Deux tables rondes,
une sur la prétendue >crise< (coup d’État bancaire, en fait)
et une autre sur la prétendue >démocratie< (injuste ploutocratie, en fait),
avec François Asselineau, pour l’Université de l’UPR,
au sud du lac d’Annecy,
samedi prochain (après-demain), 22 septembre 2012 :
http://www.u‑p-r.fr/events/universite-upr-2012-lac-annecy
Le programme (pdf) :
http://www.u‑p-r.fr/uu2012/programme/uu2012_programme.pdf
UNIVERSITÉ 2012 DE L’UPR
UNIVERSITÉ UPR 2012 – Accueil et Réservations
uu2012@u‑p-r.fr – Fax 09 59 53 41 49 – Tél. 09 54 53 41 49
Programme indicatif de la journée porte-ouverte
samedi 22 septembre 2012
Susceptible d’adaptations selon les confirmations de nos invités.
DÈS MIDI
Accueil des invités, médias et institutionnels
Rencontres et déjeuner convivial
13 H 30
Ouverture des portes au public
14 H 00
Débat François Asselineau / Myret Zaki
Les Américains cherchent-ils à détruire l’euro ou à le sauver ?
15 H 00
Table-ronde : Économie et crise de l’euro
Étienne Chouard, Jacques Nikonoff, Myret Zaki, François Asselineau
16 H 00
Table-ronde : Démocratie, Souveraineté et Résistance
Modérée par Ines Benajaoud
Alain Benajam, Étienne Chouard, Robert Ménard Jacques Nikonoff, François Asselineau
17 H 30
Table-ronde : Géopolitique et Francophonie
Abdelkrim Branine, Slobodan Despot, Bruno Drewski,
Francis Lalupo, Erick Mary, Patrick D’Hondt
19 H 00
Apéritif et dîner convivial
20 H 00
Conférence-discours avec projection vidéo :
François Asselineau
« L’Europe, une dictature qui se met en place. »
22 H 00
Grande Tombola avec une collection d’objets historiques
23 H 00
Soirée festive et guinguette ouverte toute la nuit
Je suis content de revoir Myret 🙂
… et plein de gentils virus 😉
Étienne.

Grrr… je ne vais pas pouvoir y assister…
Prévoit-on un enregistrement vidéo ou audio des débats ?
Salutations
Bonjour est ce qu’il y aura un enregistrement audio ou video j’habite pas en France et je suis vraiment très intéressé par le sujet j’espère vraiment qu’il y aura un enregistrement !
Bonjour,
Il faut absolument un enregistrement vidéo et audio.….partager avec les gentils virus !
Amicalement
M. François Asselineau semble attaché à l’élection.
Les inconvénients théoriques, politiques et pratiques que présente la démocratie par tirage au sort que prône M. Chouard
http://www.u‑p-r.fr/?s=chouard
Alors nous serons au moins deux pour le convaincre 🙂
Ana
PS : en ce moment, sur Annecy-Genève, ça fuse de tous les côtés.
je viens de lire l’argumentaire d’Asselineau, ça fait peur ! Ou bien ce monsieur a réfléchit 5mn top chrono à la question, ou il est assez limité, peut-être par la perspective bien plus glorieuse de représenter lui-même l’alternative et le retour a la « démocratie »…
ah l’ego…
bref, ça ne résiste pas 2s a l’analyse.
Mais comme on dit des croyants :
Si on pouvait convaincre les religieux par la raison, il n’y aurait plus de religieux.
c’est un peu pareil avec les élections j’ai l’impression…
Attention, l’ultra-droite souverainiste débarque à Lyon !
Cette semaine, l’énarque François Asselineau, président du mouvement souverainiste Union populaire républicaine (UPR) débarque à Lyon, dans le cadre de la tournée qu’il mène actuellement à travers toute la France pour recruter des troupes. Il a même tenté de s’inviter à Radio Canut ce mardi 7 juin, mais l’émission a pu être annulée à temps, ce dont nous nous félicitons. Néanmoins, comme d’autres conférences sont prévues – notamment au centre multiculturel Art Dreams, en plein coeur de la Croix-Rousse – il n’est pas inutile de rappeler qui est François Asselineau et pourquoi il faut le combattre. A Paris, ce sont les rassemblements et les commissions des Indigné-e‑s qui font l’objet d’une tentative d’infiltration.
L’UPR un mouvement souverainiste qui ratisse large, notamment chez les soraliens, les larouchistes mais aussi chez les chevénementistes, au PRCF, etc. Dans un communiqué publié sur Facebook il y a plus d’un an [1], des cadres de son parti expliquaient déjà, tout en se dédouanant d’avoir quoique ce soit à voir idéologiquement avec ces gens-là : « il est tout simplement faux d’affirmer que François Asselineau refuse tout dialogue avec les adhérents de E&R, comme avec les adhérents de S&P, et comme avec les adhérents du Comité Valmy. » En conclusion, ils réaffirmaient : « L’adhésion à l’UPR reste grande ouverte à tous les membres de E&R, de S&P, du Comité Valmy, comme de ceux du RIF, du MPEP, du POI, du MDC, de DLR, du MPF, du Front de Gauche, et de tous les autres mouvements politiques français, qui auront compris la légitimité de notre cause, la justesse de notre Charte, la clarté de nos analyses, la rectitude de notre comportement et l’efficacité de notre positionnement [2]. »
Conformément à cette politique de recrutement tous azimuts, ce groupuscule se prétend « ni de droite ni de gauche », la lutte contre l’Union européenne (UE) étant selon lui la priorité absolue devant laquelle doivent s’effacer tous les clivages. Comme beaucoup de mouvements s’auto-proclamant « dissidents » voire « résistants », l’UPR se réfère à la Résistance française (avec un discours très gaulliste) pour justifier la mise en silence du clivage gauche-droite le temps de vaincre ce nouvel ennemi que serait l’UE, la Résistance ayant eu des composantes droitières tout autant que gauchistes. l’UPR tient ainsi dans sa charte une rhétorique très gaulliste : « libération nationale », « redressement de la France ». Pourtant ce genre d’orientation souffre d’un anachronisme patent, les deux périodes n’étant pas vraiment comparables et l’UE n’étant pas, quoiqu’on en dise, le 3e Reich. D’ailleurs, le clivage gauche-droite parcourait l’ensemble de la Résistance française, particulièrement dans le cadre de l’opposition entre communistes et gaullistes [3].
Une idéologie réactionnaire
Cela n’empêche pas Asselineau, qui est pourtant assez peu compétent en la matière si on écoute un tant soit peu ce qu’il en dit, de donner des « cours d’histoire » développent le mythe de la « France éternelle », vieille antienne de l’extrême droite, au cours desquels il développe une historiographie profondément réactionnaire : mise en avant de « nos ancêtres les Gaulois » comme des « premiers Français » et des premiers « résistants » à l’invasion étrangère (suivant une historiographie très « 3e République »), ou bien une histoire des 19e et 20e siècle axée sur la valorisation de la nation-française-que-tous-les-peuples-du-monde-envient, dans laquelle n’apparaît ni l’affaire Dreyfus, ni le Front Populaire, ni la guerre d’Algérie (au contraire, la colonisation a bien entendu eu des « aspects positifs) ni Mai-68. Des oublis idéologiquement significatifs, puisqu’ils ont tous trait à l’histoire de la gauche et du mouvement ouvrier. Et quand il n’oublie pas d’en parler, Asselineau réécrit cette histoire : ainsi, il ne parle de la Commune de Paris quand tant que mouvement patriote de résistance à l’invasion étrangère. Tout ceci pour en arriver à la conclusion que le nouvel ennemi venu de l’étranger qu’il faudrait abattre serait l’« empire » européen.
Cette vision transparaît aussi à la lecture de la charte de l’UPR, qui prétend rétablir la « souveraineté » nationale et « redonner à la France sa vraie personnalité », tout en ne disant rien sur le rôle fondamental des Etats-nations dans la construction européenne et la complicité de leur gouvernements dans la mise en place des politiques ultralibérales et destructrices de service publics certes décidées au niveau européen, mais qui vont parfaitement dans le sens des politiques voulues par les gouvernements de chaque état, et ce depuis de longues années. D’ailleurs, l’UPR ne dit rien non plus sur le fait que rien de garantit a priori que même si l’UE n’était pas là, les mêmes politiques n’auraient pas cours. Pourquoi ce silence ? Serait-ce parce qu’Asselineau a conseillé plusieurs gouvernements français au moment où ils détruisaient les droits sociaux et les services publics qu’il prétend aujourd’hui défendre ?
Des sympathies droitières très marquées
Car si on revient sur le parcours politique d’Asselineau, il devient évident que cet homme est de droite, et même issu de la droite dure : sorti d’HEC et de l’ENA, il a occupé des postes de directeur de cabinet auprès de ministres du gouvernement Juppé casseur de retraites et de sécu de 1995–1996, avant de rejoindre en 1999 le RPF de Philippe de Villiers et Charles Pasqua. Entre 2000 et 2004, il occupe des postes importants de conseillers aux côtés de Pasqua, alors président du Conseil général des Hauts-de-Seine. Toujours avec le même, alors allié à Jean Tibéri il se présente (et est élu) sur une liste de droite dissidente aux municipales parisiennes de 2001. C’est sans étonnement qu’on le voit nommé par Nicolas Sarkozy le 20 octobre 2004 à la tête de la direction générale à l’intelligence économique à Bercy, et travaille alors en étroite collaboration avec Jean-Pierre Raffarin, autre grand casseur de droits sociaux s’il en est. Il finit par être mis sur la touche par Sarkozy en raison de ses prises de position en faveur du protectionnisme, ce qui lui permet depuis de se prévaloir d’un brevet d’anti-sarkozysme censé lui donner une respectabilité progressiste. Mais ne nous y trompons pas, et continuons : fin 2004, il rejoint l’UMP. Mi-novembre 2008, il rejoint pour trois mois le comité directeur du RIF (Rassemblement pour l’indépendance de la France), un mouvement souverainiste situé à l’ultra-droite, puis fonde l’UPR en 2007 [4]. Lors des municipales qui suivent, ils se présente dans le 17e arrondissement de Paris contre Françoise de Panafieu.
Les interventions médiatiques d’Asselineau, ainsi que le choix de certains lieux pourtant réputés d’extrême droite pour donner des conférences, achèvent de le classer dans le champ politique : notre énarque a ainsi donné le 7 janvier 2010 une conférence chez les soraliens marseillais de la Cobema [5] mais aussi chez Serge Ayoub (dit « Batskin », le leader des boneheads parisiens) le 8 avril suivant, soi-disant « à l’insu de son plein gré » (bien que la conférence ait duré quatre heures et ce soit déroulée dans une ambiance très cordiale sinon sympathique, aux dires de plusieurs témoins). Il est aussi intervenu sur la radio conspirationniste parisienne Ici et Maintenant à, l’invitation de l’animateur d’extrême droite Pierre Jovanovic, ou encore sur Radio Courtoisie et Radio Notre-Dame.
Asselineau dégage !
Quelques mots pour finir sur l’invitation d’Asselineau à Radio Canut : ce n’est pas la première fois que notre homme tente de se faire inviter ou se fait inviter par des radios de gauche, sinon alternatives. Ce genre d’invitations lui servent de caution contre les mauvaises langues qui auraient l’audace de le dénoncer comme un personnage d’extrême droite. Ainsi, alors que l’UPR a été mis en cause récemment sur le site d’information libre HNS-Infos pour avoir tenté d’infiltrer le mouvement des « Indignés » parisiens [6], François Asselineau a opposé sur Facebook l’invitation à Radio Canut
Quand un souverainiste ultranationaliste joue un média libre contre un autre média libre pour s’auto-décerner un brevet de « résistant », il y a un problème. Nous ne pouvons donc que nous féliciter de la décision prise par Radio Canut d’annuler cette invitation. Inutile d’aider Asselineau à chasser sur nos platebandes, refusons toute complaisance avec le personnage, qui ne ferait qu’affaiblir le camp du combat antifasciste.
Des antifascistes lyonnais et parisiens
(avec la documentation réunie par Marie-Anne Boutoleau, journaliste indépendante)
Notes
[1] A lire ici : http://www.facebook.com/topic.php ?uid=367713397611&topic=14460
[2] E&R : Egalité et réconciliation, le mouvement d’Alain Soral ; S&P : Solidarité et progrès, le mouvement de Jacques Cheminade ; DLR : Debout la République, de Nicolas Dupont-Aignan ; MPF : Mouvement pour la France, de Philippe de Villiers ; MDC : Mouvement des Citoyens, actuel MRC, de Jean-Pierre Chevènement. Le M’Pep, le POI et le Comité Valmy sont des mouvements classés à gauche et à l’extrême gauche.
[3] Plus de détails ici : http://www.article11.info/spip/Le-Grand-soir-analyse-des-derives#forum22575
[4] A noter que parmi les fondateurs de ce parti, on comptait aussi Jean Robin, ex-soralien déçu qui a donné plusieurs conférences chez Serge Ayoub et dont le site « Enquête et débat » regorge de contenus plus que douteux, à l’image de ce « débat » Dieudonné/Christine Tasin (Riposte laïque) sur l’« islamisation » de la France. Ceci dit, Jean Robin et François Asselineau semblent fâchés à l’heure actuelle.
[5] Communauté arabo-berbère de Marseille, qui a déjà invité en conférence les négationnistes Israel Shamir et Maria Poumier, mais aussi tout récemment Alain Soral et son ami Le Libre Penseur, un conspirationniste qui cache mal son violent antisémitisme derrière un « antisionisme » de façade.
[6] A lire ici : http://www.hns-info.net/spip.php ?article29972
Forum associé à l’article
• # Le 7 juin 2011 à 01:22, par hop là Son passage pour un débat à « Art Dreams » dans les pentes de la Croix Rousse est également annulé selon les informations qu’Asselineau met sur le net.
• # Le 5 juin 2011 à 18:00, par sakura A noter que l’UPR indique toujours en « une » de son site son passage à Radio Canut, en dépit de l’annulation.
• # Le 5 juin 2011 à 16:37, par sakura Tiens, Asselineau a été très content de sa conférence chez Ayoub :
http://www.facebook.com/board.php ?uid=367713397611# !/topic.php ?uid=367713397611&topic=14391
• # Le 5 juin 2011 à 14:14, par dissent L’infiltration a lieu aussi sur twitter. faut voir le nombre de messages envoyés par Zeitgest et Sarfati… A lyon hier, trois membres de l’upr ont exposés leur point de vue. Attention à toujours garder un esprit critique. La parole est libre mais la pensée doit l’être aussi.
Merci rebellyon pour ces précisions http://rebellyon.info/Attention-l-ultra-droite.html#nb1
[Source (apparemment) : http://rebellyon.info/Attention-l-ultra-droite.html]
Attention : les ultra-anti-souveraineté-populaire (et prétendus >antifas) débarquent ici…
« Marie-Anne Boutoleau, journaliste indépendante » ?
Tu parles…
Voici quelques réponses à ce chien de garde de >l’Union européenne et des banques, fallacieusement étiqueté >antifa :
Dépot de plainte à l’encontre de Mlle Ornella Guyet et des sites internet Indymedia et Rebeyllyon
Qui veut nuire à l’UPR ? Dr Jekyll & Mrs Hyde : « L’antifasciste » Boutoleau et la très américanophile « Professor » Ornella Guyet
Chasseurs de rouges-bruns : Analyse de la culture du mensonge et de la manipulation « à la Marie-Anne Boutoleau/Ornella Guyet » sur un site alter.
Refus de publication d’une demande de « Droit de réponse » par Article XI. Marie-Anne Boutoleau, une bien étrange journaliste !
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2011/09/12/141-qui-est-d-extreme-droite
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2011/09/15/142-le-fascisme-n-est-pas-assimilable-a-l-antisemitisme
Et il y en a d’autres, sans doute.
Je ne vais pas avoir le temps de recommencer à plaider contre ces torrents d’amalgames mensongers et/ou stupides. Je recopie donc simplement les réponses vigoureuses de François Asselineau au message ci-dessus, et je passe à autre chose.
Advienne que pourra.
COMMUNIQUÉ DE L’UNION POPULAIRE RÉPUBLICAINE
DÉPÔT DE PLAINTE À L’ENCONTRE DE Mlle Ornella GUYET (alias « Marie-Anne Boutoleau »),
ET DES SITES INTERNET INDYMEDIA ET REBELLYON,
POUR DIFFAMATION, INJURES PUBLIQUES, REFUS DU DROIT DE RÉPONSE ET ATTEINTE À LA LIBERTÉ D’EXPRESSION
1°) Mlle « Marie-Anne Boutoleau », qui se présente comme « journaliste indépendante », a commencé, depuis maintenant quelques semaines, à injurier publiquement François Asselineau et l’UPR, en leur appliquant de façon répétée les qualificatifs d’« extrême droite », de « profondément réactionnaires », d’« ultra-nationalistes » et de « fascistes ». Elle a diffusé ces injures, notamment sur le site Internet Indymedia Paris, afin de leur assurer la plus grande publicité.
2°) Le nom de « Marie-Anne Boutoleau » est un pseudonyme. Son vrai nom à l’état civil est Mlle Ornella Guyet. Ses activités de « journaliste indépendante » semblent minces si l’on en juge par le nombre infime d’articles recensés par Internet sur son nom. Elle n’a jamais rencontré François Asselineau, pas plus qu’elle n’a jamais manifesté le souhait de le rencontrer, avant d’entamer sa campagne d’injures et de diffamation.
3°) Suite aux premiers écrits injurieux et diffamatoires de Mlle Ornella Guyet – alias « Marie-Anne Boutoleau » -, l’Union Populaire Républicaine a transmis à l’intéressée des réponses circonstanciées en lui demandant de bien vouloir les publier sur le site Indymedia Paris, et cela conformément au droit de réponse reconnu par la loi.
4°) Mlle Ornella Guyet a continuellement refusé de publier nos réponses ou de faire des correctifs, en arguant en substance qu’il était hors de question de « donner la parole à des fascistes ».
Il y a donc bien eu atteinte avérée, de la part de Mlle Ornella Guyet et du site Indymedia, au droit de réponse prévu par la loi pour toute personne ou tout organisme s’estimant injurié ou diffamé dans une publication.
5°) Le 4 juin courant, Mlle Ornella Guyet a franchi un pas décisif dans la provocation et l’illégalité, en publiant, sur le site Internet Rebellyon, sous la signature « Des anti-fascistes lyonnais et parisiens, avec la documentation réunie par Marie-Anne Boutoleau, journaliste indépendante », un article classé dans la rubrique « facho » et intitulé « Attention, l’ultra-droite souverainiste débarque à Lyon ! »
6°) Dans cet article, l’intéressée a de nouveau repris des éléments diffamatoires et injurieux de ses écrits précédents à l’encontre de l’UPR et de son président. Nous en recenserons ici 4 exemples, sans prétendre pour autant être exhaustifs à ce stade :
6.1. – s’agissant de la conférence de François Asselineau sur l’Histoire de France, Mlle Ornella Guyet la décrit comme une présentation « profondément réactionnaire », une « antienne de l’extrême-droite », « ultra-nationaliste », etc. En ne citant que quelques mots extraits d’une conférence de trois heures et demie, elle passe sous silence des pans entiers de la présentation et le fil conducteur lui-même de la démonstration, qui ruinent ses calomnies.
Comme le savent les dizaines de milliers d’internautes qui ont déjà consulté et applaudi cette conférence, le président de l’UPR y insiste par exemple sur le refus de donner à la nation française un caractère ethnique depuis au moins Clovis, souligne l’ancienneté de la soif de justice et d’égalité dans le peuple français, dénonce le gouffre qui se creuse régulièrement entre le peuple français et ses élites, rend hommage aux Soldats de l’An II, exalte les valeurs républicaines de Liberté, d’Égalité, de Fraternité, de Laïcité et de Droits de l’Homme, souligne le caractère rétrograde du Premier Empire, de la Restauration et du Second Empire, exalte le rôle émancipateur de l’exemple républicain français pour de nombreux peuples du monde, flétrit la Collaboration et le régime de Vichy, magnifie les rôles de Félix Eboué et du réseau Manouchian dans la Résistance, etc., etc.
Le résumé que Mlle Ornella Guyet ose faire de cette conférence n’est donc pas seulement grossièrement mensonger : il est exactement contraire à l’esprit qui anime la conférence. Cette manœuvre est d’autant plus abjecte que c’est en partie sur ce fondement qu’elle appelle les manifestants à venir « combattre le fascisme », en interdisant la tenue de nos conférences lyonnaises.
La constitution du délit de diffamation est donc avérée.
6.2. – Deuxième exemple : Mlle Ornella Guyet affirme dans cet article que « C’est sans étonnement qu’on le voit nommé par Nicolas Sarkozy le 20 octobre 2004 à la tête de la direction générale à l’intelligence économique à Bercy, et travaille alors en étroite collaboration avec Jean-Pierre Raffarin, autre grand casseur de droits sociaux s’il en est ».
Il s’agit d’une affabulation totale : François Asselineau n’a jamais rencontré M. Raffarin, ni a fortiori travaillé avec lui, ni n’a jamais participé à quelque décision de « casse de droits sociaux ». Bien au contraire, M. Asselineau a vu son action entravée à ce poste parce qu’il soulignait les effets sociaux néfastes de l’euro et de la construction européenne !
Cette série d’allégations mensongères de Mlle Ornella Guyet est constitutive du délit de diffamation et l’insulte de « casseur de droits sociaux » , de même que le classement de l’article dans la rubrique « facho », relèvent du délit d’injures publiques.
6.3. – Troisième exemple : Mlle Ornella Guyet affirme dans cet article qu’il « finit par être mis sur la touche par Sarkozy en raison de ses prises de position en faveur du protectionnisme ».
Cette allégation est également totalement dénuée de fondement, à deux égards :
– la fin des fonctions de Délégué général à l’intelligence économique de M. Asselineau n’a pas été prise par M. Sarkozy. Elle a été décidée au printemps 2007 par le ministre de l’économie et des finances, M. Thierry Breton, sous la présidence de M. Jacques Chirac.
– cette décision n’a absolument pas été prise « en raison de ses prises de position en faveur du protectionnisme » mais parce que ses analyses sur la crise financière mondiale à venir et sur l’inéluctable éclatement de l’euro furent jugées inacceptables par le ministre (qui poursuit depuis lors sa carrière comme enseignant à l’université de Harvard, aux États-Unis).
L’allégation de Mlle Ornella Guyet est donc mensongère, et constitutive du délit de diffamation.
6.4. – Quatrième exemple : Mlle Ornella Guyet affirme de façon haineuse : « Quelques mots pour finir sur l’invitation d’Asselineau à Radio Canut : ce n’est pas la première fois que notre homme tente de se faire inviter ou se fait inviter par des radios de gauche, sinon alternatives. Ce genre d’invitations lui servent de caution contre les mauvaises langues qui auraient l’audace de le dénoncer comme un personnage d’extrême droite. ».
On notera que, dans la logique de Mlle Ornella Guyet, lorsque François Asselineau se fait inviter par des radios classées à droite, c’est qu’il est évidemment de mèche avec ces radios, tandis que lorsqu’il se fait inviter par des radios classées à gauche, c’est tout aussi évidemment qu’il le fait dans le but perfide de « servir de caution contre les mauvaises langues qui auraient l’audace de le dénoncer comme un personnage d’extrême droite. »
En présentant les choses de la sorte, Mlle Ornella Guyet travestit totalement la réalité en occultant soigneusement deux éléments essentiels d’appréciation :
- d’une part François Asselineau n’est nullement l’habitué d’une radio en particulier. Les rares invitations qui lui ont été faites à s’exprimer dans une radio se sont réparties de façon spontanément assez équilibrée entre droite et gauche au cours des 3 dernières années :
Radio Courtoisie (pour une émission sur la francophonie) ; cette radio est en effet classée très à droite, mais pas de façon univoque puisqu’elle a interrogé de très nombreuses personnalités politiques ou universitaires de droite et du centre, y compris des membres du gouvernement et des académiciens. En outre, Mlle Guyet ne précise pas que M. Asselineau n’a pas été réinvité par Radio Courtoisie depuis 2 ans car il y est jugé trop à gauche.
une seule fois sur Radio Générations 88.2 (classée à gauche),
trois fois sur Radio Notre Dame (classée au centre),
une seule fois sur Radio Ici et Maintenant (classée plutôt à droite),
une seule fois sur Radio Yvelines 88.4 (apolitique),
une seule fois sur Radio Divergences Montpellier (classée plutôt à gauche).
- d’autre part, Mlle Guyet ne dit pas un seul mot du contenu des émissions, ni des propos tenus par François Asselineau au cours de ces émissions. Or, savoir ce que le président de l’UPR a dit est évidemment essentiel pour pouvoir porter un jugement éclairé.
Par exemple, son interview sur Radio Courtoisie dans une émission concernant la francophonie il y a 2 ans ne prend tout son sens que si l’on rappelle ce qu’il y a dit. Le président de l’UPR a souligné que la défense et la promotion de la langue française ne s’obtiendraient pas par la défense bec et ongles de quelques règles de grammaire surannées chères aux érudits, mais par une position ferme vis-à-vis de l’hégémonie américaine. Pour illustrer son propos, il a rappelé qu’au cours des années récentes, les Alliances Françaises à travers le monde n’ont jamais connu autant d’affluence de personnes souhaitant suivre des cours de français que lorsque la France s’est opposée à la Guerre en Irak au Conseil de Sécurité de l’Organisation des Nations Unies en 2003.
Autre exemple : lors de l’un de ses passages sur Radio Notre Dame, en octobre 2008, François Asselineau a été opposé à l’essayiste libéral Nicolas Baverez ; il y a démontré en quoi l’ultra-libéralisme et le capitalisme financier étaient en train de conduire à l’effondrement des économies occidentales, et à une régression économique et sociale sans précédent en France.
Ainsi doublement replacées en perspective, les allégations de Mlle Ornella Guyet sur les passages radios de François Asselineau et sur les intentions perfides qui animeraient le président de l’UPR sont profondément calomniatrices, tout comme l’imputation, aussi intolérable que burlesque, d’être « d’extrême droite ». Elles sont aussi mensongères que faciles à réfuter immédiatement, par l’écoute de ces émissions qui ont été enregistrées.
Les accusations de Mlle Ornella Guyet sont une nouvelle fois constitutives du délit de diffamation et d’injures publiques.
7°) Allant plus loin, Mlle Ornella Guyet a lancé, dans l’article de Rebellyon, un appel implicite à la violence et à l’atteinte à la liberté d’expression, au nom d’un prétendu combat « antifasciste ».
Se félicitant implicitement d’avoir fait annuler l’interview radio que François Asselineau avait prévu de donner à une radio locale (Radio Canut), l’article a appelé les militants « anarchistes libertaires » de Lyon à empêcher la tenue des conférences du président de l’UPR, en titrant explicitement : « Asselineau dégage ! » et en expliquant : « [François Asselineau] a même tenté de s’inviter à Radio Canut ce mardi 7 juin, mais l’émission a pu être annulée à temps, ce dont nous nous félicitons. Néanmoins, comme d’autres conférences sont prévues – notamment au centre multiculturel Art Dreams, en plein coeur de la Croix-Rousse – il n’est pas inutile de rappeler qui est François Asselineau et pourquoi il faut le combattre. »
8°) De fait, le gérant de l’espace Art Dreams qui avait donné son accord depuis plusieurs semaines pour que le Président de l’UPR puisse venir y faire une conférence intitulée « La tragédie de l’euro » (conférence de haute tenue intellectuelle et technique, comme toujours) a préféré annuler, avec regret, cette réunion publique, du fait des messages menaçants reçus sur son adresse électronique à la suite de l’article de Mlle Ornella Guyet sur le site Rebellyon.
Il y a donc bien eu atteinte avérée et concrétisée à la liberté d’expression de la part de Mlle Ornella Guyet et du site Rebellyon qui a relayé son appel.
Conclusion
Pour l’ensemble des raisons qui viennent d’être énumérées, et sans prétendre à l’exhaustivité de nos griefs à ce stade, l’Union Populaire Républicaine (UPR) a décidé de déposer plainte, à l’encontre de Mlle Ornella Guyet (alias « Marie-Anne Boutoleau »), et des sites Internet Indymedia et Rebellyon, pour diffamation, injures publiques, refus du droit de réponse et atteinte à la liberté d’expression.
Source : Dépot de plainte à l’encontre de Mlle Ornella Guyet et des sites internet Indymedia et Rebeyllyon
L’Union Populaire républicaine et son président François Asselineau ont fait l’objet, depuis plusieurs semaines, d’attaques extrêmement virulentes de la part de « Marie-Anne Boutoleau », prétendue « journaliste indépendante » dont le véritable nom est Mlle Ornella Guyet.
Ces attaques, diffusées sur les sites Internet Indymedia Paris et Rebellyon, ont eu notamment pour effet d’empêcher la tenue d’une conférence à Lyon, deux gérants d’établissements ayant été successivement contraints, sous l’effet du climat de violence entretenu sciemment par Mlle Guyet et ses relais locaux, d’annuler les locations qu’ils nous avaient accordées.
Nous n’avions rien demandé à personne. Mais lorsque l’on nous cherche et que l’on veut nous intimider, au mépris des lois de la République, on nous trouve.
C’est pourquoi ces événements ont conduit l’UPR à déposer plainte contre Mlle Guyet et les deux sites Internet concernés, pour diffamation, injures publiques, refus du droit de réponse et atteinte à la liberté d’expression. (Cf. communiqué de l’UPR : http://www.facebook.com/note.php?note_id=10150201642937038)
La violence et l’impunité apparente de ces attaques, de même que la précision troublante de certaines informations (qui donnent à penser que Mlle Guyet dispose de fichiers de nature policière) nous ont par ailleurs légitimement conduit à nous intéresser à cette curieuse « journaliste indépendante », de même qu’aux deux sites sur lesquels elle a publié ses écrits diffamatoires et sur lesquels elle semble disposer d’une véritable autorité (Mlle Guyet est administratrice de Indymedia Paris).
Les résultats de notre enquête, menée uniquement grâce à Internet, nous ont paru suffisamment intéressants pour être portés à la connaissance du public. Nos lecteurs les trouveront ci-après. Une liste de questions, publiées sous forme de lettre ouverte à Mlle Guyet, en sert de conclusion provisoire.
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= I = Dr JEKYLL & Mrs HYDE : « L’ANTIFASCISTE » BOUTOLEAU ET LA TRÈS AMÉRICANOPHILE « PROFESSOR » GUYET
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La première surprise révélée par Internet est que Mlle Ornella Guyet a été retenue pour être l’une des 25 intervenants, triés sur le volet, dans un Séminaire sur les Médias Internationaux, organisé à Paris du 15 au 21 mars 2009 sous l’égide du Center for the Study of International Communications et de la School of Media and Public Affairs de l’Université George Washington de Washington.
(Séminaire : http://www.gwu.edu/~smpa/documents/ParisSeminarScheduleMarch2009.pdf)
Cette information mérite 3 précisions :
a)- le Séminaire était co-organisé d’une part par le « Center for the Study of International Communications »
Or ce séminaire est présidé par Mr Lee W. Huebner et dirigé par sa femme Berna, deux éminentes personnalités du Parti Républicain américain. Comme nous le précisons ci-infra (puisque le couple a reçu les participants au sémainaire dans leur somptueuse résidence parisienne), Mr Lee W. Huebner a notamment été l’un des plus proches collaborateurs du Président Nixon à la Maison Blanche et est le président fondateur de la « Ripon Society », club de réflexion et de lobbying républicain, d’après le nom du village de Ripon (Wisconsin) où fut créé le Parti Républicain. Quant à son épouse, elle était auparavant « Directeur de recherche » pour Nelson Rockefeller lorsqu’il était Gouverneur de l’Etat de New York puis 41ème Vice-président des États-Unis.
Le 37e Président des États-Unis Richard Nixon (à gauche) et le futur 41e Vice-Président Nelson Rockefeller (à droite). Lee et Berna Huebner, co-organisateurs du Séminaire parisien, ont été des collaborateurs très proches de l’un et de l’autre.
b)- le Séminaire était co-organisé d’autre part par la George Washington University à Washington
Or :
Cette Université George Washington, située à Washington, est notamment connue pour être l’un des hauts lieux de formatage des élites américaines à la pensée unique ultra-libérale. On en prendra pour simple exemple la récente allocution de Dominique Strauss-Kahn, Directeur général du Fonds monétaire international, à la George Washington University, le 4 avril 2011 : « À enjeux mondiaux, solutions mondiales » http://www.imf.org/external/french/np/speeches/2011/040411f.htm
Cette Université George Washington, située à Washington, est également connue pour être un lieu de recrutement de la Central Intelligence Agency (CIA), un certain nombre d’enseignants y servant d’enseignants et d’agents recruteurs (Source : http://www.commondreams.org/headlines/041800–02.htm).
Comme le précise la fin de cet article du Washington Post cité en source, « CIA officers in schools are there to teach–not recruit, he said. Instructors often are asked by students about CIA careers, and they are referred to recruiters. And the recruiters, of course, don’t turn them away. » [Traduction : « Les officiers de la CIA sont dans ces universités pour enseigner et non pas pour recruter – officiellement. Mais les instructeurs sont souvent interrogés par les étudiants sur le type de carrière que peut leur offrir la CIA et ils sont alors dirigés vers des recruteurs. Lesquels recruteurs, bien évidemment, ne les découragent pas ».]
De notoriété publique, la George Washington University – tout comme la Georgetown University – accueille des enseignants de la CIA, chargés de former voire de recruter les étudiants.
c)- Mlle Ornella Guyet a été retenue comme l’un des 25 intervenants triés sur le volet, 21 des intervenants étant des Américains proches des allées du pouvoir.
Pour bien prendre la mesure du caractère extrêmement saugrenu de la présence de l’anarchiste « Marie-Anne Boutoleau » (= Mlle Guyet, 22ème Intervenant) dans ce cénacle de dirigeants américains de la politique, des affaires et des médias, il est utile de préciser quels étaient les 25 intervenants à ce Séminaire ultra-chic (dont les soirées se déroulaient dans les demeures parisiennes somptueuses de plusieurs intervenants américains) :
1er Intervenant : Mrs Constance Borde
Mme Constance Borde est la représentante officielle du Parti Démocrate en France. Pour illustrer le personnage, citons cet échange daté du 1er novembre 2004 par le journal Le Monde :
« Si vous deviez classer le Parti démocrate sur l’échelle des partis politiques français, où le mettriez-vous ?
« Constance Borde : Je mettrais le Parti démocrate à la droite de l’UMP. Le social en France fait partie de la base des programmes de tous les partis : la santé, l’éducation et les impôts. Aux Etats-Unis, la santé publique est considérée comme un programme d’extrême gauche. »
Source : http://www.lemonde.fr/ameriques/chat/2004/11/01/le-vote-des-americains-de-l-etranger_1373_3222.html
2ème Intervenant : Mrs Nancy Asthalter
Nancy Asthalter est une riche et généreuse mécène du Parti Démocrate américain puisqu’elle a versé un total de 3.500 dollars au cours de l’année 2008 au fond de campagne pour l’élection de Barack Obama.
(Source : http://www.campaignmoney.com/political/contributions/nancy-asthalter.asp?cycle=08)
3ème Intervenant : Mrs Swardson
« Senior European Editor » de l’Agence financière Bloomberg de New York, Mme Swardson était auparavant Chef du bureau parisien du Washington Post. Il y a 11 ans, elle fut l’auteur d’un article de presse qui fut très largement promu médiatiquement en France à l’époque, paru dans le Washington Post du lundi 31 juillet 2000 et intitulé The New French Revolution, dont voici un extrait emblématique :
« There’s a new French revolution underway. Propelled by political leaders and economic globalization, the country is transforming itself from a centralized, parochial, government-loving society with a distaste for wealth to a dynamic, entrepreneurial nation fond of stock options and startups. »
(Traduction : « Une nouvelle Révolution française est en cours. Propulsée par les responsables politiques et la mondialisation économique, le pays se transforme, en passant d’une société centralisée, ayant l’esprit de clocher et le goût de l’Etat et méprisant la richesse en une nation dynamique d’entrepreneurs, passionnée par les ‘stock options’ et les ‘start-up’. « )
(Source : http://www.hartford-hwp.com/archives/61/126.html)
4ème Intervenant : Mrs Eileen Bastianelli
Productrice et spécialiste des stratégies « brand content » et diplômée de l’Université de Californie et de Sciences Po Paris, Mrs Bastianelli est une riche Américaine, PDG fondatrice de Lola Pictures
(Source : http://fr.linkedin.com/in/eileenhorowitzbastianelli.)
5ème Intervenant : Mrs Janine di Giovanni
Journaliste américaine qui a réalisé des reportages sur la Palestine, la Bosnie, etc., Mrs di Giovanni a participé, du 6 au 8 octobre 2008, à un weekend de débat avec Alain Minc et Bernard-Henri Lévy dans un club très sélect, sur le thème « le hiatus franco-britannique » (Source : http://www.fullofchic.com/foc/article/view.go?articleid=127)
Elle s’est aussi fait, entre autres, une spécialité du « french bashing » (c’est-à-dire de la critique obsessionnelle des Français). Dans un livre récent sur la France, elle a ainsi écrit de nombreuses énormités, et notamment celle-ci :
« No one lives on credit in France because banks don’t allow overdrafts and zero percent credit cards do not exist. » (Traduction : personne ne vit à crédit en France parce que les banques n’autorisent pas les découverts et les cartes de crédit avec découvert à zéro pour cent d’intérêt n’existent pas »)
(Source : un blog qui pointe les mensonges éhontés de cette pseudo-journaliste : http://franceblogcom.blogspot.com/2008/12/janine-di-giovanni-embelishes-her-story.html.)
6ème Intervenant : Mrs Harriet Rochefort
Journaliste américaine indépendante née dans l’Iowa et installée en France depuis 1971, Mrs Rochefort a notamment travaillé pour le magazine Time. (Source : http://us.macmillan.com/author/harrietweltyrochefort.)
7ème Intervenant : Mr Jim Bittermann
Correspondant à Paris de la chaîne de télévision américaine CNN, Mr Bittermann est l’un des piliers de la communauté américaine à Paris, très introduit dans les cercles de l’ambassade des Etats-Unis en France et dans certains cercles gouvernementaux français.
Voici un échange instructif le concernant (forum en ligne du magazine l’Express du 2 juin 2008) :
« Question : – On dit que les Etats-Unis se sont rapprochés de la France depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir. Est-ce vrai ?
Jim BITTERMANN : Dans une certaine façon je pense que oui, l’arrivée de Nicolas Sarkozy est un bon moyen de relancer les rapports entre la France et les États Unis qui ont été détériorés après les désaccords concernant la guerre en Irak. Les décisionnaires aux États Unis et en France cherchaient le moyen d’améliorer les relations et l’élection de Nicolas Sarkozy est arrivée à point. »
(Source : http://www.lexpress.fr/actualite/monde/amerique/les-americains-et-les-francais-sont-deja-reconcilies_506637.html.)
Jim Bittermann a été promu au titre de Chevalier de la Légion d’Honneur le 30 juin 2008 lors d’une cérémonie officielle présidée par le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner. Jim Bittermann aime à répéter qu’il “explique la France et les Français au reste du monde” depuis trente ans. Le journaliste a couvert toute l’actualité française pour CNN International depuis trois décennies. Il y est devenu le visage et la voix des événements qui surviennent en France et dans le monde francophone. Jim Bittermann apparaît également à de nombreuses reprises en tant que professeur et modérateur de panels de discussion comme au forum économique de Davos, et effectue de nombreuses visites dans des écoles et universités aux États-Unis afin d’y expliquer son travail ou de décrire à quoi ressemble la vie en France.
(Source : http://teleobs.nouvelobs.com/articles/le-correspondant-de-cnn-en-france-chevalier-de-la-legion-d-honneur)
Jim Bittermann, l’un des 25 intervenants au Séminaire (au même titre qu’Ornella Guyet alias Marie-Anne Boutoleau), a été promu au titre de Chevalier de la Légion d’Honneur le 30 juin 2008 lors d’une cérémonie officielle présidée par le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner.
8ème Intervenant : Mr Steven Ekovitch
Steven Ekovich est Américain et professeur de politique internationale à l’American University of Paris et enseignant à l’Institut d’Etudes Politiques de Paris. Assez fréquemment invité dans les médias français au titre de politologue, c’est également un habitué des « cercles de réflexion »
(Source : http://www.thekitson.net/d%C3%AEners‑d%C3%A9bats/)
9ème Intervenant : Mr Jon Randall
Ancien correspondant de guerre au Washington Post
10ème Intervenant : Mrs Ann Bagamery
« Senior editor » à l’International Herald Tribune
11ème Intervenant : Mr Robert Fredovich
Directeur de la Communication marketing dans le groupe Publicis, diplômé de l’université de Boston
12ème Intervenant : Mr Lee W. Huebner
Ancien directeur adjoint du service de rédaction des discours du Président Nixon à la Maison Blanche.
Ancien Rédacteur en chef et PDG du journal International Herald Tribune de 1979 à 1993.
Lee W. Huebner a été Président de l’American University of Paris et le président fondateur de la « Ripon Society », club de réflexion et de lobbying républicain, d’après le nom du village de Ripon (Wisconsin) où fut créé le Parti Républicain. (Source : http://en.wikipedia.org/wiki/Ripon_Society).
Mr Huebner est actuellement :
- Professeur de médias et affaires publiques (Professor of Media and Public Affairs) à l’Université George Washington (située à Washington DC),
– Président du « Center for the Study of International Communications » à Paris,
– Directeur des Investissements Media du Fonds de l’Aga Khan pour le Développement économique.
(Source : http://www2.mssu.edu/paris/huebner.htm)
13ème Intervenant : Mrs Berna Huebner
Berna Huebner est directrice du « Center for the Study of International Communications » situé à Paris. Elle était auparavant « Directeur de recherche » pour Nelson Rockefeller lorsqu’il était Gouverneur de l’Etat de New York puis 41ème Vice-président des Etats-Unis.
(Source : http://www2.mssu.edu/paris/huebner.htm)
Lee W. Huebner (à droite) et sa femme Berna, respectivement président et directeur général du « Center for the Study of International Communications » situé à Paris. Ils ont été les organisateurs du Séminaire où Mlle Guyet a été choisie comme l’un des 3 seuls ressortissants français parmi 25 (les 22 autres intervenants étant tous des Américains proches des cercles du pouvoir). Lee W. Huebner a été directeur adjoint du service de rédaction des discours du Président Nixon à la Maison Blanche. Il a été président de l’American University of Paris et le président fondateur de la « Ripon Society », club de réflexion et de lobbying républicain, d’après le nom du village de Ripon (Wisconsin) où fut créé le Parti Républicain américain.
14ème Intervenant : M. Jean-Marc Illouz
Grand reporter de France 2
15ème Intervenant : Mr Adnan Siddiqi
Chef du service de presse et d’information de l’ambassade des États-Unis en France. Ce diplomate américain a par exemple été l’auteur d’un long message repris sur le site du Département d’État américain et célébrant l’amitié entre le Président Obama et Nicolas Sarkozy : http://blogs.state.gov/index.php/site/entry/un_moment_historique.
16ème Intervenant : Mr Frank Schork
Ancien bibliothécaire de l’American University of Paris
17ème Intervenant : Mr Waddick Doyle
Professeur du département des communications internationales à l’American University of Paris
18ème Intervenant : Mr Kay Rolland
A occupé des postes de direction au Wall Street Journal Europe et à l’international Herald Tribune
19ème Intervenant : Mr Alan Riding
Journaliste au New York Times
20ème Intervenant : Mr François Sergent
Journaliste à Libération (visite rapide du journal pendant 1 heure)
21ème Intervenant : Mr John Morris
Ancien chef de l’Agence de photo reportage Magnum Éditeur à la retraite de photos de reportage, notamment pour le magazine Life, le New York Times, le Washington Post, etc.
====> 22ème Intervenant : Mlle Ornella Guyet
Présentée dans le programme comme « Professor à ACRIMED », ce qu’elle n’est pas (Mlle Guyet n’est pas « professeur » de quoi que ce soit), Mlle Guyet a été chargée de recevoir les participants au séminaire du « Center for the Study of International Communications » pendant une longue durée (1 heure et demie) sur le thème « The 5th Estate : the watchdogs over the watchdogs » (Traduction : « le 5ème Pouvoir : les chiens de garde au-dessus des chiens de garde »).
Mlle Guyet est intervenue dans le cadre d’un « Programme parrainé par Georges Kazolias, professeur de journalisme à l’American University of Paris ».
23ème Intervenant : M. Jean Lesieur
Producteur exécutif à la chaîne de télévision France 24. Avait auparavant collaboré notamment à L’Express et au Point et avait dirigé la rédaction du magazine Gala. Postérieurement à ce séminaire, Jean Lesieur a été été nommé directeur de la rédaction de France 24 le 16 septembre 2010, avec l’approbation de Nicolas Sarkozy
(Source : http://www.lepoint.fr/societe/jean-lesieur-nomme-directeur-de-la-redaction-de-france-24–16-09–2010-1237156_23.php)
24ème Intervenant : Mrs Cathy Nolan
Ancien chef du bureau parisien du magazine People, spécialisée dans la presse du cœur et des célébrités
25ème Intervenant : Mrs Madeleine Czigler
Spécialiste de mode, correspondante à Paris de la Canadian Broadcasting Corporation
En conclusion de cette partie, les 25 intervenants du Séminaire en question se composaient donc :
– de 21 Américains représentant des classes les plus fortunées de la société américaine (pouvoir, affaires, médias)
– et de 4 Français :
– Jean-Marc Illouz (grand reporter à France 2) ;
– François Sergent (journaliste à Libération) ;
– Jean Lesieur (Producteur exécutif à la chaîne de télévision France 24, choisi ensuite par Nicolas Sarkozy pour devenir directeur de la rédaction) ;
et… Mlle Guyet (prétendue « journaliste indépendante »).
= II = LES LIENS ÉTRANGES DES SITES INDYMEDIA ET REBELLYON AVEC LES ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE
La qualité technique des sites Internet Indymedia Paris et Rebellyon a par ailleurs retenu notre attention car nous savons par expérience que disposer d’un site Internet très ergonomique a un coût que nous n’avons pas eu les moyens de nous offrir.
Si l’UPR a été financièrement contrainte d’avoir recours à des adhérents et sympathisants bénévoles pour réaliser son site Internet gratuitement, comment se fait-il que les sites INDYMEDIA Paris et REBELLYON soient si professionnels ? Comment les « anarchistes libertaires » de ces deux sites ont-ils pu se les offrir ?
C’est en partant de cette question légitime que notre enquête nous a conduit à regarder de plus près qui se trouvaient derrière ces deux sites. Or, comme si les découvertes qui précèdent ne suffisaient pas à faire naître l’hypothèse de liens suspects entre Mlle Guyet et les cercles d’influence américains, notre enquête menée sur les sites Internet « Indymedia » et « Rebellyon » a permis de mettre à jour les liens étranges qu’entretiennent également ces deux sites avec les États-Unis.
LE SITE « INDYMEDIA » est hébergé chez LAYERED TECHNOLOGIES Inc., très grosse entreprise américaine dont les principaux centres de traitement et de stockage des données se situent à Dallas (Texas), Kansas City (Kansas), Chicago (Illinois) et Cedar Falls (Iowa).
(Source : http://www.layeredtech.com/why-layeredtech/data-centers/)
Comme le révèle le site Domain Tracker, le site « Indymedia » est hébergé chez LAYERED TECHNOLOGIES Inc., très grosse entreprise américaine principalement située au Texas.
Par ailleurs, à en croire le site très bien informé DISCOVERTHENETWORKS.ORG, l’ensemble du réseau INDYMEDIA (IMC) recevrait une aide financière :
- du George Soros’s Open Society Institute,
- de la Fondation Ford (qui est l’un des habituels faux nez des services secrets américains),
- de la Glaser Foundation,
- et de la Tides Foundation (qui aurait versé à INDYMEDIA un don de 376.000 dollars en 2001).
(Source : http://www.discoverthenetworks.org/groupProfile.asp?grpid=6282)
Notons que la Tides Foundation reçoit elle-même ses propres fonds d’un grand nombre de fondations, parmi lesquelles la Fondation Rockefeller, mais aussi directement des fonds du gouvernement fédéral américain. Entre1997 et 2001, ces fonds gouvernementaux américains servant à financer Indymedia ont notamment compris :
- 395.219 dollars du Département de l’Intérieur of Interieur ;
- 3.350.431 dollars de l’Agence de Protection de l’Environnement ;
- 3.487.040 dollars du Département du Logement et du Développement Urbain ;
- 208.878 dollars du Département de l’Agriculture ;
- 39.550 dollars du Département de l’Energie ;
- 93.500 dollars de la « Small Business Administration » ;
- 10.986 dollars du Département de la Santé ;
- et 84.520 dollars du « Centers for Disease Control U.S. Agency for International Development ».
(Source : http://www.discoverthenetworks.org/funderProfile.asp?fndid=5184)
LE SITE « REBELLYON » est également hébergé aux USA, chez SWIFT VENTURES Inc, société américaine localisée à Seatlle (État de Washington) .
(Source : http://domaintraker.com/rebellyon.info)
Nous n’avons pas trouvé pour l’instant l’origine de ses financements.
Le site Rebellyon a lancé un véritable appel à la violence afin d’interdire à François Asselineau d’expliquer au public lyonnais « QUI GOUVERNE LA FRANCE ? »
CONCLUSION
Toutes les informations qui précèdent sont parfaitement factuelles, et aisément vérifiables sur Internet par nos lecteurs qui le souhaitent (il leur suffit de cliquer sur les liens indiqués).
Ces informations sont suffisamment intéressantes et surprenantes pour que nos lecteurs puissent légitimement se poser de nombreuses questions, et notamment celle de savoir pour qui travaille Mlle Ornella Guyet, alias « Marie-Anne Boutoleau, journaliste indépendante ».
Certains esprits pourraient en effet se demander si nous n’aurions pas affaire, avec Mlle Guyet et ses « anti-fascistes », à l’une de ces organisations financées par un service d’influence américain, comme l’histoire en compte de nombreux exemples, en France et à l’étranger, depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale.
Rappelons ici par exemple que le syndicat Force Ouvrière fut créé et financé par la CIA, après la Seconde Guerre mondiale, par le truchement d’Irving Brown et de Robert Bothereau (http://www.comite-valmy.org/spip.php?article336). Rappelons aussi comment la CIA a soutenu certains milieux se réclamant du trotskysme ou du maoïsme, certains syndicats étudiants, la construction européenne, etc.
LA CIA EN FRANCE : 60 ANS D’INGÉRENCE DANS LES AFFAIRES FRANCAISES Livre de Frédéric Charpier paru au Seuil en 2008 – Résumé de l’ouvrage fait par l’éditeur : « Depuis sa création en 1947, la CIA n’a cessé d’intervenir en France. Pendant soixante ans, des dizaines d’agents américains, agissant le plus souvent sous couverture officielle, ont mené dans l’hexagone d’innombrables opérations clandestines, infiltrant, finançant et manipulant des syndicats, des partis politiques, des fondations, des instituts, des agences de presse. des journaux ou encore des associations culturelles. La CIA est parvenue à pénétrer la haute administration, le monde universitaire et intellectuel, et à surveiller étroitement la recherche nucléaire et aéronautique française. »
Nous n’affirmons pas ici que Mlle Guyet et ses compères de « l’anti-fascisme » sont forcément des agents de la CIA ou des services d’influence américains. Mais nous dirons que les informations obtenues, plus surprenantes les unes que les autres, ont conduit à ce que le doute s’installe.
Et comme nous supposons que Mlle Ornella Guyet aura à cœur de dissiper ce doute, nous lui adressons ici 20 questions publiques très précises, auxquelles nous la convions à répondre de façon tout aussi précise. Puisque sa passion est de « fliquer » l’UPR en tenant des fiches précises sur les faits et agissements de son président depuis des années, elle ne s’étonnera pas que nous souhaitions à notre tour en connaître davantage sur elle :
1°) Mlle Ornella Guyet, pourquoi vous présentez-vous sous le pseudonyme de « Marie-Anne Boutoleau » lorsque vous menez votre combat « antifasciste » [sic], mais sous votre véritable état civil « Ornella Guyet » lorsque vous participez à un séminaire sous l’égide des autorités américaines ou lorsque vous militez à Acrimed ?
2°) Vous vous proclamez « journaliste indépendante » mais avez-vous une carte de journaliste ? Si oui, pouvez-vous nous en communiquer les références ?
3°) Compte-tenu de la quasi-inexistence de vos articles de journaux disponibles sur le web, chose surprenante pour une « journaliste indépendante », pourriez-vous nous préciser quelles sont vos sources de revenus ?
4°) Avez-vous déjà eu des contacts professionnels avec des représentants de l’ambassade des États-Unis en France ou avec d’autres représentants américains officiels ou officieux ?
5°) Combien a coûté la fabrication du site INDYMEDIA Paris, dans lequel vous exercez des fonctions de responsabilités telles que vous vous êtes autorisée à refuser à l’UPR le droit de réponse prévu par la loi, suite aux articles diffamatoires et injurieux que vous avez publiés à notre encontre ?
6°) Comment ce site INDYMEDIA Paris a‑t-il été financé ?
7°) Pourquoi, à votre avis, ce site INDYMEDIA Paris est-il hébergé chez LAYERED TECHNOLOGIES Inc., très grosse entreprise américaine dont les principaux centres de traitement et de stockage des données se situent à Dallas (Texas), Kansas City (Kansas), Chicago (Illinois) et Cedar Falls (Iowa) ?
8°) Combien a coûté la fabrication du site REBELLYON, dans lequel vous avez publié un nouvel article diffamatoire et injurieux à l’encontre de François Asselineau et de l’UPR le 4 juin courant, article accompagné d’un appel à l’atteinte à la liberté d’expression et d’appel à la violence (« Asselineau dégage ! ») ?
9°) Comment ce site REBELLYON a‑t-il été financé ?
10°) Pourquoi, à votre avis, ce site REBELLYON est-il lui aussi hébergé dans une société américaine, dénommée SWIFT VENTURES Inc, et localisée à Seattle (État de Washington) ?
11°) Comment avez-vous fait pour être invitée à faire partie des 25 intervenants triés sur le volet du Séminaire sur les Médias Internationaux, tenu à Paris, du 15 au 21 mars 2009, sous l’égide du Center for the Study of International Communications et de la School of Media and Public Affairs de l’Université George Washington située à Washington ?
12°) Pourquoi êtes vous présentée, dans le programme officiel de ce Séminaire, comme « Professor Ornella Guyet de l’Organisation Acrimed » alors que vous n’avez aucun titre de professeur (selon nos informations, vous n’avez pas même encore terminé vos études) ?
13°) Comment l’intransigeante « anarchiste libertaire » et « anti-fasciste » que vous affirmez être sous le pseudonyme de « Marie-Anne Boutoleau » a‑t-elle pu accepter de participer à un Séminaire organisé par le Center for the Study of International Communications, présidé par Lee W. Huebner, ancien directeur adjoint du service de rédaction des discours du Président Nixon à la Maison Blanche et Président fondateur de la « Ripon Society », club de réflexion et de lobbying pour le Parti Républicain américain ?
14°) Comment avez-vous pu accepter de participer à un Séminaire co-organisé par l’Université George Washington située à Washington, qui est connue non seulement pour être l’un des hauts lieux de formatage des élites américaines à la pensée unique ultra-libérale, mais aussi l’un des terrains de chasse privilégiés de recrutement de la Central Intelligence Agency (CIA) ?
15°) Avez-vous été rémunérée pour votre prestation comme intervenante à ce Séminaire ? Et si oui, combien ?
16°) Avez-vous publié un résumé de votre intervention sur le thème « The 5th Estate : the watchdogs over the watchdogs » (Traduction : « le 5ème Pouvoir : les chiens de garde au-dessus des chiens de garde ») ? Pourrions-nous en avoir copie afin de vérifier que la forme et le fond de cette intervention sont du même genre outrancier que les appels à la haine et à la violence que vous vous permettez d’employer à l’encontre de l’UPR, sous le nom de code « Marie-Anne Boutoleau », sur les sites Internet INDYMEDIA Paris et REBELLYON, hébergés aux États-Unis ?
17°) En quoi consiste exactement votre coopération avec l’American University of Paris, puisque vous semblez y travailler sur long terme « dans le cadre d’un Programme parrainé par Georges Kazolias, professeur de journalisme à l’American University of Paris » ?
18°) Avez-vous informé les responsables des associations anarchistes ou d’extrême-gauche (telles que Radio Canut où vous semblez être intervenue pour empêcher une interview du président de l’UPR), ou ceux de l’association de transparence des médias Acrimed, de vos travaux à l’American University of Paris et de votre intervention dans un Séminaire organisé par l’ancien responsable des discours du Président Nixon à la Maison Blanche ?
19°) Pourquoi l’intransigeante « anarchiste libertaire » et « anti-fasciste » que vous affirmez être sous le pseudonyme de « Marie-Anne Boutoleau » est-elle si discrète sur les agissements de l’OTAN ou sur les preuves qui démontrent que la construction européenne a été conçue et financée par les États-Unis d’Amérique depuis le début ? Pourquoi votre article dans REBELLYON a‑t-il même visé au contraire à ridiculiser cette analyse qui est pourtant fondée sur des preuves irréfutables que vous passez sous silence ?
20°) Pourquoi estimez-vous que c’est en empêchant l’UPR et François Asselineau de diffuser toutes les informations sur « QUI GOUVERNE LA FRANCE ? » que vous servez l’intérêt des salariés français qui souffrent de plus en plus de la situation ? Avez-vous conscience que votre prétendu « combat anti-fasciste » sert, objectivement, on ne peut mieux les intérêts supérieurs américains ?
Nous attendons vos réponses.
Source : Qui veut nuire à l’UPR ? Dr Jekyll & Mrs Hyde : « L’antifasciste » Boutoleau et la très américanophile « Professor » Ornella Guyet
Bonjour,
je suis militant à l’UPR mais j’écoute également tout ce que dit (et écrit) Étienne Chouard… Il faut je pense être raisonnable. Il est très difficile, et ça pour à peu près tout le monde, d’imaginer la mise en place d’une réelle démocratie avec tirage au sort.
On peut cependant rêver d’une transition faite petit à petit par quelqu’un d’honnête (que je pense être F. Asselineau pour ma part).
Je ne crois pas qu’essayer de convaincre F. Asselineau de suivre E. Chouard soit la stratégie la plus efficace… En revanche instaurer une sorte de « parlement » tiré au sort (ou quelque chose comme ça, c’est pas moi le spécialiste) me semblerait beaucoup plus profitable. Je ne suis pas convaincu que les « électeurs » soit près pour le changement de paradigme que propose Étienne Chouard.
Bonjour
Je n’y serai évidement pas (22000 kms nous séparent), mais oui une trace audio, vidéo pour partager avec les virus partout sur la planète!!!!!!
Étienne et Myret le retour de la vengeance!!!! LOL
bonne journée et bon week end
@ La Brique
Bonjour,
En se basant sur l’article de M.Asselineau http://www.u‑p-r.fr/?s=chouard (merci à galam d’ailleurs !), on peut voir qu’il ne prend pas en compte tous les enjeux et contrôles « athéniens » derrière le tirage au sort comme :
– la rotation des charges, avec des mandats très courts, non renouvelables, pour ne pas avoir affaire à des professionnels de la politique et pour limiter la corruption apparaissant avec le temps
– la reddition des comptes pour un juge par exemple tiré au sort à la fin de son mandant court, afin de voir si il a bien été serviable aux « 99 % », et punition si ce n’est pas le cas (peut-être pas jusqu’à la peine de mort comme à Athènes !)
– une récompense si l’élu tiré au sort à la fin de son mandat a bien servi l’intéret général
– le volontariat pour filtrer les gens peu motivés à servir l’intéret général
– l’ « ostracisme » pour mettre à l’écart ceux dont on se méfie
– la docimasie pour écarter les fous etc…
– et autres critères qui m’échappent, désolé à ceux qui connaissent bien ! Ou qu’on aurait pas encore inventé.
J’ai à peu près bien résumé ? Contredisez-moi si c’est faux ou si j’ai oublié des éléments.
M.Asselineau n’a pris en fait que le mot « Tirage au sort » en compte (dans l’article). Il est vrai que le tirage au sort seul en lui-même (comme au loto !) ne suffit pas.
Mais il a peut-être réfléchi à la question et a changé d’avis depuis (l’article date de plus d’un an). Ou pas peut m’importe, tant qu’il oeuvre à sa manière à sortir de ce système actuel dans le bon sens (il est contre l’Europe, c’est plutôt bon signe pour moi…!).
Pour ma part, je ne pense pas que ça soit plus difficile à mettre en place, une réelle démocratie basée sur le tirage au sort. Comme toute chose nouvelle, il est certain que ça sera vraiment déroutant au début, il faudra un temps d’adaptation. Et je pense aussi qu’il est évident que ça ne sera pas réalisé d’un coup. La précipitation n’a jamais été très bénéfique pour quoi que ce soit !
Effectivement, je pense que monsieur Asselineau d’ordinaire structuré et logique, n’a pas sérieusement réfléchi à la question. C’est dommage vu qu’il s’était donné la peine de répondre.
Ceci dit, il faut bien voir qu’il a choisi de se battre dans le cadre du système en place. L’UPR est légaliste, se battre en respectant les règles du jeu dussent-elles être truquées est un choix discutable en effet. Cependant quand on voit que cela pousse l’oligarchie à violer ses propres règles, je trouve que cela a son utilité.
Ayant fait le choix d’être légaliste, dire comme monsieur Chouard que ces règles sont ineptes (ce qui n’est pas faux) reviendrait presque à se renier. Cela permet de mieux comprendre sa position. Je regrette cependant la faiblesse logique de la réponse d’Asselineau de l’époque, et j’espère que cette fois-ci il aura plus travaillé la question.
Je vois monsieur Asselineau comme un opposant sincère (c’est si rare) mais dans le système ; monsieur Chouard de même mais hors système. Nous avons besoin des deux, je souhaite de tout mon cœur qu’ils s’entendent.
Considérant le débat déjà lancé entre Étienne et François Asselineau sur le tirage au sort, je trouve vraiment intéressant cette table ronde. Comme d’autres l’on déjà exprimé, j’espère vivement qu’il y aura des traces (vidéo ou audio) de cette rencontre.
Morpheus
La vergogne bien menée protège du clash.
Derrière un désaccord technique peut résider un accord de fond.
Complémentaires sont donc deux attitudes diamétralement opposées qui peuvent prendre en tenaille l’ignominie systémique.
Cependant :
Entrer en hiérarchie avec, bien que mature, la foi d’un ado-Lorenzacio, c’est endosser le rôle du mouton dans la louverie. La louverie où les crocs volent bas. La question est de savoir, et elle se pose aussi pour JLM, de savoir jusqu’où ira la capacité du guerrier qui pour sauver le ciel s’engage aux enfers. Sa première compromission consistant à utiliser la force du système contre lequel il s’insurge, d’autres compromissions suivront, nécessaires dès lors que la voie « légaliste » est sélectionnée comme outil principal de transformation du pragma. Et rien ne prouve que de concession en concession une âme pure (mas o meno, n’exagérons rien hihi), disons que rien ne prouve qu’un esprit initialement bien intentionné ne finira pas par tomber amoureux de ces tentacules ventouseux qui le limitent en son aspiration profonde, mais lui procurent des plaisirs imprévus.
Cependant encore :
Si ne pas entrer en hiérarchie et si, dans une cohérence rigoureuse, se tenir à l’écart du combat des chefs, si cela permet de jouir d’une crédibilité dont aucun candidat au pouvoir ne peut rêver, c’est en même temps accepter de n’avoir que le pouvoir du Verbe et de la persuasion modeste ; c’est aussi se condamner à une impeccabilité de l’idée émise, car les chiens de garde sont là qui veillent, prêts à descendre en flamme le porteur de conscience, leur ennemi puisque de sa simple justesse il entrave la puissance des affreux.
Il est fort probable que cette voie là ne peut aboutir tant que, plus directs, plus vigoureux, voire plus, d’autres ne s’ébranlent en ordre serré quoique soudain afin de déstabiliser le colosse.
Cependant encore bis :
Dans son travail délibérément modeste, le porteur de conscience (c’est à dire tout adepte de la seconde voie) impulse des réflexions libres, dont le résultat (polymorphe, c’est essentiel) est absolument nécessaire dans les jours qui suivent une ®évolution, car ici se tisse le socle philosophique ou de spiritualité laïque (rayez la mention inutile 😉 ) qui évitera au neuf de n’être que de l’ancien. Comme on l’a vu récemment en Tunisie. Comme on l’a vu en france en 1789 et années suivantes …
Ceci dit, c’est vrai (autre sujet) que les arguments développés par l’hôte de samedi contre le tirage au sort sont surprenants. Qui vivra verra 😉
Raphaël, votre commentaire résume très bien, Les positions d’Étienne Chouard et de François Asselineau.
Du système électif et de la démocratie athénienne
Le débat entre M. Chouard et M. Asselineau sera sans doute intéressant, pour le moins il mérite d’avoir lieu.
Mais fondamentalement, que peut-il y avoir de commun entre Monsieur Asselineau homme du sérail politique classique tels que ses concurrents, dirigeant d’un parti politique dont le but est d’accéder lui-même à la plus haute fonction présidentielle par l’élection comme ses autres compères et Monsieur Chouard, citoyen/chercheur indépendant qui ne brigue aucun pouvoir pour lui-même mais défend brillamment et gratuitement sans aucun objectif de retour personnel, le caractère le plus démocratique qui soit avec l’exemple de la démocratie athénienne du tirage au sort qui est à l’extrême opposé de l’élection tant souhaitée par tous les chefs de tous partis politiques ?
Peut-on mélanger l’eau avec le vin pour améliorer l’un et l’autre ?
Quand Demos est dans la place, Cratos à les pieds qui grattent.
Ne reste qu’à percer les boutons …
Plantairement vôtre
Tout à fait du même avis que @Victor
Un homme de parti, donc pour qui le pouvoir est une finalité pour l’accession à la présidence ne peut en aucun cas dire que c’est dans l’intérêt du peuple d’agir ainsi.
l’élection soumet le peuple !
Il est clair que l’élection est une manœuvre bien huilée « pour » l’asservissement du peuple.
Le tirage au sort n’est vraiment pas perçu comme une chose bienfaisante pour ces politiques dont Mr Asselineau fait partie.
Relire Héraclite, dans Fragments 3 par exemple :
« Sans intelligence quand ils ont écouté, à des sourds ils ressemblent ; le dicton pour eux témoigne : présents, ils sont absents. »
Asselineau ne dit pas que des bêtises excusez-moi !
La suite, fragment 4 :
« Ne sachant pas écouter, ils ne savent pas non plus parler »
Ceux qui ressemblent à des sourds ressemblent aussi à des muets. Ils entendent, ils écoutent, mais ils ne savent pas écouter, en conséquence, pas non plus de parler.
Ils parlent mais sans savoir, comme ils écoutent sans savoir. Ce sont là apparemment- le savoir écouter et le savoir parler- mais comme ces deux savoirs sont liés, forment une unité, on a un non-savoir lié à l’organe de l’audition, un autre lié à l’organe de la parole, mais un seul et même non- savoir lié à l’inintelligence du logos ou de la vérité.
Epiméthée puf Marcel Conche
Les inconvénients théoriques, politiques et pratiques que présente la démocratie par tirage au sort que prône M. Chouard par François Asselineau :
http://www.u‑p-r.fr/actualite-facebook/les-inconvenients-theoriques-politiques-et-pratiques-que-presente-la-democratie-par-tirage-au-sort-que-prone-m-chouard
Waouh !!! Un démocrate de bistrot ! Ca fait vraiment peur un type comme çà !
Que celui qui n’a jamais dit de bêtise me jette la première pierre 😉
Cet homme place la sortie de l’Europe au centre de son discours. Ne serait il pas plus intéressant de creuser afin de savoir si oui ou non il a des propositions originales et efficaces sur la gestion des affaires après cette sortie ?
Ben oui, Ana, avant de savoir on ne sait pas et pour savoir il faut creuser alors creusons sinon on juge la surface et jamais le fond.
Sourire et bonne journée là-bas dans le sud, ici dans le Nord c’est la pluie, notre terre est humide( inconscient) à vous de faire du sec( du conscient) lourde charge hein, mais vous le méritez bien !
Je reste curieux de suivre également les échanges entre E Chouard et R Ménard. Les casseroles que tirent ce dernier feront peut être l’objet de discussions et d’explications… en tout cas, je l’espère et je vais les écouter avec attention…
Dominique
Franchement les antifas vous êtes lourds, mais lourds…
Vos prétentions sur Asselineau et l’étiquetage que vous lui pratiquez volent très bas.
Merci d’épargner à ce forum vos rancœurs et vos irruptions boutonneuses liberticides.
Etienne, je vous salue, vous avez toute mon affection pour cette étape, on attend tous la vidéo !
Pour ASSELINEAU qui se réclame de De GAULLE et qui se prend pour un De GAULLE BIS comme SARKOZY se prenait pour NAPOLEON III :
« L’avenir de nos deux pays, la base sur laquelle peut et doit se construire l’union de l’Europe, le plus solide atout de la liberté du monde, c’est l’estime, la confiance, l’amitié mutuelles du peuple français et du peuple allemand. »
Charles de Gaulle, Président de la République, le 9 septembre 1962 s’adressant à Ludwigsburg aux jeunes Allemands en évoquant l’Europe.
Demos, Gaulliste de centre gauche
@ demos
Si de Gaulle était encore parmi nous (et qu’il présidait), vous pouvez être sûr qu’il n’aurait jamais accepté l’Europe de Maastricht (ni, a fortiori, les suivantes). Il n’aimait pas les banquiers, et ce n’est évidemment pas par hasard que c’est immédiatement après sa démission que l’Europe reprend sa construction sous l’impulsion de son successeur Pompidou, et que c’est sous ce dernier que les banques, elles aussi, reprennent la main sur les finance de la France. De Gaulle s’est toujours défié des USA, des anglais et de l’OTAN, il était conscient que la finance internationale et « les anglais » (les anglo-saxons) menaient une guerre économique à l’Europe. C’est lui qui a voulu que la France se dote de l’arme nucléaire, car il ne voulait pas voir celle-ci inféodée au USA (la défaite en Indochine a été un élément moteur dans cette volonté).
Vous vous réclamez de de Gaulle, je ne vois guerre en quoi d’autres ne pourraient pas également s’en réclamer.
Morpheus,
pas plus gaulliste que ça
« dixit webmestre du blog de Jean-Luc Mélenchon ce jour : » Il serait surtout pertinent que vous trouviez un autre endroit pour discuter du sexe des anges. Je vous rappelle que ce blog n’est pas un forum et que le commentaires doivent se limiter au billet de Jean-Luc Mélenchon, et aux questions d’actualité le concernant. Or, je n’ai lu dans ce billet aucune considération sur le tirage au sort, ou sur la subjectivité des élus. Pourquoi n’iriez vous pas sur le blog de Chouard, les commentaires y sont ouverts ? »…
Après tout, il est peut-être important de discuter du « sexe des anges », depuis que le sujet est tabou !
@ Alain
Ce qu’il y a de bien dans tout cela, c’est que les gens abattent leurs cartes. Mélenchon a berné beaucoup de monde durant la dernière campagne présidentielle. Beaucoup de monde, mais pas tout le monde. Il y a eu suffisamment d’informations pour comprendre pour quelle cause cet enfumeur roule.
Pendant ce temps, les « anges » essaiment …
Appel à tous les universitaires tunisiens démocrates
Cordialement,
Morpheus
Morpheus, si tu permets, pour préciser ton propos :
« il (De Gaulle) était conscient que la finance internationale et « les anglais » (les anglo-saxons) menaient une guerre économique à l’Europe »
je dirais :
« que la finance internationale (et non pas les américains) supportait mal un pouvoir politique en France (et donc en Europe) pas suffisamment soumis à ses intérêts »
Marion Sigaut parle d’Étienne, de la Révolution, de Voltaire, du peuple, des religions, des marchands, etc …
Heureusement qu’Internet est encore libre …
Le principal reproche à faire à la contre-argumentation de François Asselineau est qu’il croit qu’Etienne milite en faveur de députés tirés au sort qui voteraient et prendraient les décisions … alors qu’Etienne ne cesse d’expliquer que les tirés au sort n’exercent que des fonctions au service du peuple (préparation des lois, mise en application, …), ce dernier restant le seul décideur à voter lui-même les lois qu’il veut s’imposer.
Mais M. François Asselineau a aussi le tort de vanter le mérite des partis … qui seraient les meilleures structures pour assurer une professionnalisation du personnel politique. Quelle blague ! Les partis ne servent qu’à préparer les élections et attirent en grande majorité des arrivistes, et des cafards souhaitant approcher le pouvoir ou le servir.
Pas besoin de partis pour s’informer et débattre de politique : les clubs, cercles et associations sont bien suffisants pour comprendre la complexité de la vie de nos jours … pas davantage ardue que dans les siècles précédents, contrairement à ce que prétend M. François Asselineau.
Quant à vouloir que le personnel politique soit professionnel … oui, mais seulement si ce sont des spécialistes élus sous contrôle et à qui on donne des mandats révocables. Débattre, voter et faire appliquer la loi doit être à la portée de n’importe quel amateur.
M. François Asselineau parle de la non-représentativité d’une assemblée tirée au sort. Or une assemblée élue est assurément beaucoup moins représentative qu’une tirée au sort.
Etienne a répondu en détail aux contre-arguments de M. François Asselineau portant sur le problème des fous ou incapables qui seraient tirés au sort, sur la taille de la cité, sur le statut des femmes et esclaves en Grèce …
Il est clair que M. François Asselineau n’a pas voulu comprendre le propos d’Etienne, et ne l’a pas pris au sérieux. C’est dommage.
Le seul contre-argument valable de M. François Asselineau porte sur la faisabilité technique du tirage au sort, sujet qu’Etienne aborde d’ailleurs rarement dans ses conférences.
Imaginons qu’une association décide aujourd’hui de pratiquer en interne la démocratie telle que re-découverte par Etienne : comment tirer au sort certains adhérents ? Concrètement ?
j’espère que nous aurons des vidéos de cette table ronde …
J’espère que M Asselineau a revu sa copie, car ses critiques vis à vis du tirage au sort ne résistent pas aux arguments d’Étienne. Encore faut-il les entendre…
Par rapport à l’argument du parti comme cadre du député, il faut croire que tous les partis recrutent leurs cadres dans l’industrie chimique, agroalimentaire ou les armes. Sinon comment expliquez-vous le nombre d’essais nucléaires, l’utilisation massive – incontrolée- d’intrants dans l’agriculture, la sanctification des OGM, du nucléaire, la décérébration connue ‑criminelle- des enfants par la télé, le peu de cas fait des autres êtres humains (cf guerres en tous genre depuis plus de 200 ans). J’en passe…
Oui, l’élection marcherait si on recrutait les meilleurs, mais pas les pires !
Grâce au tirage au sort, on a peu de chance de recruter les pires et leurs pouvoirs seront contrôlés, les décisions se feront par le peuple.
Relisez d’urgence Alain, M Asselineau
Je rappelle le lien vers la controverse avec François Asselineau, assez instructive, je trouve
(deux réponses de ma part à deux billets de François) :
OBJECTIONS AU TIRAGE AU SORT EN POLITIQUE,
ET PROPOSITIONS DE RÉFUTATIONS RATIONNELLES
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2011/05/30/127-le-tirage-au-sort-comme-bombe-politiquement-durable-contre-l-oligarchie-la-video#c5607
OBJECTIONS (2) AU TIRAGE AU SORT EN POLITIQUE,
ET PROPOSITIONS (2) DE RÉFUTATIONS RATIONNELLES
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2011/05/30/127-le-tirage-au-sort-comme-bombe-politiquement-durable-contre-l-oligarchie-la-video#c5610
Malheureusement, dans la table ronde sur la démocratie (hier soir à Annecy), les médias ont été traités en premier et ils ont pris presque toute la place (normal car il y a beaucoup à dire). Et quand est venu le temps d’évoquer la démocratie, j’ai pu dire à peine deux mots d’introduction et François a conclu (déjà) en répétant simplement quelques arguments qu’il m’avait déjà écrits et auxquels j’avais (soigneusement) répondu par écrit (voir liens ci-dessus), et (hier) je n’ai pas eu le temps de reprendre mes réponses à l’oral… => fin d’échange un peu en queue de poisson ; dommage.
Une prochaine fois peut-être, en ne traitant que ce sujet-là et en étant moins nombreux ?
Sois pas naïf, Étienne, tu t’es fait mener en bateau par une personne qui n’a certainement pas intérêt à ce que les gens s’emparent du sujet de la vrai démocratie. Il a certainement des idées intéressantes, il résiste certainement à sa manière au système en en dénonçant certaines manipulations, mais il fait partie de ces individus qui s’estiment supérieurs aux autres, c’est-à-dire supérieurs au peuple. Même s’ils sont sincères lorsqu’ils disent vouloir le bien du peuple, cela ne justifie pas leur position (à mon avis).
Maintenant, je ne dis pas qu’il ne faut pas dialoguer avec eux, mais que ces organisations (les partis politiques) sont très bien entraînées pour utiliser les techniques de »communication« à leur propre fin. C’est pour cette raison que j’approuve Frédéric Lordon dans sa démarche de défiance à l’égard des médias.
Bien sûr je n’étais pas là et je ne connais pas les circonstances, mais il faudra m’expliquer pourquoi et comment il est possible de t’inviter dans un débat, puis ne te laisser que quelques minutes de parole ? C’est tout simplement une pantalonnade.
Amicalement,
Morpheus
La convergence nécessite deux volontés. Une seule ne suffit pas. Par contre la prise en tenaille du colosse par deux forces de natures différentes, même non coordonnées, demeure possible. Plus optimiste serait impossible .….
Je viens donc d’écouter l’enregistrement de cette table ronde (grand merci Mad 🙂 ) et ma fois, je dois dire que mon impression a prirori se trouve confirmée. On voit bien, à la façon de Mr Asselineau s’emporte sur la question du tirage, qu’il s’agit là d’un sujet qui le dérange réellement. En outre, il ne se prive pas d’un coup de Jarnac en faisant accroire qu’Étienne n’aurait ce genre de débat qu’avec lui, et pas avec le FDG ou je ne sais plus quel autre parti. Ce qui n’est pas vrai. Et sans lui laisser l’opportunité de répondre à cette attaque. Il est heureux qu’il y ait eu, dans la salle, des auditeurs qui soient intervenus pour défendre le tirage au sort, preuve que les graines commencent à germer, et cela, je trouve que c’est très encourageant.
Ce qui est également intéressant, c’est que Mr Asselineau laisse aussi une allusion lourde de sens (mais très, très révélatrice), c’est lorsqu’il demande quelle serait la réaction (sur le débat du tirage au sort) dans n’importe quel autre parti. Il n’y a pas eu de réponse, mais on la devine. On devine que tous seraient unanimes à le rejeter. Or, précisément, si cela se démontrait exact (rejet unanime de la classe politique – tous partis confondus – du tirage au sort), cela serait un aveux que celui-ci représente un réel ET SÉRIEUX danger pour eux (par pour la démocratie, pour eux, en tant que professionnels de la politique).
J’espère simplement que Mr Asselineau aura l’élégance de permettre à Étienne, à une autre occasion, de pouvoir développer l’idée du tirage au sort en donnant le temps de le présenter sans le caricaturer.
Cordialement,
Morpheus
Étienne, j’ai trouvé tes interventions très efficaces : au milieu d’un débat relativement ennuyeux, tu as expliqué quelle était LA solution … que n’ont entendue que ceux qui étaient disposés à l’entendre 🙂
Ce débat n’aura eu qu’un unique intérêt : confirmer qu’il vaut mieux rester éloigné des partis dans lesquels on trouve des arrivistes (et leurs sbires) qui investissent tellement de temps et d’énergie dans leur quête du pouvoir politique qu’ils sont fermés à tout partage, quelle que soit la qualité des idées qu’ils défendent.
Ce débat, comme celui avec Myret Zaki, qui sont des leurres réfléchis, aura un très grand intérêt pour Mr. Asselineau et ses ouailles, celui, dans le futur, de « prouver » enfin qu’il est ouvert (sic!) donc moins extrémiste qu’il est dans la réalité profonde et se faire passer (avec preuves) pour un non faciste.
C’était un piège, une basse manœuvre de manipulation médiatique dans lequel, Etienne, tu t’es engouffré bien vite et qui laissera des traces indélébiles.
« mon ami Etienne »…
Comme pour Myret Zaki qui s’est fait retirer la parole très sèchement par un comparse comme savent le faire les partis « musclés » pour ne pas employer un autre qualificatif…
Mr. Asselineau n’en a rien à faire du tirage au sort, il veut à tout prix être élu président de la république, lui et lui seul !
Mais maintenant avec les cautions de Chouard et Zaki médiatisées sur le net il a atteint son but le brun.
Mr. Asselineau qui se dit démocrate ne supporte pas la contradiction, il est fort connu pour ça jusqu’à virer manu militari des internautes qui poseraient des questions « dérangeantes ».
Là il ne vous a pas viré puisqu’il avait un objectif de virginité…
Intelligent, érudit, malin, rusé, maître de la rhétorique et des syllogismes, il n’en est que plus dangereux.
Tu as été utilisé pour des raisons politicienne, dommage, « mon ami Étienne » comme il dit désormais.
« Je suis venu avec François et je repars avec Étienne » m’a dit un encarté . Un autre m’a dit être écœuré. L’arroseur arrosé.
Le problème des gens honnêtes et mus à 99% par l’altruisme (il faut bien 1% pour gérer le frigo et maintenir l’aorte en souplesse), c’est que pour se faire entendre, ils doivent se frotter à ceux qui manipulent, et qui mus par de grossiers appétits, ou cherchant à soigner leur angoisse métaphysique par la course au pouvoir temporel, ou cachant leur faiblesse d’enfant derrière un orgueil flatulent, simulent la noblesse. Vont chercher dans l’Histoire une noble figure, et, cachés derrière cette grandeur, la trahissent d’une incohérence morale qu’ils ne savent pas longtemps dissimuler : ceux là, coupés de l’Esprit qu’ils prétendent aimer, sont prêts, ultime trahison de leur propre culture, cartésienne ou prétendue telle, à faire semblant de n’avoir pas compris la portée du discours adverse ( ce sont eux qui le choisissent adverse ; et quand le dialogue avec d’autres malandrins est refusé, il faut bien trouver des cibles ), afin de détruire non pas ce qui est dit mais un pastiche de ce qui est dit. C’est honteux. Comprenons bien que nous avons là l’image même de la perversion du système de l’élection qui oblige le candidat, pour se faire mousser, à poignarder lâchement le vrai tribun du peuple, dans une ruelle sombre construite à cet effet.
Mais fuir serait absurde. La rencontre est nécessaire. Avec la force de la modestie et la modestie de la force, qui seule peut, tout comme une eau lustrale, s’insinuer partout.
Mais quel bouffon cet ASSELINEAU prétentieux, irrévérencieux, irrespectueux de ses invité(e)s, orgueilleux, imbu, égocentrique, misogyne, manipulateur, assoiffé de pouvoir, ne se plaisant qu’à s’écouter plus qu’à échanger et partager et surtout dictatorial !!!
Sans compter le niveau insultant de ses adorateurs sur son FB !!!
http://www.casimages.com/img.php?i=12092407014082185.jpg
Franchement c’est à vomir !
UPR 2012 – TR n° 1 : Économie et crise de l’euro M. Zaki – J. Nikonoff – E. Chouard – F. Asselineau
Débat F. Asselineau – M. Zaki,
Les Américains cherchent-ils à détruire l’euro ou à le sauver ?
http://www.youtube.com/watch?v=D9VVoWZAllg&feature=channel&list=UL
À 0h25 du débat , ce que dit Mr Ménard a le mérite de faire apparaitre l’hypocrisie au niveau des médias, mais je crains et je ne peut m’empêcher de penser que cette hypocrisie se retrouvera au moment de créer une véritable démocratie ! la confiance n’est plus au goût du jour ; la méfiance, les médias et le reste ? et puis je comprends pas ce que dit la journaliste, elle ne chercher de la discussion que pour Asselineau ‚elle est pro Asselineau et dans la salle je n’y suis pas mais tout le monde présent n’est pas pro pour Asselineau. il n’est pas le seul invité.
Je suis désolé mais j’ai écouté la 2ème partie avant la 1ère , donc pour dire que l ‘événement est bien à l’intervention de l’UPR , mais je ne retire pas sur ce qu’a dit M Ménard en 2ème partie, le préambule a corrigé ma pensée écrite
Du débat sur les médias.
Je crois que nous sommes tous d’accord sur le fait que les médias ne sont ni exhaustifs (cf Islande) ni impartiaux (cf temps de parole), et que pire encore parfois ils déforment carrément, même si pour influencer point n’est besoin de mentir puisqu’il suffit d’offrir de l’espace aux menteurs, ou aux obsessions compulsives, d’un camp ou d’un autre.
Le débat, assez houleux, ne portait pas sur l’effet mais sur la cause ; apportait au moins quatre types de réponses à la question de la susdite cause de cette imperfection chronique (et mécaniquement mortelle pour la démocratie, ou intentionnellement assassine) :
-Les médias sont la propriété des riches et des puissants, et le journaliste reçoit des instructions.
-Les médias sont la propriété des riches et des puissants, et le journaliste, non corrompu pourtant, doit tenir compte du siège éjectable qui lui sert d’assise, non seulement pour son revenu (vital), mais encore pour son audience, à laquelle il tient tant, par vocation et passion.
-Les médias sont la propriété des riches et des puissants, qui, c’est certain, sans forcément ordonner, au minimum impulsent la ligne rédactionnelle, dont la direction, employée, salariée, choisira volontiers de ne pas censurer mais de filtrer, non pas au moment de l’écriture, mais au moment du recrutement. M’imaginez vous salariée du Figaro hihi ? Ce serait un suicide de classe !
Autre cause : le gravifique tamas, plus le moutonnisme, qui rassemblent le plus puissant des partis, sans secrétariat, sans encarté, mais fort de millions d’adhérents, d’adhérents de fait. Ainsi donc la morosité populaire aurait gagné jusqu’aux amoureux du Verbe implicitement et explicitement chargés d’informer, d’alerter, d’éveiller.
Mais il est d’usage entre humains de se battre. C’est bête hein… Et c’est ce qui s’est passé au cours de ce débat bien peu original : au lieu d’additionner les avis, avant d’aller plus loin, et là c’était clairement possible, et judicieux, le singe cortical préfère défendre son os comme s’il était le meilleur, et mordre ceux qui lui en présentent un autre, tout aussi juteux. Tous les avis exprimés étaient recevables (et complémentaires, sauf bien entendu ceux qui tendaient à présenter le copain comme idiot).
Mes regrets résident surtout dans le fait que quand on se bouffe le nez, on en oublie de s’entraider, et de chercher ensemble à imaginer des solutions.
Je m’autorise donc à amorcer un peu de ce qui aurait pu être dit.
-Une solution technique et immédiate serait de créer des médias entre gens bien intentionnés et qui à défaut d’être neutres, défaut ou qualité, ça se discute, sont en marche avancée vers l’intégration de la vergogne dans leurs mécanismes comportementaux.
Des médias « parallèles », cela se fait déjà, et de tout temps, certes, avec des expériences telles que l’âge de faire, ou le sarkophage, et tant d’autres, mais ceux là sont peu vergogneux, bien que je les apprécie puisqu’ils sont de mon bord. Jamais donc ils ne pourront toucher le public qui est de l’autre bord. Attention ! Ce que je propose là n’est pas à vocation de manipulation mais doit constituer une véritable nouveauté, offrant sur l’espace médiatique l’équivalent de l’agora et de l’isophonie, et de l’iségoria.
Plus perso : J’avais créé il y a quelques années un journal national de trente pages sur papier glacé tiré à 30000 exemplaires qui hélas n’a pas survécu au PFH ( deux numéros .… grrrrrr .… triste ) ; notre intention était d’offrir un espace d’écriture au citoyen ( pas le ridicule courrier des lecteurs, mais des pages entières ) et d’offrir cela également à toutes les mouvances, y compris celles qui sont honnies, ou simplement écartées.
-Une autre solution, politique et sur terme plus long, que j’ai déjà évoquée, consisterait à tirer au sort pour les médias majeurs quelques journalistes, à mandat court, incensurables, munis d’un espace médiatique bien mesuré qui leur serait propre. Issus du peuple !!! Car le professionnalisme de l’information présente les mêmes inconvénients que le professionnalisme politique, puisque l’information est un pouvoir politique. On risquerait d’avoir des colonnes débiles, certes, ça ne tue pas plus que l’intelligence du malin, mais aussi des perles, des diamants, inconnus à ce jour, car ici aussi se pose la question de la compétence, qui, quand on la pose trop, devient prétexte, place l’incompétence institutionnelle au pouvoir.
Voilou 😉
Ce que dit Myret Zaki est assez effarant !
D’abord, on voit bien à quel point l’analyse des économistes – mêmes lorsqu’ils sont « hétérodoxes » – est obscurcie par « les chiffres ».
Lorsqu’elle parle de la richesse de la France, selon le seul curseur du PIB (critère déjà très discutable), en disant qu’elle est cinquième mondiale -, on voit bien qu’elle procède à cet habituel amalgame dont les éditorialistes et animateurs de JT nous rabâchent les oreilles tous les trimestres, amalgame qui consiste à ne prendre en compte que des chiffres brut sans s’interroger sur les bénéficiaires de ces chiffres.
Il y a une forfaiture intellectuelle patente lorsqu’on nous dit « la France (ou les français) est (sont) plus riche(s) cette année que l’année dernière ». Il est évident que cette richesse relative est inégalement répartie, on ne peut pas affirmer que « les français » sont plus riches : certains »français« ultra-riches sont peut-être plus riches, en effet, mais ils le sont au détriment d’une partie de plus en plus importante des français – et au détriment du patrimoine de la France lorsque cette richesse se fait à coup de privatisations du secteur public !
D’autre part, on voit bien que la logique qu’elle avance pour justifier le fait de militer pour l’entrée de la Suisse dans l’Union Européenne est une logique de capitulard : « Il faut faire de la « real politik » et dire que de toute façon, l’UE est un bloc tellement puissant qu’on doit s’aligner ». Les vichystes en quarante n’auraient pas démentis pareil discours. Il faudrait qu’elle enlève ses œillères d’économiste et accepte de voir la situation sous un angle un peu plus large.
Cordialement,
Morpheus
En tout cas, Myret elle se laisse pas faire, et tant mieux !
Dans le débat Asselineau/Zaki, je pense qu’elle est plus dans la vérité sur la question de la situation économique de l’Europe, son poids au regard du reste du monde, et la menace que représente l’Euro contre le Dollar qu’Asselineau avec ses multiples citations d’articles de journaux à rengaine…! Je crois que sur ce coup-là, il ne cherchait simplement qu’à la faire démentir et rien d’autre. Mais c’est mon avis personnel.
Dans tous les cas, ils reconnaissent assez ouvertement un ennemi commun : les Etats-Unis, l’un à cause de ses liens directs avec l’Europe et sa création, l’autre à cause de la puissance de la finance USA, et notamment leur artillerie lourde d’ « edge-funds » (mais quand on parle des Etats-Unis, il ne faut pas faire bien entendu d’amalgames avec le peuple américain qui, à part en soutenant le système et en restant impuissants politiquement, n’y est pour pas grand chose dans l’histoire par rapport aux « 1 % » américain).
Après, c’est sur que quand elle dit qu’on est plus riches en France qu’avant, ça doit être visiblement assez mal réparti …!
Pour la question de l’entrée de la Suisse dans l’Europe, c’est vrai que j’ai été surpris aussi. Mais ses arguments ne sont pas à jeter, si comme elle le dit la pression s’accentue de plus en plus sur ce petit pays (avec le secret bancaire qui tombe, mais pas au Luxembourg, ni outre-Atlantique). Les règles du jeu ne s’applique pas à tout le monde malheureusement…
Dans table ronde N°2, c’est vraiment dommage que M. Asselineau écarte une nouvelle fois si rapidement le tirage au sort (vers la fin de la conférence), il nous ressort brièvement les mêmes arguments que dans l’article http://www.u‑p-r.fr/?s=chouard, du genre « oui mais avec le tirage au sort, on pourra élire des fous, des retardés mentaux, des analphabètes etc… « .
Le débat sur le journalisme, comment les médias devraient être, était certes vraiment intéressant, mais il a pris trop de temps.
Je constate aussi que le temps de parole d’Etienne est faible, comparé aux autres, Robert Menard est beaucoup trop bavard 🙂
Morpheus
C’était un traquenard. Certains y sont venus confiants, donc sans avoir fourbi leurs armes, en amis. Il fallait voir au contraire ce monsieur, au diaphragme puissant, véritable forge pompeuse, verbe mandarin, courtoisie de Kaa, qui avait préparé, sur son ordinateur portable, DEUX dossiers méticuleux pour ridiculiser, tuer ses invités aux mains nues, devant ses ouailles. Plaudite cives. Vae victis.
Et ma sensation est que le discours de Myret aurait pu être plus clair et plus renseignant s’il avait été respecté. Je suis frustrée de ne pas l’avoir pu entendre libre.
La poutre ou la paille 😉 : Avec ta pastille Vichy qui fleure un peu trop le cyanure, tu vas un peu vite en besogne. Les »antifas« dans nos rangs ?!? Pitiééééééé. Le regard large se démontre avant d’être exigé, non ?
D’autant que le dossier est plus complexe qu’un jeu passionnel.
Pourtant, malgré ce coup de frein à ton propos, je suis la première à dire que les pouvoirs, qu’ils soient politiques ou monétaires, sont du fait de leur vastitude mécaniquement autistes dès que leur rayon d’action dépasse le diamètre d’un bassin de vie. Mais je suis aussi d’avis que la vérité, si elle existe, en tout domaine, est un diamant à mille facettes, qui ne peut être déclaré vu que quand on en a fait le tour, ou quand on a demandé l’avis de qui est assis de l’autre côté.
Pas le temps d’entrer… Mais quelque chose qui me fait vous envoyer ce texte d’un autre homme délicieux (voir son chant façon pink floyd, et sa riposte narquoise, chez feu Polac, et si je garde en tête paranoïaque désormais, le démantèlement des souverainetés assises par l’angle des « identités » régionales).
C’est à l’adresse des princes (et de tous les prétendants au trône) pour commencer. A peine d’un autre temps : d’aujourd’hui – la superbe et le sens du glorieux, de l’honneur en moins, peut-être (mais est-ce à regretter, monsieur Asselineau ?) :
@ Morpheus, ce qui maintient le « débat démocratique » dans les pièges du système c’est aussi les jugements à l’emporte-pièce…
Les propos de Jean-luc Mélenchon ne sont pas ceux d’un « enfumeur », ce que je voulais apporter comme information, c’est que pour beaucoup de gens sincères, qui ne sont pas tous des crétins, la question du tirage au sort reste « hors sujet »…
Si l’on est peu ou prou « partisan » du tirage au sort, il ne faut pas sous-estimer la difficulté et peut-être , commencer à penser comment y intéresser ceux pour qui il ne s’agit que « du sexe des anges », sans les mépriser…la méthode des « gentils virus » échoue partout ou presque, et l’on ne doit pas se satisfaire de trois millions de clics sur « le blog d’Etienne Chouard »…
Il est donc positif d’aller discuter tant chez Asselineau quels que soient ses « défauts présumés », mais aussi, pourquoi pas chez d’autres, disposés à « écouter pour entendre », même si ces « autres » font partie du décor de notre enfer présumé…
sinon, l’idée du tirage au sort restera une belle prison d’où l’on observera « les autres prisons » de très loin…
Amicalement.
@ Alain
Je suis d’accord avec toi, il faut aller se confronter aux autres, mais il faut aussi apprendre à ne pas se faire utiliser. Je ne voudrais pas que Étienne (ou d’autres) aient le même destin qu’un Robespierre, et qu’une fois encore, ce soient les Voltaire qui soient décris comme les « gentils », alors que ce sont des bouffons, des tricheurs, des manipulateurs.
Nous avons l’expérience de ces hommes qui se sont fait duper par les affreux, parce qu’ils étaient vertueux. On peut être vertueux sans être manipulé. Il faut apprendre des coups fourrés. C’est surtout ça que je dis – ou que je veux dire.
Si j’ai comparé l’argumentaire de Myret Zaki concernant l’entrée de la Suisse dans l’UE, c’est parce que c’est l’impression que cela m’a fait en l’écoutant. C’est immédiatement l’image que j’ai eut : celle des capitulards de ’40. Désolé si ça passe mal, c’est juste la transcription cash de mon ressentit.
Tu sais, à la longue, avaler des couleuvres, ça devient lourds. Mélenchon qui enfume tout le monde, les militants communistes qui tournent fachos en oubliant les fondamentaux de la lutte des classes au profit d’un combat stérile et contre productif contre le FN, les lanceurs d’alerte honnêtes et sincères qui sont mis à l’index, …
Oh, c’est bon là, la coupe est pleine. Je sort les flingues. A bon entendeur …
Cordialement,
Morpheus
TIRAGE AU SORT VU PAR FRANCOIS ASSELINEAU LE 22/09/2012
http://bambuser.com/v/3002602
La vente des biens des émigrés fuyards aux enchères ou à la chandelle est intéressante, puisqu’elle signe et amorce le transfert de tout ce qui appartenait à la noblesse vers les plus riches des roturiers. Je n’imagine pas en effet un portefaix achetant un souvenir de Versailles vendu à prix d’or. Ici il s’agit de meubles, mais j’imagine que ce fut pareil pour les terres. Et comprenons bien qu’il en est de même du pouvoir. Le détail comportemental préfigure le futur, notre présent, gouverné non plus par le sang bleu mais par l’argent. Dommage qu’Asselineau ne relève pas ce choix symbolique mais définitif 😉
Morphéus, pour soutenir ton propos sur la richesse en France : les chiffres officiels sont là http://www.insee.fr/fr/themes/theme.asp?theme=4&sous_theme=4&nivgeo=0
je vois que ta méfiance est à géométrie variable, comme ton ouverture d’esprit « extra-large »,
le seul point du discours de mélenchon où il met de côté la lutte des classes concerne l’écologie (« il n’y a qu’un seul écosystème viable pour l’humanité ») et encore, ça n’empêche pas d’arguer sur le fait qu’il n’y a pas de « capitalisme vert »,
et c’est méconnaitre fortement l’histoire et les enjeux contemporains que pose la montée de l’extrême-droite en Europe que d’ignorer la nécessité du combat, de même que le traitement médiatique qui en est fait montre bien où va la sympathie capitaliste…en tout cas un groupe de frontiste est venu perturber un débat au coeur même de la fête de l’huma, quant au discours de « l’enfumeur », il ne parle pas du FN (http://www.jean-luc-melenchon.fr/2012/09/15/discours-a-la-fete-de-lhumanite-2012/),
depuis des mois le FdG (entre-autre) tente de porter le TSCG au coeur du débat, au moment où ça prend, et quelques jours avant la manif et le passage à l’assemblée, les socialistes parlent du droit de vote des étrangers et madame le pen parle de kippa et de voile à interdire dans la rue, c’est dire de quel côté de la lutte des classes ces deux partis se situent,
enfin, l’incorruptible, Robespierre lui-même, a été élu..ça relativise tes persiflages sur ceux qui cherchent à l’être pour prolonger son œuvre et ne se réclament pas d’un général putschiste et napoléonien, ayant prolongé l’empire colonial, pour se donner de la contenance.
en tout cas c’est vrai que les belges ont a être fiers dans leur résistance au néolibéralisme via l’affirmation identitaire d’extrême droite, tout comme les italiens et les hollandais.
j’ai depuis peu la chance de travailler avec une réfugiée chilienne, qui connait « l’enfumeur » depuis 30 ans, et je ne crois pas qu’elle soit du style à se laisser enfumer vois-tu, mais par contre, quand on a des proches et des amis torturés et dont les cadavres ont été balancés au dessus de la mer, selon des techniques refilées par la france et ses mercenaires fachos de l’oas ayant sévis en algérie et de l’armée coloniale à Madagascar, et qu’on a été trimbalé de pays en pays à mesure que les putsch d’extrême droite s’emparaient des pays latino, on a tout de suite un point de vue différent sur l’opportunité de mener le combat contre ces gens-là…simple facette de la lutte anticapitaliste, il est vrai, mais nécessité historique pour tout humaniste.
c’est aux cris de « communistes assassins » que s’est achevé le dernier rassemblement FN de la campagne présidentielle en France, au terme d’un discours où tous les poncifs d’extrême-droite furent déclinés, la lutte des classes n’y avait pas sa place, au contraire, nationalisme, ethnodifférentialisme, primauté du catholicisme, capitalisme national, etc., bref, tout ce qui peut grèver la lutte internationaliste et diviser les opprimés entre eux…qui enfume qui ? et qui sert d’épouvantail pour le vote PS ? tu n’as pas écouté ? passer devant le FN est la condition sine qua non pour le FdG pour que les électeurs indécis ne soient plus porté au vote « utile », ça se tient non ?
et pour moi, tant pis si je ne suis pas d’accord avec tout, le programme du FdG comporte des avancées monumentales par rapport à ce qu’on vit aujourd’hui, je préfèrent lutter sous un mélenchon que sous tout autre gouvernement, trop peu de fines gueules rechignant sur ceci cela ont sans doute peur d’être mis face à leurs responsabilités historiques, résultat, qu’on aime ou pas les élections, elles ont eu lieu et elles ont donné le pouvoir, le président c’est hollande, pas mélenchon, pas d’assemblée constituante, pas de planification écologique, et la richesse en France toujours aussi mal distribuée, les média toujours possédés par le grand capital, et l’UE néolibérale, etc.
yen a qui vont s’indigner longtemps à ce rythme-là…
@ Sandy : je suis d’accord avec vous.
Cependant il me semble utile de ne jamais oublier l’inter-rétro-complexo-dialectique-action permanente entre luttes « de classe » et « revendications démocratiques ». Pour ma part je désapprouve la torromachie comme je désapprouve « l’obsession anti-partis »…
elles relèvent toutes deux d’une même « tradition sacrée », la seule différence c’est qu’avec la tauromachie, la bête à abattre est honnêtement désignée, tandis qu’avec « la chasse aux partis », le seul vraiment visé c’est le parti prolétarien, et les « chasseurs » cassent leurs fusils devant « quelqu’un de bien », auquel ils offrent tout ce qu’ils reprochent aux « partis » de posséder.
Ceci dit, le souci du « processus constituant » devrait hanter le « mouvement social », et donc la question de savoir « QUI » doit écrire et proposer la Constitution, question bien posée par Étienne, moi qui milite avec le Front de Gauche, j’estime que nous ne devons pas accepter de la caricaturer en « discussion sur le sexe des anges ». Il faut le dire sur le « blog à mélenchon » que j’affectionne comme vous.
Amicalement.
@Sitouallin (je m’excuse de vous avoir nommé Sandy !)voici ce que je poste sur le blog de JL Mélenchon :
@les « anti-oui-ouistes » : enfin des ex-oui-ouistes « écolos » reprennent leur liberté sur l’idéologie dominante. C’est une nouvelle plutôt bonne. Mais ne devrions-nous pas continuer à cultiver le champ du « processus constituant » tout en poussant les récoltes en cours, celles du mouvement social s’entend ?
@vert pomme : la question que vous posez se posera : dans le feu de « l’action », le peuple qui soi-disant »écrit l’Histoire«, pose son stilo et se pose aussi cette question « quelles sont les consignes ? »
C’est bien de dire « pas de consignes », mais alors, il ne faut pas avoir dit « suivez-moi » !
Je propose que l’on s’autorise à écrire des consignes, histoire de s’exercer à « écrire la Constitution de la République véritablement démocratique » qui résultera de « la révolution citoyenne ».
@Webmestre : Jean-Luc Mélenchon dans ce qu’il écrit tente de nous attirer l’attention sur « notre responsabilité ».
Je me permets donc de suggérer que l’on associe en permanence la réflexion quant au « processus constituant » avec l’effort de mobilisation populaire, et donc, que l’on n’appelle pas cette réflexion « discussion sur le sexe des anges ».
Amicalement.
@ sitouaillain
« enfin, l’incorruptible, Robespierre lui-même, a été élu. »
Contrairement à ce que la majorité des gens pense, Hitler aussi avait été élu. Et une fois en place…
Comme quoi le système d’élections ne garantit pas la démocratie.
Un coup d’état par les armes ou un coup d’état par les mots…
Si aucun système ne peut être parfait, seul le tirage au sort d’EMPLOYÉS du Peuple, n’ayant QUE le pouvoir de mettre en oeuvre les décisions du Peuple, contrôlés et sanctionnés périodiquement par le Peuple est le mieux à même de limiter les casses pour assurer une réelle démocratie.
Cordialement
« quant au discours de « l’enfumeur », il ne parle pas du FN »
Donc, JLM ne se préoccupe pas du FN ? Voyons si on a des indices qui contrarient cette affirmation.
1. Déjà, l’appellation « FRONT de gauche », qui fait directement référence au « FRONT national ». Cela donne le ton (ou le la) de la lutte front contre front.
2. Lors d’une rencontre apparemment fortuite entre MLP et JLM, ce dernier annonce clairement la couleur : il est là pour battre le FN. On ne peut être plus clair sur ses intentions dans la bataille électorale.
3. A Hénin-Beaumont, c’est bien pour affronter MLP que JLM s’est présenté, stratégie d’ailleurs dénoncée par une candidate des Verts, qui dit (comme moi) que la stratégie du « front contre front » est une très mauvaise idée, en particulier pour les habitants de Hénin-Beaumont (pris en otage par la stratégie de JLM de se présenter à Hénin-Beaumont plutôt qu’ailleurs). En plus, il a perdu…
4. Dans cette vidéo (toujours à Hénin-Beaumont), on voit le mépris arrogant et affiché de JLM à l’égard du peuple. Je ne sais pas qui est ce type, et même s’il dit des conneries, l’attitude de JLM est à mon sens inadmissible de la part d’un »représentant«. Il y avait bien d’autres moyens, bien plus efficaces, de répliquer à ce bonhomme. On parle des excès de Sarkosy (tout aussi inacceptables), il n’y a pas de raison de ne pas dénoncer également ceux de JLM.
JLM est un tribun, et les tribuns, il faut s’en méfier. Dès sa défaite à l’annonce des résultats du premier tour, il a trahis son électorat en appelant à voter Hollande. On voit bien tout le piège de l’élection, et on voit bien qu’il a œuvré pleinement dans cette mascarade prétendument démocratique.
L’essentiel de cette campagne du Front des Gauche a été un positionnement front contre front. En menant une tout autre campagne, axée uniquement sur la lutte contre l’oligarchie capitaliste et les trahisons de la gauche prétendument socialiste, sans s’occuper du FN, le FDG l’aurait emporté, et aurait même eut de bonnes chances d’arriver au second tour. Mais le fait est que toute cette stratégie front contre front a eut pour résultat de pousser les gens à voter au centre, ce qui fait TOUJOURS le jeu de l’UMPS.
Je persiste et signe : Jean-Luc Mélenchon est un enfumeur.
Morpheus
@ Morpheus. Personellement aux érections pestilentielles par défaut j’étais prête à voter Méluche mais pour les raisons que vous évoquez en particulier :
En menant une tout autre campagne, axée uniquement sur la lutte contre l’oligarchie capitaliste et les trahisons de la gauche prétendument socialisteet bien je me suis rangée dans le camps des abstentionnistes dégoûtés.
Désormais il est trop tard pour Méluche, il s’est grillé à jamais.
Cette dernière érection m’a fait prendre une décision : je ne voterai plus jamais même pas blanc.
Désormais très fière d’appartenir au premier mouvement politique de France l’ACR (Abstention Contestataire Républicaine). Eh bien en voici un de nouveau parti à créer !
l’ACR, c’est intéressant 🙂
J’ai évoqué samedi auprès d’un ami qui nous est commun 😉 l’idée que dans la perspective de l’article 4 de la constitution actuelle, serait crédible un parti qui dans ses statuts comporterait comme article 1 : « Les membres s’engagent à ne pas briguer le pouvoir »
Ainsi serait il crédible pour organiser des débats, des concertations, souvent entre ennemis, non pas pour désigner un vainqueur mais pour exhumer l’idée saine, neuve, originale, qui pourrait rassembler puisque repérée de conserve.
Hors de ce schéma qui n’est peut être pas idiot, je tolère les partis dans le système actuel, contrairement à certains, mais en contrepartie je les rejette radicalement pour une démocratie réelle et future, qu’ils ne sauraient que polluer de leur esprit yang, agressif, de conquête, dénué de toute convivialité et de toute vergogne, capable de n’unir que pour mieux tuer.
Pour la petite histoire, je continue à voter « anticatastrophe », pour le moins pire (difficile à choisir tant ils sont tous atteints), mais sans conviction, et pas toujours.
Bises au futur, que j’imagine radieux si nous sommes tenaces et … pragmatiques au delà du net.
Il y a aussi l’idée d’AJH de créer un parti spécialisé sur les municipales, dont les membres s’engageraient une fois élus à ne jamais voter une décision sans avoir renseigné la population ni sans l’avoir consultée honnêtement et exhaustivement.
La transition non violente du système actuel à la réelle démocratie ne pouvant peut être s’opérer que pas à pas, selon une succession d’exemples et/ou de progrès qui se doivent d’être réalistes et séduisants. Le temps presse, mais nous n’avons pas les moyens d’aller vite.
Encore môâ
A propos du pragmatisme évoqué plus haut = A mon sens il passe par assumer les kilomètres pour se rencontrer. Oui, ça coûte. Mais bon.
@Morpheus : « 1. Déjà,l’appellation « FRONT de gauche », qui fait directement référence au « FRONT national ». Cela donne le ton (ou le la) de la lutte front contre front.
La « référence » comme vous dites, c’est le « Front National », en effet, le seul qui devrait faire référence, celui créé à l’initiative des communistes pour résister à l’occupant nazi…Certainement pas votre référence, si vous croyez à la légitimité historique de la famille LE PEN…Il est important de résister aux falsifications, tout comme aux amalgames…
Ensuite je n’ose imaginer que vous ignoriez l’origine réelle de la dynamique actuelle dite « du Front de Gauche », ce qui signifierait que vous êtes prisonnier des murailles de mensonges édifiées par les médias dominants autour du mouvement social lui-même, et pour une raison évidente d’autoprotection des dits dominants…
Il resterait vos points 2, 3, 4 à critiquer, mais je suppose que vous avez compris ce que signifie « JLM est un tribun et les tribuns il faut s’en méfier »…etc …étant plutôt du genre gentil, je pense que vous auriez dû prolonger un peu votre sièste hier ! C’est vrai que les gentils sont cons, c’est donc pas ma faute ! Bof ! je vais acheter mon « voici » au café du commerce et continuer cette conversation avec un autre vous-même sans doute …
c’est vrai qu’avant tirage au sort il va falloir « éducation populaire » !
Choisir l’ambiance :
ça
http://pavilly-4ohm.spip.ac-rouen.fr/IMG/jpg/goya_tres_de_mayo_1814.jpg
ou ça
http://p3.storage.canalblog.com/34/39/173662/15458433.jpg
?
« just a joke »
@ Alain
Si vous ne voyez pas où est le piège dans la lutte front contre front, alors en effet, j’ai échoué à aiguiser votre discernement sur cet enfermement idéologique et psychique.
Autant pour moi.
Morpheus
3 liens de Mediapart aujourd’hui, traitant de liens incestueux entre argent et politique …
1)
Mediapart, l’argent de la politique et la politique de l’argent, PAR EDWY PLENEL
Notamment depuis nos informations de 2010 sur l’affaire Bettencourt, Mediapart n’a cessé de documenter une question démocratique centrale, celle du financement de la vie politique et des graves dévoiements auxquels elle peut donner lieu. Nos révélations d’aujourd’hui sur la liste secrète des hauts donateurs de l’UMP, le parti du président sortant, Nicolas Sarkozy, relèvent de ce devoir d’information sur des questions d’intérêt public. […] Lire la suite
2)
Argent de l’UMP : la liste secrète
Mediapart s’est procuré l’annuaire des membres du Premier Cercle, le club des grands donateurs de l’UMP. Paradis fiscaux, lobbying des multinationales, influences étrangères, possibles contournements de la loi sur le financement des partis : l’étude de cette liste, éditée en juin 2007 et que l’UMP tient secrète depuis, illustre les liens incestueux entre argent et politique. Révélations. […] Lire la suite
3)
Dons aux partis : des parlementaires demandent la transparence
Au MoDem, au PS et chez les écologistes, de nombreux responsables et élus souhaitent que la transparence soit faite sur l’identité des gros donateurs, à partir d’un seuil de plusieurs milliers d’euros. Mais une récente proposition de loi socialiste en ce sens a été réécrite in extremis pour abandonner cette idée… trop osée. […] Lire la suite
Argent de l’UMP :
la liste secrète
(cf lien ci-dessus)
Extraits :
Ils sont 544, très majoritairement des hommes. Ils sont riches et puissants. Certains sont célèbres, d’autres parfaitement inconnus du grand public. Mais tous ont un point commun : ils faisaient partie en 2007 du Premier cercle, le club très select des grands donateurs de l’UMP, dont Mediapart s’est procuré l’annuaire …
Editée en juin 2007 au lendemain de l’élection de Nicolas Sarkozy, elle révèle tout d’abord la surreprésentation de la haute-finance, notamment des banques (Goldman Sachs), des fonds d’investissements et des hedge-funds, en lien avec des paradis fiscaux, dans les financements du premier parti de France (en nombre d’adhérents).
La part des “délocalisés” du fisc français, installés en Suisse, en Belgique ou à Londres, saute également aux yeux.
Cette liste dévoile aussi une forme – à peine déguisée – de lobbying de grandes entreprises (françaises ou étrangères) et la présence, dans les rangs du Premier Cercle, de plusieurs personnalités étrangères influentes (pour l’essentiel anglo-saxonnes) …
Elle interroge ensuite sur les possibles compromissions du précédent gouvernement, quand il s’est montré peu regardant avec certains fraudeurs fiscaux, membres du Premier Cercle. …
Faire partie du Premier Cercle offre de mutiples avantages, notamment celui d’avoir un accès privilégié à des responsables politiques de premier plan : le président de la République, le Premier ministre ou le ministre du budget qui, en 2007, était aussi le trésorier de l’UMP (Eric Woerth).
Ce dernier n’a d’ailleurs pas dit autre chose devant les policiers qui l’ont interrogé en juillet 2010 dans le cadre de l’affaire Bettencourt : « Je veille à ce qu’il y ait une reconnaissance politique de cet engagement financier. Il existe donc des rencontres périodiques, plusieurs par an, réunissant les donateurs (…) autour de responsables politiques. » …
… présence de personnalités plus ou moins attendues, comme Ernest-Antoine Seillière (Wendel, ancien président du Medef), André Bettencourt (L’Oréal), Jean-René Fourtou (Vivendi), François Pinault (groupe PPR), Robert et Bertrand Peugeot (Peugeot), Serge Kampf (Capgemini), Gérard Pélisson (Accor) Robert Bourgi (avocat de la Françafrique) …
sur les 544 membres du Premier Cercle recensés, plus du quart – 140 précisément, selon notre décompte – résident à l’étranger, pour l’essentiel dans des contrées où la fiscalité est plus douce qu’en France …
Fait surprenant : plusieurs personnalités étrangères ou ayant fait toute leur carrière à l’étranger font partie des grands donateurs de l’UMP …
Dans la liste, on tombe ainsi sur le Canadien Peter Munk, président du leader mondial de l’extraction d’or, Barrick Gold Corporation. Milliardaire, Peter Munk est un associé et ami du marchand d’armes saoudien Adnan Khashoggi. Les activités minières de l’homme d’affaires canadien sont au cœur de plusieurs controverses …
Au Premier Cercle, en 2007, M. Munk côtoie notamment la famille Duroc-Danner (cinq de ses membres en font partie…), établie entre le Texas, Londres et la Suisse. Le patriarche, Bernard J. Duroc-Danner, est le pdg du géant pétrolier Weatherford, dont le chiffre d’affaires a atteint en 2011 les 13 milliards de dollars. Le Wall Street Journal a rappelé à l’été 2011 que les importantes infrastructures de la multinationale en Libye avaient été peu endommagées par la guerre, dont M. Sarkozy fut l’un des fers de lance. M. Duroc-Danner est également une connaissance de Jean-François Copé, l’actuel secrétaire général de l’UMP.
Club décidément sans frontière, le Premier Cercle accueille aussi en son sein le milliardaire russe Leonard Blavatnik — sa fortune personnelle est estimée par le magazine Forbes à 12 milliards de dollars. L’homme d’affaires basé à New York est à la tête d’un empire financier, Access Industries, qui a investi dans des secteurs aussi divers que le pétrole russe (TNK-BP) ou la musique …
Les représentants des pays anglo-saxons (Angleterre et Etats-Unis) sont, de loin, les premiers bailleurs de fonds étrangers. Aux Etats-Unis, le parti profite, il est vrai, de solides réseaux d’influence grâce au clan Sarkozy.
Le demi-frère de l’ancien chef de l’Etat, Pierre-Olivier Sarkozy (ils ont le même père), était en 2007 et encore après un membre actif du Premier Cercle outre-Atlantique. Ancien de l’Union des Banques suisses (UBS), Pierre-Olivier Sarkozy a rejoint en mars 2008 le groupe Carlyle, dont la figure de proue fut pendant des années l’ancien directeur adjoint de la CIA, Frank Carlucci, un proche de Ronald Reagan.
Le beau-père de Pierre-Olivier Sarkozy, Frank G. Wisner, est lui aussi membre du Premier Cercle. Diplomate de renom — il fut ambassadeur en Zambie, en Egypte, aux Philippines et en Inde —, Franck G. Wisner est le fils de Franck Wisner, le créateur du service des opérations clandestines de la CIA … Après avoir quitté les couloirs de la diplomatie américaine, Franck Wisner fils a rejoint le grand cabinet de lobbyistes Patton & Boggs …
L’opa du monde de la finance
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Sur les 544 membres du Premier Cercle de juin 2007, 147 appartiennent au monde de la haute-finance. Soit, à nouveau, un gros quart. Les plus grands banquiers de la place sont dans la liste : Charles de Croisset (Goldman Sachs), Michel David-Weill (Lazard), David de Rothschild (Rothschild), Nicholas Clive-Worms (Banque Worms), Edouard de Ribes (Rivaud), Charles-Henri Filippi (HSBC)…
S’agissant de la dizaine de grands donateurs de l’UMP résidant en Suisse, une majorité sont banquiers : Henri Danguy des Déserts (ancien de SG Private Bank), Jean-François de Clermont Tonnerre (banque Hottinger), Aimery Langlois-Meurinne (ancien de GBL et Meryll Linch), Christophe Mazurier (banque Pasche) ou Marc Odendall (ancien de Meryll Linch et JP Morgan).
Trois responsables de Lehman Brothers, dont la faillite en septembre 2008 a révélé des pratiques comptables plus que douteuses du géant bancaire, figurent également dans l’annuaire du Premier Cercle : Nicolas Pourcelet (managing director), Alexandre Capez (head of structured volatility) et Benoît d’Angelin (co-director investments Europe).
Trois cadres de la banque d’investissements new-yorkaise Cantor Fitzgerald, spécialisée dans le courtage de bons du Trésor américain et liée à la Réserve fédérale de New York, ont financé l’UMP : Alexandre Artus, Avi Bouhadana et Michael Halimi. Les trois ont élu domicile entre Londres et New-York.
Les hedge funds, ces fonds spéculatifs opaques et dérégulés, symboles du « capitalisme de casino », sont eux aussi bien représentés par leurs dirigeants dans la liste des grands donateurs de l’UMP : Talaris Capital, Concerto Capital Management, Alphagen, Centaurus, Blackstone, Amber Capital… La plupart d’entre eux sont liés de très près aux paradis fiscaux, ceux-là mêmes que Nicolas Sarkozy dit avoir fait disparaître une fois élu — ils ne se sont en réalité jamais aussi bien portés …
Autre membre du Premier Cercle, l’homme d’affaires Eric Le Moyne de Serigny, ancien collaborateur de l’ombre d’Eric Woerth au ministère du budget, avait quant à lui été qualifié d’« ange du paradis fiscal » par le site Rue89, qui avait publié une enquête révélant, documents à l’appui, l’implication de M. Serigny dans l’administration de sociétés-écran au Panama …
Le cas le plus flagrant est celui de la banque Goldman Sachs … Pour ce qui concerne l’UMP, nous avons pu recenser pas moins de huit responsables de la banque dans la liste des membres du Premier Cercle : Jean-Luc Biamonti (managing director), Charles de Croisset (vice-président Europe), Isabelle Ealet (responsable mondiale “commodities”), Laurent Dupeyron (co-dirigeant de l’“european equity”), Pierre-Henri Flamand (directeur du “desk global”), Hugues Lepic (banquier associé), Philippe Khuong-Huu (chef du département “global interest rates products”) et le trader Carole Bettane …
Autre cas d’école, celui du groupe Pizzorno, spécialisé dans le traitement des déchets. La société, basée à Draguignan (Var), est impliquée dans une affaire de corruption présumée en Tunisie où elle a fait travailler l’ancien ministre de la défense François Léotard. L’annuaire du Premier Cercle fait apparaître qu’une grande partie du comité de direction du groupe a rejoint le club des grands donateurs de l’UMP …
Selon un ancien membre du Premier Cercle, la question fiscale est — avec les 35 heures — le premier sujet de conversations des membres du Premier Cercle quand ils sont réunis par l’UMP, généralement à l’hôtel Bristol (à deux pas de l’Elysée) ou au cercle Interallié.
De fait, outre les “exilés” fiscaux et les représentants d’institutions implantées dans les paradis fiscaux, le Premier Cercle compte en son sein plusieurs personnes qui ont maille à partir avec l’administration au sujet de leurs impôts.
…
Dans la liste, certains patronymes se multiplient comme des petits pains. La famille Guerrand-Hermès (groupe de luxe Hermès), par exemple, se distingue avec cinq représentants. Le cas le plus frappant ? Quatorze Mulliez (Gérard, Thierry, Vianney, André, Arnaud, Marie, etc.), membres d’une des familles les plus riches de France, aux manettes de la holding propriétaire du groupe Auchan. Quant au Franco-libanais Jacques R. Saadé, pd‑g de la troisième compagnie de fret maritime au monde (CMA-CGM), il a rejoint le Premier cercle avec quatre de ses proches, dont son fils Rodolphe …
Je n’ai pas une pensée tout à fait construite sur ce dont je vais vous parler, mais c’est la bonté de l’agora que de permettre l’émergence de ce qui est « under construction ». C’est, encore une fois, sur nos chers petits affreux. Nos chères familles de petits affreux.
D’un point de vue psychologique, l’affreux, celui qui se cache derrière des murailles de pouvoir faites de peur, d’or et argent, pour amasser des collines d’or et argent sur son domaine familial (alors que IL SAIT que cela engendre la mort et l’immense malheur de millions d’humains) ne peut que se persuader, à chaque instant, de faire le « bien ».
Mais comme chaque humain est habité par moult dynamismes émotionnels et moult courants de pensée qui cohabitent dans la plus polymorphe paradoxalité, ces chers petits affreux, quelque part (tout comme l’enfant qui vole les bonbons d’anniversaire dans le cartable de son camarade de classe) quelque chose lui dit, ou une part de lui pense, que participer à la mort et au malheur de millions d’humains… ce n’est pas tout à fait « bien ».
Or, il y en a plus d’un d’affreux, et de familles d’affreux. Il y en a quelques centaines dans ce quartier appelé Terre.
Dans cette petite tribu appelée Humanité.
Ils se connaissent. Ils se côtoient.
Parlons scientifiquement : Il y a une donnée générale et incontournable chez les voleurs de bonbons d’anniversaire dans les cartables de ses camarades de classe qui est la suivante : ils portent en eux profondément (il s’agit-là d’une nostalgie indéracinable) le désir d’être un jour ramenés à la réalité de leur méfait, il existe en eux le désir :
1. Que ceux à qui ils ont volé leur cadeau d’anniversaire les regardent dans les yeux et leur parlent.
2. Qu’il devienne de notoriété publique qu’ils ont volé des bonbons chez leurs camarades, que l’on sache depuis combien de temps ils font cela, à combien d’enfants ils ont rendu malheureux.
3. Qu’une Loi sociale, une Loi Humaine, vienne leur rappeler ce qui doit et ne doit pas être fait. Ce qui est juste et n’est pas juste de faire.
4. Que ce qu’ils ont fait, comporte des conséquences sur leur vie, sur leur honneur, et celui de leur famille.
Et ce désir, trouve son origine dans un fait tout aussi scientifique : l’enfant qui éprouve le besoin de voler les bonbons d’anniversaire dans les cartables de ses camarades est foncièrement, irrémédiablement, incontournablement… malheureux.
Le malheur c’est de se sentir coupé des autres. Et le désir de sortir de ce sentiment est immanent.
Il me semble que la mondialisation, c’est à dire la transformation de la planète en une grande tribu ou un grand quartier, amène la nécessité d’un réveil de conscience collective particulièrement intense. C’est une question de survie que de remettre de l’ordre dans le quartier, dans la tribu. C’est une question de survie pour nous tous, mais il est aussi question d’aller au secours des enfants voleurs de bonbons d’anniversaire. Qui ont grandi, et qui désormais dressent des murailles de peur, d’or et d’argent autour d’eux, pour cumuler dans leur domaine familial des montagnes d’or et d’argent, et de plus en plus de pouvoir à travers la maitrise de la parole publique et à travers la peur distillée un peu partout.
Ils attendent avec une impatience infinie que le village entier (le village planétaire qui est le leur) se réveille, qu’il les libère de leur malheur tout-puissant, de leur solitude maladive.
Leurs méfaits nous appellent, ils appellent notre alliance, notre lucidité, et notre bienveillance.
La famille planétaire devrait se parler et se concerter, car il y en son sein des enfants de malheur qui ont pris tout pouvoir, et la maison est menacée par les flammes.
il sait
@ Alain, d’accord avec toi, rien à redire..
à part que le principe de la constituante, ça commence déjà dans les statut du FdG et dans ceux des partis qui le composent, il y a des progrès à faire et des luttes à mener, le blog de mélenchon n’est pas le bon le lieu pour ça je crois, et son parti n’est pas le plus exemplaire en matière de démocratie directe (euphémisme)…
@ Morphéus,
tu dis :
« JLM est un tribun, et les tribuns, il faut s’en méfier. Dès sa défaite à l’annonce des résultats du premier tour, il a trahi son électorat en appelant à voter Hollande. On voit bien tout le piège de l’élection, et on voit bien qu’il a œuvré pleinement dans cette mascarade prétendument démocratique.
L’essentiel de cette campagne du Front des Gauche a été un positionnement front contre front. En menant une tout autre campagne, axée uniquement sur la lutte contre l’oligarchie capitaliste et les trahisons de la gauche prétendument socialiste, sans s’occuper du FN, le FDG l’aurait emporté, et aurait même eut de bonnes chances d’arriver au second tour. Mais le fait est que toute cette stratégie front contre front a eut pour résultat de pousser les gens à voter au centre, ce qui fait TOUJOURS le jeu de l’UMPS »
bien, tu peux prendre les gens du FdG pour des cons, mais pour beaucoup d’entre eux, ça fait des générations qu’ils se transmettent la méfiance du tribun, c’est même dans les paroles de l’internationale, le chant des communards…
le problème c’est que toi tu confonds se méfier avec systématiquement dénigrer, malheureusement tu n’es pas seul, et donc on cherche, si on présente un mec avec le charisme d’une patate, il fait un score insignifiant, si on présente un bon orateur,etc., tous les pisses-vinaigres lui tombent dessus,
info cruciale par ailleurs, personne n’est parfait, ça nous arrive à tous de nous emporter, surtout quand on est passionné, enfin, les gens comme toi ont tellement envie que ça ne change pas, que dès qu’il y a un peu d’enthousiasme, ils ruminent et déploient trésors de lâcher de fiel, avec les nouvelles technologies, ça facilite le travail et il reste une trace..continuez…
bien entendu, c’est donc un traitre en appelant à voter hollande, sauf que ce n’est pas un urluberlu parlant en son nom, il y a des gens derrière, et ils n’auraient pas compris qu’il ne le fasse pas, et il l’a fait en explicitant ce qu’est une élection, ses enjeux, et ce que signifie ne pas faire de choix, en l’occurrence, ça profitait plus à l’ump qu’au Ps de ne pas voter, et n’en déplaise à tes représentations idéologiques, ce n’est pas tout à fait la même chose, et ce « pas tout à fait » a des conséquences surtout pour les plus fragiles, mais ça, tu t’en fiches. et, au passage, nous sommes tous d’accord avec toi « On voit bien tout le piège de l’élection, et on voit bien qu’il a œuvré pleinement dans cette mascarade prétendument démocratique. » et il l’a même plutôt bien joué et en a pleinement conscience de cette « mascarade », le fait est qu’une analyse des rapports de force place cette « mascarade » comme passage obligé pour changer de régime et consolider des avancées démocratiques, et on voit d’ailleurs que respecter le formlisme de la démocratie libérale ne suffit pas à se soustraire aux forces ennemies (cf coups d’états récents en amérique latine), il faut pour défendre ses conquètes, un peuple conscient et actif (fond du discours de la fête de l’huma qui j’insiste, ne parle pas de le pen, mais de « pourquoi la révolution »)
ensuite tu affirmes que la campagne était uniquement axée « front contre front », malheureusement c’est archi faux, ça prouve ton bas niveau de conscience politique, tu te réfères à tes perceptions via les médias et tu oublies que cette stratégie n’a valu que pour la législative d’hénin beaumont, et j’ai mon opinion là-dessus, mais la tienne est légitime, elle s’est d’ailleurs exprimée dans le FdG, ce n’est pas la stratégie de mélenchon lui-même d’ailleurs, enfin le problème n’est pas là, c’est que tu te saisis de cela pour tout dénigrer, alors que les désaccords, les erreurs, c’est inévitable, la différence, quand on est dedans, c’est qu’on voit les tensions et les discussions, qu’on fait l’effort de maintenir la pérennité du collectif et du sens de l’action, tandis que les gens comme toi, font tout pour détruire ce qui s’est construit très difficilement, pour détourner les gens d’un moyen d’action qui a le mérite d’être atteignable,
dire « seul le tirage au sort machin chose », je veux bien, dire « abstention » d’accord, mais montrez-mo vos armes, vos chars, vos missiles, mettez-moi 10millions de gens déterminés dans la rue et faites-donc, et d’ailleurs, en quoi cela vous empêche de soutenir aussi d’autres chemins ?
en tout cas, toute la campagne a été menée sur « la lutte contre l’oligarchie capitaliste et les trahisons de la gauche prétendument socialiste », la lutte écologiste, démocratique, pour des valeurs positives, la constituante, et ACCESSOIREMENT contre l’antithèse de tout cela, l’extrême droite, déjà présente au gouvernement d’alors et infiltrée jusque dans ta tête visiblement, puisque la question du FN était abordée sous l’angle du désenfumage, avant tout sur le programme et sur la nature de ce mouvement, qui ne défend pas « les petits, les sans grades », et qui eux ont été sur le registre de la pollution virale, efficace, il faut le reconnaitre vu que tu répètes leurs termes (« enfumeur ») et relaie leurs discours…je serais toi, je me méfierais de moi-même plus que de mélenchon, et je ferais gaffe à ce que je répands comme idées noires et démobilisatrice…
nous n’avons pas besoin d’hésitants permanents et de pisse-vinaigre ou d’ado attardés incapables d’accepter les désaccords et les imperfections, nous avons besoin de gens conscients et lucides, actifs, enthousiastes et capables de déborder et de contourner les problèmes proprement partidaires (encore que plusieurs orga membres du front ne répondent pas du tout aux préjugés véhiculés ici sur les partis), afin que ce front soit le front du peuple des engagés, du mouvement social,
le front de gauche, c’est une prémisse, un outil à habiter et à parfaire, et il a son sens, sa légitimité comme instrument culturel, d’éducation populaire, de solidarité, de lutte et de convergence des luttes, pour leur donner une plus grande portée politique et stratégique,
en tout cas, moins nous serons à prêcher le contraire, à prêcher la négativité, et plus ce sera vrai…et mélenchon, je m’en fous, avec un peuple conscient, un trisomique serait élu..on n’y est pas, faut faire avec !
@ sitouaillain
Bof, tu sais, Mélenchon et sa secte, hein …
😉
Morpheus
Pour tout vous dire, lorsque j’étais plus jeune, les vieux, c’était tous les autres. Je ne comprenais pas qu’ils ne comprennent pas… Or, depuis quelque temps, j’ai l’impression de ne plus comprendre certaines choses. J’en suis donc logiquement arrivé à la conclusion que j’étais devenu vieux. D’ailleurs, j’ai également remarqué que je gagnais régulièrement au jeu des 1 000 francs (à moins que ce soit euros) de France Inter…
Je suis vieux. Ça y est. Pour un économiste comme moi, devenir vieux, c’est compter dans l’ancienne monnaie et gagner au jeu des 1 000 euros (ou francs, nous les vieux on confond tout)… Remarquez, au train où vont les choses, le jeu des 1 000 euros devra sans doute redevenir le jeu des 1 000 francs… Mais c’est un autre sujet.
Je ne vous cache pas qu’il y a d’autres indices qui me font penser que je suis vieux. Les cheveux blancs, le mal de dos (surtout le mal de dos), et lorsque votre médecin commence à vous dire plus d’alcool, plus de charcuterie, plus de fromage… Bref, me voilà dans l’âge des « sans »…
Non, l’important n’est pas ma jeune vieillesse, mais la sortie de l’iPhone 5 de chez la Pomme. Heureusement que la Pomme se dit Apple en anglais, car franchement, vous achèteriez un produit vendu sous la marque « Pomme » ? Ouhaaa trop génial ton dernier i‑Pomme… C’est comme acheter un Big Mac. Un Big Mac, d’accord, mais un « gros mac », tout de suite, c’est moins vendeur.
Donc vous l’aurez compris, en tant que jeune vieux, je ne comprends pas l’engouement autour de l’iPhone 5.
C’est un téléphone qui, comme tous les téléphones d’aujourd’hui, sert avant tout à tout… Sauf à téléphoner.
Non, non, c’est bien les Smartphones. Enfin, c’est bien, si on veut.
Pour l’économiste, l’iPhone, c’est génial. C’est génial aussi pour l’anthropologue, pour le psychologue, et pour toutes les professions en « ‑logues ».
Cela permet de comprendre l’homme et la société. Lorsque je vois des milliers de crétins – pardon pour vous lecteurs possesseurs d’i‑Téléphone – faire la queue pour se procurer cet appareil-là, maintenant tout de suite, je reste légèrement dubitatif.
Non, il est certainement très beau, très pratique, carrément génial, je veux bien vous croire, mais franchement, dormir sur un trottoir, comme un SDF, pour être sûr d’avoir son i‑machin le lendemain, là, je ne comprends pas.
Encore, payer un pauvre pour faire la queue à sa place, je peux conceptualiser… (Non, en fait je peux pas non plus.)
Pourquoi vous dire tout ça ? Parce que tout cela doit nous interpeller sur l’état de nos sociétés occidentales.
Les nouvelles technologies plongent l’individu dans l’immédiateté. Rien de vraiment nouveau. Sauf qu’Internet date réellement de 1997 en France. L’ADSL, le haut débit, de 2005 à Paris ; avant, c’était les modems verts ou bleus. Une véritable tannée. Le premier i‑Pomme portable version 1 arrivera en 2007 ! C’était hier.
Mais depuis, quel changement. Soyons honnêtes, l’iPhone a ouvert la voie des Smartphones et a contribué à changer la société.
Passons sur la praticité de tous les petits trucs que l’on peut faire avec. L’élément essentiel, c’est que, désormais, nous voulons tout. Tout de suite. Immédiatement. Lorsqu’une personne est injoignable, c’est l’incompréhension et l’agacement.
Je veux mon banquier en ligne maintenant. Je veux la réponse à ma question maintenant. Je veux être entendu maintenant.
Il n’y a plus qu’un temps. Celui du présent. Le passé est déjà trop loin. Le futur pas encore là. Non, ce qui compte c’est maintenant. Tout le reste est inutile.
Or, cela est très dangereux. Se projeter dans le futur en s’appuyant sur le passé, c’est-à-dire sur l’expérience, est l’attitude qui a pu faire avancer l’humanité.
Ne vivre que dans le présent, c’est nier à l’homme ce qui fait son intelligence. C’est nier le droit de préparer le futur.
Le message subliminal de la société au sens large, c’est : « Ne vous préoccupez pas du futur. Ne regardez plus le passé. Pour être de bons consommateurs, vous devez vivre uniquement dans le présent. »
Rassurez-vous. Je ne suis pas en train de dire que les possesseurs d’iPhone sont des décérébrés. Encore une fois, l’iPhone c’est super, et je ne tiens pas à être assailli d’oeufs pourris dès demain à mon réveil. Non, je dis juste que le type qui fait la queue toute une nuit dans le froid pour avoir son iPhone là, maintenant, tout de suite, lui, est totalement « crétinifié » et lobotomisé à la publicité massive. Nuance de taille.
Nous ne levons plus la tête du guidon. A l’arrivée, nous devenons collectivement stupides.
La réflexion demande du temps, de la maturation, du vieillissement. Comme le bon vin, comme en toutes choses ou presque, le temps aussi doit faire son œuvre.
Le progrès technique n’est pas forcément un progrès de « l’âme ».
Pendant que notre capacité collective d’intelligence décline fortement sous la pression de l’immédiateté et du seul présent, nous en oublions comment sont produits les i‑Pommes et tout le reste d’ailleurs.
Mieux vaut être esclave de son iPhone, qu’esclave dans une usine chinoise.
La société Foxconn a été obligée de fermer une usine en Chine après une bagarre ou une émeute (on ne sait pas très bien) impliquant 2 000 ouvriers dans un dortoir la nuit dernière.
Bilan, 5 000 policiers nécessaires pour ramener le calme et quarante personnes blessées.
Pour information, le géant chinois Foxconn emploie environ un million de travailleurs dans le pays.
En Chine, l’entreprise est accusée de mauvaises conditions de travail et de mauvais traitements.
Mais l’important, l’essentiel, c’est que l’on puisse faire la queue pour acheter un i‑Pomme 5.0 en campant dehors sur un trottoir… De quoi envier le dortoir des chinois.
Il faut bien trouver de quoi tuer le temps en attendant l’i-pomme 6.0, cette révolution électronique qui va changer le monde à tout jamais …
Non ?
😉
Morpheus
Pour la souveraineté villageoise !!!
La démocratie sans électronique :
http://www.swissinfo.ch/fre/politique_suisse/Landsgemeinde_mon_amour!,_clament_les_Appenzellois_.html?cid=8746174
A offrir à François Asselineau 😉
« Princes entendez bien !
Vous êtes solitaires…
Le grain qui se refait à la même terre est damné, puis il dégénère…
Vous condamnez toutes guerres, sauf la vôtre, que vous dites juste !
Ceci est l’immonde chose du soldat, guerroyer pour les grands d’église et les princes d’en-bas…
Les nouvelles Républiques et les nouveaux parterres…
La troupe est peut-être déjà dans vos cuisines…
Princes des fausses Républiques…
Vous dites liberté quand la vôtre seule se dore au soleil…
Vous dites patrie pour sauver vos écus…
Vous dites nation pour justifier la querelle d’un petit nombre et la bombe d’un hystérique…
Le bourdonnement des colères humaines…
Ne dites plus : ceci est la paix, car nous sommes les garants du monde… »
http://www.youtube.com/watch?v=i_1qeGHk4sY
http://www.youtube.com/watch?v=Mcq7Z4YNOwk&feature=player_embedded
Je me suis trompée de lien précédemment. Quelle que soit la pertinence de mon intervention que d’aucun jugera, d’autant que je ne suis pas le fil des commentaires, je corrige et enfonce le clou ce jour. Le texte de Glenmor que je souhaitais mettre en ligne (et je me suis trompée d’adresse) est politique, sans être régionaliste, si la question fut évidemment au cœur de la parole du Breton (Polac, fidèle à lui-même, choisit cet angle polémique où le « barde » jouait le jeu du défi).
Un fils de piétiné culturel (pour reprendre son image), au parcours scolaire classique, jette un regard acéré sur la France, et les pouvoirs. Il peut avoir avoir sa place dans le débat sur la SOUVERAINETÉ – populaire, non ? en démocratie ?, ramenée trop souvent à l’échelle nationale française, qui a pu (et encore ! voyons l’Histoire – quels sacrifiés ? et pourquoi une souveraineté populaire devrait-elle engendrer des sacrifiés d’ailleurs ?) faire ses preuves… tandis que certains jouent sur la carte patriotique, que je peux sortir à l’occasion, Bretonne élevée que je suis dans un sens de la « grandeur » – sens trop souvent confondu avec celui du bon, ou du bien, calqué à la suite sur un territoire aux dimensions élargies et à élargir, aux projets plus ou moins mégalomanes (et l’Europe, saut quantitatif du même refrain, avec des guerres qui ne concernent que les puissants ? ou plus exactement qui arrangent tellement les affaires des puissants ?).
Avec le deuxième volet de la déclamation de Glenmor, changer ÉGLISE par FINANCE (et par ASSURANCES, assurancetourix !) ne réactualise-t-il pas définitivement son propos ?
Si Glenmor peut toucher d’autres que moi… fourbir son énergie ! Et le chant de combat breton qu’il a créé est à mes yeux incroyable (je l’ai découvert récemment). Sa pianiste et chanteuse également : d’où l’enregistrement chez Polac, précédemment envoyé (en plus d’une contextualisation, qui n’est pas sans faire autre coup de pied à ce qui me semble le « temps » de monsieur Asselineau, personne dont je peux aussi apprécier les analyses, lorsqu’elle ne versent pas dans l’idéologie politique – à toujours repérer).
Un peu de langue bretonne au passage ! Barbarie ! Que l’État français ne soutienne pas l’apprentissage des langues régionales, et oblige les écoles qui veulent permettre la survie de singularités (par l’un de ses vecteurs premiers) à des poursuites de fonds éreintantes et finalement réservées à ceux qui le peuvent ou sont militants, est tout aussi incroyable… La Constitution nationale : une fois encore balayée ? Et la récupération politique des plaies : laissée vacante à toutes les instrumentalisations ?
Tant de conflits pour si peu de bienfaits.
Le jeu de substitution est intéressant qui en effet transmute la colère locale d’un temps et d’un espace en quelque chose de plus vaste :
« L’Église a tout à gagner par le maintien constant de l’ordre et nous sommes les seuls, aujourd’hui, à même de le garantir. Ainsi donc le Président compte sur les bons conseils d’un clergé respectueux. »
Donne :
« La finance a tout à gagner par le maintien constant de l’ordre et nous sommes les seuls, aujourd’hui, à même de le garantir. Ainsi donc le Président compte sur les bons conseils d’un club d’investisseurs respectueux. »
Je ne sais pas, faute de contexte, si ce « nous sommes les seuls, aujourd’hui, à même de le garantir » correspond à ce qui me hurle douleur que pour résister à l’ancou le peuple est con_damné à collaborer à l’argent.
De toute façon Florence, merci pour cet auteur magnifique que je ne connaissais pas.
« Coup de pot », mon ADSL est très lent souvent et j’ai donc cherché le texte. En voici le lien :
http://www.glenmor.net/kanaouenn.php?niver_cd=GAD003&niver=10
avec hélas une mauvaise mise en page (celui qui a géré les retours charriot n’est pas poète et ça se voit 😉 )
Tout ça me fait penser (pas de jugement mais sourire) qu’Asselineau nie toute source naturelle à la cohésion européenne mais présente les attaques indépendantistes contre l’unité nationale comme de basses manœuvres éventuellement téléguidées. Il semble oublier les enfants punis dans les cours d’école lorsqu’ils parlaient leur langue. Et que les Savoie furent annexées (par plébiscite truqué) après l’Algérie. NB : Je ne tiens pas là un discours militant mais un discours proche de l’entomologie 😉 …
Ainsi donc de Doussard à Locminé un pas suffisait, « avec de la maillette dessous nos souliers »
NOS PAUVRES PETITS AFFREUX
Dernièrement j’ai commencé à dresser le profil psychologique de nos chers petits affreux, des 1% comme disent « les indignés ».
J’avais dit « Sans comprendre le profil psychologique de ces personnes-là, de ces « 250 familles » comme j’aime bien les appeler, je ne vois pas comment quoi que ce soit pourrait changer.
Hier j’abondais dans ce sens : « La famille planétaire devrait se parler et se concerter, car il y en son sein des enfants de malheur qui ont pris tout pouvoir, et la maison est menacée par les flammes. »
Il me venait aujourd’hui une phrase du Tao-Te-King : « Lorsque deux adversaires s’affrontent, celui qui est compatissant remporte certainement la victoire ».
La com-passion est peu com-prise.
Com-patire c’est en réalité « sentir avec » dans un sens précis : avoir une intelligence suffisamment aigüe et détendue pour percevoir les enjeux qui meuvent l’autre sans que cela vienne trop me submerger ni dans l’affect ni dans le refus. C’est à ce prix que la victoire est possible.
Tant que nos pauvres petits affreux, nos pauvres enfants du malheur, nos ultra-riches, auront le pouvoir de susciter de la haine… hélas, ils auront le pouvoir !!!
Je le dirai comme je le pense : c’est seulement l’éveil d’une intelligence collective qui les com-prenne vraiment, dans leur misère psychologique (une intelligence plus aigüe et plus détendue que leur pauvre pathos) qui pourra démonter l’échafaudage de malheur planté sur la planète : nos pauvres petits affreux aux manettes sont une partie de nous-mêmes, le reflet et le symptôme de notre immaturité collective.
@Sitouaillin …
le bon lieu pour discuter du « Processus Constituant », il sera fatalement un jour sur le blog de Jean-luc mélenchon, ca s’il « appartient » à ce
« tribun » providentiel, il est aussi une plaque tournante trans-partidaire, un lieu bien sûr bien « piloté », mais tout de même, où le WM quand il doit « botter en touche », n’hésite pas à renvoyer vers « le blog d’Étienne »…Je dis « fatalement, car les nonistes, qu’ils aiment cela ou non, vont fatalement devenir beaucoup plus « nonistes » face au capitalisme contraint de baisser son masque »libéral«…la manif de Barcelone est « noniste »…celle du 30 septembre à la Nation le sera…Et elle sera réprimée sans « libéralisme » aucun…je le redoute en tous cas.
Amicalement
@Luc
Merci trois fois
S’ils n’étaient pas là nous serions à leur place.
Nous devons donc aller vers eux sans les chasser ni prendre leur place
qu’ils puissent venir vers nous sans la peur de notre haine
qu’ils puissent sentir la douleur de ceux que nous défendons, la partager,
au point de ne la plus supporter.
.
Mais c’est quand même vachement optimiste !!!!
(je le suis)
@ Luc guthrie
connais tu le travail en sociologie des Pinson-Charlot sur la grande bourgeoisie ? excellent pour devenir compatissant ! enfin en restant révolutionnaires (http://www.politis.fr/Les-Pincon-Charlot-La-guerre-des,15263.html)
« nos pauvres petits affreux aux manettes sont une partie de nous-mêmes, le reflet et le symptôme de notre immaturité collective. »
99% d’innocents… j’y crois pas non plus
Encore un énarque qui veut diriger le pays cela devient une maladie !
D’autant que les pseudos analyses fantochardes de ce personnage suffisant sont pour le moins arrangées à sa sauce personnelle de politicard arriviste et revanchard.
Quant à sa position sur le tirage au sort, elle est bien triste mais cependant compréhensible, sinon son fond de commerce ne pourrait survivre.
@ Gorka
François Asselineau est effectivement un énarque, et il veut le pouvoir, c’est exact. Et il ne semble pas prêt à partager ce pouvoir avec le peuple, sans doute parce qu’il nous juge « immatures » et « incompétents ».
Cela étant dit, son ambition n’enlève rien à la pertinence et à la nécessité de ses analyses, qui sont loin d’être « fantochardes ». Il dit des choses exactes notamment sur les liens étroits entre Washington et la création de l’UE. Ces faits sont étayés historiquement et il n’est pas difficile de le vérifier en croisant les informations de différentes sources.
Comme toute personne ayant l’ambition de prendre le pouvoir, nous devons nous en méfier, mais pour autant, tout ce qu’il dit n’est pas à rejeter. Nous pouvons faire preuve de discernement et séparer le bon grain de l’ivraie. Y compris dans le chef d’un individu.
Cordialement,
Morpheus
@ morpheus
« Bof, tu sais, Mélenchon et sa secte, hein … »
et c’est la secte (ou plutôt les 7 sectes et sympathisants) qui a fait le programme et choisi le gourou-porte-parole…
« Par exemple, bien qu’une « réforme monétaire » ne soit pas une fin en soi selon le Mouvement, nous reconnaissons l’intérêt d’une telle approche législative dans le contexte de la transition et du temps nécessaire à sa mise en œuvre. »
ils sont moins sectaires que toi chez Zeitgeist francophone, mais pas trop portés « révolution citoyenne » :
« l’objectif défini ici est la mise en place d’un nouveau modèle socio-économique basé sur la gestion technique et responsable des ressources, leur allocation et leur distribution selon ce qu’on pourrait appeler « la méthode scientifique » pour analyser les problèmes et trouver des solutions optimisées.[…] le point de vue soutenu est qu’en utilisant des études sociologiques ciblées et des connaissances vérifiées par la science et la technologie, nous sommes désormais capables d’arriver logiquement à une organisation sociétale qui serait nettement plus apte à répondre aux besoins de la population humaine. », classique langage « expert », curieusement silencieux sur le qui met en place et qui décide…
ça va de soi pour eux on dirait (http://mouvement-zeitgeist.fr/),
à moins qu’on en nous réserve a surprise au « forum international de l’évolution de la conscience » (sic) ce 13 octobre à Paris (http://mouvement-zeitgeist.fr/agir/en-region/outils/agenda/icalrepeat.detail/2012/10/13/788/155|144|116|90/paris-1er-forum-international-de-l-evolution-de-la-conscience),
pas besoin : tout est expliqué là, dans le mindmap (carte mentale) de l’activiste : http://www.mouvement-zeitgeist.fr/ftpmedias/pdf_mz/MINDMAP_TZM.pdf
et on trouve d’intéressants passages dans le FAQ, du genre « nous constatons aussi la possibilité de nous guérir, en quelque sorte, du mal causé par la civilisation actuelle à notre psychisme. Nous nous engageons à entamer une démarche personnelle d’introspection et d’observation rigoureuse de notre propre fonctionnement intime. Nous aspirons tous sincèrement à nous libérer progressivement des tendances qui nuisent à la fraternité humaine, à l’amour de notre prochain, au partage et au don de soi, etc. En somme, nous souhaitons faire nôtres les qualités qui contribuent à produire des rapports sociaux plus constructifs et épanouissants. Parallèlement à cette démarche personnelle, nous encourageons vivement et ouvertement nos frères et sœurs humains à adopter une attitude similaire. »
et un petit passage anticomplotiste que j’ai savouré et approuvé, ainsi qu’un scoop, il y a eu scission entre le mouvement zeitgeist et le Projet Venus… tensions entre leaders…
si je n’étais pas aussi méfiant et antitotalitaire de nature, tout cela m’aurais l’air sympathique, mais il y a quelque chose qui cloche pourtant, comme l’ombre d’un doute…
en tout cas, ils sont très pro dans la maîtrise de leur com, ce n’est pas facile de trouver de la littérature sur ce mouvement…
exception, cette vidéo trouvée après trois pages google (branchée complotiste NWO mais qui a le mérite d’exister): http://www.youtube.com/watch?v=i7dSTzJjel4
sinon sur wikipedia on apprend que jacque Fresco a tout le profil (s’il est sincère) du repenti : consultant en design pour Rotor Craft Helicopter Company, vachement écolo, employé à l’unité militaire de design et développement de la base de Wright-Patterson, à Wright Field Dayton, Ohio, vachement louche pour un antimilitariste,consultant et conseiller technique à l’industrie cinématographique, sans commentaire, patron de la Revell Plastics Company, anticapitaliste en sus d’être écolo,recherche et développement aérospatial, design automobile…et un fils qui travailla pour l’armée et se convertit à la religion sikh en Allemagne (sans doute pour rattraper une éducation antiimpérialiste ratée…)
un petit jeune a fait une revue de ce qui circule dans les milieux antifa et les milieux conspi sur ce mouvement : http://religionconspiration.forumgratuit.org/t115-le-mouvement-zeitgeist, on y parle d’une certaine géraldine Feuillien Géraldine « initiatrice de l’appel à un bankrun, se révèle être une partisane de la peine de mort pour les « petits traffiquants » (sic). Admiratrice de Marine Le Pen, et proche du groupuscule Zeitgeist diffusant un gloubi-boulga conspirationniste et technoscientiste » (CQFD ne site pas ses sources, mais j’ai vérifié sur le blog de la demoiselle, c’est gratiné effectivement… mais rien qui à mon sens n’incrimine zeitgeist, puisque qu’il est tout naturel que ce truc attire des gens en état de confusion idéologique…)
mais d’autres ont des postures plus raisonnables dans l’analyse : http://monde-en-eveil.forumactif.org/t2155-le-mouvement-zeitgeist-est-une-secte-pas-si-vite
au final, rien de bien méchant et en plein dans l’ère du temps… bref, un in-secte !
« secte et gourou » dans mon idée, ça désigne plus l’attitude des adeptes… il faut admettre la tension entre la recherche par un groupe d’atteindre une « masse critique » et le niveau d’esprit critique et d’autonomie qui n’est malheureusement pas nécessairement proportionnel à cette masse…
Amusant. Sauf que cela fait plus d’un an que je ne suis plus membre du MZ, et que je n’y ait été que trois mois.
En outre, le MZ n’est certainement pas une secte (pas plus que le PV), ils n’en ont ni les moyens, ni les méthodes, ni les structures, ni surtout les capacités. Et cela je peux l’affirmer, parce que précisément j’ai été au MZ, je l’ai vécu de l’intérieur. Et j’en suis reparti comme je suis rentré : sans invitation ni contrainte.
Tu ne sais pas ce qu’est une secte. Tu ne sais pas comment l’on procède au sein d’une secte ni quels en sont les ressorts. Tu ne connais des sectes que les idées préconçues que le système véhicule largement afin de pouvoir stigmatiser et discréditer tous ceux qui choisissent de penser différemment. Tu parles et tu agis en parfait agent du système. Tu le défends très bien.
Ton esprit est en surcharge, trop plein d’idées toutes faites, de jugements, de croyances et de peurs. Tu est comme un récipient qui déborde : trop plein.
Tes jugements sont sans valeur. J’ai vu ce qu’était le MZ de l’intérieur, et je sais aussi ce qu’est le PV de l’intérieur, et j’ai acquis la certitude qu’il ne s’agit pas de mouvements sectaires (parce que figure-toi qu’il n’y a pas que toi qui soit méfiant ; seulement pour savoir, il faut aller voir sur le terrain – ce que j’ai fait).
Les gens qui sont dans ces mouvements sont comme nous tous ici : ils ont les mêmes besoins de changement et d’un autre monde, ils ont la même volonté de participer au changement, ils cherchent sincèrement des solutions et des alternatives, ils ont les mêmes qualités et défauts que chacun de nous, ils ont des peurs et des espoirs. Et ils ont gardé leur esprit critique. Ni plus ni moins.
Ce ne sont pas des gens désespérés, fragilisés, à qui ont raconte des bobards pour les séduire comme on peut le faire dans un mouvement sectaire.
Et toi, tu viens là, avec tes peurs et tes jugements, et tu jettes l’opprobre et l’anathème sur des hommes et des femmes qui ne sont pas différents de toi ou de moi. Tu te crois plus malin qu’eux ? Plus futé ? Plus intelligent ? Plus sage ? Plus avisé ? Pour qui te prends-tu à les juger sans savoir ?
Reprends donc une pilule bleue. Tu fera de jolis rêves et tu pourras croire tout ce que tu veux.
Morpheus
Ah oui, à propos de la scission ente le PV et le MZ, si j’étais à ta place, je la bouclerais, parce que je l’ai vécue en direct, et je sais très exactement de quoi il retourne, quelles en sont les causes et les raisons, les tenants et les aboutissants.
Mais si tu veux, te prive pas : brode tout ce que tu veux si ça t’amuse. Fais-toi plaisir.
Morpheus
Le projet Vénus ne peut pas être une secte.
Jacques Fresco dit lui même dans son entretien avec Larry King qu’il est financé par diverses agences du gouvernement fédéral et des fondations privées.
C’est tout ce qu’il y a de plus officiel.
Bien amicalement
J.C
Et il dit ailleurs qu’il manque de fonds.
Une certaine gourmandise ?
Mais je ne veux pas polémiquer :
Un sujet autrement majeur a été abordé plus haut :
Selon Casimir, la recette du gloubi-boulga est la suivante1 :
Mélanger dans un saladier :
Selon son humeur, Casimir ajoute parfois à ces cinq ingrédients majeurs un autre ingrédient (crème chantilly, anchois…).
Bonne journée quand même 🙂
@ Morphéus,
je ne faisais que te provoquer pour que tu te rendes compte que tu n’appliques pas les principes que tu prônes vis-à-vis du FdG, de Mélenchon, de ceux qui l’ont précédé et de tous les militants du mouvement social et des partis de la gauche radicale. et surtout, tu n’appliques pas les principes du MZ sur la Méthode Scientifique, pourquoi alors n’aurais-je pas droit de m’amuser avec des insinuations, des on-dit, des rapprochements, etc.?
le fait que tu t’attaques à ma personne m’importe peu, tu ne me connais pas, c’est juste dommage que tu ne cherches pas à comprendre ce que je dis, puisque tu t’es fait une image repoussoir qui te permet de travestir le propos.
justement, au vu de ce que j’ai lu sur leur site, il n’y a aucune incompatibilité entre adhérer aux idées du MZ (si tant est qu’on n’accepte que le projet n’est qu’une suggestion et que c’est au peuple de décider) et soutenir le FdG, et c’est justement une certaine idée de la démocratie et de la révolution qui permet de cohabiter dans un même mouvement, où il y a des communistes un tant soit peu scientistes et des décroissants, ça fait des débats houleux, mais ceux qui sont dedans, partagent les mêmes luttes sur la plupart des sujets et savent pertinemment que les désaccords de fond sur tel ou tel point ne constituent pas un motif de séparation, car la division est ce qui nourrit la force de l’adversaire.
Les cadres démocratiques une fois solidement installés, il sera temps de se disputer sur les orientations à prendre, tout en se défendant ensemble des attaques de l’adversaire. malheureusement, tout le monde n’a pas cette vision…le rouleau-compresseur néolibéral continue son oeuvre…
mais plus personnellement, je m’interroge sur ce qui te pousse à être aussi intransigeant sur ce pauvre méluche et si compréhensif vis-à-vis d’Asselineau…mystère…mais, je voudrais savoir, au-delà de qui pour toi a les plus grosses casseroles et les amis les moins fréquentables, rien que sur les idées et sur la nature des mouvements qui les portent, entre « l’humain d’abord » et le programme de l’UPR, lequel est le moins pire pour toi, et entre mélenchon et Asselineau, qui ferait le moins mauvais des présidents ? et qui a le plus de chances de le devenir ?
si tu ne bottes pas en touche, en disant ni l’un ni l’autre, et que tu motives ton choix, en appliquant aux deux les principes que tu voudrais que j’eusse appliqués au MZ, nous pourrions avoir des échanges constructifs, après tout, nous avons plus de convictions en commun qu’autre chose, non ?
L’humain d’abord :
Le programme de l’Union Populaire Républicaine :
— la sortie urgente de l’euro,
— la réattribution à la Banque de France de son rôle normal de financement de l’État et des collectivités locales,
— la réappropriation par la France de son droit inaliénable à défendre elle-même ses propres intérêts à l’Organisation Mondiale du Commerce(OMC),
— le rétablissement effectif du contrôle des flux de capitaux, de marchandises, de services et de personnes,
— la renationalisation de notre politique étrangère, accompagnée d’une sortie de l’OTAN et du retrait de nos troupes engagées dans des guerres juridiquement illégales, moralement honteuses, et très meurtrières,
— la sortie au plus vite de l’Union européenne car toutes les mesures précédentes, vitales pour redresser la France, sont toutes contraires aux traités européens. Cette sortie est parfaitement possible : l’article 50 du traité sur l’UE l’a prévue,
— le lancement d’un grand programme de construction de logements sociaux.
Le meilleur parti serait celui qui préserverait l’autonomie individuelle sans exclure le monde.
L’attitude juste serait celle de s’abandonner sans devenir la proie de quoique ce soit.
ça veut donc dire que le parfait n’existe pas, mais qu’il y a mieux que le parfait, le parfait en tant qu’ « intouchable, indicible, in-tout ce que l’on veut » et c’est la vie tout simplement qui dans ses errements nous pousse à vouloir retrouver l’étoile du parfait sans jamais y arriver heureusement, mais toujours avec le désir chevillé au corps de toucher cette étoile et ça c’est le moteur, ce désir-là, ce manque-là, vous ne trouvez pas???
Qu’y a‑t-il d’autre que le dernier point en ce qui concerne la politique intérieure ?
@ Sitouaillain
Je suis aussi méfiant vis-à-vis de Asselineau que de Mélenchon.
Je fais toutefois la différence entre ce qu’ils disent et ce qu’ils font.
Et ma critique porte sur ce qu’ils font.
Dénoncer l’action ne signifie pas rejeter tout ce que l’un ou l’autre dit, ou rejeter leur analyse ou idée sur tel ou tel sujet.
Je ne vais pas rejeter l’analyse de Asselineau sur l’UE, que je sais juste.
Par contre, je critique sa soif de pouvoir, et son absence d’honnêteté intellectuelle vis-à-vis du tirage au sort.
Quant à Mélenchon, je lui en veux parce qu’il a torpillé une formidable opportunité pour la vrai gauche.
Tous les hommes (et toutes les femmes) de pouvoir sont dangereux : il faut les tenir en laisse ! (et j’espère qu’ils/elles me liront).
Morpheus
Bonjour Ana Sailland, il s’agissait du programme de l’Union Populaire Républicaine en 8 points ( il doit dater des débuts de l’UPR ). Pour se présenter aux demandes de parrainages concernant la candidature de François Asselineau à la Présidence de la République, les instances de l’Union Populaire républicaine ont proposé un programme plus détaillé en 20 points :
Voir ici les liens vers une copie du programme
Je viens d’envoyer un message à un responsable pour obtenir le programme détaillé parce que je n’arrive pas à visualiser le document suivant :
http://www.u‑p-r.fr/wp-content/uploads/2012/03/Programme-presidentiel-Francois-Asselineau.pdf
Je ne sais pas si vous voyez correctement le document précédent avec votre système d’exploitation, mais avec Mac OS X 10.4 Tiger, je ne vois quasiment que des pages blanches avec juste un fond très clair de rameau d’olivier. Remarquez cela veut dire la paix, mais j’aurais aimé en savoir plus.
Je suis d’accord avec les 8 points du programme exposé, les analyses sur l’euro et l’UE et bien que je trouve que François Asselineau la joue un peu trop personnel, je suis bien obligé, pour des raisons d’efficacité et aussi parce que nous collectivement nous n’avons pas assez réagi rapidement aux chausses-trappes de la « construction » européenne et que maintenant il est trop tard pour finasser, de m’appuyer l’homme politique dont je me sens le plus proche politiquement, mais il est vrai que j’aurais pu tomber ailleurs, dans un autre parti vraiment opposé à l’UE.
Cordialement à vous
@Morpheus +1
Pourquoi donner le pouvoir au peuple alors qu’ils consent à sa servitude et qu’ils alimentent leur soumission ?
Le peuple n’aura jamais le pouvoir et ne sera jamais libre mais pourtant il croit le contraire
Merci Mr Chouard de garder toujours ce courage et cet espoir qu’un jour peut-être les choses vont enfin changer.
Marre de tous ces partis et politiciens de ruisseaux.
Le pouvoir doit revenir au peuple par le peuple pour le peuple et ce club de godillots upr n’est pas crédible.
@ Ghislaine69
Ce que vous dites m’évoque la solution allégorique posée dans la trilogie Matrix. L’Architecte de la Matrice fait un pacte avec Neo afin que dorénavant, tous les humains qui souhaitent s’éveiller puissent le faire sans être pourchassés par les machines. En d’autres termes, l’Architecte offre un espace de liberté à tous les humains qui le souhaitent. Lorsque l’Oracle demande à l’Architecte s’il tiendra parole, celui-ci lui répond « Bien sûr, pour qui me prends-tu ? Un humain ? … »
C’est le seul « hic » dans cette allégorie : autant je puis effectivement me fier à un programme dénué de sentiments et d’émotions (donc de jugements) et ne répondant qu’à ses lignes de codes, autant me fier à des humains détenteurs de pouvoir (= malades mentaux) serait d’une insondable stupidité compte tenu du passif.
Autant je puis concevoir que des machines dominant le monde accordent un espace de liberté à des humains, autant je n’arrive pas à concevoir que des oligarques accordent un espace de démocratie à des hommes. On a bien vu en Grèce ce qu’il en est advenu après deux cent ans de démocratie athénienne : les oligarques ont saisi la première opportunité (une défaite des athéniens dans la guerre du Péloponnèse) pour rayer définitivement la démocratie de l’Histoire politique. Donc je ne crois pas que les oligarques nous donneront jamais un espace de liberté pour faire l’expérience de la démocratie. Il faudra que ce soit le peuple qui leur reprenne le pouvoir. Ils le savent, et ils se préparent à cet affrontement inévitable, en s’armant, et en faisant tout pour désarmer les peuples. Je ne suis donc pas très optimiste (désolé Ana, pas taper !).
Cordialement,
Morpheus
@ Morphéus
« Mélenchon, je lui en veux parce qu’il a torpillé une formidable opportunité pour la vrai gauche. »
tu fais fausse route il me semble, parce que tu as l’image en tête d’un homme qui dicte ses volontés à un parti, mais ceci n’est pas possible au fdG, il y a sept organisations, des centaines de milliers de militants, ce sont eux qui ont fait le programme, ce sont eux qui ont choisi Mélenchon pour le porter, et la stratégie a été définie en négociation permanente entre les différentes orga, donc le candidat ne disait ni ne faisait ce qu’il voulait, il était responsable devant un collectif,
ce qui est déjà un progrès, au delà de l’impact massif sur l’implication politique des citoyens et le réveil militant, c’est que pour la première fois, les communistes avaient un candidat qui n’est pas du PCF, et que les principales tendances de la gauche radicale sont réunies, sans mélenchon, probable que cette union n’aurait pas existé et que par conséquent, la formidable opportunité dont tu parles n’aurait pas vu le jour. Et crois-moi, j’aurais aimé ne pas avoir à le reconnaître, le fait est que toutes les tentatives d’union précédentes ont échoué, celle-ci semble avoir survécu et tenir le choc.
Le pouvoir doit revenir au peuple par le peuple pour le peuple, et pour cela le peuple doit s’organiser et se mettre en capacité de prendre le pouvoir.
le FdG existe ne tant qu’outil pour cela, très imparfait, il y a donc besoin de renforts, et chacun y a son autonomie créatrice et constructive. par exemple je rencontre beaucoup de gens qui sont encartés ou sympathisants qui sont contre la constituante à la proportionnelle, et préfèreraient que le peuple soit plus maître du processus, mais nous sommes minoritaires, nous avons par contre réussi à imposer l’existence d’ »assemblées citoyennes » en complément.
ou bien encore, une pétition à l’initiative de mempbres de la FASE circule afin qu’existe des cartes « FDG », ce qui, mathématiquement, change le rapport de force, pour le moment numériquement en faveur du Pcf, si seuls les encartés votent, mais potentiellement tout autre si ces cartes existent, sans parler des multiples débats en cours sur l’organisation du mouvement, qui, objectivement, n’est pas assez démocratique et transparente…
encore une fois, mélenchon venant du PS et non de la Fédération Anarchiste, il a construit le PG (parti de gauche) avec ses amis sur un mode qui convient peut-être aux militants du PS, mais qui enquiquine un peu les citoyens conscients qui y ont adhéré. A l’inverse, la FASE par exemple fonctionne sur un mode totalement démocratique, au sens anarcho-communiste, mais, bizarrement, c’est pas l’orga la plus fournie… pourquoi ? j’ai ma petite idée…
Alors il faudrait pousser le raisonnement plus loin encore et créer un rassemblement sur une base plus large.
Par exemple : UPR (Asselineau) + DLR (Dupont-Aignant) + S&P (Cheminade) + FDG
Là, ça fera le poids. Il serait intéressant de comparer les programmes électoraux de ces différentes tendances. Je gage qu’il s’y trouverait des points communs.
Ah mais j’oubliais : ce n’est pas comme cela que fonctionne la politique dans un système de partis. Les partis divisent, au lieu de rassembler. Si on se concentre sur ce qui nous rassemble plutôt que sur ce qui nous divise, le risque est d’avoir un programme qui tienne sur un timbre poste … Et puis ce serait à l’opposé de toutes les bonnes vieilles habitudes (cf. Astérix & Obélix ; la guerre des chefs).
Morpheus
@Catherine B
LE BON « PARTI » ET LE MANQUE FONDAMENTAL…
»« Le meilleur parti serait celui qui préserverait l’autonomie individuelle sans exclure le monde.
L’attitude juste serait celle de s’abandonner sans devenir la proie de quoique ce soit« »
Pour moi cela ressemble à s’y méprendre à un « parti » au pouvoir, qui fonctionnerait PAR EXEMPLE, selon les modalités suivantes : Ce « parti » serait l’ensemble du peuple lui-même, organisé en un conseil des 500 qui occuperait des fonctions administratives et organisationnelles pour une durée d’un an non renouvelable. Ces 500 auraient été élus par tirage au sort au sein de la fédération d’assemblées départementales. Une assemblée populaire nationale (dont le nombre serait à définir : 1000, 2000, 3000) dont le membres seraient également élus par tirage au sort au sein de la fédération d’assemblées départementales (cantonales?) pour un mandat d’un an non renouvelable porterait son regard attentif et de contrôle sur le fonctionnement du conseil des 500.
Celui-là c’est le seul « parti » que je puisse imaginer qui aurait LE PLUS de chances de préserver l’autonomie individuel du plus grand nombre sans exclure le monde, et qui permettrait à chacun de s’abandonner sans devenir la proie de quoi que ce soit.
Et surtout, surtout, surtout, c’est le seul mode d’organisation du vivre ensemble qui donnerait VRAIMENT ses chances à l’émergence d’une intelligence collective qui préserverait l’intérêt général(et donc de la planète), au lieu de laisser le destin collectif entre les mains d’un petit nombre d’intérêts individuels.
Là, chacun individuellement, et tous collectivement, pourrions nous confronter à notre désir, à notre manque, à la finitude et à l’imperfection de nos réalisations, tout en nous inscrivant dans une action créatrice, au lieu d’en être dépossédés et d’assister impuissants à la course vers l’abime…
Très émouvant de relire, réentendre ce discours
en cette période des 20 ans du Traité de Maastricht
et de l’actualité du MES et autres inventions nous entubant !
Discours en intégralité de Philippe Séguin sur le Traité de Maastricht (05−05−1992)
Monsieur le président, madame, messieurs les ministres, mes chers collègues, je voudrais croire que nous sommes tous d’accord au moins sur un point : l’exceptionnelle importance, l’importance fondamentale du choix auquel nous sommes confrontés, et, ce disant, je n’ai pas l’impression de me payer de mots !
C’est en tout cas avec gravité que je viens inviter cette assemblée à opposer l’exception d’irrecevabilité au projet de loi constitutionnelle que le Gouvernement nous présente comme préalable à la ratification des accords de Maastricht négociés le 10 décembre 1991 par les chefs d’État et de gouvernement des pays membres des communautés européennes et signés le 7 février dernier.
Mon irrecevabilité se fonde sur le fait que le projet de loi viole, de façon flagrante, le principe en vertu duquel la souveraineté nationale est inaliénable et imprescriptible, ainsi que le principe de la séparation des pouvoirs, en dehors duquel une société doit être considérée comme dépourvue de Constitution .
il existe en effet, au-dessus même de la charte constitutionnelle, des droits naturels, inaliénables et sacrés, à savoir pour nous les droits de l’homme et du citoyen tels qu’Ils ont été définis par la Déclaration de 1789. Et quand l’article 3 de la Constitution du 4 octobre 1958 rappelle que « La souveraineté nationale appartient au peuple », il ne fait que reconnaître le pacte originel qui est, depuis plus de deux cents ans, le fondement de notre État de droit. Nulle assemblée ne saurait donc accepter de violer délibérément ce pacte fondamental.
La question de la séparation des pouvoirs se pose dans les mêmes termes. Aucune assemblée n’a compétence pour se dessaisir de son pouvoir législatif par une loi d’habilitation générale, dépourvue de toute condition précise quant à sa durée et à sa finalité. A fortiori, aucune assemblée ne peut déléguer un pouvoir qu’elle n’exerce qu’au nom du peuple. Or, le projet de loi qui nous est soumis comporte bien une habilitation d’une généralité telle qu’elle peut être assimilée à un blanc-seing.
Et nous voilà confrontés à une situation tout à fait extraordinaire dans notre histoire constitutionnelle puisque, pour la première fois, on demande au Parlement de constitutionnaliser par avance des textes qui n’existent pas encore et qui, pour la plupart, ne seront même pas soumis à ratification dès lors qu’il s’agira de normes communautaires directement applicables. On demande donc au Parlement, qui n’en a pas le droit, rien de moins que d’abandonner sa compétence législative aux organes communautaires chaque fois que ceux-ci le jugeront nécessaire pour l’application du traité.
Ayant fait référence à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, violée deux fois par le projet de loi, je pourrais considérer ma tâche comme accomplie. Néanmoins, tout en conservant présente à l’esprit cette observation préalable qui sous-entend tout mon propos, j’entends traiter le sujet en ne négligeant aucune de ses composantes. Ce n’est pas mon fait si le débat constitutionnel et le débat sur l’avenir européen sont étroitement imbriqués, le projet de révision venant avant le projet de ratification. Alors, autant en convenir déjà entre nous – et vous l’avez déjà fait implicitement cet après-midi, messieurs les ministres : il n’y a en vérité qu’un seul débat qui ne peut être découpé en tranches successives. Et comme ce débat sera clos dès lors que nous nous serons prononcés sur le projet de révision constitutionnelle, autant l’entamer tout de suite et dans sa totalité.
De même, et sans vouloir verser dans un manichéisme que je réprouve, il nous faut également convenir qu’il n’y a rien à amender. Plutôt que de procéder à un toilettage minutieux de nombreuses dispositions constitutionnelles, vous avez préféré pratiquer une sorte de « lessivage à grande eau ». A ce qui aurait pu passer pour une naïveté coupable, vous avez ainsi préféré le risque de l’astuce. Il est vrai que sinon vous auriez été contraints de modifier neuf articles au moins du texte constitutionnel, dont certains sont particulièrement sensibles et symboliques. Vous auriez été contraints, de surcroît et en toute logique, de déconstitutionnaliser la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Vous avez reculé, et l’on vous comprend, au point d’ailleurs d’esquiver vos responsabilités dans la dénomination même du projet qui nous est soumis. Il ne s’agit même pas, si je m’en tiens à son libellé, d’un projet de loi de révision, mais d’un projet de loi constitutionnelle ajoutant à la Constitution un titre supplémentaire.
Je ne peux évidemment applaudir à cette démarche, mais je reconnais que cela ne change rien au fond. Je vous concéderai même que ce blanc-seing que vous sollicitez est en cohérence avec les perspectives que vous ouvrez. Je vous rejoins donc quand vous affirmez que Maastricht n’est pas renégociable et on ne changera pas le traité par le biais d’une manipulation constitutionnelle.
Toutes les garanties, précisions, corrections, conditions dont on nous parle relèvent, à mes yeux, de l’illusion. La révision, la ratification, c’est à prendre ou à laisser.
C’est assez dire qu’il ne m’est pas possible de séparer l’appréciation constitutionnelle de l’analyse critique des accords. Dès lors que l’on nous demande de changer la Constitution dans le seul but de ratifier le traité de Maastricht, nous ne pouvons nous prononcer sur la réforme constitutionnelle sans mesurer à quoi nous engage ce traité.
Ce faisant, je me plie – je n’ai guère le choix – à la procédure, à la méthode, imposée par le Président de la République. L’inconstitutionnalité que je soulève est, du reste, inséparable du regret que suscite en moi le non-recours à l’article 11 de la Constitution qui impliquait le référendum direct.
Allez dire à d’autres, messieurs les ministres, pour justifier ces habiletés tactiques, que la procédure de l’article 89 rend sa dignité au Parlement ! Convenez que l’argument est plutôt singulier au moment où l’on nous demande de diminuer encore son pouvoir réel !
Je le proclame donc d’emblée : dès lors que l’entrée de la France dans l’Europe de Maastricht constitue bien l’acte historique qu’a évoqué le Président de la République, il serait normal, nécessaire, légitime, indispensable que la parole soit donnée au peuple..) Non point que je conteste la légitimité de cette assemblée. Je ne me suis pas associé au chœur de ceux qui, il y a quelques semaines, ne trouvaient pas de mots assez durs pour l’abaisser, pour réclamer sa dissolution, voire proposer son auto-dissolution.
Je constate d’ailleurs la contradiction dans laquelle s’enferment aujourd’hui nombre d’entre eux en se refusant à l’idée d’un référendum.
Ce que je veux seulement dire c’est que le recours à la voie parlementaire est contraire à l’esprit de notre pacte social car ce que le peuple fait, seul le peuple peut le défaire.
En outre, c’est une faute politique lourde que de refuser de donner à un engagement aussi grave la sacralisation dont il a besoin. Et ne changerait rien’ l’affaire la manœuvre qui consisterait, ultérieurement, à ne faire ratifier par le peuple que ce que le Parlement aurait déjà décidé.
Non, foin d’arguties ! Il me faut dire avec beaucoup d’autres, au nom de beaucoup d’autres, qu’il est bien temps de saisir notre peuple de la question européenne. Car voilà maintenant trente-cinq ans que le traité de Rome a été signé et que d’Acte unique en règlements, de règlement en directives, de directives en jurisprudence, la construction européenne se fait sans les peuples, qu’elle se fait en catimini, dans le secret des cabinets, dans la pénombre des commissions, dans le clair-obscur des cours de justice.
Voilà trente-cinq ans que toute une oligarchie d’experts, de juges, de fonctionnaires, de gouvernants prend, au nom des peuples, sans en avoir reçu mandat des décisions dont une formidable conspiration du silence dissimule les enjeux et minimise lei conséquences. Que l’on m’entende bien : je ne viens ici donner de leçon à personne ; mais que l’on veuille bien, en retour, respecter ma propre démarche ! Je me serais d’ailleurs bien passé d’être là. Il eût mieux valu, à l’évidence, que des voix plus fortes que la mienne engagent le combat.
Elles ne l’ont pas souhaité, je me garderai de les juger. Je me contente de faire et d’assumer un autre choix. Ce n’est pas si facile.
A la décharge des absents, je reconnais bien volontiers que le conformisme ambiant, pour ne pas dire le véritable terrorisme intellectuel qui règne aujourd’hui, disqualifie par avance quiconque n’adhère pas à la nouvelle croyance, et l’expose littéralement à l’invective. Qui veut se démarquer du culte fédéral est aussitôt tenu par les faiseurs d’opinion (…) au mieux pour un contempteur de la modernité, un nostalgique ou un primaire, au pire pour un nationaliste forcené tout prêt à renvoyer l’Europe aux vieux démons qui ont si souvent fait son malheur.
Mais il est des moments où ce qui est en cause est tellement important que tout doit s’effacer. Et je ne parle pas ici au nom d’une France contre l’autre, car dès lors qu’il s’agit de la France, de la République et de la démocratie, il ne peut plus être question de la droite et de la gauche, l’enjeu, au. delà des partis, des clivages les plus naturels, des oppositions les plus légitimes, des querelles les plus anciennes, n’est rien de moins que notre communauté de destin. Et cette communauté de destin est gravement mise en péril par les accords, alors que ceux-ci ne sont ni la condition de la prospérité, ni la condition de la paix, Dans le monde tel qu’il est, l’idéal comme le réalisme commandaient de faire prévaloir une tout autre conception de l’Europe, voilà ce que je voudrais maintenant développer devant vous.
Monsieur le président, madame, messieurs les ministres, mes chers collègues, que l’on ne s’y trompe pas la logique du processus de l’engrenage économique et politique mis au point à Maastricht est celle d’un fédéralisme au rabais fondamentalement anti-démocratique, faussement libéral et résolument technocratique, l’Europe qu’on nous propose n’est ni libre, ni juste, ni efficace. Elle enterre la conception de la souveraineté nationale et les grands principes issus de la Révolution : 1992 est littéralement l’anti-1789. Beau cadeau d’anniversaire que lui font, pour ses 200 ans, les pharisiens de cette République qu’ils encensent dans leurs discours et risquent de ruiner par leurs actes !
Je sais bien que l’on veut à tout prix minimiser les enjeux et nous faire croire que nous ne cédons rien d’essentiel en ce qui concerne notre indépendance ! Il est de bon ton, aujourd’hui, de disserter à l’infini sur la signification m!me du concept de souveraineté, de le décomposer en menus morceaux, d’affirmer qu’il admet de multiples exceptions, que la souveraineté monétaire, ce n’est pas du tout la même chose que l’identité collective, laquelle ne courrait aucun risque. Ou encore que l’impôt, la défense, les affaires étrangères, au fond, ne jouent qu’un rôle relatif dans l’exercice de la souveraineté.
Toutes ces arguties n’ont en réalité qu’un but : vider de sa signification ce mot gênant pour qu’il n’en soit plus question dans le débat.
La méthode est habile. En présentant chaque abandon parcellaire comme n’étant pas en soi décisif, on peut se permettre d’abandonner un à un les attributs de la souveraineté sans jamais convenir qu’on vise à la détruire dans son ensemble.
Le procédé n’est pas nouveau. Il y a 2500 ans déjà, de demi-longueur en demi-longueur, Achille se rapprochait en courant de la tortue de Zénon sans jamais la rattraper.., Seulement, ce n’est là que paradoxe. Dans la réalité, Achille gagne bel et bien la course ; de même, à force de renoncements, aussi ténu que soit chacun d’eux, on va bel et bien finir par vider la souveraineté de son contenu. Car il s’agit là d’une notion globale, indivisible comme un nombre premier. On est souverain ou on ne l’est pas ! Mais on ne l’est jamais à demi. Par essence, la souveraineté est un absolu qui exclut toute idée de subordination et de compromission. Un peuple souverain n’a de comptes à rendre à personne et n’a, vis-à-vis des autres, que les devoirs et les obligations qu’il choisit librement de s’imposer à lui-même.
Souvenez-vous du cri de Chateaubriand à la tribune de la Chambre, en 1816 : « Si l’Europe civilisée voulait m’imposer la charte, j’irais vivre à Constantinople. »
La souveraineté, cela ne se divise pas ni ne se partage et, bien sûr, cela ne se limite pas.
Rappelons-nous d’ailleurs, pour avoir un exemple plus récent de ce que vous appelez de vos vœux, ce que put signifier pendant « le printemps de Prague » la doctrine de la souveraineté limité, tant il est vrai que la « souveraineté divisée », « la souveraineté partagée », « la souveraineté limitée » sont autant d’expressions pour signifier qu’il n’y a plus du tout de souveraineté ! Et, de fait, quand on accepte de prendre des décisions à la majorité sur des questions cruciales, et dès lors que ces décisions s’imposent à tous sans pouvoir jamais être remises en cause ultérieurement à l’échelon national, on passe clairement de la concertation à l’intégration, Aussi, quand on nous dit que les accords de Maastricht organisent une union d’États fondée sur la coopération intergouvernementale, on travestit délibérément la réalité, Tout au contraire, ces accords visent à rendre inapplicable le droit de veto et à créer des mécanismes qui échappent totalement aux États.
En fait, ce traité est un « anti-compromis » de Luxembourg en tant qu’il interdit, non seulement aux parlements nationaux mail aussi aux gouvernements, de faire prévaloir l’intérêt national quand il est en cause puisque chacun s’engage à éviter autant que possible d’empêcher qu’il y ait unanimité lorsqu’une majorité qualifiée est favorable à la décision.
Cela est vrai pour la politique monétaire et pour la politique sociale. Mais cela le sera aussi pour la politique étrangère et la politique de défense. D’ailleurs, vous nous l’avez rappelé, monsieur le ministre, les pays membres prennent eux-mêmes l’engagement de ne défendre que des positions communes au sein des organisations internationales, et cet engagement vaut aussi pour la France et le Royaume-Uni en leur qualité de membres permanents du Conseil de sécurité de l’O.N.U. : cette situation, contraire aux dispositions de la charte, plusieurs de nos partenaires l’interprètent déjà, nous le savons, comme une transition vers le transfert de ces deux sièges à la Communauté.
Tout ce dispositif est donc fort peu respectueux de la souveraineté des États membres tant en ce qui concerne la nature des règles de décisions que le caractère irréversible des transferts de pouvoirs envisagés.
Cessons donc de tricher, de dissimuler, de jouer sur les mots, de multiplier les sophismes, L’alternative est claire : nous devons conserver notre souveraineté ou y renoncer.
Il est temps de nous demander comment nous en sommes arrivés à considérer cette question, incongrue il y a quelques mois encore, comme presque banale, comment nous en sommes arrivés à considérer la rupture de notre pacte social sinon comme normale, du moins comme nécessaire.
Évidemment, et aujourd’hui encore, on s’échine à nous persuader qu’il n’y a là rien de nouveau. Rien de nouveau peut-être dans les arrière-pensées, mais nouveauté radicale par rapport aux engagements que nous avions pris jusqu’ici et qui étaient d’une tout autre nature.
Mettons à part le traité instituant la Communauté européenne du charbon et de l’acier, qui, au lendemain de la guerre, était tout imprégné d’une idéologie dirigiste et planificatrice, et qui s’est d’ailleurs soldé par un échec total, si l’on en juge par ce qui reste aujourd’hui de la sidérurgie européenne !
Hormis donc le traité instituant le CECA, on pouvait considérer, avant le sommet de Maastricht, que nous n’avions pas ratifié beaucoup plus que des accords de coopération et de libre-échange, D’ailleurs, dix huit mois après la signature du traité de Rome, les constituants de 1958 ont pu souligner et consacrer la plénitude de la souveraineté nationale. Et ils ne l’ont pas fait pas inadvertance, comme a paru le suggérer M. Mitterrand, ou par négligence, comme a cru devoir le supposer M. le garde des sceaux.
Faut-il rappeler, en effet, que le Traité de Rome ne mentionne que deux politiques communes dont l’une, celle des transports, n’a jamais vu le jour, tandis que l’autre, la politique agricole commune, ne fonctionnait que par consensus depuis que le compromis de Luxembourg avait mis fin – provisoirement – à toute tentation supranationale ? Instaurer un marché commun, puis un marché unique, voilà tout ce à quoi la France s’était engagée, et il n’y aurait rien eu à redire concernant ces engagements-là, si ne s’était développé peu à peu, à force de règlements, de décisions et de directives, tout un droit communautaire dérivé, sans aucun rapport avec les objectifs fixés par les traités.
De toute évidence se posait un problème d’interprétation des textes, devenant de plus en plus grave au fur et à mesure que la connivence de la Commission, du juge européen et des juges nationaux en venait à imposer aux pays membres la suprématie des textes communautaires.
L’exemple de l’Acte unique est, à cet égard, tout à fait révélateur. Ce traité déclare, en effet, que seront prises à la majorité toutes les mesures d’harmonisation nécessaires à la réalisation du marché unique, exception faite des mesures fiscales. A priori, cela n’engage à aucun véritable transfert de souveraineté, si l’on veut bien considérer qu’un marche unique n’est pas un espace économique uniforme et qu’il n’est pas besoin de nombreuses mesures d’harmonisation pour faire jouer convenablement la concurrence entre les pays membres, soumis au principe de reconnaissance mutuelle des réglementations. Mais il a suffi que la Commission, disposant de l’initiative des textes, décide que la réalisation du marché unique nécessitait l’adoption de trois cents directives d’harmonisation pour que celles-ci soient adoptées à la majorité sans qu’aucun recours ait pu être opposé à cette qualification arbitraire, la Cour de justice des Communautés étant elle-même convertie sans réserve à l’idéologie fédéraliste.
C’est ainsi que, dans les faits, notre engagement initial se révèle désormais bien plus contraignant que ce qui ressortait de la lettre du traité.
Pour autant, ce n’est quand même, là encore, qu’un problème d’interprétation, pour lequel on pourrait théoriquement trouver une solution constitutionnelle qui s’impose aux juges.
Ce n’est plus du tout le cas avec les accords de Maastricht, qui ne souffrent d’aucune ambiguïté. On connaît l’argument : il nous faut faire l’Europe, donc il nous faut concéder une partie de notre souveraineté. Comme si cette relation causale allait de soi ! Comme si le respect des souverainetés interdisait la coopération, l’ouverture, la solidarité ! Comme si les États souverains en étaient fatalement réduits à un splendide isolement et condamnés à une politique frileuse de repliement sur soi !
C’est oublier que, si cela lui parait nécessaire, un État peut souverainement décider de déléguer des compétences ou les exercer en commun avec d’autres. La querelle n’est pas purement sémantique. C’est une chose, en effet, que de déléguer temporairement un pouvoir susceptible d’être récupéré lorsque la délégation n’est plus conforme à l’intérêt national ou ne répond plus aux exigences du moment. C’est tout autre chose que d’opérer un transfert sans retour pouvant contraindre un État à appliquer une politique contraire à ses intérêts et à ses choix.
La coopération, la concertation, même quand elles sont poussées très loin, s’accommodent très bien du droit de veto. On peut même dire que le veto est le meilleur stimulant de la concertation puisqu’il oblige à prolonger la négociation jusqu’au consentement général des États. C’est d’ailleurs sur cette philosophie qu’était fondé, j’y reviens, le fameux compromis de Luxembourg, que après la politique de la chaise vide, de Gaulle imposa à nos partenaires et qui n’a pas empêché, bien au contraire, le développement d’une politique agricole commune.
On pourra toujours objecter bien sûr que tout cela n’est pas très important puisque les traités ne sont jamais eux-mêmes totalement irréversibles et que, le cas échéant, chaque pays membre pourra toujours les dénoncer en bloc. Les choses ne sont pas si simples.
D’abord parce que, vérification faite, le traité ne prévoit ni sécession ni retrait. C’est même la première fois qu’un traité est ainsi marqué par la notion d’irréversibilité, et on ne sait que trop ce qu’il en est dans les systèmes où les États fédérés gardent pourtant, théoriquement, le droit de quitter la fédération. On sait comment aux États-Unis les États du Nord ont interprété ce droit quand les États du Sud ont voulu faire sécession. On sait aussi ce que celui-ci signifiait dans la Constitution soviétique. On sait ce qu’il veut dire en Yougoslavie. Et quand bien même les perspectives seraient, en l’occurrence, moins dramatiques, la question se pose de savoir si nous ne sommes pas en train de créer une situation dans laquelle la dénonciation en bloc des traités va devenir si malaisée et si coûteuse qu’elle ne sera bientôt plus qu’un solution illusoire.
Il ne faut pas rêver. Sans monnaie, demain, sans défense, sans diplomatie, peut-être, après-demain, la France, au mieux, n’aurait pas plus de marge de manœuvre que n’en ont aujourd’hui l’Ukraine et l’Azerbaïdjan.
Certains s’en accommodent. Quant à moi, Ce n’est pas l’avenir que je souhaite à mon pays. D’ailleurs, les tenants de la marche vers le fédéralisme ne cachent pas leur dessein. Ils veulent bel et bien, et ils le disent, que les progrès du fédéralisme soient sans retour en droit et, surtout, en pratique, et force est de constater que nous voilà d’ores et déjà pris dans un redoutable engrenage. Depuis que la règle de la majorité s’applique de plus en plus largement dans les prises de décision du Conseil européen et que les jurisprudences convergentes de la Cour de cassation et du Conseil d’État admettent que les traités et le droit communautaire qui en est dérivé bénéficient d’une primauté absolue sur nos lois nationales, le Gouvernement, dès lors qu’il est en minorité au Conseil, non plus que le Parlement français, n’a plus son mot à dire pour infléchir les règles communautaires jugées inacceptables pour la France.
Songez que le juge administratif n’éprouve plus aucune gêne à décider qu’un ministre commet une infraction en prenant un arrêté conforme à une loi nationale dès lors que cette loi est contraire à une directive communautaire, même si la loi est postérieure. L’administration peut même, à ce titre, se voir condamnée à verser des dommages et intérêts. Où allons-nous ?
Où allons-nous si le juge, tout en déclarant qu’il ne veut pas censurer la loi, s’arroge le droit de la rendre inopposable ou inapplicable ? La République, ce n’est pas une justice aux ordres : mais ce n’est pas non plus le gouvernement des juges, a fortiori quand il s’agit de juges européens qui font parler l’esprit des traités !
Bientôt, pourtant, comme nous l’a annoncé M. Delors, au moins 80 p. 100 de notre droit interne sera d’origine communautaire, et le juge ne laissera plus d’autre choix au législateur que le tout ou rien : ou se soumettre totalement ou dénoncer unilatéralement et en bloc des traités de plus en plus contraignants.
Bref, quand, du fait de l’application des accords de Maastricht, notamment en ce qui concerne la monnaie unique, le coût de la dénonciation sera devenu exorbitant, le piège sera refermé et, demain, aucune majorité parlementaire, quelles que soient les circonstances, ne pourra raisonnablement revenir sur ce qui aura été fait.
Craignons alors que, pour finir, les sentiments nationaux, à force d’être étouffés, ne s’exacerbent jusqu’à se muer en nationalismes et ne conduisent l’Europe, une fois encore, au bord de graves difficultés, car rien n’est plus dangereux qu’une nation trop longtemps frustrée de la souveraineté par laquelle s’exprime sa liberté, c’est-à-dire son droit imprescriptible à choisir son destin.
On ne joue pas impunément avec les peuples et leur histoire. Toutes les chimères politiques sont appelées un jour ou l’autre à se briser sur les réalités historiques. La Russie a bel et bien fini par boire le communisme comme un buvard parce que la Russie avait plus de consistance historique que le communisme, mais à quel prix ?
Alors, si nous organisons l’Europe, organisons-la à partir des réalités. Et les réalités, en Europe, ce sont toutes les nationalités qui la composent.
Comment allons-nous articuler la construction de l’Europe avec ces données de faits qui plongent si profond dans le passé et dans l’inconscient collectif ? Comment allons-nous bâtir un système de coopération assurant la paix et la prospérité sans négliger ces réalités nationales dont les mouvements ne nous paraissent parfois imperceptibles que parce qu’ils appartiennent à la très longue durée ? Voilà qui devrait tout naturellement être l’objet d’un vrai et grand débat public.
Mais, constatons-le, Ce débat ne s’engage pas vraiment. On se contente de faire dans l’incantation : « c’est beau, c’est grand, c’est généreux, Maastricht ! Ou dans la menace à peine voilée – Maastricht ou le chaos ! Si vous ne votez pas Maastricht, vous ne serez jamais ministre ! » L’opinion est d’autant plus décontenancée qu’elle sent bien qu’on fait souvent silence pour de simples raisons d’immédiate opportunité et qu’elle assiste à de surprenants chassés-croisés. Les idéologues de la reconquête du marché intérieur se font les chantres de la monnaie unique. Les tenants de la relance et autres théoriciens de l’autre politique économique expliquent doctement qu’il n’existe pas d’alternative à Maastricht. Sans parler de ceux qui nous ont expliqué tour à tour que Maastricht était parfaitement conforme à la Constitution, puis que la ratification imposait la révision de celle-ci : que Maastricht était l’acte le plus important depuis la Seconde Guerre mondiale, puisqu’il n’était jamais que le prolongement du Traité de Rome et de l’Acte unique… Tout se passe en réalité comme si personne n’avait vraiment envie de débat.
Bien sûr, on peut toujours prétendre – on commence à le faire çà et là – que la question est beaucoup trop technique pour être valablement abordée lors d’un débat public, dans un climat passionnel, à un moment dans la conjoncture qui ne s’y prêtent pas et devant des électeurs dont il est avantageux de postuler l’incompétence. Curieuse conception de la démocratie derrière laquelle, une fois de plus, se profilent la méfiance du suffrage universel, celle du peuple souverain et le dépérissement de la République.
D’autant que la construction européenne n’est pas du tout, par nature, un problème technique. C’est par tactique que, depuis l’échec de la C.E.D. en 1954, les idéologues du fédéralisme et les eurocrates cherchent à dissimuler leur dessein politique sous le manteau de la technique.
Il est vrai qu’ils n’y ont pas si mal réussi jusqu’à présent ; Mais jusqu’où est-il permis d’imposer au peuple, sous couvert de technicité, des choix politiques majeurs qui relèvent de lui et de lui seul ? Jusqu’où la dissimulation peut-elle être l’instrument d’une politique ? Il serait indécent et dangereux d’aller plus loin.
Le moment est venu de regarder en face la vraie nature des choses qui n’est pas technique mais politique, et de dire ouvertement, franchement, honnêtement, quels sont les enjeux. Il est temps que ce débat ait lieu. Il est temps de montrer aux Français qu’il y a plusieurs voies possibles et qu’ils ont le choix. Il est temps de leur montrer qu’on les mène vers une impasse et que l’espérance est ailleurs – selon moi du côté de la nation qui est la leur.
Qu’on le veuille ou non, en effet, c’est l’idée qu’on se fait de la nation qui commande l’idée qu’on se fait de l’Europe. C’est pourtant une attitude fort répandue que de marteler le thème de l’Europe sans jamais même effleurer celui de la nation, comme si celle-ci n’était nullement en cause. Il est tellement plus commode de rester dans le flou, dans l’implicite ou le non-dit…
C’est, bien sûr, ce principe d’extrême prudence politique qui a conduit les auteurs du traité de Maastricht à gommer de leur texte le mot « fédéral », Pourtant, cela ne change rien à la chose, car ce qui compte dans un traité, c’est son esprit, ce sont les mécanismes qu’il met en place, Et vous-même, monsieur Dumas, avec la franchise qui vous caractérise, vous l’aviez reconnu ici même, sans détour : cette Europe est à finalité fédérale.
Pourtant, j’en conviens volontiers, ce qu’on nous propose aujourd’hui ce n’est pas le fédéralisme au sens où on l’entend quand on parle des États-unis ou du Canada, C’est bien pire, parce que c’est un fédéralisme au rabais !
On ferait vraiment beaucoup d’honneur au traité en affirmant, sans autre précaution, qu’il est d’essence fédérale, Il ne comporte même pas, en effet – ce serait, après tout, un moindre mal – les garanties du fédéralisme.
Car le pouvoir qu’on enlève au peuple, aucun autre peuple ni aucune réunion de peuples n’en hérite. Ce sont des technocrates désignés et contrôlés encore moins démocratiquement qu’auparavant qui en bénéficient et le déficit démocratique, tare originelle de la construction européenne, s’en trouve aggravé.
Dans ces conditions, un véritable fédéralisme, avec son Gouvernement, son Sénat, sa Chambre des représentants, pourrait demain apparaître comme un progrès, sous prétexte qu’il serait alors le seul moyen de sortir de l’ornière technocratique dans laquelle nous nous serions davantage encore embourbés.
C’est la raison pour laquelle je suis d’autant plus résolument opposé à cette solution d’un fédéralisme bancal qu’elle serait fatalement le prélude à un vrai et pur fédéralisme.
Or, soyons lucides, il n’y a aucune place pour des nations vraiment libres dans un État fédéral. Il n’y a jamais eu de place pour des nations réellement distinctes dans aucun État fédéral. Libre à certains de caresser l’illusion qu’il s’agit de créer une nation des nations : c’est là une contradiction dans les termes et rien de plus. Convenons plutôt qu’il y a quelque ironie à proposer à nos vieilles nations le fédéralisme comme idéal, au moment même où toutes les fédérations de nationalités sont en train de déboucher sur l’échec.
A ceux qui, malgré tout, s’imaginent que le temps et les textes l’emportent sur tout le reste, je voudrais rappeler simplement comment, depuis plus de deux siècles, se pose la question québécoise. Comment, depuis plus de deux siècles, le peuple québécois, à la fois si proche et si différent de ses voisins par ses origines, sa langue et sa culture, vit sa situation d’État fédéré au sein d’un État fédéral qui est pourtant autrement plus démocratique que la construction échafaudée à Maastricht.
En vérité, le fédéralisme ne marche bien que lorsqu’il procède d’un État-nation, comme en Allemagne ou dans les États-unis d’aujourd’hui, au Mexique, au Brésil, ou en Australie. Comment, dans ces conditions, peut-on raisonnablement croire possible de réunir sous une même loi, sous un même pouvoir, à partir d’une union conventionnelle un ensemble transnational qui se suffirait à lui-même et se perpétuerait sans contrainte ?
Dans cette affaire éminemment politique, le véritable et le seul débat oppose donc, d’un côté, ceux qui tiennent la nation pour une simple modalité d’organisation sociale désormais dépassée dans une course à la mondialisation qu’ils appellent de leurs vœux et, de l’autre, ceux qui s’en font une tout autre idée.
La nation, pour ces derniers, est quelque chose qui possède une dimension affective et une dimension spirituelle. C’est le résultat d’un accomplissement, le produit d’une mystérieuse métamorphose par laquelle un peuple devient davantage qu’une communauté solidaire, presque un corps et une âme. Certes, les peuples n’ont pas tous ]a même conception de la nation : les Français ont la leur, qui n’est pas celle des Allemands ni celle des Anglais, mais toutes les nations se ressemblent quand même et nulle part rien de durable ne s’accomplit en dehors d’elles, La démocratie elle-même est impensable sans la nation.
De Gaulle disait : « La démocratie pour moi se confond exactement avec la souveraineté nationale. » On ne saurait mieux souligner que pour qu’il y ait une démocratie il faut qu’existe un sentiment d’appartenance communautaire suffisamment puissant pour entraîner la minorité à accepter la loi de la majorité ! Et la nation c’est précisément ce par quoi ce sentiment existe. Or la nation cela ne s’invente ni ne se décrète pas plus que la souveraineté !
Le fait national s’impose de lui-même sans que personne puisse en décider autrement ; il n’est ni repli ni rejet, il est acte d’adhésion.
Car la nation ce n’est pas un clan, ce n’est pas une race, ce n’est pas une tribu. La nation c’est plus fort encore que l’idée de patrie, plus fort que le patriotisme, ce noble réflexe par lequel on défend sa terre natale, son champ, ses sépultures. Car le sentiment national c’est ce par quoi on devient citoyen, ce par quoi on accède à cette dignité suprême des hommes libres qui s’appelle la citoyenneté !
C’est assez dire que la citoyenneté non plus ne se décrète pas, qu’elle ne relève ni de la loi ni du traité. Pour qu’il y ait une citoyenneté européenne, il faudrait qu’il y ait une nation européenne.
Alors oui, il est possible d’enfermer les habitants des pays de la Communauté dans un corset de normes juridiques, de leur imposer des procédures, des règles, des interdits, de créer si on le veut de nouvelles catégories d’assujettis.
Mais on ne peut créer par un traité une nouvelle citoyenneté. Curieuse citoyenneté d’ailleurs que celle dont on nous parle, parée de droits, mais exempte de devoirs !
Le droit de vote exprime ainsi une adhésion très forte sans laquelle il n’a aucun sens. On ne vote pas dans un pays simplement parce qu’on y habite, mais parce que l’on veut partager ses valeurs et son destin. L’obstacle à la citoyenneté européenne n’est donc pas tant constitutionnel que moral.
Oserai-je dire à cet égard que je suis moins choqué à la limite, sous les précautions que l’on sait par la perspective d’admettre des étrangers à des élections locales qu’à l’idée de reconnaître le droit de vote pour les élections européennes aux ressortissants des autres États membres de la Communauté résidant en France ? Car là est bien, au niveau des principes, la dérive fédéraliste.
Dans l’esprit d’une confédération respectant les souverainetés nationales, ce qui est, jusqu’à preuve du contraire la seule voie sur laquelle nous soyons jusqu’à présent officiellement engagés, les députés au Parlement européen sont les représentants de chacun des peuples de la Communauté. C’est donc tout naturellement qu’ils sont élus sur des bases nationales. Ouvrir ce corps électoral aux résidents des autres États membres, serait rompre avec ce principe et ouvrir une brèche qui nous conduirait bientôt à tenir les décisions du Parlement de Strasbourg pour l’expression de la volonté générale d’un hypothétique « peuple européen », au même titre que la loi édictée par chaque Parlement national est l’expression de la volonté générale de la Nation.
C’est là, bien entendu, où veulent nous conduire les auteurs du traité de Maastricht et il est clair que tous les moyens sont bons à leurs yeux pour y parvenir, Cette disposition est donc absolument inacceptable, quelles qu’en soient les conditions d’exercice.
Je prendrai néanmoins le risque d’étonner en affirmant qu’il faut probablement tenir la création de la citoyenneté européenne pour ce qu’elle est, c’est-à-dire un simple corollaire de la monnaie unique qui est, elle, le vrai, le puissant mécanisme par lequel se réalisera non seulement l’intégration économique mais aussi finalement l’intégration politique.
Ceux qui se contentent de demander l’abrogation des dispositions sur le droit de vote s’attaquent ainsi, je le crains, aux effets anticipés sans s’attaquer aux causes. On peut d’ailleurs se demander légitimement jusqu’à quel point cette disposition provocante, qu’on pourrait éventuellement paraître atténuer, n’a pas pour seule fonction d’être un abcès de fixation, un leurre, un change comme on dit sur certains terrains de chasse.
Nous en aurons du moins tiré parti pour nous souvenir que le sentiment national n’est pas le nationalisme, Car le nationalisme, avec ses outrances et, son égoïsme forcené a quelque chose de pathologique qui n’a rien à voir avec la nation ni, bien sûr, avec la République.
C’est dire combien la France, dont il nous faut préserver la souveraineté, en refusant de la dissoudre dans l’Europe fédérale, n’est pas la France des extrémistes de droite qui est en fait une anti-France.
Que peuvent d’ailleurs bien comprendre à la nation ceux qui, il y a cinquante ans, s’engageaient dans la collaboration avec les nazis pour bâtir l’ordre européen nouveau ; ceux qui, dans Paris occupé, organisaient des expositions sur la France européenne au Grand Palais, ceux qui prophétisaient qu’on parlerait de l’Allemagne et du Danemark comme on parle de la Flandre et de la Bourgogne, ou encore que dans une Europe où l’Allemagne tiendrait le rôle que l’Angleterre entendait s’arroger, ses intérêts et les nôtres se rejoindraient tôt ou tard ?
Je ne crois pas que ceux-là aient rompu avec ces penchants, malgré les efforts qu’ils déploient pour jouer sur l’égoïsme, tout en dissimulant l’idéologie qui les anime, qui dépasse d’ailleurs les frontières et qui est antirépublicaine parce qu’elle est viscéralement contre l’égalité des droits et la reconnaissance universelle de la dignité de la personne humaine.
Mais qu’on y prenne garde : c’est lorsque le sentiment national est bafoué que la voie s’ouvre aux dérives nationalistes et à tous les extrémismes !
J’ai parlé de république, de valeurs républicaines. Il faut à ce sujet bien nous entendre. En France, la République n’est pas seulement un régime institutionnel. Et s’il fallait lui trouver une date de naissance, je la situerais à Valmy, le 20 septembre 1792, avec le « peuple en armes », plutôt qu’à la Convention, le lendemain, quand les députés décidèrent d’abolir la monarchie, Car la République, c’est avant tout ce système de valeurs collectives par lequel la France est ce qu’elle est aux yeux du monde, Il y a une République française comme il y eut une République romaine. Depuis l’origine, sa maxime est la même : la souveraineté du peuple, l’appel de la liberté, l’espérance de la justice. Elle est inséparable de la dignité de la personne humaine et de son émancipation, de l’État de droit, de l’équité et de l’égalité des chances. Elle est inséparable de la solidarité nationale, de l’ambition collective nationale, de l’esprit national, de l’indépendance nationale, Elle est inséparable de l’État qui, en son nom, doit arbitrer, rendre la justice, attaquer inlassablement les privilèges, combattre les féodalités, accorder la primauté aux mérites et à la vertu. C’est dire que forgée dans le même moule, la République n’est pas séparable de la nation. Et tout cela, bien sûr, ne date pas d’hier !
N’y avait-il pas déjà un sentiment national dans les groupes anti-Anglais de Normandie pendant la guerre de Cent Ans ? Ou quand pour la première fois, on a crié à Marseille en 1585 « Vive la République ! » contre la Ligue qui pactisait avec les Espagnols ? N’y avait-il pas déjà au Moyen-Âge un modèle culturel français dans cette université de Paris qui imposait à l’Europe la suprématie de sa méthode et quand l’abbé Suger ouvrait, à Saint-Denis, le temps de ces cathédrales, que l’on n’appelait pas encore gothiques, et dans lesquelles toute l’Europe d’alors reconnaissait l’art de France ? N’y avait-il pas déjà une volonté nationale chez Philippe Le Bel, quand il refusait de tolérer aucun État dans l’État et chez le « petit roi de Bourges » quand il rejetait le traité de Troyes par lequel Isabeau de Bavière avait livré la France aux Anglais ? Et chez François Ier quand il signa à Villers-Cotterêts l’édit par lequel le français allait devenir la langue officielle de l’État ?
A chaque étape de notre histoire, il y a déjà ainsi un peu de la République comme il y en avait quand Napoléon faisait rédiger le code civil et qu’il disait : « Ma maxime a été la carrière ouverte aux talents sans distinction de fortune. »
Il fallait passer par là pour qu’un jour il y eût vraiment la République et les philosophes et la Déclaration des droits et l’école de la République, pour que la France devienne ce pays si singulier dont Malraux disait qu’« il n’est jamais plus grand que lorsqu’il parle à tous les hommes ». Ce pays si singulier qui, depuis toujours au fond, se veut plus exemplaire que dominateur. Ce pays si singulier qui, malgré ses faiblesses et ses renoncements, garde, tout au long des vicissitudes de l’histoire, un statut exceptionnel de guide spirituel et moral : car il y a indubitablement une exception française.
Une exception française, oui, qui traduit cet extraordinaire compromis que la République a réalisé chez nous, entre la nécessité de l’État et la liberté de l’individu et qui ne peut s’accorder avec la normalisation, avec la banalisation que l’on veut imposer à la France, au nom de la logique de Maastricht.
Comme il faut bien nous apaiser, voilà qu’on nous promet de respecter les identités nationales, en cherchant à nous convaincre que ces dernières sont trop fortes pour que le creuset fédéraliste les menace de disparition.
Des concessions nous seront faites, concernant – sait-on jamais ? – nos fromages et quelques-unes de nos coutumes parce que le folklore ne dérange personne, jamais un mouvement folklorique n’est devenu révolutionnaire. On nous laissera peut-être la Marseillaise, à condition d’en changer les paroles parce que ses farouches accents comportent des dangers et rappellent à notre : peuple son histoire et sa liberté.
On nous abandonnera notre langue, quitte à nous laisser le soin de l’abâtardir alors que, pour tant de peuples, le français reste encore synonyme de liberté. Déjà, nous nous rallions à cette idée folle que notre langue n’est rien de plus qu’une technique de communication.
Déjà, nous acceptons l’idée qu’il est peu rationnel de cumuler neuf langues de travail et qu’il y a là un vrai problème pour l’Europe.
Or cet utilitarisme à courte vue, auquel se convertissent nos élites et qui fait progresser à grands pas l’Europe fédérale, est de nature à détruire l’âme de la France.
Il est d’ailleurs tout à fait significatif d’avoir choisi le mot identité pour désigner ce qu’on consent à nous laisser. Cette assurance qu’on se croit obligé de nous donner est déjà l’indice d’un risque majeur.
On parle de l’identité lorsque l’âme est déjà en péril, lorsque l’expérience a déjà fait place à l’angoisse. On en parle lorsque les repères sont déjà perdus !
La quête identitaire n’est pas une affirmation de soi. C’est le réflexe défensif de ceux qui sentent qu’ils ont déjà trop cédé. En ne nous laissant que l’identité, on ne nous concède donc pas grand-chose, en attendant de ne plus rien nous concéder du tout !
Que veut-on mettre à la place de ce qu’il est question d’effacer ? A quoi veut-on nous faire adhérer quand on aura obtenu de nous un reniement national ? Sur quoi va-t-on fonder ce gouvernement de l’Europe auquel on veut nous soumettre ?
Sur la conscience européenne ? C’est vrai, cette conscience existe ; il y a même quelque chose comme une civilisation européenne au confluent de la volonté prométhéenne, de la chrétienté et de la liberté de l’esprit. Bien sûr, nous autres Européens avons un patrimoine et toutes sortes de similitudes, mais cela ne suffit pas pour forger un État.
S’il y a une conscience européenne, c’est un peu comme il y a une conscience universelle ; elle est de l’ordre du concept et n’a à voir ni avec l’âme du peuple ni avec la solidarité chamelle de la nation. La nation française est une expérience multiséculaire, La conscience européenne est une idée qui d’ailleurs ne s’arrête pas aux frontières de la Communauté. Et l’on ne bâtit pas un État légitime sur une idée abstraite, encore moins sur une volonté technocratique.
Ainsi, l’État fédéral européen manquerait de fondement réel et de justifications profondes. Ce serait un État arbitraire et lointain dans lequel aucun peuple ne se reconnaîtrait. Les plus lucides des fédéralistes européens le savent bien et ils ont une réponse toute prête. Il s’agit de l’Europe des régions, laquelle présente le double avantage de rapprocher, disent-ils, le pouvoir du citoyen et de mettre hors-jeu – ça c’est sûr les États nationaux.
Seulement voilà : ce fédéralisme régionaliste signifierait à coup sûr la fin de notre République. Ce serait anéantir dix siècles de volonté d’unification du pays, dix siècles de rassemblement des provinces, dix siècles de lutte contre les féodalités locales, dix siècles d’efforts pour renforcer la solidarité entre les régions, dix siècles d’obstination féconde pour forger, de génération en génération, une authentique communauté nationale.
Qu’en adviendra-t-il à terme ? On remplacera les quelques frontières nationales existantes par une multitude de frontières locales invisibles mais bien réelles. On formera de petites provinces là où il y avait de grands États avec autant de communautés crispées sur leurs égoïsmes locaux. On laissera les régions riches devenir toujours plus riches et les pauvres devenir toujours plus pauvres.
On confiera les affaires à des notables que le gouvernement fédéral, du fait de son éloignement et de son manque de légitimité, ne pourra contrôler, pas plus que ne pourront le faire les gouvernements nationaux politiquement affaiblis et limités dans leurs compétences..) Ce sera le grand retour des féodalités, lequel, je vous le concède, a déjà largement commencé.
Ce sera, pour le coup, cette Europe des tribus que nous dit tant redouter M. le Président de la République. Il n’y aura plus en France de redistribution, de péréquation, d’aménagement du territoire. Viendra la règle du chacun pour soi et de Dieu pour personne.
Se noueront des relations de région à région par-dessus la tête des États ; c’est déjà entamé ! Ce sera le contraire de la République et le contraire de la démocratie.
Ceux-là mêmes qui ont multiplié les échelons de l’administration nous disent maintenant qu’il y en a trop, qu’il faut en supprimer, pour rationaliser, pour simplifier. Il y a trop d’échelons, comme il y a trop de communes. Et même s’il n’y a pas de calcul, s’il n’y a pas de préméditation, même si M. Delors est probablement sincère quand il déclare qu’il ne veut pas faire disparaître les nations, l’engrenage qui se met en place est tel qu’au bout du compte ce n’est pas le choix entre le département et la région qui s’imposera dans la multiplicité des échelons du pouvoir : c’est l’escamotage de l’État-nation qui se dessinera !
Et l’idée fait subrepticement chemin : déjà les régions traitent directement avec Bruxelles, pour quémander des subsides, déjà elles s’allient entre elles pour organiser des groupes de pression à l’échelon communautaire ; déjà voient le jour des politiques régionales qui ne tiennent plus aucun compte des impératifs nationaux.
Et voilà que se crée à Bruxelles un comité des régions qui n’a pas encore beaucoup de pouvoirs, mais qui se présente déjà comme organe de représentation. C’est la manifestation ouverte d’un dessein régionaliste qui ne prend même plus la peine de se déguiser, mais dont, comme toujours, on dissimule les véritables ambitions.
Là encore, si nous sommes tellement vulnérables, la faute en est due à notre propre renoncement, un renoncement qui se situe dans la dérive d’une décentralisation mal conçue et mal maîtrisée dont la perspective de l’Europe des régions fait apparaître tout à coup les immenses dangers !
Nous avions pourtant choisi la décentralisation, pas la désintégration !
Les choses vont-elles donc continuer à se défaire sans qu’a aucun moment le peuple français ne soit consulté ?
Mais voilà qu’on nous assure que Maastricht serait la condition de la paix et de la prospérité, ce qui signifie par là même que son échec équivaudrait à la régression et, j’imagine, à la guerre. C’est l’une des idées reçues du moment : les nations seraient inévitablement condamnées au déclin par le progrès de la civilisation matérielle. Leur souveraineté serait incompatible avec le renforcement inéluctable des interdépendances économiques et techniques. L’évolution des choses conduirait nécessairement vers un monde sans frontières, chacune de celles-ci constituant un obstacle à l’efficacité, une entorse à la rationalité, une entrave à la prospérité.
Ce sont là des affirmations qu’il nous faut vérifier avec soin car ce qu’on nous demande d’abandonner, pour atteindre la prospérité, ce n’est pas seulement le droit de battre monnaie, c’est la possibilité de conduire une politique économique qui nous soit propre.
Suffirait-il de constituer un grand ensemble intégré pour brusquement et sûrement accroître ces performances ? On en douterait au spectacle de grands ensembles existants qui périclitent ou se divisent. L’ancienne Union soviétique, la Chine, l’Inde sont-elles à ce point prospères qu’il nous faille à tout prix les imiter ?
Les États-unis eux-mêmes sont-ils à ce point heureux dans la gestion de leurs affaires intérieures qu’il faille les prendre pour modèles ? N’observe-t-on pas à l’inverse des réussites éclatantes qui ne doivent rien à l’immensité au Japon, à Taiwan, en Corée du Sud, voire dans les villes États, comme Singapour ou Hong Kong ?
Comment s’en étonner ? La mise en commun des faiblesses et des défaillances de chacun n’a jamais amélioré les performances de tous.
Si l’argument de la taille ne convainc pas, on tient en réserve l’une de ses variantes : elle consiste à condamner la tentation de l’autarcie. C’est ce qu’a fait M. le Premier ministre cet après-midi. L’autarcie est-elle la plus sûre façon de ruiner l’économie, d’étouffer l’initiative, d’appauvrir la culture ? Certes oui, mais qui dit le contraire ? Qui parle de replier le pays sur lui-même ? Qui parle de renoncer à la liberté des échanges ? Qui donc ici prône l’exclusion, la fermeture aux autres ? Personne ! En tout cas pas moi ! Mais en quoi donc le rejet de l’autarcie a‑t-il quelque chose à voir avec la prétendue nécessité d’une Europe fédérale ? La réponse est simple : cela n’a rien à voir !
Il y a des siècles que les échanges internationaux se développent et depuis 1945 ils ont enregistré une formidable progression, contribuant à la prospérité et à l’accroissement des niveaux de vie. A‑t-on eu besoin pour cela de réduire le nombre des nations ? Leurs frontières politiques ont-elle fait obstacle à cette évolution ? Les particularismes nationaux ont-ils compromis l’allocation des ressources, freiné l’innovation, ralenti la croissance ? Dans les faits, n’est-ce pas tout le contraire qui s’est passé, et n’est-ce pas le pays qui en a le plus profité, le Japon, qui est aussi le plus rebelle à tout système qui l’intégrerait ? Il est vrai que, pour échanger, il faut avoir quelque chose à échanger. Il est donc autorisé d’être différent et il est même plus souhaitable d’être complémentaire que semblable.
L’avenir n’est donc pas contradictoire avec la volonté des peuples de garder leur caractère, de tirer le meilleur parti de ce qu’ils sont, de leurs atouts, de leurs spécificités pour donner au monde la plus belle part d’eux-mêmes.
La compétition, la concurrence, c’est d’ailleurs cela : c’est le jeu où des producteurs placés dans des situations particulières, avec des capacités et des savoir-faire différents, s’efforcent en permanence de se dépasser afin de produire à moindre coût et de vendre davantage.
Gardons-nous donc de la vision angélique et réductrice d’une internationalisation économique dégagée de toute référence aux nationalités ! Pour garder leur efficacité, les entreprises ont à prendre en compte les caractéristiques des marchés locaux, des mentalités, des comportements, des langues.
Tenir l’économie mondiale pour un système unitaire et indifférencié procède à l’évidence d’une analyse superficielle. En réalité, un espace de concurrence est un espace d’échange libre et non un vase clos dans lequel une bureaucratie tatillonne s’efforce de gommer toutes les différences en imposant avec obstination ce que les auteurs de l’Acte unique ont appelé « l’harmonisation des conditions de la concurrence ».
Redoutable contresens économique, d’ailleurs, que cette « harmonisation » à laquelle nous devons déjà des centaines et des centaines de directives et de règlements communautaires ! Mesurons l’absurdité d’une telle démarche en posant, comme le fit un jour un économiste, cette impertinente mais judicieuse question : « Puisqu’il faut harmoniser les conditions de la concurrence, pourquoi, comme sur le nez de Cyrano, ne pas poser des petits parasols sur les tomates catalanes, gorgées d’un soleil qui fait si injustement défaut aux tomates néerlandaises ? »
Ne rions pas, nous ne sommes pas loin de cela ! Nous n’en sommes pas loin quand on se met à réglementer, pour toute la CEE, les conditions de production pour les chasses d’eau, les survêtements, les fromages. Croyez-vous que cela a quelque chose à voir avec la vitalité des marchés, avec la force créatrice de la libre entreprise, avec le stimulant de la concurrence ?
On nous fabrique aujourd’hui en Europe un espace économique plus uniformisé que le marché intérieur américain lui-même, qui vit et prospère très bien sans même l’harmonisation des fiscalités, alors que, pour créer un marché unique, on pourrait s’en tenir à la libre circulation des biens et des personnes et à la reconnaissance mutuelle des réglementations, en limitant l’effort d’harmonisation à ce qui relève de la santé publique et de la protection de l’environnement.
Mais ce n’était pas assez pour nos eurocrates qui veulent supprimer la concurrence en prétendant la préserver. On met en avant de prétendus impératifs de concurrence pour réglementer, centraliser, diriger l’économie européenne, à la seule fin, non d’accroître l’efficacité et la prospérité communes mais de forger à la fois l’instrument et la raison d’être d’un futur gouvernement fédéral, un gouvernement fédéral qui ne pourra certainement pas souffrir l’existence d’une réelle concurrence entre les États fédérés.
La monnaie unique qu’on nous propose maintenant est la conséquence logique de cette stratégie. Voyons ensemble ce que vaut cette touche finale.
On nous dit que la monnaie unique est la clé de l’ emploi. On nous annonce triomphalement qu’elle créera des millions d’emplois nouveaux – jusqu’à cinq millions, selon M. Delors, trois ou quatre, selon le Président de la République. Mais que vaut ce genre de prédiction, alors que, depuis des années, le chômage augmente en même temps que s’accélère la construction de l’Europe technocratique ? Par quel miracle la monnaie unique pourrait-elle renverser cette tendance ? Oublierait-on que certaines simulations sur les effets de l’union monétaire sont particulièrement inquiétantes pour la France puisqu’elles font craindre encore plus de chômage dans les années à venir ? En vérité, tout ce que notre économie doit d’incontestablement positif à la construction européenne, c’est la fin du protectionnisme intracommunautaire, ce qui n’a rien à voir ni avec I« harmonisation à tout prix ni avec la monnaie unique.
On nous dit que les risques cambiaires tendent à limiter les transactions. Mais les échanges internationaux n’ont souffert d’aucun ralentissement notable après la généralisation des changes flottants, moyennant la mise au point de techniques de couverture fort élaborées.
On nous dit que la monnaie unique va favoriser nos exportations, mais les échanges intra-européens sont déjà considérables et l’unification de la monnaie ne supprimera pas les risques de fluctuation vis-à-vis du dollar et du yen. Mieux : dès lors qu’il y aura trois pôles monétaires comparables, les arbitrages triangulaires iront se multipliant, avec tous les risques de change y afférent.
On nous dit que la monnaie unique favorisera les investissements français dans les autres pays de la Communauté. Or aucune statistique ne permet de conclure à un effet significatif du risque de change sur l’investissement.
On nous dit que la monnaie unique fera économiser d’énormes coûts de transaction, mais personnes n’est réellement capable d’évaluer ces coûts et tous les chiffres cités à ce sujet, y compris les vôtres, sont le plus souvent totalement fantaisistes.
M. Rocard nous dit que, si Louis XI n’avait pas eu raison de Charles le Téméraire, la Bourgogne d’aujourd’hui vivrait dans la hantise de voir se détériorer sa balance des paiements avec l’Ile-de-France et l’Aquitaine.
Et il nous prédit que la monnaie unique mettra fin à ce genre d’archaïsme, entrave à la croissance. Mais qui donc est obsédé par le solde des paiements courants sinon ceux-là mêmes qui confondent les conséquences et les causes, qui confondent les écritures comptables avec les mécanismes économiques et qui sont paralysés par des contraintes imaginaires ?
Comment peut-on penser en effet que la balance des paiements est en elle-même une contrainte économique bien réelle et croire qu’il suffit de ne plus libeller les transactions que dans une seule monnaie pour qu’elles s’envolent miraculeusement ?
On nous dit que la monnaie unique fera baisser tes taux d’intérêt, mais cela est plus que douteux dès lors qu’il va falloir intégrer des pays plus sujet à l’inflation et ensuite tout dépendra de la politique de la Banque centrale européenne qui sera indépendante, c’est-à-dire incontrôlable.
On dit encore, en effet, que la monnaie unique entre les mains d’une banque centrale indépendante permettra de mieux assurer la lutte contre I« inflation : mais nul ne peut garantir que les dirigeants de cette banque, qui n’auront de comptes à rendre à personne, feront toujours la meilleure politique possible ! Ou alors doit-on considérer l’irresponsabilité comme le gage le plus sûr de l’efficacité ?
L’expérience de la FED aux États-unis est-elle à cet égard concluante ? Le comportement actuel de la Bundesbank est-il si encourageant ? Certes non, d’ailleurs les plus grandes figures de l’orthodoxie monétaire, comme l’Américain Milton Friedman ou le Français Maurice Allais, sont farouchement opposés au principe de l’indépendance de la banque centrale.
En vérité, il n’y a pas de meilleure incitation à bien gérer la monnaie que la concurrence monétaire même si cette incitation est loin d’être sans défaut.
Or, que nous propose-t-on, sinon de supprimer la concurrence entre les monnaies européennes ?
Alors on vient nous dire, argument ultime et présumé décisif, que nous n’aurions plus d’autre choix qu’entre « subir » et « co-décider ».
Que répondre à ceux qui nous disent qu’en acceptant de participer au SME, notre pays a déjà renoncé à sa souveraineté dans ce domaine ? Que c’est oublier un peu vite qu’il existe des marges de fluctuation significatives. Que nous gardons, c’est vrai, la possibilité de dévaluer si nous le décidons et que nous pouvons sortir du système si nous le jugeons nécessaire. Que, dans le SME, la France choisit librement les contraintes qu’elle s’impose jusqu’à ce qu’elle décide de s’en affranchir. Au contraire, avec la monnaie unique, nous abandonnons définitivement ou presque le droit de choisir notre politique monétaire. Toute la différence est là !
Alors on objecte encore que, même si elle le voulait, la France ne pourrait pas exercer sa souveraineté, qu’elle n’aurait d’autre possibilité que celle de s’aligner sur les décisions des autorités allemandes afin d’éviter la fuite des capitaux flottants et l’effondrement de sa monnaie.
C’est oublier, me semble-t-il, que le maintien à tout prix d’une parité arbitraire entre le franc et le mark est un choix politique qui n’a rien d’inéluctable. C’est oublier qu’une monnaie qui ne se maintient qu’en s’appuyant sur des taux d’intérêt réels exorbitants ne peut pas être considérée comme une monnaie forte et qu’en adoptant une telle politique, la France a permis d’accentuer la sous-évaluation du mark au sein du SME où tous les experts s’accordent pour constater qu’il est déjà sous-évalué depuis 1979, ce qui est un comble puisque nous donnons ainsi à l’Allemagne une prime supplémentaire de compétitivité. Et quand j’entends dire, comme hier, qu’on veut réévaluer le franc par rapport au mark, je me demande si on ne nage pas en pleine folie !
En tout cas, rien n’impose auj
message 95 (merci d’avoir répondu)
Je vais être sévère et méchante. Cohérence oblige, au delà d’une certaine civilité.
Vu le programme ->
Quelques points positifs qui sont des lieux communs.
Ce type n’est pas démocrate, et s’il s’annonce tel, ses écrits et attitudes le démentent. Nous sommes ici équipés pour décoder … 😉
Autant la magma aliénant européen est à jeter, autant l’orgueil national me paraît dangereux.
La rencontre est utile plus que la théorie.
Homme cultivé et bien trop fier de l’être. Mais surtout, surtout … J’ai vu de mes yeux vu un goujat.
Et quel que soit le programme, pour moi, c’est niet :
Si le système de l’élection était retenu par mon cœur, et il ne saura jamais se résoudre de gaité à ce choix, ce serait face/grâce à une élite qui serait élite et non pas simulacre, élite en tout, jusqu’aux tréfonds de son âme.
On peut rencontrer des approximations de cet état, l’Histoire nous en offre parfois, qui hélas au point d’en être dépréciés servent de costume trop grand à l’opportunisme avide de gloire.
@ Morphéus
« Alors il faudrait pousser le raisonnement plus loin encore et créer un rassemblement sur une base plus large.
Par exemple : UPR (Asselineau) + DLR (Dupont-Aignant) + S&P (Cheminade) + FDG
Là, ça fera le poids. Il serait intéressant de comparer les programmes électoraux de ces différentes tendances. Je gage qu’il s’y trouverait des points communs.
Ah mais j’oubliais : ce n’est pas comme cela que fonctionne la politique dans un système de partis. Les partis divisent, au lieux de rassembler. Si on se concentre sur ce qui nous rassemble plutôt que sur ce qui nous divise, le risque est d’avoir un programme qui tienne sur un timbre poste … Et puis ce serait à l’opposé de toutes les bonnes vieilles habitudes (cf. Astérix & Obélix ; la guerre des chefs).
Morpheus »
tu raisonnes à l’envers, surtout pour ce qui concerne le mouvement ouvrier : les partis, les syndicats rassemblent, les scissions multiples furent le fruit de désaccords de forme ou de fond, de sorte que ce qui divise, ce ne sont pas les partis, ce sont les gens qui sont divisés.
le FdG est un rassemblement de partis et d’organisations politiques, et même au-delà, et il a vocation à s’élargir,
le M’PEP par exemple a refusé de l’intégrer parce que « sortie de l’UE » « sortie de l’euro » ne figuraient pas au programme, c’est à dire qu’ils ne jugeaient pas la situation suffisamment intolérable pour renoncer à ces mots d’ordre au profit de ce qu’il y a déjà dans le programme (« désobéissance aux traité », « pôle bancaire public », « monnaies locales », etc.), qui d’ailleurs n’excluait pas ces éventualités, mais pas avant d’en avoir assuré les conséquences économiques, sociales et géopolitiques,
le NPA a refusé de l’intégrer en tant que tel, les deux tiers du parti y sont entré, mais les autres se fondaient sur des soit-disant ambigüités quant au rapport au PS…,
le POI a également refusé au prétexte de je ne sais plus quoi,
bref, la porte était ouverte, y compris pour un bon morceau des Verts et tout le mouvement décroissant, manque aussi la tendance libertaire,
le fait est que tout ce petit monde est réuni quand il s’agit de lutter en dehors des élections ; pour autant, il y a des fractures qui rendent difficile le dialogue.
par contre, l’alliance rouge-brune que tu souhaites rendrait le rassemblement susmentionné impossible, étant donné qu’il s’agit d’un rassemblement anticapitaliste, internationaliste, féministe, écologiste, laïque et démocrate.
en revanche, le mouvement nationaliste, FN, NDPA, Asselineau ont allègrement pioché dans les propositions de la gauche radicale, et, dans ce contexte de crise, ils attirent une frange radicalisée des « classes moyennes », avec des discours « antisystème » plus ou moins bien ficelés, le fait est qu’ils se font concurrence, s’ils veulent le pouvoir, un rapprochement sera inévitable (on dit que ce serait déjà en cours pour NDPA-le Pen), à l’image du processus de constitution du front national qui rassembla des groupuscules hétéroclites des extrêmes droites françaises,
ce n’est pas parce qu’ils pratiquent (c’est une tradition) le confusionnisme idéologique et flattent la paresse intellectuelle (bouh l’europe, bouh les riches, bouh les politiciens corrompus, bouh les délinquants, etc.) en attirant à eux des gens « radicalisés » mais étrangers à l’histoire et à la culture du mouvement ouvrier, qu’ils sont compatibles avec le FdG, car ce ne sont pas des partis anticapitalistes, leur vision de l’exercice du pouvoir n’est pas non plus compatible avec la démocratie en marche, de même que leur positionnement nationaliste s’oppose à celui de la lutte des classes, qui s’accommode très bien d’identités et de cultures singulières mais qui maintient la frontière entre classes possédantes et classes exploitées comme fondamentale. ce qui veut dire que le positionnement politique est radicalement opposé, réactionnaire Vs révolutionnaire, capitalite vs anticapitaliste.
bien entendu, qui ne peut ou ne veut faire la différence entre la gauche et la droite à vocation à se faire avoir… d’où l’idée qu’à la fin, ça finira Front contre Front, entre pas en avant et retour en arrière, et peu m’importe les point communs des programmes, les finalités ne sont pas les mêmes, les conséquences économiques et sociales non plus.
après, moi aussi j’aimerais bien que tout le monde se tienne la main et se fasse des bisous, mais bon… l’illusion unanimiste, transclassiste, je la trouve plus dangereuse encore que la scissionite aigüe des anarchistes…
- souvenir en léger rapport avec le message ci-dessus : En Argentine, j’ai croisé « unida isquierza » ( La gauche unie ) hé bien croyez moi : ils étaient une gauche parmi les gauches, et même un peu sourde. Schéma classique …
- Réflexion à propos de « la sortie » :
Choisir une prison plus petite n’autorise pas au prisonnier l’espoir de l’élargissement. Sortir des eurotrucmuches, c’est choisir une prison plus petite, puisque le système représentatif reste la règle. Oui, dans le cas de l’eurozone,le système est plus particulièrement pervers puisqu’il ne respecte même pas l’élection, mais revenir à la France de 1958 n’est guère mieux.… Voilou
Autrement dit, je suis de plus en plus en adhésion avec « la cause des causes » et n’ai pas très envie de souffler dans un mirliton bouché.
Reste la voie de la création citoyenne démocrate sans référence aux hiérarchies .….…..
Bonjour,
Hola ! La frontière est-elle si loin que ça ?
http://youtu.be/UDCRgqspmyU
À propos de la conviction de François Asselineau au sujet du tirage au sort, il faut lui répondre à la hauteur de sa réponse : Un(e) politicien(ne) professionnel(le) mettra toujours en priorité la directive de ses supérieurs dans le but d’être irréprochable (caporalisme ? Clientélisme ? Incompétence ? Autisme?privilège?Peur?.….). Que dire du sommet, il va sans dire selon lui (cf critique de l’EUROPE) , cette hiérarchie est aux mains de quelques-uns riches donateurs et puissants qui gouvernent de façon non démocratique (retour d’investissement ?) afin de maintenir son propre intérêt. La situation à long terme, avec une définition stricte fonctionnelle par les élites politiques, elle se finira hélas par des cloisonnements, d’incompatibilité de l’esprit et de dévaloriser l’information au bas de l’édifice (*nous).
Démocratie d’expert est une forme de démocratie inférieure !
Après quelques tirages, l’ensemble du réseau trouve quelque fou qui va opter en l’encontre de l’intérêt de l’ensemble en question . 8)
Merci,
Puis Merde, je vais faire de la propagande (positive ?).
Le tirage au sort permettrait de travailler et corriger « à l’envers », uniquement à partir d’une base bien enracinée en local et s’épanouir merveilleusement en global.
Le contre nature, c’est le système en place (marche-t-il sur sa tête ou sa dette ?)
@Morpheus
Le rapport avec « Matrix », c’est tout à fait cela à quoi je pensais.
Pour moi, ce film pose bien le problème qu’ont les humains à croire que la servitude est signe d’une certaine liberté. Je veux dire par là qu’en allant voter, tout en sachant qu’ils consentent à leur servitude donc soumission, ils gardent une certaine liberté, certes illusoire mais liberté quand même.
Faire comprendre et assimiler que seul le tirage au sort peut leur rendre le vrai pouvoir, une vraie démocratie, cette vraie liberté auquel ils aspirent et dont les élites les privent, ce n’est pas une mince affaire car la société est, je pense, convaincue que l’élection est la seule issue valable pour le bon déroulement de tout, dans une France « démocratique » (rire)
Un gentil virus m’a fait découvrir cette vidéo qui résume bien les conséquences de notre asservissement :
Les souris qui élisent des chats :
« Comprendre le message est une chose, éveiller les esprits encore endormi en est une autre »
Curieusement, que pourrait-on dire sur la répartition de la richesse et les décisions dans une nouvelle structure où le tirage au sort fonctionne ?
(l’autre structure pyramidale et sa variance, on le sait) ?
(un phénomène polycellulaire ?
une adhocratie améliorée ?
L’évolution dynamique participative dans tout ça ?
des connaissances libre échange ?
une nouvelle répartition de richesse ?
complémentarité et équilibre avec les partis comme transition ?).
Bref, est-ce que le tirage au sort est une finalité pour sécuriser les revendications ascendantes et descendantes ?
A mon humble avis, le tirage au sort dénonce indirectement la fausseté de cette implémentation démocratique que nous avons actuellement.
Sincèrement,
Je ne pense pas que les gens soient si convaincus que l’élection est le meilleur système pour une démocratie.
Je pense sincèrement lorsque j’en parle autour de moi qu’ils n’ont aucun autre référentiel dans la vie concrète, dans leur vécu, et que par habitude et par ce qu’on leur a enseigné, ils ne se posent pas la question de savoir s’il est possible qu’il puisse en exister un autre.
Lorsque je leur fais remarquer, par exemple, que lors d’affaires de jugements criminels, les Vrais Juges c’est-à-dire les Jurés [aux Assises] sont des citoyens comme eux, tirés au sort, ils en restent sans voix tellement l’exemple leur a échappé.
Dès lors s’engage une discussion plus sérieuse, une réflexion plus profonde, sur les possibilités d’une démarche politique de gestion du pays bien au-delà de leurs croyances/habitudes initiales de politique politicienne clivante.
Cet exemple sert souvent de bonne amorce au débat plus constructif car la passion en devient vite absente au profit de la réflexion qui demande du temps et de l’investissement dans le calme, le respect et la volonté de poursuivre.
En somme, pourquoi accepterait-on d’être jugé par des tirés au sort et de ne pas d’abord l’accepter pour ne serait-ce que dans la gestion de son village ? Et plus…
L’élection, la compétition, c’est le monde de la pénurie, il n’y en aura pas pour tout le monde.
c’est le monde de la division, de l’incompréhension.
la collaboration réciproque, le monde de l’abondance, du partage, de l’équité. c’est celui de l’entraide, de la compréhension mutuelle. un monde sans argent.
Sinon, cela n’arrivera jamais.
On restera des esclaves, pourquoi ?
Parce que tant qu’il y aura de l’argent, puisqu’on ne peut pas vivre sans, on se fera acheter.
bien amicalement
J.C
L’homme est incroyable.
C’est la seule créature qui va couper des arbres.
Pour ensuite en faire du papier.
Afin d’écrire dessus :
« Sauvons les arbres ».
Bonjour Etienne,
En visitant un des sites que tu lies avec le tien, j’ai trouvé cette super série de vidéos.
si l’histoire peut nous servir de guide…
Nicolas.
@ Jackie
Je te suis sur le hors sujet et ensuite on redevient sages, si tu veux bien 🙂
Extraits d’un mail reçu à l’instant :
Voici l’ESPRIT Chamane qui commence à s’incarner
En Nouvelle-Zélande, un fleuve qui se défend tout seul
La rivière Whanganui :
http://therightsofnature.org/wp-content/uploads/2012/09/WhanganuiRiver2.jpg
Le fleuve Whanganui, un des plus longs de Nouvelle-Zélande, a obtenu le statut de personne légale. Une victoire pour les communautés maories locales qui ont pris sa défense depuis plus d’un siècle.
Ceci n’est pas un fleuve. Enfin, pas seulement : Depuis fin août, le Whanganui, troisième plus long fleuve du pays, est reconnu comme une personne, juridiquement parlant. Autrement dit : il a désormais des droits et des intérêts qu’il peut défendre.
L’accord préliminaire a été signé entre la Couronne et des iwis – une communauté maorie ayant des liens culturels forts avec le cours d’eau – représenté par Brendan Puketapu du Whanganui River Maori Trust.
« Une entité vivante à part entière »
« Te Awa Tupua »
Après plus d’un siècle de revendications iwies, celles-ci sont enfin entendues en 1994 par le Tribunal de Waitangi.
Ce tribunal, en réalité une commission d’enquête permanente, est chargé d’enquêter et de faire des recommandations quant aux réclamations déposées par les Maoris dans le cadre du Traité de Waitangi (1840) qui reconnaît notamment les Maoris comme propriétaires de leurs terres.
« La reconnaissance de la rivière Whanganui en tant que personne légale représente un moment historique dans l’histoire du droit », rapporte Suzanne Benally, de Cultural Survival, sur le webzine Take Part.
« La nature n’est plus seulement vue comme une ressource à détenir, exploiter et d’où tirer profit. C’est une force vivante et durable qui a besoin d’être honorée, respectée et protégée par nous tous. »
@ RHC
« Curieusement, que pourrait-on dire sur la répartition de la richesse et les décisions dans une nouvelle structure où le tirage au sort fonctionne ? »
je crois que je suis assez d’accord avec toi,
« le tirage au sort dénonce indirectement la fausseté de cette implémentation démocratique que nous avons actuellement »
mais pas plus, c’est à dire que les différentes revendications quant à la répartition des richesses renvoient à des visions du monde antagonistes qui ne concernent malheureusement pas que les seuls « élus », et d’ailleurs l’exemple athénien montre bien que le tirage au sort en soi n’est pas efficace sur ce plan, puisque 200 ans plus tard il se trouvait encore une classe de possédants capable de remettre un pouvoir oligarchique en place…
par contre, on peut considérer que la question elle-même, est de toute manière prématurée ou secondaire, LA question urgente à se poser quand on est partisan de cette modalité de distribution des charges, c’est plutôt celle du COMMENT on met en place un système de tirage au sort (qui est ce « on » d’ailleurs?)… En somme, ce n’est pas la même chose si le tirage est mis en place par une clique de gens disposant des moyens financiers et de propagande nécessaire pour influencer les choix ou s’il s’applique suite à une insurrection de masse, à partir d’une vision du monde faisant de ce problème de répartition des richesses un problème central et ayant rendu impuissants ceux dont les moyens actuels permettent de façonner les opinions dans un sens qui leur est favorable.
en effet, quand Tocqueville dit « n’ayez pas peur du suffrage universel, les gens voterons comme on le leur dira », il pourrait tout aussi bien dire « n’ayez pas peur du tirage au sort, etc. » les mêmes mécanismes d’hégémonie idéologique de la classe dominante s’appliquent, peu importe le mode de décision (même si bien sûr j’exagère sur ce point, étant donné que le tirage au sort supprime la corruption monétaire, mais ceci est marginal en vérité)
c’est bien là qu’est la cause des causes, dans la conscience, son autonomie par rapport aux façonnages antérieurs par et pour les intérêts d’une classe dominante, via les églises, les médias, l’éducation, et dans l’esprit critique, la capacité à se détacher de ses conditionnements,
si ces conditionnements n’étaient pas là (et ils ne s’effaceront pas magiquement par le tirage au sort) les gens ne voteraient pas pour des gens qui les asservissent, donc tout est dans le comment on s’y prend et par quelles étapes, phases de transition il semble nécessaire de passer.
et franchement, j’aimerais bien pouvoir dire, bon allez, demain on met tout ça en place (mais je ne suis pas président), rien que pour que chacun sente pleinement à quel point ses espoirs dans le tirage au sort sont des illusions (je ne dis pas que je suis contre son principe attention, je rejette juste certaines analyses), et combien il est contreproductif de s’attaquer à des boucs-émissaires pour penser ce qui vraiment est à travailler quand on s’attaque aux causes, le « système » ne tiendrait pas une seconde de plus sans la collaboration de masse de millions de gens !
amicalement
La crise, la crise, mais au fait, c’est quoi le mot « CRISE » ?
Pour moi crise égal exploitation de l’homme par l’homme, c’est aussi le retour vers l’esclavagisme à cause de cette maudite ARME qu’on appelle « billet vert, argent, flous, etc…
On pourra faire des débats à longueur d’année, si personne ne prend la décision de réaliser vraiment quelque chose pour réveiller ce peuple qui croit en tout, qui dort, qui est égoïste, qui est bête et méchant = racisme ; qui ne sait plus ce que c’est un être humain, mais c’est ce que c’est le billet vert.
En un mot nous sommes devenus un monde de robots en chair qui se déplacent mais ne savent plus réfléchir, prendre des décisions, ne voient même le soleil (puisque leur soleil c’est encore le billet vert. Mais que faire ? C’est troublant, c’est épouvantable que nous les humains sommes devenus des « choses qui ne réfléchissent plus » et adorant qu’on le fasse pour nous, voilà la faille, laisser faire …
Qui va sauver ce monde!!!!!!!!!!
@ sitouaillain
« En effet, quand Tocqueville dit « n’ayez pas peur du suffrage universel, les gens voterons comme on le leur dira », il pourrait tout aussi bien dire « n’ayez pas peur du tirage au sort, etc. » les mêmes mécanismes d’hégémonie idéologique de la classe dominante s’appliquent »
Non, c’est idiot ce que tu dis là : le tirage au sort ne fonctionne pas selon une influence psychologique, il ne peut pas être influencé d’une manière ou d’une autre ; le sort c’est le sort, c’est-à-dire des probabilités.
Ou alors, il faut m’expliquer comment tu penses que l’on peut influencer le tirage au sort.
Cordialement,
Morpheus
@ morphéus,
tu fatigues 😉
l’influence, la socialisation, la culture, la mentalité, c’est dans chacun des citoyens.
le mec qui pense, « les impôts gnagnagna c’est pas bien », « les chômeurs gnagna feignants » il va pas changer subitement d’avis parce qu’il est tirable au sort ou participant à une assemblée décisionnaire..
c’est ça que je voulais dire, le mec qui vote à droite, il reste de droite, dans sa mentalité, c’est pas parce qu’il délègue plus à un élu plus ou moins crapuleux que lui, que subitement il deviendrait favorable à une autre répartition des richesses, une autre politique pénale, ou à une conversion écologique, etc.…
c’est en cela aussi que le tirage au sort permet tout autant à n’importe qui en ayant les moyens, de continuer à exercer son influence mystificatrice sur « l’opinion »…exemple, le patron qui » donne du travail au gens« et toute la mystique sur l’investisseur qui « prend des risques », j’en passe et des meilleures…
les gens vont pas bouger sur la notion de propriété privée des moyens de production par le truchement du tirage au sort, non ?
et tous ceux qui aiment, les chefs, les prêtres, le « bon sens » ou je ne sais quoi de pensée héritée et hétéronome ne vont pas subitement devenir libertaires…
tout ça fait donc que si, par décret présidentiel, demain on met le tirage au sort, la constitution, les lois et tout le toutim seront le reflet des intérêts des mieux à mêmes de conditionner les esprits et des rapports de force entre gens divisés sur des dimensions inconciliables…donc loin de ce que toi et moi souhaiteraient…le combat continue…c’est tout ce que voulais dire le post précédent
Fantastique photo, Ana… Fleuve personne. Fleuve être. Tous les miroitements rehaussent encore son corps généreux.
@sitouaillain
Je suis tout à fait d’accord avec toi, c’est aussi pour ça que l’assemblée constituante devra statuer sur les règles qui s’appliquent aux médias (puisque les médias sont incontestablement une forme de pouvoir).
Après, c’est vrai que la société est comme elle est aujourd’hui et chacun à ses intérêts personnels à défendre dans une assemblée tirée au sort, mais on pourrait très bien imaginer que la société évolue très très vite, je veux dire en moins d’une génération pour donner une société sans comparaison avec l’actuelle au niveau répartition des richesses (généralisation du modèle coopératif, marchés publics honnêtes, banque centrale qui appartient aux citoyens…).
A l’époque de la commune, la société parisienne avait très vite changée.
D’ou mon lien ci dessus (commentaire 113) pour savoir ce qui s’est réellement passé pendant cette période de l’histoire (1871 à Paris).
Perso, je ne suis pas pour la suppression de la propriété privée et je milite pour le standard or. Je ne suis pas certain qu’une assemblée tirée au sort me suivrait sur ce second point. Peu importe, les citoyens construiront leur système, avec leurs règles, en bonne entente.
Bien à toi.
Nicolas.
Écho au message 118 de sitouillain, ça me semble tout à fait juste ce que tu dis une fois encore, et si des personnes pensent le contraire tout en étant ici, j’avoue de ça m’interroge sacrément et j’ai l’intime conviction que c’est qu’ils n’ont rien compris de ce qu’ils croient avoir compris ou alors peut-être est-ce moi, mais le vécu de terrain me dit le contraire, à moins que je ne sache pas le lire le vécu de terrain, ce qui est possible bien sûr (auquel cas j’irai prendre des cours de lecture, merci !).
La nature humaine est telle qu’elle va toujours dans le sens de ses intérêts (intérêts à court-terme, bien sûr, qui œuvrent presque toujours à l’encontre des intérêts à long terme). Et pour qu’elle aille dans un autre sens la dynamique humaine, il faut fichtrement autre chose qu’un tirage au sort.
IL N’Y A PAS DE >NATURE HUMAINE< !
@ Catherine :
« nous » sommes tous de bien mauvais élèves du professeur Chouard, mais quelque chose me dit qu’il aime sa classe malgré tout… Oui, s’il suffisait du tirage au sort… Mais justement, à force d’être certain moi aussi, qu’il faut « fichtrement autre chose », je choisis d’imaginer ce que le tirage au sort pourrait donner si « nous » le choisissions « une fois »… pour obtenir une « Assemblée Constituante »!… Et j’avoue que mon imagination ne me lâchera plus tant que le « gentil virus » qu’elle promène ne se manifestera pas dans « mon parti », « mon Front populaire »… Le virus en question n’est peut-être pas celui qu’on croit !
@Morpheus :
pour moi, il y a une Nature humaine mais forcément toujours en attente « ailleurs » qu’à l’idée qu’on peut s’en faire, surtout si on l’attend avec un signalement « convenu » au rendez-vous du « préjugé dominant » : il s’agit d’une vérité « matérielle » insaisissable dans sa complexité et qui ne relève d’aucune science spécifique (même pas « la-psychanalyse-toute-seule »), car il est contraire à cette « nature » que de répondre aux préjugés définitifs qu’on s’en ferait d’une façon « totalitaire »… (par exemple en dictant:« il n’y a pas de nature humaine ») car bien qu’on puisse s’en revendiquer, on est conduit à la reconnaître comme paradoxale, englobant notre cerveau, ses performances limitées connues et ses potentiels insoupçonnés… C’est pourquoi l’on doit se poser sans cesse la question des questions : « quelle » humanité « voulons-nous devenir » ?
Amicalement
J’ai déjà montré les raisons pour lesquelles je réfute et conteste l’usage de l’expression trompeuse >nature humaine<.
J’aurais dû mettre le lien de cette argumentation dans l’affirmation. Autant pour moi.
Cordialement,
Morpheus
@ Nicolas
Je ne te suivrais pas non plus sur la non suppression de la propriété privée. Il est clair que la propriété privée est une perversion. Par contre, on pourrait avantageusement lui substituer la propriété d’usage.
Cordialement,
Morpheus
@ Morpheus :
je suis souvent d’accord avec toi, je ne détaille pas plus avant maintenant parce que trainent ici des personnes relativement agressives et « je sais tout, j’ai raison sur tout, je la ramène sur tout » (ce qui ne veut pas dire que ce qu’ils racontent n’est pas parfois intéressant).
Je nuancerais sur la « nature humaine ». Il est probable que quelque chose de cet ordre existe mais je crois qu’il est impossible de la cerner ou de la définir, ou alors par défaut en remarquant que cette « nature » serait peut-être ce qui fait que l’espèce humaine ne peut-être réduite au minéral, au végétal, ou au règne animal…ni même à nos plus proches cousins que sont les grands singes.
Mais ce serait encore absurde de s’en tenir là car il est évident que notre « nature humaine » est d’abord soumise à la « nature du vivant » dans laquelle est est incluse.
Même s’il était possible d’étudier des êtres humains exempt des influences socio-historiques qui les façonnent (ce qui est évidemment impossible) prétendre étudier une nature humaine en ayant éliminé ce qui caractérise en grande partie notre humanité, c’est à dire précisément sa grande malléabilité et variabilité, me semble d’une grande absurdité méthodologique.
La définition aussi laconique que péremptoire (sans parler de l’infinie prétention qu’il y a à prétendre clore ce vaste champs d’étude et de conjectures en une vingtaine de mots!!!) qui est donnée ci-dessus de la « nature humaine », ne supporte évidemment pas l’analyse critique d’une personne disposant ne serait-ce que de modestes connaissances en anthropologie…
@Morpheus
J’ai bien compris que tu ne me suivrais pas sur la propriété privée… 🙂 mais je pense qu’une assemblée tirée au sort aujourd’hui ne te suivrait pas…
Du reste, les expériences faites en la matière n’ont pas été glorieuses.
Si l’histoire peut nous servir de guide…
Mais j’étais venu pour transmettre ce lien vers une conférence de Frédérique Lordon, avec un passage particulièrement intéressant entre la minute 5 et 9, où le fil de sa réflexion le conduit à se poser la question des conditions institutionnelles de la survenue des réformes techniques que propose en lui le technicien de l’économie (il y a aussi une analyse très fine selon moi de la cybernétique du pouvoir).
Presque malgré lui car il regimbe souvent à se pencher concrètement (mais pas philosophiquement et là ses considérations sont vraiment TRÈS intéressantes, cf. Spinoza)sur ce problème (comme la fois où Étienne la lui pose dans une autre conférence et où il botte en touche en lui répondant que c’est lui (Étienne) l’expert).
Plus loin dans la conférence, un gentil virus le questionne sur le tirage au sort et il ne se défilera cette fois pas complètement, permettant d’apercevoir certains des présupposés qui font qu’il n’est pas devenu « chouardien » (pas très convaincant à mon goût). Il admet cependant ne pas avoir assez fouillé la question (ça se sent dans ses objections), ce qui est étonnant compte tenu du potentiel des dispositifs institutionnels « chouardesques » à permettre la mise en place de ses solutions techniques. J’y vois là la difficulté qu’ont aussi les chercheurs à remettre en cause les paradigmes et les convictions premières qui constituent leur être…
http://www.youtube.com/watch?v=mZkWshjL_O0&feature=related
Le Décalogue
1 – Le pauvre : travaille
2 – Le riche : exploite le premier
3 – Le soldat : défend les deux
4 – Le contribuable : paye pour les trois
5 – Le vagabond : se repose pour les quatre
6 – Le poivrot : boit pour les cinq
7 – Le banquier : escroque les six
8 – L’avocat : trompe les sept
9 – Le médecin : tue les huit
10 – Le croquemort : enterre les neuf
11 – Le politicien professionnel : vit des dix !
« Dis-moi mon petit, tu veux toujours devenir président de la république quand tu seras grand ? »
Pour parvenir à garder un autre individu en sa puissance, on peut avoir recours à différents procédés.
On peut l’avoir immobilisé par des liens, on peut lui avoir enlevé ses armes et toutes possibilités de se défendre ou de s’enfuir.
On peut aussi lui avoir inspiré une crainte extrême ou se l’être attaché par des bienfaits, au point qu’il préfère exécuter les consignes de son maître que les siennes propres, et vivre au gré de son maître qu’au sien propre.
Lorsqu’on impose sa puissance de la première ou de la seconde manière, on domine le corps seulement et non l’esprit de l’individu soumis. Mais si l’on pratique la troisième ou la quatrième manière, on tient sous sa dépendance l’esprit aussi bien que le corps de celui-ci. Du moins aussi longtemps que dure en lui le sentiment de crainte ou d’espoir. Aussitôt que cet individu cesse de les éprouver, il redevient indépendant. Même la capacité intérieure de juger peut tomber sous la dépendance d’un autre, dans la mesure où un esprit peut être dupé par un autre.
Il s’ensuit qu’un esprit ne jouit d’une pleine indépendance, que s’il est capable de raisonnement correct.
On ira plus loin. Comme la puissance humaine doit être appréciée d’après la force non tant du corps que de l’esprit, les hommes les plus indépendants sont ceux chez qui la raison s’affirme davantage et qui se laissent davantage guider par la raison.
En d’autres termes, je déclare l’homme d’autant plus en possession d’une pleine liberté, qu’il se laisse guider par la raison.
Spinoza
@zedav :
vous n’êtes pas très clair ni poli avec les « personnes relativement agressives qui trainent ici ».
Je propose à chacun « ici », de mentionner son identité sans se dissimuler derrière une pseudo burka, qui peut en effet faire peur aux plus fragiles : je cherche la définition de la nature humaine que vous avez lue « ci-dessus », et je ne la trouve pas.
Pour trouver ici des gens peu recommandables tels que vous les évoquez, il faut souffrir un peu sans doute, alors, bon courage , et surtout la nuit quand les lampadaires s’éteignent !
N’ayez crainte quant à moi, j’ai mes papiers et je « dispose « …de mon « certificat d’études », ce qui m’autorise à être tiré au sort s’il faut un jour juger un présumé assassin qui traine aux assises…
Votre pseudo pourtant ne me déplait pas !
Amicalement !
@ zedav
C’est la relation interdépendante entre l’environnement et l’homme (ou la femme) qui façonne l’être humain. C’est en cela qu’on ne peut pas parler de >nature humaine<, qui est un terme qui induit qu’il existerait UNE nature humaine commune à tous, quelque soit son environnement. C’est ce sophisme que je dénonce.
En observant des humains issus de cultures aussi diverses que les humains civilisés vivant dans une ville comme New-York et des humains vivant de la pêche, la chasse, la cueillette et une agriculture rudimentaire dans la forêt amazonienne, en passant par les enfants-loups, on comprend sans difficulté que l’environnement façonne les pensées, croyances et comportements humains, autant que l’humain façonne à son tour son environnement lorsqu’il se sédentarise.
Par conséquent, si nous devions mettre en lumière un facteur commun à ces différentes expériences, ce serait l’adaptabilité, la perméabilité aux conditions environnementales, qui dans une civilisation deviennent l’environnement socioculturel. Donc, si la culture est déterminante, puisqu’elle est le fruit d’une construction humaine, elle ne constitue pas une fatalité. La violence que l’on peut observer dans une société est le reflet de son environnement, pas une donnée fondamentale inscrite dans sa prétendue « nature ».
Cordialement,
Morpheus
@ Morpheus :
C’est bien comme ça que je vois les choses, comme un produit (et non par comme une part, un pourcentage dévolu au biologique et au socioculturel, comme la question inné /acquis est malheureusement toujours mal formulée)… Dans un produit, chacun des termes à la même importance dans le résultat (à contrario, dans la métaphore du pourcentage, on peut considérer que le plus grand des deux termes est une meilleur approximation du résultat final).
Il me semble aussi essentiel de ne pas perdre de vue que les cultures sont une émanation de l’humanité (dans une dynamique historique et un contexte environnemental donné), c’est à dire que d’une part, tout n’existe pas en matière de sociétés humaines (certaines dynamiques conduisant à une voie sans issue et certaines formes ne pouvant pas être explorées du fait de notre identité commune biologique qui limite les possibles) et que, d’autre part,l’anthropologie fait le constat de certains invariants, points communs à toutes les sociétés ayant pu être étudiées(dont aussi certains points communs avec les sociétés animales)
Pour ce qui est de la remarque selon laquelle ce n’est pas le tirage au sort qui va changer la façon dont pensent les gens, je trouve que c’est un regard singulièrement statique sur l’objet qui nous préoccupe, à savoir la possibilité des changements institutionnels et de leurs conséquences…
Comme je l’ai déjà dit sur le forum, la constituante tirée au sort ne va effectivement pas changer les gens de « droite » en gens de « gauche » pour ne prendre que cet exemple extrêmement réducteur. Ce que cela devrait infléchir, c’est la dynamique actuelle des changements sociaux. Par exemple, il est probable que les français voteraient dans un premier temps le retour de la peine de mort. Mais ils voteraient aussi probablement (je préfère rester prudent !) en faveur de tout un tas de dispositions, sur la monnaie, sur l’école, sur l’accès au soins, sur les biens sociaux, etc. qui enclencheraient PROGRESSIVEMENT une spirale vertueuse…
Ma main à couper (là je deviens moins prudent !)qu’au bout de quelques décennies, la peine de mort serait à nouveau abolie, cette fois pas par des « élites » contre la volonté du peuple mais par le peuple lui-même, que les mutations progressivement induites par une baisse relative de la violence du corps social, une hausse de la confiance en autrui, une amélioration de la conscience politique (due à l’implication citoyenne en hausse et à des objectifs éducatifs modifiés) et des causes premières des violences, auront conduit vers une sagesse globale RELATIVE plus grande.
La dynamique inverse est à l’œuvre insidieusement depuis trop longtemps (révolution française ?)et c’est probablement la cause de la croissance de la violence de nos sociétés, croissance dont Sarko faisait le constat dépité sans pouvoir l’expliquer (pas étonnant compte tenu de ses prémices idéologiques).
Une fois dans le flux de cette dynamique, à 30, 50 ou 100 ans, il n’est pas exclu que la question de la propriété privée soit posée de façon radicale, sinon en mettant directement en oeuvre une propriété d’usage que je crois néanmoins souhaitable, du moins en limitant drastiquement qualitativement et quantitativement la possibilité de la propriété privée (ce qui, en fonction de la position du curseur pourrait devenir à terme l’équivalent de la propriété d’usage).
LE SEUL VRAI PROBLÈME AUJOURD’HUI, n’est plus de nous prendre la tête sans fin pour dire à la place du peuple fonctionnant en vraie démocratie ce qu’il fera, devra ou pourra faire dans ce contexte – tels de prétentieux et arrogants hobereaux-démiurges si satisfaits de leurs grande intelligence et de leur grand savoir – mais de COMMENT FAIRE ADVENIR CETTE VRAIE DÉMOCRATIE.
C’est du moins la tâche sur laquelle devraient se focaliser tout ceux qui pensent que la solution « chouardesque », pour n’être ni la perspective du paradis sur terre, ni même la certitude de la meilleur solution possible, n’en est pas moins la moins mauvaise (et de loin !) proposée de façon sérieuse et argumentée à ce jour.
Au stade où nous en somme, déjà bien suffisamment avancé, des considérations théoriques et autres conjectures sur le tirage au sort, tout le reste me parait n’être qu’inutiles tergiversations et dispersion des forces qui pourraient nous conduire à atteindre cet objectif.
En fait, j’en viens à me demander si l’objectif affiché ici, même par ceux là mêmes qui se disent « convaincus » n’est pas l’alibi de motivations plus profondes, d’un fond de commerce spéculatif à forte valeur ajoutée symbolique, un alibi qui permet de continuer à pérorer, à faire indéfiniment le beau sur la scène de ce blog, de ses ramifications ou d’autre scènes.
Je ne suis déjà pas très optimiste quant à la possibilité de faire advenir le processus constituant dans le contexte historico-socio-culturel actuel, je le suis encore moins quand je constate avec dépit la propension à la mise en scène de l’éternel spectacle des égos qui se donne ici (et auquel je participe parfois aussi, mais de moins en moins souvent, je me soigne !)
Bonjour chez vous,
PS. : IL Y A URGENCE !
La vie est désir, besoin : l’homme naît dans un monde inachevé où l’abondance est un rêve mais aussi une illusion dangereuse : sans le manque sans le désir sans le besoin , nous ne sommes plus rien ; une société qui vise l’abondance et non l’organisation du désir humain est une société vouée à bien des déboires. Une société qui vise la suppression du travail fait fausse route .
Le besoin matériel est en symbiose du besoin de l’autre , du besoin spirituel ; chercher l’abondance matérielle détruit la relation au monde et à l’autre .
Le travail ‑tu gagneras ton pain à la sueur de ton front – est le signe du manque : il est faux de dire que nous avons tout à disposition , c’est une illusion ; cette illusion se nourrit de l’utilisation irraisonnée du capital accumulé des énergies fossiles qui a démultiplié nos capacités de production et permet que la majorité d’entre nous vit en ville et travaille à des tâches secondaires.
C’est une illusion parce que dans la durée ce capital de ressources physiques s’épuise ; et parce que les énergies dites renouvelables ne sont pas de même nature que les stocks fossiles qui ne demandent qu’à être pompé et brûlés.(janco)
Une société fondée sur l’abondance, comme la nôtre , vit donc dans une illusion provisoire ; dans notre société organisé autour du système de croissance c’est le problème central à étudier parce qu’il induit la nécessité d’une nouvelle organisation de la société.
La réflexion politique aujourd’hui devrait donc porter sur l’étude de cette illusion et les modes d’organisation à mettre en place pour survivre.
Laisser le domaine politique dans la gestion de l’existant est suicidaire dans la durée.
Le tirage au sort ne répond pas à ce problème d’une nécessaire réflexion prospective et globale concernant l’organisation de nos sociétés.
Le problème de la justice et de la lutte des classes est dépendant de cette situation illusoire ; pendant un temps , « les pauvres » auront pu croire au progrès et enrichissement pour tous , mais au fur et à mesure que cette abondance factice s’estompera , le paysage physique et moral de ceux qui ont trop et ceux qui n’ont pas assez s’éclaircira.
Néanmoins sur le plan stratégique de ce qu’il faut faire, nous aurions plutôt intérêt à réfléchir ensemble qu’à suivre les rapports de forces qui sont toujours court terme , et à ce titre , au final ‚servent les intérêts des plus forts en éludant les problématiques de fond.
En conséquence, politiquement, la cause des causes à faire émerger ( n’est pas le tirage au sort Etienne !) c’est l’absence d’outil public de réflexion, étude, débats … sur un projet d’organisation de la société et la nécessité d’en créer un.
C’est sur cet aspect là qu’il faudrait pouvoir fédérer , quitte à créer un parti , puisque Sitouaillain a raison quand il pense qu’il faut parfois en passer par les structures existantes pour avancer .Il s’agirait d’un parti dont les statuts (non partisan)imposeraient l’ouverture à tous , un parti dont la vocation serait de promouvoir la création d’un outil public de réflexion , le but de ce parti étant de s’auto détruire aussitôt son but repris à son compte par l’état.
L’état représente tous les citoyens et à ce titre n’est pas une entité au dessus du peuple mais son émanation.
Il doit se doter d’un outil public de débat permettant aux citoyens de pouvoir s’informer étudier et débattre de tous les grands sujets structurant organisant la vie du pays et façonnant son avenir. C’est ainsi qu’il faudra bien distinguer la gestion courantes des affaires du pays ‑fonctionnement sans aucun doute à améliorer mais déjà existant ‑et des travaux d’étude globaux s’intéressant au cœur de l’organisation et des orientations sociétales et aux grands enjeux du moment.(les think tank ne sont en aucun cas cet outil)
Le président de la république est élu pour veiller au bon fonctionnement en toute transparence et efficacité de cet outil populaire inscrit dans la constitution. Les représentants (parlementaires et élus divers) se devront de participer à ces travaux d’étude et débats ; ces travaux faisant partie intégrante de leurs missions ; les médias devront contribuer à l’animation de ces études (documentaires, enquêtes d’investigation, interviews etc) ………………………..
Cette proposition a l’intérêt de prendre le monde et les hommes tel qu’ils sont mais en insérant au sein même de la gouvernance une perspective globale et prospective ; je pense sérieusement que c’est un chemin qui au-delà de toutes nos différences, sans les nier , en les utilisant , peut nous aider .
A tort ou à raison, le reste (politique) me semble plus insignifiant.
La Nature humaine :
une illusion occidentale
Marshall Sahlins
EXTRAITS
Depuis plus de deux mille ans, ceux qu’on appelle les « Occidentaux » ont toujours été hantés par le spectre de leur nature : à moins de la soumettre à quelque gouvernement, la résurgence de cette nature humaine cupide et violente livrerait la société à l’anarchie. La théorie politique de l’animal sans foi ni loi a souvent pris deux partis opposés : ou bien la hiérarchie, ou bien l’égalité ; ou bien l’autorité monarchique, ou bien l’équilibre républicain ; ou bien un système de domination idéalement capable de mettre un frein à l’égoïsme naturel des hommes grâce à l’action d’un pouvoir extérieur, ou bien un système auto-régulé où le partage égal des pouvoirs et leur libre exercice parviendraient à concilier les intérêts particuliers avec l’intérêt commun. Au-delà du politique, nous trouvons là un système métaphysique totalisant qui décrit un ordre naturel des choses : on retrouve en effet une même structure anarchique originaire entre des éléments qu’on ordonne soit à l’aide d’une hiérarchie, soit par l’égalité ; ce système vaut aussi bien pour l’organisation de l’univers, que pour celle de la cité, et intervient même dans la conception de la santé du corps humain. Il s’agit d’une métaphysique propre à l’Occident, car la distinction entre nature et culture qu’elle suppose définit une tradition qui nous est propre, nous démarquant de tous les peuples qui considèrent que les bêtes sont au fond des êtres humains, et non que les humains sont au fond des bêtes. Pour ces derniers, il n’est pas de « nature animale » que nous devrions maîtriser. Et ils ont raison, car l’espèce humaine telle que nous la connaissons, l’homo sapiens, est née il y a relativement peu de temps dans une histoire culturelle de l’homme beaucoup plus ancienne. La paléontologie en témoigne : nous sommes, nous aussi, des animaux de culture ; notre patrimoine biologique est déterminé par notre pouvoir symbolique. Notre esclavage involontaire aux penchants animaux est une illusion ancrée dans la culture.
Je m’inscris en faux contre le déterminisme génétique, si en vogue aux États-Unis aujourd’hui, et qui prétend expliquer la culture par une disposition innée de l’homme à rechercher son intérêt personnel dans un milieu compétitif. Cette idée est soutenue par les « sciences économiques » qui considèrent que les individus ne cherchent qu’à assouvir leurs désirs par un « choix rationnel », sans parler des sciences du même acabit, et pourtant si populaires, comme la psychologie évolutionniste et la sociobiologie qui font du « gène de l’égoïsme » le concept fourre-tout de la science sociale. Mais, comme Oscar Wilde le disait à propos des professeurs, l’ignorance est le fruit d’une longue étude. Oubliant l’histoire et la diversité des cultures, ces fanatiques de l’égoïsme évolutionniste ne remarquent même pas que derrière ce qu’ils appellent la nature humaine se cache la figure du bourgeois. À moins qu’ils ne célèbrent leur ethnocentrisme en prenant nos us et coutumes pour des preuves de leurs théories du comportement humain. Pour ces sciences-là, l’espèce, c’est moi.
Prétendre que la méchanceté innée de l’homme est propre à la pensée occidentale va aussi à l’encontre du discours dominant, j’entends par là le postmodernisme et son désir d’indétermination. Cette affirmation doit être nuancée. On pourrait tout aussi bien trouver des idées similaires dans d’autres systèmes étatiques qui aspirent à contrôler leurs populations, par exemple dans la pensée confucéenne, où l’hypothèse selon laquelle l’homme est bon par nature (Mencius) ou capable par nature de faire le bien (Confucius) côtoie l’hypothèse inverse, celle de la méchanceté naturelle de l’homme (Hsün Tzu). Et pourtant, je pense que de toutes les traditions, pensée chinoise incluse, la tradition occidentale est celle qui méprise le plus l’humanité et la misérable cupidité originelle de notre nature, en soutenant que la nature s’oppose à la culture.
Cependant, nous n’avons pas toujours été si certains de notre corruption. Il y a d’autres façons de considérer l’humain, par exemple à travers nos relations de parenté, et certaines théories philosophiques en ont fait état. Pour autant, nous sommes toujours, pour moitié au moins, des bêtes, et cette moitié qui nous définit est un fait de nature plus intraitable que tout autre artifice de la culture.
Je n’ai pas l’intention de raconter l’histoire de cette conscience lugubre de ce que nous sommes, ni d’élaborer une histoire des idées, ni même de retracer une « archéologie » de cette conscience ; je voudrais seulement souligner que cette pensée a toujours existé, en montrant que les premiers intellectuels, comme Thucydide, jusqu’à Machiavel ou les auteurs du Fédéraliste, en passant par saint Augustin, et jusqu’à nos sociobiologistes, tous peuvent entrer dans la catégorie des « hobbesiens ». Certains étaient monarchistes, d’autres partisans d’une république démocratique, mais tous portaient le même regard sinistre sur la nature humaine.
Je commencerai par exposer ce qui lie si intimement les thèses politiques de Hobbes à celles de Thucydide et de John Adams. La relation surprenante entre ces trois auteurs nous permettra d’esquisser le triangle métaphysique composé par les concepts d’anarchie, de hiérarchie et d’égalité. Car bien qu’ils ne proposent pas les mêmes solutions au problème de la malignité de la nature humaine, Hobbes et Adams ont trouvé dans la Guerre du Péloponnèse de Thucydide, et plus particulièrement dans son fameux récit du soulèvement de Corcyre, la source de tous les maux qu’endurerait la société, si l’appétit de l’homme pour le pouvoir et l’argent n’était pas endigué par un pouvoir souverain selon Hobbes, ou par un équilibre des pouvoirs selon Adams.
Hobbes et Adams : deux thucydidéens
En 1763, le jeune John Adams écrivit un court essai intitulé « Tous les hommes seraient des tyrans s’ils le pouvaient ». Adams ne publia jamais cet essai, mais il le retravailla en 1807 pour en reprendre la conclusion : toute forme « simple » (non mixte) de gouvernement, y compris la démocratie pure, mais aussi toutes les vertus morales, les capacités intellectuelles, la richesse, la beauté, l’art et la science, ne peuvent rien contre les désirs égoïstes qui font rage dans le cœur des hommes et qui donnent naissance aux tyrannies. Il justifie le titre de son essai ainsi :
Il ne signifie rien de plus qu’un simple constat sur la nature humaine, et tout homme qui a jamais lu un traité de morale ou qui a fréquenté le monde se fait souvent la même réflexion : les passions égoïstes sont plus fortes que le lien social, et les premières prévaudront toujours sur ce dernier si on laisse l’homme aller au gré de ses propres émotions, et qu’aucun pouvoir extérieur ne le contraint ou ne le surveille.
Telle fut la conviction profonde d’Adams ; il croyait en outre qu’un gouvernement aux pouvoirs équilibrés était le seul moyen de contenir la bête. En 1767, il déclarait qu’après avoir scruté pendant plus de vingt ans les « ressorts secrets » des actions humaines, il était persuadé que « depuis la chute d’Adam jusqu’à aujourd’hui, l’humanité en général avait échoué, s’était vautrée dans l’illusion, avait cédé aux plus viles affections, à la convoitise et aux appétits brutaux ». Et il ajoute que ces pulsions dépravées sont « plus fortes que le lien social ». Empruntant les termes employés par Thucydide pour décrire les événements de la guerre du Péloponnèse, Adams déplore la vulnérabilité des institutions civiles devant les pulsions égoïstes de l’homme. « La religion, les croyances, les serments, l’instruction, les lois, cèdent devant les passions, l’intérêt et le pouvoir » ou du moins ils se voient « opposer les passions, l’intérêt et le pouvoir ». D’où sa défense acharnée d’un gouvernement où les pouvoirs pourraient se limiter les uns les autres. En faisant s’opposer ces tendances corruptrices, les institutions pourraient produire des effets bénéfiques. Comme bon nombre de ses compatriotes éclairés, Adams défendait une version républicaine d’un gouvernement mixte de type aristotélicien ou polybien, où le peuple serait souverain dans des institutions combinant la démocratie, l’oligarchie et la monarchie, conservant ainsi les avantages de chacune tout en maîtrisant leurs excès. En établissant une chambre de représentants élus par le peuple en contrepoids d’une chambre composée d’une aristocratie fondée sur la richesse, le confit latent entre riches et pauvres pourrait être désamorcé, même si cette législature n’existe que pour contrer un pouvoir exécutif unique. Laissés à eux-mêmes et aux prises avec la nature humaine, chacun de ces trois pouvoirs tendrait progressivement vers la tyrannie ; c’est en les mêlant les uns aux autres que ces trois pouvoirs, qui luttent pour leur seule survie, pourraient préserver la tranquillité publique.
Adams connaissait très bien le pessimisme de Hobbes, de Mandeville, de Machiavel et de leurs pairs sur la nature humaine. Mais lorsqu’il fallait donner des exemples dans l’histoire, c’est surtout Thucydide qu’il citait. Lorsqu’il lisait Thucydide et Tacite, il lui semblait « lire l’histoire de son temps et de sa vie ». Dans le contexte des luttes partisanes qui préparaient la naissance de la République américaine, en particulier les conflits de groupes sociaux qui ressemblaient fort à ceux qui avaient eu lieu au Ve siècle en Grèce, Thucydide devint aux yeux d’Adams le témoin privilégié des ravages causés par les désirs incontrôlés et les intérêts factionnels. C’est pourquoi l’historien grec apparaît au beau milieu de la préface de la Défense des Constitutions des États-Unis, où Adams écrit : « il est impossible de lire sans frémir d’horreur ce que Thucydide décrit au livre III à propos des factions et des troubles qui s’ensuivirent dans toute la Grèce, à cause d’une volonté d’équilibrer les forces. » Adams reprend presque mot pour mot le récit que Thucydide fait de la guerre civile (stasis) à Corcyre (III, 70-III, 85).
Je n’en reproduis ici que l’essentiel. Il s’agit du soulèvement du « petit nombre » contre « la foule » à Corcyre : le soulèvement de la classe privilégiée contre les règles démocratiques du peuple, afin d’affranchir la cité vis-à-vis d’Athènes en établissant un régime oligarchique allié à Sparte. Les affrontements se succédèrent, les lois et la religion furent bafouées, les deux partis gagnaient une bataille chacun leur tour, causant des victimes dont le nombre alla croissant lorsque les Spartiates et les Athéniens s’immiscèrent dans le conflit, les premiers aux côtés des oligarques et les seconds aux côtés du peuple. Finalement, la flotte athénienne encercla la cité, et la faction oligarchique fut écrasée dans le sang.
Pendant les sept jours qui suivirent l’arrivée d’Eurymédon et où il fut là avec ses soixante navires, les Corcyréens firent un carnage de leurs concitoyens qui passaient pour des opposants ; ils en rejetaient la responsabilité sur les adversaires de la démocratie, mais certains moururent aussi victimes de haines privées, et d’autres, qui avaient prêté de l’argent, sous les coups de leurs débiteurs. La mort revêtit toutes les formes et, comme cela se produit en pareil cas, on ne recula devant rien – et pis encore. Le père tuait son fils, les suppliants étaient arrachés des sanctuaires ou tués sur place, certains périrent même emmurés dans le sanctuaire de Dionysos.
Dépassant la violence de toutes les stasis précédentes, la guerre civile de Corcyre fut la première d’une longue série de conflits particulièrement meurtriers de la guerre du Péloponnèse. Les anciennes tensions politiques donnèrent lieu à de véritables déchirements dans les cités où Sparte et Athènes soutenaient respectivement les oligarques et le peuple. La description que Thucydide donne de l’effondrement des sociétés civiles est comparable à la peste d’Athènes ; ces « convulsions » politiques se propagèrent comme une épidémie, perpétuant ses ravages à mesure qu’elle gagnait d’autres cités. Ici, le fléau est une nature humaine débridée : « la nature humaine, toujours rebelle à la loi, est devenue son maître ; elle laisse éclater fièrement ses passions débridées, elle se montre au-dessus de la justice et se déclare ennemie de tout ce qui lui serait supérieur. » « La cause de tous les maux », dit-il, « fut l’amour du pouvoir qui naît de la cupidité et de l’ambition, et de ces affections naquirent les disputes violentes des partis opposés. » Mais alors que Thucydide soutient que ces maux se reproduiront – en présentant d’autres « symptômes » – « tant que la nature humaine demeurera ce qu’elle est », John Adams prend ses distances avec l’historien en écrivant : « si cet historien nerveux avait connu l’équilibre des trois pouvoirs, il n’aurait jamais considéré ce fléau comme incurable, mais aurait ajouté tant que les partis des cités ne s’équilibreront pas. »
Ajoutons que dans le récit que Thucydide donne de ce « fléau », les grandes institutions de la société ne sont pas les seules à pâtir de la nature humaine, le langage aussi dégénère avec elles. L’injustice morale va de pair avec une hypocrisie égoïste, de telle sorte que « les mots eux-mêmes changeaient de sens et devaient prendre celui qu’on leur donnait ». Thomas Gustafson, dans son remarquable livre Representative Words, parle du « moment thucydidéen » lorsque la corruption des peuples et celle du langage ne font plus qu’un. À partir du même passage de Thucydide, Quentin Skinner évoque une paradiastole, figure de rhétorique qui révèle un conflit de valeurs à propos d’un même terme, comme on parle de « démocratie » par exemple pour désigner le règne de la « populace ». (L’administration Bush en a donné encore un exemple lorsque sous couvert d’un « conservatisme compassionnel », elle réduisait les impôts des riches aux dépens de la société en alléguant un principe d’«équité » : ils l’ont mérité, on le leur doit – pensons aussi à l’impôt sur la succession appelé « impôt de la mort ».) Voici ce qui arriva à Corcyre quand on cessa de respecter le sens des mots dans cette lutte effrénée pour le pouvoir : l’injuste devint juste, et le juste injuste. On appela les complots une « juste défense », alors qu’on conspuait la prudence en l’appelant « lâcheté» ; la violence bestiale était tenue pour du « courage », et la modération une couardise. Les serments ne liaient plus ceux qui avaient intérêt à les briser. Un seul principe demeura, comme le souligne W. Robert Conner :
Le calcul égoïste. Toutes les règles d’usage en Grèce – les promesses, les serments, les supplications, le respect des parents et des hôtes bienfaiteurs, et même la convention par excellence, le langage – ont été détruites. Nous voilà devant ce que Hobbes nomme bellum omnium contra omnes.
Cette remarque est d’autant plus pertinente que Hobbes fut le premier traducteur de Thucydide en langue anglaise. Si Thucydide paraît si hobbesien, c’est parce que Hobbes était thucydidéen. Dans sa traduction de la Guerre du Péloponnèse, publiée en 1628, Hobbes tient Thucydide pour « le plus grand historien politique qui ait jamais écrit », le plaçant aux côtés d’Homère pour la poésie, d’Aristote pour la philosophie, et de Démosthène pour la rhétorique. Ce qui a séduit Hobbes dans Thucydide, c’est son aversion évidente pour la démocratie et son application à en exposer les échecs (telle est en tout cas la lecture qu’il en fait). Ces échecs, soulignons-le, ont selon Hobbes exactement les mêmes causes que John Adams tient pour nécessaires au succès d’une république, à savoir l’équilibre des pouvoirs. Dans la description que Thucydide donne de la politique telle qu’elle se pratiquait dans les assemblées de citoyens à Athènes, Hobbes ne voit que des démagogues poursuivant leurs propres intérêts, « réfutant les conseils de tous les autres », ne faisant que du tort à leur cité. Les débats sur l’expédition de Sicile, et la débâcle qui s’ensuivit, en sont de parfaits exemples. On comprend les petits vers que Hobbes composa dans sa biographie :
J’ai lu Homère, Virgile, Horace, Sophocle, Plaute, Euripide, Aristophane
Et bien d’autres encore ; mais de tous ces auteurs.
C’est Thucydide qui a ma faveur.
Il déclare que la démocratie est une farce.
Et qu’à une République, il faut préférer un Roi.
Les spécialistes de Hobbes ont bien vu que le récit que Thucydide a fait de la guerre civile de Corcyre a inspiré le concept hobbesien d’état de nature. Terence Bell par exemple déclare : « l’état de nature chez Hobbes fait écho point par point et trait pour trait, à la description que Thucydide donne de la révolution de Corcyre. »
Mais les ressemblances ne s’arrêtent pas là. Outre le caractère anarchique de l’état originel – qui est fondé, comme chez Thucydide, sur « l’amour du pouvoir qui naît de la cupidité et de l’ambition » en chaque homme –, la description que Hobbes donne des « incommodités » que subit l’homme à l’état originel est très proche de ce que Thucydide écrit sur l’origine des Grecs (dans ce qu’on appelle communément la partie « archéologique » du livre I). Vivant dispersés et tout à fait incultes par peur d’être la proie d’autrui, les premiers hommes chez Thucydide n’ont, comme ceux de Hobbes, ni organisation économique, ni flotte ni agriculture. Privés de toute richesse et contraints au nomadisme, les premiers Grecs n’ont institué aucune cité ni « réalisé quelque œuvre que ce soit ». De même chez Hobbes, les hommes à l’état de nature ne construisent pas d’«habitations commodes », n’inventent aucune technique, ne savent ni lire ni mesurer le temps. Leur vie est « solitaire, pauvre, sale, brutale et courte ».
Alors que pour John Adams, la sortie de l’anarchie que décrit cet « historien nerveux » de la Grèce ancienne consiste en un système auto-régulé de pouvoirs limités, pour Thomas Hobbes, la solution se trouve en la personne d’un souverain unique et tout-puissant, capable d’«inspirer la crainte à tous » en contenant par la force et la loi la tendance innée de l’homme à ne chercher que son propre intérêt aux dépens des autres. On pourrait dire que ces deux penseurs ont donné des solutions différentes à un même problème, car Hobbes et Adams s’accordent sur la nécessité d’un gouvernement. Ainsi Hobbes écrit dans Du Citoyen :
Je pose donc comme premier principe, que l’expérience fait connaître à chacun et que personne ne nie, que les esprits des hommes sont de cette nature, que s’ils ne sont retenus par la crainte de quelque commune puissance, ils se craindront les uns les autres, ils vivront entre eux en une continuelle défiance, et comme chacun aura le droit d’employer ses propres forces en la poursuite de ses intérêts, il en aura aussi nécessairement la volonté.
Comme on le dit souvent – et comme le dit si bien C. B. Macpherson dans son analyse de « l’individualisme possessif » – la description de Hobbes sur le passage de l’état de nature à l’état politique dans le Léviathan revient à écrire le mythe originel de la pensée capitaliste. En posant comme prémisse un désir perpétuel de chaque homme à préserver son bien, il s’ensuit nécessairement une certaine rareté dans les moyens de subsistance, donnant lieu à des attaques mutuelles où « le pouvoir d’un homme opposait de la résistance et entravait le pouvoir d’un autre ». Encore une fois, ce qu’Adams juge comme un bien, Hobbes le considère comme la source du pire. Le « pire » désigne le passage de l’état naturel petit-bourgeois où règne la compétition, à une exploitation capitaliste sans merci, où chacun comprend qu’il ne peut assurer son bien qu’en soumettant autrui et en exploitant ses ressources pour parvenir à ses fins. Notons au passage que même si Hobbes critique de manière virulente le détournement des mots, dire que tous les actes, y compris les plus estimables, ne sont que des moyens d’étendre le pouvoir sur autrui s’apparente à une paradiastole. La libéralité, l’affabilité, la noblesse d’esprit ou « quelle que soit la qualité d’une personne pour laquelle elle est aimée ou crainte de plusieurs, ou la réputation qui lui est faite de posséder une telle qualité, il s’agit de pouvoir, parce que c’est un moyen d’avoir l’assistance et le service de plusieurs ». De quoi nous rappeler l’obsession de nos chercheurs en sciences sociales et culturelles pour la notion de « pouvoir », une forme de fonctionnalisme du pouvoir qui réussit à dissoudre toute forme de diversité culturelle dans le bain acide des « effets de domination ». Et Hobbes nous montre aussi qu’on devrait supprimer des universités « tous ces discours vides de sens ». Mais revenons à l’état de nature chez Hobbes. Guidés par la raison et obéissant à la peur, les hommes parviennent à s’accorder en acceptant de céder leur droit à utiliser la force à un pouvoir souverain qui les représenterait tous et exercerait leur puissance pour assurer la paix et la protection de la collectivité. Bien que ce pouvoir souverain puisse prendre la forme d’une assemblée, les débordements du Parlement anglais et le régicide de Charles Ier finirent de convaincre Hobbes que mis à part le pouvoir divin, il « valait mieux un roi ».
Des contraires, disait Aristote, naissent les contraires. Cette opposition entre hiérarchie et égalité, entre monarchie et république, est dialectique, l’une se définissant contre l’autre au cours de l’histoire, dans l’exercice concret de la politique, et dans les débats idéologiques. Le contexte historique où se trouvent ces deux auteurs explique beaucoup de choses : Adams a participé à la révolte contre la couronne d’Angleterre, et l’absolutisme de Hobbes était une réaction aux attaques des prérogatives de la monarchie. Mais au-delà du contexte immédiat, nos deux auteurs s’inscrivent dans une lutte ancestrale en Occident entre les partisans de la souveraineté populaire et ceux du roi, chacun puisant des arguments chez des adversaires philosophiques et des exemples de régimes politiques lointains. Adams avait pour Hobbes une certaine estime : « Hobbes, cet homme malheureux et qui défendait des principes haïssables, ne cédait rien à ses contemporains en génie et en intelligence. » Quant au royalisme de Hobbes, comme Quentin Skinner l’a montré, il constitue une réponse intertextuelle à d’anciens principes républicains, aux théories de l’ordre public à Rome et à la Renaissance, qui promouvaient l’égalité de parole de tous les citoyens au sein du gouvernement. Un des objectifs de Hobbes, selon Skinner, est de « saper les fondements de la pensée républicaine, et avec elle l’idée de l’égalité des citoyens, sur laquelle repose le courant humaniste de la pensée sociale ». De plus, tout repose sur le principe (hégélien) selon lequel une chose conserve et dépasse son contraire dans sa négation : la hiérarchie contient l’égalité et inversement. Le problème pour Hobbes, c’est que dans l’état de nature tel qu’il le décrit à ses débuts, chacun a les mêmes droits sur tout, ce qui engendre une guerre perpétuelle ; le problème pour Adams, c’est que cette guerre à l’état de nature aboutit à la tyrannie. Si l’on considère ce mode de pensée dans sa globalité, on devrait considérer l’absolutisme de Hobbes comme le pendant du républicanisme dont il voulait saper les principes. Dans la diachronie et dans sa dynamique, cette pensée met en œuvre des contraires interdépendants : deux modèles opposés de l’ordre culturel se succèdent alternativement tout au long de l’histoire.
C’est pourquoi la domination souveraine et l’équilibre républicain en tant qu’ils sont deux formes de gouvernement qui visent à contenir la bestialité humaine, se placent tous deux du côté du dualisme de la nature et de la culture, qui est le fondement de ce mode de pensée. La nature renvoie à la nécessité, c’est-à-dire à l’égoïsme présocial ou antisocial avec lequel toute culture doit composer. À moins que la culture n’y succombe, comme ce fut le cas à Corcyre où l’ordre culturel fut dissout dans le tourbillon d’un amour immodéré du pouvoir et du gain. L’antithèse entre nature et culture est aussi ancienne et aussi persistante que les formes de gouvernement qu’elle sous-tend ; elle est même plus ancienne que Thucydide, comme nous le verrons, et aussi répandue que l’égoïsme naturel.
Certes, en m’appuyant sur ces seuls noms, Thucydide, Hobbes et Adams, je me borne à une allégorie. De nombreux autres penseurs, connus ou moins connus, ont défendu l’idée qu’il fallait maîtriser l’arrogance humaine. Kant écrit que « l’homme est un animal qui a besoin d’un maître », tout en concédant que le problème est insoluble tant que « le maître est lui-même un animal qui a lui-même besoin d’un maître ». Pour faire un saut dans le temps, citons encore Herman Melville qui, face aux Draft Riots (les « émeutes contre la conscription » à caractère raciste qui eurent lieu à New York en 1863), réécrit en vers le soulèvement de Corcyre :
La Ville est prise par ses rats – rats de navire
Et rats des quais. Tous les charmes civiques,
Tous les sortilèges des prêtres qui, hier encore,
Retenaient les coeurs dans la crainte d’une plus haute
Instance que celle du moi, se dissipent comme un rêve,
Et l’homme rétrograde dans la nature d’éons entiers.
Melville n’invoque pas seulement l’anarchie de l’état de nature, mais en appelle aussi à son remède, l’autorité souveraine. Derrière le bras puissant des forces unionistes qui anéantit les mutins, Melville reconnaît la figure dictatoriale d’Abraham Lincoln, un « sage Dracon » mettant cyniquement en œuvre la « tyrannie d’honnêtes rois », violant l’harmonie républicaine et la foi en la bonté de la nature humaine.
Et cependant, puisqu’il s’agit de nature humaine, notre mythe s’étend bien au-delà de la sphère politique. Le même schéma dynamique se retrouve dans diverses régions de la réalité culturelle, depuis la composition élémentaire de la matière à la structure du cosmos, en passant par les concepts de santé du corps et du bel arrangement de la cité. Nous avons affaire à une véritable métaphysique de l’ordre dont on peut trouver les racines dans l’Antiquité, et qu’on peut décrire abstraitement comme suit : le passage d’un état contestataire où les éléments individuels tendent à se développer pour eux-mêmes, à la formation d’une collectivité rendue stable par l’action coercitive d’un pouvoir extérieur qui maintient chacun des éléments à leur place, ou par les éléments eux-mêmes qui se limitent les uns les autres. Voilà une pensée ancestrale, une métaphysique récurrente et dynamique où entrent en jeu les concepts d’anarchie, de hiérarchie et d’égalité.
La Grèce ancienne
Tout se passe comme si le récit de Thucydide de l’anarchie à Corcyre était tiré d’Hésiode. Quelques siècles avant Thucydide, Hésiode, dans Les Travaux et les Jours, se lamente sur la dégénérescence de l’humanité à l’âge de fer après que la justice eut déserté les lieux et que la lutte naturelle de chacun contre chacun l’eut emporté. Il évoque les mêmes violations des liens filiaux et de la morale, les mêmes « mots tortueux » et les « faux serments », le même goût pour le pouvoir et l’argent, la même violence et le désir de détruire :
Le père alors ne ressemblera plus à ses fils ni les fils à leur père ; l’hôte ne sera plus cher à son hôte, l’ami à son ami, le frère à son frère, ainsi qu’aux jours passés. À leurs parents, sitôt qu’ils vieilliront, ils ne montreront que mépris ; pour se plaindre d’eux, ils s’exprimeront en paroles rudes, les méchants ! et ne connaîtront pas la crainte du Ciel. Aux vieillards qui les ont nourris, ils refuseront les aliments. Nul prix ne s’attachera plus au serment tenu, au juste, au bien : c’est à l’artisan de crimes, à l’homme tout démesure qu’iront leurs respects ; le seul droit sera la force, la conscience n’existera plus. Le lâche attaquera le brave avec des mots tortueux, qu’il appuiera d’un faux serment. Aux pas de tous les misérables humains s’attachera la jalousie, au langage amer, au front haineux, qui se plaît au mal.
Gerard Naddaf peut ainsi déclarer : « Sans la justice, Hésiode pense que les hommes se dévoreraient entre eux comme des bêtes : s’ensuivrait un état de nature semblable à celui de Hobbes, qui n’est pas sans rapport avec le règne qui précédait celui de Zeus. »
Hobbes se fait donc de plus en plus vieux, mais il apparaît également de moins en moins original si l’on s’accorde avec Naddaf pour dire que le règne de la paix et de l’ordre universel est celui de Zeus qui soumet les Titans récalcitrants, et qui sont présentés dans la tradition comme l’archétype de la nature humaine. Comme Detienne et Vernant l’ont mis en lumière dans leur commentaire de la Théogonie où l’on voit apparaître ce système : « il n’y a pas d’ordre cosmique sans différenciation, hiérarchie ou suprématie, mais il n’y a pas non plus de suprématie sans conflit, sans injustice, et sans violence. » Au début du récit, c’est le crime et la rébellion qui règnent chez les dieux, et la société non organisée fait écho à l’état originel amorphe de l’univers ; mais le récit s’achève sur la victoire de Zeus qui règne en maître sur un univers stable et différencié entre le ciel, la terre et l’enfer. Notons cependant que la résolution du chaos par la force et non par un contrat rend ce récit plus nietzschéen qu’hobbesien. Pour Nietzsche, l’«État » est fondé sur de violentes conquêtes et un despotisme impitoyable, nécessaires pour imposer un ordre sur les peuples sauvages indigènes :
J’ai employé le mot « État » : ce qu’il faut entendre par là va de soi – une horde quelconque de bêtes de proie blondes, une race de maîtres et de conquérants, qui, dotée d’une organisation guerrière et ayant la force d’organiser, pose sans hésiter ses formidables griffes sur une population peut-être infiniment supérieure en nombre, mais encore inorganisée et errante. Voilà le commencement de l’État sur terre.
De même, dans la Théogonie, l’ordre est instauré à l’issue d’une bataille sans merci qui dura dix ans pendant laquelle de nouvelles générations de dieux menées par Zeus luttent contre Cronos (son père) et les Titans sans foi ni loi pour gouverner l’univers. Grâce à son intelligence et à son grand pouvoir, Zeus gagne la bataille et abandonne les Titans enchaînés dans l’humide Tartare. Après avoir triomphé une seconde fois contre un dangereux rebelle (Typhon), Zeus distribue les honneurs et les privilèges à chacun des dieux, leur attribuant une place et une fonction dans l’univers. Sous le règne de Zeus, le pouvoir peut demeurer stable à jamais, puisque les querelles des dieux sont encadrées par des serments. Si au contraire les humains brisent si facilement leurs serments, comme ce fut le cas à Corcyre, c’est parce que la discorde, le malheur et le vice furent bannis du ciel pour échouer sur la terre. Tel est le lot des hommes, que Zeus tempère en leur faisant don de la justice mais aussi de la folle espérance, ce « mal si beau », cette Pandore tapie dans la jarre qui contenait tous les malheurs du monde.
Il faut souligner la parenté naturelle entre les Titans et l’espèce humaine, qui rend compte de la conception occidentale du politique, celle d’une contrainte exercée sur l’asociabilité humaine. « Le Titan », remarque Paul Ricoeur, « est cette figure à travers laquelle le mal humain s’enracine dans le mal pré-humain. » Dans les mythes orphiques, les hommes descendent des cendres des Titans enterrées par Zeus suite au meurtre de Dionysos. Dans les Lois, Platon évoque l’insoumission des Titans lorsqu’il déclare que si aucune loi n’encadre la musique, on encouragerait la licence démocratique. Cette musique révélerait « la nature des Titans qu’évoque la tradition, et l’homme, prenant modèle sur elle, revenant ainsi à la situation qui est la leur, passerait une existence éternellement douloureuse. » (Doit-on jeter la pierre à Elvis ou aux Beatles ? Lequel est responsable de nos maux présents ? ) Si les hommes sont des Titans par nature, leurs anciens rois sont des émanations de Zeus, leur ancêtre.
Les cosmogonies persistent sous la forme de la dynastie. Nos plus vieilles légendes sur les cités du Péloponnèse évoquent des héros venant d’ailleurs, nés de l’union de Zeus avec une mortelle, et qui se sont mariés aux filles des rois autochtones pour en usurper le trône. L’origine de l’État est la version terrestre de la naissance de l’univers, né de l’union cosmique du Ciel (Ouranos) et de la Terre (Gaïa). L’étranger Lacédémone, fils de Zeus, s’unit à Sparte née de rois terrestres, donnent leur nom aux cités, et de leur union naît la dynastie civilisatrice des peuples de l’Eurotas. Agamemnon, roi de Mycènes, était aussi le descendant de Zeus, et c’est de lui que venait son autorité sur tous les autres rois de son immense armée. Mais à l’époque d’Homère, une réplique fidèle et humaine de la souveraineté universelle de Zeus était déjà impossible depuis quatre ou cinq cents ans, depuis la disparition des anciens royaumes mycéniens. Dans les épopées des poètes du VIIIe siècle, certains règnes monarchiques sont marqués par le sceau du divin. La justice de certains chefs réputés pour être bons ne fait pas seulement prospérer la cité dans Les Travaux et les Jours d’Hésiode, elle fait aussi fructifier la nature. Cependant, les rois à cette époque d’Hésiode avaient non seulement des prérogatives beaucoup plus réduites que celles de leurs ancêtres mycéniens, lointains certes mais toujours dans les mémoires, mais leur autorité elle-même commençait à être remise en cause et entamée par une élite d’opposition. Dans son Archaeology as Cultural History, excellente synthèse sur la préhistoire de la cité grecque à l’époque classique, Ian Morris rend compte de cette résurgence des aristocrates, en notant qu’elle était contemporaine de la reprise des échanges des élites avec l’Orient, après l’«âge des ténèbres » qui succéda à la chute des Rois mycéniens. En vérité, l’esprit agonistique ne caractérisait pas seulement l’élite guerrière, elle touchait aussi, selon Jean-Pierre Vernant, la société tout entière. En rappelant ces vers d’Hésiode – « le potier en veut au potier, le charpentier au charpentier, le pauvre est jaloux du pauvre et le chanteur du chanteur » –, Vernant en déduit que la compétition implique une certaine égalité entre les adversaires, même si elle vise l’établissement d’une hiérarchie. On pourrait également dire qu’une antithèse, la hiérarchie, englobe la suppression de sa propre négation, l’égalité. C’est bien quelque chose de ce genre qui a eu lieu dans la lutte qui opposa les aristocrates au règne monarchique ou tyrannique. Bien avant sa réalisation avec la démocratie athénienne du Ve siècle, l’aspiration à l’égalité politique, l’isonomie, avait été promue par la noblesse de certaines cités archaïques, qui périclitaient au sein de la compétition pour la suprématie. L’isonomie, l’«égalité », était revendiquée par quelques oligarques qui contestaient la confiscation de leurs droits politiques par les tyrans (une « Magna Carta » grecque en quelque sorte). Kurt Raatlaub dit même de l’isonomie qu’elle est un « concept » ou une « valeur aristocratique ».
L’opposition entre égalité et hiérarchie finit par se manifester politiquement sous la forme du conflit entre la souveraineté populaire d’un côté, et l’oligarchie ou la monarchie de l’autre. C’est sous cette forme, avec tout ce que cela implique pour la culture, que cette opposition continuera de se manifester dans l’histoire de l’Occident pendant près de deux mille ans. Morris parle d’une « idéologie du nivellement » qui fait son apparition au Viiie siècle, qui se heurte quelque temps à un système aristocratique du pouvoir, et qui finit par triompher dans l’établissement de la démocratie athénienne. L’histoire sociale de la période archaïque, écrit-il encore, « doit être comprise comme un conflit entre ces cultures antithétiques ». Les « niveleurs » étaient partisans d’un régime autogéré, égalitaire et impliquant la participation des citoyens. Par contraste avec l’aristocratie des héros qu’ils enviaient, ils ont élaboré une philosophie du mode de vie du « moyen ». Les désirs corporels seraient ainsi maîtrisés, le développement de la cupidité et de la démesure serait endigué, la pérennité de la solidarité entre les membres de la communauté serait garantie. Pour reprendre les termes de Morris, les niveleurs constituaient une « communauté imaginaire » de gens modérés, de citoyens masculins égaux, sans nostalgie pour le passé ou pour l’Orient. Les aristocrates au contraire, fidèles au modèle de la noblesse mycénienne, cherchaient par-delà leurs compatriotes le fondement de leur identité et de leur autorité. Leur statut dans la société leur venait des dieux, des héros leurs ancêtres, et de l’Orient – d’où ils tiraient leurs insignes divins.
La différence entre ces « cultures antithétiques » était telle que leur présence simultanée dans les cités naissantes déboucha sur l’apparition de factions antagonistes, l’élite faisant bloc contre le peuple, donnant lieu à des luttes qu’on percevait de plus en plus comme des conflits entre les riches et les pauvres. Plutarque raconte comment Anacharsis, l’ami de Solon, se moqua de lui « qui pensait réprimer par des lois l’injustice et la cupidité de ses citoyens », des lois aussi peu solides que des toiles d’araignées et que les riches et les puissants pourraient rompre facilement. Il s’agissait en fait des mesures que le célèbre législateur athénien du début du VIe siècle élabora pour alléger les dettes des pauvres et les sanctions qu’ils subissaient, et étendre le droit à participer à un régime qui jusque-là favorisait quelques privilégiés. Solon répondit à son ami que les hommes tenaient leurs engagements entre eux lorsqu’aucune des parties contractantes n’avait intérêt à les violer, et qu’il travaillait à des lois où il serait plus avantageux pour tous de pratiquer la justice. Sans doute Solon espérait-il, comme d’autres législateurs après lui, qu’il serait plus profitable de reconnaître des droits aux adversaires politiques que de provoquer une sédition et de plonger ainsi la cité dans le chaos. De toute façon, la cupidité des citoyens, la vulnérabilité des lois face à l’égoïsme, l’opposition entre la hiérarchie et l’égalité ainsi que le remède qui consistait à équilibrer les pouvoirs, à supposer que cela eût bien lieu, tout cela montre assez bien comment la métaphysique occidentale de l’ordre était déjà présente au moment de la naissance de la cité classique.
Le Ve siècle est marqué par l’antique opposition entre la hiérarchie et l’égalité, qui se manifesta sous de multiples formes, atteignant son paroxysme idéologique pendant la guerre du Péloponnèse. Même si nous pouvons dater, suivant en cela Ian Morris, la victoire des idéaux démocratiques avec la constitution d’Athènes en 507 av. J.-C., la guerre civile entre les élites et les factions populaires continua à faire rage dans de nombreuses cités grecques pendant plus d’un siècle. D’abord d’obédience aristocratique, les élites furent progressivement associées aux ploutocrates. Dans la République, Platon affirme qu’une cité abrite en réalité plusieurs cités, et se divise tout d’abord en une polis des riches et une polis des pauvres, toujours en guerre, puis se divise encore au sein de ces groupes. Comme nous l’avons vu, pendant la guerre du Péloponnèse, cette lutte endémique se doublait d’une confrontation généralisée dans toute la Grèce entre la démocratie soutenue par Athènes, et l’oligarchie soutenue par Sparte, deux formes des « cultures antithétiques » de la période archaïque. Si les termes « démocratie » et « oligarchie » sont attestés chez Hérodote au milieu du e siècle, ils deviennent chez Thucydide, dans son récit de l’intervention d’Athènes et de Sparte dans la guerre civile de Corcyre, deux causes idéologiques pour lesquelles on meurt. Mais à cette époque, la devise bienfaitrice de l’impérialisme athénien, isonomie, « égalité », avait déjà contaminé les cosmologies et les théories politiques ; et elle se propageait dans les philosophies du corps et dans l’ontologie des composants élémentaires de la nature.
Selon Hérodote, isonomie est « le plus beau nom qui soit ». Le principe de l’isonomie dont Athènes était le modèle impliquait la participation égale de tous les citoyens dans un régime commun, régi par un corps souverain qui se réunissait à l’Assemblée. Puisque les femmes, les esclaves et les étrangers ne possédaient pas ce droit, la démocratie était en réalité fondée sur des principes hiérarchiques extra-constitutionnels pour le moins autoritaires (indépendamment de la question historique de l’esclavage, on retrouve les mêmes contradictions chez les Américains qui se félicitent de « vivre dans une démocratie », alors qu’ils passent la plupart de leur temps dans des institutions non démocratiques comme la famille, l’école, les hauts lieux du capitalisme, sans compter l’armée et la bureaucratie du gouvernement lui-même. Regardez, la démocratie est toute nue!). Pour les citoyens athéniens, l’isonomie signifiait l’égalité devant la loi, l’égalité de parole et de vote à l’Assemblée, et une chance égale de participer au Conseil des Cinq-cents (la Boulê) qui établissait les ordres du jour de l’Assemblée et remplissait des fonctions diplomatiques et judiciaires importantes. Au Conseil, chacune des dix tribus constituées par la réforme de Clisthène en 507 était composée de cinquante hommes tirés au sort, pour une durée d’un an. Alternativement, pour une période de 36 ou 37 jours, chaque tribu assurait la présidence et la responsabilité de l’ensemble du Conseil. Ce système de rotation égalitaire est particulièrement intéressant en ce qu’il établit et comprend un principe hiérarchique dans l’isonomie (nous verrons qu’il en va de même chez les médecins hippocratiques). En effet, la rotation répond à l’idéal aristotélicien d’un régime où les citoyens sont tour à tour gouvernants et gouvernés. Si l’on compare Athènes avec les royaumes de Mycènes et de Minos, la transformation de la souveraineté, de la monarchie à la démocratie, est à la fois multiple et radicale. Reprenons l’analyse de Vernant sur cette comparaison : les royaumes anciens, gouvernés par une personne privée, dont la force mystique émane du palais, ont fini par céder à l’apparition de la polis où les prérogatives gouvernementales reviennent à une collectivité, de manière égale et publique. Rassemblés au centre de la cité (sur l’agora), les citoyens recourent à la raison et à la persuasion pour statuer sur les affaires de la cité, pour concilier leurs propres intérêts privés avec l’intérêt et le bien de la cité – du moins en principe. Vernant écrit :
Le groupe humain se fait donc de lui-même l’image suivante : à côté des maisons privées, particulières, il y a un centre où les affaires publiques sont débattues, et ce centre représente tout ce qui est « commun », la collectivité comme telle. (…) Au lieu que la société humaine forme, comme l’espace mythique, un monde à étages avec le roi au sommet et au-dessous de lui toute une hiérarchie de statuts sociaux définis en termes de domination et de soumission, l’univers de la cité apparaît constitué par des rapports égalitaires, réversibles où tous les citoyens se définissent par rapport aux autres comme identiques sur le plan politique.
Et pourtant, malgré la réciprocité, l’égalité et la collectivité qui la soutiennent, la cité démocratique reste vulnérable aux effets dévastateurs de l’intérêt égoïste de ses citoyens. Les Athéniens n’en étaient que trop conscients. En parlant de « l’appétit du gain que toute la nature poursuit naturellement comme un bien, mais qui se voit ramené par la force de la loi au respect de l’équité », le sophiste Glaucon dans la République évoque la même opposition entre la loi (ou la culture) et l’intérêt égoïste (ou la nature) qui caractérise le récit par Thucydide de la guerre civile de Corcyre. Une telle opposition entre le bien privé et le bien public, selon P. A. Brunt, est « à l’origine de ces dissensions si fréquentes dans les cités grecques, et par conséquent du développement de la philosophie politique en Grèce ». Prenons aussi l’exemple de l’«Oraison funèbre » de Périclès sur la nécessité de cultiver la vertu civique chez les citoyens : ils doivent comprendre que leurs biens privés sont d’autant mieux protégés qu’ils défendent les intérêts de la cité ; voilà ce dont on doit se souvenir lorsqu’on fait l’éloge des hommes tombés au combat. Cette sage maxime de Périclès finira par être reprise par tous les hommes politiques des régimes républicains, ce qui prouve qu’il était souvent nécessaire de la rappeler. Mais au vie siècle av. j.-c., bien avant que Platon et Périclès ne se soucient de politique, Anaximandre de Milet avait déjà fait de l’intérêt égoïste le principe de mise en ordre de l’univers au sein d’un système d’interactions entre des forces égales et opposées.
Le cosmos d’Anaximandre n’est pas un univers ordonné par un dieu tout-puissant, c’est un système naturel auto-régulé par les échanges internes qui se produisent entre les quatre éléments, qui entrent de manière égale dans sa composition. Notons qu’il ne nous reste que des fragments de l’œuvre d’Anaximandre, et que leur obscurité a donné lieu à de nombreuses interprétations, dont à l’époque moderne les interprétations quelque peu absconses de Nietzsche et les riffs heideggériens de la présence de l’Être. Mais la différence entre le cosmos d’Anaximandre et celui que Zeus domine et organise se laisse aisément percevoir, et de nombreux commentateurs l’ont remarquée, comme Charles H. Kahn dans son analyse du système présocratique d’Anaximandre. « Anaximandre », écrit Kahn, « refuse qu’un corps élémentaire ou une partie du monde en particulier puisse dominer les autres ; selon lui, le monde se définit par l’égalité et l’équilibre. »
Anaximandre nie que dès la naissance du monde un élément de son ontologie ait pu produire et dominer tous les autres. L’univers ne vient ni de l’eau, ni d’aucune des autres substances élémentaires ; il naît d’une « autre nature, infinie apeiron », qui engendre en elle le ciel et la terre. Selon l’interprétation commune, les éléments constitutifs de l’univers qui se différencient au sein de l’infini sont des couples d’opposés, comme le chaud et le froid, le sec et l’humide. Même si ces éléments sont égaux, ils s’opposent et se repoussent les uns les autres, sans qu’aucun ne parvienne à prendre le dessus. Au lieu de cela, ils remédient à leurs injustes incursions mutuelles en produisant la réalité, bien que toutes les choses ainsi créées finissent, au bout d’un certain temps, par se résoudre et revenir à leurs éléments constituants. Dans « Isonomia », son important article sur le sujet, Gregory Vlastos souligne que la solution qu’Anaximandre apporte au problème de la justice cosmique, modelée sur la justice civile et politique, se démarque complètement de la conception aristocratique ou monarchique de la justice telle qu’on la trouvait chez Hésiode. L’ordre universel, pour Anaximandre, « justifie l’isonomie, au sens où le seul moyen de préserver la justice au sein d’une communauté humaine est de répartir les pouvoirs de manière égale ».
On trouve la même idée d’un ordre résultant d’une contestation entre éléments égaux dans la cosmographie d’Anaximandre, où la terre occupe le centre de l’univers, à égale distance des corps ignés de la voûte céleste. Encore une fois, l’univers demeure stable sans que rien d’extérieur n’ait besoin de le régler. Cet équilibre est le fruit non seulement de l’égalité de distance entre les corps, mais aussi de l’égalité des forces opposées, et cela vaut en particulier pour la terre, centre humide et froid, entouré du ciel chaud et sec. De plus, comme les spécialistes de l’Antiquité l’ont souvent remarqué, cette politique cosmique qui donne à la terre sa place dans l’univers rappelle l’ordre spatial de la polis démocratique, où, au centre des quartiers d’habitations se trouvait l’agora où les intérêts de chacun entraient en collision avant de s’harmoniser.
Le microcosme fonctionne comme le macrocosme : à l’intérieur des corps sains des citoyens, c’est encore l’isonomie qui règne. La santé, du moins telle qu’elle est définie dans le principal traité du médecin Alcméon de Crotone à la fin du VIe siècle av. J.-C., consiste justement en cette « isonomie » ou « égalité des droits » entre les pouvoirs opposés du corps. (Les textes qui citent Alcméon mentionnent parmi ces fonctions le chaud et le froid, l’amer et le doux, l’humide et le sec, mais il devait y en avoir davantage.) La « monarchie » au contraire, ou la domination d’une des fonctions, est cause de maladie et de corruption selon Alcméon. Cette corporologie isonomique a eu une grande influence dans l’Antiquité ; citons notamment la description que Platon donne de la maladie dans le Timée, qui est causée par un excès, un déficit, ou un mouvement « contre nature » d’un des quatre éléments du corps, à savoir la terre, le feu, l’eau et l’air. Charles Kahn rappelle l’abondance des textes qui pourraient illustrer cette conception de la nature comme « interaction dynamique entre des forces opposées », et prend à témoin les successeurs d’Alcméon dans le corpus hippocratique, qui sont une parfaite illustration du « naturalisme du Ve siècle ».
La théorie des humeurs des médecins hippocratiques a étendu et complexifié la notion d’équilibre, en mettant en jeu d’autres facteurs comme l’environnement, le temps, le tempérament ; mais en même temps, la cure allopathique que préconisaient les médecins faisait de l’équilibre un véritable principe, théorique et pratique. Dans un des premiers traités hippocratiques, De la nature de l’homme, les humeurs (par exemple le phlegme) sont liées aux saisons (l’hiver en l’occurrence) par l’intermédiaire d’un élément commun (le froid). La santé consiste alors en un système de rotation égalitaire où chacune des quatre humeurs – le phlegme, le sang, la bile jaune et la bile noire – prédomine sur les autres selon la saison qui lui correspond. Le traitement chez les hippocratiques consiste à prescrire le contraire de l’élément en excès, par exemple de la nourriture froide pour soigner les fièvres ou des bains chauds pour les toux sèches. C’est à travers ce principe allopathique (qui est par ailleurs toujours en usage) que la médecine rejoint la politique dans une arène où l’isonomie est une véritable praxis, c’est-à-dire une règle pragmatique et souhaitable pour l’action. On comprend pourquoi la théorie des humeurs des hippocratiques, que le médecin Galien développa au deuxième siècle de notre ère, pourra être convoquée jusqu’au XVIIIe siècle à des fins politiques, par l’apôtre de l’équilibre des pouvoirs, John Adams. « Certains médecins », écrit-il, « pensaient que si l’on pouvait conserver l’équilibre des humeurs dans le corps, ce dernier serait immortel ; peut-être pourrait-on en dire autant du corps politique si l’on pouvait conserver intact l’équilibre des pouvoirs. » On peut dire que cette idée a traversé les siècles.
Empédocle est l’auteur d’une doctrine qui a également eu une importance capitale : celle des quatre « racines » des choses, à savoir le feu, l’air, l’eau et la terre, éléments qui composent toute la réalité. Les philosophes et les médecins du vie siècle avançaient déjà des théories sur la formation des choses à partir d’éléments opposés comme le chaud et le froid, le lourd et le léger, l’humide et le sec. Empédocle voulait limiter les éléments à quatre, qu’il commence par ranger, et ce n’est pas anodin, aux côtés des dieux dans l’échelle des êtres ; ces substances, naturellement égales, sont mélangées ou séparées par l’intervention des forces égales et opposées de l’Amour et de la Haine ; chaque chose est composée de ces éléments, des arbres aux personnes, en passant par les oiseaux, les bêtes et même les dieux immortels. Nous avons ici affaire à une véritable métaphysique de l’être, une ontologie fondée sur un principe d’échanges réciproques entre des qualités ou des forces égales, à l’instar de l’univers d’Anaximandre, du corps des hippocratiques ou de la démocratie athénienne. Pour reprendre la formule d’Héraclite : « de l’opposition naît la concorde ; de la discorde naît la plus belle harmonie. »
En tant que principe d’ordre, l’isonomie domine tout le Ve siècle à Athènes ; mais cela n’a pas empêché, bien entendu, que se développent avant ou après des thèses fondées sur l’idée de hiérarchie, en particulier chez les grands philosophes. (Les formes de dualisme des anciens semblent réfuter l’hypothèse de Lévi-Strauss, selon laquelle les paires d’opposés obéissent à des classements caractéristiques instables. Encore une fois, l’idéal de l’égalité absolue entre les éléments opposés constitue un problème concret pour les Grecs, et pas seulement pour eux.) Le Politique et le Timée de Platon présentent un monde ordonné, comme celui où Zeus règne sur le désordre des Titans. Toute chose est composée de matière, en tout ou en partie, si bien que tout être sensible a tendance à se perdre dans « un mouvement discordant et désordonné» ; la réalité est dans un état d’anarchie, jusqu’à l’intervention du dieu. « Le dieu introduisit en chaque chose la mesure qui permet de les évaluer quantitativement et de les comparer sur ce plan les unes avec les autres, et cela dans tous les cas et de toutes les façons qu’il leur était possible de revêtir proportion et mesure. » De même la cosmologie d’Aristote, bien qu’elle se débarrasse des figures archaïques de la mythologie, continue de leur rendre hommage en faisant de l’ordre cosmique l’effet d’un décret divin, celui du premier moteur immobile. Le premier moteur immobile accorde à la plus haute sphère céleste un mouvement éternel, lequel met en mouvement une multitude de moteurs secondaires des sphères inférieures, jusqu’au moteur responsable des mouvements incessants des êtres sublunaires.
Dans le même esprit, mais cette fois dans le monde des affaires humaines et politiques, Platon a imaginé une république gouvernée par une élite de bons naturels et d’intellectuels, et ce n’est pas le fait de vivre à Athènes où l’isonomie était de mise qui l’en a empêché. La sagesse de ces gardiens, leur vertu et leur modération étaient censées leur permettre de contenir les désirs pervers de la masse. La maîtrise de soi leur permet de se protéger de la variété bigarrée des appétits, des plaisirs et des douleurs que Platon attribue aux femmes, aux enfants, aux esclaves, et « à la foule de ceux qui ne sont libres que de nom ». Car dans l’âme tripartite de l’élite, la partie rationnelle, avec l’aide de la fonction ardente, est capable de gouverner la partie désirante qui occupe la plus grande partie de l’âme de chacun, et qui est « par nature avide du gain ». L’ardeur et la raison ont pour tâche de surveiller le désir et la convoitise. Sinon, se complaisant dans les désirs du corps, « la partie désirante de l’âme cesse de s’occuper de ce qui lui est propre, et entreprend d’asservir et de diriger ceux qui ne sont pas subordonnés à sa race, et bouleverse l’ensemble de la vie de tous ». Remarquons ici comment la santé de l’âme ainsi hiérarchisée dépend d’une politique de l’équilibre. Et aussi comment la partie désirante de l’âme prend naturellement place entre Pandore et Ève dans la généalogie matrilinéaire de la condamnation de la cupidité des hommes. Enfin, soulignons comment l’opposition entre l’âme rationnelle éduquée et l’âme désirante naturellement insatiable est le reflet intériorisé de la même opposition entre la loi et l’égoïsme naturel, qu’on a rencontrée entre autres chez Thucydide. Il faut encore remarquer qu’en dépit de son hostilité envers les sophistes de son époque, Platon leur emboîte le pas en utilisant la même distinction entre nature et culture à propos du savoir dans l’âme – tout comme Aristote.
Qu’il s’agisse d’une métaphysique égalitaire qui domine à l’époque, ou d’une théorie de la hiérarchie, le principal problème de la culture grecque est toujours de résoudre un conflit latent entre les éléments du système. Mais lorsqu’il s’agit de déterminer quelle en est la cause selon les champs culturels envisagés, les spécialistes sont presque unanimes : avec des présupposés vaguement hérités de Durkheim et de Marx, il ne peut s’agir que de la politique. La cosmologie, la psychologie, etc., sont le miroir de la politique. Avec l’émergence de la cité démocratique, l’isonomie prend le dessus sur la monarchie dans l’enquête sur la nature, comme elle avait triomphé dans la société. La nature est perçue à travers le modèle égalitaire des cités, comme le cosmos d’Anaximandre est le reflet de la polis. Mais cette réduction de la nature à la cité ne permet pas de rendre compte du temps et de la dialectique à l’œuvre dans l’histoire.
Comme on a pu le voir, l’isonomie est sans doute un concept d’origine aristocratique, et cet idéal était au moins autant une condition de l’avènement de la polis démocratique qu’une de ses réalisations (c’est un principe marxiste qui s’applique ici : le plus mauvais des architectes dépassera toujours l’abeille la plus experte, car le premier est capable de construire son oeuvre dans sa tête avant de la construire dans la réalité). Il y a aussi plus qu’une simple corrélation entre l’isonomie de la cité et l’opposition équilibrée dans la nature. La théorie du corps d’Alcméon est peut-être démocratique, chacune des humeurs possédant des « droits égaux », mais sa patrie, elle, ne l’était pas : Crotone était une oligarchie restreinte et réputée pour son iniquité. De toute évidence, l’isonomie n’était pas la « superstructure » d’une « infrastructure » existante. Un peu comme ces « tortues » en nombre infini sur lesquelles est posée la tortue, l’isonomie s’insinue dans toutes les structures, jusque dans la nature même des choses. Elle est un pilier de la culture.
Mais le plus important, c’est que pour un Grec, la frontière entre la société et la nature n’était pas si marquée ni solidement ancrée dans les représentations comme c’est le cas pour nos universitaires. Alcméon emploie un vocabulaire politique pour décrire les désordres et les maladies du corps, et Thucydide celui de la maladie pour la discorde de la cité. Ernest Barker rappelle que pour les pythagoriciens, le fondement du politique se trouve dans la nature, car la justice est un nombre carré. Le nombre carré représente l’harmonie par excellence : ses côtés sont égaux et le nombre de côté est égal à la valeur numérique de chacun des côtés. « Il s’ensuit que la justice dépend de l’égalité des parties du pouvoir politique. » De même dans les Phéniciennes d’Euripide, Jocaste supplie son fils Étéocle d’obéir à la même loi que son frère Polynice :
C’est l’égalité qui a fixé aux humains les mesures et les divisions de poids ; c’est elle qui a défini le nombre ; la nuit à la paupière obscure et la clarté du soleil suivent d’un pas égal le cercle de l’année. Et quand le soleil et la nuit sont asservis à la mesure, ne supporteras-tu pas, toi, d’accorder à ton frère une part d’héritage égale à la tienne ? Où est alors la justice ?
Charles Kahn a montré que pour un Grec, nature et société étaient des termes interchangeables. Ce sont les philosophes du Ve siècle qui ont tenté d’instaurer une séparation entre les deux : nature et société deviennent des contraires « suite aux débats sur le rapport entre physis la nature et nomos la loi ». Ce dualisme constitue la base même de notre triangle métaphysique : les systèmes culturels de l’égalité et de la hiérarchie tentent de contenir et de maîtriser une nature humaine présociale ou anti-sociale.
Sur ce point, les sophistes sont nos principaux suspects. À propos de la « descendance si tenace » du dualisme nomos-physis dans la culture politique de l’Occident, Giorgio Agamben écrit :
La polémique sophistique contre le nomos en faveur de la nature (qui se développera sur un ton de plus en plus vif au IVe siècle) peut être considérée comme la prémisse nécessaire de l’opposition entre l’état de nature et le commonwealth que Hobbes place au fondement de sa conception de la souveraineté.
Bien entendu, il faudrait inclure dans les sources d’inspiration de Hobbes le nom de Thucydide, qui connaissait les discours des sophistes, et en particulier ceux de Gorgias et d’Antiphon. Il ne faudrait pas oublier d’autres figures plus anciennes, car les sophistes n’ont pas été les premiers à examiner les conséquences du conflit entre la nature humaine et la cité, même si leurs prédécesseurs n’utilisaient pas les catégories de physis et de nomos, du moins dans le sens qu’elles prendront au Ve siècle. Le vice et la cupidité de l’homme sont, depuis Hésiode, l’ennemi de l’ordre. Les poètes tragiques ont pris le relais. « La nature l’a voulu, et elle ne se soucie pas de la loi », lit-on dans un fragment d’Euripide. De même dans l’Antigone de Sophocle, la loi de la cité n’a aucun pouvoir sur les liens de sang. Nous reviendrons sur l’importance de la parenté, ainsi que sur la contrariété naturelle entre une bonne et une mauvaise nature réciproque. De toutes les interprétations possibles des combinaisons entre les termes nomos et physis, qui dépendent de celui
« C’est du moins la tâche sur laquelle devraient se focaliser tout ceux qui pensent que la solution « chouardesque », pour n’être ni la perspective du paradis sur terre, ni même la certitude de la meilleur solution possible, n’en est pas moins la moins mauvaise (et de loin !) proposée de façon sérieuse et argumentée à ce jour. »
C’est à ceux là que je m’adressais, et non pas à ceux qui pensent que nous nous trompons en identifiant le processus constitutionnel comme cause des causes (du moins parmi les causes sur lesquelles nous pourrions avoir quelques influences).
Je ne cherche pas à convaincre les autres, je considère que s’ils ne l’ont pas encore été par le travail acharné et compétent d’Étienne, c’est que cela ne fait pas partie de leur chemin (ce qui ne veut pas dire qu’ils se trompent).
Donc ce qui me désole n’est pas la dispersion de ceux qui sont en désaccord, mais bien de ceux qui sont globalement d’accord…
« Donc ce qui me désole n’est pas la dispersion de ceux qui sont en désaccord, mais bien de ceux qui sont globalement d’accord… »
La dispersion ou différence n’est pas désolante mais tout à fait réjouissante :
ceux qui sont « globalement d’accord avec Etienne » sont d’accord sur quoi ? Le tirage au sort comme LA SOLUTION ?
Sans doute non ; ce qui les fait se retrouver, c’est l’ouverture d’esprit et la possibilité d’avancer ensemble dans la compréhension du monde.
Ce blog est un espace de liberté et d’expression ;
c’est là l’essentiel ;bien plus essentiel que le tirage au sort ;c’est le débat qui est fondateur de la démocratie ; c’est donc le débat qui fait que ce blog est précieux ; s’il devient le club des défenseurs du tirage au sort , il perd sa substance ; le tirage au sort a besoin du débat ; le débat n’a besoin que de lui même ; c’est la démocratie.
Je crois comprendre que Zedav aurait envie qu’on avance. Et je le comprends.
C’est vrai qu’un terrain d’isophonie ( zieutez le néologisme 😉 ) c’est vachement précieux. Et c’est vrai qu’à force de nous bouffer le nez, ou de nous faire mousser, comme quelqu’un l’a fait remarquer, petit à petit, par approximations successives, parfois désagréables il est vrai, parfois plus sympas, petit à petit émergent des pensées que jamais nous n’aurions eues sans cela, et dont certaines sont remarquables d’originalité. Qui pourront un jour avoir un poids, doutons-en ou pesons 😉
Mais quand même, à part Étienne, qui va au devant des gens ? Zedav n’a pas tout à fait tort.
Peut-être aimerait-il plus de réflexion sur une éventuelle stratégie ?
Géraldine,
Ce texte est assez toxique à lire question indigestion culturelle, mais ça vaut quand même le coup ! 🙂
« si bien que pour les hommes, la nature renvoie à ce dont ils ne sont pas responsables dans leur comportement »
Je cite ça, non pas par intérêt particulier, mais en raison du fait que cette pensée imprègne tout un long début du texte. Elle donne le la, bien plus que les allusions à Thucydide hihi.
Il y a là quelque chose d’attristant.
Inacceptable pour les shamans dont il est question en bas de texte.
Dans nos cultures monothéistes, même lorsqu’elles ont conquis l’athéisme, il y a cette perception erronée que « les jeux sont faits, rien ne va plus », « le fait de dieu ». Un déterminisme religieux en quelque sorte (qui transparaît dans la notion de grâce imméritée mais offerte, au sein de certains camps religieux).
Et puis vient un peu de Marx, qui voit dans le jeu social ce qui façonne l’être. C’est déjà mieux, car ici pointe, mais non dite, une certaine liberté de l’espèce, qui si elle choisit sa société, choisira ainsi sa façon.
Et puis viennent les peuples autochtones, qui établissent/vivent l’unité entre le dedans de soi, ou du soi collectif, et le dehors. La crise écologique nous la fait retrouver un peu. Ouf, il était temps. C’est important, cette unité du dedans avec le dehors, en rapport avec ce que je vais écrire, mais je ne développerai pas pour ne pas alourdir.
Globalement quand même, le texte fait état de forces prédéfinies en nous, de l’ordre du manichéen (j’interprète abusivement peut être), que nous devons affronter ou gérer, via le contrat social, contrat de formes variées, dites ou non dites.
Le libre arbitre se limite ainsi en peau de chagrin, à gérer ce qui est et non pas à choisir qui l’on est. Et c’est là que je veux en venir :
La pensée méditerranéenne et occidentale est attachée à un déterminisme de l’état moral des troupes, à un déterminisme du niveau de moralité de l’espèce, et ainsi à un défaitisme désespéré ; alors qu’ailleurs, est reconnue au moins en partie la possibilité individuelle et collective d’agir intentionnellement sur les moteurs de l’être (chez nous considérés comme une donnée), possibilité qui confère à l’humain une nature qui lui est particulière : la liberté en soi, la liberté d’être et de s’autoprogrammer, est fondamentalement ce qui différencie la nature humaine de la nature animale .
Ce qui offre un champ immense bien qu’inexploré pour une autre politique : la politique de l’être.
« La dispersion ou différence n’est pas désolante mais tout à fait réjouissante :
ceux qui sont « globalement d’accord avec Etienne » sont d’accord sur quoi ? Le tirage au sort comme LA SOLUTION ?
Sans doute non ; ce qui les fait se retrouver, c’est l’ouverture d’esprit et la possibilité d’avancer ensemble dans la compréhension du monde.
Ce blog est un espace de liberté et d’expression ; »
C’est bien, continuez à vous ouvrir l’esprit, à « avancer » ensemble, là où ça ne gêne personne…
Pendant que vous jouez, ceux qui ont le pouvoir continuent à placer leurs pions.
Quand l’effondrement économique ou « Big Brother » seront là (wahooo, quel parano celui là) peut-être aurez vous encore cette latitude, mais ce n’est pas sûr…
@ Etienne : merci, de cette façon indirecte (par le sur-lignage) j’aurais au moins eu une réponse indirecte.
Ce n’est pas très courageux mais c’est toujours ça.
En vous souhaitant une bonne émulation perpétuelle (qui doit probablement empêcher les puissants de dormir tranquilles).
@zedav
bon finalement et très clairement tu proposes :
Quoi ?
Quand ?
Comment ?
Avec qui ?
Où ?
A quelle heure ?
En baskets ou en boots ?
Avec moules-frites ou sans moules-frites ?
Avec bière ou Coca ?
En sortir
Frédéric Lordon.
(Les blogs du Diplo, La pompe à phynance, 26 septembre 2012)
http://blog.mondediplo.net/2012–09-26-En-sortir
Il faut lire le Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG). Il faut le lire non pas tant pour en découvrir les dispositions puisque celles-ci ont déjà fait l’objet d’abondantes présentations, mais pour être frappé par sa langue. Terrible novlangue où les grands principes des considérants, supposés apporter à un texte le souffle d’une vision historique, ne sont plus qu’une écœurante bouillie, où l’idéologie à peine travestie et présentée comme force d’évidence – « les parties contractantes tenant compte du fait de la nécessité de maintenir des finances publiques saines et soutenables » (le fait de la nécessité dont nous sommes bien obligés de tenir compte…) – le dispute au contentement répugnant – « se félicitant des propositions législatives formulées le 23 novembre 2011 » –, à l’imposition sans fard – « rappelant la nécessité d’inciter et au besoin de contraindre les Etats membres en déficit excessif » –, ou au mensonge pur et simple, presque rigolard – « désireuses de favoriser les conditions d’une croissance économique » –, il faut lire ce texte, donc, pour se faire une idée assez exacte d’où en est la politique en Europe et de ce qu’elle n’hésite pas à faire prétendument en notre nom.
Il faut le lire aussi pour y trouver quelques perles encore mal aperçues comme ces délicieux articles 7 et 8, le premier forçant les « parties contractantes » au soutien obligatoire de la Commission quand elle met un pays à l’index et lui impose la purge (« les parties contractantes s’engagent à appuyer les propositions ou recommandations soumises par la Commission européenne lorsque celle-ci estime qu’un Etat membre de l’Union ne respecte pas le critère du déficit ») 1, le second, encore meilleur, instituant la délation entre les Etats-membres : « Lorsqu’une partie contractante estime indépendamment du rapport de la Commission qu’une autre partie contractante n’a pas respecté le critère de déficit structurel, elle peut saisir la Cour de justice de cette question » (Art.8.1) ; « lorsque sur la base de sa propre évaluation ou de celle de la Commission une partie contractante considère qu’une autre partie contractante n’a pas pris les mesures nécessaires pour se conformer à l’arrêt de la Cour de justice visé au paragraphe 1 (précédent), elle peut saisir la Cour de justice et demander que des sanctions financières soient infligées ». Et l’on voit d’ici l’excellente ambiance que ces petites lignes vont répandre dans la chose qui se dit encore « Union » européenne : de sa seule initiative et d’après ses seules évaluations, un Etat-membre pourra en balancer un autre auprès de la Cour de justice (CJUE) s’il estime que cet autre, insuffisamment orthodoxe, ne s’est pas assez « structurellement ajusté », puis demander à cette même Cour de le pénaliser financièrement s’il continue de regimber. Le pire est que dans l’atmosphère particulièrement amicale qui règne ces temps-ci dans la Désunion européenne, on n’aura aucun mal à trouver une balance pour faire le sale boulot de saisine de la CJUE dont, soit dit en passant, la Commission se lave courageusement les mains.
Le « solde structurel » en plein arbitraire Retour à la table des matières
Ces fleurs de rhétorique mises à part, il y a le reste – le fumier sur lequel on les fait pousser. En France en tout cas, la justification européiste, consciente que les plaidoyers d’ajustement budgétaire en pleine récession commencent à passer moins bien, penche de plus en plus pour le parti de la minimisation : rien de véritablement neuf dans le TSCG, tout ceci était déjà dans le vieux pacte de stabilité, au moins en principe. C’est bien ce sur quoi insiste autant qu’il le peut le Conseil constitutionnel, notamment dans les considérants 15 et 16 d’une décision 2 dont la rigueur argumentative a d’ailleurs été aussi peu questionnée qu’elle est pourtant questionnable 3). Mais alors pourquoi en passer par la solennité d’un traité, et friser la révision constitutionnelle, si c’est pour simplement redire business as usual ? En vérité sous des dehors de continuité – et il est bien certain qu’en matière d’erreur économique, l’Europe est d’une remarquable persévérance – des crans ne cessent d’être franchis, et le TSCG en est un de taille. Un ou plusieurs d’ailleurs ?
Il y a bien sûr celui, le plus visible, économique, de la restriction budgétaire – quelle bonne idée au bord de la dépression –, avec ses astucieuses innovations. L’objectif de solde structurel d’abord, introduit par le vertigineux article 3, alinéa 1‑a : « La situation budgétaire d’une partie contractante est en équilibre ou en excédent », formidable énoncé qui, à l’indicatif, ne formule même pas un objectif ou un devoir-être, mais un simple état de fait – « le budget est en équilibre (ou en excédent) » –, sans doute identique en droit à une loi de la physique ou au simple constat que le ciel est bleu, sans la moindre réserve de modalité, un pur « c’est ainsi », emportant que ça ne saurait être autrement et que si, par impossible, « ça » venait à être autrement, on passerait tout de suite à l’article 3.1‑b (mise en examen, ajustement automatique, dénonciation à la CJUE, pénalités financières) pour que soit aussitôt restauré le règne de la normale, de la nature, de l’ordre de la nature – étrangement consacré par voie de traité… Derrière ce morceau totalement baroque, il y a toute l’incertaine macroéconomie des « soldes structurels ». Très simple à définir vu de loin – le solde structurel est le déficit que l’on constaterait si l’économie était au plein emploi des capacités de production 4 –, le critère TSCG est redoutablement insaisissable quand il s’agit de l’évaluer de près. C’est que, par définition, il ne procède pas d’une mesure statistique directe mais d’une sorte d’expérience de pensée passant par une simulation modélisée avec toutes ses conventions – et par conséquent son arbitraire.
Le Wall Street Journal, peu suspect d’être un agent du laxisme budgétaire, ironise sur la divergence des estimations d’écart conjoncturel (la différence entre le déficit courant et le déficit structurel) rendues à propos des finances publiques étasuniennes respectivement par la Commission européenne (qui s’occupe généreusement des autres) et le Congressional Budget Office (CBO), la commission parlementaire vigie des finances publiques US. Là où le CBO (qui n’est pas non plus un organe de la révolution) évalue l’écart conjoncturel étasunien à 5,3 points de PIB, la Commission et ses méthodes ne voient qu’un ridicule 0,5 % 5 – soit tout de même une différence du simple au décuple… Aussi cette malencontreuse boulette a‑t-elle la propriété de mettre en évidence que derrière leurs prétentions de parfaite objectivité, les partis pris « métriques » de la Commission tendent à systématiquement minimiser l’écart conjoncturel, c’est-à-dire à proclamer que la presque totalité du déficit est du déficit structurel – à réduire à la schlag, ce qu’il fallait démontrer. Nous tolérerons les déficits conjoncturels, jure le TSCG… sauf que les biais délibérés de ses méthodes de calcul attestent déjà que jamais elles ne détecteront de déficit susceptible d’être qualifié de conjoncturel…
La démocratie façon UE Retour à la table des matières
Comme toujours avec l’Union européenne on ne se pose plus que la question de savoir où est le pire : dans son économie ou dans sa politique ? Peut-être les passages les plus ignobles du TSCG sont-ils à trouver dans ces lignes qui font assaut de correction formelle, par exemple, article 7, « Dans le respect total des exigences procédurales établies par les traités… », pauvres haillons juridiques jetés sur la réalité de la dépossession démocratique organisée – mais dans les formes ! –, puisqu’il n’est question en fait que de « mécanisme de correction déclenché automatiquement » (art. 3.1‑e), de « dispositions contraignantes et permanentes » (art. 3.2), de « plein respect et de stricte observance » (id.) de la règle d’or, et tant pis pour ceux qui croyaient que la politique est affaire de délibération démocratique souveraine : voici venu le temps des servofreins et du pilotage automatique.
Les européistes, experts et journalistes de service, diront que tout ceci est très exagéré : n’y a‑t-il pas le mirifique article 13, corne d’abondance démocratique qui autorise les parlements nationaux et le Parlement européen « à défini® ensemble l’organisation et la promotion d’une conférence (…) afin de débattre des politiques budgétaires ». Soulagement général : une conférence est non seulement prévue, mais « organisée » et « promue », et l’on pourra y « débattre » : qui pourra dire sans une mauvaise foi honteuse que l’exercice de la souveraineté démocratique n’est pas la priorité des priorités de l’Union européenne ?
Maintenant il est plus que temps d’en finir. Les grands malades, les demi-pleutres et les complets ralliés (socialistes) qui nous gouvernent en nous précipitant dans la dépression et dans une forme douce, juridiquement correcte, de dictature financière – car il faut tout de même le faire d’inscrire un principe de politique économique, qui plus est aussi inepte que la règle d’or, dans des normes juridiques quasi-constitutionnelles 6 ! – cette clique au service de la rente financière, le sachant ou non (le pire étant bien sûr quand elle ne le sait pas), n’en démordra pas, n’en démordra plus. Et ceci d’autant moins que, l’esprit traversé, alors qu’il était moins une, par une rationalité élémentaire de persévérance, la Banque centrale européenne (BCE) a fini par se décider à faire ce qu’appelait à très court terme la survie pure et simple de l’euro – et la sienne propre 7 ! La manœuvre est doublement gagnante puisque ce faisant, elle stabilise les marchés obligataires où se totalisaient toutes les contradictions de la politique économique européenne, et met fin, mais sans doute pour un petit moyen terme seulement, à l’incendie spéculatif qui les exprimait.
La face sombre de cette temporaire réussite est qu’il ne faut plus compter, tant qu’elle produira ses effets, sur l’explosion en vol vers quoi la monnaie unique se dirigeait à grande allure. Or l’effondrement endogène de la construction monétaire européenne, croulant sous le simple faix de ses propres contradictions, était finalement pour les populations européennes la voie de sortie la plus probable. Et la voilà temporairement fermée – temporairement puisqu’il est bien entendu que l’intervention de la BCE ne règle rien de fondamental 8. Privées de la paradoxale providence du collapsus financier, les populations ne peuvent plus compter que sur elles mêmes pour secouer le joug, à l’image du premier pas des Portugais descendus par centaines de milliers dans les rues pour défaire le tour de vis de trop 9.
Mais pour faire quoi ? Pour organiser la paradoxale providence si elle ne vient pas toute seule ! C’est-à-dire forcer au défaut.
Le parti des créanciers ou celui des débiteurs Retour à la table des matières
Les propositions hétérodoxes qui rivalisent d’inventivité pour monter des solutions de refinancement des Etats toutes moins coûteuses les unes que les autres ont sans doute l’heureuse propriété d’alléger le service du fardeau… mais pas son poids principal – ainsi de la proposition de Roosevelt 2012, qui s’escrime encore à chercher des voies traités-compatibles, avec passage par l’intermédiaire d’un établissement bancaire public qui tirerait sa ressource de la BCE pour la transférer à marge nulle à l’Etat, ou bien de l’autorisation du financement direct des Etats par la BCE à taux très faible, etc.
Or le problème se trouve moins dans les flux que dans les stocks. On rappellera tout de même que la dette publique espagnole passe de 36,1 points de PIB en 2007… à 68,5 en 2011 – multipliée par deux. Celle de l’Irlande, de 25 à 108 % sur la même période – multipliée par quatre, qui dit mieux ! On défendra difficilement la thèse qu’Espagnols, ou Irlandais se sont jetés frénétiquement sur les médicaments ou bien ont décidé de partir en retraite à 40 ans (comme les traders, au passage) : c’est le désastre de systèmes bancaires irresponsables qu’ils ont sur les bras. La France, dont la dette passe de 63,8 % de PIB à 85,8 %, le Portugal de 62,7 % à 107,8 % 10, payent eux aussi les dégâts de la finance, mais indirectement et par récession de credit crunch interposée – faut-il redire que tout ceci a commencé avec la crise des subprime en 2007–2008 et que, médiatement ou immédiatement, les populations européennes éclusent les petits désastres de la finance privée (que l’Union a si gentiment déréglementée pour elles) ? De tout ce surplus de dette, indiscutablement né de la crise financière, il faut dire que nous ne sommes pas comptables. Et par conséquent que nous ne le payerons pas.
Le paysage de la politique économique, notamment budgétaire, ne commencera à changer vraiment qu’avec, oui, des taux d’intérêt souverains équivalents à ceux que les banques centrales accordent gracieusement aux banques privées pour les tenir à bout de bras, mais surtout avec 20 à 40 points de PIB de dette publique en moins. Il est vrai que pour que ce paysage-là change ainsi, il faudra préalablement en avoir chamboulé un autre, celui de l’Union européenne elle-même. Mais tout ça va du même pas en vérité puisqu’il suffirait d’annoncer le refus d’« honorer » tout ou partie de la dette publique pour qu’aussitôt explosions financière, monétaire et institutionnelle s’entraînent l’une l’autre. C’est bien là le genre d’idée propre à dégonder les amis de l’Europe (telle qu’elle est), qui hurleront à l’insanité mentale, peut-être au nihilisme des irresponsables attachés à tout détruire. Pour ne rien leur cacher, sinon tout détruire, du moins détruire tout ça, c’est en effet un peu le but de la manœuvre…
Car à la fin, il faut avoir un peu de suite dans les idées et, si ça n’est pas trop demander, procéder logiquement. En l’occurrence, la prémisse réside dans le constat que nous vivons une de ces époques historiques de surendettement généralisé – et passons sur le fait que ce surendettement de tous les agents (ménages, institutions financières, Etats) est le produit même du néolibéralisme… – : les ménages se surendettent sous l’effet de la compression salariale ; les banques se surendettent pour tirer, par « effet de levier », le meilleur parti des opportunités de profit de la déréglementation financière ; les Etats se surendettent par abandon de recettes fiscales sous le dogme de la réduction des impôts (pour les plus riches). De cet énorme stock de dette, il va bien falloir se débarrasser. Or la chose ne peut se faire que selon deux options : soit en préservant les droits des créanciers – l’austérité jusqu’à l’acquittement du dernier sou –, soit en allégeant le fardeau des débiteurs – par l’inflation ou le défaut. Nous vivons à l’évidence en une époque qui a choisi de tout accorder aux créanciers. Que pour leur donner satisfaction il faille mettre des populations entières à genoux, la chose leur est indifférente. C’est à cette époque qu’il faut mettre un terme.
Changer d’époque suppose en premier lieu d’affirmer le droit des « débiteurs » à vivre dignement contre celui des créanciers à l’exaction sans limite. Seuls les fétichistes du droit des créanciers pourront s’insurger qu’on y attente, en tout cas qu’on lui en oppose un autre, pas moins légitime, et même beaucoup plus si l’on se souvient des origines de la dette. Où le parti pris acharné des créanciers nous conduit, nous ne le savons maintenant que trop. L’alternative est donc simplissime : ou bien nous poursuivons dans cette voie, par ailleurs exposée à la perspective d’un échec macroéconomique très probable, ou bien nous choisissons le parti inverse, celui des corps sociaux.
Bien sûr, après la décision de la BCE et la garantie de taux « raisonnables », le cartel orthodoxe croit plus que jamais possible de faire suer le burnous aux populations pour leur faire tout payer rubis sur l’ongle, quitte à ce qu’il y faille une décennie ou deux. Mais outre les incertitudes proprement économiques dont ce pari se trouve grevé, l’histoire atteste abondamment que vient un moment où la bête débitrice n’en peut plus et se libère de sa servitude d’un geste souverain qui envoie les créanciers au diable. C’est bien ce qui se joue avec Syriza en Grèce, comme avec tous les mouvements sociaux en Espagne ou ailleurs.
Ingénierie économique du défaut Retour à la table des matières
Alors défaut. Au minimum celui de la part de dette indiscutablement assignable à la finance elle-même, soit pour la France, les 20 points de PIB qui séparent 2007 de 2011, les 32 points de l’Espagne, les 45 points du Portugal… les 83 points de l’Irlande, etc. Comme dirait l’autre, pour sûr ça va faire du grabuge. Mais du grabuge pour qui ? Si le défaut n’est que partiel, il faudra se poser la question de sa distribution parmi les créanciers. S’il est total, tout le monde en prendra pour son grade.
Y compris les banques centrales, dont les demi-habiles prophétisent déjà bruyamment la perte : d’une part la BCE s’est chargée de titres souverains avec le SMP 11 de 2011 (et promet de le faire plus encore par son programme OMT 12), d’autre part le système TARGET 2 des règlements internes à l’eurosystème de banques centrales accuse des soldes polarisés, avec une Bundesbank très créditrice et les banques centrales des Etats en difficulté très débitrices. Que le défaut souverain se prolonge ou non en défauts internes à TARGET 2, le système européen de banques centrales encaissera un rude coup. Les faux clairvoyants vaticinent déjà à la possible disparition des fonds propres de la BCE et à la nécessité de la faire recapitaliser par les Etats actionnaires – « au bon soin du contribuable » n’omettent-ils pas d’ajouter pour frapper un peu plus d’horreur les esprits.
La vérité est qu’il n’en est rigoureusement rien. Il faut avoir soit l’idéologie monétariste, soit l’insuffisance conceptuelle, chevillées au corps pour soutenir qu’une banque centrale puisse faire faillite, et même doive être recapitalisée, thèse parfaitement inepte qui témoigne d’une incompréhension profonde de ce qu’est vraiment cette institution, absolument dérogatoire du droit économique commun. Créatrice souveraine et ex nihilo de la base monétaire – la forme supérieure de la monnaie – adossée à son pouvoir entièrement symbolique de faire accepter son signe, la banque centrale peut faire des pertes comptables mais sans aucune incidence au regard de sa propre économie institutionnelle puisqu’elle peut tout simplement monétiser ses pertes et s’autorecapitaliser par création monétaire.
Bien sûr il en résulte une augmentation de la masse monétaire puisque les dettes correspondantes, annulées, ne passeront pas par le moment de destruction monétaire de leur remboursement. Et alors ? Contrairement à ce que croient les illuminés du monétarisme, la création monétaire, même très importante, n’est nullement vouée à dégénérer par essence en inflation : on ne sache pas, par exemple, que le doublement du passif de la Réserve fédérale (Fed) ait porté les Etats-Unis au bord de l’hyperinflation… Et, s’il est vrai que la Banque centrale aura un moment délicat à négocier quand toutes ces (ses) liquidités se redéverseront des banques privées (où elles restent entassées) vers l’économie réelle, la politique monétaire n’en est pas moins réversible, et un bon timing de stérilisation permettra de reprendre l’excès de liquidité.
Seuls donc ceux qui ont envie de s’inquiéter – ou intérêt à le faire – s’inquiéteront. A la rigueur, ils feraient mieux de réserver leurs angoisses aux institutions financières privées. Pour le coup, celles-ci vont déguster. Disons les choses sans détour : un défaut simultané de plusieurs « grands » Etats membres (entendre à fort encours de dette), les mettra par terre – à l’image exactement de ce qui s’est passé en 2008 avec Lehman Brothers mais avec des titres souverains en lieu et place des actifs dérivés de subprime. Faire remonter l’horloge de la dette publique à 2007 aurait ainsi pour effet d’effacer d’un coup dans les bilans des créanciers 79 milliards d’euros au titre du Portugal, 122 pour l’Irlande, 355 pour l’Espagne, 509 pour la France 13… pour ne rien dire d’un défaut qui n’aurait pas la courtoisie de se contenter de ce retour en arrière limité et profiterait de l’occasion pour faire plus nettement table rase. Banques privées, fonds de pension, assurances, avec en prime bien sûr toutes leurs interactions systémiques médiatisées par les liens de contreparties et de crédit : le carnage promet d’être à grand spectacle. Et sans rémission possible venue de quelque Etat secourable puisque, précisément, c’est le défaut des Etats, ruinés, qui aura été le fait générateur.
Une occasion historique à ne pas louper Retour à la table des matières
C’est le propre de la domination que le désastre est le plus souvent la meilleure chance des dominés. La fenêtre de ce désastre bancaire-là, à l’inverse de celle de 2008, il ne faudra pas la manquer. Une fois de plus il faut rappeler les effrayés à la conséquence. En situation de surendettement historique, il n’y a de choix qu’entre l’ajustement structurel au service des créanciers et une forme ou une autre de leur ruine. A chacun de choisir son camp et de dire clairement pour laquelle des deux options il penche. A tous ceux qui n’auront pas pris le parti des rentiers mais que la perspective de la convulsion continue d’inquiéter, il faut redire qu’on n’a jamais vu un ordre de domination, a fortiori quand il est aussi puissant que le néolibéralisme, « rendre les clés » de son mouvement spontané. C’est dans le monde des rêves social-démocrates qu’on se plait à imaginer des gentils puissants, qui d’eux-mêmes trouveraient les voies de la décence et de l’autolimitation. Sauf hypothèse de sainteté, on ne voit pas bien par quel improbable mouvement de l’âme les dominants pourraient consentir de leur propre gré à la transformation d’un monde qui leur fait la vie si belle et auquel tous leurs intérêts, patrimoniaux aussi bien qu’existentiels, ont intimement partie liée.
Au prix sans doute d’attrister le Parti de la Concorde Universelle, il faut donc rappeler qu’un ordre de domination ne cède que renversé de vive force. Ce peut-être d’abord, dans l’ordre d’un arsenal de riposte bien graduée, la force de la ruine financière. C’est précisément ce dont il est question dans le projet de faire du défaut une arme politique. Tous ces messieurs de la finance et leurs imposantes institutions y finiraient immanquablement en guenilles. C’est-à-dire adéquatement « préparés » pour être aussitôt ramassés à la pelle et au petit balai. Rappelons que des banques faillies sont par définition des banques qui ne valent plus rien, des entreprises dont la valeur financière est tombée à zéro. C’est précisément à ce prix que la puissance publique se proposera alors de les récupérer – et voilà que l’indispensable nationalisation, premier pas (et sûrement pas le dernier ! 14) pour mettre enfin un terme au désordre de la finance libéralisée, ne nous coûtera même pas le taxi pour renvoyer les banquiers à une retraite précoce, sans chapeau, bonus ni stock-options (mais grosse décote), faut-il le dire.
Mais que faut-il entendre par « la puissance publique » préposée à cette opération, ou plus exactement quelle pourrait être sa capacité financière ? L’Etat n’est-il pas ruiné, par construction même de ce scénario ? Seul le lavage de cerveau à grande eau libérale a pu nous faire croire que la personnalité financière de la puissance publique s’épuise dans l’Etat fiscal – alors qu’elle inclut notoirement la banque centrale. C’est donc à elle, évidemment reprise en main par le pouvoir souverain, qu’il appartiendrait de rattraper le déséquilibre délibérément organisé par le défaut. D’une part, mais à la manière dont la BCE et la Fed agissent déjà, en octroyant de très amples concours au secteur bancaire pour le maintenir dans la liquidité (éventuellement en admettant temporairement à ces concours certaines institutions financières non bancaires). D’autre part en se chargeant de l’apurement des pertes et de la recapitalisation nécessaires au redémarrage des opérations bancaires ordinaires – évidemment redéfinies sur des bases toute nouvelles, dont les activités spéculatives seraient exclues.
Reste la question des dépôts et des épargnes du public. Il va sans dire que les dépôts à vue et les épargnes-livrets doivent être garantis à concurrence du plafond légal. Et les portefeuilles de titres ? Les rapports financiers dont ils sont la matérialisation sont par définition maintenus quand bien même les institutions custodian 15 font faillite. Sauf, premièrement, quand ces titres sont des actions des institutions financières faillies elles-mêmes, puisque leur propriété financière privée aura été annulée. Et bien sûr, deuxièmement, quand il s’agit des titres souverains en défaut. Il faut bien voir que, par contrats d’assurance-vie, SICAV variées et PEA interposés, ces deux annulations auront de sérieux effets sur les patrimoines des particuliers. Mais d’une part l’ampleur de ces effets est indexée sur le degré de fortune des particuliers en question, de sorte que ces pertes, frappant surtout les plus riches, ont spontanément d’assez bonnes propriétés de justice sociale. Et d’autre part il est tout à fait possible d’envisager un mécanisme de compensation des pertes mêlant conditions de ressource et plafonds de garantie variés.
La création monétaire sans brouette Retour à la table des matières
Disons-le d’emblée, toutes ces opérations de garantie et de recapitalisation supposent une intervention monétaire décisive. Il suffit généralement d’évoquer cette perspective pour faire aussitôt surgir dans les esprits les plus colonisés par les dogmes monétaristes des images de brouettes de billets, destinées comme il se doit à acheter une baguette ou un timbre poste.
Or, rappelé que la création monétaire n’a rien d’inflationniste par soi, « intervention monétaire décisive » ne veut pas nécessairement dire d’ampleur. La restauration des dépôts par exemple ne nécessite a priori aucune création monétaire particulière : les dépôts sont inscrits au passif des banques et ils y restent. Comme toujours la seule contrainte demeure celle de la liquidité, à savoir celle de servir les déposants en monnaie lorsque ceux-ci veulent faire des retraits. On dira que ce sera précisément le cas au moment où le système bancaire traversera cette énorme turbulence, très propice en tant que telle à déclencher un mouvement de run. Mais un run peut être contrecarré de deux manières. Premièrement en affirmant haut et clair la garantie par la Banque centrale de la liquidité des banques de second rang, donc leur capacité à faire face à tous leurs engagements, y compris les retraits. Un run n’est jamais nourri que par la propagation d’un soupçon d’incapacité des banques à faire face à l’obligation de convertibilité des dépôts, c’est-à-dire un soupçon d’illiquidité. Ce soupçon fermement écarté par une garantie de la Banque centrale, le run s’éteint de lui-même : les déposants rassurés ne se ruent pas, les banques n’ont à faire face à aucun choc de trésorerie, et la croyance en leur liquidité s’autoréalise.
En vérité la crainte de l’illiquidité n’est pas le seul mobile susceptible de déclencher un run : on y trouve aussi les arbitrages des plus fortunés pour maintenir le pouvoir d’achat international de leurs encaisses monétaires dans la perspective d’une forte dépréciation de la monnaie nationale. Contre ces arbitrages-là, et aussi parce que les mouvements de panique peuvent être irrésistibles au plus chaud d’une transition critique, il faudra sans doute mettre en place un dispositif temporaire de type corralito, c’est-à-dire une restriction de l’accès des déposants à leurs fonds. D’une manière plus générale d’ailleurs un contrôle des capitaux s’imposera beaucoup plus largement, d’une part pour entamer la déconnexion du système bancaire national refondé d’avec les marchés de capitaux internationaux, d’autre part pour éviter que le taux de change ne connaisse une trop importante plongée, en troisième lieu pour interdire la fuite à l’étranger du cash des entreprises.
Le gros du problème – comme toujours – tient aux banques, qui vont se retrouver dans une situation d’actif net très négatif (de passif net très positif) avec un impact redoutable sur leur cash flow. Comme toute entreprise, une banque a contracté un certain passif, c’est-à-dire de ressources génératrices d’engagements à payer – des dividendes quand ces ressources sont des fonds propres, des intérêts quand elles sont des dettes – avec lesquelles elle a financé des actifs supposés générateurs de recettes. Or la « grande bifurcation » entraînera une contraction massive de l’actif, directement : par le fait même de l’annulation des titres souverains dont la banque est détentrice, et aussi sans doute indirectement : par la dévalorisation de bon nombre d’autres actifs financiers corrélative de l’état de chaos des marchés qui suivra inévitablement une vague de défauts souverains. Contraction des flux reçus du côté de l’actif avec persistance des engagements à payer du côté du passif 16, l’effet ciseau est voué à laminer le cash flow de la banque, c’est-à-dire sa capacité interne à dégager les moyens de financer son activité ordinaire. Restaurer la situation de cash flow des banques, c’est-à-dire leur aptitude à opérer « normalement », suppose de réduire le déséquilibre actif-passif – et, en l’absence d’un Etat recapitalisateur, la question est de savoir quelle est la part de cet ajustement que l’intervention monétaire de la Banque centrale aurait à prendre à sa charge.
A l’image de la solution vigoureusement pratiquée par l’Islande, l’ajustement en question peut d’abord passer par la dénonciation des passifs bancaires non-résidents : les banques françaises refuseront donc d’« honorer » le service des créances acquises sur elles par les investisseurs internationaux. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, il s’agira moins d’un acte agressivement unilatéral que d’une mesure élémentaire de survie que toutes les banques de tous les pays seront appelées à prendre dans un système bancaire mondial très probablement en voie de dislocation – et la simultanéité vaudra réciprocité…
On notera au passage qu’il n’est pas d’expérience de réalité plus décisive pour juger des prétentions de la « mondialisation irréversible » qu’une crise financière saignante, à l’occasion de laquelle les systèmes bancaires se rétractent spontanément sur des bases nationales – les banquiers les plus audacieusement mondialisés savent très bien dans ces cas-là où se rendre pour trouver leur salut : auprès de l’Etat, l’Etat ringard, l’Etat détesté, mais au guichet duquel ils accourent éperdus et chialant, pour la simple et bonne raison qu’il n’y a personne d’autre auprès de qui quémander les mesures d’exception vitales. Que la finance se fragmente pour se recomposer dans le périmètre national, il n’y a que les amis de la mondialisation financière pour le déplorer, ou bien ceux qui ont l’internationalisme si égaré que la perte de n’importe quoi labellisé « international » les attriste, même quand il s’agit de la finance.
Les passifs bancaires non-résidents envoyés à dache, restent les passifs bancaires résidents. Pour l’essentiel, ce sont des passifs interbancaires, donc compensables – et cette logique de compensation pourra être étendue jusqu’aux institutions financières non bancaires (en incluant notamment les compagnies d’assurance). Seul le passif interbancaire net aura donc à être refinancé et c’est cette part que la banque centrale prendra en charge jusqu’à son extinction 17.
Cette intervention monétaire sera d’autant moins ample que la restauration de la situation de cash flow des banques ne visera plus que l’adaptation à un périmètre d’opérations bancaires ordinaires considérablement réduit. Il ne sera évidemment plus question que les banques fassent autre chose que du crédit à l’économie, et tout le chancre de leurs activités spéculatives, fort gourmandes en passifs, ne sera plus qu’un souvenir. La création monétaire de compensation n’aura pas davantage à se fixer des objectifs de ratio de capital semblables à ceux qui prévalent aujourd’hui. Les ratios de solvabilité n’ont leur importance présente qu’au regard d’un système bancaire privé actionnarial plongé dans des marchés de capitaux qui ont précisément élu ce paramètre comme l’un des critères d’après lesquels juger d’une banque comme débitrice ou contrepartie. Parce qu’il fait l’objet d’une polarisation interprétative de l’opinion financière, le ratio de solvabilité conditionne le rating des banques et leur accès aux marchés de gros du crédit, à part quoi il n’a aucune incidence sur leurs conditions d’opérations économiques. Mais c’est un tout autre modèle de financement des banques qui surgira de cette transition radicale, dans lequel les marchés de capitaux internationaux n’auront plus aucune part – et, donc, leurs indicateurs fétiches aucune importance.
La création monétaire qui accompagnera cette grande transformation sera donc limitée à trois emplois : premièrement le refinancement du passif interbancaire « netté » et la restauration de la situation de cash flow des banques ; deuxièmement la compensation, sous condition (de ressource et de plafond), des pertes patrimoniales des particuliers liées aux dettes souveraines (en défaut) et aux actions bancaires (annulées) qui entraient dans leurs comptes-titres – soit tout de même des montants limités – ; troisièmement le maintien plein et entier des nouvelles banques dans la liquidité… mais c’est cela même dont les banques centrales se chargent déjà à coup de trillions de dollars ou d’euros (LTRO) ! Qu’on ne vienne donc pas nous raconter que ce qui fait la grande satisfaction du capital financier aujourd’hui pourrait devenir une abomination monétaire demain.
Avec qui ? Retour à la table des matières
La question politique princeps « faire quoi ? » n’est pas séparable de la question subsidiaire « avec qui ? ». Un internationalisme méritoire voudrait tout sauver et rêve de conserver les dix-sept européens et leur monnaie unique, mais refaite à neuf. Dans un monde parfait on leur accorderait volontiers ce droit à l’imagination. Il est à craindre que le monde réel n’en laisse pas le loisir. Enoncée très généralement, la question est donc la suivante : qui, des dix-sept, serait prêt à prendre la bifurcation du défaut ? Et pour ne pas tourner cent sept ans autour du pot on va nommer carrément le nœud du problème : c’est l’Allemagne.
Le désir européen qui ne désarme pas, comme celui d’Attac, continue de poursuivre une perspective politique dans laquelle les dix-sept, Allemagne incluse, feraient, bien coordonnés, un joli pas en avant pour engendrer la nouvelle Europe progressiste. La « croyance monétaire » allemande n’a aucun caractère d’essence, suggère cet argument, elle aussi peut être renversée ; derrière la sainte alliance des partis de droite, entendre par là les conservateurs de la CDU comme les sociaux-démocrates du SPD, parfaits équivalents en cela du duopole libéral français UMP-PS, la population accumule du mécontentement et commencera à ruer dans les brancards lorsque la récession finira par gagner l’Allemagne à son tour. A ce moment, la situation enfin mûre pour un grand aggiornamento doctrinal, l’Allemagne rejoindra le mouvement antilibéral des peuples européens pour enfin envoyer l’orthodoxie monétaire par-dessus les moulins.
Il y a malheureusement bien des raisons d’être sceptique à propos de ce scénario politique idéal – dont par ailleurs on partagerait volontiers la visée… si elle était atteignable. Il y a d’abord que, évidemment legs de l’histoire et non essence de la germanité, la croyance monétaire allemande n’en a pas moins, attesté par sa longévité même, le statut métapolitique d’une sorte de consensus national, sur fond duquel et dans le respect duquel ne se déploient qu’ensuite les différences politiques. C’est dire qu’il faudrait des dégâts économiques considérables, toujours possibles en principe mais d’une ampleur exceptionnelle, pour produire un commencement de remise en question en cette matière. Or, par sa position dans la division internationale du travail et sa politique structurelle de déflation salariale anti-coopérative, l’Allemagne sera le dernier pays touché par la récession et celui où, comparativement, les effets y seront les moins violents. La probabilité pour que le choc économique franchisse le seuil de déclenchement des remises en cause politiques est donc des plus faibles – et il faut imaginer l’état de destruction où en seraient alors les autres Etats européens : probablement tel que ces derniers auraient fait mouvement de longue date sans avoir gentiment attendu que l’Allemagne prenne son temps pour mûrir puis envisager de bouger…
Il y a aussi que la politique se fait avec les ressources qu’elle a sous la main. La ressource première du soulèvement transformateur, c’est la colère. Qui est en colère ? Qui descend dans la rue ? Qui exprime à une échelle significative le refus de l’ordre néolibéral ? Pas les Allemands. Pas encore objectera la thèse d’Attac. Sans doute, mais l’objection va finir par ressembler étrangement aux éternelles promesses de la gauche de droite : « il faut voter (respectivement attendre) pour faire progresser l’Europe malgré tout et avoir l’Europe sociale plus tard (respectivement pour faire mûrir la prise de conscience allemande… et avoir l’Europe sociale plus tard), appels à la patience qui, si politiquement opposés soient-ils, ne sont simplement plus tenables. S’il faut le moyen ou le long terme pour que le corps social allemand, qui part de beaucoup plus loin, fasse éventuellement le chemin de la révision monétaire, la réponse est que nous n’avons plus le temps d’attendre – toujours cette indéfectible bonne vieille idée keynésienne que dans le long terme nous serons tous morts…
Pour l’heure ce sont les Grecs, les Espagnols, les Italiens, les Portugais qui descendent dans la rue – et les Français qui les rejoindront s’ils arrivent à surmonter l’espèce de stupéfaction anesthésique qui leur interdit d’habitude tout mouvement social d’ampleur quand la « gauche » est au pouvoir (et que ses auxiliaires syndicaux veillent à ne surtout rien déclencher de fâcheux). Le mobile des solidarités internationalistes existe surtout dans les têtes des élites intellectuelles internationalistes. La pratique est sensiblement différente – moins reluisante si l’on veut : on commence d’abord par manifester pour soi, et l’on constate ensuite d’éventuelles solidarités de situation.
A la question « avec qui ? », la réponse, toute prosaïque, est donc : on verra ! Pour l’heure en tout cas, se mettront en mouvement ceux qui veulent et ceux qui peuvent. C’est à l’usage et en route que se dessinera le périmètre d’un possible regroupement de nations désireuses de refaire monnaie unique mais hors de l’orbite du capital financier. Dans le court terme de la colère et sous l’évidence réaliste des mobiles d’abord égocentriques de la protestation – dont aucun sermon à base de moraline solidariste ne viendra jamais à bout –, ce sont d’abord des projets à base nationale qui se manifesteront et pour une raison très simple : l’existence de structures institutionnelles déjà là, aussi bien en matière politique – il y a déjà une constitution et un parlement – que monétaire – il y a déjà une Banque centrale, en attente d’être réarmée – est un attracteur ultra-puissant. C’est qu’il est d’une rustique et raisonnable logique de chercher à agir là où existent déjà les moyens d’agir…
Rien de tout ceci pourtant n’exclut que l’exemple d’un pays plus décidé que les autres et faisant mouvement avant les autres, donc par construction armé d’un projet d’abord propre, ne fasse tache d’huile en donnant des idées aux peuples d’à‑côté. Car, oui, il y a quelques raisons de penser que le mouvement unilatéral de l’un des peuples européens, résolu, sans attendre et pour son propre compte, à tout envoyer cul par-dessus tête, fait partie de ces spectacles aux puissantes propriétés d’émulation, très susceptibles de répandre l’envie d’imiter – et peut-être de la donner jusqu’aux Allemands, qui sait ? C’est alors, mais alors seulement, que se construiraient, en chemin, les solidarités d’un internationalisme concret, donc viable.
A la question « quoi faire ? », la réaction, pour sa part, continue d’apporter ses sempiternelles rengaines. Quoi faire ? La même chose ! « Il faut engranger tous les progrès même quand ils sont modérés pour construire les conditions des grandes avancées de demain » serinent aussi bien le PS que Cohn-Bendit qui, lorsqu’il est question d’Europe, feront toujours passer pour des progrès les pires régrès, comme celui du TSCG – on se demande jusqu’où, sous couleur « d’avancée », il faudrait que l’Union européenne aille dans l’ignoble pour que Dany le Bleu finisse par dire « ah non là tout de même, stop ». A l’Europe de la Sécu privatisée et du travail des enfants, tu t’arrêtes Dany, ou on continue ?
Dans un mouvement paradoxal où se mêlent une très inintentionnelle lucidité et une sorte de panique rhétorique qui sent l’extrémité, Jean-Marc Ayrault a trouvé malin de considérer que les opposants au TSCG sont des partisans de « la sortie de l’euro » 18. Eternelle menace du quitte ou double, de l’ordre des choses ou bien du chaos, qui dit la misère argumentative où l’européisme se trouve rendu. Il faut vraiment être au bout du bout de l’incapacité politique pour en venir à ce genre de propos sans réaliser qu’on ne s’y prendrait pas autrement pour rendre délibérément haïssable la construction monétaire européenne, et donner très fort l’envie d’essayer le « chaos » — qui n’en est pas un : c’est juste un autre ordre que le leur. Que Jean-Marc Ayrault se rassure : depuis deux décennies, l’idée d’une solidarité profonde entre le fléau néolibéral et la monnaie unique a fait de grand progrès dans l’esprit public. Opposants au TSCG = partisans de la sortie de cet euro ? Mais tout à fait Jean-Marc !
Encore quelques déclarations de cette farine et l’idée subséquente d’en finir avec tout ça et d’en sortir pour de bon commencera à avoir l’avenir pour elle.
Frédéric Lordon. (Les blogs du Diplo, La pompe à phynance, 26 septembre 2012)
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Notes
1 Bien sûr il s’agit de cette clause qui demande une majorité qualifiée (très exigeante) pour s’opposer à une décision de soumettre un Etat membre à ajustement budgétaire, mais c’est une chose de requérir une majorité qualifiée et c’en est une autre de la présenter comme « soutien obligatoire » – l’Europe a décidément de ces airs de Politburo par les temps qui courent…
2 Conseil constitutionnel, décision n° 2012–653DC du 9 août 2012 par laquelle le gouvernement est soulagé d’une révision constitutionnelle et autorisé à ne faire entrer la « règle d’or » dans le droit français que sous la forme d’une loi organique – comprendre : pas de référendum !
3 Voir à ce sujet une annexe à venir (peut-être…).
4 Par différence avec le déficit courant, simple solde constaté des recettes et des dépenses publiques, dans la situation réelle, caractérisée par le taux d’utilisation effectif des capacités de production.
5 Matthew Dalton, « Wonks wars : How Big Are EU Deficits », Wall Street Journal, 17 août 2012.
6 Bien sûr, excipant d’une aberration pour en justifier une autre, les européistes feront remarquer à ce moment que « constitutionnaliser » des contenus de politique économique, c’est ce que font les traités européens depuis le début !
7 Voir « L’austérité mais dans le calme ».
8 Id.
9 Le 15 septembre, les Portugais ont manifesté en masse contre un projet de compenser par un surplus de cotisations salariés une baisse des cotisations employeurs.
10 Toujours sur la période 2007–2011.
11 SMP : Securities Market Program, premier plan de rachat de dettes publiques sur l’open market par la BCE, mais d’une ampleur très limitée.
12 Outright Money Transactions, le programme d’intervention illimitée annoncé par Mario Draghi ce 6 septembre.
13 Données Eurostat sur la période 2007–2011. Il faudra donc rajouter un bon bout au titre de 2012.
14 Voir à ce sujet « Pour un système socialisé du crédit », janvier 2009.
15 C’est-à-dire les teneurs de comptes-titres.
16 Sauf les dividendes, annulés par la nationalisation, mais c’est la part la plus faible de ces engagements.
17 La part du passif bancaire ayant pour contrepartie l’épargne publique, essentiellement sous la forme d’obligations émises par les banques à destination des particuliers (logées pour l’essentiel dans des contrats d’assurance-vie) tombe sous le coup de la compensation des dépôts et des livrets évoquée plus haut.
18 « Le plaidoyer d’Ayrault pour le traité européen », Mediapart, 23 septembre 2012.
Source : http://blog.mondediplo.net/2012–09-26-En-sortir
Zedav
C’est quoi, « être courageux » ?
Que voulez-vous dire ?
Que faut-il faire, selon vous ?
Je comprends votre impatience, je comprends votre rejet des tergiversations inutiles par ici aussi (toujours possibles puisque je ne censure rien) (et on retrouve toujours ce tropisme vers l’analyse des conséquences visibles et la négligence des causes déterminantes mais moins visibles), mais je ne comprends pas ce que vous préconisez, concrètement.
Amicalement.
Étienne.
PS : je surligne ce qui me semble important, même si je ne suis pas d’accord (pour l’instant), ça me pousse à lire mieux que très vite, mais J’EN RATE (parce que je n’ai pas le temps de tout lire comme il faut) => donc, le fait de ne pas surligner peut aussi signifier que je n’ai pas remarqué quelque chose d’important (on peut me le signaler, gentiment s’il vous plaît), ou même carrément pas lu : la gestion ce site et de ma connexion via Internet (ce blog, le forum, les pages du Plan C, Facebook, les controverses sur les forums extérieurs comme celui d’ASI en ce moment, passionnant, sur Guillemin) devient un véritable esclavage quotidien, je commence à réfléchir au moyen de m’en extraire (au moins un peu).
Petite pause café citoyen musicale en dédicace amicale à notre gentil Etienne exemple d’Humanisme, de tolérance et de respect
« Je cherche quoi ?
« Je te cherche Toi :
Démocratie ! »
http://youtu.be/VtWdUGRDpYI
La démocratie est comme l’Amour, difficile à trouver, difficile sans efforts à cultiver, difficile à conserver.
@ Étienne
J’ai été voir ce débat sur Guillemin sur le forum d’@SI.
N’étant pas inscrit (c’est payant, il me semble ?), je n’y suis pas intervenu.
Tout de même, pompastel est affligeant(e) (je ne sais s’il s’agit d’une femme ou d’un homme). Comme beaucoup d’historien(ne)s il/elle ne se rend pas compte qu’en matière historique, il n’y a pas d’objectivité, et il ne peut y en avoir. Toute lecture historique est partiale, parce que toute lecture historique implique une interprétation.
La méthodologie revendiquée a bon dos, il n’en reste pas moins, au final, que les >manuels d’histoire< que l’on retrouve sur les bancs scolaires sont truffés de contre-vérités et que le programme de l’enseignement national est un condensé de propagande n’offrant qu’un regard très orienté sur l’histoire. Les reproches qu’il/elle fait à Guillemin, qui me dit qu’ils ne s’appliquent pas à lui/elle ?
Au final, je suis obligé, simple lecteur ou auditeur, de croire l’un ou l’autre. Si je ne peux (ou ne veux) croire l’un et l’autre, puisque les contradictions sèment la confusion dans mon esprit, il me faut alors entreprendre moi-même une démarche d’historien, et m’atteler par moi-même à discerner le vrai du faux. Et comment ? Par quel moyen ? Par quelle méthode ? Dois-je, pour être « crédible », entreprendre un doctorat en histoire ? Tous le monde sait que c’est irréaliste : la majorité doit se contenter de lire et écouter les historiens, qu’ils soient académiciens (ou reconnus par l’académie) ou non. La seule solution, c’est de se former sa propre idée sur base de notre propre sensibilité et de notre intuition, en entendant différents sons de cloche (moi je préfère le son du gong que celui des cloches, mais bon).
On notera aussi le trait caractéristique des académiciens : la prétention à être seul crédibles, et à cet esprit de corps – et de caste – qui exclut d’autorité quiconque ne marche pas dans leurs pas. Bizarrement, il suffit qu’une institution mette quelqu’un ou quelque chose à l’index pour que cela soulève ma curiosité et me donne envie de m’y pencher … Ainsi, la France ayant mis Guillemin à l’index me fait dire que ce qu’il a a dire est sûrement intéressant et nécessaire à entendre, sur l’histoire de France. En tout cas, mon père m’a encore dit pas plus tard qu’hier qu’à l’époque, on ne ratait jamais son émission (je vis en Belgique, ou curieusement Guillemin n’était pas à l’index).
Décidément, j’aime – et je préférerais toujours – un M. Keating, capable de monter sur le bureau pour voir les choses sous un autre angle, quitte à défier les conventions institutionnelles et la bienpensance convenue d’un bourgeoisie plus attachée à conformer qu’à former les têtes blondes.
Je suis d’accord, cependant, avec ses observations concernant Michel Onfray. Réécouter ses délires (je pèse le terme) à propos de Chavez, Dieudonné, l’Iran, Cuba ou Robespierre me fait à chaque fois un haut le cœur. Autant j’en veux à Mélenchon pour avoir orienté sa campagne très ostensiblement dans une lutte front contre front, et avoir ainsi gâché une formidable opportunité, autant les déformations et les mensonges (je pèse le terme) de Onfray à son sujet m’indignent. Cela m’indigne d’autant plus de la part d’un tel esprit, qu’il s’agit d’un homme que je sais capable de recouper les informations, de les vérifier, et de prendre en compte un ensemble d’éléments permettant de voir les choses sous un angle plus large – c’est à tout le moins ce que l’on attend d’un >philosophe<.
Ce qui est piquant, à propos de la déclaration du premier ministre iranien, c’est que tous deux (Mélenchon comme Onfray) disent des imbécilités, puisqu’il a été démontré que le discours d’Ahmadinejad ne fait que reprendre une déclaration de Khomeini disant qu’il faut « rayer le régime sioniste des pages de l’histoire » (comme nous aurions pu dire, sous l’occupation durant la seconde guerre mondiale, qu’il faut rayer le régime nazi des pages de l’histoire). Et tous deux commentent donc, sans la moindre vérification (et donc en y apportant leur crédit) un mensonge de propagande de guerre ne visant qu’à diaboliser l’Iran dans une stratégie que l’on ne connait que trop bien. Ils se comportent donc tous deux comme de parfaits imbéciles, des crétins imbus d’eux-mêmes portant des jugements à partir de mensonges. Comment, après cela, s’étonner que des individus lambdas donnent eux aussi, sur la toile, dans ces jugements à l’emporte-pièce ? Se rendent-ils compte, tous les deux, qu’en adoptant pareil comportement, ils montre un exécrable exemple ?
Et on voit bien, en effet, que chez Michel Onfray, depuis une certaine date, c’est une sorte de stratégie au long cours, comme un plan : il se discrédite totalement en prenant, pratiquement à chacun de ses passages médiatique, une position tranchée grotesque et grossière, extrémiste.
Pendant ce temps-là, les voleurs de pouvoir poussent leurs pions …
Cordialement,
Morpheus
@ Anne Onyme
L’amour (la démocratie) c’est comme les fantômes : tout le monde en parle mais peu en ont vu.
Morpheus
Bonjour à tous,
Fraichement arrivée sur ce blog, c’est très humblement je lance quelques idées.
Si nous sommes ici tous à débattre, c’est que globalement nous sommes toutes et tous plus ou moins convaincus de l’orientation générale que devrait prendre la nouvelle constitution : tirage au sort, mandats courts non-renouvelables, surveillance et sanction des conflits d’intérêts.
En toute logique, ceux qui détiennent le pouvoir aujourd’hui (partis politiques, syndicats, banques et médias et hyper-classe mondiale) ne vont pas se laisser faire ! Le conditionnement qu’ils opèrent est cependant de plus en plus flagrant, et leur déconnection du réel, des gens de la « vraie vie » représente une faiblesse dont nous pourrions tirer parti.
Nous, les 99%„ donc supérieurs en nombre sur les 1%, par l’exercice laborieux et quotidien de notre simple aptitude au langage, nous pouvons « miner » le maillage grotesque des réseaux de domination. Notre supériorité en nombre est un de nos atouts. Diffusons, exprimons, corrigeons, transmettons, éveillons les conscience etc…La germination des idées n’est pas qu’un suave topos littéraire, et la force du « logos » vaut aussi pour le juste.
Le but de tout cela étant de disqualifier le système électif en vigueur, je préconiserais qu’une large frange de la population enfin désintoxiquée par ce travail d’éveil des consciences, s’affranchisse de cette obligation soit par un vote blanc massif, soit par l’abstention toute aussi massive. Peu importe le but étant d’invalider l’élection elle-même, si l’on imagine par exemple un candidat élu par moins de 10 % des inscrits. En fait dans cette perspective l’issue de l’élection n’a que peu d’importance, puisque tout candidat à une élection fait partie d’un réseau de domination, quelque soit l’idéologie qu’il défend. Les partis ne sont que des entreprises à but lucratif, visant le maximum de retour sur investissement, logique économique oblige. En cohérence, la dissidence s’impose pour ceux qui ont encore une carte dans un quelconque parti. Par la grève de l’électorat, et l’assèchement des adhésions aux partis, le système devient illégitime.
Ne soyons tout de même pas trop naïfs pour croire que l’illégitimité provoque l’effondrement d’un système.
Ainsi, dans le cadre des atouts dont nous disposons pour avancer dans notre projet, il existe peu de leviers juridiques. Les énormes contraintes de la consti de la cinquième, entourant ce qui n’est en fait qu’un referendum d’initiative partagée (députés et citoyens) émanant de l’article 11, sont bien la preuve du verrouillage du système. Là c’est un gros morceau, mais ça mériterait que l’on s’y intéresse : il faut juste convaincre moins de 200 parlementaires !! C’est pourtant techniquement, la première marche vers la démocratie directe en l’état actuel des choses. En commençant de façon fragmentée et sur plusieurs fronts en même temps l’idée d’une utilisation élargie de cet article pourrait faire son chemin.
Voici un lien émanant des Contribuables associés avec une vidéo qui montre l’intérêt de ce processus :
http://www.democratie.directe.fr/democratie/lademocratie-directe-en-video/
Pour le moment de peur de vous lasser tant mon savoir et mes développements sont modestes, j’en resterai là car mon apprentissage est loin d’être achevé. Le dossier reste ouvert car je pars à l’instant profiter des rayons « reconstituants » du soleil de septembre !!
Affaire à suivre donc !
Roosevelt, solution pour la crise ? Un film en préparation pose la question
!!! Sa réalisatrice appelle au soutien des internautes !!!
Pour résoudre la crise économique, pourquoi ne pas s’inspirer de… Franklin Roosevelt, le président américain qui imposa le New Deal et la taxation des riches dans les années 30 ? C’est la question que pose la jeune réalisatrice Hélène Desplanques, dans un film qu’elle appelle les futurs téléspectateurs à cofinancer.
Il a osé donner à l’État le rôle de pilote de l’économie dans un pays où la libre entreprise a valeur de dogme, y imposer la taxation des plus riches, l’assurance-chômage et le contrôle des activités bancaires, y développer les subventions aux agriculteurs, les grands chantiers pourvoyeurs d’emploi. Et si sa voix valait la peine d’être entendue à nouveau ? Et si, en pleine crise économique mondiale, il fallait réécouter Franklin Delano Roosevelt, président (démocrate) des États-Unis de 1933 à 1945, qui tenta par tous les moyens de contrer la crise qui frappait le monde ? C’est le pari de la réalisatrice Hélène Desplanques, qui prépare un documentaire sur la parole de Roosevelt et la façon dont elle pourrait être adaptée aux conditions actuelles.
LE DVD EN PRÉ-ACHAT POUR QUE CE FILM SOIT PRODUIT :
http://mecanosprod.com/rooseveltlacriseetnous.html
POUR LA LIBERTÉ DE L’INFORMATION FACE AUX MÉDIAS DOMINANTS MERCI FAIRE CIRCULER SVP
Source : http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=5242
@etienne et zedav
Je te rejoins Étienne sur l’impatience de zedav…
Pour ma part, j’ai une proposition concrète à faire :
Si le pouvoir ne veut pas nous laisser faire une constituante, alors pourquoi pas la faire nous même sur la base des listes électorales ?
On filme tout, et une fois le texte ecrit, on fait une campagne médiatique pour un référendum national !
Quid du budget : tout ça coûterait cher, voir très cher, alors il faudrait créer une structure qui pourrait recevoir des dons pour réaliser ce projet.
@tous : vous en pensez quoi ?
Bien à vous, Nicolas.
J’avais déjà proposé quelque chose d’assez proche sur le forum dans la discussion « comment engager le processus constituant » et le moins que l’on puisse dire c’est que ça a fait flop.
Le peu d’activité de ce fil est d’ailleurs révélateur de ce qui se joue vraiment (le spectacle des égos)d’autant que 80% du fil est pollué par des interventions qui n’ont rien à y faire.
S’il y avait un forum dédié à ce sujet, avec un fil par solution, ça nous éviterait de tourner en rond en réinventant ce que d’autres avaient déjà trouver.
Que l’idée soit bonne ou pas, c’est bien sur ce sujet (comment engager le processus) que nous (ceux qui sont globalement d’accord) devrions nous focaliser, mais je me sens assez seul à penser comme ça, je dois me gourer…
Bon, c’est le choix d’Etienne de ne pas modérer (ce qui n’est pas tout à fait la même chose qu’une censure, ça évite juste les hors sujets), je peux le comprendre mais je crois que c’est une erreur…
PROCESSUS CONSTITUANT : « il faut qu’on avance »…ça semble être l’obsession de nous tous…Mais s’il est vrai que le surplace s’installe dans une erreur permanente, « avancer », c’est avancer vers une autre erreur…Que j’espère plus « légère »…Il y a pour « nous » (pour et selon chacun) « l’Erreur insoutenable » et des erreurs relativement moins intenables, car elles s’auto-amortissent comme « transitoires »…comme des « investissements qu’on n’ose nommer « dettes » : « je dois à la vérité de dire que je ne sais rien » !
Pour moi décréter que la clef du paradis politique est le tirage au sort, voila une « erreur qui barre les cheminements possibles » vers « les autres » (erreurs). La vérité éternelle et absolue n’existe pas telle quelle « appropriable » : la vérité a ce défaut d’appartenir à une autre sphère que celle de « l’esprit humain ». Par contre on peut vouloir « avancer » vers moins d’erreur. Donc la démarche d’écriture d’une Constitution « réellement démocratique » devrait consister à savoir lâcher du lest en déposant les certitudes quasi religieuses sur le côté du chemin, juste pour marquer les « erreurs à dépasser »…En matière de tirage au sort, moi je déposerais « en attente » tout ce qui ne se conçoit pas comme « expérimentation provisoire » : ainsi, l’écriture d’une constitution par un « atelier de citoyens tirés au sort » devrait être une expérience décidée par référendum d’initiative populaire : la proposition de ce référendum émanerait des signataires d’une pétition citoyenne.
Voila pour « le processus », forcément inscrit dans « l’existant imparfait ». Ce que l’éventuelle majorité de citoyens serait dans un premier temps invitée à accepter en votant « OUI », ce serait « une expérience »…Ensuite, le « miracle politique » serait dans le deuxième temps, « éventuel » : que le projet pondu par « l’atelier expérimental » séduise !
Sans croire systématiquement aux miracles, on ne peut les exclure « à priori » : quand ils sont arrivés, on comprend qu’ils n’en n’étaient pas vraiment. Ce qui tiendrait quand-même du miracle, c’est que la pétition pour obtenir « l’expérience initiale » ne soit pas combattue par tous les moyens , des plus « légitimes » aux plus « sauvages », dont disposent les « dominants » : pour moi ce sont les classes sociales dominantes du système capitaliste, pour d’autres ce sont « les partis »…pour d’autres que sais-je, mais peu importe, « ils » conspireront tous, ne serait-ce que dans leurs « subconscients »(des « conspirateurs innocents » en quelque sorte?)… j’arrête là par respect pour Zedav et Morpheus et leur bagage intellectuel impressionnant!Amicalement.
je fais part d’une expérience :
a été lancé à quelques-uns le « groupe de travail pour une assemblée constituante » à partir d’un forum internet éponyme.
dans un premier temps, un mail d’invitation a été lancé à partir d’adresses recueillies lors du mouvement des collectifs unitaires antilibéraux (CUAL) puis de fil en aiguille, cela a attiré des personnes étrangère à cette initiative.
au final, à peu près 800 personnes ont été inscrites sur le forum, une trentaine participant activement, d’autres ponctuellement et d’autres jamais (l’ultramajorité)
le fonctionnement totalement horizontal et démocratique.
nous avons commencé par déblayer le terrain puis nous nous sommes lancé dans l’écriture d’une charte du constituant et d’un processus constituant. L’idée était de débattre pour définir un tronc commun et d’acter nos désaccord en élaborant plusieurs options (dans l’optique d’un RIC à choix multiples, au peuple de choisir les modalités d’écriture).
trois ou quatre personnes (dont votre serviteur) ont réellement bosé, c’est à dire rédigé les procédures.
le processus de débat a été bloqué par le refus des partisans du tirage au sort d’accepter que quoi que soit d’autre soit proposé. Ce sont ces positions qui ont fait blocage, d’où ma venue sur ce blog pour comprendre à la source ce qui rendait des gens par ailleurs sympathiques et curieux aussi intransigeants…force est de constater qu’il y a eu une grosse déperdition de subtilité et d’ouverture d’esprit entre l’émetteur et les récepteurs…inévitable…
bref, tentative d’organisation tombée à l’eau.
parallèlement nous avions tout de même lancé une pétition avant la campagne présidentielle pour un référendum appelant à une constituante rédigée en des termes laissant ouvertes les différentes modalités d’écriture. retentissement et effets quasi nuls (7000 signataires).
voilà pour une tentative concrète…
mais ce que nous avons lancé s’est diffusé et est venu en complément du travail d’Etienne Chouard, de l’Association pour une assemblée constituante, du Front de gauche et de réelle démocratie maintenant, parti pirate, NPA et j’en oublie sûrement.
constat : ne pèsent que ceux qui sont organisés, efficaces dans leurs actions et si possible nombreux (quantitatif) et influents (qualitatif)
remaque : il manque une association de promotion d’un processus constituant par tirage au sort, ce qui passerait d’abord par la formalisation de propositions CONCRETES.
pour ma part, et sur la bases des débats et échanges susmentionnés, sans oublier ceux qui m’ont fait évoluer ici, j’ai fait une proposition concrète, à partir d’assemblées locales (démocratie proudhonienne). Quand je dis concrète, c’est comment y parvenir, qui initie quoi et comment s’organise le processus lui-même.
ce travail a été fait pour d’autres propositions ayant émergées sur le site du groupe de travail pour une assemblée constituante (AC élue, AC tirée au sort).
Tout ceci n’étant pas tout à fait vain, chacun devrait faire ce travail de poser le cadre de ce qu’il imagine comme processus constituant, ses conditions d’émergence et de possibilité et les éventuelles actions à impulser pour y parvenir, notament concernant la nature et l’organisation du groupe initiateur (genre, « les citoyens doivent… » ça ne veut rien dire!)
à vos plumes, vos wiki et vos responsabilités !
cordialement
Il y aurait peut-être un modus operandi à envisager, bien qu’il soit sur du moyen terme. Je pense à une action commune par commune, en nous efforçant, par parrainage et sur le principe de la tache d’huile, à sensibiliser un petit groupe de personnes dans une commune, puis chacun aurait pour objectif de former un nouveau groupe dans une autre commune (via un membre de la famille, une connaissance, un collègue de travail ou une connaissance par le biais du net, ou peu importe).
De cette manière, nous pourrions essaimer de proche en proche.
Au sein de chaque commune, le petit groupe motivé pourrait alors organiser, pour sa commune et ses habitants, des événements ou des initiatives (conférence-débat, etc.).
Cela permettrait de diffuser l’idée tout en la faisant vivre par le débat. Cela permettrai aussi d’initier à quelque chose que nous avons perdu, c’est la faculté de débattre sans s’empailler ou nous retrancher les uns les autres dans des positions d’opposition (nous avons, à cause du système où nous avons évolué, perdu la faculté de critique constructive, et avons appris seulement la critique destructive – >art< dans lequel les français sont passés maîtres).
Bon, ce n’est qu’une idée informelle que j’ai eue comme ça, je balance, faites-en ce que bon vous semble.
Cordialement,
Morpheus
Je ne crois pas du tout à une constitution élaborée en dehors d’un contexte historique précis faisant émerger chez la population un désir de prendre en main son destin et par conséquent le besoin de se constituer en peuple et de rédiger ce qui va fonder sa gouvernance.
Le fait que ce désir existe déjà chez une partie minoritaire de la population ne résout pas le comment de la mise en œuvre d’un vrai processus constituant porté par un grand nombre.
C’est ainsi que les travaux de ces minorités, s’ils ont un intérêt d’éveil et un caractère de défrichage pionnier ne peuvent s’imposer sans risquer de contredire le caractère obligatoirement démocratique de ce type de processus.
L’idée de Sitouaillain d’assemblées locales m’apparaît intéressante mais risque de se heurter à cette coupure entre quelques militants et la population lambda , le voisin , le boulanger , le conseiller municipal etc L’intérêt qu’on peut avoir pour la constitution n’est pas une préoccupation courante et d’accès facile chez monsieur et madame tout le monde ; malheureusement si ces assemblées locales ne parviennent pas à rassembler assez large et diversifié , elles risquent de rester de petits comité d’initiés.
La stratégie employée doit tenir compte de cela et de l’état de conscience politique de nos concitoyens.
Il importe donc de ne pas aborder la constitution directement mais de refaire et proposer un cheminement de réflexion qui va partir du vécu et du ressenti des gens ; cette réflexion en commun , au niveau des communes , sur les problèmes des gens et la mise en relation qu’on peut faire de ces problèmes avec la marche de la société , est en soi déjà une démarche politique ; c’est la première marche ; de là , si elle séduit et que les thématiques abordée ( chômage emploi , délocalisation , dette , financiarisation , monnaie, climat etc etc etc font que les gens commencent à faire corps , alors de fil en aiguille , mécaniquement , on en viendra à la gouvernance , aux outils politiques ; ceux existant dont on pourra faire la critique , les diverses propositions existantes , dont le tirage au sort etc
Il faut bien regarder le monde tel qu’il est : il suffit d’observer les gens, ce qu’ils font ce qu’ils achètent , de quoi leur parle les médias : la conscience politique est réduite au vote présidentiel ou ( mieux) à l’abstention.
Par ce cheminement méthodologique le but de l’opération serait que ces assemblées locales , du fait même d’une pratique de réflexion en commun , redonnent goût à la politique ; à ce moment là le besoin d’étudier la constitution et d’en rédiger une émergera peut être ;
je renvois vers mes anciens commentaires faisant part d’une expérimentation de soirées de réflexion dans les village AVEC LA PARTICIPATION des élus locaux ( très important ) soirées sans étiquettes partisanes et ouvertes à tous.
Une fois (au moins) je me souviens d’avoir entendu (ou lu) Étienne exprimer dans une conférence, une notion qui m’a surpris un peu de prime abord. C’était que, de même que les choses qu’il a découvert au fil des années « l’ont travaillé », c’est à dire qu’elles ont considérablement changé sa perception du monde dans lequel on vit, et bien, de même, ces mêmes choses elles, peu à peu, AU FIL DU TEMPS, nous travailleraient (« le virus » de la réalité), à condition que chacun fasse sa part d’étude et de réflexion.
Autrement dit, notre regard sur des pans entiers du monde dans lequel ont vit, grâce à l’information et la réflexion, se trouvent ainsi assez radicalement changés. Je ne sais pas vous, mais je me sens drôlement changé depuis quelque temps. Mon rapport aux médias, par exemple, est carrément bouleversé : j’ai du mal à ne pas être saisi par le côté « cirque » : il y aurait tellement des choses substantielles que les médias pourraient dire et qu’aucun média ne dit pas !!! C’est particulièrement vrai chaque fois que je lis ou j’entends les médias parler d’économie. La question : « Comment (comment!!) est-il possible, que depuis 50 ans que je lis la presse avec attention je n’ai jamais trouvé l’expression « création monétaire » dans un média ? »… est une question qui brule.
Je ne suis pas sûr, d’avoir véritablement intégré que certains parmi nous, certains humains comme vous et moi, dans ce village planétaire qui est le nôtre, depuis déjà pas mal de décennies, ONT LA PLANCHE A BILLETS CHEZ EUX, une planche a billets extrêmement performante, qui peut fabriquer trois milliards, trois cents milliards, ou trois mille milliards de dollars, en quelques secondes, car il s’agit désormais de l’argent scriptural-informatique.
Je ne suis pas sur d’avoir véritablement intégré que cela se passe sans que le 99% de voisins de notre village planétaire le sache.
Je ne suis pas sûr d’avoir véritablement intégré que l’ensemble des gouvernements de la planète, et les lois internationales, ont donné un statut absolument légal à ce que un petit groupe de voisins, repartis par notre village planétaire, possède chez eux cette planche à billets ultra-performante, alors que le reste de l’humanité l’ignore.
Je ne suis pas sûr d’avoir véritablement intégré que l’ensemble des médias de la planète n’aient rien trouver à redire sur ce fait-là.
Je crois que ces notions-là, doivent encore me travailler un peu. Je crois que je n’en tire pas vraiment les conséquences de tout ça.
Comme disait un président des Etats Unis (me semble-t-il qu’il fut assassiné?), si les gens savaient comment fonctionne la création monétaire, cela aboutirait à un soulèvement immédiat.
Je ne suis pas sûr d’avoir réellement intégré que l’ensemble de l’économie mondiale tourne autour de ce petit groupe de personnes qui ont la machine à billets ultra-performante chez eux, la machine à créer des centaines des milliards de dollars en quelques secondes, par voie scriptural-informatique, avec la bénédiction de l’ensemble de lois de la planète, les soi-disant « représentants du peuple », et avec le silence tacite de l’ensemble des médias planétaires, les soi-disant « informateurs des citoyens ».
@ Sitouaillain et Morpheus :
Cool, quand vous ne vous empaillez pas, ça devient tout de suite plus intéressant et constructif.
Avant de s’atteler à l’écriture d’une constitution ou même de former une pseudo constituante, je pense que nous (ceux qui se sentent le plus concernés pour commencer, il faut bien des initiateurs, ce qui pour autant ne devrait donner lieu à aucune distinction hiérarchique)pourrions nous constituer en association, créer un site (qu’Etienne pourrait répertorier en site ami)dont l’objectif de départ serait un « brain storming » sur le sujet spécifique des stratégies qui pourraient nous conduire vers un processus constituant désintéressé.
On y aborde plus du tout les autres sujets qui nous passionnent (et nous divisent par ailleurs)en nous focalisant sur cet objectif (qui est donc l’objectif commun qui réunit les membres).
Ça peut prendre la forme d’un forum avec un fil par stratégie. On met en place une modération drastique, non pas pour censurer certaines propositions mais pour éliminer les hors sujets et donc aussi tous les commentaires qui critiquent l’objectif de la constituante désintéressée (il y a suffisamment de sites où cette critique peut se faire !).
Dans le même esprit, une personne qui vient avec une nouvelle idée mais qui s’incruste dans un fil déjà existant voit son post déplacé dans un nouveau fil créé à dessin.
Je ne pense pas que les stratégies pas trop loufoques seront si nombreuses et d’ailleurs, les fils loufoques devraient mourir rapidement d’eux mêmes.
Les membres de l’association (ouverte, mais les exclusions de trolls peuvent être prononcés pour les perturbateurs manifestes)fixent une durée pour cette phase 1 (pourquoi pas un an)au terme de laquelle nous essaierons collectivement de sélectionner les stratégies les plus prometteuses (à moins que cela puisse se faire par sélection « naturelle » des fils encore actifs ?).
Phases 2, nous nous organisons par affinités pour une stratégie ou une autre (pas de cumul, chacun s’engage sur la stratégie qui lui semble la plus prometteuse ou à laquelle il a le sentiment qu’il pourrait être le plus utile) chaque stratégie pouvant par exemple conduire à la création d’une association distincte (ou pas, à étudier).
Ces associations ont donc toutes le même objectif et diffèrent seulement par le chemin qu’elles mettent en oeuvre.
Voilà, même si on met ça en route avec beaucoup de disponibilité et de bonne volonté, il est évident que ça ne présente pas la moindre garantie d’aboutir. En fait, peut-être n’y a t‑il même aucune possibilité de changer l’ordre des choses dans ce sens.
Observant les humains et le contexte socio-historique dont nous sommes partie prenante, je crois qu’il y a infiniment peu de chances d’arriver à une constituante désintéressée…mais ma conviction est qu’aussi infime soit elle, cette possibilité vaut le coup qu’on se batte pour elle…
Suggestions (bien dans le sujet) bienvenues
On peut aussi commencer pas nous identifier par notre plus petit dénominateur commun…
Que ceux qui partagent ce plus petit dénominateur commun de parvenir à une constituante désintéressée par tirage au sort se fassent connaitre :
zedav +1
Eh bien ! tant qu’on peut encore s’exprimer sur ce site ( merci Etienne), il me semble utile de dire
‑qu’une constitution n’est jamais désintéressée ; sinon l’idée du tirage au sort se contredit elle même : puisqu’elle repose sur le principe de créer un effet de désintéressement
– qu’un processus constituant n’est pas un travail scientifique qui a besoin souvent de cadres très précis, mais politique : il s’agit d’organiser la gouvernance ; et qu’à ce titre décréter quel est le sujet et qui est hors sujet augure mal de la suite : le sujet d’une constitution étant comment et quelles règles fixer permettant une gouvernance partagée accessible à tous .
A partir du moment ou un individu ou un groupe d’individus décrète a priori que LA règle c’est le tirage au sort et qu’il est interdit de critiquer cet a priori, on place dès l’amont un ver dans le fruit.
– qu’affirmer « qu’il y a suffisamment de sites où cette critique peut se faire ! » est une sacrée contre vérité : il y a très peu de sites où l’on peut aborder librement ces sujets.
D’autre part il y a je crois ici même un forum qui permet de travailler ce sujet constitutionnel dans la sérénité sans d’horribles électrons libres qui empêchent l’écriture d’une constitution parfaite et désintéressée qui sera sans doute aussi bien appliquée que la nôtre actuelle qui bien que très imparfaite ne l’est même pas dans ces aspects les plus positifs.
à Di Girolamo,
tu fais bien il me semble de rappeler que les choses tiennent en grande partie à un contexte et que la probabilité qu’une mobilisation de grande ampleur ayant la force d’imposer un changement ait lieu sur la revendication « constituante »,
ma proposition d’assemblée locales en tient d’ailleurs compte, puisque ce type de fonctionnement est en fait l’organisation « spontannée » d’un peuple (ou disons d’une partie du peuple…illusions unanimistes à mettre de côté svp!) qui agit en tant qu’acteur historique et politique. de fait, ce mode d’organisation est déjà un nouveau fonctionnement institutionnel, qu’on y fabrique une constitution ou qu’on y détermine les priorités en terme de production, de défense ou de justice..
c’est donc bien à cette dynamique « insurrectionnelle » que nous devons travailler. Les conditions ne sont pas loin d’être réunies et le processus islandais nous montre que nous pouvons avoir bon espoir qu’un effondrement généralisé débouche sur une prise de conscience populaire de l’ineptie du système politique de gestion du train-train quotidien.…la constituante viendra par surcroît et le contenu de la loi fondamentale sera le reflet du degré de maturité politique atteint par un peuple qui aura justement dû se sortir de son train-train quotidien et de toutes ses obligations qui font « système » pour accéder à la dignité de citoyens « autonomes » (dans les limites bien sûr, de la puissance de feu de l’adversaire…interne et extérieur).
grève générale=rêve général.…ensemble, tout devient possible disait le slogan du candidat de l’UMP…
sans attendre ce soulèvement général et sans préjuger de sa capacité « spontannée » à devenir « le pouvoir », plusieurs modes d’organisation de ceux qui souhaitent cela ont été constitués, c’est l’histoire du mouvement socialiste, avec historiquement trois grosses fractures, la première entre anarchistes et communistes, entre communistes et socialistes, et plus globalement entre révolutionnaires et réformistes, c’est-à-dire entre ceux qui attendent « le grand soir » et ceux qui ont choisit d’utiliser le suffrage universel pour que le peuple obtienne des avancées.
aujourd’hui nuos avons un vaste panorama d’asso, de syndicats, de partis, de collectifs qui oeuvrent dans cette direction, avec nuances et divergences, mais le fait est que ce sont des citoyens organisés et actifs qui suscitent des révoltes, des grèves, des débats, bref, un peu de contestation dans cet univers conformite de bouches gâvées et de cerveaux embrumés…
dans ce contexte, pas la peine de réinventer la poudre, l’histoire du mouvement ouvrier suffit me semble-t-il pour s’inspirer des réussites et des échecs, et le savoir accumulé en termes pratiques et théoriques est plus que précieux…l’oublier, c’est se condamner à refaire les mêmes erreurs, rester trop longtemps impuissants (on s’indigne…)…mieux vaut lire ivan illich et castoriadis que répondre aux appels de stéphane hessel…ou bien on se révolte et on se met en position de construire une société démocratique et écologique, ou bien on s’indigne et on réclame à nos dirigeants qu’ils nous écoutent un peu…au choix.
cela dit l’indignation est un bon point de départ, pour un peu qu’on ait la modestie de se référer à ceux qui nous ont précédé dans cette démarche…combattre les dogmes, certes c’est un devoir citoyen, refuser l’enfermement sectaire aussi, rester désarmé théoriquement…c’est l’échec assuré…« l’ennemi » est mieux armé qu’il y a cent ans et le « peuple » moins affamé…
donc contrairement à ce que dit Zedav, il me semble plus judicieux de ne pas commencer par refaire les même erreurs que nos prédécesseurs, en disant ce sera comme ça et pas autrement, chacun reste maître de son idéal, mais personne ne maîtrise la direction que prendra tout un peuple, il nous est alors possible de lister différentes modalités d’écriture d’une constitution, et différentes modalités d’approbation, en acceptant aussi que le processus constituant et le contenu de ses travaux reflèteront les rapports de force et les conditionnements que notre engagement aura contribué à faire évoluer mais pas à transformer radicalement d’un coup, c’est la limite de la stratégie virale, de contre-propagande, et il nous faut de toute façon préférer qu’un peuple « habite » une constituante et une constitution qu’il est en mesure de faire fonctionner et de faire évoluer plutôt que de faire entre soi The processus parfait et The constitution idéale qui ne pourra fonctionner car ne reposant pas sur un corps citoyen « réel », formé, conscient et mature pour cela…force est de constater qu’en matière d’irresponsabilité politique, nous partons de loin, les modalités existantes de participations étant très très loin d’être pleinement utilisées par nos concitoyens…di Girolamo l’a assez rappelé ici.… et seule la dynamique « insurrectionnelle », qui ne vous en déplaise peut aussi s’incarner dans une moindre mesure dans des élections, de grandes grèves, des mobilisation sur d’autres sujets que Le politique, sont des circonstances propice aux déplacement de position vis-à-vis du pouvoir et la responsabilité citoyenne, individuelle et collective.
Je crois que la seule « chance » d’un peuple est sa faculté à se mobiliser, donc à « transiter » vers un objectif rêvé, supposé, calculé, affirmé, précis ou vague, je serais presque tenté de dire « peu importe » : nous sommes tous des « gens d’un voyage » même si nous n’en prenons pas toujours conscience : ici et maintenant, nous savons que « ça ne peut durer ». Donc sont porteurs du potentiel « nécessaire » les « mouvements », avec leurs avantages et inconvénients : partis, syndicats, association, amicales…
Il n’y aura pas Un « Mouvement pour l’Ecriture d’une Constitution par des Citoyens Tirés au Sort », mais il pourrait y avoir dans tout mouvement existant au moins « un » citoyen en mouvement qui soit porteur et colporteur du » gentil virus ».
Or il y a processus possible dans la « tranversalité » des structures , et quelquechose émergera : un « autre mouvement », qui n’appartiendra à personne, mais qui causera l’inflexion simultanée des « trajectoires partidaires apparentes » : c’est cette inflexion simultanée qui sera le premier évènement « nouveau », celui qui « nous » fera sortir des orbites fatales.
Ce que je veux dire c’est que l’idée d’un tel processus constituant n’exige pas que l’on quitte son propre engagement personnel dans les divers « mouvements » : si l’idée est pertinente, sa pertinence sera défendable partout. Amicalement.
@ Di Girolamo
Peut-être que c’est moi qui me trompe, mais il me semble que tu as mal compris le message de zedav #157.
Lorsqu’il évoque les « hors sujet », il parle des débats sur telle ou telle idée, dans la mesure où ce qu’il propose est un forum dédié non pas à l’écriture et au débat (il dit qu’il en existe déjà, et il a raison ; de mon point de vue, le Plan C est LA référence en la matière), mais des discussions sur les méthodes pour développer, je cite : des stratégies qui pourraient nous conduire vers un processus constituant désintéressé.
Le « désintéressé » s’applique, cela ne t’aura pas échappé j’imagine, à la définition qu’en fait Étienne, c’est-à-dire une garantie que les constituants ne soient pas en situation de conflit d’intérêt dans leur tache.
Donc, au cas où tu n’aurais pas bien saisis, zedav propose de créer un forum qui traite exclusivement des stratégies pouvant mener à une constituante, PAS du contenue qui serait souhaitable (ou pas souhaitable, selon nos sensibilités respectives) dans cette nouvelle constitution.
En cela, je suis d’accord avec lui, ce serait sans doute une chose intéressante à faire, en parallèle (et non en concurrence) avec les débats sur le contenu. Et c’est en cela qu’il parle de modération.
Donc, zedav, en ce qui me concerne : +1
Cordialement,
Morpheus
PETITIONS REFERENDAIRES EN SUISSE
Pas assez de signatures pour voter sur les accords fiscaux !
Les Suisses ne voteront pas sur les accords fiscaux. Les référendums contre les traités avec l’Allemagne, la Grande-Bretagne et l’Autriche n’ont pas réuni les 50’000 signatures nécessaires. Seule la loi sur la prévention des épidémies animales sera au menu des votations fédérales du 25 novembre.
La nouvelle, communiquée mardi par la Chancellerie fédérale, sonne comme un échec cinglant pour l’Action pour une Suisse indépendante et neutre (ASIN), la Jeunesse socialiste et les Jeunes UDC qui s’étaient lancés dans la bataille référendaire contre les accords fiscaux. Ils n’ont pas réussi à réunir assez de paraphes dans les délais (jeudi dernier minuit).
Pas assez de paraphes
Les comités ont déposé 48’533 signatures contre le traité avec Berlin. Après double dépouillement et contrôle effectués par la Chancellerie, il manque donc environ 1500 signatures valables. Pis encore pour les accords avec Londres (47’554 paraphes, manquent 2500) et avec Vienne (46’848, manque plus de 3000), selon les chiffres transmis par la chancelière Corina Casanova.
Les décisions de la Chancellerie seront transmises aux comités qui auront au moins une semaine pour demander à être entendus. La Jeunesse socialiste attend ces décisions pour décider de la suite. Quant aux jeunes UDC, ils ne feront pas recours : leur « seul espoir » est que l’Allemagne rejette l’accord fiscal avec la Suisse.
Les Suisses ne voteront donc que sur la loi sur les épizooties le 25 novembre, prévoyant de renforcer le rôle de la Confédération dans le cas de propagation de maladies animales. Celle-ci pourrait intervenir plus rapidement et de manière plus active, notamment en achetant des vaccins assez tôt.
Veto allemand
Si l’échec des référendums enlève une épine du pied du Conseil fédéral, il ne marque pas pour autant la fin de la partie. Les trois traités sont prévus pour entrer en vigueur le 1er janvier.
Outre l’aval des Chambres fédérales, ils doivent recevoir celui des parlements des pays concernés. Een Allemagne, l’opposition de la gauche, majoritaire à la Chambre des Länder, risque bien d’être fatale à l’accord.
(ats / 02.10.2012 17h25)
ça fait plaisir de voir qu’il y a eu des expériences locales qui ont bien fonctionné.
Pour les stratégies, je suis partant +1, et c’est vrai qu’il faut une structure dédiée pour éviter le bruit (le hors sujet) et être efficace.
D’ailleurs, merci Eitenne de laisser ouvert:)
Pour la remarque historique, c’est vrai que l’histoire a montré que les peuples se sont levés lors de grandes crises, et pour ma part, je ne souhaite pas la grande crise. C’est clair que si elle vient, il faudra être capable de réagir rapidement, idéalement avec une structure vivante, mais ce qui me préoccupe, c’est une stratégie pour faire avancer l’idée d’une constituante tirée au sort (quelque soit les évènements future en matière de crise).
Si on regarde comment les gens se comportent vis à vis de la politique, il y a ceux qui militent, et ceux qui écoutent. A mon avis, les gens qu’il faut convaincre de cet idée, ce sont les militants des partis politiques. Qu’on ne s’y trompe pas, si on tire une assemblée au sort, il y aura des militants du FN et du front de Gauche, de l’UMP comme du PS, en proportions égale au résultat qui serait obtenu en cas d’elections.
C’est pourquoi je pense qu’il faudrait créer une structure (pourquoi pas une association) dont le but serait d’élaborer un processus de fonctionnement de l’assemblée (qui prend la parole, et comment ? quelles sont les conditions pour qu’une idée soit présentée à l’assemblée ? y a t il des commissions ? Qui modère et comment ? …).
Cette association ne doit pas se montrer comme affiliée à quelques paris politique que ce soit.
Avec cette structure, on pourrait organiser des expériences locales comme décrites ci dessus (ça c’est pour le coté marketing)
Puis après, on espère que ça prend.
Quand je parle du tirage au sort, j’ai beaucoup d’échos positifs, mais personne qui ne fait suivre… et pourtant, j’en parle vraiment beaucoup.
Pour finir, la plupart des militants politiques (je parle des militants en général, ceux qui ne font pas que écouter) sont sincères dans leur démarche, dans le sens ou ils ont envi que les choses bougent. Et souvent, ils sont très intéressés par le tirage au sort pour une constituante, et aimeraient certainement pouvoir participer à une expérience en live…
Bien à vous,
Nicolas.
En complément de message 121, et pour répondre plus précisément à Morphéus :
»
Il n’y a pas de nature humaine dit-il ! »
Ce que je dis, ce n’est pas ça Morphéus.
D’abord nature humaine ne veut pas dire Nature.
La nature est englobante et la nature humaine est un sous-produit de celle-ci.
La nature humaine est par la définition qui lui offre une qualité d’humaine, réduite à l’humanité de la Nature, donc limitée aux caractéristiques de celle-ci.
Limitée aux limites de l’humain, la nature humaine obéit à des lois quoique tu en dises.
L’humain n’est pas seul et la loi est là pour composer cet écart entre le « je » et le « nous » normale–ment.
Et ces mêmes lois naviguent entre toute puissance et impuissance et la loi est là pour composer entre cet écart normalement.
Je dis normalement scie–mment, car bien sûr, c’est rarement le cas, la loi ne joue pas le jeu car nous consentons à ce jeu perdu d’avance en dénaturant l’esprit de la loi.
Le cas le plus courant, c’est l’orientation de cette nature que l’on appelle humaine et qui obéit aux premières marques, aux premières empreintes qui ont été faites en elle, dans son système limbique puis dans son néo-cortex et qui font qu’elle a le plus souvent une nature de suiveuse sans se poser la question de la nature du courant qu’elle suit.
Voilà ce que je voulais dire !
Bon , maintenant, Zedav, j’ai pas lu tous les commentaires parce qu’il y en a trop et que je suis trop fatiguée et aussi trop paresseuse, mais ce que je voulais te dire c’est que si tu crois qu’en réduisant un champ à son périmètre c’est gagnant/gagnant moi je crois que c’est plutôt perdant/perdant.
Car une spécialité, c’est certes nécessaire, je l’admets tout à fait, mais encore faut-il que cette spécialité soit innervée par le flux des entrecroisements variés qui peuvent te sembler hors sujet mais qui pourtant par ce fait même innervent ton sujet et lui donne vie.
Illustration pratique.
Observe les sujets hyper-spécialisés. S’ils restent trop longtemps coupés du reste, ils meurent d’inanition !
Gloire aux hors-sujets !
Regarde ta vie ! tu cherches quelque chose, et sur ta route viennent s’entremêler des tas de choses que tu réprouves d’abord mais qui au bout du compte t’offrent une réponse inespérée à la question que tu te posais originellement et qui n’aurait pas trouvé sa réponse si cet accès là avait été fermé !
« L’homme se fait de se défaire comme dit je ne sais plus qui, mais pas moi. Il se doit de s’arracher à toute assignation d’une essence.Il est un « quoi » qui le soustrait au risque de la définition. Le propre de l’homme est de ne pas avoir de propre. La définition de l’homme est de ne pas avoir de définition. Son essence est de ne pas avoir d’essence. »
@ Morpheus : merci…et bienvenu dans les prémices de l’association EPCD (acronyme provisoire). As tu les compétences pour créer un forum ? (basique pour commencer, je ne les ais pas mais je peux peut-être trouver quelqu’un…)
Je ne comptais pas répondre. Las de me heurter à ceux qui NE VEULENT PAS comprendre. Tous ce que tu reformules était je crois bien assez explicite pour des gens qui sont des habitués du blog et du forum d’Etienne. Devoir réexpliquer ce que signifie « désintéressé » au sens utilisé par Étienne, c’est triste et décourageant.
Il en est de même de Sitouaillain, toujours prompt au « moimoijemoimoije », tellement prompt en fait qu’il ne voit même pas que ce qu’il propose (et auquel je comprends qu’il soit attaché) n’est PAS DU TOUT en contradiction avec ce que je propose. La stratégie qu’il envisage pourrait justement donner lieu à un fil dans le forum EPCD (engager le processus constituant désintéressé)stratégie qui pourrait peut-être bénéficier des contributions, idées et remarques d’autres que lui(une hypothèse certes assez osée dont je m’excuse par avance… en effet difficile d’imaginer que qui que ce soit puisse apporter quelque chose à une idée d’emblée parfaite puisque d’origine Sitouaillain).
Si, nonobstant le fait que Sitouaillain considère – à juste titre à mon avis – que sa stratégie est très bonne, il peut envisager qu’il peut aussi exister d’autres voies pas complètement nulles qui pourraient contribuer à l’objectif (et même si elles seront forcément bien moins bonnes que la sienne, sachons garder quelque lucidité et humilité face au grand homme)je continue à penser que ma proposition reste pertinente en permettant de développer chaque idée dans le délai convenu de façon collaborative (je suis convaincu que ceux qui n’ont pas eu l’idée de départ peuvent néanmoins être très utiles à son perfectionnement).
Encore une fois, je ne conçois pas ces fils de façon concurrente mais au contraire comme différents chemins pouvant contribuer plus ou moins (plus pour l’idée de Sitouaillain, moins pour les autres idées, cela va sans dire)au résultat souhaité (par CEUX QUI SONT D’ACCORD AVEC LE PLUS PETIT DENOMINATEUR COMMUN, n’est-ce pas Di Giorlamo, personne n’est obligé de se joindre à EPCD).
Sauf à être omniscient, je crois en effet un rien présomptueux de prétendre savoir à l’avance quel chemin débouchera (si tant est qu’un seul y parvienne et vu comme ça commence, c’est pas gagné)et une solution pour pallier à notre condition humaine « eyes wide shut » est donc je crois de tenter en parallèle différentes stratégies…(ce qu’on appelle « ne pas tout miser sur le même cheval » pour ceux qui ont du mal à me comprendre).
Réponse au message 101 de Luc que je viens juste de lire.
La définition de ce qui me semblerait juste ne rentre pas dans la définition que vous en faites Luc.
Je ne suis pas une pro- tirage au sort loin s’en faut, aussi, je répudie toute réponse qui pourrait en émaner.
Je déplore d’ailleurs intérieurement qu’Etienne s’en tienne si farouchement accroché à cette idée. C’est une idée cercueil pour moi car elle enterre toute velléité de réel changement
Son audience, celle d’Etienne, pourrait se multiplier s’il assouplissait sa posture pour s’ouvrir à l’in-connu qui comme toute nature d’in-connu n’est pas encore connu, sourire!!!!!
@ Catherine B :
En effet Catherine et c’est là tout l’art d’un bonne modération, pas trop relâchée pour éviter la dispersion qui conduit à tourner en rond et à errer sans fin, pas trop serrée pour ne pas stériliser le fil…
De plus, pour ce qui est de la fécondité, les discussions ouvertes du plan C et du blog sont toujours là.
Enfin, EPCD part d’un terreau très fécond et sera stoppé pour la phase 2 dès que les stratégies paraitront suffisamment abouties au contributeurs…
Bon, j’avoue Zedav que c’est trop compliqué pour moi tout ce processus, mais ta force de conviction me pousse à te croire et à croire en toi, alors fonce, vas‑y et on verra bien quel sera le fruit de ton arbre !
Pour ce qui est de la modération, à chacun sa propre mesure, la mesure ne doit pas se mesurer à l’aune d’un grand Autre.
A chacun de répondre de ce qu’il fait, la réponse ne peut être donnée par d’autres, car alors c’est infantiliser les récepteurs du message et je ne crois pas que ce soit le but que tu objectives, me tromperais-je
@ zedav
Personnellement, il me semble que la richesse d’un groupe de gens, c’est précisément la variété de stratégies possibles. Selon ses affinités, chacun optera pour une stratégie, et il n’y a pas de stratégie concurrente, seulement des stratégies complémentaires. Je crois que nous sommes sur la même longueur d’onde.
Nous ne devons pas nécessairement attendre que tous soient d’accord ou volontaire. On peut toujours voir ce qu’on peut faire et laisser les portes ouvertes. Peut-être qu’on va se planter, ou peut-être pas, mais c’est sur que si on n’essaye pas, rien n’arrivera.
Par contre, désolé, je n’ai aucune compétence en création de site. La seule chose est que j’ai déjà été modérateur sur plusieurs forum, mais c’est tout.
Cordialement,
Morpheus
L’Humain d’abord, c’est une revendication collective, mais surtout c’est « la mienne à moi », citoyen bien particulier qui refuse d’être médiocrisé par quiconque.
Ceci veut dire que « pour moi » (je sais, « toi » tu t’en fous…et c’est ton droit) il existe une « nature humaine ». La seule chose à laquelle je renonce c’est de devoir la définir pour les autres. Donc « je » suis concerné en connaisseur par « l’aliénation de la nature humaine » tout comme un compositeur , un écrivain ou un artiste lutte pour qu’on ne lui vole pas « l’essence de son œuvre »…
C’est ainsi que pour moi, Marx a raison de dire : « le capitalisme est destructeur de l’essence humaine », et il est condamné par elle …
Si pour « TOI » (mon « ennemi-ami », interlocuteur nécessaire), ce sont des « salades », pour moi, j’y ajoute la sauce sartrienne de l’existentialisme (entre autres « condiments »), et je finis par dire : « ma liberté n’existe que si je respecte (ou me bats pour) la liberté de « mon pire et nécessaire ennemi-ami-potentiel » : La TIENNE, (choisir le pseudo visé)…
Ce qui me conduit selon une logique composée de toutes ces sauces, à revendiquer le « processus Constituant » avec une certaine place au tirage au sort, dedans…
Amicalement.
@ Etienne : Est-ce que ça vous dérange si on lance EPCD en se parlant depuis le blog ou le forum, juste le temps de lancer le site et de se reconnaître à quelques uns ?
@ Morpheus et Nicolas et ceux qui se reconnaissent dans EPCD (engager le processus constituant désintéressé)je laisse mon adresse courriel : zedav63(le petit signe bien connu)yahoo.fr
Envoyez moi un courriel, ça me permettra de vous prévenir quand j’aurais une solution pour le site et ça nous permettra aussi de discuter un peu de son architecture sans trop squatter le blog et le forum du plan C…
Beaucoup de condescendance et aucune réponse sur le fond dans le message 167 de Zedav .….
Notamment se poser la question de savoir si l’association des notions de stratégie et de constitution est une bonne manière d’aborder le problème .
En effet mener une stratégie dans ce domaine c’est par avance nier le fait qu’une constitution avant d’être une protection d’un fonctionnement démocratique est l’aboutissement d’un processus démocratique.
C’est donc en vivant et faisant vivre la démocratie (qui n’est autre que la prise en compte de l’autre) que peut émerger un processus constituant.
D’autre part on est pas en chambre stérile mais immergé dans un monde réel qui est ce qu’il est et à partir duquel il faut partir ; nous avons une constitution très imparfaite et qui plus est pas appliquée dans ces éléments les plus essentiels ; montrer ce qui ne va pas et FAIRE APPLIQUER ce qui va est incontournable ; le on efface tout et on recommence peut avoir un intérêt de recherche , mais n’est pas politiquement fondé.
D’autre part le fait qu’une constitution touche à nos plus hautes valeurs lui donne un caractère quasi sacré ; il faut donc beaucoup se méfier de ne pas utiliser la notion constitution .
@ Di Girolamo :
d’accord avec vous, car pour moi, seule une « vue de l’esprit » nous laisse imaginer un processus constituant partant de zéro.
La réalité qui nous échappe en grande partie, nous y sommes avec d’autant plus de pesanteur et d’inertie que nous prétendons la négliger.
Donc, l’utopie n’est agissante qu’à partir de « l’existant », ou d’au moins quelques points d’appui : avant de « lever l’ancre », il faut avoir envisagé un tracé de route sur un cannevas qui « colle » en quelques points essentiels avec cette « réalité » elle-même mouvante.
Comment nier les avancées déjà réalisées, quand on constate « la grande régression qui menace » ?
Il faut donc « résister », ce qui ne signifie pas « table rase », pas plus que « interdiction d’imaginer »… oui, je sens peut-être le « soixante-huitard »… mais l’Histoire est globalement lente pour « l’humanité », malgré les accélérations « inattendues » qui peuvent bouleverser des destins individuels. Le droit de pétition se développe, le référendum d’initiative populaire est une revendication venue de tous les horizons, avec d’autres exigences de « transformation » il faudrait que tout cela converge, c’est possible et nécessaire, et ça a commencé à l’échelle planétaire.
Amicalement.
Economie
Un petit coups de Von Mises ?
Sa théorie économique a un fondement réaliste : partant de prémisses empiriques générales, elle procède d’une analyse de la nature humaine et du concept d’action humaine qui en découle.
Aux antipodes de la macroéconomie – qui analyse des grandeurs statistiques, des agrégats et des moyennes –, Von Mises souligne le rôle prépondérant de la subjectivité en économie. Il insiste sur l’importance des opinions subjectives des individus dans la formation des phénomènes sociaux, sur les déséquilibres qui en découlent, et sur le rôle central de l’entreprise.
En accord avec la théorie de l’utilité marginale décroissante, il définit la valeur comme le degré d’importance attribué par un sujet à une quantité donnée d’un bien, dans les circonstances du moment (paradoxe de l’eau et du diamant : un verre d’eau dans le désert n’a pas la même valeur que le même verre d’eau dans une région où l’eau est abondante, mais le deuxième et le troisième verre auront sans doute moins de valeur que le premier). Il écrivit par exemple que :
« La valeur n’est pas intrinsèque, elle n’est pas dans des choses. Elle est en nous ; elle est la façon dont l’homme réagit aux conditions de son environnement. »
Selon Mises, le marché, non entravé par des interventions étatiques, produit un ordre spontané optimal qu’aucune organisation ou planification ne saurait atteindre. La « planification individuelle » est supérieure à toute planification collective.
Son œuvre théorique réfute le collectivisme et l’étatisme sous toutes leurs formes, tant modérées comme le keynésianisme, qu’anticapitalistes comme le socialisme et le communisme, ou encore le nazisme. Les principes élémentaires que sont la propriété privée, la division du travail et la liberté des échanges sont pour Mises le fondement même de la civilisation. Ce sont eux qui ont permis pour Mises la prospérité de nos sociétés :
« L’économie de marché n’a pas besoin d’apologistes ni de propagandistes. […] Si vous cherchez son monument, regardez autour de vous. »
Von Mises est un partisan de l’étalon-or, parce qu’il soustrait la monnaie au contrôle de la politique et aux tendances inflationnistes de tous les gouvernements.
En 1912, il publie sa Théorie sur la monnaie et le crédit, l’une de ses principales contributions à la pensée économique qui assied sa réputation en Europe. Il s’attache dans ce texte à unifier l’économie comme analyse de l’agir humain, luttant contre la division entre macro et microéconomie. Réfutant les conclusions de Karl Helferrich, il réintègre dans ce texte la monnaie dans la théorie marginaliste en montrant qu’il s’agit d’un produit comme un autre et non d’un simple « voile » comme dans la théorie ricardienne.
Il y approfondit l’analyse de la monnaie, en soulignant tout d’abord que toutes ses fonctions « ne sont que des aspects particuliers de sa fonction primaire et unique, celle de moyen d’échange ».
Il propose également une typologie des « monnaies, en distinguant la monnaie au sens strict et au sens large.
Il montre également que l’augmentation de la masse monétaire ne se contente pas d’augmenter uniformément l’échelle des prix mais introduit des distorsions.
Il explique que la loi de l’offre et de la demande s’applique aussi à la monnaie, et lui confère son « prix », qui est son pouvoir d’achat. Dès lors, établir une équation de la monnaie est impossible. Il insiste enfin sur l’origine spontanée et non étatique de la monnaie.
l y met en garde contre les processus inflationnistes, sources de redistribution et non de création de richesses. Il souligne également le danger de la manipulation catastrophique de la masse monétaire, qui conduisit par la suite au krach de 1929. Il soutient que l’étalon-or est le seul système monétaire viable, que l’inflation est la cause du déficit de la balance des paiements et non l’inverse et que les crédits bancaires ne devraient pas être ajustés en fonction de cette variation du commerce.
Il développe enfin une analyse du système de création monétaire par réserves fractionnaires et propose une théorie du cycle économique.
En 1920, dans un article, Le calcul économique en régime collectiviste, puis en 1922 dans son livre Socialisme, il prédit quelques années après la révolution d’octobre la chute du communisme, et explique pourquoi selon lui tout système de planification centrale est non seulement moins efficace que le libre-marché, mais doit nécessairement finir par s’écrouler, une économie ne pouvant pas fonctionner sans prix de marché qui transmette l’information aux acteurs. Il écrit ainsi que « Du fait de la destruction du système des prix, le paradoxe de la « planification » tient à ce qu’il est impossible d’y faire un plan, faute de calcul économique. Ce que l’on dénomme économie planifiée n’est pas une économie du tout. C’est tout juste un système de tâtonnements dans le noir. »
Sans marché, pas de calcul économique et donc pas d’« économie ».
Dans Socialisme, il souligne également que dans un système capitaliste, les propriétaires des moyens de production ne sont pas uniquement les propriétaires légaux mais également l’ensemble des consommateurs. Le capital accumulé leur bénéficie directement. Pour Mises, le système socialiste ne peut assurer le même bien‑être aux individus, toujours en raison de l’absence de calcul économique.
Dans la seconde partie de l’ouvrage, il insiste sur l’aspect militaire de la planification, système dans lequel l’individu est privé de sa liberté et doit obéir aux ordres des planificateurs centraux. Il écrit ainsi :
« La communauté socialiste est une grande association autoritaire dans laquelle des ordres sont émis et appliqués. C’est ce que signifient les termes « économie planifiée » et « abolition de l’anarchie de la production ». La structure d’une communauté socialiste est bien résumée dans la comparaison avec une armée. »
Élargissant les travaux de David Ricardo, il écrit que, grâce aux bienfaits de la division du travail, les hommes ont intérêt à s’associer. L’échange libre et non entravé par l’État entre les différents acteurs économiques permet, selon Mises, une économie efficace et surtout est source de paix : « La plus grande productivité du travail grâce à la division du travail […] fait que les hommes se regardent comme des camarades dans un effort commun pour le mieux‑être et non comme des concurrents dans une course à la survie. Des ennemis, elle fait des amis, de la guerre, la paix, et des individus, une société. »
Von Mises dit :
« La valeur n’est pas intrinsèque, elle n’est pas dans des choses. Elle est en nous ; elle est la façon dont l’homme réagit aux conditions de son environnement. »
Il devrait aller jusqu’au bout de son idée, et remettre en cause la monnaie elle-même, et non la théorie monétaire, mais il fait évidemment l’impasse sur cette remise en cause, car elle renverse l’idéologie qu’il tente de promouvoir : l’ultra-libéralisme.
Son argumentaire est toutefois révélateur, puisqu’il démontre (sans doute sans le vouloir) la contradiction entre d’une part, l’idée que c’est >la nature humaine< qui gouverne les comportements humains, et d’autre part que ces comportements sont une réaction à l’environnement. Autrement-dit, les ultra-libéraux ne s’inquiètent nullement d’introduire dans leurs théories fumeuses des approches contradictoires incluant à la fois la thèse de l’inné et celle de l’acquis : tant qu’à faire, autant ratisser large. Un bonimenteur de foire foraine n’aurait sans doute rien à redire au procédé.
On voit là qu’ils ne s’embarrassent guère de considérations logiques, le but étant de construire un édifice de croyances en faisant passer celui-ci comme le produit d’une >réflexion scientifique< (l’aire du temps étant passé du fait religieux au fait scientiste – notez l’emploi du terme).
Tout comme les théologiens font une interprétation « libre » des évangiles, les économistes – ces théologiens des temps modernes – interprètent tout aussi « librement » telle ou telle théorie scientifique afin de construire l’idéologie dominante permettant de continuer à exploiter les peuples au bénéfice d’une petite clique de parasites : les >élites<.
L’homme étant à la fois un animal religieux et un animal doté de la faculté d’adaptation, il ne montre guère de difficulté de passer d’un mythe à un autre, pourvu que quelques éléments demeurent communs à l’ancien et au nouveau mythe.
Amis lecteurs, je vous laisse, une fois n’est pas coutume, le soin de faire la liste de ces points communs.
Cordialement,
Morpheus
Forte densité d’idées 🙂 Merci Soraya
Un accablant condensé d’erreurs de logique et d’incapacité à envisager les conséquences à moyen long terme de la puissance illimitée conférée par l’accumulation potentiellement illimitée (à l’inverse des aptitudes humaines, même du plus grand génie de tous les temps)de la propriété privée.
Toutes ces fadaises et spéculations infantiles qui ne visent qu’à justifier de façon apparemment rationnelle le désir d’accumulation illimitée ont été démontées 1000 fois, parfois même par des libéraux comme Hayek.
Bon, j’arrête là, c’est tellement faible que ça ne vaut pas la peine qu’on s’y penche plus que ça…
hééééé Morphéus, regarde la date .…. Ce brave homme ne pouvait pas t’avoir lu . Calmooooos
Le chercheur d’or ne méprise pas la boue qui peut être contient des pépites.
@ Ana
Je suis tout à fait calme, tu sais 🙂
Et en outre, je ne méprise pas, j’exprime mon sentiment face à des inepties 100 fois dénoncées mais 1000 fois répétées, tout en en retirant précisément la pépite (la phrase soulignée en bleu en introduction du #177).
Et je ne m’adresse pas à Von Mises, évidemment, mais aux innombrables portes-voix qui répètent inlassablement ces antiennes, encore aujourd’hui (il faut voir le matraquage quotidien d’un Erwanet sur Agoravox.tv, par exemple, pour se convaincre que la méthode Coué est toujours d’actualité).
Calmement,
Morpheus
Tout a fait d’actualité et avec un esprit Orwellien qui n’est pas pour me déplaire, et avec une conclusion lucidement et prudemment positive qui fait écho à EPCD
Mecanopolis : Le temps est venu par Mecanopolis
Bonjour,
Je suis M. Chouard depuis quelques mois et ces derniers temps je m’attarde sur les fils de discussion du blog.
J’ai n’ai pas lu la totalité des messages, mais j’ai pris la peine d’en lire un nombre conséquent et la reste en diagonale.
Je voudrais m’attarder sur quelque chose qui me chagrine de plus en plus lorsque je regarde ou écoute ce genre de table ronde : les applaudissements.
Cette petite chose, de prime abord inoffensive car de nature populaire, me semble écraser l’auditeur et l’esprit dans le fatal schéma manichéen d’accord, pas d’accord, j’aime, j’aime pas, silence ou « applause » … sans pour autant avoir les moyens de savoir s’il s’agit d’un « applause » ou d’un « applause please ».
La théorie du centième singe s’applique-t-il au frappeurs de mains ? Numéro 100 malgré lui donnerait le mérite d’un plébiscite à 100% à l’orateur.
Offrant ainsi à l’auditoire (participant du phénomène), un curieux mélange de contradiction (le débat) jugé(!) par une non moins curieuse tierce partie qui sans cohérence (de l’extérieur) va plébisciter les deux contradicteurs. Confusion et mimétisme apparaissent, éloignant ainsi le but recherché : l’éveil de l’esprit, de l’esprit critique.
Dans de telles réunions « transcourants » ne faudrait il pas interdire (aïe) les applaudissement pour protéger la liberté d’esprit ?
Je ne vais donc pas applaudir la suggestion de ne plus applaudir.
Je suis pour les applaudissements, et le public qui s’attable…
1 – Si l’iségoria se met en place (et elle ne saurait attendre !), nous n’aurons pas forcément besoin d’applaudir, toute expression libérée, et bue. Un autre « quant-à-soi » en surviendrait aussi sans doute.
2 – Et si nous nous habituions aux applaudissements et expressions diverses de soutien ou colère (des autres), contradictoirement ? Sans y perdre notre latin (quoique celui-ci ne soit pas toujours vital) ? Je reconnais aussi que ce n’est pas toujours facile.
Je viens de lire que le cerveau sans conscience occupait la plus grande place de notre cerveau (Néosanté, n°1, pdf disponible sur internet : attention, attention !, chercheurs « limites » en « roue libre »). Cela rend modeste sur les fondements et force de notre vitalité, vitalité à laquelle je tiens beaucoup.
@ Maurice
Lorsqu’un parti politique (UPR dans le cas présent) organise une soit disant table ronde à l’occasion de son Université annuelle de militants pure souche avec des participants destinés à donner une image de fréquentabilité pour mieux se faire connaître du public (manipulation médiatique) faut-il s’étonner que le public présent à 99% (voire 100%) membre de ce parti encense son chef sauveur et désavoue des participants non-alignés, pas suffisamment adorateurs, ou libre penseurs ?
Étienne Chouard et Myret Zaki auraient-il été mieux entendus dans une Université de l’UMP, du PS, du MoDem, etc.. ? J’en doute fort.
Il y a des Tables Rondes pour la réflexion, l’échange, le partage et il y a de fausses et simples tables pas très rondes pour faire valoir.
Le tout est d’éviter de tomber dans certains pièges et scénarios écrits d’avance.
Un parti politique, quel qu’il soit, ne recherche pas à faire avancer la vérité mais seulement à diffuser Sa Vérité.
Dont acte !
@Gilda, ma remarque était d’ordre très général. Je ne m’étonne pas, je fais un constat, une analyse (qui vaut ce qu’elle vaut) et une suggestion. Peut-être que cette suggestion n’aurait pu être applicable dans de telles dispositions, mais peut-être le serait elle ailleurs. Reste à déterminer son bien-fondé.
Je suis conscient que c’est une toute petite réflexion, égales à des milliers de petites choses éloignées de la grande question » quand, comment, où déclencher le processus constituant ? ».
Mais c’est peut-être avec de petits éléments faciles à mettre en place (par exemple, un petit panneau « prière de ne pas applaudir » sous la tribune, dans le cas présent) que l’on fera avancer non pas le sujet mais le nombre de « virus ».
Je vous prie de m’excuser si je parais insistant avec cette histoire, ce n’était qu’une petite réflexion qu’à capter mon filet.
@ Maurice, vous n’avez pas à vous excuser pour cette insistance comme vous dîtes, sur son principe je partageais déjà votre intervention ; j’expliquais simplement le contexte de cette « table ronde » chez l’UPR… 😉
Cependant, permettez-moi de douter, que dans un tel contexte (invité par un parti politique dans SA réunion annuelle, réunissant les militants congressistes de ce parti, qu’un panneau « prière de ne pas applaudir » eût été autorisé par les organisateurs du parti politique et aurait été approuvé par leurs militants aveuglés. Je ne peux croire en une valeur démocratique à l’intérieur d’aucun parti politique 😉
Ceci n’aurait, à mon avis, été concevable par tous que dans des débats tenus hors d’une instance et d’une organisation d’un parti puissance invitante.
Amicalement, bien à vous 🙂
je me suis fait manipulé dans cette reunion de parti en donnant mon credit et ma caution médiatique maintenant utilisée largement comme carte de visite mais « c’était tres interessant, tres interessant, tres interessant, tres interessant, tres interessant, tres interessant, tres interessant ».
l’asselino bien que voulant sortir de l’union européenne mais qui est loin de vouloir réecrire la constitution de la 5° dans laquelle il se verrait tout à fait bien et en rêve tous les matins en se rasant mais « c’était tres interessant, ô oui, tres interessant »… :))
http://www.youtube.com/watch?v=inbhJ6ljKFo
http://combatcontreinjustice.over-blog.com
Nous nous sommes fait manipuler et ruinés par des professionnels du droit qui violent, bafouent en toute impunité les lois de la République. Des intouchables qui s’autorisent tous les droits, y compris celui de baigner dans la délinquance.
Mme VIDAL