La révolution de Cheran : un exemple de révolte citoyenne

10/09/2012 | 18 commentaires

Un très bon petit article, de Machiavel1983, sur Agoravox :

http://​www​.ago​ra​vox​.tv/​a​c​t​u​a​l​i​t​e​s​/​c​i​t​o​y​e​n​n​e​t​e​/​a​r​t​i​c​l​e​/​l​a​-​r​e​v​o​l​u​t​i​o​n​-​d​e​-​c​h​e​r​a​n​-​u​n​-​e​x​e​m​p​l​e​-​3​6​278

Le moment où se forme le ciment social autour des feux de camps est très émou­vant !
Et l’in­ter­dic­tion-for­melle-des-par­tis-parce-qu’ils-divisent-au-lieu-de-ras­sem­bler est for­mi­dable : dans ce contexte de popu­la­tion ultra-mobi­li­sée, pas besoin de par­tis ; au contraire !

Cette vidéo est une trouvaille :

La révo­lu­tion de Che­ran :
un exemple de révolte citoyenne

Che­ran est un vil­lage autoch­tone P’u­rhé­pe­cha de 16 000 habi­tants, situé dans les mon­tagnes de l’é­tat Mexi­cain de Michoacan.

Depuis 2008, il est sou­mis au har­cè­le­ment des cou­peurs de bois qui, pro­té­gés par des groups armés du crime orga­ni­sé, détruisent les bois de la région (80 % des forets alen­tour ont été dévas­tés en seule­ment 3 ans), enlèvent, tor­turent et assas­sinent les vil­la­geois, violent les femmes, mettent le feu à leurs ranchs, volent des outils et le bétail et, en géné­ral, ils humi­lient les gens.

L’É­tat mexi­cain a aban­don­nés les habi­tants : les maintes dénon­cia­tions que les gens de Che­ran ont logées auprès des auto­ri­tés de l’é­tat et fédé­rales ont été lais­sées sans réponse, sans aucune action qui soit pour les pro­té­ger. Quant aux auto­ri­tés muni­ci­pales, cela a été pire encore : la police locale a agi en com­pli­ci­té avec les mal­fai­teurs et elle a aus­si tué des gens.

Un jour les bûche­rons bra­con­niers sont entrés à la source de la « Cofra­dia » qui pour­voit la com­mu­nau­té en eau. Grave erreur … trop c’est trop. Les habi­tants de Che­ran en ont assez de bais­ser la tête. Le 15 avril 2011, les cloches de l’é­glise du vil­lage ont son­né pour appe­ler les habi­tants à mettre fin au sac­cage. Les femmes de Che­ran les pre­mières se sont mobi­li­sées pour arrê­ter les acti­vi­tés des délin­quants en dif­fu­sant des tracts, et ensuite sou­te­nues par leurs hommes, elles sont arri­vées à les expul­ser du vil­lage, incluant la police et le maire corrompus.

Armés de bâtons, de pierres, de machettes, de pioches, de pelles et de tout ce qu’ils avaient sous la main, ils ont occu­pé les bâti­ments offi­ciels et les com­mis­sa­riats pour ensuite mon­ter des bar­ri­cades et des feux de camp autour de la ville. 

À par­tir de ce moment, la vie quo­ti­dienne de Ché­ran a changé.

En res­pec­tant diverses lois natio­nales et inter­na­tio­nales, ils ont obte­nu l’au­to­no­mie et reçu le droit de for­mer leur propre gou­ver­ne­ment. Plus de cam­pagnes poli­tiques, d’é­lec­tions ou de par­tis. Leur mou­ve­ment « Ya bas­ta » est contrô­lé par le peuple lui même et est à la charge du gou­ver­ne­ment local.

Les habi­tants défendent les limites de la ville avec des patrouilles com­mu­nau­taires. Aujourd’­hui, le défi est, en plus de conti­nuer à pro­té­ger les forêts qui leur res­tent, de recons­ti­tuer le tis­su com­mu­nau­taire et d’or­ga­ni­ser sa gou­ver­nance en accord avec leurs normes et leur autonomie.

La ville de Che­ran est un magni­fique exemple de révolte citoyenne.

Les braves habi­tants de Che­ran incarnent avec excel­lence la devise du cercle des volon­taires « ce qui nous unis est plus fort que ce qui nous divise ».

Machiavel1983

Source : http://​www​.ago​ra​vox​.tv/​a​c​t​u​a​l​i​t​e​s​/​c​i​t​o​y​e​n​n​e​t​e​/​a​r​t​i​c​l​e​/​l​a​-​r​e​v​o​l​u​t​i​o​n​-​d​e​-​c​h​e​r​a​n​-​u​n​-​e​x​e​m​p​l​e​-​3​6​278

Mer­ci Machiavel1983, pour cette info épa­tante : on a envie d’en savoir plus ! (et ça donne plein d’idées…) 🙂

Étienne.

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Étienne

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18 Commentaires

  1. democrazia

    Mer­ci pour cette trouvaille !

    2 réflexions ont ger­mées au fur et à mesure que je le regardais :

    la pre­mière est que la prise de conscience col­lec­tive, préa­lable à toute action, de masse et concer­tée, n’est inter­ve­nue qu’a­près 4 ans de rapt, de vol, de meurtres, de souffrances..
    la seconde est que pour main­te­nir leur com­mu­nau­té, le rôle de la fron­tière est primordial.

    Je pense qu’a­bru­tis par la télé­vi­sion, gavés par des aides en tout genre, nour­ris 3 fois par jour, accro­chés à nos petits pri­vi­lèges savam­ment dis­til­lés, nous n’a­vons pas l’éner­gie vitale suf­fi­sante pour dépas­ser la masse cri­tique néces­saire à une mobi­li­sa­tion salvatrice.

    De même, les fron­tières depuis long­temps abo­lies pour les mar­chan­dises per­met­tant d’a­che­ter en France un gad­get amé­ri­cain fabri­quée en chine avec des com­po­sants coréens, troublent notre dis­cer­ne­ment de qui est dans et en dehors de notre com­mu­nau­té. La fron­tière, pour main­te­nir un orga­nisme vivant, (dans le cas pré­sent, la ville de Che­ran) ne doit être ni ouverte à tout va (et donc exis­ter autre­ment que sym­bo­li­que­ment), ni fer­mée com­plè­te­ment. Elle doit avoir une poro­si­té néces­saire aux entrées et sor­ties, avec des règles défi­nies par les acteurs de cette com­mu­nau­té désirée.

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  2. houria

    HOURIA GIRARD un de plus , que le peuple à la le peuple mino­ri­taire n’ en peu plu il s’im­mole avec le feu , plu­tot que de prendre les armes ‚prendre nore cou­rage et avoir la foi dans ce que nous vou­lons de meilleur pour notre some­ga­pole on mange trois fois par jour etbien au chaud abreu­vés quo­ti­dien­ne­ment par les medias men­son­gere , on n’as pas grand chances de voir un sou­lè­ve­ment demain matin . Il faut pen­sée que les humi­lia­tions ne sont pas assez fortes et que le bien être de nos enfants n’ai pas aus­si mal mené , alors la solu­tion je ne la voie pas pour nous peuple supra intél­ligent , chez nous quand déter­mi­na­tion pour faire que cela change et de nous laver de tous ce nous avons bien vou­lu croire ce sem­blant de démo­cra­tie , vos idées sont bonne etienne il faut que cela ce fasse comme pour ce peuple mexi­cain­cié­té . du cou­rage ‚et de la capa­ciexemple té de tout chan­ger si il le veut bien , mais je rejoint le com­men­taire de demo­cra­zia , que dans les cités et grandes où

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  3. Grumeau

    Comme quoi, quand on veut, on peut…!

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  4. takerwilliam

    En regar­dant cette superbe vidéo, j’ai sai­si com­bien la rébel­lion est fra­gile une fois le sou­lè­ve­ment pas­sé… Car il y a un long moment de flot­te­ment durant lequel tous excès sont pos­sibles, (le brou­ha­ha s’ins­talle et les radi­ca­li­sa­tions se mul­ti­plient, les rumeurs se pro­pagent) et peuvent mettre à bas la révo­lu­tion avant même que le peuple ait eu le temps de se ras­sem­bler pour struc­tu­rer l’avenir.

    1 Révolte- 2 Révo­lu­tion- 3 Ave­nir possible

    C’est pour­quoi, je crois qu’a­vant d’in­vi­ter les gens à se révol­ter, il faut qu’ils aient eu vent d’un pro­jet solide d’a­près-révolte, pour la cris­tal­li­ser en révo­lu­tion, puis en ave­nir durable.
    Plus l’i­déal des rebelles sera solide et concret au départ, plus la révo­lu­tion en deve­nir aura les fruits dési­rés. Il faut juste, bien savoir ce qu’on veut. Or dans cette vidéo, c’est parce que le vil­lage est petit que le flot­te­ment n’a pas bas­cu­lé en la défa­veur des vil­la­geois. Mais qu’en est-il à l’é­chelle d’un pays de 65 mil­lions d’habitants.

    Alors patience, ins­trui­sons nos conci­toyens au préa­lable pour que le seul réflexe pos­sible soit : tirage au sort !

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  5. Ana Sailland

    « Une par­tie impor­tante de la popu­la­tion mexi­caine, et en pre­mier lieu les indi­gènes , n’a tou­jours pas renon­cé à un mode de vie, à une culture propre, basée sur le tra­vail et l’utilisation res­pec­tueuse de la terre, sur un sens aigu de la col­lec­ti­vi­té, et sur la double exi­gence de l’autosuffisance ali­men­taire et poli­tique. Cela alors que les offen­sives se mul­ti­plient, dans cette « guerre des mondes », pour mettre la main sur les der­niers ter­ri­toires où des popu­la­tions jouissent encore d’un mini­mum de liber­té et d’autonomie. »

    C’est ici :
    http://​lavoie​du​ja​guar​.net/​M​e​x​i​q​u​e​-​I​n​d​i​e​n​s​-​n​a​h​u​a​s​-​s​u​r​-le

    Puisque dans le film il nous est dit qu’il y a eu une recherche sur les tra­di­tions poli­tiques anciennes des indiens P’urhépecha, afin de s’en ins­pi­rer à Che­ran, j’ai essayé de recher­cher ça sur le net. Maigre récolte, sinon un fort volume de détails riches cultu­rel­le­ment mais peu en rap­port avec notre sou­ci. Il semble que l’in­va­sion espa­gnole n’a pas lais­sé grand chose de dis­po­nible, et que les rap­por­teurs ont tron­qué ou défor­mé. On obtient sur­tout des ren­sei­gne­ments sur la période de tran­si­tion. J’ai trou­vé trace d’un empire « tarasque » incluant la région consi­dé­rée, qui n’é­tait pas un modèle d’hu­ma­nisme, loin s’en faut, mais cepen­dant avec ce cre­do uni­ver­sel de l’al­liance de l’hu­main avec la Terre, uni­ver­sel sauf « chez nous ».

    Réponse
  6. Ana Sailland

    Las Madres de Pla­za de Mayo m’ont tant émue, mères des trente mille dis­pa­rus d’Ar­gen­tine, qui pour­tant inlas­sa­ble­ment s’en­gagent poli­ti­que­ment, donc bien au delà de la lamen­ta­tion, de la dou­leur, du deuil. Je les ai vues tour­ner avec leurs ban­de­roles « No a la deu­da exter­na », (non à la dette, ça nous concerne …) en un temps où peu y croyaient, sinon notre cher CADTM. Et voi­ci que de nos jours nombre d’é­tats sud amé­ri­cain envoient le FMI sur les roses. Elles ont gagné !

    Et ici sur ce film, on retrouve ce même esprit Yin, tout sauf syno­nyme de fai­blesse, qui ose entre­prendre et impul­ser, et obtient, l’é­veil et le com­bat des hommes, et la vic­toire, saine, sans abus, non vio­lente ou presque.

    Mais non 😉 ce n’est pas de la pro­pa­gande fémi­niste, mais juste une piste de réflexion pour ten­ter de com­prendre les dif­fé­rences d’o­rien­ta­tion et de suc­cès des peuples et des mou­ve­ments qui tentent de les défendre. Il y a du sub­til dans les mys­tères de l’His­toire, et dire que notre civi­li­sa­tion est essen­tiel­le­ment yang est peut être au moins aus­si impor­tant que de la per­ce­voir capi­ta­liste et néo­li­bé­rale. Car ceci implique peut être cela, et réciproquement.

    Je ne sais pas sépa­rer ça de ce qu’é­crit Ber­nard Lie­taer lors­qu’il aborde les thèmes arché­ty­paux dans sa réflexion sur la mon­naie (bou­quin : Au cœur de la mon­naie)

    Réponse
  7. Florence

    Un com­men­taire et 3 liens.

    Quelle PUDEUR expri­mée autour du « bien » évo­qué en fin de film.

    1 – Pré­sen­ta­tion d’un col­loque récent « PARIS : L’INSURRECTION CAPITALE : L’insurrection et sa réso­lu­tion à Paris du Moyen Âge à nos jours

    Jour­nées d’étude – Audi­to­rium du Petit Palais / 6 et 7 sep­tembre 2012 / Présentation :

    Tout le XIXe siècle s’est féli­ci­té ou alar­mé de la jus­ti­fi­ca­tion de l’insurrection par la Décla­ra­tion des droits de l’homme et du citoyen de 1793, pério­di­que­ment réim­pri­mée, dont l’article 35 devient le sujet d’incessants débats : « Quand le gou­ver­ne­ment viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque por­tion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indis­pen­sable des devoirs ».

    Légi­ti­mée à défaut d’être léga­li­sée, l’insurrection devient un recours pos­sible. Entre sens propre et sens figu­ré, le mot couvre en effet des contes­ta­tions très variées de formes d’autorité éga­le­ment diverses. Leur ampleur chro­no­lo­gique, spa­tiale et numé­rique dif­fère, mais toutes s’inscrivent dans une volon­té d’opposition à un pou­voir éta­bli ou une auto­ri­té dont on remet en cause la légi­ti­mi­té ou la léga­li­té.

    L’insurrection sug­gère l’emploi de la vio­lence armée. Elle s’accompagne d’images récur­rentes par­mi les­quelles la bar­ri­cade occupe une place cen­trale. Elle incarne le triomphe de l’occupation de l’espace public par des forces poli­tiques qui, s’opposant au pou­voir en place et, depuis l’avènement de la démo­cra­tie par­le­men­taire, aux formes légales d’opposition, entendent s’en affran­chir. En ce sens, la chose insur­rec­tion existe avant que le mot n’apparaisse. Attes­té depuis la fin du XIVe siècle, sou­mis à des éclipses plus ou moins durables, le mot n’a jamais déser­té tota­le­ment le voca­bu­laire poli­tique. Et sa dimen­sion pari­sienne, sans être exclu­sive, est pré­pon­dé­rante dans l’espace français. »

    http://​calen​da​.revues​.org/​n​o​u​v​e​l​l​e​2​4​9​9​3​.​h​t​m​l​?​u​t​m​_​s​o​u​r​c​e​=​l​e​t​tre

    2 – Et nous sommes amorphes, ici, en ce pays où a été écrit l’ar­ticle 35 de la Décla­ra­tion des Droits de l’homme et du citoyen de 1793 ?

    « Depuis quelque quinze ans main­te­nant, les Édi­tions de l’Encyclopédie des nui­sances s’attachent à
    décryp­ter la misère de l’époque. Debord y voyait une “ entre­prise lit­té­raire ” spé­cia­li­sée dans la “ répétition
    cir­cu­laire du blâme géné­ra­li­sée ” et pré­ci­sait, stra­tège et gran­di­lo­quent : “ Le tra­vail de la critique
    révo­lu­tion­naire n’est assu­ré­ment pas d’amener les gens à croire que la révo­lu­tion deviendrait
    impos­sible.” (a) Soit. On pré­fé­re­ra rete­nir, ici, cette indi­recte réponse de René Rie­sel : “ Il faut commencer
    par admettre que jamais, depuis les ori­gines de la socié­té indus­trielle, les temps n’ont été plus défa­vo­rables à un sou­lè­ve­ment révo­lu­tion­naire.

    Il faut ensuite dire pour­quoi. Et trou­ver le moyen de le faire entendre en dépit du théâtre d’ombres
    auquel tout ça veut bor­ner notre hori­zon. ” Et d’ajouter :
    “Les radi­caux, eux n’ont d’autre choix que de livrer leurs opi­nions propres. 
    Il leur faut admettre ouver­te­ment qu’ils ne fondent leur cause sur rien d’autre
    que leur dégoût de la sur­vie impo­sée par cette orga­ni­sa­tion sociale et leur envie de la renverser… 
    Le vieux monde c’est tou­jours le monde moderne. 
    Ce n’était pas « mieux » avant son nihi­lisme. C’est juste pire main­te­nant.” (b) »

    (a) Jean-Fran­çois Mar­tos, Cor­res­pon­dance avec Guy Debord (Le fin mot de l’Histoire, 1998).

    (b) René Rie­sel, Remarques sur l’agriculture géné­ti­que­ment modi­fiée et la dégra­da­tion des espèces (Edi­tions de l’Encyclopédie des nui­sances, 1999).

    Pour l’en­semble, c’est ici :

    http://​plus​loin​.org/​a​c​o​n​t​r​e​t​e​m​p​s​/​N​2​/​s​o​c​i​e​t​e​_​i​n​d​u​s​t​.​pdf

    3 – Défo­res­ta­tion des terres, « défo­res­ta­tion men­tale »… « les éclipses de liber­té ne sont peut-être que des éclipses. » Annie Le Brun, Ailleurs et autre­ment, p. 278

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  8. Florence

    NOTA : « Si le gou­ver­ne­ment avait une once de scru­pule ! » dit l’un des protagoniste…

    Tra­duc­tion de SCRUPULE en espa­gnol : VERGUENZA (ortho­graphe à vérifier).

    Réponse
  9. Célia

    Très inté­res­sant. Dom­mage qu’ils ne disent pas quelles sont ces fameuses tra­di­tions et com­ment est-ce qu’ils dési­gnent leurs dirigeants/représentants désormais.

    Réponse
  10. François

    Tiens, ça me fait pen­ser à ça, lu ce matin (je suis pres­sé, pas­sage en coup de vent, pas le temps de cher­cher), sur les prises de déci­sions par les citoyens :

    Une uto­pie anti-crise en Andalousie

    Mari­na­le­da est une ville sans chô­mage et aux loyers modiques. Alors que la poli­tique d’aus­té­ri­té bat son plein en Espagne, son maire, Juan Manuel San­chez Gor­dillo, a pris la tête d’un mou­ve­ment de résis­tance populaire. […]

    http://​www​.cour​rie​rin​ter​na​tio​nal​.com/​a​r​t​i​c​l​e​/​2​0​1​2​/​0​8​/​2​1​/​u​n​e​-​u​t​o​p​i​e​-​a​n​t​i​-​c​r​i​s​e​-​e​n​-​a​n​d​a​l​o​u​sie

    À lire !!! Dites ce que vous en pen­sez, j’ai fais une lec­ture rapide, mais pas d’a­na­lyse ou plus de recherche.

    Réponse
  11. Ana Sailland

    Fran­çois,

    Le 19 avril, je suis allée à une confé­rence sur Mari­na­le­da à Genève, avec par­mi les inter­ve­nants des gens de là-bas. Mal­heu­reu­se­ment, la tech­nique fai­sait défaut et je n’ai pas rame­né beau­coup plus que ce qui est déjà sur le blog, ici

    À Mari­na­le­da, existe une démo­cra­tie directe, impul­sée par un maire haut en cou­leur, qui pour­rait abu­ser mais ne tombe pas (ou pas trop ?) dans ce piège.

    Est éga­le­ment à noter la ges­tion du patri­moine immo­bi­lier : Qui a besoin d’un loge­ment est aidé pour sa construc­tion par la com­mu­nau­té, mais à condi­tion qu’il mette la main à la pâte. La per­sonne reçoit les murs, charge à elle de finir à la per­fec­tion selon ses goûts. Dès lors cette per­sonne ( ou famille ) a le sta­tut de pro­prié­taire ; mais seule­ment tant qu’elle habite le lieu : si elle le déserte, le lieu rede­vient com­mu­nau­taire. Et ce méca­nisme induit logi­que­ment un type par­ti­cu­lier de ges­tion de l’hé­ri­tage : les enfants n’hé­ritent de la mai­son que s’ils choi­sissent de l’habiter. 
    Dans le film que j’ai vu le 19 avril, on voit un petit malin qui tente de contour­ner ces usages, qui vou­drait bien conser­ver la bicoque tout en allant musar­der ailleurs -> il se fait gen­ti­ment remettre à l’ordre ( en assem­blée délibérative )

    Tout ceci ne peut qu’être éga­le­ment rap­pro­ché du fil de dis­cus­sion sur l’Es­pagne d’a­vant guerre avec ses expé­riences anar­chistes, qui com­porte une très riche vidéo et pas mal de commentaires.

    Der­rière tout ceci trans­pa­raît un autre monde pos­sible, fon­dé sur des valeurs de res­pon­sa­bi­li­té col­lec­tive et indi­vi­duelle et net­toyé de tous les autismes des pou­voirs cen­traux, quels qu’ils soient. Trans­pa­raît aus­si, et c’est dra­ma­tique, la volon­té du monde alié­nant de ne pas lais­ser vivre ces émer­gences du prag­ma conscientisé.

    Réponse
  12. François

    Mer­ci Ana, je vais pour­suivre la lecture 😉

    Réponse
  13. J.C

    Cette nuit, j’ai rêvé que je ren­con­trais Étienne et que nous dis­cu­tions de com­ment faire avan­cer les choses.

    Contrai­re­ment à ce que pen­saient la majo­ri­té des gens, il y a encore un an, main­te­nant une bonne par­tie de la popu­la­tion sait que les banques pri­vées récu­pèrent l’argent de l’é­tat par les impôts, les banques cen­trales, etc.

    Le nou­veau trai­té Euro­péen a été signé res­ser­rant un peu plus l’é­tau sur les popu­la­tions. Nous avons de moins en moins de marge de manœuvres pour nous pro­té­ger contre les abus de pou­voir pour ne pas dire plus aucune. Alors que la situa­tion sociale et éco­no­mique s’ag­grave en Europe et par­tout dans le monde que nous reste-t-il comme moyens d’ac­tions ? quel recours avons nous ?

    De plus en plus de gens sont ame­nés à mani­fes­ter, mais il y a encore de trop nom­breuses divi­sions sur la com­pré­hen­sion des racines même de nos problèmes.
    que l’on sou­haite une consti­tuante tirée au sort ou non, ce dont nous avons besoin, c’est d’a­voir une idée claire de com­ment nous nous fai­sons enfumer.

    Aujourd’­hui, la popu­la­tion se réveille et essaie de com­prendre ce qui est en train de se pas­ser et où cela nous mène.

    Cette courte vidéo d’Étienne concer­nant l’im­pôt sur le reve­nu m’a ame­né ici.
    De nom­breuse copies de cette vidéo circulent
    et rien que celle-ci a été vision­née plus de 100 mille fois.

    Y a‑t-il dans cette courte vidéo des choses sur les­quels Étienne tu sou­hai­te­rais revenir ?
    http://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​F​x​z​Q​r​P​m​T​Clg

    Elle amène à la ques­tion des repré­sen­tants ache­tés, de la démo­cra­tie, et fina­le­ment du contrôle de la socié­té par les citoyens.

    Ce type d’ex­pli­ca­tion simple et claire dans le contexte actuel est plus à même de ras­sem­bler la popu­la­tion au delà des notions de par­tis poli­tique et de mobi­li­ser le plus grand nombre.

    Qu’en penses-tu ? doit-on faire cir­cu­ler au maxi­mum celle ci ?

    bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  14. Pyrus

    Si cette vidéo raconte l’his­toire moderne de la démo­cra­tie antique,

    alors la démo­cra­tie est le peuple en armes.

    Une seule dif­fé­rence avec une mobi­li­sa­tion géné­rale : pas de pré­sence obligatoire.

    L’ar­mée (la mani­fes­ta­tion) n’é­tant com­po­sée que de volon­taire. Alors l’ar­mée n’est forte que si la majo­ri­té y adhère.

    La cri­tique est forte, mais la cri­tique est sincère.

    J’y réflé­chis de mon côté … vrai pro­blème, faux problème ?

    Réponse
  15. Pyrus

    Je vou­drais faire le paral­lèle avec le far-west.

    Vingt-deux per­sonnes consti­tuent le jury.

    On y ajoute le pré­sident et le shérif.

    La foule du public consti­tue l’or­gane de contrôle, le peuple sou­ve­rain présent.

    L’exé­cu­tif est consti­tué par le tri­bu­nal consti­tué des 22 tirés au sort et des 2 élus : le shé­rif et le juge.

    Le tri­bu­nal est très libre de ses déci­sions : nous sommes en pays de droit anglo-saxon (com­mon law) et non de droit romain ( où le légis­la­teur pré­voit tout les cas et variantes, et édite tableaux et tarifs).

    Est-ce que les USA repré­sentent la ver­sion moderne de la démo­cra­tie antique ? Pourquoi ?

    Réponse
  16. Pyrus

    Ce que montre cette com­pa­rai­son avec le Far West, c’est les limite de la démo­cra­tie directe :

    - Le défaut d’in­for­ma­tion (la mani­pu­la­tion de masse …)
    – Le manque d’a­vo­cat : Qui ose­ra pour sa car­rière, être l’a­vo­cat élo­quent de l’accusé ?
    – Bon, bien sûr, le régime repré­sen­ta­tif a les mêmes pro­blèmes, peut être en pire.

    Une autre idée en regar­dant la vidéo :
    – Dans une démo­cra­tie, on vote pour des poli­tiques (des lois).
    – Tan­dis qu’en régime repré­sen­ta­tif, on vote pour des hommes politiques.

    J’ai lu ailleurs, que sans pro­cé­dure de rap­pel, l’é­lu devient plus un rem­pla­çant de l’é­lec­teur, que son mandataire.

    Le pro­blème est là : L’é­lec­teur sou­haite être rem­pla­cé, car s’il déci­dait lui-même, il lui fau­drait consa­crer du temps à l’é­tude des pro­blèmes légaux, éco­no­mique et inter­na­tio­naux. Et son temps est précieux.

    Plus indis­pen­sable que le temps d’é­tude, le temps d’audition …
    Est-ce que quel­qu’un peut voter s’il n’est pas arri­vé à l’heure pour le débat contra­dic­toire qui pré­cède le vote ? Et si le débat prend huit heures ?
    Les infos en régime repré­sen­ta­tif, c’est un diver­tis­se­ment qui peut se regar­der sans réflé­chir. Mes loi­sirs, c’est sacré !

    Ques­tion sub­si­diaire : dans un pro­cès à l’a­mé­ri­caine, les avo­cats sont comme des hommes politiques ?
    – Oui, car ils sont des per­son­nages publiques et les cham­pions de leur cause.
    – Non, car ils n’ont pas de man­dat indé­ter­mi­né, et le jury vote sur chaque loi.

    Par ailleurs, tou­jours le pro­blème moderne de la dis­sy­mé­trie des médias :
    – Une radio parle dans un mil­lion d’oreilles.
    – Une radio peut faire la sourde oreille à un mil­lions d’auditeur.
    Dans le monde moderne, quelle éga­li­té de temps de parole entre les médias et le peuple réel ? Quel temps de parole pour les euro-scep­tiques à l’é­poque du réfé­ren­dum de Maastricht ?

    Réponse
  17. Florence
  18. clement63

    Quel­qu’un a t‑il des nou­velles de Ché­ran en 2013 ? J’es­père qu’ils tiennent bon.

    Réponse

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