Défendre l’idée-du-tirage-au-sort-en-politique auprès des Tunisiens

5/07/2012 | 13 commentaires

Dette, processus constituant et souveraineté

C’est le titre des trois jours de débats À TUNIS où je suis gen­ti­ment invi­té, mar­di après-midi, pour par­ler du lien entre « Démo­cra­tie et pro­ces­sus consti­tuant », mais cette fois, si pos­sible, de façon inter­ac­tive : les par­ti­ci­pants sont invi­tés à lire deux ou trois docu­ments avant de venir, pour que nous réflé­chis­sions presque direc­te­ment aux articles qui manquent dans toutes les consti­tu­tions du monde en géné­ral et dans celle de la Tuni­sie en par­ti­cu­lier (après une courte introduction/rappel sur le rôle et l’im­por­tance de la Consti­tu­tion et du pro­ces­sus constituant).

Le titre don­né à ces jour­nées me fait pen­ser que notre tra­vail ici com­mence à faire des petits (je viens de rece­voir un mail d’un autre pays afri­cain qui me signale que ça germe bien là-bas aus­si). Il y a quelques années, per­sonne, abso­lu­ment per­sonne, ne par­lait de « pro­ces­sus consti­tuant ». On évolue.

Le pro­gramme :

L’é­vé­ne­ment Face­book :
http://​www​.face​book​.com/​e​v​e​n​t​s​/​2​5​1​7​7​6​6​8​8​2​6​5​5​45/

Les docu­ments que je pro­pose à l’é­tude préalable : 

• La consti­tu­tion tuni­sienne ancienne (celle que l’ac­tuelle assem­blée consti­tuante est en train de remplacer).

• https://​old​.chouard​.org/​E​u​r​o​p​e​/​D​o​c​u​m​e​n​t​s​_​c​o​n​f​e​r​e​n​c​e​s​/​c​o​m​p​a​r​a​i​s​o​n​_​c​o​n​s​t​i​t​u​t​i​o​n​_​t​u​n​i​s​i​e​n​n​e​.​pdf

• https://​old​.chouard​.org/​E​u​r​o​p​e​/​D​o​c​u​m​e​n​t​s​_​c​o​n​f​e​r​e​n​c​e​s​/​0​3​_​D​D​H​C​_​P​l​a​n​_​C​_​C​N​R​_​R​I​C​.​pdf

• https://​old​.chouard​.org/​E​u​r​o​p​e​/​D​o​c​u​m​e​n​t​s​_​c​o​n​f​e​r​e​n​c​e​s​/​T​I​R​A​G​E​_​A​U​_​S​O​R​T​_​2​_​D​O​C​S​.​pdf

Comme à Lyon (le 5 mai), j’ai­me­rais « mettre les mains dans le cam­bouis » avec les audi­teurs, et exa­mi­ner une dizaine de prin­cipes essen­tiels, puis les articles qui, concrè­te­ment, res­pectent ou violent ces prin­cipes, et comment.

Faute de temps, nous pour­rions nous concen­trer sur la pièce maî­tresse d’un gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif non tyran­nique : le RIC, réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive citoyenne : voir ce qui se fait en Suisse, en Ita­lie, au Vene­zue­la, aux États-Unis… et réflé­chir ensuite ensemble à ce que les Tuni­siens pour­raient écrire eux-mêmes, à par­tir du Plan C si ça sim­pli­fie les choses ou ex nihilo…

J’ai hâte de ren­con­trer les Tunisiens.

Étienne.

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Étienne

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13 Commentaires

  1. Ana Sailland

    Enthou­sias­mant
    Nos dogmes (ceux dont nous-mêmes souffrons)ayant par­ti­ci­pé au détour­ne­ment des révo­lu­tions récentes, tout signe de libé­ra­tion men­tale est réjouissant.

    Réponse
  2. Ioan Corriveau

    …et réflé­chir ensuite ensemble à ce que les Tuni­siens pour­raient écrire eux-mêmes, à par­tir du Plan C si ça sim­pli­fie les choses ou ex nihilo…

    Est-ce pos­sible qu’un autre pays que la France uti­lise le site du planC pour écrire-eux même leur consti­tu­tion ain­si qu’u­ti­li­ser le forum ?

    Mer­ci de répondre, je suis Qué­bé­cois et cet outil manque énor­mé­ment à nos débats, dis­cu­tion, consen­sus et à l’é­ta­blis­se­ment de notre nou­velle constitution.

    Des forces sont en déve­lop­pe­ment afin d’é­ta­blir une démo­cra­tie ici et nous sou­ve­rions beau­coup de temps à pou­voir uti­li­ser le site du Plan C et sa structure..

    Mer­ci.

    Réponse
  3. Étienne

    Cher Loan,

    Il me semble que le Plan C est pen­sé loya­le­ment avec un tel sou­ci per­ma­nent du bien com­mun, vrai­ment, qu’il est par-là même uni­ver­sel (mais sans for­cer per­sonne) et pas du tout limi­té à un État ou un autre.

    C’est très immo­deste, sans doute, mais se don­ne­rait-on tant de mal pour un pro­jet autre qu’enthousiasmant ?

    Il est (et il gagne­ra gran­de­ment à être) éga­le­ment expo­sé aux cri­tiques et aux amé­lio­ra­tions de la part de tous les humains du monde, naturellement.

    Les idées appar­tiennent à ceux qui s’en emparent, m’a appris Michel (Onfray).

    Bien à vous.

    Étienne.

    Réponse
  4. Marion

    Etienne, c’est merveilleux.
    Sen­tir ain­si com­bien les choses avancent dans le bon sens fait chaud au coeur.
    Ton rôle est essen­tiel dans ce pro­ces­sus, tu peux être fier de toi, ta modes­tie dût-elle en souf­frir (tant pis pour elle).
    Embrasse pour moi les Tunisiens.

    Réponse
  5. Michael Dostie

    Bon­jour M. Chouard,

    J’ai­me­rais prendre tout ce com­men­taire pour vous offrir mon immense gra­ti­tude et mes remer­cie­ments pour le par­tage de vos sciences et consciences, mais la recherche de mot et de com­pli­ments m’é­loi­gne­raient de la rai­son qui me pousse à conti­nuer un point qui est débu­té dans votre conver­sa­tion avec Ioan.

    Je suis Qué­bé­cois moi aus­si et j’as­pire plus que tout à cette démo­cra­tie uni­ver­selle où les peuples de la Terre se concer­te­ront à l’in­ter­na­tio­nal pour mieux agir au local tout en pré­ser­vant leurs diver­si­tés par ce consen­sus d’a­voir la liber­té d’être eux-mêmes.

    Cepen­dant, c’est de la tran­si­tion entre cette meilleure approxi­ma­tion de la démo­cra­tie et celle des vieux par­tis en place qui est en cause pour nous au Qué­bec, nous sommes un peuple très divi­sé en ce moment et les médias ne nous aident vrai­ment pas dans leur pro­pa­gande gauche cen­trée droitiste…

    Nous sommes très nom­breux à nous réveiller sur le sens démo­cra­tique dans sa vraie défi­ni­tion, mais je crois que nous avons besoin d’un ter­rain d’es­sai pour apprendre à mieux nous concer­ter et de réa­li­ser que nous ne sommes pas si dif­fé­rents que ça, avant que les méca­nismes et la relève citoyenne prenne de la vigueur poli­tique et que nous for­mions ce par­tage com­plè­te­ment avec vous,

    Alors pour l’ins­tant le mieux que vous puis­siez faire pour moi, c’est déjà fait !
    Alors, je vais par­ti­ci­per à ce site en tant que citoyen du monde
    Et je vous serai encore plus recon­nais­sant si vous nous per­met­tiez de com­men­cer à décor­ti­quer et repen­ser la démo­cra­tie qué­bé­coise sur le plan C.
    Je ne pour­rais dire en quoi cela consiste vrai­ment, mais le permettez-vous ?

    Réponse
  6. Étienne

    Bien sûr, Michael 🙂

    Si vous vou­lez agir sur le wiki, je vous conseille de ;

    - com­men­cer par rem­plir votre propre page (celle qui cor­res­pond auto­ma­ti­que­ment à votre iden­ti­fiant sur le wiki) avec vos pre­mières idées d’ar­ticles (il y a de l’aide et un ‘bac à sable’ pour s’exer­cer),

    - de signa­ler ces idées nou­velles une à une sur le forum,

    - et d’in­cor­po­rer ensuite, pro­gres­si­ve­ment, les idées nou­velles qui semblent utiles dans le pot com­mun « consti­tu­tion natio­nale ».

    Au plai­sir de vous lire.

    Étienne.

    Réponse
  7. Morpheus

    @ tous les Québécois

    J’ai pu obser­ver à quelques occa­sion qu’il existe au Qué­bec une tra­di­tion du consen­sus et du dia­logue qui pour­rait lar­ge­ment en mon­trer à beau­coup (notam­ment aux français).

    Il semble que cette tra­di­tion soit for­te­ment mise à mal par le gou­ver­ne­ment de droite actuel, qui se montre ouver­te­ment arro­gant et mépri­sant à l’é­gard du peuple. Il me semble évident qu’il s’a­git d’une offen­sive contre la liber­té et contre le peuple Qué­be­cois lui-même, et le sou­lè­ve­ment des étu­diants montre à quel point ceux-ci se sentent (à juste titre) agres­sés et indi­gnés par cette fronde du pouvoir.

    Or, pré­ci­sé­ment, cette tra­di­tion du consen­sus est sans doute une des prin­ci­pales force du peuple qué­be­cois pour réus­sir à mettre en œuvre un pro­jet consti­tuant qui ins­taure une véri­table démo­cra­tie. Hélas, je crains qu’un tel pro­jet ne puisse voir le jour sans que le Qué­bec ne gagne son indé­pen­dance du Cana­da et de la Cou­ronne Britannique.

    En tous cas, sachez que le Plan C est un outil uni­ver­sel, comme le pré­cise Étienne. N’hé­si­tez sur­tout pas à en faire usage, à y par­ti­ci­per et à le dif­fu­ser. D’ailleurs, il y a fort à parier que le moment soit idéal, au Qué­bec, pour dif­fu­ser les idées démo­cra­tiques qu’il porte, en par­ti­cu­lier par­mi les étu­diants et ensei­gnants. Au plai­sir de vous lire et d’é­chan­ger avec vous.

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  8. Pierre Cloutier

    Ne vous en faites pas, pour nous au Qué­bec. Je suis avo­cat à la retraite, indé­pen­dan­tiste et ouvert à la démo­cra­tie directe, déli­bé­ra­tive et par­ti­ci­pa­tive. Je suis membre de la com­mis­sion poli­tique d’Op­tion Natio­nale, un nou­veau par­ti indé­pen­dan­tiste et je salue l’ar­ri­vée de la Coa­li­tion pour la consti­tuante, un nou­veau par­ti qui « ne veut pas le pou­voir, mais veut le remettre au peuple » Tous les par­tis « sou­ve­rai­nistes » – moi j’aime mieux le mot « indé­pen­dan­tistes » ont à leur pro­gramme la mise sur pied d’une consti­tuante citoyenne, mais très peu prônent ouver­te­ment le tirage au sort.

    Option Natio­nale, par contre, a aus­si une pro­po­si­tion dans son pro­gramme offi­ciel qui prône la créa­tion d’une com­mis­sion natio­nale de la démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive. Je me sers beau­coup du site d’É­tienne pour faire connaître ses idées et un jour ou l’autre on trou­ve­ra bien un moyen – et des sous – pour l’in­vi­ter chez nous.

    Pierre Clou­tier ll.m
    avo­cat à la retraite
    [email protected]

    Réponse
  9. HeX

    Bon­soir misé­rables électeurs,

    Il est bien dom­ma­geable que nos amis tuni­siens aient d’ores et déjà élu leur AC… Un petit tirage au sort amé­na­gé façon com­pé­ti­tion d’arts mar­tiaux leur aurait fait le plus grand bien, je suppose.

    A la pro­chaine révo­lu­tion (je retourne mon pan­ta­lon), où qu’elle se pro­duise, je cata­pulte direc­te­ment Etienne dans le pays concer­né avant qu’ils n’aient eu le temps de faire quoi que ce soit de fâcheux pour la suite.

    Ma plus grande consi­dé­ra­tion et des salu­ta­tions ami­cales à Mon­sieur Chouard et sa joyeuse bande de virus.

    Réponse
  10. Luc Guthrie

    Bien chers et moti­vants virus,

    en sui­vant la méta­phore infor­ma­tique, il m’est venu une idée très opé­ra­toire pour abon­der dans ce qu’il nous est don­né de dé-cou­vrir. C’est l’i­dée du « sys­tème d’ex­ploi­ta­tion » (OS : Ope­ra­ting System). 

    Défi­ni­tion : « Un sys­tème d’ex­ploi­ta­tion est le pro­gramme qui, après avoir été ini­tia­le­ment char­gé dans l’or­di­na­teur, dirige tous les pro­grammes de l’or­di­na­teur ».

    Je constate une dif­fi­cul­té énorme auprès des per­sonnes qui sont dans mon envi­ron­ne­ment proche, lorsque je tente de par­ta­ger ce que l’on dé-couvre, pour qu’ils dé-couvrent à leur tour de quoi s’a­git-il, le fin bout du fil étant la néces­si­té abso­lue du pro­ces­sus consti­tuant. C’est que le para­digme du gou­ver­ne­ment (faus­se­ment « repré­sen­ta­tif », dans lequel l’im­mense majo­ri­té des serfs deve­nus « élec­teurs » donnent tous les pou­voirs à ceux qui l’ont déjà (parce qu’ils sont les meilleurs, parce que ce sont eux qui ont les moyens d’oc­cu­per l’es­pace média­tique pour nous le répé­ter à satié­té), et bien ce para­digme a fini par être INTÉRIORISÉ (intro­jec­té, qu’on dit en psychanalyse).

    Autre­ment dit, la logique propre de ce para­digme a for­ma­té la struc­ture de pen­sée et donc : Il n’y a pas de « espace disque » chez nos confrères « élec­teurs » pour trai­ter une infor­ma­tion qui ne relève pas de leur sys­tème d’exploitation, qui est celui du gou­ver­ne­ment (faus­se­ment) « repré­sen­ta­tif », fon­dé sur l’é­lec­tion, des « meilleurs » (parce qu’ils ont avec eux LES pou­voirs finan­cier, média­tique, cultu­rel, etc.).

    L’i­dée en somme est que non seule­ment l’or­ga­ni­sa­tion du vivre ensemble du monde actuel est fon­dée sur cet OS (Ope­ra­ting Sys­tem, sys­tème d’ex­ploi­ta­tion), mais que les indi­vi­dus l’ont inté­rio­ri­sé à un tel point qu’ils ne sont plus en mesure de trai­ter des infor­ma­tions qui ne rentrent pas dans la grille de lec­ture four­nie par le OS.

    L’i­dée en somme, est que la rédac­tion d’une autre consti­tu­tion équi­vaut à la mise en place d’un nou­veau OS (Sys­tème d’Ex­ploi­ta­tion). Et cela com­porte des impli­ca­tions : tout « amé­na­ge­ment » à l’in­té­rieur du OS actuel (l’é­lec­tion) NE POURRA RIEN CHANGER, puisque « l’ar­chi­tec­ture infor­ma­tique » mise en place il y a 200 ans par les finan­ciers et les pos­sé­dants de l’é­poque fut conçue pour péren­ni­ser et accroître leur pou­voir, le pou­voir de ceux qui désor­mais seraient élus par des élec­tions qu’ils financeraient.

    Fina­le­ment, bien chers et moti­vants virus, il s’a­git avant tout de par­ve­nir à une masse cri­tique de « uni­tés d’al­lo­ca­tion » infor­ma­tiques qui, à l’in­té­rieur de l’or­di­na­teur socié­tal cessent de croire auto­ma­ti­que­ment aux com­mandes, aux « impé­ra­tifs », aux « véri­tés en soi et per se » que dicte un OS qui arrive à sa date de péremp­tion. Car, comme cha­cun sait, les OS ont une durée de vie limitée…

    Réponse
  11. Morpheus

    @ Luc Guthrie

    Je par­tage votre ana­lyse méta­pho­rique du sys­tème. Ce n’est d’ailleurs pas par hasard que j’ai opté pour le pseu­do de Morpheus …

    Le sys­tème au sein duquel nous vivons est pareil à la Matrice du film éponyme :

    « La Matrice est uni­ver­selle. Elle est omni­pré­sente. Elle est avec nous ici, en ce moment même. Tu la vois chaque fois que tu regardes par la fenêtre, ou lorsque tu allumes la télé­vi­sion. Tu res­sens sa pré­sence, quand tu pars au tra­vail, quand tu vas à l’église, ou quand tu paies tes fac­tures. Elle est le monde qu’on super­pose à ton regard pour t’empêcher de voir la véri­té.

    La matrice est un sys­tème, et ce sys­tème est notre enne­mi. Quand on est à l’intérieur, qu’est-ce qu’on voit par­tout ? Des hommes d’affaires, des ensei­gnants, des avo­cats, des archi­tectes. C’est avec leur esprit qu’on com­mu­nique pour essayer de les sau­ver, mais en atten­dant, tous ces gens font quand même par­tie de ce sys­tème. Ce qui fait d’eux nos enne­mis. Ce qu’il faut que tu com­prennes, c’est que pour la plu­part ils ne sont pas prêts à se lais­ser débran­cher. Bon nombre d’entre eux sont tel­le­ment incons­cients et déses­pé­ré­ment dépen­dants du sys­tème, qu’ils vont jusqu’à se battre pour le pro­té­ger. »

    D’une cer­taine manière, toutes les per­sonnes qui se retrouvent ici sont comme ces humains débran­chés, libé­rés de la Matrice dans le film. Comme Neo, nous étions habi­tés par un savoir. Nous savions que quelque chose ne tourne pas rond, sans trop savoir quoi. Comme une écharde dans notre esprit. C’est ce savoir qui nous a mené jusqu’ici.

    Effec­ti­ve­ment, l’a­na­lo­gie avec un OS est bonne, car les êtres humains ont cette par­ti­cu­la­ri­té fon­da­men­tale qu’ils pos­sèdent tous une facul­té innée d’adaptation à leur milieu. C’est cette facul­té ins­tinc­tive qui leur per­met de per­pé­tuer l’espèce.

    Ins­tinc­ti­ve­ment, l’être humain s’a­dapte donc au milieu socio­cul­tu­rel au sein duquel il évo­lue, de telle sorte qu’il puisse trou­ver dans la socié­té ce dont il a besoin : nour­ri­ture, recon­nais­sance, sécu­ri­té, etc. Il adopte donc éga­le­ment les cri­tères com­por­te­men­taux et les croyances qui lui sont impo­sés dès sa nais­sance, puisque c’est à tra­vers ces cri­tères qu’il trou­ve­ra une place dans la société.

    Donc, pour être plus pré­cis, l’OS que vous évo­quez n’est pas uni­que­ment for­mé par le sys­tème de gou­ver­ne­ment, mais par l’en­semble des élé­ments socio­cul­tu­rels qui sou­tiennent son exis­tence, autre­ment dit : des croyances issues de mythes.

    La bonne nou­velle, c’est que le contexte socio­cul­tu­rel dans lequel nous évo­luons n’est pas une fata­li­té. Comme toute chose dans l’u­ni­vers, ce contexte est voué à évo­luer, à chan­ger, à s’a­dap­ter. Nous avons donc la pos­si­bi­li­té de faire évo­luer ce contexte — de le repro­gram­mer. À la manière d’un sys­tème open source.

    Cepen­dant, le contexte poli­tique et socio­cul­tu­rel est, comme Win­dows ou MacOS, ver­rouillé. Il n’est pas « open source ». Il faut donc le cra­cker, le pira­ter, le rendre vulnérable.

    Pour faire prendre conscience aux gens de la nature pré­da­trice du sys­tème, il s’a­git de par­ve­nir à les faire tou­cher — par eux-mêmes — les inco­hé­rences du sys­tème. S’ils per­çoivent ces inco­hé­rences, celles-ci agi­ront dans leur esprit de la même manière que l’é­charde men­tion­née ci-dessus.

    Mais la chose n’est ni facile ni sans dan­ger. L’es­prit résiste, de toute ses forces, car il per­çoit le chan­ge­ment de para­digme comme une menace à sa struc­ture. L’es­prit humain assi­mile ce qu’il croit depuis tou­jours à ce qui consti­tue son iden­ti­té, et dès lors, tout ce qui est sus­cep­tible de faire vaciller ces/ses croyances struc­tu­relles sont vécues comme une menace, d’où les résistances.

    À ce stade, il n’y a guère que deux voies qui s’offrent à une per­sonne en situa­tion de prise de conscience : soit le repli iden­ti­taire (la fuite) — la pilule bleue ; soit le ren­ver­se­ment de valeur indi­vi­duel (le com­bat) — la pilule rouge. Mais cette seconde solu­tion implique une période de crise, d’a­dap­ta­tion, de dés­illu­sion — au sens propre du terme.

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  12. Ana Sailland

    J’ap­pré­cie l’i­mage du sys­tème d’ex­ploi­ta­tion, par Luc. Image par­fai­te­ment adap­tée à la sys­té­mique de notre société

    L’a­vant der­nier para­graphe de Mor­pheus (et pas que ce seul para­graphe hein) également ->

    Face à l’an­goisse, méta­phy­sique ou autre, l’in­di­vi­du « stan­dard » (sans mépris), qua­si pour sur­vivre, a besoin d’un sys­tème de croyances et d’illu­sions aptes à le sta­bi­li­ser, dans l’er­reur s’il le faut, c’est le prix à payer pour être pro­té­gé de l’a­ven­ture et de ses dan­gers poten­tiels. C’est pour­quoi toute idée radi­ca­le­ment exté­rieure à l’er­reur institutionnelle/consensuelle aura tant de peine à fran­chir le mur du refus. Dans le lot, la réelle démo­cra­tie, directe (c’est un pléo­nasme), le tirage au sort, le RIC, la décrois­sance, le reve­nu incon­di­tion­nel, la civi­li­sa­tion de l’al­truisme, l’é­co­lo­gie, le res­pect de la vie uni­ver­selle … et j’en passe.

    Réponse

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