Nouvelle idée pour garantir la qualité du processus constituant : une chambre de contrôle de l’Assemblée constituante

18/07/2012 | 60 commentaires

Pour GARANTIR la qualité du processus constituant :
une CHAMBRE DE CONTRÔLE de l’Assemblée constituante

Opi­news raté, pardon !

Hier soir, mar­di 17, mobi­li­sé pour bri­co­ler dans le jar­din — enfin au frais, les vacances com­mencent, tout va bien —, j’ai com­plè­te­ment oublié de vous rejoindre sur Opi­news, car­ré­ment… Je suis vrai­ment un affreux ; je vous demande bien pardon.

Je vous par­le­rai donc mar­di pro­chain (si vous ne m’en vou­lez pas trop) de ma nou­velle idée à pro­pos de l’As­sem­blée consti­tuante (idée ins­pi­rée par les détails des cruelles dés­illu­sions ins­ti­tu­tion­nelles que m’ont racon­tées les Tuni­siens la semaine dernière).

En un mot, quand même : les Tuni­siens ont chas­sé un tyran, ils ont élu (pre­mière erreur) une Assem­blée qui est en même temps légis­la­tive et consti­tuante (deuxième erreur) et ils sont ren­trés chez eux (troi­sième erreur) => résul­tats : l’AC (Assem­blée consti­tuante) s’est votée (en douce !) le dou­ble­ment de ses salaires, ain­si qu’une immu­ni­té judi­ciaire (c’est vrai­ment une manie des pou­voirs que de tou­jours se mettre à l’a­bri de tout contrôle) ; l’AC tra­vaille à huis clos (!) et les Tuni­siens n’ar­rivent pas à connaître le texte des articles en cours d’é­la­bo­ra­tion (!!) => il ne peut donc PAS y avoir de débat public sur le Contrat social en cours de rédac­tion ; les Consti­tuants reçoivent (encore en douce) les lob­bys ban­caires (pro­ba­ble­ment pour obte­nir la sui­ci­daire indé­pen­dance de la Banque Cen­trale)(!!!) ; cer­tains Consti­tuants ne font car­ré­ment rien (si : ils touchent leur salaire) et ne répondent même pas aux mails ; L’AC a pré­vu de voter les articles un par un à la fin de l’é­té, puis de voter le texte glo­bal en octobre ; MAIS quant au réfé­ren­dum, ce n’est pas sûr… « parce que c’est com­pli­qué à orga­ni­ser, techniquement » (!!!!)…

L’hor­reur oli­gar­chique, quoi.

POURTANT, les dépu­tés consti­tuants n’é­taient pas des pro­fes­sion­nels de la poli­tique (après des décen­nies de dic­ta­ture, il n’y a plus de pro­fes­sion­nels de la poli­tique) ; c’é­tait même sou­vent des résis­tants à la dic­ta­ture (un peu comme notre CNR en 1945)… Leur dés­in­té­res­se­ment parais­sait donc un peu meilleur que dans nos vieilles plou­to­cra­ties parlementaires.

Ceci dit, ils VOULAIENT le pou­voir (ils étaient can­di­dats), ce qui est un point extrê­me­ment pro­blé­ma­tique, je pense.

Enfin, le fait est, que ces gens « à peu près nor­maux » sont mal­gré tout en train de se cor­rompre à vitesse grand V, et se pré­parent mani­fes­te­ment à pro­gram­mer (comme tou­jours) l’im­puis­sance du peuple.

JE DÉDUIS de cette expé­rience pas­sion­nante que le dés­in­té­res­se­ment des Consti­tuants (que je prône depuis sept ans) NE SUFFIRA PAS à nous GARANTIR une bonne Consti­tu­tion : L’ASSEMBLÉE CONSTITUANTE ELLE-MÊME DOIT ÊTRE CONTRÔLÉE, de façon à être CONTRAINTE À LA VERTU, QUOTIDIENNEMENT.

Je pro­pose donc (et j’ai déjà qua­si­ment inté­gré ce point dans mon rai­son­ne­ment, ça va vite) une DEUXIÈME CHAMBRE POUR CONTRÔLER LA CONSTITUANTE, elle aus­si tirée au sort, dont le rôle soit uni­que­ment — mais stra­té­gi­que­ment— de contrô­ler le res­pect des formes et des prin­cipes de base : contrô­ler que les Consti­tuants tra­vaillent, par exemple, qu’ils informent bien le peuple, qu’ils l’é­coutent aus­si, qu’ils ne reçoivent pas en secret des lob­bys, qu’ils sou­mettent le texte (et même chaque article un à un ?) au réfé­ren­dum, etc. La liste des mis­sions de contrôle et des pou­voirs de sanc­tion est évi­dem­ment à creu­ser, entre nous, à la base.

Si vous avez des infor­ma­tions com­plé­men­taires sur la Tuni­sie, soit pour confir­mer, soit pour infir­mer, soit pour com­plé­ter ce que je vous rap­porte là, je suis infi­ni­ment pre­neur, cela va sans dire.

Au plai­sir de vous retrou­ver bien­tôt, et encore pardon.

Étienne.

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Étienne

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60 Commentaires

  1. Hammami Inès

    Bon­jour,
    J’ap­par­tiens à un grou­pe­ment citoyen connu sous le nom Open­GovTN cette struc­ture pousse vers plus de trans­pa­rence et pour l’ou­ver­ture des des don­nées publiques. Actuel­le­ment, un tra­vail assez impor­tant se fait sur la consti­tuante. Une autre asso­cia­tion aus­si fait un tra­vail qui pour­rait vous aider dans ce pro­jet que je trouve intéressant.
    http://​www​.open​gov​.tn/​fr/
    http://​mar​sad​.tn/​j​obs
    bien à vous

    Réponse
  2. Benoit G

    Bon­jour,

    Je ne connais­sais pas le dérou­le­ment du pro­ces­sus consti­tuant en Tuni­sie, mais votre résu­mé montre en effet que des contrôles sup­plé­men­taires semblent nécessaires.

    Vous abor­dez notam­ment le fait de s’as­su­rer que :

    • ils font bien leur tra­vail (ce qu’on peut exi­ger comme étant le minimum ^^)
    • ils sont à l’a­bri (hors d’ac­cès) des lob­bys, des inté­rêts ban­caires etc. Ce point devient dif­fi­cile à contrô­ler de manière effec­tive si on ne passe pas par un iso­le­ment de fac­to des membres de l’as­sem­blée consti­tuante (groupes de tra­vail à huis clos, inter­dic­tion de com­mu­ni­ca­tion numé­rique durant la période de tra­vail, contrôle des rele­vés ban­caire afin d’être témoin d’é­ven­tuelles per­cep­tions de pots de vin etc.)

    Ce deuxième point place le membre de l’as­sem­blée consti­tuante non pas sous le coup de la pré­somp­tion d’in­no­cence sur la base de son hon­nê­te­té natu­relle ou de son dés­in­té­rêt, mais sous le coup de la pré­somp­tion de culpa­bi­li­té, celle pre­nant en compte le risque de tom­ber sous le coup de tout pos­sible conflit d’intérêt.

    Pen­ser cette assem­blée de contrôle de l’as­sem­blée consti­tuante est à mon sens un rail de sécu­ri­té de plus, mais il me semble néces­saire d’en défi­nir concrè­te­ment les moda­li­tés de contrôle car les risques et les moyens de cor­rup­tion sont tel­le­ment nom­breux que les empê­cher tous s’a­vé­re­rait difficile.

    Qu’en pen­sez-vous ?

    Réponse
  3. profil

    Je n’au­rais jamais cru que la cor­rup­tion aille aus­si vite !

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  4. Yannick HERVE

    Hel­lo,

    Il faut SURTOUT sépa­rer la chambre légis­la­tive et la chambre constituante.

    Lais­ser les consti­tuants voter des lois à leur seul pro­fit est scandaleux.

    Sinon : qui contrô­le­ra la chambre de contrôle ?

    Il faut que le PEUPLE contrôle la consti­tuante qui ne doit avoir aucune autre prérogative.

    Yan­nick

    Réponse
  5. écri

    Je tra­vaille sur un livre, où je compte intro­duire politique/éco… ect et donc les constitutions.
    J’ai eu la même réflexion que les Tuni­siens excep­té que par la suite je me suis dit qu’il fal­lait plus.
    Qu’il fau­drait 1 chambre ou groupe de per­sonne tiré aux sorts (en leur pré­ci­sant que leur tâche peut-être faite par toute per­sonne d’es­prit sain). Ce groupe de per­sonne écri­ra le texte, qui sera ensuite sou­mis à l’ex­per­tise de 3 chambres/groupe de per­sonne : une universitaire/intellectuel juriste/historien/politique/économiste. Une théo­lo­gique-phi­lo­so­phique regrou­pant reli­gieux et phi­lo­sophe (car je pense que tout pays a tou­jours une phi­lo­so­phie qui le crée et le main­tien, quand bien même il est laïque ou athée) et une der­nière chambre populaire.
    Ces 3 chambres ana­ly­se­ront les textes et appli­ca­tions avec des com­men­taires. Pour que chaque mor­ceau du texte passe, il faut l’ac­cord des 3 chambres obli­ga­toi­re­ment. S’il n’est pas don­né, la 1re chambre relit le texte avec les commentaires.

    Pour faire bien, à la fin de ce pro­cé­dé un groupe de per­sonne devrait être tiré aux sorts pour sur­veillant quelque mois (puis le groupe est renou­ve­lé) les diri­geant. Et ain­si si ceux-ci trouvent une faille dans la consti­tu­tion, il suf­fi­ra à ce groupe de tirer l’a­larme pour qu’une chambre exé­cu­tive se crée , sui­vit de chambres d’analyse.

    J’imagine ces chambres être com­po­sée d’une dou­zaine de per­sonnes, et cou­ram­ment renou­ve­lée afin de rendre impos­sible toute per­ver­sion des tirés au sors.

    En espé­rant ne pas vous avoir fait perdre votre temps Mr Chouard. Et bon cou­rage a vous et votre démo­cra­tie à grande échelle.

    Réponse
  6. sitouaillain

    Je ne peux que sous­crire, il y a là, depuis le temps que j’en parle, un point non négociable.

    cette assem­blée de contrôle est d’au­tant plus néces­saire si l’AC est dite « repré­sen­ta­tive », puisque, qu’elle soit tirée au sort ou élue, avec ce prin­cipe, est inter­dite la man­da­ture impé­ra­tive et donc la révo­ca­bi­li­té et la fixa­tion à prio­ri d’un conte­nu de mandat.

    Par ailleurs, si je puis me per­mettre cette remarque, sans avoir véri­ta­ble­ment tra­vaillé cette ques­tion, il sub­siste un enooorme point aveugle dans ton rai­son­ne­ment : com­ment concrè­te­ment fonc­tionne, déli­bère l’as­sem­blée. Je ne parles pas tant des diverses pos­si­bi­li­tés de com­mis­sions que de la manière effec­tive dont les dis­cus­sions ont lieu, et les moda­li­tés d’a­dop­tions des articles.

    On peut prendre pour contre exemple le règle­ment de l’AN de notre répu­blique bana­nière, ou, si tu as bien éplu­ché les trai­tés de l’UE, tu sais que selon les piliers et selon les types de déci­sions le par­le­ment adopte les textes à la majo­ri­té des 3/5ème, des deux tiers, majo­ri­té simple ou même à l’u­na­ni­mi­té, tout ceci a des impli­ca­tions majeures, et notam­ment sur le contrôle, interne si je puis dire (impos­sible qu’une assem­blée entière soit cor­rom­pue). On sait aus­si que de mul­tiples expé­riences encou­ra­geantes essaiment sur les 5 conti­nents en matière de règles de dia­logue visant le consen­sus, mais cela néces­site bien sur ue atti­tude et un appren­tis­sage par­ti­cu­lier, de même qu’un savoir-faire en matière de modération.

    Quoi qu’il en soit, le fonc­tion­ne­ment interne de l’as­sem­blée, est un enjeu au moins aus­si impor­tant que son mode de nomination.

    Enfin, on revient tou­jours à la même ques­tion, et qui ma pous­sé à faire une autre pro­po­si­tion de pro­ces­sus consti­tuant, à savoir, quelle est ou bien où est l’au­to­ri­té qui décide, for­mule et engage le pro­ces­sus constituant…puisqu’il faut bien avoir en tête ce para­doxe ou bien le peuple est déjà conscient et orga­ni­sé en démo­cra­tie (c’est à dire que sur la base d’une pro­po­si­tion comme la mienne, il s’au­toor­ga­nise et mani­feste sa sou­ve­rai­ne­té dans des organes type assem­blées locales),
    ou bien le peuple ne sait que mani­fes­ter sa sou­ve­rai­ne­té d’une manière inor­ga­ni­sée, fur­tive, et élue ou por­tée par les cir­cons­tances chao­tiques ce sera donc à une frac­tion orga­ni­sée en son sein qu’il incom­be­ra d’i­ni­tier le pro­ces­sus, et c’est d’ailleurs pour­quoi la démo­cra­tie peut rare­ment être mise en place démocratiquement…le comi­té de salut public tuni­sien en est un enième exemple…

    le peuple tuni­sien n’a pas pu ou su s’or­ga­ni­ser pour que ce soit autre chose qu’un organe ad hoc for­mé par les plus orga­ni­sés, aux inté­rêts contra­dic­toires, à la légi­ti­mi­té plus ou moins évi­dente et plus ou moins sou­te­nue par d’autres inté­rêts que ceux du peuple en lui-même, et nul doute que nous serons confron­tés aux mêmes problèmes,

    et c’est là un autre point aveugle de ton rai­son­ne­ment, puisque si tu te refuses à ce que le « groupe ini­tia­teur » soit élu, le pro­blème de par qui et com­ment s’i­ni­tie­ra le pro­ces­sus ne souffre pas l’in­vo­ca­tion hasar­deuse du « on ver­ra bien », je dirais même que c’est tout vu…et je me suis beau­coup amu­sé lors du pre­mier ras­sem­ble­ment d’in­di­gnés à Paris, où entou­rés d’un cor­don dis­pro­por­tion­né de CRS, les bonnes âmes criaient leur haine à ceux qui annon­çait de quel par­ti ils étaient avant de parler…ils ne voyaient pas que leur réunion ne devait son exis­tence qu’à la mobi­li­sa­tion d’élé­ments orga­ni­sés en réseaux et dotés de savoir-faire mili­tant, mais qui se gardent bien de s’af­fi­cher comme tel pour ne pas perdre leur cré­dit quand la mode est à l’in­di­vi­dua­lisme, l’an­ti­par­tisme et à l’ab­sence d’af­fi­chage d’un hori­zon clair…mais bizar­re­ment, ce sont tou­jours ceux-là qui, non-élus, au final dirigent ou plu­tôt orientent…ils en retirent force rétri­bu­tion sym­bo­lique, mais bien des naïfs indi­gnés et autres citoyen­nistes apo­li­tiques les suivent sans le savoir sur le che­min de l’im­puis­sance poli­tique, en mon­trant du doigt ceux qui affichent la couleur.

    bien enten­du, ce ne sont là que pures conjec­tures, mais à sup­po­ser que tout indi­vi­du se voit cou­vert d’op­probre à par­tir du moment où il se pré­sente à une élec­tion, ou qu’il appar­tient à un par­ti et s’il affiche des convic­tions poli­tiques pré­cises, la rai­son nous com­mande de consi­dé­rer que le bre­vet de dés­in­té­res­se­ment et de sin­cé­ri­té n’en doit pas pour autant être décer­né à qui­conque ne pra­tique pas ces moda­li­tés d’ac­tion poli­tique, j’en déduit que dans ces cir­cons­tances, tout mou­ve­ment de masse capable de ren­ver­ser les pou­voirs en place sera tri­bu­taire d’un immense miracle qui consis­te­rait à avoir une luci­di­té telle qu’il sau­rait d’a­vance écar­ter des posi­tions de lea­der­ship les innom­brables oppor­tu­nistes, ambi­tieux, etc. tout en construi­sant en marche des pra­tiques et un hori­zon poli­tique qui appa­raisse « neutre », etc.

    Or, dans mes dis­cus­sions avec des cama­rades indi­gnés fran­çais espa­gnols ou amé­ri­cains, une telle luci­di­té ne m’est pas appa­rue, j’ai plu­tôt consta­té une sacré pro­pen­sion à se men­tir à soi-même sur les ques­tions de lea­der­ship et de rap­port au pou­voir, à l’in­té­rieur du mou­ve­ment et sur­tout du mou­ve­ment vis-à-vis du pou­voir contre lequel ils s’indignent.

    Bien sûr ceci n’est qu’une opi­nion per­son­nelle et qui ne fait que déga­ger une ten­dance bien réelle mais qui ne sau­rait recou­vrir la tota­li­té du mou­ve­ment en lui-même. Sim­ple­ment, j’es­time qu’un cer­tains nombre de points de doc­trine lar­ge­ment par­ta­gés en son sein, doivent être dépas­sés car ils sont pour le moins débilitants.
    A savoir qu’en « occi­dent », on voit bien que mal­gré des mou­ve­ments par­fois mas­sif (espagne, cana­da), et for­te­ment relayés média­ti­que­ment, leur force, impact, révo­lu­tion­naire ou réfor­miste est très succinte.
    Face à des régimes moins puis­sants et plus dic­ta­to­riaux et bru­taux, la mobi­li­sa­tion a certes su ren­ver­ser les dic­ta­teurs, mais l’ab­sence d’or­ga­ni­sa­tion claire a per­mis à l’  »occi­dent » et aux mou­ve­ments type « frères musul­mans » de tirer la cou­ver­ture à eux, et, de toute manière, ces « révo­lu­tions arabes » ne sont vic­to­rieuses que parce qu’elles se pré­sentent sous un jour favo­rable pour un cer­tains nombre d’in­té­rêts, réa­li­sant à bien moindre frais ce qui fut fait en Irak, gageons qu’elles devien­dront média­ti­que­ment moins sym­pa­thiques et que les actuels diri­geants rece­vrons beau­coup d’ap­pui pour paci­fier tout cela, s’il pre­nait l’en­vie aux peuples concer­nés de s’at­ta­quer à la toute puis­sance du « mar­ché auto­ré­gu­la­teur » et aux possessions/concessions des grandes compagnies…

    bien enten­du, comme le pro­ces­sus n’est pas ache­vé, le seul conseil que je me per­met­trais de don­ner à mes frères de l’autre côté de la médi­ter­ra­née, qui ont à se sor­tir gran­dis de deux mil­lé­naires de colo­ni­sa­tion, c’est de tour­ner leurs regards vers Cara­cas, La Paz et Qui­to, et de serei­ne­ment faire le point sur les erreurs du pas­sé, notam­ment en matières d’ins­ti­tu­tions démo­cra­tiques et éco­no­miques, qui ont conduit les rêves d’un Nas­ser, d’un Bour­ghi­ba, ou même d’un Kha­da­fi au fra­cas, ceux-là étaient sans doute encore trop romains pour faire renaître Car­thage et Memphis…

    Réponse
  7. houria

    bon­jour ,
    je n’ap­par­tiens à aucun groupe , ou plu­tot si , je suis repre­sen­tante de sala­ries ser­vice public au sein d’un syn­di­cat , et je peux vous dire que les conflits d’in­te­rets a exer­cer le pou­voir sont grand , une fois en poste les indi­vi­dus changent. le pro­blème des tuni­siens et bien celui de bien des orga­ni­sa­tions publics ‚pri­vés et le risque et bien celui que chaque indi­vi­du à se lais­ser empor­té par son inté­rêt per­so­nel et de ne plus s’en­ga­gé dans une démarche col­lec­tive décisionnel .
    La pro­po­si­tion du 18⁄07 12H41 PAR ECRI je l’a trouve plu­tot inté­rés­sante , de faire pl 3 chambres de contrôles à l’AC cela me semble judi­cieux, et je pose la ques­tion de la rému­né­ra­tion , je pense que ces groupes ne doivent pas etre rému­né­rés , cela implique un enga­ge­ment sans risque d’in­té­rêts et d’une durée limi­té pour évi­té la satu­ra­tion et la charge de travail.
    Je vou­drais vous dire , que vous etes par­don­ner a mon sens car votre tra­vail dés­in­té­rês­ser et tout a votre hon­neur et que cela démontre sim­ple­ment la dif­fi­cul­té des hommes à s’en­ga­ger de façon philantropique
    HOURIA CITOYENNE ATTENTIVE merci

    Réponse
  8. sitouaillain

    @ Hou­ria,

    tu pointes à juste titre le pro­blème auquel toute orga­ni­sa­tion est inévi­ta­ble­ment confrontée :
    {{
    le pro­blème des tuni­siens et bien celui de bien des orga­ni­sa­tions publics ‚pri­vés et le risque et bien celui que chaque indi­vi­du à se lais­ser empor­té par son inté­rêt per­so­nel et de ne plus s’en­ga­gé dans une démarche col­lec­tive décisionnel}}

    de là découlent toutes sortes de prin­cipes visant à contrer ces phé­no­mènes, comme la sépa­ra­tion des pou­voirs, la balance des inté­rêts, les pro­cé­dures de révo­ca­tion, de des­ti­tu­tion, et les ins­tances de contrôles,

    au final, pour pous­ser à la ver­tu un pou­voir, rien de tel que de le rendre vola­til et pré­caire, et de bien lui faire savoir que sa source de légi­ti­mi­té et sa rai­son d’être ne repose pas sur autre chose que le bon vou­loir des citoyens.

    Car en der­nier res­sort, la seule assem­blée de contrôle qui vaille, c’est la mobi­li­sa­tion mas­sive d’un peuple conscient et qui au besoin se rap­pelle qu’une consti­tuante est trop impor­tante pour conti­nuer à vaquer à ses affaires lorsque cela tourne mal,

    et, pré­ci­sé­ment, le but de tous ces méca­nismes et ins­ti­tu­tions pour que, suite au sou­lè­ve­ment du peuple, une consti­tu­tion nou­velle soit écrite, c’est de per­mettre aux insur­gés de ren­trer chez eux et de vaquer à leurs affaires,

    la situa­tion insur­rec­tion­nelle qu’ils ont créée sou­vent au péril de leur vie est aus­si­tôt apai­sée par une mise en scène « démo­cra­tique », et à nou­veau les insur­gés, une fois ren­trés chez eux, sont sur un pied d’é­ga­li­té avec ceux qui ne s’é­taient pas insurgés,

    ce qui revient de fait à consta­ter que dans de telles cir­cons­tances, toute assem­blée consti­tuante « démo­cra­tique », « repré­sen­ta­tive », pour le pire ou pour le meilleur, est une dépos­ses­sion de pou­voir des insurgés…

    si pour telle ou telle rai­son ils laissent faire, à eux donc de se rap­pe­ler aux bons sou­ve­nirs des consti­tuants qui ne doivent leur situa­tion de pou­voir qu’au cou­rage et au dévoue­ment d’une frac­tion du peuple s’é­tant éle­vée au rang de citoyens !

    Réponse
  9. Mad

    Bon­jour !

    Il me semble Étienne, que vous n’a­vez pas fait men­tion d’un renou­vel­le­ment régu­lier des tirés au sort de la Chambre de Contrôle.

    Car en effet si ce sont les mêmes qui sur­veillent l’As­sem­blée Consti­tuante jus­qu’à la fin de la rédac­tion, la cor­rup­tion et les conflits d’in­té­rêts sont, je pense, inévitables.

    C’est peut-être dras­tique comme méthode mais je pense qu’un tirage au sort quo­ti­dien des membres de la Chambre de Contrôle serait néces­saire. Dans un pre­mier temps j’a­vais pen­sé à un tirage heb­do­ma­daire mais cela rend la cor­rup­tion pos­sible aus­si donc par mesure de pré­cau­tion, le renou­vel­le­ment jour­na­lier ne serait pas du luxe :o)

    Réponse
  10. HeX

    Salut Étienne,

    je suis d’ac­cord avec toi sur le fait qu’un maxi­mum de contrôles au sein de l’AC (par une autre chambre tirée au sort, par le peuple lui même en retrans­met­tant les débats…) nous pro­té­ge­ra mieux des ten­ta­tives de mani­pu­la­tion de nos amis oli­garques. Cepen­dant le risque zéro n’exis­tant pas, je pro­pose la chose sui­vante qui à mon avis régle­ra le pro­blème définitivement.

    Je m’ex­plique : avant tout, nous ins­ti­tuons en pré­am­bule de ladite consti­tu­tion le refe­ren­dum d’i­ni­tia­tive popu­laire (révo­ca­toire, légis­la­tif, abro­ga­toire…) en vali­dant cette démarche par refe­ren­dum (on devrait avoir 90% de oui). Ensuite on tire au sort d’une façon ou d’une autre l’AC pour qui le pré­am­bule sera défi­ni comme inac­ces­sible et on les laisse bos­ser avec contrôle si tu veux. Et là on est pei­nard, s’ils se font quand même mani­pu­ler et que par un matra­quage média­tique ils incitent les gens à accep­ter leur consti­tu­tion de mau­vaise qua­li­té, il nous reste le pré­am­bule et on peut reprendre la main et virer tout le monde.

    C’est pas coquet comme processus ?

    Réponse
  11. J.C

    Je crains qu’il ne faille (sur­tout à notre époque) une chambre de contrôle pour sur­veiller la chambre de contrôle pour sur­veiller la chambre de contrôle pour sur­veiller… l’as­sem­blée constituante.

    Arrê­tons de remettre le pou­voir consti­tu­tif, légis­la­tif etc. dans les mains de minorités.

    Moi-même, par les temps qui courent, je deman­de­rais un bon salaire, l’im­mu­ni­té etc.

    Tant qu’il n’y aura pas d’é­ga­li­té éco­no­mique, il n’y aura pas d’é­ga­li­té poli­tique entre les citoyens.

    L’é­ga­li­té éco­no­mique n’est pos­sible que lors­qu’il n’y aura plus d’argent car avec l’argent on achète la vie des gens et par ce moyen on les tue aussi.

    Il est légi­time que cha­cun sou­haite assu­rer sa condi­tion d’exis­tence, même à court terme dans une période qui semble aus­si incertaine.

    Tiré au sort ou non, les règles du jeu sont les mêmes. Il faut s’as­su­rer une sécu­ri­té, et l’argent est le moyen par lequel on est condi­tion­né à le faire. Tout un cha­cun n’ayant pas une grande for­tune négo­cie­ra avec les pou­voirs de l’argent, pour ne pas dire s’a­co­qui­ne­ra avec le sys­tème finan­cier, pour voir ce qu’il est pos­sible de faire.

    Sans aban­don pur et simple de l’argent au pro­fit de la gra­tui­té, l’argent demeu­ra le moyen incon­tour­nable d’en­tre­prendre quoi que ce soit.

    bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  12. Bruno

    Étienne, com­ment trouves-tu encore le temps de jardiner ?

    L’his­toire se répète sui­vant un éter­nel recom­men­ce­ment… Ben oui, pour­quoi l’homme chan­ge­rait si les règles du jeu sont les mêmes ?

    Ca fait pen­ser à la psy­cho-his­toire dans le cycle de science fic­tion d’Asimov.

    « C’est une science qui étu­die l’his­toire dans le but de pré­dire la pro­ba­bi­li­té d’occurrence d’un évè­ne­ments dans le futur »

    Au vu des expé­riences pas­sées (des mil­liers d’exemples), on peut très cer­tai­ne­ment augu­rer d’un ave­nir de cor­rup­tion en Tunisie.

    La dif­fé­rence avec la tyran­nie, c’est que ça se fait dans notre dos.

    Réponse
  13. Morpheus

    La remarque de J.C. me semble la plus per­ti­nente de toutes, parce qu’elle touche à la cause des causes de la corruption.

    Étienne, par ses tra­vaux assi­dus et pas­sion­nés, nous a pro­cu­ré la clé pour reprendre le pou­voir, en déni­chant la cause des causes de notre impuis­sance poli­tique.

    Cepen­dant, cette cause ne consti­tue pas la cause des causes de la cor­rup­tion. La cause des causes de la cor­rup­tion est le sys­tème éco­no­mique fon­dé sur la mon­naie.

    Dit comme cela, la chose parai­tra sans doute ico­no­claste, sinon fol dingue. Mais un appro­fon­dis­se­ment de la ques­tion met­tra en lumière la per­ti­nence de ce diagnostique.

    En ver­sion sim­pli­fiée, l’é­co­no­mie fon­dée sur la mon­naie est la cause de la cor­rup­tion pour la bonne rai­son que son prin­cipe fon­da­men­tal repose sur la ges­tion et l’en­tre­tien de la pénu­rie.

    C’est en effet la pénu­rie qui est à l’o­ri­gine du sys­tème d’é­co­no­mie fon­dée sur la mon­naie, et c’est la pénu­rie qui donne de la valeur aux choses (res­sources, pro­duits, ser­vices, …). Une chose qui existe en abon­dance n’a en effet que peu de valeur mar­chande. A contra­rio, une chose rare (réel­le­ment … ou arti­fi­ciel­le­ment), aura une grande valeur. L’é­co­no­mie basée sur la mon­naie entre­tient donc et ali­mente la pénurie.

    Il serait donc sou­hai­table de mettre fin à l’é­co­no­mie basée sur la mon­naie et de sub­sti­tuer ce que Jacques Fres­co a ima­gi­né et déve­lop­pé : l’é­co­no­mie basée sur le par­tage équi­table des res­sources.

    Et la pre­mière étape de cette révo­lu­tion majeure dans la civi­li­sa­tion humaine passe par l’é­la­bo­ra­tion d’une Décla­ra­tion Uni­ver­selle qui édicte un prin­cipe de base essen­tiel affir­mant que les res­sources natu­relles de la pla­nète Terre consti­tuent le patri­moine com­mun de tous ses habi­tants, et que celles-ci doivent être pro­té­gées, gérées et choyées afin de béné­fi­cier à tous.

    Pour déve­lop­per cette approche, vous pou­vez vous inté­res­ser et vous docu­men­ter sur le Pro­jet Venus.

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  14. democradirect

    J.C. parle d’une chambre de contrôle pour sur­veiller la chambre de contrôle. La chambre de contrôle ultime, c’est le peuple lui-même.

    Si le pro­jet de Consti­tu­tion est sou­mis au réfé­ren­dum article par article, alors c’est le peuple qui aura le der­nier mot. Cela limite consi­dé­ra­ble­ment la capa­ci­té de la Consti­tuante à impo­ser sa volon­té au peuple, et donc l’in­té­rêt pour les lob­bies de cor­rompre les constituants.

    Si un droit de réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive citoyenne est intro­duit qui per­met de modi­fier la Consti­tu­tion, alors le peuple lui-même pour­ra modi­fier la Consti­tu­tion. Cela lui per­met­tra de pal­lier aux défaillances de la Consti­tuante si elle ne fait pas son job.

    On peut ima­gi­ner une deuxième chambre qui contrôle la Consti­tuante, mais il faut sur­tout don­ner le pou­voir à la chambre de contrôle ultime que consti­tue le peuple lui-même.

    Réponse
  15. J.C

    @ demo­cra­di­rect

    On y est presque !!!

    don­ner le contrôle ultime au peuple, sou­mettre au réfé­ren­dum article par article et modi­fi­ca­tion de la consti­tu­tion par le peuple via le réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive populaire.

    à ce tarif là, n’est-il pas tout sim­ple­ment plus simple que l’as­sem­blée consti­tuante soit le peuple lui-même sans intermédiaire ?

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  16. rodfab

    Bon­jour,

    Atten­tions de ne pas créer la chambre de contrôle de la chambre de contrôle de la etc…

    -Je pense que c’est dans les trois erreurs que vous signa­lez qu’est la genèse de la corruption.

    -Est-ce que si l’as­sem­blée consti­tuante était sépa­rée de la légis­la­tive et que les « consti­tueurs » n’aient plus jamais la pos­si­bi­li­té d’être élu de leur vie, la dérive seraient aus­si sévère ?

    -Pour aider à la trans­pa­rence ne fau­drait-il pas fil­mer l’as­sem­blée ( et ses cou­loirs) en direct 24h/24 ( tout du moins jus­qu’à ce que les vigiles ferment les portes à clés, le soir quand la séance est finie) ?

    -Seuls les « consti­tueurs » choi­sissent qui ils reçoivent et per­sonnes ne doit traî­ner dans les cou­loirs ( spé­cia­li­té du par­le­ment euro­péen ou tous les lob­bys sont dans les cou­loirs à inter­pel­ler les dépu­tés). Ain­si les tous les invi­tés pas­se­ront à la télé en direct.

    Réponse
  17. yvan

    J’ai peut-être une idée pour résoudre nos pro­blème de lois. A chaque pro­blème qui sur­vient dans un état en per­pé­tuel chan­ge­ment, l’on pour­rait deman­der aux plus grand doc­to­rat du MONDE (sur 1000 on en prend 10 aux sort) de pro­po­ser une solu­tion , exemple : pro­blème éco­no­mique , on envois une lettre confi­den­tiel aux meilleur éco­no­miste du monde , un texte qui explique les pro­blèmes. on leur demande de trou­ver une solu­tion. Puis on tire aux sort 2000 fran­çais, comme on le ferait pour un jury, pen­dant 1 mois on leur explique les dix pro­po­si­tions en détaille avec des sorte d’a­vo­cat et de juge , tous ça retrans­mis sur inter­net en gar­dant l’a­no­ny­mat de qui le sou­haite, sauf pour les expert tiré aux sort (faux qu’on sachent si ça tombe tou­jours sur les mêmes)

    après faut trou­vait un moyen de crée des lois même si le pro­blème n’est pas sous nos yeux , pour ça on pour­rait, voter tous les 5 ans pour une série de pro­po­si­tion, de pro­blème, a faire exa­mi­né par des espères (tiré aux sort sur les meilleur) qui don­ne­rons d’autre variantes puis les faire pas­sé devant un jury.

    En espèrent qu’un jour on aura enfin un médiat libre, moi c’est mon plus grand sou­hait que de voire la jus­tice infor­mé le peuple qu’il existe des pos­si­bi­li­té d’es­cro­que­rie avant que les escroc n’é­mergent, un médiat qui n’au­rait de compte a rendre a per­sonne seule­ment de lourde sec­tion si il s’a­vère qu’il nous on tra­hi (flic a l’af­fut du moindre faux pas).

    Réponse
  18. Nicolas

    Bon­jour Etienne, Bon­jour à tous,

    J’ai lu cet article avec plai­sir, et tous les com­men­taires avec attention.

    Je crois que pour ces ques­tions de pro­ces­sus, il fau­drait faire une syn­thèse du pro­ces­sus en entier et trou­ver quelque chose de réa­liste, rai­son­nable et envi­sa­geable pour un pays comme la France. Les pro­blèmes liés à la cor­rup­tion se règle­ront tout seuls, car sur une assem­blée tirée au sort, il y aura bien des gens qui com­pren­dront com­ment le sys­tème fonc­tionne et qui tire­ront la son­nette d’alarme en cas de problème.

    Le point sur l’initiation du pro­ces­sus consti­tuant est un point clai­re­ment impor­tant. Je pense qu’on est obli­gé d’éduquer les masses avec le concept de tirage au sort. Notre entou­rage est habi­tué à la sauce « démo­cra­tique » qu’on leur sert depuis tou­jours ! Les moyens pour y arri­ver sont très limi­tés : la chance ou l’argent ! Si on arrive à lever assez d’argent, on pour­ra dif­fu­ser notre mes­sage et les élé­ments clés pour arri­ver à une vraie démo­cra­tie (le salaire de quelques ban­quiers devrait ample­ment faire l’affaire☺).

    Je reviens sur les réac­tions à pro­pos de l’argent, la gra­tui­té et le par­tage des res­sources natu­relles dans le monde. Il faut bien dis­tin­guer dans notre dis­cus­sion ce qui relève du pro­ces­sus consti­tuant et ce qui relève de la poli­tique. Sup­pri­mer l’argent et ain­si la pro­prié­té pri­vée n’est pas rai­son­nable. Les hommes uti­lisent des mon­naies d’échange depuis des mil­lé­naires, et cela parce que la mon­naie per­met d’avoir une réfé­rence com­mune au prix de tous les biens et ser­vices : C’est bien pra­tique ! Ensuite, si l’état déci­dait de sup­pri­mer la mon­naie, les gens com­men­ce­ront très vite à en uti­li­ser une de sub­sti­tu­tion afin de pou­voir échan­ger et épar­gner. Il y a fort à parier que cette mon­naie serait l’or !

    Etant moi même un mili­tant du tirage au sort et du stan­dard or, je suis d’accord avec vous : sup­pri­mons la mon­naie (enfin, ou plu­tôt l’argent dette), mais rem­pla­çons-la par quelque chose de plus stable et qui a mieux fait ses preuves dans le pas­sé : le stan­dard or !

    Je parle du tirage au sort par­tout autour de moi, et les gens sont très récep­tifs, à 80% envi­ron. Mer­ci Etienne pour ce que tu fais. J’invite tous lec­teurs de ton blog à en par­ler au maxi­mum autour d’eux. En espé­rant que ça fonc­tion­ne­ra un jour 😉

    Réponse
  19. Morpheus

    @ Nico­las

    Vous dites que sup­pri­mer l’argent ne serait pas rai­son­nable. Je vous sug­gère au moins d’être dérai­son­nable en pen­sée, afin d’é­tu­dier le cadre de la pro­po­si­tion dans son ensemble (Pro­jet Venus), afin de ne pas reje­ter l’i­dée sans autre forme d’analyse.

    Vous pas­se­riez peut-être à côté d’une vrai bonne idée, sus­cep­tible, il est vrai, de remettre en cause beau­coup de nos a prio­ri (j’y suis pas­sé aus­si), mais avec une ouver­ture sur une autre vision de la civilisation.

    Les rai­sons qui motivent la sup­pres­sion de l’argent sont lar­ge­ment fon­dées et per­ti­nentes, mais il faut oser les appré­hen­der pour s’en rendre compte. Je vous invite à vision­ner la vidéo dans le lien de mon inter­ven­tion pré­cé­dente, et le cas échéant, lire quelques argu­ments à ce sujet.

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  20. Nicolas

    @Morpheus

    Je com­prends qu’on puisse être séduit par un tel modèle, mais je crois qu’on est en pleine science fic­tion. Le sys­tème pro­po­sé par le pro­jet Vénus sup­pose l’a­bon­dance de tout ce qui est néces­saire à la vie quo­ti­dienne (nour­ri­ture, vête­ments, chauf­fage, …). Le jour où les mai­sons seront construites (et conçues) par des robots, où les res­sources seront exploi­tées et trans­for­mées par des robots, sans inter­ven­tion humaine, alors on en repar­le­ra. Mais je crains que nous devions attendre encore très longtemps.

    Réponse
  21. Morpheus

    @ Nico­las

    Cela paraît être de la science fic­tion, pour­tant ce n’en est abso­lu­ment pas. Tech­ni­que­ment par­lant, nous dis­po­sons, aujourd’­hui, de toute les connais­sances et les indus­tries sus­cep­tibles de per­mettre de mettre en œuvre ce projet.

    De plus, nous avons l’a­bon­dance ; les pro­blèmes de manques qui existent ne sont pas dût à un manque de res­sources, mais à une mau­vaise exploi­ta­tion de ces celles-ci, et sur­tout à une très mau­vaise répar­ti­tion, tota­le­ment inéquitable.

    L’horrible iro­nie à ce sujet est pré­ci­sé­ment que, par son mode de fonc­tion­ne­ment, c’est jus­te­ment l’é­co­no­mie basée sur la mon­naie qui cause – de façon arti­fi­cielle dans la majeure par­tie des cas – la pénu­rie (il suf­fit de com­prendre que ce qui donne de la valeur aux choses, c’est leur rare­té, et que pour sou­te­nir l’é­co­no­mie et la crois­sance néces­saire à la sta­bi­li­té du sys­tème moné­taire, il faut vendre encore, encore et encore : socié­té de SUR­con­som­ma­tion, avec ses atte­nants inac­cep­tables mais inévi­tables tels que l’ob­so­les­cence pla­ni­fiée et la pro­duc­tion de quan­ti­tés de déchets le plus sou­vent mal ou pas trai­tés, la sur­ex­ploi­ta­tion des res­sources (sans res­pect pour l’é­qui­libre dyna­mique), etc.

    Ain­si, vous jugez le pro­jet infai­sable sur base de condi­tions qui sont pré­ci­sé­ment celles qui sont à chan­ger pour rendre le pro­jet réa­li­sable. C’est un peu le ser­pent qui se mord la queue, ne trou­vez-vous pas ?

    En réa­li­té, la fai­sa­bi­li­té du pro­jet ne dépend que d’un choix poli­tique, de rien d’autre. D’où l’im­por­tance vitale que le peuple reprenne le pou­voir et que l’on ins­taure une véri­table démocratie.

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  22. Étienne

    Ger­mi­na­tion hispanique :

    Le vaillant virus Jorge Aria me signale ceci : 

    « Je viens de tom­ber sur un par­ti poli­tique espa­gnol nommé : 
    EL PARTIDO DEL AZAR (le par­ti du hasard).
    Ils pro­posent de se faire élire afin de mettre en place un sys­tème de sélec­tion par tirage au sort (assem­blée ouverte, exé­cu­tif et judi­ciaire tiré au sort ) puis de renon­cer aux charges poli­tiques pen­dant 10 ans. »

    http://​www​.par​ti​doa​zar​.com/​d​e​m​o​c​r​a​c​i​a​-​p​o​r​-​s​o​r​t​e​o​/​a​l​g​o​-​d​e​-​p​o​l​i​t​ica

    Ça germe, ça germe…

    Il fau­drait que des gen­tils virus par­lant espa­gnol signalent à ce par­ti les vidéos tra­duites dans leur langue, pour enri­chir leur boîte à outils virale.

    Rap­pel des chan­tiers en cours de tra­duc­tions de vidéos :

    https://​www​.face​book​.com/​g​r​o​u​p​s​/​v​i​r​u​s​t​r​a​d​u​c​t​e​u​r​s​/​f​i​l​es/

    COMPILATION ESPAGNOLE VIRALE :

    Par ailleurs, Jorge me fait aus­si savoir que :

    « pour info, je com­pile sur ce blog tous les docs que je trouve en espa­gnol.
    J’ai mis la main sur du Sin­to­mer et du Lor­don (coup de som­bre­ro aux traducteurs)
    Salutations »

    http://​insa​cu​la​cion​.blog​spot​.ch/​2​0​1​2​/​0​7​/​e​l​-​s​o​r​t​e​o​-​c​o​m​o​-​b​o​m​b​a​-​p​o​l​i​t​i​c​a​m​e​n​t​e​.​h​tml

    Mer­ci à tous : je vois vos efforts et votre acti­vi­té, et ça me bluffe.

    Étienne.

    Réponse
  23. Nicolas

    @Morpheus

    Je suis d’accord avec vous pour dire que les connais­sances et le savoir faire tech­nique sont suf­fi­sam­ment avan­cés aujourd’hui pour exploi­ter les res­sources natu­relles de façon plus intel­li­gente, et qui sait, peut être même arri­ve­rions nous à exploi­ter tel­le­ment bien les res­sources qu’il y en aurait assez pour la pla­nète entière (ce qui reste à être prouvé).

    Ce que je n’arrive pas à com­prendre dans votre rai­son­ne­ment, c’est pour­quoi « l’économie basée sur la mon­naie » serait t elle la cause des pénu­ries ? La mon­naie n’est qu’un moyen d’échange et un éta­lon que tous les acteurs du mar­ché recon­naissent. C’est la loi de la nature, si vous vou­lez man­ger, il vous faut pro­duire votre nour­ri­ture. Si vous ne savez pas culti­ver, alors ren­dez un ser­vice mar­chant, qui vous rap­por­te­ra de quoi vous ache­ter à man­ger. Et cela fonc­tionne depuis des mil­lé­naires. Par ailleurs, il ne faut pas croire que le prix d’un bien ou d’un ser­vice soit lié à sa rare­té. Le prix dépend essen­tiel­le­ment de ce que les consom­ma­teurs sont prêts à payer. En effet, une entre­prise mar­chande cher­che­ra à maxi­mi­ser son pro­fit en ven­dant ses articles le plus cher pos­sible, et la limite supé­rieur, c’est la valeur que les gens sont prêts à mettre (Avec un petit bémol quand même : c’est clair que s’il n’y a plus de farine chez les bou­lan­gers, sa rare­té fera explo­ser le prix, mais c’est dans un contexte bien par­ti­cu­lier qui ne peut être pris comme cas général).

    Etienne parle sou­vent de la mon­naie, et c’est clair que c’est un point très impor­tant : la créa­tion moné­taire ne doit pas être aban­don­née aux acteurs pri­vés. A mon avis, le seul moyen d’éviter les excès, c’est le stan­dard or. Cela empêche les gou­ver­ne­ments d’imprimer des quan­ti­tés colos­sales de mon­naie pour leurs frais de fonctionnement.

    Pour reve­nir au pro­jet Vénus, il s’agit d’un pro­jet poli­tique, et c’est la socié­té toute entière qui peut prendre une telle déci­sion (si elle avait le pou­voir poli­tique…). Je pense cepen­dant que les men­ta­li­tés ne sont pas encore prêtes à accep­ter la gra­tui­té comme stan­dard éco­no­mique. En effet, les gens ont ten­dance à regar­der ce que fait le voi­sin et à se com­pa­rer aux autres. Alors je veux bien aider gra­tui­te­ment un ami, par ce que je sais que je pour­rais comp­ter sur lui si j’ai besoin, mais je ne suis pas sur que les gens soient prêts à se com­por­ter avec la Socié­té comme avec leurs amis. Cela deman­de­rait un effort d’éducation tel­le­ment impor­tant qu’à mon avis, c’est peu réaliste.

    Je ne sais pas si notre débat inté­resse tout le monde ; le thème du blog d’Etienne, c’est les ins­ti­tu­tions poli­tiques et non les pro­jets poli­tiques… Je suis cer­tain que le pro­jet Vénus enga­ge­rait un débat par­ti­cu­liè­re­ment riche au sein d’une assem­blée tirée au sort, mais je suis convain­cu que les détrac­teurs seraient plus nom­breux que les sup­por­teurs 😉 Seule l’histoire le dira…

    Bien cor­dia­le­ment à vous, Nicolas.

    Réponse
  24. Ana Sailland

    Je vais ten­ter de répondre à ces questions :

    Le mot échange va en effet avec le mot monnaie.

    La mon­naie n’est néces­saire que par cela que nous fonc­tion­nons sur le mode de l’é­change, du contrac­tuel, donc de la défiance, c’est écrit en clair plus haut, mais j’en­fonce le clou. Il nous faut donc un outil de mesure de l’é­change, et c’est la monnaie.

    Mais dès que cet outil existe, il ampli­fie l’es­prit de cal­cul, qui est le contraire de la fra­ter­ni­té, pré­ten­due répu­bli­caine. S’en­suit la thé­sau­ri­sa­tion, donc la pénurie.

    En fait, ce n’est pas la mon­naie qui engendre la pénu­rie, mais le choix du mode contrac­tuel (induc­teur du besoin de mon­naie), qui est un choix de civilisation.

    Modi­fier le sys­tème moné­taire ne peut qu’a­mé­lio­rer de manière pas­sa­gère une dyna­mique de socié­té qui fata­le­ment recon­dui­ra les erre­ments dont « nous » souf­frons (pas moi, j’ai vrai­ment du bol …)

    La répa­ra­tion effec­tive et durable passe par l’a­vè­ne­ment d’un nou­veau mode de mise en syner­gie des dyna­mismes. Y a du boulot !

    Réponse
  25. Morpheus

    @ Nico­las

    Votre ques­tion « pour­quoi l’é­co­no­mie basée sur la mon­naie serait-elle la cause de la pénu­rie ? » est per­ti­nente. Je vais tâcher d’y répondre de façon aus­si claire et syn­thé­tique que pos­sible (cette réponse est un extrait d’un mes­sage adres­sé à Étienne pour pré­sen­ter les grandes lignes du Pro­jet Venus).

    Là où nous déployons encore beau­coup d’éner­gie dans des débats pas­sion­nés sur la manière de réfor­mer le sys­tème moné­taire et les ins­ti­tu­tions ban­caires, Jacque Fres­co sort son balais et sa ser­pillère et envoie le tout direc­te­ment aux oubliettes de l’His­toire : pour lui, le sys­tème moné­taire est struc­tu­rel­le­ment dys­fonc­tion­nel et consti­tue en lui-même la cause fon­da­men­tale de toutes les dérives du sys­tème actuel.

    Bien que cette thèse puisse paraître cho­quante, elle vaut tout de même la peine d’être étu­diée, car elle repose sur un rai­son­ne­ment à la fois simple et robuste.

    1. La mon­naie est un ins­tru­ment inven­té par les humains pour échan­ger des mar­chan­dises et des ser­vices. Au moment où la mon­naie a été inven­tée, elle a sans doute répon­du à un besoin dans la façon dont les hommes vou­laient s’or­ga­ni­ser, et a donc sans doute ren­du ser­vice pen­dant un temps déter­mi­né. Le monde actuel, glo­ba­li­sé, avec la quan­ti­té de connais­sances et de décou­vertes acquises depuis des géné­ra­tions, a chan­gé, et ce sys­tème ne rem­plit plus la fonc­tion pour laquelle il a été inven­té : il est donc obsolète.

    2. La mon­naie, qu’elle soit maté­rielle (billets, pièces, or, etc.) ou vir­tuelle (don­nées infor­ma­tiques) n’a en elle-même aucune valeur réelle : on ne peut pas se nour­rir avec des billets, ni pro­duire de l’éner­gie, ni fabri­quer une mai­son ou quoi que ce soit ; ce n’est pas la mon­naie qui pro­duit des richesses, ce sont les res­sources qui consti­tuent la véri­table richesse (ain­si que le tra­vail de valo­ri­sa­tion des res­sources par les humains).

    3. La valeur que l’on attri­bue à la mon­naie est sub­jec­tive et dépend de la confiance qu’on accorde à ces signes (nb. voir aus­si le point 7 à ce sujet), mais éga­le­ment de la quan­ti­té de signes en cir­cu­la­tion (infla­tion / déflation).

    4. Par contre, la valeur des biens et des ser­vices va dépendre essen­tiel­le­ment de leur rare­té : un pro­duit, un bien ou un ser­vice abon­dant aura un faible prix ; un pro­duit, un ser­vice ou une res­source quel­conque se trou­vant en faible quan­ti­té ou en pénu­rie aura un prix éle­vé (prin­cipe de la « loi de l’offre et de la demande »).

    5. Par consé­quent, l’en­semble du sys­tème éco­no­mique basé sur la mon­naie est fon­dé sur la (ges­tion de la) pénu­rie : pour qu’un pro­duit, une res­source ou un ser­vice ait une valeur, il doit être plus ou moins rare. Le suprême para­doxe étant que, pour main­te­nir sa valeur, la mon­naie elle-même doit être rare !

    6. Comme la quan­ti­té de signes (de mon­naie) en cir­cu­la­tion doit elle-même être en situa­tion de pénu­rie (pas pour tous …), il en résulte que de manière géné­rale, il doit ne jamais y en avoir assez pour tout le monde … !

    7. Ce sys­tème d’é­co­no­mie basée sur la mon­naie doit repo­ser sur un ensemble de lois contrai­gnantes, sans les­quelles l’en­semble des popu­la­tions ne joue­raient pas le jeu. Ces lois sont le ciment du sys­tème et ne peuvent être dis­cu­tées, à la façon d’un cre­do reli­gieux au sein d’une église.

    8. Comme l’argent devient néces­saire pour se pro­cu­rer les pro­duits et les ser­vices néces­saires à vivre et pros­pé­rer, et comme il n’y en a pas assez pour tout le monde, il s’en­suit logi­que­ment qu’il va y avoir concur­rence et com­pé­ti­tion.

    9. De façon géné­rale, l’en­semble des res­sources (donc des richesses de la pla­nète) vont abou­tir entre les mains d’un très, très petit nombre de per­sonnes (en pro­por­tion au 7 mil­liards d’in­di­vi­dus), et ces per­sonnes, contrô­lant de (très) grandes por­tions des res­sources, déter­minent elles-mêmes la rare­té et les prix, quitte à détruire (ou dis­si­mu­ler) les res­sources excé­den­taires (il faut main­te­nir – arti­fi­ciel­le­ment ! – les prix, donc la rare­té et la pénurie).

    10. Donc, tout sys­tème éco­no­mique basé sur la mon­naie revient in fine à orga­ni­ser et péren­ni­ser la pénu­rie et la com­pé­ti­tion, plu­tôt que gérer de façon com­mune les res­sources dans le but de géné­rer l’a­bon­dance pour tous.

    Si pareille ana­lyse nous choque, nous pour­rions déjà nous deman­der si cela cor­res­pond à la réa­li­té obser­vable ou non. A la lumière de cette ana­lyse, il semble bien que – au delà d’un mau­vais sys­tème de gou­ver­ne­ment qui rend les peuples struc­tu­rel­le­ment impuis­sants – cri­tique très per­ti­nente et émi­nem­ment néces­saire – ce soit le prin­cipe même de l’é­co­no­mie basée sur la mon­naie que nous devrions balayer de nos concep­tions, afin de repen­ser un sys­tème entiè­re­ment neuf.

    Dans le Pro­jet Venus, Jacques Fres­co a conçu le sys­tème d’é­co­no­mie basée sur (la ges­tion effi­cace et la répar­ti­tion équi­table) des res­sources (abré­gé EBR en français).

    L’EBR est un mode de socié­té qui éta­blit comme prin­cipe fon­da­teur que l’ensemble des res­sources natu­relles de la Terre consti­tue un héri­tage com­mun à tous les êtres humains. Cet héri­tage com­mun doit être géré en com­mun et équi­ta­ble­ment répar­tis à tous (et non à une petite mino­ri­té de pri­vi­lé­giés comme c’est actuel­le­ment le cas). Le sys­tème de ges­tion repose sur un ensemble de connais­sances scien­ti­fiques et tech­niques (actuel­le­ment dis­po­nibles, il ne s’a­git pas de pros­pec­tives sur des décou­vertes à venir) pour garan­tir l’accès gra­tuit à toutes les res­sources néces­saires au déve­lop­pe­ment digne et libre de chaque être humain, dans une ges­tion glo­bale et durable res­pec­tant les prin­cipes et les lois natu­relles de la bio­sphère (notam­ment l’équi­libre dyna­mique de repro­duc­tion des diverses espèces).

    Concer­nant la pro­blé­ma­tique du pou­voir, Jacque Fres­co avance qu’il est par­fai­te­ment absurde que nous délé­guions un quel­conque pou­voir à des per­sonnes (les poli­ti­ciens) qui ne sont nul­le­ment qua­li­fiées pour résoudre les pro­blèmes nom­breux qui se posent dans la socié­té. En effet, à quoi un homme (ou une femme) ayant sui­vi des cours de droit et d’é­co­no­mie poli­tique peut-il ser­vir pour résoudre, disons, les pro­blèmes de déchets indus­triels, ou de pro­duc­tion d’éner­gie, ou tout autre ques­tion d’ordre tech­nique ? Ils n’ont ni les com­pé­tences ni les connais­sances requises pour seule­ment com­prendre les don­nées du pro­blème, et moins encore pour trou­ver des solu­tions (iro­ni­que­ment, c’est l’ar­gu­ment tra­di­tion­nel­le­ment avan­cé par les poli­ti­ciens pour écar­ter les peuples des déci­sions politiques).

    Jacque Fres­co fus­tige donc le fait – selon lui absurde et inap­pro­prié – que nous accor­dions tout pou­voir de déci­sion à des inca­pables. Fres­co affirme donc que, tech­ni­que­ment, la plu­part des pro­blèmes ren­con­tré (et pro­vo­qués) par la socié­té peuvent être réso­lus par des appli­ca­tions tech­niques et scien­ti­fiques : c’est seule­ment le manque de volon­té poli­tique qui fait que non seule­ment ces solu­tions ne sont pas mise en appli­ca­tion, mais que les pro­blèmes conti­nuent de s’am­pli­fier. Pour lui, nous n’a­vons plus besoin de poli­ti­ciens, qu’ils soient de gauche, de droite, du centre ou des extrêmes, qu’ils soient capi­ta­listes, com­mu­nistes, socia­listes, mar­xistes, … Aucun n’est sim­ple­ment apte à résoudre les pro­blèmes, essen­tiel­le­ment pra­tiques et tech­niques que ren­contre la socié­té. En outre, ils sont tel­le­ment acca­pa­rés par la néces­si­té de lut­ter pour accé­der / gar­der le pou­voir qu’il leur reste très peu de temps pour résoudre les vrais problèmes.

    Pour uto­pique que puissent paraître les solu­tions du Pro­jet Venus, elles n’en reposent pas moins sur de nom­breuses recherches et ana­lyses solides (toute une vie de cher­cheur). On peut réflé­chir à toutes les impli­ca­tions et consé­quences sur les com­por­te­ments humains d’une socié­té sans mon­naie, sans argent, et où cha­cun à accès à tous les biens ou ser­vices dont il a besoin.

    Mais pour juger du carac­tère uto­pique ou réa­liste du pro­jet, il nous faut envi­sa­ger les choses en dehors du car­can étroit des condi­tions actuelles, sans quoi nous condam­ne­rions la pro­po­si­tion sur des argu­ments fon­dés sur les condi­tion­ne­ments mêmes que l’on cherche à chan­ger, ce qui serait le comble de l’ab­surde.

    Nous sommes névro­sés par le contexte de la socié­té actuelle : nous sommes maté­ria­liste parce qu’il n’y en a pas assez ; nous amas­sons et nous deve­nons pos­ses­sifs avec les biens maté­riels, parce que cela repré­sente des richesses, nous déve­lop­pons l’a­vi­di­té parce que la pos­ses­sion est le signe de la réus­site. Il en irait tout autre­ment dans un contexte où tous auraient accès à tout ce dont ils ont besoin libre­ment. Dans pareil contexte, les névroses pos­ses­sives tendent natu­rel­le­ment à dis­pa­raître. Le besoin d’ac­cu­mu­ler (peur du manque) n’a plus besoin d’être.

    L’ob­so­les­cence pla­ni­fiée dis­pa­rait, et les ingé­nieurs peuvent – enfin ! – déployer toute leur créa­ti­vi­té afin de déve­lop­per des dis­po­si­tifs et appa­reils solides, fiables et durables (puis­qu’il n’y a plus besoin de répondre à des objec­tifs de ren­ta­bi­li­té et de consom­ma­tion renouvelée).

    Le vol n’a plus lieu d’être, par consé­quent, toute une série de crimes n’ont plus de rai­son de se déve­lop­per.

    Libé­rés des tâches pénibles et dan­ge­reuses grâce à la robo­tique, les gens peuvent consa­crer une grande par­tie du temps ain­si libé­ré afin de se consa­crer, qui à la ges­tion de la cité, qui a l’é­tude, qui à des loi­sirs (créa­tifs ou non), qui à des asso­cia­tions cultu­relles, qui à la spi­ri­tua­li­té, qui à la recherche…

    La par­ti­ci­pa­tion à la ges­tion de la cité est encou­ra­gée et sou­hai­tée, par le biais de l’ap­pli­ca­tion des prin­cipes de l’Open Source à tous les domaines de la poli­tique (au sens noble du termes – poli­teia -, c’est-à-dire « ges­tion de la cité ») : une véri­table démo­cra­tie participative.

    Le fait qu’au­jourd’­hui le monde soit glo­ba­li­sé – « fini » diront cer­tains – est un fac­teur déter­mi­nant dans la mise en œuvre du pro­jet, puisque la base même de l’é­co­no­mie de res­sources se fonde sur la ges­tion de l’en­semble des res­sources de la Terre, per­çue en tant que sys­tème vivant et dyna­mique ; tout comme le tirage au sort s’a­dapte infi­ni­ment mieux aux grandes échelles (par l’ef­fet de nombre), l’é­co­no­mie basée sur les res­source ne s’a­dapte pra­ti­que­ment et effi­ca­ce­ment qu’à l’é­chelle glo­bale (puisque cer­taines res­sources ne sont dis­po­nibles qu’en quelques endroits, et non sur tout le globe).

    C’est parce que nous sommes, aujourd’­hui, en mesure d’é­va­luer (tech­ni­que­ment) la quan­ti­té et la qua­li­té des res­sources et des richesses offertes par la pla­nète Terre tout entière, que nous sommes capables d’en­vi­sa­ger et de pro­je­ter un sys­tème social d’a­bon­dance (réelle) pour tous. Objec­ti­ve­ment par­lant, l’en­semble des peuples de la pla­nète ont tous inté­rêt à ce qu’un sys­tème de cette nature soit mis en place, puis­qu’il répon­drait aux besoins de cha­cun, néces­si­te­rait la col­la­bo­ra­tion et le par­tage des res­sources, et met­trait fin aux causes majeures des guerres et des conflits.

    Nous nous bat­tons pour avoir accès aux piller les res­sources et richesses que la pla­nète nous offre dans d’autres pays, afin d’en béné­fi­cier égoïs­te­ment et d’ac­croître les chiffres d’af­faires de quelques indus­triels et action­naires, tout en pro­vo­quant la pau­vre­té et l’ins­ta­bi­li­té dans les pays dit « du sud » (ceux qui ont des richesses dans leur sol).

    Si ces res­sources étaient recon­nues comme patri­moine et héri­tage sécu­laire et sacré de TOUS les êtres vivants, et si nous met­tions en place une struc­ture glo­bale de ges­tion rai­son­née (et rai­son­nable) de celles-ci au béné­fice de TOUS, alors il paraît évident que nous n’au­rions plus de rai­son de nous battre.

    Voi­là qui, j’es­père, répon­dra (au moins en par­tie) à vos ques­tions. Cela étant, vous avez sans doute rai­son en disant que trop peu de gens sont prêts, à l’heure actuelle, à adhé­rer à un prin­cipe de gra­tui­té : il s’a­git d’un tel chan­ge­ment de para­digme que l’a­dap­ta­tion n’est pas évi­dente. Mais ce n’est pas parce que la chose est dif­fi­cile qu’elle doit être aban­don­née : apprendre à voler dans les airs sem­blait impos­sible il y a encore deux siècles, pour­tant, d’au­da­cieux inven­teurs sont par­ve­nus à créer des engins per­met­tant de voler … Les men­ta­li­tés se changent, dès l’ins­tant où les vieux mythes se brisent à une réa­li­té incon­for­table – et nous pou­vons comp­ter sur le sys­tème pour nous rendre cette réa­li­té de plus en plus incon­for­table pour un nombre de plus en plus grand de gens – et dès lors que l’on dif­fuse une idée nou­velle, pour­vu que celle-ci réponde à des besoins néces­saires et soit robuste à l’a­na­lyse critique.

    De la même manière que le tirage au sort est dif­fi­cile à faire admettre de prime abord au gens, une socié­té basée sur le par­tage plu­tôt que sur l’é­change (in fine, c’est bien de cela qu’il s’a­git) est éga­le­ment dif­fi­cile à faire com­prendre et admettre, mais pas impos­sible. Il ne faut pas attendre que cela advienne tout seul : il faut par­ti­ci­per à l’essaimage en dif­fu­sant les infor­ma­tions et en débat­tant du sujet (c’est ce que j’es­saie de faire, à mon humble niveau).

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  26. Ana Sailland

    Chouette ! Je me sens moins seule : De grandes avan­cées mais « l’ensemble des res­sources natu­relles de la Terre consti­tue un héri­tage com­mun à tous les êtres humains » témoigne encore d’un esprit colo­nial en ce sens que ce « prin­cipe » éta­blit une hié­rar­chie pos­sé­dante au sein du vivant. Les facul­tés par­ti­cu­lières de l’être humain lui confèrent une res­pon­sa­bi­li­té plus que des droits.

    Réponse
  27. Di Girolamo

    J’y mets là . Peut être faut il pla­cer cette video ailleurs…

    Réponse
  28. Morpheus

    @ Ana Sailland

    J’ai, un peu plus plus loin dans le texte, pré­ci­sé : « Si ces res­sources étaient recon­nues comme patri­moine et héri­tage sécu­laire et sacré de TOUS les êtres vivants, et si nous met­tions en place une struc­ture glo­bale de ges­tion rai­son­née (et rai­son­nable) de celles-ci au béné­fice de TOUS ».

    Nous sommes donc en accord sur ce point 😉

    Mor­pheus

    Réponse
  29. Ana Sailland

    @Di Giro­la­mo
    Merci
    Il est par­ti­cu­liè­re­ment inté­res­sant de voir émer­ger une même idée sur tout le globe.

    @Morpheus
    Oui, j’a­vais bien lu la suite, qui va dans le sens d’un échange que nous avions eu il y a quelques mois.
    L’i­dée, belle, étant posée, il reste à appro­fon­dir plein de choses (entre autres, la ques­tion du dyna­misme qui pose pro­blème si on sort de la « civi­li­sa­tion de la carotte », et la ques­tion de la syner­gie des élans). Puis à créer des îlots, car dire ne suf­fit pas.
    Res­pec­tons peut être le thème cen­tral … Il fau­dra un groupe de tra­vail sur cette question.
    …

    Réponse
  30. Morpheus

    @ Ana Sailland

    Je suis par­tant pour par­ti­ci­per à un groupe de réflexion afin d’ap­pro­fon­dir les ques­tions que pose le pro­jet et le concept de socié­té sans monnaie.

    Je pense en outre nous faci­li­ter les échanges en créant une pla­te­forme vocale sur Mumble (logi­ciel libre de com­mu­ni­ca­tion vocale de groupe via le net).

    Mor­pheus

    Réponse
  31. Ana Sailland

    Je viens d’ins­tal­ler Mumble … Marche pas. 

    ana.public aro­base
    live .fr

    Réponse
  32. Catherine B

    Par­fois, et de plus en plus je le confesse, une triste impres­sion qu’é­crire ne sert à rien, alors la musique peut-être sau­ra-t-elle par­ler davan­tage que les mots, j’ose encore l’espérer !

    Réponse
  33. Étienne

    Mer­ci Cathe­rine. Ce mou­ve­ment lent est une des plus belles choses que je connaisse ; depuis mon ado­les­cence, il me tire des larmes au moment où l’or­chestre com­mence à chanter.

    Un peu comme le deuxième et sur­tout le troi­sième de Rachma.

    [Dam­ned, je n’ar­rive pas à retrou­ver tous les mor­ceaux de ce concert 🙂 
    =>Je n’ai trou­vé le 2ème mou­ve­ment que dans une autre série, déso­lé, je conti­nue à chercher :

    ]

    Le 3ème par Horo­witz, par­ti­cu­liè­re­ment, me fait chia­ler comme un gosse, à par­tir de la min 4:50 de l’in­tro par exemple et ces élans jouis­sifs qui suivent, comme de puis­sances vagues. Ce 3ème de Rach­ma est ce qu’on a fait de plus beau sur terre.

    Mer­ci.

    Réponse
  34. Catherine B

    J’ose à peine ajou­ter quelque chose de peur de cas­ser la beau­té et la grâce de cette musique, pour­tant je me risque quand même. 

    Le concer­to 23 de Mozart et le moment que vous décri­vez comme celui qui vous tire des larmes, moment où l’or­chestre com­mence à entrer davan­tage en « action » de façon plus enle­vée et pour­tant si déli­cate, porte en lui quelque chose d’une pro­messe qui se mur­mu­rait au début dans la len­teur et qui ensuite se déve­loppe avec juste assez de magni­fique et sublime tris­tesse cris­tal­line et déli­cate et tou­chante et légère et belle, juste assez pour nous remettre d’a­plomb sans tom­ber jus­te­ment dans la sen­si­ble­rie, juste, juste ce qu’il fal­lait, une note de plus, une note de moins et ce n’é­tait plus cela. Un ins­tant de pure éter­ni­té qui s’é­lar­git et trouve toute son ampleur pour ensuite se refer­mer sur un silence qui parle, comme une scan­sion de la vie qui se déploie, s’ouvre pour ensuite retrou­ver son mys­tère au coeur du silence. Tant que nous serons capables de pleu­rer en écou­tant de la musique alors tous les espoirs sont per­mis pour l’humanité.

    Mer­ci à vous aus­si Étienne pour ce témoi­gnage qui me touche.

    Réponse
  35. BAB's

    Une ques­tion me brule les lèvres :

    Il est sain et très bien de débattre du modèle d’une vraie démo­cra­tie, seule­ment quand on a la chance de la voir naître juste à côté de chez nous, dans un pays avec lequel on a de forts liens, et que l’on reste chez nous les bras croi­sés à les regar­der tout gâcher par manque de savoir et d’in­for­ma­tions (pauvre peuple qui croit bon de copier nos modèles occi­den­taux !), n’est on pas un peu lâche, voir même com­plè­te­ment cri­mi­nel de ne pas aller crier haut et fort à qui veut l’en­tendre SUR PLACE qu’une autre voie est possible ?

    Réponse
  36. Morpheus

    @ BAB’s

    Étienne s’est ren­du der­niè­re­ment en Tuni­sie pour un forum concer­nant la démo­cra­tie. Il ne reste donc pas « à rien faire ».

    Cela étant, le che­min des idées, qui occupe le ter­rain de l’es­prit, est sou­vent long et dif­fi­cile à réorien­ter : les condi­tion­ne­ments et les croyances sont aus­si tenaces que de petites échardes pro­fon­dé­ment enfon­cées sous l’épiderme.

    Tout comme les occi­den­taux il y a deux siècles, il y a fort à parier que les peuples du proche orient ver­ront un pro­grès dans le simple fait de choi­sir leur maître et ils risquent fort de s’en contenter.

    Essayez donc d’al­ler leur dire ce qu’ils doivent faire pour avoir une vrai démo­cra­tie, ils vous rétor­que­ront, non sans rai­son : « Avant de nous dire quoi faire (une fois de plus), com­men­cez déjà par le faire chez vous ! »

    Et en effet : avant de don­ner des conseils aux autres, com­men­çons déjà par les mettre en pra­tique chez nous. Je com­prends bien votre inten­tion, bien­veillante, mais je ne peux pas m’empêcher d’y per­ce­voir cette ten­dance tou­jours répé­tée de vou­loir que les autres changent, plu­tôt que de chan­ger nous-même. Ce n’est bien sûr pas une réac­tion consciente, mais elle n’en demeure pas moins une tare.

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  37. philippe depot

    Un point impor­tant est la res­pon­sa­bi­li­té judi­ciaire des signa­taires de tout écrit public d’une fonc­tion, quel que soit le niveau. Oublions les « immu­ni­tés » diverses, TOUTES ! même diplo­ma­tiques, oublions les « pri­vi­lèges » quels qu’ils soient… que cha­cun soit res­pon­sable INDIVIDUELLEMENT des déci­sions qu’il prend et des actes pro­po­sés à d’autres.

    L’exemple doit venir d’en haut et la « chose publique » doit réel­le­ment être publique si besoin est. Trans­pa­rence. La vie pri­vée doit être res­pec­tée au plus haut point, les élé­ments moraux qui pré­ludent aux déci­sions à prendre doivent être le fon­de­ment même des règles édic­tées. L’es­prit de la loi pré­va­lant sur la pro­cé­dure et donc la forme.

    Réponse
  38. BAB's

    @Morpheus, et fina­le­ment tout le monde

    Atten­tion je n’ac­cuse per­sonne en par­ti­cu­lier, sur­tout pas Etienne qui contri­bue lar­ge­ment à démo­cra­ti­ser cette cause, j’ai d’ailleurs bien sui­vi le fait qu’il soit allé sur place. Je me mets d’ailleurs dans le lot quand je parle ain­si. C’est tout de même triste d’a­voir ce « savoir des règles du jeu » et de ne pas réus­sir à le trans­mettre à tra­vers le monde au moment opportun.

    Je com­prends très bien l’a­na­lo­gie avec le pas­sé colo­nia­liste, il y a cepen­dant des dif­fé­rences de taille : l’é­poque, la recu­lée de l’illet­trisme et par consé­quent l’a­vè­ne­ment de la culture, la rela­tive puis­sance des media rela­ti­ve­ment indé­pen­dants … Beau­coup de condi­tions qui laissent un libre arbitre aux popu­la­tions à qui l’ont peu pré­sen­ter mas­si­ve­ment le pro­jet d’une consti­tu­tion « propre ». Et l’on a quand même une sacrée dif­fé­rence entre une « pro­messe » colo­niale lar­ge­ment dou­teuse, sur­tout avec la vio­lence avec laquelle les choses se sont pas­sées, et le simple fait de rap­pe­ler ce qu’est l’es­sence d’une vraie démocratie.

    Cela dit c’est vrai que l’on ne montre pas l’exemple ! Je suis par­fois attris­té de ce pays qui sait gueu­ler pour un oui ou pour un nom mais qui n’a même plus la force de contes­ta­tion néces­saire pour mener un pro­jet sérieux de « révo­lu­tion », parce que c’est tout de même de ça dont on parle, même si elle peut être paci­fique, l’i­dylle dont on rêve tous sera une chose radi­ca­le­ment oppo­sée à ce que l’on connait là.

    J’ai mal de suivre les mou­ve­ments indi­gnés à tra­vers le monde, notam­ment évi­de­ment chez nos voi­sins Espa­gnols, les expul­sions, le chô­mage de masse, le marasme éco­no­mique et socio­lo­gique, me dire qu’en tant q’hu­mains ce sont nos frères et qu’on est pas si loin d’être les pro­chains si l’on conti­nue ain­si … (remar­quons que l’Homme a tou­jours mon­tré le meilleur de lui même quand il était au bord du gouffre) Bref cette fer­veur à défendre farou­che­ment les inté­rêts du peuple MAIS sans avoir de buts bien défi­nis et clairs, alors qu’i­ci là nous sommes désor­mais nom­breux à « savoir » mais sans cette éner­gie. Bord du gouffre, bord du gouffre, allons nous attendre 2017 ? Extrêmes … ?
    Dans la logique d’é­ga­li­té poli­tique, je ne suis pas très favo­rable au lea­der, mais il faut bien avouer que c’est un élé­ment de com­mu­ni­ca­tion, et ce à toutes dimen­sions, indé­niable, il fau­drait trou­ver un lea­der phy­sique pour chaque « bas­tion » de pen­sée, un dés­in­té­res­sé capable de fédé­rer les « troupes » autour d’une idée simple, la cause des causes, capable de relayer les pro­pos de ce qui ne pré­fèrent n’être pen­seur, capable de s’ex­pri­mer lors d’in­ter­ven­tions publiques pour pré­sen­ter sim­ple­ment et clai­re­ment les revendications …

    Bref ce qui me tur­lu­pine autour de tout ça : le forum est for­mi­dable, il per­met d’u­nir un maxi­mum de fran­co­phone autour de l’i­dée qui nous anime, per­met t’il l’ac­tion sur le ter­rain ? De se ren­con­trer en vrai ? Je suis loin d’en avoir fait le tour donc c’est une vraie ques­tion que je pose là, je pense qu’il serait bon de com­men­cer à se ren­con­trer pour de vrai, afin de débattre et de mettre en place des actions concrètes, à faire dès main­te­nant. Peut être que je débarque tota­le­ment et que ces ras­sem­ble­ments existent déjà, dans ce cas je suis pre­neur de savoir où, quand et com­ment. Il y a tant de moyens d’ac­cé­lé­rer le déve­lop­pe­ment du germe de la vraie citoyen­ne­té dans la tête de tout à cha­cun. Pour reve­nir sur les Indi­gnés, je lisais par exemple je ne sais plus où qu’un des lea­ders était content d’a­voir cette diver­si­té d’  »ori­gine de reven­di­ca­tions » au sein des par­ti­ci­pants aux mou­ve­ments, je suis per­son­nel­le­ment contre et l’ex­pé­rience va dans ce sens :

    - dis­cor­dance sur les mes­sages à déli­vrer, désac­cords mineurs des par­ti­ci­pants ampli­fiés à l’i­mage / son …
    – décré­di­bi­li­sa­tion auprès des médias
    – mou­ve­ments qui pensent les plaies mais n’ar­rête pas le cou­teau qui entaille
    – indi­rec­te­ment démo­ti­va­tion de ceux qui auraient pu agir sur les pro­chains évènements
    ==> effet com’ (oui je viens de ce milieu) = 0

    La com’, le mar­ke­ting, banques, médias … ce sont tous ces gens qui tous les jours nous vendent des trucs dont on a pas besoin, qui nous endettent, nous pré-mâche nos élé­ments de réflexions … Oui mais comme le rap­pe­lait Etienne avec la démo­cra­tie Athé­nienne, ce n’est pas parce qu’un sys­tème com­porte des erreurs qu’il est fon­ciè­re­ment mau­vais, et l’oc­cur­rence la com’ pour y reve­nir est trop sou­vent l’arme sur­puis­sante au ser­vice du capi­ta­lisme outran­cier, elle peut très bien l’être de notre côté et ain­si accé­lé­rer les choses.

    Ce n’est qu’un exemple et il n’en­gage que moi, il mérite peut être d’être débat­tu et ce serait jus­te­ment mon sou­hait de trou­ver des ras­sem­ble­ments phy­siques, débou­chants sur des mises en place d’ac­tions concrètes, ce serait un bon moyen d’i­den­ti­fier les quelques lea­ders dés­in­té­res­sés, bons ora­teurs, dont la cause à besoin et qu’il fau­drait sou­te­nir, par exemple dans une démarche de par­ti poli­tique, encore une fois ce n’est pas parce qu’ils sont mau­vais tels quels aujourd’­hui qu’on ne peut pas s’en servir …

    On aura rien sans rien et, mal­gré les condi­tions favo­rables, l’ac­tion pren­dra extrê­me­ment de temps à se mettre en place si l’on n’en reste qu’aux phases de réflexions … Je ne me relis pas, c’est beau­coup trop long 😉

    ++

    BAB’s

    Réponse
  39. philippe depot

    @Bab’s Je rejoins ce rai­son­ne­ment. Une stra­té­gie doit être mise en place concrè­te­ment. C’est une « révo­lu­tion » qui se pré­pare et donc une « guerre » en pers­pec­tive. Un mou­ve­ment « révo­lu­tion­naire » doit se struc­tu­rer, éta­blir des « ate­liers » ou « groupes de tra­vail » par­tout pour accé­lé­rer les réflexions et mieux défi­nir les orien­ta­tions. Le mou­ve­ment doit deve­nir visible et lisible, com­pré­hen­sible par tous. Sépa­rer le bon grain de l’i­vraie aus­si … se pro­té­ger des infil­tra­tions, sabo­teurs, faux mili­tants sans être paranos …

    Entrer dans des détails incom­pré­hen­sibles pour beau­coup risque de perdre l’in­té­rêt du peuple et noyer toute action dans des palabres désor­mais inutiles voire dangereux …

    Comme j’é­cri­vais avant, il faut sur­tout défi­nir les grandes lignes, le cadre géné­ral de façon concise et simple. Entrer dans les détails est une autre phase.

    En effet, il faut ras­sem­bler et pour ras­sem­bler il faut être vu, connu, recon­nu, et cré­dible … tant de mou­ve­ment émanent du pou­voir en place, mû par des forces occultes pour détour­ner l’at­ten­tion, dis­per­ser et étouf­fer dans l’oeuf … ce site acces­sible à tous est une image de démo­cra­tie mais n’est-il pas expo­sé à de telles intrusions ?

    En tant que tel, le mou­ve­ment doit se pro­té­ger aus­si. Ras­sem­bler les per­sonnes sus­cep­tibles d’ap­por­ter leur point de vue, leur savoir, leur com­pé­tence enfin concrè­te­ment et être une plate-forme non seule­ment de dis­cus­sions mais aus­si d’actions.

    D’autre part, il serait oppor­tun de ne pas négli­ger les pays voi­sins sus­cep­tibles d’ap­por­ter leur sou­tien car aujourd’­hui, nous sommes tous liés par un même can­cer qui ne se sou­cie pas des fron­tières et des sen­si­bi­li­tés. Le « modèle » à construire devrait être appli­cable par­tout dans ses bases et fon­de­ments avant d’être par­ti­cu­lier aux dif­fé­rentes régions sus­cep­tibles de l’a­dop­ter. J’in­siste donc sur l’é­ta­blis­se­ment d’une « charte de départ » com­por­tant les grandes lignes idéo­lo­giques et stra­té­giques fon­da­men­tales, carte de visite fon­da­men­tale visible par tous … le détails des moyens étant un aspect regar­dant plus les groupes de travail.

    J’aime aus­si pen­ser que toute situa­tion, lors­qu’elle est tel­le­ment grave et urgente, ne peut se satis­faire d’un « à peu près » tout en consi­dé­rant que l’ur­gence jus­ti­fie des actions dras­tiques rapides et effi­caces pour ne pas ame­ner le chaos …

    Réponse
  40. Morpheus

    J’ai créé un salon de dis­cus­sion Mumble (compte gra­tuit, 10 uti­li­sa­teurs maxi­mum pour le moment). Pour vous connecter :

    Adresse du ser­veur : s1​.mymumble​.fr
    Port du Ser­veur : 20469

    Pour le nom du ser­veur, met­tez ce que vous vou­lez (j’ai mis sim­ple­ment « constituante »).

    Il fau­drait conve­nir un horaire de connexion. Atten­tion, si le compte n’est pas uti­li­sé, il sera rapi­de­ment sup­pri­mé par le fournisseur !

    Mor­pheus

    Réponse
  41. BAB's

    « En tant que tel, le mou­ve­ment doit se pro­té­ger aus­si. Ras­sem­bler les per­sonnes sus­cep­tibles d’ap­por­ter leur point de vue, leur savoir, leur com­pé­tence enfin concrè­te­ment et être une plate-forme non seule­ment de dis­cus­sions mais aus­si d’actions. »

    ==> Ca j’aime bien 😉

    D’une manière glo­bale, je suis heu­reux que mon post fasse réagir, je sen­tais bien que cer­tains attendent cette action sans trop savoir quoi faire.

    @Morpheus = ton lien c’est de la visio confé­rence ? A dix ? mais pas d’autres cha­teurs simultanés ?

    Per­so je viens de décou­vrir qu’Étienne tenait des chats qua­si tous les mar­di, je m’y suis connec­té hier pour jus­te­ment sup­por­ter mon rai­son­ne­ment, plu­sieurs choses à dire :

    - Etienne et les autres sem­blaient conscient de tout ça, beau­coup n’ont aucune idée de com­ment mettre en place tout ça pour la simple et bonne rai­son que ce n’est pas leur bou­lot. Pour com­pa­rer, on pour­rait prendre un mec dont le prin­ci­pal but est d’en­ri­chir son savoir, il n’a que faire car s’en fiche des repré­sen­ta­tions publiques, n’al­lez donc pas l’embêtez à lui expli­quer la mode, c’est super­fi­ciel pour lui. Pre­nons un autre gars dont le but est de faire pas­ser un mes­sage au plus grand nombre, il sera for­cé­ment une per­son­na­li­té publique tôt ou tard, il va devoir savoir s’ha­biller. Pour beau­coup c’est futile mais c’est la base quand on fait de la com’ visuelle. A l’a­ve­nir, on peut consi­dé­rer qu’il y aurait deux types de per­sonnes dans le mou­ve­ment, des pen­seurs et des acti­vistes publiques, les pre­miers doivent ali­men­ter les seconds …

    - Je suis arri­vé bien tard sur le chat opi­news et n’ai pu débattre que 10 minutes, ren­dez-vous est don­né dans 15 jours (mar­di 21 de mémoire) pour en repar­ler, d’i­ci là j’au­rais éla­bo­ré quelques docs expli­quant la trame de ce que j’i­ma­gine (plan de com’, orga­ni­sa­tion …), je suis prêt à mettre ma modeste expé­rience de la com­mu­ni­ca­tion au ser­vice de la cause que nous défen­dons, j’es­père que vous serez nom­breux à suivre le débat et don­ner votre avis …

    ++
    BAB’s

    Réponse
  42. bruben98

    Bab’s

    Je suis assez en accord avec vous concer­nant le plan com. Je sais que cela est un « gros mot » pour une majo­ri­té et une cause majeur de nos maux. mais la com éthique ça peut aus­si exis­ter. Enfin je pense.

    Chaque fois que je parle de notre « mou­ve­ment » appe­lons le comme ça, c’est trop souvent :

    C’est quoi ? C’est qui ? C’est reli­gieux votre truc ? vous êtes une secte Ré-écrire la consti­tu­tion ? C’est quoi ?? Mais vous n’y pen­sez pas !!! trop de bou­lot !!! Une affaire de spécialiste !!!

    Bref, pas facile à vendre la vrai démo­cra­tie !!!! Pas sexy du tout !! 🙂 Chez moi plus qu’ailleurs ?? Je sais pas.….

    Je ne suis peut-être pas un bon vendeur ??

    Bon bref, Bab’s, faites-nous un truc sexy pour mobi­li­ser plus large que les amphis bou­ton­neux, les chô­meurs dés­œu­vrés ou les pré-retrai­tés. Il faut faire bou­ger le noyau dur, des employés, des sala­riés, des tra­vailleurs indé­pen­dants, des arti­sans, des com­mer­çants, bref : les gens qui pèsent vrai­ment sur l’é­co­no­mie, les forces vives du pays, ces otages du sys­tème, ces contri­buables cap­tifs qui sont, pour une grande par­tie, bien trop occu­pés par leur labeur et se contentent des infos télé dans leur trop grande majorité.

    Les visios d’o­pi­new’s, c’est bien, mais mal­heu­reu­se­ment pour moi qui suis à 22000 km, je ne peux me connec­ter que pen­dant mes congés.……

    Bon week end et BANZAÏ!!!!!

    Bru­no

    Réponse
  43. j

    Je par­tage l’a­na­lyse de Jacques Fres­co sur la mon­naie et je dois admettre que le Pro­jet Venus est très enthousiasmant.

    Il m’ap­pa­raît dif­fi­cile de mesu­rer l’am­pleur d’un pro­jet aus­si gigan­tesque et révo­lu­tion­naire. Rien que l’as­pect visible de l’i­ce­berg est monu­men­tal, il implique une refonte totale et à l’é­chelle mon­diale de nos modes de vie sur tous les plans.

    Aus­si bien sur le plan maté­riel, tech­no­lo­gique et tech­nique que social, éco­no­mique, psy­cho­lo­gique phi­lo­so­phique et spirituel.

    Confé­rence de Jacques Fresco

    questions/ réponses


     
    l’avenir ?

    démo­cra­tie ?

    La dis­pa­ri­tion de la pri­son de l’argent, source de notre escla­vage actuel régle­ra de très nom­breux pro­blèmes de la souf­france humaine et ani­male. La science ser­vant la vie et non plus l’argent.

    Ça suf­fit main­te­nant, il est temps de pas­ser à autre chose que ce sys­tème absurde et des­truc­teur et d’en venir enfin à la liberté.

    La science n’est pas en elle-même un pro­blème qui mène­rait à une dic­ta­ture inhu­maine comme on l’en­tend par­fois. N’ou­blions pas que le terme ‘science’ est syno­nyme de ‘connais­sance’.
    C’est par igno­rance qu’on a lais­sé d’autres choi­sir à notre place.

    La tech­no­lo­gie en soi n’est ni bonne ni mau­vaise, c’est la façon dont elle est uti­li­sée et diri­gée et avec quelle moti­va­tion. Voi­là le point et de cela résulte le déve­lop­pe­ment de cer­tains aspects plu­tôt que d’autres.

    On peut sup­po­ser qu’une approche holis­tique éva­cue­rait par sa cohé­rence les sophismes de l’ap­proche spé­ci­fique com­par­ti­men­tée et orien­tée inten­tion­nel­le­ment en vue d’in­té­rêts financiers.

    A prio­ri, dans la mise en appli­ca­tion du pro­jet Vénus, cha­cun aura l’es­pace de vivre libre­ment et de choi­sir sa vie. La démo­cra­tie devrait avoir beau­coup plus de chance de pou­voir s’exer­cer et perdurer.
    Cepen­dant, on est en droit de se poser la ques­tion de la notion même de démo­cra­tie dans un tel sys­tème cybernétique.

    Les tra­vaux dif­fi­ciles étant effec­tués par la machine mais aus­si l’en­semble du fonc­tion­ne­ment et de l’en­tre­tien de chaque cité, un grand nombre des déci­sions sera donc automatisé.

    Quelle sera la place de l’au­to­ri­té humaine sur le fonc­tion­ne­ment glo­bal d’une telle société.

    Qui aura l’au­to­ri­té et comment ?

    La démo­cra­tie ne pour­rait-elle pas se com­bi­ner avec un tel sys­tème tenant compte des infor­ma­tions scientifiques ?

    Jus­qu’où s’é­ten­dront nos libertés ?

    Un pro­jet d’une telle ampleur ne peut être que pré­vu de longue date.

    À l’heure actuelle, en ce qui me concerne, beau­coup de ques­tions res­tent en suspens ;
    l’une d’entre elle est l’o­ri­gine de ce projet.

    Dans la 2ème vidéo, on nous dit que ce pro­jet est opé­ra­tion­nel depuis 1927, en même temps, Jacques Fres­co dit y avoir tra­vailler toute sa vie.

    D’a­près les infor­ma­tions que j’ai pu récu­pé­rer par ailleurs, ce pro­jet cor­res­pon­drait à la mise en œuvre du pacte synarchique.

    Bien qu’il puisse y avoir de nom­breux points de conver­gence avec ma propre concep­tion de l’a­ve­nir sur les condi­tions pour qu’é­merge une véri­table et sage démo­cra­tie, pour l’ins­tant un cer­tain nombre d’as­pects m’échappe.

    la seconde obser­va­tion qui me vient est jus­qu’à quel point le contrôle de ce sys­tème demeu­re­ra entre les mains des citoyens et non d’une élite de spé­cia­listes qui nous impo­se­ront leur vision « scien­ti­fique » de la perfection.

    Ce qui ne serait que le dévoi­le­ment de ce qui s’est mis en place dans notre dos finalement.

    L’ar­gu­ment qui vise à dire que ces spé­cia­listes n’au­raient pas de pri­vi­lèges ou de sta­tuts dif­fé­rents de tout un cha­cun n’est pas suf­fi­sant car même si tout un cha­cun aura plus faci­le­ment accès à la connais­sance, le pro­blème de la com­pé­tence et de l’au­to­ri­té sera-t-il réso­lu pour autant ?

    Bien sur, une socié­té est tou­jours per­fec­tible mais autant aller le plus loin pos­sible dans les fon­de­ments de celle-ci plu­tôt que d’a­voir de mau­vaises sur­prises sur­tout à l’é­gard d’un sys­tème aus­si glo­bal ou aucune autre porte de sor­tie ne semble nous être proposée.

    À nous, de toute façon, de prendre les rênes mais encore faut-il savoir com­ment cela sera possible.

    Ce pas vers la sou­ve­rai­ne­té de l’in­di­vi­du et du droit à l’é­man­ci­pa­tion recon­nu offi­ciel­le­ment doit à mon sens s’ac­com­pa­gner de la plus grande liberté.

    Et la liber­té, c’est un vaste sujet, celui de la com­pré­hen­sion de nous-même, de l’é­ra­di­ca­tion de l’ignorance.

    Et là, je sou­hai­te­rais mettre en garde à l’é­gard d’une vision trop méca­niste qui pour­rait occul­ter l’exis­tence même d’une nature profonde.

    Ten­dance qui semble par­fois trans­pa­raître dans le dis­cours de Jacques Fresco.

    La connais­sance, la sagesse rend libre.

    Nous devrions savoir com­ment toutes ces choses fonc­tionnent et com­ment les mettre en place et pou­voir les faire évo­luer et c’est la base d’une édu­ca­tion non fon­dée sur le pro­fit mais sur ce qui nous est vrai­ment utile.

    C’est ce que Jacques Fres­co pro­pose et être vigi­lant sur ces choses c’est voir notre propre inté­rêt, véri­table et insé­pa­rable de l’in­té­rêt de chacun.

    L’ac­cep­ta­tion d’une socié­té en évo­lu­tion et la recon­nais­sance de notre igno­rance et de notre poten­tiel de déve­lop­pe­ment sont garant d’une cer­taine liber­té à l’é­gard d’i­dée abso­lue sur le monde.

    Mais pour en reve­nir à l’o­ri­gine et l’ob­jec­tif du pro­jet, à y regar­der de plus près, il m’ap­pa­raît naïf de pen­ser que le nou­vel ordre mon­dial n’est autre chose que ce qui nous est pro­po­sé là.

    S’il n’est pas mis en place direc­te­ment par le moyen de l’argent, c’est peut être jus­te­ment pour que les citoyens s’en emparent par la base et non plus par le haut comme dans notre sys­tème hié­rar­chique esclavagiste.

    Au regard de ce pro­jet, il me semble évident que le sys­tème moné­taire a été volon­tai­re­ment uti­li­sé puis mis en faillite en vue d’un pro­ces­sus glo­bal de redé­fi­ni­tion ou de redi­rec­tion du mode de vie sur terre.

    On ne met pas en place un sys­tème finan­cier dont on sait qu’il est voué à s’ef­fon­drer en quelques décen­nies sur toute la pla­nète par des moyens aus­si éla­bo­rés sans en mesu­rer un mini­mum les consé­quences non ?

    Au point où nous sommes ren­dus, ceux qui croient gagner de l’argent en pro­fi­tant de la crise ne jouent en réa­li­té qu’a­vec des numé­ros sur un écran d’or­di­na­teur qui ne valent déjà plus rien.
    Il ne pour­ront bien­tôt plus rien en faire du tout.

    Si nous sommes tous d’ac­cord pour­quoi cela ne pour­rait-il pas se faire en douceur ?

    bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  44. Ana Sailland

    A pro­pos des deux pre­mières vidéos (confé­rence de Londres)

    Ceux qui me lisent depuis quelques mois ici ou sur le forum savent à quel point je suis spon­ta­né­ment proche de 80% des idées ici développées.

    J’ai pour­tant le sen­ti­ment d’as­sis­ter aux pre­mières images d’un hor­rible film de science fiction !
    Pourquoi :

    Tout d’a­bord, je suis aller­gique, pro­fon­dé­ment, à deux points essen­tiels ici exprimés :

    1) Ce serait le cadre qui induit l’at­ti­tude, la pen­sée et les valeurs de l’in­di­vi­du. Et ce serait donc donc uni­que­ment en modi­fiant le cadre qu’on ren­dra l’hu­main meilleur.

    -> Le cadre et les struc­tures sont en effet un fac­teur essen­tiel de l’é­di­fi­ca­tion de l’être, mais il n’est pas seul en jeu : la liber­té de l’être humain, qui le dif­fé­ren­cie de l’a­ni­mal, réside jus­te­ment dans sa capa­ci­té à refu­ser ce qui le cadre et à se choi­sir déli­bé­ré­ment dif­fé­rent de ce vers quoi il est induit. On en use peu, certes, mais c’est à mon sens cela qui doit être « boos­té » pour aller vers plus de conscience col­lec­tive libre bien que cohérente.

    2) Ce seraient la science et la tech­no­lo­gie, et donc les scien­ti­fiques et les tech­ni­ciens, qui détien­draient les solu­tions à tous nos pro­blèmes. Il fau­drait donc leur faire confiance pour amé­lio­rer le monde.

    -> Ain­si donc, si leurs solu­tions sont les bonnes, les autres sont mau­vaises par­di. Et dans cette mêêêr­veilleuse socié­té annon­cée, celui à qui la bonne solu­tion ne convient pas sera au mini­mum ennuyé.
    Inter­mède humo­ris­tique : Vous savez, j’ai ensei­gné 33 ans dans une école d’in­gé­nieurs, et c’est bien pour ça que je n’aime pas mon­ter en avion.
    Et puis … méfions nous des gens intel­li­gents qui savent tout résoudre : un détail peut leur avoir échap­pé, ou bien leur propre vision des choses peut les induire dans des direc­tions dan­ge­reuses. Sans oublier que la pas­sion de l’in­ven­tion peut entraî­ner vers de sacrées prises de risque

             =>

    Ces deux points font que mal­gré mon extrême proxi­mi­té sur bien d’autres points, je vois là le ferment d’une uni­for­mi­sa­tion du genre humain et d’une dic­ta­ture éco­lo­gique, impo­sées par la rai­son et toutes sortes de bonnes rai­sons. Un fas­cisme sub­til qui s’ins­tal­le­rait dans les outils de pro­tec­tion au fas­cisme. Dan­ger, donc.

    Cepen­dant, je ne rejette pas le tout : il fau­drait dis­cu­ter en direct .…..

    Pour info connexe :
    Jeu­di après-midi, dans le cadre de l’in­ter­sel natio­nal annuel, j’a­nime un ate­lier inti­tu­lé : « Com­ment sor­tir de la civi­li­sa­tion de la carotte » 😉
    Nous sommes donc bien dans la même attention.

    Réponse
  45. sitouaillain

    tota­le­ment d’ac­cord avec toi Ana !

    la cité radieuse sent le cau­che­mar à plein nez, un empire maya d’é­chelle pla­né­taire, une inci­ta­tion à prendre le maquis…

    Réponse
  46. Di Girolamo

    Sans avoir bien aprof­fon­di.… assez d’ac­cord ; il doit sans doute y avoir quelques bonnes ins­pi­ra­tions, mais toute construc­tion se vou­lant par­faite et qui se pro­pose comme réso­lu­tion des pro­blèmes , est guet­tée par le tota­li­ta­risme : le monde est impar­fait :c’est de ce constat qu’il faut par­tir et vers ce constat qu’il faut aller : c’est pour­quoi la démo­cra­tie , au sens de réflexion et débat col­lec­tif per­ma­nant est le régime poli­tique le plus adap­té à notre réa­li­té humaine.
    La réflexion col­lec­tive est en soi un chan­ge­ment de para­digme refu­sant tout tota­li­ta­risme que ce soit celui d’un homme ou de groupes ou par­tis ou d’un sys­tème , ou de la science ; savoir qu’on ne sait pas , hum­ble­ment et « fra­ter­nel­le­ment  » construire et reconstruire.
    La dif­fé­rence entre démo­cra­tie et réfor­misme c’est que le réfor­misme se base sur un réa­lisme du petit à petit mais sans chan­ger le fond des choses ; le réfor­misme est l’ex­cuse du conser­va­tisme ; et que la démo­cra­tie ‚si elle suit le même che­min réa­liste de par­tir de la réa­li­té telle qu’elle est ‚sans vou­loir impo­ser autre chose que le débat , est dès l’a­mont une révolution.

    Réponse
  47. Catherine B

    Il y a Baruch qui a une bonne défi­ni­tion du par­fait je trouve. La voi­ci résu­mée. Baruch, c’est Spi­no­za pour ceux qui ne l’ont pas croi­sé. Il dit gros­so modo de mémoire, il ne s’a­git pas d’un par­fait qui ne sera jamais attei­gnable comme celui des idéa­listes, non il s’a­git du par­fait dans le sens, je fais un plan de mai­son, la construc­tion de ma mai­son répond par­fai­te­ment au plan que j’a­vais tra­cé dès lors elle est par­faite au regard de ce plan.

    Réponse
  48. Catherine B

    Mais ce par­fait là, avec la minus­cule, il faut deux choses pour le construire à mon avis, du grand et du petit.

    D’a­bord il faut un plan pré­cis, ça c’est pour le grand, savoir où on va, une struc­ture, des fon­da­tions inébran­lables, inalié­nables qui sont la clef de voûte de notre future construc­tion et une fois enten­du sur CE qui est à construire, il faut des petites mains,ça c’est pour le petit, des petits actes pour construire fidè­le­ment Ce vers quoi on dirige notre énergie.

    Et puis enle­ver, défaire tout ce qui est mal fait comme pour toi Georges avec ton épi­sode mal­heu­reux, et qui risque de mettre en péril le plan tracé.

    En fait c’est très simple, mais c’est bigre­ment dif­fi­cile d’al­ler au simple jus­te­ment, car ça sup­pose de défaire, d’en­le­ver tout ce qui obs­true la libre cir­cu­la­tion de cette belle construc­tion, c’est pour ça que je parle tant du concret sans jamais oublier les fon­da­tions car ce sont les inter­ac­tions entre ces deux dimen­sions du petit et du grand qui sou­tiennent tout le bidule. L’un sans l’autre c’est l’é­chec assu­ré, bref c’est ce qu’on vit !

    Réponse
  49. Catherine B

    Encore une autre façon de dire ce que je veux dire.

    Tant qu’on décrit la démo­cra­tie telle qu’elle devrait être, on en fait un objet d’i­do­lâ­trie, c’est à dire un un objet d’a­do­ra­tion.

    En revanche, puis­qu’on ne sait pas vrai­ment ce qu’elle est, puis­qu’on ne l’a jamais appro­chée, ren­con­trée, juste appro­chée par­fois en cati­mi­ni, on ne peut s’es­sayer à défi­nir son image qu’en la lais­sant trans-paraître der­rière tous les immon­dices qui ne sont pas démo­cra­tiques dans notre réa­li­té quo­ti­dienne et que nous nous devons d’en­le­ver si nous avons en tête d’ar­ri­ver à son image.

    Alors elle n’est pas idole, elle est ce qui est sous les peaux qu’on vient d’en­le­ver, sa royau­té nue appa­raît à ce prix-là,le ménage, non ?

    Réponse
  50. Catherine B

    Je n’ai pas tout écou­té des confé­rences de Mr Fres­co, mais du peu que j’ai enten­du, j’en retire une cer­taine nausée.

    Pour­quoi ?

    Parce que beau­coup de son enchaî­ne­ment argu­men­ta­tif est juste et qu’il se sert de cela me semble-t-il pour empor­ter son public vers son pro­jet de bien­vaillance pour toutes les nations.

    Déjà, quand on me veut du bien, je me méfie, mais là, vou­loir du bien pour tous, je prends mes jambes à mon cou et je me sauve !

    Réponse
  51. Catherine B

    Ho la la, je viens d’é­cou­ter dans son inté­gra­li­té la qua­trième vidéo que nous pro­pose j et j’a­voue que ça me donne des fris­sons dans le dos ce bidule-là.

    Déjà le rythme de la voix et le ton mono­corde du dis­cours, exac­te­ment ce qu’on uti­lise pour mettre quel­qu’un en hypnose.

    Puis le conte­nu. C’est ahu­ris­sant qu’on puisse entendre ce genre de fatras sans que ce soit relé­gué illi­co pres­to aux oubliettes.

    C’est l’i­do­lâ­trie plein pot de la science et de la tech­nique comme si c’est deux ins­tances qui elle-mêmes ne tombent pas du ciel mais de la main de l’homme, par­ve­naient, on ne sait pas trop com­ment, à tou­cher la sain­te­té et à per­mettre à tous d’ac­cé­der au bonheur.

    Diantre, si c’é­tait le cas, ça se saurait !

    C’est que der­rière la tech­nique et la science il y a des hommes et que si ces hommes sont igno­rants de ce qui les animent inté­rieu­re­ment mais savants de tout ce qui est exté­rieur à eux, il y a fort à parier que le monde qu’ils crée­ront sera à leur image c’est à dire sans conscience réelle et que ça ris­que­ra de don­ner une mani­fes­ta­tion du meilleur des mondes de Huxley.

    Point de vue qui n’en­gage que moi, il va sans dire !

    Réponse
  52. J.C

    @ Ana Sailland

    Bien que je pres­sente ce que vous avez vou­lu signi­fier par « uni­for­mi­sa­tion du genre humain et d’une dic­ta­ture écologique. »
    ce regard cri­tique méri­te­rait approfondissement.

    Le pro­jet venus et les ana­lyses de Jacques Fres­co me semblent très inté­res­santes sur de nom­breux points.
    Pour ma part, j’ai le regret que pour la concep­tion de cette nou­velle socié­té nous n’ayons pas été consultés.

    « 1) Ce serait le cadre qui induit l’at­ti­tude, la pen­sée et les valeurs de l’in­di­vi­du. Et ce serait donc donc uni­que­ment en modi­fiant le cadre qu’on ren­dra l’hu­main meilleur. » 

    Je pense que nous n’a­vons pas conscience à quel point nous sommes conditionnés

    « 2) Ce seraient la science et la tech­no­lo­gie, et donc les scien­ti­fiques et les tech­ni­ciens, qui détien­draient les solu­tions à tous nos pro­blèmes. Il fau­drait donc leur faire confiance pour amé­lio­rer le monde. …/… Vous savez, j’ai ensei­gné 33 ans dans une école d’in­gé­nieurs, et c’est bien pour ça que je n’aime pas mon­ter en avion. » 

    C’est pour­tant déjà le cas aujourd’hui :

    La voi­ture, l’as­cen­seur et la plu­part des choses que nous uti­li­sons, pour ne pas dire la tota­li­té, sont déjà conçues de cette façon mais avec des moyens et des objec­tifs finan­ciers (du moins en apparence).

    @ Sitouaillain

    Dans notre sys­tème moné­taire mon­dial, les riches doivent se pro­té­ger et par­ta­ger en par­tie les méfaits de la dégra­da­tion de l’en­vi­ron­ne­ment d’une part et conti­nuer à exploi­ter tou­jours plus pour gar­der leur posi­tion de contrôle. Les exploi­tés, eux, sont contraints à être des tra­vailleurs for­cés pour avoir le droit de conti­nuer à vivre et ils sont mani­pu­lés afin de le rester.
    Quant aux autres qui n’ont pas d’argent ou qua­si­ment pas, ils n’ont pas le droit d’exis­ter et meurent de mal­nu­tri­tion, de mala­die, de froid, de chaud etc.

    Je crains que le cau­che­mar, ce soit plu­tôt ou déjà ce que nous vivons ici sur cette planète.
    Éco­lo­gi­que­ment, éco­no­mi­que­ment, socia­le­ment, spi­ri­tuel­le­ment etc.

    Je prie pour que les indi­vi­dus puissent enfin s’é­man­ci­per de leur condi­tion d’esclave.

    Voi­ci 2 vidéos qui donnent des expli­ca­tions et éclair­cis­se­ment sur le pro­ces­sus que nous vivons.

    La 1ere est un excellent repor­tage sur le reve­nu de base :

    http://​www​.kult​ki​no​.ch/​k​u​l​t​k​i​n​o​/​b​e​s​o​n​d​e​r​e​s​/​l​e​_​r​e​v​e​n​u​_​d​e​_​b​a​s​e​_​f​i​l​m​_​f​r​a​n​c​a​ise

    la 2ème met le doigt sur ce qui se passe der­rière le rideau et les dérives auquel cela peut mener. 
    Est-ce vrai­ment cela qui nous attend ou pas du tout ?
    À méditer


    Serge Monast, Jour­na­liste d’en­quête… par TheAnarchy322

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  53. Ana Sailland

    @JC

    Point 1 :

    Sur le forum j’a­vais ouvert un fil sur cette ques­tion du cadre. J’y suis donc sen­sible. C’est le « uni­que­ment » qui me heurte, car il manque là ce qui fait l’hu­main mieux qu’a­ni­mal : le libre arbitre. J’au­rais pu rédi­ger autrement.

    Point 2 :

    Pour simple logique, prendre le pré­sent comme modèle ne me ras­sure pas 😉
    Concer­nant la video, le pas­sage sur les wagons de nour­ri­ture lyo­phi­li­sée m’in­quiète sérieu­se­ment sur la clair­voyance tech­ni­cienne. Je per­siste dans ma sen­sa­tion d’a­lerte rouge.

    Glo­bal :

    Il y a toute une par­tie du dis­cours (80% écri­vais-je) qui me convient, et même plus que ça, car j’ex­prime sou­vent le fait que racine des racines, le don­nant-don­nant est la source psy­cha­na­ly­tique de bien des maux et dys­fonc­tion du genre humain. C’est le scien­tisme qua­si dog­ma­tique qui me fait peur, donc la solu­tion, pas le but.

    Réponse
  54. J.C

    Le pou­voir poli­tique ain­si que l’en­semble des pou­voirs de notre socié­té relève du pou­voir de l’argent. L’é­ga­li­té poli­tique dépends de l’é­ga­li­té éco­no­mique. L’argent n’é­tant pas consom­mable, à reve­nu égal au départ, une seule tran­sac­tion ren­dra l’un plus puis­sant poli­ti­que­ment que l’autre.

    L’é­ga­li­té poli­tique n’est pos­sible que par l’a­bo­li­tion de l’argent. Pour que cela puisse se faire, il faut que cha­cun puisse avoir accès à tout ce dont il a besoin pour sa sub­sis­tance alors, il pour­ra déployer ses acti­vi­tés en vue de sa propre émancipation.

    Un grand nombre de nos pro­blèmes sont d’ordres tech­niques et donc logique. La tech­no­lo­gie est un moyen puis­sant pour régler ces pro­blèmes bien plus effi­ca­ce­ment que ne le ferait des êtres humains.

    De ce qui trans­pa­raît du pro­jet Venus, une socié­té en constante évo­lu­tion se déve­lop­pe­raient par les choix et besoins de cha­cun en tenant compte de la ges­tion des ressources.

    On peut craindre effec­ti­ve­ment dans cette approche scien­ti­fique, une uni­for­mi­sa­tion du genre humain. Cela dit tout entente ou même échange entre indi­vi­du peut ame­ner à une cer­taine uniformisation.
    Nous avons encore du bou­lot pour com­prendre com­ment nous fonctionnons.

    Mais cette nou­velle socié­té peut aus­si être une source de déve­lop­pe­ment per­son­nel et d’af­fir­ma­tion de sa propre indi­vi­dua­li­té dans son che­mi­ne­ment. Bref, de liber­té indi­vi­duel et d’émancipation.
    Il y a du bon et du moins bon. La force d’une telle socié­té futu­riste peut aus­si deve­nir très limi­tante et trop soumissive.

    Nous sommes à mon sens en droit de nous deman­der dans quel but avons nous besoin de nous orga­ni­ser en tant que démo­cra­tie si le monde actuel disparaît.
    Si l’on envi­sage ce sys­tème futu­riste évo­lu­tif (non figé) de la meilleure des façons, de quoi aurions nous besoin si notre sub­sis­tance était garanti ?
    Qu’en pensez-vous ?

    Sur quoi devrions nous por­tez notre atten­tion, notre vigi­lance ? Que serions-nous en droit d’exiger ?
    Sitouaillain avait abor­dé le risque d’une dic­ta­ture de la majo­ri­té en démocratie.

    Qu’en serait-il dans le pro­jet Venus, une personocratie ?
    Des règles et comment ?
    Si quel­qu’un en sait plus, je suis preneur.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  55. Morpheus

    @ Cathe­rine B

    Ton inter­ven­tion n°52 m’a inci­té à me faire mon opi­nion sur la qua­trième vidéo dont tu parles.

    Je com­prends que le ton quelque peu mono­corde de l’o­ra­teur, ain­si que le débit rapide, puisse te rebu­ter. Je ne trouve pas non plus la forme de ce docu­ment très appro­prié, ni très attrac­tif (à noter qu’il s’a­git d’un docu­ment qui émane du Mou­ve­ment Zeit­geist, et que celui-ci n’est plus lié au Pro­jet Venus depuis fin 2011, selon la volon­té de Jacque Fres­co et Roxane Meadows).

    Cela me fait d’ailleurs dire qu’à mon avis, l’ob­jec­tif n’est pas de cap­ti­ver l’at­ten­tion ou d’hyp­no­ti­ser les audi­teurs. Si c’é­tait le but recher­ché, alors c’est car­ré­ment raté. A mon avis (je peux me trom­per) l’ob­jec­tif recher­ché par les auteurs de ce docu­ment est d’ex­pli­quer en quoi la pro­po­si­tion de la méthode scien­ti­fique est meilleure pour gérer la socié­té que le sys­tème poli­tique tel que nous le connais­sons. Ils ont vou­lu adop­ter un for­mat court, et le dis­cours se trouve ramas­sé sur un petit 15 minutes. Et comme ce ne sont pas des pro­fes­sion­nels, le ton est à la fois mono­corde et académique.

    Mais j’ai bien regar­dé et écou­té le docu­ment jus­qu’au bout, en fai­sant abs­trac­tion de la forme, pour m’in­té­res­ser au fond. Et je dois dire que je n’ai pas vrai­ment de contra­dic­tion à appor­ter. Je suis presque convain­cu que, trans­crit en for­mat écrit, tu pour­rais toi-même être en accord sur tout ce qui est dit, puisque glo­ba­le­ment, tout ce qui est dit dans ce docu­ment rejoint l’es­sen­tiel de ce que nous dit Étienne.

    J’ai donc l’im­pres­sion que ta réac­tion de rejet est fon­dée sur l’é­mo­tion et basée sur les appa­rences et des peurs, elles-mêmes repo­sant sur la pro­jec­tion d’in­ten­tions sup­po­sées (je ne cherche pas à te juger en disant cela, seule­ment à com­prendre ta réaction 🙂 ).

    Je te pro­pose de dépas­ser cela et de reprendre ton pou­voir : en écou­tant ce qui est dit, sans tenir compte, ni de la forme (qui peut en effet être rebu­tante), ni des éven­tuelles inten­tions de l’au­teur, de t’emparer de ce qui est dit ! En quoi cela consiste-t-il ? Tu écoutes ce qui est dit (sans a prio­ri, ni sans pro­jec­tion de peurs) et tu vois si cela cor­res­pond à ce que tu peux accep­ter ou non, à ce qui te parait juste ou non, et tu réfutes tel ou tel point si cela n’est pas le cas, à l’aide d’ar­gu­ments ration­nels. En cela, tu t’empares du sujet, et tu devient « puis­sante » de trois façons :

    1) Tu ne te laisse pas abu­ser, ni par la forme, ni par le fond, car tu uses de ton dis­cer­ne­ment pour juger (et non de tes émotions).

    2) Tu t’empares du sujet pour le faire évo­luer selon ta propre sen­si­bi­li­té et tes propres connais­sances (prin­cipe énon­cé dans le docu­ment = prin­cipe d’émergence).

    3) Tu dénies à qui­conque la pos­si­bi­li­té de te mani­pu­ler, sans pour autant être fer­mée ou imper­méable à la discussion.

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  56. Catherine B

    Mer­ci Mor­phéus de rebon­dir sur ce mes­sage 52.

    Pour ne plus être para­si­tée par le son du qua­trième repor­tage et son rythme, je l’ai tout sim­ple­ment cou­pé et j’ai lu les sous-titres.

    Mal­gré cela je main­tiens mon posi­tion­ne­ment et je vais te l’ex­pli­ci­ter plus avant sachant qu’il reste un point de vue per­son­nel et rien que cela, je ne me pose pas comme don­neuse de bons points. pour N’empêche, il me revient d’é­cou­ter ce qui se passe en moi quand je lis ou j’é­coute cela, c’est tout.

    D’a­bord le fait de posi­tion­ner les pro­blé­ma­tiques de cette façon aus­si sim­pliste, en terme d’al­ter­na­tives, et d’al­ter­na­tives illu­soires à mon sens. ça revient à dire vous vou­lez des patates ou des pommes de terre pour que ça aille mieux dans vos vies ?

    Certes, pomme de terre ça fait plus soft, plus poli, que patate, mais au bout du compte, quand on a ce tuber­cule dans la bouche, il a le même goût, même si pour le qua­li­fier on a usé de deux termes différents.

    Je pense vois-tu, qu’en soi, rien n’est bon ou mau­vais. Tout est ques­tion de degré, voi­là le hic. Et que notre bou­lot c’est de par­ve­nir au savant dosage qui construi­ra un monde où chaque homme vaut un autre homme.

    Que rien ne peut être figé dans un sys­tème au risque d’é­touf­fer les germes de vita­li­té qui demandent à éclore.

    ET pour­tant para­doxe, de sys­tème, de modèle, nous avons besoin, mais sitôt décrits que les voi­là faus­sés par le cours du fleuve qui lui ne s’ar­rête pas. Il nous faut donc les prendre ces modèles, ces sys­tèmes, mais sitôt pris déjà s’en déprendre au risque de se faire prendre à ce jeu de dupes.

    Nous sommes assez dupés pour ne pas deman­der, consen­tir à ce qu’on nous en remette une couche, d’un autre goût, d’une autre cou­leur, mais quand même une autre couche comme ce que peut faire une chape de plomb, et les chapes de plomb ça plombe !

    Si tu penses que je n’ai pas répon­du à toutes tes inter­ro­ga­tions, fais-m’en part, j’es­saie­rai d’y répondre comme je peux.

    Réponse
  57. Catherine B

    Mais il est vrai aus­si que ce que je raconte là peut sem­bler obs­cur alors je vais essayer d’é­clai­rer mieux mes pro­pos notam­ment cette phrase là : ET pour­tant para­doxe, de sys­tème, de modèle, nous avons besoin, mais sitôt décrits que les voi­là faus­sés par le cours du fleuve qui lui ne s’ar­rête pas. Il nous faut donc les prendre ces modèles, ces sys­tèmes, mais sitôt pris déjà s’en déprendre au risque de se faire prendre à ce jeu de dupes.

    ça peut sem­bler mis­sion impos­sible d’a­gir ain­si et pour­tant ce que je décris là c’est le dyna­misme même de la vie qui ne peut jamais s’arc-bou­ter sur un pseu­do-su, pseu­do-appris, pseu­do tout ce que l’on veut, au risque d’é­teindre son influx vital por­teur de sens. Car rien n’est sta­tique, tout est dynamique.

    Mais si ce mou­ve­ment peut se faire pos­si­ble­ment sur ces deux bornes ain­si fixées, sys­tème et non-sys­tème, prin­cipe même de la contra­dic­tion, c’est parce qu’il y a des archés(arkhès c’est à dire principe)supérieurs et ce sont ceux de la vie, de l’é­lan vital qui se doit de ser­vir tous les hommes dans un prin­cipe inex­tin­guible lui, qui est celui du double res­pect conco­mi­tant de la per­sonne et de la communauté.

    Tou­jours ce prin­cipe en tête pour ma part. Un « je » qui n’an­nule pas le « nous com­mu­nau­taire » mais aus­si un nous com­mu­nau­taire qui n’an­nule pas le je personnel.

    Et cette ins­tance suprême, l’ar­khè prin­ci­pielle, fait office de centre de la roue pour reprendre une ana­lo­gie chi­noise, centre qui vient offrir et per­mettre le mou­ve­ment de la roue elle-même car sans centre, sans prin­cipe, la roue ne va pas loin, elle dévie, d’où le terme d’an-archie, an-arkhè, qui me semble impropre mais je le com­prends car ils veulent sans doute dire qu’ils se défont des prin­cipes pro­po­sés par cette socié­té malade. Il ne s’a­git donc pas d’un anar­chisme, le terme est impropre à mon sens, il s’a­git d’un mou­ve­ment qui s’ar­rime sur un prin­cipe supé­rieur qui est le Prince, le Prin­cipe, le fon­de­ment sur lequel tourne ou tour­ne­rait le pos­sible mou­ve­ment social hypo­thé­tique s’il était res­pec­tueux de toutes les ins­tances, de tous les hommes qui consti­tuent la pla­nète.

    Réponse
  58. Ana Sailland

    extraits du Bailly (pour chaque mot il y a des tartines)

    archê ( avec chi êta ) = com­men­ce­ment prin­cipe origine

    archos = celui qui conduit, guide, mais aus­si fondement

    archô (ô pour ome­ga) = aller en tête, être le pre­mier, mon­trer le che­min , com­man­der, être le chef, com­man­der à quel­qu’un, régner sur un peuple

    et avec le pré­fixe an, qui est consti­tué d’un alpha pri­va­tif et d’un nu euphonique => :

    anar­chê absent du voca­bu­laire athénien
    par contre :
    anar­chia = absence de chef , état d’un peuple sans chef, refus de se lais­ser com­man­der, refus d’obéissance
    (((Mot pré­sent à Athènes dans l’an­née sans archontes, c à d celle des 30 tyrans, Xén Helle 2 3 1)))

    anar­chos = sans chef, sans maître, mais aus­si sans com­men­ce­ment, sans pre­mier principe

    pas de verbe anar­chô, mais un par­ti­cipe défec­tueux anar­chôn = qui ne com­mande pas

    Ana signi­fie de bas en haut ; un vrai challenge 😉

    Réponse
  59. Ana Sailland

    Un « je » qui n’an­nule pas le « nous com­mu­nau­taire » mais aus­si un nous com­mu­nau­taire qui n’an­nule pas le je personnel.

    -» tout à fait, Cathe­rine, et c’est tout le pro­blème de l’or­ga­ni­sa­tion et de la politique.

    Ailleurs, récem­ment, je ne sais plus sur quel fil, il y a eu une ten­ta­tive de défi­ni­tion de la com­plexi­té. Je ne m’en étais pas mêlée, pour une fois hihi. Je crois que nous en avons ici un magni­fique exemple. Il y a des coins de l’es­pace des véri­tés et des options qui sont indé­ci­dables. L’in­dé­ci­dable implique la vibra­tion du choix, rend néces­saire la logique floue (à l’é­cart du prin­cipe du tiers exclu), et, in fine, la remise en ques­tion per­ma­nente, qui est l’une des carac­té­ris­tique de la vie et devrait être l’une des carac­té­ris­tiques de la démocratie. 

    per­due dans ma mon­tagne ; il pleut, il tonne en ce moment ; j’adore

    Réponse

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