Cette semaine, DUBLIN : The Lottery as a Democratic Institution : A Workshop

8/10/2012 | 42 commentaires

Ça se com­plique pour le père Chouard : main­te­nant, faut expli­quer et dis­cu­ter… en anglais.

Alors je bosse dur, grâce à Michael ; ado­rable Michael qui m’aide à pré­pa­rer un oral (à peu près) fluide.

La ren­contre est annon­cée là :

The Lottery as a Democratic Institution : A Workshop

http://​www​.tcd​.ie/​p​o​l​i​c​y​-​i​n​s​t​i​t​u​t​e​/​e​v​e​n​t​s​/​L​o​t​t​e​r​y​_​w​o​r​k​s​h​o​p​_​O​c​t​1​2​.​php

Quand ce sera pas­sé (et avant de filer à Bruxelles, Paris, La Réunion — agen­da de fou), je vous pas­se­rai le texte (bilingue) que j’ai pré­pa­ré pour mes hôtes.

Ne m’en veuillez pas de ne pas beau­coup par­ti­ci­per à vos échanges en ce moment : je suis à fond.

Bien ami­ca­le­ment.

Étienne.

_______

PS : en tour­née dans le midi, Franck (Lepage) devrait pas­ser à la mai­son la semaine pro­chaine ; on vous pré­pare un truc 🙂

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Étienne

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42 Commentaires

  1. Étienne

    J’ai dit deux mots en faveur de Cha­vez mer­cre­di matin, 4 oct. 2012, sur France Culture (vers 1h21 et vers 2h03, je crois) :

    http://www.franceculture.fr/emission-les-matins-presidentielle-au-venezuela-le-phenomene-chavez-de-caracas-a-paris-2012–10-04

    Les com­men­taires (de la page de cette émis­sion) payent… 🙂

    J’é­tais « le-gau­chiste-de-ser­vice-assoif­fé-de-vio­lence-révo­lu­tion­naiore-et-de-grande-ter­reur », tout seul et en dif­fé­ré (enre­gis­tré la veille au télé­phone) pen­dant deux fois deux minutes, face à quatre anti-cha­vez, eux en direct et libres de leurs paroles pen­dant des heures : « trois-qui-le-tiennent-et-un-qui-cogne », c’est leur devise… Il n’y a que comme ça qu’il arrivent à >convaincre leurs audi­teurs que Cha­vez est un affreux tyran 😉

    Il y a aus­si cette petite vidéo (je cause deux fois, à la minute 9:10 et à la minute 31:50 envi­ron, et je n’ai pas le droit de répondre aux sot­tises de la dame) :


    les matins – Renée Fré­go­si par fran­ce­cul­ture

    C’est mieux que rien, mais c’est pas grand-chose quand même…

    Étienne.

    Réponse
  2. Kintoc

    Bon cou­rage m. Chouard ! C’est une noble cause!!!

    Belle info que celle où vous ren­con­tre­rez Franck Lepage… J’ai hâte de voir ce que peux don­ner votre duo !

    Réponse
  3. Little sister

    @ Etienne
    Who is Morpheus ??
    Je me ques­tionne sur ce jour­nal Où Etienne vous appa­rais­sez trés beau en pre­mière page…
    Mais connais­sez vous per­son­nel­le­ment Mor­pheus qui écrit régu­liè­re­ment sur ce blog ?
    Parce ce que pour moi le jour­nal Mor­pheus me donne l.impression de ras­sem­bler en copié col­lé tout ce qui traine dans inter­net depuis les mar­tiens jusque ce qui se passe dans nos assiettes, Tcher­no­byle, la spi­ri­tua­li­té etc etc… Tout en vrac et mange ce que tu veux.… Ça res­semble a du bour­rage de cerveau…Et sur­tout ça me fait pen­ser a la stra­té­gie de la peur, tout y est ras­sem­blé pour faire peur…
    C.est l.impression que ça donne a un néo­phyte qui passe par la…
    Main­te­nant le jour­nal Mor­pheus c.est une SARL, qui vend dans des CD tous ces textes pris on ne sait où…
    J.ai vu que cer­tains lec­teurs de Mor­pheus y ont lais­sé leur numé­ro de télé­phone, j.ai appe­lé les uns et les
    autres mais Gas­ton y a le télé­phon qui son et per­sonne qui répond.…
    Déso­lée Mor­pheus si vous pas­sez par là…

    Réponse
  4. Little sister

    Je suis de plus en plus per­plexe en lisant et en recon­sul­tant le lien du jour­nal Morpheus…
    On y lit que le jour­nal appar­tient aux lec­teurs, ha et com­ment ça ?
    On y apprend sur­tout que nombre d,articles sont des copies de pages de livres divers…
    On apprend que tous les articles des Mor­pheus sont a la vente en cli­quant sur paypal,
    Et tout d,en coup que l.équipe de Mor­pheus nous en sou­haite bonne lec­ture, mais c.est qui cette équipe ?
    Donc les lec­teurs envoient des pages copiées col­lées et piquées dans des livres et la SARL Mor­pheus empoche les royalties ? ?
    Sans doute que je fais erreur, j.ai besoin d.éclairage… Merci

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  5. AlainR

    Revue de web …

    *** 1)

    Com­ment un dépu­té peut-il attri­buer un emploi fic­tif à sa femme ou à ses enfants avec le sta­tut d’as­sis­tant parlementaire ?
    (L’argent du pou­voir, 3 oct 2012, poli​tique​.net)

    Vous cher­chez un emploi fic­tif ? Adres­sez-vous à votre mari dépu­té ! Dans son livre inti­tu­lé « Chers élus », le jour­na­liste Vincent Qui­vy raconte com­ment les dépu­tés et les séna­teurs embauchent à tour de bras leur femme ou leurs enfants en tant qu’as­sis­tant par­le­men­taire… sans exi­ger le moindre tra­vail. Une manière de détour­ner les cré­dits col­la­bo­ra­teurs et d’aug­men­ter ain­si les reve­nus du foyer.

    Epi­sode 12 : Le jack­pot des « assis­tants familiaux » (…)

    *** 2)

    États-Unis : Les « objec­teurs de créances » de Strike Debt orga­nisent la résistance
    (5 octobre 2012, Sté­pha­nie Jac­que­mont, cadtm​.org)

    (…) il s’agit aus­si de se débar­ras­ser du sen­ti­ment de culpa­bi­li­té, de bri­ser le tabou, le silence, l’isolement des per­sonnes endet­tées afin de créer un mou­ve­ment de résis­tance. Strike Debt, le groupe « d’objecteurs de créances » à l’origine de cette action, a d’ailleurs pour slo­gan ce jeu de mots : « You are not a loan !/ You are not alone ! » (…)

    *** 3)

    « Un jour­nal est un acces­soire de puis­sance et de standing »
    (Entre­tien, par Marion Rous­set, 28 sep­tembre 2012, regards​.fr)

    (…) Quelles sont les rela­tions des mil­liar­daires et de la presse ? Jean Stern, auteur des Patrons de la presse natio­nale (…) répond.

    (…) Comme tous les mil­liar­daires actuels, Arnault s’est construit avec le concours de l’Etat et des banques publiques, notam­ment du Cré­dit Lyon­nais. Ces liens inces­tueux sont anciens (…)

    le patron de LVMH se rend compte qu’être pro­prié­taire de presse, non seule­ment ça fait joli dans les salons, mais que c’est un ins­tru­ment de puis­sance. Petit à petit, se crée l’idée qu’un jour­nal est un acces­soire de puis­sance et de stan­ding, comme un yacht, une mai­son dans le Lubé­ron, un jet privé…

    Dans le très petit milieu des clubs et Conseils d’administration consan­guins, les jour­naux per­mettent d’envoyer des « scuds » à ses rivaux. Arnault et Pinault s’en sont ser­vis dans la guerre qui les oppo­sait autour du contrôle de Guc­ci et des par­fums d’Yves Saint Laurent.

    (…) Xavier Niel a un jour décla­ré : « Quand les jour­na­listes m’emmerdent, je prends une par­ti­ci­pa­tion dans leur canard et après ils me foutent la paix »…

    (…) Vous évo­quez la sup­pres­sion, par la direc­tion du groupe Pris­ma, de cinq pages d’un dos­sier consa­cré à La France sous l’Occupation dans Géo His­toire. L’article évo­quait les ami­tiés nazies d’Henry Vuit­ton (…) L’ensemble de la presse fran­çaise s’est auto­cen­su­rée sur le sujet. Paresse, lâche­té, fai­blesse, pressions…

    (…) Les socia­listes ont lais­sé la presse tom­ber dans les mains des mil­liar­daires sans jamais s’y oppo­ser. Fran­çois Mit­ter­rand, par ses liens per­son­nels et poli­tiques, par sa stra­té­gie, a favo­ri­sé cette prise de contrôle qui a com­men­cé au début des années 80.

    Aujourd’hui, nous sommes à la fin d’un cycle. Arnault, Pinault, Das­sault, Lagar­dère sont des oli­garques qui n’ont pas de vision de la presse. Ils la main­tiennent tout juste hors de l’eau pour lui évi­ter de crever.

    (…) Aujourd’hui, ni la gra­tui­té ni la publi­ci­té ne peuvent finan­cer l’information. Il faut donc inven­ter des modèles qui reposent sur les lec­teurs comme Arrêt sur images ou Media­part. Sans ça, la presse va mourir.

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  6. RHC

    Bon­jour,
    @Etienne wow ! C’est une bonne nouvelle !

    @ Lit­tle sister
    Iro­ni­que­ment, l’é­di­tion risque d’être un moyen de dés­in­for­ma­tion (per­tur­ba­tion des infor­ma­tions ? Illu­sion du juste milieu ?) et de ser­vir indi­rec­te­ment la pen­sée unique. L’agent de dés­in­for­ma­tion pra­tique la même méthode en créant un site soi-disant alter­na­tif (bon­net blanc ? Blanc bon­net ?). Le risque et la ten­ta­tion sont grands face au besoin d’ARGENT dans une guerre de l’in­for­ma­tion… On ne peut pas com­battre une struc­ture domi­nante avec le même struc­ture. Je ne jamais vu un ser­pent qui attaque un dragon.

    C’est une grande res­pon­sa­bi­li­té d’as­so­cier le texte d’É­tienne dans la publi­ca­tion (ins­tru­men­ta­li­sa­tion ? Sin­cère ?). A ce niveau de la par­tie, tous les moyens sont bons.

    La pilule rouge est très dif­fi­cile à ava­ler, mais le ciel est bleu…, c’est votre liber­té de choi­sir ce que vous inté­resse là dedans.

    C’est curieux , par exemple, que le fon­de­ment de notre connais­sance en mathé­ma­tique n’est pas détaillé. Or on parle du troi­sième prin­cipe de la ther­mo­dy­na­mique. A mon avis per­son­nel, je suis contre à toute forme d’ex­ploi­ta­tion com­mer­ciale des connais­sances lointaines…

    Sin­cè­re­ment,

    Réponse
  7. RHC

    Par­don, le cla­vier est très dif­fi­cile à utiliser :

    On ne peut pas com­battre une struc­ture domi­nante avec la même struc­ture. Je n’ai jamais vu un ser­pent qui attaque un dragon.

    Le tirage au sort est une nou­velle struc­ture, il ne cherche pas un ber­ger ou un chien pour gar­der un troupeau…
    XVIIIe siècle (Lumière ? Ténèbres ? ).

    Réponse
  8. RHC

    Enfin, une expli­ca­tion par­tielle du fameux Droit de l’homme : 

    Réponse
  9. RHC

    Il y a une petite idée pra­tique, la mise en place ini­tiale du tirage au sort, par exemple, il fau­drait tes­ter dans le domaine de l’é­du­ca­tion (asso­cia­tion scientifique?…etc)

    Les élèves pro­posent avec les pro­fes­seurs les domaines à étu­dier (Influence ? Pou­voir ?). Le choix et la vali­da­tion des ensei­gne­ments se font par tirage au sort.
    Par ana­lo­gie, les Pro­fes­seurs jouent le rôle des politicien(ne)s, les Élèves  repré­sentent le peuple de demain et l’ infor­ma­tique effec­tue les ges­tions des choix et les mises en forme des cours.
    Les Élèves ont le droit de reje­ter un ensei­gne­ment qui ne conforme pas à l’at­tente de l’ensemble.(Referendum ? Pou­voir?) pour la ren­trée prochaine.
    C’est une base pra­tique pour entre­prendre une nou­velle consti­tu­tion où l’en­semble marche. Qu’en pen­sez vous ?

    Réponse
  10. Morpheus

    @ Etienne

    Non, Etienne, je ne suis pas l’au­teur de ce site 🙂

    Mais je sop­pose que l’au­teur à choi­si ce nom pour col­ler avec son objet : infor­mer les humains des plans machia­vé­liques que les dieux de l’O­lympe our­dissent à leur encontre.

    En effet, Mor­phée, dans la mytho­lo­gie grecque, appa­rais­sait dans les songes des humains sous les traits d’un être cher afin de dévoi­ler les plans des dieux.

    C’est la rai­son pour laquelle j’ai opté pour ce pseu­do­nyme, et c’est la même rai­son qui jus­ti­fie le nom de Mor­pheus dans la tri­lo­gie Matrix (tous les per­son­nages ont un nom en apport avec leur fonc­tion ou un attri­but principal).

    Cor­dia­le­ment, Morpheus

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  11. Little sister

    @ Mor­pheus… Je suis de plus en plus per­plexe car là vous défen­dez illi­co le jour­nal Mor­pheus. Moi j.aurais été déran­gée qu.un jour­nal occulte détienne le même pseu­do que moi, j.aurais illi­co chan­gé de pseu­do et je l.aurais fait savoir. Il y suf­fi­sam­ment d.archétypes a choi­sir dans la mytho­lo­gie pour trou­ver un nou­veau pseudo.
    Le jour­nal Mor­pheus dont l.équipe reste incon­nue, édite des articles qui posent ques­tion sur leur auteur, sur leur ori­gine, sur leur cre­di­bi­lite, j,en serais déran­gée mais pas vous.…. Après tout c.est votre droit, mais pour ma part ( pour ma part bien sur ) je suis dans le doute. L.identité est sacrée même pour un pseudo.

    Réponse
  12. skeol

    Bon cou­rage pour la conférence,je parle le plus pos­sible de vous à mon entourage,j’ai hâte de connaître la suite avec Franck LEPAGE ^^. Pleins de bonnes choses pour vous et votre entourage 😉

    Réponse
  13. bruben98

    @ etienne. Whaoww elle est super bar­rée la dinde!!!! « Ache­ter ds dépu­tés c’est nor­mal!!?? Science po. ça lui a bien lavé le cer­veau!!!!! c’est pas croyable d’of­frir une tri­bune à ce genre de per­sonne soi disant grande spé­cia­liste de l’A­mé­rique latine Elle me fait pen­sé a « l’is­la­mo­logue » Gui­bert je crois mais ce n’est pas son vrai nom, qui sévit sur c’est dans l’air une émis­sion qui brasse du vent ! 😉

    For­za Etienne!!!!

    Réponse
  14. Disjecta

    Bon­jour Etienne,

    Dans l’é­mis­sion sur France Culture, Renée Fri­go­si était effec­ti­ve­ment pas mal. Mais dans le genre, Brice Cou­tu­rier a fait plus fort ce jour-là : pas moins de 4 révé­la­tions fra­cas­santes sur le Vene­zue­la ! Je me suis fen­du d’un petit article sur Ago­ra­vox pour qu’on n’ou­blie pas ces petites pépites jour­na­lis­tiques, sur le mode paro­dique. L’ar­ticle en a trom­pé quelques-uns, qui ont cru que j’é­tais sérieux. Erreur tout à fait par­don­nable quand on regarde à quel point les jour­na­listes fran­çais et occi­den­taux ne se gênent pas pour racon­ter les pires conne­ries (pro­ba­ble­ment tirées, comme le sug­gère Mélen­chon d’un petit dos­sier de presse made in CIA…).

    Je ne sais pas où en est votre rela­tion ami­cale avec Michel Onfray mais je n’ai pas pu aus­si m’empêcher de « l’al­lu­mer » sur Ago­ra­vox. L’in­di­vi­du m’est de moins en moins sym­pa­thique et j’a­vais déjà du mal à croire qu’il était hon­nête lors­qu’il des­cen­dait Robes­pierre à Ce soir ou jamais. Mais on ne peut pas ne pas recon­naître une cer­taine suite dans les idées à l’in­di­vi­du puis­qu’il s’est retrou­vé sur le pla­teau d’un jour­nal de France 3 pour expli­quer que de toute façon les élec­tions au Vene­zue­la étaient tru­quées d’a­vance au pro­fit de Cha­vez. Cha­peau bas l’artiste !

    NB : comme c’est la pre­mière fois que j’é­cris un com­men­taire, tous mes remer­cie­ments pour les vidéos de Guille­min, par­ti­cu­liè­re­ment celle sur Robes­pierre. Et puis votre vidéo avec Syl­vain Durain, qui m’ont fait décou­vrir, à moi et ma com­pagne, un sacré per­son­nage. Chouard+Lepage, on en a presque sau­té de joie ici…

    Réponse
  15. Morpheus

    @ Lit­tle Sister

    En effet, je ne consi­dère pas que j’ai un droit de copy­right sur le pseu­do­nyme Mor­pheus, et je ne suis pas res­pon­sable de la ligne édi­to­riale de ce maga­zine (qui a au moins le mérite de ne pas être aligné).

    Et puis, bon, il y une petite dif­fé­rence : moi c’est Mor­pheus (à l’an­glaise), eux c’est Morphéus (avec un accent aigu, à la française) 😉

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  16. Little sister

    @ Mor­pheus

    J.apprécie votre réponse, merci

    Réponse
  17. AlainR

    A l’As­sem­blée, des lob­byistes encore trop discrets
    (Hélène Bek­me­zian, LE MONDE, 13.10.2012, lemonde​.fr)

    (…) D’oc­tobre à décembre, le cabi­net Séance publique pro­pose ain­si aux entre­prises deux types de for­fait « spé­cial PLF et pro­jet de loi de finan­ce­ment de la Sécu­ri­té sociale (PLFSS) 2013 » : un à 8 000 euros, com­pre­nant « accom­pa­gne­ment par­le­men­taire, car­to­gra­phie des déci­deurs-clés, orga­ni­sa­tion de sept à dix ren­dez-vous au Par­le­ment et veille », et un autre à 5 000 euros, pour « ana­lyse juri­dique, rédac­tion et dépôt d’a­men­de­ments et sui­vi des débats ».

    (…) le rela­tion­nel reste pri­mor­dial ; plus qu’un petit mot de féli­ci­ta­tions manus­crit, « il y a le besoin de tou­cher à la vraie vie des gens, deman­der des nou­velles des enfants… Cela reste une rela­tion humaine, il faut se déta­cher du côté tech­no­cra­tique », témoigne une lob­byiste du sec­teur bancaire (…)

    En ce moment, c’est le PLFSS, exa­mi­né en com­mis­sion à l’As­sem­blée, qui pose pro­blème, notam­ment à cause des aug­men­ta­tions des taxes dans les sec­teurs ban­caire et des assu­rances. « Sans le contexte de crise actuel, nous aurions jugé cela mons­trueux, his­to­ri­que­ment mons­trueux même. Je ne sais pas ce qu’on va faire », avoue la lob­byiste ban­caire, qui se sou­vient de « la période heu­reuse où l’on pou­vait deman­der des sup­pres­sions de taxes » (…)

    au besoin, pour­suit un lob­byiste du bâti­ment, « on conti­nue ». « A force de répé­ter, on finit par obte­nir gain de cause, c’est une ques­tion de téna­ci­té. On a le temps, on est des per­ma­nents, on a l’his­to­rique. On reste par­fois plus long­temps qu’un par­le­men­taire », rap­pelle-t-il, du haut de ses dix ans d’expérience (…)

    Réponse
  18. Grumeau

    Mer­ci AlainR pour tous ces articles incroyables ! Men­tion spé­ciale aux emplois fic­tifs et aux lob­bys mar­chands du temple.

    Ca fait vrai­ment froid dans le dos tout ça…

    Réponse
  19. Alain Guillou

    Nous devrions tous nous appe­ler Mor­pheus, voire Morfle-et-oust ! 

    Ce qui fait qu’i­ci nous ne soyons pas « sus­pects » comme des com­plo­teurs tient à un accent ténu, mais la réa­li­té de notre confiance vient du fait que nous sommes des « cher­cheurs libres », insa­tis­faits de leurs « savoirs acquis » et pas rési­gnés du tout à délé­guer leur droit de cogi­ter à un « intel­li­gent supé­rieur » ni à un mar­chand de pen­sées lio­phy­li­sées qu’il suf­fi­rait de trem­per dans son thé vers 17h pour pré­tendre s’être fait une opinion.

    J’é­cris cela en tant que mili­tant encar­té, mais cela ne signi­fie rien pour ceux qui n’ont jamais vu à quel point une Assem­blée Géné­rale de tels « mili­tants » peut sur­prendre et démen­tir les stig­ma­ti­seurs mania­co-obses­sion­nels du « Parti »…

    Il existe des pen­seurs libres par­tout, même chez les « libre-pen­seurs », et je conti­nue à me réfé­rer à la fois à Jean XXIII, Lan­za Del Vas­to et …You­ri Gaga­rine, ce der­nier, « bon mili­tant », ayant dédié ses exploits à l’hu­ma­ni­té entière plu­tôt qu’à « l’empire sovié­tique », ce qui veut dire que je ne me réfère pas au »démo­crate« Oba­ma qui déclare que la conquête de la pla­nète Mars prouve au monde que son patron c’est « l’Oncle Tom »…

    Notre seul patron com­mun c’est notre intel­li­gence cri­tique, donc c’est un patron sou­vent absent, ce qui se pro­duit trop à l’heure du thé…

    Bisous à tous et toutes !

    Réponse
  20. AlainR

    De rien, Grumeau 😉 

    Encore 2 liens :

    1)

    « Taxer l’art cher, c’est libé­rer la créa­tion » (12÷10÷2012, tri­bune de Denis Robert, rue89​.com)

    L’écrivain Denis Robert, éga­le­ment artiste, est pour la taxa­tion des œuvres d’art, pro­po­si­tion qui divise le gouvernement (…)

    ===

    N’a‑t-on pas vu en début de semaine dis­pa­raître un zéro dans les articles à pro­pos de cette taxa­tion nou­velle ? A 5 000 euros, c’était effec­ti­ve­ment com­pli­qué de créer une taxe. Mais 50 000 euros comme limite, c’est une autre his­toire. On ne touche pas les mêmes gens, ni les mêmes sommes. On s’attaque ici aux Porsche Cayenne et aux Fer­ra­ri, pas aux vieilles Vol­vo, comme on a vou­lu le faire croire (…)

    Cette dés­in­for­ma­tion et ce sou­tien poli­tique, aus­si mal­adroit qu’unanime, me semblent direc­te­ment liés à l’influence de lob­bies puis­sants et dis­crets : cer­tains riches gale­ristes, des anti­quaires, des col­lec­tion­neurs for­tu­nés et les défis­ca­li­seurs professionnels.

    Je n’arrive pas à com­prendre com­ment des élus s’étant bat­tus contre les pri­vi­lèges sar­ko­zistes, si prompts à dégai­ner devant les petits héri­tiers, peuvent tom­ber dans ce piège qui sent plus le caviar que la gauche.

    (…) ce com­bat de chiens et de loups, de tra­ders et de ren­tiers (…) Les plus gros mar­chands d’art sont aujourd’hui anglais (Sotheby’s, Christie’s). Ils ont avec l’activité artis­tique un rap­port… éli­tiste. J’ai mûri ce mot qui est bien léger en rap­port à ce que je pense. « Elitiste ».

    Ces ogres qui poussent des cris de vierge aujourd’hui n’ont rien à voir avec les gale­ristes, ces pro­duc­teurs d’art, qui se bagarrent pour expo­ser des nou­veaux peintres, sculp­teurs, pho­to­graphes. Idem pour les gros sites inter­net qui vendent des toiles comme on vend des Sicav.

    (…) Ces mar­chands sont deve­nus de vrais ban­quiers. Pour eux, comme pour quelques rares gale­ristes pari­siens (voir la petite équipe qui gère la Fiac comme sa chasse gar­dée), l’art, c’est d’abord de la finance, de l’échange, du busi­ness, de la défis­ca­li­sa­tion. Un artiste mort vaut et rap­porte vingt fois plus qu’un artiste vivant. Ils n’en ont rien à battre de la créa­tion. Ils font du blé, du blé et encore du blé…

    (…) Je prends le pari que des artistes contem­po­rains comme Com­bas, Di Rosa ou même Garouste (pour prendre des figures que j’aime bien) pour­raient me rejoindre sur ce ter­rain. Ils ne touchent rien sur leurs œuvres anciennes qui passent de main en main, sinon un droit de suite de 3%. Leur bou­lot d’avant sert la spé­cu­la­tion (…)

    2)

    Ces éco­no­mistes qui mono­po­lisent (tou­jours) les débats (par Mathias Rey­mond, le 9 octobre 2012, acri​med​.org)

    (…) Acri­med, et avec elle Le Plan B et quelques autres cri­tiquent depuis long­temps la proxi­mi­té de cer­tains éco­no­mistes avec le pou­voir finan­cier, leurs rela­tions inces­tueuses avec le pou­voir poli­tique, et leur omni­pré­sence média­tique (…)

    « Com­ment peut-on être objec­tif en étant juge et par­tie  ? » (…) rien ne semble avoir enta­mé leur aura dans les médias domi­nants  : à la radio, comme à la télé­vi­sion, les éco­no­mistes qui trempent leurs mains dans le cam­bouis de la finance ne sont jamais pré­sen­tés comme tels et sont tou­jours partout.

    Durant l’année 2011 (…) Jacques Atta­li a fait 14 pas­sages sur France Télé­vi­sions, Alain Minc 8 pas­sages, autant pour Michel Godet, Chris­tian de Bois­sieu 3, Daniel Cohen 18, et Élie Cohen… 43 pas­sages. Jacques Sapir, un hété­ro­doxe qui assume une posi­tion pro­tec­tion­niste voire sou­ve­rai­niste de gauche, ne compte que 3 pas­sages sur France Télé­vi­sions. Fré­dé­ric Lor­don, lui, n’a fait qu’une appa­ri­tion sur les chaînes du ser­vice public.

    De manière plus pré­cise, l’émission « C dans l’air » (…) appa­raît comme un bon exemple d’orthodoxie péda­go­gique (…) Sur la période allant de sep­tembre 2011 à sep­tembre 2012 (…) 103 invi­ta­tions ont été attri­buées à des « éco­no­mistes » (…) 26 éco­no­mistes se sont répar­tis les 103 invi­ta­tions et ils ne sont que quinze à avoir été invi­tés une seule fois. Onze éco­no­mistes se par­tagent donc 92 invi­ta­tions. Dans ce car­ré VIP, c’est Phi­lippe Des­ser­tine qui décroche le pompon (…)

    Ces éco­no­mistes défendent tous l’orthodoxie libé­rale (…) S’il existe quelques nuances entre eux, il n’en demeure pas moins qu’ils sont tous favo­rables à la construc­tion euro­péenne, au libé­ra­lisme éco­no­mique et à la mon­dia­li­sa­tion. Pré­sen­tés comme éco­no­mistes, ils sont presque tous impli­qués dans la banque et la finance, et plus glo­ba­le­ment dans le monde de l’entreprise en tant que conseiller ou administrateur…

    Si Phi­lippe Des­ser­tine est pro­fes­seur de finance à l’université Paris‑X Nan­terre, il est aus­si direc­teur de l’Institut de haute finance du groupe IFG (…)

    Les brefs cur­ri­cu­lum vitae de ces piliers de « C dans l’air » révèlent la taille (réduite) du péri­mètre à l’intérieur duquel est trai­tée la ques­tion éco­no­mique. Par leurs posi­tions sociales, par leurs appar­te­nances poli­tiques, par leurs orien­ta­tions idéo­lo­giques et, pour cer­tains, par leur impli­ca­tion dans des entre­prises pri­vées, ils forment un groupe très homo­gène, assez repré­sen­ta­tif de l’ensemble des éco­no­mistes invi­tés dans les médias. Mais beau­coup moins repré­sen­ta­tif de l’ensemble des éco­no­mistes, et encore moins de la diver­si­té des ana­lyses de la situa­tion éco­no­mique actuelle, de ses causes et des remèdes possibles.

    Ces éco­no­mistes, tou­jours autant visibles à la télé­vi­sion depuis l’avènement de la der­nière « crise », qui a pour­tant per­mis d’émettre de sérieux doutes sur leur « exper­tise », res­tent éga­le­ment omni­pré­sents à la radio.

    (…) la qua­si-absence des femmes (3 sur 81), liée en par­tie à la dis­tri­bu­tion très inégale des genres dans le milieu uni­ver­si­taire dans des dis­ci­plines comme l’économie, est élo­quente. Quant à l’ultra-parisianisme des matins de France Culture, il est saisissant (…)

    (…) En 2012, à la radio, rien ne semble avoir chan­gé. Alain Minc, par exemple, auteurs d’ouvrages sur l’économie rem­plis d’erreurs fac­tuelles, qui a décla­ré, en 2008 sur Direct 8, que « le sys­tème finan­cier est très bien régu­lé » et que le « risque de grand déra­page est pas­sé », conti­nue d’être invi­té régu­liè­re­ment sur les antennes (…)

    Son alter ego, auteur d’essais truf­fés de bourdes, le très ver­sa­tile Jacques Atta­li, s’est expri­mé sur Europe 1 le 21 février, et sur France Info, le 7 mai. Et pour bien enta­mer la ren­trée, France Inter a invi­té Daniel Cohen, pour qui en 2008 « la crise finan­cière était a prio­ri pas­sée », dans sa mati­nale du 4 sep­tembre, Le Monde (dont il est édi­to­ria­liste asso­cié) l’a inter­viewé le 9 sep­tembre et Les Échos, le 11 sep­tembre. Aucun n’a rap­pe­lé qu’il était conseiller de la Banque Lazard. Éton­nant, non ?

    En défi­ni­tive, le cercle des pri­vi­lé­giés s’auto-entretient (…)

    Réponse
  21. QuienSabe

    Ouha ! com­ment Renée Fré­go­si, l’ex­perte (auto)patentée se vautre à la 40′33″ sur la réélec­tion de Chavez… 
    Et chiffres bidons à l’ap­pui dont elle ne cite pas les sources (de finan­ce­ments ?), même que les cha­vistes ne les contestent pas
    (les absents ont tou­jours tort 😉

    Réponse
  22. QuienSabe

    @22,Alain Guillou :« J’é­cris cela en tant que mili­tant encar­té, mais cela ne signi­fie rien pour ceux qui n’ont jamais vu à quel point une Assem­blée Géné­rale de tels « mili­tants » peut sur­prendre et démen­tir les stig­ma­ti­seurs mania­co-obses­sion­nels du « Parti »… »

    En tant qu’an­cien membre actif (très) du PG, que j’ai quit­té suite à la capi­tu­la­tion sans condi­tion de son men­tor, le 20/04/2012, je peux témoi­gner que s’il est vrai que des AG peuvent être hou­leuses (très), il n’en demeure pas moins que, sans tom­ber dans la stig­ma­ti­sa­tion mania­co-obses­sion­nelle, ces AG se ter­minent sou­vent par un vote à main levée où les mino­ri­taires qui dénoncent des manques de trans­pa­rence, des inti­mi­da­tions, des cultes de la per­son­na­li­té, non plus qu’à la fer­mer et/ou à déguerpir. 

    On est loin de l’i­sé­go­ria car le vote n’est plus qu’un ins­tru­ment de plébiscite !

    Ici, c’est plus sympa 😉

    Réponse
  23. Ana Sailland

    En effet :

    Une per­sonne démo­crate ne peut pas sur­vivre dans un par­ti clas­sique. C’est impossible.

    Il manque à la France un par­ti démo­crate SINCÈRE. Qui en tout micro détail de son propre fonc­tion­ne­ment serait le pro­to­type de son ambition.

    Réponse
  24. Alain Guillou

    @25,QuienSabe…

    « ici » est un lieu de « gra­tui­té abso­lue », autant dire le para­dis de nos rêves, mais jus­te­ment, il ne va rien en sor­tir d’autre que l’in­flexion pos­sible par­tout ailleurs dans « les vies internes » de toute orga­ni­sa­tion « ins­ti­tuée » qui échappe à cette « ape­san­teur favo­rable d’ici » ! 

    Pour ma part, sans replon­ger dans du pro­sé­ly­tisme bar­bare, je suis convain­cu qu’il faut « aller au char­bon sans se rési­gner par­tout ou l’on « s’est déjà orga­ni­sé depuis belle lurette » pour « résister ». 

    Même dans mon église, si j’en avais eu, je prê­che­rais pour intro­duire un usage « quelque part » du tirage au sort… C’est dire ! mais là c’est « limite pour moi » ! 

    Bien sûr il faut aimer un mini­mum les gens qui se moquent de nous, pour « résister » ! 
    « Vive le par­ti com­mu­niste alle­mand » cria-t-il avant de tom­ber sous les balles (etc…)

    Réponse
  25. QuienSabe

    @16,Disjecta :« L’in­di­vi­du (Michel Onfray, ndlr) m’est de moins en moins sym­pa­thique et j’a­vais déjà du mal à croire qu’il était hon­nête lors­qu’il des­cen­dait Robes­pierre à Ce soir ou jamais. »

    Je n’aime pas Michel Onfray, pour d’autres rai­sons que les vôtres, et je tiens Robes­pierre pour un impos­teur et le véri­table fos­soyeur de la Révo­lu­tion. Cela ne fait-il plus de moi un hon­nête homme ?

    Contrai­re­ment à Sartre, pour moi, l’en­fer ce n’est pas les autres ; c’est l’i­gno­rance. Je la consi­dère comme res­pon­sable de tous nos maux.

    Alors, chaque jour j’es­saye, avec ou sans suc­cès, de me dépouiller de ma propre igno­rance avant de condam­ner celle des autres. C’est pas facile et en plus j’ai déjà pas­sé la cinquantaine 😉

    Du temps de ma feu mélen­chon­nite aigüe, j’ai cru aus­si que Robes­pierre était l’ar­ché­type du révo­lu­tion­naire. D’ailleurs, mon tri­bun atti­tré de l’é­poque s’en récla­mait, vibra­to à l’ap­pui ! Et on trouve même sur ce site un éloge vibrant de H.Guillemin à Robespierre.

    C’est suite à cet éloge que je me suis docu­men­té, et conti­nue de le faire, sur la Révo­lu­tion que je croyais connaître.

    Je recom­mande la lec­ture de : 

    « La grande révo­lu­tion 1789–1793 » de Pierre Kro­pot­kine,

    mais aus­si et surtout : 

    « La lutte de classes sous la Pre­mière Répu­blique » de Daniel Gué­rin, en deux Tomes.

    S’il ne fal­lait en lire qu’un, ce serait celui de Gué­rin. Les deux auteurs adoptent le point de vue popu­laire de la Révo­lu­tion, et c’est du déca­pant qui trans­gresse allè­gre­ment de nom­breuses idées reçues.

    Salut et fraternité.

    Réponse
  26. Ana Sailland

    Mais pour­quoi diable fon­der son opi­nion sur des vibra­tos alors qu’il suf­fit de lire l’His­toire ?!? Rien ne vaut l’au­then­tique. Quand la docu­men­ta­tion existe, elle seule est cré­dible, infalsifiable :

    Robes­pierre
    Pour le bon­heur et la liberté
    Discours

    La fabrique
    Editions

    Col­lec­teurs : Yan­nick Bosc ; Flo­rence Gau­thier ; Sophie Wanisch

    En lisant cet épais docu­ment, on découvre le cadre hos­tile à la démo­cra­tie et au peuple des modestes, dans lequel devait se débattre un homme assez soli­taire face à ses « collègues ».

    Réponse
  27. QuienSabe

    @11,RHC :« Il y a une petite idée pra­tique, la mise en place ini­tiale du tirage au sort, par exemple, il fau­drait tes­ter dans le domaine de l’é­du­ca­tion (asso­cia­tion scientifique?…etc)(…)Qu’en pen­sez vous?. »

    C’est une excel­lente idée que ma femme, ins­ti­tu­trice de son état, met déjà en pratique. 

    Elle en est très contente et les élèves aus­si (sauf les domi­nants!). Plus de conflits de per­son­na­li­té, plus de clans, et sys­tème de rota­tion par éli­mi­na­tion des déjà tirés. C’est à dire que cha­cun est sûr d’être tiré au sort et devra exer­cer sa responsabilité.

    J’es­saye, à mon niveau, de pro­pa­ger cette idée auprès des mili­tants et sym­pa­thi­sants que je connais (soit pas mal de monde en tout) avec l’es­poir de faire une sorte de par­ti des sans par­tis pour les municipales.

    Il y a déjà un pré­cé­dent chez nous, et en dehors des partis ! 
    C’est la com­mune de Tor­dères :

    http://www.article11.info/?Torderes-commune-autogeree-mode‑d.

    Mer­ci à AlainR pour ses liens qu’il nous four­ni et qui ne le sont pas moins.

    @29, Ana Sailland :« Mais pour­quoi diable fon­der son opi­nion sur des vibratos »

    C’est dia­ble­ment rac­cour­cir mon pro­pos. Mais les vibra­tos, comme bien d’autres sti­mu­li, par­ti­cipent de l’en­tro­pie, donc de la quan­ti­té d’in­for­ma­tion dis­po­nible sur laquelle se base notre réflexion. Et comme pré­tendre à l’ob­jec­ti­vi­té relève de la vani­té… je m’en gar­de­rai bien !

    Salut et fraternité.

    Réponse
  28. Ana Sailland

    Bonne lec­ture.

    Réponse
  29. Maxo

    SERMENT DE CITOYEN DÉMOCRATE LIBRE ET DIGNE

    Les dix volontés

    Consi­dé­rant que :

    La vie nous est trans­mise et qu’elle est une espé­rance vers un ave­nir de noblesse de pen­sées, de pas­sions, d’actions et de paix, de connais­sances, de tran­quilli­té, de bien être, de pros­pé­ri­té en toute res­pon­sa­bi­li­té de cha­cun et de digni­té pour éra­di­quer l’esclavage, la pros­ti­tu­tion et la misère .

    Le savoir, l’éducation, la convi­via­li­té, ne sont pas innés et s’apprennent pour une vie indi­vi­duelle et en com­mu­nau­té riche et dis­po­nible pour le plai­sir de rece­voir et appor­ter, de par­ti­ci­per au pro­grès sans lequel il n’y a pas de liber­té, digni­té et paix.

    Nul ne doit por­ter atteinte à la vie et au bien-être de tout indi­vi­du pour des motifs per­son­nels ou de socié­té, de capi­tal et moyens de pro­duc­tion, spi­ri­tuels ou poli­tiques, par sou­mis­sion, allé­geance, ido­lâ­trie et autres. Les besoins vitaux dus au pro­grès social, l’hygiène e la san­té font par­tie de la digni­té humaine.

    La démo­cra­tie repré­sen­ta­tive, le capi­ta­lisme d’Etat et les mul­tiples orga­ni­sa­tions poli­tiques cou­vrant de pri­vi­lèges les aris­to­crates, castes et oli­gar­chies, n’ont pour but que de prendre en otage les citoyens et détour­ner leurs pou­voirs à déci­der par eux-mêmes, de faire les lois, d’occulter la vraie Démo­cra­tie et autres, sont les causes de la cor­rup­tion des gou­ver­nants, de l’humiliation et des mal­heurs du Peuple taillable et cor­véable à merci.

    Le citoyen conscient de son uti­li­té dans la socié­té et des aspi­ra­tions au bon­heur pour cha­cun en fonc­tion de ses moyens et connais­sances, s’engage à les res­pec­ter sans idéo­lo­gie, à les pro­mou­voir et por­ter assis­tance, à ne pas créer ou encou­ra­ger tout acte pou­vant atteindre le rayon­ne­ment des valeurs huma­ni­taires contri­buant à la cohé­sion de la famille et de la société.

    Moi, Citoyen maître de moi-même et de ma des­ti­née, décla­rant solen­nel­le­ment la Liber­té et la Digni­té de la per­sonne comme étant les prin­ci­pales qua­li­tés d’une Démo­cra­tie directe basée sur la res­pon­sa­bi­li­té de cha­cun, prête serment.

    1- Je jure par Clis­thène, fon­da­teur de la pre­mière démo­cra­tie, par mes aïeuls outra­gés et oppri­més par les tyrans, des­potes et dic­ta­teurs de par­ti­ci­per à la res­ti­tu­tion de la liber­té, de la res­pon­sa­bi­li­té et de la pros­pé­ri­té pour cha­cun des citoyens acteur de l’économie et non comme res­source, à la res­tau­ra­tion du pou­voir du peuple pour chan­ger les ins­ti­tu­tions par l’égalité citoyenne, que je rem­pli­rai, sui­vant mes forces et ma capa­ci­té, l’engagement sous ser­ment que je prends.

    2- Je met­trai au rang de repré­sen­tant du peuple tout citoyen can­di­dat indé­pen­dant de tout par­ti poli­tique qui, une fois élu, pren­dra l’engagement de res­pec­ter le pré­sent ser­ment, au titre de citoyen et d’élu, ne com­man­de­ra pas la force publique à son ser­vice ni contre le peuple, remet­tra ses actions au vote citoyen pour appro­ba­tion au moins une fois par an et par réfé­ren­dum à son ini­tia­tive ou à celle des citoyens à chaque fois que néces­saire et qui ne s’immiscera pas, direc­te­ment ou indi­rec­te­ment, dans la vie pri­vée de chaque citoyen et de sa famille.

    3- J’utiliserai la place publique appe­lée « Place de la Démo­cra­tie, de la Liber­té et de la Digni­té humaine » qui sera amé­na­gée et orga­ni­sée par une com­mis­sion indé­pen­dante, élue par les citoyens afin de per­mettre à la popu­la­tion de s’exprimer pour la pro­cla­ma­tion de l’organisation du réfé­ren­dum d’initiative popu­laire et y dépo­ser la demande de réfé­ren­dum qui tien­dra d’obligation de pro­cé­der pour l’élu qui y pro­cé­de­ra, dans un délai d’un mois , dès que le nombre de deux pour cent des votants ins­crits sera atteints.

    4- Je par­ti­ci­pe­rai tou­jours à l’épanouissement de la per­sonne et à l’amélioration de la vie en com­mun, je par­ta­ge­rai mes connais­sances, je pour­voi­rai aux besoins de la famille sans autre contrainte que son inté­rêt, j’apporterai mes moyens maté­riels, phy­siques et intel­lec­tuels au ser­vice du citoyen afin que la vie de cha­cun en soit amé­lio­rée, et en cer­taines cir­cons­tances, j’accepterai l’aide de la cité à qui je serai tou­jours mora­le­ment redevable.

    5- Je diri­ge­rai l’action poli­tique tou­jours à l’avantage de la per­sonne seule­ment, non en faveur de toute ins­ti­tu­tion ou admi­nis­tra­tion ; sui­vant mes forces et mon juge­ment, je m’abstiendrai de toute injus­tice. Je ne remet­trai à per­sonne mon pou­voir de repré­sen­ta­tion par inté­rêt per­son­nel autre que la san­té et l’éloignement prin­ci­pa­le­ment si on me le demande, ni ne pren­drai l’initiative d’une pareille suggestion.

    6- J’exercerai mon pou­voir de citoyen comme dans le res­pect d’autrui, de la jus­tice et de l’indépendance totale.

    7- Je ne pro­vo­que­rai pas d’élection stra­té­gique en faveur de qui que ce soit et pour quelque motif que ce soit ; je ne pra­ti­que­rai que la par­ti­ci­pa­tion aux élec­tions sui­vant les vraies consi­dé­ra­tions d’intérêt public et mon vote ne sera enta­ché d’aucune hypocrisie.

    8- Je res­pec­te­rai la digni­té de toute per­sonne, dans quelque mai­son que je rentre pour l’utilité des habi­tants, me pré­ser­vant de tout méfait volon­taire et corrupteur.

    9- Je ne ferai pas éta­lage de l’action citoyenne pour aider les familles dans la néces­si­té et je tai­rai ce qui n’a jamais besoin d’être divul­gué, obser­vant la dis­cré­tion comme un devoir en pareil cas.

    10- Je jure à mes des­cen­dants de pré­ser­ver la Démo­cra­tie, la Liber­té et la Digni­té humaine de toutes mes forces ; de m’opposer à toute per­sonne et/ou for­ma­tion qui vise­rait de spo­lier le Citoyen de ses droits inalié­nables, impres­crip­tibles et sacrés.

    Si dans l’honneur et la digni­té je rem­plis ce ser­ment, jouir heu­reu­se­ment de la vie sera mon but.

    Si dans la déloyau­té et la tra­hi­son je me par­jure, mou­rir dans la tris­tesse et le tour­ment sera mon sort.

    Réponse
  30. AlainR

    De rien, QuienSabe 😉

    =====

    Docu­men­taire de La Télé Libre :
    Islande : Takk la Crise ? (Mer­ci la crise ?)
    de Thi­bault Pomares, le 30 juin 2012.

    (…) (à la minute 1′13″)
    (ques­tion à une tou­riste française)

    « Est-ce que vous avez enten­du par­ler de la Révo­lu­tion démo­cra­tique islandaise ? »

    « Le guide en a par­lé pen­dant le voyage. Ils vont refaire la Consti­tu­tion. Autre­ment, en France, moi je n’en avais pas enten­du par­ler. J’ai pen­sé : il fau­drait faire la même chose en France. Et c’est peut-être pour ça qu’on ne nous en parle pas … »

    (…) (à la minute 3′20″)
    (ques­tion à une islandaise)

    « Croyez-vous dans la Révo­lu­tion démo­cra­tique islan­daise ? Sen­tez-vous de l’es­poir revenir ? »

    « ça ne chan­ge­ra jamais si nous n’a­vons pas une nou­velle Consti­tu­tion. On est en train de tra­vailler là-des­sus, on écrit une nou­velle Consti­tu­tion pour notre pays. Mais si le gou­ver­ne­ment ne l’ac­cepte pas, et le Par­le­ment aus­si, nous n’au­rons jamais cette nou­velle Constitution. »

    (…) (à la minute 10′)
    (ques­tion à une islandaise)

    « Pour­quoi êtes-vous en train de faire des cris de mou­ton, qu’est-ce qu’il se passe ? »

    « On pro­teste contre l’é­lite islandaise. »

    (…) (à la minute 11′20″)
    (auto-déri­sion dans le clip de cam­pagne du maire de Reykjavik)

    « Votez pour nous, nous sommes les « Meilleurs » ! »

    (…) (à la minute 14′10″)
    (pro­pos d’un franco-islandais)

    « Il y avait une ambiance un peu pour­rie, les gens ne se par­laient pas trop. C’é­tait vrai­ment la course à l’argent. Et là, après la crise, ça s’est beau­coup huma­ni­sé, je trouve. On ne peut pas dire que ce soit une bonne chose mais j’o­se­rais presque dire que la crise a été une bonne chose … »

    (…) (à la minute 23′33″)
    (pro­pos d’une islandaise)

    « Ma sug­ges­tion pour la France ou le Monde, c’est qu’il faut faire plus confiance aux gens, rendre tout acces­sible. Les citoyens ne sont pas stu­pides, ils ne sont pas méchants ni igno­rants. Réa­li­ser une expé­rience comme nous avons fait avec la Consti­tu­tion tient trop à cœur pour faire n’im­porte quoi et tout foutre en l’air. Cela per­met de trou­ver de bonnes idées ensemble et vivre de belles coopé­ra­tions juste en ren­dant les choses plus acces­sibles. Les poli­tiques n’ont aucun inté­rêt à tout faire secrè­te­ment sans consul­ter les citoyens pour prendre les déci­sions. On peut leur faire confiance. Et c’est la plus belle chose que j’ai apprise. »

    (…)

    Un road-movie au pays de ceux qui ont dit « non » à la règle des ban­quiers, et qui ont déci­dé de revoir leur sys­tème poli­tique. Les Islan­dais, à tra­vers leur « révo­lu­tion démo­cra­tique », apportent ici une réponse inédite et ins­truc­tive en ces temps de crise.

    Un an après le car­net de route islan­dais de Thi­bault et Julien, voi­ci le Film sur LaTé­lé­Libre ! (…) L’histoire de ce film mérite d’être racontée (…)

    Terre d’excès et de capi­ta­lisme sau­vage jusqu’à la débâcle finan­cière de 2008, le pays des vol­cans invente en ce moment une réponse ori­gi­nale à la crise que vit le monde d’aujourd’hui : plus de démo­cra­tie et plus de morale (…)

    Réponse
  31. Alain guillou

    je vous par­le­rai encore de ce FdG qui pro­voque chez cer­tains la tom­bée de masque, juste pour vous invi­ter à décou­vrir « de quoi je parle » … 

    par exemple ici :

    http://​www​.cual​de​meze​.fr/

    Quand la mer aura mon­té de 7 mètres nous n’au­rons pas le temps de dres­ser la car­to­gra­phie des conti­nents encore « libres », et peut-être devrons nous embar­quer à la recherche d’une « liber­té d’outre-mer »…

    Cette phrase ne se veut pas sibyl­line mais veut dire que le « chan­ge­ment le plus imper­cep­tible », s’il se pro­duit « glo­ba­le­ment », fait émer­ger en plu­sieurs consciences « dif­fé­rentes » une même idée : l’in­di­vi­du découvre sou­dain son nou­veau « col­lec­tif » comme un conti­nent aux contours insoupçonnables.

    Ensuite, pour faire râler cer­tains autres, je dirai que 
    le tirage au sort ferait mieux l’af­faire des cocos que des fachos
    (ça c’est ma pro­voc’ de navigateur…transcontinental)
    Amicalement

    Réponse
  32. AlainR

    1)

    LE TEXTO DE LA SEMAINE : Qui fraude le plus le fisc en Grèce ? En tête, les méde­cins, les ingé­nieurs, les pro­fes­seurs du pri­vé et les comp­tables, selon une étude de la Chi­ca­go Booth School of Busi­ness. Des pro­fes­sions dont les membres béné­fi­cient d’une forte repré­sen­ta­tion au Par­le­ment grec.

    Extrait de la Lettre d’in­for­ma­tion du 18 octobre 2012, Alter­na­tives Économiques

    2)

    Une fic­tion bien trop réelle
    (Jean-Marie Har­ri­bey, alter​na​tives​-eco​no​miques​.fr, 15 octobre 2012)

    Le der­nier livre de Susan George, Cette fois, en finir avec la démo­cra­tie, Le Rap­port Luga­no II (Seuil, 2012) arrive à point (…) Susan George nous pro­pose une ana­lyse métho­dique de la situa­tion en la met­tant sous la plume fic­tive d’un groupe de tra­vail d’experts inter­na­tio­naux man­da­tés par la classe domi­nante pour trou­ver des solu­tions per­met­tant la renais­sance du capi­ta­lisme.

    (…) l’ultime solu­tion envi­sa­gée par les domi­nants pour sau­ver leur sys­tème est d’en finir avec la démo­cra­tie (…) la stra­té­gie anti-popu­laire consiste à « ins­tau­rer un sys­tème de croyances solide et cohé­rent qui influence des mil­lions de per­sonnes » (p. 106). La classe domi­nante a com­pris le prin­cipe gram­scien selon lequel elle devait asseoir sa domi­na­tion sur un bloc cultu­rel hégé­mo­nique.

    (…) le Modèle économiste/élitiste néo­li­bé­ral (MEN) (…) « pour faire pro­gres­ser le MEN, l’important est de pro­vo­quer des réflexes, pas une réflexion » (p. 124) (…) les domi­nants savent que leur sys­tème est dans une impasse et que l’aspiration à la démo­cra­tie en est la prin­ci­pale menace (…)

    3)

    « (…) nous, on est supé­rieurs à vous, et vous, vous allez cre­ver ». Et de rajou­ter : « Moi je vous pique 70k euros si vous êtes chez Orange. Je suis tous les mois à Saint-Domingue pour Orange, c’est pour ça que je gagne 70k euros. Et le week-end je suis à la Baule. [… »] Vous gagnez com­bien ? Vous avec votre salaire de merde ? » »

    Une agent SNCF insul­tée témoigne sur RTL (18÷10÷2012).

    4)

    Banque publique d’in­ves­tis­se­ment : petits moyens, grosses intrigues
    (17 octobre 2012, Laurent Mau­duit, media​part​.fr)

    À l’issue du conseil des ministres qui a exa­mi­né, ce mer­cre­di, le pro­jet de loi don­nant nais­sance à la Banque publique d’investissement (BPI), le pre­mier ministre, Jean-Marc Ayrault, a créé la sur­prise en annon­çant que le futur patron de l’établissement serait le direc­teur finan­cier de Cap Gemi­ni, Nico­las Dufourcq (…)

    Nico­las Dufourcq ne connaît stric­te­ment rien au nou­veau métier de ban­quier qui va bien­tôt être le sien (…) il est plu­tôt repré­sen­ta­tif d’une par­tie de la haute fonc­tion publique qui, hap­pée sou­vent par les logiques de l’argent, a aban­don­né le ser­vice de l’intérêt géné­ral pour aller faire for­tune dans le pri­vé.

    (…) au-delà de la com­pé­tence, des jeux com­plexes de réseaux ont contri­bué à le pous­ser sur le devant de la scène (…) le nou­veau ban­quier est membre du conseil d’administration de l’association « En temps réel » (…) proche des milieux d’affaires, (elle) est pré­si­dée par Sté­phane Bou­j­nah, un ancien du cabi­net de Domi­nique Strauss-Kahn qui a été faire for­tune dans la banque (San­tan­der) et qui a sié­gé au sein de la Com­mis­sion Atta­li, sous Nico­las Sarkozy.

    Proche de Pierre Mos­co­vi­ci, Sté­phane Bou­j­nah a lui-même, pen­dant un temps, son­gé à pos­tu­ler au poste de direc­teur géné­ral de la BPI. Au sein du conseil de « En temps réel », on retrouve aus­si Emma­nuel Macron, l’ex-asso­cié-gérant de la banque Roth­schild qui a été le secré­taire géné­ral de la Com­mis­sion Atta­li et qui est main­te­nant secré­taire géné­ral adjoint de l’Élysée.

    (…) On obser­ve­ra, certes, qu’en choi­sis­sant Nico­las Dufourcq, le gou­ver­ne­ment a au moins évi­té le pire, en la per­sonne d’Anne Lau­ver­geon qui a fait ces der­niers jours une tapa­geuse cam­pagne d’autopromotion de sa can­di­da­ture dans la presse, par l’intermédiaire de son amie, la conseillère en com­mu­ni­ca­tion Anne Méaux, proche des milieux patro­naux et de la droite, et qui a ins­pi­ré de nom­breux et bien­veillants articles.

    (…) Le choix d’Anne Lau­ver­geon aurait pu cho­quer car elle est une figure très emblé­ma­tique du capi­ta­lisme oli­gar­chique pari­sien, évo­luant d’une alter­nance à l’autre, entre la sphère publique et les milieux d’affaires, jouant en per­ma­nence à la lisière entre l’intérêt géné­ral et les inté­rêts pri­vés. Proche d’Édouard de Roth­schild, copro­prié­taire de Libé­ra­tion et elle-même, pour cette rai­son, pré­si­dente du conseil de sur­veillance du jour­nal, elle a par ailleurs long­temps tra­vaillé avec Mat­thieu Pigasse, qui était le ban­quier conseil d’Areva. Lequel est main­te­nant le ban­quier conseil de l’État pour la créa­tion de la BPI (…) copro­prié­taire du Monde, Mat­thieu Pigasse, le ban­quier d’affaires qui a été char­gé de des­si­ner les contours de la BPI, a négo­cié un temps avec Édouard de Roth­schild le rachat de Libé­ra­tion dont… Anne Lau­ver­geon pré­side le conseil (…)

    le gou­ver­ne­ment a déci­dé que la BPI ne serait qu’une hol­ding de tête, ras­sem­blant ces diverses enti­tés déjà exis­tantes : Oséo, le Fonds stra­té­gique d’investissement, CDC Entre­prises, Ubi­France. En clair, le direc­teur géné­ral de la CDC, l’ex-sarkozyste Jean-Pierre Jouyet, sera le pré­sident (non exé­cu­tif) de la BPI. Nico­las Dufourcq, lui, sera le vrai patron exé­cu­tif de la BPI, avec le titre de direc­teur géné­ral ; et il a voca­tion à deve­nir le pré­sident des conseils de ces dif­fé­rentes enti­tés. Mais cha­cune de ces enti­tés n’en pour­sui­vra pas moins sa vie auto­nome. La BPI sera donc une petite struc­ture de plus, venant s’empiler sur les précédentes.

    La BPI dis­po­se­ra-t-elle donc de vrais moyens pour jugu­ler la crise et finan­cer l’industrie ? Ce qu’il y a de pathé­tique, c’est que dans les som­mets du pou­voir, on s’est épui­sé dans ces jeux d’influence sans vrai­ment se consa­crer à la ques­tion de fond.

    Réponse
  33. Nicolas

    @Alain guillou

    « je dirai que le tirage au sort ferait mieux l’af­faire des cocos que des fachos »

    Ce n’est pas vrai, tout dépend de la pro­por­tion rela­tive des cocos et des fachos dans la popu­la­tion concer­née par le tirage au sort.

    J’ose croire qu’en situa­tion de tirage au sort, les gens, qui sont géné­ra­le­ment res­pon­sables et modé­rés sau­ront évi­ter toute pro­vo­ca­tion envers les autres (ça c’est pour les fachos) et qu’ils sau­ront trou­ver une solu­tion qui pré­serve les liber­tés indi­vi­duelles de cha­cun (ça c’est pour les cocos).

    Ami­ca­le­ment,
    Nicolas.

    Réponse
  34. Étienne

    Réédi­tion des « Prin­cipes du Gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif » de Ber­nard Manin

    Une fiche de lec­ture inté­res­sante, pro­po­sée par Kévin sur le site « Enquête et débat » :
    les com­men­taires sont amu­sants (Jean Robin est deve­nu très amer, sur une ligne anti­com­mu­niste dure, apparemment) :

    http://www.enquete-debat.fr/archives/reedition-des-%C2%AB-principes-du-gouvernement-representatif-%C2%BB-de-bernard-manin-94555

    Réédi­tion des « Prin­cipes du Gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif » de Ber­nard Manin

    Deve­nu un clas­sique de la science poli­tique dès sa publi­ca­tion en 1995, et popu­la­ri­sé une dizaine d’années plus tard sur la Toile par Etienne Chouard, ce chef‑d’œuvre, scan­da­leu­se­ment épui­sé depuis un cer­tain temps, est réédi­té une seconde fois par Flam­ma­rion (la pre­mière datait de… 1996) et aug­men­té d’une post­face inédite de l’auteur. Retour sur un livre incon­tour­nable, et dont la faci­li­té d’accès en fait un cadeau idéal pour les fêtes de fin d’année, pour soi ou pour le faire décou­vrir, et ce pour la modique somme de 9 €.

    Dès les toutes pre­mières lignes de l’ouvrage, on ne peut qu’oublier son titre aus­tère et être hap­pé par les pro­pos de Ber­nard Manin, sauf à être com­plè­te­ment indif­fé­rent à la chose poli­tique : « Les démo­cra­ties contem­po­raines sont issues d’une forme de gou­ver­ne­ment que ses fon­da­teurs oppo­saient à la démo­cra­tie. L’usage nomme « démo­cra­ties repré­sen­ta­tives » les régimes démo­cra­tiques actuels. Cette expres­sion, qui dis­tingue la démo­cra­tie repré­sen­ta­tive de la démo­cra­tie directe, fait appa­raître l’une et l’autre comme des formes de la démo­cra­tie. Tou­te­fois, ce que l’on désigne aujourd’hui sous le nom de démo­cra­tie repré­sen­ta­tive trouve ses ori­gines dans les ins­ti­tu­tions qui se sont pro­gres­si­ve­ment éta­blies et impo­sées en Occi­dent à la suite des trois révo­lu­tions modernes, les révo­lu­tions anglaise, amé­ri­caine et fran­çaise. Or ces ins­ti­tu­tions n’ont nul­le­ment été per­çues, à leurs débuts, comme une varié­té de la démo­cra­tie ou une forme de gou­ver­ne­ment par le peuple. »

    C’est ain­si à un véri­table dévoi­le­ment du régime dans lequel nous vivons et de ses prin­cipes que l’auteur s’emploie, alors que son appel­la­tion et ses idéaux nous semblent aller de soi et que nous les inter­ro­geons rare­ment en pro­fon­deur : « Les incer­ti­tudes et la pau­vre­té de la ter­mi­no­lo­gie contem­po­raine, comme son contraste avec la vision du XVIIIème siècle, montrent que nous ne savons pas exac­te­ment ce qui rap­proche le gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif de la démo­cra­tie, ni ce qui l’en dis­tingue » (p. 17). Ber­nard Manin se plonge dans l’historicité mécon­nue du gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif, dans la pen­sée de ses théo­ri­ciens et fon­da­teurs pro­fon­dé­ment hos­tiles à la démo­cra­tie (notam­ment Sieyès en France [1] et Madi­son aux États-Unis [2]) pour mieux en faire appa­raître les bases aris­to­cra­tiques et oli­gar­chiques. Celles-ci se concentrent dans la pro­cé­dure cen­trale de l’élection, qui fait consen­sus aujourd’hui mais qui avait tou­jours été per­çue, jusqu’au début du XIXème siècle et l’assimilation du gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif à la démo­cra­tie à l’initiative des libé­raux [3], comme anti-démo­cra­tique par les plus grands pen­seurs, d’Aristote à Rous­seau en pas­sant par Mon­tes­quieu. En 1995, bon nombre des Indi­gnés qui repren­draient cette idée à la fin de la décen­nie sui­vante, en étaient encore au biberon.

    Mais ce serait se méprendre que de voir en Ber­nard Manin un gau­chiste avant-gar­diste : la sub­ver­sion n’est pas son objec­tif, et son ana­lyse s’avère fina­le­ment très mesu­rée. En cher­cheur dont la rigueur et l’honnêteté éblouissent les 330 pages de cet ouvrage, et qui s’était aupa­ra­vant consa­cré à la social-démo­cra­tie et au libé­ra­lisme du XVIIIème siècle, sa seule pré­oc­cu­pa­tion est de sai­sir au mieux les rouages du régime qui s’est répan­du par­tout sur la pla­nète depuis 2 siècles et la vic­toire des libé­raux dans les révo­lu­tions occi­den­tales. Au terme de son intro­duc­tion, il en dégage (p. 17) 4 prin­cipes « tou­jours obser­vés dans les régimes repré­sen­ta­tifs depuis que cette forme de gou­ver­ne­ment a été inventée :

    1- les gou­ver­nants sont dési­gnés par élec­tions à inter­valles réguliers.

    2- Les gou­ver­nants conservent, dans leurs déci­sions, une cer­taine indé­pen­dance vis-à-vis des volon­tés des électeurs.

    3- Les gou­ver­nés peuvent expri­mer leurs opi­nions et leurs volon­tés poli­tiques sans que celles-ci soient sou­mises au contrôle des gouvernants.

    4- Les déci­sions publiques sont sou­mises à l’épreuve de la discussion. »

    Tirage au sort

    Manin com­mence, dans un pre­mier cha­pitre, par faire un retour sur l’usage pré­do­mi­nant, et pro­fon­dé­ment énig­ma­tique à nos yeux, du tirage au sort dans ce qui est una­ni­me­ment consi­dé­ré comme le réfé­rent démo­cra­tique ultime, à savoir la démo­cra­tie athé­nienne des Vème et IVème siècles avant Jésus-Christ. Pour­quoi cette pro­cé­dure a‑t-elle été si peu évo­quée lors des révo­lu­tions occi­den­tales, y com­pris par les démo­crates les plus radi­caux qui s’opposaient à Madi­son ou Sieyès ? La plus grande dif­fi­cul­té consiste sans doute, avant d’y répondre, à ques­tion­ner chez nous-mêmes cette étran­ge­té du tirage au sort qui en toute logique ne devrait pas en être une, comme le sou­ligne Ber­nard Manin (pp. 20–21) : « Le sort n’appartient plus depuis long­temps à la culture poli­tique des socié­tés modernes et il appa­raît aujourd’hui avant tout comme une pra­tique bizarre. On sait, sans doute, qu’il était uti­li­sé à Athènes et on le remarque par­fois, mais sur­tout pour s’en éton­ner. L’énigme prin­ci­pale semble être que les Athé­niens aient pu avoir recours à pareille pro­cé­dure. La connais­sance pour­rait cepen­dant gagner à un ren­ver­se­ment du point de vue habi­tuel qui tend à faire de la culture pré­sente le centre du monde. Il y aurait peut-être avan­tage à se deman­der plu­tôt : « Com­ment pou­vons-nous ne pas pra­ti­quer le tirage au sort, nous qui nous pro­cla­mons démocrates ? » »

    Après un pano­ra­ma des ins­ti­tu­tions athé­niennes, l’auteur montre que les démo­crates athé­niens témoi­gnaient d’une « pro­fonde défiance à l’égard du pro­fes­sion­na­lisme » et d’un atta­che­ment vis­cé­ral au prin­cipe de rota­tion des charges, dont le tirage au sort était le meilleur garant, au contraire de l’élection : « Le prin­cipe élec­tif veut en effet que les citoyens soient libres de choi­sir ceux à qui sont confiées les charges. La liber­té d’élire, cepen­dant, est aus­si la liber­té de réélire. Les citoyens peuvent sou­hai­ter que le même indi­vi­du occupe, année après année, la même fonc­tion. Il faut même pré­su­mer que si une per­son­na­li­té a pu une fois atti­rer les suf­frages des autres, le même phé­no­mène a de grandes chances de se repro­duire. Si donc on veut abso­lu­ment garan­tir la rota­tion dans un sys­tème élec­tif, il faut limi­ter la liber­té de choix des élec­teurs en déci­dant que cer­tains citoyens ne peuvent pas être élus parce qu’ils ont déjà été élus dans le pas­sé. On peut le faire sans doute, mais on éta­blit alors un com­pro­mis entre deux prin­cipes impli­quant des consé­quences poten­tiel­le­ment contraires. La com­bi­nai­son de la rota­tion obli­ga­toire et du tirage au sort ne pré­sente, en revanche, aucun risque de ce type : en contrai­gnant à la rota­tion, on ne risque pas de contra­rier la logique du tirage au sort. » (pp. 48–49)

    Le triomphe de l’élection

    Le second cha­pitre est l’occasion de décrire « le triomphe de l’élection » à l’époque moderne, en s’attardant tout d’abord sur l’usage du tirage au sort à Rome puis dans les Répu­bliques ita­liennes de Flo­rence et Venise. Il se trouve que celui-ci fut d’une nature bien dif­fé­rente de celui qui en était fait à Athènes, car il y était essen­tiel­le­ment ins­tru­men­tal, sur­tout à Rome et à Venise où il s’agissait avant tout de dépar­ta­ger des ins­tances ou des familles en conflit par une pro­cé­dure neutre. Néan­moins, Flo­rence est un cas inter­mé­diaire, où l’expérience répu­bli­caine a fait réémer­ger une réflexion impor­tante sur le carac­tère éga­li­taire du tirage au sort. Et comme le rap­pelle Ber­nard Manin, « la théo­rie poli­tique des XVIIème et XVIIIème siècles était encore impré­gnée de ces leçons » (p. 93). En effet, des pen­seurs comme Har­ring­ton, Mon­tes­quieu ou Rous­seau, sur les­quels s’attarde l’auteur, ont consa­cré une par­tie de leur œuvre à cette pro­cé­dure du tirage au sort ; et celle-ci était par­fai­te­ment connue des révo­lu­tion­naires, qui n’en ont pour­tant qua­si­ment pas discuté.

    C’est que les révo­lu­tions occi­den­tales sont la résul­tante d’une évo­lu­tion majeure dans le rap­port au pou­voir : elles vont ain­si consa­crer l’idée qu’il vaut mieux « consen­tir au pou­voir plu­tôt que d’y accé­der » (p. 108) : « or, à par­tir du moment où la source du pou­voir et le fon­de­ment de l’obligation poli­tique étaient ain­si pla­cés dans le consen­te­ment ou la volon­té des gou­ver­nés, le tirage au sort et l’élection appa­rais­saient sous un jour nou­veau » (p. 115). Et Manin de retra­cer la genèse de cette idée typi­que­ment moderne selon laquelle le citoyen et l’État, en tant que deux enti­tés déta­chables l’une de l’autre (approche incon­ce­vable durant l’Antiquité [4]), doivent se relier par le lien de consen­te­ment du pre­mier. Mais ce prin­cipe n’est pas le seul à fon­der le gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif : un autre, fon­da­men­tal, est celui du prin­cipe de dis­tinc­tion. En effet, « [les fon­da­teurs des gou­ver­ne­ments repré­sen­ta­tifs] s’efforcèrent aus­si, de façon plus consciente et déli­bé­rée, de faire en sorte que les élus soient d’un rang social plus éle­vé que leurs élec­teurs, qu’ils se situent plus haut que ceux dont ils tenaient leur pou­voir dans l’échelle de la for­tune et celle, plus dif­fi­ci­le­ment sai­sis­sable, du talent et de la ver­tu » (p. 125). Manin le montre pré­ci­sé­ment à tra­vers les trois cas anglais, fran­çais et amé­ri­cain. Ce der­nier est sans doute le plus inté­res­sant puisque les Anti-Fédé­ra­listes s’opposèrent expli­ci­te­ment à ce prin­cipe, sou­hai­tant une Assem­blée qui repro­dui­rait en minia­ture le peuple tout entier. Mal­heu­reu­se­ment, étant dans l’impossibilité de connaître la capa­ci­té du tirage au sort à pro­duire des échan­tillons sta­tis­ti­que­ment repré­sen­ta­tifs (elle n’avait pas encore été dévoi­lée à l’époque), ils s’en tinrent à d’autres solu­tions peu convain­cantes, et échouèrent.

    Une dimen­sion aristocratique

    Si le prin­cipe de dis­tinc­tion fut dans un pre­mier temps concré­ti­sé par le suf­frage cen­si­taire, existe-t-il tou­jours aujourd’hui à l’ère du suf­frage uni­ver­sel ? Manin montre brillam­ment qu’en effet, il est intrin­sèque à l’élection : « Le gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif pour­rait deve­nir plus démo­cra­tique par cer­tains côtés, il n’en conser­ve­rait pas moins, d’un autre côté, une dimen­sion aris­to­cra­tique, au sens où les élus ne pour­raient pas y être comme leurs élec­teurs, même si tous les citoyens étaient élec­teurs, et où tous n’auraient pas de chances égales d’accéder au pou­voir, même si aucune loi n’en inter­di­sait l’accès à qui­conque » (p. 173). Par quel biais ? Par le fait que l’élection sélec­tionne auto­ma­ti­que­ment des indi­vi­dus per­çus comme supé­rieurs aux autres, et que cette supé­rio­ri­té per­çue implique des coûts nom­breux et qui ne sont pas à la por­tée de tout un cha­cun : Manin les détaille abondamment.

    Néan­moins, et c’est là sans doute une nuance majeure de son ana­lyse qui l’autorise à vali­der fina­le­ment le concept de « démo­cra­tie repré­sen­ta­tive », Manin voit dans l’élection une ins­ti­tu­tion ambi­guë qui pro­dui­rait un régime mixte, « une aris­to­cra­tie démo­cra­tique », car elle recè­le­rait en fait autant d’aspects démo­cra­tiques qu’aristocratiques : « autant l’élection com­porte indu­bi­ta­ble­ment des aspects inéga­li­taires et aris­to­cra­tiques, autant sa dimen­sion éga­li­taire et démo­cra­tique est indé­niable, pour­vu que tous les citoyens aient le droit de suf­frage et qu’aucune condi­tion légale ne limite l’éligibilité. Dans un sys­tème de suf­frage uni­ver­sel, l’élection donne à chaque citoyen une voix égale dans le choix des repré­sen­tants. A cet égard, les citoyens ordi­naires et les pauvres ont le même poids que les plus dis­tin­gués et les plus riches. Et sur­tout, tous les citoyens ont un égal pou­voir de démettre les gou­ver­nants à l’issue de leur man­dat. Per­sonne ne peut nier l’existence de ce double pou­voir de sélec­tion et de rejet, et il faut déployer des tré­sors de sophis­tique pour par­ve­nir à la conclu­sion qu’il est négli­geable » (p. 191). Fina­le­ment, les citoyens sont libres de choi­sir les cri­tères de l’aristocratie qu’ils veulent mettre au pou­voir, même si Ber­nard Manin dresse des limites impor­tantes à cette liber­té de choix et sug­gère des pro­po­si­tions pour y remé­dier. Tou­te­fois, même en pre­nant en compte ces réserves tout à fait per­ti­nentes, il nous semble y avoir une marge d’appréciation impor­tante et une large matière à débat pour déter­mi­ner si les aspects démo­cra­tiques et aris­to­cra­tiques de l’élection sont effec­ti­ve­ment équivalents.

    Le juge­ment public

    Le cin­quième cha­pitre est l’occasion pour l’auteur d’analyser « le juge­ment public », un autre prin­cipe fon­da­men­tal du gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif. Fon­dé par des libé­raux, ce régime a très logi­que­ment ins­ti­tué, à côté de l’élection, une sphère de débat et d’interpellation des gou­ver­nants que Pierre Rosan­val­lon qua­li­fie­ra de « contre-démo­cra­tie » et qui met sous pres­sion les élus : même si ceux-ci ne sont pas offi­ciel­le­ment tenus de la prendre en compte, l’incitation à la réélec­tion (le seul moment où ils peuvent rendre des comptes aux gou­ver­nés) les y oblige de fac­to et influence leur conduite. Enfin, le sixième et der­nier volet dis­tingue les 3 formes suc­ces­sives qu’a pris le régime au cours de son his­toire : par­le­men­ta­risme (place majeure accor­dée à la déli­bé­ra­tion de notables qui sont rela­ti­ve­ment ato­mi­sés) ; démo­cra­tie de par­tis (qui sont cen­sés repré­sen­ter l’opinion publique et les rap­ports de force qui la struc­turent au sein de l’assemblée) ; et démo­cra­tie du public, dans laquelle les par­tis sub­sistent mais se struc­turent beau­coup plus autour de lea­ders, sous le double impact de la télé­vi­sion (qui tend à repro­duire le lien de nota­bi­li­té) et d’un monde incer­tain qui incite à se fédé­rer davan­tage der­rière une per­son­na­li­té que der­rière un pro­gramme dense, et ce pour per­mettre plus de sou­plesse lors de l’exercice du pouvoir.

    La post­face inédite est d’ailleurs essen­tiel­le­ment l’occasion pour Ber­nard Manin de reve­nir sur cette dis­tinc­tion entre démo­cra­tie de par­tis et démo­cra­tie du public qui a prê­té à débat, et d’éclairer sa pen­sée. Dans ses der­niers mots, il revient néan­moins sur la grande flexi­bi­li­té du gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif, qu’il avait déjà sou­li­gnée à la fin de son livre : « Iden­ti­fier le régime repré­sen­ta­tif à l’élection des gou­ver­nants consti­tue sans doute une concep­tion attrac­tive : elle est à la fois par­ci­mo­nieuse et com­plè­te­ment déter­mi­née. La concep­tion défen­due dans ce livre ne pré­sente pas ces carac­tères. Non seule­ment elle com­porte plu­sieurs élé­ments au lieu d’un, mais, en outre, elle ne spé­ci­fie pas toutes les règles gou­ver­nant les rela­tions entre les dif­fé­rents com­po­sants du sys­tème. […] Il reste qu’en se foca­li­sant exclu­si­ve­ment sur les élec­tions les concep­tions cou­rantes du régime repré­sen­ta­tif laissent dans l’ombre un de ses carac­tères dis­tinc­tifs : l’indétermination par­tielle pré­sente dans sa struc­ture d’ensemble. Cette indé­ter­mi­na­tion est sans doute une des sources de sa flexi­bi­li­té et de sa capa­ci­té à s’adapter à des contextes divers et chan­geants. L’architecture du régime repré­sen­ta­tif est l’œuvre d’une rai­son prag­ma­tique qui ne cherche pas à atteindre, dans l’ordre poli­tique, la rigueur et la pré­ci­sion de la géo­mé­trie » (pp. 334–335). Il répond ici à une objec­tion qu’on peut trou­ver for­mu­lée dans un article de Marie-Hélène Bac­qué, Hen­ri Rey et Yves Sin­to­mer en 2005. Ceux-ci y ques­tion­naient en effet plus pro­fon­dé­ment le modèle de Manin : « […] jamais les socié­tés contem­po­raines n’ont été des démo­cra­ties repré­sen­ta­tives pures entiè­re­ment sub­su­mées sous le modèle idéal-typique de Ber­nard Manin. Des déci­sions fon­da­men­tales ont tou­jours été prises par des per­sonnes non élues. Tout au plus pour­rait-on assis­ter, plu­tôt qu’à l’émergence d’un qua­trième pou­voir, au déve­lop­pe­ment de nou­velles formes ins­ti­tu­tion­nelles de prise de déci­sion dans le cadre d’une dyna­mique plus glo­bale rela­ti­vi­sant le poids des organes légis­la­tifs. On aurait alors une inflexion d’un modèle clas­sique de « gou­ver­ne­ment » vers des modèles diver­si­fiés de « gou­ver­nance », la démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive n’étant qu’une variante de celle-ci. » [5]

    Si on peut sans aucun doute nuan­cer, inter­ro­ger, voire contes­ter à loi­sir l’ouvrage de Ber­nard Manin, on ne peut pas s’abstenir de s’y réfé­rer lorsqu’il s’agit d’évoquer le thème qu’il aborde. C’est cer­tai­ne­ment la marque des plus grands ouvrages.

    Kévin

    ____________

    [1] « Les citoyens qui se nomment des repré­sen­tants renoncent et doivent renon­cer à faire eux-mêmes la loi ; ils n’ont pas de volon­té par­ti­cu­lière à impo­ser. S’ils dic­taient des volon­tés, la France ne serait plus cet État repré­sen­ta­tif ; ce serait un État démo­cra­tique. Le peuple, je le répète, dans un pays qui n’est pas une démo­cra­tie (et la France ne sau­rait l’être), le peuple ne peut par­ler, ne peut agir que par ses repré­sen­tants. » (Dire de l’Abbé Sieyès Sieyès sur la ques­tion du veto royal [7 sep­tembre 1789], Ver­sailles, Bau­doin, Impri­meur de l’Assemblée natio­nale, 1789, p. 12) Sieyès a en outre théo­ri­sé la pro­fes­sion­na­li­sa­tion de la poli­tique, en prô­nant le modèle de la divi­sion du tra­vail dans le champ politique.

    [2] Pour Madi­son, l’effet de la repré­sen­ta­tion est « d’épurer et d’élargir l’esprit public en le fai­sant pas­ser par l’intermédiaire d’un corps choi­si de citoyens dont la sagesse est le mieux à même de dis­cer­ner le véri­table inté­rêt du pays et dont le patrio­tisme et l’amour de la jus­tice seront les moins sus­cep­tibles de sacri­fier cet inté­rêt à des consi­dé­ra­tions éphé­mères et par­tiales. » « Dans un tel sys­tème, il peut fort bien se pro­duire que la volon­té publique for­mu­lée par les repré­sen­tants du peuple s’accorde mieux avec le bien public que si elle était for­mu­lée par le peuple lui-même, ras­sem­blé à cet effet. » (« Fede­ra­list 10 », in The Fede­ra­list Papers [1787])

    [3] Voir Pierre Rosan­val­lon, “L’histoire du mot démo­cra­tie à l’époque moderne” dans l’ouvrage col­lec­tif La Pen­sée Poli­tique. Situa­tions de la démo­cra­tie (Seuil-Gal­li­mard, mai 1993). Cet article est cité en note par Ber­nard Manin, on peut en retrou­ver quelques extraits sur cette page : http://​www​.ago​ra​vox​.tv/​a​c​t​u​a​l​i​t​e​s​/​c​i​t​o​y​e​n​n​e​t​e​/​a​r​t​i​c​l​e​/​d​e​b​a​t​-​m​e​d​i​a​p​a​r​t​-​s​u​r​-​l​a​-​d​e​m​o​c​r​a​t​i​e​-​3​4​433

    [4] Voir par exemple Didier Mineur, Archéo­lo­gie de la repré­sen­ta­tion poli­tique, Paris, Presses de Sciences Po, 2010, 292 p. ; ou cet entre­tien de Cor­ne­lius Cas­to­ria­dis avec Chris Maker (1989) : http://video.mediapart.fr/player.html?format=1&autoplay=0&file=%2Fsapiens.mp4

    [5] Marie-Hélène Bac­qué, Hen­ri Rey & Yves Sin­to­mer, « La démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive, un nou­veau para­digme de l’action publique ? » in Ges­tion de proxi­mi­té et démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive. Une pers­pec­tive com­pa­ra­tive. La Décou­verte, coll. Recherche. Paris : 2005, p. 37

    Source : http://www.enquete-debat.fr/archives/reedition-des-%C2%AB-principes-du-gouvernement-representatif-%C2%BB-de-bernard-manin-94555

    Réponse
  35. Morpheus

    Je viens juste de le rece­voir ce matin ! Avec deux autres ouvrages com­man­dés en même temps, La Démo­cra­tie athé­nienne à l’é­poque de Démos­thène de Mor­gens H. Han­sen, et L’en­jeu des retraites de Ber­nard Friot.

    Au fait, Étienne, quel est le titre du livre de Rosan­va­lon qui met en avant les réus­sites d’ex­pé­riences de com­mis­sion popu­laires ? Il faut abso­lu­ment que je le com­mande aus­si, celui-là. Mais je ne sais plus le titre de l’ouvrage.

    Mer­ci.

    Mor­pheus

    Réponse
  36. Di Girolamo

    Elu ou tiré au sort ‚révo­cable ou non …qu’est ce qu’un représentant ?

    Quelles sont ses mis­sions ? Qui en décide ? Qui contrôle le res­pect de ce cahier des charges ?

    N’est ce pas à ce niveau de la défi­ni­tion des mis­sions du repré­sen­tant ‚éla­bo­ra­tion d’un cahier des charges et contrôles que cse joue le plus important ?

    Réponse
  37. Catherine B

    Je suis bien d’ac­cord avec toi Georges, mais on dirait que moult per­sonnes ici s’en fichent du conte­nu et s’oc­cupent com­pul­si­ve­ment et de façon prio­ri­taire et bien cris­pée et bien auto­ma­tique aus­si du conte­nant c’est à dire de la forme, des mots, bref de la super­fi­cie des choses et non de l’es­sence des choses, et du coup il y a comme de l’au­tisme et des sté­réo­ty­pies qui empêchent toute réso­lu­tion du pro­blème, on reste blo­qué sur des mots, c’est grave quand même.

    Alors, chan­geons-les ces « maux » s’ils sont si dif­fi­ciles que ça à pro­non­cer, à ava­ler, appe­lons-les des forces en action, ce sera peut-être plus digeste si on en parle en ces termes.

    C’est de la bêtise de s’ar­rê­ter sur ce mot de par­ti, car les forces ne peuvent conti­nû­ment se déployer de façon uni­forme, l’i­dée même de force en action sup­pose un recen­trage sur une par­tie, ça c’est phy­sio­lo­gique hein Mor­phéus et J‑C et puis Etienne aussi…

    Bref, c’est assez attris­tant et même affli­geant de consta­ter ce manque cruel de sou­plesse. La pri­son est dans nos têtes dans nos mots, nos mots ne sont-ils pas déjà des par­tis de notre vocabulaire
    , mots sélec­tion­nés car notre dis­cer­ne­ment du moment nous a fait choi­sir eux plu­tôt que d’autres, une par­tie par­mi le tout du lexique!!!!

    Des forces épar­pillées sont des forces diluées et donc sté­riles, inof­fen­sives et toutes les néga­tions pos­sibles qui en découlent !

    On n’est pas sor­ti de l’au­berge, mam­ma mia!!

    Réponse
  38. sitouaillain

    @catherine,
    calme toi, la logique vain­cra, d’ailleurs, tu vois bien que les choses sont en ges­ta­tion, des gens vont for­mer des forces orga­ni­sées, ils ne se croi­ront pas « mili­tants », ils pro­tes­te­ront qu’ils ne sont pas un « par­ti », mais ils feront la seule chose qui a un ave­nir, se coor­don­ner entre citoyens,pour peser, pour faire avan­cer des idées.

    moi mon sou­ci, ce ne sont pas ces « détails séman­tiques », mais plu­tôt les tra­vers de l’en­fer­me­ment, et là il y a lieu de s’in­quié­ter sérieusement.

    ce qui aujourd’­hui devrait faire sens du point de vue de l’en­ga­ge­ment, c’est, certes d’af­fir­mer un par­ti pris, un point de vue construit et cohé­rent, mais de l’en­vi­sa­ger comme par­tie d’un tout « révo­lu­tion­naire », un aspect, une cou­leur de l’arc en ciel du mou­ve­ment social et poli­tique à voca­tion de trans­for­ma­tion radicale.

    c’est là aus­si le sens de « choi­sir son camp » : se coa­li­ser à ceux qui se sont réveillés et enga­gés avant et oeu­vrer aus­si à leur bonne entente, sans qu’il n’y ait rien à renier que les erreurs de jugement.

    les « rap­ports de force », c’est à dire tout ce à quoi nous nous confron­tons lorsque nous cher­chons à chan­ger les choses, men­ta­li­tés, armées, pro­pa­gandes, inté­rêts, etc., ne se ren­versent pas par des voeux pieux, il faut qu’une grande par­tie du peuple s’en­gage et se conscien­tise. ce serait dom­mage et de toute manière impos­sible, que cela se fasse de manière uni­forme et mono­li­thique. Force plu­rielle, bario­lée mais consciente d’elle-même, reliée, coordonnée.

    Un cran dans l’en­gre­nage de l’é­vo­lu­tion révo­lu­tion­naire n’est irré­ver­sible que si au bon moment et en per­ma­nence les citoyens actifs font office de cli­quet, par leur vigi­lance, leur ima­gi­na­tion, leur éner­gie et leur lucidité…un putsch est si vite arrivé…l’espoir, l’u­to­pie, la théo­rie ne suf­fisent pas.

    par exemple,ce que je trouve absurde, c’est que celui qui dit ce qui va suivre est un enne­mi au sens du choua­risme ou des anar­chistes ou des léni­nistes, alors que le rap­port de force (nous sommes tous très mino­ri­taires) impose de s’u­nir, et de cher­cher les bases saines,organisationnelles, claires,pour le faire.

    C’est pour ça que j’in­siste sur le front de gauche, c’est un début de dyna­mique, j’au­rais aimé que ça se fasse autre­ment, mais les­réa­li­tés sont tenaces (le fameux « esprit de par­ti » dont cer­tains font preuve ici sans s’en rendre compte), cette dyna­miques il faut l’élargir,la submerger,la démo­cra­ti­ser mais pas la torpiller,parce que ces gens sont des gens du peuple,avec leurs tares et leurs pépites,mais des gens du peuple qui ne sont pas au ser­vice des riches ou de la bar­ba­rie, bref, que les non sec­taires jugent :

    Par­lant du pro­blème des médias et de leur concen­tra­tion, leur uni­for­mi­té, etc.
    Nous devrions com­men­cer à tra­vailler pour être prêts à faire nous aus­si une pro­po­si­tion. Pour l’appliquer le moment venu. On gagne­rait donc à pré­pa­rer une pro­po­si­tion de loi. Il fau­drait le faire dans la forme des « ate­liers légis­la­tifs » dont j’ai pro­po­sé la for­mule pen­dant la cam­pagne pré­si­den­tielle. C’est à dire dans une forme ouverte à l’action de la socié­té. C’est-à-dire non seule­ment en pro­po­sant aux pro­fes­sion­nels de s’en mêler mais aus­si aux citoyens qui le sou­haitent de s’en mêler et de par­ti­ci­per à la mise au point du dis­po­si­tif à créer. En même temps, on devra faire de l’action de com­mu­ni­ca­tion pour don­ner envie et mon­trer qu’un grand nombre de gens sont deman­deurs. Je suis cer­tain que le point de satu­ra­tion et d’indignation n’est plus loin dans ce domaine aussi.

    Réponse
  39. Catherine B

    Tout compte fait à bien y réflé­chir, cette pseu­do-dicho­to­mie n’en n’est pas une.

    Il y a en effet des forces en puis­sance qui sont un tout informe, non par­ti-tion­né, puis­qu’il est encore dilué dans le tout de __la puis­sance qui ne manque que de se mettre en acte__

    et il y a la puis­sance mise en acte qui est donc une parti–e du tout, par­tie for­cé­ment et non tout, car l’E­ner­gie ne peut-être exclu­si­ve­ment ni tout en puis­sance poten­tielle ni tout en puis­sance actua­li­sée sinon tout s’é­va­nouit, le monde n’existe plus… Il faut une ten­sion entre ces deux pôles, poten­tia­li­té et actua­li­té, non

    C’est ce « et » qu’il faut créer, cette con-jonc­tion de co-ordi­na­tion, ce petit appen­dice qui fait s’é­pou­ser ce qui divor­çait jusque là, c’est la gram­maire qu’il nous faut apprendre , ça veut dire qu’il faut sor­tir de ce niveau de réa­li­té-là, du crê­page de chi­gnon, et de com­men­cer par le petit du petit du quo­ti­dien qui, s’il se dévoile( dévoi­ler, c’est syno­nyme d’a­po-calypse) nous fera pos­si­ble­ment muter et non pas mou­rir.

    Ce sera pos­si­ble­ment la fin d’un monde et non la fin du monde.

    D’où l’in­té­rêt de par­ler de nos expé­riences concrètes, des noeuds que nous ren­con­trons dans nos vies res­pec­tives, dans les hôpi­taux, les admi­nis­tra­tions, les écoles, l’a­li­men­ta­tion, les tra­vaux dans nos muni­ci­pa­li­tés, c’est de là qu’il faut par­tir et non d’i­dées abs­traites car
    refu­ser de par­ler du concret fera fuir les gens qui se prennent déjà bien assez la tête avec tout ce qui tombe sur elle. Les dif­fi­cul­tés se vivent dans le monde du concret et non dans le monde des idées. Il faut uti­li­ser le concret pour le his­ser vers le monde des idées, enfin, c’est ce que je crois aujourd’­hui !Le monde des idées c’est beau, mais quand on a faim, une patate qu’on a dans la bouche c’est mieux qu’une recette de ce beau tuber­cule ember­li­fi­co­té de sub­tiles ingré­dients, l’i­dée ça ne nour­rit pas son homme, d’a­bord il faut man­ger et ensuite on pense, une pen­sée sans sub­strat cor­po­rel ça n’existe pas, en revanche un sub­strat cor­po­rel sans pen­sée, ça , ça existe ! sourire !

    Le mieux c’est encore qu’il y ait les deux, alors rêvons et ain­si nous ne per­drons pas nos âmes.

    Bonne jour­née à tutti !

    Réponse

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