Pour GARANTIR la qualité du processus constituant :
une CHAMBRE DE CONTRÔLE de l’Assemblée constituante
Opinews raté, pardon !
Hier soir, mardi 17, mobilisé pour bricoler dans le jardin — enfin au frais, les vacances commencent, tout va bien —, j’ai complètement oublié de vous rejoindre sur Opinews, carrément… Je suis vraiment un affreux ; je vous demande bien pardon.
Je vous parlerai donc mardi prochain (si vous ne m’en voulez pas trop) de ma nouvelle idée à propos de l’Assemblée constituante (idée inspirée par les détails des cruelles désillusions institutionnelles que m’ont racontées les Tunisiens la semaine dernière).
En un mot, quand même : les Tunisiens ont chassé un tyran, ils ont élu (première erreur) une Assemblée qui est en même temps législative et constituante (deuxième erreur) et ils sont rentrés chez eux (troisième erreur) => résultats : l’AC (Assemblée constituante) s’est votée (en douce !) le doublement de ses salaires, ainsi qu’une immunité judiciaire (c’est vraiment une manie des pouvoirs que de toujours se mettre à l’abri de tout contrôle) ; l’AC travaille à huis clos (!) et les Tunisiens n’arrivent pas à connaître le texte des articles en cours d’élaboration (!!) => il ne peut donc PAS y avoir de débat public sur le Contrat social en cours de rédaction ; les Constituants reçoivent (encore en douce) les lobbys bancaires (probablement pour obtenir la suicidaire indépendance de la Banque Centrale)(!!!) ; certains Constituants ne font carrément rien (si : ils touchent leur salaire) et ne répondent même pas aux mails ; L’AC a prévu de voter les articles un par un à la fin de l’été, puis de voter le texte global en octobre ; MAIS quant au référendum, ce n’est pas sûr… « parce que c’est compliqué à organiser, techniquement » (!!!!)…
L’horreur oligarchique, quoi.
POURTANT, les députés constituants n’étaient pas des professionnels de la politique (après des décennies de dictature, il n’y a plus de professionnels de la politique) ; c’était même souvent des résistants à la dictature (un peu comme notre CNR en 1945)… Leur désintéressement paraissait donc un peu meilleur que dans nos vieilles ploutocraties parlementaires.
Ceci dit, ils VOULAIENT le pouvoir (ils étaient candidats), ce qui est un point extrêmement problématique, je pense.
Enfin, le fait est, que ces gens « à peu près normaux » sont malgré tout en train de se corrompre à vitesse grand V, et se préparent manifestement à programmer (comme toujours) l’impuissance du peuple.
JE DÉDUIS de cette expérience passionnante que le désintéressement des Constituants (que je prône depuis sept ans) NE SUFFIRA PAS à nous GARANTIR une bonne Constitution : L’ASSEMBLÉE CONSTITUANTE ELLE-MÊME DOIT ÊTRE CONTRÔLÉE, de façon à être CONTRAINTE À LA VERTU, QUOTIDIENNEMENT.
Je propose donc (et j’ai déjà quasiment intégré ce point dans mon raisonnement, ça va vite) une DEUXIÈME CHAMBRE POUR CONTRÔLER LA CONSTITUANTE, elle aussi tirée au sort, dont le rôle soit uniquement — mais stratégiquement— de contrôler le respect des formes et des principes de base : contrôler que les Constituants travaillent, par exemple, qu’ils informent bien le peuple, qu’ils l’écoutent aussi, qu’ils ne reçoivent pas en secret des lobbys, qu’ils soumettent le texte (et même chaque article un à un ?) au référendum, etc. La liste des missions de contrôle et des pouvoirs de sanction est évidemment à creuser, entre nous, à la base.
Si vous avez des informations complémentaires sur la Tunisie, soit pour confirmer, soit pour infirmer, soit pour compléter ce que je vous rapporte là, je suis infiniment preneur, cela va sans dire.
Au plaisir de vous retrouver bientôt, et encore pardon.
Étienne.

Bonjour,
J’appartiens à un groupement citoyen connu sous le nom OpenGovTN cette structure pousse vers plus de transparence et pour l’ouverture des des données publiques. Actuellement, un travail assez important se fait sur la constituante. Une autre association aussi fait un travail qui pourrait vous aider dans ce projet que je trouve intéressant.
http://www.opengov.tn/fr/
http://marsad.tn/jobs
bien à vous
Bonjour,
Je ne connaissais pas le déroulement du processus constituant en Tunisie, mais votre résumé montre en effet que des contrôles supplémentaires semblent nécessaires.
Vous abordez notamment le fait de s’assurer que :
Ce deuxième point place le membre de l’assemblée constituante non pas sous le coup de la présomption d’innocence sur la base de son honnêteté naturelle ou de son désintérêt, mais sous le coup de la présomption de culpabilité, celle prenant en compte le risque de tomber sous le coup de tout possible conflit d’intérêt.
Penser cette assemblée de contrôle de l’assemblée constituante est à mon sens un rail de sécurité de plus, mais il me semble nécessaire d’en définir concrètement les modalités de contrôle car les risques et les moyens de corruption sont tellement nombreux que les empêcher tous s’avérerait difficile.
Qu’en pensez-vous ?
Je n’aurais jamais cru que la corruption aille aussi vite !
Hello,
Il faut SURTOUT séparer la chambre législative et la chambre constituante.
Laisser les constituants voter des lois à leur seul profit est scandaleux.
Sinon : qui contrôlera la chambre de contrôle ?
Il faut que le PEUPLE contrôle la constituante qui ne doit avoir aucune autre prérogative.
Yannick
Je travaille sur un livre, où je compte introduire politique/éco… ect et donc les constitutions.
J’ai eu la même réflexion que les Tunisiens excepté que par la suite je me suis dit qu’il fallait plus.
Qu’il faudrait 1 chambre ou groupe de personne tiré aux sorts (en leur précisant que leur tâche peut-être faite par toute personne d’esprit sain). Ce groupe de personne écrira le texte, qui sera ensuite soumis à l’expertise de 3 chambres/groupe de personne : une universitaire/intellectuel juriste/historien/politique/économiste. Une théologique-philosophique regroupant religieux et philosophe (car je pense que tout pays a toujours une philosophie qui le crée et le maintien, quand bien même il est laïque ou athée) et une dernière chambre populaire.
Ces 3 chambres analyseront les textes et applications avec des commentaires. Pour que chaque morceau du texte passe, il faut l’accord des 3 chambres obligatoirement. S’il n’est pas donné, la 1re chambre relit le texte avec les commentaires.
Pour faire bien, à la fin de ce procédé un groupe de personne devrait être tiré aux sorts pour surveillant quelque mois (puis le groupe est renouvelé) les dirigeant. Et ainsi si ceux-ci trouvent une faille dans la constitution, il suffira à ce groupe de tirer l’alarme pour qu’une chambre exécutive se crée , suivit de chambres d’analyse.
J’imagine ces chambres être composée d’une douzaine de personnes, et couramment renouvelée afin de rendre impossible toute perversion des tirés au sors.
En espérant ne pas vous avoir fait perdre votre temps Mr Chouard. Et bon courage a vous et votre démocratie à grande échelle.
Je ne peux que souscrire, il y a là, depuis le temps que j’en parle, un point non négociable.
cette assemblée de contrôle est d’autant plus nécessaire si l’AC est dite « représentative », puisque, qu’elle soit tirée au sort ou élue, avec ce principe, est interdite la mandature impérative et donc la révocabilité et la fixation à priori d’un contenu de mandat.
Par ailleurs, si je puis me permettre cette remarque, sans avoir véritablement travaillé cette question, il subsiste un enooorme point aveugle dans ton raisonnement : comment concrètement fonctionne, délibère l’assemblée. Je ne parles pas tant des diverses possibilités de commissions que de la manière effective dont les discussions ont lieu, et les modalités d’adoptions des articles.
On peut prendre pour contre exemple le règlement de l’AN de notre république bananière, ou, si tu as bien épluché les traités de l’UE, tu sais que selon les piliers et selon les types de décisions le parlement adopte les textes à la majorité des 3/5ème, des deux tiers, majorité simple ou même à l’unanimité, tout ceci a des implications majeures, et notamment sur le contrôle, interne si je puis dire (impossible qu’une assemblée entière soit corrompue). On sait aussi que de multiples expériences encourageantes essaiment sur les 5 continents en matière de règles de dialogue visant le consensus, mais cela nécessite bien sur ue attitude et un apprentissage particulier, de même qu’un savoir-faire en matière de modération.
Quoi qu’il en soit, le fonctionnement interne de l’assemblée, est un enjeu au moins aussi important que son mode de nomination.
Enfin, on revient toujours à la même question, et qui ma poussé à faire une autre proposition de processus constituant, à savoir, quelle est ou bien où est l’autorité qui décide, formule et engage le processus constituant…puisqu’il faut bien avoir en tête ce paradoxe ou bien le peuple est déjà conscient et organisé en démocratie (c’est à dire que sur la base d’une proposition comme la mienne, il s’autoorganise et manifeste sa souveraineté dans des organes type assemblées locales),
ou bien le peuple ne sait que manifester sa souveraineté d’une manière inorganisée, furtive, et élue ou portée par les circonstances chaotiques ce sera donc à une fraction organisée en son sein qu’il incombera d’initier le processus, et c’est d’ailleurs pourquoi la démocratie peut rarement être mise en place démocratiquement…le comité de salut public tunisien en est un enième exemple…
le peuple tunisien n’a pas pu ou su s’organiser pour que ce soit autre chose qu’un organe ad hoc formé par les plus organisés, aux intérêts contradictoires, à la légitimité plus ou moins évidente et plus ou moins soutenue par d’autres intérêts que ceux du peuple en lui-même, et nul doute que nous serons confrontés aux mêmes problèmes,
et c’est là un autre point aveugle de ton raisonnement, puisque si tu te refuses à ce que le « groupe initiateur » soit élu, le problème de par qui et comment s’initiera le processus ne souffre pas l’invocation hasardeuse du « on verra bien », je dirais même que c’est tout vu…et je me suis beaucoup amusé lors du premier rassemblement d’indignés à Paris, où entourés d’un cordon disproportionné de CRS, les bonnes âmes criaient leur haine à ceux qui annonçait de quel parti ils étaient avant de parler…ils ne voyaient pas que leur réunion ne devait son existence qu’à la mobilisation d’éléments organisés en réseaux et dotés de savoir-faire militant, mais qui se gardent bien de s’afficher comme tel pour ne pas perdre leur crédit quand la mode est à l’individualisme, l’antipartisme et à l’absence d’affichage d’un horizon clair…mais bizarrement, ce sont toujours ceux-là qui, non-élus, au final dirigent ou plutôt orientent…ils en retirent force rétribution symbolique, mais bien des naïfs indignés et autres citoyennistes apolitiques les suivent sans le savoir sur le chemin de l’impuissance politique, en montrant du doigt ceux qui affichent la couleur.
bien entendu, ce ne sont là que pures conjectures, mais à supposer que tout individu se voit couvert d’opprobre à partir du moment où il se présente à une élection, ou qu’il appartient à un parti et s’il affiche des convictions politiques précises, la raison nous commande de considérer que le brevet de désintéressement et de sincérité n’en doit pas pour autant être décerné à quiconque ne pratique pas ces modalités d’action politique, j’en déduit que dans ces circonstances, tout mouvement de masse capable de renverser les pouvoirs en place sera tributaire d’un immense miracle qui consisterait à avoir une lucidité telle qu’il saurait d’avance écarter des positions de leadership les innombrables opportunistes, ambitieux, etc. tout en construisant en marche des pratiques et un horizon politique qui apparaisse « neutre », etc.
Or, dans mes discussions avec des camarades indignés français espagnols ou américains, une telle lucidité ne m’est pas apparue, j’ai plutôt constaté une sacré propension à se mentir à soi-même sur les questions de leadership et de rapport au pouvoir, à l’intérieur du mouvement et surtout du mouvement vis-à-vis du pouvoir contre lequel ils s’indignent.
Bien sûr ceci n’est qu’une opinion personnelle et qui ne fait que dégager une tendance bien réelle mais qui ne saurait recouvrir la totalité du mouvement en lui-même. Simplement, j’estime qu’un certains nombre de points de doctrine largement partagés en son sein, doivent être dépassés car ils sont pour le moins débilitants.
A savoir qu’en « occident », on voit bien que malgré des mouvements parfois massif (espagne, canada), et fortement relayés médiatiquement, leur force, impact, révolutionnaire ou réformiste est très succinte.
Face à des régimes moins puissants et plus dictatoriaux et brutaux, la mobilisation a certes su renverser les dictateurs, mais l’absence d’organisation claire a permis à l’ »occident » et aux mouvements type « frères musulmans » de tirer la couverture à eux, et, de toute manière, ces « révolutions arabes » ne sont victorieuses que parce qu’elles se présentent sous un jour favorable pour un certains nombre d’intérêts, réalisant à bien moindre frais ce qui fut fait en Irak, gageons qu’elles deviendront médiatiquement moins sympathiques et que les actuels dirigeants recevrons beaucoup d’appui pour pacifier tout cela, s’il prenait l’envie aux peuples concernés de s’attaquer à la toute puissance du « marché autorégulateur » et aux possessions/concessions des grandes compagnies…
bien entendu, comme le processus n’est pas achevé, le seul conseil que je me permettrais de donner à mes frères de l’autre côté de la méditerranée, qui ont à se sortir grandis de deux millénaires de colonisation, c’est de tourner leurs regards vers Caracas, La Paz et Quito, et de sereinement faire le point sur les erreurs du passé, notamment en matières d’institutions démocratiques et économiques, qui ont conduit les rêves d’un Nasser, d’un Bourghiba, ou même d’un Khadafi au fracas, ceux-là étaient sans doute encore trop romains pour faire renaître Carthage et Memphis…
bonjour ,
je n’appartiens à aucun groupe , ou plutot si , je suis representante de salaries service public au sein d’un syndicat , et je peux vous dire que les conflits d’interets a exercer le pouvoir sont grand , une fois en poste les individus changent. le problème des tunisiens et bien celui de bien des organisations publics ‚privés et le risque et bien celui que chaque individu à se laisser emporté par son intérêt personel et de ne plus s’engagé dans une démarche collective décisionnel .
La proposition du 18⁄07 12H41 PAR ECRI je l’a trouve plutot intéréssante , de faire pl 3 chambres de contrôles à l’AC cela me semble judicieux, et je pose la question de la rémunération , je pense que ces groupes ne doivent pas etre rémunérés , cela implique un engagement sans risque d’intérêts et d’une durée limité pour évité la saturation et la charge de travail.
Je voudrais vous dire , que vous etes pardonner a mon sens car votre travail désintérêsser et tout a votre honneur et que cela démontre simplement la difficulté des hommes à s’engager de façon philantropique
HOURIA CITOYENNE ATTENTIVE merci
@ Houria,
tu pointes à juste titre le problème auquel toute organisation est inévitablement confrontée :
{{
le problème des tunisiens et bien celui de bien des organisations publics ‚privés et le risque et bien celui que chaque individu à se laisser emporté par son intérêt personel et de ne plus s’engagé dans une démarche collective décisionnel}}
de là découlent toutes sortes de principes visant à contrer ces phénomènes, comme la séparation des pouvoirs, la balance des intérêts, les procédures de révocation, de destitution, et les instances de contrôles,
au final, pour pousser à la vertu un pouvoir, rien de tel que de le rendre volatil et précaire, et de bien lui faire savoir que sa source de légitimité et sa raison d’être ne repose pas sur autre chose que le bon vouloir des citoyens.
Car en dernier ressort, la seule assemblée de contrôle qui vaille, c’est la mobilisation massive d’un peuple conscient et qui au besoin se rappelle qu’une constituante est trop importante pour continuer à vaquer à ses affaires lorsque cela tourne mal,
et, précisément, le but de tous ces mécanismes et institutions pour que, suite au soulèvement du peuple, une constitution nouvelle soit écrite, c’est de permettre aux insurgés de rentrer chez eux et de vaquer à leurs affaires,
la situation insurrectionnelle qu’ils ont créée souvent au péril de leur vie est aussitôt apaisée par une mise en scène « démocratique », et à nouveau les insurgés, une fois rentrés chez eux, sont sur un pied d’égalité avec ceux qui ne s’étaient pas insurgés,
ce qui revient de fait à constater que dans de telles circonstances, toute assemblée constituante « démocratique », « représentative », pour le pire ou pour le meilleur, est une dépossession de pouvoir des insurgés…
si pour telle ou telle raison ils laissent faire, à eux donc de se rappeler aux bons souvenirs des constituants qui ne doivent leur situation de pouvoir qu’au courage et au dévouement d’une fraction du peuple s’étant élevée au rang de citoyens !
Bonjour !
Il me semble Étienne, que vous n’avez pas fait mention d’un renouvellement régulier des tirés au sort de la Chambre de Contrôle.
Car en effet si ce sont les mêmes qui surveillent l’Assemblée Constituante jusqu’à la fin de la rédaction, la corruption et les conflits d’intérêts sont, je pense, inévitables.
C’est peut-être drastique comme méthode mais je pense qu’un tirage au sort quotidien des membres de la Chambre de Contrôle serait nécessaire. Dans un premier temps j’avais pensé à un tirage hebdomadaire mais cela rend la corruption possible aussi donc par mesure de précaution, le renouvellement journalier ne serait pas du luxe :o)
Salut Étienne,
je suis d’accord avec toi sur le fait qu’un maximum de contrôles au sein de l’AC (par une autre chambre tirée au sort, par le peuple lui même en retransmettant les débats…) nous protégera mieux des tentatives de manipulation de nos amis oligarques. Cependant le risque zéro n’existant pas, je propose la chose suivante qui à mon avis réglera le problème définitivement.
Je m’explique : avant tout, nous instituons en préambule de ladite constitution le referendum d’initiative populaire (révocatoire, législatif, abrogatoire…) en validant cette démarche par referendum (on devrait avoir 90% de oui). Ensuite on tire au sort d’une façon ou d’une autre l’AC pour qui le préambule sera défini comme inaccessible et on les laisse bosser avec contrôle si tu veux. Et là on est peinard, s’ils se font quand même manipuler et que par un matraquage médiatique ils incitent les gens à accepter leur constitution de mauvaise qualité, il nous reste le préambule et on peut reprendre la main et virer tout le monde.
C’est pas coquet comme processus ?
Je crains qu’il ne faille (surtout à notre époque) une chambre de contrôle pour surveiller la chambre de contrôle pour surveiller la chambre de contrôle pour surveiller… l’assemblée constituante.
Arrêtons de remettre le pouvoir constitutif, législatif etc. dans les mains de minorités.
Moi-même, par les temps qui courent, je demanderais un bon salaire, l’immunité etc.
Tant qu’il n’y aura pas d’égalité économique, il n’y aura pas d’égalité politique entre les citoyens.
L’égalité économique n’est possible que lorsqu’il n’y aura plus d’argent car avec l’argent on achète la vie des gens et par ce moyen on les tue aussi.
Il est légitime que chacun souhaite assurer sa condition d’existence, même à court terme dans une période qui semble aussi incertaine.
Tiré au sort ou non, les règles du jeu sont les mêmes. Il faut s’assurer une sécurité, et l’argent est le moyen par lequel on est conditionné à le faire. Tout un chacun n’ayant pas une grande fortune négociera avec les pouvoirs de l’argent, pour ne pas dire s’acoquinera avec le système financier, pour voir ce qu’il est possible de faire.
Sans abandon pur et simple de l’argent au profit de la gratuité, l’argent demeura le moyen incontournable d’entreprendre quoi que ce soit.
bien amicalement
J.C
Étienne, comment trouves-tu encore le temps de jardiner ?
L’histoire se répète suivant un éternel recommencement… Ben oui, pourquoi l’homme changerait si les règles du jeu sont les mêmes ?
Ca fait penser à la psycho-histoire dans le cycle de science fiction d’Asimov.
« C’est une science qui étudie l’histoire dans le but de prédire la probabilité d’occurrence d’un évènements dans le futur »
Au vu des expériences passées (des milliers d’exemples), on peut très certainement augurer d’un avenir de corruption en Tunisie.
La différence avec la tyrannie, c’est que ça se fait dans notre dos.
La remarque de J.C. me semble la plus pertinente de toutes, parce qu’elle touche à la cause des causes de la corruption.
Étienne, par ses travaux assidus et passionnés, nous a procuré la clé pour reprendre le pouvoir, en dénichant la cause des causes de notre impuissance politique.
Cependant, cette cause ne constitue pas la cause des causes de la corruption. La cause des causes de la corruption est le système économique fondé sur la monnaie.
Dit comme cela, la chose paraitra sans doute iconoclaste, sinon fol dingue. Mais un approfondissement de la question mettra en lumière la pertinence de ce diagnostique.
En version simplifiée, l’économie fondée sur la monnaie est la cause de la corruption pour la bonne raison que son principe fondamental repose sur la gestion et l’entretien de la pénurie.
C’est en effet la pénurie qui est à l’origine du système d’économie fondée sur la monnaie, et c’est la pénurie qui donne de la valeur aux choses (ressources, produits, services, …). Une chose qui existe en abondance n’a en effet que peu de valeur marchande. A contrario, une chose rare (réellement … ou artificiellement), aura une grande valeur. L’économie basée sur la monnaie entretient donc et alimente la pénurie.
Il serait donc souhaitable de mettre fin à l’économie basée sur la monnaie et de substituer ce que Jacques Fresco a imaginé et développé : l’économie basée sur le partage équitable des ressources.
Et la première étape de cette révolution majeure dans la civilisation humaine passe par l’élaboration d’une Déclaration Universelle qui édicte un principe de base essentiel affirmant que les ressources naturelles de la planète Terre constituent le patrimoine commun de tous ses habitants, et que celles-ci doivent être protégées, gérées et choyées afin de bénéficier à tous.
Pour développer cette approche, vous pouvez vous intéresser et vous documenter sur le Projet Venus.
Cordialement,
Morpheus
J.C. parle d’une chambre de contrôle pour surveiller la chambre de contrôle. La chambre de contrôle ultime, c’est le peuple lui-même.
Si le projet de Constitution est soumis au référendum article par article, alors c’est le peuple qui aura le dernier mot. Cela limite considérablement la capacité de la Constituante à imposer sa volonté au peuple, et donc l’intérêt pour les lobbies de corrompre les constituants.
Si un droit de référendum d’initiative citoyenne est introduit qui permet de modifier la Constitution, alors le peuple lui-même pourra modifier la Constitution. Cela lui permettra de pallier aux défaillances de la Constituante si elle ne fait pas son job.
On peut imaginer une deuxième chambre qui contrôle la Constituante, mais il faut surtout donner le pouvoir à la chambre de contrôle ultime que constitue le peuple lui-même.
@ democradirect
On y est presque !!!
donner le contrôle ultime au peuple, soumettre au référendum article par article et modification de la constitution par le peuple via le référendum d’initiative populaire.
à ce tarif là, n’est-il pas tout simplement plus simple que l’assemblée constituante soit le peuple lui-même sans intermédiaire ?
Bien amicalement
J.C
Bonjour,
Attentions de ne pas créer la chambre de contrôle de la chambre de contrôle de la etc…
-Je pense que c’est dans les trois erreurs que vous signalez qu’est la genèse de la corruption.
-Est-ce que si l’assemblée constituante était séparée de la législative et que les « constitueurs » n’aient plus jamais la possibilité d’être élu de leur vie, la dérive seraient aussi sévère ?
-Pour aider à la transparence ne faudrait-il pas filmer l’assemblée ( et ses couloirs) en direct 24h/24 ( tout du moins jusqu’à ce que les vigiles ferment les portes à clés, le soir quand la séance est finie) ?
-Seuls les « constitueurs » choisissent qui ils reçoivent et personnes ne doit traîner dans les couloirs ( spécialité du parlement européen ou tous les lobbys sont dans les couloirs à interpeller les députés). Ainsi les tous les invités passeront à la télé en direct.
J’ai peut-être une idée pour résoudre nos problème de lois. A chaque problème qui survient dans un état en perpétuel changement, l’on pourrait demander aux plus grand doctorat du MONDE (sur 1000 on en prend 10 aux sort) de proposer une solution , exemple : problème économique , on envois une lettre confidentiel aux meilleur économiste du monde , un texte qui explique les problèmes. on leur demande de trouver une solution. Puis on tire aux sort 2000 français, comme on le ferait pour un jury, pendant 1 mois on leur explique les dix propositions en détaille avec des sorte d’avocat et de juge , tous ça retransmis sur internet en gardant l’anonymat de qui le souhaite, sauf pour les expert tiré aux sort (faux qu’on sachent si ça tombe toujours sur les mêmes)
après faut trouvait un moyen de crée des lois même si le problème n’est pas sous nos yeux , pour ça on pourrait, voter tous les 5 ans pour une série de proposition, de problème, a faire examiné par des espères (tiré aux sort sur les meilleur) qui donnerons d’autre variantes puis les faire passé devant un jury.
En espèrent qu’un jour on aura enfin un médiat libre, moi c’est mon plus grand souhait que de voire la justice informé le peuple qu’il existe des possibilité d’escroquerie avant que les escroc n’émergent, un médiat qui n’aurait de compte a rendre a personne seulement de lourde section si il s’avère qu’il nous on trahi (flic a l’affut du moindre faux pas).
Bonjour Etienne, Bonjour à tous,
J’ai lu cet article avec plaisir, et tous les commentaires avec attention.
Je crois que pour ces questions de processus, il faudrait faire une synthèse du processus en entier et trouver quelque chose de réaliste, raisonnable et envisageable pour un pays comme la France. Les problèmes liés à la corruption se règleront tout seuls, car sur une assemblée tirée au sort, il y aura bien des gens qui comprendront comment le système fonctionne et qui tireront la sonnette d’alarme en cas de problème.
Le point sur l’initiation du processus constituant est un point clairement important. Je pense qu’on est obligé d’éduquer les masses avec le concept de tirage au sort. Notre entourage est habitué à la sauce « démocratique » qu’on leur sert depuis toujours ! Les moyens pour y arriver sont très limités : la chance ou l’argent ! Si on arrive à lever assez d’argent, on pourra diffuser notre message et les éléments clés pour arriver à une vraie démocratie (le salaire de quelques banquiers devrait amplement faire l’affaire☺).
Je reviens sur les réactions à propos de l’argent, la gratuité et le partage des ressources naturelles dans le monde. Il faut bien distinguer dans notre discussion ce qui relève du processus constituant et ce qui relève de la politique. Supprimer l’argent et ainsi la propriété privée n’est pas raisonnable. Les hommes utilisent des monnaies d’échange depuis des millénaires, et cela parce que la monnaie permet d’avoir une référence commune au prix de tous les biens et services : C’est bien pratique ! Ensuite, si l’état décidait de supprimer la monnaie, les gens commenceront très vite à en utiliser une de substitution afin de pouvoir échanger et épargner. Il y a fort à parier que cette monnaie serait l’or !
Etant moi même un militant du tirage au sort et du standard or, je suis d’accord avec vous : supprimons la monnaie (enfin, ou plutôt l’argent dette), mais remplaçons-la par quelque chose de plus stable et qui a mieux fait ses preuves dans le passé : le standard or !
Je parle du tirage au sort partout autour de moi, et les gens sont très réceptifs, à 80% environ. Merci Etienne pour ce que tu fais. J’invite tous lecteurs de ton blog à en parler au maximum autour d’eux. En espérant que ça fonctionnera un jour 😉
@ Nicolas
Vous dites que supprimer l’argent ne serait pas raisonnable. Je vous suggère au moins d’être déraisonnable en pensée, afin d’étudier le cadre de la proposition dans son ensemble (Projet Venus), afin de ne pas rejeter l’idée sans autre forme d’analyse.
Vous passeriez peut-être à côté d’une vrai bonne idée, susceptible, il est vrai, de remettre en cause beaucoup de nos a priori (j’y suis passé aussi), mais avec une ouverture sur une autre vision de la civilisation.
Les raisons qui motivent la suppression de l’argent sont largement fondées et pertinentes, mais il faut oser les appréhender pour s’en rendre compte. Je vous invite à visionner la vidéo dans le lien de mon intervention précédente, et le cas échéant, lire quelques arguments à ce sujet.
Cordialement,
Morpheus
@Morpheus
Je comprends qu’on puisse être séduit par un tel modèle, mais je crois qu’on est en pleine science fiction. Le système proposé par le projet Vénus suppose l’abondance de tout ce qui est nécessaire à la vie quotidienne (nourriture, vêtements, chauffage, …). Le jour où les maisons seront construites (et conçues) par des robots, où les ressources seront exploitées et transformées par des robots, sans intervention humaine, alors on en reparlera. Mais je crains que nous devions attendre encore très longtemps.
@ Nicolas
Cela paraît être de la science fiction, pourtant ce n’en est absolument pas. Techniquement parlant, nous disposons, aujourd’hui, de toute les connaissances et les industries susceptibles de permettre de mettre en œuvre ce projet.
De plus, nous avons l’abondance ; les problèmes de manques qui existent ne sont pas dût à un manque de ressources, mais à une mauvaise exploitation de ces celles-ci, et surtout à une très mauvaise répartition, totalement inéquitable.
L’horrible ironie à ce sujet est précisément que, par son mode de fonctionnement, c’est justement l’économie basée sur la monnaie qui cause – de façon artificielle dans la majeure partie des cas – la pénurie (il suffit de comprendre que ce qui donne de la valeur aux choses, c’est leur rareté, et que pour soutenir l’économie et la croissance nécessaire à la stabilité du système monétaire, il faut vendre encore, encore et encore : société de SURconsommation, avec ses attenants inacceptables mais inévitables tels que l’obsolescence planifiée et la production de quantités de déchets le plus souvent mal ou pas traités, la surexploitation des ressources (sans respect pour l’équilibre dynamique), etc.
Ainsi, vous jugez le projet infaisable sur base de conditions qui sont précisément celles qui sont à changer pour rendre le projet réalisable. C’est un peu le serpent qui se mord la queue, ne trouvez-vous pas ?
En réalité, la faisabilité du projet ne dépend que d’un choix politique, de rien d’autre. D’où l’importance vitale que le peuple reprenne le pouvoir et que l’on instaure une véritable démocratie.
Cordialement,
Morpheus
Germination hispanique :
Le vaillant virus Jorge Aria me signale ceci :
« Je viens de tomber sur un parti politique espagnol nommé :
EL PARTIDO DEL AZAR (le parti du hasard).
Ils proposent de se faire élire afin de mettre en place un système de sélection par tirage au sort (assemblée ouverte, exécutif et judiciaire tiré au sort ) puis de renoncer aux charges politiques pendant 10 ans. »
http://www.partidoazar.com/democracia-por-sorteo/algo-de-politica
Ça germe, ça germe…
Il faudrait que des gentils virus parlant espagnol signalent à ce parti les vidéos traduites dans leur langue, pour enrichir leur boîte à outils virale.
Rappel des chantiers en cours de traductions de vidéos :
https://www.facebook.com/groups/virustraducteurs/files/
COMPILATION ESPAGNOLE VIRALE :
Par ailleurs, Jorge me fait aussi savoir que :
« pour info, je compile sur ce blog tous les docs que je trouve en espagnol.
J’ai mis la main sur du Sintomer et du Lordon (coup de sombrero aux traducteurs)
Salutations »
http://insaculacion.blogspot.ch/2012/07/el-sorteo-como-bomba-politicamente.html
Merci à tous : je vois vos efforts et votre activité, et ça me bluffe.
Étienne.
@Morpheus
Je suis d’accord avec vous pour dire que les connaissances et le savoir faire technique sont suffisamment avancés aujourd’hui pour exploiter les ressources naturelles de façon plus intelligente, et qui sait, peut être même arriverions nous à exploiter tellement bien les ressources qu’il y en aurait assez pour la planète entière (ce qui reste à être prouvé).
Ce que je n’arrive pas à comprendre dans votre raisonnement, c’est pourquoi « l’économie basée sur la monnaie » serait t elle la cause des pénuries ? La monnaie n’est qu’un moyen d’échange et un étalon que tous les acteurs du marché reconnaissent. C’est la loi de la nature, si vous voulez manger, il vous faut produire votre nourriture. Si vous ne savez pas cultiver, alors rendez un service marchant, qui vous rapportera de quoi vous acheter à manger. Et cela fonctionne depuis des millénaires. Par ailleurs, il ne faut pas croire que le prix d’un bien ou d’un service soit lié à sa rareté. Le prix dépend essentiellement de ce que les consommateurs sont prêts à payer. En effet, une entreprise marchande cherchera à maximiser son profit en vendant ses articles le plus cher possible, et la limite supérieur, c’est la valeur que les gens sont prêts à mettre (Avec un petit bémol quand même : c’est clair que s’il n’y a plus de farine chez les boulangers, sa rareté fera exploser le prix, mais c’est dans un contexte bien particulier qui ne peut être pris comme cas général).
Etienne parle souvent de la monnaie, et c’est clair que c’est un point très important : la création monétaire ne doit pas être abandonnée aux acteurs privés. A mon avis, le seul moyen d’éviter les excès, c’est le standard or. Cela empêche les gouvernements d’imprimer des quantités colossales de monnaie pour leurs frais de fonctionnement.
Pour revenir au projet Vénus, il s’agit d’un projet politique, et c’est la société toute entière qui peut prendre une telle décision (si elle avait le pouvoir politique…). Je pense cependant que les mentalités ne sont pas encore prêtes à accepter la gratuité comme standard économique. En effet, les gens ont tendance à regarder ce que fait le voisin et à se comparer aux autres. Alors je veux bien aider gratuitement un ami, par ce que je sais que je pourrais compter sur lui si j’ai besoin, mais je ne suis pas sur que les gens soient prêts à se comporter avec la Société comme avec leurs amis. Cela demanderait un effort d’éducation tellement important qu’à mon avis, c’est peu réaliste.
Je ne sais pas si notre débat intéresse tout le monde ; le thème du blog d’Etienne, c’est les institutions politiques et non les projets politiques… Je suis certain que le projet Vénus engagerait un débat particulièrement riche au sein d’une assemblée tirée au sort, mais je suis convaincu que les détracteurs seraient plus nombreux que les supporteurs 😉 Seule l’histoire le dira…
Bien cordialement à vous, Nicolas.
Je vais tenter de répondre à ces questions :
Le mot échange va en effet avec le mot monnaie.
La monnaie n’est nécessaire que par cela que nous fonctionnons sur le mode de l’échange, du contractuel, donc de la défiance, c’est écrit en clair plus haut, mais j’enfonce le clou. Il nous faut donc un outil de mesure de l’échange, et c’est la monnaie.
Mais dès que cet outil existe, il amplifie l’esprit de calcul, qui est le contraire de la fraternité, prétendue républicaine. S’ensuit la thésaurisation, donc la pénurie.
En fait, ce n’est pas la monnaie qui engendre la pénurie, mais le choix du mode contractuel (inducteur du besoin de monnaie), qui est un choix de civilisation.
Modifier le système monétaire ne peut qu’améliorer de manière passagère une dynamique de société qui fatalement reconduira les errements dont « nous » souffrons (pas moi, j’ai vraiment du bol …)
La réparation effective et durable passe par l’avènement d’un nouveau mode de mise en synergie des dynamismes. Y a du boulot !
@ Nicolas
Votre question « pourquoi l’économie basée sur la monnaie serait-elle la cause de la pénurie ? » est pertinente. Je vais tâcher d’y répondre de façon aussi claire et synthétique que possible (cette réponse est un extrait d’un message adressé à Étienne pour présenter les grandes lignes du Projet Venus).
Là où nous déployons encore beaucoup d’énergie dans des débats passionnés sur la manière de réformer le système monétaire et les institutions bancaires, Jacque Fresco sort son balais et sa serpillère et envoie le tout directement aux oubliettes de l’Histoire : pour lui, le système monétaire est structurellement dysfonctionnel et constitue en lui-même la cause fondamentale de toutes les dérives du système actuel.
Bien que cette thèse puisse paraître choquante, elle vaut tout de même la peine d’être étudiée, car elle repose sur un raisonnement à la fois simple et robuste.
1. La monnaie est un instrument inventé par les humains pour échanger des marchandises et des services. Au moment où la monnaie a été inventée, elle a sans doute répondu à un besoin dans la façon dont les hommes voulaient s’organiser, et a donc sans doute rendu service pendant un temps déterminé. Le monde actuel, globalisé, avec la quantité de connaissances et de découvertes acquises depuis des générations, a changé, et ce système ne remplit plus la fonction pour laquelle il a été inventé : il est donc obsolète.
2. La monnaie, qu’elle soit matérielle (billets, pièces, or, etc.) ou virtuelle (données informatiques) n’a en elle-même aucune valeur réelle : on ne peut pas se nourrir avec des billets, ni produire de l’énergie, ni fabriquer une maison ou quoi que ce soit ; ce n’est pas la monnaie qui produit des richesses, ce sont les ressources qui constituent la véritable richesse (ainsi que le travail de valorisation des ressources par les humains).
3. La valeur que l’on attribue à la monnaie est subjective et dépend de la confiance qu’on accorde à ces signes (nb. voir aussi le point 7 à ce sujet), mais également de la quantité de signes en circulation (inflation / déflation).
4. Par contre, la valeur des biens et des services va dépendre essentiellement de leur rareté : un produit, un bien ou un service abondant aura un faible prix ; un produit, un service ou une ressource quelconque se trouvant en faible quantité ou en pénurie aura un prix élevé (principe de la « loi de l’offre et de la demande »).
5. Par conséquent, l’ensemble du système économique basé sur la monnaie est fondé sur la (gestion de la) pénurie : pour qu’un produit, une ressource ou un service ait une valeur, il doit être plus ou moins rare. Le suprême paradoxe étant que, pour maintenir sa valeur, la monnaie elle-même doit être rare !
6. Comme la quantité de signes (de monnaie) en circulation doit elle-même être en situation de pénurie (pas pour tous …), il en résulte que de manière générale, il doit ne jamais y en avoir assez pour tout le monde … !
7. Ce système d’économie basée sur la monnaie doit reposer sur un ensemble de lois contraignantes, sans lesquelles l’ensemble des populations ne joueraient pas le jeu. Ces lois sont le ciment du système et ne peuvent être discutées, à la façon d’un credo religieux au sein d’une église.
8. Comme l’argent devient nécessaire pour se procurer les produits et les services nécessaires à vivre et prospérer, et comme il n’y en a pas assez pour tout le monde, il s’ensuit logiquement qu’il va y avoir concurrence et compétition.
9. De façon générale, l’ensemble des ressources (donc des richesses de la planète) vont aboutir entre les mains d’un très, très petit nombre de personnes (en proportion au 7 milliards d’individus), et ces personnes, contrôlant de (très) grandes portions des ressources, déterminent elles-mêmes la rareté et les prix, quitte à détruire (ou dissimuler) les ressources excédentaires (il faut maintenir – artificiellement ! – les prix, donc la rareté et la pénurie).
10. Donc, tout système économique basé sur la monnaie revient in fine à organiser et pérenniser la pénurie et la compétition, plutôt que gérer de façon commune les ressources dans le but de générer l’abondance pour tous.
Si pareille analyse nous choque, nous pourrions déjà nous demander si cela correspond à la réalité observable ou non. A la lumière de cette analyse, il semble bien que – au delà d’un mauvais système de gouvernement qui rend les peuples structurellement impuissants – critique très pertinente et éminemment nécessaire – ce soit le principe même de l’économie basée sur la monnaie que nous devrions balayer de nos conceptions, afin de repenser un système entièrement neuf.
Dans le Projet Venus, Jacques Fresco a conçu le système d’économie basée sur (la gestion efficace et la répartition équitable) des ressources (abrégé EBR en français).
L’EBR est un mode de société qui établit comme principe fondateur que l’ensemble des ressources naturelles de la Terre constitue un héritage commun à tous les êtres humains. Cet héritage commun doit être géré en commun et équitablement répartis à tous (et non à une petite minorité de privilégiés comme c’est actuellement le cas). Le système de gestion repose sur un ensemble de connaissances scientifiques et techniques (actuellement disponibles, il ne s’agit pas de prospectives sur des découvertes à venir) pour garantir l’accès gratuit à toutes les ressources nécessaires au développement digne et libre de chaque être humain, dans une gestion globale et durable respectant les principes et les lois naturelles de la biosphère (notamment l’équilibre dynamique de reproduction des diverses espèces).
Concernant la problématique du pouvoir, Jacque Fresco avance qu’il est parfaitement absurde que nous déléguions un quelconque pouvoir à des personnes (les politiciens) qui ne sont nullement qualifiées pour résoudre les problèmes nombreux qui se posent dans la société. En effet, à quoi un homme (ou une femme) ayant suivi des cours de droit et d’économie politique peut-il servir pour résoudre, disons, les problèmes de déchets industriels, ou de production d’énergie, ou tout autre question d’ordre technique ? Ils n’ont ni les compétences ni les connaissances requises pour seulement comprendre les données du problème, et moins encore pour trouver des solutions (ironiquement, c’est l’argument traditionnellement avancé par les politiciens pour écarter les peuples des décisions politiques).
Jacque Fresco fustige donc le fait – selon lui absurde et inapproprié – que nous accordions tout pouvoir de décision à des incapables. Fresco affirme donc que, techniquement, la plupart des problèmes rencontré (et provoqués) par la société peuvent être résolus par des applications techniques et scientifiques : c’est seulement le manque de volonté politique qui fait que non seulement ces solutions ne sont pas mise en application, mais que les problèmes continuent de s’amplifier. Pour lui, nous n’avons plus besoin de politiciens, qu’ils soient de gauche, de droite, du centre ou des extrêmes, qu’ils soient capitalistes, communistes, socialistes, marxistes, … Aucun n’est simplement apte à résoudre les problèmes, essentiellement pratiques et techniques que rencontre la société. En outre, ils sont tellement accaparés par la nécessité de lutter pour accéder / garder le pouvoir qu’il leur reste très peu de temps pour résoudre les vrais problèmes.
Pour utopique que puissent paraître les solutions du Projet Venus, elles n’en reposent pas moins sur de nombreuses recherches et analyses solides (toute une vie de chercheur). On peut réfléchir à toutes les implications et conséquences sur les comportements humains d’une société sans monnaie, sans argent, et où chacun à accès à tous les biens ou services dont il a besoin.
Mais pour juger du caractère utopique ou réaliste du projet, il nous faut envisager les choses en dehors du carcan étroit des conditions actuelles, sans quoi nous condamnerions la proposition sur des arguments fondés sur les conditionnements mêmes que l’on cherche à changer, ce qui serait le comble de l’absurde.
Nous sommes névrosés par le contexte de la société actuelle : nous sommes matérialiste parce qu’il n’y en a pas assez ; nous amassons et nous devenons possessifs avec les biens matériels, parce que cela représente des richesses, nous développons l’avidité parce que la possession est le signe de la réussite. Il en irait tout autrement dans un contexte où tous auraient accès à tout ce dont ils ont besoin librement. Dans pareil contexte, les névroses possessives tendent naturellement à disparaître. Le besoin d’accumuler (peur du manque) n’a plus besoin d’être.
L’obsolescence planifiée disparait, et les ingénieurs peuvent – enfin ! – déployer toute leur créativité afin de développer des dispositifs et appareils solides, fiables et durables (puisqu’il n’y a plus besoin de répondre à des objectifs de rentabilité et de consommation renouvelée).
Le vol n’a plus lieu d’être, par conséquent, toute une série de crimes n’ont plus de raison de se développer.
Libérés des tâches pénibles et dangereuses grâce à la robotique, les gens peuvent consacrer une grande partie du temps ainsi libéré afin de se consacrer, qui à la gestion de la cité, qui a l’étude, qui à des loisirs (créatifs ou non), qui à des associations culturelles, qui à la spiritualité, qui à la recherche…
La participation à la gestion de la cité est encouragée et souhaitée, par le biais de l’application des principes de l’Open Source à tous les domaines de la politique (au sens noble du termes – politeia -, c’est-à-dire « gestion de la cité ») : une véritable démocratie participative.
Le fait qu’aujourd’hui le monde soit globalisé – « fini » diront certains – est un facteur déterminant dans la mise en œuvre du projet, puisque la base même de l’économie de ressources se fonde sur la gestion de l’ensemble des ressources de la Terre, perçue en tant que système vivant et dynamique ; tout comme le tirage au sort s’adapte infiniment mieux aux grandes échelles (par l’effet de nombre), l’économie basée sur les ressource ne s’adapte pratiquement et efficacement qu’à l’échelle globale (puisque certaines ressources ne sont disponibles qu’en quelques endroits, et non sur tout le globe).
C’est parce que nous sommes, aujourd’hui, en mesure d’évaluer (techniquement) la quantité et la qualité des ressources et des richesses offertes par la planète Terre tout entière, que nous sommes capables d’envisager et de projeter un système social d’abondance (réelle) pour tous. Objectivement parlant, l’ensemble des peuples de la planète ont tous intérêt à ce qu’un système de cette nature soit mis en place, puisqu’il répondrait aux besoins de chacun, nécessiterait la collaboration et le partage des ressources, et mettrait fin aux causes majeures des guerres et des conflits.
Nous nous battons pour
avoir accès auxpiller les ressources et richesses que la planète nous offre dans d’autres pays, afin d’en bénéficier égoïstement et d’accroître les chiffres d’affaires de quelques industriels et actionnaires, tout en provoquant la pauvreté et l’instabilité dans les pays dit « du sud » (ceux qui ont des richesses dans leur sol).Si ces ressources étaient reconnues comme patrimoine et héritage séculaire et sacré de TOUS les êtres vivants, et si nous mettions en place une structure globale de gestion raisonnée (et raisonnable) de celles-ci au bénéfice de TOUS, alors il paraît évident que nous n’aurions plus de raison de nous battre.
Voilà qui, j’espère, répondra (au moins en partie) à vos questions. Cela étant, vous avez sans doute raison en disant que trop peu de gens sont prêts, à l’heure actuelle, à adhérer à un principe de gratuité : il s’agit d’un tel changement de paradigme que l’adaptation n’est pas évidente. Mais ce n’est pas parce que la chose est difficile qu’elle doit être abandonnée : apprendre à voler dans les airs semblait impossible il y a encore deux siècles, pourtant, d’audacieux inventeurs sont parvenus à créer des engins permettant de voler … Les mentalités se changent, dès l’instant où les vieux mythes se brisent à une réalité inconfortable – et nous pouvons compter sur le système pour nous rendre cette réalité de plus en plus inconfortable pour un nombre de plus en plus grand de gens – et dès lors que l’on diffuse une idée nouvelle, pourvu que celle-ci réponde à des besoins nécessaires et soit robuste à l’analyse critique.
De la même manière que le tirage au sort est difficile à faire admettre de prime abord au gens, une société basée sur le partage plutôt que sur l’échange (in fine, c’est bien de cela qu’il s’agit) est également difficile à faire comprendre et admettre, mais pas impossible. Il ne faut pas attendre que cela advienne tout seul : il faut participer à l’essaimage en diffusant les informations et en débattant du sujet (c’est ce que j’essaie de faire, à mon humble niveau).
Cordialement,
Morpheus
Chouette ! Je me sens moins seule : De grandes avancées mais « l’ensemble des ressources naturelles de la Terre constitue un héritage commun à tous les êtres humains » témoigne encore d’un esprit colonial en ce sens que ce « principe » établit une hiérarchie possédante au sein du vivant. Les facultés particulières de l’être humain lui confèrent une responsabilité plus que des droits.
J’y mets là . Peut être faut il placer cette video ailleurs…
@ Ana Sailland
J’ai, un peu plus plus loin dans le texte, précisé : « Si ces ressources étaient reconnues comme patrimoine et héritage séculaire et sacré de TOUS les êtres vivants, et si nous mettions en place une structure globale de gestion raisonnée (et raisonnable) de celles-ci au bénéfice de TOUS ».
Nous sommes donc en accord sur ce point 😉
Morpheus
@Di Girolamo
Merci
Il est particulièrement intéressant de voir émerger une même idée sur tout le globe.
@Morpheus
Oui, j’avais bien lu la suite, qui va dans le sens d’un échange que nous avions eu il y a quelques mois.
L’idée, belle, étant posée, il reste à approfondir plein de choses (entre autres, la question du dynamisme qui pose problème si on sort de la « civilisation de la carotte », et la question de la synergie des élans). Puis à créer des îlots, car dire ne suffit pas.
Respectons peut être le thème central … Il faudra un groupe de travail sur cette question.
…
@ Ana Sailland
Je suis partant pour participer à un groupe de réflexion afin d’approfondir les questions que pose le projet et le concept de société sans monnaie.
Je pense en outre nous faciliter les échanges en créant une plateforme vocale sur Mumble (logiciel libre de communication vocale de groupe via le net).
Morpheus
Je viens d’installer Mumble … Marche pas.
ana.public arobase
live .fr
Parfois, et de plus en plus je le confesse, une triste impression qu’écrire ne sert à rien, alors la musique peut-être saura-t-elle parler davantage que les mots, j’ose encore l’espérer !
Merci Catherine. Ce mouvement lent est une des plus belles choses que je connaisse ; depuis mon adolescence, il me tire des larmes au moment où l’orchestre commence à chanter.
Un peu comme le deuxième et surtout le troisième de Rachma.
[Damned, je n’arrive pas à retrouver tous les morceaux de ce concert 🙂
=>Je n’ai trouvé le 2ème mouvement que dans une autre série, désolé, je continue à chercher :
]
Le 3ème par Horowitz, particulièrement, me fait chialer comme un gosse, à partir de la min 4:50 de l’intro par exemple et ces élans jouissifs qui suivent, comme de puissances vagues. Ce 3ème de Rachma est ce qu’on a fait de plus beau sur terre.
Merci.
J’ose à peine ajouter quelque chose de peur de casser la beauté et la grâce de cette musique, pourtant je me risque quand même.
Le concerto 23 de Mozart et le moment que vous décrivez comme celui qui vous tire des larmes, moment où l’orchestre commence à entrer davantage en « action » de façon plus enlevée et pourtant si délicate, porte en lui quelque chose d’une promesse qui se murmurait au début dans la lenteur et qui ensuite se développe avec juste assez de magnifique et sublime tristesse cristalline et délicate et touchante et légère et belle, juste assez pour nous remettre d’aplomb sans tomber justement dans la sensiblerie, juste, juste ce qu’il fallait, une note de plus, une note de moins et ce n’était plus cela. Un instant de pure éternité qui s’élargit et trouve toute son ampleur pour ensuite se refermer sur un silence qui parle, comme une scansion de la vie qui se déploie, s’ouvre pour ensuite retrouver son mystère au coeur du silence. Tant que nous serons capables de pleurer en écoutant de la musique alors tous les espoirs sont permis pour l’humanité.
Merci à vous aussi Étienne pour ce témoignage qui me touche.
Une question me brule les lèvres :
Il est sain et très bien de débattre du modèle d’une vraie démocratie, seulement quand on a la chance de la voir naître juste à côté de chez nous, dans un pays avec lequel on a de forts liens, et que l’on reste chez nous les bras croisés à les regarder tout gâcher par manque de savoir et d’informations (pauvre peuple qui croit bon de copier nos modèles occidentaux !), n’est on pas un peu lâche, voir même complètement criminel de ne pas aller crier haut et fort à qui veut l’entendre SUR PLACE qu’une autre voie est possible ?
@ BAB’s
Étienne s’est rendu dernièrement en Tunisie pour un forum concernant la démocratie. Il ne reste donc pas « à rien faire ».
Cela étant, le chemin des idées, qui occupe le terrain de l’esprit, est souvent long et difficile à réorienter : les conditionnements et les croyances sont aussi tenaces que de petites échardes profondément enfoncées sous l’épiderme.
Tout comme les occidentaux il y a deux siècles, il y a fort à parier que les peuples du proche orient verront un progrès dans le simple fait de choisir leur maître et ils risquent fort de s’en contenter.
Essayez donc d’aller leur dire ce qu’ils doivent faire pour avoir une vrai démocratie, ils vous rétorqueront, non sans raison : « Avant de nous dire quoi faire (une fois de plus), commencez déjà par le faire chez vous ! »
Et en effet : avant de donner des conseils aux autres, commençons déjà par les mettre en pratique chez nous. Je comprends bien votre intention, bienveillante, mais je ne peux pas m’empêcher d’y percevoir cette tendance toujours répétée de vouloir que les autres changent, plutôt que de changer nous-même. Ce n’est bien sûr pas une réaction consciente, mais elle n’en demeure pas moins une tare.
Cordialement,
Morpheus
Un point important est la responsabilité judiciaire des signataires de tout écrit public d’une fonction, quel que soit le niveau. Oublions les « immunités » diverses, TOUTES ! même diplomatiques, oublions les « privilèges » quels qu’ils soient… que chacun soit responsable INDIVIDUELLEMENT des décisions qu’il prend et des actes proposés à d’autres.
L’exemple doit venir d’en haut et la « chose publique » doit réellement être publique si besoin est. Transparence. La vie privée doit être respectée au plus haut point, les éléments moraux qui préludent aux décisions à prendre doivent être le fondement même des règles édictées. L’esprit de la loi prévalant sur la procédure et donc la forme.
@Morpheus, et finalement tout le monde
Attention je n’accuse personne en particulier, surtout pas Etienne qui contribue largement à démocratiser cette cause, j’ai d’ailleurs bien suivi le fait qu’il soit allé sur place. Je me mets d’ailleurs dans le lot quand je parle ainsi. C’est tout de même triste d’avoir ce « savoir des règles du jeu » et de ne pas réussir à le transmettre à travers le monde au moment opportun.
Je comprends très bien l’analogie avec le passé colonialiste, il y a cependant des différences de taille : l’époque, la reculée de l’illettrisme et par conséquent l’avènement de la culture, la relative puissance des media relativement indépendants … Beaucoup de conditions qui laissent un libre arbitre aux populations à qui l’ont peu présenter massivement le projet d’une constitution « propre ». Et l’on a quand même une sacrée différence entre une « promesse » coloniale largement douteuse, surtout avec la violence avec laquelle les choses se sont passées, et le simple fait de rappeler ce qu’est l’essence d’une vraie démocratie.
Cela dit c’est vrai que l’on ne montre pas l’exemple ! Je suis parfois attristé de ce pays qui sait gueuler pour un oui ou pour un nom mais qui n’a même plus la force de contestation nécessaire pour mener un projet sérieux de « révolution », parce que c’est tout de même de ça dont on parle, même si elle peut être pacifique, l’idylle dont on rêve tous sera une chose radicalement opposée à ce que l’on connait là.
J’ai mal de suivre les mouvements indignés à travers le monde, notamment évidement chez nos voisins Espagnols, les expulsions, le chômage de masse, le marasme économique et sociologique, me dire qu’en tant q’humains ce sont nos frères et qu’on est pas si loin d’être les prochains si l’on continue ainsi … (remarquons que l’Homme a toujours montré le meilleur de lui même quand il était au bord du gouffre) Bref cette ferveur à défendre farouchement les intérêts du peuple MAIS sans avoir de buts bien définis et clairs, alors qu’ici là nous sommes désormais nombreux à « savoir » mais sans cette énergie. Bord du gouffre, bord du gouffre, allons nous attendre 2017 ? Extrêmes … ?
Dans la logique d’égalité politique, je ne suis pas très favorable au leader, mais il faut bien avouer que c’est un élément de communication, et ce à toutes dimensions, indéniable, il faudrait trouver un leader physique pour chaque « bastion » de pensée, un désintéressé capable de fédérer les « troupes » autour d’une idée simple, la cause des causes, capable de relayer les propos de ce qui ne préfèrent n’être penseur, capable de s’exprimer lors d’interventions publiques pour présenter simplement et clairement les revendications …
Bref ce qui me turlupine autour de tout ça : le forum est formidable, il permet d’unir un maximum de francophone autour de l’idée qui nous anime, permet t’il l’action sur le terrain ? De se rencontrer en vrai ? Je suis loin d’en avoir fait le tour donc c’est une vraie question que je pose là, je pense qu’il serait bon de commencer à se rencontrer pour de vrai, afin de débattre et de mettre en place des actions concrètes, à faire dès maintenant. Peut être que je débarque totalement et que ces rassemblements existent déjà, dans ce cas je suis preneur de savoir où, quand et comment. Il y a tant de moyens d’accélérer le développement du germe de la vraie citoyenneté dans la tête de tout à chacun. Pour revenir sur les Indignés, je lisais par exemple je ne sais plus où qu’un des leaders était content d’avoir cette diversité d’ »origine de revendications » au sein des participants aux mouvements, je suis personnellement contre et l’expérience va dans ce sens :
- discordance sur les messages à délivrer, désaccords mineurs des participants amplifiés à l’image / son …
– décrédibilisation auprès des médias
– mouvements qui pensent les plaies mais n’arrête pas le couteau qui entaille
– indirectement démotivation de ceux qui auraient pu agir sur les prochains évènements
==> effet com’ (oui je viens de ce milieu) = 0
La com’, le marketing, banques, médias … ce sont tous ces gens qui tous les jours nous vendent des trucs dont on a pas besoin, qui nous endettent, nous pré-mâche nos éléments de réflexions … Oui mais comme le rappelait Etienne avec la démocratie Athénienne, ce n’est pas parce qu’un système comporte des erreurs qu’il est foncièrement mauvais, et l’occurrence la com’ pour y revenir est trop souvent l’arme surpuissante au service du capitalisme outrancier, elle peut très bien l’être de notre côté et ainsi accélérer les choses.
Ce n’est qu’un exemple et il n’engage que moi, il mérite peut être d’être débattu et ce serait justement mon souhait de trouver des rassemblements physiques, débouchants sur des mises en place d’actions concrètes, ce serait un bon moyen d’identifier les quelques leaders désintéressés, bons orateurs, dont la cause à besoin et qu’il faudrait soutenir, par exemple dans une démarche de parti politique, encore une fois ce n’est pas parce qu’ils sont mauvais tels quels aujourd’hui qu’on ne peut pas s’en servir …
On aura rien sans rien et, malgré les conditions favorables, l’action prendra extrêmement de temps à se mettre en place si l’on n’en reste qu’aux phases de réflexions … Je ne me relis pas, c’est beaucoup trop long 😉
++
BAB’s
@Bab’s Je rejoins ce raisonnement. Une stratégie doit être mise en place concrètement. C’est une « révolution » qui se prépare et donc une « guerre » en perspective. Un mouvement « révolutionnaire » doit se structurer, établir des « ateliers » ou « groupes de travail » partout pour accélérer les réflexions et mieux définir les orientations. Le mouvement doit devenir visible et lisible, compréhensible par tous. Séparer le bon grain de l’ivraie aussi … se protéger des infiltrations, saboteurs, faux militants sans être paranos …
Entrer dans des détails incompréhensibles pour beaucoup risque de perdre l’intérêt du peuple et noyer toute action dans des palabres désormais inutiles voire dangereux …
Comme j’écrivais avant, il faut surtout définir les grandes lignes, le cadre général de façon concise et simple. Entrer dans les détails est une autre phase.
En effet, il faut rassembler et pour rassembler il faut être vu, connu, reconnu, et crédible … tant de mouvement émanent du pouvoir en place, mû par des forces occultes pour détourner l’attention, disperser et étouffer dans l’oeuf … ce site accessible à tous est une image de démocratie mais n’est-il pas exposé à de telles intrusions ?
En tant que tel, le mouvement doit se protéger aussi. Rassembler les personnes susceptibles d’apporter leur point de vue, leur savoir, leur compétence enfin concrètement et être une plate-forme non seulement de discussions mais aussi d’actions.
D’autre part, il serait opportun de ne pas négliger les pays voisins susceptibles d’apporter leur soutien car aujourd’hui, nous sommes tous liés par un même cancer qui ne se soucie pas des frontières et des sensibilités. Le « modèle » à construire devrait être applicable partout dans ses bases et fondements avant d’être particulier aux différentes régions susceptibles de l’adopter. J’insiste donc sur l’établissement d’une « charte de départ » comportant les grandes lignes idéologiques et stratégiques fondamentales, carte de visite fondamentale visible par tous … le détails des moyens étant un aspect regardant plus les groupes de travail.
J’aime aussi penser que toute situation, lorsqu’elle est tellement grave et urgente, ne peut se satisfaire d’un « à peu près » tout en considérant que l’urgence justifie des actions drastiques rapides et efficaces pour ne pas amener le chaos …
J’ai créé un salon de discussion Mumble (compte gratuit, 10 utilisateurs maximum pour le moment). Pour vous connecter :
Adresse du serveur : s1.mymumble.fr
Port du Serveur : 20469
Pour le nom du serveur, mettez ce que vous voulez (j’ai mis simplement « constituante »).
Il faudrait convenir un horaire de connexion. Attention, si le compte n’est pas utilisé, il sera rapidement supprimé par le fournisseur !
Morpheus
« En tant que tel, le mouvement doit se protéger aussi. Rassembler les personnes susceptibles d’apporter leur point de vue, leur savoir, leur compétence enfin concrètement et être une plate-forme non seulement de discussions mais aussi d’actions. »
==> Ca j’aime bien 😉
D’une manière globale, je suis heureux que mon post fasse réagir, je sentais bien que certains attendent cette action sans trop savoir quoi faire.
@Morpheus = ton lien c’est de la visio conférence ? A dix ? mais pas d’autres chateurs simultanés ?
Perso je viens de découvrir qu’Étienne tenait des chats quasi tous les mardi, je m’y suis connecté hier pour justement supporter mon raisonnement, plusieurs choses à dire :
- Etienne et les autres semblaient conscient de tout ça, beaucoup n’ont aucune idée de comment mettre en place tout ça pour la simple et bonne raison que ce n’est pas leur boulot. Pour comparer, on pourrait prendre un mec dont le principal but est d’enrichir son savoir, il n’a que faire car s’en fiche des représentations publiques, n’allez donc pas l’embêtez à lui expliquer la mode, c’est superficiel pour lui. Prenons un autre gars dont le but est de faire passer un message au plus grand nombre, il sera forcément une personnalité publique tôt ou tard, il va devoir savoir s’habiller. Pour beaucoup c’est futile mais c’est la base quand on fait de la com’ visuelle. A l’avenir, on peut considérer qu’il y aurait deux types de personnes dans le mouvement, des penseurs et des activistes publiques, les premiers doivent alimenter les seconds …
- Je suis arrivé bien tard sur le chat opinews et n’ai pu débattre que 10 minutes, rendez-vous est donné dans 15 jours (mardi 21 de mémoire) pour en reparler, d’ici là j’aurais élaboré quelques docs expliquant la trame de ce que j’imagine (plan de com’, organisation …), je suis prêt à mettre ma modeste expérience de la communication au service de la cause que nous défendons, j’espère que vous serez nombreux à suivre le débat et donner votre avis …
++
BAB’s
Bab’s
Je suis assez en accord avec vous concernant le plan com. Je sais que cela est un « gros mot » pour une majorité et une cause majeur de nos maux. mais la com éthique ça peut aussi exister. Enfin je pense.
Chaque fois que je parle de notre « mouvement » appelons le comme ça, c’est trop souvent :
C’est quoi ? C’est qui ? C’est religieux votre truc ? vous êtes une secte Ré-écrire la constitution ? C’est quoi ?? Mais vous n’y pensez pas !!! trop de boulot !!! Une affaire de spécialiste !!!
Bref, pas facile à vendre la vrai démocratie !!!! Pas sexy du tout !! 🙂 Chez moi plus qu’ailleurs ?? Je sais pas.….
Je ne suis peut-être pas un bon vendeur ??
Bon bref, Bab’s, faites-nous un truc sexy pour mobiliser plus large que les amphis boutonneux, les chômeurs désœuvrés ou les pré-retraités. Il faut faire bouger le noyau dur, des employés, des salariés, des travailleurs indépendants, des artisans, des commerçants, bref : les gens qui pèsent vraiment sur l’économie, les forces vives du pays, ces otages du système, ces contribuables captifs qui sont, pour une grande partie, bien trop occupés par leur labeur et se contentent des infos télé dans leur trop grande majorité.
Les visios d’opinew’s, c’est bien, mais malheureusement pour moi qui suis à 22000 km, je ne peux me connecter que pendant mes congés.……
Bon week end et BANZAÏ!!!!!
Bruno
Je partage l’analyse de Jacques Fresco sur la monnaie et je dois admettre que le Projet Venus est très enthousiasmant.
Il m’apparaît difficile de mesurer l’ampleur d’un projet aussi gigantesque et révolutionnaire. Rien que l’aspect visible de l’iceberg est monumental, il implique une refonte totale et à l’échelle mondiale de nos modes de vie sur tous les plans.
Aussi bien sur le plan matériel, technologique et technique que social, économique, psychologique philosophique et spirituel.
Conférence de Jacques Fresco
questions/ réponses
l’avenir ?
démocratie ?
La disparition de la prison de l’argent, source de notre esclavage actuel réglera de très nombreux problèmes de la souffrance humaine et animale. La science servant la vie et non plus l’argent.
Ça suffit maintenant, il est temps de passer à autre chose que ce système absurde et destructeur et d’en venir enfin à la liberté.
La science n’est pas en elle-même un problème qui mènerait à une dictature inhumaine comme on l’entend parfois. N’oublions pas que le terme ‘science’ est synonyme de ‘connaissance’.
C’est par ignorance qu’on a laissé d’autres choisir à notre place.
La technologie en soi n’est ni bonne ni mauvaise, c’est la façon dont elle est utilisée et dirigée et avec quelle motivation. Voilà le point et de cela résulte le développement de certains aspects plutôt que d’autres.
On peut supposer qu’une approche holistique évacuerait par sa cohérence les sophismes de l’approche spécifique compartimentée et orientée intentionnellement en vue d’intérêts financiers.
A priori, dans la mise en application du projet Vénus, chacun aura l’espace de vivre librement et de choisir sa vie. La démocratie devrait avoir beaucoup plus de chance de pouvoir s’exercer et perdurer.
Cependant, on est en droit de se poser la question de la notion même de démocratie dans un tel système cybernétique.
Les travaux difficiles étant effectués par la machine mais aussi l’ensemble du fonctionnement et de l’entretien de chaque cité, un grand nombre des décisions sera donc automatisé.
Quelle sera la place de l’autorité humaine sur le fonctionnement global d’une telle société.
Qui aura l’autorité et comment ?
La démocratie ne pourrait-elle pas se combiner avec un tel système tenant compte des informations scientifiques ?
Jusqu’où s’étendront nos libertés ?
Un projet d’une telle ampleur ne peut être que prévu de longue date.
À l’heure actuelle, en ce qui me concerne, beaucoup de questions restent en suspens ;
l’une d’entre elle est l’origine de ce projet.
Dans la 2ème vidéo, on nous dit que ce projet est opérationnel depuis 1927, en même temps, Jacques Fresco dit y avoir travailler toute sa vie.
D’après les informations que j’ai pu récupérer par ailleurs, ce projet correspondrait à la mise en œuvre du pacte synarchique.
Bien qu’il puisse y avoir de nombreux points de convergence avec ma propre conception de l’avenir sur les conditions pour qu’émerge une véritable et sage démocratie, pour l’instant un certain nombre d’aspects m’échappe.
la seconde observation qui me vient est jusqu’à quel point le contrôle de ce système demeurera entre les mains des citoyens et non d’une élite de spécialistes qui nous imposeront leur vision « scientifique » de la perfection.
Ce qui ne serait que le dévoilement de ce qui s’est mis en place dans notre dos finalement.
L’argument qui vise à dire que ces spécialistes n’auraient pas de privilèges ou de statuts différents de tout un chacun n’est pas suffisant car même si tout un chacun aura plus facilement accès à la connaissance, le problème de la compétence et de l’autorité sera-t-il résolu pour autant ?
Bien sur, une société est toujours perfectible mais autant aller le plus loin possible dans les fondements de celle-ci plutôt que d’avoir de mauvaises surprises surtout à l’égard d’un système aussi global ou aucune autre porte de sortie ne semble nous être proposée.
À nous, de toute façon, de prendre les rênes mais encore faut-il savoir comment cela sera possible.
Ce pas vers la souveraineté de l’individu et du droit à l’émancipation reconnu officiellement doit à mon sens s’accompagner de la plus grande liberté.
Et la liberté, c’est un vaste sujet, celui de la compréhension de nous-même, de l’éradication de l’ignorance.
Et là, je souhaiterais mettre en garde à l’égard d’une vision trop mécaniste qui pourrait occulter l’existence même d’une nature profonde.
Tendance qui semble parfois transparaître dans le discours de Jacques Fresco.
La connaissance, la sagesse rend libre.
Nous devrions savoir comment toutes ces choses fonctionnent et comment les mettre en place et pouvoir les faire évoluer et c’est la base d’une éducation non fondée sur le profit mais sur ce qui nous est vraiment utile.
C’est ce que Jacques Fresco propose et être vigilant sur ces choses c’est voir notre propre intérêt, véritable et inséparable de l’intérêt de chacun.
L’acceptation d’une société en évolution et la reconnaissance de notre ignorance et de notre potentiel de développement sont garant d’une certaine liberté à l’égard d’idée absolue sur le monde.
Mais pour en revenir à l’origine et l’objectif du projet, à y regarder de plus près, il m’apparaît naïf de penser que le nouvel ordre mondial n’est autre chose que ce qui nous est proposé là.
S’il n’est pas mis en place directement par le moyen de l’argent, c’est peut être justement pour que les citoyens s’en emparent par la base et non plus par le haut comme dans notre système hiérarchique esclavagiste.
Au regard de ce projet, il me semble évident que le système monétaire a été volontairement utilisé puis mis en faillite en vue d’un processus global de redéfinition ou de redirection du mode de vie sur terre.
On ne met pas en place un système financier dont on sait qu’il est voué à s’effondrer en quelques décennies sur toute la planète par des moyens aussi élaborés sans en mesurer un minimum les conséquences non ?
Au point où nous sommes rendus, ceux qui croient gagner de l’argent en profitant de la crise ne jouent en réalité qu’avec des numéros sur un écran d’ordinateur qui ne valent déjà plus rien.
Il ne pourront bientôt plus rien en faire du tout.
Si nous sommes tous d’accord pourquoi cela ne pourrait-il pas se faire en douceur ?
bien amicalement
J.C
la politique : une notion dépassée
à lire attentivement pour ceux qui souhaitent entrevoir ce que pourrait être notre avenir proche.
http://www.thevenusproject.com/fr/projet-venus/faq
bien amicalement
J.C
A propos des deux premières vidéos (conférence de Londres)
Ceux qui me lisent depuis quelques mois ici ou sur le forum savent à quel point je suis spontanément proche de 80% des idées ici développées.
J’ai pourtant le sentiment d’assister aux premières images d’un horrible film de science fiction !
Pourquoi :
Tout d’abord, je suis allergique, profondément, à deux points essentiels ici exprimés :
1) Ce serait le cadre qui induit l’attitude, la pensée et les valeurs de l’individu. Et ce serait donc donc uniquement en modifiant le cadre qu’on rendra l’humain meilleur.
-> Le cadre et les structures sont en effet un facteur essentiel de l’édification de l’être, mais il n’est pas seul en jeu : la liberté de l’être humain, qui le différencie de l’animal, réside justement dans sa capacité à refuser ce qui le cadre et à se choisir délibérément différent de ce vers quoi il est induit. On en use peu, certes, mais c’est à mon sens cela qui doit être « boosté » pour aller vers plus de conscience collective libre bien que cohérente.
2) Ce seraient la science et la technologie, et donc les scientifiques et les techniciens, qui détiendraient les solutions à tous nos problèmes. Il faudrait donc leur faire confiance pour améliorer le monde.
-> Ainsi donc, si leurs solutions sont les bonnes, les autres sont mauvaises pardi. Et dans cette mêêêrveilleuse société annoncée, celui à qui la bonne solution ne convient pas sera au minimum ennuyé.
Intermède humoristique : Vous savez, j’ai enseigné 33 ans dans une école d’ingénieurs, et c’est bien pour ça que je n’aime pas monter en avion.
Et puis … méfions nous des gens intelligents qui savent tout résoudre : un détail peut leur avoir échappé, ou bien leur propre vision des choses peut les induire dans des directions dangereuses. Sans oublier que la passion de l’invention peut entraîner vers de sacrées prises de risque
Ces deux points font que malgré mon extrême proximité sur bien d’autres points, je vois là le ferment d’une uniformisation du genre humain et d’une dictature écologique, imposées par la raison et toutes sortes de bonnes raisons. Un fascisme subtil qui s’installerait dans les outils de protection au fascisme. Danger, donc.
Cependant, je ne rejette pas le tout : il faudrait discuter en direct .…..
Pour info connexe :
Jeudi après-midi, dans le cadre de l’intersel national annuel, j’anime un atelier intitulé : « Comment sortir de la civilisation de la carotte » 😉
Nous sommes donc bien dans la même attention.
totalement d’accord avec toi Ana !
la cité radieuse sent le cauchemar à plein nez, un empire maya d’échelle planétaire, une incitation à prendre le maquis…
Sans avoir bien aproffondi.… assez d’accord ; il doit sans doute y avoir quelques bonnes inspirations, mais toute construction se voulant parfaite et qui se propose comme résolution des problèmes , est guettée par le totalitarisme : le monde est imparfait :c’est de ce constat qu’il faut partir et vers ce constat qu’il faut aller : c’est pourquoi la démocratie , au sens de réflexion et débat collectif permanant est le régime politique le plus adapté à notre réalité humaine.
La réflexion collective est en soi un changement de paradigme refusant tout totalitarisme que ce soit celui d’un homme ou de groupes ou partis ou d’un système , ou de la science ; savoir qu’on ne sait pas , humblement et « fraternellement » construire et reconstruire.
La différence entre démocratie et réformisme c’est que le réformisme se base sur un réalisme du petit à petit mais sans changer le fond des choses ; le réformisme est l’excuse du conservatisme ; et que la démocratie ‚si elle suit le même chemin réaliste de partir de la réalité telle qu’elle est ‚sans vouloir imposer autre chose que le débat , est dès l’amont une révolution.
Il y a Baruch qui a une bonne définition du parfait je trouve. La voici résumée. Baruch, c’est Spinoza pour ceux qui ne l’ont pas croisé. Il dit grosso modo de mémoire, il ne s’agit pas d’un parfait qui ne sera jamais atteignable comme celui des idéalistes, non il s’agit du parfait dans le sens, je fais un plan de maison, la construction de ma maison répond parfaitement au plan que j’avais tracé dès lors elle est parfaite au regard de ce plan.
Mais ce parfait là, avec la minuscule, il faut deux choses pour le construire à mon avis, du grand et du petit.
D’abord il faut un plan précis, ça c’est pour le grand, savoir où on va, une structure, des fondations inébranlables, inaliénables qui sont la clef de voûte de notre future construction et une fois entendu sur CE qui est à construire, il faut des petites mains,ça c’est pour le petit, des petits actes pour construire fidèlement Ce vers quoi on dirige notre énergie.
Et puis enlever, défaire tout ce qui est mal fait comme pour toi Georges avec ton épisode malheureux, et qui risque de mettre en péril le plan tracé.
En fait c’est très simple, mais c’est bigrement difficile d’aller au simple justement, car ça suppose de défaire, d’enlever tout ce qui obstrue la libre circulation de cette belle construction, c’est pour ça que je parle tant du concret sans jamais oublier les fondations car ce sont les interactions entre ces deux dimensions du petit et du grand qui soutiennent tout le bidule. L’un sans l’autre c’est l’échec assuré, bref c’est ce qu’on vit !
Encore une autre façon de dire ce que je veux dire.
Tant qu’on décrit la démocratie telle qu’elle devrait être, on en fait un objet d’idolâtrie, c’est à dire un un objet d’adoration.
En revanche, puisqu’on ne sait pas vraiment ce qu’elle est, puisqu’on ne l’a jamais approchée, rencontrée, juste approchée parfois en catimini, on ne peut s’essayer à définir son image qu’en la laissant trans-paraître derrière tous les immondices qui ne sont pas démocratiques dans notre réalité quotidienne et que nous nous devons d’enlever si nous avons en tête d’arriver à son image.
Alors elle n’est pas idole, elle est ce qui est sous les peaux qu’on vient d’enlever, sa royauté nue apparaît à ce prix-là,le ménage, non ?
Je n’ai pas tout écouté des conférences de Mr Fresco, mais du peu que j’ai entendu, j’en retire une certaine nausée.
Pourquoi ?
Parce que beaucoup de son enchaînement argumentatif est juste et qu’il se sert de cela me semble-t-il pour emporter son public vers son projet de bienvaillance pour toutes les nations.
Déjà, quand on me veut du bien, je me méfie, mais là, vouloir du bien pour tous, je prends mes jambes à mon cou et je me sauve !
Ho la la, je viens d’écouter dans son intégralité la quatrième vidéo que nous propose j et j’avoue que ça me donne des frissons dans le dos ce bidule-là.
Déjà le rythme de la voix et le ton monocorde du discours, exactement ce qu’on utilise pour mettre quelqu’un en hypnose.
Puis le contenu. C’est ahurissant qu’on puisse entendre ce genre de fatras sans que ce soit relégué illico presto aux oubliettes.
C’est l’idolâtrie plein pot de la science et de la technique comme si c’est deux instances qui elle-mêmes ne tombent pas du ciel mais de la main de l’homme, parvenaient, on ne sait pas trop comment, à toucher la sainteté et à permettre à tous d’accéder au bonheur.
Diantre, si c’était le cas, ça se saurait !
C’est que derrière la technique et la science il y a des hommes et que si ces hommes sont ignorants de ce qui les animent intérieurement mais savants de tout ce qui est extérieur à eux, il y a fort à parier que le monde qu’ils créeront sera à leur image c’est à dire sans conscience réelle et que ça risquera de donner une manifestation du meilleur des mondes de Huxley.
Point de vue qui n’engage que moi, il va sans dire !
@ Ana Sailland
Bien que je pressente ce que vous avez voulu signifier par « uniformisation du genre humain et d’une dictature écologique. »
ce regard critique mériterait approfondissement.
Le projet venus et les analyses de Jacques Fresco me semblent très intéressantes sur de nombreux points.
Pour ma part, j’ai le regret que pour la conception de cette nouvelle société nous n’ayons pas été consultés.
« 1) Ce serait le cadre qui induit l’attitude, la pensée et les valeurs de l’individu. Et ce serait donc donc uniquement en modifiant le cadre qu’on rendra l’humain meilleur. »
Je pense que nous n’avons pas conscience à quel point nous sommes conditionnés
« 2) Ce seraient la science et la technologie, et donc les scientifiques et les techniciens, qui détiendraient les solutions à tous nos problèmes. Il faudrait donc leur faire confiance pour améliorer le monde. …/… Vous savez, j’ai enseigné 33 ans dans une école d’ingénieurs, et c’est bien pour ça que je n’aime pas monter en avion. »
C’est pourtant déjà le cas aujourd’hui :
La voiture, l’ascenseur et la plupart des choses que nous utilisons, pour ne pas dire la totalité, sont déjà conçues de cette façon mais avec des moyens et des objectifs financiers (du moins en apparence).
@ Sitouaillain
Dans notre système monétaire mondial, les riches doivent se protéger et partager en partie les méfaits de la dégradation de l’environnement d’une part et continuer à exploiter toujours plus pour garder leur position de contrôle. Les exploités, eux, sont contraints à être des travailleurs forcés pour avoir le droit de continuer à vivre et ils sont manipulés afin de le rester.
Quant aux autres qui n’ont pas d’argent ou quasiment pas, ils n’ont pas le droit d’exister et meurent de malnutrition, de maladie, de froid, de chaud etc.
Je crains que le cauchemar, ce soit plutôt ou déjà ce que nous vivons ici sur cette planète.
Écologiquement, économiquement, socialement, spirituellement etc.
Je prie pour que les individus puissent enfin s’émanciper de leur condition d’esclave.
Voici 2 vidéos qui donnent des explications et éclaircissement sur le processus que nous vivons.
La 1ere est un excellent reportage sur le revenu de base :
http://www.kultkino.ch/kultkino/besonderes/le_revenu_de_base_film_francaise
la 2ème met le doigt sur ce qui se passe derrière le rideau et les dérives auquel cela peut mener.
Est-ce vraiment cela qui nous attend ou pas du tout ?
À méditer
Serge Monast, Journaliste d’enquête… par TheAnarchy322
Bien amicalement
J.C
@JC
Point 1 :
Sur le forum j’avais ouvert un fil sur cette question du cadre. J’y suis donc sensible. C’est le « uniquement » qui me heurte, car il manque là ce qui fait l’humain mieux qu’animal : le libre arbitre. J’aurais pu rédiger autrement.
Point 2 :
Pour simple logique, prendre le présent comme modèle ne me rassure pas 😉
Concernant la video, le passage sur les wagons de nourriture lyophilisée m’inquiète sérieusement sur la clairvoyance technicienne. Je persiste dans ma sensation d’alerte rouge.
Global :
Il y a toute une partie du discours (80% écrivais-je) qui me convient, et même plus que ça, car j’exprime souvent le fait que racine des racines, le donnant-donnant est la source psychanalytique de bien des maux et dysfonction du genre humain. C’est le scientisme quasi dogmatique qui me fait peur, donc la solution, pas le but.
Le pouvoir politique ainsi que l’ensemble des pouvoirs de notre société relève du pouvoir de l’argent. L’égalité politique dépends de l’égalité économique. L’argent n’étant pas consommable, à revenu égal au départ, une seule transaction rendra l’un plus puissant politiquement que l’autre.
L’égalité politique n’est possible que par l’abolition de l’argent. Pour que cela puisse se faire, il faut que chacun puisse avoir accès à tout ce dont il a besoin pour sa subsistance alors, il pourra déployer ses activités en vue de sa propre émancipation.
Un grand nombre de nos problèmes sont d’ordres techniques et donc logique. La technologie est un moyen puissant pour régler ces problèmes bien plus efficacement que ne le ferait des êtres humains.
De ce qui transparaît du projet Venus, une société en constante évolution se développeraient par les choix et besoins de chacun en tenant compte de la gestion des ressources.
On peut craindre effectivement dans cette approche scientifique, une uniformisation du genre humain. Cela dit tout entente ou même échange entre individu peut amener à une certaine uniformisation.
Nous avons encore du boulot pour comprendre comment nous fonctionnons.
Mais cette nouvelle société peut aussi être une source de développement personnel et d’affirmation de sa propre individualité dans son cheminement. Bref, de liberté individuel et d’émancipation.
Il y a du bon et du moins bon. La force d’une telle société futuriste peut aussi devenir très limitante et trop soumissive.
Nous sommes à mon sens en droit de nous demander dans quel but avons nous besoin de nous organiser en tant que démocratie si le monde actuel disparaît.
Si l’on envisage ce système futuriste évolutif (non figé) de la meilleure des façons, de quoi aurions nous besoin si notre subsistance était garanti ?
Qu’en pensez-vous ?
Sur quoi devrions nous portez notre attention, notre vigilance ? Que serions-nous en droit d’exiger ?
Sitouaillain avait abordé le risque d’une dictature de la majorité en démocratie.
Qu’en serait-il dans le projet Venus, une personocratie ?
Des règles et comment ?
Si quelqu’un en sait plus, je suis preneur.
Bien amicalement
J.C
@ Catherine B
Ton intervention n°52 m’a incité à me faire mon opinion sur la quatrième vidéo dont tu parles.
Je comprends que le ton quelque peu monocorde de l’orateur, ainsi que le débit rapide, puisse te rebuter. Je ne trouve pas non plus la forme de ce document très approprié, ni très attractif (à noter qu’il s’agit d’un document qui émane du Mouvement Zeitgeist, et que celui-ci n’est plus lié au Projet Venus depuis fin 2011, selon la volonté de Jacque Fresco et Roxane Meadows).
Cela me fait d’ailleurs dire qu’à mon avis, l’objectif n’est pas de captiver l’attention ou d’hypnotiser les auditeurs. Si c’était le but recherché, alors c’est carrément raté. A mon avis (je peux me tromper) l’objectif recherché par les auteurs de ce document est d’expliquer en quoi la proposition de la méthode scientifique est meilleure pour gérer la société que le système politique tel que nous le connaissons. Ils ont voulu adopter un format court, et le discours se trouve ramassé sur un petit 15 minutes. Et comme ce ne sont pas des professionnels, le ton est à la fois monocorde et académique.
Mais j’ai bien regardé et écouté le document jusqu’au bout, en faisant abstraction de la forme, pour m’intéresser au fond. Et je dois dire que je n’ai pas vraiment de contradiction à apporter. Je suis presque convaincu que, transcrit en format écrit, tu pourrais toi-même être en accord sur tout ce qui est dit, puisque globalement, tout ce qui est dit dans ce document rejoint l’essentiel de ce que nous dit Étienne.
J’ai donc l’impression que ta réaction de rejet est fondée sur l’émotion et basée sur les apparences et des peurs, elles-mêmes reposant sur la projection d’intentions supposées (je ne cherche pas à te juger en disant cela, seulement à comprendre ta réaction 🙂 ).
Je te propose de dépasser cela et de reprendre ton pouvoir : en écoutant ce qui est dit, sans tenir compte, ni de la forme (qui peut en effet être rebutante), ni des éventuelles intentions de l’auteur, de t’emparer de ce qui est dit ! En quoi cela consiste-t-il ? Tu écoutes ce qui est dit (sans a priori, ni sans projection de peurs) et tu vois si cela correspond à ce que tu peux accepter ou non, à ce qui te parait juste ou non, et tu réfutes tel ou tel point si cela n’est pas le cas, à l’aide d’arguments rationnels. En cela, tu t’empares du sujet, et tu devient « puissante » de trois façons :
1) Tu ne te laisse pas abuser, ni par la forme, ni par le fond, car tu uses de ton discernement pour juger (et non de tes émotions).
2) Tu t’empares du sujet pour le faire évoluer selon ta propre sensibilité et tes propres connaissances (principe énoncé dans le document = principe d’émergence).
3) Tu dénies à quiconque la possibilité de te manipuler, sans pour autant être fermée ou imperméable à la discussion.
Cordialement,
Morpheus
Merci Morphéus de rebondir sur ce message 52.
Pour ne plus être parasitée par le son du quatrième reportage et son rythme, je l’ai tout simplement coupé et j’ai lu les sous-titres.
Malgré cela je maintiens mon positionnement et je vais te l’expliciter plus avant sachant qu’il reste un point de vue personnel et rien que cela, je ne me pose pas comme donneuse de bons points. pour N’empêche, il me revient d’écouter ce qui se passe en moi quand je lis ou j’écoute cela, c’est tout.
D’abord le fait de positionner les problématiques de cette façon aussi simpliste, en terme d’alternatives, et d’alternatives illusoires à mon sens. ça revient à dire vous voulez des patates ou des pommes de terre pour que ça aille mieux dans vos vies ?
Certes, pomme de terre ça fait plus soft, plus poli, que patate, mais au bout du compte, quand on a ce tubercule dans la bouche, il a le même goût, même si pour le qualifier on a usé de deux termes différents.
Je pense vois-tu, qu’en soi, rien n’est bon ou mauvais. Tout est question de degré, voilà le hic. Et que notre boulot c’est de parvenir au savant dosage qui construira un monde où chaque homme vaut un autre homme.
Que rien ne peut être figé dans un système au risque d’étouffer les germes de vitalité qui demandent à éclore.
ET pourtant paradoxe, de système, de modèle, nous avons besoin, mais sitôt décrits que les voilà faussés par le cours du fleuve qui lui ne s’arrête pas. Il nous faut donc les prendre ces modèles, ces systèmes, mais sitôt pris déjà s’en déprendre au risque de se faire prendre à ce jeu de dupes.
Nous sommes assez dupés pour ne pas demander, consentir à ce qu’on nous en remette une couche, d’un autre goût, d’une autre couleur, mais quand même une autre couche comme ce que peut faire une chape de plomb, et les chapes de plomb ça plombe !
Si tu penses que je n’ai pas répondu à toutes tes interrogations, fais-m’en part, j’essaierai d’y répondre comme je peux.
Mais il est vrai aussi que ce que je raconte là peut sembler obscur alors je vais essayer d’éclairer mieux mes propos notamment cette phrase là : ET pourtant paradoxe, de système, de modèle, nous avons besoin, mais sitôt décrits que les voilà faussés par le cours du fleuve qui lui ne s’arrête pas. Il nous faut donc les prendre ces modèles, ces systèmes, mais sitôt pris déjà s’en déprendre au risque de se faire prendre à ce jeu de dupes.
ça peut sembler mission impossible d’agir ainsi et pourtant ce que je décris là c’est le dynamisme même de la vie qui ne peut jamais s’arc-bouter sur un pseudo-su, pseudo-appris, pseudo tout ce que l’on veut, au risque d’éteindre son influx vital porteur de sens. Car rien n’est statique, tout est dynamique.
Mais si ce mouvement peut se faire possiblement sur ces deux bornes ainsi fixées, système et non-système, principe même de la contradiction, c’est parce qu’il y a des archés(arkhès c’est à dire principe)supérieurs et ce sont ceux de la vie, de l’élan vital qui se doit de servir tous les hommes dans un principe inextinguible lui, qui est celui du double respect concomitant de la personne et de la communauté.
Toujours ce principe en tête pour ma part. Un « je » qui n’annule pas le « nous communautaire » mais aussi un nous communautaire qui n’annule pas le je personnel.
Et cette instance suprême, l’arkhè principielle, fait office de centre de la roue pour reprendre une analogie chinoise, centre qui vient offrir et permettre le mouvement de la roue elle-même car sans centre, sans principe, la roue ne va pas loin, elle dévie, d’où le terme d’an-archie, an-arkhè, qui me semble impropre mais je le comprends car ils veulent sans doute dire qu’ils se défont des principes proposés par cette société malade. Il ne s’agit donc pas d’un anarchisme, le terme est impropre à mon sens, il s’agit d’un mouvement qui s’arrime sur un principe supérieur qui est le Prince, le Principe, le fondement sur lequel tourne ou tournerait le possible mouvement social hypothétique s’il était respectueux de toutes les instances, de tous les hommes qui constituent la planète.
extraits du Bailly (pour chaque mot il y a des tartines)
archê ( avec chi êta ) = commencement principe origine
archos = celui qui conduit, guide, mais aussi fondement
archô (ô pour omega) = aller en tête, être le premier, montrer le chemin , commander, être le chef, commander à quelqu’un, régner sur un peuple
et avec le préfixe an, qui est constitué d’un alpha privatif et d’un nu euphonique => :
anarchê absent du vocabulaire athénien
par contre :
anarchia = absence de chef , état d’un peuple sans chef, refus de se laisser commander, refus d’obéissance
(((Mot présent à Athènes dans l’année sans archontes, c à d celle des 30 tyrans, Xén Helle 2 3 1)))
anarchos = sans chef, sans maître, mais aussi sans commencement, sans premier principe
pas de verbe anarchô, mais un participe défectueux anarchôn = qui ne commande pas
Ana signifie de bas en haut ; un vrai challenge 😉
Un « je » qui n’annule pas le « nous communautaire » mais aussi un nous communautaire qui n’annule pas le je personnel.
-» tout à fait, Catherine, et c’est tout le problème de l’organisation et de la politique.
Ailleurs, récemment, je ne sais plus sur quel fil, il y a eu une tentative de définition de la complexité. Je ne m’en étais pas mêlée, pour une fois hihi. Je crois que nous en avons ici un magnifique exemple. Il y a des coins de l’espace des vérités et des options qui sont indécidables. L’indécidable implique la vibration du choix, rend nécessaire la logique floue (à l’écart du principe du tiers exclu), et, in fine, la remise en question permanente, qui est l’une des caractéristique de la vie et devrait être l’une des caractéristiques de la démocratie.
perdue dans ma montagne ; il pleut, il tonne en ce moment ; j’adore