Prochains rendez-vous à Toulouse, jeudi prochain (22 novembre 2012)

18/11/2012 | 89 commentaires

Bon­soir à tous.

Prochains rendez-vous à Toulouse, jeudi prochain (22 novembre 2012)

- J’y serai d’a­bord pour des étu­diants de l’I­SAE, à 11 h, mais je crois que cette ren­contre n’est pas publique => nous nous ver­rons donc après :

- Rendez-vous public à 18 h : Galerie Paladion, 19 rue de la Colombette : 

http://​les​pla​nade​.org/​r​e​n​c​o​n​t​r​e​-​a​v​e​c​-​e​t​i​e​n​n​e​-​c​h​o​u​a​r​d​-​j​e​u​d​i​-​2​2​-​n​o​v​e​m​b​re/

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Voi­ci l’his­toire de ce ren­dez-vous, impro­vi­sé au der­nier moment :

Il y a quelques semaines, le créa­teur du film « La Cause et l’u­sage » (un film qui montre et prouve, à tra­vers une enquête sur une cam­pagne élec­to­rale de Serge Das­sault, des mani­fes­ta­tions par­ti­cu­lières des tur­pi­tudes poli­ti­ciennes que je dénonce pour ma part de façon géné­rale) m’a appe­lé pour me deman­der de par­ti­ci­per à un débat après une pro­jec­tion de son film (en tour­née en ce moment). Cher­chant un de mes voyages com­pa­tibles avec son propre plan­ning, il m’a deman­dé de pro­lon­ger mon voyage à Tou­louse et, au lieu de ren­trer à la mai­son le soir, de res­ter et de par­ti­ci­per au débat ce soir-là, au ciné­ma Uto­pia. J’ai bien sûr accep­té ; l’or­ga­ni­sa­teur de mon voyage a lui aus­si (très gen­ti­ment) accep­té et fait chan­ger les billets ; il a aus­si, soit dit en pas­sant, pris en charge les frais d’hé­ber­ge­ment sup­plé­men­taires ; et les mili­tants d’U­to­pia ont alors annon­cé la ren­contre sur leur blog : http://​www​.cine​mas​-uto​pia​.org/​t​o​u​l​o​u​s​e​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​i​d​=​1​7​9​8​&​m​o​d​e​=​f​ilm.

Tout allait bien.

Mais en ren­trant de La Réunion, j’ai appris que la soi­rée avait été annu­lée (sans qu’on en parle ensemble avant).
Voi­ci le com­mu­ni­qué d’U­to­pia : http://www.cinemas-utopia.org/U‑blog/toulouse/index.php?post/2012/11/07/Communiqu%C3%A9-sur-l-annulation-de-la-venue-d-%C3%89tienne-Chouard.

On peut y lais­ser des commentaires.

Pour ma part, je ne vais pas lon­gue­ment com­men­ter cette déci­sion, pour évi­ter d’en­ve­ni­mer une (mau­vaise) que­relle avec des mili­tants que je consi­dère comme très proches sur le pro­jet de « socié­té juste » qui nous anime.

J’ai, depuis, par­lé à Rodolphe, qui sem­blait par­ta­gé entre sa pre­mière volon­té (c’est lui qui m’a­vait d’a­bord invi­té, je crois) et sa seconde volon­té (après moult dis­cus­sions avec les mili­tants du FDG, paraît-il). Bref, appa­rem­ment, nous sommes bien d’ac­cord sur le diag­nos­tic d’im­puis­sance popu­laire et sur l’in­té­rêt de débattre de ce que je pro­pose (écrire enfin nous-mêmes notre consti­tu­tion, pour nous pro­té­ger des voleurs de pou­voir et des riches qui les paient), mais voi­là : il y a UN lien (au milieu d’une longue liste) que je conseille sur mon site web qui n’est pas accep­table à leurs yeux… de démo­crates… Et par un sur­croît d’ou­ver­ture d’es­prit, impos­sible de débattre (avec moi) de cela même.

Bon…

Je n’ai pas le temps de polé­mi­quer ; je trouve sim­ple­ment cette déci­sion idiote : je pense que les ban­quiers doivent bien se mar­rer, à nous voir nous déchi­rer entre nous pour des conne­ries (il n’y a pas d’autre mot), au lieu de les prendre eux, les ban­quiers, pour cible com­mune prioritaire.

Idiote ? Sauf si, au fond, on défend le sys­tème capi­ta­liste cra­pu­liste… auquel cas, c’est très malin, bien sûr. Mais je n’ose pas croire que ça soit pos­sible de la part de mili­tants de gauche ; pas sciem­ment en tout cas.

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Cette annu­la­tion me fait pen­ser à celle de Besan­çon, le 27 octobre der­nier, cette fois sous la menace de vio­lences phy­siques, pro­fé­rées par de pré­ten­dus « antifas ».

À ce sujet, il est utile, je crois, de lire les regrets d’a­voir annu­lé notre soi­rée soi­gneu­se­ment expli­ci­tés par les membres du CA d’AT­TAC Besan­çon ; on ne repren­dra plus ces mili­tants, appa­rem­ment, à céder à de telles inti­mi­da­tions (assez peu démo­cra­tiques, à l’évidence) :

COMMUNIQUÉ D’ATTAC BESANÇON
RELATIF À LA CONFÉRENCE D’ÉTIENNE CHOUARD ANNULÉE
ET À L’ANTIFASCISME

http://​attac​be​sac​.canal​blog​.com/​a​r​c​h​i​v​e​s​/​2​0​1​2​/​1​1​/​1​3​/​2​5​4​8​1​3​0​6​.​h​tml
et sur­tout :
http://​p6​.sto​rage​.canal​blog​.com/​6​3​/​4​1​/​5​2​1​5​9​8​/​8​0​6​5​4​7​6​4​.​pdf

—————

Sur ces entre­faites, appre­nant l’an­nu­la­tion de mon invi­ta­tion à Tou­louse, André Bel­lon, — ancien par­le­men­taire défen­dant mor­di­cus le faux >« suf­frage uni­ver­sel »< et détes­tant le tirage au sort (au point de me trai­ter, en sub­stance, de fas­ciste et de m’in­ter­dire ensuite —cou­ra­geu­se­ment— tout droit de réponse, en cen­su­rant toutes mes pro­tes­ta­tions sur son site) — André-Bel­lon-le-démo­crate, donc, a trou­vé bonne cette occa­sion pour remettre une couche de calom­nies, sous le titre (trom­peur) Vive le suf­frage uni­ver­sel !.

On peut y lais­ser des commentaires.

Là encore, puisque André Bel­lon refuse expres­sé­ment tout débat (en se défen­dant de tout sec­ta­risme, bien sûr 🙂 ), je ne vais pas mener seul cet échange.

Je me conten­te­rai de noter que cet article aligne les escro­que­ries poli­ti­ciennes cou­rantes : la plu­part des mots impor­tants sont mis à l’en­vers (c’est une habi­tude pour les pros de la poli­tique) et uti­li­sés à contre­sens ; et je laisse cha­cun juger sur pièce. Je le signale quand même ici, car je trouve que l’a­veu (expli­cite) de la cen­sure (sys­té­ma­tique) qu’An­dré Bel­lon m’im­pose sur son site depuis le début de cette que­relle (alors qu’il se per­met lui-même de m’in­sul­ter publi­que­ment) est assez inté­res­sant, de la part d’un pré­ten­du démocrate.

Tout ça est déplo­rable, car sur le fond (un pro­jet de socié­té huma­niste), je par­tage plein de convic­tions avec cet homme (que j’ai reçu plu­sieurs fois à la maison).

Mais mani­fes­te­ment, la pers­pec­tive du chô­mage poli­tique (liée à la vraie démo­cra­tie et donc au tirage au sort) met en pétard tous les pro­fes­sion­nels de la politique.

Dif­fi­cile de leur en vou­loir, en fait : c’est naturel.

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Ce sont donc des déçus de l’an­nu­la­tion d’U­to­pia Tou­louse qui ont orga­ni­sé au der­nier moment ce ren­dez-vous de L’Esplanade. 

Ce sera sûre­ment bien sympa.

Au plai­sir de vous y retrou­ver, jeu­di pro­chain, à 18 h.

Étienne.

[Mise jour 20 novembre 2012, 5h50 :

PS :

Pour mémoire, aux calom­nies des pré­ten­dus « anti­fas », j’ai déjà répon­du plu­sieurs fois :

• http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​f​o​r​u​m​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​2​0​1​1​/​0​9​/​1​2​/​1​4​1​-​q​u​i​-​e​s​t​-​d​-​e​x​t​r​e​m​e​-​d​r​o​ite

• http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​f​o​r​u​m​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​2​0​1​1​/​0​9​/​1​5​/​1​4​2​-​l​e​-​f​a​s​c​i​s​m​e​-​n​-​e​s​t​-​p​a​s​-​a​s​s​i​m​i​l​a​b​l​e​-​a​-​l​-​a​n​t​i​s​e​m​i​t​i​sme

• http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​f​o​r​u​m​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​2​0​1​2​/​0​6​/​0​1​/​2​2​5​-​h​e​n​r​i​-​g​u​i​l​l​e​m​i​n​-​l​e​-​f​a​s​c​i​s​m​e​-​e​n​-​f​r​a​nce

• (je parle des « anti­fas » à par­tir de la minute 14, en gros, après avoir signa­lé l’en­jeu social majeur du tirage au sort en poli­tique)
https://​you​tu​.be/​x​4​R​x​4​p​G​W​wC4

• On trou­ve­ra aus­si des réponses aux insinuations/intimidations du même ordre (pré­ten­due proxi­mi­té avec l’ex­trême droite de tous ceux qui osent contes­ter l’é­vi­dente escro­que­rie par­le­men­taire) dans le pas­sion­nant fil de la contro­verse avec Raoul Marc Jen­nar et Fran­çois Asse­li­neau : http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​f​o​r​u​m​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​2​0​1​1​/​0​5​/​3​0​/​1​2​7​-​l​e​-​t​i​r​a​g​e​-​a​u​-​s​o​r​t​-​c​o​m​m​e​-​b​o​m​b​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​m​e​n​t​-​d​u​r​a​b​l​e​-​c​o​n​t​r​e​-​l​-​o​l​i​g​a​r​c​h​i​e​-​l​a​-​v​i​deo.
Dans le même fil, on trou­ve­ra aus­si quelques unes de mes réponses à André Bel­lon et à son « Canard Répu­bli­cain » (sic).]


[Mise à jour 23 décembre 2012 : voi­ci les vidéos de cette soi­rée impro­vi­sée, juste avant la pro­jec­tion au ciné­ma Utopia :

Si cer­tains d’entre vous ont été ensuite au ciné­ma Uto­pia, peut-être pour­raient-ils nous racon­ter un peu com­ment ça s’est passé 😉 ]

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Un grand merci aux donatrices et donateurs : par ce geste, vous permettez à de beaux projets de voir le jour, pour notre cause commune.
Étienne

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89 Commentaires

  1. remy

    C’est la ran­çon du succès !

    D’un côté, tout comme vous, je m’en attriste, mais d’un autre côté, je me dis que c’est que ces idées com­mencent à déran­ger, et donc à se répandre. C’est donc un peu de bonne augure pour la suite !

    En tout cas, cou­rage ! Ne vous lais­sez pas démo­ti­ver par ce genre de pro­blème (même si vous devez être blin­dé main­te­nant), beau­coup vous sou­tiennent, même en silence.

    Réponse
  2. remy

    Pour l’an­nu­la­tion à l’U­to­pia, je n’ar­rive pas à lais­ser un com­men­taire, je crois que ça a été blo­qué. Vive l’ou­ver­ture au débat du FDG …

    Réponse
  3. Réal Lauzon

    Cou­rage Mon­sieur CHOUARD!!!
    et merci.

    Réponse
  4. Yvan

    Bon­jour Etienne,

    Cotoyant très régu­liè­re­ment des « mili­tants du FdG » je peux t’as­su­rer que les pro­pos de Rodolph n’en­gagent que lui (et son proche entou­rage peut-être) et quelques mili­tants (peu ouvert d’es­prit ?) ! Quand il dit : « après moult dis­cus­sions avec les mili­tants du FDG » il ne prend en compte que les quelques remarques (sur­ement viru­lentes, pour faire demi-tour aus­si vite) qu’il a du rece­voir de quelques radi­caux qui ne savent faire aucun dis­cer­ne­ment …mais une chose est sure, les pro­pos de « Rodolph » n’en­gagent nul­le­ment « le FdG » en géné­ral, je l’af­firme sans problème 😉
    Nombre de mili­tants, pour ne pas dire la tota­li­té que je connais, sou­tiennent l’i­dée de voir les tra­vaux et ana­lyses du pro­fes­seur Chouard expo­sées au sein du FdG, jus­te­ment pour par­ler de cette consti­tuante, de la forme qu’elle peut avoir, de son pro­ces­sus, etc etc…

    Mais les com­men­taires sous leur com­mu­ni­qué sont révé­la­teurs je crois, et démontrent bien que cet avis n’est nul­le­ment un consen­sus qui engage tout le FdG. Je n’ai pu m’empêcher d’en lais­ser un pour com­plé­ter ceux déjà présents :
    => http://www.cinemas-utopia.org/U‑blog/toulouse/index.php?post/2012/11/07/Communiqu%C3%A9-sur-l-annulation-de-la-venue-d-%C3%89tienne-Chouard#c4687

    Sinon, au sujet de cette petite phrase sur les ban­quiers (qui doivent bien rigo­ler d’a­près toi) je crois moi que ce n’est pas vrai­ment le cas, vu la situa­tion, mais cela ne les empêche pas de res­ter sur leurs acquis (tant pis pour eux). Il n’empêche qu’ils ne fai­saient sur­ement pas les fiers quand ce WE il y avait des mil­liers de poli­ciers espa­gnols dans les rues qui criaient :

    « Citoyens, nous vous deman­dons par­don pour ne pas arrê­ter les vrais res­pon­sables de cette crise : les ban­quiers et les politiques »

    => http://​www​.rtbf​.be/​i​n​f​o​/​m​o​n​d​e​/​d​e​t​a​i​l​_​e​s​p​a​g​n​e​-​5​0​0​0​-​p​o​l​i​c​i​e​r​s​-​m​a​n​i​f​e​s​t​e​n​t​-​a​-​m​a​d​r​i​d​-​c​o​n​t​r​e​-​l​-​a​u​s​t​e​r​i​t​e​?​i​d​=​7​8​7​6​223

    De toutes façons… à la fin, c’est nous qu’on va gagner !!! 🙂
    Qu’on leur coupe la dette : la saignée
    Qu’on leur coupe la dette : la confiscation
    Qu’on leur coupe la dette : le fléchage

    => http://​www​.fakir​presse​.info/​V​o​y​a​g​e​-​a​u​-​s​o​m​m​e​t​-​d​e​-​l​-​o​l​i​g​a​r​c​h​i​e​,​4​7​7​.​h​tml

    Yvan.

    Réponse
  5. AlainR

    Per­son­nel­le­ment, je serais encore res­pon­sable au sein d’un par­ti poli­tique (car je l’ai été …), je serais ter­ri­fié par l’an­nonce de ta venue, Etienne, dans la ville où je milite.

    Une confé­rence de toi signi­fie qu’une dizaine de citoyens vont ensuite relayer ton dis­cours loca­le­ment, démon­trant qu’é­lec­tions (et donc par­tis) signi­fient la mort de la démocratie.

    Si j’é­tais res­pon­sable d’un par­ti, je ferais tout pour faire annu­ler ta confé­rence : coups de fil, réseaux, rumeurs, dif­fa­ma­tion, menaces, etc …

    Bref, rien d’é­ton­nant à ces annu­la­tions. Comme écrit plus haut par remy, je crois que c’est la ran­çon du suc­cès : les citoyens sont de plus en plus nom­breux à com­prendre d’eux-mêmes que les élus ne les repré­sentent pas.

    Ton dis­cours ne fait que les convaincre de ce qu’ils pres­sentent de plus en plus : la comé­die de la vie poli­tique par­ti­sane sur fond de « démo­cra­tie » repré­sen­ta­tive fait de moins en moins rire car la pau­vre­té et les inéga­li­tés font réfléchir.

    Sur­tout ne te laisse pas enfer­mer dans ce débat volon­tai­re­ment orien­té sur l’ex­trême-droite. Tes accu­sa­teurs ne cherchent pas à la com­battre, mais à être élus, et tu es en train de cas­ser leur ambition.

    Réponse
  6. Le citoyen engagé

    Pour avoir été un mili­tant poli­tique de ter­rain, pour avoir été punk dans ma jeu­nesse, je peux dire qu’il n’y a pas plus fas­cistes que les gau­chistes. Ils ne recon­naissent aucun droits au peuple fran­çais auquel ils sub­sti­tuent volon­tiers les droits des immi­grés, des étran­gers, des bi-natio­naux, des inter­na­tio­na­listes, des alter­mon­dia­listes, des mondialistes…Il est donc inter­dit de vou­loir pro­té­ger son chez soi.

    Mais le pire c’est qu’il n’y a pas plus anti-démo­crate qu’eux. C’est impos­sible de dis­cu­ter et d’ar­gu­men­ter. Ce sont des bor­nés, des sec­taires, des vrais illu­mi­nés qui suivent un chef par ailleurs franc-maçon…vive la révo­lu­tion maçon­nique ! Yerp.

    Bref Mon cher Etienne tu vas peu à peu faire connais­sance avec cette milice fas­ciste et tu com­men­ce­ras alors à com­prendre que le salut ne peut venir de la gauche qui est tota­le­ment ins­tru­men­ta­li­sée. De la droite non plus par ailleurs mais au moins d’elle on en n’at­tend rien…

    Bien­ve­nue dans la résis­tance citoyenne enga­gée. Sin­cères salutations.

    Réponse
  7. carole

    Il me semble que la ligne de par­tage est entre pro-Com­mu­nau­té euro­péenne et anti-Com­mu­nau­té européenne.

    En gros, les gens comme Soral ou Asse­li­neau doivent être dia­bo­li­sés car ils sont contre la CE, tan­dis que les gens comme Mélen­chon ou Fou­rest sont en odeur de sain­te­té car ils ne touchent pas à la CE (le bilan des cam­pagnes pré­si­den­tielle et légis­la­tive est que Mélen­chon n’a fait que rabat­tage pour le PS).

    Et comme Chouard fait par­tie des pre­miers (en plus de reti­rer tout leur pou­voir aux hommes poli­tiques et aux finan­ciers), on prend le moindre pré­texte pour l’é­va­cuer du débat.

    Réponse
  8. Merome

    Très inté­res­santes pré­ci­sions sur ces annu­la­tions. Mer­ci de les avoir ren­dues publiques et visibles.

    Réponse
  9. carlotta

    Etienne,
    le com­por­te­ment humain est bien expli­qué dans le livre « la revanche du rameur » de D Dupagne, et c’est eclai­rant de le lire. Effec­ti­ve­ment, on ne peut rien attendre des par­tis et des inter­ets de cer­tains, qui ne facii­te­ront pas l’ap­proche d’i­dées nou­velles, contre leurs inté­rets. Un espoir est à trou­ver en cha­cun, et aujourd’­hui, un nombre encore faible mais crois­sant de conscience s’é­veille. Cf le site http://​www​.coli​bris​-lemou​ve​ment​.org/​l​a​-​r​e​v​o​l​u​t​i​o​n​-​d​e​s​-​c​o​l​i​b​ris. Ou encore, l’exemple de la créa­tion de la scop fra­lib pour la conti­nui­té, le déve­lop­pe­ment de l’activité indus­trielle des thés élé­phant et la sau­ve­garde des emplois(emission la bas si j’y suis des 11 et 12 oct)…Continue.

    Réponse
  10. Kilian

    En tous les cas, cela affaire met en évi­dence le plus grand défaut des par­tis et mou­ve­ments poli­tiques : La divi­sion du peuple.

    Ce que je trouve magique dans le prin­cipe du tirage au sort, c’est le fait d’abolir ces bar­rières poli­tiques et que chaque humain soit consi­dé­ré comme un être entier avec des points de vue spé­ci­fiques sur chaque sujet, sans être ran­gé dans une caté­go­rie ou assi­mi­lé à une idéo­lo­gie particulière.

    Réponse
  11. Le citoyen engagé

    Exac­te­ment Killian c’est tout l’in­té­rêt des par­tis poli­tiques : divi­ser pour régner.

    Réponse
  12. AlainR

    Feu d’ar­ti­fice hier soir de l’é­lite médiatico-politique 😀

    (…) total trip égo­tique, totale fri­vo­li­té média­tique, totale vie poli­tique en mode Face­book, totale mise en scène du tout et du rien sur Twit­ter… « Twit­toir, mon beau Twit­toir, suis-je encore la plus belle en ce monde ? »

    Ce dimanche 18 novembre, c’est offi­ciel : nous sommes entrés dans le règne du coup du Moi-je per­ma­nent. Et tant pis pour les autres.

    Audrey Pul­var et Jean-Fran­çois Copé : le coup du « Moi-je » permanent
    (19−11−2012, Bru­no Roger-Petit, leplus​.nou​ve​lobs​.com)

    Réponse
  13. Ana Sailland

    .….….….….

    Il est donc urgent de pour­suivre le tra­vail péda­go­gique entrepris 🙂

    Y a du boulot.

    Réponse
  14. barb

    en essayant de com­prendre les amal­games des anti­fas (qui se pré­sentent comme « anarchiste »)
    je suis tom­bé sur le wiki (je cite):

    Pour Ama­deo Bor­di­ga et les bor­di­guistes, l’an­ti­fas­cisme est une idéo­lo­gie bour­geoise, visant à mêler les inté­rêts du pro­lé­ta­riat à ceux de la bour­geoi­sie, pour sau­ve­gar­der le capi­ta­lisme en crise.

    c’est pas nou­veau apparemmment…

    Bonne conti­nua­tions à tous les esprits ouverts ! et aux autres également ^^

    Réponse
  15. Nicolas Pizzin

    Vous êtes le poil à grat­ter de nos par­tis poli­tiques, conti­nuez comme ça ! Leur cen­sure ne doit que vous encou­ra­ger à pour­suivre ce que vous faîtes ! Je vous lis et vous écoute via inter­net depuis quelques mois, et j’es­saye à mon niveau de sen­si­bi­li­ser les gens autour de moi… pas facile de décons­truire ce que l’on nous apprend depuis tout petit sur notre >démo­cra­tie<! Les gen­tils virus ont du pain sur la planche !

    Tous mes encouragements.

    Réponse
  16. sitouaillain

    INACCEPTABLE!!!

    je par­tage le res­sen­ti d’Yvan,d’autant qu’il n’y a pas d’ins­tance cen­trale du FdG, donc aucune chance que que ce qu’un mili­tant du fdg dise puisse reflé­ter la posi­tion des 8 orga­ni­sa­tions qui com­posent le front, on sera donc bien aise de cri­ti­quer un par­ti, quand en fait on cri­tique des citoyens.

    et je mesure avec luci­di­té le che­min à parcourir,

    cer­tains com­men­taires ici tra­duisent bien à quel point notre peuple est loin d’être en capa­ci­té de mettre en œuvre ce que tu souhaites,

    et si tu ne veux pas que ça finisse en « gen­tils virus » ver­sus « mili­tants du fdg », qu’il se rajoute de la divi­sion à la divi­sion, il va fal­loir trou­ver les bons mots…

    mais si on laisse les gens répé­ter les pré­ju­gés du genre « les par­tis divisent »… ma foi, les ban­quiers rigolent…

    je n’ai pas encore lu le pam­phlet de Belon, je m’at­tends à ne pas être d’ac­cord avec lui, mais ce que tu en dis m’ins­pire la chose sui­vante : vous faites objec­ti­ve­ment par­tie du même front, il y a plus de choses qui vous ras­semblent que de choses qui vous divisent, mais le fait que lui ne soit pas loyal envers toi, ne t’au­to­rise pas à reje­ter ses argu­ments au pré­texte qu’il écri­rait pour défendre « ses » inté­rêts d’  »élu », en rhé­to­rique je crois que c’est là un argu­ment ad homi­nem, et per­sonne n’a à y gagner je crois…

    en admet­tant que ton dis­cours n’a de valeur que si la majo­ri­té est d’ac­cord, alors il y a tout lieu de don­ner une part de rai­son à belon, et tous ceux qui font l’ef­fort de modi­fier le cours d’une élec­tion que l’o­li­gar­chie pour le moment sait mieux arranger,
    moi ça m’ar­range que ceux qui logi­que­ment, de par « leurs » convic­tions, devraient voter FN, UMP ou PS ne votent pas, en revanche, si tu t’a­dresses aux nôtres, com­prends qu’il y a un risque : ne pas se mobi­li­ser sur ce ter­rain-là, c’est le lais­ser à d’autres, et cela a des effets… par prin­cipe je condamne le rôle de l’é­lu tel qu’il existe, je veux bien conve­nir et je ne t’ai pas atten­du, que le tirage au sort a des ver­tus indis­cu­tables et qu’il faut en étendre l’usage,

    mais aujourd’­hui, par prag­ma­tisme et parce que je me sens res­pon­sable, je me gar­de­rais bien d’in­ci­ter à ne pas voter, d’en­cou­ra­ger les gens dans leur paresse de non-citoyen, de petites créa­tures domi­nées et se croyant impuis­santes, citoyens démis­sion­naires n’ayant plus le cou­rage d’é­tu­dier les pro­grammes et de mar­quer un choix, celui-là vaut mieux que l’autre… pour l’hu­ma­ni­té… la pos­ture, que je sais faire recette si j’en lis cer­tains com­men­taires ici, du reje­tons tout d’un bloc, soyons spec­ta­teurs, dédoua­nés et sur­en­ché­ris­sons dans les divi­sions, les ana­thèmes, les amal­games… cette pos­ture, je la trouve pitoyable et acces­soi­re­ment dangereuse.

    @ barb, ce que disait Bor­di­ga, c’est qu’il faut com­battre la bour­geoi­sie peut importe sa cou­leur poli­tique du moment, d’où il res­sort qu’ef­fec­ti­ve­ment il n’y a pas à opé­rer d’al­liance de classe avec une frange de la bour­geoi­sie au pré­texte de com­battre le fas­cisme. c’est d’ailleurs la ligne de LO, qu’elle a appli­quée lors de l’é­lec­tion pré­si­den­tielle de 2002. Ce point de vue n’im­plique pas qu’il ne fau­drait pas com­battre le fascisme.

    mais tu fais bien de le citer, car jus­te­ment lui a fon­dé un par­ti, non pas pour divi­ser les gens mais pour les ras­sem­bler. Il semble qu’au­jourd’­hui il est de bon ton de s’at­ta­quer aux par­tis et aux idéo­lo­gies, ce qui per­met bien enten­du à la bour­geoi­sie, bien orga­ni­sée et somme toute unie et soli­daire dès que leurs inté­rêts fon­da­men­taux sont en jeu, de ne pas avoir d’ad­ver­saires à sa mesure… conclu­sion, l’an­ti­par­tisme a tout d’une idéo­lo­gie de laquais de la bourgeoisie.

    il n’empêche, cet épi­sode montre que la conne­rie est la chose la plus uni­ver­sel­le­ment partagée !

    Réponse
  17. Argent et société

    Bon­jour Etienne,

    Juste besoin de te redire – et à tes lec­teurs – com­bien j’adhère à ta démarche : orga­ni­ser le pou­voir pour et par le peuple ( démo-cra­tie ) et notam­ment, pour ce que j’ai un peu regar­dé, lui don­ner la pro­prié­té de son argent. Pour­quoi une dette publique ?

    Mer­ci pour ton action. Négli­geons, sans les mépri­ser voire même même en ten­tant de les com­prendre, ceux qui, au fond, ont peur d’é­bran­ler le sta­tu quo. Exa­mi­ner les éti­quettes ne suf­fit pas ; voyons aus­si la qua­li­té du tis­su et le fini des coutures.

    Jean Jégu

    Réponse
  18. TONIN

    Etienne,

    je ne sais si tu lis tous les mails qui te sont adres­sés, mais si c’est le cas, saches que tu béné­fi­cies de mon total soutien.

    J’es­père faire par­tie pro­chai­ne­ment de ceux qui comme toi sont pour­chas­sés pour leurs idées qui dérangent ces chiens. Je suis sur le point de mettre en œuvre ce dont je t’a­vais causé.

    Avec toi. Amicalement.

    Dumè

    Réponse
  19. Étienne

    Mer­ci à vous tous, pour toutes ces gen­tilles pen­sées — les com­men­taires ici et les mails.

    Sitouaillain,

    1) Autant que je me sou­vienne, je n’ai jamais appe­lé à ne pas voter : pas fou ; il y a tou­jours un moindre mal.

    2) Je n’ai pas renon­cé au gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif (voir les mil­liers de pages du forum à y réflé­chir point par point depuis des années).

    3) Et je dis depuis long­temps que, s’il faut abso­lu­ment choi­sir un roi, l’homme poli­tique que je vois le mieux (ou que je crains le moins) aux manettes du pays, pour sa géné­ro­si­té, pour son intel­li­gence et sa culture ency­clo­pé­dique (mais tou­jours au ser­vice de la jus­tice sociale), pour sa cour­toi­sie et sa modes­tie, pour son humour aus­si, pour son intel­li­gente gen­tillesse quoi, c’est… Jacques Géné­reux. => Donc, comme enne­mi achar­né du Fdg on trou­ve­ra pire que moi 😉

    4) Ce que je redoute (et dénonce), ce ne sont évi­dem­ment PAS les mili­tants des par­tis, mais L’INSTITUTION du par­ti, orga­ni­sa­tion mili­taire, pyra­mi­dale et hié­rar­chique, qui donne tout le pou­voir à quelques chefs hors contrôle, ins­ti­tu­tion qui échappe aux mili­tants, je trouve, qui les déforme aus­si, en les condui­sant à une aver­sion de tous les autres mili­tants (« tous ceux qui ne sont pas de mon camp sont des enne­mis, en bloc »), en les obli­geant PAR CONSTRUCTION INSTITUTIONNELLE à défendre des inté­rêts (ceux du par­ti) que je trouve sou­vent dis­tincts (et même par­fois contra­dic­toires) avec l’in­té­rêt des membres du parti.

    Les par­tis sont peut-être un mal néces­saire, sur­tout dans un cadre élec­tif, mais (sans être un fas­ciste) je les consi­dère comme un mal, glo­ba­le­ment. + Je sais que je me trom­per => donc, ça se discute. 
    Et la cen­sure pra­ti­quée par André Bel­lon (pas uni­que­ment sur moi, mais sur tous ceux qui osent le contre­dire) sur son site est un (triste) aveu de fai­blesse argumentaire.

    Étienne.

    Réponse
  20. Renaud

    Plus de deux siècles de pra­tiques poli­tiques répu­bli­caines à peine « ther­mi­do­ri­sées » ont don­né aux Fran­çais des réflexes qua­si pav­lo­viens rela­ti­ve­ment à la chose publique. Très en rela­tions avec l’é­tran­ger (un étran­ger extra-euro­péen), c’est ain­si que je m’a­per­çois que les Fran­çais sont bien trop poli­ti­sés. Au point qu’ils peuvent en deve­nir ridi­cules. Ils achoppent sys­té­ma­ti­que­ment sur un jeu de miroir culti­vé de toutes pièces par les par­tis, les hauts milieux financiers,les média com­man­di­taires d’in­tel­lec­tuels « enga­gés », « enca­gés » eux-mêmes, et vou­lant enca­ger ceux qui ne pensent pas comme eux. Ça donne : fac­sistes (ou plu­tôt consi­dé­rés comme tels) VS anti­fas­cistes. Quel vide, quelle indi­gence men­tale ! Moins ima­gi­na­tif que ça, on ne vit plus que dans sa bulle… Cela confine à la psy­chose ! C’est grave !

    Ces « tour­billons » cher­chant à écla­bous­ser Étienne risquent trop de plaire aux milieux finan­ciers, c’est de l’in­cons­cience ou un acte de vendu !

    Très rapi­de­ment, quelques réflexions de bon sens :

    Il se peut qu’il soit dif­fi­cile et long d’ha­bi­tuer une socié­té à s’oc­cu­per intel­li­gem­ment et effi­ca­ce­ment de la chose publique. Mais quand donc a‑t-on essayé ? Ce ne sont tou­jours pas nos men­tors intel­lec­tuels, pen­seurs uniques qui s’y sont appli­qués. Jamais les exploi­teurs n’es­saient d’or­ga­ni­ser leurs vic­times pour qu’elles résistent à leurs exploi­ta­tions. La pre­mière choses à faire est de savoir de quoi il est ques­tion. Étienne est de ceux qui ont com­pris quel est, dans la situa­tion contem­po­raine, le para­mètre déci­sif à trai­ter, c’est celui des échanges éco­no­miques et du sys­tème finan­cier. Quelle est la clé des échanges éco­no­miques ? Et bien c’est donc le sys­tème finan­cier, la créa­tion et le contrôle de la mon­naie. Mais l’ac­tua­li­té crève les yeux que le poli­tique est au ser­vice des for­tunes et com­met la for­fai­ture en aban­don­nant le ser­vice poli­tique du ser­vice à la socié­té pour lais­ser cette der­nière à la mer­ci de l’usure.

    Réfor­mer et trans­for­mer le sys­tème finan­cier pour qu’il soit – natu­rel­le­ment – au ser­vice de la socié­té toute entière, la socié­té qui pro­duit tous les biens. Cette pro­duc­tion, et elle seule, donne sa valeur à la mon­naie, sinon la mon­nai ne vau­drait rien. La mon­naie des fai­seurs d’argent est créée par ces der­niers au ser­vice d’eux-mêmes. Donc nous savons où est la prio­ri­té des priorités.

    Étienne tra­vaille de façon par­ti­cu­liè­re­ment docu­men­tée à actua­li­ser et ins­tau­rer le Tirage au Sort en poli­tique, ce qui ouvri­rait la porte (blin­dée) de la réforme du sys­tème finan­cier pour la Jus­tice. J’y suis enga­gé aus­si depuis presque 15 ans.

    Alors, de grâce, lais­sez Étienne accom­plir ses tâches salubres. Le reste appa­raît comme du ver­biage assom­mant et sté­rile et sur­tout brouilleur de pistes !

    Réponse
  21. Étienne

    [Mise jour 20 novembre 2012, 5h50 : 

    PS :

    Pour mémoire, aux calom­nies des pré­ten­dus « anti­fas », j’ai déjà répon­du plu­sieurs fois : 

    • http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​f​o​r​u​m​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​2​0​1​1​/​0​9​/​1​2​/​1​4​1​-​q​u​i​-​e​s​t​-​d​-​e​x​t​r​e​m​e​-​d​r​o​ite

    • http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​f​o​r​u​m​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​2​0​1​1​/​0​9​/​1​5​/​1​4​2​-​l​e​-​f​a​s​c​i​s​m​e​-​n​-​e​s​t​-​p​a​s​-​a​s​s​i​m​i​l​a​b​l​e​-​a​-​l​-​a​n​t​i​s​e​m​i​t​i​sme

    • http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​f​o​r​u​m​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​2​0​1​2​/​0​6​/​0​1​/​2​2​5​-​h​e​n​r​i​-​g​u​i​l​l​e​m​i​n​-​l​e​-​f​a​s​c​i​s​m​e​-​e​n​-​f​r​a​nce

    •
    Étienne Chouard : Hugo Cha­vez / La sot­tise des… par cine­qua­prod

    • On trou­ve­ra aus­si des réponses aux insinuations/intimidations du même ordre (pré­ten­due proxi­mi­té avec l’ex­trême droite de tous ceux qui osent contes­ter l’é­vi­dente escro­que­rie par­le­men­taire) dans le pas­sion­nant fil de la contro­verse avec Raoul Marc Jen­nar et Fran­çois Asse­li­neau : http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​f​o​r​u​m​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​2​0​1​1​/​0​5​/​3​0​/​1​2​7​-​l​e​-​t​i​r​a​g​e​-​a​u​-​s​o​r​t​-​c​o​m​m​e​-​b​o​m​b​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​m​e​n​t​-​d​u​r​a​b​l​e​-​c​o​n​t​r​e​-​l​-​o​l​i​g​a​r​c​h​i​e​-​l​a​-​v​i​deo.
    Dans le même fil, on trou­ve­ra aus­si quelques unes de mes réponses à André Bel­lon et à son « Canard Répu­bli­cain » (sic).]

    Réponse
  22. Ana Sailland

    Quand on inter­roge André Bel­lon sur l’i­dée d’in­ven­ter un sys­tème offrant plus de par­ti­ci­pa­tion au citoyen, il ne répond pas.

    Et quand on pose une ques­tion de ce type sur son site, elle n’est pas publiée. Peut être la démo­cra­tie est elle un sujet inin­té­res­sant à ses yeux. En tel cas, on se demande bien pour­quoi il réclame une assem­blée consti­tuante (élue) si c’est pour ne rien chan­ger de fondamental.

    J’ai donc assez vite aban­don­né mes ten­ta­tives de communication.

    Je suis tou­te­fois sur sa mai­ling-list et reçois de temps en temps ses mono­logues. Le brave homme court der­rière l’ac­tua­li­té, loin der­rières les mili­tants de toutes cou­leurs, et n’é­crit jamais rien d’original.

    Ce n’est cer­tai­ne­ment pas ce « « démo­crate » » là qui secoue­ra la four­mi­lière avec l’in­ten­tion de réduire les abus de pouvoir 😉

    ~~~~~~~~~~~~

    En Savoie, les fas­cines sont des fagots de petit bois.

    Sur cer­taines images antiques, Zeus tient en sa main un fais­ceau d’é­clairs de tonnerre.

    Ma défi­ni­tion du fas­cisme, basée sur le radi­cal du mot, c’est quand tous les pou­voirs sont orga­ni­sés en un fais­ceau tenu par peu de mains. Fais­ceau convergent vers l’in­té­rêt d’un petit nombre, au détri­ment de l’in­té­rêt de tous.

    Nous sommes en ce sens pré­cis dans un régime fas­ciste, et je trouve comique/triste qu’on accuse de fas­cisme ceux qui luttent contre cet « état » de fait.

    Ana Sailland

    Réponse
  23. Merome

    Je me per­mets de par­ta­ger avec vous cet article que j’ai lu hier : « Ces mili­tants qui des­sinent des fausses pistes cyclables »

    Cela m’é­voque la façon de faire des Yes Men (si vous n’a­vez pas vu leur film, c’est ici) : usur­per le rôle de ceux qui ont le pou­voir pour les for­cer à sor­tir du bois et se posi­tion­ner (sou­vent démentir).


    Les‑Y.e.s‑M.e.n‑refont-le‑M.o.n.d.e – 1de2 par non-mer­ci


    Les‑Y.e.s‑M.e.n‑refont-le‑M.o.n.d.e – 2de2 par non-mer­ci

    Dans l’ar­ticle que je cite ci-des­sus, des gens des­sinent une fausse piste cyclable sur la route pen­dant la nuit, et dis­posent des fausses plaques d’i­nau­gu­ra­tion de ladite piste. Résul­tat dès le len­de­main, les cyclistes s’ap­pro­prient l’es­pace, les auto­mo­bi­listes s’a­daptent, mais la muni­ci­pa­li­té est embê­tée parce qu’elle n’a rien deman­dé à personne !

    Et sur­tout, elle doit expli­quer à tout le monde pour­quoi elle fait dis­pa­raitre une piste cyclable qui était pour­tant déjà utilisée !

    Les Yes Men quant à eux, se font pas­ser pour des grands groupes indus­triels qui tout d’un coup devien­draient « humains » et dis­tri­bue­raient les béné­fices à ceux qu’ils ont floués. L’ac­tion chute en bourse, les diri­geants doivent alors com­mu­ni­quer en disant « non, non, ras­su­rez-vous, on est tou­jours des salauds », en quelque sorte.

    Et donc, je me demande s’il n’y aurait pas une idée à creu­ser pour la ques­tion de la démo­cra­tie qui nous inté­resse. Est-ce qu’on ne pour­rait pas mettre les élus devant un fait accom­pli, ce qui les obli­ge­rait à recon­naitre publi­que­ment que le gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif n’est pas la démocratie ?

    Réfléchissons‑y…

    Réponse
  24. sitouaillain

    @ Etienne,

    je par­lais en connais­sance de cause, (à part le point 3 où là j’a­voue que ton silence lors de la pré­si­den­tielle m’in­ter­pelle encore plus…je ne le connais pas, acces­soi­re­ment je l’ai eu comme prof)
    je ne suis pas du genre à te rendre res­pon­sable du fait que les gens ne retiennent pas tes nuances et cherchent à confir­mer leurs préjugés,

    il n’empêche que tu véhi­cules des visions par­tielles et par­tiales de la réa­li­té, à par­tir d’af­fir­ma­tions caté­go­riques, et visi­ble­ment, non sus­cep­tible d’un apport de nuances ou même d’in­fir­ma­tions, dans le cadre d’un dialogue,

    je recon­nais bien volon­tiers que je m’y prend mal, mais ce n’est pas faute ici d’a­voir ten­té. En tout cas je rejoins André Bel­lon sur quelques reproches. Notam­ment ce que tu dis d’A­thènes, du SU, des élus, ça n’est pas accep­table, « scien­ti­fi­que­ment » par­lant. Cela grève la por­tée révo­lu­tion­naire de tes propos.

    d’où fina­le­ment des ambigüi­tés et des contra­dic­tions, dont, bien sûr, nul n’est exempt.

    je recon­nais l’as­pect tra­gique et stu­pide de la situa­tion, j’ai­me­rais bien que les insultes et autres dis­qua­li­fi­ca­tions s’ef­facent, car ceci per­met­trait d’al­ler au fond des choses, et j’es­père que le cours des évè­ne­ments nous en lais­se­ra le temps.

    mais en véri­té le mes­sage pré­cé­dent ne s’a­dres­sait pas vrai­ment à toi, il visait à contre­ba­lan­cer la répé­ti­tion de pro­pos dont le conte­nu idéo­lo­gique sous-jacent classe leurs auteurs si ce n’est à l’ex­trême droite, du moins dans une atti­tude com­pa­tible avec l’ex­ten­sion de son hégé­mo­nie. et leur pré­sence en grand nombre ici tiens cer­tai­ne­ment aux ambigüi­tés susmentionnées…ceux-là savent au fond d’eux que les résul­tats d’un tirage au sort seront méca­ni­que­ment un reflet des rap­ports de forces, de la puis­sance des cou­rants d’o­pi­nion que des groupes orga­ni­sés pro­duisent et diffusent…humanistes vs anti­hu­ma­nistes, notamment…RMJ t’a­vais déjà aver­ti à sa manière…dommage que ça a tour­né au dia­logue de sourds.

    Réponse
  25. Étienne

    Sitouaillain,

    Quand tu t’ap­puies sur les dires d’An­dré Bel­lon qui, lui, bien sûr, « ne véhi­cule PAS des visions par­tielles et par­tiales de la réa­li­té, à par­tir d’af­fir­ma­tions caté­go­riques, et visi­ble­ment, non sus­cep­tible d’un apport de nuances ou même d’in­fir­ma­tions, dans le cadre d’un dia­logue », je me marre 🙂

    Étienne.

    Réponse
  26. Joseph Goebbels en slip

     » (…)des spec­ta­teurs ont por­té à notre atten­tion des polé­miques récentes autour d’une proxi­mi­té sup­po­sée d’Étienne Chouard avec des milieux fascistes. »

    Aaaah nos amis anti­fas sont de retour. Quelle clair­voyance, c’est épa­tant ! Le petit bémol c’est qu’ils ne se ren­seignent pas au moment où ils collent l’é­ti­quette « fas­ciste » sur quel­qu’un. Et une fois que l’é­ti­quette est col­lée, ils s’exemptent de toute réflexion ulté­rieure. Pour résu­mer, ils ne réflé­chissent jamais. Du coup j’en arrive à la cause des causes : ce sont des crétins.

    Je vous laisse, je vais à Nurem­berg pour tendre le bras comme un couillon au congrès du par­ti natio­nal socia­liste. Ensuite on fera place nette pour construire un espace vital pour la race supé­rieure et tout le tralala.

    Réponse
  27. Merome

    Je pro­pose qu’on tire au sort la race supé­rieure. Ce sera plus démocratique.

    Réponse
  28. Joseph Goebbels en slip

    Allez tant que je suis là, on va se mar­rer un peu avec ce bon vieux André Bel­lon, dont voi­ci une cita­tion passionnante :

    « Le pré­si­den­tia­lisme génère la vas­sa­li­sa­tion des indi­vi­dus sou­mis à la logique des écu­ries pré­si­den­tielles et détruit la liber­té comme la res­pon­sa­bi­li­té indi­vi­duelle des élus du peuple. Pré­tendre créer une diver­si­té des posi­tions dans ce contexte appa­raît comme une plai­san­te­rie puisqu’on doit se situer par rap­port à un des deux élus poten­tiels. Le régime devient celui d’un bipar­tisme asep­ti­sé, ins­tru­ment de la mon­dia­li­sa­tion, gom­mant les lignes de frac­ture pro­fondes comme les conflits sociaux qui tra­versent la société. »

    Hahaaa, Étienne tu es bou­lé glan­dé, la cause des causes c’est le bipar­tisme ! C’est André qui l’a dit ! Allez vous rha­biller avec vos his­toires de consti­tu­tion, vive le tri­par­tisme qui va nous libé­rer de tous les fléaux, nous serons tous bras des­sus bras des­sous avec des fleurs dans les cheveux !

    (Un grand mer­ci à dédé pour cette ana­lyse bien ficelée).

    Réponse
  29. Joseph Goebbels en slip

    « Je pro­pose qu’on tire au sort la race supé­rieure. Ce sera plus démocratique. »

    Cette idée semble pro­met­teuse, je nomme offi­ciel­le­ment Merome chef de la propagande !

    Réponse
  30. RHC

    Etienne : « Je n’ai pas le temps de polé­mi­quer ; je trouve sim­ple­ment cette déci­sion idiote : je pense que les ban­quiers doivent bien se mar­rer, à nous voir nous déchi­rer entre nous pour des conne­ries (il n’y a pas d’autre mot), au lieu de les prendre eux, les ban­quiers, pour cible com­mune prioritaire. »

    Bon­jour,

    {{ALTRUISME – Aider les autres à un coût pour soi-même – a été une épine têtue dans le flanc des bio­lo­gistes évo­lu­tion­nistes. Si la sélec­tion natu­relle favo­rise des gènes qui pro­duisent des carac­té­ris­tiques qui aug­mentent le suc­cès repro­duc­teur des indi­vi­dus en qui ils résident, alors l’al­truisme est pré­ci­sé­ment la sorte de com­por­te­ment qui devrait disparaître.

    Dar­win était inten­sé­ment conscient du pro­blème que l’al­truisme posait à sa théo­rie de la sélec­tion natu­relle. Il était par­ti­cu­liè­re­ment inquiet du com­por­te­ment auto-sacri­fi­ciel que des insectes sociaux affichent : com­ment la sélec­tion natu­relle pour­rait-elle expli­quer pour­quoi une abeille ouvrière défen­dra sa ruche en piquant un intrus et en mou­rant dans le pro­ces­sus ? Dans Sur l’O­ri­gine des Espèces , il a réca­pi­tu­lé le sujet de l’al­truisme de l’in­secte social comme « une dif­fi­cul­té spé­ciale, qui m’a d’a­bord sem­blé être insur­mon­table et en réa­li­té fatale pour la théo­rie entière ». Mais alors il a inven­té une explication.

    Kro­pot­kin sui­vait ce qu’il voyait comme « le cours tra­cé par la phi­lo­so­phie moderne de l’é­vo­lu­tion… la socié­té comme une accu­mu­la­tion d’or­ga­nismes essayant de décou­vrir les meilleures façons de com­bi­ner les besoins des indi­vi­dus avec ceux de la coopé­ra­tion ». Il a vu l’a­nar­chisme comme la phase sui­vante de l’évolution.

    Une théo­rie mathé­ma­tique pour l’é­vo­lu­tion de l’al­truisme et sa rela­tion à la paren­té de sang vien­drait une géné­ra­tion plus tard avec Bill Hamil­ton, qui était tant natu­ra­liste pas­sion­né que mathé­ma­ti­cien doué. En tra­vaillant sur son Ph.D. au début des années 1960, il a construit un modèle mathé­ma­tique com­plexe pour décrire la paren­té de sang et l’é­vo­lu­tion de l’al­truisme. Heu­reu­se­ment, le modèle s’est résu­mé à une équa­tion simple, main­te­nant connue comme la règle d’Ha­mil­ton. L’é­qua­tion a seule­ment trois variables : le coût de l’al­truisme à l’al­truiste ©, l’a­van­tage qu’un des­ti­na­taire de l’al­truisme reçoit (b) et leur lien géné­tique ®. La règle d’Ha­mil­ton déclare que la sélec­tion natu­relle favo­rise l’al­truisme quand r × b> c.
    L’é­qua­tion d’Ha­mil­ton se résume à ceci : si un gène pour l’al­truisme doit se déve­lop­per, alors le coût de l’al­truisme doit être équi­li­bré par des béné­fices com­pen­sa­toires. Dans son modèle, les béné­fices peuvent être accu­mu­lés par les parents de sang de l’al­truiste parce qu’il y a une chance (la pro­ba­bi­li­té r) que de tels parents peuvent aus­si por­ter ce gène pour l’al­truisme. Autre­ment dit, un gène pour l’al­truisme peut s’é­tendre s’il aide les copies de lui-même à rési­der dans la famille de sang. …
    }}

    Ana­ly­sons au « pif » Le phé­no­mène altruisme res­treint avec les règles d’Hamilton.
    r : la probabilité
    rp : un(e) politicien(ne) professionnel(le)
    rf : pro­ba­bi­li­té de lien fami­lial dans les par­tis poli­tiques ( la tra­di­tion de géné­ra­tion dans le domaine de la poli­tique professionnelle)
    rfb : lien entre banques cen­trales et le monde de la finance, la poli­tique et les entre­prises. (100% )
    rpn : la pro­ba­bi­li­té de lien altruisme entre les diri­geants poli­tiques et le peuple.

    Des­ti­na­taire de l’al­truisme B :

    Bd : Des­ti­na­taire de l’al­truisme dans le cercle de dirigeant.
    Bfp : La poli­tique reçoit de l’argent à par­tir des banques et entreprises.
    Bpm:Destinataire de l’al­truisme res­treint dans le cercle des mili­tants (Poste..etc).
    BpN : Des­ti­na­taire de l’al­truisme est le peuple (nation)
    L’al­truisme envers la dis­tri­bu­tion de la richesse et le pou­voir dans le monde, rpn*bpn semble au voi­si­nage de 1%. On peut dire même donc qu’un par­ti poli­tique a une effi­ca­ci­té que 1%.
    rpn=1‑rp-rf-rfb-bpm-.…
    Solu­tion possible ?

     rpn*BpN> plan C?

    Le tirage au sort ne peut qu’aug­men­ter la variable de pro­ba­bi­li­té rpn. C’é­tait un peu au « pif ».;-)
    Merci,

    Réponse
  31. RHC

    (Enfin HS)

    « Qu’est-ce qui en géné­ral fait de nous un conser­va­teur ou un pro­gres­siste ? On se doute intui­ti­ve­ment que cela doit dépendre en grande par­tie de l’o­rien­ta­tion des parents, et une étude vient de le véri­fier. Cette nou­velle recherche montre que l’é­tape de socia­li­sa­tion poli­tique débute avec l’é­du­ca­tion paren­tale. Une mère et un père qui ont un style plu­tôt auto­ri­taire et une répar­ti­tion des rôles tra­di­tion­nelle ont ten­dance à for­mer des enfants qui pos­sèdent des idéo­lo­gies de type conser­va­trice à 18 ans.

    Les enfants qui ont ten­dance à être crain­tifs sont plus sus­cep­tibles de gran­dir en déve­lop­pant des valeurs conser­va­trices éga­le­ment. Les parents auto­ri­taires sont plus sus­cep­tibles d’u­ti­li­ser des puni­tions, à sou­hai­ter l’o­béis­sance et avoir des règles strictes pour la dis­ci­pline et le com­por­te­ment. Des parents pro­gres­sistes sont moins rigides et plus souples sur les règles et écoutent l’o­pi­nion de l’enfant.

    On a deman­dé à des mamans d’en­fants d’un mois envi­ron d’âge de rem­plir un ques­tion­naire pour esti­mer leurs valeurs, puis un autre ques­tion­naire concer­nant le tem­pé­ra­ment de l’en­fant à 4 ans fut four­ni ulté­rieu­re­ment. Enfin, on déter­mi­nait la posi­tion de l’en­fant lors­qu’il avait 18 ans. C’est ain­si que l’on a pu déga­ger les conclu­sions expo­sées plus haut.

    Pour aller plus loin : Fra­ley, R. C., Grif­fin, B. N., Bels­ky, J., & Rois­man, G. I. (in press). Deve­lop­men­tal ante­ce­dents of poli­ti­cal ideo­lo­gy : A lon­gi­tu­di­nal inves­ti­ga­tion from birth to age 18. Psy­cho­lo­gi­cal Science. »

    Une solu­tion simple et paci­fique entre la Pales­tine et Israël.Il fau­drait un échange obli­ga­toire et per­ma­nent sur une durée 1 mois par rota­tion pen­dant au moins 50 ans entre les enfants d’Is­raël et les enfants Palestiniens.Le monde peut finan­cer la famille d’ac­cueil au lieu de four­nir des armes. Peut être bien l’al­truisme res­treint ou non qui va nous sauver…

    Mer­ci,

    Réponse
  32. Di Girolamo

    Nous véhi­cu­lons tous « des visions par­tielles et par­tiales de la réalité ».

    C’est la rai­son pour laquelle je n’ai aucun res­pect pour qui­conque (sur le plan poli­tique) ni bien sûr pour moi même

    c’est la rai­son pour laquelle je suis pour le débat ouvert, construit, orga­ni­sé et per­ma­nent (le débat dont je parle n’a rien à voir avec ce qu’on nomme habi­tuel­le­ment débat )

    C’est la rai­son pour laquelle je refuse de domi­ner les autres mais refuse d’être domi­né et reven­dique « le pou­voir » pour les autres comme pour pour moi même , en ce sens je ne suis pas du tout dés­in­té­res­sé et très reven­di­ca­tif . ( Je suis d’ailleurs encore en pro­cès pour cela)

    Je consi­dère que ces « débats  » sur ce que dit, a dit ‚l’un ou l’autre sont non pro­duc­tifs. ( je reste poli)

    Ce sont les pro­blèmes qui se posent à nous , le monde tel qu’on le construit qui importe et c’est là des­sus qu’on doit débattre , sans exclure per­sonne ; avec comme préa­lable la reco­nais­sance de la com­plexi­té des choses parce que nous sommes divers avec des inté­rêts et des visions diverses du monde.

    Le degré d’absence ou pré­sence de réel débat sur les pro­blé­ma­tiques socié­tales, bien orga­ni­sé et acces­sible au plus grand nombre, est la mesure pré­cise du degré de démo­cra­tie dans un pays . Plus les rap­ports de force prennent le pas, moins le débat est pré­sent . L’extrême étant une dic­ta­ture et cen­sure clai­re­ment affi­chée comme telle.

    Aujourd’hui nous sommes dans un rap­port de force mas­qué qui a rem­pla­cé le débat par des élec­tions en alter­nance de par­ti MAIS SANS JAMAIS DE REELLE POSSIBILITE DE DEBATTRE SUR LE FOND : LE PROJET DE SOCIETTE ; de plus c’est l’économie qui a pris le pas sur le poli­tique , un sys­tème s’est mis en place empê­chant toute pos­si­bi­li­té de choix : nous sommes embar­qués. Je pour­rais bien sûr ajou­ter la mise en place de l’Europe dans les condi­tions qu’on connait et le fait que ce rap­port de force fait sys­tème , est incons­cient pour la plu­part qui l’assimile aux évo­lu­tions de l’espèce , alors que ces évo­lu­tions qui certes existent et pèsent for­te­ment sont gui­dées par des logiques poli­tiques struc­tu­rantes allant de le sens de l’exploitation et de la destruction.

    Les marges de manœuvres poli­tiques sont donc très réduites voir encore à inventer.

    Faut-il accep­ter par réa­lisme de ren­trer dans un par­ti ( FDG)qui fait force à gauche, pour l’aider à peser et accé­der au pou­voir ? Mais est ce réa­liste que de pen­ser que ce par­ti pour­ra par des che­mins élec­to­raux prendre le pou­voir dans le contexte d’un sys­tème qui déploie des logiques inverses ?

    Quelle posi­tion prendre ? Je n’ai pas voté et j’ai dit pour­quoi et com­ment ; j’ai agit ; ais je eu tort ou rai­son ? et par rap­port à quoi et à qui, ?

    Je suis dans le doute et l’expectative et ne sais pas quelle atti­tude tenir. Mais je vois par contre que beau­coup sont très sûrs d’eux et de leurs posi­tions et crachent leurs venins sur untel ou untel ; qu’ils uti­lisent donc leur savoirs et leur temps à l’analyse et à faire des pro­po­si­tions : je suis preneur .


    UA2012M’PEP – « Situa­tion poli­tique » – Réponse J… par M‑PEP

    Réponse
  33. Atout66

    Étienne se marre au post 25. À juste titre.
    Et moi, je me marre deux fois plus, en tant qu’an­cien mili­tant actif du PG qui s’est ôté ses œillères tout seul, comme un grand, un cer­tain 22 avril 2012… 
    Serais-je deve­nu fas­ciste moi aussi ?

    Étienne s’in­ter­roge : Idiote ? Sauf si, au fond, on défend le sys­tème capi­ta­liste cra­pu­liste… auquel cas, c’est très malin, bien sûr. Mais je n’ose pas croire que ça soit pos­sible de la part de mili­tants de gauche ; pas sciem­ment en tout cas.

    Il faut oser, Étienne, il faut oser ! 

    Que ce soit par naï­ve­té ou ‘en conscience’, le résul­tat du ‘pos­sible’ est le même.

    Je pense que le FdG se fout tota­le­ment d’Étienne Chouard, (déso­lé pour son orgueil), je veux dire les diri­geants FdG, les res­pon­sables comm, etc., ceux qui mangent à la gamelle élec­to­ra­liste ou qui doivent leur place à qui de droit. Ce qui les inté­resse, cyni­que­ment, selon moi, c’est de récu­pé­rer le concept qui pour­rait s’a­vé­rer por­teur (pour mieux le détour­ner + tard)…
    Le FdG sait ne pas insul­ter l’a­ve­nir, il est encore trop petit pour pou­voir se le per­mettre, et ques­tion récu­pé­ra­tion, il a un maître en la matière ; le PCF 😉

    La seule issue : la déso­béis­sance civile, la fin des par­tis et des poli­ti­cards. Nul doute qu’ils ne se lais­se­ront pas faire, comme les bour­geois qu’ils sont, et, à l’ins­tar de toutes les reli­gions qui ne font qu’une quand il s’a­git de mas­sa­crer l’a­thée ou l’ag­nos­tique, tous les par­tis feront cause com­mune contre toute éman­ci­pa­tion citoyenne issue du peuple direc­te­ment, et de lui seul.

    Réponse
  34. Morpheus

    Je crains fort que les paroles de Atout66 ne soient, hélas, bien près de la véri­té. Lorsque je vois avec quelle véhé­mence les mili­tants s’emploient à défendre les lignes par­ti­sanes adop­tées par leurs diri­geants de par­ti, et se ferment, très sou­vent, aux cri­tiques (mêmes construc­tives), pour finir par deve­nir dog­ma­tiques et sec­taires, je reste stupéfait.

    Il est dif­fi­cile de ne pas deve­nir cynique lorsque chaque jour on assiste à cette alié­na­tion volon­taire, consen­tie. Même lorsque l’on en connait les rouages psy­cho­lo­giques, que l’on sait pour­quoi beau­coup agissent ain­si, il est dif­fi­cile de l’ac­cep­ter avec sérénité.

    Le mot alié­na­tion devrait être mieux connu des citoyens. À l’o­ri­gine, c’est d’a­bord un terme juri­dique qui indique le fait de céder un droit (par exemple, lorsque l’on vend une pro­prié­té, on « aliène une pro­prié­té », on cède son droit à un ache­teur). C’est Rous­seau qui le pre­mier a détour­né ce terme juri­dique pour dési­gner l’alié­na­tion sociale.

    L’aliénation sociale est bel et bien ce qui carac­té­rise les gou­ver­ne­ments (pré­ten­du­ment) démo­cra­tiques, et donc l’é­poque >moderne< des XIXe et XXe siècles. Chaque fois que nous avons dépo­sé un bul­le­tin dans une urne élec­to­rale, nous avons alié­né notre pou­voir, notre droit à déci­der pour nous-même ce qui est juste ou ne l’est pas, ce qui est oppor­tun ou ne l’est pas.

    Nous sommes per­sua­dés, nous nous per­sua­dons, que ce fai­sant, nous res­tons maître de nos choix, mais rien n’est plus faux – et nous le savons. Mais même en le sachant, nous devons bien jus­ti­fier nos actions, nos choix, nos croyances, alors nous per­sé­vé­rons, contre toute logique, et nous per­sis­tons à per­pé­tuer notre alié­na­tion – et celle des autres. Et nous déployons énor­mé­ment d’ef­forts en rhé­to­riques, en argu­ties, en débats sans fin pour per­sua­der, autant autrui que nous-mêmes, que les choses ne sont pas aus­si simples, que pata­ti et pata­ta et pata­ti et patata.

    Et avec tout cela, nous conti­nuons à demeu­rer une bande d’a­lié­nés. Des fous dans un asile d’a­lié­nés diri­gés par une bande de psychopathes.

    Et les mecs en blouses blanches cols blancs, eux, ils se marrent ! Mais ils se marrent !!

    Allez les enfants, c’est l’heure de la pilule bleue…

    Dites, com­ment on fait pour conti­nuer à jouer dans un jeu lorsque l’on a com­pris que les règles sont com­plè­te­ment truquées ?

    …

    Mor­pheus

    Réponse
  35. mic el

    par­fai­te­ment d’ac­cord avec toi atout66,

    et pour rire encore je rajou­te­rais : Nul doute qu’ils ne se lais­se­ront pas faire, comme les bour­geois qu’ils sont, et, à l’ins­tar de toutes les reli­gions qui ne font qu’une quand il s’a­git de mas­sa­crer l’a­thée ou l’ag­nos­tique, ou le gnos­tique, tous les par­tis feront cause com­mune contre toute éman­ci­pa­tion citoyenne issue du peuple direc­te­ment, et de lui seul.

    Réponse
  36. Ana Sailland

    La réa­li­té est un dia­mant poly­édrique, irré­gu­lier, aux très nom­breuses facettes.
    Il est impos­sible que deux êtres par­tagent la même appré­hen­sion de la réa­li­té puisque dans leurs vies ils ne sont pas ins­tal­lés au même point d’ob­ser­va­tion du diamant.
    Ils n’ont pas le même angle de vue, dit-on.

    Ce n’est pas une ques­tion d’in­tel­li­gence, ni de pers­pi­ca­ci­té, ni de morale ou d’é­thique : c’est une ques­tion de géométrie !

    L’angle de vue est déter­mi­né par la vie pas­sée de l’être et par la charge affec­tive autant qu’in­tel­lec­tuelle qui a édi­fié son esprit, sa com­pré­hen­sion, sa foi et ses valeurs, mais aus­si par ses deux corps, phy­sique et men­tal, couple per­son­nel et dif­fé­ren­cié, unique, qui est lui-même un élé­ment de la réa­li­té sur laquelle il pro­jette ombre et lumière.

    Deux indi­vi­dus peuvent, c’est un effet du des­tin, rési­der de part et d’autre du dia­mant ; en tel cas, ils auront, dit-on, des points de vue dia­mé­tra­le­ment oppo­sés, du même objet, qui est la réa­li­té, qu’elle soit phy­sique, émo­tion­nelle, phi­lo­so­phique, reli­gieuse, poli­tique, ou autre, ou un mix de tout cela.

    Com­prendre qu’il s’a­git du même objet est important :

    Les deux obser­va­teurs du monde et de la vie auront inté­rêt à échan­ger et à s’in­for­mer mutuel­le­ment de ceux qu’ils per­çoivent, sans pré­avis posi­tif ni négatif : 

    il s’a­git uni­que­ment d’é­lar­gir le regard de cha­cun par addi­tion des regards por­tés sur l’ob­jet-réa­li­té, objet-dia­mant dont la connais­sance est convoi­tée par tous, mais hors de por­tée d’un être ou d’un groupe qui choi­si­raient l’isolement.

    La per­cep­tion de cha­cun sera ain­si enri­chie de la per­cep­tion de l’autre, et il en reti­re­ra le plus grand bénéfice.
    Mieux encore, la com­pré­hen­sion indi­vi­duelle du monde est mul­ti­pliée méca­ni­que­ment par le nombre des amis avec qui il converse avec res­pect et écoute.
    Cha­cun aura donc inté­rêt à se lier d’a­mi­tié avec toutes celles et tous ceux qui pensent dif­fé­rem­ment de lui !

    (((Il faut hélas être deux pour jouer cette par­ti­tion là, et le duo est impos­sible avec le flu­tieau qui nous tourne le dos)))

    Ain­si l’i­se­go­ria est-elle une condi­tion néces­saire à la qua­li­té de la per­cep­tion de la réa­li­té ou des réa­li­tés. Pour l’in­di­vi­du mais aus­si pour tout groupe, et en par­ti­cu­lier pour le corps social.

    Son contraire, qui est la cen­sure, est une auto ampu­ta­tion du censeur !!!
    Qui aura des consé­quences néfastes non seule­ment pour la per­sonne visée mais encore pour les proches du censeur.
    La cen­sure casse l’u­ni­té du corps social en excluant une par­tie du corps social. Et c’est donc tout le corps social qui est bles­sé, ampu­té. Qu’un seul des membres du corps social soit cen­su­ré, et c’est tout le corps social qui est enfermé.

    Nous savons com­bien le concept de volon­té géné­rale est important :
    Il consti­tue la cohé­sion spi­ri­tuel­le­ment armée du corps social, cohé­sion sans laquelle ce corps ne sau­rait résis­ter aux attaques des forces orien­tées vers sa sujé­tion et sa mise sous tutelle.

    Or cette volon­té géné­rale, pour être réel­le­ment géné­rale (et non pas déci­dée par des oli­garques dégui­sés en repré­sen­tants du peuple) ne peut pro­ve­nir que d’une inten­si­fi­ca­tion de l’é­change urbi et orbi, dans un esprit d’i­se­go­ria radi­cale, ne souf­frant aucune excep­tion, débar­ras­sée de toute impul­sion à la cen­sure et à l’exclusion.

    La cen­sure ne peut que conduire à une volon­té pré­ten­due géné­rale qui sera en fait impré­gnée de la volon­té des cen­seurs, et de leurs a prio­ri, et pri­vée de la par­tie du dia­mant per­çue par ceux qui sont clas­sés dans l’ombre et pour cela oblitérés.
    La cen­sure ne peut donc que conduire à une démo­cra­tie fac­tice ; et la démo­cra­tie réelle ne peut au contraire adve­nir que quand aucune per­sonne autre qu’a­depte de « la démo­cra­tie des déci­bels » n’est exclue de l’agora.

    Pas de démo­cra­tie sans ise­go­ria, Mon­sieur Bellon !

    Il est une atti­tude fré­quente qui consiste à arguer que cer­taines formes de pen­sée sont dan­ge­reuses car conta­gieuses. Je suis moi-même adepte à mes heures de ce pen­chant natu­rel. Il est à noter que selon qui l’on est, on clas­se­ra dans cette caté­go­rie des pen­sées dan­ge­reuses des cata­logues dis­tincts, et qu’il est donc bien pré­ten­tieux de consi­dé­rer mon cata­logue plus valable que celui de mon voi­sin. Donc retour à la case départ 😉 

    Mais je vou­drais sur­tout faire remar­quer que cette atti­tude témoigne d’un manque de confiance en soi, ou plus exac­te­ment d’un manque de confiance en la capa­ci­té de séduc­tion des idées qui nous sont chères. Et si nos idées sont les meilleures mais ne peuvent séduire l’autre, c’est, aura-t-on ten­dance à conclure, que l’autre est trop nouille, n’est-ce pas, par­di, ou
    affreux, inhu­main pour­quoi pas, infré­quen­table, mais sur­tout inca­pable d’évolution.

    Ain­si donc la ten­dance à cen­su­rer est elle le résul­tat non seule­ment de l’or­gueil de qui a la cer­ti­tude de voir juste, mais encore para­doxa­le­ment d’un manque de confiance en soi et en la séduc­tion de nos valeurs ; cou­plée à un mépris des capa­ci­tés d’é­vo­lu­tion de celui qui est à convaincre.

    Ce serait, pour finir, une erreur de ne consi­dé­rer l’i­se­go­ria que sous un angle prag­ma­tique, comme un usage ou une ins­ti­tu­tion à mettre en place en vue de la via­bi­li­té d’une démo­cra­tie réelle. Non, l’i­se­go­ria pos­sède une dimen­sion de « spi­ri­tua­li­té laïque », en ce sens qu’elle par­ti­cipe d’une démarche d’é­lé­va­tion de la conscience per­son­nelle, qui va avec l’empathie, la gen­tillesse, et l’amitié.

    L’a­mi­tié est loin d’être incom­pa­tible avec la diver­gence d’opinion.

    Et elle est le ferment de l’é­vo­lu­tion consen­suelle et har­mo­nieuse vers un mieux recon­nu par tous.

    L’a­mi­tié devrait être à la racine de nos pro­jets révolutionnaires.

    La recon­nais­sance de l’autre en tant qu’être unique, riche et enri­chis­sant, tout aus­si déran­geant qu’il soit, est l’un des cha­pitres de l’in­té­gra­tion en soi de la per­cep­tion de l’u­ni­té, qui consti­tue un fon­de­ment de la morale anar­chique au sens de Kropotkine.

    Je vais vous faire un aveu, qui n’est pas un scoop pour ceux qui ont lu mes coups de gueule ici ou là : je ne suis qu’ap­pren­tie, et si je sais la direc­tion à suivre, je m’en écarte encore sou­vent 😉 Pas vous ?

    Je décerne cepen­dant à Étienne le titre de cham­pion du monde de l’i­se­go­ria, et c’est bien pour cela que ceux qui n’ont pas encore com­pris l’im­por­tance de cette atti­tude vitale pour la démo­cra­tie sont déran­gés par sa gen­tillesse offerte à tous.

    Réponse
  37. mic el

    je ne résiste pas à vous faire par­ta­ger ce lien et cette cita­tion qui à mon avis expliquent la cause des cause de leur méchanceté !

    « http://​www​.liber​terre​.fr/​m​e​t​a​h​i​s​t​o​i​r​e​/​a​l​t​e​r​n​a​t​i​v​e​-​g​r​a​a​l​/​i​n​d​e​x​.​h​tml

    « La Quête du Graal encode une fable enthéo­gé­nique qui est, avec le motif de la ques­tion, la seconde clé de la réa­li­sa­tion du Graal. 
    Les condi­tions aux­quelles doivent faire face à la fois Per­ce­val et Gau­vain doivent être maî­tri­sées afin que la Magie du Graal soit réa­li­sée et libérée. 

    La gué­ri­son de l’hu­ma­ni­té dépend du désen­voû­te­ment de la fausse magie des per­pé­tra­teurs, les tyrans pater­nels qui inter­disent la connais­sance exta­tique parce qu’elle consti­tue l’u­nique et prin­ci­pale menace pour leur domination. 

    Le pou­voir de cette fausse magie consiste à nous convaincre qu’elle puisse inter­dire la connais­sance qui pro­vient du monde végé­tal, alors qu’en réa­li­té, elle ne peut qu’in­ter­dire la connais­sance de ce monde végétal. 

    Depuis l’é­poque de l’An­cien Tes­ta­ment, les théo­crates (c’est à dire les tyrans patriar­caux et leurs agents de contrôle, les prêtres urbains) ten­tèrent de dia­bo­li­ser l’ex­pé­rience intime des peuples indi­gènes qui com­mu­ni­quaient direc­te­ment avec le monde non-humain. 

    Il est plus que pro­bable que la répres­sion de telles expé­riences com­men­ça avec l’es­sor de l’a­gri­cul­ture parce que la rela­tion humaine aux plantes en tant que nour­ri­ture en pro­duc­tion de masse est incom­pa­tible avec la rela­tion à la nour­ri­ture toté­mique qui est carac­té­ris­tique de tous les peuples indigènes. »

    John Lash

    Réponse
  38. sitouaillain

    @ Ana,

    je suis en gros d’ac­cord avec ce que tu dis,

    mais tout ceci, tu en convien­dras, néces­site un cadre et des pré­sup­po­sés, une éthique et des règles.

    par exemple, non­obs­tant le fait que je me fiche com­plè­te­ment de ce type, je ne suis pas vrai­ment d’ac­cord sur le fond et la forme avec les pro­pos d’An­dré Bel­lon, mais je suis capable d’y sélec­tion­ner des points inté­res­sants, ou tout sim­ple­ment vrais,

    idem pour etienne chouard,

    et que deux « per­son­na­li­tés », c’est-à-dire des gens qui se font connaître, etc, etc délivrent la bonne parole et entendent en rece­voir les rétri­bu­tions sym­bo­liques, les gra­ti­fi­ca­tions, qui ne sont pas d’ac­cord s’écharpent, rien de plus com­pré­hen­sible, puisque, de par leur choix de posi­tion­ne­ment face au « public », ils sont en compétition,

    aus­si je m’a­muse de voir que l’un reproche à l’autre de ne pas débattre, et quand ce débat pour­rait avoir lieu via une média­tion, l’autre refuse en disant qu’il rigole… par­fai­te­ment pué­ril mais compréhensible.

    main­te­nant si on ne rigole plus et qu’on passe aux choses sérieuses,

    tu liras au-des­sus de ton mes­sage bien étrange dans tout ce fatras, un cer­tain nombre d’in­ci­ta­tions à la haine et des appels clairs à sup­pri­mer des liber­tés, en l’oc­cur­rence, la liber­té d’as­so­cia­tion, et ce à par­tir de posi­tions sec­taires acquises au termes d’a­na­lyses qui leur vau­drait un zéro poin­té à l’é­preuve de socio­lo­gie du bac­ca­lau­réat, et d’une mau­vaise foi maladive,

    et bien enten­du, ils sont démo­crates, c’est-à-dire que la démo­cra­tie, c’est quand on fait ce qu’ils disent, et pour être sûr, ils pro­posent de sup­pri­mer les partis,

    cette pro­po­si­tion, ils aspirent à ce qu’elle soit majo­ri­taire, et exé­cu­tée, d’où il res­sort qu’ef­fec­ti­ve­ment il n’y aura plus moyens de les mettre en mino­ri­té, car bien sûr pour la faire exé­cu­ter, ils se seront orga­ni­sés et diront que pour eux, c’est pas pareil, c’est un par­ti, machin chose, et ils te deman­de­ront citoyenne ana de pour­chas­ser tous ceux qui cherchent quand même à s’as­so­cier pour que leurs idées avancent…

    pour don­ner une expli­ca­tion à cette pos­ture, si je ne m’en remet­tait qu’à moi, ça ne cas­se­rait pas trois pattes à un canard, donc effec­ti­ve­ment, on construit un point de vue plus riche en inté­grant d’autres points de vues, j’ai déjà un cer­tain nombre de clés de lec­tures (par exemple http://​www​.per​see​.fr/​w​e​b​/​r​e​v​u​e​s​/​h​o​m​e​/​p​r​e​s​c​r​i​p​t​/​a​r​t​i​c​l​e​/​p​o​l​e​_​1​2​6​2​-​1​6​7​6​_​2​0​0​4​_​n​u​m​_​2​0​_​1​_​1​185), et je sais où cher­cher, mais il me manque énor­mé­ment de fond théo­rique du côté de la psy­cho­lo­gie, pour avoir un éclai­rage un peu plus satis­fai­sant, parce qu’à mon avis on a affaire à des gens qui sont frus­trés de ne pou­voir agir sur leur envi­ron­ne­ment et qui, du coup, en rendent « les autres » res­pon­sables à un point un tan­ti­net patho­lo­gique, que j’es­père curable.

    @ atout66

    tu devais avoir les yeux mal ouverts quand tu as pris ta carte, le PG est un par­ti hié­rar­chi­sé, très peu démo­cra­tique dans ses struc­tures et au recru­te­ment socio­lo­gique très peu popu­laire, c’est le plus « à droite » des par­tis et orga­ni­sa­tions du FdG, (éco­lo­gie excep­tée).. per­so je m’en vou­drais de m’être trom­pé de par­ti si j’é­tais toi, visi­ble­ment ça ne te conve­nait pas, pour­quoi tu gémis comme un homme bles­sé par une femme qui en veut à toutes les autres.

    Réponse
  39. Yvan

    Je trouve qu’il règne une cer­taine mau­vaise foi, voire une évi­dente aigreur, concer­nant le FdG dans les com­men­taires pré­cé­dents. Les expé­riences expo­sées ci-des­sus (comme celle d’AlainR) ne peuvent s’im­po­ser comme une réa­li­té géné­ra­li­sée, car il s’a­git là d’un avis (très) sub­jec­tif, et rien d’autre. Tout comme la déci­sion de Rodolphe finalement.

    Je tiens quand même à pré­ci­ser, même si je me répète sou­vent en le fai­sant, que je n’ai pas de carte de par­ti, ni au PG ni ailleurs, et que je n’en ai jamais eu. Je ne le dis pas pour me dédoua­ner, mais sans adhé­rer au par­ti, je connais très bien cer­tains membres que des sym­pa­thi­sants peuvent faci­le­ment qua­li­fier de « diri­geants » puis­qu’ils sont très actifs et enga­gés. Il n’y a pas vrai­ment de « diri­geant » dans les ins­tances locales du PG (mais beau­coup d’adhé­rents se consi­dèrent d’emblée comme de simples mili­tants face aux plus enga­gés qui ont peut-être créé le groupe local et sont très inves­tis, etc… mais ça ne sert à rien de se rabais­ser devant les autres en les fai­sant pas­ser, en plus, pour des vilain diri­geants mani­pu­la­teurs). Un res­pon­sable n’est pas un dirigeant !

    Quand sitouaillain dit « cer­tains com­men­taires ici tra­duisent bien à quel point notre peuple est loin d’être en capa­ci­té de mettre en œuvre ce que tu (Étienne) sou­haites »… il n’a pas tort je trouve. L’é­du­ca­tion popu­laire, donc poli­tique, a encore de la route à faire ^^

    Pour un mou­ve­ment poli­tique qui regroupe envi­ron 20 000 adhé­rents, je ne trouve pas éli­tiste le fait d’a­voir seule­ment 2 per­ma­nents sala­riés en son sein (car c’est le cas, et encore, per­sonne n’en vou­lait vrai­ment au PG, mais c’est vite deve­nu indis­pen­sable). Quant au fait que ce soit un « par­ti hié­rar­chi­sé », il est bien naïf de croire qu’une telle struc­ture puisse évo­luer et gran­dir sans une cer­taine hié­rar­chie… le pro­blème étant nul­le­ment la hié­rar­chie (en poli­tique, ou dans une entre­prise)… le pro­blème est d’a­voir le contrôle sur cette hié­rar­chie, et le droit/pouvoir de s’ex­pri­mer pour ouvrir les débats.

    Dans les idées qui se dégagent de cette réflexion (qui laisse croire que toute hié­rar­chie est nocive) il est par ailleurs très naïf de croire qu’un mou­ve­ment comme « les indi­gnés » puisse un jour deve­nir cohé­rent et ras­sem­bler des mil­lions de gens sans aucune hié­rar­chie ni orga­ni­sa­tion. Bien évi­dem­ment qu’une struc­ture poli­tique qui veut pou­voir ras­sem­bler une majo­ri­té (et on parle de mil­lions de per­sonnes, pas de quelques liber­taires et autres anar­chistes) se doit d’être doté d’une cer­taine hié­rar­chie lui per­met­tant de coor­don­ner, orga­ni­ser, expo­ser, et encou­ra­ger ses actions.

    Mais je lis aus­si, dans ces mêmes réflexions, que le PG se serait tiré une balle dans le pied en appe­lant à voter P$ à la suite du 1er tour de la pré­si­den­tielle… C’est là encore d’une naï­ve­té décon­cer­tante je pense. Déjà car les mil­lions de gens qui ont voté FdG auraient (bien évi­dem­ment) été voter Hol­lande, même sans l’ap­pel du FdG. Alors insi­nuer que les élec­teurs attendent des consignes, c’est ridi­cule, en tous cas pour la plu­part des élec­teurs du FdG, qui sont tout de même bien plus éveillés (poli­ti­que­ment) que la masse qui vote bête­ment P$ dès le 1er tour.

    Ensuite je trouve absurde de croire que, puisque le FdG n’est pas pas­sé, on aurait eu mieux fait de lais­ser Sar­ko’ au pou­voir (?). C’est une réac­tion incons­ciente de mau­vais per­dant, car bien évi­dem­ment qu’il fal­lait éjec­ter Sar­ko (et sur­tout tout son clan) même si c’é­tait pour mettre de faux socia­listes à la place. D’ailleurs, le fait d’a­voir mis ces enfu­meurs au pou­voir per­met de faire tom­ber les masques, non ? Ne voit-on pas depuis 6 mois les gens com­prendre que le P$ suit la même ligne poli­tique que l’UM« P » ?

    Il était plus qu’im­por­tant, pour la san­té men­tale de notre pays, d’au moins virer Guéant, Copé, Hor­te­feux et leur chef… et il est bien naïf (j’in­siste oui) de croire que ce serait aus­si bien de les avoir lais­ser en place… avec le dis­cours stu­pide qui est sou­vent enchaî­né der­rière : « comme ça la révolution/l’indignation serait arri­vée plus vite » (?).

    Non, aucune révo­lu­tion ne serait née plus vite, aucun pré­ci­pice éco­no­mique ne serait arri­vé plus rapi­de­ment. Le P$ ne va pas moins vite, ras­su­rez-vous, mais au moins il ne tient plus ce dis­cours nau­séa­bond qui a fait de notre pays ce qu’il est main­te­nant (après 10 ans de Sarkozysme) !

    Bref… tout ça pour dire que l’ap­pel du FdG au 2ème tour est logique, mais il faut peut-être avoir un cer­tain recul en poli­tique pour obser­ver ces évi­dences. Pour moi, sans être poli­to­logue, tout cela me semble pour­tant si évident (et je sais sur­tout que, même sans l’ap­pel du FdG ou avec un appel à s’abs­te­nir, les fran­çais auraient de toute façon voté P$… car Sar­ko c’é­tait vrai­ment plus possible).

    Même si j’en­tends bien tous les témoi­gnages, les diverses expé­riences vécues par cha­cun (bonnes ou mau­vaises) je ne peux lais­ser dire que le PG serait un par­ti éli­tiste, car­rié­riste, ou je ne sais quoi d’autre. Il a sûre­ment des défauts, mais de tous les mili­tants FdG que je connais, et que je fré­quente régu­liè­re­ment dans les luttes (politiques/sociales) au niveau local (et plus par­fois), ce sont bien les mili­tants PG qui me paraissent les plus cohé­rents et les moins excen­triques (en terme de stratégie/vision poli­tique et éco­no­mique). Ce n’est pas le PG qui sou­tient l’aé­ro­port de Notre-Dame-Des-Landes au sein du FdG, ce sont des membres du PCF (ce n’est qu’un exemple). Et dans tout ça, si on peut recon­naître une force au FdG, c’est sa diver­si­té dans l’u­nion ! …car même si beau­coup d’a­vis divergent au sein de cette force poli­tique qui ras­semble (ce n’est plus 8 mais 9 orga­ni­sa­tions main­te­nant – lien ici), même si de nom­breux débats ne sont pas tran­chés (le nucléaire, etc), c’est quand même toute la vraie gauche qui s’ap­puie sur la même base (un pro­gramme par­ta­gé) pour orga­ni­ser un vrai com­bat contre le cra­pu­lisme (capi­ta­lisme par­don, c’é­tait un p’tit clin d’oeil à Étienne) 😉 …et l’en­vie d’a­bo­lir tou­jours plus l’é­li­tisme est bien pré­sente au PG et au FdG, même si bien évi­dem­ment, ils ne vont pas mettre le tirage au sort dans leur pro­gramme demain (non pas qu’un consen­sus au FdG renie­rait cette idée, mais sim­ple­ment car le FdG ne ferait cer­tai­ne­ment pas des mil­lions de voix dans les urnes avec un tel pro­gramme… sur­tout qu’on les consi­dère déjà comme des uto­pistes, alors que dirait-on s’ils pro­po­saient le tirage au sort et/ou le reve­nu de base dans le pro­gramme partagé ?!) ^^

    Aus­si, si le PG insiste autant sur l’A­mé­rique latine, les lec­teurs du Plan C (qui connaissent bien l’emprise néo­li­bé­rale dans laquelle l’Eu­rope s’est lais­sée som­brer) devraient aus­si com­prendre l’in­croyable simi­li­tude entre cette UE et ce qui s’est pas­sé là bas à la der­nière moi­tié du XXème siècle. Il est aus­si impor­tant de com­prendre que ce n’est cer­tai­ne­ment pas en criant à des mil­lions dans les rues, et en déclen­chant in fine une guerre civile ou quelque chose dans ce genre, que le peuple en res­sor­ti­ra éman­ci­pé. Il suf­fit d’é­tu­dier l’His­toire pour savoir que les révoltes désor­ga­ni­sées ne per­mettent géné­ra­le­ment pas de chan­ger l’ordre des choses comme on l’ai­me­rait (nous, la petite plèbe). Car ce genre de mou­ve­ment (comme ça peut se pas­ser en Grèce ou en Espagne demain) se fait géné­ra­le­ment récu­pé­rer, soit par un fana­tisme reli­gieux, soit par des ultra-pro­tec­tion­nistes (natio­na­listes qui s’af­fichent en pro­tec­teurs du peuple) soit par une force armée qui pren­drait le pou­voir… mais là encore ce ne serait sûre­ment pas au pro­fit de la petit plèbe, ne soyons pas dupes.

    Et c’est bien ce qu’on com­pris nos frères lati­nos en unis­sant cette révolte dans les urnes, en fai­sant (ce qu’ils ont appe­lé en Equa­teur) la « révo­lu­tion citoyenne », citoyenne car s’ap­puyant sur les acquis poli­tiques issus des der­nières grandes révo­lu­tions (même si ces outils auront ser­vi les plus riches durant 200 ans, en Amé­rique du sud comme chez nous, ils n’en res­tent pas moins des outils effi­cace pour chan­ger la donne)… car ce sont bien dans les urnes, par une révolte orga­ni­sée et réflé­chie (bien poli­ti­sée), que se concré­tisent depuis 15 ans les révo­lu­tions là bas. On devrait vrai­ment y prê­ter plus d’at­ten­tion, au lieu de se conten­ter des expé­riences peu convain­cantes de l’Is­lande ou de la Tunisie 😉

    Beau­coup de choses sont dis­cu­tables dans ces révo­lu­tions en cours là bas, et dans tous ces pays (Equa­teur, Boli­vie, Vene­zue­la, Nica­ra­gua) ça ne s’est pas pas­sé de la même façon… mais le déno­mi­na­teur com­mun de ces révo­lu­tions c’est bien l’u­ti­li­sa­tion des urnes pour s’ap­pro­prier leur consti­tu­tion (pre­mière chose qui a été faite dans tous ces pays après l’é­lec­tion de forces pro­gres­sistes) via des consti­tuantes élues… ce qui n’est pas pire, quand on ose dépas­ser le vieux dis­cours du « tous pourris ».

    Sur ce point je suis bien d’ac­cord avec sitouaillain quand il dit que c’est nocif de dif­fu­ser l’i­dée (très réduc­trice) de « l’é­lec­tion = piège à cons », car c’est le meilleur moyen de dégoû­ter les gens de la poli­tique, et au final, de les jeter dans la rue, dans les bras de qui-on-sait (car ça finit sou­vent assez mal, sur­tout qu’on n’est plus en 1789, et que le rap­port de force avec l’État n’est plus le même) !

    Pour finir, je vou­lais aus­si répondre @ Di Giro­la­mo suite à cette (inté­res­sante) réflexion de J.Nikonoff pos­tée en vidéo.


    UA2012M’PEP – « Situa­tion poli­tique » – Réponse J… par M‑PEP

    Si sa réflexion est inté­res­sante, il s’emballe beau­coup sur la fin, en affir­mant (sur quelles sources ?) que la grande majo­ri­té du FdG veut quit­ter l’eu­ro. Il avance même des pour­cen­tages pré­cis, sur­ement issus d’un son­dage (for­cé­ment) dou­teux (?). C’est de la fou­taise qui ne sert que l’ar­gu­men­taire de leur posi­tion politique.

    Le FdG n’a pas peur d’un retour au franc, mais pré­fère défendre l’i­dée d’une chan­ge­ment de sta­tut des ins­ti­tu­tions euro­péennes… et pour se faire, le but est de piétiner/déchirer le trai­té de Lis­bonne (que le FdG renie depuis 2005) ce qui ouvri­ra obli­ga­toi­re­ment le débat qui s’im­pose (et que PERSONNE n’a jamais osé pro­po­ser) au sein de l’UE ! Le FdG s’ap­puie bien sûr, c’est peut-être pré­ten­tieux, je l’ac­corde volon­tiers, sur le fait que la France est loin d’être ridi­cule dans cette éco­no­mie et poli­tique euro­péenne, dans le poids qu’elle pèse sur l’UE, et dans ce contexte on pour­rait très bien faire tâche d’huile, et assez rapi­de­ment (vu la situa­tion dans les pays du sud, dont les peuples sou­tien­draient sans aucun doute ce mou­ve­ment venu d’un gou­ver­ne­ment comme la France qui se rebiffe contre les tech­no­crates de Bruxelles). Et bien enten­du, aucun char ni aucune armée n’en­va­hi­ra les Champs Ély­sées demain si on refuse d’ap­pli­quer le trai­té euro­péen, et qu’on en demande une refonte totale.

    Si vrai­ment on ne peut pas, que le débat ne veut pas s’ou­vrir, que rien n’est pos­sible… bien alors on pour­ra lais­ser cette construc­tion euro­péenne s’ef­fon­drer, et on repar­ti­ra sur des bases plus coopé­ra­tives et soli­daires avec qui veut nous suivre… Mais tant que ce com­bat n’est pas mené (dans le rap­port de force poli­tique, car c’est bien de volon­té poli­tique dont on parle), tant que cette ten­ta­tive n’é­choue pas… pour­quoi ne pas l’encourager ?!

    Ce qui est inté­res­sant, et que fait assez bien com­prendre Niko­noff, c’est qu’entre le FdG et le M’PEP (et je fais éga­le­ment ce constat depuis long­temps) la seule dif­fé­rence c’est cette posi­tion sur l’UE. Mais je ne com­prends pas cette volon­té de vou­loir plier bagage, sans même ten­ter de chan­ger les choses avant… alors que si on tente et que ça échoue, on aura le résul­tat qu’at­tend le M’PEP. Et si ça n’é­choue pas, on pour­ra tous en tirer par­ti, Grecs, Espa­gnols et toute la zone euro, car face à une finance mon­dia­li­sée en dol­lar, les mon­naies natio­nales font pâle figure pour ne pas subir les attaques de cette finance. Ou on ferme tout com­merce exté­rieur ?… Ou on fait un euro par des­sus les mon­naies natio­nales ?… mouais, mais le plus effi­cace pour résis­ter à l’hé­gé­mo­nie du dol­lar, c’est très cer­tai­ne­ment de gar­der la force d’une mon­naie conti­nen­tale, si celle-ci peut deve­nir soli­daire, com­mune, et pas juste « unique » !

    Si la BCE prête direc­te­ment aux États membres demain, d’une part l’eu­ro va dimi­nuer un peu (le rêve de ceux qui veulent un retour au franc, jus­te­ment pour le déva­luer… alors qu’on peut le faire avec l’eu­ro) et d’autre part on coupe court aux spé­cu­la­tions sur les dettes publiques !

    Un audit citoyen de la dette (déjà en cours, tant bien que mal, on fait ce qu’on peut) pour mettre une bonne tor­gnole à la finance au pas­sage… et on repart sur de bonnes bases, avec une fron­tière euro­péenne pro­té­gées (taxe kilo­mé­trique sur les pro­duits, flux finan­ciers ultra-contrô­lés, et taxés bien sur, etc etc).

    Une uto­pie ? Vrai­ment ? Peut-être ! Mais on a tous besoin d’u­to­pies pour avancer 🙂

    Vous vou­lez que les choses évo­luent au PG et au FdG, pour que vos idées soient débat­tues ?… inves­tis­sez alors les nom­breuses assem­blées citoyennes et jour­née d’é­duc’ pop’ que fait le FdG par­tout en France, au niveau local. Inves­tis­sons ces assem­blées, et éle­vons le débat… puis­qu’elles sont là pour ça (d’ailleurs, leurs site et l’or­ga­ni­sa­tion de tout ce réseau néces­site évi­dem­ment une cer­taine struc­ture, et une cer­taine hié­rar­chie, même minimum) 😉

    => assem­blees-citoyennes
    http://​goo​.gl/​m​a​p​s​/​7​Z​iLr

    Si on veut que l’i­dée du tirage au sort fasse son che­min dans le FdG, n’at­ten­dons pas que ça se fasse tout seul. L’an­nu­la­tion de cette invi­ta­tion (qui n’est sûre­ment l’œuvre que de quelques « gau­chistes » qui manquent de dis­cer­ne­ment) ne doit pas nous empê­cher d’a­me­ner le débat aus­si sou­vent qu’on le peut dans les assem­blées du FdG où la consti­tuante est débat­tue (et même si elle ne l’est pas, rien n’empêche de semer des graines).

    NB : je me rends compte avec cette vidéo de J.Nikonoff que, quoi qu’il arrive (que l’Eu­rope change ou que l’Eu­rope se décons­truise), il n’y a pas grand che­min à faire pour que le M’PEP rejoigne le FdG. C’est bon signe tout ça 🙂 (car quoi qu’il arrive, on aura besoin de la plus grande cohé­sion pos­sible à gauche pour tenir le pays debout, et le faire avancer).

    2 der­niers liens en passant…
    => Le contre-bud­get du PG par J.Généreux et Guillaume Etie­vant (confé­rence de presse en vidéo)


    Contre-bud­get du Par­ti de Gauche : Confé­rence de… par lepar­ti­de­gauche

    => Une jour­née de rencontre/conférences à ne pas lou­per pour décou­vrir l’é­co­so­cia­lisme (le 1er décembre sur Paris)
    (une belle bro­chette d’intervenants)

    Et enfin, puisque ce com­men­taire aura été dédié au PG (non, je vous assure, je ne suis pas adhé­rent ^^) le mieux est peut-être de lais­ser par­ler leur porte-parole, qui rap­pelle ici com­bien c’est dif­fi­cile d’at­tendre quand on est conscient :

    => « His­toire, que tu es lente et cruelle. » (à par­tir de 1h33m)

    Conti­nuons à « pour­rir les repas du dimanche », et bien plus même… c’est l’es­sen­tiel je crois 😉

    Yvan P.

    Réponse
  40. sitouaillain

    @ Yvan,

    mer­ci pour toutes ces précisions,

    je suis d’ac­cord avec toi,

    je ne retire rien de ce que j’ai dit sur le PG, car ce n’est pas expri­mé d’un point de vue normatif,
    si par exemple on com­pare le fonc­tion­ne­ment de la FASE à celui du PG, on pour­ra dire qu’un citoyen auto­nome et rétif à la hié­rar­chie non contrô­lée se sen­ti­ra mieux à la FASE qu’au PG.

    si tout va bien, en par­lant d’u­to­pie, un jour, le PG sera la droite, c’est à dire qu’on aura vu dis­pa­raitre le reste, du PS à l’ex­trême droite, dans les limbes des archaïsmes et des pen­sées moyennageuses.
    pour le moment, le dépla­ce­ment du cur­seur semble se faire à l’in­verse (cf pri­maire PS et élec­tion ump), il n’y a donc pas à faire la fine bouche, l’heure est grave.
    Ce qui n’empêche pas de lut­ter pour une démo­cra­ti­sa­tion des struc­tures du FdG et de débattre pour enri­chir les pro­grammes. nous avons éga­le­ment à ravi­ver l’es­prit du socia­lisme dans ses réa­li­sa­tions concrètes, mutuelles, coopé­ra­tives, bourses du tra­vail, etc. et pour cela nous avons besoin que le mou­ve­ment social dans son ensemble trouve des bases orga­ni­sa­tion­nelles satis­fai­santes pour se struc­tu­rer, ça n’est pas le cas aujourd’­hui, le néo­li­bé­ra­lisme a fait des dégâts maté­riels au Sud, il fait sur­tout des dégâts psy­chiques au Nord : inca­pa­ci­té à inté­grer un col­lec­tif, « moi-je-isme », ma tronche sur U‑tube, cou­page des têtes qui dépassent…
    te lire fait donc du bien !

    Réponse
  41. Angela

    Bon­jour Étienne,

    Y a‑t-il moyen d’a­voir quelques infor­ma­tions sup­plé­men­taire sur votre confé­rence à l’ISAE ? 
    Où aura-t-elle lieu exac­te­ment (l’I­SAE a deux écoles et donc deux cam­pus à Tou­louse), de quoi traitera-t-elle ? 
    Je n’ar­rive pas à trou­ver d’in­for­ma­tion à ce sujet sur leur site.

    Mer­ci d’avance.

    Réponse
  42. Merome

    Encore une ini­tia­tive rigo­lote que je tiens à par­ta­ger avec vous, à pro­pos de l’aé­ro­port de Notre Dame des Landes :

    Il s’a­git de deman­der aux élus qui sont favo­rables à l’aé­ro­port de se por­ter cau­tion per­son­nelle sur les risques finan­ciers du projet.

    On les aura à l’usure 🙂

    Réponse
  43. Merome

    Il serait peut-être bon d’in­ves­tir cet espace pour expli­quer à France TV ce qu’est la démocratie.

    Il me semble qu’il y a des contre véri­tés dans les articles publiés (et des­ti­nés à l’enseignement)…

    Réponse
  44. Joseph Goebbels en slip

    Par manque de temps hier, je me suis col­ti­né l’ar­ticle de Bel­lon ce matin. Ce texte n’a aucun inté­rêt, il consiste prin­ci­pa­le­ment à savoir quelle éti­quette il faut col­ler sur Étienne (fas­ciste ? mar­xiste ? bla bla bla). De façon sur­pre­nante, l’ar­ticle donne un élé­ment de réponse inté­res­sant concer­nant l’é­ti­quette à col­ler sur André Bel­lon : « grosse endive ».

    À voir cer­tains com­men­taires qui suivent l’ar­ticle, on peut voir qu’Yvan Bachaud n’a tou­jours pas com­pris l’u­ti­li­sa­tion du tirage au sort, je cite :

    « ÉTIENNE à 100% rai­son de deman­der une Consti­tuante tirée au sort pour fixer les règles du jeu sou­hai­tées par les Français.

    MAIS IL COMMET UNE ÉNORME ERREUR.. Il pro­pose le tirage au sort d’autres assem­blée pour le gou­ver­ne­ment de la France. »

    Énorme erreur Étienne atten­tion, c’est Yvan qui l’a dit !

    Sinon les com­men­taires sont à l’i­mage de l’ar­ticle, un mon­sieur à l’a­va­tar canin se noie sous les éti­quettes comme en témoigne son commentaire :

    « Même si le pro­jet d’Étienne est inté­res­sant, il repose sur le mythe de la démo­cra­tie Athé­nienne qui n’était qu’un aris­to­cra­tie puis une bourgeocrasie.
    Pour un mar­xiste qu’est Chouard (je ne crois pas qu’il soit d’extrême droite), c’est assez cocasse. »

    Un avis sur tout, des idées sur rien. Pile poil entre l’i­gno­rance et le mimé­tisme, bra­vo Monsieur.

    Réponse
  45. RHC

    Bon­jour,

    Par l’ab­surde, Étienne a une volon­té tota­li­taire d’im­po­ser le contrôle de l’État sur tous les aspects de la vie démo­cra­tique, sociale et éco­no­mique. Il mythi­fie la nation, il exige la loyau­té envers un chef unique (tirage au sort ?). En résu­mé, il veut un cor­po­ra­tisme de l’é­tat (OUI TCE 2005 ?)…etc.

    Cette situa­tion me fait pen­ser à un cer­taine pra­tique d’i­déo­lo­gie des néo­con­ser­va­teurs, qui défi­nissent le fas­cisme comme étant l’op­po­sé de leurs points de vues.… Déci­dé­ment, les poli­ti­ciens ont la mémoire courte (TCE 2005)

    Et même, cette dégé­né­res­cence com­porte cer­tains fac­teurs constants, on dirait : ils ne dépendent ni de la qua­li­té, ni de la taille, ni de champ d’ac­tion de celles-ci.

    Bref, je n’adhère pas méca­ni­que­ment aux textes reli­gieux, mais l’ex­trait de l’é­van­gile de Mathieu 7 : « Ne jugez pas, de crainte d’êtres jugés ; et dont vous mesu­rez, il vous sera mesu­ré » semble le plus approprié.

    Sin­cè­re­ment,

    Réponse
  46. RHC

    http://​p6​.sto​rage​.canal​blog​.com/​6​3​/​4​1​/​5​2​1​5​9​8​/​8​0​6​5​4​7​6​4​.​pdf

    COMMUNIQUE D’ATTAC BESANÇON 
    RELATIF À LA CONFÉRENCE D’ÉTIENNE CHOUARD ANNULÉE
    ET À L’ANTIFASCISME
    Le 29 octobre 2012

    Déso­lé, je n’ai pas pu aller au delà de la page 3 …

    Le fas­cisme financier :
    – La violence(guerre, chô­mage, famine.…etc)
    – Le capi­ta­lisme comme cor­po­ra­tisme (défi­cience schizoïde)
    – La reven­di­ca­tion iden­ti­taire (Mon­naie unique, poli­tique bipartisme…etc)
    – Le racisme (PIGS,…etc)

    Sin­cè­re­ment,

    Réponse
  47. Ana Sailland

    @sitouaillan

    « Tu en convien­dras »
    ???

    Par­don, mais c’est à moi de dire ce dont je conviens … stp 🙂

    Le Verbe occi­den­tal est ain­si d’une vio­lence inouïe, cachée der­rière des locu­tions cou­rantes que l’on consi­dère à tort comme banales et que l’on répète comme si elles n’é­taient que des signes de ponctuation.

    Je veux dire par là que nous avons (tous) encore beau­coup à apprendre sur le plan de la com­mu­ni­ca­tion empathique.

    L’at­ten­tion sur soi s’im­pose ain­si au moins autant que celle qui nous entraîne à juger hors soi, l’autre.

    Y a du boulot.

    Par­donne-moi de n’a­voir rete­nu de ta réponse que cette intru­sion sous mon scalp, induite cer­tai­ne­ment par notre civi­li­sa­tion un tan­ti­net yang et agressive.

    ~~~~~~~~

    Au delà de cet intermède

    🙁 Ces temps der­niers, je ne te recon­nais plus 🙁

    Ima­gine mon cher Sitouaillan que je te traite subi­te­ment d’im­bé­cile fas­ci­sant et que tu me répondes ver­te­ment, t’é­car­tant ain­si de ta légen­daire convi­via­li­té ; ima­gine qu’en­suite une tierce per­sonne vienne décla­rer tout de go que, pro­cé­dant d’un même ego bour­souf­flé, nous nous dis­pu­tons sans ver­gogne, mus par deux ambi­tions simi­laires, de voir indi­vi­duel­le­ment nos idées anta­go­nistes triom­pher. Tu te sen­ti­rais bien ?

    Pour culti­ver le para­doxe avec bon­heur, il faut avoir la main verte. Sans cette qua­li­té rare au jar­din des mots, on ne cultive que l’or­tie ou la cigüe.

    Réponse
  48. Ana Sailland

    Cette page, du fait des mésa­ven­tures ici rela­tées, qui nous remuent, me pro­jette dans plein de trucs disparates.

    Ce matin, dans mon bis­trot pré­fé­ré, j’ai pris des notes sur l’emballage de mon éclair moca 😉

    Il ne s’a­git pas d’un rai­son­ne­ment construit mais d’une mosaïque désordonnée.

    Ce sera pte­tr utile, qui sait.

    ->->->

    Les gens ont sou­vent l’in­quié­tude que la tolé­rance pour­rait être une fai­blesse de leur camp.
    L’in­to­lé­rance est la fai­blesse de tout camp qui s’y aban­donne et s’é­carte ain­si de l’alétheia.
    (ἀλήθεια : non-oubli, véri­té, dévoi­le­ment, éveil à la réalité)
    L’a­lé­theia est incom­pa­tible avec la cer­ti­tude pérenne.

    La lec­ture et l’é­coute peuvent être per­çues comme des exer­cices en vue d’une saine réac­tion au Verbe, qui pour­rait conduire à l’ac­cep­ta­tion de notre liber­té de choi­sir nos pen­sées sans pré­for­ma­tage dans l’im­mense réser­voir offert par l’hu­ma­ni­té globale.

    Expo­ser sa pen­sée ne devrait pas avoir pour but de convaincre mais d’é­lar­gir le champ des liber­tés de l’autre, en lui offrant des pistes qu’il emprun­te­ra ou pas, selon son agré­ment, dont il demeure pro­prié­taire unique.

    Il n’est pas facile de recon­naître une erreur ou une incon­nais­sance car notre culture cou­sue de sou­mis­sion et domi­na­tion tend à nous faire per­ce­voir cela comme un aveu de faiblesse.

    L’é­qui­libre entre la parole et l’é­coute induit le calme néces­saire à la nais­sance d’une ami­tié sin­cère entre deux per­sonnes aux opi­nions divergentes.

    Nous ne savons pas dia­lo­guer par le silence.
    Ni nous accor­der des temps de silence entre deux flux sonores. C’est pour­tant dans ces inter­stices dépas­sion­nés que peut s’ins­tal­ler le vrai partage.

    La logique ne laisse que peu de place à la liber­té du cœur.
    L’a­na­lyse prend trop de place dans l’échange.

    Prendre conscience de la valeur et de la richesse des différences.
    Bien com­prendre l’am­pleur des diver­gences autant que celle des conver­gences, et se réjouir de cette immen­si­té, ter­ra incognita.

    Une lec­ture est sai­ne­ment menée lorsque chaque para­graphe induit de longues rêve­ries solitaires.

    Toute véri­té est rela­tive à l’être qui la per­çoit, et il n’existe pas de véri­té absolue.

    Si je com­prends le monde et la véri­té, je suis cer­tai­ne­ment dans l’erreur.

    Dis­cu­ter sur les dis­cus­sions est une noyade col­lec­tive et mortelle.

    Dif­fé­rence ne signi­fie pas division.

    L’au­to­ri­té natu­relle vient de la visi­bi­li­té du cœur et non pas de la rhétorique.

    Les idées émises par cha­cun et cha­cune sont l’ex­pres­sion des dia­lectes mul­tiples d’un logos uni­taire qui n’est per­cep­tible que par l’é­change serein. (logos = la parole en grec ; à noter que c’est l’é­ty­mo­lo­gie du mot logique …)

    Plu­tôt que de s’af­fron­ter sur des mots, mieux vaut se rejoindre sur des réa­li­sa­tions prag­ma­tiques, hors hié­rar­chie, tour­nées vers le bien com­mun et le bonheur.

    L’i­déo­sphère uti­lise les êtres de chair pour s’in­car­ner dans la diver­si­té et la sub­si­dia­ri­té. A eux d’é­di­fier la cohé­rence. Par la concertation.

    L’a­na­lyse est sou­vent géné­ra­trice d’aveuglement.
    L’illu­sion théo­rique écarte de la liberté.

    L’en­vie de dia­lo­guer devrait être moins le désir de convaincre que le désir de chan­ger, soi.
    Gran­dir s’o­père sur­tout en grap­pillant la connais­sance chez l’autre.

    Un homme de gauche orgueilleux res­semble à s’y méprendre à un homme de droite orgueilleux.

    Une paix simu­lée est aus­si nocive qu’une guerre ouverte.

    Le dia­logue est explo­ra­toire et non pas conquête.

    Voi­lou 🙂

    Réponse
  49. Morpheus

    Après avoir lais­sé un bref com­men­taire sur le blog d’AT­TAC Besan­çon, j’ai reçu une réponse (éga­le­ment brève), d’un cer­tain Thier­ry, que je sup­pose être modé­ra­teur du blog. Je vous livre la réponse que je lui ai adres­sée (par courriel).

    Cher Thier­ry,

    Je com­prends bien la volon­té de fédé­rer le mou­ve­ment social de Besan­çon. Depuis peu de temps, j’ai été invi­té à rejoindre Le Cercle des Volon­taires, dont la devise est « Ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise » et je sous­cris entiè­re­ment à cet adage. Je note que vous par­lez de ne pas créer de ten­sions inutiles (afin de fédé­rer), or, il me semble que votre déci­sion d’an­nu­ler la confé­rence-débat avec Étienne Chouard a elle-même créé des ten­sions : pen­sez-vous que ces ten­sions-là soient plus utiles et sus­cep­tible de fédérer ?

    J’ai pris le temps de lire (deux fois) votre com­mu­ni­qué, ain­si que l’a­na­lyse de fond que vous faites. Je trouve celle-ci très bien menée, et j’ap­prouve les argu­ments de votre ana­lyse. On peut donc dire que, de ce point de vue, la polé­mique a eut un effet utile, en dépit de la ten­sion. Cette réflexion sur ce qu’est réel­le­ment le fas­cisme, sur les atti­tudes de cer­tains »anti­fas­cistes« auto­pro­cla­més, est émi­nem­ment utile et néces­saire, car comme vous l’a­vez remar­qué, il y a une dérive grave qui découle de cer­tains de ces mili­tants pré­ten­du­ment anti­fas­cistes, qui ruinent l’u­nion et qui divisent la gauche. En lisant cette ana­lyse, il m’a sem­blé que vous avez recon­nu avoir opé­ré un mau­vais choix en annu­lant la venue de Mr Chouard. J’ai l’im­pres­sion que vous êtes conscient de la gra­vi­té de cette déci­sion, qui met en exergue la dif­fi­cul­té – et l’im­por­tance – de la liber­té d’ex­pres­sion, notam­ment dans un pays où celle-ci est sérieu­se­ment mise à mal, et où les cli­vages par­ti­sans ont créé un cli­mat nau­séeux qui débouche sur des inter­dits, des tabous, et la dia­bo­li­sa­tion de cer­tains inter­ve­nants (avec les­quelles on peut bien sur être en désaccord).

    A contra­rio, il est à craindre que cette annu­la­tion n’en­traîne éga­le­ment des consé­quences néga­tives, qui iront sans doute dans le sens contraire de votre volon­té de fédé­rer. Disons que d’un côté, votre choix aura peut-être per­mis de ras­sem­bler des per­sonnes hos­tiles à Étienne Chouard (qui ? com­bien ?), mais aura aus­si pour consé­quence d’en éloi­gner d’autres favo­rables aux approches de ce der­nier (éga­le­ment qui ? com­bien ?). Qui avez-vous fédé­ré, et qui aurez-vous divi­sé au final ? J’i­ma­gine que vous en êtes conscient. Or, connais­sant à pré­sent bien Mr Chouard et son ana­lyse, l’ayant ren­con­tré lors de confé­rences et ayant par­lé avec lui, je suis convain­cu qu’il s’a­git d’un homme fon­da­men­ta­le­ment hon­nête, intègre et d’une ouver­ture d’es­prit qui pour­rait en remon­trer à beau­coup. Il n’est en rien (en rien, j’in­siste) le fas­ciste, l’an­ti­sé­mite ou l’af­freux conspi­ra­tion­niste dont quelques salauds dressent lâche­ment le por­trait sur le net. Et pré­ci­sé­ment, s’il y a bien un dis­cours et une per­sonne capable de fédé­rer au sein des mou­ve­ment sociaux, en poin­tant les causes essen­tielles sur les­quelles tous peuvent se ren­con­trer, c’est bien Mr Chouard.

    En cédant à ces menaces, vous avez créé un fâcheux pré­cé­dent, qui a eu déjà une autre réper­cus­sion mal­heu­reuse, due éga­le­ment à des élé­ments »anti­fas­cistes«, cette fois éma­nant semble-t-il du Front des Gauches. De la même façon que l’on a annu­lé la pres­ta­tion de Jean Bric­mont lors de la fête de l’Hu­ma­ni­té, tou­jours à cause d’élé­ments »anti­fas­cistes«, de la même façon que le Front des Gauches à lâche­ment cédé aux dénon­cia­tions calom­nieuses faites à l’en­contre de René Balme, l’un de leur plus fidèle mili­tant et élu, Maire de Gri­gny, accu­sé lui aus­si (calom­nieu­se­ment) de « dérive rouge-brune » …

    Tous ces faits sont graves, car ils sont de la même nature que ceux que l’Al­le­magne et l’Eu­rope ont connu dans les années trente. C’est en effet par ce type d’in­ti­mi­da­tions, de chan­tages mal­hon­nêtes, de calom­nies par amal­game, que le fas­cisme nazi a impo­sé ses vues et stig­ma­ti­sé les juifs, pour ensuite les dépor­ter et les exter­mi­ner. Il est donc para­doxal que sous l’é­ti­quette »anti­fas­ciste«, l’on assiste de nos jours au même genre de stig­ma­ti­sa­tion, non plus à l’en­contre d’une com­mu­nau­té, mais à l’en­contre de tous ceux et celles qui osent une ana­lyse radi­cale (au sens réel du terme : à la racine) du sys­tème oli­gar­chique dans lequel nous sommes – un sys­tème qui a chaque jour de moins en moins à envier à l’ex­trême droite nazie.

    Il y a des rai­sons de s’in­ter­ro­ger sur ces »anti­fas­cistes« : soit ils sont sin­cères, mais alors il faut recon­naitre qu’ils se com­portent eux-mêmes comme ce qu’ils dénoncent (la haine n’est pas l’a­pa­nage des racistes ou des anti­sé­mites, et elle n’est pas plus accep­table lors­qu’elle émane de pré­ten­dus anti­fas­cistes ou anti­ra­cistes « de gauche »), et force est de consta­ter que nous avons affaire à des extré­mistes (le com­mu­nisme auto­ri­taire, façon Sta­line, qui ne me semble pas moins cra­pu­leux que le fas­cisme nazi – qui se fai­sait appe­ler socia­lisme, dois-je le rap­pe­ler ?) ; soit ce sont des faux nez, c’est-à-dire des agents pro­vo­ca­teurs s’at­tri­buant faus­se­ment l’é­ti­quette d’a­nar­chistes, de gau­chistes et d’an­ti­fas­cistes (le cas d’In­dy­me­dia Paris est remar­quable sur ce point), c’est-à-dire des mani­pu­la­teurs d’ex­trême droite (à savoir ultra-libé­raux) qui se donnent pour mis­sion de divi­ser au sein même de la gauche radi­cale. Quelle que soit la réponse à cette ques­tion, les méthodes de ces indi­vi­dus sont inac­cep­tables et doivent être – elles – dénon­cées avec la plus grande vigueur, spé­cia­le­ment si l’on a l’in­ten­tion de fédé­rer, car d’une manière ou de l’autre, leur atti­tude va com­plè­te­ment, et sans ambi­guï­té, à l’en­contre de l’u­nion (puis­qu’ils génèrent des polé­miques, des stig­ma­ti­sa­tions et des ten­sions, en usant de méthodes qui ne sont rien moins que du ter­ro­risme intellectuel).

    J’ai par­fois, par des échanges comme celui-ci, appris le mobile avan­cé par des per­sonnes se disant anti­fas­cistes, affir­mant qu’il fal­lait, envers les fas­cistes, appli­quer leurs méthodes. Appli­quer les ruses et les manœuvres de l’en­ne­mi, cela semble habile, je veux bien le recon­naître. Mais hélas, les exemples ne manquent pas qui nous montrent que, quel que soit le bien-fon­dé de nos objec­tifs, ce fai­sant, nous deve­nons comme ceux que nous com­bat­tons. C’est le grand secret que presque tous ignorent ou dénient : la cor­rup­tion porte bien son nom, car elle conta­mine jus­qu’à ceux qui veulent la com­battre, en fai­sant d’eux des agents cor­rup­teurs. Une fois deve­nus comme ceux que nous vou­lions com­battre, face à la contra­dic­tion vivante que nous en sommes venus à incar­ner, nous ne pou­vons que nier la contra­dic­tion, ou, si nous la recon­nais­sons (chose rare), admettre nos erre­ments et perdre, pour long­temps, toute cré­di­bi­li­té (car les actes sont tou­jours plus fort que les paroles). Nous aurons donc per­du deux fois la bataille. S’il y a une leçon phi­lo­so­phique à rete­nir de mes pro­pos, c’est qu’au grand jamais il ne faut jouer dans un jeu avec ceux-là même qui en édictent les règles : nous serons tou­jours per­dants (en par­ti­cu­lier dans un jeu dont les règles sont truquées).

    Faire inter­dire de parole ou empê­cher la tenue de débats ou de confé­rences, en accu­sant, sans preuve (et à front ren­ver­sé, qui plus est), n’est pas accep­table pour qui­conque se reven­dique sin­cè­re­ment et authen­ti­que­ment démo­crate et atta­ché à la liber­té d’ex­pres­sion. Il me semble que lorsque l’on se veut mili­tant d’une cause sociale et que l’on se reven­dique de la démo­cra­tie et de l’i­sé­go­ria qu’elle implique (pour autant que je sache, c’est bien le cas d’AT­TAC), l’on se doit d’a­voir le cou­rage de résis­ter à ces attaques objec­ti­ve­ment contraires à la liber­té d’ex­pres­sion. Même un indi­vi­dus tel que Soral a le droit de s’ex­pri­mer, libre­ment, et il est du devoir des authen­tiques démo­crates de lui accor­der cette liber­té, quitte, le cas échéant, à contrer ses idées et ses argu­ments. Il n’est pas juste, il n’est pas utile, et il est même contre-pro­duc­tif de mettre de tels per­son­nages à l’in­dex, car se fai­sant l’on sus­cite l’in­ter­ro­ga­tion et l’on pro­voque une extré­mi­sa­tion des cli­vages qui est en elle-même nui­sible au consen­sus démo­cra­tique, et donc nui­sible à l’in­té­rêt général.

    Mais je sais aus­si que l’or­ga­ni­sa­tion d’é­vé­ne­ments peut ren­con­trer cer­tains obs­tacles inat­ten­dus et l’er­reur est humaine ; c’est seule­ment lorsque l’on per­siste dans l’er­reur que l’on peut être condam­né pour celle-ci. Aus­si, bien que je regrette pro­fon­dé­ment cette situa­tion, je ne vous condamne pas. J’ai seule­ment émis l’es­poir que cette erreur, que vous avez hon­nê­te­ment recon­nue (ce qui est tout à votre hon­neur) aura pour consé­quence une cer­taine « répa­ra­tion » dans l’or­ga­ni­sa­tion d’une ren­contre fai­sant inter­ve­nir Mr Chouard. Je suis convain­cu qu’une telle suite serait pré­ci­sé­ment de nature à fédé­rer, à mon­trer la force de vos convic­tions de démo­crates : une for­mi­dable occa­sion de défier les forces objec­ti­ve­ment anti­dé­mo­cra­tiques. Si ten­sions il devait y avoir d’une telle déci­sion, je reste per­sua­dé qu’elles ne seraient pas inutiles, mais au contraire très utiles, met­tant au jour des fai­blesses qui à un moment ou à un autre, dans la lutte contre les inéga­li­tés, seront exploi­tées par les enne­mis du peuple et de la démo­cra­tie (elles le sont déjà, cet évé­ne­ment fâcheux en est la démonstration).

    Il me semble que ne pas le faire serait opé­rer le choix de la faci­li­té ; non celui du consen­sus, mais du com­pro­mis. Dans un com­pro­mis, toutes les par­ties y perdent quelque chose ; dans un consen­sus, toutes les par­ties y gagnent. Les ten­sions ne sont pas à évi­ter, car elles sont les symp­tômes de malaises qui, lorsque l’on a la volon­té de ras­sem­bler dura­ble­ment et soli­de­ment, doivent être affron­tées. Ce sont éga­le­ment de for­mi­dables occa­sions de mettre à l’é­preuve nos convic­tions, de les confron­ter aux réa­li­tés, sou­vent dif­fi­ciles du débat démo­cra­tique. Ce n’est pas sans dan­ger, cela j’en suis bien conscient, mais je sais d’ex­pé­rience que ce n’est qu’en pas­sant par là que l’on se ren­force. Vous n’êtes bien sûr pas tenu de me croire sur parole, mais je suis prêt à mettre ma main à cou­per que les ten­sions évi­tées un jour vous sau­te­ront à la gorge un autre jour. Joseph Camp­bell, repre­nant des paroles de Sénèque, disait : « Le des­tin conduit celui qui veut bien le suivre : il traîne celui qui ne le veut pas ».

    Par­don­nez-moi de vous avoir écrit cette réponse un peu longue, mais le sujet me paraît valoir cette lon­gueur compte tenu de l’im­por­tance – et de la fra­gi­li­té de la liber­té d’ex­pres­sion, de plus en plus mal­me­née. Ce sujet est au cœur de la lutte pour une vraie démo­cra­tie et la fon­da­tion d’un socié­té sociale res­pon­sable et adulte.

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  50. Vincent

    Il faut bien com­prendre que l’i­dée de per­so­na non gra­ta est tota­le­ment anti-démocratique.

    Il faut bien com­prendre que la démo­cra­tie ce n’est pas le grand soir et un pro­jet de socié­té où tout est parfait.

    C’est l’in­verse : la démo­cra­tie c’est le débat per­ma­nent, c’est pénible, labo­rieux, exténuant.

    C’est une ques­tion de prin­cipe. Il faut accueillir tout le monde, dis­cu­ter avec tout le monde. Même et sur­tout les anti­sé­mites. Même les conspi­ra­tion­nistes. Même les conspi­ra­teurs. Oui : il faut accueillir les fachos et les ban­quiers comme les pauvres et les minorités.

    Tenir bon. Parce que ce type de situa­tion ne peut que se repro­duire che­min faisant.

    Évi­ter la colère, bien sûr. Mais aus­si l’en­ne­mi com­mun si pra­tique pour se réunir. C’est un che­min étroit mais il n’y en a pas d’autre. Le démo­crate véri­table n’a pas d’en­ne­mi poli­tique. Même les tenants du « suf­frage uni­ver­sel », même les riches qui se tiennent les côtes face aux que­relles du peuple.

    Bien com­prendre que le maître est tout aus­si vic­time de la dia­lec­tique du maître et de l’esclave.

    Les 100% plu­tôt que les 99%. C’est le seul chemin.

    Réponse
  51. Maurice

    Chez les défen­seurs du front de gauche sur cette affaire je dénote un aprio­ri très déran­geant, que la masse est natu­rel­le­ment stu­pide, et qu’il faut lui enle­ver de la bouche les ali­ments dangereux.

    Pas seule­ment sur cette affaire d’ailleurs, je vais ren­voyer à un com­men­taires que Sitouaillain avait écrit, alors que j’a­vais très naï­ve­ment essayé d’a­pai­ser une joute écrite entre lui et Mor­pheus, en voi­ci le texte :

    « regarde, tu attires les mau­rice à l’es­prit longue por­tée répé­tant « les par­tis poli­tiques sont une plaie », mais mau­rice il fait quoi tout pau­mé dans son iso­le­ment d’in­di­vi­du néo­li­bé­ral, il attend quoi mau­rice pour sou­le­ver d’un coup tout un peuple de moi-je inca­pables de voir plus loin que le bout de leur nez et de se mobi­li­ser de manière coordonnée…les par­tis gnagnagna…oh oui subis­sons et plaignons-nous ! »

    Ce mépris affi­ché, m’a­vait dis­sua­dé de répondre ou de par­ti­ci­per d’a­van­tage, une auto-cen­sure déclen­chée à distance.

    Donc, la masse est stu­pide et il faut une élite (auto­pro­cla­mée) de la pen­sée pour faire le tri. Alors évi­dem­ment vous évi­tez le piège de décrire le bien, mais aucune rete­nue dans la dénon­cia­tion du mal. Pour vous l’ex­trême gauche c’est le peuple, l’ex­trême droite le mal abso­lu, soit. Une vision très linéaire, les sem­pi­ter­nelles expres­sions gauche et droite font par­tie des méca­nismes les plus cli­vants, blo­quant au citoyen la matu­ra­tion d’une fine pen­sée poli­tique qui lui serait propre.

    Ana a pris la peine de décrire la com­plexi­té d’une pen­sée cher­chant le bien ou la véri­té par sa méta­phore optique du dia­mant, et que par la suite l’in­te­rac­tion humaine va abou­tir à un ensemble plus riche, plus sain. Vous dites être d’ac­cord avec cela, alors êtes-vous d’ac­cord avec le fait de ne pas ampu­ter cer­taines idées des champs des débats, de remettre en ques­tion les méthodes de cen­sure anti-fachiste ? De ce que j’ai lu, je ne pense pas (je me trompe peut-être), donc en quoi êtes-vous « en gros d’accord » ?

    Vous, êtres éclai­rés, vou­lez sup­pri­mer les para­sites du champ poli­tique et des débats, ça peut paraître noble, moi ça me fait pen­ser à ces appren­tis sor­ciers tra­fi­co­tant la géné­tique sans réflé­chir une seconde à la des­truc­tion de l’har­mo­nie naturelle.

    Pour­tant, vous êtes ici, à la fois pour l’har­mo­nie et la géné­tique. Vous com­men­tez ici pour expli­quer en quoi cette affaire est com­pré­hen­sible ; moi, ce que je ne com­prends pas, c’est ce que vous vous faites ici, mis à part du pro­sé­ly­tisme FdG.

    Je ne vous pense pas mal­hon­nêtes, mais si vous défen­dez Étienne de ne pas être fachiste, sans dénon­cer par quel méca­nisme cela se pro­duit, si par mal­heur le dis­tri­bu­teur de points fachistes tam­ponne Étienne, alors vous-mêmes, par­ti­ci­pants actifs de ce blog, vous seriez sous la menace du dis­tri­bu­teur ? Mais qu’est-ce que ce dis­tri­bu­teur, d’où sort il ?

    Réponse
  52. sitouaillain

    @ Mor­phéus,

    pour faire plus court, tu aurais pu évi­ter le para­graphe sur les nazis, tu t’y embrouilles un peu, je trouve.. quand on y réflé­chit, un libé­ral, qui plus est ultra, est for­cé­ment pour la liber­té totale d’ex­pres­sion, et sur­tout employer des méthodes « fas­cistes », aus­si regret­table et condam­nable que cela soit, c’est aus­si à juger en fonc­tion des buts pour­sui­vis… entre appe­ler à la haine des musul­mans ou des juifs et appe­ler à la haine de ceux qui appellent à la haine.. ce n’est pas tout à fait la même pers­pec­tive… je pré­cise ça en étant d’ac­cord avec toi sur le fait qu’il s’a­git-là d’une stra­té­gie contre-pro­duc­tive pour empê­cher les appels à la haine et leurs effets un tan­ti­net plus effrayants…

    et puis, par rap­port jus­te­ment aux méthodes des « anti­cons­pi », je suis tou­jours gêné par les insi­nua­tions sans preuve, du genre ce sont des agents de ceci ou de cela, car c’est un peu faire comme eux, non ?

    À part ça, très bon cour­rier et je trouve le ton très juste ; alors, la réponse ?

    Réponse
  53. Di Girolamo

    Vincent nous dit :

    « Il faut bien com­prendre que l’i­dée de per­so­na non gra­ta est tota­le­ment anti-démocratique. »

    Bien sûr qu’en démo­cra­tie le débat public n’ex­clut pas ! c’est tout à fait anti consti­tu­tion­nel par rap­port au prin­cipe d’é­ga­li­té ; mais il ne s’a­git pas du tout ici de démo­cra­tie ; là encore je m’ex­cuse d’in­sis­ter mais il faut bien dif­fé­ren­cier le débat public démo­cra­tique , qui est un pro­ces­sus enca­dré et régu­lé par la loi et la consti­tu­tion – une des règles essen­tielle étant l’ac­cès égal pour tous sans aucune exclu­sive – et le  » débat pri­vé » orga­ni­sé par des per­sonnes ou des orga­nismes pour ser­vir leur cause ; le fait que ce pro­ces­sus de débat public consis­tant à étu­dier et débattre des pro­blèmes col­lec­ti­ve­ment dans un cadre offi­ciel n’existe pas aujourd’­hui et qu’il lui soit sub­sti­tué le vote en alter­nance pour deux par­tis ne change rien à l’affaire et au sens des mots .

    Étienne n’aurait pas été exclu dans un cadre d’organisation public ; et si tel avait été le cas il aurait pu sai­sir la jus­tice ; alors que là dans un cadre je le rap­pelle stric­te­ment pri­vé, l’organisateur fait ce qu’il veut ; et ça rejoint très vite le duel Copé Fillon et les émis­sions de C dans l’air qui nous occupent sur ces thèmes .

    Le vrai débat fait très peur parce qu’il est révo­lu­tion­naire : Ima­gi­nons par exemple qu’un débat public ouvert à tous soit orga­ni­sé pour étu­dier le pro­blème des assas­si­nats en Corse ; que se pas­se­rait il ? On remon­te­rait très vite aux causes ali­men­tant ces maf­fias : la seule richesse en Corse ce sont les ter­rains du lit­to­ral dont les prix peuvent être mul­ti­pliés par 100 s’ils se construisent. Le pro­blème Corse est là et la maf­fia dont on parle est étroi­te­ment reliée aux élus et fonc­tion­naires locaux . ..Et natio­naux : il n’y a pas si long­temps on par­lait des amis de sar­ko qui s’installaient en Corse dans de magni­fiques demeures…..

    Si l’enquête et débat public por­tait là-des­sus , il n’y aurait sans doute pas besoin de faire de grandes décla­ra­tions mais de revoir la poli­tique natio­nale et donc locale en matière de déve­lop­pe­ment et d’urbanisme . Ce pro­blème Corse sou­le­vant d’autres pro­blèmes plus pro­fonds rejoi­gnant la notion de déve­lop­pe­ment et tou­chant comme à ND des Landes le pro­jet de socié­té. Les fran­çais de Corse et du conti­nent pour­raient ain­si choi­sir clai­re­ment vers où ils veulent aller et s’il veulent conser­ver ou non leurs maffias.

    Mais si ce tra­vail d’investigation est orga­ni­sé par tel ou tel orga­nisme pour faire avan­cer sa cause, il pour­ra soit accueillir Étienne à bras ouvert s’il apporte quelque chose à cet orga­nisme, soit le virer d’une manière fort indé­li­cate, s’il pense que sa venue risque de le desservir .

    Réponse
  54. Bastien

    Bon­jour,

    Je trou­ve­rais inté­res­sant que vous répon­diez, dans un billet, aux divers argu­ments, accu­sa­tions et autres calom­nies que déploie André Bel­lon dans « Vive le suf­frage universel ».

    Cer­tains argu­ments semblent forts pour le lec­teur peu aver­ti (qu’il m’est arri­vé d’être) et que vous y répon­diez, vous qui êtes le prin­ci­pal inté­res­sé, pour­rait, il me semble, aider les plus mani­pu­lables n’entre nous à com­prendre com­ment nous pou­vons défaire le vrai du faux face à un dis­cours qui peut paraître fort convainquant.

    Réponse
  55. sitouaillain

    @ Ana

    par­donne moi pour l’in­tru­sion sous ton scalp, à mon avis il y a mal­en­ten­du : « tu en convien­dras » veux dire que je suis prêt à en débattre, mais que ta réflexion je ne sais plus où sur le ciment idéo­lo­gique com­mun aux athé­niens que fut leur reli­gion poly­théiste, m’in­ci­tait à sup­po­ser que tu pre­nais toi aus­si en compte une réflexion sur les condi­tion de pos­si­bi­li­té et « d’ef­fi­ca­ci­té » de l’i­se­go­ria et sa tra­duc­tion en acte par des déci­sions com­munes, de même qu’ac­cep­ter que la com­pu­ta­tion des voix fasse auto­ri­té sup­pose un appren­tis­sage et des valeurs com­munes, abso­lu­ment pas évi­dente (tout rap­port avec des faits récents est intentionnel)

    du coup, à part cette étrange sus­cep­ti­bi­li­té qui dénote l’en­vie de ne pas gré­ver ta cré­di­bi­li­té en étant asso­ciée de force à un affreux dans mon genre (sup­po­si­tion, hein ;)), j’ai envie de dire que ton mes­sage 47 tape dans le mille :

    effec­ti­ve­ment ce que tu pointes n’est pas une qua­li­té que je m’at­tri­bue, en gros, ça fait par­tie de ma liste de choses à tra­vailler sur moi,

    mais en même temps, le sup­port « blog » n’est pas évident pour moi, car je ne peux pas inter­rompre et induire un dia­logue véritable,

    d’où l’at­ti­tude que je me suis choi­sie qui consiste à être ami­cal d’une manière qui peut dérou­ter mais qui se veut pro­fon­dé­ment res­pec­tueuse de la per­sonne, en tout cas au moins celle de notre hôte, et de ne pas hési­ter à rompre le pseu­do-consen­sus et à provoquer.

    atti­tude res­pec­tueuse au sens où un mau­vais ami pas­se­ra sur les défauts, lais­se­ra l’autre dans ses erreurs, un bon invi­te­ra à les dépas­ser… charge à plus com­pé­tent que moi en « com­mu­ni­ca­tion empa­thique » de faire la traduction.

    « Ima­gine mon cher Sitouaillain que je te traite subi­te­ment d’im­bé­cile fas­ci­sant et que tu me répondes ver­te­ment, t’é­car­tant ain­si de ta légen­daire convi­via­li­té ; ima­gine qu’en­suite une tierce per­sonne vienne décla­rer tout de go que, pro­cé­dant d’un même ego bour­souf­flé, nous nous dis­pu­tons sans ver­gogne, mus par deux ambi­tions simi­laires, de voir indi­vi­duel­le­ment nos idées anta­go­nistes triom­pher. Tu te sen­ti­rais bien ? »

    et alors ? la cause des causes qui fait qu’on me traite d’im­bé­cile fas­ci­sant sera for­cé­ment ailleurs chez les autres ? j’au­rais for­cé­ment besoin de répa­rer mon égo par des mes­sages de sou­tiens compatissants ?

    je te laisse juge, mon objec­tif n’est pas de bros­ser dans le sens du poil, et je le fais sans inimitié,

    en fait je dis : frère, citoyen, il doit bien se trou­ver quelques per­sonnes ayant inves­ti leur vie dans le bien com­mun, ayant accep­té d’être d’a­bord et lon­gue­ment mili­tants ano­nymes et beso­gneux, puis un jour d’être élu, ils l’ont fait de manière aus­si dés­in­té­res­sée que toi, avec comme toi, un petit besoin de rétri­bu­tion, en consi­dé­ra­tion, en amour, en gloriole,

    tu passes ton temps à les insul­ter, à mettre TOUS les élus dans le même panier, attends-toi à rece­voir la mon­naie de ta pièce,

    toi qui n’es pas pas­sé par la pre­mière étape de leur enga­ge­ment, pour pas­ser tout de suite à celle ou sur­git la glo­riole et, para­doxe, por­té par un mou­ve­ment qui te fait ce que tu es, d’a­bord par l’in­ves­tis­se­ment de mili­tants et d’é­lus et ensuite de tout un peuple d’a­no­nymes derrière !

    je peux en dire plus, car les contra­dic­tions sont mul­tiples, et puis de toute façon tu as rai­son, je m’y prends mal.

    ’ L’a­na­lyse est sou­vent géné­ra­trice d’aveuglement.
    L’illu­sion théo­rique écarte de la liberté. »

    je ne me recon­naî­trais pas si je ne me per­met­tais pas de te dire je lis là une ana­lyse et une pers­pec­tive théo­rique… 😉

    comme c’est écrit sur un embal­lage et non dit sur le ton docte d’une confé­rence, je me gar­de­rais bien de te faire le dérou­lé de ce que leur accep­ta­tion benoite peut géné­rer dans des esprits fai­néants et grégaires…

    Réponse
  56. Étienne

    Cher Bas­tien,

    OK, reçu.
    Je tâche­rai de m’y col­ler ven­dre­di, en ren­trant de Tou­louse et avant de repar­tir pour Toulon 🙂

    Étienne.

    Réponse
  57. Ana Sailland

    « « tu en convien­dras » veux dire que je suis prêt à en débattre »

    c’est éton­nant

    Réponse
  58. sitouaillain

    @ Mau­rice,

    ton mes­sage sou­lève un grand nombre de points intéressants,
    j’ai ima­gi­né que le « vous » c’é­tait pour « sitouaillain », donc je me per­mets de répondre

    tu com­mences par dire

    « Chez les défen­seurs du front de gauche sur cette affaire je dénote un aprio­ri très déran­geant, que la masse est natu­rel­le­ment stu­pide, et qu’il faut lui enle­ver de la bouche les ali­ments dangereux. »

    je pense que la masse est natu­rel­le­ment intel­li­gente, et que beau­coup trop font le choix de res­ter stu­pide ou de le devenir.

    je pense aus­si qu’on peut dire et pen­ser quelque chose de stu­pide sans être stupide.

    alors c’est toi qui dénote… sans doute à par­tir d’a prio­ri… mais sans doute tu n’as pas tout à fait tort, car je me suis bien sou­vent trou­vé face à des gens qui pré­fèrent cen­su­rer que d’ar­gu­men­ter… la stu­pi­di­té est mal­heu­reu­se­ment uni­ver­sel­le­ment répartie.

    en l’oc­cur­rence, serait stu­pide un défen­seur du fdG qui pen­se­rait que la masse est « natu­rel­le­ment » stu­pide, puisque la réus­site du fdg dépend uni­que­ment de la qua­li­té de la conscience de la masse qui le com­pose et le fait vivre. C’est pour­quoi il s’or­ga­nise des « assem­blées citoyennes » ouvertes à tous, pour s’ap­por­ter mutuel­le­ment des connais­sances, entre citoyens.

    tout aus­si stu­pide serait d’a­gir comme si tout le monde avait le même niveau de connaissance.

    fina­le­ment c’est la grande ques­tion de savoir si toutes les opi­nions se valent que tu poses… tout dépend à quel niveau de réa­li­té on se situe : dans l’ab­so­lu oui, mais face à l’ours des cavernes, les par­ti­sans de l’af­fron­ter avec des sou­rires sont poten­tiel­le­ment morts et les par­ti­sans de la sagaie poten­tiel­le­ment vivants…

    « Ce mépris affi­ché, m’a­vait dis­sua­dé de répondre ou de par­ti­ci­per d’a­van­tage, une auto-cen­sure déclen­chée à distance. »
    ++auto++censure, tu décides, si tu as de quoi me prou­ver que tu n’as pas dit de conne­rie, je t’en remercierai,

    le fait est que ce que tu prends pour du mépris, c’est de l’a­ga­ce­ment, rien de personnel.

    « Donc, la masse est stu­pide et il faut une élite (auto­pro­cla­mée) de la pen­sée pour faire le tri. »

    j’i­ma­gine que qui pense cela est du côté du « mal » pour toi, d’où ton besoin de m’y associer,

    si tu veux le fond de ma pen­sée, je pense que pour abor­der le sujet d’une manière construc­tive il faut se dépar­tir de cer­tains biais idéo­lo­giques, et en pre­mier lieu se méfier d’un anti-éli­tisme primaire.

    nous vivons dans une socié­té très inégale, le pro­blème des élites est dia­lec­tique, c’est-à-dire que le vrai pro­blème n’est pas qu’il y ait des élites, le niveau de savoir glo­bal est tel qu’il est néces­saire que cer­tains se spé­cia­lisent et pos­sèdent des connais­sances que d’autres n’ont pas, et leur posi­tion d’é­lite n’est pas tout à fait auto­pro­cla­mée, elle est sanc­tion­née par le diplôme, l’ex­pé­rience, etc, et elle ne s’exerce que dans leur champ de com­pé­tence, au-delà, idéa­le­ment ils sont de simples citoyens,

    Non, le pro­blème c’est l’o­li­gar­chie ; et der­rière l’o­li­gar­chie ce n’est pas le pro­blème uni­que­ment des élites, c’est le peuple qui doit se rendre non mani­pu­lable et donc, à par­tir d’une posi­tion subal­terne, à par­tir d’une situa­tion d’i­gno­rance rela­tive, deve­nir une force créa­trice, s’en­sei­gner mutuel­le­ment, accé­der aux savoirs, etc.,

    et la situa­tion exige de consi­dé­rer que si l’o­li­gar­chie tient, c’est parce qu’une grande par­tie du peuple, ou bien adhère à ses idéo­lo­gies jus­ti­fi­ca­trices, ou bien déve­loppe ses propres idéo­lo­gies « répa­ra­trices », c’est-à-dire expli­quant pour­quoi il reste subal­terne et en quoi ce n’est jamais sa faute, mais celle des élites, des par­tis, des arabes, que sais-je…

    quand tu dis « les sem­pi­ter­nelles expres­sions gauche et droite font par­tie des méca­nismes les plus cli­vants, blo­quant au citoyen la matu­ra­tion d’une fine pen­sée poli­tique qui lui serait propre. »

    à mon avis c’est faux : c’est la paresse intel­lec­tuelle qui bloque, en tout cas, le fait que je sache faire la dif­fé­rence entre droite et gauche, ne m’empêche pas mon propre che­mi­ne­ment, sans taboo, et ne m’empêche pas non plus de com­prendre ce cli­vage comme évo­lu­tif et nécessaire,

    en fonc­tion des phases his­to­riques, le cur­seur se déplace, et sur le temps long, quand le peuple est effi­cace et pro­gresse vers la démo­cra­tie, il a ten­dance à le dépla­cer à par­tir de la gauche, en pous­sant la droite, en tant que la droite est l’ex­pres­sion de l’ordre éta­bli et des pen­sées régres­sives. et la néces­si­té démo­cra­tique de convaincre fait que la gauche n’a­vance que lors­qu’elle contient un ensemble de vec­teur de chan­ge­ment suf­fi­sam­ment solides et réa­listes pour dépas­ser les peurs du chan­ge­ment incar­nées par les idées de droite, c’est à dire que l’u­to­pie, la volon­té et l’i­ma­gi­na­tion pour un chan­ge­ment ne s’in­carne qu’en confron­ta­tion avec les ten­dances conser­va­trices et ne deviennent un dépas­se­ment posi­tif de l’ordre éta­bli que parce qu’il y a des conser­va­teurs sans ce dia­logue, le peuple subit un chan­ge­ment qui ne lui cor­res­pond pas.
    mais tout ce que je dis là est un peu au-delà de la réa­li­té du moment, puisque nous sommes dans une phase contre-révolutionnaire..

    mais qui parle de « des­truc­tion de l’har­mo­nie naturelle » ?

    « Je ne vous pense pas mal­hon­nêtes, mais si vous défen­dez Étienne de ne pas être fachiste, sans dénon­cer par quel méca­nisme cela se pro­duit, si par mal­heur le dis­tri­bu­teur de points fachistes tam­ponne Étienne, alors vous-mêmes, par­ti­ci­pants actifs de ce blog, vous seriez sous la menace du dis­tri­bu­teur ? Mais qu’est-ce que ce dis­tri­bu­teur, d’où sort-il ? »

    j’ai à de maintes reprises dénon­cé le méca­nisme par lequel cela se pro­duit, j’ai aus­si consta­té que le méca­nisme en ques­tion était repro­duit pour dési­gner tel ou tel caté­go­rie de citoyen par le tam­pon­né lui-même et j’ai aus­si ten­té d’ex­pli­quer ce qui a fait que le regret­table méca­nisme s’est enclenché.

    dans la mesure où je suis hon­nête, je ne fais pas de prosélytisme,
    si tu me demandes quelle serait l’or­ga­ni­sa­tion idéale pour ins­tau­rer une démo­cra­tie, je te décri­rais quelque chose qui aurait des dif­fé­rences radi­cales d’a­vec le FdG, le fait est que je sou­tiens et tou­jours d’une manière cri­tique, faute de mieux, et sur­tout je me gar­de­rais bien de saper le tra­vail qui s’y fait, à moins d’a­voir suf­fi­sam­ment de cama­rades conscients pour aller por­ter une dyna­mique de trans­for­ma­tion sociale encore plus lucide et convaincre en un clin d’oeil le bon peuple qui n’est pas stu­pide mais fait bien sem­blant jusque là,

    main­te­nant si tu me dis que les par­tis ne servent à rien, divisent, machin chose, je te tom­be­rais des­sus féro­ce­ment uni­que­ment si tu me dis que tu es de gauche (« extrême » ?), et je dirais miel­leu­se­ment que tu as rai­son si tu es d’ex­trême-droite et j’a­jou­te­rais que tu devrais le répé­ter à ceux que tu croises et avec qui tu tombes d’ac­cord sur des idées d’ex­trême-droite, pour peu que tu sois effi­cace, ça me fera une épine dans le pied en moins.

    Réponse
  59. Di Girolamo

    @Yvan

    Si j’ai mis cette vidéo de niko­noff c’est pour mon­trer que les choses ne sont pas simples ; j’au­rais pu aus­si mettre celle là : http://www.m‑pep.org/spip.php?article3118

    où on voit par­ti­ci­per Asselineau ;

    là on rejoint la pro­blé­ma­tique dis­cu­tée ici : 
    Le m’pep reçoit cet « hor­rible » Asse­li­neau / Le FDG le rece­vrait il ?

    Quelles conclu­sions tirer de tout cela ?

    Réponse
  60. Maurice

    Je m’a­dres­sais à plu­sieurs per­sonnes en pre­mier lieu, il me semble avoir repé­ré des liens vers des struc­tures rela­tives au FdG. Par la suite, en effet le mes­sage était plus orien­té envers votre per­sonne, ces « vous » étant ambi­gus, le reste de ce mes­sage s’a­dres­se­ra à vous, sitouaillain.

    @sitouaillain

    « alors c’est toi qui dénote… sans doute à par­tir d’a prio­ri… mais sans doute tu n’as pas tout à fait tort, car je me suis bien sou­vent trou­vé face à des gens qui pré­fèrent cen­su­rer que d’ar­gu­men­ter… la stu­pi­di­té est mal­heu­reu­se­ment uni­ver­sel­le­ment répartie. »

    Pre­miè­re­ment, je dénote quoi ? Sans cela dur de com­prendre ce qu’il en serait de mes hypo­thé­tiques a prio­ri, et ce en quoi je n’ai pas tout à fait tort.

    Je me conten­te­rai d’a­na­ly­ser votre conclu­sion selon laquelle la stu­pi­di­té serait uni­ver­sel­le­ment répar­tie. Ayant dit « je pense que la masse est natu­rel­le­ment intel­li­gente « , votre uni­ver­sa­li­té ne doit donc pas être com­prise dans le sens « en chaque indi­vi­du ». Mon res­sen­ti est que vous vou­lez par­ler là d’ho­mo­gé­néi­té dans la dis­tri­bu­tion de la stu­pi­di­té. Per­son­nel­le­ment je pense qu’elle est hété­ro­gè­ne­ment dis­tri­buée et par­tiel­le­ment contrôlée.

    « puisque la réus­site du fdg dépend uni­que­ment de la qua­li­té de la conscience de la masse qui le com­pose et le fait vivre »

    Quelle est la science don­nant l’é­chelle de qua­li­té d’une conscience ? Je peux admettre qu’il y ait une qua­li­té dans la logique, une qua­li­té dans la for­mu­la­tion d’i­dée mais alors la qua­li­té de conscience je ne vois pas. La conscience est le sen­ti­ment qu’à l’in­di­vi­du du bien ou du mal ; je pré­sup­pose que tout le monde en a une (excep­té les socio­pathes), elle est donc soit pas­sive soit active, c’est pour cela qu’on parle du réveil des consciences. À la limite, on peut concep­tua­li­ser des sous ensembles (éco­no­mie, médias, éner­gies, éco­lo­gie…) et faire un tra­vail sur ces seg­ments, mais alors là on est dans le quan­ti­ta­tif et non dans le qua­li­ta­tif, « degré de conscience » serait plus approprié.

    Dans cette expres­sion de qua­li­té, je vois encore une fois la volon­té de défi­nir le bien, le mal, plu­tôt que d’ai­der à ouvrir les yeux et lais­ser le champ libre à la conscience propre du concitoyen.

    « fina­le­ment c’est la grande ques­tion de savoir si toutes les opi­nions se valent que tu poses… tout dépend à quel niveau de réa­li­té on se situe : dans l’ab­so­lu oui, mais face à l’ours des cavernes, les par­ti­sans de l’af­fron­ter avec des sou­rires sont poten­tiel­le­ment morts et les par­ti­sans de la sagaie poten­tiel­le­ment vivants… »

    Non, toutes les opi­nions ne se valent pas, une opi­nion arti­cu­lée autour d’un illo­gisme ou d’un mot non maî­tri­sé n’a pas la même qua­li­té qu’une opi­nion construite logi­que­ment et sans ambi­guï­té sur les mots uti­li­sés. C’est le débat sans cen­sure, sans agres­si­vi­té, sans mépris, sans ana­thème qui per­met de mettre au pla­card les opi­nions les plus faibles.

    « le fait est que ce que tu prends pour du mépris, c’est de l’a­ga­ce­ment, rien de personnel. »

    Le mépris est une atti­tude, donc per­son­nelle, le mépris s’ap­plique par rap­port à l’autre donc rela­tion­nel, l’un n’empêche pas l’autre. On peut éprou­ver de l’empathie en étant aga­cé, en ayant faim, on peut faire preuve de mépris en étant aga­cé ou en ayant faim.

    Oui, il faut se méfier des anti-*isme pri­maires, l’an­ti-éli­tisme pri­maire comme l’an­ti-fas­cisme pri­maire. J’ap­prouve et, ce fai­sant, je joue avec le feu ; j’ai un petit pro­blème, pri­maire je ne sais pas ce que ça veut dire, je pré­sup­pose que c’est néga­tif, pri­mi­tif. Je ne suis pas un éru­dit, donc je peux avoir des lacunes, cepen­dant à chaque fois que j’en­tends ce terme, c’est pour faire pas­ser en force une idée ; « atten­tion à »…« pri­maire » un sché­ma rhé­to­rique… pri­maire ser­vant à détour­ner l’attention.

    Je ne dénon­çais pas l’é­li­tisme, vous nous décri­vez l’é­lite comme le spé­cia­liste, je suis d’ac­cord : à des pro­blèmes tech­niques spé­ciaux il faut des tech­ni­ciens spé­ciaux. J’ai écrit « élite de la pen­sée », je ne crois pas qu’il y ait de diplôme de la pen­sée, les élites de la pen­sée décri­vaient les bien pen­sants, et là, je l’af­firme à nou­veau, ils s’autoproclament ain­si, soit effron­té­ment, soit en acte, en pré­dé­fi­nis­sant pour autrui le bien le mal, la qua­li­té de conscience.

    « c’est le peuple qui doit se rendre non mani­pu­lable  » Oui, exit les doc­teurs en consciences.

    « c’est la paresse intel­lec­tuelle qui bloque  » Je suis éga­le­ment d’ac­cord, il faut donc favo­ri­ser une curio­si­té isotrope.

    Main­te­nant on en vient au mor­ceau gauche/droite : là, sur le coup, je pense m’être mal fait comprendre.

    Ma phrase était incom­plète, le droite/gauche est cli­vant mais aus­si écra­sant : il laisse pen­ser que le champ poli­tique est uni­di­rec­tion­nel. Chez vous, donc, il y a la droite le sta­tique, l’ordre éta­bli et à gauche la démo­cra­tie, le progrès. 
    Ima­gi­nons-nous, igno­rant de toutes choses, com­men­çant à se poser des ques­tions, et à se deman­der si tous les pro­grès sont bons ou toutes les tra­di­tions mau­vaises, et si par mal­heur on se demande s’il n’y aurait pas un peu des deux, alors là, ça couine, le gauche/droite ne semble pas très réa­liste, alors on fait l’ef­fort, on écoute les bien-pen­sants, on regarde la télé­vi­sion, tout le monde parle de gauche et de droite, c’est qu’il ne doit pas y avoir d’autres options, on se conforme (écra­se­ment), la terre est plate cir­cu­lez il n’y a rien à voir. Alors on choi­sit son camp, on posi­tionne son cur­seur, et on ne réflé­chit plus et en cas d’en­nui on fera un peu de rhé­to­rique pour s’es­cri­mer avec le camp d’en face (cli­vage).

    Pour la des­truc­tion de l’har­mo­nie natu­relle (inclus dans une méta­phore coté ima­gé), c’est moi qui en ai par­lé, j’ai le droit ? 🙂

    « dans la mesure où je suis hon­nête, je ne fais pas de prosélytisme, »

    Encore une fois, je ne vois pas en quoi hon­nê­te­té et pro­sé­ly­tisme sont incom­pa­tibles : en tant que par­ti­san, vous recher­chez à conver­tir l’autre, l’a­me­ner dans votre camp et même plus : amé­lio­rer sa qua­li­té de conscience. Vous pou­vez faire cela avec droi­ture, et hon­neur je ne vois pas l’incompatibilité.

    Mais bon, vous affir­mez ces deux choses-là, admet­tons. La fina­li­té de votre mes­sage est quand même :

    « main­te­nant si tu me dis que les par­tis ne servent à rien, divisent, machin chose, je te tom­be­rais des­sus féro­ce­ment uni­que­ment si tu me dis que tu es de gauche (« extrême » ?), et je dirais miel­leu­se­ment que tu as rai­son si tu es d’ex­trême-droite et j’a­jou­te­rais que tu devrais le répé­ter à ceux que tu croises et avec qui tu tombes d’ac­cord sur des idées d’ex­trême-droite, pour peu que tu sois effi­cace, ça me fera une épine dans le pied en moins. »

    Là, selon vos conseils, je devrais faire dégros­sir tous les par­tis excep­té votre camp. Certes, il n’y a pas d’in­vi­ta­tion à la conver­sion, mais quand même, in fine, vous me pro­po­sez d’être votre outil. Non merci.

    Réponse
  61. Vincent

    Je connais le ciné­ma Uto­pia de Tou­louse, en tant que jeune cinéaste je salue leurs exi­gences de pro­gram­ma­tion et en tant qu’a­mi des réa­li­sa­teurs de « La cause et l’u­sage » je les remer­cie de mettre en avant ce beau travail.

    Je suis depuis quelque temps main­te­nant et le tra­vail d’É­tienne et celui d’A­lain Soral. Cette his­toire d’an­nu­la­tion est symptomatique.

    Il faut bien voir que, dans une logique par­ti­sane et mili­tante, et l’é­quipe de l’U­to­pia ne s’en cache pas, ils ont rai­son d’an­nu­ler l’in­ter­ven­tion d’É­tienne. Il est en effet pro­bable qu’un esprit neutre (non « for­mé ») peut être séduit par son dis­cours, qu’il peut, ensuite, se retrou­ver sur son site, puis suivre en toute confiance le lien vers le site d’A­lain Soral. Rien n’empêche qu’il soit alors séduit par le dis­cours de ce der­nier et il n’est pas faux de pré­tendre que ce dis­cours peut conduire à un enga­ge­ment vers un mili­tan­tisme d’ex­trême droite, c’est-à-dire, fina­le­ment, chan­ger de camp. De la même manière que la fré­quen­ta­tion assi­due des salles de l’U­to­pia peut conduire un esprit neutre à un enga­ge­ment vers un mili­tan­tisme d’ex­trême gauche.

    Mais au-delà de ce cal­cul mili­tant tout à fait jus­ti­fié et com­pré­hen­sible, il y a quelque chose que Cas­to­ria­dis appe­lait la clô­ture de l’i­ma­gi­naire ins­ti­tué, la chape de plomb qui inter­dit à nos socié­tés ouvertes d’emprunter le che­min de la démo­cra­tie. Parce que sous le cal­cul mili­tant il y a la peur vis­cé­rale de la confu­sion :

    « La convic­tion (d’É­tienne Chouard) qu’il faut lire et écou­ter tout le monde, même ceux avec qui on est pas d’accord, semble l’amener à « recom­man­der » des lec­tures propres à semer la confu­sion chez des per­sonnes qui ne pren­draient pas le temps d’analyser ces sites avec un recul cri­tique. Au final lui-même fait preuve de trop d’indulgence, et ce genre de prise de posi­tion nous appa­raît gênante alors que notre époque n’a pas besoin que l’on génère de la confu­sion en ce qui concerne l’extrême droite. »

    Qu’est-ce que c’est que cette confu­sion ? C’est le peu de confiance que l’on exprime à l’é­gard du juge­ment de l’autre mais, in fine, c’est le peu de confiance que le peuple exprime à l’é­gard de lui-même. C’est ce qui explique l’i­nex­pli­cable : que l’on accepte d’a­ban­don­ner notre pou­voir de citoyen, la ser­vi­tude volon­taire contem­po­raine. Plu­tôt l’UMP que le fas­cisme, plu­tôt le PS que l’a­nar­chie. On dit : le peuple n’est pas prêt à se gou­ver­ner lui-même, il faut d’a­bord l’é­du­quer. On dit : nous ne sommes col­lec­ti­ve­ment pas prêts, pas armés pour la démo­cra­tie. Pour reprendre une for­mule de Cas­to­ria­dis, nous vou­lons apprendre à nager avant de nous jeter à l’eau. Nous vou­lons être sûrs et cer­tains de savoir nager avant de nous jeter à l’eau. Parce que c’est trop dan­ge­reux, parce qu’il y a trop d’en­jeux, parce que nous pour­rions nous noyer. Nous sou­hai­te­rions apprendre à nager sans nous mouiller.

    Une assem­blée tirée au sort n’ins­tau­re­rait-elle pas le fas­cisme ? ou l’a­nar­chie ? Où sont les garanties ?

    D’un côté, il y a ces peurs. 
    De l’autre, il y a la digni­té de l’homme, le droit de cha­cun à avoir voix au cha­pitre.

    Parce que cha­cun de nous avons peur du juge­ment de l’autre, à tous nous refu­sons le droit d’être asso­ciés à l’é­la­bo­ra­tion de ses condi­tions d’exis­tence, du contrat social par lequel nous sommes tous liés. 
    Par là, nous nions ce qui ferait de nous des citoyens.

    Il ne faut pas faire confiance aux hommes, il faut faire confiance dans leur inca­pa­ci­té à se faire confiance. Toutes les les expé­ri­men­ta­tions démo­cra­tiques le prouvent.

    Réponse
  62. YoggY

    @Vincent (mes­sage 61)

    Il faut bien voir que dans une logique par­ti­sane et mili­tante, et l’é­quipe de l’U­to­pia ne s’en cache pas, ils ont rai­son d’an­nu­ler l’in­ter­ven­tion d’É­tienne. Il est en effet pro­bable qu’un esprit neutre (non « for­mé ») peut être séduit par son dis­cours, qu’il peut, ensuite, se retrou­ver sur son site, puis suivre en toute confiance le lien vers le site d’A­lain Soral. Rien n’empêche qu’il soit alors séduit par le dis­cours de ce der­nier et il n’est pas faux de pré­tendre que ce dis­cours peut conduire à un enga­ge­ment vers un mili­tan­tisme d’ex­trême droite, c’est-à-dire, fina­le­ment, chan­ger de camp. De la même manière que la fré­quen­ta­tion assi­due des salles de l’U­to­pia peut conduire un esprit neutre à un enga­ge­ment vers un mili­tan­tisme d’ex­trême gauche.

    Salut,

    Je ne suis pas d’ac­cord avec cette par­tie de ton ana­lyse, je ne pense pas qu’an­nu­ler l’in­ter­ven­tion d’E­tienne sur des motifs fan­tai­sistes soit une bonne chose. Mais bon, une confé­rence de plus ou de moins, ça ne nous empê­che­ra pas d’avancer.

    Pour ce qui est des éti­quettes « extrême gauche » et « extrême droite », je ne suis pas d’ac­cord non plus. J’ai­me­rais bien que les gens s’abs­tiennent de fonc­tion­ner de cette façon. Untel est d’ex­trême gauche/droite et hop j’ar­rête de réflé­chir parce que l’é­ti­quette ne me plaît pas. La réflexion sur un régime plus démo­cra­tique et pro­tec­teur contre les abus de pou­voirs n’a pas d’é­ti­quette à mes yeux.

    Pour ce qui est de Soral, je suis par­fois en désac­cord avec lui, mais ça ne m’empêche pas de l’é­cou­ter, même s’il est éti­que­té « extrême droite ». Sa réflexion sur le Tal­mud & la Kabale n’est pas inté­res­sante à mon sens mais je trouve que sur cer­tains aspects, son dis­cours est plus éclai­rant. C’est sim­ple­ment le prin­cipe de l’i­se­go­ria que j’ap­plique à mon humble niveau et je pense que cha­cun gagne­rait à faire de même et sur­tout à ne pas col­ler des éti­quettes un peu partout.

    Réponse
  63. Morpheus

    @ Vincent

    Votre argu­men­ta­tion est une invi­ta­tion à conti­nuer à nous can­ton­ner au rôle d’en­fant dans lequel le sys­tème du gou­ver­ne­ment pré­ten­du­ment repré­sen­ta­tif nous enferme depuis des générations.

    [La matu­ri­té ne s’ac­quiert pas par l’é­du­ca­tion, elle s’ac­quiert par l’ex­pé­rience.] L’ex­pé­rience, c’est la confron­ta­tion avec le réel. Aldous Hux­ley disait encore que l’ex­pé­rience, ce n’est pas ce qui nous arrive, mais ce que nous fai­sons de ce qui nous arrive.

    [Pour acqué­rir l’ex­pé­rience de la démo­cra­tie, il convient de nous confron­ter aux condi­tions de l’exer­cice démo­cra­tique, et notam­ment à ce qu’im­plique l’i­sé­go­ria, c’est-à-dire la liber­té de parole pour tous, à tout moment et à tout sujet.] Un débat comme celui qui était pro­po­sé aurait été un excellent exer­cice pour acqué­rir cette expé­rience, mais vous pré­co­ni­sez qu’il fau­drait déjà que le public ait d’a­bord acquis de l’ex­pé­rience pour s’y frot­ter … À vous suivre, jamais le peuple ne pour­rait acqué­rir cette expé­rience, car il ne sera jamais prêt.

    [Il n’y a pas à « être cor­rec­te­ment for­mé » pour s’y confron­ter, il y a à s’y confron­ter pour se for­mer.] Mais votre argu­men­ta­tion démontre que vous faites par­tie des per­sonnes qui consi­dèrent qu’il s’a­git de contrô­ler la liber­té, non de don­ner la liber­té de pen­ser par soi-même. En effet, sous le cou­vert d’être « for­mé », « édu­qué », « accli­ma­té » à l’exer­cice de la démo­cra­tie se cache la volon­té d’o­rien­ter les opi­nions.

    Il est sous-enten­du dans votre pro­pos qu’il y a des opi­nions accep­tables et d’autres non, et vous faites par ailleurs part de vos a prio­ri, notam­ment en évo­quant la pos­si­bi­li­té qu’une assem­blée tirée au sort puisse abou­tir au fas­cisme …ou à l’a­nar­chie (mon­trant déjà votre igno­rance des « garan­ties », qui font par­tie des ins­ti­tu­tions expé­ri­men­tées par la démo­cra­tie athé­nienne : révo­ca­bi­li­té per­ma­nente des magis­trats, rota­tion des charges, man­dats impératifs).

    Vous ne connais­sez visi­ble­ment pas le sujet, sans quoi cette rhé­to­rique vous appa­raî­trait non ave­nue. De fait, [l’a­nar­chie, que vous confon­dez comme beau­coup avec l’a­no­mie], et que vous assi­mi­lez au désordre social et l’a­pa­thie qui en résulte, est en réa­li­té la condi­tion néces­saire à l’exer­cice démocratique.

    L’a­nar­chie, c’est le contraire de la hié­rar­chie (tout sim­ple­ment). Pour le dire autre­ment, l’a­nar­chie c’est un ordre dans lequel le pou­voir est répar­ti hori­zon­ta­le­ment, c’est-à-dire qu’il donne l’é­ga­li­té poli­tique à tous les citoyens. L’a­nar­chie s’op­pose à la ver­ti­ca­li­té du pou­voir, il s’op­pose à l’exis­tence d’un pou­voir cen­tra­li­sé, pas en l’existence du pou­voir tout court, et cer­tai­ne­ment pas à l’ordre social.

    L’a­nar­chie pro­pose une autre orga­ni­sa­tion sociale, fon­dée sur la res­pon­sa­bi­li­sa­tion indi­vi­duelle des citoyens dans l’exer­cice du pou­voir et de la ges­tion de la cité. Rien à voir avec le désordre social ou le chaos. On pour­rait dire, même, que l’a­nar­chie et la démo­cra­tie sont indis­so­ciables l’un de l’autre. Sans démo­cra­tie, l’a­nar­chie abou­ti­rait sans doute au désordre social, en effet, mais sans l’a­nar­chie, la démo­cra­tie se trans­for­me­rait rapi­de­ment en oli­gar­chie (nous en savons quelque chose …).

    Vous par­lez donc de l’a­nar­chie comme en parlent les oli­garques, qui bien évi­dem­ment défendent, eux, les prin­cipes hié­rar­chiques d’au­to­ri­té et l’a­ris­to­cra­tie éli­tiste. Et vous met­tez dans le même panier l’a­nar­chie et son strict contraire, le fas­cisme, qui repose, lui, sur une stricte hié­rar­chie abso­lu­tiste, un pou­voir ultra vertical.

    Cela montre à la fois votre igno­rance, et votre pré­ten­tion à vous croire capable de dire que les gens « neutres » (bref, le peuple bête et inno­cent) pour­rait se lais­ser « séduire » par un Soral ou d’autres per­son­nages que vous met­tez à l’index.

    En d’autres termes, c’est bien vous qui n’êtes pas prêt pour la démo­cra­tie, et non « un public neutre » (que vous sup­po­sez neutre, qui plus est). Mais peut-être qu’en réa­li­té, ce n’est pas tant que vous n’êtes pas prêt pour la démo­cra­tie, mais que vous n’êtes pas favo­rable à celle-ci ?

    Plu­tôt que de craindre la bêtise et l’i­gno­rance des autres, et d’a­voir peur qu’ils ne se laisse séduire par Soral, vous devriez vous confron­ter vous-même à votre peur de Soral et de sa dia­lec­tique : il est évident qu’il vous fait peur. Et comme il vous fait peur, vous vou­lez inter­dire aux autres ce que vous vous inter­di­sez vous-même : écou­ter Soral et vous confron­ter à sa rhétorique.

    En défi­ni­tive, le pro­blème n’est pas Soral, le pro­blème c’est votre peur, votre manque de confiance en vous autant que dans la capa­ci­té des autres à pen­ser par eux-mêmes. Parce que VOUS vous sen­tez inca­pable de don­ner la réplique à Soral, alors vous sup­po­sez que tous les autres en seront inca­pables, et qu’ils suc­com­be­ront aux sirènes de son dis­cours. Et vous n’a­vez pas encore inté­gré cette chose tel­le­ment évi­dente qu’il suf­fit d’in­ter­dire quelque chose pour pro­vo­quer un réflexe de curio­si­té et d’at­trait : un enfant sait pour­tant que tout ce qui est inter­dit est exci­tant. Donc, en met­tant Soral (ou d’autres) à l’in­dex, vous le ren­dez attrac­tif : pile poil le résul­tat oppo­sé à celui recherché.

    Inter­di­sez-vous vous même à débattre avec Soral ou Chouard, ou MLP, ou qui vous vou­lez, mais de grâce, n’im­po­sez pas vos inter­dits per­son­nels à autrui : vos peurs ne regardent que vous.

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  64. Di Girolamo

    Je ne résiste pas à vous faire par­ta­ger ce débat :

    La morale que j’en tire c’est que 
    plus les gens sont en désac­cord et plus c’est inté­res­sant ;
    et que par­fois pour faire émer­ger la com­pré­hen­sion il faut intro­duire encore d’autres débatteurs…

    Réponse
  65. J.C

    @ Vincent,

    Remet­tons les choses à l’endroit.

    Nous sommes en train de nous noyer dans cette aban­don de pou­voir et la démo­cra­tie est la terre ferme.
    Les cli­vages gauche-droite aux­quels nous sommes fami­liers appar­tiennent au sys­tème repré­sen­ta­tif non pas à la démocratie.

    Pour­quoi cela ? Parce qu’en démo­cra­tie per­sonne n’a à prendre le pouvoir.
    Le pou­voir reste au niveau du peuple.

    L’exer­cice démo­cra­tique ne vise pas à dépos­sé­der une par­tie de la popu­la­tion de son pou­voir poli­tique en le délé­guant à un groupe quelque soit sa taille.
    il n’y a donc pas de néces­si­té de divi­sion de la popu­la­tion. Si sur cer­tains sujets, il y a una­ni­mi­té, sur d’autre, il peut y avoir des divisions.

    Nulle obli­ga­tion alors de se sou­mettre aux idéo­lo­gies d’un groupe avec tous les com­pro­mis que cela implique pour par­ti­ci­per aux débats et aux choix de la communauté.

    Autre­ment dit, pour qui croit en la démo­cra­tie, point de clas­si­fi­ca­tion en droite et gauche, point de divi­sions dans l’exer­cice lui-même.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Bien ami­ca­le­ment

    Réponse
  66. Vincent

    @ Mor­pheus

    @ J.C

    Mes­sieurs, de grâce, reli­sez-moi (61), nous sommes d’ac­cord en tous points !

    Réponse
  67. Morpheus

    @ Vincent

    J’ai eu net­te­ment l’im­pres­sion que vous défen­diez en fait la posi­tion adop­tée par Uto­pia et Rodolphe, et que vous expli­quiez qu’ils avaient rai­son de le faire. Il semble que je ne sois pas le seul à l’a­voir inter­pré­té de cette façon.

    Autant pour moi si je me suis mépris sur la teneur de votre mes­sage et ravi que vous soyez d’ac­cord avec les idées que j’ai défendues 🙂

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  68. sitouaillain

    @ Mau­rice

    quand je dis « je pense que la masse est natu­rel­le­ment intel­li­gente », votre bien sûr que cela doit être com­pris dans le sens « en chaque indi­vi­du », en tant que chaque indi­vi­du est un potentiel.

    je recon­nais que l’ex­pres­sion « qua­li­té de conscience » est mal­heu­reuse, effec­ti­ve­ment « degré de conscience » serait plus approprié.

    donc tu dis Dans cette expres­sion de qua­li­té je vois encore une fois la volon­té de défi­nir le bien, le mal, plu­tôt que d’ai­der à ouvrir les yeux et lais­ser le champ libre à la conscience propre du conci­toyen. Encore une fois c’est toi qui voit, et en ce ce qui me concerne, tu vois de tra­vers, ouvrir les yeux et lais­ser libre le citoyen de sa conscience, c’est le but de la libé­ra­tion de dif­fé­rents jougs que « nous » citoyens de gauche cher­chons à rendre pos­sible. C’est, maté­riel­le­ment par­lant, une ques­tion d’é­ga­li­té dans l’ac­cès au savoir, à l’ex­pres­sion libre, etc., d’où aus­si la lutte per­ma­nente contre les pro­pa­gandes adverses dans le cou­rant his­to­rique des gauches, le ras­sem­ble­ment, syn­di­cal ou par­ti­san, est pen­sé (idéa­le­ment bien sûr) comme le point d’ap­pui pour que les citoyens s’y forgent une conscience auto­nome, rien n’est pres­crit, à part la décons­truc­tion de ce que les diverses struc­tures de domi­na­tion opèrent ou plu­tôt obèrent de la liber­té de conscience et d’agir.

    « fina­le­ment c’est la grande ques­tion de savoir si toutes les opi­nions se valent que tu poses… tout dépend à quel niveau de réa­li­té on se situe : dans l’ab­so­lu oui, mais face à l’ours des cavernes, les par­ti­sans de l’af­fron­ter avec des sou­rires sont poten­tiel­le­ment morts et les par­ti­sans de la sagaie poten­tiel­le­ment vivants… »

    quand tu dis Non, toutes les opi­nions ne se valent pas, une opi­nion arti­cu­lée autour d’un illo­gisme ou d’un mot non maî­tri­sé n’a pas la même qua­li­té qu’une opi­nion construite logi­que­ment et sans ambi­guï­té sur les mots uti­li­sés. tu admets donc que je puisse ne pas rece­voir ce que tu peux affir­mer et effec­ti­ve­ment C’est le débat sans cen­sure, sans agres­si­vi­té, sans mépris, sans ana­thème qui per­met de mettre au pla­card les opi­nions les plus faibles. là des­sus je ne suis pas en désac­cord, je n’en suis pas tou­jours capable, c’est dif­fé­rent, mais visi­ble­ment toi non plus, fai­sons avec et avançons.

    Oui, il faut se méfier des anti-*isme pri­maires, l’an­ti-éli­tisme pri­maire comme l’an­ti-fas­cisme pri­maire. J’ap­prouve et se fai­sant, je joue avec le feu ; j’ai un petit pro­blème, pri­maire je ne sais pas ce que ça veut dire, je pré­sup­pose que c’est néga­tif, pri­mi­tif. Je ne suis pas un éru­dit, donc je peux avoir des lacunes, cepen­dant à chaque fois que j’en­tends ce terme c’est pour faire pas­ser en force une idée ; « atten­tion à »…« pri­maire » un sché­ma rhé­to­rique… pri­maire ser­vant à détour­ner l’at­ten­tion. Évi­dem­ment, c’est sou­vent vrai, mais ça n’est pas mon intention.

    J’ai écrit « élite de la pen­sée », je ne crois pas qu’il y ait de diplôme de la pen­sée, les élites de la pen­sée décri­vaient les bien pen­sants, et là je l’af­firme à nou­veau ils s’autoproclament ain­si soit effron­té­ment soit en acte en pré­dé­fi­nis­sant pour autrui le bien le mal, la qua­li­té de conscience.

    Peut-être qu’il n’y a pas de diplôme de la pen­sée, en revanche il y a des niveaux de connais­sance hété­ro­gènes, mais peu importe, là n’est pas le débat, tu es assez grand pour te faire ton opi­nion en croi­sant les points de vues, et j’ob­serve que quand tu t’ex­primes, tu défi­nis toi aus­si ce qui est bien et mal et tu entends convaincre, et de mon côté, quand quel­qu’un affirme un prin­cipe, je ne dis pas que c’est un bien pen­sant, j’exa­mine les pré­sup­po­sés idéo­lo­giques et nor­ma­tifs qui sous-tendent ce prin­cipe, et j’exa­mine les consé­quences de son appli­ca­tion et ses condi­tions de pos­si­bi­li­té. Per­sonne ne m’a impo­sé ce que je pense, parce que j’ai fait le point sur l’en­vi­ron­ne­ment qui m’a construit, sur l’é­poque dans laquelle je vis, et chaque prin­cipe que je vais défendre a fait l’ob­jet d’un che­mi­ne­ment intel­lec­tuel étayé par des connais­sances trans­mises par l’ex­pé­rience et par des recherches, et ce che­mi­ne­ment s’ar­rête jus­qu’à ce qu’un nou­veau « ? » sur­gisse, qu’une facette du prisme com­mence à appa­raître. je n’ai jamais rien reje­té « a prio­ri », sous pré­texte d’une éti­quette ou de tra­di­tions. Ce qui est « le bien » pour moi, si tant est que je puisse encore réflé­chir en mode binaire, l’est tou­jours rela­ti­ve­ment à ce che­mi­ne­ment et ce tra­vail sur moi-même, et ne le reste que tant que le contraire ne m’a pas été prouvé.

    Par contre, reje­ter la parole de l’autre a prio­ri sous pré­texte qu’il s’a­gi­rait de « bien-pen­sance » ou que le mes­sage est déli­vré d’une manière « pres­crip­trice » ne fait pas par­tie de mon mode de fonc­tion­ne­ment : je cherche d’a­bord à com­prendre le che­mi­ne­ment qui a conduit l’autre à expri­mer ce conte­nu, sous dif­fé­rents angles (socio­lo­giques, his­to­riques, idéo­lo­giques, psy­cho­lo­giques, etc.) et dans la mesure de mes connais­sances et celles que d’autres apportent.

    se deman­der si tous les pro­grès sont bons ou toutes les tra­di­tions mau­vaises est une très bonne démarche,
    et par ailleurs le fait de dire ce que tu dis est de gauche et ce que tu dis est de droite ne coïn­cide pas néces­sai­re­ment avec une oppo­si­tion bien/mal ni même une oppo­si­tion binaire : ça, c’est toi qui fait le rac­cour­ci, per­sonne ne te demande de te confor­mer à quoi que ce soit…

    Quant à choi­sir son camp, c’est tou­jours du point de vue de consi­dé­ra­tions cir­cons­tan­ciées, et dans l’op­tique d’être à des degrés d’en­ga­ge­ment divers dans la résis­tance ou dans la pas­si­vi­té ou dans la col­la­bo­ra­tion vis-a-vis de l’ordre exis­tant, sachant que la résis­tance notam­ment peut se faire à par­tir d’une volon­té de dépas­se­ment ou à par­tir d’une volon­té de retour en arrière.

    Et, soit dit en pas­sant, pos­tu­ler d’a­vance que poser sur la réa­li­té des diver­gences d’o­pi­nion et de pos­ture vis-à-vis du réel ou vis-à-vis de l’i­ma­gi­naire des pos­sible en termes de droite et de gauche est pro­pre­ment inopé­rant pour com­prendre au fond et à fond ce que cela veut dire. même si je recon­nais qu’à par­tir de ce qui se dit dans les media ou sur des blogs pseu­doin­tel­lo, on peut sérieu­se­ment dou­ter et faire des conclu­sions hâtives.

    Là selon vos conseils, je devrais faire dégros­sir tous les par­tis excep­té votre camp, certes il n’y a pas d’in­vi­ta­tion à la conver­sion mais quand même, in fine vous me pro­po­sez d’être votre outil. Non mer­ci.

    Je fais la dif­fé­rence entre un outil et un allié, et effec­ti­ve­ment, méca­ni­que­ment, inté­grer un camp, c’est dégros­sir tous les autres, et je me fiche qu’il soit « bien-pen­sant » de se dire d’au­cun camp ni d’au­cun par­ti, c’est une illu­sion, un par­ti-pris inopé­rant, du point de vue de l’ins­tau­ra­tion de la démo­cra­tie, objec­tif ayant des adver­saires, et j’es­père que tu n’es pas dans leur camp (mal­gré toi ?)

    Réponse
  69. J.C

    @ Vincent

    De mon côté, je n’a­vais pas tran­ché sur ta posi­tion. Mon mes­sage se vou­lait comme une réponse aux objec­tions qui étaient sou­le­vées dans ton message.

    J’ai­me­rais reve­nir sur un point concer­nant le pou­voir poli­tique. Dans une véri­table démo­cra­tie, il n’y a pas de gouvernement.
    Si la popu­la­tion se gou­verne elle-même, il n’y a pas de gouvernant.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  70. RHC

    Bon­jour,

    @J.C

    D’a­bord, je suis un citoyen débu­tant en poli­tique et ma connais­sance de langue fran­çaise est moyenne, mais je suis d’ac­cord avec vous, la popu­la­tion devrait se gou­ver­ner elle-même parce qu’un par­ti poli­tique hié­rar­chi­sé semble aus­si vul­né­rable au sujet du type de per­son­na­li­té auto­ri­taire. Quand Étienne C. ou d’autres pro­posent qu’il fau­drait écrire nous même la consti­tu­tion, la recherche de Robert Alte­meyer évoque aus­si expli­ci­te­ment le pro­blème de l’homme de pou­voir (auto­ri­taire) :

    Lorsque nous recueillons des don­nées sur ces genres d’in­di­vi­dus – et ils se retrouvent dans toutes les classes et les pro­fes­sions – nous trou­vons un cer­tain fac­teur com­mun qui a été iden­ti­fié comme le « type de per­son­na­li­té auto­ri­taire ». Ce type d’in­di­vi­du est carac­té­ri­sé par trois ensembles d’at­ti­tudes et de com­por­te­ments qui sont liés entre eux tel que rap­por­té par Bob Altemeyer.

    1. La sou­mis­sion auto­ri­taire – un haut degré de sou­mis­sion aux auto­ri­tés qui sont per­çues pour être éta­blies et légi­times dans la socié­té dans laquelle on vit ou le groupe de col­lègues avec qui on est impli­qué ou on tra­vaille. Natu­rel­le­ment, si un grand nombre de ses col­lègues pré­sentent des troubles de la per­son­na­li­té – et il y a une forte pro­ba­bi­li­té pour que ce soit le cas dans n’im­porte quel domaine où il doit y avoir auto­ri­té sur les autres – alors on est incul­qué dans la sou­mis­sion à l’i­déa­tion psychopathologique.

    2. L’a­gres­sion auto­ri­taire – une agres­si­vi­té géné­rale diri­gée contre d’autres per­sonnes qui sont per­çues comme des cibles, selon les auto­ri­tés éta­blies telles que défi­nies dans le numé­ro 1.

    3. Le conven­tion­na­lisme – un degré éle­vé de res­pect des tra­di­tions et des normes sociales qui sont per­çues comme étant approu­vées par la socié­té – ou son groupe de col­lègues – et ses auto­ri­tés éta­blies, et une croyance que les autres dans sa socié­té devraient éga­le­ment être tenus de se confor­mer à ces normes. Une fois de plus, si les tra­di­tions et les normes sociales sont éta­blies par les auto­ri­tés avec ordres du jour contrô­lés, tout est cor­rom­pu de haut en bas.

    Selon Alte­meyer :

    « les auto­ri­taires ont ten­dance à pré­sen­ter des erreurs cog­ni­tives et des symp­tômes de mau­vais rai­son­ne­ment. Plus pré­ci­sé­ment, ils sont plus sus­cep­tibles de faire des déduc­tions incor­rectes à par­tir de preuves et de tenir des idées contra­dic­toires qui résultent de la pen­sée com­par­ti­men­tée. Ils sont éga­le­ment plus sus­cep­tibles d’ac­cep­ter sans cri­tique des preuves insuf­fi­santes qui sou­tiennent leurs croyances, et ils sont moins sus­cep­tibles de recon­naître leurs propres limites. »

    Robert Alte­meyer, Right-Wing Autho­ri­ta­ria­nism (l’au­to­ri­ta­risme de droite), Uni­ver­si­ty of Mani­to­ba Press, 1981

    Sin­cè­re­ment,

    Réponse
  71. J.C

    @ RHC

    Oui, je pense que nos socié­tés pro­duisent ce genre d’in­di­vi­dus de comportements.

    Voi­ci un petit com­plé­ment sur la démocratie :

    La démo­cra­tie (le pou­voir du peuple) néces­site l’é­ga­li­té poli­tique entre chaque indi­vi­du com­po­sant le peuple 
    et s’op­pose ain­si à la confis­ca­tion de la sou­ve­rai­ne­té du peuple par le trans­fert du pou­voir poli­tique au pro­fit d’un groupe plus res­treint (hié­rar­chie).

    La délé­ga­tion du pou­voir poli­tique par l’é­lec­tion ou le tirage au sort est stric­te­ment contraire au prin­cipe même de la démocratie.

    La démo­cra­tie néces­site l’é­ga­li­té poli­tique et il ne peut y avoir d’é­ga­li­té poli­tique sans éga­li­té économique.

    Or, l’u­ti­li­sa­tion de la mon­naie inter­dit l’é­ga­li­té économique.

    Sans éga­li­té éco­no­mique, il n’y a pas d’é­ga­li­té poli­tique et sans éga­li­té poli­tique, il n’y a pas de démo­cra­tie. Dans une socié­té moné­taire l’exer­cice de la démo­cra­tie est tout sim­ple­ment impossible.

    Bien amicalement

    J.C

    Réponse
  72. J.C

    ps : ce genre d’in­di­vi­dus, je devrais plu­tôt dire ce genre de comportements.

    Réponse
  73. mic el

    « l’u­ti­li­sa­tion de la mon­naie inter­dit l’é­ga­li­té économique. »

    -l’u­ti­li­sa­tion de la mon­naie de façon pri­va­tive, comme c’est le cas aujourd’­hui, évi­de­ment cela inter­dit l’é­ga­li­té économique.

    Mais je ne vois pas bien au nom de quel manque d’i­ma­gi­na­tion on devrait s’in­ter­dire d’a­voir recours à cette magni­fique abs­trac­tion, ce pro­duit cultu­rel sans pré­cé­dant dans la nature, qu’est la monnaie ?

    À la façon du tas de Kro­pot­kine par exemple. Situa­tion dans laquelle le peuple gère sans inter­mé­diaires le volume de la masse moné­taire. Situa­tion dans laquelle l’argent est gratuit.

    l’é­ga­li­té est le prin­cipe direc­teur de la sphère juri­dique, si le peuple est la source des lois qui mettent la mon­naie à l’abri des pré­da­teurs, je ne vois pas pour­quoi dans une socié­té moné­taire l’exer­cice de la démo­cra­tie serait impossible ?

    Par ailleurs si nous n’a­vons plus la liber­té de cette créa­tion cultu­relle abs­traite pour flui­di­fier nos échanges, et toute la sphère cultu­relle doit son exis­tence au prin­cipe de liber­té, der­rière ce déni, se pro­file un socié­té tech­no­cra­tique façon zeit­gest dont l’idéal res­semble à s’y méprendre à celui de la synar­chie d’empire.

    Réponse
  74. Di Girolamo

    JC nous dit avec rai­son que « Sans éga­li­té éco­no­mique, il n’y a pas d’é­ga­li­té poli­tique et sans éga­li­té poli­tique, il n’y a pas de démocratie »

    Le pro­blème est qu’ AUCUNE SOCIÉTÉ humaine n’est en capa­ci­té dura­ble­ment de vivre l’égalité .

    Cela signi­fie que pour défendre la démo­cra­tie les incan­ta­tions ne servent à rien .

    Il faut c’est cer­tain ne rien céder sur l’é­ga­li­té et la démo­cra­tie dans leur défi­ni­tion la plus haute mais en même temps il ne faut pas tom­ber dans le pan­neau des sim­pli­fi­ca­tions et rac­cour­cis : il faut tenir compte de l’exis­tant, du monde tel qu’il est, des gens tels qu’ils sont . A par­tir de là l’ac­tion poli­tique vers la démo­cra­tie c’est :

    1) Par­tir du constat de l’exis­tant , réflé­chir et faire émer­ger un état des lieux des pro­blèmes et des bonnes ques­tions à poser.

    2)Élaborer un pro­jet et une stra­té­gie d’action.

    En préa­lable du 1 et 2 faire émer­ger des lieux publics per­met­tant ces tra­vaux ;sans mettre de côté l’exis­tant : les dépu­tés , les par­tis , les com­munes , cc de com­munes etc mais en les « obli­geant  » à faire ce qu’ils devraient faire : ren­trer dans des pro­ces­sus poli­tique participatifs.

    Res­ter sur des blogs à construire des per­fec­tions ver­bales EN DEHORS du contexte socié­tal est un inté­res­sant passe temps.

    Réponse
  75. Vincent

    Le para­doxe du démocrate :

    Pour par­ler à tout le monde – tous bords confon­dus – il ne faut pas être éti­que­té. Mais celui qui parle aux uns, s’a­dresse néces­sai­re­ment aux enne­mis des autres qui, par pru­dence, lui collent l’é­ti­quette infa­mante d’infréquentable.

    Test pour savoir si l’on est démocrate :

    Suis-je prêt à par­ler avec tout le monde ?
    Suis-je prêt à recom­man­der à tous de par­ler avec tout le monde ?

    L’en­ne­mi du démo­crate : le militant.
    Le mili­tant divise la socié­té en trois enti­tés : ses amis, ses enne­mis et « le peuple » qu’il convient de convaincre.

    La sin­gu­la­ri­té du démo­crate c’est qu’il ne s’ex­clut pas du peuple.

    Cette his­toire de cen­sure au motif de confu­sion pos­sible me fait pen­ser à une phrase de l’Ab­bé Raynal :

    « L’in­no­cence et l’ins­cience gardent les moeurs plus sûre­ment que des pré­ceptes et des controverses. »

    Les « gens de bien » (cf. Guille­min) et les mili­tants (de tous bords) ont en par­tage la même hor­reur du peuple, inca­pable de pen­ser par lui-même et pour lui-même.

    Croire au peuple. Redé­fi­nir ce qu’est être de gauche. Ne pas tom­ber dans le piège du com­bat politique.

    Être de droite c’est avoir une idée sur ce qu’il faut faire poli­ti­que­ment et tout faire pour prendre le pou­voir et mettre en place ses idées.

    Être de gauche c’est ne pas savoir pour les autres, c’est s’in­clure dans la com­mu­nau­té, c’est sans arrêt apprendre à écou­ter l’autre, dis­tin­guer ce qui relève de l’ex­per­tise (la science) et de l’opinion.

    C’est défendre l’i­dée que la déci­sion poli­tique se fonde sur la contro­verse experte mais appar­tient à l’ordre de l’o­pi­nion, est l’af­faire de tous. C’est défendre le prin­cipe de sub­si­dia­ri­té et pré­ser­ver sans relâche la poli­teia de la politikè.

    Vou­loir prendre le pou­voir pour impo­ser la démo­cra­tie est aus­si stu­pide et déses­pé­ré qu’o­bli­ger un enfant à être joyeux en le mena­çant d’une arme.

    Il faut que la démo­cra­tie s’im­pose. Ce n’est pas un voeu pieux, c’est une invi­ta­tion à l’action.

    Réponse
  76. J.C

    @ mic el

    La mon­naie est une magni­fique abs­trac­tion et cette magni­fique abs­trac­tion a une logique qui lui est propre. Une logique qui n’a rien à voir avec la liber­té mais beau­coup avec l’asservissement.

    Il y a déjà un long débat enga­gé ici abor­dant le sujet des mon­naies alter­na­tives et de la sup­pres­sion de la monnaie.

    Par ailleurs, si tu as des infos sur la synar­chie d’empire concer­nant l’a­bo­li­tion de la mon­naie, ça m’intéresse.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  77. mic el

    @J.C.

    je vais conti­nuer sur la page en lien…copieuse, le temps d’en faire le tour…

    je ne vou­drais pas jeter le BB avec l’eau du bain, sous pré­texte que la mon­naie a pas­sé trop de temps au ser­vice de cri­mi­nels. Comme je ne désire pas davan­tage réduire le pou­voir, logique, d’une abs­trac­tion à l’emploi qu’en font les cri­mi­nels qui ont mono­po­li­sé le pou­voir de la mon­naie au détri­ment de l’intérêt général.

    et jus­te­ment il n’existe aucune limites à notre créa­ti­vi­té qui devrait nous pous­ser à inféo­der notre sou­ve­rai­ne­té propre à une tech­no­cra­tie ; que ce soit celle construite par la synar­chie d’empire, ou celle plus ‘soft’ mais pas davan­tage contrô­lable, ima­gi­née pour le pro­jet zeitgest.

    la tech­no­cra­tie étant pour le moment le lien sur lequel repose ma cri­tique de ces deux voies.

    Réponse
  78. jean Bricmont

    Je connais assez bien Etienne Chouard-il est venu à Bruxelles récem­ment. Il est à des années lumières de toute forme de fascisme.

    Que lui reproche-t-on ? D’a­voir des liens sur son site vers Soral et co ? De dire que ceux-ci ne sont pas fas­cistes ? Au sens his­to­rique du terme, il n’y a pas de fas­cistes en France, à part à la marge, et même pen­dant la guerre, il n’y en avait qques dizaines de mil­liers au plus (des cen­taines de mil­liers ou des mil­lions ailleurs)-la France est le pays le moins facho d’Eu­rope, et le plus culpa­bi­li­sé sans arrêt pour l’être par une extrême-gauche qui vit de la « haine de soi » (càd de son peuple).

    A mon sens, il est vic­time des mêmes attaques que René Balme ou moi à la la fête de l’hu­ma, ou Col­lon à la Bourse du tra­vail, càd tous les gens qui sont « un peu trop » contre l’Eu­rope, l’im­pé­ria­lisme, le sio­nisme etc., on leur trouve un guilt by asso­cia­tion ou l’autre et on les fait taire, au nom de l’an­ti-fas­cisme ; j avais pas remar­qué qu’­Hit­ler, Mus­so­li­ni etc. étaient de grands défen­seurs de la liber­té d’ex­pres­sion, mais bon.

    Je trouve regret­table qu’U­to­pia par­ti­cipe à cela. Eux-mêmes ayant étés vic­times de ce genre de pro­cé­dés, si je ne me trompe. »

    Réponse
  79. sitouaillain

    @ Vincent

    je te pro­pose de consul­ter cet article de socio­lo­gie du mili­tan­tisme qui ne rap­pelle pas de manière exhaus­tive l’en­semble des connais­sance pro­duite par cette branche de la socio­lo­gie poli­tique mais qui à au moins le mérite d’in­tro­duire des dis­tinc­tions et de por­ter la réflexion sur les struc­tures socio-his­to­riques et les points d’ap­puis phi­lo­so­phiques sous-ten­dant les formes de l’engagement.

    http://​www​.revue​-inter​ro​ga​tions​.org/​a​r​t​i​c​l​e​.​p​h​p​?​a​r​t​i​c​l​e​=​105

    Disons qu’en 2012, on ne peut plus vrai­ment par­ler du mili­tant sans pas­ser à côté de la varia­bi­li­té des formes d’en­ga­ge­ment, au sein d’une même orga­ni­sa­tion, entre les dif­fé­rentes formes d’or­ga­ni­sa­tion et selon les causes. De même, les réper­toires d’ac­tions subissent des varia­tions avec les évo­lu­tions des struc­tures sociales et sont dif­fé­rentes selon les causes défen­dues, les res­sources dis­po­nibles, etc., etc.

    tu défi­nis

    Le para­doxe du démocrate :

    Pour par­ler à tout le monde – tous bords confon­dus – il ne faut pas être éti­que­té. Mais celui qui parle aux uns, s’a­dresse néces­sai­re­ment aux enne­mis des autres qui, par pru­dence, lui collent l’é­ti­quette infa­mante d’infréquentable.

    je ne crois pas qu’il y ait de para­doxe, dans le sens où il est par­fai­te­ment pos­sible de par­ler à tout le monde tout en étant « étiqueté ».

    c’est la manière dont on parle et ce que l’on dit qui va déter­mi­ner si l’é­ti­que­tage néga­tif est effec­tué « par pru­dence » ou « par idio­tie ». Débattre avec quel­qu’un ne signi­fie pas légi­ti­mer ce qu’il dit. Etre en géné­ral oppo­sé aux vues de quel­qu’un et le recon­naître, ne signi­fie pas être en désac­cord sur tout.

    Test pour savoir si l’on est démocrate :

    Suis-je prêt à par­ler avec tout le monde ? Suis-je prêt à recom­man­der à tous de par­ler avec tout le monde ?

    c’est très bien, mais se pose aus­si la ques­tion : tout le monde est-il prêt à par­ler ? tout ceux qui parlent ont-ils une même éthique du débat ?

    « L’en­ne­mi du démo­crate : le mili­tant. Le mili­tant divise la socié­té en trois enti­tés : ses amis, ses enne­mis et « le peuple » qu’il convient de convaincre.

    La sin­gu­la­ri­té du démo­crate c’est qu’il ne s’ex­clut pas du peuple. »

    voi­là une bien étrange vision, puisque, par défi­ni­tion, le mili­tant appar­tient au peuple. Je dirais même que ce qui le dis­tingue des non-mili­tants étant son enga­ge­ment, la seule enti­té poli­tique agis­sant en dehors du moment élec­to­ral en tant que « peuple » acteur de l’his­toire, ce sont les mili­tants, le reste subit bon gré mal gré, on ne les voit ni ne les entends, ils sont donc poli­ti­que­ment insignifiants.

    Ce qui veut dire qu’il n’y pas assez de mili­tants et que l’en­ne­mi du démo­crate est pré­ci­sé­ment la par­tie domi­nante du peuple qui entend diri­ger sans opposition.

    Dès lors un « com­plice » inci­te­ra au désen­ga­ge­ment et au refus de deve­nir « mili­tant ». Le fait que les pro­pa­gandes néo­li­bé­rales n’aient pas tota­le­ment éra­di­qué le mili­tan­tisme explique sans doute que nous avons encore quelque congés, que la retraite ne cor­res­pond pas encore à la date d’en­trée au cime­tierre ou que les fleuves sont encore rela­ti­ve­ment propres et les enfants de pauvres à peu près éduqués.

    effec­ti­ve­ment
    « L’in­no­cence et l’ins­cience gardent les moeurs plus sûre­ment que des pré­ceptes et des controverses. »

    « Les « gens de bien » (cf. Guille­min) et les mili­tants (de tous bords) ont en par­tage la même hor­reur du peuple, inca­pable de pen­ser par lui-même et pour lui-même. »

    À mon avis il s’a­git-là d’un pré­ju­gé regret­table, quand bien même on trou­ve­ra nombre de mili­tants qui ne sont pas exempts de ce reproche (le PS en est truf­fé 😉 ) en tout cas le gros de ceux que je connais passent leur temps à cher­cher à pen­ser par eux-même et à déve­lop­per des solu­tions théo­riques et pra­tiques pour le bien com­mun de l’hu­ma­ni­té, et ils passent du temps pour inci­ter le plus pos­sible de gens à faire de même…si tout le monde fai­sait cela et s’en­ga­geait pour por­ter cela, nul doute que nous n’en serions pas là…

    « Croire au peuple. Redé­fi­nir ce qu’est être de gauche. Ne pas tom­ber dans le piège du com­bat politique.

    Être de droite c’est avoir une idée sur ce qu’il faut faire poli­ti­que­ment et tout faire pour prendre le pou­voir et mettre en place ses idées.

    Être de gauche c’est ne pas savoir pour les autres, c’est s’in­clure dans la com­mu­nau­té, c’est sans arrêt apprendre à écou­ter l’autre, dis­tin­guer ce qui relève de l’ex­per­tise (la science) et de l’opinion. »

    c’est un peu juste à mon avis, dans la mesure où les choses ne tombent pas du ciel et où s’exercent des forces de domi­na­tion, le com­bat poli­tique, la lutte est inévi­table, qu’on le veuille ou non, puisque toute avan­cée démo­cra­tique sup­pose qu’à un moment don­né on entre en contra­dic­tion avec les inté­rêts de la classe domi­nante, inté­rêts qui seront aus­si défen­dus âpre­ment par toute une frange des « domi­nés », notam­ment parce qu’ils y trouvent un cer­tain confort et des certitudes.

    et d’ailleurs, le fait que nous n’a­vons pas les struc­tures nous per­met­tant de poser les débats et d’en tirer des déci­sions col­lec­tives qui s’ap­pliquent à tous, nous obligent à « être de droite » au sens où tu l’en­tends, pré­ci­sé­ment parce que nous subis­sons les struc­tures issues des idées des classes domi­nantes et de la frange volon­tai­re­ment ser­vile du peuple qui les sou­tient. et nous pour­rons inno­cem­ment être « de gauche » tel que l’en­tends, qu’entre nous, c’est à dire dans des col­lec­tifs mili­tants, et ensuite plei­ne­ment, lorsque seule la per­ti­nence des argu­ments pour­ra déci­der du conte­nu des déci­sions et non pas le volume du capi­tal pos­sé­dé, le réseau de rela­tions haut pla­cées, le nombre de pas­sages télé­vi­sés, le nombre de lacry­mo balan­cées, etc.

    « C’est défendre l’i­dée que la déci­sion poli­tique se fonde sur la contro­verse experte mais appar­tient à l’ordre de l’o­pi­nion, est l’af­faire de tous. C’est défendre le prin­cipe de sub­si­dia­ri­té et pré­ser­ver sans relâche la poli­teia de la politikè. »

    ce que je dis me semble s’in­sé­rer plei­ne­ment dans cet objectif.

    « Vou­loir prendre le pou­voir pour impo­ser la démo­cra­tie est aus­si stu­pide et déses­pé­ré qu’o­bli­ger un enfant à être joyeux en le mena­çant d’une arme.

    Il faut que la démo­cra­tie s’im­pose. Ce n’est pas un voeu pieux, c’est une invi­ta­tion à l’action. »

    l’ac­tion, c’est de l’ac­ti­visme, et un acti­viste, c’est un militant…

    le contre-pou­voir mili­tant à l’o­li­gar­chie est pré­ci­sé­ment la manière dont s’im­pose la démo­cra­tie, et le pou­voir étant une rela­tion, per­sonne n’a d’autre pou­voir que ce que le peuple lui laisse…d’où l’in­dus­trie de la fabrique du consentement.

    pour que la démo­cra­tie s’im­pose, il va au moins fal­loir recon­naître que c’est aux « gens de bien » à qui elle va s’im­po­ser, par l’en­ga­ge­ment coor­don­né et conscient des gens du peuple, et les rap­pels de Guille­min sont fort utiles pour com­prendre que les « gens de bien » ne vont pas se lais­ser faire. j’a­jou­te­rais qu’une obser­va­tion lucide du contexte contem­po­rain me donne tout lieu de croire qu’ils avancent et que nous reculons…sans doute un peu beau­coup parce que depuis 1945, la nombre de citoyens enga­gés a été divi­sé par dix et sur­tout dans les formes d’en­ga­ge­ment visant une trans­for­ma­tion glo­bale de la société.

    Réponse
  80. Morpheus

    Vrai­ment inté­res­sante cette rencontre.

    Un point qui revient sou­vent, dans beau­coup de ren­contres, c’est la fameuse ques­tion « Com­ment impo­ser une consti­tuante popu­laire dés­in­té­res­sée ? », et tout en écou­tant, il m’est venu une idée.

    Un truc qui a for­mi­da­ble­ment fonc­tion­né, Étienne, c’est lorsque tu as pos­té en 2005 un décryp­tage de l’An­ti­cons­ti­tu­tion Euro­péenne ; ça a fait flores et cela c’est répan­du à tra­vers la toile à grande vitesse.

    On pour­rait faire la même chose avec nos Anti­cons­ti­tu­tions Natio­nales (à peu de choses près). On pren­drait chaque article et on en ferait l’a­na­lyse et la cri­tique, comme si nous étions en assem­blée consti­tuante et don­nions notre avis pour ou contre, en argumentant.

    Cette ana­lyse cri­tique argu­men­tée, illus­trée, nous la dif­fu­se­rions ET nous l’en­ver­rions (sous forme de péti­tion de citoyens exi­geant une nou­velle Assem­blée Consti­tuante selon un pro­ces­sus spé­ci­fi­que­ment dés­in­té­res­sé) à tous nos élus (de l’As­sem­blée, du Sénat, du Gou­ver­ne­ment) en exi­geant une révi­sion complète.

    Nous inter­pel­le­rions de ce fait, à la fois la classe poli­tique (en leur fai­sant dès lors bien com­prendre que nous ne sommes plus dupes ; le mes­sage serait très clair), mais aus­si la socié­té civile, à tra­vers la toile et les médias, à qui nous enver­rions éga­le­ment (sous forme d’un « dos­sier de presse »), notre fronde.

    En d’autres termes, nous affir­me­rions que nous ne consi­dé­rons pas l’ac­tuelle >consti­tu­tion< comme une vraie Consti­tu­tion, et que dès lors nous ne sau­rions la consi­dé­rer comme force de loi.

    Nous met­trions en lumière les défaillances de nos actuelles anti­cons­ti­tu­tions natio­nales, tout en inter­pe­lant à la fois la socié­té civile (pour ten­ter de for­cer un débat public) et la classe poli­tique (dans laquelle j’in­tègre les médias).

    Qu’en pen­sez-vous ?

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    PS : Il y aurait un tra­vail de décryp­tage à faire, mais il me semble que – pour la >Consti­tu­tion< Fran­çaise, c’est déjà en par­tie fait, non ?

    Réponse
  81. Ana Sailland

    Mor­pheus :

    OUI

    Si la pro­vi­dence nous prête vie, ma pro­po­si­tion de 
    cam­ping démo­crate
    pour l’é­té pro­chain reste valable.

    Ce que tu sug­gères pour­rait être un thème de travail.

    Ana

    Réponse
  82. Ana Sailland

    Vidéo 2 du mes­sage 80 d’Étienne
    Sous-thème : Ini­tia­tive lan­cée par une seule personne

    En com­pa­rai­son de la four­mi­lière où l’in­di­vi­du est membre du col­lec­tif de sa nais­sance à sa fin, et n’est que cela, rien que cela, mort à soi-même, sans désir ni droit, est offert à la socié­té en tant que fonc­tion orga­nique incar­née, ce qui carac­té­rise l’es­pèce humaine est cette dua­li­té intrin­sèque qui met en scène l’in­di­vi­du et le col­lec­tif, en « conflit syner­gique » : l’in­di­vi­du doit avoir sou­ci du col­lec­tif, lui appor­ter sa force et le col­lec­tif doit offrir à l’in­di­vi­du sa liber­té et son indépendance.

    Cette dua­li­té est pré­cieuse qui est un ter­reau sur lequel peut se déve­lop­per la conscience, au delà du temps pré­sent (((la conscience appa­raît dans les situa­tions inso­lubles, au contraire de l’in­tel­li­gence qui ne les aime pas))).

    Doit donc être l’ob­jet de notre atten­tion constructive.

    La démo­cra­tie, que nous aurions trop ten­dance à défi­nir comme le pou­voir pour et par le peuple, col­lec­ti­vi­sant ipso fac­to notre espèce ani­male qui pour­tant ne sau­rait n’être que seule­ment col­lec­tive (l’er­reur de la révo­lu­tion russe?), la démo­cra­tie ne peut se déro­ber face à cette dif­fi­cile contra­dic­tion, ne peut sacri­fier l’in­di­vi­du en ne lui accor­dant pou­voir que s’il se regroupe en asso­cia­tion (éphé­mère ou pérenne), ou « obéit ».

    Dans cette optique, la démo­cra­tie doit offrir à tout citoyen la cer­ti­tude de pou­voir être enten­du à tout moment, donc chaque fois qu’il le sou­haite, plus la cer­ti­tude de pou­voir inflé­chir le cours des affaires de la cité chaque fois que son talent inven­tif et son ima­gi­na­tion (ou son indi­gna­tion) le méritent.

    Notons au pas­sage que nous tenons ici la condi­tion néces­saire et suf­fi­sante pour que les citoyens s’in­té­ressent réel­le­ment à la « polis » et s’in­ves­tissent dans la réflexion qui la concerne.

    L’un des outils (il y en a d’autres) de la réelle démo­cra­tie peut être le droit d’i­ni­tia­tive popu­laire, mais, par rap­port au sys­tème suisse, il doit être enri­chi dans plu­sieurs directions.

    L’une d’elles est l’in­di­vi­dua­tion du droit de pro­po­ser, esquis­sée sur la vidéo 2.

    Ciel que je suis longue !!! voi­ci seule­ment main­te­nant ce que je vou­lais dire ->

    Autant pour l’i­ni­tia­tive éma­nant d’un groupe que pour l’i­ni­tia­tive éma­nant d’un indi­vi­du, il y a une triple dif­fi­cul­té, asso­ciée aux trois buts ci-dessous :
    -Ne pas tuer dans l’œuf
    ‑Évi­ter le raz de marée
    ‑Viser un coût raisonnable

    qui semblent contradictoires …
    sur­tout pour l’é­che­lon natio­nal (qui sou­vent est seul abordé). 
    (En Suisse il y a trois éche­lons d’i­ni­tia­tive populaire:communal, can­to­nal, fédéral)

    -La méthode consis­tant à fixer un seuil (x% de la popu­la­tion doit se décla­rer favo­rable au vote), cette méthode ne peut pas, au natio­nal, satis­faire les trois buts à la fois.

    -La méthode pré­sen­tée dans la vidéo (une assem­blée tirée au sort trie les pro­po­si­tions) est plus qu’in­té­res­sante. Si c’est une assem­blée « one shoot » : elle ne sert qu’une fois, et la cor­rup­tion y est impos­sible. Notons que cette idée peut ne pas être réser­vée à l’i­ni­tia­tive indi­vi­duelle mais peut aus­si être utile pour l’i­ni­tia­tive collective …

    -Il y a une troi­sième méthode peu sou­vent présentée :

    « Méthode des pou­pées russes ter­ri­to­riales »

    Le vote peut être orga­ni­sé dans un quar­tier ou un vil­lage ; l’i­ni­tiant (indi­vi­du ou groupe n’est ce pas) pou­vant choi­sir où , pour­quoi pas.
    Si c’est le non qui l’emporte, fin de l’aventure.
    Si c’est le oui, « retest » sur un ter­ri­toire plus grand.
    On peut ima­gi­ner trois ou quatre étapes allant ain­si du quar­tier à la nation.

    Il me semble que cette méthode res­pecte les trois sus­dits buts.
    D’où cette brève inter­ven­tion hihi.

    Réponse
  83. Ana Sailland

    Piste : Concer­nant la dua­li­té individu/collectivité, Max Stir­ner dit des trucs inté­res­sants (milieu du XIXème siècle)

    Réponse
  84. J.C

    @ Ana

    Toi aus­si tu dis des trucs intéressants 😉

    une socié­té bien orga­ni­sée pour­rait faire l’é­co­no­mie de l’o­béis­sance, de la sou­mis­sion à un groupe en per­met­tant à cha­cun d’exer­cer la plus lar­ge­ment pos­sible sa liber­té de pen­sée et d’action.
    Ain­si, les indi­vi­dus n’é­tant pas contraints deviennent natu­rel­le­ment plus aimable. Cha­cun peut alors s’ex­pri­mer libre­ment sans avoir pour autant à être enten­du (comme une obli­ga­tion). Si l’on a exces­si­ve­ment besoin de se faire entendre et de reven­di­quer ce droit c’est qu’on est déjà plus maitre de soi-même.

    Pour­quoi ne pas prendre exemple sur les indiens Kogis qui pra­tiquent le dia­logue construc­tif, rai­son­né et apaisé.

    Sur dif­fé­rents fils de dis­cus­sion en ce moment, je note que des ques­tion­ne­ments s’é­lèvent sur le rap­port individu/ collectivité.

    J’ai la convic­tion que si l’on com­prends l’hu­main dans son indi­vi­dua­li­té, on le com­prends aus­si dans son rap­port à la collectivité.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  85. Ana Sailland

    @J.C

    L’o­béis­sance à un groupe peut per­mettre la sur­vie face aux élé­ments, mais bloque la mis­sion de l’é­vo­lu­tion qui est peut être l’a­vè­ne­ment de la conscience au pou­voir, quoique en cette occur­rence le mot pou­voir ne convienne plus .

    Je serais donc plus favo­rable à l’o­béis­sance de cha­cun à son cœur, qui est peut être la vraie liber­té, c’est à dire la liber­té de ce qui est le plus pro­fond en nous, et pri­son­nier à cette heure.

    Ce qui ne sup­pri­me­rait pas la néces­saire harmonisation.

    Donc oui à un copié col­lé (par­tiel ?) des modes de fonc­tion­ne­ment de cer­tains « peuples autoch­tones ». Ya+K faire 😉

    Réponse
  86. J-Stephane

    La démo­cra­tie est-elle pré­sente dans une usine en grève, où il y a gré­vistes et non-gré­vistes, et sous quelles formes ?

    Réponse
  87. Ana Sailland

    Pour cette ques­tion, tout est pos­sible, mais à condi­tion que soient sui­vies des règles très pré­cises et une dis­ci­pline rare.

    Il faut abso­lu­ment à ce sujet obser­ver com­ment ça s’é­tait orga­ni­sé dans l’af­faire LIP ; et se ren­sei­gner sur le rap­por­teur d’ex­pé­rience Charles Pia­get, un homme précieux.

    Voir en particulier :
    http://​www​.poli​tis​.fr/​P​e​t​i​t​-​m​a​n​u​e​l​-​d​e​-​l​a​-​l​u​t​t​e​,​1​4​1​6​6​.​h​tml

    Il est cer­tain que ces prin­cipes sont rare­ment suivis …
    Ce qui explique au moins en par­tie les échecs.

    Pas tout à fait dans ta question :
    Au moment de la grande crise (après la dic­ta­ture), j’ai visi­té à Bue­nos Aires des empre­sas ocu­pa­das (entre­prises occu­pées) qui fonc­tion­naient dans une démo­cra­tie réelle et sans faille. C’é­tait le contraire de la grève : le tra­vail arra­ché de force à la situa­tion et à l’ac­tion­naire, mais selon un mode de fonc­tion­ne­ment que j’ai admiré.

    Réponse
  88. Étienne

    Benoît (mer­ci à lui) a iso­lé un extrait de cette soi­rée qui pour­ra peut-être ser­vir (c’est court, 7 minutes, et cor­rec­te­ment ciblé, je crois) : 

    Réponse

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