France Culture : exemple vécu d’une (petite) censure (peut-être ordinaire, mais un peu amère)

27/08/2012 | 75 commentaires

J’aime bien Emma­nuel Lau­ren­tin. Mais ses copains de tra­vail (pro­ba­ble­ment) viennent de me jouer un tour.

Comme vous le savez, j’ai été gen­ti­ment invi­té par France Culture et Le monde aux Ren­contres de Pétrarque 2012 pour par­ler autour du thème « Notre ave­nir est-il démocratique ? »

Mal­heu­reu­se­ment, cette gen­tillesse a été un peu gâtée par une indé­li­ca­tesse : une par­tie de mon pro­pos du deuxième jour (déjà pas très long) a été car­ré­ment cou­pée au montage.

Pour des pro­pos sans inté­rêt peut-être ? Je vous pro­pose de juger par vous-même si les ana­lyses ain­si cen­su­rées étaient sans impor­tance ou en dehors du sujet de l’émission.

C’est assez amu­sant, de VOIR aus­si clai­re­ment les idées que les jour­na­listes du ser­vice public ne veulent PAS voir dif­fu­ser sur LEURS ondes.

Heu­reu­se­ment, un gen­til virus était dans l’as­sis­tance et a fil­mé mes inter­ven­tions, ce qui m’a per­mis, d’a­bord de vous en rendre compte tout de suite, mais aus­si de com­pa­rer point par point l’o­ri­gi­nal avec le pod­cast final.

• J’é­tais invi­té sur deux jours. Le pre­mier jour, j’é­tais pré­vu dans les invi­tés du « pre­mier cercle » et tout s’est plu­tôt bien pas­sé ; mais je n’ai pas eu le temps de dire une chose qui me paraît très impor­tante : la cita­tion de Sieyès en 1789, « celle qui tue » (le gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif), celle qui per­met de tout com­prendre à l’es­cro­que­rie poli­tique de nos régimes poli­tiques modernes. J’a­vais fait pas­ser la cita­tion, sur une feuille de papier, à Emma­nuel Lau­ren­tin, ani­ma­teur de l’é­vé­ne­ment et spé­cia­liste en his­to­rio­gra­phie, pour qu’il la dise lui-même rapi­de­ment à ma place ; mais il n’a­vait pas eu le temps de le faire. Dam­ned. Bon. J’al­lais donc tâcher le len­de­main d’ex­pri­mer publi­que­ment cette impor­tante réfé­rence anti­dé­mo­cra­tique, très utile (à mon sens) pour éclai­rer tous les débats de cette semaine de Pétrarque.

Vous pou­vez entendre cette pre­mière émis­sion « La crise éco­no­mique éclipse-t-elle le poli­tique ?  » ici :
http://www.franceculture.fr/emission-les-rencontres-de-petrarque-la-crise-economique-eclipse-t-elle-le-politique-2012–08-18

• Le len­de­main, donc, j’é­tais pré­vu dans le « deuxième cercle » (un peu en retrait donc, au départ) et il y avait deux invi­tés pas­sion­nants, Fabrice Epel­boin et Domi­nique Car­don (si vous les avez ratés, je vous recom­mande de les écou­ter, ils ont des choses impor­tantes à dire sur Inter­net), et le temps passe… Nous arri­vons à la toute fin de l’é­mis­sion, il ne reste que quelques minutes et je n’ai pas encore dit un mot (grrrr) ; je suis donc dans les star­ting blocks, prêt à par­ler peu mais par­ler bien. Résumé :

La ques­tion du jour était à double ou à triple sens : « Inter­net, stade final de la démo­cra­tie ? ». J’ai peu de temps, je vais par­ler réel­le­ment sept minutes (sur les 120 minutes de l’é­mis­sion ; mais c’est encore trop, vous allez voir) en me concen­trant sur l’es­sen­tiel de l’es­sen­tiel, et je réponds en trois temps :

1) On devrait plu­tôt se deman­der : « Inter­net, stade INITIAL de la démo­cra­tie ? », puisque l’In­ter­net donne ENFIN au peuple un sem­blant d’I­SE­GO­RIA, pilier fon­da­teur de toute démo­cra­tie digne de ce nom, alors que, jusque là, le peuple n’a­vait (qua­si­ment) rien pour s’ex­pri­mer seul, de façon auto­nome, sans >repré­sen­tants<.

2) Mais sur­tout, si le peuple veut la démo­cra­tie, il faut que le peuple arrête d’ap­pe­ler « démo­cra­tie » son strict contraire, et pour cela que le peuple com­prenne ce que vou­laient expres­sé­ment les « pères fon­da­teurs » de la >Répu­blique fran­çaise<, et pour cela que le peuple connaisse cette cita­tion fon­da­men­tale de Sieyès (que je mar­tèle pro­pre­ment au micro), ain­si que le livre de Ber­nard Manin qui com­pare hon­nê­te­ment l’é­lec­tion et le tirage au sort.

3) Mais, pour conclure, j’in­siste sur le fait que, quant à l’i­déal démo­cra­tique, il ne faut rien attendre des élus (qui ont un inté­rêt per­son­nel contraire à la démo­cra­tie), et ne comp­ter que sur nous-mêmes, à la base, sous la forme de l’é­du­ca­tion populaire.

Vous allez juger vous-même de ce-qui-semble-« pas-assez-impor­tant »-pour-être-dif­fu­sé-sur-les-ondes-du-ser­vice-public : j’ai retrans­crit mes 7 minutes d’in­ter­ven­tion, et dans ce texte j’ai sim­ple­ment bar­ré ce qui a été cen­su­ré par France Culture (comme ça, c’est bien clair) :

(Minute 77’40 du pod­cast de France Culture)

- (Emma­nuel Lau­ren­tin) : Alors, en Tuni­sie il y était il n’y a pas très long­temps, Étienne Chouard, deuxième cercle, vous avez pris énor­mé­ment de notes, c’est votre mode de fonc­tion­ne­ment ; quelques remarques ? Quelques façons de per­ce­voir ce débat sur Inter­net et la démo­cra­tie ? On a dit que vous étiez un pion­nier dans ce domaine puisque vous étiez déjà en 2005 en train de dis­sé­quer la future consti­tu­tion euro­péenne. Étienne Chouard.

- (ÉC) Alors, de mon point de vue, Inter­net nous rend un des piliers de la démo­cra­tie qui était l’i­sé­go­ria, c’est-à-dire le droit de parole pour tous, à tout moment et à tout pro­pos. Les Athé­niens y tenaient plus qu’à l’i­so­no­mia (l’é­ga­li­té devant le droit) ; c’é­tait quelque chose de très impor­tant qui per­met­tait à chaque citoyen athé­nien de se com­por­ter pos­si­ble­ment comme une sen­ti­nelle : la démo­cra­tie avait orga­ni­sé ses sen­ti­nelles, sa pro­tec­tion, sachant qu’elle était fra­gile, par le droit de parole don­né à tous, sans savoir à l’a­vance qui allait dire une bêtise et qui allait dire quelque chose de très impor­tant ; et c’est cette isé­go­ria que nous rend, d’une cer­taine façon, impar­faite je trouve bien sûr, mais pré­cieuse puis­qu’on n’a plus que ça, [l’In­ter­net].

Ceci dit, ce serait tout à fait erro­né, je crois, d’as­si­mi­ler (ou de rap­pro­cher… oui d’as­si­mi­ler) l’in­ter­net, l’i­sé­go­ria, à la démo­cra­tie : la démo­cra­tie, c’est beau­coup plus que l’i­sé­go­ria. La démo­cra­tie, c’est avant tout, je crois, — POUR PERMETTRE L’AUTONOMIE, c’est-à-dire, la pos­si­bi­li­té pour les citoyens de pro­duire eux-mêmes les normes aux­quelles ils consentent à obéir—, c’est — pour les pro­té­ger (les citoyens) —, c’est L’AMATEURISME, la garan­tie de l’a­ma­teu­risme des acteurs poli­tiques.

La DÉPROFESSIONNALISATION DE LA POLITIQUE par une pro­cé­dure qui était cen­trale — et repé­rée comme cen­trale par tous les phi­lo­sophes à l’é­poque d’A­thènes — qui était LE TIRAGE AU SORT.

D’ailleurs, les « Indi­gnés » sont en train — évi­dem­ment, puis­qu’ils cherchent la démo­cra­tie —, il sont en train de s’emparer de l’i­dée du tirage au sort, on la voit ger­mer par­tout, je la vois ger­mer au Qué­bec, je la vois ger­mer par­tout où les… les ‘Occu­py’, les ‘Ano­ny­mous’… sont en train d’es­sayer de s’au­to-orga­ni­ser… Le tirage au sort a ser­vi pen­dant 200 ans à pro­té­ger les humains, tous les humains, abso­lu­ment tous les humains, contre ceux que j’ap­pelle, pour faire simple parce que comme ça, c’est clair, « les voleurs de pouvoirs ».

ON AURA TOUJOURS DES VOLEURS DE POUVOIR, IL Y A TOUJOURS DES GENS QUI VEULENT DÉCIDER À LA PLACE DES AUTRES, MAIS LE TIRAGE AU SORT SERT À NOUS PROTÉGER COLLECTIVEMENT (SANS QU’ON SACHE À L’AVANCE LESQUELS) DE CES VOLEURS DE POUVOIRS EN AFFAIBLISSANT LES REPRÉSENTANTS : le prin­cipe de la démo­cra­tie… Enfin, on parle de « démo­cra­tie » par­tout… je dois avoir 3 ou 400 livres spé­ci­fi­que­ment sur la >démo­cra­tie< => il n’y en a PAS UN qui parle de démo­cra­tie (à part quelques uns que j’aime par­ti­cu­liè­re­ment) mais la plu­part parlent du gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif, qui n’est PAS — depuis le début — une démo­cra­tie : je prends juste 30 secondes, mais à peine (même pas : 15 secondes) pour vous lire, parce que je trouve que c’est très impor­tant pour com­prendre : JE VOUS PROUVE CE QUE JE DIS, QUAND JE DIS « NOUS NE SOMMES PAS EN DÉMOCRATIE », ce n’est pas une conver­sa­tion de café (encore que dans les conver­sa­tions de café on puisse trou­ver des choses très inté­res­santes à signa­ler), mais VÉRITABLEMENT, CEUX QUI ONT CONÇU LE RÉGIME DANS LEQUEL NOUS VIVONS ÉTAIENT DES HELLÉNISTES, ILS CONNAISSAIENT TRÈS BIEN LA GRÈCE ANTIQUE, ET ILS SAVAIENT QU’ILS NE VOULAIENT PAS DE DÉMOCRATIE.

Je vais vous lire une phrase de Sieyès, très vite, SIEYÈS : UN FONDATEUR DU RÉGIME DANS LEQUEL NOUS VIVONS : ouvrez les guille­mets, je n’in­vente pas, tex­to, c’est dans le… (j’ai oublié le titre exact du docu­ment mais c’est très facile à trou­ver) [C’est le Dire sur le véto royal, 7 sep­tembre 1789] :

« Les citoyens qui se nomment des repré­sen­tants renoncent et doivent renon­cer à faire eux-mêmes la loi. Ils n’ont pas de volon­tés par­ti­cu­lières à impo­ser. S’ils dic­taient des volon­tés, la France ne serait plus cet État repré­sen­ta­tif, ce serait un État démo­cra­tique. Le peuple (Sieyès parle, l’ab­bé Sieyès, 1789, sep­tembre), je le répète, dans un pays qui n’est PAS une démo­cra­tie (et la France ne sau­rait l’être), le peuple ne peut par­ler, ne peut agir que par ses représentants »

[Alors, ] on peut ne pas être démocrate…

- (Emma­nuel Lau­ren­tin) On est en 89… Il faut tout recon­tex­tua­li­ser à pro­pos de l’ab­bé Sieyès… mais enfin bon… Étienne Chouard…

- ÉC : oui mais je trouve que tous les indices que la CONCEPTION de la >démo­cra­tie< depuis… ROSANVALLON EXPLIQUE BIEN LE MOMENT OÙ, AU DÉBUT DU 19E SIÈCLE, ON S’EST MIS À APPELER >DÉMOCRATIE< CE QUI ÉTAIT CONÇU, PENSÉ COMME SON VÉRITABLE CONTRAIRE…

Et je vous recom­mande… Il y a un livre qui peut chan­ger votre vie, vrai­ment, qui n’a pas un titre sexy => si on ne vous en parle pas, vous ne le choi­si­rez pas en le voyant sur un rayon de biblio­thèque, et pour­tant c’est un livre essen­tiel, c’est un livre qui fait la balance entre le tirage au sort et l’é­lec­tion, hon­nê­te­ment, c’est Ber­nard Manin qui a écrit ça, qui est un prof à New York, prof [aus­si] à l’E­HESS, et qui a fait UN LIVRE ESSENTIEL POUR NOUS TOUS, avec un titre qui n’est pas appé­tis­sant, qui cache une mer­veille : les pre­miers para­graphes, vous allez voir, c’est tout de suite pas­sion­nant. Il s’ap­pelle « Prin­cipes du gou­ver­ne­ment représentatif »…

EN FAIT, CE GARS-LÀ S’ÉTONNAIT QUE NOUS APPELIONS >DÉMOCRATIE< UN SYSTÈME QUI A ÉTÉ PENSÉ DÈS LE DÉPART COMME UNE ANTI-DÉMOCRATIE, QUI EST ENCORE AUJOURD’HUI, PRÉCISÉMENT UNE ANTI-DÉMOCRATIE : QUAND ON DÉSIGNE DES MAÎTRES POLITIQUES QUI VONT TOUT DÉCIDER À NOTRE PLACE, NOUS NE SOMMES PAS DES CITOYENS, AUTONOMES, QUI PRODUISONS NOUS-MÊMES NOTRE DROIT, NOUS SOMMES DES ÉLECTEURS, C’EST-À-DIRE QUE NOUS SOMMES HÉTÉRONOMES, NOUS SUBISSONS LA LOI ÉCRITE PAR D’AUTRES… (C’est pos­si­ble­ment meilleur, j’i­ma­gine bien, moi, une véri­table aris­to­cra­tie dans laquelle nous choi­si­rions VRAIMENT les meilleurs, que nous tien­drions vrai­ment sous contrôle, tous les jours, révo­cables, ren­dant des comptes, une véri­table aris­to­cra­tie, ce serait pos­sible, hein, il n’y a pas que la démo­cra­tie…) MAIS QUE NOUS APPELIONS >DÉMOCRATIE< LE RÉGIME DANS LEQUEL NOUS VIVONS AUJOURD’HUI, C’EST L’ACCEPTATION D’UNE INVERSION DES MOTS QUI NOUS INTERDIT DE MÊME VOULOIR L’ALTERNATIVE DONT NOUS AVONS BESOIN. Et donc je pense qu’il faut vrai­ment… qu’il y a un tra­vail de remise à l’en­droit des mots importants… 

- (Emma­nuel Lau­ren­tin) Et si on revient sur le ter­rain même de l’in­ter­net, jus­te­ment, vous disiez au départ « c’est l’i­sé­go­ria », c’est donc le rap­port à…

- (ÉC) Oui, eh ben jus­te­ment, Ber­nard Manin, pré­ci­sé­ment, par­lait de l’In­ter­net pour le rap­pro­cher de la démo­cra­tie, et il disait (et je suis tout à fait d’ac­cord avec ça), il disait : faites atten­tion : on ne peut pas réduire Inter­net à la démo­cra­tie parce qu’il n’y a pas d’or­ga­ni­sa­tion des débats, il n’y a pas de MISE EN SCÈNE DES CONFLITS ; une démo­cra­tie, ça met en scène les opi­nions contraires, pour avoir une déci­sion qui soit la plus éclai­rée pos­sible, or c’est pré­ci­sé­ment le rôle d’un par­le­ment ou d’une assem­blée démo­cra­tique que de don­ner la parole à tout le monde pour que tous les points de vue aient été mis en scène et, à l’is­sue de cette mise en scène, on s’as­sure qu’on pren­dra la moins mau­vaise déci­sion possible.

Inter­net ne per­met pas ça : Ber­nard Manin sou­ligne qu’on va natu­rel­le­ment vers des forums qui nous sont favo­rables, parce qu’on ne va pas y être expo­sés à la contro­verse, à la contra­dic­tion, donc c’est plus confor­table, donc nous allons vers le confort et donc, nous nous radi­ca­li­sons de cette façon. Et Ber­nard sou­ligne qu’il y a quand même un aspect pro­pice au débat, sur Inter­net, qui est Google qui, quand on fait une recherche, ne nous pro­pose pas que des sites qui nous sont favo­rables et nous amène PAR HASARD, encore le hasard, à décou­vrir des pen­sées vers les­quelles nous n’au­rions pas été natu­rel­le­ment et qui fina­le­ment nous enri­chissent parce que … mais vrai­ment le tirage au sort, je crois… il n’y a pas de démo­cra­tie sans tirage au sort, hein, je crois que c’est clair… (bruits et rires) mais enfin, il ne faut pas comp­ter sur les élus pour nous le dire, ils ne nous le diront jamais, c’est à nous de nous pas­ser le mot entre nous. (applau­dis­se­ments)

- (Emma­nuel Lau­ren­tin) Heu, une ques­tion de Mon­sieur (ce sera la dernière)…

(minute 81’40 du pod­cast offi­ciel, soit 4 minutes dif­fu­sées sur 7 enregistrées.)

Au pas­sage, je remer­cie le gen­til virus (mer­ci Nat !) qui a fil­mé ça : sans lui, j’au­rais juste le VAGUE sou­ve­nir que j’a­vais dit plus de choses (et plus impor­tantes) que ce qui a été fina­le­ment dif­fu­sé. Grâce à ce for­ban et à sa vidéo pirate, je peux éva­luer PRÉCISÉMENT (et prou­ver) le tra­vail des ciseaux des >jour­na­listes< au montage.

Je sur­vi­vrai très bien à cette petite muse­lière, bien sûr (notam­ment parce que j’ai mon propre média, pré­ci­sé­ment), mais je trouve que c’est un bon petit sujet, bien éner­vant, pour Arrêt sur Images 🙂

Rap­pel : la vidéo (pirate mais fidèle) est là, alors que l’é­mis­sion dif­fu­sée (offi­cielle mais infi­dèle) est là : « Inter­net, stade final de la démo­cra­tie ? ».

Mer­ci à tous, pour tout ce que vous faites pour l’é­du­ca­tion popu­laire : grâce à Inter­net, le peuple forme le peuple, sans pas­ser par les (sans dépendre des) pou­voirs ins­ti­tués et leurs médias disciplinés.

Étienne.

PS : puisque nos maîtres n’ont pas envie, en haut lieu, de voir ce texte dif­fu­sé, je sug­gère que nous le dif­fu­sions par­ti­cu­liè­re­ment inten­sé­ment, bien en clair, en gros et gras, pas caché du tout, nous les manants, avec les moyens du bord… 🙂

On aura tou­jours des voleurs de pou­voir, il y a tou­jours des gens qui veulent déci­der à la place des autres, mais le tirage au sort sert à nous pro­té­ger col­lec­ti­ve­ment de ces voleurs de pou­voirs (sans qu’on sache à l’a­vance les­quels) en affai­blis­sant les repré­sen­tants : le prin­cipe de la démo­cra­tie… enfin… on parle de >démo­cra­tie< par­tout… mais je dois avoir 3 ou 400 livres spé­ci­fi­que­ment sur la « démo­cra­tie => il n’y en a PRESQUE PAS qui parlent de démo­cra­tie (à part quelques uns que j’aime par­ti­cu­liè­re­ment), mais la plu­part parlent du ‘gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif’, qui n’est PAS une démo­cra­tie — et depuis le début ! : je prends juste 30 secondes, mais à peine (même pas : 15 secondes) pour vous lire, parce que je trouve que c’est très impor­tant pour com­prendre : je vous PROUVE ce que je dis, quand je dis « nous ne sommes PAS en démo­cra­tie » : véri­ta­ble­ment, ceux qui ont conçu le régime dans lequel nous vivons étaient des hel­lé­nistes, ils connais­saient très bien la Grèce antique, et ils savaient qu’ils ne vou­laient PAS de démo­cra­tie.

Je vais vous lire une phrase de Sieyès, très vite, Sieyès : un fon­da­teur du régime dans lequel nous vivons : ouvrez les guille­mets, je n’in­vente pas, tex­to, c’est dans le Dire sur le véto royal, 7 sep­tembre 1789 :

« Les citoyens qui se nomment des repré­sen­tants renoncent et doivent renon­cer à faire eux-mêmes la loi. Ils n’ont pas de volon­tés par­ti­cu­lières à impo­ser. S’ils dic­taient des volon­tés, la France ne serait plus cet État repré­sen­ta­tif, ce serait un État démo­cra­tique. Le peuple, je le répète, dans un pays qui n’est PAS une démo­cra­tie (et la France ne sau­rait l’être), le peuple ne peut par­ler, ne peut agir que par ses représentants »

Rosan­val­lon explique bien le moment où, au début du 19e siècle, on s’est mis à appe­ler >démo­cra­tie< ce qui était conçu, pen­sé, comme son véri­table contraire…

Et je vous recom­mande un livre qui peut chan­ger votre vie, vrai­ment, qui n’a pas un titre sexy => si on ne vous en parle pas, vous ne le choi­si­rez pas tout seul en le voyant sur un rayon de biblio­thèque… Et pour­tant c’est un livre essen­tiel, c’est un livre qui fait la balance entre le tirage au sort et l’é­lec­tion, hon­nê­te­ment, c’est Ber­nard Manin qui a écrit ça, un prof à New York, prof [aus­si] à l’E­HESS, et qui a fait UN LIVRE ESSENTIEL POUR NOUS TOUS, avec un titre qui n’est pas appé­tis­sant qui cache une mer­veille : les pre­miers para­graphes, vous allez voir, c’est tout de suite pas­sion­nant. Il s’ap­pelle « Prin­cipes du gou­ver­ne­ment représentatif »…

En fait, ce gars-là [Ber­nard Manin] s’é­ton­nait que nous appe­lions >démo­cra­tie< un sys­tème qui a été pen­sé dès le départ comme une anti-démo­cra­tie, qui est encore aujourd’­hui, pré­ci­sé­ment une anti-démo­cra­tie : quand on désigne des maîtres poli­tiques qui vont tout déci­der à notre place, nous ne sommes pas des citoyens, auto­nomes, qui pro­dui­sons nous-mêmes notre droit, nous sommes des élec­teurs, c’est-à-dire que nous sommes hété­ro­nomes, nous subis­sons la loi écrite par d’autres…

(C’est pos­si­ble­ment meilleur, j’i­ma­gine bien, moi, une véri­table aris­to­cra­tie dans laquelle nous choi­si­rions VRAIMENT les meilleurs, que nous tien­drions vrai­ment sous contrôle, tous les jours, révo­cables, ren­dant des comptes, une véri­table aris­to­cra­tie, ce serait pos­sible, hein, il n’y a pas que la démo­cra­tie…)

Mais que nous appe­lions >démo­cra­tie< le régime dans lequel nous vivons aujourd’­hui, c’est l’ac­cep­ta­tion d’une inver­sion des mots qui nous inter­dit de même vou­loir l’al­ter­na­tive dont nous avons besoin. Et donc je pense qu’il faut vrai­ment remettre à l’en­droit les mots importants… 

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Étienne

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75 Commentaires

  1. HeX

    C’est étrange, ils ont cen­su­ré les pas­sages les plus vin­di­ca­tifs et (cerise sur le gâteau) les applau­dis­se­ments, ce qui en dit encore plus long (non non ce type n’est pas popu­laire). Pour reti­rer encore un peu de cré­di­bi­li­té, ils auraient dû mettre le petit bon­homme en mousse en fond musi­cal et rajou­ter des ron­fle­ments et des baille­ments à la fin de ton intervention.

    C’est vrai­ment des mau­viettes à france culture, ça confirme qu’on ne pour­ra jamais comp­ter sur les médias de masse pour nous don­ner un coup de pouce même si le jour­na­liste est sympathique.

    J’ai déjà pas de télé, je crois que je vais éra­di­quer mon auto radio… Je hais ces gens.

    Réponse
  2. Tibo

    Raaaaaah, génial, pris la main dans le sac !
    C’est super d’a­voir uti­li­sé le peu de temps que tu as eu pour par­ler de la démo­cra­tie et de l’an­ti­dé­mo­cra­tie, le pseu­do re-cadrage du jour­na­liste est mar­rant d’ailleurs.
    Tu as pen­sé à infor­mer ACRIMED de cette histoire ?
    Elle est assez révé­la­trice de la main­mise poli­tique sur les médias.
    « Allez‑y , allez‑y, par­lez pour ne rien dire. C’est bien, ça !
    Ouais non par contre EC, euh non là on va peut-être couper… »

    Réponse
  3. Ana Sailland

    Je ne sais pas, mais si on a vrai­ment quelque chose à dire, pré­cis, juste, sans appel, mais hors des clous, peut-être qu’il ne faut pas accep­ter d’al­ler aux invi­ta­tions lan­cées par l’empire médiatique => ?

    Réponse
  4. SigoleneM

    Mr Chouard Bra­vo et encore Bra­vo tout mon soutien

    Réponse
  5. Farid

    Bra­vo Mr Chouard,

    Votre com­bat est le nôtre,
    Nous citoyen lamb­da qui sommes réduit à accep­ter toute les tar­tu­fe­ries des gui­gnols (ou plu­tôt escrocs) qui sont prêts à aban­don­ner tous sens de l’honneur.

    Et mer­ci aus­si aux gen­tils virus qui font un tra­vail remar­quable pour faire échos à vos écrits et parole.

    Cor­dia­le­ment

    Réponse
  6. telemaque

    Mer­ci M Chouard pour votre tra­vail d’é­lé­va­tion et d’ou­ver­ture des esprits. Déjà , vous nous aidez à nous libérer.
    Mer­ci aus­si pour toutes ces réfé­rences bibliographiques…
    Quant aux médias … ceux que l’on croyait intègres (que l’on vou­lait, que l’on espé­rait ) se per­mettent de pen­ser pour nous.
    Or tout le monde n’a pas un cer­veau plein de cola.

    Bra­vo aux gen­tils virus !

    petite cita­tion (de mémoire):

    Une per­drix demande à une colombe : quel est le poids d’un flo­con de neige ? 
    La colombe réponds : rien,un flo­con ne pèse rien.
    La per­drix répond c’est bizarre, j’é­tais sur une branche et le 145987ème flo­con qui est tom­bé des­sus l’a fait céder…
    La colombe, oiseau de paix, réflé­chit puis dit « Mais alors le com­por­te­ment d’un seul peut tout chan­ger... Un homme s’il le veut peut appor­ter la paix »

    Réponse
  7. tipok

    Ça me fait pen­ser à la confé­rence « Guille­min raconte Robes­pierre et la révo­lu­tion française », 

    où le duc d’Ai­guillon dit : « L’a­ris­to­cra­tie est prête à renon­cer à ses droits féo­daux si on les lui rachète au denier trente »,

    et la presse l’a­vait cité en s’ar­rê­tant avant le « si » ^^

    Réponse
  8. Relo

    Mon­sieur Chouard.
    Il est pas­sion­nant, votre projet.
    Grâce à vous, Mon­sieur, je sais main­te­nant ce que je veux et attends de la politique.
    Cou­rage et bonne continuité.

    Réponse
  9. SnoiD

    Et bien ! Je suis content de m’être com­man­dé le livre de Manin j’vais pou­voir tou­cher une des « bibles » du maître des lieux 🙂 
    Parce que là, se faire cen­su­rer (y a pas d’autres mots pos­sible) et donc ne pas pou­voir livrer la bonne information .…

    Réponse
  10. Merome

    Après avoir vu la ver­sion non-cen­su­rée des ren­contres de Pétrarque (même si c’est hor­ri­ble­ment mal fil­mé, mer­ci à celui qui tenait le bidule et qui a mis ça en ligne), c’est vrai que la ver­sion radio sans applau­dis­se­ment parait bien fade.

    Je note que le talent d’o­ra­teur d’E­tienne s’af­fine et qu’il par­vient main­te­nant à jouer avec le public pour en obte­nir l’as­sen­ti­ment. Sa phrase « si vous ne le voyez pas là, vous ne le ver­rez jamais » (de mémoire) est arri­vé pile au bon moment pour ridi­cu­li­ser l’a­ni­ma­teur (même si ce n’é­tait pas le but, ça me fait quand même res­sen­tir un plai­sir mesquin 🙂 ).

    En revanche, je ne suis pas per­sua­dé que por­ter l’at­ten­tion des gens sur cette phrase de Sieyès soit une bonne chose. Je l’ai (trop) fait sur les forums et on me rétorque à juste titre que ça n’é­claire que très peu le débat. Ok, les gens qui ont pen­sé le gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif ne vou­laient pas de démo­cra­tie. Et alors ? S’ils pen­saient vrai­ment que la démo­cra­tie n’é­tait pas une bonne chose, ils étaient cohé­rents. Reste à prou­ver que la démo­cra­tie est effec­ti­ve­ment la solu­tion à nos pro­blèmes, et c’est plus com­pli­qué, mais sur­tout, cette cita­tion de Sieyès n’ap­porte rien dans ce contexte.

    Pour quel­qu’un qui est atta­ché au concept de démo­cra­tie, il ne fait aucun doute que c’est le meilleur sys­tème. Pour tous ceux qui, comme nous tous il y a quelques années sans doute, bar­bo­tions dans un gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif sans rien connaitre d’autre, le réfé­ren­tiel est dif­fé­rent et tout reste à prou­ver, y com­pris que la démo­cra­tie est meilleure que l’a­ris­to­cra­tie ou la ploutocratie.

    Réponse
  11. HeX

    Je note que le talent d’o­ra­teur d’E­tienne s’af­fine et qu’il par­vient main­te­nant à jouer avec le public pour en obte­nir l’assentiment.

    Je lance une pro­cé­dure d’os­tra­cisme à l’en­contre d’Étienne Chouard !

    Réponse
  12. Étienne

    Mer­ci beau­coup, Mérome.

    Vous avez rai­son : la démons­tra­tion que la démo­cra­tie est meilleure reste à faire. 
    Peut-être en l’essayant ? 🙂
    Qui est légi­time pour déci­der ça, ou pas ?

    D’ailleurs, dans le très court laps de temps qui m’é­tait ici impar­ti, j’ai pu évo­quer un point essen­tiel (pour moi) : une véri­table aris­to­cra­tie, sous un contrôle sour­cilleux et quo­ti­dien, serait peut-être (sans doute ?) meilleure pour prendre de bonnes déci­sions. OK. 
    Ça se dis­cute, quand même. Les volon­tés — nos volon­tés — sont si faciles à trom­per que le hasard n’est peut-être pas si inap­pro­prié qu’on l’i­ma­gine, même pour prendre des déci­sions… Toute la nature fonc­tionne comme ça, d’ailleurs, appa­rem­ment. À creu­ser, encore et encore. 

    La méthode (scien­ti­fique) de LA LIBRE ENQUÊTE de Ber­trand Rus­sel est enthou­sias­mante (je vous en ai déjà par­lé un peu, je crois).

    Ceci dit, au risque de me trom­per, je vais insis­ter, par­don­nez-moi cher Mérome : selon moi, la cita­tion de Sieyès met en évi­dence, à nu, la fal­si­fi­ca­tion (ulté­rieure) du mythe répu­bli­cain ; elle per­met de fixer dans les esprits la dif­fé­rence entre une démo­cra­tie et une plou­to­cra­tie (défi­ni­tions mieux maî­tri­sées par les riches que par les pauvres, mani­fes­te­ment) => elle per­met donc au peuple de reprendre le contrôle d’un mot impor­tant (pour lui) VOLÉ TRÈS TÔT par les plus riches, un mot impor­tant dont nous avons besoin pour réflé­chir aux alternatives.

    Je ne com­prends pas bien l’ob­jec­tion qu’on vous oppose : « les concep­teurs du gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif étaient cohé­rents, on peut les com­prendre »… Effec­ti­ve­ment. Et puis quoi ? La belle affaire ! Ils sont riches, il veulent un régime qui donne le pou­voir aux riches, et jamais de la vie au peuple entier (voir pré­ci­sé­ment l’a­veu public de Sieyès, très impor­tant), c’est cohé­rent mais est-ce que c’est utile à tous ? Qui peut croire que des riches en train de « pré­fé­rer » la plou­to­cra­tie à la démo­cra­tie soient ani­més par le sou­ci de l’in­té­rêt géné­ral ? Ils étaient cohé­rents, certes, mais déjà en train de nous voler, et de mettre en place la machine à voler durable, machine mafieuse et ter­ro­riste qu’on appelle fort gen­ti­ment le capitalisme. 

    Alors, est-ce que ça ne sert à rien de cher­cher à com­prendre, au-delà des mythes men­son­gers, la vraie genèse de nos régimes poli­tiques depuis 200 ans ? Je ne crois pas que cela ne serve à rien.

    Autre­ment dit, mais je suis trop long par­don­nez-moi, si on se place du point de vue de l’in­té­rêt géné­ral (c’est mon préa­lable, il est vrai), j’ai du mal à ne pas inva­li­der les pro­jets des riches en train d’ins­ti­tuer le gou­ver­ne­ment des riches. On vou­drait me dis­sua­der de les condam­ner au seul pré­texte qu’ils étaient cohé­rents ? Mais voyons, la cohé­rence du vio­leur est tou­jours par­faite ; elle n’en est pas moins par­fai­te­ment inad­mis­sible. Est-ce que je me trompe ?

    Mer­ci pour tout, Mérome : votre exi­gence intel­lec­tuelle et votre gen­tillesse font plai­sir à voir.

    Étienne.

    Réponse
  13. Étienne

    Mer­ci HeX : ça va me faire des vacances 🙂

    Réponse
  14. Merome

    Etienne, si vous cher­chez la cause des causes, je cherche de mon côté la démons­tra­tion par­faite (et j’en suis encore loin), qui fonc­tion­ne­rait pour tous.

    Je pré­cise ma pen­sée car je crois que vous l’a­vez mal saisie :
    La cita­tion de Sieyès est très éclai­rante POUR NOUS, qui sommes déjà convain­cus du bien fon­dé de la démo­cra­tie et de l’im­por­tance des mots.

    Pour quel­qu’un qui ne croit pas que des gens tirés au sort feraient mieux que des poli­ti­ciens pro­fes­sion­nels (et ils sont nom­breux, même par­mi les plus exploi­tés et les plus déçus de la poli­tique), c’est presque le contraire.

    L’ab­bé Sieyès ne fait ici que confir­mer leur opi­nion pre­mière qu’ils (ou leurs sem­blables) sont trop idiots/peu concer­nés pour prendre en main leur des­tin poli­tique, et ça ne les choque même pas. Il y a peut-être un pro­blème de confiance en soi der­rière ça.

    Imman­qua­ble­ment, quand on évoque le tirage au sort avec les gens qui n’en connaissent rien, ils ima­ginent l’i­diot du vil­lage à la place du pré­sident. De la même manière quand on parle de reve­nu de vie/dividende uni­ver­sel, cha­cun s’i­ma­gine le fai­néant qui va bien pro­fi­ter de la situa­tion pour ne rien faire, oubliant que lui-même conti­nue­rait de tra­vailler, dif­fé­rem­ment peut-être, parce qu’il en res­sen­ti­rait le besoin.

    Je vous rejoins com­plè­te­ment sur le pro­blème les mots uti­li­sés « à l’en­vers », mais soyez conscients qu’il faut avoir un mini­mum de plai­sir à jouer avec pour en com­prendre la portée.

    Le com­mun des mor­tels se fout éper­du­ment qu’on appelle démo­cra­tie son strict contraire. Ça lui semble ter­ri­ble­ment secon­daire et anec­do­tique. Et insis­ter sur cette cita­tion, c’est per­çu (par cer­tain) comme une lubie mas­quant l’ab­sence d’ar­gu­ments de fond.

    À mon sens, donc, cette cita­tion ne devrait être uti­li­sée que pour enfon­cer un clou déjà bien plan­té. C’est un argu­ment pour une « deuxième vague », des­ti­né à ceux qui ont com­pris la première.

    Peut-être me trom­pé-je, mais c’est ce que je res­sens après plu­sieurs mois d’u­ti­li­sa­tion (abu­sive) de ladite cita­tion. Je tenais à par­ta­ger cette réflexion avec vous.

    Réponse
  15. Memehuguette

    Je réponds au post pré­cé­dent, Hex
    Vous deman­dez une Pro­cé­dure D,Ostracisme a l.encontre d.Etienne Chouard
    Ostra­cisme donc exclusion
    Pour­quoi reje­ter une per­sonne qui ose ouvrir le dia­logue vers des hori­zons nouveaux ?
    Qu,il cherche a nous convaincre oui bien sûr c.est la moindre des choses, main­te­nant il pro­pose que le peuple ait la parole tout le temps, et pas seule­ment le jour d.une élec­tion, il demande une concer­ta­tion et recon­nait la valeur du peuple, c,est louable non ?
    Le pro­to­cole de l.exclusion c.est une atti­tude humaine vieille comme le monde où on accable un indi­vi­du de tous le mal du monde
    Peut être arri­ve­rons nous un jour a nous res­pon­sa­bi­li­ser vrai­ment et ces­ser de cru­ci­fier des Pharmakos.
    Dia­lo­guons, que cha­cun apporte sa Pierre car l.intelligence et l.éveil se trouve aus­si chez le peuple
    Ceux qui ne sont pas riches d.argent et de pou­voir ont d.autres richesses a mettre au ser­vice de l.humanité

    Réponse
  16. Étienne

    Mer­ci Merome.

    Je vais lais­ser ger­mer cette idée sous mon crâne, car elle a bien du sens.

    Le pre­mier qui a une nou­velle idée pré­vient l’autre 🙂

    Mer­ci d’être là, vraiment.

    Réponse
  17. Alain Guillou

    « Quelle huma­ni­té vou­lons-nous être » ? 
    La réponse à cette ques­tion décide sans doute du choix entre « démo­cra­tie » et « aristocratie ». 
    La Révo­lu­tion Fran­çaise por­tait en elle, comme une fusée en par­tance pour le « deve­nir humain », un étage déci­sif, celui qui devait « alu­nir » : l’i­ni­tia­tive popu­laire, ou « la volon­té popu­laire » comme disait Rousseau…
    C’est bien cet étage qui a été sup­pri­mé dans notre socié­té « en route vers son auto­des­truc­tion » bien loin des lunes huma­nistes promises.
    Tout res­semble à de la cen­sure et à du com­plot, mais « tout » a été dès l’o­ri­gine ampu­té.
    C’est pour­quoi « comme par hasard », la réflexion « ini­tiale » de l’Ab­bé Sieyès… (Hum!).
    Quelle « huma­ni­té » vou­lons-nous être ? 
    C’est la ques­tion que pose­ra à Yvon Qui­niou « l’Hu­ma-Café » de Nantes le 7 Sep­tembre prochain…
    En tous cas, un grand MERCI à Etienne !

    Réponse
  18. HeX

    @MéméHuguette

    Ceci était un clin d’oeil (les 3⁄4 de mes mes­sages sont à prendre au 2eme degré) en réponse à un qui­dam qui disait qu’Étienne était de plus en plus à l’aise pour mettre le public dans sa poche. Comme les Athé­niens avaient ten­dance à ostra­ci­ser les ora­teurs qui ten­taient de cir­con­ve­nir une assem­blée, j’ai sau­té dans la brèche.

    D’ailleurs je me demande si c’est pas moi qui vais finir ostra­ci­sé à force de lan­cer des pro­cé­dures à tort et à tra­vers… Et bien tant pis, je m’exilerai en Bel­gique avec quelques dis­si­dents triés sur le volet, Étienne sera Fidel Cas­tro et je serai Ernes­to Guevara !

    Réponse
  19. Merome

    Wouah, j’ai été sur­li­gné par Etienne. C’est une petite consécration 🙂

    « Le pre­mier qui a une nou­velle idée pré­vient l’autre »

    Ne vous inquié­tez pas, vous allez entendre par­ler de moi très bientôt.

    (si c’est pas un tea­ser de com­pé­ti­tion, ça !).

    Enfin, c’est sur­tout parce que je vais avoir besoin de votre caisse de réso­nance pour un de mes pro­jets de gen­til virus.

    Réponse
  20. Étienne
  21. Memehuguette

    @Hex
    En effet j.ai relu vos mes­sages et je n,arrivais plus a vous situer.… Je vous com­prends mieux maintenant.
    J.imagine que vous êtes peut être un pince sans rire et vous méri­te­riez a être enten­du en tant qu.orateur ?
    En tout ca pour­quoi cette idée d.exil ? Non res­tez et défen­dez vos points de vue.
    Un dic­ton popu­laire dit : Hic Rod­hus, hic Salta
    C.est ici Rhodes et c,est ici que je danse…

    Réponse
  22. HeX

    Ok je reste !

    Pour en reve­nir à un pro­pos d’Étienne qui me semble important :

    une véri­table aris­to­cra­tie, sous un contrôle sour­cilleux et quo­ti­dien, serait peut-être (sans doute ?) meilleure pour prendre de bonnes déci­sions (…) Ça se dis­cute, quand même. Les volon­tés — nos volon­tés — sont si faciles à trom­per que le hasard n’est peut-être pas si inap­pro­prié qu’on l’i­ma­gine, même pour prendre des décisions…

    J’ai l’in­tui­tion qu’une démo­cra­tie réelle pour­rait fonc­tion­ner avec des aris­to­con­sul­tants (néo­lo­gisme coquet non?). ie : une chambre élue libre­ment (donc sans can­di­dat) par le peuple et bien sûr révo­cable, qui aurait un avis uni­que­ment consul­ta­tif sur les déci­sions légis­la­tives et réfé­ren­daires. Ça éclai­re­rait sans doute les débats sans risque de dérive oligarchique.

    Réponse
  23. Lucas

    Très alar­mant effectivement.

    Au pas­sage, je me per­met de réagir au tout petit pas­sage sur Google. Il y avait une super confé­rence TED où quel­qu’un expli­quait que jus­te­ment non, même sur Google on est encore dans notre bulle. Je crois que c’est là :

    http://​blog​.ted​.com/​2​0​1​1​/​0​5​/​0​2​/​b​e​w​a​r​e​-​o​n​l​i​n​e​-​f​i​l​t​e​r​-​b​u​b​b​l​e​s​-​e​l​i​-​p​a​r​i​s​e​r​-​o​n​-​t​e​d​-​c​om/

    Réponse
  24. YVAN BACHAUD

    Bon­jour,

    Je suis sur ce blog au pays des phi­lo­sophes, des intellos..!

    Étant tout le contraire, je vous signale que vous par­lez de tirage au sort, sans dire COMMENT le tirage au sort est réa­li­sé, notam­ment pour la Consti­tuante qui est — pour moi — le seul domaine où il est justifiable.

    C’est pour­tant la 1ère chose à faire et il faut que ces moda­li­tés ne puissent faire l’ob­jet d’au­cune cri­tique avouable..

    Sur le Forum du site http://​www​.ric​-france​.fr/ nous avons ouvert un fil de dis­cus­sion sur NOTRE pro­jet de Consti­tuante tirée au sort.

    Nous vous deman­dons de vous ins­crire sur ce forum 
    et de venir faire cri­tiques et suggestions.

    Nous avons aus­si ouvert un fil pour la pro­po­si­tion d’ ÉTIENNE mais il m’a dit ne pas avoir le temps de faire un pro­jet détaillé.. Un de ses nom­breux fans pour­rait le faire.. !

    Quand un pro­jet com­plet, détaillé de Consti­tuante tirée au sort aura été écrit, avec ou sans options com­pa­tibles avec le pro­jet com­plet, il fau­dra le sou­mettre à « un son­dage citoyen natio­nal », afin de chif­frer le sou­tien popu­laire dont il béné­fi­cie dans la population.

    Je peux envoyer le fichier décri­vant cette opé­ra­tion sur demande à [email protected]

    On sait par des son­dages clas­siques que 82 à 88% des Fran­çais sont favo­rables au prin­cipe du réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive citoyenne.

    On a plu­sieurs son­dages réa­li­sés en ayant pré­ci­sé les moda­li­tés Ex 500.000 ou 1 mil­lion de signa​tures​.Et les scores sont évi­dem­ment plus faible de 68 à 76%

    Mais je n’ai jamais vu aucun son­dage sur le sou­tien des Fran­çais au tirage au sort d’une Constituante.

    C’est pour­tant un élé­ment capital.

    J’es­père que vous serez quelques uns, actifs, à vous ins­crire sur le forum du R.I.C
    et que nous allons avancer..

    J’es­père que le sujet sera mis un jour à l’ordre du jour d’OPINEWS qui parle de tout sauf de démo­cra­tie le titre étant donc  » mensonger ». 🙂

    Je me connec­te­rai mais si je vois et entends tout — ou presque—, je ne peux inter­ve­nir que par le tchat pour des rai­sons tech­niques inconnues..!

    Cor­dia­le­ment.

    Yvan

    Réponse
  25. YVAN BACHAUD

    HeX écrit :

    J’ai l’in­tui­tion qu’une démo­cra­tie réelle pour­rait fonc­tion­ner avec des aris­to­con­sul­tants (néo­lo­gisme coquet non?). ie : une chambre élue libre­ment (donc sans can­di­dat) par le peuple et bien sur révo­cable qui aurait un avis uni­que­ment consul­ta­tif sur les déci­sions legis­la­tives et refe­ren­daires. ça eclai­re­rait sans doute les débats sans risque de dérive oligarchique.

    °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

    Com­ment peut on écrire de telle pro­po­si­tion ?!
    Cela me laisse rêveur…
    Une assem­blée de combien ?
    Une assem­blée natio­nale, bien sûr ?
    Sans can­di­dat ??!!!! Com­ment cela est-il possible ?!
    Quel mode de scrutin ?
    Au suf­frage uni­ver­sel direct, je pense ?
    La chambre serait révo­cable, sous quelles conditions ?
    Se poser ses ques­tions et ne pas pou­voir y répondre évi­te­rait, je pense de telles propositions.
    Cordialement
    Yvan

    Réponse
  26. Ana Sailland

    Réponse au sym­pa­thique et iso­go­rieux ping pong ci-dessus :

    J’af­firme pour en avoir fait usage public que la phrase de Sieyès réveille les dor­meurs et consti­tue un bon trem­plin pour la suite.
    Tout comme la perle (noire) de Voltaire.

    Il y a quelque temps déjà que je me pose la ques­tion « Mais pour­quoi vou­lons nous la démocratie » ?

    Ben ça me semble évident : nous consta­tons que l’o­li­gar­chie engendre des injus­tices, et moi, j’aime pas l’in­jus­tice, que j’en sois vic­time ou pas, because l’empathie. En outre, le glo­bal col­lapse qui nous pend au nez, el cora­li­to à la puis­sance 100, avec 109 morts de faim, c’est elle (( oï oli­goï) qui la pré­pa­ré, méti­cu­leu­se­ment, avec pour être gen­tille, une incom­pé­tence méti­cu­leuse et constante. ça me réveille la nuit ( en rai­son d’un sou­ve­nir de terrain … ) 

    Cepen­dant, comme le dit sou­vent Étienne, une aris­to­cra­tie contrô­lée pour­rait être pas mal, à condi­tion ajou­te­rai-je que le radi­cal éty­mo­lo­gique aris­tos soit res­pec­té dans les faits et les actes, c’est-à-dire à condi­tion que ces braves « meilleurs » soient doués de conscience et le nez chaus­sé de lunettes pour voir de loin. Ce qui pré­sen­te­ment n’est pas.

    Ce qui me ramène à mon dada : la conscience, mère de toutes les bra­voures et dont l’ab­sence engendre toutes les bavures.

    C’est elle, le socle à construire + la démo­cra­tie en l’at­ten­dant (et pour la préparer).

    Réponse
  27. Ana Sailland

    @Yvan

    La ques­tion des consul­tés se pose de manière aigüe dans la réflexion sur la consti­tuante stochastique. 

    La ques­tion de l’ex­per­tise est en tous les cas à approfondir.

    Réponse
  28. HeX

    Salut Yvan,

    Je suis sur ce blog au pays des phi­lo­sophes, des intel­los, ah bon ? Pour­tant je passe mon temps à dire des âneries.

    je vous signale que vous par­lez de tirage au sort, sans dire com­ment le tirage au sort est réa­li­sé notam­ment pour la Consti­tuante qui est- pour pour moi le seul domaine- où il est jus­ti­fiable, la moda­li­té du TS consti­tuant n’é­tant pas le sujet du fil de dis­cus­sion, ça parait cohé­rent que nous n’en par­lions pas (TS sec, TS après élec­tion libre éven­tuel­le­ment amé­na­gée selon com­pé­ti­tion d’arts mar­tiaux…). Pour le reste, je ne suis pas d’ac­cord avec toi, le TS peut être pré­cieux en de mul­tiples occur­rences, en par­ti­cu­lier pour les contrôles et la red­di­tion des comptes.

    En tous cas mer­ci pour l’in­vi­ta­tion sur le forum du RIC. Ma moda­li­té pré­fé­rée de déclen­che­ment est double : via 1% des citoyens ou par un citoyen (ou groupe de citoyens) devant une assem­blée tirée au sort qui juge­ra du bien fon­dé de la proposition.

    Ami­ca­le­ment.

    Réponse
  29. HeX

    Oula, j’a­vais pas vu le mes­sage 25…

    Je fais juste une pro­po­si­tion à la louche, je suis pas en train d’é­crire l’ar­ticle de la consti­tu­tion cor­res­pon­dant donc je ne me suis pas sen­ti obli­gé de détailler inté­gra­le­ment la procédure.

    Com­ment peut on écrire de telle pro­po­si­tion?! Cela me laisse rêveur… 

    Je vais tâcher de res­ter poli, j’a­vais enten­du Étienne par­ler de toi, je m’at­ten­dais à quel­qu’un d’ou­vert et de modeste. Je me suis dou­ble­ment trompé.

    Réponse
  30. Ana Sailland

    @ Hex

    Il y a d’autres moda­li­tés de déclenchement.
    Le coût est à prendre en compte
    En 2002 et plus tard, j’a­vais sug­gé­ré que les ini­tiants puissent choi­sir un ter­ri­toire test. En plus com­pli­qué, bien sûr, mais ce n’est pas le lieu.
    (((Ceci dit, des ren­contres dans l’es­pace réel, à 10 ou 20, me sem­ble­raient effi­caces pour appro­fon­dir de conserve ce type de sujet <l’é­crit inhibe l’empathie>)))

    Réponse
  31. Alain Guillou

    Si l’on avait fait un réfé­ren­dum quand Icare s’est cas­sé le nez, aurait-on ces­sé de rêver à voler ? 
    Il me semble que l’ap­proche de « la véri­té » est une esca­lade assez périlleuse pour en décou­ra­ger plus d’un, mais la sagesse nous recom­mande de ne jamais renon­cer à la plu­ra­li­té des « prises ». 
    Dans la marine on dit encore : « une main pour l’ar­ma­teur, une main pour soi ». 
    Le quant-à-soi peut être une erreur, mais il peut aus­si nous sau­ver d’une erreur dominante. 
    Je dis çà à pro­pos du RIC qui est une des « prises » pos­sibles du peuple…
    Mais le tirage au sort en est une autre…
    Quant à « l’é­lu de confiance », ça devrait ser­vir seule­ment quand on doit chan­ger de pied tout en tenant le pin­ceau de son « emploi du temps »…
    Les domi­nants n’aiment pas trop notre « temps libre », de là à pen­ser qu’ils conspirent avec les élus pour nous le réduire, Mémé­hu­guette peut-elle me conseiller ?

    Réponse
  32. Alain Guillou

    oui, j’ou­bliais « le son­dage » comme point d’ap­pui très sca­breux qui nous est pro­po­sé et par­fois même impo­sé, comme s’il devait « faire loi » ! 
    Le son­dage est bien plus sca­breux que le tirage au sort, et pour­tant les domi­nants nous l’or­ga­nisent avec empressement…
    Alors sur­tout ne fai­sons pas un son­dage sur le tirage au sort ! 
    Au fait, je signale le son­dage paru dans l’Hu­ma du jour : 
    à la ques­tion « faut-il un réfé­ren­dum sur le nou­veau trai­té ? » la réponse serait OUI à 72% …
    heu­reu­se­ment que le son­dage n’a pas été « com­man­dé » par le Figa­ro ! (il aurait peut-être alors « don­né » 28%).

    Réponse
  33. HeX

    @Ana

    Je n’en doute pas mais je don­nais juste ma moda­li­té pré­fé­rée his­toire de répondre au monsieur.

    Ensuite, comme sa réac­tion m’a gon­flé (il débarque sur un topic qui n’a rien à voir en bran­dis­sant le RIC et en conchiant ma pro­po­si­tion sans lire de quoi on parle, en énu­mé­rant des ques­tions sans inter­êt comme si c’é­tait des objec­tions pour finir sur la conclu­sion que mon idée c’est n’im­porte quoi sans argu­men­ta­tion aucune), je suis allé voir une vidéo de lui. Du coup sa réponse ne me sur­prend plus du tout.

    Pour ce qui est du RIC, c’est certes néces­saire mais cer­tai­ne­ment pas suf­fi­sant pour exer­cer et contrô­ler les pou­voirs efficacement. 
    Mais ça je pense qu’il n’a pas assez de lar­geur d’es­prit pour le com­prendre donc je le laisse avec son idée monosynaptique.

    Réponse
  34. Ana Sailland

    à Hex

    Même quand on par­tage les mêmes idées, s’en­tendre est dif­fi­cile. Drôle d’a­ni­mal que l’être humain.

    Bises au futur

    Réponse
  35. J.Christ

    Il va fal­loir nous accor­der si nous vou­lons pro­gres­ser vers cette indis­pen­sable trans­for­ma­tion des esprits : divi­sés, nous ne sommes rien.

    Mer­ci à tous pour vos saines pré­oc­cu­pa­tions qui réchauffent le cœur… on se sent moins seul, mer­ci Étienne aus­si bien sûr !

    Réponse
  36. HeX

    @Ana

    C’est pas seule­ment une ques­tion d’en­tente même s’il est vrai que je trouve le ton du mes­sage 24 un tan­ti­net hau­tain (ça va les phi­lo­sophes ? Alors on raconte n’im­porte quoi sur le TS ici?). A mon sens c’est plu­tôt une ques­tion de niveau intel­lec­tuel dans l’ob­jec­tion : je suis tota­le­ment ouvert à la contro­verse pro­duc­tive mais son poste 25 c’est juste du vent, il y a zéro argu­ment et ça laisse entendre que je suis arrié­ré et que j’é­cris n’im­porte quoi sans réflé­chir. Du coup je pense qu’on peut com­prendre un poil d’é­ner­ve­ment de ma part.

    Bref, c’est pas grave, ça m’a au moins évi­té de perdre mon temps à m’ins­crire sur son forum.

    Bises à toi.

    Réponse
  37. atout66

    Ce qui me ramène à mon dada : la conscience, mère de toutes les bra­voures et dont l’ab­sence engendre toutes les bavures.
    C’est elle, le socle à construire + la démo­cra­tie en l’at­ten­dant (et pour la préparer).

    L’o­bli­ga­tion de faire sa conscience est anté­rieure à l’o­bli­ga­tion de suivre sa conscience, et c’est ce coquin de Mira­beau qui l’af­fir­mait ; c’est dire le tra­vail qu’il y a à faire…

    @ tipok
    où le duc d’Ai­guillon dit : « L’a­ris­to­cra­tie est prête à renon­cer à ses droits féo­daux si on les lui rachète au denier trente, et la presse l’a­vait cité en s’ar­rê­tant avant le « si » ^^

    Eh oui, j’y vois 3 raisons :
    1) La presse ne com­pre­nait (déjà) rien a ces subtilités ;
    2) La presse aurait du expli­quer aux manants le denier trente, puis le maxi­mum, etc. Trop long !
    3) La presse avait des ordres 😉

    En tous cas, mer­ci pour ce sujet qui démontre, s’il en était besoin, que l’in­for­ma­tion n’est pas faite pour infor­mer mais bien pour incul­quer. On ne le répé­te­ra jamais assez…

    Réponse
  38. Tibo

    Le ton monte vite ici ! 🙂

    Je reviens là-dessus :

    « Pour tous ceux qui, comme nous tous il y a quelques années sans doute, bar­bo­tions dans un gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif sans rien connaitre d’autre, le réfé­ren­tiel est dif­fé­rent et tout reste à prou­ver, y com­pris que la démo­cra­tie est meilleure que l’a­ris­to­cra­tie ou la ploutocratie. »

    Et j’ap­porte mon expé­rience. Je tra­vaille dans un ate­lier, je suis ouvrier tour­neur frai­seur, nous sommes à peu près 250 dans l’a­te­lier, à ma connais­sance, il y a UN col­lègue que la ques­tion inté­resse, avec qui nous échan­geons beau­coup. Pour les autres… allez j’ose dire tous les autres ! (c’est mon exas­pé­ra­tion quo­ti­dienne qui s’ex­prime !) ne s’in­té­ressent PAS à la poli­tique => « tous des pour­ris », ne s’in­té­ressent qu’au prix de l’es­sence, des impôts etc… => « encore les mêmes qui payent »

    Je n’ar­rive pas à leur par­ler de ce qu’est la démo­cra­tie, du moins du fait que nous n’y sommes pas, par le biais d’exemples « concrets » (pour eux), du genre « si au moins on avait un réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive popu­laire (expli­ca­tion de ce que c’est) on pour­rait dire notre mot sur… alors que là : => « on peut que fer­mer notre gueule »

    Je ne déses­père pas : (des fois !) avec le temps ça rentre dans les têtes. 🙂

    Réponse
  39. telemak

    @ tibo

    le poids des mots détour­nés et une dés­in­for­ma­tion cer­taine jouent contre nous.

    Mais avec le temps et beau­coup d’empathie, je veux dire en par­tant de ce que pensent nos col­lègues, amis et grâce aux exemples d’Étienne, je pense qu’on peut faire évo­luer les consciences.

    Pour ma part, j’en parle beau­coup autour de moi, beau­coup de per­sonnes sont fina­le­ment sen­sibles à cet objec­tif de démo­cra­tie… En tout cas, cela les interpelle.

    pour te remon­ter le moral,un peu de musique :


    BROUSSAÏ – Rêve d’é­vo­lu­tion – 2011 – part 1 par reg­gae­rid­dim­box

    Réponse
  40. HeX

    Le ton monte vite parce que je suis coquin.

    J’ar­rête de décon­ner, je vous sou­haite bonne chance et je vous conseille ça en atten­dant de prendre la bastille :

    ça vaut toutes les démo­cra­ties du monde (avec le son à fond).

    Bises à Ana, à Étienne et à Hugo Chavez.

    Réponse
  41. Marion

    Eh bien Étienne, bien­ve­nue au club des cen­su­rés ! Je suis bien hono­rée de ta compagnie.

    Et je te rap­pelle la défi­ni­tion des « repré­sen­tants » que l’En­cy­clo­pé­die nous donne : ceux qui pos­sèdent.

    Je note la façon de faire du jour­na­liste qui pro­pose de « recon­tex­tua­li­ser » ce qu’a dit Sieyès. Quand on trouve que c’é­tait bien, on applau­dit. Quand on pour­rait trou­ver que ce c’é­tait mal, on dit qu’il faut contex­tua­li­ser, évi­ter l’a­na­chro­nisme, se remettre dans le contexte…

    Bref, pas touche aux « Lumières »…

    Réponse
  42. Memehuguette

    @ Yvan Bachaud

    En par­lant du pays des phi­lo­sophes et des intel­los vous sem­blez un ten­ti­net mépri­sant„„ alors quoi dans les pro­chaines Ago­ras feriez vous un tri ? 

    Pro­po­sez vous d,exclure ceux qui ne sont pas comme vous ? Ces gens là vous semblent- ils infé­rieurs et incom­pé­tents pour créer une Démocratie ?

    @ Alain Guillou

    Icare a volé trop près de la lumière, il a éclai­ré trop vite la véri­té, il s,est brû­lé les ailes… disons plu­tôt qu,on lui a brûlé.les ailes…

    Voyez à nou­veau le film I comme Icare avec Yves Montand !!!

    Alors faut- il ne rien dire au nom de la peur et se taire tou­jours se taire, tou­jours accep­ter l,inégalité ?

    Non bien sûr, or dans ce renou­veau démo­cra­tique qui se pro­file il devra y avoir une place pour tous, les riches comme les pauvres, les idiots et les intel­li­gents, les phi­lo­sophes et les non phi­lo­sophes, ceux qui méditent et ceux qui agissent. Vous êtes de ceux qui agissent ?

    c,est très bien.

    Réponse
  43. YVAN BACHAUD

    Réponse au N°33
    Hex parle d’un cham­bré élue libre­ment et révocable.
    Je lui demande

    °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
    (…)
    Une assem­blée de combien ?
    Une assem­blée natio­nale, bien sûr ?
    Sans can­di­dat ??!!!! Com­ment cela est-il possible ?!
    Quel mode de scrutin ?
    Au suf­frage uni­ver­sel direct, je pense ?
    La chambre serait révo­cable, sous quelles conditions ?
    (…)
    °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

    « Réponse » ! de HEX
    Ensuite, comme sa réac­tion m’a gon­flé (il débarque sur un topic qui n’a rien à voir en bran­dis­sant le RIC et en conchiant ma pro­po­si­tion sans lire de quoi on parle, en énu­mé­rant des ques­tions sans inter­êt comme si c’é­tait des objec­tions pour finir sur la conclu­sion que mon idée c’est n’im­porte quoi sans argu­men­ta­tion aucune)
    °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

    Yvan
    Cha­cun appré­cie­ra les ques­tions et la non réponse.

    Il me semble qu’il ne peut y avoir de débat si les inter­ve­nants ne répondent pas aux questions.

    Mais il fau­drait avoir des sujets bien précis.

    La pro­po­si­tion phare d’Étienne étant d’ob­te­nir une Consti­tuante tirée au sort, Il me semble indis­pen­sable qu’il ait une pro­cé­dure com­plète et détaillée de ce tirage au sort. Et elle doit le moins pos­sible prê­ter le flanc aux cri­tiques des élus qui bien sûr n’en veulent pas .

    Je milite depuis des décen­nies pour le RIC mais j’ai des moda­li­tés pré­cises à pro­po­ser, cela me semble la moindre des choses.

    je renou­velle donc mon invi­ta­tion aux par­ti­sans de la Consti­tuante tirée au sort de venir s’ins­crire sur le forum http://​www​.ric​-france​.fr

    Il y a un pro­jet de base en discussion

    Mais un fil de dis­cus­sion est ouvert pour ETIENNE et ses proches pour qu’ils mettent LEUR texte de base en discussion.

    °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

    En quelques semaines au plus les textes auront pu être « opti­mi­sés » et pour­ront faire l’ob­jet d’un  » son­dage citoyen natio­nal »= c’est a dire être sou­mis à un bureau de vote ayant voté à 1% près pour Hol­lande à 51,63% et comp­tant au moins 800 inscrits.

    Ce qui don­ne­ra une bonne esti­ma­tion chif­frée et VÉRIFIABLE du sou­tien popu­laire de la pro­po­si­tion de loi en faveur de la Consti­tuante tirée au sort.

    Si les moda­li­tés sont bonnes je pense que le sou­tien popu­laire sera important.

    Réponse
  44. RHC

    Bon­jour,

    Je me suis amu­sé à voir l’ar­ticle de la décla­ra­tion des Droits de l’homme, je ne suis pas spé­cia­liste de Droit, mais sup­po­sons qu’un groupe de per­sonnes influentes et très riches res­pecte à la lettre cette fameuse déclaration.

    Ain­si, l’ar­ticle pre­mier : « Le but de la socié­té est le bon­heur com­mun. Le gou­ver­ne­ment est ins­ti­tué pour garan­tir à l’homme la jouis­sance de ses droits natu­rels et imprescriptibles. »

    Dans cette décla­ra­tion, je ne vois pas la dif­fé­rence entre : »
    Le but de la socié­té est le bon­heur com­mune [des riches, élites, oligar…etc]. Le gou­ver­ne­ment est ins­ti­tué pour garan­tir aux [riches, élites, oligar…etc] la jouis­sance de ses droits natu­rels et imprescriptibles.
    pre­mier « Beug » du lan­gage humain.

    si on regarde bien l’ar­ticle 16 :
    « Le droit de pro­prié­té est celui qui appar­tient à tout citoyen de jouir et de dis­po­ser à son gré de ses biens, de ses reve­nus, du fruit de son tra­vail et de son industrie. »

    Si on prive le citoyen de jouir, par le méca­nisme de la dette, l’ar­ticle 16 devient une arme qui sert à pro­té­ger uni­que­ment les riches.

    à pro­pos de l ‘article 2, ces droits sont l’é­ga­li­té de s’en­ri­chir, la liber­té d’ef­fec­tuer l’ordre, la sûre­té de leur pro­prié­té [pri­vée].

    Réponse
  45. YVAN BACHAUD

     »Réponse d’ Yvan dans le texte. »

    42. Le mer­cre­di 29 août 2012 à 08:35, par Memehuguette

    @ Yvan Bachaud En par­lant du pays des phi­lo­sophes et des intel­los vous sem­blez un tan­ti­net méprisant„„

    °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

    Je ne suis pas mépri­sant du tout, je suis plu­tôt sin­cè­re­ment admi­ra­tif pour cette forme d’in­tel­li­gence. Mais je n’ai pas le niveau ni le goût pour ce genre de débat. Je suis pour la réa­li­sa­tion de pro­jet concret, pas pour des dis­cus­sions sans fin qui se dispersent.

    °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

    alors quoi dans les pro­chaines Ago­ras feriez vous un tri ?

    °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

     »Il faut arrê­ter de par­ler d’ ago­ra avec 46 mil­lions d’é­lec­teurs on ne va pas les réunir sur une place et cela n’au­rait aucun intérêt.

    C’est pour cela que je suis favo­rable au TS inté­gral, en deux temps, de 100 Consti­tuants pour qu’ils fassent un pro­jet de consti­tuante avec pro­ba­ble­ment quelques options pour cer­tains articles puis le pro­jet serait – évi­dem­ment – sou­mis à référendum »

    °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

    Pro­po­sez vous d,exclure ceux qui ne sont pas comme vous ?

    °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

    Je n’exclus per­sonne ni du TS ni du vote final. 

    °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

    Ces gens là vous semblent- ils inférieurs ? 

    °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

    Très sin­cè­re­ment, non je suis très admi­ra­tif de gens qui comme Étienne passent beau­coup de temps à lire des phi­lo­sophes et des socio­logues ! JFKhan est un exemple… 

    °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

    et incom­pé­tents pour créer une Démocratie ?

    °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

    La démo­cra­tie c’est très simple c’est le POUVOIR= Kra­tos au peuple = demos

    Pour moi créer la démo­cra­tie ; c’est décrire en détail, noir sur blanc, les ins­ti­tu­tions que l’on pro­pose qui donnent véri­ta­ble­ment au peuple les moyens d’exercerle pou­voir à tout moment.

    je n’ai jamais enten­du phi­lo­sophes et intel­los faire de telles pro­po­si­tions. Étienne a pour­tant 3 ou 400 livres sur la démo­cra­tie.. mais ce ne sont que des concepts, des mots, du bla bla bla dont l’o­li­gar­chie n’a rien a craindre.. !

    Une pro­po­si­tion de loi pré­cise en faveur d’une Consti­tuante TS, dont il serait en plus PROUVÉ qu’il béné­fi­cie d’un sou­tien très impor­tant dans la popu­la­tion, serait plus effi­cace et per­met­trait de lan­cer péti­tions et mani­fes­tions pour obte­nir cette réforme.

    Je constate qu’Étienne que j’a­dore 😉 est inca­pable de four­nir un docu­ment de quelques pages pré­ci­sant com­ment la Consti­tuante est tirée au sort, et com­ment il envi­sage qu’elle va travailler.

    Pour­tant c’est sa pro­po­si­tion phare et il fait des confé­rences sur le sujet. »

    °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

    @ Alain Guillou 
    Icare a volé trop près de la lumière, il a éclai­ré trop vite la véri­té, il s,est brû­lé les ailes… disons plu­tôt qu,on lui a brûlé.les ailes… Voyez à nou­veau le film I comme Icare avec Yves Mon­tand !!! Alors faut- il ne rien dire au nom de la peur et se taire tou­jours se taire, tou­jours accep­ter l,inégalité ? Non bien sûr, or dans ce renou­veau démo­cra­tique qui se pro­file il devra y avoir une place pour tous, les riches comme les pauvres, les idiots et les intel­li­gents, les phi­lo­sophes et les non phi­lo­sophes, ceux qui méditent et ceux qui agissent. Vous êtes de ceux qui agissent ? c,est très bien.

    °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

    Je suis pour que tout citoyen puisse à tout moment TENTER de s’op­po­ser à une loi ou à une déci­sion de l’exé­cu­tif, qu’il estime injuste et qu’il puisse ten­ter de faire don­ner force de loi à une pro­po­si­tion de loi qu’il aurait élaborée.

    Mais MOI je pro­pose une pro­cé­dure détaillée expli­quant com­ment TOUT citoyen doit procéder.

    J’ai­me­rais qu’É­tienne et les plus proches de ses fans du TS de la Consti­tuante fassent de même. 
    Dans son inté­rêt et l’in­té­rêt général.

    C’est pour cela que je pro­pose une dis­cus­sion sur le forum du R.I.C, mais seule­ment avec des gens qui ont des pro­po­si­tions concrètes, pas des idées phi­lo­so­phiques sur le TS ou la Démocratie..

    Il doit bien y en avoir quelques uns sur ce forum Étienne pour­rait aus­si lan­cer un appel sur opinews

    Cor­dia­le­ment

    Yvan

    Réponse
  46. RHC

    Article 3

    Tous (les pauvres, les autres…etc) sont égaux par nature et devant la loi (que nous avons créée).

    Réponse
  47. RHC

    Article 4

    La loi est l’ex­pres­sion libre et solen­nelle de la volon­té par­ti­cu­lière ; elle est la même pour , soit qu’elle pro­tège les riches, soit qu’elle punisse les pauvres ; elle ne peut ordon­ner que ce qui est juste et utile à notre vision de la socié­té ; elle ne peut défendre ce qui lui est nui­sible (terroriste,anarchiste,..etc).

    Réponse
  48. RHC

    Hmmmm.

    Article 6

    La liber­té est le pou­voir qui appar­tient à l’homme de faire tout ce qui ne nuit pas aux pri­vi­lèges d’au­trui ; elle a pour prin­cipe la nature ; pour règle la jus­tice ; pour sau­ve­garde la loi ; sa limite morale est dans cette maxime : Ne fais pas à un autre ce que tu ne veux pas qu’il te soit fait.

    Réponse
  49. RHC

    Article 7

    Le droit de mani­fes­ter sa pen­sée et ses opi­nions, soit par la voie de la presse, (soit de toute autre manière, le droit de s’as­sem­bler pai­si­ble­ment, le libre exer­cice des cultes, ne peuvent être inter­dits.) La néces­si­té d’é­non­cer ces droits sup­pose ou la pré­sence ou le sou­ve­nir récent du despotisme.

    Par­fait pour les actions d’un agent de dés­in­for­ma­tion : Devi­ser pour mieux régner.

    Réponse
  50. RHC

    Article 9

    La loi doit pro­té­ger la liber­té publique et indi­vi­duelle contre l’op­pres­sion de ceux qui gouvernent.

    La ques­tion mérite d’être posée : Qui écrit la loi ? Bref, on est dans la merde .…

    Réponse
  51. RHC

    Salope de Jus­tice ! Elle a une faible pour l’uniforme

    Article 10–15… LA LOI, L’ORDRE

    Article 10

    Nul ne doit être accu­sé, arrê­té ni déte­nu, que dans les cas déter­mi­nés par la loi et selon les formes qu’elle a pres­crites. Tout citoyen, appe­lé ou sai­si par l’au­to­ri­té de la loi, doit obéir à l’ins­tant ; il se rend cou­pable par la résistance.

    Article 11

    Tout acte exer­cé contre un homme hors des cas et sans les formes que la loi déter­mine ( encore Elle), est arbi­traire et tyran­nique ; celui contre lequel on vou­drait l’exé­cu­ter par la vio­lence a le droit de le repous­ser par la force.

    Article 12

    Ceux qui sol­li­ci­te­raient, expé­die­raient, exé­cu­te­raient ou feraient exé­cu­ter des actes arbi­traires, sont cou­pables et doivent être punis.

    Opé­ra­tion faux drapeaux !

    Article 13

    Tout homme étant pré­su­mé inno­cent jus­qu’à ce qu’il ait été décla­ré cou­pable, s’il est jugé indis­pen­sable de l’ar­rê­ter, toute rigueur qui ne serait pas néces­saire pour s’as­su­rer de sa per­sonne doit être sévè­re­ment répri­mée par (la loi).

    Réponse
  52. RHC

    Bref, comme Mémé me disait : » « Un bâton a tou­jours deux bouts »

    Réponse
  53. Francois

    Très inté­res­sant cet éclai­rage sur notre pseu­do régime démo­cra­tique et l’an­ti-démo­cra­tie de notre sys­tème de gou­ver­ne­ment. J’en véri­fie tous les jours les effets dans les rap­ports popu­la­tion – col­lec­ti­vi­tés locales. C’est le monde à l’en­vers, nous sommes au ser­vice de, ils sont les maîtres…

    ils éditent chaque jour un peu plus de règles, de contraintes, de cri­tères pour ne pas avoir à répondre, par­ler, dis­cu­ter de leur déci­sions uni­la­té­rales, et ce dans tous les domaines.

    c’est encore plus fla­grant dans un petit ter­ri­toire rural où nous sommes tous voi­sins, et où l’ac­tion publique est vrai­ment néces­saire au développement.

    Réponse
  54. Tibo

    Yvan « La pro­po­si­tion phare d’Étienne étant d’ob­te­nir une Consti­tuante tirée au sort, Il me semble indis­pen­sable qu’il ait une pro­cé­dure com­plète et détaillée de ce tirage au sort. Et elle doit le moins pos­sible prê­ter le flanc aux cri­tiques des élus qui bien sûr n’en veulent pas . »

    Com­plè­te­ment d’ac­cord avec toi. Je pense aus­si qu’il faille tra­vailler à ça. Conce­voir une pro­cé­dure de A à Z.

    De manière à avoir une métho­do­lo­gie claire, nette et pré­cise du pro­ces­sus consti­tuant, pour pou­voir reven­di­quer une alter­na­tive au sys­tème actuel. Je pense aus­si qu’il faille dis­so­cier les réflexions sur une consti­tu­tion et sur le pro­ces­sus consti­tuant, ceux sont deux choses dif­fé­rentes. La consti­tu­tion sera ce quelle sera en fonc­tion de ce qu’au­ra déci­dé l’as­sem­blée consti­tuante, y réflé­chir est certes impor­tant et inté­res­sant mais ne reste que dans le domaine du tra­vail intel­lec­tuel à par­tir du moment ou l’on ne fait pas par­tie de l’as­sem­blée consti­tuante. Alors que réflé­chir au pro­ces­sus consti­tuant, je trouve que c’est tout de suite plus concret « pra­tique ». J’au­rais presque envie de dire que ça relève des mathématiques ! 🙂

    D’ailleurs Yvan tu n’est pas à l’o­ri­gine d’une idée de « dési­gna­tion » avant le tirage au sort ? T’au­rais des infos, des liens à donner ?

    Réponse
  55. Alain Guillou

    @Yvan :

    ce ne sont pas les détails tech­niques qui vont inté­res­ser les citoyens à la décou­verte de « l’in­ver­sion utile du sens des mots », comme ils viennent de la décou­vrir avec le der­nier « vote utile » : le pro­blème n’est pas encore celui des tech­niques quand le ver­rou à faire sau­ter pour que les consciences s’exercent libre­ment est un ver­rou philosophique. 

    Pour­quoi oppo­ser la phi­lo­so­phie au « sens pra­tique » ? croyez-vous que ce sont vos tra­vaux sur le « com­ment » qui peuvent vaincre l’ob­jec­tion de prin­cipe qui barre la route au RIC ? 

    Si vous mon­trez comme un repré­sen­tant de com­merce en voi­tures les fau­teuils en cuir et la boite de vitesse à double pas héli­coï­dal de votre RIC à haute tenue de route, vous ne convain­crez pas quel­qu’un qui a juré d’en res­ter à la marche à pieds.

    …D’ailleurs cette der­nière reste aus­si un bon moyen d’in­ter­ven­tion citoyenne : voir La Bas­tille Mars 2012 !

    @REX vous m’a­vez influen­cé plus que je ne croyais !

    Réponse
  56. zedav

    @ Etienne :

    En com­plet désac­cord avec l’i­dée selon laquelle la phrase de Siéyes serait sans impor­tance pour les profanes.

    Elle fait met en évi­dence la fal­si­fi­ca­tion inten­tion­nelle (ulté­rieur) des puis­sants par sub­sti­tu­tion des mots. Or, pour­quoi fal­si­fier lorsque l’on pense sa cause juste ?

    Si, effec­ti­ve­ment, elle ne démontre en rien qu’une vraie démo­cra­tie serait le meilleur sys­tème, elle contri­bue aus­si à démon­trer que nous ne sommes pas en démo­cra­tie, que les puis­sants le savent, et donc qu’ils mentent.

    Un peu au regret de ne pas avoir eu de réponse au der­nier cour­riel que je vous ai adressé…

    Réponse
  57. Alain Guillou

    @Yvan Bachaud :

    Je m’ex­cuse pla­te­ment, car j’ai dû faire bref en critiquant …

    Bien sûr, je vou­lais dire que la prio­ri­té était de faire admettre le prin­cipe de « l’I­ni­tia­tive Citoyenne » en matière de référendum. 

    Pour ce qui est du tra­vail quant aux moda­li­tés du RIC, en effet, il est fort utile pour ceux qui en ont admis le prin­cipe, donc vous avez rai­son d’y insis­ter sur le blog d’Étienne, où nous sommes sans doute nom­breux à sou­hai­ter une pra­tique du RIC, du « débat démo­cra­tique » et de bien d’autres ingré­dients néces­saires et non suf­fi­sants d’une « démo­cra­tie véritable ».

    Per­son­nel­le­ment la ques­tion du tirage au sort telle que posée ici « chez Étienne » m’in­ter­pelle, et sans que j’en sois un adepte incon­di­tion­nel, j’en suis à la pen­ser et à la dis­cu­ter « phi­lo­so­phi­que­ment », (« hâtons-nous de rendre la phi­lo­so­phie populaire »). 

    Ensuite, ici, l’en­vie se déve­loppe de mettre en ser­vice des expé­ri­men­ta­tions pos­sibles immé­dia­te­ment, avec les « moda­li­tés » que tel ou tel « espace citoyen » se sent capable d’utiliser. 

    Il existe donc un « virus » du TS par­tout, et pas seule­ment sur la grande affaire du « pro­ces­sus consti­tuant » qui nous obsède légitimement. 

    Or je pense que déjà plu­sieurs expé­ri­men­ta­tions poli­tiques récentes, locales et inter­na­tio­nales du TS ont eu cours et sont riches d’enseignements.

    Peut-être pour­rait-on en dres­ser l’in­ven­taire.

    Réponse
  58. Ana Sailland

    @Alain

    pour la ques­tion finale, il y a pas mal de choses chez Yves Sin­to­mer

    (dans cer­taines asso­cia­tions il est fait usage du TS, pour « tirer » cer­tains rôles)

    (dans cer­taines assem­blées, on tire au sort les modérateurs)

    Réponse
  59. jerome lepage

    copier.…coller…diffuser…j’ai la haine…il fau­drait que l’on redonne ega­le­ment du sens au mot terrorisme…parceque le ter­ro­risme de nos jour c’est une fable, un conte… s’at­ta­quer a deux pauvres tours plein de pauvres ame­ri­cains qui vont au taff, c’est pas du ter­ro­risme, c’est de la propagande…encore…il y a tel­le­ment de choses a detruire avant ces pauvres ricains dans leurs tours.…remettons les mots dans le bon sens…a detruire tout ce qui pour­ri ce monde..l’agroalimentaire de masse, la medi­ca­tion de masse, les sois disant démo­cra­ties et sur­ement encore pleins d’autre chose.…j’ai 40ans et je viens de trou­ver ce que je vou­drais faire quand je serais grand…terroriste.…

    Réponse
  60. Sam

    Salut Étienne, salut vous autres,

    leur mon­tage, ça sent plu­tôt la cen­sure déli­bé­rée – j’i­rais jus­qu’à gager qu’on la doit au sieur Lau­ren­tin him­self, ça colle tant avec l’at­ti­tude qu’il a eue en direct.

    Pour ce qui est de la cita­tion de Sieyès, du moins sur sa posi­tion expri­mée dans ce « dire », j’au­rais quelques obser­va­tions à faire, voire quelques objec­tions à te faire ?

    D’a­bord, c’est peut-être abu­sif de poser le gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif comme CONTRAIRE à la démo­cra­tie (non pas seule­ment DISTINCT de -) dans la vision de ces pépères fon­da­teurs. Je ne dis pas que c’est ma propre opi­nion, je parle de leur vision, à l’é­poque. Vision qui s’é­tend peut-être à celle de pas mal de défen­seurs ulté­rieurs de ce fichu régime.

    Quand Sieyès défend le gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif, quel est son argu­ment prin­ci­pal ? L’Assemblée ne peut déli­bé­rer qu’en corps. Autre­ment dit, l’ar­gu­ment de la taille du « royaume ». Si l’on veut que la France soit « une et indi­vi­sible », il faut néces­sai­re­ment écar­ter l’option d’une (con-)fédération de mul­tiples répu­bliques (les­quelles seraient poten­tiel­le­ment démo­cra­tiques). C’est d’ailleurs la base de l’amendement qu’il pré­sente ce jour-là.

    On peut tou­jours sup­po­ser qu’il se serve de l’argument comme pur pré­texte, reste que l’argument tient la route…

    Du moins il tenait à l’époque et sous condi­tions… à revi­si­ter.
    D’abord, l’unité du royaume pour l’unité du royaume… ça ne fait pas en soi un argu­ment logique. Or jus­te­ment, c’est là que la posi­tion n’est sur­tout pas étayée. Il se contente d’en appe­ler au sens com­mun… de ceux qui forment déjà l’Assemblée.
    Ensuite, on devine qu’à part les pos­sé­dants, jus­te­ment, les autres s’en fou­taient bien de l’unité de la France (une fois sor­tis de la messe), eux les jamais consul­tés, eux qui d’ailleurs sor­taient à peine d’un sys­tème féo­dal – son­gez aus­si que les rois et la noblesse, jusqu’à ce jour, pour mener leurs guerres, bien loin de pou­voir mobi­li­ser les gueux, étaient contraints de payer, for­mer et équi­per des mercenaires. 
    Enfin, nous ne sommes plus en « 89 » et il y a sans doute moins de limites à a taille dudit « royaume » pour qui veut de la démocratie.

    À part ça, certes, Sieyès nous fait très ouver­te­ment le coup du doux com­merce, etc. – pire, il a un mot curieux à pro­pos de la mul­ti­tude qui se serait livrée corps et âme au tra­vail… (et n’aurait donc plus de temps à consa­crer à la fabrique de la loi), quoique il pré­tende impli­ci­te­ment déplo­rer cet état de fait. 
    Et certes, il argue de l’in­cul­ture crasse de l’im­mense majo­ri­té des gens, tra­la­lère… Mais on peut dif­fi­ci­le­ment nier qu’il a un autre argu­ment (ci-des­sus) et que celui-là est déci­sif : l’Assemblée ne peut déli­bé­rer qu’en corps.

    Là encore, il a pu se payer le luxe de pré­sen­ter ces deux autres argu­ments sur le ton du : « ça tombe bien, la nature est injuste… mais fina­le­ment si cohé­rente, voyez, bref, bien faite… ». Et là encore, je ne serais pas éton­né que lui, et com­bien d’autres, aient sai­si l’opportunité de maquiller leur posi­tion de classe au moyen de cette petite gym­nas­tique logique. Mais pour ce qui nous concerne, appli­quons-nous bien à dis­tin­guer les choses, jus­te­ment, la logique et les choix, sous peine de conti­nuer à nous faire avoir – le but du jeu n’est-il pas de nous sor­tir de la pri­son des mots depuis qu’il nous ont volé celui de « démo­cra­tie » ? La logique d’un côté, les choix per­son­nels de l’autre, et les dégui­se­ments à terre. Poursuivons.

    J’en viens à pré­sent à un point qui me paraît tout à fait cen­tral (voir la réponse que j’avais faite à Raoul Marc Jen­nar, au sujet du tirage au sort et du sys­tème élec­tif) et très révé­la­teur de la supercherie. 
    Sieyès com­met en effet une énorme bourde de logique à un moment de son dis­cours. Il argue en insis­tant, à très juste titre, qu’on ne peut évi­dem­ment obte­nir de bonnes lois en arti­cu­lant méca­ni­que­ment des pro­po­si­tions déjà faites par des gens qui res­te­raient cha­cun chez soi et res­te­raient sur leurs posi­tions : il faut néces­sai­re­ment que les dif­fé­rents acteurs com­binent, négo­cient, s’expliquent, bref, fassent évo­luer leur posi­tion dans le débat. Rai­son pour laquelle le man­dat impé­ra­tif est une idée tout bon­ne­ment impraticable. 
    Mais d’un autre côté, Sieyès a le tou­pet de dire que « l’influence » des « (assem­blées de) Com­met­tants » sur les « Dépu­tés natio­naux » doit être « totale »… 
    Inutile de pour­suivre : il se fout de la gueule du monde. 
    Mais ça passe comme une lettre à la poste… vu que ses audi­teurs sont tous ou presque acquis au sys­tème « repré­sen­ta­tif » qui les fait déjà exercer.

    Un autre pas­sage me paraît révélateur. 
    Curieu­se­ment, confu­sé­ment, Sieyès parle d’ « aris­to­cra­tie », en l’assimilant aus­si­tôt au « des­po­tisme », pour évo­quer l’idée d’un régime ou l’exécutif (ici le roi et ses ministres) aurait le véto législatif. 
    Quel rap­port avec l’aristocratie ?
    Au fond, ce pas­sage confus ne dit rien d’autre que cela : mon­sieur était de la nou­velle aris­to­cra­tie et voyait natu­rel­le­ment l’ancienne comme tyran­nique et la nou­velle, la sienne, bour­rée de bonnes inten­tions… et donc bien sûr pas « aris­to­cra­tique » (caca) puisque bien­veillante… et intel­li­gente au point de pou­voir réflé­chir à la place des gueux, c’est-à-dire comme un gueux. 
    Eh oui, on ne peut pas deman­der aux forts d’avoir une conscience de classe sem­blable à celle des faibles. 
    C’est pour cela que je dis qu’il est abu­sif de dire qu’ils voyaient le gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif comme CONTRAIRE à la démo­cra­tie. Ils dis­tin­guaient bien les choses, et c’est déjà assez fort pour être sou­li­gné trois fois en rouge.

    Dans le même genre, Sieyès insiste sur la néces­si­té de sépa­rer le pou­voir consti­tuant du pou­voir légis­la­tif… (en France, du moins, où le roi ne doit pas pou­voir dis­soudre l’AN) mais à qui donne-t-il l’initiative en matière consti­tuante ? Pas aux gueux, bien sûr. Aux pou­voirs consti­tués… Et faut-il dire que l’assemblée consti­tuante sera élue ?

    Pour finir, moi qui ne suis pas très bran­ché par l’idée de s’en tenir à un archi­pel de répu­bliques micro­sco­piques jusque aux siècles des siècles (jusqu’à la pro­chaine inva­sion dévas­ta­trice), je reviens sur l’aspect essen­tiel de la déli­bé­ra­tion, que j’ai évo­qué plus haut, pour conclure (à ce stade), comme tu le fais, Étienne : 

    la meilleure manière de fonc­tion­ner serait peut-être (sans doute) d’avoir d’un côté une chambre aris­to­cra­tique (élue), fata­le­ment très soli­daire de l’exécutif, qui soit dotée de l’initiative et qui déli­bère, et, de l’autre côté, une chambre démo­cra­tique tirée au sort, qui exer­ce­rait un droit de veto sur toutes les pro­po­si­tions de loi issues de la pre­mière assem­blée. Un veto qui se ferait peut-être même sans dis­cus­sion. Cf. l’idée d’Alain d’une « chambre » qui ne se réuni­rait pas.

    On pour­rait aus­si bien (je pré­fère) tirer au sort de nou­velles per­sonnes, disons une cen­taine, pour exer­cer ain­si « le veto du peuple » à chaque nou­veau pro­jet de loi.

    Réponse
  61. Sam

    PS : comme Alain, je crois, il y a peu d’ins­tru­ments aux­quels je crois autant qu’à cette « assem­blée » démo­cra­tique dotée du véto légis­la­tif.

    Mais je tiens à ajou­ter que les « aris­to­crates » ne doivent sur­tout pas avoir le mono­pole de l’i­ni­tia­tive, pour la bonne rai­son qu’ils ne pro­po­se­ront jamais cer­taines lois, trop bonnes pour être sym­pa avec leurs propres intérêts.

    Réponse
  62. Étienne

    Mer­ci Sam.

    C’est bon de te voir reve­nir un peu par ici. 
    Tu nous manques 🙂

    Je viens d’é­tu­dier (enfin) atten­ti­ve­ment tes com­men­taires remar­quables sur la contro­verse « loi de 73 » chez Lior et Maga­li. Je tâche­rai d’en faire bien­tôt une syn­thèse, avec mes propres ré-flexions, pour une nou­velle réponse au deuxième docu­ment d’A­lain Bei­tone. Le débat sur cette loi n’est PAS clos, je crois.

    Ques­tion en pas­sant : dans ton der­nier com­men­taire chez Lior (27 juin 2012), tu évoques (judi­cieu­se­ment) les titres (évo­ca­teurs) des lois sup­pri­mées par celle de 1973. On n’y trouve PAS la loi de 1936, n’est-ce pas ? => Si la loi de 1936 n’est pas expli­ci­te­ment sup­pri­mée en 1973, n’est-ce pas un indice de plus que la loi de 1936 avait déjà été abro­gée en 1945, lors de la natio­na­li­sa­tion de la Banque dite de France (ou à une autre date, anté­rieure à 73), comme tu le sug­gères dans un de tes pre­miers commentaires ?

    Étienne.

    Réponse
  63. Ana Sailland

    Il fau­drait avoir des infor­ma­tions (aspect tech­nique sans le légis­la­tif) sur les emprunts avant et après 1973

    Réponse
  64. Étienne

    Je vou­drais aus­si savoir QUI EST le Gou­ver­neur de la Banque dite de France :

    Depuis deux cents ans, 
    – Qui le nomme ?
    – Par­mi quels can­di­dats ? (pour la Fed US, l’ar­naque consiste à dire que « le Pré­sident des USA nomme le patron de la Fed », en oubliant de dire que « c’est par­mi des can­di­dats impo­sés par… la Fed… » Ah ! ils sont malins !!! 🙂 ) => Quid du choix des hommes qui dirigent la Banque dite de France ?
    – Est-il révo­cable ? (autre­ment dit, est-ce un repré­sen­tant-ser­vi­teur ou un représentant-maître ?)

    C’est impor­tant, puisque la loi de 1973 —à l’oc­ca­sion des (appa­rem­ment très rares) Conven­tions Gou­ver­ne­ment-Gou­ver­neur BDF— donne en par­tage à ce (très impor­tant) « Gou­ver­neur » L’INITIATIVE et le choix du volume de la créa­tion moné­taire publique et gra­tuite, ini­tia­tive qu’elle refuse au Par­le­ment crou­pion (qui ne peut que vali­der, ou pas, ce que le véri­table sou­ve­rain aura déci­dé sans lui).

    Si un gen­til virus trouve ces infos (et de quoi les com­pa­rer sur la longue période), c’est un ange 🙂

    Étienne.

    Réponse
  65. Sam

    Salut Étienne,

    tes (nos) recherches me manquent aus­si beau­coup, et toi plus encore. Mais les tra­vaux… fichtre, et puis ça dé-cérébralise !

    Si tu vou­lais par­ler de mon der­nier mes­sage pos­té là-bas, je re-pré­cise que cette tri­po­tée de lois abo­lies d’un trait l’ont été par décret (fin jan­vier 1973).

    J’ai repris une heure pour véri­fier, s’a­gis­sant d’une éven­tuelle abro­ga­tion de la loi de 1936 (après guerre) : des clous ! Du moins, j’ai éplu­ché les textes jus­qu’aux années 1960 (rien de cela)… avant de décou­vrir que cette loi du 24 juillet 1936 a été abro­gée… par la loi du 3 jan­vier 1973 ! Mais va com­prendre, ce n’est pas tel­le­ment éton­nant, finalement.

    En consé­quence, aurait donc dis­pa­ru en 1973 l’ar­ticle 13 de cette loi de 1936, qui sti­pu­lait que « Tous les Effets de la dette flot­tante émis par le Tré­sor public et venant à échéance dans un délai de trois mois au maxi­mum sont admis sans limi­ta­tion au rées­compte de l’Institut d’Émission, sauf au pro­fit du Tré­sor public. » On a peut-être une décou­verte, là… Car je me demande si ça ne nous a pas fer­mé un robi­net… : n’é­tait-il pas pos­sible que l’É­tat, par ce biais, et sur­tout si de grandes banques de dépôts étaient publiques, puisse emprun­ter à des taux qui soient mis lar­ge­ment à l’a­bri du chan­tage des « mar­chés » ? Puisque ce que j’en com­prends, c’est que les banques secon­daires étaient sûres de pou­voir refour­guer ces bons en quan­ti­té illi­mi­tée à la Banque de France, donc à un taux d’in­té­rêt voi­sin de son taux de base… Je me demande même si on n’a­vait pas là un moyen de finan­ce­ment prin­ci­pal pour la recons­truc­tion. Je serais curieux d’a­voir des avis éclai­rés là-dessus.

    Quoi qu’il en soit, il me semble que le finan­ce­ment moné­taire public devait sur­tout pas­ser, après guerre, par les banques com­mer­ciales natio­na­li­sées. Il y a aus­si dif­fé­rentes lois per­met­tant à la Banque de France d’es­comp­ter ou rées­comp­ter des obli­ga­tions émises par diverses entre­prises natio­na­li­sées : EDF (1950, 1962), GDF et char­bon­nages (1962), socié­tés de déve­lop­pe­ment régio­nal (1964), uni­fiés émis par les Dépar­te­ments, Com­munes, Syn­di­cats de com­munes, Chambres de com­merce, Ports auto­nomes et orga­nismes béné­fi­ciant de la garan­tie de ces col­lec­ti­vi­tés (1963), Caisse natio­nale des Auto­routes (1965), Caisse cen­trale de Cré­dit Hôte­lier, Com­mer­cial et Indus­triel (1966), Caisse d’aide à l’Équipement des col­lec­ti­vi­tés locales (1968), Caisse natio­nale des Télé­com­mu­ni­ca­tions (1972). (*)

    De telles lois ont été pro­mul­guées jusque et sur­tout dans les années 1960. 
    Mais dans ce second cas, il faut noter que la Banque de France res­tait sou­ve­raine pour fixer les pla­fonds de ces avances sur effets publics (voir l’ar­ticle 129 de la loi de 1936). Par ailleurs, en tous cas depuis la loi de 1936 (art. 57), elle fixe elle même les taux d’in­té­rêt pour ces avances.

    Pour le reste, fina­le­ment (à ce stade), il y a sur­tout deux choses sur les­quelles je fixe.

    D’a­bord, cette his­toire d’ini­tia­tive. Les avances au Tré­sor ont tou­jours exis­té depuis 1936 (jus­te­ment). Elle avaient été inter­dites en 1928, après une phase d’aide à la recons­truc­tion où le pla­fond avait été aug­men­té par la loi. Je pré­cise que ces lois IMPOSAIENT direc­te­ment à la Banque de France de faire ces avances. D’ailleurs, expli­ci­te­ment, c’é­tait en contre-patrie de son privilège.

    Mais ce qui change, jus­te­ment avec la loi du 3 jan­vier 1973, c’est que le Par­le­ment se prive lui-même du pou­voir de prendre de telles ini­tia­tives. C’est l’ar­ticle 19, dont la for­mu­la­tion implique clai­re­ment qu’au­cune nou­velle avance ne sera consen­tie si le gou­ver­neur de la Banque de France ne l’a pas déci­dé lui-même.

    Le ton change… Prends par exemple la loi du 27 juin 1925 : « Le Ministre des Finances est auto­ri­sé à pas­ser avec la Gou­ver­neur de la Banque de France une Conven­tion aux termes de laquelle cet éta­blis­se­ment <b>devra consentir</b> une avance sup­plé­men­taire à l’État de six mil­liards. » Rebe­lote fin 1925.

    Quant à la période 1936–1973, on en reste à la for­mule impli­cite : non seule­ment le pla­fond des avances mais aus­si leur mon­tant (autre­ment dit, l’o­bli­ga­tion faite à la Banque de France de faire effec­ti­ve­ment ces avances) est modi­fié par loi et vaut jus­qu’à la suivante.

    Bien sûr, après 1973 ils pou­vaient tou­jours chan­ger de nou­veau la loi. Et bien sûr, le poste du gou­ver­neur n’est pas pour­vu par le père Noël. Mais il me semble clair qu’on avait com­men­cé ici à acti­ver un ver­rou. En par­ti­cu­lier parce que la dyna­mique des avances (comme celle de bien d’autres opé­ra­tions de poli­tique moné­taire) est très rapide, bien sûr, ou bien elle est annu­lée et au moindre coup dur on sait qui vien­dra bou­cher en urgence le trou de la trésorerie.

    La deuxième chose sur laquelle je fixe, c’est l’é­vo­lu­tion du pla­fond.

    Encore une fois, voir mon gra­phique qui me semble plus par­lant que tout : 
    http://​www​.hos​ting​pics​.net/​v​i​e​w​e​r​.​p​h​p​?​i​d​=​2​3​7​7​2​0​C​o​n​c​o​u​r​s​B​d​F​a​u​T​r​s​o​r​.​jpg

    Tu peux voir, par exemple, que la BdF semble avoir sale­ment asphyxié l’É­tat entre les deux guerres. Plus pré­ci­sé­ment, dès 1919 et jus­qu’à 1936… (après quoi on se demande…)

    Tu peux voir aus­si que le pla­fond des avances n’a presque plus jamais aug­men­té depuis 1958 (et pas seule­ment 1973). Au total (2 lignes, soit en gros 10 mil­liards + le mon­tant por­té sur ce gra­phique), ce sera 20.5 mil­liards de francs en 1973 et puis plus rien, à part un der­nier petit saut à 23.5 mil­liards avant la fin (1993). Entre temps, la valeur de la mon­naie était divi­sée par envi­ron 8 entre 1958 et 1993 (par 4 entre 1973 et 1993). Entre 1945 et 1958, elle avait déjà été dimi­nuée dans des pro­por­tions simi­laires (divi­sée par 7,2) mais les concours au tré­sor avaient au moins eu le bon goût de tri­pler… Quant aux années 1960, l’inflation n’y a pas été forte (quoique elle a dû faire un 4–5% en moyenne tout de même) et les avances ont clai­re­ment pla­fon­né, avec même pas mal de baisses ponc­tuelles, mais jus­te­ment, ça sent plu­tôt la période de vaches grasses.

    Or quand on connaît un peu la dyna­mique de la chose, et l’ef­fet de l’in­fla­tion sur le moyen terme, qu’est-ce qu’une faci­li­té de caisse qu’on n’aug­mente jamais, sinon une dis­pa­ri­tion lar­vée de ladite faci­li­té de caisse ? Croise ça avec l’ar­ticle 19 (de 1973), moi je conclus qu’en pra­tique comme en théo­rie, bref, sub­ti­le­ment mais réel­le­ment, on a bien un tour­nant en 1973…

    Grosse bise,

    Sam

    (*) Voir déjà, par exemple, la liste des effets et ins­ti­tu­tions concer­nées en 1926 : « <i>avances sur Effets publics, sur Actions et Obli­ga­tions des Che­mins de fer fran­çais, sur obli­ga­tions de la Ville de Paris, sur Obli­ga­tion du Cré­dit Fon­cier de France, sur Obli­ga­tions de la Socié­té Géné­rale Algé­rienne, sur obli­ga­tions créées ou à créer des Villes fran­çaises, des Dépar­te­ments fran­çais, du Gou­ver­ne­ment géné­ral de l’Indo-Chine, du Gou­ver­ne­ment géné­ral de l’Algérie et du Gou­ver­ne­ment tuni­sien, sur emprunts contrac­tés ou à contrac­ter par les Colo­nies et Pays de Pro­tec­to­rat fran­çais et régu­liè­re­ment auto­ri­sés, sur Obli­ga­tions émises ou émettre par le Cré­dit Natio­nal pour faci­li­ter la répa­ra­tion des dom­mages cau­sés par la guerre [et] Obli­ga­tions émises ou à émettre par la Caisse auto­nome de Ges­tion des Bons de la Défense Natio­nale, d’Exploitation indus­trielle des tabacs et d’Amortissement de la Dette publique</i>. » On retrouve cette même liste en 1936.

    Réponse
  66. Sam

    @ Ana Sailland,

    vous pou­vez déjà regar­der, en pra­tique, quels ont été les mon­tants effec­tifs des « concours » de la Banque de France au Tré­sor dans le lien que j’ai cité dans mon mes­sage précédent.

    Cela n’est qu’une par­tie de la réponse, parce qu’il y a eu plu­sieurs lignes de cré­dit. Mais je dirais qu’à un fac­teur 2 près ça vous donne l’é­vo­lu­tion his­to­rique du mon­tant depuis 1900.

    Il faut aus­si tenir compte de l’in­fla­tion (la valeur de la mon­naie a été divi­sée par envi­ron 450… sur la même période (et par 2400… de 1910 à 2010) – eh oui, cette bonne vieille infla­tion qui nous a tant man­qué depuis le mau­dit tour­nant de 1983).
    Voir : http://​img15​.hos​ting​pics​.net/​p​i​c​s​/​5​1​2​2​2​2​I​n​f​l​a​t​i​o​n​e​n​F​r​a​n​c​e​1​9​0​0​2​0​1​0​.​png

    Il faut aus­si tenir compte du chan­ge­ment de mon­naie (en 1960), mais je l’ai inté­gré dans ce graphique.

    Réponse
  67. Sam

    @ Étienne,

    sur la page en ques­tion du site de la « Théo­rie du tout », ils donnent un lien vers une com­pi­la­tion de textes juri­diques concer­nant la banque de France. Il y manque cer­tai­ne­ment des choses, notam­ment des conven­tions (sur les avances au Tré­sor), mais il y a un tas de choses concer­nant les sta­tuts (les nomi­na­tions des méchants gou­ver­neurs et autres, en particulier).

    Réponse
  68. Ana Sailland

    Mer­ci * 3

    L’autre jour j’a­vais pos­té une liste de thèmes à pis­ter mais le truc a dis­pa­ru (le ser­veur avait des fan­tai­sies). Ce que je lis ici répond à une par­tie, bien que j’ai un peu de peine à m’accrocher.

    Il y a cette his­toire de « conven­tion » qui ne convient de rien, et 10 mil­liards, c’est vrai­ment chagrin.

    Je m’é­tais aus­si inter­ro­gée sur le refus oppo­sé à Degaulle dans cette période (36−39) de doter la France de l’é­qui­valent des divi­sions de pan­zers. Je me demande s’il n’y a pas là un lézard dans le vieux mur

    Mer­ci pour le par­tage de cette com­pé­tence (je ne sais pas recher­cher les sources de ce type)

    🙂

    Réponse
  69. Ana Sailland

    @ Étienne : Opinews ?

    Je ne vois pas d’an­nonce pour ce soir sur opi​news​.com. C’est juste ?

    (Meilleurs sou­haits pour la reprise).

    Cœur­Dia­le­ment

    Ana

    Réponse
  70. Yvan

    @ Ana

    M. Guille­min parle du refus de doter la France de divi­sions blin­dées dans ses expo­sés sur l’af­faire Pétain ( 2ème épi­sode si ma mémoire est bonne ).

    Très som­mai­re­ment (il fau­drait revoir l’é­pi­sode en ques­tion pour remettre de l’ordre dans ce que je vais écrire) :

    Ce genre de divi­sion requiert des spé­cia­listes, entre autres des méca­ni­ciens, que le com­man­de­ment voit comme des ouvriers, au final, des communistes/syndicalistes.

    Com­men­cer à entre­te­nir ce genre d’in­di­vi­dus aux frais de l’ar­mée n’é­tait pas envisageable…

    En espé­rant vous avoir un peu aidée.

    Bonne jour­née.

    Réponse
  71. Ana Sailland

    Oui ça m’aide . Mer­ci. (Même si dans le contexte amont, c’est sur­tout l’é­ven­tuel impact de l’argent rare sur la déci­sion qui m’intéresse)

    J’a­vais écou­té il y a un lustre la confé­rence de HG mais sur le coup, on ne mémo­rise pas tout ((( tiens … ça rap­pelle une fois de plus que notre cer­veau ne capte gros­so modo que ce qui le pas­sionne dans l’instant … )))

    Réponse
  72. billitch

    Bon­jour et bra­vo pour ce docu­ment qui montre assez for­mel­le­ment com­ment opère la manu­fac­ture d’un ratio­na­lisme éta­tique aveugle.

    Je ne sais pas s’il est mau­vais mais il n’est clai­re­ment pas ce qu’il pré­tend être.

    Je serais curieux de savoir quel indi­vi­du a choi­si avec très grand soin ces bouts de phrases qui donnent toute sa pers­pec­tive a votre dis­cours et aurait pu offrir libre­ment des armes aux audi­teurs de « France Culture » (marque dépo­sée par « Radio France », socié­té anonyme).

    Quand le peuple dis­pose des mêmes armes que le gou­ver­ne­ment, il ne sau­rait être oppri­mé par celui-ci.

    Par ailleurs votre ana­lyse de Google est inté­res­sante, mal­heu­reu­se­ment Google aus­si nous conforte et nous enferme en don­nant des résul­tats dif­fé­rents a cha­cun selon ses recherches précédentes.

    Eli Pari­ser en parle sur TED :

    http://​www​.ted​.com/​t​a​l​k​s​/​e​l​i​_​p​a​r​i​s​e​r​_​b​e​w​a​r​e​_​o​n​l​i​n​e​_​f​i​l​t​e​r​_​b​u​b​b​l​e​s​.​h​tml

    Une trans­crip­tion en Fran­çais est dis­po­nible sur la page, et que je reco­pie ci-dessous.

    Mark Zucker­berg [créa­teur de Face­book], un jour­na­liste lui posait une ques­tion à pro­pos du fil d’actualité. Et le jour­na­liste lui deman­dait « Pour­quoi est-ce si impor­tant ? » Et Zucker­berg a dit, « Un écu­reuil mou­rant dans votre jar­din peut être plus per­ti­nent pour vos inté­rêts du moment que les gens qui meurent en Afrique. » Et je veux par­ler de ce à quoi res­sem­ble­rait un inter­net basé sur cette idée de pertinence.

    Alors, pen­dant que je gran­dis­sais dans une région vrai­ment rurale du Maine [États-Unis], l’in­ter­net signi­fiait quelque chose de vrai­ment dif­fé­rent pour moi. Cela signi­fiait une connexion avec le monde. Ça signi­fiait quelque chose qui nous connec­te­rait tous ensemble. Et j’é­tais sûr que ça allait être for­mi­dable pour la démo­cra­tie et pour notre socié­té. Mais il y a ce chan­ge­ment dans la façon dont l’in­for­ma­tion cir­cule en ligne, et c’est invi­sible. Et si nous n’y prê­tons pas atten­tion, cela pour­rait être un réel pro­blème. Alors, j’ai d’a­bord remar­qué cela dans un espace où je passe beau­coup de temps – ma page Face­book. Je suis pro­gres­siste, poli­ti­que­ment – grande sur­prise – mais je me suis tou­jours déme­né pour ren­con­trer des conser­va­teurs. J’aime écou­ter ce qu’ils pensent ; j’aime voir à quoi ils se connectent ; j’aime apprendre une chose ou deux. Et donc j’ai été sur­pris quand un jour j’ai remar­qué que les conser­va­teurs avaient dis­pa­ru de mon fil Face­book. Et ce qu’il appa­rut qu’il se pas­sait est que Face­book regar­dait chaque lien que je cli­quais, et s’a­per­ce­vait qu’en fait, je cli­quais plus sou­vent les liens de mes amis libé­raux que les liens de mes amis conser­va­teurs. Et sans me consul­ter à ce pro­pos, Face­book les avait éli­mi­nés. Ils avaient disparus.

    Alors Face­book n’est pas le seul espace à opé­rer ce genre d’al­go­rithme invi­sible tri­ant l’in­ter­net. Google le fait aus­si. Si je cherche quelque chose et que vous cher­chez quelque chose, quand même main­te­nant exac­te­ment au même moment, nous pour­rions obte­nir des résul­tats dif­fé­rents. Même si vous êtes décon­nec­tés, un ingé­nieur m’a dit, il y a 57 indi­ca­teurs que Google regarde – tout du type d’or­di­na­teur depuis lequel vous sur­fez jus­qu’au type de navi­ga­teur que vous uti­li­sez en pas­sant par votre loca­tion géo­gra­phique – et qui sont uti­li­sés pour per­son­na­li­ser vos résul­tats de recherche. Pensez‑y une seconde : il n’y a plus de Google géné­rique. Et vous savez, ce qui est drôle dans cette his­toire, c’est que c’est dif­fi­cile à per­ce­voir. Vous ne pou­vez pas voir à quel point vos résul­tats de recherche sont dif­fé­rents de ceux de n’im­porte qui d’autre.

    Mais il y a quelques semaines, j’ai deman­dé à quelques amis de cher­cher « Égypte » sur Google et de m’en­voyer des cap­tures d’é­crans de ce qu’ils avaient obte­nu. Donc, voi­ci ce que mon ami Scott a obte­nu. Et voi­là ce que mon ami Daniel a trou­vé. Quand vous met­tez leurs résul­tats côte-à-côte, vous n’a­vez même pas besoin de lire les liens pour voir à quel point ces deux pages sont dif­fé­rentes. Mais si vous lisez les liens, c’est tout à fait remar­quable. Daniel n’a rien obte­nu du tout concer­nant les mani­fes­ta­tions en Égypte sur sa pre­mière page de résul­tats don­nés par Google. Les résul­tats de Scott en étaient pleins. Et ça fai­sait les gros titres chaque jour à l’é­poque. C’est à ce point que les résul­tats deviennent différents.

    Alors, ce n’est pas juste Google et Face­book. Il s’a­git de quelque chose qui balaye l’in­ter­net. Il y a tout un tas d’en­tre­prises qui pra­tiquent ce genre de per­son­na­li­sa­tion. Yahoo Actua­li­tés, le plus grand site d’ac­tua­li­té sur inter­net, est main­te­nant per­son­na­li­sé – dif­fé­rentes per­sonnes voient dif­fé­rentes choses. Le Huf­fing­ton Post, le Washing­ton Post, le New York Times – tous flirtent avec la per­son­na­li­sa­tion d’une façon ou d’une autre. Et cela nous emmène très rapi­de­ment vers un monde dans lequel l’in­ter­net nous montre ce qu’il pense que nous vou­lons voir, mais pas néces­sai­re­ment ce que nous avons besoin de voir. Comme l’a dit Eric Schmidt [pré­sident de Google], « Il sera très dif­fi­cile pour les gens de regar­der ou de consom­mer ce qui n’a pas d’une cer­taine façon été fait sur mesure pour eux. »

    Donc je pense que c’est un réel pro­blème. Et je pense que, si vous pre­nez tous ces filtres ensemble, si vous pre­nez tous ces algo­rithmes, vous obte­nez ce que j’ap­pelle une bulle de filtres. Et votre bulle de filtres est votre propre, per­son­nel, unique uni­vers d’in­for­ma­tion dans lequel vous vivez en ligne. Et ce qui est dans votre bulle de filtres dépend de qui vous êtes, et dépend de que vous faites. Mais le truc, c’est que vous ne déci­dez pas ce qui entre dedans. Et plus impor­tant, vous ne voyez pas en fait ce qui se trouve reje­té. Donc l’un des pro­blèmes de la bulle de filtres a été décou­vert par des cher­cheurs de chez Net­flix [site de vidéo à la demande]. Ils étu­diaient les files d’at­tentes Net­flix, et ont remar­qué une chose assez drôle, que beau­coup d’entre nous ont cer­tai­ne­ment remar­qué, et qui est qu’il y a cer­tains films qui semblent juste remon­ter la file très vite pour entrer dans nos foyers. Ils entrent dans la file, et ils la remontent immé­dia­te­ment. Donc « Iron Man » arrive aus­si­tôt, et « Wai­ting for Super­man » peut attendre vrai­ment très longtemps.

    Ce qu’ils ont décou­vert c’est que dans les files d’at­tente de Net­flix, il y a une bataille épique qui se joue entre ce que nous aspi­rons à être dans le futur et ce que nous sommes plus impul­si­ve­ment dans le pré­sent. Vous savez, nous vou­lons tous être quel­qu’un qui a vu « Rashō­mon », mais pour le moment nous vou­lons voir « Ace Ven­tu­ra, détec­tive chiens et chats » pour la qua­trième fois. (Rires) Donc la meilleure des édi­tions nous donne un peu des deux. Il nous donne un petit peu de Jus­tin Bie­ber et un petit peu d’Af­gha­nis­tan. Il nous donne de l’in­for­ma­tion « légumes », il nous donne de l’in­for­ma­tion « des­sert ». Et le défi avec ce genre de filtres algo­rith­miques, ces filtres per­son­na­li­sés, c’est que, parce qu’ils observent prin­ci­pa­le­ment ce que vous cli­quez en pre­mier, ça peut désta­bi­li­ser cet équi­libre. Et au lieu d’un régime d’in­for­ma­tion équi­li­bré, vous pou­vez finir entou­ré d’in­for­ma­tion « malbouffe ».

    Ce que cela sug­gère c’est en fait que nous pour­rions avoir fait fausse route à pro­pos d’in­ter­net. Dans une socié­té de dif­fu­sion – comme disent les mythes fon­da­teurs – dans une socié­té de dif­fu­sion, il y avait ces gar­diens du temple, les édi­teurs, et ils contrô­laient les flux d’in­for­ma­tion. Et puis l’in­ter­net est arri­vé et les a balayé du che­min, nous per­met­tant tous de nous connec­ter, et c’é­tait génial. Mais ce n’est pas ce qui se passe en fait à l’heure actuelle. Ce que nous voyons est plus un pas­sage de témoin des gar­diens humains aux gar­diens algo­rith­miques. Et le pro­blème c’est que les algo­rithmes n’ont pas encore le genre d’é­thique inté­grée que les édi­teurs avaient. Donc si les algo­rithmes vont inven­to­rier le monde pour nous, s’ils vont déci­der ce que nous pou­vons voir et ce que nous ne pou­vons pas voir, alors nous devons nous assu­rer qu’ils ne se sont pas basés uni­que­ment sur la per­ti­nence. Nous devons nous assu­rer qu’ils nous montrent aus­si des choses qui sont incon­for­tables ou sti­mu­lantes ou impor­tantes – c’est ce que TED fait – d’autres points de vue.

    Et le fait est que nous avons déjà été dans cette situa­tion aupa­ra­vant, en tant que socié­té. En 1915, ce n’est pas comme si les jour­naux avaient des suées à pro­pos de leurs res­pon­sa­bi­li­tés civiques. Et alors les gens ont remar­qué qu’ils fai­saient quelque chose de vrai­ment impor­tant. Qu’en fait, vous ne pour­riez pas avoir une démo­cra­tie qui fonc­tionne si les citoyens n’a­vaient pas accès à un bon flot d’in­for­ma­tion. Que les jour­naux étaient cru­ciaux, parce qu’ils agis­saient en tant que filtre, et alors l’é­thique jour­na­lis­tique s’est déve­lop­pée. Ce n’é­tait pas par­fait, mais ça nous a menés à tra­vers le siècle der­nier. Et donc main­te­nant, on est en sorte retour­né en 1915 sur inter­net. Et nous avons besoin que les nou­veaux gar­diens incor­porent cette espèce de res­pon­sa­bi­li­té dans le code qu’ils sont en train d’écrire.

    Je sais qu’il y a beau­coup de gens ici de Face­book et Google – Lar­ry et Ser­gey – des gens qui ont contri­bué à construire inter­net tel qu’il est, et j’ai de la gra­ti­tude pour ça. Mais nous avons vrai­ment besoin que vous vous assu­riez que ces algo­rithmes incor­porent une sen­si­bi­li­té pour la vie publique, sen­si­bi­li­té pour la res­pon­sa­bi­li­té civique. Nous avons besoin que vous vous assu­riez qu’ils sont suf­fi­sam­ment trans­pa­rents pour que nous puis­sions voir quelles sont les règles qui déter­minent ce qui passe à tra­vers les filtres. Et nous avons besoin que vous nous don­niez du contrôle, pour que nous puis­sions déci­der ce qui passe les filtres et ce qui ne les passe pas. Parce que je pense que nous avons vrai­ment besoin qu’in­ter­net soit cette chose que nous avons tous rêvée qu’il serait. Nous avons besoin qu’il nous connecte tous ensemble. Nous avons besoin qu’il nous fasse connaître de nou­velles idées et de nou­velles per­sonnes, de dif­fé­rentes pers­pec­tives. Et il ne va pas faire cela s’il nous laisse iso­lés dans un réseau fait d’une personne.

    Mer­ci.

    (Applau­dis­se­ments)

    Réponse
  73. Hivesne

    Vous dites : Inter­net donne ENFIN au peuple un sem­blant d’ISEGORIA.

    Pour­quoi un sem­blant d’isegoria ?

    Il n’est pour­tant pas très dif­fi­cile de
    conce­voir, grâce à Inter­net, un sys­tème qui per­mette à chaque citoyen de par­ti­ci­per à l’é­la­bo­ra­tion des lois.

    Réponse
  74. George A.

    Pour ce qui concerne inter­net et la liber­té sur inter­net les nom­breuses confé­rences de Ben­ja­min Bayart per­mettent de cer­ner « rapi­de­ment » les pro­blé­ma­tiques d’internet.

    Qu’est-ce qu’Internet ?

    Confé­rence de Ben­ja­min Bayart


    Qu’est-ce qu’In­ter­net ? 1⁄3 – Confé­rence… par IUT-CERGY-PONTOISE


    Qu’est-ce qu’In­ter­net ? 2⁄3 – Confé­rence… par IUT-CERGY-PONTOISE


    Qu’est-ce qu’In­ter­net ? 3/3 – Confé­rence… par IUT-CERGY-PONTOISE

    Réponse

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