Ça se complique pour le père Chouard : maintenant, faut expliquer et discuter… en anglais.
Alors je bosse dur, grâce à Michael ; adorable Michael qui m’aide à préparer un oral (à peu près) fluide.
La rencontre est annoncée là :
The Lottery as a Democratic Institution : A Workshop
Quand ce sera passé (et avant de filer à Bruxelles, Paris, La Réunion — agenda de fou), je vous passerai le texte (bilingue) que j’ai préparé pour mes hôtes.
Ne m’en veuillez pas de ne pas beaucoup participer à vos échanges en ce moment : je suis à fond.
Bien amicalement.
Étienne.
_______
PS : en tournée dans le midi, Franck (Lepage) devrait passer à la maison la semaine prochaine ; on vous prépare un truc 🙂

Cher Morpheus,
As-tu quelque chose à voir avec cette revue ?
http://www.morpheus.fr/spip.php?article197
J’ai dit deux mots en faveur de Chavez mercredi matin, 4 oct. 2012, sur France Culture (vers 1h21 et vers 2h03, je crois) :
http://www.franceculture.fr/emission-les-matins-presidentielle-au-venezuela-le-phenomene-chavez-de-caracas-a-paris-2012–10-04
Les commentaires (de la page de cette émission) payent… 🙂
J’étais « le-gauchiste-de-service-assoiffé-de-violence-révolutionnaiore-et-de-grande-terreur », tout seul et en différé (enregistré la veille au téléphone) pendant deux fois deux minutes, face à quatre anti-chavez, eux en direct et libres de leurs paroles pendant des heures : « trois-qui-le-tiennent-et-un-qui-cogne », c’est leur devise… Il n’y a que comme ça qu’il arrivent à >convaincre leurs auditeurs que Chavez est un affreux tyran 😉
Il y a aussi cette petite vidéo (je cause deux fois, à la minute 9:10 et à la minute 31:50 environ, et je n’ai pas le droit de répondre aux sottises de la dame) :
les matins – Renée Frégosi par franceculture
C’est mieux que rien, mais c’est pas grand-chose quand même…
Étienne.
Bon courage m. Chouard ! C’est une noble cause!!!
Belle info que celle où vous rencontrerez Franck Lepage… J’ai hâte de voir ce que peux donner votre duo !
@ Etienne
Who is Morpheus ??
Je me questionne sur ce journal Où Etienne vous apparaissez trés beau en première page…
Mais connaissez vous personnellement Morpheus qui écrit régulièrement sur ce blog ?
Parce ce que pour moi le journal Morpheus me donne l.impression de rassembler en copié collé tout ce qui traine dans internet depuis les martiens jusque ce qui se passe dans nos assiettes, Tchernobyle, la spiritualité etc etc… Tout en vrac et mange ce que tu veux.… Ça ressemble a du bourrage de cerveau…Et surtout ça me fait penser a la stratégie de la peur, tout y est rassemblé pour faire peur…
C.est l.impression que ça donne a un néophyte qui passe par la…
Maintenant le journal Morpheus c.est une SARL, qui vend dans des CD tous ces textes pris on ne sait où…
J.ai vu que certains lecteurs de Morpheus y ont laissé leur numéro de téléphone, j.ai appelé les uns et les
autres mais Gaston y a le téléphon qui son et personne qui répond.…
Désolée Morpheus si vous passez par là…
Je suis de plus en plus perplexe en lisant et en reconsultant le lien du journal Morpheus…
On y lit que le journal appartient aux lecteurs, ha et comment ça ?
On y apprend surtout que nombre d,articles sont des copies de pages de livres divers…
On apprend que tous les articles des Morpheus sont a la vente en cliquant sur paypal,
Et tout d,en coup que l.équipe de Morpheus nous en souhaite bonne lecture, mais c.est qui cette équipe ?
Donc les lecteurs envoient des pages copiées collées et piquées dans des livres et la SARL Morpheus empoche les royalties ? ?
Sans doute que je fais erreur, j.ai besoin d.éclairage… Merci
Revue de web …
*** 1)
Comment un député peut-il attribuer un emploi fictif à sa femme ou à ses enfants avec le statut d’assistant parlementaire ?
(L’argent du pouvoir, 3 oct 2012, politique.net)
Vous cherchez un emploi fictif ? Adressez-vous à votre mari député ! Dans son livre intitulé « Chers élus », le journaliste Vincent Quivy raconte comment les députés et les sénateurs embauchent à tour de bras leur femme ou leurs enfants en tant qu’assistant parlementaire… sans exiger le moindre travail. Une manière de détourner les crédits collaborateurs et d’augmenter ainsi les revenus du foyer.
Episode 12 : Le jackpot des « assistants familiaux » (…)
*** 2)
États-Unis : Les « objecteurs de créances » de Strike Debt organisent la résistance
(5 octobre 2012, Stéphanie Jacquemont, cadtm.org)
(…) il s’agit aussi de se débarrasser du sentiment de culpabilité, de briser le tabou, le silence, l’isolement des personnes endettées afin de créer un mouvement de résistance. Strike Debt, le groupe « d’objecteurs de créances » à l’origine de cette action, a d’ailleurs pour slogan ce jeu de mots : « You are not a loan !/ You are not alone ! » (…)
*** 3)
« Un journal est un accessoire de puissance et de standing »
(Entretien, par Marion Rousset, 28 septembre 2012, regards.fr)
(…) Quelles sont les relations des milliardaires et de la presse ? Jean Stern, auteur des (…) répond.
(…) Comme tous les milliardaires actuels, Arnault s’est construit avec le concours de l’Etat et des banques publiques, notamment du Crédit Lyonnais. Ces liens incestueux sont anciens (…)
le patron de LVMH se rend compte qu’être propriétaire de presse, non seulement ça fait joli dans les salons, mais que c’est un instrument de puissance. Petit à petit, se crée l’idée qu’un journal est un accessoire de puissance et de standing, comme un yacht, une maison dans le Lubéron, un jet privé…
Dans le très petit milieu des clubs et Conseils d’administration consanguins, les journaux permettent d’envoyer des « scuds » à ses rivaux. Arnault et Pinault s’en sont servis dans la guerre qui les opposait autour du contrôle de Gucci et des parfums d’Yves Saint Laurent.
(…) Xavier Niel a un jour déclaré : « Quand les journalistes m’emmerdent, je prends une participation dans leur canard et après ils me foutent la paix »…
(…) Vous évoquez la suppression, par la direction du groupe Prisma, de cinq pages d’un dossier consacré à La France sous l’Occupation dans Géo Histoire. L’article évoquait les amitiés nazies d’Henry Vuitton (…) L’ensemble de la presse française s’est autocensurée sur le sujet. Paresse, lâcheté, faiblesse, pressions…
(…) Les socialistes ont laissé la presse tomber dans les mains des milliardaires sans jamais s’y opposer. François Mitterrand, par ses liens personnels et politiques, par sa stratégie, a favorisé cette prise de contrôle qui a commencé au début des années 80.
Aujourd’hui, nous sommes à la fin d’un cycle. Arnault, Pinault, Dassault, Lagardère sont des oligarques qui n’ont pas de vision de la presse. Ils la maintiennent tout juste hors de l’eau pour lui éviter de crever.
(…) Aujourd’hui, ni la gratuité ni la publicité ne peuvent financer l’information. Il faut donc inventer des modèles qui reposent sur les lecteurs comme Arrêt sur images ou Mediapart. Sans ça, la presse va mourir.
Bonne nouvelle !
Réédition des
« Principes du gouvernement représentatif »,
de Bernard Manin !
Avec une postface inédite ! 🙂
http://www.amazon.fr/Principes-gouvernement-représentatif-Bernard-Manin/dp/2081286181
Bonjour,
@Etienne wow ! C’est une bonne nouvelle !
@ Little sister
Ironiquement, l’édition risque d’être un moyen de désinformation (perturbation des informations ? Illusion du juste milieu ?) et de servir indirectement la pensée unique. L’agent de désinformation pratique la même méthode en créant un site soi-disant alternatif (bonnet blanc ? Blanc bonnet ?). Le risque et la tentation sont grands face au besoin d’ARGENT dans une guerre de l’information… On ne peut pas combattre une structure dominante avec le même structure. Je ne jamais vu un serpent qui attaque un dragon.
C’est une grande responsabilité d’associer le texte d’Étienne dans la publication (instrumentalisation ? Sincère ?). A ce niveau de la partie, tous les moyens sont bons.
La pilule rouge est très difficile à avaler, mais le ciel est bleu…, c’est votre liberté de choisir ce que vous intéresse là dedans.
C’est curieux , par exemple, que le fondement de notre connaissance en mathématique n’est pas détaillé. Or on parle du troisième principe de la thermodynamique. A mon avis personnel, je suis contre à toute forme d’exploitation commerciale des connaissances lointaines…
Sincèrement,
Pardon, le clavier est très difficile à utiliser :
On ne peut pas combattre une structure dominante avec la même structure. Je n’ai jamais vu un serpent qui attaque un dragon.
Le tirage au sort est une nouvelle structure, il ne cherche pas un berger ou un chien pour garder un troupeau…
XVIIIe siècle (Lumière ? Ténèbres ? ).
Enfin, une explication partielle du fameux Droit de l’homme :
Il y a une petite idée pratique, la mise en place initiale du tirage au sort, par exemple, il faudrait tester dans le domaine de l’éducation (association scientifique?…etc)
Les élèves proposent avec les professeurs les domaines à étudier (Influence ? Pouvoir ?). Le choix et la validation des enseignements se font par tirage au sort.
Par analogie, les Professeurs jouent le rôle des politicien(ne)s, les Élèves représentent le peuple de demain et l’ informatique effectue les gestions des choix et les mises en forme des cours.
Les Élèves ont le droit de rejeter un enseignement qui ne conforme pas à l’attente de l’ensemble.(Referendum ? Pouvoir?) pour la rentrée prochaine.
C’est une base pratique pour entreprendre une nouvelle constitution où l’ensemble marche. Qu’en pensez vous ?
@ Etienne
Non, Etienne, je ne suis pas l’auteur de ce site 🙂
Mais je soppose que l’auteur à choisi ce nom pour coller avec son objet : informer les humains des plans machiavéliques que les dieux de l’Olympe ourdissent à leur encontre.
En effet, Morphée, dans la mythologie grecque, apparaissait dans les songes des humains sous les traits d’un être cher afin de dévoiler les plans des dieux.
C’est la raison pour laquelle j’ai opté pour ce pseudonyme, et c’est la même raison qui justifie le nom de Morpheus dans la trilogie Matrix (tous les personnages ont un nom en apport avec leur fonction ou un attribut principal).
Cordialement, Morpheus
@ Morpheus… Je suis de plus en plus perplexe car là vous défendez illico le journal Morpheus. Moi j.aurais été dérangée qu.un journal occulte détienne le même pseudo que moi, j.aurais illico changé de pseudo et je l.aurais fait savoir. Il y suffisamment d.archétypes a choisir dans la mythologie pour trouver un nouveau pseudo.
Le journal Morpheus dont l.équipe reste inconnue, édite des articles qui posent question sur leur auteur, sur leur origine, sur leur credibilite, j,en serais dérangée mais pas vous.…. Après tout c.est votre droit, mais pour ma part ( pour ma part bien sur ) je suis dans le doute. L.identité est sacrée même pour un pseudo.
Bon courage pour la conférence,je parle le plus possible de vous à mon entourage,j’ai hâte de connaître la suite avec Franck LEPAGE ^^. Pleins de bonnes choses pour vous et votre entourage 😉
@ etienne. Whaoww elle est super barrée la dinde!!!! « Acheter ds députés c’est normal!!?? Science po. ça lui a bien lavé le cerveau!!!!! c’est pas croyable d’offrir une tribune à ce genre de personne soi disant grande spécialiste de l’Amérique latine Elle me fait pensé a « l’islamologue » Guibert je crois mais ce n’est pas son vrai nom, qui sévit sur c’est dans l’air une émission qui brasse du vent ! 😉
Forza Etienne!!!!
Bonjour Etienne,
Dans l’émission sur France Culture, Renée Frigosi était effectivement pas mal. Mais dans le genre, Brice Couturier a fait plus fort ce jour-là : pas moins de 4 révélations fracassantes sur le Venezuela ! Je me suis fendu d’un petit article sur Agoravox pour qu’on n’oublie pas ces petites pépites journalistiques, sur le mode parodique. L’article en a trompé quelques-uns, qui ont cru que j’étais sérieux. Erreur tout à fait pardonnable quand on regarde à quel point les journalistes français et occidentaux ne se gênent pas pour raconter les pires conneries (probablement tirées, comme le suggère Mélenchon d’un petit dossier de presse made in CIA…).
Je ne sais pas où en est votre relation amicale avec Michel Onfray mais je n’ai pas pu aussi m’empêcher de « l’allumer » sur Agoravox. L’individu m’est de moins en moins sympathique et j’avais déjà du mal à croire qu’il était honnête lorsqu’il descendait Robespierre à Ce soir ou jamais. Mais on ne peut pas ne pas reconnaître une certaine suite dans les idées à l’individu puisqu’il s’est retrouvé sur le plateau d’un journal de France 3 pour expliquer que de toute façon les élections au Venezuela étaient truquées d’avance au profit de Chavez. Chapeau bas l’artiste !
NB : comme c’est la première fois que j’écris un commentaire, tous mes remerciements pour les vidéos de Guillemin, particulièrement celle sur Robespierre. Et puis votre vidéo avec Sylvain Durain, qui m’ont fait découvrir, à moi et ma compagne, un sacré personnage. Chouard+Lepage, on en a presque sauté de joie ici…
@ Little Sister
En effet, je ne considère pas que j’ai un droit de copyright sur le pseudonyme Morpheus, et je ne suis pas responsable de la ligne éditoriale de ce magazine (qui a au moins le mérite de ne pas être aligné).
Et puis, bon, il y une petite différence : moi c’est Morpheus (à l’anglaise), eux c’est Morphéus (avec un accent aigu, à la française) 😉
Cordialement,
Morpheus
Affaire Bettencourt : les rendez-vous secrets de Nicolas Sarkozy
(LE MONDE, 12.10.2012, Gérard Davet et Fabrice Lhomme)
Difficile de croire à une société meilleure …
@ Morpheus
J.apprécie votre réponse, merci
A l’Assemblée, des lobbyistes encore trop discrets
(Hélène Bekmezian, LE MONDE, 13.10.2012, lemonde.fr)
(…) D’octobre à décembre, le cabinet Séance publique propose ainsi aux entreprises deux types de forfait « spécial PLF et projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2013 » : un à 8 000 euros, comprenant « accompagnement parlementaire, cartographie des décideurs-clés, organisation de sept à dix rendez-vous au Parlement et veille », et un autre à 5 000 euros, pour « analyse juridique, rédaction et dépôt d’amendements et suivi des débats ».
(…) le relationnel reste primordial ; plus qu’un petit mot de félicitations manuscrit, « il y a le besoin de toucher à la vraie vie des gens, demander des nouvelles des enfants… Cela reste une relation humaine, il faut se détacher du côté technocratique », témoigne une lobbyiste du secteur bancaire (…)
En ce moment, c’est le PLFSS, examiné en commission à l’Assemblée, qui pose problème, notamment à cause des augmentations des taxes dans les secteurs bancaire et des assurances. « Sans le contexte de crise actuel, nous aurions jugé cela monstrueux, historiquement monstrueux même. Je ne sais pas ce qu’on va faire », avoue la lobbyiste bancaire, qui se souvient de « la période heureuse où l’on pouvait demander des suppressions de taxes » (…)
au besoin, poursuit un lobbyiste du bâtiment, « on continue ». « A force de répéter, on finit par obtenir gain de cause, c’est une question de ténacité. On a le temps, on est des permanents, on a l’historique. On reste parfois plus longtemps qu’un parlementaire », rappelle-t-il, du haut de ses dix ans d’expérience (…)
Merci AlainR pour tous ces articles incroyables ! Mention spéciale aux emplois fictifs et aux lobbys marchands du temple.
Ca fait vraiment froid dans le dos tout ça…
Nous devrions tous nous appeler Morpheus, voire Morfle-et-oust !
Ce qui fait qu’ici nous ne soyons pas « suspects » comme des comploteurs tient à un accent ténu, mais la réalité de notre confiance vient du fait que nous sommes des « chercheurs libres », insatisfaits de leurs « savoirs acquis » et pas résignés du tout à déléguer leur droit de cogiter à un « intelligent supérieur » ni à un marchand de pensées liophylisées qu’il suffirait de tremper dans son thé vers 17h pour prétendre s’être fait une opinion.
J’écris cela en tant que militant encarté, mais cela ne signifie rien pour ceux qui n’ont jamais vu à quel point une Assemblée Générale de tels « militants » peut surprendre et démentir les stigmatiseurs maniaco-obsessionnels du « Parti »…
Il existe des penseurs libres partout, même chez les « libre-penseurs », et je continue à me référer à la fois à Jean XXIII, Lanza Del Vasto et …Youri Gagarine, ce dernier, « bon militant », ayant dédié ses exploits à l’humanité entière plutôt qu’à « l’empire soviétique », ce qui veut dire que je ne me réfère pas au »démocrate« Obama qui déclare que la conquête de la planète Mars prouve au monde que son patron c’est « l’Oncle Tom »…
Notre seul patron commun c’est notre intelligence critique, donc c’est un patron souvent absent, ce qui se produit trop à l’heure du thé…
Bisous à tous et toutes !
De rien, Grumeau 😉
Encore 2 liens :
1)
« Taxer l’art cher, c’est libérer la création » (12÷10÷2012, tribune de Denis Robert, rue89.com)
L’écrivain Denis Robert, également artiste, est pour la taxation des œuvres d’art, proposition qui divise le gouvernement (…)
===
N’a‑t-on pas vu en début de semaine disparaître un zéro dans les articles à propos de cette taxation nouvelle ? A 5 000 euros, c’était effectivement compliqué de créer une taxe. Mais 50 000 euros comme limite, c’est une autre histoire. On ne touche pas les mêmes gens, ni les mêmes sommes. On s’attaque ici aux Porsche Cayenne et aux Ferrari, pas aux vieilles Volvo, comme on a voulu le faire croire (…)
Cette désinformation et ce soutien politique, aussi maladroit qu’unanime, me semblent directement liés à l’influence de lobbies puissants et discrets : certains riches galeristes, des antiquaires, des collectionneurs fortunés et les défiscaliseurs professionnels.
Je n’arrive pas à comprendre comment des élus s’étant battus contre les privilèges sarkozistes, si prompts à dégainer devant les petits héritiers, peuvent tomber dans ce piège qui sent plus le caviar que la gauche.
(…) ce combat de chiens et de loups, de traders et de rentiers (…) Les plus gros marchands d’art sont aujourd’hui anglais (Sotheby’s, Christie’s). Ils ont avec l’activité artistique un rapport… élitiste. J’ai mûri ce mot qui est bien léger en rapport à ce que je pense. « Elitiste ».
Ces ogres qui poussent des cris de vierge aujourd’hui n’ont rien à voir avec les galeristes, ces producteurs d’art, qui se bagarrent pour exposer des nouveaux peintres, sculpteurs, photographes. Idem pour les gros sites internet qui vendent des toiles comme on vend des Sicav.
(…) Ces marchands sont devenus de vrais banquiers. Pour eux, comme pour quelques rares galeristes parisiens (voir la petite équipe qui gère la Fiac comme sa chasse gardée), l’art, c’est d’abord de la finance, de l’échange, du business, de la défiscalisation. Un artiste mort vaut et rapporte vingt fois plus qu’un artiste vivant. Ils n’en ont rien à battre de la création. Ils font du blé, du blé et encore du blé…
(…) Je prends le pari que des artistes contemporains comme Combas, Di Rosa ou même Garouste (pour prendre des figures que j’aime bien) pourraient me rejoindre sur ce terrain. Ils ne touchent rien sur leurs œuvres anciennes qui passent de main en main, sinon un droit de suite de 3%. Leur boulot d’avant sert la spéculation (…)
2)
Ces économistes qui monopolisent (toujours) les débats (par Mathias Reymond, le 9 octobre 2012, acrimed.org)
(…) Acrimed, et avec elle Le Plan B et quelques autres critiquent depuis longtemps la proximité de certains économistes avec le pouvoir financier, leurs relations incestueuses avec le pouvoir politique, et leur omniprésence médiatique (…)
« Comment peut-on être objectif en étant juge et partie ? » (…) rien ne semble avoir entamé leur aura dans les médias dominants : à la radio, comme à la télévision, les économistes qui trempent leurs mains dans le cambouis de la finance ne sont jamais présentés comme tels et sont toujours partout.
Durant l’année 2011 (…) Jacques Attali a fait 14 passages sur France Télévisions, Alain Minc 8 passages, autant pour Michel Godet, Christian de Boissieu 3, Daniel Cohen 18, et Élie Cohen… 43 passages. Jacques Sapir, un hétérodoxe qui assume une position protectionniste voire souverainiste de gauche, ne compte que 3 passages sur France Télévisions. Frédéric Lordon, lui, n’a fait qu’une apparition sur les chaînes du service public.
De manière plus précise, l’émission « C dans l’air » (…) apparaît comme un bon exemple d’orthodoxie pédagogique (…) Sur la période allant de septembre 2011 à septembre 2012 (…) 103 invitations ont été attribuées à des « économistes » (…) 26 économistes se sont répartis les 103 invitations et ils ne sont que quinze à avoir été invités une seule fois. Onze économistes se partagent donc 92 invitations. Dans ce carré VIP, c’est Philippe Dessertine qui décroche le pompon (…)
Ces économistes défendent tous l’orthodoxie libérale (…) S’il existe quelques nuances entre eux, il n’en demeure pas moins qu’ils sont tous favorables à la construction européenne, au libéralisme économique et à la mondialisation. Présentés comme économistes, ils sont presque tous impliqués dans la banque et la finance, et plus globalement dans le monde de l’entreprise en tant que conseiller ou administrateur…
Si Philippe Dessertine est professeur de finance à l’université Paris‑X Nanterre, il est aussi directeur de l’Institut de haute finance du groupe IFG (…)
Les brefs curriculum vitae de ces piliers de « C dans l’air » révèlent la taille (réduite) du périmètre à l’intérieur duquel est traitée la question économique. Par leurs positions sociales, par leurs appartenances politiques, par leurs orientations idéologiques et, pour certains, par leur implication dans des entreprises privées, ils forment un groupe très homogène, assez représentatif de l’ensemble des économistes invités dans les médias. Mais beaucoup moins représentatif de l’ensemble des économistes, et encore moins de la diversité des analyses de la situation économique actuelle, de ses causes et des remèdes possibles.
Ces économistes, toujours autant visibles à la télévision depuis l’avènement de la dernière « crise », qui a pourtant permis d’émettre de sérieux doutes sur leur « expertise », restent également omniprésents à la radio.
(…) la quasi-absence des femmes (3 sur 81), liée en partie à la distribution très inégale des genres dans le milieu universitaire dans des disciplines comme l’économie, est éloquente. Quant à l’ultra-parisianisme des matins de France Culture, il est saisissant (…)
(…) En 2012, à la radio, rien ne semble avoir changé. Alain Minc, par exemple, auteurs d’ouvrages sur l’économie remplis d’erreurs factuelles, qui a déclaré, en 2008 sur Direct 8, que « le système financier est très bien régulé » et que le « risque de grand dérapage est passé », continue d’être invité régulièrement sur les antennes (…)
Son alter ego, auteur d’essais truffés de bourdes, le très versatile Jacques Attali, s’est exprimé sur Europe 1 le 21 février, et sur France Info, le 7 mai. Et pour bien entamer la rentrée, France Inter a invité Daniel Cohen, pour qui en 2008 « la crise financière était a priori passée », dans sa matinale du 4 septembre, Le Monde (dont il est éditorialiste associé) l’a interviewé le 9 septembre et Les Échos, le 11 septembre. Aucun n’a rappelé qu’il était conseiller de la Banque Lazard. Étonnant, non ?
En définitive, le cercle des privilégiés s’auto-entretient (…)
Ouha ! comment Renée Frégosi, l’experte (auto)patentée se vautre à la 40′33″ sur la réélection de Chavez…
Et chiffres bidons à l’appui dont elle ne cite pas les sources (de financements ?), même que les chavistes ne les contestent pas (les absents ont toujours tort 😉
@22,Alain Guillou :« J’écris cela en tant que militant encarté, mais cela ne signifie rien pour ceux qui n’ont jamais vu à quel point une Assemblée Générale de tels « militants » peut surprendre et démentir les stigmatiseurs maniaco-obsessionnels du « Parti »… »
En tant qu’ancien membre actif (très) du PG, que j’ai quitté suite à la capitulation sans condition de son mentor, le 20/04/2012, je peux témoigner que s’il est vrai que des AG peuvent être houleuses (très), il n’en demeure pas moins que, sans tomber dans la stigmatisation maniaco-obsessionnelle, ces AG se terminent souvent par un vote à main levée où les minoritaires qui dénoncent des manques de transparence, des intimidations, des cultes de la personnalité, non plus qu’à la fermer et/ou à déguerpir.
On est loin de l’iségoria car le vote n’est plus qu’un instrument de plébiscite !
Ici, c’est plus sympa 😉
En effet :
Une personne démocrate ne peut pas survivre dans un parti classique. C’est impossible.
Il manque à la France un parti démocrate SINCÈRE. Qui en tout micro détail de son propre fonctionnement serait le prototype de son ambition.
@25,QuienSabe…
« ici » est un lieu de « gratuité absolue », autant dire le paradis de nos rêves, mais justement, il ne va rien en sortir d’autre que l’inflexion possible partout ailleurs dans « les vies internes » de toute organisation « instituée » qui échappe à cette « apesanteur favorable d’ici » !
Pour ma part, sans replonger dans du prosélytisme barbare, je suis convaincu qu’il faut « aller au charbon sans se résigner partout ou l’on « s’est déjà organisé depuis belle lurette » pour « résister ».
Même dans mon église, si j’en avais eu, je prêcherais pour introduire un usage « quelque part » du tirage au sort… C’est dire ! mais là c’est « limite pour moi » !
Bien sûr il faut aimer un minimum les gens qui se moquent de nous, pour « résister » !
« Vive le parti communiste allemand » cria-t-il avant de tomber sous les balles (etc…)
@16,Disjecta :« L’individu (Michel Onfray, ndlr) m’est de moins en moins sympathique et j’avais déjà du mal à croire qu’il était honnête lorsqu’il descendait Robespierre à Ce soir ou jamais. »
Je n’aime pas Michel Onfray, pour d’autres raisons que les vôtres, et je tiens Robespierre pour un imposteur et le véritable fossoyeur de la Révolution. Cela ne fait-il plus de moi un honnête homme ?
Contrairement à Sartre, pour moi, l’enfer ce n’est pas les autres ; c’est l’ignorance. Je la considère comme responsable de tous nos maux.
Alors, chaque jour j’essaye, avec ou sans succès, de me dépouiller de ma propre ignorance avant de condamner celle des autres. C’est pas facile et en plus j’ai déjà passé la cinquantaine 😉
Du temps de ma feu mélenchonnite aigüe, j’ai cru aussi que Robespierre était l’archétype du révolutionnaire. D’ailleurs, mon tribun attitré de l’époque s’en réclamait, vibrato à l’appui ! Et on trouve même sur ce site un éloge vibrant de H.Guillemin à Robespierre.
C’est suite à cet éloge que je me suis documenté, et continue de le faire, sur la Révolution que je croyais connaître.
Je recommande la lecture de :
« La grande révolution 1789–1793 » de Pierre Kropotkine,
mais aussi et surtout :
« La lutte de classes sous la Première République » de Daniel Guérin, en deux Tomes.
S’il ne fallait en lire qu’un, ce serait celui de Guérin. Les deux auteurs adoptent le point de vue populaire de la Révolution, et c’est du décapant qui transgresse allègrement de nombreuses idées reçues.
Salut et fraternité.
Mais pourquoi diable fonder son opinion sur des vibratos alors qu’il suffit de lire l’Histoire ?!? Rien ne vaut l’authentique. Quand la documentation existe, elle seule est crédible, infalsifiable :
Robespierre
Pour le bonheur et la liberté
Discours
La fabrique
Editions
Collecteurs : Yannick Bosc ; Florence Gauthier ; Sophie Wanisch
En lisant cet épais document, on découvre le cadre hostile à la démocratie et au peuple des modestes, dans lequel devait se débattre un homme assez solitaire face à ses « collègues ».
@11,RHC :« Il y a une petite idée pratique, la mise en place initiale du tirage au sort, par exemple, il faudrait tester dans le domaine de l’éducation (association scientifique?…etc)(…)Qu’en pensez vous?. »
C’est une excellente idée que ma femme, institutrice de son état, met déjà en pratique.
Elle en est très contente et les élèves aussi (sauf les dominants!). Plus de conflits de personnalité, plus de clans, et système de rotation par élimination des déjà tirés. C’est à dire que chacun est sûr d’être tiré au sort et devra exercer sa responsabilité.
J’essaye, à mon niveau, de propager cette idée auprès des militants et sympathisants que je connais (soit pas mal de monde en tout) avec l’espoir de faire une sorte de parti des sans partis pour les municipales.
Il y a déjà un précédent chez nous, et en dehors des partis !
C’est la commune de Tordères :
http://www.article11.info/?Torderes-commune-autogeree-mode‑d.
Merci à AlainR pour ses liens qu’il nous fourni et qui ne le sont pas moins.
@29, Ana Sailland :« Mais pourquoi diable fonder son opinion sur des vibratos »
C’est diablement raccourcir mon propos. Mais les vibratos, comme bien d’autres stimuli, participent de l’entropie, donc de la quantité d’information disponible sur laquelle se base notre réflexion. Et comme prétendre à l’objectivité relève de la vanité… je m’en garderai bien !
Salut et fraternité.
Bonne lecture.
SERMENT DE CITOYEN DÉMOCRATE LIBRE ET DIGNE
Les dix volontés
Considérant que :
La vie nous est transmise et qu’elle est une espérance vers un avenir de noblesse de pensées, de passions, d’actions et de paix, de connaissances, de tranquillité, de bien être, de prospérité en toute responsabilité de chacun et de dignité pour éradiquer l’esclavage, la prostitution et la misère .
Le savoir, l’éducation, la convivialité, ne sont pas innés et s’apprennent pour une vie individuelle et en communauté riche et disponible pour le plaisir de recevoir et apporter, de participer au progrès sans lequel il n’y a pas de liberté, dignité et paix.
Nul ne doit porter atteinte à la vie et au bien-être de tout individu pour des motifs personnels ou de société, de capital et moyens de production, spirituels ou politiques, par soumission, allégeance, idolâtrie et autres. Les besoins vitaux dus au progrès social, l’hygiène e la santé font partie de la dignité humaine.
La démocratie représentative, le capitalisme d’Etat et les multiples organisations politiques couvrant de privilèges les aristocrates, castes et oligarchies, n’ont pour but que de prendre en otage les citoyens et détourner leurs pouvoirs à décider par eux-mêmes, de faire les lois, d’occulter la vraie Démocratie et autres, sont les causes de la corruption des gouvernants, de l’humiliation et des malheurs du Peuple taillable et corvéable à merci.
Le citoyen conscient de son utilité dans la société et des aspirations au bonheur pour chacun en fonction de ses moyens et connaissances, s’engage à les respecter sans idéologie, à les promouvoir et porter assistance, à ne pas créer ou encourager tout acte pouvant atteindre le rayonnement des valeurs humanitaires contribuant à la cohésion de la famille et de la société.
Moi, Citoyen maître de moi-même et de ma destinée, déclarant solennellement la Liberté et la Dignité de la personne comme étant les principales qualités d’une Démocratie directe basée sur la responsabilité de chacun, prête serment.
1- Je jure par Clisthène, fondateur de la première démocratie, par mes aïeuls outragés et opprimés par les tyrans, despotes et dictateurs de participer à la restitution de la liberté, de la responsabilité et de la prospérité pour chacun des citoyens acteur de l’économie et non comme ressource, à la restauration du pouvoir du peuple pour changer les institutions par l’égalité citoyenne, que je remplirai, suivant mes forces et ma capacité, l’engagement sous serment que je prends.
2- Je mettrai au rang de représentant du peuple tout citoyen candidat indépendant de tout parti politique qui, une fois élu, prendra l’engagement de respecter le présent serment, au titre de citoyen et d’élu, ne commandera pas la force publique à son service ni contre le peuple, remettra ses actions au vote citoyen pour approbation au moins une fois par an et par référendum à son initiative ou à celle des citoyens à chaque fois que nécessaire et qui ne s’immiscera pas, directement ou indirectement, dans la vie privée de chaque citoyen et de sa famille.
3- J’utiliserai la place publique appelée « Place de la Démocratie, de la Liberté et de la Dignité humaine » qui sera aménagée et organisée par une commission indépendante, élue par les citoyens afin de permettre à la population de s’exprimer pour la proclamation de l’organisation du référendum d’initiative populaire et y déposer la demande de référendum qui tiendra d’obligation de procéder pour l’élu qui y procédera, dans un délai d’un mois , dès que le nombre de deux pour cent des votants inscrits sera atteints.
4- Je participerai toujours à l’épanouissement de la personne et à l’amélioration de la vie en commun, je partagerai mes connaissances, je pourvoirai aux besoins de la famille sans autre contrainte que son intérêt, j’apporterai mes moyens matériels, physiques et intellectuels au service du citoyen afin que la vie de chacun en soit améliorée, et en certaines circonstances, j’accepterai l’aide de la cité à qui je serai toujours moralement redevable.
5- Je dirigerai l’action politique toujours à l’avantage de la personne seulement, non en faveur de toute institution ou administration ; suivant mes forces et mon jugement, je m’abstiendrai de toute injustice. Je ne remettrai à personne mon pouvoir de représentation par intérêt personnel autre que la santé et l’éloignement principalement si on me le demande, ni ne prendrai l’initiative d’une pareille suggestion.
6- J’exercerai mon pouvoir de citoyen comme dans le respect d’autrui, de la justice et de l’indépendance totale.
7- Je ne provoquerai pas d’élection stratégique en faveur de qui que ce soit et pour quelque motif que ce soit ; je ne pratiquerai que la participation aux élections suivant les vraies considérations d’intérêt public et mon vote ne sera entaché d’aucune hypocrisie.
8- Je respecterai la dignité de toute personne, dans quelque maison que je rentre pour l’utilité des habitants, me préservant de tout méfait volontaire et corrupteur.
9- Je ne ferai pas étalage de l’action citoyenne pour aider les familles dans la nécessité et je tairai ce qui n’a jamais besoin d’être divulgué, observant la discrétion comme un devoir en pareil cas.
10- Je jure à mes descendants de préserver la Démocratie, la Liberté et la Dignité humaine de toutes mes forces ; de m’opposer à toute personne et/ou formation qui viserait de spolier le Citoyen de ses droits inaliénables, imprescriptibles et sacrés.
Si dans l’honneur et la dignité je remplis ce serment, jouir heureusement de la vie sera mon but.
Si dans la déloyauté et la trahison je me parjure, mourir dans la tristesse et le tourment sera mon sort.
De rien, QuienSabe 😉
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Documentaire de La Télé Libre :
Islande : Takk la Crise ? (Merci la crise ?)
de Thibault Pomares, le 30 juin 2012.
(…) (à la minute 1′13″)
(question à une touriste française)
« Est-ce que vous avez entendu parler de la Révolution démocratique islandaise ? »
« Le guide en a parlé pendant le voyage. Ils vont refaire la Constitution. Autrement, en France, moi je n’en avais pas entendu parler. J’ai pensé : il faudrait faire la même chose en France. Et c’est peut-être pour ça qu’on ne nous en parle pas … »
(…) (à la minute 3′20″)
(question à une islandaise)
« Croyez-vous dans la Révolution démocratique islandaise ? Sentez-vous de l’espoir revenir ? »
« ça ne changera jamais si nous n’avons pas une nouvelle Constitution. On est en train de travailler là-dessus, on écrit une nouvelle Constitution pour notre pays. Mais si le gouvernement ne l’accepte pas, et le Parlement aussi, nous n’aurons jamais cette nouvelle Constitution. »
(…) (à la minute 10′)
(question à une islandaise)
« Pourquoi êtes-vous en train de faire des cris de mouton, qu’est-ce qu’il se passe ? »
« On proteste contre l’élite islandaise. »
(…) (à la minute 11′20″)
(auto-dérision dans le clip de campagne du maire de Reykjavik)
« Votez pour nous, nous sommes les « Meilleurs » ! »
(…) (à la minute 14′10″)
(propos d’un franco-islandais)
« Il y avait une ambiance un peu pourrie, les gens ne se parlaient pas trop. C’était vraiment la course à l’argent. Et là, après la crise, ça s’est beaucoup humanisé, je trouve. On ne peut pas dire que ce soit une bonne chose mais j’oserais presque dire que la crise a été une bonne chose … »
(…) (à la minute 23′33″)
(propos d’une islandaise)
« Ma suggestion pour la France ou le Monde, c’est qu’il faut faire plus confiance aux gens, rendre tout accessible. Les citoyens ne sont pas stupides, ils ne sont pas méchants ni ignorants. Réaliser une expérience comme nous avons fait avec la Constitution tient trop à cœur pour faire n’importe quoi et tout foutre en l’air. Cela permet de trouver de bonnes idées ensemble et vivre de belles coopérations juste en rendant les choses plus accessibles. Les politiques n’ont aucun intérêt à tout faire secrètement sans consulter les citoyens pour prendre les décisions. On peut leur faire confiance. Et c’est la plus belle chose que j’ai apprise. »
(…)
Un road-movie au pays de ceux qui ont dit « non » à la règle des banquiers, et qui ont décidé de revoir leur système politique. Les Islandais, à travers leur « révolution démocratique », apportent ici une réponse inédite et instructive en ces temps de crise.
Un an après le carnet de route islandais de Thibault et Julien, voici le Film sur LaTéléLibre ! (…) L’histoire de ce film mérite d’être racontée (…)
Terre d’excès et de capitalisme sauvage jusqu’à la débâcle financière de 2008, le pays des volcans invente en ce moment une réponse originale à la crise que vit le monde d’aujourd’hui : plus de démocratie et plus de morale (…)
je vous parlerai encore de ce FdG qui provoque chez certains la tombée de masque, juste pour vous inviter à découvrir « de quoi je parle » …
par exemple ici :
http://www.cualdemeze.fr/
Quand la mer aura monté de 7 mètres nous n’aurons pas le temps de dresser la cartographie des continents encore « libres », et peut-être devrons nous embarquer à la recherche d’une « liberté d’outre-mer »…
Cette phrase ne se veut pas sibylline mais veut dire que le « changement le plus imperceptible », s’il se produit « globalement », fait émerger en plusieurs consciences « différentes » une même idée : l’individu découvre soudain son nouveau « collectif » comme un continent aux contours insoupçonnables.
Ensuite, pour faire râler certains autres, je dirai que
le tirage au sort ferait mieux l’affaire des cocos que des fachos
(ça c’est ma provoc’ de navigateur…transcontinental)
Amicalement
1)
LE TEXTO DE LA SEMAINE : Qui fraude le plus le fisc en Grèce ? En tête, les médecins, les ingénieurs, les professeurs du privé et les comptables, selon une étude de la Chicago Booth School of Business. Des professions dont les membres bénéficient d’une forte représentation au Parlement grec.
Extrait de la Lettre d’information du 18 octobre 2012, Alternatives Économiques
2)
Une fiction bien trop réelle
(Jean-Marie Harribey, alternatives-economiques.fr, 15 octobre 2012)
Le dernier livre de Susan George, Cette fois, en finir avec la démocratie, Le Rapport Lugano II (Seuil, 2012) arrive à point (…) Susan George nous propose une analyse méthodique de la situation en la mettant sous la plume fictive d’un groupe de travail d’experts internationaux mandatés par la classe dominante pour trouver des solutions permettant la renaissance du capitalisme.
(…) l’ultime solution envisagée par les dominants pour sauver leur système est d’en finir avec la démocratie (…) la stratégie anti-populaire consiste à « instaurer un système de croyances solide et cohérent qui influence des millions de personnes » (p. 106). La classe dominante a compris le principe gramscien selon lequel elle devait asseoir sa domination sur un bloc culturel hégémonique.
(…) le Modèle économiste/élitiste néolibéral (MEN) (…) « pour faire progresser le MEN, l’important est de provoquer des réflexes, pas une réflexion » (p. 124) (…) les dominants savent que leur système est dans une impasse et que l’aspiration à la démocratie en est la principale menace (…)
3)
« (…) nous, on est supérieurs à vous, et vous, vous allez crever ». Et de rajouter : « Moi je vous pique 70k euros si vous êtes chez Orange. Je suis tous les mois à Saint-Domingue pour Orange, c’est pour ça que je gagne 70k euros. Et le week-end je suis à la Baule. [… »] Vous gagnez combien ? Vous avec votre salaire de merde ? » »
Une agent SNCF insultée témoigne sur RTL (18÷10÷2012).
4)
Banque publique d’investissement : petits moyens, grosses intrigues
(17 octobre 2012, Laurent Mauduit, mediapart.fr)
À l’issue du conseil des ministres qui a examiné, ce mercredi, le projet de loi donnant naissance à la Banque publique d’investissement (BPI), le premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a créé la surprise en annonçant que le futur patron de l’établissement serait le directeur financier de Cap Gemini, Nicolas Dufourcq (…)
Nicolas Dufourcq ne connaît strictement rien au nouveau métier de banquier qui va bientôt être le sien (…) il est plutôt représentatif d’une partie de la haute fonction publique qui, happée souvent par les logiques de l’argent, a abandonné le service de l’intérêt général pour aller faire fortune dans le privé.
(…) au-delà de la compétence, des jeux complexes de réseaux ont contribué à le pousser sur le devant de la scène (…) le nouveau banquier est membre du conseil d’administration de l’association « En temps réel » (…) proche des milieux d’affaires, (elle) est présidée par Stéphane Boujnah, un ancien du cabinet de Dominique Strauss-Kahn qui a été faire fortune dans la banque (Santander) et qui a siégé au sein de la Commission Attali, sous Nicolas Sarkozy.
Proche de Pierre Moscovici, Stéphane Boujnah a lui-même, pendant un temps, songé à postuler au poste de directeur général de la BPI. Au sein du conseil de « En temps réel », on retrouve aussi Emmanuel Macron, l’ex-associé-gérant de la banque Rothschild qui a été le secrétaire général de la Commission Attali et qui est maintenant secrétaire général adjoint de l’Élysée.
(…) On observera, certes, qu’en choisissant Nicolas Dufourcq, le gouvernement a au moins évité le pire, en la personne d’Anne Lauvergeon qui a fait ces derniers jours une tapageuse campagne d’autopromotion de sa candidature dans la presse, par l’intermédiaire de son amie, la conseillère en communication Anne Méaux, proche des milieux patronaux et de la droite, et qui a inspiré de nombreux et bienveillants articles.
(…) Le choix d’Anne Lauvergeon aurait pu choquer car elle est une figure très emblématique du capitalisme oligarchique parisien, évoluant d’une alternance à l’autre, entre la sphère publique et les milieux d’affaires, jouant en permanence à la lisière entre l’intérêt général et les intérêts privés. Proche d’Édouard de Rothschild, copropriétaire de Libération et elle-même, pour cette raison, présidente du conseil de surveillance du journal, elle a par ailleurs longtemps travaillé avec Matthieu Pigasse, qui était le banquier conseil d’Areva. Lequel est maintenant le banquier conseil de l’État pour la création de la BPI (…) copropriétaire du Monde, Matthieu Pigasse, le banquier d’affaires qui a été chargé de dessiner les contours de la BPI, a négocié un temps avec Édouard de Rothschild le rachat de Libération dont… Anne Lauvergeon préside le conseil (…)
le gouvernement a décidé que la BPI ne serait qu’une holding de tête, rassemblant ces diverses entités déjà existantes : Oséo, le Fonds stratégique d’investissement, CDC Entreprises, UbiFrance. En clair, le directeur général de la CDC, l’ex-sarkozyste Jean-Pierre Jouyet, sera le président (non exécutif) de la BPI. Nicolas Dufourcq, lui, sera le vrai patron exécutif de la BPI, avec le titre de directeur général ; et il a vocation à devenir le président des conseils de ces différentes entités. Mais chacune de ces entités n’en poursuivra pas moins sa vie autonome. La BPI sera donc une petite structure de plus, venant s’empiler sur les précédentes.
La BPI disposera-t-elle donc de vrais moyens pour juguler la crise et financer l’industrie ? Ce qu’il y a de pathétique, c’est que dans les sommets du pouvoir, on s’est épuisé dans ces jeux d’influence sans vraiment se consacrer à la question de fond.
@Alain guillou
« je dirai que le tirage au sort ferait mieux l’affaire des cocos que des fachos »
Ce n’est pas vrai, tout dépend de la proportion relative des cocos et des fachos dans la population concernée par le tirage au sort.
J’ose croire qu’en situation de tirage au sort, les gens, qui sont généralement responsables et modérés sauront éviter toute provocation envers les autres (ça c’est pour les fachos) et qu’ils sauront trouver une solution qui préserve les libertés individuelles de chacun (ça c’est pour les cocos).
Amicalement,
Nicolas.
Réédition des « Principes du Gouvernement représentatif » de Bernard Manin
Une fiche de lecture intéressante, proposée par Kévin sur le site « Enquête et débat » :
les commentaires sont amusants (Jean Robin est devenu très amer, sur une ligne anticommuniste dure, apparemment) :
http://www.enquete-debat.fr/archives/reedition-des-%C2%AB-principes-du-gouvernement-representatif-%C2%BB-de-bernard-manin-94555
Réédition des « Principes du Gouvernement représentatif » de Bernard Manin
Devenu un classique de la science politique dès sa publication en 1995, et popularisé une dizaine d’années plus tard sur la Toile par Etienne Chouard, ce chef‑d’œuvre, scandaleusement épuisé depuis un certain temps, est réédité une seconde fois par Flammarion (la première datait de… 1996) et augmenté d’une postface inédite de l’auteur. Retour sur un livre incontournable, et dont la facilité d’accès en fait un cadeau idéal pour les fêtes de fin d’année, pour soi ou pour le faire découvrir, et ce pour la modique somme de 9 €.
Dès les toutes premières lignes de l’ouvrage, on ne peut qu’oublier son titre austère et être happé par les propos de Bernard Manin, sauf à être complètement indifférent à la chose politique : « Les démocraties contemporaines sont issues d’une forme de gouvernement que ses fondateurs opposaient à la démocratie. L’usage nomme « démocraties représentatives » les régimes démocratiques actuels. Cette expression, qui distingue la démocratie représentative de la démocratie directe, fait apparaître l’une et l’autre comme des formes de la démocratie. Toutefois, ce que l’on désigne aujourd’hui sous le nom de démocratie représentative trouve ses origines dans les institutions qui se sont progressivement établies et imposées en Occident à la suite des trois révolutions modernes, les révolutions anglaise, américaine et française. Or ces institutions n’ont nullement été perçues, à leurs débuts, comme une variété de la démocratie ou une forme de gouvernement par le peuple. »
C’est ainsi à un véritable dévoilement du régime dans lequel nous vivons et de ses principes que l’auteur s’emploie, alors que son appellation et ses idéaux nous semblent aller de soi et que nous les interrogeons rarement en profondeur : « Les incertitudes et la pauvreté de la terminologie contemporaine, comme son contraste avec la vision du XVIIIème siècle, montrent que nous ne savons pas exactement ce qui rapproche le gouvernement représentatif de la démocratie, ni ce qui l’en distingue » (p. 17). Bernard Manin se plonge dans l’historicité méconnue du gouvernement représentatif, dans la pensée de ses théoriciens et fondateurs profondément hostiles à la démocratie (notamment Sieyès en France [1] et Madison aux États-Unis [2]) pour mieux en faire apparaître les bases aristocratiques et oligarchiques. Celles-ci se concentrent dans la procédure centrale de l’élection, qui fait consensus aujourd’hui mais qui avait toujours été perçue, jusqu’au début du XIXème siècle et l’assimilation du gouvernement représentatif à la démocratie à l’initiative des libéraux [3], comme anti-démocratique par les plus grands penseurs, d’Aristote à Rousseau en passant par Montesquieu. En 1995, bon nombre des Indignés qui reprendraient cette idée à la fin de la décennie suivante, en étaient encore au biberon.
Mais ce serait se méprendre que de voir en Bernard Manin un gauchiste avant-gardiste : la subversion n’est pas son objectif, et son analyse s’avère finalement très mesurée. En chercheur dont la rigueur et l’honnêteté éblouissent les 330 pages de cet ouvrage, et qui s’était auparavant consacré à la social-démocratie et au libéralisme du XVIIIème siècle, sa seule préoccupation est de saisir au mieux les rouages du régime qui s’est répandu partout sur la planète depuis 2 siècles et la victoire des libéraux dans les révolutions occidentales. Au terme de son introduction, il en dégage (p. 17) 4 principes « toujours observés dans les régimes représentatifs depuis que cette forme de gouvernement a été inventée :
1- les gouvernants sont désignés par élections à intervalles réguliers.
2- Les gouvernants conservent, dans leurs décisions, une certaine indépendance vis-à-vis des volontés des électeurs.
3- Les gouvernés peuvent exprimer leurs opinions et leurs volontés politiques sans que celles-ci soient soumises au contrôle des gouvernants.
4- Les décisions publiques sont soumises à l’épreuve de la discussion. »
Tirage au sort
Manin commence, dans un premier chapitre, par faire un retour sur l’usage prédominant, et profondément énigmatique à nos yeux, du tirage au sort dans ce qui est unanimement considéré comme le référent démocratique ultime, à savoir la démocratie athénienne des Vème et IVème siècles avant Jésus-Christ. Pourquoi cette procédure a‑t-elle été si peu évoquée lors des révolutions occidentales, y compris par les démocrates les plus radicaux qui s’opposaient à Madison ou Sieyès ? La plus grande difficulté consiste sans doute, avant d’y répondre, à questionner chez nous-mêmes cette étrangeté du tirage au sort qui en toute logique ne devrait pas en être une, comme le souligne Bernard Manin (pp. 20–21) : « Le sort n’appartient plus depuis longtemps à la culture politique des sociétés modernes et il apparaît aujourd’hui avant tout comme une pratique bizarre. On sait, sans doute, qu’il était utilisé à Athènes et on le remarque parfois, mais surtout pour s’en étonner. L’énigme principale semble être que les Athéniens aient pu avoir recours à pareille procédure. La connaissance pourrait cependant gagner à un renversement du point de vue habituel qui tend à faire de la culture présente le centre du monde. Il y aurait peut-être avantage à se demander plutôt : « Comment pouvons-nous ne pas pratiquer le tirage au sort, nous qui nous proclamons démocrates ? » »
Après un panorama des institutions athéniennes, l’auteur montre que les démocrates athéniens témoignaient d’une « profonde défiance à l’égard du professionnalisme » et d’un attachement viscéral au principe de rotation des charges, dont le tirage au sort était le meilleur garant, au contraire de l’élection : « Le principe électif veut en effet que les citoyens soient libres de choisir ceux à qui sont confiées les charges. La liberté d’élire, cependant, est aussi la liberté de réélire. Les citoyens peuvent souhaiter que le même individu occupe, année après année, la même fonction. Il faut même présumer que si une personnalité a pu une fois attirer les suffrages des autres, le même phénomène a de grandes chances de se reproduire. Si donc on veut absolument garantir la rotation dans un système électif, il faut limiter la liberté de choix des électeurs en décidant que certains citoyens ne peuvent pas être élus parce qu’ils ont déjà été élus dans le passé. On peut le faire sans doute, mais on établit alors un compromis entre deux principes impliquant des conséquences potentiellement contraires. La combinaison de la rotation obligatoire et du tirage au sort ne présente, en revanche, aucun risque de ce type : en contraignant à la rotation, on ne risque pas de contrarier la logique du tirage au sort. » (pp. 48–49)
Le triomphe de l’élection
Le second chapitre est l’occasion de décrire « le triomphe de l’élection » à l’époque moderne, en s’attardant tout d’abord sur l’usage du tirage au sort à Rome puis dans les Républiques italiennes de Florence et Venise. Il se trouve que celui-ci fut d’une nature bien différente de celui qui en était fait à Athènes, car il y était essentiellement instrumental, surtout à Rome et à Venise où il s’agissait avant tout de départager des instances ou des familles en conflit par une procédure neutre. Néanmoins, Florence est un cas intermédiaire, où l’expérience républicaine a fait réémerger une réflexion importante sur le caractère égalitaire du tirage au sort. Et comme le rappelle Bernard Manin, « la théorie politique des XVIIème et XVIIIème siècles était encore imprégnée de ces leçons » (p. 93). En effet, des penseurs comme Harrington, Montesquieu ou Rousseau, sur lesquels s’attarde l’auteur, ont consacré une partie de leur œuvre à cette procédure du tirage au sort ; et celle-ci était parfaitement connue des révolutionnaires, qui n’en ont pourtant quasiment pas discuté.
C’est que les révolutions occidentales sont la résultante d’une évolution majeure dans le rapport au pouvoir : elles vont ainsi consacrer l’idée qu’il vaut mieux « consentir au pouvoir plutôt que d’y accéder » (p. 108) : « or, à partir du moment où la source du pouvoir et le fondement de l’obligation politique étaient ainsi placés dans le consentement ou la volonté des gouvernés, le tirage au sort et l’élection apparaissaient sous un jour nouveau » (p. 115). Et Manin de retracer la genèse de cette idée typiquement moderne selon laquelle le citoyen et l’État, en tant que deux entités détachables l’une de l’autre (approche inconcevable durant l’Antiquité [4]), doivent se relier par le lien de consentement du premier. Mais ce principe n’est pas le seul à fonder le gouvernement représentatif : un autre, fondamental, est celui du principe de distinction. En effet, « [les fondateurs des gouvernements représentatifs] s’efforcèrent aussi, de façon plus consciente et délibérée, de faire en sorte que les élus soient d’un rang social plus élevé que leurs électeurs, qu’ils se situent plus haut que ceux dont ils tenaient leur pouvoir dans l’échelle de la fortune et celle, plus difficilement saisissable, du talent et de la vertu » (p. 125). Manin le montre précisément à travers les trois cas anglais, français et américain. Ce dernier est sans doute le plus intéressant puisque les Anti-Fédéralistes s’opposèrent explicitement à ce principe, souhaitant une Assemblée qui reproduirait en miniature le peuple tout entier. Malheureusement, étant dans l’impossibilité de connaître la capacité du tirage au sort à produire des échantillons statistiquement représentatifs (elle n’avait pas encore été dévoilée à l’époque), ils s’en tinrent à d’autres solutions peu convaincantes, et échouèrent.
Une dimension aristocratique
Si le principe de distinction fut dans un premier temps concrétisé par le suffrage censitaire, existe-t-il toujours aujourd’hui à l’ère du suffrage universel ? Manin montre brillamment qu’en effet, il est intrinsèque à l’élection : « Le gouvernement représentatif pourrait devenir plus démocratique par certains côtés, il n’en conserverait pas moins, d’un autre côté, une dimension aristocratique, au sens où les élus ne pourraient pas y être comme leurs électeurs, même si tous les citoyens étaient électeurs, et où tous n’auraient pas de chances égales d’accéder au pouvoir, même si aucune loi n’en interdisait l’accès à quiconque » (p. 173). Par quel biais ? Par le fait que l’élection sélectionne automatiquement des individus perçus comme supérieurs aux autres, et que cette supériorité perçue implique des coûts nombreux et qui ne sont pas à la portée de tout un chacun : Manin les détaille abondamment.
Néanmoins, et c’est là sans doute une nuance majeure de son analyse qui l’autorise à valider finalement le concept de « démocratie représentative », Manin voit dans l’élection une institution ambiguë qui produirait un régime mixte, « une aristocratie démocratique », car elle recèlerait en fait autant d’aspects démocratiques qu’aristocratiques : « autant l’élection comporte indubitablement des aspects inégalitaires et aristocratiques, autant sa dimension égalitaire et démocratique est indéniable, pourvu que tous les citoyens aient le droit de suffrage et qu’aucune condition légale ne limite l’éligibilité. Dans un système de suffrage universel, l’élection donne à chaque citoyen une voix égale dans le choix des représentants. A cet égard, les citoyens ordinaires et les pauvres ont le même poids que les plus distingués et les plus riches. Et surtout, tous les citoyens ont un égal pouvoir de démettre les gouvernants à l’issue de leur mandat. Personne ne peut nier l’existence de ce double pouvoir de sélection et de rejet, et il faut déployer des trésors de sophistique pour parvenir à la conclusion qu’il est négligeable » (p. 191). Finalement, les citoyens sont libres de choisir les critères de l’aristocratie qu’ils veulent mettre au pouvoir, même si Bernard Manin dresse des limites importantes à cette liberté de choix et suggère des propositions pour y remédier. Toutefois, même en prenant en compte ces réserves tout à fait pertinentes, il nous semble y avoir une marge d’appréciation importante et une large matière à débat pour déterminer si les aspects démocratiques et aristocratiques de l’élection sont effectivement équivalents.
Le jugement public
Le cinquième chapitre est l’occasion pour l’auteur d’analyser « le jugement public », un autre principe fondamental du gouvernement représentatif. Fondé par des libéraux, ce régime a très logiquement institué, à côté de l’élection, une sphère de débat et d’interpellation des gouvernants que Pierre Rosanvallon qualifiera de « contre-démocratie » et qui met sous pression les élus : même si ceux-ci ne sont pas officiellement tenus de la prendre en compte, l’incitation à la réélection (le seul moment où ils peuvent rendre des comptes aux gouvernés) les y oblige de facto et influence leur conduite. Enfin, le sixième et dernier volet distingue les 3 formes successives qu’a pris le régime au cours de son histoire : parlementarisme (place majeure accordée à la délibération de notables qui sont relativement atomisés) ; démocratie de partis (qui sont censés représenter l’opinion publique et les rapports de force qui la structurent au sein de l’assemblée) ; et démocratie du public, dans laquelle les partis subsistent mais se structurent beaucoup plus autour de leaders, sous le double impact de la télévision (qui tend à reproduire le lien de notabilité) et d’un monde incertain qui incite à se fédérer davantage derrière une personnalité que derrière un programme dense, et ce pour permettre plus de souplesse lors de l’exercice du pouvoir.
La postface inédite est d’ailleurs essentiellement l’occasion pour Bernard Manin de revenir sur cette distinction entre démocratie de partis et démocratie du public qui a prêté à débat, et d’éclairer sa pensée. Dans ses derniers mots, il revient néanmoins sur la grande flexibilité du gouvernement représentatif, qu’il avait déjà soulignée à la fin de son livre : « Identifier le régime représentatif à l’élection des gouvernants constitue sans doute une conception attractive : elle est à la fois parcimonieuse et complètement déterminée. La conception défendue dans ce livre ne présente pas ces caractères. Non seulement elle comporte plusieurs éléments au lieu d’un, mais, en outre, elle ne spécifie pas toutes les règles gouvernant les relations entre les différents composants du système. […] Il reste qu’en se focalisant exclusivement sur les élections les conceptions courantes du régime représentatif laissent dans l’ombre un de ses caractères distinctifs : l’indétermination partielle présente dans sa structure d’ensemble. Cette indétermination est sans doute une des sources de sa flexibilité et de sa capacité à s’adapter à des contextes divers et changeants. L’architecture du régime représentatif est l’œuvre d’une raison pragmatique qui ne cherche pas à atteindre, dans l’ordre politique, la rigueur et la précision de la géométrie » (pp. 334–335). Il répond ici à une objection qu’on peut trouver formulée dans un article de Marie-Hélène Bacqué, Henri Rey et Yves Sintomer en 2005. Ceux-ci y questionnaient en effet plus profondément le modèle de Manin : « […] jamais les sociétés contemporaines n’ont été des démocraties représentatives pures entièrement subsumées sous le modèle idéal-typique de Bernard Manin. Des décisions fondamentales ont toujours été prises par des personnes non élues. Tout au plus pourrait-on assister, plutôt qu’à l’émergence d’un quatrième pouvoir, au développement de nouvelles formes institutionnelles de prise de décision dans le cadre d’une dynamique plus globale relativisant le poids des organes législatifs. On aurait alors une inflexion d’un modèle classique de « gouvernement » vers des modèles diversifiés de « gouvernance », la démocratie participative n’étant qu’une variante de celle-ci. » [5]
Si on peut sans aucun doute nuancer, interroger, voire contester à loisir l’ouvrage de Bernard Manin, on ne peut pas s’abstenir de s’y référer lorsqu’il s’agit d’évoquer le thème qu’il aborde. C’est certainement la marque des plus grands ouvrages.
Kévin
____________
[1] « Les citoyens qui se nomment des représentants renoncent et doivent renoncer à faire eux-mêmes la loi ; ils n’ont pas de volonté particulière à imposer. S’ils dictaient des volontés, la France ne serait plus cet État représentatif ; ce serait un État démocratique. Le peuple, je le répète, dans un pays qui n’est pas une démocratie (et la France ne saurait l’être), le peuple ne peut parler, ne peut agir que par ses représentants. » (Dire de l’Abbé Sieyès Sieyès sur la question du veto royal [7 septembre 1789], Versailles, Baudoin, Imprimeur de l’Assemblée nationale, 1789, p. 12) Sieyès a en outre théorisé la professionnalisation de la politique, en prônant le modèle de la division du travail dans le champ politique.
[2] Pour Madison, l’effet de la représentation est « d’épurer et d’élargir l’esprit public en le faisant passer par l’intermédiaire d’un corps choisi de citoyens dont la sagesse est le mieux à même de discerner le véritable intérêt du pays et dont le patriotisme et l’amour de la justice seront les moins susceptibles de sacrifier cet intérêt à des considérations éphémères et partiales. » « Dans un tel système, il peut fort bien se produire que la volonté publique formulée par les représentants du peuple s’accorde mieux avec le bien public que si elle était formulée par le peuple lui-même, rassemblé à cet effet. » (« Federalist 10 », in The Federalist Papers [1787])
[3] Voir Pierre Rosanvallon, “L’histoire du mot démocratie à l’époque moderne” dans l’ouvrage collectif La Pensée Politique. Situations de la démocratie (Seuil-Gallimard, mai 1993). Cet article est cité en note par Bernard Manin, on peut en retrouver quelques extraits sur cette page : http://www.agoravox.tv/actualites/citoyennete/article/debat-mediapart-sur-la-democratie-34433
[4] Voir par exemple Didier Mineur, Archéologie de la représentation politique, Paris, Presses de Sciences Po, 2010, 292 p. ; ou cet entretien de Cornelius Castoriadis avec Chris Maker (1989) : http://video.mediapart.fr/player.html?format=1&autoplay=0&file=%2Fsapiens.mp4
[5] Marie-Hélène Bacqué, Henri Rey & Yves Sintomer, « La démocratie participative, un nouveau paradigme de l’action publique ? » in Gestion de proximité et démocratie participative. Une perspective comparative. La Découverte, coll. Recherche. Paris : 2005, p. 37
Source : http://www.enquete-debat.fr/archives/reedition-des-%C2%AB-principes-du-gouvernement-representatif-%C2%BB-de-bernard-manin-94555
Je viens juste de le recevoir ce matin ! Avec deux autres ouvrages commandés en même temps, La Démocratie athénienne à l’époque de Démosthène de Morgens H. Hansen, et L’enjeu des retraites de Bernard Friot.
Au fait, Étienne, quel est le titre du livre de Rosanvalon qui met en avant les réussites d’expériences de commission populaires ? Il faut absolument que je le commande aussi, celui-là. Mais je ne sais plus le titre de l’ouvrage.
Merci.
Morpheus
Elu ou tiré au sort ‚révocable ou non …qu’est ce qu’un représentant ?
Quelles sont ses missions ? Qui en décide ? Qui contrôle le respect de ce cahier des charges ?
N’est ce pas à ce niveau de la définition des missions du représentant ‚élaboration d’un cahier des charges et contrôles que cse joue le plus important ?
Je suis bien d’accord avec toi Georges, mais on dirait que moult personnes ici s’en fichent du contenu et s’occupent compulsivement et de façon prioritaire et bien crispée et bien automatique aussi du contenant c’est à dire de la forme, des mots, bref de la superficie des choses et non de l’essence des choses, et du coup il y a comme de l’autisme et des stéréotypies qui empêchent toute résolution du problème, on reste bloqué sur des mots, c’est grave quand même.
Alors, changeons-les ces « maux » s’ils sont si difficiles que ça à prononcer, à avaler, appelons-les des forces en action, ce sera peut-être plus digeste si on en parle en ces termes.
C’est de la bêtise de s’arrêter sur ce mot de parti, car les forces ne peuvent continûment se déployer de façon uniforme, l’idée même de force en action suppose un recentrage sur une partie, ça c’est physiologique hein Morphéus et J‑C et puis Etienne aussi…
Bref, c’est assez attristant et même affligeant de constater ce manque cruel de souplesse. La prison est dans nos têtes dans nos mots, nos mots ne sont-ils pas déjà des partis de notre vocabulaire
, mots sélectionnés car notre discernement du moment nous a fait choisir eux plutôt que d’autres, une partie parmi le tout du lexique!!!!
Des forces éparpillées sont des forces diluées et donc stériles, inoffensives et toutes les négations possibles qui en découlent !
On n’est pas sorti de l’auberge, mamma mia!!
@catherine,
calme toi, la logique vaincra, d’ailleurs, tu vois bien que les choses sont en gestation, des gens vont former des forces organisées, ils ne se croiront pas « militants », ils protesteront qu’ils ne sont pas un « parti », mais ils feront la seule chose qui a un avenir, se coordonner entre citoyens,pour peser, pour faire avancer des idées.
moi mon souci, ce ne sont pas ces « détails sémantiques », mais plutôt les travers de l’enfermement, et là il y a lieu de s’inquiéter sérieusement.
ce qui aujourd’hui devrait faire sens du point de vue de l’engagement, c’est, certes d’affirmer un parti pris, un point de vue construit et cohérent, mais de l’envisager comme partie d’un tout « révolutionnaire », un aspect, une couleur de l’arc en ciel du mouvement social et politique à vocation de transformation radicale.
c’est là aussi le sens de « choisir son camp » : se coaliser à ceux qui se sont réveillés et engagés avant et oeuvrer aussi à leur bonne entente, sans qu’il n’y ait rien à renier que les erreurs de jugement.
les « rapports de force », c’est à dire tout ce à quoi nous nous confrontons lorsque nous cherchons à changer les choses, mentalités, armées, propagandes, intérêts, etc., ne se renversent pas par des voeux pieux, il faut qu’une grande partie du peuple s’engage et se conscientise. ce serait dommage et de toute manière impossible, que cela se fasse de manière uniforme et monolithique. Force plurielle, bariolée mais consciente d’elle-même, reliée, coordonnée.
Un cran dans l’engrenage de l’évolution révolutionnaire n’est irréversible que si au bon moment et en permanence les citoyens actifs font office de cliquet, par leur vigilance, leur imagination, leur énergie et leur lucidité…un putsch est si vite arrivé…l’espoir, l’utopie, la théorie ne suffisent pas.
par exemple,ce que je trouve absurde, c’est que celui qui dit ce qui va suivre est un ennemi au sens du chouarisme ou des anarchistes ou des léninistes, alors que le rapport de force (nous sommes tous très minoritaires) impose de s’unir, et de chercher les bases saines,organisationnelles, claires,pour le faire.
C’est pour ça que j’insiste sur le front de gauche, c’est un début de dynamique, j’aurais aimé que ça se fasse autrement, mais lesréalités sont tenaces (le fameux « esprit de parti » dont certains font preuve ici sans s’en rendre compte), cette dynamiques il faut l’élargir,la submerger,la démocratiser mais pas la torpiller,parce que ces gens sont des gens du peuple,avec leurs tares et leurs pépites,mais des gens du peuple qui ne sont pas au service des riches ou de la barbarie, bref, que les non sectaires jugent :
Parlant du problème des médias et de leur concentration, leur uniformité, etc.
Tout compte fait à bien y réfléchir, cette pseudo-dichotomie n’en n’est pas une.
Il y a en effet des forces en puissance qui sont un tout informe, non parti-tionné, puisqu’il est encore dilué dans le tout de __la puissance qui ne manque que de se mettre en acte__
et il y a la puissance mise en acte qui est donc une parti–e du tout, partie forcément et non tout, car l’Energie ne peut-être exclusivement ni tout en puissance potentielle ni tout en puissance actualisée sinon tout s’évanouit, le monde n’existe plus… Il faut une tension entre ces deux pôles, potentialité et actualité, non
C’est ce « et » qu’il faut créer, cette con-jonction de co-ordination, ce petit appendice qui fait s’épouser ce qui divorçait jusque là, c’est la grammaire qu’il nous faut apprendre , ça veut dire qu’il faut sortir de ce niveau de réalité-là, du crêpage de chignon, et de commencer par le petit du petit du quotidien qui, s’il se dévoile( dévoiler, c’est synonyme d’apo-calypse) nous fera possiblement muter et non pas mourir.
Ce sera possiblement la fin d’un monde et non la fin du monde.
D’où l’intérêt de parler de nos expériences concrètes, des noeuds que nous rencontrons dans nos vies respectives, dans les hôpitaux, les administrations, les écoles, l’alimentation, les travaux dans nos municipalités, c’est de là qu’il faut partir et non d’idées abstraites car
refuser de parler du concret fera fuir les gens qui se prennent déjà bien assez la tête avec tout ce qui tombe sur elle. Les difficultés se vivent dans le monde du concret et non dans le monde des idées. Il faut utiliser le concret pour le hisser vers le monde des idées, enfin, c’est ce que je crois aujourd’hui !Le monde des idées c’est beau, mais quand on a faim, une patate qu’on a dans la bouche c’est mieux qu’une recette de ce beau tubercule emberlificoté de subtiles ingrédients, l’idée ça ne nourrit pas son homme, d’abord il faut manger et ensuite on pense, une pensée sans substrat corporel ça n’existe pas, en revanche un substrat corporel sans pensée, ça , ça existe ! sourire !
Le mieux c’est encore qu’il y ait les deux, alors rêvons et ainsi nous ne perdrons pas nos âmes.
Bonne journée à tutti !