https://dai.ly/xv80wu
Take the square par OXYGENPROD
Place Tahrir, Puerta del Sol, Syntagma Square, Wall Street… Le Caire, Madrid, Athènes, New-York… Autant de villes, autant de lieux où les différents peuples se sont mis à camper pour reprendre la rue, se réapproprier l’espace public, se réapproprier la démocratie…
Ce documentaire raconte l’histoire d’un mouvement qui a pris naissance sur le bord du Nil pour s’étendre à travers le monde et tenter de changer les rapports démocratiques.
Documentaire de Rodney PASSAVE-2013
Pour les aider, voici la page TOUSCOPROD (sympa, le nom) :
http://www.touscoprod.com/project/produce?id=423

The revolution will not be televised…
À part ça (mais c’est de la même veine), c’est après-demain que je vais rencontrer des Grenoblois, pour écrire ensemble quelques articles d’un exemple de Constitution d’origine populaire 🙂
Si vous voulez voir (un peu) à quoi peut ressembler ce genre d’atelier populaire constituant, voyez ce montage qui résume notre dernière rencontre, à Toulon, elle aussi sur le RIC :
See you soon.
Étienne.

J’adore ces ateliers ! C’est un vivier d’idées qui en éveillent d’autres.
Par exemple : L’âge d’un citoyen ne devrait pas être la référence pour que sa voix soit prise en compte pour les referendums et autres participations politiques. Sa légitimité devrait plutôt être son niveau de « crédibilité ». Pour cela, le futur citoyen devra passer par le statut de citoyen-disciple. Il pourra suivre des cours et devra passer des examens administrés par le cursus scolaire pour les enfants, et par des cours orientés pour des adultes (immigrant, recalé, destitué…), et qui à la finale, se verra délivrer le précieux sésame du citoyen averti.
Bien sûr il ne s’agit là que de donner des notions politiques pour chaque citoyen et non d’en faire des experts.
Ceci permettra, je pense, de compter sur des citoyens responsables, de tout âge et de tout horizon.
Aussi, une autre idée m’a parcouru l’esprit. Comment se protéger politiquement, du choix démocratique d’une mauvaise idée séduisante et du rejet d’une bonne idée repoussante ?
Exemple exagéré : autoriser les bonbons et interdire les réprimandes ?
Ou autre exemple, plus rédhibitoire : le contrôle démographique.
Avantage = prise en compte de la charge démographique sur les ressources.
Inconvénient = atteinte aux libertés naturelles (?)
Danger = eugénisme et théories de la race supérieure.
La question devient intéressante lorsque l’on dépasse la peur du danger, tout en cherchant à trouver des solutions pour empêcher le danger de se manifester au travers des mesures adoptées. Parce que, sur la nécessité de faire coïncider la capacité porteuse des ressources de la planète avec les besoins de ses habitants, il me semble qu’il n’y a guère de polémique à avoir.
Là, on dépasse les notions de « bonne idée repoussante » ou de « mauvaise idée séduisante » : parce qu’en fin de compte, les uns jugeront cet exemple (politique de contrôle démographique) comme étant une « bonne idée repoussante », les autres comme étant une « mauvaise idée séduisante », selon qu’ils y sont plutôt favorables ou défavorables. Or, les solutions à cette question nécessitent de dépasser le stade des opinions, pour parvenir au stade de l’analyse et de la recherche de solution consensuelles (c’est-à-dire avantageuses pour tous).
Cordialement,
Morpheus
@Morpheus
Bonjour,
D’autant que le sujet gravissime de la démographie est galvaudé par une économie à croissance effrénée, et qui condamne la démographie à une croissance également effrénée, tout cela pour nourrir un ogre de mois en moins rassasié.
@ J‑Stéphane,
Je suis tout à fait d’accord avec vous sur le fait que l’âge ne doit pas être une condition de la citoyenneté. De quel droit des adultes décideraient que les enfants ne sont pas assez mûrs pour pouvoir s’exprimer politiquement ? Pourquoi les enfants ne pourraient pas, eux aussi, défendre leurs intérêts ?
Par contre je suis absolument contre que l’examen final (une sorte de docimasie, finalement) soit géré par l’école. C’est mettre à nouveau une question d’âge dans l’affaire (à quel niveau ?), et c’est l’imposer à tous, même à ceux qui ne se sentent pas prêts.
(Quand je parle d’examen, il s’agit de quelque chose d’extrêmement banal et simple, que tout le monde passerait facilement. C’est la démarche qui est importante.)
Il faudrait donc que cet examen à l’issu duquel on délivrerait la « carte de citoyen », donnant le droit de vote et d’éligibilité (par le sort ou l’élection), soit du ressort d’une institution indépendante. A chacun d’aller passer l’examen quand il le souhaite et se sent prêt à assumer ses responsabilités de citoyen. A 12 ans pour celle-ci, à 30 ans pour celui-là, peut-être jamais pour un autre…
Une conséquence importante est que de cette manière on découple la minorité économique et les droits politiques.
Je vous recommande chaudement ce petit livre : « Pour l’abolition de l’enfance »
Je suis en partie d’accord avec Alfila.
Disons que dans votre proposition, J‑Stéphane, je pointe un danger, qui est celui de l’élitisme. Pour reprendre ma première approche :
PROJET : examen de citoyenneté (docimasie)
Avantage : former des citoyens avertis possédant des notions politiques ; sensibiliser dès le jeune âge à la pratique de la démocratie et de la citoyenneté.
Inconvénient : il a été démontré que le principe d’évaluation par cotation engendre une hiérarchie sociale. Une expérience aux USA a montré que, même dans une classe constituée de génies (des surdoués qui surclassent tous les « premiers de la classe » dans une classe « normale »), une hiérarchie se forme au sein de la classe, avec des bons, des moyens et des médiocres, exactement comme dans n’importe quelle école traditionnelle où l’on pratique l’évaluation par cotation et les principes de compétition par concours et examen.
Danger : (1) formation de classes sociales qui n’est pas sans rappeler Le meilleur des mondes de Aldous Huxley, avec des citoyens Alpha (la classe dirigeante), Bêta, Gamma, … jusqu’à Epsilon (la classe inférieure tout juste à bonne à exercer les tâches ingrates, routinières, sales, dangereuses, …) ; (2) par là même, formation d’une élite reproduisant les principes mêmes que l’on cherche à combattre : l’oligarchie.
Conclusion provisoire : il me semble qu’il conviendrait prioritairement de revoir (remettre en question) notre approche de l’évaluation dans une analyse en profondeur des paradigmes de pensée qui engendrent notre système scolaire et notre mode d’apprentissage et d’éducation.
Suggestion : étudier l’expérience de mise en pratique de la démocratie au sein de l’école de Summerhill (UK), ainsi que d’autres modes d’éducation non conventionnels (Decroly,Montessori, Steiner).
Je voulais surtout présenter une forme simplifiée d’approche analytique objective d’un problème : évaluation et définition des avantages et objectifs d’un projet (avantages) ; évaluation et repérage des inconvénients du projet (inconvénients) ; évaluation et mise en lumière des dangers potentiels du projet (danger).
Chacun peut appliquer cette méthode, et de cette manière, au sein d’une commission de citoyens tirés au sort (par exemple), si chacun applique cette méthode individuellement, puis que l’on met les évaluations en commun, il se dégage logiquement des lignes d’analyse objectives et l’expression d’une sensibilité collective (par recoupement).
Il existe d’autres méthodes, mais il s’agit déjà d’une approche simple et facile à mettre en œuvre par tout le monde (y compris des enfants).
Cordialement,
Morpheus
@Alfila,
Je ne vais pas m’étendre ici sur le sujet de l’éducation, nationale et privée, que je trouve de plus en plus moyenâgeuse…
Mais imaginons, comme pour le permis de conduire, des cours et des examens ouverts à l’inscription pour tout citoyen.
L’école n’étant plus, comme au moyen-âge, l’unique moyen de se cultiver, il sera également possible de s’inscrire directement à l’examen.
Apres pour décider du contenu des cours et des examens, c’est à débattre.
@ J‑Stéphane
Il faut faire attention à l’utilisation de l’adjectif « moyenâgeux ». Sur bien des points, le Moyen-Age n’était pas l’époque sombre que l’on imagine. Par exemple sur le statut des femmes et des enfants.
Et pourquoi des cours ? On va en cours pour acquérir un savoir ou une compétence. Or l’argument du tirage au sort est justement qu’il n’y a pas de compétence ou de savoir nécessaire pour pouvoir prétendre prendre part à la vie politique.
Le peu à savoir pour réussir l’examen se fera par l’observation directe : quand nous serons en démocratie, les enfants constateront l’expérience concrète de la démocratie par les citoyens. Pourquoi vouloir des cours où on enseignera aux enfants comment « bien penser » la démocratie ?
Pour une réelle démocratie, il faut vulgariser la politique, car l’élitisme ne pourra jamais être une démocratie.
Moi-même, j’ai commencé à me sentir citoyen et à vouloir lire des livres sur ce sujet grâce aux citoyens qui comme ici ont su partager et vulgarisés leurs opinions sur Internet.
Maintenant, j’y vois plus clair et je me surprends à être un meilleur pédagogue pour mes enfants, et c’est en cela que j’estime que les cours ne doivent plus être une obligation, par contre valider une compréhension oui.
Bien trop de classes sont inutilement en sureffectifs avec des enfants perturbateurs, qui, soit sont largués, car en dessous du niveau requis, ou soit sont anesthésiés, car au dessus du niveau imposé.
Aujourd’hui je me sens l’envie et l’aptitude de réussir bien des examens que bien des cours n’ont jamais réussi à éveiller en moi…
« Back home »
(((Ces temps-ci, j’écrirai peu car je viens de m’offrir un infarctus et dois me reposer. Ne vous inquiétez pas)))
Dans « Take the square » je relève que quelqu’un affirme que la décision doit venir d’en bas, c’est à dire du peuple.
J’applaudis, bien sûr. Mais je remarque que dans l’inconscient collectif le peuple est géométriquement localisé en bas. Et en bas de quoi, au fait ?
Ce vocabulaire est peut être hérité du temps où les cités étaient partagées en basse ville et haute ville, avec bien entendu la piétaille en bas et la noblesse ou la « haute » bourgeoisie au sommet de la colline, parfois dans des palais ou châteaux.
Le savetier, qui permet au financier de marcher, n’est il pourtant pas très haut dans la hiérarchie des utilités ?
Prenons donc l’habitude de remettre à l’endroit ->
La décision doit venir d’en haut, c’est à dire du peuple, dans son ensemble, sans exclusion ni présélection 🙂
Je vous laisse définir l’en bas 😉
Bonne journée quand même
@Ana Sailland
Je suis complètement d’accord avec votre analyse.
Mais je pense que le peuple doit d’abord s’imposer par le langage pour exprimer sa souveraineté.
Ceux qui s’estiment en haut veulent faire la scission avec le peuple en les opposant à leur vanité.
La rue doit parler sa langue et le nombre aura raison.
Le peuple doit comprendre que sa place n’est pas en bas, couché sous ces mégalos.
Le peuple est la base, la fondation de la nation.
Il est droit et fier comme un pilier sur qui repose le pays et quelques privilégiés qui doivent se courber devant le peuple.
Meilleure santé.
Moi, citoyen parisien, je veux bien prendre la place, mais quelle place ?
Il y a pléiade de place à nom propre, mais pas le mien.
Il y a bien place de la Nation, mais Nation n’est plus le peuple.
Il y a bien place de la République, mais République n’est pas le peuple.
Il y a bien place de la commune, mais pas des communards.
Place du citoyen, place du peuple, il n’y en a point.
Où est ma place ? En attendant la place du rassemblement populaire.
Moi, citoyen parisien anodin, je choisis de prendre place sur une place à mon image.
Place du Calvaire qui résume par son nom et par sa taille le sentiment de bien des citoyens qui ont perdu l’idée d’être un peuple.
Place des Champs Élysées, peut-être ? Sachant que ceux-ci sont à la mythologie romaine (païenne) ce que le Paradis est à la mythologie chrétienne.
Là où les dieux sont chez eux …
Prendre la place, prendre leur place, devenir nous-mêmes, le peuple, les dieux ; faire de la Terre les nouveaux Champs Élysées, le Paradis Terrestre, où tous sont égaux.
@ Ana
Oui du repos et quand tu le pourras des marches à pieds salutaires …Bon courage et bon rétablissement !
De mon côté c’est un autre morceau qui m’a lâché : trop de boulot physique accumulé et depuis 1 mois grosse sciatique invalidante : impossible même de rester trop longtemps assis devant l’ordi …
D’où mes excuses à Morpheus de ne pas lui avoir répondu .…
Allez bonne soirée à tous et n’oubliez pas que c’est le débat public qui est le coeur de la démocratie et que lui aussi a fait un infarctus !
Pour finir , je vous laisse méditer sur l’article 3 de la constitution qui dit
« La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum. »
Vous pouvez constater qu’on a les représentants et qu’on a pas le référendum ; que par conséquent notre constitution , en son article majeur n’est pas appliquée ; curieux non ?
Mais encore plus curieux de ne voir aucun parti politique mais aussi aucun rassemblement citoyen réclamer l’application de cet article !
A votre avis pourquoi cet état de fait étonnant ? Pourquoi ne pas réclamer ce qu’en définitive tout le monde défend ? Parce sous le référendum qui n’est qu’un comptage de voix il y a sur chaque problème étudié une étude approfondie de ce problème , il y a une démocratie adulte .
« … Je suis désolé, mais je ne veux pas être empereur, ce n’est pas mon affaire. Je ne veux ni conquérir, ni diriger personne. Je voudrais aider tout le monde dans la mesure du possible ; juifs, chrétiens, païens, blancs et noirs. Nous voudrions tous nous aider si nous le pouvions, les êtres humains sont ainsi faits. Nous voulons donner le bonheur à notre prochain, pas lui donner le malheur. Nous ne voulons pas haïr ni humilier personne. Chacun de nous a sa place et notre terre est bien assez riche, elle peut nourrir tous les êtres humains. Nous pouvons tous avoir une vie belle et libre mais nous l’avons oublié.
L’envie a empoisonné l’esprit des hommes, a barricadé le monde avec la haine, nous a fait sombrer dans la misère et les effusions de sang. Nous avons développé la vitesse pour nous enfermer en nous-mêmes. Les machines qui nous apportent l’abondance nous laissent dans l’insatisfaction. Notre savoir nous a fait devenir cyniques. Nous sommes inhumains à force d’intelligence, nous ne ressentons pas assez et nous pensons beaucoup trop. Nous sommes trop mécanisés et nous manquons d’humanité.
Nous sommes trop cultivés et nous manquons de tendresse et de gentillesse. Sans ces qualités humaines, la vie n’est plus que violence et tout est perdu.
Les avions, la radio nous ont rapprochés les uns des autres, ces inventions ne trouveront leur vrai sens que dans la bonté de l’être humain, que dans la fraternité, l’amitié et l’unité de tous les hommes.
En ce moment même, ma voix atteint des millions de gens à travers le monde, des millions d’hommes, de femmes, d’enfants désespérés, victimes d’un système qui torture les faibles et emprisonne des innocents.
Je dis à tous ceux qui m’entendent : Ne désespérez pas ! Le malheur qui est sur nous n’est que le produit éphémère de l’habilité, de l’amertume de ceux qui ont peur des progrès qu’accomplit l’Humanité. Mais la haine finira par disparaître et les dictateurs mourront et le pouvoir qu’ils avaient pris aux peuples va retourner aux peuples. Et tant que des hommes mourront pour elle, la liberté ne pourra pas périr. Soldats, ne vous donnez pas à ces brutes, à une minorité qui vous méprise et qui fait de vous des esclaves, enrégimente toute votre vie et qui vous dit tout ce qu’il faut faire et ce qu’il faut penser, qui vous dirige, vous manœuvre, se sert de vous comme chair à canons et qui vous traite comme du bétail.
Ne donnez pas votre vie à ces êtres inhumains, ces hommes machines avec une machine à la place de la tête et une machine dans le cœur.
Vous n’êtes pas des machines.
Vous n’êtes pas des esclaves.
Vous êtes des hommes, des hommes avec tout l’amour du monde dans le cœur.
Vous n’avez pas de haine, sinon pour ce qui est inhumain, ce qui n’est pas fait d’amour.
Soldats ne vous battez pas pour l’esclavage mais pour la liberté.
Il est écrit dans l’Évangile selon Saint Luc « Le Royaume de Dieu est dans l’être humain », pas dans un seul humain ni dans un groupe humain, mais dans tous les humains, mais en vous, en vous le peuple qui avez le pouvoir, le pouvoir de créer les machines, le pouvoir de créer le bonheur. Vous, le peuple, vous avez le pouvoir, le pouvoir de rendre la vie belle et libre, le pouvoir de faire de cette vie une merveilleuse aventure.
Alors au nom même de la Démocratie, utilisons ce pouvoir. Il faut tous nous unir, il faut tous nous battre pour un monde nouveau, un monde humain qui donnera à chacun l’occasion de travailler, qui apportera un avenir à la jeunesse et à la vieillesse la sécurité.
Ces brutes vous ont promis toutes ces choses pour que vous leur donniez le pouvoir : ils mentaient. Ils n’ont pas tenu leurs merveilleuses promesses : jamais ils ne le feront. Les dictateurs s’affranchissent en prenant le pouvoir mais ils font un esclave du peuple.
Alors, il faut nous battre pour accomplir toutes leurs promesses. Il faut nous battre pour libérer le monde, pour renverser les frontières et les barrières raciales, pour en finir avec l’avidité, avec la haine et l’intolérance. Il faut nous battre pour construire un monde de raison, un monde où la science et le progrès mèneront tous les hommes vers le bonheur. Soldats, au nom de la Démocratie, unissons-nous tous !
Hannah, est-ce que tu m’entends ?
Où que tu sois, lève les yeux ! Lève les yeux, Hannah !
Les nuages se dissipent ! Le soleil perce ! Nous émergeons des ténèbres pour trouver la lumière !
Nous pénétrons dans un monde nouveau, un monde meilleur, où les hommes domineront leur cupidité, leur haine et leur brutalité.
Lève les yeux, Hannah ! L’âme de l’homme a reçu des ailes et enfin elle commence à voler.
Elle vole vers l’arc-en-ciel, vers la lumière de l’espoir.
Lève les yeux, Hannah ! Lève les yeux !.… »
Charlie Chaplin « Le Dictateur » 1940