Take the square – Prendre la place – un film à aider

5/12/2012 | 14 commentaires

https://​dai​.ly/​x​v​8​0wu
Take the square par OXYGENPROD

Place Tah­rir, Puer­ta del Sol, Syn­tag­ma Square, Wall Street… Le Caire, Madrid, Athènes, New-York… Autant de villes, autant de lieux où les dif­fé­rents peuples se sont mis à cam­per pour reprendre la rue, se réap­pro­prier l’es­pace public, se réap­pro­prier la démo­cra­tie…

Ce docu­men­taire raconte l’his­toire d’un mou­ve­ment qui a pris nais­sance sur le bord du Nil pour s’é­tendre à tra­vers le monde et ten­ter de chan­ger les rap­ports démo­cra­tiques.

Docu­men­taire de Rod­ney PASSAVE-2013

Pour les aider, voi­ci la page TOUSCOPROD (sym­pa, le nom) :
http://​www​.tou​sco​prod​.com/​p​r​o​j​e​c​t​/​p​r​o​d​u​c​e​?​i​d​=​423

The revo­lu­tion will not be televised…

À part ça (mais c’est de la même veine), c’est après-demain que je vais ren­con­trer des Gre­no­blois, pour écrire ensemble quelques articles d’un exemple de Consti­tu­tion d’o­ri­gine populaire 🙂

http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​f​o​r​u​m​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​2​0​1​2​/​1​1​/​2​5​/​2​7​9​-​r​e​n​d​e​z​-​v​o​u​s​-​a​-​g​r​e​n​o​b​l​e​-​l​e​-​7​-​d​e​c​e​m​b​r​e​-​p​o​u​r​-​e​c​r​i​r​e​-​n​o​u​s​-​m​e​m​e​s​-​q​u​e​l​q​u​e​s​-​a​r​t​i​c​l​e​s​-​d​e​-​c​o​n​s​t​i​t​u​t​ion

Si vous vou­lez voir (un peu) à quoi peut res­sem­bler ce genre d’a­te­lier popu­laire consti­tuant, voyez ce mon­tage qui résume notre der­nière ren­contre, à Tou­lon, elle aus­si sur le RIC :

See you soon.

Étienne.

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Étienne

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14 Commentaires

  1. J-Stéphane

    J’adore ces ate­liers ! C’est un vivier d’idées qui en éveillent d’autres.

    Par exemple : L’âge d’un citoyen ne devrait pas être la réfé­rence pour que sa voix soit prise en compte pour les refe­ren­dums et autres par­ti­ci­pa­tions poli­tiques. Sa légi­ti­mi­té devrait plu­tôt être son niveau de « cré­di­bi­li­té ». Pour cela, le futur citoyen devra pas­ser par le sta­tut de citoyen-dis­ciple. Il pour­ra suivre des cours et devra pas­ser des exa­mens admi­nis­trés par le cur­sus sco­laire pour les enfants, et par des cours orien­tés pour des adultes (immi­grant, reca­lé, des­ti­tué…), et qui à la finale, se ver­ra déli­vrer le pré­cieux sésame du citoyen averti. 
    Bien sûr il ne s’agit là que de don­ner des notions poli­tiques pour chaque citoyen et non d’en faire des experts. 
    Ceci per­met­tra, je pense, de comp­ter sur des citoyens res­pon­sables, de tout âge et de tout horizon.

    Aus­si, une autre idée m’a par­cou­ru l’esprit. Com­ment se pro­té­ger poli­ti­que­ment, du choix démo­cra­tique d’une mau­vaise idée sédui­sante et du rejet d’une bonne idée repoussante ? 
    Exemple exa­gé­ré : auto­ri­ser les bon­bons et inter­dire les réprimandes ?

    Réponse
  2. Morpheus

    Ou autre exemple, plus rédhi­bi­toire : le contrôle démographique.

    Avan­tage = prise en compte de la charge démo­gra­phique sur les ressources.

    Incon­vé­nient = atteinte aux liber­tés naturelles (?)

    Dan­ger = eugé­nisme et théo­ries de la race supérieure.

    La ques­tion devient inté­res­sante lorsque l’on dépasse la peur du dan­ger, tout en cher­chant à trou­ver des solu­tions pour empê­cher le dan­ger de se mani­fes­ter au tra­vers des mesures adop­tées. Parce que, sur la néces­si­té de faire coïn­ci­der la capa­ci­té por­teuse des res­sources de la pla­nète avec les besoins de ses habi­tants, il me semble qu’il n’y a guère de polé­mique à avoir.

    Là, on dépasse les notions de « bonne idée repous­sante » ou de « mau­vaise idée sédui­sante » : parce qu’en fin de compte, les uns juge­ront cet exemple (poli­tique de contrôle démo­gra­phique) comme étant une « bonne idée repous­sante », les autres comme étant une « mau­vaise idée sédui­sante », selon qu’ils y sont plu­tôt favo­rables ou défa­vo­rables. Or, les solu­tions à cette ques­tion néces­sitent de dépas­ser le stade des opi­nions, pour par­ve­nir au stade de l’a­na­lyse et de la recherche de solu­tion consen­suelles (c’est-à-dire avan­ta­geuses pour tous).

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  3. J-Stéphane

    @Morpheus

    Bon­jour,

    D’autant que le sujet gra­vis­sime de la démo­gra­phie est gal­vau­dé par une éco­no­mie à crois­sance effré­née, et qui condamne la démo­gra­phie à une crois­sance éga­le­ment effré­née, tout cela pour nour­rir un ogre de mois en moins rassasié.

    Réponse
  4. Alfila

    @ J‑Stéphane,

    Je suis tout à fait d’ac­cord avec vous sur le fait que l’âge ne doit pas être une condi­tion de la citoyen­ne­té. De quel droit des adultes déci­de­raient que les enfants ne sont pas assez mûrs pour pou­voir s’ex­pri­mer poli­ti­que­ment ? Pour­quoi les enfants ne pour­raient pas, eux aus­si, défendre leurs intérêts ?

    Par contre je suis abso­lu­ment contre que l’exa­men final (une sorte de doci­ma­sie, fina­le­ment) soit géré par l’é­cole. C’est mettre à nou­veau une ques­tion d’âge dans l’af­faire (à quel niveau ?), et c’est l’im­po­ser à tous, même à ceux qui ne se sentent pas prêts.

    (Quand je parle d’exa­men, il s’a­git de quelque chose d’extrêmement banal et simple, que tout le monde pas­se­rait faci­le­ment. C’est la démarche qui est importante.)

    Il fau­drait donc que cet exa­men à l’is­su duquel on déli­vre­rait la « carte de citoyen », don­nant le droit de vote et d’é­li­gi­bi­li­té (par le sort ou l’é­lec­tion), soit du res­sort d’une ins­ti­tu­tion indé­pen­dante. A cha­cun d’al­ler pas­ser l’exa­men quand il le sou­haite et se sent prêt à assu­mer ses res­pon­sa­bi­li­tés de citoyen. A 12 ans pour celle-ci, à 30 ans pour celui-là, peut-être jamais pour un autre…

    Une consé­quence impor­tante est que de cette manière on découple la mino­ri­té éco­no­mique et les droits politiques.

    Je vous recom­mande chau­de­ment ce petit livre : « Pour l’a­bo­li­tion de l’enfance »

    Réponse
  5. Morpheus

    Je suis en par­tie d’ac­cord avec Alfila.

    Disons que dans votre pro­po­si­tion, J‑Stéphane, je pointe un dan­ger, qui est celui de l’é­li­tisme. Pour reprendre ma pre­mière approche :

    PROJET : exa­men de citoyen­ne­té (doci­ma­sie)

    Avan­tage : for­mer des citoyens aver­tis pos­sé­dant des notions poli­tiques ; sen­si­bi­li­ser dès le jeune âge à la pra­tique de la démo­cra­tie et de la citoyenneté.

    Incon­vé­nient : il a été démon­tré que le prin­cipe d’é­va­lua­tion par cota­tion engendre une hié­rar­chie sociale. Une expé­rience aux USA a mon­tré que, même dans une classe consti­tuée de génies (des sur­doués qui sur­classent tous les « pre­miers de la classe » dans une classe « nor­male »), une hié­rar­chie se forme au sein de la classe, avec des bons, des moyens et des médiocres, exac­te­ment comme dans n’im­porte quelle école tra­di­tion­nelle où l’on pra­tique l’é­va­lua­tion par cota­tion et les prin­cipes de com­pé­ti­tion par concours et examen.

    Dan­ger : (1) for­ma­tion de classes sociales qui n’est pas sans rap­pe­ler Le meilleur des mondes de Aldous Hux­ley, avec des citoyens Alpha (la classe diri­geante), Bêta, Gam­ma, … jus­qu’à Epsi­lon (la classe infé­rieure tout juste à bonne à exer­cer les tâches ingrates, rou­ti­nières, sales, dan­ge­reuses, …) ; (2) par là même, for­ma­tion d’une élite repro­dui­sant les prin­cipes mêmes que l’on cherche à com­battre : l’oligarchie.

    Conclu­sion pro­vi­soire : il me semble qu’il convien­drait prio­ri­tai­re­ment de revoir (remettre en ques­tion) notre approche de l’é­va­lua­tion dans une ana­lyse en pro­fon­deur des para­digmes de pen­sée qui engendrent notre sys­tème sco­laire et notre mode d’ap­pren­tis­sage et d’éducation.

    Sug­ges­tion : étu­dier l’ex­pé­rience de mise en pra­tique de la démo­cra­tie au sein de l’é­cole de Sum­me­rhill (UK), ain­si que d’autres modes d’é­du­ca­tion non conven­tion­nels (Decro­ly,Mon­tes­so­ri, Stei­ner).

    Je vou­lais sur­tout pré­sen­ter une forme sim­pli­fiée d’ap­proche ana­ly­tique objec­tive d’un pro­blème : éva­lua­tion et défi­ni­tion des avan­tages et objec­tifs d’un pro­jet (avan­tages) ; éva­lua­tion et repé­rage des incon­vé­nients du pro­jet (incon­vé­nients) ; éva­lua­tion et mise en lumière des dan­gers poten­tiels du pro­jet (dan­ger).

    Cha­cun peut appli­quer cette méthode, et de cette manière, au sein d’une com­mis­sion de citoyens tirés au sort (par exemple), si cha­cun applique cette méthode indi­vi­duel­le­ment, puis que l’on met les éva­lua­tions en com­mun, il se dégage logi­que­ment des lignes d’a­na­lyse objec­tives et l’ex­pres­sion d’une sen­si­bi­li­té col­lec­tive (par recoupement).

    Il existe d’autres méthodes, mais il s’a­git déjà d’une approche simple et facile à mettre en œuvre par tout le monde (y com­pris des enfants).

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  6. J-Stéphane

    @Alfila,

    Je ne vais pas m’étendre ici sur le sujet de l’éducation, natio­nale et pri­vée, que je trouve de plus en plus moyenâgeuse…

    Mais ima­gi­nons, comme pour le per­mis de conduire, des cours et des exa­mens ouverts à l’inscription pour tout citoyen.

    L’école n’étant plus, comme au moyen-âge, l’unique moyen de se culti­ver, il sera éga­le­ment pos­sible de s’inscrire direc­te­ment à l’examen.

    Apres pour déci­der du conte­nu des cours et des exa­mens, c’est à débattre.

    Réponse
  7. Alfila

    @ J‑Stéphane

    Il faut faire atten­tion à l’u­ti­li­sa­tion de l’ad­jec­tif « moyen­âgeux ». Sur bien des points, le Moyen-Age n’é­tait pas l’é­poque sombre que l’on ima­gine. Par exemple sur le sta­tut des femmes et des enfants.

    Et pour­quoi des cours ? On va en cours pour acqué­rir un savoir ou une com­pé­tence. Or l’ar­gu­ment du tirage au sort est jus­te­ment qu’il n’y a pas de com­pé­tence ou de savoir néces­saire pour pou­voir pré­tendre prendre part à la vie politique.

    Le peu à savoir pour réus­sir l’exa­men se fera par l’ob­ser­va­tion directe : quand nous serons en démo­cra­tie, les enfants consta­te­ront l’ex­pé­rience concrète de la démo­cra­tie par les citoyens. Pour­quoi vou­loir des cours où on ensei­gne­ra aux enfants com­ment « bien pen­ser » la démocratie ?

    Réponse
  8. J-Stéphane

    Pour une réelle démo­cra­tie, il faut vul­ga­ri­ser la poli­tique, car l’élitisme ne pour­ra jamais être une démocratie.

    Moi-même, j’ai com­men­cé à me sen­tir citoyen et à vou­loir lire des livres sur ce sujet grâce aux citoyens qui comme ici ont su par­ta­ger et vul­ga­ri­sés leurs opi­nions sur Internet.

    Main­te­nant, j’y vois plus clair et je me sur­prends à être un meilleur péda­gogue pour mes enfants, et c’est en cela que j’estime que les cours ne doivent plus être une obli­ga­tion, par contre vali­der une com­pré­hen­sion oui.

    Bien trop de classes sont inuti­le­ment en sur­ef­fec­tifs avec des enfants per­tur­ba­teurs, qui, soit sont lar­gués, car en des­sous du niveau requis, ou soit sont anes­thé­siés, car au des­sus du niveau imposé.

    Aujourd’hui je me sens l’en­vie et l’ap­ti­tude de réus­sir bien des exa­mens que bien des cours n’ont jamais réus­si à éveiller en moi…

    Réponse
  9. Ana Sailland

    « Back home »

    (((Ces temps-ci, j’é­cri­rai peu car je viens de m’of­frir un infarc­tus et dois me repo­ser. Ne vous inquié­tez pas)))

    Dans « Take the square » je relève que quel­qu’un affirme que la déci­sion doit venir d’en bas, c’est à dire du peuple.

    J’ap­plau­dis, bien sûr. Mais je remarque que dans l’in­cons­cient col­lec­tif le peuple est géo­mé­tri­que­ment loca­li­sé en bas. Et en bas de quoi, au fait ?

    Ce voca­bu­laire est peut être héri­té du temps où les cités étaient par­ta­gées en basse ville et haute ville, avec bien enten­du la pié­taille en bas et la noblesse ou la « haute » bour­geoi­sie au som­met de la col­line, par­fois dans des palais ou châteaux.

    Le save­tier, qui per­met au finan­cier de mar­cher, n’est il pour­tant pas très haut dans la hié­rar­chie des utilités ?

    Pre­nons donc l’ha­bi­tude de remettre à l’endroit ->

    La déci­sion doit venir d’en haut, c’est à dire du peuple, dans son ensemble, sans exclu­sion ni présélection 🙂

    Je vous laisse défi­nir l’en bas 😉

    Bonne jour­née quand même

    Réponse
  10. J-Stéphane

    @Ana Sailland

    Je suis com­plè­te­ment d’accord avec votre analyse.
    Mais je pense que le peuple doit d’abord s’imposer par le lan­gage pour expri­mer sa souveraineté.
    Ceux qui s’estiment en haut veulent faire la scis­sion avec le peuple en les oppo­sant à leur vanité.
    La rue doit par­ler sa langue et le nombre aura raison.
    Le peuple doit com­prendre que sa place n’est pas en bas, cou­ché sous ces mégalos.
    Le peuple est la base, la fon­da­tion de la nation.
    Il est droit et fier comme un pilier sur qui repose le pays et quelques pri­vi­lé­giés qui doivent se cour­ber devant le peuple.

    Meilleure san­té.

    Réponse
  11. J-Stéphane

    Moi, citoyen pari­sien, je veux bien prendre la place, mais quelle place ?
    Il y a pléiade de place à nom propre, mais pas le mien.
    Il y a bien place de la Nation, mais Nation n’est plus le peuple.
    Il y a bien place de la Répu­blique, mais Répu­blique n’est pas le peuple.
    Il y a bien place de la com­mune, mais pas des communards.
    Place du citoyen, place du peuple, il n’y en a point.
    Où est ma place ? En atten­dant la place du ras­sem­ble­ment populaire.
    Moi, citoyen pari­sien ano­din, je choi­sis de prendre place sur une place à mon image.
    Place du Cal­vaire qui résume par son nom et par sa taille le sen­ti­ment de bien des citoyens qui ont per­du l’idée d’être un peuple.

    Réponse
  12. Morpheus

    Place des Champs Ély­sées, peut-être ? Sachant que ceux-ci sont à la mytho­lo­gie romaine (païenne) ce que le Para­dis est à la mytho­lo­gie chrétienne.

    Là où les dieux sont chez eux …

    Prendre la place, prendre leur place, deve­nir nous-mêmes, le peuple, les dieux ; faire de la Terre les nou­veaux Champs Ély­sées, le Para­dis Ter­restre, où tous sont égaux.

    Réponse
  13. Di Girolamo

    @ Ana

    Oui du repos et quand tu le pour­ras des marches à pieds salu­taires …Bon cou­rage et bon rétablissement !
    De mon côté c’est un autre mor­ceau qui m’a lâché : trop de bou­lot phy­sique accu­mu­lé et depuis 1 mois grosse scia­tique inva­li­dante : impos­sible même de res­ter trop long­temps assis devant l’ordi …
    D’où mes excuses à Mor­pheus de ne pas lui avoir répondu .…
    Allez bonne soi­rée à tous et n’ou­bliez pas que c’est le débat public qui est le coeur de la démo­cra­tie et que lui aus­si a fait un infarctus !
    Pour finir , je vous laisse médi­ter sur l’ar­ticle 3 de la consti­tu­tion qui dit

    « La sou­ve­rai­ne­té natio­nale appar­tient au peuple qui l’exerce par ses repré­sen­tants et par la voie du référendum. »

    Vous pou­vez consta­ter qu’on a les repré­sen­tants et qu’on a pas le réfé­ren­dum ; que par consé­quent notre consti­tu­tion , en son article majeur n’est pas appli­quée ; curieux non ?
    Mais encore plus curieux de ne voir aucun par­ti poli­tique mais aus­si aucun ras­sem­ble­ment citoyen récla­mer l’ap­pli­ca­tion de cet article !

    A votre avis pour­quoi cet état de fait éton­nant ? Pour­quoi ne pas récla­mer ce qu’en défi­ni­tive tout le monde défend ? Parce sous le réfé­ren­dum qui n’est qu’un comp­tage de voix il y a sur chaque pro­blème étu­dié une étude appro­fon­die de ce pro­blème , il y a une démo­cra­tie adulte .

    Réponse
  14. J-Stéphane

    « … Je suis déso­lé, mais je ne veux pas être empe­reur, ce n’est pas mon affaire. Je ne veux ni conqué­rir, ni diri­ger per­sonne. Je vou­drais aider tout le monde dans la mesure du pos­sible ; juifs, chré­tiens, païens, blancs et noirs. Nous vou­drions tous nous aider si nous le pou­vions, les êtres humains sont ain­si faits. Nous vou­lons don­ner le bon­heur à notre pro­chain, pas lui don­ner le mal­heur. Nous ne vou­lons pas haïr ni humi­lier per­sonne. Cha­cun de nous a sa place et notre terre est bien assez riche, elle peut nour­rir tous les êtres humains. Nous pou­vons tous avoir une vie belle et libre mais nous l’avons oublié.

    L’envie a empoi­son­né l’esprit des hommes, a bar­ri­ca­dé le monde avec la haine, nous a fait som­brer dans la misère et les effu­sions de sang. Nous avons déve­lop­pé la vitesse pour nous enfer­mer en nous-mêmes. Les machines qui nous apportent l’abondance nous laissent dans l’insatisfaction. Notre savoir nous a fait deve­nir cyniques. Nous sommes inhu­mains à force d’intelligence, nous ne res­sen­tons pas assez et nous pen­sons beau­coup trop. Nous sommes trop méca­ni­sés et nous man­quons d’humanité.

    Nous sommes trop culti­vés et nous man­quons de ten­dresse et de gen­tillesse. Sans ces qua­li­tés humaines, la vie n’est plus que vio­lence et tout est perdu.

    Les avions, la radio nous ont rap­pro­chés les uns des autres, ces inven­tions ne trou­ve­ront leur vrai sens que dans la bon­té de l’être humain, que dans la fra­ter­ni­té, l’amitié et l’unité de tous les hommes.

    En ce moment même, ma voix atteint des mil­lions de gens à tra­vers le monde, des mil­lions d’hommes, de femmes, d’enfants déses­pé­rés, vic­times d’un sys­tème qui tor­ture les faibles et empri­sonne des innocents.

    Je dis à tous ceux qui m’entendent : Ne déses­pé­rez pas ! Le mal­heur qui est sur nous n’est que le pro­duit éphé­mère de l’habilité, de l’amertume de ceux qui ont peur des pro­grès qu’accomplit l’Humanité. Mais la haine fini­ra par dis­pa­raître et les dic­ta­teurs mour­ront et le pou­voir qu’ils avaient pris aux peuples va retour­ner aux peuples. Et tant que des hommes mour­ront pour elle, la liber­té ne pour­ra pas périr. Sol­dats, ne vous don­nez pas à ces brutes, à une mino­ri­té qui vous méprise et qui fait de vous des esclaves, enré­gi­mente toute votre vie et qui vous dit tout ce qu’il faut faire et ce qu’il faut pen­ser, qui vous dirige, vous manœuvre, se sert de vous comme chair à canons et qui vous traite comme du bétail.

    Ne don­nez pas votre vie à ces êtres inhu­mains, ces hommes machines avec une machine à la place de la tête et une machine dans le cœur.

    Vous n’êtes pas des machines.

    Vous n’êtes pas des esclaves.

    Vous êtes des hommes, des hommes avec tout l’amour du monde dans le cœur.

    Vous n’avez pas de haine, sinon pour ce qui est inhu­main, ce qui n’est pas fait d’amour.

    Sol­dats ne vous bat­tez pas pour l’esclavage mais pour la liberté.

    Il est écrit dans l’Évangile selon Saint Luc « Le Royaume de Dieu est dans l’être humain », pas dans un seul humain ni dans un groupe humain, mais dans tous les humains, mais en vous, en vous le peuple qui avez le pou­voir, le pou­voir de créer les machines, le pou­voir de créer le bon­heur. Vous, le peuple, vous avez le pou­voir, le pou­voir de rendre la vie belle et libre, le pou­voir de faire de cette vie une mer­veilleuse aventure.

    Alors au nom même de la Démo­cra­tie, uti­li­sons ce pou­voir. Il faut tous nous unir, il faut tous nous battre pour un monde nou­veau, un monde humain qui don­ne­ra à cha­cun l’occasion de tra­vailler, qui appor­te­ra un ave­nir à la jeu­nesse et à la vieillesse la sécurité.

    Ces brutes vous ont pro­mis toutes ces choses pour que vous leur don­niez le pou­voir : ils men­taient. Ils n’ont pas tenu leurs mer­veilleuses pro­messes : jamais ils ne le feront. Les dic­ta­teurs s’affranchissent en pre­nant le pou­voir mais ils font un esclave du peuple.

    Alors, il faut nous battre pour accom­plir toutes leurs pro­messes. Il faut nous battre pour libé­rer le monde, pour ren­ver­ser les fron­tières et les bar­rières raciales, pour en finir avec l’avidité, avec la haine et l’intolérance. Il faut nous battre pour construire un monde de rai­son, un monde où la science et le pro­grès mène­ront tous les hommes vers le bon­heur. Sol­dats, au nom de la Démo­cra­tie, unis­sons-nous tous !

    Han­nah, est-ce que tu m’entends ?

    Où que tu sois, lève les yeux ! Lève les yeux, Hannah !

    Les nuages se dis­sipent ! Le soleil perce ! Nous émer­geons des ténèbres pour trou­ver la lumière !

    Nous péné­trons dans un monde nou­veau, un monde meilleur, où les hommes domi­ne­ront leur cupi­di­té, leur haine et leur brutalité.

    Lève les yeux, Han­nah ! L’âme de l’homme a reçu des ailes et enfin elle com­mence à voler.

    Elle vole vers l’arc-en-ciel, vers la lumière de l’espoir.

    Lève les yeux, Han­nah ! Lève les yeux !.… »

    Char­lie Cha­plin « Le Dic­ta­teur » 1940

    Réponse

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