar­der le pou­voir sur lui.

    Per­sonne n’as­pire à la pau­vre­té pour lui-même et tant bien même que la pau­vre­té devien­drait la règle, cer­tains réus­si­ront à amé­lio­rer leur condi­tion et géné­rer l’en­vie des autres. Mais si tout le monde est pros­père parce que l’a­bon­dance est deve­nue la norme, alors cette socié­té éga­li­taire sera plus durable.

    Il suf­fit de rem­pla­cer le gas­pillage et le médiocre par le durable et la qua­li­té pour que s’é­ta­blisse un nivel­le­ment par le haut.

    La consom­ma­tion osten­ta­toire n’a lieu que dans une socié­té inéga­li­taire ou la valeur se mesure à la quan­ti­té d’argent que l’on possède.

    L’é­mer­gence d’une véri­table démo­cra­tie dans une socié­té moné­taire me semble plus qu’irréaliste.

    Pour reprendre ton expres­sion, l’u­sage de la mon­naie implique l’in­tro­duc­tion insi­dieuse de méca­nismes de ser­vi­tude instituées.

    Il est temps d’arrêter d’a­che­ter la vie d’autrui.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  53. caroline Porteu

    Je vou­drais atti­rer votre atten­tion sur un article du Monde qui est sor­ti Samedi ..

    La marche vers L’u­nion Bancaire

    http://​www​.lemonde​.fr/​i​d​e​e​s​/​a​r​t​i​c​l​e​/​2​0​1​3​/​0​1​/​1​1​/​l​a​-​m​a​r​c​h​e​-​v​e​r​s​-​l​-​u​n​i​o​n​-​b​a​n​c​a​i​r​e​_​1​8​1​5​7​5​9​_​3​2​3​2​.​h​tml

    Cet article est inté­res­sant car il com­mence à poin­ter du doigt la perte totale de contrôle du poli­tique sur la finance Euro­péenne :

    Grâce à ce sys­tème fédé­ral de ges­tion des crises, le lien entre banques et Etat, entre dettes ban­caires et dettes publiques, en cause dans la crise de l’eu­ro, sera rompu

    c’est le MES qui inter­vien­dra et rap­pe­lons que par la rédac­tion même du trai­té , les acteurs du MES n’ont de comptes à rendre à per­sonne , et encore moins de jus­ti­fi­ca­tion à fournir .

    L’ar­ticle sou­ligne éga­le­ment les invrai­sem­blables dis­pa­ri­tés de trai­te­ment au sein même de la zone euro ou hors zone euro .

    L’ar­ticle conclut 

    Dans ce contexte l’ef­fi­ca­ci­té du nou­veau dis­po­si­tif de contrôle repo­se­ra sur l’in­tran­si­geance du futur super­vi­seur unique ..

    Et qui sera ce super­vi­seur qui l’influencera 
    Là aus­si , j’ai écrit voi­ci quelques semaines un billet sur la future gou­ver­nance finan­cière Euro­péenne , en posant un cer­tain nombre de ques­tions , j’at­tends tou­jours les réponses ..

    Qui va super­vi­ser la Finance Européenne ?

    Réponse
  54. caroline Porteu

    Un autre article, des Échos cette fois, qui n’est pas neutre du tout et qui montre com­bien nos démo­cra­ties n’ont plus aucun pou­voir sur le finan­cier ou le simple contrôle du financier ..

    Par contre cer­tains contrôlent !!!
    Le pro­jet Fat­ca vient d’en­trer en application .

    Banque : les Etats-Unis imposent leur loi à l’Europe

    http://​www​.lese​chos​.fr/​e​n​t​r​e​p​r​i​s​e​s​-​s​e​c​t​e​u​r​s​/​f​i​n​a​n​c​e​-​m​a​r​c​h​e​s​/​a​c​t​u​/​0​2​0​2​4​8​8​3​7​4​1​4​1​-​b​a​n​q​u​e​-​l​e​s​-​e​t​a​t​s​-​u​n​i​s​-​i​m​p​o​s​e​n​t​-​l​e​u​r​-​l​o​i​-​a​-​l​-​e​u​r​o​p​e​-​5​2​7​1​3​1​.​php

    La loi fis­cale Fat­ca qui obli­ge­ra les banques à four­nir des infor­ma­tions au fisc amé­ri­cain pour­rait coû­ter 500 mil­lions d’eu­ros aux banques françaises.

    « Com­plexe », « intru­sif », « dis­pro­por­tion­né », « bombe à retar­de­ment ». Les cri­tiques ne manquent pas sur le pro­jet fis­cal Fat­ca. Peu connu du grand public, il consti­tue pour­tant l’une des évo­lu­tions fis­cales les plus struc­tu­rantes pour le sec­teur ban­caire mon­dial. Adop­té aux Etats-Unis en 2010 après l’af­faire UBS, le Forei­gn Account Tax Com­pliance Act (Fat­ca) traque lit­té­ra­le­ment tous les citoyens amé­ri­cains à tra­vers le monde et exerce des moyens de pres­sion si consi­dé­rables sur les ins­ti­tu­tions finan­cières qu’au­cune d’entre elles ne pour­ra pas­ser à tra­vers ses mailles. Appli­cable à l’o­ri­gine au 1 er jan­vier de cette année, la loi a dû être repous­sée d’un an par les Amé­ri­cains, en rai­son de la com­plexi­té de sa mise en oeuvre ain­si que des négo­cia­tions inter­na­tio­nales qu’elle a pro­vo­quées. Les banques de tous les pays se mettent en ordre de marche… forcée.

    Qu’im­pose Fatca ?

    La loi part du prin­cipe que tout citoyen amé­ri­cain ou entre­prise du pays basé à l’é­tran­ger est un frau­deur fis­cal poten­tiel. Elle veut donc tous les réper­to­rier et s’as­su­rer qu’ils ne com­mettent aucune faute envers le fisc. Dans sa mou­ture d’o­ri­gine, la loi Fat­ca impose donc à chaque éta­blis­se­ment finan­cier dans plus de 50 pays de signer un contrat avec le fisc amé­ri­cain (l’IRS), dans lequel il devra s’en­ga­ger sous peine de sévères sanc­tions (voir ci-contre) à lui com­mu­ni­quer toutes les infor­ma­tions sur ses res­sor­tis­sants à par­tir de 50.000 dol­lars d’a­voirs ou d’un cer­tain nombre de vire­ments ou paie­ments effec­tués par ces der­niers avec les Etats-Unis.

    Quel impact sur les banques ?

    Ils sont mul­tiples et concernent la ges­tion d’ac­tifs, la banque pri­vée et la banque d’in­ves­tis­se­ment en prio­ri­té. Les banques devront gros­so modo adap­ter leurs sys­tèmes d’in­for­ma­tion et de repor­ting dans tous les pays où elles sont pré­sentes afin de détec­ter leurs clients amé­ri­cains et toutes les opé­ra­tions faites avec les Etats-Unis. Avec une menace de taille : si une filiale n’a pas trans­mis les infor­ma­tions, c’est tout le groupe qui se retrouve en faute. « Ce sont des adap­ta­tions lourdes pour toutes les banques », note le res­pon­sable confor­mi­té d’une banque fran­çaise. En France, le chiffre de 500 mil­lions d’eu­ros de coûts sup­plé­men­taires a cou­ru l’an der­nier sans être confir­mé officiellement.

    Réponse
  55. J-Stéphane

    Les oli­garques ont aus­si le droit de mani­fes­ter, mais ils n’en ont pas besoin…

    Nous aurons fait un grand pas vers démo­cra­tie, le jour où le peuple n’aura plus à mani­fes­ter ses idées dans la rue.

    Alors arrê­tons toutes ces mani­fes­ta­tions qui condamnent le peuple (la majo­ri­té) à mani­fes­ter pour retar­der une sen­tence et laisse l’oligarchie (la mino­ri­té) de faire pas­ser de manière défi­ni­tive leurs règles poli­tiques sans avoir à manifester.

    Soit le peuple uti­lise les mêmes moyens que les oli­garques, soit ce sont les oli­garques qui doivent uti­li­ser les mêmes moyens que le peuple.

    Mais arrê­tons se deux poids deux mesures qui ne sert qu’à dis­traire le peuple.

    Foca­li­sons-nous sur les causes, pas sur les conséquences.

    Fai­sons une seule et der­nière mani­fes­ta­tion, une mani­fes­ta­tion qui deman­de­ra d’ins­crire dans la consti­tu­tion, que tout poli­ti­cien n’a de droit que celui de citoyen, et que tout citoyen ne soit pas contraint de mani­fes­ter pour enga­ger un pro­ces­sus d’é­tude de loi.

    Réponse
  56. zedav

    Apho­risme du jour :

    À tout prendre, il serait encore pré­fé­rable que la chose publique soit admi­nis­trée par un peuple d’ignorants qui ne sait pas bien où il va, plu­tôt que par une élite qui sait très bien où elle veut aller.

    D.Z.

    Réponse
  57. J.C

    Tant que l’on per­sis­te­ra dans un sys­tème moné­taire, une élite dirigera.

    Une socié­té moné­taire est moti­vé par l’argent.

    Tout le monde ne peut être riche dans une telle socié­té. Per­sonne ne croit que tout le monde peut l’être et à rai­son. L’u­ti­li­sa­tion de l’argent inter­dit l’égalité.

    je défie qui­conque de me prou­ver le contraire.

    La solu­tion est simple, elle est résu­mée en moins de 15 minutes.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  58. zedav

    Apho­risme du jour :

    L’aristocratie s’héritait quand, grâce à la révo­lu­tion, la plou­to­cra­tie se m’hérite.

    D.Z.

    Réponse
  59. Ana Sailland

    @61

    La science n’est pas la conscience.
    Et porte en elle le pré­fixe qui lui manque 😉

    L’argent a été inven­té par une espèce ani­male en défi­cit de conscience. Sup­pri­mer l’ef­fet ne sup­pri­me­rait pas la cause.

    Je suis éga­le­ment favo­rable à l’a­bo­li­tion de l’argent, mais comme consé­quence natu­relle d’une évo­lu­tion pré­pa­rée pas à pas, donc après le déve­lop­pe­ment de la conscience, pas avant, et sur­tout pas en livrant le grand nombre au petit nombre des techniciens.

    Nous en avions déjà cau­sé abon­dam­ment ailleurs 😉

    Réponse
  60. zedav

    D’au­tant que les neu­ros­ciences montrent que l’ex­pert est avant tout quel­qu’un qui répond plus vite aux pro­blèmes en fai­sant appel à des caté­go­ries pré­éta­blies mais que sa créa­ti­vi­té baisse pro­por­tion­nel­le­ment à son expertise.

    Un gou­ver­ne­ment d’ex­pert, outre que sa pro­messe de neu­tra­li­té est illu­soire, condui­rait inexo­ra­ble­ment à une sclé­rose des modes de fonctionnement.

    Réponse
  61. Ana Sailland

    Envie de me recen­trer sur le thème de la page 😉
    Il fait un temps magni­fique et je viens de m’of­frir une marche fan­tas­tique dans la neige, et la marche conduit à penser .….
    Voi­ci le résultat.

    La mise en har­mo­nie des êtres et/ou la syner­gie des actes, aux fins de créer socié­té cohé­rente et « sécure » (angli­cisme), sont nécessaires.

    Pour ce faire, nous (le singe nu) avons choi­si jus­qu’à ce jour la loi, et, à rare excep­tion his­to­rique près, la loi écrite par le petit nombre domi­nant, tan­tôt légi­ti­mé par la « noblesse du sang », quelle blague (!), tan­tôt légi­ti­mé par l’é­lec­tion, c’est une autre blague, ce fut ici chez Étienne déve­lop­pé. Et soit dit en pas­sant, nous entrons dans cette ère bizarre et démente où l’é­lu nomme ses propres maîtres (com­mis­sion euro­péenne, BCE, etc), sans même consul­ter le peuple.
    Mais rete­nons, c’est la trame de ce mes­sage, que pour l’heure l’ou­til prin­ci­pal de la néces­saire har­mo­ni­sa­tion est la loi ; alors qu’il en existe d’autres (l’empathie,la culture, la per­cep­tion de l’u­ni­té ‑l’u­ni­té des trois règnes‑, l’a­mour, la conscience, j’en oublie probablement)

    Un futur éven­tuel déga­gé de ce choix pré­sent <la loi écrite par le petit nombre> pour­rait soit res­ter fidèle au concept de loi, mais libé­ré de l’i­nac­cep­table sur-pou­voir du petit nombre, soit pous­ser encore plus loin en optant pour une har­mo­ni­sa­tion non coer­ci­tive, donc sans la loi.
    La pre­mière option s’ap­pelle démocratie.
    La seconde se nomme anarchie.

    Il me semble à tort ou à rai­son que l’a­nar­chie est davan­tage sou­hai­table que la démo­cra­tie car elle serait une har­mo­ni­sa­tion fon­dée sur le cœur et la conscience, donc située à un plus haut niveau d’hu­ma­ni­té, le cœur et la conscience déve­lop­pés au point d’être natu­rels, et natu­rel­le­ment moteurs de nos actes.
    Tan­dis que la démo­cra­tie (la réelle démo­cra­tie, n’est ce pas, et non la super­che­rie pré­sente) demeure prin­ci­piel­le­ment fon­dée sur la coer­ci­tion (mais consen­tie à tra­vers une vraie déli­bé­ra­tion libre et non faus­sée), et non pas sur le libre arbitre d’un indi­vi­du capable d’o­béir à son cœur plus qu’à ses dési­rs égo­cen­trés, ou à ses peurs.

    Mais mal­gré cette pré­fé­rence (mienne), il me semble que la démo­cra­tie est sur le che­min de l’é­vo­lu­tion une étape néces­saire, et anté­rieure à l’a­nar­chie (elle même pré­misse à étapes plus loin­taines et invi­sibles de nos yeux encore myopes, ou que nous ne per­ce­vons que peu).

    La loi, telle qu’im­po­sée par le sys­tème pré­ten­du repré­sen­ta­tif, inhibe la conscience et la res­pon­sa­bi­li­té de l’é­lec­teur, spo­lié de sa citoyen­ne­té. La com­mu­nau­té, en cet état pro­to­ty­pal actuel, pour clin d’œil à Prou­dhon, « est essen­tiel­le­ment contraire au libre exer­cice de nos facul­tés, à nos pen­chants les plus nobles … ».
    Elle « viole l’au­to­no­mie de la conscience… en com­pri­mant la spon­ta­néi­té de l’es­prit et du cœur, le libre arbitre dans l’ac­tion et dans la pensée. »

    Sor­tir du sys­tème « « repré­sen­ta­tif » » tout en res­tant dans l’op­tion « loi », pour abou­tir donc à la démo­cra­tie réelle, cela met­trait fin à ce viol de la conscience, et au contraire met­trait en route le pro­ces­sus auto­pé­da­go­gique par le peuple et pour le peuple, via la concer­ta­tion sys­té­ma­ti­sée, impli­quant l’en­vol vers la com­pé­tence har­mo­ni­sée, propre à bien­tôt auto­ri­ser l’u­to­pie anar­chique à deve­nir prag­ma­tisme incontournable.

    Ce bon pro­di­gieux de conscience est ren­du pré­sen­te­ment impos­sible par la coer­ci­tion inhi­bi­trice de l’en­vie de pen­ser. Outre les abus de pou­voir et les injus­tices ins­ti­tu­tion­nelles, non seule­ment frus­trantes mais encore sou­vent mor­ti­fères, cette inhi­bi­tion de l’es­sor des consciences est à mon sens l’un des prin­ci­paux motifs de condam­na­tion du sys­tème repré­sen­ta­tif, sinon le principal.

    Réponse
  62. phil82

    L’his­toire de MOUSELAND

    ou le Domaine des Souris

    Telle que racon­tée par Tom­my Dou­glas en 1944

    C’est l’his­toire d’un endroit qui s’ap­pelle Mou­se­land. Mou­se­land était un endroit où toutes les petites sou­ris vivaient et jouaient, nais­saient et mou­raient. Elles y vivaient d’une manière vrai­ment sem­blable à notre vie, à vous et moi.

    Elles avaient même un Par­le­ment. Et tous les quatre ans, elles avaient des élec­tions. Elles mar­chaient pour se rendre au bureau de scru­tin pour y voter. Cer­taines se fai­saient même conduire au bureau de scru­tin. Et ensuite elles se fai­saient conduire pour les quatre pro­chaines années. Tout comme vous et moi. Chaque fois qu’il y avait une jour­née d’é­lec­tion, toutes les petites sou­ris se ren­daient aux urnes pour choi­sir un gou­ver­ne­ment. Un gou­ver­ne­ment for­mé de gros chats noirs bien nourris.

    Si vous pen­sez que c’est étrange qu’une sou­ris élise un gou­ver­ne­ment de chats, vous n’a­vez qu’à regar­der l’his­toire du Cana­da des 90 der­nières années et vous ver­rez peut-être qu’elles ne sont pas plus stu­pides que nous.

    Je n’ac­cuse pas les chats parce que je n’ai rien contre les chats. Ils étaient gen­tils. Ils gou­ver­naient avec digni­té. Ils adop­taient de bonnes lois – en fait, des lois très bonnes pour les chats. Mais les lois bonnes pour les chats n’é­taient pas très bonnes pour les sou­ris. L’une des lois disait que les trous de sou­ris devaient être assez gros pour qu’un chat puisse y glis­ser la patte. Une autre loi disait que la sou­ris ne pou­vait voya­ger qu’à une cer­taine vitesse – pour qu’un chat puisse déjeu­ner sans trop d’effort.

    Toutes les lois étaient de bonnes lois. Pour les chats. Mais, elles étaient vrai­ment dures pour les sou­ris. Et la vie deve­nait de plus en plus dif­fi­cile. Le moment est venu lorsque les sou­ris n’en pou­vaient plus et elles ont déci­dé qu’il fal­lait faire quelque chose à ce sujet. Elles se sont ren­dues en masse aux bureaux de scru­tin. Elles ont voté pour rem­pla­cer les chats noirs. Elles ont voté pour les chats blancs.

    Les chats blancs avaient fait une cam­pagne incroyable. Ils ont dit : « Tout ce qui est néces­saire pour Mou­se­land c’est plus de vision. » Ils ont dit : « Le pro­blème de Mou­se­land est tous ces trous de sou­ris ronds que nous avons. Si vous nous éli­sez, nous met­trons en place des trous de sou­ris car­rés. » Et c’est ce qu’ils ont fait. Les trous de sou­ris car­rés étaient deux fois plus gros que les trous de sou­ris ronds et main­te­nant les chats pou­vaient y faire entrer les deux pattes. Et la vie était plus dif­fi­cile que jamais auparavant.

    Et lorsque les sou­ris n’en pou­vaient plus à nou­veau, elles ont voté contre les chats blancs pour élire les chats noirs à nou­veau. Elles sont ensuite reve­nues aux chats blancs. Puis aux chats noirs. Elles ont même essayé moi­tié chats noirs et moi­tié chats blancs. Et elles ont appe­lé cela une coa­li­tion. Elles ont même élu un gou­ver­ne­ment de chats à taches : des chats qui essayaient de faire un bruit res­sem­blant à celui d’une sou­ris, mais ils man­geaient comme un chat.

    Vous voyez, mes amis, le pro­blème n’é­tait pas la cou­leur du chat. Le pro­blème était qu’ils étaient des chats. Puis­qu’ils étaient des chats, ils s’oc­cu­paient bien sûr des chats au lieu des souris.

    Un jour est appa­ru une petite sou­ris avec une idée. Mes amis, atten­tion au petit gars avec une idée. Cette sou­ris a dit aux autres sou­ris : « Les copains pour­quoi est-ce qu’on conti­nue à élire un gou­ver­ne­ment de chats ? Pour­quoi ne pas élire un gou­ver­ne­ment de sou­ris ? » « Oh », ont-elles dit, « il est un bol­che­vique. Enfer­mez-le ! » Et ils l’ont mis en prison.

    Je tiens à vous rap­pe­ler une chose : vous pou­vez enfer­mer une sou­ris ou un homme, mais vous ne pou­vez pas empri­son­ner une idée.

    La vidéo ici :

    Réponse
  63. Ana Sailland

    AJH (@50)

    Pour la réduc­tion moné­taire, la mon­naie fondante …

    Mais t’aimes pas 😉

    Réponse
  64. J.C

    Ana,

    Ce matin, je me suis levé et j’ai écrit spon­ta­né­ment ce qui suit. (ça rejoint vrai­ment ce que tu dis).

    Bon, j’ad­mets que je me suis trom­pé, le pou­voir ne consiste pas en l’argent. Le vrai pou­voir consiste en l’in­for­ma­tion et les croyances quelle induit. En véhi­cu­lant l’i­dée que l’argent a de la valeur et qu’il est la source du pou­voir, nous entre­te­nons cette croyance qu’il en a effec­ti­ve­ment et agis­sons comme tel. Nous agis­sons selon nos croyances. Tous les jours nos croyances changent sur un sujet ou un autre, peu importe le temps que celles-çi aient été entretenue.
    Le point relève donc de l’in­for­ma­tion, des croyances qui sont entre­te­nues dans notre conscience.

    Il nous faut donc nous libé­rer d’un cer­tain nombre de sché­mas de pen­sée comme celui que les choses doivent for­cé­ment prendre du temps. Une nou­velle loi voté peu s’ap­pli­quer du jours au len­de­main et chan­ger radi­ca­le­ment cer­tains aspects de notre mode de vie. On peut perdre en très peu de temps ses biens, son argent et inver­se­ment. Ça se pro­duit tout les jours avec les jeux, la bourse, un vol, un décès, une sépa­ra­tion, une ren­contre dans un sens comme dans l’autre.
    On véhi­cule dans les médias l’i­dée que les choses sont labo­rieuses et se meuvent len­te­ment mais c’est juste une vue de l’es­prit qui nous rends apa­thique et résigné.

    Nous libé­rer d’un cer­tain nombre de sché­mas de pen­sée pour­rait consis­ter aus­si, pour l’é­cri­ture d’une consti­tu­tion par exemple, à prendre des dis­tances à l’é­gard de ce qui existe et qui est mau­vais pour oser ce cen­trer sans rete­nue sur ce qui est souhaitable.
    Il ne faut pas oublier que la consti­tu­tion est à l’o­ri­gine de ce qui régie une socié­té et pas l’in­verse. Nous nous devons, de ce point de vue, de por­ter un regard neuf dans son éla­bo­ra­tion et nous auto­ri­ser à expri­mer ce qui nous semble être le meilleur pour faire société.
    Ceci afin qu’elle porte en elle non seule­ment les grands prin­cipes qui nous sou­hai­tons y voir figu­rer au fond de nous mais aus­si d’y énon­cer libre­ment les moyens de sa mise en application.

    Sur le gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif main­te­nant puisque c’est le sujet de ce fil, il me semble qu’il y ait un petit malentendu.
    Ce que tu dénonces est cela même que nous expérimentons.
    Nous sommes ACTUELLEMENT entre les mains d’ex­perts tech­ni­ciens et ce que nous pro­poses J.Fresco c’est jus­te­ment d’en sor­tir par la mise en appli­ca­tion de l’ap­proche scien­ti­fique pour tous et non plus par des experts qui décident pour nous au moyen de la ges­tion de la finance etc.

    Autre­ment dit, ce que pro­pose Jacques Fres­co, c’est qu’il n’y ait plus de gou­ver­ne­ments, plus d’ex­pert mais que cha­cun par­ti­cipe aux choix de socié­té au tra­vers de la moder­ni­sa­tion des moyens de com­mu­ni­ca­tion et de ges­tion de la citée.
    Il n’est pas tou­jours facile pour un pri­son­nier né en pri­son, qui n’a rien connu d’autre et dont on a réus­si à lui caché la nature de sa condi­tion de s’a­per­ce­voir tout de suite lors­qu’on lui ouvre la porte si, en la fran­chis­sant, il entre en pri­son ou il en sort.

     » Il me semble à tort ou à rai­son que l’a­nar­chie est davan­tage sou­hai­table que la démo­cra­tie car elle serait une har­mo­ni­sa­tion fon­dée sur le cœur et la conscience, donc située à un plus haut niveau d’hu­ma­ni­té, le cœur et la conscience déve­lop­pés au point d’être natu­rels, et natu­rel­le­ment moteurs de nos actes. »

    Pour que les consciences puissent se déve­lop­per, il faut que les condi­tions y soient favorables.
    L’ad­ver­si­té peut en être une mais il faut aus­si qu’il y ait l’es­pace pour une pers­pec­tive plus vaste, bref de l’in­for­ma­tion, de la com­mu­ni­ca­tion, de la connaissance.

    Il me semble que défendre une posi­tion tran­chée n’est pas un mal lorsque cela nous semble jus­ti­fié mais sur ce que tu pré­sentes ici comme étant la démo­cra­tie et l’a­nar­chie, j’en­vi­sage une voie médiane entre les deux qui m’ap­pa­raît être la nature même de ce que serait une vraie démocratie.

    Une démo­cra­tie qui tend vers la com­pré­hen­sion ou plu­tôt la cohé­rence avec les lois natu­relles qui résulte de la connais­sance tou­jours plus fine de la réa­li­té et donc de l’é­man­ci­pa­tion de tout prin­cipe impo­sé arbi­trai­re­ment. Ceci comme voie de mûris­se­ment de la conscience au béné­fice de la sagesse.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  65. Ana Sailland

    Il y a des vidéos de Jacques Fres­co qui sont plus inquié­tantes quant à la déci­sion technicienne.

    ;;;

    Les sujets de réflexion et/ou de pro­jec­tion d’a­ve­nir sont éta­gés sur des niveaux de conscience mul­tiples et dis­tincts. A une minute don­née, et en par­ti­cu­lier à l’ins­tant de com­mu­ni­quer, « on » se foca­lise sur un seul de ces niveaux, for­cé­ment, et les autres peuvent paraître abs­cons, mais c’est faux car tout ça est com­plé­men­taire, syner­gique quant à l’é­veil. Ain­si par exemple si JF ou JLM causent cam­pés sur deux niveaux fort dis­tincts (et qui là où par hasard ce jour là je plane) me hérissent le poil, leurs démarches n’en sont pas moins utiles, qui vont cher­cher les gens là où ils sont et non pas depuis des hau­teurs imper­çues donc pro­vi­soi­re­ment inac­ces­sibles. C’est ain­si que para­doxa­le­ment tel qui milite pour une meilleure ges­tion de l’argent et tel qui prône son abo­li­tion par l’a­bon­dance ingé­nieuse, vont dans le même sens, qui est celui de la belle intention.

    Réponse
  66. J-Stéphane

    Bon­jour,

    La démo­cra­tie c’est l’initiative au citoyen et la déci­sion au peuple.

    Les poli­ti­ciens ne doivent être que les agents du peuple et du citoyen.

    Les poli­ti­ciens n’ont que leur droit de citoyen pour pro­po­ser et choi­sir les choses du peuple, c’est cela une Répu­blique démo­cra­tique, c’est dans cet esprit que la consti­tu­tion natio­nale doit écrit.

    Réponse
  67. Étienne

    Hié­rar­chie chez les rats

    Une expé­rience a été effec­tuée sur des rats. 

    Pour étu­dier leur apti­tude à nager, un cher­cheur du labo­ra­toire de bio­lo­gie com­por­te­men­tale de la facul­té de Nan­cy, Didier Desor, en a réuni six dans une cage dont l’u­nique issue débou­chait sur une pis­cine qu’il leur fal­lait tra­ver­ser pour atteindre une man­geoire dis­tri­buant les aliments. 

    On a rapi­de­ment consta­té que les six rats n’al­laient pas cher­cher leur nour­ri­ture en nageant de concert. 
    DES RÔLES SONT APPARUS qu’ils s’é­taient ain­si répartis : 
    deux nageurs exploités, 
    deux non nageurs exploiteurs, 
    un nageur autonome 
    et un non nageur souffre-douleur.

    Les deux exploi­tés allaient cher­cher la nour­ri­ture en nageant sous l’eau. Lors­qu’ils reve­naient à la cage, les deux exploi­teurs les frap­paient et leur enfon­çaient la tête sous l’eau jus­qu’à ce qu’ils lâchent leur magot. Ce n’est qu’a­près avoir nour­ri les deux exploi­teurs que les deux exploi­tés sou­mis pou­vaient se per­mettre de consom­mer leur propre cro­quette. Les exploi­teurs ne nageaient jamais, ils se conten­taient de ros­ser les nageurs pour être nourris.

    L’au­to­nome était un nageur assez robuste pour rame­ner sa nour­ri­ture et pas­ser les exploi­teurs pour se nour­rir de son propre labeur. Le souffre-dou­leur, enfin, était inca­pable de nager et inca­pable d’ef­frayer les exploi­tés, alors il ramas­sait les miettes tom­bées lors des combats. 
    La même struc­ture-deux exploi­tés, deux exploi­teurs, un auto­nome et un souffre-dou­leur se retrou­va dans les vingt cages où l’ex­pé­rience fut reconduite.

    Pour mieux com­prendre ce méca­nisme de hié­rar­chie, Didier Desor pla­ça six exploi­teurs ensemble. Ils se bat­tirent toute la nuit. Au matin, ils avaient recréée les mêmes rôles. Deux exploi­teurs, deux exploi­tés, un souffre dou­leur, un auto­nome.

    Et on a obte­nu encore le même résul­tats en réunis­sant six exploi­tés dans une même cage, six auto­nomes, ou six souffre douleur.

    Puis l’ex­pé­rience a été repro­duite avec une cage plus grande conte­nant deux cents indi­vi­dus. Ils se sont bat­tus toute la nuit, le len­de­main il y avait trois rats cru­ci­fiés dont les autres avaient arra­ché la peau. 
    Mora­li­té : plus la socié­té est nom­breuse plus la cruau­té envers les souffre dou­leur aug­mente.

    Paral­lè­le­ment, les exploi­teurs de la cage des deux cents entre­te­naient une hié­rar­chie de lieu­te­nants afin de réper­cu­ter leur auto­ri­té sans même qu’ils aient besoin de se don­ner le mal de ter­ro­ri­ser les exploités.

    Autre pro­lon­ga­tion de cette recherche, les savants de Nan­cy ont ouvert par la suite les crânes et ana­ly­sés les cer­veaux. Or les plus stres­sés n’é­taient ni les souffre-dou­leur, ni les exploi­tés, mais les exploi­teurs. Ils devaient affreu­se­ment craindre de perdre leur sta­tut pri­vi­lé­gié et d’être obli­gés d’al­ler un jour au travail.

    Se pour­rait-il que pour chaque espèce ani­male il existe une sorte de grille d’or­ga­ni­sa­tion spécifique ? 

    Quels que soient les indi­vi­dus choi­sis, dès qu’ils sont plus de deux, ils s’empressent de ten­ter de repro­duire cette grille pour s’y intégrer. 

    Peut-être que l’es­pèce humaine est tri­bu­taire elle aus­si d’une telle grille. 

    Et quel que soit le gou­ver­ne­ment anar­chiste, des­po­tique, monar­chiste, répu­bli­cain ou démo­cra­tique, nous retom­bions dans une répar­ti­tion simi­laire des hiérarchies. 

    Seules changent l’ap­pel­la­tion et le mode de dési­gna­tion des exploiteurs.

    Ber­nard Werber

    © Albin Michel

    http://​www​.ber​nard​wer​ber​.com/​u​n​p​e​u​p​l​u​s​/​E​S​R​A​/​h​i​e​r​a​r​c​h​i​e​_​r​a​t​s​.​h​tml

    Réponse
  68. Ana Sailland

    Nous pro­me­nant dans la cam­pagne, nous levons sou­vent un per­dreau qui prend son envol pour détour­ner notre atten­tion et ain­si sau­ver sa famille cachée dans les blés hauts.

    La dif­fé­ren­cia­tion des rôles peut aller jus­qu’au sacri­fice ultime.

    Chez l’hu­main, cet oubli de soi peut sur­ve­nir sans plus aucune amorce indi­vi­dua­liste (la cro­quette du rat)

    Voir cepen­dant Win­kel­ried

    Réponse
  69. Ana Sailland

    @72

    Je crois volon­tiers à cette grille, mais qu’elle n’est qu’un élé­ment de nos orientations.

    La conscience, lors­qu’elle est moyen­ne­ment déve­lop­pée, en est l’an­ta­go­nisme poten­tiel, qui par contre prend toute sa mesure chez les plus éveillés, qu’ils soient ponc­tuel­le­ment éveillés, ou plus conti­nu­ment (c’est rare 😉 ).

    C’est ici, là où com­mence l’hu­main, que s’ar­rête l’a­na­lo­gie avec le rat, ana­lo­gie qui explique beau­coup mais ne déter­mine pas tout.

    Bon, je file au bis­trot de Cru­seilles. Hier, j’y ai par­lé de l’i­dée de AJH ( des listes muni­ci­pales for­mées de gens qui s’en­gagent à ne voter que des déci­sions prises par le plus grand nombre ) .….….…..

    Réponse
  70. Yel

    Allez, cadeau, un petit peu de bonne musique popu­laire qui donne du baume au coeur, et si j’ai ten­dance à satu­rer le forum avec mes mes­sages, fal­lait y pen­ser avant de me réveiller Citoyens !

    Et puis en plus pour une fois je reste dans mon sujet en vous pas­sant ces belles musiques d’un groupe génial, La Tor­due, la pre­mière chan­son s’in­ti­tule « les rats ». Je vais vous pas­ser ces quelques chan­sons de La Tor­due et je fini­rai avec une perle du réper­toire de Bras­sens qu’il n’a jamais pu enre­gis­trer mais que son ami Jean Ber­to­la nous chante pour le faire revivre dans nos cœurs…

    Les Rats :

    La bête :

    Y’a bon la mine : 

    Je vous invite à décou­vrir ce groupe qui est en plein dans la ligne des esprits libres, ils ont vrai­ment de très beaux textes, des poètes popu­laires, la relève de notre immense Georges Bras­sens, j’ose le dire !

    Et enfin cette perle de notre por­no­graphe du pho­no­graphe, qui est tou­jours vivant dans tant de coeurs : 

    Bonne écoute les amis 🙂

    Réponse
  71. Étienne

    Laurent LOUIS s’op­pose à la guerre au Mali 
    et dénonce la mani­pu­la­tion internationale

    J’ai bien écou­té, et je n’ai pas enten­du les par­le­men­taires belges applau­dir… AUCUN 🙂

    C’est un Nigel Farage belge, on dirait.

    Hala­la, ces popu­listes sont de plus en plus contagieux !

    Vol­taire, ce bien­fai­teur de l’hu­ma­ni­té, avait bien dit : « quand la popu­lace se mêle de pen­ser, tout est perdu. »

    Si quel­qu’un récu­père le script de ce dis­cours, on le publie…

    Étienne.

    Réponse
  72. phil82

    Dis­cours de Pierre Mendès-France 
    à l’Assemblée Natio­nale, le dimanche 1er juin 1958.

    Réné Coty, Pré­sident de la Répu­blique, informe le par­le­ment de la démis­sion de Pierre Pfim­lin, Pré­sident du Conseil. 
    En appli­ca­tion de l’article 45 de la Consti­tu­tion, René Coty nomme Charles de Gaulle à la pré­si­dence du Conseil. 
    De Gaulle demande les pleins pou­voirs à son gou­ver­ne­ment suites aux « troubles » en Algérie.

    Le gou­ver­ne­ment en place demande éga­le­ment un pro­jet de réforme de l’article 90 de la Consti­tu­tion, de telle sorte que l’Assemblée donne man­dat au gou­ver­ne­ment d’élaborer, puis de pro­po­ser, par voie de réfé­ren­dum, les chan­ge­ment indispensables…
    Nous connais­sons la suite.

    M. Pierre Men­dès-France. Mes­dames, mes chers col­lègues, dans cet ins­tant émou­vant où nous allons prendre ensemble ne lourde res­pon­sa­bi­li­té, nos pen­sées se portent à la fois vers le pas­sé et vers l’a­ve­nir. Vers le pas­sé, car cette séance va mettre un terme à une période de notre his­toire ; vers l’a­ve­nir, car un nou­veau cha­pitre de cette his­toire va être écrit par un homme qui y occupe déjà une place illustre et parce que cha­cun ici, — ceux qui vont voter pour, comme ceux qui vont voter contre — doit sou­hai­ter de toutes les forces de son patrio­tisme que la France connaisse demain, sous une magis­tra­ture nou­velle le redres­se­ment, ici comme dans l’outre-mer, que nous atten­dons depuis si long­temps et pour lequel un cer­tain- nombre d’entre nous ont conscience d’a­voir com­bat­tu sans relâche.

    Le pas­sé ?

    La Répu­blique périt de ses propres fautes. Ce ‘régime dis­pa­raît perce qu’il n’a pas su résoudre les pro­blèmes aux­quels il était confron­té. Après la Libé­ra­tion, son patri­moine, res­té presque intact, lar­ge­ment grâce à de Gaulle, auto­ri­sait l’es­pé­rance et le suc­cès. La France ardente et opti­miste, sem­blait des­ti­née à un ave­nir digne de sa tra­di­tion. Il lui fal­lait du – cou­rage et de la foi. Elle en avait. Il lui fal­lait aus­si des diri­geants cou­ra­geux et clair­voyants. Les tâches à accom­plir étaient rudes, mais elles étaient à l’é­chelle de ses moyens. Deux sur­touts étaient déci­sives pour son avenir.
    La recons­truc­tion, ou plu­tôt, la construc­tion d’un pays plus moderne ; plus jeune, plus dyna­mique, le redres­se­ment éco­no­mique, finan­cier et moné­taire, gage du pro­grès social à l’in­té­rieur et de l’in­dé­pen­dance au dehors. C’é­tait la pre­mière série de ques­tions à résoudre.

    Mais la recon­ver­sion de l’an­cien’ empire colo­nial était notre plus grande, notre plus- dif­fi­cile res­pon­sa­bi­li­té. Seule, une poli­tique nova­trice, ouvrant la voie à l’é­man­ci­pa­tion pro­gres­sive, pou­vait ame­ner et même ren­for­cer les liens unis­sant des peuples et des ter­ri­toires qui, aujourd’­hui autant et plus qu’­hier, ont besoin les uns des autres.

    La domi­na­tion colo­niale ‘du 19ème siècle ne peut plus sur­vivre aux pous­sées popu­laires qui se sont fait jour, par­tout, en Asie et en Afrique. A cette domi­na­tion, une asso­cia­tion doit ‘être sub­sti­tuée et elle doit être pra­ti­quée avec une entière bonne foi.

    Cette trans­for­ma­tion cor­res­pond aux sen­ti­ments des popu­la­tions- autoch­tones, éga­le­ment dési­reuses de liber­té et de pro­mo­tion et d’u­nion et d’in­time et étroite coopé­ra­tion avec la France.

    Nous avons été un cer­tain nombre à redou­ter, dès le début, que, si la France ne condui­sait pas, elle-même une évo­lu­tion inévi­table, conforme d’ailleurs à ses meilleures tra­di­tions, elle se heur­te­rait bien­tôt à des anta­go­nismes aigus, peut-être san­glants, à des mou­ve­ments vio­lem­ment nationalistes. 

    Ten­ter de les conte­nir par le seul recours à une répres­sion de plus en plus rigou­reuse, condui­rait à une sorte de fas­cisme légal dans les : ter­ri­toires en cause, ce fas­cisme ten­dant ensuite, par la force des choses, à s’é­tendre à la métropole. 

    Peu à peu, les droits de l’homme les plus élé­men­taires ; les pro­grès que nous croyions défi­ni­ti­ve­ment acquis, grâce aux luttes de nos anciens, les ins­ti­tu­tions elles-mêmes seraient mena­cées. Le régime se lais­se­rait péné­trer et enva­hir. N’a-t-on pas vu déjà le pré­sident de la Ligue des droits de l’homme pro­cla­mer, sans que cela sur­prenne qui que ce soit, que ses fonc­tions étaient deve­nues incom­pa­tibles avec celles de député

    En même temps, notre peuple, acca­blé par le poids de vingt ans de guerres conti­nuelles, obli­gé de consa­crer une part consi­dé­rable du pro­duit de son tra­vail à des dépenses impro­duc­tives et rui­neuses, s’est vu pri­vé des pro­grès et des amé­lio­ra­tions aux­quelles, autre­ment, il aurait pu prétendre.

    Enfin, 1’indépendançe même du pays s’est trou­vée mise en cause.

    Ne soyons donc pas sur­pris que tant de Fran­çais se soient peu à peu détour­nés du régime qui leur réser­vait tant de sujets de décou­ra­ge­ments, de décep­tion et même de colère.

    Ain­si, la IVème Répu­blique a dila­pi­dé, en peu d’an­nées, son capi­tal moral dans l’outre-mer, en France, et fina­le­ment dans le monde. Ain­si, le sys­tème que le géné­ral de Gaulle a si sou­vent cri­ti­qué et qui méri­tait, en effet, bien des cri­tiques, a échoué.

    Mais ce n’est pas la démo­cra­tie qui a échoué, car c’est pour n’a­voir pas res­pec­té ses prin­cipes que nous en sommes là aujourd’­hui. (Applau­dis­se­ments à l’ex­trême gauche et sur plu­sieurs bancs à gauche.)

    De notre faillite, pré­tendre faire celle de la démo­cra­tie serait men­tir, une fois de plus, et ce men­songe-là serait plus grave encore que les pré­cé­dents, parce qu’il fer­me­rait à la France un espoir qui doit res­ter ouvert pour elle, demain. (Inter­rup­tions
    à droite.)

    M. Eugène Pébel­lier. Per­sonne n’a pré­ten­du cela.

    M. Pierre Men­dès-France. Non, ce n’est pas la Répu­blique, ce n’est même pas le sys­tème par­le­men­taire qui méritent d’être condam­nés. Seul, le mau­vais usage qui en a été fait nous a réduits à l’im­puis­sance et nous a conduits à tant de décon­ve­nues. (Applau­dis­se­ments à l’extrême gauche et sur plu­sieurs bancs à gauche.)

    M. René Mlal­brant. À qui la faute.

    M. Pierre Men­dès-France. L’en­tre­prise a échoué parce que nous n’a­vons pas gar­dé la mora­li­té poli­tique et une fidé­li­té suf­fi­sante aux grandes volon­tés ini­tiales et constam­ment renou­ve­lées de la Nation, celles qui figurent dans de pré­am­bule de la Consti­tu­tion et qui concernent aus­si bien la ges­tion de notre patri­moine maté­riel ‚et moral dans la métro­pole que le des­tin de ce vaste ensemble, de cette grande famille de peuples qu’est l’U­nion fran­çaise, la repré­sen­ta­tion natio­nale a eu le tort de suivre des gou­ver­ne­ments débiles et incer­tains, tou­jours à la mer­ci des intrigues et manœuvres des groupes d’in­té­rêts et qui se per­daient dans le jeu répu­té habile des fausses pro­messes des ater­moie­ments et des équi­voques des gou­ver­ne­ments dont les repré­sen­tants se retrouvent d’ailleurs au sein du nou­veau cabinet.
    (Rires et applau­dis­se­ments sur les .mêmes bancs.)

    Assez sou­vent, je me suis ren­du impor­tun dans cette enceinte et aver­tis­sant des périls où l’on mar­chait avec cet irréa­lisme com­po­sé de grandes illu­sions et de petites ruses.

    Quelle peine aujourd’­hui pour ceux qui annon­çaient que nous en arri­ve­rions, bien­tôt, là où nous nous trou­vons aujourd’­hui, pour ceux qui essayaient d’é­le­ver leur voix, trop sou­vent domi­née par les cla­meurs de la déma­go­gie (Pro­tes­ta­tions à droite), contre les mau­vaises mœurs poli­tiques, contre les rou­tines, contre la pusil­la­ni­mi­té devant- les grands intérêts.

    Leur cha­grin immense je prie que l’on croie à ma sin­cé­ri­té au moment où je l’af­firme après quinze ans de com­bats à cette tri­bune — est de n’a­voir pu, en temps utile, convaincre ceux aux­quels ils s’a­dres­saient désespérément.

    Mais aujourd’­hui le devoir de ces oppo­sants d’hier est le même que le devoir de ceux dont ils étaient sépa­rés. Et c’est en fonc­tion de l’a­ve­nir, de l’a­ve­nir seul, que ce devoir doit être défini.

    Quoi qu’il en coûte aux sen­ti­ments que j’é­prouve pour la per­sonne et pour le pas­sé du géné­ral de Gaulle, je ne vote­rai pas en faveur de son inves­ti­ture ; et il n’en sera ni sur­pris ni offensé.

    Tout d’a­bord, je ne puis admettre de don­ner un vote contre­dit par l’in­sur­rec­tion et la menace d’un coup de force mili­taire. (Applau­dis­se­ments à l’ex­trême gauche et sur plu­sieurs bancs à gauche.) Car la déci­sion que l’As­sem­blée va prendre — cha­cun ici le sait — n’est pas une déci­sion libre, le consen­te­ment que l’on va don­ner est vicié. (Pro­tes­ta­tions à droite. — Applau­dis­se­ments à l’ex­trême gauche et sur cer­tains bancs de gauche.)

    Je ne fais pas allu­sion, dans cet ins­tant, aux menaces indi­vi­duelles et nomi­na­tives, presque offi­cielles, à l’é­gard d’un cer­tain nombre ; d’entre nous et dont la cen­sure inter­dit la repro­duc­tion ; révoque le chan­tage à la guerre dette, l’an­nonce du coup de force orga­ni­sé contre les repré­sen­tants du peuple au cas où leur déci­sion ne serait pas celle qu’on pré­tend leur dic­ter. (Applau­dis­se­ments à l’ex­trême gauche).

    Par­mi ceux qui dépo­se­ront dans l’urne un bul­le­tin blanc, il en est, je le sais, qui le feront en toute conscience et je ne puis que res­pec­ter leur choix sin­cère, mais il en est qui le feront seule­ment dans la crainte d’une guerre civile dont depuis des entre on leur annonce et la minu­tieuse pré­pa­ra­tion et l’immédiate proximité.

    Sans doute le peuple fran­çais l’i­gnore ; la cen­sure — encore —inter­dit que soient révé­lés au pays des pré­pa­ra­tifs à la guerre civile et à la sédi­tion mili­taire en Algé­rie comme dans la métro­pole, des pré­pa­ra­tifs dont le Gou­ver­ne­ment a connais­sance dont la presse étran­gère lait état et dont on s’en­tre­tient constam­ment jusque dans les cou­loirs de cette Assemblée.

    Le peuple fran­çais nous croit libres ; nous ne le sommes plus. Ma digni­té m’in­ter­dit de céder à cette pres­sion des fac­tions et de la rue. Et le géné­ral de Gaulle, qui a tou­jours sau­ve­gar­dé jalou­se­ment sa fier­té et son indé­pen­dance, plus encore lors­qu’il par­lait au nom de la nation, ne sau­rait être sur­pris que j’é­lève ici ma pro­tes­ta­tion contre l’af­front dont nous sommes l’ob­jet et grée morne nos erreurs d’hier ne jus­ti­fient pas, car notre man­dat nous inter­dit d’ab­di­quer devant la force, notre man­dat nous fait un devoir de reve­nir vers la démo­cra­tie si nous nous en sommes éloi­gnés et non de nous en éloi­gner plus encore (Applau­dis­se­ments , à l’ex­trême gauche et sur plu­sieurs bancs à gauche .)

    C’est pour pro­tes­ter contre cette nou­velle atteinte à la mora­li­té publique, dont ils se consi­dèrent comme les garants vis-à-vis de notre jeu­nesse, que les membres de l’en­sei­gne­ment, en accord avec les étu­diants de France, ont mani­fes­té avant-hier. (Pro­tes­ta­tions à droite. — Applau­dis­se­ments à l’ex­trême gauche et sur plu­sieurs bancs à gauche.)

    Dans plus de 30 .000 écoles, lycées et col­lèges, c’est un appel auquel, pour ma part, je ne !peux res­ter sourd.

    M. Antoine Guit­ton. Non, c’est un scandale.

    M. Pierre Cot. C’est la pro­tes­ta­tion de la pen­sée française !

    M. Pierre Men­die-France. Reste le pro­blème poli­tique, l’in­ves­ti­ture qu’on nous demande pour le nou­veau gou­ver­ne­ment. Ici se pose pour moi — je n’hé­site pas à le dire — un cas de conscience comme je n’en ai connu aucun depuis vingt-six ans que je siège dans cette Assemblée.

    Certes, la confiance et l’at­ta­che­ment per­son­nel que nous ins­pire, dans la fidé­li­té eu sou­ve­nir du pas­sé, le chef du gou­ver­ne­ment, pèsent lourd dans la balance.

    Mais l’autre pla­teau, hélas ! Est plus lour­de­ment char­gé encore.

    Il est trop vrai que les enne­mis de la Répu­blique, les fac­tieux, s’emparant du nom du géné­ral de Gaulle, ont tout d’a­bord déna­tu­ré et alté­ré gra­ve­ment le carac­tère de l’ap­pel lait aujourd’­hui à son arbi­trage. Il est vrai aus­si qu’une équi­voque trop longue, en un temps où les jours et les heures comptent, sub­siste mal­gré tout, sur les condi­tions et sur le sens d’une inter­ven­tion qui n’au­rait dû à aucun ins­tant pou­voir être soup­çon­née d’au­cune tolé­rance, au pro­fit des enne­mis de la Répu­blique et de la liberté.

    Car enfin, ce gou­ver­ne­ment, qui nous l’im­pose ? Hélas ! –ce sont les mêmes hommes qui dans le pas­sé ont tait échouer toutes les ten­ta­tives de règle­ment rai­son­nable et humain en Afrique du Nord (Pro­tes­ta­tions à droite. — Applau­dis­se­ments à l ‘extrême gauche et sur plu­sieurs bancs à gauche), qui ont ren­du la guerre inévi­table, l’ont orien­tée vers la répres­sion sans issue poli­tique, ont joué sur les nerfs d’une popu­la­tion euro­péenne affo­lée et exultent en ce moment, parce qu’ils se flattent d’a­voir por­té le géné­ral de Gaulle au pouvoir.

    Ah ! Puissent-ils être déçus ! Je veux l’es­pé­rer pour la France et pour la gloire du géné­ral de Gaulle lui-même. (Applau­dis­se­ments sur cer­tains bancs à gauche et à l’extrême gauches.)

    Certes il n’a rien révé­lé des solu­tions qu’il envi­sage pour mettre fin à la guerre d’Al­gé­rie. C’est com­pré­hen­sible. Peut-être ne convient-il pas de dévoi­ler un plan pré­cis avant d’être en mesure de le mettre à exé­cu­tion, en tenant compte des cir­cons­tances dans les­quelles l’ac­tion doit n’insérer.

    On ne peut, dans ces condi­tions, dis­cu­ter de telle ou telle des inten­tions que l’on prête au chef du nou­veau gou­ver­ne­ment ; mais l’on com­muait assez son intel­li­gence des grands cou­rants de l’his­toire pour être confiant qu’il vou­dra les orien­ter dans les voies de la liber­té et de l’association,

    Plu­sieurs voix à droite. Alors ?

    M. Pierre Men­dès-France. Seule­ment, ceux qui l’ont conduit au pou­voir le lui per­met­tront-ils, eux qui viennent, ces jours-ci encore, de choi­sir spec­ta­cu­lai­re­ment, au moins en paroles, la pré­ten­due solu­tion de l’in­té­gra­tion, en poussent, encore une fois, vers une impasse sans issue où la métro­pole, comme les musul­mans d’Al­gé­rie, bute­ront dès demain contre de nou­velles impos­si­bi­li­tés poli­tiques et tech­niques et contre de nou­velles déceptions ?

    Ce n’est pas tout. Le drame algé­rien et celui de la métro­pole sont — on le voit bien main­te­nant — irré­sis­ti­ble­ment mêlés l’un à l’autre. La pres­sion que le géné­ral de Gaulle va subir de la part de cer­tains de ses plus étranges, de ses plus récents par­ti­sans, de ceux dont il ne s’est pas assez déga­gé, de ceux qui, cepen­dant, et sans même s’en cacher, entendent ins­tau­rer la dic­ta­ture fas­ciste, l’ar­bi­traire et la revanche, abo­lir les conquêtes de la liber­té dans ce vieux pays libé­ral, éta­blir, eu un mot, un régime de vio­lence et de haine.

    M. Hen­ri Dor­gères d’Halluin. Vous avez voté l’é­tat d’urgence !

    M. Pierre Men­dès-France …celle pres­sion devien­dra très vite redoutable.

    De Gaulle vou­dra-t-il y résis­ter ? Je le souhaite.

    Sur plu­sieurs bancs à droite. Alors ?

    M. Pierre Men­dès-France. Le pour­ra-t-il ? Ne s’est-il pas mis dès le départ en situa­tion d’in­fé­rio­ri­té, lui qui par­le­ra demain au nom de l’E­tat en accep­tant que son nom soit ain­si exploi­té à Alger, à Ajac­cio, comme à Paris, en accep­tant que son inves­ti­ture soit extor­quée à l’As­sem­blée par la menace de la sédi­tion ? (Pro­tes­ta­tions à droite . — Applau­dis­se­ments à l’ex­trême gauche et sur plu­sieurs bancs à gauche.)

    Qu’il rompe dès demain avec ceux qui ne cessent de se recom­man­der de lui ; qu’il res­ti­tue à l’E­tat qu’il va per­son­ni­fier l’in­dé­pen­dance et la dignité.

    Ce jour-là, nous l’ai­de­rons sans réserve et de toutes nos forces. Notre atti­tude à son égard ne sera jamais celle de l’op­po­si­tion sté­rile et des­truc­trice ; elle sera celle de la cri­tique vigi­lante, construc­tive et utile au pays. Seule­ment, que de Gaulle ne tarde pas dans l’ef­fort qui s’im­pose, cet effort qui sera, de jour en jour, ren­du plus dif­fi­cile par les exi­gences accrues de ceux qui déjà crient victoire.

    Puisse l’His­toire dire un jour que de Gaulle a éli­mi­né le péril fas­ciste, qu’il a main­te­nu et res­tau­ré les liber­tés, qu’il a réta­bli la dis­ci­pline dans l’ad­mi­nis­tra­tion et dans l’ar­mée, qu’il a extir­pé la tor­ture qui désho­nore l’E­tat (Pro­tes­ta­tions à droite), en un mot qu’il a conso­li­dé et assai­ni la Répu­blique . Alors, mais alors seule­ment, le géné­ral de Gaulle repré­sen­te­ra la légitimité.

    Je ne parle pas de la légi­ti­mi­té for­melle des votes et des pro­cé­dures, je parle de la légi­ti­mi­té pro­fonde, celle qu’il invo­quait jus­te­ment en 1940.

    Elle tenait alors à l’hon­neur du com­bat pour la libé­ra­tion du sol.

    Elle tient aujourd’­hui, par-delà les consti­tu­tions qui se modi­fient, à ces prin­cipes qui datent de 1789, mais qui devaient déjà avoir mûri très pro­fon­dé­ment dans les souf­frances du peuple et dans l’ef­fort des pen­seurs de l’an­cienne France, pour avoir pu être for­mu­lés, dans te tumulte d’une seule séance, en une langue si belle ; à ces prin­cipes qui dominent nos lois, qui ont fait à la France une gran­deur sin­gu­lière, incom­men­su­rable, à ses forces maté­rielles, et qui sur­vit à ses revers. Ce n’est pas pour nous, par­le­men­taires, bien sûr, que 250.000 hommes ont défi­lé de la Nation à la Répu­blique, ouvriers, bour­geois et étu­diants mêlés. (Excla­ma­tions à droite et à l’ex­trême droite. —Applau­dis­se­ments à l’ex­trême gauche et sur plu­sieurs bancs à gauche.)

    Ce n’est pas pour nous, mais c’est pour leur liber­té menacée.

    Si elle était atteinte demain, ces hommes seraient des mil­lions ; et ils seraient — que le géné­ral de Gaulle ne l’ou­blie jamais — le peuple de France dont émane toute légi­ti­mi­té authentique.

    Le drame d’au­jourd’­hui, c’est l’in­quié­tude et l’an­goisse qui ont étreint ces hommes lors­qu’ils ont vu le nom du géné­ral de Gaulle acca­pa­ré et confis­qué — et pour quelles fins — par ceux dont ils se méfient à juste titre et sans que cela leur soit inter­dit par le géné­ral de Gaulle et sans qu’Il se déso­li­da­rise d’eux.

    De telle sorte que son arri­vée au pou­voir c’est, qu’il le veuille ou non, leur vic­toire et leur revanche ; et c’est une délaite pour la frac­tion la plus libé­rale, la plus ardente, la plus jeune, la plus pro­gres­sive de notre peuple, pour cette frac­tion qui était cepen­dant aux pre­miers rangs du com­bat de 194O à 1945 autour du libé­ra­teur de la patrie et sans laquelle on ne redres­se­ra pas ce pays.

    Je ne veux pas encore croire que ce divorce — ce divorce contre nature — soit irré­mé­diable. Mais le péril est tel que nous ne pou­vons pas rati­fier ain­si de notre vote la nova­tion poli­tique qui va s’accomplir.

    Que de Gaulle, dès demain, garan­tisse sans réserve, et pour l’im­mé­diat, les liber­tés mena­cées par le fas­cisme, le res­pect de la léga­li­té répu­bli­caine et des droits de l’homme et du citoyen ; qu’il réta­blisse très vite une repré­sen­ta­tion popu­laire réno­vée, conte­nue par une exacte sépa­ra­tion des pou­voirs, alors — alors seule­ment — nous trou­ve­rons les apai­se­ments que nous avons le droit, le devoir, le man­dat d’exiger.

    La repré­sen­ta­tion popu­laire, j’ose dire que le géné­ral de Gaulle en a besoin comme il a besoin de la pré­sence vivante des forces démo­cra­tiques s’il veut oppo­ser son refus, aujourd’­hui aux cla­meurs du fas­cisme, demain à la reven­di­ca­tion, d’a­bord insi­dieuse, mais à bref délai impé­rieuse, d’une sorte de par­ti unique qui usur­pe­rait son min et que nous annoncent déjà ouver­te­ment les déci­sions publiées à Alger par des hommes qui se réclament de lui.

    C’est un axiome en démo­cra­tie et c’est une leçon de l’his­toire, que ce n’est pas une una­ni­mi­té acquise dans le silence où l’é­qui­voque, dans la som­ma­tion impo­sée ou accep­tée ou dans la dis­ci­pline de quelque par­ti unique, mais que c’est la confron­ta­tion de thèses sin­cères qui est le plus favo­rable à la déter­mi­na­tion et à la mise en œuvre d’une bonne poli­tique. C’est la ver­tu recon­nue des ins­ti­tu­tions par­le­men­taires, quand elles fonc­tionnent bien et cor­rec­te­ment, d’as­su­rer cette salu­taire confrontation.

    Que le géné­ral de Gaulle n’ou­blie pas non plus qu’en dehors des liber­tés démo­cra­tiques — liber­té de la presse, liber­té syn­di­cale, liber­té de pen­sée et d’ex­pres­sion — le, pays serait condam­né demain ou après-demain à pas­ser de la dic­ta­ture fas­ciste à la dic­ta­ture com­mu­niste, après une longue période de désordres, après une guerre civile inter­mi­nable, l’as­ser­vis­se­ment per­ma­nent de l’homme à la vio­lence et aux menaces de la vio­lence et la perte de l’in­dé­pen­dance natio­nale . (Applau­dis­se­ments sur divers bancs à gauche, sur plu­sieurs bancs à l’extrême droite.) L’extrême gauche n’ap­plau­dit plus ?

    M. Jean Legendre. Mon­sieur Men­dès-France, vous défi­liez avec eux mercredi.

    M. Pierre Men­dès-France. Face à la res­pon­sa­bi­li­té his­to­rique qui lui est impar­tie une fois encore et qu’il affronte, qu’il le sache, dans l’in­quié­tude d’hommes déçus par ses démarches des der­nières semaines — il n’est aucun impé­ra­tif plus impor­tant et plus grave pour le suc­cès même de la mis­sion du géné­ral de Gaulle que celui des liber­tés de la nation, puisque l ‘exis­tence et le res­pect de ces liber­tés peuvent seuls nous rendre les chances d’une démo­cra­tie res­tau­rée, rajeu­nie et enfin effi­cace, les chances de cette Répu­blique dure et pure dont nous avons rêvé naguère, aux heures de la Résistance.

    Quant à nous, dans l’exacte conscience de nos fai­blesses et de nos erreurs d’hier, il n’est aucun vœu meilleur, aucun vœu plus sacré que nous puis­sions for­mer pour la patrie déchi­rée que celui qui s’ex­prime dans un cri tra­di­tion­nel, mais où l’an­goisse, aujourd’­hui, pour moi, l’emporte sur l’es­pé­rance : Vive la Répu­blique. (Applau­dis­se­ments sur quelques bancs à gauche el sua cer­tains bancs à l’ex­trême gauche.)

    Réponse
  73. phil82

    Vision poli­tique à la sauce 
    Michel Debré.

    Extraits du dis­cours à l’Assemblée, le 15 jan­vier 1959.

    La consti­tu­tion de le Vème Répu­blique est approu­vée par >réfé­ren­dum< le 28 sep­tembre 1958 (82.6% de oui).

    Michel Debré, pre­mier ministre, fait par­tie du petit groupe des rédac­teurs de ladite >Consti­tu­tion<.

    Extraits :

    Démo­cra­tie – Elus du peuple – Etat – Par­le­ment rénové -

    « Notre démo­cra­tie a désor­mais pour expres­sion un gou­ver­ne­ment dési­gné par le chef légi­time de la nation, consa­cré, au départ de son entre­prise, par la confiance des élus du peuple, dis­po­sant pour sa mis­sion des moyens de. L’Etat, c’est-à- dire capable de mener une poli­tique ‑et de mani­fes­ter son auto­ri­té, pla­cé, enfin, sous le contrôle d’As­sem­blée dont le fonc­tion­ne­ment et les pou­voirs per­mettent d’é­vi­ter l’ar­bi­traire aus­si bien à l’é­gard de la nation qu’à l’é­gard des citoyens. En d’autres termes, la Consti­tu­tion, approu­vée le 28 sep­tembre de l’an pas­sé, éta­blit un régime gou­ver­ne­men­tal de type parlementaire. »

    « Les Assem­blées vont pro­chai­ne­ment adop­ter leur règle­ment, puis elles com­men­ce­ront, d’i­ci trois mois, leur tâche légis­la­tive. Qu’il s’a­gisse de la durée des ses­sions, du rôle des com­mis­sions, de la pro­cé­dure légis­la­tive et bud­gé­taire, du vote per­son­nel, du non-cumul du man­dat par­le­men­taire et des fonc­tions minis­té­rielles, il convient de s’ins­pi­rer sans arrière-pen­sée de l’es­prit qui a pré­si­dé aux ins­ti­tu­tions nouvelles.

    Le Par­le­ment dis­cute et vote les lois, c’est-à-dire les règles fon­da­men­tales tou­chant les struc­tures de l’E­tat, les bases de la socié­té, les droits de la famille et des indi­vi­dus. Le Par­le­ment dis­cute et vote le bud­get, c’est-à-dire les impôts deman­dés aux citoyens, les dépenses qu’exigent les ser­vices publics, l’o­rien­ta­tion éco­no­mique et sociale de la nation. 

    Tant en ce qui concerne la loi que le bud­get, il n’y a pas de res­pon­sa­bi­li­tés sépa­rées : pour le bien com­mun, le tra­vail se fait en com­mun, et le Gou­ver­ne­ment y’a sa part. Enfin, le Par­le­ment contrôle et ques­tionne, non : à pro­pos d’in­té­rêts pro­fes­sion­nels ou locaux, mais pour le bien de l’Etat ou par sou­ci de la liberté. »

    « A l’é­gard de ce Par­le­ment réno­vé, le Gou­ver­ne­ment a des devoirs d’au­tant plus impé­rieux qu’il dis­pose des pou­voirs néces­saires A sa mis­sion, il doit expo­ser fran­che­ment sa poli­tique, ne point tar­der la réa­li­té ; ni dis­si­mu­ler ses intentions.

    Il doit pré­pa­rer le tra­vail légis­la­tif et bud­gé­taire et s’im­po­ser une col­la­bo­ra­tion utile pour le bien com­mun. Il n’est pas plus de Gou­ver­ne­ment- sou­ve­rain qu’il n’est d’As­sem­blées sou­ve­raines. Gou­ver­ne­ment et Par­le­ment sont, ensemble, au ser­vice de la seule sou­ve­rai­ne­té, qui est celle de la Nation. »

    Algé­rie

    « Des hommes et des femmes y vivent, dont les pères ont fait l’Al­gé­rie, et qui conti­nuent à la faire chaque jour. La France y a grou­pé autour de son dra­peau, et par ses hautes concep­tions poli­tiques, des Euro­péens et des Afri­cains, les- uns et les autres citoyens comme nous-mêmes. No.; conci­toyens musul­mans sont, comme les des­cen­dants de ceux qui ont tra­ver­sé la Médi­ter­ra­née, des hommes et des femmes dans le regard des­quels nous voyons l’i­mage d’une com­mune espérance.

    Il eut des esprits qui pèsent avant toute chose le doit et l’a­voir, les pro­fits et les charges : disons hau­te­ment, à l’hon­neur de notre peuple, et spé­cia­le­ment à l’hon­neur des offi­ciers et des sol­dats, que nous met­tons avant toute, chose cet élan des sen­ti­ments qui unit des mil­lions d’Al­gé­riens, de la ville et du bled, dans l’af­fec­tion spon­ta­née qui crée, au-des­sus et par-delà les dif­fé­rences d’o­ri­gine, de race et de reli­gion, le com­mu­nau­té d’espérance. »

    « Faut-il convaincre les cal­cu­la­teurs ? Mon­trons-leur le Saha­ra ce désert où le coq gau­lois s’est long­temps en vain réchauf­fé les ergots. 

    Que de puis­sances désor­mais y vien­draient volon­tiers grat­ter le sable brû­lant ! Accep­tons de les asso­cier à une œuvre immense qui peut ouvrir une ère nou­velle à l’Al­gé­rie et à l’A­frique, à la France et à l’Europe. »

    « A ceux que ne contente pas la vision des grandes pos­si­bi­li­tés éco­no­miques et humaines aux­quelles nous accé­dons grâce à l’Al­gé­rie, recom­man­dons de réflé­chir au pro­blème de notre sécu­ri­té. La France est à Alger par une néces­si­té fon­da­men­tale que nos ancêtres ont connue et que- nous ne pou­vons mécon­naître sans tra­hir. C’est par notre pré­sence indis­cu­tée, notre auto­ri­té incon­tes­tée, qua nous garan­tis­sons la sécu­ri­té de la Médi­ter­ra­née occi­den­tale, et, par-là, notre sécurité.

    Devoir, enfin, d’en­vi­sa­ger le retour à la paix. Une orga­ni­sa­tion rebelle, dont les chefs réfu­giés à l’étranger reçoivent de l’é­tran­ger, avec l’or et les armes, les consignes d’une tue­rie per­ma­nente, mène contre nous la lutte depuis quatre ans. »

    « A qui cette lutte pro­fite-t-elle ? Disons-le hau­te­ment : elle pro­fite à toutes les forces sub­ver­sives, de ter­ro­risme, de racisme, au détri­ment de l’ordre, de 1a paix et de la fra­ter­ni­té. N’est-ce rien le réfé­ren­dum du mois de sep­tembre ? Le cœur pro­fond de l’Al­gé­rie a par­lé ; et il n’a pas par­lé pour ceux qui ont choi­si le camp de la rébel­lion, c’est-à-dire le camp de la haine. En octobre der­nier, le chef du Gou­ver­ne­ment, évo­quant pour les uns la paix des sol­dats, pour les autres la venue en France avec sauf-conduit, a ouvert les seules pers­pec­tives pos­sibles de ces­sa­tion des hos­ti­li­tés. Le chef du Gou­ver­ne­ment d’hier est aujourd’­hui Pré­sident de la Répu­blique et Pré­sident de la Com­mu­nau­té. En d’autres termes, son offre est tou­jours ouverte, et pen­sant aux fausses rumeurs si sot­te­ment mais si com­plai­sam­ment rap­por­tées, je dis qu’il n’en est aucune autre qui ait jamais été envi­sa­gée, aucune autre qui puisse être envisagée. »

    Empire colo­nial

    « La créa­tion de l’Em­pire fut une vraie gloire de la Répu­blique. Cette grande aven­ture demeure pour tou­jours à l’é­loge et à l’hon­neur de plu­sieurs géné­ra­tions de Fran­çais la France, éle­vée au rang d’une forte et atti­rante métro­pole, a appor­té à l’A­sie et à l’A­frique une contri­bu­tion inéga­lée : mise en valeur, au temps où l’on ne connais­sait pas ce terme, for­ma­tion d’é­lites autoch­tones, au temps où ils étaient peu nom­breux dans le monde les Etats qui se pré­oc­cu­paient d’é­du­ca­tion et de pro­mo­tion, enfin gout et connais­sance de la vraie liber­té, celle qui est fon­dée sur le res­pect de la digni­té de chaque per­sonne humaine. En réponse, les peuples de l’Em­pire ont appor­té à notre patrie, en des heures déci­sives, une aide mar­quée pour tou­jours dans notre sol. Enfin n’ou­blions pas qu’en­semble ; pen­dant un demi-siècle, métro­pole et empire ont contri­bué, par leur uni­té, à l’é­qui­libre du monde. »

    Arme nucléaire

    Le Gou­ver­ne­ment fran­çais a com­pris .cer­tains devoirs que lui impose l’al­liance atlan­tique : devoir d’ac­cé­der à la puis­sance mili­taire ato­mique, néces­si­té peur la France et pour l’Eu­rope, devoir de faire consi­dé­rer l’importance stra­té­gique A nulle autre pareille des posi­tions fran­çaises en Médi­ter­ra­née. Ce sont ces devoirs qui ont ins­pi­ré au pré­cé­dent gou­ver­ne­ment un effort de révi­sion et de mise au point qui sera pour­sui­vi. Sans doute la soli­da­ri­té n’est-elle damais sans défaillance ; c’est la ran­çon de la liberté.

    Europe

    Quelles que soient les consé­quences espé­rées de cet effort éco­no­mique, il ne suf­fi­ra pas à enga­ger les nations euro­péennes, du fond du cœur, dans l’œuvre d’as­so­cia­tion que pos­tule notre temps. Les fron­tières ne s’es­tompent que devant une concep­tion com­mu­né­ment accep­tée de la soli­da­ri­té poli­tique. La cause de cha­cun est la cause de tous ; la cause de l’en­semble est la cause de cha­cun : voi­là en quoi doit se mani­fes­ter l’Eu­rope de demain, l’Eu­rope des patries et de la liberté.

    Com­mu­nistes – opposition

    Qu’à cer­tains moments un Fran­çais sur cinq, une Fran­çaise sur cinq, consul­tés à l’oc­ca­sion des élec­tions, aient été por­tés à voter pour une for­ma­tion poli­tique dont les ambi­tions sont ouver­te­ment révo­lu­tion­naires, dont la tac­tique est com­man­dée de l’é­tran­ger, et dont la doc­trine est la néga­tion de la liber­té, voi­là qui était grave, et mal­gré le redres­se­ment que l’es­pé­rance de l’année 1958 a fait naître, voi­là qui demeure grave.

    Le pre­mier devoir de par­le­men­taires et de gou­ver­nants est d’ins­pi­rer leur action par une longue pers­pec­tive. Or, toute longue pers­pec­tive nous est fer­mée si dans les dix ou quinze ans qui viennent on ne réus­sit pas à pro­lon­ger les résul­tats des der­niers mois, à les ampli­fier, à les conso­li­der, c’est-à-dire à recons­ti­tuer l’u­ni­té de la socié­té fran­çaise. Il ne faut plus que la voca­tion poli­tique d’une par­tie de la France soit la voca­tion de révol­tés. L’a­ve­nir de notre patrie, l’a­ve­nir de nos liber­tés exigent la par­ti­ci­pa­tion pro­fonde d’une nation qua­si­ment una­nime à son destin.

    Syn­di­cats

    Au-delà de la vie des entre­prises, c’est avec les syn­di­cats que l’on doit assu­rer la par­ti­ci­pa­tion du monde du tra­vail à l’é­co­no­mie natio­nale. En ce domaine, depuis plu­sieurs années on a pu consta­ter un relâ­che­ment qui est sans doute le résul­tat de nos divi­sions inté­rieures. Le Gou­ver­ne­ment a le désir de mar­quer, avec la mise en place des nou­velles ins­ti­tu­tions, sa volon­té d’of­frir aux res­pon­sables des syn­di­cats les pos­si­bi­li­tés de prendre leur part aux déli­bé­ra­tions qui pré­cé­de­ront les déci­sions de l’État.

    Eco­no­mie

    Il faut voir d’a­bord où nous en étions arri­vés : une infla­tion conti­nue aux inci­dences éco­no­miques et sociales à la longue dégra­dantes, des inves­tis­se­ments insuf­fi­sants, une pro­duc­tion détour­née de, l’ex­por­ta­tion ou même hors d’é­tat d’ex­por­ter, l’a­me­nui­se­ment du stock d’or et l’é­qui­pe­ment des réserves de devises ; en fit de compte, une France eu posi­tion per­ma­nente d’emprunteur et de qué­man­deur. L’opinion n’a jamais pris clai­re­ment conscience de la pro­fon­deur de l’abîme finan­cier, et, de ce fait, poli­tique, où nous ris­quions d’être précipités.

    Il n’est pas d’in­dé­pen­dance poli­tique, c’est-à-dire qu’il y a risque de ser­vi­tude, si la vie quo­ti­dienne du pays dépend de prêts ou de dons de l’étranger.

    Équi­li­brer nos comptes, évi­ter l’in­fla­tion, avoir une mon­naie saine, certes, la tâche n’est pas facile, car les charges de la France sont mul­tiples, niais la tâche est nécessaire.

    Pri­va­ti­sa­tions

    « A l’abri de la concur­rence étran­gère, par­fois et trop sou­vent avec l’aide de l’E­tat, beau­coup d’en­tre­prises fonc­tionnent dans des condi­tions qui ne leur assurent pas la meilleure pro­duc­ti­vi­té. Ces entre­prises devront affron­ter la concur­rence inter­na­tio­nale. Le Gou­ver­ne­ment, dans les mois qui viennent, étu­die­ra et pro­mul­gue­ra les mesures néces­saires à l’en­cou­ra­ge­ment des spé­cia­li­sa­tions ou des reconversions. »

    Réponse
  74. Ana Sailland

    Le refe­ren­dum est un simu­lacre de démo­cra­tie. Tou­jours. C’est un ali­bi pour ensuite pou­voir dire « cir­cu­lez, y a rien à voir : nous sommes en démo­cra­tie et c’est ce que le peuple a choi­si ». Et c’est là que réside l’ar­naque : il (le peuple) n’a choi­si ni le thème ni le texte, mais on l’a contraint à opter pour un oui ou pour un non, sur un ter­rain impo­sé, sans débattre, sans avoir en aucun cas le droit de pré­sen­ter les mille et une autres options pos­sibles.

    Pire encore, puis­qu’il n’a pas l’op­por­tu­ni­té de voir sa réflexion por­tée sur la scène natio­nale, il entre en stand­by décé­ré­bré, il (sauf quelques far­fe­lus gêneurs 😉 ) ne planche pas vrai­ment sur la com­plexi­té du pro­blème, ne s’en­quiert pas de la face cachée ni des ali­néas, ne tente pas de déco­der le verbe man­da­rin, et s’en­gouffre ain­si, au grand plai­sir de ses maîtres, dans la bataille binaire qu’on lui impose, dans le tiers exclu émo­tion­nel, avec sou­vent la tronche des oppo­seurs ou pro­po­seurs comme cri­tère essentiel.

    Ceux qui rédigent le texte d’un refe­ren­dum sont seuls à béné­fi­cier de l’im­mense pou­voir de pro­po­ser, qui devrait appar­te­nir au grand nombre, et la rédac­tion du texte leur per­met presque tou­jours, sauf couac inat­ten­du (mais le par­le­ment « « répa­re­ra«  »), d’im­po­ser leur vue en lais­sant le choix entre leur volon­té et l’en­fer, le choix est vite fait.

    Le refe­ren­dum est anti­pé­da­go­gique puis­qu’il érode l’es­prit d’in­ven­tion. C’est un tueur d’imaginaire.

    ça me fait pen­ser à un truc :

    Pre­nons garde à cet enfer­me­ment dans le binaire qu’une consti­tuante unique impose, quelle que soit sa com­po­si­tion et son éthique. Je le répète : le pro­ces­sus consti­tuant doit offrir plu­sieurs textes, et non pas un seul à prendre ou laisser.

    Réponse
  75. phil82

    Sur Marianne​.net

    « Ils se sont fau­fi­lés et impo­sés dans tous les recoins de la socié­té, tels des enva­his­seurs d’un nou­veau genre : 
    les impos­teurs sont par­mi nous.
    On les croise chaque jour au travail. 
    On les subit dans les dîners. 
    On les entend à la télévision. 
    On lit par­fois leur prose.
    Ils nous envoient dans le mur en pré­ten­dant nous sau­ver de la crise. 
    Il nous arrive même de voter pour eux ! 
    Vir­tuoses des appa­rences, éponges des valeurs de leur temps, les impos­teurs vivent à cré­dit – celui que les autres leur accordent. »

    http://​www​.marianne​.net/​C​o​m​m​e​n​t​-​l​e​s​-​i​m​p​o​s​t​e​u​r​s​-​o​n​t​-​p​r​i​s​-​l​e​-​p​o​u​v​o​i​r​_​a​2​2​5​9​4​0​.​h​tml

    Réponse
  76. phil82

    Exemple d’im­pos­teurs…

    Robert HERSANT

    « C’est le pou­voir qui est, chaque fois, der­rière cet homme qui dis­pose de mil­liards à plai­sir. Pour l’a­chat de « Paris-Nor­man­die », qui avait le tort de ne pas s’être mis au ser­vice des dépu­tés de la majo­ri­té et d’a­voir à sa tête un grand jour­na­liste, Pierre-René Wolf, Her­sant a béné­fi­cié du sou­tien du chef de l’E­tat d’a­lors, Georges Pom­pi­dou. Pour l’ac­qui­si­tion du « Figa­ro » aus­si, Her­sant a reçu l’ap­pui de Valé­ry Gis­card d’Es­taing et de Jacques Chi­rac, qui vou­laient que ce jour­nal tombe entre des mains sûres. »

    « Avec de tels par­rai­nages, Robert Her­sant obtient tou­jours des prêts à volon­té. Sa recette : le dépu­té de l’Oise tra­vaille avec une quin­zaine de banques. Pour pro­cé­der à ses achats de presse, il lui suf­fit d’ob­te­nir des cré­dits, avec la béné­dic­tion gou­ver­ne­men­tale, dans plu­sieurs d’entre elles. Pre­nons l’exemple du « Figa­ro ». Il lui fal­lait ver­ser tout de suite 40 mil­lions de francs lourds à Jean Prou­vost. Il a trou­vé 10 mil­lions — com­ment ? — dans les jour­naux de son groupe, et emprun­té les trente autres à une dizaine de banques, à rai­son de 3 mil­lions cha­cune. « Une petit somme, dit Her­sant, et il n’y a aucune rai­son de vous la refu­ser quand on apporte en garan­tie la tota­li­té de ses propres affaires. » A plus forte rai­son, quand on est « recom­man­dé » par l’E­ly­sée et Mati­gnon… Les banques Her­vet, Worms, la B.N.P., les Banques popu­laires, la Socié­té géné­rale, Suez, etc. auraient donc prê­té cha­cune quelques mil­lions à Her­sant pour qu’il s’empare du « Figaro ».

    http://​refe​ren​tiel​.nou​ve​lobs​.com/​a​r​c​h​i​v​e​s​_​p​d​f​/​O​B​S​0​6​0​9​_​1​9​7​6​0​7​1​2​/​O​B​S​0​6​0​9​_​1​9​7​6​0​7​1​2​_​0​2​9​.​pdf

    « Qu’es­père Robert Her­sant, en lan­çant cette semaine, dans le der­nier « Fig-Mag », une spec­ta­cu­laire opé­ra­tion anti-immi­grés ? Simple bal­lon d’essai ?
    Pré­lude à de futures alliances ?
    En tout cas, Her­sant est bien déci­dé à être celui avec lequel les diri­geants de la droite devront comp­ter. Au mois d’oc­tobre 1984, Robert Her­sant, dit R.H., réunit dans son bureau de l’avenue
    Mati­gnon Jean-Maxime Lévêque, Louis Pau­wels, Hen­ri Amou­roux, Jacques Bloch-Morhange, Alain Griot­te­ray et deux pro­fes­seurs de droit. Objet de cette réunion : la créa­tion d’un par­ti ou d’un mou­ve­ment, pro­vi­soi­re­ment bap­ti­sé « Union libé­rale ». Le noyau de départ de cette Union libé­rale existe déjà. Il s’a­git de la Ligue des Contri­buables, fon­dée un an aupa­ra­vant par Jacques Bloch-Morhange et qui reven­dique alors plus de cent mille adhérents.

    Le com­plé­ment vien­drait des socio­pro­fes­sion­nels (d’où la pré­sence de Jean-Maxime
    Lévêque), d’hommes poli­tiques non-ins­crits et… de can­di­dats pous­sés par Hersant.
    R.H. rêve alors de jouer, à la tête d’un groupe par­le­men­taire, un rôle char­nière dans la pro­chaine Assem­blée. D’être celui sans lequel on ne peut rien. Il aurait dit à la même époque.

    « Si Le Pen peut faire ça, pour­quoi pas moi ? »

    Mais la réunion (qui a com­men­cé à dix heures) s’en­lise. A dix-huit heures, tout le monde se sépare fâché. Bloch-Morhange n’a pas mar­ché. La créa­tion d’un énième par­ti lui semble irréa­liste. Sans lui et sa Ligue des Contri­buables, rien n’est pos­sible. C’est l’é­chec. Her­sant aban­donne l’i­dée, d’au­tant plus que les son­dages donnent aujourd’­hui à l’UDF et au RPR la majo­ri­té absolue.

    Mais il place quand même ses pions. Il arri­ve­ra à l’As­sem­blée natio­nale en force et avec ses troupes. Côté sor­tants, ils sont trois :

    — le fidèle André Audi­not, numé­ro deux de son groupe. Il condui­ra la liste d’u­nion dans la Somme au titre du RPR ;

    — Phi­lippe Mestre, PDG de « Presse- Océan », dépu­té UDF de Ven­dée. Il sera second der­rière le RPR Vincent Ansquer ;

    Alain Pey­re­fitte, direc­teur poli­tique du « Figa­ro », dépu­té RPR de Seine-et-Marne, sera tête de liste en 1986 :

    Côté nou­velle cuvée, ils seront sept :

    —Robert Her­sant sera deuxième der­rière Mar­cel Das­sault, RPR, sur la liste de l’Oise

    — Jacques Her­sant, PDG de « France- Soir », fils du pré­cé­dent, sera troi­sième au titre
    du CNI sur la liste RPR dans le Pas-de-Calais ;
    —Ber­trand Cou­sin, numé­ro trois du groupe, conseiller muni­ci­pal de Brest, sera tête de liste RPR dans les Côtes-du-Nord ;

    —Phi­lippe Vas­seur, rédac­teur en chef éco­no­mique du « Figa­ro », mène­ra la liste UDF dans le Pas-de-Calais ;

    —Alain Griot­te­ray, édi­to­ria­liste au « Figa­ro- Maga­zine », bat­tu en 1981, sera tête de liste UDF dans le Val-de-Marne.;

    —Jean-Fran­çois Deniau, grand repor­ter au « Figa­ro », pré­sident du conseil géné­ral du Cher, sera tête de liste UDF dans le Cher ;

    —Jean Allard, direc­teur de « Paris-Nor­man­die », aura la cin­quième posi­tion sur la liste de Jean Leca­nuet en Seine-Maritime.

    Trois can­di­dats Her­sant sont en suspens

    – Gau­tier Audi­not, pré­sident du conseil de sur­veillance du « Dau­phi­né libé­ré », en qua­trième place en Isère, sous l’é­ti­quette UDF ;

    —Jean-Pierre Pierre-Bloch, direc­teur à « France-Soir », conseiller UDF de Paris, devrait être cin­quième sur la liste UDF de Paris ou deuxième en Seine-Saint-Denis ;

    —Jean Miot ; direc­teur délé­gué du « Figa­ro », cherche encore une place dans le Vau­cluse. Son cas est, dit-on, désespéré.

    R.H. a aus­si des sym­pa­thi­sants comme Alain Made­lin, bras droit de Léo­tard, et chro­ni­queur régu­lier, au « Figa­ro-Maga­zine », ou bien encore Michel d’Ornano.…

    Les élus de cette équipe ne pour­ront pas consti­tuer un groupe par­le­men­taire et ne se plie­ront pas for­cé­ment aux choix ris­qués du patron du « Fig-Mag ». Mais ils for­me­ront sans doute un groupe de pres­sion bien utile pour R.H.’ qui se voit déjà, après 1986, sinon ministre, du moins patron d’une Antenne 2 enfin privatisée. »

    CAROLE BARJON • LE NOUVEL OBSERVATEUR

    http://​refe​ren​tiel​.nou​ve​lobs​.com/​a​r​c​h​i​v​e​s​_​p​d​f​/​O​B​S​1​0​9​5​_​1​9​8​5​1​1​0​1​/​O​B​S​1​0​9​5​_​1​9​8​5​1​1​0​1​_​0​4​5​.​pdf

    Famille DASSAULT

    Das­sault s’a­chète Le Figa­ro… La presse aux mains des indus­triels et des banquiers
    Serge Das­sault, héri­tier d’une des plus grandes for­tunes de France, éri­gée essen­tiel­le­ment grâce aux com­mandes d’É­tat puisque le groupe qu’il dirige a four­ni la plu­part des avions qui équipent l’ar­mée fran­çaise, vient de mettre la main sur Le Figa­ro, et du même coup sur 30% de la presse régio­nale (Le Pro­grès, Le Dau­phi­né libé­ré, La Voix du Nord, entre autres). Du même coup, il s’empare du quo­ti­dien Le Soir de Bruxelles, de France Soir et d’une soixan­taine de publi­ca­tions, qui vont de l’heb­do­ma­daire L’Ex­press à L’Ex­pan­sion ou encore L’É­tu­diant et quelques autres.
    Les com­men­ta­teurs et les syn­di­cats de jour­na­listes s’in­quiètent de pos­sibles « chan­ge­ments de la ligne édi­to­riale » et expriment leurs craintes pour la « liber­té de l’in­for­ma­tion ». On a du mal à ima­gi­ner com­ment l’a­vion­neur Das­sault serait plus réac­tion­naire que feu Hersant.

    En novembre 2002, Serge Das­sault cri­ti­quait la « ligne » du Figa­ro, dont il venait d’a­che­ter, pre­mier pas dans la prise de contrôle du quo­ti­dien, 30% des actions : « Je ne dis pas qu’il est trop à gauche, je dis seule­ment que l’on n’ex­plique pas suf­fi­sam­ment à l’o­pi­nion la réa­li­té éco­no­mique telle qu’elle est vrai­ment dans les entre­prises. » Cela pré­cise ce qu’il enten­dait quand il décla­rait, dans Entre­prendre, qu’il vou­lait que ses jour­naux ‑le pos­ses­sif est de mise- expriment des « idées saines ». Les siennes.
    Le fait qu’un magnat de l’in­dus­trie s’a­chète un groupe de presse avec la même faci­li­té qu’un citoyen va s’a­che­ter son jour­nal au kiosque, le matin, n’est ni unique ni nou­veau. Das­sault n’est ni le seul ni le premier.

    Le groupe Her­sant, qu’il vient de s’of­frir, s’é­tait consti­tué à par­tir des années cin­quante autour d’un homme qui, condam­né après la guerre à dix ans d’in­di­gni­té natio­nale, avait engran­gé, au fil des années, dans son empire de presse, des dizaines de titres par­mi les plus influents du pays, notam­ment Le Figa­ro, France Soir, qui fut pen­dant long­temps le plus fort tirage des quo­ti­diens fran­çais, et bien d’autres. Dépu­té, il sié­geait sur les bancs de la droite gaul­liste avec une dizaine de ses col­la­bo­ra­teurs au Par­le­ment après avoir, un temps, été dans un petit par­ti fon­dé… par Mitterrand.

    Avant-guerre, il exis­tait des situa­tions simi­laires. Le Temps, qui appa­rais­sait comme le quo­ti­dien de réfé­rence de l’é­poque, était qua­si ouver­te­ment le jour­nal du Comi­té des Forges, du fait de ses liens connus avec les barons de la sidé­rur­gie, les De Wen­del et consorts. Il y eut aus­si la dynas­tie des Prou­vost, riches pro­prié­taires de fila­tures du Nord, qui eux aus­si, comme Her­sant, avaient eu quelques pro­blèmes avec la jus­tice, liés à leur atti­tude durant la Seconde Guerre mon­diale. Ils se retrou­vèrent à la tête d’un des empires de presse, à par­tir des années cin­quante, qui com­pre­nait Le Figa­ro, L’Au­rore, Match (qui devint par la suite Paris-Match), Marie-Claire, et quelques autres aus­si connus.

    Quand les titres changent de patrons, ils n’en res­tent pas moins aux mains des puis­sances d’argent. Il en a été ain­si du groupe de presse que s’é­tait payé Jean-Marie Mes­sier et le groupe Viven­di Uni­ver­sal (VU) qui, après leurs déboires, tom­ba dans l’es­car­celle de Jean-Luc Lagar­dère, qui s’est construit sa for­tune dans la vente d’armes, donc grâce aux com­mandes d’É­tat… tout comme Das­sault, et qui contrôle désor­mais, outre les mes­sa­ge­ries de presse (la dif­fu­sion des jour­naux et des maga­zines), pas moins de la moi­tié de l’é­di­tion en France. Et n’ou­blions pas Bouygues, à qui l’É­tat a reven­du la pre­mière chaîne de télé­vi­sion natio­nale, et qui s’est ache­té TF1 avec la même faci­li­té que n’im­porte quel qui­dam s’a­chète son télé­vi­seur chez Dar­ty. Pour un prix bra­dé, il est vrai.

    Par­fois ceux qui tirent les ficelles dans la presse écrite ou radio-télé­vi­sée changent, mais ils font tou­jours par­tie de ce monde res­treint de finan­ciers, d’af­fai­ristes, qui jonglent avec les titres en Bourse comme cer­tains jonglent avec les titres de jour­naux. On y retrouve les quelques noms qui font les gros titres de la rubrique finan­cière, par­fois de la rubrique des scan­dales, comme Pinault ou Mes­sier, et qui sont par­mi les vieux amis des diri­geants poli­tiques, de droite comme de gauche, d’ailleurs.

    C’est donc une douce plai­san­te­rie de par­ler de liber­té de la presse, ou encore de son indé­pen­dance. C’est un article qu’on ne trouve plus, en sup­po­sant qu’il ait un jour exis­té en maga­sin, dans ce que l’on appelle la grande presse. Elle n’est pas seule­ment sous influence, elle est aux mains des milieux finan­ciers, qui s’a­chètent des organes de presse, non seule­ment pour faire de l’argent (cer­tains titres ne sont pas for­cé­ment ren­tables) mais pour fabri­quer l’o­pi­nion, autant que faire se peut, avec par­fois en prime la pos­si­bi­li­té de décro­cher un poste élec­tif, de dépu­té par exemple comme ce fut le cas de Robert Her­sant et de Mar­cel Das­sault, le père de Serge, qui n’est pour le moment lui-même qu’un modeste maire, à Cor­beil-Essonnes, dans la grande ban­lieue parisienne.

    Comme quoi, en démo­cra­tie, une voix n’en vaut pas une autre. Il y a ceux qui n’ont pas accès à la parole et ceux qui peuvent se payer de puis­sants porte-voix. Serge Das­sault est de ceux-là.

    Vincent GELAS, LUTTE OUVRIERE N°1859 DU 19 MARS 2004

    Réponse
  77. Ana Sailland

    Chris­ti­na Kirch­ner vient de mettre en demeure Cla­rin et Pagi­na doce de cas­ser leur mono­pole médiatique.

    Réponse
  78. Ana Sailland

    Larousse

    Dic­ta­ture : Régime poli­tique dans lequel le pou­voir est déte­nu par une per­sonne ou par un groupe de per­sonnes (junte) qui l’exercent sans contrôle, de façon autoritaire.

    Mais pour­quoi diable rajoutent ils « junte » et pas « élus » ?

    Réponse
  79. J-Stéphane

    Bon­soir,

    {{Bon­soir Jean-Stéphane,

    Après la séance au sénat de ce jeu­di 28 février, le PVB se regrou­pe­ra au Café Tour­non (vers 18h30 je pense), qui est situé juste en face du Sénat.

    Si vous sou­hai­tez vous joindre à nous, vous êtes plus que bienvenu 😉

    Ami­ca­le­ment blanc,

    Brieuc MARTIN}}

    Réponse
  80. Étienne
  81. Étienne

    Cha­pitre 3.15
    Des dépu­tés ou représentants

    Sitôt que le ser­vice public cesse d’être la prin­ci­pale affaire des citoyens, et qu’ils aiment mieux ser­vir de leur bourse que de leur per­sonne, l’É­tat est déjà près de sa ruine. Faut-il mar­cher au com­bat ? ils payent des troupes et res­tent chez eux ; faut-il aller au conseil ? ils nomment des dépu­tés et res­tent chez eux. À force de paresse et d’argent, ils ont enfin des sol­dats pour asser­vir la patrie, et des repré­sen­tants pour la vendre.

    C’est le tra­cas du com­merce et des arts, c’est l’a­vide inté­rêt du gain, c’est la mol­lesse et l’a­mour des com­mo­di­tés, qui changent les ser­vices per­son­nels en argent. On cède une par­tie de son pro­fit pour l’aug­men­ter à son aise. Don­nez de l’argent, et bien­tôt vous aurez des fers. Ce mot de finance est un mot d’es­clave, il est incon­nu dans la cité. Dans un pays vrai­ment libre, les citoyens font tout avec leurs bras, et rien avec de l’argent ; loin de payer pour s’exemp­ter de leurs devoirs, ils paye­raient pour les rem­plir eux-mêmes. Je suis bien loin des idées com­munes ; je crois les cor­vées moins contraires à la liber­té que les taxes.

    Mieux l’État est consti­tué, plus les affaires publiques l’emportent sur les pri­vées, dans l’es­prit des citoyens. Il y a même beau­coup moins d’af­faires pri­vées, parce que la somme du bon­heur com­mun four­nis­sant une por­tion plus consi­dé­rable à celui de chaque indi­vi­du, il lui en reste moins à cher­cher dans les soins par­ti­cu­liers. Dans une cité bien conduite, cha­cun vole aux assem­blées ; sous un mau­vais gou­ver­ne­ment, nul n’aime à faire un pas pour s’y rendre, parce que nul ne prend inté­rêt à ce qui s’y fait, qu’on pré­voit que la volon­té géné­rale n’y domi­ne­ra pas, et qu’en­fin les soins domes­tiques absorbent tout. Les bonnes lois en font faire de meilleures, les mau­vaises en amènent de pires. Sitôt que quel­qu’un dit des affaires de l’É­tat : Que m’im­porte ? on doit comp­ter que l’É­tat est perdu.

    L’at­tié­dis­se­ment de l’a­mour de la patrie, l’ac­ti­vi­té de l’in­té­rêt pri­vé, l’im­men­si­té des États, les conquêtes, l’a­bus du gou­ver­ne­ment, ont fait ima­gi­ner la voie des dépu­tés ou repré­sen­tants du peuple dans les assem­blées de la nation. C’est ce qu’en cer­tain pays on ose appe­ler le tiers état. Ain­si l’in­té­rêt par­ti­cu­lier de deux ordres est mis au pre­mier et second rang ; l’in­té­rêt public n’est qu’au troisième.

    La sou­ve­rai­ne­té ne peut être repré­sen­tée, par la même rai­son qu’elle peut être alié­née ; elle consiste essen­tiel­le­ment dans la volon­té géné­rale, et la volon­té ne se repré­sente point : elle est la même, ou elle est autre ; il n’y a point de milieu. Les dépu­tés du peuple ne sont donc ni ne peuvent être ses repré­sen­tants, ils ne sont que ses com­mis­saires ; ils ne peuvent rien conclure défi­ni­ti­ve­ment. Toute loi que le peuple en per­sonne n’a pas rati­fiée est nulle ; ce n’est point une loi.

    Le peuple Anglais pense être libre, il se trompe fort ; il ne l’est que durant l’é­lec­tion des membres du par­le­ment : sitôt qu’ils sont élus, il est esclave, il n’est rien. Dans les courts moments de sa liber­té, l’u­sage qu’il en fait mérite bien qu’il la perde.

    L’i­dée des repré­sen­tants est moderne : elle nous vient du gou­ver­ne­ment féo­dal, de cet inique et absurde gou­ver­ne­ment dans lequel l’es­pèce humaine est dégra­dée, et où le nom d’homme est en déshon­neur. Dans les anciennes répu­bliques, et même dans les monar­chies, jamais le peuple n’eut des repré­sen­tants ; en ne connais­sait pas ce mot-là. Il est très sin­gu­lier qu’à Rome, où les tri­buns étaient si sacrés, on n’ait pas même ima­gi­né qu’ils pussent usur­per les fonc­tions du peuple, et qu’au milieu d’une si grande mul­ti­tude ils n’aient jamais ten­té de pas­ser de leur chef un seul plé­bis­cite. Qu’on juge cepen­dant de l’embarras que cau­sait quel­que­fois la foule par ce qui arri­va du temps des Gracques, où une par­tie des citoyens don­nait son suf­frage de des­sus les toits.

    Où le droit et la liber­té sont toutes choses, les incon­vé­nients ne sont rien. Chez ce sage peuple tout était mis à sa juste mesure : il lais­sait faire à ses lic­teurs ce que ses tri­buns n’eussent osé faire ; il ne crai­gnait pas que ses lic­teurs vou­lussent le représenter.

    Pour expli­quer cepen­dant com­ment les tri­buns le repré­sen­taient quel­que­fois, il suf­fit de conce­voir com­ment le gou­ver­ne­ment repré­sente le sou­ve­rain. La loi n’é­tant que la décla­ra­tion de la volon­té géné­rale, il est clair que, dans la puis­sance légis­la­tive, le peuple ne peut être repré­sen­té ; mais il peut et doit l’être dans la puis­sance exé­cu­tive, qui n’est que la force appli­quée à la loi. Ceci fait voir qu’en exa­mi­nant bien les choses on trou­ve­rait que très peu de nations ont des lois. Quoi qu’il en soit, il est sûr que les tri­buns, n’ayant aucune par­tie du pou­voir exé­cu­tif, ne purent jamais repré­sen­ter le peuple romain par les droits de leurs charges, mais seule­ment en usur­pant sur ceux du sénat.

    Chez les Grecs, tout ce que le peuple avait à faire, il le fai­sait par lui-même : il était sans cesse assem­blé sur la place. Il habi­tait un cli­mat doux ; il n’é­tait point avide ; des esclaves fai­saient ses tra­vaux ; sa grande affaire était sa liber­té. N’ayant plus les mêmes avan­tages, com­ment conser­ver les mêmes droits ? Vos cli­mats plus durs vous donnent plus de besoins (a): six mois de l’an­née la place publique n’est pas tenable ; vos langues sourdes ne peuvent se faire entendre en plein air ; vous don­nez plus à votre gain qu’à votre liber­té, et vous crai­gnez bien moins l’es­cla­vage que la misère.

    Quoi ! la liber­té ne se main­tient qu’à l’ap­pui de la ser­vi­tude ? Peut-être. Les deux excès se touchent. Tout ce qui n’est point dans la nature a ses incon­vé­nients, et la socié­té civile plus que tout le reste. Il y a telles posi­tions mal­heu­reuses où l’on ne peut conser­ver sa liber­té qu’aux dépens de celle d’au­trui, et où le citoyen ne peut être par­fai­te­ment libre que l’esclave ne soit extrê­me­ment esclave. Telle était la posi­tion de Sparte. Pour vous, peuples modernes, vous n’a­vez point d’es­claves, mais vous l’êtes ; vous payez leur liber­té de la vôtre. Vous avez beau van­ter cette pré­fé­rence, j’y trouve plus de lâche­té que d’humanité.

    Je n’en­tends point par tout cela qu’il faille avoir des esclaves, ni que le droit d’es­cla­vage soit légi­time, puisque j’ai prou­vé le contraire : je dis seule­ment les rai­sons pour­quoi les peuples modernes qui se croient libres ont des repré­sen­tants, et pour­quoi les peuples anciens n’en avaient pas. Quoi qu’il en soit, à l’ins­tant qu’un peuple se donne des repré­sen­tants, il n’est plus libre ; il n’est plus.

    Tout bien exa­mi­né, je ne vois pas qu’il soit désor­mais pos­sible au sou­ve­rain de conser­ver par­mi nous l’exer­cice de ses droits, si la cité n’est très petite. Mais si elle est très petite, elle sera sub­ju­guée ? Non. Je ferai voir ci-après (a) com­ment on peut réunir la puis­sance exté­rieure d’un grand peuple avec la police aisée et le bon ordre d’un petit État.

    Jean-Jacques Rous­seau, « DU CONTRAT SOCIAL ou Prin­cipes du droit poli­tique » (1762).

    Source : http://​clas​siques​.uqac​.ca/​c​l​a​s​s​i​q​u​e​s​/​R​o​u​s​s​e​a​u​_​j​j​/​r​o​u​s​s​e​a​u​.​h​tml

    Réponse
  82. EFFAB

    « le droit est le résul­tat d’un rap­port de force, et jamais l’in­verse » – mar­di 26 février 2013 à 01:33, par Étienne(@5)

    Tout est mathé­ma­tique, nous dit-on, toutes les lois de l’U­ni­vers pou­vant être com­prises et sug­gé­rées par la plus sim­pli­fiée ou la plus impro­bable des for­mules, pure abs­trac­tion en soi et déme­sure sym­bo­lique échap­pant à l’en­ten­de­ment mais cette intui­tion en nous, toute cette beau­té conte­nue, tout ce qui nous dépasse encore en même temps que cet infi­ni ou cette poten­tia­li­té illi­mi­tés, mais com­prise tout entière dans l’in­ten­tion d’un sou­rire ou l’é­vi­dence et la poé­sie de la Lumière cares­sant les choses et la vie. Tout serait donc mathématique…

    La loi du talion qui nous en impose depuis des lustres, cette loi arbi­traire et contre-nature, ban­cale autant qu’a­bu­sive, assu­je­tis­sant l’in­di­vi­du et les socié­tés, cette loi à mille lieux de toute jus­tice, de toute éman­ci­pa­tion, de tout réa­lisme, cette loi qui s’oc­troie tous les pou­voirs au détri­ment de tous mais dans le seul inté­rêt d’une élite auto-pro­cla­mée et mani­pu­la­trice qui a détour­né et la loi de nature (ce res­pect du vivant) et ces notions essen­tielles et fon­da­men­tales à toute huma­ni­té et démarche spi­ri­tuelle, cette loi qui s’est acca­pa­rée cette légi­ti­mi­té qui ne lui appar­tient pas, en aucune façon, cette déme­sure morale et cette pré­ten­tion intellectuelle.

    La Loi est mathé­ma­tique et appar­tient au plus grand nombre : le Tout com­pre­nant cha­cun d’entre nous pris indi­vi­duel­le­ment et cepen­dant par­ti­ci­pant de ce juste équi­libre de l’En­semble qui les réunit tous ; la conscience au coeur du vivant, l’in­di­vi­du au milieu de tous les pos­sibles, à la croi­sée des che­mins com­muns à tous et diver­gents par­tout, ce Tous en Un et ce Cha­cun en Tous, Tous pour un, un pour tous !… Cette chaîne invi­sible, méta­phy­sique, spi­ri­tuelle réunis­sant cha­cun d’entre nous dans ce mou­ve­ment inces­sant de la vie et cette diver­si­té si riche en nombre et en pos­si­bi­li­tés, cette plus-value d’ensemble.

    La loi du nombre, du plus grand nombre, éta­blit un rap­port de force en faveur de celui-ci, fon­dé lui-mlême sur ce res­pect mutuel et cette équi­té de droits et de faveurs ; ain­si, tous logés à la même enseigne et par­ti­ci­pant tous ensemble à cet inté­rêt com­mun comme à ces liber­tés indi­vi­duelles, le Droit est ain­si de fac­to ins­ti­tué, sou­ve­rain, garde-fou contre soi-même et chartre com­mu­nau­taire de tous les bons usages et bons comportements.

    La loi du nombre et ce droit qui en découle sont bien les fon­de­ments pri­mor­diaux de tout démo­cra­tie digne de ce nom ; ils sont en tout cas les garants de notre indé­pen­dance et le bras armé de notre volon­té. A nous de pro­cla­mer dès à pré­sent cette Légi­ti­mi­té de droit et de prin­cipe : conta­mi­ner le plus grand nombre mais d’ores et déjà reje­ter en bloc toute auto­ri­té et tout abus anti-consti­tu­tion­nel. Impo­sons enfin la jus­tice et tous ces droits inalié­nables : nous en avons le pou­voir si nous nous en don­nons le volon­té, ni plus ni moins.

    EFFAB

    Réponse
  83. J.C

    Je suis par­fai­te­ment d’ac­cord avec notre copain J.Jacques. Je n’ai ces­sé de le répé­ter, d’ailleurs doit finir par me détes­ter. allez tant pis encore une petite fois :

    Le pou­voir légis­la­tif ne doit jamais s’é­car­ter du peuple, jamais.

    il ne doit y avoir aucun repré­sen­tants en la matière d’au­cune façon, ni des élus ni des tirés au sort, c’est le peuple lui même qui doit légi­fé­rer et per­sonne d’autre.

    On peut bien pen­ser à des tirés au sort pour l’exécutif ce qui évite la main mise de spé­cia­listes ou tout sim­ple­ment contrô­ler et renou­ve­ler régu­liè­re­ment ces fonc­tion­naires qui peuvent être dési­gnés sur la base d’exa­men (concours etc.), autant avoir les meilleurs. Et les meilleurs pour accom­plir ces tâches, ce sont aujourd’­hui les machines, tout simplement.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  84. J.C

    pro­ces­sus constituant :

    art 1 :

    Les consti­tuants ne devront pas être des pro­fes­sion­nels de la politique.

    Art 2 :

    Les consti­tuants ne devront avoir aucun liens avec les lob­bies finan­cier pen­dant le pro­ces­sus constituant.

    Art 3 :

    Les consti­tuants ne devront pas écrire des règles pour eux-mêmes.

    Art 4 :

    Les consti­tuants ne devront pas ins­tau­rer l’im­puis­sance du peuple à l’é­gard de représentants.

    Art 5 :

    Les consti­tuants devront renon­cer à exer­cer le pouvoir.

    Art 6 :

    une autre chambre dont la fonc­tion serait de contrô­ler le pro­ces­sus consti­tuant pour­ra être envisagée.

    Art 7 :

    cette seconde chambre devra se sou­mettre au règles sui­vantes etc.

    Mes ques­tions sont simples, Étienne, si tu n’as pas le temps d’y répondre je ne t’en vou­drais pas, j’es­père sim­ple­ment que tu abor­de­ras le sujet dans ton livre.

    Les voi­ci :

    Com­ment impo­se­ra-t-on ces règles au pro­ces­sus constituant ?

    Le peuple aura-t-il le pou­voir avant même l’é­cri­ture de la constitution ?

    Com­ment le peuple aura-t-il le pou­voir d’é­crire une pré-constitution ?

    S’il a ce pou­voir, pour­quoi n’é­crit-il pas direc­te­ment une consti­tu­tion s’il peut déjà écrire des règles ?

    Pour­quoi devrait-il lais­ser à un petit groupe le droit de le faire à sa place ?

    Délé­guer ce pou­voir d’é­cri­ture à ses risques et périls n’est-il pas tout sim­ple­ment idiot s’il est en posi­tion de pro­duire les règles lui-même ?

    Et s’il ne l’est pas, com­ment un authen­tique pro­ces­sus consti­tuant pour­rait-il voir le jour ?

    Vois-tu ou je veux en venir ?

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  85. J.C

    C’est mieux de dire les choses clairement.

    Il me semble que le tirage au sort n’est pas appli­cable à un pro­ces­sus consti­tuant dés­in­té­res­sé parce que le peuple n’a pas encore la puis­sance néces­saire à l’é­gard des ins­ti­tu­tions qui lui per­mette d’im­po­ser quoi que ce soit.

    Il doit d’a­bord lui-même écrire et ins­tau­rer de nou­velles ins­ti­tu­tions pour pou­voir contrô­ler ses fonctionnaires.

    Sinon, ce pro­ces­sus sera cor­rom­pu par le sys­tème en place ou tout sim­ple­ment mis à l’écart.

    Le peuple doit prendre confiance en son pou­voir et le garder.

    Vou­loir uti­li­ser les ins­ti­tu­tions déjà exis­tantes conçues pour la cor­rup­tion, ce serait comme livrer quelques uns d’entre nous aux loups ou ver­ser de l’eau pure dans un réci­pient souillé.

    Si nous vou­lons que le monde change, n’at­ten­dons pas que d’autres le fassent à notre place, chan­geons-le nous-mêmes.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  86. Ana Sailland

    L’i­dée d’im­po­ser au pro­ces­sus consti­tuant des règles autres que celles de l’or­ga­ni­sa­tion, cette idée ne me séduit pas du tout 😉

    La démo­cra­tie est un risque ( infé­rieur pro­ba­ble­ment au risque de l’oligarchie ).
    Et vou­loir par crainte d’un résul­tat qui ne serait pas celui de mon tra­vail soli­taire, ni le fruit d’un tra­vail de « guides pré­cur­seurs », vou­loir cadrer la démo­cra­tie avant même sa nais­sance, cela pro­cède d’une pen­sée oli­gar­chique ; dit sans méchanceté.

    Par contre, la mul­ti­pli­ci­té des assem­blées consti­tuantes peut pro­té­ger des glis­sades d’une assem­blée unique, et cela sans l’in­tru­sion d’un quel­conque comi­té des sages.

    Vivre est ris­qué. Et le meilleur remède au risque est la confiance.

    Réponse
  87. J.C

    « Par contre, la mul­ti­pli­ci­té des assem­blées consti­tuantes peut pro­té­ger des glis­sades d’une assem­blée unique, et cela sans l’in­tru­sion d’un quel­conque comi­té des sages.

    Vivre est ris­qué. Et le meilleur remède au risque est la confiance. »

    exac­te­ment, pas mieux.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  88. J-Stéphane

    {{Vote blanc : feu vert du Sénat.

    Le Sénat a don­né aujourd’­hui son feu vert à la recon­nais­sance du vote blanc, mais sans tou­te­fois le consi­dé­rer comme un suf­frage expri­mé, en adop­tant une pro­po­si­tion de loi déjà votée par l’As­sem­blée nationale.

    Ce texte du dépu­té UDI Fran­çois Sau­va­det pré­voit que les votes blancs aux élec­tions soient comp­ta­bi­li­sés sépa­ré­ment des nuls, mais pas pris en compte dans les suf­frages exprimés.

    « Le gou­ver­ne­ment est favo­rable à cette ini­tia­tive qui per­met de mieux appré­cier le phé­no­mène du vote blanc », a indi­qué le ministre des Rela­tions avec le Par­le­ment, Alain Vida­lies. « Le mes­sage de citoyens qui se sont dépla­cés pour effec­tuer leur devoir élec­to­ral ne peut être consi­dé­ré comme négli­geable », a‑t-il dit.

    En revanche, il a expri­mé son hos­ti­li­té à voir les votes blancs pris en compte pour la déter­mi­na­tion des suf­frages expri­més, don­nant l’exemple notam­ment du second tour de l’é­lec­tion pré­si­den­tielle où cela pose­rait un pro­blème consti­tu­tion­nel si aucun des can­di­dats n’ob­te­nait 50% des voix.

    La recon­nais­sance du vote blanc est un véri­table ser­pent de mer de la vie poli­tique : 30 textes par­le­men­taires ont été dépo­sés en 20 ans et un seul adop­té, en 2003, qui a été inter­rom­pu dans une navette au Sénat, ont rap­pe­lé les intervenants}}

    Réponse
  89. J-Stéphane

    Source : Metro France

    « Les défen­seurs du vote blanc dénoncent une « supercherie »

    ÉLECTIONS – Le Sénat a adop­té à son tour jeu­di une pro­po­si­tion de loi sur la recon­nais­sance du vote blanc. Mais les par­ti­sans de ce geste poli­tique s’é­lèvent contre les consé­quences de ce texte a minima.

    C’est une « avan­cée démo­cra­tique majeure », « un pas impor­tant » selon beau­coup de res­pon­sables politiques.

    Les défen­seurs du vote blanc, eux, voient rouge après l’a­dop­tion, jeu­di au Sénat, d’une pro­po­si­tion de loi sur la recon­nais­sance de ce geste politique.

    Le texte, qui doit encore reve­nir en seconde lec­ture à l’As­sem­blée, recon­naît la spé­ci­fi­ci­té des bul­le­tins blancs en per­met­tant leur décompte, sépa­ré­ment des nuls, lors des élec­tions. Mais les votes blancs n’en­tre­ront pas dans le cal­cul des suf­frages expri­més. Le gou­ver­ne­ment, comme la plu­part des res­pon­sables poli­tiques, s’y oppose en effet, met­tant notam­ment en avant les pro­blèmes consti­tu­tion­nels qu’une telle inté­gra­tion pose­rait : si les bul­le­tins blancs avaient comp­té en mai der­nier, Fran­çois Hol­lande aurait accé­dé au pou­voir sans majo­ri­té absolue.

    Les enve­loppes vides pas assi­mi­lées au vote blanc

    « Les 5,8% d’électeurs qui ont voté ‘blanc ou nul’ le 6 mai 2012 et l’ensemble des citoyens fran­çais ont le regret de vous faire part du décès du vote blanc. La céré­mo­nie a eu lieu dans les dorures du Sénat le 28 février 2013 », n’hé­site pas à pro­cla­mer ven­dre­di, dans un com­mu­ni­qué en forme d’a­vis d’ob­sèques, le Par­ti du vote blanc. Joint par Metro, son pré­sident Sté­phane Guyot dénonce en effet une « super­che­rie » dans la pro­po­si­tion de loi auquel le palais du Luxem­bourg a don­né son feu vert. « Elle aurait pu consti­tuer un vrai pre­mier pas, même timide, si on avait per­mis aux élec­teurs de voter blanc, explique-t-il. Là, ce n’est pas le cas : on va dis­tin­guer les blanc des nuls, mais les enve­loppes vides ne seront fina­le­ment pas assi­mi­lées au vote blanc, et il n’y aura tou­jours pas de bul­le­tin spé­ci­fique mis à dis­po­si­tion des élec­teurs. »

    Pour que leur voix soit enten­due, ceux-ci devront donc appor­ter eux-mêmes un papier blanc préa­la­ble­ment décou­pé. Une rup­ture du prin­cipe d’é­ga­li­té des citoyens selon Sté­phane Guyot, les machines à voter dont dis­posent cer­taines villes étant équi­pées d’une touche « vote blanc ».

    Le mili­tant, qui assure que « 90 à 95% » de ceux qui votent blanc le font en glis­sant une enve­loppe vide dans l’urne, craint que beau­coup ne conti­nuent ain­si. Et donc que les scores désor­mais comp­ta­bi­li­sés du vote blanc ne soient « réduits à peau de cha­grin ». Il s’emporte : « On vou­drait faire taire le vote blanc et l’in­sa­tis­fac­tion des élec­teurs, on ne s’y pren­drait pas autrement. » »

    http://​www​.metro​news​.fr/​i​n​f​o​/​l​e​s​-​d​e​f​e​n​s​e​u​r​s​-​d​u​-​v​o​t​e​-​b​l​a​n​c​-​d​e​n​o​n​c​e​n​t​-​u​n​e​-​s​u​p​e​r​c​h​e​r​i​e​/​m​m​c​a​!​l​B​J​v​S​y​F​C​p​M​vU/

    Il me semble que la bataille du vote blanc a pu s’en­ga­ger, car il y a la volon­té sour­noise de trans­for­mer le suf­frage direct libre en suf­frage direct obli­ga­toire, et en plus le désir de géné­ra­li­ser les urnes électroniques.

    Nous ne devons pas man­quer les occa­sions qui se pré­sentent à nous, sur­tout quand on en devine les plans machia­vé­liques, refu­ser le com­bat c’est abdi­quer. Au contraire, il nous faut sans cesse mettre des coups dans la gou­verne, peut-être n’arriverons-nous pas là où nous le dési­rons, mais peut-être qu’eux non plus. Et puis cela per­met­tra de dévoi­ler sur la place publique les agis­se­ments oli­gar­chiques de notre bica­mé­risme, tout en infor­mant et for­mant les citoyens.

    Il serait peut-être judi­cieux de ripos­ter sur la pseu­do-majo­ri­té des suf­frages expri­més. En effet, sauf erreur de ma part, il me semble que dans la théo­rie, notre consti­tu­tion dite démo­cra­tique peut per­met d’élire un pré­sident de la répu­blique avec 1% des élec­teurs et 99% des élec­teurs seraient tota­le­ment mépri­sé parce qu’ils expri­me­raient en votant blanc, nul et abstention.

    Qu’est-ce que cette démo­cra­tie qui ne laisse aucune place au NON, quelque soit le choix à faire il faut dire OUI tou­jours OUI et jamais NON ! Est-ce cela un peuple souverain ?

    Com­ment peut-on per­mettre une telle lacune, et en est-ce vrai­ment une ? J’invite tous les élec­teurs à ne voter doré­na­vant pour aucun can­di­dat, voter pour un can­di­dat c’est voter OUI, alors main­te­nant votez NON ! Ceci pour expri­mer que vous n’êtes pas dupe, et aus­si pour mettre en panne ce suf­frage d’abdication. Ne reniez plus vos convic­tions, ne les lais­ser plus vous impo­ser leurs idées. Seul un grave dys­fonc­tion­ne­ment pour­ra venir à bout d’un tel monstre et son point faible c’est le NON.

    Réponse
  90. Anonymous

    LA LIQUIDATION DES BIENS PUBLICS EN FRANCE.

    Avec la mon­dia­li­sa­tion capi­ta­liste, les pri­va­ti­sa­tions mas­sives sont impo­sées à tous par le bra­dage des biens publics et la des­truc­tion des sys­tèmes sociaux. Cela remet en cause la fameuse notion d’identité natio­nale : qu’est-ce qui nous unit ? Nos impôts ne servent plus qu’à rem­plir les caisses du patro­nat et les poches des actionnaires.

    De 1933 à 1982 : consti­tu­tion et créa­tion du Bien Public avec notam­ment : Air France, SNCF, Renault, Cré­dit Lyon­nais, Socié­té Géné­rale, AFP, Alsthom, Saint Gobain, Usi­nor Saci­lor, Rhône-Pou­lenc, Cré­dit com­mer­cial de France, et la créa­tion d’EDF-GDF, soit un total d’une cin­quan­taine de groupes. Plus des groupes où les par­ti­ci­pa­tions publiques sont majo­ri­taires comme Matra, la Socié­té d’étude Mar­cel Das­sault, la Banque Roth­schild ou la Banque Worms. Tout cela consti­tuait le patri­moine que nous devions léguer à nos enfants !

    De 1986 à 2006 : déna­tio­na­li­sa­tions totales ou par­tielles par tous les gou­ver­ne­ments si bien qu’en 2007, il ne reste plus rien du sec­teur public indus­triel, le sec­teur public social et les biens d’usage col­lec­tif sont pri­va­ti­sés. Com­ment en est-on arri­vé là ? Par le lob­bying et la modi­fi­ca­tion de la légis­la­tion. Quand cela ne suf­fit pas, le gou­ver­ne­ment s’abrite der­rière les direc­tives euro­péennes. La sous-éva­lua­tion des biens publics livrés aux copains est sys­té­ma­tique, en sur­es­ti­mant l’endettement ou en met­tant en cause la ges­tion par exemple. Tout devient source de pro­fits : l’énergie, l’eau, le chô­mage, le savoir, la san­té, les retraites et même la délin­quance avec des pri­sons pri­vées, tout doit être trans­for­mé en mar­chan­dises, rien de doit échap­per au marché !

    Les tech­niques uti­li­sées : la vente totale ou par­tielle des entre­prises publiques, l’externalisation par le recours mas­sif à la sous-trai­tance (infor­ma­tique, main­te­nance, net­toyage, res­tau­ra­tion …), le déman­tè­le­ment et la vente des filiales les plus ren­tables, le bra­dage des ter­rains et des loge­ments de l’Etat … avec de gros pro­fits en vue pour les repre­neurs. L’état coupe ses sources de reve­nu et explique après que les caisses sont vides !

    Les pré­da­teurs sont pour l’essentiel de grandes socié­tés mul­ti­na­tio­nales qui ont leur siège en France ou de grands groupes finan­ciers mul­ti­na­tio­naux, les fonds de pen­sion, Les Hedge Funds et les Fonds Sou­ve­rains. Actuel­le­ment en France les P‑D.G des socié­tés du CAC 40 gagnent de 300 à 500 fois le SMIC. Le bien être de quelques uns est bâti sur la misère des autres. Les impôts sur les socié­tés et des plus riches ne cessent de dimi­nuer et le chô­mage aug­mente. Le nombre de fonc­tion­naires et d’entreprises publiques dimi­nue et le défi­cit de l’Etat aug­mente ! Cher­chez l’erreur !! Le trans­fert des fonds publics vers les fonds pri­vés est la prin­ci­pale cause des dif­fi­cul­tés de l’Etat.

    L’appât du gain sans limite a auto­ri­sé au nom d’une sup­po­sée effi­ca­ci­té éco­no­mique une remon­tée des inéga­li­tés de reve­nus et de patri­moine à des niveaux que l’on n’avait plus connus depuis la fin du XIXe siècle. Ces for­mi­dables inéga­li­tés n’ont aucune uti­li­té pour la socié­té, bien au contraire : elles sont source de pau­vre­té, de misère, de délin­quance et d’insécurité pour la majo­ri­té de la popu­la­tion ; le sys­tème pro­fite à une mino­ri­té, tous les autres tôt ou tard le subi­ront. Que lais­se­rons nous à nos enfants ?

    Source : http://​2ccr​.unblog​.fr/​2​0​1​0​/​1​0​/​1​9​/​l​a​-​l​i​q​u​i​d​a​t​i​o​n​-​d​e​s​-​b​i​e​n​s​-​p​u​b​l​i​c​s​-​e​n​-​f​r​a​n​ce/

    « Quelle pla­nète lais­se­rons nous à nos enfants ? et Quels enfants lais­se­rons nous à la planète ? »

    [Edit : mal­fai­teurs en bande : 

    ÉC]

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