VANDONCOURT, un village auto-géré depuis 1971

2/11/2012 | 16 commentaires

VANDONCOURT,
un vil­lage auto-géré depuis 1971 :

démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive-déli­bé­ra­tive & contrôle popu­laire

Créons 1000 Vandoncourt !

http://​matri​cien​.org/​p​o​l​i​t​i​q​u​e​/​a​n​a​r​c​h​i​s​m​e​/​v​a​n​d​o​n​c​o​u​rt/

Ban­que­routes frau­du­leuses, crise du cli­mat, chô­mage, pol­lu­tions, exclu­sions… S’il est un sen­ti­ment lar­ge­ment par­ta­gé par la popu­la­tion dans son ensemble, c’est bien celui de l’im­puis­sance géné­ra­li­sée du citoyen face aux grands pro­blèmes de notre temps. La démo­cra­tie repré­sen­ta­tive a réus­si ce tour de force de détour­ner le pou­voir de l’in­di­vi­du au pro­fit d’as­sem­blées et d’é­tats sans pou­voirs et sans scru­pules face aux dik­tats éco­no­miques de la pen­sée unique. Le comble du cynisme, ou du ridi­cule, est atteint, en plus, lors­qu’on le consi­dère comme res­pon­sable de tous les maux, et qu’on lui enjoint de chan­ger d’at­ti­tude pour sau­ver la pla­nète : veillez à bien fer­mer le robi­net d’eau quand vous vous lavez les dents ! Pour les retraites, déso­lé, mais il n’y a pas d’autre solu­tion ! Que faire, sinon bais­ser les bras dans ce désert poli­tique ? Et pourtant…

VANDONCOURT, LE VILLAGE QUI ÉLÈVE LA VOIX

Le Jura, c’est comme le nord de la chan­son, c’est d’a­bord un gros cœur, depuis long­temps. Ce haut lieu d’ex­pé­ri­men­ta­tion sociale, qui a vu naître le théo­ri­cien anar­chiste Prou­dhon et les coopé­ra­tives ouvrières, a gar­dé, au fond de son âme, le goût de l’i­ni­tia­tive et de l’in­no­va­tion sociale. Sou­ve­nons nous de la lutte héroïque des LIP et des ten­ta­tives auto­ges­tion­naires. Pas très loin de Peugeot/Sochaux, niché à quelques cen­taines de mètres d’al­ti­tude, un vil­lage sans doute très peu dif­fé­rent de beau­coup de vil­lages fran­çais, avec son église et sa mai­rie, Van­don­court. Ce petit vil­lage du Doubs, pour­tant, expé­ri­mente le pou­voir réel aux citoyens, la démo­cra­tie directe, depuis qua­rante ans, et ça marche ! Là se joue sans doute, à l’in­su des pro­ta­go­nistes peut-être, une des plus for­mi­dables expé­ri­men­ta­tions d’a­ve­nir : la reprise en main du pou­voir glo­bal par la popu­la­tion, en un mot, la vraie démo­cra­tie. Petit cours d’u­to­pie pratique.

Ins­pi­ré d’un sys­tème com­mu­nau­taire traditionnel

En 1970, « 68 » n’est pas très loin, et il va lais­ser un par­fum liber­taire qui va se répandre entre des habi­tants du cru, las­sés de la som­no­lence muni­ci­pale, et deux per­sonnes, de retour de Mada­gas­car, et tom­bées amou­reuses là-bas des célèbres « conseils des sages » sous les arbres à palabres. La ren­contre entre une effu­sion qui va bou­le­ver­ser la France pour long­temps et une pra­tique authen­tique mil­lé­naire va être déto­nante. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, dans un vil­lage asep­ti­sé par manque de pro­jets, un son­dage est orga­ni­sé, un pro­gramme éla­bo­ré, une liste dépo­sée, un slo­gan dif­fu­sé : on est plus intel­li­gents à plu­sieurs que seul ! La liste l’emporte. Elle se donne en plus une contrainte majeure : on fonc­tionne au consen­sus, pas à la majo­ri­té, comme à « Mada » ! Dame, les pauvres auraient-ils quelque chose à nous apprendre ?

Démo­cra­tie directe, auto­ges­tion et contrôle populaire

Une fois en place, la nou­velle équipe met en pra­tique les prin­cipes qui l’ont fait élire : infor­ma­tion libre et trans­pa­rente, aucun sujet tabou, com­mis­sions extra-muni­ci­pales en place sur divers sujets (enfance, bâti­ments, bud­get…) ouvertes à tous, réunions publiques men­suelles infor­mant ceux qui ne peuvent se rendre aux réunions pré­pa­ra­toires, conseil des jeunes, des anciens, des asso­cia­tions ! Les struc­tures démo­cra­tiques se mul­ti­plient, et pro­voquent une libé­ra­tion de l’ex­pres­sion. Le vil­lage devient un vil­lage sans maire, sans hié­rar­chie, auto­nome. Démo­cra­tie directe va de pair avec auto­ges­tion et contrôle populaire…On essaie de don­ner à cette démo­cra­tie que l’on réin­vente toute sa dimen­sion émancipatrice.

Exemples de ques­tions trai­tées par les conseils populaires

Ain­si, Van­don­court est la seule com­mune de France où les élec­teurs, fran­çais et étran­gers, peuvent par­ti­ci­per dès l’âge de 15 ans. Ensuite, le pro­jet final chif­fré est pré­sen­té au conseil muni­ci­pal qui valide les déci­sions prises par les diverses com­mis­sions, le tout dans les formes légales impo­sées par la loi. Quelques exemples par­mi d’autres : la com­mis­sion du bud­get pose la pro­blé­ma­tique sui­vante, après avoir affi­ché tous les postes de dépenses : faut-il repor­ter cer­tains tra­vaux, ou aug­men­ter les impôts ? Solu­tion miti­gée, on fait un peu des deux, après débat géné­ral. D’autres fois, des solu­tions sortent du cadre stric­te­ment mar­chand : pour la déco­ra­tion du vil­lage, la mai­rie achète des fleurs, mais ce sont les habi­tants qui s’en occupent toute l’an­née. Les fon­taines du vil­lage sont en mau­vais état : on orga­nise un chan­tier par­ti­ci­pa­tif avec les asso­cia­tions locales, voire inter­na­tio­nales. Pour le POS, créa­tion de col­lèges d’é­lus, d’a­gri­cul­teurs, de pro­prié­taires rési­dents… Des repré­sen­tants sont dési­gnés pour dis­cu­ter avec les autres par­te­naires (DDE, ser­vices tech­niques de l’E­tat…). Plus les avis divergent, plus le débat est riche. Un par­mi les sujets qui ont le plus fâché : le remem­bre­ment ! Et une des solu­tions ori­gi­nales trou­vées : s’é­chan­ger l’u­sage plu­tôt que la propriété.

ÉCOLOGIE SOCIALE

Van­don­court n’est pas en reste en ce qui concerne l’un des pro­blèmes majeurs de notre temps, l’é­co­lo­gie. C’est là que fut créé le pre­mier tri sélec­tif des déchets il y a trente ans, c’est là que l’on com­men­ça à s’op­po­ser à l’en­ré­si­ne­ment, c’est là que l’on prit posi­tion très tôt dans les grandes luttes natio­nales (Lar­zac, canal Rhin-Rhône, fusées plu­ton, nucléaire…). Loca­le­ment, un chauf­fage col­lec­tif des bâti­ments com­mu­naux à base de bois déchi­que­té a été ins­tal­lé, bois pro­ve­nant de la forêt com­mu­nale de 300 ha qui appar­tient au vil­lage, exemple typique de déve­lop­pe­ment de cir­cuits courts. Mai­rie, école, foyer, salles com­mu­nales, dis­til­le­rie de cidre, pom­piers, biblio­thèque, 5 loge­ments col­lec­tifs et un ate­lier com­mu­nal béné­fi­cient ain­si de la chauf­fe­rie, et éco­no­misent non seule­ment les finances, mais aus­si les éner­gies fos­siles. Les tailles des arbres frui­tiers res­servent sur place sous forme de BRF, un ver­ger péda­go­gique, un pro­jet pour relier à pied ou en vélo plu­sieurs vil­lages alen­tour, déve­lop­pe­ment d’ha­bi­tat léger… Il y a autant de pro­jets que d’ha­bi­tants. On peut recen­ser 20% des habi­tants qui par­ti­cipent ain­si acti­ve­ment à cet essai réus­si de démo­cra­tie géné­rale, et la moi­tié de la popu­la­tion qui fait par­tie des 28 asso­cia­tions qui pré­parent la vie com­mu­nale. Qui dit mieux ? L’a­van­cée régu­lière des tra­vaux est ins­crite dans la « Damas­sine », publi­ca­tion tri­mes­trielle, et relayée dans les deux publi­ca­tions locale et régio­nale. L’é­cole par­ti­cipe acti­ve­ment à la mise en place des actions des com­mis­sions, offrant ain­si aux enfants, dès le pri­maire, les moyens de s’im­pli­quer dans la vie démo­cra­tique de la com­mune ain­si qu’aux actions des associations…Nul doute, si l’on se pro­jette dans le futur, que des citoyens ayant pra­ti­qué une telle démo­cra­tie dès le plus jeune âge, dans des pro­jets de déve­lop­pe­ment locaux, ne puisse construire, dans la même logique, une socié­té plus à même de répondre aux gigan­tesques défis qui nous attendent. Peut-être est ce là même la seule issue.

La loi est l’ex­pres­sion de la volon­té du peuple

Dès lors qu’il y a débat et contrôle popu­laire, alors le cir­cuit des déci­sions est neuf : on pèse, on argu­mente, on teste, mais on se laisse pas impo­ser les solu­tions d’ailleurs. La ges­tion popu­laire remet for­cé­ment en cause les para­digmes de la crois­sance et de la repré­sen­ta­tion obli­gée ser­vis à lon­gueur d’an­tenne par un ques­tion­ne­ment per­ma­nent : est-il nor­mal que l’eau de la pis­cine soit au même prix que celle de la cui­sine ? Entre la gra­tui­té des par­kings ou celle de la can­tine, que choi­sir ? Les struc­tures de démo­cra­tie directe, par le fait même qu’elles prennent du temps, aident à construire une socié­té dif­fé­rente où la déci­sion n’est pas subie mais construite, en même temps qu’elles ins­taurent entre les par­ti­ci­pants l’at­ten­tion, le res­pect, le dépas­se­ment du conflit. La Loi n’est-elle pas l’ex­pres­sion de la volon­té géné­rale, comme le sti­pule la décla­ra­tion des droits de l’homme et du citoyen (art VI), et ceux-ci n’ont-ils pas le droit de concou­rir per­son­nel­le­ment, ou par leurs Repré­sen­tants, à sa formation ?

PERSPECTIVE JOYEUSE : vers une éco­no­mie et une finance alternatives ?

Il existe en France plu­sieurs col­lec­ti­vi­tés qui ont mis la démo­cra­tie directe à leur pro­gramme (Eourres (05), Gri­gny (69)…). De par le monde, on connait depuis long­temps aus­si le bud­get par­ti­ci­pa­tif de Por­to Alègre au Bré­sil. La com­mune de Mari­na­le­da, en Espagne, est allée plus loin encore, en inter­ve­nant direc­te­ment dans l’é­co­no­mie, ins­tal­lant une conser­ve­rie de légumes après avoir redis­tri­bué les 1 200 hec­tares d’un grand pro­prié­taire terrien.

Alors, posons les vraies questions :

• La démo­cra­tie com­mu­nale, qui per­met réel­le­ment aux citoyens d’exer­cer leur pou­voir, n’est-elle pas le meilleur moyen de dépas­ser l’im­puis­sance carac­té­ri­sée de nos sociétés ?

• Ne pour­rions nous ima­gi­ner, en France, 15 000 com­munes de 4 000 habi­tants, taille qui per­met des assem­blées géné­rales (soit envi­ron mille per­sonnes, de quoi rem­plir un ciné­ma) de toute une population ?

• Ne pour­rions nous ima­gi­ner la fin des régions, com­mu­nau­tés, dépar­te­ments, et un unique éche­lon ter­ri­to­rial, la com­mune, dis­po­sant de tous les pou­voirs et finan­ce­ments (édu­ca­tion, for­ma­tion, routes, etc.) des divers éche­lons actuels ?

• Ne pour­rions nous ima­gi­ner la pos­si­bi­li­té d’in­ter­ven­tion des dites com­munes dans l’é­co­no­mie, dans la satis­fac­tion des besoins expri­més par la popu­la­tion dans des assem­blées géné­rales régulières ?

• Ne pour­rions nous ima­gi­ner des banques muni­ci­pales, où les habi­tants d’une même com­mune met­trait leur argent, qui pour­rait ser­vir direc­te­ment sur le ter­ri­toire de la com­mune, dotées ou pas de mon­naies nou­velles et per­met­tant une relo­ca­li­sa­tion de la production ?

• Ne pour­rions nous ima­gi­ner des coopé­ra­tives com­mu­nales pour sor­tir de la concur­rence débile et mortifère ?

Uto­pi­sons plus loin encore : et si, pour les pro­chaines élec­tions muni­ci­pales, nous déci­dions, dans un pre­mier temps, de créer 1 000 Van­don­court, c’est à dire 1 000 com­munes auto­nomes fonc­tion­nant en démo­cra­tie directe ? Que cha­cun, ici et main­te­nant, chez lui, se dise :

• oui, c’est possible,

• oui, nous n’al­lons pas nous lais­ser impo­ser un enième supermarché,

• oui, nous devons pro­té­ger nos terres agricoles,

• oui nous devons lut­ter à notre niveau contre l’u­ni­for­ma­ti­sa­tion du monde,

• oui nous devons régé­né­rer la démocratie,

• oui nous devons, nous pou­vons reprendre le pou­voir, notre pou­voir, pas dans les sté­riles agi­ta­tions média­tiques et poli­tiques des par­tis, mais dans de vrais débats au sein de vraies assem­blées, contra­dic­toires, conflic­tuelles, mais qui toutes auraient comme fin l’a­mé­lio­ra­tion immé­diate du quo­ti­dien, le pou­voir de le faire, et l’an­ti­ci­pa­tion de l’avenir.

Un tel saut démo­cra­tique ne porte t‑il pas en germe, appli­qué de par­tout, la véri­table solu­tion aux pro­blèmes majeurs de notre temps, puisque, par défi­ni­tion, le peuple ne peut agir contre lui même ? Car Van­don­court nous oblige à nous poser cette autre ques­tion : pour­quoi don­ner son pou­voir à des par­tis par essence ultra-mino­ri­taires, plu­tôt que de s’en ser­vir soi-même ? Alors, chiche, on ren­verse la vapeur ?

Joël Fey­del

Un vil­lage sans maire – Retour au bons vieux temps – Une tri­bu à la Française ?

La démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive est une forme de par­tage et d’exer­cice du pou­voir, fon­dée sur le ren­for­ce­ment de la par­ti­ci­pa­tion des citoyens à la prise de déci­sion poli­tique. On parle éga­le­ment de « démo­cra­tie déli­bé­ra­tive » pour mettre l’ac­cent sur les dif­fé­rents pro­ces­sus per­met­tant la par­ti­ci­pa­tion du public à l’é­la­bo­ra­tion des déci­sions, pen­dant la phase de délibération.

Van­don­court est une com­mune fran­çaise située dans le dépar­te­ment du Doubs et la région Franche-Com­té. Ses habi­tants sont appe­lés les Damas. En 1971 le vil­lage est pas­sé en démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive. Le fonc­tion­ne­ment est de type autogestion.

La vie démo­cra­tique s’or­ga­nise grâce à :

• Un conseil de treize membres élus ;

• Un conseil des jeunes ;

• Un conseil des anciens ;

• Un conseil des associations.

Les conseils se réunissent, au moins chaque mois, ce sont là soixante citoyens rassemblés.

Sept com­mis­sions sont mises en place (sco­laire, bud­get, tech­nique, déve­lop­pe­ment éco­no­mique, sociale, fêtes et céré­mo­nies, envi­ron­ne­ment). Ce sont elles qui s’in­forment des besoins, qui éla­borent les solu­tions pra­tiques et qui contrôlent les réa­li­sa­tions. Elles sont sous le contrôle des conseils. Ain­si la com­mis­sion des finances est com­po­sée d’é­lus et de non-élus.

La révo­lu­tion au vil­lage ou la démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive au quotidien

Il était une fois un petit vil­lage bâti sur le flanc de la mon­tagne juras­sienne, entre quatre cents et six cents mètres d’al­ti­tude, à douze kilo­mètres seule­ment de Sochaux. Un vieux vil­lage de quelques six cents âmes, d’où les hommes partent pour tra­vailler. D’où les hommes partent ailleurs… défi­ni­ti­ve­ment. Avec de moins en moins de jeunes. Ils quittent le vil­lage-dor­toir, mais aus­si le vil­lage-mai­son de retraite.

Le maire gérait en père de famille et tranche en autocrate

Comme des mil­liers d’autres vil­lages de France, Van­don­court som­nole. L’i­ma­gi­na­tion, c’est le moins qu’on puisse dire, n’est pas au pou­voir à Van­don­court. Il y a un Conseil Muni­ci­pal à Van­don­court, comme dans toutes les com­munes de France. Les élec­teurs en entendent par­ler régu­liè­re­ment, tous les six ans. Ils l’é­lisent même. Il défend, paraît-il, les inté­rêts com­mu­naux. C’est ce que les can­di­dats pro­clament, dans leur pro­fes­sion de foi, la seule infor­ma­tion qu’ils adressent à leur conci­toyens… Tous les six ans. Le maire gère en père de famille et tranche en auto­crate. Si conflit il y a, c’est lui qui décide ; le Conseil enté­rines tous les tri­mestres. Il sait déter­mi­ner seul, ou presque, ce qui est bon pour la popu­la­tion… et c’est qui ne l’est pas.

Un vil­lage au bord de l’extinction

A Van­don­court, y a plus de dimanche, y a plus de bon pain, y a plus de vil­lage. Les vil­lages de vil­la­geois, l’exode rural les a presque tous tués. L’é­cole aus­si se meurt. Les ins­ti­tu­teurs ne veulent pas rester.

Créer une asso­cia­tion pour res­sus­ci­ter le village

C’est de là que part la révolte, en 1969. In extre­mis, les parents créent une asso­cia­tion, veulent faire par­ti­ci­per les élus à la réno­va­tion du vil­lage. En com­men­çant par l’é­cole, que l’on vou­drait sans mur, sans piège. Une vraie école du peuple. Une équipe d’a­ni­ma­tion appa­raît, sous l’im­pul­sion de quelques uns, de retour au pays, après des années pas­sées en Afrique. Aide aux Tiers-Monde, Noël des enfants déshé­ri­tés, soi­rées dédiées aux anciens, soi­rées des nations où les étran­gers du vil­lage, Suisses, Arabes, Ita­liens et Espa­gnols pré­sentent des danses et des his­toires du pays. Des fêtes à la fois folk­lo­riques, gas­tro­no­miques et anti­ra­cistes. Le vil­lage grouille tout à coup de vie, d’activité.

Et la muni­ci­pa­li­té, elle conti­nuait à gérer, comme si rien ne se pas­sait ? Qui plus est, cette renais­sance irrite.

Puis­qu’il en est ain­si, l’é­quipe d’a­ni­ma­tion décide de se pré­sen­ter aux élec­tions muni­ci­pales de 1971. Un ques­tion­naire est lan­cé. Des­ti­né à une cen­taine de per­sonnes choi­sies dans le vil­lage en fonc­tion de leur appar­te­nance à dif­fé­rentes com­mu­nau­tés (hommes, femmes, jeunes, vieux, pro­fes­sions libé­rales, ouvriers, pay­sans…), il porte sur la vie du vil­lage, l’a­ni­ma­tion cultu­relle, la par­ti­ci­pa­tion de la jeu­nesse à la prise de res­pon­sa­bi­li­té, les liens des asso­cia­tions entre elles, l’ad­mi­nis­tra­tion du vil­lage et « notre avis sur l’a­ve­nir du vil­lage ». Sur Cent ques­tion­naires dis­tri­bués, il y a soixante-douze réponses. Celles-ci sont ano­nymes et la syn­thèse réa­li­sée consti­tue un pro­gramme cohé­rent qui reste encore aujourd’­hui la base de l’ac­tion muni­ci­pale à Van­don­court. Avec un nou­veau slo­gan pour la cam­pagne élec­to­rale : « Voter pour nos can­di­dats, c’est voter pour vous ».

C’est ain­si qu’une équipe toute neuve entre à la Mai­rie, rapi­de­ment ren­for­cée par les jeunes et par ceux qui animent les associations.

Un vil­lage sans maire

Démo­cra­tie, contrôle popu­laire, auto­ges­tion c’est désor­mais de cela qu’il s’a­git à Van­don­court. Pour l’é­quipe de départ, de vingt ans en moyenne plus jeune que la pré­cé­dente, il s’a­git bien de don­ner à la démo­cra­tie toute sa dimen­sion. En asso­ciant les forces vives à la ges­tion. En déve­lop­pant la démo­cra­tie au quo­ti­dien. En mul­ti­pliant les struc­tures de concer­ta­tion. En infor­mant com­plè­te­ment et régu­liè­re­ment. En limi­tant la délé­ga­tion de pou­voir par une pra­tique per­ma­nente de la démo­cra­tie directe.

Pour retrou­ver l’i­den­ti­té d’une com­mune vivante et décen­tra­li­ser les initiatives

Treize élus pour admi­nis­trer, où plu­tôt pour ani­mer la com­mune, c’est trop peu ! C’est même déri­soire, injuste et scan­da­leux. Le vil­lage a besoin de tous pour se régé­né­rer, pour rete­nir et accueillir. Tous ? Impos­sible sans doute. Mais le plus grand nombre :

• Pour don­ner au vil­lage sa propre vie.

• Pour faire émer­ger les besoins.

• Pour retrou­ver l’i­den­ti­té d’une com­mune vivante.

• Pour décen­tra­li­ser les initiatives.

• Pour créer des canaux qui per­mettent à cha­cun de s’exprimer.

• Pour infor­mer. Pour imaginer…

Le conseil des conseils, sans vote, ni contrainte

Ima­gi­ner, ima­gi­ner. Les pro­jets ne manquent pas à Van­don­court. On ne parle plus de réunion du conseil muni­ci­pal, mais de réunion des conseils. Un conseil de treize membres, bien sûr. Comme dans toute com­mune de cette taille. Mais il ne se réunit pas sans les trois autres conseils : Celui des jeunes, celui des anciens, celui des asso­cia­tions, un véri­table petit par­le­ment où sont repré­sen­tés tous les groupes et clubs. Les conseils se réunissent, au moins chaque mois, ce sont là soixante citoyens ras­sem­blés. Par­fois, il se trans­forme en réunion publique, la mai­rie en forum. Sans vote, ni contrainte. Il s’a­git de libé­rer au maxi­mum l’ex­pres­sion. Pas de maire, pas de chef à Vandoncourt.

La com­mis­sion des finances, pour des comptes transparents

Sept com­mis­sions sont mises en place (sco­laire, bud­get, tech­nique, déve­lop­pe­ment éco­no­mique, sociale, fêtes et céré­mo­nies, envi­ron­ne­ment). Ce sont elles qui s’in­forment des besoins, qui éla­borent les solu­tions pra­tiques, qui contrôlent les réa­li­sa­tions. Elles sont sous le contrôle des conseils. Ain­si la com­mis­sion des finances, elle est com­po­sée d’é­lus et de non-élus. Elle publie dans le bul­le­tin du vil­lage le bud­get et le compte admi­nis­tra­tif en expli­quant et en com­men­tant les chiffres. Au mois de novembre, la mai­rie orga­nise des jour­nées de dis­cus­sion sur le bud­get. Tous les postes sont retrans­crits sur des grandes feuilles accro­chées au mur, dans dif­fé­rents points du vil­lage et dans le préau de l’é­cole. On peut ain­si voir l’é­vo­lu­tion des dépenses et des recettes, année par année. Les conseils, la com­mis­sion des finances et la popu­la­tion peuvent ain­si confron­ter leurs idées.

Votes des mineurs et des étran­gers, réfé­ren­dum et pro­po­si­tions de projets

Les élec­teurs, fran­çais et étran­gers (que la loi fran­çaise exclut de tout scru­tin), peuvent voter dès l’âge de 15 ans pour élire les membres des conseils, pour s’ex­pri­mer sur telle affaire impor­tante. Van­don­court à ses réfé­ren­dums pour bri­ser le cercle tou­jours trop étroit de la par­ti­ci­pa­tion popu­laire. N’im­porte quel groupe, indi­vi­du, asso­cia­tion (il y en a une ving­taine) peut pro­po­ser un pro­jet. Les conseils en appré­cient l’ur­gence, les com­mis­sions – ouvertes – en étu­dient la mise en pra­tique. Pour défi­nir ce fonc­tion­ne­ment local, aux anti­podes des règle­ments pré­fec­to­raux et des struc­tures légales, « un règle­ment inté­rieur » a été mis aux points les pre­miers temps, puis modi­fié à plu­sieurs reprises.

Toutes les sources docu­men­taires sont libres d’ac­cès, sauf cas sociaux et judiciaires

La démo­cra­tie directe s’est rapi­de­ment mise en place dans les struc­tures. On délivre encore des fiches d’é­tat-civil, on y reçoit tou­jours des demandes de ren­sei­gne­ment, mais la marie est avant tout le centre de l’ef­fer­ves­cence démo­cra­tique, le labo­ra­toire des pro­po­si­tions et des ana­lyses popu­laires. Un « café du com­merce » parfois.

On entre dans la mai­rie, on accède libre­ment à toutes les sources docu­men­taires, on se sert comme chez soi. Sauf cas social ou judi­ciaire, le cour­rier est à la dis­po­si­tion de tous. Le maté­riel muni­ci­pal n’a d’autre voca­tion que de ser­vir la vie locale. Pas besoin de qué­rir une auto­ri­sa­tion pour uti­li­ser pho­to­co­pieuse, télé­phone locaux, pan­neaux muni­ci­paux. Il y a par­fois encom­bre­ment, plé­thore d’in­for­ma­tions, téles­co­page de convo­ca­tions. C’est la ran­çon d’un sys­tème qui pousse très loin la liber­té d’ex­pres­sion. A Van­don­court au moins, le vocable de mai­son com­mune n’est pas usurpé.

Tu as envie, tu veux… fais-le ! Le vil­lage t’aidera !

Ain­si naissent et se déve­loppent de mul­tiples acti­vi­tés au vil­lage. A défaut de moyens finan­ciers ‑le vil­lage n’est pas riche ‑On ne manque pas de com­pé­tences locales qui puissent répondre aux besoins. Encou­ra­ge­ment à l’i­ni­tia­tive, uti­li­sa­tion des com­pé­tences, béné­vo­lat : C’est sur ce trip­tyque que s’ap­puie l’a­ni­ma­tion per­ma­nente du vil­lage. « L’a­ni­ma­tion c’est la poli­tique ! ». La poli­tique ce n’est pas ce pas­sage suc­ces­sif sur les tré­teaux ou les écrans d’un cer­tain nombre de pro­fes­sion­nels paten­tés et homo­lo­gués ‑par qui ? ‑mais la prise en charge de la vie quo­ti­dienne du plus grand nombre ; vingt- cinq siècle après une défi­ni­tion de Péri­clès : la poli­tique, ges­tion de la cité. Par tous, c’est à dire à l’in­verse de ceux qui détiennent habi­tuel­le­ment le mono­pole du gou­ver­ne­ment et de l’in­for­ma­tion, dévoyant ain­si la démo­cra­tie poli­tique. « Gou­ver­ner, c’est faire croire », disait Machia­vel. Mais au contraire, ANIMER c’est rendre, c’est redon­ner, c’est per­mettre, c’est cri­ti­quer, c’est deve­nir libre.

Un vil­lage pion­nier des grandes luttes nationales

La majo­ri­té de la popu­la­tion de Van­don­court pra­tique l’au­to­ges­tion – ou plu­tôt un contrôle popu­laire sur la vie quo­ti­dienne – sans le savoir. Peut-être cer­tains pré­fé­re­raient-ils par­ler de démo­cra­tie, de fra­ter­ni­té, d’hon­nê­te­té ou de par­ti­ci­pa­tion. Ou encore de liberté !

• C’est à Van­don­court que fut créé le pre­mier tri sélec­tif des déchets. Il y a 30 ans !

• C’est à Van­don­court que l’on s’op­po­sa à l’en­ré­si­ne­ment. La popu­la­tion empê­cha l’of­fice natio­nal des forêts de plan­ter dix hec­tares d’é­pi­céas qui auraient détruit une par­tie de la flore.

• C’est à Van­don­court que l’on pris très tôt posi­tion dans les grandes luttes natio­nales (Lar­zac, canal Rhin-Rhône, fusées Plu­ton, nucléaire civil et militaire,…).

La fin est conte­nue dans les moyens, comme l’arbre dans la semence

Contre le pou­voir cen­tra­li­sa­teur, pape­ras­sier, contrô­leur de toutes les ini­tia­tives, gérant de la bonne norme contre toutes les déviances, la popu­la­tion de Van­don­court répond à la manière de Gand­hi : « La fin est conte­nue dans les moyens, comme l’arbre dans la semence » . On y sou­ligne volon­tiers la néces­saire concor­dance entre les exi­gences de demain et le com­por­te­ment d’aujourd’hui.

Ne rien chan­ger : La posi­tion confor­table des élus

Ailleurs, les élus dénoncent vaillam­ment un pou­voir qui les empêche de réa­li­ser cette démo­cra­tie locale, cet appren­tis­sage de l’au­to­ges­tion qu’ils réclament dans les motions, les conseils, assem­blées, assises, sémi­naires, forums, car­re­fours, mee­tings… Mais le pou­voir et la loi deviennent vite pour eux l’a­li­bi qui auto­rise à ne rien chan­ger, la diver­sion qui per­met d’in­ter­dire aux groupes concer­nés de réflé­chir col­lec­ti­ve­ment à leur devenir.

Auto­no­mie indi­vi­duelle et col­lec­tive pour reconstruire

À Van­don­court, rare­ment la démo­cra­tie directe a été por­tée aus­si loin. Mais à la dif­fé­rence de l’autre démo­cra­tie – for­melle et délé­guée ‑celle-ci est une lutte per­ma­nente contre l’au­to­ri­té ; et plus encore contre le condi­tion­ne­ment de l’individu.

Des années après, beau­coup sont encore sur­pris du che­min par­cou­ru, sur­pris de l’au­to­no­mie indi­vi­duelle ou col­lec­tive acquise, sur­pris de cette capa­ci­té à recons­truire par­fois le quotidien.

Van­don­court cherche, se cherche, existe… Avec la volon­té de créer un deve­nir qui ne soit pas un simple pro­lon­ge­ment ou une vague adap­ta­tion du pré­sent, mais une rup­ture, un dépassement.

Ges­tion popu­laire et iden­ti­té communautaire

Les pré­mices appa­raissent d’une infor­ma­tion, d’une ges­tion popu­laire, d’une iden­ti­té et d’une com­mu­nau­té retrou­vée, qui remettent en cause le modèle de crois­sance domi­nant, qui contestent, par le bas, les méca­nismes de pou­voir et d’aliénation.

Les struc­tures de démo­cra­tie directe, par­ti­ci­pa­tive ne sont pas seule­ment le remède aux mala­dies de carences, aux escla­vages nou­veaux engen­drés par notre socié­té, mais l’un des moyens pour un autre type de société.

La réa­li­sa­tion concrète de nou­velles formes d’existence

En France, les struc­tures de démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive ont encore du mal, ne serait-ce que parce qu’elles pro­gressent dans un envi­ron­ne­ment hos­tile (état cen­tra­li­sa­teur, notables, presse locale, men­ta­li­tés d’as­sis­tés). La popu­la­tion de Van­don­court essaient de conju­guer ce que notre socié­té libé­rale ignore si pro­fon­dé­ment : La réa­li­sa­tion concrète de nou­velles formes d’exis­tence avec ce que cela sup­pose de fureur de vivre, d’ap­ti­tude à un bien être qui ne soit pas seule­ment maté­riel et, par ailleurs, la pos­si­bi­li­té de se réunir pour for­ger des outils, la capa­ci­té de prendre en charge son propre déve­lop­pe­ment, de maî­tri­ser sa propre évolution.

Lors­qu’on cherche les moyens d’un déve­lop­pe­ment, on oublie trop sou­vent, même quand on affirme le contraire, que les masses popu­laires sont le seul moyen vrai­sem­blable d’une évo­lu­tion. Mais il faut alors admettre qu’elles doivent aus­si être les seules béné­fi­ciaires. Com­ment pour­rait-on les mobi­li­ser en vue de « leur » déve­lop­pe­ment, si on hésite à leur don­ner des pou­voirs à la mesure de leurs responsabilités ?

La démo­cra­tie délé­guée : l’é­tat sans contrôle populaire

A la « démo­cra­tie délé­guée », qui ôte toute ini­tia­tive au peuple et n’as­sure en aucune façon un contrôle de celui-ci sur l’é­tat, suc­cé­de­rait une démo­cra­tie directe, les popu­la­tions exer­çant eux-mêmes tous les pou­voirs qui le sont aujourd’­hui – au demeu­rant fort mal – par un cer­tain nombre d’ins­ti­tu­tions et de ministères.

Le socia­lisme pour­rait dès lors ces­ser d’être un but à atteindre dans un cadre plus ou moins socia­li­sé, c’est à dire un idéal indé­fi­ni­ment repous­sé, un vœu pieux. Il pour­rait être ce qu’il doit être : une méthode de gou­ver­ne­ment. C’est à cette condi­tion qu’il per­met­trait la mise en forme d’un nou­veau modèle de déve­lop­pe­ment, le départ d’une nou­velle civilisation.

À son échelle, Van­don­court et ses pareils, dans des villes et vil­lages du Bré­sil, de l’Inde, d’Es­pagne et d’ailleurs, sont de petits labo­ra­toires. Ils sont un espoir pour des len­de­mains qui chanteraient.

Jean Louis BATO.

Sources : – « A Van­don­court, c’est tous les jours dimanche » de Chris­tophe War­gny (1980) – Enquêtes à Van­don­court ( 1979)

- L’É­cho de notre vil­lage (asso­cia­tion pour l’in­for­ma­tion des habi­tants de Vandoncourt)

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16 Commentaires

  1. Grumeau

    J’aime beau­coup l’i­dée du consen­sus, qui rap­pelle le fonc­tion­ne­ment démo­cra­tique de cer­taines tri­bus des Indiens d’A­mé­rique il me semble. Il suf­fit qu’un seul ne soit pas d’ac­cord et on aban­donne la prise de déci­sion pour dis­cu­ter lon­gue­ment avec lui de la rai­son de son désac­cord, sans aucune ten­ta­tive de per­sua­sion ou mani­pu­la­tion pour qu’il accepte de reve­nir sur sa décision.

    Mais c’est dif­fi­cile de l’ap­pli­quer à l’é­chelle natio­nale, d’où l’in­té­rêt de fédé­ra­tions à l’é­chelle com­mu­nale comme Van­don­court où là il n’y a aucun problème.
    Le prin­cipe de majo­ri­té est pitoyable à côté d’un point de vue démo­cra­tique, mais pas d’un point de vue oli­gar­chique évidemment 🙂 .
    Le consen­sus per­met­trait peut-être en gar­dant le sys­tème de l’é­lec­tion de faire dis­pa­raître tous les par­tis poli­tiques. Ou pas j’ou­bliais, l’ac­ces­sion au pou­voir avec l’é­lec­tion exige de mon­ter des par­tis poli­tiques pour gagner…! 
    En tout cas, ça leur met­trait bien des bâtons dans les roues au sein de l’As­sem­blée Natio­nale pour le vote des lois.

    Réponse
  2. fafache

    alors … c’est déjà pos­sible … 8‑o

    sans révo­lu­tion pour prendre le pouvoir …
    y’a plus qu’à…

    la déci­sion est déjà devants nous (? ou !)
    et ça peut se faire en dou­ceur en plus et pro­gres­si­ve­ment de surcroit,

    gaah, mais cette idée fait mal,
    il devient de plus en plus dif­fi­cile de dire, « c’est la faute des autres », nous sommes alors vrai­ment res­pon­sable de notre immo­bi­lisme actuel, ou des chan­ge­ments qui peuvent s’opérer.

    bon, je vais aller « digé­rer » cette information.
    mer­ci pour votre travail

    et vive la demo­cra­tie (par le peuple)

    Réponse
  3. remy

    Je suis sur­pris que tout ça soit pos­sible tout en ren­trant dans le cadre juri­dique qui doit être impo­sé aux com­munes (je me trompe peut être, fau­drait que je me renseigne).

    Dans tous les cas, c’est encourageant !

    Réponse
  4. Seb

    Et quand on observe le taux d’emménagement dans ce vil­lage, on se rend compte que les nou­veaux habi­tants s’im­pliquent dans l’ex­pé­rience puis­qu’au moins 75% de la popu­la­tion a emmé­na­gé à Van­don­court après l’ins­tau­ra­tion de la démo­cra­tie participative :

    http://​www​.recen​se​ment​.insee​.fr/​c​h​i​f​f​r​e​s​C​l​e​s​.​a​c​t​i​o​n​?​z​o​n​e​S​e​a​r​c​h​F​i​e​l​d​=​&​c​o​d​e​Z​o​n​e​=​2​5​5​8​6​-​C​O​M​&​i​d​T​h​e​m​e​=​1​&​r​e​c​h​e​r​c​h​e​r​=​R​e​c​h​e​r​c​her » tar­get=« _blank »>http://​www​.recen​se​ment​.insee​.fr/​c​h​i​f​f​r​e​s​C​l​e​s​.​a​c​t​i​o​n​?​z​o​n​e​S​e​a​r​c​h​F​i​e​l​d​=​&​c​o​d​e​Z​o​n​e​=​2​5​5​8​6​-​C​O​M​&​i​d​T​h​e​m​e​=​1​&​r​e​c​h​e​r​c​h​e​r​=​R​e​c​h​e​r​c​her

    De plus, on pour­rait ima­gi­ner un biais dans la popu­la­tion du vil­lage faci­li­tant ce type d’ex­pé­rience, par exemple une forte pro­por­tion de cadre sup’, ensei­gnants ou autres caté­go­ries sociales diplô­mées et dites « intel­lec­tuelles ». Or au contraire, la for­ma­tion des Damas (en terme de diplôme de l’E­du­ca­tion Natio­nale) est repré­sen­ta­tive ne n’im­porte quel vil­lage rural de France :

    http://​www​.recen​se​ment​.insee​.fr/​c​h​i​f​f​r​e​s​C​l​e​s​.​a​c​t​i​o​n​?​z​o​n​e​S​e​a​r​c​h​F​i​e​l​d​=​&​c​o​d​e​Z​o​n​e​=​2​5​5​8​6​-​C​O​M​&​i​d​T​h​e​m​e​=​6​&​r​e​c​h​e​r​c​h​e​r​=​R​e​c​h​e​r​c​her

    Bon je sais qu’il ne faut pas réduire la réa­li­té à quelques chiffres, mais ceux là sont encou­ra­geants je trouve.

    Mer­ci à Étienne en tout cas pour cette info très intéressante.

    Sébas­tien.

    Réponse
  5. Merome

    Hé mais c’est tout près de chez moi ça !

    Si tu veux des contacts là-bas, je connais le maire et quelques habitants…

    Réponse
  6. YVON

    A « Merome »,

    Si tu connaîs le maire, va le voir tout de suite, ain­si que les quelques habi­tants que tu peux joindre. Et ren­seigne-toi sur la réa­li­té d’ aujourd’ hui à Vandoncourt.

    Car selon mes obser­va­tions je pense qu’ hélas, l’ enquête de Chris­tophe War­gny date de 1979/1980. Et que les vieilles habi­tudes et le désir de puis­sance ont refait sur­face là-bas… Donc S.T.V., véri­fie et donne-nous des nou­velle de ta propre enquête sur place, mer­ci d’ avance. A bien­tôt ici.

    http://​matri​cien​.org/​p​o​l​i​t​i​q​u​e​/​a​n​a​r​c​h​i​s​m​e​/​v​a​n​d​o​n​c​o​u​rt/

    http://matricien.files.wordpress.com/2012/10/a‑vaudoncourt-cest-tous-les-jours-dimanche.jpg

    Cri­tiques du sys­tème Vandoncourt
    Le maire garde tout de même le pou­voir exécutif

    Van­don­court semble être l’exemple de gou­ver­nance par­ti­ci­pa­tive la plus éle­vée et, depuis 40 ans, ses 820 habi­tants conti­nuent l’expérience avec suc­cès. Ain­si, les citoyens sous la bien­veillance de leurs Maires et Conseillers muni­ci­paux, décident et gèrent leur com­mune dans le res­pect de la Consti­tu­tion fran­çaise. Les com­pé­tences de la Mai­rie sont répar­ties en 8 com­mis­sions extra muni­ci­pales comp­tant cha­cune une dou­zaine d’inscrits.
    Les délé­gués popu­laires n’ont qu’une fonc­tion consultative

    Ils se réunissent une fois par mois pour faire avan­cer les dos­siers et accueillent, à titre consul­ta­tif, les réfé­rents du Conseil muni­ci­pal, des per­sonnes âgées, des Jeunes et des Asso­cia­tions qui sont éga­le­ment là pour relayer l’information et faire remon­ter les besoins de la popu­la­tion. A l’issue de chaque réunion, les Conseillers muni­ci­paux informent le Maire des déci­sions prises pour qu’il les entérine.

    Pour­quoi le concept ne s’est pas expor­té efficacement ?

    Mais puisque la com­mune se déve­loppe har­mo­nieu­se­ment et que les Damas font des envieux dans les envi­rons, pour­quoi les 28 autres vil­lages de la Com­mu­nau­té d’agglomération n’ont-ils pas adop­té ce mode de gou­ver­nance ? C’est pas faute d’avoir essayé pour cer­tains !… mais sans réus­sir à gar­der la dyna­mique plus d’un man­dat élec­to­ral. A Van­don­court, on vous dira que c’est sans doute parce que leur taille n’était pas idéale, ou qu’ils n’ont pas réus­si à trou­ver com­ment gou­ver­ner ensemble, ou encore que le contexte por­teur dont ils ont béné­fi­cié n’y était pas, ne leur per­met­tant pas de dépas­ser les dif­fi­cul­tés qui sont bien réelles…
    .….….….….….…

    NOUS AUSSI, EN 2008, NOUS AVIONS LE DÉSIR DE CRÉER UN VANDONCOURT SUR NOTRE ILE DE GROIX (56). http://​groix​.revo​lu​blog​.com/ ET TAPEZ « MUNICIPALES 2008 » ET VOUS TROUVEZ NOTRE PROFESSION DE FOI… RÉSULTAT : 44 VOIX, SUR
    ENVIRON 1700 VOTANTS ET 2400 INSCRITS… On remet­tra ça en 2014, à la manière des gens de Cham­be­ry Toutes les infos sont là : http://​www​.muni​ci​pa​les2014​cham​be​ry​.fr/

    Bon cou­rage à tous
    YVON

    Réponse
  7. Di Girolamo

    Comme tou­jours il faut évi­ter d’u­ti­li­ser les choses pour jus­ti­fier son point de vue : il est évident que les cir­cons­tances et les hommes font qu’à cer­tains moments et dans cer­taines cir­cons­tances ‚c’est mieux ici qu’ailleurs , et cer­taines réa­li­sa­tions peuvent être exem­plaires ; ces exemples peuvent effec­ti­ve­ment ser­vir de point de départ pour aller plus loin ; mais ils ne doivent pas ‚sous peine de dés­illu­sions lais­ser croire que l’on peut dura­ble­ment sur cette terre ins­tal­ler une socié­té parfaite ;

    le com­bat conti­nu, parce que c’est la nature même de ce que nous sommes.

    le fait même que Van­don­court ait du mal à s’ex­por­ter, même sur sa propre Com­mu­nau­té de Com­munes n’est pas neutre et cor­res­pond à une réa­li­té lourde qui nous ramène au monde tel qu’il est.

    Evi­tons donc de prendre Van­don­court comme un idéal de per­fec­tion et étu­dions cette expé­rience avec un regard glo­bal, « scien­ti­fique » et poli­tique : il serait plus qu’in­té­res­sant d’ap­pro­fon­dir l’é­tude de cette expé­rience , d’en déga­ger les oppor­tu­ni­tés et les limites , de mieux com­prendre le pour­quoi de la dif­fi­cul­té d’es­sai­mage ; et d’é­ta­blir un lien entre cette ‚ces expé­riences posi­tives , et l’or­ga­ni­sa­tion des ter­ri­toires et de nos institutions.

    L’im­por­tant en effet n’est pas créer ici ou là des îlots de « per­fec­tion » mais d’a­mé­lio­rer le fonc­tion­ne­ment glo­bal de nos ins­ti­tu­tions, com­munes , com­mu­nau­tés de com­munes , régions , pays, dans les sens d’une vraie par­ti­ci­pa­tion des citoyens.

    Réponse
  8. agase
    à YVON

    Je connais Van­don­court depuis 40 ans et je peux te dire que c’est vrai­ment un cas aty­pique dans la région.

    Et depuis deux ans, j’y tra­vaille. De ma petite expé­rience, je peux te dire que les choses évo­luent certes mais que l’es­prit reste quand même. Mais effec­ti­ve­ment, il faut faire atten­tion. Il n’y a qu’à voir les résul­tats des der­nières élec­tions natio­nales pour se rendre compte que des vieux démons peuvent rapi­de­ment ressurgir.

    On ver­ra le résul­tat des pro­chaines élec­tions locales cette fois et voir si la démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive (« à la van­don­cour­toise ») a encore de beaux jours devant elle.

    Réponse
  9. Nafissatou

    En tous cas, le pre­mier tour des pré­si­den­tielles 2012 à Van­don­court pré­sente des résul­tats assez clas­siques pour les cam­pagnes fran­çaise, avec quand même un score supé­rieur à 30% pour le FN. La démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive ne gué­rit-elle pas les citoyens de leurs vieux démons ?

    Réponse
  10. Morpheus

    @ Nafis­sa­tou

    Van­don­court est une petite com­mune rurale. Elle s’ins­crit, mal­gré sa par­ti­cu­la­ri­té locale, dans un tout (la nation) qui reste oli­gar­chique et dont les enjeux demeurent mani­pu­lés et télé­gui­dés par les pas­sions par­ti­sanes des fac­tions au pouvoir.

    La démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive à Van­don­court est locale. Elle s’exerce au niveau des ques­tions locales. Cela n’im­mu­nise donc visi­ble­ment pas contre l’in­fec­tion virale de l’o­li­gar­chie natio­nale. C’est d’ailleurs inté­res­sant d’en faire le constat car c’est une infor­ma­tion à ana­ly­ser. Il y a matière à tirer un ensei­gne­ment de cela, certainement.

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  11. billy31

    Bon­jours

    Avec une équipe d’an­ciens conseillés muni­ci­paux nous dési­rons nous pré­sen­ter aux pro­chaine élec­tions ‚votre mode de fonc­tion­ne­ment par la démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive répond a notre sou­hait ‚mais aux vus des résul­tats des dif­fé­rentes élec­tions ‚le fn fait un score énorme dans votre com­mune, avez vous fait votre auto-cri­tique ‚es ce le « trop » de démo­cra­tie qui le permet.Nous aime­rions avoir votre avis.

    Mes amis et moi allons nous mettre en marche et j’es­père gagner ces élections .

    cor­dia­le­ment
    Mr Lacour

    Réponse
  12. Ana Sailland

    En démo­cra­tie directe, les par­tis perdent leur pou­voir et ce ques­tion­ne­ment devient obsolète.

    Réponse
  13. TINSMAR

    Van­don­court, pre­mier vil­lage de France à voter depuis 40ans
    pour une Démo­cra­tie Repré­sen­ta­tive Par­ti­ci­pa­tive Directe Co-constructive

    Sans pour autant être une Démo­cra­tie directe au sens strict du terme, les ini­tia­teurs de cette ori­gi­nale démo­cra­tie en France ont su offrir la démarche d’une démo­cra­tie directe tout en l’in­cluant dans un fonc­tion­ne­ment de co-construc­tion des déci­sions de l’u­sage des impôts, et ceci dans le cadre de la Consti­tu­tion Fran­çaise qui n’au­to­rise que la démo­cra­tie repré­sen­ta­tive avec élec­tion de repré­sen­tants pour un temps défi­ni (maires, pré­sident de conseils géné­raux, de conseil régionaux).

    Le texte sui­vant est le retour d’une visite d’une citoyenne à Vandoncourt

    La trans­crip­tion est dis­po­nible et com­plé­table sur la carte men­tale suivante : 

    • http://​www​.min​do​mo​.com/​m​i​n​d​m​a​p​/​v​a​n​d​o​n​c​o​u​r​t​-​1​c​3​6​b​6​c​7​b​4​e​2​4​d​0​a​8​e​a​d​4​0​f​b​4​5​7​5​d​56a

    [Voir aus­si

    • http://​popu​lac​tion​.com/​v​a​n​d​o​n​c​o​u​r​t​-​p​r​e​m​i​e​r​-​v​i​l​l​a​g​e​-​d​e​-​f​r​a​n​c​e​-​a​-​v​o​t​e​r​-​p​o​u​r​-​u​n​e​-​d​e​m​o​c​r​a​t​i​e​-​p​a​r​t​i​c​i​p​a​t​i​v​e​-​d​i​r​e​c​t​e​-​d​i​t​e​-​d​e​-​c​o​-​c​o​n​s​t​r​u​c​t​i​on/

    • http://​ele​vons​-niveau​-nos​-demo​cra​ties​.ning​.com/​p​r​o​f​i​l​e​s​/​b​l​o​g​s​/​v​a​n​d​o​n​c​o​u​r​t​-​e​x​e​m​p​l​e​-de

    EC]

    Réponse
  14. Nathalie

    Bon­jour et Mer­ci des infos.
    Je connais­sais l’ex­ploit du Vil­lage et de ses Habi­tants, mais impos­sible d’a­voir ‘Un site de votre Mai­rie’ sur mon inter­net pré­fé­ré, sur Vau­don­court dans le Doubs 25, pour venir vous ren­con­trer. Mon N°06 26 68 51 31 ou 01 70 46 09 22. à bien­tôt, Cor­dia­le­ment, Nathalie.

    Réponse

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