26 octobre 2012, à Paris :
après-midi d’échanges avec politoscope.tv
J’ai rencontré Fabrice Épelboin à Montpellier cet été, à l’occasion des Rencontres de Pétrarque, et j’ai découvert un bonhomme passionnant. On a passé un bon moment, et on s’est dit qu’il fallait faire quelque chose ensemble : ça se précise 🙂
La semaine prochaine, le 25 octobre, je viens à Paris pour enregistrer un échange avec deux personnes dont je trouve le travail admirable : Yves Sintomer et Jacques Testart, deux brillants défenseurs du tirage au sort.
Le lendemain, vendredi 26 octobre, profitant de cette occasion d’être à Paris, je retrouve Fabrice et ses amis pour une après-midi d’échanges mémorisés/diffusés par Politoscope.tv :

C’est encore une occasion de rencontrer ceux parmi vous que je ne vois (presque) jamais pour-de-vrai ; je m’en réjouis d’avance 🙂
On pourrait d’ailleurs essayer d’organiser « une rencontre informelle des gentils virus parisiens », non ? Le 24 en fin d’après-midi ? À moi de venir assez tôt (la grève prévue le 25 m’oblige à avancer mon voyage). Je vous en reparle si ça se confirme 🙂
Étienne.
[Mise à jour 31 octobre 2012 => le film de cette émission est sorti :]

Bonjour Etienne ! :o)
Savez-vous si il sera possible de regarder l’émission après l’enregistrement ?
En tout cas on peut dire que vous ne chômez pas en ce moment ! Mais ça fait plaisir à tous les gentils virus. Essayez tout de même de vous ménagez :o)
Bon week-end !
Bonjour M Chouard, Je suis absolument ravi de vous savoir bientôt sur Paris. J’imagine qu’on sera très nombreux !
Merci pour votre humilité et votre obstination. Notamment au cours des conférences de l’UPR où vous n’avez pas été très sollicité mais avez dit l’essentiel.
Parfois, ça germe de façon marrante :
Père Ducros »
http://www.le-lambadour.com/?p=2508
Une Constitution pour changer d’Islande ? (Silla Sigurgeirsdóttir et Robert Wade, jeudi 18 octobre 2012, monde-diplomatique.fr)
Le 20 octobre, les Islandais voteront pour adopter ou rejeter la nouvelle Constitution qu’ils préparent depuis deux ans (…)
Le projet sur lequel les électeurs auront à se prononcer dans quelques jours a été conçu à l’écart de toutes les structures politiques conventionnelles, sous la supervision d’un conseil de vingt-cinq représentants de la société civile élus lors de scrutins ouverts.
(…) un sondage révélait récemment que neuf Islandais sur dix n’accordent aucune confiance à leur Parlement.
Dans un tel contexte, le référendum n’a cessé de soulever la controverse et ses détracteurs sont nombreux.
Dans le camp de la droite, le Parti de l’indépendance, qui domine la scène politique et le Parti du progrès, plus modeste, se sont farouchement opposés au projet dès ses prémices. Rien de vraiment surprenant : les deux formations ont largement bénéficié du système. L’une et l’autre ont exercé le pouvoir sans discontinuer de 1926 à 2009, souvent ensemble, au sein de gouvernements de coalition.
L’hostilité des avocats n’étonne pas non plus : issus des rangs de la faculté de droit de l’Université d’Islande, ils entretiennent des liens étroits avec les milieux politiques et considèrent en outre que la réforme constitutionnelle relève de questions purement juridiques sur lesquelles il revient à eux seuls de trancher.
La prise de distance du gouvernement actuel interpelle davantage. A l’initiative du projet, dès son arrivée aux affaires en janvier 2009, la coalition de l’Alliance social-démocrate et du Mouvement des verts de gauche semble désormais contrariée par ses retombées (…)
(…
description des conflits d’intérêts et de la corruption public / privé
…)
Un échantillon de mille personnes, sélectionnées au hasard dans la limite des contraintes d’âge, de sexe et de répartition territoriale, a planché pendant une journée sur les contours et la mise en œuvre du projet. Il est ressorti de ce forum que le texte devrait être soumis à référendum (et non pas confiné au Parlement), et que les citoyens devraient être partie prenante du processus (…)
Preuve de l’intérêt suscité par la démarche, en novembre 2010, les élections générales organisées en vue d’élire la Constituante ont attiré plus de cinq cents candidats (…)
Les travaux ont ainsi commencé le 1er avril 2010 pour s’achever quatre mois plus tard, en juillet. Durant toute la durée des consultations, les interactions avec le grand public ont été nombreuses. Des projets d’articles étaient régulièrement mis en ligne sur le site du Conseil et ouverts aux commentaires. Facebook et Twitter ont également été largement utilisés. Les réunions étaient à la fois ouvertes au public et retransmises en direct sur les réseaux sociaux. Au terme de ce long processus, le Conseil a voté à l’unanimité la présentation du projet à la nation et au Parlement.
La loi proposée aux suffrages vise à faire évoluer l’Etat islandais vers un parlementarisme rationalisé s’apparentant au modèle en vigueur au Canada, en Allemagne, en Italie, en Inde ou encore au Japon (…)
La réflexion s’est articulée autour des grands thèmes fondamentaux que sont la séparation et l’équilibre des pouvoirs, le renforcement des mécanismes de contrôle de l’Etat et la participation citoyenne. Ces préoccupations ont inspiré les différents articles sur la liberté d’informer, la liberté des médias, les nominations dans la fonction publique, l’indépendance des principales agences gouvernementales, et le rôle du président.
Le Conseil a aussi souhaité intégrer une dimension environnementale, en introduisant la notion de protection des ressources nationales, appliquée notamment à la pêche, la géothermie et l’industrie minière. Le nouveau texte comprend une injonction à utiliser les ressources publiques au profit de la nation et non plus de l’Etat et stipule que ceux qui tirent bénéfice du bien commun devront en contrepartie reverser leur dû à la collectivité (…)
En admettant qu’une majorité de votants approuve le projet de Constitution le 20 octobre, le texte devra encore être ratifié par le Parlement, ce qui, dans le contexte actuel, paraît probable.
Cependant, de nombreux obstacles demeurent.
Le Parti de l’indépendance fait campagne pour inciter les électeurs à rester chez eux dans l’espoir qu’une faible participation invalide le scrutin. Si, comme cela est pronostiqué, ce Parti devait revenir aux affaires après les élections du printemps 2013, il y a fort à parier qu’il trouverait de nouveaux moyens de saboter le projet, de manière directe ou en recourant à la Cour suprême. Le risque est grand en effet que son fonctionnement, fondé sur le clientélisme et le népotisme, ne soit totalement ébranlé par la séparation réelle des pouvoirs.
Le Président Ólafur Ragnar Grimsson, qui a été réélu pour la cinquième fois consécutive en juillet 2012 avec une majorité de 52 % et débute un nouveau mandat de quatre ans, pourrait aussi préférer conserver un texte dont le manque de clarté lui a permis de faire évoluer sa fonction vers un interventionnisme qu’aucun de ses prédécesseurs ne s’était autorisé. Par trois fois, il s’est ainsi refusé à entériner des lois votées par le Parlement, préférant convoquer un référendum. Du jamais vu dans l’histoire du pays. Ancien professeur de sciences politiques, le Président Grimsson excelle dans l’art de la rhétorique. Il n’a cessé de tirer le signal d’alarme et de mettre en garde l’opinion contre les dangers liés d’une part à la réduction de ses prérogatives, et d’autre part à l’institution d’un droit au référendum d’initiative citoyenne dès lors qu’il serait demandé par 10 % du corps électoral.
Alors que la date du scrutin approche, de nombreux parlementaires, en particulier dans les rangs du Parti de l’indépendance ou du Parti du progrès, montent au créneau pour exprimer ouvertement leur opposition.
Un ancien professeur de droit, désormais juge à la Cour suprême, analyse ainsi ce comportement : « Le pouvoir a permis aux ministres et plus encore aux responsables des partis politiques de consolider leurs positions. Consciemment ou inconsciemment, ils n’ont pas envie que le système change. »
Dans le cas d’un franc succès du référendum, il faudra observer les réactions du président et de l’ensemble de la classe politique islandaise, car celles-ci ne devraient pas manquer d’intérêt.
Partant pour prendre un pot !
On en discute sur le groupe des GV Franciliens :
https://www.facebook.com/groups/GentilsVirusFranciliens/permalink/363030657118295/
🙂
J’espère qu’on ne va pas prendre ce que j’écris « au premier degré »…
Si je dis à Étienne :« Dis-moi quel est ton emploi du temps et je te dirai qui tu es »…
je veux poser la question fondamentale qui situe selon moi l’enjeu « démocratie véritable » de tout « dispositif constitutionnel » : L’amateur Chouard aurait-il un emploi du temps « politique » de professionnel ? En tous cas il commence à en mener le « train d’enfer » : comment fait-il donc pour « s’en sortir », sans indemnités, sans ceci sans cela et surtout sans chevilles qui enflent ni oursins sous les bras ? chapeau !
il y a toujours « in fine » un paradoxe dès que l’on veut « concrétiser » une pure théorie ! Donc le tirage au sort peut « lui aussi », faire courir le risque de laisser encore plus de citoyens ordinaires dormir sur leurs deux oreilles (ce sont des jurés tirés au sort qui envoyaient à la guillotine… tandis qu’un homme de parti-le socialiste BADINTER- gagna les consciences contre la peine de mort : même celle d’une Marion en bénéficie !).
Si le peuple dort, on aura beau tirer au sort des dormeurs, rien ne changera, par contre s’il est empêché par les « agitateurs partisans », alors le tirage au sort servira non seulement le pur jus « du peuple tel quel » mais aussi la pulpe de l’agitation démocratique démocratie.
Les horribles partis reflets de la diversité sociale (déformé) sont nécessaires pour que les tympans des gens tirés au sort ne soient pas exclusivement caressés par les sirènes doucereuses des lobbies…« investisseurs » !
J’espère qu’il n’y aura pas trop de « surendettés » parmi eux, ce qui n’est pas évident vu qu’aucun échantillon digne de signification ne sera épargné par ce fléau qui contamine notre population…
Il ne faut donc pas devenir des « intégristes » fut-ce d’une excellente « religion », celle du tirage au sort : tout dépend de tout ! la meilleure défense du tirage au sort ne consiste pas à l’opposer à toutes les autres tentatives d’améliorer la démocratie, et à accepter l’hypothèse hybride : je ne parle pas de « juste milieu gnan-gnan », mais de confrontation dynamique, d’expérimentations locales, hybrides, nombreuses et instructives en visant la mobilisation politique des consciences « défatiguées de la politique » et donc progressivement émancipée contre « la délégation de pouvoir » : ne déléguons-nous pas tout à Étienne, qui court de plus en plus comme un vrai député ?
si on veut « en imposer »…On doit tous courir comme de vrais députés, y compris dans ces « horribles partis et associations » existants, finalement ni tout noirs, ni tout blancs…
cela dépend de « NOUS » ! nous devons entrer dans les dispositifs existants pour les subvertir respectueusement, et pour « intéresser les gens à la chose publique ».
Si De Gaulle a été conduit à penser « ce sont des veaux », c’est devenu vrai : tirer au sort des veaux donnera une assemblée de veaux, sauf si « nous » mettons en route un bouillonnement de débats démocratiques partout…
À condition de ne pas voir à priori les veaux ou les moutons exclusivement dans les partis !
Amicalement.
Merci Alain,
Je suis d’accord avec ce que tu dis (et la plupart de mes préférences actuelles vont plutôt vers une amélioration — très substantielle — du gouvernement représentatif, plutôt que vers un changement radical intégral). Mais je ne suis pas du tout professionnel (ce truc me ruine) : je fais ce que je peux, dans le sens qui me paraît le moins inutile (pour l’instant). Et je ne compte « sauver » personne, évidemment. Je fais ce que je peux, voilà, tout tient là-dedans.
Et ça donne, en ce moment, une vie de fou.
Bon, demain, je dois me lever à 3 h, pour être à 5 h à Marignane.
Bonne nuit à tous. Je vous laisse les clefs, faites comme chez vous ; soyez sages 🙂
Bien amicalement.
Étienne.
ici, et grace à chacun, on s’honore du titre de citoyen.
merci à tous,bravo Alain de rappeler l’essentiel et Etienne de faire de ton mieux, c’est ce que nous faisons tous
et un petit hommage de plus à Castoriadis :
http://refractions.plusloin.org/spip.php?article266
et pour aller dans le sens de l’impertinence d’Alain un aperçu de l’intransigeance de la sociologie : « rétributions du militantisme et paradoxes de l’action collective », un classique ou l’on s’arme théoriquement pour comprendre pourquoi une assemblée constituante « désintéressée » n’existera jamais, car même les plus désintéressés savent trouver rétribution (honni soit qui mal y pense) :
http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1002/j.1662–6370.2005.tb00051.x/pdf
« une rencontre informelle des gentils virus parisiens »
Je ne suis pas parisien, mais j’en suis quand même pour cette rencontre 🙂
En attendant des infos, bon week à tous.
Un article qui peut donner quelques idées et qui semble démontrer que Cuba se rapproche de la vision de la démocratie que l’on partage ici (c’est dit sans aucune ironie).
On ne sera pas trop surpris d’y trouver cité Rousseau.
C’est sur le Grand Soir, ici.
@ Disjecta, merci pour le lien : « S’il y a une chose qui abonde à Cuba, c’est bien les élections » (Jilata Marka, 20 octobre 2012, legrandsoir.info)
Il y est question du . Pas de parti puisqu’il n’y en a qu’un seul, mais tout de même des élus : dommage …
Je ne crois pas à une élection sans parti. Dès lors qu’il y a une élection, plus le pouvoir de l’élu sera important, plus les candidats se feront aider durant la campagne par un réseau de soutiens intéressés qui auront à coeur, une fois le candidat élu, d’être remboursés de leur investissement en temps, en énergie et en moyens, ce qui est bien compréhensible !
Donc s’il y a élection, il y a naturellement nécessité de partis : l’un ne va pas sans l’autre. Des partis officiels (comme en France actuellement) ou des réseaux de soutiens organisés pour faire la promotion d’un candidat et aboutir à sa victoire. Plus une élection porte sur un mandat puissant, plus elle est régulièrement organisée, et plus elle va attirer des partis ou des réseaux de soutiens nombreux, organisés, financés et efficaces.
Que ce soit Cuba (parti unique) ou l’Islande (élection des constituants), je ne crois pas à une élection sans partis, sans que les candidats ne cherchent à organiser autour d’eux une dynamique de soutiens la plus efficace possible, que ce soit sous la forme d’une structure officielle (parti, association …) ou non (simple réseau de contacts). Pour môa, c’est du pareil au même : c’est la logique partisane inévitablement mise en place dès qu’une élection se prépare.
Je suis très sceptique par rapport à cette innocence … Je suis persuadé que la logique partisane s’impose aussi dans ces assemblées citoyennes. Un candidat qui ne ferait pas tout pour être soutenu par un collectif partisan perdrait son temps.
Rousseau, c’est ?
Non, dans la démocratie directe, il n’y a aucun élu, point barre.
Je crois bien davantage à une absence totale d’élection, donc de parti au sens de collectif organisé pour élire une personne, et plutôt à une multitude de groupes de pression organisés en collectifs soutenant des idées et des causes, argumentant et contre-argumentant grâce à internet. Nous n’en sommes peut-être pas si loin, à condition que les élus, partis, oligarques, aristocrates, éditocrates … bref, tous les puissants cherchant à conserver leur pouvoir n’arrivent pas à éliminer les Etienne Chouard d’ici là.
400 millions de solutionneurs … et moi et moi et moi (Brice Auckenthaler et Adrien Senez, 18/10/2012, e‑marketing.fr)
(…) Satyamev Jayate – l’un des programmes télévisés indiens les plus populaires – dont le nom en sanskrit, qui est la devise de l’Inde, signifie « seule la vérité triomphe » – (est) un documentaire qui aborde sans ambages les sujets les plus sensibles de la société indienne : fœticide féminin, discrimination de caste, crise de l’eau, mariages forcés, maltraitance des mineurs, dignité humaine …
Il permet à tout le pays ainsi qu’à un parterre d’experts de s’exprimer sur ces sujets et de réfléchir à des solutions.
Et les résultats de ce crowdstorming géant sont impressionnants : les 13 épisodes de la première saison de Satyamev Jayate ont permis de recueillir plus de 14 millions de réactions provenant de plus de 8 millions de personnes sur plusieurs plateformes (sms, messages vocaux, Facebook, Twitter, site internet de l’émission).
Toutes ces données sont agrégées et analysées par la production grâce à un système de Big Data qui lui permet d’élaborer des scénarios du futur et de pousser les politiques au changement.
Gros chiffres, gros impact, toutes ces réactions ont une influence manifeste, tant sur l’émission que sur le pays : après le premier épisode sur le fœticide féminin, 99,8% des téléspectateurs se sont prononcés en faveur d’un système de comparution immédiate pour les médecins qui le pratiquent et le gouvernement indien a convenu presque immédiatement de la nécessité de modifier en conséquence le système judiciaire.
(…) Satyamev Jayate nous montre que le crowdstorming peut être conduit avec succès sur des échantillons de population démesurés, dès lors que les problèmes à résoudre sont bien posés, les animateurs enthousiastes, les participants socialement impliqués et que l’on dispose d’un système de Big Data à même de traiter cette masse d’information.
Une différence entre Cuba et Athènes me semble être le statut de la personne chargée d’exécuter un mandat populaire : Athènes confiait cette tâche à des tirés au sort tandis que Cuba semble le faire à des élus d’assemblées citoyennes. Dans les deux cas, l’exécutif est sous contrôle et révocable.
Selon môa, la meilleure solution reste celle d’Athènes car le tiré au sort n’aura tissé aucun lien durant une quelconque campagne, ne pourra chercher à maintenir une popularité ni se prévaloir d’une quelconque légitimité majoritaire.
A Cuba, même s’il est prouvé qu’un élu a été malhonnête durant la réalisation de son mandat, j’ai beaucoup de mal à imaginer qu’il puisse être sanctionné s’il continue de se prévaloir d’une popularité majoritaire. On connaît cette situation en France …
Le tiré au sort, lui, est au même niveau de popularité que tout citoyen : il n’y a strictement aucune dynamique relationnelle autour de lui, il est aussi isolé que n’importe qui, ce qui le rend effectivement contrôlable et révocable.
Comment la belle Constitution 2.0 de l’Islande menace de dérailler
(Pascal Riché, 19/10/2012, rue89.com)
« Le 27 novembre 2010, les Islandais élisent un groupe de 25 Islandais « ordinaires » (ou à peu près) : 523 personnes se sont présentées aux suffrages, beaucoup plus que prévu. »
« « Un concours de beauté » », a ironisé la droite.
« Parmi les élus, aucun ouvrier, aucun pêcheur, mais des universitaires, journalistes, médecins, responsables d’entreprise. Et un pasteur. »
Constats :
1) Une élection sans pré-sélection partisane reste un choix du « meilleur », c’est-à-dire du plus susceptible d’être élu, parce qu’il ou elle est diplômé‑e, a beaucoup de relations grâce à sa profession, a des responsabilités, a le temps et l’envie d’être candidat, etc …
2) Une élection sans parti est évidemment dénoncée par les partis comme un « concours de beauté » : bien entendu, les partis ont les compétences pour sélectionner les meilleurs. Se passer d’eux serait une terrible erreur …
Conclusion : des échéances électorales régulières, initialement organisées en l’absence de partis, aboutiront tôt ou tard à la constitution de collectifs partisans. C’est une tendance naturelle qu’il faut accepter dès lors qu’on accepte le principe de l’élection.
@ Alain R,
tu as certainement raison,
la question est aussi de savoir COMMENT transformer les institutions,
à gauche, c’est tout de même un très vieux débat, ne serait-ce que sur le rôle du parti, entre révolutionnaires et réformistes, entre anarchistes et communistes,
je signale d’ailleurs un socialiste méconnu, mais qui gagne à l’être, Paul Brousse, promoteur du « socialisme municipal » et précurseur du concept d’ « évolution révolutionnaire » avant Jaurès,
qui écrit en 1874, « Le suffrage universel et le problème de la souveraineté du peuple »
dans ce livre Paul Brousse condamne a priori tout effort de se constituer en parti d’opposition. L’opposition parlementaire, même sincère, nourrit inéluctablement le parti au pouvoir. Elle l’avertit des risques de soulèvements et offre au mécontentement populaire un exutoire inoffensif.
Si l’on souhaite réellement que le peuple se gouverne, alors laissons-le agir. Laissons les individus s’organiser seuls, en associations, en corps de métiers, et ne leur imposons pas une démocratie creuse où leur souveraineté se résume simplement à déposer un bulletin de vote.
Il a par la suite changé d’avis, mais ce que tu dis est assez proche de ce qui motive son raisonnement,
à savoir que l’élection est dite aristocratique, mais qu’en pratique elle sanctionne des effets de notabilité, qui sont différents selon l’échelle géographique et la présence ou non de médias, mais au fond, pour être élu, il faut être connu.
et, sauf exceptions, être connu, signifie avoir une position dominante dans un champ particulier, ce qui n’est donc pas nécessairement synonyme d’être reconnu par ses pairs (l’élection sans candidat), et conduit plutôt l’élection à devenir une confirmation d’une chaîne de mécanismes de soumission.
face à cela, un programme, aussi bon soit-il, ne fait pas le poids… surtout quand les soumis ne s’intéressent pas vraiment à cela… d’où le découragement des premiers socialistes.
il y a là un enjeu d’éducation,et notamment d’éducation politique… paedeïa
enjeu majeur sous le régime du parti unique néolibéral, tendance charitable ou décomplexée, entre la vaseline et les graviers, les « citoyens » choisissent… un mystère… cette espèce de jouissance à être soumis et à souffrir pour l’enrichissement et la gloire d’autrui.
pardon,le lien vers l’ouvrage de Paul Brousse :
http://anti.mythes.voila.net/individus/brousse_paul/bp_suffrage_universel.pdf
On parle beaucoup du mode de gouvernance , son organisation ( représentants , élections, assemblées citoyennes , tirage au sort etc)
mais très peu du projet de société : les buts et l’organisation de la société.
Selon moi le lien entre la vision , le projet de société et l’organisation de la gouvernance est essentiel : ce sont deux réalités imbriquées l’une dans l’autre.
Il me semble aussi que c’est le projet de société qui prime , c’est le but , sur la gouvernance qui en est l’outil.
Et qu’ainsi il est préferrable de commencer par le questionnement du projet , la mise en oeuvre de ce questionnement concernant par nature tous les acteurs sociaux c’est de cette manière que peut se créer la démocratie : partir de l’étude collective des problèmes et non directement de réflexions abstraites sur le démocratie idéale.
…oui , sur les territoires et dans les cités parvenir à mettre en mouvement les acteurs autour de la réflexion sociétale avec comme question : au vu de la société telle qu’elle se construit actuellement comment construire et organiser la société du futur ?
Ce simple questionnement est de facto une prise de pouvoir . Le passage du systémique à la démocratie écologique.
… Si on parvient à convaincre le pouvoir politique (aujourd’hui le président ) de l’utilité de lancer un travail national dans les communes ‚les quartiers, sur la base de ce questionnement en y mettant quelques moyens publics , il sera au moins intéressant de voir les résultats .
http://www.ted.com/talks/heather_brooke_my_battle_to_expose_government_corruption.html
Comme quoi il n’y pas qu’en France qu’on a bien conscience du problème de corruption.
Si cette journaliste d’investigation semble tirer les mêmes conclusions, sa solution, plus douce, ne résout pas le problème en profondeur.
Mais on voit bien Georges que le concret n’intéresse pas les gens. Il suffit déjà de voir sur ce blog.
On parle, on parle, c’est bien de parler, mais c’est encore mieux de parler en ayant les deux pieds sur la terre ferme. Et d’observer tout ce qui coince autour de nous, dans nos vies pratiques, avec les administrations, l’hôpital, l’école, les municipalités, etc, etc, serait-ce que chez vous les choses soient si parfaites qu’il n’y ait rien à en dire. En tout cas chez moi, c’est pas le cas.
Il faut partir de ce que l’on ne veut plus, c’est comme plus facile pour affiner l’image de ce qu’on veut bien, parce que ce qu’on veut bien, c’est ce qui restera après avoir fait le ménage.
Et puis de mettre le nez sur tout ce qui va de travers, ça permet surtout de fixer des invariants, et les invariants comme son nom l’indique c’est ce qui ne varie pas ( oui, j’suis forte hein!) et ce qui ne varie pas, c’est le centre de la roue, et le centre de la roue, fixe et immobile, c’est ce qui permet le mouvement de la roue, si on l’enlève ce centre, la roue ne tourne plus.
J’ai proposé cela sur un autre sujet, ici même, je ne sais plus lequel, aucune réponse, c’est parlant ça, le silence, et ça dit bien que c’est causer, causer, causer, de façon abstraite qu’on veut, mais pas trop partir de ce qu’on vit, et pourtant tant qu’on ne partira pas de là, de ce que l’on vit, on pourra causer jusqu’à notre mort, rien ne changera, on se bercera d’illusions certes, mais le concret se noircira même si sur la palette de notre monde recréé on a imaginé de belles couleurs, la noirceur restera noire car on aura oublié de la regarder la noirceur !
« L’humain d’abord »…
cela semble être un axe fixé pour faire tourner les programmes déclinables selon les braquets préférés des uns et des autres…
Mais, le cycliste qui fonce dans sa vie de « fou » (le fou d’Elsa, fou d’amour…), ce doit être un « fou doué d’esprit critique » : « et pourtant elle tourne » dit-il, et alors, tout commence à chavirer, car le centre « fixe » n’existe pas…
Certains voient dans les galaxies comme dans le bozon de Higgs « le visage de Dieu », et reviennent ainsi à un « point qu’ils s’étaient fixé d’avance »…
Pour ma part, comme Etienne (enfin, loin d’en être à ce point !)« je fais ce que je peux », frolant les surrendettements (matériaux mais surtout « moraux »), et toujours instruit tant bien que mal par les donneurs de leçons que sont les banquiers (de la dite « morale »).
Quelque chose me dit qu’on est tous très près de ce schéma de vie : nos roses sont à crédit !
Bises !
@Catherine
C’est notre concret MAIS abordé par une fenêtre non usitée habituellement du questionnement global de ce qui structure et produit ce concret.
C’est une forme de questionnement que nous n’utilisons généralement pas : nous subissons des évolutions historiques qui font que la société est ce qu’elle est et que notre concret est ce qu’il est mais nous ne nous interrogeons jamais collectivement sur ces processus structurants.
Il s’agit en fait de mettre les acteurs territoriaux autour d’une table et d’élaborer du projet collectif. C’est un cheminement politique prospectif, un travail de diagnostic et d’imagination vers des possibles à mettre en œuvre.
C’est une démarche très difficile , très idéaliste et utopique parce que le poids du présent occupe généralement tout l’espace des préoccupations publiques et privées.
Pourtant sans cet effort de réflexion et prise de recul collectif, on est soumis aux événements, baladés comme des marionnettes qui s’agitent en surface. Peux ton d’ailleurs parler de démocratie sans que se mette en place ce type de réflexion ?
La méthodologie de projet s’élabore autour du lieu de vie , du territoire , ce qui permet de réunir les acteurs autour d’un territoire local ‚le leur , à construire ensemble ; l’intérêt est donc que ces acteurs sont multiples et divers et que les réflexions sont très transversales . Le point d’unité est le projet , l’avenir du territoire qu’on construit ensemble.
Les acteurs se mettent donc en lien , se connaissent , se rencontrent , autour d’un vrai projet politique ; la notion de parti n’est pas absente mais n’est pas sur le même plan : le développement territorial est par essence démocratique :chacun y trouvant sa place et apportant ses idées.
Ce type de démarche de développement d’un territoire est très peu usitée du fait même qu’on est dans une société qui déracine, déterritorialise, et nous transforme en consommateurs ou entrepreneurs , le point d’unité étant l’argent et la réussite matérielle , plutôt que l’aménagement des territoires et l’organisation harmonieuse et durable de la société ;
Pour illustrer par un exemple ce type de démarche, ci-dessous le tract d’invitation de rencontres de terroirs qui viennent d’être organisées par la Communauté de Communes de St Félicien en Ardèche . Ces rencontres sont organisées dans le but avoué de faire démarrer des réflexions et démarches de pays.
On pourrait aussi organiser ce type de rencontres sur des territoires déterritorialisés type banlieues afin d’aller vers des réflexions sur la durabilité de ces banlieues , leur réaménagement ou même leur « déplacement » vers des territoires ruraux . .
PS : je n’arrive pas à introduire ici les copies de rencontres de terroirs.
@ Catherine,
ce qu’on vit au quotidien il faut de toute façon le relier à qqch de plus vaste avec un effort d’abstraction,
en ce moment je travaille à coordonner l’action des collectivités en « faveur » des bénéficiaires du RSA, et la protection de l’enfance, et autre sortes de choses pas toujours drôles, les mains dans la misère et submergés par la violence de cette société,
on fait ce qu’on peut, on joue dans les interstices laissés par la loi d’un peuple de droite, ceux qui vont encore pas trop mal s’acharnant d’abord sur plus pauvres qu’eux, et on avance nos pions malgré les restrictions budgétaires, mais on fait du boulot de shadock, on pompe, on pompe, et plus ça va et plus il y a de boulot, la misère augmente, la violence augmente, et ainsi de suite, jusqu’à quand…je ne sais pas…mais je travaille à ce que ces gens s’approprient leur vie et leur citoyenneté, avec leurs ressources. Mais ce qui bloque vraiment c’est le politique..la règle d’or ou la vie !
« @ Catherine,
ce qu’on vit au quotidien il faut de toute façon le relier à qqch de plus vaste avec un effort d’abstraction, »
Sitaouaillain me copie, ma parole !
« on fait du boulot de shadock, on pompe, on pompe, et plus ça va et plus il y a de boulot, la misère augmente, la violence augmente, et ainsi de suite, jusqu’à quand…je ne sais pas…mais je travaille à ce que ces gens s’approprient leur vie et leur citoyenneté, avec leurs ressources. Mais ce qui bloque vraiment c’est le politique..la règle d’or ou la vie ! »
« la misère augmente, la violence augmente, et ainsi de suite, jusqu’à quand… »
La Communauté de Communes de St Félicien,que je cite plus haut : 7 communes, 3900 habitants , 137 km² une surface : à peine un peu plus grande que Paris intra-muros (105 km²) et 3900 habitants : une barre d’immeubles !
Les liens à créer entre ces zones rurales et les banlieues me semblent évident ; d’un côté des territoires à développer , beaucoup d’espaces et de ressources à exploiter , des installations à faire vivre et accompagner ; de l’autre , pour beaucoup , un sans issue , un avenir bloqué .
Bien sûr ce ne sera pas facile : en campagne beaucoup sont beaucoup accrochés à leurs vie tranquilles et leurs terres , les fermes se sont agrandies , le foncier est bloqué ;les élus locaux sont rarement des développeurs… mais le chemin est sans doute là.
@ Di Girolamo, si tu veux, avant les transferts de masse, je peux t’envoyer quelques ados difficiles qui font tourner tout le monde en bourrique 😉
Bien sûr, c’est complexe de parler de tout ça, de notre quotidien qui est comme un tissage, où s’entremêlent toutes sortes de fils.
Mais de ce tissage social nous ne voyons que la trame, enfin une partie de la trame bien sûr.
La chaîne du tissage nous ne la voyons jamais et c’est pourquoi j’insiste tellement sur cet aspect concret des différents fils qui s’entrecroisent et nous font mal, car c’est à travers eux et grâce à eux, qu’il nous est donné, offert devrais-je dire, d’observer ses invariants à ce tissage, et donc sa structure. Sa chaîne que ne nous percevons qu’à travers les endroits où ça coince, où ça fait mal, mais encore faut-il que nous y portions attention à ces accrocs.Et souvent nous négligeons ces petits faits pour leur préférer des beaux discours.
La chaîne du tissage, ce sont les fils tendus sur lesquels viendront passer tous les fils de la trame dans le va-et-vient de la navette des faits, ce qui veut dire que chaque point du tissage rencontre toujours le fil de la chaîne qui le soutient, le structure.
Ce qui veut dire aussi,qu’en partant d’un état des lieux précis c’est à dire des petits points du tissage où ça accroche, nous avons à chaque fois un point de contact avec les principes immuables de la chaîne, principes qui nous apparaîtront de plus en plus visibles au fur et à mesure de cette accumulation de faits dont on ne pourra pas dire qu’ils sortent d’un chapeau, puisqu’ils sortiront de notre vécu, et qu’ils ne sauront pas révocables au seul fait qu’ils sont de l’ordre d’une idée, là, l’idée viendra après, c’est le fait qui viendra nourrir l’idée. Le discours sera donc imparable, on ne saura le révoquer, l’annuler, car la chaîne du tissage ce n’est pas nous qui la penserons, c’est le vécu qui la révélera.
Je crois que la justesse pousse sur terre et ne descend pas du ciel.C’est de la matière qu’il faut partir et en descendant PARADOXALEMENT nous montons.
ça ne veut pas dire qu’il faille négliger et mépriser les abstractions, les idées de structure, non surtout pas, elles ont tout leur intérêt et sont indispensables pour comprendre la nature et la structure sociale. Je crois pour ma part qu’il faut juste inverser l’ordre de leur arrivée. C’est sur le concret que doit venir se poser l’abstrait au risque de se perdre, de s’évanouir dans un halo informe et superficiel qui ne sera repris et compris par personne ou pas assez de personnes pour aboutir à une mise en acte car il glissera cet abstrait telle une graine non digérée qui partira directement sans être métabolisée faute de s’ancrer dans quelque chose qui parle aux gens.
Une graine pousse-t-elle dans le ciel, non, je ne crois pas.
C’est par le concret et grâce au concret que l’abstrait trouvera sa juste et noble place,son nid douillet et ajusté, ajusté surtout car c’est un abstrait qui se révélera sur le champ de l’expérience et donc beaucoup plus facilement assimilable qu’un beau discours, beau certes, mais qui ne s’inscrira pas dans la compréhension car il n’est pas inscrit dans la chair des individus
Alors un exemple concret pour illustrer une des aberrations du système sanitaire français. Savez-vous comment on juge de la qualité d’un établissement en terme de lutte contre les infections nosocomiales ?
Je vous le donne en mille, allez, réfléchissez!!!
Et bien les établissements sanitaires français sont classés en fonction de la consommation de soluté hydro-alcoolique( c’est pour se laver les mains ce truc là, ça remplace le savon, le savon, c’est pourtant pas si mal!!!!!!. Au plus, ils en consomment, au mieux ils sont notés !
Ce qui veut qu’on se fiche pas mal de ce que l’on fait avec ces fameux solutés, certains les utilisent pour nettoyer les pare-brises, on s’en fiche de savoir ce que l’on fait avec, le principal, c’est d’en consommer même si ça fiche des allergies, on en consomme pour avoir une belle reconnaissance au bout du compte, un hôpital qui se verra reconnu comme luttant farouchement contre les maladies nosocomiales même si les faits viennent contredire cruellement les titres ronflants.
Alors, au bout du compte, ça sert à grever les budgets, c’est inutile question hygiène,sauf en de rares cas, là où il n’y a pas de point d’eau, mais ça sert à gonfler les intérêts de certains laboratoires qui font mains basses sur les budgets hospitaliers qu’ils grévent pour quelque chose de totalement inutile,avec la bénédiction des autorités sanitaires qui servent ces lobbies au détriment des usagers, et dont les porte-paroles sont les hygiénistes dé-formés par le bourrage de crâne des instituts de formation qui les dé-forment dans le sens des intérêts privés au détriment du public. Beaucoup d’hygiénistes, d’infirmières, etc, etc, n’ont même pas conscience de ça et ânonnent en pure inconscience ce qu’on leur a mis dans la tête. c’est un mensonge qui se pare de qualité, de lutte contre ceci, contre cela, mais qui n’a finalement comme seul objet que celui de remplir les poches des labos, de grever les budgets hospitaliers qui pourront justifier ensuite de leur endettement et casser petit à petit l’esprit du service public qui sert de plus en plus les intérêts privés.
@ catherine,
ton beau discours est intéressant, j’y souscris en tous points,
il n’empêche que ce que tu vis-là est directement le résultat d’une idéologie et d’une théorie, une mécanique implacable, on fixe des objectifs (lutter contre les maladies nosocomiales) et des indicateurs pour les atteindre (litres de solution hydroalcoolique consommés), la même dans les hopitaux, à pôle emploi, dans la police, chez coca cola…pionnier en Europe monsieur Blair a fait des ravages outre Manche, très admiré de notre actuel président comme de l’ancien, sa doctrine est un vrai référentiel pour tout haut fonctionnaire brusselois ou autres énarques.
j’ai moi-même étudié ça, les exemples dans le genre de ce que tu avances abondent de par le monde…on sait…ça s’appelle le « new public management »
http://fr.wikipedia.org/wiki/Nouvelle_gestion_publique
terrible et inhumaine logique, impossible à abattre sans armes théoriques pour la reconnaître, la traquer, la subvertir, la renverser par le principe de…l’humain d’abord
Préparation participative de cette rencontre (outil intéressant) :
un PAD pour l’émission :
http://openetherpad.org/HobQ3R0Qdi
Oui, tu fais bien de te moquer de moi gentillement Sitouillain, ça dit bien justement le paradoxe de toute chose, que le discours est bien sûr nécessaire, c’est le substrat sur lequel vient échouer le vécu, comment faire autrement dis-moi, sans mot, mais qu’ensuite grâce à lui, on peut venir voir la logique de système à travers les autorisations et les empêchements de ce même système, la chaîne du tissu, et que là, la logique qui semble illogique d’abord devient logique ensuite car on se déplace sur un autre niveau de réalité, et que tant qu’on reste sur notre niveau de réalité à nous, qui veut que le dire soit en conformité avec le faire, ça coince, on ne comprend rien.
Mais quand on regarde comment ça fonctionne dans notre quotidien, c’est sa vertu, on constate alors que les discours des autorités en place divorce complétement du faire, que le mensonge est omniprésent, c’est son mode d’être au système, son génome, et l’on comprend alors que la logique du système c’est de faire le contraire de ce qu’il dit et dire le contraire de ce qu’il fait.
Et de faire des analogies alors puisque c’est son mode d’être au système de faire le contraire de ce qu’il dit, et de dire le contraire de ce qu’il fait, faire des analogies avec la structure des institutions européennes par exemple et là, car c’est la même chaîne qui est à l’oeuvre, et là, on accroche les gens qui sans rattacher ces exemples à leur vécu à eux tombent d’eux-mêmes car ils sont désincarnés, abstraits et lointains, je l’ai vécu sur le terrain avec les mocries dans ma ville en 2008/2009, mais là, au contraire, ça s’incarne grâce à cette redite qui ment sur le terrain du faire, ça inscrit un sillon dans la tête des gens, un filet de compréhension s’inscrit qui prendra de plus en plus de force au fur et à mesure que les faits sociétaux viendront s’additionner à la longue liste des mensonges. l’intégration se fait, car elle s’inscrit dans le corps, ça ne passe plus par la tête, l’information passe directement et elle n’est pas oubliée alors car elle est reliée.
Bon, j’arrête car ça fait des tartines!! paradoxe quand tu nous tiens ! mais le paradoxe c’est la vie, alors je lui dis oui à ce paradoxe.
Dans ma ville, j’aimerais bien me rapprocher des instances décisionnelles, mais je ne sais pas comment faire???
@ Catherine,
Tout citoyen a le droit d’assister aux séances publiques du Conseil municipal pour s’informer des décisions prises par la commune. En revanche, il ne peut intervenir.
Pour assister à une séance, il suffit de se présenter le jour même à la salle du conseil à l’Hôtel de Ville.
sans oublier les diverses instances de participation.
sur un thème particulier, constituer ou intégrer certaines associations permet d’intervenir via un « pouvoir d’interpellation » ou autre lobbying.
pour construire un projet en vue des prochaines élections…constituer ou un intégrer un parti ou bien un cercle de gens motivés pour faire une liste d’opposition si c’est une petite commune.
pour l’hôpital, c’est via les syndicats que ça se passe…tous ne se valent pas (je dis ça pour ceux qui mettent toujours tout dans le même panier 😉 )
au sujet d’une tendance à taxer un peu vite ses adversaires de menteurs et de corrompus : prendre d’abord pour hypothèse qu’ils agissent selon une logique, qu’ils sont convaincus du bien-fondé de ce qu’ils font ou de ne pas avoir le choix.
en l’occurrence, la sélection des personnels encadrant de la haute fonction publique hospitalière est similaire à celle de l’ENA, entrer à l’ENSP suppose déjà d’avoir réussi à engoncer une intelligence au-dessus du lot dans des carcans idéologiques dominants, puis de poursuivre ce conditionnement dans une école où vous êtes payés encore plus qu’à l’ENA. Une fois en poste, votre siège éjectable est accroché à votre zèle à appliquer lois, règlements et directives, dont le responsable en dernière analyse est le « citoyen lambda » et en première analyse, des think tanks néolibéraux.
Merci à toi !
Jamais, dans le passé récent, ne s’est imposée avec autant d’évidence que dans ce contexte de crise et de démocratie bafouéee, la solution « Chouard » de la démocratie directe à l’Athénienne !
Il y a aujourd’hui les assistants parlementaires pour l’assistance juridique et technique, et surtout une Administration pour la mise en oeuvre… Comme quoi le schéma est sans doute viable, mais redouté par les notables…!
Comme exemple d’une telle nécessité devant l’aveuglement de certains, voici le long commentaire garni que j’adressais au blog Jorion après avoir lu l’appréciation de François Leclerc aux récents propos de Christine Lagarde :
- Tenu publiquement, ce discours est nouveau.
Il sonne comme la reconnaissance d’un échec…
Mais il témoigne aussi d’une prise de conscience exprimée es qualité par la responsable du FMI.
« La résistance s’intensifie », voilà ce qui en est à l’origine. »
AAhaha !
On voit mal par quel miracle les peuples pourraient renverser les rapports de force au point de choisir leur scenario, quand le suffrage universel lui-même est contourné…
Et il faudra que l’échéance soit bien proche pour que les choses bougent, tant le lobby financier est implanté jusque dans les esprits.
A peine Hollande est-il élu qu’il nomme le lieutenant néolibéral de son ex-concurrent Strauss-Khan au ministère le plus décisif, et place l’ex-responsable de l’AMF sous Sarkozy à la tête du financement public par la BIP.
Il faudrait une véritable révolution qui secoue au moins toute l’Europe du Sud, avec danger pour la vie des puissants (comme on l’a vu ailleurs), pour que les choses changent vraiment (on a bien vu ce que veut dire : « le changement c’est (pas) maintenant ! »
Car les discours n’ont jamais empéché d’avancer ceux qui poursuivent la satisfaction d’intérêts puissants.
Témoin, l’essentiel du DISCOURS PRÉMONITOIRE DE P. MENDÈS-FRANCE tenu en 1957 devant l’assemblée nationale, dès le premier traité européen (celui de Rome), où il décrivait à l’avance tous les éléments de la situation aujourd’hui constatée sous la hâte des lobbies à tirer les marrons du feu :
Dès 1957, Pierre Mendès-France
analyse correctement le projet de
la prétendue >Union européenne :
LE MODÈLE SOCIAL MENACÉ DE DISPARITION
Concernant les charges sociales, la seule harmonisation prévue en principe concerne l’égalité des salaires masculins et féminins dans un délai de quatre, cinq ou six ans. Mais aucune autre généralisation d’avantages sociaux n’est vraiment organisée ni même garantie et cela apparaît si l’on énumère un certain nombre de ces avantages sociaux qui pèsent, dans une mesure qui est loin d’être négligeable, sur la productivité et sur les prix de revient.
En fait, mes chers collègues, ne nous ne le dissimulons pas, nos partenaires veulent conserver l’avantage commercial qu’ils ont sur nous du fait de leur retard en matière sociale. Notre politique doit continuer à consister, coûte que coûte, à ne pas construire l’Europe dans la régression au détriment de la classe ouvrière et, par contrecoup, au détriment des autres classes sociales qui vivent du pouvoir d’achat ouvrier. La thèse française, à laquelle nous devons nous tenir très fermement, c’est l’égalisation des charges et la généralisation rapide des avantages sociaux à l’intérieur de tous les pays du marché commun. L’unification, la péréquation des charges doit se faire, elle doit être générale et elle doit toujours se faire par le haut.
D’ailleurs, on peut se poser une question : la tendance à l’uniformisation n’implique-t-elle pas que les pays les plus avancés vont se voir interdire, au moins momentanément, de nouveaux progrès sociaux ? C’est bien ce que donne à croire l’article 48 du projet en discussion, et dont voici le texte : « Après l’entrée en vigueur du traité, les États membres, afin de prévenir l’apparition de nouvelles distorsions de la concurrence, se consulteront mutuellement avant de procéder à l’introduction ou à la modification de dispositions législatives ou administratives susceptibles d’avoir une incidence sérieuse sur le fonctionnement du Marché commun. » Tout relèvement de salaire ou octroi de nouveaux avantages sociaux n’est-il pas dès lors, et pour longtemps, exclu pour les ouvriers français ?
Sur ce point, je mets le gouvernement en garde : nous ne pouvons pas nous laisser dépouiller de notre liberté de décision dans des matières qui touchent d’aussi près notre conception même du progrès et de la justice sociale ; les suites peuvent en être trop graves du point de vue social comme du point de vue politique. Prenons‑y bien garde aussi : le mécanisme une fois mis en marche, nous ne pourrons plus l’arrêter.
LA POLITIQUE FISCALE SOUS PRESSION
Ce que je viens de dire de l’harmonisation des charges sociales s’applique dans une large mesure aussi à l’harmonisation fiscale. Je ne citerai qu’un cas, mais qui a son importance. Le taux des taxes sur les chiffres d’affaires est environ deux fois plus élevé en France que dans les autres pays européens. Il se pose donc un problème d’équilibre dont la solution ne nous est pas franchement proposée.
Le rapport Spaak estime qu’il est impossible et inutile d’harmoniser les régimes sociaux, fiscaux, financiers et économiques des six pays, l’égalisation des conditions de concurrence entre producteurs de pays différents devant être obtenue par une fixation convenable des taux de change, ce qui signifierait évidemment, au départ, une dévaluation du franc français.
Eh bien ! mes chers collègues, c’est l’une des lacunes les plus graves des projets qui sont aujourd’hui en discussion et c’est l’un des points sur lesquels l’Assemblée devrait demander au gouvernement d’insister auprès de nos partenaires pour leur faire comprendre qu’il serait impossible à la France de donner son adhésion aux projets qui lui sont soumis si, à cet égard, aucune garantie ne nous était donnée.
DÉSINDUSTRIALISATION ET CHÔMAGE
Certaines clauses me paraissent plus préoccupantes encore. C’est, d’abord, celle qui consiste à dire que le tarif externe, déjà très bas, qui protège l’industrie des six pays associés contre la concurrence des autres pays du dehors, pourra être, pour certains produits, totalement suspendu par simple décision de la majorité. Compte tenu des tendances vers la fixation de tarifs très bas qui règnent aujourd’hui en Allemagne et en Belgique, nous risquons donc de voir sacrifiées, totalement privées de protection, certaines productions essentielles pour nous et pour notre main‑d’œuvre. C’est une clause parmi les plus préoccupantes, les plus graves.
N’oublions jamais que, parmi nos associés, l’Allemagne, le Benelux et l’Italie, voudraient un tarif commun le plus bas possible. Demain, l’autorité supranationale étant chargée de fixer ce tarif, il sera donc inévitablement modéré, parfois même il sera nul ou bien, comme je viens de l’indiquer, il pourra être suspendu. Notre industrie se trouvera alors découverte contre toutes les concurrences du dehors, celle des États-Unis comme celle du Japon.
Je le répète, il faut que nous sachions que le démantèlement, la libération vers lesquels nous nous acheminons ne vont pas seulement s’appliquer aux échanges entre les six pays participants, ils s’appliqueront aussi à l’égard des importations venues du dehors.
Il me paraît impossible que l’Assemblée se prononce définitivement sur un objet aussi vaste et qui implique pour notre main‑d’œuvre un risque terrible de chômage, sans qu’elle connaisse exactement les conséquences précises qui peuvent en résulter pour l’ensemble de nos productions.
LIBÉRALISATION FINANCIÈRE ET CAPITAUX SANS FRONTIÈRES
Il est prévu que le Marché commun comporte la libre circulation des capitaux. Or, si l’harmonisation des conditions concurrentielles n’est pas réalisée et si, comme actuellement, il est plus avantageux d’installer une usine ou de monter une fabrication donnée dans d’autres pays, cette liberté de circulation des capitaux conduira à un exode des capitaux français. Il en résultera une diminution des investissements productifs, des pertes de potentiel français et un chômage accru.
Les capitaux ont tendance à quitter les pays socialisants et leur départ exerce une pression dans le sens de l’abandon d’une politique sociale avancée. On a vu des cas récents où des gouvernements étrangers ont combattu des projets de lois sociales en insistant sur le fait que leur adoption provoquerait des évasions de capitaux. Nous-mêmes, en France, avons vécu en 1936 une période, que beaucoup d’entre vous n’ont pas oubliée, durant laquelle un certain nombre de lois sociales importantes ont été adoptées. Il est de fait que, dans les années suivantes, cette attitude a entraîné des évasions, une véritable hémorragie des capitaux français.
Mais les capitaux français ne sont pas les seuls qui risquent de s’évader. Il n’y a pas que les capitaux européens qui risquent de s’investir ailleurs que chez nous. Les capitaux étrangers, par exemple ceux des institutions internationales ou ceux des États-Unis, risquent aussi de se concentrer sur l’Allemagne, sur l’Italie ou sur le Benelux. On peut redouter, par exemple, que certaines grandes affaires américaines, désireuses de créer des filiales en Europe, les implantent de préférence en Allemagne où il est probablement plus avantageux aujourd’hui de monter une usine, non seulement pour les besoins allemands, mais aussi, désormais, pour les besoins de tous les pays du Marché commun.
IMMIGRATION ET CHÔMAGE
Si le mouvement des capitaux et des biens peut à première vue ne pas paraître toucher aux concepts de Nation et de Patrie, il n’en est pas de même pour les migrations de populations.
Dans une certaine conjoncture, lorsque nous manquons de main‑d’œuvre, c’est tant mieux pour nous si nous pouvons en trouver dans un pays voisin. Mais dans d’autres cas, lorsque nous sommes menacés par le chômage ou lorsqu’il s’en produit dans notre pays, l’afflux de chômeurs venus du dehors et susceptibles, souvent, d’accepter des salaires sensiblement inférieurs à ceux qui sont pratiqués dans notre pays est évidemment de nature à provoquer des contrecoups et des difficultés que nous avons intérêt à éviter.
Certaines de nos industries, tout au moins, ne pourront pas s’adapter ou s’adapteront mal. Il en résultera du chômage dans divers secteurs de nos régions sous-développées, notamment celles du sud de la Loire qui ont beaucoup à craindre de la rivalité commerciale et industrielle qui va se déclencher à l’intérieur du marché unifié et dont les populations peuvent être poussées à émigrer, à moins de consentir sur place à un niveau de vie très bas pour ne pas s’expatrier.
Je voudrais faire observer que le problème de la contagion des effets économiques n’est pas théorique et qu’il a donné lieu dans le passé à des expériences qui doivent nous faire réfléchir. Après l’unité italienne, l’Italie du Sud a souffert beaucoup du contact et de la concurrence de la région du Centre et du Nord. Contrairement à ce que nous croyons trop souvent, l’Italie du Sud avait atteint, avant l’unité italienne, un degré d’industrialisation et de développement comparable et probablement même supérieur à celui du reste du pays. L’unité lui a porté un coup qui s’est traduit par une large émigration à l’intérieur de l’Italie unifiée et aussi vers l’extérieur, un coup que même les gens du Nord reconnaissent et auquel ils essayent maintenant de remédier. La situation est comparable dans d’autres pays. Les États méridionaux des États-Unis se sont toujours plaints et se plaignent aujourd’hui encore d’avoir été défavorisés économiquement du fait de leur rattachement aux États du Nord.
Le traité doit donc nous donner des garanties contre les risques qui se sont ainsi matérialisés en Allemagne, aux États-Unis, en Italie, ailleurs encore. Parmi ces garanties figurent le droit, que nous devons conserver, de limiter l’immigration en France, surtout lorsque la conjoncture économique le rendra nécessaire, et des sauvegardes contre le risque d’un chômage et d’un abaissement du niveau de vie importés du dehors.
LE POUVOIR D’ACHAT
L’élévation du niveau de vie n’est pas seulement fonction de l’ampleur du marché national, mais d’autres conditions aussi qu’on ne peut pas négliger.
Il est bien vrai que les États-Unis, avec leur marché de 150 millions d’habitants, sont en tête du palmarès des pays si on les classe d’après le niveau des conditions d’existence qui y règnent. Mais derrière les États-Unis, en rangeant les pays d’après l’importance du revenu par tête, on trouve le Canada, avec un marché de 13 millions d’habitants seulement, la Suisse, avec 5 millions, la Suède, avec 7 millions d’habitants. La relation qui existe entre l’importance du marché et le revenu moyen, le niveau de vie, n’est donc pas si simple qu’on le dit parfois. D’autres facteurs aussi importants entrent en jeu, qu’il ne faut pas sacrifier dans l’entreprise d’élargissement du marché, sans quoi on risque de perdre d’un côté beaucoup plus qu’on ne gagnera de l’autre.
On nous a dit hier qu’on ne peut pas demander à un traité de régler tous les détails, toutes les modalités jusqu’aux plus minimes. Mais, lorsqu’il s’agit du statut de l’agriculture, de l’harmonisation des lois sociales, du statut des territoires d’outre-mer, on est bien en droit d’affirmer que ce ne sont pas des détails, des modalités secondaires, mais des points véritablement les plus importants. La procédure suivie, qui consiste donc à renvoyer à plus tard la solution des problèmes qui n’ont pas pu être réglés dès maintenant est une mauvaise procédure. Pour un certain nombre de problèmes essentiels que je viens de mentionner, la France sera seule ou à peu près seule de son avis. Elle a donc intérêt à ce que ces problèmes soient tranchés avant la signature du traité, car, après, elle sera désarmée.
Nous avons eu des lois-cadre. Nous demandons fermement au gouvernement de ne pas accepter un traité-cadre. Les affaires les plus importantes doivent être tranchées clairement par le traité lui-même ; de même que les garanties obtenues doivent y figurer. Auprès, il sera trop tard. On nous dit qu’il faut aller très vite, qu’il faut conclure dans les jours ou dans les semaines à venir. J’avoue que je me demande par moment pourquoi tant de hâte.
DÉFICITS, MONNAIE ET INDÉPENDANCE NATIONALE
Une clause de sauvegarde prévoit qu’en cas de crise grave de la balance des payements, le pays en difficulté peut prendre des mesures d’urgence. A vrai dire, il n’est en droit de le faire que s’il n’a pas reçu préalablement de recommandation de l’autorité supranationale. Supposons que ce n’ait pas été le cas et qu’il ait pris librement les mesures qui lui paraissaient appropriées. Ces mesures peuvent et doivent aussitôt disparaître sur la simple injonction de l’autorité internationale qui a le droit d’imposer d’autres mesures qu’elle estime devoir substituer aux premières.
En quelque sorte, l’autorité internationale, dans le cas particulier, va avoir le droit de légiférer d’une manière autoritaire à laquelle nous ne pourrons pas échapper et de prendre des décisions qui primeront celles du gouvernement et même celles du Parlement. Ce sera une loi supérieure à la loi française qui s’imposera à nous.
Eh bien ! mes chers collègues, le salut de la monnaie exige parfois une politique financière de courage et de rigueur. Des sacrifices peuvent être nécessaires et peut-être avons-nous quelquefois dans ces dernières années manqué du courage qu’il aurait fallu pour les faire aboutir. Mais il appartient néanmoins au Parlement de choisir ces sacrifices et de les répartir et je supporte mal l’idée que ces sacrifices peuvent être demain dosés pour nous, choisis pour nous, répartis pour nous par les pays qui nous sont associés et dont l’objectif premier n’est pas nécessairement le mieux-être en France pour la masse de nos concitoyens et le progrès de notre économie.
L’abdication d’une démocratie peut prendre deux formes, soit le recours à une dictature interne par la remise de tous les pouvoirs à un homme providentiel, soit la délégation de ces pouvoirs à une autorité extérieure, laquelle, au nom de la technique, exercera en réalité la puissance politique, car au nom d’une saine économie on en vient aisément à dicter une politique monétaire, budgétaire, sociale, finalement « une politique », au sens le plus large du mot, nationale et internationale.
Si la France est prête à opérer son redressement dans le cadre d’une coopération fraternelle avec les autres pays européens, elle n’admettra pas que les voies et moyens de son redressement lui soient imposés de l’extérieur, même sous le couvert de mécanismes automatiques.
Pierre Mendès-France, 1957.
Pas de chance pour le « modérateur » de P. Jorion qui a frauduleusement dissimulé mon identité (Hadrien) pour attribuer ce long post sur les prémonitions de Mendès-France à « dissy » (sans doute comme « d’ici »), tout en lui enlevant mon préambule significatif devant l’aveuglement du billet sur les récents propos de Christine Lagarde (« Tenu publiquement, ce discours est nouveau. Il sonne comme la reconnaissance d’un échec… Mais il témoigne aussi d’une prise de conscience exprimée es qualité par la responsable du FMI. « La résistance s’intensifie », voilà ce qui en est à l’origine. »).
Ledit préambule :
- AAhaha ! On voit mal par quel miracle les peuples pourraient renverser les rapports de force au point de choisir leur scenario, quand le suffrage universel lui-même est contourné… Et il faudra que l’échéance soit bien proche pour que les choses bougent, tant le lobby financier est implanté jusque dans les esprits. A peine Hollande est-il élu qu’il nomme le lieutenant néolibéral de son ex-concurrent Strauss-Khan au ministère le plus décisif, et place l’ex-responsable de l’AMF sous Sarkozy à la tête du financement public par la BIP.
Il faudrait une véritable révolution qui secoue au moins toute l’Europe du Sud, avec danger pour la vie des puissants (comme on l’a vu ailleurs), pour que les choses changent vraiment (on a bien vu ce que veut dire : « le changement c’est (pas) maintenant ! »
Car les discours n’ont jamais empéché d’avancer ceux qui poursuivent la satisfaction d’intérêts puissants. Témoin, l’essentiel du…
DISCOURS PRÉMONITOIRE DE P. MENDÈS-FRANCE tenu en 1957… copié-collé ci-dessus !
J’avais heureusement pris la précaution, cette fois, d’enregistrer auparavant le tout comme commentaires identiques chez :
- La démystification de la finance (G. UGEUX)
- Les crises (O. Berruyer)
- PostJorion (AJ Holbecq)
- Le Plan C (E. Chouard)
J’y ajoute, de ce pas, le présent commentaire de manière à ce que chacun puisse en juger…
Merci Hadrien, j’avais oublié ce texte remarquable de Mendès-France, de la même importance – historique, cruciale – que le discours de Philippe Séguin, et même encore plus synthétique et punchy peut-être.
FOR-MI-DA-BLE.
Merci !
Dès que je rentre à Trets (là, je suis à Paris et je pitonne sur mon téléphone => pas pratique), je ferai un billet de blog qui lui sera dédié. On devrait l’étudier dans les écoles et les cafés, en entreprise et en famille, ligne par ligne, tous les jours !
Encore merci, cher Hadrien.
Bien reçu !
J’ai crû un moment que ce commentaire avait été censuré, car je ne le trouvais plus…
J’avais alerté AJ qui l’avait reçu lui aussi en commentaires !
Mais je m’étais simplement trompé de billet.
Amitiés
PS Le texte est « l’essentiel »
J’ai enlevé le petit préambule général et quelques références à l’époque, pour le rendre plus « punchy »…
Etienne,
J’en profite pour t’indiquer mon « billet invité » actuellement chez AJ :
Il parle d’un bouquin qui devrait t’interesser… à titre de curiosité !
Mais, si tu me lis, tu n’aura plus besoin de te le procurer…
[Mise à jour 31 octobre 2012 => le film de cette émission est sorti :]