Interruption momentanée de notre rendez-vous hebdo ‘Opinews’

2/10/2012 | 105 commentaires

Inter­rup­tion du ren­dez-vous heb­do ‘Opi­news’ pour quelque temps.

Chers vous tous 🙂

je suis de plus en plus débor­dé, en ce moment
=> je vais un peu lever le pied avec nos ren­dez-vous heb­do­ma­daires sur Opi­news
(qui mar­chait d’ailleurs assez mal ces der­niers temps)
et on en repar­le­ra en décembre, OK ?

Ces dis­cus­sions vivantes vont me man­quer, mais la pers­pec­tive de mes dépla­ce­ments lors des deux pro­chains mois me donne le tour­nis ; il me faut du temps.

Qui veut voya­ger loin ménage sa monture.

On conti­nue à se cau­ser sur le forum, sur le blog, sur Face­book… et sur le forum d’@SI… => Nus ne serons quand même pas tota­le­ment dému­nis pour communiquer 🙂

Ami­tiés à tous.

Étienne.

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Étienne

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105 Commentaires

  1. AlainR

    Bon­jour Etienne,

    Confirmes-tu ta par­ti­ci­pa­tion au FESTIV’ATTAC à Besan­çon same­di 27 octobre à 15h ?

    Si oui, dis­poses-tu d’un modèle de tract pour annon­cer ta venue, déjà uti­li­sé lors de confé­rences précédentes ?

    As-tu des relais ou sou­tiens sur place ?

    Réponse
  2. Merome

    @AlainR : En tout cas moi j’y serai, mais je ne suis qu’un sou­tien non-officiel 🙂

    Il y a la page d’At­tac Besan­çon qui est dédiée à ces deux jours (un peu en vrac à l’ins­tant) : http://​attac​be​sac​.canal​blog​.com/​a​r​c​h​i​v​e​s​/​2​0​1​2​/​0​9​/​2​8​/​2​5​0​5​2​2​5​5​.​h​tml

    Il y a aus­si (déjà) des gens qui s’in­surgent de l’in­vi­ta­tion par Attac de ce facho-trots­kyste de Chouard avec ses idées qui ne cor­res­pondent pas à un par­ti ou un syn­di­cat bien connu qu’on puisse mettre dans une case. Voir ici : http://​jura​lib​.noblogs​.org/​2​0​1​2​/​0​9​/​0​9​/​b​e​s​a​n​c​o​n​-​a​n​t​i​f​a​s​c​i​s​me/

    Réponse
  3. Morpheus

    Il y a clai­re­ment une menace écrite de pro­cé­der à des vio­lences phy­siques pour empê­cher la libre expres­sion. Ce sont donc des hors-la-loi et plainte peut être dépo­sée contre eux.

    Pour rap­pel, articles de la Décla­ra­tion Uni­ver­selle des Droits de l’Homme direc­te­ment vio­lés par ces menaces :

    Article pre­mier
    Tous les êtres humains naissent libres et égaux en digni­té et en droits. Ils sont doués de rai­son et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fra­ter­ni­té.

    Article 2
    1.Chacun peut se pré­va­loir de tous les droits et de toutes les liber­tés pro­cla­més dans la pré­sente Décla­ra­tion, sans dis­tinc­tion aucune, notam­ment de race, de cou­leur, de sexe, de langue, de reli­gion, d’o­pi­nion poli­tique ou de toute autre opi­nion, d’o­ri­gine natio­nale ou sociale, de for­tune, de nais­sance ou de toute autre situation.

    2.De plus, il ne sera fait aucune dis­tinc­tion fon­dée sur le sta­tut poli­tique, juri­dique ou inter­na­tio­nal du pays ou du ter­ri­toire dont une per­sonne est res­sor­tis­sante, que ce pays ou ter­ri­toire soit indé­pen­dant, sous tutelle, non auto­nome ou sou­mis à une limi­ta­tion quel­conque de souveraineté.

    Article 3
    Tout indi­vi­du a droit à la vie, à la liber­té et à la sûre­té de sa per­sonne.

    Article 7
    Tous sont égaux devant la loi et ont droit sans dis­tinc­tion à une égale pro­tec­tion de la loi. Tous ont droit à une pro­tec­tion égale contre toute dis­cri­mi­na­tion qui vio­le­rait la pré­sente Décla­ra­tion et contre toute pro­vo­ca­tion à une telle dis­cri­mi­na­tion.

    Article 19
    Tout indi­vi­du a droit à la liber­té d’o­pi­nion et d’ex­pres­sion, ce qui implique le droit de ne pas être inquié­té pour ses opi­nions et celui de cher­cher, de rece­voir et de répandre, sans consi­dé­ra­tions de fron­tières, les infor­ma­tions et les idées par quelque moyen d’ex­pres­sion que ce soit.

    Article 20
    1. Toute per­sonne a droit à la liber­té de réunion et d’as­so­cia­tion paci­fiques.
    2. Nul ne peut être obli­gé de faire par­tie d’une association.

    Article 30
    Aucune dis­po­si­tion de la pré­sente Décla­ra­tion ne peut être inter­pré­tée comme impli­quant pour un État, un grou­pe­ment ou un indi­vi­du un droit quel­conque de se livrer à une acti­vi­té ou d’ac­com­plir un acte visant à la des­truc­tion des droits et liber­tés qui y sont énon­cés.

    Par leur décla­ra­tion, les membres et res­pon­sables de l’as­so­cia­tion Indy­me­dia Paris se rendent donc cou­pable de vio­ler sept articles de la DUDH.

    Les orga­ni­sa­teurs de l’é­vé­ne­ment de Besan­çon auraient tout inté­rêt à dépo­ser plainte contre eux. Il ne faut pas lais­ser ce genre de menace et d’in­ti­mi­da­tion sans suite. La menace est clai­re­ment expri­mée et dif­fu­sée médiatiquement.

    Mor­pheus

    Réponse
  4. Étienne

    Salut à tous,

    Effec­ti­ve­ment, j’ai un échange pré­vu à Besan­çon le 27 octobre (je vien­drai de Paris exprès pour ça).

    Vous m’ap­pre­nez les >pro­tes­ta­tions des >anti­fas, que je trouve de plus en plus outrées et de plus en plus bles­santes, insultantes.

    On a envie de leur répondre « but look who’s tal­king ! » : cette bande de pré­ten­dus « anti­fas­cistes » se com­portent pré­ci­sé­ment comme ceux qu’ils pré­tendent dénon­cer, bande de fous furieux… Le monde à l’en­vers, quoi : des salauds qui accusent des gen­tils d’être des salauds, et qui les menacent violemment. 

    Bon, je ne sais pas trop quoi faire : je ne suis pas taillé pour me battre (et je n’ai pas envie du tout).

    On va réfléchir.

    Mer­ci à vous tous d’être là.

    Étienne.

    Réponse
  5. Merome

    @Etienne : je pen­sais que vous étiez déjà au cou­rant, ça fait plu­sieurs semaines que j’ai vu ce com­mu­ni­qué et j’ai essayé de com­men­ter mon désac­cord ici et là, sans grands résultats.

    Je pense que c’est une menace en l’air. Nous serons bien plus nom­breux qu’eux de toute façon. Et à la fin, c’est tou­jours les gen­tils qui gagnent.

    (et il est hors de ques­tion que je rate cette occa­sion de vous rencontrer !)

    Réponse
  6. Morpheus

    @ Étienne

    C’est pour cette rai­son que je sug­gère d’en réfé­rer à la jus­tice, ou en tout cas, à pro­po­ser aux orga­ni­sa­teurs de le faire. Au mini­mum, faire enre­gis­trer une main cou­rante en signa­lant la menace.

    A toute fin utile, j’ai fais une cap­ture écran de la page en ques­tion (au cas où ils la font disparaître).

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  7. Tibo

    Bon­jour, Etienne.
    Je n’ar­rive pas à trou­ver le lieu et l’heure de ta ren­contre à Paris avec Yves Sin­to­mer et Jacques Testart.
    Tu pour­rais don­ner plus d’infos ?
    Cordialement.

    Réponse
  8. Tibo

    Je viens de lire « Besan­çon Antifascisme »
    C’est dingue : invite Étienne Chouard, proche d’Alain Soral et de son orga­ni­sa­tion Éga­li­té & Réconciliation.

    Comme quoi y a des cons partout…

    Réponse
  9. Morpheus

    En fait Indy­me­dia Paris fait par­tie d’un lob­by ultra-libé­ral qui déploie une stra­té­gie agres­sive contre toutes les per­sonnes qui s’en prennent à l’i­déo­lo­gie et au sys­tème ultra-libé­ral, c’est-à-dire les vrais fascistes.

    Ren­sei­gnez-vous sur Indy­me­dia Paris, leur héber­geur est au … USA.

    Ils se reven­diquent (faus­se­ment) « anti­fas­cistes » et « liber­taire », ou alors sous une éti­quette pré­ten­du­ment « anar­chistes », mais ils ne sont rien de tout cela, ce sont d’au­then­tiques fas­cistes (les vrais, ceux qui défendent l’oligarchie).

    Mor­pheus

    Réponse
  10. Étienne

    Tibo,

    C’est parce que ce ne sera pas public : la ren­contre « Sintomer/Testart/Chouard » (trois défen­seurs fran­çais du tirage au sort en poli­tique) sera fil­mée, mais en petit comi­té, si j’ai bien compris. 
    Et j’es­père que ce sera à la hau­teur de mes espé­rances, pour publier ensuite un échange intéressant.

    J’en ai par­lé dans mon agen­da pour que vous sachiez où je suis, mais ce coup-ci, ce n’est pas public.

    Déso­lé 🙂

    Étienne.

    Réponse
  11. Étienne

    Je serai aus­si très content d’en­fin vous ren­con­trer, cher Merome.

    Vrai­ment.

    🙂

    Réponse
  12. telemaque

    Bon­jour Étienne,

    je serai à Besan­çon avec des amis, j’ai hâte de vous écou­ter cher Étienne.

    Nous nous bat­tons avec des mots, un sty­lo comme ligne de mire… Tout ceci est plus puis­sant que les inti­mi­da­tions imbéciles.

    Ces mes­sieurs , anti­fas « chiens de garde » du vrai fas­cisme, le sys­tème ne peut pas entrer dans tous les cerveaux.

    Réponse
  13. Serge

    Bon­jour.

    J’ai sui­vi cette his­toire de près parce que je suis très proche de cer­tains membres d’A­TAC Besan­çon (en plus d’être glo­ba­le­ment d’ac­cord avec les idées défen­dues par Étienne Chouard).

    Le gros pro­blème d’Étienne ici c’est que la plu­part de ses articles sont repris par le site de cette andouille de Soral.

    Pour ceux qui ne connaissent pas Soral (chan­ceux que vous êtes) c’est un anti­sé­mite notoire qui fait feu de tout bois. Du coup si Étienne parle d’O­li­gar­chie il entend « Oli­gar­chie juive » si Étienne parle de com­plot il entend « com­plot juif » du coup il est content (les idiots il en faut peu pour les contenter). 🙂

    Je ne suis pas juriste mais je pense que si cela est pos­sible Étienne devrait s’arranger pour ne pas être cité par ce genre de site parce qu’il n’existe guère de publi­ci­té plus contre-productive. 🙁

    Réponse
  14. AlainR

    Je serai aus­si à Besac avec des amis.

    =============

    Extrait d’un nou­vel article de Media­part qui parle d’un pri­vi­lège fis­cal des ultra-riches, main­te­nu quel que soit le gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif choi­si par des élections :

    Le cadeau injus­ti­fiable que vont conser­ver les ultra riches
    (2 octobre 2012 | Par Laurent Mauduit)

    === EXTRAIT ===

    … ces allé­ge­ments fis­caux consti­tuent un scan­dale majeur de la poli­tique fis­cale fran­çaise depuis plus de vingt-cinq ans. Inuti­li­té éco­no­mique du fait de leur absence d’effets sur l’emploi ou la com­pé­ti­ti­vi­té des entre­prises ; effets d’aubaine mas­sif au pro­fit des plus grandes for­tunes qui sont les pre­mières béné­fi­ciaires de ces dis­po­si­tifs… De la Cour des comptes jusqu’à l’Assemblée natio­nale, en pas­sant par l’Inspection géné­rale des finances, de très nom­breux orga­nismes ont pas­sé au crible ces allé­ge­ments. Et toutes les études – toutes, sans la moindre excep­tion – sont par­ve­nues aux mêmes conclu­sions. Ces allé­ge­ments fis­caux grèvent lour­de­ment les finances publiques pour le seul et unique pro­fit d’une mino­ri­té de contri­buables richissimes.

    … Deve­nant ministre des finances, Pierre Béré­go­voy, qui s’illustre en condui­sant la poli­tique éco­no­mique la plus droi­tière pos­sible, main­tient les dis­po­si­tifs de la loi Pons en ne les amen­dant qu’à la marge. Ce qui lui vaut un célèbre et tapa­geur remer­cie­ment : le publi­ci­taire Jacques Ségué­la, qui a fait l’acquisition, en réduc­tion d’impôt, d’un splen­dide voi­lier à Pointe-à-Pitre, décide de le bap­ti­ser sous le nom de Mer­ci-Béré. La poli­tique fis­cale est alors – avec la pro­mo­tion de soi-disant entre­pre­neurs, style Ber­nard Tapie – l’un des sym­boles des dérives socia­listes de la fin de la décen­nie 1980. On parle alors des « années fric » ; de « l’argent fou » …

    « Ces avan­tages sont tou­jours cap­tés par les ménages les plus aisés de métro­pole, en dépit des méca­nismes de pla­fon­ne­ment des niches récem­ment votés. En matière d’im­pôt sur le reve­nu, les 10 689 foyers, appar­te­nant au cen­tile de la popu­la­tion dis­po­sant des plus hauts reve­nus, reçoivent 93 % de l’a­van­tage fis­cal outre-mer, soit 710 mil­lions (sur 761 mil­lions). »

    Tout en effet est là. Bud­gé­tai­re­ment dis­pen­dieux, éco­no­mi­que­ment inef­fi­cace, le dis­po­si­tif a pour seul avan­tage d’enrichir… les ultra riches …

    de nom­breux indices viennent confir­mer que ce sont effec­ti­ve­ment les plus riches des contri­buables, repré­sen­tant 1 % dans le haut de l’échelle des reve­nus, qui sont les pre­miers béné­fi­ciaires de ces avan­tages indus. En d’autres termes, si l’impôt sur le reve­nu, qui est pro­gres­sif dans les pre­mières tranches du barème, devient dégres­sif pour les très hauts reve­nus, en vio­la­tion des prin­cipes répu­bli­cains, c’est à cause de plu­sieurs dis­po­si­tifs de défis­ca­li­sa­tion, mais tout par­ti­cu­liè­re­ment du dis­po­si­tif DOM-TOM.

    Il se trouve même des experts à droite pour en conve­nir. Le pré­sident (UMP) de la Com­mis­sion des finances de l’Assemblée natio­nale, Gilles Car­rez, qui parle droit et qui a sou­vent le cou­rage de ne ména­ger per­sonne, même ceux de son camp, rap­pelle ain­si avec plai­sir un sou­ve­nir de l’automne 2008. À l’époque, c’est le socia­liste Didier Migaud qui pré­side la Com­mis­sion des finances de l’Assemblée – il est depuis deve­nu pre­mier pré­sident de la Cour des comptes – et lui-même est Rap­por­teur géné­ral du bud­get à l’Assemblée.

    Tous deux décident à l’époque, comme la loi les y auto­rise, à orga­ni­ser un contrôle sur place et sur pièces à Ber­cy, notam­ment pour connaître les béné­fi­ciaires des allé­ge­ments fis­caux DOM-TOM. Et ce qu’ils découvrent alors est sidé­rant : pour les 1 % des contri­buables les plus for­tu­nés, la « défisc » DOM-TOM dans le cas des inves­tis­se­ments pro­duc­tifs (c’est-à-dire, hors immo­bi­lier) consti­tue de 50 à 75 % des défis­ca­li­sa­tions totales.

    … si les très grandes for­tunes ont des taux d’imposition sou­vent très infé­rieurs aux contri­buables des couches moyennes, c’est d’abord à cause de cette folie fis­cale. Dans la fou­lée de cette décou­verte, plu­sieurs dépu­tés avaient déci­dé en 2008 d’aller sur place dans les DOM-TOM, pour véri­fier les abus qu’ils avaient consta­tés. Dans le voyage d’é­tude, il y avait Gilles Car­rez, Didier Migaud, ain­si qu’un cer­tain… Jérôme Cahu­zac, aujourd’hui ministre du budget.

    Face à ce scan­dale, on com­prend donc que le can­di­dat Fran­çois Hol­lande annonce pen­dant la cam­pagne pré­si­den­tielle qu’il met­tra un terme à tous ces abus. C’est consi­gné, noir sur blanc, dans la pro­po­si­tion 15 de son pro­gramme : « En outre, nul ne pour­ra plus tirer avan­tage des “niches fis­cales” au-delà d’une somme de 10 000 euros de dimi­nu­tion d’impôt par an. »

    Rien que du bon sens ! S’il y a eu autant d’abus, si les contri­buables les plus for­tu­nés ont été gor­gés de cadeaux, si l’impôt sur le reve­nu a fini par être détour­né de sa mis­sion et n’est plus pro­gres­sif, il faut assu­ré­ment remettre de l’ordre dans la poli­tique fis­cale française.

    Seule­ment voi­là ! Fina­le­ment, la pro­messe ne sera pas hono­rée. Pour le com­prendre, il suf­fit de se repor­ter à la page 11 du docu­ment de Ber­cy, qui pré­sente les mesures fis­cales du pro­jet de loi de finances pour 2013 …

    « La somme de ces avan­tages et de ceux acquis au titre d’investissements réa­li­sés en outre-mer conti­nue­rait à béné­fi­cier d’un pla­fon­ne­ment main­te­nu à son niveau actuel, pour pré­ser­ver à ces der­niers leur carac­tère attrac­tif, et en rai­son des enjeux éco­no­miques qu’ils repré­sentent pour l’outre-mer. »

    En clair, le sys­tème DOM-TOM, qui comme on l’a vu joue si for­te­ment dans les mino­ra­tions d’impôts des plus riches, serait sor­ti du nou­veau pla­fon­ne­ment. Tout conti­nue­rait donc comme avant. Cette exemp­tion n’est d’ailleurs pas la seule …

    le pre­mier des scan­dales, c’est celui de la « défisc » dans les DOM-TOM, que la gauche ne veut pas inter­rompre. C’est le détour­ne­ment au pro­fit des richis­simes contri­buables de sommes publiques qui seraient bien mieux uti­li­sées à des poli­tiques volon­ta­ristes et trans­pa­rentes dans ces dépar­te­ments et territoires.

    Cette his­toire de défis­ca­li­sa­tion dit donc quelque chose de ce pro­jet de bud­get pour 2013 et du conser­va­tisme qui l’a ins­pi­ré. Triste bégaie­ment de l’histoire. Y aura-t-il un mil­liar­daire de Neuilly ou d’ailleurs qui bap­ti­se­ra son pro­chain inves­tis­se­ment à Saint-Mar­tin ou dans une île voi­sine « Mer­ci-Mos­co » ou « Mer­ci-Cahu­zac » ? Ce serait sûre­ment indé­cent, mais le coup de cha­peau ne serait pas immérité.

    === FIN DE L’EXTRAIT ===

    ================

    Autre lien web en forme de clin d’oeil aux confé­rences d’E­tienne : le conflit d’in­té­rêt, vu (ou non) par les gens de pou­voir médiatique.

    Les Boh­rin­ger rois du pis­ton pour Canal Plus : « nor­mal » ? Ben voyons
    (3−10−2012, Par Caro­line Par­lan­ti, nou​ve​lobs​.com)

    === EXTRAIT ===

    « Ce qu’il me fait hal­lu­ci­ner c’est le qua­druple manque totale d’éthique :
    ‑Lou Boh­rin­ger ne voit pas où est le mal d’en­voyer son scé­nar à un concours où papa et soeu­rette com­posent le jury.
    ‑Roman Boh­rin­ger ne voit pas où est le pro­blème de faire gagner sa soeur.
    ‑Richard Boh­rin­ger ne voit pas où est le pro­blème de faire gagner sa fille.
    ‑Per­sonne à Canal+ ne voit pas où est le pro­blème, et n’hé­site même pas à rendre ça public.
    Tout va bien. Et moi je rési­lie mon abon­ne­ment », énonce avec une luci­di­té décon­cer­tante un autre inter­naute …

    === FIN DE L’EXTRAIT ===

    Réponse
  15. AlainR

    Je viens de regar­der le lien de Fes­tiv’At­tac à Besac : ta par­ti­ci­pa­tion est annulée ??

    C’est rem­pla­cé par un débat sur la pla­ni­fi­ca­tion éco­no­mique, avec des par­tis poli­tiques … C’est vrai qu’ils nous man­quaient ter­ri­ble­ment, les par­tis politiques.

    Réponse
  16. Alain Guillou

    Voi­ci ce que j’ai pos­té sur ce site soi-disant »anti­fa«…:

    « Votre “anti­fas­cisme” n’en est pas un et n’en sera pas un tant que le dis­cer­ne­ment et le sérieux néces­saires à tout anti­fas­cisme véri­table et effi­cace seront absents de vos esprits. 

    Par contre la méthode que vous mena­cez d’utiliser est carac­té­ris­tique du fas­cisme, et je peux vous mettre au défi d’en trou­ver la moindre trace dans les actes et les pro­po­si­tions d’Étienne Chouard. Il ne parle pas d’Histoire, il parle de droit consti­tu­tion­nel, ses sources de recherche sont diverses et contra­dic­toires, et si cer­tains de ceux avec qui il accepte de dis­cu­ter sont “dis­cu­tables”, il en reste indépendant. 

    Je vous signale qu’il a été accueilli et écou­té à la Fon­da­tion Gabriel Péri, cela ne fait pas de lui un “sta­li­nien”.
    Moi je suis pour vous un “sta­li­nien”… C’est aus­si vrai que l’affirmation ” Chouard facho” !

    Réponse
  17. Morpheus

    @ Serge

    Bien que je ne sois pas tou­jours en accord avec Soral, et bien que je le trouve (per­son­nel­le­ment) très imbu de sa per­sonne, je n’ai jamais rien enten­du ni lu quoi que ce soit de sa part qui puisse étayer l’accusation d’an­ti­sé­mi­tisme, et plus encore d’ anti­sé­mi­tisme « notoire ».

    Vous devriez évi­ter de par­ler sans savoir et de contri­buer à répandre des rumeurs calom­nieuses qui ne contri­buent pas à amé­lio­rer le monde, mais au contraire, ali­mentent haine, sus­pi­cion et ressentiment.

    S’il y a des choses que dit Soral qui vous déplaise, vous pou­vez contre­dire et argu­men­ter, ou mon­trer en quoi il se trompe. Mais si vous affir­mez qu’il est un « anti­sé­mite notoire », vous devez en faire la preuve, sans quoi, vous n’êtes qu’un calomniateur.

    En atten­dant, médi­tez donc ce dic­ton : « Lorsque l’on tombe dans la meute, il faut aboyer ou remuer la queue ».

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  18. zedav

    @ Mor­pheus : J’ai lais­sé mon adresse cour­riel sur la dis­cus­sion pré­cé­dente. Si on veut com­men­cer à réflé­chir ensemble à un nom pour le forum, ça serait mieux de ne pas le faire en squat­tant les sites d’Étienne.

    J’ai com­men­cé à regar­der, il y a des solu­tions presque toutes faites pour créer un forum qui devraient conve­nir et je devrais pou­voir m’en sortir.

    La pre­mière dis­cus­sion – pro­vi­soire – du forum devrait-être d’en défi­nir les règles de fonctionnement.

    Si per­sonne ne donne de nou­velle d’i­ci 3 ou 4 jours,je ferais à regret ces choix sans coopération.

    Je m’en vais de ce pas rameu­ter sur la dis­cus­sion du forum du plan C « com­ment déclen­cher un pro­ces­sus constituant »

    A+

    Réponse
  19. Tibo

    Mer­ci Etienne pour la réponse, plus qu’à attendre la video !
     »Je viens de regar­der le lien de Fes­tiv’At­tac à Besac : ta par­ti­ci­pa­tion est annulée ??

    C’est rem­pla­cé par un débat sur la pla­ni­fi­ca­tion éco­no­mique, avec des par­tis poli­tiques … C’est vrai qu’ils nous man­quaient ter­ri­ble­ment, les par­tis politiques. »

    C’est dingue y faut pas grand chose pour faire mon­ter la mayon­naise. Tu dit, « je trouve que Alain Soral dit des choses inté­res­santes par­fois » et bim facho, anti­sé­mite blablabla…

    Avec tant d’i­ner­tie, c’est pas éton­nant que les idées n’é­vo­luent pas.

    Réponse
  20. RJD

    @Serge

    si vous avez des amis très proches d’AT­TAC Besan­çon vous pou­vez peut être vous ren­sei­gner sur la rai­son de cette annu­la­tion et sur­tout contri­buer à sou­te­nir la venue d’E­tienne. Plus on sera à s’in­di­gner de ce genre d’in­ti­mi­da­tion phy­sique ou intel­lec­tuelle moins ces pseu­do ‘anti-fa’ feront leur loi.

    Il ne faut sur­tout pas retour­ner la faute ou détour­ner la res­pon­sa­bi­li­té sinon cela leur donne de la légi­ti­mi­té : la ques­tion n’est pas de savoir com­ment Etienne peut limi­ter la pré­sence de ces appa­ri­tions vidéo sur des sites selon vous ‘troubles’ (d’ailleurs on devrait s’en réjouir non?) mais de se deman­der qui sont ces ‘anti­fa’ pour nous FIXER la liber­té d’ex­pres­sion, et com­ment faire pour les mettre hors d’é­tat de nuire.

    (je parle en connais­sance de cause)

    Sinon bon cou­rage Étienne

    Rémi

    Réponse
  21. AlainR

    Suite de mon com­men­taire (le 25 sept sur ce blog) fai­sant réfé­rence à un article de Media­part, un autre article de Mediapart :

    Légion d’hon­neur : la riche pro­mo­tion du Pre­mier Cercle (4 octobre 2012, Fabrice Arfi et Mathilde Mathieu)

    === Extraits ===

    Sur les 544 grands dona­teurs de l’UMP réunis au sein du Pre­mier Cercle en 2007, au moins soixante-quatre ont décro­ché une Légion d’honneur sous la pré­si­dence de Nico­las Sar­ko­zy (…) cette sta­tis­tique inédite révèle com­bien l’exécutif de Nico­las Sar­ko­zy l’a uti­li­sée pour récom­pen­ser ses sou­tiens poli­tiques. Et com­bien le Pre­mier Cercle (club très select ani­mé par Éric Woerth où le « ticket d’entrée » s’élevait à 3 000 euros mini­mum par per­sonne) s’est confon­du avec un cercle d’influence.

    (…) Au fil de cette liste des « 64 », on retrouve logi­que­ment les « grands patrons » et capi­taines d’industrie actifs au Pre­mier Cercle, tels Fran­çois Pinault (groupe Pinault-Prin­temps-Redoute), éle­vé au rang de grand offi­cier en jan­vier 2012 ; Robert Peu­geot (PSA Peu­geot-Citroën), fait che­va­lier en jan­vier 2010 ; Jacques Saa­dé (fon­da­teur de la com­pa­gnie de fret mari­time CMA-CGM), pro­mu offi­cier en juillet 2009 « à titre excep­tion­nel » ; Jean-René Four­tou (Viven­di), éle­vé au rang de com­man­deur en mars 2008 ; ou encore Ber­trand Col­lomb (pré­sident d’honneur des ciments Lafarge et pilier de la secrète confé­rence de Bil­der­berg), com­man­deur depuis juillet 2010.

    (…) Au milieu des indus­triels, on repère aus­si – et c’est plus éton­nant – des épouses ou des héri­tiers : Fran­çois-Hen­ri Pinault, le fils de Fran­çois (deve­nu PDG du groupe PPR), pro­mu offi­cier en novembre 2010 ; Corinne Ment­ze­lo­pou­los, « dau­phine » du pro­prié­taire du Châ­teau Mar­gaux (grand cru de bor­deaux), faite offi­cier en novembre 2008 (qui n’a pas sou­hai­té répondre à nos ques­tions) ; ou encore Béa­trice Stern, veuve du ban­quier assas­si­né Édouard Stern, nom­mée che­va­lier en jan­vier 2008.

    D’une manière géné­rale, l’analyse croi­sée de l’annuaire du Pre­mier Cercle et des pro­mo­tions de la Légion du quin­quen­nat Sar­ko­zy fait appa­raître une pro­por­tion remar­quable de ban­quiers :

    Michel David-Weill, ancien pro­prié­taire de la mai­son Lazard, qui a eu le rare pri­vi­lège d’être éle­vé au rang de grand-croix par Nico­las Sar­ko­zy en juillet 2011 ; David Dau­tresme, ancien patron du Cré­dit du Nord, fait offi­cier en avril 2012 ; Charles de Crois­set (Gold­man Sachs), pro­mu com­man­deur en juillet 2011 ; Georges Her­vet (banque Her­vet), pro­mu com­man­deur en juillet 2010 ; Chris­tophe Mazu­rier (banque Pasche), rési­dant suisse, fait che­va­lier en jan­vier 2008 ; Laurent Menière, asso­cié-gérant d’un cabi­net d’affaires ayant élu domi­cile – dans l’annuaire du Pre­mier Cercle – à l’adresse lon­do­nienne de la banque d’investissement Bear Stearns, fait che­va­lier en jan­vier 2008 ; ou Arnaud de Méni­bus (Yam Invest), che­va­lier depuis juillet 2011.

    Sans comp­ter Fran­çois Pérol, ancien asso­cié-gérant de la banque Roth­schild, nom­mé secré­taire géné­ral adjoint de l’Élysée en mai 2007 avant d’être pro­pul­sé à la tête du groupe Banque popu­laire-Caisses d’épargne, che­va­lier de la Légion depuis juillet 2010.

    Enfin, plu­sieurs membres du Pre­mier Cercle ont été hono­rés pour « leurs mérites émi­nents » alors que des enquêtes judi­ciaires, jour­na­lis­tiques ou fis­cales les dépeignent plu­tôt en enne­mis de l’impôt. Outre Patrice de Maistre, il faut citer ici l’ancien patron du Medef, Ernest-Antoine Seillière, fait com­man­deur en jan­vier 2010, aujourd’hui visé par une infor­ma­tion judi­ciaire après une salve de plaintes de l’administration fis­cale. Quant au mar­chand d’art Guy Wil­den­stein, qui a décro­ché le grade de com­man­deur en jan­vier 2009, il est pour­sui­vi par Ber­cy depuis 2011, pour fraude fiscale.

    (…) À cette liste de 64 membres du Pre­mier Cercle déco­rés, on peut ajou­ter au moins 4 bailleurs de fonds du « micro-par­ti » per­son­nel de l’ancien chef de l’État (la dis­crète Asso­cia­tion de sou­tien à l’ac­tion de Nico­las Sar­ko­zy), éga­le­ment hono­rés sous son man­dat. Par­mi les bien­fai­teurs de ce « par­ti de poche » basé à Neuilly-sur-Seine (dont Media­part s’est pro­cu­ré un annuaire par­tiel), on tombe en par­ti­cu­lier sur l’expert-comptable René Ricol, nom­mé média­teur du cré­dit par l’Élysée en 2008, puis com­mis­saire géné­ral à l’investissement en 2010 – l’homme qui a dis­tri­bué les 25 mil­liards du Grand emprunt en reven­di­quant sa neu­tra­li­té et en se plai­sant à répé­ter : « La poli­tique, c’est pas mon métier. » (…) À ses côtés, par­mi les grands dona­teurs du micro-par­ti en 2006 : le finan­cier Marc Ladreit de Lachar­rière, éle­vé en jan­vier 2011 à la digni­té de grand-croix (…)

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  22. Merome

    Rhaa ! Ils ont annu­lé les fourbes. Pff, moi qui me fai­sait une joie 🙁

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  23. AlainR

    J’ai du mal à croire qu’AT­TAC cède à Indymedia.

    Par contre, des pres­sions sont pos­sibles de la part d’é­lus ne sou­hai­tant pas voir débar­quer à Besac une per­son­na­li­té cri­ti­quant avec talent le prin­cipe même de l’élection …

    Des pas­se­relles existent tou­jours loca­le­ment entre mili­tants ATTAC et mili­tants poli­tiques : la rai­son de l’an­nu­la­tion se situe peut-être davan­tage là.

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  24. Serge

    @Morphéus : Soral c’est le mec qui explique que si les Juifs ont été beau­coup chas­sé durant des siècle c’est parce qu’ils sont insupportables.

    http://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​2​e​O​f​e​r​o​x​4uA

    Je ne sais pas com­ment on pour­rait le défi­nir autre­ment qu’antisémite.

    Je cite cette vidéo mais à vrai dire je pour­rais citer n’im­porte quelle autre. Je n’ai jamais vu de vidéo de Soral qui ne traite « de domi­na­tion sio­niste » et « du tra­vail de sape des agents secrets israé­lien » ect…

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  25. Serge

    @ RDJ J’ai déjà « mili­té » pour la non-annu­la­tion de cette venue. Notam­ment en arguant que Etienne n’a­vait jamais eu le moindre pro­pos anti-sémite (ni contre quelque autre caté­go­rie de per­sonnes autre qu’o­li­garches d’ailleurs) et n’a­vait pro­ba­ble­ment aucun lien avec cette andouille de Soral.

    Mais entre son absence de réponse (que ce soit par mes­sage per­son­nel ou ici) et sur­tout les com­men­taires que je lit ici je com­mence sérieu­se­ment à en douter.

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  26. Florence

    SORAL : Qu’A­lain Soral veuille « récu­pé­rer » Etienne, c’est ce que j’ai déduit en l’é­cou­tant il y a un cer­tain temps main­te­nant, le scé­na­rio étant Etienne se ral­liant à son mou­ve­ment… Sans doute tel un dévôt, ou un oiseau ayant enfin trou­vé son nid. J’ai aus­si trou­vé une étrange mise en scène dans les inter­ven­tions – vidéos men­suelles que j’ai regar­dées, jouant sur la fas­ci­na­tion, et l’ex­ci­ta­tion (tou­che­rait-il de l’in­di­cible mais vif). Rien de clair pour moi, une méfiance, des ques­tions, et l’ar­rêt de vision­nage (en dépit de flèches bien visées que je lui concède. Sur les « bour­geois », c’est mor­dant et cela me fait rire, par exemple – peut-être au vu de notre situa­tion plus ou moins bour­geoise encore, à nous, Français).

    Une foca­li­sa­tion assez obses­sion­nelle contre le sio­nisme m’est appa­rue dans son dis­cours, en tout cas, foca­li­sa­tion qui m’a fait me deman­der : pour­quoi cet homme est-il si diri­gé contre une cause ? Un pro­blème poli­tique beau­coup plus large qu’il n’est dit géné­ra­le­ment existe-t-il ? Et / ou des contra­dic­tions ou dif­fi­cul­tés plus per­son­nelles, propres à l’homme, à son indi­vi­dua­li­té, son égo l’y conduisent-ils ?

    L’autre foca­li­sa­tion d’A­lain Soral que j’ai notée est son rap­port à la viri­li­té et aux femmes… Mais ce n’est sans doute plus poli­tique ! Je plai­sante ! Dam­ned. Cela remue moins les foules et les sen­si­bi­li­tés tou­jours prêtes au débat, sûre­ment, mais est assez (et suf­fi­sa­ment) par­lant pour moi.

    LIBERTE‑S D’EXPRESSION‑S : Puis, extra­po­lant à par­tir de l’exi­gence sou­vent reven­di­quée face au tran­chant de la liber­té d’ex­pres­sion dis­cur­sive ou ver­bale, devrait-on pré­ci­ser (attaque per­son­nelle, calom­nie qui seraient ouvertes par ses excès), reprise ici par Mor­pheus, je crois… Hen­ri Guille­min va jus­qu’à dire qu’il tai­ra des faits gênants (ou des véri­tés ? – et je vois que le débat peut arri­ver ici aus­si – j’ar­rête / du juge­ment, de nos sys­tèmes de repré­sen­ta­tion …), s’il sait qu’ils peuvent bles­ser, et atteindre notam­ment les enfants d’un per­son­nage étudié :

    Je réflé­chis depuis quelque temps sur le « droit de vivre » qui me semble consub­stan­tiel à notre monde, comme fon­de­ment moral et maté­riel, de plus en plus condi­tion­né et dif­fi­cile à obte­nir, et plus glo­ba­le­ment, plu­tôt para­doxal concep­tuel­le­ment, en situa­tion démo­cra­tique (aus­si fausse soit-elle) et moderne (la moder­ni­té en serait au même point d’illu­sion ; voir Jacques Bou­ve­resse, assez / très sceptique).

    Tout et tou­jours PROUVER ne serait-il pas l’ul­time res­sort de notre socié­té, la pseu­do-science, les tech­no­lo­gies diverses se frayant ain­si un magni­fique che­min (de par leur foi­son d’ar­gu­ments d’une part, leur résul­tat pal­pable quoique par­tiel d’autre part), là où bien d’autres réa­li­tés ont pour­tant leur mot à dire, ou leur expres­sion à don­ner, et là où la science, elle, est cer­tai­ne­ment d’une cir­cons­pec­tion qui n’ac­cepte pas la dis­cus­sion (des limites et encore des limites à ses capa­ci­tés et savoirs, tou­jours rappelées).

    Cette haute-vol­tige par la preuve m’ex­clut ou exige ma trans­for­ma­tion radi­cale, si ce n’est aujourd’­hui, ce sera demain. J’en ai peur.

    Quant à lire ou entendre que quel­qu’un a conclu telle chose, cela m’in­té­resse indé­nia­ble­ment, même (sur­tout ?) dans ses excès. Une véri­té y siège dont j’ai besoin. Et je crois que c’est du même ordre que l’air que j’aime res­pi­rer près de la mer, ou dans la forêt en automne, sans que l’a­gres­si­vi­té y soit défen­due pour autant (de la vio­lence, pro­blé­ma­ti­sée en revanche – Soral épin­glant, sabrant, dans ses vidéos ceux qui l’at­taquent sur son site, sous ano­ny­mat par exemple, me semble extrê­me­ment agres­sif et effrayant).

    Etienne fait un bou­lot de titan. Il est de tous les fronts, a for­tio­ri expo­sé comme per­sonne par­mi nous qui le lisons ou sui­vons ses explo­ra­tions. Cher­cheur citoyen ou citoyen cher­cheur, y aurait-il des hybri­da­tions et éti­quettes inac­cep­tables ? Qu’est-ce que j’au­rais envie de tout pla­quer à sa place ! (Vous n’êtes pas obli­gé de m’é­cou­ter, Etienne ! Mais peut-être une cara­pace est-elle néces­saire en cer­tains lieux.)

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  27. Morpheus

    @ Serge

    La vidéo que vous met­tez en lien, appa­rem­ment pour sou­te­nir votre accu­sa­tion contre Soral, est très inté­res­sante (je n’ai pas encore tout vu, mais je vais la regar­der jus­qu’au bout pour m’en faire une opi­nion complète).

    Par exemple, Soral, cet « anti­sé­mite notoire », nous dit (min. 11:15) : « M. Pras­quier devrait deman­der que l’on sorte phy­si­que­ment Vol­taire du Pan­théon, car c’est un anti­sé­mite hys­té­rique ». Il pour­suit ensuite en expli­quant que la plu­part des grands auteurs fran­çais et euro­péens sont éga­le­ment anti­sé­mites. Il ne dit à aucun moment qu’ils ont rai­son de l’être, où que leur anti­sé­mi­tisme se jus­ti­fie : il exprime son sen­ti­ment suite à ses lec­tures de ces auteurs en mon­trant une constante qui déran­ger, mais qui consti­tue un fait : l’antisémitisme, qu’on le veuille ou non, est répan­du (à tort ou à rai­son) à tra­vers le monde.

    Le fait que Soral ne dise pas ouver­te­ment « l’an­ti­sé­mi­tisme est une salo­pe­rie », ajou­té au fait qu’il parle ouver­te­ment de ce sujet sans la moindre pré­cau­tion ora­toire (c’est tout de même un polé­miste, ne l’ou­blions pas), et qu’il ose abor­der ce sujet tabou, n’en fait de fac­to un « anti­sé­mite notoire ». On peut, cepen­dant, je vous l’ac­corde, s’in­ter­ro­ger : est-il anti­sé­mite ou ne l’est-il pas ? Il est clair qu’il mani­pule habi­le­ment l’am­bi­guï­té (talent de polé­miste) et que cela ali­mente les juge­ments des uns et des autres.

    Ce fai­sant, il incite à faire preuve de dis­cer­ne­ment, et à appro­fon­dir l’a­na­lyse de ce qu’il dit, ce qui sommes-toute a tout de même une ver­tu péda­go­gique (même si l’on peut consi­dé­rer cette forme de péda­go­gie comme fai­sant par­tie de l’é­cole de la balafre).

    Par exemple, le fait qu’il dise qu’il fau­drait sor­tir phy­si­que­ment Vol­taire (LA figure des Lumières) du fait de son « anti­sé­mi­tisme hys­té­rique » est au moins un indice qu’il ne l’est pas (lui, Soral). Visi­ble­ment, ce n’est pas ce que vous avez rete­nu, Serge.

    De même, il ne semble pas vous appa­raître que ce que Soral com­bat est pré­ci­sé­ment le piège du faux mul­ti­cul­tu­ra­lisme dans lequel nous bai­gnons, et qui est en fait un vrai com­mu­nau­ta­risme, où chaque com­mu­nau­té vit à côté des autres (sépa­rées) et non avec les autres (mélan­gées). C’est la rai­son prin­ci­pale pour laquelle il dénonce le sio­nisme et les lob­bys juifs essen­tiel­le­ment pro sionistes.

    Ce qui vous échappe, sans doute à cause de l’ou­trance volon­tai­re­ment adop­tée par Soral dans ses pro­pos, c’est que ce qu’il dénonce, c’est pré­ci­sé­ment le racisme qui trans­pire dans l’i­déo­lo­gie com­mu­nau­ta­riste dis­til­lée par les asso­cia­tions pro­mou­vant pré­ten­du­ment (faus­se­ment) le mul­ti­cul­tu­ra­lisme. Face à l’hy­po­cri­sie outran­cière de ces idéo­lo­gies, Soral répond par un dis­cours éga­le­ment outrancier.

    Soral, qu’on l’aime ou non (et j’ai déjà dis que je le trouve trop imbu de sa per­sonne à mon goût), est un défit à notre intel­li­gence, c’est-à-dire à notre facul­té de dis­cer­ne­ment. Pour sai­sir le sens de ses pro­pos, il nous oblige à dépas­ser à la fois nos pré­ju­gés et nos a prio­ri. Il nous met au pied du mur en nous contrai­gnant à pen­ser plus loin les sujets tabous qui (dé)forment nos grilles de lec­ture du réel.

    C’est peut-être mal­ha­bile, soit, mais ce n’est pas sans inté­rêt, je crois.

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    PS : dans le (trop) long réca­pi­tu­la­tif des pogroms de l’his­toire, j’ai beau­coup aimé le « 1370 > Bel­gique », sachant que la Bel­gique fut crée en … 1830 ^^

    PS2 : ce n’est pas parce que les com­men­taires (du moins cer­tains d’entre eux) que tu lis ici n’a­bondent pas dans ton sens que tu dois juger Étienne et mettre en doute son inté­gri­té : ce serait faire preuve de mal­hon­nê­te­té intel­lec­tuelle, ne crois-tu pas ? Ce n’est pas parce que je ne porte pas le même juge­ment que toi sur Soral que je suis néces­sai­re­ment anti­sé­mite et donc per­son­na non gra­ta, si ? Ras­sure-moi (s’il te plait)

    Réponse
  28. AlainR

    Juger des indi­vi­dus est peu inté­res­sant. Débattre de pro­pos et d’i­dées l’est davan­tage, or l’é­ven­tuel anti­sé­mi­tisme des pro­pos de Soral me semble com­plè­te­ment HS sur ce blog …

    Blog du plan C, pour une Consti­tu­tion Citoyenne, écrite par et pour les citoyens. C’est notre Consti­tu­tion qui est notre seule arme (et c’est aus­si la meilleure) pour contrô­ler les pou­voirs. À nous d’en par­ler, entre simples citoyens, pour deve­nir des mil­lions à l’a­voir com­pris : ce n’est pas aux hommes au pou­voir d’é­crire les règles du pouvoir.

    ===

    Pas de nou­veau­té dans les liens ci-des­sous, mais j’en ai fait une liste pour pen­ser à les par­cou­rir dès que pos­sible, et ça peut inté­res­ser celles et ceux qui ne les connaissent pas.

    Le débat porte sur la créa­tion moné­taire et la loi de 1973.

    Suite au pas­sage de Maja (Arrêt sur images) chez Etienne (cf video), un fil a été créé sur le forum d’A­SI ici (per­so, j’ai du mal à m’y retrou­ver dans ce type d’ar­bo­res­cence préhistorique).

    Les liens qui y sont don­nés, à relire selon môa :

    http://​www​.theo​rie​-du​-tout​.fr (cf notam­ment les excel­lents com­men­taires de Sam)

    thier​ry​cur​ty​.word​press​.com (une approche démo­gra­phique de la dette …)

    http://​www​.tete​de​que​nelle​.fr (fausse polé­mique et vrai scandale)

    sur ce blog (Etienne débat)

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    Etienne (débor­dé 🙂 ) ne m’a pas répon­du : quel­qu’un sait-il si un modèle de tract a déjà été conçu pour résu­mer le tra­vail d’E­tienne por­tant sur la démo­cra­tie, l’é­lec­tion vs tirage au sort, la Consti­tu­tion et l’As­sem­blée constituante ?
    Par exemple un A4 rec­to-ver­so suf­fi­sam­ment simple pour être faci­le­ment pho­to­co­piable sur papier de couleur.

    Réponse
  29. zedav

    Comme Etienne a déjà par­ti­ci­pé à des manifs, il a au moins fait un panneau.

    Il y a peut-être aus­si un tract mais, si ce n’est pas le cas, il y a l’ex­cellent résu­mé du site le mes​sage​.org qui pour­rait consti­tuer une très bonne base de départ…

    Je ne sais pas s’il s’a­gis­sait tant de débattre de l’an­ti­sé­mi­tisme de Soral que de mettre à jour les stra­té­gies de dis­qua­li­fi­ca­tions des si fas­cistes « antifas »

    Réponse
  30. AlainR

    Mer­ci de la réponse / tract.

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    La Tri­bune est deve­nu un jour­nal gauchiste ? … 🙂

    Quatre ans après, l’Is­lande nargue l’Europe
    (Roma­ric Godin, 05/10/2012, latri​bune​.fr)

    (…) Voi­ci quatre ans, le 6 octobre 2008, le pre­mier ministre islan­dais d’a­lors, Geir Haarde, pro­voque une onde de choc sur ce petit pays de 320.000 habi­tants. Trois semaines après la faillite de Leh­man Bro­thers, il annonce que les trois grandes banques du pays, Kaup­thing, Glit­nir et Land­sban­ki, sont désor­mais inca­pables de faire face à leurs enga­ge­ments. L’île nor­dique entre alors dans une des crises éco­no­miques les plus sévères de son his­toire.

    Quatre ans plus tard, l’é­co­no­mie islan­daise affiche de nou­veau une san­té des plus robustes (…) Com­ment l’Is­lande a‑t-elle réa­li­sée ce « miracle » ? En sui­vant, il faut bien le dire, le che­min inverse de celui où s’est enga­gée la zone euro depuis 2010.

    Pre­mière clé du suc­cès islan­dais : Reyk­ja­vik n’a « jamais essayé de sau­ver ses banques », comme le remar­quait récem­ment le ministre de l’In­dus­trie, Stein­gri­mur Sig­fus­son au quo­ti­dien alle­mand FAZ. Les trois géants ban­caires, dont les bilans cumu­lés étaient 10 fois supé­rieurs au PIB du pays, n’ont pas été reca­pi­ta­li­sés. Les créan­ciers étran­gers ont été mis à contri­bu­tion d’emblée. Reyk­ja­vik n’a jamais ten­té de sau­ver leur mise, comme cela a été le cas pour les créan­ciers islan­dais. Ain­si, il n’y a pas eu, comme en Espagne, de trans­fert du risque ban­caire vers les finances publiques.

    Mais la vraie rai­son du suc­cès islan­dais, c’est la déva­lua­tion de la cou­ronne qui a atteint jus­qu’à 70%. Certes, cette baisse de la mon­naie dans une éco­no­mie si dépen­dante de l’é­tran­ger a pro­vo­qué une infla­tion qui a frô­lé les 18% en rythme annuel au cours de l’an­née 2009 (elle atteint encore 4,3%). Il a fal­lu ralen­tir la hausse des salaires en 2009 et 2010. Mais cette baisse de la mon­naie natio­nale a per­mis aux « par­ties saines » de l’é­co­no­mie natio­nale de pro­fi­ter à plein de la reprise de l’é­co­no­mie mondiale (…)

    L’Is­lande peut-elle être un modèle ? Dif­fi­ci­le­ment. La taille du pays rend la trans­po­si­tion de cette expé­rience dif­fi­cile. Mais elle montre que la voie euro­péenne qui consiste à se pré­oc­cu­per d’a­bord des inté­rêts des créan­ciers et des banques n’est pas sans alter­na­tive. De même, elle prouve qu’il peut y avoir des expé­riences de déva­lua­tions réus­sies, alors que l’on pré­tend que toute sor­tie de l’eu­ro pro­vo­que­rait la ruine des pays concernés.

    ***
    Ber­nard Arnault, un citoyen du monde ?
    (Michel Pin­çon et Monique Pin­çon-Char­lot, 27 Sep­tembre 2012, huma​nite​.fr)

    La demande de la natio­na­li­té belge par Ber­nard Arnault, pre­mière for­tune pro­fes­sion­nelle de France, avec 21 mil­liards d’euros, selon le pal­ma­rès 2012 de l’hebdomadaire Chal­lenges, et ­qua­trième for­tune du monde selon Forbes, a déclen­ché un tohu-bohu média­tique. Cela a été vécu comme une décla­ra­tion de guerre contre les mil­lions de Fran­çais qui vivent en des­sous du seuil de pau­vre­té.

    (…) Les plus riches sou­haitent non seule­ment s’affranchir de leurs impôts mais, avec le signal du plus doté d’entre eux, ils refusent désor­mais les contraintes liées à une iden­ti­té natio­nale ­deve­nue un frein à l’identité mon­diale du ­capi­ta­lisme déré­gu­lé et finan­cia­ri­sé dans lequel Ber­nard Arnault occupe une place de choix.

    (…) Ber­nard Arnault dit ne pas vou­loir chan­ger de rési­dence fis­cale et conti­nuer à payer ses impôts en France. Il est assez dif­fi­cile de le croire. Envi­ron 140 des 420 socié­tés du groupe LVMH qu’il dirige sont loca­li­sées dans des para­dis fis­caux (…)

    L’attitude de Ber­nard Arnault est cohé­rente avec ce qu’il est deve­nu, l’un des hommes d’affaires les plus riches du monde, dont l’activité s’organise au niveau de la pla­nète, très au cou­rant des mul­tiples pos­si­bi­li­tés pour les grandes for­tunes de déjouer les contraintes fis­cales de leur pays d’origine. Leur nation, c’est leur classe, une classe aujourd’hui à la recherche du meilleur pro­fit, dont l’enracinement au gré des oppor­tu­ni­tés est au cœur de la mon­dia­li­sa­tion du capi­ta­lisme néo­li­bé­ral.

    Réponse
  31. SamB

    Bon­jour Étienne,

    J’ai créé une péti­tion avec l’aide d’A­VAAZ qui se nomme « Auto­ri­ser l’é­tat fran­çais et les états euro­péens a emprun­ter auprès de leur banque centrale »
    et donc modi­fier la consti­tu­tion euro­péenne (l’ar­ticle 104 du trai­té de Maas­tricht deve­nu l’ar­ticle 123 du trai­té de Lisbonne)

    Mer­ci de relayer l’in­for­ma­tion sur ton blog et ton facebook.

    Ami­ca­le­ment,

    Samuel

    Réponse
  32. Ana Sailland

    j’ai mis une adresse mail bidon du genre inexis­tante pour m’in­for­mer du fonc­tion­ne­ment de la pro­cé­dure de signa­ture, et dans l’ins­tant est appa­ru un nou­veau signa­taire ( au nom aléatoire ? )

    Réponse
  33. Ana Sailland

    hihi

    votre nom a été ajou­té à la péti­tion qui sera remise à : Fran­çois Hol­lande ; Dépu­té PS de la 1ère cir­cons­crip­tion de la Corrèze .….…

    Réponse
  34. Orélia

    Bien vu Ana.…
    Pour ma part aus­si cette péti­tion m.a sem­blée bizarre.…. Je me suis dis tiens SamB est plu­tôt en retard dans le timing de FHollande…
    Aller SamB annon­cez votre couleur.…

    Réponse
  35. Dady
    @ SamB....

    Pour qu,une péti­tion soit cré­dible il faut que les per­sonnes ayant éla­bo­ré le pro­jet se dévoilent.
    Par exemple une asso­cia­tion peut envoyer une péti­tion… Si l.identité de l.émetteur est annon­cée la per­sonne qui reçoit la péti­tion peut y réflé­chir et y répondre.… Sinon ça va au panier, comme on dit : clas­se­ment vertical…
    @ Ana.…
    Vous avez mis une adresse mail bidon dans la péti­tion mais au pas­sage SamB a enre­gis­tré l.adresse de votre ordinateur…

    Réponse
  36. AlainR

    Inté­res­sant Grand entre­tien le 06/10/2012 de Pas­cal Riché (Red­chef Rue89) avec Bir­git­ta Jonsdottir :

    « L’Islande peut être le labo­ra­toire de la démocratie »

    Bir­git­ta Jons­dot­tir était de toutes les manifs qui ont fait chu­ter le pou­voir pré­cé­dent. Elue, elle pro­meut la mobi­li­sa­tion « online » pour « exploi­ter les failles du système » (…)

    *** Extraits ***

    (…) L’Islande peut être le labo­ra­toire de la démocratie.

    (…) Pour ce qui est des banques, le fait de les lais­ser tom­ber n’était pas volon­taire. C’est arri­vé uni­que­ment parce que le gou­ver­ne­ment n’a pas trou­vé d’argent pour les sau­ver : aucun autre pays n’a alors vou­lu lui en prêter.

    (…) en dépit de toutes les pro­messes des par­tis, il n’y avait pas eu de chan­ge­ment de Consti­tu­tion. Aujourd’hui, le pro­ces­sus est en marche. Cer­tains par­tis nient le fait que l’initiative soit venue du peuple, mais je peux vous dire que c’est bien le cas : j’ai par­ti­ci­pé à toutes les mani­fes­ta­tions, depuis la toute pre­mière, où nous étions une dizaine, juste après le krach : il y avait plus de jour­na­listes étran­gers que de mani­fes­tants. J’ai sui­vi tout le pro­ces­sus, et je connais l’esprit de cette réforme : il s’agit de créer une vraie sépa­ra­tion des pou­voirs, d’empêcher les élus d’agir dans leur propre inté­rêt, de pro­té­ger les res­sources naturelles …

    (…) c’est la crise qui a per­mis d’agir. Les gens, avant, s’en fichaient un peu. Ils ne connais­saient même pas la Consti­tu­tion : per­sonne n’en pos­sé­dait le texte à la mai­son. Mais ils ont com­pris qu’on avait vrai­ment besoin d’une telle réforme. Et la façon dont nous avons mené le pro­ces­sus consti­tu­tion­nel est formidable.

    (…) Beau­coup de gens ont pro­po­sé des amen­de­ments via Face­book ou par e‑mail. Le pro­ces­sus était entiè­re­ment ouvert. Il y a eu d’abord un forum, avec près de 1 000 par­ti­ci­pants (…) Cette réforme repré­sente un petit pas vers la démo­cra­tie directe. Mais il y a encore de gros trolls sur le chemin.

    (…) Si l’Islande peut jouer le rôle de labo­ra­toire, c’est parce que nous sommes un micro­cosme : nous avons toutes les ins­ti­tu­tions d’un pays, mais nous sommes petits et nous pou­vons atteindre plus rapi­de­ment, en mobi­li­sant les citoyens, la masse cri­tique néces­saire pour for­cer des chan­ge­ments (…) Mais la taille des pays n’est pas un pro­blème : vous pou­vez aus­si atteindre la masse cri­tique dans vos pays. Et dans ce monde glo­bal, où l’information cir­cule, vous pou­vez don­ner l’exemple. Cha­cun s’observe et échange les expériences

    (…) dans les villes, dans les quar­tiers, on peut faire beau­coup de choses. Ici, nous avons ain­si fait l’expérience du « meilleur Reyk­ja­vik » (une pla­te­forme par­ti­ci­pa­tive en ligne per­met­tant aux citoyens de sug­gé­rer des réformes à la muni­ci­pa­li­té, ndlr). Les cinq meilleures idées ou demandes sont exa­mi­nées chaque mois, et débouchent par­fois sur ces déci­sions. C’est une expé­rience brillante, même si le nombre de per­sonnes qui uti­lisent la pla­te­forme reste encore trop réduit

    (…) Je viens d’un petit vil­lage d’environ 800 per­sonnes, Thorlák­shöfn. Tout le monde y avait un rôle, cha­cun par­ti­ci­pait à la com­mu­nau­té. Une fois arri­vé en ville, vous êtes décon­nec­té : vous n’avez plus de rôle, vous pou­vez ne jamais connaître vos voi­sins, vous pou­vez ne jamais par­ti­ci­per à la com­mu­nau­té. Il faut chan­ger cela

    (…) quand les gens com­pren­dront qu’on peut bâtir ces com­mu­nau­tés non seule­ment online mais aus­si dans le monde réel, un vrai chan­ge­ment sera pos­sible (…) Il faut prendre conscience de cela, de l’importance qu’occupe notre vie en ligne, de l’importance prise par cet espace qui per­met des échanges libres et la dif­fu­sion d’idées (…) si l’on assiste à une telle explo­sion mili­tante pour une meilleure gou­ver­nance, c’est parce que les gens sont connec­tés. Une com­mu­nau­té glo­bale se dresse face aux mar­chés sans fron­tières, aux grandes entre­prises sans fron­tières, aux ten­ta­tives sans fon­tières d’empêcher les médias de racon­ter ce qui se passe réellement

    (…) Le pro­ces­sus constitutionnel

    6 novembre 2010 : Forum consti­tu­tion­nel : pen­dant une jour­née, 950 citoyens tirés au sort dressent, par tables de 10, les valeurs fon­da­men­tales de l’Islande.

    30 novembre 2010 : 25 citoyens sont élus, sur 522 can­di­dats, pour for­mer l’assemblée consti­tuante (l’élection sera inva­li­dée par la Cour suprême pour des rai­sons tech­niques, mais conti­nue­ra son tra­vail à titre consul­ta­tif). Les citoyens sont consul­tés par Internet.

    20 octobre 2012 : consul­ta­tion par réfé­ren­dum des citoyens sur le pro­jet de Constitution.

    Le par­le­ment devra voter une pre­mière fois le texte, puis le revo­ter, sans chan­ge­ment, après les pro­chaines élec­tions, en 2013.

    J’ai évo­qué la sépa­ra­tion des pou­voirs et le fait que les res­sources natu­relles, qui sont au cœur de l’économie islan­daise, appar­tiennent au peuple. Autre avan­cée : la pos­si­bi­li­té de pro­vo­quer un réfé­ren­dum à l’initiative d’une par­tie de la popu­la­tion, j’espère pas plus de 10%. Enfin, la liber­té de l’information sera aus­si inté­grée dans la Consti­tu­tion, et tout refus de don­ner des infor­ma­tions, de la part de l’administration, devra être motivé…

    (…) J’ai vécu dans ma vie, la plu­part du temps, sous le seuil de pau­vre­té. J’ai fait ce choix parce que je suis une mère indé­pen­dante, et que j’ai pré­fé­ré tra­vailler de chez moi et m’occuper sérieu­se­ment de mes enfants. Il m’est arri­vé de faire la queue à la soupe popu­laire. Mais même dans ces périodes, j’ai tou­jours essayé de m’impliquer dans la socié­té. Je savais que si je ne fai­sais rien pour essayer d’agir sur la réa­li­té, je ne connaî­trais jamais la socié­té dans laquelle je sou­haite vivre. Per­sonne ne le fera pour moi. Les femmes qui se sont bat­tues pour leurs droits, avaient-elles l’assiette tou­jours pleine ? Ceux qui se sont bat­tus pour les droits syn­di­caux, cher­chaient-ils une aug­men­ta­tion de salaire ? Non, ils cher­chaient à chan­ger la société !

    (…) je suis opti­miste : des mil­lions de gens ont com­pris que c’était le moment d’agir. Et il y en a de plus en plus. On peut encore chan­ger les choses à temps. J’y crois, car sinon, je ren­tre­rais chez moi, je met­trais la télé sur “on” et moi sur “off”. Par­fois, ce n’est pas l’envie qui me manque. Mais c’est bien plus exci­tant d’être dans l’action.

    Réponse
  37. AlainR

    Extraits de :
    Les élus muni­ci­paux repré­sentent-ils le peuple ? Por­trait sociologique
    (par Michel Koe­bel, le 03/10/2012, metro​po​li​tiques​.eu)

    Les 500 000 élus locaux sont régu­liè­re­ment pré­sen­tés comme les man­da­taires les plus appré­ciés et les plus proches des Fran­çais. L’accès aux postes de conseiller muni­ci­pal et de maire est pour­tant de plus en plus sou­mis à une sélec­ti­vi­té sexuelle, géné­ra­tion­nelle, rési­den­tielle et sur­tout sociale : davan­tage de retrai­tés, de fonc­tion­naires et de cadres, de moins en moins d’ouvriers et de petits tra­vailleurs indépendants.

    (…) Conclu­sion

    La décen­tra­li­sa­tion devait, selon ses pro­mo­teurs, rap­pro­cher les élus des citoyens. Elle n’a fait que les en éloi­gner socia­le­ment. L’augmentation du niveau de res­pon­sa­bi­li­té locale et les chan­ge­ments de scru­tin ont conduit à une sélec­ti­vi­té sociale tou­jours plus forte au cours des trente der­nières années : plus les posi­tions de pou­voir local sont éle­vées, plus les élus qui les occupent sont des hommes, plus âgés et occu­pant des posi­tions éle­vées dans la hié­rar­chie socio­pro­fes­sion­nelle. La mon­tée en puis­sance des struc­tures inter­com­mu­nales n’a fait qu’aggraver ces inéga­li­tés, puisque leurs repré­sen­tants sont pas­sés par un double fil­trage : le suf­frage direct puis indi­rect au sein des conseils municipaux.

    En l’absence de toute poli­tique de for­ma­tion per­met­tant à tout un cha­cun de se pré­pa­rer au tra­vail d’élu, ce sont les dis­cri­mi­na­tions sociales habi­tuelles qui prennent le des­sus et favo­risent ceux qui ont acquis, par leur milieu fami­lial et/ou durant leur cur­sus de for­ma­tion et au cours de leur pra­tique pro­fes­sion­nelle, les com­pé­tences et les moti­va­tions néces­saires à l’exercice du pou­voir. Les élus sont-ils alors capables de repré­sen­ter tous les citoyens ?

    La socio­lo­gie a démon­tré depuis long­temps que l’appartenance sociale déter­mine for­te­ment les repré­sen­ta­tions et donc les déci­sions. Le pas­sage de l’élection à la repré­sen­ta­tion n’est pas auto­ma­tique : c’est un tra­vail constant, qui passe d’abord par la prise de conscience des effets de la posi­tion sociale sur les prises de posi­tion, et qui se pour­suit en pre­nant en compte d’autres caté­go­ries d’intérêts que la sienne ou celles de son groupe social. Les élus ont-ils les capa­ci­tés, le temps, et seule­ment la volon­té de réa­li­ser un tel travail ?

    Réponse
  38. SamB

    Bon­jour,

    Je suis sim­ple­ment citoyen et je pense que n’im­porte quel citoyen peut être à l’o­ri­gine d’une pétition.

    En fait cette péti­tion est géré en par­tie par l’ONG AVAAZ qui regroupe des mil­lions de membres. Avaaz est un mou­ve­ment mon­dial en ligne qui donne aux citoyens les moyens de peser sur les prises de déci­sions par­tout dans le monde. Cette orga­ni­sa­tion à but non-lucra­tif ne reçoit aucun finan­ce­ment de gou­ver­ne­ments ni de grandes entre­prises pri­vées (pour res­ter incor­rup­tible). Elle uti­lise beau­coup les péti­tions et s’in­té­resse à diverses causes, notam­ment les droits de l’homme, la liber­té d’ex­pres­sion et la pro­tec­tion de l’environnement.

    http://​www​.avaaz​.org/​f​r​/​a​b​o​u​t​.​php

    http://​fr​.wiki​pe​dia​.org/​w​i​k​i​/​A​v​a​a​z​.​org

    Depuis peu, AVAAZ donne la pos­si­bi­li­té à n’im­porte quel citoyen de lan­cer sa propre péti­tion. C’est donc ce que j’ai fait avec cette péti­tion « Auto­ri­ser l’é­tat fran­çais et les états euro­péens à emprun­ter auprès de leur banque centrale ».

    Ne soyons pas (trop) méfiant et ras­sem­blons nous autour de causes qui nous paraissent juste (comme celle d’Etienne).

    Non je n’ai pas accés au adresse inter­net des signataires.

    L’er­reur pour la fonc­tion de Fran­çois Hol­lande vient de AVAAZ. Je leur ai signa­lé et ça devrait être cor­ri­gé bientôt.

    Ami­ca­le­ment,

    Samuel

    .

    Réponse
  39. AlainR

    Bon­jour Sam,

    Petite remarque per­so : je n’ai aucune méfiance vis-à-vis de ta démarche, par contre je suis réser­vé par rap­port à Avaaz qui pré­tend être un col­lec­tif por­tant diverses péti­tions citoyennes.

    Ce n’est pas une simple pla­te­forme péti­tion­naire. C’est un mou­ve­ment de signa­taires de péti­tions très variées, consul­tés pour défi­nir des prio­ri­tés, avec une équipe sélec­tion­nant les pétitions
    pro­po­sées, et des appels à dons. Bref, ce n’est pas une struc­ture neutre, ni finan­ciè­re­ment, ni politiquement.

    Mais même si je suis réser­vé sur le sup­port choi­si, je trouve ton ini­tia­tive excellente.

    Bien cor­dia­le­ment,
    Alain

    PS : quelques liens Avaaz

    Créer une péti­tion (et péti­tions en cours en-dessous)

    Prio­ri­tés 2012 (et appel à dons)

    Une péti­tion : Reven­di­ca­tions pour Hollande

    Réponse
  40. Alain Guillou

    La péti­tion citoyenne est sans doute le pre­mier stade d’un « pro­ces­sus démocratique ».
    Elle fera sans doute par­tie du « pro­ces­sus Constituant ».

    Réponse
  41. SamB

    Mer­ci Alain et Alain pour vos messages.

    Que faut il pour qu’une struc­ture mili­tante soit neutre finan­ciè­re­ment et poli­ti­que­ment ? être entiè­re­ment bénévole ?
    C’est sur que ce serais l’i­déale. (même si le béné­vo­lat a aus­si des défauts)

    Maintenant AVAAZ n'accepte aucun financement des états et des entreprises et refuse les dons supérieur à  5000 dollars.

    Je trouve que c’est une bonne res­tric­tion même si nous devons res­ter vigi­lant et critique.

    j’ai enten­du par­ler que les « puis­sants » (la plou­to­cra­tie) créent pro­ba­ble­ment eux même des (faux) mou­ve­ments de résis­tance pour pou­voir les contrô­ler et pour évi­ter que de vrais ne se forment.

    je ne pensent pas que ce soit le cas d’A­VAAZ mais le doute sub­siste évidement

    ET dans ce cas là, a qui faire confiance ?

    dif­fi­cile…

    bien cor­dia­le­ment,

    Samuel

    je remet le lien de la pétition :

    http://​www​.avaaz​.org/​f​r​/​p​e​t​i​t​i​o​n​/​A​u​t​o​r​i​s​e​r​_​l​e​t​a​t​_​f​r​a​n​c​a​i​s​_​e​t​_​l​e​s​_​e​t​a​t​s​_​e​u​r​o​p​e​e​n​s​_​a​_​e​m​p​r​u​n​t​e​r​_​a​u​p​r​e​s​_​d​e​_​s​a​_​b​a​n​q​u​e​_​c​e​n​t​r​a​l​e​/​?​sbc

    Réponse
  42. Trucmuch

    @ SamB.… ( post 42)

    Vous écri­vez :
    Je ne pense pas que ce soit le cas de AAVAZ ( donc vous n.en savez rien ) .…..
    Je doute que ce soit le cas de AAVAZ ( donc vous n.en savez rien ) .…
    A ce jour AAVAZ n.a tou­jours pas rec­ti­fié l.identifié pro­fes­sion­nelle de FHollande…
    Donc vous igno­rez tout de AAVAZ et pour­tant vous redon­nez le lien de la pétition.…
    Je veux bien croire que vous êtes un hon­nête citoyen.… mais quelque chose reste flou pour moi… .…..

    Comme dirait l.autre je ne sais pas si dieu existe mais a tout hasard je vais don­ner 5 cen­times a la quête du curé ça peut tou­jours sau­ver mon âme

    Réponse
  43. Alain Guillou

    AAVAZ en effet « tombe du ciel »…Comme « les indi­gnés », et sachant que les « domi­nants » dominent, alors, l’a­nar­chiste ren­con­tré dans la rue tom­be­ra paut-être aus­si du même ciel ? Pour moi c’est le PCF qui « tombe du ciel », donc plu­tôt que d’être replié sur ma para­no, « j’u­ti­lise » avec l’es­prit cri­tique que je m’autorise…

    Rien de mieux que la péti­tion et la manif…voire plus si affi­ni­té, comme le tirage au sort…ensuite la seule « ins­ti­tu­tion » à laquelle on doit se fisé­li­ser, c’est l’es­prit cri­tique : on devrait avoir cette devise sur les fron­tons des mai­ries de la répu­blique : Libe­té Ega­li­té fra­ter­ni­té Esprit critique..

    Réponse
  44. AlainR

    @ SamB

    Une struc­ture mili­tante n’a pas à être neutre poli­ti­que­ment ni même financièrement.

    En fait, j’ai déjà signé plu­sieurs péti­tions Avaaz, davan­tage mû par le sujet de la péti­tion que par Avaaz que je voyais a prio­ri comme une simple pla­te­forme tech­nique de créa­tion de péti­tions (comme on en reçoit tous les jours).

    Seule­ment après plu­sieurs signa­tures (et sol­li­ci­ta­tions de dons), j’ai cher­ché à connaître l’i­den­ti­té de Avaaz.

    Et je ne signe plus de péti­tions Avaaz depuis que je sais que ça se pré­sente comme un col­lec­tif cohé­rent et démo­cra­tique, avec des objec­tifs défi­nis annuel­le­ment par les membres.

    Je ne crois pas à la cohé­rence des moti­va­tions des membres signa­taires, et je trouve même que l’i­mage indi­vi­duelle de chaque péti­tion est noyée dans la marque fourre-tout Avaaz.

    Je ne crois pas à la démo­cra­tie du tri des péti­tions par l’é­quipe de sala­riés Avaaz. Les objec­tifs défi­nis col­lec­ti­ve­ment (d’ailleurs rédi­gés et ordon­nés de manière contes­table) sont un ver­nis démo­cra­tique bien trop géné­ra­liste pour que la sélec­tion des péti­tions par l’é­quipe exé­cu­tive ne soit pas arbitraire.

    Et je n’aime pas que cette équipe lance des appels à dons en uti­li­sant des péti­tions de mili­tants moti­vés par des objec­tifs précis.

    La charge est rude mais ne vois pas d’a­ni­mo­si­té dans mes pro­pos, c’est ce que je pense sin­cè­re­ment, sans para­noïa. Je sais bien que des asso­cia­tions davan­tage locales (et ayant un objet pré­cis et cohé­rent) sont sus­cep­tibles elles aus­si de man­quer de cohé­rence, de démo­cra­tie et d’hon­nê­te­té, mais je pré­fère signer et mili­ter dans une struc­ture où l’on est moins nom­breux, plus proches, et plus cen­trés sur un objectif.

    Je suis d’ailleurs inté­res­sé de savoir si vous connais­sez une asso­cia­tion type loi 1901 qui aurait adop­té des sta­tuts réel­le­ment démo­cra­tiques (au sens Chouard) : est-ce qu’il en existe une ?

    Existe-t-il un modèle prêt à l’emploi de sta­tuts asso­cia­tifs démo­cra­tiques ?

    J’a­vais deman­dé il y a trèèès long­temps à Etienne s’il avait envi­sa­gé la créa­tion d’une asso­cia­tion ayant pour objet la pro­mo­tion de ses idées : j’i­ma­gine que ça a été débat­tu ici ?

    Réponse
  45. Olga Quintavalle

    Pour info : …

    Il y a le Front de Gauche, qui en fait en est encore au stade incer­tain de son « élar­gis­se­ment ». Je me per­mets d’en par­ler non pas pour van­ter un « pro­duit fini » et en vendre les mérites pour le béné­fice du car­tel d’as­so­cia­tions et de par­tis qui s’y impliquent plus ou moins formellement.

    Les médias domi­nants cari­ca­turent sans honte cette expé­rience débu­tante, en essayant de figer l’o­pi­nion sur des images repous­santes du point de vue « démo­cra­tie véri­table » :Ils parlent du « Front de gauche de Mélen­chon », ou du « PCF élar­gi », ou bien encore de « l’extrême gauche », quand ce n’est pas du « front des­ti­né à dis­soudre le PCF », si ce n’est « la pou­belle verte populiste »…

    Pour­tant il s’y est pro­duit un début de pro­ces­sus démo­cra­tique, dans lequel chaque « par­ti­san » a déci­dé que ce serait au peuple de tran­cher les ques­tions ne fai­sant pas consen­sus : loin d’ef­fa­cer les res­sources anciennes (plus ou moins « par­ti­daires »), la « dyna­mique d’une révo­lu­tion citoyenne » s’est amor­cée : main­te­nant, qu’on a dit « place au peuple » et que l’on a appe­lé les gens à « prendre le pou­voir », cette logique est au pied du mur dans le fonc­tion­ne­ment du dit « Front de Gauche », et c’est inté­res­sant de reven­di­quer dans et pour cette dyna­mique son auto-appli­ca­tion : « pre­nons le pou­voir sur le front de gauche, nous autres ayant voca­tion de mili­tants du « pou­voir du peuple » ! 

    Si l’on n’ap­par­tient à aucun des par­tis ini­tia­teurs de « la dyna­mique popu­laire », on se trouve à frap­per aux portes du Front de Gauche pour y avoir une part de la puis­sance popu­laire néces­saire à la condi­tion citoyenne reven­di­quée. Si l’on est membre d’un des par­tis fon­da­teurs « his­to­riques », on est conduit à pour­suivre le « com­bat fra­ter­nel interne au par­ti » , celui qui fit admettre par tous la stra­té­gie « Front popu­laire »…C’est inté­res­sant de par­ler du rôle déver­rouilleur pos­sible du tirage au sort pour « élar­gir le gou­ver­ne­ment du Front de Gauche », car sans ce déver­rouillage l’ex­pé­rience sera bien­tôt finie…

    Ami­ca­le­ment

    Réponse
  46. kikou

    bien sur que l on peut rele­ver des pro­pos plus qu ambi­gus dans la page de Mr Chouard s dans des pots dis­til­lés ici là,noyés au milieu des posts pro « demo­cra­tie du tirage au sort »..ils ont été par­fois repu­bliés par des per­onnes sou­cieuses d eclai­rer les plus ido­latres d entre vous ou ceux ui refusent d exer­cer leur esprit critique..Fasciste je ne sais pas mais le pro­pos en tout cas pointe la bana­li­sa­tion du racisme, de l antisemitisme(responsable de presque touts les maux de la soci­té­té d apres ce qu on peut lire.…qui plus est quand on connait les ami­tiés de Mr Chouard qui bavarde avec une condes­cen­dence mie­leuse reci­proque avec des anciens cadres du FN (pour dis­cu­ter oli­gar­chie et demo­cra­tie lol) il est legi­time de se deman­der pkoi E.chouard demande conseil et vali­da­tion à ce repre­sen­tant de la haine…bref des ques­tions se posent et faciles ç retrou­ver puisque les ecrits res­tent même sug­gé­rés.. l inter­dire de se pre­sen­ter a une assem­blee est une erreur, néan­moins méfiez vous des appa­rences et de l aveu­gle­ment de l admi­ra­tion sans recul critique.cela s appelle de l endoctrinnement.….

    Réponse
  47. sitouaillain

    un tour sur le site de « la vie des idées » :

    une recen­sion d’un ouvrage col­lec­tif et plu­ri­dis­ci­pli­naire qui je crois s’ins­crit dans la dyna­mique de la révo­lu­tion citoyenne, car il s’a­git de s’at­ta­quer à l’i­dée selon laquelle le nombre, la mul­ti­tude est stu­pide (cf « la psy­cho­lo­gie des foules » G lebon) idée tout droit sor­tie du mépris de classe et que depuis un bon siècle la socio­lo­gie cri­tique tente de décons­truire, avec dans cet ouvrage, le sou­ci de croi­ser les regards dis­ci­pli­naires et de s’ap­puyer sur des expé­riences, du concret.

    en atten­dant la tra­duc­tion, juliette nous livre sa lec­ture, et voi­là de quoi dire à Mon­sieur Ayrault, lors­qu’il se per­met de juger la ques­tion du nucléaire comme trop com­plexe pour être sou­mise à réfé­ren­dum, que c’est pré­ci­sé­ment cette com­plexi­té qui en fait un sujet impos­sible à trai­ter effi­ca­ce­ment par quelques-uns :

    http://​www​.lavie​de​si​dees​.fr/​S​a​g​e​s​s​e​-​d​e​s​-​f​o​u​l​e​s​.​h​tml

    une recherche sur la dimen­sion géo­gra­phique de l’exer­cice de la citoyen­ne­té romaine :

    http://​www​.lavie​de​si​dees​.fr/​V​o​t​e​-​e​t​-​t​e​r​r​i​t​o​i​r​e​-​d​a​n​s​-​l​a​-​R​o​m​e​.​h​tml

    et puis une inter­view d’un des der­niers géants de la pen­sée cri­tique française,Étienne Balibar :

    http://​www​.lavie​de​si​dees​.fr/​C​i​t​o​y​e​n​-​B​a​l​i​b​a​r​.​h​tml

    enfin, puis­qu’il y a des gens qui ont fait l’ef­fort de prendre au sérieux A. Soral (en dehors bien sûr des psy­chiatres), autant ten­ter d’é­va­luer la por­tée de ses analyses :

    http://www.esprit68.org/images/comprendre_comprendre_l%27empire.pdf

    même si bien sûr cet article est loin d’é­pui­ser la ques­tion, au sens où il ne pré­tend pas défi­nir de quoi Alain Soral est-il le nom, pour ne pas dire le symp­tôme, et qu’il part donc du pos­tu­lat, faux à mon sens, que cet homme pra­ti­que­rait inten­tion­nel­le­ment le confu­sion­nisme idéo­lo­gique, la « fausse cri­tique » et le com­plo­tisme, or ce type est tou­chant de sin­cé­ri­té, un « gen­til virus » comme qui dirait, faux sub­ver­sif au suc­cès indé­niable, lui ou un autre peu importe, il n’y a pas à cher­cher de boucs émis­saires par­mi tous ces nar­cisses, si ces gens-là ont du cré­dit, c’est qu’il existe des masses encore plus pau­mées pour le leur en don­ner, et je ne vois pas en quoi les pri­ver de parole y chan­ge­rait quoi que ce soit, et de toute façon, même le plus sage des hommes, à par­tir du moment où il ouvre la bouche, n’est plus maître de la façon dont ses mots seront compris.

    mais d’un autre côté, on pour­rait se dire qu’une résis­tance est néces­saire, puisque le mode para­noïde de la pen­sée d’un soral a d’é­trange simi­li­tudes avec d’autres séduc­teurs de foules du pas­sé, san­glant pas­sé, mais même sans aller jusque là, il y a une cer­taine res­pon­sa­bi­li­té à assu­mer quand on apporte publi­que­ment du cré­dit à ce genre de per­son­nages, comme si on ne savait pas d’où il parle et où vont ses sympathies. 

    Et je m’a­muse bien de la réfé­rence à indy­mé­dia paris, dans le sens où si c’est bien l’of­fi­cine que d’au­cuns affirment, c’est encore plus stu­pide de leur prê­ter le flanc… la ligne de défense d’as­se­li­neau n’ef­fa­ce­ra jamais ses pas­sages au cabi­net de pas­qua, chez de vil­liers etc., et adop­ter la même ligne n’ef­fa­ce­ra pas les ambi­guï­tés qu’E­tienne a lui-même, tout seul comme un grand, lais­sé pla­ner sur ses pré­fé­rences. Il a d’ailleurs eu l’hon­neur de ne pas nier ce que l’in­qui­si­tion « anti­fas­ciste » lui repro­chait d’a­voir dit ou d’a­voir fré­quen­té. mais la défense fut mau­vaise, car il eut fal­lu requa­li­fier d’a­bord les chefs d’ac­cu­sa­tion, pour ensuite plai­der cou­pable : car le fait est qu’Étienne n’est ni fas­ciste ni d’ex­trême droite, mais qu’ef­fec­ti­ve­ment, on peut l’ac­cu­ser de ne pas être anti­fas­ciste.

    c’est d’ailleurs pour cela que ses idées, ses vidéos, appa­raissent chez Soral, ou que débarquent ici un ou deux natio­naux-bol­che­viks et toutes sortes de ten­dances d’ex­trême droite, sans qu’il n’y ait rien à redire là-des­sus d’ailleurs. l’an­tié­li­tisme, l’antipartisme,etc. pro­fes­sé dans le mes­sage sont déjà là du temps de Sorel (fas­ciste), pas éton­nant que du temps de Soral (neo­fas­ciste), cer­tains s’y retrouvent. Et le fait est que l’o­li­gar­chie libé­rale est un obs­tacle au réta­blis­se­ment du délit d’ho­mo­sexua­li­té, de la peine de mort et de l’ex­pul­sion de tous les musul­mans, on com­prend donc pour­quoi le tirage au sort, la « vraie démo­cra­tie » inté­resse aus­si ceux qui aspirent à la sou­ve­rai­ne­té de l’es­prit rétro­grade, ceux qui s’excitent contre « l’is­lam » et qu’on ne voit pas les jours de manif contre les trai­tés néolibéraux.

    bien sûr ceci n’ex­cuse pas la stu­pi­di­té des inqui­si­teurs, et dire qu’Étienne n’est pas anti­fas­ciste ne fait pas d’eux de bons anti­fas­cistes, tou­jours est-il que la lutte pour l’é­man­ci­pa­tion humaine ne se résou­dra pas par la tolé­rance à l’é­gard des miso­gynes, homo­phobes, isla­mo­phobes eth­no­dif­fé­ren­tia­listes etc. tel Soral, et qu’en l’oc­cur­rence ceux qui par­ti­cipent à la per­pé­tua­tion de ces idées, à la débi­li­ta­tion des forces par le com­plo­tisme et le confu­sion­nisme porte une lourde res­pon­sa­bi­li­té, et qu’on ne se berce pas d’illu­sions, si l’hé­gé­mo­nie idéo­lo­gique reste d’ex­trême droite, alors la démo­cra­tie est impos­sible, et si Soral a le droit de dire ce qu’il dit mais si une inter­pré­ta­tion appau­vrie de ce qu’il dit devient le droit, par la grâce du vote ou du tirage au sort, alors ne comp­tez pas sur moi pour être démo­crate, et nous serons sans doute plu­sieurs à choi­sir notre camp.

    Réponse
  48. Morpheus

    Dire qu’Étienne Chouard n’est pas « anti­fas­ciste » – ce qui équi­vaut à dire, selon la défi­ni­tion exacte du terme, qu’il n’est pas oppo­sé aux fas­cismes (notez le plu­riel) est faux. Étienne s’op­pose à tous les fas­cismes. Et il le fait avec une authen­tique sin­cé­ri­té – lui !

    Il est seule­ment vrai de dire qu’il ne cau­tionne pas les manœuvres inqui­si­trices et anti­dé­mo­cra­tiques de ceux qui s’af­fichent pré­ten­du­ment >anti­fas­ciste< (de même qu’ils s’af­fichent faus­se­ment et men­son­gè­re­ment « liber­taires », « anar­chistes », « gau­chistes ») et qu’il ne veut pas être assi­mi­lé à ces indi­vi­dus mal­hon­nêtes et pervers.

    On voit donc bien une fois encore mis en œuvre ce détour­ne­ment des mots, cette prise en otage par les mots retour­nés, per­ver­tis par des mani­pu­la­teurs et inqui­si­teurs de pensée.

    En se fai­sant pas­ser pour des >anti­fas­cistes< (ce qui, je le répète, ils ne sont pas !) ils empêchent toute cri­tique et enferment leurs contra­dic­teurs dans la dia­bo­li­sa­tion fas­ciste … alors qu’ils sont eux-mêmes d’au­then­tiques fascistes !

    Reste alors les extré­mistes de gauche, les abru­tis et les cons qui, sans doute sin­cè­re­ment (mais la sin­cé­ri­té n’empêche pas la bêtise), consi­dèrent qu’être de gauche c’est lut­ter contre l’ex­trême droite – ou ceux qui sont éti­que­tés comme tels. Ils agissent alors tels des zom­bies sans cer­velle, sans le moindre dis­cer­ne­ment, comme de bons petits sol­dats d’une pen­sée for­ma­tée. Il suf­fit qu’on leur désigne le méchant (le « fas­ciste », l’ « anti­sé­mite notoire », « le conspi­ra­tion­niste », etc.) pour qu’ils se lancent sans le moindre esprit cri­tique dans une croi­sade à son encontre. Ils deviennent alors de fac­to comme ceux qu’ils pré­tendent com­battre : des fas­cistes, des racistes, des extrémistes.

    Le jour où on met­tra les cons sur orbite, ceux-là n’ont pas fini de tourner …

    Caus­ti­que­ment vôtre,
    Morpheus

    Réponse
  49. Ana Sailland

    @sitouaillan

    Ma pré­fé­rence va au pre­mier des liens, celui qui tente d’ex­plo­rer le carac­tère cumu­la­tif de la « sagesse ». (Je le lirai avec soin)

    Sur ce cha­pitre, nous pour­rions répondre à Mon­sieur Ayrault, en usant de son propre style tau­to­lo­gique : la ques­tion du nucléaire est bien trop com­plexe pour être confiée aux élus et aux experts !
    Mais peut être que la motion Hes­sel qui fait un tabac au PS sera mieux enten­due que le peuple non encarté .……

    Pour le reste, les gens qui n’ont pas com­pris la valeur de l’i­se­go­ria auront for­cé­ment de la peine avec qui­conque l’ex­pé­ri­mente de fait. C’est logique.

    Réponse
  50. Étienne

    Sitouaillain,

    Bien sûr que je suis antifasciste. 
    Et c’est évi­dem­ment une insulte d’af­fir­mer le contraire. 
    On a le droit de s’insulter ? 
    Tu dirais quoi, si on disait par­tout que tu es fas­ciste, pour des rai­sons que tu trouves stu­pides (ou plu­tôt d’une cra­pu­leuse mau­vaise foi) ?
    J’in­siste : ima­gine que c’est toi qui est ain­si calom­nié ; tu la vois, l’in­jus­tice crasse ?

    J’ai tra­vaillé sur ce mot mau­dit pour essayer de le com­prendre du mieux pos­sible (et je dois sans doute encore tra­vailler), et je te rap­pelle ce billet important : 
    http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​f​o​r​u​m​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​2​0​1​2​/​0​6​/​0​1​/​2​2​5​-​h​e​n​r​i​-​g​u​i​l​l​e​m​i​n​-​l​e​-​f​a​s​c​i​s​m​e​-​e​n​-​f​r​a​nce
    et dans ce sens, celui de Guille­min, qui me paraît être le seul qui vaille, je suis pro­fon­dé­ment (et quo­ti­dien­ne­ment) anti­fas­ciste. Évi­dem­ment. Et ce qu’en pensent tel et tel par­ti­sans encar­tés, pro­fes­sion­nels de la poli­tique, sol­dats obéis­sants d’une dis­ci­pline intel­lec­tuelle impo­sée, qui ne voient par­tout que des enne­mis mor­tels en dehors des bar­be­lés de leur carte du par­ti, ce qu’ils pensent de moi qui ne suit pas leur police de la pen­sée n’y change rien : je fais de mon mieux contre les fas­cismes que je repère libre­ment, notam­ment le fas­cisme finan­cier, fut-il créé, et aujourd’­hui déve­lop­pé, entre­te­nu et défen­du par un par­ti men­son­gè­re­ment >« socia­liste ».

    Je trouve que le relais des calom­nies pré­ten­du­ment >anti­fas par des copains de gauche est BOUEUX.

    L’es­prit de par­ti est une plaie pour l’humanité.
    On va tous en crever.

    M…

    Étienne.


    Ou tu défends la liber­té d’expression pour des opi­nions que tu détestes, ou tu ne la défends pas du tout.
    Même Hit­ler et Sta­line étaient ravis de défendre la liber­té d’expression pour des idées qui leur convenaient. 
    Voi­là les enjeux essentiels.

    Noam Chom­sky


    La liber­té seule­ment pour les par­ti­sans du gou­ver­ne­ment, pour les membres d’un par­ti, aus­si nom­breux soient-ils, ce n’est pas la liberté. 
    La liber­té, c’est tou­jours la liber­té de celui qui pense autre­ment.

    Non pas par fana­tisme de la « jus­tice », mais parce que tout ce qu’il y a d’ins­truc­tif, de salu­taire et de puri­fiant dans la liber­té poli­tique tient à cela et perd de son effi­ca­ci­té quand la « liber­té » devient un privilège.

    Rosa Luxem­bourg (La révo­lu­tion russe).

    Réponse
  51. telemaque

    @sitouaillan

    les idées d’extrême droite pour­tant for­te­ment véhi­cu­lées par la télé­vi­sion ne sont pas majoritaires.

    Dans un sys­tème démo­cra­tique, les médias ne pour­raient être sous le seul empire de l’argent ain­si ces idées ne seraient plus seules mises en scène.

    Je ne sais pas si c’est le lieu pour vous expri­mer ma tristesse :

    Une petite pen­sée pour les afgans, ira­kiens, syriens, lybiens, algé­riens, argen­tins, hutus,toutsis etc etc etc tom­bés sous les balles ou vic­times des bom­bar­de­ments ou morts à cause des armes ven­dues par l’europe,prix nobel de la paix. Remer­cie­ments spé­ciaux à la France ( grand expor­ta­teur d’armes), au Royaume Uni (expor­ta­teur de conflits)…

    Quelle honte !!!

    il y a des jours où des humains tra­hissent l’humanité…

    Réponse
  52. sitouaillain

    @ ana

    oui tu as rai­son sur l’i­se­go­ria, mais la vraie ques­tion c’est de savoir si et com­ment l’i­se­go­ria est pos­sible et sur­tout dans une socié­té aus­si inéga­li­taire avec l’au­di­toire acquis à ceux qui flattent sa paresse et ses bas instincts…et que faire en attendant…

    mor­pheus, morpheus,

    Le jour où on met­tra les cons sur orbite, ceux-là n’ont pas finit de tourner …

    avec la faute d’or­tho­graphe, on se dit que tu es prêt pour le voyage…

    sérieu­se­ment, ta haine t’a­veugle, tu n’as pas com­pris ce que j’ai vou­lu dire,

    je dis qu’é­tienne n’est pas anti­fas­ciste au sens où il ne s’im­plique pas dans le com­bat anti­fas­ciste et il adopte une pos­ture de neu­tra­li­té poli­tique à l’é­gard des uns et des autres, ce qui en soi est louable. c’est moins louable quand ceux qui émettent des cri­tiques se voient assi­mi­lés à…des fascistes..ou bien tous ces gens dévoués qui bossent pour le bien com­mun dans des petites com­munes où on peine a faire une liste complète…deviennent des méchants élus corrompus…personne n’est par­fait, mais bon c’est la faute des autres, il y a les méchants et les gen­tils et dieu jugera…

    la où par contre tu me fais peur, c’est que tout en te pré­ten­dant au-des­sus du lot, tu ne cherches même pas à com­prendre en quoi ne pas lais­ser se déployer la pen­sée com­plo­tiste ou le fas­cisme fait par­tie d’un com­bat néces­saire ; bien pire, tu laisses sous-entendre qu’il n’y aurait pas à com­battre l’ex­trême droite, comme si mal s’y prendre pour le faire remet­tait en cause le com­bat lui-même.

    avec des dis­cours confus comme les tiens, on irait presque croire que l’ex­trême droite est une pauvre vic­time des anar­chistes et de tous ceux( abru­tis forcément)qui n’ac­ceptent pas ta belle tolé­rance sont des bourreaux…sauf que numé­ri­que­ment on a un petit pro­blème, il y a beau­coup de col­la­bos en puis­sance, beau­coup de gens d’ex­trême droite et une toute petite mino­ri­té de résis­tants (avec en plus, inévi­table, des abru­tis « petits sol­dats » par­mi eux)…

    et es-tu seule­ment bien pla­cé pour trai­ter tout le monde de fasciste…pas sûr, reprend une petite pilule de pro­jet vénus ça te calmeras…tes pro­blèmes ont une solu­tion toute faite pen­sée par autrui…gloria !

    Réponse
  53. antichat

    le pro­blème c’est qu’il fait nuit et qu’il y a du brouillard sur toute l’eu­rope depuis plus d’une demi-heure : nous avons le même genre de devoir que le cher­cheur mathé­ma­ti­cien , le « devoir de citoyen » :

    aveugles nous devons cher­cher dans la muit un chat noir qui peut-être n’existe pas…

    …Jus­qu’au « jour » sou­dain où il nous griffe, voire plus, nous crève les yeux…mais le pire est-il si grave quand le mieux est l’en­ne­mi du bien ?

    Réponse
  54. Maurice

    Si nous sommes là c’est que nous avons com­pris que les par­tis poli­tiques sont une plaie. Se com­battre à pro­pos de nos « web­sphères » res­pec­tives et de leurs accoin­tances poli­tiques donne du cré­dit aux par­tis, un non sens ici.

    Gent­le­men, ces­sez le feu.

    Réponse
  55. sitouaillain

    @ Etienne,

    non je ne t’in­sulte pas,

    et c’est à toi de com­prendre, non pas d’al­ler cher­cher chez guille­min une défi­ni­tion du fas­cisme qui n’est pas celle que tes détrac­teurs adoptent, et sur­tout pas de t’a­bri­ter der­rière des cita­tions de chom­sky ou de rosa luxem­bourg, pour faire « de gauche », je sou­tiens la liber­té d’ex­pres­sion, et c’est jus­te­ment un devoir citoyen de ne pas lais­ser se pro­pa­ger des conne­ries, aucun reproches à faire à chom­sky et luxem­bourg sur ce point ;

    tu peux avoir mépris envers ceux qui sont capables de s’ins­crire dans un col­lec­tif et de faire gaffe à ce qu’ils disent parce que cela engage un groupe et un ave­nir politique,

    tu as d’emblée choi­si de t’af­fran­chir de toute dis­ci­pline, ce n’est ni le cas de chom­sky, ni le cas de luxembourg…mais sur­tout, là où je me marre, c’est que, pour avoir subi les affres du dog­ma­tisme et de l’en­fer­me­ment par­ti­san de la part de « cama­rades », et déplo­rant for­te­ment ce genre de bêtise, je peux te dire très à l’aise que ton anti­par­tisme dog­ma­tique n’a rien à y envier, avec en prime la cer­ti­tude que tout ça ne mène à rien…le jour où tu te l’a­voue­ras tu auras fait un grand pas…ça t’é­vi­te­rais déjà d’é­crire « l’es­prit par­ti­san nous tue­ras tous » alors que tu conchies tous ceux qui ne pensent pas comme toi (sur­tout à gauche…sinon ça ferait moins « dan­dy subversif »)

    mais puisque te cri­ti­quer c’est être « méchant »…ou « fas­ciste »…ou « par­ti­san », bref ça ne sert à rien…alors continue…il y a assez d’o­reilles ici pour t’é­cou­ter pleurnicher…moi je n’ai pas atten­du d’a­voir 50 ans pour com­men­cer à gran­dir et j’ai pas besoin qu’on m’ap­plau­disse pour exister…fatalement on ne dira jamais de moi « par­tout » que je suis fas­ciste, par contre je n’ose même pas ima­gi­ner ce qui se pas­se­ra si tes copains d’ex­trême droite rem­placent les « fas­cistes » socialistes.

    il se trouve que j’a­vais déjà déplo­ré ce qui t’ar­ri­vais de la part des « anti­fas », avec le sou­ci de mettre tout ça en pers­pec­tive, mais visi­ble­ment tu ne retiens que ce qui t’ar­range, tu lis l’his­toire d’a­thènes comme ça t’ar­range, et, ce qui finit par semer le doute, c’est que si le fas­cisme c’est uni­que­ment l’i­déo­lo­gie domi­nante du moment (selon la défi­ni­tion de guille­min qui t’ar­range), si c’est uni­que­ment les gens de gauche qui sont par­ti­sans et boueux, et si, défi­ni­tion oblige, Soral asse­li­neau, les abru­tis d’en­quête et débat etc, tous ceux là n’ont rien à voir avec le fas­cisme et sont de sym­pa­thiques cama­rades fort sub­ver­sifs, des « lan­ceurs d’a­lerte », en quoi ça te gêne ce qui t’arrive ?

    regardes tu attires les mau­rice à l’es­prit longue por­tée répé­tant « les par­tis poli­tiques sont une plaie », mais mau­rice il fait quoi tout pau­mé dans son iso­le­ment d’in­di­vi­du néo­li­bé­ral, il attend quoi mau­rice pour sou­le­ver d’un coup tout un peuple de moi-je inca­pables de voir plus loin que le bout de leur nez et de se mobi­li­ser de manière coordonnée…les par­tis gnagnagna…oh oui subis­sons et plaignons-nous !

    Réponse
  56. Ana Sailland

    « mais la vraie ques­tion c’est de savoir si et com­ment l’i­se­go­ria est possible » »>

    Elle est pos­sible car c’est un choix. Un choix phi­lo­so­phique <res­pect d’au­trui> et un choix stra­té­gique. Point barre. 
    Stra­té­gique car elle est la seule façon de pro­té­ger la pen­sée de toute pen­sée dominante.

    C’est un choix indi­vi­duel avant que d’être col­lec­tif, qui com­porte des risques en ce monde poli­ti­que­ment et média­ti­que­ment per­vers, certes, mais qui pré­sente les ver­tus de l’exemple. La démons­tra­tion par l’exemple de soi n’est elle pas la plus sym­pa­thique des méthodes révo­lu­tion­naires, et la moins bles­sante ? Je la soup­çonne en tout cas d’être plus effi­cace que la pro­messe élec­to­rale hihi.

    On peut gérer le temps de parole, pour évi­ter « la démo­cra­tie des déci­bels » , on peut gérer <équi­ta­ble­ment!> la sur­face d’ex­po­si­tion, pour évi­ter le matra­quage par tel ou tel, ou telle ou telle télé, mais gérer le conte­nu est la porte ouverte à l’ar­bi­traire de la cen­sure, qui elle, qu’elle soit ins­ti­tu­tion­nelle ou le fait du tam tam, peu importe, est une incar­na­tion du fas­cisme. Ain­si les anti­fas sont ils fas …
    Il est remar­quable que cer­tains de ceux qui s’in­surgent d’un inté­rêt pour un para­graphe d’un per­son­nage X ou Y ne s’in­surgent pas contre le temps de parole épou­van­ta­ble­ment exces­sif accor­dé aux domi­nants VIP. Ne voient ils donc pas que nous sommes dans la dic­ta­ture de l’au­dience ?!? Mais peut être cela leur convient il après tout …

    Sitouaillan pour­suit : « et sur­tout dans une socié­té aus­si inéga­li­taire avec l’au­di­toire acquis à ceux qui flattent sa paresse et ses bas instincts… »

    »> Rai­son de plus pour s’en extraire en n’en res­pec­tant pas les injonc­tions sub­li­mi­nales et ampli­fiées par ceux qui adorent être mani­pu­lés. C’est si confor­table de ne pas réflé­chir, de ne pas se ren­sei­gner par soi même, de suivre sans les véri­fier cris et chu­cho­te­ments et si auto­gra­ti­fiant (n’ayant pas tes­té, j’imagine)de se pré­sen­ter, quand on n’a rien de plus construc­tif à pro­po­ser, en pour­fen­deur des neu­rones dissidents …

    « et que faire en atten­dant… » »» Don­ner l’exemple par­di, et ne pas suivre le trou­peau. Bien faire et lais­ser braire.

    Ceci dit, je ne suis entrée en poli­tique et en état de veille qu’en 2002, après avoir pleu­ré toute une nuit… Au cas où cer­tains seraient ten­tés de médire devant ma plaidoirie.

    Réponse
  57. Morpheus

    Sitouaillain, Sitouaillain,

    Pour­quoi donc t’es-tu sen­ti visé, alors que ce n’é­tait pas le cas ? Dans le dia­lecte de ma verte région, on dit « Y a qu’les galeux qui s’grattent ! »…

    Sen­ti­rais-tu les pré­misses de la conta­gion de cette infâme mala­die « anti­fa » te gagner, que tu te sentes ain­si visé lorsque j’ad­mo­neste d’un verbe popu­laire les zélotes thu­ri­fé­raires des >élites< oligarchiques ?

    Serais-ce le signe de la méta­mor­phose des clo­portes ? Si tel est le cas, alors per­mets-moi de te ras­su­rer : le remède est simple et réside dans l’hu­mour et l’auto-dérision.

    Ami­ca­le­ment vôtre,
    Morpheus

    Réponse
  58. Morpheus

    @ Sitouaillain
    Pour te répondre point par point.

    1. Je ne me pré­tends pas « au des­sus du lot », je suis en dehors du lot, ce qui est très dif­fé­rent : je n’ap­par­tient à aucun syn­di­cat, à aucun par­ti, à aucune secte, à aucune bande. Aus­si suis-je libre de pen­ser ce que je veux, et de cri­ti­quer qui je veux, en bien ou en mal, posi­ti­ve­ment ou négativement.

    2. Concer­nant la « pen­sée com­plo­tiste », j’af­firme qu’en dépit de ses excès (qui peuvent être poin­tés et cri­ti­qués), elle consti­tue un revi­re­ment sain pour la conscience col­lec­tive. La para­noïa qui en résulte est le fruit (ou le symp­tôme, enfin : la résul­tante) d’un sys­tème hié­rar­chique de contrôle, de domi­na­tion, de secrets, de men­songes et de mani­pu­la­tions qui com­mence au sein même des familles et se pro­longe dans toutes les struc­tures de la socié­tés. Le dan­ger n’est pas la « pen­sée com­plo­tiste » : le dan­ger est la socié­té com­plo­tiste elle-même dans laquelle nous vivons. Je regrette que tu ne veuilles pas le comprendre.

    3. J’af­firme éga­le­ment qu’il ne faut pas com­battre le fas­cisme ou la soi-disant « extrême droite ». Lorsque je te lis, j’ai l’im­pres­sion d’en­tendre l’an­tienne de l’ANG­SOC dans 1984 en appe­ler au quart d’heure de haine contre l’infâme enne­mi Emma­nuel Gold­stein. Tout est là. En com­bat­tant de front « l’ex­trême droite » dési­gnée, j’af­firme, je per­siste et je signe : tu es mani­pu­lé. Ce qu’il faut com­battre, ce sont les causes. Mais ça, tu le sais, n’est-ce pas ? Où est donc l’ombre qui t’empêche de com­prendre qu’en éli­mi­nant les causes qui mène à ce « mal » dési­gné, nous fai­sons d’une pierre deux coup : éli­mi­ner le racisme, l’ex­tré­misme et le fas­cisme, sans même avoir à le combattre ?

    4. J’af­firme, de sur­croit, que com­battre la pré­ten­due extrême droite de front, c’est deve­nir comme elle. Com­battre le fas­cisme, en employant les mêmes méthodes, c’est deve­nir (ou être dès le départ) comme ceux que l’on voue aux gémo­nies :

    extrême droite = extrême gauche

    Il est frap­pant de consta­ter à quel point la haine aveugle même jus­qu’à ceux qui pré­tendent la com­battre. Beau­coup de ceux et celles qui pré­tendent aujourd’­hui com­battre « la haine fas­ciste » se com­portent exac­te­ment comme les fas­cistes qui, dans les années 30 et 40, dési­gnaient les juifs comme les enne­mis du peuple. Cette extrême gauche bien pen­sante s’es­time au des­sus du lot, au des­sus des lois, au des­sus des prin­cipes, parce qu’ils se croient ani­més de « nobles prin­cipes » et défen­seurs de la ver­tu contre le vice. On croit rêver (plu­tôt cau­che­mar­der, en fait)…

    Aucun « sous-enten­du » dans mes pro­pos, donc. Qu’ils puissent te déran­ger, c’est autre chose.

    Mor­pheus

    Réponse
  59. sitouaillain

    Anna,
    en fait si se posait la ques­tion de savoir si et com­ment l’i­se­go­ria est possible,
    ce ne serait pas tout à fait dans l’op­tique de savoir si elle est souhaitable…

    mais d’a­bord, il faut peut être qu’on s’ex­plique sur le terme « isegoria »,

    pour moi, ça n’a de sens qu’en tant que liber­té d’ex­pres­sion dans un temps de parole res­treint et égal, pour tous les membres d’une assem­blée pre­nant une décision.

    ce qui veut dire que nous n’ex­pé­ri­men­tons rien du tout ici, et, à moins d’être élu membre d’une assem­blée déci­sion­naire, il faut être membre d’une asso­cia­tion, d’un par­ti, d’un col­lec­tif, d’un conseil d’ad­mi­nis­tra­tion, pour pou­voir l’ex­pé­ri­men­ter en tant que sou­bas­se­ment éthique à déli­bé­ra­tion en vue de l’agir.

    cela sup­pose donc un col­lec­tif « agis­sant », un ensemble de règles for­melles et infor­melles quant au sta­tut des membres du col­lec­tif, un temps et un lieu défi­ni pour construire une déci­sion et des méca­nismes ins­ti­tu­tion­nels pour en régir les règles délibératives.

    cela sup­pose aus­si et sur­tout un « ethos », une pos­ture, les uns par rap­port aux autres, à com­men­cer par la res­pon­sa­bi­li­té : en tant que membre à part égale d’un col­lec­tif agis­sant, ce que je dis peut avoir des consé­quences dont la res­pon­sa­bi­li­té m’in­combe, et peut être même suis-je res­pon­sable des consé­quences de ce que je laisse dire, non pas que j’aie à cen­su­rer, mais à contredire.

    alors, bien enten­du, les condi­tions d’ef­fi­ca­ci­té de l’i­se­go­ria méri­te­raient en soi qu’on s’y attarde, car c’est à un niveau plus pro­fond de l’  »ethos » démo­cra­tique que cela se joue.

    mais, à sup­po­ser que cha­cun soit de « bonne foi », ce prin­cipe de res­pon­sa­bi­li­té pour­rait suf­fire à géné­rer des méca­nismes de prudence…il semble que là-des­sus les athé­niens furent assez caté­go­riques et qu’on est en droit de se deman­der ce qui se pas­se­rait si cha­cun uti­li­sait sa liber­té et son droit à l’ex­pres­sion avec la pers­pec­tive de mou­rir si ses bêtises pro­fé­rées ont eu le mal­heur de convaincre et de géné­rer de fâcheuses conséquences…

    bien, une fois dit cela, ça n’ex­plique pas pour­quoi diable l’i­se­go­ria ne serait pas pos­sible étant don­né que tu dis bien qu’ Elle est pos­sible car c’est un choix. Un choix phi­lo­so­phique <res­pect d’au­trui> et un choix stra­té­gique. Point barre.

    je suis pour ma part mis en dif­fi­cul­té par cette affir­ma­tion, dans le sens, où, dans la défi­ni­tion que je pro­pose, il s’a­gi­rait tout bon­ne­ment d’ins­ti­tuer la chose par­tout où des déci­sions se prennent, par et pour ceux que la déci­sion concerne/impacte,
    ou bien, dans le sens « liber­té d’expression/absence de cen­sure » où tu l’en­tends, donc non assor­ti de sa dimen­sion déci­sion­nelle-déli­bé­ra­tive, le pro­blème juri­dique est déjà un acquis des révo­lu­tions bour­geoises, avec, du point de vue des res­pon­sa­bi­li­tés de l’exer­cice « en public » de cette liber­té des sanc­tions pré­vues en cas d’at­teinte à cer­tains prin­cipes (inci­ta­tion à la haine, calomnies,etc.)…ce n’est certes pas par­fait mais disons que le glaive de la loi ne tranche pas la langue de ceux qui entende liber­té d’ex­pres­sion par liber­té de dire n’im­porte quoi, de men­tir, etc.

    a mon sens, ça se joue ailleurs que juri­di­que­ment ou « phi­lo­so­phi­que­ment » comme tu dis, et fina­le­ment tu dis toi-même qu’il y a un pro­blème de déci­bels ou de sur­face d’exposition,
    mais, non seule­ment ce pro­blème-là n’est pas réglé, mais, le régler main­te­nant, ne suf­fi­rait pas à créer les condi­tions de pos­si­bi­li­té de l’i­se­go­ria. Pourquoi ?

    jus­te­ment parce que nos socié­tés sont tra­ver­sées de conflits, de contra­dic­tions, d’i­né­ga­li­tés et que les liber­tés bour­geoises ne cor­res­pondent pas à la garan­tie d’un exer­cice effec­tif, équi­table et, pour conti­nuer dans la pro­vo­ca­tion, de qua­li­té équivalente.

    ce qui veut dire qu’à temps de parole égal, les « coef­fi­cients mul­ti­pli­ca­teurs » de cré­du­li­té sont inégaux, il y a tout un tas de gens qui béné­fi­cient d’une aura, d’une éti­quette, plus ou moins cré­dible ou plus ou moins posi­tive, il y a une récep­ti­vi­té plus ou moins forte selon que vous vous appuyez sur telle ou telle « évi­dence » par­ta­gée grâce à la répé­ti­tion mil­lé­naire de méca­nismes de domi­na­tion et de sou­mis­sion, avec des sous-couches plus ou moins tenaces selon tout un tas de facteurs,

    et puis il y a cette divi­sion du tra­vail et ces inéga­li­tés de savoir qui feront que plus votre point de vue est com­plexe et sub­til et s’ap­puie sur des connais­sances accu­mu­lées et plus il y a de chances qu’au mieux on vous suive aveu­glé­ment, que le plus sou­vent les effets sociaux de ce que vous dites découlent d’une com­pré­hen­sion binaire et atro­phiée de ce que vous aurez dit, et qu’au pire on vous laisse par­ler dans le vide, l’un ou l’autre en fonc­tion de l’au­ra que vous aurez su vous construire, du niveau glo­bal d’é­du­ca­tion et du degré d’i­né­ga­li­tés et des inté­rêts contra­dic­toires de la socié­té pour laquelle vous agissez.

    peut-être que je me trompe, mais je consi­dère que, depuis ce point de vue social-his­to­rique, l’i­se­go­ria sup­pose que toute parole de por­tée révo­lu­tion­naire est d’a­bord noyée dans la masse du conser­va­tisme et de la réac­tion. de là découle une inter­ro­ga­tion sur l’at­ti­tude à tenir vis-à-vis de la réaction…surtout en période de crise où il n’est plus vrai­ment pos­sible de res­ter conservateur…tu as pleu­ré en 2002, sans doute sur les âmes de ceux qui avaient lais­sé braire avant 1933…fais gaffe à ton pain au cho­co­lat calimero !

    Réponse
  60. Di Girolamo

    « cela sup­pose donc un col­lec­tif « agis­sant », un ensemble de règles for­melles et infor­melles quant au sta­tut des membres du col­lec­tif, un temps et un lieu défi­ni pour construire une déci­sion et des méca­nismes ins­ti­tu­tion­nels pour en régir les règles délibératives. »

    Tout à fait exact qu’on tourne en rond sur les blogs et isa­go­rias indi­vi­duelles et exem­plaires ; et manque de pot, tour­ner en rond peut res­sem­bler à une révo­lu­tion mais n’en est pas une et en défi­ni­tive n’a d’autre but que d’oc­cu­per et satis­faire ceux qui tournent . Ce manège étant d’ailleurs d’un grand conser­va­tisme parce qu’an­cré dans cet exis­tant qui le fait tourner.

    Oui, si le col­lec­tif en ques­tion est citoyen et concerne un pays (local) + une pla­nète (glo­bal) , la démo­cra­tie consiste bien à défi­nir un cadre com­mun pour la réflexion et la déci­sion ; réflexion et déci­sion n’é­tant pas sur le même plan : dans un cas il s’a­git de recherche et dans l’autre d’ac­tion ; mais pas d’ac­tion sans recherche, même si cette recherche socié­tale est d’a­bord une recherche fon­da­men­tale avant que d’être une recherche appliquée.

    On en revient donc tou­jours à l’es­sen­tiel : ce qu’est la démo­cra­tie : une volon­té col­lec­tive de com­pré­hen­sion et ges­tion d’un milieu de vie com­mun s’ins­cri­vant dans un cadre appro­prié per­met­tant recherche, étude débats, décisions.

    Récla­mer haut et fort ce cadre per­met­tant à tous les citoyens de pro­duire ensemble ce tra­vail de recherche me semble être aujourd’­hui l’ac­tion poli­tique majeure à mener ; la crise glo­bale rend encore plus visible l’im­pé­ra­tif besoin d’un outil réel­le­ment démo­cra­tique d’in­tel­li­gence col­lec­tive ; les seuls gagnants à son absence sont les diri­geants, les usur­pa­teurs de pou­voir de tous poils et les esclaves ayant déci­dés par paresse ou inté­rêt d’être diri­gés. Le mal­heur étant que le monde est fait aujourd’­hui de chefs et de sui­veurs et que les rebelles se com­plaisent dans leur rébel­lion qui n’est en fait qu’un aspect conser­va­teur du reste ; la seule révo­lu­tion étant citoyenne , au sens indi­qué plus haut (une volon­té col­lec­tive de com­pré­hen­sion et ges­tion d’un milieu de vie com­mun s’ins­cri­vant dans un cadre appro­prié per­met­tant recherche , étude débats , décisions ).

    Poli­ti­que­ment je sou­haite qu’on puisse créer un cadre public pour étu­dier ensemble l’en­semble des pro­blèmes impor­tants tou­chant à l’a­ve­nir de la socié­té, ; par ex La construc­tion euro­péenne , l’éner­gie , la crois­sance etc etc ces pro­blèmes seraient appro­fon­dis en eux même mais aus­si et sur­tout reliés à une vision glo­bale , au pro­jet de société.

    Le fait que cette volon­té que ce cadre n’existe pas, ni ne le rend caduque, ni ne jus­ti­fie l’en­trée simple en rap­ports de forces : non pas que le rap­port de force n’existe plus, bien au contraire , il est et sera de plus en plus mar­qué ; mais ren­trer en réflexion col­lec­tive est la voie royale d’u­ni­té pour tous ceux qui sont habi­tés par une volon­té de démo­cra­tie et de justice.

    Le fait même qu’Etienne , homme de qua­li­té et de réflexion nous mette gra­tui­te­ment à dis­po­si­tion ce manège et qu’Anna , femme de qua­li­té et de réflexion, se contente d’un Isa­go­ria indi­vi­duel et exem­plaire , me fait dire que déci­dem­ment ou je suis com­plè­te­ment à côté de la plaque , ou on est pas prêt de voir venir ce qu’on dit tous sou­hai­ter mais sans vrai­ment la défi­nir et la mettre en situa­tion d’émerger : la démo­cra­tie …Qui encore une fois n’est rien d’autre qu’un cadre public orga­ni­sé nous per­met­tant de réflé­chir et décider.

    Réponse
  61. Ana Sailland

    Faire ce qui est juste mais nous est inter­dit est un devoir. Le cadre rend la chose impar­faite. Fata­le­ment.

    Nous bouf­fer le nez à pro­pos d’une imper­fec­tion impo­sée par les cir­cons­tances est assez contre-per­for­mant.

    Amor­cer la chose lui per­met déjà d’être.

    Ana avec un seul n 😉

    pré­fixe grec « de bas en haut »

    J’y tiens.

    PS : Dans la clai­rière où fume l’eau du sol pour épou­ser le soleil, le chant des cor­beaux fait par­tie intrin­sèque des petits matins joyeux. Ima­gi­nons la scène et ran­geons nos lance-pierres 😉

    Réponse
  62. sitouaillain

    @ Mor­pheus

    Où est donc l’ombre qui t’empêche de com­prendre qu’en éli­mi­nant les causes qui mène à ce « mal » dési­gné, nous fai­sons d’une pierre deux coup : éli­mi­ner le racisme, l’ex­tré­misme et le fas­cisme, sans même avoir à le combattre ?

    je pense très sin­cè­re­ment qu’il n’y a pas d’ombre.
    d’a­bord le fait que tu sois « en dehors du lot » rend cer­tain que tu ne lan­ce­ras aucune pierre qui ferait deux coup.

    en fait, le côté tra­gique, c’est que je suis entiè­re­ment d’ac­cord avec toi sur le com­bat anti­fas­ciste, tel que tu l’as cir­cons­crit, pour ne pas dire caricaturé,

    main­te­nant je ne vois pas la dif­fé­rence de prin­cipe entre la haine que tu déverses sur l’ex­trême gauche et celle que celle-ci déverse sur l’ex­trême-droite (tout en don­nant la prio­ri­té au com­bat anticapitaliste),

    alors, comme fait social total, le capi­ta­lisme, selon toi, n’a pas à être com­bat­tu sur le ter­rain de ses res­sorts les plus puis­sants : hié­rar­chies, sou­mis­sion, patriar­cat, idéo­lo­gie du tra­vail, idéo­lo­gie du mérite, col­la­bo­ra­tion de classe « natio­na­liste », etc., tout ce que l’ex­trême droite dif­fuse et légi­time comme « valeurs » relayées joyeusement…

    c’est vrai qu’une fois qu’on se déteste bien entre wal­lons et fla­mands, entre ouvriers et chô­meurs, entre noirs et blancs, ça aide à la soli­da­ri­té et à la révolte contre l’exploitation,

    c’est vrai qu’en ne dési­gnant pas comme impasse poli­tique les pseu­do­sub­ver­sions basées sur des pré­ju­gés et des connais­sances incom­plètes, voire des délires (cf Soral), on tra­vaille à l’é­man­ci­pa­tion popu­laire, au goût de l’ef­fort pour dépas­ser ses préjugés…

    et bien évi­dem­ment comme il ne s’a­git-là que d’une « pré­ten­due » extrême-droite, et que l’ex­trême-gauche c’est la même chose, on sent bien qu’il n’y a rien à craindre pour l’é­man­ci­pa­tion popu­laire et quelques liber­tés en cas d’ac­ces­sion au pou­voir de ces pauvres vic­times des empê­cheurs d’être réac­tion­naires en rond…reste à savoir si en temps de parole les vic­times sont si vic­times que cela (cf le pain au cho­co­lat et la man­da­ture pré­cé­dente en france)…et si bien sûr la faveur des classes domi­nantes ne va pas « spon­ta­né­ment » à la cana­li­sa­tion de l’in­di­gna­tion par des réflexes iden­ti­taires, etc.. d’ailleurs on sent très bien à quel point la conscience poli­tique s’é­lève à mesure que pro­gressent les idées d’ex­trême droite en europe, avec des mou­ve­ment de masse autoor­ga­ni­sés qui défont les oli­gar­chies en place pour ins­tau­rer un com­mu­nisme libertaire…

    à moins que tu ne m’ex­pliques que la dési­gna­tion de « chô­meurs assis­tés » et « fonc­tion­naires para­sites » par des mou­tons sou­mis au patron, au chef ou au pape relève de la plus pure sub­ver­sion, et que le sum­mum de la sub­ti­li­té poli­tique s’ob­serve devant une assem­blée de fron­tiste criant « com­mu­nistes assas­sins » et fai­sant louange de feu le Maréchal

    j’ap­pré­cie­rai qu’on m’ex­plique en quoi le trai­te­ment sécu­ri­taire des pro­blèmes sociaux, le fli­cage des chô­meurs, les ten­sions dans les cités, le déli­te­ment des sys­tèmes de soli­da­ri­té et de la sphère non-mar­chande sur les­quels pros­père le libé­ra­lisme ne viennent pas direc­te­ment de ces sou­bas­se­ments idéo­lo­giques qui selon toi ne seraient pas à combattre.

    et bien évi­dem­ment le capi­ta­lisme se com­bat en chas­sant les arabes et en répé­tant que c’est la faute des syn­di­cats et des par­tis d’ex­trême gauche…moi ça me laisse per­plexe, 8% de syn­di­qués et 1% de membres de par­tis à cor­ré­ler direc­te­ment avec l’al­lon­ge­ment de la mise au tra­vail, l’aug­men­ta­tion de la part de la valeur ajou­tée rever­sée au capi­tal, la baisse des salaires, la pré­ca­ri­sa­tion, les pri­va­ti­sa­tions, les délo­ca­li­sa­tions, etc.

    ce qui est déran­geant dans tes pro­pos, c’est leur cor­res­pon­dance mimé­tique avec les lignes de défense de l’ex­trême droite, puisque sous cou­vert de dénon­cer les tra­vers de « l’ex­trême gauche bien pen­sante » ou l’at­ti­tude contre­pro­duc­tive de « cen­su­reur anti­fas­cistes », tu finis par défendre l’ex­trême droite ou la rendre inoffensive,

    c’est pour­tant une chose de dénon­cer que cer­tains s’a­britent der­rière de « nobles prin­cipes » pour « faire le mal », s’en est une autre de lais­ser sous-entendre que les anti­fas qui semblent à tes yeux avoir si grande influence poli­tique seraient de même valeur que leurs équi­va­lents fascistes,

    or, per­so, entre deux bor­nés sur leurs prin­cipes, je pré­fère le fémi­niste au machiste, et je pré­fère l’an­ti­ra­ciste au xénophobe…et je doute qu’il y ait des anar­chistes dans les cohortes de CRS qui ont récem­ment gazé les ouvriers de chez peugeot…enfin bref, cha­cun son camp…mais j’a­voue que le cadavre cri­blée de balle d’un syn­di­ca­liste colom­bien vaut cer­tai­ne­ment aver­tis­se­ment pour les lâches…mieux vaut là-bas être entre dehors du lot…

    sur le com­plo­tisme, je n’ai jamais dit autre chose…je regrette que tu n’aies pas cher­ché à com­prendre. après, là où nous diver­geons, c’est sur le deve­nir révo­lu­tion­naire du complotiste…comment pas­ser de sujet à acteur…et sur le confort pares­seux qu’il y a en res­ter là, la démis­sion à le légi­ti­mer, sur­tout quand on a gra­tui­te­ment accès et à des expli­ca­tions moins « casse-gueule » et à des recherches his­to­riques sur la tra­jec­toire de ceux qui s’y sont adon­né et sur ses condi­tions d’émergence.

    quand à savoir si je suis mani­pu­lé, peut être, mais pas par les héri­tiers de mon­sieur Mac­car­thy ni par la web­task­force fron­tiste qui a fait main basse sur agoravox..

    et pour t’a­vouer le fond de ma pen­sée je pense que tu n’as pas encore dépas­sé le stade du condi­tion­ne­ment de l’i­déa­lisme petit bour­geois et de l’in­di­vi­dua­lisme hédo­niste néo­li­bé­ral, j’en veux pour preuve tes posi­tions sur les par­tis, comme si l’as­so­cia­tion et l’or­ga­ni­sa­tion n’é­taient pas les seuls moyens de ren­ver­ser les struc­tures qui t’op­priment, et comme si tu allait perdre ta liber­té en accep­tant d’en­trer dans un col­lec­tif, alors même que tu vis, sois disant libre, dans une socié­té régie par le mar­ché, le capi­tal et l’adhé­sion aux valeurs domi­nantes, socié­té d’in­di­vi­dus-sujets iso­lés, dont le moi-je-isme ambiant n’est pas le moindre des soutiens.

    contre­dis-moi si tu le peux, mais un peuple de Mor­pheus ne sau­rait être acteur de l’his­toire, puisque que pour sur­gir comme acteur, il faut qu’il agisse, et il n’y a pas d’ac­tion col­lec­tive sans se recon­naitre comme membres d’une même orga­ni­sa­tion-mou­ve­ment, et il n’y a pas de suc­cès de la mobi­li­sa­tion sans capa­ci­té à rem­pla­cer de manière pérenne les struc­tures du pou­voir et ceci ne tiens pas sans un sou­bas­se­ment idéo­lo­gique commun.

    Bien enten­du, un cer­veau condi­tion­né au bibe­ron néo­li­bé­ral a déjà le poil qui se hérisse au mot « idéo­lo­gie », ça ne faci­lite pas la communication.

    et enfin dire cela : Beau­coup de ceux et celles qui pré­tendent aujourd’­hui com­battre « la haine fas­ciste » se com­portent exac­te­ment comme les fas­cistes qui, dans les années 30 et 40, dési­gnaient les juifs comme les enne­mis du peuple. est par­fai­te­ment gro­tesque et il y a des choses qui ne sont sur­tout pas à mettre sur le même plan, le pro­blème, c’est pas que tu n’as pas le droit de pen­ser que les fas­cistes sont des amis du peuple, ça te regarde, par contre, le pro­cé­dé rhé­to­rique est tor­du et irres­pec­tueux pour ceux qui te lisent : il y a une dif­fé­rence fon­da­men­tale à dési­gner les por­teur et pro­pa­ga­teur zélés d’une idée, le fas­cisme, et de dési­gner une essence « les juifs », « les arabes », « les pédés » comme ceux que tu défends et vou­drais faire pas­ser comme vic­times le font. La dif­fé­rence, c’est que le fas­ciste peut chan­ger d’a­vis (en ce sens je suis d’ac­cord avec toi, les anti­fas s’y prennent mal) voire se la fer­mer, tan­dis que le juif, etc. reste juif etc.
    pro­cé­dé rhé­to­rique jus­te­ment écu­lé jus­qu’à la corde par tous les nou­veaux ava­tars de l’ex­trême droite qui s’en donnent à coeur joie sur le net dans un sur­en­ché­ris­se­ment victimaire…allez savoir qui est contaminé…

    Réponse
  63. Morpheus

    Bon, sitouaillain, tu es le roi de la dia­lec­tique, et qui plus est, de la dia­lec­tique éris­tique. Tu es très fort pour faire dire aux autres ce qu’ils n’ont pas dit, et sur ces men­songes, tu éla­bores un argu­men­taire de 3000 signes dans lequel tu te montes très bien le bour­ri­cot tout seul.

    Pas de sou­ci, conti­nue à jouer au con si ça t’a­muse, mais sans moi.

    A tchaoo, bon dimanche … 😉

    Mor­pheus

    Réponse
  64. sitouaillain

    mer­ci Morpheus,

    je ne connais­sais pas la « dia­lec­tique éris­tique », c’est bien la pre­mière chose que tu m’apprends.…au moins je n’au­rais pas écrit 3000 signes pour rien !

    et je te ras­sure, il y a bien plus doué que moi !

    par contre je n’in­vente pas, tu affirmes :

    « il ne faut pas com­battre le fascisme »

    je constate que ton com­man­de­ment est sui­vi par des mil­lions de consciences sur ce conti­nent, la majorité.

    agis sur les causes et sur les conséquences

    je ne joue pas, tu te perds.

    Réponse
  65. AlainR

    @ sitouaillain

    J’ai du mal à com­prendre ce que vous repro­chez à Etienne. Pou­vez-vous me le préciser ?

    Réponse
  66. Étienne

    Sitouaillain,

    Tu me dis « mais puisque te cri­ti­quer c’est être « méchant »…ou « fas­ciste »…ou « par­ti­san », bref ça ne sert à rien… ».

    Voyons… Je passe mon temps à me faire cri­ti­quer et ça ne me pose AUCUN pro­blème, AU CONTRAIRE : j’ai besoin de mes adver­saires pour pro­gres­ser et je me nour­ris des contro­verses, même râpeuses et par­fois peu confor­tables, dans les­quelles je baigne quo­ti­dien­ne­ment, ici et ailleurs.

    Mais avec les pré­ten­dus >anti­fas, on parle d’autre chose, il ne faut pas être de mau­vaise foi : il s’a­git de graves calom­nies (men­songes) sans droit de réponse et main­te­nant de menaces phy­siques pour inti­mi­der ceux qui orga­nisent des ren­contres autour de mon tra­vail (voir ceci — mais tu trouves sans doute ça nor­mal : il faut accep­ter de « se faire cri­ti­quer » n’est-ce pas).

    De plus en plus, je te trouve sec­taire, stric­to sen­su, cli­vant : si on n’est pas d’une bande, d’une secte, c’est mal ; et dans ce cas, on n’a pas à se plaindre des vio­lences sec­taires d’un groupe ou d’un autre. Et tu oses par­ler de « dogme » au sujet de mes reproches aux par­tis, tu es gon­flé, look who’s tal­king : le dogme (la pen­sée impo­sée, la dis­ci­pline de pen­sée, « la ligne du par­ti ») est pré­ci­sé­ment le mode de pen­sée des par­tis. Tu ne fais pas la dif­fé­rence entre un dogme et une pen­sée argu­men­tée et en mou­ve­ment ? C’est vrai­ment l’hô­pi­tal qui se fout de la cha­ri­té. 🙂


    Fina­le­ment, je suis bien d’ac­cord avec Simone Weil, dans ce texte remar­quable (et ce n’est pas un dogme, c’est une cri­tique fon­dée, qui attend des objec­tions fon­dées : les membres des par­tis sont sou­vent « des gens bien », dévoués, cou­ra­geux, et tout et tout, mais leur orga­ni­sa­tion hié­rar­chique les trans­forme sou­vent en sol­dats et en brutes) :

    NOTE SUR LA SUPPRESSION GÉNÉRALE DES PARTIS POLITIQUES
    Simone Weil, 1940, Écrits de Londres, p. 126 et s.

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    Le mot par­ti est pris ici dans la signi­fi­ca­tion qu’il a sur le conti­nent euro­péen. Le même mot dans les pays anglo-saxons désigne une réa­li­té tout autre. Elle a sa racine dans la tra­di­tion anglaise et n’est pas trans­plan­table. Un siècle et demi d’ex­pé­rience le montre assez. Il y a dans les par­tis anglo-saxons un élé­ment de jeu, de sport, qui ne peut exis­ter que dans une ins­ti­tu­tion d’o­ri­gine aris­to­cra­tique ; tout est sérieux dans une ins­ti­tu­tion qui, au départ, est plébéienne.

    L’i­dée de par­ti n’en­trait pas dans la concep­tion poli­tique fran­çaise de 1789, sinon comme mal à évi­ter. Mais il y eut le club des Jaco­bins. C’é­tait d’a­bord seule­ment un lieu de libre dis­cus­sion. Ce ne fut aucune espèce de méca­nisme fatal qui le trans­for­ma. C’est uni­que­ment la pres­sion de la guerre et de la guillo­tine qui en fit un par­ti totalitaire.

    Les luttes des fac­tions sous la Ter­reur furent gou­ver­nées par la pen­sée si bien for­mu­lée par Tom­ski : « Un par­ti au pou­voir et tous les autres en pri­son. » Ain­si sur le conti­nent d’Eu­rope le tota­li­ta­risme est le péché ori­gi­nel des partis.

    C’est d’une part l’hé­ri­tage de la Ter­reur, d’autre part l’in­fluence de l’exemple anglais, qui ins­tal­la les par­tis dans la vie publique euro­péenne. Le fait qu’ils existent n’est nul­le­ment un motif de les conser­ver. Seul le bien est un motif légi­time de conser­va­tion. Le mal des par­tis poli­tiques saute aux yeux. Le pro­blème à exa­mi­ner, c’est s’il y a en eux un bien qui l’emporte sur le mal et rende ain­si leur exis­tence désirable.

    Mais il est beau­coup plus à pro­pos de deman­der : Y a‑t-il en eux même une par­celle infi­ni­té­si­male de bien ? Ne sont-ils pas du mal à l’é­tat pur ou presque ?

    S’ils sont du mal, il est cer­tain qu’en fait et dans la pra­tique ils ne peuvent pro­duire que du mal. C’est un article de foi. « Un bon arbre ne peut jamais por­ter de mau­vais fruits, ni un arbre pour­ri de beaux fruits. »

    Mais il faut d’a­bord recon­naître quel est le cri­tère du bien.

    Ce ne peut être que la véri­té, la jus­tice, et, en second lieu, l’u­ti­li­té publique.

    La démo­cra­tie, le pou­voir du plus grand nombre, ne sont pas des biens. Ce sont des moyens en vue du bien, esti­més effi­caces à tort ou à rai­son. Si la Répu­blique de Wei­mar, au lieu de Hit­ler, avait déci­dé par les voies les plus rigou­reu­se­ment par­le­men­taires et légales de mettre les Juifs dans des camps de concen­tra­tion et de les tor­tu­rer avec raf­fi­ne­ment jus­qu’à la mort, les tor­tures n’au­raient pas eu un atome de légi­ti­mi­té de plus qu’elles n’ont main­te­nant. Or pareille chose n’est nul­le­ment inconcevable.

    Seul ce qui est juste est légi­time. Le crime et le men­songe ne le sont en aucun cas.

    Notre idéal répu­bli­cain pro­cède entiè­re­ment de la notion de volon­té géné­rale due à Rous­seau, Mais le sens de la notion a été per­du presque tout de suite, parce qu’elle est com­plexe et demande un degré d’at­ten­tion élevé.

    Quelques cha­pitres mis à part, peu de livres sont beaux, forts, lucides et clairs comme Le Contrat Social. On dit que peu de livres ont eu autant d’in­fluence. Mais en fait tout s’est pas­sé et se passe encore comme s’il n’a­vait jamais été lu.

    Rous­seau par­tait de deux évi­dences. L’une, que la rai­son dis­cerne et choi­sit la jus­tice et l’u­ti­li­té inno­cente, et que tout crime a pour mobile la pas­sion. L’autre, que la rai­son est iden­tique chez tous les hommes, au lieu que les pas­sions, le plus sou­vent, dif­fèrent. Par suite si, sur un pro­blème géné­ral, cha­cun réflé­chit tout seul et exprime une opi­nion, et si ensuite les opi­nions sont com­pa­rées entre elles, pro­ba­ble­ment elles coïn­ci­de­ront par la par­tie juste et rai­son­nable de cha­cune et dif­fé­re­ront par les injus­tices et les erreurs.

    C’est uni­que­ment en ver­tu d’un rai­son­ne­ment de ce genre qu’on admet que le consen­sus uni­ver­sel indique la vérité.

    La véri­té est une. La jus­tice est une. Les erreurs, les injus­tices sont indé­fi­ni­ment variables. Ain­si les hommes convergent dans le juste et le vrai, au lieu que le men­songe et le crime les font indé­fi­ni­ment diver­ger. L’u­nion étant une force maté­rielle, on peut espé­rer trou­ver là une res­source pour rendre ici-bas la véri­té et la jus­tice maté­riel­le­ment plus fortes que le crime et l’erreur.

    Il y faut un méca­nisme conve­nable. Si la démo­cra­tie consti­tue un tel méca­nisme, elle est bonne. Autre­ment non.

    Un vou­loir injuste com­mun à toute la nation n’é­tait aucu­ne­ment supé­rieur aux yeux de Rous­seau — et il était dans le vrai — au vou­loir injuste d’un homme.

    Rous­seau pen­sait seule­ment que le plus sou­vent un vou­loir com­mun à tout un peuple est en fait conforme à la jus­tice, par la neu­tra­li­sa­tion mutuelle et la com­pen­sa­tion des pas­sions par­ti­cu­lières. C’é­tait là pour lui l’u­nique motif de pré­fé­rer le vou­loir du peuple à un vou­loir particulier.

    C’est ain­si qu’une cer­taine masse d’eau, quoique com­po­sée de par­ti­cules qui se meuvent et se heurtent sans cesse, est dans un équi­libre et un repos par­faits. Elle ren­voie aux objets leurs images avec une véri­té irré­pro­chable. Elle indique par­fai­te­ment le plan hori­zon­tal. Elle dit sans erreur la den­si­té des objets qu’on y plonge.

    Si des indi­vi­dus pas­sion­nés, enclins par la pas­sion au crime et au men­songe, se com­posent de la même manière en un peuple véri­dique et juste, alors il est bon que le peuple soit sou­ve­rain. Une consti­tu­tion démo­cra­tique est bonne si d’a­bord elle accom­plit dans le peuple cet état d’é­qui­libre, et si ensuite seule­ment elle fait en sorte que les vou­loirs du peuple soient exécutés.

    Le véri­table esprit de 1789 consiste à pen­ser, non pas qu’une chose est juste parce que le peuple la veut, mais qu’à cer­taines condi­tions le vou­loir du peuple a plus de chances qu’au­cun autre vou­loir d’être conforme à la justice.

    Il y a plu­sieurs condi­tions indis­pen­sables pour pou­voir appli­quer la notion de volon­té géné­rale. Deux doivent par­ti­cu­liè­re­ment rete­nir l’attention.

    L’une est qu’au moment où le peuple prend conscience d’un de ses vou­loirs et l’ex­prime, il n’y ait aucune espèce de pas­sion collective.

    Il est tout à fait évident que le rai­son­ne­ment de Rous­seau tombe dès qu’il y a pas­sion col­lec­tive. Rous­seau le savait bien. La pas­sion col­lec­tive est une impul­sion de crime et de men­songe infi­ni­ment plus puis­sante qu’au­cune pas­sion indi­vi­duelle. Les impul­sions mau­vaises, en ce cas, loin de se neu­tra­li­ser, se portent mutuel­le­ment à la mil­lième puis­sance. La pres­sion est presque irré­sis­tible, sinon pour les saints authentiques.

    Une eau mise en mou­ve­ment par un cou­rant violent, impé­tueux, ne reflète plus les objets, n’a plus une sur­face hori­zon­tale, n’in­dique plus les densités.

    Et il importe très peu qu’elle soit mue par un seul cou­rant ou par cinq ou six cou­rants qui se heurtent et font des remous. Elle est éga­le­ment trou­blée dans les deux cas.

    Si une seule pas­sion col­lec­tive sai­sit tout un pays, le pays entier est una­nime dans le crime. Si deux ou quatre ou cinq ou dix pas­sions col­lec­tives le par­tagent, il est divi­sé en plu­sieurs bandes de cri­mi­nels. Les pas­sions diver­gentes ne se neu­tra­lisent pas, comme c’est le cas pour une pous­sière de pas­sions indi­vi­duelles fon­dues dans une masse ; le nombre est bien trop petit, la force de cha­cune est bien trop grande, pour qu’il puisse y avoir neu­tra­li­sa­tion. La lutte les exas­père. Elles se heurtent avec un bruit vrai­ment infer­nal, et qui rend impos­sible d’en­tendre même une seconde la voix de la jus­tice et de la véri­té, tou­jours presque imperceptible.

    Quand il y a pas­sion col­lec­tive dans un pays, il y a pro­ba­bi­li­té pour que n’im­porte quelle volon­té par­ti­cu­lière soit plus proche de la jus­tice et de la rai­son que la volon­té géné­rale, ou plu­tôt que ce qui en consti­tue la caricature.

    La seconde condi­tion est que le peuple ait à expri­mer son vou­loir à l’é­gard des pro­blèmes de la vie publique, et non pas à faire seule­ment un choix de per­sonnes. Encore moins un choix de col­lec­ti­vi­tés irres­pon­sables. Car la volon­té géné­rale est sans aucune rela­tion avec un tel choix.

    S’il y a eu en 1789 une cer­taine expres­sion de la volon­té géné­rale, bien qu’on eût adop­té le sys­tème repré­sen­ta­tif faute de savoir en ima­gi­ner un autre, c’est qu’il y avait eu bien autre chose que des élec­tions. Tout ce qu’il y avait de vivant à tra­vers tout le pays — et le pays débor­dait alors de vie — avait cher­ché à expri­mer une pen­sée par l’or­gane des cahiers de reven­di­ca­tions. Les repré­sen­tants s’é­taient en grande par­tie fait connaître au cours de cette coopé­ra­tion dans la pen­sée ; ils en gar­daient l’a cha­leur ; ils sen­taient le pays atten­tif à leurs paroles, jaloux de sur­veiller si elles tra­dui­saient exac­te­ment ses aspi­ra­tions. Pen­dant quelque temps — peu de temps — ils furent vrai­ment de simples organes d’ex­pres­sion pour la pen­sée publique.

    Pareille chose ne se pro­dui­sit jamais plus.

    Le seul énon­cé de ces deux condi­tions montre que nous n’a­vons jamais rien connu qui res­semble même de loin à une démo­cra­tie. Dans ce que nous nom­mons de ce nom, jamais le peuple n’a l’oc­ca­sion ni le moyen d’ex­pri­mer un avis sur aucun pro­blème de la vie publique ; et tout ce qui échappe aux inté­rêts par­ti­cu­liers est livré aux pas­sions col­lec­tives, les­quelles sont sys­té­ma­ti­que­ment, offi­ciel­le­ment encouragées.

    L’u­sage même des mots de démo­cra­tie et de répu­blique oblige à exa­mi­ner avec une atten­tion extrême les deux pro­blèmes que voici :

    Com­ment don­ner en fait aux hommes qui com­posent le peuple de France la pos­si­bi­li­té d’ex­pri­mer par­fois un juge­ment sur les grands pro­blèmes de la vie publique ?

    Com­ment empê­cher, au moment où le peuple est inter­ro­gé, qu’il cir­cule à tra­vers lui aucune espèce de pas­sion collective ?

    Si on ne pense pas à ces deux points, il est inutile de par­ler de légi­ti­mi­té républicaine.

    Des solu­tions ne sont pas faciles à conce­voir. Mais il est évident, après exa­men atten­tif, que toute solu­tion impli­que­rait d’a­bord la sup­pres­sion des par­tis politiques.

    Pour appré­cier les par­tis poli­tiques selon le cri­tère de la véri­té, de la jus­tice, du. .bien public, il convient de com­men­cer par en dis­cer­ner les carac­tères essentiels.

    On peut en énu­mé­rer trois :

    Un par­ti poli­tique est une machine à fabri­quer de la pas­sion collective.

    Un par­ti poli­tique est une orga­ni­sa­tion construite de manière à exer­cer une pres­sion col­lec­tive sur la pen­sée de cha­cun des êtres humains qui en sont membres.

    La pre­mière fin, et, en der­nière ana­lyse, l’u­nique fin de tout par­ti poli­tique est sa propre crois­sance, et cela sans aucune limite.

    Par ce triple carac­tère, tout par­ti est tota­li­taire en germe et en aspi­ra­tion. S’il ne l’est pas en fait, c’est seule­ment parce que ceux qui l’en­tourent ne le sont pas moins que lui. 

    Ces trois carac­tères sont des véri­tés de fait évi­dentes à qui­conque s’est appro­ché de la vie des partis.

    Le troi­sième est un cas par­ti­cu­lier d’un phé­no­mène qui se pro­duit par­tout où le col­lec­tif domine les êtres pen­sants. C’est le retour­ne­ment de la rela­tion entre fin et moyen. Par­tout, sans excep­tion, toutes les choses géné­ra­le­ment consi­dé­rées comme des fins sont par nature, par défi­ni­tion, par essence et de la manière la plus évi­dente uni­que­ment des moyens. On pour­rait en citer autant d’exemples qu’on vou­drait dans tous les domaines. Argent, pou­voir, Etat, gran­deur natio­nale, pro­duc­tion éco­no­mique, diplômes uni­ver­si­taires ; et beau­coup d’autres.

    Le bien seul est une fin. Tout ce qui appar­tient au domaine des faits est de l’ordre des moyens. Mais la pen­sée col­lec­tive est inca­pable de s’é­le­ver au-des­sus du domaine des faits. C’est une pen­sée ani­male. Elle n’a la notion du bien que juste assez pour com­mettre l’er­reur de prendre tel ou tel moyen pour un bien absolu.

    Il en est ain­si des par­tis. Un par­ti est en prin­cipe un ins­tru­ment pour ser­vir une cer­taine concep­tion du bien public.

    Cela est vrai même de ceux qui sont liés aux inté­rêts d’une caté­go­rie sociale, car il est tou­jours une cer­taine concep­tion du bien public en ver­tu de laquelle il y aurait coïn­ci­dence entre le bien public et ces inté­rêts. Mais cette concep­tion est extrê­me­ment vague. Cela est vrai sans excep­tion et presque sans dif­fé­rence de degrés. Les par­tis les plus incon­sis­tants et les plus stric­te­ment orga­ni­sés sont égaux par le vague de la doc­trine. Aucun homme, si pro­fon­dé­ment qu’il ait étu­dié la poli­tique, ne serait capable d’un expo­sé pré­cis et clair rela­ti­ve­ment à la doc­trine d’au­cun par­ti, y com­pris, le cas échéant, le sien propre.

    Les gens ne s’a­vouent guère cela à eux-mêmes. S’ils se l’a­vouaient, ils seraient naï­ve­ment ten­tés d’y voir une marque d’in­ca­pa­ci­té per­son­nelle, faute d’a­voir recon­nu que l’ex­pres­sion : « Doc­trine d’un par­ti poli­tique » ne peut jamais, par la nature des choses, avoir aucune signification.

    Un homme, pas­sât-il sa vie à écrire et à exa­mi­ner des pro­blèmes d’i­dées, n’a que très rare­ment une doc­trine. Une col­lec­ti­vi­té n’en a jamais. Ce n’est pas une mar­chan­dise collective.

    On peut par­ler, il est vrai, de doc­trine chré­tienne, doc­trine hin­doue, doc­trine pytha­go­ri­cienne, et ain­si de suite. Ce qui est alors dési­gné par ce mot n’est ni indi­vi­duel ni col­lec­tif ; c’est une chose située infi­ni­ment au-des­sus de l’un et l’autre domaine. C’est, pure­ment et sim­ple­ment, la vérité.

    La fin d’un par­ti poli­tique est chose vague et irréelle. Si elle était réelle, elle exi­ge­rait un très grand effort d’at­ten­tion, car une concep­tion du bien public n’est pas chose facile à pen­ser. L’exis­tence du par­ti est pal­pable, évi­dente, et n’exige aucun effort pour être recon­nue. Il est ain­si inévi­table qu’en fait le par­ti soit à lui-même sa propre fin.

    Il y a dès lors ido­lâ­trie, car Dieu seul est légi­ti­me­ment une fin pour soi-même.

    La tran­si­tion est facile. On pose en axiome que la condi­tion néces­saire et suf­fi­sante pour que le par­ti serve effi­ca­ce­ment la concep­tion du bien public en vue duquel il existe est qu’il pos­sède une large quan­ti­té de pouvoir.

    Mais aucune quan­ti­té finie de pou­voir ne peut jamais être en fait regar­dée comme suf­fi­sante, sur­tout une fois obte­nue. Le par­ti se trouve en fait, par l’ef­fet de l’ab­sence de pen­sée, dans un état conti­nuel d’im­puis­sance qu’il attri­bue tou­jours à l’in­suf­fi­sance du pou­voir dont il dis­pose. Serait-il maître abso­lu du pays, les néces­si­tés inter­na­tio­nales imposent des limites étroites.

    Ain­si la ten­dance essen­tielle des par­tis est tota­li­taire, non seule­ment rela­ti­ve­ment à une nation, mais rela­ti­ve­ment au globe ter­restre. C’est pré­ci­sé­ment parce que la concep­tion du bien public propre à tel ou tel par­ti est une fic­tion, une chose vide, sans réa­li­té, qu’elle impose la recherche de la puis­sance totale. Toute réa­li­té implique par elle-même une limite. Ce qui n’existe pas du tout n’est jamais limitable.

    C’est pour cela qu’il y a affi­ni­té, alliance entre le tota­li­ta­risme et le mensonge.

    Beau­coup de gens, il est vrai, ne songent jamais à une puis­sance totale ; cette pen­sée leur ferait peur. Elle est ver­ti­gi­neuse, et il faut une espèce de gran­deur pour la sou­te­nir. Ces gens-là, quand ils s’in­té­ressent à un par­ti, se contentent d’en dési­rer la crois­sance ; mais comme une chose qui ne com­porte aucune limite. S’il y a trois membres de plus cette année que l’an der­nier, ou si la col­lecte a rap­por­té cent francs de plus, ils sont contents. Mais ils dési­rent que cela conti­nue indé­fi­ni­ment dans la même direc­tion. Jamais ils ne conce­vraient que leur par­ti puisse avoir en aucun cas trop de membres, trop d’é­lec­teurs, trop d’argent.

    Le tem­pé­ra­ment révo­lu­tion­naire mène à conce­voir la tota­li­té. Le tem­pé­ra­ment petit-bour­geois mène à s’ins­tal­ler dans l’i­mage d’un pro­grès lent, conti­nu et sans limite. Mais dans les deux cas la crois­sance maté­rielle du par­ti devient l’u­nique cri­tère par, rap­port auquel se défi­nissent en toutes choses le bien et le mal. Exac­te­ment comme si le par­ti était un ani­mal à l’en­grais, et que l’u­ni­vers eût été créé pour le faire engraisser.

    On ne peut ser­vir Dieu et Mam­mon. Si on a un cri­tère du bien autre que le bien, on perd la notion du bien.

    Dès lors que la crois­sance du par­ti consti­tue un cri­tère du bien, il s’en­suit inévi­ta­ble­ment une pres­sion col­lec­tive du par­ti sur les pen­sées des hommes. Cette pres­sion s’exerce en fait. Elle s’é­tale publi­que­ment. Elle est avouée, pro­cla­mée. Cela nous ferait hor­reur si l’ac­cou­tu­mance ne nous avait pas tel­le­ment endurcis.

    Les par­tis sont des orga­nismes publi­que­ment, offi­ciel­le­ment consti­tués de manière à tuer dans les âmes le sens de la véri­té et de la justice.

    La pres­sion col­lec­tive est exer­cée sur le grand public par la pro­pa­gande. Le but avoué de la pro­pa­gande est de per­sua­der et non pas de com­mu­ni­quer de la lumière. Hit­ler a très bien vu que la pro­pa­gande est tou­jours une ten­ta­tive d’as­ser­vis­se­ment des esprits. Tous les par­tis font de la pro­pa­gande. Celui qui n’en ferait pas dis­pa­raî­trait du fait que les autres en font. Tous avouent qu’ils font de la pro­pa­gande. Aucun n’est auda­cieux dans le men­songe au point d’af­fir­mer qu’il entre­prend l’é­du­ca­tion du public, qu’il forme le juge­ment du peuple.

    Les par­tis parlent, il est vrai, d’é­du­ca­tion à l’é­gard de ceux qui sont venus à eux, sym­pa­thi­sants, jeunes, nou­veaux adhé­rents. Ce mot est un men­songe. Il s’a­git d’un dres­sage pour pré­pa­rer l’emprise bien plus rigou­reuse exer­cée par le par­ti sur la pen­sée de ses membres.

    Sup­po­sons un membre d’un par­ti — dépu­té, can­di­dat à la dépu­ta­tion, ou sim­ple­ment mili­tant — qui prenne en public l’en­ga­ge­ment que voi­ci : « Toutes les fois que j’exa­mi­ne­rai n’im­porte quel pro­blème poli­tique ou social, je m’en­gage à oublier abso­lu­ment le fait que je suis membre de tel groupe, et à me pré­oc­cu­per exclu­si­ve­ment de dis­cer­ner le bien public et la justice. »

    Ce lan­gage serait très mal accueilli. Les siens et même beau­coup d’autres l’ac­cu­se­raient de tra­hi­son. Les moins hos­tiles diraient : « Pour­quoi alors a‑t-il adhé­ré à un par­ti ?» — avouant ain­si naï­ve­ment qu’en entrant dans un par­ti on renonce à cher­cher uni­que­ment le bien public et la jus­tice. Cet homme serait exclu de son par­ti, ou au moins en per­drait l’in­ves­ti­ture ; il ne serait cer­tai­ne­ment pas élu.

    Mais bien plus, il ne semble même pas pos­sible qu’un tel lan­gage soit tenir. En fait, sauf erreur, il ne l’a jamais été. Si des mots en appa­rence voi­sins de ceux-là ont été pro­non­cés, c’é­tait seule­ment par des hommes dési­reux de gou­ver­ner avec l’ap­pui de par­tis autres que le leur. De telles paroles son­naient alors comme une sorte de man­que­ment à l’honneur.

    En revanche on trouve tout à fait natu­rel, rai­son­nable et hono­rable que quel­qu’un dise : « Comme conser­va­teur — » ou : « Comme socia­liste — je pense que… »

    Cela, il est vrai, n’est pas propre aux par­tis. On ne rou­git pas non plus de dire : « Comme Fran­çais, je pense que… » « Comme catho­lique, je pense que… »

    Des petites filles, qui se disaient atta­chées au gaul­lisme comme à l’é­qui­valent fran­çais de l’hit­lé­risme, ajou­taient : « La véri­té est rela­tive, même en géo­mé­trie. » Elles tou­chaient le point central.

    S’il n’y a pas de véri­té, il est légi­time de pen­ser de telle ou telle manière en tant qu’on se trouve être en fait telle ou telle chose. Comme on a des che­veux noirs, bruns, roux ou blonds, parce qu’on est comme cela, on émet aus­si telles et telles pen­sées. La pen­sée, comme les che­veux, est alors le pro­duit d’un pro­ces­sus phy­sique d’élimination.

    Si on recon­naît qu’il y a une véri­té, il n’est per­mis de pen­ser que ce qui est vrai. On pense alors telle chose, non parce qu’on se trouve être en fait Fran­çais, ou catho­lique, ou socia­liste, mais parce que la lumière irré­sis­tible de l’é­vi­dence oblige à pen­ser ain­si et non autrement.

    S’il n’y a pas évi­dence, s’il y a doute, il est alors évident que dans l’é­tat de connais­sances dont on dis­pose la ques­tion est dou­teuse. S’il y a une faible pro­ba­bi­li­té d’un côté, il est évident qu’il y a une faible pro­ba­bi­li­té ; et ain­si de suite. Dans tous les cas, la lumière inté­rieure accorde tou­jours à qui­conque la consulte une réponse mani­feste. Le conte­nu de la réponse est plus ou moins affir­ma­tif ; peu importe. Il est tou­jours sus­cep­tible de révi­sion ; mais aucune cor­rec­tion ne peut être appor­tée, sinon par davan­tage de lumière intérieure.

    Si un homme, membre d’un par­ti, est abso­lu­ment réso­lu à n’être fidèle en toutes ses pen­sées qu’à la lumière inté­rieure exclu­si­ve­ment et à rien d’autre, il ne peut pas faire connaître cette réso­lu­tion à son par­ti, Il est alors vis-à-vis de lui en état de mensonge.

    C’est une situa­tion qui ne peut être accep­tée qu’à cause de la néces­si­té qui contraint à se trou­ver dans un par­ti pour prendre part effi­ca­ce­ment aux affaires publiques. Mais alors cette néces­si­té est un mal, et il faut y mettre fin en sup­pri­mant les partis.

    Un homme qui n’a pas pris la réso­lu­tion de fidé­li­té exclu­sive à la lumière inté­rieure ins­talle le men­songe au centre même de l’âme. Les ténèbres inté­rieures en sont la punition.

    On ten­te­rait vai­ne­ment de s’en tirer par la dis­tinc­tion entre la liber­té inté­rieure et la dis­ci­pline exté­rieure. Car il faut alors men­tir au public, envers qui tout can­di­dat, tout élu, a une obli­ga­tion par­ti­cu­lière de vérité.

    Si je m’ap­prête à dire, au nom de mon par­ti, des choses que j’es­time contraires à la véri­té et à la jus­tice, vais-je l’in­di­quer dans un aver­tis­se­ment préa­lable ? Si je ne le fais pas, je mens.

    De ces trois formes de men­songe — au par­ti, au public, à soi-même — la pre­mière est de loin la moins mau­vaise. Mais si l’ap­par­te­nance à un par­ti contraint tou­jours, en tout cas, au men­songe, l’exis­tence des par­tis est abso­lu­ment, incon­di­tion­nel­le­ment un mal.

    Il était fré­quent de voir dans des annonces de réunion : M. X. expo­se­ra le point de vue com­mu­niste (sur le pro­blème qui est l’ob­jet de la réunion). M. Y. expo­se­ra le point de vue socia­liste. M. Z. expo­se­ra le point de vue radical.-

    Com­ment ces mal­heu­reux s’y pre­naient-ils pour connaître le point de vue qu’ils devaient expo­ser ? Qui pou­vaient-ils consul­ter ? Quel oracle ? Une col­lec­ti­vi­té n’a pas de langue ni de plume. Les organes d’ex­pres­sion sont tous indi­vi­duels. La col­lec­ti­vi­té socia­liste ne réside en aucun indi­vi­du. La col­lec­ti­vi­té radi­cale non plus. La col­lec­ti­vi­té com­mu­niste réside en Sta­line, mais il est loin ; on ne peut pas lui télé­pho­ner avant de par­ler dans une réunion.

    Non, MM. X., Y. et Z. se consul­taient eux-mêmes. Mais comme ils étaient hon­nêtes, ils se met­taient d’a­bord dans un état men­tal spé­cial, un état sem­blable à celui où les avait mis si sou­vent l’at­mo­sphère des milieux com­mu­niste, socia­liste, radical.

    Si, s’é­tant mis dans cet état, on se laisse aller à ses réac­tions, on pro­duit natu­rel­le­ment un lan­gage conforme aux « points de vue » com­mu­niste, socia­liste, radical.

    A condi­tion, bien enten­du, de s’in­ter­dire rigou­reu­se­ment tout effort d’at­ten­tion en vue de dis­cer­ner la jus­tice et la véri­té. Si on accom­plis­sait un tel effort, on ris­que­rait — comble d’hor­reur — d’ex­pri­mer un « point de vue personnel ».

    Car de nos jours la ten­sion vers la jus­tice et la véri­té est regar­dée comme répon­dant à un point de vue personnel.

    Quand Ponce Pilate a deman­dé au Christ : « Qu’est-ce que la véri­té ? » le Christ n’a pas répon­du. Il avait répon­du d’a­vance en disant : « Je suis venu por­ter témoi­gnage pour la vérité. »

    Il n’y a qu’une réponse. La véri­té, ce sont les pen­sées qui sur­gissent dans l’es­prit d’une créa­ture pen­sante uni­que­ment, tota­le­ment, exclu­si­ve­ment dési­reuse de la vérité.

    Le men­songe, l’er­reur — mots syno­nymes — ce sont les pen­sées de ceux qui ne dési­rent pas la véri­té, et de ceux qui dési­rent la véri­té et autre chose en plus. Par exemple qui dési­rent la véri­té et en plus la confor­mi­té avec telle ou telle pen­sée établie.

    Mais com­ment « dési­rer la véri­té sans rien savoir d’elle ? C’est là le mys­tère des mys­tères. Les mots qui expriment une per­fec­tion incon­ce­vable à l’homme — Dieu, véri­té, jus­tice — pro­non­cés inté­rieu­re­ment avec désir, sans être joints à aucune concep­tion, ont le pou­voir d’é­le­ver l’âme et de l’i­non­der de lumière.

    C’est en dési­rant la véri­té à vide et sans ten­ter d’en devi­ner d’a­vance le conte­nu qu’on reçoit la lumière. C’est là tout le méca­nisme de l’attention.

    Il est impos­sible d’exa­mi­ner les pro­blèmes effroya­ble­ment com­plexes de la vie publique en étant atten­tif à la fois, d’une part à dis­cer­ner la véri­té, la jus­tice, le bien public, d’autre part à conser­ver l’at­ti­tude qui convient à un membre de tel grou­pe­ment. La facul­té humaine d’at­ten­tion n’est pas capable simul­ta­né­ment des deux sou­cis. En fait qui­conque s’at­tache à l’un aban­donne l’autre.

    Mais aucune souf­france, n’at­tend celui qui aban­donne la jus­tice et la véri­té. Au lieu que le sys­tème des par­tis com­porte les péna­li­tés les plus dou­lou­reuses pour l’in­do­ci­li­té. Des péna­li­tés qui atteignent presque tout — la car­rière, les sen­ti­ments, l’a­mi­tié, la répu­ta­tion, la par­tie exté­rieure de l’hon­neur, par­fois même la vie de famille. Le par­ti com­mu­niste a por­té le sys­tème à sa perfection.

    Même chez celui qui inté­rieu­re­ment ne cède pas, l’exis­tence de péna­li­tés fausse inévi­ta­ble­ment le dis­cer­ne­ment. Car s’il veut réagir contre l’emprise du par­ti, cette volon­té de réac­tion est elle-même un mobile étran­ger à la véri­té et dont il faut se méfier. Mais cette méfiance aus­si ; et ain­si de suite. L’at­ten­tion véri­table est un état tel­le­ment dif­fi­cile à l’homme, tel­le­ment violent, que tout trouble per­son­nel de la sen­si­bi­li­té suf­fit à y faire obs­tacle. Il en résulte l’o­bli­ga­tion impé­rieuse de pro­té­ger autant qu’on peut la facul­té de dis­cer­ne­ment qu’on porte en soi-même contre le tumulte des espé­rances et des craintes personnelles.

    Si un homme fait des cal­culs numé­riques très com­plexes en sachant qu’il sera fouet­té toutes les fois qu’il obtien­dra comme résul­tat un nombre pair, sa situa­tion est très dif­fi­cile. Quelque chose dans la par­tie char­nelle de l’âme le pous­se­ra à don­ner un petit coup de pouce aux cal­culs pour obte­nir tou­jours un nombre impair. En vou­lant réagir il ris­que­ra de trou­ver un nombre pair même là où il n’en faut pas. Prise dans cette oscil­la­tion, son atten­tion n’est plus intacte. Si les cal­culs sont com­plexes au point d’exi­ger de sa part la plé­ni­tude de l’at­ten­tion, il est inévi­table qu’il se trompe très sou­vent. Il ne ser­vi­ra à rien qu’il soit très intel­li­gent, très cou­ra­geux, très sou­cieux de vérité.

    Que doit-il faire ? C’est très simple. S’il peut échap­per des mains de ces gens qui le menacent du fouet, il doit fuir. S’il a pu évi­ter de tom­ber entre leurs mains, il devait l’éviter.

    Il en est exac­te­ment ain­si des par­tis politiques.

    Quand il y a des par­tis dans un pays, il en résulte tôt ou tard un état de fait tel qu’il est impos­sible d’in­ter­ve­nir effi­ca­ce­ment dans les affaires publiques sans entrer dans un par­ti et jouer le jeu. Qui­conque s’in­té­resse à la chose publique désire s’y inté­res­ser effi­ca­ce­ment. Ain­si ceux qui inclinent au sou­ci du bien public, ou renoncent à y pen­ser et se tournent vers autre chose, ou passent par le lami­noir des par­tis. En ce cas aus­si il leur vient des sou­cis qui excluent celui du bien public.

    Les par­tis sont un mer­veilleux méca­nisme, par la ver­tu duquel, dans toute l’é­ten­due d’un pays, pas un esprit ne donne son atten­tion à l’ef­fort de dis­cer­ner, dans les affaires publiques, le bien, la jus­tice, la vérité.

    Il en résulte que — sauf un très petit nombre de coïn­ci­dences for­tuites — il n’est déci­dé et exé­cu­té que des mesures contraires au bien public, à la jus­tice et à la vérité.

    Si on confiait au diable l’or­ga­ni­sa­tion de la vie publique, il ne pour­rait rien ima­gi­ner de plus ingénieux.

    Si la réa­li­té a été un peu moins sombre, c’est que les par­tis n’a­vaient pas encore tout dévo­ré. Mais en fait, a‑t-elle été un peu moins sombre ? N’é­tait-elle pas exac­te­ment aus­si sombre que le tableau esquis­sé ici ? L’é­vé­ne­ment ne l’a-t-il pas montré ?

    Il faut avouer que le méca­nisme d’op­pres­sion spi­ri­tuelle et men­tale propre aux par­tis a été intro­duit dans l’his­toire par l’É­glise catho­lique dans sa lutte contre l’hérésie.

    Un conver­ti qui entre dans l’É­glise — ou un fidèle qui déli­bère avec lui-même et résout d’y demeu­rer — a aper­çu dans le dogme du vrai et du bien. Mais en fran­chis­sant le seuil il pro­fesse du même coup n’être pas frap­pé par les ana­the­ma sit, c’est-à-dire accep­ter en bloc tous les articles dits « de foi stricte ». Ces articles, il ne les a pas étu­diés. Même avec un haut degré d’in­tel­li­gence et de culture, une vie entière ne suf­fi­rait pas à cette étude, vu qu’elle implique celle des cir­cons­tances his­to­riques de chaque condamnation.

    Com­ment adhé­rer à des affir­ma­tions qu’on ne connaît pas ? Il suf­fît de se sou­mettre incon­di­tion­nel­le­ment à l’au­to­ri­té d’où elles émanent.

    C’est pour­quoi saint Tho­mas ne veut sou­te­nir ses affir­ma­tions que par l’au­to­ri­té de l’É­glise, à l’ex­clu­sion de tout autre argu­ment. Car, dit-il, il n’en faut pas davan­tage pour ceux qui l’ac­ceptent ; et aucun argu­ment ne per­sua­de­rait ceux qui la refusent.

    Ain­si la lumière inté­rieure de l’é­vi­dence, cette facul­té de dis­cer­ne­ment accor­dée d’en haut à l’âme humaine comme réponse au désir de véri­té, est mise au rebut, condam­née aux tâches ser­viles, comme de faire des addi­tions, exclue de toutes les recherches rela­tives à la des­ti­née spi­ri­tuelle de l’homme. Le mobile de la pen­sée n’est plus le désir incon­di­tion­né, non défi­ni, de la véri­té, mais le désir de la confor­mi­té avec un ensei­gne­ment éta­bli d’avance.

    Que l’É­glise fon­dée par le Christ ait ain­si dans une si large mesure étouf­fé l’es­prit de véri­té — et si, mal­gré l’In­qui­si­tion, elle ne l’a pas fait tota­le­ment, c’est que la mys­tique offrait un refuge sûr — c’est une iro­nie tra­gique. On l’a sou­vent remar­qué. Mais on a moins remar­qué une autre iro­nie tra­gique. C’est que le mou­ve­ment de révolte contre l’é­touf­fe­ment des esprits sous le régime inqui­si­to­rial a pris une orien­ta­tion telle qu’il a pour­sui­vi l’œuvre d’é­touf­fe­ment des esprits.

    La Réforme et l’hu­ma­nisme de la Renais­sance, double pro­duit de cette révolte, ont lar­ge­ment contri­bué à sus­ci­ter, après trois siècles de matu­ra­tion, l’es­prit de 1789. Il en est résul­té après un cer­tain délai notre démo­cra­tie fon­dée sur le jeu des par­tis, dont cha­cun est une petite Église pro­fane armée de la menace d’ex­com­mu­ni­ca­tion. L’in­fluence des par­tis a conta­mi­né toute la vie men­tale de notre époque.

    Un homme qui adhère à un par­ti a vrai­sem­bla­ble­ment aper­çu dans l’ac­tion et la pro­pa­gande de ce par­ti des choses qui lui ont paru justes et bonnes. Mais il n’a jamais étu­dié la posi­tion du par­ti rela­ti­ve­ment à tous les pro­blèmes de la vie publique. En entrant dans le par­ti, il accepte des posi­tions qu’il ignore. Ain­si il sou­met sa pen­sée à l’au­to­ri­té du par­ti. Quand, peu à peu, il connaî­tra ces posi­tions, il les admet­tra sans examen.

    C’est exac­te­ment la situa­tion de celui qui adhère à l’or­tho­doxie catho­lique conçue comme fait saint Thomas.

    Si un homme disait, en deman­dant sa carte de membre : « Je suis d’ac­cord avec le par­ti sur tel, tel, tel point ; je n’ai pas étu­dié ses autres posi­tions et je réserve entiè­re­ment mon opi­nion tant que je n’en aurai pas fait l’é­tude », on le prie­rait sans doute de repas­ser plus tard.

    Mais en fait, sauf excep­tions très rares, un homme qui entre dans un par­ti adopte doci­le­ment l’at­ti­tude d’es­prit qu’il expri­me­ra plus tard par les mots : « Comme monar­chiste, comme socia­liste, je pense que… » C’est tel­le­ment confor­table ! Car c’est ne pas pen­ser. Il n’y a rien de plus confor­table que de ne pas penser.

    Quant au troi­sième carac­tère des par­tis, à savoir qu’ils sont des machines à fabri­quer de la pas­sion col­lec­tive, il est si visible qu’il n’a pas à être éta­bli. La pas­sion col­lec­tive est l’u­nique éner­gie dont dis­posent les par­tis pour la pro­pa­gande exté­rieure et pour la pres­sion exer­cée sur l’âme de chaque membre.

    On avoue que l’es­prit de par­ti aveugle, rend sourd à la jus­tice, pousse même d’hon­nêtes gens à l’a­char­ne­ment le plus cruel contre des inno­cents. On l’a­voue, mais on ne pense pas à sup­pri­mer les orga­nismes qui fabriquent un tel esprit.

    Cepen­dant on inter­dit les stupéfiants.

    Il y a quand même des gens adon­nés aux stupéfiants.

    Mais il y en aurait davan­tage si l’E­tat orga­ni­sait la vente de l’o­pium et de la cocaïne dans tous les bureaux de tabac, avec affiches de publi­ci­té pour encou­ra­ger les consommateurs.

    La conclu­sion, c’est que l’ins­ti­tu­tion des par­tis semble bien consti­tuer du mal à peu près sans mélange. Ils sont mau­vais dans leur prin­cipe, et pra­ti­que­ment leurs effets sont mauvais.

    La sup­pres­sion des par­tis serait du bien presque pur. Elle est émi­nem­ment légi­time en prin­cipe et ne paraît sus­cep­tible pra­ti­que­ment que de bons effets.

    Les can­di­dats diront aux élec­teurs, non pas : « J’ai telle éti­quette » — ce qui pra­ti­que­ment n’ap­prend rigou­reu­se­ment rien au public sur leur atti­tude concrète concer­nant les pro­blèmes concrets — mais : « Je pense telle, telle et telle chose à l’é­gard de tel, tel, tel grand problème. »

    Les élus s’as­so­cie­ront et se dis­so­cie­ront selon le jeu natu­rel et mou­vant des affi­ni­tés. Je peux très bien être en accord avec M. A. sur la colo­ni­sa­tion et en désac­cord avec lui sur la pro­prié­té pay­sanne ; et inver­se­ment pour M. B. Si on parle de colo­ni­sa­tion, j’i­rai, avant la séance, cau­ser un peu avec M. A.; si on parle de pro­prié­té pay­sanne, avec M. B.

    La cris­tal­li­sa­tion arti­fi­cielle en par­tis coïn­ci­dait si peu avec les affi­ni­tés réelles qu’un dépu­té pou­vait être en désac­cord, pour toutes les atti­tudes concrètes, avec un col­lègue de son par­ti, et en accord avec un homme d’un autre parti.

    Com­bien de fois, en Alle­magne, en 1932, un com­mu­niste et un nazi, dis­cu­tant dans la rue, ont été frap­pés de ver­tige men­tal en consta­tant qu’ils étaient d’ac­cord sur tous les points !

    Hors du Par­le­ment, comme il exis­te­rait des revues d’i­dées, il y aurait tout natu­rel­le­ment autour d’elles des milieux. Mais ces milieux devraient être main­te­nus à l’é­tat de flui­di­té. C’est la flui­di­té qui dis­tingue du par­ti un milieu d’af­fi­ni­té et l’empêche d’a­voir une influence mau­vaise. Quand on fré­quente ami­ca­le­ment celui qui dirige telle revue, ceux qui y écrivent sou­vent, quand on y écrit soi-même, on sait qu’on est en contact avec le milieu de cette revue. Mais on ne sait pas soi-même si on en fait par­tie ; il n’y a pas de dis­tinc­tion nette entre le dedans et le dehors. Plus loin, il y a ceux qui lisent la revue et connaissent un ou deux de ceux qui y écrivent. Plus loin, les lec­teurs régu­liers qui y puisent une ins­pi­ra­tion. Plus loin, les lec­teurs occa­sion­nels. Mais per­sonne ne son­ge­rait à pen­ser ou à dire : « En tant que lié à telle revue, je pense que… »

    Quand des col­la­bo­ra­teurs à une revue se pré­sentent aux élec­tions, il doit leur être inter­dit de se récla­mer de la revue. Il doit être inter­dit à la revue de leur don­ner une inves­ti­ture, ou d’ai­der direc­te­ment ou indi­rec­te­ment leur can­di­da­ture, ou même d’en faire mention.

    Tout groupe d’ « amis » de telle revue devrait être interdit.

    Si une revue empêche ses col­la­bo­ra­teurs, sous peine de rup­ture, de col­la­bo­rer à d’autres publi­ca­tions quelles qu’elles soient, elle doit être sup­pri­mée dès que le fait est prouvé.

    Ceci implique un régime de la presse ren­dant impos­sibles les publi­ca­tions aux­quelles il est désho­no­rant de col­la­bo­rer (genre Grin­goire, Marie-Claire, etc.).

    Toutes les fois qu’un milieu ten­te­ra de se cris­tal­li­ser en don­nant un carac­tère défi­ni à la qua­li­té de membre, il y aura répres­sion pénale quand le fait sem­ble­ra établi.

    Bien enten­du il y aura des par­tis clan­des­tins. Mais leurs membres auront mau­vaise conscience. Ils ne pour­ront plus faire pro­fes­sion publique de ser­vi­li­té d’es­prit. Ils ne pour­ront faire aucune pro­pa­gande au nom du par­ti. Le par­ti ne pour­ra plus les tenir dans un réseau sans issue d’in­té­rêts, de sen­ti­ments et d’obligations.

    Toutes les fois qu’une loi est impar­tiale, équi­table, et fon­dée sur une vue du bien public faci­le­ment assi­mi­lable pour le peuple, elle affai­blit tout ce qu’elle inter­dit. Elle l’af­fai­blit du fait seul qu’elle existe, et indé­pen­dam­ment des mesures répres­sives qui cherchent à en assu­rer l’application.

    Cette majes­té intrin­sèque de la loi est un fac­teur de la vie publique qui est oublié depuis long­temps et dont il faut faire usage.

    Il semble n’y avoir dans l’exis­tence de par­tis clan­des­tins aucun incon­vé­nient « qui ne se trouve à un degré bien plus éle­vé du fait des par­tis légaux.

    D’une manière géné­rale, un exa­men atten­tif ne semble lais­ser voir à aucun égard aucun incon­vé­nient d’au­cune espèce atta­ché à la sup­pres­sion des partis.

    Par un sin­gu­lier para­doxe les mesures de ce genre, qui sont sans incon­vé­nients, sont en fait celles qui ont le moins de chances d’être déci­dées. On se dit : si c’é­tait si simple, pour­quoi est-ce que cela n’au­rait pas été fait depuis longtemps ?

    Pour­tant, géné­ra­le­ment, les grandes choses sont faciles et simples.

    Celle-ci éten­drait sa ver­tu d’as­sai­nis­se­ment bien au-delà des affaires publiques. Car l’es­prit de par­ti en était arri­vé à tout contaminer.

    Les ins­ti­tu­tions qui déter­minent le jeu de la vie publique influencent tou­jours dans un pays la tota­li­té de la pen­sée, à cause du pres­tige du pouvoir.

    On en est arri­vé à ne presque plus pen­ser, dans aucun domaine, qu’en pre­nant posi­tion « pour » ou « contre » une opi­nion. Ensuite on cherche des argu­ments, selon le cas, soit pour, soit contre. C’est exac­te­ment la trans­po­si­tion de l’adhé­sion à un parti.

    Comme, dans les par­tis poli­tiques, il y a des démo­crates qui admettent plu­sieurs par­tis, de même dans le domaine des opi­nions les gens larges recon­naissent une valeur aux opi­nions avec les­quelles ils se disent en désaccord.

    C’est avoir com­plè­te­ment per­du le sens même du vrai et du faux.

    D’autres, ayant pris posi­tion pour une opi­nion, ne consentent à exa­mi­ner rien qui lui soit contraire. C’est la trans­po­si­tion de l’es­prit totalitaire.

    Quand Ein­stein vint en France, tous les gens des milieux plus ou moins intel­lec­tuels, y com­pris les savants eux-mêmes, se divi­sèrent en deux camps, pour et contre. Toute pen­sée scien­ti­fique nou­velle a dans les milieux scien­ti­fiques ses par­ti­sans et ses adver­saires ani­més les uns et les autres, à un degré regret­table, de l’es­prit de par­ti. Il y a d’ailleurs dans ces milieux des ten­dances, des cote­ries, à l’é­tat plus ou moins cristallisé.

    Dans l’art et la lit­té­ra­ture, c’est bien plus visible encore. Cubisme et sur­réa­lisme ont été des espèces de par­tis. On était « gidien » comme on était « maur­ras­sien ». Pour avoir un nom, il est utile d’être entou­ré d’une bande d’ad­mi­ra­teurs ani­més de l’es­prit de parti.

    De même il n’y avait pas grande dif­fé­rence entre l’at­ta­che­ment à un par­ti et l’at­ta­che­ment à une Église ou bien à l’at­ti­tude anti­re­li­gieuse. On était pour ou contre la croyance en Dieu, pour ou contre le chris­tia­nisme, et ain­si de suite. On en est arri­vé, en matière de reli­gion, à par­ler de militants.

    Même dans les écoles on ne sait plus sti­mu­ler autre­ment la pen­sée des enfants qu’en les invi­tant à prendre par­ti pour ou contre. On leur cite une phrase de grand auteur et on leur dit : « Êtes-vous d’ac­cord ou non ? Déve­lop­pez vos argu­ments. » A l’exa­men les mal­heu­reux, devant avoir fini leur dis­ser­ta­tion au bout de trois heures, ne peuvent pas­ser plus de cinq minutes à se deman­der s’ils sont d’ac­cord. Et il serait si facile de leur dire : « Médi­tez ce texte et expri­mez les réflexions qui vous viennent à l’esprit ».

    Presque par­tout — et même sou­vent pour des pro­blèmes pure­ment tech­niques — l’o­pé­ra­tion de prendre par­ti, de prendre posi­tion pour ou contre, s’est sub­sti­tuée à l’o­bli­ga­tion de la pensée.

    C’est là une lèpre qui a pris ori­gine dans les milieux poli­tiques, et s’est éten­due, à tra­vers tout le pays, presque à la tota­li­té de la pensée.

    Il est dou­teux qu’on puisse remé­dier à cette lèpre, qui nous tue, sans com­men­cer par la sup­pres­sion des par­tis politiques.

    Simone Weil, Note sur la sup­pres­sion géné­rale des par­tis poli­tiques (1940),
    Écrits de Londres, p. 126 et s.

    .

    Remarque :

    À Athènes, il y a 2 500 ans, le monde a vu vivre une authen­tique démo­cra­tie. Authen­tique parce que fon­dée sur le tirage au sort, et confir­mée par 200 ans de pra­tique quo­ti­dienne de ce tirage au sort, équi­table et incor­rup­tible. Pen­dant toute cette longue période de tirage au sort, les pauvres ont tou­jours gou­ver­né et les riches jamais.

    Dans cette vraie démo­cra­tie, il n’y avait pas de par­tis parce que les par­tis étaient inutiles (et d’ailleurs inter­dits) ; les par­tis étaient alors inutiles car il n’y avait pas (ou peu) d’é­lec­tions : les par­tis ne servent qu’à gagner les élec­tions et à rien d’autre, et 200 ans de pra­tique de l’é­lec­tion (depuis la fin du XVIIIe siècle) montrent que ce sont TOUJOURS les riches qui gagnent les élec­tions —pré­ci­sé­ment grâce aux par­tis qu’ils financent à grands frais— et les pauvres jamais. 

    La résis­tance aux par­tis est donc très liée à la résis­tance à l’é­lec­tion (des repré­sen­tants poli­tiques), qui est une pro­cé­dure fon­da­men­ta­le­ment et inévi­ta­ble­ment aris­to­cra­tique (on choi­sit les meilleurs=aristos), par défi­ni­tion même, et donc, comme toutes les pro­cé­dures aris­to­cra­tiques, une pro­cé­dure qui conduit méca­ni­que­ment à l’oligarchie.

    Pas de démo­cra­tie sans tirage au sort.

    Étienne Chouard, 22 avril 2011.
    http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​t​i​r​a​g​e​_​a​u​_​s​o​r​t​.​php

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    Main­te­nant, Sitouaillain va (sans doute) nous expli­quer que Simone Weil, avec son aver­sion contre les par­tis, est une cryp­to fas­ciste (ou qu’elle fait le jeu des fas­cistes par une naï­ve­té coupable)… 🙂

    Réponse
  67. Di Girolamo

    Ce que dit Simone Weil est tout à fait juste et pro­fond, mais cela ne peut que res­ter un vœu pieux : les par­tis sont consti­tuants de la vie poli­tique et de la pen­sée (ou non pen­sée) ambiante : ils font système .

    Et le propre d’un sys­tème c’est de ne pou­voir être remis en ques­tion puisque même ces remises en ques­tion passent par le canal, la méthode , la réa­li­té de ce système.

    Croire que l’ef­fet méca­nique du tirage au sort peut chan­ger cela n’est pas vrai­ment cri­ti­quable sans l’a­voir ten­té ; mais c’est aus­si un vœu pieux qui pour être déci­dé doit lui aus­si pas­ser par le canal du sys­tème et par consé­quent , sauf à un sui­cide sys­té­mique , ne sera jamais mis en œuvre.

    Si je reprends la pen­sée de Simone Weil , on pour­rait dire ‚du moins me semble t il , que de même que le libé­ra­lisme fait confiance au mar­ché pour en s’é­qui­li­brant atteindre la véri­té , la démo­cra­tie c’est faire confiance en ce que la rai­son indi­vi­duelle et uni­ver­selle (tout indi­vi­du est doté de cet organe) lors­qu’elle étu­die col­lec­ti­ve­ment et direc­te­ment les pro­blèmes de la socié­té , par­vient à faire émer­ger le bien public.

    Je pense par consé­quent que si sup­pri­mer les par­tis ou tirer au sort sont des vœux pieux , la seule issue réa­liste per­met­tant de fac­to d’es­pé­rer pro­gres­ser dans la manière de faire émer­ger le bien public , c’est non pas de vou­loir sup­pri­mer , non pas de vou­loir impo­ser, mais de mettre en œuvre un espace public de réflexion direc­te­ment sur les pro­blèmes socié­taux : c’est cette pra­tique de la rai­son qui pour­rait avoir rai­son du reste : c’est le che­val de Troie qui peut miter le sys­tème , puisque que réflé­chir est de fac­to et immé­dia­te­ment un anti système.

    Réponse
  68. Ana Sailland

    L’ar­ticle 4 de la consti­tu­tion est peu clair, qui défi­nit le rôle des par­tis, ou tente de le faire. On sent comme un engor­ge­ment dans la pen­sée des rédacteurs …

    Et le peu qu’on peut décryp­ter n’est pas accom­pli, et ce que font les par­tis n’est pas prévu.

    ;;;;;;;;

    La volon­té géné­rale n’est pas (à mon avis) quelque chose de natu­rel, pour la simple rai­son que ce serait mira­cu­leux si plus de 60 mil­lions d’in­di­vi­dus se trou­vaient sans l’ef­fort néces­saire ras­sem­blés par une même volon­té, sans nuance, ni dièse, ni bémol. Il est au contraire assez natu­rel qu’au sein de la popu­la­tion des pen­sées radi­ca­le­ment diver­gentes soient présentes.

    Cepen­dant, il faut bien se contre­dire soi-même 😉 il me semble, à tort ou à rai­son, que ces diver­gences sont à ins­crire au cha­pitre des pro­ces­sus de mise en œuvre et non pas au cha­pitre de la fina­li­té peu dite, trop peu dite, que je per­çois com­mune et qua­si-uni­ver­selle, qui est le sou­ci d’une maxi­ma­li­sa­tion du bon­heur de cha­cun et de tous. Car l’hu­main est un mam­mi­fère empa­thique. Que sa rai­son dérai­son­nable entraîne hélas au loin de cette qua­li­té essentielle.

    On pourra(it) décla­rer la volon­té géné­rale comme exis­tante si s’établi(ssai)t une double cohé­sion du corps social :

    Une cohé­sion autour de l’as­pi­ra­tion à un bon­heur maxi­mal et géné­ral, et je crois cela natu­rel, ou facile à obtenir.

    Une cohé­sion autour des pro­ces­sus de réa­li­sa­tion de ce bon­heur géné­ral. Et c’est là que ça coince.

    Les diver­gences concernent donc le choix poli­tique, d’or­ga­ni­sa­tion, c’est du Lapa­lisse, excu­sez cette longue intro­duc­tion inutile 😉

    Pour que la volon­té géné­rale soit, il n’y a pas trente six solu­tions, je n’en vois qu’une, dif­fi­cile à mettre en œuvre, certes, mais unique : la réelle démo­cra­tie, fon­dée sur un réseau dense d’as­sem­blées déli­bé­ra­tives, connec­tées, ouvertes à tout sujet, ouvertes à tout habi­tant du sol.

    Les autres sont des solu­tions de paresse.
    Visant à évi­ter ce dif­fi­cile tra­vail de mise en conver­gence du corps social.
    Ou des outils mis en places afin de s’ar­ro­ger le droit fal­la­cieux d’in­car­ner la volon­té géné­rale. Autre­ment dit des outils de domination.

    Les par­tis, et c’est là que je vou­lais en venir, font le contraire de cela que je sou­hai­tais plus haut, et donc inter­disent l’é­mer­gence d’une volon­té géné­rale, et donc divisent le peuple. Charge étant lais­sée au suf­frage de tran­cher bru­ta­le­ment dans le vif des consciences, impo­sant ain­si à la majo­ri­té la décep­tion, la colère ren­trée, par­tant le dés­in­té­rêt pour la chose publique.

    Car accou­plés au sys­tème média­tique, sous cou­vert de »débat public«, ils imposent à la pen­sée un fast food de solu­tions oiseuses, inhi­bant ain­si toute réflexion pro­fonde. Tout ceci dans un cli­mat boueux de vio­lence ver­bale qui est tout sauf séduisant.
    Leurs pro­po­si­tions sont sou­vent d’un autre siècle, dépas­sées par la vitesse du temps ; elles sont sans imagination.
    Leur mis­sion est per­ver­tie : oubliant la fina­li­té du bon­heur géné­ral, ils se concentrent sur l’ac­cès au pou­voir (quand ce n’est pas le contraire …). Dans ce but, ils se croient contraints à une dis­ci­pline interne, afin de faire bloc, qui leur inter­dit la démo­cra­tie interne. Même si quelques coups de pein­ture sont là pour dis­si­mu­ler la chose. Alors com­ment espé­rer qu’un par­ti inca­pable d’être démo­cra­tique en son sein sera capable une fois au pou­voir de pro­mou­voir ce qu’il n’est pas et ce qu’il déteste en sa fibre. (((J’ai un ami jeune sur Annecy,du PS, depuis trois mois il inter­roge ses col­lègues en a parte. Il n’en a pas trou­vé un, me dit il, qui au secret de la confi­dence soit favo­rable au trai­té en cours de ratification )))

    En fait je crois que nous vivons de fait un fas­cisme désar­ti­cu­lé mais bien réel, et tout aus­si dou­lou­reux que s’il était cohé­rent, dont les com­po­santes dis­jointes sont les par­tis, char­riant sur la place publique leurs dogmes, leurs obses­sions mala­dives, leur autisme géné­tique, mais dont la conver­gence mor­bide réside dans l’anes­thé­sie de la volon­té géné­rale et dans le mor­cel­le­ment du corps social. En vue de sou­mettre, le peuple. Et ça c’est une volon­té, qui n’est pas géné­rale, mais oligarque.

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  69. Di Girolamo

    Ana nous dit : « Pour que la volon­té géné­rale soit, il n’y a pas trente six solu­tions, je n’en vois qu’une, dif­fi­cile à mettre en œuvre, certes, mais unique : la réelle démo­cra­tie, fon­dée sur un réseau dense d’as­sem­blées déli­bé­ra­tives, connec­tées, ouvertes à tout sujet, ouvertes à tout habi­tant du sol. »

    Oui pas trente six solu­tions ! C’est la rai­son pour laquelle , c’est bien cette visée poli­tique qu’il s’a­git d’a­voir ‚pro­mou­voir ‚mettre en oeuvre.Quand je parle d’ou­til public de réflexion ouvert à tous , je ne dis pas autre chose.

    Sur un plan pra­tique c’est aujourd’­hui pos­sible faci­le­ment : du fait des tech­no­lo­gies de com­mu­ni­ca­tion, les diverses « assem­blées locales » peuvent sur les mêmes thèmes se trou­ver connec­tées et échan­ger ; et au niveau natio­nal la tv publique peut don­ner visi­bi­li­té aux tra­vaux ; au tra­vaux parce que oui la volon­té géné­rale n’est pas chose natu­relle , oui il faut des outils public pour faire vivre la démocratie .

    Concer­nant par ex l’Eu­rope , il est pour moi tout à fait évident qu’un an de tra­vaux de réflexion ouverts à tous sur ce thème feraient évo­luer les esprits et nous met­traient en situa­tion plus favo­rable aux déci­sions les plus proches de l’in­té­rêt général .

    Réponse
  70. Ana Sailland

    Je salue cet ins­tant pré­cieux où deux avis convergent ! C’est un bon début 🙂

    Je viens de cas­ser du sucre sur le dos des par­tis. Qui s’en remet­tront, nul scru­pule à avoir.

    Cepen­dant je rap­pelle l’i­dée de AJH, de créer un par­ti orien­té vers les muni­ci­pales et dont les membres s’en­ga­ge­raient à ne jamais voter une déci­sion qui ne serait issue de déli­bé­ra­tions avec et par le peuple (dit avec mes mots).

    Je pousse le bou­chon sur une autre case, dis­tincte mais simi­laire en son esprit :

    Nous pour­rions (chiche ?) créer un par­ti, c’est à dire de fait une asso­cia­tion loi 1901, ayant les par­ti­cu­la­ri­tés suivantes :

    a)En tête de gon­dole de ses sta­tuts figu­re­rait l’en­ga­ge­ment des adhé­rents à ne bri­guer aucun pou­voir au sein des hié­rar­chies de la répu­blique (ceci afin de déga­ger une cré­di­bi­li­té vis a vis de la suite)

    b)Au niveau de l’ob­jet de l’as­so­cia­tion se trou­ve­raient les points suivants :

    - Orga­ni­ser des tables rondes citoyennes sur tous les thèmes sociétaux

    - Orga­ni­ser un réseau dense d’as­sem­blées déli­bé­ra­tives, inter­con­nec­tées, ouvertes à tout habi­tant du sol, tan­tôt atta­chées à un lieu, tan­tôt atta­chées à un thème.

    - Orga­ni­ser une dif­fu­sion de l’in­for­ma­tion poli­tique, exhaus­tive, libre et non faus­sée, et non partisane.

    - Orga­ni­ser une dif­fu­sion des opi­nions, exhaus­tive, libre et non faus­sée, et non partisane.

    - Favo­ri­ser l’i­se­go­ria et l’isophonie

    - Offrir au corps social, mais sans l’in­fluen­cer, l’ou­til néces­saire à l’é­mer­gence d’une volon­té générale.

    Per­mettre ain­si, mais sans l’in­fluen­cer, la conver­gence et la cohé­rence d’un corps social libre, et assez fort pour exclure de sa psy­ché les germes de divi­sion que de nos jours « on » se plaît à culti­ver en lui. Assez fort et clair pour se gou­ver­ner lui-même.

    Réponse
  71. Catherine B

    Un fas­ciste est un homme qui rabaisse l’homme, nous sommes donc tous, à des degrés divers et variés, mais tous quand même, fas­cistes à nos heures.

    Qui le rabaisse en fai­sant de sa nature dyna­mique et mou­vante, un « voi­là » qui l’ar­rête à l’ho­ri­zon de cet hori­zon, du figé et sta­tique qui l’en­ferme dans ce « voi­là » qui tue car il ne laisse plus rien pas­ser que ce « voi­là ».

    Et de sa des­ti­na­tion de sujet en faire alors un objet.

    Seul le souffle peut délier cet arrêt de cir­cu­la­tion, car il délie les « ou » limi­ta­tifs et réduc­teurs pour en faire des « et » d’ou­ver­ture aux poten­tia­li­tés du non encore connu.

    Le souffle vivi­fiant, et toni­truant et neuf de notre ami Sitouillain est de cet aca­bit, il ouvre un espace en fouet­tant l’air ambiant, espace qui sans lui ris­que­rait de se bou­cher, qu’il en soit remercié !

    Réponse
  72. sitouaillain

    @ Anna

    à la fois c’est beau quand deux avis converge, c’est aus­si très beau te te voir capable de te contre­dire toi même mais dans un sens très positif…j’adhère bien volon­tiers à ton parti

    quand a étienne,

    déjà Di Giro­la­mo a répon­du en grande par­tie et ana finit le bou­lot en pro­po­sant un parti..

    posons d’a­bord les choses,
    calom­nies et menaces phy­siques sont répré­hen­sibles par la loi, et si les menaces sont d’ap­pa­rence sérieuses, il y a lieu de deman­der une pro­tec­tion policière.
    Main­te­nant je ne pense pas que tu aies quoi que ce soit à craindre de quelques ados attar­dés. je suis per­sua­dé qu’ils n’ont sin­cè­re­ment pas envie que notre pays soit gou­ver­né par l’ex­trême droite (on a eu un avant goût avec sar­ko et l’hé­gé­mo­nie idéo­lo­gique de ce cou­rant se réper­cute néces­sai­re­ment sur la poli­tique sécu­ri­taire du PS) et bien enten­du que leurs méthodes sont stu­pides et contreproductives.

    tu as déci­dé de t’en­ga­ger poli­ti­que­ment et de te mettre en avant en tant qu’in­di­vi­du. tu as donc une res­pon­sa­bi­li­té poli­tique lorsque tu agis en public. j’es­time mal­en­con­treux de don­ner du cré­dit à des gens comme asse­li­neau ou soral etc., et ça des­sert ta cause.
    et de toute façon tu n’es pas cohérent,dire ce que tu dis des par­tis et de leurs mili­tants aller et au congrès d’un par­ti, pro­tes­ter contre la « cen­sure » faite à Dupont-Aignan, « che­mi­nade authen­tique défen­seur… », ça me paraît étrange.

    tout aus­si étrange d’ailleurs que Madame Weil soit res­tée toute sa vie active dans un camp…(http://fr.wikipedia.org/wiki/Cercle_communiste_d%C3%A9mocratique), en tout cas oui, elle avait choi­si son camp…je pense pas qu’elle fré­quen­tait les asse­li­neau de l’époque…

    peut-être que je n’ai pas plus de sym­pa­thie que toi pour « l’es­prit de par­ti », ou disons le dog­ma­tisme, mais contrai­re­ment à ce que tu affirmes, je ne suis pas dog­ma­tique, toi tu l’es, tu as déci­dé une fois pour toute qu’un par­ti c’é­tait mal, libre à toi, moi je ne fai­sais qu’a­van­cer que peut-être il s’a­git là d’un rai­son­ne­ment un peu hâtif, et en tout cas pas scien­ti­fique du tout…il existe même des par­tis où l’on peut avoir des cartes ailleurs..mais évi­dem­ment ils se res­pectent entre eux…ce qui est un minimum…quand on ne pense pas comme toi on a des « inté­rêts cachés », un esprit enfer­mé dans un parti…

    et puis bien sûr dans le monde mer­veilleux des anti­par­tis, les gens ne sont pas sec­taires, divisés…comme si c’é­taient les par­tis qui divi­saient les gens…petit pré­ju­gé lar­ge­ment partagé…ça évite de se poser les vraies ques­tion (puisque tout est la faute des partis)
    peut être qu’un jour on remet­tra l’his­toire à l’en­droit : en géné­ral les par­tis naissent de la division…supprimer les par­tis, c’est effec­ti­ve­ment un acte peau ano­din, et ça sup­pose de res­treindre tout un tas de liber­tés (asso­cia­tion, réunion etc.), et ils réap­pa­rai­tront sous d’autres formes…de toute façon c’est absurde…malgré tout le res­pect que l’en­ga­ge­ment de S. Weil m’inspire…à part son revi­re­ment au catholicisme…

    je pense pour ma part que dans toute socié­té ouverte, il y a des fac­tions, elles sont mou­vantes et il est plu­tôt sain que celles-ci soient identifiées.

    après, au lieu de répé­ter des pré­ju­gés popu­laires qui per­mettent la repro­duc­tion d’un même sys­tème de domi­na­tion, jus­te­ment parce que ces pré­ju­gés sont issu d’une posi­tion de dis­tan­cia­tion à la chose publique, il y a sur inter­net des cours d’his­toire, de socio­lo­gie des mou­ve­ments sociaux, socio­lo­gie du mili­tan­tisme, des études de psy­cho­lo­gie sociale sur les opi­nions, etc., sous des angles et des métho­do­lo­gies d’en­quêtes divers et variés. ça peut per­mettre de se for­ger une opi­nion plus sub­tile, si tant est que tu puisse désor­mais acqué­rir des connais­sances qui infirment ce que tu as décré­té. (je dis ça mécham­ment mais je remarque que plus je vieillis et plus c’est difficile 😉 )

    évi­dem­ment je rêve secrè­te­ment que seuls les gens qui ont des idées d’ex­trême droite ou de droite, se ral­lient à ton opi­nion, cela faci­li­te­raient la lutte anti­ca­pi­ta­liste, pro­gres­siste et humaniste.

    d’ailleurs au sujet de cette lutte, je me demande où nous en serions si l’i­dée de créer des syn­di­cats et des par­tis n’a­vait pas ger­mé dans l’es­prit des révoltés…puisque bizar­re­ment la conquête de droits poli­tiques et sociaux pour les pauvres coïn­cide avec l’é­mer­gence d’or­ga­ni­sa­tions poli­tiques issues du mou­ve­ment ouvrier révo­lu­tion­naire et réfor­miste et que la perte de ces acquis coïn­cide avec leur déclin, savam­ment orga­ni­sé par la contre-révo­lu­tion post 68.

    bien enten­du, comme par­tout, ce mou­ve­ment a été et est vic­time de l’es­prit de par­ti, l’es­prit grou­pus­cu­laire, le sec­ta­risme, le dog­ma­tisme, au peuple conscient de dépas­ser tout ça…en tout cas, c’est ce que je pratique.…

    je dis ça parce que ça fait long­temps que je ne crois plus aux illu­sions una­ni­mistes, qui vont te faire dire que sans les par­tis c’est hap­py tout le monde s’embrasse…mwais, j’ai com­pris dès l’en­fance qu’on ne vit pas chez les bisou­nours, faut dire que ça aide quand on est pauvre…
    bien sûr j’ai choi­si mon camp, sec­taire sur­ement pas, et je n’ai jamais fait de confé­rence pour trans­mettre des idées courtes,fussent-elles en réso­nance avec ce que le trou­peau attend.

    bref, une conscience sachant faire la dif­fé­rence entre un dogme et une pen­sée argu­men­tée et en mou­ve­ment, sau­rait de toute évi­dence que non seule­ment être membre d’un par­ti ne conduit pas ipso fac­to a deve­nir dog­ma­tique et que sur­tout être dog­ma­tique n’im­plique pas d’ap­par­te­nir à un parti.

    peut être que « dog­ma­tique » ne s’ap­plique pas à ce que j’ap­pel­le­rais des rai­son­ne­ments à l’emporte pièce, des rac­cour­cis hâtifs, des biais de confir­ma­tion d’hy­po­thèse dont tu es cou­ram­ment fau­tif, ce qui arrive à tout le monde, sur­tout quand on réflé­chit sans dis­ci­pline scien­ti­fique, mais qui mérite sévère reproche dès lors qu’on pré­tend déli­vrer la bonne parole l’air de ne pas y toucher.

    Réponse
  73. sitouaillain

    mer­ci cathe­rine, après ce que je viens d’é­crire, bien trop éner­vé, je ne mérite peut être pas cette indulgence !

    Réponse
  74. Di Girolamo

    Ana
    « C’est un bon début » , certes néce­saire mais non suffisant.
    Créer un par­ti dont le but sta­tu­taire est sa dis­so­lu­tion , parce qu’en démo­cra­tie aucun par­ti , aucune sec­tion du peuple ne peut repré­sen­ter le peuple , c’est une sacrée gageure !

    On en reparle plus tard , « le devoir » m’a­pelle aux champs.

    Réponse
  75. Catherine B

    aucune sec­tion du peuple ne peut repré­sen­ter le peuple , c’est une sacrée gageure ! dis-tu Di Girolamo.

    C’est tout le para­doxe je crois, aujourd’­hui, y être dans une sec­tion du peuple sans se lais­ser cap­ter, dévo­rer, mais y être( je dis cela mais je n’y suis pas encore) mais y être, car sans cela, c’est per­du d’a­vance et le par­ti pris du sans par­ti est un leurre dont il nous fau­dra nous éman­ci­per, car s’y tenir c’est la mort assurée.

    Il nous faut apprendre à mar­cher et donc nous tenir à un sup­port, car l’as­su­rance arrive alors et alors seule­ment on s’é­man­cipe, mais d’a­bord il faut un soutien!!!!Ce qui était vrai un temps ne l’est peut-être plus aujourd’­hui, c’est à chaque ins­tant qu’il faut revoir sa copie sinon, on boit la tasse comme aujourd’­hui. Sur ce je vais bosser!!!

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  76. Morpheus

    @ Cathe­rine B

    « Le souffle vivi­fiant, et toni­truant et neuf de notre ami Sitouillain est de cet aca­bit, il ouvre un espace en fouet­tant l’air ambiant, espace qui sans lui ris­que­rait de se bou­cher, qu’il en soit remercié ! »

    Un ven­ti­la­teur ferait tout aus­si bien l’affaire.

    Mor­pheus

    Réponse
  77. sitouaillain

    @ Anna

    à la fois c’est beau quand deux avis converge, c’est aus­si très beau te te voir capable de te contre­dire toi même mais dans un sens très positif…j’adhère bien volon­tiers à ton parti

    quand a étienne,

    déjà Di Giro­la­mo a répon­du en grande par­tie et ana finit le bou­lot en pro­po­sant un parti..et cathe­rine en remet une couche

    posons d’a­bord les choses, calom­nies et menaces phy­siques sont répré­hen­sibles par la loi, et si les menaces sont d’ap­pa­rence sérieuses, il y a lieu de deman­der une pro­tec­tion policière.

    Main­te­nant je ne pense pas que tu aies quoi que ce soit à craindre de quelques ados attar­dés (en tout cas je l’es­père). je suis per­sua­dé qu’ils n’ont sin­cè­re­ment pas envie que notre pays soit gou­ver­né par l’ex­trême droite (on a eu un avant goût avec sar­ko et l’hé­gé­mo­nie idéo­lo­gique de ce cou­rant se réper­cute néces­sai­re­ment sur la poli­tique sécu­ri­taire du PS) et bien enten­du que leurs méthodes sont stu­pides et contreproductives.

    je ne fai­sais que cher­cher à éta­blir une autre pers­pec­tive, est-ce que les motifs qui poussent à l’ac­tion ces urlu­ber­lus anti­fas sont nuls et non ave­nus ? ques­tion posée his­toire de voir si cette épreuve peut ensei­gner autre chose que la haine de l’autre.

    tu as déci­dé de t’en­ga­ger poli­ti­que­ment et de te mettre en avant en tant qu’in­di­vi­du. tu as donc une res­pon­sa­bi­li­té poli­tique lorsque tu agis en public. j’es­time mal­en­con­treux de don­ner du cré­dit à des gens comme asse­li­neau ou soral etc., et ça des­sert ta cause. et de toute façon tu n’es pas cohé­rent, dire ce que tu dis des par­tis et de leurs mili­tants aller et au congrès d’un par­ti, pro­tes­ter contre la « cen­sure » faite à Dupont-Aignan, « che­mi­nade authen­tique défen­seur… », ça me paraît étrange.

    tout aus­si étrange d’ailleurs que Madame Weil soit res­tée toute sa vie active dans un camp…(http://fr.wikipedia.org/wiki/Cercle_communiste_d%C3%A9mocratique), en tout cas oui, elle avait choi­si son camp… je pense pas qu’elle fré­quen­tait les asse­li­neau de l’époque…

    jus­te­ment on sait que dans le contexte de la réces­sion mon­diale entre 1929 et 1933, la situa­tion devint très cri­tique. La classe moyenne avait été rui­née par la réces­sion et le niveau de vie des tra­vailleurs avait chu­té. Crai­gnant une nou­velle révo­lu­tion, la classe diri­geante rem­plit les caisses du Par­ti Nazi. Quand les nazis reçurent six mil­lions de votes à l’élection de 1930, Trots­ky et ses par­ti­sans, récem­ment exclus de l’Internationale Com­mu­niste, appe­lèrent les tra­vailleurs orga­ni­sés dans le PC alle­mand à entrer dans un « front unique » avec ceux du Par­ti Social-Démo­crate pour défaire les fas­cistes. Mais la dégé­né­res­cence de l’Internationale Com­mu­niste était telle que leurs diri­geants décri­virent les sociaux-démo­crates comme des « sociaux-fas­cistes » et refu­sèrent tout front unique. L’Internationale Com­mu­niste sou­tint même que le PC devait s’unir avec les nazis contre les sociaux-démocrates !

    Les diri­geants du PC alle­mand ado­ptèrent la posi­tion fatale selon laquelle Hit­ler ne serait pas pire que les gou­ver­ne­ments pré­cé­dents et que, de toute façon, l’arrivée de Hit­ler au pou­voir ne ferait qu’inciter les tra­vailleurs à balayer les fascistes.

    Les diri­geants sociaux-démo­crates n’offrirent pas non plus une direc­tion claire. Tan­dis que les tra­vailleurs com­men­çaient ins­tinc­ti­ve­ment à for­mer des groupes de défense dans les entre­prises et par­mi les sans-emploi, les diri­geants sociaux-démo­crates refu­sèrent de recon­naître que les fas­cistes étaient un véri­table dan­ger. Par exemple, l’un d’eux, Sohif­frin affir­ma à un moment : « Le fas­cisme est défi­ni­ti­ve­ment mort ; il ne se relè­ve­ra plus jamais ». Les diri­geants du SPD appe­lèrent au calme et à la retenue…

    bien sûr nous vivions une autre époque… mais ça ne coûte rien d’être prudent…

    peut-être que je n’ai pas plus de sym­pa­thie que toi pour « l’es­prit de par­ti », ou disons le dog­ma­tisme, mais contrai­re­ment à ce que tu affirmes, je ne suis pas dog­ma­tique, toi tu l’es, tu as déci­dé une fois pour toute qu’un par­ti c’é­tait mal, libre à toi, moi je ne fai­sais qu’a­van­cer que peut-être il s’a­git là d’un rai­son­ne­ment un peu hâtif, et en tout cas pas scien­ti­fique du tout… il existe même des par­tis où l’on peut avoir des cartes ailleurs.. mais évi­dem­ment ils se res­pectent entre eux… ce qui est un mini­mum… quand on ne pense pas comme toi on a des « inté­rêts cachés », un esprit enfer­mé dans un parti…

    et puis bien sûr dans le monde mer­veilleux des anti­par­tis, les gens ne sont pas sec­taires, divi­sés… comme si c’é­taient les par­tis qui divi­saient les gens… petit pré­ju­gé lar­ge­ment par­ta­gé… ça évite de se poser les vraies ques­tion (puisque tout est la faute des par­tis) peut être qu’un jour on remet­tra l’his­toire à l’en­droit : en géné­ral les par­tis naissent de la divi­sion… sup­pri­mer les par­tis, c’est effec­ti­ve­ment un acte peu ano­din, et ça sup­pose de res­treindre tout un tas de liber­tés (asso­cia­tion, réunion etc.), et ils réap­pa­rai­tront sous d’autres formes… de toute façon c’est absurde… mal­gré tout le res­pect que l’en­ga­ge­ment de S. Weil m’ins­pire… à part son revi­re­ment au catholicisme…

    je pense pour ma part que dans toute socié­té ouverte, il y a des fac­tions, elles sont mou­vantes et il est plu­tôt sain que celles-ci soient identifiées.

    après, au lieu de répé­ter des pré­ju­gés popu­laires qui per­mettent la repro­duc­tion d’un même sys­tème de domi­na­tion, jus­te­ment parce que ces pré­ju­gés sont issus d’une posi­tion de dis­tan­cia­tion à la chose publique, il y a sur inter­net des cours d’his­toire, de socio­lo­gie des mou­ve­ments sociaux, socio­lo­gie du mili­tan­tisme, des études de psy­cho­lo­gie sociale sur les opi­nions, etc., sous des angles et des métho­do­lo­gies d’en­quêtes divers et variés.

    ça peut per­mettre de se for­ger une opi­nion plus sub­tile, si tant est que tu puisses désor­mais acqué­rir des connais­sances qui infirment ce que tu as décré­té. (je dis ça mécham­ment mais je remarque que plus je vieillis et plus c’est difficile 😉 )

    évi­dem­ment je rêve secrè­te­ment que seuls les gens qui ont des idées d’ex­trême droite ou de droite, se ral­lient à ton opi­nion, cela faci­li­te­raient la lutte anti­ca­pi­ta­liste, pro­gres­siste et huma­niste. manque de bol eux aus­si ont com­pris que sans orga­ni­sa­tion on n’a aucune prise immé­diate sur le réel… toi tout au plus tu ne feras qu’in­fluen­cer des par­tis ou autres organisations.

    d’ailleurs au sujet de cette lutte, je me demande où nous en serions si l’i­dée de créer des syn­di­cats et des par­tis n’a­vait pas ger­mé dans l’es­prit des révol­tés… puisque bizar­re­ment la conquête de droits poli­tiques et sociaux pour les pauvres coïn­cide avec l’é­mer­gence d’or­ga­ni­sa­tions poli­tiques issues du mou­ve­ment ouvrier révo­lu­tion­naire et réfor­miste et que la perte de ces acquis coïn­cide avec leur déclin, savam­ment orga­ni­sé par la contre-révo­lu­tion post 68.

    bien enten­du, comme par­tout, ce mou­ve­ment a été et est vic­time de l’es­prit de par­ti, l’es­prit grou­pus­cu­laire, le sec­ta­risme, le dog­ma­tisme, au peuple conscient de dépas­ser tout ça… en tout cas, c’est ce que je recom­mande de pratiquer…

    je dis ça parce que ça fait long­temps que je ne crois plus aux illu­sions una­ni­mistes, qui vont te faire dire que sans les par­tis c’est hap­py tout le monde s’embrasse… mwais, j’ai com­pris dès l’en­fance qu’on ne vit pas chez les bisou­nours, faut dire que ça aide quand on est pauvre… bien sûr j’ai choi­si mon camp, sec­taire sur­ement pas, et je n’ai jamais fait de confé­rence pour trans­mettre des idées courtes, fussent-elles en réso­nance avec ce que le trou­peau attend. et dans cer­tains par­tis, on n’aime pas du tout les types qui se mettent en avant… je dis ça comme ça..

    bref, une conscience sachant faire la dif­fé­rence entre un dogme et une pen­sée argu­men­tée et en mou­ve­ment, sau­rait de toute évi­dence que non seule­ment être membre d’un par­ti ne conduit pas ipso fac­to a deve­nir dog­ma­tique et que sur­tout être dog­ma­tique n’im­plique pas d’ap­par­te­nir à un parti.

    et sur­tout être membre d’in col­lec­tif, à part égal c’est déjà savoir être un citoyen d’une démo­cra­tie au sens où actes et dires de cha­cun engage le tout et que cela sup­pose de prendre en com­mun des déci­sions et d’as­su­mer une stra­té­gie col­lec­tive qui engage le groupe… on est loin de l’ho­mo oeco­no­mi­cus et du « je fais ce que je veux » consumériste.

    peut être que « dog­ma­tique » ne s’ap­plique pas à ce que j’ap­pel­le­rais des rai­son­ne­ments à l’emporte pièce, des rac­cour­cis hâtifs, des biais de confir­ma­tion d’hy­po­thèse dont tu es cou­ram­ment fau­tif, ce qui arrive à tout le monde, sur­tout quand on réflé­chit sans dis­ci­pline scien­ti­fique, mais qui mérite sévère reproche dès lors qu’on pré­tend déli­vrer la bonne parole l’air de ne pas y toucher.

    et, bien enten­du, je dis tout ça pour être méchant contre toi.

    Réponse
  78. Di Girolamo

    Tra­vailler sur des thèmes pré­cis, même si – et c’est impor­tant – on les met en lien dans le cadre d’une pen­sée glo­bale de la socié­té, a cet avan­tage de bien poser les points d’ac­cords et de diver­gences et de res­ter dans une cer­taine ratio­na­li­té. Alors que par­ler du fas­cisme, du FDG, de Pierre Paul, Jacques .… qui dit cela ou fait ceci est selon moi perte de temps , et un sans issue d’un faux débat qui est par consé­quent très conser­va­teur. C’est ce qui se passe beau­coup sur les blogs , celui ci y compris.

    Le point faible de ce blog c’est de poser des objec­tifs inat­tei­gnables ne cor­res­pon­dant pas aux pos­sibles : sup­pri­mer les par­tis, ou viser que le tirage au sort soit le prin­cipe de fonc­tion­ne­ment de la gou­ver­nance, ou écrire entre soi une consti­tu­tion, sont en tel déca­lage avec le réel du pays et de ses habi­tants qu’on peut soup­çon­ner « un com­plot » (je m’a­muse un peu !) qui per­met de beau­coup se faire plai­sir en bras­sant des idées, en s’en­voyant des ama­bi­li­tés, ou en se confor­tant dans ses points de vue etc tout cela étant fort sym­pa­thique mais en défi­ni­tive peu pro­duc­tif en terme politique.

    Alors si effec­ti­ve­ment le « par­ti pris du sans par­ti  » est comme le dit Cathe­rine un leurre , le fait de pou­voir par­ti­ci­per à la poli­tique du pays n’est un leurre que si on en fait pas une exi­gence. Cet objec­tif , de créer dans l’ins­ti­tu­tion des espaces poli­tiques citoyens où les pro­blé­ma­tiques essen­tielles du pays seraient étu­diée est en soi un objec­tif déme­su­ré au regard de l’exis­tant , mais néan­moins réa­liste ‚même si le com­bat n’est pas gagné.

    Je ne pro­pose ni plus ni moins , avec un sacré culot , que de repen­ser les objec­tifs du blogs. (sou­rire )

    Réponse
  79. Catherine B

    Alors, là, tout à fait ok avec toi Georges. Que cha­cun se mette à par­ler de ce qu’il connait dans son envi­ron­ne­ment proche, son hôpi­tal, son bureau de pôle emploi, son lycée, de sa mai­son de retraite, son j’sais pas quoi, mais qu’on parle de ce qui nous chif­fonne dans ce qu’on fait, dans ce qu’on voit, dans ce qu’on entend et là il me semble bien que les murs risquent d’a­voir des OR-eilles car on dis­tin­gue­ra alors qu’entre le local et le glo­bal y’a des inva­riants et ces inva­riants nous mène­ront sur les connexions sou­ter­raines qui construisent ce si vilain tissu!!
    là-des­sus je vais boire ma soupe et je retourne sur mon ouvrage, sourire!!!

    Réponse
  80. Di Girolamo

    @ Ana
    Dans le suite de cet heu­reux évé­ne­ment « où deux avis convergent »…
    Je crois qu’il n’est pas utile de s’engager à ne pas bri­guer de man­dats : le carac­tère non par­ti­san de ce nou­veau par­ti peut s’affirmer autrement :

    L’ob­jet de ce nou­veau par­ti poli­tique serait la pro­mo­tion de la créa­tion par l’é­tat d’un outil d’a­ni­ma­tion d’é­tudes et débats autour des grands enjeux socié­taux. ( dès que ce but est atteint le par­ti se dissout )

    Du per­son­nel d’a­ni­ma­tion (ani­ma­teurs, pres­ta­taires de ser­vice ‚ex :jour­na­listes d’investigation ) , les citoyens (spé­cia­listes, scien­ti­fiques , lamb­da) et leurs repré­sen­tants (les dépu­tés, les élus locaux ..) seraient convié à par­ti­ci­per ensemble à ces tra­vaux de réflexion qui dis­po­se­raient des moyens maté­riels des col­lec­ti­vi­tés locales et des médias publics : salles com­mu­nales , maté­riels audio visuel etc , un espace dédié sur la tv public ( sur Arte par exemple).

    L’ob­jec­tif géné­ral de ces tra­vaux serait de réa­li­ser un état des lieux de nos socié­tés et d’ou­vrir des pistes d’ac­tion poli­tique pour construire l’a­ve­nir : faire émer­ger les enjeux majeurs et étu­dier quelle mode d’organisation de la socié­té peut y répondre le mieux.

    A par­tir de ce thème géné­ral, les diverses assem­blées citoyennes locales tra­vaille­raient en toute indé­pen­dance en uti­li­sant les ser­vices des agents public d’a­ni­ma­tion ; les élus (élus locaux , dépu­tés etc auraient l ‘obli­ga­tion ins­crite dans leur mis­sion d’é­lu de par­ti­ci­per à ces tra­vaux citoyens et de le faire sans user d’au­to­ri­té en lais­sant toute leur indé­pen­dance aux citoyens lamb­da. Les tra­vaux des assem­blées locales pour­ront être ren­dus visibles et s’en­tre­croi­ser sur l’es­pace TV natio­nal dédié. Cet espace orga­ni­se­rait des débats sur les thèmes étu­diés loca­le­ment et les diverses inter­ro­ga­tions et dif­fi­cul­tés rencontrées.

    La carac­té­ris­tique d’outil public , l’obligation faite aux élus de par­ti­ci­per aux tra­vaux et de res­pec­ter l’indépendance et la liber­té des groupes citoyens , le fait de res­ter dans le cadre d’une inter­ro­ga­tion socié­tale glo­bale , donne à cette démarche un carac­tère non par­ti­san , per­met­tant et recher­chant la par­ti­ci­pa­tion de tous les citoyens et la pro­tège de la pres­sion des divers lob­byings ( une inter­dic­tion spé­ci­fique de tout lobying peut être clai­re­ment inscrite) .

    L’aspect glo­bal et pros­pec­tif des réflexions , sans lien immé­diat et direct avec le pro­ces­sus élec­to­ral per­met d’élever le débat au des­sus des diver­gences d’intérêt pré­sentes et de le situer dans la sphère d’une démo­cra­tie cog­ni­tive cher­chant à argu­men­ter et raisonner.

    Il appa­raît néan­moins évident que ces réflexions auront un impact fort sur le pro­ces­sus élec­to­ral et la vie poli­tique de la nation.

    En terme stra­té­gique pour que ce pro­jet ait quelque chance d’a­bou­tir , il faut le bien rédi­ger et argu­men­ter et cher­cher le sou­tien de per­son­na­li­tés connues de tous bords ; par exemple en com­men­çant par Etienne ?

    Réponse
  81. Ana Sailland

    « la pro­mo­tion de la créa­tion par l’é­tat d’un outil d’animation … »

    Ta nuance n’est pas une nuance mais nous trans­porte à l’op­po­sé de ma suggestion :

    Si c’est par l’é­tat, donc par le gou­ver­ne­ment « « repré­sen­ta­tif » », c’est sou­mis, sans liber­té, et ça n’ap­par­tient pas au peuple .….…..

    On y ver­rait se poin­ter les experts-clowns habi­tuels. Ce ne serait qu’un dégui­se­ment de plus pour la démo­cra­tie travestie.
    Et quand je vois qui tu ima­gines dans la par­ti­ci­pa­tion, je fré­mis d’inquiétude.

    Jamais un outil dépen­dant de l’é­tat, et s’il est mis en place par l’é­tat tel que nous le connais­sons hélas, un outil dépend de l’état , jamais un tel outil ne per­met­tra de faire naître une volon­té géné­rale, ni une cohé­sion du corps social, suf­fi­santes pour impul­ser les chan­ge­ments nécessaires.

    « Il appa­raît néan­moins évident que ces réflexions auront un impact fort sur le pro­ces­sus élec­to­ral et la vie poli­tique de la nation » »> c’est bien le but : rendre la réelle démo­cra­tie si évi­dente au grand nombre, car déjà vivante par la grâce du peuple, qu’elle en sera(it) incon­tour­nable. L’é­tat doit donc en être absent, qui est, avec l’o­li­gar­chie, aller­gique à la démo­cra­tie et se débrouille­ra tou­jours pour inhi­ber l’ef­fi­ca­ci­té de ce qui pour­rait rendre le maître inutile au souverain.

    Réponse
  82. J.C

    @ sitouaillain

    « et puis bien sûr dans le monde mer­veilleux des anti­par­tis, les gens ne sont pas sec­taires, divi­sés… comme si c’é­taient les par­tis qui divi­saient les gens… petit pré­ju­gé lar­ge­ment par­ta­gé… ça évite de se poser les vraies ques­tion (puisque tout est la faute des par­tis) peut être qu’un jour on remet­tra l’his­toire à l’en­droit : en géné­ral les par­tis naissent de la divi­sion… sup­pri­mer les par­tis, c’est effec­ti­ve­ment un acte peu ano­din, et ça sup­pose de res­treindre tout un tas de liber­tés (asso­cia­tion, réunion etc.) »

    Je com­prends tes inquié­tudes mais il me semble qu’il y a un point que tu as oublié car si j’ai bien com­pris les par­tis poli­tiques seraient pour toi un moyen d’ob­te­nir la vraie démocratie.
    les par­tie poli­tiques fonc­tionnent sur le mode de la repré­sen­ta­tion du groupe et non de l’in­di­vi­dua­li­té citoyenne.

    Les par­tis se sub­sti­tuent à l’in­di­vi­du par la voix de son représentant.

    Ils sont les vec­teurs de légi­ti­mi­té appa­rente du sys­tème oligarchique.

    En plus de la délé­ga­tion des pou­voirs que les par­tis poli­tiques ins­ti­tu­tion­na­lisent, ils ont besoins d’être finan­cé contrai­re­ment au simple citoyen et qui finance ?

    Les ban­quiers. Pour­quoi ceux-ci financent-ils ces par­tis ? parce que c’est dans leur inté­rêt, tou­jours et qu’ aucun par­ti ne peut se déve­lop­per sans être financé.

    Qui a le pou­voir de res­treindre les liber­tés ? Les élus

    Ces élus semblent légi­time car on a fait croire au peuple que les élec­tions était un sys­tème démo­cra­tique alors que c’est son stricte contraire.

    Ne penses pas que je radote, com­prends moi bien ; la crainte que tu as de la dis­pa­ri­tion des liber­tés indi­vi­duelles par la dis­pa­ri­tion des par­tis est exac­te­ment inverse à ce qui se pro­duit. Qui pour­ra res­treindre les droits s’il n’y a ni par­ti ni élus ?

    Je ne vois que 2 moyens : l’argent et un sys­tème représentatif
    Sans par­tis et sans élus, nous avons les théo­cra­ties (repré­sen­tant de Dieu et non du peuple), une théo­cra­tie implique une large majo­ri­té de croyant.
    Une théo­cra­tie sans argent ne tien­dra pas, l’argent sans lois ne peut tenir le peuple.
    Cette pos­si­bi­li­té est peu pro­bable aujourd’hui.

    Le gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif du peuple de type com­mu­niste est insé­pa­rable de la notion et des idéo­lo­gies de par­ti. Les coûts d’é­tat mili­taire sont tou­jours por­té par ces idéo­lo­gies, l’argent étant tou­jours le moyen en arrière plan (le nerf de la guerre).

    Alors, je répète ma ques­tion : Qui pour­ra res­treindre les droits s’il n’y a ni par­ti ni élus ?

    Qu’en penses-tu ?

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  83. sitouaillain

    @ di girolamo,

    ton idée est très bonne, à mon avis il faut la par­faire, puis­qu’on iden­ti­fie mal qui serait l’au­to­ri­té orga­ni­sa­trice et quel degré de contrainte ces ins­tances exercent sur le domaine légis­la­tif et ou exécutif.

    je signale par ailleurs que nos dépu­tés ont tout récem­ment déci­dé de se pri­ver de leur pou­voir le plus impor­tant (comme quoi c’est par­fai­te­ment pos­sible) mais non pas pour le remettre aux main du peuple.

    après le trai­té TSCG rati­fié le 9 Octobre, ils ont voté le 10 la loi orga­nique qui en trans­pose les dis­po­si­tions en droit français.

    la fameuse « règle d’or » qui nous pro­met une aus­té­ri­té accrue et sans pré­cé­dent est donc désor­mais de valeur qua­si consti­tu­tion­nelle en tout cas supé­rieure à une loi de finances. Mais ce n’est pas tout :

    l’article 8 de la loi orga­nique crée un « Haut conseil des finances publiques », char­gé de sur­veiller le pro­ces­sus bud­gé­taire natio­nal. A lui de vali­der les hypo­thèses de crois­sance du gou­ver­ne­ment. Il sera en charge de contrô­ler que les défi­cits atten­dus et réa­li­sés res­pectent le trai­té et la loi orga­nique, d’a­ler­ter si ce n’est pas le cas etc. Toutes ces tâches relèvent nor­ma­le­ment du Par­le­ment, c’est-à-dire des repré­sen­tant du peuple tel que défi­nis par notre constitution.

    un prin­cipe fon­da­men­tal de toute les démo­cra­tie par­le­men­taires, et donc de notre répu­blique, est ain­si bafoué en totale contra­dic­tion avec la Décla­ra­tion des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 qui dans son article 14 pré­cise : « Les citoyens ont le droit de consta­ter, par eux-mêmes ou par leurs repré­sen­tants, la néces­si­té de la contri­bu­tion publique, de la consen­tir libre­ment, d’en suivre l’emploi, et d’en déter­mi­ner la quo­ti­té, l’as­siette, le recou­vre­ment et la durée ».

    Or, ce Haut Conseil des Finances Publiques dépos­sède un peu plus le peuple et son par­le­ment de sa sou­ve­rai­ne­té, il sera com­po­sé de de « quatre membres nom­més, res­pec­ti­ve­ment, par le Pré­sident de l’As­sem­blée natio­nale, le Pré­sident du Sénat et les pré­si­dents des com­mis­sions des finances de l’Assemblée natio­nale et du Sénat, en rai­son de leurs com­pé­tences dans le domaine des pré­vi­sions macroé­co­no­miques et des finances publiques ; ces membres ne peuvent exer­cer de fonc­tions publiques élec­tives natio­nales » plus un membre nom­mé par­mi le conseil éco­no­mique et social, et le direc­teur de l’IN­SEE. Une nou­velle « auto­ri­té indé­pen­dante » tech­no­cra­tique, des experts non sou­mis au contrôle popu­laire appli­que­ra donc les dis­po­si­tion de l’ar­ticle 3 du TSCG.

    un par­ti pro­mou­vant le tirage au sort aurait pu s’a­mu­ser à intro­duire un amen­de­ment pro­po­sant de sou­mettre les tra­vaux à un jury tiré au sort…le groupe GDR (FDG et allii) avait intro­duit une motion réfé­ren­daire lors des séances sur le TSCG et une motion de rejet de la loi organique.

    évi­dem­ment sans suc­cès car, en atten­dant, par­ti­sans de l’aus­té­ri­té éter­nelle, les fran­çais ont voté pour une utl­ra-majo­ri­té néo­li­bé­rale, en consé­quence, 490 pour et 34 contre. les ren­tiers et les créan­ciers d’a­bord ! vive la France

    Réponse
  84. Di Girolamo

    @ Ana

    Ne pas être d’ac­cord nous per­met de réflé­chir ensemble dans nos dif­fé­rences : but de ce nou­veau parti .

    je crois au contraire de toi que c’est la démo­cra­tie repré­sen­ta­tive telle qu’elle fonc­tionne aujourd’­hui qui a opé­rée la cou­pure Etat / Peuple ; en effet en démo­cra­tie c’est le peuple qui gou­verne et l’E­tat est un organe per­met­tant cette gou­ver­nance popu­laire ; c’est parce que ça marche à l’en­vers que la seule manière de récu­pé­rer notre pou­voir popu­laire c’est de l’exi­ger , d’exi­ger de l’E­tat d’être ce qu’il doit être.

    A l’in­verse la meilleure manière de lais­ser les choses en l’é­tat , c’est d’ac­cep­ter cette dua­li­té Etat /citoyen . Créer des assem­blées citoyennes « libres » en dehors de l’ins­ti­tu­tion n’a aucun sens, sinon celui d’obéir, d’être aux ordres d’un Etat qui s’ac­com­mode et même recherche cette dualité .

    La sou­mis­sion n’est pas là où tu crois.

    Réponse
  85. Di Girolamo

    Excu­sez le doublon !
    @ Sitouaillain je te réponds demain après une bonne nuit .

    Réponse
  86. sitouaillain

    @ JC

    « Qui pour­ra res­treindre les droits s’il n’y a ni par­ti ni élus ? »

    les Etats-Unis d’A­mé­rique, la Reine d’An­gle­terre, le Pré­sident de la Rus­sie ou de la Chine au choix.

    je ne déconne qu’à moi­tié (la sou­ve­rai­ne­té sup­pose d’en avoir les moyens), mais ta ques­tion est bizarre…s’il n’y a plus ni par­tis ni élus c’est qu’il s’est déjà pas­sé quelque chose avant non.

    ta ques­tion ren­voie à la notion de sou­ve­rai­ne­té, si c’est l’in­di­vi­du qui est sou­ve­rain alors il n’y a pas de loi hor­mis celle de la jungle, si c’est le peuple alors il faut défi­nir com­ment la loi se forge et s’ap­plique, mais de toute façon l’in­di­vi­du est membre de la Polis, les lois du groupe sont ses lois, elles s’im­posent à lui, l’i­déal étant, comme disent les zapa­tistes (affreux rouges et noirs bien sûr) de com­man­der en obéissant.

    un autre point de ton post m’étonne :

    « les par­tis poli­tiques fonc­tionnent sur le mode de la repré­sen­ta­tion du groupe et non de l’in­di­vi­dua­li­té citoyenne. »

    l’in­di­vi­dua­li­té citoyenne est une sorte de mythe des démo­cra­tie libé­rale, qu’on retrouve notam­ment dans la dis­tinc­tion entre sphère publique et sphère pri­vée et la célèbre dis­tinc­tion de Constant entre la liber­té des Anciens et la liber­té des Modernes,
    mais c’est un mythe, puisque tu vis tou­jours dans un Etat aux lois des­quels tu es soumis.

    un par­ti, c’est une coa­li­tion d’in­di­vi­dus exer­çant ensemble leurs liber­tés, cela n’im­plique pas néces­sai­re­ment de notion de repré­sen­ta­tion en-dehors du groupe lui-même. Quand bien même un indi­vi­du membre est élu, sa voix peut très bien être celle du par­ti, c’est à dire qu’il porte la déci­sion col­lec­tive des membres du par­ti. par ailleurs, xème fois que je le dis, un grand nombre de par­tis ou d’as­so­cia­tions à visées poli­tique ne par­ti­cipent pas aux élections.

    « Les par­tis se sub­sti­tuent à l’in­di­vi­du par la voix de son repré­sen­tant. Ils sont les vec­teurs de légi­ti­mi­té appa­rente du sys­tème oligarchique. »

    ceci n’est valable que pour cer­tains par­tis et à des degrés variables il y a aus­si un para­doxe à se dire démo­crate et à refu­ser que des indi­vi­dus fassent le choix de sou­te­nir un indi­vi­du et non des convic­tions. les vec­teurs de légi­ti­mi­té de l’o­li­gar­chie sont les par­tis qui ont voca­tion à la soutenir.

    par ailleurs, un indi­vi­du iso­lé qui n’ap­par­tient à aucune orga­ni­sa­tion poli­tique ou assi­mi­lable (syn­di­cats, asso­cia­tions, col­lec­tifs, etc.) n’a pra­ti­que­ment aucun pou­voir. l’or­ga­ni­sa­tion poli­tique démul­ti­plie les pou­voirs indi­vi­duels (l’u­nion fait la force).

    illus­tra­tion simple : je dis blanc, tu dis rouge, mar­cel dit jaune et lucienne dit bleu. Mar­cel et lucienne s’as­so­cient dans un par­ti, ils dis­cutent et décident de dire tous les deux vert (jaune+bleu), nous aurions pu dire rose, mais ton refus de t’as­so­cier t’a­mène et m’a­mène à subir le vert.

    « En plus de la délé­ga­tion des pou­voirs que les par­tis poli­tiques ins­ti­tu­tion­na­lisent, ils ont besoins d’être finan­cé contrai­re­ment au simple citoyen et qui finance ? Les ban­quiers. Pour­quoi ceux-ci financent-ils ces par­tis ? parce que c’est dans leur inté­rêt, tou­jours et qu’ aucun par­ti ne peut se déve­lop­per sans être financé. »

    des dizaines d’or­ga­ni­sa­tions poli­tiques refusent la délé­ga­tion, et d’autres se plient au rap­port de force exis­tant et ins­ti­tu­tion­na­li­sé dans la consti­tu­tion, ils par­ti­cipent aux élec­tions mais pour pro­mou­voir la sou­ve­rai­ne­té popu­laire et pour obte­nir des avan­cées et ne pas lais­ser les autres par­tis libres de voler le pouvoir.

    quant au finan­ce­ment des par­tis poli­tiques, tout dépend des par­tis, une loi encadre les dons et le finan­ce­ment public. Et les par­tis de gauche ne sont pas finan­cé par les ban­quiers ou les patrons ce sont de simples citoyens qui se cotisent, les élus qui reversent leurs indem­ni­tés. je ne com­prend pas com­ment un citoyen peut affir­mer ce que tu dis, les ban­quiers ne financent que les par­tis qui les inté­ressent, tu peux prendre les tra­vaux de la cour des comptes, tu ne trou­ve­ra pas un grand patron pas un ban­quier dans les listes des dona­teurs des par­tis à gauche du PS et encore moins des orga­ni­sa­tions anar­chistes, tous fonc­tionnent à au moins 80% de coti­sa­tions, le reste sont des dota­tions publiques et des recettes de mani­fes­ta­tions (vente de sand­wich, billet­te­ries de fes­ti­val, etc.).

    les gens ne sont pas obli­gés de voter pour les par­tis des riches et n’im­porte quel groupe de citoyen peut créer son par­ti, il s’en crée des dizaines chaque année, ou s’engager dans un par­ti exis­tant sans avoir à se sou­mettre à des chefs.

    Quand on met un peu son nez dans du concret, on voit des orga­ni­sa­tions aux sta­tuts et aux modes de fonc­tion­ne­ment, à l’his­toire et à la culture très divers, sans par­ler des idées elles-mêmes.

    pas la peine de res­sas­ser le dis­cours de l’im­puis­sance poli­tique, et les lieux com­muns de PMU,

    pour arri­ver à quelque chose il faut être orga­ni­sés et coor­don­nés pour cela il faut des lieux et des ins­tances, pour débattre, défi­nir des stra­té­gies et se récon­for­ter et s’en­cou­ra­ger mutuel­le­ment. aucune trans­for­ma­tion des struc­tures n’est pos­sible sans qu’un peuple soit capable de prendre son des­tin en main et il ne le peut et de manière pérenne que via ses orga­ni­sa­tions, sans cela il reste une masse informe de braillards iso­lés, peu soli­daires et n’ayant pas assez de temps pour se for­mer et s’exer­cer à être acteur.

    et mal­gré tout ce que tu peux pen­ser, une mobi­li­sa­tion mas­sive d’in­di­vi­dus iso­lés est très peu pro­bable et si elle réus­sit ce sera au pro­fit des mieux orga­ni­sés et des plus soli­daires et habiles pour pour se lais­ser por­ter par la mobilisation…il n’y a qu’à regar­der les suc­cès des frères musul­mans suite aux révo­lu­tions arabes et le fait que le peuple se révolte mais que ce sont des par­tis non révo­lu­tion­naires qui gèrent la tran­si­tion et rédigent la constitution…faute de conscience poli­tique le peuple ne savait pas com­ment s’or­ga­ni­ser pour exer­cer le pou­voir le plus direc­te­ment possible.

    par exemple, la pre­mière inter­na­tio­nale est née pour que les luttes trouvent un débou­ché poli­tique, pour que les révoltes se trans­forment en révo­lu­tions ou du moins en vic­toires et non plus en mas­sacres et en échec ou récu­pé­ra­tions, pour que les tra­vailleurs se forment, s’é­duquent, s’aguerrissent.

    et de fait l’exis­tence et la visi­bi­li­té d’or­ga­ni­sa­tions réunis­sant des mil­lions d’hommes et de femmes, ayant des reven­di­ca­tions et un pou­voir de mobi­li­sa­tion tan­gible est un contre-pou­voir indis­pen­sable. en res­tant iso­lés, donc invi­sibles, tous ces gens sont qua­si impuis­sants, inutiles, citoyens pas­sifs ou oeu­vrant ça et là mettre des pan­se­ments sur jambes de bois pourri…

    Réponse
  87. Morpheus

    La sou­ve­rai­ne­té des citoyens, c’est sans doute une vue de l’es­prit pour vous. Pour moi, c’est la seule sou­ve­rai­ne­té qui soit légi­time en démocratie.

    Dans « sou­ve­rai­ne­té natio­nale », il y a le mot « nation ». Nation pro­vient d’un éty­mon latin gna- « de la racine », qui donne natio, ‑onis à l’o­ri­gine « nais­sance », d’où « indi­vi­dus nés en même temps ou dans le même lieu ». Mais cet éty­mon pro­vient lui-même de gne- « engen­drer » ou « naître » qui donne le mot GENS.

    En d’autres termes, la nation est à l’o­ri­gine en rap­port avec un lieu (ter­ri­toire) et un peuple, une tri­bu ou un ensemble de tri­bus, et repré­sente donc l’u­nion de ces tri­bus. Une nation est un peuple de gens unis par les mêmes racines.

    Le mot sou­ve­rai­ne­té est plus ambi­gu. Il pro­vient de sou­ve­rain (ancien­ne­ment suze­rain), signi­fiant « qui est au des­sus des autres ». Le mot sou­ve­rai­ne­té signi­fie « auto­ri­té suprême d’un sou­ve­rain, d’un prince ou d’une nation ».

    Si, dans une démo­cra­tie (vraie), per­sonne n’est (et ne peut être) « au des­sus des autres », per­sonne ne peut être sou­ve­rain (notion d’a­nar­chie « qui n’a pas de chef » oppo­sée à celle de hié­rar­chie), qui donc détient la souveraineté ?

    Le peuple réunit en assem­blée nous disent les anciens athé­niens. En d’autres termes : le peuple unis, qui forment, par cette union, la nation. Or, comme il y a tou­jours des divi­sions et des dif­fé­rents au sein d’un même peuple, en par­ti­cu­lier lors­qu’il se situe sur un vaste ter­ri­toire et com­prend des mil­lions de gens, cela implique que tous ces gens par­tagent une ver­tu suprême qui peut se résu­mer dans cette devise : « Ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise ». Dans cette concep­tion, il est facile d’adhé­rer à cette idée que « l’intérêt de la nation prime sur l’in­té­rêt par­ti­cu­lier ». Pour autant que « la nation » soit réel­le­ment démo­cra­tique, c’est-à-dire soit la mani­fes­ta­tion de la volon­té des gens qui la compose.

    C’est sans doute le talon d’A­chille de la vraie démo­cra­tie : étant sans chef, elle néces­site une forte cohé­sion et un grand sens de l’u­ni­té de la part des gens qui com­pose la nation, sans quoi cette nation risque d’être en proie, non à l’a­nar­chie (absence de chef), mais à l’a­no­mie : le désordre, la dés­union, la divi­sion. C’est la rai­son prin­ci­pale qui fait que les oli­garques, en tout temps et tous lieux, s’emploient sans cesse à exa­cer­ber les pas­sions afin de divi­ser pour mieux régner et impo­ser dans l’es­prit des gens l’i­dée qu’ils ont besoin de chefs, de sou­ve­rains qui soient au des­sus des gens (du peuple).

    C’est la rai­son la plus évi­dente qui rend caduque et non ave­nue l’exis­tence des par­tis au sein d’une vraie démo­cra­tie : ceux-ci créent, par défi­ni­tion (un par­ti est bien une par­ti­tion du peuple), des divi­sions au sein même de la nation, et ils ont pour but et pour fonc­tion de s’emparer de la sou­ve­rai­ne­té. Ils le font tous en pré­ten­dant vou­loir l’in­té­rêt géné­ral, mais comme ils ne repré­sentent qu’une petite por­tion des gens, cette pré­ten­tion est une trom­pe­rie mani­feste. Non seule­ment les par­tis sont la mani­fes­ta­tion ins­ti­tu­tion­na­li­sée de divi­sions au sein de la nation, mais par le jeu de la lutte pour le pou­voir, ils stig­ma­tisent les autres for­ma­tions par­ti­sanes, tout en exa­cer­bant les pas­sions de leurs par­ti­sans comme de leurs oppo­sants. Les par­tis repré­sentent donc une menace majeure pour toute vraie démocratie.

    Pré­tendre que des par­tis pour­raient être des outils dans une vraie démo­cra­tie est fal­la­cieux, car à quoi pour­raient-ils ser­vir dans des ins­ti­tu­tions réel­le­ment démo­cra­tiques ? Ils géné­re­raient, méca­ni­que­ment, des fac­tions au sein même de la nation, et seraient dès lors des trem­plins pour les oli­garques qui s’en empa­re­raient pour ren­ver­ser la démo­cra­tie. L’his­toire suf­fit pour nous en convaincre, les par­tis sont des outils vou­lus et créés par les oli­garques afin de cana­li­ser et d’exa­cer­ber les divi­sions : ils per­pé­tuent la vieille logique de fac­tions qui ruine l’u­ni­té d’un peuple.

    Par consé­quent, dans une démo­cra­tie vraie, la « sou­ve­rai­ne­té » ne peut appar­te­nir qu’aux indi­vi­dus qui com­posent la nation lors­qu’ils sont réunis en assem­blée. La nation se situe donc « au des­sus des gens », en cela qu’elle consti­tue une force supé­rieure par l’u­nion des gens qui la com­pose, mais cette supé­rio­ri­té ne peut être en aucun cas délé­guée à un groupe ou un indi­vi­dus puisque cela aurait pour consé­quence de dépouiller de leur sou­ve­rai­ne­té les gens qui forment le peuple.

    Mor­pheus

    Réponse
  88. sitouaillain

    @ Mor­pheus

    je veux bien m’a­mu­ser à faire des rai­son­ne­ments en ape­san­teur, mais, la démo­cra­tie réelle, nous sommes loin d’y être.

    si nous y étions, nul doute que les ins­ti­tu­tions ne per­met­traient pas à un par­ti de s’emparer de la tota­li­té de la sou­ve­rai­ne­té ni que puisse exis­ter une « oli­gar­chie », ce qu’A­thènes n’a pas réus­si à abolir.

    ensuite, je suis tou­jours amu­sé quand on invoque le concept rous­seauiste de volon­té géné­rale ou d’in­té­rêt géné­ral et qu’on s’ap­puie ensuite sur la concep­tion de la démo­cra­tie com­pé­ti­tive anglo-saxonne de la balance des inté­rêts, mais passons.

    bien enten­du, on peut rêver que les indi­vi­dus qui ont une posi­tion de classe supé­rieure, se détachent de leur inté­rêt à pré­ser­ver les prin­cipes et les struc­tures qui leurs sont favorables.

    on peut aus­si rêver que ceux-là, ou ceux qui par­tagent une cer­taine vision morale ou reli­gieuse, pren­draient soin d’é­vi­ter de se ren­con­trer, d’é­la­bo­rer des stra­té­gies, de dif­fu­ser des idées et de se coor­don­ner pour inter­ve­nir en assem­blée dans un sens qui leur serait favo­rable. et on peut rêver que la cri­tique de mil­lier ou de cen­taines d’an­nées de condi­tion­ne­ment émerge spon­ta­né­ment dans chaque indi­vi­du oppri­mé, sans cercles de réflexion et qu’elle nour­risse l’es­prit des lois sans coor­di­na­tion pour s’en assurer..on peut rêver.c’est ain­si qu’un pauvre ou un moyen qui vote aujourd’­hui à droite ira spon­ta­né­ment défendre demain la fin des hié­rar­chies, du capi­ta­lisme etc.

    on peut aus­si faire de jolis rai­son­ne­ments sur la démo­cra­tie réelle sans par­tis et faire l’im­passe sur tout ce qui, à par­tir d’une socié­té inégale et tra­ver­sée par des cou­rants de pen­sée dif­fé­rents, abou­tit de fac­to à des factions,
    sans voir que dans les par­tis, les gens n’y sont pas néces­sai­re­ment d’ac­cord sur tout, qu’il a des cou­rants, et qu’il y a des méca­nismes ins­ti­tu­tion­nels per­met­tant de faire vivre cette diver­si­té tout en pré­ser­vant la cohé­sion et en pre­nant des déci­sions com­munes, tout comme fina­le­ment une vraie démo­cra­tie y par­vien­drait, à la dif­fé­rence près qu’un par­ti peut se divi­ser, faire scis­sion, tan­dis que c’est plus com­pli­qué pour un peuple…

    jus­te­ment dans les apr­tis qui ne sont pas des par­tis de notables d’o­li­garques, les indi­vi­dus se ras­semblent en cou­rant car un indi­vi­du seul ne peut influer sur les déci­sions, tan­dis que s’il s’as­so­cient à ceux qui par­tagent son point de vue, il peut alors acqué­rir un poids, affi­ner ses argu­men­taires et gagner en soutiens.

    à l’é­chelle de la socié­té, on voit bien qu’une orga­ni­sa­tion poli­tique de citoyens por­teur de cou­rants de pen­sée mino­ri­taires est néces­saire pour que les idées avancent, c’est le cas du fémi­nisme ou de l’é­co­lo­gie par exemple.

    et tout ceci n’a rien à voir avec la délé­ga­tion de souveraineté.
    et comme nous ne sommes pas en démo­cra­tie réelle et si nous vou­lons l’ob­te­nir et la rendre pérenne, mieux vaut se déta­cher de croyances stériles.

    à mon sens, mieux vau­drait rendre obli­ga­toire l’ap­par­te­nance à un par­ti et défi­nir un sta­tut qui oblige à la démo­cra­tie au sein des par­tis qu’a­bo­lir les partis,

    tou­jours est-il que, d’ac­cord ou pas d’ac­cord avec cela, nous ne sommes pas en posi­tion de le faire. pour se mettre en posi­tion de le faire il faut s’as­so­cier et il faut pri­ver de leur sou­ve­rai­ne­té tous ceux qui oeuvrent à la péren­ni­sa­tion de l’o­li­gar­chie, du capi­ta­lisme etc…à moins qu’ils ne t’é­coute gen­ti­ment et qu’ils recon­naissent que les voix don­nées par tes conci­toyens à leurs par­tis ne valent rien…fichtre, j’ai­me­rais être aus­si optimiste.

    pro­lé­taires de tous les pays ne vous unis­sez sur­tout, vous intro­dui­riez une divi­sion dans ce beau consen­sus néolibéral !

    Réponse
  89. Di Girolamo
    @ Morpheus

    La Nation est une notion vacillante ! En Espagne des mil­lions d’es­pa­gnols émigrent hors de « leur » nation : nous vivons aujourd’­hui sur une pla­nète ronde où hommes et biens se trans­portent sans cesse.

    Le réac­teur n° 4 de Fuku­shi­ma menace de s’ef­fon­drer et menace le Japon et la terre entière ; as tu par­ti­ci­pé à la déci­sion d’ins­tal­ler ce réacteur ?

    Nous sommes tous inter­dé­pen­dants et cela a pro­fon­dé­ment modi­fié et com­pli­qué les choses en terme de gouvernance.

    On peut par réac­tion deman­der l’in­dé­pen­dance de son vil­lage , on peut aus­si deman­der le tirage au sort ou l’a­bo­li­tion des partis .

    Étant pay­san , je ne renonce pas à l’i­dée d’en­ra­ci­ne­ment ; étant citoyen je ne renonce pas à l’i­dée de sou­ve­rai­ne­té popu­laire ; mais d’une manière évi­dente il faut inven­ter de nou­velles voies.

    Ces nou­velles voies doivent inté­grer les évo­lu­tions du monde mais les récon­ci­lier avec les valeurs d’humanité .

    Elles doivent faire vivre à la fois la notion de pla­nète glo­bale et de citoyen­ne­té mon­diale et la notion de pays , de terre , de local ; au local les peuples doivent s’or­ga­ni­ser pour se re consti­tuer en peuple et prendre leur des­tin en main ; mais ces démarches doivent se faire dans le sens d’une construc­tion glo­bale et planétaire.

    Bien évident que des années de galères sont devant nous et nos enfants . Mais c’est comme ça .

    La mon­dia­li­sa­tion néo­li­bé­rale ‚par nature , abo­lit les Nations et les pays et fait du monde une usine d’é­change com­mer­cial et pro­duc­tion. Les Espa­gnols pour sim­ple­ment sur­vivre quittent « leur » nation .Ils sont de la main d’œuvre de cette usine mon­diale et changent d’atelier.

    Pour qu’il en soit autre­ment il aurait fal­lu qu’ils construisent chez eux une éco­no­mie plus auto­nome : pro­duire et consom­mer local ; il se trouve que pour en arri­ver là il faut se mettre en capa­ci­té de construire ensemble la socié­té, c’est à dire de ren­trer en démocratie.

    C’est pour­quoi je m’obs­tine à dire que l’im­por­tant c’est d’a­mor­cer sur les ter­ri­toires et le pays des réflexions , des études ‚des ren­contres, pre­mier pas d’une re consti­tu­tion populaire.

    Réponse
  90. Di Girolamo

    @ sitouaillain

    « ton idée est très bonne, à mon avis il faut la par­faire, puis­qu’on iden­ti­fie mal qui serait l’au­to­ri­té orga­ni­sa­trice et quel degré de contrainte ces ins­tances exercent sur le domaine légis­la­tif et ou exécutif. »

    Concer­nant l’au­to­ri­té organisatrice

    ces ins­tances citoyennes seraient libres de s’or­ga­ni­ser comme elles l’en­tendent (liber­té garan­tie expli­ci­te­ment et for­te­ment par la loi) MAIS dans un cadre contraint pré­ci­sant l’ob­jet géné­ral des tra­vaux et cer­taines obli­ga­tions métho­do­lo­giques (accès ouvert à tous , visi­bi­li­té des débats etc etc)

    Pour le reste

    Il faut main­te­nir une dis­tan­cia­tion entre ce type de démarche et les domaines légis­la­tif et éxé­cu­tif : si on relie de trop près ces tra­vaux de réflexion avec l’exé­cu­tif on va immé­dia­te­ment retom­ber dans les rap­ports de forces ; il faut comp­ter sur le pou­voir que je crois très puis­sant de la connais­sance et prise de conscience : tu ne peux plus voter de la même manière après avoir lon­gue­ment étu­dié et débat­tu de thèmes socié­taux impor­tant ; d’autre part la rela­tion vivante avec les élus , les dépu­tés , dans le cadre d’un appren­tis­sage col­lec­tif va aus­si chan­ger les choses en pro­fon­deur et se réper­cu­ter méca­ni­que­ment mais for­te­ment sur les votes sur les choix des représentants.

    Cette démarche n’est pas une potion magique ou une mesure cen­sée tout résoudre d’un coup ; c’est un pro­ces­sus long .

    Réponse
  91. Morpheus

    Di Giro­la­mo a écrit : « La Nation est une notion vacillante ! En Espagne des mil­lions d’es­pa­gnols émigrent hors de « leur » nation : nous vivons aujourd’­hui sur une pla­nète ronde où hommes et biens se trans­portent sans cesse. Le réac­teur n° 4 de Fuku­shi­ma menace de s’ef­fon­drer et menace le Japon et la terre entière ; as tu par­ti­ci­pé à la déci­sion d’ins­tal­ler ce réac­teur ? Nous sommes tous inter­dé­pen­dants et cela a pro­fon­dé­ment modi­fié et com­pli­qué les choses en terme de gou­ver­nance. On peut par réac­tion deman­der l’in­dé­pen­dance de son vil­lage , on peut aus­si deman­der le tirage au sort ou l’a­bo­li­tion des partis . »

    Nous sommes bien d’ac­cord. Ma réflexion indui­sait (volon­tai­re­ment) le pro­lon­ge­ment de la réflexion. Mer­ci d’a­voir embrayé dans le sens voulu.

    En effet, la notion de « nation » a évo­lué du fait de cette mon­dia­li­sa­tion (impo­sée) et des consé­quences qu’elle a engen­dré, aus­si bien posi­ti­ve­ment que néga­ti­ve­ment. Cela nous invite (nous oblige ?) à envi­sa­ger d’é­tendre cette notion de « nation » à … la pla­nète tout entière !

    Si « Une nation est un peuple de gens unis par les mêmes racines » », alors il n’est pas très dif­fi­cile de conce­voir, à l’heure de la glo­ba­li­sa­tion, que ces racines soient … la pla­nète Terre tout entière. Nous sommes tous nés sur Terre, nous sommes tous les fruits de la vie sur Terre, et nous par­ta­geons tous cette Terre et ses richesses, bon gré mal gré. Cette Terre, que d’au­cun s’ap­pro­prient par la pro­prié­té pri­vée, n’ap­par­tient à per­sonne : ce sont les humains qui appar­tiennent à la Terre. Cette Terre nous donne vie, nous nour­rit, nous abreuve et nous donne ses richesses. Elle est notre racine com­mune à tous.

    La pro­chaine étape de défi­ni­tion de la « nation », c’est la Nation Ter­restre. C’est pré­ci­sé­ment cette union des tri­bus à laquelle j’ap­pelle. Une union dans la diver­si­té et dans le res­pect des par­ti­cu­la­ri­tés régio­nales, qui consti­tuent des richesses de la même façon que deux milles varié­tés de tomates sont pré­fé­rables à seule­ment une vingtaine.

    Dans cette évo­lu­tion du concept de « Nation Terre », « ce qui nous unit » : les res­sources et la néces­si­té de les pré­ser­ver et de les valo­ri­ser afin de pou­voir les par­ta­ger et les répar­tir entre tous, est néces­sai­re­ment (je dis bien néces­sai­re­ment) « plus fort que ce qui nous divise ».

    Tou­te­fois, dans son éloge des fron­tières, Debray nous invite à réflé­chir à l’im­por­tance de pré­ser­ver cette notion de fron­tière contre l’i­déo­lo­gie uni­for­mi­sante des chantres du mon­dia­lisme libéral.

    À l’é­chelle indi­vi­duelle, nous avons tous besoin de construire notre iden­ti­té. Cette iden­ti­té consiste à défi­nir qui nous sommes. Or défi­nir, c’est poser des limites. Les racines ter­ri­to­riales consti­tuent, par le jeu de l’in­ter­dé­pen­dance entre l’environnement et les humains qui y vivent, l’un des élé­ments de l’i­den­ti­té. Toute iden­ti­té se construit sur une série concen­trique de « limites » : le cercle fami­lial – le cercle des amis et connais­sances – le cercle du vil­lage ou de la ville de rési­dence – le cercle de la région – le cercle du pays – le cercle de la région – le cercle de la Terre – et au delà, un jour ou l’autre, le cercle du sys­tème solaire tout entier …

    Cha­cun de ces cercles consti­tue un élé­ment de l’i­den­ti­té indi­vi­duelle. Bri­ser ces cercles n’est pas utile pour en construire le sui­vant. Ils sont inter­dé­pen­dants et s’en­tre­lacent les uns aux autres. Ils sont consti­tu­tifs les uns des autres. C’est seule­ment nos limi­ta­tions men­tales, nos idées courtes, qui nous empêchent de relier ces cercles entre eux, et nous poussent par­fois à les oppo­ser les uns aux autres.

    Nous ne sommes plus l’en­fant que nous avons été : nous n’a­vons plus les mêmes centres d’in­té­rêts, les mêmes pré­oc­cu­pa­tions, les mêmes peurs ou les mêmes joies. Pour autant, l’en­fant que nous avons été consti­tue un élé­ment de notre iden­ti­té, même enfuit au plus pro­fond de notre incons­cient. Le ber­ceau, l’en­fance, l’a­do­les­cence, la jeu­nesse adulte, l’âge mure, l’âge de la retraite, la vieillesse, sont autant de cercles concen­triques qui eux aus­si consti­tuent des cercles d’i­den­ti­té. Ils sont néces­sai­re­ment reliés, même si nous ne le vivons pas consciemment.

    La notion de « Nation Terre » est iné­luc­table et néces­saire. Elle s’im­pose d’une cer­taine manière à nous. Mais elle n’im­pose nul­le­ment, en contre­par­tie, l’a­ban­don de la notion de « Nation Pays » ou « Nation Région », ni même de la « Nation Tri­bu ». C’est seule­ment l’ef­fet per­vers de la logique de com­pé­ti­tion qui fait que notre per­cep­tion de la notion de « nation » induise l’op­po­si­tion aux autres nations, alors que dans une logique débar­ras­sée de la com­pé­ti­tion, les nations peuvent (et doivent) être des partenaires.

    D’une cer­taine manière, j’ai l’im­pres­sion que cet atta­che­ment à l’i­dée de par­ti est une mani­fes­ta­tion per­verse du besoin de s’i­den­ti­fier à un cercle d’i­den­ti­té dans lequel nous nous recon­nais­sons. Je la consi­dère « per­verse » parce qu’elle se rat­tache, his­to­ri­que­ment et dans les faits, à la notion de fac­tion, qui induit la lutte, l’op­po­si­tion, la compétition.

    Mor­pheus

    Réponse
  92. Ana Sailland

    Les par­tis, du moins ceux que nous connais­sons à cette heure, sont, d’es­prit, impré­gnés de ce qui les a enfan­tés : l’es­prit de conquête, le coté yang de notre civi­li­sa­tion dés­équi­li­brée. Ins­ti­tués par la com­pé­ti­tion, ils en sont géné­ti­que­ment pro­créa­teurs, ils ne peuvent que la pro­mou­voir, et ne peuvent en aucun cas, sauf sima­grées, pous­ser à la col­la­bo­ra­tion sans piège caché, à l’en­traide, à l’é­coute mutuelle et bien­veillante, la recherche hon­nête d’un sen­ti­ment commun.

    Comme à notre civi­li­sa­tion, il leur manque le mariage alchi­mique des deux pôles yin/yang alias synergie/compète alias écoute/autisme.

    Mais nous blablatons .….
    Que faire ?
    Pour amé­lio­rer la situa­tion, affron­ter ce qui est ne ferait qu’u­ser du même type d’éner­gie, et donc ren­for­cer le déséquilibre.
    Ce sont des vieillards glo­rieux, les anciens de la résis­tance, qui nous indiquent une piste : « résis­ter c’est créer ; créer c’est résis­ter » nous disait Lucie Aubrac, juste avant de partir.
    Et je la suis avec convic­tion sur ce che­min là : c’est la voie de la créa­tion qui peut rééqui­li­brer, bien plus que la voie de l’affrontement.
    Si donc on n’est pas contents des par­tis, il faut créer autre chose, qui soit radi­ca­le­ment dif­fé­rent dans sa finalité.
    Si donc on n’est pas content de la mon­naie, on peut créer autre chose, qui soit radi­ca­le­ment dif­fé­rent dans sa finalité.
    Si donc on n’est pas content de l’a­groa­li­men­taire, on doit créer autre chose, qui soit radi­ca­le­ment dif­fé­rent dans sa finalité.
    Et c’est pour tout pareil. Sans faire appel à la hié­rar­chie, sans lui deman­der des sub­sides, sans lui deman­der l’au­to­ri­sa­tion d’être libres.
    Si donc on n’est pas content des débats publics, à nous d’en organiser.
    Si donc on constate un écla­te­ment de la volon­té géné­rale et du corps social, à nous de prendre des initiatives.

    Je vais dis­pa­raître quelques jours, occu­pée, loin de chez moi, à joindre l’acte à la parole 😉

    Meet you soon

    Réponse
  93. J.C

    @ Sitouaillain

    Etienne nous dit que ce n’est pas nous qui finan­çons les cam­pagnes pré­si­den­tielles (et légis­la­tives) , ce qui dif­fère du fonc­tion­ne­ment quo­ti­dien d’un par­ti. C’est l’é­tat qui finance et qui finance l’état ?

    Petit rap­pel :
    Le cas de Jacques Che­mi­nade concer­nant les élec­tions pré­si­den­tielle de 1995 (Wiki­pe­dia)

    « Par déci­sion du 11 octobre 1995, le Conseil consti­tu­tion­nel, pré­si­dé par Roland Dumas, décide de reje­ter le compte de cam­pagne de Jacques Che­mi­nade. Le Conseil a esti­mé que 1,7 mil­lion de francs de ses recettes, pro­ve­nant de 21 contrats de prêt sans inté­rêt« conclus pos­té­rieu­re­ment au 7 mai 199539 », devaient être requa­li­fiés en dons, ren­dant ain­si son compte non conforme à la loi, les dons au compte de cam­pagne étant inter­dits après cette date lors de cette élection.

    Les sages ont moti­vé leur déci­sion par l’ab­sence de taux d’in­té­rêt sur ces prêts, ce qui consti­tuait « au pro­fit du can­di­dat un avan­tage »39, et en ne tenant pas compte de la défi­ni­tion du prêt que décrit l’ar­ticle 1892 du Code Civil40.

    Pour Soli­da­ri­té et Pro­grès, cette déci­sion va à l’en­contre du code civil – défi­nis­sant le prêt par l’in­ten­tion restitutoire40 -, de la juris­pru­dence de la Com­mis­sion natio­nale des comptes de cam­pagnes, et consi­dère que la pri­va­tion consé­cu­tive de Jacques Che­mi­nade par le Conseil consti­tu­tion­nel du rem­bour­se­ment for­fai­taire de ses frais de campagne41 est injuste. Cette appré­cia­tion a été confir­mée par un juriste dans un article du JDD42, com­men­tant l’ar­ticle 1892 du Code Civil trai­tant de la nature du prêt40. La dis­pa­ri­té de trai­te­ment entre Jacques Che­mi­nade et Édouard Bal­la­dur ou Jacques Chi­rac a fait l’ob­jet d’un article des Inrockuptibles43 rap­por­tant une décla­ra­tion de Mau­rice Faure, membre du Conseil Consti­tu­tion­nel à cette époque : « Bien sûr qu’il y a eu inéga­li­té de trai­te­ment ! ». Les rap­por­teurs du Conseil consti­tu­tion­nel avaient pro­po­sé de reje­ter les comptes d’É­douard Bal­la­dur, ce que le Conseil n’a pas fait. Selon Jacques Robert, alors membre du Conseil Consti­tu­tion­nel, le Conseil a cou­vert « du man­teau de la plus Haute juri­dic­tion du pays la fraude sou­vent évi­dente de cer­tains des plus hauts per­son­nages de l’É­tat… quitte à se rat­tra­per peu glo­rieu­se­ment sur quelque petit candidat44 », « pour mon­trer que nous étions indé­pen­dants, nous avons inva­li­dé Jacques Che­mi­nade, alors qu’il n’a­vait com­mis que de légères erreurs. Pour lui, nous n’a­vons eu aucun pro­blème de conscience : il a eu tous ses biens hypothéqués. »

    Puisque nous sommes dans une sys­tème poli­tique élec­tif, les par­tis qui ne par­ti­cipent pas aux élec­tions n’ont pas de pou­voir directe sur les lois.
    Inté­res­sons nous donc à ceux qui ont le pou­voir (ou du moins les appa­rences du pouvoir).

    Les poli­ti­ciens défendent leurs posi­tions et les prin­cipes hiérarchiques.

    Ceux qui défendent le tra­vail (for­cé) et ils le font tous, défendent les exploi­tants et non les exploités.

    La dif­fé­rence entre gauche et droite relève d’un choix en matière d’ex­ploi­ta­tion, publique ou privée.

    « s’il n’y a plus ni par­tis ni élus c’est qu’il s’est déjà pas­sé quelque chose avant non.

    ta ques­tion ren­voie à la notion de sou­ve­rai­ne­té, si c’est l’in­di­vi­du qui est sou­ve­rain alors il n’y a pas de loi hor­mis celle de la jungle, si c’est le peuple alors il faut défi­nir com­ment la loi se forge et s’applique »

    En fait, c’est simple.
    Si plus per­sonne ne vote pour élire des repré­sen­tants, qui vote­ra les lois ?

    Si c’est le peuple lui-même, ce sera donc la loi du nombre. Ce que j’ap­pelle la dic­ta­ture de la majorité.

    Autre pos­si­bi­li­té, on s’en­gage dans une démarche scien­ti­fique de réso­lu­tion des pro­blèmes qui tient compte au mieux des inté­rêts de cha­cun donc de l’in­té­rêt de tous et on en fini avec les inté­rêts à cours terme d’une oligarchie.
    ain­si dieu Jacques Fres­co pour­rait bien avoir raison.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  94. sitouaillain

    @ JC

    « Autre pos­si­bi­li­té, on s’en­gage dans une démarche scien­ti­fique de réso­lu­tion des pro­blèmes qui tient compte au mieux des inté­rêts de cha­cun donc de l’in­té­rêt de tous et on en fini avec les inté­rêts à cours terme d’une oligarchie. »

    le pro­blème, c’est que pour mettre en place ta solu­tion, il faut bien en finir avec l’o­li­gar­chie, et pour en finir avec l’o­li­gar­chie, il faut une stra­té­gie, et si cette stra­té­gie implique le nombre, alors il faut convaincre… bref, tout ce qui fit que naquit le mou­ve­ment zeit­geist… un par­ti quoi…

    quand à savoir qui fera la loi si plus per­sonne ne vote, je pense qu’à bruxelles on sait déjà… et si tu n’es pas d’ac­cord, je te conseille d’a­voir de bonnes jambes pour évi­ter les balles (en caou­tchouc pour l’instant).

    Réponse
  95. Morpheus

    Le Mou­ve­ment Zeit­geist est tout ce qu’on veut, sauf un par­ti. A l’é­poque où j’en étais, un gui­gnol a bien ten­té d’in­ci­ter les membres les plus actifs à for­mer un par­ti afin de se pré­sen­ter aux élec­tions, mais il a été, suite à ses manoeuvres mal­hon­nêtes, éjec­té du mou­ve­ment. La ligne du Mou­ve­ment Zeit­geist est a‑partisane.

    Faut arrê­ter de dire des conne­ries, ça devient fati­guant, 6 tout aïe hein.

    Mor­pheus

    Réponse
  96. sitouaillain

    @ Mor­pheus

    donc je note, grand démo­crate, tu veux abo­lir tous les par­tis sauf zeitgeist…on est mal parti…allons, exa­mi­nons la chose de manière neutre et objective

    appelle ça comme tu veux, c’est une orga­ni­sa­tion poli­tique, comme la fédé­ra­tion anar­chiste, la FASE, ce ne sont pas stric­to sen­su des par­tis, mais tu pinailles, et qui dit par­ti ne dit pas néces­sai­re­ment par­ti­ci­pa­tion aux élections.

    « La ligne du Mou­ve­ment Zeit­geist est a‑partisane. »

    ça c’est très drôle…quoique flip­pant si tu y crois vrai­ment… ils ont un pro­gramme pré­cis, et pour le monde entier en plus, des idées bien arrê­tées, un par­ti pris, une idéo­lo­gie, je ne pense pas que ce soit grave en soi, mais bon s’ils se disent « a‑partisans » c’est sus­pect, ou un peu popu­liste, pour faire bien.

    défi­ni­tion du Larousse :

    Être par­ti­san de, se décla­rer pour quelque chose, être en faveur de quelque chose (on peut employer le mas­cu­lin pour les deux genres ; la forme fémi­nine est fami­lière) : Être par­ti­san de négociations.

    il suf­fit d’al­ler sur leur site pour com­prendre qu’il s’a­git d’une orga­ni­sa­tion poli­tique par­ti­sane, et de ce point de vue là, je ne vois pas où est le pro­blème ! c’est très bien d’être partisan.
    Par contre je vois bien com­ment leur com en est gênée.

    si pour se don­ner bonne conscience de nos jours, il faut se dire a‑partisan car l’œuvre de pro­pa­gande TINA nous enjoint à être a‑partisan. l’i­déo­lo­gie c’est mal sauf le néo­li­bé­ra­lisme… et les couillons retiennent, l’i­déo­lo­gie c’est mal… tout le monde n’est pas d’ac­cord en par­ti­cu­lier quand on est scientifique.

    http://​semen​.revues​.org/​1​9​7​0​?​&​i​d​=​1​970

    même si je parle ici en citoyen je vois bien que tu es un pro­fane, il te reste à apprendre et à étof­fer ta conscience poli­tique pour faire avan­cer le débat sans mon­ter sur tes e®go(ts)

    Réponse
  97. sitouaillain

    au pire si l’ar­ticle au-des­sus est trop ardu, voi­ci le point de vue d’af­freux par­ti­sans qui s’as­sument socia­listes et de gauche, cha­cun juge­ra leur sec­ta­risme, ils pro­posent du tirage au sort…

    http://​socia​lis​te​mais​de​gauche​.fr/​p​o​s​t​/​2​7​4​0​5​5​0​9​7​2​6​/​f​a​i​r​e​-​v​i​v​r​e​-​l​e​s​-​i​d​e​o​l​o​g​i​e​s​-​p​o​u​r​-​f​a​i​r​e​-​v​i​v​r​e​-la

    Réponse
  98. AlainR

    La vie interne d’un par­ti poli­tique est d’au­tant plus tour­née vers les élec­tions qu’il est puis­sant. Loca­le­ment ou natio­na­le­ment, la ques­tion essen­tielle qui occupe le temps et l’éner­gie des mili­tants les plus prag­ma­tiques (et les moins idéa­listes) est : qui pour­ra être élu en interne pour contrô­ler le par­ti (ou la fédé­ra­tion ou la sec­tion), et donc qui pour­ra être can­di­dat aux élec­tions muni­ci­pales, can­to­nales, régio­nales, législatives, …

    C’est sur­tout une affaire de réseaux, de contacts, de magouilles, de pres­sions, de com­pro­mis, de vio­lences sou­vent ver­bales, par­fois phy­siques. Le pro­gramme poli­tique et les idées ne servent que de sup­ports aux dis­cours : le plus impor­tant est la forme (la voix, la pres­tance, le tenue ves­ti­men­taire, le consen­sus …), bien davan­tage que le fond (les idées).

    Au Par­ti socia­liste, la rude bataille entre « poètes » pour les postes d’apparatchiks
    (18.10.2012, Bas­tien Bon­ne­fous, lemonde​.fr)

    70% des adhé­rents votants du par­ti le plus puis­sant de France viennent de choi­sir comme texte de réfé­rence pour la poli­tique à défendre dans les années à venir une pis­cine d’eau tiède dans laquelle auraient été ver­sés des som­ni­fères, et comme patron le bouf­fon choi­si par le Roi.

    Réponse
  99. Catherine B

    Mor­phéus, tu as bien inté­gré semble-t-il la métho­do­lo­gie de ton pote, le fameux thu­ri­fé­raire du pro­jet Vénus. A savoir, tu avances des faits réels pour te ser­vir de cette piste ouverte pour balan­cer tes sor­nettes. Il te fau­drait lire Anders, Gün­ter de son pré­nom car tu trans­formes le monde en boîte, et cette boîte c’est ton mode d’être. Il te faut sor­tir de ta matrice Mor­phéus. Le nom n’est pas la chose décidément!!!

    Je suis rude certes, mais il faut appe­ler un chat, un chat. Les limites, c’est pas fait pour les chiens et puis ça aide à retrou­ver sa pâtée, hein!!!

    Tu es dan­ge­reux Mor­phéus, car tu mani­pules avec ton dis­cours siru­peux, il ne manque plus que le « ami­ca­le­ment » en final, hein ! Tu me donnes froid dans le dos !

    Réponse
  100. J.C

    @ sitouaillain

    « quand à savoir qui fera la loi si plus per­sonne ne vote, je pense qu’à bruxelles on sait déjà… et si tu n’es pas d’ac­cord, je te conseille d’a­voir de bonnes jambes pour évi­ter les balles (en caou­tchouc pour l’ins­tant). » 

    C’est un point qu’il fau­drait éclair­cir car il est d’importance.
    Si plus per­sonne ne vote, qui fera la loi ? J’ai­me­rais bien que tu m’ex­pliques ce qu’on sait à Bruxelles.

    Arrête moi si tu penses que je me trompe.
    si on n’é­lit plus des repré­sen­tants, quels repré­sen­tants y aurait-il ?
    quel gou­ver­ne­ment et contre qui mani­fes­te­rions nous ?

    Bref, qui nous tire­rait des­sus et pourquoi ?

    Com­ment des non élus auraient l’au­to­ri­té de pous­ser cer­tains à tirer sur d’autre ?

    Je ne vois qu’un seul moyen, l’argent uni­que­ment. On achète les médias, les moyens de pro­pa­gande et on emploi qui l’on veut.
    Qui contrôle l’argent, la créa­tion moné­taire contrôle le monde tant que le monde se sou­met à l’argent.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  101. sitouaillain

    @ JC,

    « tant que le monde se sou­met à l’argent »

    le pro­blème, c’est que ça risque de durer longtemps…et celui qui te tire­ra des­sus aura une famille à faire bouffer.

    ce qu’on sait à bruxelles, c’est com­ment se pas­ser de ces peuples qui sont un peu récal­ci­trants, et pour faire la loi, on se passe faci­le­ment d’é­lec­tion, au cas où, la police,la gen­dar­me­rie, l’ar­mée, et l’eu­ro­gend­for (http://fr.wikipedia.org/wiki/Force_de_gendarmerie_europ%C3%A9enne), sans oublier les milices pri­vées des mul­ti­na­tio­nales et des gros propriétaires.

    en atten­dant on peut tou­cher le cœur du ban­quier : http://​www​.pros​per​dis​.org/​d​.​pdf

    Réponse
  102. J.C

    @ sitouaillain

    Mer­ci sitouaillain, excel­lents liens
    sur­tout le second sur la dis­pa­ri­tion de l’argent.
    c’est très proche des conclu­sions aux­quelles j’é­tais arri­vé dans le post que j’a­vais écrit sur le reve­nu uni­ver­selle et l’a­bo­li­tion de la monnaie.

    mais reve­nons au 1er lien,
    toutes les natio­na­li­tés pré­sentes dans cette gen­dar­me­rie Euro­péenne cor­res­pondent au pays les plus en dif­fi­cul­tés, c’est plu­tôt bon signe non ?
    il va fal­loir choi­sir : tirer sur sa famille (et ses amis) pour les nour­rir ensuite ou faire autrement ?

    Quoi­qu’il en soit, un gou­ver­ne­ment euro­péen ne tient sa légi­ti­mi­té appa­rente que parce que des élus natio­naux rati­fient les traités.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  103. sitouaillain

    @JC,

    bon signe, ça n’est pas aus­si simple.

    « un gou­ver­ne­ment euro­péen ne tient sa légi­ti­mi­té appa­rente que parce que des élus natio­naux rati­fient les trai­tés » et que des natio­naux choi­sissent ces élus…

    d’ailleurs, pour une, fois les Irlan­dais ont voté oui au réfé­ren­dum sur le TScG.

    Réponse

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