Deux tables rondes (>crise et >démocratie), avec François Asselineau, UPR, à Annecy

20/09/2012 | 191 commentaires

Deux tables rondes,
une sur la pré­ten­due >crise< (coup d’É­tat ban­caire, en fait)
et une autre sur la pré­ten­due >démo­cra­tie< (injuste plou­to­cra­tie, en fait),
avec Fran­çois Asse­li­neau, pour l’U­ni­ver­si­té de l’U­PR,

au sud du lac d’An­ne­cy,
same­di pro­chain (après-demain), 22 sep­tembre 2012 :

http://www.u‑p-r.fr/events/universite-upr-2012-lac-annecy

Le pro­gramme (pdf) :
http://www.u‑p-r.fr/uu2012/programme/uu2012_programme.pdf

UNIVERSITÉ 2012 DE L’UPR
UNIVERSITÉ UPR 2012 – Accueil et Réser­va­tions
uu2012@u‑p-r.fr – Fax 09 59 53 41 49 – Tél. 09 54 53 41 49

Pro­gramme indi­ca­tif de la jour­née porte-ouverte
same­di 22 sep­tembre 2012
Sus­cep­tible d’a­dap­ta­tions selon les confir­ma­tions de nos invités.

DÈS MIDI
Accueil des invi­tés, médias et ins­ti­tu­tion­nels
Ren­contres et déjeu­ner convivial

13 H 30
Ouver­ture des portes au public

14 H 00
Débat Fran­çois Asse­li­neau / Myret Zaki
Les Amé­ri­cains cherchent-ils à détruire l’eu­ro ou à le sauver ?

15 H 00
Table-ronde : Éco­no­mie et crise de l’eu­ro
Étienne Chouard, Jacques Niko­noff, Myret Zaki, Fran­çois Asselineau

16 H 00
Table-ronde : Démo­cra­tie, Sou­ve­rai­ne­té et Résis­tance
Modé­rée par Ines Bena­jaoud
Alain Bena­jam, Étienne Chouard, Robert Ménard Jacques Niko­noff, Fran­çois Asselineau

17 H 30
Table-ronde : Géo­po­li­tique et Fran­co­pho­nie
Abdel­krim Bra­nine, Slo­bo­dan Des­pot, Bru­no Drews­ki,
Fran­cis Lalu­po, Erick Mary, Patrick D’Hondt

19 H 00
Apé­ri­tif et dîner convivial

20 H 00
Confé­rence-dis­cours avec pro­jec­tion vidéo :
Fran­çois Asse­li­neau
« L’Eu­rope, une dic­ta­ture qui se met en place. »

22 H 00
Grande Tom­bo­la avec une col­lec­tion d’ob­jets historiques

23 H 00
Soi­rée fes­tive et guin­guette ouverte toute la nuit

Je suis content de revoir Myret 🙂

… et plein de gen­tils virus 😉

Étienne.

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Étienne

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191 Commentaires

  1. Daniel

    Grrr… je ne vais pas pou­voir y assister…

    Pré­voit-on un enre­gis­tre­ment vidéo ou audio des débats ?

    Salu­ta­tions

    Réponse
  2. Jebrane

    Bon­jour est ce qu’il y aura un enre­gis­tre­ment audio ou video j’ha­bite pas en France et je suis vrai­ment très inté­res­sé par le sujet j’espère vrai­ment qu’il y aura un enregistrement !

    Réponse
  3. Fred

    Bon­jour,

    Il faut abso­lu­ment un enre­gis­tre­ment vidéo et audio.….partager avec les gen­tils virus !

    Ami­ca­le­ment

    Réponse
  4. galam

    M. Fran­çois Asse­li­neau semble atta­ché à l’élection.

    Les incon­vé­nients théo­riques, poli­tiques et pra­tiques que pré­sente la démo­cra­tie par tirage au sort que prône M. Chouard

    http://www.u‑p-r.fr/?s=chouard

    Réponse
  5. Ana Sailland

    Alors nous serons au moins deux pour le convaincre 🙂

    Ana

    PS : en ce moment, sur Anne­cy-Genève, ça fuse de tous les côtés.

    Réponse
  6. prince2phore

    je viens de lire l’ar­gu­men­taire d’As­se­li­neau, ça fait peur ! Ou bien ce mon­sieur a réflé­chit 5mn top chro­no à la ques­tion, ou il est assez limi­té, peut-être par la pers­pec­tive bien plus glo­rieuse de repré­sen­ter lui-même l’al­ter­na­tive et le retour a la « démocratie »…

    ah l’e­go…

    bref, ça ne résiste pas 2s a l’analyse.
    Mais comme on dit des croyants :
    Si on pou­vait convaincre les reli­gieux par la rai­son, il n’y aurait plus de religieux.

    c’est un peu pareil avec les élec­tions j’ai l’impression…

    Réponse
  7. Kapy

    Atten­tion, l’ultra-droite sou­ve­rai­niste débarque à Lyon !

    Cette semaine, l’énarque Fran­çois Asse­li­neau, pré­sident du mou­ve­ment sou­ve­rai­niste Union popu­laire répu­bli­caine (UPR) débarque à Lyon, dans le cadre de la tour­née qu’il mène actuel­le­ment à tra­vers toute la France pour recru­ter des troupes. Il a même ten­té de s’inviter à Radio Canut ce mar­di 7 juin, mais l’émission a pu être annu­lée à temps, ce dont nous nous féli­ci­tons. Néan­moins, comme d’autres confé­rences sont pré­vues – notam­ment au centre mul­ti­cul­tu­rel Art Dreams, en plein coeur de la Croix-Rousse – il n’est pas inutile de rap­pe­ler qui est Fran­çois Asse­li­neau et pour­quoi il faut le com­battre. 
A Paris, ce sont les ras­sem­ble­ments et les com­mis­sions des Indi­gné-e‑s qui font l’objet d’une ten­ta­tive d’infiltration.

    L’UPR un mou­ve­ment sou­ve­rai­niste qui ratisse large, notam­ment chez les sora­liens, les larou­chis­tes mais aus­si chez les che­vé­ne­men­tis­tes, au PRCF, etc. Dans un com­mu­ni­qué publié sur Face­book il y a plus d’un an [1], des cadres de son par­ti expli­quaient déjà, tout en se dédoua­nant d’avoir quoi­que ce soit à voir idéo­lo­gi­que­ment avec ces gens-là : « il est tout sim­ple­ment faux d’affir­mer que Fran­çois Asse­li­neau refuse tout dia­lo­gue avec les adhé­rents de E&R, comme avec les adhé­rents de S&P, et comme avec les adhé­rents du Comi­té Val­my. » En conclu­sion, ils réaf­fir­maient : « L’adhé­sion à l’UPR reste grande ouverte à tous les mem­bres de E&R, de S&P, du Comi­té Val­my, comme de ceux du RIF, du MPEP, du POI, du MDC, de DLR, du MPF, du Front de Gauche, et de tous les autres mou­ve­ments poli­ti­ques fran­çais, qui auront com­pris la légi­ti­mité de notre cause, la jus­tesse de notre Charte, la clar­té de nos ana­ly­ses, la rec­ti­tude de notre com­por­te­ment et l’effi­ca­cité de notre posi­tion­ne­ment [2]. »

    Confor­mé­ment à cette poli­ti­que de recru­te­ment tous azi­muts, ce grou­pus­cule se pré­tend « ni de droite ni de gauche », la lutte contre l’Union euro­péenne (UE) étant selon lui la prio­rité abso­lue devant laquelle doi­vent s’effa­cer tous les cli­va­ges. Comme beau­coup de mou­ve­ments s’auto-pro­cla­mant « dis­si­dents » voire « résis­tants », l’UPR se réfère à la Résis­tance fran­çaise (avec un dis­cours très gaul­liste) pour jus­ti­fier la mise en silence du cli­vage gauche-droite le temps de vain­cre ce nou­vel enne­mi que serait l’UE, la Résis­tance ayant eu des com­po­san­tes droi­tiè­res tout autant que gau­chis­tes. l’UPR tient ain­si dans sa charte une rhé­to­ri­que très gaul­liste : « libé­ra­tion natio­nale », « redres­se­ment de la France ». Pour­tant ce genre d’orien­ta­tion souf­fre d’un ana­chro­nisme patent, les deux pério­des n’étant pas vrai­ment com­pa­ra­bles et l’UE n’étant pas, quoiqu’on en dise, le 3e Reich. D’ailleurs, le cli­vage gauche-droite par­cou­rait l’ensem­ble de la Résis­tance fran­çaise, par­ti­cu­liè­re­ment dans le cadre de l’oppo­si­tion entre com­mu­nis­tes et gaul­lis­tes [3].

    Une idéo­lo­gie réactionnaire

    Cela n’empê­che pas Asse­li­neau, qui est pour­tant assez peu com­pé­tent en la matière si on écoute un tant soit peu ce qu’il en dit, de don­ner des « cours d’his­toire » déve­lop­pent le mythe de la « France éter­nelle », vieille antienne de l’extrême droite, au cours des­quels il déve­loppe une his­to­rio­gra­phie pro­fon­dé­ment réac­tion­naire : mise en avant de « nos ancê­tres les Gau­lois » comme des « pre­miers Fran­çais » et des pre­miers « résis­tants » à l’inva­sion étran­gère (sui­vant une his­to­rio­gra­phie très « 3e Répu­blique »), ou bien une his­toire des 19e et 20e siècle axée sur la valo­ri­sa­tion de la nation-fran­­çaise-que-tous-les-peu­ples-du-monde-envient, dans laquelle n’appa­raît ni l’affaire Drey­fus, ni le Front Popu­laire, ni la guerre d’Algérie (au contraire, la colo­ni­sa­tion a bien enten­du eu des « aspects posi­tifs) ni Mai-68. Des oublis idéo­lo­gi­que­ment signi­fi­ca­tifs, puisqu’ils ont tous trait à l’his­toire de la gauche et du mou­ve­ment ouvrier. Et quand il n’oublie pas d’en par­ler, Asse­li­neau réé­crit cette his­toire : ain­si, il ne parle de la Com­mune de Paris quand tant que mou­ve­ment patriote de résis­tance à l’inva­sion étran­gère. Tout ceci pour en arri­ver à la conclu­sion que le nou­vel enne­mi venu de l’étranger qu’il fau­drait abat­tre serait l’« empire » européen.

    Cette vision trans­pa­raît aus­si à la lec­ture de la charte de l’UPR, qui pré­tend réta­blir la « sou­ve­rai­neté » natio­nale et « redon­ner à la France sa vraie per­son­na­lité », tout en ne disant rien sur le rôle fon­da­men­tal des Etats-nations dans la cons­truc­tion euro­péenne et la com­pli­cité de leur gou­ver­ne­ments dans la mise en place des poli­ti­ques ultra­li­bé­ra­les et des­truc­tri­ces de ser­vice publics certes déci­dées au niveau euro­péen, mais qui vont par­fai­te­ment dans le sens des poli­ti­ques vou­lues par les gou­ver­ne­ments de chaque état, et ce depuis de lon­gues années. D’ailleurs, l’UPR ne dit rien non plus sur le fait que rien de garan­tit a prio­ri que même si l’UE n’était pas là, les mêmes poli­ti­ques n’auraient pas cours. Pour­quoi ce silence ? Serait-ce parce qu’Asselineau a conseillé plu­sieurs gou­ver­ne­ments fran­çais au moment où ils détrui­saient les droits sociaux et les ser­vi­ces publics qu’il pré­tend aujourd’hui défendre ?

    Des sym­pa­thies droi­tiè­res très marquées

    Car si on revient sur le par­cours poli­ti­que d’Asselineau, il devient évident que cet homme est de droite, et même issu de la droite dure : sor­ti d’HEC et de l’ENA, il a occu­pé des postes de direc­teur de cabi­net auprès de minis­tres du gou­ver­ne­ment Jup­pé cas­seur de retrai­tes et de sécu de 1995–1996, avant de rejoin­dre en 1999 le RPF de Phi­lippe de Vil­liers et Charles Pas­qua. Entre 2000 et 2004, il occupe des postes impor­tants de conseillers aux côtés de Pas­qua, alors pré­si­dent du Conseil géné­ral des Hauts-de-Seine. Tou­jours avec le même, alors allié à Jean Tibé­ri il se pré­sente (et est élu) sur une liste de droite dis­si­dente aux muni­ci­pa­les pari­sien­nes de 2001. C’est sans éton­ne­ment qu’on le voit nom­mé par Nico­las Sar­ko­zy le 20 octo­bre 2004 à la tête de la direc­tion géné­rale à l’intel­li­gence éco­no­mique à Ber­cy, et tra­vaille alors en étroite col­la­bo­ra­tion avec Jean-Pierre Raf­fa­rin, autre grand cas­seur de droits sociaux s’il en est. Il finit par être mis sur la touche par Sar­ko­zy en rai­son de ses prises de posi­tion en faveur du pro­tec­tion­nisme, ce qui lui per­met depuis de se pré­va­loir d’un bre­vet d’anti-sar­ko­zysme cen­sé lui don­ner une res­pec­ta­bi­lité pro­gres­siste. Mais ne nous y trom­pons pas, et conti­nuons : fin 2004, il rejoint l’UMP. Mi-novem­bre 2008, il rejoint pour trois mois le comi­té direc­teur du RIF (Ras­sem­ble­ment pour l’indé­pen­dance de la France), un mou­ve­ment sou­ve­rai­niste situé à l’ultra-droite, puis fonde l’UPR en 2007 [4]. Lors des muni­ci­pa­les qui sui­vent, ils se pré­sente dans le 17e arron­dis­se­ment de Paris contre Fran­çoise de Panafieu.
    Les inter­ven­tions média­ti­ques d’Asselineau, ain­si que le choix de cer­tains lieux pour­tant répu­tés d’extrême droite pour don­ner des confé­ren­ces, achè­vent de le clas­ser dans le champ poli­ti­que : notre énarque a ain­si don­né le 7 jan­vier 2010 une confé­rence chez les sora­liens mar­seillais de la Cobe­ma [5] mais aus­si chez Serge Ayoub (dit « Bats­kin », le lea­der des bone­heads pari­siens) le 8 avril sui­vant, soi-disant « à l’insu de son plein gré » (bien que la confé­rence ait duré quatre heures et ce soit dérou­lée dans une ambiance très cor­diale sinon sym­pa­thi­que, aux dires de plu­sieurs témoins). Il est aus­si inter­venu sur la radio cons­pi­ra­tion­niste pari­sienne Ici et Main­te­nant à, l’invi­ta­tion de l’ani­ma­teur d’extrême droite Pierre Jova­no­vic, ou encore sur Radio Cour­toi­sie et Radio Notre-Dame.

    Asse­li­neau dégage !

    Quelques mots pour finir sur l’invi­ta­tion d’Asselineau à Radio Canut : ce n’est pas la pre­mière fois que notre homme tente de se faire invi­ter ou se fait invi­ter par des radios de gauche, sinon alter­na­ti­ves. Ce genre d’invi­ta­tions lui ser­vent de cau­tion contre les mau­vai­ses lan­gues qui auraient l’audace de le dénon­cer comme un per­son­nage d’extrême droite. Ain­si, alors que l’UPR a été mis en cause récem­ment sur le site d’infor­ma­tion libre HNS-Infos pour avoir ten­té d’infil­trer le mou­ve­ment des « Indi­gnés » pari­siens [6], Fran­çois Asse­li­neau a oppo­sé sur Face­book l’invi­ta­tion à Radio Canut 

    Quand un sou­ve­rai­niste ultra­na­tio­na­liste joue un média libre contre un autre média libre pour s’auto-décer­ner un bre­vet de « résis­tant », il y a un pro­blème. Nous ne pou­vons donc que nous féli­ci­ter de la déci­sion prise par Radio Canut d’annu­ler cette invi­ta­tion. Inutile d’aider Asse­li­neau à chas­ser sur nos pla­te­ban­des, refu­sons toute com­plai­sance avec le per­son­nage, qui ne ferait qu’affai­blir le camp du com­bat antifasciste.

    Des anti­fas­cis­tes lyon­nais et parisiens
    (avec la docu­men­ta­tion réunie par Marie-Anne Bou­to­leau, jour­na­liste indépendante)

    Notes
    [1] A lire ici : http://​www​.face​book​.com/​t​o​p​i​c​.​php ?uid=367713397611&topic=14460

    [2] E&R : Ega­li­té et récon­ci­lia­tion, le mou­ve­ment d’Alain Soral ; S&P : Soli­da­ri­té et pro­grès, le mou­ve­ment de Jacques Che­mi­nade ; DLR : Debout la Répu­blique, de Nico­las Dupont-Aignan ; MPF : Mou­ve­ment pour la France, de Phi­lippe de Vil­liers ; MDC : Mou­ve­ment des Citoyens, actuel MRC, de Jean-Pierre Che­vè­ne­ment. Le M’Pep, le POI et le Comi­té Val­my sont des mou­ve­ments clas­sés à gauche et à l’extrême gauche.

    [3] Plus de détails ici : http://​www​.arti​cle11​.info/​s​p​i​p​/​L​e​-​G​r​a​n​d​-​s​o​i​r​-​a​n​a​l​y​s​e​-​d​e​s​-​d​e​r​i​v​e​s​#​f​o​r​u​m​2​2​575

    [4] A noter que par­mi les fon­da­teurs de ce par­ti, on comp­tait aus­si Jean Robin, ex-sora­lien déçu qui a don­né plu­sieurs confé­rences chez Serge Ayoub et dont le site « Enquête et débat » regorge de conte­nus plus que dou­teux, à l’image de ce « débat » Dieudonné/Christine Tasin (Riposte laïque) sur l’« isla­mi­sa­tion » de la France. Ceci dit, Jean Robin et Fran­çois Asse­li­neau semblent fâchés à l’heure actuelle.

    [5] Com­mu­nau­té ara­bo-ber­bère de Mar­seille, qui a déjà invi­té en confé­rence les néga­tion­nistes Israel Sha­mir et Maria Pou­mier, mais aus­si tout récem­ment Alain Soral et son ami Le Libre Pen­seur, un conspi­ra­tion­niste qui cache mal son violent anti­sé­mi­tisme der­rière un « anti­sio­nisme » de façade.

    [6] A lire ici : http://​www​.hns​-info​.net/​s​p​i​p​.​php ?article29972

    Forum asso­cié à l’article

    • # Le 7 juin 2011 à 01:22, par hop là 
Son pas­sage pour un débat à « Art Dreams » dans les pentes de la Croix Rousse est éga­le­ment annu­lé selon les infor­ma­tions qu’Asselineau met sur le net. 

    • # Le 5 juin 2011 à 18:00, par saku­ra 
A noter que l’UPR indique tou­jours en « une » de son site son pas­sage à Radio Canut, en dépit de l’annulation.




    • # Le 5 juin 2011 à 16:37, par saku­ra 
Tiens, Asse­li­neau a été très content de sa confé­rence chez Ayoub : 
    http://​www​.face​book​.com/​b​o​a​r​d​.​php ?uid=367713397611# !/topic.php ?uid=367713397611&topic=14391




    • # Le 5 juin 2011 à 14:14, par dissent 
L’infiltration a lieu aus­si sur twit­ter. faut voir le nombre de mes­sages envoyés par Zeit­gest et Sar­fa­ti… 
A lyon hier, trois membres de l’upr ont expo­sés leur point de vue. Atten­tion à tou­jours gar­der un esprit cri­tique. La parole est libre mais la pen­sée doit l’être aussi. 
    
Mer­ci rebel­lyon pour ces pré­ci­sions
 

http://​rebel​lyon​.info/​A​t​t​e​n​t​i​o​n​-​l​-​u​l​t​r​a​-​d​r​o​i​t​e​.​h​t​m​l​#​nb1

    [Source (appa­rem­ment) : http://​rebel​lyon​.info/​A​t​t​e​n​t​i​o​n​-​l​-​u​l​t​r​a​-​d​r​o​i​t​e​.​h​tml]

    Réponse
  8. Étienne

    Atten­tion : les ultra-anti-sou­ve­rai­ne­té-popu­laire (et pré­ten­dus >anti­fas) débarquent ici…

    « Marie-Anne Bou­to­leau, jour­na­liste indé­pen­dante » ?

    Tu parles…

    Voi­ci quelques réponses à ce chien de garde de >l’U­nion euro­péenne et des banques, fal­la­cieu­se­ment éti­que­té >anti­fa :

    Dépot de plainte à l’en­contre de Mlle Ornel­la Guyet et des sites inter­net Indy­me­dia et Rebeyllyon

    Qui veut nuire à l’UPR ? Dr Jekyll & Mrs Hyde : « L’an­ti­fas­ciste » Bou­to­leau et la très amé­ri­ca­no­phile « Pro­fes­sor » Ornel­la Guyet

    Chas­seurs de rouges-bruns : Ana­lyse de la culture du men­songe et de la mani­pu­la­tion « à la Marie-Anne Boutoleau/Ornella Guyet » sur un site alter.

    Refus de publi­ca­tion d’une demande de « Droit de réponse » par Article XI. Marie-Anne Bou­to­leau, une bien étrange journaliste ! 

    http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​f​o​r​u​m​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​2​0​1​1​/​0​9​/​1​2​/​1​4​1​-​q​u​i​-​e​s​t​-​d​-​e​x​t​r​e​m​e​-​d​r​o​ite

    http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​f​o​r​u​m​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​2​0​1​1​/​0​9​/​1​5​/​1​4​2​-​l​e​-​f​a​s​c​i​s​m​e​-​n​-​e​s​t​-​p​a​s​-​a​s​s​i​m​i​l​a​b​l​e​-​a​-​l​-​a​n​t​i​s​e​m​i​t​i​sme

    Et il y en a d’autres, sans doute.

    Je ne vais pas avoir le temps de recom­men­cer à plai­der contre ces tor­rents d’a­mal­games men­son­gers et/ou stu­pides. Je reco­pie donc sim­ple­ment les réponses vigou­reuses de Fran­çois Asse­li­neau au mes­sage ci-des­sus, et je passe à autre chose. 

    Advienne que pourra.

    COMMUNIQUÉ DE L’UNION POPULAIRE RÉPUBLICAINE

    DÉPÔT DE PLAINTE À L’ENCONTRE DE Mlle Ornel­la GUYET (alias « Marie-Anne Boutoleau »),
    ET DES SITES INTERNET INDYMEDIA ET REBELLYON, 
    POUR DIFFAMATION, INJURES PUBLIQUES, REFUS DU DROIT DE RÉPONSE ET ATTEINTE À LA LIBERTÉ D’EXPRESSION

    1°) Mlle « Marie-Anne Bou­to­leau », qui se pré­sente comme « jour­na­liste indé­pen­dante », a com­men­cé, depuis main­te­nant quelques semaines, à inju­rier publi­que­ment Fran­çois Asse­li­neau et l’UPR, en leur appli­quant de façon répé­tée les qua­li­fi­ca­tifs d’« extrême droite », de « pro­fon­dé­ment réac­tion­naires », d’« ultra-natio­na­listes » et de « fas­cistes ». Elle a dif­fu­sé ces injures, notam­ment sur le site Inter­net Indy­me­dia Paris, afin de leur assu­rer la plus grande publicité.

    2°) Le nom de « Marie-Anne Bou­to­leau » est un pseu­do­nyme. Son vrai nom à l’état civil est Mlle Ornel­la Guyet. Ses acti­vi­tés de « jour­na­liste indé­pen­dante » semblent minces si l’on en juge par le nombre infime d’articles recen­sés par Inter­net sur son nom. Elle n’a jamais ren­con­tré Fran­çois Asse­li­neau, pas plus qu’elle n’a jamais mani­fes­té le sou­hait de le ren­con­trer, avant d’entamer sa cam­pagne d’injures et de diffamation.

    3°) Suite aux pre­miers écrits inju­rieux et dif­fa­ma­toires de Mlle Ornel­la Guyet – alias « Marie-Anne Bou­to­leau » -, l’Union Popu­laire Répu­bli­caine a trans­mis à l’intéressée des réponses cir­cons­tan­ciées en lui deman­dant de bien vou­loir les publier sur le site Indy­me­dia Paris, et cela confor­mé­ment au droit de réponse recon­nu par la loi.

    4°) Mlle Ornel­la Guyet a conti­nuel­le­ment refu­sé de publier nos réponses ou de faire des cor­rec­tifs, en arguant en sub­stance qu’il était hors de ques­tion de « don­ner la parole à des fascistes ».

    Il y a donc bien eu atteinte avé­rée, de la part de Mlle Ornel­la Guyet et du site Indy­me­dia, au droit de réponse pré­vu par la loi pour toute per­sonne ou tout orga­nisme s’estimant inju­rié ou dif­fa­mé dans une publication.

    5°) Le 4 juin cou­rant, Mlle Ornel­la Guyet a fran­chi un pas déci­sif dans la pro­vo­ca­tion et l’illégalité, en publiant, sur le site Inter­net Rebel­lyon, sous la signa­ture « Des anti-fas­cistes lyon­nais et pari­siens, avec la docu­men­ta­tion réunie par Marie-Anne Bou­to­leau, jour­na­liste indé­pen­dante », un article clas­sé dans la rubrique « facho » et inti­tu­lé « Atten­tion, l’ultra-droite sou­ve­rai­niste débarque à Lyon ! »

    6°) Dans cet article, l’intéressée a de nou­veau repris des élé­ments dif­fa­ma­toires et inju­rieux de ses écrits pré­cé­dents à l’encontre de l’UPR et de son pré­sident. Nous en recen­se­rons ici 4 exemples, sans pré­tendre pour autant être exhaus­tifs à ce stade :

    6.1. – s’agissant de la confé­rence de Fran­çois Asse­li­neau sur l’Histoire de France, Mlle Ornel­la Guyet la décrit comme une pré­sen­ta­tion « pro­fon­dé­ment réac­tion­naire », une « antienne de l’extrême-droite », « ultra-natio­na­liste », etc. En ne citant que quelques mots extraits d’une confé­rence de trois heures et demie, elle passe sous silence des pans entiers de la pré­sen­ta­tion et le fil conduc­teur lui-même de la démons­tra­tion, qui ruinent ses calomnies.

    Comme le savent les dizaines de mil­liers d’internautes qui ont déjà consul­té et applau­di cette confé­rence, le pré­sident de l’UPR y insiste par exemple sur le refus de don­ner à la nation fran­çaise un carac­tère eth­nique depuis au moins Clo­vis, sou­ligne l’ancienneté de la soif de jus­tice et d’égalité dans le peuple fran­çais, dénonce le gouffre qui se creuse régu­liè­re­ment entre le peuple fran­çais et ses élites, rend hom­mage aux Sol­dats de l’An II, exalte les valeurs répu­bli­caines de Liber­té, d’Égalité, de Fra­ter­ni­té, de Laï­ci­té et de Droits de l’Homme, sou­ligne le carac­tère rétro­grade du Pre­mier Empire, de la Res­tau­ra­tion et du Second Empire, exalte le rôle éman­ci­pa­teur de l’exemple répu­bli­cain fran­çais pour de nom­breux peuples du monde, flé­trit la Col­la­bo­ra­tion et le régime de Vichy, magni­fie les rôles de Félix Eboué et du réseau Manou­chian dans la Résis­tance, etc., etc.

    Le résu­mé que Mlle Ornel­la Guyet ose faire de cette confé­rence n’est donc pas seule­ment gros­siè­re­ment men­son­ger : il est exac­te­ment contraire à l’esprit qui anime la confé­rence. Cette manœuvre est d’autant plus abjecte que c’est en par­tie sur ce fon­de­ment qu’elle appelle les mani­fes­tants à venir « com­battre le fas­cisme », en inter­di­sant la tenue de nos confé­rences lyonnaises.

    La consti­tu­tion du délit de dif­fa­ma­tion est donc avérée.

    6.2. – Deuxième exemple : Mlle Ornel­la Guyet affirme dans cet article que « C’est sans éton­ne­ment qu’on le voit nom­mé par Nico­las Sar­ko­zy le 20 octobre 2004 à la tête de la direc­tion géné­rale à l’intelligence éco­no­mique à Ber­cy, et tra­vaille alors en étroite col­la­bo­ra­tion avec Jean-Pierre Raf­fa­rin, autre grand cas­seur de droits sociaux s’il en est ».

    Il s’agit d’une affa­bu­la­tion totale : Fran­çois Asse­li­neau n’a jamais ren­con­tré M. Raf­fa­rin, ni a for­tio­ri tra­vaillé avec lui, ni n’a jamais par­ti­ci­pé à quelque déci­sion de « casse de droits sociaux ». Bien au contraire, M. Asse­li­neau a vu son action entra­vée à ce poste parce qu’il sou­li­gnait les effets sociaux néfastes de l’euro et de la construc­tion européenne !

    Cette série d’allégations men­son­gères de Mlle Ornel­la Guyet est consti­tu­tive du délit de dif­fa­ma­tion et l’insulte de « cas­seur de droits sociaux » , de même que le clas­se­ment de l’article dans la rubrique « facho », relèvent du délit d’injures publiques.

    6.3. – Troi­sième exemple : Mlle Ornel­la Guyet affirme dans cet article qu’il « finit par être mis sur la touche par Sar­ko­zy en rai­son de ses prises de posi­tion en faveur du protectionnisme ».

    Cette allé­ga­tion est éga­le­ment tota­le­ment dénuée de fon­de­ment, à deux égards :

    – la fin des fonc­tions de Délé­gué géné­ral à l’intelligence éco­no­mique de M. Asse­li­neau n’a pas été prise par M. Sar­ko­zy. Elle a été déci­dée au prin­temps 2007 par le ministre de l’économie et des finances, M. Thier­ry Bre­ton, sous la pré­si­dence de M. Jacques Chirac.

    – cette déci­sion n’a abso­lu­ment pas été prise « en rai­son de ses prises de posi­tion en faveur du pro­tec­tion­nisme » mais parce que ses ana­lyses sur la crise finan­cière mon­diale à venir et sur l’inéluctable écla­te­ment de l’euro furent jugées inac­cep­tables par le ministre (qui pour­suit depuis lors sa car­rière comme ensei­gnant à l’université de Har­vard, aux États-Unis).

    L’allégation de Mlle Ornel­la Guyet est donc men­son­gère, et consti­tu­tive du délit de diffamation.

    6.4. – Qua­trième exemple : Mlle Ornel­la Guyet affirme de façon hai­neuse : « Quelques mots pour finir sur l’invitation d’Asselineau à Radio Canut : ce n’est pas la pre­mière fois que notre homme tente de se faire invi­ter ou se fait invi­ter par des radios de gauche, sinon alter­na­tives. Ce genre d’invitations lui servent de cau­tion contre les mau­vaises langues qui auraient l’audace de le dénon­cer comme un per­son­nage d’extrême droite. ».

    On note­ra que, dans la logique de Mlle Ornel­la Guyet, lorsque Fran­çois Asse­li­neau se fait invi­ter par des radios clas­sées à droite, c’est qu’il est évi­dem­ment de mèche avec ces radios, tan­dis que lorsqu’il se fait invi­ter par des radios clas­sées à gauche, c’est tout aus­si évi­dem­ment qu’il le fait dans le but per­fide de « ser­vir de cau­tion contre les mau­vaises langues qui auraient l’audace de le dénon­cer comme un per­son­nage d’extrême droite. »

    En pré­sen­tant les choses de la sorte, Mlle Ornel­la Guyet tra­ves­tit tota­le­ment la réa­li­té en occul­tant soi­gneu­se­ment deux élé­ments essen­tiels d’appréciation :

    - d’une part Fran­çois Asse­li­neau n’est nul­le­ment l’habitué d’une radio en par­ti­cu­lier. Les rares invi­ta­tions qui lui ont été faites à s’exprimer dans une radio se sont répar­ties de façon spon­ta­né­ment assez équi­li­brée entre droite et gauche au cours des 3 der­nières années :

    Radio Cour­toi­sie (pour une émis­sion sur la fran­co­pho­nie) ; cette radio est en effet clas­sée très à droite, mais pas de façon uni­voque puisqu’elle a inter­ro­gé de très nom­breuses per­son­na­li­tés poli­tiques ou uni­ver­si­taires de droite et du centre, y com­pris des membres du gou­ver­ne­ment et des aca­dé­mi­ciens. En outre, Mlle Guyet ne pré­cise pas que M. Asse­li­neau n’a pas été réin­vi­té par Radio Cour­toi­sie depuis 2 ans car il y est jugé trop à gauche.

    une seule fois sur Radio Géné­ra­tions 88.2 (clas­sée à gauche),

    trois fois sur Radio Notre Dame (clas­sée au centre),

    une seule fois sur Radio Ici et Main­te­nant (clas­sée plu­tôt à droite),

    une seule fois sur Radio Yve­lines 88.4 (apo­li­tique),

    une seule fois sur Radio Diver­gences Mont­pel­lier (clas­sée plu­tôt à gauche).

    - d’autre part, Mlle Guyet ne dit pas un seul mot du conte­nu des émis­sions, ni des pro­pos tenus par Fran­çois Asse­li­neau au cours de ces émis­sions. Or, savoir ce que le pré­sident de l’UPR a dit est évi­dem­ment essen­tiel pour pou­voir por­ter un juge­ment éclairé.

    Par exemple, son inter­view sur Radio Cour­toi­sie dans une émis­sion concer­nant la fran­co­pho­nie il y a 2 ans ne prend tout son sens que si l’on rap­pelle ce qu’il y a dit. Le pré­sident de l’UPR a sou­li­gné que la défense et la pro­mo­tion de la langue fran­çaise ne s’obtiendraient pas par la défense bec et ongles de quelques règles de gram­maire sur­an­nées chères aux éru­dits, mais par une posi­tion ferme vis-à-vis de l’hégémonie amé­ri­caine. Pour illus­trer son pro­pos, il a rap­pe­lé qu’au cours des années récentes, les Alliances Fran­çaises à tra­vers le monde n’ont jamais connu autant d’affluence de per­sonnes sou­hai­tant suivre des cours de fran­çais que lorsque la France s’est oppo­sée à la Guerre en Irak au Conseil de Sécu­ri­té de l’Organisation des Nations Unies en 2003.

    Autre exemple : lors de l’un de ses pas­sages sur Radio Notre Dame, en octobre 2008, Fran­çois Asse­li­neau a été oppo­sé à l’essayiste libé­ral Nico­las Bave­rez ; il y a démon­tré en quoi l’ultra-libéralisme et le capi­ta­lisme finan­cier étaient en train de conduire à l’effondrement des éco­no­mies occi­den­tales, et à une régres­sion éco­no­mique et sociale sans pré­cé­dent en France.

    Ain­si dou­ble­ment repla­cées en pers­pec­tive, les allé­ga­tions de Mlle Ornel­la Guyet sur les pas­sages radios de Fran­çois Asse­li­neau et sur les inten­tions per­fides qui ani­me­raient le pré­sident de l’UPR sont pro­fon­dé­ment calom­nia­trices, tout comme l’imputation, aus­si into­lé­rable que bur­lesque, d’être « d’extrême droite ». Elles sont aus­si men­son­gères que faciles à réfu­ter immé­dia­te­ment, par l’écoute de ces émis­sions qui ont été enregistrées.

    Les accu­sa­tions de Mlle Ornel­la Guyet sont une nou­velle fois consti­tu­tives du délit de dif­fa­ma­tion et d’injures publiques.

    7°) Allant plus loin, Mlle Ornel­la Guyet a lan­cé, dans l’article de Rebel­lyon, un appel impli­cite à la vio­lence et à l’atteinte à la liber­té d’expression, au nom d’un pré­ten­du com­bat « antifasciste ».

    Se féli­ci­tant impli­ci­te­ment d’avoir fait annu­ler l’interview radio que Fran­çois Asse­li­neau avait pré­vu de don­ner à une radio locale (Radio Canut), l’article a appe­lé les mili­tants « anar­chistes liber­taires » de Lyon à empê­cher la tenue des confé­rences du pré­sident de l’UPR, en titrant expli­ci­te­ment : « Asse­li­neau dégage ! » et en expli­quant : « [Fran­çois Asse­li­neau] a même ten­té de s’inviter à Radio Canut ce mar­di 7 juin, mais l’émission a pu être annu­lée à temps, ce dont nous nous féli­ci­tons. Néan­moins, comme d’autres confé­rences sont pré­vues – notam­ment au centre mul­ti­cul­tu­rel Art Dreams, en plein coeur de la Croix-Rousse – il n’est pas inutile de rap­pe­ler qui est Fran­çois Asse­li­neau et pour­quoi il faut le combattre. »

    8°) De fait, le gérant de l’espace Art Dreams qui avait don­né son accord depuis plu­sieurs semaines pour que le Pré­sident de l’UPR puisse venir y faire une confé­rence inti­tu­lée « La tra­gé­die de l’euro » (confé­rence de haute tenue intel­lec­tuelle et tech­nique, comme tou­jours) a pré­fé­ré annu­ler, avec regret, cette réunion publique, du fait des mes­sages mena­çants reçus sur son adresse élec­tro­nique à la suite de l’article de Mlle Ornel­la Guyet sur le site Rebellyon.

    Il y a donc bien eu atteinte avé­rée et concré­ti­sée à la liber­té d’expression de la part de Mlle Ornel­la Guyet et du site Rebel­lyon qui a relayé son appel.

    Conclu­sion

    Pour l’ensemble des rai­sons qui viennent d’être énu­mé­rées, et sans pré­tendre à l’exhaustivité de nos griefs à ce stade, l’Union Popu­laire Répu­bli­caine (UPR) a déci­dé de dépo­ser plainte, à l’encontre de Mlle Ornel­la Guyet (alias « Marie-Anne Bou­to­leau »), et des sites Inter­net Indy­me­dia et Rebel­lyon, pour dif­fa­ma­tion, injures publiques, refus du droit de réponse et atteinte à la liber­té d’expression.

    Source : Dépot de plainte à l’en­contre de Mlle Ornel­la Guyet et des sites inter­net Indy­me­dia et Rebeyllyon


    L’Union Popu­laire répu­bli­caine et son pré­sident Fran­çois Asse­li­neau ont fait l’objet, depuis plu­sieurs semaines, d’attaques extrê­me­ment viru­lentes de la part de « Marie-Anne Bou­to­leau », pré­ten­due « jour­na­liste indé­pen­dante » dont le véri­table nom est Mlle Ornel­la Guyet.

    Ces attaques, dif­fu­sées sur les sites Inter­net Indy­me­dia Paris et Rebel­lyon, ont eu notam­ment pour effet d’empêcher la tenue d’une confé­rence à Lyon, deux gérants d’établissements ayant été suc­ces­si­ve­ment contraints, sous l’effet du cli­mat de vio­lence entre­te­nu sciem­ment par Mlle Guyet et ses relais locaux, d’annuler les loca­tions qu’ils nous avaient accordées.

    Nous n’avions rien deman­dé à per­sonne. Mais lorsque l’on nous cherche et que l’on veut nous inti­mi­der, au mépris des lois de la Répu­blique, on nous trouve.

    C’est pour­quoi ces évé­ne­ments ont conduit l’UPR à dépo­ser plainte contre Mlle Guyet et les deux sites Inter­net concer­nés, pour dif­fa­ma­tion, injures publiques, refus du droit de réponse et atteinte à la liber­té d’expression. (Cf. com­mu­ni­qué de l’UPR : http://​www​.face​book​.com/​n​o​t​e​.​p​h​p​?​n​o​t​e​_​i​d​=​1​0​1​5​0​2​0​1​6​4​2​9​3​7​038)

    La vio­lence et l’impunité appa­rente de ces attaques, de même que la pré­ci­sion trou­blante de cer­taines infor­ma­tions (qui donnent à pen­ser que Mlle Guyet dis­pose de fichiers de nature poli­cière) nous ont par ailleurs légi­ti­me­ment conduit à nous inté­res­ser à cette curieuse « jour­na­liste indé­pen­dante », de même qu’aux deux sites sur les­quels elle a publié ses écrits dif­fa­ma­toires et sur les­quels elle semble dis­po­ser d’une véri­table auto­ri­té (Mlle Guyet est admi­nis­tra­trice de Indy­me­dia Paris).

    Les résul­tats de notre enquête, menée uni­que­ment grâce à Inter­net, nous ont paru suf­fi­sam­ment inté­res­sants pour être por­tés à la connais­sance du public. Nos lec­teurs les trou­ve­ront ci-après. Une liste de ques­tions, publiées sous forme de lettre ouverte à Mlle Guyet, en sert de conclu­sion provisoire.

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    = I = Dr JEKYLL & Mrs HYDE : « L’ANTIFASCISTE » BOUTOLEAU ET LA TRÈS AMÉRICANOPHILE « PROFESSOR » GUYET

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    La pre­mière sur­prise révé­lée par Inter­net est que Mlle Ornel­la Guyet a été rete­nue pour être l’une des 25 inter­ve­nants, triés sur le volet, dans un Sémi­naire sur les Médias Inter­na­tio­naux, orga­ni­sé à Paris du 15 au 21 mars 2009 sous l’égide du Cen­ter for the Stu­dy of Inter­na­tio­nal Com­mu­ni­ca­tions et de la School of Media and Public Affairs de l’Université George Washing­ton de Washington.

    (Sémi­naire : http://www.gwu.edu/~smpa/documents/ParisSeminarScheduleMarch2009.pdf)

    Cette infor­ma­tion mérite 3 précisions :

    a)- le Sémi­naire était co-orga­ni­sé d’une part par le « Cen­ter for the Stu­dy of Inter­na­tio­nal Communications »

    Or ce sémi­naire est pré­si­dé par Mr Lee W. Hueb­ner et diri­gé par sa femme Ber­na, deux émi­nentes per­son­na­li­tés du Par­ti Répu­bli­cain amé­ri­cain. Comme nous le pré­ci­sons ci-infra (puisque le couple a reçu les par­ti­ci­pants au sémai­naire dans leur somp­tueuse rési­dence pari­sienne), Mr Lee W. Hueb­ner a notam­ment été l’un des plus proches col­la­bo­ra­teurs du Pré­sident Nixon à la Mai­son Blanche et est le pré­sident fon­da­teur de la « Ripon Socie­ty », club de réflexion et de lob­bying répu­bli­cain, d’après le nom du vil­lage de Ripon (Wis­con­sin) où fut créé le Par­ti Répu­bli­cain. Quant à son épouse, elle était aupa­ra­vant « Direc­teur de recherche » pour Nel­son Rocke­fel­ler lorsqu’il était Gou­ver­neur de l’Etat de New York puis 41ème Vice-pré­sident des États-Unis.

    Le 37e Pré­sident des États-Unis Richard Nixon (à gauche) et le futur 41e Vice-Pré­sident Nel­son Rocke­fel­ler (à droite). Lee et Ber­na Hueb­ner, co-orga­ni­sa­teurs du Sémi­naire pari­sien, ont été des col­la­bo­ra­teurs très proches de l’un et de l’autre.

    b)- le Sémi­naire était co-orga­ni­sé d’autre part par la George Washing­ton Uni­ver­si­ty à Washington

    Or :

    Cette Uni­ver­si­té George Washing­ton, située à Washing­ton, est notam­ment connue pour être l’un des hauts lieux de for­ma­tage des élites amé­ri­caines à la pen­sée unique ultra-libé­rale. On en pren­dra pour simple exemple la récente allo­cu­tion de Domi­nique Strauss-Kahn, Direc­teur géné­ral du Fonds moné­taire inter­na­tio­nal, à la George Washing­ton Uni­ver­si­ty, le 4 avril 2011 : « À enjeux mon­diaux, solu­tions mon­diales » http://​www​.imf​.org/​e​x​t​e​r​n​a​l​/​f​r​e​n​c​h​/​n​p​/​s​p​e​e​c​h​e​s​/​2​0​1​1​/​0​4​0​4​1​1​f​.​htm

    Cette Uni­ver­si­té George Washing­ton, située à Washing­ton, est éga­le­ment connue pour être un lieu de recru­te­ment de la Cen­tral Intel­li­gence Agen­cy (CIA), un cer­tain nombre d’enseignants y ser­vant d’enseignants et d’agents recru­teurs (Source : http://www.commondreams.org/headlines/041800–02.htm).
    Comme le pré­cise la fin de cet article du Washing­ton Post cité en source, « CIA offi­cers in schools are there to teach–not recruit, he said. Ins­truc­tors often are asked by stu­dents about CIA careers, and they are refer­red to recrui­ters. And the recrui­ters, of course, don’t turn them away. » [Tra­duc­tion : « Les offi­ciers de la CIA sont dans ces uni­ver­si­tés pour ensei­gner et non pas pour recru­ter – offi­ciel­le­ment. Mais les ins­truc­teurs sont sou­vent inter­ro­gés par les étu­diants sur le type de car­rière que peut leur offrir la CIA et ils sont alors diri­gés vers des recru­teurs. Les­quels recru­teurs, bien évi­dem­ment, ne les décou­ragent pas ».]

    De noto­rié­té publique, la George Washing­ton Uni­ver­si­ty – tout comme la Geor­ge­town Uni­ver­si­ty – accueille des ensei­gnants de la CIA, char­gés de for­mer voire de recru­ter les étudiants.

    c)- Mlle Ornel­la Guyet a été rete­nue comme l’un des 25 inter­ve­nants triés sur le volet, 21 des inter­ve­nants étant des Amé­ri­cains proches des allées du pouvoir.

    Pour bien prendre la mesure du carac­tère extrê­me­ment sau­gre­nu de la pré­sence de l’anarchiste « Marie-Anne Bou­to­leau » (= Mlle Guyet, 22ème Inter­ve­nant) dans ce cénacle de diri­geants amé­ri­cains de la poli­tique, des affaires et des médias, il est utile de pré­ci­ser quels étaient les 25 inter­ve­nants à ce Sémi­naire ultra-chic (dont les soi­rées se dérou­laient dans les demeures pari­siennes somp­tueuses de plu­sieurs inter­ve­nants américains) :

    1er Inter­ve­nant : Mrs Constance Borde
    Mme Constance Borde est la repré­sen­tante offi­cielle du Par­ti Démo­crate en France. Pour illus­trer le per­son­nage, citons cet échange daté du 1er novembre 2004 par le jour­nal Le Monde :

    « Si vous deviez clas­ser le Par­ti démo­crate sur l’échelle des par­tis poli­tiques fran­çais, où le mettriez-vous ?

    « Constance Borde : Je met­trais le Par­ti démo­crate à la droite de l’UMP. Le social en France fait par­tie de la base des pro­grammes de tous les par­tis : la san­té, l’éducation et les impôts. Aux Etats-Unis, la san­té publique est consi­dé­rée comme un pro­gramme d’extrême gauche. »

    Source : http://​www​.lemonde​.fr/​a​m​e​r​i​q​u​e​s​/​c​h​a​t​/​2​0​0​4​/​1​1​/​0​1​/​l​e​-​v​o​t​e​-​d​e​s​-​a​m​e​r​i​c​a​i​n​s​-​d​e​-​l​-​e​t​r​a​n​g​e​r​_​1​3​7​3​_​3​2​2​2​.​h​tml

    2ème Inter­ve­nant : Mrs Nan­cy Asthalter
    Nan­cy Asthal­ter est une riche et géné­reuse mécène du Par­ti Démo­crate amé­ri­cain puisqu’elle a ver­sé un total de 3.500 dol­lars au cours de l’année 2008 au fond de cam­pagne pour l’élection de Barack Obama.
    (Source : http://​www​.cam​pai​gn​mo​ney​.com/​p​o​l​i​t​i​c​a​l​/​c​o​n​t​r​i​b​u​t​i​o​n​s​/​n​a​n​c​y​-​a​s​t​h​a​l​t​e​r​.​a​s​p​?​c​y​c​l​e​=08)

    3ème Inter­ve­nant : Mrs Swardson
    « Senior Euro­pean Edi­tor » de l’Agence finan­cière Bloom­berg de New York, Mme Sward­son était aupa­ra­vant Chef du bureau pari­sien du Washing­ton Post. Il y a 11 ans, elle fut l’auteur d’un article de presse qui fut très lar­ge­ment pro­mu média­ti­que­ment en France à l’époque, paru dans le Washing­ton Post du lun­di 31 juillet 2000 et inti­tu­lé The New French Revo­lu­tion, dont voi­ci un extrait emblématique :

    « There’s a new French revo­lu­tion under­way. Pro­pel­led by poli­ti­cal lea­ders and eco­no­mic glo­ba­li­za­tion, the coun­try is trans­for­ming itself from a cen­tra­li­zed, paro­chial, govern­ment-loving socie­ty with a dis­taste for wealth to a dyna­mic, entre­pre­neu­rial nation fond of stock options and startups. »

    (Tra­duc­tion : « Une nou­velle Révo­lu­tion fran­çaise est en cours. Pro­pul­sée par les res­pon­sables poli­tiques et la mon­dia­li­sa­tion éco­no­mique, le pays se trans­forme, en pas­sant d’une socié­té cen­tra­li­sée, ayant l’esprit de clo­cher et le goût de l’Etat et mépri­sant la richesse en une nation dyna­mique d’entrepreneurs, pas­sion­née par les ‘stock options’ et les ‘start-up’. « )

    (Source : http://​www​.hart​ford​-hwp​.com/​a​r​c​h​i​v​e​s​/​6​1​/​1​2​6​.​h​tml)

    4ème Inter­ve­nant : Mrs Eileen Bastianelli
    Pro­duc­trice et spé­cia­liste des stra­té­gies « brand content » et diplô­mée de l’Université de Cali­for­nie et de Sciences Po Paris, Mrs Bas­tia­nel­li est une riche Amé­ri­caine, PDG fon­da­trice de Lola Pictures 
    (Source : http://​fr​.lin​ke​din​.com/​i​n​/​e​i​l​e​e​n​h​o​r​o​w​i​t​z​b​a​s​t​i​a​n​e​lli.)

    5ème Inter­ve­nant : Mrs Janine di Giovanni
    Jour­na­liste amé­ri­caine qui a réa­li­sé des repor­tages sur la Pales­tine, la Bos­nie, etc., Mrs di Gio­van­ni a par­ti­ci­pé, du 6 au 8 octobre 2008, à un wee­kend de débat avec Alain Minc et Ber­nard-Hen­ri Lévy dans un club très sélect, sur le thème « le hia­tus fran­co-bri­tan­nique » (Source : http://​www​.ful​lof​chic​.com/​f​o​c​/​a​r​t​i​c​l​e​/​v​i​e​w​.​g​o​?​a​r​t​i​c​l​e​i​d​=​127)

    Elle s’est aus­si fait, entre autres, une spé­cia­li­té du « french bashing » (c’est-à-dire de la cri­tique obses­sion­nelle des Fran­çais). Dans un livre récent sur la France, elle a ain­si écrit de nom­breuses énor­mi­tés, et notam­ment celle-ci : 

    « No one lives on cre­dit in France because banks don’t allow over­drafts and zero percent cre­dit cards do not exist. » (Tra­duc­tion : per­sonne ne vit à cré­dit en France parce que les banques n’autorisent pas les décou­verts et les cartes de cré­dit avec décou­vert à zéro pour cent d’intérêt n’existent pas »)

    (Source : un blog qui pointe les men­songes éhon­tés de cette pseu­do-jour­na­liste : http://​fran​ce​blog​com​.blog​spot​.com/​2​0​0​8​/​1​2​/​j​a​n​i​n​e​-​d​i​-​g​i​o​v​a​n​n​i​-​e​m​b​e​l​i​s​h​e​s​-​h​e​r​-​s​t​o​r​y​.​h​tml.)

    6ème Inter­ve­nant : Mrs Har­riet Rochefort
    Jour­na­liste amé­ri­caine indé­pen­dante née dans l’Iowa et ins­tal­lée en France depuis 1971, Mrs Roche­fort a notam­ment tra­vaillé pour le maga­zine Time. (Source : http://​us​.mac​mil​lan​.com/​a​u​t​h​o​r​/​h​a​r​r​i​e​t​w​e​l​t​y​r​o​c​h​e​f​ort.)

    7ème Inter­ve­nant : Mr Jim Bittermann
    Cor­res­pon­dant à Paris de la chaîne de télé­vi­sion amé­ri­caine CNN, Mr Bit­ter­mann est l’un des piliers de la com­mu­nau­té amé­ri­caine à Paris, très intro­duit dans les cercles de l’ambassade des Etats-Unis en France et dans cer­tains cercles gou­ver­ne­men­taux français.

    Voi­ci un échange ins­truc­tif le concer­nant (forum en ligne du maga­zine l’Express du 2 juin 2008) :

    « Ques­tion : – On dit que les Etats-Unis se sont rap­pro­chés de la France depuis l’arrivée de Nico­las Sar­ko­zy au pou­voir. Est-ce vrai ?

    Jim BITTERMANN : Dans une cer­taine façon je pense que oui, l’arrivée de Nico­las Sar­ko­zy est un bon moyen de relan­cer les rap­ports entre la France et les États Unis qui ont été dété­rio­rés après les désac­cords concer­nant la guerre en Irak. Les déci­sion­naires aux États Unis et en France cher­chaient le moyen d’améliorer les rela­tions et l’élection de Nico­las Sar­ko­zy est arri­vée à point. »

    (Source : http://​www​.lex​press​.fr/​a​c​t​u​a​l​i​t​e​/​m​o​n​d​e​/​a​m​e​r​i​q​u​e​/​l​e​s​-​a​m​e​r​i​c​a​i​n​s​-​e​t​-​l​e​s​-​f​r​a​n​c​a​i​s​-​s​o​n​t​-​d​e​j​a​-​r​e​c​o​n​c​i​l​i​e​s​_​5​0​6​6​3​7​.​h​tml.)

    Jim Bit­ter­mann a été pro­mu au titre de Che­va­lier de la Légion d’Honneur le 30 juin 2008 lors d’une céré­mo­nie offi­cielle pré­si­dée par le ministre des Affaires étran­gères, Ber­nard Kouch­ner. Jim Bit­ter­mann aime à répé­ter qu’il “explique la France et les Fran­çais au reste du monde” depuis trente ans. Le jour­na­liste a cou­vert toute l’actualité fran­çaise pour CNN Inter­na­tio­nal depuis trois décen­nies. Il y est deve­nu le visage et la voix des évé­ne­ments qui sur­viennent en France et dans le monde fran­co­phone. Jim Bit­ter­mann appa­raît éga­le­ment à de nom­breuses reprises en tant que pro­fes­seur et modé­ra­teur de panels de dis­cus­sion comme au forum éco­no­mique de Davos, et effec­tue de nom­breuses visites dans des écoles et uni­ver­si­tés aux États-Unis afin d’y expli­quer son tra­vail ou de décrire à quoi res­semble la vie en France.

    (Source : http://​teleobs​.nou​ve​lobs​.com/​a​r​t​i​c​l​e​s​/​l​e​-​c​o​r​r​e​s​p​o​n​d​a​n​t​-​d​e​-​c​n​n​-​e​n​-​f​r​a​n​c​e​-​c​h​e​v​a​l​i​e​r​-​d​e​-​l​a​-​l​e​g​i​o​n​-​d​-​h​o​n​n​eur)

    Jim Bit­ter­mann, l’un des 25 inter­ve­nants au Sémi­naire (au même titre qu’Ornella Guyet alias Marie-Anne Bou­to­leau), a été pro­mu au titre de Che­va­lier de la Légion d’Honneur le 30 juin 2008 lors d’une céré­mo­nie offi­cielle pré­si­dée par le ministre des Affaires étran­gères, Ber­nard Kouchner.

    8ème Inter­ve­nant : Mr Ste­ven Ekovitch
    Ste­ven Eko­vich est Amé­ri­cain et pro­fes­seur de poli­tique inter­na­tio­nale à l’American Uni­ver­si­ty of Paris et ensei­gnant à l’Institut d’Etudes Poli­tiques de Paris. Assez fré­quem­ment invi­té dans les médias fran­çais au titre de poli­to­logue, c’est éga­le­ment un habi­tué des « cercles de réflexion »

    (Source : http://www.thekitson.net/d%C3%AEners‑d%C3%A9bats/)

    9ème Inter­ve­nant : Mr Jon Randall
    Ancien cor­res­pon­dant de guerre au Washing­ton Post

    10ème Inter­ve­nant : Mrs Ann Bagamery
    « Senior edi­tor » à l’International Herald Tribune

    11ème Inter­ve­nant : Mr Robert Fredovich
    Direc­teur de la Com­mu­ni­ca­tion mar­ke­ting dans le groupe Publi­cis, diplô­mé de l’université de Boston

    12ème Inter­ve­nant : Mr Lee W. Huebner
    Ancien direc­teur adjoint du ser­vice de rédac­tion des dis­cours du Pré­sident Nixon à la Mai­son Blanche.

    Ancien Rédac­teur en chef et PDG du jour­nal Inter­na­tio­nal Herald Tri­bune de 1979 à 1993.

    Lee W. Hueb­ner a été Pré­sident de l’American Uni­ver­si­ty of Paris et le pré­sident fon­da­teur de la « Ripon Socie­ty », club de réflexion et de lob­bying répu­bli­cain, d’après le nom du vil­lage de Ripon (Wis­con­sin) où fut créé le Par­ti Répu­bli­cain. (Source : http://​en​.wiki​pe​dia​.org/​w​i​k​i​/​R​i​p​o​n​_​S​o​c​i​ety).

    Mr Hueb­ner est actuellement :

    - Pro­fes­seur de médias et affaires publiques (Pro­fes­sor of Media and Public Affairs) à l’Université George Washing­ton (située à Washing­ton DC),
    – Pré­sident du « Cen­ter for the Stu­dy of Inter­na­tio­nal Com­mu­ni­ca­tions » à Paris,
    – Direc­teur des Inves­tis­se­ments Media du Fonds de l’Aga Khan pour le Déve­lop­pe­ment économique.

    (Source : http://​www2​.mssu​.edu/​p​a​r​i​s​/​h​u​e​b​n​e​r​.​htm)

    13ème Inter­ve­nant : Mrs Ber­na Huebner
    Ber­na Hueb­ner est direc­trice du « Cen­ter for the Stu­dy of Inter­na­tio­nal Com­mu­ni­ca­tions » situé à Paris. Elle était aupa­ra­vant « Direc­teur de recherche » pour Nel­son Rocke­fel­ler lorsqu’il était Gou­ver­neur de l’Etat de New York puis 41ème Vice-pré­sident des Etats-Unis.

    (Source : http://​www2​.mssu​.edu/​p​a​r​i​s​/​h​u​e​b​n​e​r​.​htm)

    Lee W. Hueb­ner (à droite) et sa femme Ber­na, res­pec­ti­ve­ment pré­sident et direc­teur géné­ral du « Cen­ter for the Stu­dy of Inter­na­tio­nal Com­mu­ni­ca­tions » situé à Paris. Ils ont été les orga­ni­sa­teurs du Sémi­naire où Mlle Guyet a été choi­sie comme l’un des 3 seuls res­sor­tis­sants fran­çais par­mi 25 (les 22 autres inter­ve­nants étant tous des Amé­ri­cains proches des cercles du pou­voir). Lee W. Hueb­ner a été direc­teur adjoint du ser­vice de rédac­tion des dis­cours du Pré­sident Nixon à la Mai­son Blanche. Il a été pré­sident de l’American Uni­ver­si­ty of Paris et le pré­sident fon­da­teur de la « Ripon Socie­ty », club de réflexion et de lob­bying répu­bli­cain, d’après le nom du vil­lage de Ripon (Wis­con­sin) où fut créé le Par­ti Répu­bli­cain américain.

    14ème Inter­ve­nant : M. Jean-Marc Illouz
    Grand repor­ter de France 2

    15ème Inter­ve­nant : Mr Adnan Siddiqi
    Chef du ser­vice de presse et d’information de l’ambassade des États-Unis en France. Ce diplo­mate amé­ri­cain a par exemple été l’auteur d’un long mes­sage repris sur le site du Dépar­te­ment d’État amé­ri­cain et célé­brant l’amitié entre le Pré­sident Oba­ma et Nico­las Sar­ko­zy : http://​blogs​.state​.gov/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​/​s​i​t​e​/​e​n​t​r​y​/​u​n​_​m​o​m​e​n​t​_​h​i​s​t​o​r​i​que.

    16ème Inter­ve­nant : Mr Frank Schork
    Ancien biblio­thé­caire de l’American Uni­ver­si­ty of Paris

    17ème Inter­ve­nant : Mr Wad­dick Doyle
    Pro­fes­seur du dépar­te­ment des com­mu­ni­ca­tions inter­na­tio­nales à l’American Uni­ver­si­ty of Paris

    18ème Inter­ve­nant : Mr Kay Rolland
    A occu­pé des postes de direc­tion au Wall Street Jour­nal Europe et à l’international Herald Tribune

    19ème Inter­ve­nant : Mr Alan Riding
    Jour­na­liste au New York Times

    20ème Inter­ve­nant : Mr Fran­çois Sergent
    Jour­na­liste à Libé­ra­tion (visite rapide du jour­nal pen­dant 1 heure)

    21ème Inter­ve­nant : Mr John Morris
    Ancien chef de l’Agence de pho­to repor­tage Mag­num Édi­teur à la retraite de pho­tos de repor­tage, notam­ment pour le maga­zine Life, le New York Times, le Washing­ton Post, etc.

    ====> 22ème Inter­ve­nant : Mlle Ornel­la Guyet
    Pré­sen­tée dans le pro­gramme comme « Pro­fes­sor à ACRIMED », ce qu’elle n’est pas (Mlle Guyet n’est pas « pro­fes­seur » de quoi que ce soit), Mlle Guyet a été char­gée de rece­voir les par­ti­ci­pants au sémi­naire du « Cen­ter for the Stu­dy of Inter­na­tio­nal Com­mu­ni­ca­tions » pen­dant une longue durée (1 heure et demie) sur le thème « The 5th Estate : the wat­ch­dogs over the wat­ch­dogs » (Tra­duc­tion : « le 5ème Pou­voir : les chiens de garde au-des­sus des chiens de garde »).

    Mlle Guyet est inter­ve­nue dans le cadre d’un « Pro­gramme par­rai­né par Georges Kazo­lias, pro­fes­seur de jour­na­lisme à l’American Uni­ver­si­ty of Paris ».

    23ème Inter­ve­nant : M. Jean Lesieur
    Pro­duc­teur exé­cu­tif à la chaîne de télé­vi­sion France 24. Avait aupa­ra­vant col­la­bo­ré notam­ment à L’Express et au Point et avait diri­gé la rédac­tion du maga­zine Gala. Pos­té­rieu­re­ment à ce sémi­naire, Jean Lesieur a été été nom­mé direc­teur de la rédac­tion de France 24 le 16 sep­tembre 2010, avec l’approbation de Nico­las Sarkozy

    (Source : http://www.lepoint.fr/societe/jean-lesieur-nomme-directeur-de-la-redaction-de-france-24–16-09–2010-1237156_23.php)

    24ème Inter­ve­nant : Mrs Cathy Nolan
    Ancien chef du bureau pari­sien du maga­zine People, spé­cia­li­sée dans la presse du cœur et des célébrités

    25ème Inter­ve­nant : Mrs Made­leine Czigler
    Spé­cia­liste de mode, cor­res­pon­dante à Paris de la Cana­dian Broad­cas­ting Corporation

    En conclu­sion de cette par­tie, les 25 inter­ve­nants du Sémi­naire en ques­tion se com­po­saient donc :

    – de 21 Amé­ri­cains repré­sen­tant des classes les plus for­tu­nées de la socié­té amé­ri­caine (pou­voir, affaires, médias)

    – et de 4 Français :

    – Jean-Marc Illouz (grand repor­ter à France 2) ;
    – Fran­çois Ser­gent (jour­na­liste à Libération) ;
    – Jean Lesieur (Pro­duc­teur exé­cu­tif à la chaîne de télé­vi­sion France 24, choi­si ensuite par Nico­las Sar­ko­zy pour deve­nir direc­teur de la rédaction) ;
    et… Mlle Guyet (pré­ten­due « jour­na­liste indépendante »).

    = II = LES LIENS ÉTRANGES DES SITES INDYMEDIA ET REBELLYON AVEC LES ÉTATS-UNIS D’AMÉRIQUE

    La qua­li­té tech­nique des sites Inter­net Indy­me­dia Paris et Rebel­lyon a par ailleurs rete­nu notre atten­tion car nous savons par expé­rience que dis­po­ser d’un site Inter­net très ergo­no­mique a un coût que nous n’avons pas eu les moyens de nous offrir.

    Si l’UPR a été finan­ciè­re­ment contrainte d’avoir recours à des adhé­rents et sym­pa­thi­sants béné­voles pour réa­li­ser son site Inter­net gra­tui­te­ment, com­ment se fait-il que les sites INDYMEDIA Paris et REBELLYON soient si pro­fes­sion­nels ? Com­ment les « anar­chistes liber­taires » de ces deux sites ont-ils pu se les offrir ?

    C’est en par­tant de cette ques­tion légi­time que notre enquête nous a conduit à regar­der de plus près qui se trou­vaient der­rière ces deux sites. Or, comme si les décou­vertes qui pré­cèdent ne suf­fi­saient pas à faire naître l’hypothèse de liens sus­pects entre Mlle Guyet et les cercles d’influence amé­ri­cains, notre enquête menée sur les sites Inter­net « Indy­me­dia » et « Rebel­lyon » a per­mis de mettre à jour les liens étranges qu’entretiennent éga­le­ment ces deux sites avec les États-Unis.

    LE SITE « INDYMEDIA » est héber­gé chez LAYERED TECHNOLOGIES Inc., très grosse entre­prise amé­ri­caine dont les prin­ci­paux centres de trai­te­ment et de sto­ckage des don­nées se situent à Dal­las (Texas), Kan­sas City (Kan­sas), Chi­ca­go (Illi­nois) et Cedar Falls (Iowa).

    (Source : http://​www​.laye​red​tech​.com/​w​h​y​-​l​a​y​e​r​e​d​t​e​c​h​/​d​a​t​a​-​c​e​n​t​e​rs/)

    Comme le révèle le site Domain Tra­cker, le site « Indy­me­dia » est héber­gé chez LAYERED TECHNOLOGIES Inc., très grosse entre­prise amé­ri­caine prin­ci­pa­le­ment située au Texas.

    Par ailleurs, à en croire le site très bien infor­mé DIS​CO​VER​THE​NET​WORKS​.ORG, l’ensemble du réseau INDYMEDIA (IMC) rece­vrait une aide financière :

    - du George Soros’s Open Socie­ty Institute,

    - de la Fon­da­tion Ford (qui est l’un des habi­tuels faux nez des ser­vices secrets américains),

    - de la Gla­ser Foundation,

    - et de la Tides Foun­da­tion (qui aurait ver­sé à INDYMEDIA un don de 376.000 dol­lars en 2001).

    (Source : http://​www​.dis​co​ver​the​net​works​.org/​g​r​o​u​p​P​r​o​f​i​l​e​.​a​s​p​?​g​r​p​i​d​=​6​282)

    Notons que la Tides Foun­da­tion reçoit elle-même ses propres fonds d’un grand nombre de fon­da­tions, par­mi les­quelles la Fon­da­tion Rocke­fel­ler, mais aus­si direc­te­ment des fonds du gou­ver­ne­ment fédé­ral amé­ri­cain. Entre1997 et 2001, ces fonds gou­ver­ne­men­taux amé­ri­cains ser­vant à finan­cer Indy­me­dia ont notam­ment compris :

    - 395.219 dol­lars du Dépar­te­ment de l’Intérieur of Interieur ;

    - 3.350.431 dol­lars de l’Agence de Pro­tec­tion de l’Environnement ;

    - 3.487.040 dol­lars du Dépar­te­ment du Loge­ment et du Déve­lop­pe­ment Urbain ;

    - 208.878 dol­lars du Dépar­te­ment de l’Agriculture ;

    - 39.550 dol­lars du Dépar­te­ment de l’Energie ;

    - 93.500 dol­lars de la « Small Busi­ness Administration » ;

    - 10.986 dol­lars du Dépar­te­ment de la Santé ;

    - et 84.520 dol­lars du « Cen­ters for Disease Control U.S. Agen­cy for Inter­na­tio­nal Development ».
    (Source : http://​www​.dis​co​ver​the​net​works​.org/​f​u​n​d​e​r​P​r​o​f​i​l​e​.​a​s​p​?​f​n​d​i​d​=​5​184)

    LE SITE « REBELLYON » est éga­le­ment héber­gé aux USA, chez SWIFT VENTURES Inc, socié­té amé­ri­caine loca­li­sée à Seatlle (État de Washington) .

    (Source : http://​domain​tra​ker​.com/​r​e​b​e​l​l​y​o​n​.​i​nfo)

    Nous n’avons pas trou­vé pour l’instant l’origine de ses financements.

    Le site Rebel­lyon a lan­cé un véri­table appel à la vio­lence afin d’interdire à Fran­çois Asse­li­neau d’expliquer au public lyon­nais « QUI GOUVERNE LA FRANCE ? »

    CONCLUSION

    Toutes les infor­ma­tions qui pré­cèdent sont par­fai­te­ment fac­tuelles, et aisé­ment véri­fiables sur Inter­net par nos lec­teurs qui le sou­haitent (il leur suf­fit de cli­quer sur les liens indiqués).

    Ces infor­ma­tions sont suf­fi­sam­ment inté­res­santes et sur­pre­nantes pour que nos lec­teurs puissent légi­ti­me­ment se poser de nom­breuses ques­tions, et notam­ment celle de savoir pour qui tra­vaille Mlle Ornel­la Guyet, alias « Marie-Anne Bou­to­leau, jour­na­liste indépendante ».

    Cer­tains esprits pour­raient en effet se deman­der si nous n’aurions pas affaire, avec Mlle Guyet et ses « anti-fas­cistes », à l’une de ces orga­ni­sa­tions finan­cées par un ser­vice d’influence amé­ri­cain, comme l’histoire en compte de nom­breux exemples, en France et à l’étranger, depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale.

    Rap­pe­lons ici par exemple que le syn­di­cat Force Ouvrière fut créé et finan­cé par la CIA, après la Seconde Guerre mon­diale, par le tru­che­ment d’Irving Brown et de Robert Bothe­reau (http://​www​.comite​-val​my​.org/​s​p​i​p​.​p​h​p​?​a​r​t​i​c​l​e​336). Rap­pe­lons aus­si com­ment la CIA a sou­te­nu cer­tains milieux se récla­mant du trots­kysme ou du maoïsme, cer­tains syn­di­cats étu­diants, la construc­tion euro­péenne, etc.

    LA CIA EN FRANCE : 60 ANS D’INGÉRENCE DANS LES AFFAIRES FRANCAISES Livre de Fré­dé­ric Char­pier paru au Seuil en 2008 – Résu­mé de l’ouvrage fait par l’éditeur : « Depuis sa créa­tion en 1947, la CIA n’a ces­sé d’intervenir en France. Pen­dant soixante ans, des dizaines d’agents amé­ri­cains, agis­sant le plus sou­vent sous cou­ver­ture offi­cielle, ont mené dans l’hexagone d’innombrables opé­ra­tions clan­des­tines, infil­trant, finan­çant et mani­pu­lant des syn­di­cats, des par­tis poli­tiques, des fon­da­tions, des ins­ti­tuts, des agences de presse. des jour­naux ou encore des asso­cia­tions cultu­relles. La CIA est par­ve­nue à péné­trer la haute admi­nis­tra­tion, le monde uni­ver­si­taire et intel­lec­tuel, et à sur­veiller étroi­te­ment la recherche nucléaire et aéro­nau­tique française. »

    Nous n’affirmons pas ici que Mlle Guyet et ses com­pères de « l’anti-fascisme » sont for­cé­ment des agents de la CIA ou des ser­vices d’influence amé­ri­cains. Mais nous dirons que les infor­ma­tions obte­nues, plus sur­pre­nantes les unes que les autres, ont conduit à ce que le doute s’installe.

    Et comme nous sup­po­sons que Mlle Ornel­la Guyet aura à cœur de dis­si­per ce doute, nous lui adres­sons ici 20 ques­tions publiques très pré­cises, aux­quelles nous la convions à répondre de façon tout aus­si pré­cise. Puisque sa pas­sion est de « fli­quer » l’UPR en tenant des fiches pré­cises sur les faits et agis­se­ments de son pré­sident depuis des années, elle ne s’étonnera pas que nous sou­hai­tions à notre tour en connaître davan­tage sur elle :

    1°) Mlle Ornel­la Guyet, pour­quoi vous pré­sen­tez-vous sous le pseu­do­nyme de « Marie-Anne Bou­to­leau » lorsque vous menez votre com­bat « anti­fas­ciste » [sic], mais sous votre véri­table état civil « Ornel­la Guyet » lorsque vous par­ti­ci­pez à un sémi­naire sous l’égide des auto­ri­tés amé­ri­caines ou lorsque vous mili­tez à Acrimed ?

    2°) Vous vous pro­cla­mez « jour­na­liste indé­pen­dante » mais avez-vous une carte de jour­na­liste ? Si oui, pou­vez-vous nous en com­mu­ni­quer les références ?

    3°) Compte-tenu de la qua­si-inexis­tence de vos articles de jour­naux dis­po­nibles sur le web, chose sur­pre­nante pour une « jour­na­liste indé­pen­dante », pour­riez-vous nous pré­ci­ser quelles sont vos sources de revenus ?

    4°) Avez-vous déjà eu des contacts pro­fes­sion­nels avec des repré­sen­tants de l’ambassade des États-Unis en France ou avec d’autres repré­sen­tants amé­ri­cains offi­ciels ou officieux ?

    5°) Com­bien a coû­té la fabri­ca­tion du site INDYMEDIA Paris, dans lequel vous exer­cez des fonc­tions de res­pon­sa­bi­li­tés telles que vous vous êtes auto­ri­sée à refu­ser à l’UPR le droit de réponse pré­vu par la loi, suite aux articles dif­fa­ma­toires et inju­rieux que vous avez publiés à notre encontre ?

    6°) Com­ment ce site INDYMEDIA Paris a‑t-il été financé ?

    7°) Pour­quoi, à votre avis, ce site INDYMEDIA Paris est-il héber­gé chez LAYERED TECHNOLOGIES Inc., très grosse entre­prise amé­ri­caine dont les prin­ci­paux centres de trai­te­ment et de sto­ckage des don­nées se situent à Dal­las (Texas), Kan­sas City (Kan­sas), Chi­ca­go (Illi­nois) et Cedar Falls (Iowa) ?

    8°) Com­bien a coû­té la fabri­ca­tion du site REBELLYON, dans lequel vous avez publié un nou­vel article dif­fa­ma­toire et inju­rieux à l’encontre de Fran­çois Asse­li­neau et de l’UPR le 4 juin cou­rant, article accom­pa­gné d’un appel à l’atteinte à la liber­té d’expression et d’appel à la vio­lence (« Asse­li­neau dégage ! ») ?

    9°) Com­ment ce site REBELLYON a‑t-il été financé ?

    10°) Pour­quoi, à votre avis, ce site REBELLYON est-il lui aus­si héber­gé dans une socié­té amé­ri­caine, dénom­mée SWIFT VENTURES Inc, et loca­li­sée à Seat­tle (État de Washington) ?

    11°) Com­ment avez-vous fait pour être invi­tée à faire par­tie des 25 inter­ve­nants triés sur le volet du Sémi­naire sur les Médias Inter­na­tio­naux, tenu à Paris, du 15 au 21 mars 2009, sous l’égide du Cen­ter for the Stu­dy of Inter­na­tio­nal Com­mu­ni­ca­tions et de la School of Media and Public Affairs de l’Université George Washing­ton située à Washington ?

    12°) Pour­quoi êtes vous pré­sen­tée, dans le pro­gramme offi­ciel de ce Sémi­naire, comme « Pro­fes­sor Ornel­la Guyet de l’Organisation Acri­med » alors que vous n’avez aucun titre de pro­fes­seur (selon nos infor­ma­tions, vous n’avez pas même encore ter­mi­né vos études) ?

    13°) Com­ment l’intransigeante « anar­chiste liber­taire » et « anti-fas­ciste » que vous affir­mez être sous le pseu­do­nyme de « Marie-Anne Bou­to­leau » a‑t-elle pu accep­ter de par­ti­ci­per à un Sémi­naire orga­ni­sé par le Cen­ter for the Stu­dy of Inter­na­tio­nal Com­mu­ni­ca­tions, pré­si­dé par Lee W. Hueb­ner, ancien direc­teur adjoint du ser­vice de rédac­tion des dis­cours du Pré­sident Nixon à la Mai­son Blanche et Pré­sident fon­da­teur de la « Ripon Socie­ty », club de réflexion et de lob­bying pour le Par­ti Répu­bli­cain américain ?

    14°) Com­ment avez-vous pu accep­ter de par­ti­ci­per à un Sémi­naire co-orga­ni­sé par l’Université George Washing­ton située à Washing­ton, qui est connue non seule­ment pour être l’un des hauts lieux de for­ma­tage des élites amé­ri­caines à la pen­sée unique ultra-libé­rale, mais aus­si l’un des ter­rains de chasse pri­vi­lé­giés de recru­te­ment de la Cen­tral Intel­li­gence Agen­cy (CIA) ?

    15°) Avez-vous été rému­né­rée pour votre pres­ta­tion comme inter­ve­nante à ce Sémi­naire ? Et si oui, combien ?

    16°) Avez-vous publié un résu­mé de votre inter­ven­tion sur le thème « The 5th Estate : the wat­ch­dogs over the wat­ch­dogs » (Tra­duc­tion : « le 5ème Pou­voir : les chiens de garde au-des­sus des chiens de garde ») ? Pour­rions-nous en avoir copie afin de véri­fier que la forme et le fond de cette inter­ven­tion sont du même genre outran­cier que les appels à la haine et à la vio­lence que vous vous per­met­tez d’employer à l’encontre de l’UPR, sous le nom de code « Marie-Anne Bou­to­leau », sur les sites Inter­net INDYMEDIA Paris et REBELLYON, héber­gés aux États-Unis ?

    17°) En quoi consiste exac­te­ment votre coopé­ra­tion avec l’American Uni­ver­si­ty of Paris, puisque vous sem­blez y tra­vailler sur long terme « dans le cadre d’un Pro­gramme par­rai­né par Georges Kazo­lias, pro­fes­seur de jour­na­lisme à l’American Uni­ver­si­ty of Paris » ?

    18°) Avez-vous infor­mé les res­pon­sables des asso­cia­tions anar­chistes ou d’extrême-gauche (telles que Radio Canut où vous sem­blez être inter­ve­nue pour empê­cher une inter­view du pré­sident de l’UPR), ou ceux de l’association de trans­pa­rence des médias Acri­med, de vos tra­vaux à l’American Uni­ver­si­ty of Paris et de votre inter­ven­tion dans un Sémi­naire orga­ni­sé par l’ancien res­pon­sable des dis­cours du Pré­sident Nixon à la Mai­son Blanche ?

    19°) Pour­quoi l’intransigeante « anar­chiste liber­taire » et « anti-fas­ciste » que vous affir­mez être sous le pseu­do­nyme de « Marie-Anne Bou­to­leau » est-elle si dis­crète sur les agis­se­ments de l’OTAN ou sur les preuves qui démontrent que la construc­tion euro­péenne a été conçue et finan­cée par les États-Unis d’Amérique depuis le début ? Pour­quoi votre article dans REBELLYON a‑t-il même visé au contraire à ridi­cu­li­ser cette ana­lyse qui est pour­tant fon­dée sur des preuves irré­fu­tables que vous pas­sez sous silence ?

    20°) Pour­quoi esti­mez-vous que c’est en empê­chant l’UPR et Fran­çois Asse­li­neau de dif­fu­ser toutes les infor­ma­tions sur « QUI GOUVERNE LA FRANCE ? » que vous ser­vez l’intérêt des sala­riés fran­çais qui souffrent de plus en plus de la situa­tion ? Avez-vous conscience que votre pré­ten­du « com­bat anti-fas­ciste » sert, objec­ti­ve­ment, on ne peut mieux les inté­rêts supé­rieurs américains ?

    Nous atten­dons vos réponses.

    Source : Qui veut nuire à l’UPR ? Dr Jekyll & Mrs Hyde : « L’an­ti­fas­ciste » Bou­to­leau et la très amé­ri­ca­no­phile « Pro­fes­sor » Ornel­la Guyet

    Réponse
  9. La Brique

    Bon­jour,

    je suis mili­tant à l’U­PR mais j’é­coute éga­le­ment tout ce que dit (et écrit) Étienne Chouard… Il faut je pense être rai­son­nable. Il est très dif­fi­cile, et ça pour à peu près tout le monde, d’i­ma­gi­ner la mise en place d’une réelle démo­cra­tie avec tirage au sort.

    On peut cepen­dant rêver d’une tran­si­tion faite petit à petit par quel­qu’un d’hon­nête (que je pense être F. Asse­li­neau pour ma part).

    Je ne crois pas qu’es­sayer de convaincre F. Asse­li­neau de suivre E. Chouard soit la stra­té­gie la plus effi­cace… En revanche ins­tau­rer une sorte de « par­le­ment » tiré au sort (ou quelque chose comme ça, c’est pas moi le spé­cia­liste) me sem­ble­rait beau­coup plus pro­fi­table. Je ne suis pas convain­cu que les « élec­teurs » soit près pour le chan­ge­ment de para­digme que pro­pose Étienne Chouard.

    Réponse
  10. bruben98

    Bon­jour

    Je n’y serai évi­de­ment pas (22000 kms nous séparent), mais oui une trace audio, vidéo pour par­ta­ger avec les virus par­tout sur la planète!!!!!!

    Étienne et Myret le retour de la ven­geance!!!! LOL

    bonne jour­née et bon week end

    Réponse
  11. Grumeau

    @ La Brique

    Bon­jour,

    En se basant sur l’ar­ticle de M.Asselineau http://www.u‑p-r.fr/?s=chouard (mer­ci à galam d’ailleurs !), on peut voir qu’il ne prend pas en compte tous les enjeux et contrôles « athé­niens » der­rière le tirage au sort comme :

    – la rota­tion des charges, avec des man­dats très courts, non renou­ve­lables, pour ne pas avoir affaire à des pro­fes­sion­nels de la poli­tique et pour limi­ter la cor­rup­tion appa­rais­sant avec le temps

    – la red­di­tion des comptes pour un juge par exemple tiré au sort à la fin de son man­dant court, afin de voir si il a bien été ser­viable aux « 99 % », et puni­tion si ce n’est pas le cas (peut-être pas jus­qu’à la peine de mort comme à Athènes !)

    – une récom­pense si l’é­lu tiré au sort à la fin de son man­dat a bien ser­vi l’in­té­ret général

    – le volon­ta­riat pour fil­trer les gens peu moti­vés à ser­vir l’in­té­ret général

    – l’ « ostra­cisme » pour mettre à l’é­cart ceux dont on se méfie

    – la doci­ma­sie pour écar­ter les fous etc…

    – et autres cri­tères qui m’é­chappent, déso­lé à ceux qui connaissent bien ! Ou qu’on aurait pas encore inventé.

    J’ai à peu près bien résu­mé ? Contre­di­sez-moi si c’est faux ou si j’ai oublié des éléments.

    M.Asselineau n’a pris en fait que le mot « Tirage au sort » en compte (dans l’ar­ticle). Il est vrai que le tirage au sort seul en lui-même (comme au loto !) ne suf­fit pas.

    Mais il a peut-être réflé­chi à la ques­tion et a chan­gé d’a­vis depuis (l’ar­ticle date de plus d’un an). Ou pas peut m’im­porte, tant qu’il oeuvre à sa manière à sor­tir de ce sys­tème actuel dans le bon sens (il est contre l’Eu­rope, c’est plu­tôt bon signe pour moi…!).

    Pour ma part, je ne pense pas que ça soit plus dif­fi­cile à mettre en place, une réelle démo­cra­tie basée sur le tirage au sort. Comme toute chose nou­velle, il est cer­tain que ça sera vrai­ment dérou­tant au début, il fau­dra un temps d’a­dap­ta­tion. Et je pense aus­si qu’il est évident que ça ne sera pas réa­li­sé d’un coup. La pré­ci­pi­ta­tion n’a jamais été très béné­fique pour quoi que ce soit !

    Réponse
  12. Raphaël

    Effec­ti­ve­ment, je pense que mon­sieur Asse­li­neau d’or­di­naire struc­tu­ré et logique, n’a pas sérieu­se­ment réflé­chi à la ques­tion. C’est dom­mage vu qu’il s’é­tait don­né la peine de répondre.

    Ceci dit, il faut bien voir qu’il a choi­si de se battre dans le cadre du sys­tème en place. L’UPR est léga­liste, se battre en res­pec­tant les règles du jeu dussent-elles être tru­quées est un choix dis­cu­table en effet. Cepen­dant quand on voit que cela pousse l’o­li­gar­chie à vio­ler ses propres règles, je trouve que cela a son utilité.

    Ayant fait le choix d’être léga­liste, dire comme mon­sieur Chouard que ces règles sont ineptes (ce qui n’est pas faux) revien­drait presque à se renier. Cela per­met de mieux com­prendre sa posi­tion. Je regrette cepen­dant la fai­blesse logique de la réponse d’As­se­li­neau de l’é­poque, et j’es­père que cette fois-ci il aura plus tra­vaillé la question.

    Je vois mon­sieur Asse­li­neau comme un oppo­sant sin­cère (c’est si rare) mais dans le sys­tème ; mon­sieur Chouard de même mais hors sys­tème. Nous avons besoin des deux, je sou­haite de tout mon cœur qu’ils s’entendent.

    Réponse
  13. Morpheus

    Consi­dé­rant le débat déjà lan­cé entre Étienne et Fran­çois Asse­li­neau sur le tirage au sort, je trouve vrai­ment inté­res­sant cette table ronde. Comme d’autres l’on déjà expri­mé, j’es­père vive­ment qu’il y aura des traces (vidéo ou audio) de cette rencontre.

    Mor­pheus

    Réponse
  14. Ana Sailland

    La ver­gogne bien menée pro­tège du clash.
    Der­rière un désac­cord tech­nique peut rési­der un accord de fond.
    Com­plé­men­taires sont donc deux atti­tudes dia­mé­tra­le­ment oppo­sées qui peuvent prendre en tenaille l’i­gno­mi­nie systémique.

    Cepen­dant :

    Entrer en hié­rar­chie avec, bien que mature, la foi d’un ado-Loren­za­cio, c’est endos­ser le rôle du mou­ton dans la lou­ve­rie. La lou­ve­rie où les crocs volent bas. La ques­tion est de savoir, et elle se pose aus­si pour JLM, de savoir jus­qu’où ira la capa­ci­té du guer­rier qui pour sau­ver le ciel s’en­gage aux enfers. Sa pre­mière com­pro­mis­sion consis­tant à uti­li­ser la force du sys­tème contre lequel il s’in­surge, d’autres com­pro­mis­sions sui­vront, néces­saires dès lors que la voie « léga­liste » est sélec­tion­née comme outil prin­ci­pal de trans­for­ma­tion du prag­ma. Et rien ne prouve que de conces­sion en conces­sion une âme pure (mas o meno, n’exa­gé­rons rien hihi), disons que rien ne prouve qu’un esprit ini­tia­le­ment bien inten­tion­né ne fini­ra pas par tom­ber amou­reux de ces ten­ta­cules ven­tou­seux qui le limitent en son aspi­ra­tion pro­fonde, mais lui pro­curent des plai­sirs imprévus.

    Cepen­dant encore :

    Si ne pas entrer en hié­rar­chie et si, dans une cohé­rence rigou­reuse, se tenir à l’é­cart du com­bat des chefs, si cela per­met de jouir d’une cré­di­bi­li­té dont aucun can­di­dat au pou­voir ne peut rêver, c’est en même temps accep­ter de n’a­voir que le pou­voir du Verbe et de la per­sua­sion modeste ; c’est aus­si se condam­ner à une impec­ca­bi­li­té de l’i­dée émise, car les chiens de garde sont là qui veillent, prêts à des­cendre en flamme le por­teur de conscience, leur enne­mi puisque de sa simple jus­tesse il entrave la puis­sance des affreux. 
    Il est fort pro­bable que cette voie là ne peut abou­tir tant que, plus directs, plus vigou­reux, voire plus, d’autres ne s’é­branlent en ordre ser­ré quoique sou­dain afin de désta­bi­li­ser le colosse.

    Cepen­dant encore bis :

    Dans son tra­vail déli­bé­ré­ment modeste, le por­teur de conscience (c’est à dire tout adepte de la seconde voie) impulse des réflexions libres, dont le résul­tat (poly­morphe, c’est essen­tiel) est abso­lu­ment néces­saire dans les jours qui suivent une ®évo­lu­tion, car ici se tisse le socle phi­lo­so­phique ou de spi­ri­tua­li­té laïque (rayez la men­tion inutile 😉 ) qui évi­te­ra au neuf de n’être que de l’an­cien. Comme on l’a vu récem­ment en Tuni­sie. Comme on l’a vu en france en 1789 et années suivantes …

    Ceci dit, c’est vrai (autre sujet) que les argu­ments déve­lop­pés par l’hôte de same­di contre le tirage au sort sont sur­pre­nants. Qui vivra verra 😉

    Réponse
  15. Lex

    Raphaël, votre com­men­taire résume très bien, Les posi­tions d’É­tienne Chouard et de Fran­çois Asselineau.

    Réponse
  16. Victor

    Du sys­tème élec­tif et de la démo­cra­tie athénienne

    Le débat entre M. Chouard et M. Asse­li­neau sera sans doute inté­res­sant, pour le moins il mérite d’a­voir lieu.

    Mais fon­da­men­ta­le­ment, que peut-il y avoir de com­mun entre Mon­sieur Asse­li­neau homme du sérail poli­tique clas­sique tels que ses concur­rents, diri­geant d’un par­ti poli­tique dont le but est d’ac­cé­der lui-même à la plus haute fonc­tion pré­si­den­tielle par l’é­lec­tion comme ses autres com­pères et Mon­sieur Chouard, citoyen/chercheur indé­pen­dant qui ne brigue aucun pou­voir pour lui-même mais défend brillam­ment et gra­tui­te­ment sans aucun objec­tif de retour per­son­nel, le carac­tère le plus démo­cra­tique qui soit avec l’exemple de la démo­cra­tie athé­nienne du tirage au sort qui est à l’ex­trême oppo­sé de l’é­lec­tion tant sou­hai­tée par tous les chefs de tous par­tis politiques ?

    Peut-on mélan­ger l’eau avec le vin pour amé­lio­rer l’un et l’autre ?

    Réponse
  17. Patrick Flécheux alias Patrick Le Yéti

    Quand Demos est dans la place, Cra­tos à les pieds qui grattent.

    Ne reste qu’à per­cer les boutons …

    Plan­tai­re­ment vôtre

    Réponse
  18. Ghislaine69

    Tout à fait du même avis que @Victor

    Un homme de par­ti, donc pour qui le pou­voir est une fina­li­té pour l’ac­ces­sion à la pré­si­dence ne peut en aucun cas dire que c’est dans l’intérêt du peuple d’a­gir ainsi.

    l’é­lec­tion sou­met le peuple !

    Il est clair que l’é­lec­tion est une manœuvre bien hui­lée « pour » l’as­ser­vis­se­ment du peuple.

    Le tirage au sort n’est vrai­ment pas per­çu comme une chose bien­fai­sante pour ces poli­tiques dont Mr Asse­li­neau fait partie.

    Réponse
  19. catherine b

    Relire Héra­clite, dans Frag­ments 3 par exemple :

    « Sans intel­li­gence quand ils ont écou­té, à des sourds ils res­semblent ; le dic­ton pour eux témoigne : pré­sents, ils sont absents. »

    Asse­li­neau ne dit pas que des bêtises excusez-moi !

    Réponse
  20. catherine b

    La suite, frag­ment 4 :

    « Ne sachant pas écou­ter, ils ne savent pas non plus parler »

    Ceux qui res­semblent à des sourds res­semblent aus­si à des muets. Ils entendent, ils écoutent, mais ils ne savent pas écou­ter, en consé­quence, pas non plus de parler.

    Ils parlent mais sans savoir, comme ils écoutent sans savoir. Ce sont là appa­rem­ment- le savoir écou­ter et le savoir par­ler- mais comme ces deux savoirs sont liés, forment une uni­té, on a un non-savoir lié à l’or­gane de l’au­di­tion, un autre lié à l’or­gane de la parole, mais un seul et même non- savoir lié à l’i­nin­tel­li­gence du logos ou de la vérité.

    Epi­mé­thée puf Mar­cel Conche

    Réponse
  21. Ana Sailland

    Que celui qui n’a jamais dit de bêtise me jette la pre­mière pierre 😉

    Cet homme place la sor­tie de l’Eu­rope au centre de son dis­cours. Ne serait il pas plus inté­res­sant de creu­ser afin de savoir si oui ou non il a des pro­po­si­tions ori­gi­nales et effi­caces sur la ges­tion des affaires après cette sortie ?

    Réponse
  22. catherine b

    Ben oui, Ana, avant de savoir on ne sait pas et pour savoir il faut creu­ser alors creu­sons sinon on juge la sur­face et jamais le fond.

    Sou­rire et bonne jour­née là-bas dans le sud, ici dans le Nord c’est la pluie, notre terre est humide( incons­cient) à vous de faire du sec( du conscient) lourde charge hein, mais vous le méri­tez bien !

    Réponse
  23. Dominique

    Je reste curieux de suivre éga­le­ment les échanges entre E Chouard et R Ménard. Les cas­se­roles que tirent ce der­nier feront peut être l’ob­jet de dis­cus­sions et d’ex­pli­ca­tions… en tout cas, je l’es­père et je vais les écou­ter avec attention…

    Domi­nique

    Réponse
  24. Mikha

    Fran­che­ment les anti­fas vous êtes lourds, mais lourds…

    Vos pré­ten­tions sur Asse­li­neau et l’é­ti­que­tage que vous lui pra­ti­quez volent très bas.

    Mer­ci d’é­par­gner à ce forum vos ran­cœurs et vos irrup­tions bou­ton­neuses liberticides.

    Etienne, je vous salue, vous avez toute mon affec­tion pour cette étape, on attend tous la vidéo !

    Réponse
  25. demos

    Pour ASSELINEAU qui se réclame de De GAULLE et qui se prend pour un De GAULLE BIS comme SARKOZY se pre­nait pour NAPOLEON III :

    « L’a­ve­nir de nos deux pays, la base sur laquelle peut et doit se construire l’u­nion de l’Eu­rope, le plus solide atout de la liber­té du monde, c’est l’es­time, la confiance, l’a­mi­tié mutuelles du peuple fran­çais et du peuple allemand. »

    Charles de Gaulle, Pré­sident de la Répu­blique, le 9 sep­tembre 1962 s’a­dres­sant à Lud­wig­sburg aux jeunes Alle­mands en évo­quant l’Europe.

    Demos, Gaul­liste de centre gauche

    Réponse
  26. Morpheus

    @ demos

    Si de Gaulle était encore par­mi nous (et qu’il pré­si­dait), vous pou­vez être sûr qu’il n’au­rait jamais accep­té l’Eu­rope de Maas­tricht (ni, a for­tio­ri, les sui­vantes). Il n’ai­mait pas les ban­quiers, et ce n’est évi­dem­ment pas par hasard que c’est immé­dia­te­ment après sa démis­sion que l’Eu­rope reprend sa construc­tion sous l’im­pul­sion de son suc­ces­seur Pom­pi­dou, et que c’est sous ce der­nier que les banques, elles aus­si, reprennent la main sur les finance de la France. De Gaulle s’est tou­jours défié des USA, des anglais et de l’O­TAN, il était conscient que la finance inter­na­tio­nale et « les anglais » (les anglo-saxons) menaient une guerre éco­no­mique à l’Eu­rope. C’est lui qui a vou­lu que la France se dote de l’arme nucléaire, car il ne vou­lait pas voir celle-ci inféo­dée au USA (la défaite en Indo­chine a été un élé­ment moteur dans cette volonté).

    Vous vous récla­mez de de Gaulle, je ne vois guerre en quoi d’autres ne pour­raient pas éga­le­ment s’en réclamer.

    Mor­pheus,
    pas plus gaul­liste que ça

    Réponse
  27. Alain Guillou

    « dixit web­mestre du blog de Jean-Luc Mélen­chon ce jour : » Il serait sur­tout per­ti­nent que vous trou­viez un autre endroit pour dis­cu­ter du sexe des anges. Je vous rap­pelle que ce blog n’est pas un forum et que le com­men­taires doivent se limi­ter au billet de Jean-Luc Mélen­chon, et aux ques­tions d’ac­tua­li­té le concer­nant. Or, je n’ai lu dans ce billet aucune consi­dé­ra­tion sur le tirage au sort, ou sur la sub­jec­ti­vi­té des élus. Pour­quoi n’i­riez vous pas sur le blog de Chouard, les com­men­taires y sont ouverts ? »…

    Après tout, il est peut-être impor­tant de dis­cu­ter du « sexe des anges », depuis que le sujet est tabou !

    Réponse
  28. Morpheus

    @ Alain

    Ce qu’il y a de bien dans tout cela, c’est que les gens abattent leurs cartes. Mélen­chon a ber­né beau­coup de monde durant la der­nière cam­pagne pré­si­den­tielle. Beau­coup de monde, mais pas tout le monde. Il y a eu suf­fi­sam­ment d’in­for­ma­tions pour com­prendre pour quelle cause cet enfu­meur roule.

    Pen­dant ce temps, les « anges » essaiment …

    Appel à tous les uni­ver­si­taires tuni­siens démocrates

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  29. Luc Guthrie

    Mor­pheus, si tu per­mets, pour pré­ci­ser ton propos :

    « il (De Gaulle) était conscient que la finance inter­na­tio­nale et « les anglais » (les anglo-saxons) menaient une guerre éco­no­mique à l’Europe »

    je dirais :

    « que la finance inter­na­tio­nale (et non pas les amé­ri­cains) sup­por­tait mal un pou­voir poli­tique en France (et donc en Europe) pas suf­fi­sam­ment sou­mis à ses intérêts »

    Réponse
  30. AlainR

    Marion Sigaut parle d’Étienne, de la Révo­lu­tion, de Vol­taire, du peuple, des reli­gions, des mar­chands, etc … 

    Heu­reu­se­ment qu’In­ter­net est encore libre …

    Réponse
  31. AlainR

    Le prin­ci­pal reproche à faire à la contre-argu­men­ta­tion de Fran­çois Asse­li­neau est qu’il croit qu’E­tienne milite en faveur de dépu­tés tirés au sort qui vote­raient et pren­draient les déci­sions … alors qu’E­tienne ne cesse d’ex­pli­quer que les tirés au sort n’exercent que des fonc­tions au ser­vice du peuple (pré­pa­ra­tion des lois, mise en appli­ca­tion, …), ce der­nier res­tant le seul déci­deur à voter lui-même les lois qu’il veut s’imposer.

    Mais M. Fran­çois Asse­li­neau a aus­si le tort de van­ter le mérite des par­tis … qui seraient les meilleures struc­tures pour assu­rer une pro­fes­sion­na­li­sa­tion du per­son­nel poli­tique. Quelle blague ! Les par­tis ne servent qu’à pré­pa­rer les élec­tions et attirent en grande majo­ri­té des arri­vistes, et des cafards sou­hai­tant appro­cher le pou­voir ou le servir.

    Pas besoin de par­tis pour s’in­for­mer et débattre de poli­tique : les clubs, cercles et asso­cia­tions sont bien suf­fi­sants pour com­prendre la com­plexi­té de la vie de nos jours … pas davan­tage ardue que dans les siècles pré­cé­dents, contrai­re­ment à ce que pré­tend M. Fran­çois Asselineau.

    Quant à vou­loir que le per­son­nel poli­tique soit pro­fes­sion­nel … oui, mais seule­ment si ce sont des spé­cia­listes élus sous contrôle et à qui on donne des man­dats révo­cables. Débattre, voter et faire appli­quer la loi doit être à la por­tée de n’im­porte quel amateur.

    M. Fran­çois Asse­li­neau parle de la non-repré­sen­ta­ti­vi­té d’une assem­blée tirée au sort. Or une assem­blée élue est assu­ré­ment beau­coup moins repré­sen­ta­tive qu’une tirée au sort.

    Etienne a répon­du en détail aux contre-argu­ments de M. Fran­çois Asse­li­neau por­tant sur le pro­blème des fous ou inca­pables qui seraient tirés au sort, sur la taille de la cité, sur le sta­tut des femmes et esclaves en Grèce …

    Il est clair que M. Fran­çois Asse­li­neau n’a pas vou­lu com­prendre le pro­pos d’E­tienne, et ne l’a pas pris au sérieux. C’est dommage.

    Le seul contre-argu­ment valable de M. Fran­çois Asse­li­neau porte sur la fai­sa­bi­li­té tech­nique du tirage au sort, sujet qu’E­tienne aborde d’ailleurs rare­ment dans ses conférences.
    Ima­gi­nons qu’une asso­cia­tion décide aujourd’­hui de pra­ti­quer en interne la démo­cra­tie telle que re-décou­verte par Etienne : com­ment tirer au sort cer­tains adhé­rents ? Concrètement ?

    Réponse
  32. Mad
  33. telemaque

    j’es­père que nous aurons des vidéos de cette table ronde …

    J’es­père que M Asse­li­neau a revu sa copie, car ses cri­tiques vis à vis du tirage au sort ne résistent pas aux argu­ments d’Étienne. Encore faut-il les entendre…

    Par rap­port à l’ar­gu­ment du par­ti comme cadre du dépu­té, il faut croire que tous les par­tis recrutent leurs cadres dans l’in­dus­trie chi­mique, agroa­li­men­taire ou les armes. Sinon com­ment expli­quez-vous le nombre d’es­sais nucléaires, l’u­ti­li­sa­tion mas­sive – incon­tro­lée- d’in­trants dans l’a­gri­cul­ture, la sanc­ti­fi­ca­tion des OGM, du nucléaire, la décé­ré­bra­tion connue ‑cri­mi­nelle- des enfants par la télé, le peu de cas fait des autres êtres humains (cf guerres en tous genre depuis plus de 200 ans). J’en passe…

    Oui, l’é­lec­tion mar­che­rait si on recru­tait les meilleurs, mais pas les pires !

    Grâce au tirage au sort, on a peu de chance de recru­ter les pires et leurs pou­voirs seront contrô­lés, les déci­sions se feront par le peuple.

    Reli­sez d’ur­gence Alain, M Asselineau

    Réponse
  34. Étienne

    Je rap­pelle le lien vers la contro­verse avec Fran­çois Asse­li­neau, assez ins­truc­tive, je trouve 
    (deux réponses de ma part à deux billets de François) :

    OBJECTIONS AU TIRAGE AU SORT EN POLITIQUE,
    ET PROPOSITIONS DE RÉFUTATIONS RATIONNELLES

    http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​f​o​r​u​m​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​2​0​1​1​/​0​5​/​3​0​/​1​2​7​-​l​e​-​t​i​r​a​g​e​-​a​u​-​s​o​r​t​-​c​o​m​m​e​-​b​o​m​b​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​m​e​n​t​-​d​u​r​a​b​l​e​-​c​o​n​t​r​e​-​l​-​o​l​i​g​a​r​c​h​i​e​-​l​a​-​v​i​d​e​o​#​c​5​607

    OBJECTIONS (2) AU TIRAGE AU SORT EN POLITIQUE,
    ET PROPOSITIONS (2) DE RÉFUTATIONS RATIONNELLES

    http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​f​o​r​u​m​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​2​0​1​1​/​0​5​/​3​0​/​1​2​7​-​l​e​-​t​i​r​a​g​e​-​a​u​-​s​o​r​t​-​c​o​m​m​e​-​b​o​m​b​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​m​e​n​t​-​d​u​r​a​b​l​e​-​c​o​n​t​r​e​-​l​-​o​l​i​g​a​r​c​h​i​e​-​l​a​-​v​i​d​e​o​#​c​5​610

    Mal­heu­reu­se­ment, dans la table ronde sur la démo­cra­tie (hier soir à Anne­cy), les médias ont été trai­tés en pre­mier et ils ont pris presque toute la place (nor­mal car il y a beau­coup à dire). Et quand est venu le temps d’é­vo­quer la démo­cra­tie, j’ai pu dire à peine deux mots d’in­tro­duc­tion et Fran­çois a conclu (déjà) en répé­tant sim­ple­ment quelques argu­ments qu’il m’a­vait déjà écrits et aux­quels j’a­vais (soi­gneu­se­ment) répon­du par écrit (voir liens ci-des­sus), et (hier) je n’ai pas eu le temps de reprendre mes réponses à l’o­ral… => fin d’é­change un peu en queue de pois­son ; dommage. 

    Une pro­chaine fois peut-être, en ne trai­tant que ce sujet-là et en étant moins nombreux ?

    Réponse
  35. Morpheus

    Sois pas naïf, Étienne, tu t’es fait mener en bateau par une per­sonne qui n’a cer­tai­ne­ment pas inté­rêt à ce que les gens s’emparent du sujet de la vrai démo­cra­tie. Il a cer­tai­ne­ment des idées inté­res­santes, il résiste cer­tai­ne­ment à sa manière au sys­tème en en dénon­çant cer­taines mani­pu­la­tions, mais il fait par­tie de ces indi­vi­dus qui s’es­timent supé­rieurs aux autres, c’est-à-dire supé­rieurs au peuple. Même s’ils sont sin­cères lors­qu’ils disent vou­loir le bien du peuple, cela ne jus­ti­fie pas leur posi­tion (à mon avis).

    Main­te­nant, je ne dis pas qu’il ne faut pas dia­lo­guer avec eux, mais que ces orga­ni­sa­tions (les par­tis poli­tiques) sont très bien entraî­nées pour uti­li­ser les tech­niques de »com­mu­ni­ca­tion« à leur propre fin. C’est pour cette rai­son que j’ap­prouve Fré­dé­ric Lor­don dans sa démarche de défiance à l’é­gard des médias.

    Bien sûr je n’é­tais pas là et je ne connais pas les cir­cons­tances, mais il fau­dra m’ex­pli­quer pour­quoi et com­ment il est pos­sible de t’in­vi­ter dans un débat, puis ne te lais­ser que quelques minutes de parole ? C’est tout sim­ple­ment une pantalonnade.

    Ami­ca­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  36. Ana Sailland

    La conver­gence néces­site deux volon­tés. Une seule ne suf­fit pas. Par contre la prise en tenaille du colosse par deux forces de natures dif­fé­rentes, même non coor­don­nées, demeure pos­sible. Plus opti­miste serait impossible .….

    Réponse
  37. Morpheus

    Je viens donc d’é­cou­ter l’en­re­gis­tre­ment de cette table ronde (grand mer­ci Mad 🙂 ) et ma fois, je dois dire que mon impres­sion a pri­ro­ri se trouve confir­mée. On voit bien, à la façon de Mr Asse­li­neau s’emporte sur la ques­tion du tirage, qu’il s’a­git là d’un sujet qui le dérange réel­le­ment. En outre, il ne se prive pas d’un coup de Jar­nac en fai­sant accroire qu’Étienne n’au­rait ce genre de débat qu’a­vec lui, et pas avec le FDG ou je ne sais plus quel autre par­ti. Ce qui n’est pas vrai. Et sans lui lais­ser l’op­por­tu­ni­té de répondre à cette attaque. Il est heu­reux qu’il y ait eu, dans la salle, des audi­teurs qui soient inter­ve­nus pour défendre le tirage au sort, preuve que les graines com­mencent à ger­mer, et cela, je trouve que c’est très encourageant.

    Ce qui est éga­le­ment inté­res­sant, c’est que Mr Asse­li­neau laisse aus­si une allu­sion lourde de sens (mais très, très révé­la­trice), c’est lors­qu’il demande quelle serait la réac­tion (sur le débat du tirage au sort) dans n’im­porte quel autre par­ti. Il n’y a pas eu de réponse, mais on la devine. On devine que tous seraient una­nimes à le reje­ter. Or, pré­ci­sé­ment, si cela se démon­trait exact (rejet una­nime de la classe poli­tique – tous par­tis confon­dus – du tirage au sort), cela serait un aveux que celui-ci repré­sente un réel ET SÉRIEUX dan­ger pour eux (par pour la démo­cra­tie, pour eux, en tant que pro­fes­sion­nels de la politique).

    J’es­père sim­ple­ment que Mr Asse­li­neau aura l’é­lé­gance de per­mettre à Étienne, à une autre occa­sion, de pou­voir déve­lop­per l’i­dée du tirage au sort en don­nant le temps de le pré­sen­ter sans le caricaturer.

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  38. AlainR

    Étienne, j’ai trou­vé tes inter­ven­tions très effi­caces : au milieu d’un débat rela­ti­ve­ment ennuyeux, tu as expli­qué quelle était LA solu­tion … que n’ont enten­due que ceux qui étaient dis­po­sés à l’entendre 🙂

    Ce débat n’au­ra eu qu’un unique inté­rêt : confir­mer qu’il vaut mieux res­ter éloi­gné des par­tis dans les­quels on trouve des arri­vistes (et leurs sbires) qui inves­tissent tel­le­ment de temps et d’éner­gie dans leur quête du pou­voir poli­tique qu’ils sont fer­més à tout par­tage, quelle que soit la qua­li­té des idées qu’ils défendent.

    Réponse
  39. Fanette

    Ce débat, comme celui avec Myret Zaki, qui sont des leurres réflé­chis, aura un très grand inté­rêt pour Mr. Asse­li­neau et ses ouailles, celui, dans le futur, de « prou­ver » enfin qu’il est ouvert (sic!) donc moins extré­miste qu’il est dans la réa­li­té pro­fonde et se faire pas­ser (avec preuves) pour un non faciste.

    C’é­tait un piège, une basse manœuvre de mani­pu­la­tion média­tique dans lequel, Etienne, tu t’es engouf­fré bien vite et qui lais­se­ra des traces indélébiles.

    « mon ami Etienne »…

    Comme pour Myret Zaki qui s’est fait reti­rer la parole très sèche­ment par un com­parse comme savent le faire les par­tis « mus­clés » pour ne pas employer un autre qualificatif…

    Mr. Asse­li­neau n’en a rien à faire du tirage au sort, il veut à tout prix être élu pré­sident de la répu­blique, lui et lui seul !

    Mais main­te­nant avec les cau­tions de Chouard et Zaki média­ti­sées sur le net il a atteint son but le brun.

    Mr. Asse­li­neau qui se dit démo­crate ne sup­porte pas la contra­dic­tion, il est fort connu pour ça jus­qu’à virer manu mili­ta­ri des inter­nautes qui pose­raient des ques­tions « dérangeantes ».
    Là il ne vous a pas viré puis­qu’il avait un objec­tif de virginité…

    Intel­li­gent, éru­dit, malin, rusé, maître de la rhé­to­rique et des syl­lo­gismes, il n’en est que plus dangereux.

    Tu as été uti­li­sé pour des rai­sons poli­ti­cienne, dom­mage, « mon ami Étienne » comme il dit désormais.

    Réponse
  40. Ana Sailland

    « Je suis venu avec Fran­çois et je repars avec Étienne » m’a dit un encar­té . Un autre m’a dit être écœu­ré. L’ar­ro­seur arrosé.

    Réponse
  41. Ana Sailland

    Le pro­blème des gens hon­nêtes et mus à 99% par l’al­truisme (il faut bien 1% pour gérer le fri­go et main­te­nir l’aorte en sou­plesse), c’est que pour se faire entendre, ils doivent se frot­ter à ceux qui mani­pulent, et qui mus par de gros­siers appé­tits, ou cher­chant à soi­gner leur angoisse méta­phy­sique par la course au pou­voir tem­po­rel, ou cachant leur fai­blesse d’en­fant der­rière un orgueil fla­tulent, simulent la noblesse. Vont cher­cher dans l’His­toire une noble figure, et, cachés der­rière cette gran­deur, la tra­hissent d’une inco­hé­rence morale qu’ils ne savent pas long­temps dis­si­mu­ler : ceux là, cou­pés de l’Es­prit qu’ils pré­tendent aimer, sont prêts, ultime tra­hi­son de leur propre culture, car­té­sienne ou pré­ten­due telle, à faire sem­blant de n’a­voir pas com­pris la por­tée du dis­cours adverse ( ce sont eux qui le choi­sissent adverse ; et quand le dia­logue avec d’autres malan­drins est refu­sé, il faut bien trou­ver des cibles ), afin de détruire non pas ce qui est dit mais un pas­tiche de ce qui est dit. C’est hon­teux. Com­pre­nons bien que nous avons là l’i­mage même de la per­ver­sion du sys­tème de l’é­lec­tion qui oblige le can­di­dat, pour se faire mous­ser, à poi­gnar­der lâche­ment le vrai tri­bun du peuple, dans une ruelle sombre construite à cet effet.

    Mais fuir serait absurde. La ren­contre est néces­saire. Avec la force de la modes­tie et la modes­tie de la force, qui seule peut, tout comme une eau lus­trale, s’in­si­nuer partout.

    Réponse
  42. Gesmar

    Mais quel bouf­fon cet ASSELINEAU pré­ten­tieux, irré­vé­ren­cieux, irres­pec­tueux de ses invité(e)s, orgueilleux, imbu, égo­cen­trique, miso­gyne, mani­pu­la­teur, assoif­fé de pou­voir, ne se plai­sant qu’à s’é­cou­ter plus qu’à échan­ger et par­ta­ger et sur­tout dictatorial !!!

    Sans comp­ter le niveau insul­tant de ses ado­ra­teurs sur son FB !!!

    http://​www​.casi​mages​.com/​i​m​g​.​p​h​p​?​i​=​1​2​0​9​2​4​0​7​0​1​4​0​8​2​1​8​5​.​jpg

    Fran­che­ment c’est à vomir !

    Réponse
  43. Léa

    UPR 2012 – TR n° 1 : Éco­no­mie et crise de l’eu­ro M. Zaki – J. Niko­noff – E. Chouard – F. Asselineau

    Réponse
  44. houria

    À 0h25 du débat , ce que dit Mr Ménard a le mérite de faire appa­raitre l’hy­po­cri­sie au niveau des médias, mais je crains et je ne peut m’empêcher de pen­ser que cette hypo­cri­sie se retrou­ve­ra au moment de créer une véri­table démo­cra­tie ! la confiance n’est plus au goût du jour ; la méfiance, les médias et le reste ? et puis je com­prends pas ce que dit la jour­na­liste, elle ne cher­cher de la dis­cus­sion que pour Asse­li­neau ‚elle est pro Asse­li­neau et dans la salle je n’y suis pas mais tout le monde pré­sent n’est pas pro pour Asse­li­neau. il n’est pas le seul invité.

    Réponse
  45. houria

    Je suis déso­lé mais j’ai écou­té la 2ème par­tie avant la 1ère , donc pour dire que l ‘évé­ne­ment est bien à l’in­ter­ven­tion de l’U­PR , mais je ne retire pas sur ce qu’a dit M Ménard en 2ème par­tie, le pré­am­bule a cor­ri­gé ma pen­sée écrite

    Réponse
  46. Ana Sailland

    Du débat sur les médias.

    Je crois que nous sommes tous d’ac­cord sur le fait que les médias ne sont ni exhaus­tifs (cf Islande) ni impar­tiaux (cf temps de parole), et que pire encore par­fois ils déforment car­ré­ment, même si pour influen­cer point n’est besoin de men­tir puis­qu’il suf­fit d’of­frir de l’es­pace aux men­teurs, ou aux obses­sions com­pul­sives, d’un camp ou d’un autre. 
    Le débat, assez hou­leux, ne por­tait pas sur l’ef­fet mais sur la cause ; appor­tait au moins quatre types de réponses à la ques­tion de la sus­dite cause de cette imper­fec­tion chro­nique (et méca­ni­que­ment mor­telle pour la démo­cra­tie, ou inten­tion­nel­le­ment assassine) :

    -Les médias sont la pro­prié­té des riches et des puis­sants, et le jour­na­liste reçoit des instructions.

    -Les médias sont la pro­prié­té des riches et des puis­sants, et le jour­na­liste, non cor­rom­pu pour­tant, doit tenir compte du siège éjec­table qui lui sert d’as­sise, non seule­ment pour son reve­nu (vital), mais encore pour son audience, à laquelle il tient tant, par voca­tion et passion.

    -Les médias sont la pro­prié­té des riches et des puis­sants, qui, c’est cer­tain, sans for­cé­ment ordon­ner, au mini­mum impulsent la ligne rédac­tion­nelle, dont la direc­tion, employée, sala­riée, choi­si­ra volon­tiers de ne pas cen­su­rer mais de fil­trer, non pas au moment de l’é­cri­ture, mais au moment du recru­te­ment. M’i­ma­gi­nez vous sala­riée du Figa­ro hihi ? Ce serait un sui­cide de classe !

    Autre cause : le gra­vi­fique tamas, plus le mou­ton­nisme, qui ras­semblent le plus puis­sant des par­tis, sans secré­ta­riat, sans encar­té, mais fort de mil­lions d’adhé­rents, d’adhé­rents de fait. Ain­si donc la moro­si­té popu­laire aurait gagné jus­qu’aux amou­reux du Verbe impli­ci­te­ment et expli­ci­te­ment char­gés d’in­for­mer, d’a­ler­ter, d’éveiller.

    Mais il est d’u­sage entre humains de se battre. C’est bête hein… Et c’est ce qui s’est pas­sé au cours de ce débat bien peu ori­gi­nal : au lieu d’ad­di­tion­ner les avis, avant d’al­ler plus loin, et là c’é­tait clai­re­ment pos­sible, et judi­cieux, le singe cor­ti­cal pré­fère défendre son os comme s’il était le meilleur, et mordre ceux qui lui en pré­sentent un autre, tout aus­si juteux. Tous les avis expri­més étaient rece­vables (et com­plé­men­taires, sauf bien enten­du ceux qui ten­daient à pré­sen­ter le copain comme idiot).

    Mes regrets résident sur­tout dans le fait que quand on se bouffe le nez, on en oublie de s’en­trai­der, et de cher­cher ensemble à ima­gi­ner des solutions.

    Je m’au­to­rise donc à amor­cer un peu de ce qui aurait pu être dit.

    -Une solu­tion tech­nique et immé­diate serait de créer des médias entre gens bien inten­tion­nés et qui à défaut d’être neutres, défaut ou qua­li­té, ça se dis­cute, sont en marche avan­cée vers l’in­té­gra­tion de la ver­gogne dans leurs méca­nismes comportementaux.

    Des médias « paral­lèles », cela se fait déjà, et de tout temps, certes, avec des expé­riences telles que l’âge de faire, ou le sar­ko­phage, et tant d’autres, mais ceux là sont peu ver­go­gneux, bien que je les appré­cie puis­qu’ils sont de mon bord. Jamais donc ils ne pour­ront tou­cher le public qui est de l’autre bord. Atten­tion ! Ce que je pro­pose là n’est pas à voca­tion de mani­pu­la­tion mais doit consti­tuer une véri­table nou­veau­té, offrant sur l’es­pace média­tique l’é­qui­valent de l’a­go­ra et de l’i­so­pho­nie, et de l’iségoria.

    Plus per­so : J’a­vais créé il y a quelques années un jour­nal natio­nal de trente pages sur papier gla­cé tiré à 30000 exem­plaires qui hélas n’a pas sur­vé­cu au PFH ( deux numé­ros .… grrrrrr .… triste ) ; notre inten­tion était d’of­frir un espace d’é­cri­ture au citoyen ( pas le ridi­cule cour­rier des lec­teurs, mais des pages entières ) et d’of­frir cela éga­le­ment à toutes les mou­vances, y com­pris celles qui sont hon­nies, ou sim­ple­ment écartées.

    -Une autre solu­tion, poli­tique et sur terme plus long, que j’ai déjà évo­quée, consis­te­rait à tirer au sort pour les médias majeurs quelques jour­na­listes, à man­dat court, incen­su­rables, munis d’un espace média­tique bien mesu­ré qui leur serait propre. Issus du peuple !!! Car le pro­fes­sion­na­lisme de l’in­for­ma­tion pré­sente les mêmes incon­vé­nients que le pro­fes­sion­na­lisme poli­tique, puisque l’in­for­ma­tion est un pou­voir poli­tique. On ris­que­rait d’a­voir des colonnes débiles, certes, ça ne tue pas plus que l’in­tel­li­gence du malin, mais aus­si des perles, des dia­mants, incon­nus à ce jour, car ici aus­si se pose la ques­tion de la com­pé­tence, qui, quand on la pose trop, devient pré­texte, place l’in­com­pé­tence ins­ti­tu­tion­nelle au pouvoir.

    Voi­lou 😉

    Réponse
  47. Morpheus

    Ce que dit Myret Zaki est assez effarant !

    D’a­bord, on voit bien à quel point l’a­na­lyse des éco­no­mistes – mêmes lors­qu’ils sont « hété­ro­doxes » – est obs­cur­cie par « les chiffres ».

    Lors­qu’elle parle de la richesse de la France, selon le seul cur­seur du PIB (cri­tère déjà très dis­cu­table), en disant qu’elle est cin­quième mon­diale -, on voit bien qu’elle pro­cède à cet habi­tuel amal­game dont les édi­to­ria­listes et ani­ma­teurs de JT nous rabâchent les oreilles tous les tri­mestres, amal­game qui consiste à ne prendre en compte que des chiffres brut sans s’in­ter­ro­ger sur les béné­fi­ciaires de ces chiffres.

    Il y a une for­fai­ture intel­lec­tuelle patente lors­qu’on nous dit « la France (ou les fran­çais) est (sont) plus riche(s) cette année que l’an­née der­nière ». Il est évident que cette richesse rela­tive est inéga­le­ment répar­tie, on ne peut pas affir­mer que « les fran­çais » sont plus riches : cer­tains »fran­çais« ultra-riches sont peut-être plus riches, en effet, mais ils le sont au détri­ment d’une par­tie de plus en plus impor­tante des fran­çais – et au détri­ment du patri­moine de la France lorsque cette richesse se fait à coup de pri­va­ti­sa­tions du sec­teur public !

    D’autre part, on voit bien que la logique qu’elle avance pour jus­ti­fier le fait de mili­ter pour l’en­trée de la Suisse dans l’U­nion Euro­péenne est une logique de capi­tu­lard : « Il faut faire de la « real poli­tik » et dire que de toute façon, l’UE est un bloc tel­le­ment puis­sant qu’on doit s’a­li­gner ». Les vichystes en qua­rante n’au­raient pas démen­tis pareil dis­cours. Il fau­drait qu’elle enlève ses œillères d’é­co­no­miste et accepte de voir la situa­tion sous un angle un peu plus large.

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  48. Grumeau

    En tout cas, Myret elle se laisse pas faire, et tant mieux !

    Dans le débat Asselineau/Zaki, je pense qu’elle est plus dans la véri­té sur la ques­tion de la situa­tion éco­no­mique de l’Eu­rope, son poids au regard du reste du monde, et la menace que repré­sente l’Eu­ro contre le Dol­lar qu’As­se­li­neau avec ses mul­tiples cita­tions d’ar­ticles de jour­naux à ren­gaine…! Je crois que sur ce coup-là, il ne cher­chait sim­ple­ment qu’à la faire démen­tir et rien d’autre. Mais c’est mon avis personnel.

    Dans tous les cas, ils recon­naissent assez ouver­te­ment un enne­mi com­mun : les Etats-Unis, l’un à cause de ses liens directs avec l’Eu­rope et sa créa­tion, l’autre à cause de la puis­sance de la finance USA, et notam­ment leur artille­rie lourde d’ « edge-funds » (mais quand on parle des Etats-Unis, il ne faut pas faire bien enten­du d’a­mal­games avec le peuple amé­ri­cain qui, à part en sou­te­nant le sys­tème et en res­tant impuis­sants poli­ti­que­ment, n’y est pour pas grand chose dans l’his­toire par rap­port aux « 1 % » américain).
    Après, c’est sur que quand elle dit qu’on est plus riches en France qu’a­vant, ça doit être visi­ble­ment assez mal réparti …!

    Pour la ques­tion de l’en­trée de la Suisse dans l’Eu­rope, c’est vrai que j’ai été sur­pris aus­si. Mais ses argu­ments ne sont pas à jeter, si comme elle le dit la pres­sion s’ac­cen­tue de plus en plus sur ce petit pays (avec le secret ban­caire qui tombe, mais pas au Luxem­bourg, ni outre-Atlan­tique). Les règles du jeu ne s’ap­plique pas à tout le monde malheureusement…

    Dans table ronde N°2, c’est vrai­ment dom­mage que M. Asse­li­neau écarte une nou­velle fois si rapi­de­ment le tirage au sort (vers la fin de la confé­rence), il nous res­sort briè­ve­ment les mêmes argu­ments que dans l’ar­ticle http://www.u‑p-r.fr/?s=chouard, du genre « oui mais avec le tirage au sort, on pour­ra élire des fous, des retar­dés men­taux, des anal­pha­bètes etc… « .
    Le débat sur le jour­na­lisme, com­ment les médias devraient être, était certes vrai­ment inté­res­sant, mais il a pris trop de temps.

    Je constate aus­si que le temps de parole d’E­tienne est faible, com­pa­ré aux autres, Robert Menard est beau­coup trop bavard 🙂

    Réponse
  49. Ana Sailland

    Mor­pheus

    C’é­tait un tra­que­nard. Cer­tains y sont venus confiants, donc sans avoir four­bi leurs armes, en amis. Il fal­lait voir au contraire ce mon­sieur, au dia­phragme puis­sant, véri­table forge pom­peuse, verbe man­da­rin, cour­toi­sie de Kaa, qui avait pré­pa­ré, sur son ordi­na­teur por­table, DEUX dos­siers méti­cu­leux pour ridi­cu­li­ser, tuer ses invi­tés aux mains nues, devant ses ouailles. Plau­dite cives. Vae vic­tis.
    Et ma sen­sa­tion est que le dis­cours de Myret aurait pu être plus clair et plus ren­sei­gnant s’il avait été res­pec­té. Je suis frus­trée de ne pas l’a­voir pu entendre libre.

    La poutre ou la paille 😉 : Avec ta pas­tille Vichy qui fleure un peu trop le cya­nure, tu vas un peu vite en besogne. Les »anti­fas« dans nos rangs ?!? Pitiééééééé. Le regard large se démontre avant d’être exi­gé, non ?
    D’au­tant que le dos­sier est plus com­plexe qu’un jeu passionnel.

    Pour­tant, mal­gré ce coup de frein à ton pro­pos, je suis la pre­mière à dire que les pou­voirs, qu’ils soient poli­tiques ou moné­taires, sont du fait de leur vas­ti­tude méca­ni­que­ment autistes dès que leur rayon d’ac­tion dépasse le dia­mètre d’un bas­sin de vie. Mais je suis aus­si d’a­vis que la véri­té, si elle existe, en tout domaine, est un dia­mant à mille facettes, qui ne peut être décla­ré vu que quand on en a fait le tour, ou quand on a deman­dé l’a­vis de qui est assis de l’autre côté.

    Réponse
  50. Florence

    Pas le temps d’en­trer… Mais quelque chose qui me fait vous envoyer ce texte d’un autre homme déli­cieux (voir son chant façon pink floyd, et sa riposte nar­quoise, chez feu Polac, et si je garde en tête para­noïaque désor­mais, le déman­tè­le­ment des sou­ve­rai­ne­tés assises par l’angle des « iden­ti­tés » régionales).

    C’est à l’a­dresse des princes (et de tous les pré­ten­dants au trône) pour com­men­cer. A peine d’un autre temps : d’au­jourd’­hui – la superbe et le sens du glo­rieux, de l’hon­neur en moins, peut-être (mais est-ce à regret­ter, mon­sieur Asselineau ?) :

    Réponse
  51. Alain Guillou

    @ Mor­pheus, ce qui main­tient le « débat démo­cra­tique » dans les pièges du sys­tème c’est aus­si les juge­ments à l’emporte-pièce…

    Les pro­pos de Jean-luc Mélen­chon ne sont pas ceux d’un « enfu­meur », ce que je vou­lais appor­ter comme infor­ma­tion, c’est que pour beau­coup de gens sin­cères, qui ne sont pas tous des cré­tins, la ques­tion du tirage au sort reste « hors sujet »…

    Si l’on est peu ou prou « par­ti­san » du tirage au sort, il ne faut pas sous-esti­mer la dif­fi­cul­té et peut-être , com­men­cer à pen­ser com­ment y inté­res­ser ceux pour qui il ne s’a­git que « du sexe des anges », sans les mépriser…la méthode des « gen­tils virus » échoue par­tout ou presque, et l’on ne doit pas se satis­faire de trois mil­lions de clics sur « le blog d’E­tienne Chouard »…

    Il est donc posi­tif d’al­ler dis­cu­ter tant chez Asse­li­neau quels que soient ses « défauts pré­su­més », mais aus­si, pour­quoi pas chez d’autres, dis­po­sés à « écou­ter pour entendre », même si ces « autres » font par­tie du décor de notre enfer présumé…

    sinon, l’i­dée du tirage au sort res­te­ra une belle pri­son d’où l’on obser­ve­ra « les autres pri­sons » de très loin…

    Ami­ca­le­ment.

    Réponse
  52. Morpheus

    @ Alain

    Je suis d’ac­cord avec toi, il faut aller se confron­ter aux autres, mais il faut aus­si apprendre à ne pas se faire uti­li­ser. Je ne vou­drais pas que Étienne (ou d’autres) aient le même des­tin qu’un Robes­pierre, et qu’une fois encore, ce soient les Vol­taire qui soient décris comme les « gen­tils », alors que ce sont des bouf­fons, des tri­cheurs, des manipulateurs.

    Nous avons l’ex­pé­rience de ces hommes qui se sont fait duper par les affreux, parce qu’ils étaient ver­tueux. On peut être ver­tueux sans être mani­pu­lé. Il faut apprendre des coups four­rés. C’est sur­tout ça que je dis – ou que je veux dire.

    1. Ana

    Si j’ai com­pa­ré l’ar­gu­men­taire de Myret Zaki concer­nant l’en­trée de la Suisse dans l’UE, c’est parce que c’est l’im­pres­sion que cela m’a fait en l’é­cou­tant. C’est immé­dia­te­ment l’i­mage que j’ai eut : celle des capi­tu­lards de ’40. Déso­lé si ça passe mal, c’est juste la trans­crip­tion cash de mon ressentit.

    Tu sais, à la longue, ava­ler des cou­leuvres, ça devient lourds. Mélen­chon qui enfume tout le monde, les mili­tants com­mu­nistes qui tournent fachos en oubliant les fon­da­men­taux de la lutte des classes au pro­fit d’un com­bat sté­rile et contre pro­duc­tif contre le FN, les lan­ceurs d’a­lerte hon­nêtes et sin­cères qui sont mis à l’index, …

    Oh, c’est bon là, la coupe est pleine. Je sort les flingues. A bon entendeur …

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  53. Ana Sailland

    La vente des biens des émi­grés fuyards aux enchères ou à la chan­delle est inté­res­sante, puis­qu’elle signe et amorce le trans­fert de tout ce qui appar­te­nait à la noblesse vers les plus riches des rotu­riers. Je n’i­ma­gine pas en effet un por­te­faix ache­tant un sou­ve­nir de Ver­sailles ven­du à prix d’or. Ici il s’a­git de meubles, mais j’i­ma­gine que ce fut pareil pour les terres. Et com­pre­nons bien qu’il en est de même du pou­voir. Le détail com­por­te­men­tal pré­fi­gure le futur, notre pré­sent, gou­ver­né non plus par le sang bleu mais par l’argent. Dom­mage qu’As­se­li­neau ne relève pas ce choix sym­bo­lique mais définitif 😉

    Réponse
  54. sitouaillain

    Mor­phéus, pour sou­te­nir ton pro­pos sur la richesse en France : les chiffres offi­ciels sont là http://​www​.insee​.fr/​f​r​/​t​h​e​m​e​s​/​t​h​e​m​e​.​a​s​p​?​t​h​e​m​e​=​4​&​s​o​u​s​_​t​h​e​m​e​=​4​&​n​i​v​g​e​o=0

    Mélen­chon qui enfume tout le monde, les mili­tants com­mu­nistes qui tournent fachos en oubliant les fon­da­men­taux de la lutte des classes au pro­fit d’un com­bat sté­rile et contre pro­duc­tif contre le FN

    je vois que ta méfiance est à géo­mé­trie variable, comme ton ouver­ture d’es­prit « extra-large »,

    le seul point du dis­cours de mélen­chon où il met de côté la lutte des classes concerne l’é­co­lo­gie (« il n’y a qu’un seul éco­sys­tème viable pour l’hu­ma­ni­té ») et encore, ça n’empêche pas d’ar­guer sur le fait qu’il n’y a pas de « capi­ta­lisme vert »,

    et c’est mécon­naitre for­te­ment l’his­toire et les enjeux contem­po­rains que pose la mon­tée de l’ex­trême-droite en Europe que d’i­gno­rer la néces­si­té du com­bat, de même que le trai­te­ment média­tique qui en est fait montre bien où va la sym­pa­thie capitaliste…en tout cas un groupe de fron­tiste est venu per­tur­ber un débat au coeur même de la fête de l’hu­ma, quant au dis­cours de « l’en­fu­meur », il ne parle pas du FN (http://​www​.jean​-luc​-melen​chon​.fr/​2​0​1​2​/​0​9​/​1​5​/​d​i​s​c​o​u​r​s​-​a​-​l​a​-​f​e​t​e​-​d​e​-​l​h​u​m​a​n​i​t​e​-​2​0​12/),

    depuis des mois le FdG (entre-autre) tente de por­ter le TSCG au coeur du débat, au moment où ça prend, et quelques jours avant la manif et le pas­sage à l’as­sem­blée, les socia­listes parlent du droit de vote des étran­gers et madame le pen parle de kip­pa et de voile à inter­dire dans la rue, c’est dire de quel côté de la lutte des classes ces deux par­tis se situent,

    enfin, l’in­cor­rup­tible, Robes­pierre lui-même, a été élu..ça rela­ti­vise tes per­si­flages sur ceux qui cherchent à l’être pour pro­lon­ger son œuvre et ne se réclament pas d’un géné­ral put­schiste et napo­léo­nien, ayant pro­lon­gé l’empire colo­nial, pour se don­ner de la contenance.

    en tout cas c’est vrai que les belges ont a être fiers dans leur résis­tance au néo­li­bé­ra­lisme via l’af­fir­ma­tion iden­ti­taire d’ex­trême droite, tout comme les ita­liens et les hollandais.

    j’ai depuis peu la chance de tra­vailler avec une réfu­giée chi­lienne, qui connait « l’en­fu­meur » depuis 30 ans, et je ne crois pas qu’elle soit du style à se lais­ser enfu­mer vois-tu, mais par contre, quand on a des proches et des amis tor­tu­rés et dont les cadavres ont été balan­cés au des­sus de la mer, selon des tech­niques refi­lées par la france et ses mer­ce­naires fachos de l’oas ayant sévis en algé­rie et de l’ar­mée colo­niale à Mada­gas­car, et qu’on a été trim­ba­lé de pays en pays à mesure que les putsch d’ex­trême droite s’emparaient des pays lati­no, on a tout de suite un point de vue dif­fé­rent sur l’op­por­tu­ni­té de mener le com­bat contre ces gens-là…simple facette de la lutte anti­ca­pi­ta­liste, il est vrai, mais néces­si­té his­to­rique pour tout humaniste.

    c’est aux cris de « com­mu­nistes assas­sins » que s’est ache­vé le der­nier ras­sem­ble­ment FN de la cam­pagne pré­si­den­tielle en France, au terme d’un dis­cours où tous les pon­cifs d’ex­trême-droite furent décli­nés, la lutte des classes n’y avait pas sa place, au contraire, natio­na­lisme, eth­no­dif­fé­ren­tia­lisme, pri­mau­té du catho­li­cisme, capi­ta­lisme natio­nal, etc., bref, tout ce qui peut grè­ver la lutte inter­na­tio­na­liste et divi­ser les oppri­més entre eux…qui enfume qui ? et qui sert d’é­pou­van­tail pour le vote PS ? tu n’as pas écou­té ? pas­ser devant le FN est la condi­tion sine qua non pour le FdG pour que les élec­teurs indé­cis ne soient plus por­té au vote « utile », ça se tient non ?

    et pour moi, tant pis si je ne suis pas d’ac­cord avec tout, le pro­gramme du FdG com­porte des avan­cées monu­men­tales par rap­port à ce qu’on vit aujourd’­hui, je pré­fèrent lut­ter sous un mélen­chon que sous tout autre gou­ver­ne­ment, trop peu de fines gueules rechi­gnant sur ceci cela ont sans doute peur d’être mis face à leurs res­pon­sa­bi­li­tés his­to­riques, résul­tat, qu’on aime ou pas les élec­tions, elles ont eu lieu et elles ont don­né le pou­voir, le pré­sident c’est hol­lande, pas mélen­chon, pas d’as­sem­blée consti­tuante, pas de pla­ni­fi­ca­tion éco­lo­gique, et la richesse en France tou­jours aus­si mal dis­tri­buée, les média tou­jours pos­sé­dés par le grand capi­tal, et l’UE néo­li­bé­rale, etc.

    yen a qui vont s’in­di­gner long­temps à ce rythme-là…

    Réponse
  55. Alain Guillou

    @ San­dy : je suis d’ac­cord avec vous. 

    Cepen­dant il me semble utile de ne jamais oublier l’in­ter-rétro-com­plexo-dia­lec­tique-action per­ma­nente entre luttes « de classe » et « reven­di­ca­tions démo­cra­tiques ». Pour ma part je désap­prouve la tor­ro­ma­chie comme je désap­prouve « l’ob­ses­sion anti-partis »…

    elles relèvent toutes deux d’une même « tra­di­tion sacrée », la seule dif­fé­rence c’est qu’a­vec la tau­ro­ma­chie, la bête à abattre est hon­nê­te­ment dési­gnée, tan­dis qu’a­vec « la chasse aux par­tis », le seul vrai­ment visé c’est le par­ti pro­lé­ta­rien, et les « chas­seurs » cassent leurs fusils devant « quel­qu’un de bien », auquel ils offrent tout ce qu’ils reprochent aux « par­tis » de posséder.

    Ceci dit, le sou­ci du « pro­ces­sus consti­tuant » devrait han­ter le « mou­ve­ment social », et donc la ques­tion de savoir « QUI » doit écrire et pro­po­ser la Consti­tu­tion, ques­tion bien posée par Étienne, moi qui milite avec le Front de Gauche, j’es­time que nous ne devons pas accep­ter de la cari­ca­tu­rer en « dis­cus­sion sur le sexe des anges ». Il faut le dire sur le « blog à mélen­chon » que j’af­fec­tionne comme vous. 

    Ami­ca­le­ment.

    Réponse
  56. Alain Guillou

    @Sitouallin (je m’ex­cuse de vous avoir nom­mé San­dy !)voi­ci ce que je poste sur le blog de JL Mélenchon :

    @les « anti-oui-ouistes » : enfin des ex-oui-ouistes « éco­los » reprennent leur liber­té sur l’i­déo­lo­gie domi­nante. C’est une nou­velle plu­tôt bonne. Mais ne devrions-nous pas conti­nuer à culti­ver le champ du « pro­ces­sus consti­tuant » tout en pous­sant les récoltes en cours, celles du mou­ve­ment social s’entend ?

    @vert pomme : la ques­tion que vous posez se pose­ra : dans le feu de « l’ac­tion », le peuple qui soi-disant »écrit l’His­toire«, pose son sti­lo et se pose aus­si cette ques­tion « quelles sont les consignes ? »

    C’est bien de dire « pas de consignes », mais alors, il ne faut pas avoir dit « suivez-moi » !

    Je pro­pose que l’on s’au­to­rise à écrire des consignes, his­toire de s’exer­cer à « écrire la Consti­tu­tion de la Répu­blique véri­ta­ble­ment démo­cra­tique » qui résul­te­ra de « la révo­lu­tion citoyenne ».

    @Webmestre : Jean-Luc Mélen­chon dans ce qu’il écrit tente de nous atti­rer l’at­ten­tion sur « notre responsabilité ».

    Je me per­mets donc de sug­gé­rer que l’on asso­cie en per­ma­nence la réflexion quant au « pro­ces­sus consti­tuant » avec l’ef­fort de mobi­li­sa­tion popu­laire, et donc, que l’on n’ap­pelle pas cette réflexion « dis­cus­sion sur le sexe des anges ».

    Ami­ca­le­ment.

    Réponse
  57. Phil

    @ sitouaillain

    « enfin, l’in­cor­rup­tible, Robes­pierre lui-même, a été élu. »

    Contrai­re­ment à ce que la majo­ri­té des gens pense, Hit­ler aus­si avait été élu. Et une fois en place…

    Comme quoi le sys­tème d’é­lec­tions ne garan­tit pas la démocratie.

    Un coup d’é­tat par les armes ou un coup d’é­tat par les mots…

    Si aucun sys­tème ne peut être par­fait, seul le tirage au sort d’EM­PLOYÉS du Peuple, n’ayant QUE le pou­voir de mettre en oeuvre les déci­sions du Peuple, contrô­lés et sanc­tion­nés pério­di­que­ment par le Peuple est le mieux à même de limi­ter les casses pour assu­rer une réelle démocratie.

    Cor­dia­le­ment

    Réponse
  58. Morpheus

    « quant au dis­cours de « l’en­fu­meur », il ne parle pas du FN »

    Donc, JLM ne se pré­oc­cupe pas du FN ? Voyons si on a des indices qui contra­rient cette affirmation.

    1. Déjà, l’ap­pel­la­tion « FRONT de gauche », qui fait direc­te­ment réfé­rence au « FRONT natio­nal ». Cela donne le ton (ou le la) de la lutte front contre front.

    2. Lors d’une ren­contre appa­rem­ment for­tuite entre MLP et JLM, ce der­nier annonce clai­re­ment la cou­leur : il est là pour battre le FN. On ne peut être plus clair sur ses inten­tions dans la bataille électorale.

    3. A Hénin-Beau­mont, c’est bien pour affron­ter MLP que JLM s’est pré­sen­té, stra­té­gie d’ailleurs dénon­cée par une can­di­date des Verts, qui dit (comme moi) que la stra­té­gie du « front contre front » est une très mau­vaise idée, en par­ti­cu­lier pour les habi­tants de Hénin-Beau­mont (pris en otage par la stra­té­gie de JLM de se pré­sen­ter à Hénin-Beau­mont plu­tôt qu’ailleurs). En plus, il a perdu…

    4. Dans cette vidéo (tou­jours à Hénin-Beau­mont), on voit le mépris arro­gant et affi­ché de JLM à l’é­gard du peuple. Je ne sais pas qui est ce type, et même s’il dit des conne­ries, l’at­ti­tude de JLM est à mon sens inad­mis­sible de la part d’un »repré­sen­tant«. Il y avait bien d’autres moyens, bien plus effi­caces, de répli­quer à ce bon­homme. On parle des excès de Sar­ko­sy (tout aus­si inac­cep­tables), il n’y a pas de rai­son de ne pas dénon­cer éga­le­ment ceux de JLM.

    JLM est un tri­bun, et les tri­buns, il faut s’en méfier. Dès sa défaite à l’an­nonce des résul­tats du pre­mier tour, il a tra­his son élec­to­rat en appe­lant à voter Hol­lande. On voit bien tout le piège de l’é­lec­tion, et on voit bien qu’il a œuvré plei­ne­ment dans cette mas­ca­rade pré­ten­du­ment démocratique.

    L’es­sen­tiel de cette cam­pagne du Front des Gauche a été un posi­tion­ne­ment front contre front. En menant une tout autre cam­pagne, axée uni­que­ment sur la lutte contre l’o­li­gar­chie capi­ta­liste et les tra­hi­sons de la gauche pré­ten­du­ment socia­liste, sans s’oc­cu­per du FN, le FDG l’au­rait empor­té, et aurait même eut de bonnes chances d’ar­ri­ver au second tour. Mais le fait est que toute cette stra­té­gie front contre front a eut pour résul­tat de pous­ser les gens à voter au centre, ce qui fait TOUJOURS le jeu de l’UMPS.

    Je per­siste et signe : Jean-Luc Mélen­chon est un enfumeur.

    Mor­pheus

    Réponse
  59. Estelle Dombard-Picot

    @ Mor­pheus. Per­so­nel­le­ment aux érec­tions pes­ti­len­tielles par défaut j’é­tais prête à voter Méluche mais pour les rai­sons que vous évo­quez en particulier :

    En menant une tout autre cam­pagne, axée uni­que­ment sur la lutte contre l’o­li­gar­chie capi­ta­liste et les tra­hi­sons de la gauche pré­ten­du­ment socia­listeet bien je me suis ran­gée dans le camps des abs­ten­tion­nistes dégoûtés.

    Désor­mais il est trop tard pour Méluche, il s’est grillé à jamais.

    Cette der­nière érec­tion m’a fait prendre une déci­sion : je ne vote­rai plus jamais même pas blanc.

    Désor­mais très fière d’ap­par­te­nir au pre­mier mou­ve­ment poli­tique de France l’A­CR (Abs­ten­tion Contes­ta­taire Répu­bli­caine). Eh bien en voi­ci un de nou­veau par­ti à créer !

    Réponse
  60. Ana Sailland

    l’A­CR, c’est intéressant 🙂

    J’ai évo­qué same­di auprès d’un ami qui nous est com­mun 😉 l’i­dée que dans la pers­pec­tive de l’ar­ticle 4 de la consti­tu­tion actuelle, serait cré­dible un par­ti qui dans ses sta­tuts com­por­te­rait comme article 1 : « Les membres s’en­gagent à ne pas bri­guer le pouvoir »
    Ain­si serait il cré­dible pour orga­ni­ser des débats, des concer­ta­tions, sou­vent entre enne­mis, non pas pour dési­gner un vain­queur mais pour exhu­mer l’i­dée saine, neuve, ori­gi­nale, qui pour­rait ras­sem­bler puisque repé­rée de conserve.

    Hors de ce sché­ma qui n’est peut être pas idiot, je tolère les par­tis dans le sys­tème actuel, contrai­re­ment à cer­tains, mais en contre­par­tie je les rejette radi­ca­le­ment pour une démo­cra­tie réelle et future, qu’ils ne sau­raient que pol­luer de leur esprit yang, agres­sif, de conquête, dénué de toute convi­via­li­té et de toute ver­gogne, capable de n’u­nir que pour mieux tuer.

    Pour la petite his­toire, je conti­nue à voter « anti­ca­tas­trophe », pour le moins pire (dif­fi­cile à choi­sir tant ils sont tous atteints), mais sans convic­tion, et pas toujours.

    Bises au futur, que j’i­ma­gine radieux si nous sommes tenaces et … prag­ma­tiques au delà du net.

    Réponse
  61. Ana Sailland

    Il y a aus­si l’i­dée d’A­JH de créer un par­ti spé­cia­li­sé sur les muni­ci­pales, dont les membres s’en­ga­ge­raient une fois élus à ne jamais voter une déci­sion sans avoir ren­sei­gné la popu­la­tion ni sans l’a­voir consul­tée hon­nê­te­ment et exhaustivement.

    La tran­si­tion non vio­lente du sys­tème actuel à la réelle démo­cra­tie ne pou­vant peut être s’o­pé­rer que pas à pas, selon une suc­ces­sion d’exemples et/ou de pro­grès qui se doivent d’être réa­listes et sédui­sants. Le temps presse, mais nous n’a­vons pas les moyens d’al­ler vite.

    Réponse
  62. Ana Sailland

    Encore môâ

    A pro­pos du prag­ma­tisme évo­qué plus haut = A mon sens il passe par assu­mer les kilo­mètres pour se ren­con­trer. Oui, ça coûte. Mais bon.

    Réponse
  63. Alain Guillou

    @Morpheus : « 1. Déjà,l’appellation « FRONT de gauche », qui fait direc­te­ment réfé­rence au « FRONT natio­nal ». Cela donne le ton (ou le la) de la lutte front contre front.

    La « réfé­rence » comme vous dites, c’est le « Front Natio­nal », en effet, le seul qui devrait faire réfé­rence, celui créé à l’i­ni­tia­tive des com­mu­nistes pour résis­ter à l’oc­cu­pant nazi…Certainement pas votre réfé­rence, si vous croyez à la légi­ti­mi­té his­to­rique de la famille LE PEN…Il est impor­tant de résis­ter aux fal­si­fi­ca­tions, tout comme aux amalgames…

    Ensuite je n’ose ima­gi­ner que vous igno­riez l’o­ri­gine réelle de la dyna­mique actuelle dite « du Front de Gauche », ce qui signi­fie­rait que vous êtes pri­son­nier des murailles de men­songes édi­fiées par les médias domi­nants autour du mou­ve­ment social lui-même, et pour une rai­son évi­dente d’au­to­pro­tec­tion des dits dominants…

    Il res­te­rait vos points 2, 3, 4 à cri­ti­quer, mais je sup­pose que vous avez com­pris ce que signi­fie « JLM est un tri­bun et les tri­buns il faut s’en méfier »…etc …étant plu­tôt du genre gen­til, je pense que vous auriez dû pro­lon­ger un peu votre sièste hier ! C’est vrai que les gen­tils sont cons, c’est donc pas ma faute ! Bof ! je vais ache­ter mon « voi­ci » au café du com­merce et conti­nuer cette conver­sa­tion avec un autre vous-même sans doute …

    c’est vrai qu’a­vant tirage au sort il va fal­loir « édu­ca­tion populaire » !

    Réponse
  64. Morpheus

    @ Alain

    Si vous ne voyez pas où est le piège dans la lutte front contre front, alors en effet, j’ai échoué à aigui­ser votre dis­cer­ne­ment sur cet enfer­me­ment idéo­lo­gique et psychique.

    Autant pour moi.

    Mor­pheus

    Réponse
  65. AlainR

    3 liens de Media­part aujourd’­hui, trai­tant de liens inces­tueux entre argent et politique …

    1)
    Media­part, l’argent de la poli­tique et la poli­tique de l’argent, PAR EDWY PLENEL

    Notam­ment depuis nos infor­ma­tions de 2010 sur l’affaire Bet­ten­court, Media­part n’a ces­sé de docu­men­ter une ques­tion démo­cra­tique cen­trale, celle du finan­ce­ment de la vie poli­tique et des graves dévoie­ments aux­quels elle peut don­ner lieu. Nos révé­la­tions d’aujourd’hui sur la liste secrète des hauts dona­teurs de l’UMP, le par­ti du pré­sident sor­tant, Nico­las Sar­ko­zy, relèvent de ce devoir d’information sur des ques­tions d’in­té­rêt public. […] Lire la suite

    2)
    Argent de l’UMP : la liste secrète

    Media­part s’est pro­cu­ré l’an­nuaire des membres du Pre­mier Cercle, le club des grands dona­teurs de l’UMP. Para­dis fis­caux, lob­bying des mul­ti­na­tio­nales, influences étran­gères, pos­sibles contour­ne­ments de la loi sur le finan­ce­ment des par­tis : l’étude de cette liste, édi­tée en juin 2007 et que l’UMP tient secrète depuis, illustre les liens inces­tueux entre argent et poli­tique. Révé­la­tions. […] Lire la suite

    3)
    Dons aux par­tis : des par­le­men­taires demandent la transparence

    Au MoDem, au PS et chez les éco­lo­gistes, de nom­breux res­pon­sables et élus sou­haitent que la trans­pa­rence soit faite sur l’i­den­ti­té des gros dona­teurs, à par­tir d’un seuil de plu­sieurs mil­liers d’eu­ros. Mais une récente pro­po­si­tion de loi socia­liste en ce sens a été réécrite in extre­mis pour aban­don­ner cette idée… trop osée. […] Lire la suite

    Réponse
  66. AlainR

    Argent de l’UMP : 
    la liste secrète

    (cf lien ci-dessus)

    Extraits :

    Ils sont 544, très majo­ri­tai­re­ment des hommes. Ils sont riches et puis­sants. Cer­tains sont célèbres, d’autres par­fai­te­ment incon­nus du grand public. Mais tous ont un point com­mun : ils fai­saient par­tie en 2007 du Pre­mier cercle, le club très select des grands dona­teurs de l’UMP, dont Media­part s’est pro­cu­ré l’annuaire …

    Edi­tée en juin 2007 au len­de­main de l’élection de Nico­las Sar­ko­zy, elle révèle tout d’abord la sur­re­pré­sen­ta­tion de la haute-finance, notam­ment des banques (Gold­man Sachs), des fonds d’investissements et des hedge-funds, en lien avec des para­dis fis­caux, dans les finan­ce­ments du pre­mier par­ti de France (en nombre d’adhérents).

    La part des “délo­ca­li­sés” du fisc fran­çais, ins­tal­lés en Suisse, en Bel­gique ou à Londres, saute éga­le­ment aux yeux.

    Cette liste dévoile aus­si une forme – à peine dégui­sée – de lob­bying de grandes entre­prises (fran­çaises ou étran­gères) et la pré­sence, dans les rangs du Pre­mier Cercle, de plu­sieurs per­son­na­li­tés étran­gères influentes (pour l’essentiel anglo-saxonnes) …

    Elle inter­roge ensuite sur les pos­sibles com­pro­mis­sions du pré­cé­dent gou­ver­ne­ment, quand il s’est mon­tré peu regar­dant avec cer­tains frau­deurs fis­caux, membres du Pre­mier Cercle. …

    Faire par­tie du Pre­mier Cercle offre de mutiples avan­tages, notam­ment celui d’a­voir un accès pri­vi­lé­gié à des res­pon­sables poli­tiques de pre­mier plan : le pré­sident de la Répu­blique, le Pre­mier ministre ou le ministre du bud­get qui, en 2007, était aus­si le tré­so­rier de l’UMP (Eric Woerth).

    Ce der­nier n’a d’ailleurs pas dit autre chose devant les poli­ciers qui l’ont inter­ro­gé en juillet 2010 dans le cadre de l’af­faire Bet­ten­court : « Je veille à ce qu’il y ait une recon­nais­sance poli­tique de cet enga­ge­ment finan­cier. Il existe donc des ren­contres pério­diques, plu­sieurs par an, réunis­sant les dona­teurs (…) autour de res­pon­sables poli­tiques. » …

    … pré­sence de per­son­na­li­tés plus ou moins atten­dues, comme Ernest-Antoine Seillière (Wen­del, ancien pré­sident du Medef), André Bet­ten­court (L’Oréal), Jean-René Four­tou (Viven­di), Fran­çois Pinault (groupe PPR), Robert et Ber­trand Peu­geot (Peu­geot), Serge Kampf (Cap­ge­mi­ni), Gérard Pélis­son (Accor) Robert Bour­gi (avo­cat de la Fran­ça­frique) …

    sur les 544 membres du Pre­mier Cercle recen­sés, plus du quart – 140 pré­ci­sé­ment, selon notre décompte – résident à l’étranger, pour l’essentiel dans des contrées où la fis­ca­li­té est plus douce qu’en France …

    Fait sur­pre­nant : plu­sieurs per­son­na­li­tés étran­gères ou ayant fait toute leur car­rière à l’é­tran­ger font par­tie des grands dona­teurs de l’UMP …

    Dans la liste, on tombe ain­si sur le Cana­dien Peter Munk, pré­sident du lea­der mon­dial de l’extraction d’or, Bar­rick Gold Cor­po­ra­tion. Mil­liar­daire, Peter Munk est un asso­cié et ami du mar­chand d’armes saou­dien Adnan Kha­shog­gi. Les acti­vi­tés minières de l’homme d’affaires cana­dien sont au cœur de plu­sieurs contro­verses …

    Au Pre­mier Cercle, en 2007, M. Munk côtoie notam­ment la famille Duroc-Dan­ner (cinq de ses membres en font par­tie…), éta­blie entre le Texas, Londres et la Suisse. Le patriarche, Ber­nard J. Duroc-Dan­ner, est le pdg du géant pétro­lier Wea­ther­ford, dont le chiffre d’affaires a atteint en 2011 les 13 mil­liards de dol­lars. Le Wall Street Jour­nal a rap­pe­lé à l’été 2011 que les impor­tantes infra­struc­tures de la mul­ti­na­tio­nale en Libye avaient été peu endom­ma­gées par la guerre, dont M. Sar­ko­zy fut l’un des fers de lance. M. Duroc-Dan­ner est éga­le­ment une connais­sance de Jean-Fran­çois Copé, l’actuel secré­taire géné­ral de l’UMP.

    Club déci­dé­ment sans fron­tière, le Pre­mier Cercle accueille aus­si en son sein le mil­liar­daire russe Leo­nard Bla­vat­nik — sa for­tune per­son­nelle est esti­mée par le maga­zine Forbes à 12 mil­liards de dol­lars. L’homme d’affaires basé à New York est à la tête d’un empire finan­cier, Access Indus­tries, qui a inves­ti dans des sec­teurs aus­si divers que le pétrole russe (TNK-BP) ou la musique …

    Les repré­sen­tants des pays anglo-saxons (Angle­terre et Etats-Unis) sont, de loin, les pre­miers bailleurs de fonds étran­gers. Aux Etats-Unis, le par­ti pro­fite, il est vrai, de solides réseaux d’influence grâce au clan Sarkozy.

    Le demi-frère de l’ancien chef de l’Etat, Pierre-Oli­vier Sar­ko­zy (ils ont le même père), était en 2007 et encore après un membre actif du Pre­mier Cercle outre-Atlan­tique. Ancien de l’Union des Banques suisses (UBS), Pierre-Oli­vier Sar­ko­zy a rejoint en mars 2008 le groupe Car­lyle, dont la figure de proue fut pen­dant des années l’ancien direc­teur adjoint de la CIA, Frank Car­luc­ci, un proche de Ronald Reagan.

    Le beau-père de Pierre-Oli­vier Sar­ko­zy, Frank G. Wis­ner, est lui aus­si membre du Pre­mier Cercle. Diplo­mate de renom — il fut ambas­sa­deur en Zam­bie, en Egypte, aux Phi­lip­pines et en Inde —, Franck G. Wis­ner est le fils de Franck Wis­ner, le créa­teur du ser­vice des opé­ra­tions clan­des­tines de la CIA … Après avoir quit­té les cou­loirs de la diplo­ma­tie amé­ri­caine, Franck Wis­ner fils a rejoint le grand cabi­net de lob­byistes Pat­ton & Boggs …

    L’o­pa du monde de la finance

    Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Sur les 544 membres du Pre­mier Cercle de juin 2007, 147 appar­tiennent au monde de la haute-finance. Soit, à nou­veau, un gros quart. Les plus grands ban­quiers de la place sont dans la liste : Charles de Crois­set (Gold­man Sachs), Michel David-Weill (Lazard), David de Roth­schild (Roth­schild), Nicho­las Clive-Worms (Banque Worms), Edouard de Ribes (Rivaud), Charles-Hen­ri Filip­pi (HSBC)…

    S’agissant de la dizaine de grands dona­teurs de l’UMP rési­dant en Suisse, une majo­ri­té sont ban­quiers : Hen­ri Dan­guy des Déserts (ancien de SG Pri­vate Bank), Jean-Fran­çois de Cler­mont Ton­nerre (banque Hot­tin­ger), Aime­ry Lan­glois-Meu­rinne (ancien de GBL et Meryll Linch), Chris­tophe Mazu­rier (banque Pasche) ou Marc Oden­dall (ancien de Meryll Linch et JP Morgan).

    Trois res­pon­sables de Leh­man Bro­thers, dont la faillite en sep­tembre 2008 a révé­lé des pra­tiques comp­tables plus que dou­teuses du géant ban­caire, figurent éga­le­ment dans l’annuaire du Pre­mier Cercle : Nico­las Pour­ce­let (mana­ging direc­tor), Alexandre Capez (head of struc­tu­red vola­ti­li­ty) et Benoît d’Angelin (co-direc­tor invest­ments Europe).

    Trois cadres de la banque d’investissements new-yor­kaise Can­tor Fitz­ge­rald, spé­cia­li­sée dans le cour­tage de bons du Tré­sor amé­ri­cain et liée à la Réserve fédé­rale de New York, ont finan­cé l’UMP : Alexandre Artus, Avi Bou­ha­da­na et Michael Hali­mi. Les trois ont élu domi­cile entre Londres et New-York.

    Les hedge funds, ces fonds spé­cu­la­tifs opaques et déré­gu­lés, sym­boles du « capi­ta­lisme de casi­no », sont eux aus­si bien repré­sen­tés par leurs diri­geants dans la liste des grands dona­teurs de l’UMP : Tala­ris Capi­tal, Concer­to Capi­tal Mana­ge­ment, Alpha­gen, Cen­tau­rus, Blacks­tone, Amber Capi­tal… La plu­part d’entre eux sont liés de très près aux para­dis fis­caux, ceux-là mêmes que Nico­las Sar­ko­zy dit avoir fait dis­pa­raître une fois élu — ils ne se sont en réa­li­té jamais aus­si bien por­tés …

    Autre membre du Pre­mier Cercle, l’homme d’affaires Eric Le Moyne de Seri­gny, ancien col­la­bo­ra­teur de l’ombre d’Eric Woerth au minis­tère du bud­get, avait quant à lui été qua­li­fié d’« ange du para­dis fis­cal » par le site Rue89, qui avait publié une enquête révé­lant, docu­ments à l’appui, l’implication de M. Seri­gny dans l’administration de socié­tés-écran au Pana­ma …

    Le cas le plus fla­grant est celui de la banque Gold­man Sachs … Pour ce qui concerne l’UMP, nous avons pu recen­ser pas moins de huit res­pon­sables de la banque dans la liste des membres du Pre­mier Cercle : Jean-Luc Bia­mon­ti (mana­ging direc­tor), Charles de Crois­set (vice-pré­sident Europe), Isa­belle Ealet (res­pon­sable mon­diale “com­mo­di­ties”), Laurent Dupey­ron (co-diri­geant de l’“european equi­ty”), Pierre-Hen­ri Fla­mand (direc­teur du “desk glo­bal”), Hugues Lepic (ban­quier asso­cié), Phi­lippe Khuong-Huu (chef du dépar­te­ment “glo­bal inter­est rates pro­ducts”) et le tra­der Carole Bet­tane …

    Autre cas d’école, celui du groupe Piz­zor­no, spé­cia­li­sé dans le trai­te­ment des déchets. La socié­té, basée à Dra­gui­gnan (Var), est impli­quée dans une affaire de cor­rup­tion pré­su­mée en Tuni­sie où elle a fait tra­vailler l’ancien ministre de la défense Fran­çois Léo­tard. L’annuaire du Pre­mier Cercle fait appa­raître qu’une grande par­tie du comi­té de direc­tion du groupe a rejoint le club des grands dona­teurs de l’UMP …

    Selon un ancien membre du Pre­mier Cercle, la ques­tion fis­cale est — avec les 35 heures — le pre­mier sujet de conver­sa­tions des membres du Pre­mier Cercle quand ils sont réunis par l’UMP, géné­ra­le­ment à l’hôtel Bris­tol (à deux pas de l’Elysée) ou au cercle Interallié.

    De fait, outre les “exi­lés” fis­caux et les repré­sen­tants d’institutions implan­tées dans les para­dis fis­caux, le Pre­mier Cercle compte en son sein plu­sieurs per­sonnes qui ont maille à par­tir avec l’administration au sujet de leurs impôts.

    …

    Dans la liste, cer­tains patro­nymes se mul­ti­plient comme des petits pains. La famille Guer­rand-Her­mès (groupe de luxe Her­mès), par exemple, se dis­tingue avec cinq repré­sen­tants. Le cas le plus frap­pant ? Qua­torze Mul­liez (Gérard, Thier­ry, Vian­ney, André, Arnaud, Marie, etc.), membres d’une des familles les plus riches de France, aux manettes de la hol­ding pro­prié­taire du groupe Auchan. Quant au Fran­co-liba­nais Jacques R. Saa­dé, pd‑g de la troi­sième com­pa­gnie de fret mari­time au monde (CMA-CGM), il a rejoint le Pre­mier cercle avec quatre de ses proches, dont son fils Rodolphe …

    Réponse
  67. Luc Guthrie

    Je n’ai pas une pen­sée tout à fait construite sur ce dont je vais vous par­ler, mais c’est la bon­té de l’a­go­ra que de per­mettre l’é­mer­gence de ce qui est « under construc­tion ». C’est, encore une fois, sur nos chers petits affreux. Nos chères familles de petits affreux.

    D’un point de vue psy­cho­lo­gique, l’af­freux, celui qui se cache der­rière des murailles de pou­voir faites de peur, d’or et argent, pour amas­ser des col­lines d’or et argent sur son domaine fami­lial (alors que IL SAIT que cela engendre la mort et l’im­mense mal­heur de mil­lions d’hu­mains) ne peut que se per­sua­der, à chaque ins­tant, de faire le « bien ».

    Mais comme chaque humain est habi­té par moult dyna­mismes émo­tion­nels et moult cou­rants de pen­sée qui coha­bitent dans la plus poly­morphe para­doxa­li­té, ces chers petits affreux, quelque part (tout comme l’en­fant qui vole les bon­bons d’an­ni­ver­saire dans le car­table de son cama­rade de classe) quelque chose lui dit, ou une part de lui pense, que par­ti­ci­per à la mort et au mal­heur de mil­lions d’hu­mains… ce n’est pas tout à fait « bien ».

    Or, il y en a plus d’un d’af­freux, et de familles d’af­freux. Il y en a quelques cen­taines dans ce quar­tier appe­lé Terre.
    Dans cette petite tri­bu appe­lée Humanité.
    Ils se connaissent. Ils se côtoient.

    Par­lons scien­ti­fi­que­ment : Il y a une don­née géné­rale et incon­tour­nable chez les voleurs de bon­bons d’an­ni­ver­saire dans les car­tables de ses cama­rades de classe qui est la sui­vante : ils portent en eux pro­fon­dé­ment (il s’a­git-là d’une nos­tal­gie indé­ra­ci­nable) le désir d’être un jour rame­nés à la réa­li­té de leur méfait, il existe en eux le désir :

    1. Que ceux à qui ils ont volé leur cadeau d’an­ni­ver­saire les regardent dans les yeux et leur parlent.

    2. Qu’il devienne de noto­rié­té publique qu’ils ont volé des bon­bons chez leurs cama­rades, que l’on sache depuis com­bien de temps ils font cela, à com­bien d’en­fants ils ont ren­du malheureux.

    3. Qu’une Loi sociale, une Loi Humaine, vienne leur rap­pe­ler ce qui doit et ne doit pas être fait. Ce qui est juste et n’est pas juste de faire.

    4. Que ce qu’ils ont fait, com­porte des consé­quences sur leur vie, sur leur hon­neur, et celui de leur famille.

    Et ce désir, trouve son ori­gine dans un fait tout aus­si scien­ti­fique : l’en­fant qui éprouve le besoin de voler les bon­bons d’an­ni­ver­saire dans les car­tables de ses cama­rades est fon­ciè­re­ment, irré­mé­dia­ble­ment, incon­tour­na­ble­ment… malheureux.

    Le mal­heur c’est de se sen­tir cou­pé des autres. Et le désir de sor­tir de ce sen­ti­ment est immanent.

    Il me semble que la mon­dia­li­sa­tion, c’est à dire la trans­for­ma­tion de la pla­nète en une grande tri­bu ou un grand quar­tier, amène la néces­si­té d’un réveil de conscience col­lec­tive par­ti­cu­liè­re­ment intense. C’est une ques­tion de sur­vie que de remettre de l’ordre dans le quar­tier, dans la tri­bu. C’est une ques­tion de sur­vie pour nous tous, mais il est aus­si ques­tion d’al­ler au secours des enfants voleurs de bon­bons d’an­ni­ver­saire. Qui ont gran­di, et qui désor­mais dressent des murailles de peur, d’or et d’argent autour d’eux, pour cumu­ler dans leur domaine fami­lial des mon­tagnes d’or et d’argent, et de plus en plus de pou­voir à tra­vers la mai­trise de la parole publique et à tra­vers la peur dis­til­lée un peu partout.

    Ils attendent avec une impa­tience infi­nie que le vil­lage entier (le vil­lage pla­né­taire qui est le leur) se réveille, qu’il les libère de leur mal­heur tout-puis­sant, de leur soli­tude maladive.

    Leurs méfaits nous appellent, ils appellent notre alliance, notre luci­di­té, et notre bienveillance.

    La famille pla­né­taire devrait se par­ler et se concer­ter, car il y en son sein des enfants de mal­heur qui ont pris tout pou­voir, et la mai­son est mena­cée par les flammes.

    il sait

    Réponse
  68. sitouaillain

    @ Alain, d’ac­cord avec toi, rien à redire..
    à part que le prin­cipe de la consti­tuante, ça com­mence déjà dans les sta­tut du FdG et dans ceux des par­tis qui le com­posent, il y a des pro­grès à faire et des luttes à mener, le blog de mélen­chon n’est pas le bon le lieu pour ça je crois, et son par­ti n’est pas le plus exem­plaire en matière de démo­cra­tie directe (euphé­misme)…

    @ Mor­phéus,

    tu dis :
    « JLM est un tri­bun, et les tri­buns, il faut s’en méfier. Dès sa défaite à l’an­nonce des résul­tats du pre­mier tour, il a tra­hi son élec­to­rat en appe­lant à voter Hol­lande. On voit bien tout le piège de l’é­lec­tion, et on voit bien qu’il a œuvré plei­ne­ment dans cette mas­ca­rade pré­ten­du­ment démocratique.

    L’es­sen­tiel de cette cam­pagne du Front des Gauche a été un posi­tion­ne­ment front contre front. En menant une tout autre cam­pagne, axée uni­que­ment sur la lutte contre l’o­li­gar­chie capi­ta­liste et les tra­hi­sons de la gauche pré­ten­du­ment socia­liste, sans s’oc­cu­per du FN, le FDG l’au­rait empor­té, et aurait même eut de bonnes chances d’ar­ri­ver au second tour. Mais le fait est que toute cette stra­té­gie front contre front a eut pour résul­tat de pous­ser les gens à voter au centre, ce qui fait TOUJOURS le jeu de l’UMPS »

    bien, tu peux prendre les gens du FdG pour des cons, mais pour beau­coup d’entre eux, ça fait des géné­ra­tions qu’ils se trans­mettent la méfiance du tri­bun, c’est même dans les paroles de l’in­ter­na­tio­nale, le chant des communards…

    le pro­blème c’est que toi tu confonds se méfier avec sys­té­ma­ti­que­ment déni­grer, mal­heu­reu­se­ment tu n’es pas seul, et donc on cherche, si on pré­sente un mec avec le cha­risme d’une patate, il fait un score insi­gni­fiant, si on pré­sente un bon orateur,etc., tous les pisses-vinaigres lui tombent dessus,

    info cru­ciale par ailleurs, per­sonne n’est par­fait, ça nous arrive à tous de nous empor­ter, sur­tout quand on est pas­sion­né, enfin, les gens comme toi ont tel­le­ment envie que ça ne change pas, que dès qu’il y a un peu d’en­thou­siasme, ils ruminent et déploient tré­sors de lâcher de fiel, avec les nou­velles tech­no­lo­gies, ça faci­lite le tra­vail et il reste une trace..continuez…

    bien enten­du, c’est donc un traitre en appe­lant à voter hol­lande, sauf que ce n’est pas un urlu­ber­lu par­lant en son nom, il y a des gens der­rière, et ils n’au­raient pas com­pris qu’il ne le fasse pas, et il l’a fait en expli­ci­tant ce qu’est une élec­tion, ses enjeux, et ce que signi­fie ne pas faire de choix, en l’oc­cur­rence, ça pro­fi­tait plus à l’ump qu’au Ps de ne pas voter, et n’en déplaise à tes repré­sen­ta­tions idéo­lo­giques, ce n’est pas tout à fait la même chose, et ce « pas tout à fait » a des consé­quences sur­tout pour les plus fra­giles, mais ça, tu t’en fiches. et, au pas­sage, nous sommes tous d’ac­cord avec toi « On voit bien tout le piège de l’é­lec­tion, et on voit bien qu’il a œuvré plei­ne­ment dans cette mas­ca­rade pré­ten­du­ment démo­cra­tique. » et il l’a même plu­tôt bien joué et en a plei­ne­ment conscience de cette « mas­ca­rade », le fait est qu’une ana­lyse des rap­ports de force place cette « mas­ca­rade » comme pas­sage obli­gé pour chan­ger de régime et conso­li­der des avan­cées démo­cra­tiques, et on voit d’ailleurs que res­pec­ter le form­lisme de la démo­cra­tie libé­rale ne suf­fit pas à se sous­traire aux forces enne­mies (cf coups d’é­tats récents en amé­rique latine), il faut pour défendre ses conquètes, un peuple conscient et actif (fond du dis­cours de la fête de l’hu­ma qui j’in­siste, ne parle pas de le pen, mais de « pour­quoi la révolution »)

    ensuite tu affirmes que la cam­pagne était uni­que­ment axée « front contre front », mal­heu­reu­se­ment c’est archi faux, ça prouve ton bas niveau de conscience poli­tique, tu te réfères à tes per­cep­tions via les médias et tu oublies que cette stra­té­gie n’a valu que pour la légis­la­tive d’hé­nin beau­mont, et j’ai mon opi­nion là-des­sus, mais la tienne est légi­time, elle s’est d’ailleurs expri­mée dans le FdG, ce n’est pas la stra­té­gie de mélen­chon lui-même d’ailleurs, enfin le pro­blème n’est pas là, c’est que tu te sai­sis de cela pour tout déni­grer, alors que les désac­cords, les erreurs, c’est inévi­table, la dif­fé­rence, quand on est dedans, c’est qu’on voit les ten­sions et les dis­cus­sions, qu’on fait l’ef­fort de main­te­nir la péren­ni­té du col­lec­tif et du sens de l’ac­tion, tan­dis que les gens comme toi, font tout pour détruire ce qui s’est construit très dif­fi­ci­le­ment, pour détour­ner les gens d’un moyen d’ac­tion qui a le mérite d’être atteignable,

    dire « seul le tirage au sort machin chose », je veux bien, dire « abs­ten­tion » d’ac­cord, mais mon­trez-mo vos armes, vos chars, vos mis­siles, met­tez-moi 10millions de gens déter­mi­nés dans la rue et faites-donc, et d’ailleurs, en quoi cela vous empêche de sou­te­nir aus­si d’autres chemins ?

    en tout cas, toute la cam­pagne a été menée sur « la lutte contre l’o­li­gar­chie capi­ta­liste et les tra­hi­sons de la gauche pré­ten­du­ment socia­liste », la lutte éco­lo­giste, démo­cra­tique, pour des valeurs posi­tives, la consti­tuante, et ACCESSOIREMENT contre l’an­ti­thèse de tout cela, l’ex­trême droite, déjà pré­sente au gou­ver­ne­ment d’a­lors et infil­trée jusque dans ta tête visi­ble­ment, puisque la ques­tion du FN était abor­dée sous l’angle du désen­fu­mage, avant tout sur le pro­gramme et sur la nature de ce mou­ve­ment, qui ne défend pas « les petits, les sans grades », et qui eux ont été sur le registre de la pol­lu­tion virale, effi­cace, il faut le recon­naitre vu que tu répètes leurs termes (« enfu­meur ») et relaie leurs discours…je serais toi, je me méfie­rais de moi-même plus que de mélen­chon, et je ferais gaffe à ce que je répands comme idées noires et démobilisatrice…

    nous n’a­vons pas besoin d’hé­si­tants per­ma­nents et de pisse-vinaigre ou d’a­do attar­dés inca­pables d’ac­cep­ter les désac­cords et les imper­fec­tions, nous avons besoin de gens conscients et lucides, actifs, enthou­siastes et capables de débor­der et de contour­ner les pro­blèmes pro­pre­ment par­ti­daires (encore que plu­sieurs orga membres du front ne répondent pas du tout aux pré­ju­gés véhi­cu­lés ici sur les par­tis), afin que ce front soit le front du peuple des enga­gés, du mou­ve­ment social,

    le front de gauche, c’est une pré­misse, un outil à habi­ter et à par­faire, et il a son sens, sa légi­ti­mi­té comme ins­tru­ment cultu­rel, d’é­du­ca­tion popu­laire, de soli­da­ri­té, de lutte et de conver­gence des luttes, pour leur don­ner une plus grande por­tée poli­tique et stratégique,

    en tout cas, moins nous serons à prê­cher le contraire, à prê­cher la néga­ti­vi­té, et plus ce sera vrai…et mélen­chon, je m’en fous, avec un peuple conscient, un tri­so­mique serait élu..on n’y est pas, faut faire avec !

    Réponse
  69. Morpheus

    @ sitouaillain

    Bof, tu sais, Mélen­chon et sa secte, hein …

    😉

    Mor­pheus

    Réponse
  70. iPommeco

    Pour tout vous dire, lorsque j’é­tais plus jeune, les vieux, c’é­tait tous les autres. Je ne com­pre­nais pas qu’ils ne com­prennent pas… Or, depuis quelque temps, j’ai l’im­pres­sion de ne plus com­prendre cer­taines choses. J’en suis donc logi­que­ment arri­vé à la conclu­sion que j’é­tais deve­nu vieux. D’ailleurs, j’ai éga­le­ment remar­qué que je gagnais régu­liè­re­ment au jeu des 1 000 francs (à moins que ce soit euros) de France Inter…

    Je suis vieux. Ça y est. Pour un éco­no­miste comme moi, deve­nir vieux, c’est comp­ter dans l’an­cienne mon­naie et gagner au jeu des 1 000 euros (ou francs, nous les vieux on confond tout)… Remar­quez, au train où vont les choses, le jeu des 1 000 euros devra sans doute rede­ve­nir le jeu des 1 000 francs… Mais c’est un autre sujet.

    Je ne vous cache pas qu’il y a d’autres indices qui me font pen­ser que je suis vieux. Les che­veux blancs, le mal de dos (sur­tout le mal de dos), et lorsque votre méde­cin com­mence à vous dire plus d’al­cool, plus de char­cu­te­rie, plus de fro­mage… Bref, me voi­là dans l’âge des « sans »…

    Non, l’im­por­tant n’est pas ma jeune vieillesse, mais la sor­tie de l’i­Phone 5 de chez la Pomme. Heu­reu­se­ment que la Pomme se dit Apple en anglais, car fran­che­ment, vous achè­te­riez un pro­duit ven­du sous la marque « Pomme » ? Ouhaaa trop génial ton der­nier i‑Pomme… C’est comme ache­ter un Big Mac. Un Big Mac, d’ac­cord, mais un « gros mac », tout de suite, c’est moins vendeur.

    Donc vous l’au­rez com­pris, en tant que jeune vieux, je ne com­prends pas l’en­goue­ment autour de l’iPhone 5.
    C’est un télé­phone qui, comme tous les télé­phones d’au­jourd’­hui, sert avant tout à tout… Sauf à téléphoner.

    Non, non, c’est bien les Smart­phones. Enfin, c’est bien, si on veut.

    Pour l’é­co­no­miste, l’i­Phone, c’est génial. C’est génial aus­si pour l’an­thro­po­logue, pour le psy­cho­logue, et pour toutes les pro­fes­sions en « ‑logues ».

    Cela per­met de com­prendre l’homme et la socié­té. Lorsque je vois des mil­liers de cré­tins – par­don pour vous lec­teurs pos­ses­seurs d’i‑Téléphone – faire la queue pour se pro­cu­rer cet appa­reil-là, main­te­nant tout de suite, je reste légè­re­ment dubitatif.

    Non, il est cer­tai­ne­ment très beau, très pra­tique, car­ré­ment génial, je veux bien vous croire, mais fran­che­ment, dor­mir sur un trot­toir, comme un SDF, pour être sûr d’a­voir son i‑machin le len­de­main, là, je ne com­prends pas.

    Encore, payer un pauvre pour faire la queue à sa place, je peux concep­tua­li­ser… (Non, en fait je peux pas non plus.)

    Pour­quoi vous dire tout ça ? Parce que tout cela doit nous inter­pel­ler sur l’é­tat de nos socié­tés occidentales.

    Les nou­velles tech­no­lo­gies plongent l’in­di­vi­du dans l’im­mé­dia­te­té. Rien de vrai­ment nou­veau. Sauf qu’In­ter­net date réel­le­ment de 1997 en France. L’ADSL, le haut débit, de 2005 à Paris ; avant, c’é­tait les modems verts ou bleus. Une véri­table tan­née. Le pre­mier i‑Pomme por­table ver­sion 1 arri­ve­ra en 2007 ! C’é­tait hier.
    Mais depuis, quel chan­ge­ment. Soyons hon­nêtes, l’i­Phone a ouvert la voie des Smart­phones et a contri­bué à chan­ger la société.

    Pas­sons sur la pra­ti­ci­té de tous les petits trucs que l’on peut faire avec. L’élé­ment essen­tiel, c’est que, désor­mais, nous vou­lons tout. Tout de suite. Immé­dia­te­ment. Lors­qu’une per­sonne est injoi­gnable, c’est l’in­com­pré­hen­sion et l’agacement.

    Je veux mon ban­quier en ligne main­te­nant. Je veux la réponse à ma ques­tion main­te­nant. Je veux être enten­du maintenant.

    Il n’y a plus qu’un temps. Celui du pré­sent. Le pas­sé est déjà trop loin. Le futur pas encore là. Non, ce qui compte c’est main­te­nant. Tout le reste est inutile.

    Or, cela est très dan­ge­reux. Se pro­je­ter dans le futur en s’ap­puyant sur le pas­sé, c’est-à-dire sur l’ex­pé­rience, est l’at­ti­tude qui a pu faire avan­cer l’humanité.

    Ne vivre que dans le pré­sent, c’est nier à l’homme ce qui fait son intel­li­gence. C’est nier le droit de pré­pa­rer le futur.

    Le mes­sage sub­li­mi­nal de la socié­té au sens large, c’est : « Ne vous pré­oc­cu­pez pas du futur. Ne regar­dez plus le pas­sé. Pour être de bons consom­ma­teurs, vous devez vivre uni­que­ment dans le présent. »

    Ras­su­rez-vous. Je ne suis pas en train de dire que les pos­ses­seurs d’i­Phone sont des décé­ré­brés. Encore une fois, l’i­Phone c’est super, et je ne tiens pas à être assailli d’oeufs pour­ris dès demain à mon réveil. Non, je dis juste que le type qui fait la queue toute une nuit dans le froid pour avoir son iPhone là, main­te­nant, tout de suite, lui, est tota­le­ment « cré­ti­ni­fié » et lobo­to­mi­sé à la publi­ci­té mas­sive. Nuance de taille.

    Nous ne levons plus la tête du gui­don. A l’ar­ri­vée, nous deve­nons col­lec­ti­ve­ment stupides.

    La réflexion demande du temps, de la matu­ra­tion, du vieillis­se­ment. Comme le bon vin, comme en toutes choses ou presque, le temps aus­si doit faire son œuvre.

    Le pro­grès tech­nique n’est pas for­cé­ment un pro­grès de « l’âme ».

    Pen­dant que notre capa­ci­té col­lec­tive d’in­tel­li­gence décline for­te­ment sous la pres­sion de l’im­mé­dia­te­té et du seul pré­sent, nous en oublions com­ment sont pro­duits les i‑Pommes et tout le reste d’ailleurs.

    Mieux vaut être esclave de son iPhone, qu’es­clave dans une usine chinoise.

    La socié­té Fox­conn a été obli­gée de fer­mer une usine en Chine après une bagarre ou une émeute (on ne sait pas très bien) impli­quant 2 000 ouvriers dans un dor­toir la nuit dernière.

    Bilan, 5 000 poli­ciers néces­saires pour rame­ner le calme et qua­rante per­sonnes blessées.

    Pour infor­ma­tion, le géant chi­nois Fox­conn emploie envi­ron un mil­lion de tra­vailleurs dans le pays.

    En Chine, l’entreprise est accu­sée de mau­vaises condi­tions de tra­vail et de mau­vais traitements.

    Mais l’im­por­tant, l’es­sen­tiel, c’est que l’on puisse faire la queue pour ache­ter un i‑Pomme 5.0 en cam­pant dehors sur un trot­toir… De quoi envier le dor­toir des chinois.

    Réponse
  71. Morpheus

    Il faut bien trou­ver de quoi tuer le temps en atten­dant l’i-pomme 6.0, cette révo­lu­tion élec­tro­nique qui va chan­ger le monde à tout jamais …

    Non ?

    😉

    Mor­pheus

    Réponse
  72. Florence

    « Princes enten­dez bien !

    Vous êtes solitaires…

    Le grain qui se refait à la même terre est dam­né, puis il dégénère…

    Vous condam­nez toutes guerres, sauf la vôtre, que vous dites juste !

    Ceci est l’im­monde chose du sol­dat, guer­royer pour les grands d’é­glise et les princes d’en-bas…

    Les nou­velles Répu­bliques et les nou­veaux parterres…

    La troupe est peut-être déjà dans vos cuisines…

    Princes des fausses Républiques…

    Vous dites liber­té quand la vôtre seule se dore au soleil…

    Vous dites patrie pour sau­ver vos écus…

    Vous dites nation pour jus­ti­fier la que­relle d’un petit nombre et la bombe d’un hystérique…

    Le bour­don­ne­ment des colères humaines…

    Ne dites plus : ceci est la paix, car nous sommes les garants du monde… »

    http://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​i​_​1​q​e​G​H​k​4sY

    http://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​M​c​q​7​Z​4​Y​N​O​w​k​&​f​e​a​t​u​r​e​=​p​l​a​y​e​r​_​e​m​b​e​d​ded

    Je me suis trom­pée de lien pré­cé­dem­ment. Quelle que soit la per­ti­nence de mon inter­ven­tion que d’au­cun juge­ra, d’au­tant que je ne suis pas le fil des com­men­taires, je cor­rige et enfonce le clou ce jour. Le texte de Glen­mor que je sou­hai­tais mettre en ligne (et je me suis trom­pée d’a­dresse) est poli­tique, sans être régio­na­liste, si la ques­tion fut évi­dem­ment au cœur de la parole du Bre­ton (Polac, fidèle à lui-même, choi­sit cet angle polé­mique où le « barde » jouait le jeu du défi).

    Un fils de pié­ti­né cultu­rel (pour reprendre son image), au par­cours sco­laire clas­sique, jette un regard acé­ré sur la France, et les pou­voirs. Il peut avoir avoir sa place dans le débat sur la SOUVERAINETÉ – popu­laire, non ? en démo­cra­tie ?, rame­née trop sou­vent à l’é­chelle natio­nale fran­çaise, qui a pu (et encore ! voyons l’His­toire – quels sacri­fiés ? et pour­quoi une sou­ve­rai­ne­té popu­laire devrait-elle engen­drer des sacri­fiés d’ailleurs ?) faire ses preuves… tan­dis que cer­tains jouent sur la carte patrio­tique, que je peux sor­tir à l’oc­ca­sion, Bre­tonne éle­vée que je suis dans un sens de la « gran­deur » – sens trop sou­vent confon­du avec celui du bon, ou du bien, cal­qué à la suite sur un ter­ri­toire aux dimen­sions élar­gies et à élar­gir, aux pro­jets plus ou moins méga­lo­manes (et l’Eu­rope, saut quan­ti­ta­tif du même refrain, avec des guerres qui ne concernent que les puis­sants ? ou plus exac­te­ment qui arrangent tel­le­ment les affaires des puissants ?).

    Avec le deuxième volet de la décla­ma­tion de Glen­mor, chan­ger ÉGLISE par FINANCE (et par ASSURANCES, assu­ran­ce­tou­rix !) ne réac­tua­lise-t-il pas défi­ni­ti­ve­ment son propos ?

    Si Glen­mor peut tou­cher d’autres que moi… four­bir son éner­gie ! Et le chant de com­bat bre­ton qu’il a créé est à mes yeux incroyable (je l’ai décou­vert récem­ment). Sa pia­niste et chan­teuse éga­le­ment : d’où l’en­re­gis­tre­ment chez Polac, pré­cé­dem­ment envoyé (en plus d’une contex­tua­li­sa­tion, qui n’est pas sans faire autre coup de pied à ce qui me semble le « temps » de mon­sieur Asse­li­neau, per­sonne dont je peux aus­si appré­cier les ana­lyses, lors­qu’elle ne versent pas dans l’i­déo­lo­gie poli­tique – à tou­jours repérer).

    Un peu de langue bre­tonne au pas­sage ! Bar­ba­rie ! Que l’État fran­çais ne sou­tienne pas l’ap­pren­tis­sage des langues régio­nales, et oblige les écoles qui veulent per­mettre la sur­vie de sin­gu­la­ri­tés (par l’un de ses vec­teurs pre­miers) à des pour­suites de fonds érein­tantes et fina­le­ment réser­vées à ceux qui le peuvent ou sont mili­tants, est tout aus­si incroyable… La Consti­tu­tion natio­nale : une fois encore balayée ? Et la récu­pé­ra­tion poli­tique des plaies : lais­sée vacante à toutes les instrumentalisations ?

    Tant de conflits pour si peu de bienfaits.

    Réponse
  73. Ana Sailland

    Le jeu de sub­sti­tu­tion est inté­res­sant qui en effet trans­mute la colère locale d’un temps et d’un espace en quelque chose de plus vaste :

    « L’Église a tout à gagner par le main­tien constant de l’ordre et nous sommes les seuls, aujourd’­hui, à même de le garan­tir. Ain­si donc le Pré­sident compte sur les bons conseils d’un cler­gé respectueux. »

    Donne :

    « La finance a tout à gagner par le main­tien constant de l’ordre et nous sommes les seuls, aujourd’­hui, à même de le garan­tir. Ain­si donc le Pré­sident compte sur les bons conseils d’un club d’in­ves­tis­seurs respectueux. »

    Je ne sais pas, faute de contexte, si ce « nous sommes les seuls, aujourd’­hui, à même de le garan­tir » cor­res­pond à ce qui me hurle dou­leur que pour résis­ter à l’an­cou le peuple est con_damné à col­la­bo­rer à l’argent.

    De toute façon Flo­rence, mer­ci pour cet auteur magni­fique que je ne connais­sais pas.

    « Coup de pot », mon ADSL est très lent sou­vent et j’ai donc cher­ché le texte. En voi­ci le lien :
    http://​www​.glen​mor​.net/​k​a​n​a​o​u​e​n​n​.​p​h​p​?​n​i​v​e​r​_​c​d​=​G​A​D​0​0​3​&​n​i​v​e​r​=10
    avec hélas une mau­vaise mise en page (celui qui a géré les retours char­riot n’est pas poète et ça se voit 😉 )

    Tout ça me fait pen­ser (pas de juge­ment mais sou­rire) qu’As­se­li­neau nie toute source natu­relle à la cohé­sion euro­péenne mais pré­sente les attaques indé­pen­dan­tistes contre l’u­ni­té natio­nale comme de basses manœuvres éven­tuel­le­ment télé­gui­dées. Il semble oublier les enfants punis dans les cours d’é­cole lors­qu’ils par­laient leur langue. Et que les Savoie furent annexées (par plé­bis­cite tru­qué) après l’Al­gé­rie. NB : Je ne tiens pas là un dis­cours mili­tant mais un dis­cours proche de l’entomologie 😉 …

    Ain­si donc de Dous­sard à Loc­mi­né un pas suf­fi­sait, « avec de la maillette des­sous nos souliers »

    Réponse
  74. Luc Guthrie

    NOS PAUVRES PETITS AFFREUX

    Der­niè­re­ment j’ai com­men­cé à dres­ser le pro­fil psy­cho­lo­gique de nos chers petits affreux, des 1% comme disent « les indignés ».

    J’a­vais dit « Sans com­prendre le pro­fil psy­cho­lo­gique de ces per­sonnes-là, de ces « 250 familles » comme j’aime bien les appe­ler, je ne vois pas com­ment quoi que ce soit pour­rait changer.

    Hier j’a­bon­dais dans ce sens : « La famille pla­né­taire devrait se par­ler et se concer­ter, car il y en son sein des enfants de mal­heur qui ont pris tout pou­voir, et la mai­son est mena­cée par les flammes. »

    Il me venait aujourd’­hui une phrase du Tao-Te-King : « Lorsque deux adver­saires s’af­frontent, celui qui est com­pa­tis­sant rem­porte cer­tai­ne­ment la vic­toire ».

    La com-pas­sion est peu com-prise.

    Com-patire c’est en réa­li­té « sen­tir avec » dans un sens pré­cis : avoir une intel­li­gence suf­fi­sam­ment aigüe et déten­due pour per­ce­voir les enjeux qui meuvent l’autre sans que cela vienne trop me sub­mer­ger ni dans l’af­fect ni dans le refus. C’est à ce prix que la vic­toire est possible.

    Tant que nos pauvres petits affreux, nos pauvres enfants du mal­heur, nos ultra-riches, auront le pou­voir de sus­ci­ter de la haine… hélas, ils auront le pouvoir !!!

    Je le dirai comme je le pense : c’est seule­ment l’é­veil d’une intel­li­gence col­lec­tive qui les com-prenne vrai­ment, dans leur misère psy­cho­lo­gique (une intel­li­gence plus aigüe et plus déten­due que leur pauvre pathos) qui pour­ra démon­ter l’é­cha­fau­dage de mal­heur plan­té sur la pla­nète : nos pauvres petits affreux aux manettes sont une par­tie de nous-mêmes, le reflet et le symp­tôme de notre imma­tu­ri­té collective.

    Réponse
  75. Alain Guillou

    @Sitouaillin …

    le bon lieu pour dis­cu­ter du « Pro­ces­sus Consti­tuant », il sera fata­le­ment un jour sur le blog de Jean-luc mélen­chon, ca s’il « appar­tient » à ce

    « tri­bun » pro­vi­den­tiel, il est aus­si une plaque tour­nante trans-par­ti­daire, un lieu bien sûr bien « pilo­té », mais tout de même, où le WM quand il doit « bot­ter en touche », n’hé­site pas à ren­voyer vers « le blog d’Étienne »…Je dis « fata­le­ment, car les nonistes, qu’ils aiment cela ou non, vont fata­le­ment deve­nir beau­coup plus « nonistes » face au capi­ta­lisme contraint de bais­ser son masque »libéral«…la manif de Bar­ce­lone est « noniste »…celle du 30 sep­tembre à la Nation le sera…Et elle sera répri­mée sans « libé­ra­lisme  » aucun…je le redoute en tous cas.

    Ami­ca­le­ment

    Réponse
  76. Ana Sailland

    @Luc

    Mer­ci trois fois

    S’ils n’é­taient pas là nous serions à leur place.
    Nous devons donc aller vers eux sans les chas­ser ni prendre leur place
    qu’ils puissent venir vers nous sans la peur de notre haine
    qu’ils puissent sen­tir la dou­leur de ceux que nous défen­dons, la par­ta­ger,
    au point de ne la plus supporter.

    .

    Mais c’est quand même vache­ment opti­miste !!!!
    (je le suis)

    Réponse
  77. sitouaillain

    @ Luc guthrie

    connais tu le tra­vail en socio­lo­gie des Pin­son-Char­lot sur la grande bour­geoi­sie ? excellent pour deve­nir com­pa­tis­sant ! enfin en res­tant révo­lu­tion­naires (http://​www​.poli​tis​.fr/​L​e​s​-​P​i​n​c​o​n​-​C​h​a​r​l​o​t​-​L​a​-​g​u​e​r​r​e​-​d​e​s​,​1​5​2​6​3​.​h​tml)

    « nos pauvres petits affreux aux manettes sont une par­tie de nous-mêmes, le reflet et le symp­tôme de notre imma­tu­ri­té collective. »

    99% d’in­no­cents… j’y crois pas non plus

    Réponse
  78. Gorka

    Encore un énarque qui veut diri­ger le pays cela devient une maladie !

    D’au­tant que les pseu­dos ana­lyses fan­to­chardes de ce per­son­nage suf­fi­sant sont pour le moins arran­gées à sa sauce per­son­nelle de poli­ti­card arri­viste et revanchard.

    Quant à sa posi­tion sur le tirage au sort, elle est bien triste mais cepen­dant com­pré­hen­sible, sinon son fond de com­merce ne pour­rait survivre.

    Réponse
  79. Morpheus

    @ Gor­ka

    Fran­çois Asse­li­neau est effec­ti­ve­ment un énarque, et il veut le pou­voir, c’est exact. Et il ne semble pas prêt à par­ta­ger ce pou­voir avec le peuple, sans doute parce qu’il nous juge « imma­tures » et « incompétents ».

    Cela étant dit, son ambi­tion n’en­lève rien à la per­ti­nence et à la néces­si­té de ses ana­lyses, qui sont loin d’être « fan­to­chardes ». Il dit des choses exactes notam­ment sur les liens étroits entre Washing­ton et la créa­tion de l’UE. Ces faits sont étayés his­to­ri­que­ment et il n’est pas dif­fi­cile de le véri­fier en croi­sant les infor­ma­tions de dif­fé­rentes sources.

    Comme toute per­sonne ayant l’am­bi­tion de prendre le pou­voir, nous devons nous en méfier, mais pour autant, tout ce qu’il dit n’est pas à reje­ter. Nous pou­vons faire preuve de dis­cer­ne­ment et sépa­rer le bon grain de l’ivraie. Y com­pris dans le chef d’un individu.

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  80. sitouaillain

    @ mor­pheus

    « Bof, tu sais, Mélen­chon et sa secte, hein … »

    et c’est la secte (ou plu­tôt les 7 sectes et sym­pa­thi­sants) qui a fait le pro­gramme et choi­si le gourou-porte-parole…

    « Par exemple, bien qu’une « réforme moné­taire » ne soit pas une fin en soi selon le Mou­ve­ment, nous recon­nais­sons l’intérêt d’une telle approche légis­la­tive dans le contexte de la tran­si­tion et du temps néces­saire à sa mise en œuvre. »

    ils sont moins sec­taires que toi chez Zeit­geist fran­co­phone, mais pas trop por­tés « révo­lu­tion citoyenne » : 
    « l’objectif défi­ni ici est la mise en place d’un nou­veau modèle socio-éco­no­mique basé sur la ges­tion tech­nique et res­pon­sable des res­sources, leur allo­ca­tion et leur dis­tri­bu­tion selon ce qu’on pour­rait appe­ler « la méthode scien­ti­fique » pour ana­ly­ser les pro­blèmes et trou­ver des solu­tions opti­mi­sées.[…] le point de vue sou­te­nu est qu’en uti­li­sant des études socio­lo­giques ciblées et des connais­sances véri­fiées par la science et la tech­no­lo­gie, nous sommes désor­mais capables d’arriver logi­que­ment à une orga­ni­sa­tion socié­tale qui serait net­te­ment plus apte à répondre aux besoins de la popu­la­tion humaine. », clas­sique lan­gage « expert », curieu­se­ment silen­cieux sur le qui met en place et qui décide…

    ça va de soi pour eux on dirait (http://​mou​ve​ment​-zeit​geist​.fr/),

    à moins qu’on en nous réserve a sur­prise au « forum inter­na­tio­nal de l’é­vo­lu­tion de la conscience » (sic) ce 13 octobre à Paris (http://​mou​ve​ment​-zeit​geist​.fr/​a​g​i​r​/​e​n​-​r​e​g​i​o​n​/​o​u​t​i​l​s​/​a​g​e​n​d​a​/​i​c​a​l​r​e​p​e​a​t​.​d​e​t​a​i​l​/​2​0​1​2​/​1​0​/​1​3​/​7​8​8​/​155|144|116|90/paris-1er-forum-international-de-l-evolution-de-la-conscience),

    pas besoin : tout est expli­qué là, dans le mind­map (carte men­tale) de l’ac­ti­viste : http://​www​.mou​ve​ment​-zeit​geist​.fr/​f​t​p​m​e​d​i​a​s​/​p​d​f​_​m​z​/​M​I​N​D​M​A​P​_​T​Z​M​.​pdf

    et on trouve d’in­té­res­sants pas­sages dans le FAQ, du genre « nous consta­tons aus­si la pos­si­bi­li­té de nous gué­rir, en quelque sorte, du mal cau­sé par la civi­li­sa­tion actuelle à notre psy­chisme. Nous nous enga­geons à enta­mer une démarche per­son­nelle d’in­tros­pec­tion et d’ob­ser­va­tion rigou­reuse de notre propre fonc­tion­ne­ment intime. Nous aspi­rons tous sin­cè­re­ment à nous libé­rer pro­gres­si­ve­ment des ten­dances qui nuisent à la fra­ter­ni­té humaine, à l’a­mour de notre pro­chain, au par­tage et au don de soi, etc. En somme, nous sou­hai­tons faire nôtres les qua­li­tés qui contri­buent à pro­duire des rap­ports sociaux plus construc­tifs et épa­nouis­sants. Paral­lè­le­ment à cette démarche per­son­nelle, nous encou­ra­geons vive­ment et ouver­te­ment nos frères et sœurs humains à adop­ter une atti­tude simi­laire. »

    et un petit pas­sage anti­com­plo­tiste que j’ai savou­ré et approu­vé, ain­si qu’un scoop, il y a eu scis­sion entre le mou­ve­ment zeit­geist et le Pro­jet Venus… ten­sions entre leaders…

    si je n’é­tais pas aus­si méfiant et anti­to­ta­li­taire de nature, tout cela m’au­rais l’air sym­pa­thique, mais il y a quelque chose qui cloche pour­tant, comme l’ombre d’un doute…

    en tout cas, ils sont très pro dans la maî­trise de leur com, ce n’est pas facile de trou­ver de la lit­té­ra­ture sur ce mouvement…
    excep­tion, cette vidéo trou­vée après trois pages google (bran­chée com­plo­tiste NWO mais qui a le mérite d’exis­ter): http://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​i​7​d​S​T​z​J​j​el4

    sinon sur wiki­pe­dia on apprend que jacque Fres­co a tout le pro­fil (s’il est sin­cère) du repen­ti : consul­tant en desi­gn pour Rotor Craft Heli­cop­ter Com­pa­ny, vache­ment éco­lo, employé à l’u­ni­té mili­taire de desi­gn et déve­lop­pe­ment de la base de Wright-Pat­ter­son, à Wright Field Day­ton, Ohio, vache­ment louche pour un antimilitariste,consultant et conseiller tech­nique à l’in­dus­trie ciné­ma­to­gra­phique, sans com­men­taire, patron de la Revell Plas­tics Com­pa­ny, anti­ca­pi­ta­liste en sus d’être écolo,recherche et déve­lop­pe­ment aéro­spa­tial, desi­gn automobile…et un fils qui tra­vailla pour l’ar­mée et se conver­tit à la reli­gion sikh en Alle­magne (sans doute pour rat­tra­per une édu­ca­tion antiim­pé­ria­liste ratée…)

    un petit jeune a fait une revue de ce qui cir­cule dans les milieux anti­fa et les milieux conspi sur ce mou­ve­ment : http://​reli​gion​cons​pi​ra​tion​.forum​gra​tuit​.org/​t​1​1​5​-​l​e​-​m​o​u​v​e​m​e​n​t​-​z​e​i​t​g​e​ist, on y parle d’une cer­taine géral­dine Feuillien Géral­dine « ini­tia­trice de l’appel à un ban­krun, se révèle être une par­ti­sane de la peine de mort pour les « petits traf­fi­quants » (sic). Admi­ra­trice de Marine Le Pen, et proche du grou­pus­cule Zeit­geist dif­fu­sant un glou­bi-boul­ga conspi­ra­tion­niste et tech­nos­cien­tiste » (CQFD ne site pas ses sources, mais j’ai véri­fié sur le blog de la demoi­selle, c’est gra­ti­né effec­ti­ve­ment… mais rien qui à mon sens n’in­cri­mine zeit­geist, puisque qu’il est tout natu­rel que ce truc attire des gens en état de confu­sion idéologique…)

    mais d’autres ont des pos­tures plus rai­son­nables dans l’a­na­lyse : http://​monde​-en​-eveil​.foru​mac​tif​.org/​t​2​1​5​5​-​l​e​-​m​o​u​v​e​m​e​n​t​-​z​e​i​t​g​e​i​s​t​-​e​s​t​-​u​n​e​-​s​e​c​t​e​-​p​a​s​-​s​i​-​v​ite

    au final, rien de bien méchant et en plein dans l’ère du temps… bref, un in-secte !

    « secte et gou­rou » dans mon idée, ça désigne plus l’at­ti­tude des adeptes… il faut admettre la ten­sion entre la recherche par un groupe d’at­teindre une « masse cri­tique » et le niveau d’es­prit cri­tique et d’au­to­no­mie qui n’est mal­heu­reu­se­ment pas néces­sai­re­ment pro­por­tion­nel à cette masse…

    Réponse
  81. Morpheus

    Amu­sant. Sauf que cela fait plus d’un an que je ne suis plus membre du MZ, et que je n’y ait été que trois mois.

    En outre, le MZ n’est cer­tai­ne­ment pas une secte (pas plus que le PV), ils n’en ont ni les moyens, ni les méthodes, ni les struc­tures, ni sur­tout les capa­ci­tés. Et cela je peux l’af­fir­mer, parce que pré­ci­sé­ment j’ai été au MZ, je l’ai vécu de l’in­té­rieur. Et j’en suis repar­ti comme je suis ren­tré : sans invi­ta­tion ni contrainte.

    Tu ne sais pas ce qu’est une secte. Tu ne sais pas com­ment l’on pro­cède au sein d’une secte ni quels en sont les res­sorts. Tu ne connais des sectes que les idées pré­con­çues que le sys­tème véhi­cule lar­ge­ment afin de pou­voir stig­ma­ti­ser et dis­cré­di­ter tous ceux qui choi­sissent de pen­ser dif­fé­rem­ment. Tu parles et tu agis en par­fait agent du sys­tème. Tu le défends très bien.

    Ton esprit est en sur­charge, trop plein d’i­dées toutes faites, de juge­ments, de croyances et de peurs. Tu est comme un réci­pient qui déborde : trop plein.

    Tes juge­ments sont sans valeur. J’ai vu ce qu’é­tait le MZ de l’in­té­rieur, et je sais aus­si ce qu’est le PV de l’in­té­rieur, et j’ai acquis la cer­ti­tude qu’il ne s’a­git pas de mou­ve­ments sec­taires (parce que figure-toi qu’il n’y a pas que toi qui soit méfiant ; seule­ment pour savoir, il faut aller voir sur le ter­rain – ce que j’ai fait).

    Les gens qui sont dans ces mou­ve­ments sont comme nous tous ici : ils ont les mêmes besoins de chan­ge­ment et d’un autre monde, ils ont la même volon­té de par­ti­ci­per au chan­ge­ment, ils cherchent sin­cè­re­ment des solu­tions et des alter­na­tives, ils ont les mêmes qua­li­tés et défauts que cha­cun de nous, ils ont des peurs et des espoirs. Et ils ont gar­dé leur esprit cri­tique. Ni plus ni moins.

    Ce ne sont pas des gens déses­pé­rés, fra­gi­li­sés, à qui ont raconte des bobards pour les séduire comme on peut le faire dans un mou­ve­ment sectaire.

    Et toi, tu viens là, avec tes peurs et tes juge­ments, et tu jettes l’op­probre et l’a­na­thème sur des hommes et des femmes qui ne sont pas dif­fé­rents de toi ou de moi. Tu te crois plus malin qu’eux ? Plus futé ? Plus intel­li­gent ? Plus sage ? Plus avi­sé ? Pour qui te prends-tu à les juger sans savoir ?

    Reprends donc une pilule bleue. Tu fera de jolis rêves et tu pour­ras croire tout ce que tu veux.

    Mor­pheus

    Réponse
  82. Morpheus

    Ah oui, à pro­pos de la scis­sion ente le PV et le MZ, si j’é­tais à ta place, je la bou­cle­rais, parce que je l’ai vécue en direct, et je sais très exac­te­ment de quoi il retourne, quelles en sont les causes et les rai­sons, les tenants et les aboutissants.

    Mais si tu veux, te prive pas : brode tout ce que tu veux si ça t’a­muse. Fais-toi plaisir.

    Mor­pheus

    Réponse
  83. J.C

    Le pro­jet Vénus ne peut pas être une secte.
    Jacques Fres­co dit lui même dans son entre­tien avec Lar­ry King qu’il est finan­cé par diverses agences du gou­ver­ne­ment fédé­ral et des fon­da­tions privées.

    C’est tout ce qu’il y a de plus officiel.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  84. Ana Sailland

    Et il dit ailleurs qu’il manque de fonds.
    Une cer­taine gourmandise ?

    Mais je ne veux pas polémiquer :

    Un sujet autre­ment majeur a été abor­dé plus haut :

    Selon Casi­mir, la recette du glou­bi-boul­ga est la suivante1 :

    Mélan­ger dans un saladier :

       de la confiture de fraises,
       du chocolat rapé,
       de la banane écrasée,
       de la moutarde très forte,
       de la saucisse de Toulouse « crue mais tiède ».

    Selon son humeur, Casi­mir ajoute par­fois à ces cinq ingré­dients majeurs un autre ingré­dient (crème chan­tilly, anchois…).

    Bonne jour­née quand même 🙂

    Réponse
  85. sitouaillain

    @ Mor­phéus,

    je ne fai­sais que te pro­vo­quer pour que tu te rendes compte que tu n’ap­pliques pas les prin­cipes que tu prônes vis-à-vis du FdG, de Mélen­chon, de ceux qui l’ont pré­cé­dé et de tous les mili­tants du mou­ve­ment social et des par­tis de la gauche radi­cale. et sur­tout, tu n’ap­pliques pas les prin­cipes du MZ sur la Méthode Scien­ti­fique, pour­quoi alors n’au­rais-je pas droit de m’a­mu­ser avec des insi­nua­tions, des on-dit, des rap­pro­che­ments, etc.?

    le fait que tu t’at­taques à ma per­sonne m’im­porte peu, tu ne me connais pas, c’est juste dom­mage que tu ne cherches pas à com­prendre ce que je dis, puisque tu t’es fait une image repous­soir qui te per­met de tra­ves­tir le propos.

    jus­te­ment, au vu de ce que j’ai lu sur leur site, il n’y a aucune incom­pa­ti­bi­li­té entre adhé­rer aux idées du MZ (si tant est qu’on n’ac­cepte que le pro­jet n’est qu’une sug­ges­tion et que c’est au peuple de déci­der) et sou­te­nir le FdG, et c’est jus­te­ment une cer­taine idée de la démo­cra­tie et de la révo­lu­tion qui per­met de coha­bi­ter dans un même mou­ve­ment, où il y a des com­mu­nistes un tant soit peu scien­tistes et des décrois­sants, ça fait des débats hou­leux, mais ceux qui sont dedans, par­tagent les mêmes luttes sur la plu­part des sujets et savent per­ti­nem­ment que les désac­cords de fond sur tel ou tel point ne consti­tuent pas un motif de sépa­ra­tion, car la divi­sion est ce qui nour­rit la force de l’adversaire.
    Les cadres démo­cra­tiques une fois soli­de­ment ins­tal­lés, il sera temps de se dis­pu­ter sur les orien­ta­tions à prendre, tout en se défen­dant ensemble des attaques de l’ad­ver­saire. mal­heu­reu­se­ment, tout le monde n’a pas cette vision…le rou­leau-com­pres­seur néo­li­bé­ral conti­nue son oeuvre…

    mais plus per­son­nel­le­ment, je m’in­ter­roge sur ce qui te pousse à être aus­si intran­si­geant sur ce pauvre méluche et si com­pré­hen­sif vis-à-vis d’Asselineau…mystère…mais, je vou­drais savoir, au-delà de qui pour toi a les plus grosses cas­se­roles et les amis les moins fré­quen­tables, rien que sur les idées et sur la nature des mou­ve­ments qui les portent, entre « l’hu­main d’a­bord » et le pro­gramme de l’U­PR, lequel est le moins pire pour toi, et entre mélen­chon et Asse­li­neau, qui ferait le moins mau­vais des pré­si­dents ? et qui a le plus de chances de le devenir ?

    si tu ne bottes pas en touche, en disant ni l’un ni l’autre, et que tu motives ton choix, en appli­quant aux deux les prin­cipes que tu vou­drais que j’eusse appli­qués au MZ, nous pour­rions avoir des échanges construc­tifs, après tout, nous avons plus de convic­tions en com­mun qu’autre chose, non ?

    Réponse
  86. Une monnaie pour l'emploi

    L’hu­main d’abord :

    Le pro­gramme de l’U­nion Popu­laire Répu­bli­caine :

    — la sor­tie urgente de l’euro,
    — la réat­tri­bu­tion à la Banque de France de son rôle nor­mal de finan­ce­ment de l’État et des col­lec­ti­vi­tés locales,
    — la réap­pro­pria­tion par la France de son droit inalié­nable à défendre elle-même ses propres inté­rêts à l’Organisation Mon­diale du Commerce(OMC),
    — le réta­blis­se­ment effec­tif du contrôle des flux de capi­taux, de mar­chan­dises, de ser­vices et de personnes,
    — la rena­tio­na­li­sa­tion de notre poli­tique étran­gère, accom­pa­gnée d’une sor­tie de l’OTAN et du retrait de nos troupes enga­gées dans des guerres juri­di­que­ment illé­gales, mora­le­ment hon­teuses, et très meurtrières, 
    — la sor­tie au plus vite de l’Union euro­péenne car toutes les mesures pré­cé­dentes, vitales pour redres­ser la France, sont toutes contraires aux trai­tés euro­péens. Cette sor­tie est par­fai­te­ment pos­sible : l’article 50 du trai­té sur l’UE l’a prévue, 
    — le lan­ce­ment d’un grand pro­gramme de construc­tion de loge­ments sociaux.

    Réponse
  87. Catherine B

    Le meilleur par­ti serait celui qui pré­ser­ve­rait l’au­to­no­mie indi­vi­duelle sans exclure le monde.

    L’at­ti­tude juste serait celle de s’a­ban­don­ner sans deve­nir la proie de quoique ce soit.

    ça veut donc dire que le par­fait n’existe pas, mais qu’il y a mieux que le par­fait, le par­fait en tant qu’ « intou­chable, indi­cible, in-tout ce que l’on veut » et c’est la vie tout sim­ple­ment qui dans ses erre­ments nous pousse à vou­loir retrou­ver l’é­toile du par­fait sans jamais y arri­ver heu­reu­se­ment, mais tou­jours avec le désir che­villé au corps de tou­cher cette étoile et ça c’est le moteur, ce désir-là, ce manque-là, vous ne trou­vez pas???

    Réponse
  88. Ana Sailland

    Qu’y a‑t-il d’autre que le der­nier point en ce qui concerne la poli­tique intérieure ?

    Réponse
  89. Morpheus

    @ Sitouaillain

    Je suis aus­si méfiant vis-à-vis de Asse­li­neau que de Mélenchon. 
    Je fais tou­te­fois la dif­fé­rence entre ce qu’ils disent et ce qu’ils font. 
    Et ma cri­tique porte sur ce qu’ils font. 
    Dénon­cer l’ac­tion ne signi­fie pas reje­ter tout ce que l’un ou l’autre dit, ou reje­ter leur ana­lyse ou idée sur tel ou tel sujet. 
    Je ne vais pas reje­ter l’a­na­lyse de Asse­li­neau sur l’UE, que je sais juste. 
    Par contre, je cri­tique sa soif de pou­voir, et son absence d’hon­nê­te­té intel­lec­tuelle vis-à-vis du tirage au sort. 
    Quant à Mélen­chon, je lui en veux parce qu’il a tor­pillé une for­mi­dable oppor­tu­ni­té pour la vrai gauche. 

    Tous les hommes (et toutes les femmes) de pou­voir sont dan­ge­reux : il faut les tenir en laisse ! (et j’es­père qu’ils/elles me liront).

    Mor­pheus

    Réponse
  90. Une monnaie pour l'emploi

    Bon­jour Ana Sailland, il s’a­gis­sait du pro­gramme de l’U­nion Popu­laire Répu­bli­caine en 8 points ( il doit dater des débuts de l’U­PR ). Pour se pré­sen­ter aux demandes de par­rai­nages concer­nant la can­di­da­ture de Fran­çois Asse­li­neau à la Pré­si­dence de la Répu­blique, les ins­tances de l’U­nion Popu­laire répu­bli­caine ont pro­po­sé un pro­gramme plus détaillé en 20 points :

    Voir ici les liens vers une copie du programme

    Je viens d’en­voyer un mes­sage à un res­pon­sable pour obte­nir le pro­gramme détaillé parce que je n’ar­rive pas à visua­li­ser le docu­ment suivant :

    http://www.u‑p-r.fr/wp-content/uploads/2012/03/Programme-presidentiel-Francois-Asselineau.pdf

    Je ne sais pas si vous voyez cor­rec­te­ment le docu­ment pré­cé­dent avec votre sys­tème d’ex­ploi­ta­tion, mais avec Mac OS X 10.4 Tiger, je ne vois qua­si­ment que des pages blanches avec juste un fond très clair de rameau d’o­li­vier. Remar­quez cela veut dire la paix, mais j’au­rais aimé en savoir plus.

    Je suis d’ac­cord avec les 8 points du pro­gramme expo­sé, les ana­lyses sur l’eu­ro et l’UE et bien que je trouve que Fran­çois Asse­li­neau la joue un peu trop per­son­nel, je suis bien obli­gé, pour des rai­sons d’ef­fi­ca­ci­té et aus­si parce que nous col­lec­ti­ve­ment nous n’a­vons pas assez réagi rapi­de­ment aux chausses-trappes de la « construc­tion » euro­péenne et que main­te­nant il est trop tard pour finas­ser, de m’ap­puyer l’homme poli­tique dont je me sens le plus proche poli­ti­que­ment, mais il est vrai que j’au­rais pu tom­ber ailleurs, dans un autre par­ti vrai­ment oppo­sé à l’UE.

    Cor­dia­le­ment à vous

    Réponse
  91. Ghislaine69

    @Morpheus +1

    Pour­quoi don­ner le pou­voir au peuple alors qu’ils consent à sa ser­vi­tude et qu’ils ali­mentent leur soumission ?

    Le peuple n’au­ra jamais le pou­voir et ne sera jamais libre mais pour­tant il croit le contraire

    Mer­ci Mr Chouard de gar­der tou­jours ce cou­rage et cet espoir qu’un jour peut-être les choses vont enfin changer.

    Réponse
  92. Yvan

    Marre de tous ces par­tis et poli­ti­ciens de ruisseaux.

    Le pou­voir doit reve­nir au peuple par le peuple pour le peuple et ce club de godillots upr n’est pas crédible.

    Réponse
  93. Morpheus

    @ Ghislaine69

    Ce que vous dites m’é­voque la solu­tion allé­go­rique posée dans la tri­lo­gie Matrix. L’Ar­chi­tecte de la Matrice fait un pacte avec Neo afin que doré­na­vant, tous les humains qui sou­haitent s’é­veiller puissent le faire sans être pour­chas­sés par les machines. En d’autres termes, l’Ar­chi­tecte offre un espace de liber­té à tous les humains qui le sou­haitent. Lorsque l’O­racle demande à l’Ar­chi­tecte s’il tien­dra parole, celui-ci lui répond « Bien sûr, pour qui me prends-tu ? Un humain ? … »

    C’est le seul « hic » dans cette allé­go­rie : autant je puis effec­ti­ve­ment me fier à un pro­gramme dénué de sen­ti­ments et d’é­mo­tions (donc de juge­ments) et ne répon­dant qu’à ses lignes de codes, autant me fier à des humains déten­teurs de pou­voir (= malades men­taux) serait d’une inson­dable stu­pi­di­té compte tenu du passif.

    Autant je puis conce­voir que des machines domi­nant le monde accordent un espace de liber­té à des humains, autant je n’ar­rive pas à conce­voir que des oli­garques accordent un espace de démo­cra­tie à des hommes. On a bien vu en Grèce ce qu’il en est adve­nu après deux cent ans de démo­cra­tie athé­nienne : les oli­garques ont sai­si la pre­mière oppor­tu­ni­té (une défaite des athé­niens dans la guerre du Pélo­pon­nèse) pour rayer défi­ni­ti­ve­ment la démo­cra­tie de l’His­toire poli­tique. Donc je ne crois pas que les oli­garques nous don­ne­ront jamais un espace de liber­té pour faire l’ex­pé­rience de la démo­cra­tie. Il fau­dra que ce soit le peuple qui leur reprenne le pou­voir. Ils le savent, et ils se pré­parent à cet affron­te­ment inévi­table, en s’ar­mant, et en fai­sant tout pour désar­mer les peuples. Je ne suis donc pas très opti­miste (déso­lé Ana, pas taper !).

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  94. sitouaillain

    @ Mor­phéus

    « Mélen­chon, je lui en veux parce qu’il a tor­pillé une for­mi­dable oppor­tu­ni­té pour la vrai gauche. »

    tu fais fausse route il me semble, parce que tu as l’i­mage en tête d’un homme qui dicte ses volon­tés à un par­ti, mais ceci n’est pas pos­sible au fdG, il y a sept orga­ni­sa­tions, des cen­taines de mil­liers de mili­tants, ce sont eux qui ont fait le pro­gramme, ce sont eux qui ont choi­si Mélen­chon pour le por­ter, et la stra­té­gie a été défi­nie en négo­cia­tion per­ma­nente entre les dif­fé­rentes orga, donc le can­di­dat ne disait ni ne fai­sait ce qu’il vou­lait, il était res­pon­sable devant un collectif,

    ce qui est déjà un pro­grès, au delà de l’im­pact mas­sif sur l’im­pli­ca­tion poli­tique des citoyens et le réveil mili­tant, c’est que pour la pre­mière fois, les com­mu­nistes avaient un can­di­dat qui n’est pas du PCF, et que les prin­ci­pales ten­dances de la gauche radi­cale sont réunies, sans mélen­chon, pro­bable que cette union n’au­rait pas exis­té et que par consé­quent, la for­mi­dable oppor­tu­ni­té dont tu parles n’au­rait pas vu le jour. Et crois-moi, j’au­rais aimé ne pas avoir à le recon­naître, le fait est que toutes les ten­ta­tives d’u­nion pré­cé­dentes ont échoué, celle-ci semble avoir sur­vé­cu et tenir le choc.

    Le pou­voir doit reve­nir au peuple par le peuple pour le peuple, et pour cela le peuple doit s’or­ga­ni­ser et se mettre en capa­ci­té de prendre le pouvoir.

    le FdG existe ne tant qu’ou­til pour cela, très impar­fait, il y a donc besoin de ren­forts, et cha­cun y a son auto­no­mie créa­trice et construc­tive. par exemple je ren­contre beau­coup de gens qui sont encar­tés ou sym­pa­thi­sants qui sont contre la consti­tuante à la pro­por­tion­nelle, et pré­fè­re­raient que le peuple soit plus maître du pro­ces­sus, mais nous sommes mino­ri­taires, nous avons par contre réus­si à impo­ser l’existence d’  »assem­blées citoyennes » en complément.

    ou bien encore, une péti­tion à l’i­ni­tia­tive de mempbres de la FASE cir­cule afin qu’existe des cartes « FDG », ce qui, mathé­ma­ti­que­ment, change le rap­port de force, pour le moment numé­ri­que­ment en faveur du Pcf, si seuls les encar­tés votent, mais poten­tiel­le­ment tout autre si ces cartes existent, sans par­ler des mul­tiples débats en cours sur l’or­ga­ni­sa­tion du mou­ve­ment, qui, objec­ti­ve­ment, n’est pas assez démo­cra­tique et transparente…

    encore une fois, mélen­chon venant du PS et non de la Fédé­ra­tion Anar­chiste, il a construit le PG (par­ti de gauche) avec ses amis sur un mode qui convient peut-être aux mili­tants du PS, mais qui enqui­quine un peu les citoyens conscients qui y ont adhé­ré. A l’in­verse, la FASE par exemple fonc­tionne sur un mode tota­le­ment démo­cra­tique, au sens anar­cho-com­mu­niste, mais, bizar­re­ment, c’est pas l’or­ga la plus four­nie… pour­quoi ? j’ai ma petite idée…

    Réponse
  95. Morpheus

    Alors il fau­drait pous­ser le rai­son­ne­ment plus loin encore et créer un ras­sem­ble­ment sur une base plus large.

    Par exemple : UPR (Asse­li­neau) + DLR (Dupont-Aignant) + S&P (Che­mi­nade) + FDG

    Là, ça fera le poids. Il serait inté­res­sant de com­pa­rer les pro­grammes élec­to­raux de ces dif­fé­rentes ten­dances. Je gage qu’il s’y trou­ve­rait des points communs.

    Ah mais j’ou­bliais : ce n’est pas comme cela que fonc­tionne la poli­tique dans un sys­tème de par­tis. Les par­tis divisent, au lieu de ras­sem­bler. Si on se concentre sur ce qui nous ras­semble plu­tôt que sur ce qui nous divise, le risque est d’a­voir un pro­gramme qui tienne sur un timbre poste … Et puis ce serait à l’op­po­sé de toutes les bonnes vieilles habi­tudes (cf. Asté­rix & Obé­lix ; la guerre des chefs).

    Mor­pheus

    Réponse
  96. Luc Guthrie

    @Catherine B

    LE BON « PARTI » ET LE MANQUE FONDAMENTAL…

     »« Le meilleur par­ti serait celui qui pré­ser­ve­rait l’au­to­no­mie indi­vi­duelle sans exclure le monde.

    L’at­ti­tude juste serait celle de s’a­ban­don­ner sans deve­nir la proie de quoique ce soit« »

    Pour moi cela res­semble à s’y méprendre à un « par­ti » au pou­voir, qui fonc­tion­ne­rait PAR EXEMPLE, selon les moda­li­tés sui­vantes : Ce « par­ti » serait l’en­semble du peuple lui-même, orga­ni­sé en un conseil des 500 qui occu­pe­rait des fonc­tions admi­nis­tra­tives et orga­ni­sa­tion­nelles pour une durée d’un an non renou­ve­lable. Ces 500 auraient été élus par tirage au sort au sein de la fédé­ra­tion d’as­sem­blées dépar­te­men­tales. Une assem­blée popu­laire natio­nale (dont le nombre serait à défi­nir : 1000, 2000, 3000) dont le membres seraient éga­le­ment élus par tirage au sort au sein de la fédé­ra­tion d’as­sem­blées dépar­te­men­tales (can­to­nales?) pour un man­dat d’un an non renou­ve­lable por­te­rait son regard atten­tif et de contrôle sur le fonc­tion­ne­ment du conseil des 500.

    Celui-là c’est le seul « par­ti » que je puisse ima­gi­ner qui aurait LE PLUS de chances de pré­ser­ver l’au­to­no­mie indi­vi­duel du plus grand nombre sans exclure le monde, et qui per­met­trait à cha­cun de s’a­ban­don­ner sans deve­nir la proie de quoi que ce soit.

    Et sur­tout, sur­tout, sur­tout, c’est le seul mode d’or­ga­ni­sa­tion du vivre ensemble qui don­ne­rait VRAIMENT ses chances à l’émergence d’une intel­li­gence col­lec­tive qui pré­ser­ve­rait l’in­té­rêt général(et donc de la pla­nète), au lieu de lais­ser le des­tin col­lec­tif entre les mains d’un petit nombre d’in­té­rêts individuels.

    Là, cha­cun indi­vi­duel­le­ment, et tous col­lec­ti­ve­ment, pour­rions nous confron­ter à notre désir, à notre manque, à la fini­tude et à l’im­per­fec­tion de nos réa­li­sa­tions, tout en nous ins­cri­vant dans une action créa­trice, au lieu d’en être dépos­sé­dés et d’as­sis­ter impuis­sants à la course vers l’abime…

    Réponse
  97. Cyril

    Très émou­vant de relire, réen­tendre ce discours 
    en cette période des 20 ans du Trai­té de ‪Maas­tricht‬
    et de l’ac­tua­li­té du MES et autres inven­tions nous entubant !

    Dis­cours en inté­gra­li­té de Phi­lippe Séguin sur le Trai­té de Maas­tricht (05−05−1992)

    Mon­sieur le pré­sident, madame, mes­sieurs les ministres, mes chers col­lègues, je vou­drais croire que nous sommes tous d’ac­cord au moins sur un point : l’ex­ceptionnelle impor­tance, l’im­por­tance fon­da­men­tale du choix auquel nous sommes confron­tés, et, ce disant, je n’ai pas l’im­pres­sion de me payer de mots !

    C’est en tout cas avec gra­vi­té que je viens invi­ter cette assem­blée à oppo­ser l’ex­cep­tion d’ir­re­ce­va­bi­li­té au pro­jet de loi consti­tu­tion­nelle que le Gou­ver­ne­ment nous pré­sente comme préa­lable à la rati­fi­ca­tion des accords de Maas­tricht négo­ciés le 10 décembre 1991 par les chefs d’É­tat et de gou­ver­ne­ment des pays membres des com­mu­nau­tés euro­péennes et signés le 7 février dernier.

    Mon irre­ce­va­bi­li­té se fonde sur le fait que le pro­jet de loi viole, de façon fla­grante, le prin­cipe en ver­tu duquel la sou­ve­rai­ne­té natio­nale est inalié­nable et impres­crip­tible, ain­si que le prin­cipe de la sépa­ra­tion des pou­voirs, en dehors duquel une socié­té doit être consi­dé­rée comme dépour­vue de Constitution .

    il existe en effet, au-des­sus même de la charte constitution­nelle, des droits natu­rels, inalié­nables et sacrés, à savoir pour nous les droits de l’homme et du citoyen tels qu’Ils ont été défi­nis par la Décla­ra­tion de 1789. Et quand l’ar­ticle 3 de la Consti­tu­tion du 4 octobre 1958 rap­pelle que «  La sou­ve­rai­ne­té natio­nale appar­tient au peuple », il ne fait que recon­naître le pacte ori­gi­nel qui est, depuis plus de deux cents ans, le fon­de­ment de notre État de droit. Nulle assem­blée ne sau­rait donc accep­ter de vio­ler déli­bé­ré­ment ce pacte fondamental.

    La ques­tion de la sépa­ra­tion des pou­voirs se pose dans les mêmes termes. Aucune assem­blée n’a com­pé­tence pour se des­sai­sir de son pou­voir légis­la­tif par une loi d’ha­bi­li­ta­tion géné­rale, dépour­vue de toute condi­tion pré­cise quant à sa durée et à sa fina­li­té. A for­tio­ri, aucune assem­blée ne peut délé­guer un pou­voir qu’elle n’exerce qu’au nom du peuple. Or, le pro­jet de loi qui nous est sou­mis com­porte bien une habi­li­ta­tion d’une géné­ra­li­té telle qu’elle peut être assi­mi­lée à un blanc-seing.

    Et nous voi­là confron­tés à une situa­tion tout à fait extra­or­di­naire dans notre his­toire consti­tu­tion­nelle puisque, pour la pre­mière fois, on demande au Par­le­ment de constitutionna­liser par avance des textes qui n’existent pas encore et qui, pour la plu­part, ne seront même pas sou­mis à rati­fi­ca­tion dès lors qu’il s’a­gi­ra de normes com­mu­nau­taires direc­te­ment appli­cables. On demande donc au Par­le­ment, qui n’en a pas le droit, rien de moins que d’a­ban­don­ner sa com­pé­tence légis­la­tive aux organes com­mu­nau­taires chaque fois que ceux-ci le juge­ront néces­saire pour l’ap­pli­ca­tion du traité.

    Ayant fait réfé­rence à la Décla­ra­tion des droits de l’homme et du citoyen, vio­lée deux fois par le pro­jet de loi, je pour­rais consi­dé­rer ma tâche comme accom­plie. Néan­moins, tout en conser­vant pré­sente à l’es­prit cette obser­va­tion préa­lable qui sous-entend tout mon pro­pos, j’en­tends trai­ter le sujet en ne négli­geant aucune de ses com­po­santes. Ce n’est pas mon fait si le débat consti­tu­tion­nel et le débat sur l’a­ve­nir euro­péen sont étroi­te­ment imbri­qués, le pro­jet de révi­sion venant avant le pro­jet de rati­fi­ca­tion. Alors, autant en conve­nir déjà entre nous – et vous l’a­vez déjà fait impli­ci­te­ment cet après-midi, mes­sieurs les ministres : il n’y a en véri­té qu’un seul débat qui ne peut être décou­pé en tranches suc­ces­sives. Et comme ce débat sera clos dès lors que nous nous serons pro­non­cés sur le pro­jet de révi­sion consti­tu­tion­nelle, autant l’en­ta­mer tout de suite et dans sa totalité.

    De même, et sans vou­loir ver­ser dans un mani­chéisme que je réprouve, il nous faut éga­le­ment conve­nir qu’il n’y a rien à amen­der. Plu­tôt que de pro­cé­der à un toi­let­tage minu­tieux de nom­breuses dis­po­si­tions consti­tu­tion­nelles, vous avez pré­fé­ré pra­ti­quer une sorte de « les­si­vage à grande eau ». A ce qui aurait pu pas­ser pour une naï­ve­té cou­pable, vous avez ain­si pré­fé­ré le risque de l’as­tuce. Il est vrai que sinon vous auriez été contraints de modi­fier neuf articles au moins du texte consti­tu­tion­nel, dont cer­tains sont par­ti­cu­liè­re­ment sen­sibles et sym­bo­liques. Vous auriez été contraints, de sur­croît et en toute logique, de décons­ti­tu­tion­na­li­ser la Décla­ra­tion des droits de l’homme et du citoyen. Vous avez recu­lé, et l’on vous com­prend, au point d’ailleurs d’es­qui­ver vos responsabi­lités dans la déno­mi­na­tion même du pro­jet qui nous est sou­mis. Il ne s’a­git même pas, si je m’en tiens à son libel­lé, d’un pro­jet de loi de révi­sion, mais d’un pro­jet de loi consti­tutionnelle ajou­tant à la Consti­tu­tion un titre supplémentaire.

    Je ne peux évi­dem­ment applau­dir à cette démarche, mais je recon­nais que cela ne change rien au fond. Je vous concé­derai même que ce blanc-seing que vous sol­li­ci­tez est en cohé­rence avec les pers­pec­tives que vous ouvrez. Je vous rejoins donc quand vous affir­mez que Maas­tricht n’est pas rené­go­ciable et on ne chan­ge­ra pas le trai­té par le biais d’une mani­pu­la­tion constitutionnelle.

    Toutes les garan­ties, pré­ci­sions, cor­rec­tions, condi­tions dont on nous parle relèvent, à mes yeux, de l’illu­sion. La révi­sion, la rati­fi­ca­tion, c’est à prendre ou à laisser.

    C’est assez dire qu’il ne m’est pas pos­sible de sépa­rer l’ap­pré­cia­tion consti­tu­tion­nelle de l’ana­lyse cri­tique des accords. Dès lors que l’on nous demande de chan­ger la Consti­tu­tion dans le seul but de rati­fier le trai­té de Maas­tricht, nous ne pou­vons nous pro­non­cer sur la réforme consti­tu­tion­nelle sans mesu­rer à quoi nous engage ce traité.

    Ce fai­sant, je me plie – je n’ai guère le choix – à la pro­cé­dure, à la méthode, impo­sée par le Pré­sident de la Répu­blique. L’in­cons­ti­tu­tion­na­li­té que je sou­lève est, du reste, insé­pa­rable du regret que sus­cite en moi le non-recours à l’ar­ticle 11 de la Consti­tu­tion qui impli­quait le réfé­ren­dum direct.

    Allez dire à d’autres, mes­sieurs les ministres, pour jus­ti­fier ces habi­le­tés tac­tiques, que la procé­dure de l’ar­ticle 89 rend sa digni­té au Par­le­ment ! Conve­nez que l’ar­gu­ment est plu­tôt sin­gu­lier au moment où l’on nous demande de dimi­nuer encore son pou­voir réel !

    Je le pro­clame donc d’emblée : dès lors que l’en­trée de la France dans l’Eu­rope de Maas­tricht consti­tue bien l’acte his­torique qu’a évo­qué le Pré­sident de la Répu­blique, il serait nor­mal, néces­saire, légi­time, indis­pen­sable que la parole soit don­née au peuple..) Non point que je conteste la légi­ti­mi­té de cette assem­blée. Je ne me suis pas asso­cié au chœur de ceux qui, il y a quelques semaines, ne trou­vaient pas de mots assez durs pour l’a­bais­ser, pour récla­mer sa dis­so­lu­tion, voire pro­po­ser son auto-dissolution.

    Je constate d’ailleurs la contra­dic­tion dans laquelle s’en­ferment aujourd’­hui nombre d’entre eux en se refu­sant à l’i­dée d’un référendum.

    Ce que je veux seule­ment dire c’est que le recours à la voie par­le­men­taire est contraire à l’es­prit de notre pacte social car ce que le peuple fait, seul le peuple peut le défaire.

    En outre, c’est une faute poli­tique lourde que de refu­ser de don­ner à un enga­ge­ment aus­si grave la sacra­li­sa­tion dont il a besoin. Et ne chan­ge­rait rien’ l’af­faire la manœuvre qui consis­te­rait, ulté­rieu­re­ment, à ne faire rati­fier par le peuple que ce que le Par­le­ment aurait déjà décidé.

    Non, foin d’ar­gu­ties ! Il me faut dire avec beau­coup d’autres, au nom de beau­coup d’autres, qu’il est bien temps de sai­sir notre peuple de la ques­tion euro­péenne. Car voi­là main­te­nant trente-cinq ans que le trai­té de Rome a été signé et que d’Acte unique en règle­ments, de règle­ment en direc­tives, de direc­tives en juris­pru­dence, la construc­tion euro­péenne se fait sans les peuples, qu’elle se fait en cati­mi­ni, dans le secret des cabi­nets, dans la pénombre des com­mis­sions, dans le clair-obs­cur des cours de justice.

    Voi­là trente-cinq ans que toute une oli­gar­chie d’ex­perts, de juges, de fonc­tion­naires, de gou­ver­nants prend, au nom des peuples, sans en avoir reçu man­dat des déci­sions dont une for­mi­dable conspi­ra­tion du silence dis­si­mule les enjeux et mini­mise lei consé­quences. Que l’on m’en­tende bien : je ne viens ici don­ner de leçon à per­sonne ; mais que l’on veuille bien, en retour, res­pec­ter ma propre démarche ! Je me serais d’ailleurs bien pas­sé d’être là. Il eût mieux valu, à l’é­vi­dence, que des voix plus fortes que la mienne engagent le combat.

    Elles ne l’ont pas sou­hai­té, je me gar­de­rai de les juger. Je me contente de faire et d’as­su­mer un autre choix. Ce n’est pas si facile.

    A la décharge des absents, je recon­nais bien volon­tiers que le confor­misme ambiant, pour ne pas dire le véri­table ter­ro­risme intel­lec­tuel qui règne aujourd’­hui, dis­qua­li­fie par avance qui­conque n’adhère pas à la nou­velle croyance, et l’ex­pose lit­té­ra­le­ment à l’in­vec­tive. Qui veut se démar­quer du culte fédé­ral est aus­si­tôt tenu par les fai­seurs d’o­pi­nion (…) au mieux pour un contemp­teur de la moder­ni­té, un nos­tal­gique ou un pri­maire, au pire pour un natio­na­liste for­cené tout prêt à ren­voyer l’Eu­rope aux vieux démons qui ont si sou­vent fait son malheur.

    Mais il est des moments où ce qui est en cause est tel­le­ment impor­tant que tout doit s’ef­fa­cer. Et je ne parle pas ici au nom d’une France contre l’autre, car dès lors qu’il s’a­git de la France, de la Répu­blique et de la démo­cra­tie, il ne peut plus être ques­tion de la droite et de la gauche, l’en­jeu, au. delà des par­tis, des cli­vages les plus natu­rels, des oppo­si­tions les plus légi­times, des que­relles les plus anciennes, n’est rien de moins que notre com­mu­nau­té de des­tin. Et cette com­mu­nau­té de des­tin est gra­ve­ment mise en péril par les accords, alors que ceux-ci ne sont ni la condi­tion de la pros­pé­ri­té, ni la condi­tion de la paix, Dans le monde tel qu’il est, l’i­déal comme le réa­lisme com­man­daient de faire pré­va­loir une tout autre concep­tion de l’Eu­rope, voi­là ce que je vou­drais main­te­nant déve­lop­per devant vous.

    Mon­sieur le pré­sident, madame, mes­sieurs les ministres, mes chers col­lègues, que l’on ne s’y trompe pas la logique du pro­ces­sus de l’en­gre­nage éco­no­mique et poli­tique mis au point à Maas­tricht est celle d’un fédé­ra­lisme au rabais fonda­mentalement anti-démo­cra­tique, faus­se­ment libé­ral et réso­lu­ment tech­no­cra­tique, l’Eu­rope qu’on nous pro­pose n’est ni libre, ni juste, ni effi­cace. Elle enterre la concep­tion de la sou­ve­rai­ne­té natio­nale et les grands prin­cipes issus de la Révo­lu­tion : 1992 est lit­té­ra­le­ment l’an­ti-1789. Beau cadeau d’an­ni­ver­saire que lui font, pour ses 200 ans, les pha­ri­siens de cette Répu­blique qu’ils encensent dans leurs dis­cours et risquent de rui­ner par leurs actes !

    Je sais bien que l’on veut à tout prix mini­mi­ser les enjeux et nous faire croire que nous ne cédons rien d’es­sen­tiel en ce qui concerne notre indé­pen­dance ! Il est de bon ton, aujourd’­hui, de dis­ser­ter à l’in­fi­ni sur la signi­fi­ca­tion m!me du concept de sou­ve­rai­ne­té, de le décom­po­ser en menus mor­ceaux, d’af­fir­mer qu’il admet de mul­tiples excep­tions, que la sou­ve­rai­ne­té moné­taire, ce n’est pas du tout la même chose que l’i­den­ti­té col­lec­tive, laquelle ne cour­rait aucun risque. Ou encore que l’im­pôt, la défense, les affaires étran­gères, au fond, ne jouent qu’un rôle rela­tif dans l’exer­cice de la souveraineté.

    Toutes ces argu­ties n’ont en réa­li­té qu’un but : vider de sa signi­fi­ca­tion ce mot gênant pour qu’il n’en soit plus ques­tion dans le débat.

    La méthode est habile. En pré­sen­tant chaque aban­don par­cel­laire comme n’é­tant pas en soi déci­sif, on peut se per­mettre d’a­ban­don­ner un à un les attri­buts de la sou­ve­rai­ne­té sans jamais conve­nir qu’on vise à la détruire dans son ensemble.

    Le pro­cé­dé n’est pas nou­veau. Il y a 2500 ans déjà, de demi-lon­gueur en demi-lon­gueur, Achille se rap­pro­chait en cou­rant de la tor­tue de Zénon sans jamais la rat­tra­per.., Seu­lement, ce n’est là que para­doxe. Dans la réa­li­té, Achille gagne bel et bien la course ; de même, à force de renonce­ments, aus­si ténu que soit cha­cun d’eux, on va bel et bien finir par vider la sou­ve­rai­ne­té de son conte­nu. Car il s’a­git là d’une notion glo­bale, indi­vi­sible comme un nombre pre­mier. On est sou­ve­rain ou on ne l’est pas ! Mais on ne l’est jamais à demi. Par essence, la sou­ve­rai­ne­té est un abso­lu qui exclut toute idée de subor­di­na­tion et de com­pro­mis­sion. Un peuple sou­ve­rain n’a de comptes à rendre à per­sonne et n’a, vis-à-vis des autres, que les devoirs et les obli­ga­tions qu’il choi­sit libre­ment de s’im­po­ser à lui-même.

    Sou­ve­nez-vous du cri de Cha­teau­briand à la tri­bune de la Chambre, en 1816 : «  Si l’Eu­rope civi­li­sée vou­lait m’im­po­ser la charte, j’i­rais vivre à Constantinople. »

    La sou­ve­rai­ne­té, cela ne se divise pas ni ne se par­tage et, bien sûr, cela ne se limite pas.

    Rap­pe­lons-nous d’ailleurs, pour avoir un exemple plus récent de ce que vous appe­lez de vos vœux, ce que put signi­fier pen­dant « le prin­temps de Prague » la doc­trine de la sou­ve­rai­ne­té limi­té, tant il est vrai que la « sou­ve­rai­ne­té divi­sée », « la sou­ve­rai­ne­té par­ta­gée », « la sou­ve­rai­ne­té limi­tée » sont autant d’ex­pres­sions pour signi­fier qu’il n’y a plus du tout de sou­ve­rai­ne­té ! Et, de fait, quand on accepte de prendre des déci­sions à la majo­ri­té sur des ques­tions cru­ciales, et dès lors que ces déci­sions s’im­posent à tous sans pou­voir jamais être remises en cause ulté­rieu­re­ment à l’é­che­lon natio­nal, on passe clai­re­ment de la concer­ta­tion à l’in­té­gra­tion, Aus­si, quand on nous dit que les accords de Maas­tricht orga­nisent une union d’É­tats fon­dée sur la coopé­ra­tion inter­gou­ver­ne­men­tale, on tra­ves­tit déli­bé­ré­ment la réa­li­té, Tout au contraire, ces accords visent à rendre inap­pli­cable le droit de veto et à créer des méca­nismes qui échappent tota­le­ment aux États.

    En fait, ce trai­té est un « anti-com­pro­mis » de Luxem­bourg en tant qu’il inter­dit, non seule­ment aux par­le­ments natio­naux mail aus­si aux gou­ver­ne­ments, de faire pré­va­loir l’in­té­rêt natio­nal quand il est en cause puisque cha­cun s’en­gage à évi­ter autant que pos­sible d’empêcher qu’il y ait una­ni­mi­té lors­qu’une majo­ri­té qua­li­fiée est favo­rable à la décision.

    Cela est vrai pour la poli­tique moné­taire et pour la poli­tique sociale. Mais cela le sera aus­si pour la poli­tique étran­gère et la poli­tique de défense. D’ailleurs, vous nous l’a­vez rap­pe­lé, mon­sieur le ministre, les pays membres prennent eux-mêmes l’en­ga­ge­ment de ne défendre que des posi­tions com­munes au sein des orga­ni­sa­tions inter­na­tio­nales, et cet enga­ge­ment vaut aus­si pour la France et le Royaume-Uni en leur qua­li­té de membres per­ma­nents du Conseil de sécu­ri­té de l’O.N.U. : cette situa­tion, contraire aux dis­po­si­tions de la charte, plu­sieurs de nos par­te­naires l’in­ter­prètent déjà, nous le savons, comme une tran­si­tion vers le trans­fert de ces deux sièges à la Communauté.

    Tout ce dis­po­si­tif est donc fort peu res­pec­tueux de la sou­ve­rai­ne­té des États membres tant en ce qui concerne la nature des règles de déci­sions que le carac­tère irré­ver­sible des trans­ferts de pou­voirs envisagés.

    Ces­sons donc de tri­cher, de dis­si­mu­ler, de jouer sur les mots, de mul­ti­plier les sophismes, L’al­ter­na­tive est claire : nous devons conser­ver notre sou­ve­rai­ne­té ou y renoncer.

    Il est temps de nous deman­der com­ment nous en sommes arri­vés à consi­dé­rer cette ques­tion, incon­grue il y a quelques mois encore, comme presque banale, com­ment nous en sommes arri­vés à consi­dé­rer la rup­ture de notre pacte social sinon comme nor­male, du moins comme nécessaire.

    Évi­dem­ment, et aujourd’­hui encore, on s’é­chine à nous per­sua­der qu’il n’y a là rien de nou­veau. Rien de nou­veau peut-être dans les arrière-pen­sées, mais nou­veau­té radi­cale par rap­port aux enga­ge­ments que nous avions pris jus­qu’i­ci et qui étaient d’une tout autre nature.

    Met­tons à part le trai­té ins­ti­tuant la Com­mu­nau­té euro­péenne du char­bon et de l’a­cier, qui, au len­de­main de la guerre, était tout impré­gné d’une idéo­lo­gie diri­giste et pla­ni­fi­ca­trice, et qui s’est d’ailleurs sol­dé par un échec total, si l’on en juge par ce qui reste aujourd’­hui de la sidé­rur­gie européenne !

    Hor­mis donc le trai­té ins­ti­tuant le CECA, on pou­vait consi­dé­rer, avant le som­met de Maas­tricht, que nous n’a­vions pas rati­fié beau­coup plus que des accords de coopé­ra­tion et de libre-échange, D’ailleurs, dix ­huit mois après la signa­ture du trai­té de Rome, les consti­tuants de 1958 ont pu sou­li­gner et consa­crer la plé­ni­tude de la sou­ve­rai­ne­té natio­nale. Et ils ne l’ont pas fait pas inad­ver­tance, comme a paru le sug­gé­rer M. Mit­ter­rand, ou par négli­gence, comme a cru devoir le sup­po­ser M. le garde des sceaux.

    Faut-il rap­pe­ler, en effet, que le Trai­té de Rome ne men­tionne que deux poli­tiques com­munes dont l’une, celle des trans­ports, n’a jamais vu le jour, tan­dis que l’autre, la poli­tique agri­cole com­mune, ne fonc­tion­nait que par consen­sus depuis que le com­pro­mis de Luxem­bourg avait mis fin – pro­vi­soi­re­ment – à toute ten­ta­tion supra­na­tio­nale ? Ins­tau­rer un mar­ché com­mun, puis un mar­ché unique, voi­là tout ce à quoi la France s’é­tait enga­gée, et il n’y aurait rien eu à redire concer­nant ces enga­ge­ments-là, si ne s’é­tait déve­lop­pé peu à peu, à force de règle­ments, de déci­sions et de direc­tives, tout un droit com­mu­nau­taire déri­vé, sans aucun rap­port avec les objec­tifs fixés par les traités.

    De toute évi­dence se posait un pro­blème d’in­ter­pré­ta­tion des textes, deve­nant de plus en plus grave au fur et à mesure que la conni­vence de la Com­mis­sion, du juge euro­péen et des juges natio­naux en venait à impo­ser aux pays membres la supré­ma­tie des textes communautaires.

    L’exemple de l’Acte unique est, à cet égard, tout à fait révé­la­teur. Ce trai­té déclare, en effet, que seront prises à la majo­ri­té toutes les mesures d’har­mo­ni­sa­tion néces­saires à la réa­li­sa­tion du mar­ché unique, excep­tion faite des mesures fis­cales. A prio­ri, cela n’en­gage à aucun véri­table trans­fert de sou­ve­rai­ne­té, si l’on veut bien consi­dé­rer qu’un marche unique n’est pas un espace éco­no­mique uni­forme et qu’il n’est pas besoin de nom­breuses mesures d’har­mo­ni­sa­tion pour faire jouer conve­na­ble­ment la concur­rence entre les pays membres, sou­mis au prin­cipe de recon­nais­sance mutuelle des régle­men­ta­tions. Mais il a suf­fi que la Com­mis­sion, dis­po­sant de l’i­ni­tia­tive des textes, décide que la réa­li­sa­tion du mar­ché unique néces­si­tait l’a­dop­tion de trois cents direc­tives d’har­mo­ni­sa­tion pour que celles-ci soient adop­tées à la majo­ri­té sans qu’au­cun recours ait pu être oppo­sé à cette qua­li­fi­ca­tion arbi­traire, la Cour de jus­tice des Com­mu­nau­tés étant elle-même conver­tie sans réserve à l’i­déo­lo­gie fédéraliste.

    C’est ain­si que, dans les faits, notre enga­ge­ment ini­tial se révèle désor­mais bien plus contrai­gnant que ce qui res­sor­tait de la lettre du traité.

    Pour autant, ce n’est quand même, là encore, qu’un pro­blème d’in­ter­pré­ta­tion, pour lequel on pour­rait théo­ri­que­ment trou­ver une solu­tion consti­tu­tion­nelle qui s’im­pose aux juges.

    Ce n’est plus du tout le cas avec les accords de Maas­tricht, qui ne souffrent d’au­cune ambi­guï­té. On connaît l’ar­gu­ment : il nous faut faire l’Eu­rope, donc il nous faut concé­der une par­tie de notre sou­ve­rai­ne­té. Comme si cette rela­tion cau­sale allait de soi ! Comme si le res­pect des sou­ve­rai­ne­tés inter­di­sait la coopé­ra­tion, l’ou­ver­ture, la soli­da­ri­té ! Comme si les États sou­ve­rains en étaient fata­le­ment réduits à un splen­dide iso­le­ment et condam­nés à une poli­tique fri­leuse de replie­ment sur soi !

    C’est oublier que, si cela lui parait néces­saire, un État peut sou­ve­rai­ne­ment déci­der de délé­guer des com­pé­tences ou les exer­cer en com­mun avec d’autres. La que­relle n’est pas pure­ment séman­tique. C’est une chose, en effet, que de délé­guer tem­po­rai­re­ment un pou­voir sus­cep­tible d’être récu­pé­ré lorsque la délé­ga­tion n’est plus conforme à l’in­té­rêt natio­nal ou ne répond plus aux exi­gences du moment. C’est tout autre chose que d’o­pé­rer un trans­fert sans retour pou­vant contraindre un État à appli­quer une poli­tique contraire à ses inté­rêts et à ses choix.

    La coopé­ra­tion, la concer­ta­tion, même quand elles sont pous­sées très loin, s’ac­com­modent très bien du droit de veto. On peut même dire que le veto est le meilleur sti­mu­lant de la concer­ta­tion puis­qu’il oblige à pro­lon­ger la négo­cia­tion jus­qu’au consen­te­ment géné­ral des États. C’est d’ailleurs sur cette phi­lo­so­phie qu’é­tait fon­dé, j’y reviens, le fameux com­promis de Luxem­bourg, que après la poli­tique de la chaise vide, de Gaulle impo­sa à nos par­te­naires et qui n’a pas empê­ché, bien au contraire, le déve­lop­pe­ment d’une poli­tique agri­cole commune.

    On pour­ra tou­jours objec­ter bien sûr que tout cela n’est pas très impor­tant puisque les trai­tés ne sont jamais eux-mêmes tota­le­ment irré­ver­sibles et que, le cas échéant, chaque pays membre pour­ra tou­jours les dénon­cer en bloc. Les choses ne sont pas si simples.

    D’a­bord parce que, véri­fi­ca­tion faite, le trai­té ne pré­voit ni séces­sion ni retrait. C’est même la pre­mière fois qu’un trai­té est ain­si mar­qué par la notion d’ir­ré­ver­si­bi­li­té, et on ne sait que trop ce qu’il en est dans les sys­tèmes où les États fédé­rés gardent pour­tant, théo­ri­que­ment, le droit de quit­ter la fédé­ra­tion. On sait com­ment aux États-Unis les États du Nord ont inter­pré­té ce droit quand les États du Sud ont vou­lu faire séces­sion. On sait aus­si ce que celui-ci signi­fiait dans la Consti­tu­tion sovié­tique. On sait ce qu’il veut dire en You­go­sla­vie. Et quand bien même les pers­pec­tives seraient, en l’oc­cur­rence, moins dra­ma­tiques, la ques­tion se pose de savoir si nous ne sommes pas en train de créer une situa­tion dans laquelle la dénon­cia­tion en bloc des trai­tés va deve­nir si mal­ai­sée et si coû­teuse qu’elle ne sera bien­tôt plus qu’un solu­tion illusoire.

    Il ne faut pas rêver. Sans mon­naie, demain, sans défense, sans diplo­ma­tie, peut-être, après-demain, la France, au mieux, n’au­rait pas plus de marge de manœuvre que n’en ont aujourd’­hui l’U­kraine et l’Azerbaïdjan.

    Cer­tains s’en accom­modent. Quant à moi, Ce n’est pas l’a­ve­nir que je sou­haite à mon pays. D’ailleurs, les tenants de la marche vers le fédé­ra­lisme ne cachent pas leur des­sein. Ils veulent bel et bien, et ils le disent, que les pro­grès du fédé­ra­lisme soient sans retour en droit et, sur­tout, en pra­tique, et force est de consta­ter que nous voi­là d’ores et déjà pris dans un redou­table engre­nage. Depuis que la règle de la majo­ri­té s’ap­plique de plus en plus lar­ge­ment dans les prises de déci­sion du Conseil euro­péen et que les jurispru­dences conver­gentes de la Cour de cas­sa­tion et du Conseil d’É­tat admettent que les trai­tés et le droit com­mu­nau­taire qui en est déri­vé béné­fi­cient d’une pri­mau­té abso­lue sur nos lois natio­nales, le Gou­ver­ne­ment, dès lors qu’il est en mino­ri­té au Conseil, non plus que le Par­le­ment fran­çais, n’a plus son mot à dire pour inflé­chir les règles com­mu­nau­taires jugées inac­cep­tables pour la France.

    Son­gez que le juge admi­nis­tra­tif n’é­prouve plus aucune gêne à déci­der qu’un ministre com­met une infrac­tion en pre­nant un arrê­té conforme à une loi natio­nale dès lors que cette loi est contraire à une direc­tive com­mu­nau­taire, même si la loi est pos­té­rieure. L’ad­mi­nis­tra­tion peut même, à ce titre, se voir condam­née à ver­ser des dom­mages et inté­rêts. Où allons-nous ?

    Où allons-nous si le juge, tout en décla­rant qu’il ne veut pas cen­su­rer la loi, s’ar­roge le droit de la rendre inop­po­sable ou inap­pli­cable ? La Répu­blique, ce n’est pas une jus­tice aux ordres : mais ce n’est pas non plus le gou­ver­ne­ment des juges, a for­tio­ri quand il s’a­git de juges euro­péens qui font par­ler l’es­prit des traités !

    Bien­tôt, pour­tant, comme nous l’a annon­cé M. Delors, au moins 80 p. 100 de notre droit interne sera d’o­ri­gine com­mu­nau­taire, et le juge ne lais­se­ra plus d’autre choix au légis­la­teur que le tout ou rien : ou se sou­mettre tota­le­ment ou dénon­cer uni­la­té­ra­le­ment et en bloc des trai­tés de plus en plus contraignants.

    Bref, quand, du fait de l’ap­pli­ca­tion des accords de Maas­tricht, notam­ment en ce qui concerne la mon­naie unique, le coût de la dénon­cia­tion sera deve­nu exor­bi­tant, le piège sera refer­mé et, demain, aucune majo­ri­té par­le­men­taire, quelles que soient les cir­cons­tances, ne pour­ra rai­son­na­ble­ment reve­nir sur ce qui aura été fait.

    Crai­gnons alors que, pour finir, les sen­ti­ments natio­naux, à force d’être étouf­fés, ne s’exa­cerbent jus­qu’à se muer en natio­na­lismes et ne conduisent l’Eu­rope, une fois encore, au bord de graves dif­fi­cul­tés, car rien n’est plus dan­ge­reux qu’une nation trop long­temps frus­trée de la sou­ve­rai­ne­té par laquelle s’ex­prime sa liber­té, c’est-à-dire son droit impres­crip­tible à choi­sir son destin.

    On ne joue pas impu­né­ment avec les peuples et leur his­toire. Toutes les chi­mères poli­tiques sont appe­lées un jour ou l’autre à se bri­ser sur les réa­li­tés his­to­riques. La Rus­sie a bel et bien fini par boire le com­mu­nisme comme un buvard parce que la Rus­sie avait plus de consis­tance his­to­rique que le com­mu­nisme, mais à quel prix ?

    Alors, si nous orga­ni­sons l’Eu­rope, orga­ni­sons-la à par­tir des réa­li­tés. Et les réa­li­tés, en Europe, ce sont toutes les natio­na­li­tés qui la composent.

    Com­ment allons-nous arti­cu­ler la construc­tion de l’Eu­rope avec ces don­nées de faits qui plongent si pro­fond dans le pas­sé et dans l’in­cons­cient col­lec­tif ? Com­ment allons-nous bâtir un sys­tème de coopé­ra­tion assu­rant la paix et la pros­pé­ri­té sans négli­ger ces réa­li­tés natio­nales dont les mou­ve­ments ne nous paraissent par­fois imper­cep­tibles que parce qu’ils appar­tiennent à la très longue durée ? Voi­là qui devrait tout natu­rel­le­ment être l’ob­jet d’un vrai et grand débat public.

    Mais, consta­tons-le, Ce débat ne s’en­gage pas vrai­ment. On se contente de faire dans l’in­can­ta­tion : « c’est beau, c’est grand, c’est géné­reux, Maas­tricht ! Ou dans la menace à peine voi­lée – Maas­tricht ou le chaos ! Si vous ne votez pas Maas­tricht, vous ne serez jamais ministre ! » L’o­pi­nion est d’au­tant plus décon­te­nan­cée qu’elle sent bien qu’on fait sou­vent silence pour de simples rai­sons d’im­mé­diate oppor­tu­ni­té et qu’elle assiste à de sur­pre­nants chas­sés-croi­sés. Les idéo­logues de la recon­quête du mar­ché inté­rieur se font les chantres de la mon­naie unique. Les tenants de la relance et autres théo­ri­ciens de l’autre poli­tique éco­no­mique expliquent doc­te­ment qu’il n’existe pas d’al­ter­na­tive à Maas­tricht. Sans par­ler de ceux qui nous ont expli­qué tour à tour que Maas­tricht était par­fai­te­ment conforme à la Consti­tu­tion, puis que la rati­fi­ca­tion impo­sait la révi­sion de celle-ci : que Maas­tricht était l’acte le plus impor­tant depuis la Seconde Guerre mon­diale, puis­qu’il n’é­tait jamais que le pro­lon­ge­ment du Trai­té de Rome et de l’Acte unique… Tout se passe en réa­li­té comme si per­sonne n’a­vait vrai­ment envie de débat.

    Bien sûr, on peut tou­jours pré­tendre – on com­mence à le faire çà et là – que la ques­tion est beau­coup trop tech­nique pour être vala­ble­ment abor­dée lors d’un débat public, dans un cli­mat pas­sion­nel, à un moment dans la conjonc­ture qui ne s’y prêtent pas et devant des élec­teurs dont il est avanta­geux de pos­tu­ler l’in­com­pé­tence. Curieuse concep­tion de la démo­cra­tie der­rière laquelle, une fois de plus, se pro­filent la méfiance du suf­frage uni­ver­sel, celle du peuple sou­ve­rain et le dépé­ris­se­ment de la République.

    D’au­tant que la construc­tion euro­péenne n’est pas du tout, par nature, un pro­blème tech­nique. C’est par tac­tique que, depuis l’é­chec de la C.E.D. en 1954, les idéo­logues du fédé­ra­lisme et les euro­crates cherchent à dis­si­mu­ler leur des­sein poli­tique sous le man­teau de la technique.

    Il est vrai qu’ils n’y ont pas si mal réus­si jus­qu’à pré­sent ; Mais jus­qu’où est-il per­mis d’im­po­ser au peuple, sous cou­vert de tech­ni­ci­té, des choix poli­tiques majeurs qui relèvent de lui et de lui seul ? Jus­qu’où la dis­si­mu­la­tion peut-elle être l’ins­tru­ment d’une poli­tique ? Il serait indé­cent et dan­ge­reux d’al­ler plus loin.

    Le moment est venu de regar­der en face la vraie nature des choses qui n’est pas tech­nique mais poli­tique, et de dire ouver­te­ment, fran­che­ment, hon­nê­te­ment, quels sont les enjeux. Il est temps que ce débat ait lieu. Il est temps de mon­trer aux Fran­çais qu’il y a plu­sieurs voies pos­sibles et qu’ils ont le choix. Il est temps de leur mon­trer qu’on les mène vers une impasse et que l’es­pé­rance est ailleurs – selon moi du côté de la nation qui est la leur.

    Qu’on le veuille ou non, en effet, c’est l’i­dée qu’on se fait de la nation qui com­mande l’i­dée qu’on se fait de l’Eu­rope. C’est pour­tant une atti­tude fort répan­due que de mar­te­ler le thème de l’Eu­rope sans jamais même effleu­rer celui de la nation, comme si celle-ci n’é­tait nul­le­ment en cause. Il est tel­le­ment plus com­mode de res­ter dans le flou, dans l’im­pli­cite ou le non-dit…

    C’est, bien sûr, ce prin­cipe d’ex­trême pru­dence poli­tique qui a conduit les auteurs du trai­té de Maas­tricht à gom­mer de leur texte le mot « fédé­ral », Pour­tant, cela ne change rien à la chose, car ce qui compte dans un trai­té, c’est son esprit, ce sont les méca­nismes qu’il met en place, Et vous-même, mon­sieur Dumas, avec la fran­chise qui vous carac­té­rise, vous l’a­viez recon­nu ici même, sans détour : cette Europe est à fina­li­té fédérale.

    Pour­tant, j’en conviens volon­tiers, ce qu’on nous pro­pose aujourd’­hui ce n’est pas le fédé­ra­lisme au sens où on l’en­tend quand on parle des États-unis ou du Cana­da, C’est bien pire, parce que c’est un fédé­ra­lisme au rabais !

    On ferait vrai­ment beau­coup d’hon­neur au trai­té en affir­mant, sans autre pré­cau­tion, qu’il est d’es­sence fédé­rale, Il ne com­porte même pas, en effet – ce serait, après tout, un moindre mal – les garan­ties du fédéralisme.

    Car le pou­voir qu’on enlève au peuple, aucun autre peuple ni aucune réunion de peuples n’en hérite. Ce sont des tech­no­crates dési­gnés et contrô­lés encore moins démo­cra­ti­que­ment qu’au­pa­ra­vant qui en béné­fi­cient et le défi­cit démo­cra­tique, tare ori­gi­nelle de la construc­tion euro­péenne, s’en trouve aggravé.

    Dans ces condi­tions, un véri­table fédé­ra­lisme, avec son Gou­ver­ne­ment, son Sénat, sa Chambre des repré­sen­tants, pour­rait demain appa­raître comme un pro­grès, sous pré­texte qu’il serait alors le seul moyen de sor­tir de l’or­nière techno­cratique dans laquelle nous nous serions davan­tage encore embourbés.

    C’est la rai­son pour laquelle je suis d’au­tant plus réso­lu­ment oppo­sé à cette solu­tion d’un fédé­ra­lisme ban­cal qu’elle serait fata­le­ment le pré­lude à un vrai et pur fédéralisme.

    Or, soyons lucides, il n’y a aucune place pour des nations vrai­ment libres dans un État fédé­ral. Il n’y a jamais eu de place pour des nations réel­le­ment dis­tinctes dans aucun État fédé­ral. Libre à cer­tains de cares­ser l’illu­sion qu’il s’a­git de créer une nation des nations : c’est là une contra­dic­tion dans les termes et rien de plus. Conve­nons plu­tôt qu’il y a quelque iro­nie à pro­po­ser à nos vieilles nations le fédé­ra­lisme comme idéal, au moment même où toutes les fédé­ra­tions de natio­na­li­tés sont en train de débou­cher sur l’échec.

    A ceux qui, mal­gré tout, s’i­ma­ginent que le temps et les textes l’emportent sur tout le reste, je vou­drais rap­pe­ler sim­ple­ment com­ment, depuis plus de deux siècles, se pose la ques­tion qué­bé­coise. Com­ment, depuis plus de deux siècles, le peuple qué­bé­cois, à la fois si proche et si dif­fé­rent de ses voi­sins par ses ori­gines, sa langue et sa culture, vit sa situa­tion d’É­tat fédé­ré au sein d’un État fédé­ral qui est pour­tant autre­ment plus démo­cra­tique que la construc­tion écha­fau­dée à Maastricht.

    En véri­té, le fédé­ra­lisme ne marche bien que lors­qu’il pro­cède d’un État-nation, comme en Alle­magne ou dans les États-unis d’au­jourd’­hui, au Mexique, au Bré­sil, ou en Aus­tra­lie. Com­ment, dans ces condi­tions, peut-on rai­son­na­ble­ment croire pos­sible de réunir sous une même loi, sous un même pou­voir, à par­tir d’une union conven­tion­nelle un ensemble trans­na­tio­nal qui se suf­fi­rait à lui-même et se per­pé­tue­rait sans contrainte ?

    Dans cette affaire émi­nem­ment poli­tique, le véri­table et le seul débat oppose donc, d’un côté, ceux qui tiennent la nation pour une simple moda­li­té d’or­ga­ni­sa­tion sociale désor­mais dépas­sée dans une course à la mon­dia­li­sa­tion qu’ils appellent de leurs vœux et, de l’autre, ceux qui s’en font une tout autre idée.

    La nation, pour ces der­niers, est quelque chose qui pos­sède une dimen­sion affec­tive et une dimen­sion spi­ri­tuelle. C’est le résul­tat d’un accom­plis­se­ment, le pro­duit d’une mys­té­rieuse méta­mor­phose par laquelle un peuple devient davan­tage qu’une com­mu­nau­té soli­daire, presque un corps et une âme. Certes, les peuples n’ont pas tous ]a même concep­tion de la nation : les Fran­çais ont la leur, qui n’est pas celle des Alle­mands ni celle des Anglais, mais toutes les nations se ressem­blent quand même et nulle part rien de durable ne s’ac­com­plit en dehors d’elles, La démo­cra­tie elle-même est impen­sable sans la nation.

    De Gaulle disait : « La démo­cra­tie pour moi se confond exac­te­ment avec la sou­ve­rai­ne­té natio­nale. » On ne sau­rait mieux sou­li­gner que pour qu’il y ait une démo­cra­tie il faut qu’existe un sen­ti­ment d’ap­par­te­nance com­mu­nau­taire suffi­samment puis­sant pour entraî­ner la mino­ri­té à accep­ter la loi de la majo­ri­té ! Et la nation c’est pré­ci­sé­ment ce par quoi ce sen­ti­ment existe. Or la nation cela ne s’in­vente ni ne se décrète pas plus que la souveraineté !

    Le fait natio­nal s’im­pose de lui­-même sans que per­sonne puisse en déci­der autre­ment ; il n’est ni repli ni rejet, il est acte d’adhésion.

    Car la nation ce n’est pas un clan, ce n’est pas une race, ce n’est pas une tri­bu. La nation c’est plus fort encore que l’i­dée de patrie, plus fort que le patrio­tisme, ce noble réflexe par lequel on défend sa terre natale, son champ, ses sépul­tures. Car le sen­ti­ment natio­nal c’est ce par quoi on devient citoyen, ce par quoi on accède à cette digni­té suprême des hommes libres qui s’ap­pelle la citoyenneté !

    C’est assez dire que la citoyen­ne­té non plus ne se décrète pas, qu’elle ne relève ni de la loi ni du trai­té. Pour qu’il y ait une citoyen­ne­té euro­péenne, il fau­drait qu’il y ait une nation européenne.

    Alors oui, il est pos­sible d’en­fer­mer les habi­tants des pays de la Com­mu­nau­té dans un cor­set de normes juri­diques, de leur impo­ser des pro­cé­dures, des règles, des inter­dits, de créer si on le veut de nou­velles caté­go­ries d’assujettis.

    Mais on ne peut créer par un trai­té une nou­velle citoyen­neté. Curieuse citoyen­ne­té d’ailleurs que celle dont on nous parle, parée de droits, mais exempte de devoirs !

    Le droit de vote exprime ain­si une adhé­sion très forte sans laquelle il n’a aucun sens. On ne vote pas dans un pays sim­ple­ment parce qu’on y habite, mais parce que l’on veut par­ta­ger ses valeurs et son des­tin. L’obs­tacle à la citoyen­neté euro­péenne n’est donc pas tant consti­tu­tion­nel que moral.

    Ose­rai-je dire à cet égard que je suis moins cho­qué à la limite, sous les pré­cau­tions que l’on sait par la pers­pec­tive d’ad­mettre des étran­gers à des élec­tions locales qu’à l’i­dée de recon­naître le droit de vote pour les élec­tions euro­péennes aux res­sor­tis­sants des autres États membres de la Commu­nauté rési­dant en France ? Car là est bien, au niveau des prin­cipes, la dérive fédéraliste.

    Dans l’es­prit d’une confé­dé­ra­tion res­pec­tant les souverai­netés natio­nales, ce qui est, jus­qu’à preuve du contraire la seule voie sur laquelle nous soyons jus­qu’à pré­sent officielle­ment enga­gés, les dépu­tés au Par­le­ment euro­péen sont les repré­sen­tants de cha­cun des peuples de la Com­mu­nau­té. C’est donc tout natu­rel­le­ment qu’ils sont élus sur des bases natio­nales. Ouvrir ce corps élec­to­ral aux rési­dents des autres États membres, serait rompre avec ce prin­cipe et ouvrir une brèche qui nous condui­rait bien­tôt à tenir les déci­sions du Par­le­ment de Stras­bourg pour l’ex­pres­sion de la volon­té géné­rale d’un hypo­thé­tique « peuple euro­péen », au même titre que la loi édic­tée par chaque Par­le­ment natio­nal est l’ex­pres­sion de la volon­té géné­rale de la Nation.

    C’est là, bien enten­du, où veulent nous conduire les auteurs du trai­té de Maas­tricht et il est clair que tous les moyens sont bons à leurs yeux pour y par­ve­nir, Cette dis­po­si­tion est donc abso­lu­ment inac­cep­table, quelles qu’en soient les condi­tions d’exercice.

    Je pren­drai néan­moins le risque d’é­ton­ner en affir­mant qu’il faut pro­ba­ble­ment tenir la créa­tion de la citoyen­ne­té euro­péenne pour ce qu’elle est, c’est-à-dire un simple corol­laire de la mon­naie unique qui est, elle, le vrai, le puis­sant méca­nisme par lequel se réa­li­se­ra non seule­ment l’in­té­gra­tion éco­no­mique mais aus­si fina­le­ment l’in­té­gra­tion politique.

    Ceux qui se contentent de deman­der l’a­bro­ga­tion des dis­po­si­tions sur le droit de vote s’at­taquent ain­si, je le crains, aux effets anti­ci­pés sans s’at­ta­quer aux causes. On peut d’ailleurs se deman­der légi­ti­me­ment jus­qu’à quel point cette dis­po­si­tion pro­vo­cante, qu’on pour­rait éven­tuel­le­ment paraître atté­nuer, n’a pas pour seule fonc­tion d’être un abcès de fixa­tion, un leurre, un change comme on dit sur cer­tains ter­rains de chasse.

    Nous en aurons du moins tiré par­ti pour nous sou­ve­nir que le sen­ti­ment natio­nal n’est pas le natio­na­lisme, Car le natio­na­lisme, avec ses outrances et, son égoïsme for­ce­né a quelque chose de patho­lo­gique qui n’a rien à voir avec la nation ni, bien sûr, avec la République.

    C’est dire com­bien la France, dont il nous faut pré­ser­ver la sou­ve­rai­ne­té, en refu­sant de la dis­soudre dans l’Eu­rope fédé­rale, n’est pas la France des extré­mistes de droite qui est en fait une anti-France.

    Que peuvent d’ailleurs bien com­prendre à la nation ceux qui, il y a cin­quante ans, s’en­ga­geaient dans la col­la­bo­ra­tion avec les nazis pour bâtir l’ordre euro­péen nou­veau ; ceux qui, dans Paris occu­pé, orga­ni­saient des expo­si­tions sur la France euro­péenne au Grand Palais, ceux qui pro­phé­ti­saient qu’on par­le­rait de l’Al­le­magne et du Dane­mark comme on parle de la Flandre et de la Bour­gogne, ou encore que dans une Europe où l’Al­le­magne tien­drait le rôle que l’An­gle­terre enten­dait s’ar­ro­ger, ses inté­rêts et les nôtres se rejoin­draient tôt ou tard ?

    Je ne crois pas que ceux-là aient rom­pu avec ces pen­chants, mal­gré les efforts qu’ils déploient pour jouer sur l’é­goïsme, tout en dis­si­mu­lant l’i­déo­lo­gie qui les anime, qui dépasse d’ailleurs les fron­tières et qui est anti­ré­pu­bli­caine parce qu’elle est vis­cé­ra­le­ment contre l’é­ga­li­té des droits et la recon­nais­sance uni­ver­selle de la digni­té de la per­sonne humaine.

    Mais qu’on y prenne garde : c’est lorsque le sen­ti­ment natio­nal est bafoué que la voie s’ouvre aux dérives natio­na­listes et à tous les extrémismes !

    J’ai par­lé de répu­blique, de valeurs répu­bli­caines. Il faut à ce sujet bien nous entendre. En France, la Répu­blique n’est pas seule­ment un régime ins­ti­tu­tion­nel. Et s’il fal­lait lui trou­ver une date de nais­sance, je la situe­rais à Val­my, le 20 sep­tembre 1792, avec le « peuple en armes », plu­tôt qu’à la Conven­tion, le len­de­main, quand les dépu­tés déci­dèrent d’a­bo­lir la monar­chie, Car la Répu­blique, c’est avant tout ce sys­tème de valeurs col­lec­tives par lequel la France est ce qu’elle est aux yeux du monde, Il y a une Répu­blique fran­çaise comme il y eut une Répu­blique romaine. Depuis l’o­ri­gine, sa maxime est la même : la sou­ve­rai­ne­té du peuple, l’ap­pel de la liber­té, l’es­pé­rance de la jus­tice. Elle est insé­pa­rable de la digni­té de la per­sonne humaine et de son émanci­pation, de l’É­tat de droit, de l’é­qui­té et de l’é­ga­li­té des chances. Elle est insé­pa­rable de la soli­da­ri­té natio­nale, de l’am­bi­tion col­lec­tive natio­nale, de l’es­prit natio­nal, de l’in­dé­pen­dance natio­nale, Elle est insé­pa­rable de l’É­tat qui, en son nom, doit arbi­trer, rendre la jus­tice, atta­quer inlas­sa­ble­ment les pri­vi­lèges, com­battre les féo­da­li­tés, accor­der la pri­mau­té aux mérites et à la ver­tu. C’est dire que for­gée dans le même moule, la Répu­blique n’est pas sépa­rable de la nation. Et tout cela, bien sûr, ne date pas d’hier !

    N’y avait-il pas déjà un sen­ti­ment natio­nal dans les groupes anti-Anglais de Nor­man­die pen­dant la guerre de Cent Ans ? Ou quand pour la pre­mière fois, on a crié à Mar­seille en 1585 « Vive la Répu­blique ! » contre la Ligue qui pac­ti­sait avec les Espa­gnols ? N’y avait-il pas déjà au Moyen-Âge un modèle cultu­rel fran­çais dans cette uni­ver­si­té de Paris qui impo­sait à l’Eu­rope la supré­ma­tie de sa méthode et quand l’ab­bé Suger ouvrait, à Saint-Denis, le temps de ces cathé­drales, que l’on n’ap­pe­lait pas encore gothiques, et dans les­quelles toute l’Eu­rope d’a­lors recon­nais­sait l’art de France ? N’y avait-il pas déjà une volon­té natio­nale chez Phi­lippe Le Bel, quand il refu­sait de tolé­rer aucun État dans l’É­tat et chez le « petit roi de Bourges » quand il reje­tait le trai­té de Troyes par lequel Isa­beau de Bavière avait livré la France aux Anglais ? Et chez Fran­çois Ier quand il signa à Vil­lers-Cot­te­rêts l’é­dit par lequel le fran­çais allait deve­nir la langue offi­cielle de l’État ?

    A chaque étape de notre his­toire, il y a déjà ain­si un peu de la Répu­blique comme il y en avait quand Napo­léon fai­sait rédi­ger le code civil et qu’il disait : « Ma maxime a été la car­rière ouverte aux talents sans dis­tinc­tion de fortune. »

    Il fal­lait pas­ser par là pour qu’un jour il y eût vrai­ment la Répu­blique et les phi­lo­sophes et la Décla­ra­tion des droits et l’é­cole de la Répu­blique, pour que la France devienne ce pays si sin­gu­lier dont Mal­raux disait qu’« il n’est jamais plus grand que lors­qu’il parle à tous les hommes ». Ce pays si sin­gu­lier qui, depuis tou­jours au fond, se veut plus exem­plaire que domi­na­teur. Ce pays si sin­gu­lier qui, mal­gré ses fai­blesses et ses renon­ce­ments, garde, tout au long des vicis­si­tudes de l’his­toire, un sta­tut excep­tion­nel de guide spi­ri­tuel et moral : car il y a indu­bi­ta­ble­ment une excep­tion française.

    Une excep­tion fran­çaise, oui, qui tra­duit cet extra­or­di­naire com­pro­mis que la Répu­blique a réa­li­sé chez nous, entre la néces­si­té de l’É­tat et la liber­té de l’in­di­vi­du et qui ne peut s’ac­cor­der avec la nor­ma­li­sa­tion, avec la bana­li­sa­tion que l’on veut impo­ser à la France, au nom de la logique de Maastricht.

    Comme il faut bien nous apai­ser, voi­là qu’on nous pro­met de res­pec­ter les iden­ti­tés natio­nales, en cher­chant à nous convaincre que ces der­nières sont trop fortes pour que le creu­set fédé­ra­liste les menace de disparition.

    Des conces­sions nous seront faites, concer­nant – sait-on jamais ? – nos fro­mages et quelques-unes de nos cou­tumes ­parce que le folk­lore ne dérange per­sonne, jamais un mou­ve­ment folk­lo­rique n’est deve­nu révo­lu­tion­naire. On nous lais­se­ra peut-être la Mar­seillaise, à condi­tion d’en chan­ger les paroles parce que ses farouches accents com­portent des dan­gers et rap­pellent à notre : peuple son his­toire et sa liberté.

    On nous aban­don­ne­ra notre langue, quitte à nous lais­ser le soin de l’a­bâ­tar­dir alors que, pour tant de peuples, le fran­çais reste encore syno­nyme de liber­té. Déjà, nous nous ral­lions à cette idée folle que notre langue n’est rien de plus qu’une tech­nique de communication.

    Déjà, nous accep­tons l’i­dée qu’il est peu ration­nel de cumu­ler neuf langues de tra­vail et qu’il y a là un vrai pro­blème pour l’Europe.

    Or cet uti­li­ta­risme à courte vue, auquel se conver­tissent nos élites et qui fait pro­gres­ser à grands pas l’Eu­rope fédé­rale, est de nature à détruire l’âme de la France.

    Il est d’ailleurs tout à fait signi­fi­ca­tif d’a­voir choi­si le mot iden­ti­té pour dési­gner ce qu’on consent à nous lais­ser. Cette assu­rance qu’on se croit obli­gé de nous don­ner est déjà l’in­dice d’un risque majeur.

    On parle de l’i­den­ti­té lorsque l’âme est déjà en péril, lorsque l’ex­pé­rience a déjà fait place à l’an­goisse. On en parle lorsque les repères sont déjà perdus !

    La quête iden­ti­taire n’est pas une affir­ma­tion de soi. C’est le réflexe défen­sif de ceux qui sentent qu’ils ont déjà trop cédé. En ne nous lais­sant que l’i­den­ti­té, on ne nous concède donc pas grand-chose, en atten­dant de ne plus rien nous concé­der du tout !

    Que veut-on mettre à la place de ce qu’il est ques­tion d’ef­fa­cer ? A quoi veut-on nous faire adhé­rer quand on aura obte­nu de nous un renie­ment natio­nal ? Sur quoi va-t-on fon­der ce gou­ver­ne­ment de l’Eu­rope auquel on veut nous soumettre ?

    Sur la conscience euro­péenne ? C’est vrai, cette conscience existe ; il y a même quelque chose comme une civi­li­sa­tion euro­péenne au confluent de la volon­té pro­mé­théenne, de la chré­tien­té et de la liber­té de l’es­prit. Bien sûr, nous autres Euro­péens avons un patri­moine et toutes sortes de simi­li­tudes, mais cela ne suf­fit pas pour for­ger un État.

    S’il y a une conscience euro­péenne, c’est un peu comme il y a une conscience uni­ver­selle ; elle est de l’ordre du concept et n’a à voir ni avec l’âme du peuple ni avec la soli­da­ri­té cha­melle de la nation. La nation fran­çaise est une expé­rience mul­ti­sé­cu­laire, La conscience euro­péenne est une idée qui d’ailleurs ne s’ar­rête pas aux fron­tières de la Com­mu­nau­té. Et l’on ne bâtit pas un État légi­time sur une idée abs­traite, encore moins sur une volon­té technocratique.

    Ain­si, l’É­tat fédé­ral euro­péen man­que­rait de fon­de­ment réel et de jus­ti­fi­ca­tions pro­fondes. Ce serait un État arbi­traire et loin­tain dans lequel aucun peuple ne se recon­naî­trait. Les plus lucides des fédé­ra­listes euro­péens le savent bien et ils ont une réponse toute prête. Il s’a­git de l’Eu­rope des régions, laquelle pré­sente le double avan­tage de rap­pro­cher, disent-ils, le pou­voir du citoyen et de mettre hors-jeu – ça c’est sûr ­ les États nationaux.

    Seule­ment voi­là : ce fédé­ra­lisme régio­na­liste signi­fie­rait à coup sûr la fin de notre Répu­blique. Ce serait anéan­tir dix siècles de volon­té d’u­ni­fi­ca­tion du pays, dix siècles de ras­sem­ble­ment des pro­vinces, dix siècles de lutte contre les féo­da­li­tés locales, dix siècles d’ef­forts pour ren­for­cer la soli­da­ri­té entre les régions, dix siècles d’obs­ti­na­tion féconde pour for­ger, de géné­ra­tion en géné­ra­tion, une authen­tique com­mu­nau­té nationale.

    Qu’en advien­dra-t-il à terme ? On rem­pla­ce­ra les quelques fron­tières natio­nales exis­tantes par une mul­ti­tude de fron­tières locales invi­sibles mais bien réelles. On for­me­ra de petites pro­vinces là où il y avait de grands États avec autant de com­mu­nau­tés cris­pées sur leurs égoïsmes locaux. On lais­se­ra les régions riches deve­nir tou­jours plus riches et les pauvres deve­nir tou­jours plus pauvres.

    On confie­ra les affaires à des notables que le gou­ver­ne­ment fédé­ral, du fait de son éloi­gne­ment et de son manque de légi­ti­mi­té, ne pour­ra contrô­ler, pas plus que ne pour­ront le faire les gou­ver­ne­ments natio­naux poli­ti­que­ment affai­blis et limi­tés dans leurs com­pé­tences..) Ce sera le grand retour des féo­da­li­tés, lequel, je vous le concède, a déjà lar­ge­ment commencé.

    Ce sera, pour le coup, cette Europe des tri­bus que nous dit tant redou­ter M. le Pré­sident de la Répu­blique. Il n’y aura plus en France de redis­tri­bu­tion, de péréqua­tion, d’a­mé­na­ge­ment du ter­ri­toire. Vien­dra la règle du cha­cun pour soi et de Dieu pour personne.

    Se noue­ront des rela­tions de région à région par-des­sus la tête des États ; c’est déjà enta­mé ! Ce sera le contraire de la Répu­blique et le contraire de la démocratie.

    Ceux-là mêmes qui ont mul­ti­plié les éche­lons de l’ad­mi­nis­tra­tion nous disent main­te­nant qu’il y en a trop, qu’il faut en sup­pri­mer, pour ratio­na­li­ser, pour sim­pli­fier. Il y a trop d’é­che­lons, comme il y a trop de com­munes. Et même s’il n’y a pas de cal­cul, s’il n’y a pas de pré­mé­di­ta­tion, même si M. Delors est pro­ba­ble­ment sin­cère quand il déclare qu’il ne veut pas faire dis­pa­raître les nations, l’en­gre­nage qui se met en place est tel qu’au bout du compte ce n’est pas le choix entre le dépar­te­ment et la région qui s’im­po­se­ra dans la mul­ti­pli­ci­té des éche­lons du pou­voir : c’est l’es­ca­mo­tage de l’É­tat-nation qui se dessinera !

    Et l’i­dée fait subrep­ti­ce­ment che­min : déjà les régions traitent direc­te­ment avec Bruxelles, pour qué­man­der des sub­sides, déjà elles s’al­lient entre elles pour orga­ni­ser des groupes de pres­sion à l’é­che­lon com­mu­nau­taire ; déjà voient le jour des poli­tiques régio­nales qui ne tiennent plus aucun compte des impé­ra­tifs nationaux.

    Et voi­là que se crée à Bruxelles un comi­té des régions qui n’a pas encore beau­coup de pou­voirs, mais qui se pré­sente déjà comme organe de repré­sen­ta­tion. C’est la mani­fes­ta­tion ouverte d’un des­sein régio­na­liste qui ne prend même plus la peine de se dégui­ser, mais dont, comme tou­jours, on dissi­mule les véri­tables ambitions.

    Là encore, si nous sommes tel­le­ment vul­né­rables, la faute en est due à notre propre renon­ce­ment, un renon­ce­ment qui se situe dans la dérive d’une décen­tra­li­sa­tion mal conçue et mal maî­tri­sée dont la pers­pec­tive de l’Eu­rope des régions fait appa­raître tout à coup les immenses dangers !

    Nous avions pour­tant choi­si la décen­tra­li­sa­tion, pas la désintégration !

    Les choses vont-elles donc conti­nuer à se défaire sans qu’a aucun moment le peuple fran­çais ne soit consulté ?

    Mais voi­là qu’on nous assure que Maas­tricht serait la condi­tion de la paix et de la pros­pé­ri­té, ce qui signi­fie par là même que son échec équi­vau­drait à la régres­sion et, j’ima­gine, à la guerre. C’est l’une des idées reçues du moment : les nations seraient inévi­ta­ble­ment condam­nées au déclin par le pro­grès de la civi­li­sa­tion maté­rielle. Leur sou­ve­rai­ne­té serait incom­pa­tible avec le ren­for­ce­ment iné­luc­table des inter­dé­pen­dances écono­miques et tech­niques. L’é­vo­lu­tion des choses condui­rait néces­sai­re­ment vers un monde sans fron­tières, cha­cune de celles-ci consti­tuant un obs­tacle à l’ef­fi­ca­ci­té, une entorse à la ratio­na­li­té, une entrave à la prospérité.

    Ce sont là des affir­ma­tions qu’il nous faut véri­fier avec soin car ce qu’on nous demande d’a­ban­don­ner, pour atteindre la pros­pé­ri­té, ce n’est pas seule­ment le droit de battre mon­naie, c’est la pos­si­bi­li­té de conduire une poli­tique éco­no­mique qui nous soit propre.

    Suf­fi­rait-il de consti­tuer un grand ensemble inté­gré pour brus­que­ment et sûre­ment accroître ces per­for­mances ? On en dou­te­rait au spec­tacle de grands ensembles exis­tants qui péri­clitent ou se divisent. L’an­cienne Union sovié­tique, la Chine, l’Inde sont-elles à ce point pros­pères qu’il nous faille à tout prix les imiter ?

    Les États-unis eux-mêmes sont-ils à ce point heu­reux dans la ges­tion de leurs affaires inté­rieures qu’il faille les prendre pour modèles ? N’ob­serve-t-on pas à l’in­verse des réus­sites écla­tantes qui ne doivent rien à l’im­men­si­té au Japon, à Tai­wan, en Corée du Sud, voire dans les villes ­États, comme Sin­ga­pour ou Hong Kong ?

    Com­ment s’en éton­ner ? La mise en com­mun des fai­blesses et des défaillances de cha­cun n’a jamais amé­lio­ré les per­for­mances de tous.

    Si l’ar­gu­ment de la taille ne convainc pas, on tient en réserve l’une de ses variantes : elle consiste à condam­ner la ten­ta­tion de l’au­tar­cie. C’est ce qu’a fait M. le Pre­mier ministre cet après-midi. L’au­tar­cie est-elle la plus sûre façon de rui­ner l’é­co­no­mie, d’é­touf­fer l’i­ni­tia­tive, d’ap­pau­vrir la culture ? Certes oui, mais qui dit le contraire ? Qui parle de replier le pays sur lui-même ? Qui parle de renon­cer à la liber­té des échanges ? Qui donc ici prône l’ex­clu­sion, la fer­me­ture aux autres ? Per­sonne ! En tout cas pas moi ! Mais en quoi donc le rejet de l’au­tar­cie a‑t-il quelque chose à voir avec la pré­ten­due néces­si­té d’une Europe fédé­rale ? La réponse est simple : cela n’a rien à voir !

    Il y a des siècles que les échanges inter­na­tio­naux se déve­loppent et depuis 1945 ils ont enre­gis­tré une for­mi­dable pro­gres­sion, contri­buant à la pros­pé­ri­té et à l’ac­crois­se­ment des niveaux de vie. A‑t-on eu besoin pour cela de réduire le nombre des nations ? Leurs fron­tières poli­tiques ont-elle fait obs­tacle à cette évo­lu­tion ? Les par­ti­cu­la­rismes natio­naux ont-ils com­pro­mis l’al­lo­ca­tion des res­sources, frei­né l’in­no­va­tion, ralen­ti la crois­sance ? Dans les faits, n’est-ce pas tout le contraire qui s’est pas­sé, et n’est-ce pas le pays qui en a le plus pro­fi­té, le Japon, qui est aus­si le plus rebelle à tout sys­tème qui l’in­té­gre­rait ? Il est vrai que, pour échan­ger, il faut avoir quelque chose à échan­ger. Il est donc auto­ri­sé d’être dif­fé­rent et il est même plus sou­hai­table d’être complémen­taire que semblable.

    L’a­ve­nir n’est donc pas contra­dic­toire avec la volon­té des peuples de gar­der leur carac­tère, de tirer le meilleur par­ti de ce qu’ils sont, de leurs atouts, de leurs spé­ci­fi­ci­tés pour don­ner au monde la plus belle part d’eux-mêmes.

    La com­pé­ti­tion, la concur­rence, c’est d’ailleurs cela : c’est le jeu où des pro­duc­teurs pla­cés dans des situa­tions par­ti­cu­lières, avec des capa­ci­tés et des savoir-faire dif­fé­rents, s’effor­cent en per­ma­nence de se dépas­ser afin de pro­duire à moindre coût et de vendre davantage.

    Gar­dons-nous donc de la vision angé­lique et réduc­trice d’une inter­na­tio­na­li­sa­tion éco­no­mique déga­gée de toute réfé­rence aux natio­na­li­tés ! Pour gar­der leur effi­ca­ci­té, les entre­prises ont à prendre en compte les carac­té­ris­tiques des mar­chés locaux, des men­ta­li­tés, des com­por­te­ments, des langues.

    Tenir l’é­co­no­mie mon­diale pour un sys­tème uni­taire et indif­fé­ren­cié pro­cède à l’é­vi­dence d’une ana­lyse super­fi­cielle. En réa­li­té, un espace de concur­rence est un espace d’é­change libre et non un vase clos dans lequel une bureau­cra­tie tatillonne s’ef­force de gom­mer toutes les dif­fé­rences en impo­sant avec obs­ti­na­tion ce que les auteurs de l’Acte unique ont appe­lé « l’har­mo­ni­sa­tion des condi­tions de la concurrence ».

    Redou­table contre­sens éco­no­mique, d’ailleurs, que cette « har­mo­ni­sa­tion » à laquelle nous devons déjà des cen­taines et des cen­taines de direc­tives et de règle­ments com­mu­nau­taires ! Mesu­rons l’ab­sur­di­té d’une telle démarche en posant, comme le fit un jour un éco­no­miste, cette imper­ti­nente mais judi­cieuse ques­tion : « Puis­qu’il faut har­mo­ni­ser les condi­tions de la concur­rence, pour­quoi, comme sur le nez de Cyra­no, ne pas poser des petits para­sols sur les tomates cata­lanes, gor­gées d’un soleil qui fait si injus­te­ment défaut aux tomates néerlandaises ? »

    Ne rions pas, nous ne sommes pas loin de cela ! Nous n’en sommes pas loin quand on se met à régle­men­ter, pour toute la CEE, les condi­tions de pro­duc­tion pour les chasses d’eau, les sur­vê­te­ments, les fro­mages. Croyez-vous que cela a quelque chose à voir avec la vita­li­té des mar­chés, avec la force créa­trice de la libre entre­prise, avec le sti­mu­lant de la concurrence ?

    On nous fabrique aujourd’­hui en Europe un espace écono­mique plus uni­for­mi­sé que le mar­ché inté­rieur amé­ri­cain lui-même, qui vit et pros­père très bien sans même l’harmonisa­tion des fis­ca­li­tés, alors que, pour créer un mar­ché unique, on pour­rait s’en tenir à la libre cir­cu­la­tion des biens et des per­sonnes et à la recon­nais­sance mutuelle des réglementa­tions, en limi­tant l’ef­fort d’har­mo­ni­sa­tion à ce qui relève de la san­té publique et de la pro­tec­tion de l’environnement.

    Mais ce n’é­tait pas assez pour nos euro­crates qui veulent sup­pri­mer la concur­rence en pré­ten­dant la pré­ser­ver. On met en avant de pré­ten­dus impé­ra­tifs de concur­rence pour régle­men­ter, cen­tra­li­ser, diri­ger l’é­co­no­mie euro­péenne, à la seule fin, non d’ac­croître l’ef­fi­ca­ci­té et la pros­pé­ri­té com­munes mais de for­ger à la fois l’ins­tru­ment et la rai­son d’être d’un futur gou­ver­ne­ment fédé­ral, un gou­ver­ne­ment fédé­ral qui ne pour­ra cer­tai­ne­ment pas souf­frir l’exis­tence d’une réelle concur­rence entre les États fédérés.

    La mon­naie unique qu’on nous pro­pose main­te­nant est la consé­quence logique de cette stra­té­gie. Voyons ensemble ce que vaut cette touche finale.

    On nous dit que la mon­naie unique est la clé de l’ emploi. On nous annonce triom­pha­le­ment qu’elle crée­ra des mil­lions d’emplois nou­veaux – jus­qu’à cinq mil­lions, selon M. Delors, trois ou quatre, selon le Pré­sident de la Répu­blique. Mais que vaut ce genre de pré­dic­tion, alors que, depuis des années, le chô­mage aug­mente en même temps que s’ac­cé­lère la construc­tion de l’Eu­rope tech­no­cra­tique ? Par quel miracle la mon­naie unique pour­rait-elle ren­ver­ser cette ten­dance ? Oublie­rait-on que cer­taines simu­la­tions sur les effets de l’u­nion moné­taire sont par­ti­cu­liè­re­ment inquié­tantes pour la France puis­qu’elles font craindre encore plus de chô­mage dans les années à venir ? En véri­té, tout ce que notre éco­no­mie doit d’in­con­tes­ta­ble­ment posi­tif à la construc­tion euro­péenne, c’est la fin du pro­tec­tion­nisme intra­com­mu­nau­taire, ce qui n’a rien à voir ni avec I« har­mo­ni­sa­tion à tout prix ni avec la mon­naie unique.

    On nous dit que les risques cam­biaires tendent à limi­ter les tran­sac­tions. Mais les échanges inter­na­tio­naux n’ont souf­fert d’au­cun ralen­tis­se­ment notable après la géné­ra­li­sa­tion des changes flot­tants, moyen­nant la mise au point de tech­niques de cou­ver­ture fort élaborées.

    On nous dit que la mon­naie unique va favo­ri­ser nos expor­ta­tions, mais les échanges intra-euro­péens sont déjà consi­dé­rables et l’u­ni­fi­ca­tion de la mon­naie ne sup­pri­me­ra pas les risques de fluc­tua­tion vis-à-vis du dol­lar et du yen. Mieux : dès lors qu’il y aura trois pôles moné­taires com­pa­rables, les arbi­trages tri­an­gu­laires iront se mul­ti­pliant, avec tous les risques de change y afférent.

    On nous dit que la mon­naie unique favo­ri­se­ra les investis­sements fran­çais dans les autres pays de la Com­mu­nau­té. Or aucune sta­tis­tique ne per­met de conclure à un effet signi­fi­ca­tif du risque de change sur l’investissement.

    On nous dit que la mon­naie unique fera éco­no­mi­ser d’é­normes coûts de tran­sac­tion, mais per­sonnes n’est réel­le­ment capable d’é­va­luer ces coûts et tous les chiffres cités à ce sujet, y com­pris les vôtres, sont le plus sou­vent tota­le­ment fantaisistes.

    M. Rocard nous dit que, si Louis XI n’a­vait pas eu rai­son de Charles le Témé­raire, la Bour­gogne d’au­jourd’­hui vivrait dans la han­tise de voir se dété­rio­rer sa balance des paie­ments avec l’Ile-de-France et l’Aquitaine.

    Et il nous pré­dit que la mon­naie unique met­tra fin à ce genre d’ar­chaïsme, entrave à la crois­sance. Mais qui donc est obsé­dé par le solde des paie­ments cou­rants sinon ceux-là mêmes qui confondent les consé­quences et les causes, qui confondent les écri­tures comp­tables avec les méca­nismes éco­no­miques et qui sont para­ly­sés par des contraintes imaginaires ?

    Com­ment peut-on pen­ser en effet que la balance des paie­ments est en elle-même une contrainte éco­no­mique bien réelle et croire qu’il suf­fit de ne plus libel­ler les tran­sac­tions que dans une seule mon­naie pour qu’elles s’en­volent miraculeusement ?

    On nous dit que la mon­naie unique fera bais­ser tes taux d’in­té­rêt, mais cela est plus que dou­teux dès lors qu’il va fal­loir inté­grer des pays plus sujet à l’in­fla­tion et ensuite tout dépen­dra de la poli­tique de la Banque cen­trale euro­péenne qui sera indé­pen­dante, c’est-à-dire incontrôlable.

    On dit encore, en effet, que la mon­naie unique entre les mains d’une banque cen­trale indé­pen­dante per­met­tra de mieux assu­rer la lutte contre I« infla­tion : mais nul ne peut garan­tir que les diri­geants de cette banque, qui n’au­ront de comptes à rendre à per­sonne, feront tou­jours la meilleure poli­tique pos­sible ! Ou alors doit-on consi­dé­rer l’ir­res­pon­sa­bi­li­té comme le gage le plus sûr de l’efficacité ?

    L’ex­pé­rience de la FED aux États-unis est-elle à cet égard concluante ? Le com­por­te­ment actuel de la Bun­des­bank est-il si encou­ra­geant ? Certes non, d’ailleurs les plus grandes figures de l’or­tho­doxie moné­taire, comme l’A­mé­ri­cain Mil­ton Fried­man ou le Fran­çais Mau­rice Allais, sont farou­che­ment oppo­sés au prin­cipe de l’in­dé­pen­dance de la banque centrale.

    En véri­té, il n’y a pas de meilleure inci­ta­tion à bien gérer la mon­naie que la concur­rence moné­taire même si cette inci­ta­tion est loin d’être sans défaut.

    Or, que nous pro­pose-t-on, sinon de sup­pri­mer la concur­rence entre les mon­naies européennes ?

    Alors on vient nous dire, argu­ment ultime et pré­su­mé déci­sif, que nous n’au­rions plus d’autre choix qu’entre « subir » et « co-décider ».

    Que répondre à ceux qui nous disent qu’en accep­tant de par­ti­ci­per au SME, notre pays a déjà renon­cé à sa sou­ve­rai­ne­té dans ce domaine ? Que c’est oublier un peu vite qu’il existe des marges de fluc­tua­tion signi­fi­ca­tives. Que nous gar­dons, c’est vrai, la pos­si­bi­li­té de déva­luer si nous le déci­dons et que nous pou­vons sor­tir du sys­tème si nous le jugeons néces­saire. Que, dans le SME, la France choi­sit libre­ment les contraintes qu’elle s’im­pose jus­qu’à ce qu’elle décide de s’en affran­chir. Au contraire, avec la mon­naie unique, nous aban­don­nons défi­ni­ti­ve­ment ou presque le droit de choi­sir notre poli­tique moné­taire. Toute la dif­fé­rence est là !

    Alors on objecte encore que, même si elle le vou­lait, la France ne pour­rait pas exer­cer sa sou­ve­rai­ne­té, qu’elle n’au­rait d’autre pos­si­bi­li­té que celle de s’a­li­gner sur les déci­sions des auto­ri­tés alle­mandes afin d’é­vi­ter la fuite des capi­taux flot­tants et l’ef­fon­dre­ment de sa monnaie.

    C’est oublier, me semble-t-il, que le main­tien à tout prix d’une pari­té arbi­traire entre le franc et le mark est un choix poli­tique qui n’a rien d’i­né­luc­table. C’est oublier qu’une mon­naie qui ne se main­tient qu’en s’ap­puyant sur des taux d’in­té­rêt réels exor­bi­tants ne peut pas être consi­dé­rée comme une mon­naie forte et qu’en adop­tant une telle poli­tique, la France a per­mis d’ac­cen­tuer la sous-éva­lua­tion du mark au sein du SME où tous les experts s’ac­cordent pour consta­ter qu’il est déjà sous-éva­lué depuis 1979, ce qui est un comble puisque nous don­nons ain­si à l’Al­le­magne une prime sup­plé­men­taire de com­pé­ti­ti­vi­té. Et quand j’en­tends dire, comme hier, qu’on veut rééva­luer le franc par rap­port au mark, je me demande si on ne nage pas en pleine folie !

    En tout cas, rien n’im­pose auj

    Réponse
  98. Ana Sailland

    mes­sage 95 (mer­ci d’a­voir répondu)

    Je vais être sévère et méchante. Cohé­rence oblige, au delà d’une cer­taine civilité.

    Vu le programme ->

    Quelques points posi­tifs qui sont des lieux communs.

    Ce type n’est pas démo­crate, et s’il s’an­nonce tel, ses écrits et atti­tudes le démentent. Nous sommes ici équi­pés pour décoder … 😉

    Autant la mag­ma alié­nant euro­péen est à jeter, autant l’or­gueil natio­nal me paraît dangereux.

    La ren­contre est utile plus que la théo­rie.
    Homme culti­vé et bien trop fier de l’être. Mais sur­tout, sur­tout … J’ai vu de mes yeux vu un gou­jat.
    Et quel que soit le pro­gramme, pour moi, c’est niet :
    Si le sys­tème de l’é­lec­tion était rete­nu par mon cœur, et il ne sau­ra jamais se résoudre de gai­té à ce choix, ce serait face/grâce à une élite qui serait élite et non pas simu­lacre, élite en tout, jus­qu’aux tré­fonds de son âme.
    On peut ren­con­trer des approxi­ma­tions de cet état, l’His­toire nous en offre par­fois, qui hélas au point d’en être dépré­ciés servent de cos­tume trop grand à l’op­por­tu­nisme avide de gloire.

    Réponse
  99. sitouaillain

    @ Mor­phéus

    « Alors il fau­drait pous­ser le rai­son­ne­ment plus loin encore et créer un ras­sem­ble­ment sur une base plus large.

    Par exemple : UPR (Asse­li­neau) + DLR (Dupont-Aignant) + S&P (Che­mi­nade) + FDG

    Là, ça fera le poids. Il serait inté­res­sant de com­pa­rer les pro­grammes élec­to­raux de ces dif­fé­rentes ten­dances. Je gage qu’il s’y trou­ve­rait des points communs.

    Ah mais j’ou­bliais : ce n’est pas comme cela que fonc­tionne la poli­tique dans un sys­tème de par­tis. Les par­tis divisent, au lieux de ras­sem­bler. Si on se concentre sur ce qui nous ras­semble plu­tôt que sur ce qui nous divise, le risque est d’a­voir un pro­gramme qui tienne sur un timbre poste … Et puis ce serait à l’op­po­sé de toutes les bonnes vieilles habi­tudes (cf. Asté­rix & Obé­lix ; la guerre des chefs).

    Mor­pheus »

    tu rai­sonnes à l’en­vers, sur­tout pour ce qui concerne le mou­ve­ment ouvrier : les par­tis, les syn­di­cats ras­semblent, les scis­sions mul­tiples furent le fruit de désac­cords de forme ou de fond, de sorte que ce qui divise, ce ne sont pas les par­tis, ce sont les gens qui sont divisés.

    le FdG est un ras­sem­ble­ment de par­tis et d’or­ga­ni­sa­tions poli­tiques, et même au-delà, et il a voca­tion à s’élargir,

    le M’PEP par exemple a refu­sé de l’in­té­grer parce que « sor­tie de l’UE » « sor­tie de l’eu­ro » ne figu­raient pas au pro­gramme, c’est à dire qu’ils ne jugeaient pas la situa­tion suf­fi­sam­ment into­lé­rable pour renon­cer à ces mots d’ordre au pro­fit de ce qu’il y a déjà dans le pro­gramme (« déso­béis­sance aux trai­té », « pôle ban­caire public », « mon­naies locales », etc.), qui d’ailleurs n’ex­cluait pas ces éven­tua­li­tés, mais pas avant d’en avoir assu­ré les consé­quences éco­no­miques, sociales et géopolitiques,

    le NPA a refu­sé de l’in­té­grer en tant que tel, les deux tiers du par­ti y sont entré, mais les autres se fon­daient sur des soit-disant ambigüi­tés quant au rap­port au PS…, 

    le POI a éga­le­ment refu­sé au pré­texte de je ne sais plus quoi, 

    bref, la porte était ouverte, y com­pris pour un bon mor­ceau des Verts et tout le mou­ve­ment décrois­sant, manque aus­si la ten­dance libertaire,

    le fait est que tout ce petit monde est réuni quand il s’a­git de lut­ter en dehors des élec­tions ; pour autant, il y a des frac­tures qui rendent dif­fi­cile le dialogue.

    par contre, l’al­liance rouge-brune que tu sou­haites ren­drait le ras­sem­ble­ment sus­men­tion­né impos­sible, étant don­né qu’il s’a­git d’un ras­sem­ble­ment anti­ca­pi­ta­liste, inter­na­tio­na­liste, fémi­niste, éco­lo­giste, laïque et démocrate.

    en revanche, le mou­ve­ment natio­na­liste, FN, NDPA, Asse­li­neau ont allè­gre­ment pio­ché dans les pro­po­si­tions de la gauche radi­cale, et, dans ce contexte de crise, ils attirent une frange radi­ca­li­sée des « classes moyennes », avec des dis­cours « anti­sys­tème » plus ou moins bien fice­lés, le fait est qu’ils se font concur­rence, s’ils veulent le pou­voir, un rap­pro­che­ment sera inévi­table (on dit que ce serait déjà en cours pour NDPA-le Pen), à l’i­mage du pro­ces­sus de consti­tu­tion du front natio­nal qui ras­sem­bla des grou­pus­cules hété­ro­clites des extrêmes droites françaises,

    ce n’est pas parce qu’ils pra­tiquent (c’est une tra­di­tion) le confu­sion­nisme idéo­lo­gique et flattent la paresse intel­lec­tuelle (bouh l’eu­rope, bouh les riches, bouh les poli­ti­ciens cor­rom­pus, bouh les délin­quants, etc.) en atti­rant à eux des gens « radi­ca­li­sés » mais étran­gers à l’his­toire et à la culture du mou­ve­ment ouvrier, qu’ils sont com­pa­tibles avec le FdG, car ce ne sont pas des par­tis anti­ca­pi­ta­listes, leur vision de l’exer­cice du pou­voir n’est pas non plus com­pa­tible avec la démo­cra­tie en marche, de même que leur posi­tion­ne­ment natio­na­liste s’op­pose à celui de la lutte des classes, qui s’ac­com­mode très bien d’i­den­ti­tés et de cultures sin­gu­lières mais qui main­tient la fron­tière entre classes pos­sé­dantes et classes exploi­tées comme fon­da­men­tale. ce qui veut dire que le posi­tion­ne­ment poli­tique est radi­ca­le­ment oppo­sé, réac­tion­naire Vs révo­lu­tion­naire, capi­ta­lite vs anticapitaliste.

    bien enten­du, qui ne peut ou ne veut faire la dif­fé­rence entre la gauche et la droite à voca­tion à se faire avoir… d’où l’i­dée qu’à la fin, ça fini­ra Front contre Front, entre pas en avant et retour en arrière, et peu m’im­porte les point com­muns des pro­grammes, les fina­li­tés ne sont pas les mêmes, les consé­quences éco­no­miques et sociales non plus.

    après, moi aus­si j’ai­me­rais bien que tout le monde se tienne la main et se fasse des bisous, mais bon… l’illu­sion una­ni­miste, trans­clas­siste, je la trouve plus dan­ge­reuse encore que la scis­sio­nite aigüe des anarchistes…

    Réponse
  100. Ana Sailland

    - sou­ve­nir en léger rap­port avec le mes­sage ci-des­sus : En Argen­tine, j’ai croi­sé « uni­da isquier­za » ( La gauche unie ) hé bien croyez moi : ils étaient une gauche par­mi les gauches, et même un peu sourde. Sché­ma classique …

    - Réflexion à pro­pos de « la sortie » : 
    Choi­sir une pri­son plus petite n’au­to­rise pas au pri­son­nier l’es­poir de l’é­lar­gis­se­ment. Sor­tir des euro­truc­muches, c’est choi­sir une pri­son plus petite, puisque le sys­tème repré­sen­ta­tif reste la règle. Oui, dans le cas de l’eurozone,le sys­tème est plus par­ti­cu­liè­re­ment per­vers puis­qu’il ne res­pecte même pas l’é­lec­tion, mais reve­nir à la France de 1958 n’est guère mieux.… Voilou

    Autre­ment dit, je suis de plus en plus en adhé­sion avec « la cause des causes » et n’ai pas très envie de souf­fler dans un mir­li­ton bouché.

    Reste la voie de la créa­tion citoyenne démo­crate sans réfé­rence aux hiérarchies .….…..

    Réponse
  101. RHC

    Bon­jour,

    Hola ! La fron­tière est-elle si loin que ça ?

    http://​you​tu​.be/​U​D​C​R​g​q​s​p​myU

    À pro­pos de la convic­tion de Fran­çois Asse­li­neau au sujet du tirage au sort, il faut lui répondre à la hau­teur de sa réponse : Un(e) politicien(ne) professionnel(le) met­tra tou­jours en prio­ri­té la direc­tive de ses supé­rieurs dans le but d’être irré­pro­chable (capo­ra­lisme ? Clien­té­lisme ? Incom­pé­tence ? Autisme?privilège?Peur?.….). Que dire du som­met, il va sans dire selon lui (cf cri­tique de l’EU­ROPE) , cette hié­rar­chie est aux mains de quelques-uns riches dona­teurs et puis­sants qui gou­vernent de façon non démo­cra­tique (retour d’in­ves­tis­se­ment ?) afin de main­te­nir son propre inté­rêt. La situa­tion à long terme, avec une défi­ni­tion stricte fonc­tion­nelle par les élites poli­tiques, elle se fini­ra hélas par des cloi­son­ne­ments, d’in­com­pa­ti­bi­li­té de l’es­prit et de déva­lo­ri­ser l’in­for­ma­tion au bas de l’é­di­fice (*nous).

    Démo­cra­tie d’ex­pert est une forme de démo­cra­tie inférieure !

    Après quelques tirages, l’en­semble du réseau trouve quelque fou qui va opter en l’en­contre de l’in­té­rêt de l’en­semble en ques­tion . 8)

    Mer­ci,

    Réponse
  102. RHC

    Puis Merde, je vais faire de la pro­pa­gande (posi­tive ?).

    Le tirage au sort per­met­trait de tra­vailler et cor­ri­ger « à l’en­vers », uni­que­ment à par­tir d’une base bien enra­ci­née en local et s’é­pa­nouir mer­veilleu­se­ment en global.

    Le contre nature, c’est le sys­tème en place (marche-t-il sur sa tête ou sa dette ?)

    Réponse
  103. Ghislaine69

    @Morpheus

    Le rap­port avec « Matrix », c’est tout à fait cela à quoi je pensais.

    Pour moi, ce film pose bien le pro­blème qu’ont les humains à croire que la ser­vi­tude est signe d’une cer­taine liber­té. Je veux dire par là qu’en allant voter, tout en sachant qu’ils consentent à leur ser­vi­tude donc sou­mis­sion, ils gardent une cer­taine liber­té, certes illu­soire mais liber­té quand même.

    Faire com­prendre et assi­mi­ler que seul le tirage au sort peut leur rendre le vrai pou­voir, une vraie démo­cra­tie, cette vraie liber­té auquel ils aspirent et dont les élites les privent, ce n’est pas une mince affaire car la socié­té est, je pense, convain­cue que l’é­lec­tion est la seule issue valable pour le bon dérou­le­ment de tout, dans une France « démo­cra­tique » (rire)

    Un gen­til virus m’a fait décou­vrir cette vidéo qui résume bien les consé­quences de notre asservissement :

    Les sou­ris qui élisent des chats :

    « Com­prendre le mes­sage est une chose, éveiller les esprits encore endor­mi en est une autre »

    Réponse
  104. RHC

    Curieu­se­ment, que pour­rait-on dire sur la répar­ti­tion de la richesse et les déci­sions dans une nou­velle struc­ture où le tirage au sort fonctionne ? 
    (l’autre struc­ture pyra­mi­dale et sa variance, on le sait) ?
    (un phé­no­mène poly­cel­lu­laire ?
    une adho­cra­tie améliorée ? 
    L’é­vo­lu­tion dyna­mique par­ti­ci­pa­tive dans tout ça ? 
    des connais­sances libre échange ? 
    une nou­velle répar­ti­tion de richesse ? 
    com­plé­men­ta­ri­té et équi­libre avec les par­tis comme transition ?). 

    Bref, est-ce que le tirage au sort est une fina­li­té pour sécu­ri­ser les reven­di­ca­tions ascen­dantes et descendantes ?

    A mon humble avis, le tirage au sort dénonce indi­rec­te­ment la faus­se­té de cette implé­men­ta­tion démo­cra­tique que nous avons actuellement.

    Sin­cè­re­ment,

    Réponse
  105. Janus

    Je ne pense pas que les gens soient si convain­cus que l’é­lec­tion est le meilleur sys­tème pour une démocratie.

    Je pense sin­cè­re­ment lorsque j’en parle autour de moi qu’ils n’ont aucun autre réfé­ren­tiel dans la vie concrète, dans leur vécu, et que par habi­tude et par ce qu’on leur a ensei­gné, ils ne se posent pas la ques­tion de savoir s’il est pos­sible qu’il puisse en exis­ter un autre.

    Lorsque je leur fais remar­quer, par exemple, que lors d’af­faires de juge­ments cri­mi­nels, les Vrais Juges c’est-à-dire les Jurés [aux Assises] sont des citoyens comme eux, tirés au sort, ils en res­tent sans voix tel­le­ment l’exemple leur a échappé.

    Dès lors s’en­gage une dis­cus­sion plus sérieuse, une réflexion plus pro­fonde, sur les pos­si­bi­li­tés d’une démarche poli­tique de ges­tion du pays bien au-delà de leurs croyances/habitudes ini­tiales de poli­tique poli­ti­cienne clivante.

    Cet exemple sert sou­vent de bonne amorce au débat plus construc­tif car la pas­sion en devient vite absente au pro­fit de la réflexion qui demande du temps et de l’in­ves­tis­se­ment dans le calme, le res­pect et la volon­té de poursuivre.

    En somme, pour­quoi accep­te­rait-on d’être jugé par des tirés au sort et de ne pas d’a­bord l’ac­cep­ter pour ne serait-ce que dans la ges­tion de son vil­lage ? Et plus…

    Réponse
  106. J.C

    L’é­lec­tion, la com­pé­ti­tion, c’est le monde de la pénu­rie, il n’y en aura pas pour tout le monde.
    c’est le monde de la divi­sion, de l’incompréhension.

    la col­la­bo­ra­tion réci­proque, le monde de l’a­bon­dance, du par­tage, de l’é­qui­té. c’est celui de l’en­traide, de la com­pré­hen­sion mutuelle. un monde sans argent.

    Sinon, cela n’ar­ri­ve­ra jamais.
    On res­te­ra des esclaves, pourquoi ?
    Parce que tant qu’il y aura de l’argent, puis­qu’on ne peut pas vivre sans, on se fera acheter.

    bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  107. Jackie

    L’homme est incroyable.
    C’est la seule créa­ture qui va cou­per des arbres.
    Pour ensuite en faire du papier.
    Afin d’é­crire dessus :
    « Sau­vons les arbres ».

    Réponse
  108. Nicolas

    Bon­jour Etienne,

    En visi­tant un des sites que tu lies avec le tien, j’ai trou­vé cette super série de vidéos.

    si l’his­toire peut nous ser­vir de guide…

    Nico­las.

    Réponse
  109. Ana Sailland

    @ Jackie

    Je te suis sur le hors sujet et ensuite on rede­vient sages, si tu veux bien 🙂

    Extraits d’un mail reçu à l’instant :

    Voi­ci l’ES­PRIT Cha­mane qui com­mence à s’incarner

    En Nou­velle-Zélande, un fleuve qui se défend tout seul

    La rivière Whanganui :
    http://​the​right​sof​na​ture​.org/​w​p​-​c​o​n​t​e​n​t​/​u​p​l​o​a​d​s​/​2​0​1​2​/​0​9​/​W​h​a​n​g​a​n​u​i​R​i​v​e​r​2​.​jpg

    Le fleuve Whan­ga­nui, un des plus longs de Nou­velle-Zélande, a obte­nu le sta­tut de per­sonne légale. Une vic­toire pour les com­mu­nau­tés mao­ries locales qui ont pris sa défense depuis plus d’un siècle.

    Ceci n’est pas un fleuve. Enfin, pas seule­ment : Depuis fin août, le Whan­ga­nui, troi­sième plus long fleuve du pays, est recon­nu comme une per­sonne, juri­di­que­ment par­lant. Autre­ment dit : il a désor­mais des droits et des inté­rêts qu’il peut défendre.
    L’accord pré­li­mi­naire a été signé entre la Cou­ronne et des iwis – une com­mu­nau­té mao­rie ayant des liens cultu­rels forts avec le cours d’eau – repré­sen­té par Bren­dan Puke­ta­pu du Whan­ga­nui River Mao­ri Trust.

    « Une enti­té vivante à part entière »
    « Te Awa Tupua »

    Après plus d’un siècle de reven­di­ca­tions iwies, celles-ci sont enfin enten­dues en 1994 par le Tri­bu­nal de Wai­tan­gi.
    Ce tri­bu­nal, en réa­li­té une com­mis­sion d’enquête per­ma­nente, est char­gé d’enquêter et de faire des recom­man­da­tions quant aux récla­ma­tions dépo­sées par les Mao­ris dans le cadre du Trai­té de Wai­tan­gi (1840) qui recon­naît notam­ment les Mao­ris comme pro­prié­taires de leurs terres.

    « La recon­nais­sance de la rivière Whan­ga­nui en tant que per­sonne légale repré­sente un moment his­to­rique dans l’histoire du droit », rap­porte Suzanne Benal­ly, de Cultu­ral Sur­vi­val, sur le web­zine Take Part.
    « La nature n’est plus seule­ment vue comme une res­source à déte­nir, exploi­ter et d’où tirer pro­fit. C’est une force vivante et durable qui a besoin d’être hono­rée, res­pec­tée et pro­té­gée par nous tous. »

    Réponse
  110. sitouaillain

    @ RHC

    « Curieu­se­ment, que pour­rait-on dire sur la répar­ti­tion de la richesse et les déci­sions dans une nou­velle struc­ture où le tirage au sort fonctionne ? »

    je crois que je suis assez d’ac­cord avec toi,

    « le tirage au sort dénonce indi­rec­te­ment la faus­se­té de cette implé­men­ta­tion démo­cra­tique que nous avons actuellement »

    mais pas plus, c’est à dire que les dif­fé­rentes reven­di­ca­tions quant à la répar­ti­tion des richesses ren­voient à des visions du monde anta­go­nistes qui ne concernent mal­heu­reu­se­ment pas que les seuls « élus », et d’ailleurs l’exemple athé­nien montre bien que le tirage au sort en soi n’est pas effi­cace sur ce plan, puisque 200 ans plus tard il se trou­vait encore une classe de pos­sé­dants capable de remettre un pou­voir oli­gar­chique en place…

    par contre, on peut consi­dé­rer que la ques­tion elle-même, est de toute manière pré­ma­tu­rée ou secon­daire, LA ques­tion urgente à se poser quand on est par­ti­san de cette moda­li­té de dis­tri­bu­tion des charges, c’est plu­tôt celle du COMMENT on met en place un sys­tème de tirage au sort (qui est ce « on » d’ailleurs?)… En somme, ce n’est pas la même chose si le tirage est mis en place par une clique de gens dis­po­sant des moyens finan­ciers et de pro­pa­gande néces­saire pour influen­cer les choix ou s’il s’ap­plique suite à une insur­rec­tion de masse, à par­tir d’une vision du monde fai­sant de ce pro­blème de répar­ti­tion des richesses un pro­blème cen­tral et ayant ren­du impuis­sants ceux dont les moyens actuels per­mettent de façon­ner les opi­nions dans un sens qui leur est favorable.

    en effet, quand Toc­que­ville dit « n’ayez pas peur du suf­frage uni­ver­sel, les gens vote­rons comme on le leur dira », il pour­rait tout aus­si bien dire « n’ayez pas peur du tirage au sort, etc. » les mêmes méca­nismes d’hé­gé­mo­nie idéo­lo­gique de la classe domi­nante s’ap­pliquent, peu importe le mode de déci­sion (même si bien sûr j’exa­gère sur ce point, étant don­né que le tirage au sort sup­prime la cor­rup­tion moné­taire, mais ceci est mar­gi­nal en vérité)

    c’est bien là qu’est la cause des causes, dans la conscience, son auto­no­mie par rap­port aux façon­nages anté­rieurs par et pour les inté­rêts d’une classe domi­nante, via les églises, les médias, l’é­du­ca­tion, et dans l’es­prit cri­tique, la capa­ci­té à se déta­cher de ses condi­tion­ne­ments,

    si ces condi­tion­ne­ments n’é­taient pas là (et ils ne s’ef­fa­ce­ront pas magi­que­ment par le tirage au sort) les gens ne vote­raient pas pour des gens qui les asser­vissent, donc tout est dans le com­ment on s’y prend et par quelles étapes, phases de tran­si­tion il semble néces­saire de passer.

    et fran­che­ment, j’ai­me­rais bien pou­voir dire, bon allez, demain on met tout ça en place (mais je ne suis pas pré­sident), rien que pour que cha­cun sente plei­ne­ment à quel point ses espoirs dans le tirage au sort sont des illu­sions (je ne dis pas que je suis contre son prin­cipe atten­tion, je rejette juste cer­taines ana­lyses), et com­bien il est contre­pro­duc­tif de s’at­ta­quer à des boucs-émis­saires pour pen­ser ce qui vrai­ment est à tra­vailler quand on s’at­taque aux causes, le « sys­tème » ne tien­drait pas une seconde de plus sans la col­la­bo­ra­tion de masse de mil­lions de gens !

    ami­ca­le­ment

    Réponse
  111. sonia

    La crise, la crise, mais au fait, c’est quoi le mot « CRISE » ?

    Pour moi crise égal exploi­ta­tion de l’homme par l’homme, c’est aus­si le retour vers l’es­cla­va­gisme à cause de cette mau­dite ARME qu’on appelle « billet vert, argent, flous, etc…

    On pour­ra faire des débats à lon­gueur d’an­née, si per­sonne ne prend la déci­sion de réa­li­ser vrai­ment quelque chose pour réveiller ce peuple qui croit en tout, qui dort, qui est égoïste, qui est bête et méchant = racisme ; qui ne sait plus ce que c’est un être humain, mais c’est ce que c’est le billet vert.

    En un mot nous sommes deve­nus un monde de robots en chair qui se déplacent mais ne savent plus réflé­chir, prendre des déci­sions, ne voient même le soleil (puisque leur soleil c’est encore le billet vert. Mais que faire ? C’est trou­blant, c’est épou­van­table que nous les humains sommes deve­nus des « choses qui ne réflé­chissent plus » et ado­rant qu’on le fasse pour nous, voi­là la faille, lais­ser faire …

    Qui va sau­ver ce monde!!!!!!!!!!

    Réponse
  112. Morpheus

    @ sitouaillain

    « En effet, quand Toc­que­ville dit « n’ayez pas peur du suf­frage uni­ver­sel, les gens vote­rons comme on le leur dira », il pour­rait tout aus­si bien dire « n’ayez pas peur du tirage au sort, etc. » les mêmes méca­nismes d’hé­gé­mo­nie idéo­lo­gique de la classe domi­nante s’appliquent »

    Non, c’est idiot ce que tu dis là : le tirage au sort ne fonc­tionne pas selon une influence psy­cho­lo­gique, il ne peut pas être influen­cé d’une manière ou d’une autre ; le sort c’est le sort, c’est-à-dire des probabilités.

    Ou alors, il faut m’ex­pli­quer com­ment tu penses que l’on peut influen­cer le tirage au sort.

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  113. sitouaillain

    @ mor­phéus,

    tu fatigues 😉

    l’in­fluence, la socia­li­sa­tion, la culture, la men­ta­li­té, c’est dans cha­cun des citoyens.

    le mec qui pense, « les impôts gna­gna­gna c’est pas bien », « les chô­meurs gna­gna fei­gnants » il va pas chan­ger subi­te­ment d’a­vis parce qu’il est tirable au sort ou par­ti­ci­pant à une assem­blée décisionnaire..

    c’est ça que je vou­lais dire, le mec qui vote à droite, il reste de droite, dans sa men­ta­li­té, c’est pas parce qu’il délègue plus à un élu plus ou moins cra­pu­leux que lui, que subi­te­ment il devien­drait favo­rable à une autre répar­ti­tion des richesses, une autre poli­tique pénale, ou à une conver­sion éco­lo­gique, etc.…

    c’est en cela aus­si que le tirage au sort per­met tout autant à n’im­porte qui en ayant les moyens, de conti­nuer à exer­cer son influence mys­ti­fi­ca­trice sur « l’o­pi­nion »…exemple, le patron qui  » donne du tra­vail au gens« et toute la mys­tique sur l’in­ves­tis­seur qui « prend des risques », j’en passe et des meilleures…

    les gens vont pas bou­ger sur la notion de pro­prié­té pri­vée des moyens de pro­duc­tion par le tru­che­ment du tirage au sort, non ?

    et tous ceux qui aiment, les chefs, les prêtres, le « bon sens » ou je ne sais quoi de pen­sée héri­tée et hété­ro­nome ne vont pas subi­te­ment deve­nir libertaires…

    tout ça fait donc que si, par décret pré­si­den­tiel, demain on met le tirage au sort, la consti­tu­tion, les lois et tout le tou­tim seront le reflet des inté­rêts des mieux à mêmes de condi­tion­ner les esprits et des rap­ports de force entre gens divi­sés sur des dimen­sions inconciliables…donc loin de ce que toi et moi souhaiteraient…le com­bat continue…c’est tout ce que vou­lais dire le post précédent

    Réponse
  114. Florence

    Fan­tas­tique pho­to, Ana… Fleuve per­sonne. Fleuve être. Tous les miroi­te­ments rehaussent encore son corps généreux.

    Réponse
  115. Nicolas

    @sitouaillain

    Je suis tout à fait d’ac­cord avec toi, c’est aus­si pour ça que l’as­sem­blée consti­tuante devra sta­tuer sur les règles qui s’ap­pliquent aux médias (puisque les médias sont incon­tes­ta­ble­ment une forme de pouvoir).

    Après, c’est vrai que la socié­té est comme elle est aujourd’­hui et cha­cun à ses inté­rêts per­son­nels à défendre dans une assem­blée tirée au sort, mais on pour­rait très bien ima­gi­ner que la socié­té évo­lue très très vite, je veux dire en moins d’une géné­ra­tion pour don­ner une socié­té sans com­pa­rai­son avec l’ac­tuelle au niveau répar­ti­tion des richesses (géné­ra­li­sa­tion du modèle coopé­ra­tif, mar­chés publics hon­nêtes, banque cen­trale qui appar­tient aux citoyens…).

    A l’é­poque de la com­mune, la socié­té pari­sienne avait très vite changée.

    D’ou mon lien ci des­sus (com­men­taire 113) pour savoir ce qui s’est réel­le­ment pas­sé pen­dant cette période de l’his­toire (1871 à Paris).



    Per­so, je ne suis pas pour la sup­pres­sion de la pro­prié­té pri­vée et je milite pour le stan­dard or. Je ne suis pas cer­tain qu’une assem­blée tirée au sort me sui­vrait sur ce second point. Peu importe, les citoyens construi­ront leur sys­tème, avec leurs règles, en bonne entente.

    Bien à toi.
    Nicolas.

    Réponse
  116. Catherine B

    Écho au mes­sage 118 de sitouillain, ça me semble tout à fait juste ce que tu dis une fois encore, et si des per­sonnes pensent le contraire tout en étant ici, j’a­voue de ça m’in­ter­roge sacré­ment et j’ai l’in­time convic­tion que c’est qu’ils n’ont rien com­pris de ce qu’ils croient avoir com­pris ou alors peut-être est-ce moi, mais le vécu de ter­rain me dit le contraire, à moins que je ne sache pas le lire le vécu de ter­rain, ce qui est pos­sible bien sûr (auquel cas j’i­rai prendre des cours de lec­ture, merci !).

    La nature humaine est telle qu’elle va tou­jours dans le sens de ses inté­rêts (inté­rêts à court-terme, bien sûr, qui œuvrent presque tou­jours à l’en­contre des inté­rêts à long terme). Et pour qu’elle aille dans un autre sens la dyna­mique humaine, il faut fich­tre­ment autre chose qu’un tirage au sort.

    Réponse
  117. Morpheus

    IL N’Y A PAS DE >NATURE HUMAINE< !

    Réponse
  118. Alain Guillou

    @ Cathe­rine :
    « nous » sommes tous de bien mau­vais élèves du pro­fes­seur Chouard, mais quelque chose me dit qu’il aime sa classe mal­gré tout… Oui, s’il suf­fi­sait du tirage au sort… Mais jus­te­ment, à force d’être cer­tain moi aus­si, qu’il faut « fich­tre­ment autre chose », je choi­sis d’i­ma­gi­ner ce que le tirage au sort pour­rait don­ner si « nous » le choi­sis­sions « une fois »… pour obte­nir une « Assem­blée Consti­tuante »!… Et j’a­voue que mon ima­gi­na­tion ne me lâche­ra plus tant que le « gen­til virus » qu’elle pro­mène ne se mani­fes­te­ra pas dans « mon par­ti », « mon Front popu­laire »… Le virus en ques­tion n’est peut-être pas celui qu’on croit !

    @Morpheus :
    pour moi, il y a une Nature humaine mais for­cé­ment tou­jours en attente « ailleurs » qu’à l’i­dée qu’on peut s’en faire, sur­tout si on l’at­tend avec un signa­le­ment « conve­nu » au ren­dez-vous du « pré­ju­gé domi­nant » : il s’a­git d’une véri­té « maté­rielle » insai­sis­sable dans sa com­plexi­té et qui ne relève d’au­cune science spé­ci­fique (même pas « la-psy­cha­na­lyse-toute-seule »), car il est contraire à cette « nature » que de répondre aux pré­ju­gés défi­ni­tifs qu’on s’en ferait d’une façon « tota­li­taire »… (par exemple en dic­tant:« il n’y a pas de nature humaine ») car bien qu’on puisse s’en reven­di­quer, on est conduit à la recon­naître comme para­doxale, englo­bant notre cer­veau, ses per­for­mances limi­tées connues et ses poten­tiels insoup­çon­nés… C’est pour­quoi l’on doit se poser sans cesse la ques­tion des ques­tions : « quelle » huma­ni­té « vou­lons-nous devenir » ? 

    Ami­ca­le­ment

    Réponse
  119. zedav

    @ Mor­pheus :
    je suis sou­vent d’ac­cord avec toi, je ne détaille pas plus avant main­te­nant parce que trainent ici des per­sonnes rela­ti­ve­ment agres­sives et « je sais tout, j’ai rai­son sur tout, je la ramène sur tout » (ce qui ne veut pas dire que ce qu’ils racontent n’est pas par­fois intéressant).

    Je nuan­ce­rais sur la « nature humaine ». Il est pro­bable que quelque chose de cet ordre existe mais je crois qu’il est impos­sible de la cer­ner ou de la défi­nir, ou alors par défaut en remar­quant que cette « nature » serait peut-être ce qui fait que l’es­pèce humaine ne peut-être réduite au miné­ral, au végé­tal, ou au règne animal…ni même à nos plus proches cou­sins que sont les grands singes.

    Mais ce serait encore absurde de s’en tenir là car il est évident que notre « nature humaine » est d’a­bord sou­mise à la « nature du vivant » dans laquelle est est incluse.

    Même s’il était pos­sible d’é­tu­dier des êtres humains exempt des influences socio-his­to­riques qui les façonnent (ce qui est évi­dem­ment impos­sible) pré­tendre étu­dier une nature humaine en ayant éli­mi­né ce qui carac­té­rise en grande par­tie notre huma­ni­té, c’est à dire pré­ci­sé­ment sa grande mal­léa­bi­li­té et varia­bi­li­té, me semble d’une grande absur­di­té méthodologique.

    La défi­ni­tion aus­si laco­nique que péremp­toire (sans par­ler de l’in­fi­nie pré­ten­tion qu’il y a à pré­tendre clore ce vaste champs d’é­tude et de conjec­tures en une ving­taine de mots!!!) qui est don­née ci-des­sus de la « nature humaine », ne sup­porte évi­dem­ment pas l’a­na­lyse cri­tique d’une per­sonne dis­po­sant ne serait-ce que de modestes connais­sances en anthropologie…

    Réponse
  120. Nicolas

    @Morpheus

    J’ai bien com­pris que tu ne me sui­vrais pas sur la pro­prié­té pri­vée… 🙂 mais je pense qu’une assem­blée tirée au sort aujourd’­hui ne te sui­vrait pas…

    Du reste, les expé­riences faites en la matière n’ont pas été glorieuses.

    Si l’his­toire peut nous ser­vir de guide…

    Réponse
  121. zedav

    Mais j’é­tais venu pour trans­mettre ce lien vers une confé­rence de Fré­dé­rique Lor­don, avec un pas­sage par­ti­cu­liè­re­ment inté­res­sant entre la minute 5 et 9, où le fil de sa réflexion le conduit à se poser la ques­tion des condi­tions ins­ti­tu­tion­nelles de la sur­ve­nue des réformes tech­niques que pro­pose en lui le tech­ni­cien de l’é­co­no­mie (il y a aus­si une ana­lyse très fine selon moi de la cyber­né­tique du pouvoir).

    Presque mal­gré lui car il regimbe sou­vent à se pen­cher concrè­te­ment (mais pas phi­lo­so­phi­que­ment et là ses consi­dé­ra­tions sont vrai­ment TRÈS inté­res­santes, cf. Spinoza)sur ce pro­blème (comme la fois où Étienne la lui pose dans une autre confé­rence et où il botte en touche en lui répon­dant que c’est lui (Étienne) l’expert).

    Plus loin dans la confé­rence, un gen­til virus le ques­tionne sur le tirage au sort et il ne se défi­le­ra cette fois pas com­plè­te­ment, per­met­tant d’a­per­ce­voir cer­tains des pré­sup­po­sés qui font qu’il n’est pas deve­nu « chouar­dien » (pas très convain­cant à mon goût). Il admet cepen­dant ne pas avoir assez fouillé la ques­tion (ça se sent dans ses objec­tions), ce qui est éton­nant compte tenu du poten­tiel des dis­po­si­tifs ins­ti­tu­tion­nels « chouar­desques » à per­mettre la mise en place de ses solu­tions tech­niques. J’y vois là la dif­fi­cul­té qu’ont aus­si les cher­cheurs à remettre en cause les para­digmes et les convic­tions pre­mières qui consti­tuent leur être…

    http://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​m​Z​k​W​s​h​j​L​_​O​0​&​f​e​a​t​u​r​e​=​r​e​l​a​ted

    Réponse
  122. Edouard

    Le Déca­logue

    1 – Le pauvre : travaille

    2 – Le riche : exploite le premier

    3 – Le sol­dat : défend les deux

    4 – Le contri­buable : paye pour les trois

    5 – Le vaga­bond : se repose pour les quatre

    6 – Le poi­vrot : boit pour les cinq

    7 – Le ban­quier : escroque les six

    8 – L’a­vo­cat : trompe les sept

    9 – Le méde­cin : tue les huit

    10 – Le cro­que­mort : enterre les neuf

    11 – Le poli­ti­cien pro­fes­sion­nel : vit des dix !

    « Dis-moi mon petit, tu veux tou­jours deve­nir pré­sident de la répu­blique quand tu seras grand ? »

    Réponse
  123. juju

    Pour par­ve­nir à gar­der un autre indi­vi­du en sa puis­sance, on peut avoir recours à dif­fé­rents procédés.

    On peut l’a­voir immo­bi­li­sé par des liens, on peut lui avoir enle­vé ses armes et toutes pos­si­bi­li­tés de se défendre ou de s’enfuir.
    On peut aus­si lui avoir ins­pi­ré une crainte extrême ou se l’être atta­ché par des bien­faits, au point qu’il pré­fère exé­cu­ter les consignes de son maître que les siennes propres, et vivre au gré de son maître qu’au sien propre.

    Lors­qu’on impose sa puis­sance de la pre­mière ou de la seconde manière, on domine le corps seule­ment et non l’es­prit de l’in­di­vi­du sou­mis. Mais si l’on pra­tique la troi­sième ou la qua­trième manière, on tient sous sa dépen­dance l’es­prit aus­si bien que le corps de celui-ci. Du moins aus­si long­temps que dure en lui le sen­ti­ment de crainte ou d’es­poir. Aus­si­tôt que cet indi­vi­du cesse de les éprou­ver, il rede­vient indé­pen­dant. Même la capa­ci­té inté­rieure de juger peut tom­ber sous la dépen­dance d’un autre, dans la mesure où un esprit peut être dupé par un autre.

    Il s’en­suit qu’un esprit ne jouit d’une pleine indé­pen­dance, que s’il est capable de rai­son­ne­ment correct.
    On ira plus loin. Comme la puis­sance humaine doit être appré­ciée d’a­près la force non tant du corps que de l’es­prit, les hommes les plus indé­pen­dants sont ceux chez qui la rai­son s’af­firme davan­tage et qui se laissent davan­tage gui­der par la raison.

    En d’autres termes, je déclare l’homme d’au­tant plus en pos­ses­sion d’une pleine liber­té, qu’il se laisse gui­der par la raison.

    Spi­no­za

    Réponse
  124. Alain

    @zedav :

    vous n’êtes pas très clair ni poli avec les « per­sonnes rela­ti­ve­ment agres­sives qui trainent ici ».

    Je pro­pose à cha­cun « ici », de men­tion­ner son iden­ti­té sans se dis­si­mu­ler der­rière une pseu­do bur­ka, qui peut en effet faire peur aux plus fra­giles : je cherche la défi­ni­tion de la nature humaine que vous avez lue « ci-des­sus », et je ne la trouve pas. 

    Pour trou­ver ici des gens peu recom­man­dables tels que vous les évo­quez, il faut souf­frir un peu sans doute, alors, bon cou­rage , et sur­tout la nuit quand les lam­pa­daires s’éteignent !

    N’ayez crainte quant à moi, j’ai mes papiers et je « dis­pose « …de mon « cer­ti­fi­cat d’é­tudes », ce qui m’au­to­rise à être tiré au sort s’il faut un jour juger un pré­su­mé assas­sin qui traine aux assises…

    Votre pseu­do pour­tant ne me déplait pas !

    Ami­ca­le­ment !

    Réponse
  125. Morpheus

    @ zedav

    C’est la rela­tion inter­dé­pen­dante entre l’en­vi­ron­ne­ment et l’homme (ou la femme) qui façonne l’être humain. C’est en cela qu’on ne peut pas par­ler de >nature humaine<, qui est un terme qui induit qu’il exis­te­rait UNE nature humaine com­mune à tous, quelque soit son envi­ron­ne­ment. C’est ce sophisme que je dénonce.

    En obser­vant des humains issus de cultures aus­si diverses que les humains civi­li­sés vivant dans une ville comme New-York et des humains vivant de la pêche, la chasse, la cueillette et une agri­cul­ture rudi­men­taire dans la forêt ama­zo­nienne, en pas­sant par les enfants-loups, on com­prend sans dif­fi­cul­té que l’en­vi­ron­ne­ment façonne les pen­sées, croyances et com­por­te­ments humains, autant que l’hu­main façonne à son tour son envi­ron­ne­ment lors­qu’il se sédentarise.

    Par consé­quent, si nous devions mettre en lumière un fac­teur com­mun à ces dif­fé­rentes expé­riences, ce serait l’a­dap­ta­bi­li­té, la per­méa­bi­li­té aux condi­tions envi­ron­ne­men­tales, qui dans une civi­li­sa­tion deviennent l’en­vi­ron­ne­ment socio­cul­tu­rel. Donc, si la culture est déter­mi­nante, puis­qu’elle est le fruit d’une construc­tion humaine, elle ne consti­tue pas une fata­li­té. La vio­lence que l’on peut obser­ver dans une socié­té est le reflet de son envi­ron­ne­ment, pas une don­née fon­da­men­tale ins­crite dans sa pré­ten­due « nature ».

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  126. zedav

    @ Mor­pheus :
    C’est bien comme ça que je vois les choses, comme un pro­duit (et non par comme une part, un pour­cen­tage dévo­lu au bio­lo­gique et au socio­cul­tu­rel, comme la ques­tion inné /acquis est mal­heu­reu­se­ment tou­jours mal for­mu­lée)… Dans un pro­duit, cha­cun des termes à la même impor­tance dans le résul­tat (à contra­rio, dans la méta­phore du pour­cen­tage, on peut consi­dé­rer que le plus grand des deux termes est une meilleur approxi­ma­tion du résul­tat final).

    Il me semble aus­si essen­tiel de ne pas perdre de vue que les cultures sont une éma­na­tion de l’hu­ma­ni­té (dans une dyna­mique his­to­rique et un contexte envi­ron­ne­men­tal don­né), c’est à dire que d’une part, tout n’existe pas en matière de socié­tés humaines (cer­taines dyna­miques condui­sant à une voie sans issue et cer­taines formes ne pou­vant pas être explo­rées du fait de notre iden­ti­té com­mune bio­lo­gique qui limite les pos­sibles) et que, d’autre part,l’anthropologie fait le constat de cer­tains inva­riants, points com­muns à toutes les socié­tés ayant pu être étudiées(dont aus­si cer­tains points com­muns avec les socié­tés animales)

    Pour ce qui est de la remarque selon laquelle ce n’est pas le tirage au sort qui va chan­ger la façon dont pensent les gens, je trouve que c’est un regard sin­gu­liè­re­ment sta­tique sur l’ob­jet qui nous pré­oc­cupe, à savoir la pos­si­bi­li­té des chan­ge­ments ins­ti­tu­tion­nels et de leurs conséquences…

    Comme je l’ai déjà dit sur le forum, la consti­tuante tirée au sort ne va effec­ti­ve­ment pas chan­ger les gens de « droite » en gens de « gauche » pour ne prendre que cet exemple extrê­me­ment réduc­teur. Ce que cela devrait inflé­chir, c’est la dyna­mique actuelle des chan­ge­ments sociaux. Par exemple, il est pro­bable que les fran­çais vote­raient dans un pre­mier temps le retour de la peine de mort. Mais ils vote­raient aus­si pro­ba­ble­ment (je pré­fère res­ter pru­dent !) en faveur de tout un tas de dis­po­si­tions, sur la mon­naie, sur l’é­cole, sur l’ac­cès au soins, sur les biens sociaux, etc. qui enclen­che­raient PROGRESSIVEMENT une spi­rale vertueuse…

    Ma main à cou­per (là je deviens moins pru­dent !)qu’au bout de quelques décen­nies, la peine de mort serait à nou­veau abo­lie, cette fois pas par des « élites » contre la volon­té du peuple mais par le peuple lui-même, que les muta­tions pro­gres­si­ve­ment induites par une baisse rela­tive de la vio­lence du corps social, une hausse de la confiance en autrui, une amé­lio­ra­tion de la conscience poli­tique (due à l’im­pli­ca­tion citoyenne en hausse et à des objec­tifs édu­ca­tifs modi­fiés) et des causes pre­mières des vio­lences, auront conduit vers une sagesse glo­bale RELATIVE plus grande.

    La dyna­mique inverse est à l’œuvre insi­dieu­se­ment depuis trop long­temps (révo­lu­tion fran­çaise ?)et c’est pro­ba­ble­ment la cause de la crois­sance de la vio­lence de nos socié­tés, crois­sance dont Sar­ko fai­sait le constat dépi­té sans pou­voir l’ex­pli­quer (pas éton­nant compte tenu de ses pré­mices idéologiques).

    Une fois dans le flux de cette dyna­mique, à 30, 50 ou 100 ans, il n’est pas exclu que la ques­tion de la pro­prié­té pri­vée soit posée de façon radi­cale, sinon en met­tant direc­te­ment en oeuvre une pro­prié­té d’u­sage que je crois néan­moins sou­hai­table, du moins en limi­tant dras­ti­que­ment qua­li­ta­ti­ve­ment et quan­ti­ta­ti­ve­ment la pos­si­bi­li­té de la pro­prié­té pri­vée (ce qui, en fonc­tion de la posi­tion du cur­seur pour­rait deve­nir à terme l’é­qui­valent de la pro­prié­té d’usage).

    LE SEUL VRAI PROBLÈME AUJOURD’HUI, n’est plus de nous prendre la tête sans fin pour dire à la place du peuple fonc­tion­nant en vraie démo­cra­tie ce qu’il fera, devra ou pour­ra faire dans ce contexte – tels de pré­ten­tieux et arro­gants hobe­reaux-démiurges si satis­faits de leurs grande intel­li­gence et de leur grand savoir – mais de COMMENT FAIRE ADVENIR CETTE VRAIE DÉMOCRATIE.

    C’est du moins la tâche sur laquelle devraient se foca­li­ser tout ceux qui pensent que la solu­tion « chouar­desque », pour n’être ni la pers­pec­tive du para­dis sur terre, ni même la cer­ti­tude de la meilleur solu­tion pos­sible, n’en est pas moins la moins mau­vaise (et de loin !) pro­po­sée de façon sérieuse et argu­men­tée à ce jour.

    Au stade où nous en somme, déjà bien suf­fi­sam­ment avan­cé, des consi­dé­ra­tions théo­riques et autres conjec­tures sur le tirage au sort, tout le reste me parait n’être qu’i­nu­tiles ter­gi­ver­sa­tions et dis­per­sion des forces qui pour­raient nous conduire à atteindre cet objectif.

    En fait, j’en viens à me deman­der si l’ob­jec­tif affi­ché ici, même par ceux là mêmes qui se disent « convain­cus » n’est pas l’a­li­bi de moti­va­tions plus pro­fondes, d’un fond de com­merce spé­cu­la­tif à forte valeur ajou­tée sym­bo­lique, un ali­bi qui per­met de conti­nuer à péro­rer, à faire indé­fi­ni­ment le beau sur la scène de ce blog, de ses rami­fi­ca­tions ou d’autre scènes.

    Je ne suis déjà pas très opti­miste quant à la pos­si­bi­li­té de faire adve­nir le pro­ces­sus consti­tuant dans le contexte his­to­ri­co-socio-cultu­rel actuel, je le suis encore moins quand je constate avec dépit la pro­pen­sion à la mise en scène de l’é­ter­nel spec­tacle des égos qui se donne ici (et auquel je par­ti­cipe par­fois aus­si, mais de moins en moins sou­vent, je me soigne !)

    Bon­jour chez vous,

    PS. : IL Y A URGENCE !

    Réponse
  127. Di Girolamo

    La vie est désir, besoin : l’homme naît dans un monde inache­vé où l’abondance est un rêve mais aus­si une illu­sion dan­ge­reuse : sans le manque sans le désir sans le besoin , nous ne sommes plus rien ; une socié­té qui vise l’abondance et non l’organisation du désir humain est une socié­té vouée à bien des déboires. Une socié­té qui vise la sup­pres­sion du tra­vail fait fausse route .

    Le besoin maté­riel est en sym­biose du besoin de l’autre , du besoin spi­ri­tuel ; cher­cher l’abondance maté­rielle détruit la rela­tion au monde et à l’autre .

    Le tra­vail ‑tu gagne­ras ton pain à la sueur de ton front – est le signe du manque : il est faux de dire que nous avons tout à dis­po­si­tion , c’est une illu­sion ; cette illu­sion se nour­rit de l’u­ti­li­sa­tion irrai­son­née du capi­tal accu­mu­lé des éner­gies fos­siles qui a démul­ti­plié nos capa­ci­tés de pro­duc­tion et per­met que la majo­ri­té d’entre nous vit en ville et tra­vaille à des tâches secondaires.

    C’est une illu­sion parce que dans la durée ce capi­tal de res­sources phy­siques s’é­puise ; et parce que les éner­gies dites renou­ve­lables ne sont pas de même nature que les stocks fos­siles qui ne demandent qu’à être pom­pé et brûlés.(janco)

    Une socié­té fon­dée sur l’a­bon­dance, comme la nôtre , vit donc dans une illu­sion pro­vi­soire ; dans notre socié­té orga­ni­sé autour du sys­tème de crois­sance c’est le pro­blème cen­tral à étu­dier parce qu’il induit la néces­si­té d’une nou­velle orga­ni­sa­tion de la société.

    La réflexion poli­tique aujourd’­hui devrait donc por­ter sur l’é­tude de cette illu­sion et les modes d’or­ga­ni­sa­tion à mettre en place pour survivre.

    Lais­ser le domaine poli­tique dans la ges­tion de l’exis­tant est sui­ci­daire dans la durée.

    Le tirage au sort ne répond pas à ce pro­blème d’une néces­saire réflexion pros­pec­tive et glo­bale concer­nant l’or­ga­ni­sa­tion de nos sociétés.

    Le pro­blème de la jus­tice et de la lutte des classes est dépen­dant de cette situa­tion illu­soire ; pen­dant un temps , « les pauvres » auront pu croire au pro­grès et enri­chis­se­ment pour tous , mais au fur et à mesure que cette abon­dance fac­tice s’es­tom­pe­ra , le pay­sage phy­sique et moral de ceux qui ont trop et ceux qui n’ont pas assez s’éclaircira.

    Néan­moins sur le plan stra­té­gique de ce qu’il faut faire, nous aurions plu­tôt inté­rêt à réflé­chir ensemble qu’à suivre les rap­ports de forces qui sont tou­jours court terme , et à ce titre , au final ‚servent les inté­rêts des plus forts en élu­dant les pro­blé­ma­tiques de fond.

    En consé­quence, poli­ti­que­ment, la cause des causes à faire émer­ger ( n’est pas le tirage au sort Etienne !) c’est l’ab­sence d’ou­til public de réflexion, étude, débats … sur un pro­jet d’or­ga­ni­sa­tion de la socié­té et la néces­si­té d’en créer un.

    C’est sur cet aspect là qu’il fau­drait pou­voir fédé­rer , quitte à créer un par­ti , puisque Sitouaillain a rai­son quand il pense qu’il faut par­fois en pas­ser par les struc­tures exis­tantes pour avan­cer .Il s’agirait d’un par­ti dont les sta­tuts (non partisan)imposeraient l’ouverture à tous , un par­ti dont la voca­tion serait de pro­mou­voir la créa­tion d’un outil public de réflexion , le but de ce par­ti étant de s’auto détruire aus­si­tôt son but repris à son compte par l’état.

    L’état repré­sente tous les citoyens et à ce titre n’est pas une enti­té au des­sus du peuple mais son émanation.

    Il doit se doter d’un outil public de débat per­met­tant aux citoyens de pou­voir s’informer étu­dier et débattre de tous les grands sujets struc­tu­rant orga­ni­sant la vie du pays et façon­nant son ave­nir. C’est ain­si qu’il fau­dra bien dis­tin­guer la ges­tion cou­rantes des affaires du pays ‑fonc­tion­ne­ment sans aucun doute à amé­lio­rer mais déjà exis­tant ‑et des tra­vaux d’étude glo­baux s’intéressant au cœur de l’organisation et des orien­ta­tions socié­tales et aux grands enjeux du moment.(les think tank ne sont en aucun cas cet outil)

    Le pré­sident de la répu­blique est élu pour veiller au bon fonc­tion­ne­ment en toute trans­pa­rence et effi­ca­ci­té de cet outil popu­laire ins­crit dans la consti­tu­tion. Les repré­sen­tants (par­le­men­taires et élus divers) se devront de par­ti­ci­per à ces tra­vaux d’étude et débats ; ces tra­vaux fai­sant par­tie inté­grante de leurs mis­sions ; les médias devront contri­buer à l’animation de ces études (docu­men­taires, enquêtes d’investigation, inter­views etc) ………………………..

    Cette pro­po­si­tion a l’intérêt de prendre le monde et les hommes tel qu’ils sont mais en insé­rant au sein même de la gou­ver­nance une pers­pec­tive glo­bale et pros­pec­tive ; je pense sérieu­se­ment que c’est un che­min qui au-delà de toutes nos dif­fé­rences, sans les nier , en les uti­li­sant , peut nous aider .

    A tort ou à rai­son, le reste (poli­tique) me semble plus insignifiant.

    Réponse
  128. Géraldine de la Horse

    La Nature humaine : 
    une illu­sion occidentale

    Mar­shall Sahlins

    EXTRAITS

    Depuis plus de deux mille ans, ceux qu’on appelle les « Occi­den­taux » ont tou­jours été han­tés par le spectre de leur nature : à moins de la sou­mettre à quelque gou­ver­ne­ment, la résur­gence de cette nature humaine cupide et vio­lente livre­rait la socié­té à l’anarchie. La théo­rie poli­tique de l’animal sans foi ni loi a sou­vent pris deux par­tis oppo­sés : ou bien la hié­rar­chie, ou bien l’égalité ; ou bien l’autorité monar­chique, ou bien l’équilibre répu­bli­cain ; ou bien un sys­tème de domi­na­tion idéa­le­ment capable de mettre un frein à l’égoïsme natu­rel des hommes grâce à l’action d’un pou­voir exté­rieur, ou bien un sys­tème auto-régu­lé où le par­tage égal des pou­voirs et leur libre exer­cice par­vien­draient à conci­lier les inté­rêts par­ti­cu­liers avec l’intérêt com­mun. Au-delà du poli­tique, nous trou­vons là un sys­tème méta­phy­sique tota­li­sant qui décrit un ordre natu­rel des choses : on retrouve en effet une même struc­ture anar­chique ori­gi­naire entre des élé­ments qu’on ordonne soit à l’aide d’une hié­rar­chie, soit par l’égalité ; ce sys­tème vaut aus­si bien pour l’organisation de l’univers, que pour celle de la cité, et inter­vient même dans la concep­tion de la san­té du corps humain. Il s’agit d’une méta­phy­sique propre à l’Occident, car la dis­tinc­tion entre nature et culture qu’elle sup­pose défi­nit une tra­di­tion qui nous est propre, nous démar­quant de tous les peuples qui consi­dèrent que les bêtes sont au fond des êtres humains, et non que les humains sont au fond des bêtes. Pour ces der­niers, il n’est pas de « nature ani­male » que nous devrions maî­tri­ser. Et ils ont rai­son, car l’espèce humaine telle que nous la connais­sons, l’homo sapiens, est née il y a rela­ti­ve­ment peu de temps dans une his­toire cultu­relle de l’homme beau­coup plus ancienne. La paléon­to­lo­gie en témoigne : nous sommes, nous aus­si, des ani­maux de culture ; notre patri­moine bio­lo­gique est déter­mi­né par notre pou­voir sym­bo­lique. Notre escla­vage invo­lon­taire aux pen­chants ani­maux est une illu­sion ancrée dans la culture.

    Je m’inscris en faux contre le déter­mi­nisme géné­tique, si en vogue aux États-Unis aujourd’hui, et qui pré­tend expli­quer la culture par une dis­po­si­tion innée de l’homme à recher­cher son inté­rêt per­son­nel dans un milieu com­pé­ti­tif. Cette idée est sou­te­nue par les « sciences éco­no­miques » qui consi­dèrent que les indi­vi­dus ne cherchent qu’à assou­vir leurs dési­rs par un « choix ration­nel », sans par­ler des sciences du même aca­bit, et pour­tant si popu­laires, comme la psy­cho­lo­gie évo­lu­tion­niste et la socio­bio­lo­gie qui font du « gène de l’égoïsme » le concept fourre-tout de la science sociale. Mais, comme Oscar Wilde le disait à pro­pos des pro­fes­seurs, l’ignorance est le fruit d’une longue étude. Oubliant l’histoire et la diver­si­té des cultures, ces fana­tiques de l’égoïsme évo­lu­tion­niste ne remarquent même pas que der­rière ce qu’ils appellent la nature humaine se cache la figure du bour­geois. À moins qu’ils ne célèbrent leur eth­no­cen­trisme en pre­nant nos us et cou­tumes pour des preuves de leurs théo­ries du com­por­te­ment humain. Pour ces sciences-là, l’espèce, c’est moi.

    Pré­tendre que la méchan­ce­té innée de l’homme est propre à la pen­sée occi­den­tale va aus­si à l’encontre du dis­cours domi­nant, j’entends par là le post­mo­der­nisme et son désir d’indétermination. Cette affir­ma­tion doit être nuan­cée. On pour­rait tout aus­si bien trou­ver des idées simi­laires dans d’autres sys­tèmes éta­tiques qui aspirent à contrô­ler leurs popu­la­tions, par exemple dans la pen­sée confu­céenne, où l’hypothèse selon laquelle l’homme est bon par nature (Men­cius) ou capable par nature de faire le bien (Confu­cius) côtoie l’hypothèse inverse, celle de la méchan­ce­té natu­relle de l’homme (Hsün Tzu). Et pour­tant, je pense que de toutes les tra­di­tions, pen­sée chi­noise incluse, la tra­di­tion occi­den­tale est celle qui méprise le plus l’humanité et la misé­rable cupi­di­té ori­gi­nelle de notre nature, en sou­te­nant que la nature s’oppose à la culture.

    Cepen­dant, nous n’avons pas tou­jours été si cer­tains de notre cor­rup­tion. Il y a d’autres façons de consi­dé­rer l’humain, par exemple à tra­vers nos rela­tions de paren­té, et cer­taines théo­ries phi­lo­so­phiques en ont fait état. Pour autant, nous sommes tou­jours, pour moi­tié au moins, des bêtes, et cette moi­tié qui nous défi­nit est un fait de nature plus intrai­table que tout autre arti­fice de la culture.

    Je n’ai pas l’intention de racon­ter l’histoire de cette conscience lugubre de ce que nous sommes, ni d’élaborer une his­toire des idées, ni même de retra­cer une « archéo­lo­gie » de cette conscience ; je vou­drais seule­ment sou­li­gner que cette pen­sée a tou­jours exis­té, en mon­trant que les pre­miers intel­lec­tuels, comme Thu­cy­dide, jusqu’à Machia­vel ou les auteurs du Fédé­ra­liste, en pas­sant par saint Augus­tin, et jusqu’à nos socio­bio­lo­gistes, tous peuvent entrer dans la caté­go­rie des « hob­be­siens ». Cer­tains étaient monar­chistes, d’autres par­ti­sans d’une répu­blique démo­cra­tique, mais tous por­taient le même regard sinistre sur la nature humaine.

    Je com­men­ce­rai par expo­ser ce qui lie si inti­me­ment les thèses poli­tiques de Hobbes à celles de Thu­cy­dide et de John Adams. La rela­tion sur­pre­nante entre ces trois auteurs nous per­met­tra d’esquisser le tri­angle méta­phy­sique com­po­sé par les concepts d’anarchie, de hié­rar­chie et d’égalité. Car bien qu’ils ne pro­posent pas les mêmes solu­tions au pro­blème de la mali­gni­té de la nature humaine, Hobbes et Adams ont trou­vé dans la Guerre du Pélo­pon­nèse de Thu­cy­dide, et plus par­ti­cu­liè­re­ment dans son fameux récit du sou­lè­ve­ment de Cor­cyre, la source de tous les maux qu’endurerait la socié­té, si l’appétit de l’homme pour le pou­voir et l’argent n’était pas endi­gué par un pou­voir sou­ve­rain selon Hobbes, ou par un équi­libre des pou­voirs selon Adams.

    Hobbes et Adams : deux thucydidéens

    En 1763, le jeune John Adams écri­vit un court essai inti­tu­lé « Tous les hommes seraient des tyrans s’ils le pou­vaient ». Adams ne publia jamais cet essai, mais il le retra­vailla en 1807 pour en reprendre la conclu­sion : toute forme « simple » (non mixte) de gou­ver­ne­ment, y com­pris la démo­cra­tie pure, mais aus­si toutes les ver­tus morales, les capa­ci­tés intel­lec­tuelles, la richesse, la beau­té, l’art et la science, ne peuvent rien contre les dési­rs égoïstes qui font rage dans le cœur des hommes et qui donnent nais­sance aux tyran­nies. Il jus­ti­fie le titre de son essai ainsi :

    Il ne signi­fie rien de plus qu’un simple constat sur la nature humaine, et tout homme qui a jamais lu un trai­té de morale ou qui a fré­quen­té le monde se fait sou­vent la même réflexion : les pas­sions égoïstes sont plus fortes que le lien social, et les pre­mières pré­vau­dront tou­jours sur ce der­nier si on laisse l’homme aller au gré de ses propres émo­tions, et qu’aucun pou­voir exté­rieur ne le contraint ou ne le surveille.

    Telle fut la convic­tion pro­fonde d’Adams ; il croyait en outre qu’un gou­ver­ne­ment aux pou­voirs équi­li­brés était le seul moyen de conte­nir la bête. En 1767, il décla­rait qu’après avoir scru­té pen­dant plus de vingt ans les « res­sorts secrets » des actions humaines, il était per­sua­dé que « depuis la chute d’Adam jusqu’à aujourd’hui, l’humanité en géné­ral avait échoué, s’était vau­trée dans l’illusion, avait cédé aux plus viles affec­tions, à la convoi­tise et aux appé­tits bru­taux ». Et il ajoute que ces pul­sions dépra­vées sont « plus fortes que le lien social ». Emprun­tant les termes employés par Thu­cy­dide pour décrire les évé­ne­ments de la guerre du Pélo­pon­nèse, Adams déplore la vul­né­ra­bi­li­té des ins­ti­tu­tions civiles devant les pul­sions égoïstes de l’homme. « La reli­gion, les croyances, les ser­ments, l’instruction, les lois, cèdent devant les pas­sions, l’intérêt et le pou­voir » ou du moins ils se voient « oppo­ser les pas­sions, l’intérêt et le pou­voir ». D’où sa défense achar­née d’un gou­ver­ne­ment où les pou­voirs pour­raient se limi­ter les uns les autres. En fai­sant s’opposer ces ten­dances cor­rup­trices, les ins­ti­tu­tions pour­raient pro­duire des effets béné­fiques. Comme bon nombre de ses com­pa­triotes éclai­rés, Adams défen­dait une ver­sion répu­bli­caine d’un gou­ver­ne­ment mixte de type aris­to­té­li­cien ou poly­bien, où le peuple serait sou­ve­rain dans des ins­ti­tu­tions com­bi­nant la démo­cra­tie, l’oligarchie et la monar­chie, conser­vant ain­si les avan­tages de cha­cune tout en maî­tri­sant leurs excès. En éta­blis­sant une chambre de repré­sen­tants élus par le peuple en contre­poids d’une chambre com­po­sée d’une aris­to­cra­tie fon­dée sur la richesse, le confit latent entre riches et pauvres pour­rait être désa­mor­cé, même si cette légis­la­ture n’existe que pour contrer un pou­voir exé­cu­tif unique. Lais­sés à eux-mêmes et aux prises avec la nature humaine, cha­cun de ces trois pou­voirs ten­drait pro­gres­si­ve­ment vers la tyran­nie ; c’est en les mêlant les uns aux autres que ces trois pou­voirs, qui luttent pour leur seule sur­vie, pour­raient pré­ser­ver la tran­quilli­té publique.

    Adams connais­sait très bien le pes­si­misme de Hobbes, de Man­de­ville, de Machia­vel et de leurs pairs sur la nature humaine. Mais lorsqu’il fal­lait don­ner des exemples dans l’histoire, c’est sur­tout Thu­cy­dide qu’il citait. Lorsqu’il lisait Thu­cy­dide et Tacite, il lui sem­blait « lire l’histoire de son temps et de sa vie ». Dans le contexte des luttes par­ti­sanes qui pré­pa­raient la nais­sance de la Répu­blique amé­ri­caine, en par­ti­cu­lier les conflits de groupes sociaux qui res­sem­blaient fort à ceux qui avaient eu lieu au Ve siècle en Grèce, Thu­cy­dide devint aux yeux d’Adams le témoin pri­vi­lé­gié des ravages cau­sés par les dési­rs incon­trô­lés et les inté­rêts fac­tion­nels. C’est pour­quoi l’historien grec appa­raît au beau milieu de la pré­face de la Défense des Consti­tu­tions des États-Unis, où Adams écrit : « il est impos­sible de lire sans fré­mir d’horreur ce que Thu­cy­dide décrit au livre III à pro­pos des fac­tions et des troubles qui s’ensuivirent dans toute la Grèce, à cause d’une volon­té d’équilibrer les forces. » Adams reprend presque mot pour mot le récit que Thu­cy­dide fait de la guerre civile (sta­sis) à Cor­cyre (III, 70-III, 85).

    Je n’en repro­duis ici que l’essentiel. Il s’agit du sou­lè­ve­ment du « petit nombre » contre « la foule » à Cor­cyre : le sou­lè­ve­ment de la classe pri­vi­lé­giée contre les règles démo­cra­tiques du peuple, afin d’affranchir la cité vis-à-vis d’Athènes en éta­blis­sant un régime oli­gar­chique allié à Sparte. Les affron­te­ments se suc­cé­dèrent, les lois et la reli­gion furent bafouées, les deux par­tis gagnaient une bataille cha­cun leur tour, cau­sant des vic­times dont le nombre alla crois­sant lorsque les Spar­tiates et les Athé­niens s’immiscèrent dans le conflit, les pre­miers aux côtés des oli­garques et les seconds aux côtés du peuple. Fina­le­ment, la flotte athé­nienne encer­cla la cité, et la fac­tion oli­gar­chique fut écra­sée dans le sang.

    Pen­dant les sept jours qui sui­virent l’arrivée d’Eurymédon et où il fut là avec ses soixante navires, les Cor­cy­réens firent un car­nage de leurs conci­toyens qui pas­saient pour des oppo­sants ; ils en reje­taient la res­pon­sa­bi­li­té sur les adver­saires de la démo­cra­tie, mais cer­tains mou­rurent aus­si vic­times de haines pri­vées, et d’autres, qui avaient prê­té de l’argent, sous les coups de leurs débi­teurs. La mort revê­tit toutes les formes et, comme cela se pro­duit en pareil cas, on ne recu­la devant rien – et pis encore. Le père tuait son fils, les sup­pliants étaient arra­chés des sanc­tuaires ou tués sur place, cer­tains périrent même emmu­rés dans le sanc­tuaire de Dionysos.

    Dépas­sant la vio­lence de toutes les sta­sis pré­cé­dentes, la guerre civile de Cor­cyre fut la pre­mière d’une longue série de conflits par­ti­cu­liè­re­ment meur­triers de la guerre du Pélo­pon­nèse. Les anciennes ten­sions poli­tiques don­nèrent lieu à de véri­tables déchi­re­ments dans les cités où Sparte et Athènes sou­te­naient res­pec­ti­ve­ment les oli­garques et le peuple. La des­crip­tion que Thu­cy­dide donne de l’effondrement des socié­tés civiles est com­pa­rable à la peste d’Athènes ; ces « convul­sions » poli­tiques se pro­pa­gèrent comme une épi­dé­mie, per­pé­tuant ses ravages à mesure qu’elle gagnait d’autres cités. Ici, le fléau est une nature humaine débri­dée : « la nature humaine, tou­jours rebelle à la loi, est deve­nue son maître ; elle laisse écla­ter fiè­re­ment ses pas­sions débri­dées, elle se montre au-des­sus de la jus­tice et se déclare enne­mie de tout ce qui lui serait supé­rieur. » « La cause de tous les maux », dit-il, « fut l’amour du pou­voir qui naît de la cupi­di­té et de l’ambition, et de ces affec­tions naquirent les dis­putes vio­lentes des par­tis oppo­sés. » Mais alors que Thu­cy­dide sou­tient que ces maux se repro­dui­ront – en pré­sen­tant d’autres « symp­tômes » – « tant que la nature humaine demeu­re­ra ce qu’elle est », John Adams prend ses dis­tances avec l’historien en écri­vant : « si cet his­to­rien ner­veux avait connu l’équilibre des trois pou­voirs, il n’aurait jamais consi­dé­ré ce fléau comme incu­rable, mais aurait ajou­té tant que les par­tis des cités ne s’équilibreront pas. »

    Ajou­tons que dans le récit que Thu­cy­dide donne de ce « fléau », les grandes ins­ti­tu­tions de la socié­té ne sont pas les seules à pâtir de la nature humaine, le lan­gage aus­si dégé­nère avec elles. L’injustice morale va de pair avec une hypo­cri­sie égoïste, de telle sorte que « les mots eux-mêmes chan­geaient de sens et devaient prendre celui qu’on leur don­nait ». Tho­mas Gus­taf­son, dans son remar­quable livre Repre­sen­ta­tive Words, parle du « moment thu­cy­di­déen » lorsque la cor­rup­tion des peuples et celle du lan­gage ne font plus qu’un. À par­tir du même pas­sage de Thu­cy­dide, Quen­tin Skin­ner évoque une para­dias­tole, figure de rhé­to­rique qui révèle un conflit de valeurs à pro­pos d’un même terme, comme on parle de « démo­cra­tie » par exemple pour dési­gner le règne de la « popu­lace ». (L’administration Bush en a don­né encore un exemple lorsque sous cou­vert d’un « conser­va­tisme com­pas­sion­nel », elle rédui­sait les impôts des riches aux dépens de la socié­té en allé­guant un prin­cipe d’«équité » : ils l’ont méri­té, on le leur doit – pen­sons aus­si à l’impôt sur la suc­ces­sion appe­lé « impôt de la mort ».) Voi­ci ce qui arri­va à Cor­cyre quand on ces­sa de res­pec­ter le sens des mots dans cette lutte effré­née pour le pou­voir : l’injuste devint juste, et le juste injuste. On appe­la les com­plots une « juste défense », alors qu’on conspuait la pru­dence en l’appelant « lâche­té» ; la vio­lence bes­tiale était tenue pour du « cou­rage », et la modé­ra­tion une couar­dise. Les ser­ments ne liaient plus ceux qui avaient inté­rêt à les bri­ser. Un seul prin­cipe demeu­ra, comme le sou­ligne W. Robert Conner :

    Le cal­cul égoïste. Toutes les règles d’usage en Grèce – les pro­messes, les ser­ments, les sup­pli­ca­tions, le res­pect des parents et des hôtes bien­fai­teurs, et même la conven­tion par excel­lence, le lan­gage – ont été détruites. Nous voi­là devant ce que Hobbes nomme bel­lum omnium contra omnes.

    Cette remarque est d’autant plus per­ti­nente que Hobbes fut le pre­mier tra­duc­teur de Thu­cy­dide en langue anglaise. Si Thu­cy­dide paraît si hob­be­sien, c’est parce que Hobbes était thu­cy­di­déen. Dans sa tra­duc­tion de la Guerre du Pélo­pon­nèse, publiée en 1628, Hobbes tient Thu­cy­dide pour « le plus grand his­to­rien poli­tique qui ait jamais écrit », le pla­çant aux côtés d’Homère pour la poé­sie, d’Aristote pour la phi­lo­so­phie, et de Démos­thène pour la rhé­to­rique. Ce qui a séduit Hobbes dans Thu­cy­dide, c’est son aver­sion évi­dente pour la démo­cra­tie et son appli­ca­tion à en expo­ser les échecs (telle est en tout cas la lec­ture qu’il en fait). Ces échecs, sou­li­gnons-le, ont selon Hobbes exac­te­ment les mêmes causes que John Adams tient pour néces­saires au suc­cès d’une répu­blique, à savoir l’équilibre des pou­voirs. Dans la des­crip­tion que Thu­cy­dide donne de la poli­tique telle qu’elle se pra­ti­quait dans les assem­blées de citoyens à Athènes, Hobbes ne voit que des déma­gogues pour­sui­vant leurs propres inté­rêts, « réfu­tant les conseils de tous les autres », ne fai­sant que du tort à leur cité. Les débats sur l’expédition de Sicile, et la débâcle qui s’ensuivit, en sont de par­faits exemples. On com­prend les petits vers que Hobbes com­po­sa dans sa biographie :

    J’ai lu Homère, Vir­gile, Horace, Sophocle, Plaute, Euri­pide, Aristophane
    Et bien d’autres encore ; mais de tous ces auteurs.

    C’est Thu­cy­dide qui a ma faveur.
    Il déclare que la démo­cra­tie est une farce.
    Et qu’à une Répu­blique, il faut pré­fé­rer un Roi.

    Les spé­cia­listes de Hobbes ont bien vu que le récit que Thu­cy­dide a fait de la guerre civile de Cor­cyre a ins­pi­ré le concept hob­be­sien d’état de nature. Terence Bell par exemple déclare : « l’état de nature chez Hobbes fait écho point par point et trait pour trait, à la des­crip­tion que Thu­cy­dide donne de la révo­lu­tion de Corcyre. »

    Mais les res­sem­blances ne s’arrêtent pas là. Outre le carac­tère anar­chique de l’état ori­gi­nel – qui est fon­dé, comme chez Thu­cy­dide, sur « l’amour du pou­voir qui naît de la cupi­di­té et de l’ambition » en chaque homme –, la des­crip­tion que Hobbes donne des « incom­mo­di­tés » que subit l’homme à l’état ori­gi­nel est très proche de ce que Thu­cy­dide écrit sur l’origine des Grecs (dans ce qu’on appelle com­mu­né­ment la par­tie « archéo­lo­gique » du livre I). Vivant dis­per­sés et tout à fait incultes par peur d’être la proie d’autrui, les pre­miers hommes chez Thu­cy­dide n’ont, comme ceux de Hobbes, ni orga­ni­sa­tion éco­no­mique, ni flotte ni agri­cul­ture. Pri­vés de toute richesse et contraints au noma­disme, les pre­miers Grecs n’ont ins­ti­tué aucune cité ni « réa­li­sé quelque œuvre que ce soit ». De même chez Hobbes, les hommes à l’état de nature ne construisent pas d’«habitations com­modes », n’inventent aucune tech­nique, ne savent ni lire ni mesu­rer le temps. Leur vie est « soli­taire, pauvre, sale, bru­tale et courte ».

    Alors que pour John Adams, la sor­tie de l’anarchie que décrit cet « his­to­rien ner­veux » de la Grèce ancienne consiste en un sys­tème auto-régu­lé de pou­voirs limi­tés, pour Tho­mas Hobbes, la solu­tion se trouve en la per­sonne d’un sou­ve­rain unique et tout-puis­sant, capable d’«inspirer la crainte à tous » en conte­nant par la force et la loi la ten­dance innée de l’homme à ne cher­cher que son propre inté­rêt aux dépens des autres. On pour­rait dire que ces deux pen­seurs ont don­né des solu­tions dif­fé­rentes à un même pro­blème, car Hobbes et Adams s’accordent sur la néces­si­té d’un gou­ver­ne­ment. Ain­si Hobbes écrit dans Du Citoyen :

    Je pose donc comme pre­mier prin­cipe, que l’expérience fait connaître à cha­cun et que per­sonne ne nie, que les esprits des hommes sont de cette nature, que s’ils ne sont rete­nus par la crainte de quelque com­mune puis­sance, ils se crain­dront les uns les autres, ils vivront entre eux en une conti­nuelle défiance, et comme cha­cun aura le droit d’employer ses propres forces en la pour­suite de ses inté­rêts, il en aura aus­si néces­sai­re­ment la volonté.

    Comme on le dit sou­vent – et comme le dit si bien C. B. Mac­pher­son dans son ana­lyse de « l’individualisme pos­ses­sif » – la des­crip­tion de Hobbes sur le pas­sage de l’état de nature à l’état poli­tique dans le Lévia­than revient à écrire le mythe ori­gi­nel de la pen­sée capi­ta­liste. En posant comme pré­misse un désir per­pé­tuel de chaque homme à pré­ser­ver son bien, il s’ensuit néces­sai­re­ment une cer­taine rare­té dans les moyens de sub­sis­tance, don­nant lieu à des attaques mutuelles où « le pou­voir d’un homme oppo­sait de la résis­tance et entra­vait le pou­voir d’un autre ». Encore une fois, ce qu’Adams juge comme un bien, Hobbes le consi­dère comme la source du pire. Le « pire » désigne le pas­sage de l’état natu­rel petit-bour­geois où règne la com­pé­ti­tion, à une exploi­ta­tion capi­ta­liste sans mer­ci, où cha­cun com­prend qu’il ne peut assu­rer son bien qu’en sou­met­tant autrui et en exploi­tant ses res­sources pour par­ve­nir à ses fins. Notons au pas­sage que même si Hobbes cri­tique de manière viru­lente le détour­ne­ment des mots, dire que tous les actes, y com­pris les plus esti­mables, ne sont que des moyens d’étendre le pou­voir sur autrui s’apparente à une para­dias­tole. La libé­ra­li­té, l’affabilité, la noblesse d’esprit ou « quelle que soit la qua­li­té d’une per­sonne pour laquelle elle est aimée ou crainte de plu­sieurs, ou la répu­ta­tion qui lui est faite de pos­sé­der une telle qua­li­té, il s’agit de pou­voir, parce que c’est un moyen d’avoir l’assistance et le ser­vice de plu­sieurs ». De quoi nous rap­pe­ler l’obsession de nos cher­cheurs en sciences sociales et cultu­relles pour la notion de « pou­voir », une forme de fonc­tion­na­lisme du pou­voir qui réus­sit à dis­soudre toute forme de diver­si­té cultu­relle dans le bain acide des « effets de domi­na­tion ». Et Hobbes nous montre aus­si qu’on devrait sup­pri­mer des uni­ver­si­tés « tous ces dis­cours vides de sens ». Mais reve­nons à l’état de nature chez Hobbes. Gui­dés par la rai­son et obéis­sant à la peur, les hommes par­viennent à s’accorder en accep­tant de céder leur droit à uti­li­ser la force à un pou­voir sou­ve­rain qui les repré­sen­te­rait tous et exer­ce­rait leur puis­sance pour assu­rer la paix et la pro­tec­tion de la col­lec­ti­vi­té. Bien que ce pou­voir sou­ve­rain puisse prendre la forme d’une assem­blée, les débor­de­ments du Par­le­ment anglais et le régi­cide de Charles Ier finirent de convaincre Hobbes que mis à part le pou­voir divin, il « valait mieux un roi ».

    Des contraires, disait Aris­tote, naissent les contraires. Cette oppo­si­tion entre hié­rar­chie et éga­li­té, entre monar­chie et répu­blique, est dia­lec­tique, l’une se défi­nis­sant contre l’autre au cours de l’histoire, dans l’exercice concret de la poli­tique, et dans les débats idéo­lo­giques. Le contexte his­to­rique où se trouvent ces deux auteurs explique beau­coup de choses : Adams a par­ti­ci­pé à la révolte contre la cou­ronne d’Angleterre, et l’absolutisme de Hobbes était une réac­tion aux attaques des pré­ro­ga­tives de la monar­chie. Mais au-delà du contexte immé­diat, nos deux auteurs s’inscrivent dans une lutte ances­trale en Occi­dent entre les par­ti­sans de la sou­ve­rai­ne­té popu­laire et ceux du roi, cha­cun pui­sant des argu­ments chez des adver­saires phi­lo­so­phiques et des exemples de régimes poli­tiques loin­tains. Adams avait pour Hobbes une cer­taine estime : « Hobbes, cet homme mal­heu­reux et qui défen­dait des prin­cipes haïs­sables, ne cédait rien à ses contem­po­rains en génie et en intel­li­gence. » Quant au roya­lisme de Hobbes, comme Quen­tin Skin­ner l’a mon­tré, il consti­tue une réponse inter­tex­tuelle à d’anciens prin­cipes répu­bli­cains, aux théo­ries de l’ordre public à Rome et à la Renais­sance, qui pro­mou­vaient l’égalité de parole de tous les citoyens au sein du gou­ver­ne­ment. Un des objec­tifs de Hobbes, selon Skin­ner, est de « saper les fon­de­ments de la pen­sée répu­bli­caine, et avec elle l’idée de l’égalité des citoyens, sur laquelle repose le cou­rant huma­niste de la pen­sée sociale ». De plus, tout repose sur le prin­cipe (hégé­lien) selon lequel une chose conserve et dépasse son contraire dans sa néga­tion : la hié­rar­chie contient l’égalité et inver­se­ment. Le pro­blème pour Hobbes, c’est que dans l’état de nature tel qu’il le décrit à ses débuts, cha­cun a les mêmes droits sur tout, ce qui engendre une guerre per­pé­tuelle ; le pro­blème pour Adams, c’est que cette guerre à l’état de nature abou­tit à la tyran­nie. Si l’on consi­dère ce mode de pen­sée dans sa glo­ba­li­té, on devrait consi­dé­rer l’absolutisme de Hobbes comme le pen­dant du répu­bli­ca­nisme dont il vou­lait saper les prin­cipes. Dans la dia­chro­nie et dans sa dyna­mique, cette pen­sée met en œuvre des contraires inter­dé­pen­dants : deux modèles oppo­sés de l’ordre cultu­rel se suc­cèdent alter­na­ti­ve­ment tout au long de l’histoire.

    C’est pour­quoi la domi­na­tion sou­ve­raine et l’équilibre répu­bli­cain en tant qu’ils sont deux formes de gou­ver­ne­ment qui visent à conte­nir la bes­tia­li­té humaine, se placent tous deux du côté du dua­lisme de la nature et de la culture, qui est le fon­de­ment de ce mode de pen­sée. La nature ren­voie à la néces­si­té, c’est-à-dire à l’égoïsme pré­so­cial ou anti­so­cial avec lequel toute culture doit com­po­ser. À moins que la culture n’y suc­combe, comme ce fut le cas à Cor­cyre où l’ordre cultu­rel fut dis­sout dans le tour­billon d’un amour immo­dé­ré du pou­voir et du gain. L’antithèse entre nature et culture est aus­si ancienne et aus­si per­sis­tante que les formes de gou­ver­ne­ment qu’elle sous-tend ; elle est même plus ancienne que Thu­cy­dide, comme nous le ver­rons, et aus­si répan­due que l’égoïsme naturel.

    Certes, en m’appuyant sur ces seuls noms, Thu­cy­dide, Hobbes et Adams, je me borne à une allé­go­rie. De nom­breux autres pen­seurs, connus ou moins connus, ont défen­du l’idée qu’il fal­lait maî­tri­ser l’arrogance humaine. Kant écrit que « l’homme est un ani­mal qui a besoin d’un maître », tout en concé­dant que le pro­blème est inso­luble tant que « le maître est lui-même un ani­mal qui a lui-même besoin d’un maître ». Pour faire un saut dans le temps, citons encore Her­man Mel­ville qui, face aux Draft Riots (les « émeutes contre la conscrip­tion » à carac­tère raciste qui eurent lieu à New York en 1863), réécrit en vers le sou­lè­ve­ment de Corcyre :

    La Ville est prise par ses rats – rats de navire
    Et rats des quais. Tous les charmes civiques,
    Tous les sor­ti­lèges des prêtres qui, hier encore,
    Rete­naient les coeurs dans la crainte d’une plus haute
    Ins­tance que celle du moi, se dis­sipent comme un rêve,
    Et l’homme rétro­grade dans la nature d’éons entiers.

    Mel­ville n’invoque pas seule­ment l’anarchie de l’état de nature, mais en appelle aus­si à son remède, l’autorité sou­ve­raine. Der­rière le bras puis­sant des forces unio­nistes qui anéan­tit les mutins, Mel­ville recon­naît la figure dic­ta­to­riale d’Abraham Lin­coln, un « sage Dra­con » met­tant cyni­que­ment en œuvre la « tyran­nie d’honnêtes rois », vio­lant l’harmonie répu­bli­caine et la foi en la bon­té de la nature humaine.

    Et cepen­dant, puisqu’il s’agit de nature humaine, notre mythe s’étend bien au-delà de la sphère poli­tique. Le même sché­ma dyna­mique se retrouve dans diverses régions de la réa­li­té cultu­relle, depuis la com­po­si­tion élé­men­taire de la matière à la struc­ture du cos­mos, en pas­sant par les concepts de san­té du corps et du bel arran­ge­ment de la cité. Nous avons affaire à une véri­table méta­phy­sique de l’ordre dont on peut trou­ver les racines dans l’Antiquité, et qu’on peut décrire abs­trai­te­ment comme suit : le pas­sage d’un état contes­ta­taire où les élé­ments indi­vi­duels tendent à se déve­lop­per pour eux-mêmes, à la for­ma­tion d’une col­lec­ti­vi­té ren­due stable par l’action coer­ci­tive d’un pou­voir exté­rieur qui main­tient cha­cun des élé­ments à leur place, ou par les élé­ments eux-mêmes qui se limitent les uns les autres. Voi­là une pen­sée ances­trale, une méta­phy­sique récur­rente et dyna­mique où entrent en jeu les concepts d’anarchie, de hié­rar­chie et d’égalité.

    La Grèce ancienne

    Tout se passe comme si le récit de Thu­cy­dide de l’anarchie à Cor­cyre était tiré d’Hésiode. Quelques siècles avant Thu­cy­dide, Hésiode, dans Les Tra­vaux et les Jours, se lamente sur la dégé­né­res­cence de l’humanité à l’âge de fer après que la jus­tice eut déser­té les lieux et que la lutte natu­relle de cha­cun contre cha­cun l’eut empor­té. Il évoque les mêmes vio­la­tions des liens filiaux et de la morale, les mêmes « mots tor­tueux » et les « faux ser­ments », le même goût pour le pou­voir et l’argent, la même vio­lence et le désir de détruire :

    Le père alors ne res­sem­ble­ra plus à ses fils ni les fils à leur père ; l’hôte ne sera plus cher à son hôte, l’ami à son ami, le frère à son frère, ain­si qu’aux jours pas­sés. À leurs parents, sitôt qu’ils vieilli­ront, ils ne mon­tre­ront que mépris ; pour se plaindre d’eux, ils s’exprimeront en paroles rudes, les méchants ! et ne connaî­tront pas la crainte du Ciel. Aux vieillards qui les ont nour­ris, ils refu­se­ront les ali­ments. Nul prix ne s’attachera plus au ser­ment tenu, au juste, au bien : c’est à l’artisan de crimes, à l’homme tout déme­sure qu’iront leurs res­pects ; le seul droit sera la force, la conscience n’existera plus. Le lâche atta­que­ra le brave avec des mots tor­tueux, qu’il appuie­ra d’un faux ser­ment. Aux pas de tous les misé­rables humains s’attachera la jalou­sie, au lan­gage amer, au front hai­neux, qui se plaît au mal.

    Gerard Nad­daf peut ain­si décla­rer : « Sans la jus­tice, Hésiode pense que les hommes se dévo­re­raient entre eux comme des bêtes : s’ensuivrait un état de nature sem­blable à celui de Hobbes, qui n’est pas sans rap­port avec le règne qui pré­cé­dait celui de Zeus. »

    Hobbes se fait donc de plus en plus vieux, mais il appa­raît éga­le­ment de moins en moins ori­gi­nal si l’on s’accorde avec Nad­daf pour dire que le règne de la paix et de l’ordre uni­ver­sel est celui de Zeus qui sou­met les Titans récal­ci­trants, et qui sont pré­sen­tés dans la tra­di­tion comme l’archétype de la nature humaine. Comme Detienne et Ver­nant l’ont mis en lumière dans leur com­men­taire de la Théo­go­nie où l’on voit appa­raître ce sys­tème : « il n’y a pas d’ordre cos­mique sans dif­fé­ren­cia­tion, hié­rar­chie ou supré­ma­tie, mais il n’y a pas non plus de supré­ma­tie sans conflit, sans injus­tice, et sans vio­lence. » Au début du récit, c’est le crime et la rébel­lion qui règnent chez les dieux, et la socié­té non orga­ni­sée fait écho à l’état ori­gi­nel amorphe de l’univers ; mais le récit s’achève sur la vic­toire de Zeus qui règne en maître sur un uni­vers stable et dif­fé­ren­cié entre le ciel, la terre et l’enfer. Notons cepen­dant que la réso­lu­tion du chaos par la force et non par un contrat rend ce récit plus nietz­schéen qu’hobbesien. Pour Nietzsche, l’«État » est fon­dé sur de vio­lentes conquêtes et un des­po­tisme impi­toyable, néces­saires pour impo­ser un ordre sur les peuples sau­vages indigènes :

    J’ai employé le mot « État » : ce qu’il faut entendre par là va de soi – une horde quel­conque de bêtes de proie blondes, une race de maîtres et de conqué­rants, qui, dotée d’une orga­ni­sa­tion guer­rière et ayant la force d’organiser, pose sans hési­ter ses for­mi­dables griffes sur une popu­la­tion peut-être infi­ni­ment supé­rieure en nombre, mais encore inor­ga­ni­sée et errante. Voi­là le com­men­ce­ment de l’État sur terre.

    De même, dans la Théo­go­nie, l’ordre est ins­tau­ré à l’issue d’une bataille sans mer­ci qui dura dix ans pen­dant laquelle de nou­velles géné­ra­tions de dieux menées par Zeus luttent contre Cro­nos (son père) et les Titans sans foi ni loi pour gou­ver­ner l’univers. Grâce à son intel­li­gence et à son grand pou­voir, Zeus gagne la bataille et aban­donne les Titans enchaî­nés dans l’humide Tar­tare. Après avoir triom­phé une seconde fois contre un dan­ge­reux rebelle (Typhon), Zeus dis­tri­bue les hon­neurs et les pri­vi­lèges à cha­cun des dieux, leur attri­buant une place et une fonc­tion dans l’univers. Sous le règne de Zeus, le pou­voir peut demeu­rer stable à jamais, puisque les que­relles des dieux sont enca­drées par des ser­ments. Si au contraire les humains brisent si faci­le­ment leurs ser­ments, comme ce fut le cas à Cor­cyre, c’est parce que la dis­corde, le mal­heur et le vice furent ban­nis du ciel pour échouer sur la terre. Tel est le lot des hommes, que Zeus tem­père en leur fai­sant don de la jus­tice mais aus­si de la folle espé­rance, ce « mal si beau », cette Pan­dore tapie dans la jarre qui conte­nait tous les mal­heurs du monde.

    Il faut sou­li­gner la paren­té natu­relle entre les Titans et l’espèce humaine, qui rend compte de la concep­tion occi­den­tale du poli­tique, celle d’une contrainte exer­cée sur l’asociabilité humaine. « Le Titan », remarque Paul Ricoeur, « est cette figure à tra­vers laquelle le mal humain s’enracine dans le mal pré-humain. » Dans les mythes orphiques, les hommes des­cendent des cendres des Titans enter­rées par Zeus suite au meurtre de Dio­ny­sos. Dans les Lois, Pla­ton évoque l’insoumission des Titans lorsqu’il déclare que si aucune loi n’encadre la musique, on encou­ra­ge­rait la licence démo­cra­tique. Cette musique révé­le­rait « la nature des Titans qu’évoque la tra­di­tion, et l’homme, pre­nant modèle sur elle, reve­nant ain­si à la situa­tion qui est la leur, pas­se­rait une exis­tence éter­nel­le­ment dou­lou­reuse. » (Doit-on jeter la pierre à Elvis ou aux Beatles ? Lequel est res­pon­sable de nos maux pré­sents ? ) Si les hommes sont des Titans par nature, leurs anciens rois sont des éma­na­tions de Zeus, leur ancêtre.

    Les cos­mo­go­nies per­sistent sous la forme de la dynas­tie. Nos plus vieilles légendes sur les cités du Pélo­pon­nèse évoquent des héros venant d’ailleurs, nés de l’union de Zeus avec une mor­telle, et qui se sont mariés aux filles des rois autoch­tones pour en usur­per le trône. L’origine de l’État est la ver­sion ter­restre de la nais­sance de l’univers, né de l’union cos­mique du Ciel (Oura­nos) et de la Terre (Gaïa). L’étranger Lacé­dé­mone, fils de Zeus, s’unit à Sparte née de rois ter­restres, donnent leur nom aux cités, et de leur union naît la dynas­tie civi­li­sa­trice des peuples de l’Eurotas. Aga­mem­non, roi de Mycènes, était aus­si le des­cen­dant de Zeus, et c’est de lui que venait son auto­ri­té sur tous les autres rois de son immense armée. Mais à l’époque d’Homère, une réplique fidèle et humaine de la sou­ve­rai­ne­té uni­ver­selle de Zeus était déjà impos­sible depuis quatre ou cinq cents ans, depuis la dis­pa­ri­tion des anciens royaumes mycé­niens. Dans les épo­pées des poètes du VIIIe siècle, cer­tains règnes monar­chiques sont mar­qués par le sceau du divin. La jus­tice de cer­tains chefs répu­tés pour être bons ne fait pas seule­ment pros­pé­rer la cité dans Les Tra­vaux et les Jours d’Hésiode, elle fait aus­si fruc­ti­fier la nature. Cepen­dant, les rois à cette époque d’Hésiode avaient non seule­ment des pré­ro­ga­tives beau­coup plus réduites que celles de leurs ancêtres mycé­niens, loin­tains certes mais tou­jours dans les mémoires, mais leur auto­ri­té elle-même com­men­çait à être remise en cause et enta­mée par une élite d’opposition. Dans son Archaeo­lo­gy as Cultu­ral His­to­ry, excel­lente syn­thèse sur la pré­his­toire de la cité grecque à l’époque clas­sique, Ian Mor­ris rend compte de cette résur­gence des aris­to­crates, en notant qu’elle était contem­po­raine de la reprise des échanges des élites avec l’Orient, après l’«âge des ténèbres » qui suc­cé­da à la chute des Rois mycé­niens. En véri­té, l’esprit ago­nis­tique ne carac­té­ri­sait pas seule­ment l’élite guer­rière, elle tou­chait aus­si, selon Jean-Pierre Ver­nant, la socié­té tout entière. En rap­pe­lant ces vers d’Hésiode – « le potier en veut au potier, le char­pen­tier au char­pen­tier, le pauvre est jaloux du pauvre et le chan­teur du chan­teur » –, Ver­nant en déduit que la com­pé­ti­tion implique une cer­taine éga­li­té entre les adver­saires, même si elle vise l’établissement d’une hié­rar­chie. On pour­rait éga­le­ment dire qu’une anti­thèse, la hié­rar­chie, englobe la sup­pres­sion de sa propre néga­tion, l’égalité. C’est bien quelque chose de ce genre qui a eu lieu dans la lutte qui oppo­sa les aris­to­crates au règne monar­chique ou tyran­nique. Bien avant sa réa­li­sa­tion avec la démo­cra­tie athé­nienne du Ve siècle, l’aspiration à l’égalité poli­tique, l’isonomie, avait été pro­mue par la noblesse de cer­taines cités archaïques, qui péri­cli­taient au sein de la com­pé­ti­tion pour la supré­ma­tie. L’isonomie, l’«égalité », était reven­di­quée par quelques oli­garques qui contes­taient la confis­ca­tion de leurs droits poli­tiques par les tyrans (une « Magna Car­ta » grecque en quelque sorte). Kurt Raat­laub dit même de l’isonomie qu’elle est un « concept » ou une « valeur aristocratique ».

    L’opposition entre éga­li­té et hié­rar­chie finit par se mani­fes­ter poli­ti­que­ment sous la forme du conflit entre la sou­ve­rai­ne­té popu­laire d’un côté, et l’oligarchie ou la monar­chie de l’autre. C’est sous cette forme, avec tout ce que cela implique pour la culture, que cette oppo­si­tion conti­nue­ra de se mani­fes­ter dans l’histoire de l’Occident pen­dant près de deux mille ans. Mor­ris parle d’une « idéo­lo­gie du nivel­le­ment » qui fait son appa­ri­tion au Viiie siècle, qui se heurte quelque temps à un sys­tème aris­to­cra­tique du pou­voir, et qui finit par triom­pher dans l’établissement de la démo­cra­tie athé­nienne. L’histoire sociale de la période archaïque, écrit-il encore, « doit être com­prise comme un conflit entre ces cultures anti­thé­tiques ». Les « nive­leurs » étaient par­ti­sans d’un régime auto­gé­ré, éga­li­taire et impli­quant la par­ti­ci­pa­tion des citoyens. Par contraste avec l’aristocratie des héros qu’ils enviaient, ils ont éla­bo­ré une phi­lo­so­phie du mode de vie du « moyen ». Les dési­rs cor­po­rels seraient ain­si maî­tri­sés, le déve­lop­pe­ment de la cupi­di­té et de la déme­sure serait endi­gué, la péren­ni­té de la soli­da­ri­té entre les membres de la com­mu­nau­té serait garan­tie. Pour reprendre les termes de Mor­ris, les nive­leurs consti­tuaient une « com­mu­nau­té ima­gi­naire » de gens modé­rés, de citoyens mas­cu­lins égaux, sans nos­tal­gie pour le pas­sé ou pour l’Orient. Les aris­to­crates au contraire, fidèles au modèle de la noblesse mycé­nienne, cher­chaient par-delà leurs com­pa­triotes le fon­de­ment de leur iden­ti­té et de leur auto­ri­té. Leur sta­tut dans la socié­té leur venait des dieux, des héros leurs ancêtres, et de l’Orient – d’où ils tiraient leurs insignes divins.

    La dif­fé­rence entre ces « cultures anti­thé­tiques » était telle que leur pré­sence simul­ta­née dans les cités nais­santes débou­cha sur l’apparition de fac­tions anta­go­nistes, l’élite fai­sant bloc contre le peuple, don­nant lieu à des luttes qu’on per­ce­vait de plus en plus comme des conflits entre les riches et les pauvres. Plu­tarque raconte com­ment Ana­char­sis, l’ami de Solon, se moqua de lui « qui pen­sait répri­mer par des lois l’injustice et la cupi­di­té de ses citoyens », des lois aus­si peu solides que des toiles d’araignées et que les riches et les puis­sants pour­raient rompre faci­le­ment. Il s’agissait en fait des mesures que le célèbre légis­la­teur athé­nien du début du VIe siècle éla­bo­ra pour allé­ger les dettes des pauvres et les sanc­tions qu’ils subis­saient, et étendre le droit à par­ti­ci­per à un régime qui jusque-là favo­ri­sait quelques pri­vi­lé­giés. Solon répon­dit à son ami que les hommes tenaient leurs enga­ge­ments entre eux lorsqu’aucune des par­ties contrac­tantes n’avait inté­rêt à les vio­ler, et qu’il tra­vaillait à des lois où il serait plus avan­ta­geux pour tous de pra­ti­quer la jus­tice. Sans doute Solon espé­rait-il, comme d’autres légis­la­teurs après lui, qu’il serait plus pro­fi­table de recon­naître des droits aux adver­saires poli­tiques que de pro­vo­quer une sédi­tion et de plon­ger ain­si la cité dans le chaos. De toute façon, la cupi­di­té des citoyens, la vul­né­ra­bi­li­té des lois face à l’égoïsme, l’opposition entre la hié­rar­chie et l’égalité ain­si que le remède qui consis­tait à équi­li­brer les pou­voirs, à sup­po­ser que cela eût bien lieu, tout cela montre assez bien com­ment la méta­phy­sique occi­den­tale de l’ordre était déjà pré­sente au moment de la nais­sance de la cité classique.

    Le Ve siècle est mar­qué par l’antique oppo­si­tion entre la hié­rar­chie et l’égalité, qui se mani­fes­ta sous de mul­tiples formes, attei­gnant son paroxysme idéo­lo­gique pen­dant la guerre du Pélo­pon­nèse. Même si nous pou­vons dater, sui­vant en cela Ian Mor­ris, la vic­toire des idéaux démo­cra­tiques avec la consti­tu­tion d’Athènes en 507 av. J.-C., la guerre civile entre les élites et les fac­tions popu­laires conti­nua à faire rage dans de nom­breuses cités grecques pen­dant plus d’un siècle. D’abord d’obédience aris­to­cra­tique, les élites furent pro­gres­si­ve­ment asso­ciées aux plou­to­crates. Dans la Répu­blique, Pla­ton affirme qu’une cité abrite en réa­li­té plu­sieurs cités, et se divise tout d’abord en une polis des riches et une polis des pauvres, tou­jours en guerre, puis se divise encore au sein de ces groupes. Comme nous l’avons vu, pen­dant la guerre du Pélo­pon­nèse, cette lutte endé­mique se dou­blait d’une confron­ta­tion géné­ra­li­sée dans toute la Grèce entre la démo­cra­tie sou­te­nue par Athènes, et l’oligarchie sou­te­nue par Sparte, deux formes des « cultures anti­thé­tiques » de la période archaïque. Si les termes « démo­cra­tie » et « oli­gar­chie » sont attes­tés chez Héro­dote au milieu du e siècle, ils deviennent chez Thu­cy­dide, dans son récit de l’intervention d’Athènes et de Sparte dans la guerre civile de Cor­cyre, deux causes idéo­lo­giques pour les­quelles on meurt. Mais à cette époque, la devise bien­fai­trice de l’impérialisme athé­nien, iso­no­mie, « éga­li­té », avait déjà conta­mi­né les cos­mo­lo­gies et les théo­ries poli­tiques ; et elle se pro­pa­geait dans les phi­lo­so­phies du corps et dans l’ontologie des com­po­sants élé­men­taires de la nature.

    Selon Héro­dote, iso­no­mie est « le plus beau nom qui soit ». Le prin­cipe de l’isonomie dont Athènes était le modèle impli­quait la par­ti­ci­pa­tion égale de tous les citoyens dans un régime com­mun, régi par un corps sou­ve­rain qui se réunis­sait à l’Assemblée. Puisque les femmes, les esclaves et les étran­gers ne pos­sé­daient pas ce droit, la démo­cra­tie était en réa­li­té fon­dée sur des prin­cipes hié­rar­chiques extra-consti­tu­tion­nels pour le moins auto­ri­taires (indé­pen­dam­ment de la ques­tion his­to­rique de l’esclavage, on retrouve les mêmes contra­dic­tions chez les Amé­ri­cains qui se féli­citent de « vivre dans une démo­cra­tie », alors qu’ils passent la plu­part de leur temps dans des ins­ti­tu­tions non démo­cra­tiques comme la famille, l’école, les hauts lieux du capi­ta­lisme, sans comp­ter l’armée et la bureau­cra­tie du gou­ver­ne­ment lui-même. Regar­dez, la démo­cra­tie est toute nue!). Pour les citoyens athé­niens, l’isonomie signi­fiait l’égalité devant la loi, l’égalité de parole et de vote à l’Assemblée, et une chance égale de par­ti­ci­per au Conseil des Cinq-cents (la Bou­lê) qui éta­blis­sait les ordres du jour de l’Assemblée et rem­plis­sait des fonc­tions diplo­ma­tiques et judi­ciaires impor­tantes. Au Conseil, cha­cune des dix tri­bus consti­tuées par la réforme de Clis­thène en 507 était com­po­sée de cin­quante hommes tirés au sort, pour une durée d’un an. Alter­na­ti­ve­ment, pour une période de 36 ou 37 jours, chaque tri­bu assu­rait la pré­si­dence et la res­pon­sa­bi­li­té de l’ensemble du Conseil. Ce sys­tème de rota­tion éga­li­taire est par­ti­cu­liè­re­ment inté­res­sant en ce qu’il éta­blit et com­prend un prin­cipe hié­rar­chique dans l’isonomie (nous ver­rons qu’il en va de même chez les méde­cins hip­po­cra­tiques). En effet, la rota­tion répond à l’idéal aris­to­té­li­cien d’un régime où les citoyens sont tour à tour gou­ver­nants et gou­ver­nés. Si l’on com­pare Athènes avec les royaumes de Mycènes et de Minos, la trans­for­ma­tion de la sou­ve­rai­ne­té, de la monar­chie à la démo­cra­tie, est à la fois mul­tiple et radi­cale. Repre­nons l’analyse de Ver­nant sur cette com­pa­rai­son : les royaumes anciens, gou­ver­nés par une per­sonne pri­vée, dont la force mys­tique émane du palais, ont fini par céder à l’apparition de la polis où les pré­ro­ga­tives gou­ver­ne­men­tales reviennent à une col­lec­ti­vi­té, de manière égale et publique. Ras­sem­blés au centre de la cité (sur l’agora), les citoyens recourent à la rai­son et à la per­sua­sion pour sta­tuer sur les affaires de la cité, pour conci­lier leurs propres inté­rêts pri­vés avec l’intérêt et le bien de la cité – du moins en prin­cipe. Ver­nant écrit :

    Le groupe humain se fait donc de lui-même l’image sui­vante : à côté des mai­sons pri­vées, par­ti­cu­lières, il y a un centre où les affaires publiques sont débat­tues, et ce centre repré­sente tout ce qui est « com­mun », la col­lec­ti­vi­té comme telle. (…) Au lieu que la socié­té humaine forme, comme l’espace mythique, un monde à étages avec le roi au som­met et au-des­sous de lui toute une hié­rar­chie de sta­tuts sociaux défi­nis en termes de domi­na­tion et de sou­mis­sion, l’univers de la cité appa­raît consti­tué par des rap­ports éga­li­taires, réver­sibles où tous les citoyens se défi­nissent par rap­port aux autres comme iden­tiques sur le plan politique.

    Et pour­tant, mal­gré la réci­pro­ci­té, l’égalité et la col­lec­ti­vi­té qui la sou­tiennent, la cité démo­cra­tique reste vul­né­rable aux effets dévas­ta­teurs de l’intérêt égoïste de ses citoyens. Les Athé­niens n’en étaient que trop conscients. En par­lant de « l’appétit du gain que toute la nature pour­suit natu­rel­le­ment comme un bien, mais qui se voit rame­né par la force de la loi au res­pect de l’équité », le sophiste Glau­con dans la Répu­blique évoque la même oppo­si­tion entre la loi (ou la culture) et l’intérêt égoïste (ou la nature) qui carac­té­rise le récit par Thu­cy­dide de la guerre civile de Cor­cyre. Une telle oppo­si­tion entre le bien pri­vé et le bien public, selon P. A. Brunt, est « à l’origine de ces dis­sen­sions si fré­quentes dans les cités grecques, et par consé­quent du déve­lop­pe­ment de la phi­lo­so­phie poli­tique en Grèce ». Pre­nons aus­si l’exemple de l’«Oraison funèbre » de Péri­clès sur la néces­si­té de culti­ver la ver­tu civique chez les citoyens : ils doivent com­prendre que leurs biens pri­vés sont d’autant mieux pro­té­gés qu’ils défendent les inté­rêts de la cité ; voi­là ce dont on doit se sou­ve­nir lorsqu’on fait l’éloge des hommes tom­bés au com­bat. Cette sage maxime de Péri­clès fini­ra par être reprise par tous les hommes poli­tiques des régimes répu­bli­cains, ce qui prouve qu’il était sou­vent néces­saire de la rap­pe­ler. Mais au vie siècle av. j.-c., bien avant que Pla­ton et Péri­clès ne se sou­cient de poli­tique, Anaxi­mandre de Milet avait déjà fait de l’intérêt égoïste le prin­cipe de mise en ordre de l’univers au sein d’un sys­tème d’interactions entre des forces égales et opposées.

    Le cos­mos d’Anaximandre n’est pas un uni­vers ordon­né par un dieu tout-puis­sant, c’est un sys­tème natu­rel auto-régu­lé par les échanges internes qui se pro­duisent entre les quatre élé­ments, qui entrent de manière égale dans sa com­po­si­tion. Notons qu’il ne nous reste que des frag­ments de l’œuvre d’Anaximandre, et que leur obs­cu­ri­té a don­né lieu à de nom­breuses inter­pré­ta­tions, dont à l’époque moderne les inter­pré­ta­tions quelque peu abs­conses de Nietzsche et les riffs hei­deg­gé­riens de la pré­sence de l’Être. Mais la dif­fé­rence entre le cos­mos d’Anaximandre et celui que Zeus domine et orga­nise se laisse aisé­ment per­ce­voir, et de nom­breux com­men­ta­teurs l’ont remar­quée, comme Charles H. Kahn dans son ana­lyse du sys­tème pré­so­cra­tique d’Anaximandre. « Anaxi­mandre », écrit Kahn, « refuse qu’un corps élé­men­taire ou une par­tie du monde en par­ti­cu­lier puisse domi­ner les autres ; selon lui, le monde se défi­nit par l’égalité et l’équilibre. »

    Anaxi­mandre nie que dès la nais­sance du monde un élé­ment de son onto­lo­gie ait pu pro­duire et domi­ner tous les autres. L’univers ne vient ni de l’eau, ni d’aucune des autres sub­stances élé­men­taires ; il naît d’une « autre nature, infi­nie apei­ron », qui engendre en elle le ciel et la terre. Selon l’interprétation com­mune, les élé­ments consti­tu­tifs de l’univers qui se dif­fé­ren­cient au sein de l’infini sont des couples d’opposés, comme le chaud et le froid, le sec et l’humide. Même si ces élé­ments sont égaux, ils s’opposent et se repoussent les uns les autres, sans qu’aucun ne par­vienne à prendre le des­sus. Au lieu de cela, ils remé­dient à leurs injustes incur­sions mutuelles en pro­dui­sant la réa­li­té, bien que toutes les choses ain­si créées finissent, au bout d’un cer­tain temps, par se résoudre et reve­nir à leurs élé­ments consti­tuants. Dans « Iso­no­mia », son impor­tant article sur le sujet, Gre­go­ry Vlas­tos sou­ligne que la solu­tion qu’Anaximandre apporte au pro­blème de la jus­tice cos­mique, mode­lée sur la jus­tice civile et poli­tique, se démarque com­plè­te­ment de la concep­tion aris­to­cra­tique ou monar­chique de la jus­tice telle qu’on la trou­vait chez Hésiode. L’ordre uni­ver­sel, pour Anaxi­mandre, « jus­ti­fie l’isonomie, au sens où le seul moyen de pré­ser­ver la jus­tice au sein d’une com­mu­nau­té humaine est de répar­tir les pou­voirs de manière égale ».

    On trouve la même idée d’un ordre résul­tant d’une contes­ta­tion entre élé­ments égaux dans la cos­mo­gra­phie d’Anaximandre, où la terre occupe le centre de l’univers, à égale dis­tance des corps ignés de la voûte céleste. Encore une fois, l’univers demeure stable sans que rien d’extérieur n’ait besoin de le régler. Cet équi­libre est le fruit non seule­ment de l’égalité de dis­tance entre les corps, mais aus­si de l’égalité des forces oppo­sées, et cela vaut en par­ti­cu­lier pour la terre, centre humide et froid, entou­ré du ciel chaud et sec. De plus, comme les spé­cia­listes de l’Antiquité l’ont sou­vent remar­qué, cette poli­tique cos­mique qui donne à la terre sa place dans l’univers rap­pelle l’ordre spa­tial de la polis démo­cra­tique, où, au centre des quar­tiers d’habitations se trou­vait l’agora où les inté­rêts de cha­cun entraient en col­li­sion avant de s’harmoniser.

    Le micro­cosme fonc­tionne comme le macro­cosme : à l’intérieur des corps sains des citoyens, c’est encore l’isonomie qui règne. La san­té, du moins telle qu’elle est défi­nie dans le prin­ci­pal trai­té du méde­cin Alc­méon de Cro­tone à la fin du VIe siècle av. J.-C., consiste jus­te­ment en cette « iso­no­mie » ou « éga­li­té des droits » entre les pou­voirs oppo­sés du corps. (Les textes qui citent Alc­méon men­tionnent par­mi ces fonc­tions le chaud et le froid, l’amer et le doux, l’humide et le sec, mais il devait y en avoir davan­tage.) La « monar­chie » au contraire, ou la domi­na­tion d’une des fonc­tions, est cause de mala­die et de cor­rup­tion selon Alc­méon. Cette cor­po­ro­lo­gie iso­no­mique a eu une grande influence dans l’Antiquité ; citons notam­ment la des­crip­tion que Pla­ton donne de la mala­die dans le Timée, qui est cau­sée par un excès, un défi­cit, ou un mou­ve­ment « contre nature » d’un des quatre élé­ments du corps, à savoir la terre, le feu, l’eau et l’air. Charles Kahn rap­pelle l’abondance des textes qui pour­raient illus­trer cette concep­tion de la nature comme « inter­ac­tion dyna­mique entre des forces oppo­sées », et prend à témoin les suc­ces­seurs d’Alcméon dans le cor­pus hip­po­cra­tique, qui sont une par­faite illus­tra­tion du « natu­ra­lisme du Ve siècle ».

    La théo­rie des humeurs des méde­cins hip­po­cra­tiques a éten­du et com­plexi­fié la notion d’équilibre, en met­tant en jeu d’autres fac­teurs comme l’environnement, le temps, le tem­pé­ra­ment ; mais en même temps, la cure allo­pa­thique que pré­co­ni­saient les méde­cins fai­sait de l’équilibre un véri­table prin­cipe, théo­rique et pra­tique. Dans un des pre­miers trai­tés hip­po­cra­tiques, De la nature de l’homme, les humeurs (par exemple le phlegme) sont liées aux sai­sons (l’hiver en l’occurrence) par l’intermédiaire d’un élé­ment com­mun (le froid). La san­té consiste alors en un sys­tème de rota­tion éga­li­taire où cha­cune des quatre humeurs – le phlegme, le sang, la bile jaune et la bile noire – pré­do­mine sur les autres selon la sai­son qui lui cor­res­pond. Le trai­te­ment chez les hip­po­cra­tiques consiste à pres­crire le contraire de l’élément en excès, par exemple de la nour­ri­ture froide pour soi­gner les fièvres ou des bains chauds pour les toux sèches. C’est à tra­vers ce prin­cipe allo­pa­thique (qui est par ailleurs tou­jours en usage) que la méde­cine rejoint la poli­tique dans une arène où l’isonomie est une véri­table praxis, c’est-à-dire une règle prag­ma­tique et sou­hai­table pour l’action. On com­prend pour­quoi la théo­rie des humeurs des hip­po­cra­tiques, que le méde­cin Galien déve­lop­pa au deuxième siècle de notre ère, pour­ra être convo­quée jusqu’au XVIIIe siècle à des fins poli­tiques, par l’apôtre de l’équilibre des pou­voirs, John Adams. « Cer­tains méde­cins », écrit-il, « pen­saient que si l’on pou­vait conser­ver l’équilibre des humeurs dans le corps, ce der­nier serait immor­tel ; peut-être pour­rait-on en dire autant du corps poli­tique si l’on pou­vait conser­ver intact l’équilibre des pou­voirs. » On peut dire que cette idée a tra­ver­sé les siècles.

    Empé­docle est l’auteur d’une doc­trine qui a éga­le­ment eu une impor­tance capi­tale : celle des quatre « racines » des choses, à savoir le feu, l’air, l’eau et la terre, élé­ments qui com­posent toute la réa­li­té. Les phi­lo­sophes et les méde­cins du vie siècle avan­çaient déjà des théo­ries sur la for­ma­tion des choses à par­tir d’éléments oppo­sés comme le chaud et le froid, le lourd et le léger, l’humide et le sec. Empé­docle vou­lait limi­ter les élé­ments à quatre, qu’il com­mence par ran­ger, et ce n’est pas ano­din, aux côtés des dieux dans l’échelle des êtres ; ces sub­stances, natu­rel­le­ment égales, sont mélan­gées ou sépa­rées par l’intervention des forces égales et oppo­sées de l’Amour et de la Haine ; chaque chose est com­po­sée de ces élé­ments, des arbres aux per­sonnes, en pas­sant par les oiseaux, les bêtes et même les dieux immor­tels. Nous avons ici affaire à une véri­table méta­phy­sique de l’être, une onto­lo­gie fon­dée sur un prin­cipe d’échanges réci­proques entre des qua­li­tés ou des forces égales, à l’instar de l’univers d’Anaximandre, du corps des hip­po­cra­tiques ou de la démo­cra­tie athé­nienne. Pour reprendre la for­mule d’Héraclite : « de l’opposition naît la concorde ; de la dis­corde naît la plus belle harmonie. »

    En tant que prin­cipe d’ordre, l’isonomie domine tout le Ve siècle à Athènes ; mais cela n’a pas empê­ché, bien enten­du, que se déve­loppent avant ou après des thèses fon­dées sur l’idée de hié­rar­chie, en par­ti­cu­lier chez les grands phi­lo­sophes. (Les formes de dua­lisme des anciens semblent réfu­ter l’hypothèse de Lévi-Strauss, selon laquelle les paires d’opposés obéissent à des clas­se­ments carac­té­ris­tiques instables. Encore une fois, l’idéal de l’égalité abso­lue entre les élé­ments oppo­sés consti­tue un pro­blème concret pour les Grecs, et pas seule­ment pour eux.) Le Poli­tique et le Timée de Pla­ton pré­sentent un monde ordon­né, comme celui où Zeus règne sur le désordre des Titans. Toute chose est com­po­sée de matière, en tout ou en par­tie, si bien que tout être sen­sible a ten­dance à se perdre dans « un mou­ve­ment dis­cor­dant et désor­don­né» ; la réa­li­té est dans un état d’anarchie, jusqu’à l’intervention du dieu. « Le dieu intro­dui­sit en chaque chose la mesure qui per­met de les éva­luer quan­ti­ta­ti­ve­ment et de les com­pa­rer sur ce plan les unes avec les autres, et cela dans tous les cas et de toutes les façons qu’il leur était pos­sible de revê­tir pro­por­tion et mesure. » De même la cos­mo­lo­gie d’Aristote, bien qu’elle se débar­rasse des figures archaïques de la mytho­lo­gie, conti­nue de leur rendre hom­mage en fai­sant de l’ordre cos­mique l’effet d’un décret divin, celui du pre­mier moteur immo­bile. Le pre­mier moteur immo­bile accorde à la plus haute sphère céleste un mou­ve­ment éter­nel, lequel met en mou­ve­ment une mul­ti­tude de moteurs secon­daires des sphères infé­rieures, jusqu’au moteur res­pon­sable des mou­ve­ments inces­sants des êtres sublunaires.

    Dans le même esprit, mais cette fois dans le monde des affaires humaines et poli­tiques, Pla­ton a ima­gi­né une répu­blique gou­ver­née par une élite de bons natu­rels et d’intellectuels, et ce n’est pas le fait de vivre à Athènes où l’isonomie était de mise qui l’en a empê­ché. La sagesse de ces gar­diens, leur ver­tu et leur modé­ra­tion étaient cen­sées leur per­mettre de conte­nir les dési­rs per­vers de la masse. La maî­trise de soi leur per­met de se pro­té­ger de la varié­té bigar­rée des appé­tits, des plai­sirs et des dou­leurs que Pla­ton attri­bue aux femmes, aux enfants, aux esclaves, et « à la foule de ceux qui ne sont libres que de nom ». Car dans l’âme tri­par­tite de l’élite, la par­tie ration­nelle, avec l’aide de la fonc­tion ardente, est capable de gou­ver­ner la par­tie dési­rante qui occupe la plus grande par­tie de l’âme de cha­cun, et qui est « par nature avide du gain ». L’ardeur et la rai­son ont pour tâche de sur­veiller le désir et la convoi­tise. Sinon, se com­plai­sant dans les dési­rs du corps, « la par­tie dési­rante de l’âme cesse de s’occuper de ce qui lui est propre, et entre­prend d’asservir et de diri­ger ceux qui ne sont pas subor­don­nés à sa race, et bou­le­verse l’ensemble de la vie de tous ». Remar­quons ici com­ment la san­té de l’âme ain­si hié­rar­chi­sée dépend d’une poli­tique de l’équilibre. Et aus­si com­ment la par­tie dési­rante de l’âme prend natu­rel­le­ment place entre Pan­dore et Ève dans la généa­lo­gie matri­li­néaire de la condam­na­tion de la cupi­di­té des hommes. Enfin, sou­li­gnons com­ment l’opposition entre l’âme ration­nelle édu­quée et l’âme dési­rante natu­rel­le­ment insa­tiable est le reflet inté­rio­ri­sé de la même oppo­si­tion entre la loi et l’égoïsme natu­rel, qu’on a ren­con­trée entre autres chez Thu­cy­dide. Il faut encore remar­quer qu’en dépit de son hos­ti­li­té envers les sophistes de son époque, Pla­ton leur emboîte le pas en uti­li­sant la même dis­tinc­tion entre nature et culture à pro­pos du savoir dans l’âme – tout comme Aristote.

    Qu’il s’agisse d’une méta­phy­sique éga­li­taire qui domine à l’époque, ou d’une théo­rie de la hié­rar­chie, le prin­ci­pal pro­blème de la culture grecque est tou­jours de résoudre un conflit latent entre les élé­ments du sys­tème. Mais lorsqu’il s’agit de déter­mi­ner quelle en est la cause selon les champs cultu­rels envi­sa­gés, les spé­cia­listes sont presque una­nimes : avec des pré­sup­po­sés vague­ment héri­tés de Dur­kheim et de Marx, il ne peut s’agir que de la poli­tique. La cos­mo­lo­gie, la psy­cho­lo­gie, etc., sont le miroir de la poli­tique. Avec l’émergence de la cité démo­cra­tique, l’isonomie prend le des­sus sur la monar­chie dans l’enquête sur la nature, comme elle avait triom­phé dans la socié­té. La nature est per­çue à tra­vers le modèle éga­li­taire des cités, comme le cos­mos d’Anaximandre est le reflet de la polis. Mais cette réduc­tion de la nature à la cité ne per­met pas de rendre compte du temps et de la dia­lec­tique à l’œuvre dans l’histoire.

    Comme on a pu le voir, l’isonomie est sans doute un concept d’origine aris­to­cra­tique, et cet idéal était au moins autant une condi­tion de l’avènement de la polis démo­cra­tique qu’une de ses réa­li­sa­tions (c’est un prin­cipe mar­xiste qui s’applique ici : le plus mau­vais des archi­tectes dépas­se­ra tou­jours l’abeille la plus experte, car le pre­mier est capable de construire son oeuvre dans sa tête avant de la construire dans la réa­li­té). Il y a aus­si plus qu’une simple cor­ré­la­tion entre l’isonomie de la cité et l’opposition équi­li­brée dans la nature. La théo­rie du corps d’Alcméon est peut-être démo­cra­tique, cha­cune des humeurs pos­sé­dant des « droits égaux », mais sa patrie, elle, ne l’était pas : Cro­tone était une oli­gar­chie res­treinte et répu­tée pour son ini­qui­té. De toute évi­dence, l’isonomie n’était pas la « super­struc­ture » d’une « infra­struc­ture » exis­tante. Un peu comme ces « tor­tues » en nombre infi­ni sur les­quelles est posée la tor­tue, l’isonomie s’insinue dans toutes les struc­tures, jusque dans la nature même des choses. Elle est un pilier de la culture.

    Mais le plus impor­tant, c’est que pour un Grec, la fron­tière entre la socié­té et la nature n’était pas si mar­quée ni soli­de­ment ancrée dans les repré­sen­ta­tions comme c’est le cas pour nos uni­ver­si­taires. Alc­méon emploie un voca­bu­laire poli­tique pour décrire les désordres et les mala­dies du corps, et Thu­cy­dide celui de la mala­die pour la dis­corde de la cité. Ernest Bar­ker rap­pelle que pour les pytha­go­ri­ciens, le fon­de­ment du poli­tique se trouve dans la nature, car la jus­tice est un nombre car­ré. Le nombre car­ré repré­sente l’harmonie par excel­lence : ses côtés sont égaux et le nombre de côté est égal à la valeur numé­rique de cha­cun des côtés. « Il s’ensuit que la jus­tice dépend de l’égalité des par­ties du pou­voir poli­tique. » De même dans les Phé­ni­ciennes d’Euripide, Jocaste sup­plie son fils Étéocle d’obéir à la même loi que son frère Polynice :

    C’est l’égalité qui a fixé aux humains les mesures et les divi­sions de poids ; c’est elle qui a défi­ni le nombre ; la nuit à la pau­pière obs­cure et la clar­té du soleil suivent d’un pas égal le cercle de l’année. Et quand le soleil et la nuit sont asser­vis à la mesure, ne sup­por­te­ras-tu pas, toi, d’accorder à ton frère une part d’héritage égale à la tienne ? Où est alors la justice ?

    Charles Kahn a mon­tré que pour un Grec, nature et socié­té étaient des termes inter­chan­geables. Ce sont les phi­lo­sophes du Ve siècle qui ont ten­té d’instaurer une sépa­ra­tion entre les deux : nature et socié­té deviennent des contraires « suite aux débats sur le rap­port entre phy­sis la nature et nomos la loi ». Ce dua­lisme consti­tue la base même de notre tri­angle méta­phy­sique : les sys­tèmes cultu­rels de l’égalité et de la hié­rar­chie tentent de conte­nir et de maî­tri­ser une nature humaine pré­so­ciale ou anti-sociale.

    Sur ce point, les sophistes sont nos prin­ci­paux sus­pects. À pro­pos de la « des­cen­dance si tenace » du dua­lisme nomos-phy­sis dans la culture poli­tique de l’Occident, Gior­gio Agam­ben écrit :

    La polé­mique sophis­tique contre le nomos en faveur de la nature (qui se déve­lop­pe­ra sur un ton de plus en plus vif au IVe siècle) peut être consi­dé­rée comme la pré­misse néces­saire de l’opposition entre l’état de nature et le com­mon­wealth que Hobbes place au fon­de­ment de sa concep­tion de la souveraineté.

    Bien enten­du, il fau­drait inclure dans les sources d’inspiration de Hobbes le nom de Thu­cy­dide, qui connais­sait les dis­cours des sophistes, et en par­ti­cu­lier ceux de Gor­gias et d’Antiphon. Il ne fau­drait pas oublier d’autres figures plus anciennes, car les sophistes n’ont pas été les pre­miers à exa­mi­ner les consé­quences du conflit entre la nature humaine et la cité, même si leurs pré­dé­ces­seurs n’utilisaient pas les caté­go­ries de phy­sis et de nomos, du moins dans le sens qu’elles pren­dront au Ve siècle. Le vice et la cupi­di­té de l’homme sont, depuis Hésiode, l’ennemi de l’ordre. Les poètes tra­giques ont pris le relais. « La nature l’a vou­lu, et elle ne se sou­cie pas de la loi », lit-on dans un frag­ment d’Euripide. De même dans l’Antigone de Sophocle, la loi de la cité n’a aucun pou­voir sur les liens de sang. Nous revien­drons sur l’importance de la paren­té, ain­si que sur la contra­rié­té natu­relle entre une bonne et une mau­vaise nature réci­proque. De toutes les inter­pré­ta­tions pos­sibles des com­bi­nai­sons entre les termes nomos et phy­sis, qui dépendent de celui 

    Réponse
  129. zedav

    « C’est du moins la tâche sur laquelle devraient se foca­li­ser tout ceux qui pensent que la solu­tion « chouar­desque », pour n’être ni la pers­pec­tive du para­dis sur terre, ni même la cer­ti­tude de la meilleur solu­tion pos­sible, n’en est pas moins la moins mau­vaise (et de loin !) pro­po­sée de façon sérieuse et argu­men­tée à ce jour. »

    C’est à ceux là que je m’a­dres­sais, et non pas à ceux qui pensent que nous nous trom­pons en iden­ti­fiant le pro­ces­sus consti­tu­tion­nel comme cause des causes (du moins par­mi les causes sur les­quelles nous pour­rions avoir quelques influences).

    Je ne cherche pas à convaincre les autres, je consi­dère que s’ils ne l’ont pas encore été par le tra­vail achar­né et com­pé­tent d’Étienne, c’est que cela ne fait pas par­tie de leur che­min (ce qui ne veut pas dire qu’ils se trompent).

    Donc ce qui me désole n’est pas la dis­per­sion de ceux qui sont en désac­cord, mais bien de ceux qui sont glo­ba­le­ment d’accord…

    Réponse
  130. Di Girolamo

    « Donc ce qui me désole n’est pas la dis­per­sion de ceux qui sont en désac­cord, mais bien de ceux qui sont glo­ba­le­ment d’accord… »

    La dis­per­sion ou dif­fé­rence n’est pas déso­lante mais tout à fait réjouis­sante :
    ceux qui sont « glo­ba­le­ment d’ac­cord avec Etienne » sont d’ac­cord sur quoi ? Le tirage au sort comme LA SOLUTION ?

    Sans doute non ; ce qui les fait se retrou­ver, c’est l’ou­ver­ture d’es­prit et la pos­si­bi­li­té d’a­van­cer ensemble dans la com­pré­hen­sion du monde.

    Ce blog est un espace de liber­té et d’ex­pres­sion ;

    c’est là l’es­sen­tiel ;bien plus essen­tiel que le tirage au sort ;c’est le débat qui est fon­da­teur de la démo­cra­tie ; c’est donc le débat qui fait que ce blog est pré­cieux ; s’il devient le club des défen­seurs du tirage au sort , il perd sa sub­stance ; le tirage au sort a besoin du débat ; le débat n’a besoin que de lui même ; c’est la démocratie.

    Réponse
  131. Ana Sailland

    Je crois com­prendre que Zedav aurait envie qu’on avance. Et je le comprends.

    C’est vrai qu’un ter­rain d’i­so­pho­nie ( zieu­tez le néo­lo­gisme 😉 ) c’est vache­ment pré­cieux. Et c’est vrai qu’à force de nous bouf­fer le nez, ou de nous faire mous­ser, comme quel­qu’un l’a fait remar­quer, petit à petit, par approxi­ma­tions suc­ces­sives, par­fois désa­gréables il est vrai, par­fois plus sym­pas, petit à petit émergent des pen­sées que jamais nous n’au­rions eues sans cela, et dont cer­taines sont remar­quables d’o­ri­gi­na­li­té. Qui pour­ront un jour avoir un poids, dou­tons-en ou pesons 😉

    Mais quand même, à part Étienne, qui va au devant des gens ? Zedav n’a pas tout à fait tort.

    Peut-être aime­rait-il plus de réflexion sur une éven­tuelle stratégie ?

    Réponse
  132. Ana Sailland

    Géral­dine,

    Ce texte est assez toxique à lire ques­tion indi­ges­tion cultu­relle, mais ça vaut quand même le coup ! 🙂

    « si bien que pour les hommes, la nature ren­voie à ce dont ils ne sont pas res­pon­sables dans leur comportement »

    Je cite ça, non pas par inté­rêt par­ti­cu­lier, mais en rai­son du fait que cette pen­sée imprègne tout un long début du texte. Elle donne le la, bien plus que les allu­sions à Thu­cy­dide hihi.

    Il y a là quelque chose d’attristant.
    Inac­cep­table pour les sha­mans dont il est ques­tion en bas de texte.

    Dans nos cultures mono­théistes, même lors­qu’elles ont conquis l’a­théisme, il y a cette per­cep­tion erro­née que « les jeux sont faits, rien ne va plus », « le fait de dieu ». Un déter­mi­nisme reli­gieux en quelque sorte (qui trans­pa­raît dans la notion de grâce immé­ri­tée mais offerte, au sein de cer­tains camps religieux).

    Et puis vient un peu de Marx, qui voit dans le jeu social ce qui façonne l’être. C’est déjà mieux, car ici pointe, mais non dite, une cer­taine liber­té de l’es­pèce, qui si elle choi­sit sa socié­té, choi­si­ra ain­si sa façon.

    Et puis viennent les peuples autoch­tones, qui établissent/vivent l’u­ni­té entre le dedans de soi, ou du soi col­lec­tif, et le dehors. La crise éco­lo­gique nous la fait retrou­ver un peu. Ouf, il était temps. C’est impor­tant, cette uni­té du dedans avec le dehors, en rap­port avec ce que je vais écrire, mais je ne déve­lop­pe­rai pas pour ne pas alourdir.

    Glo­ba­le­ment quand même, le texte fait état de forces pré­dé­fi­nies en nous, de l’ordre du mani­chéen (j’in­ter­prète abu­si­ve­ment peut être), que nous devons affron­ter ou gérer, via le contrat social, contrat de formes variées, dites ou non dites.

    Le libre arbitre se limite ain­si en peau de cha­grin, à gérer ce qui est et non pas à choi­sir qui l’on est. Et c’est là que je veux en venir :

    La pen­sée médi­ter­ra­néenne et occi­den­tale est atta­chée à un déter­mi­nisme de l’é­tat moral des troupes, à un déter­mi­nisme du niveau de mora­li­té de l’es­pèce, et ain­si à un défai­tisme déses­pé­ré ; alors qu’ailleurs, est recon­nue au moins en par­tie la pos­si­bi­li­té indi­vi­duelle et col­lec­tive d’a­gir inten­tion­nel­le­ment sur les moteurs de l’être (chez nous consi­dé­rés comme une don­née), pos­si­bi­li­té qui confère à l’hu­main une nature qui lui est par­ti­cu­lière : la liber­té en soi, la liber­té d’être et de s’au­to­pro­gram­mer, est fon­da­men­ta­le­ment ce qui dif­fé­ren­cie la nature humaine de la nature animale .

    Ce qui offre un champ immense bien qu’i­nex­plo­ré pour une autre poli­tique : la poli­tique de l’être.

    Réponse
  133. zedav

    « La dis­per­sion ou dif­fé­rence n’est pas déso­lante mais tout à fait réjouissante :

    ceux qui sont « glo­ba­le­ment d’ac­cord avec Etienne » sont d’ac­cord sur quoi ? Le tirage au sort comme LA SOLUTION ?

    Sans doute non ; ce qui les fait se retrou­ver, c’est l’ou­ver­ture d’es­prit et la pos­si­bi­li­té d’a­van­cer ensemble dans la com­pré­hen­sion du monde.

    Ce blog est un espace de liber­té et d’expression ; »

    C’est bien, conti­nuez à vous ouvrir l’es­prit, à « avan­cer » ensemble, là où ça ne gêne personne…
    Pen­dant que vous jouez, ceux qui ont le pou­voir conti­nuent à pla­cer leurs pions.

    Quand l’ef­fon­dre­ment éco­no­mique ou « Big Bro­ther » seront là (wahooo, quel para­no celui là) peut-être aurez vous encore cette lati­tude, mais ce n’est pas sûr…

    Réponse
  134. zedav

    @ Etienne : mer­ci, de cette façon indi­recte (par le sur-lignage) j’au­rais au moins eu une réponse indirecte.

    Ce n’est pas très cou­ra­geux mais c’est tou­jours ça.

    En vous sou­hai­tant une bonne ému­la­tion per­pé­tuelle (qui doit pro­ba­ble­ment empê­cher les puis­sants de dor­mir tranquilles).

    Réponse
  135. candide

    @zedav

    bon fina­le­ment et très clai­re­ment tu proposes :

    Quoi ?

    Quand ?

    Com­ment ?

    Avec qui ?

    Où ?

    A quelle heure ?

    En bas­kets ou en boots ?

    Avec moules-frites ou sans moules-frites ?

    Avec bière ou Coca ?

    Réponse
  136. kezac

    En sor­tir

    Fré­dé­ric Lor­don.
    (Les blogs du Diplo, La pompe à phy­nance, 26 sep­tembre 2012)
    http://blog.mondediplo.net/2012–09-26-En-sortir

    Il faut lire le Trai­té sur la sta­bi­li­té, la coor­di­na­tion et la gou­ver­nance (TSCG). Il faut le lire non pas tant pour en décou­vrir les dis­po­si­tions puisque celles-ci ont déjà fait l’objet d’abondantes pré­sen­ta­tions, mais pour être frap­pé par sa langue. Ter­rible nov­langue où les grands prin­cipes des consi­dé­rants, sup­po­sés appor­ter à un texte le souffle d’une vision his­to­rique, ne sont plus qu’une écœu­rante bouillie, où l’idéologie à peine tra­ves­tie et pré­sen­tée comme force d’évidence – « les par­ties contrac­tantes tenant compte du fait de la néces­si­té de main­te­nir des finances publiques saines et sou­te­nables » (le fait de la néces­si­té dont nous sommes bien obli­gés de tenir compte…) – le dis­pute au conten­te­ment répu­gnant – « se féli­ci­tant des pro­po­si­tions légis­la­tives for­mu­lées le 23 novembre 2011 » –, à l’imposition sans fard – « rap­pe­lant la néces­si­té d’inciter et au besoin de contraindre les Etats membres en défi­cit exces­sif » –, ou au men­songe pur et simple, presque rigo­lard – « dési­reuses de favo­ri­ser les condi­tions d’une crois­sance éco­no­mique » –, il faut lire ce texte, donc, pour se faire une idée assez exacte d’où en est la poli­tique en Europe et de ce qu’elle n’hésite pas à faire pré­ten­du­ment en notre nom.

    Il faut le lire aus­si pour y trou­ver quelques perles encore mal aper­çues comme ces déli­cieux articles 7 et 8, le pre­mier for­çant les « par­ties contrac­tantes » au sou­tien obli­ga­toire de la Com­mis­sion quand elle met un pays à l’index et lui impose la purge (« les par­ties contrac­tantes s’engagent à appuyer les pro­po­si­tions ou recom­man­da­tions sou­mises par la Com­mis­sion euro­péenne lorsque celle-ci estime qu’un Etat membre de l’Union ne res­pecte pas le cri­tère du défi­cit ») 1, le second, encore meilleur, ins­ti­tuant la déla­tion entre les Etats-membres : « Lorsqu’une par­tie contrac­tante estime indé­pen­dam­ment du rap­port de la Com­mis­sion qu’une autre par­tie contrac­tante n’a pas res­pec­té le cri­tère de défi­cit struc­tu­rel, elle peut sai­sir la Cour de jus­tice de cette ques­tion » (Art.8.1) ; « lorsque sur la base de sa propre éva­lua­tion ou de celle de la Com­mis­sion une par­tie contrac­tante consi­dère qu’une autre par­tie contrac­tante n’a pas pris les mesures néces­saires pour se confor­mer à l’arrêt de la Cour de jus­tice visé au para­graphe 1 (pré­cé­dent), elle peut sai­sir la Cour de jus­tice et deman­der que des sanc­tions finan­cières soient infli­gées ». Et l’on voit d’ici l’excellente ambiance que ces petites lignes vont répandre dans la chose qui se dit encore « Union » euro­péenne : de sa seule ini­tia­tive et d’après ses seules éva­lua­tions, un Etat-membre pour­ra en balan­cer un autre auprès de la Cour de jus­tice (CJUE) s’il estime que cet autre, insuf­fi­sam­ment ortho­doxe, ne s’est pas assez « struc­tu­rel­le­ment ajus­té », puis deman­der à cette même Cour de le péna­li­ser finan­ciè­re­ment s’il conti­nue de regim­ber. Le pire est que dans l’atmosphère par­ti­cu­liè­re­ment ami­cale qui règne ces temps-ci dans la Dés­union euro­péenne, on n’aura aucun mal à trou­ver une balance pour faire le sale bou­lot de sai­sine de la CJUE dont, soit dit en pas­sant, la Com­mis­sion se lave cou­ra­geu­se­ment les mains.
    Le « solde struc­tu­rel » en plein arbi­traire Retour à la table des matières

    Ces fleurs de rhé­to­rique mises à part, il y a le reste – le fumier sur lequel on les fait pous­ser. En France en tout cas, la jus­ti­fi­ca­tion euro­péiste, consciente que les plai­doyers d’ajustement bud­gé­taire en pleine réces­sion com­mencent à pas­ser moins bien, penche de plus en plus pour le par­ti de la mini­mi­sa­tion : rien de véri­ta­ble­ment neuf dans le TSCG, tout ceci était déjà dans le vieux pacte de sta­bi­li­té, au moins en prin­cipe. C’est bien ce sur quoi insiste autant qu’il le peut le Conseil consti­tu­tion­nel, notam­ment dans les consi­dé­rants 15 et 16 d’une déci­sion 2 dont la rigueur argu­men­ta­tive a d’ailleurs été aus­si peu ques­tion­née qu’elle est pour­tant ques­tion­nable 3). Mais alors pour­quoi en pas­ser par la solen­ni­té d’un trai­té, et fri­ser la révi­sion consti­tu­tion­nelle, si c’est pour sim­ple­ment redire busi­ness as usual ? En véri­té sous des dehors de conti­nui­té – et il est bien cer­tain qu’en matière d’erreur éco­no­mique, l’Europe est d’une remar­quable per­sé­vé­rance – des crans ne cessent d’être fran­chis, et le TSCG en est un de taille. Un ou plu­sieurs d’ailleurs ?

    Il y a bien sûr celui, le plus visible, éco­no­mique, de la res­tric­tion bud­gé­taire – quelle bonne idée au bord de la dépres­sion –, avec ses astu­cieuses inno­va­tions. L’objectif de solde struc­tu­rel d’abord, intro­duit par le ver­ti­gi­neux article 3, ali­néa 1‑a : « La situa­tion bud­gé­taire d’une par­tie contrac­tante est en équi­libre ou en excé­dent », for­mi­dable énon­cé qui, à l’indicatif, ne for­mule même pas un objec­tif ou un devoir-être, mais un simple état de fait – « le bud­get est en équi­libre (ou en excé­dent) » –, sans doute iden­tique en droit à une loi de la phy­sique ou au simple constat que le ciel est bleu, sans la moindre réserve de moda­li­té, un pur « c’est ain­si », empor­tant que ça ne sau­rait être autre­ment et que si, par impos­sible, « ça » venait à être autre­ment, on pas­se­rait tout de suite à l’article 3.1‑b (mise en exa­men, ajus­te­ment auto­ma­tique, dénon­cia­tion à la CJUE, péna­li­tés finan­cières) pour que soit aus­si­tôt res­tau­ré le règne de la nor­male, de la nature, de l’ordre de la nature – étran­ge­ment consa­cré par voie de trai­té… Der­rière ce mor­ceau tota­le­ment baroque, il y a toute l’incertaine macroé­co­no­mie des « soldes struc­tu­rels ». Très simple à défi­nir vu de loin – le solde struc­tu­rel est le défi­cit que l’on consta­te­rait si l’économie était au plein emploi des capa­ci­tés de pro­duc­tion 4 –, le cri­tère TSCG est redou­ta­ble­ment insai­sis­sable quand il s’agit de l’évaluer de près. C’est que, par défi­ni­tion, il ne pro­cède pas d’une mesure sta­tis­tique directe mais d’une sorte d’expérience de pen­sée pas­sant par une simu­la­tion modé­li­sée avec toutes ses conven­tions – et par consé­quent son arbitraire.

    Le Wall Street Jour­nal, peu sus­pect d’être un agent du laxisme bud­gé­taire, iro­nise sur la diver­gence des esti­ma­tions d’écart conjonc­tu­rel (la dif­fé­rence entre le défi­cit cou­rant et le défi­cit struc­tu­rel) ren­dues à pro­pos des finances publiques éta­su­niennes res­pec­ti­ve­ment par la Com­mis­sion euro­péenne (qui s’occupe géné­reu­se­ment des autres) et le Congres­sio­nal Bud­get Office (CBO), la com­mis­sion par­le­men­taire vigie des finances publiques US. Là où le CBO (qui n’est pas non plus un organe de la révo­lu­tion) éva­lue l’écart conjonc­tu­rel éta­su­nien à 5,3 points de PIB, la Com­mis­sion et ses méthodes ne voient qu’un ridi­cule 0,5 % 5 – soit tout de même une dif­fé­rence du simple au décuple… Aus­si cette mal­en­con­treuse bou­lette a‑t-elle la pro­prié­té de mettre en évi­dence que der­rière leurs pré­ten­tions de par­faite objec­ti­vi­té, les par­tis pris « métriques » de la Com­mis­sion tendent à sys­té­ma­ti­que­ment mini­mi­ser l’écart conjonc­tu­rel, c’est-à-dire à pro­cla­mer que la presque tota­li­té du défi­cit est du défi­cit struc­tu­rel – à réduire à la schlag, ce qu’il fal­lait démon­trer. Nous tolé­re­rons les défi­cits conjonc­tu­rels, jure le TSCG… sauf que les biais déli­bé­rés de ses méthodes de cal­cul attestent déjà que jamais elles ne détec­te­ront de défi­cit sus­cep­tible d’être qua­li­fié de conjoncturel…
    La démo­cra­tie façon UE Retour à la table des matières

    Comme tou­jours avec l’Union euro­péenne on ne se pose plus que la ques­tion de savoir où est le pire : dans son éco­no­mie ou dans sa poli­tique ? Peut-être les pas­sages les plus ignobles du TSCG sont-ils à trou­ver dans ces lignes qui font assaut de cor­rec­tion for­melle, par exemple, article 7, « Dans le res­pect total des exi­gences pro­cé­du­rales éta­blies par les trai­tés… », pauvres haillons juri­diques jetés sur la réa­li­té de la dépos­ses­sion démo­cra­tique orga­ni­sée – mais dans les formes ! –, puisqu’il n’est ques­tion en fait que de « méca­nisme de cor­rec­tion déclen­ché auto­ma­ti­que­ment » (art. 3.1‑e), de « dis­po­si­tions contrai­gnantes et per­ma­nentes » (art. 3.2), de « plein res­pect et de stricte obser­vance » (id.) de la règle d’or, et tant pis pour ceux qui croyaient que la poli­tique est affaire de déli­bé­ra­tion démo­cra­tique sou­ve­raine : voi­ci venu le temps des ser­vo­freins et du pilo­tage automatique.

    Les euro­péistes, experts et jour­na­listes de ser­vice, diront que tout ceci est très exa­gé­ré : n’y a‑t-il pas le miri­fique article 13, corne d’abondance démo­cra­tique qui auto­rise les par­le­ments natio­naux et le Par­le­ment euro­péen « à défi­ni® ensemble l’organisation et la pro­mo­tion d’une confé­rence (…) afin de débattre des poli­tiques bud­gé­taires ». Sou­la­ge­ment géné­ral : une confé­rence est non seule­ment pré­vue, mais « orga­ni­sée » et « pro­mue », et l’on pour­ra y « débattre » : qui pour­ra dire sans une mau­vaise foi hon­teuse que l’exercice de la sou­ve­rai­ne­té démo­cra­tique n’est pas la prio­ri­té des prio­ri­tés de l’Union européenne ?

    Main­te­nant il est plus que temps d’en finir. Les grands malades, les demi-pleutres et les com­plets ral­liés (socia­listes) qui nous gou­vernent en nous pré­ci­pi­tant dans la dépres­sion et dans une forme douce, juri­di­que­ment cor­recte, de dic­ta­ture finan­cière – car il faut tout de même le faire d’inscrire un prin­cipe de poli­tique éco­no­mique, qui plus est aus­si inepte que la règle d’or, dans des normes juri­diques qua­si-consti­tu­tion­nelles 6 ! – cette clique au ser­vice de la rente finan­cière, le sachant ou non (le pire étant bien sûr quand elle ne le sait pas), n’en démor­dra pas, n’en démor­dra plus. Et ceci d’autant moins que, l’esprit tra­ver­sé, alors qu’il était moins une, par une ratio­na­li­té élé­men­taire de per­sé­vé­rance, la Banque cen­trale euro­péenne (BCE) a fini par se déci­der à faire ce qu’appelait à très court terme la sur­vie pure et simple de l’euro – et la sienne propre 7 ! La manœuvre est dou­ble­ment gagnante puisque ce fai­sant, elle sta­bi­lise les mar­chés obli­ga­taires où se tota­li­saient toutes les contra­dic­tions de la poli­tique éco­no­mique euro­péenne, et met fin, mais sans doute pour un petit moyen terme seule­ment, à l’incendie spé­cu­la­tif qui les exprimait.

    La face sombre de cette tem­po­raire réus­site est qu’il ne faut plus comp­ter, tant qu’elle pro­dui­ra ses effets, sur l’explosion en vol vers quoi la mon­naie unique se diri­geait à grande allure. Or l’effondrement endo­gène de la construc­tion moné­taire euro­péenne, crou­lant sous le simple faix de ses propres contra­dic­tions, était fina­le­ment pour les popu­la­tions euro­péennes la voie de sor­tie la plus pro­bable. Et la voi­là tem­po­rai­re­ment fer­mée – tem­po­rai­re­ment puisqu’il est bien enten­du que l’intervention de la BCE ne règle rien de fon­da­men­tal 8. Pri­vées de la para­doxale pro­vi­dence du col­lap­sus finan­cier, les popu­la­tions ne peuvent plus comp­ter que sur elles mêmes pour secouer le joug, à l’image du pre­mier pas des Por­tu­gais des­cen­dus par cen­taines de mil­liers dans les rues pour défaire le tour de vis de trop 9.

    Mais pour faire quoi ? Pour orga­ni­ser la para­doxale pro­vi­dence si elle ne vient pas toute seule ! C’est-à-dire for­cer au défaut.
    Le par­ti des créan­ciers ou celui des débi­teurs Retour à la table des matières

    Les pro­po­si­tions hété­ro­doxes qui riva­lisent d’inventivité pour mon­ter des solu­tions de refi­nan­ce­ment des Etats toutes moins coû­teuses les unes que les autres ont sans doute l’heureuse pro­prié­té d’alléger le ser­vice du far­deau… mais pas son poids prin­ci­pal – ain­si de la pro­po­si­tion de Roo­se­velt 2012, qui s’escrime encore à cher­cher des voies trai­tés-com­pa­tibles, avec pas­sage par l’intermédiaire d’un éta­blis­se­ment ban­caire public qui tire­rait sa res­source de la BCE pour la trans­fé­rer à marge nulle à l’Etat, ou bien de l’autorisation du finan­ce­ment direct des Etats par la BCE à taux très faible, etc.

    Or le pro­blème se trouve moins dans les flux que dans les stocks. On rap­pel­le­ra tout de même que la dette publique espa­gnole passe de 36,1 points de PIB en 2007… à 68,5 en 2011 – mul­ti­pliée par deux. Celle de l’Irlande, de 25 à 108 % sur la même période – mul­ti­pliée par quatre, qui dit mieux ! On défen­dra dif­fi­ci­le­ment la thèse qu’Espagnols, ou Irlan­dais se sont jetés fré­né­ti­que­ment sur les médi­ca­ments ou bien ont déci­dé de par­tir en retraite à 40 ans (comme les tra­ders, au pas­sage) : c’est le désastre de sys­tèmes ban­caires irres­pon­sables qu’ils ont sur les bras. La France, dont la dette passe de 63,8 % de PIB à 85,8 %, le Por­tu­gal de 62,7 % à 107,8 % 10, payent eux aus­si les dégâts de la finance, mais indi­rec­te­ment et par réces­sion de cre­dit crunch inter­po­sée – faut-il redire que tout ceci a com­men­cé avec la crise des sub­prime en 2007–2008 et que, média­te­ment ou immé­dia­te­ment, les popu­la­tions euro­péennes éclusent les petits désastres de la finance pri­vée (que l’Union a si gen­ti­ment déré­gle­men­tée pour elles) ? De tout ce sur­plus de dette, indis­cu­ta­ble­ment né de la crise finan­cière, il faut dire que nous ne sommes pas comp­tables. Et par consé­quent que nous ne le paye­rons pas.

    Le pay­sage de la poli­tique éco­no­mique, notam­ment bud­gé­taire, ne com­men­ce­ra à chan­ger vrai­ment qu’avec, oui, des taux d’intérêt sou­ve­rains équi­va­lents à ceux que les banques cen­trales accordent gra­cieu­se­ment aux banques pri­vées pour les tenir à bout de bras, mais sur­tout avec 20 à 40 points de PIB de dette publique en moins. Il est vrai que pour que ce pay­sage-là change ain­si, il fau­dra préa­la­ble­ment en avoir cham­bou­lé un autre, celui de l’Union euro­péenne elle-même. Mais tout ça va du même pas en véri­té puisqu’il suf­fi­rait d’annoncer le refus d’« hono­rer » tout ou par­tie de la dette publique pour qu’aussitôt explo­sions finan­cière, moné­taire et ins­ti­tu­tion­nelle s’entraînent l’une l’autre. C’est bien là le genre d’idée propre à dégon­der les amis de l’Europe (telle qu’elle est), qui hur­le­ront à l’insanité men­tale, peut-être au nihi­lisme des irres­pon­sables atta­chés à tout détruire. Pour ne rien leur cacher, sinon tout détruire, du moins détruire tout ça, c’est en effet un peu le but de la manœuvre…

    Car à la fin, il faut avoir un peu de suite dans les idées et, si ça n’est pas trop deman­der, pro­cé­der logi­que­ment. En l’occurrence, la pré­misse réside dans le constat que nous vivons une de ces époques his­to­riques de sur­en­det­te­ment géné­ra­li­sé – et pas­sons sur le fait que ce sur­en­det­te­ment de tous les agents (ménages, ins­ti­tu­tions finan­cières, Etats) est le pro­duit même du néo­li­bé­ra­lisme… – : les ménages se sur­en­dettent sous l’effet de la com­pres­sion sala­riale ; les banques se sur­en­dettent pour tirer, par « effet de levier », le meilleur par­ti des oppor­tu­ni­tés de pro­fit de la déré­gle­men­ta­tion finan­cière ; les Etats se sur­en­dettent par aban­don de recettes fis­cales sous le dogme de la réduc­tion des impôts (pour les plus riches). De cet énorme stock de dette, il va bien fal­loir se débar­ras­ser. Or la chose ne peut se faire que selon deux options : soit en pré­ser­vant les droits des créan­ciers – l’austérité jusqu’à l’acquittement du der­nier sou –, soit en allé­geant le far­deau des débi­teurs – par l’inflation ou le défaut. Nous vivons à l’évidence en une époque qui a choi­si de tout accor­der aux créan­ciers. Que pour leur don­ner satis­fac­tion il faille mettre des popu­la­tions entières à genoux, la chose leur est indif­fé­rente. C’est à cette époque qu’il faut mettre un terme.

    Chan­ger d’époque sup­pose en pre­mier lieu d’affirmer le droit des « débi­teurs » à vivre digne­ment contre celui des créan­ciers à l’exaction sans limite. Seuls les féti­chistes du droit des créan­ciers pour­ront s’insurger qu’on y attente, en tout cas qu’on lui en oppose un autre, pas moins légi­time, et même beau­coup plus si l’on se sou­vient des ori­gines de la dette. Où le par­ti pris achar­né des créan­ciers nous conduit, nous ne le savons main­te­nant que trop. L’alternative est donc sim­plis­sime : ou bien nous pour­sui­vons dans cette voie, par ailleurs expo­sée à la pers­pec­tive d’un échec macroé­co­no­mique très pro­bable, ou bien nous choi­sis­sons le par­ti inverse, celui des corps sociaux.

    Bien sûr, après la déci­sion de la BCE et la garan­tie de taux « rai­son­nables », le car­tel ortho­doxe croit plus que jamais pos­sible de faire suer le bur­nous aux popu­la­tions pour leur faire tout payer rubis sur l’ongle, quitte à ce qu’il y faille une décen­nie ou deux. Mais outre les incer­ti­tudes pro­pre­ment éco­no­miques dont ce pari se trouve gre­vé, l’histoire atteste abon­dam­ment que vient un moment où la bête débi­trice n’en peut plus et se libère de sa ser­vi­tude d’un geste sou­ve­rain qui envoie les créan­ciers au diable. C’est bien ce qui se joue avec Syri­za en Grèce, comme avec tous les mou­ve­ments sociaux en Espagne ou ailleurs.
    Ingé­nie­rie éco­no­mique du défaut Retour à la table des matières

    Alors défaut. Au mini­mum celui de la part de dette indis­cu­ta­ble­ment assi­gnable à la finance elle-même, soit pour la France, les 20 points de PIB qui séparent 2007 de 2011, les 32 points de l’Espagne, les 45 points du Por­tu­gal… les 83 points de l’Irlande, etc. Comme dirait l’autre, pour sûr ça va faire du gra­buge. Mais du gra­buge pour qui ? Si le défaut n’est que par­tiel, il fau­dra se poser la ques­tion de sa dis­tri­bu­tion par­mi les créan­ciers. S’il est total, tout le monde en pren­dra pour son grade.

    Y com­pris les banques cen­trales, dont les demi-habiles pro­phé­tisent déjà bruyam­ment la perte : d’une part la BCE s’est char­gée de titres sou­ve­rains avec le SMP 11 de 2011 (et pro­met de le faire plus encore par son pro­gramme OMT 12), d’autre part le sys­tème TARGET 2 des règle­ments internes à l’eurosystème de banques cen­trales accuse des soldes pola­ri­sés, avec une Bun­des­bank très cré­di­trice et les banques cen­trales des Etats en dif­fi­cul­té très débi­trices. Que le défaut sou­ve­rain se pro­longe ou non en défauts internes à TARGET 2, le sys­tème euro­péen de banques cen­trales encais­se­ra un rude coup. Les faux clair­voyants vati­cinent déjà à la pos­sible dis­pa­ri­tion des fonds propres de la BCE et à la néces­si­té de la faire reca­pi­ta­li­ser par les Etats action­naires – « au bon soin du contri­buable » n’omettent-ils pas d’ajouter pour frap­per un peu plus d’horreur les esprits.

    La véri­té est qu’il n’en est rigou­reu­se­ment rien. Il faut avoir soit l’idéologie moné­ta­riste, soit l’insuffisance concep­tuelle, che­villées au corps pour sou­te­nir qu’une banque cen­trale puisse faire faillite, et même doive être reca­pi­ta­li­sée, thèse par­fai­te­ment inepte qui témoigne d’une incom­pré­hen­sion pro­fonde de ce qu’est vrai­ment cette ins­ti­tu­tion, abso­lu­ment déro­ga­toire du droit éco­no­mique com­mun. Créa­trice sou­ve­raine et ex nihi­lo de la base moné­taire – la forme supé­rieure de la mon­naie – ados­sée à son pou­voir entiè­re­ment sym­bo­lique de faire accep­ter son signe, la banque cen­trale peut faire des pertes comp­tables mais sans aucune inci­dence au regard de sa propre éco­no­mie ins­ti­tu­tion­nelle puisqu’elle peut tout sim­ple­ment moné­ti­ser ses pertes et s’autorecapitaliser par créa­tion monétaire.

    Bien sûr il en résulte une aug­men­ta­tion de la masse moné­taire puisque les dettes cor­res­pon­dantes, annu­lées, ne pas­se­ront pas par le moment de des­truc­tion moné­taire de leur rem­bour­se­ment. Et alors ? Contrai­re­ment à ce que croient les illu­mi­nés du moné­ta­risme, la créa­tion moné­taire, même très impor­tante, n’est nul­le­ment vouée à dégé­né­rer par essence en infla­tion : on ne sache pas, par exemple, que le dou­ble­ment du pas­sif de la Réserve fédé­rale (Fed) ait por­té les Etats-Unis au bord de l’hyperinflation… Et, s’il est vrai que la Banque cen­trale aura un moment déli­cat à négo­cier quand toutes ces (ses) liqui­di­tés se redé­ver­se­ront des banques pri­vées (où elles res­tent entas­sées) vers l’économie réelle, la poli­tique moné­taire n’en est pas moins réver­sible, et un bon timing de sté­ri­li­sa­tion per­met­tra de reprendre l’excès de liquidité.

    Seuls donc ceux qui ont envie de s’inquiéter – ou inté­rêt à le faire – s’inquiéteront. A la rigueur, ils feraient mieux de réser­ver leurs angoisses aux ins­ti­tu­tions finan­cières pri­vées. Pour le coup, celles-ci vont dégus­ter. Disons les choses sans détour : un défaut simul­ta­né de plu­sieurs « grands » Etats membres (entendre à fort encours de dette), les met­tra par terre – à l’image exac­te­ment de ce qui s’est pas­sé en 2008 avec Leh­man Bro­thers mais avec des titres sou­ve­rains en lieu et place des actifs déri­vés de sub­prime. Faire remon­ter l’horloge de la dette publique à 2007 aurait ain­si pour effet d’effacer d’un coup dans les bilans des créan­ciers 79 mil­liards d’euros au titre du Por­tu­gal, 122 pour l’Irlande, 355 pour l’Espagne, 509 pour la France 13… pour ne rien dire d’un défaut qui n’aurait pas la cour­toi­sie de se conten­ter de ce retour en arrière limi­té et pro­fi­te­rait de l’occasion pour faire plus net­te­ment table rase. Banques pri­vées, fonds de pen­sion, assu­rances, avec en prime bien sûr toutes leurs inter­ac­tions sys­té­miques média­ti­sées par les liens de contre­par­ties et de cré­dit : le car­nage pro­met d’être à grand spec­tacle. Et sans rémis­sion pos­sible venue de quelque Etat secou­rable puisque, pré­ci­sé­ment, c’est le défaut des Etats, rui­nés, qui aura été le fait générateur.
    Une occa­sion his­to­rique à ne pas lou­per Retour à la table des matières

    C’est le propre de la domi­na­tion que le désastre est le plus sou­vent la meilleure chance des domi­nés. La fenêtre de ce désastre ban­caire-là, à l’inverse de celle de 2008, il ne fau­dra pas la man­quer. Une fois de plus il faut rap­pe­ler les effrayés à la consé­quence. En situa­tion de sur­en­det­te­ment his­to­rique, il n’y a de choix qu’entre l’ajustement struc­tu­rel au ser­vice des créan­ciers et une forme ou une autre de leur ruine. A cha­cun de choi­sir son camp et de dire clai­re­ment pour laquelle des deux options il penche. A tous ceux qui n’auront pas pris le par­ti des ren­tiers mais que la pers­pec­tive de la convul­sion conti­nue d’inquiéter, il faut redire qu’on n’a jamais vu un ordre de domi­na­tion, a for­tio­ri quand il est aus­si puis­sant que le néo­li­bé­ra­lisme, « rendre les clés » de son mou­ve­ment spon­ta­né. C’est dans le monde des rêves social-démo­crates qu’on se plait à ima­gi­ner des gen­tils puis­sants, qui d’eux-mêmes trou­ve­raient les voies de la décence et de l’autolimitation. Sauf hypo­thèse de sain­te­té, on ne voit pas bien par quel impro­bable mou­ve­ment de l’âme les domi­nants pour­raient consen­tir de leur propre gré à la trans­for­ma­tion d’un monde qui leur fait la vie si belle et auquel tous leurs inté­rêts, patri­mo­niaux aus­si bien qu’existentiels, ont inti­me­ment par­tie liée.

    Au prix sans doute d’attrister le Par­ti de la Concorde Uni­ver­selle, il faut donc rap­pe­ler qu’un ordre de domi­na­tion ne cède que ren­ver­sé de vive force. Ce peut-être d’abord, dans l’ordre d’un arse­nal de riposte bien gra­duée, la force de la ruine finan­cière. C’est pré­ci­sé­ment ce dont il est ques­tion dans le pro­jet de faire du défaut une arme poli­tique. Tous ces mes­sieurs de la finance et leurs impo­santes ins­ti­tu­tions y fini­raient imman­qua­ble­ment en gue­nilles. C’est-à-dire adé­qua­te­ment « pré­pa­rés » pour être aus­si­tôt ramas­sés à la pelle et au petit balai. Rap­pe­lons que des banques faillies sont par défi­ni­tion des banques qui ne valent plus rien, des entre­prises dont la valeur finan­cière est tom­bée à zéro. C’est pré­ci­sé­ment à ce prix que la puis­sance publique se pro­po­se­ra alors de les récu­pé­rer – et voi­là que l’indispensable natio­na­li­sa­tion, pre­mier pas (et sûre­ment pas le der­nier ! 14) pour mettre enfin un terme au désordre de la finance libé­ra­li­sée, ne nous coû­te­ra même pas le taxi pour ren­voyer les ban­quiers à une retraite pré­coce, sans cha­peau, bonus ni stock-options (mais grosse décote), faut-il le dire.

    Mais que faut-il entendre par « la puis­sance publique » pré­po­sée à cette opé­ra­tion, ou plus exac­te­ment quelle pour­rait être sa capa­ci­té finan­cière ? L’Etat n’est-il pas rui­né, par construc­tion même de ce scé­na­rio ? Seul le lavage de cer­veau à grande eau libé­rale a pu nous faire croire que la per­son­na­li­té finan­cière de la puis­sance publique s’épuise dans l’Etat fis­cal – alors qu’elle inclut notoi­re­ment la banque cen­trale. C’est donc à elle, évi­dem­ment reprise en main par le pou­voir sou­ve­rain, qu’il appar­tien­drait de rat­tra­per le dés­équi­libre déli­bé­ré­ment orga­ni­sé par le défaut. D’une part, mais à la manière dont la BCE et la Fed agissent déjà, en octroyant de très amples concours au sec­teur ban­caire pour le main­te­nir dans la liqui­di­té (éven­tuel­le­ment en admet­tant tem­po­rai­re­ment à ces concours cer­taines ins­ti­tu­tions finan­cières non ban­caires). D’autre part en se char­geant de l’apurement des pertes et de la reca­pi­ta­li­sa­tion néces­saires au redé­mar­rage des opé­ra­tions ban­caires ordi­naires – évi­dem­ment redé­fi­nies sur des bases toute nou­velles, dont les acti­vi­tés spé­cu­la­tives seraient exclues.

    Reste la ques­tion des dépôts et des épargnes du public. Il va sans dire que les dépôts à vue et les épargnes-livrets doivent être garan­tis à concur­rence du pla­fond légal. Et les por­te­feuilles de titres ? Les rap­ports finan­ciers dont ils sont la maté­ria­li­sa­tion sont par défi­ni­tion main­te­nus quand bien même les ins­ti­tu­tions cus­to­dian 15 font faillite. Sauf, pre­miè­re­ment, quand ces titres sont des actions des ins­ti­tu­tions finan­cières faillies elles-mêmes, puisque leur pro­prié­té finan­cière pri­vée aura été annu­lée. Et bien sûr, deuxiè­me­ment, quand il s’agit des titres sou­ve­rains en défaut. Il faut bien voir que, par contrats d’assurance-vie, SICAV variées et PEA inter­po­sés, ces deux annu­la­tions auront de sérieux effets sur les patri­moines des par­ti­cu­liers. Mais d’une part l’ampleur de ces effets est indexée sur le degré de for­tune des par­ti­cu­liers en ques­tion, de sorte que ces pertes, frap­pant sur­tout les plus riches, ont spon­ta­né­ment d’assez bonnes pro­prié­tés de jus­tice sociale. Et d’autre part il est tout à fait pos­sible d’envisager un méca­nisme de com­pen­sa­tion des pertes mêlant condi­tions de res­source et pla­fonds de garan­tie variés.
    La créa­tion moné­taire sans brouette Retour à la table des matières

    Disons-le d’emblée, toutes ces opé­ra­tions de garan­tie et de reca­pi­ta­li­sa­tion sup­posent une inter­ven­tion moné­taire déci­sive. Il suf­fit géné­ra­le­ment d’évoquer cette pers­pec­tive pour faire aus­si­tôt sur­gir dans les esprits les plus colo­ni­sés par les dogmes moné­ta­ristes des images de brouettes de billets, des­ti­nées comme il se doit à ache­ter une baguette ou un timbre poste.

    Or, rap­pe­lé que la créa­tion moné­taire n’a rien d’inflationniste par soi, « inter­ven­tion moné­taire déci­sive » ne veut pas néces­sai­re­ment dire d’ampleur. La res­tau­ra­tion des dépôts par exemple ne néces­site a prio­ri aucune créa­tion moné­taire par­ti­cu­lière : les dépôts sont ins­crits au pas­sif des banques et ils y res­tent. Comme tou­jours la seule contrainte demeure celle de la liqui­di­té, à savoir celle de ser­vir les dépo­sants en mon­naie lorsque ceux-ci veulent faire des retraits. On dira que ce sera pré­ci­sé­ment le cas au moment où le sys­tème ban­caire tra­ver­se­ra cette énorme tur­bu­lence, très pro­pice en tant que telle à déclen­cher un mou­ve­ment de run. Mais un run peut être contre­car­ré de deux manières. Pre­miè­re­ment en affir­mant haut et clair la garan­tie par la Banque cen­trale de la liqui­di­té des banques de second rang, donc leur capa­ci­té à faire face à tous leurs enga­ge­ments, y com­pris les retraits. Un run n’est jamais nour­ri que par la pro­pa­ga­tion d’un soup­çon d’incapacité des banques à faire face à l’obligation de conver­ti­bi­li­té des dépôts, c’est-à-dire un soup­çon d’illiquidité. Ce soup­çon fer­me­ment écar­té par une garan­tie de la Banque cen­trale, le run s’éteint de lui-même : les dépo­sants ras­su­rés ne se ruent pas, les banques n’ont à faire face à aucun choc de tré­so­re­rie, et la croyance en leur liqui­di­té s’autoréalise.

    En véri­té la crainte de l’illiquidité n’est pas le seul mobile sus­cep­tible de déclen­cher un run : on y trouve aus­si les arbi­trages des plus for­tu­nés pour main­te­nir le pou­voir d’achat inter­na­tio­nal de leurs encaisses moné­taires dans la pers­pec­tive d’une forte dépré­cia­tion de la mon­naie natio­nale. Contre ces arbi­trages-là, et aus­si parce que les mou­ve­ments de panique peuvent être irré­sis­tibles au plus chaud d’une tran­si­tion cri­tique, il fau­dra sans doute mettre en place un dis­po­si­tif tem­po­raire de type cor­ra­li­to, c’est-à-dire une res­tric­tion de l’accès des dépo­sants à leurs fonds. D’une manière plus géné­rale d’ailleurs un contrôle des capi­taux s’imposera beau­coup plus lar­ge­ment, d’une part pour enta­mer la décon­nexion du sys­tème ban­caire natio­nal refon­dé d’avec les mar­chés de capi­taux inter­na­tio­naux, d’autre part pour évi­ter que le taux de change ne connaisse une trop impor­tante plon­gée, en troi­sième lieu pour inter­dire la fuite à l’étranger du cash des entreprises.

    Le gros du pro­blème – comme tou­jours – tient aux banques, qui vont se retrou­ver dans une situa­tion d’actif net très néga­tif (de pas­sif net très posi­tif) avec un impact redou­table sur leur cash flow. Comme toute entre­prise, une banque a contrac­té un cer­tain pas­sif, c’est-à-dire de res­sources géné­ra­trices d’engagements à payer – des divi­dendes quand ces res­sources sont des fonds propres, des inté­rêts quand elles sont des dettes – avec les­quelles elle a finan­cé des actifs sup­po­sés géné­ra­teurs de recettes. Or la « grande bifur­ca­tion » entraî­ne­ra une contrac­tion mas­sive de l’actif, direc­te­ment : par le fait même de l’annulation des titres sou­ve­rains dont la banque est déten­trice, et aus­si sans doute indi­rec­te­ment : par la déva­lo­ri­sa­tion de bon nombre d’autres actifs finan­ciers cor­ré­la­tive de l’état de chaos des mar­chés qui sui­vra inévi­ta­ble­ment une vague de défauts sou­ve­rains. Contrac­tion des flux reçus du côté de l’actif avec per­sis­tance des enga­ge­ments à payer du côté du pas­sif 16, l’effet ciseau est voué à lami­ner le cash flow de la banque, c’est-à-dire sa capa­ci­té interne à déga­ger les moyens de finan­cer son acti­vi­té ordi­naire. Res­tau­rer la situa­tion de cash flow des banques, c’est-à-dire leur apti­tude à opé­rer « nor­ma­le­ment », sup­pose de réduire le dés­équi­libre actif-pas­sif – et, en l’absence d’un Etat reca­pi­ta­li­sa­teur, la ques­tion est de savoir quelle est la part de cet ajus­te­ment que l’intervention moné­taire de la Banque cen­trale aurait à prendre à sa charge.

    A l’image de la solu­tion vigou­reu­se­ment pra­ti­quée par l’Islande, l’ajustement en ques­tion peut d’abord pas­ser par la dénon­cia­tion des pas­sifs ban­caires non-rési­dents : les banques fran­çaises refu­se­ront donc d’« hono­rer » le ser­vice des créances acquises sur elles par les inves­tis­seurs inter­na­tio­naux. Contrai­re­ment à ce qu’on pour­rait croire, il s’agira moins d’un acte agres­si­ve­ment uni­la­té­ral que d’une mesure élé­men­taire de sur­vie que toutes les banques de tous les pays seront appe­lées à prendre dans un sys­tème ban­caire mon­dial très pro­ba­ble­ment en voie de dis­lo­ca­tion – et la simul­ta­néi­té vau­dra réciprocité…

    On note­ra au pas­sage qu’il n’est pas d’expérience de réa­li­té plus déci­sive pour juger des pré­ten­tions de la « mon­dia­li­sa­tion irré­ver­sible » qu’une crise finan­cière sai­gnante, à l’occasion de laquelle les sys­tèmes ban­caires se rétractent spon­ta­né­ment sur des bases natio­nales – les ban­quiers les plus auda­cieu­se­ment mon­dia­li­sés savent très bien dans ces cas-là où se rendre pour trou­ver leur salut : auprès de l’Etat, l’Etat rin­gard, l’Etat détes­té, mais au gui­chet duquel ils accourent éper­dus et chia­lant, pour la simple et bonne rai­son qu’il n’y a per­sonne d’autre auprès de qui qué­man­der les mesures d’exception vitales. Que la finance se frag­mente pour se recom­po­ser dans le péri­mètre natio­nal, il n’y a que les amis de la mon­dia­li­sa­tion finan­cière pour le déplo­rer, ou bien ceux qui ont l’internationalisme si éga­ré que la perte de n’importe quoi label­li­sé « inter­na­tio­nal » les attriste, même quand il s’agit de la finance.

    Les pas­sifs ban­caires non-rési­dents envoyés à dache, res­tent les pas­sifs ban­caires rési­dents. Pour l’essentiel, ce sont des pas­sifs inter­ban­caires, donc com­pen­sables – et cette logique de com­pen­sa­tion pour­ra être éten­due jusqu’aux ins­ti­tu­tions finan­cières non ban­caires (en incluant notam­ment les com­pa­gnies d’assurance). Seul le pas­sif inter­ban­caire net aura donc à être refi­nan­cé et c’est cette part que la banque cen­trale pren­dra en charge jusqu’à son extinc­tion 17.

    Cette inter­ven­tion moné­taire sera d’autant moins ample que la res­tau­ra­tion de la situa­tion de cash flow des banques ne vise­ra plus que l’adaptation à un péri­mètre d’opérations ban­caires ordi­naires consi­dé­ra­ble­ment réduit. Il ne sera évi­dem­ment plus ques­tion que les banques fassent autre chose que du cré­dit à l’économie, et tout le chancre de leurs acti­vi­tés spé­cu­la­tives, fort gour­mandes en pas­sifs, ne sera plus qu’un sou­ve­nir. La créa­tion moné­taire de com­pen­sa­tion n’aura pas davan­tage à se fixer des objec­tifs de ratio de capi­tal sem­blables à ceux qui pré­valent aujourd’hui. Les ratios de sol­va­bi­li­té n’ont leur impor­tance pré­sente qu’au regard d’un sys­tème ban­caire pri­vé action­na­rial plon­gé dans des mar­chés de capi­taux qui ont pré­ci­sé­ment élu ce para­mètre comme l’un des cri­tères d’après les­quels juger d’une banque comme débi­trice ou contre­par­tie. Parce qu’il fait l’objet d’une pola­ri­sa­tion inter­pré­ta­tive de l’opinion finan­cière, le ratio de sol­va­bi­li­té condi­tionne le rating des banques et leur accès aux mar­chés de gros du cré­dit, à part quoi il n’a aucune inci­dence sur leurs condi­tions d’opérations éco­no­miques. Mais c’est un tout autre modèle de finan­ce­ment des banques qui sur­gi­ra de cette tran­si­tion radi­cale, dans lequel les mar­chés de capi­taux inter­na­tio­naux n’auront plus aucune part – et, donc, leurs indi­ca­teurs fétiches aucune importance.

    La créa­tion moné­taire qui accom­pa­gne­ra cette grande trans­for­ma­tion sera donc limi­tée à trois emplois : pre­miè­re­ment le refi­nan­ce­ment du pas­sif inter­ban­caire « net­té » et la res­tau­ra­tion de la situa­tion de cash flow des banques ; deuxiè­me­ment la com­pen­sa­tion, sous condi­tion (de res­source et de pla­fond), des pertes patri­mo­niales des par­ti­cu­liers liées aux dettes sou­ve­raines (en défaut) et aux actions ban­caires (annu­lées) qui entraient dans leurs comptes-titres – soit tout de même des mon­tants limi­tés – ; troi­siè­me­ment le main­tien plein et entier des nou­velles banques dans la liqui­di­té… mais c’est cela même dont les banques cen­trales se chargent déjà à coup de tril­lions de dol­lars ou d’euros (LTRO) ! Qu’on ne vienne donc pas nous racon­ter que ce qui fait la grande satis­fac­tion du capi­tal finan­cier aujourd’hui pour­rait deve­nir une abo­mi­na­tion moné­taire demain.
    Avec qui ? Retour à la table des matières

    La ques­tion poli­tique prin­ceps « faire quoi ? » n’est pas sépa­rable de la ques­tion sub­si­diaire « avec qui ? ». Un inter­na­tio­na­lisme méri­toire vou­drait tout sau­ver et rêve de conser­ver les dix-sept euro­péens et leur mon­naie unique, mais refaite à neuf. Dans un monde par­fait on leur accor­de­rait volon­tiers ce droit à l’imagination. Il est à craindre que le monde réel n’en laisse pas le loi­sir. Enon­cée très géné­ra­le­ment, la ques­tion est donc la sui­vante : qui, des dix-sept, serait prêt à prendre la bifur­ca­tion du défaut ? Et pour ne pas tour­ner cent sept ans autour du pot on va nom­mer car­ré­ment le nœud du pro­blème : c’est l’Allemagne.

    Le désir euro­péen qui ne désarme pas, comme celui d’Attac, conti­nue de pour­suivre une pers­pec­tive poli­tique dans laquelle les dix-sept, Alle­magne incluse, feraient, bien coor­don­nés, un joli pas en avant pour engen­drer la nou­velle Europe pro­gres­siste. La « croyance moné­taire » alle­mande n’a aucun carac­tère d’essence, sug­gère cet argu­ment, elle aus­si peut être ren­ver­sée ; der­rière la sainte alliance des par­tis de droite, entendre par là les conser­va­teurs de la CDU comme les sociaux-démo­crates du SPD, par­faits équi­va­lents en cela du duo­pole libé­ral fran­çais UMP-PS, la popu­la­tion accu­mule du mécon­ten­te­ment et com­men­ce­ra à ruer dans les bran­cards lorsque la réces­sion fini­ra par gagner l’Allemagne à son tour. A ce moment, la situa­tion enfin mûre pour un grand aggior­na­men­to doc­tri­nal, l’Allemagne rejoin­dra le mou­ve­ment anti­li­bé­ral des peuples euro­péens pour enfin envoyer l’orthodoxie moné­taire par-des­sus les moulins.

    Il y a mal­heu­reu­se­ment bien des rai­sons d’être scep­tique à pro­pos de ce scé­na­rio poli­tique idéal – dont par ailleurs on par­ta­ge­rait volon­tiers la visée… si elle était attei­gnable. Il y a d’abord que, évi­dem­ment legs de l’histoire et non essence de la ger­ma­ni­té, la croyance moné­taire alle­mande n’en a pas moins, attes­té par sa lon­gé­vi­té même, le sta­tut méta­po­li­tique d’une sorte de consen­sus natio­nal, sur fond duquel et dans le res­pect duquel ne se déploient qu’ensuite les dif­fé­rences poli­tiques. C’est dire qu’il fau­drait des dégâts éco­no­miques consi­dé­rables, tou­jours pos­sibles en prin­cipe mais d’une ampleur excep­tion­nelle, pour pro­duire un com­men­ce­ment de remise en ques­tion en cette matière. Or, par sa posi­tion dans la divi­sion inter­na­tio­nale du tra­vail et sa poli­tique struc­tu­relle de défla­tion sala­riale anti-coopé­ra­tive, l’Allemagne sera le der­nier pays tou­ché par la réces­sion et celui où, com­pa­ra­ti­ve­ment, les effets y seront les moins vio­lents. La pro­ba­bi­li­té pour que le choc éco­no­mique fran­chisse le seuil de déclen­che­ment des remises en cause poli­tiques est donc des plus faibles – et il faut ima­gi­ner l’état de des­truc­tion où en seraient alors les autres Etats euro­péens : pro­ba­ble­ment tel que ces der­niers auraient fait mou­ve­ment de longue date sans avoir gen­ti­ment atten­du que l’Allemagne prenne son temps pour mûrir puis envi­sa­ger de bouger…

    Il y a aus­si que la poli­tique se fait avec les res­sources qu’elle a sous la main. La res­source pre­mière du sou­lè­ve­ment trans­for­ma­teur, c’est la colère. Qui est en colère ? Qui des­cend dans la rue ? Qui exprime à une échelle signi­fi­ca­tive le refus de l’ordre néo­li­bé­ral ? Pas les Alle­mands. Pas encore objec­te­ra la thèse d’Attac. Sans doute, mais l’objection va finir par res­sem­bler étran­ge­ment aux éter­nelles pro­messes de la gauche de droite : « il faut voter (res­pec­ti­ve­ment attendre) pour faire pro­gres­ser l’Europe mal­gré tout et avoir l’Europe sociale plus tard (res­pec­ti­ve­ment pour faire mûrir la prise de conscience alle­mande… et avoir l’Europe sociale plus tard), appels à la patience qui, si poli­ti­que­ment oppo­sés soient-ils, ne sont sim­ple­ment plus tenables. S’il faut le moyen ou le long terme pour que le corps social alle­mand, qui part de beau­coup plus loin, fasse éven­tuel­le­ment le che­min de la révi­sion moné­taire, la réponse est que nous n’avons plus le temps d’attendre – tou­jours cette indé­fec­tible bonne vieille idée key­né­sienne que dans le long terme nous serons tous morts…

    Pour l’heure ce sont les Grecs, les Espa­gnols, les Ita­liens, les Por­tu­gais qui des­cendent dans la rue – et les Fran­çais qui les rejoin­dront s’ils arrivent à sur­mon­ter l’espèce de stu­pé­fac­tion anes­thé­sique qui leur inter­dit d’habitude tout mou­ve­ment social d’ampleur quand la « gauche » est au pou­voir (et que ses auxi­liaires syn­di­caux veillent à ne sur­tout rien déclen­cher de fâcheux). Le mobile des soli­da­ri­tés inter­na­tio­na­listes existe sur­tout dans les têtes des élites intel­lec­tuelles inter­na­tio­na­listes. La pra­tique est sen­si­ble­ment dif­fé­rente – moins relui­sante si l’on veut : on com­mence d’abord par mani­fes­ter pour soi, et l’on constate ensuite d’éventuelles soli­da­ri­tés de situation.

    A la ques­tion « avec qui ? », la réponse, toute pro­saïque, est donc : on ver­ra ! Pour l’heure en tout cas, se met­tront en mou­ve­ment ceux qui veulent et ceux qui peuvent. C’est à l’usage et en route que se des­si­ne­ra le péri­mètre d’un pos­sible regrou­pe­ment de nations dési­reuses de refaire mon­naie unique mais hors de l’orbite du capi­tal finan­cier. Dans le court terme de la colère et sous l’évidence réa­liste des mobiles d’abord égo­cen­triques de la pro­tes­ta­tion – dont aucun ser­mon à base de mora­line soli­da­riste ne vien­dra jamais à bout –, ce sont d’abord des pro­jets à base natio­nale qui se mani­fes­te­ront et pour une rai­son très simple : l’existence de struc­tures ins­ti­tu­tion­nelles déjà là, aus­si bien en matière poli­tique – il y a déjà une consti­tu­tion et un par­le­ment – que moné­taire – il y a déjà une Banque cen­trale, en attente d’être réar­mée – est un attrac­teur ultra-puis­sant. C’est qu’il est d’une rus­tique et rai­son­nable logique de cher­cher à agir là où existent déjà les moyens d’agir…

    Rien de tout ceci pour­tant n’exclut que l’exemple d’un pays plus déci­dé que les autres et fai­sant mou­ve­ment avant les autres, donc par construc­tion armé d’un pro­jet d’abord propre, ne fasse tache d’huile en don­nant des idées aux peuples d’à‑côté. Car, oui, il y a quelques rai­sons de pen­ser que le mou­ve­ment uni­la­té­ral de l’un des peuples euro­péens, réso­lu, sans attendre et pour son propre compte, à tout envoyer cul par-des­sus tête, fait par­tie de ces spec­tacles aux puis­santes pro­prié­tés d’émulation, très sus­cep­tibles de répandre l’envie d’imiter – et peut-être de la don­ner jusqu’aux Alle­mands, qui sait ? C’est alors, mais alors seule­ment, que se construi­raient, en che­min, les soli­da­ri­tés d’un inter­na­tio­na­lisme concret, donc viable.

    A la ques­tion « quoi faire ? », la réac­tion, pour sa part, conti­nue d’apporter ses sem­pi­ter­nelles ren­gaines. Quoi faire ? La même chose ! « Il faut engran­ger tous les pro­grès même quand ils sont modé­rés pour construire les condi­tions des grandes avan­cées de demain » serinent aus­si bien le PS que Cohn-Ben­dit qui, lorsqu’il est ques­tion d’Europe, feront tou­jours pas­ser pour des pro­grès les pires régrès, comme celui du TSCG – on se demande jusqu’où, sous cou­leur « d’avancée », il fau­drait que l’Union euro­péenne aille dans l’ignoble pour que Dany le Bleu finisse par dire « ah non là tout de même, stop ». A l’Europe de la Sécu pri­va­ti­sée et du tra­vail des enfants, tu t’arrêtes Dany, ou on continue ?

    Dans un mou­ve­ment para­doxal où se mêlent une très inin­ten­tion­nelle luci­di­té et une sorte de panique rhé­to­rique qui sent l’extrémité, Jean-Marc Ayrault a trou­vé malin de consi­dé­rer que les oppo­sants au TSCG sont des par­ti­sans de « la sor­tie de l’euro » 18. Eter­nelle menace du quitte ou double, de l’ordre des choses ou bien du chaos, qui dit la misère argu­men­ta­tive où l’européisme se trouve ren­du. Il faut vrai­ment être au bout du bout de l’incapacité poli­tique pour en venir à ce genre de pro­pos sans réa­li­ser qu’on ne s’y pren­drait pas autre­ment pour rendre déli­bé­ré­ment haïs­sable la construc­tion moné­taire euro­péenne, et don­ner très fort l’envie d’essayer le « chaos » — qui n’en est pas un : c’est juste un autre ordre que le leur. Que Jean-Marc Ayrault se ras­sure : depuis deux décen­nies, l’idée d’une soli­da­ri­té pro­fonde entre le fléau néo­li­bé­ral et la mon­naie unique a fait de grand pro­grès dans l’esprit public. Oppo­sants au TSCG = par­ti­sans de la sor­tie de cet euro ? Mais tout à fait Jean-Marc !

    Encore quelques décla­ra­tions de cette farine et l’idée sub­sé­quente d’en finir avec tout ça et d’en sor­tir pour de bon com­men­ce­ra à avoir l’avenir pour elle.

    Fré­dé­ric Lor­don. (Les blogs du Diplo, La pompe à phy­nance, 26 sep­tembre 2012)

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    Notes

    1 Bien sûr il s’agit de cette clause qui demande une majo­ri­té qua­li­fiée (très exi­geante) pour s’opposer à une déci­sion de sou­mettre un Etat membre à ajus­te­ment bud­gé­taire, mais c’est une chose de requé­rir une majo­ri­té qua­li­fiée et c’en est une autre de la pré­sen­ter comme « sou­tien obli­ga­toire » – l’Europe a déci­dé­ment de ces airs de Polit­bu­ro par les temps qui courent…

    2 Conseil consti­tu­tion­nel, déci­sion n° 2012–653DC du 9 août 2012 par laquelle le gou­ver­ne­ment est sou­la­gé d’une révi­sion consti­tu­tion­nelle et auto­ri­sé à ne faire entrer la « règle d’or » dans le droit fran­çais que sous la forme d’une loi orga­nique – com­prendre : pas de référendum !

    3 Voir à ce sujet une annexe à venir (peut-être…).

    4 Par dif­fé­rence avec le défi­cit cou­rant, simple solde consta­té des recettes et des dépenses publiques, dans la situa­tion réelle, carac­té­ri­sée par le taux d’utilisation effec­tif des capa­ci­tés de production.

    5 Mat­thew Dal­ton, « Wonks wars : How Big Are EU Defi­cits », Wall Street Jour­nal, 17 août 2012.

    6 Bien sûr, exci­pant d’une aber­ra­tion pour en jus­ti­fier une autre, les euro­péistes feront remar­quer à ce moment que « consti­tu­tion­na­li­ser » des conte­nus de poli­tique éco­no­mique, c’est ce que font les trai­tés euro­péens depuis le début !

    7 Voir « L’austérité mais dans le calme ».

    8 Id.

    9 Le 15 sep­tembre, les Por­tu­gais ont mani­fes­té en masse contre un pro­jet de com­pen­ser par un sur­plus de coti­sa­tions sala­riés une baisse des coti­sa­tions employeurs.

    10 Tou­jours sur la période 2007–2011.

    11 SMP : Secu­ri­ties Mar­ket Pro­gram, pre­mier plan de rachat de dettes publiques sur l’open mar­ket par la BCE, mais d’une ampleur très limitée.

    12 Outright Money Tran­sac­tions, le pro­gramme d’intervention illi­mi­tée annon­cé par Mario Dra­ghi ce 6 septembre.

    13 Don­nées Euro­stat sur la période 2007–2011. Il fau­dra donc rajou­ter un bon bout au titre de 2012.

    14 Voir à ce sujet « Pour un sys­tème socia­li­sé du cré­dit », jan­vier 2009.

    15 C’est-à-dire les teneurs de comptes-titres.

    16 Sauf les divi­dendes, annu­lés par la natio­na­li­sa­tion, mais c’est la part la plus faible de ces engagements.

    17 La part du pas­sif ban­caire ayant pour contre­par­tie l’épargne publique, essen­tiel­le­ment sous la forme d’obligations émises par les banques à des­ti­na­tion des par­ti­cu­liers (logées pour l’essentiel dans des contrats d’assurance-vie) tombe sous le coup de la com­pen­sa­tion des dépôts et des livrets évo­quée plus haut.

    18 « Le plai­doyer d’Ayrault pour le trai­té euro­péen », Media­part, 23 sep­tembre 2012.

    Source : http://blog.mondediplo.net/2012–09-26-En-sortir

    Réponse
  137. Étienne

    Zedav

    C’est quoi, « être courageux » ?

    Que vou­lez-vous dire ? 

    Que faut-il faire, selon vous ?

    Je com­prends votre impa­tience, je com­prends votre rejet des ter­gi­ver­sa­tions inutiles par ici aus­si (tou­jours pos­sibles puisque je ne cen­sure rien) (et on retrouve tou­jours ce tro­pisme vers l’a­na­lyse des consé­quences visibles et la négli­gence des causes déter­mi­nantes mais moins visibles), mais je ne com­prends pas ce que vous pré­co­ni­sez, concrètement.

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    PS : je sur­ligne ce qui me semble impor­tant, même si je ne suis pas d’ac­cord (pour l’ins­tant), ça me pousse à lire mieux que très vite, mais J’EN RATE (parce que je n’ai pas le temps de tout lire comme il faut) => donc, le fait de ne pas sur­li­gner peut aus­si signi­fier que je n’ai pas remar­qué quelque chose d’im­por­tant (on peut me le signa­ler, gen­ti­ment s’il vous plaît), ou même car­ré­ment pas lu : la ges­tion ce site et de ma connexion via Inter­net (ce blog, le forum, les pages du Plan C, Face­book, les contro­verses sur les forums exté­rieurs comme celui d’A­SI en ce moment, pas­sion­nant, sur Guille­min) devient un véri­table escla­vage quo­ti­dien, je com­mence à réflé­chir au moyen de m’en extraire (au moins un peu).

    Réponse
  138. Anne Onyme

    Petite pause café citoyen musi­cale en dédi­cace ami­cale à notre gen­til Etienne exemple d’Hu­ma­nisme, de tolé­rance et de respect

    « Je cherche quoi ?

    « Je te cherche Toi :

    Démo­cra­tie ! »

    http://​you​tu​.be/​V​t​W​d​U​G​R​D​pYI

    La démo­cra­tie est comme l’A­mour, dif­fi­cile à trou­ver, dif­fi­cile sans efforts à culti­ver, dif­fi­cile à conserver.

    Réponse
  139. Morpheus

    @ Étienne

    J’ai été voir ce débat sur Guille­min sur le forum d’@SI.

    N’é­tant pas ins­crit (c’est payant, il me semble ?), je n’y suis pas intervenu.

    Tout de même, pom­pas­tel est affligeant(e) (je ne sais s’il s’a­git d’une femme ou d’un homme). Comme beau­coup d’historien(ne)s il/elle ne se rend pas compte qu’en matière his­to­rique, il n’y a pas d’ob­jec­ti­vi­té, et il ne peut y en avoir. Toute lec­ture his­to­rique est par­tiale, parce que toute lec­ture his­to­rique implique une interprétation.

    La métho­do­lo­gie reven­di­quée a bon dos, il n’en reste pas moins, au final, que les >manuels d’his­toire< que l’on retrouve sur les bancs sco­laires sont truf­fés de contre-véri­tés et que le pro­gramme de l’en­sei­gne­ment natio­nal est un conden­sé de pro­pa­gande n’of­frant qu’un regard très orien­té sur l’his­toire. Les reproches qu’il/elle fait à Guille­min, qui me dit qu’ils ne s’ap­pliquent pas à lui/elle ?

    Au final, je suis obli­gé, simple lec­teur ou audi­teur, de croire l’un ou l’autre. Si je ne peux (ou ne veux) croire l’un et l’autre, puisque les contra­dic­tions sèment la confu­sion dans mon esprit, il me faut alors entre­prendre moi-même une démarche d’his­to­rien, et m’at­te­ler par moi-même à dis­cer­ner le vrai du faux. Et com­ment ? Par quel moyen ? Par quelle méthode ? Dois-je, pour être « cré­dible », entre­prendre un doc­to­rat en his­toire ? Tous le monde sait que c’est irréa­liste : la majo­ri­té doit se conten­ter de lire et écou­ter les his­to­riens, qu’ils soient aca­dé­mi­ciens (ou recon­nus par l’a­ca­dé­mie) ou non. La seule solu­tion, c’est de se for­mer sa propre idée sur base de notre propre sen­si­bi­li­té et de notre intui­tion, en enten­dant dif­fé­rents sons de cloche (moi je pré­fère le son du gong que celui des cloches, mais bon).

    On note­ra aus­si le trait carac­té­ris­tique des aca­dé­mi­ciens : la pré­ten­tion à être seul cré­dibles, et à cet esprit de corps – et de caste – qui exclut d’au­to­ri­té qui­conque ne marche pas dans leurs pas. Bizar­re­ment, il suf­fit qu’une ins­ti­tu­tion mette quel­qu’un ou quelque chose à l’in­dex pour que cela sou­lève ma curio­si­té et me donne envie de m’y pen­cher … Ain­si, la France ayant mis Guille­min à l’in­dex me fait dire que ce qu’il a a dire est sûre­ment inté­res­sant et néces­saire à entendre, sur l’his­toire de France. En tout cas, mon père m’a encore dit pas plus tard qu’­hier qu’à l’é­poque, on ne ratait jamais son émis­sion (je vis en Bel­gique, ou curieu­se­ment Guille­min n’é­tait pas à l’index).

    Déci­dé­ment, j’aime – et je pré­fé­re­rais tou­jours – un M. Kea­ting, capable de mon­ter sur le bureau pour voir les choses sous un autre angle, quitte à défier les conven­tions ins­ti­tu­tion­nelles et la bien­pen­sance conve­nue d’un bour­geoi­sie plus atta­chée à confor­mer qu’à for­mer les têtes blondes.

    Je suis d’ac­cord, cepen­dant, avec ses obser­va­tions concer­nant Michel Onfray. Réécou­ter ses délires (je pèse le terme) à pro­pos de Cha­vez, Dieu­don­né, l’I­ran, Cuba ou Robes­pierre me fait à chaque fois un haut le cœur. Autant j’en veux à Mélen­chon pour avoir orien­té sa cam­pagne très osten­si­ble­ment dans une lutte front contre front, et avoir ain­si gâché une for­mi­dable oppor­tu­ni­té, autant les défor­ma­tions et les men­songes (je pèse le terme) de Onfray à son sujet m’in­dignent. Cela m’in­digne d’au­tant plus de la part d’un tel esprit, qu’il s’a­git d’un homme que je sais capable de recou­per les infor­ma­tions, de les véri­fier, et de prendre en compte un ensemble d’élé­ments per­met­tant de voir les choses sous un angle plus large – c’est à tout le moins ce que l’on attend d’un >phi­lo­sophe<.

    Ce qui est piquant, à pro­pos de la décla­ra­tion du pre­mier ministre ira­nien, c’est que tous deux (Mélen­chon comme Onfray) disent des imbé­ci­li­tés, puis­qu’il a été démon­tré que le dis­cours d’Ah­ma­di­ne­jad ne fait que reprendre une décla­ra­tion de Kho­mei­ni disant qu’il faut « rayer le régime sio­niste des pages de l’his­toire » (comme nous aurions pu dire, sous l’oc­cu­pa­tion durant la seconde guerre mon­diale, qu’il faut rayer le régime nazi des pages de l’his­toire). Et tous deux com­mentent donc, sans la moindre véri­fi­ca­tion (et donc en y appor­tant leur cré­dit) un men­songe de pro­pa­gande de guerre ne visant qu’à dia­bo­li­ser l’I­ran dans une stra­té­gie que l’on ne connait que trop bien. Ils se com­portent donc tous deux comme de par­faits imbé­ciles, des cré­tins imbus d’eux-mêmes por­tant des juge­ments à par­tir de men­songes. Com­ment, après cela, s’é­ton­ner que des indi­vi­dus lamb­das donnent eux aus­si, sur la toile, dans ces juge­ments à l’emporte-pièce ? Se rendent-ils compte, tous les deux, qu’en adop­tant pareil com­por­te­ment, ils montre un exé­crable exemple ?

    Et on voit bien, en effet, que chez Michel Onfray, depuis une cer­taine date, c’est une sorte de stra­té­gie au long cours, comme un plan : il se dis­cré­dite tota­le­ment en pre­nant, pra­ti­que­ment à cha­cun de ses pas­sages média­tique, une posi­tion tran­chée gro­tesque et gros­sière, extrémiste.

    Pen­dant ce temps-là, les voleurs de pou­voir poussent leurs pions …

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  140. Morpheus

    @ Anne Onyme

    L’a­mour (la démo­cra­tie) c’est comme les fan­tômes : tout le monde en parle mais peu en ont vu.

    Mor­pheus

    Réponse
  141. lanedor

    Bon­jour à tous,

    Frai­che­ment arri­vée sur ce blog, c’est très hum­ble­ment je lance quelques idées.

    Si nous sommes ici tous à débattre, c’est que glo­ba­le­ment nous sommes toutes et tous plus ou moins convain­cus de l’o­rien­ta­tion géné­rale que devrait prendre la nou­velle consti­tu­tion : tirage au sort, man­dats courts non-renou­ve­lables, sur­veillance et sanc­tion des conflits d’intérêts.

    En toute logique, ceux qui détiennent le pou­voir aujourd’­hui (par­tis poli­tiques, syn­di­cats, banques et médias et hyper-classe mon­diale) ne vont pas se lais­ser faire ! Le condi­tion­ne­ment qu’ils opèrent est cepen­dant de plus en plus fla­grant, et leur décon­nec­tion du réel, des gens de la « vraie vie » repré­sente une fai­blesse dont nous pour­rions tirer parti.

    Nous, les 99%„ donc supé­rieurs en nombre sur les 1%, par l’exer­cice labo­rieux et quo­ti­dien de notre simple apti­tude au lan­gage, nous pou­vons « miner » le maillage gro­tesque des réseaux de domi­na­tion. Notre supé­rio­ri­té en nombre est un de nos atouts. Dif­fu­sons, expri­mons, cor­ri­geons, trans­met­tons, éveillons les conscience etc…La ger­mi­na­tion des idées n’est pas qu’un suave topos lit­té­raire, et la force du « logos » vaut aus­si pour le juste.

    Le but de tout cela étant de dis­qua­li­fier le sys­tème élec­tif en vigueur, je pré­co­ni­se­rais qu’une large frange de la popu­la­tion enfin dés­in­toxi­quée par ce tra­vail d’é­veil des consciences, s’af­fran­chisse de cette obli­ga­tion soit par un vote blanc mas­sif, soit par l’abs­ten­tion toute aus­si mas­sive. Peu importe le but étant d’in­va­li­der l’é­lec­tion elle-même, si l’on ima­gine par exemple un can­di­dat élu par moins de 10 % des ins­crits. En fait dans cette pers­pec­tive l’is­sue de l’é­lec­tion n’a que peu d’im­por­tance, puisque tout can­di­dat à une élec­tion fait par­tie d’un réseau de domi­na­tion, quelque soit l’i­déo­lo­gie qu’il défend. Les par­tis ne sont que des entre­prises à but lucra­tif, visant le maxi­mum de retour sur inves­tis­se­ment, logique éco­no­mique oblige. En cohé­rence, la dis­si­dence s’im­pose pour ceux qui ont encore une carte dans un quel­conque par­ti. Par la grève de l’é­lec­to­rat, et l’as­sè­che­ment des adhé­sions aux par­tis, le sys­tème devient illégitime.

    Ne soyons tout de même pas trop naïfs pour croire que l’illé­gi­ti­mi­té pro­voque l’ef­fon­dre­ment d’un système.

    Ain­si, dans le cadre des atouts dont nous dis­po­sons pour avan­cer dans notre pro­jet, il existe peu de leviers juri­diques. Les énormes contraintes de la consti de la cin­quième, entou­rant ce qui n’est en fait qu’un refe­ren­dum d’i­ni­tia­tive par­ta­gée (dépu­tés et citoyens) éma­nant de l’ar­ticle 11, sont bien la preuve du ver­rouillage du sys­tème. Là c’est un gros mor­ceau, mais ça méri­te­rait que l’on s’y inté­resse : il faut juste convaincre moins de 200 par­le­men­taires !! C’est pour­tant tech­ni­que­ment, la pre­mière marche vers la démo­cra­tie directe en l’é­tat actuel des choses. En com­men­çant de façon frag­men­tée et sur plu­sieurs fronts en même temps l’i­dée d’une uti­li­sa­tion élar­gie de cet article pour­rait faire son chemin.

    Voi­ci un lien éma­nant des Contri­buables asso­ciés avec une vidéo qui montre l’in­té­rêt de ce processus :

    http://​www​.demo​cra​tie​.directe​.fr/​d​e​m​o​c​r​a​t​i​e​/​l​a​d​e​m​o​c​r​a​t​i​e​-​d​i​r​e​c​t​e​-​e​n​-​v​i​d​eo/

    Pour le moment de peur de vous las­ser tant mon savoir et mes déve­lop­pe­ments sont modestes, j’en res­te­rai là car mon appren­tis­sage est loin d’être ache­vé. Le dos­sier reste ouvert car je pars à l’ins­tant pro­fi­ter des rayons « recons­ti­tuants » du soleil de septembre !!

    Affaire à suivre donc !

    Réponse
  142. Siouplai

    Roo­se­velt, solu­tion pour la crise ? Un film en pré­pa­ra­tion pose la question

    !!! Sa réa­li­sa­trice appelle au sou­tien des internautes !!!

    Pour résoudre la crise éco­no­mique, pour­quoi ne pas s’ins­pi­rer de… Frank­lin Roo­se­velt, le pré­sident amé­ri­cain qui impo­sa le New Deal et la taxa­tion des riches dans les années 30 ? C’est la ques­tion que pose la jeune réa­li­sa­trice Hélène Des­planques, dans un film qu’elle appelle les futurs télé­spec­ta­teurs à cofinancer.

    Il a osé don­ner à l’État le rôle de pilote de l’é­co­no­mie dans un pays où la libre entre­prise a valeur de dogme, y impo­ser la taxa­tion des plus riches, l’as­su­rance-chô­mage et le contrôle des acti­vi­tés ban­caires, y déve­lop­per les sub­ven­tions aux agri­cul­teurs, les grands chan­tiers pour­voyeurs d’emploi. Et si sa voix valait la peine d’être enten­due à nou­veau ? Et si, en pleine crise éco­no­mique mon­diale, il fal­lait réécou­ter Frank­lin Dela­no Roo­se­velt, pré­sident (démo­crate) des États-Unis de 1933 à 1945, qui ten­ta par tous les moyens de contrer la crise qui frap­pait le monde ? C’est le pari de la réa­li­sa­trice Hélène Des­planques, qui pré­pare un docu­men­taire sur la parole de Roo­se­velt et la façon dont elle pour­rait être adap­tée aux condi­tions actuelles.

    LE DVD EN PRÉ-ACHAT POUR QUE CE FILM SOIT PRODUIT :

    http://​meca​nos​prod​.com/​r​o​o​s​e​v​e​l​t​l​a​c​r​i​s​e​e​t​n​o​u​s​.​h​tml

    POUR LA LIBERTÉ DE L’INFORMATION FACE AUX MÉDIAS DOMINANTS MERCI FAIRE CIRCULER SVP

    Source : http://​www​.arret​su​ri​mages​.net/​c​o​n​t​e​n​u​.​p​h​p​?​i​d​=​5​242

    Réponse
  143. Nicolas

    @etienne et zedav

    Je te rejoins Étienne sur l’im­pa­tience de zedav…

    Pour ma part, j’ai une pro­po­si­tion concrète à faire :

    Si le pou­voir ne veut pas nous lais­ser faire une consti­tuante, alors pour­quoi pas la faire nous même sur la base des listes électorales ?

    On filme tout, et une fois le texte ecrit, on fait une cam­pagne média­tique pour un réfé­ren­dum national !

    Quid du bud­get : tout ça coû­te­rait cher, voir très cher, alors il fau­drait créer une struc­ture qui pour­rait rece­voir des dons pour réa­li­ser ce projet.

    @tous : vous en pen­sez quoi ?

    Bien à vous, Nicolas.

    Réponse
  144. zedav

    J’a­vais déjà pro­po­sé quelque chose d’as­sez proche sur le forum dans la dis­cus­sion « com­ment enga­ger le pro­ces­sus consti­tuant » et le moins que l’on puisse dire c’est que ça a fait flop.

    Le peu d’ac­ti­vi­té de ce fil est d’ailleurs révé­la­teur de ce qui se joue vrai­ment (le spec­tacle des égos)d’autant que 80% du fil est pol­lué par des inter­ven­tions qui n’ont rien à y faire.

    S’il y avait un forum dédié à ce sujet, avec un fil par solu­tion, ça nous évi­te­rait de tour­ner en rond en réin­ven­tant ce que d’autres avaient déjà trouver.

    Que l’i­dée soit bonne ou pas, c’est bien sur ce sujet (com­ment enga­ger le pro­ces­sus) que nous (ceux qui sont glo­ba­le­ment d’ac­cord) devrions nous foca­li­ser, mais je me sens assez seul à pen­ser comme ça, je dois me gourer…

    Bon, c’est le choix d’E­tienne de ne pas modé­rer (ce qui n’est pas tout à fait la même chose qu’une cen­sure, ça évite juste les hors sujets), je peux le com­prendre mais je crois que c’est une erreur…

    Réponse
  145. Alain Guillou

    PROCESSUS CONSTITUANT : « il faut qu’on avance »…ça semble être l’ob­ses­sion de nous tous…Mais s’il est vrai que le sur­place s’ins­talle dans une erreur per­ma­nente, « avan­cer », c’est avan­cer vers une autre erreur…Que j’es­père plus « légère »…Il y a pour « nous » (pour et selon cha­cun) « l’Er­reur insou­te­nable » et des erreurs rela­ti­ve­ment moins inte­nables, car elles s’au­to-amor­tissent comme « tran­si­toires »…comme des « inves­tis­se­ments qu’on n’ose nom­mer « dettes » : « je dois à la véri­té de dire que je ne sais rien » !
    Pour moi décré­ter que la clef du para­dis poli­tique est le tirage au sort, voi­la une « erreur qui barre les che­mi­ne­ments pos­sibles » vers « les autres » (erreurs). La véri­té éter­nelle et abso­lue n’existe pas telle quelle « appro­priable » : la véri­té a ce défaut d’ap­par­te­nir à une autre sphère que celle de « l’es­prit humain ». Par contre on peut vou­loir « avan­cer » vers moins d’er­reur. Donc la démarche d’é­cri­ture d’une Consti­tu­tion « réel­le­ment démo­cra­tique » devrait consis­ter à savoir lâcher du lest en dépo­sant les cer­ti­tudes qua­si reli­gieuses sur le côté du che­min, juste pour mar­quer les « erreurs à dépas­ser »…En matière de tirage au sort, moi je dépo­se­rais « en attente » tout ce qui ne se conçoit pas comme « expé­ri­men­ta­tion pro­vi­soire » : ain­si, l’é­cri­ture d’une consti­tu­tion par un « ate­lier de citoyens tirés au sort » devrait être une expé­rience déci­dée par réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive popu­laire : la pro­po­si­tion de ce réfé­ren­dum éma­ne­rait des signa­taires d’une péti­tion citoyenne.
    Voi­la pour « le pro­ces­sus », for­cé­ment ins­crit dans « l’exis­tant impar­fait ». Ce que l’é­ven­tuelle majo­ri­té de citoyens serait dans un pre­mier temps invi­tée à accep­ter en votant « OUI », ce serait « une expé­rience »…Ensuite, le « miracle poli­tique » serait dans le deuxième temps, « éven­tuel » : que le pro­jet pon­du par « l’a­te­lier expé­ri­men­tal » séduise !
    Sans croire sys­té­ma­ti­que­ment aux miracles, on ne peut les exclure « à prio­ri » : quand ils sont arri­vés, on com­prend qu’ils n’en n’é­taient pas vrai­ment. Ce qui tien­drait quand-même du miracle, c’est que la péti­tion pour obte­nir « l’ex­pé­rience ini­tiale » ne soit pas com­bat­tue par tous les moyens , des plus « légi­times » aux plus « sau­vages », dont dis­posent les « domi­nants » : pour moi ce sont les classes sociales domi­nantes du sys­tème capi­ta­liste, pour d’autres ce sont « les par­tis »…pour d’autres que sais-je, mais peu importe, « ils » conspi­re­ront tous, ne serait-ce que dans leurs « sub­cons­cients »(des « conspi­ra­teurs inno­cents » en quelque sorte?)… j’ar­rête là par res­pect pour Zedav et Mor­pheus et leur bagage intel­lec­tuel impressionnant!Amicalement.

    Réponse
  146. sitouaillain

    je fais part d’une expérience :

    a été lan­cé à quelques-uns le « groupe de tra­vail pour une assem­blée consti­tuante » à par­tir d’un forum inter­net éponyme.
    dans un pre­mier temps, un mail d’in­vi­ta­tion a été lan­cé à par­tir d’a­dresses recueillies lors du mou­ve­ment des col­lec­tifs uni­taires anti­li­bé­raux (CUAL) puis de fil en aiguille, cela a atti­ré des per­sonnes étran­gère à cette initiative.

    au final, à peu près 800 per­sonnes ont été ins­crites sur le forum, une tren­taine par­ti­ci­pant acti­ve­ment, d’autres ponc­tuel­le­ment et d’autres jamais (l’ul­tra­ma­jo­ri­té)

    le fonc­tion­ne­ment tota­le­ment hori­zon­tal et démocratique.

    nous avons com­men­cé par déblayer le ter­rain puis nous nous sommes lan­cé dans l’é­cri­ture d’une charte du consti­tuant et d’un pro­ces­sus consti­tuant. L’i­dée était de débattre pour défi­nir un tronc com­mun et d’ac­ter nos désac­cord en éla­bo­rant plu­sieurs options (dans l’op­tique d’un RIC à choix mul­tiples, au peuple de choi­sir les moda­li­tés d’écriture).

    trois ou quatre per­sonnes (dont votre ser­vi­teur) ont réel­le­ment bosé, c’est à dire rédi­gé les procédures.

    le pro­ces­sus de débat a été blo­qué par le refus des par­ti­sans du tirage au sort d’ac­cep­ter que quoi que soit d’autre soit pro­po­sé. Ce sont ces posi­tions qui ont fait blo­cage, d’où ma venue sur ce blog pour com­prendre à la source ce qui ren­dait des gens par ailleurs sym­pa­thiques et curieux aus­si intransigeants…force est de consta­ter qu’il y a eu une grosse déper­di­tion de sub­ti­li­té et d’ou­ver­ture d’es­prit entre l’é­met­teur et les récepteurs…inévitable…

    bref, ten­ta­tive d’or­ga­ni­sa­tion tom­bée à l’eau.
    paral­lè­le­ment nous avions tout de même lan­cé une péti­tion avant la cam­pagne pré­si­den­tielle pour un réfé­ren­dum appe­lant à une consti­tuante rédi­gée en des termes lais­sant ouvertes les dif­fé­rentes moda­li­tés d’é­cri­ture. reten­tis­se­ment et effets qua­si nuls (7000 signataires).

    voi­là pour une ten­ta­tive concrète…

    mais ce que nous avons lan­cé s’est dif­fu­sé et est venu en com­plé­ment du tra­vail d’E­tienne Chouard, de l’As­so­cia­tion pour une assem­blée consti­tuante, du Front de gauche et de réelle démo­cra­tie main­te­nant, par­ti pirate, NPA et j’en oublie sûrement.

    constat : ne pèsent que ceux qui sont orga­ni­sés, effi­caces dans leurs actions et si pos­sible nom­breux (quan­ti­ta­tif) et influents (qua­li­ta­tif)

    remaque : il manque une asso­cia­tion de pro­mo­tion d’un pro­ces­sus consti­tuant par tirage au sort, ce qui pas­se­rait d’a­bord par la for­ma­li­sa­tion de pro­po­si­tions CONCRETES.

    pour ma part, et sur la bases des débats et échanges sus­men­tion­nés, sans oublier ceux qui m’ont fait évo­luer ici, j’ai fait une pro­po­si­tion concrète, à par­tir d’as­sem­blées locales (démo­cra­tie prou­dho­nienne). Quand je dis concrète, c’est com­ment y par­ve­nir, qui ini­tie quoi et com­ment s’or­ga­nise le pro­ces­sus lui-même.
    ce tra­vail a été fait pour d’autres pro­po­si­tions ayant émer­gées sur le site du groupe de tra­vail pour une assem­blée consti­tuante (AC élue, AC tirée au sort).

    Tout ceci n’é­tant pas tout à fait vain, cha­cun devrait faire ce tra­vail de poser le cadre de ce qu’il ima­gine comme pro­ces­sus consti­tuant, ses condi­tions d’é­mer­gence et de pos­si­bi­li­té et les éven­tuelles actions à impul­ser pour y par­ve­nir, notament concer­nant la nature et l’or­ga­ni­sa­tion du groupe ini­tia­teur (genre, « les citoyens doivent… » ça ne veut rien dire!)

    à vos plumes, vos wiki et vos responsabilités !

    cor­dia­le­ment

    Réponse
  147. Morpheus

    Il y aurait peut-être un modus ope­ran­di à envi­sa­ger, bien qu’il soit sur du moyen terme. Je pense à une action com­mune par com­mune, en nous effor­çant, par par­rai­nage et sur le prin­cipe de la tache d’huile, à sen­si­bi­li­ser un petit groupe de per­sonnes dans une com­mune, puis cha­cun aurait pour objec­tif de for­mer un nou­veau groupe dans une autre com­mune (via un membre de la famille, une connais­sance, un col­lègue de tra­vail ou une connais­sance par le biais du net, ou peu importe).

    De cette manière, nous pour­rions essai­mer de proche en proche.

    Au sein de chaque com­mune, le petit groupe moti­vé pour­rait alors orga­ni­ser, pour sa com­mune et ses habi­tants, des évé­ne­ments ou des ini­tia­tives (confé­rence-débat, etc.).

    Cela per­met­trait de dif­fu­ser l’i­dée tout en la fai­sant vivre par le débat. Cela per­met­trai aus­si d’i­ni­tier à quelque chose que nous avons per­du, c’est la facul­té de débattre sans s’empailler ou nous retran­cher les uns les autres dans des posi­tions d’op­po­si­tion (nous avons, à cause du sys­tème où nous avons évo­lué, per­du la facul­té de cri­tique construc­tive, et avons appris seule­ment la cri­tique des­truc­tive – >art< dans lequel les fran­çais sont pas­sés maîtres).

    Bon, ce n’est qu’une idée infor­melle que j’ai eue comme ça, je balance, faites-en ce que bon vous semble.

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  148. Di Girolamo

    Je ne crois pas du tout à une consti­tu­tion éla­bo­rée en dehors d’un contexte his­to­rique pré­cis fai­sant émer­ger chez la popu­la­tion un désir de prendre en main son des­tin et par consé­quent le besoin de se consti­tuer en peuple et de rédi­ger ce qui va fon­der sa gouvernance.
    Le fait que ce désir existe déjà chez une par­tie mino­ri­taire de la popu­la­tion ne résout pas le com­ment de la mise en œuvre d’un vrai pro­ces­sus consti­tuant por­té par un grand nombre.
    C’est ain­si que les tra­vaux de ces mino­ri­tés, s’ils ont un inté­rêt d’é­veil et un carac­tère de défri­chage pion­nier ne peuvent s’im­po­ser sans ris­quer de contre­dire le carac­tère obli­ga­toi­re­ment démo­cra­tique de ce type de processus.
    L’i­dée de Sitouaillain d’as­sem­blées locales m’ap­pa­raît inté­res­sante mais risque de se heur­ter à cette cou­pure entre quelques mili­tants et la popu­la­tion lamb­da , le voi­sin , le bou­lan­ger , le conseiller muni­ci­pal etc L’in­té­rêt qu’on peut avoir pour la consti­tu­tion n’est pas une pré­oc­cu­pa­tion cou­rante et d’ac­cès facile chez mon­sieur et madame tout le monde ; mal­heu­reu­se­ment si ces assem­blées locales ne par­viennent pas à ras­sem­bler assez large et diver­si­fié , elles risquent de res­ter de petits comi­té d’initiés.
    La stra­té­gie employée doit tenir compte de cela et de l’é­tat de conscience poli­tique de nos concitoyens.
    Il importe donc de ne pas abor­der la consti­tu­tion direc­te­ment mais de refaire et pro­po­ser un che­mi­ne­ment de réflexion qui va par­tir du vécu et du res­sen­ti des gens ; cette réflexion en com­mun , au niveau des com­munes , sur les pro­blèmes des gens et la mise en rela­tion qu’on peut faire de ces pro­blèmes avec la marche de la socié­té , est en soi déjà une démarche poli­tique ; c’est la pre­mière marche ; de là , si elle séduit et que les thé­ma­tiques abor­dée ( chô­mage emploi , délo­ca­li­sa­tion , dette , finan­cia­ri­sa­tion , mon­naie, cli­mat etc etc etc font que les gens com­mencent à faire corps , alors de fil en aiguille , méca­ni­que­ment , on en vien­dra à la gou­ver­nance , aux outils poli­tiques ; ceux exis­tant dont on pour­ra faire la cri­tique , les diverses pro­po­si­tions exis­tantes , dont le tirage au sort etc
    Il faut bien regar­der le monde tel qu’il est : il suf­fit d’ob­ser­ver les gens, ce qu’ils font ce qu’ils achètent , de quoi leur parle les médias : la conscience poli­tique est réduite au vote pré­si­den­tiel ou ( mieux) à l’abstention.
    Par ce che­mi­ne­ment métho­do­lo­gique le but de l’o­pé­ra­tion serait que ces assem­blées locales , du fait même d’une pra­tique de réflexion en com­mun , redonnent goût à la poli­tique ; à ce moment là le besoin d’é­tu­dier la consti­tu­tion et d’en rédi­ger une émer­ge­ra peut être ;
    je ren­vois vers mes anciens com­men­taires fai­sant part d’une expé­ri­men­ta­tion de soi­rées de réflexion dans les vil­lage AVEC LA PARTICIPATION des élus locaux ( très impor­tant ) soi­rées sans éti­quettes par­ti­sanes et ouvertes à tous.

    Réponse
  149. Luc Guthrie

    Une fois (au moins) je me sou­viens d’a­voir enten­du (ou lu) Étienne expri­mer dans une confé­rence, une notion qui m’a sur­pris un peu de prime abord. C’é­tait que, de même que les choses qu’il a décou­vert au fil des années « l’ont tra­vaillé », c’est à dire qu’elles ont consi­dé­ra­ble­ment chan­gé sa per­cep­tion du monde dans lequel on vit, et bien, de même, ces mêmes choses elles, peu à peu, AU FIL DU TEMPS, nous tra­vaille­raient (« le virus » de la réa­li­té), à condi­tion que cha­cun fasse sa part d’é­tude et de réflexion.

    Autre­ment dit, notre regard sur des pans entiers du monde dans lequel ont vit, grâce à l’in­for­ma­tion et la réflexion, se trouvent ain­si assez radi­ca­le­ment chan­gés. Je ne sais pas vous, mais je me sens drô­le­ment chan­gé depuis quelque temps. Mon rap­port aux médias, par exemple, est car­ré­ment bou­le­ver­sé : j’ai du mal à ne pas être sai­si par le côté « cirque » : il y aurait tel­le­ment des choses sub­stan­tielles que les médias pour­raient dire et qu’au­cun média ne dit pas !!! C’est par­ti­cu­liè­re­ment vrai chaque fois que je lis ou j’en­tends les médias par­ler d’é­co­no­mie. La ques­tion : « Com­ment (com­ment!!) est-il pos­sible, que depuis 50 ans que je lis la presse avec atten­tion je n’ai jamais trou­vé l’ex­pres­sion « créa­tion moné­taire » dans un média ? »… est une ques­tion qui brule.

    Je ne suis pas sûr, d’a­voir véri­ta­ble­ment inté­gré que cer­tains par­mi nous, cer­tains humains comme vous et moi, dans ce vil­lage pla­né­taire qui est le nôtre, depuis déjà pas mal de décen­nies, ONT LA PLANCHE A BILLETS CHEZ EUX, une planche a billets extrê­me­ment per­for­mante, qui peut fabri­quer trois mil­liards, trois cents mil­liards, ou trois mille mil­liards de dol­lars, en quelques secondes, car il s’a­git désor­mais de l’argent scriptural-informatique.

    Je ne suis pas sur d’a­voir véri­ta­ble­ment inté­gré que cela se passe sans que le 99% de voi­sins de notre vil­lage pla­né­taire le sache.

    Je ne suis pas sûr d’a­voir véri­ta­ble­ment inté­gré que l’en­semble des gou­ver­ne­ments de la pla­nète, et les lois inter­na­tio­nales, ont don­né un sta­tut abso­lu­ment légal à ce que un petit groupe de voi­sins, repar­tis par notre vil­lage pla­né­taire, pos­sède chez eux cette planche à billets ultra-per­for­mante, alors que le reste de l’hu­ma­ni­té l’ignore.

    Je ne suis pas sûr d’a­voir véri­ta­ble­ment inté­gré que l’en­semble des médias de la pla­nète n’aient rien trou­ver à redire sur ce fait-là.

    Je crois que ces notions-là, doivent encore me tra­vailler un peu. Je crois que je n’en tire pas vrai­ment les consé­quences de tout ça.

    Comme disait un pré­sident des Etats Unis (me semble-t-il qu’il fut assas­si­né?), si les gens savaient com­ment fonc­tionne la créa­tion moné­taire, cela abou­ti­rait à un sou­lè­ve­ment immédiat.

    Je ne suis pas sûr d’a­voir réel­le­ment inté­gré que l’en­semble de l’é­co­no­mie mon­diale tourne autour de ce petit groupe de per­sonnes qui ont la machine à billets ultra-per­for­mante chez eux, la machine à créer des cen­taines des mil­liards de dol­lars en quelques secondes, par voie scrip­tu­ral-infor­ma­tique, avec la béné­dic­tion de l’en­semble de lois de la pla­nète, les soi-disant « repré­sen­tants du peuple », et avec le silence tacite de l’en­semble des médias pla­né­taires, les soi-disant « infor­ma­teurs des citoyens ».

    Réponse
  150. Zedav

    @ Sitouaillain et Morpheus :
    Cool, quand vous ne vous empaillez pas, ça devient tout de suite plus inté­res­sant et constructif.

    Avant de s’at­te­ler à l’é­cri­ture d’une consti­tu­tion ou même de for­mer une pseu­do consti­tuante, je pense que nous (ceux qui se sentent le plus concer­nés pour com­men­cer, il faut bien des ini­tia­teurs, ce qui pour autant ne devrait don­ner lieu à aucune dis­tinc­tion hiérarchique)pourrions nous consti­tuer en asso­cia­tion, créer un site (qu’E­tienne pour­rait réper­to­rier en site ami)dont l’ob­jec­tif de départ serait un « brain stor­ming » sur le sujet spé­ci­fique des stra­té­gies qui pour­raient nous conduire vers un pro­ces­sus consti­tuant désintéressé.

    On y aborde plus du tout les autres sujets qui nous pas­sionnent (et nous divisent par ailleurs)en nous foca­li­sant sur cet objec­tif (qui est donc l’ob­jec­tif com­mun qui réunit les membres).

    Ça peut prendre la forme d’un forum avec un fil par stra­té­gie. On met en place une modé­ra­tion dras­tique, non pas pour cen­su­rer cer­taines pro­po­si­tions mais pour éli­mi­ner les hors sujets et donc aus­si tous les com­men­taires qui cri­tiquent l’ob­jec­tif de la consti­tuante dés­in­té­res­sée (il y a suf­fi­sam­ment de sites où cette cri­tique peut se faire !).

    Dans le même esprit, une per­sonne qui vient avec une nou­velle idée mais qui s’in­cruste dans un fil déjà exis­tant voit son post dépla­cé dans un nou­veau fil créé à dessin.

    Je ne pense pas que les stra­té­gies pas trop lou­foques seront si nom­breuses et d’ailleurs, les fils lou­foques devraient mou­rir rapi­de­ment d’eux mêmes.

    Les membres de l’as­so­cia­tion (ouverte, mais les exclu­sions de trolls peuvent être pro­non­cés pour les per­tur­ba­teurs manifestes)fixent une durée pour cette phase 1 (pour­quoi pas un an)au terme de laquelle nous essaie­rons col­lec­ti­ve­ment de sélec­tion­ner les stra­té­gies les plus pro­met­teuses (à moins que cela puisse se faire par sélec­tion « natu­relle » des fils encore actifs ?).

    Phases 2, nous nous orga­ni­sons par affi­ni­tés pour une stra­té­gie ou une autre (pas de cumul, cha­cun s’en­gage sur la stra­té­gie qui lui semble la plus pro­met­teuse ou à laquelle il a le sen­ti­ment qu’il pour­rait être le plus utile) chaque stra­té­gie pou­vant par exemple conduire à la créa­tion d’une asso­cia­tion dis­tincte (ou pas, à étudier).

    Ces asso­cia­tions ont donc toutes le même objec­tif et dif­fèrent seule­ment par le che­min qu’elles mettent en oeuvre.

    Voi­là, même si on met ça en route avec beau­coup de dis­po­ni­bi­li­té et de bonne volon­té, il est évident que ça ne pré­sente pas la moindre garan­tie d’a­bou­tir. En fait, peut-être n’y a t‑il même aucune pos­si­bi­li­té de chan­ger l’ordre des choses dans ce sens.

    Obser­vant les humains et le contexte socio-his­to­rique dont nous sommes par­tie pre­nante, je crois qu’il y a infi­ni­ment peu de chances d’ar­ri­ver à une consti­tuante désintéressée…mais ma convic­tion est qu’aus­si infime soit elle, cette pos­si­bi­li­té vaut le coup qu’on se batte pour elle…

    Sug­ges­tions (bien dans le sujet) bienvenues

    On peut aus­si com­men­cer pas nous iden­ti­fier par notre plus petit déno­mi­na­teur com­mun…

    Que ceux qui par­tagent ce plus petit déno­mi­na­teur com­mun de par­ve­nir à une consti­tuante dés­in­té­res­sée par tirage au sort se fassent connaitre :
    zedav +1

    Réponse
  151. Di Girolamo

    Eh bien ! tant qu’on peut encore s’ex­pri­mer sur ce site ( mer­ci Etienne), il me semble utile de dire
    ‑qu’une consti­tu­tion n’est jamais dés­in­té­res­sée ; sinon l’i­dée du tirage au sort se contre­dit elle même : puis­qu’elle repose sur le prin­cipe de créer un effet de désintéressement
    – qu’un pro­ces­sus consti­tuant n’est pas un tra­vail scien­ti­fique qui a besoin sou­vent de cadres très pré­cis, mais poli­tique : il s’a­git d’or­ga­ni­ser la gou­ver­nance ; et qu’à ce titre décré­ter quel est le sujet et qui est hors sujet augure mal de la suite : le sujet d’une consti­tu­tion étant com­ment et quelles règles fixer per­met­tant une gou­ver­nance par­ta­gée acces­sible à tous .
    A par­tir du moment ou un indi­vi­du ou un groupe d’in­di­vi­dus décrète a prio­ri que LA règle c’est le tirage au sort et qu’il est inter­dit de cri­ti­quer cet a prio­ri, on place dès l’a­mont un ver dans le fruit.
    – qu’af­fir­mer « qu’il y a suf­fi­sam­ment de sites où cette cri­tique peut se faire ! » est une sacrée contre véri­té : il y a très peu de sites où l’on peut abor­der libre­ment ces sujets.

    D’autre part il y a je crois ici même un forum qui per­met de tra­vailler ce sujet consti­tu­tion­nel dans la séré­ni­té sans d’hor­ribles élec­trons libres qui empêchent l’é­cri­ture d’une consti­tu­tion par­faite et dés­in­té­res­sée qui sera sans doute aus­si bien appli­quée que la nôtre actuelle qui bien que très impar­faite ne l’est même pas dans ces aspects les plus positifs.

    Réponse
  152. sitouaillain

    à Di Girolamo,

    tu fais bien il me semble de rap­pe­ler que les choses tiennent en grande par­tie à un contexte et que la pro­ba­bi­li­té qu’une mobi­li­sa­tion de grande ampleur ayant la force d’im­po­ser un chan­ge­ment ait lieu sur la reven­di­ca­tion « constituante »,

    ma pro­po­si­tion d’as­sem­blée locales en tient d’ailleurs compte, puisque ce type de fonc­tion­ne­ment est en fait l’or­ga­ni­sa­tion « spon­tan­née » d’un peuple (ou disons d’une par­tie du peuple…illusions una­ni­mistes à mettre de côté svp!) qui agit en tant qu’ac­teur his­to­rique et poli­tique. de fait, ce mode d’or­ga­ni­sa­tion est déjà un nou­veau fonc­tion­ne­ment ins­ti­tu­tion­nel, qu’on y fabrique une consti­tu­tion ou qu’on y déter­mine les prio­ri­tés en terme de pro­duc­tion, de défense ou de justice..

    c’est donc bien à cette dyna­mique « insur­rec­tion­nelle » que nous devons tra­vailler. Les condi­tions ne sont pas loin d’être réunies et le pro­ces­sus islan­dais nous montre que nous pou­vons avoir bon espoir qu’un effon­dre­ment géné­ra­li­sé débouche sur une prise de conscience popu­laire de l’i­nep­tie du sys­tème poli­tique de ges­tion du train-train quotidien.…la consti­tuante vien­dra par sur­croît et le conte­nu de la loi fon­da­men­tale sera le reflet du degré de matu­ri­té poli­tique atteint par un peuple qui aura jus­te­ment dû se sor­tir de son train-train quo­ti­dien et de toutes ses obli­ga­tions qui font « sys­tème » pour accé­der à la digni­té de citoyens « auto­nomes » (dans les limites bien sûr, de la puis­sance de feu de l’adversaire…interne et extérieur).
    grève générale=rêve général.…ensemble, tout devient pos­sible disait le slo­gan du can­di­dat de l’UMP…

    sans attendre ce sou­lè­ve­ment géné­ral et sans pré­ju­ger de sa capa­ci­té « spon­tan­née » à deve­nir « le pou­voir », plu­sieurs modes d’or­ga­ni­sa­tion de ceux qui sou­haitent cela ont été consti­tués, c’est l’his­toire du mou­ve­ment socia­liste, avec his­to­ri­que­ment trois grosses frac­tures, la pre­mière entre anar­chistes et com­mu­nistes, entre com­mu­nistes et socia­listes, et plus glo­ba­le­ment entre révo­lu­tion­naires et réfor­mistes, c’est-à-dire entre ceux qui attendent « le grand soir » et ceux qui ont choi­sit d’u­ti­li­ser le suf­frage uni­ver­sel pour que le peuple obtienne des avancées.

    aujourd’­hui nuos avons un vaste pano­ra­ma d’as­so, de syn­di­cats, de par­tis, de col­lec­tifs qui oeuvrent dans cette direc­tion, avec nuances et diver­gences, mais le fait est que ce sont des citoyens orga­ni­sés et actifs qui sus­citent des révoltes, des grèves, des débats, bref, un peu de contes­ta­tion dans cet uni­vers confor­mite de bouches gâvées et de cer­veaux embrumés…

    dans ce contexte, pas la peine de réin­ven­ter la poudre, l’his­toire du mou­ve­ment ouvrier suf­fit me semble-t-il pour s’ins­pi­rer des réus­sites et des échecs, et le savoir accu­mu­lé en termes pra­tiques et théo­riques est plus que précieux…l’oublier, c’est se condam­ner à refaire les mêmes erreurs, res­ter trop long­temps impuis­sants (on s’indigne…)…mieux vaut lire ivan illich et cas­to­ria­dis que répondre aux appels de sté­phane hessel…ou bien on se révolte et on se met en posi­tion de construire une socié­té démo­cra­tique et éco­lo­gique, ou bien on s’in­digne et on réclame à nos diri­geants qu’ils nous écoutent un peu…au choix.

    cela dit l’in­di­gna­tion est un bon point de départ, pour un peu qu’on ait la modes­tie de se réfé­rer à ceux qui nous ont pré­cé­dé dans cette démarche…combattre les dogmes, certes c’est un devoir citoyen, refu­ser l’en­fer­me­ment sec­taire aus­si, res­ter désar­mé théoriquement…c’est l’é­chec assu­ré…« l’en­ne­mi » est mieux armé qu’il y a cent ans et le « peuple » moins affamé…

    donc contrai­re­ment à ce que dit Zedav, il me semble plus judi­cieux de ne pas com­men­cer par refaire les même erreurs que nos pré­dé­ces­seurs, en disant ce sera comme ça et pas autre­ment, cha­cun reste maître de son idéal, mais per­sonne ne maî­trise la direc­tion que pren­dra tout un peuple, il nous est alors pos­sible de lis­ter dif­fé­rentes moda­li­tés d’é­cri­ture d’une consti­tu­tion, et dif­fé­rentes moda­li­tés d’ap­pro­ba­tion, en accep­tant aus­si que le pro­ces­sus consti­tuant et le conte­nu de ses tra­vaux reflè­te­ront les rap­ports de force et les condi­tion­ne­ments que notre enga­ge­ment aura contri­bué à faire évo­luer mais pas à trans­for­mer radi­ca­le­ment d’un coup, c’est la limite de la stra­té­gie virale, de contre-pro­pa­gande, et il nous faut de toute façon pré­fé­rer qu’un peuple « habite » une consti­tuante et une consti­tu­tion qu’il est en mesure de faire fonc­tion­ner et de faire évo­luer plu­tôt que de faire entre soi The pro­ces­sus par­fait et The consti­tu­tion idéale qui ne pour­ra fonc­tion­ner car ne repo­sant pas sur un corps citoyen « réel », for­mé, conscient et mature pour cela…force est de consta­ter qu’en matière d’ir­res­pon­sa­bi­li­té poli­tique, nous par­tons de loin, les moda­li­tés exis­tantes de par­ti­ci­pa­tions étant très très loin d’être plei­ne­ment uti­li­sées par nos concitoyens…di Giro­la­mo l’a assez rap­pe­lé ici.… et seule la dyna­mique « insur­rec­tion­nelle », qui ne vous en déplaise peut aus­si s’in­car­ner dans une moindre mesure dans des élec­tions, de grandes grèves, des mobi­li­sa­tion sur d’autres sujets que Le poli­tique, sont des cir­cons­tances pro­pice aux dépla­ce­ment de posi­tion vis-à-vis du pou­voir et la res­pon­sa­bi­li­té citoyenne, indi­vi­duelle et collective.

    Réponse
  153. Alain Guillou

    Je crois que la seule « chance » d’un peuple est sa facul­té à se mobi­li­ser, donc à « tran­si­ter » vers un objec­tif rêvé, sup­po­sé, cal­cu­lé, affir­mé, pré­cis ou vague, je serais presque ten­té de dire « peu importe » : nous sommes tous des « gens d’un voyage » même si nous n’en pre­nons pas tou­jours conscience : ici et main­te­nant, nous savons que « ça ne peut durer ». Donc sont por­teurs du poten­tiel « néces­saire » les « mou­ve­ments », avec leurs avan­tages et incon­vé­nients : par­tis, syn­di­cats, asso­cia­tion, amicales…
    Il n’y aura pas Un « Mou­ve­ment pour l’E­cri­ture d’une Consti­tu­tion par des Citoyens Tirés au Sort », mais il pour­rait y avoir dans tout mou­ve­ment exis­tant au moins « un » citoyen en mou­ve­ment qui soit por­teur et col­por­teur du  » gen­til virus ».
    Or il y a pro­ces­sus pos­sible dans la « tran­ver­sa­li­té » des struc­tures , et quel­que­chose émer­ge­ra : un « autre mou­ve­ment », qui n’ap­par­tien­dra à per­sonne, mais qui cau­se­ra l’in­flexion simul­ta­née des « tra­jec­toires par­ti­daires appa­rentes » : c’est cette inflexion simul­ta­née qui sera le pre­mier évè­ne­ment « nou­veau », celui qui « nous » fera sor­tir des orbites fatales.
    Ce que je veux dire c’est que l’i­dée d’un tel pro­ces­sus consti­tuant n’exige pas que l’on quitte son propre enga­ge­ment per­son­nel dans les divers « mou­ve­ments » : si l’i­dée est per­ti­nente, sa per­ti­nence sera défen­dable par­tout. Amicalement.

    Réponse
  154. Morpheus

    @ Di Girolamo

    Peut-être que c’est moi qui me trompe, mais il me semble que tu as mal com­pris le mes­sage de zedav #157.

    Lors­qu’il évoque les « hors sujet », il parle des débats sur telle ou telle idée, dans la mesure où ce qu’il pro­pose est un forum dédié non pas à l’é­cri­ture et au débat (il dit qu’il en existe déjà, et il a rai­son ; de mon point de vue, le Plan C est LA réfé­rence en la matière), mais des dis­cus­sions sur les méthodes pour déve­lop­per, je cite : des stra­té­gies qui pour­raient nous conduire vers un pro­ces­sus consti­tuant dés­in­té­res­sé.

    Le « dés­in­té­res­sé » s’ap­plique, cela ne t’au­ra pas échap­pé j’i­ma­gine, à la défi­ni­tion qu’en fait Étienne, c’est-à-dire une garan­tie que les consti­tuants ne soient pas en situa­tion de conflit d’in­té­rêt dans leur tache.

    Donc, au cas où tu n’au­rais pas bien sai­sis, zedav pro­pose de créer un forum qui traite exclu­si­ve­ment des stra­té­gies pou­vant mener à une consti­tuante, PAS du conte­nue qui serait sou­hai­table (ou pas sou­hai­table, selon nos sen­si­bi­li­tés res­pec­tives) dans cette nou­velle constitution.

    En cela, je suis d’ac­cord avec lui, ce serait sans doute une chose inté­res­sante à faire, en paral­lèle (et non en concur­rence) avec les débats sur le conte­nu. Et c’est en cela qu’il parle de modération.

    Donc, zedav, en ce qui me concerne : +1

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  155. Elton

    PETITIONS REFERENDAIRES EN SUISSE

    Pas assez de signa­tures pour voter sur les accords fiscaux !

    Les Suisses ne vote­ront pas sur les accords fis­caux. Les réfé­ren­dums contre les trai­tés avec l’Al­le­magne, la Grande-Bre­tagne et l’Au­triche n’ont pas réuni les 50’000 signa­tures néces­saires. Seule la loi sur la pré­ven­tion des épi­dé­mies ani­males sera au menu des vota­tions fédé­rales du 25 novembre.

    La nou­velle, com­mu­ni­quée mar­di par la Chan­cel­le­rie fédé­rale, sonne comme un échec cin­glant pour l’Ac­tion pour une Suisse indé­pen­dante et neutre (ASIN), la Jeu­nesse socia­liste et les Jeunes UDC qui s’é­taient lan­cés dans la bataille réfé­ren­daire contre les accords fis­caux. Ils n’ont pas réus­si à réunir assez de paraphes dans les délais (jeu­di der­nier minuit).
    Pas assez de paraphes

    Les comi­tés ont dépo­sé 48’533 signa­tures contre le trai­té avec Ber­lin. Après double dépouille­ment et contrôle effec­tués par la Chan­cel­le­rie, il manque donc envi­ron 1500 signa­tures valables. Pis encore pour les accords avec Londres (47’554 paraphes, manquent 2500) et avec Vienne (46’848, manque plus de 3000), selon les chiffres trans­mis par la chan­ce­lière Cori­na Casanova.

    Les déci­sions de la Chan­cel­le­rie seront trans­mises aux comi­tés qui auront au moins une semaine pour deman­der à être enten­dus. La Jeu­nesse socia­liste attend ces déci­sions pour déci­der de la suite. Quant aux jeunes UDC, ils ne feront pas recours : leur « seul espoir » est que l’Al­le­magne rejette l’ac­cord fis­cal avec la Suisse.

    Les Suisses ne vote­ront donc que sur la loi sur les épi­zoo­ties le 25 novembre, pré­voyant de ren­for­cer le rôle de la Confé­dé­ra­tion dans le cas de pro­pa­ga­tion de mala­dies ani­males. Celle-ci pour­rait inter­ve­nir plus rapi­de­ment et de manière plus active, notam­ment en ache­tant des vac­cins assez tôt.
    Veto allemand

    Si l’é­chec des réfé­ren­dums enlève une épine du pied du Conseil fédé­ral, il ne marque pas pour autant la fin de la par­tie. Les trois trai­tés sont pré­vus pour entrer en vigueur le 1er janvier.

    Outre l’a­val des Chambres fédé­rales, ils doivent rece­voir celui des par­le­ments des pays concer­nés. Een Alle­magne, l’op­po­si­tion de la gauche, majo­ri­taire à la Chambre des Län­der, risque bien d’être fatale à l’accord.

    (ats / 02.10.2012 17h25)

    Réponse
  156. Nicolas

    ça fait plai­sir de voir qu’il y a eu des expé­riences locales qui ont bien fonctionné.
    Pour les stra­té­gies, je suis par­tant +1, et c’est vrai qu’il faut une struc­ture dédiée pour évi­ter le bruit (le hors sujet) et être efficace.
    D’ailleurs, mer­ci Eitenne de lais­ser ouvert:)

    Pour la remarque his­to­rique, c’est vrai que l’his­toire a mon­tré que les peuples se sont levés lors de grandes crises, et pour ma part, je ne sou­haite pas la grande crise. C’est clair que si elle vient, il fau­dra être capable de réagir rapi­de­ment, idéa­le­ment avec une struc­ture vivante, mais ce qui me pré­oc­cupe, c’est une stra­té­gie pour faire avan­cer l’i­dée d’une consti­tuante tirée au sort (quelque soit les évè­ne­ments future en matière de crise).

    Si on regarde com­ment les gens se com­portent vis à vis de la poli­tique, il y a ceux qui militent, et ceux qui écoutent. A mon avis, les gens qu’il faut convaincre de cet idée, ce sont les mili­tants des par­tis poli­tiques. Qu’on ne s’y trompe pas, si on tire une assem­blée au sort, il y aura des mili­tants du FN et du front de Gauche, de l’UMP comme du PS, en pro­por­tions égale au résul­tat qui serait obte­nu en cas d’elections.

    C’est pour­quoi je pense qu’il fau­drait créer une struc­ture (pour­quoi pas une asso­cia­tion) dont le but serait d’é­la­bo­rer un pro­ces­sus de fonc­tion­ne­ment de l’as­sem­blée (qui prend la parole, et com­ment ? quelles sont les condi­tions pour qu’une idée soit pré­sen­tée à l’as­sem­blée ? y a t il des com­mis­sions ? Qui modère et comment ? …).

    Cette asso­cia­tion ne doit pas se mon­trer comme affi­liée à quelques paris poli­tique que ce soit.

    Avec cette struc­ture, on pour­rait orga­ni­ser des expé­riences locales comme décrites ci des­sus (ça c’est pour le coté marketing)

    Puis après, on espère que ça prend.

    Quand je parle du tirage au sort, j’ai beau­coup d’é­chos posi­tifs, mais per­sonne qui ne fait suivre… et pour­tant, j’en parle vrai­ment beaucoup.

    Pour finir, la plu­part des mili­tants poli­tiques (je parle des mili­tants en géné­ral, ceux qui ne font pas que écou­ter) sont sin­cères dans leur démarche, dans le sens ou ils ont envi que les choses bougent. Et sou­vent, ils sont très inté­res­sés par le tirage au sort pour une consti­tuante, et aime­raient cer­tai­ne­ment pou­voir par­ti­ci­per à une expé­rience en live…

    Bien à vous,
    Nicolas.

    Réponse
  157. Catherine B

    En com­plé­ment de mes­sage 121, et pour répondre plus pré­ci­sé­ment à Morphéus :
     »
    Il n’y a pas de nature humaine dit-il ! »

    Ce que je dis, ce n’est pas ça Morphéus.

    D’a­bord nature humaine ne veut pas dire Nature.

    La nature est englo­bante et la nature humaine est un sous-pro­duit de celle-ci.

    La nature humaine est par la défi­ni­tion qui lui offre une qua­li­té d’hu­maine, réduite à l’hu­ma­ni­té de la Nature, donc limi­tée aux carac­té­ris­tiques de celle-ci.

    Limi­tée aux limites de l’hu­main, la nature humaine obéit à des lois quoique tu en dises.

    L’hu­main n’est pas seul et la loi est là pour com­po­ser cet écart entre le « je » et le « nous » normale–ment.

    Et ces mêmes lois naviguent entre toute puis­sance et impuis­sance et la loi est là pour com­po­ser entre cet écart normalement.

    Je dis nor­ma­le­ment scie–mment, car bien sûr, c’est rare­ment le cas, la loi ne joue pas le jeu car nous consen­tons à ce jeu per­du d’a­vance en déna­tu­rant l’es­prit de la loi.

    Le cas le plus cou­rant, c’est l’o­rien­ta­tion de cette nature que l’on appelle humaine et qui obéit aux pre­mières marques, aux pre­mières empreintes qui ont été faites en elle, dans son sys­tème lim­bique puis dans son néo-cor­tex et qui font qu’elle a le plus sou­vent une nature de sui­veuse sans se poser la ques­tion de la nature du cou­rant qu’elle suit.

    Voi­là ce que je vou­lais dire !

    Réponse
  158. Catherine B

    Bon , main­te­nant, Zedav, j’ai pas lu tous les com­men­taires parce qu’il y en a trop et que je suis trop fati­guée et aus­si trop pares­seuse, mais ce que je vou­lais te dire c’est que si tu crois qu’en rédui­sant un champ à son péri­mètre c’est gagnant/gagnant moi je crois que c’est plu­tôt perdant/perdant.

    Car une spé­cia­li­té, c’est certes néces­saire, je l’ad­mets tout à fait, mais encore faut-il que cette spé­cia­li­té soit inner­vée par le flux des entre­croi­se­ments variés qui peuvent te sem­bler hors sujet mais qui pour­tant par ce fait même innervent ton sujet et lui donne vie.

    Illus­tra­tion pratique.

    Observe les sujets hyper-spé­cia­li­sés. S’ils res­tent trop long­temps cou­pés du reste, ils meurent d’inanition !

    Gloire aux hors-sujets !

    Regarde ta vie ! tu cherches quelque chose, et sur ta route viennent s’en­tre­mê­ler des tas de choses que tu réprouves d’a­bord mais qui au bout du compte t’offrent une réponse ines­pé­rée à la ques­tion que tu te posais ori­gi­nel­le­ment et qui n’au­rait pas trou­vé sa réponse si cet accès là avait été fermé !

    Réponse
  159. Catherine B

    « L’homme se fait de se défaire comme dit je ne sais plus qui, mais pas moi. Il se doit de s’ar­ra­cher à toute assi­gna­tion d’une essence​.Il est un « quoi » qui le sous­trait au risque de la défi­ni­tion. Le propre de l’homme est de ne pas avoir de propre. La défi­ni­tion de l’homme est de ne pas avoir de défi­ni­tion. Son essence est de ne pas avoir d’es­sence. »

    Réponse
  160. zedav

    @ Mor­pheus : merci…et bien­ve­nu dans les pré­mices de l’as­so­cia­tion EPCD (acro­nyme pro­vi­soire). As tu les com­pé­tences pour créer un forum ? (basique pour com­men­cer, je ne les ais pas mais je peux peut-être trou­ver quelqu’un…)

    Je ne comp­tais pas répondre. Las de me heur­ter à ceux qui NE VEULENT PAS com­prendre. Tous ce que tu refor­mules était je crois bien assez expli­cite pour des gens qui sont des habi­tués du blog et du forum d’E­tienne. Devoir réex­pli­quer ce que signi­fie « dés­in­té­res­sé » au sens uti­li­sé par Étienne, c’est triste et décourageant.

    Il en est de même de Sitouaillain, tou­jours prompt au « moi­moi­je­moi­moije », tel­le­ment prompt en fait qu’il ne voit même pas que ce qu’il pro­pose (et auquel je com­prends qu’il soit atta­ché) n’est PAS DU TOUT en contra­dic­tion avec ce que je pro­pose. La stra­té­gie qu’il envi­sage pour­rait jus­te­ment don­ner lieu à un fil dans le forum EPCD (enga­ger le pro­ces­sus consti­tuant désintéressé)stratégie qui pour­rait peut-être béné­fi­cier des contri­bu­tions, idées et remarques d’autres que lui(une hypo­thèse certes assez osée dont je m’ex­cuse par avance… en effet dif­fi­cile d’i­ma­gi­ner que qui que ce soit puisse appor­ter quelque chose à une idée d’emblée par­faite puisque d’o­ri­gine Sitouaillain).

    Si, non­obs­tant le fait que Sitouaillain consi­dère – à juste titre à mon avis – que sa stra­té­gie est très bonne, il peut envi­sa­ger qu’il peut aus­si exis­ter d’autres voies pas com­plè­te­ment nulles qui pour­raient contri­buer à l’ob­jec­tif (et même si elles seront for­cé­ment bien moins bonnes que la sienne, sachons gar­der quelque luci­di­té et humi­li­té face au grand homme)je conti­nue à pen­ser que ma pro­po­si­tion reste per­ti­nente en per­met­tant de déve­lop­per chaque idée dans le délai conve­nu de façon col­la­bo­ra­tive (je suis convain­cu que ceux qui n’ont pas eu l’i­dée de départ peuvent néan­moins être très utiles à son perfectionnement).

    Encore une fois, je ne conçois pas ces fils de façon concur­rente mais au contraire comme dif­fé­rents che­mins pou­vant contri­buer plus ou moins (plus pour l’i­dée de Sitouaillain, moins pour les autres idées, cela va sans dire)au résul­tat sou­hai­té (par CEUX QUI SONT D’ACCORD AVEC LE PLUS PETIT DENOMINATEUR COMMUN, n’est-ce pas Di Gior­la­mo, per­sonne n’est obli­gé de se joindre à EPCD).

    Sauf à être omni­scient, je crois en effet un rien pré­somp­tueux de pré­tendre savoir à l’a­vance quel che­min débou­che­ra (si tant est qu’un seul y par­vienne et vu comme ça com­mence, c’est pas gagné)et une solu­tion pour pal­lier à notre condi­tion humaine « eyes wide shut » est donc je crois de ten­ter en paral­lèle dif­fé­rentes stratégies…(ce qu’on appelle « ne pas tout miser sur le même che­val » pour ceux qui ont du mal à me comprendre).

    Réponse
  161. Catherine B

    Réponse au mes­sage 101 de Luc que je viens juste de lire.

    La défi­ni­tion de ce qui me sem­ble­rait juste ne rentre pas dans la défi­ni­tion que vous en faites Luc.

    Je ne suis pas une pro- tirage au sort loin s’en faut, aus­si, je répu­die toute réponse qui pour­rait en émaner.

    Je déplore d’ailleurs inté­rieu­re­ment qu’E­tienne s’en tienne si farou­che­ment accro­ché à cette idée. C’est une idée cer­cueil pour moi car elle enterre toute vel­léi­té de réel changement

    Son audience, celle d’E­tienne, pour­rait se mul­ti­plier s’il assou­plis­sait sa pos­ture pour s’ou­vrir à l’in-connu qui comme toute nature d’in-connu n’est pas encore connu, sourire!!!!!

    Réponse
  162. zedav

    @ Cathe­rine B :

    En effet Cathe­rine et c’est là tout l’art d’un bonne modé­ra­tion, pas trop relâ­chée pour évi­ter la dis­per­sion qui conduit à tour­ner en rond et à errer sans fin, pas trop ser­rée pour ne pas sté­ri­li­ser le fil…

    De plus, pour ce qui est de la fécon­di­té, les dis­cus­sions ouvertes du plan C et du blog sont tou­jours là.

    Enfin, EPCD part d’un ter­reau très fécond et sera stop­pé pour la phase 2 dès que les stra­té­gies parai­tront suf­fi­sam­ment abou­ties au contributeurs…

    Réponse
  163. Catherine B

    Bon, j’a­voue Zedav que c’est trop com­pli­qué pour moi tout ce pro­ces­sus, mais ta force de convic­tion me pousse à te croire et à croire en toi, alors fonce, vas‑y et on ver­ra bien quel sera le fruit de ton arbre !

    Pour ce qui est de la modé­ra­tion, à cha­cun sa propre mesure, la mesure ne doit pas se mesu­rer à l’aune d’un grand Autre.

    A cha­cun de répondre de ce qu’il fait, la réponse ne peut être don­née par d’autres, car alors c’est infan­ti­li­ser les récep­teurs du mes­sage et je ne crois pas que ce soit le but que tu objec­tives, me tromperais-je

    Réponse
  164. Morpheus

    @ zedav

    Per­son­nel­le­ment, il me semble que la richesse d’un groupe de gens, c’est pré­ci­sé­ment la varié­té de stra­té­gies pos­sibles. Selon ses affi­ni­tés, cha­cun opte­ra pour une stra­té­gie, et il n’y a pas de stra­té­gie concur­rente, seule­ment des stra­té­gies com­plé­men­taires. Je crois que nous sommes sur la même lon­gueur d’onde.

    Nous ne devons pas néces­sai­re­ment attendre que tous soient d’ac­cord ou volon­taire. On peut tou­jours voir ce qu’on peut faire et lais­ser les portes ouvertes. Peut-être qu’on va se plan­ter, ou peut-être pas, mais c’est sur que si on n’es­saye pas, rien n’arrivera.

    Par contre, déso­lé, je n’ai aucune com­pé­tence en créa­tion de site. La seule chose est que j’ai déjà été modé­ra­teur sur plu­sieurs forum, mais c’est tout.

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  165. Alain Guillou

    L’Hu­main d’a­bord, c’est une reven­di­ca­tion col­lec­tive, mais sur­tout c’est « la mienne à moi », citoyen bien par­ti­cu­lier qui refuse d’être médio­cri­sé par quiconque. 

    Ceci veut dire que « pour moi » (je sais, « toi » tu t’en fous…et c’est ton droit) il existe une « nature humaine ». La seule chose à laquelle je renonce c’est de devoir la défi­nir pour les autres. Donc « je  » suis concer­né en connais­seur par « l’a­lié­na­tion de la nature humaine » tout comme un com­po­si­teur , un écri­vain ou un artiste lutte pour qu’on ne lui vole pas « l’es­sence de son œuvre »…

    C’est ain­si que pour moi, Marx a rai­son de dire : « le capi­ta­lisme est des­truc­teur de l’es­sence humaine », et il est condam­né par elle …

    Si pour « TOI » (mon « enne­mi-ami », inter­lo­cu­teur néces­saire), ce sont des « salades », pour moi, j’y ajoute la sauce sar­trienne de l’exis­ten­tia­lisme (entre autres « condi­ments »), et je finis par dire : « ma liber­té n’existe que si je res­pecte (ou me bats pour) la liber­té de « mon pire et néces­saire enne­mi-ami-poten­tiel » : La TIENNE, (choi­sir le pseu­do visé)…

    Ce qui me conduit selon une logique com­po­sée de toutes ces sauces, à reven­di­quer le « pro­ces­sus Consti­tuant » avec une cer­taine place au tirage au sort, dedans… 

    Ami­ca­le­ment.

    Réponse
  166. zedav

    @ Etienne : Est-ce que ça vous dérange si on lance EPCD en se par­lant depuis le blog ou le forum, juste le temps de lan­cer le site et de se recon­naître à quelques uns ?

    @ Mor­pheus et Nico­las et ceux qui se recon­naissent dans EPCD (enga­ger le pro­ces­sus consti­tuant désintéressé)je laisse mon adresse cour­riel : zedav63(le petit signe bien connu)yahoo.fr

    Envoyez moi un cour­riel, ça me per­met­tra de vous pré­ve­nir quand j’au­rais une solu­tion pour le site et ça nous per­met­tra aus­si de dis­cu­ter un peu de son archi­tec­ture sans trop squat­ter le blog et le forum du plan C…

    Réponse
  167. Di Girolamo

    Beau­coup de condes­cen­dance et aucune réponse sur le fond dans le mes­sage 167 de Zedav .….

    Notam­ment se poser la ques­tion de savoir si l’as­so­cia­tion des notions de stra­té­gie et de consti­tu­tion est une bonne manière d’a­bor­der le problème .

    En effet mener une stra­té­gie dans ce domaine c’est par avance nier le fait qu’une consti­tu­tion avant d’être une pro­tec­tion d’un fonc­tion­ne­ment démo­cra­tique est l’a­bou­tis­se­ment d’un pro­ces­sus démocratique.

    C’est donc en vivant et fai­sant vivre la démo­cra­tie (qui n’est autre que la prise en compte de l’autre) que peut émer­ger un pro­ces­sus constituant.

    D’autre part on est pas en chambre sté­rile mais immer­gé dans un monde réel qui est ce qu’il est et à par­tir duquel il faut par­tir ; nous avons une consti­tu­tion très impar­faite et qui plus est pas appli­quée dans ces élé­ments les plus essen­tiels ; mon­trer ce qui ne va pas et FAIRE APPLIQUER ce qui va est incon­tour­nable ; le on efface tout et on recom­mence peut avoir un inté­rêt de recherche , mais n’est pas poli­ti­que­ment fondé.

    D’autre part le fait qu’une consti­tu­tion touche à nos plus hautes valeurs lui donne un carac­tère qua­si sacré ; il faut donc beau­coup se méfier de ne pas uti­li­ser la notion constitution .

    Réponse
  168. Alain Guillou

    @ Di Girolamo : 

    d’ac­cord avec vous, car pour moi, seule une « vue de l’es­prit » nous laisse ima­gi­ner un pro­ces­sus consti­tuant par­tant de zéro. 

    La réa­li­té qui nous échappe en grande par­tie, nous y sommes avec d’au­tant plus de pesan­teur et d’i­ner­tie que nous pré­ten­dons la négliger. 

    Donc, l’u­to­pie n’est agis­sante qu’à par­tir de « l’exis­tant », ou d’au moins quelques points d’ap­pui : avant de « lever l’ancre », il faut avoir envi­sa­gé un tra­cé de route sur un can­ne­vas qui « colle » en quelques points essen­tiels avec cette « réa­li­té » elle-même mouvante. 

    Com­ment nier les avan­cées déjà réa­li­sées, quand on constate « la grande régres­sion qui menace » ? 

    Il faut donc « résis­ter », ce qui ne signi­fie pas « table rase », pas plus que « inter­dic­tion d’i­ma­gi­ner »… oui, je sens peut-être le « soixante-hui­tard »… mais l’His­toire est glo­ba­le­ment lente pour « l’hu­ma­ni­té », mal­gré les accé­lé­ra­tions « inat­ten­dues » qui peuvent bou­le­ver­ser des des­tins indi­vi­duels. Le droit de péti­tion se déve­loppe, le réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive popu­laire est une reven­di­ca­tion venue de tous les hori­zons, avec d’autres exi­gences de « trans­for­ma­tion » il fau­drait que tout cela converge, c’est pos­sible et néces­saire, et ça a com­men­cé à l’é­chelle planétaire.

    Ami­ca­le­ment.

    Réponse
  169. Soraya

    Eco­no­mie

    Un petit coups de Von Mises ?

    Sa théorie économique a un fon­de­ment réaliste : par­tant de prémisses empi­riques générales, elle procède d’une ana­lyse de la nature humaine et du concept d’ac­tion humaine qui en découle.

    Aux anti­podes de la macroéconomie – qui ana­lyse des gran­deurs sta­tis­tiques, des agrégats et des moyennes –, Von Mises sou­ligne le rôle prépondérant de la sub­jec­ti­vité en économie. Il insiste sur l’im­por­tance des opi­nions sub­jec­tives des indi­vi­dus dans la for­ma­tion des phénomènes sociaux, sur les déséquilibres qui en découlent, et sur le rôle cen­tral de l’entreprise.

    En accord avec la théorie de l’u­ti­lité mar­gi­nale décroissante, il définit la valeur comme le degré d’im­por­tance attri­bué par un sujet à une quan­tité donnée d’un bien, dans les cir­cons­tances du moment (para­doxe de l’eau et du dia­mant : un verre d’eau dans le désert n’a pas la même valeur que le même verre d’eau dans une région où l’eau est abon­dante, mais le deuxième et le troisième verre auront sans doute moins de valeur que le pre­mier). Il écrivit par exemple que :

    « La valeur n’est pas intrinsèque, elle n’est pas dans des choses. Elle est en nous ; elle est la façon dont l’homme réagit aux condi­tions de son environnement. »

    Selon Mises, le marché, non entravé par des inter­ven­tions étatiques, pro­duit un ordre spon­tané opti­mal qu’au­cune orga­ni­sa­tion ou pla­ni­fi­ca­tion ne sau­rait atteindre. La « pla­ni­fi­ca­tion indi­vi­duelle » est supérieure à toute pla­ni­fi­ca­tion collective.

    Son œuvre théorique réfute le col­lec­ti­visme et l’étatisme sous toutes leurs formes, tant modérées comme le keynésianisme, qu’an­ti­ca­pi­ta­listes comme le socia­lisme et le com­mu­nisme, ou encore le nazisme. Les prin­cipes élémentaires que sont la propriété privée, la divi­sion du tra­vail et la liberté des échanges sont pour Mises le fon­de­ment même de la civi­li­sa­tion. Ce sont eux qui ont per­mis pour Mises la prospérité de nos sociétés :

    « L’économie de marché n’a pas besoin d’a­po­lo­gistes ni de pro­pa­gan­distes. […] Si vous cher­chez son monu­ment, regar­dez autour de vous. »

    Von Mises est un par­ti­san de l’étalon-or, parce qu’il sous­trait la mon­naie au contrôle de la poli­tique et aux ten­dances infla­tion­nistes de tous les gouvernements.

    En 1912, il publie sa Théorie sur la mon­naie et le crédit, l’une de ses prin­ci­pales contri­bu­tions à la pensée économique qui assied sa réputation en Europe. Il s’at­tache dans ce texte à uni­fier l’économie comme ana­lyse de l’a­gir humain, lut­tant contre la divi­sion entre macro et microéconomie. Réfutant les conclu­sions de Karl Hel­fer­rich, il réintègre dans ce texte la mon­naie dans la théorie mar­gi­na­liste en mon­trant qu’il s’a­git d’un pro­duit comme un autre et non d’un simple « voile » comme dans la théorie ricardienne.

    Il y appro­fon­dit l’a­na­lyse de la mon­naie, en sou­li­gnant tout d’a­bord que toutes ses fonc­tions « ne sont que des aspects par­ti­cu­liers de sa fonc­tion pri­maire et unique, celle de moyen d’échange ».

    Il pro­pose également une typo­lo­gie des « mon­naies, en dis­tin­guant la mon­naie au sens strict et au sens large.

    Il montre également que l’aug­men­ta­tion de la masse monétaire ne se contente pas d’aug­men­ter uniformément l’échelle des prix mais intro­duit des distorsions.

    Il explique que la loi de l’offre et de la demande s’ap­plique aus­si à la mon­naie, et lui confère son « prix », qui est son pou­voir d’a­chat. Dès lors, établir une équation de la mon­naie est impos­sible. Il insiste enfin sur l’o­ri­gine spontanée et non étatique de la monnaie.

    l y met en garde contre les pro­ces­sus infla­tion­nistes, sources de redis­tri­bu­tion et non de création de richesses. Il sou­ligne également le dan­ger de la mani­pu­la­tion catas­tro­phique de la masse monétaire, qui condui­sit par la suite au krach de 1929. Il sou­tient que l’étalon-or est le seul système monétaire viable, que l’in­fla­tion est la cause du déficit de la balance des paie­ments et non l’in­verse et que les crédits ban­caires ne devraient pas être ajustés en fonc­tion de cette varia­tion du commerce.

    Il développe enfin une ana­lyse du système de création monétaire par réserves frac­tion­naires et pro­pose une théorie du cycle économique.

    En 1920, dans un article, Le cal­cul économique en régime col­lec­ti­viste, puis en 1922 dans son livre Socia­lisme, il prédit quelques années après la révolution d’oc­tobre la chute du com­mu­nisme, et explique pour­quoi selon lui tout système de pla­ni­fi­ca­tion cen­trale est non seule­ment moins effi­cace que le libre-marché, mais doit nécessairement finir par s’écrouler, une économie ne pou­vant pas fonc­tion­ner sans prix de marché qui trans­mette l’in­for­ma­tion aux acteurs. Il écrit ain­si que « Du fait de la des­truc­tion du système des prix, le para­doxe de la « pla­ni­fi­ca­tion » tient à ce qu’il est impos­sible d’y faire un plan, faute de cal­cul économique. Ce que l’on dénomme économie planifiée n’est pas une économie du tout. C’est tout juste un système de tâtonnements dans le noir. »

    Sans marché, pas de cal­cul économique et donc pas d’« économie ».

    Dans Socia­lisme, il sou­ligne également que dans un système capi­ta­liste, les propriétaires des moyens de pro­duc­tion ne sont pas uni­que­ment les propriétaires légaux mais également l’en­semble des consom­ma­teurs. Le capi­tal accu­mulé leur bénéficie direc­te­ment. Pour Mises, le système socia­liste ne peut assu­rer le même bien‑être aux indi­vi­dus, tou­jours en rai­son de l’ab­sence de cal­cul économique.

    Dans la seconde par­tie de l’ou­vrage, il insiste sur l’as­pect mili­taire de la pla­ni­fi­ca­tion, système dans lequel l’in­di­vi­du est privé de sa liberté et doit obéir aux ordres des pla­ni­fi­ca­teurs cen­traux. Il écrit ainsi :

    « La com­mu­nauté socia­liste est une grande asso­cia­tion auto­ri­taire dans laquelle des ordres sont émis et appliqués. C’est ce que signi­fient les termes « économie planifiée » et « abo­li­tion de l’a­nar­chie de la pro­duc­tion ». La struc­ture d’une com­mu­nauté socia­liste est bien résumée dans la com­pa­rai­son avec une armée. »

    Élargissant les tra­vaux de David Ricar­do, il écrit que, grâce aux bien­faits de la divi­sion du tra­vail, les hommes ont intérêt à s’as­so­cier. L’échange libre et non entravé par l’État entre les différents acteurs économiques per­met, selon Mises, une économie effi­cace et sur­tout est source de paix : « La plus grande pro­duc­ti­vité du tra­vail grâce à la divi­sion du tra­vail […] fait que les hommes se regardent comme des cama­rades dans un effort com­mun pour le mieux‑être et non comme des concur­rents dans une course à la sur­vie. Des enne­mis, elle fait des amis, de la guerre, la paix, et des indi­vi­dus, une société. »

    Réponse
  170. Morpheus

    Von Mises dit :

    « La valeur n’est pas intrinsèque, elle n’est pas dans des choses. Elle est en nous ; elle est la façon dont l’homme réagit aux condi­tions de son environnement. »

    Il devrait aller jus­qu’au bout de son idée, et remettre en cause la mon­naie elle-même, et non la théo­rie moné­taire, mais il fait évi­dem­ment l’im­passe sur cette remise en cause, car elle ren­verse l’i­déo­lo­gie qu’il tente de pro­mou­voir : l’ultra-libéralisme.

    Son argu­men­taire est tou­te­fois révé­la­teur, puis­qu’il démontre (sans doute sans le vou­loir) la contra­dic­tion entre d’une part, l’i­dée que c’est >la nature humaine< qui gou­verne les com­por­te­ments humains, et d’autre part que ces com­por­te­ments sont une réac­tion à l’en­vi­ron­ne­ment. Autre­ment-dit, les ultra-libé­raux ne s’in­quiètent nul­le­ment d’in­tro­duire dans leurs théo­ries fumeuses des approches contra­dic­toires incluant à la fois la thèse de l’in­né et celle de l’ac­quis : tant qu’à faire, autant ratis­ser large. Un boni­men­teur de foire foraine n’au­rait sans doute rien à redire au procédé.

    On voit là qu’ils ne s’embarrassent guère de consi­dé­ra­tions logiques, le but étant de construire un édi­fice de croyances en fai­sant pas­ser celui-ci comme le pro­duit d’une >réflexion scien­ti­fique< (l’aire du temps étant pas­sé du fait reli­gieux au fait scien­tiste – notez l’emploi du terme).

    Tout comme les théo­lo­giens font une inter­pré­ta­tion « libre » des évan­giles, les éco­no­mistes – ces théo­lo­giens des temps modernes – inter­prètent tout aus­si « libre­ment » telle ou telle théo­rie scien­ti­fique afin de construire l’i­déo­lo­gie domi­nante per­met­tant de conti­nuer à exploi­ter les peuples au béné­fice d’une petite clique de para­sites : les >élites<.

    L’homme étant à la fois un ani­mal reli­gieux et un ani­mal doté de la facul­té d’a­dap­ta­tion, il ne montre guère de dif­fi­cul­té de pas­ser d’un mythe à un autre, pour­vu que quelques élé­ments demeurent com­muns à l’an­cien et au nou­veau mythe.

    Amis lec­teurs, je vous laisse, une fois n’est pas cou­tume, le soin de faire la liste de ces points communs.

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  171. Ana Sailland

    Forte den­si­té d’i­dées 🙂 Mer­ci Soraya

    Réponse
  172. zedav

    Un acca­blant conden­sé d’er­reurs de logique et d’in­ca­pa­ci­té à envi­sa­ger les consé­quences à moyen long terme de la puis­sance illi­mi­tée confé­rée par l’ac­cu­mu­la­tion poten­tiel­le­ment illi­mi­tée (à l’in­verse des apti­tudes humaines, même du plus grand génie de tous les temps)de la pro­prié­té privée.

    Toutes ces fadaises et spé­cu­la­tions infan­tiles qui ne visent qu’à jus­ti­fier de façon appa­rem­ment ration­nelle le désir d’ac­cu­mu­la­tion illi­mi­tée ont été démon­tées 1000 fois, par­fois même par des libé­raux comme Hayek.

    Bon, j’ar­rête là, c’est tel­le­ment faible que ça ne vaut pas la peine qu’on s’y penche plus que ça…

    Réponse
  173. Ana Sailland

    hééééé Mor­phéus, regarde la date .…. Ce brave homme ne pou­vait pas t’a­voir lu . Calmooooos

    Réponse
  174. Ana Sailland

    Le cher­cheur d’or ne méprise pas la boue qui peut être contient des pépites.

    Réponse
  175. Morpheus

    @ Ana

    Je suis tout à fait calme, tu sais 🙂

    Et en outre, je ne méprise pas, j’ex­prime mon sen­ti­ment face à des inep­ties 100 fois dénon­cées mais 1000 fois répé­tées, tout en en reti­rant pré­ci­sé­ment la pépite (la phrase sou­li­gnée en bleu en intro­duc­tion du #177).

    Et je ne m’a­dresse pas à Von Mises, évi­dem­ment, mais aux innom­brables portes-voix qui répètent inlas­sa­ble­ment ces antiennes, encore aujourd’­hui (il faut voir le matra­quage quo­ti­dien d’un Erwa­net sur Ago​ra​vox​.tv, par exemple, pour se convaincre que la méthode Coué est tou­jours d’actualité).

    Cal­me­ment,
    Morpheus

    Réponse
  176. Maurice

    Bon­jour,

    Je suis M. Chouard depuis quelques mois et ces der­niers temps je m’at­tarde sur les fils de dis­cus­sion du blog.

    J’ai n’ai pas lu la tota­li­té des mes­sages, mais j’ai pris la peine d’en lire un nombre consé­quent et la reste en diagonale.

    Je vou­drais m’at­tar­der sur quelque chose qui me cha­grine de plus en plus lorsque je regarde ou écoute ce genre de table ronde : les applau­dis­se­ments.

    Cette petite chose, de prime abord inof­fen­sive car de nature popu­laire, me semble écra­ser l’au­di­teur et l’es­prit dans le fatal sché­ma mani­chéen d’ac­cord, pas d’ac­cord, j’aime, j’aime pas, silence ou « applause » … sans pour autant avoir les moyens de savoir s’il s’a­git d’un « applause » ou d’un « applause please ».

    La théo­rie du cen­tième singe s’ap­plique-t-il au frap­peurs de mains ? Numé­ro 100 mal­gré lui don­ne­rait le mérite d’un plé­bis­cite à 100% à l’orateur.
    Offrant ain­si à l’au­di­toire (par­ti­ci­pant du phé­no­mène), un curieux mélange de contra­dic­tion (le débat) jugé(!) par une non moins curieuse tierce par­tie qui sans cohé­rence (de l’ex­té­rieur) va plé­bis­ci­ter les deux contra­dic­teurs. Confu­sion et mimé­tisme appa­raissent, éloi­gnant ain­si le but recher­ché : l’é­veil de l’es­prit, de l’es­prit critique.

    Dans de telles réunions « trans­cou­rants » ne fau­drait il pas inter­dire (aïe) les applau­dis­se­ment pour pro­té­ger la liber­té d’esprit ?

    Réponse
  177. Ana Sailland

    Je ne vais donc pas applau­dir la sug­ges­tion de ne plus applaudir.

    Réponse
  178. Florence

    Je suis pour les applau­dis­se­ments, et le public qui s’attable…

    1 – Si l’i­sé­go­ria se met en place (et elle ne sau­rait attendre !), nous n’au­rons pas for­cé­ment besoin d’ap­plau­dir, toute expres­sion libé­rée, et bue. Un autre « quant-à-soi » en sur­vien­drait aus­si sans doute.

    2 – Et si nous nous habi­tuions aux applau­dis­se­ments et expres­sions diverses de sou­tien ou colère (des autres), contra­dic­toi­re­ment ? Sans y perdre notre latin (quoique celui-ci ne soit pas tou­jours vital) ? Je recon­nais aus­si que ce n’est pas tou­jours facile.

    Je viens de lire que le cer­veau sans conscience occu­pait la plus grande place de notre cer­veau (Néo­san­té, n°1, pdf dis­po­nible sur inter­net : atten­tion, atten­tion !, cher­cheurs « limites » en « roue libre »). Cela rend modeste sur les fon­de­ments et force de notre vita­li­té, vita­li­té à laquelle je tiens beaucoup.

    Réponse
  179. Gilda

    @ Mau­rice

    Lors­qu’un par­ti poli­tique (UPR dans le cas pré­sent) orga­nise une soit disant table ronde à l’oc­ca­sion de son Uni­ver­si­té annuelle de mili­tants pure souche avec des par­ti­ci­pants des­ti­nés à don­ner une image de fré­quen­ta­bi­li­té pour mieux se faire connaître du public (mani­pu­la­tion média­tique) faut-il s’é­ton­ner que le public pré­sent à 99% (voire 100%) membre de ce par­ti encense son chef sau­veur et désa­voue des par­ti­ci­pants non-ali­gnés, pas suf­fi­sam­ment ado­ra­teurs, ou libre penseurs ?

    Étienne Chouard et Myret Zaki auraient-il été mieux enten­dus dans une Uni­ver­si­té de l’UMP, du PS, du MoDem, etc.. ? J’en doute fort.

    Il y a des Tables Rondes pour la réflexion, l’é­change, le par­tage et il y a de fausses et simples tables pas très rondes pour faire valoir.

    Le tout est d’é­vi­ter de tom­ber dans cer­tains pièges et scé­na­rios écrits d’avance.

    Un par­ti poli­tique, quel qu’il soit, ne recherche pas à faire avan­cer la véri­té mais seule­ment à dif­fu­ser Sa Vérité.

    Dont acte !

    Réponse
  180. Maurice

    @Gilda, ma remarque était d’ordre très géné­ral. Je ne m’é­tonne pas, je fais un constat, une ana­lyse (qui vaut ce qu’elle vaut) et une sug­ges­tion. Peut-être que cette sug­ges­tion n’au­rait pu être appli­cable dans de telles dis­po­si­tions, mais peut-être le serait elle ailleurs. Reste à déter­mi­ner son bien-fondé.

    Je suis conscient que c’est une toute petite réflexion, égales à des mil­liers de petites choses éloi­gnées de la grande ques­tion  » quand, com­ment, où déclen­cher le pro­ces­sus constituant ? ».

    Mais c’est peut-être avec de petits élé­ments faciles à mettre en place (par exemple, un petit pan­neau « prière de ne pas applau­dir » sous la tri­bune, dans le cas pré­sent) que l’on fera avan­cer non pas le sujet mais le nombre de « virus ».

    Je vous prie de m’ex­cu­ser si je parais insis­tant avec cette his­toire, ce n’é­tait qu’une petite réflexion qu’à cap­ter mon filet.

    Réponse
  181. Gilda

    @ Mau­rice, vous n’a­vez pas à vous excu­ser pour cette insis­tance comme vous dîtes, sur son prin­cipe je par­ta­geais déjà votre inter­ven­tion ; j’ex­pli­quais sim­ple­ment le contexte de cette « table ronde » chez l’UPR… 😉

    Cepen­dant, per­met­tez-moi de dou­ter, que dans un tel contexte (invi­té par un par­ti poli­tique dans SA réunion annuelle, réunis­sant les mili­tants congres­sistes de ce par­ti, qu’un pan­neau « prière de ne pas applau­dir » eût été auto­ri­sé par les orga­ni­sa­teurs du par­ti poli­tique et aurait été approu­vé par leurs mili­tants aveu­glés. Je ne peux croire en une valeur démo­cra­tique à l’in­té­rieur d’au­cun par­ti politique 😉

    Ceci n’au­rait, à mon avis, été conce­vable par tous que dans des débats tenus hors d’une ins­tance et d’une orga­ni­sa­tion d’un par­ti puis­sance invitante.

    Ami­ca­le­ment, bien à vous 🙂

    Réponse
  182. Fabien del Seze

    je me suis fait mani­pu­lé dans cette reu­nion de par­ti en don­nant mon cre­dit et ma cau­tion média­tique main­te­nant uti­li­sée lar­ge­ment comme carte de visite mais « c’é­tait tres inter­es­sant, tres inter­es­sant, tres inter­es­sant, tres inter­es­sant, tres inter­es­sant, tres inter­es­sant, tres interessant ».

    l’as­se­li­no bien que vou­lant sor­tir de l’u­nion euro­péenne mais qui est loin de vou­loir réecrire la consti­tu­tion de la 5° dans laquelle il se ver­rait tout à fait bien et en rêve tous les matins en se rasant mais « c’é­tait tres inter­es­sant, ô oui, tres interessant »… :))

    http://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​i​n​b​h​J​6​l​j​KFo

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