Monnaie Libre n°10 : Démocratie et monnaie

24/08/2012 | 252 commentaires

Mon­naie Libre n°10 avec Étienne Chouard
“démo­cra­tie et monnaie”

http://​mon​naie​libre​.crea​tion​mo​ne​taire​.info/​m​o​n​n​a​i​e​-​l​i​b​r​e​-​n​1​0​-​a​v​e​c​-​e​t​i​e​n​n​e​-​c​h​o​u​a​r​d​-​d​e​m​o​c​r​a​t​i​e​-​e​t​-​m​o​n​n​a​ie/

Une heure avec Sté­phane (Laborde), c’est for­cé­ment trop court 🙂

J’ai tou­jours peur de vous mettre en over­dose : vous allez finir par en avoir marre un jour, des antiennes d’Étienne 🙂

C’est l’oc­ca­sion pour moi, de signa­ler le tra­vail de Sté­phane, ori­gi­nal et sti­mu­lant, sur la créa­tion moné­taire, ce qu’il appelle la « Théo­rie Rela­tive de la Mon­naie », TRM :
http://​www​.crea​tion​mo​ne​taire​.info/​2​0​1​1​/​0​6​/​t​h​e​o​r​i​e​-​r​e​l​a​t​i​v​e​-​d​e​-​l​a​-​m​o​n​n​a​i​e​-​2​0​.​h​tml.

Nous devrions récla­mer —ou plu­tôt orga­ni­ser nous-mêmes— des débats publics appro­fon­dis entre les tenants des dif­fé­rentes alter­na­tives moné­taires : notam­ment, le cré­dit social et le divi­dende uni­ver­sel du Major Dou­glas, le 100% Money de Fisher, la TRM de Sté­phane, le reve­nu de base et la TVA sociale, l’é­co­so­cié­ta­lisme défen­du par André-Jacques Hol­becq, le salaire à vie et le finan­ce­ment de l’é­co­no­mie par la coti­sa­tion sociale de Friot, la mon­naie fon­dante de Gesell défen­due par Lie­taer et d’autres, etc. : nous appren­drons beau­coup d’une contro­verse publique (res­pec­tueuse et bien­veillante) entre ces résis­tants sur un sujet aus­si déci­sif pour la pros­pé­ri­té géné­rale : com­ment vou­lons-nous finan­cer notre éco­no­mie et nous pro­té­ger contre les accapareurs.

Étienne.

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Étienne

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252 Commentaires

  1. Étienne

    Par­mi les alter­na­tives moné­taires sti­mu­lantes, j’ai oublié de citer celle-ci : 

    le CHARTALISME

    On en parle en ce moment sur le (très bon) site Eco(dé)mystificateur :

    http://ecodemystificateur.blog.free.fr/index.php?post%2FLe‑n%C3%A9ochartalisme-pour-les-nuls

    Voyez notam­ment ce texte :

    Le lien entre l’aspect moné­taire et l’aspect bud­gé­taire du néo-chartalisme : 
    une approche cri­tique amicale

    Marc Lavoie
    Dépar­te­ment d’é­co­no­mie, Uni­ver­si­té d’Ottawa
    Octobre 2011

    http://​eco​de​mys​ti​fi​ca​teur​.blog​.free​.fr/​p​u​b​l​i​c​/​b​l​o​w​u​p​-​i​m​a​g​e​s​/​D​o​c​u​m​e​n​t​s​/​N​e​o​-​c​h​a​r​t​a​l​i​s​m​_​T​r​a​d​u​c​t​i​o​n​_​2​0​1​2​_​-​_​v​e​r​s​i​o​n​_​f​i​n​a​l​e​.​pdf

    Voyez aus­si cet article très étonnant :
    http://​fr​.wiki​pe​dia​.org/​w​i​k​i​/​C​h​a​r​t​a​l​i​sme

    Extrait :

    « Cette consta­ta­tion va à l’en­contre de l’o­pi­nion domi­nante affir­mant que l’É­tat doit rem­bour­ser tôt ou tard ses défi­cits bud­gé­taires. Il faut un défi­cit pour moné­ta­ri­ser une éco­no­mie, un défi­cit pour finan­cer la crois­sance, et encore un défi­cit pour finan­cer l’é­pargne du sec­teur pri­vé lors­qu’il sou­haite rem­bour­ser ses dettes avant de croître à nou­veau. Il se peut qu’il soit sou­hai­table, pour un néo­char­ta­liste, que le bud­get public fasse un sur­plus (l’in­verse d’un défi­cit), mais en pra­tique, ce sera éphé­mère, de faible volume, et en aucun cas la somme de tous les sur­plus bud­gé­taires n’é­ga­li­se­ront la somme de tous les défi­cits pré­cé­dents.

    Voi­ci le cas des États-Unis résu­mé par le pro­fes­seur Wray :

    ————————–

    « À une brève excep­tion près, le gou­ver­ne­ment fédé­ral a été endet­té chaque année depuis 1776.

    En jan­vier 1835, pour la pre­mière et seule fois de toute l’histoire des U.S.A., la dette publique fut éli­mi­née, et un sur­plus bud­gé­taire fut main­te­nu les deux années sui­vantes pour accu­mu­ler ce que le Secré­taire au Tré­sor Levi Wood­bu­ry appe­la « un fond pour faire face aux futurs déficits. » 

    En 1837 l’économie s’effondra en une grande dépres­sion qui mit le bud­get en défi­cit, et le gou­ver­ne­ment a tou­jours été endet­té depuis. 

    Depuis 1776 il y eut exac­te­ment sept périodes de sur­plus bud­gé­taires sub­stan­tiels avec une réduc­tion signi­fi­ca­tive de la dette.
    De 1817 à 1821 la dette natio­nale bais­sa de 29 % ; de 1823 à 1836 elle fut éli­mi­née (les efforts de Jack­son) ; de 1852 à 1857 elle chu­ta de 59 %, de 1867 à 1873 de 27 %, de 1880 à 1893 de plus de 50 %, et de 1920 à 1930 d’environ un tiers. 
    Bien sûr, la der­nière fois que nous avions un sur­plus bud­gé­taire était durant les années Clinton. 
    Je ne connais pas de ménage qui fut capable d’avoir un bud­get en défi­cit pen­dant approxi­ma­ti­ve­ment 190 des 230 et quelques der­nières années, et d’accumuler des dettes vir­tuel­le­ment sans limite depuis 1837.

    Les États-Unis ont éga­le­ment connu six périodes de dépres­sion.
    Les dépres­sions com­men­cèrent en 1819, 1837, 1857, 1873, 1893, et 1929. (Ne remar­quez-vous rien ? Jetez un œil aux dates lis­tées au-dessus.) 

    À l’exception des sur­plus de Clin­ton, chaque réduc­tion signi­fi­ca­tive de la dette en cours fut sui­vie d’une dépres­sion, et chaque dépres­sion fut pré­cé­dée par une réduc­tion de dette signi­fi­ca­tive.

    Le sur­plus de Clin­ton fut sui­vi par la réces­sion de Bush, une eupho­rie spé­cu­la­tive, et main­te­nant l’effondrement dans lequel nous nous trouvons. 
    Le jury déli­bère encore pour savoir si nous pour­rions réus­sir à en faire une nou­velle grande dépression. 
    Bien qu’on ne puisse jamais élu­der la pos­si­bi­li­té d’une coïn­ci­dence, sept sur­plus sui­vis par six dépres­sions et demi (avec encore quelque pos­si­bi­li­té pour en faire la par­faite sep­tième) devrait faire haus­ser quelques sourcils. 

    Et, au pas­sage, nos moins graves réces­sions ont presque tou­jours été pré­cé­dées par des réduc­tions du bud­get fédé­ral.

    Je ne connais aucun cas de dépres­sion engen­drée par un sur­plus du bud­get des ménages. »

    — L. Ran­dall Wray,

    ————————— »

    Source : http://​fr​.wiki​pe​dia​.org/​w​i​k​i​/​C​h​a​r​t​a​l​i​sme

    Éton­nant, non ?

    Étienne.

    Réponse
  2. Morpheus

    « zéro % monnaie »

    Je sais qu’il y a une très forte résis­tances à cette idée, mais en dehors de toutes ces alter­na­tives moné­taires, il existe éga­le­ment une idée forte, que l’on pour­rait résu­mer, pour la défi­nir, en un « zéro % mon­naie » (en oppo­si­tion aux termes « 100 % mon­naie »), mais qui porte plus pré­ci­sé­ment le nom d’éco­no­mie basée sur les res­sources (j’en ai déjà fait écho dans cer­tains sujets sur ce site).

    Il y a, je le disais, une très forte résis­tance, parce que beau­coup sont appa­rem­ment tel­le­ment accro­chés à la mon­naie qu’ils ne par­viennent pas à conce­voir un monde sans mon­naie. Cela semble, à leurs yeux, rele­ver dans le meilleur des cas de l’u­to­pie, dans le pire d’une vue de l’es­prit aber­rante. À les entendre, un monde sans mon­naie, une civi­li­sa­tion sans mon­naie, est tout sim­ple­ment impensable.

    C’est bien regret­table, car lors­qu’on déve­loppe quelque peu la réflexion sur ce sujet, et que l’on découvre tous les avan­tages qu’il y aurait à vivre dans un monde sans mon­naie, on reste impres­sion­né par l’é­ten­due des bou­le­ver­se­ments posi­tifs que cela induit. C’est sans doute jus­te­ment l’é­ten­due de ces bou­le­ver­se­ments — qui a de quoi don­ner le ver­tige — qui pro­voque une telle résistance.

    Songez‑y, fut-ce comme un simple exer­cice intel­lec­tuel sans consé­quence. Ima­gi­nons une civi­li­sa­tion sans mon­naie. Qu’est-ce que cela appor­te­rait comme changement ?

    D’a­bord, qui dit absence de mon­naie dit évi­dem­ment absence de com­merce. Pas néces­sai­re­ment absence d’é­changes (au vrai sens du terme), c’est-à-dire de troc (un objet contre un autre, un ser­vice contre un autre), mais absence de com­merce basé sur la mon­naie. D’au­cun y voient là une régres­sion et arrêtent donc là leur réflexion, par manque d’i­ma­gi­na­tion et de perspective.

    Qu’est-ce qu’im­plique un monde sans com­merce ni mon­naie ? Énor­mé­ment de choses. Tout d’a­bord, cela change com­plè­te­ment la donne sur le plan de la criminalité.

    Toute acti­vi­té cri­mi­nelle repose sur un seul objec­tif : faire des pro­fits. Déjà, on peut obser­ver que l’ob­jec­tif des cri­mi­nels n’est pas dif­fé­rents de l’ob­jec­tif des hommes d’af­faires et de toute per­sonne ou socié­té exer­çant dans le domaine du com­merce : l’ob­jec­tif est de faire du pro­fit, et si pos­sible, de gros pro­fits. La seule dif­fé­rence étant que les uns s’af­fran­chissent des lois, tan­dis que les autres pré­fèrent res­ter dans le cadre de celles-ci (quitte à faire en sorte de se his­ser à une posi­tion sociale leur per­met­tant de mode­ler les lois, ou de les faire écrire à leurs profits).

    Si la mon­naie repré­sente le moyen par lequel vous pou­vez obte­nir des biens et des ser­vices, alors la mon­naie devient aus­si le moyen par lequel vous obte­nez le pou­voir. Avec l’argent, vous pou­vez ache­ter les objets de vos dési­rs, mais aus­si ache­ter les ser­vices des gens, obte­nir d’eux qu’ils tra­vaillent pour vous, ache­ter leur loyau­té, leur silence, bref : d’une manière ou l’autre, les sou­doyer. Qui dit mon­naie, dit cor­rup­tion. Quel que soit le sys­tème que vous ima­gi­niez, vous n’é­chap­pe­rez pas à cette équa­tion : MONNAIE = CORRUPTION.

    À pré­sent, reve­nons à notre monde sans mon­naie. S’il n’y a plus de mon­naie, com­ment un par­rain de la pègre —met­tons un lea­der du tra­fic de drogue — peut-il :
    – ache­ter la loyau­té de tueurs zélés ?
    – ache­ter le silence de fonctionnaires ?
    – ache­ter le tra­vail de pay­sans et ouvriers qui pro­duisent la drogue ?
    – ache­ter et payer les ser­vices de dealers ?
    – etc. ?

    Sans argent, c’est la chaîne entière qui main­tient cette acti­vi­té qui saute. Vous pou­vez étendre cette réflexion à tous les domaines qui vous inter­pellent : pros­ti­tu­tion, por­no­gra­phie, tra­fic d’armes, tra­fic d’être humains, paris illé­gaux, … Dans une socié­té qui ne repo­se­rait pas sur la mon­naie, ces acti­vi­tés n’au­raient plus autant d’in­té­rêt que de nos jours, car elles ne géné­re­raient pas de profits.

    La cri­mi­na­li­té, la vio­lence et les mœurs cho­quants ne dis­pa­raî­traient pas du jour au len­de­main (leurs causes ne sont pas uni­que­ment dues à la recherche du pro­fit), mais le moteur prin­ci­pal, qui est le pro­fit, n’au­rait plus de car­bu­rant. Il en résul­te­rait inévi­ta­ble­ment une dimi­nu­tion impor­tante de la cri­mi­na­li­té, de la vio­lence et des mœurs choquants.

    De la même manière, tout ce qui, aujourd’­hui, dans notre sys­tème éco­no­mique basé sur la mon­naie, est frei­né par le manque d’argent : la recherche fon­da­men­tale, la réa­li­sa­tion d’en­gins et de tech­no­lo­gies durables, solides, fiables, modu­lables, le déve­lop­pe­ment d’éner­gies renou­ve­lables, de tech­niques de pro­duc­tion non pol­luantes et éco­no­miques en maté­riaux, j’en passe et des meilleures, pour­rait enfin être mis en œuvre. D’une part, les puis­sants lob­bys et inté­rêts indus­triels pri­vés n’ayant aucun inté­rêt à voir, par exemple, un sys­tème d’éner­gie libre, adve­nir, n’exis­te­raient plus, et n’au­raient plus les moyens d’empêcher les cher­cheurs de cher­cher (et de trou­ver), ni les déve­lop­peurs de déve­lop­per ce que les cher­cheurs ont trou­vé, mais en outre, les cher­cheurs et les déve­lop­peurs n’au­raient plus à ce sou­cier de trou­ver des financements.

    Les pro­blèmes seraient donc à un autre niveau : dans une éco­no­mie basée sur les res­sources, ce sont bien enten­du les res­sources qui sont au cœur des pro­blèmes. Les res­sources consti­tuent les véri­tables richesses. L’argent, la mon­naie, n’est pas une richesse, on ne peut rien en faire (du papier et des ron­delles de métal ne servent à rien, sinon peut-être caler un meuble ban­cal ou allu­mer un feu de cheminée …).

    Vient alors la ques­tion cru­ciale : à qui appar­tiennent les res­sources ? La réponse la plus cen­sée et la plus évi­dente qui m’ap­pa­rait est simple : les res­sources de la pla­nète Terre appar­tiennent à part égale à tous les êtres vivants sur Terre.

    Dans le cadre d’une éco­no­mie basée sur les res­sources, la pre­mière démarche à mettre en œuvre est de conve­nir et de décla­rer, com­mu­né­ment, que l’en­semble des res­sources pro­duites par la pla­nète consti­tuent le patri­moine (le matri­moine ?) com­mun de tous les êtres vivants de la pla­nète. De décla­rer, consé­quem­ment, que le devoir le plus sacré de toute civi­li­sa­tion de toute popu­la­tion, de toute socié­té est de veiller à pré­ser­ver ce patri­moine, et de gérer l’ex­ploi­ta­tion de ces res­sources de telle sorte à en faire pro­fi­ter cha­cun tout en veillant à ne pas détruire la source de ces richesses, de telle sorte que nos des­cen­dants puisent eux aus­si en jouir dans les géné­ra­tions à venir.

    La seconde étape consis­te­ra à éva­luer l’en­semble de ces res­sources, en quan­ti­té et en qua­li­té, puis éva­luer l’en­semble des besoin des êtres vivants. Une tâche qui peut paraître impos­sible, mais qui, compte tenu de l’é­tat d’a­van­cée de nos connais­sances et de notre tech­no­lo­gie, et par­fai­te­ment envi­sa­geable : nous dis­po­sons des moyens tech­niques et des connais­sances néces­saire à réa­li­ser ces éva­lua­tions. Seule la volon­té poli­tique demeure pro­blé­ma­tique, et si on y pense, c’est seule­ment le domaine poli­tique — com­bi­né aux résis­tances psy­cho­lo­giques déjà évo­quées — qui consti­tuent le seul aspect uto­pique de cette entreprise.

    La troi­sième étape consis­te­rait à déve­lop­per des cités modernes, conçues de telle sorte qu’elle opti­misent l’ex­ploi­ta­tion, la trans­for­ma­tion et la dis­tri­bu­tion des res­sources, de telle sorte à répondre à l’en­semble des besoins des uns et des autres. Rap­pe­lons une fois encore que nous ne sommes plus dans une éco­no­mie basée sur la mon­naie, et que toutes les ques­tions de : bud­gé­ti­sa­tion, ren­ta­bi­li­té, marge de pro­fit, etc. n’existent plus. Les seules ques­tions et pro­blèmes qui demeurent sont d’ordre tech­nique. Com­ment employer au mieux les mul­tiples res­sources qui sont à notre dis­po­si­tion, sans tarir ni détruire leur source (veiller à l’é­qui­libre dyna­mique de repro­duc­tion des espèces, veiller à pré­ser­ver l’é­co­sys­tème, veiller à pré­ser­ver l’en­vi­ron­ne­ment natu­rel, gérer les déchets de façon opti­male sans pol­luer l’environnement, favo­ri­ser les méthodes de renou­vel­le­ment des déchets, etc.).

    Ain­si, les ques­tions et les pro­blèmes qui se posent requièrent donc des com­pé­tences et des connais­sances tech­niques, et ne sont plus du res­sort de réseaux d’in­té­rêts par­ti­cu­liers ou pri­vés : ils sont du res­sort de tous, et requièrent la par­ti­ci­pa­tion du plus grand nombre. Cette par­ti­ci­pa­tion, s’ex­pri­mant à tra­vers les prin­cipes de l’O­pen Source, est acces­sible à tous, et est encou­ra­gée dans le cadre d’un sys­tème d’é­change de savoir et de connais­sances. La cité et sa ges­tion — ce qui inclut la ges­tion du patri­moine com­mun que consti­tuent les res­sources — devient l’in­té­rêt de tous et requiert la col­la­bo­ra­tion et la par­ti­ci­pa­tion du plus grand nombre sur base volon­taire et/ ou via tirage au sort.

    Il devient de l’in­té­rêt de cha­cun que la cité (et ses res­sources natu­relles, ses moyens de trans­for­ma­tion, de pro­duc­tion, de dis­tri­bu­tion, etc.) soient gérée au mieux, puisque mieux elle est gérée, plus la vie y est agréable et les besoins comblés.

    Étant don­né la nature chan­geante de l’en­vi­ron­ne­ment, et la nature évo­lu­tive du savoir et de la connais­sance (en par­ti­cu­lier dans une socié­té qui n’est plus frei­née par des ques­tions de com­pé­ti­tion, d’in­té­rêts pri­vés contraires, etc.), la cité n’est pas une socié­té figée, mais une socié­té émer­gente : elle évo­lue sans cesse et s’a­dapte constam­ment. Or, une socié­té émer­gente est le strict contraire d’une socié­té uto­pique. Une socié­té uto­pique est une socié­té pré­ten­dant avoir trou­vé le sys­tème idéal. Mais l’é­co­no­mie basée sur les res­sources ne pré­tend pas être le sys­tème idéal : seule­ment un sys­tème ration­nel fon­dé sur l’in­té­rêt de tous et l’in­tel­li­gence de cha­cun, de même que sur la collaboration.

    Il ne s’a­git plus de gérer la pénu­rie, mais de gérer l’a­bon­dance. Cette socié­té fon­dée sur une éco­no­mie basée sur les res­sources n’est de toute évi­dence pas conce­vable à une échelle locale, en cela que les res­sources néces­saires à l’a­bon­dance n’existent pas en tous lieux, mais néces­site la col­la­bo­ra­tion et l’é­change entre tous les lieux de la pla­nète qui four­nissent, ensembles, une réelle abon­dance. Ain­si, une telle socié­té n’est envi­sa­geable que si le monde est « fini », c’est-à-dire relié. Or, nous sommes dans un tel monde. Nous pou­vons relier tous les coins et recoins de la pla­nète, et même obser­ver celle-ci de si haut (les satel­lites) que nous pou­vons voir dans ses entrailles ce qu’elle recèle comme richesses cachées.

    Tou­te­fois, il est évident qu’un tel pro­jet ne peut adve­nir dans une socié­té fon­dée sur la mon­naie. La mon­naie est la réponse à la ges­tion de la pénu­rie, non la réponse à la ges­tion de l’a­bon­dance. Le para­digme de la mon­naie EST la pénu­rie.

    C’est en outre le manque struc­tu­rel de mon­naie pour tous qui crée, arti­fi­ciel­le­ment, sa valeur. Une mon­naie abon­dante pour tous perd de sa valeur ; une mon­naie sur­abon­dante perd com­plè­te­ment de sa valeur. Il en résulte de façon évi­dente que pour main­te­nir sa valeur, la mon­naie doit demeu­rer rare et ne peut être abon­dante. Si la mon­naie ne peut être abon­dante, les res­sources qu’elle per­met de se pro­cu­rer ne seront pas abon­dantes. Et comme cha­cun cherche l’a­bon­dance, les lois de l’a­dap­ta­tion font que cer­tains s’ef­for­ce­ront de s’ac­ca­pa­rer les res­sources, et la mon­naie. Nous ne connais­sons cela que trop bien.

    C’est pour­quoi je per­siste à répé­ter qu’une réforme moné­taire ne consti­tue­rait, au mieux, qu’une solu­tion tran­si­toire per­met­tant, dans le meilleur des cas, d’al­louer les res­sources néces­saires à une muta­tion de la civi­li­sa­tion vers une éco­no­mie excluant la mon­naie de l’équation.

    Et je prie ins­tam­ment les esprits les plus brillants – il y en a ici ! – de ne pas balayer d’un revers de la main ce sujet, mais au contraire, d’es­sayer de l’a­bor­der sans a priori.

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  3. Daniel Maniscalco - Créateur de l'€VA - Monnaie libre d'échange et de service

    A Mor­phéus,

    Bon­jour,

    Votre réflexion est intéressante !

    Que reste-t-il quand on retire la notion d’argent ou de monnaie ?

    Les échanges entre les êtres humains.

    Jacques Atta­li, qui a dit dans une vidéo que le Trai­té de Maas­tricht avait été rédi­gé pour ne pas en sor­tir, a aus­si écrit que l’é­co­no­mie du don était celle vers où se diri­geait l’Hu­ma­ni­té car la fina­li­té devient ou devien­dra dans le siècle en cours, l’art ou le plai­sir de don­ner – je dirais aus­si pour ma part et de recevoir.

    Votre contri­bu­tion au débat sur le fond offre des pers­pec­tives intéressantes.

    L’Hu­ma­ni­té sau­ra-t-elle les saisir ?

    Daniel Manis­cal­co

    Réponse
  4. Ana Sailland

    Bigre, ça se précise.

    Contente.

    Réponse
  5. Ana Sailland

    @ Mor­pheus

    J’ai déjà expri­mé des inquié­tudes sur le scien­tisme. Ce n’est pas balayer d’un revers de main, mais suivre l’in­jonc­tion de J Fres­co d’être méchants avec lui 😉

    Je pense que le bon­homme va trop vite : Avant d’a­van­cer des solu­tions, il me semble plus sage de faire prendre conscience au plus grand nombre du fait que l’argent n’est néces­saire qu’en rai­son de l’ab­sence de confiance en la bonne volon­té de l’autre et des autres. Ensuite on verra.

    Dans l’en­suite, la démo­cra­tie (au sens de déci­sion par­ta­gée de la syner­gie et har­mo­nie des dyna­mismes ) me semble plus impor­tante que la tech­nique d’é­ra­di­ca­tion des mous­tiques (cf vidéo de JF) … qui soit dit en pas­sant peuvent polliniser …

    En assem­blée publique, on voit des gens deman­der « mais qui contrôle ? », et la réponse est tout sauf satis­fai­sante.

    Réponse
  6. Morpheus

    @ Ana

    Ras­sure-toi, Ana, je suis éga­le­ment méfiant vis-à-vis du scien­tisme (l’ar­ticle cri­tique du Pro­jet Venus que j’ai rédi­gé, long de 18 pages, paru en trois par­ties sur Ago­ra­vox il y a envi­ron un an en atteste 😉 ).

    D’ailleurs, je tiens à dire que, comme beau­coup de monde, ma pre­mière réac­tion face au pro­jet a été celle de la décep­tion : « quoi ? la solu­tion à nos pro­blèmes, c’est la science ? c’est une blague ou quoi ? »

    En gros, telle fut ma pre­mière réac­tion. Et c’est bien natu­rel, consi­dé­rant que, comme l’a très jus­te­ment écrit Mat­thieu Ricard dans L’in­fi­ni dans la paume de la main :

    « Cer­tains consi­dèrent que la pré­ten­tion de la science à tout connaître sur tout est illu­soire : la science est fon­da­men­ta­le­ment limi­tée par le domaine d’é­tude qu’elle a elle-même défi­ni. Et si la tech­no­lo­gie a appor­té d’im­menses bien­faits, elle a engen­dré des ravages au moins aus­si impor­tants. De plus, la science n’a rien à dire sur la manière de conduire sa vie. (…) S’a­don­ner pen­dant des siècles à l’é­tude et à la recherche ne nous fait pas pro­gres­ser d’un pouce vers une meilleure qua­li­té d’être, à moins que nous déci­dions de por­ter spé­ci­fi­que­ment nos efforts en ce sens. »

    Ce que dit Mat­thieu Ricard est pétri de bon sens, tou­te­fois, son obser­va­tion néglige un aspect impor­tant : il juge l’im­pact de la science sur nos vies et notre envi­ron­ne­ment à l’aune de la socié­té dans laquelle nous vivons. Or, la science n’est pas la cause de ses propres dérives : ce sont les choix des humains d’u­ti­li­ser les sciences et les connais­sances tech­niques et scien­ti­fiques d’une cer­taine façon et avec cer­tains objec­tifs qui sont en cause. Il n’est pas dif­fi­cile de com­prendre que bon nombre de cala­mi­tés engen­drées par des tech­no­lo­gies modernes auraient pu être évi­tées dans un monde qui n’est pas gou­ver­né par le para­digme du pro­fit. Consi­dé­rer, dès lors, que c’est la science qui est la cause de ces cala­mi­tés est erro­né. Cet aspect bien com­pris, il devient facile de com­prendre notre propre réac­tion face à la science, et com­prendre que nous sommes trom­pé par notre propre juge­ment (comme je le dis par­fois « le dis­cer­ne­ment éclaire ce que nos juge­ments obscurcissent »).

    Pour juger du carac­tère uto­pique ou réa­liste du pro­jet, il nous faut donc envi­sa­ger les choses en dehors du car­can étroit des condi­tions actuelles, sans quoi nous condam­ne­rions la pro­po­si­tion sur des argu­ments fon­dés sur les condi­tion­ne­ments mêmes que l’on cherche à chan­ger, ce qui serait le comble de l’absurde.

    Dans ce que dit Mat­thieu Ricard, il ne faut donc sur­tout pas négli­ger le pas­sage (…) à moins que nous déci­dions de por­ter spé­ci­fi­que­ment nos efforts en ce sens.

    Ayant com­pris cela, et tout en res­tant atten­tif et méfiant — non pas vis-à-vis de la science en elle-même, mais des hommes qui l’u­ti­lisent—, je peux dépas­ser ma pre­mière (mau­vaise) impres­sion. J’en­vi­sage dès lors la science et la tech­no­lo­gie sous un nou­vel angle. Je l’i­ma­gine dans un contexte socio­cul­tu­rel non plus anxio­gène, ou règne la pénu­rie donc la com­pé­ti­tion, la cupi­di­té et la vio­lence, mais dans un contexte socio­cul­tu­rel bien­veillant, ou règne l’a­bon­dance et l’en­traide mutuelle, et où le pro­fit, la cupi­di­té et l’a­vi­di­té n’ont plus beau­coup de sens.

    L’a­van­tage de ce pro­jet, je trouve, est qu’il ne nous >ren­voie pas au moyen âge< (cri­tique stu­pide faite à l’é­gard de la décrois­sance, mais qui rebute hélas beau­coup de gens), mais qu’il ren­verse le para­digme qui est en cause dans nos erre­ments de civi­li­sa­tion. La « cause des causes » de Jacque Fres­co est l’é­co­no­mie basée sur la mon­naie, et c’est une alter­na­tive à ce sys­tème qu’il a donc logi­que­ment édifiée.

    Cela étant, cela n’en­lève stric­te­ment rien à l’a­na­lyse d’Étienne, qui porte spé­ci­fi­que­ment sur notre impuis­sance poli­tique. Or, si l’on consi­dère que l’in­té­rêt col­lec­tif ne peut être déter­mi­né que par le col­lec­tif lui-même, c’est-à-dire par les citoyens « lamb­das » que nous sommes tous, et si l’on consi­dère que les choix à faire pour édi­fier nos cités et les faire pros­pé­rer pour notre propre inté­rêt, mais aus­si celui des géné­ra­tions futures, il m’ap­pa­raît cen­sé que les deux pro­po­si­tions – celle d’Étienne Chouard et celle de Jacque Fres­co, se rejoignent et se com­plètent, la seconde offrant une struc­ture démo­cra­tique et une réfé­rence fon­da­trice à la première.

    En outre, il m’ap­pa­raît encore plus évident que les deux pro­po­si­tions se rejoignent et se com­plètent en cela que la concep­tion des cités modernes ima­gi­nées par Jacque coïn­cide par­fai­te­ment avec l’é­chelle pra­tique de l’ap­pli­ca­tion de la démo­cra­tie pro­po­sée par Étienne dans une concep­tion fédé­rale, c’est-à-dire des cités pou­vant accueillir entre 15 000 et 50 000 habitants.

    Le fait que, par le prin­cipe même de l’é­co­no­mie basée sur le par­tage des res­sources, ces cités sont — et doivent être — reliées entre elles par une sorte de prin­cipe fédé­ral à très grande échelle, ren­force encore la chose. Chaque cité serait en par­tie auto­nome, dans la mesure où elle exploite les res­sources de son envi­ron­ne­ment directe, mais elle dépen­dra éga­le­ment de toute une série d’autres cités pour les res­sources dont son envi­ron­ne­ment ne dis­pose pas. 

    L’in­ter­dé­pen­dance mutuelle, bien com­prise, devrait donc être un fac­teur de cohé­sion et d’en­traide mutuelle, là où notre sys­tème fon­dé sur le pro­fit et l’a­van­tage dif­fé­ren­tiel favo­rise la com­pé­ti­tion et l’ex­ploi­ta­tion, donc la domination.

    C’est véri­ta­ble­ment, donc, un pro­jet révo­lu­tion­naire, en cela qu’il ren­verse radi­ca­le­ment le sens des valeurs, en pre­nant la cause de l’é­mer­gence de ces valeurs à leur racine.

    Si les valeurs domi­nantes de notre civi­li­sa­tion sont le pro­fit, la com­pé­ti­tion, l’a­van­tage dif­fé­ren­tiel (ce qui génère vio­lence, pénu­rie, exploi­ta­tion, domi­na­tion, etc.), c’est bien parce que le sys­tème moné­taire nous ren­voie à un para­digme fon­da­men­tal qui est « il n’y en a pas assez pour tous, nous devons nous battre pour obte­nir notre part du gâteau ».

    Ma seconde conclu­sion est encore plus forte (il me semble) : même en sup­po­sant que nous par­ve­nions, tôt ou tard, à recon­qué­rir nos droits et reprendre notre pou­voir, et par là fon­der une véri­table démo­cra­tie, les condi­tions fon­da­men­tales dans les­quelles nous aurions à la mettre en pra­tique nous ren­ver­raient tout de même aux ques­tions de pro­fit, de com­pé­ti­tion et d’a­van­tage différentiel.

    Son­gez que même avec une allo­ca­tion uni­ver­selle et incon­di­tion­nelle, les pro­blèmes de pro­prié­té des res­sources et des moyens de pro­duc­tion demeurent (Friot en parle d’ailleurs lors­qu’il évoque avec per­ti­nence les ques­tion de pro­prié­té d’u­sage). Le pou­voir res­te­rait entre les mains d’ac­teurs « pri­vés » s’appropriant les res­sources (les véri­tables richesses), et ceux-ci demeu­re­raient les vrais déci­deurs. Nous demeu­re­rions dépen­dant d’eux, et ils res­te­raient les maîtres …

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  7. Ana Sailland

    Mer­ci

    Briè­ve­ment :

    - Tu dis la science quand je pense les scientifiques.

    -Besoin d’é­clair­cis­se­ment sur « l’in­té­rêt col­lec­tif ne peut être déter­mi­né par le col­lec­tif lui-même ».

    -Je place le pro­blème en amont : l’argent n’est qu’un symp­tôme, et le pro­blème, c’est la défiance, qui le rend néces­saire. Je m’en suis expli­quée déjà.

    À mon sens, la solu­tion n’est pas tech­nique mais appar­tient au domaine du tra­vail sur soi, indi­vi­duel et col­lec­tif, qui ne t’est sûre­ment pas étran­ger 😉 mais qui n’est pas simple au plan poli­tique tant les dérives poten­tielles sont menaçantes

    -J’a­vais aus­si rele­vé la conver­gence, ou plus exac­te­ment la néces­si­té démocratique.

    -Nous sommes en réso­nance me semble-t-il, mais de ce que j’ai vu, Jacques Fres­co est moins éclai­ré que toi, sin­cè­re­ment, et je garde donc les war­nings allumés.

    Mer­ci pour tes réponses soignées 🙂

    Réponse
  8. Morpheus

    @ Ana

    A) Concer­nant l’in­té­rêt col­lec­tif, je veux dire que per­sonne (une pré­ten­due élite) ne peut déci­der à la place de la col­lec­ti­vi­té (les citoyens, le peuple) ce qui est son inté­rêt et ses besoins : cela revient au peuple lui-même (le col­lec­tif) de le déter­mi­ner ; d’où le choix de la (vraie) démo­cra­tie comme seul sys­tème acceptable.

    B) Alors, selon mon ana­lyse (en fait, pas vrai­ment la mienne, mais celle que j’ai adop­tée parce que je la consi­dère per­ti­nente), l’argent n’est pas un symp­tôme, il est bel et bien une cause ; c’est bien le sys­tème d’é­co­no­mie basée sur la mon­naie qui induit des com­por­te­ments nui­sibles qui confine à la méfiance les uns envers les autres. J’a­vais ten­té une démons­tra­tion dans je ne sais plus quel fil sur ce forum.

    C) Une des idées (fausses) les plus dif­fi­cile à com­battre est celle de « nature humaine ». Énor­mé­ment de gens sont impré­gnés de l’i­dée que les êtres humains sont « impré­gné » d’une « nature » qui les pousse au mal (indi­vi­dua­lisme, com­pé­ti­tion, méfiance mutuelle, domi­na­tion, pré­da­tion, j’en passe et des meilleures). C’est une idée tota­le­ment fausse, induite par les sophismes des théo­ri­ciens du capi­ta­lisme qui ont bro­dé leurs théo­ries en par­tie à par­tir d’une inter­pré­ta­tion sophiste des théo­ries dar­wi­niennes de l’évolution.

    Leur leit­mo­tiv est que l’homme est un pré­da­teur, au som­met de la hié­rar­chie des pré­da­teurs, et que la com­pé­ti­tion est dans sa nature et est le fac­teur essen­tiel, sinon unique, de sa « réus­site ». C’est faux. La théo­rie dar­wi­nienne nous enseigne sur­tout que la constante de l’é­vo­lu­tion, ce n’est pas la com­pé­ti­tion, mais la facul­té d’a­dap­ta­tion. Et c’est ce fac­teur, la facul­té d’a­dap­ta­tion, qui est l’élé­ment cru­cial à com­prendre et à prendre en compte lorsque l’on cherche à com­prendre les com­por­te­ment sociaux, et à construire un sys­tème qui tienne compte de ce facteur. 

    Donc, si je devais résu­mer en quelques points forts le fil de ce rai­son­ne­ment, cela pour­rait don­ner ceci :

    1. Contrai­re­ment à une idée fort répan­due, l’être humain n’est pas « mau­vais par nature ».

    2. L’être humain, comme toutes les formes de vie sur Terre, répond à la loi dar­wi­nienne de l’a­dap­ta­tion. La loi de l’a­dap­ta­tion est le cœur de la théo­rie dar­wi­nienne, et non la « loi du plus fort » (pro­pa­gande sophiste des capitalistes).

    3. S’a­dap­tant à son envi­ron­ne­ment socio­cul­tu­rel, l’être humain déve­loppe le com­por­te­ment utile à sa (sur)vie. L’en­vi­ron­ne­ment socio­cul­tu­rel dépend de nos croyances, donc n’est pas une fata­li­té.

    4. Cela signi­fie que, dans un contexte socio­cul­tu­rel anxio­gène, où règne la pénu­rie, donc la com­pé­ti­tion et la vio­lence, il aura ten­dance à déve­lop­per des atti­tudes agres­sives, vio­lentes et anxiogènes.

    5. A contra­rio, dans un contexte socio­cul­tu­rel bien­veillant, ou règne l’a­bon­dance et l’en­traide mutuelle, il aura ten­dance à déve­lop­per des atti­tudes bien­veillantes, coopé­ra­tives et solidaires.

    6. Par consé­quent, si l’on cherche la cause des causes de tous les pro­blèmes que ren­contre notre civi­li­sa­tion, nous trou­vons l’é­co­no­mie basée sur la mon­naie. L’é­co­no­mie moné­taire repose sur le pos­tu­lat de la rare­té, de la pénu­rie : il n’y en a pas assez pour tous, il faut ration­ner, et gérer les échanges grâce à la monnaie.

    7. Dans un sys­tème d’é­co­no­mie moné­taire, ce qui donne de la valeur aux res­sources, biens et ser­vices, c’est leur rela­tive rare­té. Par consé­quent, le sys­tème éco­no­mique, fon­dé sur le pro­fit, ali­mente et génère — arti­fi­ciel­le­ment — la pénu­rie (sur­pro­duc­tion, thé­sau­ri­sa­tion des res­sources et des biens, gas­pillage, obso­les­cence planifiée).

    8. Para­doxa­le­ment, consi­dé­rant les immenses res­sources de la Terre – notam­ment les res­sources renou­ve­lables, ain­si que les connais­sances tech­niques et scien­ti­fiques actuelles, une autre alter­na­tive est pos­sible et sou­hai­table : l’a­bon­dance pour tous (!) est possible.

    9. Cette alter­na­tive se fonde, pri­mo, sur une éco­no­mie basée sur le par­tage et la ges­tion rai­son­née des res­sources, secun­do, sur la cybernétique.

    Comme toi, je reste méfiant vis-à-vis des scien­ti­fiques, mais ma méfiance reste pon­dé­rée, car je com­prends que les scien­ti­fiques ne sont pas intrin­sè­que­ment fous ou mal­veillants. Eux aus­si agissent en fonc­tion de leur envi­ron­ne­ment socio­cul­tu­rel. Par consé­quent, l’o­rien­ta­tion qu’ils vont don­ner à leurs recherches et leur savoir est fonc­tion de cet environnement.

    Il n’est pas éton­nant que des mil­liers de scien­ti­fiques et des mil­lions d’in­gé­nieurs dans le monde contri­buent à divers degrés aux innom­brables causes de catas­trophes : ils sont uti­li­sés et requis par un sys­tème tour­né vers le pro­fit, et ils n’en sont que les petites mains. Ils s’a­daptent, comme n’im­porte qui, à leur envi­ron­ne­ment. Ils se vendent, tout comme la plu­part, à ceux qui leur offrent le plus, qu’il s’a­gisse d’argent, de renom­mée, de sta­tut social ou d’op­por­tu­ni­té de déve­lop­per leurs recherches. Ils ne sont pas dif­fé­rents d’un poli­ti­cien, d’un fonc­tion­naire ou de n’im­porte qui.

    Le point cru­cial, c’est donc l’en­vi­ron­ne­ment socio­cul­tu­rel, et donc, en défi­ni­tive, les croyances qui sont véhi­cu­lées. Il est dif­fi­cile de faire évo­luer les croyances des gens, car, comme le dit je ne sais plus qui, l’Homme est un ani­mal reli­gieux : ce qu’il recherche, ce n’est pas la connais­sance, mais la cer­ti­tude. Il veut être ras­su­ré. Donc, les humains ont ten­dance à s’ac­cro­cher à leurs croyances.

    Je te rejoins donc lorsque tu dis que la conscience et la men­ta­li­té sont les pierres angu­laires du chan­ge­ment requis, et il me semble que la bonne com­pré­hen­sion de la nature adap­ta­tive de l’homme est une clef.

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  9. J.C

    @ Mor­phéus,

    je trouve ton expo­sé par­ti­cu­liè­re­ment excellent.

    Il y a tout de même un ou deux points dans ta réflexion pour les­quels je sou­hai­te­rais des clarifications.

    « La cité et sa ges­tion — ce qui inclut la ges­tion du patri­moine com­mun que consti­tuent les res­sources — devient l’in­té­rêt de tous et requiert la col­la­bo­ra­tion et la par­ti­ci­pa­tion du plus grand nombre sur base volon­taire et/ ou via tirage au sort. »

    Si j’ai bien com­pris, nos acti­vi­tés ne consis­te­ront plus à obte­nir un job et à consom­mer mais à par­ti­ci­per cha­cun d’entre nous à l’a­mé­lio­ra­tion de nos condi­tions d’exis­tences res­pec­tives et géné­rales dans un esprit libé­ré des contraintes éco­no­miques et com­pé­ti­tives pour notre subsistance.
    Ce qui change effec­ti­ve­ment com­plè­te­ment la donne si je puis dire.

    Mais alors, que viennent faire les notions de volon­ta­riat et de tirage au sort si par nos choix, nous nous enga­geons tous dans des acti­vi­tés qui nous per­mettent d’a­mé­lio­rer la qua­li­té de notre vie ?
    Tout le monde par­ti­cipe, par ses aspi­ra­tions per­son­nelles, dans les domaines de son choix, au déve­lop­pe­ment indi­vi­duel et col­lec­tif de la société.

    Voi­là qui devrait décou­ler de la dis­pa­ri­tion du monde de la pénu­rie fon­dé sur la mon­naie. La logique de la lutte et de la com­pé­ti­tion pour la sur­vie et l’ob­ten­tion de la satis­fac­tion des besoins étant dépas­sée. Tout le monde a le droit de vivre et de faire ou d’ap­prendre à faire ce à quoi il aspire vraiment.

    Nous par­ti­ci­pe­rons donc tous selon nos aspi­ra­tions et capa­ci­tés à cette civi­li­sa­tion évolutive.
    Il n’y a donc à mon sens aucune place pour des poli­ti­ciens ou des tirés au sort dans cette histoire.

    « Je pense que le bon­homme va trop vite : Avant d’a­van­cer des solu­tions, me semble plus sage de faire prendre conscience au plus grand nombre du fait que l’argent n’est néces­saire qu’en rai­son de l’ab­sence de confiance en la bonne volon­té de l’autre et des autres. Ensuite on verra. »

    Comme dit le bon­homme, il me semble qu’un simple constat sans pro­po­ser d’al­ter­na­tive ne suf­fit pas. (Les gens se détour­nant vite du constat à cause du sen­ti­ment d’im­puis­sance qu’on leur a incul­qué, cher­chant alors plu­tôt un refuge dans les diver­tis­se­ments abru­tis­sants qu’on leurs propose.)

    C’est ce à quoi nous sommes mal­heu­reu­se­ment habi­tués dans de nom­breux domaines, les ana­lyses les plus justes sont pas­sées sou­vent à la trappe et les solu­tions occul­tées. En cause, les inté­rêts finan­ciers à pre­mière vue (et sûre­ment une pré­pa­ra­tion plus glo­bale après réflexion).

    En effet, doit-on essayer de sau­ver ce qui dans ses fon­de­ments même est pro­fon­dé­ment défaillant, limi­tant, injuste et des­truc­teur : le sys­tème monétaire ?

    On ima­gine faci­le­ment qu’une nation qui fonc­tion­ne­rait sans argent et avec l’aide de la tech­no­lo­gie appli­quée intel­li­gem­ment connaî­trait vite de nom­breux pro­blèmes dans son rap­port avec les autres nations res­tées sur l’an­cien système.

    Ce serait la même chose comme cer­tains l’ont sou­li­gné ici, pour l’ins­tau­ra­tion d’une vraie démo­cra­tie. Si cela devait se pas­ser uni­que­ment en France par exemple, rapi­de­ment les oli­gar­chies d’à côté, vu l’am­pleur des enjeux, ne tar­de­raient pas à vou­loir mettre des bâtons dans les roues.

    Donc, la mise en place d’une éco­no­mie basée sur les res­sources ne peut se mettre en place qu’au niveau mon­dial par un écrou­le­ment mon­diale de l’an­cien sys­tème économique.

    Il en résulte, selon moi, ce qui se passe dans le monde n’est pas le fruit du hasard.

    Cela ne semble pas, à 1ère vue dans l’in­té­rêt d’une petite mino­ri­té mais après réflexion, ça pour­rait bien l’être fina­le­ment pour tout le monde.

    « En assem­blée publique, on voit des gens deman­der « mais qui contrôle ? », et la réponse est tout sauf satisfaisante. »

    A prio­ri, dans l’i­déal, c’est nous tous qui aurions le pou­voir sur nos vies.

    Mais il fau­drait pour cela que les ingé­nieurs, tech­ni­ciens, pen­seurs etc. bref, les bâtis­seurs de ce nou­veau monde qui sont aux com­mandes de ce pro­jet nous laissent les clés et une marge de manœuvre suf­fi­sante pour faire évo­luer les choses au mieux de ce que cha­cun peut espérer.

    Pour le reste, si j’ai bien com­pris, une grande par­tie de la ges­tion et des déci­sions tech­niques seront prise par la cyber­né­tique (mais jus­qu’à quel point ?).
    Reste à obte­nir une vision plus pré­cise du fonc­tion­ne­ment d’une telle société.

    Je crois, mais je peux me trom­per, que là ou nous en sommes, une éco­no­mie basée sur les res­sources est qua­si-inévi­table. Mais peut être me suis-je fait prendre par de beaux discours.

    Quoi qu’il en soit, ce pro­jet mérite d’être exa­mi­né de très près car c’est pro­ba­ble­ment ce qui nous attend.

    Je suis convain­cu que prendre conscience de ce qu’est vrai­ment une démo­cra­tie (directe) peut être très utile pour déce­ler si ce qui nous est pro­po­sé est une dic­ta­ture glo­bale ou un réel espace de liber­té indi­vi­duel et collectif.

    Pour ceux qui ont un bon anglais, cette vidéo qui date du milieu des années 70 ou Jacques Fres­co ne mâche pas ses mots, dévoile le pro­jet Venus et com­ment il est finan­cé (un peu après la 16ème minutes).

    bien ami­ca­le­ment

    ps : Je viens de lire ton der­nier message
    « J’a­vais ten­té une démons­tra­tion dans je ne sais plus quel fil sur ce forum. »

    je crois bien que c’est par ici
    http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​f​o​r​u​m​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​2​0​1​2​/​0​7​/​1​8​/​2​3​8​-​n​o​u​v​e​l​l​e​-​i​d​e​e​-​p​o​u​r​-​g​a​r​a​n​t​i​r​-​l​a​-​q​u​a​l​i​t​e​-​d​u​-​p​r​o​c​e​s​s​u​s​-​c​o​n​s​t​i​t​u​a​n​t​-​u​n​e​-​c​h​a​m​b​r​e​-​d​e​-​c​o​n​t​r​o​l​e​-​d​e​-​l​-​a​s​s​e​m​b​l​e​e​-​c​o​n​s​t​i​t​u​a​n​t​e​#​c​1​0​090

    Réponse
  10. Ana Sailland

    @Morpheus

    je com­prends mais un peu tard pour­quoi je ne com­pre­nais pas la phrase A : il y man­quait « que » et je n’a­vais pas lu la correction 😉

    Pour le point B, ce que je veux dire c’est que si on s’est mis à inventer/utiliser la mon­naie, ce n’est pas par hasard, et qu’elle est donc un maillon de la chaîne des causes : Comme Aris­tote (On n’é­change pas des chaus­sures contre une mai­son), je per­çois la mon­naie comme consé­quence du choix pré­his­to­rique du don­nant-don­nant, et ce choix-là comme consé­quence de la peur de man­quer cou­plée à la défiance vis a vis de mon pro­chain. D’où néces­si­té de tra­vailler ces deux der­niers points. 

    Plus glo­ba­le­ment, le concept de cause des causes, qui nous est si cher grâce à Hip­po­crate et Étienne, serait à appro­fon­dir : les causes et les effets forment une arbo­res­cence de faits, de choix, de croyances et de pen­sées, qui n’a peut être pas de faî­tière et com­porte peut être des boucles. 

    Mais nous sommes d’ac­cord sur le fond (je crois 😉 ).


    @J.C

    « Mais alors, que viennent faire les notions de volon­ta­riat et de tirage au sort si par nos choix, nous nous enga­geons tous dans des acti­vi­tés qui nous per­mettent d’a­mé­lio­rer la qua­li­té de notre vie ? » ->

    Je crois qu’en fait nous par­lons d’une évo­lu­tion avec un alpha et un omé­ga et que nous avons ten­dance dans nos échanges à mélan­ger les phases. Il est clair que nos mili­tances de 2012 ( démo­cra­tie, tirage au sort) deviennent obso­lètes au stade final de l’hy­per­cons­cience. Tout au plus demeu­re­rait la néces­si­té des lois de conver­gence simple et sans back­ground affec­tif, dont l’exemple type est « rou­ler à droite » (sur la route, hein, pas à la l’as­sem­blée nationale 😉 ). 
    Par contre dans une socié­té à la Jacque Fres­co, qui serait une étape de tran­si­tion, exac­te­ment comme le pro­jet de salaire de base tente d’en pré­sen­ter une, la démo­cra­tie réelle serait encore néces­saire et plus que jamais à exiger.

    À ce pro­pos (struc­ture, loi et démo­cra­tie ver­sus équi­li­brage natu­rel des dyna­mismes) il y a eu hier soir une ques­tion très inté­res­sante sur opi­news : la dif­fé­rence entre libé­ra­lisme et anar­chie. Qui méri­te­rait qu’on s’y attarde.

    Réponse
  11. Morpheus

    @ J.C

    Ta ques­tion concer­nant l’in­té­rêt (ou non) de l’u­sage du tirage au sort dans le cadre d’une socié­té fon­dée sur l’é­co­no­mie de res­sources est pertinente.

    La réponse don­née à cette ques­tion par Ana, ci-des­sus, est sem­blable à la mienne. Je vais tou­te­fois for­mu­ler avec mes mots.

    Dans l’ab­so­lu, une socié­té fon­dée sur le par­tage équi­table et la ges­tion com­mune et rai­son­née des res­sources, dans l’in­té­rêt et pour les besoins de cha­cun, devrait per­mettre, comme l’ex­prime Ana, d’é­le­ver le degré de conscience du plus grand nombre, de telle sorte que la notion de tirage au sort, qui recèle encore une notion d’o­bli­ga­tion de par­ti­ci­pa­tion, pour­rait disparaître.

    On peut par exemple voir que dans des socié­tés entiè­re­ment fon­dée sur la soli­da­ri­té, comme les Amish notam­ment, la par­ti­ci­pa­tion de tous est ren­due habi­tuelle (je dis bien « habi­tuelle », car comme le dit très bien Gand­hi « Il ne faut pas confondre ce qui natu­rel et ce qui est habi­tuel »). C’est donc bien le contexte socio­cul­tu­rel de la socié­té Amish qui entraîne une paci­fi­ca­tion (il n’y a ni crime, ni délit chez les Amish) ain­si que la col­la­bo­ra­tion, l’en­traide et la solidarité.

    Je tiens tou­te­fois à pré­ci­ser que si je prend la com­mu­nau­té Amish en exemple, ce n’est nul­le­ment pour leur côté reli­gieux. Néan­moins, il semble clair que l’as­pect reli­gieux de cette com­mu­nau­té entre en ligne de compte dans leur mode de vie : c’est bien parce qu’ils croient, avec fer­veur et déter­mi­na­tion, au mes­sage chris­tique, qu’ils ont choi­sis de deve­nir paci­fistes (et paci­fiques) et de se détour­ner du crime. Il s’a­git donc bien, comme je l’é­vo­quais, d’une consé­quence de ce cette cita­tion : l’Homme est un ani­mal reli­gieux. L’exemple des Amish démontre for­mi­da­ble­ment la per­ti­nence de la thèse que j’ai déve­lop­pée concer­nant le rôle clef du condi­tion­ne­ment socio­cul­tu­rel sur les com­por­te­ments humains.

    Cepen­dant, il me semble (je peux me trom­per) que l’u­sage et le main­tient du tirage au sort serait un atout et une garan­tie contre toute dérive pos­sible de retour vers l’une ou l’autre forme d’o­li­gar­chie.

    D’autre part, j’ai le sen­ti­ment que le tirage au sort , dans les pre­miers temps, pen­dant la période de tran­si­tion entre le monde actuel et cette civi­li­sa­tion nou­velle, est indis­pen­sable, car d’une part, il inci­te­ra cha­cun à par­ti­ci­per, en res­pon­sa­bi­li­sant les tirés au sort, de même qu’il le fera de la façon la plus éga­li­taire qui soit (le tirage au sort demeure la méthode incon­tes­ta­ble­ment la plus éga­li­taire). A tout le moins, je consi­dère cette méthode comme étant l’ou­til de trans­for­ma­tion à la fois col­lec­tif et indi­vi­duel, per­met­tant un chan­ge­ment de para­digme par la mise en pra­tique de la par­ti­ci­pa­tion de tous, tout en pré­ser­vant la cité d’é­ven­tuelles dérives oli­gar­chiques (qu’elles soient scien­tistes ou autre).

    Il est pos­sible, comme le dit Ana, que d’i­ci quelques géné­ra­tions, cela devienne « inutile », mais je ne suis pas devin et je ne peux pré­sa­ger de rien. Tout ce que je peux dire, c’est que pour ce que l’on en sait, une socié­té aura ten­dance à perdre le sens, la notion, la rai­son de ses valeurs, si celles-ci ne sont pas conti­nuel­le­ment renou­ve­lées, mises à l’é­preuve (la pra­tique) et si l’on oublie pour­quoi ces choix de vie ont été fait à un moment don­né. Il me semble donc que l’u­sage du tirage au sort peut être un outil allant dans ce sens.

    D’autre part, du fait que, à l’ins­tar d’A­na, je demeure méfiant à l’é­gard des scien­ti­fiques et des experts, il me semble impor­tant que ceux-ci soient enca­drés par un contrôle citoyen, en par­ti­cu­lier dans les pre­miers temps, sans quoi, compte tenu du fait que ceux-ci ont été condi­tion­né dans un monde fon­dé sur la com­pé­ti­tion, etc., le risque de dérives oli­gar­chique est réel. Je ne peux pas me conten­ter de pro­messe, je veux la garan­tie que les enga­ge­ments seront tenus, et dis­po­ser des moyens de révo­quer les res­pon­sables qui ne don­ne­raient pas satisfaction.

    Les prin­cipes de la démo­cra­tie (athé­nienne) remis à l’ordre du jour consti­tuent, à mes yeux, une garan­tie per­met­tant d’é­car­ter un dan­ger sou­vent per­çu, peu ou prou, par les per­sonnes pre­nant connais­sance de ce pro­jet. Même si j’ai bien conscience que Jacque Fres­co lui-même ne tienne pas compte de cela. Mais connait-il la démo­cra­tie athé­nienne ? Je n’en sais rien.

    J’a­joute pour conclure que la trans­for­ma­tion sou­hai­tée a déjà été amor­cée dans notre monde actuel, et ce par le biais, très pro­met­teur et très enthou­sias­mant, de l’O­pen Source. Ce prin­cipe balaie à lui seul tout un pan du vieux para­digme. Avec lui dis­pa­rait la notion de pro­prié­té (notam­ment la pro­prié­té intel­lec­tuelle), consi­dé­rant que toute décou­verte doit pro­fi­ter à tous, et peut être amé­lio­rée par tous : le savoir appar­tient à tous en géné­ral, et à per­sonne en par­ti­cu­lier. C’est, consciem­ment ou non, une mise en pra­tique d’un degré de conscience qui appré­hende de façon concrète le prin­cipe véri­fiable de l’in­ter­dé­pen­dance mutuelle.

    Les mil­lions d’in­di­vi­dus qui par­ti­cipent, gra­tui­te­ment, sans inci­tant ni rému­né­ra­tion, à déve­lop­per des logi­ciels, à faire des tra­duc­tions « pirates » (dans le cadre de réseaux d’é­change P2P), est pour moi un émer­veille­ment : ces indi­vi­dus, jeunes ou moins jeunes, sont la preuve que le monde VEUT chan­ger, et en a marre des vieilles croyances. Ce ne sont pas les pirates immo­raux et cri­mi­nel que l’on veut nous faire accroire, mais les pion­nier d’un monde sans argent et sans pro­prié­té privée.

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  12. Morpheus

    Pour ceux et celles qui sou­haite appro­fon­dir le sujet du Pro­jet Venus, ou en savoir plus afin de se faire leur propre opi­nion, je vous donne un lien où vous pour­rez trou­ver plu­sieurs vidéo des prin­ci­paux inté­res­sés (notam­ment Jacque Fres­co) et avec les sous titres en français.

    http://​civi​li​sa​tion2​.org/​c​o​n​v​e​r​g​e​n​c​e​/​p​r​o​j​e​t​v​e​n​us/

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  13. J.C

    @ Mor­phéus

    Mer­ci Mor­phéus pour ta réponse mais je dois t’a­vouer que cela ne m’é­claire guère sur l’essentiel.

    Je vais essayé pré­ci­ser ma pensée.

    « du fait que, à l’ins­tar d’A­na, je demeure méfiant à l’é­gard des scien­ti­fiques et des experts, il me semble impor­tant que ceux-ci soient enca­drés par un contrôle citoyen, en par­ti­cu­lier dans les pre­miers temps, sans quoi, compte tenu du fait que ceux-ci ont été condi­tion­né dans un monde fon­dé sur la com­pé­ti­tion, etc., le risque de dérives oli­gar­chique est réel. Je ne peux pas me conten­ter de pro­messe, je veux la garan­tie que les enga­ge­ments seront tenus, et dis­po­ser des moyens de révo­quer les res­pon­sables qui ne don­ne­raient pas satisfaction. »

    Jacque Fres­co ne semble pas s’in­té­res­ser à la démo­cra­tie ni à aucun autre sys­tème poli­tique exis­tant et pour cause. Quel serait le rôle de tirés au sort si le pro­jet est déjà par­fai­te­ment bou­clé depuis de nom­breuses années ?

    De toutes façons, il ne s’a­gi­rait pas de réunir des scien­ti­fiques sous l’au­to­ri­té de repré­sen­tants tiré au sort, le pro­jet Vénus pre­nant appui sur une méthode pure­ment scien­ti­fique, il se passe de toute autre autorité.

    Mais sur­tout, il n’y a pas lieu d’in­no­ver pour la mise en place du pro­jet Vénus puisque tout est déjà opé­ra­tion­nel depuis long­temps et de manière auto­ma­ti­sé (et informatisé).

    J’en conclus que sa mise en place et son fonc­tion­ne­ment ne néces­site aucun gouvernement.

    Est-ce que je fais erreur ?

    Main­te­nant, d’autres ques­tions s’é­lèvent en moi. Outre la ges­tion des moyens de sub­sis­tances et de la trans­mis­sion de l’in­for­ma­tion (pour résu­mé), quel serait le rôle et l’im­pli­ca­tion de la cyber­né­tique dans les prises de déci­sions indi­vi­duelles et collectives ?

    Si j’ai bien com­pris, les connais­sances s’en­ri­chi­ront de la créa­ti­vi­té et du par­tage de cha­cun mais com­ment les déci­sions d’é­vo­lu­tion au tra­vers de l’ap­proche scien­ti­fique seront prises ?

    Si par exemple, tenant compte de l’en­semble des don­nées, le sys­tème infor­ma­tique met en avant une pro­po­si­tion de réso­lu­tion d’un pro­blème dans le domaine social comme étant la plus effi­cace, logique et fiable, qui pren­dra la déci­sion finale ? L’hu­main ? la machine ? et de quelle façon ?

    Voi­là pour l’ins­tant quelque observations.

    Peut-être en sais-tu plus que moi sur la phase de tran­si­tion tel que Jacque Fres­co la voit.

    Com­ment vois-tu les choses ?

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  14. Morpheus

    @ J.C

    En effet, Fres­co ne s’in­té­resse pas à la démo­cra­tie. Peut-être (pro­ba­ble­ment) est-ce parce qu’il consi­dère la démo­cra­tie comme étant le fruit de l’é­lec­tion. Et il le dit lui-même, l’é­lec­tion n’est pas démo­cra­tique (ce qui pour­rait don­ner à pen­ser qu’il a éven­tuel­le­ment connais­sance de la démo­cra­tie athé­nienne, mais qu’il a fait son deuil de la pos­si­bi­li­té de voir celle-ci adve­nir – à moins qu’il ne la consi­dère, elle aus­si, comme défi­ciente – je ne sais pas).

    L’ar­gu­men­taire de Fres­co est qu’il ne s’a­git pas de PRENDRE des déci­sions, mais de PARVENIR à la meilleure déci­sion. C’est en cela qu’il avance la MÉTHODE scientifique.

    L’en­nui, c’est que pour qui n’a pas une for­ma­tion scien­ti­fique, ce n’est pas quelque chose de facile à com­prendre. Nous autres, qui pour la plu­part n’a­vons aucune expé­rience ni connais­sance dans le domaine scien­ti­fique, n’a­vons, dans le meilleur des cas, qu’une vague idée de ce que peut être la méthode scien­ti­fique. Au mieux, nous en connais­sons les grandes lignes, les prin­cipes de base. Mais nous ne savons pas com­ment cette méthode est appli­quée, ni quels en sont les moda­li­tés. Nous sommes donc mal pla­cé pour juger si cette méthode, appli­quée à la ges­tion de la cité, est per­ti­nente ou non. Et les per­sonnes qui com­mu­niquent sur le Pro­jet Venus ont beau­coup de mal à se faire com­prendre sur ce point pré­cis, excep­té lors­qu’ils s’a­dressent à des scien­ti­fiques (logique).

    A pro­pos de la cyber­né­tique, il est tou­te­fois impor­tant de pré­ci­ser qu’elle n’entre nul­le­ment en ligne de compte pour ce qui concerne des pro­blèmes de nature sociale. Aucun ordi­na­teur ni pro­gramme infor­ma­tique ne va « prendre des déci­sions », ni même « par­ve­nir à des déci­sions » rela­tive à l’é­thique, la morale, la jus­tice, etc. Fres­co insiste bien pour dire qu’il n’en­vi­sage et ne sou­haite en aucun cas un monde à la Hux­ley ou à la Orwell (il l’af­firme très clairement).

    Dans le Pro­jet Venus, la cyber­né­tique est uti­li­sée uni­que­ment dans le cadre de la ges­tion tech­nique des res­sources, et la méthode scien­ti­fique est appli­quée pour par­ve­nir à des déci­sions en s’ap­puyant sur la cyber­né­tique, parce que ce sys­tème est bien plus à même de trai­ter les nom­breuses infor­ma­tions croi­sées dont il faut tenir compte pour par­ve­nir à des choix opti­maux, que n’im­porte quel être humain ou équipe d’être humains. En d’autres termes, la capa­ci­té de trai­te­ment infor­ma­tique est net­te­ment supé­rieure à la capa­ci­té de trai­te­ment humaine des infor­ma­tions. Or, dans le cadre du trai­te­ment d’in­for­ma­tions devant pro­ve­nir de dif­fé­rents niveaux – depuis la région gérée par la cité jus­qu’à la pla­nète tout entière – et en consi­dé­rant que le prin­cipe s’o­riente selon le para­digme que la pla­nète est un sys­tème com­plexe (1), la cyber­né­tique, qui se calque sur le fonc­tion­ne­ment des sys­tèmes com­plexes, est la meilleure réponse à la ges­tion opti­male de nos res­sources, en par­tant, à la base, de la ges­tion de la cité et des res­sources envi­ron­nantes, jus­qu’à inté­grer les res­sources de la pla­nète tout entière, et en tenant éga­le­ment compte des besoins des autres cités de par le monde.

    C’est quelque chose qui échappe à notre enten­de­ment. Pas pour des scien­ti­fiques de pointe. Et notam­ment, pas pour des per­sonnes qui tra­vaillent déjà, actuel­le­ment, à de tels sys­tèmes, déjà fonc­tion­nels, mais dont le public ignore tout, ou presque. Mais cela échappe à notre com­pré­hen­sion, car nous n’a­vons aucune connais­sance de ces sys­tème ni de leur effi­ca­ci­té. Lors­qu’on nous en parle, cela nous semble de la science fiction.

    Fres­co en parle et se base là-des­sus, car il connais ces sys­tèmes. En 1973, il par­lait déjà, dans son inter­view télé­vi­sée, d’é­crans plats… Ils exis­taient déjà, mais n’é­taient sim­ple­ment pas connu du public et n’é­taient pas com­mer­cia­li­sés pour le public. Il faut savoir que les tech­no­lo­gies qui par­viennent dans le domaine public, dans notre socié­té de mar­chés, existent depuis 30, 40, voir 50 ans. D’une cer­taine façon, nous vivons dans le pas­sé. Le fait est que nous n’u­ti­li­sons pas le meilleur de notre poten­tiel. Et cela est vrai à tous les niveaux. Pour Fres­co, sont pro­jet n’est pas de la science fic­tion ; à la limite, pour lui il est même déjà rétro­grade. Ou du moins, il le serait s’il avait vu le jour lors­qu’il a com­men­cé à l’i­ma­gi­ner, il y a plus de 50 ans.

    Si je pré­co­nise la mise en place d’une démo­cra­tie directe et par­ti­ci­pa­tive dans le cadre des pre­mières cités « Venus », c’est parce que j’ai par­fai­te­ment conscience que pour la majo­ri­té d’entre nous, il fau­dra une période d’a­dap­ta­tion durant laquelle nous esti­mons (sans doute à juste titre) que nous devons gar­der la main et le contrôle sur la cité. En fait, nous aurons besoin de cela, d’une part pour reprendre notre pou­voir et réap­prendre le sens des res­pon­sa­bi­li­tés col­lec­tives – et reprendre conscience, par la pra­tique, des prin­cipes de l’in­ter­dé­pen­dance mutuelle ; nous aurons besoin de cela pour réap­prendre à nous sen­tir concer­né par la socié­té et le fonc­tion­ne­ment de la cité, et nous aurons besoin de cela pour réveiller notre créa­ti­vi­té, étouf­fée par des géné­ra­tions de sou­mis­sion à un ordre social fon­dé sur la hié­rar­chie, la domi­na­tion et l’individualisme.

    Je crois – je peux me trom­per – que Jacque Fres­co n’a pas inté­gré cela dans ses réflexions, et que c’est pour cela qu’il ne prend pas en compte les notions de gou­ver­nance. Je sup­pose qu’il fonde sa convic­tion sur le fait que dans une socié­té qui répond effec­ti­ve­ment aux besoins de tous, la recherche mala­dive du pou­voir perd son sens, et dès lors la néces­si­té d’ins­ti­tu­tions pré­ser­vant la socié­té de l’a­bus de pou­voir n’au­rait plus lieu d’être. Mais ce ne sont là que sup­po­si­tions de ma part. Il fau­drait le deman­der à Fres­co lui-même (ou à Roxane Mea­dows, sa collaboratrice).

    J’ai­me­rais qu’il ait rai­son, et que mes craintes à ce sujet soient infon­dées. Mais il m’est dif­fi­cile de ne pas tenir compte de 8000 ans de civi­li­sa­tions qui ont toutes don­né lieu, sauf excep­tions qui confirment la règle, à des socié­tés hié­rar­chi­sées fon­dées sur l’ex­ploi­ta­tion du plus grand nombre au pro­fit d’un très petit nombre.

    Alors, le Pro­jet Venus : oui, la cyber­né­tique : oui, mais pas sans ins­ti­tu­tion démo­cra­tique directe et une Consti­tu­tion d’o­ri­gine citoyenne, tirée au sort.

    Par ailleurs, dans le cadre de la ges­tion de la cité, et tout en pre­nant en compte l’u­sage de la cyber­né­tique, rien n’empêche d’i­ma­gi­ner éga­le­ment l’u­ti­li­sa­tion du tirage au sort, par exemple pour tirer au sort les « magis­trats scien­ti­fiques » devant, pour un man­dat court (un an ?) et non renou­ve­lable, gérer le fonc­tion­ne­ment des sys­tèmes cyber­né­tiques. C’est une idée que je lance comme cela, mais cela pour­rait nous pro­té­ger de l’ins­tau­ra­tion insi­dieuse d’une tech­no­cra­tie scientifique.

    Je ne sais pas si j’ai répon­du à ton ques­tion­ne­ment, si ce n’est pas le cas, je ferais de mon mieux pour y par­ve­nir par la suite.

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    (1) thèse proche de l’Hypo­thèse Gaïa de James Lovelock.

    Réponse
  15. Ana Sailland

    @Morpheus

    Il s’a­git de sys­tèmes com­plexes ou hyper­com­plexes trai­tant de variables pire qu’os­cil­lantes, et de sous sys­tèmes en inter­ac­tion mul­tiple, dont cer­taines cor­ré­la­tions sont cachées ou inconnues. 

    En géné­ral, LA meilleure solu­tion n’existe pas. 

    Même au cha­pitre de la recherche opé­ra­tion­nelle limi­tée à des pro­blèmes simples. 

    Dans les cas où le numé­rique est pos­sible, sou­vent, il y a plu­sieurs pics (un extre­mum n’est pas un maxi­mum, et le maxi­mu­mum des extre­ma n’est pas for­cé­ment idéal) Une plas­ti­ci­té des choix s’im­pose, que seule l’in­tel­li­gence peut gérer. 

    Et dans les cas où il (le numé­rique) n’est pas pos­sible, on peut à la rigueur ima­gi­ner des simulations. 

    Mais fran­che­ment, au delà du cha­pitre des res­sources, je ne vois pas ce que la science a à faire dans les ques­tions humaines, huma­nistes, phi­lo­so­phiques. Et côté matière, les gran­deurs phy­siques à trai­ter sont cova­riantes, côté humain, avec les gran­deurs émo­tion­nelles.

    Exemple bien fran­çais : La science des res­sources n’a rien à voir avec le choix de ce qu’on mange, ni avec la gastronomie. 

    Ce n’est qu’un exemple, mais il est symp­to­ma­tique des risques de la ges­tion technique. 

    Alors quel tech­ni­cien règle­ra les manettes du pro­gramme ? : un man­geur amé­ri­cain de ham­bur­ger, un végé­ta­rien du Kera­la, ou un gas­tro­nome chi­nois croi­sé per­igour­din ? Si bien que in fine comme tu et je le disions, une démo­cra­tie est néces­saire. Mais ça, c’est nous qui le pen­sons. Fres­co le dit il ? Non. Même s’il constate que la (fausse) démo­cra­tie c’est pas top. L’in­dice est insuffisant. 

    Je reviens donc à une de mes pre­mières inter­ven­tions sur la ques­tion : il fau­drait dis­cu­ter en direct avec lui.

    Mais jus­te­ment, comme je l’ai vu, quand le thème de qui contrôle est posé par la salle, il esquive. 

    Il y a 20 ans que je rêve à ce thème de la libé­ra­tion des contraintes que nous nous sommes inven­tées ces dix der­niers mil­liers d’années(la mon­naie entre autres), et je suis donc enchan­tée de voir que d’autres s’in­té­ressent à ça. 

    Quel­qu’un a cité une phrase d’At­ta­li il y a quelques jours. Donc la pâte lève, comme on dit. Mais il ne fau­drait pas qu’un pro­jet fice­lé par un cer­veau unique la fasse retomber. 

    Par contre, son idée de l’ex­pé­ri­men­ta­tion en ilots sains, que j’a­vais aus­si expri­mée sur le forum, est la démarche « scien­ti­fique » néces­saire. Qui aurait l’a­van­tage de pré­pa­rer les consciences tout en évi­tant les pièges d’un opti­misme intégriste

    Réponse
  16. Morpheus

    @ Ana

    C’est ce qui est pré­vu. En ce moment, le Pro­jet Venus s’at­tèle à deux pro­jets en paral­lèle : d’une part, la réa­li­sa­tion d’un film pro­fes­sion­nel, réa­li­sé par un met­teur en scène talen­tueux et recon­nu du public, afin de faire connaître au plus grand nombre l’exis­tence du pro­jet ; d’autre part, la réa­li­sa­tion d’une « ville test » conçue et gérée selon les moda­li­tés pré­vue dans le projet.

    Le hic étant, bien enten­du, que cela néces­site, dans notre sys­tème actuel, une mise de fond impor­tante que la fon­da­tion de Fres­co ne pos­sède pas (sinon, il y a long­temps qu’il aurait créé cette ville test).

    En res­tant atten­tif, je pré­fère m’en tenir à consi­dé­rer que je ne peux pas juger de la per­ti­nence ou non du pro­jet tant que je n’ai pas une vision pra­tique de son fonc­tion­ne­ment (d’où mon attente d’une ville test). Je ne peux – et ne veux ! – voir le pro­jet jeté à l’eau sim­ple­ment parce que j’ai (et d’autres ont) des craintes concer­nant les ques­tions de gouvernance.

    J’ac­cepte le fait que Fres­co a peut-être une idée vision­naire qu’il ne m’est pas encore capable d’appréhender, consi­dé­rant que dans un mil­lier de domaines, il en sait infi­ni­ment plus que moi. Je lui accorde donc le béné­fice du doute, sans pour autant lui accor­der ma foi (je ne suis pas dans une démarche reli­gieuse). Je suis per­sua­dé que le pro­jet com­prend de nom­breuses imper­fec­tions, mais il n’en reste pas moins, à mes yeux, le pro­jet d’a­ve­nir le plus pro­met­teur et le plus cohé­rent qu’il m’ait été don­né de connaître. La démarche scien­ti­fique pose de pro­cé­der par expé­rience. Com­men­çons par accep­ter les hypo­thèses de Fres­co et lui per­mettre de faire la démons­tra­tion de l’ef­fi­ca­ci­té de son pro­jet. Comme l’a écrit Ein­stein, « Condam­ner sans cher­cher, c’est le sum­mum de l’i­gno­rance ». Il a aus­si écrit : « De tout temps, les grands esprits ont affron­té l’op­po­si­tion féroce des esprits médiocres ». Puis-je consi­dé­rer que j’en sais moins sur le pro­jet que Fres­co lui-même ? Je le crois volon­tier. Dois-je pour autant consi­dé­rer comme véri­té pre­mière tout ce qu’il affirme sur la vali­di­té de son pro­jet ? Je ne le crois pas.

    Ce que je peux faire par contre, et que je fais, c’est delui accor­der le fait que ce pro­jet mérite d’être expé­ri­men­té, et que pour que cela puisse se faire, il sera sans doute néces­saire de le faire connaître, et, sinon en ven­ter les mérites (je ne le puis pas), faire la pro­mo­tion de l’in­té­rêt du pro­jet et de la néces­si­té que celui-ci soit expérimenté.

    Je crois que Fres­co n’en demande pas plus : la chance de voir son pro­jet être mis à l’é­preuve de l’ex­pé­rience pra­tique, et non d’être décor­ti­qué et dis­cu­taillé en vain par des ico­no­clastes qui pour la plu­part, ne savent pas de quoi il retourne.

    Quand je pense aux for­tunes que nos états pré­ten­du­ment démo­cra­tiques allouent sans condi­tion aux banques pour les ren­flouer des consé­quences cata­clys­miques de leur incom­pé­tence sys­té­mique, et cela avec l’argent des contri­buables, je me dis qu’il est abso­lu­ment incroyable que l’on ne puisse allouer ne fut-ce que le cen­tième de ces for­tunes pour la réa­li­sa­tion d’un tel pro­jet. Enfin, je dis « incroyable », et en réa­li­té, étant par­fai­te­ment lucide, je pense « inévi­table ». Mais cela reste scan­da­leux, et ce qui est incroyable, c’est que la majo­ri­té conti­nue de consi­dé­rer cela nor­mal. Nor­mal de ren­flouer des ban­quiers véreux et incom­pé­tents, et nor­mal de ne pas allouer un kopeck à un pro­jet visionnaire.

    Je me dis tout de même, non sans amer­tume et un brin de colère, que nous avons col­lec­ti­ve­ment un art consom­mé pour reje­ter les bébés avec l’eau du bain …

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  17. Ana Sailland

    Dans les textes anciens chi­nois, j’aime bien ce renard qui doit tra­ver­ser le lac gelé, mais tâte la glace à petits coups de patte, avant de s’engager. 

    Et en atten­dant les fonds, y en a qui font 😉

    http://​www​.incre​dible​-edible​.info/

    Réponse
  18. J.C

    Mer­ci Morphéus,

    Ta façon de voir les choses est déjà plus claire pour moi

    cepen­dant, j’ai tou­jours un cer­tain nombre d’ob­ser­va­tions que j’ai­me­rais expri­mer ici.

    Évi­dem­ment, sans argent, quel moyen d’au­to­ri­té pour un quel­conque gouvernement ?
    Je me rends compte en disant cela que tout est à repen­ser et ça demande effec­ti­ve­ment un cer­tain effort, c’est intéressant.

    Aujourd’­hui, pour faire une paren­thèse avec ce que nous vivons pré­sen­te­ment, on voit bien que c’est l’in­te­rac­tion banque cen­trale, banque pri­vé et état qui gouverne.

    Oh!!! mais je crois que je tiens peut être un gros truc là.

    Et si l’é­tat et les banques pri­vées n’é­taient que des leviers de pou­voir des banques cen­trales ? Ou plu­tôt, si ces dif­fé­rentes ins­ti­tu­tions qui se ren­flouent mutuel­le­ment n’é­taient que plu­sieurs facettes d’une même enti­té. Étienne, c’est pos­sible ça ?

    Un peu comme les banques pri­vées : on retire de l’argent d’une banque pour la mettre dans une autre mais en réa­li­té rien n’est jamais sor­ti de « la banque » j’en­tends par là, le sys­tème ban­caire. Un peu comme un jeu comp­table pour contrô­ler et diri­ger les acti­vi­tés de chacun.

    « À pro­pos de la cyber­né­tique, il est tou­te­fois impor­tant de pré­ci­ser qu’elle n’entre nul­le­ment en ligne de compte pour ce qui concerne des pro­blèmes de nature sociale. »

    N’est-ce pas l’in­verse de ce que prône Jacques Fres­co en vou­lant appli­quer la méthode scien­ti­fique à l’or­ga­ni­sa­tion sociale ?

    « Je sup­pose qu’il fonde sa convic­tion sur le fait que dans une socié­té qui répond effec­ti­ve­ment aux besoins de tous, la recherche mala­dive du pou­voir perd son sens, et dès lors la néces­si­té d’ins­ti­tu­tions pré­ser­vant la socié­té de l’a­bus de pou­voir n’au­rait plus lieu d’être »

    Oui, si c’est bien ce qu’il pense, il a en par­ti rai­son mais ça ne suf­fi­ra pas tota­le­ment. Il fau­drait aus­si pour cela, je pense, que cha­cun prenne conscience de ce qui peut le rendre heu­reux et libre n’est pas à recher­cher qu’a l’ex­té­rieur de soi. Et ce type de civi­li­sa­tion devrait le faci­li­té grandement.

    « Mais il m’est dif­fi­cile de ne pas tenir compte de 8000 ans de civi­li­sa­tions qui ont toutes don­né lieu, sauf excep­tions qui confirment la règle, à des socié­tés hié­rar­chi­sées fon­dées sur l’ex­ploi­ta­tion du plus grand nombre au pro­fit d’un très petit nombre. » 

    je pense que tu t’a­vances sur le sujet. N’ou­blions pas que sous l’emprise de la socié­té de consom­ma­tion dans laquelle nous vivons, les infor­ma­tions dis­po­nibles au grand publique sont comme les tech­no­lo­gies, très res­treinte et en retard de beaucoup.

    Il y a beau­coup moins que ça exis­tait des civi­li­sa­tions très dif­fé­rentes comme celle connu sous le nom des harap­péens par exemple de toutes traces d’ar­chi­tec­ture guer­rière . Ce n’est pas ici le lieu pour déve­lop­per de tel sujet mais des textes anciens de cette région de l’In­dus font aus­si réfé­rence à des cités de formes circulaires.

    Mais reve­nons-en à la ges­tion de la cité selon le pro­jet Vénus.

    « par exemple pour tirer au sort les « magis­trats scien­ti­fiques » devant, pour un man­dat court (un an ?) et non renou­ve­lable, gérer le fonc­tion­ne­ment des sys­tèmes cyber­né­tiques » 

    Je crois que tu vois là tou­jours une ges­tion de la cité en terme d’é­lite comme la plu­part d’entre nous.

    Cette vision for­te­ment ancrée dans nos condi­tion­ne­ments de vie quo­ti­dienne pour­rais ne pas être du tout com­pa­tible avec le pro­jet Vénus ou per­sonne ne prends des déci­sions pour d’autre mais cha­cun pour lui-même, socié­té pro­fon­dé­ment indi­vi­dua­liste mais dans le bon sens du terme.

    D’ailleurs, Jacques Fres­co l’ex­prime comme la capa­ci­té de déployer son indi­vi­dua­li­té (et non l’é­goïsme qui va a l’en­contre du bien d’au­trui et du sien propre aus­si finalement).

    On peut donc lais­ser de côté le gou­ver­ne­ment fas­ciste (dans le sens large du terme). Il s’a­git d’un car­can de pen­sée dont il nous faut sortir.

    En d’autre terme, ce débar­ras­ser de la notion de gouvernant.

    Mais cela implique pro­ba­ble­ment qu’il n’y ait pas de déci­sions col­lec­tives mais uni­que­ment la mise en place d’a­jus­te­ment cohé­rent ou si j’ai bien com­pris, l’é­qui­li­brage natu­rel des dyna­mismes par le trai­te­ment cyber­né­tique des données.

    Dans le lien que tu as don­nés précédemment
    on peut lire : « Le Pro­jet Venus est un pro­jet de recherche dési­rant conce­voir une nou­velle struc­ture sociale dans laquelle les pro­blèmes seront ana­ly­sés pour com­prendre l’origine et ain­si faire en sorte qu’ils ne se repro­duisent tout sim­ple­ment pas. »

    Je pense que si ce pro­jet se met vrai­ment en place, les machines devien­dront à terme le moyen par lequel les êtres humains seront for­mé. En effet, elles se révèlent ou révé­le­ront plus effi­cace en terme d’é­du­ca­tion, de trans­mis­sion des connais­sances, d’ap­pren­tis­sage et de résul­tat que les humains eux-même à la manière dont G.Kasparov (le joueur d’é­chec) est dépas­sé par des pro­grammes plus performants.

    À moins qu’une mino­ri­té de scien­ti­fiques, phi­lo­sophes ou autres prennent le contrôle de la cyber­né­tique pour impo­ser leur propre opi­nion limi­tée (s’op­po­sant ain­si à l’ap­proche pure­ment scien­ti­fique), nous allons vers un per­fec­tion­ne­ment de la civi­li­sa­tion humaine et non humaine. L’ap­proche scien­ti­fique s’op­po­sant au par­ti pris, l’é­vo­lu­tion glo­bale ne peut a prio­ri que débou­ché que sur un per­fec­tion­ne­ment visant la com­pré­hen­sion com­plète de la réa­li­té et la manière la plus effi­cace pos­sible de l’acquérir.

    Je suis convain­cu que cela abou­tit à la spi­ri­tua­li­té en tant que connais­sance de soi et du monde, pas seule­ment dans ses pro­ces­sus mais dans son essence même.

    Cer­tain sup­po­se­ront que la machine et l’hu­main fini­raient par fusion­ner. Je crois, pour ma part, que nous arri­ve­rons à un tel déve­lop­pe­ment de nos capa­ci­tés que nous pour­rions finir par nous pas­ser de la cyber­né­tique (peut-être).

    C’est en tout cas, ce que je pour­rais espé­rer d’un tel pro­jet mais n’en sachant pas assez, tout ceci n’est pour l’ins­tant qu’une simple pro­jec­tion de ma part.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  19. Morpheus

    En ce qui concerne les machines, je crois que leur fonc­tion sera avant tout de per­mettre de déga­ger les humains d’un grand nombre de tâches pénibles, dan­ge­reuses, ingrates et répé­ti­tives. Dans cette fonc­tion, elles sont plus pro­duc­tives, plus souples et plus ren­tables que les humains (ren­table en terme de pro­duc­tion, pas de bénéfice).

    Par contre, je ne vois pas en quoi les machines peuvent être de meilleurs ensei­gnants que les humains. Les ordi­na­teurs peuvent être de très bons outils pour accé­der aux connais­sances, mais pas pour ensei­gner (à mon avis).

    Pour ce qui est des besoins en terme de tra­vail humain pour super­vi­ser une cité type PV, je crois me sou­ve­nir que les études de Fres­co avancent un chiffre de 3% de la popu­la­tion … Ça laisse une très bonne marge pour l’é­tude, les loi­sirs, la créa­ti­vi­té, l’in­ven­ti­vi­té, la recherche, la spi­ri­tua­li­té, etc.

    Concer­nant les pro­blèmes de nature sociale, Fres­co envi­sage l’ap­pli­ca­tion de la méthode scien­ti­fique (afin de cer­ner les causes des pro­blèmes et de cher­cher les solu­tions durables), pas de la cyber­né­tique à pro­pre­ment parler.

    À pro­pos de méthode scien­ti­fique et de spi­ri­tua­li­té, je vou­drais citer, encore une fois, Mat­thieu Ricard. Il dit ceci : « La spi­ri­tua­li­té doit pro­cé­der avec la rigueur de la science, mais la science ne porte pas en elle les germes de la spi­ri­tua­li­té ».

    De même, Wer­ner Hei­sen­berg à écrit ceci : « Je consi­dère que l’am­bi­tion de dépas­ser les contraires, incluant une syn­thèse qui embrasse la com­pré­hen­sion ration­nelle et l’ex­pé­rience mys­tique de l’u­ni­té, est le <mythos>, la quête, expri­mée ou inex­pri­mée, de notre époque. »

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  20. Ana Sailland

    La tech­nique et la science ont accom­pli ces deux der­niers siècles des pro­grès immenses, et d’une rapi­di­té sou­daine, décoif­fante, qui sub­merge toutes les atti­tudes d’an­tan, au contraire de la conscience, qui du moins en appa­rence, stagne, et par­fois même régresse.
    Si bien que :

    la conscience a pris du retard sur la science

    Du coup, une jambe plus courte que l’autre, l’hu­ma­ni­té boite ; elle risque même de se cas­ser la gueule.

    Ce retard est donc à com­bler.

    Ce qui ne se fera pas en souf­flant dans un mirliton :

    tout le monde devrait se mettre au tra­vail, et s’a­don­ner à cette tâche, sub­tile, qui ne sau­rait souf­frir la coer­ci­tion, mais au contraire doit s’ac­com­plir dans une évo­lu­tion har­mo­nieuse, natu­relle, sou­te­nue uni­que­ment par l’embryon pré­sent de ce qu’elle est cen­sée pro­duire au futur, et par la volon­té, et par la téna­ci­té, colo­rées de bienveillance.
    Tout le monde disais-je, moi, toi ‚lui, elle, nous, vous, ils, elles, et même ce con de « on », les simples pékins, quoi, mais aus­si les pol­li­ni­sa­teurs de conscience (il y en a par­mi nous, c’est même un essaim bruis­sant), mais aus­si les écoles, les uni­ver­si­tés, , les médias, toutes les struc­tures, et l’État, qui recon­nais­sons le pour les der­niers de la liste, hélas, vont trop sou­vent à rebours de cette mis­sion, magique et vitale.

    Il se trouve que cette tâche est déli­cate et que nous ne savons pas trop par quel bout la prendre (rai­son de plus pour s’y col­ler). Pire encore, si sur le plan indi­vi­duel elle pré­sente une cer­taine clar­té, sur le plan col­lec­tif guettent des dan­gers, des per­ver­sions, tous défauts issus du carac­tère encore peu déve­lop­pé de la conscience, défauts qui peuvent s’in­car­ner, par exemple, au pré­texte de faire bien, dans la mani­pu­la­tion de masse, en vue de ser­vir domi­nants et domi­nances, ce qui, c’est évident, serait contre performant.

    Il ne s’a­git donc pas d’une pro­me­nade de san­té.

    Dans cette optique, et sous le jour de nos quelques échanges anté­rieurs, deux concep­tions semblent s’affronter :
    La pre­mière, d’une part, selon laquelle c’est l’é­tat des choses et des struc­tures qui per­met­tra à la conscience de s’é­pa­nouir libre­ment, sans contrainte, débar­ras­sée des contin­gences anciennes, qui géné­raient et génèrent encore de nos jours la peur, et pour s’en pro­té­ger la bou­li­mie, décli­née dans toutes ses dimen­sions : de la bou­li­mie de pou­voir à la bou­li­mie de l’avoir.
    La seconde, d’autre part, selon laquelle, c’est la crois­sance de la conscience, déci­dée in peto, col­lec­ti­ve­ment autant qu’in­di­vi­duel­le­ment, mais plu­tôt fon­dée sur un tra­vail inté­rieur que sur un tra­vail exté­rieur, qui impli­que­ra méca­ni­que­ment l’ins­ti­tu­tion des choses et des struc­tures favo­rables à la main­te­nance de cette dyna­mique positive.

    La pre­mière est proche de la concep­tion de Jacques Fres­co tan­dis que la seconde est proche de l’a­nar­chie spiritualiste.

    Mais ces deux points de vue ne s’af­frontent qu’en appa­rence, car en fait ils sont com­plé­men­taires. ((( C’est d’ailleurs sou­vent le cas : des points de vues dif­fé­rents qui divisent sont en fait com­plé­men­taires, car LA meilleure solutions
    n’existe pas, puis­qu’il s’a­git de trou­ver un équi­libre vibrant et mobile à sou­hait ; exac­te­ment ce qui se passe dans un équi­libre chi­mique qui n’est pas sta­tique mais consti­tué d’une vibra­tion per­pé­tuelle autour du point d’é­qui­libre, lui même variable et fonc­tion des fac­teurs de l’é­qui­libre <je ne suis pas chi­miste hein mais ici me vient un sou­ve­nir de mes 19 ans loin­tains et potaches > ))).
    Et pour­quoi sont ils com­plé­men­taires. C’est simple : si on se branche sur le pre­mier, sans excès cepen­dant, il impli­que­ra le second, et si on se branche sur le second, il impli­que­ra le pre­mier. Il y a donc un effet boule de neige, quelle que soit l’amorce.
    Ma pré­fé­rence va cepen­dant au second, car en l’é­tat de la situa­tion pré­sente, la conscience étant comme dit plus haut en retard sur la science, amor­cer le pro­ces­sus en usant de la tech­nique et de la science pré­sen­te­rait des dan­gers. Mais je ne veux pas relan­cer ce débat, qui me semble-t-il est déjà bien avancé.
    Je pré­fère réflé­chir à ceux des outils de tran­si­tion qui tra­vaillent côté coeur plus qu’aux outils qui tra­vaillent côté matière.

    J’en vois plusieurs.
    Abs­trac­tion faite de tout ce qui nous pré­oc­cupe usuel­le­ment au cha­pitre de la démo­cra­tie, qui est cer­tai­ne­ment l’une des condi­tions néces­saires et non suf­fi­santes, néces­saires à l’ex­pan­sion des consciences.

    Je reviens en pre­mier lieu sur cette his­toire d’î­lots sains, dont nous avons parlé.
    Si j’ai bien com­pris, Jacques Fres­co y voit, en pro­to­types, des villes, fonc­tion­nant selon ses pré­ceptes à lui. J’i­ma­gine donc, mais j’ai peut être tort, qu’il s’a­git selon lui d’u­ni­tés fer­mées, ne rela­tion­nant pas avec le monde capi­ta­liste pré­sent. Logique, car com­ment com­mer­cer avec le monde de l’argent quand on choi­sit de s’é­car­ter de l’argent et du concept de com­merce. Et quelle serait la valeur d’un tel pro­to­type s’il ne fonc­tion­nait pas uni­que­ment selon la
    phi­lo­so­phie préconisée ?
    Quand j’ai émis cette expres­sion d’î­lots sains, bien que connais­sant l’i­dée de JF, je pen­sais autre­ment : je pen­sais plu­tôt au concept de thé­ra­pie génique, qui consiste à intro­duire des cel­lules saines dans un corps mal­sains, en vue d’une conta­gion posi­tive. Dans un panier de pommes, ça ne marche pas, car c’est tou­jours la pomme pour­rie qui conta­mine les autres. Mais dans une socié­té douée d’in­tel­li­gence, d’empathie, et de tout l’arc en ciel des émo­tions, ça peut mar­cher, car si la cel­lule saine fonc­tionne, elle crée­ra l’en­vie, et donc la déci­sion de la copier et de la répliquer.
    Un peu d’his­toire per­so : cette réflexion me vient de loin dans le temps : il y a envi­ron 20 ans, je par­ti­ci­pais près de Chartres à un sémi­naire sur la conscience. La gas­tro­no­mie y était par­faite et conforme au vital autant qu’à la légè­re­té néces­saire à l’es­prit, c’é­tait l’é­té, et le midi, nous man­gions au jar­din. Ce genre de sémi­naire, s’il est bien fou­tu, aiguise les sens et l’i­ma­gi­na­tion. Un jour que nous en étions entre la poire et le fro­mage, sur une table qui entou­rait un chêne, comme dans Asté­rix, l’i­dée m’en­va­hit (mais oui, nous ne créons pas les idées, ce sont elles qui nous créent) que nous pou­vions et devions inven­ter une socié­té sans argent, débar­ras­sée au psy­chique des causes pro­fondes qui nous l’ont fait inven­ter. J’en par­lai bien enten­du. Et l’on se gaus­sa. gen­ti­ment. Plus tard quand j’en avais l’oc­ca­sion (rare), j’a­bor­dais la ques­tion avec tel ou telle ami(e). Jus­qu’au jour où il y a envi­ron dix ans je tom­bais sur un ami poly­morphe ( un homme jeune pos­sé­dant pas­se­ports fran­çais, suisse, ivoi­rien, un mili­tant d’at­tac plu­tôt libé­ral, franc maçon de sur­croit ), et les gens poly­morphes sont par­fois plus ouverts que la moyenne … C’est pour­quoi nous avons réflé­chi ensemble à ce concept d’î­lot. Il s’a­gi­rait, par exemple au sein d’une grande ville, de réunir un « club » d’in­di­vi­dus qui déci­de­raient, sans s’ex­traire de la socié­té glo­bale, de ne fonc­tion­ner entre eux que selon le mode du don acra­to­pège. Non pas pour en reti­rer béné­fice, mais pour enta­mer un pro­ces­sus exem­plaire sus­cep­tible de faire tache d’huile. 
    Et n’ou­blions pas l’his­toire des bono­bos, qui atteste de l’ef­fet induc­teur au glo­bal d’un pro­grès local.

    Comme je l’ai men­tion­né (j’ai mis un lien) ceci existe déjà, et c’est appa­ru spon­ta­né­ment, ce qui est plus qu’en­cou­ra­geant : il s’a­git des « incre­dible edible » : mou­ve­ment né dans une petite ville du nord de l’Angleterre, cité misé­reuse de la conjonc­ture, où les gens ont enva­hi l’es­pace public pour y culti­ver leurs légumes, non pas de manière égoïste, mais dans l’axe de la phi­lo­so­phie du don (le don d’un acte en l’occurrence). le résul­tat, pour cette petite ville, c’est qua­si l’in­dé­pen­dance ali­men­taire, ce qui n’est pas rien. A zieu­ter de toute urgence 😉 

    En second lieu, et c’est un para­doxe, je veux ici poin­ter l’a­ven­ture des mon­naies sub­si­diaires (mon­naies locales ‚SELs, mais il y en a d’autres). Il peut paraître étrange de dési­gner des expé­riences moné­taires comme induc­teurs d’une socié­té libé­rée de l’argent. Cepen­dant, il faut bien com­prendre que la mise en place des ces « outils » se fait dans un esprit radi­ca­le­ment dif­fé­rent de celui qui pré­side à l’ins­ti­tu­tion de nos mon­naies natio­nales ou conti­nen­tales. ces sys­tèmes sont mis en place dans la déter­mi­na­tion de libé­rer l’hu­main de l’es­prit de com­pé­ti­tion, entre autres. Et on a la bonne sur­prise de voir, pas tou­jours, cer­tains SELS déri­ver vers le don. De toute façon, ces outils sont les pre­mières marches, déli­bé­ré­ment choi­sies pour ça, d’une muta­tion psy­cha­na­ly­tique. Paris ne s’est pas fait en un jour, et peut être vaut il mieux faire de petits pas, mais loin, que rêver d’un pas immense … qui demande des fonds (le cas des villes expé­ri­men­tales de JF)

    Viennent en troi­sième lieu les ini­tia­tives ten­dant à exer­cer l’idée : 
    Les indi­gnés d’An­ne­cy ont orga­ni­sé en décembre une « jour­née du don ». Le jeu consis­tait à nous réunir devant la mai­rie et à offrir. Non pas offrir des vieille­ries, mais des choses aux­quelles nous tenons, ou des ser­vices. La réac­tion et les hési­ta­tions des « clients » étaient à se tordre de sou­rire, mais aus­si très ren­sei­gnantes sur le non entrai­ne­ment que nous avons à recevoir.
    Au début de l’é­té, j’ai ren­con­tré une femme jeune, colom­bienne je crois, qui avait orga­ni­sé une « don­ne­rie », selon la même phi­lo­so­phie. C’é­tait au cours d’un sémi­naire sur l’a­bon­dance, pro­po­sé par Phi­lippe Derud­der. Inutile de vous dire qu’elle et moi avons sym­pa­thi­sé. Du coup, elle doit me mettre en rela­tion avec un gen­til moine boud­dhiste qui planche aus­si dans ces eaux là.
    A ce pro­pos, je vous signale mais sans le décrire pour ne pas le déflo­rer un magni­fique exer­cice pro­po­sé par Phi­lippe, pour faire décou­vrir aux gens l’ef­fi­ca­ci­té de la stra­té­gie du gagnant-gagnant.

    Il y a aus­si le yoga du don. De vive voix. Un jour pte­tr ben 😉 

    Et n’ou­blions pas le pro­jet salaire de base, qui par­ti­cipe lui aus­si de cette muta­tion tant attendue
    Sou­vent, quand on impulse une nou­veau­té, sa por­tée est bien plus vaste que nous ne l’imaginons.

    Et l’argent-don, une idée simple mais non expé­ri­men­tée, briè­ve­ment abor­dée sur le forum.

    Il y a aus­si les confé­rences (je com­mence à m’y mettre depuis un an environ)

    Bon euh, j’ai assez écrit là .……

    Réponse
  21. Morpheus

    Inutile de dire, Ana, que sur le constat du han­di­cap de conscience face à la tech­no­lo­gie, nous sommes com­plè­te­ment sur la même lon­gueur d’onde.

    Par contre, je ne crois pas que nous soyons réel­le­ment en oppo­si­tion sur la ques­tion de la cause.

    La conscience vient néces­sai­re­ment avec l’ex­pé­rience. Un exemple per­son­nel me vient à l’es­prit. Étant gamin (envi­ron 7 ou 8 ans), mon grand-père m’a ini­tié au tir à la cara­bine, pour tirer sur les merles qui man­geaient les cerises du ver­ger. Un après-midi d’é­té, je me met à l’af­fut avec la cara­bine, atten­dant le merle voleur, et je ne tarde guère à le repé­rer. J’é­paule la cara­bine, je vise et je tire. PAN ! dans le mile. Le merle tombe, bles­sé à mort. Je m’ap­proche, et je constate qu’il vit encore. Je per­çois alors sa souf­france et son état de choc. Je suis aus­si­tôt enva­his par cette souf­france et je prend bru­ta­le­ment conscience que je viens de tuer cette créa­ture sans la moindre rai­son. Je me sens ter­ri­ble­ment cou­pable de cette inutile et vaine cruau­té. Et affreu­se­ment inca­pable de défaire ce que j’ai fais … Jamais plus je n’ai tué d’a­ni­maux depuis lors. J’ai fais une expé­rience : tuer. J’ai pris conscience de la consé­quence de mon acte : la souf­france et la mort de cette créa­ture. En même temps, j’ai pris conscience de ma res­pon­sa­bi­li­té autant que de la vani­té de mon acte, par­fai­te­ment inutile. Je n’ai pas eut besoin que l’on m’en­seigne une loi, une éthique, une règle divine ou je ne sait quel ser­mon de mora­li­té : rien de tout cela ne compte face à l’ex­pé­rience. Inutile de dire que lorsque j’en­tends le per­son­nage de Gan­dalf, dans le film Le sei­gneur des anneaux, dire à Fro­don « Nom­breux sont les vivants qui méri­te­raient la mort, et les morts qui méri­te­raient la vie. Pou­vez-vous la leur rendre ? Alors ne soyez pas si prompt à dis­pen­ser mort et juge­ment », cela me touche au plus pro­fond de moi. Je sais ce qu’il dit, non comme une idée, mais comme un fait tangible.

    Je crois que si je dis que dans un envi­ron­ne­ment bien­veillant, c’est-à-dire un envi­ron­ne­ment où les besoins néces­saires non seule­ment à la vie et à la san­té (nour­ri­ture saine, eau potable, loge­ment salubre) mais à l’é­pa­nouis­se­ment per­son­nel, l’é­lé­va­tion de conscience ne peux se pro­duire, tu seras d’ac­cord avec moi. Il est facile de com­prendre que des indi­vi­dus devant faire face à l’in­sé­cu­ri­té éco­no­mique, sociale, voir phy­sique, auront pour seul objec­tif leur sur­vie et relè­gue­ront bien loin toute idée de spi­ri­tua­li­té, si ce n’est une spi­ri­tua­li­té de sub­sti­tu­tion ne consti­tuant qu’une sorte de baume leur per­met­tant d’ac­cep­ter sans trop bron­cher leur mau­vais sort.

    Par consé­quent, il est facile de déduire que la seule chose qui peut jus­ti­fier le fait de se sou­mettre à un ordre col­lec­tif, c’est que l’ob­jec­tif de cet ordre est de pro­cu­rer à tous un envi­ron­ne­ment sécu­ri­sant sur tous ces plans. Sur cela, je ne crois pas que nous soyons en opposition.

    De même, si je dis que la moti­va­tion au crime et à la mal­veillance dimi­nue dras­ti­que­ment dans un envi­ron­ne­ment abon­dant et bien­veillant, tu seras pro­ba­ble­ment d’ac­cord. Si tu n’es pas convain­cue, je te sug­gère de pro­po­ser à des SDF d’é­le­ver leur conscience : je gage que leur réac­tion sera éloquente.

    Je ne pré­tend nul­le­ment que l’é­lé­va­tion de conscience néces­site un envi­ron­ne­ment tech­no­lo­gique comme il est avan­cé dans le PV (très loin de moi cette idée). Mais je suis convain­cu que la conscience peut s’é­le­ver dans un envi­ron­ne­ment qui :
    – four­nit à tous ce dont ils ont besoin
    – per­met à tous de par­ti­ci­per à l’abondance
    – res­pon­sa­bi­lise cha­cun dans un cadre participatif

    Car ce sont ces expé­riences, à la fois indi­vi­duelles ET col­lec­tives qui per­met­tront le saut de conscience néces­saire. Or, le prin­cipe même sur lequel repose l’i­dée fon­da­men­tale du PV – en gros, l’hy­po­thèse Gaïa (la Terre per­çue comme sys­tème com­plexe d’in­ter­dé­pen­dances mutuelles de ses élé­ments consti­tuants) – est la clef fon­da­men­tale de ce saut de conscience. Lorsque nous com­pren­drons, par l’ex­pé­rience pra­tique et par­ti­ci­pa­tive, que l’en­semble des phé­no­mènes qui coexistent sur notre pla­nète – en ce com­pris nous-même ! – dépen­dons les uns des autres, le saut de conscience est inévitable.

    En cela, je consi­dère donc le PV comme étant le pro­jet le plus abou­tit. Il uti­lise l’en­semble de nos connais­sances et décou­vertes pour créer cet environnement.

    Mais on pour­rait effec­ti­ve­ment dis­cu­ter de tout cela de vive voix, si tant est que tu pos­sèdes Team Speak, Mumble, Skype ou MSN.

    Mor­pheus

    Réponse
  22. Ana Sailland

    Encore l’élec­tro­nique .….…..

    J’in­vite tout le monde chez moi (5000 m²) l’é­té prochain.

    Prag­ma­tique : Je ne vois pas en quoi le « PV » , à cette heure théo­rique et en attente de fonds , serait plus abou­ti que le sys­tème incre­dible edible, réa­li­sé, effi­cace, et en expan­sion. Mais bon.

    Il y a une dimen­sion à laquelle je tiens : la capa­ci­té de l’être humain à choi­sir déli­bé­ré­ment de déve­lop­per sa conscience. ( cf Gurd­jev et Auro­bin­do , illustres pré­cur­seurs, dans des styles très différents )

    Réponse
  23. J.C

    @ Mor­phéus

    « En ce qui concerne les machines, je crois que leur fonc­tion sera avant tout de per­mettre de déga­ger les humains d’un grand nombre de tâches pénibles, dan­ge­reuses, ingrates et répétitives. « 

    Oui, et plus, nous n’au­rons peut-être même plus à sor­tir les poubelles.

    « Par contre, je ne vois pas en quoi les machines peuvent être de meilleurs ensei­gnants que les humains »

    De nos jours (dans notre socié­té moyen­âgeuse), on trouve nombre de tuto­riaux inter­ac­tifs très bien conçu et ça se déve­loppe déjà très vite dans le domaine de la for­ma­tions conti­nue. Alors, il est facile d’i­ma­gi­ner ce que ce pour­rait être dans les cités du pro­jet Vénus.

    l’in­for­ma­ti­sa­tion des méthodes d’ap­pren­tis­sage et de la trans­mis­sion de la connais­sance est déjà une réalité.
    La fonc­tion d’en­sei­gnant devrait qua­si-dis­pa­raître au pro­fit de la cyber­né­tique en quelques années je pense. Cela est vrai pour l’ap­pren­tis­sage mais aus­si pour l’en­semble des corps de métier que nous connais­sons, sachant que cer­taine fonc­tion n’au­ront plus aucune uti­li­té. Les machines seront bien plus effi­cace que l’homme.

    Jacques Fres­co en parle à dif­fé­rents endroits dans cer­taines vidéos.
    « Concer­nant les pro­blèmes de nature sociale, Fres­co envi­sage l’ap­pli­ca­tion de la méthode scien­ti­fique (afin de cer­ner les causes des pro­blèmes et de cher­cher les solu­tions durables), pas de la cyber­né­tique à pro­pre­ment parler. « 

    il est cer­tain que la cyber­né­tique sera un outils non seule­ment d’in­for­ma­tion mais aus­si d’a­na­lyse dans ce tra­vail et donc de pro­po­si­tion de solution.
    Jus­qu’à quel point la réso­lu­tion des pro­blèmes de la cité seront auto­ma­ti­sés. Cela reste à préciser.
    Com­ment la méthode scien­ti­fique sera mise en application.
    Je crois que sur ce point là, il fau­dra la plus grande vigi­lance, si l’on veut vrai­ment que nos choix soient non seule­ment pris en compte mais gérer d’une façon qui nous conviennent.
    Au concep­teur du pro­jet Venus de nous mon­trer de quoi il retourne vraiment.

    « À pro­pos de méthode scien­ti­fique et de spi­ri­tua­li­té, je vou­drais citer, encore une fois, Mat­thieu Ricard. Il dit ceci : « La spi­ri­tua­li­té doit pro­cé­der avec la rigueur de la science, mais la science ne porte pas en elle les germes de la spiritualité ». »

    Je par­tage le point de vue de Mat­thieu Ricard lors­qu’il dit que La spi­ri­tua­li­té doit pro­cé­der avec la rigueur de la science mais pour le reste, la voie qu’il suit est consi­dé­rée à juste titre comme une science de l’es­prit. Il ne faut pas oublier non plus que l’une des qua­li­tés prin­ci­pale du Boud­dha c’est l’omniscience.

    Cette nuit, j’ai eu l’in­tui­tion que les choses pou­vaient se dérou­ler selon 4 phases dont j’i­gnore la nature chronologique :

    1) la dis­pa­ri­tion de la mon­naie par l’ef­fon­dre­ment de l’é­co­no­mie mondiale
    2) la for­ma­tion des consciences au nou­veau monde (3 mois selon Jacques Fresco)
    3) la des­truc­tion des anciennes struc­tures (ins­ti­tu­tion­nelles et fonctionnelles)
    4) et le déploie­ment des cités sur l’en­semble de la planète

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  24. Ana Sailland

    bilan d’un glo­bal col­lapse : un mil­liard de morts par famine ( à condi­tion qu’il n’y ait pas en plus une guerre mon­diale et quelques bom­bi­nettes ). Si c’est cet espoir là qui est cen­sé impul­ser la conscience des sur­vi­vants, c’est mal bar­ré, car bien trop loin du cœur.

    Réponse
  25. Morpheus

    @ Ana

    C’est lorsque l’in­for­tune ren­verse la four­mi qu’elle voit le ciel (pro­verbe chinois)

    😉

    PS : ok pour un par­tage en direct, sur­tout si c’est à la cam­pagne (je n’aime pas les villes) 🙂 Et j’ai de quoi cam­per, le cas échéant 😉

    Réponse
  26. J.C

    Mer­ci Ana pour l’invitation,

    je viens de jeter un œil sur le lien concer­nant incre­dible edible. ça a l’air effec­ti­ve­ment tout à fait sympathique.

    bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  27. Marc

    Bon­jour,

    mer­ci Mor­pheus pour l’a­dresse de cette page.

    Je me per­mets de signa­ler aux lec­teurs l’exis­tence d’un (petit) col­lec­tif qui s’ap­pelle VOTER AM, qui a la démarche suivante :

    1 – « nous devons tous apprendre com­ment fonc­tionne l’hu­main (psycho+philo) car c’est idiot de cher­cher à faire un monde meilleur sans com­prendre ses com­po­sants : les humains »

    2 – « nous devons ensuite com­prendre com­ment fonc­tionne notre socié­té, et plus par­ti­cu­lière le domaine de la mon­naie, car « tout est mon­naie ou trans­crip­tible en mon­naie » dans le monde actuel, or très peu d’hu­mains connaissent ses mécaniques »,

    et ensuite,

    3 – « com­prendre sur quoi pour­rait se baser une civi­li­sa­tion de l’a­près-mon­naie pour agir dès maintenant ».

    Vous trou­ve­rez des infos sur notre site http://www.voter-a‑m.fr avec des vidéos explicatives.

    Nous avons besoin de cha­cun d’entre vous, même de ceux qui ne sont pas d’accord.

    À bien­tôt ?

    Marc

    Réponse
  28. Étienne

    Mer­ci Marc.

    Réponse
  29. J.C

    Voi­ci la der­nière tra­duc­tion Fran­çaise d’une confé­rence de Jacques Fres­co dont je trouve cer­tains pas­sages par­ti­cu­liè­re­ment remar­quables sur dif­fé­rents sujets : poli­tiques, éco­no­miques, édu­ca­tives et tech­niques (entre autres).

    http://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​f​e​a​t​u​r​e​=​p​l​a​y​e​r​_​p​r​o​f​i​l​e​p​a​g​e​&​v​=​W​f​G​u​4​q​d​Y​Q3o

    @ Marc

    Je suis allé sur votre site. j’ai tout lu et regar­dé plu­sieurs vidéos.
    la plu­part des rai­son­ne­ments m’ap­pa­raissent cohé­rents sur les pro­blèmes que sou­lève une socié­té fon­dée sur la mon­naie, même si par­fois on peut noter quelques rac­cour­cis un peu rapides.

    Cer­tains points, par contre, sur les solu­tions appor­tées, sont pour moi rédhibitoires.

    1) le sys­tème élec­tif qui ins­ti­tu­tion­na­lise les oligarchies
    2) le contrôle des acti­vi­tés de chaque indi­vi­du par la carte d’i­den­ti­té à puce
    3) le droit de vivre condi­tion­né au tra­vail for­cé (même allé­gé), appor­té son tra­vail pour pou­voir consom­mer « c’est ça la liber­té » ? gloups
    4) l’ab­sence de solu­tions tech­niques ou tech­no­lo­giques aux acti­vi­tés pénibles.

    à l’heure actuelle, je par­tage la vision de Mor­phéus sur le fait que le pro­jet Vénus appa­raît comme le pro­jet le plus abouti.
    Reste cepen­dant à exa­mi­ner les détails et éven­tuelles failles ou risques qu’im­plique celui-ci.

    bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  30. Ana Sailland

    Quand j’ai com­men­cé à pen­ser ça (« ça » = la libé­ra­tion des pri­sons de l’argent et, en amont, de ce qui nous le rend néces­saire), je me croyais seule. Quand j’en ai par­lé en 2011 sur la pelouse du Pâquier à Anne­cy, dans le cadre des indi­gnés, je res­sen­tais un fort scep­ti­cisme. Mais depuis peu, je vois fleu­rir par­tout sur la pla­nète des points d’é­mer­gence, et je ren­contre de plus en plus de gens qui adorent l’i­dée. ça me fait pen­ser à l’his­toire des bono­bos chez qui d’île en île se répand une idée tech­nique neuve, alors qu’ils ne com­mu­niquent pas .….

    @Marc

    La folie (posi­tive) du pari réside jus­te­ment dans le fait que le pro­jet ne peut s’ap­puyer sur rien, sinon sur une muta­tion de la conscience de tous < que j’ex­prime par : « pas­ser de la défiance à la confiance (en l’autre) » ;;; je déve­lop­pais ailleurs >
    {Bon sang, depuis le temps que j’use du mot conscience, il va bien fal­loir que je me décide à pondre une page là-des­sus 😉 prête sous mon scalp, mais c’est déli­cat pour plein de raisons }

    A ton mes­sage, si j’ose, j’a­jou­te­rais un point 4 : Quelle transition ?

    Mon avis, ébau­ché ailleurs, est que ça ne peut pas se faire d’un coup. Sans détailler, pour deux rai­sons : les consciences ne sont pas glo­ba­le­ment pré­pa­rées, et d’autre part du fait que l’é­co­no­mie est un sys­tème hyper­com­plexe qui ne se mani­pule pas comme des noix sur un bâton : cas­ser la pri­son d’un coup cas­se­rait les actuelles condi­tions per­verses de la sur­vie sans que d’autres, plus saines, ne soient déjà en place.
    Si pas d’un coup, c’est soit par étapes, soit par petites expé­ri­men­ta­tions.
    Suivent donc deux paragraphes

    -Les expé­ri­men­ta­tions per­met­traient d’entrer de plein pied dans la réa­li­sa­tion de l’u­to­pie, mais à petite échelle ; ça peut être dans l’es­prit du pro­jet Vénus qui sou­haite des villes d’un type nou­veau conformes à la direc­tion pro­po­sée par jacques Fres­co, mais ça peut être aus­si l’es­prit des « villes en tran­si­tion », qu’illustre bien l’ex­pé­rience (crois­sante) des incre­dible edible. On peut aus­si ima­gi­ner au sein d’une cité ( et donc pas en exclu­sion choi­sie) un « club » de citoyens qui déci­de­raient entre eux de fonc­tion­ner entre eux selon la phi­lo­so­phie du don acra­to­pège, tout en fonc­tion­nant « nor­ma­le­ment » avec le reste du monde ; ceci afin de créer une sorte de thé­ra­pie génique en insé­rant des cel­lules saines dans un corps mal­sain, qui seraient par construc­tion conta­gieuses. Quand on met une pomme pour­rie dans un panier de pommes saines, elle conta­mine le panier, et quand on met une pomme saine dans dans un panier de pommes pour­ries, c’est elle qui est conta­mi­née et elle ne trans­fère pas ses qua­li­tés de frai­cheur aux pommes tapées et fri­pées. Mais nous ne sommes pas des pommes, n’est ce pas, car nous les humains sommes carac­té­ri­sés par plein de trucs que n’ont pas les pommes, dont la conscience (encore elle ), l’empathie, le désir de bon­heur, qui en l’occurrence serait décu­plé par le spec­tacle du bon­heur du sus­dit « club », le mimétisme.
    Il est aus­si pos­sible d’or­ga­ni­ser au local des jour­nées dans le nou­veau mode de fonc­tion­ne­ment (nous l’a­vons fait), des genres de foire à la far­fouille, mais où le mot d’ordre est ni vente ni troc, mais don sans contre­par­tie. Le prin­cipe étant de per­mettre à l’i­dée neuve de se répandre, encore par l’exemple, ou le choc de la sur­prise agréable.

    -Les « Étapes » au contraire n’en­tre­raient pas de plein pied dans la réa­li­sa­tion de l’u­to­pie mais per­met­traient la nais­sance chez les gens d’un regard nou­veau, pré­pa­ra­toire du saut atten­du, alors que pour­tant tan­tôt l’argent tan­tôt le don­nant don­nant seraient encore de mise.
    Ce seraient aus­si des expé­ri­men­ta­tions, mais moins radicales.
    En fait, j’use du condi­tion­nel, mais c’est inadé­quat, car ça existe déjà. Voi­ci quelques exemples :

    a- A l’o­ri­gine, le prin­cipe des AMAP (qui connaît des dérives vers ce qui res­sem­ble­rait plus à la bio­cop) inclue une soli­da­ri­té entre le man­geur et le pro­duc­teur, qui peut et doit aller jus­qu’au par­tage de la prise de risque (je résume)

    b- Les SELS qui uti­lisent une mon­naie sou­vent vir­tuelle se rap­prochent d’un troc soli­daire qui dans cer­tains cas dérive posi­ti­ve­ment vers le gratuit

    c- Les accorderies

    d- Les mon­naies locales qui par le fait que le citoyen reprend le pou­voir sur sa mon­naie induisent fata­le­ment une réflexion de fond. Et n’ou­blions pas la reine, itha­ka hour, où le temps est l’é­ta­lon moné­taire, et ça, si ce n’est pas une tran­si­tion majeure, je me fais moniale.

    d- J’en oublie mais last but not least, mer­ci le CNR, il y a le finan­ce­ment des retraites par soli­da­ri­té inter­gé­né­ra­tion­nelle, sys­tème hélas bémo­li­sé à plus d’un titre. Ce pro­grès est remar­quable en ceci que même si c’est impo­sé par la loi, je donne à des gens qui ne pour­ront en aucun cas me rendre, et lorsque plus tard je rece­vrai, je ne ren­drai pas à ceux qui me don­ne­ront. Il y a donc ici cette par­ti­cu­la­ri­té nou­velle que je donne en ayant la cer­ti­tude de rece­voir bien que ce soit d’autres que ceux à qui je donne qui me rendent. C’est la loi, mais il suf­fi­rait que ce soit un mil­li­mètre plus libre pour que la tran­si­tion très loin du contrac­tuel soit effective.

    beau­coup écrit -> j’arrête 😉

    Réponse
  31. Morpheus

    À pro­pos des AMAP, dans la famille cela fait quelques années que nos fruits et légumes ne pro­viennent que de là. Le prin­ci­pal pro­duc­teur chez qui nous nous four­nis­sons est lui-même agri­cul­teur. Sa démarche va loin, car il a renon­cé à l’u­ti­li­sa­tion de machines agri­coles oné­reuses. Il uti­lise un âne pour l’es­sen­tiel de ses tâches au champ. Son inves­tis­se­ment pour toute son ins­tal­la­tion agri­cole est d’environ 3000 euros (com­pa­rer avec les emprunts astro­no­mique d’un agri­cul­teur indus­triel, tota­le­ment dépen­dant des cen­trales d’a­chats qui contrôlent leur prix d’a­chat des ali­ments, et des banques qui lui ont fait le prêt) : lequel est libre ? Y a pas photo …

    De cette expé­rience, en tant que « consom­ma­teur », je peux tirer plu­sieurs choses :

    1) le prix des fruits et légumes (culture bio­lo­gique) n’est pas supé­rieur à celui des fruits et légumes indus­triels ache­tés en grande surface.

    2) le goût des ali­ments est réel­le­ment meilleur, on goûte vrai­ment une différence.

    3) j’ai décou­vert des légumes que je n’a­vais jamais man­gé, la plu­part très bons.

    4) on mange des fruits et légumes de sai­son, ce qui est un acte concret pour se remettre en accord avec les rythmes naturels.

    Bref, je conseille à ceux qui n’ont pas encore essayé, ça vaut réel­le­ment la peine.

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  32. Ana Sailland

    Mer­ci Mor­pheus pour ce témoignage. 🙂

    Je suis contente car beau­coup de gens objectent que c’est plus cher. (NB le bio, qui lui est effec­ti­ve­ment sou­vent plus cher, n’est pas dans le cahier des charges, mais il y a un enga­ge­ment éthique qui vaut plus qu’un label payant). Ques­tion charte : Voir le site des Veillon ( deux per­sonnes superbes, impul­seurs il y a des années en France de ce pro­ces­sus qui est né au Japon)

    Quid de la par­ti­ci­pa­tion mus­cu­laire (ou autre) des man­geurs ?
    (Car comme dit plus haut, l’in­te­rac­tion soli­daire est à mon sens aus­si impor­tante du point de vue germe de muta­tion que les avan­tages pra­tiques et gus­ta­tifs, ou de santé.)

    Pour ma part, je suis trop loin de toute AMAP et de tout SEL pour y par­ti­ci­per, because mon bilan car­bone qui annu­le­rait les avan­tages. Mais je suis en rela­tion savoyarde conti­nue avec ce monde, à tra­vers des ami­tiés phi­lo­so­phiques et mili­tantes solides 

    Juste pour sous-rire : En 2008 je suis allée au ras­sem­ble­ment mon­dial des AMAPs, c’é­tait à Aubagne, et là, tenez vous bien, invi­té cos­tard cra­vate, le ministre de l’a­gri­cul­ture a dit :  » il va fal­loir indus­tria­li­ser le bio » . Rire (mais poli) dans la salle.

    Il y a plu­sieurs façons de faire de la politique :

    - la vio­lence (non merci)

    - la voie hié­rar­chique (Bhoff)

    - râler

    - exi­ger (la démo­cra­tie of course)

    - dénon­cer pour éveiller

    - tout ce qui élève la conscience (sans les pièges des lumières à phalènes)

    - créer

    Et la der­nière voie est riche de résul­tats autant que pro­met­teuse. Il est très dom­mage que sauf mar­gi­na­le­ment les par­tis n’y consacrent pas un peu plus de leurs forces au lieu d’at­tendre d’être élus pour échouer. Mais bon.

    Réponse
  33. Catherine B

    Ben, oui, Ana, nor­mal ma foi, car s’ils s’y inté­res­saient à l’acte de créer, sûr, qu’ils ne seraient pas élus, car être élu aujourd’­hui, c’est répé­ter, c’est faire le per­ro­quet, mais les per­ro­quets, on sau­ra bien leur faire dire autre chose que ce qu’ils disent quand la force du nombre les fera pen­cher sur l’autre versant !

    Mais il est vrai aus­si que ce ne sera pas satis­fai­sant alors, car ce n’est pas la sur­face qui doit par­ler mais le dedans.

    Alain, le phi­lo­sophe, ne dit-il pas dans un de ses écrits, je ne sais plus lequel, que la liber­té vien­dra de la Parole, de l’homme qui parle au vrai sens du terme.

    Mal­heu­reu­se­ment, beau­coup et j’en suis sou­vent, par­lottent, mais peu se laissent par­ler par la Puis­sance de vie.

    Car ça veut dire alors quit­ter la rive du moi, du quant à soi pour lais­ser par­ler à tra­vers soi.

    Quand nous sau­rons par­ler alors l’aube de la démo­cra­tie ouvri­ra ses portes, mais tant que nous res­tons der­rière la porte, nous babel­le­rons, je babelle, il nous faut apprendre à par­ler et de cet acte paro­lier naî­tra la vraie créa­tion que nous appel­lons tous nos voeux, je crois, la démocratie

    Réponse
  34. Ana Sailland

    Matin, ils devaient construire un moulin.
    Avaient déci­dé, curieuse lubie, de n’a­voir ni chef, ni papier, ni crayon.
    Long­temps ils ont dis­cu­té, sans pou­voir décider.
    Puis au cré­pus­cule, l’un d’eux s’est sai­si de quelques planches, de clous, d’un marteau.
    D’autres sont allés cher­ché des scies.
    Et avant l’aube le mou­lin tournait

    🙂

    Réponse
  35. Catherine B

    On croit sou­vent que l’aube ne se lève­ra pas et pour­tant au bout de la longue nuit, elle appa­raît tou­jours impro­bable mais pour­tant là pour ceux qui ont foi, joie de son efflo­res­cence et cepen­dant sen­ti­ment de sa fra­gi­li­té nais­sante, tou­jours ce para­doxe à fleur de peau, à fleur de jour naissant !

    Réponse
  36. Marc

    Bon­jour et mer­ci pour le temps que vous avez pris pour réagir.

    @ J.C

    Bon­jour, j’aimerais des pré­ci­sions stp. Tu dis être contre :

    1) le sys­tème élec­tif qui ins­ti­tu­tion­na­lise les oligarchies

    De quel sys­tème élec­tif et de quelle oli­gar­chie tu parles ?

    Voter AM entre dans le jeu actuel pour for­cer le débat, mais « avoir le pou­voir » ne ser­vi­rait à rien, et on en est loin, comme indi­qué sur le site.
    Ensuite, dans une civi­li­sa­tion de l’après mon­naie, il n’y aurait aucune oli­gar­chie vu que ce serait une réelle démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive, chose impos­sible à éta­blir dans un monde de mon­naie à cause des conflits d’intérêts.

    Je dis tout cela mais j’attends tes précisions.

    2) le contrôle des acti­vi­tés de chaque indi­vi­du par la carte d’i­den­ti­té à puce

    Qu’entends-tu par « contrôle des acti­vi­tés » sachant qu’il n’y aurait pas de limite à la conso ou aux activités ?

    Tu as peur de « qui gère quoi et qui contrôle qui » ? Syn­drome 1984 ?

    Quoi qu’il en soit, il n’y a rien à « contrô­ler », juste des sta­tis­tiques à obte­nir pour mieux mettre en adé­qua­tion offre et demande des biens et services.

    3) le droit de vivre condi­tion­né au tra­vail for­cé (même allé­gé), appor­té son tra­vail pour pou­voir consom­mer « c’est ça la liber­té » ? gloups

    La liber­té ne réside plus dans la cueillette. Nous sommes trop nom­breux sur terre.

    Que pro­po­se­rais-tu ? Faire par­tie de « la com­mu­nau­té », se sen­tir utile, c’est bien non ? Alors pour­quoi par­ler de tra­vail forcé ? 

    Tu as peur de quoi ? Creu­sons la question.

    4) l’ab­sence de solu­tions tech­niques ou tech­no­lo­giques aux acti­vi­tés pénibles.

    Heu… Non, sur le site il est spé­ci­fié que la robo­tique pour­ra plei­ne­ment prendre sa place, mais qu’il ne faut pas oublier que la robo­tique est très éner­gi­vore et que pour l’instant, on n’a pas d’énergie réel­le­ment dis­po­nible qui per­mette de baser une socié­té entière sur la robotique.
     »
    « à l’heure actuelle, je par­tage la vision de Mor­phéus sur le fait que le pro­jet Vénus appa­raît comme le pro­jet le plus abouti.« »

    J’ai vu depuis long­temps les films liés au pro­jet Vénus, et j’en suis très très proche, mais le côté « scien­ti­fi­co-science-fic­tion » , bien que « fai­sant rêver » n’est pas réaliste.

    Construire des villes en cercle inclut de raser toutes les villes exis­tantes, ce qui tient du gas­pillage de res­sources et d’un grave man­que­ment au para­mètre « héri­tage cultu­rel ». Mais ces der­niers sont com­pré­hen­sible de la part d’américains (je ne fais pas là d’anti-américanisme) qui sont habi­tués à des villes sans pas­sé (ou presque) et à la culture du « la science résou­dra tous les problèmes ».

    Non, c’est la psy­cho­lo­gie et la phi­lo­so­phie qui nous aident à gérer nos pro­blèmes, pas la science.

    L’autre élé­ment qui fait que VOTE AM a été mon­té, c’est que les fon­da­teurs de Zeit­gest ne veulent pas que ce soit « poli­tique ». Et ce désir, bien que com­pré­hen­sible face à la « crasse » néces­saire pour réus­sir en poli­tique, nous fait « res­ter dans notre coin, devant notre ordi, sans mise en débat face aux pro­blé­ma­tiques de la socié­té actuelle, très loin des masses de citoyens ». Et nous trou­vons ça dom­mage. Plus que dom­mage, pénalisant.

    Et comme on le dit clai­re­ment sur le site : nous ne sommes pas élec­to­ra­listes, mais tous les che­mins doivent être essayés pour faire avan­cer le shmi­li­blik. (Et comme on rejette tout finan­ce­ment du col­lec­tif, il n’y aura jamais de sou­ci de cor­rup­tion monétaire).

    @ Ana Sailland

    Je suis d’accord plei­ne­ment avec ton analyse.

    Pour répondre (si réponse il y a)

     »« j’a­jou­te­rais un point 4 : Quelle transition ? » »

    Après la pre­mière vidéo « la mon­naie cette uto­pie dangereuse »,

    Après la deuxième vidéo « à quoi pour­rait res­sem­bler une civi­li­sa­tion de l’après mon­naie » (sorte de débrous­saillage des peurs qui n’est qu’un débrous­saillage et non un dogme)

    La troi­sième vidéo sur « les tran­si­tions pos­sibles » arrive bientôt.

    On bosse des­sus depuis de longs mois, mais c’est très com­pli­qué car il faut tout faire inter­ve­nir : poli­tique, ges­tion de la vio­lence, édu­ca­tion, envi­ron­ne­ment, héri­tage cultu­rel, etc. et ceci, de manière claire.

    Tes remarques sont très bonnes et on va inclure cer­tains éléments.

    Pour les « mon­naies locales », j’ai eu un débat sur un forum (pas facile à lire car il faut lire les inter­ven­tions de bas en haut, ici : (ça com­mence en bas de la page)

    Et on est plu­sieurs dans le col­lec­tif à pen­ser que c’est une erreur de perdre son temps dans la réin­ven­tion du fil à cou­per le beurre.

    Mais comme dit pré­cé­dem­ment, tous les che­mins doivent être essayés (mais on doit pou­voir dire aux per­sonnes qui pro­meuvent cette idée, que c’est selon nous une erreur, ils ont le droit de connaître nos argumentaires).

    @ Mor­pheus

    mer­ci éga­le­ment pour ton témoi­gnage. Quelle chance, sur Lyon, dans une grande ville, tout est plus com­pli­qué. Mais c’est encore une ques­tion d’habitude et d’efforts, alors, tout reste possible.

    @ Cathe­rine B

    la parole est une chose impor­tante que je ne remet­trais pas en cause, mais il faut savoir écou­ter abso­lu­ment tous les points de vue, même ceux qui nous paraissent idiots. En voi­ci un : l’approche freu­dienne est fausse. La psy­cho­lo­gie humaine est bien moins com­pli­quée qu’on veut le faire croire (le faire croire pour rendre le patient dépen­dant au lieu de lui apprendre à mar­cher tout seul. Sans oublier « le fric » dans cette approche).

    Heu­reu­se­ment, et comme tu le dis, demain est un autre jour, avec toutes ses possibilités.

    Autant pour construire une socié­té sans mon­naie, que pour aug­men­ter notre conscience à tous de façon harmonieuse.

    :o)

    Réponse
  37. J.C

    @ Marc

    Je te prie de bien vou­loir me par­don­ner par avance si ce qui suit devait te heur­ter car je vais essayer d’être sans conces­sion pour faire avan­cer les choses.

    1) J’ai à plu­sieurs reprises abor­dé ce sujet sur le forum et pour faire simple, je le résu­me­rais ainsi :

    élec­tion = repré­sen­tants = oligarchies

    La ges­tion des besoins et des ser­vices ain­si que le contrôle de l’au­to­ri­té, du res­pect des règles etc. implique un cer­tain pou­voir et la ten­ta­tion de les détour­ner à son avantage.

    De plus, il semble y avoir des désa­van­tages et des contraintes dans les solu­tions que vous pro­po­sez d’où le risque encore plus grand de cor­rup­tion des élus (et tout ça sans argent).

    Les élus cher­che­ront à influen­cer l’o­pi­nion publique.

    2) Au sujet du contrôle des acti­vi­tés de chaque indi­vi­du par la carte d’i­den­ti­té à puce
    je suis à moi­tié rassuré.
    Pour­quoi devrait-on avoir accès au sui­vi de nos acti­vi­tés. N’est-ce pas trop cal­qué sur les dérives du sys­tème actuel ?

    N’a-t-on pas le droit à une vie privée ?
    Que ris­que­rait-on si on a pas assez tra­vaillé ou pas bien ? des puni­tions de répa­ra­tions ou d’heures sup­plé­men­taires ? Est ce que les acti­vi­tés non-rému­né­ra­trices mais utiles aujourd’­hui seront comp­ta­bi­li­sées, et qui contrô­le­rait et impo­se­rait cela ?

    Rem­pla­cer la mon­naie par de la mon­naie tra­vail, nombre d’heures etc. puisque c’est de ça qu’il s’a­git, est-ce vrai­ment un pro­grès ou un empri­son­ne­ment bien plus grand ?

    Une mise en rela­tion de ceux qui sou­haitent exer­cer cer­taines de leurs com­pé­tences et d’autres qui sou­haitent en béné­fi­cier via une plate-forme inter­net avec de simple pro­fil type C.V avec pho­to ne serait-ce pas suffisant ?

    D’autre part, l’a­dé­qua­tion de l’offre et de la demande qui est pro­po­sée n’est, si j’ai bien com­pris, que la ges­tion des acti­vi­tés humaines. Les êtres vivants ne sont pas des mar­chan­dises, en tout cas, ils ne devraient pas l’être à mon sens.

    Cela étant dit, je vais essayer de déve­lop­per un peu.

    Les gens sou­hai­te­ront l’a­bon­dance mais pas le tra­vail (et ils auront rai­son car il est légi­time de cher­cher à amé­lio­rer sa condition).

    - s’ils tra­vaillent peu, ils auront peu d’abondance.
    – s’ils veulent plus d’a­bon­dance, ils devront tra­vailler plus. Logique

    Tout le monde n’ayant pas les mêmes capa­ci­tés, il devien­dra vite ridi­cule en terme d’ef­fi­ca­ci­té et d’a­bon­dance d’im­po­ser à tous le monde un rou­le­ment dans les mêmes acti­vi­tés. Cer­tains s’ar­ran­ge­ront donc pour obte­nir des postes plus avan­ta­geux ce qui abou­ti­ra à des sen­ti­ments d’inégalités.

    Ceux qui tra­vaille­ront à gérer les acti­vi­tés des autres sou­hai­te­ront gar­der leur posi­tion plus confor­table et c’est repar­ti. On fini­ra même peut-être par réin­tro­duire la mon­naie comme sys­tème plus éga­li­taire pour avoir le droit de choi­sir ses acti­vi­tés face à la demande tou­jours crois­sante d’a­bon­dance (due à l’aug­men­ta­tion de la popu­la­tion et l’a­mé­lio­ra­tion des condi­tions d’ac­cès à la prospérité).

    3) Par­lons main­te­nant du tra­vail for­cé. Voi­là la chose la plus grave, la notion la plus forte à laquelle nous sommes condi­tion­nés. Alors que nous avons les moyens tech­niques de faire autre­ment, nous sommes for­ma­tés à pen­ser comme ce qui suit :

    Sur l’en­trée des camps nazis était ins­crit « le tra­vail rend libre ». De nos jours, en dis­cu­tant avec les gens, on se rend vite compte que l’af­fir­ma­tion qui consiste à dire qu’il faut tra­vailler pour avoir le droit de vivre ne choque pas la majo­ri­té d’entre eux.

    Cet argu­ment est par­fai­te­ment inté­gré par beau­coup et même ardem­ment défen­du.

    (Pour­tant, sans par­ler de la notion même de tra­vail, dans la socié­té moné­taire, il n’est pas dif­fi­cile de consta­ter que la plu­part des emplois sont des acti­vi­tés à carac­tère nui­sible pour les indi­vi­dus dans leur glo­ba­li­té sur tout les plans : éco­lo­gique, de la san­té, social, fami­liale, psy­cho­lo­gique, éthique non seule­ment pour ceux qui le vivent mais sur­tout par le pro­duit qui res­sort de ces activités.)

    Nous sommes dans une socié­té d’es­cla­vage glo­bal légè­re­ment amé­lio­rée par quelques « avan­cées maté­rielles » uti­li­sées comme une carotte.

    Ce serait gran­de­ment dom­ma­geable de pas­ser de la pri­son de l’es­cla­vage par la mon­naie à une civi­li­sa­tion d’a­vant mon­naie plu­tôt que d’a­près monnaie.

    Pour résu­mer un sys­tème escla­va­giste du type :

    tu veux man­ger = va bosser

    Ce que l’on peut sup­po­ser être exac­te­ment ce qu’on a connu avant.

    La seule façon pour l’être humain et les autres espèces de s’é­man­ci­per de la domi­na­tion par le chan­tage de l’ac­cès au besoin, c’est d’u­ti­li­ser des esclaves qui ne souffrent pas, c’est à dire les machines.

    Alors, on pour­rait me dire : c’est bien de ne pas mâcher ses mots, mais quelle solu­tion pro­po­ser en échange.

    Et bien la tech­no­lo­gie est bien plus effi­cace pour créer l’a­bon­dance et per­mettre aux êtres vivants de se libé­rer de l’es­cla­vage par le tra­vail forcé.

    D’a­près Jacques Fres­co, la tech­no­lo­gie est par­fai­te­ment opé­ra­tion­nelle pour cela depuis un bon moment déjà si on veut bien la mettre au ser­vice des êtres et non l’u­ti­li­ser comme moyen de contrôle, de domi­na­tion, d’esclavage.

    Ain­si, les êtres humains pour­ront choi­sir leurs acti­vi­tés et s’é­pa­nouir à leur guise. ils seront libre et infi­ni­ment plus heureux.

    Quant à la phi­lo­so­phie et la psy­cho­lo­gie, ce sont aus­si des sciences (sciences = connaissance).

    Mais atten­tion à la pen­sée unique et aux réponses faciles dans ces domaines. La norme n’est pas for­cé­ment la pana­cée en tant que réfé­rence valide en ce qui concerne la san­té men­tale par exemple.

    J’i­ma­gine que tu es d’ac­cord avec ce point.

    Une socié­té qui tient compte des aspi­ra­tions des êtres est à mon sens le plus important.

    Je ne sais pas si le pro­jet Vénus est le meilleur choix mais pour l’ins­tant, de ce que je peux en connaître, c’est ce dont je me sens le plus proche au niveau organisationnel.

    Tu dis :
    « Construire des villes en cercle inclut de raser toutes les villes exis­tantes, ce qui tient du gas­pillage de res­sources et d’un grave man­que­ment au para­mètre « héri­tage cultu­rel ». Mais ces der­niers sont com­pré­hen­sible de la part d’américains (je ne fais pas là d’anti-américanisme) qui sont habi­tués à des villes sans pas­sé (ou presque) et à la culture du « la science résou­dra tous les problèmes ».

    Si tu regardes la répar­ti­tion de la popu­la­tion sur la pla­nète, tu ver­ras que la déser­ti­fi­ca­tion des cam­pagnes est une réa­li­té. Dans la plu­part des pays, la majeure par­tie du ter­ri­toire n’est pas habitée.

    Il n’est pas néces­saire de détruire toutes les villes, cer­taines devront l’être, pri­vi­lé­gions la des­truc­tion de celles qui n’ont pas d’his­toire ni d’in­té­rêt archi­tec­tu­ral et dont l’en­tre­tien est plus coû­teux en res­source que des cités type pro­jet Vénus auto­nome en éner­gie. (cf les grands ensembles par exemple).

    Dans un sys­tème bien conçu, les res­sources éner­gé­tiques ne sont pas un pro­blème, c’est conti­nuer ain­si qui le devient pour notre sur­vie même.

    Cela dit, je n’ai pas for­cé­ment toutes les don­nées en main, je ne fais que répé­ter sur ce sujet ce que dit Jacques Fres­co. Je peux me trom­per mais pour le moment, tes objec­tions ne me semblent pas for­cé­ment justifiées.

    Reste, comme l’a sou­li­gné Anne, la ques­tion de l’uniformisation.

    Que tout le monde ait accès aux biens et ser­vices, cela peut être défi­ni comme une forme d’u­ni­for­mi­sa­tion. Au niveau archi­tec­tu­ral, social, éco­no­mique, spi­ri­tuel nous vivons déjà dans une socié­té asep­ti­sée et uni­forme où les dif­fé­rences, pour la plu­part, res­tent super­fi­cielles car le mode de fonc­tion­ne­ment de cette socié­té est diri­gée en ce sens.

    La connais­sance scien­ti­fique entraîne-t-elle une cer­taine uni­for­mi­sa­tion de la pen­sée ? La grande majo­ri­té pense que la terre est sphé­rique, est-ce une mau­vaise chose ?

    Ce qui fait qu’une socié­té devient uni­forme de manière tota­li­taire, c’est, selon moi, l’a­dop­tion par les les dif­fé­rentes com­po­santes de cette socié­té d’i­déo­lo­gies figées et arbi­traires contraires à toute créa­ti­vi­té et toute évolution.

    Est-ce le cas du pro­jet Vénus ? Dans les mots, ce ne semble pas l’être.

    Pour­tant, la notion de com­por­te­ments dit « aber­rants » pour­rait s’opposer à celle de la créa­ti­vi­té et ser­vir d’ex­cuse à une cer­taine uni­for­mi­sa­tion. L’u­ni­for­mi­sa­tion n’est peut être pas une mau­vaise chose en soi. Elle a, semble-t-il, per­mis au cours de l’his­toire une meilleure com­mu­ni­ca­tion et appren­tis­sage entre les indi­vi­dus mais elle peut aus­si faire dis­pa­raître des spé­ci­fi­ci­tés, la richesse de la mul­ti­pli­ci­té. Une démarche rigou­reuse scien­ti­fique devrait éli­mi­ner les dik­tats arbi­traires et per­mettre aux esprits d’al­ler de l’avant.

    L’u­ni­for­mi­sa­tion est-elle utile dans cer­tains domaines pour ame­ner une cer­taine cohérence ?

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  38. Étienne

    Cher J.C,

    Vous devriez lire

    LA GRANDE RELÈVE
    des Hommes par la Machine

    de Jacques Duboin.

    http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​f​o​r​u​m​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​2​0​0​7​/​0​4​/​2​4​/​6​7​-​l​a​-​g​r​a​n​d​e​-​r​e​l​e​v​e​_​c​h​o​m​a​g​e​-​i​d​eal

    J’ai scan­né, recon­nu et publié ce texte inté­gral pour vous, 
    avec l’ac­cord (enthou­siaste) de Marie-Louise Duboin, dont le tra­vail opi­niâtre pour libé­rer les hommes de l’argent-dette et des tra­vaux for­cés (les deux vont ensemble, au pro­fit des oisifs ter­ro­ristes en cos­tume et aux dépens du corps social tout entier) est bien digne de son père.

    Vous allez aimer ce livre, je pense.

    Étienne.

    Réponse
  39. Morpheus

    @ Marc

    Concer­nant la ques­tion des villes du PV et la ques­tion d’u­ni­for­mi­sa­tion, je vou­drais par­ta­ger com­ment je per­çois le pro­jet tel qu’il est présenté.

    Tout d’a­bord, la forme ronde pro­po­sée par Fres­co dans le pro­jet ne résulte pas d’un caprice esthé­tique de l’au­teur, mais d’un rai­son­ne­ment pure­ment fonc­tion­nel. Le pos­tu­lat de départ per­met donc d’autres formes que le cercle : penta­gone, hexa­gone, octo­gone ou autres poly­gones régu­liers pour­vu d’un centre équi­dis­tant des côtés ; cela laisse pas mal de champs de pos­si­bi­li­tés. Mais ceci est un point mineur.

    Plus impor­tant est de bien com­prendre que ces cités sont éla­bo­rées pour être en grande par­tie auto­nomes, tant sur le plan éner­gé­tique que sur le plan de l’ap­port en nour­ri­ture, eau et biens de pre­mière néces­si­té. Cela implique l’emploi de pro­duits locaux, et donc, déjà, une varié­té entre les villes, les régions, les conti­nents. Les spé­cia­li­tés culi­naires, les pro­duits, les saveurs, etc. seront dif­fé­rents d’une ville à l’autre, per­met­tant de pré­ser­ver une par­ti­cu­la­ri­té régio­nale et cultu­relle à chaque ville. Ce prin­cipe de cité auto­nome (ou du moins, auto­nome pour les besoins de pre­mière néces­si­té) est un fac­teur fon­da­men­tal dans le pro­jet, qui change com­plè­te­ment la donne par rap­port à nos villes actuelles, tota­le­ment dépen­dantes du sys­tème mar­chand aujourd’­hui glo­ba­li­sé.

    Pour ce qui concerne la « des­truc­tion » des « vielles » villes (nos villes actuelles), comme J.C je pense qu’il y a assez de place pour construire des cités en dehors des agglo­mé­ra­tions actuelles. D’au­tant que le PV envi­sage des modèles de cités tota­le­ment nova­trice, construite là où actuel­le­ment rien n’est construit (notam­ment les cités aquatiques).

    Concer­nant ces « vielles » villes, je ne conserve qu’un atta­che­ment très, très modé­ré à celles-ci. Le fait est que je ne les aime pas. Certes, je concède qu’il s’y trouve cer­tains élé­ments de patri­moine cultu­rel. Ceux-ci, tou­te­fois, ne jus­ti­fient pas que l’on adapte ces cités plu­tôt que de construire de nou­velles villes fonc­tion­nelles. Je consi­dère donc que, dans cer­tains cas, les élé­ments de patri­moine cultu­rel pour­raient être inté­gré dans la nou­velle struc­ture (le reste étant détruit), soit, peut-être plus com­mo­dé­ment, les anciennes villes seraient en grande par­tie lais­sées à l’a­ban­don, à l’ex­cep­tion pré­ci­sé­ment des endroits de patri­moine cultu­rel qui seraient entre­te­nu comme on entre­tient aujourd’hui de vielles ruines pour leur inté­rêt his­to­rique et cultu­rel. Le reste étant lais­sé à la nature, qui repren­dra vite le dessus.

    Ain­si, je ver­rais bien Bruxelles rede­ve­nir un marais comme il l’é­tait autre­fois (d’où son nom), et seules quelques élé­ments du patri­moine y seraient entre­te­nus pour la mémoire : la Grand Place – l’A­to­mium – quelques mai­son Art Nou­veau (dont la mai­son Hor­ta) et quelques autres endroits. Le reste, fran­che­ment, ne mérite pas notre nostalgie.

    Concer­nant le rap­port au tra­vail, je par­tage les vues de J.C à 100%.

    De manière géné­rale, il me semble que nous ne devrions pas hypo­thé­quer les chances d’un ave­nir plus radieux pour nos enfants sous pré­texte de nostalgie.

    En revanche, je conteste l’ar­gu­ment de « gas­pillage de res­sources » que vous évo­quez. En réa­li­té, le gas­pillage de res­sources serait bien plus impor­tant pour « adap­ter » ou « gref­fer « le PV aux villes actuelles, que de recons­truire une cité neuve. D’a­bord, le gas­pillage de res­source des villes actuelles, il est du fait du sys­tème actuel, non ration­nel, non fonc­tion­nel, et très vorace en res­sources pour son entre­tient (d’où de nom­breux chancres dans les villes). Les res­sources uti­li­sées pour la construc­tion de ces villes actuelles sont déjà gas­pillées, donc on ne gas­pille pas des res­sources, sur­tout si l’on éla­bore, le cas échant, des solu­tion pour récu­pé­rer cer­tains élé­ments pour recons­truire les nou­velles villes.

    Le plus dif­fi­cile et le plus déli­cat dans le PV, c’est la période de tran­si­tion entre le sys­tème actuel et le nou­veau. Il y a tant à faire évo­luer, sur­tout au niveau des condi­tion­ne­ments et vieux réflexes, et il ne faut pas for­cer ces chan­ge­ments, mais les lais­ser opé­rer en dou­ceur, que je sup­pose une période d’a­dap­ta­tion d’une géné­ra­tion (20 ans), où de nom­breuses dif­fi­cul­tés et ten­sions risques d’advenir. Tou­te­fois, dans un contexte d’é­co­no­mie sans mon­naie à l’é­chelle mon­diale, il me semble plus pro­bable que nous aurons plus de faci­li­té à résoudre ces pro­blèmes. Le risque majeure étant tou­jours la folie des puis­sants d’aujourd’hui.

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  40. Ana Sailland

    Reçu mail alléchant

    Je ne résiste pas à l’en­vie de dire :

    Glo­bal conference 
    À Evian, près de chez moi en plus, et ça a l’air proche de nos thèmes 

    Pata­tra .…. ins­crip­tion 1500 €

    http://​www​.pla​net​work​shops​.org/​f​r​/​2​4​9​/​e​d​i​t​i​o​n​-​2​0​12/

    Vive le bénévolat !!!!!!!!!!!!!!!

    Mais … à regar­der de plus près, qui sont donc ces par­ti­sans de la cocons­truc­tion et qui cocons­trui­ra ? Quel est ce club de gens gen­tils prêts à sor­tir 1500 pour débla­té­rer sur l’al­ter­na­tive ? Je n’ai pas la réponse.

    Réponse
  41. Ana Sailland

    Le bou­quin sur le machi­nisme est en fait bour­ré d’i­dées qui res­tent valables. En plus il est agréable à lire(si c’est bien celui dont je me sou­viens). (((Je me sou­viens avoir accé­lé­ré la lec­ture quand je n’é­tais pas d’ac­cord. C’est pas bien 😉 )))

    Ce qui peut nous inté­res­ser dans notre contexte local (sor­tir de l’argent), c’est que les effets per­vers du machi­nisme seraient obso­lètes dans un sys­tème distributif.

    Réponse
  42. Morpheus

    @ Ana

    Dès que je vois une PAF supé­rieure à 15,00 euros ttc, je m’en retourne, une odeur de souffre dans le nez …

    Mor­pheus

    Réponse
  43. J.C

    Mer­ci Étienne pour le lien, je l’ai déjà lu. Enfin, je dois avouer que j’ai sur­vo­lé cer­tains cha­pitres. Je viens de relire les deux derniers.

    Ceci dit, peut être ai-je man­qué quelque chose, dans ce cas, je te prie de bien vou­loir me le faire savoir.
    J’aime l’ap­proche qui vise à défendre le droits des hommes à se libé­rer du tra­vail forcé.
    Par contre, je trouve que les débats tournent autour de la manière de conci­lier ou d’arriver à une situa­tion satis­fai­sante entre les concepts de libé­ra­lisme capi­ta­liste et d’é­ta­ti­sa­tion toute puissante.
    Cepen­dant, et c’est là toute la dif­fé­rence entre socié­té diri­gée par une élite et une réelle démo­cra­tie, dans une vraie démo­cra­tie éga­li­taire, il n’est pas néces­saire de vou­loir contrô­ler les autres que ce soit par des moyens pri­vés ou étatistes.

    Quelques pré­ci­sions sur le plan politique :

    Si nous ne vou­lons pas des abus de pou­voir, nous devons aspi­rer à l’é­ga­li­té politique.

    L’é­ga­li­té poli­tique est tri­bu­taire de plu­sieurs choses

    1) La dis­pa­ri­tion de l’é­lec­tion, c’est-à-dire du rem­pla­ce­ment du sta­tut d’é­lec­teur par le sta­tut de citoyen. J’en­tends ici par citoyen le sta­tut d’in­di­vi­du sou­ve­rain au sein de la cité (gar­dant à l’es­prit que la sou­ve­rai­ne­té indi­vi­duelle peut aus­si s’exer­cer en dehors de la cité).

    Lorsque le peuple délègue son pou­voir, ce n’est plus lui qui a le pou­voir, ce n’est donc plus une démo­cra­tie, c’est au mieux une oli­gar­chie participative.
    Une vraie démo­cra­tie ne peut être autre que ce que l’on appelle aujourd’­hui une démo­cra­tie directe.
    C’est-à-dire l’en­semble des indi­vi­dus qui choi­sissent eux-mêmes pour eux-mêmes.

    2) L’é­ga­li­té poli­tique implique l’é­ga­li­té éco­no­mique. Sans éga­li­té éco­no­mique, celui qui détient l’argent ou les res­sources détient le pou­voir. L’é­ga­li­té éco­no­mique n’est pos­sible qu’a­vec la dis­so­lu­tion du sys­tème moné­taire et la libre dis­tri­bu­tion et le libre accès aux res­sources (éco­no­mie basé sur les ressources).

    En outre, l’é­ga­li­té éco­no­mique per­met de péren­ni­ser l’é­ga­li­té poli­tique car le sys­tème éco­no­mique inéga­li­taire fon­dé sur la pénu­rie pousse les indi­vi­dus à la cor­rup­tion pour davan­tage de sécu­ri­té et de confort ou tout sim­ple­ment pour leur survie.

    Il se pour­rait que nous n’ayons alors plus besoin de gou­ver­ne­ment DU TOUT

    Si tous nos besoins sont com­blés de la manière la plus effi­cace pour cha­cun et tous les pro­blèmes réso­lus de la meilleure façon, a‑t-on encore besoin d’un gouvernement ?

    La démo­cra­tie, c’est le pou­voir au peuple par le peuple et pour le peuple.
    l’en­semble des indi­vi­dus choi­sis­sant eux-mêmes pour eux-mêmes.

    Com­ment est-ce pos­sible tech­ni­que­ment vu la quan­ti­té et la com­plexi­té des infor­ma­tions à gérer ?
    S’a­git-il d’une socié­té anarchique ?

    Non, il s’a­git d’une socié­té orga­ni­sée de manière cohé­rente, un sys­tème qui s’a­dapte au mieux pour répondre à nos besoins col­lec­tifs et individuels.
    Il ne s’a­git effec­ti­ve­ment plus de subir au tra­vers de lois, les opi­nions ou ambi­tions impo­ser par d’autres à tous le monde, quelles pro­viennent d’une mino­ri­té ou même du plus grand nombre mais d’appliquer des modes de fonc­tion­ne­ment beau­coup plus ration­nels et appro­priés grâce au trai­te­ment de l’in­for­ma­tion par l’informatique.

    Autre­ment dit, per­sonne ne doit prendre les com­mandes, tous les indi­vi­dus doivent pou­voir exer­cer leur sou­ve­rai­ne­té propre.

    Des objec­tions ?

    « Je dois sou­li­gner que l’ap­proche de gou­ver­nance mon­diale que je prône n’a abso­lu­ment rien à voir avec les objec­tifs actuels d’une élite des­ti­née à for­mer un gou­ver­ne­ment mon­dial consti­tué d’eux-mêmes et d’autres grandes entre­prises aux com­mandes, tout en main­te­nant la grande majo­ri­té de la popu­la­tion dans la ser­vi­tude. Ma vision de la mon­dia­li­sa­tion per­met à cha­cun d’être dans la meilleure situa­tion pos­sible et de ne pas vivre dans la sou­mis­sion à un corps admi­nis­tra­tif au pou­voir. » 

    Jacques Fres­co

    http://​the​ve​nus​pro​ject​.com/​f​r​/​p​r​o​j​e​t​-​v​e​n​u​s​/​faq

    Il y a de quoi lire, mais je crois que ça vaut vrai­ment la peine de s’y pencher.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  44. Morpheus

    Je suis en très grande par­tie d’ac­cord avec ce que tu dis, J.C, mais j’ai­me­rais tout de même me faire l’a­vo­cat du diable.

    Lorsque tu dis qu’il se pour­rait que nous n’ayons plus du tout besoin d’un gou­ver­ne­ment du fait que les besoins de tous seraient ren­con­trés grâce à l’é­co­no­mie basée sur le par­tage équi­table des res­sources, il reste la néces­si­té de pou­voir répondre aux besoins de tous, c’est-à-dire gérer les res­sources, leur trans­for­ma­tion et leur distribution.

    Cette tâche, essen­tielle, ne néces­si­te­rait-elle pas une forme de gou­ver­ne­ment ? Car le fait même d’a­voir un quel­conque degré de pou­voir dans cette tâche implique d’a­voir un pou­voir sur les citoyens, puisque ceux-ci dépendent de ce cir­cuit d’ex­ploi­ta­tion, trans­for­ma­tion et dis­tri­bu­tion des ressources.

    Même dans une éco­no­mie sans mon­naie, cer­taines ten­dances égo­tiques peuvent se déve­lop­per. Bien que je sois en accord avec l’a­na­lyse géné­rale que l’é­co­no­mie basée sur la mon­naie soit l’une des causes majeures des per­ver­sions de nos socié­tés « modernes », même si je par­tage l’a­vis qu’il n’y a pas de « nature humaine » (sinon le prin­cipe d’a­dap­ta­tion à l’environnement), je crois que les per­ver­sions que l’on peut obser­ver en l’homme ont d’autres causes.

    Dès lors, ne devrions-nous pas consi­dé­rer néces­saire d’a­voir une ins­ti­tu­tion (la Consti­tu­tion Citoyenne) qui nous garan­tisse contre les abus de pouvoir ?

    Gérer la mon­naie (qui per­met d’ac­ca­pa­rer terres et res­sources par le biais de la pro­prié­té) n’est-il pas équi­valent à gérer les ressources ?

    C’est en ver­tu de ces ques­tions (aux­quelles je n’ai pas de réponse défi­ni­tive) que je m’in­té­resse notam­ment aux idées émises pas Friot sur le prin­cipe de pro­prié­té d’u­sage, qui à mon avis, se com­bi­ne­rait assez bien avec les prin­cipes du PV.

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  45. Ana Sailland

    « je par­tage l’a­vis qu’il n’y a pas de « nature humaine » (sinon le prin­cipe d’a­dap­ta­tion à l’environnement) »

    C’est enter­rer un peu vite la question.
    Donc écar­ter cer­tains dan­gers autant que cer­tains atouts.

    Réponse
  46. Morpheus

    Non, Ana, ce n’est pas « enter­rer vite la ques­tion ». C’est l’a­bor­der sous un autre angle, moins réduc­teur. Car la notion même de »nature humaine« est réduc­trice. C’est une notion piège. Si encore on disait « les natures humaines » … Mais dès lors que l’on dit « les », le sens change com­plè­te­ment et la notion induite par l’ar­ticle « la » s’évanouit.

    En outre, s’il y a « des » natures humaines, il y a com­plexi­té et c’est toute la notion de »nature humaine« qui s’ef­fondre, cette notion nous pié­geant dans une défi­ni­tion réduc­trice – réi­fiée – de l’humain.

    Cette notion est encore plus cri­ti­quable lorsque l’on com­prend l’im­por­tance clef de l’in­ter­dé­pen­dance mutuelle des phé­no­mènes. En effet, cher­cher la »nature humaine«, c’est réi­fier l’hu­main, le consi­dé­rer à part, exté­rieur, iso­lé de son environnement.

    Donc, non, je n’en­terre pas la ques­tion, je la recadre selon une approche holis­tique. La ques­tion n’est pas »quelle est la nature humaine« ; la ques­tion est « quels sont les res­sorts du fonc­tion­ne­ment psy­chique, psy­cho­lo­gique et socio­lo­gique de l’être humain ».

    Cor­dia­le­ment, Morpheus

    Réponse
  47. J.C

    Si j’ai bien com­pris, le pro­jet Vénus pro­pose que la ges­tion des res­sources soit entiè­re­ment auto­ma­ti­sée par la cyber­né­tique de la meilleure manière pos­sible pour répondre au besoin de chacun.

    Il fau­drait effec­ti­ve­ment avoir plus de détail sur son fonc­tion­ne­ment. Sur ce sujet, cela exclu­rait la néces­si­té d’un gouvernement.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  48. Morpheus

    Je ne connais pas les détails du fonc­tion­ne­ment cyber­né­tique, même si j’en com­prends glo­ba­le­ment les prin­cipes élé­men­taires. Ce que je sais, c’est que Fres­co éva­lue à 3% la pro­por­tion de per­sonnes actives néces­saires au bon fonc­tion­ne­ment de l’en­semble du sys­tème (au stade actuel de la tech­no­lo­gie). Ce qui signi­fie tout de même un contrôle humain du sys­tème (si je me trompe, n’hé­si­tez pas à m’ex­pli­quer en quoi je fais erreur). D’où mon ques­tion­ne­ment sur la néces­si­té d’une forme de gou­ver­ne­ment et donc de contrôle citoyen.

    Tel que pré­sen­té dans le PV, je ne com­prends pas bien cette notion d’ab­sence de gou­ver­ne­ment (et je ne suis pas le seul). Je sup­pose en tout cas que d’un point de vue social, Fres­co compte entiè­re­ment sur la ver­tu de l’é­co­no­mie basée sur le par­tage des res­sources pour régler « natu­rel­le­ment » la plu­part des pro­blèmes (vio­lence, insé­cu­ri­té, pau­vre­té, cri­mi­na­li­té, déviances, etc.). Je suis cepen­dant d’a­vis que ce ne sera pas aus­si facile, pas aus­si simple. Mais je ne pos­sède pas assez de connais­sances pour pou­voir tran­cher cette question.

    En tout état de cause, je me dis que je ne peux pas éva­cuer cette ques­tion, mais au contraire il me (nous) faut l’approfondir. Notam­ment en ayant des infor­ma­tions plus poin­tues sur le sys­tème cybernétique.

    Il est cer­tain que ce pro­jet pré­sente un tel chan­ge­ment de para­digme qu’il n’est pas facile à com­prendre. Nous sommes tel­le­ment condi­tion­nés à conce­voir l’or­ga­ni­sa­tion sociale selon des prin­cipes hié­rar­chiques que nous entre­voyons mal d’autres formes d’or­ga­ni­sa­tions sociales. Même les plus pro­gres­sistes ont du mal. Je garde en mémoire les inter­ro­ga­tions d’Étienne lorsque je lui ai expli­qué, briè­ve­ment, que le PV fonc­tion­nait sans gou­ver­ne­ment. Tout comme moi, sa pre­mière impres­sion était la stu­pé­fac­tion et le scep­ti­cisme : « Com­ment cela peut-il fonc­tion­ner sans gou­ver­ne­ment et sans loi ? ».

    Même en ayant bien com­pris l’ar­gu­ment de Fres­co concer­nant les lois (à savoir qu’une loi n’est jamais une solu­tion à un pro­blème, mais l’ex­pres­sion de notre impuis­sance à résoudre un pro­blème), même en étant anar­chiste dans l’âme et réfrac­taire aux lois, j’ai moi-même du mal a extir­per de mon esprit ces notions (ima­gi­nez donc dans la tête d’un juriste … 😉 ). Cela étant dit, je com­prends de mieux en mieux ce que Fres­co veut dire en évo­quant la mise en pra­tique, dans l’or­ga­ni­sa­tion sociale, de la méthode scien­ti­fique, et je com­mence à sai­sir le lien entre [lois VS méthode scien­ti­fique]. Mais c’est pas évident au pre­mier abord.

    Il y a donc un gros tra­vail à réa­li­ser pour d’une part, appré­hen­der les élé­ments clefs de ce nou­veau para­digme d’or­ga­ni­sa­tion sociale non fon­dé sur un sys­tème hié­rar­chique ver­ti­cal, mais sur une stricte éga­li­té, un prin­cipe hori­zon­tal, et d’autre part, par­ve­nir à l’ex­pli­quer et en décrire le fonc­tion­ne­ment de façon claire et com­pré­hen­sible pour tous (sans tom­ber dans de la vul­gaire propagande).

    Les chan­ge­ments de para­digme sont les évo­lu­tions les plus dif­fi­ciles qui soient à faire.

    Ami­ca­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  49. Morpheus

    J’a­joute que Fres­co nous recom­mande bien de ne pas être « poli » avec lui, et de ne pas hési­ter à insis­ter s’il n’a pas répon­du à notre ques­tion­ne­ment. En l’oc­cur­rence, je n’ai pas (encore) trou­vé, dans ces dif­fé­rentes inter­ven­tions, la réponse à cette ques­tion. Donc je creuse (quitte à me faire l’a­vo­cat du diable) 🙂

    Mor­pheus

    Réponse
  50. Ana Sailland

    @Morpheus (#46)

    Elle ( i.e. la nature humaine ) était enter­rée en une phrase qui avait quand même un petit côté défi­ni­tif, mais nous ne sommes pas là pour ergo­ter sur des oui non et main­te­nant que tu as déve­lop­pé, ça va mieux 😉 -> Quoi­qu’il res­te­rait à investiguer. 
    Je me sou­viens ain­si qu’un jour tu sug­gé­rais la médi­ta­tion. Il doit bien y avoir une rai­son à cela. Peut être pour aller à la recherche d’une nature pro­fonde, sage, oubliée, … ou en ges­ta­tion, car n’en dou­tons pas, l’é­vo­lu­tion se pour­suit . Qui serait la clef que des scien­ti­fiques stan­dards, sen­sés nous aider, ne pos­sèdent sou­vent pas, du moins pas dans la splen­deur néces­saire à une saine ges­tion du monde. 
    Car sin­cè­re­ment, je pense que c’est en tra­vaillant sur la nature humaine (ou les natures) que la tran­si­tion peut s’opérer. 
    La tech­nique n’é­tant là que pour être gou­ver­née par la conscience, et non pas pour cacher sous le bon­heur codi­fié d’une abon­dance orches­trée par une « élite » l’in­fi­nie varié­té des pul­sions et inhi­bi­tions humaines. 
    Car dans le PV selon Fres­co, il y a clai­re­ment l’in­ten­tion de cacher la pous­sière sous le tapis. 
    Alors que jus­te­ment c’est elle qui nous consti­tue, dit on.

    Réponse
  51. Marc

    Bon­jour,

    1 – ELECTIONS :
    dans une civi­li­sa­tion AM, on élit sim­ple­ment des « sages » sans aucun pou­voir déci­sion­naire, uni­que­ment là pour per­mettre à tous les points de vue de s’ex­pri­mer et à veiller à ce que les votes pour les prises de déci­sions com­munes, se passent bien.
    Il n’y a aucune oli­gar­chie là dedans, et aucun « pou­voir dans une seule main ou plu­sieurs mains ».

    Com­ment orga­ni­sez-vous la parole sans « maître de céré­mo­nie » ? Quand vous avez 20 per­sonnes, c’est jouable sans, mais une ville, ce n’est pas 20 personnes !
    Le modèle de VOTER AM apporte les solu­tions d’organisation quelle que soit l’échelle.

    Votre peur des élec­tions, du pou­voir, est à mon avis un pro­blème psy­cho­lo­gique et non un pro­blème de vie en socié­té. Par ailleurs, vous par­lez de cor­rup­tion non moné­taire… Elle pren­drait quelle forme selon vous ? Sexuelle ? Autre ? Avec quelle portée ?

    2 – LE TRAVAIL. Votre vision du tra­vail est réduc­trice. Le tra­vail per­met aus­si de s’exprimer, de trou­ver un sens à son exis­tence en par­ti­ci­pant « au tout ». Igno­rer cela c’est mépri­ser la psy­cho­lo­gie humaine, c’est dan­ge­reux pour l’équilibre géné­ral d’une société.
    Si les nazis ont pris la phrase « le tra­vail rend libre » c’était pour « cal­mer » les masses qui pas­saient ces portes.
    S’ils avaient mar­qué : « toute per­sonne qui rentre ici en sor­ti­ra les pieds devant » ça aurait don­né quoi à votre avis ?
    Quoi qu’il en soit, com­pa­rer le tra­vail à de l’esclavage, c’est ne pas connaître ce qu’est l’esclavage ou ne pas faire de dif­fé­rence avec le mot « contrainte ». Mais les contraintes ne sont pas for­cé­ment avi­lis­santes. Et si une per­sonne « ne veut pas tra­vailler », alors qu’elle se débrouille (si elle veut un lopin de terre pour vivre sa vie, qu’elle ait ce lopin de terre et qu’elle assume). Et si une per­sonne fait mal son tra­vail, c’est que son édu­ca­tion a été mal faite (manque de conscience de la por­tée d’un tra­vail mal fait, gas­pillage d’énergie (ressources/humaine), etc…)

    3 – BANQUE DU TEMPS. Tra­vailler 4 heures pour la socié­té pour com­bler ses besoins, ce n’est pas une « banque du temps ».
    Une banque du temps recrée une échelle de valeurs : plus vous tra­vaillez, plus vous pou­vez avoir.
    VOTER AM n’est pas du tout sur ce modèle.

    4 – LA ROBOTIQUE et la mécanisation.
    Comme je l’ai déjà dit, rem­pla­cer le tra­vail « mal­sain » par des robots est une bonne chose, (qui n’est actuel­le­ment pas « ren­table » dans une socié­té moné­tiste). MAIS le pro­blème des robots, c’est la consom­ma­tion d’énergie et de res­sources. Les bat­te­ries sont une salo­pe­rie ! Les micro-ondes (autres pos­si­bi­li­té de trans­mis­sion d’énergie) est une salo­pe­rie pour l’humain. Refou­ler ces pro­blèmes est une erreur énorme que vous faites.
    Vous vou­lez faire une socié­té modèle vénus qui éco­no­mise de l’énergie d’un côté, et qui en gas­pille de l’autre.
    La robo­tique géné­ra­li­sée est dan­ge­reuse et irréa­li­sable vu les res­sources de la planète.

    5 – CONSTRUIRE des villes ailleurs qu’actuellement… Et la terre pour culti­ver ? On fera comme Dis­ney land à construire sur des terres culti­vables pour faire « un monde parfait » ?
    Ces villes nou­velles, elles n’utiliseront pas de bétons ? Pas de fer­railles ? Vous savez quels volumes on uti­lise pour construire un seul immeuble ? Ce sera encore plus de pillage des res­sources natu­relles, des­truc­tions de la nature, alors que les villes actuelles ne connaissent que le pro­blème des appro­vi­sion­ne­ments locaux en nour­ri­ture qui peuvent être solu­tion­nés par des amé­na­ge­ments et quelques décons­truc­tions. Pour le pro­blème des iso­la­tions ther­miques, là aus­si, il y a des solu­tions éco­lo­giques per­for­mantes de réha­bi­li­ta­tion non pol­luantes dès la fabri­ca­tion (laines, etc).

    Après, pour les « villes nou­velles », qu’elles soient construites sur le modèle vénus (j’ai tout de même des doutes sur les modèles géo­mé­triques, ça res­semble un peu aux formes des pri­sons, opti­mi­sées pour que tout le monde soit « bien obser­vé » / Et il est recon­nu que « trop régu­lier » ça rend fou)mais bon, pour­quoi pas !

    6 – LES STATISTIQUES : de quoi avez-vous peur concrè­te­ment lorsqu’on col­lecte vos don­nées de consom­ma­tion ? (je ne parle pas dans un sys­tème moné­tiste, mais dans un sys­tème après-monétiste).

    7 – NATURE HUMAINE : J’ai le même point de vue qu’Ana que c’est en tra­vaillant sur la nature humaine (ou les natures) que la tran­si­tion peut s’o­pé­rer. Le sur­visme est à ce titre un bon outil pour com­prendre et prendre conscience, car il ne dit jamais ce qu’on doit pen­ser, mais « com­ment » on pense.

    8 – PAR DELA LES DIFFERENCES de concep­tion d’une socié­té qui n’utilise plus de mon­naie, j’espère sin­cè­re­ment qu’on sau­ra créer une uni­fi­ca­tion des forces, car en face, ils ne plai­santent pas.

    :o)

    Réponse
  52. Ana Sailland

    @ Marc

    Mer­ci

    Point 7 Expli­quer et ana­ly­ser nos fonc­tion­ne­ments (actuels) est utile. Quoique un peu méca­niste. Mais plus loin se trouve, à acqué­rir, la liber­té neuve de les choi­sir, en fonc­tion de cri­tères eux aus­si libre­ment choi­sis en dehors des contin­gences et pul­sions antiques. L’être humain est semble-t-il le pre­mier à avoir au sein de l’é­vo­lu­tion ter­restre cette capa­ci­té d’as­si­gner son intel­li­gence et son cœur au choix et à la ges­tion de ses moteurs. Nous en usons peu, c’est misé­rable.
    Nous en avons déjà un peu par­lé sur cet immense écritoire.

    Point 8 oui, on se bouffe le nez même quand on est d’ac­cord, c’est fou ça. Et en face, ils doivent bien rigo­ler. Qui c’est « ils » au fait ? Des gens ?

    Réponse
  53. Catherine B

    A Mor­phéus,

    Je reprends ce que tu dis :

    « Tel que pré­sen­té dans le PV, je ne com­prends pas bien cette notion d’ab­sence de gou­ver­ne­ment (et je ne suis pas le seul). Je sup­pose en tout cas que d’un point de vue social, Fres­co compte entiè­re­ment sur la ver­tu de l’é­co­no­mie basée sur le par­tage des res­sources pour régler « natu­rel­le­ment » la plu­part des pro­blèmes (vio­lence, insé­cu­ri­té, pau­vre­té, cri­mi­na­li­té, déviances, etc.) »

    Absence de gou­ver­nail, com­ment est-ce pos­sible ? il fau­drait que les hommes soient matures et ils ne le sont pas, pour la plu­part tota­le­ment imma­tures. Alors, il fau­dra qu’on m’ex­plique COMMENT c’est pos­sible ça. Une éner­gie se doit d’être diri­gée, sinon, elle erre, et c’est la confusion.

    La ver­tu ne tombe pas du ciel, il faut la faire adve­nir et il faut être de doux rêveurs pour pen­ser qu’elle s’ins­tal­le­ra de son propre chef.

    Et qu’est-ce qui la fait adve­nir la ver­tu et bien c’est la contrainte.

    Je ne sais pas si tu as des enfants mais si tu penses que sans contrainte aucune l’en­fant devien­dra juste et bon, c’est un peu court me semble-t-il. Il faut abso­lu­ment des contraintes, des empê­che­ments avec à la clef des sanc­tions pour faire adve­nir la vertu.

    Rien n’ad­vient que par le faire et nous avons un faire à faire car si nous atten­dons qu’ils des­cendent du ciel, alors, nous allons pou­voir attendre long­temps, ça ne vien­dra jamais.

    Réponse
  54. Marc

    @ Ana :

    « pul­sions antiques »

    Oui, le mes­sage est pas­sé… bien loin de ces ana­lyses de pul­sions basées sur du vent.

    Mais il n’empêche, si on ne com­prend pas la vio­lence, le rire, etc, on n’ap­pré­hende le monde par le mau­vais bout de la lorgnette.

    Qui c’est « ils » au fait ? Des gens ?

    Oui. Tout ceux qui se satis­font du monde actuel ou qui pro­posent d’autres solu­tions déjà expé­ri­men­tées et déjà obsolètes.

    Réponse
  55. Morpheus

    @ Cathe­rine B

    Tu as écris « Une éner­gie se doit d’être diri­gée, sinon, elle erre, et c’est la confusion. »

    Juste une nuance : pas diri­gée > gui­dée. Dans mon lexique, cela fait une grande différence 😉

    Tu as écris aus­si « Je ne sais pas si tu as des enfants mais si tu penses que sans contrainte aucune l’en­fant devien­dra juste et bon, c’est un peu court me semble-t-il. Il faut abso­lu­ment des contraintes, des empê­che­ments avec à la clef des sanc­tions pour faire adve­nir la vertu. »

    Alors, non, je n’ai pas d’en­fant, mais je suis on ne peu plus d’ac­cord avec toi. Tiens, d’ailleurs, c’est assez énorme, mais c’est exac­te­ment ce que je viens de te répondre (avec mes mots) concer­nant Mr Patel­la sur l’autre sujet : la ques­tion du res­pect mutuel et des limites à faire res­pec­ter. Prin­cipe valable pour les enfants, valable pour les adulte, et valable pour une col­lec­ti­vi­té. Nous sommes donc d’ac­cord sur ça.

    Ami­ca­le­ment, Morpheus

    Réponse
  56. Ana Sailland

    @Marc

    Quand je posais la ques­tion sont-ce des gens, j’a­vais mon idée héhé.
    Nous sommes au centre d’une ques­tion essen­tielle qui est celle de la dif­fé­rence entre l’être et les forces qui l’a­niment, cou­plées aux struc­tures et usages, avec en plus les forces qui le désa­niment, telles que la paresse, la peur, le « faites pas de vague ça flotte encore », ou bien, signa­lé en culture loin­taine, le tamas ( la lour­deur qui colle l’es­prit au sol ). 
    La réuni­fi­ca­tion, sou­hai­table et néces­saire à un futur sain, la réuni­fi­ca­tion har­mo­nieuse de l’être avec tout (inside & out­side) ce qui ordonne ses actes ou ses len­teurs passe par l’ac­qui­si­tion de la liber­té vraie, qui exige un tra­vail, per­son­nel, mais qui devra aus­si se fon­der sur un tra­vail col­lec­tif, impul­sé par l’é­cole. Un jour, qui sait …

    Je sai­sis une cor­ré­la­tion forte entre notre échange et les com­men­taires du thème qui vient d’être ouvert (la révo­lu­tion de Che­ran) où l’on voit la réac­ti­vi­té ne s’a­mor­cer que très tard et dans des cir­cons­tances pré­cises, qui ne sont pas celle de notre Europe ; notre Europe où le vital comme le super­flu sont non seule­ment amal­ga­més mais encore opa­ci­fiés par une délo­ca­li­sa­tion ano­ny­mi­sante : le crime, réel, assas­sin, dif­fus et par­ta­gé, est non authen­ti­fié ; et son auteur est un brouillard qui s’in­si­nue insi­dieu­se­ment par­tout, jus­qu’en nous, nous en alerte, ou nous endormis.

    Réponse
  57. J.C

    @ Mor­phéus

    « c’est que Fres­co éva­lue à 3% la pro­por­tion de per­sonnes actives néces­saires au bon fonc­tion­ne­ment de l’en­semble du sys­tème (au stade actuel de la tech­no­lo­gie). Ce qui signi­fie tout de même un contrôle humain du système »

    Ces 3 % ne cor­res­pon­drait pas à des acti­vi­tés rele­vant du domaine de la poli­tique. Je ne crois donc pas qu’il s’a­gisse d’un contrôle mais plu­tôt de l’aide à la mise en place du pro­jet Vénus. Ensuite, vien­dra le rem­pla­ce­ment des der­nières pro­fes­sions humaines par la cyber­né­tique et son per­fec­tion­ne­ment de celle-çi de sortes que dans la 2ème par­tie du XXI eme siècle les déci­sions humaines dans l’or­ga­ni­sa­tion géné­rale de la socié­té ne devrait plus être nécessaire.

    J’i­ma­gine que dans ce pro­ces­sus, tous le monde pour­ra appor­ter sa pierre à l’é­di­fice en expri­mant ses besoins qui seront trai­té par le sys­tème infor­ma­tique per­met­tant d’a­jus­ter et d’af­fi­ner son mode de ges­tion afin de répondre tou­jours mieux aux pro­blèmes qui pour­raient se poser.

    Contrai­re­ment à ce qu’on peut voir dans les films de sciences-fic­tion, la machine ne fonc­tionne pas pour elle-même, elle met en appli­ca­tion les tâches pour les­quelles elle a été pro­gram­mée. pour les­quelles elle a été conçu.

    (Mor­phéus, si je me trompe, je compte sur toi pour nous sor­tir de la matrice 😉 après tout c’est toi qui m’a fait connaître le pro­jet Vénus)

    @ Marc

    L’ar­gu­ment qui consiste à dire que les doutes concer­nant l’é­lec­tion et le pou­voir relève d’un pro­blème psy­cho­lo­gique me semble un peu irréa­liste vu la socié­té dans laquelle nous vivons, voir même un peu dan­ge­reux. Je com­prends bien que dans la vision de votre col­lec­tif, ces inquié­tudes n’au­raient, pour vous, plus lieu d’être. Cepen­dant, je pense le contraire pour les rai­sons qui suivent :

    Le sys­tème élec­tif est oli­gar­chique et anti-démo­cra­tique par défi­ni­tion. (Élec­tion piège à …)

    L’é­lec­tion consiste à élire des maîtres et le tirage au sort davan­tage des exé­cu­tants, la dif­fé­rence est à mon sens, de savoir qui gou­verne et pas seule­ment qui participe.

    Je vous invite à vous pen­cher sur les vidéos d’E­tienne sur le sujet.

    En ce qui me concerne, je pré­fère choi­sir des exé­cu­tants comme mon chi­rur­gien par exemple.

    Si la cyber­né­tique est capable de faire mieux, alors je sou­haite au chi­rur­gien de ne pas avoir à répé­ter les même choses toute la jour­née, jours après jours mais plu­tôt, qu’il puisse s’in­ves­tir dans les acti­vi­tés qui lui plai­ront et dont il a le sen­ti­ment d’en reti­rer la plus grande satisfaction.

    Mais reve­nons à la notion de pou­voir et d’élection.

    Tant qu’il y aura des gou­ver­nants, ou des sta­tuts hié­rar­chiques dif­fé­rents, il y aura des avan­tages à déte­nir cer­tains pou­voirs et donc il y aura cor­rup­tion. La cor­rup­tion par le sexe bien sûr et tout autre faci­li­té que l’on pour­rait obtenir.

    Sur­tout dans un monde de tra­vail for­cé (for­cé car il ne s’a­git pas d’un choix dans votre pro­po­si­tion mais d’une obli­ga­tion si l’on veut avoir accès aux biens et ser­vices), ils essaie­ront d’a­mé­lio­rer leurs condi­tions d’exis­tence d’une façon ou d’une autre, c’est légitime.

    Pour être plus pré­cis avec cette notion de sage :

    Des sages repré­sen­tants s’ex­pri­mant à la place des autres pour les autres est par­fai­te­ment anti- démo­cra­tique. Leurs débats auraient une influence consi­dé­rable sur l’o­pi­nion public, en cela, ils auraient un pou­voir considérable.

    Cha­cun doit pou­voir expri­mer ses besoins par lui-même.

    Moins il y aura d’ex­pert et mieux ce sera. Nous devons avoir accès à une connais­sance glo­bale (the big picture).

    Et j’en reviens à l’ob­ser­va­tion de Morphéus

    « Nous sommes tel­le­ment condi­tion­nés à conce­voir l’or­ga­ni­sa­tion sociale selon des prin­cipes hié­rar­chiques que nous entre­voyons mal d’autres formes d’or­ga­ni­sa­tions sociales »

    En effet, outre l’é­mer­gence de l’é­co­no­mie basé sur les res­sources qui régle­ra de très nom­breux pro­blèmes essen­tiels (dont cer­tains nous échappent car il est dif­fi­cile de mesu­rer toutes les impli­ca­tions d’un tel sys­tème), les condi­tions seront favo­rables pour que nous puis­sions accé­der à la connais­sance et à une vraie édu­ca­tion qui nous per­met­tra d’ap­pré­hen­der le monde d’une manière bien plus sage que la façon dont nous sommes condi­tion­né à l’ap­pré­hen­der par la pro­pa­gande actuelle.

    Pour ce faire, une éco­no­mie basé sur les res­sources n’est pas suf­fi­sante, il faut aus­si édu­quer la popu­la­tion pour qu’elle puisse s’ap­pro­prier et inté­grer le nou­veau mode de fonctionnement.

    Selon Jacques Fres­co, 3 mois serait suf­fi­sant pour intro­duire le pro­jet Vénus.

    Plus les gens seront libé­rés de la peur dans un monde sain, plus ils auront confiance dans le fait que leurs inté­rêts par­ti­cu­liers et l’in­té­rêt glo­bal sont conver­gents. C’est ce qu’on appelle, selon moi, une civi­li­sa­tion digne de ce nom.

    Pour ce qui est du tra­vail selon vos propositions :

    Encore une fois, je parle du tra­vail for­cé car si on ne s’y sou­met pas on aura droit à rien mais appa­rem­ment on aura quand même le droit à un petit lopin de terre et pour le reste… le ciel t’ai­de­ra… quel progrès !

    De nos jours, un grand nombre d’ac­ti­vi­tés rému­né­rées n’ap­portent rien de bon tan­dis que des acti­vi­tés non-rému­né­rés sont sou­vent très utile voir indis­pen­sable. Elle relève sou­vent du rap­port humain plus que du tra­vail, com­ment serait-elle comp­ta­bi­li­sée ? Et puis, si quel­qu’un sou­haite tra­vailler sur lui-même ou pour lui même à plein temps com­ment obtien­dra-t-il les biens et ser­vices néces­saire à sa subsistance ?

    Au sujet de la robotique :

    votre vision de la robo­tique me semble dépas­sé, les bat­te­ries actuelles et les micro-ondes uti­li­ser dans notre socié­té sont effec­ti­ve­ment des salo­pe­ries mais pen­ser vous que ce sera les tech­no­lo­gies uti­li­sées au sein du pro­jet Vénus ?

    « La robo­tique géné­ra­li­sée est dan­ge­reuse et irréa­li­sable vu les res­sources de la planète. »

    elle est sûre­ment moins dan­ge­reuse que ce qui se passe en ce moment et aprio­ri, par­fai­te­ment réa­li­sable depuis bien long­temps déjà.

    Une grande par­tie des terres en France et dans le monde ne sont déjà plus culti­vable sans la chi­mie, ce sont des déserts. Je vous invite à consul­ter le tra­vail de Claude bour­gui­gnon qui inter­vient dans le fameux docu­men­taire – solu­tions locales pour un désordre global -.

    D’autre part, les villes fonc­tion­ne­ront sur un mode éco­lo­gique res­pec­tueux de l’en­vi­ron­ne­ment, auto­nome et sur la base d’éner­gies renou­ve­lable. les espaces entre chaque cité sera ren­du à la nature. Il n’y aura donc plus de cultures inten­sives sur la majeure par­tie du territoire.

    Marc a écrit : « Ces villes nou­velles, elles n’utiliseront pas de bétons ? Pas de fer­railles ? Vous savez quels volumes on uti­lise pour construire un seul immeuble ? Ce sera encore plus de pillage des res­sources natu­relles, des­truc­tions de la nature, alors que les villes actuelles ne connaissent que le pro­blème des appro­vi­sion­ne­ments locaux en nour­ri­ture qui peuvent être solu­tion­nés par des amé­na­ge­ments et quelques décons­truc­tions. Pour le pro­blème des iso­la­tions ther­miques, là aus­si, il y a des solu­tions éco­lo­giques per­for­mantes de réha­bi­li­ta­tion non pol­luantes dès la fabri­ca­tion (laines, etc). » 

    Pour la mise en place du pro­jet, je sup­pose que cela été cal­cu­lé. En tout cas voi­là ce que je peux en dire pour le moment :

    On construit encore beau­coup de nos jours et ce ne sont en géné­ral, ni des construc­tions durables ni modu­lables. L’en­tre­tien des vieilles villes est de plus en plus éner­gi­vore. L’ap­pro­vi­sion­ne­ment sous toutes ses formes n’a jamais induit autant de gas­pillage, que ce soit pour les maté­riaux de construc­tion, d’in­té­rieur, les biens consom­ma­tion quo­ti­diens, la pro­duc­tion et le trans­port de la nour­ri­ture etc.

    Les solu­tions locales sont une bonnes choses. Que dire alors de cités auto­nomes, durable, adap­table et entiè­re­ment recyclable.

    Quant aux sta­tis­tiques concer­nant ma consom­ma­tion, cela pour­rait être utile mais qui les col­lec­te­ra et qu’en fera-t-on vraiment ?
    Un sys­tème auto­ma­ti­sé fera seule­ment ce qu’on lui a demandé.

    Contrô­ler l’en­semble de mes acti­vi­tés, c’est autre chose.

    La sur­veillance des moindres faits et gestes par des tiers sera consi­dé­ré comme une intru­sion dans la vie pri­vé mal­ve­nue selon Jacques Fresco.

    « PAR-DELÀ LES DIFFÉRENCES de concep­tion d’une socié­té qui n’utilise plus de mon­naie, j’espère sin­cè­re­ment qu’on sau­ra créer une uni­fi­ca­tion des forces, car en face, ils ne plai­santent pas. »

    Oui, je suis d’accord.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  58. Morpheus

    @ J.C

    Alors, pour avan­cer, met­tons-nous bien d’ac­cord sur la défi­ni­tion du mot « poli­tique », sans quoi, nous ris­quons de polé­mi­quer en vain.

    Le mot ‘poli­tique’ appar­tient à la famille éty­mo­lo­gique du mot ‘police’, d’une famille du grec polis « ville, cité », d’où poli­tês « citoyen », poli­teia « droit de cité », poli­ti­kos « qui concerne les citoyens ».

    Intro­duit au XIIIe siècle, le sub­stan­tif ‘poli­tique’ y désigne « l’art de gou­ver­ner » : poli­ti­kê ; au XIVe siècle, l’ad­jec­tif ‘poli­tique’ signi­fie « rela­tif au gou­ver­ne­ment » ; au XVIe siècle, le terme désigne « un homme qui s’oc­cupe des affaires de l’é­tat » et au XVIIe siècle, il prend aus­si le sens de « pru­dent et adroit » : poli­ti­kos.

    Il y a donc essen­tiel­le­ment deux notions qui, bien que liées entre elles dans les faits, peuvent recou­vrir des notions très dif­fé­rentes l’une de l’autre de l’ap­proche de la ‘ges­tion de la cité’ : la poli­teia et la poli­ti­kê.

    Dans ‘poli­teia’, j’entends ‘la ges­tion de la cité’ ; dans ‘polit­kê’, j’entends ‘l’art de gou­ver­ner’. Par pru­dence, j’é­carte le terme poli­ti­kos, car l’é­vo­lu­tion de son sens au XVIIe siècle est très dif­fé­rent de son sens éty­mo­lo­gique (« pru­dent et adroit » contre « qui concerne les citoyens »), et cela ris­que­rait fort de prê­ter le flanc à d’i­nu­tiles polé­miques de linguistes.

    Gou­ver­ner et gérer la cité semble, de prime abord, et compte tenu de notre expé­rience pré­sente et pas­sée, être pra­ti­que­ment syno­nyme. Mais si l’on prend du recul, et que l’on se détache de la concep­tion ver­ti­cale (hié­rar­chique) du pou­voir, pour y envi­sa­ger une concep­tion hori­zon­tale (éga­li­taire), alors les deux approches peuvent deve­nir pra­ti­que­ment antagonistes !

    Donc, si, dans le cadre d’une vision hori­zon­tale (éga­li­taire) de l’or­ga­ni­sa­tion sociale d’une ville, l’on défi­nit la poli­tique comme étant « la ges­tion de la cité », alors il s’en­suit que les 3% de per­sonnes actives néces­saires au bon fonc­tion­ne­ment de la ges­tion cyber­né­tique de la cité, ont émi­nem­ment un rôle politique.

    J’en­tends bien que dans le cadre du PV, ce « rôle poli­tique » ne recouvre nul­le­ment la notion de poli­ti­kê (art de gou­ver­ner), et que la ges­tion de la cité se fonde sur la méthode scien­ti­fique et recouvre un ensemble d’ap­proches et de com­pé­tences tech­niques. Mais cela n’en­lève rien au rôle poli­tique (au sens de poli­teia) qu’exercent ces 3% de per­sonnes actives. C’est donc en ce sens spé­ci­fique que j’é­vo­quais une ‘sorte de gouvernement’.

    Ces per­sonnes ont une res­pon­sa­bi­li­té dans le bon (ou le mau­vais) fonc­tion­ne­ment d’un sys­tème cyber­né­tique qui a pour fonc­tion de gérer les res­sources de la cité, leur trans­for­ma­tion et leur dis­tri­bu­tion. Les citoyens – qui dépendent de cela (!) – devraient donc pou­voir contrô­ler les acti­vi­tés de ces per­sonnes (il me semble).

    C’est en cela que je vois plu­tôt favo­ra­ble­ment l’ap­pli­ca­tion des prin­cipes essen­tiels de la démo­cra­tie athé­niennes au PV (en les adap­tant). Ces prin­cipes ne nuisent, je le crois, ni à la pra­tique de la méthode scien­ti­fique (à laquelle je suis évi­dem­ment favo­rable), ni à la par­ti­ci­pa­tion du plus grand nombre. Au contraire, les prin­cipes de la démo­cra­tie athé­nienne impli­quant et encou­ra­geant la par­ti­ci­pa­tion active des citoyens, ils seraient sans doute un atout dans la réus­site du PV (il me semble). Et en tout cas, une Consti­tu­tion Citoyenne et Démo­cra­tique serait une bonne garan­tie que le PV ne dérive pas en sys­tème oli­gar­chique consti­tué par des scien­ti­fiques et des ingé­nieurs : je n’ou­blie pas qu’il s’a­git là d’une crainte très sou­vent ren­con­trée par les per­sonnes qui découvrent le PV. J’es­père que ces pré­ci­sions éclairent quelque peu mon approche.

    Pour conclure, puisque tu évoques la Matrice, je ne crains pas que le PV soit « une autre forme de contrôle » (réfé­rence au dia­logue de l’O­racle et Neo dans ‘Matrix : Reloa­ded’), mais, pru­dent, je crains qu’il puisse, si nous ne pre­nons pas garde, le deve­nir. En consé­quence de quoi je recherche une garan­tie m’as­su­rant que cela ne puisse adve­nir, et que le sys­tème du PV reste bien au ser­vice de tous et ne devienne un outil au ser­vice de quelque-uns.

    Ami­ca­le­ment,
    Morpheus

    (PS : je ne me sou­ve­nais plus t’a­voir fait décou­vrir le PV 😉 )

    Réponse
  59. Morpheus

    @ Ana (#40)

    La réponse à ta ques­tion « qui orga­nise » est facile à trou­ver comme un clic :

    http://​www​.pla​net​work​shops​.org/​f​r​/​1​0​/​p​a​r​t​e​n​a​i​r​es/

    Donc, nous disions : »par­te­naires« stra­té­giques = Bol­lo­ré + Danone + GDF SUEZ …

    Faut-il déve­lop­per ? … 😉

    Comme quoi, ces gens s’or­ga­nisent aus­si (et sou­vent bien mieux que nous), pour façon­ner le monde de demain (ce qui signi­fie, pour eux, tout chan­ger pour que rien ne change).

    On aurait inté­rêt à les gar­der sérieu­se­ment à l’œil, ces gre­dins. Il est évident que les 1500,00 euros d’ins­crip­tion, c’est pour évi­ter que des vilains comme nous ne viennent per­tur­ber leur petite réunion.

    Mor­pheus

    Réponse
  60. Marc

    Bon­jour,

    Je suis très déçu par vos réponses. 3 pages de texte pour… quoi ?

    Votre vision du pou­voir et de la peur qu’il engendre est liée à votre pho­bie de vous faire gou­ver­ner (pro­blème psy­cho­lo­gique, vous n’avez appa­rem­ment pas eu de cours de psy­cho) et avec ou sans repré­sen­tant, avec ou sans tirage au sort, des déci­sions n’allant pas dans votre sens seront prises, c’est ça aus­si la démocratie.

    La preuve de votre pho­bie per­son­nelle : même des « sages révo­cables, sans pou­voir déci­sion­naires » est une orga­ni­sa­tion qui vous fait peur et que vous rejetez…

    < Tant qu’il y aura des gou­ver­nants, ou des sta­tuts hié­rar­chiques différents>

    de quelle hié­rar­chie vous par­lez ? Vous faites réfé­rence au monde moné­tiste pour dire qu’un monde post-moné­tiste tel pro­po­sé par VOTER AM ne mar­che­rait pas. C’est illogique.

    < il y aura des avan­tages à déte­nir cer­tains pouvoirs<

    Quels pou­voirs pour quelle corruption ?
    Des exemples ! Des scé­na­riis cré­dibles ! :o)

    <Sur­tout dans un monde de tra­vail for­cé (for­cé car il ne s’a­git pas d’un choix)>

    Si il s’agit d’un choix, vous êtes libre d’en faire par­ti ou non.
    Votre pho­bie du tra­vail à le trans­for­mer en « for­cé » est mal venu.

    <Des sages repré­sen­tants s’ex­pri­mant à la place des autres>

    Non, des sages qui col­lectent les avis expri­més par les citoyens en totale trans­pa­rence et qui donnent aus­si leur avis car eux aus­si sont des citoyens. Mais la déci­sion reste démo­cra­tique par vote secret.

    <Leurs débats auraient une influence consi­dé­rable sur l’o­pi­nion public, en cela, ils auraient un pou­voir considérable.>

    1 – il n’y a pas de débat « entre sages ». Vous avez mépri­sé en sur­vo­lant nos pro­po­si­tions, et on est en train de par­ler pour rien.

    2 – Dès qu’un humain com­mu­nique avec d’autres, il uti­lise « un pou­voir de convic­tion », et s’il est « une grande gueule », il aura plus de pou­voir qu’un timide qui n’en pense pas moins. C’est dans la nature humaine et quelle que soit l’environnement, ce sera tou­jours ain­si. MAIS cha­cun peut avoir eu avant une édu­ca­tion sur le « décryp­tage des com­por­te­ments » (exemple : un mec qui parle plus fort a juste un pro­blème exis­ten­tiel et est donc en réa­li­té un « faible » qu’il faut aider.), etc, etc.

    « <Cha­cun doit pou­voir expri­mer ses besoins par lui-même.> »

    c’est ce que nous prônons.

    <Des acti­vi­tés non-rému­né­rés relèvent sou­vent du rap­port humain plus que du tra­vail, com­ment serait-elle comptabilisée ? >

    Comme le reste, si c’est utile à la socié­té (même un simple par­tie de celle-ci), que ça répond à un besoin, c’est un tra­vail comme un autre.

    <Et puis, si quel­qu’un sou­haite tra­vailler sur lui-même ou pour lui même à plein temps com­ment obtien­dra-t-il les biens et ser­vices néces­saire à sa subsistance ?>

    Je tra­duis : « et si une per­sonne n’a rien envie de foutre (hors vacances), com­ment aura-t-elle de quoi vivre ? » Pro­ba­ble­ment de la cueillette sur son lopin de terre, mais cueillir est déjà un tra­vail… Pénible ! Snif, comme tout est « tra­vail », elle va cre­ver comme un merde… »

    Je pense que nous n’avons pas la même défi­ni­tion de tra­vail, et qu’en plus vous char­gez votre défi­ni­tion de tra­vail uni­que­ment de négatif.

    Vous prô­nez (comme nous) la connais­sance, la sagesse, mais à la vue de vos argu­men­taires, je crois que vous avez fait un « tra­vail » incom­plet sur vous.

    Mais pour reve­nir à votre ques­tion sérieu­se­ment, si chaque humain a 4 heures de tra­vail, ça lui laisse 10 heures pour faire ce qu’il veut. Si ce n’est pas assez, voyez notre vidéo sur « à quoi pour­rait res­sem­bler une socié­té sans mon­naie », avec la par­tie : « tous faire le métier de Star ? ».

    Robo­tique : vous n’avez pas expli­qué où vous pre­nez l’énergie néces­saire à 7 mil­liards de robots.

    <des terres en France et dans le monde ne sont déjà plus culti­vable sans la chi­mie, ce sont des déserts.>

    Vous tra­ves­tis­sez le dis­cours de Claude bour­gui­gnon, c’est une honte !

    Lui et sa femme (et d’autres) savent com­ment redon­ner vie à une terre ren­due sté­rile par l’industrialisation de la nature ! Donc « mettre des villes à la place des terres culti­vables » reste un énorme pro­blème posé par le pro­jet vénus. (mais c’est sûr qu’intellectuellement, c’est plus facile de dire « on rase tout et on recons­truit en car­ré ou en rond ou en… etc. ça ras­sure ! mais ça oublie l’énergie et les res­sources, deux piliers pour­tant du pro­jet Vénus !)

    Vous ter­mi­nez le pas­sage sur « le pro­blème de tout détruire pour tout recons­truire » par un laco­nique : « je sup­pose que cela été calculé. »

    Autre­ment dit, cer­tains ont pen­sé pour vous ! (mais dites-moi, ce n’est pas jus­te­ment ce qui vous embête dans le pou­voir politique ?)

    Ne soyez plus aveugle sur vos peurs.

    <Quant aux sta­tis­tiques concer­nant ma consom­ma­tion, cela pour­rait être utile mais qui les col­lec­te­ra et qu’en fera-t-on vraiment ?>

    Vous avez dit… para­noïa ? Don­nez un exemple concret de mal­ver­sa­tion pos­sible, au moins ça nous per­met­tra de réflé­chir en amont et de trou­ver des solutions.

    <Un sys­tème auto­ma­ti­sé fera seule­ment ce qu’on lui a demandé.>

    À quelques bugs près… Mais là encore, illo­gisme dans votre tête : Com­ment croyez-vous qu’un sys­tème auto­ma­ti­sé puisse agir sans sta­tis­tiques pour le nourrir ?
    Regar­dez la réa­li­té ne face : vous êtes en train de cou­per les che­veux en 4 pour un résul­tat qui nous fait reve­nir au point de départ : nous disons la même chose.

     »<Contrô­ler l’en­semble de mes acti­vi­tés, c’est autre chose.
    La sur­veillance des moindres faits et gestes par des tiers sera consi­dé­ré comme une intru­sion dans la vie pri­vé mal­ve­nue selon Jacques Fresco.> »

    Que le dieu Jacques Fres­co soit ras­su­ré, tout le monde s’en fout que vous pré­fé­riez un vête­ment bleu ou que vous pré­fé­riez tel ou tel spec­tacle culturel.

    Sauf les para­noïaques qui n’aiment pas les dif­fé­rences entre humains et qui veulent tout uni­for­mi­ser. Mais vous n’en faites pas partie ?!

    Mer­ci à l’avenir d’argumenter sérieu­se­ment car en face, ils ne plai­santent pas, et n’attendent qu’une occa­sion pour ridi­cu­li­ser les pro­jets de civi­li­sa­tion sans mon­naie, et faire des amalgames.

    Très sin­cè­re­ment.

    @ Mor­pheus : je suis d’ac­cord avec ton ana­lyse du « politique ».

    Réponse
  61. Morpheus

    @ Marc

    Je com­prends votre décep­tion, mais puis-je vous sug­gé­rer de ne pas vous embal­ler ? Vous n’i­gno­rez cer­tai­ne­ment pas que les concep­tions que nous déve­lop­pons ne sont pas simples à appré­hen­der (qu’il s’a­gisse du PV ou de Votez AM). Ce blog est un espace où jus­te­ment on s’ef­force de réflé­chir à ce genre de choses (entre autre), et cela néces­site pas mal de dis­cus­sions, de débats, de contra­dic­tions. Mais pas « contra­dic­tion » pour le plai­sir de contre­dire. Je pense sin­cè­re­ment que J.C ou Ana ou Cathe­rine ne méprisent pas vos pro­po­si­tions, mais compte tenu de la nature actuelle du pou­voir, de la gou­ver­nance, de la poli­tique, du tra­vail (les prin­ci­paux sujets d’a­chop­pe­ment dans la dis­cus­sion), ils sont par­ti­cu­liè­re­ment scep­tiques (et je peux les comprendre).

    Vous ne pou­vez pas attendre des autres qu’ils adhèrent à toutes vos idées, pour la simple rai­son qu’ils n’ont pas les mêmes repères, les mêmes per­cep­tions ni les mêmes connais­sances que vous. Votre rôle est donc de trou­ver le bon moyen pour [expli­quer] votre pro­jet, non pour le défendre. Voyez-vous la dif­fé­rence ? Je vous accorde qu’il est dif­fi­cile d’ex­pli­quer, du fait de la fai­blesse du lan­gage (inter­pré­table) et donc on peut faci­le­ment être frus­tré et avoir le sen­ti­ment de dépen­ser beau­coup d’éner­gie en vain. Cepen­dant, je crains qu’il n’y ai pas d’alternative.

    Vous ne consi­dé­rez semble-t-il pas les argu­ments de vos inter­lo­cu­teurs comme sérieux, mais il se peut que vos inter­lo­cu­teurs pensent de même de vos argu­ments. Le mieux serait donc de recen­trer la dis­cus­sion sur les ques­tions liti­gieuses, plu­tôt que sur les per­sonnes. Per­son­nel­le­ment, je n’ai pas non plus trou­vé vos argu­ments très convain­cants, et j’at­tends tou­jours des expli­ca­tions qui me per­mettent de com­prendre votre projet.

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  62. J.C

    @ Mor­phéus

    « Donc, si, dans le cadre d’une vision hori­zon­tale (éga­li­taire) de l’or­ga­ni­sa­tion sociale d’une ville, l’on défi­nit la poli­tique comme étant « la ges­tion de la cité », alors il s’en­suit que les 3% de per­sonnes actives néces­saires au bon fonc­tion­ne­ment de la ges­tion cyber­né­tique de la cité, ont émi­nem­ment un rôle politique. »

    Je ne crois que ces 3% (ce qui fait tout de même beau­coup) soient néces­saire au bon fonc­tion­ne­ment de la ges­tion en elle-même. Nous joue­rons tous un rôle dans la ges­tion des res­sources par la cyber­né­tique et l’on pour­rait effec­ti­ve­ment dire qu’il s’a­git là d’un rôle politique.

    Je vais essayer de déve­lop­per un peu ; il me semble que ces 3% exer­ce­raient des acti­vi­tés qui ne peuvent être rem­pla­cer immé­dia­te­ment par la cyber­né­tique mais qui n’ont pas cepen­dant d’im­pli­ca­tions directes avec la ges­tion cyber­né­tique elle-même.

    Le pro­jet étant opé­ra­tion­nel depuis long­temps, très peu de gens devraient être impli­quer dans sa mise en route, les cités se construi­sant presque toute seule.

    Si tu as plus d’in­fos ou si tu penses que je dis des bêtises, n’hé­site pas.

    En ce qui concerne la main d’oeuvre de tech­ni­ciens qui posi­tion­ne­raient les pre­mières machines et véri­fie­raient si tout se passe bien etc. Je ne suis pas convain­cu de la néces­si­té d’une consti­tu­tion pour cela. La ques­tion de l’au­to­ri­té se pose, doit-on nous impo­ser à nous-même des lois ?

    Étienne a sou­li­gné la phrase sui­vante avec rai­son je trouve « une loi n’est jamais une solu­tion à un pro­blème, mais l’ex­pres­sion de notre impuis­sance à résoudre un problème »

    L’ap­proche scien­ti­fique doit à mon sens mener à la com­pré­hen­sion plu­tôt qu’a l’o­béis­sance, bref à l’émancipation.

    Dans une socié­té en évo­lu­tion, il ne devrait par être néces­saire de se sou­mettre à des lois arti­fi­cielles émises par une minorité.

    Même si de nos jours, on pour­rait être ame­né à consi­dé­rer que des lois pro­ve­nant de l’o­pi­nion majo­ri­taire, elles sont plus légi­time dans le cas d’une vraie démo­cra­tie, elle ne le sont peut être pas forcément.

    La majo­ri­té n’a pas for­cé­ment rai­son même si elle est infor­mée, ses déci­sions peuvent être arbi­traires, limi­tés par les condi­tion­ne­ments sur ce qu’est ou devrait être la norme, la véri­té etc.

    Une approche scien­ti­fique rigou­reuse peut appor­ter une réponse bien plus per­ti­nente pour résoudre les pro­blèmes que nous ren­con­tre­rons. Par le trai­te­ment et le recou­pe­ment de l’en­semble des infor­ma­tions dis­po­nibles grâce à l’in­for­ma­tique, nous pour­rions pro­gres­ser bien plus rapi­de­ment, même les débats d’i­dées pour­rait être plus fructueux.

    C’est pour cela que je crois, que ce que nous devons conti­nuer à creu­ser, c’est ce en quoi consiste l’ap­proche scien­ti­fique dans la ges­tion de la cité, sa direc­tion et son objec­tif final.

    Pour l’ins­tant, nous n’a­vons pas toutes les infor­ma­tions sur le pro­jet Vénus, ce qui ne nous empêche pas de conti­nuer à y réflé­chir. Je pense que c’est même indispensable.

    Autre point essen­tiel : si on envi­sage com­ment pas­ser de la situa­tion actuelle au pro­jet Vénus, n’y a‑t-il qu’une seule voie de tran­si­tion ou plu­sieurs moyens pour y parvenir ?

    En atten­dant, com­ment se pro­té­ger des abus de pouvoir ?

    Le pas­sage par la case démo­cra­tie semble être la moins mau­vaise solu­tion et la meilleure garan­tie de la prise en main de l’a­ve­nir par la popu­la­tion elle-même (je peux me tromper).

    On pour­rait alors pen­ser à un contrôle tech­nique démo­cra­tique, peut être effec­tuer par des ingé­nieurs et des tech­ni­ciens tiré au sort pour qu’ils éva­luent la via­bi­li­té du pro­jet Vénus, les risques, les avan­tages et la meilleure façon de le mettre en place, pour­quoi pas ? Peut être n’est-ce pas néces­saire ou pas per­ti­nent, je ne sais pas.

    Le reve­nu de base serait-il une solu­tion de transition ?

    Il per­met à la popu­la­tion de chô­meur de pou­voir vivre sans tra­vailler en lui octroyant du pou­voir d’a­chat, c’est en somme une bouf­fée d’air frais pour la sub­sis­tance de cha­cun (à court terme ) ain­si que pour la paix sociale

    (cf repor­tage : http://​www​.kult​ki​no​.ch/​k​u​l​t​k​i​n​o​/​b​e​s​o​n​d​e​r​e​s​/​l​e​_​r​e​v​e​n​u​_​d​e​_​b​a​s​e​_​f​i​l​m​_​f​r​a​n​c​a​ise ) Cepen­dant, bien que cette approche per­met­trait de sen­si­bi­li­sé la popu­la­tion au fait que nous ayons le droit de vivre même si nous n’a­vons plus de tra­vail, ça mise en place ne retar­de­rait-il pas l’é­crou­le­ment du sys­tème monétaire ?

    1)L’augmentation du chômage :

    En empê­chant l’in­fla­tion, Étienne nous dit qu’on nous condamne à l’aug­men­ta­tion du chô­mage. Les pro­grès tech­niques aus­si nous condamne à cela mais n’est ce pas une bonne chose fina­le­ment ? Sauf, bien sûr si l’on pense qu’il faut retour­ner en arrière vers un labeur for­cé per­pé­tuel, la pénu­rie et toutes les souf­frances que l’hu­ma­ni­té a pu tra­ver­ser par ce mode de fonctionnement.

    2)Le pou­voir de l’état :

    Par contre, cela don­ne­rait un pou­voir consi­dé­rable à l’é­tat qui en a déjà beaucoup.

    Le fait d’être éco­no­mi­que­ment plus dépen­dant de l’é­tat nous donne moins d’es­pace pour résis­ter au abus de pou­voir. Les trai­tés euro­péens retirent de plus en plus les droits et recours qui nous per­met­taient de nous défendre.

    Alors oui, une tran­si­tion par un sys­tème véri­ta­ble­ment démo­cra­tique pour­rait nous pro­té­ger contre le pou­voir oli­gar­chique mais est-ce possible ?

    Com­ment arri­ver à la fin de la socié­té d’ex­ploi­ta­tion moné­taire dans de bonnes conditions ?

    Lorsque l’on regarde la situa­tion éco­no­mique, sociale, éco­lo­gique, psy­cho­lo­gique pour ne pas dire spi­ri­tuelle actuelle, il est évident que le temps nous est compté.

    Quoi­qu’il en soit, le tra­vail de com­pré­hen­sion et de sen­si­bi­li­sa­tion d’Étienne est essen­tiel si on aspire à ce que la situa­tion tourne effec­ti­ve­ment en notre faveur.

    « PS : je ne me sou­ve­nais plus t’a­voir fait décou­vrir le PV »

    Nor­mal, je ne te l’a­vais jamais révélé 😉

    bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  63. J.C

    @ Marc

    « Votre vision du pou­voir et de la peur qu’il engendre est liée à votre pho­bie de vous faire gouverner »

    Oui, tout est par­fai­te­ment résu­mé la (il est fort cet Étienne, à tou­jours sou­li­gner ce qui le mérite).

    Je consi­dère pas que cela relève d’un pro­blème psy­cho­lo­gique, de ne pas vou­loir se faire gou­ver­ner, mais d’une aspi­ra­tion légi­time à exer­cer sa propre sou­ve­rai­ne­té individuelle.

    La plus grande liber­té indi­vi­duelle est inti­me­ment liée au res­pect de la liber­té d’au­trui. Le point n’é­tant pas selon moi de gou­ver­ner les indi­vi­dus mais de leur lais­ser le plus grand espace de liber­té (d’in­for­ma­tion, de pen­ser, de mou­ve­ment etc.) afin qu’ils puissent déve­lop­per leur créa­ti­vi­té, leur poten­tiel, leur connais­sance d’eux-même… déve­lop­per aus­si la notion de res­pon­sa­bi­li­té à l’é­gard de leur propre vie, de res­pon­sa­bi­li­té à l’é­gard de leurs actes, bref de leur per­mettre d’a­voir accès à ce dont ils ont besoin pour s’émanciper.

    Je res­pecte de nom­breux aspects de votre pro­jet mais j’ai volon­tai­re­ment pris la posi­tion de mettre en avant ce qui pour­rait-être pour moi, les failles de celui-ci.

    Par contre, je ne trouve pas votre dis­cours très ouvert à la cri­tique ni vos réponses convain­cantes pour le moment. Ce qui me rend encore plus méfiant, voir para­noïaque. Vous vou­lez tous nous mettre dans des camps de tra­vail c’est ça ? Non, je plaisante.

    Reve­nons au pos­si­bi­li­té de corruption.

    Vous dites « Quels pou­voirs pour quelle corruption »

    Il semble que vous vous contre­di­siez-vous même

    gou­ver­ner = avoir du pouvoir

    J’ai men­tion­né :

    Des sages repré­sen­tants s’ex­pri­mant à la place des autres

    « il n’y a pas de débat « entre sages ». Vous avez mépri­sé en sur­vo­lant nos pro­po­si­tions, et on est en train de par­ler pour rien. »

    Sur votre site est écrit concer­nant les sages élus :

    « les sages des dif­fé­rentes assem­blées peuvent se réunir en un lieu, cette réunion peut être retrans­mise à la télé, les sages peuvent res­ter en liai­sons avec leurs conci­toyens et, évi­dem­ment, les sages ne votent pas à la place des ctioyens (citoyens) »

    et que font-ils s’ils ne débattent pas, se conten­te­raient-ils de boire le café ?

    « et qui donnent aus­si leur avis car eux aus­si sont des citoyens »

    Nous sommes bien d’ac­cord alors. Retrans­mis à la télé, pen­sez-vous qu’ils n’au­ront pas plus d’in­fluence qu’un simple citoyen ? Le moindre com­men­taire aura un impact considérable.

    Que pen­sez-vous de l’im­pact de la télé­vi­sion aujourd’hui ?

    « <Cha­cun doit pou­voir expri­mer ses besoins par lui-même.> »
    « c’est ce que nous prônons. »

    et bien, JUSTEMENT NON puisque les sages auront ce rôle de représentants.

    « Robo­tique : vous n’avez pas expli­qué où vous pre­nez l’énergie néces­saire à 7 mil­liards de robots. »

    7 mil­liards de robots ??? je vous invite à vision­ner les vidéos pré­sen­tant le pro­jet Vénus, ain­si que d’autres sur les éner­gies libres, nou­velles et renou­ve­lables qui vous pour­rez trou­ver sur la toile, ce sera plus expli­cite que mon blabla.

    « Vous tra­ves­tis­sez le dis­cours de Claude bour­gui­gnon, c’est une honte »

    non, c’est bien ce qu’il dit. Par contre, je n’ai jamais dit qu’il n’y avait pas de moyen de leur redon­ner vie. Si ce n’é­tait pas pos­sible, le pro­jet Vénus ne serait pas viable non plus.

    « Vous ter­mi­nez le pas­sage sur « le pro­blème de tout détruire pour tout recons­truire » par un laco­nique : « je sup­pose que cela été calculé. »

    Autre­ment dit, cer­tains ont pen­sé pour vous ! (mais dites-moi, ce n’est pas jus­te­ment ce qui vous embête dans le pou­voir politique ?) »

    Si, en effet et j’ai­me­rais bien obte­nir ces infor­ma­tions. Mes peurs, j’en suis conscient mais j’ai­me­rais l’être aus­si de mes responsabilités.

    Qui contrô­le­ra les sta­tis­tiques ? Qui exclu­ra ceux qui refusent le tra­vail for­cé (mais qui auront le choix entre vivre et mou­rir enfin sur­vive peut-être) ? Les élus qui ont de l’in­fluence sur l’o­pi­nion publique ? Qui déci­de­ra de cela ?

    Je ne suis pas para­noïaque mais je ne suis pas naïf non plus et j’ai­me­rais qu’on m’explique.

    « Que le dieu Jacques Fres­co soit ras­su­ré, tout le monde s’en fout que vous pré­fé­riez un vête­ment bleu ou que vous pré­fé­riez tel ou tel spec­tacle culturel.

    Sauf les para­noïaques qui n’aiment pas les dif­fé­rences entre humains et qui veulent tout uni­for­mi­ser. Mais vous n’en faites pas par­tie ?! » 

    Bien au contraire, on ne s’en fout pas du tout pour savoir ce qu’il faut pro­duire pour répondre aux besoins de chacun.

    Et même aujourd’­hui, dans la socié­té de consom­ma­tion moné­tiste, les stra­té­gies com­mer­ciales visent à connaître ou orien­ter vos pré­fé­rences pour savoir ce qui va être ven­dable afin de faire fonc­tion­ner les entreprises.

    « Mer­ci à l’avenir d’argumenter sérieu­se­ment car en face, ils ne plai­santent pas »

    Que dire ? Je vous ren­voie le com­pli­ment, en espé­rant que ces réponses puissent être utiles.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  64. Ana Sailland

    @Jacques Fres­co

    Rêvons un peu, voir s’il n’y a pas matière à cauchemar. 

    Voi­ci donc que très peu de gens tra­vaillent, et le font en pleine éthique, pour le bien de tous, dans le res­pect des abeilles et des mous­tiques. ça baigne. C’est les vacances ; uni­ver­selles ; le bon­heur à per­pète ; on atten­dait ça depuis le coup de la pomme ; « tu vivras à la sueur du bur­nous » est au ren­cart, au han­gar du rin­gard.
    Nous en sommes hagards de bon­heur, et …
    et c’est la fête dans les chaumières.

    Qui s’a­donne à la pein­ture, qui à la musique, qui au sport. Le club de canas­ta res­plen­dit. Mais pas que : Si l’en­fer des res­sources humaines est déser­té, il nous reste satur­day night fever, mais pas que le same­di heing : c’est le zero limit les amis ! => BABY BOOM !

    Débar­ras­sés de tout sou­ci, de toute inquié­tude maté­rielle, de toute contrainte tem­po­relle, voi­ci que les humains se mettent à pro­créer dans tous les coins ; que les lapins, à côté, sont des ama­teurs. La popu­la­tion explose.

    Alors il va fal­loir gérer ça bien sûr ; mais ne vous inquié­tez pas ; big tech­no est là qui veille ; pas besoin de dis­cours, ni de prise de conscience, c’est dépas­sé tout ça : super cer­veau va nous trou­ver des solu­tions indo­lores … et sans saveur . Même pas besoin des lois comme en Chine au désuet XXème siècle. On te trou­ve­ra bien un petit rayon­ne­ment de der­rière les fagots inhi­bant nos gros­siers appé­tits, ou bien plus basi­que­ment juste ce qu’il faut dans l’eau potable, à moins qu’on ne nous invente des leurres der­nier modèle, luxure luxueuse imi­ta­tion peau , pou­pées et pou­pons gon­flables des temps futurs, « pays imbé­ciles où tou­jours il fait beau ». Car en fait, en effet, c’en est fait de la com­plexi­té, tout est si simple, il suf­fi­ra de trou­ver le bon outil tech­nique pour cana­li­ser le troupeau.

    Mêêêêê le bon­heur est au labo.

    Réponse
  65. Morpheus

    Dans le sujet Coli­bri, j’ai par­lé des enfants de Sum­me­rhill.

    Je vous invite à voir ce docu­men­taire, et notam­ment la seconde par­tie, qui détaille le mode de fonc­tion­ne­ment démo­cra­tique de l’école.


    Les enfants de Sum­me­rhill 2 – ( film… par bro­ther­da­vid

    C’est une expé­rience véri­ta­ble­ment éclai­rante pour le sujet prin­ci­pal qui nous réunit ici (la vrai démocratie).

    J’ai été par­ti­cu­liè­re­ment sen­sible à cer­tains élé­ments. Ain­si, par exemple, on peut voir qu’au fil des assem­blées heb­do­ma­daires, le règle­ment (les « lois ») éla­bo­rées de manière com­mune (enfants et adultes) s’é­toffe jus­qu’à deve­nir impos­sible à connaître par tous (trop de lois). Que font-ils ? Ils effacent tout et reprennent à zéro ! Par l’ex­pé­rience, ils ont décou­vert une pre­mière chose très impor­tante : trop de lois tuent la loi.

    Dans un autre cas exem­plaire, l’as­sem­blée a déci­dé d’a­bo­lir les règles sur les horaires et l’heure du « couvre feu » (l’heure du cou­cher, impli­quant le res­pect du silence). Mais au bout de quinze jours, tous le monde n’as­pi­rait qu’à pas­ser une bonne nuit, tant le désordre opé­ré par cette sou­daine liber­té avait atteint à la liber­té de l’en­semble. Ils ont réta­blit illi­co pres­to les horaires de cou­cher. Mais en connais­sance de cause, pas sous l’im­pul­sion d’une autorité …

    Ce que ces témoi­gnage montrent, c’est la démons­tra­tion qu’une assem­blée popu­laire peut défaire ce qu’elle a fait, et cor­ri­ger ses erreurs en pleine connais­sance de cause. Ils ne le font pas sur base d’o­pi­nion, mais sur base de leur expé­rience.« On a déci­dé ceci, mais on obte­nu ce résul­tat mal­heu­reux : donc nous cor­ri­geons le tir et reve­nons sur notre déci­sion, parce que l’ex­pé­rience n’a pas été concluante et a révé­lé un vice que nous n’a­vions pas pré­vu ». Peut-on mieux défi­nir la sagesse ? …

    Cela montre aus­si que la pra­tique de la démo­cra­tie mobi­lise réel­le­ment les gens. Les enfants com­prennent vite l’in­té­rêt des assem­blées géné­rales, qui sont fré­quentes (tous les same­di ou dimanche), et ils y viennent de leur plein gré.

    Sous un autre angle, ce que cette expé­rience montre éga­le­ment, c’est toutes les ver­tus d’un cadre bien­veillant sur l’é­pa­nouis­se­ment indi­vi­duel et le déve­lop­pe­ment d’une conscience sociale. Ain­si, ce témoi­gnage très émou­vant de cet artiste fran­çais, ancien élève à Sum­me­rhill, qui explique qu’au début il s’é­tait bagar­ré avec un autre élève qui l’en­qui­qui­nait. Les autres élèves se sont appro­chés et ont regar­dé la bagarre, puis il a per­çu leur regard et il s’est inter­rom­pu. Et un petit gamin de lui dire « Tu sais, tu es le pre­mier à te battre, on ne fait jamais ça, ici ». Le petit Fran­çais s’est aus­si­tôt mis à pleu­rer, pre­nant conscience que sa vio­lence était vaine. On voit sans doute là à l’œuvre le prin­cipe posi­tif de la ver­gogne dont Étienne a quelque fois parlé.

    De la même façon, même les enfants timides par­viennent à s’ex­pri­mer en assem­blée, parce qu’ils savent qu’ils ne seront pas jugés ni répri­man­dés, quoi qu’ils disent. Et ils ne sont pas influen­cés par les adultes, parce que ceux-ci n’ont aucune pré­séance sur les enfants : les rap­ports y sont éga­li­taires et le res­pect est mutuel (si un enfant dit à Neill, le direc­teur de l’é­cole, de sor­tir de sa chambre, Neill sort).

    De plus, les puni­tions sont prises en com­mun : il n’y a pas une auto­ri­té qui décide, mais c’est l’as­sem­blée qui prend la déci­sion de façon com­mune. Quelle meilleure façon de régler les dif­fé­rents et de rendre la Justice ?

    Alors, on le voit, la démo­cra­tie, ce n’est pas dif­fi­cile : c’est à la por­tée d’en­fants à par­tir de 5 ans ! Mais atten­tion : ce que l’on voit, sur­tout, c’est que cela ne marche que parce que les rap­ports sont hori­zon­taux, et non ver­ti­caux ; cela ne marche que parce qu’il n’y a pas de hié­rar­chie, ni sur­tout d’au­to­ri­té. La paix et l’ordre social sont l’af­faire de tous, non celle de quelque juge ou poli­cier ; les lois sont l’af­faire de tous, et non celle de quelques man­da­taires ou magistrats.

    Cette for­mi­dable expé­rience de Sum­me­rhill est la démons­tra­tion de la per­ti­nence de ma convic­tion : l’a­nar­chie (l’ab­sence de pou­voir cen­tra­li­sé) va de pair avec la démo­cra­tie (le pou­voir de tous). On pour­rait sans doute ajou­ter, pour être plus pré­cis, que l’a­nar­chie sans démo­cra­tie mène à l’a­no­mie, et que la démo­cra­tie sans anar­chie, mène à l’oligarchie.

    Je ne sais pas vous, mais moi, ce docu­men­taire m’a très for­te­ment ému et enthou­sias­mé. Il m’a ému, à la fois parce que j’y ai vu mis en pra­tique ce à quoi j’as­pire depuis tou­jours — peut-être sans l’a­voir tou­jours su, mais aus­si parce que j’ai long­temps cru que cela n’é­tait pas fai­sable. Et cela m’a enthou­sias­mé parce que cela prouve que ce n’est ni une uto­pie, ni une vue de l’es­prit, ni impos­sible. C’est non seule­ment pos­sible et sou­hai­table, mais ça existe et ça marche. C’est une vision du seul ave­nir viable qui se pré­sente à nous.

    On com­prend pour­quoi, en 2000, les »auto­ri­tés« bri­tan­niques ont essayé de mettre fin à cette expérience. 
    Heu­reu­se­ment, la mobi­li­sa­tion des anciens de Sum­me­rhill a per­mit d’empêcher cela et Sum­me­rhill existe tou­jours aujourd’hui.

    Ami­ca­le­ment,

    Mor­pheus

    Réponse
  66. Ana Sailland

    Ah, on change de sujet 🙂 Chiche !

    J’a­vais vu il y a un lustre.
    Me semble aus­si impor­tante la dimen­sion péda­go­gique qui loin des vaines exhor­ta­tions à l’au­to­no­mie, vaines car en car­can, fait naître en cha­cun et de manière natu­relle sa res­pon­sa­bi­li­té indi­vi­duelle, autant ego-cen­trée qu’exo-cen­trée. Plus la capa­ci­té d’ap­prendre, qui n’est pas confon­due avec le volume appris. C’est ain­si qu’on voit ce jeune homme quit­ter l’é­cole anal­pha­bète, mais com­bler son retard en un temps éclair, quand et seule­ment quand il en per­çoit la nécessité.

    Ain­si ai-je aus­si connu autre­fois un mon­sieur des temps anciens, un Nove­raz, d’a­vant cou­ver­tures sociales, qui orphe­lin en terre hel­vète, s’é­tait trou­vé bal­lo­té de ferme en ferme pour des tra­vaux uni­que­ment phy­siques. Sans école, donc. Plus tard pour­tant, adulte, il devint peintre, expo­sant, poète, auteur de théâtre (joué). Donc glo­ba­le­ment plus per­for­mant que les vei­nards qui ne sont pas pri­vés du for­ma­tage. Et il épou­sa une prin­cesse égyp­tienne qui (donc) fut des­ti­tuée de son rang.

    Ceci dit, dès que je lis ou entend solu­tion unique, mes war­nings s’allument.

    Réponse
  67. Morpheus

    Mer­ci Ana, bien que je ne pense pas avoir véri­ta­ble­ment chan­gé de sujet. Juste réorien­té le débat vers une expé­rience exem­plaire que je trouve éclai­rante pour per­mettre au sujet ini­tial d’é­vo­luer, d’a­van­cer avec un autre regard, à la fois sur la ques­tion de l’or­ga­ni­sa­tion sociale col­lec­tive (prô­née par le PV) et la ques­tion de démo­cra­tie véritable.

    PS : Quand je dis « seule » solu­tion viable, je ne dis pas « solu­tion unique » : cette « seule » solu­tion peut se décli­ner de mul­tiple façons. Déci­dé­ment, je déteste tou­jours autant le lan­gage ver­bal (ou écrit, c’est pareil) : beau­coup trop impré­cis et sou­mis à inter­pré­ta­tions – pro­jec­tions édul­co­rées de nos espoirs ou cau­che­mar­desques de nos pires craintes.

    Ami­ca­le­ment,

    Mor­pheus

    Réponse
  68. J.C

    @ Ana

    La plu­part des ani­maux se repro­duisent le plus lors­qu’ils risquent l’ex­tinc­tion, lorsque les condi­tions sont dif­fi­ciles, on appelle cela l’ins­tinct de sur­vie de l’espèce.

    C’est pro­ba­ble­ment la même chose avec les êtres humains. N’as tu pas remar­qué que c’est dans les pays les plus pauvres, ou les condi­tions sont les plus misé­rables qu’on fait le plus d’enfant ?

    Par l’é­du­ca­tion, les gens devien­dront plus rai­son­nable. Le baby boom a été encou­ra­gé pour ne pas dire orches­tré après une guerre dévas­ta­trice. Cela me semble logique qu’à l’é­poque, on sou­haite recons­ti­tuer un équi­libre démographique.

    Les années 60–70 ont été rela­ti­ve­ment pros­père pour­tant le baby boom ne s’est pas main­te­nu. Bon d’ac­cord, effec­ti­ve­ment, la pilule n’y est pas pour rien.

    N’a-t-on pas alors déjà des moyens de contra­cep­tion efficace ?

    Avec la dis­pa­ri­tion de la contrainte de l’argent, il est fort à parier que nous décou­vri­rons des méthodes plus saines, plus natu­relles et plus effi­caces pour le contrôle des nais­sances si cela s’a­vère néces­saire. Dans une civi­li­sa­tion plus saine avec des solu­tions bien moins bar­bare que celle pra­ti­quée à l’heure actuelle.

    « c’en est fait de la com­plexi­té » 

    Je dirais plu­tôt s’en est fait de la super­fi­cia­li­té, de l’a­bru­tis­se­ment géné­ra­li­sé et de la dés­in­for­ma­tion. Déve­lop­pons notre poten­tiel, lais­sons s’ex­pri­mer nos capacités.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  69. Catherine B

    Tu dis « Avec la dis­pa­ri­tion de la contrainte de l’argent, il est fort à parier que nous décou­vri­rons des méthodes plus saines, plus natu­relles et plus effi­caces pour le contrôle des nais­sances si cela s’a­vère néces­saire »

    ah bon et c’est Fres­co qui nous dira com­ment faire, hein ?

    Je crois que tu rêves debout JC comme Mor­pheus d’ailleurs !

    On n’est pas sor­ti de l’auberge!!!!

    Réponse
  70. Catherine B

    Et puis Etienne, certes, vous êtes chez vous vous semble-t-il, sûre­ment, aus­si usez-vous du sur­li­gneur comme tout « bon » prof qui se res­pecte pour mettre l’ac­cent là où vous semble-t-il il faut mettre l’ac­cent, vous fabri­quez un autre consen­te­ment, vous êtes en contra­dic­tion avec tout ce que vous dites mais je crains fort que vous n’en n’ayez pas conscience.

    C’est déci­dé je quitte ce lieu.

    Réponse
  71. Étienne
  72. Morpheus
  73. Ana Sailland

    @JC

    ok pour l’ar­gu­ment du stress vraie source du baby boom : Il serait nouille de polé­mi­quer sur ça.
    Par contre 
    Sur toute page il y a un point faible.
    Et il est plus facile de dénon­cer ce point faible que de répondre au pro­blème de fond.

    J’a­joute qu’une mon­tée en puis­sance d’un dis­cours irre­ce­vable quant aux solu­tions risque fort de pro­vo­quer pour long­temps un rejet de l’i­dée source qui elle est pour­tant à prendre en compte.
    Car le com­ment libé­rer l’es­pèce du contrac­tuel néces­site une réflexion autre­ment plus pro­fonde que le tout cuit techno.

    Réponse
  74. Ana Sailland

    Cathe­rine

    Nous sommes sur une pépi­nière d’i­dées. Comme peu existent. J’ai pu dire ici des choses que je ne pour­rais dire ni au PMU, ni à l’UMP, ni au FdG. nini­ni. Et les gens s’y pas­sionnent jus­qu’à l’ex­cès. ça peut déran­ger. Faire peur même. Sur­tout quand on regarde l’His­toire où tant d’i­déa­lismes ont engen­dré tant de mal­heurs. Mais com­ment per­mettre l’é­mer­gence de l’i­dée neuve autre­ment qu’en me frot­tant à celle qui me dérange ?

    (Je com­prends sur­li­gner comme injonc­tion à étu­dier plus que comme recon­nais­sance définitive)

    Tes points de vue qui tirent le prag­ma­tique vers le phi­lo­sophe, tâche ardue et aride, sont essentiels.

    Réponse
  75. J.C

    @ Mor­phéus

    Je trouve que les points que tu sou­lèves sont vrai­ment inté­res­sants. Tu as su mettre avant les meilleurs aspects de cette expérience.

    Je me suis dis, cette vidéo doit être fabu­leuse mais en la regar­dant, ça ne m’a pas fait du tout le même effet qu’à toi.

    Puis ensuite, j’ai relu ce pas­sage différemment

    « De plus, les puni­tions sont prises en com­mun : il n’y a pas une auto­ri­té qui décide, mais c’est l’as­sem­blée qui prend la déci­sion de façon com­mune. Quelle meilleure façon de régler les dif­fé­rents et de rendre la Justice ? »

    J’ai vrai­ment eu le sen­ti­ment d’une forte pres­sion du groupe sur les indi­vi­dus (un peu comme dans une secte). Je sais ça peut paraître excessif.
    Le bilan des résul­tats sco­laires très moyens et les témoi­gnages de per­sonnes qui s’y sont beau­coup ennuyés ne sont pas très moti­vant non plus.

    Mais pour en reve­nir au point impor­tant du fonc­tion­ne­ment des assem­blées. Voi­là ce que j’au­rais à lui reprocher :

    Je vois dans cette vidéo une com­mu­nau­té infli­ger des puni­tions à des indi­vi­dus en ayant pour légi­ti­mi­té l’o­pi­nion du plus grand nombre. Le groupe impose sa loi à l’in­di­vi­du. c’est ce qu’on pour­rait appe­ler la dic­ta­ture de la majo­ri­té. Sitouaillain avait abor­dé plu­sieurs fois les dérives que cela peut entraîner.

    Ce qui ren­force aus­si ce sen­ti­ment, c’est que les règles ou lois adop­tées sont décou­sus, sans fil direc­teur, bref on ne peut plus arbi­traire et pure­ment contingente.

    Bien sur, il y a ce bon côté qui consiste à pou­voir cor­ri­ger les déci­sions mais tout en pre­nant les indi­vi­dus comme cobaye.
    Ici, on est tou­jours vic­time de l’i­déo­lo­gie majo­ri­taire (on a inté­rêt à bien choi­sir sa communauté).
    Évi­dem­ment, ce sont des enfants plu­tôt jeune pour la plu­part. on ne peut pas leur deman­der autant qu’à des adultes.
    C’est vrai mais les même ten­dances super­fi­cielles peuvent se repro­duire chez les adultes à l’é­chelle concer­nant des déci­sions impli­quant direc­te­ment la pla­nète. (il n’y a qu’a voir sur quoi la plu­part des gens ont fon­dé leurs votes).

    J’ap­pré­cie vrai­ment le fait que cha­cun puisse s’ex­pri­mer pour­tant j’en suis venu à me deman­der si la démo­cra­tie était vrai­ment la meilleure façon de fonctionner.
    L’é­ga­li­té de droit ou l’é­ga­li­té poli­tique et la liber­té d’ex­pres­sion ne doivent peut-être pas for­cé­ment prendre corps au tra­vers d’une dic­ta­ture de la majorité.
    Je vois de plus en plus l’exer­cice poli­tique dans un esprit de col­la­bo­ra­tion avec les autres excluant la com­pé­ti­tion et favo­ri­sant l’a­bon­dance et le bien-être. Je le vois comme un exer­cice pre­nant appui sur de l’ap­proche scien­ti­fique comme moyen de par­ve­nir à la réponse la plus satis­fai­sante pour tous, c’est à dire pour chacun.
    Pour résu­mé, l’exer­cice de la démo­cra­tie (pou­voir du peuple) pour­rait s’ex­pri­mer au tra­vers des démarches indi­vi­duelles de cha­cun comme fac­teur d’a­jus­te­ment de la société.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  76. Catherine B

    Mer­ci Ana, c’est vrai que s’il fal­lait attendre Dieu sait quoi pour dire ou faire ceci ou cela, nous res­te­rions tou­jours sur nos posi­tions « réac­tives » et donc pas en phase avec ce qui se passe pré­sen­te­ment et authentiquement.

    Tu me donnes une bonne leçon en me disant cela et je la reçois comme un cadeau.

    Il est vrai que cet espace est ouvert et même ouvert à la cri­tique, chose suf­fi­sam­ment rare pour ne pas faire la fine bouche. Je me sens une fief­fée pré­ten­tieuse mais tu me per­mets de dépas­ser cela en pas­sant outre à ce que j’ai dit.

    Cet espace est libre, à nous d’en faire une réa­li­té à l’i­mage de ce que nous vou­lons en faire.

    Réponse
  77. Ana Sailland

    Cathe­rine,

    Le plus dif­fi­cile, ça va être le terrain…

    Si un jour on y va .…. 😉

    Réponse
  78. J.C

    deux petites vidéos dont j’i­gnore la vali­di­té mais que je trouve inspirante.

    J.C

    Réponse
  79. Morpheus

    A pro­pos de la ques­tion de Marc concer­nant la demande en éner­gie du PV
    « vous n’avez pas expli­qué où vous pre­nez l’énergie néces­saire à 7 mil­liards de robots », j’ai trou­vé un élé­ment de réponse.

    Des tur­bines trans­for­mant le vent en éner­gie, pla­cées en haute alti­tude plu­tôt qu’en sur­face et au large des côtes mari­times, seraient en mesure d’of­frir un très haut rendement.

    Ain­si, une équipe scien­ti­fique diri­gée par Kate Mar­vel a éla­bo­ré des modèles afin d’é­va­luer les quan­ti­tés d’éner­gie pou­vant être pro­duite, d’une part à par­tir des vents de sur­face (ter­restre et au large des côtes mari­times), d’autre part en haute alti­tude.

    L’ex­ploi­ta­tion de ces der­niers (les vents de haute alti­tude) serait tech­ni­que­ment réa­li­sable par une com­bi­nai­son de la tech­no­lo­gie de fusion des tur­bines et … des cerfs-volants (nb. on peut voir ce prin­cipe dans l’al­bum de bande des­si­née vision­naire Yoko Tsu­no inti­tu­lé Les 3 soleils de Vinéa).

    Selon les résul­tats de leurs modèles, envi­ron 400 téra­watts (TW) d’énergie peuvent être extraits des vents de sur­face et envi­ron 1800 téra­watts pour­raient être géné­rés par des vents pro­ve­nant de toute l’atmosphère.

    La civi­li­sa­tion mon­diale actuelle uti­lise envi­ron 18 téra­watts d’énergie. Les vents de sur­face pour­raient donc four­nir plus de 20 fois la demande mon­diale actuelle en éner­gie, tan­dis que les « cerfs-volants éoliens » pour­raient cap­ter 100 fois la demande actuelle.

    Source (en anglais) : http://www.eurekalert.org/pub_releases/2012–09/ci-ewt090712.php

    Cor­dia­le­ment,

    Mor­pheus

    Réponse
  80. Catherine B

    Et puis voi­ci ce petit film qui ouvre de belles espé­rances, c’est une éco­lo­gie de l’es­prit, un bien beau mes­sage si vous avez un peu de temps.

    Il parle du cer­veau comme un filtre de la conscience, conscience qui nous déborde lar­ge­ment mais que nous rédui­sons trop sou­vent aux seules connexions neuronales.

    http://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​_​p​o​p​u​p​?​v​=​-​E​6​J​D​_​F​q​Ahk

    Réponse
  81. Catherine B

    Nous y sommes sur le ter­rain Ana ! tous les espaces sont des ter­rains propices !

    Réponse
  82. Morpheus

    @ J.C

    C’est tout-à-fait vrai, en rédi­geant cette réac­tion à pro­pos des enfants de Sum­me­hill, j’ai pré­sen­té ce qui m’est appa­ru comme extra­or­di­nai­re­ment positif.

    Tu sou­lèves cepen­dant ceci : « Je vois dans cette vidéo une com­mu­nau­té infli­ger des puni­tions à des indi­vi­dus en ayant pour légi­ti­mi­té l’o­pi­nion du plus grand nombre. Le groupe impose sa loi à l’in­di­vi­du. c’est ce qu’on pour­rait appe­ler la dic­ta­ture de la majo­ri­té. Sitouaillain avait abor­dé plu­sieurs fois les dérives que cela peut entraîner. »

    Et tu dis éga­le­ment cela : « J’ai vrai­ment eu le sen­ti­ment d’une forte pres­sion du groupe sur les indi­vi­dus (un peu comme dans une secte). Je sais ça peut paraître exces­sif. Le bilan des résul­tats sco­laires très moyens et les témoi­gnages de per­sonnes qui s’y sont beau­coup ennuyés ne sont pas très moti­vant non plus. »

    J’en­tends bien ton obser­va­tion, cepen­dant je ne per­çois pas les choses sous le même angle. Per­mets-moi de te l’exposer.

    Il est exact de dire que c’est le groupe, dans son ensemble, qui décide quelle puni­tion ou règle­ment va être appor­té à une plainte ou pro­blème d’un des membres du groupe à l’en­contre d’un autre, ou de quelques autres. Mais il faut cepen­dant noter que d’une part, plu­sieurs pro­po­si­tions de règle­ment / puni­tion leur sont pro­po­sés, et d’autre part, cha­cun a bien conscience qu’un jour c’est peut-être lui qui sera face à la com­mu­nau­té. Il s’en­suit donc une modé­ra­tion natu­relle dans la déci­sion du groupe, qui n’a pas inté­rêt à être trop sévère, ni non plus trop magna­nime. L’in­té­rêt sera de poser une limite, tout en évi­tant l’in­jus­tice. Le but est d’a­van­tage de faire com­prendre aux per­sonnes visées par les puni­tions les limites et les besoins des autres, afin d’a­bou­tir à un res­pect mutuel. Les ver­tus de cette pro­cé­dure sont mul­tiples : les per­sonnes qui se sentent lésées peuvent s’ex­pri­mer publi­que­ment, de même que les per­sonnes incri­mi­nées ; les besoins des uns et des autres sont expo­sés et ver­ba­li­sés, donc mis en lumière, et cha­cun peut en prendre conscience, tout en les com­pa­rants avec leurs besoins per­son­nels ; les limites de cha­cun sont éga­le­ment posées, et les rai­sons de ces limites aus­si ; le règle­ment des pro­blèmes est le fait de tous, non d’une « élite » ou d’une « auto­ri­té », donc cha­cun est « puis­sant », au sens ou cha­cun est ren­du capable d’a­gir, ce qui est très res­pon­sa­bi­li­sant. Je pour­rais sans doute allon­ger la liste.

    Pour sou­li­gner ce que je viens de dire, je vou­drais citer un pas­sage du livre de Ber­nard Manin, Prin­cipes du gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif, qui traite de la ver­tu de la rota­tion des charges.

    « L’al­ter­nance du com­man­de­ment et de l’o­béis­sance était aus­si un méca­nisme pro­duc­teur de bon gou­ver­ne­ment. Elle visait à engen­drer des déci­sions poli­tiques conformes à un cer­tain type de jus­tice, la jus­tice démo­cra­tique. Dans la mesure où ceux qui com­man­daient un jour avaient obéis aupa­ra­vant, ils avaient la pos­si­bi­li­té de prendre en compte, dans leurs déci­sions, le point de vue de ceux à qui ces déci­sions s’im­po­saient. Ils pou­vaient se repré­sen­ter com­ment leurs com­man­de­ments allaient affec­ter les gou­ver­nés, parce qu’ils savaient, pour l’a­voir expé­ri­men­té eux-mêmes, ce que c’est que d’être gou­ver­né et d’a­voir à obéir. Mieux encore, les gou­ver­nants avaient une inci­ta­tion à tenir compte du point de vue des gou­ver­nés : celui qui com­man­dait un jour était dis­sua­dé de tyran­ni­ser ses subor­don­nés, parce qu’il savait qu’il devrait, un autre jour, leur obéir. »

    Je ne per­çois donc pas là une « dic­ta­ture de la majo­ri­té », ni une « pres­sion du groupe sur l’in­di­vi­du », mais un néces­saire équi­libre entre les deux pro­ve­nant du fait que cha­cun par­ti­cipe aux déci­sions, peut en béné­fi­cier, ou en subir la contrainte. En outre, je ne vois cer­tai­ne­ment pas là de paral­lèle avec ce qui peut se pro­duire dans une secte, car je ne connais pas de secte sans « chef spi­ri­tuel » (gou­rou, lea­der, maître à pen­ser, pro­phète, élu, …), ce qui implique une hié­rar­chie. Or, rien de tel dans le cadre de l’é­cole de Summerhill.

    Concer­nant l’en­nui expri­mé par une ancienne élève inter­ro­gée, j’ai com­pris que celui-ci pro­ve­nait du fait que cer­tains élèves peu assi­dus aux cours étaient écar­tés par les élèves moti­vés à les suivre, ces der­niers esti­mant que le manque d’as­si­dui­té des pre­miers nui­sait à leur appren­tis­sage. Il y a cer­tai­ne­ment matière à débat dans ce constat, et cela demande sûre­ment à être appro­fon­dis. Sur ce point, je rejoins donc ton obser­va­tion (sans pour autant y appor­ter une conclu­sion : je crois qu’il fau­drait mieux appré­hen­der ce phé­no­mène pour en com­prendre les res­sorts psy­cho­lo­giques et sociologiques).

    Pour tes autres remarques, il ne faut pas oublier qu’il s’a­git d’en­fants en appren­tis­sage, dans le cadre d’un pro­jet ne visant pas à déve­lop­per ou pro­mou­voir une quel­conque péda­go­gie, mais visant sim­ple­ment à l’é­pa­nouis­se­ment de quelques enfants (comme l’ex­prime Neill). Par mon expé­rience per­son­nelle, je consi­dère qu’il n’y a pas de meilleur appren­tis­sage que par l’ex­pé­ri­men­ta­tion, et donc, un espace de liber­tés enca­dré par des adultes bien­veillants me paraît être le cadre idéal pour apprendre, entre autre, les ver­tus d’une vrai démo­cra­tie. N’ou­blions pas qu’ils ne sont pas là (les enfants) pour créer le modèle par­fait ;-), et en aucun cas je ne vou­drais que mon inter­ven­tion enthou­siaste ne passe pour une pro­mo­tion d’un « sys­tème par­fait » (loin de là).

    Ami­ca­le­ment,

    Mor­pheus

    Réponse
  83. Marc

    Déso­lé, y’a trois tonnes de texte parce que je reprends le texte d’origine…

    @ J.C.

    ++ « Votre vision du pou­voir et de la peur qu’il engendre est liée à votre pho­bie de vous faire gouverner »
    Je consi­dère pas que cela relève d’un pro­blème psy­cho­lo­gique, de ne pas vou­loir se faire gou­ver­ner, mais d’une aspi­ra­tion légi­time à exer­cer sa propre sou­ve­rai­ne­té individuelle.++

    Je suis au regret de vous apprendre que vous avez bien un pro­blème psy­cho­lo­gique avec « toute auto­ri­té autre que la votre ». (et le dis­cours que vous tenez plus bas en réponse à Mor­phéus sur l’éducation, le prouve).
    Car la ques­tion n’est pas de dis­cou­rir de « sa propre sou­ve­rai­ne­té » (nous n’aimons pas les mou­tons), la ques­tion est « doit-je me sou­mettre à d’autres avis que le mien lorsqu’une majo­ri­té démo­cra­tique ne va pas dans mon sens ».
    Car sou­vent, on constate chez les « rebelles », que la démo­cra­tie est ce qu’ils sou­haitent jusqu’au moment où la démo­cra­tie ne va pas dans leur sens (des­ti­née de tous les idéa­listes qui s’accrochent au « moi j’ai plus rai­son que les autres, les autres peuvent tou­jours par­ler si ça leur chante ».
    Le fameux : la dic­ta­ture c’est « ferme ta gueule », la démo­cra­tie c’est « cause toujours ».)
    Je vous sou­haite de com­prendre qu’est-ce qui motive réel­le­ment votre rejet de l’autorité. Quels évè­ne­ments ont pu nuire à ce point à votre sur­vie, (voir sur­visme) pour que vous ayez une telle abjec­tion aux dési­rs contraires.
    Mais encore une fois, on dis­court pour rien car nulle part dans le pro­jet AM des humains votent à la place d’autres humains.

    La plus grande liber­té indi­vi­duelle est inti­me­ment liée au res­pect de la liber­té d’au­trui. Le point n’é­tant pas selon moi de gou­ver­ner les indi­vi­dus mais de leur lais­ser le plus grand espace de liber­té (d’in­for­ma­tion, de pen­ser, de mou­ve­ment etc.) afin qu’ils puissent déve­lop­per leur créa­ti­vi­té, leur poten­tiel, leur connais­sance d’eux-même… déve­lop­per aus­si la notion de res­pon­sa­bi­li­té à l’é­gard de leur propre vie, de res­pon­sa­bi­li­té à l’é­gard de leurs actes, bref de leur per­mettre d’a­voir accès à ce dont ils ont besoin pour s’émanciper.

    Tout à fait d’accord.

    Je res­pecte de nom­breux aspects de votre pro­jet mais j’ai volon­tai­re­ment pris la posi­tion de mettre en avant ce qui pour­rait-être pour moi, les failles de celui-ci.

    C’est ce que nous dési­rons aus­si. Tant qu’il y a des argu­men­taires et non de la mau­vaise foi.

    Par contre, je ne trouve pas votre dis­cours très ouvert à la cri­tique ni vos réponses convain­cantes pour le moment.

    Le « truc », c’est que je ne cherche pas à vous convaincre, je cherche à déter­mi­ner où est la réa­li­té. Car seule la connais­sance de la réa­li­té per­met d’être en har­mo­nie, qu’importe alors si d’autres prennent un autre che­min que vous-même.

    ++Vous dites « Quels pou­voirs pour quelle corruption »
    Il semble que vous vous contre­di­siez-vous même

    gou­ver­ner = avoir du pouvoir++

    Oula­la… Alors je repose la ques­tion : « qui gou­verne dans le pro­jet voter AM » ?
    Ma réponse : Per­sonne à part la démo­cra­tie réelle.
    (votre réponse ?)

    « Quelle cor­rup­tion dans un sys­tème sans monnaie » ?
    A part le sexe (et encore, cela va dans un monde dont l’organisation moné­tiste pro­gramme les humains pour être « frus­trés » (et ain­si déclan­cher l’acte d’achat), mais dans un monde où les orga­ni­sa­teurs du mar­ché affiche la trans­pa­rence de leurs actes…)

    Quid de la corruption ?

    ++J’ai men­tion­né :
    Des sages repré­sen­tants s’ex­pri­mant à la place des autres
    « il n’y a pas de débat « entre sages ». Vous avez mépri­sé en sur­vo­lant nos pro­po­si­tions, et on est en train de par­ler pour rien. »
    Sur votre site est écrit concer­nant les sages élus :
    « les sages des dif­fé­rentes assem­blées peuvent se réunir en un lieu, cette réunion peut être retrans­mise à la télé, les sages peuvent res­ter en liai­sons avec leurs conci­toyens et, évi­dem­ment, les sages ne votent pas à la place des ctioyens (citoyens) »
    et que font-ils s’ils ne débattent pas, se conten­te­raient-ils de boire le café ?++

    Ce que vous avez décrit est le pas­sage décri­vant les moda­li­tés pour les déci­sions de grandes enver­gures. Autre­ment dit, les déci­sions qui concernent des masses énormes de citoyens, qui ne peuvent pas phy­si­que­ment être réunies en un seul lieu pour débattre ensemble. (si vous avez un temps soit peu orga­ni­sé des débats, vous devez savoir quel « bor­del » ça devient lorsqu’il y a 500 per­sonnes qui doivent déci­der d’un truc. Très vite, ce sont les « grandes gueules » qui prennent le pou­voir, et cela, nous n’en vou­lons pas. Voi­là pour­quoi il y a des « sages » qui col­lectent les dif­fé­rents points de vue, et ensuite, lorsque les argu­ments de cha­cun sont expo­sés (par une per­sonne neutre), le vote serein est possible.
    Et lorsque les déci­sions à prendre concernent de grandes masses impos­sibles à réunir en un seul lieu, les réunions de cha­cune des petites enti­tés se tiennent, les sages regroupent leurs argu­ments, et viennent les confron­ter aux autres groupes par l’intermédiaires des « réunions de sages » qui ne prennent aucune déci­sion, juste, per­mettent une expo­si­tion sereine des arguments.

    Où est la dic­ta­ture là dedans ???

    ++ « et qui donnent aus­si leur avis car eux aus­si sont des citoyens »
    Nous sommes bien d’ac­cord alors. Retrans­mis à la télé, pen­sez-vous qu’ils n’au­ront pas plus d’in­fluence qu’un simple citoyen ? Le moindre com­men­taire aura un impact considérable.++

    Les sages sont là pour trans­mettre des argu­ments sui­vant une déci­sion à prendre. Pour­quoi vou­lez-vous qu’ils pré­cisent : ça c’est l’idée d’un tel, ça c’est mon idée à moi, etc… ? Ce qui compte ce n’est pas « kikaou­vert sa gueule », ce qui compte c’est l’argumentation.

    Que pen­sez-vous de l’im­pact de la télé­vi­sion aujourd’hui ?

    Et que pen­sez-vous de l’impact actuel de la vidéo sur inter­net ? Que pen­sez-vous des vidéos de Fres­co que vous avez regar­dé ? Que pen­sez-vous des vidéos Zeit­gest avec tous leurs effets spé­ciaux ? Qui sait, vous avez peut être été hypnotisé ??!!!
    Bon, soyons sérieux, le son et l’image ont un impact, comme tout. L’important n’est pas l’impact, l’important est que ceux qui ne pensent pas pareil aient accès au même média. Ce qui n’est pas pos­sible dans un monde de mon­naie à cause de la concur­rence obli­gée (car si quelqu’un obtient un mar­ché, le concur­rent, lui, crève).

    ++ »<Cha­cun doit pou­voir expri­mer ses besoins par lui-même.> »
    « c’est ce que nous prônons. »
    et bien, JUSTEMENT NON puisque les sages auront ce rôle de représentants.++

    Ils sont les garants de l’expression des dif­fé­rents argu­ments, ils ne sont les repré­sen­tant de rien d’autre et n’ont aucun pou­voir de vote supé­rieur à qui que ce soit ! (à moins que pour vous, la défi­ni­tion de « repré­sen­tant » aille jusqu’à « une sommes d’arguments différents ! »)

    ++ « Robo­tique : vous n’avez pas expli­qué où vous pre­nez l’énergie néces­saire à 7 mil­liards de robots. »
    7 mil­liards de robots ??? je vous invite à vision­ner les vidéos pré­sen­tant le pro­jet Vénus, ain­si que d’autres sur les éner­gies libres, nou­velles et renou­ve­lables qui vous pour­rez trou­ver sur la toile, ce sera plus expli­cite que mon blabla.++

    Oui, 7 mil­liards de robots car pour vous, tout tra­vail est néfaste, donc il faut logi­que­ment que cha­cun puisse avoir son robot pour faire le « tra­vail » néces­saire à son bien être (faire la cui­sine, repas­ser, cou­cher les mômes, por­ter les com­mis­sions, etc, etc)

    ++ « Vous tra­ves­tis­sez le dis­cours de Claude bour­gui­gnon, c’est une honte »
    non, c’est bien ce qu’il dit. Par contre, je n’ai jamais dit qu’il n’y avait pas de moyen de leur redon­ner vie. Si ce n’é­tait pas pos­sible, le pro­jet Vénus ne serait pas viable non plus.++

    Vous avez dit que le pro­jet vénus ne pren­drait pas le fon­cier de terre agri­coles, or jus­te­ment, grâce à l’approche de Claude Bour­gui­gnon, même les terres exté­nuées par l’agriculture inten­sive pour­ront revivre.
    Alors… Qui dit n’importe quoi ? Le PV pren­dra bien des terres agricoles !

    Qui contrô­le­ra les statistiques ?

    Qu’appelez-vous « contrô­ler des statistiques » ?

    Qui exclu­ra ceux qui refusent le tra­vail for­cé (mais qui auront le choix entre vivre et mou­rir enfin sur­vive peut-être) ?

    Toi ne pas aimer appor­ter ton tra­vail aux autres ? Toi avoir le droit de te démer­der dans ton coin et faire ta civi­li­sa­tion avec tous les gars qui ne veulent pas tra­vailler ensemble ! (ça risque d’être drôle une réunion d’individualistes paranoïaques).
    Mais soyons sérieux, si un humain ne com­prend pas que seul, (ou rai­son­nant en égoïste) il ne peut pas faire grand-chose face aux dan­gers de la vie et que son inté­rêt est de par­ti­ci­per à la socié­té humaine, alors c’est que l’éducation qu’il a reçu est pour­rie. C’est donc la forme d’éducation qu’il faut remettre en cause, pas l’envie d’individualisme cau­sé par un manque de confiance en soi, en les autres.

    Les élus qui ont de l’in­fluence sur l’o­pi­nion publique ? Qui déci­de­ra de cela ?

    Les « élus », je sup­pose que tu parles des « sages » ?
    Chaque citoyen accorde une par­tie de sa confiance en une per­sonne qu’il juge « sage ». Ce « sage » est là pour veiller à ce que cha­cun puisse expri­mer son point de vue et ses argu­ments (et non défendre « un ou plu­sieurs arguments »).
    Mais évi­dem­ment, si un citoyen consi­dère que per­sonne ne mérite sa confiance car lui seul est apte à por­ter ses arguments…
    Je pré­cise évi­dem­ment que « le sage » est sou­mis à la trans­pa­rence totale quant aux argu­men­ta­tions dif­fé­rentes, autre­ment dit, un « sage » ne pour­ra pas « plan­quer » un argumentaire.

    Et pour répondre à « qui juge­ra qu’une per­sonne ne vou­lant pas appor­ter son tra­vail doit se démer­der tout seul »… Je réponds… La per­sonne elle-même ? Car per­sonne ne for­ce­ra qui­conque à « signer » son contrat de travail.

    Je ne suis pas para­noïaque mais je ne suis pas naïf non plus et j’ai­me­rais qu’on m’explique.

    Eton­nante oppo­si­tion entre « para­noïaque » et « naïf »… Vous avez vou­lu dire « je suis ni… ni… ».
    Soit, vous pou­vez l’affirmer.
    Mais la réalité… ?

    ++« Que le dieu Jacques Fres­co soit ras­su­ré, tout le monde s’en fout que vous pré­fé­riez un vête­ment bleu ou que vous pré­fé­riez tel ou tel spec­tacle culturel.
    Sauf les para­noïaques qui n’aiment pas les dif­fé­rences entre humains et qui veulent tout uni­for­mi­ser. Mais vous n’en faites pas partie ?! »
    Bien au contraire, on ne s’en fout pas du tout pour savoir ce qu’il faut pro­duire pour répondre aux besoins de chacun.++

    Heu… Vous par­lez de quoi là ?
    Je vous dis que « per­sonne ne peut vous impo­ser vos goûts car en fait, tout le monde s’en fout que vous ayez une pré­fé­rence pour « le vert » ou « le bleu ». »
    Alors évi­dem­ment, le « tout le monde s’en fout » est une réflexion de citoyen adulte à citoyen adulte et non d’utilisateur à pro­duc­teur de biens et ser­vices, mais ne me dites pas que vous n’aviez pas com­pris cette subtilité.

    ++Et même aujourd’­hui, dans la socié­té de consom­ma­tion moné­tiste, les stra­té­gies com­mer­ciales visent à connaître ou orien­ter vos pré­fé­rences pour savoir ce qui va être ven­dable afin de faire fonction</b>

    Oui, quitte à vous mas­sa­crer le cer­veau par la pub pour vous faire pré­fé­rer un modèle plus ren­table à pro­duire, qu’un modèle trop com­plexe et trop cher à pro­duire… Vive « la liber­té » mer­veilleuse, pro­cu­rée par l’utilisation de la mon­naie ! ;o)

    ++« Mer­ci à l’avenir d’argumenter sérieu­se­ment car en face, ils ne plai­santent pas »
    Que dire ? Je vous ren­voie le com­pli­ment, en espé­rant que ces réponses puissent être utiles.++

    Elles le sont, à condi­tion de se mettre un peu à la place de l’autre pour com­prendre son pro­pos, et ne pas jouer au « brise glace » qui marche ou qui crève (la pure­té étant une infa­mie intel­lec­tuelle car inexis­tante dans l’univers réel).
    Au plai­sir de lire une suite.

    @ Mor­phéus :

    trou­ver de l’énergie n’est pas « impos­sible », même si je suis bien inca­pable de savoir si les cal­culs expo­sés tiennent du rêve ou de la réalité.
    Mais ces « fou­tus » 7 mil­liards de robots, ils ne vont pas fonc­tion­ner avec une ral­longe élec­trique qui lui suit par­tout ?! Il fau­dra bien sto­ker cette énergie ?!
    Mais encore une fois, je ne suis pas contre le « rêve » de pro­jets futu­ristes. Je sais que le rêve est une part impor­tante de la psy­cho­lo­gie humaine. (je suis moi-même fan de SF).
    Mon pro­blème est : c’est aujourd’hui qu’il faut vivre, sur des bases réelles.
    Si le « mou­ve­ment per­pé­tuel existe », alors let’s go ! Fabri­quons ! Fer­mons un peu notre gueule et agis­sons par des actes !
    (je sais, beau­coup d’éléments pro­po­sés par le PV existent déjà, mais… Pas les prin­ci­paux. Deman­dez vous pour­quoi ce n’est pas déjà en construc­tion ? Et si ça dépend de la volon­té humaine, alors pour­quoi nous sommes encore assis sur notre chaise devant l’ordi ?)

    Ne fon­dons pas nos argu­men­taires sur « un jour, la lumière vien­dra et nous serons tous heu­reux ». Parce que c’est cela, le dis­cours des mani­pu­la­teurs et des manipulés.

    Réponse
  84. J.C

    @Morphéus

    Oui, tu as rai­son, cela peut créer un équi­libre pon­dé­ra­teur, cependant…

    En effet, j’ai trou­vé ce que tes obser­va­tions remar­quables puis en regar­dant la vidéo ça été comme une révé­la­tion pour moi. Je me suis même deman­dé si je ne venais pas de deve­nir anti-démo­crate d’un coups.

    Je vais essayer en quelques mots de mettre en avant un des types de fonc­tion­ne­ment auquel nous sommes conditionnés.
    en effet, en creu­sant un peu sur le prin­cipe du droit de punir les autres en échange de l’ac­cep­ta­tion d’être puni à son tour.
    Cela me rap­pelle du Orwell ; parce qu’on a le pou­voir de sou­mettre l’autre, on accepte de se sou­mettre soi-même. C’est la même chose avec le sys­tème moné­taire qui per­met de contraindre l’autre.
    « L’es­cla­vage c’est la liberté »

    Sous pré­texte d’é­ga­li­té, on tolère la ser­vi­tude avec la pro­messe de pou­voir asser­vir à son tours.
    Bien sur, je gros­sis inten­tion­nel­le­ment le trait mais dans le prin­cipe, ça pour­rait être vu ainsi.
    Le gou­rou serait le maître de séance ou le gar­dien qui per­pé­tue ce sys­tème, le prin­cipe même.

    Je suis pour la sou­ve­rai­ne­té indi­vi­duelle, le dévoi­le­ment de la connais­sance en soi-même.
    L’au­to­ri­té exté­rieure doit à mon sens être un moyen de se décou­vrir soi-même et non pas un jeu de pouvoir.
    Dans le cas que tu pré­sentes ici, il n’est pas ques­tion que de cela, il est ques­tion d’ap­pren­tis­sage mais aus­si d’ap­pren­tis­sage par la punis­sion ou la peur d’être puni.

    Je pré­fère une vision basée sur la sagesse, la connais­sance plu­tôt que sur un équi­libre ou une alter­nance des pou­voirs contraignants.
    C’est à dire, pré­ser­ver le droit de suivre ce que l’on pense juste et non pas ce que d’autre pense ou sou­haite pour nous.
    Si tu veux, j’en­vi­sage main­te­nant la démo­cra­tie comme le pou­voir ren­du au peuple pour que chaque indi­vi­du, chaque citoyen puisse choi­sir pour lui-même. Nul­le­ment que la somme des indi­vi­dus, la majo­ri­té de la popu­la­tion choi­sisse pour chaque individu.
    Voi­là ce que j’en­tends par « la dic­ta­ture de la majo­ri­té » ou par « Le groupe impose sa loi à l’in­di­vi­du » car même après débats, on peut voter des absurdités.

    Voi­là pour­quoi, je pense que nous n’a­vons pas besoin de gou­ver­ne­ment ni de hié­rar­chie car dans ce cas il s’a­git bien tou­jours d’une hié­rar­chie, une hié­rar­chie par le nombre.

    Je vais essayer d’être plus claire en don­nant une image illus­trant dif­fé­rents choix politiques.

    Soit 5 amis et 3 choix.

    Un des 5 amis pro­pose au 4 autres d’al­ler au cinéma.
    1er choix :
    les 5 amis dis­cutent et choi­sissent d’é­lire un des 5 amis qui choi­si­ra pour les autres et pen­dant ce temps là aucune autre pro­po­si­tion ne pour­ra être enten­du (c’est le sys­tème actuel), absurde non ?

    2eme choix :
    Les 5 amis dis­cutent et choi­sissent d’a­bor­der les choses de manière plus démo­cra­tique ce qu’il vont faire, 3 vou­draient aller au ciné­ma et 2 ne le sou­haitent pas. Ils se sont expri­mer démo­cra­ti­que­ment, la majo­ri­té l’emportant, ils iront au cinéma.

    3eme choix :
    Les 5 amis dis­cutent et choi­sissent d’a­bor­der les choses de manière à ce que cha­cun puisse s’ex­pri­mer démo­cra­ti­que­ment tout en res­pec­tant les choix indi­vi­duels, 3 vou­draient aller au ciné­ma et 2 ne le sou­haitent pas. Les 3 qui sou­haitent aller au ciné­ma iront au ciné­ma, les 2 qui ne sou­haitent pas aller au ciné­ma n’i­ront pas au cinéma.

    Ici, per­sonne n’im­pose rien aux autres, per­sonne ne force per­sonne. Cela me semble plus logique et plus respectueux.

    Les réponses ne sont tou­jours aus­si simple que celle là mais, je pense, qu’en pre­nant appui sur une approche scien­ti­fique qui vise à mettre au jours la meilleure réponse pos­sible, la plus satis­fai­sante pour cha­cun, on s’ac­cor­de­ra le droit de vivre dans socié­té beau­coup plus civilisée.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  85. Morpheus

    @ Marc

    Per­son­nel­le­ment, la notion de »sage« (notez bien l’u­sage de guille­mets inver­sés qui, dans la conven­tion usi­tée notam­ment sur ce blog signi­fie « j’at­tire votre atten­tion sur un mot piège, un mot au sens ambi­gu et/ou per­ver­ti »), la notion de sage, donc, me dérange assez fortement.

    Je ne crois pas qu’il y ait des « sages ». Je ne crois pas qu’on puisse défi­nir ce qu’est un sage. Sur quel(s) critère(s) défi­ni­rions-nous – nous qui ne le sommes pas (!) – qui est sage et qui ne l’est pas ? Le »sage« serait-il celui qui est dési­gné par un grand nombre de « non sages » ?

    On pour­rait dire qu’un sage doit avoir comme qua­li­té, par exemple, l’ob­jec­ti­vi­té. Pro­blème : dans un uni­vers inter­dé­pen­dant et par nature rela­tif, l’ob­jec­ti­vi­té n’existe pas. Nous sommes tous – tous sans excep­tion ! – sub­jec­tifs. Et heu­reu­se­ment, car une per­sonne non sub­jec­tive aurait de graves pro­blèmes de per­son­na­li­té – ou de trouble de la per­son­na­li­té (en psy­cho­lo­gie, on par­le­rait de défi­cit ou de défi­cience de la per­son­na). C’est le cas notam­ment de cer­taines formes de psy­choses. Donc, on peut déjà reje­ter le cri­tère de »sub­jec­ti­vi­té«.

    La »neu­tra­li­té«, alors ? Oui, c’est vrai, on peut être neutre sur pas mal de choses, notam­ment les choses qui … nous indif­fèrent (qui ne nous touchent pas). Mais tôt ou tard, il y a un sujet qui va sur­ve­nir et qui nous touche. Déci­dé­ment, pas convaincu.

    Bon, alors quoi ? L’hon­nê­te­té morale et intel­lec­tuelle ? Bon, d’ac­cord. Et com­ment éva­luent-on cette l’hon­nê­te­té ? Sur quels cri­tères de mora­li­té ? Les codes de mora­li­té sont issus de conven­tions sociales n’ayant que très rare­ment rap­port avec la réa­li­té natu­relle, et consti­tuent même sou­vent de véri­tables per­ver­sions au regard des besoins natu­rels. En prime, dans une socié­té mul­ti­cul­tu­relle, les codes des uns s’op­posent sou­vent aux codes des autres.

    Par exemple, moi je suis pour qu’on auto­rise à qui veut de se bala­der à poil : la nature nous a créé comme cela, je ne vois pas ce que la honte (= pudeur) à avoir là dedans ; il n’y a donc aucun »atten­tat à la pudeur« à se bala­der nu en public. Vous en dites quoi ? Et votre voi­sin chré­tien, il en dit quoi, lui ? Et le musul­man de la rue d’à côté, il est d’ac­cord avec ce principe ?

    Reste l’hon­nê­te­té intel­lec­tuelle. Mais encore une fois, comme nous avons tous un par­cours de vie dif­fé­rent, et une per­cep­tion du monde dif­fé­rente des autres, ce qui est intel­lec­tuel­le­ment hon­nête pour l’un risque de ne pas l’être pour un autre. On est pas rendu.

    Cette idée d’é­lire des »sages« revient à élire des »repré­sen­tants«. Certes, dans le pro­jet que vous pré­sen­tez, ils n’ont pas du tout le même rôle que dans nos gou­ver­ne­ments pré­ten­du­ment repré­sen­ta­tifs, cela je vous l’ac­corde. Selon ce que j’en com­prends, ils récoltent les idées et opi­nions de l’as­sem­blée des citoyens, ils résument et syn­thé­tisent ces idées et opi­nions, puis ils les pré­sentent sous forme de dif­fé­rentes options qui pour­ront être votées ou reje­tées par l’as­sem­blée (dites-moi si je me trompe). Si c’est le cas, leur rôle est très impor­tant, et c’est une fonc­tion cru­ciale qui peut être bien faite ou mal faite. Il est donc néces­saire de s’as­su­rer que ces »sages« rem­plissent bien le rôle que l’on attend d’eux. Or, pour cela, seules les mesures de contrôle déjà éla­bo­rées notam­ment dans la démo­cra­tie athé­nienne, sont effi­caces : man­dats courts et non renou­ve­lable, man­dats impé­ra­tifs, red­di­tion des comptes pen­dant et après le man­dat avec pos­si­bi­li­té de révo­ca­tion en cours de mandat.

    Je ne vois pas trop de dif­fé­rence, donc, entre ce que vous appe­lez des sages, et ce que les athé­niens appe­laient des magis­trats. La solu­tion que vous pro­po­sez n’est pas inin­té­res­sante, sauf que je lui pré­fère – et de loin – l’op­tion du tirage au sort. C’est en for­geant que l’on devient for­ge­ron ; c’est en étant man­da­té pour être sage que l’on devient sage. Et dans cette optique, pour obte­nir une stricte éga­li­té dans les faits, seul le tirage au sort est fonc­tion­nel­le­ment, mathé­ma­ti­que­ment et rigou­reu­se­ment neutre et éga­li­taire. Et seules les mesures de contrôle citoyens peuvent garan­tir toutes les ver­tus que nous atten­dons de tous les magis­trats, sages, élus, repré­sen­tants, schtroumpfs bar­bus, etc.

    Donc, sur ce point spé­ci­fique du pro­jet, je n’adhère pas. Pour être plus pré­cis, je n’adhère pas au terme « sage », et je n’adhère pas au pro­cé­dé de dési­gna­tion (par élec­tion) de ces dits « sages ». Je pour­rais, en revanche, être plus favo­rable en trou­vant une autre appel­la­tion et en sub­sti­tuant la vota­tion par le tirage au sort.

    Cela étant, Marc, notez bien que ceci n’est que l’ex­po­sé de mon opi­nion sur ce point pré­cis. Je n’o­blige per­sonne à la par­ta­ger, et je n’é­met pas cette opi­nion dans le but de « cas­ser » votre pro­jet. J’es­père que vous ne le pren­drez pas comme cela, car ce n’est nul­le­ment mon but.

    Cor­dia­le­ment,

    Mor­pheus

    Réponse
  86. Morpheus

    @ J.C

    D’ac­cord, J.C, je vois ce que tu veux dire 😉

    Force est de consta­ter que le fil de la dis­cus­sion nous a mené dans un débat phi­lo­so­phique qui traite, en fin de compte, du rap­port humain à lui-même ET du rap­port humain avec les autres. L’é­ter­nel débat du hia­tus entre « moi et les autres ».

    Un bébé qui vient de naître ne per­çoit pas le monde qui l’en­toure comme sépa­ré de lui. Il ne fait pas la dif­fé­rence entre « les autres » et « lui ». La seule chose qu’il sait, c’est si ses besoins de base sont satis­faits ou non. Et il a une très bonne manière de se faire entendre lors­qu’il n’est pas satis­fait ! En gran­dis­sant, bébé découvre (dépi­té) que le monde qui l’en­toure ne lui obéit pas tou­jours comme il le vou­drait. Que par­fois, ses besoins ne sont pas ren­con­tré. Qu’il arrive que le monde, autour de lui, s’op­pose à ses désirs.

    Bébé gran­dit et devient un enfant, et l’en­fant découvre qu’il y a lui et les autres. Il n’a pas encore une bonne notion de ce « lui », ni même des « autres », mais au fur et à mesure, il apprend cer­tains codes, cer­taines façon d’ob­te­nir ce qu’il veut. Ain­si se forment pro­gres­si­ve­ment les rela­tions sociales, sou­vent faites, hélas, de rap­ports de force (y com­pris, et en pre­mier, au sein du noyau familial).

    Nous sommes donc des indi­vi­dus en quête de nous-même – donc des indi­vi­dus incom­plets – évo­luant dans un monde consti­tué d’autres indi­vi­dus incom­plets en quête d’eux-même. Or, curieu­se­ment, l’i­mage que nous avons de nous-même se construit essen­tiel­le­ment à tra­vers le regard des autres. Les autres ont donc un pou­voir sur nous. Et nous en avons un sur eux. Mais comme les autres sont plusieurs …

    Tout est donc une ques­tion de regard. Mais aus­si d’é­mo­tions, de sen­sa­tions, de sen­ti­ments, et tout ce qui va avec. Évidemment.

    La vie en com­mun, la vie en socié­té, est un consen­sus. Un juste milieu entre « moi » et « les autres ». Mais la vie en com­mun peut aus­si être un com­pro­mis : une com­pro­mis­sion due à des rap­ports de force. Cela étant, il n’y a pas de « moi » sans les autres, donc pas de « moi » sans la socié­té. Nous dépen­dons les uns des autres, et cela en dépit du fait que les autres n’ont pas for­cé­ment les mêmes aspi­ra­tions que « moi ».

    Par consé­quent, ce qui me semble le plus sou­hai­table, c’est le consen­sus dans un cadre qui écarte le plus pos­sible – voir éli­mine (si pos­sible) les rap­ports de force : un cadre éga­li­taire, hori­zon­tal, sans hié­rar­chie. Et la démo­cra­tie (la vraie) me semble être une bonne option. Un bon équi­libre entre « moi » et « les autres ».

    Cela étant, lorsque tu regardes les enfants de Sum­me­rhill, n’ou­blies pas qu’il s’a­git d’en­fants en train d’ap­prendre et de décou­vrir tout cela 😉

    Ami­ca­le­ment,

    Mor­pheus

    Réponse
  87. Catherine B

    Un cadre qui écarte le plus pos­sible – voir éli­mine (si pos­sible) les rap­ports de force dis-tu Mor­pheus, et bien c’est tout sim­ple­ment impos­sible, car la vie n’est que force et rap­port de force et qu’

    une vie sans rap­port de force c’est une mort qui s’ins­talle, une vie qui s’évanouit.

    Et ça nous conduit à l’ir­ré­duc­ti­bi­li­té de ce mot démo­cra­tie qui s’il se lit à la lettre conduit à la confusion.

    Il est para­doxe ce mot et c’est toute sa beauté.

    Pour­quoi ?

    Parce qu’il appar­tient à un autre ordre que le nôtre et pour­tant cherche à pas­ser dans notre ordre, notre canal social et per­son­nel, notre ordre exis­ten­tiel, et c’est là toute la difficulté.

    il cherche à se dire, se sen­tir, s’é­prou­ver, se goû­ter avec des lois et des concepts dif­fé­rents des nôtres d’où les hia­tus sur les­quels nous ne ces­sons de nous écorcher.

    Aus­si plus que de savoir ce qu’il est, nous ne le savons pas, et ne le sau­rons avec cer­ti­tude que lorsque nous l’au­rons atteint ce qui n’ar­ri­ve­ra jamais,observons les bévues, les tra­que­nards dans les­quels nous tom­bons et là peut-être ouvri­rons-nous quelque chose de son mes­sage, c’est là que la parole se donne à entendre je crois.

    La sagesse est dans la lec­ture, l’ac­cueil de la non-sagesse qui elle n’at­tend pas pour se vivre car nous la vivons tous les jours.

    C’est donc un ter­reau riche de limons fer­tiles si peu que nous le vou­lions et accep­tions de nous voir enfin avec tous nos couacs.

    Est fort celui qui accepte sa fai­blesse, et bizar­re­ment c’est parce qu’on acquiesce à elle que quelque chose se délie et que l’on com­prend pos­si­ble­ment mieux ce qui nous arrive. Peut-être bien parce qu’a­lors des murs sont tom­bés et nous ont ren­du dis­po­nible à ce qui passe et la vacance d’un espace fait que le souffle peut vivi­fier possiblement !

    Réponse
  88. J.C

    @ Marc

    Je ne suis pas convain­cu de la bonne foi de vos argu­ments mais je vais tout de même prendre la peine d’y répondre.

    Si vous pen­sez qu’un sys­tème repré­sen­ta­tif est une démo­cra­tie, c’est que vous n’a­vez pas encore pris connais­sance des tra­vaux d’E­tienne sur le sujet.

    « Les sages sont là pour trans­mettre des argu­ments sui­vant une déci­sion à prendre. Pour­quoi vou­lez-vous qu’ils pré­cisent : ça c’est l’idée d’un tel, ça c’est mon idée à moi, etc… ? »

    Si vous ne voyez pas, dans votre sys­tème, l’im­por­tance pour des repré­sen­tants d’ex­po­ser les idées de ceux qu’ils repré­sentent plu­tôt que leur propres idées.
    Si vous ne voyez pas non plus la dif­fé­rence entre les idées des per­sonnes repré­sen­tées et les idées per­son­nelles des repré­sen­tants, cela signi­fie que vous ne faîtes pas de dif­fé­rence entre l’hon­nê­te­té et la manipulation.

    « L’important n’est pas l’impact, l’important est que ceux qui ne pensent pas pareil aient accès au même média »

    C’est exac­te­ment ce que n’au­raient pas les citoyens de votre sys­tème puis­qu’ils seraient trop nom­breux mais que, par contre, les « sages » élus auraient le pri­vi­lège de détenir.

    Quand à la ques­tion de l’im­pact, lorsque l’on passe à la télé sur les chaînes natio­nales, les argu­ments qui y sont expo­sés ont un poids incom­pa­rable sur l’o­pi­nion public à celui d’un simple citoyen qui res­tent ano­nyme et ne touche que très peu de personne.
    Mais si pour vous cet impact n’a pas d’im­por­tance sur l’o­pi­nion public, c’est que les médias n’ont aucune utilité.

    « Oui, 7 mil­liards de robots car pour vous, tout tra­vail est néfaste, donc il faut logi­que­ment que cha­cun puisse avoir son robot pour faire le « tra­vail » néces­saire à son bien être (faire la cui­sine, repas­ser, cou­cher les mômes, por­ter les com­mis­sions, etc, etc) »

    Cer­taines machines peuvent pro­duire 1000 ou 10 000 fois plus que ne le ferait un homme, il n’est donc pas néces­saire, d’a­voir autant de machine ou de robot que d’être humain.
    D’autre part, un grand nombre de tech­no­lo­gies faci­li­tant la vie quo­ti­dienne existe déjà mais elles ne sont pas ren­dus dis­po­nibles actuel­le­ment par ce qu’elle ne sont pas ren­table (bien qu’é­co­lo­gi­que­ment viable).

    « Le PV pren­dra bien des terres agricoles ! »

    Oui, pour les faire revivre.

    « Qu’appelez-vous « contrô­ler des statistiques » ? »

    Gérer les sta­tis­tiques, en faire quelques choses. Qui en aura la charge ?

    « Et pour répondre à « qui juge­ra qu’une per­sonne ne vou­lant pas appor­ter son tra­vail doit se démer­der tout seul »… Je réponds… La per­sonne elle-même ? Car per­sonne ne for­ce­ra qui­conque à « signer » son contrat de travail. »

    Qui empê­che­ra a quel­qu’un qui a refu­sé de signer son contrat de tra­vail d’ac­cé­der à la nourriture.
    La police ?

    « tout le monde s’en fout que vous ayez une pré­fé­rence pour « le vert » ou « le bleu ». » Alors évi­dem­ment, le « tout le monde s’en fout » est une réflexion de citoyen adulte à citoyen adulte et non d’utilisateur à pro­duc­teur de biens et ser­vices, mais ne me dites pas que vous n’aviez pas com­pris cette subtilité. « 

    Ceci était en rap­port avec les sta­tis­tiques concer­nant l’en­semble de nos acti­vi­tés. A quoi
    bon des sta­tis­tiques si tout le monde s’en fou ? Évi­dem­ment qu’il s’a­git de la ges­tion du tra­vail, de la dis­tri­bu­tion des biens etc. j’i­ma­gine bien que la per­sonne qui vit dans la ville d’à côté et que je n’ai jamais croi­sé ne se pré­oc­cupe pas spé­cia­le­ment de mes préférences.

    @ Mor­phéus

    Je pense que la notion de soi et d’au­trui est conco­mi­tant à la per­cep­tion. Je ne déve­lop­pe­rais pas ce point ici car ça nous mène­rait trop loin.

    Je vou­drais juste dire qu’es­sayer des dépas­ser les contraintes qui nous empri­sonnes et ten­ter d’a­mé­lio­rer sage­ment notre condi­tion est la voie de la liberté

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  89. J.C

    Une éco­no­mie basée sur les res­sources ne peut fonc­tion­ner que s’il y a abondance.
    À l’heure actuelle, reve­nir à un sys­tème de pro­duc­tion pure­ment humain ne suf­fi­rait pas sub­ve­nir aux besoins de tous.
    Voi­là une vidéo (ver­sion fran­çaise) qui résume le pro­jet Vénus en pré­sen­tant ce que pour­rait-être le futur (proche ?)

    http://​www​.you​tube​.com/​u​s​e​r​/​T​V​P​A​c​t​i​v​i​s​m​F​r​a​n​c​e​?​f​e​a​t​u​r​e​=​w​a​tch

    bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  90. Marc

    @ mor­phéus :

    J’ai com­pris vos remarques sur « les sages » mais je ne com­prends pas votre achar­ne­ment sur « la non neu­tra­li­té » et sur­tout le « représentant »…
    Alors pour clore ce débat sans but (sans but car depuis le début on ne parle pas de la même chose), et puisque vous aimez la tech­no­lo­gie (humour), ima­gi­nez un trai­te­ment de texte où chaque citoyen peut ins­crire ses argu­men­taires face à une déci­sion à prendre.
    Et mon­trer la somme de tous les argu­men­taires à l’as­sem­blée avant de voter.
    Voilà.
    Ce trai­te­ment de texte est « le rôle du sage ».
    Rien de plus, rien de moins.
    Quant au terme du « magis­trat », je ne connais pas de « magis­trat » que l’on peut révo­quer dès que les citoyens décèlent une quel­conque mal­ver­sa­tion, ou n’ayant aucun pou­voir déci­sion­naire. par consé­quent, un « sage » ne sera jamais un « magistrat ».

    Pour le reste, j’ap­pré­cie comme d’ha­bi­tude votre bien­veillance, vos argu­men­taires, votre état d’es­prit dans la discussion.
    (il n’y a pas d’ironie)
    🙂

    @ Cathe­rine B :

    Ha la remise en ques­tion et l’ac­cep­ta­tion de ses fai­blesses… Tout un programme ! 🙂
    (Qui n’a pas sa place dans un monde cher­chant la per­fec­tion, oubliant que per­fec­tion et har­mo­nie, ce n’est pas pareil.
    La per­fec­tion est une pure uto­pie (car le niveau d’exi­gence abso­lu ne peut être défi­ni). Quant à l’har­mo­nie, elle existe dès que 2 per­sonnes s’ac­cordent sur la valeur des mots qu’elles emploient, et qu’elles cherchent la réa­li­té plu­tôt que la vérité.)
    L’har­mo­nie n’est pas tou­jours évi­dente, mais elle l’est beau­coup plus que « la quête de la perfection ».

    @ JC :

    Je deman­dais « Qu’appelez-vous « contrô­ler des statistiques » ? »
    Vous répon­dez : Gérer les sta­tis­tiques, en faire quelques choses. Qui en aura la charge ?

    Les ges­tion­naires du marché.

    Comme pour le pro­jet Vénus.
    Si quel­qu’un a le tra­vail d’ac­cor­der du mieux qu’il peut les res­sources et les besoins, c’est sûr qu’il a « le pou­voir de pas­ser pour un inca­pable » si le mar­ché est dés­équi­li­bré, mais pour le reste, je ne redoute pas ce « pouvoir ».

    Vous dites : Une éco­no­mie basée sur les res­sources ne peut fonc­tion­ner que s’il y a abondance.

    Je suis par­fai­te­ment d’ac­cord. S’il y a pénu­rie, il y a source poten­tielle de cor­rup­tion, et ça, c’est la fin des haricots !

    Vous dites : reve­nir à un sys­tème de pro­duc­tion pure­ment humain ne suf­fi­rait pas sub­ve­nir aux besoins de tous.

    Qui a pro­po­sé cela ? En tous cas pas moi ni les per­sonnes qui sou­tiennent VOTER AM.
    Lorsque je me suis moqué des 7 mil­liards de robots (idéal pour ne pas avoir à trop fati­guer), c’é­tait juste pour vous rap­pe­ler qu’il faut de l’éner­gie, l’éner­gie élec­trique de source renou­ve­lable est l’une des meilleures, mais cela génère des pro­blèmes de sto­ckage, des pro­blèmes liées aux ondes, des pro­blèmes d’u­sure du maté­riel, et il est peut être plus intel­li­gent de pro­mou­voir « la sobrié­té volon­taire » et un peu de tra­vail de la part de cha­cun d’entre nous, plu­tôt que de pro­mettre une socié­té sans limite alors que la pla­nète a des limites.

    Réponse
  91. J.C

    @ Marc

    Bon, nous sommes d’ac­cord sur un cer­tain nombre de points, c’est déjà ça.

    Pour ce qui est – des ges­tion­naires du mar­ché -, com­ment les contrô­le­ra-t-on concrè­te­ment et qui les contrô­le­ra (sur­veille­ra) ?

    « l’éner­gie élec­trique de source renou­ve­lable est l’une des meilleures, mais cela génère des pro­blèmes de sto­ckage, des pro­blèmes liées aux ondes, des pro­blèmes d’u­sure du maté­riel, et il est peut être plus intel­li­gent de pro­mou­voir « la sobrié­té volon­taire » et un peu de tra­vail de la part de cha­cun d’entre nous, plu­tôt que de pro­mettre une socié­té sans limite alors que la pla­nète a des limites. »

    L’é­co­no­mie basée sur les res­sources tient compte des quan­ti­tés de res­sources disponibles.

    À dire vrai, je ne crois pas que le pro­blème se pose en terme de sobrié­té mais plu­tôt en terme d’efficacité.

    Gar­dons à l’es­prit que nous voyons for­cé­ment les choses au tra­vers de la socié­té « moné­tiste » dans laquelle nous vivons.

    J’en­tends par là que l’u­ti­li­sa­tion des pro­grès tech­niques est d’a­bord orien­tée vers le pro­fit éco­no­mique à court terme (en tous cas, c’est ce qui semble transparaître).

    Puisque tout le sys­tème prend appui sur la néces­si­té de pénu­rie, tout ce qui est pro­duit doit per­mettre de déga­ger le maxi­mum d’argent, pour cela, il ne doit être ni durable ni abon­dant et doit engen­drer tou­jours plus de consom­ma­tion (et ce dans dif­fé­rent domaines).

    Pour­tant, la tech­no­lo­gie per­met­tant d’as­su­rer la dura­bi­li­té, l’au­to­no­mie éner­gé­tique et l’a­bon­dance est déjà au point. Il s’a­git donc sim­ple­ment d’une ques­tion de choix, de stra­té­gie, d’ob­jec­tif et non de capacité.

    Ici, une courte vidéo sur la tech­no­cra­tie expo­sant les jour­nées de 4h de travail.

    Est-ce ce genre de fonc­tion­ne­ment qui est envi­sa­gé par votre collectif ?

    http://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​0​f​E​O​M​w​z​P​c​V​I​&​f​e​a​t​u​r​e​=​r​e​l​mfu

    Ce pro­jet pré­sen­té au début des années 80 (semble-t-il) était des­ti­né à l’A­mé­rique du nord.

    Les autres vidéos de ce pro­jet sont par­ti­cu­liè­re­ment inté­res­santes en ce sens quelles per­mettent de sai­sir l’a­na­lyse glo­bale du pro­ces­sus éco­no­mique tel que conçu par les technocrates.

    Puis une vidéo de Jacques Fres­co par­lant de la technocratie :
    http://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​8​H​E​I​_​7​0​J​lUc

    et pour ter­mi­ner, une courte vidéo mon­trant plus en détail com­ment seraient construite les villes dans le pro­jet Vénus :

    http://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​7​h​k​G​b​p​f​O​v​L​E​&​f​e​a​t​u​r​e​=​r​e​l​mfu

    Dans une socié­té sans mon­naie, la plu­part des acti­vi­tés liées à la mon­naie vont disparaître.

    Sans limi­ta­tion moné­taire, nos capa­ci­tés tech­niques seront libérées.

    Aujourd’­hui, déjà, le tra­vail dis­pa­raît à grande vitesse et puis tout le monde n’a pas les mêmes qualifications.

    Autre­ment dit, dans une socié­té sans mon­naie, il n’y a aura pas de tra­vail pour tout le monde, même en petite quan­ti­té, et ce très rapidement.

    Ce qui me pousse à conclure que l’i­déo­lo­gie du par­tage du tra­vail (obli­ga­toire) est dépas­sée et inadap­tée à une civi­li­sa­tion sans mon­naie compte tenu des condi­tions aux­quelles nous fai­sons face (démo­gra­phie, pol­lu­tion, par­tage des res­sources, moyens de pro­duc­tion, pro­duc­ti­vi­té, etc.)

    Mais reve­nons-en à la démocratie :

    J’ai trou­vé la chose sui­vante dans le dic­tion­naire. 1ère par­tie de la définition :
    démo­cra­tie :
    Régime poli­tique dans lequel le peuple exerce sa sou­ve­rai­ne­té lui-même, sans l’in­ter­mé­diaire d’un organe représentatif.

    Voi­là ce qui me semble être la véri­table défi­ni­tion de la démocratie.
    la démo­cra­tie ne consiste pas, selon moi, à se faire gou­ver­ner, mais à gouverner.

    Je vais citer Étienne :

    « si la démo­cra­tie c’est le pou­voir du peuple par le peuple pour le peuple, alors la repré­sen­ta­tion (qui prend le pou­voir au peuple pour le don­ner à des repré­sen­tants) consiste, PAR DÉFINITION, à RENONCER à la démocratie.

    Autre­ment dit, l’ex­pres­sion « démo­cra­tie repré­sen­ta­tive » est un OXYMORE, un assem­blage de mots contra­dic­toires, une erreur pour les gens de bonne foi qui ne réa­lisent pas les ravages de cette contra­dic­tion, et une ESCROQUERIE pour ceux qui le savent et qui s’en servent pour prendre le pou­voir eux-mêmes.

    ON NE PEUT PAS DIRE UNE CHOSE ET SON CONTRAIRE.
    IL FAUT CHOISIR :
    – SOIT LA DÉMOCRATIE,
    – SOIT LE GOUVERNEMENT REPRÉSENTATIF. »

    la suite ici : http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​f​o​r​u​m​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​2​0​1​1​/​0​5​/​3​0​/​1​2​7​-​l​e​-​t​i​r​a​g​e​-​a​u​-​s​o​r​t​-​c​o​m​m​e​-​b​o​m​b​e​-​p​o​l​i​t​i​q​u​e​m​e​n​t​-​d​u​r​a​b​l​e​-​c​o​n​t​r​e​-​l​-​o​l​i​g​a​r​c​h​i​e​-​l​a​-​v​i​d​e​o​#​c​4​555

    Évi­dem­ment, cette cri­tique concerne nos ins­ti­tu­tions et vos pro­po­si­tions ont l’air bien moins ter­rible à 1ere vue. Cepen­dant, la repré­sen­ta­tion est par nature anti­dé­mo­cra­tique car les repré­sen­tants s’ex­priment à la place du peuple. Dans le cas ou ces repré­sen­tants se conten­te­raient de véhi­cu­ler stric­te­ment les posi­tions du peuple, ils ne seront jamais par­fai­te­ment neutre, jamais autant qu’un trai­te­ment infor­ma­ti­sé de l’in­for­ma­tion bien conçu qui lui ne repré­sente pas le peuple.

    On pour­rait, par exemple, consi­dé­rer l’u­sage de l’in­for­ma­tique de 2 manières :

    1) L’in­for­ma­tique se conten­te­rait de trai­té l’en­semble des posi­tions citoyennes afin de four­nir aux dif­fé­rentes assem­blées popu­laires une infor­ma­tion claire et chif­frée concer­nant les posi­tions idéo­lo­giques de l’en­semble des citoyens.

    2) L’in­for­ma­tique trai­te­rait les dif­fé­rents para­mètres de chaque situa­tion afin d’y appor­ter la ou les meilleures réponses.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  92. catherine b

    Avant de les accep­ter ses fai­blesses Marc, il faut déjà les voir, et au royaume des aveugles les borgnes sont rois, donc, y’a du bou­lot, et là, je parle d’a­bord de moi.

    Ensuite pour ce qui est de la per­fec­tion, deux mots.

    La per­fec­tion sans limite, je ne la sou­haite pas vrai­ment, car je crois qu’a­lors cette per­fec­tion ‑là s’ap­pa­rente à la mort. Une homo­gé­néi­sa­tion qui n’a rien d’en­viable de mon point de vue.

    En revanche, la per­fec­tion avec la pers­pec­tive de Spi­no­za, c’est mieux, car que dit-il Baruch ?

    Il dit : Est par­fait ce qui dans une réa­li­sa­tion concrète(acte) cor­res­pond aux plans(idée) que j’en avais faits.

    Exemple, je fais le plan d’une mai­son, la construc­tion de ma mai­son cor­res­pond au plan, alors cette mai­son est par­faite au regard des plans.

    Mais je dois dire que cette idée d’u-topie, d’un autre topos pas encore adve­nu me plaît et je crois aus­si que sans rêve aus­si uto­pique semble-t-il être, l’homme perd son âme.

    Il faut croire à l’im­pos­sible et la seule façon pour qu’il ne se concré­tise pas c’est déjà de ne pas croire en lui et donc d’en­ter­rer vivant tous les germes de son pos­sible avènement.

    Je crois qu’on est d’ac­cord là-des­sus. Ce sont les mots qui nous jouent des tours pendables !

    Réponse
  93. Morpheus

    A pro­pos de perfection :

    C’est dans l’im­par­fait qu’il y a mys­tère, parce que d’où sau­rions-nous que quelque chose est impar­fait ? D’où ? Si ce n’est parce qu’il nous est don­né de recon­naître la per­fec­tion. A quoi la mesu­rons-nous ? Quelle est notre mesure ? L’im­par­fait reflète la per­fec­tion. Pour­quoi ? Parce qu’en étant par­fait, une chose est figée. Elle est morte (bien vu Cathe­rine). Tan­dis qu’une chose impar­faite implique une dyna­mique. L’im­par­fait, c’est la Vie. Et la Vie est … par­faite. Appre­nons à per­ce­voir toute la per­fec­tion qu’il y a dans l’imparfait.

    C’é­tait la pen­sée phi­lo­so­phique du jour 😉

    Mor­pheus

    Réponse
  94. Marc

    Bon­jour,

    trop de com­men­taires tuent les com­men­taires, alors j’ai hési­té à remettre une couche, mais bon, réac­tions courtes face aux vidéos :


    la tech­no­cra­tie.
    Mais c’est quoi ce cau­che­mar ??? Une socié­té qui tra­vaille 24 h sur 24, pas de longues vacances, etc…
    Non vrai­ment, ça ne donne pas envie.


    Ce mon­sieur Fres­co est vrai­ment américain !
    Tout conti­nue à se faire en voiture…
    Tout est fait en alu­mi­nium (on sait main­te­nant que l’a­lu­mi­nium est un poi­son pour les neu­rones et c’est éga­le­ment très pol­luant à pro­duire l’aluminium !)
    Et on ne parle pas des nano­tech­no­lo­gies avec des robots qui se reforment à volonté…
    Un vrai cau­che­mar incon­trô­lable ! (va débran­cher un truc qui ne se voit pas à l’œil nu !)

    En film, je vous conseille de voir Wall‑E (le des­sin ani­mé). Il montre bien où fini une civi­li­sa­tion robo­ti­sée. (et pour info, « il était une fois l’homme », série géniale de mon enfance, avait éga­le­ment un épi­sode sur « la civi­li­sa­tion robot » où il n’y avait fina­le­ment plus d’hu­main car « c’é­tait trop dur de vivre ». (appre­nons l’é­qui­libre plu­tôt que la per­fec­tion, entre trop tra­vailler et ne plus tra­vailler, il y a sur­ement un équi­libre à trouver).

    Pour info, une ren­contre des « post-moné­taires » va être orga­ni­sée pro­chai­ne­ment à Lyon, si vous vou­lez des infos sur cet évé­ne­ment, si vous vou­lez par­ti­ci­per, ins­cri­vez-vous sur notre mai­ling liste.

    Nous abor­de­rons la par­tie « concrète » car le bara­tin, ça flatte cer­tains égos de sur­face, mais agir, c’est plus gra­ti­fiant en profondeur.
    Sûr ce, au plai­sir de nous ren­con­trer dans le monde réel. :o)

    Marc

    Réponse
  95. Ana Sailland

    « ren­contre des « post-moné­taires » à Lyon »

    Un lien ?

    Réponse
  96. J.C

    Tant qu’il y aura des gou­ver­nants, il y aura des gou­ver­nés, il y aura des esclaves.

    gou­ver­nants = gou­ver­nés = sou­mis­sion = esclaves

    Réduire les acti­vi­tés humaines à l’ob­jec­tif d’ob­te­nir tou­jours plus d’argent plu­tôt que l’a­mé­lio­ra­tion glo­bale des condi­tions d’exis­tence et l’é­pa­nouis­se­ment de cha­cun est une vision de socié­té féo­dale fon­dé sur la servitude.

    Une civi­li­sa­tion ou tout les indi­vi­dus béné­fi­cient des moyens de sub­sis­tances qui leurs sont néces­saires et qui par­ti­cipent libre­ment à l’é­vo­lu­tion de la socié­té par leurs choix et leurs créa­ti­vi­tés est une vraie civilisation.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  97. J.C

    Et si LA CAUSE DES CAUSES n’é­tait pas la consti­tu­tion mais l’argent ?

    Je résume et je déve­lop­pe­rais si besoin :

    l’u­ti­li­sa­tion du sys­tème moné­taire engendre l’i­né­ga­li­té éco­no­mique entre individus.
    L’i­né­ga­li­té éco­no­mique entraîne l’i­né­ga­li­té poli­tique, l’i­né­ga­li­té poli­tique débouche à terme sur une oli­gar­chie (pou­voir éco­no­mique et poli­tique) et la réécri­ture de la consti­tu­tion par celle-ci, en sa faveur.

    Etienne, des objections ?

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  98. Étienne

    @ JC :

    Il me semble que la cause des causes est en nous : c’est notre négli­gence, notre incons­cience, notre indif­fé­rence, sur deux sujets : 

    du DROIT (idée géniale qui nous per­met­trait de pro­té­ger les 99% contre les 1% les plus forts, SI les 99% n’a­ban­don­naient pas son écri­ture pré­ci­sé­ment aux 1% qui devraient le craindre) ; 

    et, effec­ti­ve­ment, de la MONNAIE (idée géniale qui nous per­met­trait de garan­tir une cer­taine pros­pé­ri­té pour 100% si 99% n’a­ban­don­naient pas la concep­tion, la créa­tion et la dis­tri­bu­tion de cette mon­naie à 1%, ren­dus com­plè­te­ment aso­ciaux par ce pou­voir excessif), 

    c’est notre propre dés­in­té­rêt pour nos meilleurs outils (l’un poli­tique, l’autre éco­no­mique), donc, qui (jus­qu’i­ci) explique le mieux nos misères. AMHA. 

    La Boé­tie, décidément.

    Étienne.

    Réponse
  99. sitouaillain

    j’ai lu ce fil inté­res­sant, Mor­phéus dit ce pour­quoi je me bats : « l’a­nar­chie (l’ab­sence de pou­voir cen­tra­li­sé) va de pair avec la démo­cra­tie (le pou­voir de tous). On pour­rait sans doute ajou­ter, pour être plus pré­cis, que l’a­nar­chie sans démo­cra­tie mène à l’a­no­mie, et que la démo­cra­tie sans anar­chie, mène à l’oligarchie. »

    le fait est que c’est un hori­zon de prin­cipes, qui ne défi­nit pas a prio­ri nos manières de vivre et d’in­te­ra­gir ensemble,

    du coup, Fres­co et sa secte ont selon moi le droit d’oc­cu­per un espace et d’y vivre comme bon leur semble, qu’ils cherchent à m’im­po­ser quoi que ce soit et je n’hé­si­te­rai pas moi-même à faire usage de la tech­no­lo­gie dans ses aspects les moins fun..

    sans aucun doute, l’ins­pi­ra­tion est noble, les pistes inté­res­santes, mais suivre le plan pré­dé­fi­ni serait cauchemardesque,

    ce n’est pas la même chose que les habi­tants d’un bidon­ville décident ensemble de trans­for­mer leur lieu de vie et que des fana­tiques de Le Cor­bu­sier leur construise des habi­tats ration­nel­le­ment ima­gi­nés sans eux…ce genre d’u­to­pie, on en subit les conséquences…

    « Par consé­quent, ce qui me semble le plus sou­hai­table, c’est le consen­sus dans un cadre qui écarte le plus pos­sible – voir éli­mine (si pos­sible) les rap­ports de force : un cadre éga­li­taire, hori­zon­tal, sans hié­rar­chie. Et la démo­cra­tie (la vraie) me semble être une bonne option. Un bon équi­libre entre « moi » et « les autres ». »

    ceci aus­si me semble juste, encore, comme hori­zon, puisque la ques­tion est com­ment nous par­tons du réel vécu pour s’en­ga­ger vers le souhaitable…

    d’où l’im­por­tance cru­ciale de ce que rap­pelle Marc : « la ques­tion n’est pas de dis­cou­rir de « sa propre sou­ve­rai­ne­té » (nous n’aimons pas les mou­tons), la ques­tion est « doit-je me sou­mettre à d’autres avis que le mien lorsqu’une majo­ri­té démo­cra­tique ne va pas dans mon sens ». Car sou­vent, on constate chez les « rebelles », que la démo­cra­tie est ce qu’ils sou­haitent jusqu’au moment où la démo­cra­tie ne va pas dans leur sens (des­ti­née de tous les idéa­listes qui s’accrochent au « moi j’ai plus rai­son que les autres, les autres peuvent tou­jours par­ler si ça leur chante ». Le fameux : la dic­ta­ture c’est « ferme ta gueule », la démo­cra­tie c’est « cause tou­jours ».) Je vous sou­haite de com­prendre qu’est-ce qui motive réel­le­ment votre rejet de l’autorité. »

    puis­qu’une par­tie de notre sou­mis­sion est jus­te­ment le résul­tat d’une inca­pa­ci­té à œuvrer ensemble depuis une situa­tion qui ne per­met pas le consen­sus et oblige donc à oscil­ler entre l’in­sou­mis­sion et le compromis…

    en somme, si j’ai mon idée de com­ment le monde serait meilleur,
    ou bien je pré­fère vivre dans celui-ci et tra­vailler à sa per­pé­tua­tion, jus­te­ment parce que je rejette tous ceux qui seraient mes com­pa­gnons de route d’un moment, sous des pré­textes variés, au lieu d’é­va­luer et de faire des choix d’as­so­cia­tion, de com­pro­mis vers ce qui me rap­proche de la pos­si­bi­li­té de vivre comme je l’entend,
    ou bien je recon­nais que d’ores et déjà il est pos­sible de faire des avan­cées, d’é­lar­gir le champ des pos­sibles ici et main­te­nant, et que ceci sup­pose que je me sou­mette un mini­mum à la dure­té du réel qui est que la démo­cra­tie totale ci et main­te­nant me ver­rais tout autant écra­sé par une majo­ri­té d’in­ten­tion contraires aux miennes, étant enten­du que le « sys­tème » ne tien­drait pas sans cela.
    et il tient d’au­tant plus fort que ceux qui le rejettent et le com­battent passent leur temps à se déni­grer les uns les autres ou se diver­tissent d’as­pects secon­daires, veulent tout ou rien, etc.,
    résul­tat, non seule­ment la mon­naie reste en place, mais sur­tout elle le reste dans un sys­tème moné­taire abject, non seule­ment il y a encore des élec­tions mais sont élus les pires dans les condi­tions les pires…

    le néo­li­bé­ra­lisme, l’in­di­vi­dua­lisme hob­be­sien ont aggra­vé ce phé­no­mène, cha­cun sa petite uto­pie, cha­cun sa liste de d’élé­ments sine qua non, et les mieux orb­ga­ni­sés, les plus soli­daires dans l’im­po­si­tion de leur uto­pie se gavent en rigolant..

    Réponse
  100. catherine b

    Est-ce qu’on est démo­crate avec nos propres affects, nos propres pen­sées, est-ce qu’on laisse par­ler en nous le plus juste pour nous ?

    Est-ce qu’on est pas en somme des petits êtres tota­li­taires qui ne laissent guère voix au cha­pitre des petites voix qui fré­missent en nous der­rière le toni­truant son de la rai­son sou­te­nu par un esprit de pseu­do loyau­té à nos matrices identitaires ?

    De quelle nature est cette loyau­té et qui sert-elle ? Se pose-t-on la question ?

    L’ex­té­rieur est le reflet de l’in­té­rieur, non ?

    Réponse
  101. catherine b

    Va vers toi disent toutes les tra­di­tions, mais ça ne veut pas dire res­ter coin­cer dans son petit quant à soi, ça veut dire va vers toi pour faire le ménage en toi, te débar­ras­ser de tous les vieux ori­peaux qui ont eu leur rai­son d’être un temps mais qui ne sont peut-être plus adé­quats aujourd’­hui, et ça veut dire aère ta terre, rend-la légère alors la Vie pour­ra fleu­rir dedans et dehors dans tes rela­tions, à toi-même, aux autres et au monde.

    Je suis com­plé­te­ment en phase avec ce que disent Marc et Sitouillain !

    Il faut accep­ter les limites pour pos­si­ble­ment les dépasser.

    Il faut agir en hié­rar­chi­sant nos actions, en accep­tant que ça passe par des dou­leurs, se ral­lier à des gens que notre rai­son pre­mière nous pous­se­rait à reje­ter mais s’y essayer quand même à ce ral­lie­ment, ce sont les dou­leurs de l’en­fan­te­ment, au sens sym­bo­lique bien sûr.

    Apprendre à mar­cher ça passe par des gadins, des écor­chures, on doit se tenir à quelque chose avant de mar­cher seul, le désir de décou­vrir le monde est tel­le­ment fort que tous ces désa­gré­ments s’é­va­nouissent, car l’en­fant est mu par un désir plus fort que les désa­gré­ments qu’il ren­contre, désa­gré­ments qu’il ne voit même pas d’ailleurs, tant son désir d’ex­plo­rer est grand.

    Je crois bien que nous devons rede­ve­nir des enfants pour para­phra­ser quel­qu’un de bien connu !

    Réponse
  102. catherine b

    En tant que limite, nous en sommes la par­faite illus­tra­tion d’ailleurs de ces limites.

    La Vie sous ses formes variées est plus grande que nous, elle nous déborde lar­ge­ment. Elle était là avant nous et sera encore là, quand nous n’y serons plus.

    Et pour­tant la vie qui cherche à se vivre accepte de pas­ser par nos petites limites pour s’exprimer.

    Serions-nous plus grand qu’elle pour avoir l’ou­tre­cui­dance de vou­loir tout, tout de suite, sans tra­vail de conci­lia­tion et d’ac­quies­ce­ment à nos propres limites ?

    La gran­deur est d’ac­cep­ter nos limites et parce que nous les inté­grons alors nous pou­vons pos­si­ble­ment aller au-delà d’elles. Sinon, c’est mis­sion impos­sible, on croit qu’on fait mais on pédale dans la choucroute !

    Réponse
  103. Morpheus

    « Fres­co et sa secte »

    Ah non, pas de ça, par pitié !

    sitouaillain, tu as une atti­tude minable et abjecte. Garde tes juge­ments péremp­toires pour toi et fourre-les toi où je pense.

    Mor­pheus

    Réponse
  104. Di Girolamo

    « sou­vent, on constate chez les « rebelles », que la démo­cra­tie est ce qu’ils sou­haitent jusqu’au moment où la démo­cra­tie ne va pas dans leur sens »

    Aurais tu Sitouaillain l’i­dée que la démo­cra­tie va dans un sens ou l’autre ? La rédui­rais tu au choix , à la déci­sion à laquelle il faut bien se plier si l’on est démocrate ?

    La démo­cra­tie n’est pas réduc­tible au choix d’une majo­ri­té ; le signe qu’on est en démo­cra­tie est qu’un choix même majo­ri­taire peut être contes­té et redé­bat­tu sans qu’on puisse accu­ser le(s) contestataire(s) de ne pas res­pec­ter LA démocratie.

    C’est bien le débat , la pos­si­bi­li­té pour cha­cun et pour tous d’ex­pri­mer son opi­nion dans un cadre ( offi­ciel et orga­ni­sé ) qui la prend en compte qui est la démo­cra­tie ; qu’il faille déci­der, tran­cher entre les opi­nions , soit ; le pro­ces­sus de déci­sion étant lui même sou­mis à débat ; il est évident que pour mener des poli­tiques il faut faire des choix et que ces choix peuvent être déci­dés selon un prin­cipe majo­ri­taire ; mais dans le même temps il est impor­tant de dire que ces choix majo­ri­taires, même s’ils s’ap­pliquent, peuvent être contes­tés par une mino­ri­té ; et que être en démo­cra­tie c’est per­mettre à cette mino­ri­té de les contes­ter, faire en sorte que cette contes­ta­tion soit prise en compte, réel­le­ment étu­diée, réel­le­ment débat­tue ; le démo­cra­tie, c’est à dire le débat per­ma­nent étant prioritaire .

    Le choix majo­ri­taire est une solu­tion per­met­tant des mises en œuvre ; mais il n’a pas de légi­ti­mi­té : la majo­ri­té n’est pas sou­ve­raine et peut se tromper.

    La démo­cra­tie n’est pas un décompte de voix.

    Sinon on rentre dans une autre tyrannie.

    Réponse
  105. catherine b

    Entre deux tyran­nies il y a un espace à créer et c’est ça qui doit se CONSTRUIRE Georges, il faut faire de la place pour cet espace-là, non ?

    Réponse
  106. J.C

    @ Etienne

    Oui, la cause de « la cause des causes » si je puis m’ex­pri­mer ain­si est l’ignorance.

    Mais cette igno­rance se mani­feste par notre aveu­gle­ment à l’é­gard de ce qui nous asservit :

    La mon­naie et le droit qui en découle.

    Dans une socié­té fon­dée sur la mon­naie, celui qui pos­sède la mon­naie détient le pou­voir. Il détient le pou­voir de vie ou de mort car dans une socié­té moné­taire, on obtient tout par celle-ci et sans elle on ne peut survivre.

    Plus on a d’argent, plus on a de pou­voir. Le pou­voir sur la vie des autres ain­si que sur l’accès aux biens et ser­vices. C’est mathé­ma­tique et pour que ce pou­voir soit pré­ser­vé, il doit s’ap­puyer sur la rare­té. Bref, sur l’ex­ploi­ta­tion tou­jours renou­ve­lé de ceux qui n’ont que très peu d’argent et qui doivent conti­nuer à ne pas trop en avoir afin de per­pé­tuer leur néces­si­té à se faire exploiter.
    Si on veut gar­der le pou­voir, c’est ain­si que nous devons agir, exploi­ter autrui et le mani­pu­ler si besoin pour qu’il conti­nue à accep­ter sa condition.

    La mon­naie n’a été que le moyen pour les exploi­tants d’im­po­ser leurs règles aux exploités.

    Les lois n’ont JAMAIS été conçu pour le bien com­mun mais uni­que­ment pour pré­ser­ver les avan­tages de ceux qui ont le pouvoir.

    Les plus forts, ce ne sont pas ceux qui sont phy­si­que­ment un peu plus impo­sant ou qui ont un plus gros gour­din. Ceux là, il suf­fit d’être 3 ou 4 pour qu’ils n’aient plus le dessus.
    Les plus forts, c’est ceux qui sont capable par le moyen de l’argent d’im­po­ser leur loi à des mil­liers ou des mil­lions d’autres.
    Les lois n’ont jamais pro­té­ger les plus faible mais tou­jours les plus forts.

    Si l’on veut bien se don­ner la peine de voir d’où viennent les lois et quel est leurs objectifs.

    Le pou­voir poli­tique athé­niens n’a jamais pro­té­gé les faibles. Qui était les faibles à cette époque ? les même qu’au­jourd’­hui ; les esclaves et tous ceux qui n’a­vaient pas droit à la parole.

    L’o­li­gar­chie était de plus grande ampleur parce que la réduc­tion du nombre d’o­li­garque dans le pro­ces­sus éco­no­mique n’en était qu’à ses débuts mais l’es­prit de com­pé­ti­tion était déjà présent.
    On pour­rait se deman­der si de nos jours, les oli­garques entre-eux ne se tirent pas au sort pour savoir qui va être élu.

    Tout le monde vise à amé­lio­rer ses condi­tions, dans le sys­tème moné­taire, l’é­ga­li­té n’est pas pos­sible puis­qu’il n’y en a pas pour tout le monde, on mange l’autre ou l’on se fait manger.
    La ten­dance est donc celle de la réduc­tion du nombre d’ac­teurs pos­sé­dant un cer­tain pou­voir vers la créa­tion de grands mono­poles aux nombres d’ac­teurs de plus en plus réduit.
    C’est ain­si que ceux qui contrôlent dès le début le pro­ces­sus de créa­tion moné­taire prennent le pou­voir sur l’en­semble des biens et ser­vices, c’est à dire l’en­semble du pro­ces­sus de pro­duc­tion par le tra­vail finan­çant ceux qui leur étant rede­vable leur sera les plus obéissants.

    Notre socié­té n’est rien d’autre que le fruit de la conti­nui­té du déve­lop­pe­ment du sys­tème moné­taire de l’antiquité.

    La mon­naie et le droit, idées géniales ?

    Tu parles
    Ce sont les pires inven­tions qui ont pu être conçues et qui ont asser­vi l’en­semble du vivant sur cette planète.

    J’es­père que tu ne m’en veux pas Étienne d’a­voir pris à ce point le contre pied de tes affir­ma­tions mais je pense que tu as l’es­prit suf­fi­sam­ment ouvert pour entendre mes arguments.
    Puisse cela être utile.

    Pour ma part, la conclu­sion en est à ce point du débat que nous n’a­vons besoin ni d’argent ni de lois mais uni­que­ment d’une approche scien­ti­fique de réso­lu­tion des problèmes.

    Une éco­no­mie basée sur les res­sources per­met­tant l’a­bon­dance pour tous grâce aux pro­grès tech­niques (pas n’im­porte les­quels bien sûr, ceux qui sont les plus pertinents).

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  107. Ana Sailland

    Mor­pheus

    C’est rigo­lo :
    Ici tu relèves l’ac­cu­sa­tion de secte, et ailleurs je relève le même jour ta pas­tille Vichy.
    Et tous deux nous récla­mons pitié

    Très ami­ca­le­ment 🙂

    ;;;;;;;

    Toustes

    Il y a une (ou plu­sieurs ?) vidéos où Étienne parle d’une pince, ou d’une tenaille.
    Le peuple, ou les gens, pris entre le gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif et la mon­naie. ça me botte et ça ne me dérange pas d’a­voir deux causes des causes. ça me fait pen­ser à un James Bond où on voit le mec entre deux murs d’a­cier qui se rap­prochent inexorablement.

    Pour ce qui est d’une cause des causes unique, cer­tains ce week end (les pauses et le ptit déj étaient vache­ment plus sym­pas que le trip offi­ciel) ont évo­qué la nature humaine. Ce avec quoi je ne suis pas tout à fait d’ac­cord, pen­sant que la nature humaine n’est pas iné­luc­table et qu’il peut aus­si y avoir un pilote dans l’a­vion. Mais je me suis déjà expri­mée sur cette cause ultime, … et j’ai soif de concret.

    Réponse
  108. sitouaillain

    @ di girolamo,

    glo­ba­le­ment je suis entiè­re­ment d’ac­cord avec toi, en plus je ne fai­sais que citer Marc, mais j’ap­prouve ce qu’il dit, dans où fina­le­ment tu le dis toi même, la déci­sion finale, quand bien même on ne fonc­tionne pas sur un mode majo­ri­taire mais consen­suel par exemple, ne recouvre pas tota­le­ment ce que cha­cun pen­sait a priori.

    et donc cela implique une pos­ture, à savoir que j’ai beau croire fer­me­ment avoir rai­son, si au final je bloque toute avan­cée parce que je ne suis pas près à me rendre à la rai­son, c’est à dire au fait que tous n’ont pas le même point de vue, au final j’ai tort, rien ne se fait, et je ne vois pas l’ombre du début d’un com­men­ce­ment de ce en quoi je crois.

    c’est un peu le pro­blème de ce qui dit JC, s’il a rai­son, en ne sou­te­nant pas ceux qui veulent un autre sys­tème moné­taire, il se pri­ve­rait de toute pos­si­bi­li­té d’a­bo­li­tion de la mon­naie, à terme, après avoir expé­ri­men­té autre chose..puisque mani­fes­te­ment une majo­ri­té sou­tien le sys­tème actuel, une mino­ri­té veut en chan­ger, une ultra­mi­no­ri­té veut abo­lir la monnaie.

    mis à part ça JC, je pense que tu imputes à la mon­naie, en soi, des tra­vers qui ne sont impu­tables qu’à la mon­naie tel quelle se crée, se répar­tie et s’u­ti­lise dans ce sys­tème-là, et je dis ça parce que les exemple d’autres sys­tèmes ne manquent pas…

    quant à Mor­phéus, tu m’in­sultes mais je ne suis pas res­pon­sable des conno­ta­tions que tu donnes au mot secte, dans le genre je ne fais pas de mal à la pla­nète il y a les Amisch,et dans le genre décom­plexé de la tech­no­lo­gie il y a le Venus Pro­ject de Zeigt­geist, just do it dans votre coin, la terre est assez grande..les goûts et les couleurs…

    quant au côté minable, ma foi, si tu orga­ni­sais une col­lecte pour ache­ter de la terre et une assoc pour mutua­li­ser les com­pé­tences et les moyens et que vous alliez qqpart implan­ter une cel­lule « venus pro­ject », je te trou­ve­rais moins minable vois-tu, parce que la pre­mière res­source d’une « res­source-based eco­no­my » c’est l’hu­main, et toi t’as plus le pro­fil du pas­sa­ger clan­des­tin et je com­prends qu’un pro­jet de socié­té trois étoiles ser­vi par des robots et un grand maître à la science infuse te séduise, et alors ?, mais il y a pire, môs­sieur anti­par­ti-le col­lec­tif m’oppresse_les chefs ont des inten­tions cachées-mais pas mon mer­veilleux gou­rou sur youtube‑, et bien vu tes posi­tions indi­vi­dua­listes petites bour­geoises, il fau­dra même que d’autres se battent à ta place pour que le quart du tiers te soit acces­sible, brave sujet du roi des belges ; et c’est dom­mage vois-tu que tu m’in­sultes, parce que moi, je n’ai pas besoin de gou­rou pour me rendre compte tout seul que la tech­no­lo­gie en soi n’est pas un pro­blème, ou qu’un mini­mum de pla­ni­fi­ca­tion est néces­saire dans l’o­rien­ta­tion des recherches, de la pro­duc­tion et de la dis­tri­bu­tion et que la plu­part des biens devraient être acces­sibles gra­tui­te­ment, pour cha­cun, et j’a­dore lire des uto­pies, mais, tout minable et abject que je suis, je me sen­ti­rais vrai­ment pré­ten­tieux de dépen­ser des for­tunes pour des vidéos en images de syn­thèse pré­sen­tant aux masses humaines com­ment je suis sage et avi­sé et leur disant com­ment il faut vivre…et si tu recon­nais celui-là pour roi, ne m’en veux pas de pré­fé­rer vivre en répu­blique, dans des vil­lages et villes construits par leurs habi­tants au fil du temps et des besoins, en fonc­tion de leur génie propre, de rues tor­tueuses et de sur­prises, conseil de citoyen d’un pays où ont pul­lu­lé les types du genre de Fres­co, pen­seurs à la place d’au­trui, créa­teurs d’en­fer urbain, de vide social.

    Réponse
  109. Morpheus

    Quand tu auras fini ton bara­tin, tu pour­ras peut-être faire un truc : admettre que tes juge­ments à l’emporte pièces n’aident ni le débat, ni l’en­tente, ni même ton dis­cer­ne­ment. Que tu juges un type qui a bos­sé toute sa vie sur un pro­jet, qu’il en sait cer­tai­ne­ment bien plus que toi (et moi) sur un tas de trucs, et que même si tu n’es pas d’ac­cord avec ses idées, tu n’as pas le droit de jeter l’a­na­thème sur lui en le trai­tant impli­ci­te­ment de gourou.

    Je le répète : c’est minable. Si tu n’es pas en mesure de faire la part des choses et recon­naître que tu as tort d’a­gir comme ça, alors tu peux bien allez te faire foutre.

    Y a un moment ou y en a marre d’être tolé­rant vis-à-vis des into­lé­rants. Le sec­taire, c’est toi. Et si je me trompe, PROUVE-LE !

    Mor­pheus

    Réponse
  110. Morpheus

    Oui, Ana, t’as rai­son. Tu sais, c’est le truc du bou­chon qu’on pousse un peu trop loin, ou celui de la goutte qui fait débor­der le vase, tu vois ? Ou le truc de la cause et de l’ef­fet. Tu vois ?

    Ami­ca­le­ment aussi,
    Morpheus

    Réponse
  111. J.C

    Bien sûr que la mon­naie, ça fonc­tionne très bien comme moyen de sou­mis­sion lors­qu’il y en a et à court terme.

    Plus haut dans le fil de dis­cus­sion, je me suis deman­dé, comme d’autres, si le reve­nu de base ou reve­nu uni­ver­sel ne pou­vait pas être une solu­tion de transition.

    Cepen­dant, il faut se rendre à l’é­vi­dence, on ne peut pas être contre le tra­vail for­cé et pour le sys­tème moné­taire qui per­met d’a­che­ter la vie des autres et la sienne propre.

    Je ne sais pas si j’ai rai­son, en tout cas, j’es­saie de com­prendre et cela me semble clair.
    L’in­té­rêt éco­no­mique est contraire à la vie sur cette planète.
    Le choix de l’argent nous mène tous au pire et je pèse mes mots.
    Nous sommes ren­dus à de telles condi­tions (déchets, pol­lu­tion, pau­vre­té, pénu­rie, défiance…) qu’on ne peut conti­nuer ain­si. La connais­sance des gens sur ces sujets est très partielle.
    Nous avons la tech­no­lo­gie pour y remédier.

    Cepen­dant, l’argent empêche de faire les choix qui nous sau­ve­raient, les choix du bon sens et ceci à un niveau mondial.
    Si nous ne nous débar­ras­sons pas de l’en­trave qu’est l’in­té­rêt éco­no­mique moné­taire, nous ne nous en sor­ti­rons pas.

    Qu’une majo­ri­té ne soit pas consciente de cela ne chan­ge­ra pas les faits.
    La terre est ronde même lorsque la majo­ri­té croyait quelle était plate, elle était déjà ronde, c’est une réalité.
    Le sys­tème inhu­main du pou­voir de l’argent doit disparaître.
    C’est abso­lu­ment néces­saire pour le bien et la sur­vie de tous sans exception.
    Il est inutile de vou­loir pré­ser­ver l’an­cien monde qui n’est qu’un monde de cor­rup­tion et de mar­chan­di­sa­tion du vivant par l’argent.
    La tran­si­tion sera plus facile si on le comprend.

    Nous vivons actuel­le­ment dans un monde uni­for­mi­sé, les bâti­ments se res­semblent tous, les zones pavillon­naires, pas mieux. Nos vies pour la plu­part se résument à métro bou­lot dodo, une vie qu’on a pas choi­sie, pour la grande majorité.

    Nos choix sont limi­tés à la quan­ti­té d’argent qu’on arrive à obte­nir dans socié­té super­fi­cielle de gas­pillage. Nous n’a­vons pas à regret­ter cette socié­té, cet ancien monde ; par contre, nous devons être vigi­lant à la tour­nure que pren­dra le nou­veau. Nous avons tous notre res­pon­sa­bi­li­té dans cela.

    Par le sys­tème moné­taire, l’être humain a été réduit à un outil de pro­duc­tion, voi­là le sens de son exis­tence. La « valeur » tra­vail en 1er plan.
    Cer­tains, condi­tion­nés par une telle vision, nous disent que tra­vailler ou mou­rir, c’est ça la liberté.
    NON
    Ou en sommes-nous arri­vés pour être capable de pen­ser ainsi.
    tra­vailler ou mou­rir, c’est ça l’esclavage.

    Les poli­ti­ciens de tout bord prônent le tra­vail d’a­bord, ils n’ont pas l’au­to­ri­sa­tion de dire cer­taines choses. On peut tou­jours aller cher­cher les miettes de bonnes idées chez eux, de toutes façons, il ne font que suivre les consignes.

    Mieux vaut ne pas perdre son temps. Si l’on a des doutes et que l’on veut vrai­ment savoir, il suf­fit d’al­ler voir der­rière le rideau. De prendre un peu de temps pour com­prendre, pour déve­lop­per le discernement.

    Argent = rare­té = corruption

    Ce n’est pas dif­fi­cile à sai­sir pour qui veut bien s’y pen­cher sérieusement.
    Si quel­qu’un peut me démon­trer le contraire…
    Je suis sur que d’autre ici pour­rait aus­si répondre aux éven­tuelles objections.

    Une consti­tuante tirée au sort :

    Puisque le pou­voir poli­tique fonc­tionne sur la base de la mon­naie, obte­nir une consti­tuante tirée au sort ne serait déjà pas claire.
    Mais sup­po­sons ; une consti­tuante tirée au sort ne garan­ti­rait ni la qua­li­té de la consti­tu­tion ni l’in­cor­rup­ti­bi­li­té des consti­tuants. Lorsque l’argent devient dif­fi­cile à obte­nir, on est bien comp­tant de se voir finan­cer des reve­nus confor­tables et puis, se faire ache­ter, c’est ce que nous fai­sons tous depuis bien longtemps.

    Mais ima­gi­nons l’im­pos­sible, une consti­tu­tion pas trop mau­vaise et des consti­tuants hon­nêtes jus­qu’au bout.

    Et bien en très peu de temps le pou­voir de l’argent aura repris le des­sus et on conti­nue­ra de plus belle (com­pé­ti­tion, pol­lu­tion, famine, exploi­ta­tion, guerre), c’est le propre d’une socié­té de l’argent, le contraire d’une socié­té d’abondance.

    Dans une socié­té d’a­bon­dance et de libre dis­tri­bu­tion, on ne peut rien ache­ter, la mon­naie n’est pas nécessaire.

    Je pense qu’au­jourd’­hui nous ne pou­vons pas nous per­mettre de conti­nuer à en dépendre.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  112. Ana Sailland

    Heu­reuse de lire tout ça. Sincèrement.

    Réponse
  113. sitouaillain

    @ JC

    « Argent = rare­té = corruption

    Ce n’est pas dif­fi­cile à sai­sir pour qui veut bien s’y pen­cher sérieu­se­ment. Si quel­qu’un peut me démon­trer le contraire… »

    par exemple :

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Cr%C3%A9dit_social

    (voir aus­si les tra­vaux de Mau­rice Allais)

    et à petite échelle, SEL, mon­naies locales et accor­de­ries (http://​www​.accor​de​rie​.fr/​q​u​e​s​t​-​c​e​-​q​u​u​n​e​-​a​c​c​o​r​d​e​r​ie/)

    voir aus­si la pre­mière par­tie de K. Plo­la­nyi « la grande transformation »

    « s’y pen­cher sérieu­se­ment » c’est d’a­bord recon­naitre la nature du sys­tème moné­taire actuel et le fait qu’il existe conco­mi­tam­ment à une « éco­no­mie de mar­ché », la mon­naie y est un bien, recher­ché pour elle-même, elle est rare et inéqui­ta­ble­ment dis­tri­buée, non par essence, mais par construc­tion, du fait de méca­nismes de créa­tion moné­taire, de régimes de pro­prié­té et de sys­tèmes d’é­change, construits, his­to­ri­que­ment situés, donc contingents,

    par consé­quent, en par­tant de pré­sup­po­sés, notam­ment chré­tiens, et donc de juge­ment moraux, tu pars du pos­tu­lat que la mon­naie c’est mal « en soi », et tu déroules tes argu­ments dans un rai­son­ne­ment plus ou moins solide, mais mal­heu­reu­se­ment inopé­rant dès qu’on change les termes de l’équation.

    d’ailleurs, si tu sup­primes la mon­naie, tu ne gardes que la seconde par­tie de ton équa­tion, ça donne rareté=corruption,

    et donc, en chas­sant la mon­naie par la porte, on la ver­rait réap­pa­raître par la fenêtre, puisque ce n’est pas la mon­naie qui pro­duit la rare­té, mais bien la rare­té qui pro­duit la recherche de la mon­naie pour elle-même et son accu­mu­la­tion, et ce non pas par une loi d’ai­rain de l’hu­ma­ni­té mais du fait d’une orga­ni­sa­tion sociale don­née où la rare­té, c’est à dire les situa­tion où l’offre est infé­rieure à la demande, se déploie dans un sys­tème de pro­prié­té indi­vi­duelle et se régule par des ajus­te­ments de prix sur un mar­ché. Mar­ché qui peut fonc­tion­ner au troc, et où fina­le­ment la mon­naie appa­rait sous forme de métal, très pra­tique car impé­ris­sable et échan­geable par conven­tion contre tout autre bien. En somme, dans ces condi­tions, si la « conven­tion sociale » réprou­vait toutes les formes de mon­naies connues aujourd’­hui, on peu s’at­tendre à l’é­mer­gence d’une mon­naie sous une autre forme,

    en revanche, le cœur du sys­tème « cor­rup­tif » tiens plus dans la forme de ges­tion de la rare­té, qui ne dis­pa­rait jamais tout à fait, pas plus d’ailleurs que la sur­abon­dance et tout pro­blème d’a­jus­te­ment entre offre et demande, mais qui dis­pa­rait sous sa forme « arti­fi­ciel­le­ment entre­te­nue » en cas de ges­tion col­lec­tive et équi­table de la pro­duc­tion et de la distribution.

    bien sûr, mon­naie ou pas, ceci ne résout pas le pro­blème de l’a­bon­dance et de la qua­li­té des pro­duits par exemple, puis­qu’il s’a­git-là de la ques­tion du tra­vail humain, étant enten­du qu’au­jourd’­hui la dis­tri­bu­tion inégale de mon­naie pri­vée ou col­lec­ti­vi­sée rem­plit aus­si la fonc­tion de dis­tri­bu­tion de sta­tuts sociaux inégaux dont la quête incite au tra­vail. ce pro­blème n’est pas simple à résoudre car il est pro­fon­dé­ment cultu­rel et social, ne pas le prendre en compte serei­ne­ment et sérieu­se­ment conduit à la pénu­rie (cf expé­riences sta­li­niennes à grande échelle).

    Réponse
  114. Morpheus

    La rare­té et la pénu­rie sont les deux mamelles d’un mythe mor­ti­fère des­ti­né à réduire les créa­tures faibles d’es­prit en escla­vage, jus­qu’à ce qu’elle soient tel­le­ment dociles qu’elles vont jus­qu’à craindre l’a­bon­dance et la liber­té au point de se battre contre leur avè­ne­ment. A force d’u­sure, les esclaves en viennent à aimer leurs chaînes.

    Mor­pheus

    Réponse
  115. J.C

    Mer­ci Sitouaillain de m’ap­por­ter la contra­dic­tion, ça per­met de nour­rir le débat.

    Cré­dit social :

    Vou­loir équi­li­brer masse moné­taire et pro­duc­tion me semble une idée sau­gre­nue fon­dée uni­que­ment sur la quan­ti­té, ça ne tient pas compte des besoins réelles ni de l’ob­jec­tif d’abondance.
    Cela signi­fie seule­ment (si j’ai bien com­pris) que tout l’argent doit être dépen­ser et toute la pro­duc­tion achetée.
    Si on n’a­chète pas toute la pro­duc­tion, il y aura moins d’argent l’an­née sui­vante ? si l’on sou­haite ache­ter plus on ne peut pas ou l’an­née sui­vante on le pourra ?
    MAIS quoi­qu’il en soit, cela ne remet pas en cause le fait que la rare­té soit néces­saire pour que l’argent est de la valeur.

    La mon­naie :

    Même s’il devait y en avoir une cer­taine quan­ti­té d’argent pour tout le monde, la mon­naie est un sys­tème d’es­cla­vage et de limi­ta­tion. Les pro­jets qui dans le sys­tème moné­taire peuvent sem­bler coû­teux bien que gran­de­ment utiles se voient dif­fi­cile à mettre en place ou res­treint et ce au regard de la quan­ti­té d’argent. On reste tou­jours l’es­clave de l’argent.
    Si on se donne la peine d’en voir les tenants et les abou­tis­sants, ce type de fonc­tion­ne­ment est un frein à l’a­bon­dance, à l’ex­pres­sion inégale des besoins et à la créa­ti­vi­té de cha­cun. Bref, une socié­té insa­tis­fai­sante, de com­pro­mis qui ouvre grande la porte à la corruption.

    Si on peut pro­duire l’a­bon­dance, cha­cun pour­ra se pro­cu­rer tout ce dont il a besoin et alors l’argent per­dra toute sa valeur, son sens. Com­ment pour­rait-il avoir une quel­conque valeur ?
    La mon­naie ne peut avoir cours que dans une logique de rare­té et de restriction.

    « puisque ce n’est pas la mon­naie qui pro­duit la rareté « 

    Si c’est bien la mon­naie qui pro­duit la rare­té « arti­fi­ciel­le­ment entre­te­nue » comme tu le dis toi-même. Nous avons aujourd’­hui les moyens tech­niques d’é­ra­di­quer la rare­té. Puisque l’argent condi­tionne tous le pro­ces­sus de pro­duc­tion, de consom­ma­tion et de pou­voir, elle est la seule entrave à l’a­bon­dance et la liberté.

    Quant au pro­blème de l’a­vi­di­té, il résulte prin­ci­pa­le­ment de l’u­ti­li­sa­tion de la mon­naie. Ce pro­blème est pro­duit et entre­te­nue par l’i­déo­lo­gie du consu­mé­risme maté­ria­liste comme objec­tif unique de l’exis­tence, fon­dé sur le manque, la rare­té de la non dura­bi­li­té tou­jours accrue.
    Autre­ment dit, nous avons besoin d’a­bon­dance pour notre sécu­ri­té, pour nos besoins, pour notre créa­ti­vi­té, une abon­dance bien plus vaste que ce que nous pou­vons expé­ri­men­ter à l’heure actuelle mais nous n’a­vons pas besoin d’une abon­dance abso­lue basée sur un manque tou­jours renou­ve­lé, sur le désir de pos­ses­sion dont on ne pour­rait jouir en l’es­pace de toute une vie.
    Pour­quoi en vient-on à éprou­ver cela ? Parce que la mon­naie a pris la place de tout ce qui peut com­bler une vie.
    Débar­ras­sons nous-en, nous n’en n’a­vons plus besoin.
    Ceci n’est pos­sible que col­lec­ti­ve­ment évi­dem­ment, suite à un effon­dre­ment éco­no­mique mondial.
    Cela peut se pro­duire de dif­fé­rentes façons et je crois que le pro­ces­sus est déjà bien avancée.

    « A force d’u­sure, les esclaves en viennent à aimer leurs chaînes »

    Non Mor­phéus, ils ont peurs de perdre le peu qu’ils ont.
    Le point est donc de gérer conve­na­ble­ment la transition.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  116. Morpheus

    @ J.C

    Ils aiment leurs chaînes, parce que c’est tout ce qu’ils ont. Du moins, c’est ce qu’ils croient.

    Et les hommes sont des ani­maux de croyances, des ani­maux reli­gieux plus atta­ché à des croyances qui les ras­surent, parce que même si celles-ci ne leur plaisent pas, ils ne connaissent que ça, et ils ont bien trop peur du chan­ge­ment. Ils sont tel­le­ment incons­cients et déses­pé­ré­ment dépen­dant du sys­tème qu’ils vont jus­qu’à se battre pour le défendre. Le sub­ter­fuge suprême étant de leur faire croire qu’ils se battent contre le sys­tème, alors qu’ils jouent son jeu et le renforce.

    Les vieux men­songes ont plus d’a­mis que les nou­velles vérités.

    Mor­pheus

    Réponse
  117. Marc

    Tout n’est que ques­tion de sur­vie (voir vidéos sur le sur­visme) :

    Si le com­pa­ra­tif entre vos valeurs domi­nantes et la situa­tion que vous vivez vous mènent à la conclu­sion « dan­ger », vous réagissez.
    Si vous avez plus à perdre, vous ne bou­gez pas.
    Mais la peur n’est pas le seul élé­ment qui mène à une éven­tuelle réaction.
    Si nous pro­po­sons une socié­té sans impôt, sans vol, sans manque, tout en insis­tant sur la connais­sance de soi pour chacun(psyho+philo), com­bien d’hu­mains res­te­ront dans une socié­té de chô­mage, de vols, d’a­gres­sions, de manques ?

    @ Ana, ins­cris toi sur notre news­let­ter pour avoir les détails de la 1ère ren­contre pour une civi­li­sa­tion sans monnaie.
    Ce sera pro­ba­ble­ment le 26 jan­vier 2013. (après la fin du monde 😉

    @ Etienne :
    tu dis : la MONNAIE (idée géniale qui nous per­met­trait de garan­tir une cer­taine pros­pé­ri­té pour 100% si 99% n’a­ban­don­naient pas la concep­tion, la créa­tion et la dis­tri­bu­tion de cette mon­naie à 1%, ren­dus com­plè­te­ment aso­ciaux par ce pou­voir excessif)

    C’est inexact. Notre socié­té est arri­vée à satu­ra­tion, pour don­ner un tra­vail à l’un, il faut le prendre à l’autre. La « pros­pé­ri­té pour tous » est impos­sible parce que dès que tu répar­tis la mon­naie, elle perd de sa valeur par l’in­fla­tion jus­qu’à ce que les inéga­li­tés re-sta­bi­lisent le marché.

    La rare­té obli­ga­toire est la base de la base.

    La mon­naie n’est pas un simple outil.

    Sou­viens-toi de cette vidéo (en pre­nant le temps de la regar­der sans zap­per les moments que l’on croit trop « évidents »)


    Qu’est-ce que la mon­naie ? (fonc­tion­ne­ment… par voter_am

    Réponse
  118. Ana Sailland

    Réponse grou­pée

    L’in­ven­tion de la mon­naie est consé­cu­tive à la néces­si­té d’é­chan­ger. Échan­ger est un acte non géné­reux, et non dyna­mique car fon­dé sur la défiance, la peur de don­ner plus que ce qu’on reçoit, la peur d’être le din­don de la farce. Glo­ba­le­ment, l’es­pèce ne réus­sit pas à ima­gi­ner que si quel­qu’un se donne, d’autres feront pareil, si bien que le manque sera réso­lu. A la racine se trouvent donc peur et défiance.

    L’argent, inven­té dans ce cadre, et pour gérer ce cadre psy­cha­na­ly­tique, sans y renon­cer, est donc impré­gné de ces défauts ances­traux pour ne pas dire anté­di­lu­viens, et il en est géné­ti­que­ment la main­te­nance, pro­dui­sant et repro­dui­sant à l’in­fi­ni ce qui fut sa cause. Pire encore en l’exa­cer­bant, ce qui explique notre tro­pisme à le mon­trer du doigt comme cou­pable unique, lui qui n’est que l’ou­til. Sup­pri­mez l’argent, et demeu­re­ra la défiance, qui ren­dra le troc néces­saire, puis le retour de l’argent.

    L’ob­jec­tion à mon pro­pos, et de taille, rece­vable, mais seule­ment en par­tie, est que si nous réus­sis­sions à géné­rer l’a­bon­dance ( par la tech­no­lo­gie par exemple, mais bon­jour l’in­con­sé­quence de l’or­gueil scien­ti­fique), l’a­vi­di­té s’é­tein­drait, et les racines du mal (peur et défiance) seraient oubliées.

    Je ne crois pas que l’a­vi­di­té s’é­tein­drait et pour cela deux raisons.

    Il y a de l’in­fan­tile dans l’hu­main adulte et ce sacré réflexe de suc­cion nous pour­suit jusque dans l’a­bon­dance ( cf tous les sui­ci­daires qui tètent la clope ).

    Humour : Dans tous vos rai­son­ne­ments, vous oubliez la gas­tro­no­mie : vous aurez beau orga­ni­ser l’a­bon­dance, vous ne résou­drez jamais le besoin de fan­tai­sie, infi­ni. Et quand bien même seraient offerts les orto­lans, que cer­tains vou­draient encore faire pro­vi­sion de morilles, accu­mu­ler mille gourmandises.

    Ce n’est bien sûr qu’une méta­phore, faite pour sou­rire, mais aus­si aider à per­ce­voir l’in­sa­tia­bi­li­té, évi­dente, qui n’a pas besoin de la rare­té pour nous gou­ver­ner. Les mil­liar­daires en sont l’in­car­na­tion, qui, n’ayant pas engran­gé la fable du save­tier et du finan­cier, se font volon­tiers l’in­farc­tus du bou­li­mique alors qu’ils pour­raient se reti­rer en leur palais (ou à la cam­pagne) entou­rés de mille ser­vi­teurs et d’une nuée de naïades et/ou d’é­phèbes. Alors croyez vous vrai­ment qu’en socié­té d’a­bon­dance mon­sieur lamb­da ne serait pas lui aus­si confron­té à la même angoisse méta­phy­sique que mon­sieur milliardaire ?

    Et puis si, c’est vrai, elle le pour­raient, si peur et défiance étaient comme dit plus haut un brin oubliées, res­te­rait le feu qui couve tant que les braises ne sont pas défi­ni­ti­ve­ment refroidies.

    Je veux dire par toute cette mas­sive élu­cu­bra­tion que le pro­blème est psy­cha­na­ly­tique, et que ce n’est pas la réso­lu­tion maté­rielle qui le résoudra.

    Je vais plus loin : il n’existe pas à mon sens de solu­tion tech­nique ou poli­tique per­met­tant d’ins­ti­tuer le bon­heur tant que la conscience n’est pas le cœur de nos pen­sées et de nos actes.

    Ce qui n’in­ter­dit pas, bien enten­du, en atten­dant, de réflé­chir à l’emplâtre sur jambe de bois qui pour l’heure est néces­saire. Mais là, nous nous bat­trons lon­gue­ment encore sur ce choix puisque la conscience est inachevée. 

    Je change de sujet

    Est abor­dé le fait que l’es­clave va défendre sa condi­tion de peur de tout perdre. Je vois là une cor­ré­la­tion avec la notion d’é­go. Il est l’en­ne­mi, c’est connu et je ne vais pas déve­lop­per. Mais il est néces­saire, pour sur­vivre, car tout en des­sous de ses mul­tiples épais­seurs, il y a l’âme, ou le cœur pour faire moins spi­ri­tuel, et ça c’est du super fra­gile, du des­truc­tible, du moins per­çu tel, qu’un simple souffle de haine, voire une simple inquié­tude, peut balayer. Ce bien si pré­cieux, si tendre et si fra­gile, a besoin d’un chas­teau sécu­ri­sant, en occur­rence l’e­go . Il s’a­git là du prin­cipe de chas­te­té, mal com­pris en maintes obé­diences. Et tant que l’être pro­fond ne décide pas d’as­su­mer sa fra­gi­li­té et de mener une sor­tie che­va­le­resque hors ses murs, il reste emmu­ré, c’est du Lapalisse.

    Et c’est exac­te­ment la même chose au cha­pitre de la défiance, cause de l’argent : tant que l’hu­main n’ac­cep­te­ra pas de se trans­mu­ter en être confiant, il sera emmu­ré.%% Et toutes nos poli­tiques, inven­tions réformes, ne seront que remèdes vains. Quoique nécessaires.

    Si un jour on se croise, je vous pré­sen­te­rai un sketch de 10′ qui illustre tout ça par l’humour ! .….. 
    See you soon 😉

    Réponse
  119. Morpheus

    @ Ana

    Tu as par­lé d’une invi­ta­tion à l’é­té pro­chain pour une vrai ren­contre. J’ai de plus en plus envie de te prendre au mot et de nous mettre au défit d’or­ga­ni­ser une « ren­contre des cher­cheurs de démo­cra­tie », avec débats à thèmes (on en a quelques-uns à abor­der rien qu’a­vec ce qui se dis­cute ici), expé­rience de tirage au sort, etc.

    Tu crois que c’est pos­sible chez toi ?

    Mor­pheus

    Réponse
  120. Ana Sailland

    Ouiiiii 🙂

    A force de poser des ban­de­rilles, je me dou­tais bien que quel­qu’un pren­drait l’o­reille, et l’espérais.

    Si on est nom­breux il fau­dra camper.
    Si on est très nom­breux, construire une toi­lette sèche.
    Au pire il y a un cam­ping confor­table à Alex ( au pied des dents de Lan­fon) (74) où j’ai déjà joué ce coup là en 2007.

    En atten­dant, voi­ci ma vue :
    http://​p8​.sto​rage​.canal​blog​.com/​8​6​/​0​2​/​1​7​3​6​6​2​/​7​4​2​8​7​8​4​.​jpg

    Mon mail :
    via le forum
    ou
    ana.public aro base live .fr

    Réponse
  121. J.C

    @ ana

    « Les mil­liar­daires en sont l’incarnation « 

    C’est parce que les choses sont rares que les mil­liar­daires sont milliardaires.

    Accu­mu­ler dépends de la valeur que l’on donne à ces choses, d’une part (il s’a­git donc tou­jours là de la rare­té) mais aus­si la peur incons­ciente de ne plus les avoir, les pos­sé­der ou les obte­nir (encore la rareté).
    Et puis la richesse est vola­tile sur les mar­chés finan­ciers, dif­fi­cile de ne pas tout perdre, il faut que les banques tournent et que dire de la dette.

    pour en reve­nir à l’a­vi­di­té, trou­vez moi des mil­liar­daires qui vivant au bord de l’o­céan accu­mu­le­raient des goûtes d’o­céan dans leurs immenses pis­cines. Ça n’au­rait aucune valeur et aucun inté­rêt même pour eux.

    « Je vais plus loin : il n’existe pas à mon sens de solu­tion tech­nique ou poli­tique per­met­tant d’ins­ti­tuer le bon­heur tant que la conscience n’est pas le cœur de nos pen­sées et de nos actes. »

    D’ac­cord à 100 %, l’a­bon­dance ne doit pas être que matérielle.

    Je remets ici, une courte inter­ven­tion faite ailleurs car elle a davan­tage sa place sur ce fil :

    L’é­lec­tion, la com­pé­ti­tion, c’est le monde de la pénu­rie, il n’y en aura pas pour tout le monde. c’est le monde de la divi­sion, de l’incompréhension.
    la col­la­bo­ra­tion réci­proque, le monde de l’a­bon­dance, du par­tage, de l’é­qui­té. c’est celui de l’en­traide, de la com­pré­hen­sion mutuelle. un monde sans argent.
    Sinon, cela n’ar­ri­ve­ra jamais. On res­te­ra des esclaves, pour­quoi ? Parce que tant qu’il y aura de l’argent puis­qu’on ne peut pas vivre sans, on se fera acheter.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  122. sitouaillain

    @ Ana,

    si je peux me per­mettre de flat­ter ton ego, ce mes­sage 118, c’est, et en quelques lignes seule­ment, ce que j’ai lu de plus intel­li­gent et de plus pro­fond sur la monnaie !

    Mer­ci

    Réponse
  123. Ana Sailland

    Aucun mérite puisque le 118, c’est les renseignements !

    Réponse
  124. J.C

    @ ana

    « vous aurez beau orga­ni­ser l’a­bon­dance, vous ne résou­drez jamais le besoin de fan­tai­sie, infini »

    Pour pré­ci­ser ma pen­sée, je rajou­te­rais ici, ce
    que tu appelles fan­tai­sie, je l’ap­pelle rareté.

    Je trouve la vidéo pos­tée par Marc fort inin­té­res­sante. Je l’a­vais déjà vision­née en allant sur son site et l’i­dée géné­rale m’a convain­cu. Si quel­qu’un y trouve une faille !

    Autre pré­ci­sion, il me semble que la tech­nique et la poli­tique relève direc­te­ment de la conscience non ?

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  125. Morpheus

    @ Ana

    La défiance et la peur ne sont pas innés, Ana, ce n’est pas un « pro­gramme géné­tique » ins­crit dans l’homme : c’est une réponse acquise en réac­tion à des condi­tions de l’environnement.

    Bien enten­du, si l’on parle de per­sonnes qui, comme nous, ont évo­luées selon cet envi­ron­ne­ment, sup­pri­mer l’argent ne résou­dra pas tout d’un coup de baguette magique, en cela nous sommes d’ac­cord ; car les condi­tion­ne­ments ne s’ef­face pas aus­si sim­ple­ment. En cela, tu as raison.

    Mais sup­po­sons un ins­tant un monde où, depuis deux ou trois géné­ra­tions, l’argent n’existe plus et où un sys­tème d’a­bon­dance pour tous pré­vaut. Dans ce cadre, les condi­tion­ne­ments dus à un monde de pénu­rie, de manque, de com­pé­ti­tion n’in­fluen­ce­ront plus la conscience collective.

    Si l’on se base sur les ensei­gne­ments du boud­dhisme, il n’y a que trois causes fon­da­men­tales (racines) à la souf­france humaine :

    - l’a­vi­di­té
    – l’aversion
    – l’ignorance

    C’est la com­bi­nai­son de ces trois causes, qui s’a­li­mentent mutuel­le­ment, qui génère la souf­france humaine.

    L’a­vi­di­té – qui vient du désir de repro­duire ou de renou­ve­ler des expé­riences agréables – se trouve, dans un monde où règne la pénu­rie, natu­rel­le­ment ren­for­cée. En revanche, dans un monde où règne l’a­bon­dance, l’a­vi­di­té se trouve défor­cée. Même si elle ne dis­pa­rait pas, elle se trouve beau­coup plus aisée à maîtriser.

    L’a­ver­sion – qui vient de la frus­tra­tion que l’on res­sent vis-à-vis de condi­tions ou de per­sonnes qui (selon nous) font obs­tacle à notre satis­fac­tion – dans un monde où règne la pénu­rie, se trouve natu­rel­le­ment ren­for­cée. Par contre, dans un monde où règne l’a­bon­dance, l’a­ver­sion se trouve défor­cée, car les rai­sons de frus­tra­tion sont diminuées.

    Enfin, l’i­gno­rance – qui vient prin­ci­pa­le­ment du fait que nous ne connais­sons pas notre propre mode de fonc­tion­ne­ment – se trouve, dans un monde où règne la pénu­rie, ren­for­cée (puisque la connais­sance – et notam­ment la connais­sance de soi – s’acquiert lorsque l’es­prit et la conscience sont ren­dus récep­tifs). Par contre, dans un monde où règne l’a­bon­dance, l’es­prit se trouve plus dis­po­nible à rece­voir et à recher­cher la connaissance.

    Par consé­quent, je suis d’ac­cord de dire qu’un monde d’a­bon­dance sans argent ne serait pas le para­dis. Mais les condi­tions d’un tel envi­ron­ne­ment rap­proche tout de même consi­dé­ra­ble­ment de cet idéal – à mon avis, de façon inver­se­ment pro­por­tion­nelle à l’en­fer que consti­tue notre monde de pénu­rie actuel.

    Par consé­quent, ce qui nous bloque, c’est l’in­tui­tion que le plus dur, ce sera la période de tran­si­tion entre ces deux mondes. Cette tran­si­tion sera dif­fi­cile car ce sont deux para­digmes dia­mé­tra­le­ment oppo­sés qui s’af­frontent à tra­vers nous (à l’ex­té­rieur, concrè­te­ment, par des conflits avec les autres) et en nous (à l’in­té­rieur, abs­trai­te­ment, par des conflits avec nous-même, c’est-à-dire avec nos croyances acquises et nos illusions).

    L’an­cien para­digme se ren­force chaque fois que les idées nou­velles échouent ou sont mise en échec. Par contre, chaque fois que le nou­veau para­digme enre­gistre (concrè­te­ment) une vic­toire, il se ren­force dans la conscience collective.

    Évi­dem­ment, dans ce tableau, l’en­fer à un atout dans sa poche pour l’emporter : il est pavé de bonnes intentions …

    😉

    Mor­pheus

    Réponse
  126. Ana Sailland

    Qui décide du menu de midi dans ton monde idéal ?

    Réponse
  127. sitouaillain

    si je puis me per­mettre, ce que tu disais Ana, fina­le­ment, c’est que l’a­bon­dance n’existe pas, et qu’il se trouve tou­jours des petits raf­fi­ne­ments qui nous donnent un sur­croît de plai­sir, ou bien que la satis­fac­tion d’un besoin appelle à la créa­tion d’un nou­veau besoin, ou bien que l’é­go, s’il existe, cherche inévi­ta­ble­ment à se dis­tin­guer, et qu’il a donc ten­dance à construire sa dis­tinc­tion par le biais de pra­tiques néces­si­tant biens et ser­vices que d’autres n’ont pas. ima­gi­na­tion sans limite dopée aux hor­mones, queues de paon infi­nies, pénu­ries de concerts d’a­cid-jazz bhou­ta­nais, manque de place à wai­ki­ki beach…

    en tout cas pour moi, l’a­bon­dance, c’est un mythe ou c’est une notion rela­tive, de sorte qu’il est impos­sible de décré­ter, voi­là, ça y est, nous sommes en abon­dance… sinon, invi­tons solen­nel­le­ment un néan­der­ta­lien à le faire dès main­te­nant et n’en par­lons plus !

    Réponse
  128. Morpheus

    C’est ter­rible, la pré­gnance d’une croyance. J’en­tends sitouaillain dire que l’a­bon­dance est un mythe, alors pré­ci­sé­ment que c’est la pénu­rie qui est le mythe fon­da­teur de notre civilisation.

    Je ne peux pas le prou­ver. Pour­tant, je le sais. Un savoir qui est là, comme un truc qu’on a tou­jours su. Une évi­dence. Mais for­cé­ment, après 10 000 ans de civi­li­sa­tions fon­dées sur la pénu­rie, ce savoir relève du rêve éveillé, pas vrai ? Comme un rêve que l’on aurait oublié depuis long­temps, et qui refait sou­dain sur­face, sans que l’on sache pour­quoi ; et l’on s’aperçoit alors que ce n’é­tait pas un rêve, mais un sou­ve­nir enfuit.

    @ Ana

    Je sais pas, on peut tirer au sort 😉

    Longue vie et prospérité,
    Morpheus

    Réponse
  129. J.C

    @ Mor­phéus

    +1

    Dis-moi, tu lirais pas un peu dans mes pen­sées toi ? 😉

    @ Ana

    Si je puis me per­mettre, pour le menu, je pense que c’est toi.

    @ sitouaillain

    « il a donc ten­dance à construire sa dis­tinc­tion par le biais de pra­tiques néces­si­tant biens et ser­vices que d’autres n’ont pas »

    Vou­loir obte­nir des choses rares est arti­fi­ciel­le­ment entre­te­nu dans notre société.
    Mais l’es­prit de com­pé­ti­tion apai­sé, la crise iden­ti­taire devrait l’être aussi.
    Être créa­tif ne veut pas for­cé­ment dire vou­loir se différencier.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  130. Ana Sailland

    L’a­bon­dance est pos­sible, certes, « je le sais », mais l’a­bon­dance de quoi ? On décide de mes dési­rs ou bien mes caprices sont ils tous exhaus­sés ? On n’a pas un petit pro­blème de stock ? Un pro­blème éco­lo­gique ? Pour le résoudre, ne va-t-il pas fal­loir orien­ter la pro­duc­tion , et donc au final frei­ner les dési­rs intem­pes­tifs de 9000000000 d’hu­mains, les standardiser ?

    A moins que le sage Fres­co IV ne décide de limi­ter les naissances ?

    Aura-ton le droit de culti­ver nos propres légumes dans tes villes flot­tantes ? Hors sol ? Beurk. Ou bien avec un droit de trans­port vers la zone sau­vage ? Et si cer­tains décident d’y res­ter tel­le­ment c’est joli une clai­rière ou une prai­rie, avec la rosée du matin, la brume dia­phane, dorée du soleil levant qui appelle au tra­vail ? Et sera-t-il per­mis d’y vivre à l’an­cienne, et une fois là de croître et se mul­ti­plier ? C’est per­mis ? Pas de guerre phy­sique entre ces deux concep­tions ? Les tech­nos contre les poètes en quelque sorte. ça risque de faire vilain sur le champ de bataille entre ceux qui ont des pioches et ceux qui ont des lasers … Tu sais, les réserves indiennes, ça a tou­jours mal fini.

    Tu devrais lire Bar­ja­vel … Tiens, c’é­tait un ingé­nieur, mais aus­si un humain du terroir.

    Pour­tant, que la mon­tagne est belle, com­ment peut on s’i­ma­gi­ner … Ils quittent un à un le pays pour s’en aller dor­mir en ville, loin des mon­tagnes où ils sont nés ; ils oublient leur his­toire et benoi­te­ment s’ef­facent au confort des robots (le lire en pen­sant la musique 😉 )

    Et si du matin au soir tu n’as aucune res­pon­sa­bi­li­té, si tout est mâché d’a­vance par les robots aux doigts cro­chus et les sages éden­tés, quand cha­cun aura colo­rié ses 3624 aqua­relles et fait 6342 par­ties de canas­ta et rem­pli 4223 sudo­kus, ne risque-t-on pas d’a­voir des sui­cides à la pelle ? Remarque que ça résout le pro­blème des stocks, sur­tout si on recycle les pro­téines des suicidés.

    Tu sais Mor­pheus, « on » nous dit qu’  »il » nous aurait condam­nés à vivre à la sueur de notre front. Je trou­vais ça méchant. Ben fina­le­ment, en obser­vant Fres­co, je trouve qu’être écar­tés du jar­din d’E­den, c’est pas si mal, et y reve­nir n’est pas for­cé­ment ten­tant. La peine du labeur, la dif­fi­cul­té du concret, la vie, la peine amou­reuse, la dif­fi­cul­té de s’en­tendre, tout ça, c’est comme un jeu, un exer­cice, comme quand on fait du sport. Le jeu de la vie, avec ses dif­fi­cul­tés, ça per­met d’ac­croître notre intel­li­gence, nos capa­ci­tés, de mus­cler notre rap­port à l’in­di­cible. Alors oui, le pro­blème, c’est qu’il y a des salo­pards qui faussent le jeu. Alors moi, je trouve que le pro­blème, c’est les salo­pards, pas le jeu. Et pour mon plai­sir de vivre, je pré­fère avoir à bos­ser, mais gra­tos, pour quel­qu’un qui fera de même, avec le même amour. Je trouve ça plus malin que de se livrer pieds et poings liés à un sys­tème méca­niste, car comme ça aus­si, je veux dire dans la syner­gie et l’en­traide incon­di­tion­nelle, avec l’empathie comme moteur, l’a­bon­dance est pos­sible, et sans l’argent, mais une abon­dance rela­tion­nelle autant que maté­rielle. En un mot, comme répa­ra­teur de nos vilé­nies et de nos pénu­ries, je pré­fère la conscience à la technique.

    D’au­tant que la conscience sau­ra domp­ter la tech­nique. Ce qui est quand même mieux que si c’est la tech­nique qui rend inutile la conscience.

    Réponse
  131. Ana Sailland

    Un der­nier point :

    Nous sommes déjà dans la socié­té de l’a­bon­dance !

    Le vrai tra­vail pro­duc­tif est très peu néces­saire et la plu­part de nos acti­vi­tés pro­fes­sion­nelles sont sans rap­port avec la pro­duc­tion du vital. Sont soit cultu­relles, soit admi­nis­tra­tives. Celles qui sont cultu­relles sont néces­saires au bon­heur des pro­fon­deurs de l’être, et le robot ne sau­rait en être. Celles qui sont admi­nis­tra­tives sont majo­ri­tai­re­ment inutiles, car consa­crées à la ges­tion des égoïsmes. Ain­si sommes nous aus­si dans une socié­té de l’in­di­vi­dua­lisme et du comp­tage ratio­ci­né des efforts et du fruit. Et c’est là que ça coince.

    La ques­tion n’est donc pas de nous alié­ner à un sys­tème nou­veau, d’ingénierie, pour per­mettre l’a­bon­dance qui existe déjà, par­fois même la sur­abon­dance (!).
    L’a­bon­dance n’est pas un mythe, le mythe, c’est l’ab­sence de l’abondance. 
    La ques­tion, c’est d’or­ga­ni­ser dif­fé­rem­ment par­tage, équi­té, + fra­ter­ni­té bio­lo­gique avec la sphère du vivant. Il s’a­git donc d’un pro­blème de démo­cra­tie et de fra­ter­ni­té élar­gie, et de rien d’autre.

    Réponse
  132. Morpheus

    @ Ana

    Selon le réper­toire des ques­tions fré­quem­ment posées au sujet du PV :

    Les gens pour­ront-ils vivre en dehors de la ville ?>

    Oui, les gens peuvent vivre où ils le sou­haitent, d’au­tant qu’il y a davan­tage de recherches effec­tuées sur les mai­sons auto-suf­fi­santes en matière d’éner­gie, mais il y aura beau­coup d’a­van­tages à vivre dans ce genre de ville.

    La nou­velle ville consti­tue­rait avant tout un envi­ron­ne­ment com­plet, avec un air et une eau purs, des soins de san­té, une bonne nutri­tion ain­si qu’un accès à l’in­for­ma­tion et à l’é­du­ca­tion pour tous. La ville dis­po­se­rait de centres d’art et de musique, de maga­sins entiè­re­ment équi­pés de machines, de labo­ra­toires scien­ti­fiques, de zones de loi­sirs et de sports, ain­si que de zones indus­trielles. Ces nou­velles villes pour­raient aus­si pro­po­ser toutes les infra­struc­tures de loi­sirs à por­tée du quar­tier rési­den­tiel. Ce type de tech­no­lo­gie est incon­tour­nable. Le recy­clage des déchets, les sys­tèmes de pro­duc­tion d’éner­gie propre et renou­ve­lable et toutes sortes de ser­vices seraient orches­trés par des méthodes cyber­né­tiques inté­grées. La ges­tion des affaires humaines, telles que les styles de vie et les pré­fé­rences per­son­nelles sont entiè­re­ment choi­sis par l’in­di­vi­du.

    Les gens seront bien évi­dem­ment libres de vivre où bon leur semble. Mais ces villes sont pré­vues pour dis­po­ser de beau­coup d’es­paces ouverts, de parcs et de zones boi­sées. Dans les zones pré­vues pour les rési­dences indi­vi­duelles, il y aurait suf­fi­sam­ment de végé­ta­tion et d’arbres entre les mai­sons pour pré­ser­ver l’intimité des occupants.

    Notre pro­po­si­tion pour une ville du futur pré­sente un envi­ron­ne­ment réa­li­sable, durable et sophis­ti­qué, conçu pour appor­ter le meilleur du poten­tiel humain. Ces villes ne four­ni­ront pas seule­ment des res­sources et de l’in­for­ma­tion, mais seront des villes uni­ver­si­taires à crois­sance conti­nue, conçues pour encou­ra­ger l’in­di­vi­dua­li­té, la créa­ti­vi­té et la coopé­ra­tion, tout en ayant un maxi­mum de consi­dé­ra­tion envers l’in­di­vi­du et l’en­vi­ron­ne­ment dans lequel il évo­lue.

    L’in­ten­tion du Pro­jet Venus est non pas de favo­ri­ser l’u­ni­for­mi­té, mais de four­nir les meilleurs outils et infor­ma­tions per­ti­nentes pour les besoins de chaque indi­vi­du. Le sys­tème est éga­le­ment ouvert aux cri­tiques construc­tives vis-à-vis de ses pro­po­si­tions, de son archi­tec­ture et de tous les autres aspects du sys­tème social.

    Et si quel­qu’un vou­lait se rendre dans une zone iso­lée, loin des villes ?

    Pour les voyages dis­tants, des voi­tures aériennes pro­pulsent le véhi­cule au des­sus du sol de 4 à 6 pieds et sont pro­pul­sées par un vor­tex en anneau. Des aéro­nefs indi­vi­duels seraient acces­sibles à tout le monde, sans pour autant requé­rir les com­pé­tences tech­niques néces­saires aujourd’­hui pour la conduite. Ces uni­tés de trans­port sont envi­ron 10 à 15 ans devant nous culturellement.

    Nous n’es­sayons pas de répa­rer, nous tra­vaillons d’a­bord sur la concep­tion d’in­fra­struc­tures, de moyens de trans­port et de nou­velles villes et pour des besoins tran­si­tion­nels, nous uti­li­se­rons des véhi­cules conven­tion­nels, qu’ils soient ter­restres, aériens ou mari­times en incluant d’autres méthodes, de l’hé­li­co­ptère aux véhi­cules tous-ter­rains. Nous pour­rions équi­per les voi­tures ordi­naires de dis­po­si­tifs d’é­vi­te­ment par sonar, radar, ou d’autres moyens qui ralen­ti­raient le véhi­cule si besoin afin d’é­vi­ter les col­li­sions. Les pneus auront un rebord inté­gré qui, en cas de cre­vai­son, empê­che­ra la perte de contrôle du véhi­cule. En bref, tout dis­po­si­tif de sécu­ri­té qui pour­ra amé­lio­rer les voi­tures ordi­naires sera uti­li­sé, tant que les sys­tèmes inno­vants évo­qués sont mis au point. Cela dépend véri­ta­ble­ment de qui est consi­dé­ré comme une inno­va­tion pour l’époque.

    Pen­dant la tran­si­tion, la par­ti­ci­pa­tion est béné­vole. Nous n’a­vons pas besoin de tant de per­sonnes que cela. Vous n’a­vez pas besoin de convaincre tout le monde.

    J’a­joute qu’il est évident que ceux qui le sou­haitent pour­ront faire leur pota­ger, soit sur leur ter­rain rési­den­tiel (en zone rési­den­tielle), soit dans un espace mis à leur dis­po­si­tion dans la cein­ture de pro­duc­tion agri­cole au sol (car il y a aus­si de l’a­gri­cul­ture au sol 😉 ) s’ils vivent dans un immeuble à appartements.

    Mor­pheus

    Réponse
  133. Morpheus

    Au fait, Ana, check ta boîte mail (et le cas échéant, ta boîte spam, on ne sait jamais) : je t’ai envoyé un courriel 😉

    Réponse
  134. sitouaillain

    @ Mor­phéus,

    la pénu­rie ou la peur de la pénu­rie est la source des mythes d’a­bon­dance, et de tous les rites inven­tés pour s’at­ti­rer les grâces d’une nature déi­fiée dont on dépend pour boire et manger,
    d’où des déesses mères bien grasses, des cornes d’a­bon­dance, des mythes de jar­dins inépui­sables, etc., etc.

    la vieille croyance mil­lé­naire est donc bien celle de la réa­li­té tan­gible d’un état où tous les besoins sont satis­faits, le para­dis sur terre.

    le fait que, entre ani­maux sociaux, la pénu­rie-rare­té, est soit abso­lue (besoins vitaux non satis­faits), soit rela­tive (besoins socia­le­ment construits non satis­faits) place l’a­bon­dance dans la caté­go­rie des mythes, des hori­zons inat­tei­gnables : il ne peut exis­ter aucune socié­té humaine capable de défi­nir a prio­ri à par­tir de quand tous les besoins sont satis­faits pour cha­cun de ses membres. la courbe de satis­fac­tion glo­bale des besoins n’at­teint jamais la ligne « abon­dance », et cette ligne se déplace vers le haut ou vers le bas selon les contextes.

    non seule­ment les besoins sont des construits sociaux mais c’est aus­si le cas des manières de les satis­faire et des consé­quences de cette non-satis­fac­tion comme des cri­tères qui donnent droit à satisfaction.

    je suis donc plu­tôt en phase avec ce que dit Anna

    Réponse
  135. Ana Sailland

    pour l’argent, peut être devrions nous deman­der conseil à ces gens là :

    http://​www​.tchen​du​kua​.com/

    Cycle de confé­rences plus que séduisant.
    suis tentée.

    « des savoir-faire plurimillénaires »

    Réponse
  136. Morpheus

    @ sitouaillain

    « la pénu­rie ou la peur de la pénu­rie est la source des mythes d’abondance »

    Sans vou­loir t’of­fen­ser, c’est absurde ce que tu dis là. La peur de la pénu­rie, la peur de man­quer, ne peut être pro­duite que par l’ex­pé­rience du manque. C’est donc bien une situa­tion, un envi­ron­ne­ment qui amène à faire l’ex­pé­rience du manque, qui crée cette peur.

    Si tu ne vois pas l’a­bon­dance tout autour de toi, alors je ne sais pas quoi faire pour t’ou­vrir les yeux.

    Nous regor­geons de richesses, de biens, de pro­duits, de tout ce dont nous avons besoin et plus encore. Mais c’est très inéga­le­ment répar­ti et donc beau­coup font en fait l’ex­pé­rience du manque.

    Mor­pheus

    Réponse
  137. sitouaillain

    bien sûr Mor­phéus, mais ce que je veux dire c’est que dans l’ab­so­lu, « l’ex­pé­rience du manque » ne se résout pas par la redis­tri­bu­tion des richesses et la modi­fi­ca­tion du droit de propriété,
    qui est plus que sou­hai­table, certes, et qui résou­drait bien des problèmes,
    mais pas « l’ex­pé­rience du manque », jus­te­ment parce que c’est le pro­duit d’in­te­rac­tions sociales et sur­tout quand il n’y a pas de chef pour dire ce qu’il convient de faire ou d’a­voir pour être inté­gré socia­le­ment dans une socié­té où les réfé­rences et les pré­fé­rences sont multiples,

    c’est à dire que les uns vont man­quer d’un tableau de picas­so et d’un cha­let à cour­che­vel, les autres vont man­quer d’un pare-choc chro­mé sur leur voi­ture tunée, et d’autres vont man­quer de fraises en hiver, etc.,
    en somme, il se crée sans cesse des choses rares, des choses qui dis­tinguent, un plus grand étui pénien ou la plus belle plumes de ara, des seins en sili­cone ou les der­niers exem­plaires de l’é­di­tion limi­tée de Rahan,

    ce n’est pas impor­tant que ceci ou cela soit sufer­flu, le fait est que la méca­nique dis­tinc­tion-imi­ta­tion pro­duit des inven­tions, des modes, et donc des besoins,

    du coup, à sup­po­ser qu’on nivelle tout, les mêmes causes pro­dui­ront les mêmes effets si on pense naï­ve­ment que ces phé­no­mènes sociaux se règlent en don­nant à cha­cun la même chose ou en décré­tant « l’abondance ».

    chaque peuple a ses méca­nismes de régu­la­tion de la rare­té, le nôtre est pro­fon­dé­ment défaillant, mais il n’est « scien­ti­fi­que­ment réfor­mable » que si nous savons nous com­prendre, pour défi­nir les bonnes règles, la juste mesure.

    mais sans par­ler de ces stra­té­gies de dis­tinc­tion des groupes et des indi­vi­dus, qui sans nul doute ont leur source loin­taine dans les stra­té­gies de repro­duc­tion, ce n’est déjà pas com­pli­qué de par­tir du pos­tu­lat que la rare­té ne dis­pa­raî­tra pas, à com­men­cer par le pro­blème de l’oc­cu­pa­tion de l’espace,

    ce qui ne peut s’au­to­ré­gu­ler effi­ca­ce­ment devrait donc être régu­lé par des prin­cipes de jus­tice et d’é­qui­té, nul doute alors que des méca­nisme tel que le tirage au sort seront des atouts pré­cieux, pour dis­tri­buer ce qui est rare,

    je ne sais pas, par exemple Capri, c’est une petite île, donc un séjour à Capri, c’est un bien rare, et même chose avec un concert d’her­vé vil­lard, pas de place pour tout le monde, et 8 mil­liards d’ha­bi­tants ne peuvent pas man­ger en même temps du boeuf de Kobé ou de l’a­gneau de pré salé accom­pa­gné de truffes…ce serait moins bon d’ailleurs si c’é­tait le cas, pour her­vé vil­lard, je vous laisse la place 😉

    Réponse
  138. J.C

    Il ne faut pas se leur­rer, les modes sont des pro­ces­sus d’u­ni­for­mi­sa­tion. Pour être véri­ta­ble­ment signi­fi­ca­tives, elles doivent être véhi­cu­lées par les grands médias.
    Dans un monde d’a­bon­dance, on ne pro­duit plus pour faire de l’argent.
    Autre­ment dit, la rare­té se régule par le déve­lop­pe­ment de l’individualisation.
    Ce qui implique le fait de ne plus être un mouton.
    L’a­bon­dance le per­met jus­te­ment car il n’y a plus le manque per­ma­nent entre­te­nu inten­tion­nel­le­ment en vue d’une crois­sance éco­no­mique constante.
    La stra­té­gie de piètre qua­li­té et d’obsolescence pro­gram­mée des pro­duits qui engendre une dépen­dance tou­jours plus grande à l’é­gard du pro­ces­sus de consom­ma­tion tou­jours plus des­truc­teur n’a plus cours.

    Si on affame quel­qu’un et qu’en­suite on lui pro­pose des ali­ments peu nour­ris­sants mais très sucrés, il aura tou­jours aus­si faim.
    On peut assoif­fer les gens et les rendre dépen­dants de pro­duits inadap­tés et ce dans tout les domaines afin qu’il soient tou­jours en manque pour main­te­nir la croissance.
    Mais, si ensuite, on les accuse d’être avide par nature, c’est d’une pro­fonde mal­hon­nê­te­té d’une part et c’est aus­si le moyen par lequel on leur fait croire qu’ils sont natu­rel­le­ment ain­si et qu’ils ne peuvent faire autrement.
    « Vous voyez bien com­ment nous fonc­tion­nons » leur dira-t-on.
    Ce n’est en réa­li­té rien d’autre que du marketing.

    C’est comme repro­cher à celui à qui l’on aurait ban­dé les yeux de ne pas voir.
    Il n’a pas besoin d’être gou­ver­né, reti­rez lui son ban­deau et il ver­ra parce qu’il a des yeux.
    Lais­sons à cha­cun le pou­voir d’exer­cer sa capa­ci­té. Offrons lui les condi­tions maté­rielles et les connais­sances pour qu’il puisse acqué­rir la sagesse dont il est capable.

    Il est conce­vable que n’ayant connu autre chose, il ne soit pas aisé d’i­ma­gi­ner à quoi res­semble un autre mode de vie, sans pénurie.

    L’a­bon­dance ne consiste pas à don­ner à cha­cun la même chose mais bien davan­tage à don­ner à cha­cun ce dont il a besoin individuellement.
    Heu­reu­se­ment, nous avons un cer­tain nombre de besoins simi­laires et d’autres com­plé­men­taires ou par­ti­cu­liers ce qui fait la richesse de la vie.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  139. J.C

    Argent, offre et demande :

    On incite les gens à consom­mer ce que l’on a ren­du rare.
    Rare pour gagner de l’argent. Voi­là la pénu­rie, voi­là les modes, les séries limi­tées etc.
    Il n’y en aura pas pour tout le monde donc empres­sez-vous de l’acheter.
    On crée non seule­ment la rare­té mais aus­si la demande.
    La demande pour ce qui est rare et l’on détruit ain­si l’offre de ce qui est abon­dant en en détour­nant la popu­la­tion afin de le rendre coû­teux à pro­duire et rare à son tours.

    Tout n’est, en appa­rence, que de la ges­tion moné­taire pour le pro­fit car le pro­fit c’est le pouvoir.
    En réa­li­té, nous sommes tous prix au piège, les riches comme les pauvres. Et même les ultras-riches sont pris à leurs propres jeux qui voient jus­qu’à leur envi­ron­ne­ment proche se dété­rio­rer avec l’en­semble de la pla­nète. C’est du très cours terme.

    Orga­ni­sa­tion sociale et servitude :

    Pour­quoi n’ar­ri­vons nous pas à mettre en place une orga­ni­sa­tion sociale convenable ?
    Pour­quoi ça ne marche pas, sommes nous stupide ?
    Non, pas com­plè­te­ment en tout cas, nous n’a­vons sim­ple­ment pas plei­ne­ment iden­ti­fier la nature de notre impuissance.
    Qu’est ce qui ne colle pas ? Pour­quoi ne pou­vons nous pas être et faire ce qui nous semble juste ? Nous adhé­rons à des vues qui nous asservissent.
    Excu­sez si le terme de la phrase qui suit semble violent mais c’est une réalité.
    Nous sommes tous des ven­dus et cer­tains ne s’en rendent même plus compte.
    Nous tra­vaillons et agis­sons pour l’argent pas pour nous même ni nos sem­blables mais pour l’argent.

    Gar­der le sys­tème de la mon­naie mène­ra tou­jours avec le temps à la même situa­tion mon­diale de misère sociale, éco­lo­gique etc.

    Le pou­voir n’a de pou­voir que par l’argent et la peur d’en man­quer, c’est la seule chose qui nous fait obéir.
    Peu importe qui en pos­sède, c’est le seul pou­voir qui nous main­tient dans la soumission.
    Nous sommes tous des ven­dus, nous ven­dons nos vies, nos âmes.
    Quand ces­se­rons nous de nous pros­ti­tuer et com­men­ce­rons nous à vivre libre ?
    L’argent est une arnaque dans ce monde et nous sommes tous ache­tés et cor­rom­pus par lui.
    Nous par­lons tou­jours d’argent, d’é­co­no­mie, il est temps de pas­ser à autre chose,
    d’ar­rê­ter d’o­béir à des illu­sions qui n’ont de valeurs que parce que l’on croit aux men­songes qu’on nous raconte. Ces­sons d’être des mou­tons, finis­sons-en avec cette idée.

    Le tra­vail for­cé n’est pas néces­saire. C’est com­plè­te­ment ridi­cule tout ça.
    Nous pou­vons en finir avec l’a­lié­na­tion, nous pou­vons en finir avec l’esclavage.
    Pour ceux qui ne savent plus ce que le terme esclave signifie :
    http://fr.anthroponomie.wikia.com/wiki/Esclave_%28Anthroponomie%29

    Nous n’a­vons pas besoin d’être gou­ver­ner, nous pou­vons gou­ver­ner nous même nos vies et nous avons inté­rêt à le faire si nous vou­lons pas finir à l’abattoir.

    Je com­prends qu’une civi­li­sa­tion sans gou­ver­ne­ment soit dif­fi­cile à conce­voir dans un 1er temps.
    Dans une socié­té type pro­jet Vénus, ce ne sont pas les scien­ti­fiques qui choi­sissent à notre place, c’est nous qui choi­sis­sons. Eux, on en charge de mettre au point le trai­te­ment et les réponses qui sont appor­tées à nos choix et besoins par­ti­cu­liers et col­lec­tifs lais­sant de plus en plus la place à la ges­tion auto­ma­ti­sé en constante amélioration.
    Ces choix ne seront pas des non-choix comme aujourd’­hui, impré­gner de pro­pa­gande de la pen­sée unique mais des choix d’une popu­la­tion qui a accès à l’information.

    Ou bien on conti­nu à se sou­mettre au pou­voir de l’argent et on fini tota­le­ment esclave d’une élite (dont le pou­voir repose sur la mon­naie) avec une puce RFID dans le corps ou bien on se passe de l’argent, on ne se sou­met plus et on uti­lise les connais­sances tech­no­lo­giques sai­ne­ment au ser­vice du bien com­mun, c’est à dire de chacun.

    Comme le disait Kro­pot­kine, ce sont les espèces qui coopèrent entre elles qui survivent.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  140. Catherine B

    Il y a bcp de choses justes dans ce que tu dis JC, mais au final croire que l’a­ban­don de l’argent qui n’est somme toute qu’un éta­lon, rédui­rait notre ser­vi­tude, c’est une erreur à mon sens. Car peu importe l’é­ta­lon, ça pour­rait se mesu­rer en temps la valeur, en j’sais pas quoi, ce serait ce qu’on y met dans cette valeur la valeur, la vraie valeur à ques­tion­ner ?Ce à quoi on se sou­met, non ?

    Et moi, j’a­voue que j’ai bien peu envie de me sou­mettre aux pou­voirs des scien­ti­fiques qui auraient selon toi, une réponse dénuée de toute puis­sance, de tout pro­jet et qui seraient mus tou­jours selon toi si j’ai bien com­pris par le désir de répondre aux dési­rs des autres ! C’est une ser­vi­tude encore plus per­ni­cieuse que celle que nous vivons aujourd’­hui car sous ses beaux habits du dimanche, il y a des sous-vête­ments qui ne sont pas cleans, c’est mon point de vue. Car rien n’est neutre et la science est faite et sou­te­nue par des hommes qui sont tout sauf neutres car ils vivent dans le monde et sont tra­vaillés res­pec­ti­ve­ment par leurs dési­rs propres et les dési­rs du monde.

    Réponse
  141. Morpheus

    @ Cathe­rine B

    Si tu penses que l’argent « n’est qu’un éta­lon », c’est que tu n’as pas du tout com­pris ce que J.C ou moi-même avons essayé d’ex­pli­quer au sujet de l’argent (du sys­tème monétaire).

    Un éta­lon, c’est une mesure stan­dard FIXE, valable pour tous (du moins pour tous ceux qui choi­sissent cet éta­lon). Par exemple, le mètre est une mesure éta­lon, car elle est fixe. Mais la mon­naie n’a aucun repère fixe. Sa valeur est incons­tante, floue, rela­tive et mou­vante. Et en elle-même, la mon­naie n’a aucune valeur : seules les mar­chan­dises et les ser­vices ont de la valeur, et cette valeur est éga­le­ment rela­tive et entiè­re­ment mani­pu­lée (par la spéculation).

    D’autre part, nous avons bien com­pris ta crainte d’une dic­ta­ture scien­ti­fique. Et nous avons expli­qué que nous avions la même crainte, mais que ce n’est pas ce qui est pro­po­sé dans le PV, et qu’en outre, nous ne sommes pas obli­gé d’être idiot, nous pou­vons ima­gi­ner des solu­tions pour que cela n’ar­rive pas. Nous ne sommes donc pas obli­gé de jeter le bébé avec l’eau du bain.

    Une chose est cer­taine : la dic­ta­ture de la mon­naie m’ef­fraye cer­tai­ne­ment autant que la dic­ta­ture scien­ti­fique. Et le choix pro­po­sé n’est pas celui-là.

    Mor­pheus

    PS : à la longue, il y a comme une las­si­tude qui s’ins­talle à force de devoir répé­ter encore et encore les mêmes argu­ments face aux mêmes peurs ; on se demande si l’on est lu ou pas ; on se demande CE qui est lu et ce qui ne l’est pas … ?

    Réponse
  142. J.C

    @ Cathe­rine B

    Notre monde DEVIENT une dic­ta­ture éco­no­mi­co-scien­ti­fique. C’est ce qu’il y a de pire, la tech­no­lo­gie au ser­vice de l’argent.

    La meilleure façon de nous garan­tir contre une telle dic­ta­ture diri­gée par une élite (quelle que soit son nom), c’est l’ab­sence de hiérarchie.
    Nous avons été for­te­ment condi­tion­né à croire quelle était néces­saire cette hié­rar­chie et c’est pour­tant l’outil le plus effi­cace pour notre escla­vage et donc le plus désas­treux pour notre émancipation.

    La dis­pa­ri­tion du sys­tème de nota­tion qui vaut droit de vie ou de mort qu’est l’argent, c’est aus­si la dis­pa­ri­tion de la sou­mis­sion à un pou­voir qui s’appuie sur celui-ci. Ce pou­voir n’existe que parce que cha­cun croit en la monnaie.
    La vision d’une socié­té hié­rar­chi­sée jus­ti­fie la sou­mis­sion du plus grand nombre au pro­fit de ceux qui détiennent le pou­voir par l’argent et donc de tout les pou­voirs qui en découlent.

    Or, la majo­ri­té croit qu’on ne peut pas faire autre­ment sauf retour­ner au troc mais c’est faux. nous avons par­fai­te­ment les moyens de sub­ve­nir aux besoins de cha­cun sur cette planète.

    En conclu­sion, la dis­pa­ri­tion de la hié­rar­chie, c’est à dire des pri­vi­lèges par la dis­pa­ri­tion du sys­tème moné­taire au pro­fit de la gra­tui­té et l’a­bon­dance pour tous est à mon sens, la meilleure garan­tie d’as­su­rer notre éman­ci­pa­tion et notre liberté.

    Plus de maître, plus de chan­tage, plus de misère, plus de sou­mis­sion mais l’ac­cès à la connais­sance, aux biens et au ser­vices libre­ment pour tous.

    Si vous pen­sez à mieux, je vous écoute.

    Je ter­mi­ne­rais par un repor­tage sur quel­qu’un qui devrait plaire à Étienne.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  143. Catherine B

    Notre monde ne devient pas mais est une dictature.

    Et pour recou­vrer notre liber­té il convient je crois d’ob­ser­ver toutes nos ser­vi­tudes et de com­men­cer par nous-mêmes, pas le voi­sin, pas ceci, pas cela, mais nous, dans toutes nos décli­nai­sons, dans toutes nos dimen­sions, sym­pas et moins sym­pas, pour sûr.

    Que cha­cun dans sa pri­son per­son­nelle essaie de net­toyer les encom­brants bien encom­brants et aère sa terre.

    Je ne crois pas à un salut exté­rieur, car l’ex­té­rieur est l’ob­jec­ti­va­tion de l’in­té­rieur, chan­geons-nous d’a­bord nous-mêmes et ensuite peut-être pour­rons-nous com­men­cer à par­ler du dehors car le dehors est per­çu par le dedans et si le dedans est tout obs­trué, alors c’est nos propres cris et nos propres fureurs que nous croi­rons entendre dehors mais qui ne seront que l’é­cho du dedans faute d’a­voir construit notre caisse de résonance.

    Nous sommes des ins­tru­ments de musique autant que nous sommes et nous avons le devoir( deux-voirs) de construire, d’é­vi­der notre ins­tru­ment de tous les fatras inutiles et alors pos­si­ble­ment l’es­pace de la rela­tion à soi, aux autres et au monde pour­ra vibrer. Si ce tra­vail-là n’est pas fait, tout n’est que pro­jec­tion. On jette dehors ce que l’on est pas capable de dis­tin­guer au dedans de nous.

    Et c’est encore( en-corps) dans le corps social et le corps indi­vi­duel que nous vivons et répé­tons tou­jours cette répé­ti­tion qui n’en finit pas de se répé­ter, de faire le per­ro­quet. Cet  » en-corps » que je vis que tu vis, que nous vivons par cette absence de retour sur soi, je crois.

    Réponse
  144. sitouaillain

    à la longue, il y a comme une las­si­tude qui s’ins­talle à force de devoir répé­ter encore et encore les mêmes argu­ments face aux mêmes peurs ; on se demande si l’on est lu ou pas ; on se demande CE qui est lu et ce qui ne l’est pas … ?

    oui c’est lassant.

    moi ma peur, c’est que vous vous enfer­miez dans un rai­son­ne­ment en boucle et que vous occul­tiez des causes des causes en vous foca­li­sant sur une consé­quence, par exemple « l’argent », incar­na­tion du « mal ».

    je com­prend par­fai­te­ment vos rai­son­ne­ment, j’y sous­crit e grade par­tie, mais là n’est pas la question,

    il doit y être inté­gré des pans entiers.

    j’es­sayais de faire pas­ser le mes­sage, ce n’est pas l’argent qui pro­duit la rare­té, la rare­té est un construit social, à par­tir d’in­te­rac­tions, du monde humain vis à vis de son envi­ron­ne­ment maté­riel et sur­tout autoa­li­men­té, non pas par l’argent mais par des méca­nismes de distinction-imitation.

    de même la source des maux que vous attri­buez à l’argent et la rare­té se com­pren­dra mieux si on sup­prime l’hy­po­thèse « argent » et « abondance »,
    der­rière l’ap­pé­tit pour l’argent, il y a l’ap­pé­tit pour la gloire, la puis­sance, l’in­fluence, l’en­vie, etc., sup­pri­mez l’argent, ceci reste, sup­pri­mez la dis­tinc­tion par des objets, et soyez sur­pris de l’i­ma­gi­na­tion humaine pour s’in­ven­ter des champs d’in­te­rac­tion où la hié­rar­chie de sta­tut réapparait.

    le capi­ta­lisme est un mode de régu­la­tion des affects et des dési­rs tour­né vers des pré­oc­cu­pa­tions maté­rielles, mais il n’empêche que bon nombre d’actes sont fina­le­ment tour­nés vers autre chose, quelque chose qui a à voir avec la ten­sion entre la soli­da­ri­té de groupe et le cha­cun pour soi dans la parade amou­reuse, qu’on doive se bala­der avec de grosses cein­tures de coquillages venus de loin, ou une bent­ley, citer Ron­sard ou se faire pasteur.

    autre­ment dit, pre­nons garde à ne pas oublier que le mode de régu­la­tion des affects et des dési­rs, doit tenir compte de cela, sous peine d’a­voir des sur­prises. que les guides soient en blouses blanches ou en sari orange importe peu..

    et je ne crois pas que cathe­rine soit du genre peureuse 😉

    Réponse
  145. Catherine B

    Il sem­ble­rait que tu ne m’aies pas bien lu Mor­phéus. Je reprends ce que tu dis et que je n’a­vais lu par ailleurs, c’est la réponse de sitouillain qui m’y a amené.

    Tu dis : » Un éta­lon, c’est une mesure stan­dard FIXE, valable pour tous (du moins pour tous ceux qui choi­sissent cet éta­lon). Par exemple, le mètre est une mesure éta­lon, car elle est fixe. Mais la mon­naie n’a aucun repère fixe. Sa valeur est incons­tante, floue, rela­tive et mou­vante. Et en elle-même, la mon­naie n’a aucune valeur : seules les mar­chan­dises et les ser­vices ont de la valeur, et cette valeur est éga­le­ment rela­tive et entiè­re­ment mani­pu­lée (par la spé­cu­la­tion). »

    C’est exac­te­ment ce que je dis, sauf que la fixi­té qui me fait dire que c’est un éta­lon qui sert de mesure, comme le temps ou des caca­huètes pour­rait en être un autre, c’est que la valeur de cet argent ne tient pas dans sa pari­té mais dans sa repré­sen­ta­tion.

    Tout est dans la re-pré­sen­ta­tion, dans l’ordre sym­bo­lique !

    Et je ter­mine en redi­sant ce que je disais plus haut : ce serait ce qu’on y met dans cette valeur la valeur, la vraie valeur à ques­tion­ner ? non???

    Réponse
  146. Morpheus

    @ sitouaillain

    " rel="nofollow ugc"><der­rière l’ap­pé­tit pour l’argent, il y a l’ap­pé­tit pour la gloire, la puis­sance, l’in­fluence, l’en­vie, etc.>

    Tous ces « appé­tits » ne sont pas innés, ils résultent des condi­tion­ne­ment dus à … une socié­té fon­dée sur la mon­naie, qui met en valeur :

    • la com­pé­ti­tion, consi­dé­rée (à tort) comme >nature humaine<
    • l’a­van­tage dif­fé­ren­tiel, qui résulte de l’es­prit de com­pé­ti­tion et d’une socié­té ou il n’y en a pas assez pour tous
    • la hié­rar­chie sociale, qui résulte des avan­tages dif­fé­ren­tiels accu­mu­lés par les riches
    • le pou­voir et l’argent, par les­quels on peut obte­nir une posi­tion sociale avantageuse.

    Si vous reti­rez la mon­naie, que restera-t-il ?

    L’ap­pé­tit de gloire, le besoin de recon­nais­sance ? Pour­quoi pas. Mais de quelle nature serait cette gloire dans un sys­tème sans mon­naie ? Par exemple, la gloire d’a­voir décou­vert un pro­ces­sus innovent qui pro­fite au plus grand nombre ; ou d’a­voir bien ser­vit la cité et d’en avoir fait pro­fi­ter la col­lec­ti­vi­té. La gloire est ici méri­tée, et ne consti­tue plus un vice ou une perversion.

    Pour le reste : le désir de puis­sance résulte d’un défi­cit émo­tion­nel et affec­tif, c’est une névrose qui est en très grande par­tie due aux condi­tions de notre socié­té ; le désir d’ob­te­nir de l’in­fluence est exac­te­ment du même ordre ; l’en­vie résulte d’un manque, et donc d’une frus­tra­tion qui, comme je l’ai expli­qué plus haut, est affai­blie par des condi­tions sociales favo­ri­sant l’é­qui­té et géné­rant une cer­taine abondance.

    Bref, je me répète une fois de plus, pour juger de la per­ti­nence de l’a­na­lyse, il nous faut envi­sa­ger les choses en dehors du car­can étroit des condi­tions actuelles, sans quoi nous condam­ne­rions la pro­po­si­tion sur des argu­ments fon­dés sur les condi­tion­ne­ments mêmes que l’on cherche à chan­ger, ce qui serait le comble de l’absurde.

    Mais il est cer­tain que tant que vous conti­nuer à rai­son­ner en terme de >nature humaine< (qui plus est sans défi­nir celle-ci de façon pré­cise et démon­trée), tant que vous ne com­pre­nez pas que les com­por­te­ments humains sont prin­ci­pa­le­ment et essen­tiel­le­ment la résul­tante des condi­tion­ne­ments de l’en­vi­ron­ne­ment socio­cul­tu­rel, il est évident que la dis­cus­sion conti­nue­ra à être vaine et stérile.

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  147. Morpheus

    Adden­dum

    Vu effec­ti­ve­ment la las­si­tude, ma der­nière réponse n’est pas tout-à-fait juste. Il ne suf­fit pas de reti­rer l’argent de l’é­qua­tion, il faut éga­le­ment reti­rer un cer­tain nombre d’autres croyances per­verses, d’ordre reli­gieuses, c’est à dire un récit cultu­rel ima­gi­naire : un mythe. En substance :

    • La notion de péché ori­gi­nel : avant même de naître, nous serions des créa­tures cou­pables > cela induit un sen­ti­ment de culpa­bi­li­té par lequel nous sommes aisé­ment mani­pu­lable = ins­tru­ment de contrôle social.
    • L’i­dée que la nature est hos­tile et doit être domi­née > rup­ture entre le mode de vie nomade et le mode de vie séden­taire = ins­tru­ment de contrôle de l’en­vi­ron­ne­ment.
    • L’i­dée que nous sommes au som­met de la hié­rar­chie >natu­relle< des êtres vivants > hié­rar­chi­sa­tion de la socié­té > idée qu’il y a des êtres supé­rieurs et infé­rieurs = ins­tru­ment de domi­na­tion.

    Donc, enle­vons l’argent ET les reli­gions (sur­tout les mono­théistes), et nous aurons une petite chance de sor­tir de notre enfer.

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  148. Ana Sailland

    La patience du jar­di­nier ne consiste pas à tirer sur les carottes pour les obli­ger à pous­ser plus vite.

    Réponse
  149. J.C

    @ Cathe­rine B

    « Cet  » en-corps » que je vis que tu vis, que nous vivons par cette absence de retour sur soi, je crois. »

    Oui, tu as raison.
    Ce retour sur soi n’est pas évident lorsque l’on passe 8h par jours en moyenne s à tra­vailler dans des condi­tions de plus en plus dif­fi­cile, plus les tra­jets, plus le risque de tou­jours plus pesant de perdre ses moyens de sub­sis­tances, ren­trant chez soi, for­ma­té à se faire lobo­to­mi­ser devant la télévision.
    Com­ment trou­ver cette espace de retour sur soi et sur­tout pour­quoi faire se retour sur soi puis­qu’on nous fait croire que nous sommes mau­vais par nature et que nous méri­tons notre sort.

    Déso­lé Sitouaillain, je com­prends pas le lien que tu fais entre rare­té et les méca­nismes de dis­tinc­tion-imi­ta­tion. La rare­té dépends des quan­ti­té de res­sources dis­po­nibles et la manière de les gérer. Dans notre socié­té, on gère les res­sources par l’argent et comme je l’ex­plique plus haut ain­si que Mor­phéus dès sa 1 ere inter­ven­tion dans ce fil de dis­cus­sion, la mon­naie, pour avoir de la valeur, s’ap­pui sur la pénurie.

    Peut-être, serait-il inté­res­sant de s’in­ter­ro­ger sur ce qui est en train de se pro­duire, je vais essayer de résumé.
    L’ac­ti­vi­té éco­no­mique est fon­dée sur la com­pé­ti­ti­vi­té et la pro­duc­ti­vi­té, or aujourd’­hui com­pé­ti­ti­vi­té et pro­duc­ti­vi­té sont les enne­mis de l’emploi et du pou­voir d’achat.

    Tant qu’il y aura de l’argent, la logique de la pro­duc­ti­vi­té conti­nue­ra afin de réduire les coûts.
    La tech­no­lo­gie rem­place l’homme et l’homme ne peut plus acheter.
    L’au­to­ma­ti­sa­tion détruit les emplois, sans emploi moins d’argent, baisse du pou­voir d’achat.

    Cette baisse de reve­nu pour les par­ti­cu­liers signi­fie moins de reve­nu pour l’é­tat, des réduc­tion des bud­gets, les besoins de la popu­la­tion seront INSATISFAIT.
    De plus, les dettes ne font qu’ac­cé­lé­rer le pro­ces­sus, elles ne sont pas remboursables.
    Les banques vont s’ef­fon­drer et tout le sys­tème moné­taire avec.
    Bilan : une révolution.

    Un reve­nu de base universel ?

    Quel serait l’in­té­rêt d’un reve­nu de base uni­ver­sel s’il n’est plus le fruit du travail ?

    Les gens n’ont pas les même besoins,comment les prix seraient-ils fixés ?
    Si la pro­duc­tion per­met l’a­bon­dance, pour­quoi uti­li­se­rions nous encore de l’argent ?

    Il est bien plus sen­sé d’ac­cor­der la pro­duc­tion avec les res­sources dis­po­nible et les besoins réelles des populations.

    Conclu­sion :

    Il n’y aura plus de tra­vail et plus de pénu­rie, les machines garan­ti­ront une pro­duc­ti­vi­té inéga­lée tout en pré­ser­vant la pla­nète. Nous connaî­trons l’a­bon­dance bientôt.
    La tran­si­tion sera moins dou­lou­reuse si davan­tage de gens aspire à cela et ne se battent pas contre.

    Une courte vidéo pour illus­trer ceci (ce n’est pas en français)
    http://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​f​e​a​t​u​r​e​=​e​n​d​s​c​r​e​e​n​&​N​R​=​1​&​v​=​y​c​-​G​T​V​w​K​XD4

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  150. Morpheus

    His­toire d’a­li­men­ter un peu la polé­mique sur l’a­bon­dance et la pénu­rie, voi­ci un article de ce jour (jeu­di 4 octobre 2012) du quo­ti­dien belge Le Soir, qui titre « 50% des fruits et légumes vont à la pou­belle ».

    C’est une étude de la FAO (orga­ni­sa­tion des nations-unies pour l’a­li­men­ta­tion et l’a­gri­cul­ture) qui indique que près de la moi­tié de la pro­duc­tion de fruits et légumes au sein de l’U­nion Euro­péenne sont gas­pillés en pure perte.

    La plus grande par­tie des pertes est enre­gis­trée lors de la phase de la pro­duc­tion : 20% ! 5,5% sont per­dus lors de la récolte ; 7,5% sont per­dus dans les super-mar­chés (non ven­dus) et la part de res­pon­sa­bi­li­té des consom­ma­teurs eux-mêmes est éva­luée à 13%.

    Lorsque l’on sait qu’outre ces pro­duc­tions faites au sein de l’UE nous impor­tons de grandes quan­ti­tés de fruits et légumes venant d’autres conti­nents (à grands frais, et avec des coûts très lourds à tous les niveaux), et que d’autre part, des mil­lions d’êtres humains ne mangent pas à leur faim de par le monde, nous avons de quoi nous interroger.

    Plus spé­ci­fi­que­ment, notre rap­port avec nos res­sources – y com­pris les res­sources ali­men­taires, res­sources de base de toute socié­té – est à ques­tion­ner. Nous pro­dui­sons de manière sur­abon­dante au point de géné­rer des com­por­te­ments irra­tion­nels, comme celui d’a­che­ter en trop grande quan­ti­té par rap­port à nos besoins (com­por­te­ment des consom­ma­teurs), ce qui est encou­ra­gé par l’in­dus­trie et le sec­teur de la dis­tri­bu­tion qui, eux, pro­fitent direc­te­ment de ces com­por­te­ments irrationnels.

    Au lieu de redis­tri­buer ces pro­duits de façon à satis­faire tout le monde au lieu de gas­piller, nous conti­nuons à encou­ra­ger ces com­por­te­ments aber­rants, pour ali­men­ter des croyances fortes : il faut méri­ter sa croute, et pour cela il faut tra­vailler, et ceux qui ne tra­vaillent pas sont péna­li­sé, ce que beau­coup de gens consi­dèrent comme nor­mal, allant même jus­qu’à stig­ma­ti­ser ceux et celles qui reçoivent de maigres sub­sides pour pou­voir sur­vivre en les trai­tant de parasites.

    De l’autre côté de la hié­rar­chie sociale, des mil­liar­daires se goinfrent (lit­té­ra­le­ment) et si l’on fai­sait un cal­cul de leurs goin­fre­ries, les chiffres seraient cer­tai­ne­ment encore plus élo­quents sur le gas­pillage qu’ils engendrent. Ces mêmes mil­liar­daires, qui n’ap­portent stric­te­ment aucune valeur ajou­tée à la socié­té, car ils n’in­ventent rien et ne créent rien, sont pré­sen­tés comme « créa­teurs de richesse » alors même qu’ils ne sont que les voleurs de richesses (mais dire cela, bien enten­du, c’est du populisme).

    Que l’on com­pare les reve­nus de ces mil­liar­daires inutiles avec les reve­nus de cher­cheurs, d’en­sei­gnants, d’ou­vriers, de méde­cins, d’in­fir­miers, d’ar­ti­sans, de tra­vailleurs sociaux, etc. et l’on voit bien quels sont les >valeurs< véhi­cu­lées dans notre socié­té : l’argent est la seule marque du suc­cès, le seul para­digme com­mu­né­ment admis en tout lieu.

    Mais qu’un qui­dam se mette à remettre en cause le Dieu MONEY, et l’on voit se dres­ser une armée >d’in­di­gnés<, les uns reje­tant la remise en ques­tion avec le même aplomb que les évêques reje­tant l’hy­po­thèse d’une Terre ronde ou d’un Soleil cen­tral, les autres redou­blant d’ar­gu­ties et d’ar­gu­ments cir­cu­laires pour nier la cen­tra­li­té de la mon­naie dans l’or­ga­ni­sa­tion des civi­li­sa­tions, et par consé­quent, de l’or­ga­ni­sa­tion sociale et de ses croyances fondamentales.

    Conti­nuez donc, mes­sieurs dames, à vous souf­fler dans le cul pour deve­nir auto­bus, les mil­liar­daires vous sont très recon­nais­sants de défendre leur seul et unique Dieu : MONEY.

    Et si, dans un moment d’é­ga­re­ment, il vous venait l’i­dée de médi­ter la ques­tion, pen­sez donc à cet antique dic­ton populaire :

    « L’argent est rond pour rouler »

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  151. Ana Sailland

    « Un reve­nu de base universel ?

    Quel serait l’in­té­rêt d’un reve­nu de base uni­ver­sel s’il n’est plus le fruit du travail ? »

    a) Son inté­rêt essen­tiel serait jus­te­ment qu’il ne serait plus le fruit du tra­vail, ce qui implique b & c .

    b) La fin de la civi­li­sa­tion de la carotte

      La fin de l'esclavage
    La fin du chantage "marche ou crève"
    La fin de l'acceptation de conditions innommables

    c) La fin de la com­pli­ci­té au monstre, pour rai­son vitale personnelle

      La fin de l'industrie de l'armement
    Plus de mercenaire

    d) La pos­si­bi­li­té pour l’in­di­vi­du de s’en­ga­ger sans subir, de don­ner sa force et son temps à ce qu’il estime juste, lui, en son âme et conscience

    e) Une étape majeure de la trans­mu­ta­tion du devoir au vou­loir, qui est une clef du pas­sage de la civi­li­sa­tion de l’a­voir à la civi­li­sa­tion de l’être. (tel­le­ment au delà du machi­nisme déi­fié crénondenon )

    J’en oublie. Cer­tains ont écrit là-des­sus. Les lire com­plè­te­ra ma courte réponse.

    À Prou­dhon « nul ne devrait vivre sans tra­vailler » ;
    je réponds « nul ne devrait tra­vailler sans vivre »

    Réponse
  152. Marc

    «<Un reve­nu de base uni­ver­sel ?«

    ne peut pas fonc­tion­ner car la mon­naie doit res­ter rare pour conti­nuer à avoir de la valeur. Si tout le monde en a sans rien faire (et je ne parle pas de morale), il y a alors sur­abon­dance de mon­naie, donc, perte de sa valeur, et au final, il faut 1 mil­liard de Marks pour se payer un pain.

    Sans rire, il va vrai­ment fal­loir vous remettre en cause (non, je n’ou­blie pas non plus de me remettre en cause, je ne suis pas un don­neur de leçon), car vous n’a­vez pas appris les bases de l’é­co­no­mie moné­taire, et non seule­ment vous per­dez votre temps et votre éner­gie dans des impasses, mais en plus, vous faites perdre un temps pré­cieux à la TRANSITION de notre socié­té humaine.

    Réponse
  153. Morpheus

    Oui Ana, ce que tu dis sur un reve­nu uni­ver­sel est juste, mais cela n’en­lève rien au fait que le reve­nu, même uni­ver­sel, s’ins­crit dans une logique moné­taire, ce qui signi­fie tou­jours une logique de pro­fits.

    En sup­pri­mant l’argent, tu enlèves la logique de pro­fit, ce que le reve­nu uni­ver­sel ne fait pas.

    (et je vous épargne les débats séman­tiques sur « reve­nu » uni­ver­sel ou « salaire » universel).

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  154. Morpheus

    Il serait peut-être inté­res­sant de pous­ser la réflexion plus loin. Peut-être devrions-nous revoir les ori­gines de l’in­ven­tion de la monnaie.

    Au départ, avant la mon­naie, les socié­tés humaines, sou­vent nomades ou semi-nomades, sont en grande par­tie auto­nomes. L’es­pace est suf­fi­sant, mais comme elles n’oc­cupent pas un vaste espace, elles ne dis­posent que de cer­taines res­sources. De ce fait, il arrive qu’elles pro­cèdent avec des socié­tés voi­sines à des échanges de denrées.

    C’est donc la com­bi­nai­son entre d’une part la séden­ta­ri­sa­tion, d’autre part la néces­si­té des échanges de den­rées dus à la « pénu­rie » de telle ou telle den­rée dans le rayon d’ac­tion des diverses socié­tés / cités qui fait que l’on a un jour inven­té la monnaie.

    >> monnaie" rel="nofollow ugc">pénu­rie rela­tive + séden­ta­ri­sa­tion + échange »> monnaie

    1. La pénu­rie est « rela­tive » parce qu’elle concerne une por­tion de ter­ri­toire qui ne peut four­nir toutes les res­sources. C’est ce fac­teur qui est à l’o­ri­gine des guerres, de la colo­ni­sa­tion, de la spo­lia­tion, etc.

    2. La séden­ta­ri­sa­tion est l’o­ri­gine de ce que nous appe­lons « civi­li­sa­tion », c’est-à-dire lit­té­ra­le­ment « ceux qui vivent dans la cité ». Cela a entraî­né une inver­sion dans les rap­ports de l’homme à l’en­vi­ron­ne­ment : pour les nomades et semi-nomades, la sym­biose avec l’en­vi­ron­ne­ment natu­rel est néces­saire à la sur­vie et fait donc par­tie des com­por­te­ments « natu­rels » (ce que nous pour­rions appe­ler >nature humaine<) ; pour les séden­taires, le remo­de­lage et le contrôle de l’en­vi­ron­ne­ment est néces­saire à leur sur­vie ET LEUR DÉVELOPPEMENT (c’est la séden­ta­ri­sa­tion qui entraîne une impor­tante hausse de la nata­li­té, celle-ci entraî­nant une hausse des besoins en res­sources, qui entraîne à son tour la néces­si­té d’é­tendre le domaine d’ex­ploi­ta­tion de la cité – c’est-à-dire l’expansion -, ce qui entraîne les conflits avec les cités voi­sines, etc.

    3. Les échanges pro­cèdent d’une cer­taine logique qui en elle-même consti­tue un para­digme de pen­sée. Dans un échange, nous gagnons un bien, mais nous en per­dons un autre en échange. Cela peut sem­bler équi­table. Mais y aurait-il une alter­na­tive à cela ? Peut-être que oui dans une autre notion : le par­tage. Dans la logique du par­tage, lorsque deux per­sonnes par­tagent cha­cune un bien, cha­cune pro­fite de deux biens, au lieu d’en gagner un et d’en perdre un autre.

    L’une des idées qui me semble figu­rer par­mi les plus impor­tantes dans la socié­té sans mon­naie pré­sen­tée dans le Pro­jet Venus est pré­ci­sé­ment ce prin­cipe de par­tage des biens.

    En dehors bien enten­du des res­sources consom­mables (la nour­ri­ture, les éner­gies non renou­ve­lables, etc.), la plu­part des biens ne néces­sitent pas que nous les pos­sé­dions, mais que nous puis­sions en avoir l’u­sage lorsque cela nous est néces­saire. L’exemple type est la voi­ture : nous n’a­vons pas réel­le­ment besoin de pos­sé­der une voi­ture, nous avons seule­ment besoin de dis­po­ser d’une voi­ture lorsque nous devons nous dépla­cer. Il en va de même de toute une série d’ou­tils, d’é­qui­pe­ments spor­tifs, etc.

    Il est frap­pant de consta­ter à quel point nous nous encom­brons d’un tas d’ob­jets qui ne nous servent, si nous regar­dons de plus près, que très peu. Et comme le dit Tyler Dur­den dans Fight Club « Ce que tu pos­sèdes finit par te pos­sé­der ».

    En pas­sant d’une socié­té moné­ta­riste à une socié­té sans mon­naie, nous pas­se­rions d’une socié­té d’é­change à une socié­té de par­tage. Or, en y réflé­chis­sant, le par­tage nous rend col­lec­ti­ve­ment plus riche que l’é­change, et je pense que cette idée pour­rait être mathé­ma­ti­que­ment démon­trée (je laisse cette tâche à un gen­til virus mathématicien).

    Fin de cette petite réflexion noc­turne. Suite aux pro­chains épisodes.

    Longue vie et prospérité,
    Morpheus

    Réponse
  155. sitouaillain

    @ JC,
    pour répondre à ton éton­ne­ment quant à la notion de « dis­tinc­tion-imi­ta­tion » comme source de la rareté.

    c’est jus­te­ment parce que la rare­té n’est que très rare­ment reliée à des pro­blèmes de res­sources de base qu’il faut impé­ra­ti­ve­ment voir au-delà pour comprendre.

    là je ne vais pas reprendre les débats des 18–19ème siècles sur la rareté,la valeur uti­li­li­té-rare­té, mais peu importe, ça devient inté­res­sant si on avance sur le ter­rain de la socio­lo­gie et de l’anthropologie.

    en effet, la rare­té est un concept com­plexe à appré­hen­der, puisque c’est un phé­no­mène inter­sub­jec­tif qui en est à la base, elle est « construite », je ne m’é­tale pas sur le com­ment et le pour­quoi, je vais juste prendre deux exemples, l’un sur la fabrique de la rareté,l’autre sur la ges­tion de la rareté :

    1 ima­gi­nons un peuple vivant à proxi­mi­té d’une morène où les cailloux sont en abon­dance, un homme s’y pro­mène, il trouve un cailloux avec une forme par­ti­cu­lière, il le trouve beau. voi­là donc notre cailloux,bien abon­dant, poten­tiel­le­ment inves­ti d’une « valeur ». les consé­quences de cet « inves­tis­se­ment sym­bo­lique » d’un objet abon­dant, pre­nant par ce tru­che­ment de l’i­ma­gi­naire un carac­tère « unique », sont aus­si fonc­tion du monde inter­sub­jec­tif dans lequel vit son inven­teur. Par exemple il peut lui four­nir une occa­sion de séduire ou bien s’en revê­tir cor­res­pon­dra à un attri­but de puis­sance étant don­né que sa forme est reliée à un totem par­ti­cu­lier, sa cou­leur une dis­tinc­tion de puis­sance, etc. un simple cailloux peut ain­si déclen­cher des guerres…mais ne vas pas croire que nos esprits car­té­siens sont exempts de ce type d’in­ves­tis­se­ment sym­bo­lique. n’im­porte quel objet abon­dant peut deve­nir un fétiche et ain­si déclen­cher des stra­té­gies d’ap­pro­pria­tion, indi­vi­duelles ou col­lec­tives. Pré­ci­sé­ment parce que l’ap­pro­pria­tion d’un attri­but inves­ti sym­bo­li­que­ment en « valeur », cela dis­tingue l’in­di­vi­du ou le groupe des autres indi­vi­dus et des autres groupes. Bref, tout ça pour dire que, même en situa­tion d’a­bon­dance abso­lue, l’homme invente de la rare­té rela­tive, et est capable de char­ger sym­bo­li­que­ment y com­pris les objets les plus inutiles. ni bien ni mal, la gra­vi­té des consé­quences dépend de tout un tas de fac­teurs, de normes sociales, autre­ment dit, tout est affaire de régulation.

    2 pre­nons un tableau de picas­so et, chose impro­bable, admet­tons qu’il ait la même valeur sur toute la terre et que cette valeur ne soit pas une quan­ti­té de monnaie ;

    Objec­ti­ve­ment, tel que tu défi­nis la rare­té, c’est un bien qui n’est pas « rare », il s’a­git d’un cadre de bois, d’une toile de fibres et de quelques pig­ments. sa valeur fait donc l’ob­jet d’un « inves­tis­se­ment sym­bo­lique », je suis d’ac­cord pour dire que ce type d’  »inves­tis­se­ment sym­bo­lique », la valeur attri­buée, sup­pose tout un sup­port cultu­rel, une « oeuvre » d’un « artiste », ça n’  »existe » que sous cer­taines conditions…dont on ne se débar­rasse pas en sup­pri­mant l’argent, mais c’est pas le coeur du propos.
    disons donc que les tupi gua­ra­nis d’a­ma­zo­nie sont d’ac­cord sur la valeur avec les nor­vé­giens du 9ème siècle, quand bien même les pre­miers ne savent pas ce qu’est un « artiste » ni une « oeuvre » et les deuxièmes en train de com­prendre, bref, la dif­fé­rence entre tupi gua­ra­nis et nor­vé­giens c’est que le tableau de picas­so de grande valeur va faire l’ob­jet d’une régu­la­tion col­lec­tive des affects et des dési­rs tota­le­ment dif­fé­rente, sans pour autant que l’argent explique quoi que ce soit, dans la mesure où là-bas il sera auto­ma­ti­que­ment mis en réserve dans la « mai­son des hommes » comme tout ce qui est pré­cieux et rare, dont le chef à la res­pon­sa­bi­li­té mais non la pro­prié­té, étant don­né que la pro­prié­té est celle de la tri­bu, et qu’il est incon­ce­vable que quelque chose de cette valeur puisse appar­te­nir en propre à qui que ce soit, jus­te­ment parce qu’on y a fait l’ex­pé­rience à huis clos de ce que ce genre de dis­tinc­tion engendre comme désordre,

    tan­dis que chez nos nor­vé­giens du 9ème on orga­ni­se­ra un par­tage s’il s’a­git du fruit d’un pillage ou bien un duel s’il y a litige, mais qu’en tout cas l’ob­jet sera la pos­ses­sion d’un « indi­vi­du » et donc, sa valeur sym­bo­lique (le cadre et la toile ne valent rien) rejailli­ra sur son possesseur.

    rapi­de­ment et sim­ple­ment, deux manières de « gérer » col­lec­ti­ve­ment la rare­té, qui ne dis­pa­rait pas avec l’argent et qui dans les deux cas ne dis­pa­rait pas…nous, nous avons les musées pour ça, inven­tion révolutionnaire,et les ventes aux enchères, inven­tions capitaliste…mais par contre les tupi gua­ra­ni ont d’autre manières de se dis­tin­guer et des manières bien moins relui­santes de gérer la rare­té entre eux, et sur­tout vis à vis de leurs voi­sins (l’exis­tence de leurs voi­sins leur est d’ailleurs indis­pen­sable pour pou­voir trans­fé­rer les objets-sym­boles en pro­prié­té col­lec­tive) et, même sans argent, et à petite échelle, cela génère des com­pé­ti­tions et des conflits, et, j’ai envie de dire, c’est très bien comme ça…

    bien enten­du, ce ne sont que des pistes pour appor­ter des nuances à tes ana­lyses, mais elles ont leur impor­tance. Pour ma part, pas la peine de rere­ré­pé­ter les mêmes enchaî­ne­ments logiques, je suis aus­si pas­sé par là, j’ai bien com­pris ce que vous vou­liez expri­mer, mais je ne peux plus pen­ser comme toi et mor­phéus, même si je le regrette bien, car c’é­tait plus simple…et si ça vous arrange de croire que je ne dis pas amen à vos pro­pos car je me rac­croche au « sys­tème » ou que j’ai peur de ceci ou cela, ou que je ne suis pas aus­si loin que vous dans le « décon­di­tion­ne­ment » ou que sais-je, tant pis ! et par­lons d’autre chose 😉

    Réponse
  156. Ana Sailland

    La pen­sée est comme une fusée à étages.
    Une ques­tion est posée à un cer­tain étage ; il est natu­rel d’y répondre à cet étage là. Et lire à l’é­tage supé­rieur une réponse à la sus­dite réponse res­pec­tueu­se­ment loca­li­sée plus bas, et y lire enfin ce qui me fut refu­sé (…), i.e. l’aube de l’hu­ma­ni­té comme étant à prendre en compte dans l’a­na­lyse des causes, cela est réjouis­sant, … qui pour­rait être agaçant 😉

    Nous ne sommes cepen­dant pas encore d’ac­cord à 100%. Mais ça viendra.
    Sup­pri­mer l’ef­fet n’o­bli­tè­re­ra pas la cause.
    C’est en cela que nous diver­geons, crois-je.

    Oui, mer­ci pour l’in­tro­duc­tion de ce terme de l’é­qua­tion, le par­tage n’est pas le troc. Et la nuance n’est en aucun cas sub­anec­do­tique. Elle est fon­da­men­tale. Les socié­tés dites pri­mi­tives, que nous séden­taires avons assas­si­nées, vivaient selon un mélange des deux méthodes, et sans argent. Et sans tech­no­lo­gie maxi­male. Et sans Fres­co ! Et pour cer­taines sans le verbe avoir !!! Car le verbe avoir est le symp­tôme d’une mala­die pro­fonde. Peu éloi­gnée de la racine éter­nel­le­ment floue de l’arbre des causes et des effets.

    Dans une socié­té du par­tage, vient le temps où peut être res­sen­ti le besoin de comp­ta­bi­li­ser le par­tage, non pas for­cé­ment pour cause de méfiance ou d’é­goïsme, mais sim­ple­ment pour col­lec­ti­ve­ment gérer le bien com­mun et sa pro­duc­tion afin d’é­vi­ter cer­tains excès. Mais aus­si pour cause d’é­goïsme si le verbe avoir sub­siste avec le verbe être comme l’un des auxi­liaires maîtres du men­tal col­lec­tif. Alors un peut gérer ça par l’é­co­no­mie moné­taire ou par l’a­bon­dance fille de la tech­no­lo­gie, voire la sur­abon­dance, las, trois fois hélas, si le ser­pent demeure dans l’œuf, il res­sor­ti­ra un jour.

    Mais d’autres mots j’ai déjà dit tout ça. On tourne en rond. De conserve et de converse. Com­pli­ci­té enne­mie qui per­met l’ap­proche spi­ra­liste de la conver­gence, telle celle du rapace intel­lec­tuel qui plane majes­tueu­se­ment, et com­pul­si­ve­ment tout à la fois, en mille et un cercles concen­triques, loin au des­sus de sa réa­li­té future, sa proie, qui est son propre piège, son Hubris.

    Réponse
  157. Ana Sailland

    156 était réponse à Morphéus.

    Réponse
  158. Morpheus

    Oui, Ana, les socié­tés pri­mi­tives n’a­vaient pas Fres­co et la tech­no­lo­gie, et n’en avaient pas besoin, nous sommes bien d’accord.

    Mais la réponse de Fres­co ne s’ap­plique pas à ces socié­tés, qui dis­po­saient par ailleurs de grands espaces vu qu’à ces époques pré­his­to­riques la pres­sion démo­gra­phique était infi­ni­té­si­ma­le­ment moindre qu’au­jourd’­hui. La réponse de Fres­co est donc adap­tée à nos socié­tés modernes, pour répondre à nos besoins modernes. Une réponse prag­ma­tique et donc appropriée.

    Je ne com­prends tou­jours pas où est ton pro­blème avec le pro­jet de Fres­co, vu que per­sonne n’est contraint de s’y insé­rer. Si ton besoin, ton désir, ton ambi­tion est de vivre en marge des cités conçues par Fres­co, rien ne s’y oppose. Mieux encore, les tech­no­lo­gies déve­lop­pées pour per­mettre une plus grande auto­no­mie seront mises à ta dis­po­si­tion, si tu en fais la demande. Et si tu pré­fères te conten­ter d’une cabane en ron­dins faite « mai­son » (je cari­ca­ture à des­sein), rien ne s’y oppose.

    Donc, quel est ton vrai pro­blème avec le PV ? … 😉

    A part ça, tu es insa­tiables : tu résistes tant à recon­naître la prio­ri­té de l’in­fluence de la mon­naie sur nos com­por­te­ments déviants que j’en viens à appro­fon­dir la réflexion jus­qu’à ses pre­miers pré­misses his­to­riques, pré­cé­dant la mon­naie, et trouve la notion d’é­change qui est préa­lable à la mon­naie, je vais même jus­qu’à offrir une alter­na­tive à l’é­change qui est le par­tage, mais cela ne te suf­fit pas ? Ne serais-tu pas quelque peu inqui­si­trice, des fois (au sens qu’en donne James Redfield) ? 😉

    Si c’est le cas, j’aime autant t’a­ver­tir que tu perds ton temps, parce que de mon côté je suis plu­tôt du genre indif­fé­rent (au sens don­né par James Redfield) ! 😀

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  159. J.C

    Je crois qu’al­ler au fond des choses est indis­pen­sable. Éclai­rer nos points de vues sous différents
    angles est non seule­ment enri­chis­sant mais aus­si essen­tiel puisque les sujets que nous abor­dons ici le sont. N’a­ban­don­nons pas trop vite car le jeu en vaut la chandelle.

    @ Mor­phéus

    +1 (150.)

    @ Ana

    Sur la technologie :

    A moins d’être par­fai­te­ment auto­nome en terme d’ap­pro­vi­sion­ne­ment d’eau, de nour­ri­ture, de vête­ment, de loge­ment et d’énergie.
    Si, on veut aujourd’­hui se pas­ser des pro­grès de la tech­no­lo­gie, on risque assez rapi­de­ment de faire face à des dif­fi­cul­tés insur­mon­tables et finir par se retrou­ver assez peu nom­breux sur la pla­nète (gloops). Nul besoin de déve­lop­per davantage.
    La tech­no­lo­gie n’est pas contra­dic­toire avec la décou­verte de soi, bien au contraire. Ce peut être un excellent outils.

    Sur le reve­nu universel :

    Heu­reu­se­ment le reve­nu de base ou reve­nu uni­ver­sel ne peut se conce­voir sans le monde du tra­vail rému­né­ré. Mais si l’on sou­hai­tait tout de même main­te­nir ce reve­nu uni­ver­sel après la dis­pa­ri­tion du tra­vail for­cé (rému­né­ré) alors dès le départ, il limi­te­rait gran­de­ment les capa­ci­tés et choix de chacun.

    Envi­sa­geons cepen­dant cette pos­si­bi­li­té pour y voir plus claire.
    En gar­dant le reve­nu uni­ver­sel, c’est à dire la mon­naie, sur quel base éta­bli­ra-t-on les prix ?

    Et bien, puis­qu’il n’y aurait plus de tra­vail rému­né­ré, tout le monde gagne­rait la même chose.
    Les prix seront donc éta­bli sur le prin­cipe de la rare­té comme aujourd’hui.
    Plus une chose sera rare, plus est coû­te­ra cher.
    La rare­té relè­ve­ra d’une part, de la rare­té réelle ou offi­cielle des matières pre­mières mais sur­tout des choix qui seront fait en matière de pro­duc­tion (coûts de pro­duc­tion, demande).
    Ce qui implique (et c’est là le point essen­tiel) que les choix sui­vi par la majo­ri­té impo­se­ront les choix de consom­ma­tion à tous.

    Qu’est ce que cela signi­fie vraiment ?
    Cela signi­fie que les biens et ser­vices plus rare coû­te­rons plus cher et puis­qu’il n’y aura plus de tra­vail rému­né­ré donc plus de moyen de gagner davan­tage, la popu­la­tion sera res­treinte à choi­sir ce qui coûte le moins cher pour pou­voir sub­ve­nir à ses besoins.

    Non seule­ment, le reve­nu uni­ver­sel détrui­ra l’a­bon­dance (quan­ti­té et varié­té) mais en plus, à cours ou moyen terme, il engen­dre­ra une uni­for­mi­sa­tion totale ren­dant de plus en plus pro­hi­bi­tif toute vel­léi­té d’é­man­ci­pa­tion individuelle.

    Que ce pas­se­ra-t-il alors ?
    Il est pro­bable que la cor­rup­tion se déve­lop­pe­ra pour pou­voir gagner plus d’argent, pour avoir plus de choix, plus de pou­voir puis­qu’on sera tou­jours plus limité.
    Il est pos­sible aus­si qu’on finissent par réin­tro­duire une cer­taine forme de tra­vail (for­cé) rému­né­ré avec ses inéga­li­tés etc.
    Si ce n’est pas le cas, on ne sor­ti­ra pas du pro­blème, on conti­nue­ra vers une uni­for­mi­sa­tion totale sous l’emprise de la dic­ta­ture des choix majoritaires.

    Ce qui risque alors de se pro­duire, c’est qu’une mino­ri­té de plus en plus impor­tante qui ne se recon­naît plus dans ce sys­tème, qui n’y trouve plus son compte et sou­haite en sortir.
    En vou­lant sor­tir de ce sys­tème, des conflits, des guerres pour les res­sources se pro­dui­ront ain­si que la créa­tion de nou­veau sys­tème de pro­duc­tion. Ceci débou­che­ra sur la créa­tion de nou­veaux groupes, de nou­velles nations et on retour­ne­ra à la case départ.

    On aurait donc ni la paix, ni la pros­pé­ri­té ni la liberté.
    Au mieux, on retour­ne­ra au sys­tème des­truc­teur actuel si on n’a pas fait trop de dégâts,

    sinon on pour­rait bien s’être détruit nous-même au passage.

    Autre­ment dit, le reve­nu uni­ver­sel n’a aucun sens ni aucune uti­li­té dans une socié­té sans tra­vail et d’a­bon­dance. Vou­loir tout de même pré­ser­ver l’argent et le reve­nu uni­ver­sel pour­rait bien deve­nir notre pire cauchemar.

    Ces pro­blèmes n’existent pas dans une civi­li­sa­tion sans monnaie.
    La mon­naie doit donc dis­pa­raître en même temps que le tra­vail forcé.

    Le reve­nu de base n’a d’in­té­rêt que lorsque demeure des inéga­li­tés de reve­nu rela­tif au tra­vail afin que ceux qui perdent leur tra­vail pen­dant la période de tran­si­tion puisse sub­ve­nir à leurs besoins.
    (sys­tème bien imparfait)

    Une fois que le tra­vail a com­plè­te­ment dis­pa­ru, que les machines ont détruit le tra­vail humain tout en garan­tis­sant l’a­bon­dance pour tous. Dans le cas de la mise en place d’un reve­nu uni­ver­sel, celui ci devrait dis­pa­raître avec l’argent.

    Cette éven­tua­li­té d’un reve­nu uni­ver­sel n’est peut être pas la meilleure.
    Si l’on peut pas­ser de la socié­té moné­taire qui est une pri­son à une civi­li­sa­tion de l’a­près mon­naie au plus vite et dans les meilleurs condi­tions pos­sible. Alors, effec­ti­ve­ment, ne retar­dons pas cette évo­lu­tion, pre­nons-en conscience et évi­tons les impasse car Marc pour­rait avoir rai­son sur ce sujet.

    @ sitouaillain

    L’argent (pos­ses­sion) ne régule pas les pas­sions, il les encourage.

    Les notions de valeur vont beau­coup chan­ger ; la pro­prié­té pri­vée va dis­pa­raître, l’é­change sera rem­pla­cer par le partage.
    Les Picas­so pour­ront être repro­duit à volon­té et il y a de forte chance que la conscience des gens ne conçoivent plus le 1er modèle comme ayant plus de valeur. Les repro­duc­tions si elles sont fidèles ne seront plus consi­dé­rées comme des faux car il n’y aura plus d’argent à en reti­rer ni de mau­vaises copies. Un peu à la manière dont les gens n’au­ront que faire de la 1 ere voi­ture nou­velle géné­ra­tion, de la 1000 eme ou de la 10 000 car il y aura abondance.
    Concrè­te­ment, il n’y aura plus d’in­ves­tis­se­ment dans une valeur mar­chande et ceci prends du temps à assi­mi­ler à cause de nos habi­tudes passées.
    Pour résu­mer, l’at­ta­che­ment et le féti­chisme vont décroître grandement.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  160. Ana Sailland

    @Morpheus l’in­dif­fé­rent.
    Tu me dis en clair que répondre à tes ques­tions (en fait répé­ter des réponses ou des asser­tions plus qu’an­ciennes) serait pour l’in­qui­si­trice perdre son temps. 
    C’est noté.

    Réponse
  161. Morpheus

    Ana, j’ai bien dit « au sens don­né par James Red­field ». Et c’é­tait du second degré (sou­li­gné par les émo­ti­cônes). Je pen­sais que peut-être tu avais lu Red­field, et que tu comprendrais.

    Tu peux noter au pas­sage l’u­sage de l’ita­lique pour les termes « inqui­si­trice » et « indif­fé­rent », visant en l’oc­cur­rence à ce que tu puisses appor­ter une atten­tion ren­for­cée à ces termes (donc visant à accroître ta facul­té de dis­cer­ne­ment, à sou­le­ver ta curio­si­té – non ton indignation).

    C’é­tait aus­si une façon pour moi de te signi­fier que j’ai le sen­ti­ment que quoi que je dise, quel que soit l’ef­fort d’ex­pli­ca­tion et d’a­na­lyse que j’en­tre­prends, cela semble ne jamais te satisfaire.

    Le fait qu’en dépit de ces signaux (émo­ti­cônes, usage de l’i­ta­lique, infor­ma­tion sur le sens des termes uti­li­sés en fai­sant réfé­rence à un auteur de manière à mettre ceux-ci dans un contexte), tu prennes le mes­sage au pre­mier degré me laisse perplexe.

    Je te laisse le temps de te docu­men­ter sur le sens don­né par James Red­field, et je pense que tu revien­dras avec plus de recul.

    Ami­ca­le­ment,
    Morpheus

    🙂

    Réponse
  162. Ana Sailland

    Ma réponse était bien enten­du humo­ris­tique. Au sens de la mule du pape et sans réfé­rence à quelque apache du nom de rouge prairie. 🙂 🙂 🙂

    Réponse
  163. J.C

    J’i­ma­gine que pour un ensei­gnant en éco­no­mie et en droit, dire que les lois et l’argent sont à l’o­ri­gine de l’es­cla­vage de la popu­la­tion, de la sou­mis­sion des peuples peut sem­bler un rien …
    Cepen­dant, il y a bien mise en escla­vage de la popu­la­tion parce qu’il y a de l’argent et des lois.

    Sans abon­dance pour tous, on s’in­quiète du moyen de déte­nir les choses, si on crée la mon­naie et les lois plu­tôt que résoudre tech­ni­que­ment et idéo­lo­gi­que­ment les défaillances, on a l’é­change plu­tôt que le par­tage, la pro­prié­té plu­tôt que la libre jouis­sance, le manque plu­tôt que la prospérité.
    La mon­naie empêche l’a­bon­dance ou la détruit.

    Sup­pri­mons l’argent et les lois et l’es­cla­vage de masse sera résolu.
    Appor­tons l’a­bon­dance et même l’es­cla­vage a plus petite échelle dis­pa­raî­tra en grande par­tie (ce ne sera plus néces­saire pour obte­nir quelque chose), la méde­cine et la connais­sance feront le reste.

    Cela devient de plus en plus claire pour les gens qu’ils se font ache­ter, ils n’au­ront bien­tôt plus aucune confiance dans l’argent de toutes façons. Leur marge de manœuvre deve­nant de plus en plus réduite, ils n’ont pas le choix, il n’y a pas de solu­tion dans cette voie.
    Ils refu­se­ront de se vendre d’a­van­tage, ils sou­hai­te­ront la liberté.
    Ils n’au­ront tel­le­ment plus confiance qu’ils n’au­ront d’autres choix que de reje­ter le sys­tème monétaire.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  164. J.C

    ça c’est du message

    voi­ci : vidéo courte, émou­vante et percutante.

    bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  165. Marc

    « Sup­pri­mons les lois »
    Qu’est-ce qu’une loi ?
    Quelle est la fonc­tion d’une loi ?
    Quand je parle, est-ce que je dicte ma loi aux autres ?
    Quand je cherche à impo­ser mon point de vue, est-ce que je suis éloi­gné d’un législateur ?
    L’hu­main est-il sans limite par rap­port aux autres ?
    La limite est-elle de l’es­cla­vage ou de la protection ?
    La morale est-elle une loi ?
    Cha­cun éta­blit sa morale ; que faire pour confron­ter les dif­fé­rentes morales de chacun ?
    Je suis contre la loi de la gra­vi­té : com­ment gérer mon rejet de toute loi ?

    Réponse
  166. Catherine B

    Si on rejette les lois on rejette la vie, non ?

    Ce qui est importe c’est de se poser la ques­tion de CE à quoi on obéit, non ?

    ps : je n’ai pas encore lu tout ce qui pré­cède, qu’il me soit beau­coup pardonné!!!

    Réponse
  167. Catherine B

    La cause des causes, tout compte fait, c’est qu’on est, tous autant que nous sommes, impar­faits et limi­tés, mais que nous vou­drions un monde par­fait et sans limite alors que nous ne le sommes pas. C’est comme si une four­mi cher­chait à deve­nir un homme.

    C’est mis­sion impos­sible, si c’est ce qu’on cherche tant qu’on est sur les plan­chers des vaches, on va pou­voir s’y atte­ler nuit et jour à cette tâche, notre vie n’y suf­fi­ra pas et tant mieux.

    Il faut donc inté­grer, méta­bo­li­ser, digé­rer dans la chair de notre vécu qui est loin d’être inté­gré, méta­bo­li­sé, et digé­ré ce vécu malade du mal dit qui ne cesse de se dire mal comme la __mal a dit__ sociale et per­son­nelle, que cette étoile-là est à jamais inaccessible.

    Mais qu’en revanche, elle peut, elle doit selon moi, nous ser­vir de guide, d’ai­guillon, pour diri­ger nos pas titu­bants, et que donc, puisque l’im­par­fait et le limi­té sont de notre nature d’homme, alors enser­rer, gan­ter cette nature dans une rigueur souple mais rigueur quand même qu’  »on appelle LOI_
    mais pas n’im­porte quelle loi, non, sur­tout pas n’im­porte laquelle, une loi qui per­mette à l’un per­son­nel et au tout com­mu­nau­taire de faire se retrou­ver le plus pos­sible l’ai­guille de la balance sur le mi-lieu, le lieu du mi, du mys­tère, celui de l’équilibre!!!!

    Y’a du bou­lot!!! et c’est tant mieux, sourire!!!

    Réponse
  168. Ana Sailland

    J.C

    Mer­ci, je l’a­vais oublié ce grand petit homme. 🙂

    Réponse
  169. J.C

    Les lois natu­relles relèvent de l’ap­proche scien­ti­fique. Les lois arbi­traires quant à elles ont pour objec­tif de main­te­nir le pou­voir en place.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  170. Marc

    Et quelles lois natu­relles pour gérer les rap­ports humains ?
    Celle de la hache ou celle des bisous ?
    😉

    Réponse
  171. Catherine B

    Il y a des inva­riants qu’on ne pour­ra pas chan­ger telle la loi de la gra­vi­ta­tion par exemple, mais parce qu’on la connait cette loi, ne pas s’en libé­rer car c’est impos­sible, mais s’en ser­vir à notre avan­tage et ain­si de voler.

    Il y a des inva­riants per­ma­nents, telle cette loi de la Nature, et des inva­riants rela­tifs, telles les lois des hommes aux­quelles nous obéis­sons, exemple le trai­té qu’on traite en ce moment en silence. Les silences sont bavards…

    Ce sont ces lois là, celles de cer­tains hommes qui tentent de sta­bi­li­ser leurs inté­rêts à eux sous cou­vert de l’in­té­rêt géné­ral, trai­té de sta­bi­li­té comme ils osent dire en toute bonne conscience, ce sont elles ces lois-là, qui doivent faire l’ob­jet de toute notre atten­tion pour nous ame­ner à chan­ger ce chaos qui sera leur cos­mos à eux, qu’on orga­nise avec notre assen­ti­ment passif.

    Mais dire que ce trai­té est mau­vais ça ne veut pas dire qu’il ne faille aucune loi. Car aime et fais ce que tu veux, c’est dans les Evan­giles mais ça parle d’une caté­go­rie d’hu­mains qui n’est pas encore née!!!!

    Il nous faut donc des lois qui viennent empê­cher les dérives telles celles de ce traité.

    Réponse
  172. Catherine B

    Tant que ces notions ne seront pas inté­grées, ce sera tou­jours de la faute de l’autre car on sera décen­tré de soi et donc inca­pable de com-prendre ce qui se trame dehors, le dehors étant l’ex­pres­sion du dedans, tou­jours occu­pés à vou­loir re-jouer un scé­na­rio écu­lé et don­ner des rôles aux autres, donc leur enle­ver leur sta­tut de sujet, pour en faire des objets, rien que des objets.

    Et ce sera donc une gram­maire déna­tu­rée, inversée.

    Ce sera la perte du sujet-verbe-com­plé­ment pour avoir la triade objet-verbe-objet.

    Nous sommes alors objet dans ce cas de figure et l’autre est man­gé à la même sauce, il est objet, nul­le­ment sujet. Nous sommes alors pétri­fiés dans ce type de rela­tion et c’est pas top, c’est ce qu’on vit socia­le­ment il me semble !

    Réponse
  173. Ana Sailland

    Hier j’ai par­ta­gé le midi avec des gens formidables :

    Pierre et Mar­tine fon­da­teurs de l’ATB et qui viennent de mettre en place une mon­naie locale (l’E­co fonc­tionne déjà) :

    http://​atb​.france​.free​.fr/

    Jean-Fran­çois, cofon­da­teur de Nove­lA­MAP, et coau­teur du livret « de la dette ; indi­gnons nous » chez Yves Michel (le sty­lo était mien) :

    http://​www​.nove​la​map​.org/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​/​a​s​s​o​c​i​a​t​ion

    Cyril, pro­duc­teur, qui met en place une cen­trale d’a­chats (bio) sur la Haute Savoie, déjà opé­ra­tion­nelle, avec plu­sieurs points de livrai­son, qui bien enten­du active l’Eco.

    (Site en construction)

    La poli­tique de la tran­si­tion douce, et des petits pas suc­ces­sifs mais sûrs, me semble être l’une des plus pro­met­teuses. Il y a sur cette pla­nète des gens modestes, incon­nus, peu média­ti­sés, qui ont fran­chi la vitesse de libé­ra­tion et se donnent à la cause du com­mun sans contre­par­tie. La nature humaine est bonne, mais engluée dans l’His­toire. La déga­ger sera long.

    Réponse
  174. Catherine B

    C’est génial Ana de nous trans-mettre ce
    bel élan en ce jour qui com­mence. Je crois fort en effet et de plus en plus que c’est sur le ter­reau de l’or­di­naire que l’ex­tra-ordi­naire se donne à voir pos­si­ble­ment. Mer­ci pour cette bouf­fée dont j’a­vais bien besoin ce matin

    Réponse
  175. Voxien2011

    Cathe­rine et Ana,

    Je vous remer­cie de nous faire redes­cendre sur terre.

    Mal­gré que j’eusse été pas­sion­né par les échanges ci-hauts sur notre nature et les ori­gines de notre nature, je reste per­sua­dé que ces rai­son­ne­ments sont gui­dés par une même logique qui consiste à abor­der le monde et notre envi­ron­ne­ment avec défiance puisque j’ai l’im­pres­sion qu’on assi­mile notre nature à des mala­dies men­tales, psychologiques,…etc. et notre envi­ron­ne­ment à un monstre à domp­ter et à soumettre.

    Cette logique consiste à faire croire que la com­pré­hen­sion de l’ADN et des atomes nous condui­rons un jour à tuer la mort et puis à régler les pro­blèmes de l’hu­ma­ni­té. C’est la croyance entre­te­nue par les élites (y com­pris scien­ti­fiques) qui sert à pro­mettre des len­de­mains qui chantent (grâce à la science et la tech­nique) et à com­pro­mettre les peuples, eux qui souffrent ici et main­te­nant de la domi­na­tion et de l’exploitation.

    Je me per­met de dire que cette démarche de recherche de solu­tions s’ins­crit tota­le­ment dans les sché­mas qui nous ont menés là où nous sommes aujourd’hui.

    Donc j’accueille avec beau­coup d’enthousiasme et de joie, comme Cathe­rine, ces petits pas rap­por­tés par notre amie Ana.

    Cor­dia­le­ment

    Réponse
  176. J.C

    L’argent gou­verne le monde.

    plus d’argent = plus d’im­pôts = plus de gouvernement

    @ Marc

    l’ap­proche scien­ti­fique per­met de com­prendre les com­por­te­ments humains et ce qui l’influence.
    Sans cette rigueur, il ne peut être trou­vé de solu­tions viables aux dif­fé­rentes dif­fi­cul­tés que nous rencontrons.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  177. Marc

    Je connais ce site, JC, main­te­nant son res­pon­sable déve­loppe le site desar​gence​.org/
    Et il fait par­tie des orga­ni­sa­teurs de la future « ren­contre pour une civi­li­sa­tion sans argent » dont j’ai par­lé plus haut.
    Comme quoi, les « a‑monétaires » ne sont pour l’ins­tant pas nom­breux, mais ils existent et ils se bougent 😉

    Réponse
  178. Morpheus

    @ J.C

    « plus d’argent = plus d’im­pôts = plus de gouvernement »

    Tu as remar­qué que le mot « plus » est ambi­gu ? Signi­fie-t-il « davan­tage d’argent » ou « sans argent » ?

    Du coup, ton équa­tion a deux sens qui – et c’est amu­sant – ne s’ex­cluent pas l’un l’autre, mais sont com­plé­men­taires (les deux sens sont cor­rects, bien que dia­mé­tra­le­ment oppo­sés dans leurs conséquences).

    Pour évi­ter l’ambiguïté, j’au­rais sans doute dit :

    Pas d’argent = Pas d’im­pôt = Pas de gouvernement

    😉

    Mor­pheus

    Réponse
  179. sitouaillain

    « Pas d’argent = Pas d’im­pôt = Pas de gouvernement »

    La dîme était plu­tôt payée en nature selon une orga­ni­sa­tion com­plexe de liens féo­daux et reli­gieux, idem pour les cor­vées, soit un sys­tème d’im­pôt non moné­taire et non gouvernemental.

    voir aus­si les sys­tèmes de chef­fe­ries avec gre­niers col­lec­tifs rap­pe­lés par Pola­nyi dans « la grande transformation ».

    équa­tion fausse

    Réponse
  180. J.C

    @ Marc

    Déso­lé Marc mais je ne par­tage pas la théo­rie qui consiste à dire que la quête du bon­heur et la palette des émo­tions est réduc­tible à du survisme.

    @ Mor­phéus

    Oui tu as rai­son, moins de… = moins de… ren­voi sou­vent à son opposé.

    @ Sitouaillain

    Ici tu parles d’une forme d’esclavage.
    Pour avoir des biens à offrir aux esclaves, ils faut avoir de l’argent pour les obte­nir ces biens (que les esclaves n’ont pas).
    Pour en reve­nir à l’é­qua­tion, je ne vois pas en quoi cela l’a remet en cause.

    Les amis, l’ar­gu­men­taire sui­vant ; claire, bien écrit et recou­pant l’en­semble des sujets abor­dés sur le forum (la mon­naie, les banques, le reve­nu, les acti­vi­tés humaines, la démo­cra­tie, le pou­voir poli­tique etc.) devrait inté­res­ser tout le monde en répon­dant à de nom­breux ques­tion­ne­ments sur l’argent et son l’abolition :

    http://​www​.pros​per​dis​.org/​a​r​g​u​a​.​pdf

    et la suite ici :

    http://​www​.pros​per​dis​.org/​a​r​g​u​b​.​pdf

    j’a­joute ces 2 vidéos (en Anglais ) de Jacques Fres­co qui résume tout.

    En les regar­dant, je me suis sen­ti comme idiot de ne pas avoir pen­sé moi-même à de telles évi­dences, cela ouvre vrai­ment l’es­prit et donne beau­coup d’es­poir et cou­rage je trouve.

    L’argent ne sert qu’à nous appor­ter des problèmes.

    En réa­li­té, nous n’a­vons plus besoin d’argent ni de tra­vailler depuis longtemps.
    Nous tour­nons en rond pour rien dans une socié­té vide de sens.
    Nous tour­nons en rond dans des acti­vi­tés inutiles qui ne font qu’en­tre­te­nir cette pri­son de l’argent.

    Il est temps de lais­ser tout ça, de lais­ser ce qui nous irrite et de vivre en accord, en har­mo­nie avec nous-même et goû­ter enfin au sens véri­table des mots : liber­té, éga­li­té, fraternité.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  181. sitouaillain

    @ Jc

    « Nous tour­nons en rond pour rien dans une socié­té vide de sens. »

    ça oui !

    bon ton équa­tion est fausse parce qu’elle part de pré­misses fausses :
    l’im­pôt peut se pré­le­ver en nature, son fon­de­ment n’est pas l’argent, exemple la Dîme ou la manière dont cer­taines tri­bus de nou­velle gui­née uti­lisent les gre­niers de la chef­fe­rie pour opé­rer une redistribution.

    le gou­ver­ne­ment injuste repose sur la force pas sur l’argent:Pour avoir des biens à offrir aux esclaves, il ne faut pas avoir de l’argent pour les obte­nir, mais de la force pour se les appro­prier et béné­fi­cier de la garan­tie phy­sique de l’in­té­gri­té de cette pro­prié­té via le gou­ver­ne­ment. c’est d’ailleurs pour­quoi les libé­raux n’aiment que les impôts qui servent à rému­né­rer l’Etat-gendarme.

    Mr Fres­co ne dit rien qui n’ait déjà été dit 200 ou 100 ans avant lui, mieux que lui, et de manière moins sim­pliste, sans oublier des gens de sa géné­ra­tion comme Ivan Illich ou André Gorz, ayant eu l’a­van­tage de ne pas être agent du com­plexe mili­ta­ro-indus­triel nord-américain…

    « Il est temps de lais­ser tout ça, de lais­ser ce qui nous irrite et de vivre en accord, en har­mo­nie avec nous-même et goû­ter enfin au sens véri­table des mots : liber­té, éga­li­té, fraternité. »

    just do it !

    quitte à choi­sir je vote Sepp Hol­zer plu­tôt que Dr folamour :

    Réponse
  182. J.C

    @ Sitouaillain

    Oui, d’ac­cord pour la force pure.
    Cela dit, ça ne fonc­tionne que sur des petits groupes et durant des temps restreints.
    Si on est pas soi même le plus fort, il faut savoir tenir ses gen­darmes. Et à l’é­poque, les impôts en nature ne pou­vaient être récol­tés que pour ceux qui avait déjà de quoi éta­blir et régner sur leur royaume (comme aujourd’­hui finalement).

    Pas d’argent = pas d’im­pôts ne signi­fie pas for­cé­ment l’argent des ponctionnés.

    Mais reve­nons-en aux docu­ments sur le distributisme.
    Ces argu­men­taires lumi­neux et cohé­rents de bout en bout sont vrai­ment des pépites. Je me suis sur­pris à acquies­cer qua­si­ment à chaque para­graphe mal­gré la longueur.

    Ça colle par­fai­te­ment avec le pro­jet Vénus. Voi­là donc une expli­ca­tion détaillée de l’or­ga­ni­sa­tion sociale d’une civi­li­sa­tion sans mon­naie pou­vant pro­duire l’abondance.

    Ceci, je pense qu’il nous faut vaincre les réti­cences aux­quelles nous avons été for­ma­tés à l’é­gard de la tech­no­lo­gie. Dans les années 50–60, nous avions une toute autre vision de celle-ci. Les

    décep­tions que nous avons pu avoir et la méfiance que nous gar­dons à son endroit ne sont pas le fait de pro­grès tech­no­lo­gique mais de l’u­ti­li­sa­tion qui en a été faite pour des rai­sons de pro­fits moné­taires et de domi­na­tion. Je l’ap­pel­le­rais la tech­no­lo­gie  »moné­taire ».

    La tech­no­lo­gie est bien ce qui peut nous sau­ver la vie, sans recours à celle-çi, il ne nous sera pas pos­sible de sur­vivre. C’est une évi­dence, on ne pour­ra pas pro­duire assez pour tout le monde ni sau­ver la pla­nète si on ne l’u­ti­lise pas et si on ne la dirige pas avec d’autres objec­tifs que le pro­fit monétaire.

    Le pro­jet Vénus n’est en rien sim­pliste, bien au contraire (si on veut bien prendre la peine de s’y pen­cher sérieu­se­ment). Le mettre à l’é­preuve est une bonne chose.

    Bref, une tech­no­lo­gie tour­née vers l’u­su­fruit plu­tôt que la pos­ses­sion, bien plus en phase avec le réel en mou­ve­ment et les pos­si­bi­li­tés d’é­vo­lu­tions. Mais pour que cela advienne, l’argent doit être abolie.

    Une éco­no­mie basée sur les res­sources et non sur une quan­ti­té d’argent vir­tuelle est une éco­no­mie bien plus réa­liste et ouverte aux inno­va­tions, à la liber­té d’en­tre­prendre en son âme et conscience. Nul besoin de se sou­mettre à des acti­vi­tés pénibles, contraintes et sou­vent nuisibles.

    Ain­si, sans l’en­trave de la mon­naie, il n’y aura plus de bar­rière pour l’a­bon­dance et la libre dis­tri­bu­tion des biens et ser­vices et ce tout en res­pec­tant l’é­co­lo­gie sur l’en­semble de la planète.

    Just do it

    😉

    bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  183. Marc

    @ JC :

    « je ne par­tage pas la théo­rie qui consiste à dire que la quête du bon­heur et la palette des émo­tions est réduc­tible à du survisme »

    1 – le sur­visme ne s’oc­cupe pas de la quête du bon­heur. (le sur­visme est du domaine de la psy­cho et non de la phi­lo / cha­cun se débrouille pour trou­ver le bonheur.)
    .
    2 – les émo­tions de ne sont pas « réduc­tibles », elles sont défi­nies (nuance), et elles sont défi­nies sui­vant le degré de menace sur ta sur­vie (et non du « survisme »).
    .
    3 – As-tu un ou des argu­ments ? (car se limi­ter à « j’aime pô », ce n’est plus de ton âge ! 😉

    Réponse
  184. sitouaillain

    @ JC

    je par­lais de Sepp Hol­zer, jus­te­ment parce que ce Mon­sieur a ache­té dans les années 70 un bout de mon­tagne pelée répu­té sté­rile dans l’en­droit le plus froid d’au­triche, et aujourd’­hui, sans « tech­no­lo­gie » à pro­pre­ment par­ler autre que les prin­cipes de la per­ma­cul­ture dont il est un des pion­niers, il vit au milieu d’un jar­din d’e­den lui deman­dant beau­coup moins de temps de tra­vail qu’à ses voi­sins qui pro­duisent moins.

    on peut aus­si voir en Bel­gique des jar­dins de fra­ter­ni­té ouvrière qui ont pour prin­ci­pal pro­blème de crou­ler sous les fruits…sans engrais, sans arrosage;;et des mil­liers d’exemple à tra­vers l’Eu­rope sans oublier les zones humides de mexi­co que les mayas avaient appris à apprivoiser

    le prin­cipe direc­teur doit être d’ap­prendre à coopé­rer avec la nature et non l’af­fron­ter ou cher­cher à la trans­for­mer outre mesure, et il y a lar­ge­ment de quoi vivre en abon­dance de vivres !

    la prio­ri­té c’est aus­si l’é­du­ca­tion, mon­diale, étant don­né que le taux de nata­li­té est direc­te­ment cor­ré­lé au niveau d’é­du­ca­tion des femmes.

    le dis­tri­bu­tisme est une éco­no­mie moné­taire. le pro­blème n’est pas l’argent JC, ta fixette à quelque chose d’a­veu­glant, le pro­blème ce sont les croyances, les conven­tions sociales, sup­pri­mer l’argent ne sup­pri­me­ra pas la cupi­di­té, ni la com­pé­ti­tion, et ce sont les ins­ti­tu­tions qui déter­minent si la mon­naie est d’u­ti­li­sa­tion effi­cace ou catas­tro­phique, même chose pour la tech­no­lo­gie, même chose pour l’é­lan vital de la parade amou­reuse qui sous-tend les stra­té­gies de distinction…si ça ne se fait pas par l’ac­cu­mu­la­tion de têtes réduites, ou par l’ac­cu­mu­la­tion de richesses, il fau­dra de toute façon que la socié­té invente des moyens de régu­la­tion des appé­tits et de distinction…sinon il fau­dra s’at­tendre à ce que la cor­rup­tion chas­sée par la porte revienne par la fenêtre.

    à sup­po­ser JC que tu sois le pha­raon uni­ver­sel, empe­reur et pape à la fois, et que tu abo­lisses la mon­naie et la reli­gion du pro­fit, de la pro­prié­té pri­vée ou des flat­te­ries de l’é­go, tu consta­te­ras bien vite que des choses et des ser­vices s’é­chan­ge­ront sous le man­teau et rapi­de­ment, contre équi­valent moné­taire, hari­cots ou plumes de mésanges.

    quant à la pla­nète, elle n’a pas besoin d’être sau­vée, l’é­co­sys­tème per­met­tant la vie humaine sans doute oui, pas sûr que ça passe par la pro­lon­ga­tion de la civi­li­sa­tion prométhéenne…ou disons en tout cas que l’ob­jec­tif de déco­lo­ni­sa­tion des esprits, d’au­to­no­mie poli­tique et de sobrié­té, me semble prio­ri­taire à l’ac­cro­chage angois­sé à une poche de liquide amnio­tique appe­lée « tech­no­lo­gie », quand jus­te­ment notre dépen­dance à l’u­ni­vers vir­tuel de la tech­nè et des obets-signes est la source de l’embrigadement des masses humaines et leur asser­vis­se­ment à la logique de repro­duc­tion d’un sys­tème absurde et autodestructeur…enfin c’est mon avis, mais je ne parle pas à l’é­cran sur fond noir agré­men­té d’i­mages hyp­no­tiques depuis le cœur de l’empire babylonien. 😉

    Réponse
  185. J.C

    @ Marc

    Je ne sais pas ou tu as lu un j’aime pô, tu as ten­dance à défor­mer mes paroles.
    Si pour toi le simple fait de vou­loir être heu­reux, d’é­prou­ver du bon­heur n’est pas aspect fon­da­men­tal de la psy­cho­lo­gie humaine, c’est que tu es pas­sé à côté de l’es­sen­tiel. En tout cas, c’est un point de vue que je ne par­tage pas et qui t’appartient.
    Encore une fois, en ce qui me concerne, je ne consi­dère pas l’en­semble de la palette des émo­tions que nous pou­vons expé­ri­men­tons comme rele­vant d’une ques­tion de menace pour notre survie.
    Il m’ap­pa­raît plus réa­liste de le voir en terme de plai­sir et de déplai­sir ou de manière plus large en terme de souf­france et de bonheur.
    Il s’a­git donc d’une théo­rie à laquelle je n’adhère pas.

    En sui­vant cette théo­rie qui consi­dère l’être humain comme mu uni­que­ment par l’ins­tinct de sur­vie et par là même le réduire à l’é­ti­quette qui a été col­lé aux ani­maux, il n’y a qu’un pas.
    Selon cette théo­rie, il est com­mu­né­ment admis que les ani­maux sont ani­mé par l’ins­tinct de survie
    et qu’ils n’ont pas de conscience. Bien qu’il soit capable, d’ap­pren­tis­sage, de stra­té­gie, de sen­ti­ments et d’é­mo­tions, ils n’ont pas de conscience et quand ils souffrent nous dit-on, en réa­li­té, ils ne souffrent pas, ce sont de simple réflexes ins­tinc­tifs. On en fait ain­si, de simple objet, de la nour­ri­ture pour l’homme.
    Mais s’ils n’é­taient pas doué de conscience, ils ne seraient tout sim­ple­ment pas vivants, des êtres vivants.

    Alors tu pour­rais me répondre comme tu en as l’ha­bi­tude quand tu es à cours d’ar­gu­ment que si je ne par­tage pas ta vision, c’est que je dois être malade et que je ferais bien d’al­ler voir un méde­cin pour régler mes pho­bies, ma confu­sion men­tale ou je ne sais quoi.
    Pour te dire le fonds de ma pen­ser puisque tu as sou­hai­té que j’ar­gu­mente, je trouve cette théo­rie non seule­ment pro­fon­dé­ment nihi­liste mais aus­si par­ti­cu­liè­re­ment sec­taire et dangereuse.
    Il est en effet, très facile en sou­te­nant de telles posi­tions de réduire ou de défi­nir plu­tôt l’être humain comme une simple mar­chan­dise, un outils qui ne se pré­oc­cupe que de tra­vailler pour faire fonc­tion­ner la socié­té et se nourrir.

    C’est ça l’é­man­ci­pa­tion ? Non, c’est cela l’esclavage.
    Sec­taire et dan­ge­reux aus­si, parce que dans ton dis­cours, puisque tout relève du sur­visme, alors les ques­tions exis­ten­tielle, la phi­lo­so­phie ne relève elle que de loisirs.
    Mais comme ça ne rentre pas dans le sur­visme et que tout dépends du sur­visme, alors c’est du char­la­ta­nisme (comme tu dis), il fau­drait peut-être d’ailleurs faire dis­pa­raître ces choses à terme.

    Mais bon, tu pour­ras tou­jours dire ensuite qu’on est libre de pen­ser ce qu’on veut si ça nous chante, ce sera par­fai­te­ment cré­dible venant de toi.

    Il est temps d’ou­vrir les yeux.

    @ Sitouaillain

    le dis­tri­bu­tisme est une éco­no­mie monétaire

    Au lieu de vou­loir défendre une hié­rar­chie ins­ti­tu­tion­na­li­sée et le sys­tème moné­taire va donc jeter un oeil sur les deux liens plus haut (for­mat pdf), ils sont la suite de celui que tu as toi-même pos­té et ils valent vrai­ment la peine de s’y attarder.

    bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  186. sitouaillain

    JC

    je ne défends pas « une hié­rar­chie ins­ti­tu­tion­na­li­sée et le sys­tème moné­taire » , mais je défend la véri­té, en l’oc­cur­rence le dis­tri­bu­tisme est une éco­no­mie moné­taire, le lien que tu mets est une réflexion per­son­nelle, qui s’ap­puie sur les prin­cipes de l’a­nar­chisme et du dis­tri­bu­tisme, et qui pro­pose d’a­bo­lir la mon­naie, ce que le dis­tri­bu­tisme ne pro­pose pas, tout sim­ple­ment parce qu’on est assez grand pour uti­li­ser de la mon­naie pour des usages rai­son­nables, si ça n’est pas ton cas, c’est ton pro­blème, mais le cama­rade pros­per a le même tra­vers que tes rai­son­ne­ments, à savoir de rem­pla­cer le mot capi­ta­lisme, pro­prié­té pri­vée, pro­fits, cupi­di­té, contrat de tra­vail, bref tout ce qui soli­di­fie la « forme capi­tal » il le rem­place par le mot « argent », ce qui est fon­ciè­re­ment aga­çant en dehors d’un PMU et qui fata­le­ment donne lieu à des contre-sens.

    plus grave, il pro­pose des solu­tions à l’a­bo­li­tion de la mon­naie en contra­dic­tion totale avec le reste de ses pro­pos sur le libre inves­tis­se­ment dans des activités.

    bref, c’est agaçant.

    l’argent, la hié­rar­chie c’est pas mon truc, et je n’ai stric­te­ment rien appris en regar­dant par­ler J.Fresco. ce type n’est pas inin­té­res­sant et c’est sti­mu­lant les uto­pies, main­te­nant, s’y enfer­mer et res­sas­ser des dis­cours, ça ne mène pas à « liber­té, éga­li­té, fraternité ».

    fra­ter­nel­le­ment

    Réponse
  187. J.C

    @ Sitouaillain

     » et qui pro­pose d’a­bo­lir la mon­naie, ce que le dis­tri­bu­tisme ne pro­pose pas, tout sim­ple­ment parce qu’on est assez grand pour uti­li­ser de la mon­naie pour des usages raisonnables »

    La mon­naie ne per­met pas des usages rai­son­nables. Regarde le monde qui t’en­toure, quelque soit le pays et l’époque.
    le capi­ta­lisme sans argent ne peut pas fonctionner.

    Par contre l’a­bo­li­tion de l’argent per­met de résoudre nombre de pro­blème. l’ar­gu­men­taire de Pros­per est très clair sur ces sujets. l’a­bo­li­tion de l’argent est la des­truc­tion de l’outil par lequel on ins­ti­tu­tion­na­lise le capi­ta­lisme, la pro­prié­té pri­vée, les pro­fits, la cupi­di­té etc.

    « plus grave, il pro­pose des solu­tions à l’a­bo­li­tion de la mon­naie en contra­dic­tion totale avec le reste de ses pro­pos sur le libre inves­tis­se­ment dans des activités. »

    ???

    « l’argent, la hié­rar­chie c’est pas mon truc »

    Bon au moins, tu admets que tu n’a rien compris. :-))

    « je n’ai stric­te­ment rien appris en regar­dant par­ler J.Fresco. ce type n’est pas inin­té­res­sant et c’est sti­mu­lant les uto­pies, main­te­nant, s’y enfer­mer et res­sas­ser des dis­cours, ça ne mène pas à « liber­té, éga­li­té, fraternité ». »

    Oui, je vois bien

    Ce n’est pas en par­ti­ci­pant à la mas­ca­rade du sys­tème élec­tif qui déroule son scé­na­rio écrit à l’a­vance que tu obtien­dras la liber­té, l’é­ga­li­té et la fraternité.

    bien Pha­raon­ni­que­ment

    Réponse
  188. sitouaillain

    JC,
    je ne penses pas que les scé­na­rii puissent être écrits à l’a­vance, on peut juste défi­nir des probabilités
    En l’oc­cur­rence, au regard de ce qui s’est déjà pas­sé pour un grand nombre de droits, ne serait-ce que pour les femmes, la pro­ba­bi­li­té est plus forte de tendre un peu plus vers la liber­té, l’é­ga­li­té en se ser­vant du sys­tème élec­tif qu’en vision­nant des vidéos sur you tube, à condi­tion bien sûr de s’or­ga­ni­ser et d’exer­cer des pres­sions en se mani­fes­tant sur ‘espace public et en influen­çant « l’opinion »

    je sais bien que je perds mon temps puisque si tu avoues avoir été coul­lion avant d’a­voir écou­té J fres­co, et que main­te­nant tu l’es suf­fi­sam­ment pour croire que ce type détient toute la vérité.

    en ce qui te concerne, je te conseille de te méfier de la façon dont tu regardes « le monde qui t’en­toure », puisque c’est l’oc­ca­sion d’y confir­mer tes croyances et tes pré­ju­gés, ce qui n’est pas une atti­tude effi­cace du point de vue heuristique.

    en l’oc­cur­rence, nombre de socié­té ont fonc­tion­né et fonc­tionnent tou­jours avec de la mon­naie et ne sont pas pour autant capi­ta­listes ni escla­va­gistes. et nombre des maux attri­bués à l’argent relèvent d’autres méca­nismes socié­taux, d’autres fon­de­ments anthro­po­lo­giques, comme par exemple la pro­prié­té et ses formes.

    de même regar­der le monde qui nous entoure n’empêche pas de s’en abs­traire pour ima­gi­ner autre chose. atten­tion tou­te­fois à ne pas oublier ce bon mot de Paul Eluard : un autre monde est pos­sible mais il est dans celui-ci sans quoi, avec de gen­tilles uto­pies on crée un monde de cau­che­mars, jus­te­ment parce que les gens ne rentrent pas dedans comme on l’a­vait pré­vu. comme disent les anglais, the way to hell is paved with good intentions.

    et pour finir, si tu avais com­pris quelque chose à la mon­naie, tu aurais vu que Pros­per ne fait que pro­po­ser un autre sys­tème moné­taire, puisque four­nir un équi­valent à des pro­duc­tions, ici des zero et des un dans une banque de don­nées infor­ma­ti­sée, et si on fait l’ef­fort d’y ajou­ter le fac­teur temps, c’est pas com­pli­qué de com­prendre que sous cou­vert d’a­bo­lir l’argent cela revient à uti­li­ser de la mon­naie. un sys­tème moné­taire qui ne per­met pas qu’on puisse recher­cher la mon­naie pour elle-même ni la thé­sau­ri­ser sans auto­ri­sa­tion sociale.

    reste à déter­mi­ner com­ment se recom­posent les « obli­ga­tions sociales à pro­duire », puis­qu’on nous livre ici des pré­co­ni­sa­tions à grande échelle, et donc qu’on n’est pas dans une petite com­mu­nau­té où la pres­sion sociale mutuelle peut s’exer­cer, tout porte à croire que l’ou­bli de cer­taines « réa­li­tés » condui­rai à un nou­veau genre de sys­tème tota­li­taire« l’homme nou­veau » tar­dant à aban­don­ner ses vieux ori­peaux cultu­rels et l’homme d’au­jourd’­hui ayant écrit le scé­na­rio à l’a­vance étant par nature faillible et inca­pable d’embrasser toute la complexité.

    agnos­ti­que­ment et gra­tui­te­ment vôtre

    Réponse
  189. J.C

    @ Sitouaillain

    Faire l’in­ven­taire des res­sources dis­po­nibles n’a rien à voir avec une mon­naie qui est un inter­mé­diaire. Si tu as 30 livres et deux cartes pos­tales sur une éta­gère est ce que c’est pour autant de la mon­naie ? Évi­dem­ment non, ce sont des biens réelles.

    Bon, pre­nons les choses dans l’autre sens.
    Et disons les choses clairement.

    - Il n’y a pas d’al­ter­na­tive moné­taire au capitalisme -

    Il n’y a pas de mon­naie sans recherche de pro­fit. Ça semble évident mais ça ne l’est pas pour tout le monde, par­fois on oublie les choses simples, les fondamentaux.
    Dire le contraire est d’une pro­fonde hypo­cri­sie. Même si l’on devait l’in­ter­dire offi­ciel­le­ment, on ne peut l’empêcher car cette recherche du pro­fit est inhé­rente à l’u­ti­li­sa­tion de la monnaie.

    Sais-tu dans com­bien de pays com­mu­nistes les bak­chich sont pra­ti­qués un peu pour tout ?
    Vou­loir inter­dire les pro­fits au nom de l’é­ga­li­té condamne la socié­té à l’ap­pau­vris­se­ment et à l’uniformisation.
    Sans pro­fit com­ment se déve­lop­per, avoir les moyens d’in­no­ver, d’en­tre­prendre, créer de la valeur ajoutée ?
    Les pays com­mu­nistes qui sou­haitent se déve­lop­per un tant soit peu fonc­tionnent sur un mode capitaliste.
    Voi­là pour­quoi le reve­nu de base ne peut s’ap­pli­quer que si le tra­vail rému­né­ré existe tou­jours avec des reve­nus sont inégaux, une crois­sance pos­sible, bref une éco­no­mie tour­née vers le profit.
    Sans pro­fit, rien de pro­fi­table (si je puis me per­mettre un nou­veau slo­gan capitaliste).
    Mal­heu­reu­se­ment ce pro­fit là n’est pas for­cé­ment pro­fi­table dans le réel.

    Par contre, un reve­nu uni­ver­sel égal pour tous, sans pro­fit, ça ne marche pas.
    On irait vers une infla­tion monstre avec un réajus­te­ment inap­pli­cable des reve­nus ou sinon on inter­di­rait l’in­fla­tion en blo­quant les prix et en figeant la masse moné­taire et alors, on n’ a plus aucune capa­ci­té d’entreprendre.
    Voi­là une socié­té déjà morte dès la naissance.

    Aujourd’­hui, l’é­co­no­mie et le droit se résume en la ges­tion de la mon­naie et des lois qui sont les moyens par les­quelles notre sys­tème dic­ta­to­rial oli­gar­chique fait de nous des esclaves, nous empri­son­nant dans cha­cun de nos actes.

    Mais l’é­co­no­mie peut aus­si être une éco­no­mie basée sur les res­sources et le droit, le droit à la liber­té de vivre, d’en­tre­prendre et d’ac­cé­der aux res­sources dont nous avons besoin.

    J’es­père avoir été suf­fi­sam­ment claire. La conclu­sion est simple :
    il n’y a pas d’autre issu que l’a­bo­li­tion de la mon­naie pour sor­tir du capitalisme.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  190. sitouaillain

    « Il n’y a pas de mon­naie sans recherche de profit »

    par pitié JC, chasse cette idée reçue de tes rai­son­ne­ments, ils n’en seront que plus riches. et le simple fait qu’il puisse y avoir recherche de pro­fit sans mon­naie devrait t’a­voir effleu­ré l’es­prit depuis la maternelle..tu n’as jamais joué aux billes?!

    et que viennent faire le reve­nu uni­ver­sel et en quoi ce que tu dis sur les pays « com­mu­nistes » ne s’ap­pli­que­rait pas à une éco­no­mie sans mon­naie ? du genre « Sans pro­fit com­ment se déve­lop­per, avoir les moyens d’in­no­ver, d’en­tre­prendre, créer de la valeur ajou­tée ?  » on dirait alain minc angois­sé, regarde le monde qui t’en­toure, des tas de gens innovent, entre­prennent et créent de la VA sans pro­fit ! par contre, nu doute que les sys­tèmes tota­li­taires le sont deve­nu sur la base de l’en­fer­me­ment dans des uto­pies et de s dogmes…la mon­naie c’est le diable…ben voyons

    « Mais l’é­co­no­mie peut aus­si être une éco­no­mie basée sur les res­sources et le droit, le droit à la liber­té de vivre, d’en­tre­prendre et d’ac­cé­der aux res­sources dont nous avons besoin.

    J’es­père avoir été suf­fi­sam­ment claire. La conclu­sion est simple : il n’y a pas d’autre issu que l’a­bo­li­tion de la mon­naie pour sor­tir du capitalisme. »

    il n’y a aucun lien entre la pre­mière accep­tion, que je par­tage, et ta conclu­sion (jus­te­ment trop simple!),

    inter­roge-toi plu­tôt sur com­ment sor­tir du capitalisme…si la réponse c’est l’a­bo­li­tion de la mon­naie, tu te trompes, mais si déjà tu réflé­chis­sais plu­tôt à com­ment être en posi­tion de le faire…

    atten­tion, je ne dis pas que tout ce que tu dis est faux, je dis juste que ta fixette sur la mon­naie, qui pour­rait très bien se por­ter ensuite sur la reli­gion, puis les langues, puis les outils, etc., t’empêche à mon avis de dépas­ser cer­taines contradictions.

    pour aller plus loin sur la mon­naie, au moins recon­naitre que dire « l’argent » dans l’ab­so­lu ne veut rien dire, puisque selon le sys­tème moné­taire, ou plu­tôt le sys­tème social, on ne parle pas vrai­ment des mêmes choses, et qu’on parle d’ou­tils inven­tés par­tout dans le monde, et dans des formes très dif­fé­rentes, mais pour des fonc­tions simi­laires et par des gens qui n’é­taient pas en contact les uns avec les autres et dans des sys­tèmes anthro­po­lo­giques très dif­fé­rents. si « notre » argent (baby­lo­nien-indo-euro­péen) pose pro­blème, cela ne veut pas dire que la mon­naie est le mal…comme tout contrat, il est plus ou moins juste et pro­fi­table à toutes les parties..

    bref, trois point de vues différents :

    « Les mon­naies du lien » de J.-M. Servet

    http://​www​.eti​ka​.lu/​s​p​i​p​.​p​h​p​?​a​r​t​i​c​l​e​774

    Pour Ber­nard Lie­taer, l’innovation moné­taire devrait appor­ter “plus de chan­ge­ments dans les quinze pro­chaines années que depuis le début de l’ère industrielle”.

    http://www.internetactu.net/2010/11/10/l%E2%80%99innovation-monetaire-15-monnaie-vous-avez-dit-monnaie/

    et un classique

    La mon­naie comme lien social

    http://​www​.per​see​.fr/​w​e​b​/​r​e​v​u​e​s​/​h​o​m​e​/​p​r​e​s​c​r​i​p​t​/​a​r​t​i​c​l​e​/​g​e​n​e​s​_​1​1​5​5​-​3​2​1​9​_​1​9​9​2​_​n​u​m​_​8​_​1​_​1​122

    Réponse
  191. Ana Sailland

    Semaine pas­sée, ai dor­mi trois nuits en forêt près de Gen­tioux dans la Creuse, près de gens qui fonc­tionnent presque en auto­no­mie, éner­gé­tique entre autres. J’ai consta­té que des per­sonnes se dépla­çaient d’un hameau à l’autre pour s’en­trai­der. Que d’autres venaient de plus loin. Repas par­ta­gé. Pas d’argent et l’en­traide n’est pas un troc. Il y a une école alter­na­tive autogérée.

    Il faut dire qu’à Gen­tioux se trouve l’un des très rares monu­ments aux morts por­tant une décla­ra­tion de refus de la guerre. Il y a des terres qui portent …

    Réponse
  192. J.C

    @ Sitouaillain

    « le simple fait qu’il puisse y avoir recherche de pro­fit sans mon­naie devrait t’a­voir effleu­ré l’es­prit depuis la mater­nelle.. tu n’as jamais joué aux billes ?! »

    il est a rap­pe­lé que toi comme moi ne connais­sons pas et n’a­vons pas connu (du moins dans cette vie) une socié­té sans monnaie.

    Cet exemple des billes, ce jeu qui, fina­le­ment, consiste à voler les affaires des autres si l’on joue mieux qu’eux me rap­pelle vague­ment quelque chose ; la spé­cu­la­tion (entre autres).

    Bien enten­du, c’est très pro­fi­table aux ven­deurs de billes, ce type de jeu qui va dans le sens de l’ap­pren­tis­sage de la compétition.

    Dans tout cela, ce que tu ne sembles pas voir, c’est que s’il y a recherche de pro­fit c’est parce qu’il n’y en a pas pour tout le monde.

    Mais reve­nons-en à l’argent, même lors­qu’on pense en avoir assez, on ne le détient pas vrai­ment, si on ne conti­nue pas le jeu, on peut le perdre car toute la valeur de la mon­naie est basée sur le jeu constant de l’offre et de la demande. L’argent ne pos­sède pas de valeur réelle stable, c’est un piège, si l’argent ne fait pas tra­vailler l’argent ou plu­tôt si l’argent ne pro­duit pas d’argent, il disparaît.

    Il ne faut pas oublier que la valeur argent ce n’est pas quelque chose pas que l’on détient concrè­te­ment, tel un objet, c’est juste de la dette dans l’at­tente de biens ou de ser­vices et sans nou­velle dette, des dettes qui nous obligent, sans nou­vel échange (argent contre tra­vail, contre biens et ser­vices) sa valeur disparaît.

    L’argent est vola­tile et crée la pénu­rie. C’est par l’argent ou la mon­naie (comme tu vou­dras) que l’a­bon­dance nous est interdite.

    Ne vois-tu pas que c’est le sys­tème moné­taire qui CRÉE la recherche de profit.

    Com­ment pour­rait-il y avoir un pro­fit sans valeur monétaire ?

    Sans mon­naie, sans argent, il n’y a plus de pro­fit mais l’a­bon­dance, car nos res­sources sont abon­dantes si on met en place les moyens tech­niques pour les uti­li­ser tout en pré­ser­vant, en amé­lio­rant l’écologie.

    Ceci n’est pas pos­sible si on le fait pour l’argent, si on s’ac­croche à l’argent car il en faut tou­jours plus pour qu’il ne dis­pa­raisse pas. La recherche du pro­fit est donc inévitable.

    La recherche du pro­fit est des inéga­li­tés éco­no­mique et de la logique de la pénurie.

    Com­prends-moi bien : sans argent, on n’est plus empri­son­né dans cette logique de la rare­té ou il ne doit PAS y en avoir pour tout le monde.

    L’argent mène le monde, c’est le moyen par lequel le monde est mené, per­sonne ne peut le nier.

    On le sait mais on y est tel­le­ment habi­tué et on nous a tel­le­ment dit que l’on ne pou­vait pas faire autre­ment qu’on n’y prête pas attention.

    et quand on a plus d’argent, com­ment fait-on ?

    Com­ment fai­sons-nous pour vivre sans argent ?

    on peut bien faire l’au­tiste, si dans un sys­tème moné­taire, on veut pou­voir conti­nuer à entre­prendre, à inno­ver il faut qu’on puisse les finan­cer ces acti­vi­tés et aus­si qu’il y ait suf­fi­sam­ment d’argent pour qu’on puisse les ache­ter ses biens et services.

    Sans argent, on ne peut plus rien ou presque rien obte­nir ni entreprendre.

    Com­ment fait-on pour conti­nuer à vivre ?

    et voi­là le dik­tat de la crois­sance infi­nie tant que l’on conti­nue d’o­béir à l’argent.

    et cela, ça nous inquiète, la crise éco­no­mique moné­taire. on croit qu’on ne peut plus rien faire sans argent ; eh bien c’est com­plè­te­ment faux.

    On peut tout parce qu’on n’a pas besoin d’argent.

    Voyez vous com­ment nous avons inté­gré l’i­dée qu’il fal­lait de l’argent, abso­lu­ment, qu’on ne peut pas s’en pas­ser, fonc­tion­ner sans, et que c’est deve­nu notre moteur prin­ci­pal sans que l’on ne s’en rende plus compte. On tra­vaille pour l’argent mais ce n’est pas ce dont on a besoin.

    Il nous suf­fit juste de le com­prendre et ces­ser d’a­voir peur parce qu’il n’y a rien qui jus­ti­fie d’a­voir peur. Les res­sources sont là, nous n’a­vons pas à nous inter­dire de vivre, nous n’a­vons pas besoin de mon­naie, nous n’a­vons pas besoin d’argent.

    Les res­sources sont dis­po­nibles et peuvent être dis­tri­buées libre­ment, gra­tui­te­ment. Nous n’a­vons pas besoin de payer ni d’être payés pour ça. Nous sommes libres de faire ce qui nous semble bon de faire.

    Je vais conti­nuer de répondre à tes observations.

    « et que viennent faire le reve­nu uni­ver­sel et en quoi ce que tu dis sur les pays « com­mu­nistes » ne s’ap­pli­que­rait pas à une éco­no­mie sans mon­naie ? » 

    L’exemple du reve­nu uni­ver­sel sert à mon­trer qu’un reve­nu égal pour tous avec ou sans tra­vail et sans pro­fit est voué l’é­chec. Concrè­te­ment, sans moyen pour gagner plus d’argent, pour faire du pro­fit, un sys­tème moné­taire s’ef­fondre parce que la masse moné­taire n’aug­men­tant pas et que tout passe par l’argent, il n’est pas pos­sible de créer de nou­velles richesses dans le cir­cuit économique.

    Dans une éco­no­mie sans mon­naie, on n’est plus tri­bu­taire de la quan­ti­té d’argent dis­po­nible pour pro­duire et se pro­cu­rer les biens et les services.

    « regarde le monde qui t’en­toure, des tas de gens innovent, entre­prennent et créent de la VA sans profit ! »

    ben voyons !

    et qui finance ? Et com­ment on rembourse ?

    « J’es­père avoir été suf­fi­sam­ment clair. La conclu­sion est simple : il n’y a pas d’autre issue que l’a­bo­li­tion de la mon­naie pour sor­tir du capitalisme. »

    il n’y a aucun lien entre la pre­mière accep­tion, que je par­tage, et ta conclu­sion (jus­te­ment trop simple !) » 

    la conclu­sion concerne l’en­semble des pro­pos qui pré­cèdent, elle est simple et réaliste.

    Se débar­ras­ser de la mon­naie ne suf­fit pas mais est indis­pen­sable et central.

    « si « notre » argent (baby­lo­nien-indo-euro­péen) pose pro­blème, cela ne veut pas dire que la mon­naie est le mal… comme tout contrat, il est plus ou moins juste et pro­fi­table à toutes les par­ties.. » 

    Je ne vais me lan­cer dans l’his­toire de l’hu­ma­ni­té et de la mon­naie, ça nous mène­rait trop loin. les choses ne sont pas si iso­lées qu’on le pense. À par­tir du moment ou la mon­naie est deve­nue le moyen prin­ci­pal de sub­sis­tance, c’est deve­nu un enfermement.

    Il nous faut bien com­prendre que nous sommes les esclaves de l’argent et donc par pro­lon­ge­ment de ceux qui en ont.

    Le contrat dont tu parles n’est pas un contrat mais un pacte avec le diable si l’on peut dire les choses ain­si, ou le dieu dol­lar comme on dit chez eux ;-).

    Il est temps de dépas­ser cette ins­ti­tu­tion, ce culte.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  193. sitouaillain

    @ JC

    si tu veux vrai­ment ne pas avoir l’air hypo­crite en signant « bien amicalement »

    tu me reprends tout ton post

    1 tu fais l’ef­fort de dis­ci­pli­ner ton argu­men­ta­tion en dis­so­ciant le concept « mon­naie », de sa tra­duc­tion cir­cons­tan­ciée dans le réel d’une époque et d’une socié­té donnée,

    2 tu pro­longes cette dis­ci­pline en évi­tant de faire des liens de cause à effet et de mettre des « donc » là où il n’y a pas lieu, et sur­tout pour reba­lan­cer une affir­ma­tion gratuite

    3 tu me fais le plai­sir de décen­trer tes rai­son­ne­ments du seul pro­blème de la mon­naie, ce qui veut dire voir au-delà, ce qu’il y a der­rière, par exemple ce n’est pas l’argent qui fait ceci ou cela, l’argent ça ne fait rien, ça ne décide de rien, der­rière il y a des « ins­ti­tu­tions » au sens très large du terme, des liens sociaux (ce qui par exemple rend l’argent super­flu dans des rela­tions com­mu­nau­taires) et des schèmes de pensée

    4 tu m’ex­pliques toutes tes affir­ma­tions gra­tuites en te posant des ques­tions du style com­ment on peut man­quer de mon­naie si on la crée en fonc­tion des res­sources exis­tantes et celles que l’on s’at­tend, que l’on s’en­gage à produire ?

    5 tu peux faire ce tra­vail en par­tant du pos­tu­lat que la mon­naie est une inven­tion utile, ce qui oblige à poser les condi­tions, et de voir si, après exa­men, rigou­reux, défi­ni­ti­ve­ment, il faut s’en pas­ser, mais tu peux aus­si pas­ser par l’an­thro­po­lo­gie et l’his­toire pour cela, ce qui déjà te per­met­tra d’y voir plus clair sur « l’es­sence » de la mon­naie et de poser clai­re­ment les moda­li­tés de rem­pla­ce­ment de cer­taines fonc­tions qu’elle assure (par exemple dif­fé­rer dans le temps un échange) mais aus­si de com­prendre que les condi­tions d’utilisation de signes moné­taires sont reliées à la ques­tion de la nature du lien social, qui jus­te­ment rend ou non pos­sible le par­tage « volontaire ».

    6 au mini­mum, comme tu refuses l’i­dée qu’il puisse y avoir un autre sys­tème moné­taire qui soit sous contrôle démo­cra­tique, il faut que tu m’ex­pliques point par point si ton remède ne serait pas pire que le mal, ne serait-ce qu’en pré­ci­sant bien com­ment et à par­tir de quels méca­nismes ins­ti­tu­tion­nels-sociaux l’a­bon­dance est-elle pro­duite et garan­tie, et notam­ment quels sys­tèmes de coer­ci­tion vont m’empêcher de m’at­tri­buer le fruit de ma pro­duc­tion, de m’ap­pro­prier une res­source rare ou de pro­duire d’une manière qui gas­pille ou détruit l’en­vi­ron­ne­ment, qui va m’im­po­ser de par­ta­ger si je ne le veux pas,

    et com­ment peut s’o­pé­rer l’a­bo­li­tion de la mon­naie, qui prend la déci­sion et quand (dans un seul pays, il fau­drait déjà une longue période de tran­si­tion vers l’au­tar­cie et des rela­tions diplo­ma­tiques solides pour du troc, non?) et que fait-on avec les pales­ti­nien et les israéliens ? 😉

    Réponse
  194. Morpheus

    J’ap­puie évi­dem­ment ce que dit J.C, mais de façon très brève.

    Lors­qu’en 1929, l’A­mé­rique affron­ta le crach, les gens devaient faire la file à la soupe popu­laire pour avoir à se nour­rir. Il n’y avait tout sim­ple­ment plus assez d’argent pour faire tour­ner l’é­co­no­mie (basée sur la mon­naie) . Les gens n’a­vaient plus d’argent pour ache­ter tel ou tel bien. Pour­tant, pen­dant toute cette période, LES RESSOURCES ÉTAIENT TOUJOURS DISPONIBLES !

    Seule la mon­naie n’é­tait plus dis­po­nible, et c’est cela qui a engen­dré crise et pau­vre­té. Cette expé­rience est la démons­tra­tion la plus lumi­neuse de l’ab­sur­di­té du sys­tème d’é­co­no­mie basée sur la mon­naie. Ne pas com­prendre cela, c’est du déni. Le déni est la plus pré­vi­sible des réac­tions humaines. Mais le déni n’est tout sim­ple­ment pas rece­vable, car on ne construit rien de sain qui soit fon­dé sur le déni.

    Mor­pheus

    Réponse
  195. Étienne

    Mor­pheus et JC

    On pour­rait ima­gi­ner un sys­tème moné­taire (avec mon­naie, donc) qui soit cor­rec­te­ment régu­lé, non ? Ain­si, la dis­tri­bu­tion quo­ti­dienne et incon­di­tion­nelle d’un reve­nu de base, à vie, suf­fi­sant pour vivre —pau­vre­ment mais digne­ment— sans tra­vailler, me semble être une alter­na­tive moné­taire qui conserve les avan­tages (indé­niables, je trouve) de la mon­naie, mais qui nous libère des igno­mi­nies issues d’une (stu­pide pour nous tous, mais pas stu­pide pour tout le monde) mon­naie-dette pri­vée, rare et chère, et à valeur (rela­ti­ve­ment) stable ce qui sus­cite toutes les convoi­tises, par construction.

    Je n’ai PAS l’im­pres­sion que ce soit la mon­naie en soi, notre pro­blème, mais plu­tôt un cer­tain type de mon­naie (et un aban­don popu­laire sur le sujet).

    Non ?

    Étienne.

    Réponse
  196. sitouaillain

    @ Mor­phéus,

    on ne construit rien de sain qui soit fon­dé sur le déni effectivement,

    or, jus­te­ment, ce qui s’est pas­sé en 1929, ce n’est pas la démons­tra­tion la plus lumi­neuse de l’ab­sur­di­té du sys­tème d’é­co­no­mie basée sur la mon­naie, ça c’est ta déduc­tion à toi,

    on peut déjà dire que la notion d’  »éco­no­mie » sup­pose qu’il y a une sphère par­ti­cu­lière d’ac­ti­vi­tés en quelque sorte « désen­cas­trée du social », ce qui n’a rien d’u­ni­ver­sel et relève d’un pro­ces­sus his­to­rique et anthro­po­lo­gique que par exemple Pola­nyi a bien retra­cé et plus récem­ment Serge Latouche ou les gens du MAUSS.

    l’i­dée que l’é­co­no­mie soit basée sur la mon­naie, est une idée étrange,tout comme d’ailleurs l’i­dée qu’une éco­no­mie soit basée sur les res­sources, je dis étrange pour ne pas dire absurde, car cela ne veut rien dire !

    mais j’i­ma­gine que ce que tu veux dire, c’est plu­tôt un pro­blème d’ac­cès à la mon­naie (créa­tion moné­taire et méca­nismes de cré­dit) et de recherche de la mon­naie pour elle-même (cf Marx) avec un cer­tain type de droit de pro­prié­té (ce que friot appelle la pro­prié­té lucra­tive) autant de pro­blèmes solubles sans avoir à sup­pri­mer la mon­naie en tant que telle.
    Ne pas com­prendre cela, c’est du déni et le reste c’est un acte de foi.

    mais par contre je suis d’ac­cord sur l’i­dée de cher­cher à faire recu­ler le pus pos­sible le « mar­ché », puisque ce sont les rela­tions qu’on dit « com­mer­ciales » qui enclenchent un échange monétaire,
    et il y a de mul­tiples ques­tion à se poser sur ce qui enclenche l’acte de pro­duc­tion de bien et ser­vices lorsque cette pro­duc­tion n’est pas mue par le pro­fit ou qu’elle n’est pas mue par l’es­pé­rance de pou­voir échan­ger ce qui est pro­duit contre son équi­valent (équi­va­lence mesu­rée ou non en uni­tés moné­taires), elle est néces­sai­re­ment mue par un tis­su d’o­bli­ga­tions sociales. Le par­tage, le pur don, peuvent avoir une valeur posi­tive, mais, et sur­tout s’il s’a­git de l’im­po­ser à grande échelle (cf Tön­nies et la dis­tinc­tion com­mu­nau­té-socié­té), ce par­tage for­cé ne peut que débou­cher sur une méca­nique oppres­sive, et cela fonc­tionne soit via une fana­ti­sa­tion reli­gieuse ou idéo­lo­gique qui réprime la déviance, soit un Etat et une coer­ci­tion « imper­son­nelle », comme ce qui se passe par exemple pour l’im­pôt ou les coti­sa­tions obli­ga­toires. Avec la Dîme, on avait au final les deux, et sans mon­naie car l’im­pôt était payé en nature.

    donc je me répète, le minimum de politesse, c'est de nous dire citoyens, que comptez-vous mettre en place comme système et comment par exemple, vous comptez empêcher les gens d'inventer de nouvelles monnaies? ou faire en sorte que que les gens produise bien l'abondance promise? sans incitations matérielles, yen a qu'on essayé...mais ils ont eu des problèmes davaï!
    Réponse
  197. Morpheus

    @ Étienne

    Quels sont, selon toi, les avan­tages indé­niables de la mon­naie ? Si je te pose cette ques­tion, c’est parce que je ne vois pas (sin­cè­re­ment) quels sont ces avan­tages ; alors peut-être est-ce un manque d’information(s) de ma part ? Si tu peux éclai­rer ma lan­terne sur ce point, je t’en serais recon­nais­sant (cela fait un moment que je me penche sur cette ques­tion, mais il est évident que des aspects peuvent m’échapper).

    Pour le moment, mon ana­lyse est que la mon­naie consti­tue la cause des causes de toutes les per­ver­sions de notre socié­té tan­dis que l’ab­sence de vraie démo­cra­tie – et le fait que les Consti­tu­tions soient écrites par des per­sonnes en conflit d’in­té­rêt – consti­tue la cause des causes de notre impuis­sance poli­tique : deux branches essen­tielles de notre impasse sociale.

    Selon moi, la mon­naie en elle-même est bien notre pro­blème prin­ci­pal (au delà de notre impuis­sance poli­tique), dans la mesure où, même dans le cadre d’un régime réel­le­ment démo­cra­tique, les per­ver­sions inhé­rentes à la mon­naie conti­nue­ront à rui­ner nos rap­ports humains et sociaux.

    As-tu eut l’oc­ca­sion de lire le docu­ment inti­tu­lé « Patho­lo­gie Sociale » que je t’ai don­né lors de ton pas­sage il y a quinze jours à Bruxelles ? Je demande cela parce que ce docu­ment, et les liens qu’il contient, t’ap­por­te­raient une approche nou­velle et à mon avis dif­fé­rente sur la ques­tion de la mon­naie. Je sais que tu es débor­dé, je ne sou­haite cer­tai­ne­ment pas te mettre la pres­sion, mais il me semble impor­tant que tu appré­hendes (un jour) ces infor­ma­tions et ces ana­lyses (j’ai pas­sé beau­coup de temps pour trans­crire et illus­trer ce docu­ment à ton inten­tion, car j’ai l’in­tui­tion qu’elles sont de l’im­por­tance qu’ont consti­tué pour toi les infor­ma­tions sur la démo­cra­tie athé­nienne). S’il ne devait y avoir qu’une chose à voir (consi­dé­rant le pro­blème de temps) ce serait ce docu­men­taire de 48 minutes (sous-titre en fran­çais dis­po­nibles dans l’on­glet ad hoc).

    Je pense que si tu ne pre­nais pas le temps d’ap­pré­hen­der cette approche (lorsque cela te sera pos­sible, bien sûr), tu pas­se­rais à côté de quelque chose d’es­sen­tiel. Je peux bien sûr me trom­per, mais mon intui­tion me trompe rare­ment (pour ain­si dire jamais).

    Mer­ci à toi,
    Morpheus

    Réponse
  198. J.C

    @ Etienne

    « la dis­tri­bu­tion quo­ti­dienne et incon­di­tion­nelle d’un reve­nu de base, à vie, suf­fi­sant pour vivre —pau­vre­ment mais digne­ment— sans travailler « 

    La pro­duc­ti­vi­té et les pro­grès tech­niques qui vont avec détruisent les emplois, le tra­vail humain, alors com­ment pour­ra-t-on entre­prendre si les choses res­tent payantes ?
    Cela devien­dra de plus en plus compliqué.
    limi­té par notre reve­nu, On est réduit à être des consom­ma­teurs de plus en plus uniforme.
    On choi­si­ra pour nous ce que nous pou­vons consommer.
    Autres ques­tions : Com­ment seront fixer les prix ? Com­ment seront finan­cé les innovations ?
    Com­ment main­tien­drons nous la valeur de la monnaie ?
    Et sur­tout pour­quoi devrait-on vivre dans la pauvreté ?

    Il est bien plus simple d’en­tre­prendre à par­tir des res­sources dis­po­nibles qu’à par­tir de l’argent dis­po­nible qui n’est rien d’autre qu’une contrainte sup­plé­men­taire contre pro­duc­tive, par­tiale, je dirais même inutile et qui pose sur­tout le pro­blème majeur du profit.
    Sur ce sujet je ne vou­drais pas pas­ser outre un point très impor­tant qui pour­rait bien nous mettre d’ac­cord une fois pour toute sur la notion de capi­ta­lisme et de monnaie.

    Sitouaillain, tu disais :

    « regarde le monde qui t’en­toure, des tas de gens innovent, entre­prennent et créent de la VA sans profit ! « 

    Bien sûr, si l’on sort de la notion de mon­naie, il ne s’a­git pas de plus-value moné­taire, il y a d’autres formes de pro­fits, d’autres béné­fices : intel­lec­tuels, tech­niques, affec­tifs etc.
    Mais puisque jusque là, tu défen­dais la mon­naie, il ne faut pas tout mélanger.
    S’il n’y a pas de pro­fit cela signi­fie qu’ils la pro­duisent gra­tui­te­ment. Dans ce cas là, on est bien d’ac­cord, nous n’a­vons pas besoin d’argent.

    Le pro­fit rétri­bue la rému­né­ra­tion, les inves­tis­se­ments, les pla­ce­ments etc.
    s’il n’y avait pas de pro­fit, l’ac­ti­vi­té ne rap­por­te­rait rien en terme monétaire.
    C’est ce qu’on appelle la gratuité.
    Le fonc­tion­ne­ment de la mon­naie est insé­pa­rable de la notion de profit.

    Que peut-on en conclure ?
    L’his­toire la mon­naie, de l’argent c’est l’his­toire du capi­ta­lisme, c’est tout, ni plus ni moins.
    C’est cela dont ont doit se rendre compte.

    Coluche disait : Le Capi­ta­lisme, c’est l’ex­ploi­ta­tion de l’homme par l’homme. Le Com­mu­nisme, c’est le contraire
    Et bien, j’ai une « bonne » nou­velle. À par­tir du moment ou nous accep­tons et défen­dons l’u­ti­li­sa­tion de la mon­naie que l’on soit de gauche comme de droite, nous sommes tous capi­ta­liste sans nous en aper­ce­voir. C’est la même chose que de prendre le gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif éli­tiste pour un régime démocratique.
    Si vous en avez assez du capi­ta­lisme ces­sez de vous inté­res­ser à gagner ou avoir de l’argent.

    @ Sitouaillain

    « tu m’ex­pliques toutes tes affir­ma­tions gra­tuites en te posant des ques­tions du style com­ment on peut man­quer de mon­naie si on la crée en fonc­tion des res­sources exis­tantes et celles que l’on s’at­tend, que l’on s’en­gage à produire ? « 

    C’est très simple, on ne peut créer la mon­naie en fonc­tion des res­sources exis­tantes, il fau­drait le faire en fonc­tion de tout ce que l’on peut entre­prendre et ce n’est évi­dem­ment pas possible.
    L’u­ti­li­sa­tion de la mon­naie ne ferait ici que figer toutes acti­vi­tés à celle déjà existantes.
    Est-ce une affir­ma­tion gra­tuite ou cela a‑t-il du sens ?

    De plus cela impli­que­rait que l’on décide à l’a­vance pour les autres ce qu’ils ont le droit de pro­duire. Bref, un beau régime totalitaire.
    Autre objec­tion, qui choi­si­rait ou plu­tôt qui impo­se­rait la valeur des ressources ?
    Le mar­ché, la majo­ri­té, des représentants ?

    Et pour finir : com­ment empê­che­ra-t-on la cor­rup­tion par l’argent (se faire ache­ter) puis­qu’on ne pense pas pou­voir vivre sans argent ?

    « 6 au mini­mum, comme tu refuses l’i­dée qu’il puisse y avoir un autre sys­tème moné­taire qui soit sous contrôle démo­cra­tique, il faut que tu m’ex­pliques point par point si ton remède ne serait pas pire que le mal, ne serait-ce qu’en pré­ci­sant bien com­ment et à par­tir de quels méca­nismes ins­ti­tu­tion­nels-sociaux l’a­bon­dance est-elle pro­duite et garantie »

    Enfin, on avance, tu com­mences à t’intéresser.
    l’ab­sence de pos­si­bi­li­té d’ob­ten­tion de pro­fit à res­treindre la pro­duc­tion et l’u­ti­li­sa­tion de la tech­no­lo­gie per­met de garan­tir l’a­bon­dance. L’ab­sence de pos­si­bi­li­té de contraindre au tra­vaux for­cés autrui par la dis­pa­ri­tion des signes moné­taires est une seconde garantie.
    Ce qui implique la mise en appli­ca­tion de la libre entre­prise et de la libre dis­tri­bu­tion des biens et services.

    « et notam­ment quels sys­tèmes de coer­ci­tion vont m’empêcher de m’at­tri­buer le fruit de ma pro­duc­tion, de m’ap­pro­prier une res­source rare ou de pro­duire d’une manière qui gas­pille ou détruit l’en­vi­ron­ne­ment, qui va m’im­po­ser de par­ta­ger si je ne le veux pas »

    S’il n’y a pas de mon­naie, tu ne peux pas ache­ter les choses. Jusque là tu es d’accord.
    Si tu ne peux pas ache­ter les choses com­ment pour­rais tu en avoir la propriété ?
    Il suf­fit que les biens et ser­vices soient mis en libre dis­po­si­tion et qu’ils soient pro­duit en grande quan­ti­té grâce à l’u­ti­li­sa­tion des pro­grès tech­niques afin de pro­duire suf­fi­sam­ment d’a­bon­dance pour que l’i­dée même de s’ap­pro­prier jalou­se­ment un bien ou un ser­vice devienne non seule­ment qua­si impos­sible et sur­tout ridicule.
    De plus, il n’y aurait aucun pro­fit à en tirer puis­qu’on ne peut pas le vendre à part la seul chose que cela pour­rait pro­duire, c’est de s’at­ti­rer la cri­tique et l’a­ni­mo­si­té d’autrui.
    Si l’argent n’est plus un sym­bole de réus­site sociale et la pos­ses­sion non plus, les ser­vices ren­du à autrui pour­rait bien en deve­nir un.
    De la même façon qu’on peut obser­ver et ana­ly­ser les consé­quences de l’u­ti­li­sa­tion de la mon­naie sur le fonc­tionnent d’une socié­té, on peut les conce­voir aus­si pour une socié­té sans monnaie.

    « et com­ment peut s’o­pé­rer l’a­bo­li­tion de la mon­naie, qui prend la déci­sion et quand (dans un seul pays, il fau­drait déjà une longue période de tran­si­tion vers l’au­tar­cie et des rela­tions diplo­ma­tiques solides pour du troc, non?) « 

    le mieux c’est que l’a­bo­li­tion de la mon­naie se pro­duise à un niveau mon­dial et c’est ce qui est déjà pré­vu semble-t-il.

    « et que fait-on avec les pales­ti­nien et les israéliens ? »

    Tu mets un jeune enfant Israé­lien et un jeune enfant pales­ti­nien dans une cours d’é­cole par exemple, tu les fait jouer ensemble et le pro­blème est réglé.
    Quand il n’y aura plus d’argent à se faire avec l’é­norme mar­ché des armes, il n’y aura plus de sur­en­chère et de pro­pa­gande pour des conflits armés entre popu­la­tion pour un ter­ri­toire, des res­sources, des idéologies.
    Le nerf de la guerre c’est tou­jours … (toi même tu sais)

    Nous avons besoin de trois choses : l’a­bo­li­tion de la mon­naie, la mise en place de la tech­no­lo­gie qui per­met l’a­bon­dance et l’éducation.

    Si je dois essayer d’ex­pli­quer tout le fonc­tion­ne­ment et tout les impli­ca­tions qu’en­gendre l’a­bo­li­tion de la mon­naie, ça va être très long en temps et en espace.
    Ce que je vous pro­pose (à Sitouaillain, Etienne et tous ceux qui le vou­dront) puisque les pro­pos de Pros­per m’ap­pa­raissent être une expli­ca­tion suf­fi­sam­ment déve­lop­pée pour abor­der les dif­fé­rents aspects d’une socié­té sans mon­naie, c’est de sélec­tion­ner les pas­sages dans les 2 liens des docu­ments (au for­mat pdf) que j’ai pos­té plus haut et qui vous semblent dou­teux ou sujet à dis­cus­sion sur le pou­voir poli­tique, éco­no­mique, social… et d’en débattre ensemble
    J’es­saie­rais de répondre aux objec­tions et d’y appor­ter un com­plé­ment qui j’es­père nous ferons avan­cer sur les meilleurs choix de socié­té à envisager.

    Quelques obser­va­tions pour finir :

    Je vois bien qu’un des argu­ments qui sous tend le dis­cours moné­ta­riste, c’est le sou­hait en limi­tant les reve­nus de cha­cun, d’é­vi­ter les excès. Pour ma part, je pense que le contrôle des indi­vi­dus par la mon­naie est source du strict contraire.
    Je ne pense pas non plus que cela pro­vienne d’un mau­vais usage de la mon­naie mais que les excès en tout genre sont ren­du pos­sible de manière inhé­rente par l’u­ti­li­sa­tion de la mon­naie elle-même comme sys­tème de valeur.
    Pour­quoi cela ? Pour des rai­sons poli­tiques et éco­no­miques. La mon­naie per­met d’a­voir du pou­voir sur autrui, de contrô­ler autrui et cela mène à tous les excès.
    Si une socié­té sans mon­naie per­met de ne pas avoir à se sou­mettre à autrui pour sub­sis­ter, il per­met aus­si de limi­ter la plu­part des excès.

    Le reve­nu de base semble aller dans le sens d’une cer­taine liber­té d’en­tre­prendre avec tout les incon­vé­nients de l’u­ti­li­sa­tion de l’argent déjà expo­sé en grande par­tie sur ce fil de discussion.
    Mais il n’est pas suf­fi­sant car il condamne à la pau­vre­té même si celle-çi n’est pas extrême. Et puis, entre­prendre libre­ment avec peu d’argent n’est pas chose évidente.

    Dans une éco­no­mie basée sur les res­sources, pour entre­prendre, il fau­dra d’a­bord, que le pro­jet dans lequel vous sou­hai­tez vous enga­ger res­pecte l’é­co­lo­gie puisque réglée sur les res­sources, ensuite il fau­dra que votre pro­jet inté­ressent les éven­tuelles col­la­bo­ra­teurs dont vous pour­riez avoir besoin et non plus cette fois pour des rai­sons de gain monétaire.
    Voi­là qui est déjà pas mal, Je ne vais pas déve­lop­per plus pour le moment.
    Il y aurait encore beau­coup de chose à dire, voyons déjà ce que vous pen­sez de tout ça.

    Autre point pour ter­mi­ner et pas des moindres, sans abo­li­tion de la mon­naie, je ne crois pas qu’il soit pos­sible de reprendre le contrôle de nos vies, le contrôle de la sphère poli­tique, éco­no­mique et sociale. Ceux qui ont le contrôle de la mon­naie ont trop de pou­voir en tout cas tant que les gens y pla­ce­ront leur confiance.
    Je ne vois, pour l’ins­tant, pas d’autre porte de sor­ti qu’un effon­dre­ment du sys­tème moné­taire mon­dial qui semble se pro­fi­ler et être inévitable.
    Autre pos­si­bi­li­té, que la popu­la­tion prenne conscience avant l’ef­fon­dre­ment du sys­tème moné­taire que le contrôle sociale est d’a­bord le fruit de leur sou­mis­sion à l’argent et qu’il décide d’y renon­cer et d’u­ti­li­ser les moyens que nous avons en notre pos­ses­sion pour créer l’a­bon­dance pour tous.
    Le mieux étant d’in­for­mer la popu­la­tion sur ce qui nous semble être la situa­tion actuelle et les meilleurs alter­na­tives possibles.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  199. J.C

    @ Sitouaillain

    Mor­phéus a dit
    « la démons­tra­tion la plus lumi­neuse de l’ab­sur­di­té du sys­tème d’é­co­no­mie basée sur la monnaie »

    Sitouaillain réponds

    « mais j’i­ma­gine que ce que tu veux dire, c’est plu­tôt un pro­blème d’ac­cès à la monnaie »

    les res­sources étaient tou­jours dis­po­nibles mais il n’y avait pas assez d’argent pour les ache­tez donc on mour­rait de fin.

    c’est l’é­vi­dence même, cet exemple démontre clai­re­ment l’ab­sur­di­té de la situa­tion. Un enfant de 5 ans le com­pren­drait tout de suite. Le pro­blème, c’est de ne pas avoir accès aux res­sources à cause du manque d’argent et non pas de ne pas avoir accès à la monnaie.
    Si nous avons accès aux res­sources pour­quoi aurions nous besoin d’ac­cès à l’argent ?

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  200. sitouaillain

    j’ai l’im­pres­sion JC que l’é­clat de la pièce d’or te cache le flic qu’il y a entre ton ventre creux et la vitrine. ce n’est pas le manque d’argent qui empêche l’ac­cès au res­sources, mais des fusils, la peur et des excès de politesse…si tu as faim sers-toi camarade !

    je te remer­cie d’a­voir fait l’ef­fort, mais je ne paie­rai pas le denier du culte…

    l’his­toire de la mon­naie, sérieu­se­ment, ne peut pas être l’his­toire du capi­ta­lisme, c’est l’his­toire de l’hu­ma­ni­té (http://​fr​.wiki​pe​dia​.org/​w​i​k​i​/​H​i​s​t​o​i​r​e​_​d​e​_​l​a​_​m​o​n​n​aie)et ce n’est jamais la mon­naie qui décide de ce qui est mon­nayable, mais les hommes et leurs cultures.

    tu dis n’im­porte quoi sur le pro­fit, prend un dico, et cesse par pitié de dire que la mon­naie génère le pro­fit, il n’y a de pro­fit, il n’y a d’es­cla­vage sala­rial, que s’il y a un droit per­met­tant la pro­prié­té lucrative.

    Et cesse de relier rare­té et éco­no­mie moné­taire capi­ta­liste, c’est pro­pre­ment absurde ! Une mai­son avec vue sur mer res­te­ra un bien rare, ce qui déter­mine la jus­tice dans la Polis, c’est ce que je dois faire pour y accé­der ou com­ment on se la par­tage et ce qui garan­tit cette pro­prié­té d’u­sage pérenne ou tem­po­raire. non seule­ment sup­pri­mer la mon­naie ne résout pas l’é­qua­tion, mais cela la complique.

    de fait, si un groupe humain ne peut plus échan­ger ses pro­duits contre leur équi­valent moné­taire, et selon ce que tu pré­co­nises, il ne peut pas non plus tro­quer, il lui faut donc fata­le­ment s’a­dres­ser à une enti­té « éta­tique » qui a le mono­pole de la pro­prié­té sur les pro­duc­tions et les redis­tri­bu­tions. Pour qui connait un peu les éco­no­mies sovié­tiques, on peut dou­ce­ment rigo­ler sur les pro­messes d’a­bon­dance avec les­quelles tu nous vends ton idée, elle n’en­gagent que ceux qui y croient. en somme l’ex­ten­sion infi­nie du mar­ché serait stop­pée par des furets venant me pri­ver du plai­sir de don­ner mon sur­plus de patates à qui je veux et pour les rai­sons qui me sont propres ou de la tro­quer ou de l’é­chan­ger contre mon­naie, pour pou­voir ensuite faire venir jus­qu’à moi cette liqueur rare qui réjouit tant le coeur de mes invités.
    …le quart de chaumes, le saint nec­taire, le boeuf de kobé, le cacao d’o­cu­mare, il n’y en a pas pour tout le monde, comme le caviar, com­ment on gère cette rare­té, point d’as­su­rance dans tes pro­pos, si ce n’est l’es­poir d’une exten­sion subite du domaine de la ver­tu, déso­lé, mais c’est un peu mince…par contre j’ai entière confiance en la capa­ci­té des grand prêtres de la reli­gion de l’a­bo­li­tion de la mon­naie pour trou­ver de belles jus­ti­fi­ca­tions au fait qu’ils ont le meilleur pinard et les plus belles dat­cha, et pas nous pauvres enfants de cinq ans qui ne com­pre­nons rien…

    ma foi ça ne chan­ge­ra pas grand chose à aujourd’­hui, ça ne sera pire que si big bro­ther dégou­li­nant de bonnes inten­tions nous sur­veille tout le temps, dès fois que ça tra­fi­cote en dehors de la volon­té pure et par­faite de ses logi­ciels addi­tion­nant choux et carottes…pour le reste une uto­pie basée sur des croyances absurdes et des pré­ju­gés en rem­place une autre, on rebat les cartes et rebe­lote avec les petits dom­mages col­la­té­raux inévi­ta­ble­ment per­pé­trés par des por­teurs d’i­dées de tabu­la rasa…

    de toute façon, ce débat est vain, puisque per­sonne n’ar­ri­ve­ra à abo­lir la mon­naie, vu qu’un enfant de 5ans est capable d’ins­ti­tuer un sys­tème moné­taire avec ce qui lui tom­be­ra sous la main…coquillages, auto­col­lants, cd, poils de cul…amen !

    Réponse
  201. Morpheus

    @ Étienne

    Par­don Étienne, je spam volon­tai­re­ment, afin que mon inter­ven­tion #200 ne passe pas outre ton atten­tion dans le flux qui l’a suivit.

    Ami­ca­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  202. Ana Sailland

    « mon­naie-dette pri­vée, rare et chère, et à valeur (rela­ti­ve­ment) stable » (Etienne)

    »>

    La mon­naie sym­bo­lise l’a­voir effec­tif ou poten­tiel, qui est le symbolisé.

    Le sym­bo­li­sé (tout ce qui fait la vie maté­rielle) est fon­dant (i.e. s’use) et le sym­bole (l’argent) ne l’est pas.

    Le sym­bole ne sym­bo­lise donc pas toutes les carac­té­ris­tiques du symbolisé.

    ça ne peut donc pas tenir la route.

    C’est l’une des sources de l’in­co­hé­rence com­por­te­men­tale de l’es­pèce ani­male qui uti­lise l’argent.

    Même dans une socié­té sans argent, comp­ta­bi­li­ser res­sources et pro­duc­tion est néces­saire, ne serait-ce que pour rai­son éco­lo­gique. Donc d’une façon ou d’un autre demeu­re­ra la sym­bo­li­sa­tion du réel, ne serait-ce qu’à tra­vers du scrip­tu­ral comp­table. Le dan­ger est donc grand de voir demeu­rer la sus­dite inco­hé­rence entre le sym­bole et le sym­bo­li­sé, même en cas de sup­pres­sion de la mon­naie, même dans le cas d’une civi­li­sa­tion hyper­cons­ciente. Ce sera un souci 😉

    Réponse
  203. Marc

    @ JC

    déso­lé de rebon­dir sur les pro­pos de JC (avec retard) mais ses pro­pos abu­sifs font que je me dois de répondre.
    Esti­mant éga­le­ment qu’un monde sans mon­naie n’est pas viable tant que l’humain ne sera pas conscient de ce qu’il est, sans hypo­cri­sie, et que la psy­cho­lo­gie (la science, pas l’occultisme qui se fait appe­ler psy­cho­lo­gie) est une bonne manière de conscien­ti­ser, voi­ci quelques mots :

    <Je ne sais pas ou tu as lu un j’aime pô, tu as ten­dance à défor­mer mes paroles. <

    Hum… Donc quand en plus tu écris que le sur­visme est sec­taire, dan­ge­reux, que tu ne par­tages pas ce point de vue, etc… c’est que tu aimes ?
    (tu sais, ça se voit quand tu te fous de la gueule des lec­teurs de ce forum :o))))

    <Si pour toi le simple fait de vou­loir être heu­reux, d’é­prou­ver du bon­heur n’est pas aspect fon­da­men­tal de la psy­cho­lo­gie humaine, c’est que tu es pas­sé à côté de l’essentiel. <

    J’affirme que le but de la psy­cho­lo­gie humaine, ce n’est pas de « vendre du bon­heur », c’est juste de se com­prendre, de com­prendre les pen­sées et les actes, sans jugement.
    Après, si toi tu es à la recherche du bon­heur, tu es libre d’avoir cette valeur domi­nante. Mais d’autres humains sont déjà heu­reux, sont déjà dans le bon­heur, et ils agissent quand même ! (ouais, je sais, c’est dingue), donc leur but dans leur vie est de « faire autre chose » que d’être à la recherche du bonheur.
    Tu comprends ?

    <je ne consi­dère pas l’en­semble de la palette des émo­tions que nous pou­vons expé­ri­men­tons comme rele­vant d’une ques­tion de menace pour notre survie.<

    De la haine (sen­ti­ment de sur­vie mena­cée au maxi­mum) à l’amour (sen­ti­ment de sur­vie assu­rée au maxi­mum), en pas­sant par l’indifférence, par le rire, etc, tout est fonc­tion d’une appré­cia­tion lié au sen­ti­ment de sur­vie. Si tu en connais un qui échappe à cette ana­lyse, sur­tout n’hésite pas à le don­ner sur le site de l’auteur ! :o)))

    <Il m’ap­pa­raît plus réa­liste de le voir en terme de plai­sir et de déplai­sir ou de manière plus large en terme de souf­france et de bon­heur. Il s’a­git donc d’une théo­rie à laquelle je n’adhère pas.<

    Et le maso­chisme qui tire du plai­sir dans la souf­france, tu le mets où ?
    Et lorsqu’une per­sonne va faire un tra­vail de merde qu’elle n’aime pas, elle agit pour le plaisir ?
    Non, elle agit parce que l’argent qu’elle gagne assure sa sur­vie. (car l’argent qu’elle gagne n’est pas for­cé­ment pour se payer des choses qui font plai­sir… elle peut payer ses impôts avec (car les payer assure (en géné­ral) mieux notre sur­vie que d’aller en pri­son), etc…
    Et quand une per­sonne devient para­noïaque, c’est pour son plai­sir ? Quand une per­sonne devient ano­rexique, c’est pour son plaisir ?
    Le « plai­si­risme » donne des expli­ca­tions très très limi­tés pour com­prendre la nature humaine et son fonctionnement.

    <En sui­vant cette théo­rie qui consi­dère l’être humain comme mu uni­que­ment par l’ins­tinct de survie <

    non, là, il n’est pas ques­tion d’instinct mais de rai­son­ne­ments. Tu suis ton inter­pré­ta­tion et non ce qui est écrit sur le site ou expli­qué dans les vidéos.
    Sans oublier que l’instinct n’est pas iden­ti­fiable par rap­port aux rai­son­ne­ments rapides incons­cients, donc tout le reste de ta démo est sans fon­de­ment. (heu… tu parles des ani­maux pour faire pleu­rer dans les chau­mières ? Per­so je les res­pecte autant que les humains, même si j’en mange en petite quan­ti­té de temps en temps.)

    <Alors tu pour­rais me répondre comme tu en as l’ha­bi­tude quand tu es à cours d’ar­gu­ment que si je ne par­tage pas ta vision, c’est que je dois être malade et que je ferais bien d’al­ler voir un méde­cin pour régler mes pho­bies, ma confu­sion men­tale ou je ne sais quoi.<

    La vic­ti­mi­sa­tion et le déni­gre­ment… ça fai­sait long­temps ! :o)))
    Non, rap­pelle toi, je t’ai deman­dé si tu n’avais pas un pro­blème avec « le pou­voir » car tu sembles avoir une grosse aller­gie et faire une fixette sur ce terme /principe. Et en géné­ral, lorsque des humains ont du mal avec « le pou­voir » (s’entend le pou­voir des autres et non le pou­voir qu’ils ont sur les autres car ce der­nier ne les gêne pas vrai­ment), c’est qu’ils ont subit un trau­ma­tisme. C’est tout.
    Et comme les trau­ma­tismes de cha­cun n’ont pas à venir pol­luer les rai­son­ne­ments sociales…

    <Pour te dire le fonds de ma pen­ser puisque tu as sou­hai­té que j’ar­gu­mente, je trouve cette théo­rie non seule­ment pro­fon­dé­ment nihi­liste mais aus­si par­ti­cu­liè­re­ment sec­taire et dan­ge­reuse. Il est en effet, très facile en sou­te­nant de telles posi­tions de réduire ou de défi­nir plu­tôt l’être humain comme une simple mar­chan­dise, un outils qui ne se pré­oc­cupe que de tra­vailler pour faire fonc­tion­ner la socié­té et se nourrir.<

    Ha bon ? Et la culture tu la mets où ? Et l’imaginaire, la créa­ti­vi­té ? Et toutes ces dif­fé­rences qui font la richesse de la nature humaine ? Ne sont-elles pas direc­te­ment impli­quées dans la « sur­vie » de chacun ?

    Quant aux mots « sec­taire et dan­ge­reux » Il fau­dra que tu m’expliques com­ment cette approche de psy­cho peut être sec­taire alors qu’elle ne dit jamais ce que l’on doit faire ni pen­ser, et qu’il est clai­re­ment écrit noir sur blanc que « tous les che­mins peuvent mener à « la sur­vie » » !?
    Et puis… on ne doit pas avoir la même défi­ni­tion « d’arguments » car je n’ai vu dans tes pro­pos que des « sen­ti­ments » et non un rai­son­ne­ment de faits.

    <C’est ça l’é­man­ci­pa­tion ? Non, c’est cela l’es­cla­vage. Sec­taire et dan­ge­reux aus­si,>

    la répé­ti­tion de termes qui font peur… Tu aimes uti­li­ser la peur non fon­dée pour mani­pu­ler ? Mais bon, par pro­voc je dirais que « la répé­ti­tion » aide à s’affirmer et à rendre réelle n’importe quelle infor­ma­tion, même fausse ! ;o)

    <parce que dans ton discours, <

    Mon dis­cours ? J’ai fait mienne cette approche car je n’ai pas trou­vé la faille, mais ce n’est pas « mon dis­cours ». La dif­fé­rence est sub­tile mais tu vas la voir.

    <puisque tout relève du sur­visme, alors les ques­tions exis­ten­tielle, la phi­lo­so­phie ne relève elle que de loisirs.<

    ha bon ? Admet­tons sui­vant tes dires, que la phi­lo­so­phie relève des loi­sirs, les loi­sirs, c’est impor­tant pour notre sur­vie ! L’équilibre de notre men­tal en a besoin !

    <Mais comme ça ne rentre pas dans le sur­visme et que tout dépends du sur­visme, alors c’est du char­la­ta­nisme (comme tu dis), il fau­drait peut-être d’ailleurs faire dis­pa­raître ces choses à terme.<

    Je pense que tu es en plein confu­sio­nisme… :o))))

    <Il est temps d’ou­vrir les yeux.<

    Connais-toi toi-même, et le monde ira déjà un peu mieux.

    Réponse
  204. Marc

    @ Etienne :

    Vous dites : « la dis­tri­bu­tion quo­ti­dienne et incon­di­tion­nelle d’un reve­nu de base, à vie, suf­fi­sant pour vivre —pau­vre­ment mais digne­ment— sans tra­vailler, me semble être une alter­na­tive monétaire »

    Quand on dis­tri­bue de la mon­naie, elle perd de sa valeur (par l’in­fla­tion). Exemple : les aides aux loge­ments qui n’ont pas per­mis que tout le monde ait un toit, mais qui a per­mis aux prix de l’im­mo­bi­lier de s’envoler.

    Com­ment pou­vez-vous voir une solu­tion dans une dis­tri­bu­tion de mon­naie alors que l’in­fla­tion man­ge­ra rapi­de­ment l’a­van­tage de cette dotation ?

    Com­ment empê­che­rez-vous l’in­fla­tion pro­vo­quée par cet afflux de monnaie ?

    Réponse
  205. J.C

    @ Sitouiaillain

    « ce n’est pas le manque d’argent qui empêche l’ac­cès au res­sources, mais des fusils, la peur et des excès de politesse…si tu as faim sers-toi camarade !

    Va donc dire ça au SDF qui meurt de faim, tu ver­ras qu’il ne sont pour autant des assas­sins en puis­sance, ils te deman­de­ront une petite pièce et non un fusil.

    Wiki­pe­dia peut se révé­ler bien utile mais n’a pas de vali­di­té scien­ti­fique, on y trouve aus­si de grosses bétises. Aucun cher­cheur sérieux sur des sujets impor­tants ne t’in­di­que­ra wiki­pe­dia comme référence.

    « tu dis n’im­porte quoi sur le pro­fit, prend un dico, et cesse par pitié de dire que la mon­naie génère le pro­fit, il n’y a de pro­fit, il n’y a d’es­cla­vage sala­rial, que s’il y a un droit per­met­tant la pro­prié­té lucrative. »

    Je suis donc aller voir la défi­ni­tion du terme pro­fit dans mon dic­tion­naire d’économie.

    Pro­fit : Reve­nu de l’en­tre­prise résul­tant de l’ex­cé­dent des recettes sur les coûts totaux.
    La comp­ta­bi­li­té pri­vé ne four­nit pas de mesure expli­cite du profit…/…
    Le pro­fit s’in­ter­prète dif­fé­rem­ment selon les cou­rants de pensées.
    Selon les mar­xistes, l’o­ri­gine du pro­fit est dans la plus value…
    De manière géné­rale, elle est plus com­mu­né­ment défi­nie comme rému­né­ra­tion de l’ac­ti­vi­té d’entreprise.

    Ça colle par­fai­te­ment avec ma démons­tra­tion précédente.

    Excuse moi de te dire la chose sui­vante mais si tu ne vois pas que c’est l’argent qui domine le monde, c’est que tu es aveugle. Et non, ce n’est quel­qu’un en par­ti­cu­lier, c’est dans les rouages même du fonc­tion­ne­ment de la monnaie.

    Si l’on prends juste l’exemple d’une des branches du pou­voir éco­no­mique comme les médias.
    Les médias à eux tout seul font le résul­tat des élec­tions. À qui appar­tient les médias ?
    Au plus riche. Ceci est vrai dans tout les domaines : l’a­gro-ali­men­taire, la san­té, l’ar­me­ment etc.

    Je vais essayer de déve­lop­per un peu sur ce sujet.

    Vou­loir aller à l’en­contre du capi­ta­lisme dans un sys­tème moné­taire que ce soit sur le plan poli­tique, éco­no­mique et social est une pure inep­tie. J.Fresco l’a bien com­pris d’ailleurs.

    L’u­ti­li­sa­tion de la mon­naie est bien la source prin­ci­pale de nos pro­blèmes. Elle est la cause de la délé­ga­tion de pouvoir.

    Com­ment cela ?

    Dans une socié­té basée sur l’u­ti­li­sa­tion de la mon­naie, c’est ceux qui ont l’argent qui ont le pouvoir.
    Or, pour que l’argent est de la valeur, tout le monde ne doit pas en avoir. On peut uti­li­ser une image pour cela. S’il se met à pleu­voir de l’or, les gens récol­te­rons cet or pour le mettre à l’a­bris mais s’il pleut de l’or pen­dant plu­sieurs semaines et ce de manière conti­nu, les gens la balaye­rons devant leur porte, puisque tout le monde y aura accès en quan­ti­té, elle aura per­du toute sa valeur monétaire.
    C’est la que se révèle la logique de la pénu­rie et de l’a­bon­dance en rela­tion avec la monnaie.

    Pour qu’une chose est de la valeur, il faut quelle soit rare, que tout le monde n’est pas les moyens de se l’a pro­cu­rer et comme dans la socié­té moné­taire, pour avoir accès aux biens et ser­vices ils nous faut de l’argent, nous sommes obli­gé de pour­suivre cette logique pour que l’argent est une cer­taine valeur. C’est ain­si qu’on se retrouve, par le prin­cipe de com­pé­ti­tion avec un nombre réduit de per­sonne qui ont beau­coup d’argent et beau­coup de pouvoir.
    Le contrôle de la socié­té par une oli­gar­chie est insé­pa­rable de la logique monétaire.

    Je vou­drais reve­nir sur tes ques­tion­ne­ments précédents.

    « 6 au mini­mum, comme tu refuses l’i­dée qu’il puisse y avoir un autre sys­tème moné­taire qui soit sous contrôle démo­cra­tique, il faut que tu m’ex­pliques point par point si ton remède ne serait pas pire que le mal, ne serait-ce qu’en pré­ci­sant bien com­ment et à par­tir de quels méca­nismes ins­ti­tu­tion­nels-sociaux l’a­bon­dance est-elle pro­duite et garan­tie, et notam­ment quels sys­tèmes de coer­ci­tion vont m’empêcher de m’at­tri­buer le fruit de ma pro­duc­tion, de m’ap­pro­prier une res­source rare ou de pro­duire d’une manière qui gas­pille ou détruit l’en­vi­ron­ne­ment, qui va m’im­po­ser de par­ta­ger si je ne le veux pas »

    La mon­naie est sou­vent consi­dé­rer comme utile pour régu­ler l’ac­cès aux res­sources lorsque ceux ci sont limi­tés mais la mon­naie ne joue jamais ce rôle, elle crée inéga­li­té et exploitation.
    Seule une ges­tion directe et pré­cises des res­sources elles-même peut jouer ce rôle.

    Les ins­ti­tu­tions ne sont pas for­cé­ment des struc­tures gou­ver­ne­men­tales de contrôle, ce peut être des usages ins­ti­tu­tion­na­li­sés ou niveau des indi­vi­dus-citoyens eux-même.

    Com­ment comptes-tu empê­cher les autres d’ac­cé­der à tes oeuvres ?
    En enga­geant une armée pri­vée ? et com­ment la payeras-tu ?
    Sans argent, les res­sources sont direc­te­ment visée.
    On peut bien signé tout les trai­tés de paix ou tout les pactes de non agres­sion que l’on veut, si le voi­sin n’a pas accès aux res­sources suf­fi­santes pour vivre, il fini­ra par convoi­ter les tiennes.
    Il est dans l’in­té­rêt de tous de pro­duire l’a­bon­dance et puisque c’est tech­ni­que­ment pos­sible, c’est la meilleure poli­tique pour la faire perdurer.

    Concrè­te­ment, la meilleure façon de garan­tir notre accès aux biens et aux ser­vices, à l’a­bon­dance, c’est de per­mettre aux autres d’ac­cé­der à la même chose.
    L’i­déo­lo­gie de la néces­si­té de l’a­bon­dance et la mise en place des moyens per­met­tant l’a­bon­dance devient la garan­tie même de l’a­bon­dance. C’est exac­te­ment l’in­verse de la logique monétaire.

    « il lui faut donc fata­le­ment s’a­dres­ser à une enti­té « étatique » « 

    Non, nul besoin d’é­tat. Si tu lis Pros­per jus­qu’au bout, tu com­pren­dras pourquoi.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  206. J.C

    @ Marc

    Bon, bon ok

    Ta réponse m’a ras­su­ré un poil.

    Nos points de vue divergent sur un cer­tain nombre de sujet, tou­chant à la psy­cho­lo­gie en autre.
    Peut être n’est ce pas le lieu pour s’é­tendre plus avant sur ces sujets.
    En tout cas, cha­cun pour­ra se faire sa propre opi­nion sur ce qui a déjà été dit.

    Par­fois, il me semble nous avons quelques dif­fi­cul­tés à nous comprendre.
    Quoi qu’il en soit, je te remer­cie pour ton enga­ge­ment à défendre ici et ailleurs la sor­tie de ce que tu appel­le­rais peut être la  » magouille et cie  » de la socié­té monétiste.

    J’en pro­fite pour dire que nous avons la chance ici, grâce à Étienne, de pou­voir nous expri­mer libre­ment sur des choses qui sont essen­tielles et, comme notre hôte l’a déjà prou­vé à de nom­breuses reprises, toutes les voix ont leur place et ça c’est une vraie richesse.

    Mer­ci Étienne

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  207. Morpheus

    @ Étienne

    Par­don Étienne, je spam à nou­veau, afin que mon inter­ven­tion #200 ne passe pas outre ton atten­tion dans le flux qui l’a suivi.

    J’en pro­fite éga­le­ment pour signa­ler un article que j’ai publié la semaine der­nière sur Ago­ra­vox, et dont le fil de dis­cus­sion est très inté­res­sant et constructif.

    http://​www​.ago​ra​vox​.fr/​a​c​t​u​a​l​i​t​e​s​/​c​i​t​o​y​e​n​n​e​t​e​/​a​r​t​i​c​l​e​/​a​c​t​i​o​-​p​o​p​u​l​i​-​1​2​4​794

    Ami­ca­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  208. Étienne

    L’i­dée des mon­naies fon­dante est d’u­ti­li­ser DEUX mon­naies en même temps : une (rare et stable) qui garde sa valeur et qui ne sert PAS aux échanges cou­rants, et une (abon­dante et fon­dante) qui perd de sa valeur et qui sert aux échanges cou­rants, sans jamais man­quer à per­sonne. Voir le tra­vail pas­sion­nant de Ber­nard Lie­taer (signa­lé par l’ex­cellent Phi­lippe Derud­der) qui a repéré/étudié des exemples his­to­riques de pros­pé­ri­té de longue durée liée à l’u­sage de cette tech­nique : 300 ans au Moyen-Âge (de l’an 1000 à l’an 1300, le temps des cathé­drales) et 2000 ans à l’é­poque des pha­raons (de l’an ‑3000 à ‑2000, de mémoire).

    Je ne compte pas « empê­cher l’in­fla­tion »… 🙂 Nous n’a­vons rien à craindre d’une infla­tion modé­rée (autour de 5 %) quand le pou­voir d’a­chat (celui des 99% qui tra­vaillent, mais pas celui des 1% oisifs ren­tiers) est main­te­nu par le pré­cieux méca­nisme de L’INDEXATION (ajus­te­ment AUTOMATIQUE des salaires et des contrats sur l’in­dice des prix), méca­nisme social cen­tral que les faux >« socia­listes » ont détruit (en braillant que « c’est >le pro­grès »).

    Étienne.

    Réponse
  209. Étienne

    Cher Mor­phéus,

    J’ai bien ton docu­ment sur mon bureau (pas dans une pile) et je sais que je dois lire ça, mais là, j’ai vrai­ment une vie de dingue=> il faut attendre.

    Je tâche­rai de lire ça dans l’a­vion samedi 🙂

    Étienne.


    Réponse
  210. sitouaillain

    @JC

    « Va donc dire ça au SDF qui meurt de faim, tu ver­ras qu’il ne sont pour autant des assas­sins en puis­sance, ils te deman­de­ront une petite pièce et non un fusil. »

    je ne connais pas de SDF qui meure de faim, et il y a quelques années, j’ai vécu en ville plu­sieurs mois sans argent je n’ai jamais man­qué de rien, ni tué per­sonne, ni men­dié, nous vivons dans une telle surabondance !

    j’ai gran­di dans un uni­vers maté­riel dont un bon 80% venait des déchet­te­ries ou de dons, meubles, vais­selles, fringues, élec­tro­mé­na­ger, jouets et des livres des tonnes de livres. Une bonne par­tie de la bouffe venait de pro­duc­tions non mar­chande et d’é­changes de ser­vices. je n’ai donc pas été bap­ti­sé dans la reli­gion du consu­mé­risme et j’en ai rien à br.. de ton argent !

    le fait est que les fusils, ce ne sont pas les SDF qui les ont, c’est l’E­tat et les mili­ciens à la porte des maga­sins, d’où le fait qu’on te demande la pièce, comme droit de pré­lè­ve­ment sur les res­sources éta­lées, sans avoir à faire usage de la vio­lence. Cette pièce n’est qu’une pure conven­tion, qui « tient », parce qu’il y a la force pour la garantir.

    « Wiki­pe­dia peut se révé­ler bien utile mais n’a pas de vali­di­té scien­ti­fique, on y trouve aus­si de grosses bétises. Aucun cher­cheur sérieux sur des sujets impor­tants ne t’in­di­que­ra wiki­pe­dia comme référence. »

    dans l’ab­so­lu je suis d’ac­cord mais enfin au niveau de com­pré­hen­sion où tu es, cet article sur l’his­toire de la mon­naie, bien que cri­ti­quable à cer­tains égards, suf­fit lar­ge­ment et ren­voie tou­jours à des tra­vaux de recherche « sérieux »…ta pos­ture est celle d’un créa­tion­niste qui cri­ti­que­rait l’ar­ticle « évo­lu­tion des espèces » du robert junior..

    « Ça la défi­ni­tion du pro­fit colle par­fai­te­ment avec ma démons­tra­tion précédente. »

    jus­te­ment non ça ne colle pas, étant don­né que dans un même para­graphe et sans en aver­tir le lec­teur, tu uti­lise trois défi­ni­tions dif­fé­rentes du terme « pro­fit » et que tu l’u­ti­lise en termes « mora­liste », d’où l’af­fir­ma­tion sui­vante : c’est tout sauf une « démonstration » !

    et là-des­sus c’est une ques­tion de poli­tesse entre citoyens, on a le droit de ne pas être d’ac­cord, mais il faut expo­ser son point de vue avec rigueur et hon­nê­te­té. Et là c’est un gros pro­blème que tu as, et tu nous livre un nou­vel exemple à la suite (cf plus loin)

    « Excuse moi de te dire la chose sui­vante mais si tu ne vois pas que c’est l’argent qui domine le monde, c’est que tu es aveugle. Et non, ce n’est quel­qu’un en par­ti­cu­lier, c’est dans les rouages même du fonc­tion­ne­ment de la monnaie. »

    je ne suis pas aveugle JC, je m’é­ver­tue à te faire com­prendre que répé­ter des lieux com­muns ne fait pas avan­cer le schmil­blick et que ce genre d’af­fir­ma­tion n’est pas digne de ta quête de véri­té et de chan­ge­ment social, tout bon­ne­ment parce que c’est un mau­vais point de départ de s’ap­puyer sur des « concepts porte-manteaux ».

    tout le reste de ce que tu dis est une cri­tique du sys­tème capi­ta­liste, de ses ins­ti­tu­tions, de ses rouages, mais pas une cri­tique de la mon­naie en soi tout sim­ple­ment parce que tu n’as pas encore sai­si ce que c’est, ou bien si c’est le cas, c’est que tu es mal­hon­nête, car on ne peut baser sa cri­tique de la mon­naie en soi à par­tir d’une cri­tique d’un sys­tème moné­taire don­né imbri­qué dans un régime de pro­prié­té et de pro­duc­tion don­né, étant enten­du qu’en chan­geant les para­mètres, toute ta démons­tra­tion s’effondre.

    et je ne m’ex­cuse pas de te dire ça, car nous avons un inté­rêt com­mun à dépas­ser la lita­nie répé­ti­tive d’un dis­cours clos sur lui-même, pour aller vers des réflexions plus rigou­reuses et plus opérantes.

    « Si l’on prends juste l’exemple d’une des branches du pou­voir éco­no­mique comme les médias. Les médias à eux tout seul font le résul­tat des élec­tions. À qui appar­tient les médias ? Au plus riche. Ceci est vrai dans tout les domaines : l’a­gro-ali­men­taire, la san­té, l’ar­me­ment etc. »

    Donc là, ce que tu attri­bue à « l’argent », ce n’est que le reflet d’un sys­tème de pro­prié­té don­né, d’ac­ca­pa­re­ment, d’ac­cu­mu­la­tion, d’ex­tor­sion, des conven­tions sociales, un sou­bas­se­ment idéo­lo­gique hégé­mo­nique don­né, où la mon­naie revêt des formes par­ti­cu­lières et est un élé­ment par­mi d’autres.

    Et jus­te­ment, soli­di­fier la connais­sance citoyenne de la mon­naie, s’ex­traire de l’illu­sion col­lec­tive (que toi tu entre­tiens mal­gré tout), fait de la mon­naie, telle qu’elle dans ce sys­tème-là, son prin­ci­pal talon d’Achille. entre nous, je pré­fère aux faux proh­pètes contemp­teurs de « mam­mon », de l’argent, ceux qui luci­de­ment invitent à deve­nir d’hon­nêtes faux-monnayeurs..la mon­naie c’est de la confiance…tous les grands ban­quiers l’ont dit si on savait sur quoi repose cette confiance dans leurs mon­naies, le sys­tème ne met­trait pas long­temps à s’écrouler…on voit déjà ce que ça donne avec une perte de confiance dans quelque titres…

    « Vou­loir aller à l’en­contre du capi­ta­lisme dans un sys­tème moné­taire que ce soit sur le plan poli­tique, éco­no­mique et social est une pure inep­tie. J.Fresco l’a bien com­pris d’ailleurs.
     »

    Alors, si jacques a dit.…

    « Dans une socié­té basée sur l’u­ti­li­sa­tion de la mon­naie, c’est ceux qui ont l’argent qui ont le pou­voir. Or, pour que l’argent est de la valeur, tout le monde ne doit pas en avoir. On peut uti­li­ser une image pour cela. S’il se met à pleu­voir de l’or, les gens récol­te­rons cet or pour le mettre à l’a­bri mais s’il pleut de l’or pen­dant plu­sieurs semaines et ce de manière conti­nu, les gens la balaye­rons devant leur porte, puisque tout le monde y aura accès en quan­ti­té, elle aura per­du toute sa valeur moné­taire. C’est la que se révèle la logique de la pénu­rie et de l’a­bon­dance en rela­tion avec la monnaie.

    Pour qu’une chose est de la valeur, il faut quelle soit rare, que tout le monde n’est pas les moyens de se l’a pro­cu­rer et comme dans la socié­té moné­taire, pour avoir accès aux biens et ser­vices ils nous faut de l’argent, nous sommes obli­gé de pour­suivre cette logique pour que l’argent est une cer­taine valeur. C’est ain­si qu’on se retrouve, par le prin­cipe de com­pé­ti­tion avec un nombre réduit de per­sonne qui ont beau­coup d’argent et beau­coup de pou­voir. Le contrôle de la socié­té par une oli­gar­chie est insé­pa­rable de la logique monétaire. »

    c’est du n’im­porte quoi JC, tu confonds tout.

    vas-tu un jour faire l’ef­fort de défi­nir tes concepts et te tenir à cette défi­ni­tion scrogneugneu !

    pour qu’une chose ait de la valeur, il ne faut pas qu’elle soit rare tout court, il faut qu’elle soit dési­rée, et il faut qu’elle soit appro­priable et exclu­sive, il peut donc y avoir des choses rares sans valeur et des choses rares non rivales et non « appro­priable », ce qui en sys­tème moné­taire se dit « achetable ».

    mais une chose a une part de valeur rela­tive à l’é­change, du genre com­bien de pou­lets « vaut » un sac de hari­cots, d’où l’é­vi­dence que la rare­té déter­mine des valeurs rela­tives de biens entre eux, méca­nisme non néces­sai­re­ment per­cep­tible, lorsque l’on attri­bue à chaque chose échan­gée un mon­tant en uni­té de mon­naie, le prix. Et ce qui pose pro­blème, ce n’est pas l’é­qui­valent moné­taire, c’est la pro­prié­té : si la com­mune me garan­ti l’u­sage d’un pré pour mes pou­lets, ou si la com­mune garan­ti à un indi­vi­du la pro­prié­té d’un pré (sans com­mune c’est son fusil qui la garan­tit), je vais devoir ou pas m’acquitter d’un cer­tain mon­tant de pou­lets pour uti­li­ser le pré. avec la mon­naie, à ma charge de trans­for­mer mes pou­lets en argent mais ce dont je m’ac­quitte au pro­prié­taire, lui per­met de me ponc­tion­ner, et comme la com­mune lui garan­tit la pos­si­bi­li­té d’a­che­ter d’autres terres et d’en conser­ver la pro­prié­té, ce dont je m’ac­quitte lui ser­vi­ra à obte­nir de quoi ponc­tion­ner plus, et ain­si de suite de géné­ra­tions en générations…mais le pro­blème n’est pas dans le fait que je puisse trans­for­mer mes pou­lets en monnaie…

    en tous les cas, dans une socié­té amo­né­taire, pour accé­der à des biens, il faut tou­jours les pro­duire, et nous sommes inévi­ta­ble­ment ame­né à les échan­ger, abo­lir la mon­naie ne change rien à ce fait, puisque der­rière le besoin de se pro­cu­rer de l’argent, il y a fata­le­ment la réa­li­té de ce qu’il y a der­rière, de ce que repré­sente une cer­taine quan­ti­té de mon­naie, à savoir des résul­tats d’une pro­duc­tion. et là on passe de la valeur uti­li­té-rare­té à la valeur tra­vail qui est un mau­vais concept, mais pas­sons, c’est déjà mieux qu’une « res­sources-based eco­no­my », qui ne veut stric­te­ment rien dire. mais en tous les cas, la valeur de la mon­naie, est tou­jours une quan­ti­té de biens pro­duits, et la mon­naie perd de sa valeur ou disons de son effi­ca­ci­té en tant qu’ou­til quand sa quan­ti­té ou sa vitesse de cir­cu­la­tion ne per­met plus de recou­vrir l’en­semble des pro­duits qui s’é­changent, en soi la mon­naie ne vaut rien et il est absurde de dire qu’il faut qu’elle soit rare pour avoir de la valeur…un mètre n’a pas de « valeur »…et, au 21ème siècle baser ses rai­son­ne­ments sur l’u­sage par­fai­te­ment bar­bare du métal socia­le­ment défi­ni comme pré­cieux pour garan­tir l’u­sage d’une mon­naie dans les échange, est pro­pre­ment affli­geant ! en revanche et bien évi­de­ment, un cer­tains nombre de méca­nismes ins­ti­tu­tion­nels qui font de la mon­naie un bien que l’on recher­cher pour elle-même, et dont on peut user dans des stra­té­gies spé­cu­la­tives ou d’ac­ca­pa­re­ment, sont à com­battre, de même que la quan­ti­té de vide que la mon­naie-dette contient et qui fondent la puis­sance de la « forme capi­tal »..là-des­sus pas de souci.

    « Com­ment comptes-tu empê­cher les autres d’ac­cé­der à tes oeuvres ? En enga­geant une armée pri­vée ? et com­ment la paye­ras-tu ? Sans argent, les res­sources sont direc­te­ment visée. On peut bien signé tout les trai­tés de paix ou tout les pactes de non agres­sion que l’on veut, si le voi­sin n’a pas accès aux res­sources suf­fi­santes pour vivre, il fini­ra par convoi­ter les tiennes. Il est dans l’in­té­rêt de tous de pro­duire l’a­bon­dance et puisque c’est tech­ni­que­ment pos­sible, c’est la meilleure poli­tique pour la faire perdurer. »

    Là-des­sus on est d’ac­cord, mais on se paye sur ce que l’on pro­duit, et on ne le lâche ce pro­duit qu’en étant payé en retour ou contraint et for­cé par l’E­tat, et si le par­tage n’a pas lieu à l’é­chelle com­mu­nau­taire, alors il faut une sacré dose de reli­gion, d’é­thique, de je ne sais quoi pour que cela donne « l’a­bon­dance », en l’oc­cur­rence, tous ceux qui ont pen­sé comme toi ont pro­duit des catastrophes…tu ne peux le nier, et le recon­naître ne vaut pas cau­tion au sys­tème actuel, par­fai­te­ment absurde sur bien des points, mais sur cer­tains, déjà bien plus effi­cace que les lubies de fresco.

    « « il lui faut donc fata­le­ment s’a­dres­ser à une enti­té « étatique » »

    Non, nul besoin d’é­tat. Si tu lis Pros­per jus­qu’au bout, tu com­pren­dras pourquoi. »

    J’ai lu Pros­per jus­qu’au bout avant de dire ça, et « une ges­tion directe et pré­cise des res­sources » a pour corol­laire néces­saire un État, sinon on peut ne pas « jouer le jeu »…si les pauvres sont polis avec les riches c’est que der­rière l’État, c’est la force (police, armée, etc.) et robin des bois, un hors la loi…mais si tu ne mets pas en place un mono­pole de l’u­sage légi­time de la force dans un État, alors ce qui a conduit à un sys­tème de domi­na­tion don­né se repro­dui­ra sous une autre forme…et tant pis pour les naïfs, ils pour­ront tou­jours se conso­ler en écou­tant le prêtre repus leur par­ler du paradis 😉

    Réponse
  211. sitouaillain

    @ Marc,

    ta ques­tion n’a pas trou­vé de réponse, dommage 😉

    effec­ti­ve­ment, don­ner un reve­nu de base à cha­cun, toutes choses égales par ailleurs, ça n’a pas de sens, autant ne rien don­ner puisque l’in­fla­tion méca­ni­que­ment induite reti­re­rait tout le pou­voir d’a­chat qu’on aurait vou­lu attribuer.

    la ques­tion est pour­tant soluble, et la solu­tion, le sys­tème capi­ta­liste te l’offre sur un pla­teau : il faut que les pro­duc­teurs ne reçoivent pas en mon­naie la tota­li­té de la valeur mar­chande de ce qu’ils produisent.

    autre­ment dit le reve­nu de base, ce n’est pas une somme d’argent créée ex-nihi­lo, c’est un « divi­dende social » répar­ti entre tous, mais sur la base de ce qui est pro­duit et échan­geable contre monnaie.

    et donc à condi­tion que la mon­naie soit un bien public géré publi­que­ment, c’est à dire que l’argent n’ai pas de prix (inté­rêts, divi­dendes), la seule chose qui peut aug­men­ter la masse moné­taire, c’est une créa­tion moné­taire en contre­par­tie à la pro­messe de l’ac­crois­se­ment de cette production.

    soient 3000 habi­tants et deux entre­prises : dans l’en­tre­prise A nous sommes 1000 et nous pro­dui­sons pour 10000 euros en valeur ajou­tée, dans l’en­tre­prise B nous sommes 1000 et pro­dui­sons pour 20 000 euros en valeur ajou­tée. notre PIB est de 30000 euros, si le divi­dende social est le 10% de la valeur ajou­tée pro­duite, le salaire de l’en­tre­prise A est de 9 euros, celui de l’en­tre­prise B, de 18 euros, et le reve­nu de base 1 euros.

    mais si on applique la répar­ti­tion actuelle de la valeur ajou­tée, le divi­dende social c’est 60% de la valeur pro­duite ! ça laisse du temps pour faire des choses qui n’ont pas de valeur mar­chande et ain­si dimi­nuer d’au­tant la pro­duc­tion qui en a une mais qui n’a pas néces­sai­re­ment de valeur…dans l’absolu…

    Réponse
  212. Marc

    @ Etienne (quand il aura fini de dépen­ser son cré­dit car­bone avec l’avion ;o)

    <Je ne compte pas « empê­cher l’in­fla­tion »… 🙂 Nous n’a­vons rien à craindre d’une infla­tion modé­rée (autour de 5 %) <

    notons qu’en tant qu’Après-Monétiste, tout ce débat sur « l’argent ver­tueux » me fait bien rire (car JAMAIS il ne per­met­tra à tous de vivre décem­ment comme expli­qué dans les vidéos), mais je m’attache à aller au bout des rai­son­ne­ments (pour savoir s’ils tiennent la route ou non)

    .
    Or, il y a un gros gros sou­ci avec votre raisonnement.
    Que nous dit l’Histoire (la vraie, pas celle écrite par les vainqueurs)

    • Infla­tion après les aug­men­ta­tions de salaire de 1936 : + de 53 % en 4 ans soit + 13 % par an. (Après c’est la guerre, donc, on met de côté si je puis dire)
    • Infla­tion après 1968 jusqu’en 1985 : soit 17 ans : + 149.8 %, soit une moyenne de 8,8 %. (bon, dans cette période il y a eu les chocs pétro­liers, etc, mais bon, la ques­tion est « indexa­tion = quoi ? »)

    .

    Per­so, infla­tion ou pas, ce monde est pour­ri, donc la ques­tion n’est pas « faut-il de l’inflation pour man­ger la dette ou se sui­ci­der parce qu’on n’a plus de retraite », mais une chose est sûr, l’indexation (ou élé­va­tion des salaires) crée une grosse infla­tion (et non une infla­tion modé­rée < à 5 % comme vous aime­riez pieu­se­ment le croire), ce qui ne fera que recréer une cas­cade de pro­blèmes liée à la course effré­née de l’inflation/indexation. Ce n’est pas pour rien que cer­tains ont essayé la solu­tion de lut­ter contre l’inflation.

    On ne peut pas réin­ven­ter la poudre, et la poudre ser­vi­ra tou­jours à tuer.
    La mon­naie est un jeu de mika­do, dès qu’on bouge une pièce, le reste bouge, et quand ça s’écroule, c’est la misère. Je ne joue plus 🙂

    Réponse
  213. Marc

    @ sitouaillain

    dans l’ab­so­lu… peut-être, mais l’absolu n’existe pas. Encore moins que l’utopie.
    ..

    • 1 – si l’argent n’a pas de prix (inté­rêts, divi­dendes) alors il n’a pas de valeur. Tu ne peux ni emprun­ter (sauf à taux zéro, comme pour les sub­primes, avec l’inflation qui a sui­vi) ni inves­tir (aucun « intérêt »).
    • 2 – <si on applique la répar­ti­tion actuelle de la valeur ajou­tée< le pro­blème avec ces rai­son­ne­ments, c’est que tu ne peux avoir les chiffres « qu’après résul­tat », or en atten­dant tu vis dans l’angoisse que les résul­tats ne soient pas ceux espé­rés. (on ne crée pas une socié­té sur « le futur résul­tat », ça s’appelle de la spé­cu­la­tion ;o) et tu ne peux pas pré­dire les tem­pêtes qui détruisent les récoltes.)
    • 3 – <il faut que les pro­duc­teurs ne reçoivent pas en mon­naie la tota­li­té de la valeur mar­chande de ce qu’ils pro­duisent< cad ? En nature ? ça ne change rien au pro­blème glo­bal car ce que tu « touches en nature » n’est pas taxé, donc ruine l’état (donc toi / dans l’absolu), sans oublier que ce que tu « prends » chez le pro­duc­teur l’empêche de payer ses charges et que « tous les pro­duits » n’ont pas la même marge, ni les mêmes risques à pro­duire, etc.
    • 4 – Pour reve­nir sur ce que tu as dit à JC, je suis déso­lé mais la mon­naie doit être rare, obli­ga­toi­re­ment. (s’entend : « suf­fi­sam­ment rare pour avoir de la valeur » et c’est là toute la sub­ti­li­té de la misère per­pé­tuelle dans un monde moné­tiste. La « demande » étant évi­dem­ment un des para­mètres impor­tant qui fait la « rare­té » mais dans le « monde du gra­tuit » cette rare­té n’a pas cours (cite un contre exemple))
    Réponse
  214. J.C

    @ Sitouaillain

    Peut-être que là ou tu as vécu aucun SDF ne mour­rait jamais ni de froid ni de faim mais ce n’est pas le cas par­tout, même en France ou bon nombre de per­sonnes ne mange pas à leur faim et la situa­tion aurait plu­tôt ten­dance à s’ag­gra­ver. Même récu­pé­rer des ali­ments dans les pou­belles n’est plus per­mis. enfin bref, reve­nons-en à nos moutons.

    Tu as soif de rigueur, soit, alors fait, toi de ton côté, l’ef­fort de réflexion néces­saire pour com­prendre les pro­pos d’autrui.
    Ce n’est pas en vou­lant tout com­pli­quer inuti­le­ment comme le font nombre de spé­cia­listes média­ti­sés pour mieux enfu­mer que les rai­son­ne­ments simples sont for­cé­ment simpliste.
    À toi d’op­po­ser des argu­ments claires et valables. Balayer d’un revers de main les pro­pos d’au­trui en s’ex­cla­mant «  c’est du n’im­porte quoi » n’a pas beau­coup de valeur.

    Avant de répondre à tes objec­tions, je vais essayer d’ex­pli­quer les choses sim­ple­ment de façon à ce que tout le monde puisse comprendre.

    Le pro­fit :

    si tu ne peux pas gagner d’argent sur ce que tu pro­duis, si tu ne fait aucun pro­fit sur la vente de ta pro­duc­tion, tu n’en tire aucun reve­nu, tu tra­vailles gratuitement.

    Dans un sys­tème moné­taire, tu as besoin de gagner de l’argent.

    Il me paraît appro­prié ici de men­tion­ner une défi­ni­tion éco­no­mique claire de la notion de pro­fit (dic­tion­naire encyclopédique):
    Pour une entre­prise, béné­fice cor­res­pon­dant à la dif­fé­rence entre le prix de vente et le prix de revient tous frais payés.

    Une petite paren­thèse sur la notion de profit :

    le résul­tat (qui devrait per­mettre de mesu­rer les pro­fits) de l’en­tre­prise est déter­mi­né par dif­fé­rence entre le chiffre d’af­faires et l’en­semble des charges de l’entreprise.

    Les grandes entre­prises font entrer dans les coûts de pro­duc­tion, les salaires (des employés), la rému­né­ra­tion du chef d’en­tre­prise mais aus­si l’au­to­fi­nan­ce­ment (amor­tis­se­ment et réin­ves­tis­se­ment), l’en­tre­prise peut donc faire le choix de ne pas rever­ser de divi­dendes mais de s’au­to­fi­nan­cer. En savoir plus

    On finit donc par nous faire croire que le pro­fit n’existe pas. Mais tant que l’ac­ti­vi­té rap­porte de l’argent ma foi…hé, hé.

    On peut aus­si pré­sen­ter les choses ainsi :

    L’objectif pre­mier d’une entre­prise est de créer de la valeur. Le fait de créer de la valeur ren­voie à l’idée que l’entreprise est capable d’obtenir une meilleure ren­ta­bi­li­té que celle atten­due par les appor­teurs de capitaux.

    Voi­là qui étaye mes pro­pos pré­cé­dents sur le profit.

    La rare­té et monnaie :

    Si l’on essaie de vendre une pomme dans un lieu où tout autour, il y a pleins de pommes dis­po­nibles gra­tui­te­ment. On risque d’a­voir peu de succès.
    Par contre, si l’on pos­sède la seule pomme à des kilo­mètres à la ronde et que les gens en sont friand, on va pou­voir faire mon­ter les prix.

    Objec­tions votre honneur :

    « tous les grands ban­quiers l’ont dit si on savait sur quoi repose cette confiance dans leurs mon­naies, le sys­tème ne met­trait pas long­temps à s’écrouler « 

    Oui, je suis par­fai­te­ment d’ac­cord. Tout est fon­dé sur la confiance, c’est cette illu­sion, non fon­dé sur le réel qu’il faut éra­di­quer car il s’a­git juste de mani­pu­la­tion, d’une tromperie.
    Si les gens savaient et com­pre­naient « le sys­tème ne met­trait pas long­temps à s’écrouler « 

    C’est exac­te­ment ce que je m’é­ver­tue à faire com­prendre en essayant d’al­ler droit au but.
    Alors main­te­nant, il va fal­loir que tu m’ex­pliques com­ment une cer­taine uti­li­sa­tion de la mon­naie n’entre pas dans ce cadre, per­met d’é­vi­ter la recherche de pro­fit (ça c’est fort) d’une part mais aus­si en quoi cette mon­naie sera-t-elle une meilleure solu­tion, plus avan­ta­geuse que celle d’une socié­té fonc­tion­nant sans monnaie.
    Ça m’intéresse.

    « pour qu’une chose ait de la valeur, il ne faut pas qu’elle soit rare tout court, il faut qu’elle soit dési­rée, et il faut qu’elle soit appro­priable et exclu­sive, il peut donc y avoir des choses rares sans valeur et des choses rares non rivales et non « appro­priable », ce qui en sys­tème moné­taire se dit « achetable ». « 

    Je suis à moi­tié d’ac­cord. Il y a des choses que l’ont dit « inache­table » parce qu’u­nique ou extrê­me­ment rare, on dit d’elles qu’elles n’ont pas de prix, le fait qu’elle soit dési­rable vient ensuite. Le fait même de leur rare­té, dans un sys­tème moné­taire leur donne un grande valeur monétaire.
    Cer­tains maté­riaux issu de météo­rite par exemple sont extrê­me­ment rare. S’ils devaient être ven­du, leurs prix dépas­se­raient l’en­ten­de­ment mais per­sonne ne veut for­cé­ment les acqué­rir pour autant.
    Autre point, la mon­naie étant une valeur sub­jec­tive, le désir d’ap­pro­pria­tion se fabrique avec la valeur moné­taire qu’on lui donne.
    C’est aus­si tout le vice de l’u­ti­li­sa­tion de la mon­naie qui consiste à don­ner aux choses une valeur vir­tuelle encou­ra­geant l’a­vi­di­té du fait même de devoir payer pour ces choses, occul­tant ain­si, la véri­table uti­li­té de celle çi.
    Le monde de la mon­naie est un monde de men­songe, la valeur est fluc­tuante et joue sur le désir.
    (l’ob­ses­sion d’ap­pro­pria­tion n’en devient que plus pré­pon­dé­rant dans la rela­tion que nous entre­te­nons avec l’environnement).

    « en soi la mon­naie ne vaut rien et il est absurde de dire qu’il faut qu’elle soit rare pour avoir de la valeur « 

    Quant on parle de rare­té de l’argent ou de la mon­naie, on ne parle pas ici de la valeur du sup­port recon­nu de la mon­naie mais de la quan­ti­té d’argent quelle repré­sente et par pro­lon­ge­ment de la quan­ti­té de mon­naie. Et comme de mon côté je n’ai pas la mon­naie suf­fi­sante pour ache­ter de l’or, je me dis qu’il serait bien plus simple de pou­voir s’en passer. 😉

    « et si le par­tage n’a pas lieu à l’é­chelle com­mu­nau­taire, alors il faut une sacré dose de reli­gion, d’éthique « 

    Abso­lu­ment d’ac­cord, ce par­tage aura lieu à l’é­chelle com­mu­nau­taire mais sans État.
    Au lieu de jouer aux devi­nettes, si tu t’in­té­res­sais un peu aux choses sérieu­se­ment. toi qui aime lire, tu as du lire un peu vite Pros­per ou tu n’as pas lu les 2 liens car il explique pour­quoi nous n’a­vons pas besoin d’État et com­ment faire sans, ain­si que la transition.
    Je suis sym­pa, je les remets là :

    http://​www​.pros​per​dis​.org/​a​r​g​u​a​.​pdf
    http://​www​.pros​per​dis​.org/​a​r​g​u​b​.​pdf

    « si les pauvres sont polis avec les riches c’est que der­rière l’État, c’est la force (police, armée, etc.) et robin des bois, un hors la loi…mais si tu ne mets pas en place un mono­pole de l’u­sage légi­time de la force dans un État, alors ce qui a conduit à un sys­tème de domi­na­tion don­né se repro­dui­ra sous une autre forme « 

    Oui, mais s’il n’y a plus de pauvre ni de riche ?

    Tu es trop habi­tué à pen­ser en terme d’i­né­ga­li­té. Pour te pro­vo­quer un petit peu, je dirais en terme de socié­té monétaire.

    Le reve­nu de base :

    Le reve­nu de base aurait l’a­van­tage d’of­frir un mini­mum de moyen de sub­sis­tance à l’en­semble de la popu­la­tion. Bien sûr, le fait d’oc­troyer ce reve­nu aura ten­dance à créer de l’in­fla­tion mais si on regarde com­bien touche les per­sonnes qui per­çoivent les mini­ma sociaux, soit un reve­nu (hors aide au loge­ment) infé­rieur à 500 €, com­ment vou­lez vous vivre cor­rec­te­ment avec ça ?

    Si l’on ima­gine un reve­nu de base disons d’en­vi­ron 1500 €, le pou­voir d’a­chat s’en trou­ve­ra net­te­ment amé­lio­rer. quant aux prix, ils ne vont pas tous être mul­ti­plié par 3 en l’es­pace de 24h sur­tout si les reve­nus du tra­vail ne font pas de même.
    Ce peut donc être une aide forte appré­ciable pen­dant une période de temps réduite.
    Cela pour­rait même relan­cer la consom­ma­tion et donc l’économie.

    Main­te­nant, on est en droit de se deman­der au regard de la situa­tion éco­lo­gique au niveau mon­dial et le niveau de la cor­rup­tion dans la socié­té, s’il est sou­hai­table de relan­cer l’é­co­no­mie moné­taire ou s’il vaut mieux qu’elle dis­pa­raisse le plus vite possible.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  215. J.C

    @ Etienne

    Afin de relayer l’ap­pel de mon cama­rade Mor­pheus, étant moi aus­si inté­res­sé par les argu­ments qui font que pour toi la mon­naie pos­sède des avan­tages indé­niables, j’es­père que lorsque tu auras un peu de temps, tu pour­ras nous les expo­ser. Ça appor­te­ra assu­ré­ment de l’eau au mou­lin de chacun.

    J’ai remar­qué que sou­vent, l’ar­gu­ment prin­ci­pal qui jus­ti­fie l’u­ti­li­sa­tion de la mon­naie s’ex­prime au tra­vers de la com­pa­rai­son troc – mon­naie, arguant que cette der­nière assure une plus grande flui­di­té dans les échanges. C’est vrai mais celle çi n’est pas com­pa­rable à l’ac­cès direct aux biens et ser­vices que pro­pose les abo­li­tion­nistes de la mon­naie. Accès qui offre somme toute une flui­di­té encore plus grande dans la cir­cu­la­tion des biens et ser­vices, non pas cette fois sur la base de l’échange (
    toi, je te donnes si seule­ment toi tu me donnes) mais sur le par­tage et la libre dis­tri­bu­tion de ces même biens et services.
    Si l’on éva­cue les inté­rêts finan­ciers, l’a­bon­dance devient acces­sible. Bien gérer, nous pour­rons pro­duire assez de res­sources pour tout le monde.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  216. Morpheus

    Le prin­cipe de l’in­fla­tion est lié direc­te­ment au prin­cipe de la crois­sance. Le prin­cipe de la crois­sance est une exi­gence du sys­tème capi­ta­liste. Même modé­ré, même com­pen­sé par l’in­dexa­tion, l’in­fla­tion entraîne à plus ou moins long terme une chute chro­nique du sys­tème, tout comme le prin­cipe de crois­sance. Je rap­pelle cette cita­tion fort connue (mais par­fois oubliée) :

    « Celui qui croît qu’une crois­sance expo­nen­tielle peut conti­nuer indé­fi­ni­ment dans un monde fini est un fou, ou un économiste. »
    Ken­neth Boulding

    Donc, Étienne, je crois que tu te fais des illu­sions quand tu ima­gines un sys­tème moné­taire qui soit cor­rec­te­ment régu­lé. Peut-être que c’est moi qui me trompe, mais ce n’est pas l’im­pres­sion que me donne le tableau d’en­semble que j’ob­serve, et les consé­quences à plus ou moins long terme du para­digme sur lequel repose le sys­tème moné­ta­riste de l’économie.

    D’autre part, serait-il tabou de conce­voir une socié­té qui ne soit plus régu­lée par des échanges, mais plu­tôt par __le partage__ ? C’est une énorme chan­ge­ment de para­digme, cela j’en convient, mais d’un point de vue stric­te­ment prag­ma­tique, il me semble que cette révo­lu­tion est dif­fi­ci­le­ment attaquable.

    Dans un échange, on obtient un gain en échange d’une perte ; dans le par­tage, on pro­fite ensemble d’un même bien, mais sans y perdre (je sché­ma­tise, mais en gros, c’est cela).

    Dans un échange régu­lé par l’é­co­no­mie de mar­ché, le prix payé ne cor­res­pond pas à la valeur de pro­duc­tion de l’ob­jet, mais à la valeur de sa pro­duc­tion + le béné­fice du fabri­quant + le béné­fice de tous les inter­mé­diaires (mar­chands) ; dans l’é­co­no­mie basée sur les res­source, la valeur d’un bien cor­res­pond à son coup en terme de res­sources (y com­pris les res­sources humaines utiles à sa fabri­ca­tion, bien sûr), mais on n’y ajoute pas de bénéfice.

    Je consi­dère donc que dans son prin­cipe, une éco­no­mie basée sur les res­sources et fon­dée sur le par­tage équi­table, est infi­ni­ment plus avan­ta­geuse que l’é­co­no­mie basée sur la mon­naie, qui gas­pille, par son seul para­digme de fonc­tion­ne­ment, de grandes quan­ti­tés de pré­cieuses ressources.

    Donc, même en ima­gi­nant une bonne régu­la­tion, le sys­tème moné­ta­riste reste bien moins avan­ta­geux que l’é­co­no­mie de par­tage fon­dée sur les ressources.

    Qu’en penses-tu, Étienne ? (quand tu auras le temps de répondre).

    Ami­ca­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  217. J.C

    @ Sitouaillain

    Vous avez dit inflation ?

    « autre­ment dit le reve­nu de base, ce n’est pas une somme d’argent créée ex-nihi­lo, c’est un « divi­dende social » répar­ti entre tous, mais sur la base de ce qui est pro­duit et échan­geable contre monnaie.
    et donc à condi­tion que la mon­naie soit un bien public géré publi­que­ment, c’est à dire que l’argent n’ai pas de prix (inté­rêts, divi­dendes), la seule chose qui peut aug­men­ter la masse moné­taire, c’est une créa­tion moné­taire en contre­par­tie à la pro­messe de l’ac­crois­se­ment de cette production. »

    Ta vision com­porte selon moi plu­sieurs lacunes.
    Pre­miè­re­ment, l’o­mis­sion du fait que l’in­fla­tion ne résulte pas uni­que­ment de la masse moné­taire mais aus­si de la répar­ti­tion de la mon­naie. Quand tout le monde peut s’a­che­ter une voi­ture, on peut aug­men­ter les prix. Quant à masse moné­taire égale, peu peuvent en ache­ter une, il faut pro­duire moins de voi­ture (rare­té) pour pou­voir aug­men­ter leur prix sinon si l’on veut écou­ler la pro­duc­tion, les prix doivent res­ter bas (ou même baisser).
    Il en résulte que l’aug­men­ta­tion de la masse moné­taire ne peut pas rele­ver uni­que­ment d’une aug­men­ta­tion de la pro­duc­tion mais doit aus­si tenir compte de l’in­fla­tion des prix.

    Mais pour­quoi ces mou­ve­ments de prix ? eh bien, c’est tou­jours en vue du pro­fit, la logique est de gagner plus pour vivre mieux et ton divi­dende sociale n’est rien d’autre qu’une répar­ti­tion des profits.
    Pour qu’il y ait un enri­chis­se­ment de la popu­la­tion sur la base des divi­dendes des entre­prises, il faut qu’il y ait une aug­men­ta­tion de la masse moné­taire si ce n’est pas le cas, on ne fait que désha­biller Pierre pour habiller Paul.
    En clair, puis­qu’il n’y a pas plus de mon­naie en cir­cu­la­tion, les divi­dendes de l’un ne font que rééqui­li­brer les pertes de l’autre. Autre­ment dit, ce divi­dende sociale ralen­ti la répar­ti­tion inéga­li­taire de l’argent entre pauvre et riche mais ne l’empêche pas. Par contre dans le même temps, elle bloque les aug­men­ta­tions de pro­duc­tion qui pour­rait être nécessaire.
    De plus, ce sera tou­jours par le jeu de la com­pé­ti­ti­vi­té que les entre­prises pro­dui­ront des dividendes.
    la pro­duc­ti­vi­té conti­nue­ra à détruire les emplois.

    Deuxième aspect, aug­men­ter la masse moné­taire ne joue­ra en fait que sur les prix et non pas sur la quan­ti­té de pro­duc­tion glo­bale elle-même ni sur ce qui sera pro­duit et ce à cause de la com­pé­ti­tion entre les entre­prises et la quête de pro­fit. Sans quête de pro­fit, pas de divi­dende évidemment.

    Le pro­blème est tou­jours le même. Com­ment per­met­tra-t-on l’a­bon­dance avec une telle idéologie ?
    Le sys­tème moné­taire est une pri­son. Il donne droit de vie et de mort quand pour­tant les res­sources per­met­traient si elles étaient bien uti­li­sées, une vie confor­table pour tous.

    Mais tout ce bavar­dage n’est fina­le­ment pas très utile puisque si l’on en reviens au point essen­tiel, c’est à dire la ques­tion du pro­fit, tout s’éclaire :

    Créer de la valeur, pro­duire une plus-value, faire du pro­fit, gagner de l’argent sur sa production
    sont des expres­sions qui signi­fient toutes la même chose.

    Peu importe com­ment on redis­tri­bue les pro­fits, ce sont tou­jours des profits.

    Abo­lir le pro­fit revient-il à abo­lir le reve­nu du travail ?
    Oui, une socié­té moné­taire sans pro­fit est une socié­té moné­taire sans rému­né­ra­tion du travail.

    Pas de pro­fit = pas de rému­né­ra­tion du travail

    Le prin­cipe de la mon­naie peut-il fonc­tion­ner sans profit ?
    C’est la toute la question.

    L’exis­tence d’une telle mon­naie est-elle pos­sible, si oui, aurait-elle un quel­conque intérêt ?
    Sur quoi serait basée la confiance en la valeur d’une telle monnaie ?

    Ren­trons dans un autre monde :

    Un reve­nu dis­so­cié du travail ?

    Sans reve­nu du tra­vail, com­ment seront géné­rés les reve­nus, com­ment orga­ni­se­ra-t-on l’en­tre­pre­neu­riat ? quel en sera le moteur ?
    Com­ment aura-t-on accès au moyen de production ?
    Des prix mais pas de pro­fit ? Un tra­vail gra­tuit mais des pro­duits payants ?

    La réponse à ces ques­tions ne semble pas simple.

    Mais allons jus­qu’au bout de ta logique Sitouaillain et envi­sa­geons une socié­té moné­taire sans profit.
    Si le but n’est plus le pro­fit, si l’ob­ten­tion du pro­fit n’est pas visé, rien ne devrait entra­ver l’é­ta­blis­se­ment des moyens d’ob­te­nir l’a­bon­dance, soit l’ac­cès aux biens et ser­vices pour tous.

    Nous pour­rions alors ins­tau­rer des prix extrê­me­ment bas pour tout et des reve­nus éle­vés et égaux pour tous. Pro­dui­sons alors l’a­bon­dance dans le res­pect de l’é­co­lo­gie, qu’est ce qui l’empêche ?

    Mais alors, cette course à l’argent a‑t-elle encore un sens ? Si les indi­vi­dus com­po­sant la socié­té consi­dèrent ne pas obte­nir un reve­nu suf­fi­sant, ils essaie­ront de trou­ver les moyens légaux ou non d’en acqué­rir un supé­rieur. Si par contre, leur reve­nu est très éle­vé et les prix très bas, l’u­ti­li­sa­tion de la mon­naie a‑t-elle encore un quel­conque intérêt ?
    Son uti­li­sa­tion n’au­rait que des défauts. Elle pour­rait tou­jours être dési­rée pour elle-même et sa quan­ti­té ne reflé­te­rait pas la quan­ti­té exact de chaque res­sources mais au mieux une quan­ti­té globale.

    Bien sûr avec la mon­naie, on s’ap­pro­prie les biens et ser­vices en les ache­tant, il y a alors tou­jours cette idée que les choses doivent nous appar­te­nir même si nous n’en n’a­vons pas l’u­sage. Cette inci­ta­tion à l’a­vi­di­té, à la peur du manque, à l’at­ta­che­ment est un frein au par­tage et entraîne imman­qua­ble­ment des aber­ra­tions dans le pro­ces­sus de pro­duc­tion et dans les comportements.

    C’est simple, nous n’a­vons qu’à abo­lir l’argent et s’en est fini des effets per­vers de celui-ci nous inci­tant à la pos­ses­sion et nous décon­nec­tant de la réa­li­té des res­sources elle même.

    De toute façon, si on abo­lie le pro­fit, com­ment l’argent se maintiendrait-il ?
    L’a­bon­dance tue l’argent.

    Plu­tôt que de rendre le tra­vail gra­tuit en abo­lis­sant le pro­fit, conti­nuant ain­si à faire de la popu­la­tion des esclaves de l’argent (tra­vail ou non), plu­tôt que de devoir ajus­ter constam­ment la masse moné­taire à la pro­duc­tion, choi­sis­sant ain­si pour les indi­vi­dus ce qu’ils peuvent et doivent consom­mer, plu­tôt que d’im­po­ser des prix et ce que la popu­la­tion doit avoir dans son porte monnaie.
    Il y a une solu­tion bien plus simple, bien plus effi­cace et per­ti­nente pour que puisse s’ex­pri­mer les vrais besoins. elle se résume en ces trois mots : Ren­dons tout gratuit.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  218. sitouaillain

    @ marc

    tu n’as pas dû bien lire l’exemple donné

    La valeur ajou­tée est un indi­ca­teur éco­no­mique qui mesure la valeur ou la richesse créée par une entre­prise, un sec­teur d’ac­ti­vi­té ou un agent éco­no­mique au cours d’une période donnée.

    La valeur ajou­tée est défi­nie comme la dif­fé­rence entre la valeur finale de la pro­duc­tion (valo­ri­sée par le chiffre d’af­faires) et la valeur des biens qui ont été consom­més par le pro­ces­sus de pro­duc­tion (consom­ma­tions inter­mé­diaires, comme les matières pre­mières). Elle quan­ti­fie l’ac­crois­se­ment de valeur que l’en­tre­prise apporte du fait de son acti­vi­té aux biens et ser­vices inter­mé­diaires qui pro­viennent de tiers (ses fournisseurs).

    La richesse ain­si pro­duite par l’en­tre­prise est répar­tie entre les sala­riés (salaires), l’E­tat (impôts et taxes), les action­naires (divi­dendes), les prê­teurs (inté­rêts d’emprunt) et l’en­tre­prise (inves­tis­se­ments, développement).

    Si les dépenses engen­drées par la recons­ti­tu­tion du capi­tal (amor­tis­se­ments des inves­tis­se­ments) ne sont pas déduites, la valeur ajou­tée est dite “brute », et « nette » si elles le sont.

    @ JC

    « si tu ne peux pas gagner d’argent sur ce que tu pro­duis, si tu ne fais aucun pro­fit sur la vente de ta pro­duc­tion, tu n’en tires aucun reve­nu, tu tra­vailles gratuitement. »

    pour pro­duire, on uti­lise des matières pre­mières, des machines qu’on amor­tit, etc. mais l’acte de pro­duire, c’est l’œuvre humaine, le tra­vail, et le tra­vail peut se rému­né­rer par un salaire,

    d’où il res­sort qu’une entre­prise peut très bien tour­ner sans pro­fit et qu’on ne rend pas le tra­vail gra­tuit en abo­lis­sant le pro­fit, par contre on le libère en partie.

    « Bien sûr avec la mon­naie, on s’ap­pro­prie les biens et ser­vices en les ache­tant, il y a alors tou­jours cette idée que les choses doivent nous appar­te­nir même si nous n’en n’a­vons pas l’usage. »

    il n’y a pas besoin d’a­che­ter les choses pour se les appro­prier d’où l’i­dée que l’a­bo­li­tion de la mon­naie n’y chan­ge­rait rien.

    bon délire

    Réponse
  219. J.C

    @ Sitouaillain

    « pour pro­duire, on uti­lise des matières pre­mières, des machines qu’on amor­tit, etc. mais l’acte de pro­duire, c’est l’oeuvre humaine, le tra­vail, et le tra­vail peut se rému­né­rer par un salaire,
    d’où il res­sort qu’une entre­prise peut très bien tour­ner sans pro­fit et qu’on ne rend pas le tra­vail gra­tuit en abo­lis­sant le pro­fit, par contre on le libère en partie. »

    La mon­naie quelque soit sa forme, thé­sau­ri­sable ou non est tou­jours un outils de fonc­tion­ne­ment de type capi­ta­liste (géné­rant des revenus).

    Le reve­nu : rému­né­ra­tion du capi­tal ou du tra­vail per­çue par un agent éco­no­mique, indi­vi­du ou col­lec­ti­vi­té. Dans le cas de la mon­naie : res­sources moné­taires issu direc­te­ment ou indi­rec­te­ment de la pro­duc­tion et reve­nant à chaque agent économique.

    Le pro­fit encore et toujours :

    Oui, oui, je com­prends bien ce que tu dis : divi­dende = profit
    Ce que tu dis est tra­di­tion­nel­le­ment juste
    eh non, il ne s’a­git pas d’un délire de ma part, attends plu­tôt de lire la suite.

    On nous enfume en beau­té avec cette défi­ni­tion. En consi­dé­rant que dans le pro­fit n’est pas com­pris le reve­nu du tra­vail (la trans­for­ma­tion de biens ou de ser­vices) mais que seul le reve­nu du capi­tal est com­pris comme tel, on s’in­ter­dit de voir que la valeur ajou­tée est syno­nyme de pro­fit, de créa­tion de valeur.
    C’est une concep­tion à laquelle on est peu habi­tué n’est-ce pas ?

    Mais pour­quoi donc oppo­ser (les dif­fé­rents acteurs éco­no­miques) employés et employeurs qui tirent tout deux un reve­nu de leurs acti­vi­tés. Ils tirent tous deux un pro­fit moné­taire de leur tra­vail, pour les autres c’est de leurs capi­taux enga­gés dans l’ac­ti­vi­té de production.
    Tous le monde en retire un pro­fit moné­taire de cette valeur ajou­tée, de ce pro­fit global.
    Dans le monde de l’argent, c’est ce qui per­met d’entreprendre.

    Reve­nons à des exemples basiques pour bien com­prendre que toute entre­prise est une entre­prise qui a pour but l’ob­ten­tion d’une rémunération.

    Pre­nons un arti­san qui se pro­cure pour 100 € de matières pre­mières et pour 100 € d’ou­tils, soit un coût de 200 €. ce même arti­san vend son pro­duit fini 300 €
    soit un béné­fice de 100 €, ce béné­fice est un pro­fit monétaire.
    Ce pro­fit peut être consi­dé­ré comme simple reve­nu du tra­vail mais il peut aus­si se divi­ser en plu­sieurs parties.

    Ce même arti­san se contente de 50 € de reve­nu alloué à sa sub­sis­tance pour cette pro­duc­tion et sou­haite réin­ves­tir 50 € dans un outil supplémentaire.

    Puis, il décide d’embaucher un appren­ti pour le secon­der ayant déjà en sa pos­ses­sion les outils pour sa pro­duc­tion. Il achète à nou­veau pour 100 € de matière pre­mière, vend pour 300 € le pro­duit fini. Le béné­fice de la vente est de 200 €.
    Sur ces 200 €, il se rému­nère à hau­teur de 50 € et 40 € son appren­ti. Il lui reste 110 € pour réin­ves­tir mais ça ne suf­fi­ra pas car il sou­haite s’a­che­ter une nou­velle charrette.
    Il fait donc appel à un voi­sin qui n’a pas les capa­ci­tés de cet arti­san mais qui va lui prê­ter 190 € avec inté­rêts pour qu’il puisse pro­duire 3 fois plus soit 190 + 110 = 300 € de matière première.
    On connaît la suite.

    Dans cet exemple, tous dépendent les uns des autres pour obte­nir un revenu.
    Un pro­fit moné­taire, la créa­tion d’une valeur ajou­tée doit constam­ment être renou­ve­ler pour tout les acteurs éco­no­miques afin qu’ils puissent conti­nuer à tou­cher un reve­nu non seule­ment pour sub­ve­nir à leurs besoins mais aus­si per­mettre d’a­voir un cer­tains contrôle sur leur vie, leurs activités.

    La recherche du pro­fit moné­taire est indis­so­ciable de l’u­ti­li­sa­tion de la mon­naie et je pense que c’est en ce sens que Pros­per (tout comme je le fais) uti­lise l’ex­pres­sion pro­fit moné­taire.

    Mon ana­lyse d’un tel sys­tème est que plus on est riche plus on a de moyen de le deve­nir, c’est à dire, plus on détient les capa­ci­tés de pro­duc­tion plus on est en capa­ci­té de récu­pé­rer l’argent des autres, créant d’i­né­vi­tables inéga­li­tés monétaires.
    Aug­men­ter la masse moné­taire n’en­raye en rien ce phénomène.

    « il n’y a pas besoin d’a­che­ter les choses pour se les approprier « 

    Certes, dans l’ab­so­lu mais dans notre socié­té com­ment comptes tu t’ap­pro­prier une chose si tu ne l’a­chète pas ? En la volant ?
    L’argent n’en­cou­rage pas seule­ment l’ap­pro­pria­tion, elle en fait une norme.

    La loca­tion per­met d’as­sou­plir un peu cette vision mais reste encore une approche trop rigide envi­sa­geant une durée déter­mi­née de l’u­ti­li­sa­tion d’un bien ou d’un ser­vice au lieu d’en­vi­sa­ger l’u­sage réel qui en est fait.
    Puis der­rière la loca­tion se cache tou­jours la pro­prié­té d’un autre et le pou­voir que cela donne à l’en­contre de ceux qui ne l’ont pas.

    Pour abo­lir la pro­prié­té et la quête du pro­fit moné­taire comme motif et fina­li­té à toute entre­prise, il faut abo­lir l’argent.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  220. sitouaillain

    @ JC

    Pour s’ap­pro­prier une chose sans l’a­che­ter, il n’y a pas besoin de la voler, il suf­fit d’en être l’au­teur, le pro­duc­teur, l’inventeur.

    d’où l’é­vi­dence que ce que tu appelles « pro­fit moné­taire » n’est en fait que la quan­ti­té de mon­naie recou­vrant l’en­semble de biens et ser­vices échan­geables contre le pro­duit du travail.

    d’où l’é­vi­dence que l’a­bo­li­tion de la mon­naie n’est pas une solu­tion et que, pire cela pose de nou­veaux pro­blèmes avec des solu­tions totalitaires.

    ce que j’ai dit plus haut s’ins­crit sans pro­blème dans un régime démo­cra­tique, où l’argent est gra­tuit, de sorte qu’il n’y a pas besoin de pro­vi­sion­ner pour inves­tir, l’argent est gra­tuit, il suf­fit de s’a­dres­ser à une banque, il n’y a aug­men­ta­tion de la masse moné­taire qu’en fonc­tion de ce que cha­cun s’en­gage à pro­duire, et il n’y a pro­duc­tion que dans un cadre démo­cra­tique, c’est à dire sans exploi­ta­tion, il n’y a donc pas de « patron », et la pro­prié­té des moyens de pro­duc­tion est collective,

    le taux horaire des salaires est aujourd’­hui fixé par des conven­tions col­lec­tives entre patro­nat et syn­di­cats et vali­dées par l’E­tat, en démo­cra­tie, il n’y a pas de patro­nat, il y a négo­cia­tion entre corps de métiers et corps citoyen, les biens et ser­vices sont donc ven­du à prix coû­tant (consom­ma­tion intermédiaires+salaires) sans pro­fit ou ne sont pas ven­dus lors­qu’ils sont socia­li­sés (par exemple l’ac­ti­vi­té d’en­sei­gne­ment de l’é­co­no­mie, dont tu aurais inté­rêt à pro­fi­ter vu que s’as­seoir sur un banc de fac est gratuit).

    de même que les coopé­ra­tives actuelles s’im­posent un écart maxi­mal de salaire de 1 à 5, une socié­té démo­cra­tique devrait prendre la même déci­sion pour tous les revenus.

    les consé­quences du chan­ge­ment de régime de pro­prié­té font que per­sonne n’a de loyer, d’in­té­rêts, de divi­dendes à payer, et que les prix sont ampu­tés de tout ce qui ne contient pas de tra­vail effec­tif (spé­cu­la­tion, pro­fits, etc.) d’où un temps monu­men­tal libé­ré, qui pour­ra per­mettre qu’à l’é­chelle micro­lo­cale et en réseau, cha­cun se consacre à des acti­vi­tés non moné­ti­sées, par exemple la poli­tique, le jar­di­nage, la phi­lo­so­phie, etc.

    sans mon­naies, le pro­blème des inci­ta­tions à pro­duire et à échan­ger est aggra­vé, à moins d’un Etat qui fixe ce que les gens doivent pro­duire et contraigne à des ren­de­ments puis fasse le partage…pas très réjouissant.

    Réponse
  221. J.C

    @ Sitouaillain

    Pour en finir avec le profit.

    Lexique finan­cier
    Pro­fit : Le pro­fit repré­sente la rému­né­ra­tion de l’ac­ti­vi­té d’une entreprise.

    Si la notion de pro­fit est très dis­cu­tée ce n’est pas pour rien.
    Voi­ci un lien qui explique clai­re­ment la notion de pro­fit telle qu’elle est conçue aujourd’­hui par les professionnels.
    http://economibasic.blogspot.fr/2009/02/profit-benefice‑m.html

    Le pro­fit ne se réduit pas aux divi­dendes, le pro­fit est syno­nyme de valeur ajou­tée comme je l’ai men­tion­né plus haut.

    Si nous reve­nons à l’exemple de notre arti­san, il est capable de géné­rer par son acti­vi­té du pro­fit qui lui assure d’une part un reve­nu (que l’on peut appe­ler divi­dende) et d’autre part le déve­lop­pe­ment de son acti­vi­té (inves­tis­se­ments…).

    Le sala­riat inclu dans les coûts de pro­duc­tion pose le pro­blème de la répar­ti­tion du pro­fit pour­tant, ce coût entame le pro­fit. Alors si l’on devait faire dis­pa­raître cette notion, on pour­rait répar­tir le pro­fit en reve­nu pour les dif­fé­rents acteurs éco­no­miques ; le reve­nu du tra­vail et le reve­nu des capi­taux, le reste du pro­fit ser­vant plus direc­te­ment la conti­nui­té de l’activité.

    On peut aus­si effec­ti­ve­ment ima­gi­ner une redis­tri­bu­tion de la part des pro­fits de l’ac­ti­vi­té des entre­prises qui ne sert pas à réin­ves­tir sous forme de divi­dende à l’en­semble de la population.
    La néces­si­té de pro­fit est alors encore plus grande.
    Le pro­fit finance les reve­nus voi­là le point.
    Abo­lis­sons le pro­fit et non seule­ment une entre­prise ne pour­ra plus se déve­lop­per mais il n’y aura plus de reve­nu pour personne.
    Le pro­fit reste la condi­tion de sur­vie de l’entreprise.

    Dans un sys­tème moné­taire, nous avons tous besoin de gagner de l’argent et cet argent gagner, c’est un pro­fit moné­taire (fruit de notre inves­tis­se­ment en tra­vail et/ou en capi­taux). Notre sub­sis­tance en dépends.

    J’en viens main­te­nant à tes der­nières observations.

    « Pour s’ap­pro­prier une chose sans l’a­che­ter, il n’y a pas besoin de la voler, il suf­fit d’en être l’au­teur, le pro­duc­teur, l’in­ven­teur. » 

    Oui, mais pour être l’au­teur d’une chose encore faut-il avoir les moyens de la produire.
    Dans une socié­té moné­ta­riste, tout devient payant.

    « d’où l’é­vi­dence que ce que tu appelles « pro­fit moné­taire » n’est en fait que la quan­ti­té de mon­naie recou­vrant l’en­semble de biens et ser­vices échan­geables contre le pro­duit du tra­vail. » 

    Ceci est vrai dans le cas de l’u­ti­li­sa­tion de la mon­naie comme inter­mé­diaire mais sur­tout comme moyen de pres­sion, condi­tion à l’ob­ten­tion des biens et services.

    Dans une socié­té sans mon­naie, l’ac­cès aux biens et ser­vices est direc­te­ment condi­tion­né par les res­sources dis­po­nibles et non à l’é­change d’un tra­vail contre des res­sources. Pour­quoi cela ?

    La logique des tra­vaux for­cés en échanges des moyens de sub­sis­tances est abo­lie. Puis­qu’il n’y a plus de rai­son de per­pé­tuer un tel escla­vage main­te­nu par la course à l’argent, les machines peuvent rem­pla­cer le tra­vail (for­cé) de l’homme (et la femme aus­si si elle est sage 😉 ). L’hu­main peut alors entre­prendre libre­ment des acti­vi­tés que les res­sources dis­po­nibles sur la pla­nète lui per­mette d’entreprendre.

    Ces entre­prises n’ont plus un but lucra­tif, l’en­tre­pre­neu­riat prend donc une signi­fi­ca­tion bien dif­fé­rente de ce que nous connais­sons aujourd’hui.

    Je ne m’é­ten­drai pas sur le sujet, Pros­per en pré­sente déjà cer­tains aspects. Les hommes sont libres de choi­sir leurs acti­vi­tés comme ils ne le seront jamais dans une socié­té monétaire.
    La libre entre­prise se ver­ra natu­rel­le­ment tour­née vers l’a­mé­lio­ra­tion des condi­tions per­son­nelles et col­lec­tives des indi­vi­dus qui com­pose la société.
    Qui l’im­po­se­ra ? Per­sonne, cha­cun agit en vue de ses inté­rêts sans être aveu­glé, cette fois, par la néces­si­té du pro­fit moné­taire pour sa survie.

    « ce que j’ai dit plus haut s’ins­crit sans pro­blème dans un régime démo­cra­tique, où l’argent est gra­tuit, de sorte qu’il n’y a pas besoin de pro­vi­sion­ner pour inves­tir, l’argent est gra­tuit, il suf­fit de s’a­dres­ser à une banque, il n’y a aug­men­ta­tion de la masse moné­taire qu’en fonc­tion de ce que cha­cun s’en­gage à produire » 

    Si je com­prends bien ce que tu dis, l’argent inves­tit dans la pro­duc­tion est direc­te­ment et gra­tui­te­ment (sans inté­rêt) dis­po­nible via les banques. Ok
    Mais cha­cun a besoin d’ob­te­nir un reve­nu. Com­ment l’obtiendra-t-il ?
    Les banques paie­ront aus­si les salaires ?

    Pour créer la masse moné­taire suf­fi­sante pour que la pro­duc­tion soit satis­fai­sante les indi­vi­dus seront dans l’o­bli­ga­tion de tra­vailler, non ?

    « et il n’y a pro­duc­tion que dans un cadre démo­cra­tique, c’est à dire sans exploitation »

    le cadre démo­cra­tique implique-t-il que cha­cun entre­prenne ce qu’il sou­haite et dans les condi­tions qu’il sou­haite (temps, quan­ti­té pro­duite etc.) ou bien par démo­cra­tie entends-tu : dic­ta­ture de la majo­ri­té ? Seconde ques­tion : En quoi ce n’est pas de l’exploitation ?

    L’en­semble de la popu­la­tion ou la majo­ri­té peut bien exploi­ter les travailleurs.
    Les exploi­ter en en reti­rant un pro­fit maté­riel ou financier.
    En quoi, si cha­cun a besoin d’argent, ce ne serait pas encore une forme d’es­cla­vage, de tra­vaux for­cés etc. ?

    « de même que les coopé­ra­tives actuelles s’im­posent un écart maxi­mal de salaire de 1 à 5, une socié­té démo­cra­tique devrait prendre la même déci­sion pour tous les reve­nus. » 

    pour­quoi devrait-il y avoir des écarts de salaires ?

    « les consé­quences du chan­ge­ment de régime de pro­prié­té font que per­sonne n’a de loyer, d’in­té­rêts, de divi­dendes à payer, et que les prix sont ampu­tés de tout ce qui ne contient pas de tra­vail effec­tif » 

    l’ac­cès au loge­ment sera gra­tuit et un cer­tain nombre de chose socia­li­sé. Pour­quoi démo­né­ti­sé cer­taine par­tie de la socié­té si tu as confiance dans le prin­cipe de la monnaie.

    La socié­té que tu pro­poses res­semble beau­coup à une socié­té tota­li­taire fon­dé sur les tra­vaux forcés.

    « sans mon­naies, le pro­blème des inci­ta­tions à pro­duire et à échan­ger est aggra­vé » .

    ça par exemple ! J’ai l’ha­bi­tude d’en­tendre l’ar­gu­ment contraire, par quel mécanisme ?

    « à moins d’un État qui fixe ce que les gens doivent pro­duire et contraigne à des ren­de­ments puis fasse le partage…pas très réjouis­sant. » 

    c’est pour­tant bien ce que tu sembles pro­po­ser, gloups.

    En tout cas mer­ci de prendre le temps pour toutes ces explications.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  222. Surplace

    Morpheus@ je te cite :

     » … Mais il m’est dif­fi­cile de ne pas tenir compte de 8000 ans de civi­li­sa­tions qui ont toutes don­né lieu, sauf excep­tions qui confirment la règle, à des socié­tés hié­rar­chi­sées fon­dées sur l’ex­ploi­ta­tion du plus grand nombre au pro­fit d’un très petit nombre … »

    Tu le dis toi-même alors arrête de rêver.

    Tu auras beau chan­ger l’ou­til, la main qui le tient reste la même.

    Réponse
  223. Morpheus

    @ Sur­place

    Extraire une cita­tion de son contexte, c’est s’as­su­rer de ne pas com­prendre le sens d’une ana­lyse, c’est n’en tirer qu’une maigre par­tie dans le but de bro­der autour une contra­dic­tion mal­adroite et futile. C’est le plus sûr moyen de faire du sur place.

    Longue vie et prospérité,
    Morpheus

    Réponse
  224. sitouaillain

    @ JC

    « le pro­fit est syno­nyme de valeur ajou­tée comme je l’ai men­tion­né plus haut. »

    abso­lu­ment pas, la VA contient pro­fits et salaires bruts.

    « Le pro­fit reste la condi­tion de sur­vie de l’entreprise. »

    c’est faux, il doit y être créé de la valeur ajou­tée de façon à ce que les tra­vailleurs se rémunèrent.

    « Dans une socié­té sans mon­naie, l’ac­cès aux biens et ser­vices est direc­te­ment condi­tion­né par les res­sources dis­po­nibles et non à l’é­change d’un tra­vail contre des ressources. »

    c’est absurde, puisque l’ac­cès aux biens et ser­vices sup­pose d’a­bord qu’ils soient pro­duits, il fau­dra donc tou­jours tra­vailler pour avoir des res­sources. Pour avoir accès aux res­sources que pro­duisent d’autres, soit tu pro­duis et tu échanges le fruit de ta pro­duc­tion, soit tu comptes sur une redis­tri­bu­tion opé­rée par l’  »Etat », ce qui implique une mise en com­mun de ce qui est pro­duit. Ce qui implique de s’as­su­rer que ce qui doit être pro­duit l’est, donc d’o­bli­ger tout un cha­cun à pro­duire un mini­mum, d’où fata­le­ment une part inévi­table de « corvées ».

    la pers­pec­tive d’une ges­tion mon­diale de la redis­tri­bu­tion de ce qui est pro­duit, éloigne ipso fac­to la pos­si­bi­li­té d’un aspect libre­ment déci­dé par une com­mu­nau­té de toutes ces « cor­vées », affir­mer le contraire, c’est croire au sur­gis­se­ment spon­ta­né d’un « homme nou­veau »…et comme nous en avons de mul­tiples exemple, faire ren­trer la « réa­li­té » dans le car­can de l’  »uto­pie » sup­pose une forme tota­li­taire d’E­tat… sans cela, quelques mois ou années suf­fi­ront pour qu’on retrouve mon­naie et appro­pria­tion des res­sources par des groupes ayant su pro­fi­ter de leur situa­tion et des désordres engendrés.

    la suite un autre jour

    Réponse
  225. J.C

    @ Sitouaillain

    Les matières pre­mières, les outils, les machines etc. n’ont pas besoin de reve­nu, les humains si.
    Ils ont donc besoin qu’une par­tie de la valeur ajou­tée leur reviennent.
    Ce reve­nu qu’ils tirent de leurs acti­vi­tés est pour eux un pro­fit monétaire.

    Puisque la valeur ajou­tée est dis­tri­buée entre les agents éco­no­miques qui ont contri­bué à son éla­bo­ra­tion, elle consiste en réa­li­té en un pro­fit moné­taire lié à leurs acti­vi­tés (tra­vail, inves­tis­se­ments etc.). Sans ce pro­fit, il n’y aurait ni tra­vailleurs ni investisseurs.
    Le pro­fit n’est rien d’autre qu’une rému­né­ra­tion de l’ac­ti­vi­té d’entreprise.

    L’é­co­no­mie n’est pas une science neutre.
    Inclure les salaires à la fois dans les coûts de pro­duc­tion et la valeur ajou­tée dis­si­mule la nature réelle du capitalisme.
    Oppo­ser capi­tal et tra­vail est un choix éco­no­mique et poli­tique dans un monde capi­ta­liste pour mas­quer la par­ti­ci­pa­tion de tous à la course à l’argent. Pro­ces­sus inhé­rent à l’u­ti­li­sa­tion de la monnaie.
    Rem­pla­cer le Capi­tal (pri­vé) par l’É­tat ne change pas la nature de cette participation.

    Fina­le­ment, l’ob­jec­tif de la lutte dans notre socié­té moné­ti­sée, que ce soit du côté des tra­vailleurs ou celui des inves­tis­seurs, c’est de capi­ta­li­ser, de gagner plus d’argent.
    Quel autre objec­tif dans une socié­té moné­taire, pour des pauvres, que de deve­nir plus riche ?

    Puisque tout fonc­tionne dans cette éco­no­mie sur la base de la mon­naie, nous agis­sons d’a­bord en vue de l’ob­ten­tion de l’argent qui ensuite per­met de se pro­cu­rer dif­fé­rentes choses. Nous par­ti­ci­pons tous au pou­voir de l’argent.

    Pros­per classes les pro­fits en 3 catégories :

    « faire des pro­fits moné­taires consti­tue la pièce essen­tielle du dis­po­si­tif éco­no­mique actuel.
    Ils sont, rap­pe­lons-le, redis­tri­bués dans trois caisses : 
    1. celle des inté­rêts ver­sés aux banques, des divi­dendes aux action­naires, des investissements, 
    2. celle de l’État, qui en fait du ser­vice public, 
    3. celle des sala­riés, qui les remettent au pot par leurs achats. Notre quo­ti­dien dépend de leur niveau, de leur croissance.
    S’ils ne sont pas au ren­dez-vous, les entre­prises aban­donnent les pro­duc­tions les moins ren­tables et licen­cient, l’État s’endette pour assu­rer son ser­vice jusqu’au moment où lui non plus n’en peut plus. Et les sala­riés sont les din­dons de la farce. »

    Conti­nuons avec tes observations :

    « « Dans une socié­té sans mon­naie, l’ac­cès aux biens et ser­vices est direc­te­ment condi­tion­né par les res­sources dis­po­nibles et non à l’é­change d’un tra­vail contre des ressources. »

    « c’est absurde, puisque l’ac­cès aux biens et ser­vices sup­pose d’a­bord qu’ils soient pro­duits, il fau­dra donc tou­jours tra­vailler pour avoir des ressources. » 

    Dans une socié­té non moné­taire, tu n’as pas besoin de l’argent issu de ton tra­vail (gain/ pro­fit moné­taire opé­ré par la redis­tri­bu­tion de la valeur ajou­tée) pour avoir accès aux biens et ser­vices et puis­qu’il n’y a plus de pro­fit moné­taire à (se) faire au tra­vers de la pro­duc­tion, il n’y a plus de frein au rem­pla­ce­ment du tra­vail humain par la technologie.

    Le manque d’argent n’in­ter­dit pas l’ac­cès aux biens et services.
    Il n’y a plus de pro­blème lié à l’emploi, plus de pro­blème d’argent lié à la consom­ma­tion et la crois­sance, plus d’en­trave à une pro­duc­tion appropriée.

    « Pour avoir accès aux res­sources que pro­duisent d’autres, soit tu pro­duis et tu échanges le fruit de ta pro­duc­tion, soit tu comptes sur une redis­tri­bu­tion opé­rée par l’  »État », ce qui implique une mise en com­mun de ce qui est pro­duit. » 

    Le tra­vail étant la source de reve­nu, dans le pre­mier cas, tu échanges le fruit de ta pro­duc­tion contre un reve­nu, dans le second cas, tu échanges le fruit de ta pro­duc­tion contre… un reve­nu, je ne vois pas la différence.

    D’autre part, il est a noter qu’au sein d’un sys­tème moné­taire, ce qui est pro­duit n’est jamais mis en com­mun, mais mis à dis­po­si­tion de ceux qui peuvent se le pro­cu­rer par leur reve­nu, soit le pro­fit moné­taire qu’ils ont pu tirer de leurs activités.

    « Ce qui implique de s’as­su­rer que ce qui doit être pro­duit l’est, donc d’o­bli­ger tout un cha­cun à pro­duire un mini­mum, d’où fata­le­ment une part inévi­table de « cor­vées » » 

    Cette vision semble condam­ner les popu­la­tions aux tra­vaux for­cés à per­pé­tui­té sous peine d’ex­clu­sion puisque tout autre moyen que le tra­vail pour obte­nir un reve­nu semble exclu.

    Un tra­vail qui doit tou­jours être renou­ve­lé puisque toute autre capi­ta­li­sa­tion finan­cière est interdite.

    Sans même par­ler de nivel­le­ment par le bas ou d’u­ni­for­mi­sa­tion, le prin­cipe « tra­vail contre res­sources » (sans échap­pa­toire) relève tout sim­ple­ment de l’esclavage.

    On peut bien conce­voir quelques amé­na­ge­ments, n’empêche que l’hu­main est consi­dé­ré dans cette éco­no­mie comme un simple outil de pro­duc­tion : Bien­ve­nue au Goulag.

    Plu­tôt qu’une éco­no­mie s’ap­puyant sur l’ex­ploi­ta­tion de l’homme, pour­quoi ne pas envi­sa­ger une éco­no­mie pour l’homme ?

    Pour­quoi tou­jours envi­sa­ger l’é­co­no­mie en terme d’é­change, d’É­tat, de contraintes ?

    « la pers­pec­tive d’une ges­tion mon­diale de la redis­tri­bu­tion de ce qui est pro­duit, éloigne ipso fac­to la pos­si­bi­li­té d’un aspect libre­ment déci­dé par une com­mu­nau­té de toutes ces « cor­vées », affir­mer le contraire, c’est croire au sur­gis­se­ment spon­ta­né d’un « homme nou­veau »… et comme nous en avons de mul­tiples exemple, faire ren­trer la « réa­li­té » dans le car­can de l’  »uto­pie » sup­pose une forme tota­li­taire d’E­tat… sans cela, quelques mois ou années suf­fi­ront pour qu’on retrouve mon­naie et appro­pria­tion des res­sources par des groupes ayant su pro­fi­ter de leur situa­tion et des désordres engen­drés » 

    Pour­quoi quel­qu’un devrait déci­der à notre place ? Quel moyen de pres­sion glo­bal sans argent ?
    Seul les argu­ments eux-mêmes prévaudront.

    Décla­rons les res­sources de la pla­nète bien com­mun de l’hu­ma­ni­té et per­met­tons à la tech­nique de pro­duire l’a­bon­dance afin que plus per­sonne n’ait ni besoin ni le moyen de s’oc­troyer des mono­poles en biens et services.

    Si tu cesses un ins­tant de consi­dé­rer les choses en terme de hié­rar­chie, d’argent et de délé­ga­tion de pou­voir, tu pour­rais alors conce­voir qu’une orga­ni­sa­tion sociale peut aus­si fonc­tion­ner sur un mode non contrai­gnant ou du moins sans contrainte artificielle.
    J’en­tends par là un mode de fonc­tion­ne­ment tou­chant au plus près de l’ex­pé­rience de l’individu.
    Tu pars, semble-t-il, avec le pré­sup­po­sé que l’homme est natu­rel­le­ment mau­vais et que les contraintes d’une socié­té moné­taire l’empêche de se détruire dans toutes sortes d’excès.

    Je ne pars pas avec le pré­sup­po­sé que l’homme est natu­rel­le­ment bon ou mau­vais mais avec la com­pré­hen­sion qu’il peut apprendre et dépas­ser ses croyances, que les doc­trines jus­ti­fiant les contraintes impo­sées par un pou­voir éli­tiste sur le reste de la popu­la­tion tend à inter­dire l’é­man­ci­pa­tion de celle-ci condui­sant aux pires atro­ci­tés de l’his­toire. Nous en avons et fai­sons la triste expé­rience depuis des siècles.
    Ne crois-tu pas en les valeurs de la liber­té, de l’é­ga­li­té et de la fra­ter­ni­té, Sitouaillain ?

    Et comme le dit si bien Ana :

    « Une culture des pos­sibles est éga­le­ment néces­saire et doit être dif­fu­sée afin que les voleurs ins­truits, oppor­tu­nistes, soient repé­rés dès leur pre­mier mot. »

    Tuez le chef et tôt ou tard, un autre pren­dra sa place. Au lieu de tuer des chefs, tuons le concept de chef et nous aurons la paix.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  226. J.C

    Alter­na­tive monétaire :

    Sur quoi éta­bli­ra-t-on la valeur de l’argent ?

    C’est le jeu de l’offre et de la demande (influen­cé par de nom­breux fac­teurs) qui condi­tionne le mon­tant des reve­nus et des prix.

    Si l’on sou­haite équi­li­brer le mon­tant total de la pro­duc­tion et le total des reve­nus, il nous faut savoir exac­te­ment ce que les usa­gers veulent se pro­cu­rer. Ils est très dif­fi­cile de savoir à l’a­vance ce qu’ils choi­si­ront d’a­che­ter et même si l’on peut essayer de col­ler au plus près, on sera loin de l’é­qui­libre par­fait. Les constants réajus­te­ments feront perdre tout sens à l’é­ta­blis­se­ment d’un bud­get ‘revenu/production’. La seule façon de trou­ver l’é­qui­libre moné­taire dans un tel sys­tème implique de choi­sir pour les usa­gers, non seule­ment la quan­ti­té mais aus­si les pro­duits que chaque indi­vi­du doit ache­ter. Voi­là qui aurait logi­que­ment pour ten­dance, la limi­ta­tion de la pro­duc­tion à l’in­dis­pen­sable, ne pou­vant pas pré­voir les achats non impé­rieux. Bref, de condam­ner la popu­la­tion à l’u­ni­for­mi­sa­tion et la paupérisation.

    Répar­ti­tion des reve­nus et valeur monétaire :

    Com­ment la valeur de l’argent sera-t-elle garantie ?
    Si l’argent n’a pas de prix, sur quoi sera fon­dé sa valeur ?

    Pour résu­mer, les prix des biens et des ser­vices dépendent de l’offre, soit la quan­ti­té disponible 
    et de la demande, soit le nombre de pro­duits que la popu­la­tion désire se procurer. 
    Dans ce jeu, la valeur de la mon­naie dépend de la masse moné­taire dis­po­nible pour effec­tuer ces échanges.

    À pro­duc­tion égale, plus la masse moné­taire est réduite, c’est à dire, plus l’argent est rare, plus il a de la valeur.
    Inver­se­ment, plus la masse moné­taire est abon­dante, plus l’argent est abon­dant moins il a de la valeur. 
    C’est simple à comprendre.

    Si main­te­nant, on éta­blit les prix à l’a­vance et que l’on aug­mente la quan­ti­té de mon­naie, tenant tou­jours compte de l’offre et de la demande, on per­met à la pro­duc­tion de s’accroître.
    Si à prix égal, on dimi­nue la quan­ti­té de mon­naie, on réduit le pou­voir d’a­chat et par la même les capa­ci­tés d’é­cou­le­ment de la production.

    Si on s’en tient à la logique de l’offre et de la demande, la baisse de la masse moné­taire implique la baisse de la pro­duc­tion et son aug­men­ta­tion, la crois­sance de la production.
    Ceci est vrai dans une socié­té ou les reve­nus sont répar­tis équitablement.
    Si ce n’est pas le cas tout est faussé.

    Alors, sans répar­ti­tion équi­table des reve­nus, à terme, le pou­voir en revient tou­jours aux plus riches qui finissent par déte­nir toute la chaîne des moyens de pro­duc­tions. La consti­tu­tion d’une oli­gar­chie est inévitable.

    Dans tout les cas de figure, l’u­ti­li­sa­tion de la mon­naie est problématique.

    Par contre, dans le cas d’une éco­no­mie basée sur les res­sources, il suf­fit juste que les res­sources et le renou­vel­le­ment de celles-ci per­mettent aux biens et aux ser­vices d’être pro­duits pour que ceux-ci le soient en fonc­tion des besoins de chacun.

    Cette contrainte de l’argent (et contrainte est un euphé­misme), cette pri­son, cet outil de contrôle social, de pou­voir n’est plus.

    Sans cette contrainte, la science per­met­tra de repous­ser les limites de la dic­ta­ture éco­lo­gique, faus­se­ment éco­lo­gique dont on nous rabâche les oreilles pour des rai­sons financières.
    Les appren­tis sor­ciers sont ceux qui uti­lisent la recherche scien­ti­fique dans des buts de pro­fits moné­taires n’hé­si­tant pas à men­tir pour accom­plir leurs desseins.

    Si l’on ne sou­haite pas remettre en cause cette course à l’argent comme condi­tion pre­mière à nos choix de vie, il ne faut pas se plaindre que ce soit les riches qui décident à notre place.
    Tant qu’il y aura de l’argent, il y aura des riches et des pauvres.

    Si tout le monde devait tou­cher la même chose et que les prix devaient être fixés de manière auto­ri­taire sans tenir compte de l’a­jus­te­ment de l’offre et de la demande, l’argent n’au­rait plus aucune utilité.
    Autant se pas­ser de la mon­naie et col­ler direc­te­ment aux res­sources en ren­dant direc­te­ment et libre­ment dis­po­nible les biens et services.

    Tant qu’il fau­dra gagner de l’argent, nous ne serons pas libres.
    Le pro­ces­sus consti­tuant sera cor­rom­pu par l’argent. C’est vrai pour tout dans notre socié­té, il est logique que cela se pro­duise ain­si. c’est très faci­le­ment obser­vable dans tout les domaines puisque dans une socié­té moné­taire toute entre­prise est tri­bu­taire de la monnaie.

    Nous ne pou­vons pas reprendre le contrôle du pou­voir poli­tique sans reprendre le contrôle de la monnaie.

    Et nous ne pou­vons pas reprendre le contrôle de la mon­naie parce que l’ac­cès en est ver­rouillé par ceux qui la contrôlent déjà.

    De toutes façons, conti­nuer dans un sys­tème moné­taire repro­dui­rait les mêmes travers.

    Que faire ?

    Aban­don­ner la monnaie.

    Com­ment ?

    Ima­gi­nons que quel­qu’un ne paie plus ses impôts, ses fac­tures, ses amendes, cela se tra­dui­rait avec ou sans pas­sage devant les tri­bu­naux par le retrait de l’argent que la per­sonne a sur son compte.
    Son compte, que dis-je, le compte de la banque.
    Les banques tra­vaillent ensemble, elles s’é­changent des don­nées infor­ma­tiques et nous quelques chiffres sur du papier.
    Toutes ces banques sont comme une seule banque, rien ne sort de la banque.

    Si main­te­nant, la plu­part des gens com­mencent à man­quer d’argent et à perdre confiance dans le sys­tème monétaire.

    Si nous n’a­vons que faire de ces chiffres, de ces comptes qui appar­tiennent aux banques, quel pou­voir auront-ils sur nous ?

    Si la popu­la­tion qui com­pose les forces de l’ordre, la jus­tice, l’ad­mi­nis­tra­tion, les entre­prises etc. cesse de croire et d’o­béir à l’argent, quelle pou­voir aura-t-il sur nous ? aucun
    C’est bien là le point : si nous ces­sons d’o­béir à l’argent, nous ne per­dons rien. Nous gagnons tout.

    Les res­sources sont là et elles peuvent être trans­for­mées et dis­tri­buées gratuitement.

    Fai­sons le serei­ne­ment. Pour­quoi se battre contre un pou­voir qui ne tient que par l’argent.

    Trou­vons une démarche satis­fai­sante pour tout le monde et pas­sons donc de l’i­dée de mon­naie libre à celle de « libre de la monnaie ».

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  227. Voxien2011

    Bon­jour,

    Je ne sais pas si j’ai fait une trou­vaille mais il me semble que ce livre de Georg Sim­mel datant de 1895 est très inté­ressent, en tout cas j’ai l’im­pres­sion qu’il peut appor­ter sa petite pierre à la com­pré­hen­sion de l’é­di­fice anthro­po cultu­rel qu’est la mon­naie dans la socié­té moderne. 

    En voi­ci un résu­mé passionnant : 

    Bonne jour­née
    salutation

    Réponse
  228. Di Girolamo

    Inté­res­sant , mer­ci pour ce lien ;

    une remarque à chaud avant d’al­ler plus loin : il est indi­qué dans l’ex­pli­ca­tif de l’é­co­no­mie dis­tri­bu­tive que le pro­blème de la pro­duc­tion était réso­lu par les machines et qu’en consé­quence le pro­blème se situait aujourd’­hui au niveau de la distribution .

    Je prends un cas que je connais , étant agri­cul­teur : de fait aujourd’­hui les fermes se sont moder­ni­sées au point de pro­duire indus­triel­le­ment , très peu de per­sonnes étant néces­saires pour ali­men­ter un grand nombre de citoyens. Cette « réso­lu­tion  » de la pro­duc­tion a induit l’u­ti­li­sa­tion de pes­ti­cides , her­bi­cides, etc. etc. et pro­duit des concen­tra­tions urbaines fortes connais­sant nombre de pro­blèmes sociaux et dépen­dantes pour leur appro­vi­sion­ne­ment d’im­por­tants réseaux de trans­port et des cen­trales éner­gé­tiques indus­trielles, etc. etc. etc.

    Le pro­blème de la pro­duc­tion ali­men­taire n’est donc pas du tout réso­lu : il pol­lue et dégrade les sols et dés­équi­libre la socié­té ; il concentre les terres en des ensembles inac­ces­sibles aux gens ordi­naires, etc. etc.

    Conclu­sion : on ne peut pas sépa­rer pro­duc­tion et dis­tri­bu­tion en disant que le pro­blème de la pro­duc­tion est réso­lu : il ne l’est pas ; on a donc besoin d’une ana­lyse plus glo­bale de la socié­té, com­ment elle fonc­tionne et com­ment on peut démo­cra­ti­que­ment (et là je suis d’ac­cord) déci­der col­lec­ti­ve­ment com­ment on l’organise.

    On voit donc ici encore qu’on ne peut résoudre le pro­blème par un bout de la lor­gnette mais que c’est beau­coup plus com­plexe ; qu’en consé­quence AUJOURD’HUI l’en­jeu démo­cra­tique c’est l’in­ter­ro­ga­tion et la recherche collective.

    Réponse
  229. Morpheus

    @ Di Girolamo

    Il existe des solu­tions pour une pro­duc­tion agri­cole qui soit à la fois durable (sans usage de pes­ti­cides / her­bi­cides : >phy­to­sa­ni­taire<), tout en offrant de très bons ren­de­ments. Peut-être as-tu déjà vu cer­tains de ces docu­ments, mais peut-être pas (ou pas tous).

    1) Constats et Alter­na­tives (Claude Bourguignon) :

    http://​www​.cer​cle​des​vo​lon​taires​.fr/​2​0​1​2​/​1​1​/​2​1​/​j​a​r​d​i​n​s​-​d​u​n​e​-​n​o​u​v​e​l​l​e​-​e​r​e​-​p​e​r​m​a​c​u​l​t​u​r​e​-​e​t​-​a​g​r​o​-​e​c​o​l​o​g​i​e​-​l​a​n​c​e​z​-​v​o​us/


    Un jar­din sans tra­vail du sol par agro­vi­deo

    2) Les mois­sons du Futur (Marie-Monique Robin)

    Inter­view de M‑M Robin :

    Il y a éga­le­ment d’autres for­mules, mais pour les­quelles je ne dis­pose pas encore de suf­fi­sam­ment d’élé­ments d’in­for­ma­tion pour m’en faire une bonne idée, mais qui semblent éga­le­ment pro­met­teuses. Tou­jours est-il qu’en réa­li­té, je suis convain­cu que nous sommes plom­bés par l’a­gro-indus­trie et qu’une fois débar­ras­sé de ce fléau, ce ne sont pas les solu­tions qui feront défaut, et que si de main d’œuvre il y a besoin (ce qui est très pos­sible, ce ne sera pas un pro­blème d’en trou­ver : pour se nour­rir, et en par­ti­cu­lier pour avoir de bons pro­duits, sains et riches, beau­coup seront prêts à se ver­dir les mains, ne fut-ce qu’au moment des récoltes. Je n’ai abso­lu­ment aucune inquié­tude pour cela.

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  230. Di Girolamo

    @ Mor­pheus

    Mer­ci pour la réponse et ces liens ; je connais et me réjouis de ces recherches et appli­ca­tions pra­tiques ; je me suis réga­lé à regar­der le der­nier film de Monique Robin : les mois­sons du futur. 

    Mais là n’é­tait pas mon pro­pos. Ces mois­sons du futur sont autant de témoi­gnages que oui il est pos­sible d’al­ler vers autre chose ; hier j’ai vu un doc sur le solaire à concen­tra­tion et les recherches , appli­ca­tions et pro­jet en cours ; par ex « déser­tec  » cou­vrir 1% de la sur­face du désert afin de pro­duire et des­ser­vir l’Eu­rope en élec­tri­ci­té : de beaux rêves col­la­bo­ra­tifs entre le SUD et le Nord et les pays Euro­péens entre eux . Mais une ou des hiron­delles ne font pas le prin­temps ! En même temps en France , en Afrique dans le monde entier les terres sont cap­tées par des entre­prises , des mul­ti­na­tio­nales , des pays ‚font l’ob­jet de trac­ta­tions mani­pu­la­tions , expul­sions etc etc Et le pro­jet déser­tec peut être acca­pa­ré pour ser­vir les mul­ti­na­tio­naux et les action­naires. On retombe là sur des pro­blé­ma­tiques lourdes, mas­sives et struc­tu­rantes du sys­tème mon­dial. Qui plus est le réchauf­fe­ment cli­ma­tique est en route et prend des allures de 4⁄6 °, UN MONDE INVIVABLE QUI ARRIVE EN SILENCE parce que ça arrive dou­ce­ment à l’é­chelle des indi­vi­dus et parce que nous sommes maîtres dans l’art du brouhaha..

    Ce qui me gêne par­fois sur ce blog c’est le manque de vision glo­bale et réa­liste face à une réa­li­té com­plexe, comme si on pou­vait décré­ter la démo­cra­tie , ou la sup­pres­sion de ceci ou cela. En ce sens je rejoins Sitouaillain , mais pas tota­le­ment : je pense qu’au­jourd’­hui que la mon­dia­li­sa­tion et l’en­semble des évo­lu­tions tech­no­lo­giques font que la donne a chan­gée et que le rap­port de force , la lutte de classes ne suf­fit plus . Il faut unir plus large ; et là je rejoins Étienne. Mais je me démarque de lui aus­si et suis bien sûr que oui : si la gou­ver­nance et la démo­cra­tie sont des fon­da­men­taux ‚le com­ment faire avan­cer les choses se situe au niveau de l’im­pli­ca­tion des citoyens autour d’une réflexion col­lec­tive sur quelle socié­té veut ton mettre en place .ça doit se construire concrè­te­ment . Par ex ND des Landes est un thème de réflexion qui induit cette ques­tion du sens de nos socié­té ; si Hol­lande était un peu plus malin , il en ferait un vrai grand thème de réflexion publique sur un temps assez long et avec assez de moyens . Il y aurait par une com­mis­sion par­le­men­taire , appel à la presse aux citoyens , débat dans les com­munes , sur grande chaîne tv etc large

    Au bout du compte un réfé­ren­dum trancherait.

    Réponse
  231. Morpheus

    @ Di Girolamo

    Je suis d’ac­cord avec toi qu’il convient d’a­voir une vision glo­bale des choses, cela d’au­tant plus que nous vivons dans un monde globalisé.

    Mais je déplore que lorsque des pro­po­si­tions de solu­tions sont faites, qui impliquent une vision glo­bale qui elle-même entraîne un chan­ge­ment radi­cal de para­digme, elles sont sou­vent bat­tues en brèche et éti­que­tées – à mon avis un peu vite et sans ana­lyse en pro­fon­deur – comme étant « uto­piques ». C’est notam­ment la cas avec le Pro­jet Venus de Jacque Fres­co, à qui on ne peut contes­ter une vision globale.

    Comme l’ex­pli­quait très bien le socio­logue Pierre Bour­dieu, il est très dif­fi­cile de faire valoir des ana­lyses et des pro­po­si­tions nou­velles lorsque celle-ci mettent à mal les idées domi­nantes. Le fait qu’une idée domi­nante n’a, en elle-même, pas besoin d’être défen­due dans l’es­prit du public, du fait qu’elle est « codée » par la répé­ti­tion, comme « véri­té évi­dente » dans notre esprit, en oppo­si­tion aux idées neuves qui, elles, doivent pou­voir être déve­lop­pées et argu­men­tées lon­gue­ment pour pou­voir être accep­tée par notre esprit, fait que les débats entre idées domi­nantes et idées neuves ne sont pas équi­tables. Là où la répé­ti­tion de quelques antiennes bien connues suf­fisent, en quelques phrases ou quelques mots, à battre en brèche une idée neuve, celle-ci, pour être défen­due, doit avan­cer un rai­son­ne­ment et un argu­men­taire qui prend du temps et demande au départ une ouver­ture de l’auditeur.

    Or, on sait que le réflexe géné­ral va à la faci­li­té, et cela fait que des idées qui, une fois pas­sée le dif­fi­cile cap de l’i­dée pré­con­çue, et ana­ly­sée en pro­fon­deur, se révèle intrin­sè­que­ment meilleures et plus per­ti­nentes que les idées domi­nantes, res­tent marginalisées.

    Les débats à pro­pos de la démo­cra­tie athé­nienne, du tirage au sort, de la Consti­tu­tion ou de l’é­co­no­mie basée sur les res­sources en sont une belle démons­tra­tion, il me semble. Et le cas du Pro­jet Venus en par­ti­cu­lier est carac­té­ris­tique, car il met en cause bon nombre d’i­dées domi­nantes, à la fois sur l’é­co­no­mie, sur la socio­lo­gie, sur la science et la tech­no­lo­gie, sur l’ur­ba­nisme, bref, change com­plè­te­ment notre paradigme.

    L’i­dée de « réa­li­té com­plexe » devient par ailleurs sou­vent un pré­texte pour évin­cer faci­le­ment des pro­po­si­tions nou­velles. Le monde, le sys­tème que repré­sente la pla­nète tout entière (ce que l’on appelle « la nature ») est un sys­tème com­plexe, qui se régule lui-même (mais pas tou­jours à une échelle humaine) et où chaque élé­ment est inter­dé­pen­dant des autres, devrait être le modèle sur lequel repose l’en­semble de nos sys­tèmes. Pour­quoi ? Parce que nous dépen­dons en tout du bon fonc­tion­ne­ment et de l’é­qui­libre dyna­mique de ce sys­tème. James Love­lock avait avan­cé l’Hypo­thèse Gaïa qui devrait de toute évi­dence rete­nir notre attention.

    Cette hypo­thèse me semble éton­nam­ment proche des prin­cipes sur les­quels reposent l’é­co­no­mie basée sur les res­sources avan­cée par Fres­co dans le Pro­jet Venus.

    Je serais curieux d’a­voir ton opi­nion sur ces visions globales.

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  232. Di Girolamo

    @ Mor­pheus

    Il faut faire avec le monde tel qu’il est ; ces « visions glo­bales » sont des pro­po­si­tions éma­nant d’un seul homme ce qui est contra­dic­toire avec l’i­dée de culture qui est un pro­ces­sus his­to­rique et col­lec­tif long ; on ne change pas la réa­li­té par des décrets(vas dire aux japo­nais de se pri­ver de Thon rouge !) ‚et il faut ‚si pos­sible agir comme on le peut dans le monde tel qu’il est . Et évi­ter tout raccourci.

    Ce n’est pas renon­cer à la démo­cra­tie et à la per­fec­tion ‚c’est recon­naître une réa­li­té qui ne l’est pas . En ce sens ce type de pro­po­si­tion est une folie. Une folie par­mi d’autres puisque les uns et les autres par­ti­ci­pons d’une manière ou d’une autre à la folie ‚qui n’est rien d’autre qu’une vision ou un atti­tude à côté de la plaque .

    Quand à dis­tri­buer les res­sources , comme je l’ai dit il faut aus­si pen­ser pro­duc­tion , tra­vail ; et la très mau­vaise sur­prise de leur inven­taire pou­rait être que le capi­tal terre est enta­mé dan­ge­reu­se­ment au point qu’il faille aban­don­ner l’i­dée d’abondance.

    Réponse
  233. J.C

    Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits, voi­là le fon­de­ment de la démocratie.

    Les mérites qu’at­tri­buent cer­tains à d’autres ne devraient pas per­mettre à ces der­niers de pré­tendre à un sta­tut supé­rieur en droits poli­tiques ou économiques.

    Ces pri­vi­lèges sont antidémocratiques.

    Ces inéga­li­tés sont à la racine de la cor­rup­tion et des pou­voirs oli­gar­chiques (hié­rar­chi­sés).

    On peut bien sûr défendre une posi­tion inverse, mais il faut alors recon­naître que l’on va à l’en­contre des prin­cipes fon­da­teurs des droits de l’homme.

    L’in­com­pa­ti­bi­li­té de la démo­cra­tie et de la mon­naie ou les inéga­li­tés éco­no­miques propre à l’u­sage de la monnaie :

    les reve­nus :

    1. inéga­li­té des revenus :

    à reve­nu inégal, pou­voir inégal.

    La solu­tion pro­po­sée par l’ins­tau­ra­tion d’un reve­nu égal pour tous ne résout pas les pro­blèmes d’i­né­ga­li­té économique.

    2. inéga­li­té du pou­voir d’a­chat (lié au choix des achats):

    En effet, les besoins de cha­cun n’é­tant pas les mêmes, celui qui consomme les pro­duits les plus cher par choix ou néces­si­té dans un cer­tain domaine se ver­ra limi­té à l’é­gard d’au­trui dans d’autre.

    3. inéga­li­té de la part du reve­nu non dépensé :

    D’autre part, que fera-t-on de la part du reve­nu non dépen­sé ? Capi­ta­li­sa­tion ou effa­ce­ment ? Dans les deux cas, les inéga­li­tés face à la consom­ma­tion sont inévitables.

    La thé­sau­ri­sa­tion de la mon­naie recrée imman­qua­ble­ment le fos­sé entre les indi­vi­dus quant à l’al­ter­na­tive de l’ef­fa­ce­ment, elle se tra­duit par l’o­bli­ga­tion de tout dépen­ser et pour réduire les inéga­li­tés à limi­ter le niveau des reve­nus aux consom­ma­tions essentielles.

    Cela nous amène au point sui­vant qui après la ques­tion des reve­nus est l’a­jus­te­ment de la pro­duc­tion et des prix, sujet en par­ti abor­dée plus haut.

    J’ai­me­rais sim­ple­ment rajou­ter que l’u­sage de la mon­naie engendre, en autres, des dif­fi­cul­tés non-néces­saires concer­nant la ges­tion de sa quan­ti­té, empri­son­nant ain­si la popu­la­tion à ses rouages. Ceci est vrai, quelles que soient les déci­sions prises en la matière alors qu’il serait tel­le­ment plus simple et plus effi­cace d’in­ter-relier direc­te­ment besoins et ressources.

    La res­tric­tion des liber­tés liés à l’u­ti­li­sa­tion de la mon­naie n’est plus à démontrer.

    L’ob­jec­tif prin­ci­pal dans une socié­té moné­taire, c’est l’ob­ten­tion d’argent avant même les biens et ser­vices puisque cela devient le moyen incon­tour­nable de vivre et d’agir.

    Dans un monde où tout est de plus en plus obte­nu et régi par l’argent, il est inévi­table que la place de l’argent soit pré­pon­dé­rante, tout le monde court après l’argent.

    Tout le monde sou­haite obte­nir de l’argent. Si ce n’é­tait pas le cas nous n’i­rions pas tra­vailler, spé­cu­ler etc. la mon­naie est le moyen de contrôle social et de cor­rup­tion par excellence.

    Nos acti­vi­tés libé­rées de cette quête per­met­trait de mettre en ouvre les moyens de se pro­cu­rer les biens et ser­vices que l’argent était sen­sée nous rendre acces­sible mais qui en réa­li­té limi­tait cet accès à ceux qui en possédait.

    Ce n’est pas la quan­ti­té d’argent, de mon­naie le point, c’est nos réels besoins et sou­haits qui comptent et cela est dif­fé­rent pour cha­cun. L’argent et sa quan­ti­té dis­po­nible ne pous­sant chaque indi­vi­du qu’à faire des non-choix en rap­port avec les prix et ses revenus.

    J’ai deux mau­vaises nou­velles et une solution :

    La pre­mière, c’est qu’un riche n’est fina­le­ment rien d’autre que quel­qu’un qui vit de l’ex­ploi­ta­tion des autres.

    La deuxième, c’est qu’un pauvre, en plus d’être exploi­té vit aus­si de l’ex­ploi­ta­tion des autres.

    Arrê­tons ce sys­tème d’ex­ploi­ta­tion fon­dé sur la mon­naie. Lais­sons au pla­card le capi­ta­lisme et ses déri­vés ; com­mu­nisme et autres et appor­tons la liber­té à l’hu­ma­ni­té puisque c’est main­te­nant possible.

    En com­pre­nant les défauts de l’u­sage de la mon­naie, on com­prends aus­si com­ment son abo­li­tion per­met la démo­cra­tie. On en reviens aux obser­va­tions de Pros­per concer­nant le contrôle des usages par les usa­gers. Bref, celle d’une vraie démocratie.

    Dans une vraie démo­cra­tie il n’y a pas de chef et s’il n’y a pas de chef, il n’y a pas non plus de tra­vail (par tra­vail, j’en­tends tra­vaux forcés).
    Qui décide ? « Per­sonne » réponds Jacques Fres­co, c’est ce que j’ap­pel­le­rais une démo­cra­tie indi­vi­dua­li­sé ou per­sonne ne décide à la place des autres.

    Une socié­té ou l’on n’est plus contraint à l’es­cla­vage par l’u­sage de la mon­naie mais ou l’on peut enfin par­ti­ci­per libre­ment selon ses aspi­ra­tions à l’a­mé­lio­ra­tion de ses condi­tions propres et celles de tous, voi­là une véri­table socié­té démocratique.

     » une socié­té qui n’est plus axé sur l’argent mais sur la réso­lu­tions des pro­blèmes. » Jacques Fresco.

    Plu­tôt que de faire du bri­co­lage pour trou­ver la solu­tion moné­taire la moins mau­vaise où l’on se limite et se com­plique la vie pour rien. Là où nous en sommes ren­du tech­ni­que­ment et socia­le­ment, il m’ap­pa­raît vrai­ment inap­pro­priée de vou­loir abso­lu­ment conti­nuer en ce sens.

    Il nous reste à abo­lir la mon­naie de toute urgence. Nous n’en n’a­vons pas besoin.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  234. Morpheus

    Très bon plai­doyer et très bons argu­ments, J.C 🙂

    Je sous­cris évidemment.

    A voir : Conce­voir le Futur (Futur by Design).

    Sélec­tion de la langue des sous-titres dans « CC ». Fres­co parle de la démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive et de com­ment il la voit mise en pra­tique à 1:23:52.
    Une sorte de Pnyx dotée de moyens modernes.

    Mor­pheus

    Réponse
  235. J.C

    Mer­ci Mor­pheus pour ta souscription 😉 ,

    Je vou­drais juste pré­ci­ser un point, la notion de « démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive » n’est pas exac­te­ment ce qui est men­tion­né dans cette vidéo.
    Je ne l’emploierais pas dans ce contexte car
    le concept de démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive est déjà uti­li­sée avec une autre signification.
    il s’a­git de la par­ti­ci­pa­tion de la popu­la­tion au tra­vers d’un gou­ver­ne­ment ce qui n’est pas le cas ici.
    Le terme démo­cra­tie dans son sens véri­table ne peut que signi­fier démo­cra­tie directe.

    Je crois que l’on peut dire que c’est le cas ici.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  236. J.C

    Voi­là tout d’a­bord quelques pas­sages de ‘la grande relève’ de Jacques Duboin.
    J’ai fais mon pos­sible pour gar­der l’es­sen­tiel pour ceux qui sou­haitent faire l’é­co­no­mie d’une lec­ture com­plète de l’ouvrage.
    On trouve, à mon sens, dans ces dis­cus­sions des ana­lyses lucides sur le fonc­tion­ne­ment de l’é­co­no­mie et son devenir.
    Mon­naie, tra­vail, pou­voir d’a­chat, consom­ma­tion, pro­duc­tion, chô­mage… tout y est (mer­ci Etienne) :

     » Plus la pro­duc­tion aug­mente, sous l’in­fluence du pro­grès tech­nique, et plus la consom­ma­tion dimi­nue. C’est le phé­no­mène auquel nous assis­tons depuis plu­sieurs années, n’en déplaise aux petits hommes d’É­tat qui font des confé­rences pour prou­ver le contraire. L’homme, je ne cesse de le répé­ter, a vu, grâce à la machine, aug­men­ter sa puis­sance de pro­duc­tion à un rythme de plus en plus rapide. Alors l’homme, dont le tra­vail n’est plus néces­saire, perd son salaire et, du même coup, sa puis­sance de consom­ma­tion. Dans l’ordre actuel des choses, contes­te­rez-vous que toutes les richesses dans le monde n’aient un légi­time pro­prié­taire ? Pour se les pro­cu­rer, il est indis­pen­sable de four­nir quelque chose en échange, car per­sonne ne les dis­tri­bue gra­tui­te­ment. Or la majo­ri­té des hommes n’ont qu’une richesse, leur tra­vail. C’est en louant leur intel­li­gence ou leurs bras qu’ils obtiennent de l’argent avec lequel ils pour­ront consom­mer. Si le tra­vail manque, la consom­ma­tion dis­pa­raît ou est réduite dans la mesure du secours que reçoit celui qui n’a­vait que son labeur pour vivre. C’est tel­le­ment évident que cela n’a plus même besoin d’être démon­tré. Le pro­grès tech­nique a déjà déga­gé, au sens chi­mique du mot, trente mil­lions de chô­meurs. Ces hommes sont rayés de l’ar­mée des consom­ma­teurs et toute la crise vient de là.
    Trente mil­lions de chô­meurs dans le monde ! Met­tez que cha­cun d’eux ait deux per­sonnes à sa charge, c’est un mini­mum. Cela fait 90 mil­lions d’êtres humains qui ne consomment que juste ce qui est indis­pen­sable à les main­te­nir en vie

    …/…

    Le chô­mage étant la ran­çon du pro­grès tech­nique, com­ment celui-ci ne s’ac­croî­trait-il pas du moment que le pro­grès ne ralen­tit jamais ?
    Cette dimi­nu­tion du pou­voir d’a­chat est un mal qui sévit dans tous les pays du monde. Tous en sont atteints dans la mesure où leur pro­duc­tion s’est mécanisée.
    …/…

    — Quel dom­mage, dit le phar­ma­cien, que la machine ne puisse mul­ti­plier le pouvoir
    d’a­chat des hommes comme elle mul­ti­plie les pro­duits qui leur sont nécessaires !

    — Par­don, répli­qua Her­mo­dan, l’es­sai en a été ten­té. On a inven­té la presse à billets. Mal­heu­reu­se­ment, plus elle fabrique et plus ce qu’elle fabrique se dépré­cie. Le pro­blème n’a pas fait un pas.

    Il est clair, dit l’in­dus­triel, que le tra­vail est la grande source du pou­voir d’a­chat et dès qu’il vient à manquer…

    —- J’al­lais oublier qu’un essai d’un autre genre a été ten­té, inter­rom­pit Her­mo­dan. Il est dû à l’es­prit inven­tif des Amé­ri­cains. Ils ont fait le rai­son­ne­ment sui­vant : le pou­voir d’a­chat baisse chez nous, qu’à cela ne tienne, nous allons escomp­ter le pou­voir d’a­chat des années futures. Ce fut leur grande poli­tique dite de la pros­pé­ri­té : vente à tem­pé­ra­ment de tout ce que vos moyens ne per­met­taient pas de payer aujourd’­hui. Cette ten­ta­tive auda­cieuse condui­sit au krach de 1929. Il fut le début de la catas­trophe mondiale.

    …/…

    En résu­mé, reprit l’in­gé­nieur, vous ne croyez donc plus aux débou­chés nou­veaux ? D’im­menses mar­chés sont actuel­le­ment fer­més, d’autres, plus consi­dé­rables encore, sont à peine pros­pec­tés, et cepen­dant ils ne consti­tuent plus, selon vous, la sou­pape de sûre­té néces­saire à notre pro­duc­tion momen­ta­né­ment déréglée?…

    Je répète ce que nous disions il y a un ins­tant, répon­dit Her­mo­dan. Il est impos­sible de vendre sans ache­ter quelque chose en contre­par­tie. Un mar­ché n’est pas un endroit où l’on écoule sa mar­chan­dise. C’est un endroit où l’on achète et où l’on vend. Impos­sible de faire long­temps Tune de ces opé­ra­tions sans faire l’autre ensuite. Croire qu’un pays peut tou­jours vendre sans rien ache­ter, c’est appli­quer la théo­rie du mou­ve­ment per­pé­tuel à l’é­co­no­mie poli­tique, et, mal­heu­reu­se­ment, cette théo­rie ne tient pas debout. Le com­merce inter­na­tio­nal revêt tou­jours la forme du troc — mar­chan­dises contre mar­chan­dises —, la mon­naie ne ser­vant qu’à le faci­li­ter. Or les matières pre­mières et les objets fabri­qués sur­abondent par­tout. Et vous me pro­po­sez froi­de­ment d’aug­men­ter encore ces stocks ? S’il vous est impos­sible d’a­che­ter, il va vous deve­nir impos­sible de vendre.
    …/…

    Je reviens à mes mou­tons, dit Her­mo­dan. Quel­qu’un conteste-t-il que c’est la rare­té qui fasse la valeur des choses ? Éga­ré en plein Saha­ra, je donne ma for­tune pour un verre d’eau, mais je donne aus­si cette même for­tune pour être débar­ras­sé de l’eau, dans nos régions, en période d’i­non­da­tion. Si je tiens à cette affreuse petite pen­dule Empire qui est sur la che­mi­née, c’est qu’elle est un sou­ve­nir de famille, donc une chose rare pour moi.

    Où vou­lez-vous en venir ? dit l’ingénieur.

    —À ceci, dit Her­mo­dan : que si tout exis­tait en abon­dance, la pro­prié­té indi­vi­duelle n’au­rait jamais eu de rai­son d’exis­ter. Elle dis­pa­raî­trait donc, comme dit Sis­mon­di, le jour où le roi d’An­gle­terre, en tour­nant une mani­velle, pro­dui­rait tout ce qui est néces­saire à la vie de ses sujets. Je conti­nue. Les hommes ont donc recher­ché les choses rares dont ils avaient besoin, puis, peu à peu, comme ils sont intel­li­gents et indus­trieux, ils se sont effor­cés d’en aug­men­ter le nombre. Ils inventent le tra­vail qui va mul­ti­plier les choses rares. Toute la civi­li­sa­tion n’au­ra plus qu’un but : dimi­nuer la rare­té des choses dont les hommes ont besoin. Mais la varié­té des choses rares aug­men­te­ra de siècle en siècle, car dès qu’un désir est satis­fait, l’i­ma­gi­na­tion fer­tile des hommes s’en­tend très bien à créer de nou­veaux désirs.
    La rare­té est donc l’en­ne­mie du genre humain. Il va lui faire une guerre qui ne s’ar­rê­te­ra que le jour où elle sera vain­cue. Dans cette lutte, au cours des âges, les hommes font des pro­grès inces­sants. Après le tra­vail, ils découvrent la divi­sion du tra­vail grâce à laquelle ils vont pro­duire vite et mieux. Désor­mais, cha­cun se can­tonne dans la fabri­ca­tion d’un objet déter­mi­né à l’ex­clu­sion des autres. Ce fut le pre­mier effort de ratio­na­li­sa­tion et vous savez dans quelle car­rière brillante nos grands-pères se sont enga­gés ! C’est la divi­sion du tra­vail qui don­na nais­sance à l’a­dresse ; c’est la dex­té­ri­té qui, en per­met­tant de réduire la besogne de chaque homme à une seule opé­ra­tion, va per­mettre d’aug­men­ter pro­di­gieu­se­ment les résul­tats obte­nus. Dans cette guerre contre la rare­té, l’homme rem­porte vic­toires sur vic­toires. Il découvre l’ou­til, ce mer­veilleux auxi­liaire, cet allié incom­pa­rable qui va com­battre désor­mais à ses côtés. Puis, des efforts com­bi­nés des savants et des pra­ti­ciens, sur­gi­ra la machine qui va cen­tu­pler la force de l’homme. Et un beau jour la rare­té est vain­cue, grâce aux pro­grès gigan­tesques de la tech­nique ! C’est le règne de l’a­bon­dance qui com­mence. Ce devrait être l’âge d’or puisque la rare­té condam­nait l’homme à la misère !

    — Donc tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes, dit l’in­gé­nieur. Nous avons trop de blé, trop de coton, trop de laine, trop de sucre, trop de café, trop de caou­tchouc, trop de chaus­sures, trop de tout !

    Patience, homme pres­sé, reprit Her­mo­dan. Je me suis lais­sé empor­ter par les pro­grès de la tech­nique ; reve­nons en arrière, à l’é­poque si recu­lée où l’in­tel­li­gence de l’homme lui révèle les avan­tages qu’il reti­re­ra de la divi­sion du tra­vail. Limi­tant son acti­vi­té à ne fabri­quer qu’un seul objet, l’homme ne va pas être condam­né à ne consom­mer que cet objet. Il découvre l’é­change : donne-moi ce que tu fais et dont j’ai besoin, en échange de quoi je te don­ne­rai ce que j’ai fait et dont tu as besoin.

    C’est là qu’ap­pa­raît le pro­fit, dit l’ingénieur.

    Non, homme pres­sé, reprend Her­mo­dan, c’est d’a­bord le troc. Le pro­fit ne fera son appa­ri­tion que des mil­liers d’an­nées plus tard.

    -— Je suis bien sur­pris, dit le Mili­tant, qu’il n’ait pas exis­té des pro­fi­teurs à toutes les époques.

    — Chro­no­lo­gi­que­ment, reprit Her­mo­dan, vient d’a­bord la pro­prié­té, indi­vi­duelle ou com­mune à un petit groupe d’hommes ; beau­coup plus tard vient le troc, car, pour
    échan­ger, il faut déjà être pro­prié­taire de ce qu’on offre ; enfin beau­coup, beau­coup plus tard encore, le pro­fit. Ana­ly­sons le troc pri­mi­tif. Grâce à la divi­sion du tra­vail, j’ai pu pro­duire un objet dont mon voi­sin a besoin. De son côté il me four­ni­ra quelque chose qui m’est indis­pen­sable. Je lui rends ser­vice en lui don­nant ce que j’ai, il me rend ser­vice en me don­nant ce qu’il a. Mais quel genre de ser­vice nous ren­dons-nous simul­ta­né­ment et réci­pro­que­ment ? Atten­tion, c’est assez sub­til ! Le ser­vice que se rendent nos deux ancêtres consiste à dimi­nuer la rare­té de l’ob­jet que cha­cun d’eux convoite. Je m’ex­plique : avec ma meule, je fais de la farine, mais j’ai besoin d’un jave­lot. Puisque je cherche le moyen de m’en pro­cu­rer un, c’est que je souffre de la rare­té de cette arme. Le voi­sin qui va me la pro­cu­rer en échange de ma farine, me ren­dra donc le ser­vice de dimi­nuer cette rare­té pour moi, au point de la faire dis­pa­raître même com­plè­te­ment dès que je pos­sé­de­rai mon jave­lot. Je lui rends le même ser­vice en lui don­nant de la farine en échange. Ce double ser­vice ren­du, nous sommes quittes.
    Car le trait carac­té­ris­tique du troc, c’est l’é­qui­té. J’ac­cepte un jave­lot contre une cer­taine quan­ti­té de farine. Puisque c’est moi qui fabrique la farine, je tâche­rai d’en don­ner le moins pos­sible. Mon par­te­naire résis­te­ra en essayant d’en obte­nir davan­tage. Bref, un moment vien­dra où nous serons satis­faits l’un et l’autre, car nous esti­me­rons que les ser­vices que nous nous ren­dons sont équi­va­lents. Mais, dans cette opé­ra­tion, la notion de pro­fit n’ap­pa­raît pas encore. Elle vient beau­coup plus tard, à l’é­poque où le troc pri­mi­tif va se per­fec­tion­ner à son tour, au point de faire un pas de géant, avec l’in­ven­tion de la mon­naie. Quelle sim­pli­fi­ca­tion ! Au lieu de me mettre en quête de l’homme qui a pré­ci­sé­ment ce dont j’ai besoin et qui, en même temps, convoite ce que je pos­sède, je n’ai plus à faire que la pre­mière opé­ra­tion : trou­ver l’homme qui détient ce que je désire, sans me sou­cier s’il vou­dra ce que j’ai fabri­qué moi-même. Je lui don­ne­rai de la mon­naie qu’il accep­te­ra, car il pour­ra la tro­quer le jour qu’il lui plai­ra contre l’ob­jet dont il aura besoin. Quelle décou­verte magni­fique que celle de la monnaie !

    Nous arri­vons aux temps modernes, dit l’industriel.

    Pas encore, homme pres­sé, reprit Her­mo­dan. La mon­naie, vous le savez bien, exis­ta dès la plus haute anti­qui­té. Les Hébreux la connais­saient déjà.

    Et sûre­ment savaient aus­si s’en ser­vir, ajou­ta le pharmacien.

    Mais avant d’ar­ri­ver à l’or et à l’argent, reprit Her­mo­dan, que d’ob­jets hété­ro­clites ser­virent de mon­naie ! D’a­bord les pro­duits de la nature : noix de coco, riz, thé, pointes en silex taillé, coquillages, des ani­maux, des boeufs…

    Des boeufs ! s’é­ton­na le Militant.

    Des boeufs, reprit Her­mo­dan… Ache­ter le silence de quel­qu’un, c’é­tait lui mettre un boeuf sur la langue. Après les ani­maux vinrent presque tous les métaux, enfin exclu­si­ve­ment l’or et l’argent. Nous disions que l’u­sage de la mon­naie a per­mis de sim­pli­fier le troc en le décom­po­sant en deux opé­ra­tions : mar­chan­dise contre mon­naie, puis mon­naie contre mar­chan­dise. Tout le monde est prêt à accep­ter de la mon­naie puis-qu’a­vec elle on se pro­cure toutes choses aus­si bien aujourd’­hui que dans l’avenir.

    Mais remar­quez que, dans ce troc per­fec­tion­né, si les deux échan­gistes sont bien tou­jours en pré­sence, les objets dont ils ont res­pec­ti­ve­ment besoin n’y sont plus. Sur ces deux objets il n’y en a plus qu’un seul en scène. Si je reprends l’exemple de tout à l’heure, je vois que je suis seul à offrir de la farine. J’ai, en face de moi, un ou plu­sieurs ache­teurs qui en ont besoin et qui sont déten­teurs de mon­naie. Il est clair qu’il est presque impos­sible désor­mais de mesu­rer l’in­ten­si­té des dési­rs qui s’af­frontent. Quelle quan­ti­té de mon­naie vais-je récla­mer en échange de ma farine ? La quan­ti­té qui me sera deman­dée plus tard par celui qui détient le jave­lot ? Jamais de la vie. Je vends ma farine alors que je n’ai pas encore besoin du jave­lot. Qu’est-ce qui va donc me décider ?

    Vous en deman­de­rez le plus pos­sible, dit le phar­ma­cien, c’est du moins ce que je fais tous les jours pour mes produits.

    Et vous avez rai­son, reprit Her­mo­dan. D’une part, j’ai plu­sieurs ache­teurs devant moi et il est assez natu­rel que je les mette en concur­rence. D’autre part, je suis obli­gé d’ap­pré­cier en mon­naie le sacri­fice que je fais ; donc je cal­cule, oh ! très approxi­ma­ti­ve­ment j’en conviens, le prix de revient de ma farine. Ce cal­cul est pos­sible du moment que toutes les valeurs s’ex­priment main­te­nant en mon­naie. Et alors je deman­de­rai un petit peu plus que ce prix de revient, car je ne veux pas avoir tra­vaillé pour rien. Je veux un pro­fit ! Voi­là la nais­sance du pro­fit, ce fameux pro­fit qui va deve­nir le grand moteur de l’ac­ti­vi­té humaine. Le régime capi­ta­liste est né. Évi­dem­ment, je ne sau­rai trop le répé­ter, je vous ai sim­pli­fié tout ce méca­nisme à l’ex­trême et sans pré­tendre à l’exac­ti­tude his­to­rique, mais il me paraît logique que les choses se soient pas­sées de la sorte.
    Je conti­nue. La recherche du pro­fit devient le mobile de la plu­part de nos actions. Aujourd’­hui on ne fait pas pous­ser du blé pour nour­rir des hommes, mais pour gagner de l’argent, cette mar­chan­dise idéale que tout le monde désire, puisque, grâce à elle, il devient pos­sible de se pro­cu­rer toutes les autres. On n’é­lève pas une mai­son de six étages pour loger ses conci­toyens, mais pour gagner de l’argent. On ne fabrique pas des vête­ments pour habiller les hommes et les femmes, mais pour gagner de l’argent. On extrait du char­bon des mines, non pour chauf­fer ses sem­blables, mais pour gagner de l’argent. On n’é­lève pas des ani­maux de bou­che­rie pour appro­vi­sion­ner les cui­si­nières, mais pour gagner de l’argent. On ne fabrique pas du ciment pour construire des immeubles, mais pour gagner de l’argent, et ain­si de suite… Bref la pro­duc­tion des richesses n’est plus une fin en soi, mais un moyen de réa­li­ser un pro­fit, c’est-à-dire de gagner de l’argent.
    Si ce pro­fit n’est pas consom­mé, si on l’é­pargne comme on dit cou­ram­ment, il devient du capi­tal dans le sens étroit du mot.
    Alors on a recher­ché ce « capi­tal », car, grâce au pro­grès tech­nique, il va ser­vir à consti­tuer l’ou­tillage néces­saire pour pro­duire en grand. Le déten­teur de ce capi­tal va se bor­ner à le prê­ter à celui qui s’en ser­vi­ra, et il exi­ge­ra un pro­fit pour le ser­vice rendu.

    Le déten­teur de ce capi­tal va un beau jour pou­voir vivre sans tra­vailler, rien qu’en le prê­tant. Il va vivre des reve­nus de son capi­tal à condi­tion que celui-ci en pro­duise, c’est-à-dire à condi­tion qu’il soit inves­ti dans une entre­prise de pro­duc­tion. Tra­vail, capi­tal, tech­nique, tout est diri­gé vers un seul but : pro­duire, pro­duire encore, pro­duire tou­jours, et réa­li­ser le plus de pro­fit possible.
    — Il y a cepen­dant des excep­tions à votre règle, inter­rom­pit le pro­prié­taire ter­rien. Nous connais­sons des hommes dés­in­té­res­sés qui tra­vaillent pour la science, les arts ; d’autres qui se consacrent au bien public. Toutes les pro­fes­sions libé­rales, par exemple.

    Évi­dem­ment, il n’y a rien d’ab­so­lu dans ce que je dis, réplique Her­mo­dan. Mais si la recherche du pro­fit s’ap­plique aux agri­cul­teurs, aux indus­triels, aux com­mer­çants, aux ban­quiers, je puis bien affir­mer que cette recherche dirige les actes de la presque tota­li­té de nos contemporains.

    Y com­pris le phar­ma­cien, dit l’in­gé­nieur en s’a­dres­sant à son voi­sin, car enfin vous avez avoué que vous ne tra­vailliez pas pour la gloire.

    Pas de per­son­na­li­tés, dit Her­mo­dan. Je recon­nais qu’il y a des pro­fes­sions dés­in­té­res­sées, mais j’a­joute que les hommes d’é­lite se plaignent sou­vent de ne pou­voir que « joindre tout juste les deux bouts », ce qui peut paraître comme l’ex­pres­sion du regret dis­cret de ne pas réa­li­ser le plus petit béné­fice. En tous cas, si des savants dés­in­té­res­sés font des décou­vertes sen­sa­tion­nelles, celles-ci ne tardent pas à être exploi­tées par d’autres en vue d’un pro­fit sub­stan­tiel, et l’on peut dire que le pro­grès technique…

    Ah ! nous y revoi­là, inter­rom­pit l’in­gé­nieur en souriant.

    Ce n’est pas de la science que je fais le pro­cès, reprit Her­mo­dan en sou­riant lui aus­si, mais je trouve qu’elle devrait pro­fi­ter à l’en­semble des hommes, alors qu’elle a été détour­née, et, si j’ose dire, confis­quée par l’in­té­rêt par­ti­cu­lier qui ne s’en sert que pour en tirer pro­fit. Une inven­tion n’est exploi­tée qu’au­tant qu’elle rap­por­te­ra de l’argent. Est-ce vrai ?

    Toute la col­lec­ti­vi­té en tire béné­fice tout de même, fit l’in­dus­triel, plus ou moins j’en conviens.

    Hum ! fit Her­mo­dan, on pour­rait objec­ter que cer­tains pro­grès tech­niques ne favo­risent qu’une toute petite quan­ti­té d’hommes, une quan­ti­té presque infi­ni­té­si­male. Exemple : les grands paque­bots de luxe, les trains Pul­mann, etc.. Mais là n’est pas la ques­tion. Il y a un côté beau­coup plus grave.

    —- Nous vous écou­tons, dit l’ingénieur.

    Le pro­fit trouve sa jus­ti­fi­ca­tion, conti­nua Her­mo­dan, dans le ser­vice ren­du et nous avons dit que ce ser­vice consis­tait tou­jours à sup­pri­mer la rare­té dont souffre le consom­ma­teur à l’en­droit de l’ob­jet déter­mi­né qu’il convoite. Il est donc clair que plus les mar­chan­dises seront rares et plus le pro­fit sera grand.

    C’est évident, ris­quai-je, le pro­fit est pro­por­tion­nel à la rareté.

    Par exemple, conti­nua Her­mo­dan, si je pou­vais être seul à Paris à pos­sé­der des oranges, je les ven­drais plus cher qu’au­jourd’­hui où ce fruit se trouve dans toutes les mai­sons d’a­li­men­ta­tion. Le pro­fit inté­gral, sans dis­cus­sion aucune, c’est celui qui résulte de l’ex­ploi­ta­tion d’un mono­pole. Au contraire, le pro­fit dimi­nue, au point de dis­pa­raître com­plè­te­ment, si l’a­bon­dance sur­vient. Que valent les pommes en Nor­man­die dans une année de pommes ? Je connais des coins où l’on ne se donne même pas la peine de les ramas­ser. Voyez-vous où je veux en venir ?

    Au blé qui ne se vend plus, tel­le­ment il est abon­dant, au point que l’on consi­dère une bonne récolte comme un cata­clysme, répon­dit le négo­ciant parisien.

    Ce qui devrait jus­ti­fier l’é­le­vage en grand des cha­ran­çons, dit le pharmacien.

    Je veux en venir à ceci, dit Her­mo­dan. C’est que l’a­bon­dance finit par tuer le pro­fit. Or, grâce au pro­grès tech­nique, la pro­duc­tion enfle avec une rapi­di­té de plus en plus grande, et le mar­ché — pour me ser­vir du mot juste — est vite satu­ré. A ce moment-là, c’est un ren­ver­se­ment bru­tal de la vapeur, et l’é­co­no­mie déraille d’a­bord, chan­celle ensuite.

    —Nous n’en sommes pas là, dit le pro­prié­taire terrien.

    —Nous en sommes par­fai­te­ment là, rétor­qua Her­mo­dan. N’a­vez-vous pas enten­du par­ler des récoltes qu’on laisse pour­rir sur place en Amé­rique, et du café du Bré­sil que l’on jette à la mer ? Je ne vais pas reprendre notre vieille dis­cus­sion. Je vous répète qu’il y a deux sortes d’a­bon­dance, et c’est de leur confu­sion que pro­viennent tous nos mal­en­ten­dus. Il y a l’a­bon­dance réelle, celle du lan­gage cou­rant, et qui signi­fie « qu’il y en a pour tout le monde ». Divi­sons l’en­semble des récoltes que pro­duit la pla­nète par l’en­semble de la popu­la­tion du globe, et nous voyons, en effet, que tous les hommes sont encore loin de pou­voir man­ger à leur faim. Cette abon­dance théo­rique n’a aucune espèce d’im­por­tance dans notre civi­li­sa­tion. S’en pré­oc­cu­per, c’est com­mettre l’er­reur de Ford qui pré­ten­dait s’en­tê­ter à construire des voi­tures jus­qu’à ce que chaque homme pos­sé­dât son auto­mo­bile. Puis, il y a l’a­bon­dance effec­tive qui, elle, est beau­coup plus res­treinte que l’autre, car elle se limite à la satis­fac­tion des besoins sol­vables. Et ceux-ci sont infi­ni­ment moins nom­breux que les besoins humains. La satu­ra­tion du mar­ché se pro­duit de plus en plus vite, au fur et à mesure que la tech­nique, en pro­gres­sant, dégage du tra­vail humain et fait dis­pa­raître des consom­ma­teurs. Cette abon­dance-là est la seule dont nous ayons à tenir compte dans l’é­tat actuel des choses. Elle va en se rétré­cis­sant comme une peau de cha­grin. Pour­quoi cette satu­ra­tion du mar­ché vient-elle si vite ? Parce que deux voies y conduisent : d’une part, la pro­duc­tion aug­mente —grâce au pro­grès tech­nique ; d’autre part, la consom­ma­tion dimi­nue — du fait encore du pro­grès technique.

    — On n’a qu’à pro­duire moins, obser­va le négo­ciant parisien.

    — Si l’on pro­duit moins, ripos­ta Her­mo­dan, on remer­cie­ra du per­son­nel et l’on fer­me­ra des usines, donc on aug­men­te­ra encore l’ar­mée des sous- consommateurs.

    C’est un cercle vicieux, dit l’in­dus­triel, en s’im­pa­tien­tant. Je ne vous suis plus.

    Vou­lez-vous admettre un ins­tant que j’aie rai­son, dit Her­mo­dan froi­de­ment. Je réca­pi­tule : les hommes pro­duisent dans le but de réa­li­ser un pro­fit. Ce pro­fit n’existe qu’au­tant qu’il est jus­ti­fié par le ser­vice que rend le pro­duc­teur au consom­ma­teur en dimi­nuant la rare­té des choses utiles dont il manque. Mais voi­là que la rare­té dis­pa­raît pour des causes diverses, mais qui résultent toutes d’un machi­nisme de plus en plus per­fec­tion­né. La rare­té dis­pa­rais­sant, le pro­fit s’ef­fondre. Si tout ce qui pré­cède était exact, à quels phé­no­mènes assisterions-nous ?

    — Ma foi, dit le pro­prié­taire ter­rien, j’a­per­çois quelques consé­quences logiques. Si le pro­fit vient à dis­pa­raître, tous les pro­duc­teurs subissent des pertes, car il faut réa­li­ser des béné­fices pour amor­tir le maté­riel et payer les inté­rêts des sommes qu’ils ont été obli­gés d’emprunter.

    —Donc la para­ly­sie gagne­rait les affaires et dimi­nue­rait le bien-être géné­ral, dit Hermodan.

    Oui, reprit le pro­prié­taire ter­rien, et l’on devrait assis­ter à d’in­nom­brables faillites.

    C’est une chose évi­dem­ment très rare par le temps qui court, dit iro­ni­que­ment Her­mo­dan ; et puis ?

    Les capi­taux inves­tis dans les affaires, conti­nua le pro­prié­taire ter­rien, seraient de moins en moins rémunérés.

    Et que devien­draient les capi­taux dis­po­nibles ? inter­ro­gea Hermodan.

    Je ne vois pas bien ce qu’ils pour­raient faire, répli­qua le pro­prié­taire ter­rien, dès l’ins­tant où aucun emploi rému­né­ra­teur n’exis­te­rait plus pour eux. Ils atten­draient des jours meilleurs.

    Tiens, dit Her­mo­dan, la thé­sau­ri­sa­tion ferait-elle son appa­ri­tion dans le monde ? Nous n’en sommes sûre­ment pas là, puisque mon hypo­thèse est fausse, fit-il en sou­riant ; cepen­dant j’ai enten­du dire que les billets se cachaient par­tout, aus­si bien aux États-Unis qu’en France. On parle de mil­liards qui dor­mi­raient dans les coffres. Au reste, qu’i­raient faire les capi­taux hors de leur cachette ? Ali­men­ter des affaires exis­tantes qui ne rap­portent plus ! En créer de nou­velles pour aug­men­ter encore cette abon­dance désas­treuse qui abou­tit à la sous-consom­ma­tion ? J’ai l’im­pres­sion, mais ce n’est qu’une impres­sion, je me hâte de le dire, que si l’argent ne tra­vaille pas, c’est parce qu’il a inté­rêt à ne pas travailler.

    Il a remar­qué que tous les emplois sont dan­ge­reux, que tout inves­tis­se­ment est aléa­toire. Le capi­ta­liste agit comme s’il s’é­tait aper­çu qu’il existe plus de risques de perdre son argent que de chances de le faire fruc­ti­fier. Alors il s’abstient.

    —Ici non plus, je ne puis pas vous suivre, dit le pro­prié­taire ter­rien. Cette thé­sau­ri­sa­tion uni­ver­selle a une autre cause : le manque de confiance. Si l’argent cir­cu­lait comme autre­fois, votre fameuse crise serait bien vite terminée.

    —Évi­dem­ment, dit Her­mo­dan, mais voi­là ! il ne cir­cule pas ; trou­vez donc le moyen de le faire circuler !

    En réta­blis­sant la confiance, en ras­su­rant l’é­pargne, répli­qua le pro­prié­taire terrien.

    J’ai essayé votre for­mule auprès d’un de mes malades, dit Her­mo­dan. Je le trouve ali­té, en proie à la fièvre et dans l’im­pos­si­bi­li­té de se sus­ten­ter parce que son esto­mac ne digère rien. Levez-vous, lui dis-je, sor­tez, man­gez, dor­mez que diable ! — Hélas, doc­teur, je ne puis pas. — C’est que vous man­quez de confiance mon ami, tel fut mon diagnostic…
    L’in­dus­triel fit alors remar­quer que, si l’a­bon­dance n’a­néan­tis­sait pas encore com­plè­te­ment le pro­fit, la fis­ca­li­té était en train de s’en charger. …/…

    — Les hommes, dis-je, ont lut­té contre la rare­té des choses utiles, car elles n’é­taient pas assez nom­breuses pour pou­voir satis­faire les besoins de tous. Jus­qu’i­ci, c’est très clair. Nous avons dit, ensuite, que le ser­vice que l’on rend à son pro­chain, en fai­sant dis­pa­raître la rare­té de l’ob­jet qu’il convoite, jus­ti­fie le pro­fit. C’est encore admis­sible. Mais la recherche du pro­fit a pro­vo­qué l’in­ven­tion de machines de plus en plus per­fec­tion­nées qui, tra­vaillant mieux et plus vite que les hommes, finissent par faire dis­pa­raître la rare­té à laquelle le pro­grès tech­nique sub­sti­tue peu à peu l’a­bon­dance. C’est ici que les dif­fi­cul­tés com­mencent, puisque l’a­bon­dance, détrui­sant la rare­té, fait dis­pa­raître ipso fac­to le pro­fit. Ce serait le phé­no­mène auquel nous assis­tons impuis­sants ‑et qui se tra­duit par un ralen­tis­se­ment de plus en plus accen­tué de l’ac­ti­vi­té éco­no­mique. La solu­tion consis­te­rait à réta­blir le pro­fit. Est-ce donc impossible ?

    J’al­lais pré­ci­sé­ment vous le deman­der, dit Her­mo­dan. En ce qui me concerne, je ne vois qu’un moyen : sup­pri­mer la cause qui le détruit, donc sup­pri­mer l’a­bon­dance. Les hommes s’y emploient avec ardeur et ingé­nio­si­té depuis un cer­tain nombre d’années. …/…

    C’est tou­jours la pro­duc­tion qui est en avance. Cher­chez la cause de cette avance trop rapide et vous trou­ve­rez tou­jours le même cou­pable : le machi­nisme. Car, en rem­pla­çant constam­ment des hommes par des machines, il per­met de pro­duire davan­tage en même temps qu’il oblige les hommes à consom­mer moins.

    — Oui, vous nous l’a­vez expli­qué, dit l’in­dus­triel ; les hommes dont le tra­vail a dis­pa­ru ne peuvent plus consom­mer comme auparavant.

    Je dis que le mal ne peut aller qu’en empi­rant, conti­nua Her­mo­dan. Le pro­grès tech­nique rompt et rom­pra tou­jours l’é­qui­libre entre la pro­duc­tion et la consom­ma­tion. Dès qu’on croit être reve­nu à la san­té, ce diable de pro­grès tech­nique vous replonge dans le désordre. Car, en somme, l’i­déal ne serait-il pas que pro­duc­tion et consom­ma­tion vou­lussent bien se main­te­nir en équi­libre constant ? Dans cette hypo­thèse, il n’y aurait ni sur­pro­duc­tion, ni sous-consom­ma­tion. Je dis que c’est impossible.

    Prou­vez-le, dit le pro­prié­taire terrien.

    — Voi­ci une balance, reprit Her­mo­dan, com­po­sée de deux pla­teaux. J’ap­pelle l’un, pla­teau de la pro­duc­tion ; l’autre, pla­teau de la consom­ma­tion. Ces deux pla­teaux ne res­te­ront jamais à la même hauteur…

    — C’est évident, inter­rom­pit l’in­dus­triel, ils ne sup­portent pas tou­jours les mêmes poids, car on en ajoute conti­nuel­le­ment des deux côtés ; on pro­duit plus, mais on consomme davan­tage tous les ans ; nous vivons tout de même mieux que nos ancêtres !

    Vous me sui­vez mal, dit Her­mo­dan. Mes deux pla­teaux pour­raient quand même res­ter à la même hau­teur, c’est-à-dire en équi­libre, mais il fau­drait, pour cela, ajou­ter sur cha­cun d’eux des poids rigou­reu­se­ment égaux. Or on en met tou­jours davan­tage sur le pla­teau « production ».

    Pour­quoi tou­jours ? dis-je à mon tour.

    Parce que, dès que vous en pla­cez sur le pla­teau « pro­duc­tion », vous en reti­rez sur le pla­teau « consommation ».

    Impos­sible de vous suivre, dit l’industriel.

    C’est cepen­dant simple ! conti­nua Her­mo­dan. Qu’est-ce qui aug­mente la pro­duc­tion ? Le pro­grès tech­nique. Ce pro­grès n’a­joute un poids que d’un côté seule­ment de la balance. Mais il libère de la main-d’oeuvre, car il fabrique des chô­meurs qui deviennent des sous-consom­ma­teurs ; donc il faut enle­ver quelque chose sur l’autre pla­teau. Vous aug­men­tez les poids de l’un ; vous dimi­nuez les poids de l’autre : l’é­qui­libre est rompu.

    C’est la crise, dit l’in­dus­triel, mais alors les pro­duc­teurs font faillite et tombent comme châ­teaux de cartes, autre­ment dit le pla­teau « pro­duc­tion » se vide d’une par­tie de sa charge. Il remonte et retrouve le pla­teau « consommation ».

    Mais le pro­grès tech­nique ne s’ar­rête pas, reprit Her­mo­dan. Bien au contraire, et l’é­qui­libre est à nou­veau rom­pu. Sans comp­ter l’épargne…

    Que vient faire l’é­pargne dans cette galère, ou plu­tôt dans cette balance ? inter­rom­pit le pharmacien.

    Elle y joue un grand rôle, reprit Her­mo­dan sans se trou­bler. L’é­pargne, c’est, com­ment di-rai-je, une richesse non consom­mée, mise en réserve, Que fait-on des épargnes ?

    On les place plus ou moins bien, plu­tôt mal que bien, dit le pharmacien.

    Par­don, on les enlève du pla­teau « consom­ma­tion », puisque ce sont des richesses non consom­mées, et on les place sur l’autre pla­teau de la balance, c’est-à-dire sur le pla­teau « pro­duc­tion », car on veut que les épargnes soient pro­duc­tives. C’est le pla­teau « pro­duc­tion » qui recueille ces épargnes. D’où accen­tua­tion du déséquilibre,

    — Ce que vous dites là, fit remar­quer le pro­prié­taire ter­rien, c’est encore et tou­jours de la théo­rie. Les faits heu­reu­se­ment ne le confirment pas.

    — Je vous demande res­pec­tueu­se­ment par­don, dit Her­mo­dan, les faits prouvent, comme j’ai eu l’hon­neur de vous l’ex­po­ser, que la pro­duc­tion, aug­men­tant avec le pro­grès tech­nique, ne cesse de s’ac­croître, presque d’une façon illi­mi­tée, tan­dis que la consom­ma­tion, elle, est stric­te­ment bor­née par les besoins sol­vables, ceux-ci dimi­nuant dans la mesure où le tra­vail humain est réduit. Le dés­équi­libre des deux pla­teaux est constant et le pla­teau « pro­duc­tion » se charge de plus en plus au détri­ment du pla­teau « consom­ma­tion ». La pro­duc­tion pro­cède par bonds, aiguillon­née par le pro­grès du machi­nisme, que per­mettent de réa­li­ser les décou­vertes scien­ti­fiques ou les per­fec­tion­ne­ments des pra­ti­ciens. Chaque fois que l’é­cart entre pro­duc­tion et consom­ma­tion est trop grand, c’est la crise obli­ga­toire. Les stocks appa­raissent, l’argent ren­ché­rit, la pro­duc­tion est obli­gée de frei­ner ; alors, comme vous le disiez, la débâcle sur­vient qui décharge le pla­teau « pro­duc­tion » d’une par­tie de son excé­dent. Il monte ; le pla­teau « consom­ma­tion » baisse ; l’é­qui­libre est réta­bli ; la crise est ter­mi­née ; tout repart jus­qu’à la pro­chaine. Mais chaque fois le désordre est plus grand, car l’é­cart est plus considérable.
    …/…

    Je me borne à consta­ter, dit Her­mo­dan, que la pro­duc­tion, au lieu d’être basée sur l’en­semble des besoins des hommes, ne trouve au contraire des débou­chés que dans la pro­por­tion des besoins sol­vables, ce qui pro­voque, d’une part, des stocks inutiles, d’autre part, la misère. Je constate que le pro­grès tech­nique, au lieu de pro­fi­ter à l’hu­ma­ni­té tout entière, ne pro­fite guère qu’aux pri­vi­lé­giés de la for­tune et aux pri­vi­lé­giés du travail.

    Je constate, encore, que le machi­nisme tue d’a­bord l’ar­ti­sa­nat et réduit l’ar­ti­san au rôle d’ou­vrier d’u­sine ; qu’il l’o­blige à quit­ter son pays pour venir s’ag­glu­ti­ner aux centres indus­triels deve­nus d’é­normes aspi­ra­teurs de main-d’oeuvre ; qu’il l’a­ban­donne ensuite à la détresse autour d’im­menses stocks que le tra­vail a per­mis d’ac­cu­mu­ler. Je constate qu’il y a trente mil­lions de chô­meurs dans le monde et je redoute, avec logique, que leur nombre n’aille crois­sant, même si quelques petites reprises par­tielles font naitre d’illu­soires espoirs. Je constate…
    …/…

    Mais reve­nons au pro­blème. Si le pro­grès tech­nique est le grand cou­pable, on devrait essayer de l’en­rayer. J’ai lu dans un livre « Nous fai­sons fausse route » qu’on devrait impo­ser lour­de­ment les trans­for­ma­tions de maté­riel. Est-ce un remède ?

    — Je crois, dit Her­mo­dan, que vous inter­pré­tez inexac­te­ment la pen­sée de l’au­teur. Celui-ci constate, comme nous, la cause prin­ci­pale de la crise mon­diale. Il cherche à démon­trer que le pro­grès tech­nique ne s’ar­rê­tant jamais, il va com­pro­mettre la soli­di­té du régime social lui-même.

    .../...

    Je vais essayer de vous faire tou­cher du doigt la contra­dic­tion qui se dégage du rap­pro­che­ment de ces mots : « éco­no­mie diri­gée » et « capi­ta­lisme ». Pla­çons-nous, une seconde, dans l’hy­po­thèse où votre dic­ta­teur éco­no­mique est en fonc­tions. Je viens de décou­vrir un nou­veau pro­cé­dé scien­ti­fique qui va me per­mettre, grâce à un four élec­trique, de fabri­quer un ciment de qua­li­té excep­tion­nelle et à très bon mar­ché. Je me frotte les mains et me vois déjà en train de révo­lu­tion­ner l’in­dus­trie des liants hydrau­liques. Je sol­li­cite donc l’au­to­ri­sa­tion d’ex­ploi­ter ma décou­verte et de fabri­quer mon ciment. J’a­dresse une demande au direc­teur de l’é­co­no­mie diri­gée. Que fait-il ? Admet­tons, puisque nous sommes dans le domaine de l’hy­po­thèse, qu’il veuille bien m’en­voyer un accu­sé de récep­tion. Et ensuite ? Ensuite, il étu­die­ra ou fera étu­dier mon pro­cé­dé, il en décou­vri­ra, c’est tou­jours une hypo­thèse, toutes les consé­quences qui sont : pri­mo, que je vais pou­voir fabri­quer un meilleur ciment que mes concur­rents ; secun­do, à un prix moins éle­vé ; mais il va sans doute s’a­per­ce­voir que, ter­tio, il existe déjà des stocks de ciment un peu par­tout et, quar­to, que ma nou­velle fabri­ca­tion va les aug­men­ter. Le dic­ta­teur fron­ce­ra le sour­cil. Comme, en rai­son de mon bas prix de revient, je dois pou­voir vendre mes pro­duits tan­dis que mes concur­rents ne pour­ront écou­ler les leurs, il va bon­dir sur son sty­lo pour me signi­fier son refus de don­ner suite. Il aura rai­son, à son point de vue, car, si je réus­sis — et je dois réus­sir —, mes concur­rents vont peut-être être obli­gés d’ar­rê­ter leur fabri­ca­tion et de licen­cier leurs ouvriers, d’où trouble sérieux dans l’é­co­no­mie natio­nale. Vous voyez les consé­quences du refus ? C’est l’ar­rêt de toute tech­nique nou­velle puis­qu’elle ne peut sur­gir qu’en bous­cu­lant quelque chose. Or peut-on arrê­ter long­temps le pro­grès ? Non, puisque, nous le répé­tons ici chaque soir, il fait par­tie de la nature humaine.

    Mais ce n’est pas tout : si j’ai deman­dé cette auto­ri­sa­tion de fabri­quer mon ciment nou­veau, c’est que, pour moi, les stocks ne m’in­quié­taient pas du moment que je puis gagner de l’argent en ven­dant moins cher. Étant sûr de vendre, je suis sûr de réa­li­ser un pro­fit. C’est l’es­poir de ce pro­fit qui me gui­dait, qui me pous­sait à ris­quer mon temps et des capi­taux. L’é­co­no­mie diri­gée va donc m’empêcher de réa­li­ser un pro­fit par­fai­te­ment légi­time, puisque je n’en­freins ni loi, ni règle­ment. Alors com­ment vais-je faire pour vivre ? Et mon cas n’est pas unique. Il se pré­sen­te­ra toutes les fois que quel­qu’un vou­dra entre­prendre quelque chose de neuf. Oui, com­ment pour­ront vivre, dans une éco­no­mie diri­gée, ceux aux­quels on va refu­ser le droit de réa­li­ser ce « pro­fit » qui est à la base de toute acti­vi­té éco­no­mique ? En sub­sti­tuant l’au­to­ri­té au « pro­fit », ne voit-on pas que l’on bou­le­verse, d’un seul coup, tout notre régime social ? Votre « éco­no­mie diri­gée », c’est la néga­tion même du « capi­ta­lisme ». Alors pour­quoi accou­pler ces mots qui appar­tiennent, l’un au régime de la pro­prié­té col­lec­tive, l’autre à celui de la liber­té indi­vi­duelle ? L’é­co­no­mie diri­gée ne peut se conce­voir dans une éco­no­mie qui, comme la nôtre, est déjà diri­gée par un maître impé­rieux : l’in­té­rêt personnel.
    C’est donc sau­ter à pieds joints dans une orga­ni­sa­tion où cha­cun de nous fera ce qu’on lui ordon­ne­ra de faire, de la manière et dans la mesure que le com­por­te­ront les ordres qu’il recevra…/…

    Si vous me deman­dez, sim­ple­ment, dans quelle voie notre socié­té capi­ta­liste pour­rait s’en­ga­ger pour évi­ter de dis­pa­raître bru­ta­le­ment, c’est une autre affaire. Du moment que nous ne vati­ci­nons pas, je veux bien vous confier que je ne vois pas pour­quoi la race humaine serait condam­née au tra­vail à per­pé­tui­té ? Ou alors il ne fal­lait pas la doter d’un cer­veau grâce auquel elle oblige la matière à tra­vailler à sa place. Des tré­sors de patience et d’in­tel­li­gence ont été dépen­sés par des géné­ra­tions et des géné­ra­tions, pour inven­ter et mettre au point des machines qui, de plus en plus, rem­placent le tra­vail des hommes. Nous assis­tons aujourd’­hui à la grande relève des tra­vailleurs par la matière dis­ci­pli­née et ani­mée d’une force de pro­duc­tion. Ne peut-on conce­voir une évo­lu­tion du capi­ta­lisme qui tienne compte de cette relève, sans obli­ger l’ar­mée qui des­cend des lignes à mou­rir de faim ?

    …/…
    Le chô­mage serait donc un bien ? dit timi­de­ment le pro­prié­taire terrien.

    Théo­ri­que­ment, il est la preuve irré­fu­table que le pays, où il sévit, a réa­li­sé de grands pro­grès tech­niques dans sa pro­duc­tion, répon­dit Her­mo­dan. Théo­ri­que­ment tou­jours, ces hommes qui ne sont plus obli­gés de tenir la tran­chée, ces hommes qui ont été rele­vés par les machines, sont le signe qu’une vic­toire a été rem­por­tée par le com­man­de­ment, c’est-à-dire par l’in­tel­li­gence. La pré­sence de ces affran­chis devrait être un élé­ment de confiance, de récon­fort, de fier­té pour toute la nation. Mais c’est à la nation qu’il incombe de les faire vivre. Elle s’en acquitte un peu par­tout sous forme d’in­dem­ni­tés de chô­mage. Seule­ment, on espère, dans l’é­tat actuel des esprits, que ces secours sont pas­sa­gers et que ces libé­rés ne sont que des per­mis­sion­naires ; qu’ils vont bien­tôt être for­cés de remon­ter aux tran­chées et de reprendre leur métier de galé­rien en tra­vaillant le plus d’heures pos­sible tous les jours. On sou­haite que, pour obte­nir ce résul­tat admi­rable, le niveau indus­triel baisse pro­chai­ne­ment. Quelques-uns vont jus­qu’à rêver qu’on démo­lisse une par­tie de ces esclaves-matière ou che­vaux-vapeur, afin de repla­cer leur far­deau sur des épaules de chair. Que tout le monde retourne au bagne, c’est à cela que s’emploient les experts qui veillent mettre fin au bien­fai­sant chômage.
    …/…

    Évi­dem­ment, je m’a­per­çois que ce que je dis vous sur­prend légè­re­ment. J’in­sis­te­rai donc en affir­mant que, du moment que vous n’a­vez plus besoin de ces hommes, vous êtes dans l’o­bli­ga­tion abso­lue de les faire vivre sans tra­vailler. Car du moment qu’ils sont venus au monde, ils ont droit à la vie. Ils y sont venus comme tous leurs frères, nus, sans poches rem­plies sur les côtés. Est-ce leur faute si toutes les richesses qui existent ont déjà un pro­prié­taire légi­time ? Et si l’a­bon­dance de ces richesses est telle que vous pré­fé­rez les détruire ? Ah ! pour légi­ti­mer cette appro­pria­tion de tout ce qui est néces­saire à la vie, la socié­té a éle­vé le tra­vail à la hau­teur d’une véri­table reli­gion. Ils ont accep­té cette loi, bien qu’elle dût leur paraître dure, et ils se sont mis cou­ra­geu­se­ment à l’oeuvre. Mais voi­là que, grâce au pro­grès tech­nique, leur tra­vail ne vous est plus néces­saire ! C’est cepen­dant leur unique bien, qu’ils sont for­cés d’é­chan­ger contre le mor­ceau de pain indis­pen­sable à la vie. Concluez?… Pré­fé­rez-vous les faire dis­pa­raître comme les che­vaux ? C’est la solu­tion des anthro­po­phages. Elle paraît tel­le­ment odieuse que, dans tous les pays, c’est l’É­tat qui vient en aide à ces soi-disant déshé­ri­tés. Vous savez, d’ailleurs, qu’une atti­tude dif­fé­rente condui­rait droit à la révo­lu­tion, car ils sont de plus en plus nom­breux. Aujourd’­hui 30 mil­lions, demain 35, 40, 50 mil­lions ! Il n’y a pas de rai­son pour que cela s’ar­rête, puisque l’i­déal du pro­grès tech­nique est la sup­pres­sion totale de la main-d’oeuvre.
    …/…

    Logi­que­ment, si la science, grâce aux savants, aux inven­teurs, aux pra­ti­ciens, est par­ve­nue à four­nir à l’hu­ma­ni­té une armée d’un mil­liard d’es­claves de fer, et une autre d’un mil­liard de che­vaux-vapeur, ce n’é­tait pas dans l’in­ten­tion que dis­pa­raissent quelques mil­lions d’hommes, sous pré­texte que leur tra­vail ne deve­nait plus néces­saire. L’homme, contrai­re­ment à ce que vous avez cru, n’é­tait pas condam­né au tra­vail à per­pé­tui­té. Il a dure­ment pei­né jus­qu’à ce qu’il pos­sède cette armée d’es­claves maté­riels qui, désor­mais, vont tra­vailler pour lui. C’est la grande relève qu’il attend, qu’il a pré­pa­rée et qui, enfin, est en marche pour le débar­ras­ser de la cor­vée du labeur. Pour­quoi serait-ce épou­van­table ? La civi­li­sa­tion antique ? Quelques hommes libres por­tés par un monde d’es­claves. Demain ? L’hu­ma­ni­té tout entière sera ces quelques hommes libres, et la matière sera la mul­ti­tude d’es­claves. Je ne vois vrai­ment pas là de quoi nous attris­ter et vous empê­cher de dormir. »

    😉

    Réponse
  237. J.C

    Quelques réflexions :

    C’est éton­nant de voir com­ment nous nous inter­di­sons de conce­voir avec un esprit neuf quelles seraient les meilleures façons, les plus effi­cientes de satis­faire les besoins de chacun.
    Nous répé­tons tou­jours les mêmes vieux sché­mas, les anciens modèles, les  » c’é­tait mieux avant « , les vieilles méthodes avec les mêmes struc­tures et on recommence…

    Les vieilles solu­tions de main­tient de l’an­cien ordre éta­bli, des anciennes >valeurs<, du contrôle où s’é­lève des ques­tions telle que celles du retour de la créa­tion moné­taire par les banques cen­trales natio­nales, de la réduc­tion du chô­mage, du pro­tec­tion­nisme etc.
    Mais ces méthodes ne nous mènent-elles pas au repli natio­na­liste et à la concur­rence inévi­table des nations et des cultures entre elles ? Bref à la guerre, encore et toujours ?
    Que faut-il pré­ser­ver de l’an­cien système ?

    Si l’on veut la paix, elle doit être mon­diale et nous connais­sons les condi­tions de celle-çi.
    Le point, selon moi, n’est pas de se pro­té­ger des abus de pou­voir des plus riches mais de mettre véri­ta­ble­ment et réso­lu­ment fin aux inéga­li­tés éco­no­miques et politiques.

    En finir avec l’argent est indu­bi­ta­ble­ment le meilleur moyen de per­mettre aux indi­vi­dus de prendre le contrôle de leur vie (éco­no­mique et politique).

    Il n’y a pas d’é­ga­li­té poli­tique dans une socié­té où les déci­sions se prennent à la majorité.
    Dans ce que j’ap­pelle une démo­cra­tie indi­vi­dua­li­sée, une par­tie de la popu­la­tion ne prends pas le pas sur l’autre.
    Si on laisse de côté le pou­voir hié­rar­chi­sé des ins­ti­tu­tions, le pou­voir de l’argent et tout ce qui fait que ce n’est pas le bon sens et la rai­son qui triomphe mais des croyances arbi­traires et des inté­rêts limi­tés, alors, puisque c’est le peuple qui s’ex­prime, la ques­tion n’est plus à qui revient le pou­voir mais de ce qui est décidé.

    Grâce au pro­grès tech­niques, L’a­bon­dance étant acquise nous pou­vons nous débar­ras­ser de la monnaie.
    Une fois libé­ré de l’u­sage de la mon­naie, la ques­tion « à qui revient l’argent » et donc qui a (et/ou donne) le droit d’en­tre­prendre est éva­cuée, nous pou­vons nous cen­trer sur ce qui peut être entrepris.

    C’est au vu des expé­riences pas­sés, des moyens que nous avons en notre pos­ses­sion et des besoins de cha­cun que nous pou­vons consi­dé­rer un mode d’or­ga­ni­sa­tion de la socié­té non plus, encore une fois, pour se deman­der qui choi­si mais quelles déci­sions peuvent être prises et com­ment, pour que cha­cun puisse obte­nir ce dont il a besoin et ce dont il aspire.

    Et voi­là que le peuple n’est plus divi­sé par des inté­rêts diver­gents mais se com­pose en vue de l’in­té­rêt géné­ral et particulier.
    Je vois là une démo­cra­tie indi­vi­dua­li­sée où le rôle de chaque indi­vi­du ne lui est plus dic­té, où dans chaque domaine de la vie, dans cha­cun de nos choix, de nos obser­va­tions, notre socié­té a la capa­ci­té de s’a­jus­ter et de nous appor­ter les réponses ration­nelles envi­sa­geables (dans la limite de ce qui nous est connu) sans avoir à faire des lois.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  238. J.C

    Pour ceux qui sou­haitent avoir une idée plus géné­rale de ce que pour­rait être le futur,
    voi­ci quelques extraits de l’ou­vrage « conce­voir le futur », j’ai lais­sé de côté les des­crip­tions des solu­tions tech­no­lo­giques pour per­mettre une lec­ture cen­trée sur les idées essen­tielles pro­po­sées ici.
    Je trouve que ce texte pour­rait être une des conti­nui­tés pos­sibles des pas­sages cités plus haut de ‘la grande relève’:

    « Si la vie vous semble par­fois dérou­tante, si vous vous sen­tez tiraillé dans
    plu­sieurs direc­tions, si vous trou­vez que, peu importe ce que vous faites, vous avez tou­jours les mêmes pro­blèmes, si vous trou­vez que nos façons de faire dans les domaines éco­no­miques, poli­tiques et sociaux créent par­fois plus de dif­fi­cul­tés qu’elles n’en résolvent — c’est que vous sup­por­tez sim­ple­ment votre part de souf­france dans la phase actuelle de tran­si­tion de notre civilisation. »

    « La Règle de la Loi

    Beau­coup pensent que nous avons besoin de légi­fé­rer pour éli­mi­ner nos pro­blèmes. Mais n’avons-nous il plus de lois que nous avons besoin ? Nous avons de nom­breuses lois — des mil­liers et des mil­liers de lois — mais elles sont sans cesse brisées.
    Par exemple, il y a des mil­liers de lois contre le vol. Mais si nous examinons
    ceci de plus près pour jeter un œil aux sta­tis­tiques, nous consta­tons qu’un petit nombre de per­sonnes contrôlent la plu­part des res­sources de la terre alors que la plu­part des gens n’ont pas suf­fi­sam­ment d’argent pour ache­ter le strict nécessaire.
    Com­ment peut-on pen­ser que, sans modi­fier cet état de fait, l’adoption d’une loi per­met­tra d’éviter le vol ? Cela est encore plus dif­fi­cile lorsque la publi­ci­té rend des pro­duits si attrayants. Sans en avoir conscience, les per­sonnes aux États-Unis sont expo­sées à plus de 2500 mes­sages publi­ci­taires par jour.
    Même un trai­té de paix ne peut pas empê­cher une autre guerre si les causes
    sous-jacentes ne sont pas trai­tées. Les lois de la coopé­ra­tion inter­na­tio­nale ne portent pas sur les rai­sons pour les­quelles nous avons besoin de lois – elles tendent juste à figer les choses comme elles sont. Indé­pen­dam­ment des trai­tés, les nations qui ont conquis des terres dans le monde entier par la force et la vio­lence conti­nuent de conser­ver leurs posi­tions ter­ri­to­riales et pro­fi­ter des res­sources. Les trai­tés ne sont qu’un pan­se­ment sur les pro­blèmes et ne servent qu’à remettre les conflits à plus tard, géné­ra­le­ment pour une courte période. Ce qui est néces­saire est peut-être d’avoir des per­sonnes dif­fé­rentes aux postes de gou­ver­ne­ment, des per­sonnes éthiques concer­nées par les autres. Peut être éli­mi­ne­raient-elles la cor­rup­tion et tra­vaille­raient au bien-être de tous. Mais même les per­sonnes les plus éthiques étaient élues à de hautes posi­tions a haute posi­tion et que nous man­quions de res­sources, le men­songe, la tri­che­rie, le vol, et la cor­rup­tion per­sis­te­raient. Ce n’est pas de per­sonnes éthiques dont nous avons
    besoin, mais plu­tôt d’un moyen de ges­tion intel­li­gente des res­sources de la Terre pour le bien-être de tous. »

    « Si nous regar­dons les choses scien­ti­fi­que­ment, il existe plus que suf­fi­sam­ment de nour­ri­ture et de biens maté­riels sur la Terre pour prendre soin de tous les besoins de la popu­la­tion — si elle est gérée cor­rec­te­ment. Il y a assez pour per­mettre à cha­cun d’avoir un niveau de vie très éle­vé avec l’utilisation intel­li­gente de la tech­no­lo­gie, des res­sources et de per­son­nels tech­niques. Quand nous par­lons d’utilisation de la tech­no­lo­gie, nous sous-enten­dons une tech­no­lo­gie qui n’est pas dan­ge­reuse pour les per­sonnes ou l’environnement et qui de gas­pille ni temps ni d’énergie.

    Consi­dé­rez ceci : quand il y a une réces­sion et que les gens ont peu d’argent
    pour ache­ter des choses, la Terre n’est pas tou­jours la même ? N’y a‑t-il encore des mar­chan­dises sur les éta­gères des maga­sins et des terres à culti­ver ? Ce sont juste les règles du jeu que nous jouons qui sont obso­lètes et qui causent tant de souffrances.
    L’existence de l’argent est rare­ment remise en ques­tion ou dis­cu­tée, mais
    consi­dé­rons notre uti­li­sa­tion de l’argent. L’argent lui-même n’a pas de valeur. C’est juste une image sur un mor­ceau de papier bon mar­ché avec un accord entre nous de ce qu’il peut ache­ter. Si demain il pleut des billets de cent dol­lars, tout le monde serait heu­reux, sauf les banquiers.
    L’utilisation de cette ancienne méthode d’échange de biens et de services
    pré­sente de nom­breux incon­vé­nients. Nous allons en exa­mi­ner quelques-uns ici et vous per­mettre d’en ajou­ter à cette liste par vous-même :

    - L’argent est seule­ment une inter­ac­tion entre ce que l’on a besoin et ce que l’on est capable d’obtenir. Ce n’est pas d’argent que les gens ont besoin, mais d’accès aux ressources.
    – L’utilisation de l’argent conduit à la stra­ti­fi­ca­tion sociale et un éli­tisme fondé
    prin­ci­pa­le­ment sur les dis­pa­ri­tés économiques.
    – Les gens ne sont pas égaux sans pou­voir d’achat égal.
    – La plu­part des gens sont esclaves d’emplois qui ne leur plaît pas, parce
    qu’ils ont besoin d’argent.
    – Le besoin d’argent cause, à une immense échelle, cor­rup­tion, cupidité,
    crime, escro­que­ries et autres.
    – La plu­part des lois sont édic­tées pour le béné­fice des cor­po­ra­tions, qui ont
    assez d’argent pour faire pres­sion, cor­rompre, ou per­sua­der les fonc­tion­naires de faire des lois qui servent leurs intérêts.
    – Ceux qui contrôlent le pou­voir d’achat ont une plus grande influence.
    – L’argent est uti­li­sé pour contrô­ler le com­por­te­ment de ceux qui ont un pou­voir d’achat limité.
    – Des biens tels que les den­rées ali­men­taires sont par­fois détruits pour main­te­nir les prix à la hausse, quand les choses sont rares les prix augmentent.
    – Le prin­cipe du « der­nier cri » crée un énorme gas­pillage de maté­riaux et
    des ten­sions sur les res­sources dis­po­nibles afin de créer des mar­chés per­ma­nents pour les fabri­cants grâce à des modi­fi­ca­tions super­fi­cielles de concep­tion chaque année.
    – Le coût éle­vé de l’amélioration des méthodes d’élimination des déchets
    cause (par sa non appli­ca­tion) une énorme dégra­da­tion de l’environnement.
    – La Terre est pillée pour le profit.
    – Les avan­tages de la tech­no­lo­gie ne sont acces­sibles qu’ à ceux qui ont suf­fi­sam­ment de pou­voir d’achat.
    Plus impor­tant encore. Comme la rai­son d’être des cor­po­ra­tions est le profit,
    les déci­sions sont prises dans tous les domaines, non pas au béné­fice de la
    popu­la­tion et de l’environnement, mais essen­tiel­le­ment pour l’acquisition de richesses, de biens, et de pouvoir.

    La pro­chaine phase de déve­lop­pe­ment social
    Qu’avons-nous tous en com­mun ? Que devraient être nos prio­ri­tés ? Toutes
    les nations et les per­sonnes, indé­pen­dam­ment de la phi­lo­so­phie poli­tique, des croyances reli­gieuses, ou des cou­tumes sociales, dépendent de res­sources natu­relles, nous avons tous besoin d’air et d’eau pur, de terres arables pour l’alimentation et de la tech­no­lo­gie et de per­son­nel néces­saires pour main­te­nir un niveau de vie éle­vé. Peut-être devrions nous mettre à jour la manière dont la socié­té fonc­tionne pour que tout le monde sur Terre puisse pro­fi­ter de notre capa­ci­té tech­no­lo­gique à main­te­nir un envi­ron­ne­ment propre et un niveau de vie éle­vé. Il n’y a pas assez d’argent pour com­men­cer à finan­cer ce type de chan­ge­ment, mais il y a plus que suf­fi­sam­ment de res­sources sur Terre pour le créer. »

    « Matière à réflexion :
    La Terre dis­pose de res­sources abon­dantes et notre pra­tique du ration­ne­ment de ces res­sources via l’utilisation de l’argent est une méthode dépas­sée qui cause beau­coup de souf­frances. Ce n’est pas d’argent que nous avons besoin, mais d’une ges­tion intel­li­gente des res­sources de la Terre pour le béné­fice de tous. »

    « L’émergence dans un ave­nir plus sain :

    Pour com­men­cer à mettre en oeuvre une éco­no­mie fon­dée sur les res­sources, les concep­teurs sociaux doivent uti­li­ser la méthode scien­ti­fique et se poser la ques­tion : « Qu’avons-nous ici ?». Avec la néces­si­té que tout soit pré­vu d’une manière la plus effi­cace, confor­table et durable pos­sible, la pre­mière prio­ri­té est de faire une éva­lua­tion pure­ment tech­nique des besoins fon­da­men­taux de la popu­la­tion mon­diale. Le mon­tant des besoins de loge­ment, de nour­ri­ture, d’eau, les soins de san­té, de trans­ports, d’éducation, et autres doit être com­pa­ré aux res­sources que de la pla­nète a à offrir. Cela doit être mis en balance avec les besoins des autres espèces qui consti­tuent la toile de la vie sur Terre.
    Le prin­ci­pal objec­tif est de triom­pher de la pénu­rie et de sub­ve­nir aux besoins
    de tous les peuples du monde. Afin de créer une civi­li­sa­tion viable et durable le plus rapi­de­ment pos­sible, nous avons besoin d’immenses quan­ti­tés d’énergie. Ce dont nous avons déses­pé­ré­ment besoin est une stra­té­gie de déve­lop­pe­ment de l’énergie à l’échelle mon­diale exi­geant une ini­tia­tive com­mune de pla­ni­fi­ca­tion inter­na­tio­nale à un niveau jamais encore atteint.

    Ener­gie

    Une des mesures les plus utiles au déve­lop­pe­ment de la civi­li­sa­tion est la quan­ti­té d’énergie dis­po­nible par per­sonne. Dans une large mesure, le degré de confort phy­sique dont vous pro­fi­tez aujourd’hui est cor­ré­lé à l’énergie mise à votre disposition.
    Ima­gi­nez la para­ly­sie qui se pro­dui­rait si votre appro­vi­sion­ne­ment en élec­tri­ci­té et d’essence était cou­pé et que vous deviez uti­li­ser vos propres muscles pour tout faire.
    Une éco­no­mie fon­dée sur les res­sources va tra­vailler rapi­de­ment sur des
    sources d’énergie propres. Cela n’est pos­sible que quand il n’y a plus de limites moné­taires dans la manière d’accomplir ou de four­nir ce qui est néces­saire. Les res­tric­tions liées au pro­fit, à la pro­prié­té et à la rare­té éli­mi­nées, les labo­ra­toires de recherche pour­raient rapi­de­ment com­men­cer à tra­vailler ensemble et par­ta­ger libre­ment des infor­ma­tions. Les bre­vets ou les infor­ma­tions pro­prié­taires ne seraient plus utiles puisque le but final ne serait pas de faire de l’argent afin de conti­nuer à tra­vailler, mais de par­ve­nir à des résul­tats qui seraient rapi­de­ment et libre­ment à la dis­po­si­tion de l’ensemble de la popu­la­tion de la planète.

    Comme les résul­tats béné­fi­cie­raient immé­dia­te­ment à tous les peuples, beau­coup de gens seraient impa­tients et heu­reux de par­ti­ci­per à un tel pro­jet. Des équipes inter­dis­ci­pli­naires de per­son­nel qua­li­fié, tra­vaille­ront, en confor­mi­té avec les exi­gences du pro­jet, sur l’énergie et sur des sys­tèmes auto­ma­ti­sés de pro­duc­tion et de four­ni­ture de biens et de ser­vices sur une grande échelle. Même les étu­diants par­ti­ci­pe­ront à l’invention de méthodes rapides de réso­lu­tion de ces problèmes.
    Ceux-ci peuvent être les armées de l’avenir : une grande mobi­li­sa­tion paci­fique pour res­tau­rer et pré­ser­ver la Terre et ses habitants. »

    « La clé de l’abondance et d’un haut niveau de vie pour chaque per­sonne sur la pla­nète est d’automatiser autant que pos­sible dans les plus brefs délais. Tout le monde vivra mieux que les plus riches d’aujourd’hui si on rem­place la force de tra­vail humaine par des machines et si l’on met en oeuvre une éco­no­mie fon­dée sur les ressources. »

    « Avec l’économie fon­dée sur les res­sources appa­raissent de nou­veaux sys­tèmes de valeur. Comme per­sonne ne gagne plus finan­ciè­re­ment par les pra­tiques de gas­pillage du pas­sé, le prin­ci­pal objec­tif est de récu­pé­rer et de main­te­nir un envi­ron­ne­ment sain et productif’

    « La ques­tion que nous devons nous poser est : « A quelle fin vou­lons-nous que serve la culture ?»
    Comme le besoin d’argent est dépas­sé et que la nou­velle mission
    est le bien-être de tous et la pro­tec­tion de l’environnement, les réponses
    deviennent faci­le­ment disponibles.
    Le résul­tat est un air et une eau propres, des terres arables, des ali­ments nutri­tifs, des trans­ports effi­caces, une édu­ca­tion per­ti­nente et mise à jour constam­ment, de bons soins de san­té, des inter­ac­tions sociales construc­tives et les villes fonc­tion­nant pour ser­vir ces objec­tifs et plus encore.
    Cela repré­sente une démarche plus humaine pour éla­bo­rer une civi­li­sa­tion qu’une démarche sim­ple­ment fon­dée sur l’opinion.

    Ces machines four­ni­raient des infor­ma­tions plu­tôt que de l’opinion. »

    « Lois :

    Les lois, au mieux, sont des ten­ta­tives de contrôle d’une popu­la­tion et ne
    fonc­tionnent que spo­ra­di­que­ment à grands frais et avec dif­fi­cul­tés. Par­mi les
    autres méthodes de contrôle de com­por­te­ment on trouve le patrio­tisme, la reli­gion, la pro­pa­gande et le natio­na­lisme. Toutes les lois humaines sont faites pour pré­ser­ver l’ordre éta­bli. Mais les lois ne vont jamais à la racine des pro­blèmes et sont constam­ment vio­lées – même par ceux qui les font. Les lois qui ne cor­res­pondent pas à la nature de l’environnement phy­sique seront vio­lées. Avec tant de pri­va­tions éco­no­miques et d’insécurité, même dans la plu­part des pays riches, les mêmes pro­blèmes per­sistent quelque soit le nombre de lois adop­tées. En réa­li­té, c’est la façon dont la socié­té est struc­tu­rée qui est en faute.

    La néces­si­té de lois est le résul­tat d’une socié­té fon­dée sur la pénu­rie. Si une res­source est abon­dante, per­sonne ne la sur­veille. Lorsque les néces­si­tés de la vie sont abon­dants, le sui­vi n’est pas nécessaire.

    Dans une éco­no­mie fon­dée sur les res­sources, la res­pon­sa­bi­li­té sociale n’est
    pas incul­quée par la force, l’intimidation ou des pro­messes de para­dis ou des menaces de l’enfer. La pro­tec­tion de l’environnement natu­rel n’est pas une ques­tion d’amendes ou de péna­li­tés. Les garde-fous contre les abus sont conçus dans l’environnement.
    Un exemple simple de ceci est la concep­tion des villes où les gens ont
    un libre accès aux res­sources gra­tui­te­ment. Cela éli­mine le vol. Ces mesures ne sont pas une ques­tion de trans­mis­sion et de l’application des lois pour pré­ve­nir et répri­mer les abus. Au contraire, elles sont un moyen de sup­pri­mer les défauts de la concep­tion sociale, éli­mi­nant ain­si le besoin pour de nom­breuses lois.

    Afin d’éliminer les acci­dents de la cir­cu­la­tion, une culture repo­sant sur la
    méthode scien­ti­fique n’adopterait pas une loi limi­tant la vitesse à 55 mph (88,5 km/h). Cette culture chan­ge­rait la concep­tion des sys­tèmes de trans­port afin que les acci­dents ne se pro­duisent pas grâce à des trains auto­ma­tiques, des mono­rails, des convoyeurs (hori­zon­taux, ver­ti­caux et radiaux) et des uni­tés indi­vi­duelles dis­po­sant de nom­breux cap­teurs pour dimi­nuer les pos­si­bi­li­tés d’accidents.

    Une socié­té avec des pré­oc­cu­pa­tions huma­nistes « éli­mine par la concep­tion » la néces­si­té des lois et des pro­cla­ma­tions en ren­dant tout dis­po­nibles pour tous indé­pen­dam­ment de la race, la cou­leur ou la croyance religieuse.
    Quand les gou­ver­ne­ments font des lois, des gens sont ame­nés à croire que ces lois sont faites pour pro­té­ger leur vie. En véri­té, les lois sont des sous-pro­duits d’insuffisance. Si nous essayons de contrô­ler le com­por­te­ment humain par la pro­mul­ga­tion de lois ou de signer des trai­tés sans modi­fier les condi­tions phy­siques res­pon­sables de com­por­te­ments aber­rants, nous met­tons un pan­se­ment sur la ques­tion. Au lieu de dépendre d’un sys­tème en échec de puni­tion ou d’incarcération après que les dom­mages aient été fait, nous devons nous inté­res­ser aux insuf­fi­sances de la socié­té. Ce sont des choses comme la pau­vre­té, la mal­nu­tri­tion, les sans-abri, des modèles indi­gents, une faible l’éducation, des enfants sans pers­pec­tives, la vio­lence dans les médias, les conflits fami­liaux et l’absence de vision de socié­té vers laquelle tendre.

    Une éco­no­mie mon­diale fon­dée sur les res­sources entraîne de vastes chan­ge­ments dans les rela­tions humaines et inter­per­son­nelles sans la néces­si­té de lois. Elle le fait en intro­dui­sant un ensemble de valeurs qui répondent aux besoins de tous. Les res­sources et les infor­ma­tions tech­niques sont vus comme le patri­moine com­mun de tous. Ceci repré­sente l’impératif d’unification. S’il est accep­té uni­ver­sel­le­ment, le monde sera témoin de la fin du besoin de l’armement, de guerre, de la drogue, de la cupi­di­té et des autres pro­blèmes cau­sés par la recherche sans fin de l’argent et du pouvoir. »

     » Qu’ils le réa­lisent ou non, dans le sys­tème moné­taire, les gens sont en per­ma­nence mani­pu­lés par les médias. Les croyances les plus pro­fondes sont influen­cées par les livres, le ciné­ma, la télé­vi­sion, les reli­gions, les modèles et l’environnement dans lequel nous vivons. Même les notions du bien et du mal et de les concepts moraux font par­tie du patri­moine cultu­rel et de nos expé­riences. Cette méthode de contrôle ne néces­site pas l’utilisation de la force phy­sique et a un tel suc­cès que nous ne recon­nais­sons ni ne res­sen­tons cette mani­pu­la­tion. Les valeurs domi­nantes de tout sys­tème social viennent rare­ment de la popu­la­tion. Elles repré­sentent plu­tôt le point de vue du groupe contrô­lant domi­nant comme l’église, les mili­taires, les banques, les cor­po­ra­tions, l’élite au pou­voir ou toute com­bi­nai­son de ceux-ci. Ces enti­tés de déter­mi­ner l’agenda public, les tri­bu­naux, les impôts, etc. qui servent leurs propres inté­rêts et per­pé­tuent l’illusion que les valeurs de la socié­té sont déter­mi­nées à par­tir de la base. De plus, les gouvernements
    sup­priment ou mar­gi­na­lisent des déviances qui pour­raient les menacer. »

    « L’un des plus grands fac­teurs limi­tants dans les sys­tèmes humains est notre inca­pa­ci­té à sai­sir la signi­fi­ca­tion des forces sous-jacentes et la mesure dans laquelle l’environnement condi­tionne nos pen­sées, valeurs, et / ou nos com­por­te­ments. Lorsque nous par­lons de l’environnement, nous enten­dons l’ensemble des variables en inter­ac­tion, qui sont les prin­ci­paux contri­bu­teurs à notre état d’esprit. »

    « Réduire les pres­sions humaines :

    Des êtres humains libres de dettes, de l’insécurité et de la peur deviennent de plus en plus aimables. Sans per­sonne ven­dant quoi que ce soit à qui que ce soit ou pri­vant quelqu’un de ses biens ou de son argent, le fon­de­ment mal­sain de l’agressivité humaine est dépas­sé. Les gens ne sont plus écra­sés par des pré­oc­cu­pa­tions lan­ci­nantes qui consomment beau­coup d’attention comme les hypo­thèques, les coûts des soins de san­té, les frais d’éducation, l’assurance incen­die, la réces­sion ou la dépres­sion éco­no­mique, la perte d’emplois et les impôts. Avec l’élimination de ces charges et la sup­pres­sion des condi­tions qui créent des sen­ti­ments d’envie, de cupi­di­té et de concur­rence, la vie aurait beau­coup plus de sens. »

    « L’objectif de ce nou­veau contrat social est d’encourager la concep­tion d’un nou­veau sys­tème d’incitation, qui n’est plus diri­gé vers les objec­tifs étroits et égoïstes de richesse, de pro­prié­té et de pou­voir. Ces nou­velles mesures d’incitation encou­ragent les gens vers l’épanouissement de soi et la créa­ti­vi­té, l’élimination de la pénu­rie, la pro­tec­tion de l’environnement et la plu­part des pré­oc­cu­pa­tions de tous les autres êtres humains. Les gens ont les moyens et le temps pour leur déve­lop­pe­ment intel­lec­tuel et spi­ri­tuel et le temps de réa­li­ser ce que cela signi­fie vrai­ment d’être humain dans une socié­té soli­daire. Plu­tôt que d’évoluer vers un âge de loi­sirs, des per­sonnes vrai­ment intel­li­gentes et enga­gées trou­ve­raient très peu de temps « libre », même sans avoir à « tra­vailler » pour vivre.

    De nou­veaux hori­zons s’ouvrent pour ceux qui n’osaient même pas ima­gi­ner ces pos­si­bi­li­tés de par le pas­sé à cause du manque d’argent ou de temps. Ceux qui ont peu de pou­voir d’achat ont du mal à ima­gi­ner une vie de pos­si­bi­li­tés illimitées.

    Dans un sys­tème moné­taire, la plu­part des per­sonnes vivent à proxi­mi­té de
    leur tra­vail avec une mai­son, une voi­ture et le mode de vie qu’ils peuvent se per­mettre (ou, trop sou­vent, qu’ils ne peuvent pas se per­mettre), plu­tôt que de celui qu’ils pré­fèrent. Ils sont essen­tiel­le­ment aus­si libres que leur pou­voir d’achat leur permet. »

    « Les conflits d’aujourd’hui entre les êtres humains sont sur des valeurs oppo­sées et sur l’accès limi­té aux néces­si­tés de la vie. Si nous par­ve­nons à arri­ver à une civi­li­sa­tion future plus saine, les conflits seront cen­trés sur des pro­blèmes com­muns à tous les humains. Dans une culture vivante et en deve­nir, plu­tôt que d’avoir des conflits entre les nations, les défis aux­quels nous devrons faire face seront de sur­mon­ter la pénu­rie, de restruc­tu­rer des envi­ron­ne­ments endom­ma­gés, de créer des tech­no­lo­gies nova­trices, d’augmenter les ren­de­ments agri­coles, d’améliorer la com­mu­ni­ca­tion, de construire un dia­logue entre les nations, de par­ta­ger les tech­no­lo­gies et de vivre une vie pleine de sens. »

    Voi­là qui j’es­père peut appor­ter quelques éclairages.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  239. Ana Sailland

    « aus­si libres que leur pou­voir d’achat leur permet »

    hum hum

    Contraints à l’o­béis­sance pour obte­nir ce pou­voir d’a­chat , d’a­chat du vital autant que du super­flu, ils ne peuvent accé­der qu’à une liber­té cloî­trée, entre les murs d’une pri­son bien défi­nie, dont la sur­face est pro­por­tion­nelle sou­vent à leur complicité.

    Cro­ma­gnon devait obéir aux forces de la nature.
    L’homme moderne, quel pro­grès ! ,
    qui doit obéir à l’é­gré­gore déten­teur du pou­voir éco­no­mique,
    est désor­mais cou­pé des forces pri­mor­diales ;
    il ne les voit plus et son regard est per­du dans les abysses du sym­bo­lisme moné­taire,
    sym­bo­lisme des­ti­né à le rendre aveugle au réel et à l’es­sence des choses.

    Réponse
  240. Ana Sailland

    Si vous n’en avez pas encore connais­sance, je vous conseille le tra­vail de Phi­lippe, à dif­fu­ser urbi et orbi :

    Du pou­voir d’a­chat au pou­voir d’être

    1⁄7 –

    2⁄7 –

    3⁄7 – >

    4⁄7 –

    5⁄7 –

    6⁄7 –

    7/7 –

    Réponse
  241. J-Stéphane

    Tout cela est rageant, nous avons tout pour être heu­reux et nous accep­tons des règles qui nous menottent sous le pré­texte qu’elles vont nous protéger.

    Si nous ne pou­vons plus les chan­ger, peut-on les mépri­ser et créer une poli­tique et une éco­no­mie parallèles ?

    La mon­naie locale, le tra­vail clan­des­tin et les zones de non-droit ne sont-ils pas les pré­misses d’un sys­tème parallèle ?

    J‑Stéphane

    Réponse
  242. Marc

    Bon­jour à tous,

    que de textes pro­duits et de vidéos depuis la der­nière fois où je suis inter­ve­nu sur ce forum. :o)

    Fai­sant suite à une idée qui a été émise à l’é­poque, je vous annonce que se tien­dra la 
    « 1ère ren­contre pour une civi­li­sa­tion sans argent »
    le same­di 26 jan­vier 2013 toute la jour­née, à Lyon.

    Évi­dem­ment c’est gratuit.

    Infos com­plé­men­taires :
    http://​www​.civi​li​sa​tion​-sans​-argent​.org/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​/​fr/

    On ne sait pas où ira le monde, mais au moins, on cherche à avan­cer, et de pré­fé­rence vers un monde plus humain.

    Ci des­sous, petite vidéo d’annonce.

    Vous êtes tous les bien­ve­nus, Zeit­geist, esprits indé­pen­dants, alternatifs…
    .

    Réponse
  243. J.C

    L’illu­sion de la pos­sible réduc­tion de la masse monétaire

    L’argent étant créée par le cré­dit, toute créa­tion moné­taire implique des inté­rêts pour les­quels il fau­dra s’en­det­ter davan­tage afin de pour pou­voir les rembourser.

    On com­prends alors aisé­ment pour­quoi la masse moné­taire ne peut décroître.
    Ou que l’on aille pour trou­ver de l’argent, c’est tou­jours de la dette. Nous rem­bour­sons des dettes avec une autre dette.
    Puis­qu’on rem­bourse un dette avec une autre dette, toute les dettes ne peuvent être rem­bour­ser simul­ta­né­ment ou sous condi­tion d’une nou­velle dette.
    Parce que chaque rem­bour­se­ment d’une dette est le fruit d’une autre dette avec inté­rêts, tout rem­bour­se­ment glo­bal des dettes est impos­sible, toute réduc­tion de la masse moné­taire l’est tout autant.

    Une dette est tou­jours rem­pla­cée par une autre sinon elle ne pour­rait être remboursée.
    Nous n’a­vons donc pas à nous inquié­ter de la dis­pa­ri­tion de la masse moné­taire puisque tout rem­bour­se­ment est une nou­velle dette.
    Le rem­bour­se­ment d’une dette n’est pas une dis­pa­ri­tion d’argent mais bien l’ap­pelle d’une nou­velle dette et d’une nou­velle créa­tion moné­taire afin de cou­vrir les intérêts.
    L’i­mage de la bai­gnoire de la masse moné­taire qui se vide est donc fausse.

    Réponse
  244. phil82

    Eus­ko

    Pays basque : une mon­naie locale pour un chan­ge­ment global

    Par Rémi Rivière (31 jan­vier 2013)

    « C’est l’une des plus impor­tantes mon­naies locales en France, avec le Sol Vio­lette à Tou­louse : l’eusko vient d’être lan­cé à Bayonne. Quel inté­rêt face à l’euro ? Favo­ri­ser l’économie locale, sou­te­nir les cir­cuits courts, plus éco­lo­giques, déve­lop­per les entre­prises éthiques et contri­buer au pro­grès social. Des dizaines de com­mer­çants, d’artisans et d’associations s’y sont déjà conver­tis. Repor­tage au Pays basque, qui entre dans la zone eusko. »

    « Sor­tir l’argent d’un cir­cuit capitaliste »

    http://​www​.bas​ta​mag​.net/​a​r​t​i​c​l​e​2​9​1​4​.​h​tml

    Réponse
  245. Vassili

    BOn­jour à tous,
    Ne sachant pas où mettre ceci, ici sera une bonne place 🙂

    http://​fr​.wiki​pe​dia​.org/​w​i​k​i​/​B​i​t​c​oin

    Bitcoin1 est une mon­naie élec­tro­nique décen­tra­li­sée conçue en 2009 par le pseu­do­nyme Sato­shi Naka­mo­to. Son uti­li­sa­tion passe par un pro­to­cole infor­ma­tique exé­cu­té par un logi­ciel libre épo­nyme, écrit en C++ et publié sous licence MIT.

    Fonc­tion­nant de façon entiè­re­ment dis­tri­buée, la ges­tion de la mon­naie est répar­tie sur tous les nœuds du réseau, de façon à ce que le bon fonc­tion­ne­ment du sys­tème ne dépende pas de l’in­té­gri­té ou de la com­pé­tence d’un émet­teur cen­tral, mais uni­que­ment de la robus­tesse des pro­cé­dés cryp­to­gra­phiques employés.

    Bit­coin est à la fois une devise moné­taire et un sys­tème de paie­ment dans cette devise. Sous ces deux aspects, bit­coin se dis­tingue des sys­tèmes pré­exis­tants pour les points suivants :

    => contrai­re­ment aux autres devises moné­taires, bit­coin n’est pas l’in­car­na­tion de l’au­to­ri­té d’un état, d’une banque ou d’une entre­prise. La valeur du bit­coin est déter­mi­née de façon entiè­re­ment flot­tante par l’u­sage éco­no­mique qui en est fait et par le mar­ché des changes. Les règles orga­ni­sant l’é­mis­sion moné­taire sont quant à elles déter­mi­nées uni­que­ment par un code infor­ma­tique libre.
    => en tant que sys­tème de paie­ment, bit­coin se dis­tingue par le fait que son fonc­tion­ne­ment ne requiert pas l’u­ti­li­sa­tion d’une infra­struc­ture cen­tra­li­sée tenant les comptes des mon­tants déte­nus afin d’as­su­rer les tran­sac­tions. Ce rôle per­siste mais est attri­bué toutes les dix minutes envi­ron à un ordi­na­teur du réseau choi­si de façon aléatoire.

    Inté­res­sant peu être ? à vous de juger !

    Réponse

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