Henri Guillemin : LE FASCISME EN FRANCE

1/06/2012 | 174 commentaires

Salut.

Comme vous savez, le mot « fas­cisme » est une insulte très cou­rante aujourd’­hui, — y com­pris contre des per­son­na­li­tés que je trouve admi­rables, comme Bric­mont ou Chom­sky, par exemple, dès qu’ils s’a­visent de défendre une liber­té d’ex­pres­sion digne de ce nom —, et sans qu’on arrive à jamais savoir clai­re­ment ce que ce mot signi­fie vraiment.

Pour pro­gres­ser sur ce sujet, j’ai com­man­dé (d’oc­ca­sion, car il est épui­sé) un « livre CD » de Guille­min inti­tu­lé « Le fas­cisme en France ».

J’ai reçu en fait… une cas­sette ! de 1987… Bon, pas grave : j’ai récu­pé­ré le lec­teur de cas­settes de Clo­vis, j’ai enre­gis­tré le son de la voix d’Hen­ri, je l’ai conver­ti en mp3 => c’est assez sourd, mais on com­prend ; et j’ai mis le fichier là :

Hen­ri Guille­min :
LE FASCISME EN FRANCE


Fichier à télé­char­ger : https://​old​.chouard​.org/​E​u​r​o​p​e​/​m​u​l​t​i​m​e​d​i​a​/​G​u​i​l​l​e​m​i​n​_​L​e​_​f​a​s​c​i​s​m​e​_​e​n​_​F​r​a​n​c​e​_​1​9​8​7​.​mp3

Je suis content de retrou­ver dans cette confé­rence de Guille­min LE SENS PROFOND DU TERRIBLE MOT « FASCISME », qui cor­res­pond au sens que je lui donne intui­ti­ve­ment depuis des années :

le fas­cisme est L’IDÉOLOGIE QUI REMET —DE FORCE— L’ÉTAT AU SERVICE DES POSSÉDANTS QUAND LES ÉLECTIONS N’Y SUFFISENT PLUS.

Les plus riches pri­vi­lé­giés, — APRÈS avoir été farou­che­ment par­le­men­ta­ristes tout le temps (19e siècle et début 20e) où le gou­ver­ne­ment dit repré­sen­ta­tif condui­sait sys­té­ma­ti­que­ment au pou­voir des « répu­bli­cains pour rire » (c’est-à-dire stric­te­ment au ser­vice des affai­ristes et des ban­quiers) —, ces mêmes pri­vi­lé­giés, donc, sont DEVENUS au contraire vio­lem­ment anti­par­le­men­taires avec la mon­tée des socia­listes aux élec­tions et la vive crainte que le (faux) « suf­frage uni­ver­sel » ne leur garan­tisse plus d’ac­ca­pa­rer tous les pou­voirs poli­tiques. Nota : les mêmes ultra-riches sont ensuite REDEVENUS par­le­men­ta­ristes quand l’ap­pro­pria­tion des (très impor­tants) médias de masse et la cor­rup­tion des (très impor­tants) par­tis dits « de gauche » ont ren­du au gou­ver­ne­ment dit repré­sen­ta­tif cette ver­tu —très conve­nable— de don­ner TOUJOURS le pou­voir aux plus riches.

Hit­ler, Mus­so­li­ni, Fran­co et autres Pino­chet — ain­si que l’U­nion euro­péenne — garan­tissent aux plus riches pri­vi­lé­giés le main­tien de « l’ordre social », c’est-à-dire l’af­fai­blis­se­ment maxi­mum des syn­di­cats et des salaires, ain­si que l’im­puis­sance poli­tique et la doci­li­té des sala­riés, tra­vailleurs condam­nés aux tra­vaux for­cés au pro­fit des propriétaires.

Je vais deman­der à la bande de « gen­tils virus son­distes » de Face­book s’ils ont un outil et du temps pour amé­lio­rer le son.

[Mise à jour 25 juin : mer­ci à tous les gen­tils résis­tants qui ont bos­sé sur le fichier son => je ne sais plus où don­ner de la tête (lequel choi­sir), mais grâce à vous, j’ai rem­pla­cé ma propre cap­ture par un bien meilleur son. ÉC]

Bonne écoute.

Étienne.

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Étienne

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174 Commentaires

  1. nico

    rien a dire,brillant et clair
    mer­ci mon­sieur etienne

    Réponse
  2. Hector

    Bon­jour Etienne,

    Un article de cir­cons­tance, publié aujourd’­hui sur Ago­ra­Vox, avec lequel vous devriez être d’ac­cord : « Vous êtes fas­ciste. En êtes-vous conscient ? »

    Et un autre, un peu sur le même thème (l’ac­cu­sa­tion de « conspi­ra­tion­nisme »), où vous êtes briè­ve­ment cité à la fin, comme incar­na­tion de l’es­prit démo­cra­tique : « Rue89 et Le Figa­ro lancent la chasse au « conspi­ra­tion­niste » René Balme »

    Bonne fin de journée

    Réponse
  3. max le gaulois

    Salut Étienne, mer­ci pour ton super bou­lot, heu­reu­se­ment qu’il reste quelques gens comme toi.

    Bref, si tu veux, je peux aisé­ment amé­lio­rer la qua­li­té du son. Un coup d’é­ga­li­seur dans les aiguës, d’ailleurs c’est ce que j’ai fait pour l’é­cou­ter sur mon ampli.

    Comme je fais de la musique assis­tée par ordi­na­teur, je peux t’ai­der à cor­ri­ger cela…

    Comme tu veux.…

    Résis­tance !

    Réponse
  4. Gaudefroy

    Bon­jour, voi­ci une ver­sion qui est je crois ni trop grave ni trop aigüe et dont j’ai réduit l’am­pli­tude des déci­bels afin que ça gré­sille moins dans le poste :
    http://​www​.media​fire​.com/​?​4​t​p​s​b​d​a​s​k​2​m​x​gq7
    (héber­geur de loin le plus simple et le plus rapide)


    Concer­nant le fas­cisme, il est conster­nant de voir des offi­cines soit-disant anti­fas­cistes accu­ser d’ex­trême-droite Reo­pen et le Réseau Vol­taire dont le che­val de bataille est pré­ci­sé­ment de dénon­cer le fana­tisme néo­con­ser­va­teur (dont le mani­feste PNAC est une sorte de Mein Kampf) ain­si que les stra­té­gies impé­riales de contre-insurrection :


     » le petit monde mer­veilleux de l’ex­trême-droite  » selon le scalp reflex

    Réponse
  5. Mehdi Lévêque

    Salut Etienne,

    Regarde tes mails, je t’ai envoyé une ver­sion retou­chée de l’au­dio de Guille­min, en espé­rant que cela suffise.

    Réponse
  6. Mehdi Lévêque

    Je viens de voir que l’on était plu­sieurs sur le coup ^^

    Réponse
  7. Max

    Que faire, avec cette défi­ni­tion, de la dimen­sion anti-capi­ta­liste pré­sente dans le noyau dur des fascismes ?

    Si on relit cer­tains textes d’Hit­ler, notam­ment contre la finance et l’hé­gé­mo­nie du capi­tal, on croi­rait lire des dia­tribes enflam­mées de Lénine. Mus­so­li­ni se disait socia­liste au départ, et il était lec­teur de Sorel.
    L’his­to­rien Stan­ley Payne a expli­qué que le com­bat contre le capi­ta­lisme fai­sait par­tie de l’i­déo­lo­gie fasciste.
    Beau­coup, à l’é­poque, voyait dans le fas­cisme un roman­tisme nos­tal­gique de ces temps où l’argent ne diri­geait pas tout, justement.

    Alors si, à l’é­vi­dence, les pou­voirs fas­cistes ont ensuite été sou­te­nus par des puis­sances pos­sé­dantes (ultra­li­bé­ra­lisme pour Pino­chet, etc.), peut-on faire l’im­passe sur l’as­pect « révo­lu­tion­naire » et « popu­laire » des doc­trines fascistes ?

    Réponse
  8. Mehdi Lévêque

    @ Max

    Oui, car l’on peut consi­dé­rer qu’elles ne furent qu’un moyen de plaire aux masses. Mais dans les fait, que fit Hit­ler en arri­vant au pou­voir ? Il libé­ra­li­sa le tra­vail en sup­pri­ma la limi­ta­tion du temps de tra­vail, en détrui­sant les syn­di­cats, en bais­sant l’âge légal du tra­vail… De même pour Mus­so­li­ni. Il ne fait jamais confondre le dis­cours et les actes ! Ni Hit­ler, ni Mus­so­li­ni n’au­rait pu arri­ver au pou­voir en décri­vant ce qu’ils allaient faire ! « Bon les mecs, une fois au pou­voir, vous bos­se­rez 60 h par semaine, pour moins d’argent, et en plus, vous ne pour­rez plus vous syn­di­quer ». Ce n’est pas très ven­deur comme programme…

    @ Gau­de­froy

    Pour connaitre per­son­nel­le­ment des gens du SCALP, que je consi­dère comme des cama­rades, je trouve un peu facile de leur jeter la pierre. Je ne pense pas per­son­nel­le­ment que la plu­part des membres de Re-Open soit des fas­cistes, cepen­dant, un homme comme Meys­san a tout de même été vu avec des hommes assez peu fré­quen­tables, appar­te­nant notam­ment à l’extrême droite syrienne. Car il y a un sché­ma, qui est le même que pour Dieu­don­né, qui a dit lui même « on ne mord pas la main que l’on nous tend », sauf que cette main, c’est Fré­dé­ric Cha­tillon, ancien chef du GUD, orga­ni­sa­tion réel­le­ment néo-nazi. Et ça, le SCALP (et moi au pas­sage) peut l’af­fir­mer car ils les connaissent ! Dans des endroits comme Nice, c’est ce genre de type qui est de l’autre coté de la bar­ri­cade quand on mani­feste contre les CPE, contre la réforme des retraites, ou pour remon­ter plus loin, en 1995 contre les plans Jup­pé ! Il ne faut jamais confondre le dis­cours et les actes. Toute cette nou­velle extrême droite qui se reven­dique socia­liste n’a jamais par­ti­ci­pé aux prin­ci­paux mou­ve­ments sociaux qui ont ani­mé notre pays depuis 100 ans !

    Réponse
  9. Morpheus

    @ Meh­di Lévêque

    Ce qui est, à mon avis, repro­ché aux anti­fas, c’est leur indé­crot­table manie de faire d’o­dieux et sur­tout stu­pides amal­games, et de don­ner eux-mêmes, se fai­sant, dans la dénon­cia­tion sans nuance et le mani­chéisme – une forme évi­dente de pen­sée totalitaire.

    Pour don­ner un exemple : ce n’est pas parce qu’une per­sonne a des ami­tiés mora­le­ment condam­nables que l’une ou l’autre par­tie de son tra­vail ou l’un ou l’autre de ses textes ou dis­cours sont néces­sai­re­ment condam­nables au même titre.

    De la même façon, une per­sonne peut, pen­dant une période de sa vie, faire des choix condam­nables et, plus tard, faire des choix dif­fé­rents et même oppo­sés : elle a évo­lué et son opi­nion a évo­lué avec son expé­rience (note que cela peut aller dans les deux sens) ; ce qu’elle dit ou fait dans une par­tie de sa vie sera en contra­dic­tion avec ce qu’elle a dit ou fait dans une autre. Est-ce pour cela que l’on doit condam­ner glo­ba­le­ment TOUT ce que dit ou fait cette personne ?

    J’ai l’exemple de Jacques Fres­co qui, durant une période de son par­cours, a fré­quen­té des membres du KKK aux USA. Il ne l’a pas fait parce qu’il adhé­rait à leurs idées et était lui-même raciste, mais parce qu’il vou­lait leur mon­trer que ces idées ne fonc­tion­naient pas. Pour ce faire, devait-il s’op­po­ser à eux mora­le­ment ? Il a fait un autre choix, celui d’al­ler les écou­ter sans les juger, et de leur démon­trer, par un rai­son­ne­ment prag­ma­tique et ration­nel (en fai­sant appel à leur intel­li­gence plu­tôt qu’à leur affec­tif) que leurs idées ne résol­vaient pas leurs problèmes.

    Une approche bien plus intel­li­gente que la confron­ta­tion mani­chéenne exer­cée par les antifas.

    Cet exemple montre l’i­na­ni­té de la condam­na­tion morale, qui dans tous les cas ne fait que ren­for­cer les uns et les autres dans leurs iden­ti­fi­ca­tion à telle ou telle idée extrême.

    Si vous obser­vez bien le phé­no­mène anti­fas, vous vous aper­ce­vrez qu’au final, les plus sin­cères d’entre eux deviennent (adoptent une atti­tude) comme ceux qu’ils com­battent, et que les moins sin­cères sont des mani­pu­la­teurs qui agissent en sous-marin pour d’autres raisons.

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  10. sitouaillain

    @ max,

    « peut-on faire l’im­passe sur l’as­pect « révo­lu­tion­naire » et « popu­laire » des doc­trines fascistes ? »

    Non, tu es au cœur du sens du fas­cisme, en tant qu’i­déo­lo­gie hybride, il suf­fit d’é­cou­ter un dis­cours de Le Pen, il est plein de paroles contre la finance, le néo­li­bé­ra­lisme, le « mon­dia­lisme », etc. en même temps que des pro­pos eth­no­cen­tristes, dar­wi­nistes sociaux, tra­di­tio­na­listes, etc.,

    et cette idéo­lo­gie hybride devient mena­çante si une masse impor­tante de per­sonnes se sent mena­cée, a peur pour l’a­ve­nir, et cette masse « popu­laire » est consti­tuée par ceux qui appar­tiennent à ce qu’on appelle aujourd’­hui les « classes moyennes » qui sont tra­di­tion­nel­le­ment dans une situa­tion d’al­lé­geance au sys­tème parce qu’ils adhèrent aux « tra­di­tions » que les puis­sants ont sou­te­nu, et qu’ils adhèrent aux pro­messes de la droite et du capi­ta­lisme, c’est à dire l’i­déo­lo­gie qui consiste à faire croire qu’en bos­sant dur on peut s’en­ri­chir et que les pauvres sont pauvres parce qu’ils sont fainéants…

    Lorsque ces gens, ces « petits capi­ta­listes dans l’âme », voient bien que le sys­tème qu’on leur a ven­du devient un men­songe, qu’ils s’appauvrissent même en bos­sant dur et que les études qu’ils se sont sacri­fiés à payer à leurs enfants ne servent à rien, ils adhèrent plus faci­le­ment à une idéo­lo­gie qui est un trans­fuge du dis­cours anti­ca­pi­ta­liste (en appa­rence) dans un dis­cours sur des boucs émis­saires « de proxi­mi­té » et sur des boucs émis­saires « éloi­gnés » du point de vue d’une morale tra­di­tio­na­liste, d’un « bon sens popu­laire » qui n’est jamais que le reflet de ce que les puis­sants attendent comme atti­tude morale chez ceux qu’ils dominent.

    Le fas­cisme est un cou­rant idéo­lo­gique par­ti­cu­lier, mais sa force est de savoir s’a­dres­ser à la frange de la popu­la­tion qui consti­tue le sou­tien tra­di­tion­nel de tous les régimes, ceux qui sans être domi­nants mais sou­hai­tant le deve­nir adhèrent à l’i­déo­lo­gie domi­nante, savent se plier aux exi­gences du pou­voir pour en rece­voir les miettes. Sous Pétain ou sous Sta­line, sous le néo­li­bé­ra­lisme comme sous n’im­porte quelle dic­ta­ture, il y a tou­jours une masse de mou­tons de Panurge prêt à retour­ner leur veste, à se frayer un pas­sage… mieux vaut être petit chef qu’ou­vrier, peut importe pour qui on se pros­ti­tue, il faut bien vivre !

    Dans notre socié­té en situa­tion de crise, la pro­pa­ga­tion du fas­cisme est liée à l’in­sé­cu­ri­té sociale que connaît cette popu­la­tion et ses incer­ti­tudes sur l’a­ve­nir, elle se déso­li­da­rise des élites diri­geantes, dont pour­tant elle par­tage le fond idéo­lo­gique, et du coup elle adhère au dis­cours anti­élites (boucs émis­saires « éloi­gnés ») sans renier ce fond idéo­lo­gique à la source de l’o­li­gar­chie actuelle (sou­mis­sion à l’au­to­ri­té, hié­rar­chie, ordre moral et reli­gieux, capi­ta­lisme, etc.), elle est d’ac­cord notam­ment sur la néces­si­té des indi­vi­dus de se pla­cer dans un ordre social hié­rar­chique, d’où son adhé­sion aux dis­cours dési­gnant des boucs émis­saires « de proxi­mi­té », qui sont en fait les indi­vi­dus qu’elle méprise car, pour se sen­tir digne, elle a besoin de dési­gner des infé­rieurs socia­le­ment (pré­caires, chô­meurs, RMIstes, « fonc­tion­naires », etc.) ou des infé­rieurs eth­ni­que­ment (juifs, arabes, étran­gers non blancs). En fait elle ne fait que contes­ter à l’é­lite actuelle sa pré­ten­tion à être l’é­lite… c’est son aspect révo­lu­tion­naire, comme les bour­geois de 89 étaient révo­lu­tion­naires, et comme le fas­cisme n’est pas une idéo­lo­gie bour­geoise mais petite bour­geoise, il a de fait un carac­tère « popu­laire », mais fon­da­men­ta­le­ment « réactionnaire ».

    Ce qui est cer­tain, c’est que le fas­cisme n’est pas une idéo­lo­gie des puis­sants, jus­te­ment, c’est la situa­tion dans laquelle se trouve le capi­ta­lisme, qui rend caduques les stra­té­gies pré­cé­dentes des puis­sants pour faire per­du­rer leur domi­na­tion, qui va contraindre les puis­sants à opé­rer un choix stra­té­gique. Si la base popu­laire qui les sou­te­nait se dérobe, alors ils n’ont d’autre choix que de favo­ri­ser la cana­li­sa­tion des mécon­ten­te­ments par le fas­cisme. Et cette cana­li­sa­tion, ils la pensent d’a­bord, dans le cadre du par­le­men­ta­risme, comme un contre­poids idéal aux pous­sées pro­pre­ment anti­ca­pi­ta­listes, et hors par­le­ment comme un moyen utile de divi­ser le pro­lé­ta­riat et d’empêcher l’al­liance entre pro­lé­ta­riat et petite bour­geoi­sie. Il se peut que le bébé leur échappe…

    Main­te­nant, il faut par­ve­nir à ana­ly­ser com­ment se déploie le fas­cisme actuel, puisque l’a­na­lo­gie avec les années 20–30 a ses limites, cepen­dant tu fais bien de par­ler de Sorel, il y a aus­si Michels, et leur œuvre fut déci­sive, leur tra­jec­toire (de l’an­ti­ca­pi­ta­lisme au fas­cisme ita­lien ou alle­mand) est édi­fiante pour com­prendre le sens pro­fond de leur œuvre. Ils ont pro­duit des cri­tiques acerbes —et, en pas­sant, très justes— sur la nature contra­dic­toire de l’or­ga­ni­sa­tion interne des par­tis à la gauche de la social-démo­cra­tie, et ont four­ni des ana­lyses inté­res­santes de la manière dont les puis­sants de l’é­poque se ren­con­traient et s’organisaient.

    Autre­ment dit, voi­là deux per­son­nages qui appar­te­naient à la gauche anti­ca­pi­ta­liste, pas­sés au fas­cisme, après avoir déve­lop­pé un dis­cours anti­par­tis et des ana­lyses conspi­ra­tion­nistes. Ils ne furent pas les seuls.

    Alors bien sûr, tous les par­ti­sans de l’an­ti­par­tisme, du ni droite ni gauche, les gens qui doutent et aiment déce­ler des com­plots ne sont pas des fas­cistes, ils en sont même sou­vent très éloi­gnés. Mais le fait est que les fas­cistes ont une lec­ture conspi­ra­tion­niste de la réa­li­té des rap­ports de pou­voir et se pré­sentent comme « socia­le­ment de gauche » et « cultu­rel­le­ment de droite ». Et au final, le risque de confu­sion­nisme idéo­lo­gique que portent en germe la dif­fu­sion mas­sive du conspi­ra­tion­nisme et de l’i­déo­lo­gie anti­par­ti, ni droite ni gauche,etc.,

    C’est que tout ceci entre en réso­nance avec la confu­sion extrême dans lequel la grande majo­ri­té du peuple vit. C’est-à-dire que le faible taux d’en­ga­ge­ment poli­tique ou même asso­cia­tif (hors sport et jeux de cartes) des citoyens sous un pou­voir tout puis­sant qui véhi­cule la « réa­li­sa­tion de soi », bref un indi­vi­dua­lisme ato­miste et iso­lant, se conjugue à des atti­tudes sys­té­ma­ti­que­ment défiante envers le pou­voir qui ne conduit pas les citoyens à deve­nir anar­chistes ou je ne sais quoi, mais qui les entrainent à la dépo­li­ti­sa­tion, ne pas savoir faire la dif­fé­rence entre droite et gauche, le tous pour­ris, tous les poli­tiques se valent, etc. Et c’est assez ter­ri­fiant de voir que ce nihi­lisme-là non seule­ment était mas­sif dans les années trente, mais sur­tout, qu’il pro­fite bien plus faci­le­ment au fascisme.

    Pré­ci­sé­ment parce cette idéo­lo­gie « rouge-brune » est plus attei­gnable car basée sur les réflexes de pen­sée et d’é­mo­tion basique du « trou­peau » de ser­vi­teurs de la bour­geoi­sie… et dans un contexte de crise, quand la bour­geoi­sie (les ultra-riches) ne peut plus mas­quer son inca­pa­ci­té à sau­ver ses inté­rêts sans por­ter atteinte à la sécu­ri­té maté­rielle des « braves gens », ceux-ci se radi­ca­lisent et se tournent tout natu­rel­le­ment vers ceux qui disent tout haut ce qu’ils pen­saient tout bas… sus aux ban­quiers juifs et aux franc-maçons et ain­si de suite… Bien sûr, le dis­cours tenu aujourd’­hui est un peu dif­fé­rent, la pure­té eth­nique est deve­nu une pure­té cultu­relle, l’ins­tru­men­ta­li­sa­tion de la reli­gion est la même et la manière de sub­ver­tir les mots, identique.

    Et c’est encore une fois par la frange déclas­sée de la classe domi­nante que le pro­ces­sus s’est amor­cé, c’est-à-dire un cou­rant bour­geois-petit bour­geois tra­di­tio­na­liste, auto­ri­ta­riste, anti­éga­li­ta­riste, qui devient un mou­ve­ment popu­laire tein­té de rouge, dont le racisme et la haine des sous-hommes, l’an­ti­cos­mo­po­li­tisme et le rejet des der­nières élites en situa­tion de pou­voir sont les prin­ci­paux liants.

    On assiste actuel­le­ment à une recom­po­si­tion du pay­sage poli­tique qui est la consé­quence directe de la force idéo­lo­gique qu’à pris ce mou­ve­ment. Il va sans dire que cette pro­gres­sion est d’au­tant plus facile que ceux qui tirent les ficelles ont choi­si de lever la digue, de bana­li­ser et de dédia­bo­li­ser pour décu­pler la capa­ci­té de cana­li­sa­tion du mécon­ten­te­ment par le fas­cisme… Il semble mani­feste que Sar­ko­zy a été choi­si pour cela, son dis­cours d’in­ves­ti­ture à l’UMP en 2004 est clair et toute son action depuis l’a démontré.

    Bien évi­dem­ment, cha­cun aura com­pris que je donne au fas­cisme une défi­ni­tion limi­tée, ce qui bien sûr n’in­ter­dit pas de pen­ser le phé­no­mène au plu­riel, au sens où il y a des nuances entre le fas­cisme ver­sion Sar­ko­sy et celui de Marine Le Pen et au sens où la connexion entre l’i­déo­lo­gie fas­ciste et des pra­tiques poli­tiques concrètes s’ef­fec­tue dans un contexte, avec des rap­ports de force, etc. Il y a des simi­li­tudes avec les années trente mais l’his­toire ne se repro­duit jamais à l’i­den­tique, impen­sable par exemple d’a­voir un lea­der d’ex­trême droite qui soit une femme ou un homo, et si hit­ler ou mus­so­li­ni étaient bien plus rouges que le pen, c’est que le mou­ve­ment ouvrier était bien plus puis­sant à l’é­poque et la crise, quoique de même nature, bien plus dure car ce même mou­ve­ment ouvrier n’a­vait fait que de maigres conquêtes. Impor­tant éga­le­ment de sou­li­gner que le racisme a chan­gé de forme et d’ex­pres­sion, de même que dire de quel­qu’un qu’il est « fas­ciste » ne signi­fie pas qu’il est géno­ci­daire, on peut aus­si pen­ser que le fas­ciste de 2012 n’as­pire pas néces­sai­re­ment à des vio­lences de rue, par contre c’est un fait, il aspire à des vio­lences d’E­tat, une répres­sion vio­lente mais non léthale.

    Une chose me cha­grine dans la défi­ni­tion que donne Étienne, c’est qu’il assi­mile fas­cisme et néo­li­bé­ra­lisme, de sorte que dans son esprit, l’UE est fas­ciste, et qui plus est par essence.

    Bien sûr le néo­li­bé­ra­lisme, comme tout « isme » qui devient un dogme indis­cu­table et qui est adop­té par une classe domi­nante comme stra­té­gie effi­cace d’ac­crois­se­ment de sa domi­na­tion, est une idéo­lo­gie mor­ti­fère, matra­quée en per­ma­nence par des tech­niques de pro­pa­gandes bien plus évo­luées que celles du par­ti fas­ciste ou du NSDAP en son temps. Bien sûr le néo­li­bé­ra­lisme a été adop­té par des régimes objec­ti­ve­ment fas­cistes, c’est-à-dire avant tout dic­ta­to­riaux (Pino­chet, Rus­sie des 90’s, etc.) et sur­tout de par la volon­té des capi­ta­listes. Mais il faut se gar­der des assi­mi­la­tions hâtives, et res­ter sur la ligne très juste qui consiste à dire : les capi­ta­listes sont fas­cistes quand ça les arrange, de même que leur libé­ra­lisme est dans la pra­tique très éloi­gné du véri­table libé­ra­lisme, qui ne sau­rait tolé­rer une telle concen­tra­tion de capi­taux et une telle asy­mé­trie d’in­for­ma­tion. En géné­ral, c’est meilleur pour les affaires que ce soit une démo­cra­tie repré­sen­ta­tive qui assure les condi­tions néces­saires à leurs pro­fits, mais, la dic­ta­ture res­te­ra tou­jours pour eux une option.

    Donc, si on me suit, on dira que l’UE est au ser­vice de l’i­déo­lo­gie néo­li­bé­rale, parce que toutes les classes diri­geantes de tous les pays de l’u­nion adhèrent à cette idéo­lo­gie, avec des nuances et des degrés d’adhé­sion divers, à l’ex­cep­tion récente de la Hon­grie (fas­ciste) et bien­tôt on l’es­père de la Grèce (social démo­crate de gauche). Quel que soit le pays, tous les tenants du pou­voir poli­tique ont été élus et ce sont eux qui ont nom­mé les membres de la com­mis­sion. Les direc­tives sont trans­po­sées par des par­le­ments élus et appli­quées par des gou­ver­ne­ments qui, au moment de leur inves­ti­ture, avaient le sou­tien de la majo­ri­té du peuple concer­né. De sorte que, pour le moment, l’UE n’est pas à consi­dé­rer comme une enti­té fasciste.

    Atten­tion, je ne nie pas l’é­vi­dence de la col­lu­sion des élites éco­no­miques et poli­tiques des prin­ci­paux pays d’Eu­rope pour que les prin­cipes du néo­li­bé­ra­lisme soient impo­sés de manière auto­ri­taire si besoin et la pente auto­ri­ta­riste gagne du ter­rain chaque jour.

    Sim­ple­ment, le cas Hon­grois et le cas Grec peuvent nous aler­ter sur une chose fon­da­men­tale, c’est qu’il appar­tient aux peuples d’Eu­rope de choi­sir leur des­tin et le des­tin de l’UE. Les consé­quences des ravages du néo­li­bé­ra­lisme ont por­té le fas­cisme au pou­voir en Hon­grie, par la voie des urnes, pas par un coup d’État orches­tré par l’UE, et toute leur pro­pa­gande n’est pas par­ve­nu à enrayer le rejet mas­sif par le peuple grec des par­tis ayant sui­vi l’a­gen­da néolibéral.

    Le cas Vic­tor Orban montre bien qu’un diri­geant de la droite « clas­sique » peut se faire élire en cap­tant la colère du peuple sur des bases fas­cistes et mener ensuite une poli­tique à rebours des pré­ceptes des trai­tés de l’UE (pro­tec­tion­nisme etc.), en muse­lant l’op­po­si­tion, etc. bref le vrai fas­cisme. Il serait donc erro­né de pen­ser qu’à prio­ri tous les diri­geants actuels des par­tis ayant appli­qué l’a­gen­da néo­li­bé­ral seraient méca­ni­que­ment au ser­vice de l’o­li­gar­chie capi­ta­liste euro­péenne et de son intel­li­gent­sia bruxel­loise… parce que tout sim­ple­ment ils veulent le pou­voir et que dans bien des pays, il est élec­to­ra­le­ment très ris­qué de se cou­ler dans le moule bruxellois.

    Donc, effec­ti­ve­ment, nous sommes face à une poten­tielle dérive fas­ciste des États Euro­péens, agis­sant d’a­bord à l’en­contre des volon­tés des grands capi­ta­listes (par nature trop gour­mandes), et effec­ti­ve­ment ceux-ci seront ame­nés à leur cou­rir der­rière et à pas­ser des alliances pour conser­ver des pers­pec­tives de pro­fits « acceptables ».

    En revanche, si les peuples euro­péens adoptent un com­por­te­ment élec­to­ral simi­laire à celui des Grecs, en fonc­tion du nombre de pays concer­nés, ou bien il se trou­ve­ra un com­pro­mis pos­sible de type « social-démo­crate », ou bien les Grecs et les rares qui les auront sui­vi seront iso­lés et ser­vi­ront d’exemple comme les chi­liens en leur temps…

    et si les peuples d’Europe dans les pays les plus puis­sants conti­nuent à don­ner le pou­voir aux par­tis acquis à l’a­gen­da bruxel­lois et à la pré­émi­nence des exi­gences du « mar­ché » sur les exi­gences des citoyens, comme l’ont récem­ment fait les espa­gnols et les français,
    je ne donne pas cher de notre peau et nous pour­rons nous asseoir sur nos beaux rêves de démo­cra­tie réelle, de tirage au sort et tout le tintouin…le ser­rage de vis et le fichage sous sar­ko I n’é­tait qu’un avant goût.

    il m’ap­pa­rait donc néces­saire et prio­ri­taire de résis­ter au fas­cisme et au néo­li­bé­ra­lisme en pre­nant ses res­pon­sa­bi­li­tés, à com­men­cer par ne pas semer la confu­sion et la désunion :
    ceux qui ont trai­té Etienne de fas­ciste sont des irres­pon­sables de pre­mier ordre, des anti­fas­cistes sin­cères mais mal­adroits, et leur into­lé­rance d’es­prit n’en fait pas des fascistes…tout juste des idiots utiles. Ils sont les por­teurs mal­sains d’une idée, l’a­nar­chie, qui est un pro­fond anti­dote au fas­cisme et à toute forme de dictature.

    main­te­nant, si la pen­sée anar­chiste pro­tège men­ta­le­ment de suc­com­ber au fas­cisme, elle ne pro­tège nul­le­ment d’a­voir à le subir, et l’ou­bli majeur des anar dog­ma­tiques, les sin­cères et la mons­trueuse armée de moi-je-istes anti-par­tis, ni droite-ni gauche et anti-tout ce qui ne fait pas reluire leur ego et leur pure­té, et ces mul­tiples cha­pelles de pro­tes­ta­taires « purs et durs », c’est d’ou­blier que cette stra­té­gie de bou­dage des urnes et de divi­sion n’a fonc­tion­né nulle part et que plus ils sont nom­breux à la pro­mou­voir et à la pra­ti­quer, plus ils sont divi­sés, ato­mi­sés, et plus l’en­ne­mi à des chances de pas­ser par les urnes, c’est encore plus vrai aujourd’­hui, ne serait-ce que parce qu’en plus de ses sou­tiens locaux, l’en­ne­mi pas­se­ra à la télé, dans les grands jour­naux et pas eux ! et encore si j’étais bouygues ou c. Bar­bier, je leur don­ne­rais un temps d’an­tenne consé­quent, his­toire de bien sécu­ri­ser mon affaire…

    Réponse
  11. Mehdi Lévêque

    @ Mor­pheus

    Je suis d’ac­cord avec la moi­tié de ce que vous dites… mais pas sur la tota­li­té. Je vais essayer d’être synthétique.

    J’ai­me­rais déjà faire la dif­fé­rence entre les anti­fas­cistes vir­tuels qui n’a­gissent que par le biais de site inter­net éphé­mère, qui finissent par dis­pa­raitre, et les anti­fas­cistes « de ter­rain » (l’ex­pres­sion ne me satis­fait pas, mais je n’en ai pas d’autre), dont on connait les noms et les visages, car il suf­fit d’al­ler à une per­ma­nence de leur groupe pour les ren­con­trer. Leur rap­port n’est déjà pas le même. De la même façon, il me parait impor­tant de dis­tin­guer l’an­ti­fas­cisme ins­ti­tu­tion­nel type SOS Racisme, qui ne sert qu’à main­te­nir l’ordre dans la socié­té bour­geoise, en posant un « cor­don sani­taire » entre eux et le FN et en aspi­rant les forces vives d’une jeu­nesse qui pour­rait se battre contre le capital.

    Ensuite vous par­lez d’une condam­na­tion morale… mais il faut aus­si se rendre compte de la réa­li­té du ter­rain ! Quand on bloque une uni­ver­si­té ou un lycée, et que l’on a 50 iden­ti­taires qui débarquent avec des barres de fer pour cas­ser le blo­cus (et des mâchoires), il est très dur de ne pas avoir un juge­ment moral ! Quand on voit des cama­rades se faire cas­ser la gueule, il est dif­fi­cile d’al­ler par­ler avec ces gens-là. Alors oui, per­son­nel­le­ment, j’as­sume avoir des limites. Je suis prêt à dis­cu­ter avec des types, sou­vent des jeunes, qui se sont pau­més dans des mou­ve­ments ultra, endoc­tri­nés par des plus vieux, venu sou­vent de familles déclas­sées. Par contre, je ne dis­cu­te­rais jamais avec Serge Ayoub, et les anciens de Troi­sième Voies, avec des néga­tion­nistes comme Pierre Guillaume, ou des Alain Soral van­tant la gran­deur de type comme Fran­çois Duprat. Et je ne me consi­dère pas comme mani­chéen. Je pense faire la dif­fé­rence entre celui qui se trompe de colère, et celui qui est mar­qué par une idéo­lo­gie d’ex­trème droite. Comme je fais la dif­fé­rence entre le type qui a les glandes et qui va voter FN, et les cadres du par­tis qui ne sont pas là par hasard, ou le ser­vice d’ordre du FN qui est une vraie milice.

    Je com­prend les limites de la condam­na­tion morale, cepen­dant, se pla­cer sur une posi­tion pure­ment « ratio­na­liste », selon moi, pousse à un rela­ti­visme pure­ment libé­ral, qui ter­mine par « de toutes façons, toutes les idées se valent ». Je pense que l’homme peut le bien, mais que l’homme peut le mal. Quand je le constate, je n’hé­si­te­rais pas à dire qu’il fait le mal. S’il répond par la vio­lence, et c’est sou­vent le cas de ces gens-là, je ne me com­por­te­rais pas comme Jesus, et je ne ten­drais pas l’autre joue. L’exemple de Fres­co pour­rait être bon, mais j’ai envie d’être un peu taquin et de dire que cela n’au­rait jamais pu fonc­tion­ner si Fres­co était noir. Et encore une fois, il a fré­quen­té « des membres », pas les diri­geants ! Parce qu’il y a des fous, il y a des malades, il y a des salauds, et vous pou­vez me répondre qu’il y en a des deux cotés. Mais pour les avoir vu de près, je sais que pour appar­te­nir à l’extrême droite la plus dure qui soit (troi­sième voie, le GUD, le MAS, les Iden­ti­taires, le PAS), il faut être assez taré.

    Quand au fait que ce n’est pas parce que quel­qu’un a des ami­tiés dou­teuses que tout ce qu’il dit est à reje­ter, je suis d’ac­cord. Mais encore une fois, le dis­cours doit s’in­car­ner dans des actes, sinon il n’est que palabre. Où était Soral en 2008 ? Il n’é­tait pas dans la rue avec nous. Où était la jeu­nesse iden­ti­taire lors du CPE ? Ils étaient de l’autre coté des bar­ri­cades, trop occu­pé à tabas­ser du « gau­chiste » pour se battre contre le capi­tal. Par contre, les anti­fas­cistes, avec tous leurs défauts, leurs excès… ils étaient avec nous.
    Quand à la mani­pu­la­tion, je pense que vous faites réfé­rences aux infor­ma­tions qu’à sor­tis Asse­li­neau sur l’in­fil­tra­tion par des ser­vices de polices du groupe Reflex. Et bien oui, il y a des ser­vices secrets sur cette pla­nète qui mani­pule. Et il faut être vigi­lant. Cepen­dant, je vous répon­drais que l’un des idéo­logues prin­ci­pal du FN, Fran­çois Duprat, était un indic des flics, et que c’est peut être pour cela qu’il se serait fait des­cendre (pos­si­ble­ment par son propre camps). De plus, et c’est une constance de l’extrême droite en France, on trouve beau­coup d’ex bar­bouzes dans leur rang, beau­coup de ser­vices de sécu­ri­té, d’an­ciens poli­ciers, d’an­ciens mili­taires… ain­si, il n’est pas dit que l’in­fil­tra­tion ne soit que d’un coté, loin de là… Ce que je peux vous garan­tir, c’est que de tous les membres du SCALP que je connais, pas un seul n’est un indic. Ce sont des cama­rades, des mili­tants sin­cère, qui se bougent au quo­ti­dien et qui luttent bien plus socia­le­ment que tous les fafs soli­da­ristes qui pul­lulent aujourd’­hui sur inter­nent et dans le 13e.

    P.S : Les groupes cités le sont à titre d’exemple, je ne sous entend aucu­ne­ment une appar­te­nance de votre part ou une accoin­tance idéo­lo­gique. Je pré­fère le pré­ci­ser, mon ton peut sem­bler un peu pro­vo­quant, mais je ne sou­haite pas du tout pro­vo­quer ou enve­ni­mer le débat. Bien à vous.

    Réponse
  12. sitouaillain

    mer­ci mehdi,

    ça méri­tait d’être dit deux fois,

    j’ai été deux ans au SCALP, j’ai aus­si côtoyé des mou­ve­ments simi­laires en Alle­magne de l’Est, et à peu près le même vécu sur le ter­rain et le même res­sen­ti sur les mou­ve­ments très à droite que tu cites (bien moins malins que les néo­na­zis alle­mands), je ne vois pas com­ment il est pos­sible de discuter.

    mais je me suis éloi­gné de tout ça parce que ça me parais­sait plus impor­tant de tra­vailler (sans naï­ve­té) à ce qu’il y ait un débou­ché « élec­to­ral » aux mul­tiples luttes « défen­sives », une uni­té pérenne, pour pas­ser à l’offensive…une puis­sante caisse de réso­nance à nos voix vaut peut être mieux que des grou­pus­cules anti­fa lut­tant contre des grou­pus­cules fascistes…le Pen pro­gresse sur nos divi­sions et les que­relles de chapelles…simple leçon de l’histoire.

    Réponse
  13. Vercoquin

    Bon­jour à tous,

    Il se trouve que j’ai télé­char­gé le fichier MP3 de Guille­min, et je l’ai écou­té avec Win­dows media player 2009.
    Là, le docu­ment audio est par­fai­te­ment audible, contrai­re­ment à ce qu’on entend direc­te­ment sur le site.

    Salu­ta­tions.

    Réponse
  14. Morpheus

    @ Meh­di Lévêque

    Mer­ci de votre réponse, votre point de vue de per­sonne de ter­rain est évi­dem­ment intéressant.

    Lorsque je parle de ratio­na­lisme, je ne pense évi­dem­ment pas au rela­ti­visme idéo­lo­gique. Évi­dem­ment qu’une idée n’en vaut pas une autre. Mais j’é­voque la ques­tion du juge­ment moral, parce que je constate que la seule valo­ri­sa­tion morale d’une idée ne suf­fit pas pour faire la dif­fé­rence dans l’es­prit des indi­vi­dus.

    Il ne suf­fit pas, pour convaincre, de dire, par exemple, que la retraite par répar­ti­tion est meilleure que la retraite par capi­ta­li­sa­tion, au seul fait qu’elle est sociale, donc mora­le­ment supé­rieure. Il est net­te­ment plus effi­cace (pour convaincre) de mon­trer – sans por­ter de juge­ment moral sur l’un ou l’autre – que la retraite par répar­ti­tion est meilleure parce qu’elle est insub­mer­sible (et le démon­trer), tan­dis que la retraite par capi­ta­li­sa­tion dépend des mar­chés, extrê­me­ment vola­tiles, et que cela peut vous faire perdre les béné­fices de toute une vie de coti­sa­tion (et le démontrer).

    Évi­dem­ment, cela implique une dis­cus­sion qui demande un peu de temps et soit faite dans la convi­via­li­té, ou en tout cas, l’é­coute et l’ou­ver­ture. Cela ne fonc­tion­ne­ra pas si un mili­tant ouver­te­ment « anti­fa » s’a­dresse à un mili­tant ouver­te­ment « facho », cela va sans dire. Et bien enten­du que je ne pro­pose pas de dis­cu­ter avec une bande de sali­gauds armés de barres à mines et de battes de base­ball déci­dés à en découdre ! Contre ceux-là, je me défends par les mêmes armes.

    En fait, je ne crois pas qu’un mili­tant « de gauche » serait à même d’a­voir pareille dis­cus­sion avec des extré­mistes. Je crois qu’a­vec les extré­mistes, il y a très peu de chance qu’un dia­logue puisse se faire.

    Mais avec des gens qui ne sont pas extré­mistes, mais sont tra­di­tion­nel­le­ment élec­teurs du FN, impré­gné d’un dis­cours raciste qui stig­ma­tise les « voleurs de pain et de tra­vail des fran­çais », il y a moyen de dis­cu­ter. Je l’ai fais avec cer­taines connais­sances, je le fais encore, et – bien qu’ils me savent plu­tôt « à gauche » (même si je suis en réa­li­té anar­chiste) – je par­viens à avoir des dis­cus­sions très cour­toises, par le simple fait qu’ils sentent que je ne les juge pas dans leur choix poli­tiques ou idéo­lo­gique. Dès qu’ils sentent que je les consi­dère à éga­li­té, même sachant que je ne par­tage pas leurs opi­nions sur tout, je n’ai pas de dif­fi­cul­té à avoir de dia­logue. Ils acceptent ma dif­fé­rence d’o­pi­nion, parce qu’ils sentent que j’ac­cepte la leur.

    Je leur explique pour­quoi le fait de stig­ma­ti­ser l’é­tran­ger ne résou­dra pas les pro­blèmes qu’ils dénoncent (et qui sont les mêmes que le FdG dénonce éga­le­ment à peu de chose près), pré­ci­sé­ment en adop­tant le prin­cipe évo­qué par Étienne : la cause des causes. Je leur explique que ces étran­gers viennent ici parce que les poli­tiques éco­no­miques qui sont impo­sées dans leurs pays d’o­ri­gine par des ins­ti­tu­tion comme le FMI, la Banque Mon­diale ou l’OCDE les appau­vrit consi­dé­ra­ble­ment dans leur propre pays, et qu’ils viennent ici parce qu’ils ne voient pas d’autres solu­tions. Ils sont dans la misère parce que – COMME NOUS – ils sont exploi­tés et spo­liés. Ils sont donc comme nous.

    Mais pour être enten­du, il faut que j’ac­cepte d’en­tendre que, d’un autre côté, il y a aus­si, dans le chef de cer­tains étran­gers, la volon­té (à mon avis assez logique) d’ex­ploi­ter le sys­tème fran­çais (ou Belge, je suis en Bel­gique et c’est pareil). On arrive à une situa­tion plus proche de la réa­li­té, qui n’est ni noire ni blanche, une vision plus nuan­cée et plus juste.

    Et à ce stade, on peut amor­cer une dis­cus­sion qui va vers la cause des causes, et trou­ver – comme c’est éton­nant – bien des point de vue com­muns. On peut alors en venir, petit-à-petit, à sor­tir des logiques par­ti­sanes (logiques de par­tis), qui sont tou­jours « extré­mi­santes » à court ou moyen termes (c’est pour­quoi je suis – et reste – sans étiquette).

    Il y a un ensei­gne­ment qui dit que ce à quoi l’on résiste per­siste. Lors­qu’on résiste à une éner­gie, on se lie à elle, et plus on résiste, plus on la ren­force. Les MdM l’ont par­fai­te­ment com­pris et ils uti­lisent ce prin­cipe, par exemple en créant eux-mêmes, arti­fi­ciel­le­ment, des anta­go­nismes, comme le choc des civi­li­sa­tions pro­mu par les fau­cons amé­ri­cains et israé­liens et leurs alliés atlan­tistes en Europe.

    Si on accepte ces logiques, on se fait pié­ger, et l’his­toire nous montre que les luttes front contre front s’a­li­mentent mutuel­le­ment, et ne font que gran­dir et ali­men­ter les haines.

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  15. gilles

    LE FASCISME MODERNE : LE FASCISME « SOFT POWER »

    Je suis d’ac­cord avec toi Mor­phéus, Hit­ler, Mus­so­li­ni, Fran­co et autres Pino­chet : C’est fas­cisme à la papa, fas­cisme « hard power ». OCDE, FMI, Union Euro­péenne fas­cisme moderne, fas­cisme « soft power ».

    Il est très ins­truc­tif de cher­cher la pro­ve­nance de toutes les réformes pro-capi­ta­listes et de consta­ter qu’elles pro­viennent d’un ensemble d’organisations inter­na­tio­nales, par exemple la Com­mis­sion euro­péenne et l’OCDE, qui ont mené l’Europe à la ruine. Main­te­nant, on recon­naît ouver­te­ment que ces orga­ni­sa­tions sont des ins­tru­ments de « soft power » qui pour­suivent leurs pro­jets secrets en contour­nant la démocratie.
    La « soft gou­ver­nance » et le « soft power » sont moins mani­festes que le « hard power » quand on veut impo­ser ses inté­rêts par la force. Ils sont cen­sés mieux mani­pu­ler parce qu’ils sus­citent moins d’opposition. Mais ils sont tout aus­si anti­dé­mo­cra­tiques, insi­dieux et dépour­vu de légi­ti­mi­té. Ils ruinent les fon­de­ments de la coopé­ra­tion et brisent irré­mé­dia­ble­ment la confiance.

    Réponse
  16. sitouaillain

    @ Mor­phéus,

    j’a­dopte volon­tiers ta pos­ture aus­si sou­vent que je le peux,
    sim­ple­ment, les deux exemples que tu prends et l’ar­gu­men­taire que tu tiens sont déjà par­ve­nus aux diri­geants du FN en France, comme tu peux le voir dans cet extrait du pro­gramme Le Pen 2007 :

    « – Ren­for­cer la coopé­ra­tion avec les pays en voie de déve­lop­pe­ment et cou­pler le codéveloppement
    avec le retour des immigrés

    Nous pro­po­se­rons avec les pays d’émigration vers la France une nou­velle poli­tique de coopé­ra­tion, afin
    de rendre plus équi­tables les termes de l’échange éco­no­mique inter­na­tio­nal, et plus stables les cours des
    matières pre­mières qu’ils exportent. Ensemble, nous ferons en sorte que le retour de nom­breux immigrés
    dans leurs pays d’origine soit pour ceux-ci un atout dans leur développement.

    Nous veille­rons à ce que la coopé­ra­tion cesse de se faire aux dépens des pauvres des pays riches et au
    pro­fit des seuls riches des pays pauvres, mais qu’elle ouvre de réelles pers­pec­tives, notam­ment dans le
    domaine de l’eau et de l’éducation. Nous sou­hai­tons contri­buer à for­mer les élites, de pré­fé­rence dans
    des uni­ver­si­tés fran­çaises que nous éta­bli­rons sur place – nou­veaux pôles d’excellence en Afrique, Asie,
    ou Amé­rique – plu­tôt que de les faire venir ici. Ces nou­velles élites devront bien sûr faire ensuite
    béné­fi­cier de leurs com­pé­tences leur pays d’origine, au lieu de res­ter dans le nôtre en concur­ren­çant les
    jeunes Français. »

    En fait, le pro­blème est bien plus « moral » que tu ne le penses. Si je te lis, tu sembles tenir pour acquis qu’à la suite de ton argu­men­taire sur le pro­blème des flux migra­toires et de l’im­pé­ria­lisme, n’im­porte qui va conclure « Ils (les immi­grés) sont donc comme nous ».

    Mal­heu­reu­se­ment, ça n’est pas vrai, si les gens les plus sus­cep­tibles d’être séduits par le fas­cisme peuvent par­fai­te­ment com­prendre les causes de l’immigration, ils ont tous un point com­mun : le manque d’empathie ou d’allopathie.

    Pour eux « les immi­grés », les « étran­gers », ne seront jamais « des gens comme nous »…avant de voir un homme, ils voient un arabe.

    C’est-à-dire que leur amour, leur iden­ti­fi­ca­tion à un autre se limite à un « nous » très res­treint. pour cari­ca­tu­rer, ils sont à un stade d’empathie légè­re­ment plus avan­cé que celui d’une tri­bu dont le nom se confond avec le terme « êtres humains ».

    Cette atti­tude men­tale est mal­heu­reu­se­ment très répan­due et bien sûr ne concerne pas uni­que­ment les élec­teurs d’ex­trême droite en Europe, elle s’a­dosse à des réflexes pri­mi­tifs dont per­sonne n’est à l’abri.

    Sim­ple­ment c’est l’é­du­ca­tion à l’a­mour uni­ver­sel, à l’es­prit des droits de l’Homme, qui nous en préserve.

    Mais on voit tout de suite que même encore aujourd’­hui, les droits de l’Homme, pour cer­tains sont les droits de l’homme blanc, ou que l’a­mour uni­ver­sel ensei­gné par tous les pro­phètes se réduit et ne peut s’exer­cer qu’en­vers les membres de telle ou telle secte.

    L’as­pect « moral » de la lutte est le point d’ap­pui de la « stra­té­gie du cor­don sani­taire », pré­ci­sé­ment parce que l’ar­gu­men­ta­tion ration­nelle n’a que peu de prise sur des res­sen­tis venant de zones du cer­veau pri­mi­tif. Il faut coûte que coûte pré­ser­ver des « tabous », des « inter­dits », c’est ce qui tient une socié­té ensemble.

    Quand Marine Le Pen parle de « pré­fé­rence natio­nale » on com­prend la por­tée et la néces­si­té du com­bat moral car au fond, ce n’est qu’une tra­duc­tion presque socia­le­ment, mora­le­ment accep­table de la « pré­fé­rence raciale ». Au fond de bien de mes com­pa­triotes, « fran­çais » veut dire homme blanc, peu importe d’ailleurs la cou­leur de peau de ces compatriotes.

    Grâce à ce qui reste de force morale aux pré­ceptes uni­ver­sa­listes, bien des gens s’in­ter­disent ne serait-ce que de pen­ser mais sur­tout d’ex­pri­mer leur soif de supré­ma­tie ou l’ir­ré­duc­ti­bi­li­té de l’autre.

    C’est la lâche­té, la paresse intel­lec­tuelle dans la défense achar­née de pré­ceptes moraux uni­ver­sa­listes qui peu à peu laisse libre cours à des pen­sées « cri­mi­no­gène », des « amal­games », à un mode de pen­sée qui ne se per­çoit plus comme mar­gi­nal, « trans­gres­sif » et qui charge les mots de conno­ta­tions mal­saines. Sans l’en­di­gue­ment moral, bien­tôt le dia­logue sera impos­sible, car le logos lui-même sera subverti.

    Par exemple seul un acte peut être délin­quant, pas une personne…or le mal est déjà fait, la « délin­quance » n’est plus vrai­ment un mot dési­gnant un com­por­te­ment ponc­tuel, s’in­car­nant dans un ou des « actes », mais un mot dési­gnant les attri­buts d’une per­sonne, un ou des « délin­quants »…clas­sique pro­cé­dé séman­tique d’é­ti­que­tage par essen­tia­li­sa­tion, la per­sonne réduite à des actes…mais lourd de consé­quences sur la men­ta­li­té du « légis­la­teur » et du « juge ».

    Étape sui­vante : la per­sonne réduite à des actes ou des attri­buts sup­po­sés, fantasmés…tu dis « juif », ils pensent « riche », tu dis « arabe » ils pensent « voleur » et/ou « dji­ha­diste » puis ils croisent un visage et lui dise « retourne dans ton pays sale arabe ».

    Marine Le Pen est tenue de se pré­sen­ter comme res­pec­table et pré­fère les allu­sions et sous-enten­dus, mais elle libère la parole, dans cer­tains entre-soi, on n’hé­site plus à don­ner libre cours à ces « ins­tincts ». voir le ché­tif Zey­mour glo­ri­fier la « viri­li­té » à défaut de pou­voir opi­ner devant Hit­ler prê­chant la « race aryenne ».

    Fina­le­ment leurs dési­rs sont por­tés à l’éradication de tout ce qui est étran­ger, pré­ser­ver l’i­dée qu’ils se font de la « pure­té », de leurs gènes, leur sécu­ri­té psy­chique, tri­bale, d’une vie men­tale enfer­mée dans une culture et des mœurs immuables, éternelles.

    Ce sont les inter­dits moraux qui contraignent la plu­part à n’ex­pri­mer ces ins­tincts et les pen­sées qu’ils génèrent que d’une manière « soft ». Sim­ple­ment les effets de la crise lèvent les digues les unes après les autres, dans un pro­ces­sus de déci­vi­li­sa­tion, d’ef­fon­dre­ment intel­lec­tuel et moral.

    Il s’a­vère que ces inter­dits moraux sont fon­dés en rai­son et qu’en même temps ils pro­cèdent d’ins­tincts tout aus­si pri­mi­tifs, puisque l’a­mour de l’autre, la recon­nais­sance de l’autre comme sem­blable, est pour l’homme une néces­si­té vitale.

    Et les pré­ceptes uni­ver­sa­listes ne visent qu’à défi­nir le cadre d’exer­cice de l’a­mour de l’autre, de l’a­mour du pro­chain, à l’é­chelle la plus large pos­sible : la terre entière.

    La lutte contre le néo­fas­cisme du point de vue de « la gauche » et dans son aspect défen­sif, n’est pas une lutte contre des per­sonnes, c’est une bataille cultu­relle et idéo­lo­gique pour que, face à la crise de civi­li­sa­tion que nous connais­sons, face aux per­tur­ba­tions et défis que nous ren­con­trons, le conser­va­tisme ordi­naire ne mute pas en régres­sion, en un ima­gi­naire col­lec­tif ins­tinc­tif du retour en arrière, du repli sur soi et sur des valeurs arrié­rées que l’on conforte en dési­gnant voire en agis­sant vio­lem­ment à l’en­contre d’en­ne­mis fabriqués.

    Je trouve par­fai­te­ment « nor­mal » que les incer­ti­tudes et les bou­le­ver­se­ments du monde conduisent sur toute la pla­nète à un retour aux reli­gions y com­pris sous des formes inté­gristes (messe en latin, anti-ivg, voile inté­gral et dji­had), à des replis sur des formes cultu­relles ances­trales, le tri­ba­lisme, le natio­na­lisme, et sur des valeurs anti­hu­ma­nistes (peine de mort, trai­te­ment violent et sécu­ri­taire des pro­blèmes sociaux, etc.), etc., et que les gens se replient sur des « nous » très res­treints et sécurisants.

    Tout ceci tra­duit un besoin « natu­rel » de sécu­ri­té psy­chique et de cer­ti­tudes morales indi­vi­duelles et collectives.

    C’est un inva­riant humain, par exemple chaque tri­bu papou iso­lée qui a été abor­dée par des anthro­po­logues blanc, a réagi à ce consi­dé­rable bou­le­ver­se­ment psy­chique par une par­touze géante. De même, bien des anthro­po­logues racontent que leur coha­bi­ta­tion avec la tri­bu qu’ils obser­vaient n’a pu se faire qu’à par­tir du moment où ils ont été adop­tés, c’est à dire quand le cha­mane ou le chef leur a attri­bué un rôle social conforme à ce qui pré­exis­tait comme rôle-types dans la tribu.

    En géné­ral, donc, face à l’ir­rup­tion du nou­veau dans le réel, face à l’in­cer­ti­tude géné­rée, les hommes réagissent au bou­le­ver­se­ment du monde ima­gi­naire qu’ils se sont construit
    – par l’in­té­gra­tion du nou­veau dans leurs schèmes de pen­sée pré­exis­tants, en le retra­dui­sant via une opé­ra­tion d’oc­cul­ta­tion volon­taire du carac­tère fon­da­men­ta­le­ment « inven­té », « ins­ti­tué » de leur sys­tème de pen­sée et du carac­tère fon­da­men­ta­le­ment « contra­dic­toire » du nouveau.
    – par un rejet pur et simple du nou­veau, occul­ta­tion totale ou destruction.
    – par une modi­fi­ca­tion de leur sys­tème de pen­sée inté­grant le nou­veau via une opé­ra­tion d’a­jus­te­ment cog­ni­tif plus ou moins large selon le degré de contra­dic­tion entre le réel et l’i­ma­gi­naire pré­cé­dem­ment institué.

    Sché­ma­ti­que­ment, au moyen-âge, face à une forme de coquillage incrus­tée dans la roche à 2500m d’al­ti­tude, ou bien vous vous dites que c’est un signe de dieu, ou bien vous vous dites que c’est le diable voire vous la détrui­sez et oubliez vite ce que vous avez vu, ou bien vous com­men­cez à cogiter…

    Le fas­cisme dans tout ça..et bien c’est une atti­tude qui vise à éra­di­quer les pro­blèmes sans vrai­ment cher­cher à les com­prendre (atti­tude non exclu­sive du fas­cisme) pro­cé­dant d’une atti­tude qui consiste à pré­ser­ver son inté­gri­té psy­chique en consi­dé­rant tout ce qui la contre­dit comme un « pro­blème à erra­di­quer », s’in­ter­di­sant par là de com­prendre les pro­blèmes comme autant de sources poten­tielles d’a­dap­ta­tion et d’é­lar­gis­se­ment de son inté­gri­té psychique.

    On peut faire un paral­lèle avec les réac­tions aller­giques ou mieux, avec la réac­tion du corps face à un virus : un virus est patho­gène tant que le corps n’a pas com­pris com­ment le rendre inof­fen­sif, c’est-à-dire tant que le corps n’a pas « appris » au virus et du virus com­ment les deux enti­tés peuvent sur­vivre ensemble. Il y a deux manières de mou­rir par infec­tion virale : la sur-réac­tion immu­ni­taire et la sous-réaction.

    À l’é­chelle de l’es­pèce, la sur­vie n’est due qu’à la capa­ci­té des indi­vi­dus infec­tés d’in­té­grer une par­tie des gènes des virus puis de les trans­mettre à leur descendance…non seule­ment notre corps en héberge des mil­lions qui sont très utiles, mais sur­tout notre génome contient de nom­breux gènes trans­mis par les virus, dont cer­tains sont res­pon­sable de la for­ma­tion du placenta !

    Tu vas me dire, Mor­phéus, pour­quoi toutes ces digres­sions ! parce qu’en tant que membre du corps social, je me consi­dère comme une par­tie de son sys­tème immu­ni­taire. Je consi­dère le fas­cisme comme un symp­tôme, une sur-réac­tion immu­ni­taire patho­lo­gique face à des « pro­blèmes » qui n’ont pas de réponse dans le « conser­va­tisme » puis­qu’ils ont « muté » et qu’ils ren­contrent un orga­nisme affai­bli notam­ment parce que son « cer­veau » déconne..et s’est lais­sé conta­mi­ner par la sur-réac­tion immunitaire.

    En par­tant du constat que, en temps nor­mal, les infor­ma­tions dont, toi et moi, nous sommes indi­vi­duel­le­ment por­teurs ne par­viennent que dif­fi­ci­le­ment au cer­veau, c’est à dire au pou­voir poli­tique, j’es­time que par les temps qui courent, l’heure n’est plus à la défense indi­vi­duelle ou grou­pus­cu­laire d’u­to­pies ou d’idéaux.

    Je fais par­tie de ceux tou­jours plus nom­breux qui consi­dèrent comme néces­saire l’u­ni­té de ceux qui entendent lut­ter pour l’é­man­ci­pa­tion et le pro­grès de l’hu­ma­ni­té, que cette uni­té ne peut se faire sans l’ap­pui d’une orga­ni­sa­tion, ni sans l’ap­pui a mini­ma d’un socle renou­ve­lé de prin­cipes éthiques et phi­lo­so­phiques par­ta­gés qui per­mette l’ex­pres­sion d’i­déaux dif­fé­rents mais pas néces­sai­re­ment incompatibles.

    La stra­té­gie du front uni­taire dans la rue comme dans les urnes me paraît la bonne…mépriser les par­tis serait comme mépri­ser les mar­teaux quand on a besoin d’un marteau-piqueur.

    Ou bien comme Sorel, puis Mus­so­li­ni, on constate que les par­tis et syn­di­cats posent pro­blème, solu­tion : éra­di­quer les par­tis et les syn­di­cats, tous les corps inter­mé­diaires (détail de l’his­toire, le fas­cisme en a recons­truit d’autres à son pro­fit). ou bien on constate que les par­tis et syn­di­cats tels quels posent pro­blème, ce qui ouvre la voie à de nom­breuses possibilités…face à de mau­vais outils, les voies de per­fec­tion­ne­ment étant mul­tiples, pri­vi­lé­gier l’une ou l’autre relev de la tac­tique et non plus de la seule morale ou éthique personnelle.

    S’a­dres­sant à ses élec­teurs, J‑M Le Pen déplore « le déclin démographique
    de notre Peuple et la perte d’identité et de leurs racines pour bon nombre de nos
    com­pa­triotes »…sans mou­ve­ment poli­tique capable de répondre à cela par des pro­po­si­tions posi­tives lar­ge­ment dif­fu­sées et capable de prendre le pou­voir ou au moins d’a­gir pour influen­cer le pou­voir et obte­nir des avan­cées concrètes…combien de temps penses-tu qu’il fau­dra pour qu’il devienne indis­pen­sable de par­ler de la « défense des racines chré­tiennes de la France » pour se faire élire dans ce pays ?

    Est-ce que nos petites palabres ‘sans éti­quettes » iront jusque dans les petits vil­lages expli­quer que c’est le capi­ta­lisme, l’im­pé­ria­lisme et la mar­chan­di­sa­tion qui détruisent leurs cultures et pas « l’im­mi­gra­tion » ? tu es scé­na­riste de « plus belle la vie » ou rédac chef du JT ?

    Jus­qu’à quand ceux qui pensent savoir ce qu’il fau­drait concrè­te­ment faire pour ne plus avoir à par­ler de ces « pro­blèmes » res­te­ront dans leur tour d’i­voire de l’an­ti-par­tisme et de l’an­ti-élec­to­ra­lisme, impuis­sants eux-mêmes et sou­vent même mili­tant contre l’or­ga­ni­sa­tion effi­cace de la résis­tance ? sont-ce les fla­mands « sans éti­quette » qui vont chas­ser le Vlaams Block du pou­voir en dis­cu­tant avec leurs amis puis en s’abs­te­nant aux élec­tions ou bien espèrent-ils qu’il n’y ait plus d’é­lec­tions ni de par­le­ment et que ce soit le vlaams block qui les supprime ?

    Je ne suis pas J. Fres­co, je ne vais pas chez les iden­ti­taires prê­cher la bonne parole, quand j’en croise un qui cause, je m’ef­force de contre argu­men­ter poli­ment. Mais 5 ans de plus de Sar­ko ou une vic­toire de le pen et j’au­rais le droit de la fer­mer si je veux pas finir bolos­sé et je devrais évi­ter les cités puisque ma peau blanche sera vue comme une « éti­quette » indésirable.

    mais par contre, comme ce n’est pas l’a­ve­nir dont je rêve, depuis 10 ans, je passe beau­coup de temps avec les cama­rades des dif­fé­rentes orga­ni­sa­tions et obé­diences de gauche, et je m’a­per­çois que ça porte ses fruits et que pleins de « mili­tants » sont d’ac­cord avec moi sur les tares fon­da­men­tales dans l’or­ga­ni­sa­tion de leurs propres par­tis ou assocs, et de plus en plus sont acquis à l’i­dée du front uni­taire et beau­coup ne demandent qu’à accueillir des forces nou­velles en appui de leur propre com­bat contre leur direc­tion et contre leurs cama­rades « bor­nés » ou « moutonniers ».

    Mais tous savent ce qu’ils doivent au fait d’être membres d’une orga­ni­sa­tion et ce que chaque mou­ve­ment de lutte doit aux res­sources et aux savoir-faire mili­tants pro­pa­gés par ces orga. Tous ne sont pas lucides ou ouverts mais, je le vois avec le FdG, la méthode des petits pas fonctionne.

    Je me dis que si nous ne sommes pas capables de fédé­rer les orga­ni­sa­tions du mou­ve­ment ouvrier « his­to­rique » et celles qui se créent via l’é­co­lo­gie poli­tique ou autres nou­velles pré­oc­cu­pa­tions, si ceux qui se pensent au-des­sus des par­tis n’ont pas la force d’ap­por­ter des outils orga­ni­sa­tion­nels et pra­tiques à tout grou­pe­ment de citoyens coa­li­sés alors la démo­cra­tie est une chimère.

    Et d’ailleurs nul n’empêchera à des citoyens de se regrou­per pour conso­li­der leurs posi­tions, d’au­cuns peuvent sou­hai­ter secrè­te­ment abo­lir les par­tis, nul ne sau­rait pour­tant empê­cher les regroupements…rien de plus facile à mani­pu­ler qu’une assem­blée de gens naï­ve­ment « sans éti­quette » bran­dis­sant la ban­nière de leur ego. Ima­gi­nez à quel point est mani­pu­lable un peuple à la majo­ri­té de gens « sans éti­quette », n’ac­cep­tant pas de se coa­li­ser en « par­tis »…le rêve du néolibéralisme…vous contredisez…mais vous faites de l’i­déo­lo­gie mon­sieur, il n’y a pas d’alternative !

    L’his­toire montre au contraire que les luttes front contre front sont les seules à même de répondre à l’en­jeu his­to­rique : en Alle­magne les erre­ments de la gauche et sa dés­union ont lais­sé un bou­le­vard à Hitler..après il était trop tard pour consta­ter son appar­te­nance à un même camp… nos enne­mis les finan­ciers ou le « soft power » comme dit gilles, sont bien contents que nous les lais­sions mani­pu­ler les masses par le fascisme…jusque-là, ça a tou­jours pro­fi­té à leur(s) parti(s).

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  17. gilles

    Au sujet de l’é­du­ca­tion, je suis d’ac­cord avec sitouaillain, l’i­déa­lisme des bons sen­ti­ments contre le racisme est effi­cace dans le domaine de l’é­du­ca­tion des enfants, mais mal­heu­reu­se­ment n’est pas très effi­cace vis à vis des adultes contre la séduc­tion des idées d’ex­trême droite comme le pense Mor­phéus. J’ai connu des copains dans les boîtes où je bos­sais qui sym­pa­thi­saient sur le lieu de tra­vail avec d’autres copains venus d’autres pays et puis qui sont deve­nus aigris et racistes après une période de chô­mage. De même des per­sonnes immi­grées ou d’o­ri­gine immi­grée ne trou­vant pas de tra­vail en viennent à pen­ser que le racisme est la cause prin­ci­pale de leur non-emploi. D’où une divi­sion des sala­riés par le fait du chômage.

    Ceci n’est pas d’au­jourd’­hui et au XIX ème siècle le fait que les ouvriers ita­liens accep­taient des salaires médiocres était très mal vus par leurs col­lègues fran­çais et la répu­ta­tion d’I­ta­lien « bri­seur de salaire » était com­mu­né­ment répan­due, à tel point que, pour l’ou­vrier fran­çais, l’im­mi­gra­tion ita­lienne était une cause de la misère et du chô­mage. Les patrons fran­çais ne s’y trom­paient pas et avaient beau jeu de pro­po­ser des salaires misé­rables à des hommes affa­més. On trou­vait dans leurs bouches des pro­pos for­cé­ment élo­gieux : « Les Ita­liens se dis­tinguent des autres ouvriers par leurs habi­tudes d’ordre et leur sobrié­té. (…) Ils sont en géné­ral labo­rieux, vivant de peu (…) plus dociles que nos natio­naux, font volon­tiers des quarts d’heure et même des demi-heures en sus de la durée réglementaire.

    http://​www​.gene​pro​vence​.com/​2​0​0​6​/​1​2​/​l​a​-​p​r​o​v​e​n​c​e​-​t​-​l​a​-​f​i​n​-​d​u​-​x​i​x​e​-​s​i​c​l​e​-​u​n​e​.​h​tml

    Les causes de la mon­tée de l’ex­trême-droite n’ont pas du tout été com­bat­tues et même encou­ra­gées par les poli­tiques indexées sur le taux de chô­mage n’ac­cé­lé­rant pas l’in­fla­tion ( NAIRU) prô­née entre autres par l’OCDE et par les sta­tuts de la Banque Cen­trale Euro­péenne. ( Les poli­tiques de fas­cisme doux, ce que les anglo-saxons appellent le soft power. )

    Voir les excel­lentes vidéos expli­ca­tives d’É­tienne : 10 rai­sons majeures de sor­tir de l’U­nion Européenne. 

    C’est sur­tout les causes qu’il est inté­res­sant de com­battre, car com­battre l’ex­trême droite, c’est agir sou­vent contre d’autres sala­riés, c’est un com­bat fra­tri­cide, d’une part et d’autre part, c’est un com­bat qui ne com­bat pas la cause : le chômage.

    Il est lar­ge­ment temps de mener une poli­tique de relance de l’in­ves­tis­se­ment tant public que pri­vé pour créer de l’ac­ti­vi­té qui sera rému­né­rée cor­rec­te­ment par la pres­sion du plein-emploi. La force poli­tique qui le fera aura le joker gagnant et il vau­drait mieux qu’elle soit un tant soit peu pro­gres­siste, sinon gare !

    Réponse
  18. Morpheus

    @ Sitouaillain

    En fait, ce que je tiens pour acquis, c’est que les besoins de n’im­porte quel immi­gré sont fon­da­men­ta­le­ment les mêmes besoins que les nôtres (je fais bien la dif­fé­rence entre besoins et dési­rs, néan­moins, même sur le plan des dési­rs, il serait assez logique que les immi­grés, qui ont de plus en plus la télé pro­pa­gande chez eux aus­si, déve­loppent les mêmes dési­rs que nous). En cela, oui, je tiens pour acquis que « nous sommes les mêmes ».

    Au delà de cela je recon­nais aus­si que les « valeurs » d’une « culture » ne sont pas égales entre elles, notam­ment sur un plan moral. Je réprouve pour ma part toute « culture » qui sou­met l’homme à un dieu, et qui sou­met les femmes aux hommes : je com­bat­trais donc ces « cultures », qui à mon avis ne sont pas des cultures, mais des tra­di­tions reli­gieuses obs­cu­ran­tistes. Et je consi­dère que nos pays, en occi­dent, sur ce point, doivent se mon­trer ferme pour défendre cela.

    Néan­moins, j’ob­serve, encore au delà de ça, que ce qui ras­semble les indi­vi­dus vivant dans ces cane­vas « cultu­rels », et moi qui vit dans le car­can « cultu­rel » occi­den­tal, c’est la véri­table lutte, le véri­table enjeux social de notre temps (et non d’un autre temps), c’est la lutte de classe, la lutte entre une immense majo­ri­té d’hommes et de femmes du monde entier, oppo­sés à une toute petite mino­ri­tés d’in­di­vi­dus puis­sants et richis­simes, qui se sont empa­rés de la majeure par­tie des res­sources de la pla­nète à leur seul profit.

    CE FAIT EST MAJEUR ET IL NOUS UNIT !

    Donc, de ce que j’ai com­pris de vos postes, nous par­ta­geons cette analyse.

    Concer­nant les par­tis, je m’y oppose car ils sont avant tout les outils (les mar­teaux) du sys­tème oli­gar­chique actuel­le­ment en vigueur. Ce sont des outils uti­li­sés pré­ci­sé­ment par l’o­li­gar­chie pour main­te­nir le sta­tus quo, et sur­tout orga­ni­ser et contrô­ler les divi­sions internes de la socié­té. C’est une forme par­fai­te­ment rodée de contrôle socié­tal, dont le prin­cipe est vieux comme le monde : divi­ser pour mieux régner.

    Dans son Dia­logue aux enfers entre Machia­vel et Mon­tes­quieu, Mau­rice Joly décrit très tôt (1864) l’u­ti­li­sa­tion par les oli­garques de cet outil. Il en décrit la fonc­tion et l’u­sage de façon édi­fiante. Si vous n’a­vez pas lu, je vous le recom­mande vive­ment. En tout cas, la logique par­ti­sane est radi­ca­le­ment en oppo­si­tion avec votre volon­té d’u­ni­té de ceux qui entendent lut­ter pour l’é­man­ci­pa­tion et le pro­grès de l’hu­ma­ni­té : l’u­ni­té doit se faire au détri­ment des par­tis (en dehors), PARCE QUE LA FONCTION CACHÉE des par­tis, au sein de nos gou­ver­ne­ment pré­ten­du­ment repré­sen­ta­tif, est de créer arti­fi­ciel­le­ment les luttes, et de les cana­li­ser dans des par­tis pour mieux les contrôler.

    Il semble, en tout cas, que vos cama­rades, vous-mêmes et moi ayons en com­mun la vision d’une uni­té a‑partisane, au delà des cli­vages gauche-droite, au delà des éti­quettes, et allant vers le cœur des pro­blèmes. Et si l’ob­jec­tif com­mun est par­fai­te­ment clair pour cha­cun dans cette union, il ne m’ap­pa­rait pas impor­tun que cer­tains agissent au sein des par­tis, s’ils s’y sentent à l’aise, tan­dis que d’autres, comme moi, pré­fèrent agir en dehors (parce que je ne me sen­ti­rais jamais à l’aise dans un par­ti avec ses hié­rar­chies et ses « popotes » internes).

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  19. Morpheus

    @ Gilles

    Nous par­ta­geons, gros­so modo, la même ana­lyse. Et nous par­ve­nons gros­so modo à la même conclu­sion : pro­po­ser d’a­gir contre les causes de la mon­tée des extré­mismes, de quelque ten­dance qu’ils soient (car l’ex­tré­misme de gauche vaut bien celui de droite, autant que celui des inté­gristes religieux).

    Il y a une dif­fé­rence DE TAILLE entre le radi­ca­lisme qui nous réunit, et l’ex­tré­misme dans lequel ces diverses ten­dances vou­draient nous voir sombrer.

    Et l’une des choses que je com­bat c’est l’amalgame fait par beau­coup d’an­ti­fa­chos entre radi­ca­lisme et extré­misme (voir cet article).

    Le radi­ca­lisme (du mot « racine ») c’est la démarche d’al­ler à la cause des causes. L’ex­tré­misme, c’est de pous­ser n’im­porte quel rai­son­ne­ment à l’ex­trême, et n’im­porte quelle idéo­lo­gie à l’ex­clu­sion de toute autre pen­sée. TRÈS DIFFÉRENT, donc…

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  20. Morpheus

    En fait, on pour­rait, d’une cer­taine manière, dire que je suis « anti-culture » (au sens tra­di­tion du termes), mais il fau­drait que je développe.

    Une autre fois, parce qu’il se fait tard et je fatigue 😉

    Juste dire avant de fer­mer bou­tique que cela a à voir avec le vieux débat entre l’in­né et l’ac­quis : la ques­tion de l’in­fluence majeure du contexte socio­cul­tu­rel dans lequel évo­luent des indi­vi­dus de diverses origines.

    À plus tard.

    Réponse
  21. Étienne

    Qu’est-ce que le fascisme ?

    (George Orwell, « À ma guise », 24 mars 1944)

    « De toutes les ques­tions de notre époque qui demeurent sans réponse, la plus impor­tante est peut-être : « Qu’est-ce que le fascisme ? »

    Un ins­ti­tut de son­dage amé­ri­cain a récem­ment posé cette ques­tion à une cen­taine de per­sonnes et obte­nu des réponses allant de « C’est la démo­cra­tie par­faite » à « C’est le mal abso­lu. » Chez nous, si on demande à un indi­vi­du ordi­naire qui réflé­chit un peu de défi­nir le fas­cisme, il répon­dra géné­ra­le­ment en dési­gnant les régimes alle­mand et ita­lien. Mais cela reste très insa­tis­fai­sant, car même les prin­ci­paux États fas­cistes dif­fèrent gran­de­ment les uns des autres dans leur orga­ni­sa­tion comme dans leur idéologie.

    Il est dif­fi­cile, par exemple, de faire entrer dans le même cadre l’Al­le­magne et le Japon, et c’est plus dif­fi­cile encore avec cer­tains petits États qu’on peut qua­li­fier de fas­cistes. On admet géné­ra­le­ment, par exemple, que le fas­cisme est, par nature, bel­li­queux, qu’il se déve­loppe dans une atmo­sphère d’hys­té­rie guer­rière et ne peut régler ses pro­blèmes éco­no­miques que par les pré­pa­ra­tifs de guerre ou des conquêtes. Pour­tant, ce n’est mani­fes­te­ment pas le cas du Por­tu­gal, ni des diverses dic­ta­tures sud-amé­ri­caines. Il y a aus­si l’an­ti­sé­mi­tisme, qui est cen­sé être une des marques dis­tinc­tives du fas­cisme ; mais cer­tains mou­ve­ments fas­cistes ne sont pas anti­sé­mites. Les contro­verses savantes, dont les revues amé­ri­caines se font l’é­cho depuis des années, n’ont même pas per­mis de déter­mi­ner si le fas­cisme est ou non une forme du capi­ta­lisme. Pour­tant, quand nous appli­quons le terme « fas­cisme » à l’Al­le­magne, au Japon ou à l’I­ta­lie de Mus­so­li­ni, nous savons à peu près ce que nous enten­dons par là. C’est en poli­tique inté­rieure que ce mot a per­du toute trace de signi­fi­ca­tion. Une lec­ture atten­tive de la presse montre qu’il n’y pra­ti­que­ment pas une seule caté­go­rie d’in­di­vi­dus (en tout cas, pas un seul par­ti poli­tique ou grou­pe­ment consti­tué) qui n’ait été qua­li­fiée de fas­ciste durant ces dix der­nières années.

    Je ne parle pas ici de l’u­sage oral du mot « fas­ciste ». Je parle de ce que j’ai lu dans des textes. J’ai vu les expres­sions « sym­pa­thi­sant fas­ciste », « de ten­dance fas­ciste » ou « fas­ciste » (tout court) appli­quées avec le plus grand sérieux aux caté­go­ries d’in­di­vi­dus suivantes.

    Les conser­va­teurs. Tous les conser­va­teurs, par­ti­sans ou non de la poli­tique d’a­pai­se­ment (1), sont tenus pour sub­jec­ti­ve­ment pro-fas­cistes. La domi­na­tion bri­tan­nique en Inde et dans les colo­nies est cen­sée ne pas se dis­tin­guer du nazisme. Les orga­ni­sa­tions qu’on pour­rait dire de type patrio­tique et tra­di­tio­na­liste sont éti­que­tées comme « cryp­to-fas­cistes » ou « fas­ci­santes ». Par­mi elles, les boy-scouts, la police métro­po­li­taine, le MI5 et la Légion bri­tan­nique (2), La phrase-clé est : « Les public schools sont les pépi­nières du fascisme. »

    Les socia­listes. Les avo­cats du capi­ta­lisme à l’an­cienne (sir Ernest Benn, par exemple) affirment que socia­lisme et fas­cisme sont une seule et même chose. Cer­tains jour­na­listes catho­liques sou­tiennent que les socia­listes ont été les prin­ci­paux col­la­bo­ra­teurs dans les pays occu­pés par les nazis. La même accu­sa­tion a été lan­cée, mais d’un point de vue dif­fé­rent, par le par­ti com­mu­niste dans ses phases d’ul­tra-gauche. Entre 1930 et 1935, le Dai­ly Wor­ker qua­li­fiait géné­ra­le­ment le par­ti tra­vailliste de « tra­vaillo-fas­ciste ». Cette accu­sa­tion a été reprise par d’autres extré­mistes de gauche, comme les anar­chistes par exemple. Cer­tains natio­na­listes indiens consi­dèrent les syn­di­cats bri­tan­niques comme des orga­ni­sa­tions fascistes.

    Les com­mu­nistes. Une école de pen­sée très impor­tante (repré­sen­tée entre autres par Rau­sch­ning, Peter Dru­cker, James Burn­ham et F.A. Voigt (3) ) rejette toute dis­tinc­tion entre les régimes nazi et sovié­tique ; elle sou­tient que fas­cistes et com­mu­nistes ont sen­si­ble­ment les mêmes objec­tifs, voire que ce sont, dans une cer­taine mesure, les mêmes indi­vi­dus. Les édi­to­riaux du Times (d’a­vant guerre) qua­li­fiaient l’URSS de « pays fas­ciste ». D’un point de vue dif­fé­rent encore, c’est un juge­ment auquel anar­chistes et trots­kistes font écho.

    Les trots­kistes. Les com­mu­nistes accusent les trots­kistes pro­pre­ment dits (c’est-à-dire les membres de l’or­ga­ni­sa­tion de Trots­ki) d’être une orga­ni­sa­tion cryp­to­fas­ciste à la solde des nazis. Cette idée était très lar­ge­ment répan­due à gauche pen­dant la période du Front popu­laire. Dans leurs phases d’ul­tra-droite, les com­mu­nistes ont ten­dance à por­ter la même accu­sa­tion contre tous les mou­ve­ments situés sur leur gauche : le Com­mon Wealth ou le par­ti tra­vailliste indé­pen­dant (ILP), par exemple.

    Les catho­liques. En dehors de ses propres rangs, l’É­glise catho­lique est presque uni­ver­sel­le­ment consi­dé­rée comme pro-fas­ciste, aus­si bien objec­ti­ve­ment que subjectivement.

    Les oppo­sants à la guerre. Les paci­fistes et tous les oppo­sants à la guerre sont fré­quem­ment accu­sés non seule­ment de faire le jeu des forces de l’Axe mais même d’a­voir des sym­pa­thies fascistes.

    Les par­ti­sans de la guerre. Les oppo­sants à la guerre fondent habi­tuel­le­ment leur argu­men­ta­tion sur l’i­dée que l’im­pé­ria­lisme bri­tan­nique est pire que le nazisme, et ils tendent à appli­quer le terme « fas­ciste » à qui­conque sou­haite une vic­toire mili­taire. Les par­ti­sans de la Conven­tion du peuple (4) en sont presque venus à pré­tendre que vou­loir résis­ter à une inva­sion nazie était un symp­tôme de sym­pa­thies fas­cistes. Dès sa créa­tion, la Home Guard fut dénon­cée comme une orga­ni­sa­tion fas­ciste. En outre, toute la gauche a ten­dance à mettre mili­ta­risme et fas­cisme dans le même sac. Les simples sol­dats dotés d’une conscience poli­tique traitent presque sys­té­ma­ti­que­ment leurs supé­rieurs de « fas­ci­sants » ou de « fas­cistes-nés ». Les manœuvres, asti­quer ses chaus­sures, saluer les offi­ciers sont des acti­vi­tés consi­dé­rées comme menant tout droit au fas­cisme. Avant la guerre, s’en­ga­ger dans les ter­ri­to­riaux (5) était tenu pour un signe de pen­chants fas­cistes. La conscrip­tion et l’ar­mée de métier sont toutes deux dénon­cées comme des phé­no­mènes fascistes.

    Les natio­na­listes. Le natio­na­lisme est uni­ver­sel­le­ment consi­dé­ré comme fas­ciste par nature, mais cela ne s’ap­plique qu’aux mou­ve­ments natio­na­listes qu’on réprouve. Les natio­na­lismes arabe, polo­nais, fin­lan­dais, le par­ti indien du Congrès, la Ligue musul­mane, le sio­nisme et l’I­RA sont tous qua­li­fiés de fas­cistes, mais jamais par les mêmes personnes.

    Comme on le voit, le mot « fas­cisme » ain­si uti­li­sé est presque tota­le­ment dénué de sens. Dans la conver­sa­tion, bien enten­du, on l’emploie de façon encore plus extra­va­gante que par écrit. Je l’ai enten­du appli­qué aux fer­miers, aux com­mer­çants, au Social Cré­dit (6), aux châ­ti­ments cor­po­rels, à la chasse au renard, aux courses de tau­reaux, au Comi­té de 1922, au Comi­té de 1941 (7), à Kipling, à Gand­hi, à Tchang Kaï-chek, à l’ho­mo­sexua­li­té, aux émis­sions de Priest­ley, aux auberges de jeu­nesse, à l’as­tro­lo­gie, aux femmes, aux chiens et que sais-je encore.

    Pour­tant, ense­ve­lie sous toute cette confu­sion, gît bien une cer­taine signi­fi­ca­tion. Pre­miè­re­ment, il est clair qu’il y a de très grandes dif­fé­rences, pour la plu­part faciles à repé­rer bien que dif­fi­ciles à for­mu­ler, entre les régimes dits fas­cistes et les régimes dits démo­cra­tiques. Deuxiè­me­ment, si « fas­ciste » signi­fie « qui a des sym­pa­thies pour Hit­ler », cer­taines des accu­sa­tions dont je viens de dres­ser la liste sont mani­fes­te­ment beau­coup plus jus­ti­fiées que d’autres. Troi­siè­me­ment, même ceux qui lancent le mot « fas­ciste » à tous les vents lui attachent au mini­mum une signi­fi­ca­tion émo­tion­nelle. Par « fas­cisme », ils entendent gros­so modo quelque chose de cruel, sans scru­pules, arro­gant, obs­cu­ran­tiste, anti­li­bé­ral et anti-classe ouvrière. À l’ex­cep­tion du petit noyau des sym­pa­thi­sants fas­cistes, la qua­si-tota­li­té des Anglais accep­te­raient « bru­tal » pour syno­nyme de « fas­ciste ». C’est approxi­ma­ti­ve­ment la meilleure défi­ni­tion qu’on puisse don­ner de ce mot dont on a tant abusé.

    Mais le fas­cisme est aus­si un sys­tème poli­tique et éco­no­mique. Pour­quoi, dès lors, ne réus­sis­sons-nous pas à en avoir une défi­ni­tion pré­cise et accep­tée par tous ? Hélas, nous n’y par­vien­drons pas, du moins pour le moment. Il serait trop long d’ex­pli­quer pour­quoi, mais, sur le fond, c’est parce qu’il est impos­sible de défi­nir le fas­cisme de façon satis­fai­sante sans admettre cer­taines choses que ni les fas­cistes eux-mêmes, ni les conser­va­teurs ni les socia­listes quelle que soit leur cou­leur ne sont prêts à admettre. Tout ce qu’on peut faire pour l’ins­tant, c’est user du mot avec une cer­taine cir­cons­pec­tion et non, comme on le fait géné­ra­le­ment, le rava­ler au rang d’injure. »

    George Orwell, À ma guise, 24 mars 1944 (Agone 2008, p. 116)
    http://www.amazon.fr/A‑ma-guise-Chroniques-1943–1947/dp/2748900839

    ______________

    Notes :

    (1) Menée notam­ment par le Pre­mier ministre Nevi­lie Cham­ber­lain entre 1933 et 1939, la poli­tique d’a­pai­se­ment (appea­se­ment) à l’é­gard de Hit­ler consis­tait en réa­li­té à céder devant ses exi­gences. Elle est sym­bo­li­sée par les accords de Munich en sep­tembre 1938.

    (2) Plus com­mu­né­ment dési­gnée par le lieu de son quar­tier géné­ral. Scot­land Yard, la police métro­po­li­taine est la force ter­ri­to­riale de police res­pon­sable du Grand Londres.
    Le MI5 (Mili­ta­ry Intel­li­gence 5) est le ser­vice de ren­sei­gne­ment bri­tan­nique, res­pon­sable de la sécu­ri­té inté­rieure du Royaume-Uni et du contre-espionnage.
    La Légion bri­tan­nique est l’or­ga­nisme d’aide sociale des forces armées britanniques.

    (3) Jour­na­liste, polé­miste puis théo­ri­cien du mana­ge­ment, Peter Dru­cker est l’au­teur de The End of the Eco­no­mic Man : The Ori­gins of Tota­li­ta­ria­nism ( 1939), livre qui, même s’il se trompe dans les détails, pré­sente l’in­té­rêt d’a­voir pré­dit l’al­liance entre l’Al­le­magne et la Russie.
    Jour­na­liste, F.A. Voigt fut l’un des rares repré­sen­tants de la presse libé­rale ou de gauche à s’op­po­ser à la poli­tique d’a­pai­se­ment. Son livre sur la crise des années 1930, Unto Cae­sar (1938) anti­ci­pait l’an­ti­to­ta­li­ta­risme des années 1950, qui insis­tait sur les simi­li­tudes entre fas­cisme et communisme.

    (4) Sur la Conven­tion du peuple, lire supra. AMG 3, note I. p. 45.

    (5) Force de réserve de l’ar­mée de terre bri­tan­nique, com­po­sée de volontaires.

    (6) Mou­ve­ment créé dans les années 1920 par le major Dou­glas, le Social Cre­dit repo­sait sur l’i­dée que la ques­tion sociale peut être réso­lue par une réor­ga­ni­sa­tion du sys­tème finan­cier et monétaire.

    (7) Le Comi­té de 1922 regroupe tous les par­le­men­taires tories. Groupe d’hommes poli­tiques et d’in­tel­lec­tuels pré­si­dé par J.B. Priest­ley, le Comi­té de 1941 avait pour objec­tif une réor­ga­ni­sa­tion effi­cace et ration­nelle de l’é­co­no­mie pour sou­te­nir l’ef­fort de guerre, mais aus­si dans la pers­pec­tive de l’a­près-guerre. La plu­part de ses membres entrèrent en 1942 dans le par­ti du Com­mon Wealth.

    (Ver­sion PDF : http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​O​r​w​e​l​l​_​Q​u​_​e​s​t​-​c​e​_​q​u​e​_​l​e​_​f​a​s​c​i​s​m​e​.​pdf)

    Réponse
  22. Ana Sailland

    Réponse glo­bale

    Le ras­sem­ble­ment autour de la vision d’un petit nombre pour en créer vision com­mune et large, cela peut accou­cher du pire comme du meilleur ; que cette vision soit ori­gi­nel­le­ment saine ou mal­saine n’est pas for­cé­ment l’essentiel.

    Le mili­tan­tisme conduit cer­tains à suivre un paquet d’i­dées avec le risque évident de s’en­gouf­frer dans un extré­misme. Par réduc­tion consen­tie du champ visuel. Au nom de la dis­ci­pline néces­saire à la conver­gence. Ce risque est majeur quand un enga­ge­ment en adhé­sion n’est pas assor­ti d’une mus­cu­la­tion consciente, atten­tive et sou­te­nue, de la liber­té inté­rieure et personnelle.

    Hors le mili­tan­tisme : La conver­gence des pas­sions indi­vi­duelles en une pas­sion com­mune inhibe chez l’in­di­vi­du l’es­prit d’in­ven­tion et la fan­tai­sie créa­trice, créa­trice de liber­té et d’élévation.

    Dans le pire des cas : le fascisme

    Dans fas­cisme il y a fais­ceau : les rayons du fais­ceau des lumières inté­rieures à chaque être, convergent et se foca­lisent sur l’ombre, une pen­sée com­mune et mor­telle, pour y allu­mer le feu de la haine.

    Réponse
  23. Ana Sailland

    Autre façon de dire : le fas­cisme, c’est la conver­gence des êtres jus­qu’au tri­ba­lisme extrême dénué de toute empa­thie pour ce qui est extérieur.

    C’est pour­quoi il y a tant d’ap­pa­rences du fas­cisme : la conver­gence peut être impul­sée par le natio­na­lisme, le racisme, l’hé­gé­mo­nisme, la reli­gion, une théo­rie éco­no­mique, un dogme , la com­pli­ci­té etc

    Réponse
  24. Mehdi

    @ Gilles/ Morpheus/ Sitouaillain ^^

    Je trouve la démons­tra­tion de Sitouaillain très per­ti­nente, et j’en reste assez bouche bée. Mais ces­sons-là les éloges.

    Pour te répondre Mor­pheus, quand je dis­cute avec un fron­tiste, et je vais même aller plus loin, quand je dis­cute avec un soc-demo­crate qui vote Hol­lande, et avec cer­tains mélen­cho­niste ou éco­lo un peu bobo sur les bords, mon dis­cours n’a qu’un seul objec­tif. Qu’ils se posent la ques­tion :  » Com­ment vous lut­tez concrè­te­ment ? ». Je ne crois pas du tout au vote. Mais je crois à l’ac­tion col­lec­tive. Je suis un indé­crot­table anar­cho-syn­di­ca­liste. Tous mon dis­cours a pour objec­tif qu’ils se  » syn­diquent « . Cela ne veux pas dire que je sou­haite qu’ils prennent leur carte à la CGT (déjà je leur pro­po­se­rais plu­tôt d’al­ler à SUD, vu les pro­blèmes du CNT en ce moment). Ce que je sou­haite c’est qu’ils prennent leur pro­blème à bras le corps, qu’ils se regroupent entre sala­riés (parce que la majo­ri­té des gens son sala­riés) et qu’ils luttent de front contre le capi­tal. Pour moi, le com­bat front contre front se joue avant tout sur le lieux de tra­vail. Pour­quoi cela ? Car d’une part, je pense que c’est très for­ma­teur. Cela per­met l’ap­pren­tis­sage de la lutte col­lec­tive. Ensuite, cela per­met « ici et main­te­nant » ce que pense Mor­pheus, l’Autre est aus­si le Même. Il a les mêmes besoins, les mêmes pro­blèmes. Et d’autre part, je suis convain­cu que cela éloigne du fas­cisme, car on iden­ti­fie clai­re­ment l’ennemi, et ce n’est pas l’é­tran­ger. C’est le patro­nat, la plus-value et la pro­prié­té lucrative.

    A ceux qui ne sont pas sala­riés, je les encou­rage à adhé­rer à des groupes qui luttent sur le ter­rain pour leurs idées.  » Vous vou­lez sou­te­nir les sans papiers ? » et bien il y a une per­ma­nence à Mon­treuil pour les aider à rem­plir leur dos­sier de CAF ou de Secu. Vous êtes contre les OGM ? Voi­ci l’a­dresse d’un groupe de fau­cheur volon­taire ? C’est le nucléaire ? Les grands tra­vaux… et ain­si de suite. Je suis convain­cu que c’est l’ac­tion directe qui peut nous sau­ver et nous ras­sem­bler. La ques­tion des par­tis est trop cli­vante, car les par­tis ont des chefs, ont des ordres, des direc­tions cen­tra­li­sées, qui indiquent des lignes de conduites. Si je n’ai plus, comme lorsque j’é­tais jeune, un dis­cours du type : ne votez pas, ne vous encar­tez pas… Je n’en­cou­rage pas non plus à le faire. Je pré­fère dire : « Tu veux que le monde change ? Retrousse toi les manches ».

    Réponse
  25. sitouaillain

    @ Ana Sailland : entiè­re­ment d’ac­cord avec toi !

    @ Mor­phéus

    tu dis que les par­tis sont avant tout les outils (les mar­teaux) du sys­tème oli­gar­chique actuel­le­ment en vigueur…c’est assez cocasse, autant être consé­quent et dire que toute per­sonne qui tra­vaille et consomme est avant tout un outil du sys­tème oligarchique !

    tu ne crois sans doute pas toi, sujet des Rois des Belges que s’il n’y avait ni par­ti ni syn­di­cats capables de mettre des mil­lions de gens dans la rue, si ces « sou­tiens de l’o­li­gar­chie » n’exis­taient pas, nos gou­ver­nants n’au­raient pas déjà pas­sé toutes les « réformes » que les capi­ta­listes attendent d’eux…forcément en Bel­gique ou en Alle­magne, on est plu­tôt dans la cogestion…on fait pas de vague, on cherche le com­pro­mis sans enga­ger de rap­ports de force, et en Alle­magne les fonc­tion­naires n’ont pas le droit de grève…

    j’ai lu le livre de Mau­rice Joly en ayant en tête qu’il écrit en 1864…les par­tis et syn­di­cats de la classe ouvrière ou des pay­sans étaient inter­dits, tout grou­pe­ment de citoyens sur­veillés par les mou­chards de bona­parte. Plus tard en France la CIA a su divi­ser la CGT en finan­çant FO, et en finan­çant divers groupes de gauche, les USA ont condi­tion­né le ver­se­ment du plan Mar­schall au départ des com­mu­nistes du gou­ver­ne­ment, encore aujourd’­hui les USA forment des « young lea­ders » et autres pour ins­tau­rer des divi­sions et cas­ser les pos­si­bi­li­tés d’u­ni­té sur les bases de la lutte des classes.…mais peut être que les mili­tants du Par­ti Pirate sont des agents de la CIA qui s’i­gnorent et la FA une offi­cine du Mossad…qui sait !

    « Il semble, en tout cas, que vos cama­rades, vous-mêmes et moi ayons en com­mun la vision d’une uni­té a‑partisane, au delà des cli­vages gauche-droite, au delà des éti­quettes, et allant vers le cœur des pro­blèmes » Ça, ça s’ap­pelle au mieux la sou­ve­rai­ne­té natio­nale et l’in­té­rêt géné­ral, la démo­cra­tie, rien à voir avec le com­bat poli­tique qui est par­ti­san et de gauche s’il sou­haite sor­tir du cadre, s’at­ta­quer aux causes de l’o­li­gar­chie face aux par­ti­sans de l’ex­ploi­ta­tion et de l’ordre moral conser­va­teur, la droite.

    il y a des cli­vages dans tous les sens à gauche comme à droite, mais pour moi la cama­ra­de­rie s’ar­rête à ceux qui consi­dèrent que le capi­ta­lisme n’est pas l’ho­ri­zon indé­pas­sable de l’humanité…et cha­cun tra­vaille de diverses manières et entend emprun­ter divers che­mins, en espé­rant convaincre la par­tie ultra­ma­jo­ri­taire de l’hu­ma­ni­té en question…l’idée de la lutte des classes vaut ce qu’elle vaut mais le prin­cipe est de convaincre et d’or­ga­ni­ser la classe exploi­tée pour qu’elle se libère du joug capi­ta­liste et de toute domination..s’y rajoute l’é­co­lo­gie poli­tique, le fémi­nisme, etc., il y a plein de contra­dic­tions, mais en gros les par­tis, les syn­di­cats et assocs, col­lec­tifs, etc. vrai­ment de gauche sont des outils dans cette lutte qui ne vise qu’à ins­tau­rer la démo­cra­tie et à faire valoir entre-temps des prin­cipes et des idées…je ne vois pas en quoi ces regrou­pe­ments de gens sont des agents occultes de l’oligarchie…ce sont plu­tôt, a mini­ma, des petits cailloux dans leurs chaussures..

    tu dis « je ne me sen­ti­rais jamais à l’aise dans un par­ti avec ses hié­rar­chies et ses « popotes » internes » en gros tu es anar­chiste parce que tu n’aimes pas les contraintes, et tu ne veux pas recon­naître qu’il existe des par­tis sans hié­rar­chies, par contre tes pro­pos me donnent l’im­pres­sion que tu pré­fères être un moi-je se pen­sant libre dans une socié­té « libé­rale » mais pro­fon­dé­ment hié­rar­chique et pleine de « popotes » peu reluisantes,je me trompes ?

    l’u­ni­té ne se fera pas « au détri­ment des par­tis », elle se fera avec des par­tis, grâce à l’im­pul­sion des mili­tants lucides et orga­ni­sés, car dans tout mou­ve­ment de masse, il y a des ini­tia­teurs, des gens regrou­pés autour d’une idée et qui agissent, des réseaux,etc.

    fina­le­ment tu n’as pas com­pris le dilemme his­to­rique du mou­ve­ment ouvrier depuis l’é­cla­te­ment de la 1ère inter­na­tio­nale, entre la concep­tion du Par­ti de la classe ouvrière dans le mar­xisme léni­nisme, outil pra­tique de la lutte des classe comme avant-garde englo­bante et orga­ni­sa­trice, ou la concep­tion des anar­chistes du par­ti comme outil d’ap­pui aux luttes et de four­ni­ture de méthodes d’or­ga­ni­sa­tion démo­cra­tique et stra­té­gique aux ouvriers et pay­sans en lutte.

    toi tu sub­sti­tues la logique du par­ti unique des mar­xistes léni­nistes au pas de par­ti du tout pour que les « gens » s’unissent…c’était la logique des « indi­gnés » en France, on est déjà dans le « unis­sez-vous der­rière la ban­nière de la démo­cra­tie réelle ! », un par­ti qui ne dit pas son nom, car dans la logique petite-bour­geoise post 68 éle­vée dans le néo­li­bé­ra­lisme, un par­ti c’est mal, donc on s’ap­pelle pas parti…mais en fait on est un par­ti, avec ses mots d’ordres, ses méthodes, ses accep­tances et ses rejets, et notam­ment rejet des autres partis…qui rajoute de la division…en se pen­sant supérieurs…mais ce mou­ve­ment s’est orga­ni­sé dans ses assem­blées par des mili­tants de par­tis ou de groupes iden­ti­fiés, avec des méthodes particulières…résultat de l’an­ti­par­tisme : la mayon­naise n’a pas pris et les plus lucides for­me­ront un par­ti (qui ne s’ap­pel­le­ra pas par­ti) ou inté­gre­ront les orga déjà existantes…

    nous vivons dans des socié­té ultra-indi­vi­dua­listes et dépo­li­ti­sées et tu vou­drais négli­ger les quelques cen­taines de mil­liers de « moti­vés » au pré­texte qu’ils se sont regrou­pés avant que toi tu ne lances le mot d’ordre et inventes l’or­ga­ni­sa­tion par­faite où tout le monde se sent bien avec son nar­cis­sisme et où per­sonne n’a la frus­trante impres­sion d’être mino­ri­taire voire ignoré ?

    je ne sais pas pour la bel­gique, mais en France, tout mou­ve­ment qui vou­drait se construire « au détri­ment des par­tis » (ou des syn­di­cats), du point de vue de la mobi­li­sa­tion de masse, est voué à l’é­chec. au lieu de s’or­ga­ni­ser tous ensembles pour trou­ver les astuces afin qu’au­cune orga en par­ti­cu­lier ne « récu­père« le mou­ve­ment, n’en atro­phie la créa­ti­vi­té et les richesses, on résout le pro­blème en excluant les mili­tants comme des enne­mis ? « sou­tient objec­tif de l’o­li­gar­chie », c’est presque du Sta­line dans le texte ça !

    Je ne dis pas qu’il n’y a pas de Pro­blèmes avec cer­tains par­tis et syn­di­cats et sur­tout avec leurs appa­reils et leurs méthodes, et on peut par­fai­te­ment construire des choses en dehors des orgas exis­tantes, en géné­ral, ça force les anciennes à évo­luer (ça s’ap­pelle le « rap­port de force »), mais je ne crois pas me trom­per en disant qu’au­cun mou­ve­ment de masse, et encore moins un mou­ve­ment sus­cep­tible de détruire le pou­voir de l’o­li­gar­chie, ou d’en saper quelques bas­tions, ne sau­rait émer­ger « spon­ta­né­ment »..déjà tout sim­ple­ment parce que les rares révoltes spon­ta­nées débouchent tou­jours sur des orga­ni­sa­tions pour mieux faire face aux réac­tions du pou­voir qu’elles suscitent…et sur­tout parce que les révoltes sont rare­ment « spon­ta­nées », il y a d’a­bord eu des agi­ta­teurs, des bro­chures et des noyaux mili­tants, que le lea­der s’ap­pelle gand­hi, luther king ou lenine.

    C’est pour­tant dans les mou­ve­ments de masse que l’u­ni­té se forge, d’une manière hori­zon­tale, entre mili­tants, encar­tés ou non, et entre orga­ni­sa­tions (lire l’au­to­bio de nel­son man­de­la). C’est aus­si dans ces mou­ve­ments que se forge des défiances entre « la base » et les appa­reils, et c’est là qu’il manque un mou­ve­ment « anar­chiste », c’est à dire un grou­pe­ment de citoyens lucides qui ont les mêmes méthodes que celles valo­ri­sées par les « indi­gnés », les anar, les décrois­sants, les éco­los et bien des com­mu­nistes liber­taires, et les mul­tiples orga ahié­rar­chiques, ou très peu.

    mais un mou­ve­ment qui ne soit pas là pour se consti­tuer « en oppo­si­tion », pour s’af­fir­mer, au contraire un mou­ve­ment « trait d’u­nion » qui vise à four­nir à l’en­semble du mou­ve­ment social les moyens théo­riques et orga­ni­sa­tion­nels de faire per­du­rer l’u­ni­té et la mobi­li­sa­tion, dans le res­pect de chacun.…on évi­te­ra bien sûr d’ap­pe­ler « soviets » les ins­tances sou­ve­raines de prise de déci­sion hori­zon­tale, mais c’est en gros l’i­dée, un peu comme toute AG est « apar­ti­daire » mais ce sont tou­jours un ou plu­sieurs mili­tants de syn­di­cats ou de par­tis qui les sus­citent avec des cama­rades non-encartés…et au lieu de s’a­char­ner contre les par­tis, syn­di­cats et leurs mili­tants on tra­vaille­ra à les inclure d’une manière qui ne menace ni ne tra­hisse les rai­sons pour les­quelles ils se sont enga­gés, dans un par­ti et pas dans un autre,

    et on tra­vaille­ra à déve­lop­per des modes de dis­tri­bu­tion de la parole et des tâches (et des sous!) qui anni­hilent le pou­voir de nui­sance des appa­reils et des sus­cep­ti­bi­li­tés identitaires.…de toute façon, dans chaque par­ti un mini­mum démo­cra­tique, il y a des « courants ».

    et dans n’im­porte qu’elle cour d’é­cole il y a des groupes, ce ne sont pas les maîtres d’é­cole qui les créent pour mieux régner 😉

    le tout est d’être achar­né à conci­lier la logique par­ti­daire qui a sa ratio­na­li­té et la logique uni­taire a‑partidaire qui a la sienne, en étant sub­til et patient, car le niveau d’en­ga­ge­ment et de conscience ne per­met pas d’en­vi­sa­ger qu’on puisse pas­ser au-des­sus des par­tis et des syndicats,

    en démo­cra­tie directe plus encore qu’en démo­cra­tie repré­sen­ta­tive, les coa­li­tions de citoyens sont essen­tielles, il faut les valo­ri­ser, sans quoi les plus malins se coa­li­se­ront pour mani­pu­ler la foule naïve,

    pour moi, il y a certes un sacré « droit d’in­ven­taire à faire », mais il vaut mieux que les citoyens-pro­lé­taires se divisent en par­tis, plu­tôt qu’ils ne se divisent en autant de nar­cisses inca­pables d’o­pé­rer la moindre résis­tance orga­ni­sée face à l’Etat.

    S’il y a dif­fé­rents par­tis dans la lutte, dans la gauche de com­bat, c’est parce qu’il y a dif­fé­rentes idées et dif­fé­rentes stra­té­gies, dif­fé­rentes cultures orga­ni­sa­tion­nelles, donc il y a eu des scis­sions ou des créa­tions sur la base d’i­dées nou­velles ou de refus de cer­taines formes d’or­ga­ni­sa­tion. Le temps fait son ouvrage, cer­taines idées et formes d’or­ga dis­pa­raîssent, d’autres se sclé­rosent, d’autres se renou­vellent, cha­cune étant plus ou ou moins à même d’at­ti­rer des nou­veaux mili­tants, d’a­gir effi­ca­ce­ment pour les causes qu’elles se donnent, de tenir compte de l’é­tat de conscience dans la « popu­la­tion-cible » et des meilleurs moyens pour l’at­teindre et la convaincre.

    tu n’aimes pas les éti­quettes, moi non plus mais après tout, ton petit article sur ago­ra­vox t’au­rais valu l’é­ti­quette de « com­mu­niste » sous mac­car­thy, et tu aurais fini en tôle ou flingué…

    Je pense sin­cè­re­ment qu’il vaut mieux tra­vailler à l’u­ni­té, mieux vaut redé­fi­nir ce qu’est la gauche, expli­quer aux dépo­li­ti­sés ce que ça signi­fie, quelles consé­quences il y a à ne pas s’en­ga­ger, com­ment on peut s’or­ga­ni­ser, etc., plu­tôt que d’a­voir la paresse intel­lec­tuelle de récla­mer la dis­pa­ri­tion du « cli­vage gauche-droite » et de tous les par­tis et syndicats…je trouve que c’est une réflexion infan­tile typique de l’in­di­vi­dua­lisme néo­li­bé­ral dont le côté « mains­tream » n’an­nonce rien de bon, sauf pour les bona­par­tistes. la « dis­pa­ri­tion du « cli­vage droite-gauche », ça s’ap­pelle la col­la­bo­ra­tion de classe, « l’u­nion natio­nale » pour sou­te­nir une guerre de capi­ta­listes ou que sais-je encore…je com­prend le fond de ce que tu veux dire mais ça ne me parait pas stra­té­gi­que­ment à même de ren­for­cer la capa­ci­té de lutte…qui demande des efforts pour se docu­men­ter, com­prendre, tu com­prend bien que le type qui dit oh oui moi la poli­tique euh, de toute façon ça sert à rien,ils sont tous pareil, euh, oui euh, quand il lit « tous les par­tis sont pour­ris », ça le conforte dans sa passivité..circulez y a rien à voir…

    à prio­ri en démo­cra­tie, l’u­na­ni­misme, ça n’existe pas, c’est un fan­tasme, sur­tout quand on pro­jette ses propres idées comme devant faire l’u­na­ni­mi­té, il n’y a donc que des com­pro­mis ou des faits majo­ri­taires et quelques points de consensus.

    pour convaincre il faut s’en don­ner les moyens, tu n’a pas besoin de fon­der un par­ti pour pro­pa­ger tes idées anti-par­ti et de lais­ser croire qu’elles sont com­pa­tibles avec la lutte des classes, une chose est sûre, les adver­saires de cette lutte aiment à ce que cette idée se pro­page et pos­sèdent eux des « par­tis », des moyens de pro­pa­gande de tous types, et il y aura tou­jours suf­fi­sam­ment de gens pour voter pour eux ou se résoudre à « l’homme fort » qu’ils leur pré­sen­te­ront, et ils conser­ve­ront encore le pou­voir, avec la béné­dic­tion invo­lon­taire de ceux qui ne votent pas, qui ne vont pas for­mer de par­tis, et dont les sou­lè­ve­ments spo­ra­diques et mal pré­pa­rés seront autant de moyens offerts aux oli­garques pour effrayer les par­ti­sans de l’ordre et les moutons.

    tous les jours comme aujourd’­hui des mil­lions de gens iront dans des orga­ni­sa­tions hié­rar­chiques, avec des « popotes internes » qu’ils ne maî­trisent pas, tra­vaille­ront pour des causes qui ne sont pas les leurs ou pour des clients qu’ils « servent », parce que c’est la seule solu­tion que le « sys­tème » leur offre pour avoir de quoi bouf­fer, avoir un toit et s’in­té­grer en acqué­rant des « objets-signes »,

    et toi Mor­phéus, toi qui ne croit pas en ta propre capa­ci­té à inter­agir avec les autres et à trans­for­mer les outils de la lutte pour les rendre effi­caces, tu vou­drais me faire croire que tu serais capable de sup­por­ter les contraintes d’une masse de gens qui d’un coup com­pren­drait le joug sous lequel elle vit, sau­rait par quoi le rem­pla­cer et s’or­ga­ni­se­rait d’une manière qui ne te fasse pas te sen­tir mino­ri­taire et ne te « sali­rait » pas,
    ou bien tu penses y arri­ver à toi tout seul ? ou bien te satis­fais-tu que la ser­vi­li­té for­cée au capi­tal, pour le moment ne t’empêche pas d’être libre « dans ta tête » ni d’ex­pri­mer tes idées, et sur­tout qu’elle ne t’o­blige pas à les confron­ter aux autres pour défi­nir les mots d’ordres et les stra­té­gies de la lutte ? suis-je si injuste que cela dans ma critique ?

    Réponse
  26. Morpheus

    Je ne crois pas que tu sois injuste dans ta cri­tique, je crois que tu ne per­çois pas, que tu ne res­sens pas, comme moi, que les par­tis sont des ins­tru­ments créés (ou à tout le moins uti­li­sés) par le sys­tème de domi­na­tion oli­gar­chique pour CANALISER les ten­sions sociales, JUGULER les révoltes, DRAINER les éner­gies et les ORIENTER dans un cer­tain sens, don­ner le SENTIMENT de liber­té d’ex­pres­sion et d’a­voir un pou­voir d’in­fluence et d’ac­tion sur les déci­sions poli­tiques, et éloi­gner les masses des véri­tables enjeux. Les par­tis, déli­bé­ré­ment ou non, font le jeu du sta­tus quo.

    Si tu ne le per­çois pas, nous pou­vons en par­ler pen­dant des heures, ce sera juste une perte de temps. Il semble clair que tu y vois un ins­tru­ment de lutte, alors que j’y vois un ins­tru­ment de contrôle.

    Je serais pré­ten­tieux si je disais que ma per­cep­tion des dif­fé­rents degrés du phé­no­mène par­ti­san est « meilleure » ou plus « lucide » que la tienne. Je crois juste que tu ne le vois pas sous le même angle, et je butte sur la manière de te faire voir ce que je vois. C’est tout. La faute m’en reviens.

    Il me semble (ce n’est pas un juge­ment, juste un sen­ti­ment) qu’il y a au moins une contra­dic­tion dans tes pro­pos, lorsque tu dis vou­loir tra­vailler à l’u­ni­té, mais que tu évoques la redé­fi­ni­tion de la gauche. Cela indique que tu veux agir sur l’u­ni­té à gauche, pas sur une uni­té natio­nale ou, mieux, sim­ple­ment citoyenne. Ou alors, j’ai mal com­pris ? Ou tu as mal expri­mé ton idée ? Pour ma part, c’est bien à une forme d’u­ni­té citoyenne que je veux tra­vailler, et je ne peux pas le faire sans dénon­cer les divi­sions « natu­relles » (évi­dentes) que créent de fac­to les ins­ti­tu­tions par­ti­cra­tiques.

    Peut-être que notre dif­fé­rence se situe là ?

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  27. Florence

    Un com­men­taire hors du fil, mais à par­tir de la parole de Guille­min – et sans avoir lu cor­rec­te­ment le texte d’Orwell.

    1 – Remarque sur l’a­char­ne­ment contre les sala­riés et la pers­pec­tive d’un tra­vail for­cé géné­ra­li­sé… pers­pec­tive que sou­ligne Étienne dans son intro­duc­tion et que je crains aus­si, et avec énergie.

    - Ne pas oublier que Nico­las Sar­ko­zy pro­po­sait des heures de TRAVAIL OBLIGATOIRE aux allo­ca­taires (par­don : « béné­fi­ciaires ») du RSA, dans sa pro­fes­sion de foi de can­di­dat aux élec­tions pré­si­den­tielles de 2012… – De la soli­da­ri­té de sur­vie à ?

    Je crois que l’on peut aus­si affir­mer que l’U­nion Euro­péenne, à l’u­nis­son des gou­ver­ne­ments élus (par­mi une palette d’in­di­vi­dus non choi­sie) tra­vaille à l’af­fai­blis­se­ment, l’as­su­jet­tis­se­ment voire la dis­pa­ri­tion de tous les simples et petits actifs : petites entre­prises, petits libé­raux, arti­sans, agri­cul­teurs (uni­vers sans doute modèle du genre).

    La méthode – sour­noise, pour ne pas chan­ger (?) – repose sur la pro­duc­tion de règles éli­mi­na­toires ou inte­nables par le com­mun, tan­dis que le dis­cours poli­ti­cien men­teur se par­tage entre bien-fon­dé de ces règles (nou­velles normes sani­taires, normes « éco­lo­giques », etc. orien­tées vers le Bien, le mieux, le meilleur, la qua­li­té), et l’en­cou­ra­ge­ment de la liber­té d’en­tre­prendre, de prou­ver ses « com­pé­tences », ou de gagner de l’argent.

    Nota au pas­sage : la gauche (pas de gauche) pri­vi­lé­gie­rait la pro­duc­tion de lois, tan­dis que la droite flat­te­rait l’en­tre­prise, même si l’on observe du tan­gage entre les deux côtés politiques.

    Le petit entre­pre­neur « gagnant » sera tou­jours ache­table et récu­pé­rable à un moment ou l’autre par un gros (sous-trai­tance par­mi les recettes ren­tables), à moins qu’il ait témoi­gné de sa « capa­ci­té » et soit agréé à rejoindre le club des cos­tauds, des vrais gagnants et puis­sants. J’ai une pen­sée pour Tapie…

    Lors­qu’il se lance, le petit entre­pre­neur s’en­dette – fort attrac­ti­ve­ment pour cer­tains et le com­merce (qui tourne, tan­dis que les chiffres de chô­mage se can­tonnent, voire dimi­nuent), per­dant à l’oc­ca­sion et fort pro­ba­ble­ment de cette liber­té vantée…

    Je ne constate guère de pen­sée cri­tique éma­nant ou à pro­pos de ce type d’ac­tifs, autres que sala­riés donc, et pour­tant… Des phé­no­mènes de concen­tra­tion / mono­po­li­sa­tion, de restra­ti­fi­ca­tion sont en cours et opèrent dras­ti­que­ment aus­si, qui inter­rogent for­cé­ment les règles ou les pro­ces­sus qui y conduisent – et j’in­cri­mine normes et lois peut-être trop idéo­lo­gi­que­ment. J’ai pour exemple une lec­ture sur la taille des exploi­ta­tions agri­coles en France et leur évo­lu­tion récente, tan­dis que mon uni­vers pro­fes­sion­nel m’a convain­cue de fonc­tion­ne­ments aus­si peu hasar­deux qu’im­pi­toyables (bâti­ment, gre­nelle de l’en­vi­ron­ne­ment et son infla­tion juri­dique, par exemple). D’autres ten­dances pour­raient confir­mer mon impression.

    http://​www​.jour​nal​de​len​vi​ron​ne​ment​.net/​a​r​t​i​c​l​e​/​a​g​r​i​c​u​l​t​u​r​e​-​l​a​-​f​i​n​-​d​-​u​n​e​-​e​r​e​,​2​9​259

    2 – Je sous­cris donc comme d’autres ici, au fait qu’un fas­cisme, new look ou non d’ailleurs, nous tenaille. Hier, la force et la sévé­ri­té du chef ain­si que l’o­béis­sance hié­rar­chique à ses règles « devait » résoudre les dif­fi­cul­tés vécues par la majo­ri­té alors que cette même mino­ri­té était à l’o­ri­gine des dif­fi­cul­tés vécues. Aujourd’­hui et conclu­si­ve­ment peut-être demain, des lois inces­santes, alam­bi­quées, déci­dées par une mino­ri­té en rien repré­sen­ta­tive de la masse des élec­teurs, orientent, dirigent, condi­tionnent, entravent aus­si, les acti­vi­tés humaines fon­da­men­tales (agri­cul­ture – nour­ri­ture, bâti­ment, san­té, édu­ca­tion) et mul­ti­plient les dif­fi­cul­tés de plus en plus grandes pour la majo­ri­té. Fau­dra-t-il encore invo­quer la force d’un chef pour choi­sir un ou des boucs-émis­saires lors­qu’un seuil d’in­to­lé­rance sera fran­chi et que la menace de révolte pèse­ra lour­de­ment ? Je vous le demande, chers poli­tiques et « déci­deurs » sans foi (ni cœur) qui avez déjà tant affi­né votre « tyran­nie », en obser­vant avec tris­tesse chez nombre de mes conci­toyens le res­pect sans cri­tique de fond de la hié­rar­chie, des com­pé­tences, du tra­vail (des efforts, encore des efforts), dans le sens le plus conven­tion­nel qui soit, de plus (com­plè­te­ment inadap­té au contexte actuel, à mes yeux).

    Réponse
  28. sitouaillain

    @ Flo­rence

    ton ana­lyse est très juste, sur les petits pro­duc­teurs, tu décris la « ten­dance mono­po­lis­tique du capi­ta­lisme », et tu fais peu ou prou la même ana­lyse que marx, ils forment rare­ment une « classe pour soi », seuls quelques socia­listes s’y sont inté­res­sés, sinon ils sont la figure idéale de plu­sieurs théo­ri­ciens du libé­ra­lisme éco­no­mique basé sur le « mythe de l’entrepreneur ».

    @ Mor­phéus

    Effec­ti­ve­ment on n’a pas le même mode de pensée…les exemples his­to­riques de par­tis ou syn­di­cats qui foutent par terre un mou­ve­ment ne manque pas, mais c’est pro­pre­ment abu­sif d’en faire une géné­ra­li­té et de tirer les conclu­sions que tu en tires…ne serait-ce que par res­pect pour les gens qui se sont fait flin­guer parce qu’ils appar­te­naient à un par­ti qui ne conve­nait pas au pou­voir en place…

    Enfin, je me suis mal expri­mé sans doute, enfin peu importe, je ne reviens pas sur le rôle des orga­ni­sa­tions de « gauche », il y a suf­fi­sam­ment de lit­té­ra­ture pour ça ou de mili­tants avec qui échan­ger qui ont cette conscience historique,

    Mais si tu parles d’u­ni­té citoyenne tout en sou­te­nant ailleurs l’i­dée de la lutte des classes, j’i­ma­gine que tu ne t’at­tends pas à faire l’u­ni­té avec les citoyens dont les inté­rêts sont contra­dic­toires avec la démo­cra­tie et avec les mil­lions de gens qui les suivent et ne sont pas trop mécon­tents de la situa­tion, et qui sont par contre prêts à tout pour sau­ver le capitalisme…

    Et en tout cas tu divi­se­ras encore plus en dénon­çant les par­ti­sans du plu­ra­lisme (idéa­le­ment les par­tis mani­festent une dif­fé­rence d’o­pi­nion et de pra­tiques, ils ne créent pas une divi­sion) et tu ne convain­cras pas grand monde en vou­lant faire l’u­ni­té « citoyenne » sans qu’il soit pos­sible de for­mer à l’in­té­rieur des cou­rants iden­ti­fiables affi­chant clai­re­ment leurs opi­nions et ten­tant de convaincre…tout sim­ple­ment parce que c’est inévi­table, les opi­nions diver­gentes finissent tou­jours par se cris­tal­li­ser dans des groupes affi­ni­taires, et les moins aptes à gérer ce pro­blème en per­met­tant l’ex­pres­sion des « cou­rants » ce sont jus­te­ment les anar­chistes, ils ont la scis­sio­nite aïgue !

    Quitte à choi­sir et pour finir sur une pro­vo­ca­tion (à médi­ter) je pré­fè­re­rais qu’il soit obli­ga­toire d’être membre d’un par­ti, d’en choi­sir un ou d’en fon­der d’autres, plu­tôt que cela soit interdit..on enten­drait moins de gens se plaindre que les « hommes poli­tiques » ne font pas ce qu’ils sou­haitent, qu’ils ne choi­sissent pas les can­di­dats, etc…avec de la chance ils devien­draient tous des hommes poli­tiques.… ça com­mence comme ça la démo­cra­tie, non ?

    Réponse
  29. Di Girolamo

    @ SITOUAILLAIN et Morpheus

    Les par­tis sont des réa­li­tés sociales qui cor­res­pondent au besoin jus­ti­fié de réunions d’hommes et femmes par­ta­geant les mêmes buts et préoccupations.
    En ce sens ils sont des moteurs col­lec­tifs pré­cieux et ont voca­tion à nour­rir le débat public et faire avan­cer la société .

    Mais la pente natu­relle néga­tive des par­tis est le repli sur soi et la volon­té du pou­voir pour soi seul ; aus­si la perte d’au­to­no­mie individuelle .

    Le fonc­tion­ne­ment actuel de l’ou­til poli­tique au lieu de tirer par­ti des par­tis dans ce qu’ils peuvent appor­ter de meilleur qui est de dyna­mi­ser et ani­mer le débat public en se confron­tant les uns les autres autour de l’é­tude des divers sujets de socié­té , ce qui aurait pour effet de les appro­fon­dir en vue des déci­sions poli­tiques , détourne la notion essen­tielle et fon­da­trice de la démo­cra­tie qu’est le débat public en le rem­pla­çant par le vote en alter­nance pour des par­tis qui confisquent ain­si la démocratie.
    Les élec­tions pré­si­den­tielles font voter les citoyens pour un pack com­plet avec le pré­sident + le pro­gramme de gou­ver­ne­ment pour 5 ans + le ou les par­tis sou­te­nant ce pack et les dépu­tés issus de ce ou ces partis.

    Cette stu­pide démo­cra­tie alter­na­tive du « cha­cun son tour » ins­talle les par­tis dans une classe diri­geante , les pro­blèmes du pays n’é­tant plus débat­tus et sou­mis à réfé­ren­dum (« La sou­ve­rai­ne­té natio­nale appar­tient au peuple qui l’exerce par ses repré­sen­tants et par la voie du réfé­ren­dum. »(Article 3) ) mais ren­trant dans le pack présidentiel .

    Ces pra­tiques sont désas­treuses et dans le monde pro­blé­ma­tique qui vient , vont nous mener droit à la catastrophe.

    En conclu­sion les par­tis poli­tiques ne sont pas bons ou mau­vais en soi mais le juge­ment qu’on peut s’en faire dépend rigou­reu­se­ment du mode de régime poli­tique en place ; dans un régime démo­cra­tique les par­tis sont une bonne chose ; dans notre type de régime , c’est une catastrophe .

    Réponse
  30. Di Girolamo

    .….Encore en conclu­sion , je suis per­sua­dé que bien que peu por­té à adhé­rer à un par­ti , j’y serais beau­coup moins réti­cent si nous étions en démo­cra­tie et non dans ce manège .

    Réponse
  31. Morpheus

    Avant que je n’adhère à un par­ti, il fau­drait déjà qu’il fonc­tionne de façon réel­le­ment démo­cra­tique, notam­ment par l’u­sage du tirage au sort (c’est pas demain la veille, même au Front des Gauches).

    Ensuite, il m’ap­pa­rait essen­tiel de pré­ser­ver ma liber­té de conscience, même au sein d’un par­ti. Il ne me semble pas nor­mal qu’en étant membre d’un par­ti, je sois contraint d’a­dop­ter tel ou tel paquet de mesures, pro­jets ou idées, car s’il en est qui recueille­raient mon adhé­sion, il en est d’autres auquel je n’adhé­re­rais pas. C’est tout le pro­blème des pro­grammes poli­tiques, inhé­rents au mode de fonc­tion­ne­ment des par­tis. Com­ment je fais, moi, si par exemple, dans le pro­gramme du par­ti A (auquel je serais éven­tuel­le­ment affi­lié), j’adhère aux point b, d, e, g et i (mais pas aux autres), et que par ailleurs, cer­tains points d’un autre par­ti B me sem­ble­raient éga­le­ment bons ? Me voi­là coin­cé. Ou je tra­his mon par­ti A, ou je renonce aux pro­po­si­tions du pro­gramme du par­ti B.

    Cet exemple, très concret, montre bien le piège partisan.

    D’autre part, ce n’est pas tout. Les par­tis, comme n’im­porte quel can­di­dat au pou­voir, sont en per­ma­nence en lutte pour accé­der / gar­der le pou­voir. L’es­sen­tiel du temps, de l’éner­gie, des efforts des mili­tants se consacre à cette lutte pour le pou­voir. Pas à trou­ver des solu­tions aux pro­blèmes ren­con­trés par les citoyens. Bien sûr, cette dérive, comme le fait remar­quer Di Giro­la­mo, est la consé­quence du sys­tème (pré­ten­du­ment) repré­sen­ta­tif, fon­dé sur le suf­frage des élus (plu­tôt que le suf­frage du sort). Mais on est bien dans ce sys­tème. Or, accep­ter ce sys­tème revien­drait pour moi à accep­ter d’être cor­rom­pu par ce que je dénonce. Cher­chez l’erreur.

    Comme je consi­dère, avec beau­coup de force, qu’il est indis­pen­sable de sor­tir de la poli­ti­kè (la lutte pour le pou­voir) afin de se consa­crer exclu­si­ve­ment à la poli­tea (la réso­lu­tion des pro­blèmes ren­con­tré dans la cité), je ne vois guère com­ment je pour­rais être cohé­rent vis-à-vis de cet objec­tif, tout en rejoi­gnant un par­ti, ou même en en créant un nou­veau (uto­pique : un par­ti, c’est du fric, beau­coup de fric, et j’ai pas un rond). Cela ne m’empêche pas d’être sym­pa­thi­sant de tel ou tel par­ti, et d’a­voir de bonnes rela­tions avec des mili­tants de tel ou tel par­ti, mais cela s’ar­rête là.

    Si vous avez des solu­tions, si vous pen­sez que je me trompe, je suis toute ouïes …

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  32. Di Girolamo

    « Les par­tis, comme n’im­porte quel can­di­dat au pou­voir, sont en per­ma­nence en lutte pour accé­der / gar­der le pou­voir. L’es­sen­tiel du temps, de l’éner­gie, des efforts des mili­tants se consacre à cette lutte pour le pouvoir. »

    Tout à fait exact parce que le tour de passe passe qui a eu lieu est de rem­pla­cer la démo­cra­tie dont l’exer­cice n’est que le débat , l’é­tude des thèmes socié­taux , avec la par­ti­ci­pa­tion active de tous les par­tis et plus géné­ra­le­ment de tous les citoyens , l’adhé­sion à un par­ti n’ayant rien d’o­bli­ga­toire, par les élec­tions pré­si­den­tielles et légis­la­tives qui sont conçues selon le même sché­ma vicié qui est de rem­pla­cer le coeur de la démo­cra­tie qui est le débat par l’é­lec­tion de can­di­dats pro­po­sant des programmes .

    C’est hau­te­ment ridi­cule dès qu’on y réflé­chit : les pro­blèmes ne peuvent ni s’é­tu­dier ni se débattre ni se déci­der comme ça . Cécile Duflot s’empêtre dans son sou­tien à la dépé­na­li­sa­tion du can­na­bis , sans même avoir l’i­dée que ce sujet comme tous ceux qui nous occupent devrait faire l’ob­jet d’un vrai débat public ; le pro­blème n’est pas le tirage au sort ou la repré­sen­ta­tion mais l’or­ga­ni­sa­tion même de la pra­tique démocratique .

    Quand la consti­tu­tion actuelle dit que « La sou­ve­rai­ne­té natio­nale appar­tient au peuple qui l’exerce par ses repré­sen­tants et par la voie du réfé­ren­dum. » On a là la clé de la méthode : nos repré­sen­tants sont élus par nos soins pour nous aider à étu­dier et débattre , les médias sont là pour les rendre visibles et dis­po­nible d’ac­cès ; le réfé­ren­dum qui est expli­ci­te­ment pré­vu éta­blit le lien entre le débat par­le­men­taire et le peuple quand les thèmes s’y prêtent . On est loin du cha­cun son tour !

    L’i­dée reçue que la démo­cra­tie c’est ce que nous avons mis en place est une idée fausse et dan­ge­reuse parce que les pro­blèmes ne sont jamais réel­le­ment trai­tés sur le fond . L’eu­rope ? La dette ? la mon­naie ? la tran­si­tion éner­gé­tique ? la place des nations dans la mon­dia­li­sa­tion ? Le tra­vail , le sala­riat ? La crois­sance ? l’a­mé­na­ge­ment du territoire ? .….……

    Ce manège alter­na­tif de sachants pou­vait à la limite se conce­voir il y a quelques années quand l’é­co­no­mie « fonc­tion­nait » , mais aujourd’­hui c’est un qua­si crime contre l’hu­ma­ni­té : si nous ne posons pas les pro­blèmes qu’on a , les choses vont se for­ma­ter sans nous et dans la logique de tous ceux qui ont inté­rêt à ce que ce manège conti­nue à tourner .

    Réponse
  33. J.C

    Tant qu’il y aura des par­tis poli­tiques, il n’y aura pas de démo­cra­tie. les par­tis poli­tiques sont des sys­tèmes représentatifs.

    Un sys­tème repré­sen­ta­tif est un sys­tème éli­tiste et non démo­cra­tique. Le point de vue de chaque citoyen doit pou­voir s’ex­pri­mer avec la même force. Faire pas­ser un indi­vi­du ou un groupe d’in­di­vi­du ou un par­ti devant un autre est contraire à l’u­ni­té et l’é­ga­li­té citoyenne.

    Lorsque, dans une assem­blée, quelle que soit sa taille, on en vient, après débats, à tom­ber d’ac­cord sur une posi­tion majo­ri­taire ain­si que les objec­tions mino­ri­taires, il n’est alors nul besoin de repré­sen­tant ou de man­da­taire. La posi­tion d’une assem­blée peut être trans­mise direc­te­ment à l’en­semble des autres assem­blées qui feront de même.

    Tout citoyen doit pou­voir par­ti­ci­per aux dif­fé­rentes étapes d’é­la­bo­ra­tion d’une consti­tu­tion, d’une loi, d’une règle ou d’une charte le concernant.

    Si ce n’est pas le cas, voi­là la vio­lence qui est faite à chaque citoyen. Devoir dépendre de par­tis poli­tique pour pou­voir expri­mer ou plu­tôt se sou­mettre à une posi­tion est la marque de l’ab­sence de pou­voir poli­tique démocratique.

    De plus, tout par­ti poli­tique doit être finan­cé et res­pec­ter les règles impo­sées par l’oligarchie.

    Cela signi­fie-t-il que ceux qui ont l’argent ont le pouvoir ?

    Non, ceux qui ont de l’argent sont endet­tés car l’argent c’est de la dette. Ceux qui financent créent l’argent à par­tir de rien.

    Ceux qui ont le pou­voir de créer l’argent peuvent finan­cer ce qu’ils veulent et impo­ser leurs lois. Ceux qui contrôlent la créa­tion moné­taire contrôlent notre société.

    En ce qui concerne l’ex­pres­sion démo­cra­tique : le simple fait d’être citoyen dans une démo­cra­tie suf­fit. La néces­si­té de par­tis poli­tiques (repré­sen­ta­tifs) est anti­dé­mo­cra­tique. Ce mode de fonc­tion­ne­ment pyra­mi­dal doit dis­pa­raître si nous aspi­rons à la liber­té, à l’é­ga­li­té et la fraternité.

    Bien ami­ca­le­ment.

    J.C.

    Réponse
  34. Di Girolamo

    Je suis tout à fait recon­nais­sant à mon fac­teur d’a­che­mi­ner mon cour­rier, il me serait dif­fi­cile de faire ce tra­vail moi même. Si mon fac­teur pro­fite de sa posi­tion pour me sou­ti­rer de l’argent ou s’im­mis­cer dans ma vie pri­vé , c’est un mau­vais fac­teur. De même je suis recon­nais­sant au jour­na­liste d’in­ves­ti­ga­tion qui va aller étu­dier à fond un pro­blème et m’en faire le compte ren­du par un docu­men­taire et une émis­sion tv. Recon­nais­sant aus­si aux « experts » et autres inter­ve­nants qui vont échan­ger sur ce sujet et me per­mettre de me faire mon idée. Recon­nais­sant aus­si à l’as­so­cia­tion qui vient témoi­gner et don­ner son éclai­rage, ou au par­ti poli­tique qui donne son point de vue. A par­tir du moment où les dif­fé­rents acteurs que nous sommes sont en syner­gie dans le cadre d’une orga­ni­sa­tion offi­cielle de la gou­ver­nance ayant pour but de résoudre col­lec­ti­ve­ment les pro­blèmes selon des moda­li­tés d’é­tudes et débats où tous peuvent être infor­més et s’ex­pri­mer et où les moda­li­tés de prises de déci­sions tiennent compte au mieux des avis de tous, nous sommes, mal­gré les imper­fec­tions et erreurs, en démocratie.

    À par­tir du moment où nos repré­sen­tants nous repré­sentent vrai­ment , ce sont de pré­cieux aides à la démo­cra­tie – repré­sen­ter les citoyens ne pou­vant être autre chose que de leur per­mettre d’ac­cé­der au débat public et pou­voir s’ex­pri­mer ; le dépu­té ne peut repré­sen­ter tout le monde et toutes la diver­si­té des opi­nions ; repré­sen­ter est donc tra­vailler à ce que la diver­si­té des opi­nions puisse être enten­due. Le dépu­té n’est pas au ser­vice de Fran­çois Hol­lande et du PS , il n’est pas là pour faire appli­quer un pro­gramme, ou pour le démo­lir, il est là pour repré­sen­ter les citoyens qu’ils puissent par­ti­ci­per à des débats et pour que des réfé­ren­dums soient organisés.

    L’idée d’une démo­cra­tie par­faite est contre pro­duc­tive parce qu’elle nous détourne d’une vraie démo­cra­tie impar­faite par nature ; en ce sens elle rejoint et est com­plice de la fausse gou­ver­nance qu’elle dénonce en nous détour­nant de por­ter le fer là où il le faut .Une vraie démo­cra­tie est une démo­cra­tie qui cherche à réunir l’en­semble des citoyens autour de la réso­lu­tion des pro­blèmes qui se posent à la socié­té. Nous devons donc dénon­cer les par­tis mais aus­si les asso­cia­tions mais aus­si les entre­prises mais aus­si les per­sonnes phy­siques qui oeuvrent d’une manière ou d’une autre à empê­cher le débat public d’avoir lieu.

    Aujourd’hui qua­si l’ensemble des acteurs ont renon­cé à la démo­cra­tie ; ce n’est pas en cri­ti­quant les par­tis ou en reven­di­quant une démo­cra­tie directe irréa­liste ou quelque chose de par­fait qu’on, fera avan­cer les choses. La honte c’est de ne pas débattre de l’Europe, de ne pas débattre de l’énergie et etc la honte c’est d’é­lire quel­qu’un de nor­mal après quelqu’un d’anormal qui ont ceci en com­mun de débattre pour nous ; pire de ne pas débattre pour nous . Pour­quoi débattre ? Ils savent ; et leur savoir a été légi­ti­mé par nos votes .

    Réponse
  35. J.C

    @ Di Girolamo,

    quel dis­cours de poli­ti­cien, plein de contre sens comme d’habitude.

    « repré­sen­ter les citoyens ne pou­vant être autre chose que de leur per­mettre d’ac­cé­der au débat public et pou­voir s’ex­pri­mer ; le dépu­té ne peut repré­sen­ter tout le monde et toutes la diver­si­té des opi­nions ; repré­sen­ter est donc tra­vailler à ce que la diver­si­té des opi­nions puisse être entendue »

    ne serait-il pas plus juste de dire : repré­sen­ter les citoyens ne pou­vant être autre chose que de les empê­cher d’ac­cé­der au débat public et de pou­voir s’exprimer.
    Le dépu­té ne peut repré­sen­ter tout le monde et toutes la diver­si­té des opi­nions ; repré­sen­ter est donc tra­vailler à ce que la diver­si­té des opi­nions ne puisse être entendue.

    C’est le sys­tème des par­tis et de la repré­sen­ta­ti­vi­té qui empêche tous ceux qui sou­haitent une véri­table démo­cra­tie de s’ex­pri­mer. Ce qui n’est pas une démo­cra­tie directe n’est pas une démo­cra­tie. Dans une démo­cra­tie, c’est le peuple qui choi­si pour et par lui même et non une mino­ri­té pour lui.

    « « Les citoyens qui se nomment des repré­sen­tants renoncent et doivent renon­cer à faire eux-mêmes la loi ; ils n’ont pas de volon­té par­ti­cu­lière à impo­ser. S’ils dic­taient des volon­tés, la France ne serait plus cet État repré­sen­ta­tif ; ce serait un État démo­cra­tique. Le peuple, je le répète, dans un pays qui n’est pas une démo­cra­tie (et la France ne sau­rait l’être), le peuple ne peut par­ler, ne peut agir que par ses repré­sen­tants. » (Dis­cours du 7 sep­tembre 1789) » Emma­nuel-Joseph Sieyès

    Réponse
  36. sitouaillain

    Vous avez des fois de drôles d’a­na­lyse à l’emporte pièce 😉 

    Pre­nons un cas concret : la Fédé­ra­tion pour une Alter­na­tive Sociale et Eco­lo­gique, la FASE, membre du Front de Gauche 
    http://​lafe​de​ra​tion​.org/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​o​p​t​i​o​n​=​c​o​m​_​c​o​n​t​e​n​t​&​v​i​e​w​=​a​r​t​i​c​l​e​&​i​d​=​1​1​1​5​:​d​o​n​s​-​e​t​-​c​o​t​i​s​a​t​i​o​n​s​&​c​a​t​i​d​=​6​6​&​I​t​e​m​i​d​=​169

    Pas de tirage au sort mais consen­sus dans les col­lec­tif locaux, ou vote en cas de désac­cord, etc. et des débats…

    Que demande le peuple ?!

    Réponse
  37. Ana Sailland

    Plus haut et ailleurs il y a un débat sur les partis.

    Le conte­nu et le contenant :

    Nous ne sommes pas en démocratie.
    Donc pour faire pas­ser un paquet d’i­dées, les citoyens sont obli­gés de se regrou­per en asso­cia­tion ou en parti.

    En outre, le sys­tème englo­bant (qui n’est pas une démo­cra­tie, je le répète) pousse les par­tis à mimer ce qui les rend nécessaires,et donc à fonc­tion­ner de manière peu convi­viale, c’est le moins qu’on puisse dire.

    Amé­lio­rons un peu le sys­tème englo­bant, et les par­tis suivront.

    Pas­sons à la réelle démo­cra­tie, et les par­tis dis­pa­raî­tront, car obsolètes.

    Réponse
  38. Ana Sailland

    Au sens du mes­sage 26 (fas­cisme = conver­gence mor­bide extrê­male), nous vivons une civi­li­sa­tion fasciste :->

    Fas­cisme pla­né­taire carac­té­ri­sé par l’es­prit de com­pé­ti­tion ins­ti­tué comme sys­tème régu­la­teur, qui s’in­si­nue dans toutes les struc­tures et dans toutes les atti­tudes col­lec­tives, et dans bien des atti­tudes individuelles.

    Schi­zo­phré­nie pla­né­taire d’une espèce humaine qui se targue de fra­ter­ni­té et fait ron­fler sa noblesse ver­bale, mais se régule par la com­pé­ti­tion, jus­qu’à l’a­veu­gle­ment meurtrier.

    A la source de la com­pé­ti­tion, la peur et la défiance. Civi­li­sa­tion psy­cha­na­ly­ti­que­ment malade.

    Y a du boulot

    Réponse
  39. J.C

    @ Sitouaillain et Ana Sailland

    Les dif­fé­rents types d’as­so­cia­tions, de regrou­pe­ments qui ont pour but d’in­for­mer les gens sont une bonne chose mais le sys­tème de par­tis, un mau­vais choix pour faire adve­nir la démocratie.

    « Pas­sons à la réelle démo­cra­tie, et les par­tis disparaîtront »

    Aban­don­nons les par­tis et la réelle démo­cra­tie apparaîtra.

    Nos deux cents ans de « démo­cra­tie » repré­sen­ta­tive sont truf­fés de petits par­tis plus ou moins proches d’une véri­table démo­cra­tie et ils n’ont fait en par­ti­ci­pant à cette mas­ca­rade rien d’autre que de per­pé­tuer le pou­voir du sys­tème oligarchique.

    N’est-ce pas évident ? pour for­mer un par­ti il faut se sou­mettre à cer­taines règles.

    Défendre la valeur tra­vail, moyen par lequel on achète la vie des gens par le prin­cipe de la dette ou argent-dette et, bien sûr, ne pas remettre en cause les règles de la république.

    Comme s’é­ver­tue à nous mon­trer un bon nombre de per­sonne main­te­nant, les dès sont pipés.
    Il n’y a pas de porte de sor­tie par l’obéissance aux règles de l’oligarchie.
    En tout cs pas à ma connaissance.

    Bien ami­ca­le­ment.

    J.C.

    Réponse
  40. Di Girolamo

    @ JC
    Fina­le­ment on est assez d’accord :

    « Les par­tis et grou­pe­ments poli­tiques concourent à l’ex­pres­sion du suf­frage. Ils se forment et exercent leur acti­vi­té libre­ment. Ils doivent res­pec­ter les prin­cipes de la sou­ve­rai­ne­té natio­nale et de la démocratie. »

    « La loi garan­tit les expres­sions plu­ra­listes des opi­nions et la par­ti­ci­pa­tion équi­table des par­tis et grou­pe­ments poli­tiques à la vie démo­cra­tique de la Nation. »(article 4 de la constitution)

    Le rôle des par­tis est défi­ni comme celui d’a­ni­ma­teur du débat .

     » Le sys­tème des par­tis » avec lequel je ne suis bien sûr pas d’ac­cord non plus , c’est une dérive consis­tant tout sim­ple­ment à voler la sou­ve­rai­ne­té au peuple .(« La sou­ve­rai­ne­té natio­nale appar­tient au peuple qui l’exerce par ses repré­sen­tants et par la voie du référendum.Aucune sec­tion du peuple ni aucun indi­vi­du ne peut s’en attri­buer l’exer­cice » article 3 constitution )

    Concer­nant les repré­sen­tants , c’est idem , il y a confis­ca­tion de la souveraineté.

    Ce que je dis c’est qu’au lieu de vou­loir sup­pri­mer repré­sen­tants et par­tis , il est plus réa­liste de refu­ser cette dérive et de faire appli­quer la loi ( consti­tu­tion); les par­tis et les repré­sen­tants n’en ont rien à cirer de nos dis­cours sur la démo­cra­tie réelle parce que dans les faits c’est eux qui ont le pou­voir ; par contre quand on les conteste dans leur mis­sion et qu’on montre qu’ils sont des hors la loi , là ça les dérange.

    Réponse
  41. Di Girolamo

    .…Je pense que le meilleur posi­tion­ne­ment poli­tique c’est de refu­ser acti­ve­ment et média­ti­que­ment , juri­di­que­ment etc la légi­ti­mi­té des élus ( pré­sident , députés ..)
    et aus­si de condam­ner les chiens de gardes.

    Mon­trer et dire qu’ils ne font pas leur tra­vail, ne res­pectent pas la loi , sont donc des dan­gers publics par rap­port aux enjeux lourds qu’on a .

    Et refu­ser bien sûr de ren­trer dans ce sys­tème : refus actif du vote .

    Réponse
  42. eric delorme

    CONVICTION PROFONDE (texte bou­le­ver­sant, je trouve) : 

    http://www.rts.ch/archives/radio/culture/ma-conviction-profonde/3643822-conviction-profonde-21–10-1962.html

    C’est bien le der­nier étage et la pre­mière flamme qui manque comme aimant, comme pôle, à tous les résis­tants qui t’en­tendent, Etienne…

    Mer­ci pour ta décou­verte de cet extra­or­di­naire ami de l’homme.

    En atten­dant – non avec espé­rance mais avec cer­ti­tude – le point de conver­gence irré­pres­sible de l’é­vo­lu­tion qui nous rassemblera…

    Eric

    Réponse
  43. eric delorme

    Ah oui ! J’ou­bliais de te dire , Etienne

    je suis main­te­nant tota­le­ment convain­cu par ta manière récente d’a­bor­der le tirage au sort sur des non-can­di­dats consi­dé­rés et pro­po­sés par les citoyens sur des valeurs de bien com­mun… La boucle est bou­clée. Le sort ne devient pas un hasard de tièdes ou de loups.

    Au sort de la grande flamme pre­mière qui nous aimante..

    PS : un lec­teur par­mi tes plus assi­dus du moment me nour­rit par­fois la semaine de ses excel­lentes galettes bio mai­son qu’il vend (peu cher tant le com­merce n’est pas son affaire) sur Tou­lon. Il a des idées inven­tives et sou­vent éton­nantes. Et sur tes pro­jets, nous en par­lions et il disait qu’a­vec tous les indi­gnés, les résis­tants, etc. on a en effet deux choix : l’es­poir (l’u­to­pie?) qu’un pré­sident tout-puis­sant lance sous la pres­sion, le la d’une refonte consti­tu­tion­nelle ; ou alors l’ac­tion (la réa­li­té pos­sible immé­dia­te­ment ?) d’une implan­ta­tion poli­tique immé­diate en virus­sant (je pré­fère pour ma part le mot fécon­dant) un vil­lage « acces­sible ». Nous nous y ins­tal­lons à plus que la moi­tié des élec­teurs du bled pour y mettre en place immé­dia­te­ment la meilleure démo­cra­tie pos­sible au dedans comme vers le dehors.

    Pro­blème : ce ne serait qu’un incu­ba­teur au départ puisque ceux qui vien­draient seraient des convain­cus, mais pour­tant pas déjà for­cé­ment avec les mêmes vues ou ententes, ni les mêmes ori­gines ou cultures, loin s’en faut !

    Et si le pro­jet, la graine prend, s’é­tend sans haine dans une paix et une créa­ti­vi­té visibles, elle mour­ra alors peut-être tel­le­ment elle fera peur mais ce sera trop tard, le germe sera semé, le plus loin pos­sible , je vois que tu le fais déjà pour l’idée !

    Reste enfin le cou­rage de se lan­cer un jour.. Faut-il un signal, un moment ? À suivre…

    Réponse
  44. Yvan

    Un énorme MERCI à Etienne, pour le par­tage des tra­vaux du pas­sion­nant Hen­ri Guille­min (mer­ci, vrai­ment!) et pour les pas­sion­nants débats qui animent ce blog.
    J’ai hâte d’é­cou­ter ces archives audio 🙂

    @ Eric Delorme :
    Au sujet du regrou­pe­ment en une com­mune soli­daire et révo­lu­tion­naire, je vous encou­rage à jeter un œil du côté de cet éton­nant « labo­ra­toire » qu’est la petite com­mune de Mari­na­le­da, en Espagne :
    => http://​fr​.wiki​pe​dia​.org/​w​i​k​i​/​M​a​r​i​n​a​l​eda
    Le modèle éco­no­mique (ten­dant à lis­ser les classes sociales) est dis­cu­table, tout comme le non-droit à la pro­prié­té pri­vée. On peut réel­le­ment (c’est rare) par­ler de com­mu­nisme là… mais le modèle poli­tique est très inté­res­sant, démo­cra­tique et par­ti­ci­pa­tif, hori­zon­tal et communautaire.
    Le plus incroyable est sur­ement le fait que cela fait 35 ans que ça dure, et que ça tient le coup, ça pros­père même (et c’est pour­tant noyé au cœur d’un sys­tème capitaliste).

    A plus grande échelle, c’est du côté de l’A­mé­rique du Sud qu’il faut regar­der, je pense. Equa­teur, Boli­vie, et prin­ci­pa­le­ment au Vene­zue­la, d’où est par­tie la « révo­lu­tion citoyenne » et (pour reprendre les termes de Cha­vez) le « socia­lisme du XXIème siècle ». Peu de gens savent vrai­ment ce qui se passe là bas, et la majo­ri­té des infos qui nous par­viennent sont issues de l’op­po­si­tion (les anti-cha­vistes, des nan­tis qui détiennent les plus grands médias et la majo­ri­té des terres inex­ploi­tées, et qui luttent pour ten­ter de récu­pé­rer leurs pri­vi­lèges, tout en récla­mant la des­ti­tu­tion du pou­voir en place).
    Mais le pou­voir citoyen dans ces pays (obte­nu par une pro­fonde réforme consti­tu­tion­nelle, une consti­tuante sou­mise au réfé­ren­dum popu­laire) ne laisse pas de doute : l’o­li­gar­chie fas­ciste devra reprendre le pou­voir par les armes et la force, sans quoi elle ne pour­ra pas le reprendre ! (les élec­tions de 2012 au Vene­zue­la devraient confir­mer cette idée) …et si les urnes ser­vaient les gens cupides au siècle der­nier, depuis 1999 cette arme des oli­garques finan­ciers (le vicieux sys­tème élec­to­ral) s’est retour­née contre eux. C’est bien un pré­sident élu par les urnes qui a don­né la Consti­tu­tion au peuple, et qui tâche de leur faire com­prendre l’im­por­tance de ce texte, pre­mier pro­tec­teur de la sou­ve­rai­ne­té popu­laire, tout en expli­quant que le vrai pro­blème, c’est pas le chô­mage, c’est pas l’im­mi­gra­tion, mais ce para­digme insen­sé ins­tau­ré par les grands ban­quiers qui pilotent ce monde. Et quand on a conscience de l’in­té­rêt éner­gé­tique (et donc éco­no­mique) que repré­sente le Vene­zue­la dans cette région du monde, il y a fort à parier pour qu’a­près l’I­ran les USA et l’O­TAN aillent s’oc­cu­per de Chavez.

    Pour reve­nir au sujet, les fas­cistes (néo-libé­raux, ultra-conser­va­teurs, peu importe les cas­quettes qu’ils peuvent por­ter) sont bien pré­sents et bien actifs au Vene­zue­la, prêts à relan­cer un coup d’E­tat dés que pos­sible, comme en 2002. Ces mêmes bour­geois et hommes d’é­glise qui avaient le pou­voir avant 1998, et qui n’hé­si­taient pas à uti­li­ser l’ar­mée contre le peuple pour défendre leurs inté­rêts. On oublie vite, mais 1989 fut un car­nage pour les véné­zué­liens, qui étaient sous l’emprise de la tyran­nie finan­cière… fasciste.
    Mais les véné­zué­liens sont en train de com­prendre que l’é­co­no­mie dépend des lois qu’on lui impose, après avoir com­pris (non sans dou­leurs) que l’in­verse n’est pas com­pa­tible avec la démo­cra­tie.

    Le capi­ta­lisme est en train de mou­rir, de s’as­phyxier tout seul, mais par quoi sera t’il remplacé ?
    Ce qui se passe en Amé­rique Latine devrait nous inter­pe­ler, car c’est fort encourageant.

    Au pas­sage, un peu de pub pour le blog (jus­te­ment dédié à la révo­lu­tion boli­va­rienne) que j’ai créé il y a quelques semaines à peine, et qui ne demande qu’à s’é­tof­fer (je m’y attèle dés que j’en trouve le temps) :
    => Obser­va­toire du Venezuela

    Pour finir, on parle du « grand com­plot » de la Fede­ral Reserve US (la fameuse réunion sur l’Ile Jekyll en 1910), mais on oublie d’a­jou­ter à ces cra­pules une autre grande coa­li­tion finan­cière : « Les Sept Soeurs » (Exxon, Mobil, Shell, BP, Gulf, Che­vron et Texaco).
    A voir abso­lu­ment, et à par­ta­ger, cette excel­lente série de 4 docu­men­taires sur le sujet :
    – Le Secret Des Sept Sœurs – 01 – tem­pêtes et for­tunes du désert
    – Le Secret Des Sept Sœurs – 02 – safa­ri dans l’el­do­ra­do noir
    – Le Secret Des Sept Sœurs – 03 – la danse de l’ours
    – Le Secret Des Sept Sœurs – 04 – la conspi­ra­tion des milliardaires
    (plus de 4h de vidéo, c’est long, je sais… mais ça vaut le détour croyez-moi)

    Mer­ci encore pour le par­tage Etienne, et vive Inter­net (l’ou­til d’é­du­ca­tion popu­laire et révolutionnaire) 🙂

    Réponse
  45. Yvan

    Déso­lé, petite cor­rec­tion à appor­ter dans mon pré­cé­dent mes­sage (et effa­cer celui-ci une fois la cor­rec­tion faite)…
    j’ai oublié une vir­gule ici :
    il y a fort à parier pour qu’a­près l’I­ran, les USA et l’O­TAN aillent s’oc­cu­per de Chavez.
    C’est fou comme une si petite vir­gule peut tout déformer ^^
    Mer­ci d’a­vance pour la correction 😉

    Réponse
  46. sitouaillain

    @ Yvan,
    Pour y avoir vécu, je connais un peu le Vene­zue­la, j’ai bien vu que la menace per­ma­nente à la fois inté­rieure et exté­rieure qui pèse sur le cha­visme est un frein majeur à l’ap­pro­fon­dis­se­ment démo­cra­tique et révo­lu­tion­naire, dans le sens où la défiance poli­tique des citoyens envers le pou­voir « repré­sen­ta­tif » ne s’exerce qu’à la marge, loca­le­ment, d’une manière défen­sive à l’en­contre de tel ou tel fonc­tion­naire ou élu « cha­viste » cor­rom­pu, mais d’une part, ce pou­voir citoyen s’exerce uni­que­ment au sein de l’é­lec­to­rat cha­viste et rare­ment en dehors de la ligne fixée par le pré­sident lui-même. De sorte que les for­mi­dables pou­voirs dont les citoyens dis­posent de par la Consti­tu­tion ne s’in­carnent pas vrai­ment dans un exer­cice effec­tif de ces pou­voirs comme pou­voirs de construc­tions et d’i­ni­tia­tives popu­laires auto­nomes. De par la nature du dan­ger auquel le pou­voir cen­tral est confron­té, le pou­voir citoyen se res­treint à la construc­tion du socia­lisme du XXIème siècle tel qu’il s’i­ma­gine « en haut ». Ceci est déjà, je le concède bien volon­tiers, un pas en avant immense, jamais un peuple de cette région du monde n’a eu un tel pou­voir sur son des­tin, sur­tout depuis que le mot d’ordre de « la révo­lu­tion dans la révo­lu­tion » a été lan­cé. Il n’en reste pas moins que les contra­dic­tions du cha­visme ne par­viennent pas à se résoudre dans et par l’exer­cice effec­tif des pou­voirs citoyens. Dans les faits, ces contra­dic­tions demeurent inso­lubles prin­ci­pa­le­ment parce que l’E­tat se sent mena­cé, et que cette menace bien réelle main­tient une ambiance de guerre. Dans cette ambiance, il n’y a que peu de place pour de véri­tables débats démo­cra­tiques, en par­ti­cu­lier sur le ter­rain média­tique. Au Vene­zue­la, il manque un pilier essen­tiel de la démo­cra­tie : un espace public trans­pa­rent et acces­sible où les pro­blèmes à résoudre et les solu­tions pos­sibles s’ex­posent et se cri­tiquent serei­ne­ment, par des argu­ments, des débats, etc. Or, le citoyen y vit au milieu d’une guerre de pro­pa­gandes, les cri­tiques construc­tives et les débats de fond se limitent à des publi­ca­tions confi­den­tielles acces­sibles en réa­li­té à une élite urbaine, et les alter­na­tives ou les cri­tiques à telle ou telle déci­sion gou­ver­ne­men­tales n’ont aucun sup­port sus­cep­tible d’at­teindre la masse du peuple. Bien pire, les mani­fes­ta­tions visibles en réac­tion aux contra­dic­tions du pou­voir cen­tral qui émergent sou­vent sont sys­té­ma­ti­que­ment assi­mi­lées à des ten­ta­tives de désta­bi­li­sa­tion, de nom­breuses grèves ont ain­si été répri­mées, et, plus grave encore, une grande par­tie des citoyens ne sou­tiennent pas la révo­lu­tion d’une manière cri­tique, ils sont des beni-oui-oui du cha­visme et se com­portent en zéla­teurs du gou­ver­ne­ment et en cen­seurs des voix cri­tiques, si bien que les ins­tances locales de démo­cra­tie directe sont mar­quées par une auto­cen­sure et un una­ni­misme de façade.

    Ceci n’est pas un pro­blème intrin­sèque au cha­visme, il y a bien sûr des fac­teurs internes qui expliquent les dif­fi­cul­tés à dépas­ser le cen­tra­lisme et le diri­gisme éta­tique, ne serait-ce que le faible niveau glo­bal d’é­du­ca­tion et la fai­blesse des ins­ti­tu­tions natio­nales et locales, comme le haut niveau de cor­rup­tion avant la révo­lu­tion. Mais il s’a­git plu­tôt d’une sorte de para­noïa col­lec­tive qui certes inhibe l’a­van­cée démo­cra­tique mais n’est pas dénuée de fon­de­ment, dans la mesure où toute faute d’i­nat­ten­tion pour­rait conduire à la perte de ter­rain face aux forces de la contre-révolution…c’est le pro­blème de la guerre, le patrio­tisme néces­saire à la vic­toire conduit sou­vent à vio­lem­ment dénon­cer comme traître celui qui cri­tique la stratégie…

    en l’oc­cur­rence, de ce que j’en ai per­çu, la conscience révo­lu­tion­naire et cri­tique du peuple véné­zué­lien est loin de satis­faire aux exi­gences his­to­riques qu’il a à affron­ter pour conso­li­der les acquis de la révo­lu­tion face aux forces impé­ria­listes et capi­ta­listes, tout en affron­tant les immenses défis éco­no­miques que l’hé­ri­tage colo­nial et néo­li­bé­ral lui ont lais­sé, et en se sub­sti­tuant au pou­voir d’Etat…je n’ai pour­tant jamais vu un peuple dis­cu­ter autant de poli­tique, ni s’im­pli­quer autant, mais je ne le crois pas suf­fi­sam­ment mature pour un cha­visme sans Cha­vez et encore moins pour l’a­nar­chie. Ceci bien sûr sans condes­cen­dance ni mépris, c’est sim­ple­ment la lec­ture des rap­ports de force en interne et sur­tout vis-à-vis de l’im­pé­ria­lisme nord amé­ri­cain qui m’a­mènent à com­prendre que Cha­vez agisse plus comme un chef du comi­té de salut public que comme garant d’un sain débat démo­cra­tique per­ma­nent d’où sor­ti­raient les voies d’ac­tions citoyennes autonomes…non seule­ment les citoyens sont loin de cette auto­no­mie, mais s’il leur pre­nait la bonne idée d’ex­pro­prier la ban­co san­tan­der ou Pep­si-Cola, il n’en fau­drait pas plus pour que le prix Nobel de la Paix se sente obli­gé d’en­voyer ses avions et bateaux réta­blir la pax americana…

    donc la cri­tique anar­chiste vaut ce qu’elle vaut, de par son dog­ma­tisme et son idéa­lisme petit-bour­geois (gau­chisme), elle échoue à se faire construc­tive et capable d’of­frir des voies nou­velles, ne serait-ce que pour per­mettre d’ins­ti­tuer le débat cri­tique à l’in­té­rieur de la révo­lu­tion, sans pour autant gré­ver ses capa­ci­tés de résis­tance à l’im­pé­ria­lisme et à la contre-révo­lu­tion (chances qui selon moi ne peuvent se pas­ser d’un Etat ), mais c’est la seule voix orga­ni­sée à ne pas s’être lais­sée absor­ber par le cha­visme, d’où un inté­rêt cer­tain en tant qu’op­po­si­tion de gauche au cha­visme, sans auto­cen­sure, ni inté­rêt maté­riel à la cri­tique, et sou­vent seul cou­rant à faire entendre la voix éco­lo­giste et la défense des indi­gènes contre les pro­jets des entre­prises pri­vées comme natio­nales ayant un impact envi­ron­ne­men­tal néga­tif et seul cou­rant révo­lu­tion­naire à sou­te­nir les syn­di­cats auto­nomes des employés des sec­teurs nationalisés.

    alors pour ali­men­ter ton blog, je te conseille de prendre aus­si des infor­ma­tions du côté des anar­chistes véné­zué­liens, je te donne l’a­dresse d’un jour­nal, à la page où tu trou­ve­ras deux dos­siers d’ar­ticles tra­duits en fran­çais : http://​www​.nodo50​.org/​e​l​l​i​b​e​r​t​a​r​i​o​/​o​t​h​e​r​l​a​n​g​u​a​g​e​s​.​h​tml

    cer­tains conte­nus sont à prendre avec des pin­cettes, leurs infos ne sont pas tou­jours fiables et leurs ana­lyses manquent par­fois d’hon­nê­te­té intel­lec­tuelle, ceci étant d’ailleurs une den­rée rare au Venezuela…

    Réponse
  47. eric delorme

    @ Yvan

    mer­ci de ce lien déton­nant sur la com­mune de Mari­na­le­da ! C’est une belle graine en effet que pour­raient déjà semer en France des petites com­munes de ter­ri­toires déjà très ouverts aux idées alter­na­tives, comme on en trouve dans le sud-ouest, le mas­sif cen­tral ou encore l’ar­rière pays de la provence.

    Je suis aus­si Cha­vez et les choses sont toutes de suite bien plus com­pli­quées au niveau d’un état, qui plus est – comme tous les sud-amé­ri­cains en avant-garde – de seconde zone dans les enjeux mon­diaux du néo-libéralisme…

    En fait l’exemple de Mari­na­le­da montre que vrai­ment tout est là phy­si­que­ment, intel­lec­tuel­le­ment poour créer de la jus­tice et de l’équité.
    Cet exemple, parce que je vois bien qu’il est immé­dia­te­ment pos­sible, ici et main­te­nant, a bru­ta­le­ment éclai­ré deux ques­tions que je porte depuis un cer­tain temps :

    1 Quelle est la taille limite d’ef­fi­ca­ci­té d’une « alter­na­tive soli­daire et révo­lu­tion­naire.. »? Tant qu’elle fédère des gens convain­cus et ne menace pas pro­fon­dé­ment le « bien com­mun » du sys­tème (que bcp recon­naissent comme tel!), on la lais­se­ra tran­quille à l’é­cart, et nous avons alors une ile para­di­siaque mais sté­rile. Lorsque c’est un pays entier qui se déclare fron­ta­le­ment, on voit donc avec Cha­vez & ami­gos que l’é­tat de guerre est permanent.

    2 Où poser la graine d’une telle « com­mune » de pen­sée pour qu’elle soit imman­qua­ble­ment féconde et peu visible, grâce à la peti­tesse de départ de son activité ?

    Réponse 1 (ma pre­mière réponse avec un blog il y a déjà 5 ans): en la semant par­tout, au coeur de toute acti­vi­té humaine : cela s’ap­pelle le coha­bi­tat volon­taire soli­daire et responsable

    Réponse 2 : Tout est déjà là et tous ces pro­jets – petits, iso­lés, dif­fus ou grands – sont mer­veilleux et ils se valent au fond dans leur beau­té d’é­lan.. comme dans leur échec assu­ré… Car je crois qu’il manque ce que je sou­ligne à Etienne après la convic­tion pro­fonde d’Hen­ri Guillemin :

    Nous co-diri­ger en coopé­ra­tion ou en consensus,
    Tirer au sort les non-can­di­dats au pou­voir, Bâtir la cité idéale de nos meilleures intentions,

    Nous l’a­vons fait ou déjà fait et le monde l’a tou­jours soi­gneu­se­ment éven­té ou détruit.
    Pla­ton disait que sa répu­blique par­faite ne l’é­tait pas : nous sommes tous mortels.
    Baby­lone ou new Baby­lone manque d’une vision, d’un regard, d’une recon­nais­sance vers l’o­ri­gine comme vers la suite de l’évolution…

    Pour moi, il n’y aucun doute avec Rous­seau à l’en­vers de Vol­taire, que culti­ver notre jar­din ter­restre ne peut suf­fire à obte­nir le saut quan­tique de l’é­vo­lu­tion que nous espé­rons fran­chir et qui n’est rien moins au bord de l’in­fi­ni, au bout de l’u­ni­vers que d’ac­cé­der au com­men­ce­ment de l’Amour.

    Réponse
  48. Yvan

    Mer­ci beau­coup (@sitouaillain) pour ce témoi­gnage, pour le lien, et ton avis sur la situa­tion sur place. C’est très intéressant.

    Tu écris :
    Au Vene­zue­la, il manque un pilier essen­tiel de la démo­cra­tie : un espace public trans­pa­rent et acces­sible où les pro­blèmes à résoudre et les solu­tions pos­sibles s’ex­posent et se cri­tiquent serei­ne­ment, par des argu­ments, des débats, etc.
    Je suis bien d’ac­cord, tout est à faire, mais la démo­cra­ti­sa­tion des médias ces der­nières années ne devrait-elle pas, à moyen terme, faire évo­luer cette situation ?
    (plus de 240 radios créées et 35 chaines de TV asso­cia­tives et com­mu­nau­taires : http://​www​.lare​vo​lu​cion​vive​.org​.ve/​s​p​i​p​.​p​h​p​?​a​r​t​i​c​l​e​1​8​0​2​&​l​a​n​g​=fr)
    L’es­sen­tiel, dans un pre­mier temps, est de contrer l’im­po­sant appa­reil média­tique (de l’o­li­gar­chie) qui est en place, celui-là même qui, en France, nous empêche de débattre serei­ne­ment, de faire expri­mer toutes les voix, etc… car on le voit aus­si bien chez nous : les médias sont dans la main des oli­garques qui placent leurs pions au pou­voir… et en poli­tique comme à la télé, nous sommes spec­ta­teurs (avant d’être électeurs)

    Je lis aussi :
    les citoyens sont loin de cette auto­no­mie, mais s’il leur pre­nait la bonne idée d’ex­pro­prier la ban­co san­tan­der ou Pep­si-Cola, il n’en fau­drait pas plus pour que le prix Nobel de la Paix se sente obli­gé d’en­voyer ses avions et bateaux réta­blir la pax americana…
    Je pense que les USA n’ont pas besoin d’ex­cuse sup­plé­men­taire pour le faire, ce qui se passe sur place est déjà bien trop insup­por­table pour eux ! Ils sont actuel­le­ment occu­pés avec l’I­ran (et indi­rec­te­ment avec la Syrie, pilier géos­tra­té­gique pour atta­quer l’I­ran), mais une fois le golfe per­sique « sécu­ri­sé » on peut être cer­tain que TOUT sera fait pour aller déman­te­ler la « revo­lu­ción boli­va­ria­na » au Vene­zue­la afin de réta­blir la « pax ame­ri­ca­na » d’a­vant 1998 ^^
    Cela dit, ce sera sur­ement moins facile qu’au siècle der­nier (l’ex­plo­sion et l’ou­ver­ture des médias, notam­ment via le web, les empêche aujourd’­hui d’a­gir avec autant de faci­li­té qu’a­vant, où ils n’a­vaient aucun scru­pules à ren­ver­ser des pou­voirs sans même avoir à s’ex­pli­quer sur la situa­tion… ce qui n’est plus vrai­ment le cas aujourd’hui).
    Mais je ne pense pas qu’ils aient besoin d’at­tendre une expro­pria­tion de trop pour le faire… le gou­ver­ne­ment fait déjà ce qu’il peut pour impo­ser les lois qu’il a mis en place : http://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​0​O​g​h​b​K​H​0​Fko
    Les expro­pria­tions des grands pro­prié­taires, voi­là aus­si un gros pro­blème (au delà des banques et autres mul­ti­na­tio­nales) car, tu dois le savoir, c’est un dur et dou­lou­reux com­bat (nombre de crimes sont com­mis, orga­ni­sés par les pro­prié­taires pour effrayer les pay­sans qui s’or­ga­nisent en comi­tés citoyens, aidés par le gou­ver­ne­ment, pour reprendre les ter­rains et les culti­ver, comme au Bré­sil avec la réforme agraire…
    Le conflit est moindre au Vene­zue­la, les terres n’ont pas un impact aus­si impor­tant sur l’é­co­no­mie qu’au Bré­sil, donc la situa­tion est moins ten­due en terme de « guerre des terres », mais elle reste déli­cate, une « guerre » per­ma­nente pour reprendre les ter­rains et le pou­voir de pro­duc­tion agricole !

    je n’ai pour­tant jamais vu un peuple dis­cu­ter autant de poli­tique, ni s’im­pli­quer autant, mais je ne le crois pas suf­fi­sam­ment mature pour un cha­visme sans Chavez
    Certes, et comme tu le fais si bien remar­quer, le niveau d’é­du­ca­tion est le pre­mier frein à cette matu­ri­té poli­tique. Mais per­sonne ne peut nier l’ef­fi­ca­ci­té des Mis­sions (Robin­son, Ribas, Sucre) en cours sur place, don­nant l’ac­cès à l’é­du­ca­tion pour tous… ce qui avec le temps devrait gran­de­ment amé­lio­rer la qua­li­té des débats. D’ailleurs, toutes les stats montrent que les véné­zué­liens lisent de plus en plus, chaque année le nombre de livres ven­dus aug­mentent, c’est un bon signe. Et je crois savoir que ces mis­sions d’é­du­ca­tion marchent de mieux en mieux, se per­fec­tionnent dans leur orga­ni­sa­tion et struc­ture, et sont de plus en plus fré­quen­tées et appré­ciées (même par les anti-cha­vistes par­fois, un comble).

    Enfin mer­ci encore pour ton témoi­gnage et ton avis sur le sujet. C’est passionnant 🙂

    Réponse
  49. Yvan

    Notez d’ailleurs, dans la vidéo que j’ai pos­té au des­sus (http://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​0​O​g​h​b​K​H​0​Fko) l’ar­ro­gance incroyable de la finance …ou com­ment un « simple » ban­quier tient tête à un chef d’Etat !!!
    On sent bien là toute la puis­sance qui s’exerce au tra­vers de ce vul­gaire direc­teur de banque, qui n’hé­site pas à « rem­bal­ler » un Pré­sident de la Répu­blique (repré­sen­tant de quelques mil­lions de per­sonnes quand même)… c’est fou, et ça ne choque per­sonne. On va même avoir ten­dance à mon­trer Chá­vez du doigt, en le fai­sant pas­ser pour un tyran (quand il est aus­si radi­cal en face d’un banquier) ^^

    @ Eric : avec grand plai­sir pour les liens, Inter­net est là pour ça 🙂

    Réponse
  50. sitouaillain

    @ Yvan,

    sur le pre­mier point, les médias. Evi­dem­ment l’as­pect quan­ti­ta­tif du phé­no­mène témoigne d’une volon­té des citoyens sou­te­nant le pro­ces­sus révo­lu­tion­naire de s’ap­pro­prier l’es­pace média­tique et de faire oeuvre de contre-propagande.

    main­te­nant si on regarde l’as­pect qua­li­ta­tif, on observe que les conte­nus posant un regard de « cri­tique construc­tive » de l’ac­tion du gou­ver­ne­ment sont très rares, ne serait-ce parce que la qua­si-tota­li­té de ces radios et jour­naux foi­son­nants sont direc­te­ment finan­cés par PDVSA (l’en­tre­prise natio­nale pétro­lière) ce qui impose d’ailleurs une dif­fu­sion des publi­ci­tés gou­ver­ne­men­tales et des mul­tiples prises de paroles de Chavez.

    Fina­le­ment, l’in­té­rêt, du point de vue de la démo­cra­tie, c’est à dire du média en tant que sup­port d’in­for­ma­tion et de débats comme appui au choix auto­nome du citoyen est faible. Tout juste, et ce n’est pas rien, faut-il y voir un espace de construc­tion d’un monde sen­sible, cultu­rel et idéo­lo­gique, pré­ser­vé des pro­pa­gandes capi­ta­listes et de l’in­fluence cultu­relle de la socié­té consu­mé­riste ou du « rêve américain ».

    Poli­ti­que­ment, ce sont des ins­tru­ments locaux dont les citoyens se servent contre l’hé­gé­mo­nie de l’i­déo­lo­gie domi­nante du capi­ta­lisme. Ins­tru­ments locaux, en relai des chaînes télé publiques qui visent à contrer la dés­in­for­ma­tion de l’en­ne­mi et à four­nir des argu­men­taires pour décons­truire l’i­ma­gi­naire capitaliste.

    Mais lorsque qu’on s’at­tache aux audiences…c’est la bataille du pot de terre contre le pot de fer, glo­ba­le­ment, l’en­semble de la socié­té véné­zué­lienne reste sous influence nor­da­mé­ri­caine, les tele­no­ve­las font flores et on constate bien que l’é­lé­va­tion du niveau de vie débouche sur des modes de consom­ma­tion typi­que­ment capi­ta­listes (fast food, centre com­mer­ciaux et 4X4),

    et évi­dem­ment, ce n’est pas parce qu’on mul­ti­plie­rait les Arte ou les France Culture que les gens seraient plus enclins à délais­ser TF1 et RMC…

    donc on assiste à l’af­fron­te­ment de pro­pa­gandes entre deux blocs, le public et semi-public face au pri­vé lucratif,
    par exemple le site que tu mets en lien est un relai de pro­pa­gande gou­ver­ne­men­tale, et je suis bien pla­cé pour le savoir puisque j’ai tra­vaillé pour cette chaîne asso­cia­tive née après le coup d’E­tat contre Cha­vez. Bien sûr contrai­re­ment aux médias pri­vés cette chaîne ne dif­fuse aucun men­songe, mais ça n’en fait pas un média capable de por­ter à la connais­sance des citoyens d’é­ven­tuels dys­fonc­tion­ne­ments ou contra­dic­tions, de pro­po­ser des alternatives…encore une fois, face à la pro­pa­gande des anti­cha­vistes, les pro pré­fèrent taire tout ce qui pour­rait don­ner prise à des critiques.
    dans ces condi­tions par­ti­cu­liè­re­ment mal­saines, qui ne sont pas du fait bien sûr du gou­ver­ne­ment, il n’y a par exemple aucun jour­nal ou maga­zine télé­vi­sé construit à par­tir d’en­quêtes jour­na­lis­tiques visant la neu­tra­li­té et l’objectivité…ou bien vous être cha­viste et vous regar­de­rez un jour­nal où tout va s’a­mé­lio­rant, ou bien vous êtes anti­cha­viste et vous regar­de­rez un jour­nal où tout va s’empirant.
    mais au-delà de la cari­ca­ture, pas grand-chose à se mettre sous la dent…

    sur le point deux, je suis d’ac­cord, les pré­textes ne manquent pas, et le pré­sident du Hon­du­ras Zelaya en a fait les frais, main­te­nant, la réa­li­té des chiffres, c’est que les USA res­tent le prin­ci­pal par­te­naire com­mer­cial du Vene­zue­la, les com­pa­gnies pétro­lières ont tou­jours accès à une par­tie signi­fi­ca­tive des champs pétro­li­fères et les com­pa­gnies agroa­li­men­taires, auto­mo­biles, etc., des USA n’ont sans doute jamais autant pros­pé­ré que depuis que les reve­nus du pétrole sont mieux dis­tri­bués et qu’il se déve­loppe une classe moyenne aisée dont le pou­voir d’a­chat ne peut se diri­ger que vers des pro­duits US étant don­né que le Vene­zue­la ne pro­duit pas grand chose.

    Sa dépen­dance agri­cole est même effrayante, c’est bien évi­dem­ment un héri­tage colo­nial du lati­fun­disme, et du néo­li­bé­ra­lisme (déser­ti­fi­ca­tion rurale et phé­no­mène des bidon­villes) mais il me semble que les marges de pro­grès de la poli­tique agri­cole sont immenses et c’est jus­te­ment dans ce domaine qu’il y a un manque cruel de débat et d’i­ma­gi­na­tion col­lec­tive, ce qui per­met à l’op­po­si­tion d’ins­tru­men­ta­li­ser la grogne popu­laire contre la hausse des prix ou les défauts d’ap­pro­vi­sion­ne­ment (que les spé­cu­la­teurs orga­nisent bien sûr!).

    Sur les mis­sions d’é­du­ca­tion, c’est effec­ti­ve­ment la plus belle réus­site du cha­visme, mais là encore, il faut res­ter avec un oeil cri­tique, puisque la marge entre édu­ca­tion et endoc­tri­ne­ment est par­fois ténue, c’est toute l’ambigüité du « modèle édu­ca­tif cubain », pour le moment, on ne peut que saluer les efforts de for­ma­tion d’un esprit cri­tique capable de déli­vrer le peuple de l’emprise des pro­pa­gandes mal­veillantes (Eglise, média ven­dus, CIA etc.), d’une fier­té cultu­relle per­met­tant de sor­tir du sen­ti­ment d’in­fé­rio­ri­té vis à vis des cultures nor­da­mé­ri­caines et euro­péennes, mais, du point de vue de l’é­du­ca­tion à la citoyen­ne­té, on est plus proche du modèle jaco­bin type « troi­sième répu­blique » de la reli­gion civique, que d’un idéal d’é­du­ca­tion à l’au­to­no­mie et à la cri­tique via un ensei­gne­ment pluraliste…cela dit, vu d’où ils partent, je ne vois pas com­ment ils pou­vaient faire mieux !

    en fait je suis très admi­ra­tif des pro­grès effec­tués au vene­zue­la, sim­ple­ment je regrette qu’il n’existe pas une troi­sième voix, entre le cha­visme et le retour à la fausse démo­cra­tie pré­cé­dente, le peuple est un peu muet. En géné­ral, les véné­zué­liens ont la tête dure et ne s’en laisse pas comp­ter, je ne doute pas de leur capa­ci­té à résis­ter à quelque pro­pa­gande que ce soit, ils ne sont pas dupes, mais, bien enten­du, ce qu’il manque, c’est un cer­tain nombre d’ins­ti­tu­tions et de canaux indé­pen­dants qui per­mettent de four­nir à cette masse de gens plu­tôt défiante envers quelque pou­voir que ce soit, un espace de construc­tion d’al­ter­na­tives. En fait, j’ai tout de même peur que l’E­tat n’ab­sorbe et ne finisse par sté­ri­li­ser la dyna­mique popu­laire et sa spon­ta­néi­té créa­trice à mesure qu’il absorbe la « socié­té civile ».

    je veux dire par là que sans avoir bien appro­fon­di la ques­tion, il me semble qu’il devient de plus en plus en plus dif­fi­cile de construire quelque chose (par exemple une oeuvre sociale ou une asso­cia­tion, un par­ti, une coopé­ra­tive, etc.) sans avoir à se récla­mer expli­ci­te­ment du cha­visme et de le sou­te­nir, ou sans avoir à ser­vir l’autre camp pour obte­nir des finan­ce­ments, cela relève véri­ta­ble­ment du sacerdoce.

    jusque là la force de cette révo­lu­tion est d’a­voir su se remettre en cause et avan­cer en cor­ri­geant ses erreurs et en pio­chant et en élar­gis­sant les ini­tia­tives citoyennes effi­caces, mais je reste un brin scep­tique sur la péren­ni­té de cette capa­ci­té, notam­ment parce qu’il y a des pro­blèmes qui doivent se résoudre par des rap­ports de force et des luttes que le pou­voir à trop sou­vent ten­dance à assi­mi­ler aux « fas­cistes » et autres « traitres putschistes »…

    Je sou­haite vive­ment un sur­saut, parce que plus ça va et moins les vrais révo­lu­tion­naires sont au pou­voir, le peuple dans l’en­semble en est par­fai­te­ment conscient, mais je ne suis pas sûr qu’il aura la force d’im­po­ser à nou­veau des solu­tions radi­cales puisque per­sonne ne sait trop com­ment faire pour avan­cer sans mettre en péril les suc­cès de la révo­lu­tion et qu’il n’y a pas vrai­ment d’es­pace média­tique où ce débat pour­rait se mettre en scène sereinement.

    entre nous, éco­no­mi­que­ment, le Vene­zue­la reste un pays capi­ta­liste, je ne crois pas me trom­per en disant que même après 30ans de « réformes » et de pri­va­ti­sa­tions la France reste glo­ba­le­ment plus « socia­liste » que le Vene­zue­la, et ce, dans les mêmes tra­vers que ce que le cha­visme a construit de plus solide, à savoir des élé­ments d’un capi­ta­lisme d’E­tat d’où l’au­to­no­mie de la classe labo­rieuse dans la ges­tion de l’ap­pa­reil pro­duc­tif est rela­ti­ve­ment absente. le sec­teur coopé­ra­tif reste mar­gi­nal et for­te­ment dépen­dant du « sys­tème PDVSA » pour son finan­ce­ment, de même, la par­ti­ci­pa­tion citoyenne manque d’au­to­no­mie et d’i­ma­gi­na­tion, elle reste trop for­te­ment tri­bu­taire d’une direc­tion de type néo-mar­xiste-léni­niste qui n’a même pas les moyens d’é­car­ter la menace d’une reprise du pou­voir par les capi­ta­listes et encore moins ceux de lut­ter contre la cor­rup­tion et la cri­mi­na­li­té. tout est place à la fois pour une voie ori­gi­nale et exem­plaire, pour une dérive cas­triste et pour un échec reten­tis­sant, mon avis c’est que la pre­mière option est émi­nem­ment dépen­dante des capa­ci­tés d’in­ven­tion au sein des pays de l’AL­BA, et peut-être de ce qui pour­rait se pas­ser en Espagne, puisque c’est aus­si évi­dem­ment un pro­blème de rap­port de forces géo­po­li­tique qui bloque les véné­zué­liens dans leurs avan­cées démo­cra­tiques, au moins du point de vue du dépas­se­ment du capi­ta­lisme. Pour le moment, les élec­tions sont à la fois une garan­tie d’illé­gi­ti­mi­té d’une inter­ven­tion directe des USA et un salu­taire garde-fous, celles à venir ne seront qu’une occa­sion de plus d’é­vi­ter la dérive castriste.

    Réponse
  51. Yvan

    @ Sitouailliain

    Per­ti­nente ana­lyse, un grand mer­ci pour ces pen­sées, et ces éclaircissements.
    Je rejoins en tota­li­té ce constat, et force est de consta­ter (on ne peut le nier) que ça reste une socié­té capi­ta­liste, avec tous les tra­vers que cela peut engen­drer (dans les orga­ni­sa­tions sociales et sala­riales)… le pire c’est que, plus ça va, plus les véné­zué­liens retrouvent du pou­voir d’a­chat, et plus la révo­lu­tion se fait étouf­fer par la socié­té de consom­ma­tion qui se met en place, presque « natu­rel­le­ment » j’ai envie de dire, mais non… tu as rai­son de rap­pe­ler que c’est sur­tout l’en­ve­loppe média­tique qui oriente tout, et c’est donc bien le manque d’al­ter­na­tive (indé­pen­dante) à cela qui est le plus gros des pro­blèmes ! (au niveau média­tique j’entends)

    Ensuite, c’est effec­ti­ve­ment « blanc ou noir »… mais là où tu sembles craindre que la pro­pa­gande cha­viste est un pro­blème, moi je suis visi­ble­ment moins néga­tif à ce sujet. C’est à dire que c’est un vrai pro­blème, de ne pas avoir d’autres canaux de débats, et de limi­ter la poli­tique au cha­visme et à l’an­ti-cha­visme, je suis bien d’ac­cord, mais j’ai­me­rai com­prendre ce qui dérange tant dans la « pro­pa­gande cha­viste » (qui est bien enten­du là pour démon­ter le dis­cours de l’op­po­si­tion, mais de ce que j’en regarde, lit et écoute, cette pro­pa­gande est plu­tôt pleine de bon sens, non ? …Même si très par­ti­sane, c’est évident, mais est-ce un mal de vou­loir sou­te­nir effi­ca­ce­ment le régime en place pour écar­ter tout risque de des­truc­tion du pro­ces­sus révolutionnaire ?).
    Il y a peut-être quelque chose qui m’é­chappe là, mais une chose est sure, le manque de plu­ra­lisme est un vrai pro­blème oui. Cela dit, je fais confiance au peuple pour mettre ça en place à l’a­ve­nir, et pour trou­ver la force d’u­nir les canaux alter­na­tifs pour en faire de grands médias populaires.

    Un autre détail m’in­ter­pelle, c’est quand tu parles de la dif­fi­cul­té pour les pou­voirs citoyens de se mettre en œuvre, de plus en plus, vu que tout s’or­ga­nise essen­tiel­le­ment autour du gou­ver­ne­ment (et donc de PDVSA) et du sys­tème édu­ca­tif, limite pro­pa­gan­diste (et donc dou­teux ?). Voi­là qui est effec­ti­ve­ment inquié­tant, je sais que la révo­lu­tion citoyenne perd de son souffle, mais je ne pen­sais pas que c’é­tait aus­si mar­qué que cela. Puis sur­tout, je vais encore cher­cher à grat­ter là où j’ai du mal à com­prendre, car je ne vois pas vrai­ment en quoi la poli­tique d’é­du­ca­tion « à la cubaine » est un pro­blème. Peut-être sau­ras-tu m’é­clair­cir sur ce point.
    Je com­prends bien tes craintes et doutes vis à vis du manque d’au­to­no­mie du peuple (le cha­visme est par­tout où ces pou­voirs peuvent s’exer­cer), mais en quoi cela est nui­sible ? tant que le gou­ver­ne­ment reste social et conqué­rant, et sur­tout, tant que la Consti­tu­tion reste dans les mains du peuple (qui est bien conscient du pou­voir de ce texte, et de plus en plus, vu qu’ils sont de plus en plus nom­breux à pou­voir le lire et le com­prendre).
    Je com­prends bien, et je rejoins ces doutes quant à l’a­ve­nir de leur démo­cra­tie locale (faci­le­ment cor­rup­tible) mais selon moi, c’est au gou­ver­ne­ment de prendre ça en main plus étroi­te­ment, pour peu qu’il arrive à gar­der ses rangs « propres », le temps que le peuple soit assez éveillé et mature pour mieux s’or­ga­ni­ser, et pour l’ai­der dans cette tâche fastidieuse.
    Et ce qui ne me gêne en rien, je dois le dire (contrai­re­ment à toi je crois) c’est le fait que le gou­ver­ne­ment soit trop pré­sent, notam­ment via la PDVSA, pour dif­fu­ser mas­si­ve­ment sa « vision poli­tique », « à la cubaine » (ce qui per­met d’ailleurs à l’op­po­si­tion de dénon­cer un cer­tain tota­li­ta­risme naissant).
    Si Cuba fait peur à cer­tains, j’y vois moi un for­mi­dable modèle de résis­tance, et de chan­ge­ment de para­digme ! Sans être copié (car la situa­tion et les dimen­sions ne s’y prêtent pas au Vene­zue­la), si ce modèle pou­vait encore plus influen­cer les véné­zué­liens, ce ne serait pas un mal je pense. Mais on a peut-être pas la même vision de Cuba.
    Je vais être hon­nête : je connais trop mal Cuba pour pou­voir juger la ques­tion objec­ti­ve­ment, ce n’est donc qu’un avis qui vaut ce qu’il vaut, mais je vois en Cuba de très bonnes choses et ça ne m’in­quiète donc pas si ces choses (comme l’empathie, la soli­da­ri­té, ect) enva­his­saient la men­ta­li­té des véné­zué­liens, pour qu’à l’a­ve­nir une nou­velle socié­té se forme sur ce genre de valeurs.
    Le fait est que j’é­coute plu­tôt des per­sonnes comme V.Dedaj pour m’en par­ler, et pas trop Repor­ters Sans Fron­tières (pour ne citer qu’eux). Puis sur­tout, à part son pro­tec­tion­nisme extrême (inévi­table on le sait bien) je ne vois pas ce qui dérange tant les gens au sujet de Cuba. C’est juste que la plu­part ne savent pas ce qui se passe là bas, et s’ar­rêtent au dis­cours qui tend à dire que « Cuba est une dic­ta­ture », sans même se poser plus de ques­tions sur leur modèle social et poli­tique (et l’embargo qui per­dure pour empê­cher le déve­lop­pe­ment de ce modèle, la forte pres­sion de Mia­mi et des USA en géné­ral, etc etc »). Mais puisque tu as vécu au Vene­zue­la, j’ai du mal à croire que tu sois enfer­mé dans cette vision dégra­dante de Cuba, alors tu sau­ras sur­ement m’é­clai­rer avec ton point de vue 🙂

    Encore une fois, un grand mer­ci pour ces longs témoi­gnages, et ces ana­lyses per­cu­tantes de « la révo­lu­tion dans la révo­lu­tion ».
    La situa­tion géo­po­li­tique, les éner­gies et res­sources, les rela­tions éco­no­miques avec les USA, sans par­ler de Total & cie (pri­vés donc) qui cherchent com­ment exploi­ter les nou­velles et immenses sources de de pétrole qu’ils viennent de décou­vrir… Je vois que tu es plus que bien calé sur le sujet, c’est un vrai plai­sir de te croi­ser. J’émets quand même ces quelques interrogations/réflexions concer­nant tes craintes qui entourent le « cha­visme », et le modèle cubain, car je ne vois pas en quoi cela peut être néfaste à la révo­lu­tion, au contraire même.
    Pour cla­ri­fier, je pense que le gou­ver­ne­ment ne doit pas hési­ter à enca­drer les struc­tures démo­cra­tiques plus étroi­te­ment afin de palier la jeu­nesse de ce mou­ve­ment popu­laire (trop livré à lui-même pour le moment, et débous­so­lé je pense, d’où l’essoufflement). Tant que le peuple peut chan­ger les règles du jeu et les arbitres (locaux ou natio­naux) ça ne m’in­quiète pas, car il faut que le gou­ver­ne­ment soit plus pré­sent, ce qui ne l’o­blige pas à être intru­sif ou réduc­teur. Plus pro­fon­dé­ment, je pense que le peuple ne sera jamais auto­nome, enfin… pas comme Etienne le pense, ou en tous cas, pas demain la veille alors ! Je pense que le peuple a besoin d’un tuteur, d’une orga­ni­sa­tion (qui peut être ver­ti­cale si elle est trans­pa­rente et sous contrôle). Je pense que la démo­cra­tie « tout le temps et par­tout » n’est pas pos­sible dans notre monde tel qu’il est conçu actuel­le­ment. Avant de pou­voir pra­ti­quer une telle poli­tique, qui demande un inves­tis­se­ment popu­laire consé­quent, il fau­dra du temps, et du temps LIBRE sur­tout (la fin du sys­tème capi­ta­liste mon­dia­li­sé, et ça, c’est pas gagné ^^). Mais c’est par là que je regarde, c’est ce que je vise, même si c’est gros car selon moi tout doit chan­ger, ou rien ne chan­ge­ra 🙂

    Et si Chá­vez laisse le capi­tal per­du­rer (et s’im­mis­cer dans l’E­tat par­fois), j’ai bon espoir qu’il ouvre les vannes de l’in­dé­pen­dance et de l’an­ti-capi­ta­lisme pour son pro­chain man­dat. Je pense que c’est de ce côté qu’il va mettre le paquet pour sa cam­pagne de cette fin d’année.
    Le gou­ver­ne­ment voit bien que ça cha­vire, que ça se vérole, que la tem­pête se lève. Chá­vez s’est clai­re­ment trom­pé, et il s’en rend compte. Il a cru en la conci­lia­tion des deux sys­tèmes éco­no­miques pour conten­ter tout le monde, son amour pour la démo­cra­tie et les débats le pousse à lais­ser faire les riches (il aime s’a­mu­ser avec eux d’ailleurs, les cha­hu­ter, et se faire cha­hu­ter). Il est vicieux pour ça, filou et moqueur, arro­gant et en posi­tion de l’être, mais je me délecte de le voir jouer ce jeu en face de ces cra­pules de néo-libéraux-anti-écolo ^^
    Par­don, je m’é­gare 🙂 …ce que je veux dire, c’est que Chá­vez voit bien que son com­bat est foi­reux, que la lutte s’ef­fondre et qu’il s’est trom­pé de voie, et à mon avis il va tout miser sur l’an­ti-capi­ta­lisme en 2012, et l’in­dé­pen­dance (on le voit dans ses der­nières inter­ven­tions média­tiques d’ailleurs, il met bien l’ac­cent sur l’in­dé­pen­dance). Mais tout natio­na­li­ser et expro­prier tous les riches, c’est pas facile à faire, sans pas­ser pour un dic­ta­teur ou un diri­geant tota­li­taire. Car faut bien com­prendre (et accep­ter) que ce com­bat doit être aus­si violent que celui des fas­cistes (quand ils décident que CA DOIT CHANGER et qu’ils font des coups d’E­tats, des ren­ver­se­ment de pou­voir en uti­li­sant les popu­la­tions, comme en Libye, en Irak, en Syrie aujourd’­hui, ou au Vene­zue­la en 2002). Ces gens là n’hé­sitent pas à mono­po­li­ser les médias, les forces de l’ordre… il faut en faire autant pour les chas­ser je pense, car ils ne se lais­se­ront JAMAIS faire, c’est évident. (et je com­prends donc Cuba plus faci­le­ment, je pense, car je crois en leur com­bat, même si il est mal per­çu en Occident).

    Les gens qui veulent de l’Hu­ma­ni­té sont eux-mêmes trop Humains je crois, et trop gen­tils du coup. Les « faibles » ne veulent pas faire aux autres ce qu’ils n’ai­me­raient pas qu’on leur fasse, mais les « forts » ne se posent pas de ques­tions eux !!! Et tant qu’on impo­se­ra pas la loi du plus faible dans le monde (dans les grandes puis­sances au moins), on subi­ra celle du plus fort !
    Rous­seau le disait si bien, quand il écri­vait : « entre le fort et le faible la liber­té opprime, et la loi libère. »

    Et à mon sens, ce qui nuit de l’in­té­rieur à la révo­lu­tion au Vene­zue­la (les faibles), c’est prin­ci­pa­le­ment les attaques de l’ex­té­rieur (les forts), sur­tout quand ces attaques se maté­ria­lisent à l’in­té­rieur via des finan­ce­ments d’op­po­si­tion popu­laire et un tapage média­tique des plus mal­hon­nête, mais effi­cace. Il suf­fit de regar­der la Syrie actuel­le­ment, c’est affreux ce que vivent les syriens (et ce qu’on va obser­ver, impuis­sants)… ils jouent avec ce peuple, en uti­li­sant des por­tions de leur popu­la­tion et en finan­çant des mer­ce­naires qui animent les « révo­lu­tions »… bref, c’est pas beau à voir de l’in­té­rieur, et pour­tant, c’est bien de l’ex­té­rieur que ça vient tout ce fou­toir 🙁 (et c’est, évi­dem­ment, bien vou­lu et sponsorisé)
    Je ter­mi­ne­rai en citant le réa­li­sa­teur Mar­ce­lo Andrade Arrea­za, qui écri­vait (à la fin du film « Vene­zue­la Bolivariana ») :
    Ce qui est clair, c’est que pour un appro­fon­dis­se­ment réel de la révo­lu­tion, celle-ci ne peut se limi­ter aux fron­tières du Vene­zue­la vu que tout chan­ge­ment pro­fond réac­ti­ve­rait l’in­va­sion mili­taire fomen­tée par les Etats-Unis à tra­vers le Plan Colom­bie et les para­mi­li­taires. Pour cela, notre défense est l’of­fen­sive. Lan­çons la Révo­lu­tion Conti­nen­tale et Globale !
    On ne peut pas dire que ce soit conti­nen­tal encore, mais avec le pro­jet ALBA et des alliés comme Morales et Cor­rea, ça avance bien quand même. Même si tout est encore à faire, c’est en bonne voie je trouve. Mais atten­dons les élec­tions de 2012 pour prendre la tem­pé­ra­ture citoyenne (et voir si Cha­vez va inten­si­fier son com­bat révo­lu­tion­naire, ou au contraire, s’il va se lais­ser fondre dans le moule… mais ça j’en doute).

    Je vais pas­ser pour un cha­viste invé­té­ré… mais j’as­sume 🙂 (c’est un grand Homme qui a mar­qué l’his­toire de son pays, et dont on par­le­ra très long­temps, alors j’ai point peur de défendre son image et son combat)

    Réponse
  52. sitouaillain

    @ Yvan,

    c’est éga­le­ment un plai­sir de te croi­ser ! je demande aux autres et à Etienne des excuses puis­qu’on est à la limite du hors sujet !

    Comme je par­tage une bonne par­tie de tes ana­lyses et de ton enthou­siasme, je vais juste m’at­tar­der sur les points qui pour­raient faire débat.

    Et j’a­joute que ces débats sont plus inté­res­sant pour nous que pour les véné­zué­liens, puisque de toute façon, ce sont eux qui décident. D’ailleurs la cri­tique de la bour­geoi­sie et de la petite bour­geoi­sie euro­péenne est prise à son propre piège et c’est là la sin­gu­la­ri­té et l’exem­pla­ri­té de cette révo­lu­tion pour nous : elle est pas­sée par les urnes et n’a jamais four­ni une once d’ar­gu­ment à ceux pour qui les canons de la démo­cra­tie libé­rale suf­fisent à déli­mi­ter une dic­ta­ture d’une démo­cra­tie. Mieux, aucun pays ne peut se tar­guer d’être plus démo­cra­tique que cette Répu­blique boli­va­rienne du Venezuela.

    La dic­ta­ture, elle est plu­tôt de l’autre côté de la fron­tière, en Colom­bie, où il ne fait pas bon être de gauche si on tient à la vie…et j’ai savou­ré l’é­pi­sode média­tique « Roméo Lan­glois », où, par un réflexe de Pav­lov de notre presse aux ordres, un bles­sé recueilli dans la jungle devient un « otage », quand bien même les FARC ont renon­cé depuis des mois à cette méthode et ren­dus tous leurs otages…et ces lar­bins conti­nuent leur lita­nie, quand bien même ledit « otage » explique qu’il n’en était pas un !

    et per­sonne n’a pré­ci­sé que si les FARC pre­naient des otages, le gou­ver­ne­ment fas­ciste et ses para­mi­li­taires assas­sinent encore à tour de bras et rem­plissent des char­niers, ni même que cette reprise de la lutte armée par les FARC fai­sait suite à leur par­ti­ci­pa­tion paci­fique dans les années 80 à une grande coa­li­tion élec­to­rale des gauches dont trois can­di­dats à la pré­si­dence furent assas­si­nés ain­si que des mil­liers de militants…

    la coa­li­tion des oppo­sants au néo­li­bé­ra­lisme et à l’im­pé­ria­lisme a réus­si à se frayer un che­min dans les urnes au Vene­zue­la, cela tenait du miracle, ou plu­tôt à la per­son­na­li­té de Cha­vez que les puis­sants de ce monde pen­saient mani­pu­lable, cor­rup­tible et qui à l’é­poque n’a­vait pas encore com­pris la vrai nature de ses enne­mis. Il était intel­lec­tuel­le­ment bien loin de ce socia­lisme dont il est aujourd’­hui l’a­vo­cat. Ce n’est que très pro­gres­si­ve­ment, à mesure qu’il ten­tait de mettre en œuvre la jus­tice sociale, qu’il s’est peu à peu trou­vé face à l’é­vi­dence. Mais der­rière le grand homme, il y a sur­tout un grand peuple, ou disons une par­tie signi­fi­ca­tive du petit peuple et une par­tie de la classe moyenne, l’in­las­sable tra­vail de ter­rain, pen­dant des années, dans l’ombre, puis au grand jour, d’é­du­ca­tion popu­laire, d’or­ga­ni­sa­tion de la lutte et des soli­da­ri­tés, les Tupa­ma­ros, le Gal­lo Ama­rillo, les théo­lo­giens de la libé­ra­tion, etc., ce sont ces par­tis et ces groupes qui ont for­gé la conscience révo­lu­tion­naire du petit peuple, ce sont eux qui ont orga­ni­sé les cercles boli­va­riens, et Cha­vez a su tout de suite que sans eux, jamais les bar­rios n’au­raient défer­lé sur le palais pré­si­den­tiel pour récla­mer le retour de leur pré­sident. La leçon du peuple, la néces­si­té de la révo­lu­tion dans la révolution.

    Mais ensuite, qu’en est-il concrè­te­ment ? tu me demandes où le pro­blème avec la pro­pa­gande chaviste…et bien le pro­blème c’est le dan­ger réel de figer la dyna­mique révo­lu­tion­naire, c’est la cou­pure entre la par­tie consciente du peuple et des diri­geants fer­més aux cri­tiques. On peut vite arri­ver à l’im­passe, avec d’un côté des lea­ders qui s’ap­puient sur une masse de sui­veurs, d’op­por­tu­nistes, etc., et de l’autre, des hys­té­riques anti­cha­viste fai­sant peser le spectre du retour à l’ordre bar­bare qui pré­cé­dait, et entre les deux une masse d’in­dif­fé­rents et une par­tie d’es­prits libres et de prag­ma­tiques, qui si pour rien au monde ils ne vou­draient reve­nir en arrière, n’en constate pas moins leur impuis­sance à por­ter le débat au sein même de la révo­lu­tion. en fait le pro­blème c’est que si cha­vez ne dit pas, là on a mer­dé, s’il ne se déplace pas pour tan­cer l’é­lu cha­viste du coin ou le res­pon­sable de telle entre­prise, il y a tout un rou­leau com­pres­seur fait de pro­pa­gandes et de contrôle social qui muselle de fait les voix de cou­ra­geux dénon­cia­teurs sin­cè­re­ment cha­vistes ou d’op­po­sants de gauche (éco­lo­gistes notam­ment). C’est à dire que si les seules cri­tiques à l’ac­tion gou­ver­ne­men­tale viennent de l’op­po­si­tion pro­ca­pi­ta­liste, si l’in­for­ma­tion non inféo­dée au capi­ta­lisme est une pro­pa­gande célé­brant les réus­sites du gou­ver­ne­ment, com­ment faire pour que le contrôle citoyen s’exerce et soit à même d’in­flé­chir les poli­tiques, de por­ter le débat pour affir­mer d’autres solu­tions, d’autres voies que celles sor­ties des rangs du PSUV ?

    si on fait une ana­lo­gie, on prend un vil­lage, les « braves gens » exercent un contôle social, il faut aller à la messe sinon on est mal vu, etc., la majo­ri­té est force d’oppression…maintenant si on rem­place les curés par des lea­ders de la révo­lu­tion cubaine, et Cas­tro en pape infaillible, on com­prend tout de suite pour­quoi cuba n’est pas une démo­cra­tie et ce qui pour­rait arri­ver au Vene­zue­la. Et tout ça je ne sais pas trop com­ment l’ex­pri­mer, c’est une ques­tion d’é­thique citoyenne plus que de cadres for­mels, à savoir le degré d’ou­ver­ture à la cri­tique et au dia­logue des par­ti­ci­pants à une assemblée.

    Toc­que­ville a très bien décrit le pro­blème pas besoin d’y reve­nir. Mais dans le cas concret du Vene­zue­la, il n’est pas inévi­table que le pro­ces­sus au départ rela­ti­ve­ment sain d’al­lers-retour entre le bas et le haut et qui en fait la dyna­mique, ne se trans­forme en une direc­tion du haut vers le bas, c’est à dire en une perte d’au­to­no­mie du peuple, avec des ins­tances de par­ti­ci­pa­tion vouées à res­sas­ser les dis­cours du haut, à relayer les consignes et à occul­ter les réelles pro­blèmes et les contra­dic­tions qui concrè­te­ment se posent, en prise prag­ma­tique avec le terrain…Cuba est un cas d’é­cole pour ça…et, au Vene­zue­la, si les gens acquis à l’op­po­si­tion n’ont rien à appor­ter au débat, et qu’on peut appré­cier qu’ils s’au­toex­cluent des ins­tances de démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive, il serait plus inquié­tant de consta­ter une défec­tion et une autoex­clu­sion de per­sonnes acquises à la révo­lu­tion mais se sen­tant impuis­santes à convaincre une assem­blée de béni-oui-oui cha­vistes inca­pables de ren­trer en conflit direct avec L’E­tat ou autre ins­tance por­tant l’es­tam­pille « socia­liste »…je ne sais pas si c’est déjà à un niveau pro­blé­ma­tique, il n’empêche que ça et là l’E­tat a le der­nier mot ou ne prête pas atten­tion à cer­taines luttes, alors même qu’elles portent en elles une praxis révo­lu­tion­naire là où l’E­tat s’é­tait figé dans un aveu­gle­ment dog­ma­tique ou dans une rou­tine héritée.

    le pro­blème de l’é­du­ca­tion « à la cubaine » est le pro­blème de toute édu­ca­tion, four­nit-il les pré­misses intel­lec­tuelles à l’au­to­no­mie du citoyen, ou vise-t-il à faire s’i­den­ti­fier le citoyen à l’E­tat et à la ligne fixée par une direc­tion mar­xiste-léni­niste ? la réponse à cette ques­tion n’est pas évi­dente pour le Vene­zue­la, en tout cas les débats théo­riques de fond au sein même du cou­rant socia­liste révo­lu­tion­naire sont peu mis en avant et les pers­pec­tives encou­ra­gées m’ont paru for­te­ment favo­rable à la ligne mar­xiste-léni­niste, sous une forme certes très hybride et lais­sant tout sa place à l’i­ni­tia­tive locale, mais glo­ba­le­ment peu à même de mettre les citoyens en capa­ci­té de cri­ti­quer cette ligne pour lui sub­sti­tuer des aspects disons plus démo­cra­tiques. Le prin­ci­pal point de blo­cage étant l’abs­cence de débat de fond sur la dif­fé­rence entre natio­na­li­sa­tion et socia­li­sa­tion, et l’absence de formes concrètes d’ex­pres­sion légi­times d’un syn­di­ca­lisme révo­lu­tion­naire en dehors de la social-démo­cra­tie. je veux dire par là qu’il n’y a pas de solu­tion au pro­blème majeur que pose PDVSA sans une prise de pou­voir en son sein de type anar­cho­syn­di­ca­liste, et c’est là que tout se joue, il m’ap­pa­rait pri­mor­dial de cou­per les vivres à ce sys­tème d’ap­pa­rat­chik qui est en train de pour­rir de l’in­té­rieur la révo­lu­tion en géné­rant un sys­tème clientéliste.
    Le dan­ger, c’est qu’il se forme une classe de gens tirant leurs sub­sides et leurs hon­neurs d’un cer­tain sys­tème, jus­ti­fié par une cer­taine idéo­lo­gie, et qui du coup ont inté­rêt à ce que ça ne bouge pas…bref, le tra­vers habi­tuel du marxisme-léninisme…très utile pour mener à bien et conso­li­der une révolution…un véri­table poi­son à mesure que sa direc­tion s’installe.

    en fait, tout le sou­ci est de com­prendre le coeur du phé­no­mène de dérive, qu’il soit ren­du pos­sible par l’at­ti­tude et la force de l’ad­ver­saire c’est un fait, mais le pro­blème n’est pas là. En phase révo­lu­tion­naire, que le sen­ti­ment d’a­voir rai­son jus­ti­fie de pas­ser outre cer­tains principes…après tout ça se comprend…et on peut faire confiance à une par­tie signi­fi­ca­tive du peuple pour faire triom­pher la rai­son, sinon la révo­lu­tion échoue…mais le pro­blème vient après, quand se met en place un sys­tème où même s’ils ont tort, tout le monde se doit de dire que les diri­geants ont raison…j’espère juste que les véné­zué­liens sau­ront prendre la mesure du dan­ger sans céder un pousse de ter­rain à l’ennemi…et j’i­ma­gine que ça doit gam­ber­ger depuis le can­cer de Chavez…

    après ça les regarde, mais l’im­por­tant c’est de tirer des leçons pour nous,

    par exemple dans le pro­gramme du FN, il y a une ligne qui dit qu’ils vont chan­ger le conte­nu de l’en­sei­gne­ment sur l’his­toire de France…nul doute que ça ne res­sem­ble­ra pas au point de vue de Guillemin…or si je te suis dans tes jus­ti­fi­ca­tions sur ce que font les cha­vistes, je n’au­rais rien à leur opposer…or pour moi l’E­tat n’est légi­time que s’il conforte l’au­to­no­mie du citoyen, garant de la liber­té de conscience et d’ex­pres­sion, autre­ment dit, la pro­pa­gande révo­lu­tion­naire, oui, mais la pro­pa­gande d’E­tat, non, il suf­fit de garan­tir le plu­ra­lisme et l’in­dé­pen­dance pour qu’il se trouve suf­fi­sam­ment de jour­na­listes cri­tiques objec­tifs capable de recon­naître les mérites de telle ou telle poli­tique, pas besoin d’au­to­cé­lé­bra­tion permanente…même chose avec les profs, il suf­fit de leur garan­tir un accès aux débats d’his­to­riens et de faire des pro­grammes en toute impar­tia­li­té, c’est à dire capable de dire tel fait peut être vu comme ci ou comme ça selon le point de vue de tel ou tel camp pour que les enfants se fassent leur propre jugement…ou bien on forme des citoyens ou bien on forme des fidèles…et le pro­blème des mis­sions véné­zué­liennes, et au contraire de ce Cha­vez fait lui-même à chaque prise de parole, c’est qu’elles versent plus dans un cathé­chisme rouge et jaco­bin, que dans une édu­ca­tion à la pen­sée critique…enfin c’est mon avis et ma partialité 😉

    Réponse
  53. J.C

    L’in­té­rêt des par­tis c’est peut être une cer­taine visi­bi­li­té et des pro­po­si­tions de fonc­tion­ne­ment interne. Le pro­blème est qu’il s’a­git d’ou­tils de divi­sion. Ça concerne ou bien les gens de gauche ou bien de droite ou bien d’ex­trême gauche, d’ex­trême droite, du centre, les ouvriers, le patro­nats, les arti­sans, les exclus… mais jamais tout le monde.
    Ce n’est jamais assez mobi­li­sa­teur pour ras­sem­bler l’en­semble de la popu­la­tion et ça ne per­met pas à tous le monde de se retrou­ver sur les points essen­tielles sans notion par­ti­sane. On nous empêches de voir l’i­mage com­plète et de com­prendre les tenants et les abou­tis­sants pour tous. Bref, on nous empêches de nous unir sur les fon­da­men­taux. Plu­tôt qu’un ensemble cohé­rent démo­cra­tique ou tout le monde à la place de s’ex­pri­mer dans le res­pect de l’é­ga­li­té, la liber­té et de la fra­ter­ni­té (poli­tique, éco­no­mique, sociale…) on se divise avant même d’a­voir éta­bli le pou­voir poli­tique de cha­cun d’entre nous.
    Il ne devrait pas y avoir de contre pou­voir à la démo­cra­tie, donc aucun par­ti car aucun par­ti n’est la tota­li­té. La tota­li­té de la popu­la­tion a le même pou­voir d’ex­pres­sion dans une démo­cra­tie sans devoir se vendre ou se perdre dans des idéo­lo­gies dites majo­ri­taires pour espé­rer obte­nir quelque chose. Avec le sys­tème de par­ti poli­tique on vote les uns contre les autres, on vote pour que telle per­sonne nous repré­sentes etc. débat­tons et votons nous-même sans besoin de finan­ce­ment exté­rieur sans subir les choix d’au­trui. Ça c’est la véri­table éga­li­té citoyenne. Aucun groupe aus­si impor­tant soit-il ne devrait avoir le droit d’im­po­ser une posi­tion à d’autres. Les appar­te­nances poli­tiques mon­tant les uns contre les autres sont un déni de démo­cra­tie. Nous devons être libre des appar­te­nances si nous vou­lons cha­cun d’entre nous choi­sir en nos âmes et consciences.
    Nous com­po­sons tous le peuple et per­sonne ne devrait avoir le droit de nous repré­sen­ter poli­ti­que­ment. Notre vie est notre propre responsabilité.

    Dans un sys­tème non-démo­cra­tique comme celui dans lequel nous vivons, ou bien nous sommes les esclaves d’ac­teurs pri­vés ou bien nous sommes les esclaves d’un gou­ver­ne­ment étatiste.
    Dans les deux cas, nous sommes exploi­tés et nos vies ne nous appar­tiennent pas.

    Le fait même d’a­voir le droit de vivre dépend de ceux qui détiennent les moyens par les­quels nous pou­vons sub­sis­ter. c’est à dire de ceux qui tiennent entre leur main le moyen par lequel cha­cun consent à agir ou obéir et ce moyen c’est l’argent. Celui qui pos­sède les moyens de créer l’argent (à par­tir de rien), le pou­voir de créer la mon­naie, pos­sède le pou­voir sur la sub­sis­tance de cha­cun puisque c’est par ce seul moyen (en appa­rence en tout cas) que nous pou­vons accé­der à ce dont nous avons besoin pour vivre.

    Tant que ce ne sera pas la popu­la­tion elle-même qui détien­dra l’en­semble des pou­voirs, le peuple ne sera pas libre de choi­sir ce qui est bon pour lui.

    Délé­guer le pou­voir poli­tique est une erreur. Nous ne sommes pas tous maçon ou bou­lan­ger par contre nous sommes tous citoyens ou en tout cas nous devrions l’être.
    Dans un vraie démo­cra­tie, la popu­la­tion débat puis vote les lois elles-mêmes, elle ne délègue pas ce pou­voir à d’autres, sinon ce n’est pas une démo­cra­tie mais un sys­tème oligarchique.

    Si on laisse la porte ouverte à un sys­tème repré­sen­ta­tif quel qu’il soit, ça fini­ra tou­jours à un moment ou un autre par l’ex­ploi­ta­tion des uns par les autres.
    La délé­ga­tion des pou­voirs crée l’i­né­ga­li­té poli­tique et met tou­jours (même un peu) les uns au des­sus des autres. Ceux qui tirent quelques avan­tages vou­lant tou­jours assu­rer leur pou­voir et leurs pri­vi­lèges ont ten­dance à prendre l’es­pace qui leur per­met d’as­su­rer leurs arrières en déve­lop­pant tou­jours plus leur main mise. Auto­ma­ti­que­ment, ils deviennent moins nom­breux puisque par les pri­vi­lèges qu’on leur aban­donne cer­tains s’oc­troie­ront davan­tage de marche de manœuvre, de pou­voir et finissent tou­jours par for­mer tôt ou tard (inévi­ta­ble­ment) une oligarchie.
    Le contrôle des repré­sen­tants ne suf­fit pas.
    Les enjeux de la fin de la « démo­cra­tie athé­nienne » par la guerre et la mon­naie (qui ont ren­ver­sé ce sys­tème) ne sont pas le jeu du hasard. L’argent est le nerf de la guerre c’est bien connu.

    Pour évi­ter cela la démo­cra­tie doit tou­jours s’exer­cer à la base et c’est un pléonasme.
    Il nous faut sim­ple­ment trou­ver les moyens de com­mu­ni­ca­tions et de fonc­tion­ne­ments les plus effi­caces pour une véri­table démo­cra­tie (directe).

    bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  54. sitouaillain

    J.C.,

    si mélen­chon est « d’ex­trême gauche », toi tu es d’ul­tra­gauche, tu as un dis­cours a peu près anar­chiste et bon nombre de com­mu­nistes ou d’é­co­los pensent comme toi…pour faire pas­ser leurs idées et inci­ter les gens à la révolte, les anar­chistes, socia­listes etc., ont fon­dés des asso­cia­tions qui s’ap­pellent par­tis ou syn­di­cats, des jour­naux, des bro­chures, etc.,
    s’ils s’en étaient tenus à ton rai­son­ne­ment, tu ne serais même pas en mesure d’é­crire ce que tu as écrit.

    tes idées sont por­tées par la gauche, ou disons une par­tie de la gauche depuis 150 ans, la pos­si­bi­li­té qu’elles soient un jour appli­quées passe par l’or­ga­ni­sa­tion, pour outiller intel­lec­tuel­le­ment le peuple, construire les mobi­li­sa­tions, etc., les idées de gauche, tes idées, s’a­dressent à tout le peuple, à ceci près que comme elles ne recon­naissent aucune légi­ti­mi­té aux capi­ta­listes et à toutes les fonc­tions qui le sou­tiennent, per­sonne à gauche ne s’at­tend à ce que ceux-là adhèrent aux idées et se révoltent…c’est le prin­cipe de la lutte des classes…si quel­qu’un se dit de droite, c’est qu’il est légi­ti­miste, conser­va­teur, bref qu’il n’est pas d’ac­cord avec toi, il est pour la conser­va­tion de l’es­sen­tiel de l’ordre des choses…à toi de le faire chan­ger d’avis…

    le truc c’est que si tu crées ton par­ti, d’a­bord tu vas faire dou­blon avec tout un tas de par­tis qui sont des petites démo­cra­ties de citoyens auto­nomes, libres et conscients, et si tu as assez de copains pour convaincre 500 maires et te pré­sen­ter à la pré­si­den­tielle, tu feras pro­ba­ble­ment 0,1%…ce qui, cumu­lé à toutes les voix de gauche fera peu ou prou 15% de l’é­lec­to­rat, et, en étant très opti­miste, c’est à dire en tenant compte du vote « utile » pour la fausse gauche qui consiste d’a­bord à écar­ter la droite et l’ex­trême droite, en pre­nant le contin­gent d’abs­ten­tion­nistes par idéo­lo­gie, et quelques éga­rés révo­lu­tion­naires mais n’ayant pas accès à la culture mili­tante, tout ça nous fait un contin­gent de moins de 6 mil­lions de per­sonnes plus ou moins consciente de ce qu’il fau­drait faire pour vivre réel­le­ment en démo­cra­tie, et plus ou moins prête à en découdre avec les matraques de l’oligarchie.…

    d’où en fait le constat, soit on se pré­sente aux élec­tions en ras­sem­blant au maxi­mum ceux de gauche qui savent bien que de toute façon les gens votent et qu’on en subit le résul­tat et que donc, pour avoir une micro-chance d’être élu mieux vaut rava­ler cer­tains prin­cipes effrayants pour tous les col­la­bos du sys­tème et ten­ter de pas­ser en accep­tant, la repré­sen­ta­tion, et tout le tin­touin, soit, on s’or­ga­nise pour prendre le pou­voir autre­ment et ensuite asseoir notre légi­ti­mi­té et se défendre…bien sûr toutes ces options ont leurs cou­rants et autant de nuances qui divisent la gauche, les héri­tiers des luttes, et les mili­tants, les par­tis, etc., tous ces gens qui sont enga­gés, se cotisent, n’ont pas la conscience par­faite ni les outils idéaux.

    main­te­nant je vois qu’é­merge un nou­veau cou­rant, encore pire, celui des anti­par­tis et anti­syn­di­cats, un cou­rant ayant gobé les pro­pa­gandes du pou­voir, mais voyant que la situa­tion n’est pas juste, ils croient au cla­que­ment de doigt pour ins­tau­rer la démo­cra­tie, et pire, à l’u­na­ni­mi­té, un accord « sur l’es­sen­tiel », avec les gens de droite et que tout ça va arri­ver spon­ta­né­ment sans que les gens convain­cus qu’il faut que ça change, donc de gauche, s’or­ga­nisent pour se ser­rer les coudes et ne pas être cha­cun pour soi iso­lé face au pouvoir…ça me fait froid dans le dos !

    ras­sures-toi JC, à force de répé­ter les dis­cours anti orga­ni­sa­tions de la classe exploi­tée, répé­ter le dis­cours ni droite ni gauche du capi­ta­lisme sans alter­na­tive et ses nar­cisses consom­ma­teurs, il n’y a déjà plus qu’1% de la popu­la­tion majeure qui est adhé­rent d’un par­ti et 6% d’ac­tifs syndiqués…en conver­gence avec That­cher, ton sou­hait sera bien­tôt exaucé !

    Réponse
  55. Yvan

    Encore mer­ci pour cet échange Sitouaillain, et pour tes réflexions sur la révo­lu­tion boli­va­rienne. Comme toi, je ne vois pas du tout les FARC comme nos médias les pré­sente… et je dirais même (tant pis pour le poli­ti­que­ment cor­rect) que je com­prends tout à fait la poli­tique de Cha­vez au sujet de cette force révo­lu­tion­naire armée. On sent qu’il n’a pas envie de leur mettre des bâtons dans les roues, et quand on connait la situa­tion à la fron­tière colom­bienne, et sur­tout la situa­tion en Colom­bie même (ter­reau de la contre-révo­lu­tion pour les USA) on com­prend bien mieux le com­bat des FARC et l’i­gno­rance (ou la dés­in­for­ma­tion) dont les médias occi­den­taux font preuve au sujet des « otages » qui n’en sont pas (mais le « syn­drome de Stock­holm » est l’arme idéale pour les médias quand un otage affirme qu’il n’en était pas un)!

    Je ne vais pas m’é­tendre plus, car on dévie effec­ti­ve­ment du sujet (et je me joins à tes excuses auprès des lec­teurs et de Etienne pour ce hors-sujet captivant) 😉
    Mais en y pen­sant, on est pas si loin (du sujet) car la contre-révo­lu­tion dont on parle au Vene­zue­la est bien orga­ni­sée et sou­te­nue par les fas­cistes qui gou­vernent notre monde « civilisé » !

    En tous cas, mer­ci mille fois pour ces longues réponses et ana­lyses, c’est très enri­chis­sant d’a­voir un inter­lo­cu­teur de ta trempe en face, et rares sont les gens avec qui je peux par­ler sérieu­se­ment du Venezuela 🙂
    Ce que je regrette par­fois avec le net, c’est qu’on ne puisse pas pro­lon­ger les pas­sion­nantes dis­cus­sions autour d’un verre, de façon plus inter­ac­tive et humaine (tout comme je regrette de ne pas être sur Mar­seille éga­le­ment, pour ren­con­trer Etienne au coin d’une table de temps à autres).

    Pour info quand même, je suis actuel­le­ment sur Lyon (pas pour long­temps, je bouge beau­coup). Donc si jamais il y a des pas­sion­nés de débat sur la démo­cra­tie et le socia­lisme dans le coin, faites-moi signe, on pour­ra essayer de se réunir pour refaire le monde autour d’une table accueillante (ou rejoi­gnez le col­lec­tif de l’au­dit citoyen de la dette dont je fais par­tie pour le Rhône, ain­si on pour­ra se croi­ser lors des réunions et autres évè­ne­ment orga­ni­sés par le collectif):
    => http://​www​.audit​-citoyen​.org/​?​p​a​g​e​_​i​d​=54

    Au plai­sir 😉

    Réponse
  56. J.C

    @ Sitouaillain

    Mer­ci d’a­voir expri­mé le fond de ta pensée.
    S’il est vrai que je par­tage une grande par­tie de tes ana­lyses, Je ne par­tage pas du tout celle ci.

    Je pense que c’est un piège de vou­loir mettre les gens dans des cases.

    Les mou­ve­ments dit de gauche s’i­den­ti­fient tou­jours aux tra­vailleurs, pro­lé­taires, ouvriers, classe labo­rieuse etc. Dans le pro­gramme de tout ces mou­ve­ments, comme ceux de droite d’ailleurs, on sou­haite défendre les emplois, la valeur tra­vail. On y pro­meut l’i­déo­lo­gie même qui sert à la ser­vi­tude des peuples, rédui­sant l’homme à une force de tra­vail (dont il serait seul pro­prié­taire). On nous fait prendre des ves­sies pour des lanternes.

    Je vais te cho­quer en disant cela mais le com­mu­nisme c’est le moyen par lequel le capi­ta­lisme s’est per­pé­tué. Il faut que deux oppo­sés se nour­rissent mutuel­le­ment, en cau­tion­nant les esprits avec la notion d’ex­ploi­té, on se sou­met au pou­voir d’ex­ploi­tant dont l’exis­tence jus­ti­fie la lutte et la rai­son d’être, sous une forme pro­fon­dé­ment maté­ria­liste, voir nihiliste.

    Com­ment expli­quer qu’au­tant de peuples aient adhé­ré à la mise en place de régimes tota­li­taires com­mu­nistes les trai­tant comme des esclaves et appor­tant la misère sociale sous pré­texte du bien commun.

    C’est une réa­li­té et ce dans de nom­breux pays. Quelle idée la popu­la­tion avait-elle d’elle-même pour accep­ter cela ?

    Tout sim­ple­ment en occul­tant toute forme de spi­ri­tua­li­té, d’au­to­no­mie véri­table et d’ap­proche démocratique.

    L’i­déo­lo­gie com­mu­niste ignore la démo­cra­tie, la valeur de la vie humaine et toute forme de spi­ri­tua­li­té authen­tique. C’est en tout cas ce qui se mani­feste à l’ob­ser­va­tion des faits. Quelle éman­ci­pa­tion spi­ri­tuelle et démo­cra­tique pour ceux qui ne voient leur exis­tence que dans une nou­velle orga­ni­sa­tion du travail ?

    Comme disait Boris Vian : « le tra­vail est l’o­pium du peuple »
    et pour citer Coluche (de mémoire): « le capi­ta­lisme, c’est l’ex­ploi­ta­tion de l’homme par l’homme, le com­mu­nisme, c’est l’inverse »

    Je suis convain­cu que la lutte des classes est une inven­tion née du sys­tème de gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif pour divi­ser la popu­la­tion entre exploi­tants et exploi­tés inter­dé­pen­dants les uns des autres afin de diri­ger les consciences sur des valeurs et pré­oc­cu­pa­tions pure­ment maté­ria­listes. L’i­déo­lo­gie pre­nant toute la place empêche (ou limite) toute autre conscience sur le sens de la vie.

    Bien sûr, cer­tains ne voient pas les choses ain­si mais en se foca­li­sant sur cet aspect, l’es­sen­tiel est tenu à l’écart.

    On nous enferme et on nous divise à l’aide de cette théo­rie de la lutte des classes. C’est un piège pour détruire toute forme de spi­ri­tua­li­té authentique.

    Com­ment les peuples auraient-ils pu avec une véri­table com­pré­hen­sion ou conscience de ce qu’est la démo­cra­tie et la valeur de l’exis­tence accep­ter des régimes tota­li­taires représentatifs ?

    On est bien d’ac­cord, cer­tains ont de nobles idéaux mais, tant que se met en place un gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif, les jeux de pou­voirs les mettent à l’é­cart. C’est seule­ment l’é­ga­li­té poli­tique qui aide­ra à apai­ser les passions.

    En découdre avec les matraques de l’o­li­gar­chie, c’est à mon sens exac­te­ment ce qu’il ne faut pas faire.

    un gen­til virus effi­cace n’est pas enfer­mable dans une boite ou une éti­quette de par­tis poli­tique limi­tante qui par­ti­ci­pe­rait à la mas­ca­rade d’un pou­voir poli­tique d’é­lus. Les élus eux-même n’ont pas le véri­table pou­voir et ceux qui l’ont ne sont pas for­cé­ment ceux que l’on croit. Ce sont des portes paroles du dis­cours des­ti­né aux populations.

    L’im­pli­ca­tion dans le sys­tème repré­sen­ta­tif mas­ca­rade est une aber­ra­tion en terme d’ef­fi­ca­ci­té et après les 150 ans de luttes dont tu parles, c’est un échec com­plet en terme démo­cra­tique, la situa­tion est de pire en pire (mais ça n’a pas été un échec dans tous les domaines).

    Les quelques conces­sions faites à cer­taines époques n’ont eu pour but que d’é­ta­blir la paix sociale pen­dant le pro­ces­sus de mon­dia­li­sa­tion qui assure le contrôle glo­bal d’où toute oppo­si­tion ou alter­na­tive disparaît.

    Quelle que soit notre appar­te­nance poli­tique, on nous pousse à la révo­lu­tion pour l’ins­tau­ra­tion d’un nou­vel ordre mon­dial, la remise en cause de l’an­cien sys­tème. Tous les portes paroles (acteurs poli­tiques) d’en­ver­gures en parlent (Mr Sar­ko­zy en tête).

    D’autre part, si ce qui est com­mu­ni­qué par les par­tis que tu sembles défendre ne révèle pas le fond de leur pen­sée comme tu le pré­tends sous pré­texte que cer­tains prin­cipes seraient trop effrayants. Peut-être ces prin­cipes le seraient-il même pour moi.

    En outre, contrai­re­ment à ce que tu laisses entendre, je ne suis pas contre le fait de s’or­ga­ni­ser puisque je ne parle que de ça, les par­tis poli­tique ne me parais­sant pas le choix le plus judi­cieux même si c’est aus­si un moyen de com­mu­ni­ca­tion. Cela étant dit, je par­tage le point de vue d’Étienne sur le fait que lorsque nous serons suf­fi­sam­ment nom­breux à tom­ber d’ac­cord sur l’es­sen­tiel et à vou­loir sa mise en place, alors cela se pro­dui­ra beau­coup plus faci­le­ment. Le mes­sage même d’Étienne s’af­fine et nous y par­ti­ci­pons tous à notre manière.

    Le sys­tème actuel fonc­tionne tou­jours sur un mode binaire ; on nous a incul­qué qu’il fal­lait choi­sir entre se désen­ga­ger de la vie poli­tique ou bien s’en­ga­ger dans la mas­ca­rade (anti-)démocratique. Il faut plu­tôt à mon sens sor­tir de ces condi­tion­ne­ments de la pen­sée si l’on veut s’en sor­tir tout court.

    Pour ma part, je ne me consi­dère pas comme ayant des vues ultra-gauches ou droites etc. mais comme impli­qué dans une démarche de com­pré­hen­sion de ce qu’est réel­le­ment une démo­cra­tie et com­ment per­mettre à tous de le com­prendre, d’y aspi­rer et de par­ti­ci­per à sa mise en place.

    Je garde aus­si à l’es­prit qu’une large par­tie de la popu­la­tion n’a pas confiance dans les par­tis poli­tique et ne connaît pas véri­ta­ble­ment ce que sont les vues fon­da­trices de la droite, de la gauche etc.

    Pour finir, il me paraît clair qu’en vou­lant défendre les tra­vailleurs, on défend le travail.
    En défen­dant les citoyens, on défend la citoyenneté.
    Espé­rons alors que lors­qu’il n’y aura plus de tra­vailleur, il y aura des citoyens ins­truits aux prin­cipes d’une véri­table démocratie.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  57. Di Girolamo

    « je par­tage le point de vue d’Étienne sur le fait que lorsque nous serons suf­fi­sam­ment nom­breux à tom­ber d’ac­cord sur l’es­sen­tiel et à vou­loir sa mise en place »

    Le seul point sur lequel on peut tom­ber d’ac­cord sans for­cer les choses c’est qu’on est pas d’ac­cord et qu’on ne le sera jamais , c’est qu’on a pas la science infuse et que l’i­gno­rance nous consti­tue ; c’est ce constat qui est fon­da­teur de la démocratie .

    Le fon­de­ment de la démo­cra­tie c’est cette accep­ta­tion de notre igno­rance congé­ni­tale par­ta­gée par tous ; les juge­ments trop tran­chés, trop défi­ni­tifs, les grilles d’in­ter­pré­ta­tion du réel sont des idéo­lo­gies et sont l’an­ti­thèse de la démocratie ;
    c’est pour­quoi il est stu­pide de tout inter­pé­ter par la lutte des classes et la divi­sion droite gauche , mais stu­pide aus­si d’i­gno­rer ces réa­lites ; c’est pour­quoi il est stu­pide d’af­fir­mer que la démo­cra­tie directe est la seule démo­cra­tie et que la démo­cra­tie repré­sen­ta­tive est for­cém­ment mau­vaise ; stu­pide aus­si de ne pas voir les limites de l’une et de l’autre ; stu­pide d’af­fir­mer que les par­tis sont par nature anti démo­cra­tiques et stu­pides de ne pas voir les dérives graves qui sont les leurs .

    Alors quand JC dit « je par­tage le point de vue d’Étienne sur le fait que lorsque nous serons suf­fi­sam­ment nom­breux à tom­ber d’ac­cord sur l’es­sen­tiel et à vou­loir sa mise en place »

    de quoi par­lons nous ?

    Réponse
  58. Catherine B

    Tout à fait ok avec toi Georges, un enfer­me­ment en cache tou­jours pos­si­ble­ment un autre !

    Nous sommes des funam­bules, rien n’est écrit, arrê­té, sûr, sinon la mort.

    Et encore!!!!

    Réponse
  59. Catherine B

    ++La jus­tesse est semble-t-il dans le para-doxe comme dit l’autre !++

    car le para-doxe dé-passe les pôles posi­tif et néga­tif qui offrent la tension.

    Réponse
  60. Di Girolamo

    oui « Nous sommes des funambules »

    Etre homme c’est se trou­ver dans une condi­tion incon­for­table puisque mys­té­rieu­se­ment nous ne sommes pas comme la roche ou la biche, adap­tés à notre milieu et ses équi­libres ; bien qu’aus­si entiè­re­ment assu­je­tis aux règles qui régissent l’u­ni­vers nous pou­vons nous en dis­tan­cier , au point de trans­for­mer radi­ca­le­ment ce milieu et le détruire ; nous sommes des êtres bizarres nés d’un monde que nous pou­vons trans­for­mer et même rejeter.On peut même dire que c’est notre nature de ne pas être seule­ment nature mais culture et d’a­gir direc­te­ment sur les choses et nous mêmes , comme des divinités.

    Aujourd’­hui nous avons tout trans­for­mé : la pla­nète et son espace envi­ron­nant est deve­nue com­plè­te­ment autre chose ;et ces trans­for­ma­tions nous échappent : nous les subis­sons ; la ques­tion qui est deve­nue impor­tante du fait de la radi­ca­li­té et des dan­gers de ces trans­for­ma­tions est de défi­nir une poli­tique qui soit capable de nous faire reprendre la main sur ces pro­ces­sus ; à la fois com­prendre les méca­nismes en oeuvre et cher­cher à pla­ni­fier une socié­té soutenable.

    Com­prendre les méca­nismes en oeuvre sup­po­se­rait de lan­cer une recherche publique per­met­tant de faire émer­ger une conscience com­mune des choses
    Pla­ni­fier, sup­pose une rup­ture d’a­vec le libre mar­ché , une reprise en main poli­tique en amont , au moins en ouvrant un champ public expé­ri­men­tal de grande dimension .

    Rompre direc­te­ment et tota­le­ment me semble impos­sible ; par contre lan­cer une poli­tique publique de recherche et d’ex­pé­ri­men­ta­tion avec comme mis­sion clai­re­ment affi­chée un tra­vail natio­nal de diag­nos­tic glo­bal de notre évo­lu­tion actuelle et d’ex­pé­ri­men­ta­tions locales de nou­veaux modes d’or­ga­ni­sa­tion socié­taux , une tran­si­tion consciem­ment vou­lue , lan­cée et assu­mée offi­ciel­le­ment comme telle par la nation peut être jouable.

    Alors quel lien avec la démo­cra­tie , le tirage au sort , les par­tis , Mélen­chon ‚les législatives ?

    Réponse
  61. sitouaillain

    @ Yvan…bien d’ac­cord avec toi…j’essaierais de me sou­ve­nir de ton invi­ta­tion quand je pas­se­rai à Lyon 😉

    @ Di Giro­la­mo, je par­tage tout ce que tu dis, à un détail près :

    « les grilles d’in­ter­pré­ta­tion du réel sont des idéo­lo­gies et sont l’an­ti­thèse de la démocratie »

    je ne suis pas d’ac­cord car je consi­dère que le pro­blème (et ça di giro­la­mo tu le vois très bien vu ce qui suit dans ton para­graphe) ça n’est pas l’i­déo­lo­gie, c’est l’en­fer­me­ment dans l’i­déo­lo­gie, le dogme, la doxa…d’où le para-doxe…

    mais, en soi, l’i­déo­lo­gie est une grille d’in­ter­pré­ta­tion du réel qui se construit consciem­ment, sciem­ment, et qui se veut cohé­rente, mais per­sonne de sérieux ne dit que l’i­déo­lo­gie est la réa­li­té, Marx n’é­tait pas mar­xiste, son idéo­lo­gie, c’est un ensemble de concepts pour inter­pré­ter la réa­li­té, même chose chez les pen­seurs libé­raux, les décrois­sants, les socio­logues, etc. où je vais volon­tiers piocher.

    seul un dieu peut être omni­scient, nous pauvres hommes nous com­pre­nons le mag­ma informe du réel en posant des­sus des grilles plus ou moins effi­caces, des concepts, au fil du temps nous les élar­gis­sons, et de fait, en un cer­tain sens, nous vivons dans l’i­déo­lo­gie, sans en avoir conscience le plus sou­vent, nous oublions que le concept n’est qu’un arbitraire…

    si je ne connais que le concept « bleu » je ne vois que du bleu..mais je peux deve­nir plus sub­til, je « vois » mieux en décou­pant (et ce décou­page est infi­ni) le bleu en autant d’in­di­go, marine, ciel, etc.

    et si je ne connais que le bien ou le mal…je ne « vois » jamais tout ce qu’il y a autour, entre, au-delà, etc.

    en somme donc, la démo­cra­tie c’est la recon­nais­sance que nos grilles d’in­ter­pré­ta­tion du réel peuvent être diverses, ce monde de concepts héri­tés que nous appe­lons « la réa­li­té », est un monde ins­ti­tué, arbi­traire, déci­dé par les citoyens. Et notre liber­té en ce domaine consiste jus­te­ment à créer un monde par­ta­gé, une idéo­lo­gie col­lec­tive, comme dire « les hommes sont égaux » est for­mi­da­ble­ment idéologique.

    Je serais donc ten­té de prendre ton contre­pied en disant les idéo­lo­gies sont consub­stan­tielles à la démo­cra­tie et que celui qui dit l’in­verse ne fait que dire que les idéo­lo­gies des autres sont l’an­ti­thèse de sa vision de la démocratie…de son idéo­lo­gie à lui…

    en l’oc­cur­rence, le mépris des idéo­lo­gies est un trait carac­té­ris­tique de l’i­déo­lo­gie dans laquelle nous vivons, le néolibéralisme ;

    et fina­le­ment l’an­ti­thèse de la démo­cra­tie c’est quand on pré­tend à la fin des idéologies…quand plus per­sonne n’est capable de voir qu’on vit un monde ins­ti­tué à par­tir d’i­déo­lo­gies qui se confrontent et se croisent, se sédi­mentent pour for­mer des socles de réa­li­tés par­ta­gées, alors nous som­brons dans le tota­li­ta­risme, il n’y aurait plus qu’une seule idéo­lo­gie, celle dans laquelle on est/naît. et c’est bien sûr la même chose avec cette forme par­ti­cu­lière d’i­déo­lo­gie qu’est la religion.

    d’où le para­doxe de la démo­cra­tie, puisque relier les hommes entre eux sur une vision du monde, c’est le propre de l’i­déo­lo­gie, en tant qu’en­semble de croyances à peu près par­ta­gées, et dès lors que les hommes oublient qu’ils se relient entre eux par des concept arbi­traires, des grilles d’in­ter­pré­ta­tion du réel, la démo­cra­tie est impos­sible, car elle ne peut plus les mettre en ques­tion. …mais si les citoyens ne par­tagent aucune grille, elle est tout autant impos­sible, on ne peut pas dia­lo­guer, c’est la guerre civile, le sépa­ra­tisme, que sais-je encore…il faut donc un socle idéo­lo­gique com­mun (« cultu­rel ») mais être conscient qu’il est issu de choix ou de non-choix humains pour pou­voir le chan­ger (et accep­ter que le chan­ge­ment n’est jamais effec­tué sur une tabu­la rasa, c’est un trait idéo­lo­gique sain!).

    Puisque ce sont tou­jours des hommes influents qui forgent les­dites grilles, si on l’ou­blie, c’est qu’on ne s’est pas lais­sé consciem­ment influen­cé, mais qu’on s’est lais­sé condi­tion­né par autrui (cet autrui peut être mort depuis des mil­liers d’an­nées), et donc que l’on n’est pas le maître de son propre sys­tème de représentations.

    Pour être citoyen, il faut être capable de se rendre maître du réel, donc de créer en conscience sa propre grille d’in­ter­pré­ta­tion du réel, savoir la remettre en cause en ne l’i­den­ti­fiant pas à son moi, savoir dia­lo­guer avec soi même et les autres,

    ce qui com­mence par prendre conscience de son propre condi­tion­ne­ment, ne pas cher­cher à confor­ter ses croyances, mais les confron­ter, choi­sir ou éli­mi­ner ce qui est dis­po­nible sur le « mar­ché » des concepts, dans le lan­gage et dans les traces écrites du lan­gage, c’est à dire dans la pen­sée héritée.

    après à la limite, si on est brillant (ce que je ne suis pas mal­heu­reu­se­ment ;)) on invente du nou­veau, de l’i­né­dit, et le faire à par­tir de l’exis­tant, le plus sub­til qui soit, ça aide à for­ger du véri­table nou­veau et du nou­veau sub­til et libé­ra­teur, du possible.

    et com­ment faire ce choix de conscience si déjà on n’ a pas conscience que chaque signe est un choix arbi­traire, une cer­taine façon de voir le réel, et donc un han­di­cap pour le voir autre­ment, com­ment faire, si on ne change jamais de para­digme (au moins pas­ser de l’un à l’autre pour regar­der un aspect du réel sous plu­sieurs angles).
    par exemple choi­sir de voir tout en binaire ou pen­ser les choses sur un conti­nuum. de même qui ne voit qu’à tra­vers une idéo­lo­gie ne peut voir dans les autres les aspects pré­cieux que la sienne ne « voit » pas, et ne pour­ra donc com­bi­ner les idéo­lo­gies exis­tantes pour en for­mu­ler de nou­velles par dépas­se­ment (l’Auf­he­bung de Hegel) ou à mini­ma déve­lop­per tel ou tel aspect de l’une d’entre-elles.

    et si l’on n’a pas conscience que notre pen­sée est héri­tée, sous influence, que même la science est une idéo­lo­gie, com­ment alors pen­ser que ce que qu’on per­çoit comme la réa­li­té n’est jamais que très rela­tif et que la chance offerte par la démo­cra­tie c’est pré­ci­sé­ment de confron­ter les véri­tés, de confron­ter les idéo­lo­gies, les idées, pour ten­ter de for­ger des grilles plus per­for­mantes, pour com­prendre les pro­blèmes, les injus­tices, d’où elles viennent, com­ment les résoudre, etc. et de ne jamais oublier que ces grilles sont arbi­traires, impar­faites, gros­sières, car si l’on évo­lue dans le bon sens, on peut espé­rer que le sum­mum du sub­til aujourd’­hui, sera per­çu comme gros­sier dans mille ans.

    c’est donc lorsque les idéo­lo­gies perdent leur carac­tère plu­riel et conscient que nous ne sommes plus du tout en démocratie.

    du coup, si per­sonne ne conteste à la classe domi­nante le soin de pro­duire et de dif­fu­ser des dis­cours sur le réel, si nous voyons le monde tel que ceux qui nous dominent le voient ou veulent que nous le voyions, si nous uti­li­sons des concepts pour décrire les phé­no­mènes qui nous empêchent de les voir autre­ment, nous sommes inca­pables de résister.

    et un des pro­blèmes de cette résis­tance c’est que le « peuple » a dif­fé­rentes signi­fi­ca­tions selon l’i­déo­lo­gie, la vision du monde, dans laquelle on se place. en tout cas pour moi, c’est un concept dif­fi­cile à manier, puisque bien sou­vent on l’u­ti­lise en pre­nant ses dési­rs pour des réa­li­tés. Le désir c’est que peuple=société, et donc que le peuple gou­verne, mais la réa­li­té c’est que seule une par­tie du peuple gou­verne l’autre par­tie, y com­pris jus­qu’à l’in­té­rieur de la conscience, d’où le fait que la par­tie gou­ver­nante s’ap­puie sur l’adhé­sion mas­sive, la pas­si­vi­té des gouvernés.

    et que je crois (j’in­siste sur ce verbe) que ce que j’ap­pelle « gou­ver­nés » et « gou­ver­nants » doit plu­tôt être vu comme allant bien au-delà des ins­ti­tu­tions poli­tiques ou éco­no­miques, afin d’y voir un couple dominants/dominés,

    et je crois que pour que le peuple gou­verne, il faut qu’une par­tie signi­fi­ca­tive de la par­tie qui ne gou­verne pas, com­mence par gou­ver­ner sa propre conscience et influence celle de l’autre par­tie des domi­nés de façon à avoir une base solide, théo­rie et pra­tique se nour­ris­sant l’une l’autre, pour que par la force du nombre s’o­père un chan­ge­ment de paradigme.

    chan­ge­ment de para­digme, révo­lu­tion, qui ne vient jamais « tout seul », « spon­tan­né­ment », mais est tou­jours pré­pa­ré plus ou moins consciem­ment, par la par­tie domi­née qui sou­haite se sor­tir de l’é­tat de domi­na­tion, en pro­dui­sant des dis­cours sur le réel, et des actes sou­te­nus par cette nou­velle vision, contra­dic­toires avec le dis­cours domi­nant du moment, mais contra­dic­toires d’une manière qui per­mette de saper le pou­voir, l’in­fluence des domi­nants du moment sur les masses, dont ils sont les ber­gers et masses qui d’or­di­naire répètent les jus­ti­fi­ca­tions idéo­lo­giques que se donnent les ber­gers d’hier et d’aujourd’hui.

    Pour que s’o­père un chan­ge­ment de para­digme, les intui­tions doivent se pré­ci­ser, deve­nir des concepts, et une sorte de cor­pus idéo­lo­gique devient le sou­bas­se­ment d’un mou­ve­ment de socié­té, l’é­vo­lu­tion des idées pro­cède par éli­mi­na­tion, seules les idées puis­santes opèrent une influence, qui n’est pas néces­sai­re­ment posi­tive, mais qui peut l’être suf­fi­sam­ment pour bou­le­ver­ser l’an­cien monde.

    après, toute la ques­tion du pro­ces­sus révo­lu­tion­naire, c’est de savoir s’il est pos­sible de faire autre chose que de rem­pla­cer une élite par une autre…et pen­dant com­bien de temps…et pour quelles expériences…

    et c’est dif­fi­cile d’y répondre oui, car socio­lo­gi­que­ment par­lant, le tirage au sort , les par­tis , Mélen­chon ‚les légis­la­tives, on s’en fiche, dans une socié­té inéga­li­taire, c’est tou­jours une élite qui dirige, sinon direc­te­ment, du moins qui influence, le tout, poli­ti­que­ment, mora­le­ment par­lant, c’est de savoir quelles traits idéo­lo­giques sont les plus aptes à pas­ser d’une socié­té très inéga­li­taires à une socié­té plus ou moins éga­li­taire, qui peut enclen­cher le pro­ces­sus poli­tique (en fonc­tion de quels rap­port de forces dont les croyances qui tra­versent le peuple sont une par­tie majeure), quelle est la taille ini­tiale de l’é­lite « en ges­ta­tion » et quelles sont ses croyances, ses pra­tiques, etc. qui font qu’on ira ou pas vers la démo­cra­tie où le peuple se gou­verne, etc..ou l’é­chec ou la tragédie.

    et ce qu’on attri­bue à « la démo­cra­tie », à savoir dépas­ser les cli­vages, les idéo­lo­gies exis­tantes, à mon sens et pour l’ins­tant, ça ne concerne que les membres de cette élite en ges­ta­tion, plus ou moins au sein de ce que cer­tains appellent la « classe moyenne »…puisque lan­cer des poli­tiques publiques, la pla­ni­fi­ca­tion éco­lo­gique, ou ins­ti­tuer un vrai débat public, etc., ça demande quand même de se mettre en capa­ci­té de le faire…non ?

    Réponse
  62. sitouaillain

    @ Jc

    mer­ci ta réponse est inté­res­sante, je vais ten­ter de reprendre les points qui me posent problème :

    « Les mou­ve­ments dit de gauche s’i­den­ti­fient tou­jours aux tra­vailleurs, pro­lé­taires, ouvriers, classe labo­rieuse etc. Dans le pro­gramme de tout ces mou­ve­ments, comme ceux de droite d’ailleurs, on sou­haite défendre les emplois, la valeur tra­vail. On y pro­meut l’i­déo­lo­gie même qui sert à la ser­vi­tude des peuples, rédui­sant l’homme à une force de tra­vail (dont il serait seul pro­prié­taire). On nous fait prendre des ves­sies pour des lanternes. »

    ce que tu dis est faux dans le sens où moult mou­ve­ments de gauche ne sont pas sur la cari­ca­ture que tu fais, les décrois­sants, les fémi­nistes, et je ne crois pas qu’  »éloge de la fai­néan­tise » ait été écrit par un homme de droite, ni sur­tout que les pen­seurs « his­to­riques » de gauche ne se sont jamais adres­sé qu’à l’homme, et marx le pre­mier, il s’a­dresse tac­ti­que­ment aux pro­lé­taires (de l’in­gé­nieur aux sans emplois) pour trans­for­mer le monde, mais tu peux ten­ter le coup avec les capi­ta­listes… bref, ce que tu dis ne tiens pas, d’au­tant que le mot « tra­vail » et les « valeurs » asso­ciées divergent tota­le­ment entre la gauche et la droite et aus­si à l’in­té­rieur de la gauche, donc en fait c’est toi tout seul qui prend des ves­sies pour des lan­ternes, en ne vou­lant pas appro­fon­dir et éta­blir des dis­tinc­tion entre les divers mou­ve­ments. Puisque bien évi­dem­ment, c’est aus­si à l’in­té­rieur de la gauche que le renou­vel­le­ment théo­rique pro­duit du débat et aus­si des rap­port de force, des luttes d’in­fluence. Mais c’est tou­jours plus facile de cri­ti­quer en uti­li­sant la cari­ca­ture four­nie par la pro­pa­gande, fais moi confiance, la réa­li­té est plus subtile.

    « Je vais te cho­quer en disant cela mais le com­mu­nisme c’est le moyen par lequel le capi­ta­lisme s’est per­pé­tué. Il faut que deux oppo­sés se nour­rissent mutuel­le­ment, en cau­tion­nant les esprits avec la notion d’ex­ploi­té, on se sou­met au pou­voir d’ex­ploi­tant dont l’exis­tence jus­ti­fie la lutte et la rai­son d’être, sous une forme pro­fon­dé­ment maté­ria­liste, voir nihiliste. »

    tu me choques effec­ti­ve­ment, mais pas comme tu le penses. comme je ne sais pas ce que tu appelles com­mu­nisme, je vais ima­gi­ner que tu parles de ce que Marx a écrit sur l’a­lié­na­tion au tra­vail et au féti­chisme de la mar­chan­dise, le rap­port capi­ta­liste, les classes, etc., et tu appliques à son rôle historique…la pen­sée dia­lec­tique marxiste…très comique…en tout cas ça fait au moins depuis les années 60 que se déve­loppe à gauche une cri­tique des pen­sées uni­que­ment cen­trées sur des reven­di­ca­tions liées au tra­vail (ce qui n’é­tait pas le cas de marx et des pre­miers théo­ri­ciens socia­listes en géné­ral) et que s’o­père un renou­vel­le­ment à par­tir des trans­for­ma­tions sociales, de réa­li­tés nou­velles, etc.

    « Com­ment expli­quer qu’au­tant de peuples aient adhé­ré à la mise en place de régimes tota­li­taires com­mu­nistes les trai­tant comme des esclaves et appor­tant la misère sociale sous pré­texte du bien commun.

    C’est une réa­li­té et ce dans de nom­breux pays. Quelle idée la popu­la­tion avait-elle d’elle-même pour accep­ter cela ? »

    d’a­bord c’est jus­te­ment les pays où le mou­ve­ment ouvrier de masse était les plus faibles, donc là où ils n’a­vaient pas conscience de la nature de l’ex­ploi­ta­tion (notam­ment parce qu’elle n’y exis­tait pas comme dans les pays indus­tria­li­sés), que ça c’est pas­sé, et puis il y a plein de bou­quins pour t’ex­pli­quer cela, à mon avis ça n’a pas grand chose à voir avec ce que Marx a écrit, un peu plus avec la façon dont il a œuvré dans l’in­ter­na­tio­nale, mais ça tient sur­tout, pour les com­mu­nistes auto­ri­taires, à la forme même du par­ti, de type mar­xiste-léni­niste qui explique la dérive sta­li­nienne, et ce type-là n’existe que dans quelques grou­pus­cules en france et d’ailleurs aus­si dans les pays concer­nés, ça n’est en aucun cas Le communisme,

    mais de toute façon, ces peuples devaient avoir la même vision d’eux-même que le notre, que les alle­mands, les chi­liens etc., il n’y a pas eu que des dic­ta­tures « com­mu­nistes » et tous les peuples sont capables d’ac­cep­ter le pire, parce que les régimes tota­li­taires repose sur le peuple lui-même qui le fait fonc­tion­ner, regardes-bien tes com­pa­triotes, et dis-toi que der­rière cha­cun d’eux, toi peut-être y com­pris, il y poten­tiel­le­ment un rafleur de juifs, un gar­dien de gou­lag, un juge de pro­cès sta­li­nien, dans un Etat sans corps inter­mé­diaires, un seul parti..c’est que tu sou­haites je te le rappelle…

    « Tout sim­ple­ment en occul­tant toute forme de spi­ri­tua­li­té, d’au­to­no­mie véri­table et d’ap­proche démocratique.

    L’i­déo­lo­gie com­mu­niste ignore la démo­cra­tie, la valeur de la vie humaine et toute forme de spi­ri­tua­li­té authen­tique. C’est en tout cas ce qui se mani­feste à l’ob­ser­va­tion des faits. »

    Va fal­loir que tu m’ex­pliques com­ment tu trouves tes faits à observer…je connais des curés com­mu­nistes et des com­mu­nistes très très démo­crates, et, même le PCF avec ses tares, n’est pas le moins démo­cra­tique des par­tis, enfin, à quoi bon cher­cher à com­prendre ! tu réduis le com­mu­nisme à une cari­ca­tures, tu en occultes l’im­mense diver­si­té théo­rique, ce qui va bien sûr faci­li­ter ta cri­tique, d’au­tant que la gauche (et je mets bien sûr le gros du PS en dehors), est aus­si éco­lo­giste radi­cale, anar­chiste, socia­liste, fémi­niste, et tout ça dans des nuances nom­breuses et des dif­fé­rences par­fois dif­fi­ci­le­ment conciliables.

    « Quelle éman­ci­pa­tion spi­ri­tuelle et démo­cra­tique pour ceux qui ne voient leur exis­tence que dans une nou­velle orga­ni­sa­tion du travail ? »

    Sûre­ment plus grande que chez ceux qui veulent que d’autres tra­vaillent à leur place ! on quand même plus de temps pour contem­pler et dia­lo­guer quand on tra­vaille moins non ?

    « Comme disait Boris Vian : « le tra­vail est l’o­pium du peuple »
    et pour citer Coluche (de mémoire): « le capi­ta­lisme, c’est l’ex­ploi­ta­tion de l’homme par l’homme, le com­mu­nisme, c’est l’inverse » »

    Comme disait Karl Marx « Le domaine de la liber­té com­mence là où s’arrête le tra­vail déter­mi­né par la néces­si­té. » , il montre en quoi, dans la rela­tion capi­ta­liste, le tra­vail est une alié­na­tion et par quel pro­ces­sus il ima­gine l’é­man­ci­pa­tion, et depuis, la pen­sée à évo­lué, mais fran­che­ment les que­relles séman­tiques, ça ne mène à rien…le vrai pro­blème est, que fais JC pour que plus per­sonne ne s’en­ferme dans une vision pro­duc­ti­viste, scien­tiste et la croyance selon laquelle il suf­fi­rait de chan­ger les rap­ports de production…

    « Je suis convain­cu que la lutte des classes est une inven­tion née du sys­tème de gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif pour divi­ser la popu­la­tion entre exploi­tants et exploi­tés inter­dé­pen­dants les uns des autres afin de diri­ger les consciences sur des valeurs et pré­oc­cu­pa­tions pure­ment maté­ria­listes. L’i­déo­lo­gie pre­nant toute la place empêche (ou limite) toute autre conscience sur le sens de la vie.

    Bien sûr, cer­tains ne voient pas les choses ain­si mais en se foca­li­sant sur cet aspect, l’es­sen­tiel est tenu à l’écart. »

    Effec­ti­ve­ment, quelques esprits simples ont confon­du le maté­ria­lisme his­to­rique et les pré­oc­cu­pa­tions matérialistes…mais les pré­oc­cu­pa­tions maté­ria­listes ne sont pas le fait de l’i­déo­lo­gie de la lutte des classes, il se trouve que les révoltes pay­sannes ou ouvrières pour des pré­oc­cu­pa­tions pure­ment matérialistes..du genre ne pas cre­ver de faim…ont sur­git avant et après, sans lien du tout avec cette idée de lutte de classes…d’aucun y ont vu des pré­misses pour des révoltes sur des pré­oc­cu­pa­tions moins maté­ria­listes comme la liber­té, la digni­té, la démocratie…tandis que ceux qui tenaient les rênes fai­saient tout pour réduire la chose à des « pré­oc­cu­pa­tions maté­ria­listes »…ça tombe bien, c’est comme ça la plu­part des gens voient les choses.

    « On nous enferme et on nous divise à l’aide de cette théo­rie de la lutte des classes. C’est un piège pour détruire toute forme de spi­ri­tua­li­té authentique. »

    Pu.ain heu­reu­se­ment que t’es là JC parce que moi je croyais que c’é­tait plu­tôt la théo­rie de la concur­rence et de la guerre de cha­cun contre cha­cun, sans classes, que des indi­vi­dus iso­lés, etc. qui m’en­fer­mait et qu’un des prin­ci­paux freins à « la spi­ri­tua­li­té authen­tique » qui nous divisent c’é­tait la pré­ten­tion de cer­taines reli­gions à être les seules possibles…ouf je me sens libéré !

    « Com­ment les peuples auraient-ils pu avec une véri­table com­pré­hen­sion ou conscience de ce qu’est la démo­cra­tie et la valeur de l’exis­tence accep­ter des régimes tota­li­taires représentatifs ? »

    Ques­tion pièges…euh…la faute à qui les 5000 ans d’ex­ploi­ta­tion qui précèdent ?

    « On est bien d’ac­cord, cer­tains ont de nobles idéaux mais, tant que se met en place un gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif, les jeux de pou­voirs les mettent à l’é­cart. C’est seule­ment l’é­ga­li­té poli­tique qui aide­ra à apai­ser les passions. »

    À mon avis ce genre de décon­cer­tante naï­ve­té pré­pare les pires déconvenues..

    « En découdre avec les matraques de l’o­li­gar­chie, c’est à mon sens exac­te­ment ce qu’il ne faut pas faire. »

    Entiè­re­ment d’ac­cord avec toi…mais en géné­ral elles se pointes sous une forme ou sous une autre, sur­tout si t’es à peu près dans le vrai dans le « que faire »…

    « un gen­til virus effi­cace n’est pas enfer­mable dans une boite ou une éti­quette de par­tis poli­tique limi­tante qui par­ti­ci­pe­rait à la mas­ca­rade d’un pou­voir poli­tique d’élus. »

    Ça tombe bien : tes adver­saires poli­tiques ont eu la même stra­té­gie, mais en plus de fré­quen­ter direc­te­ment les cercles du pou­voir pour gagner en influence, leurs idéo­logues contre-révo­lu­tion­naires sor­tis des meilleures fac, avaient le son d’es­pèces son­nantes et tré­bu­chantes dans leurs bourses, ils ont de gros moyens, et pas seule­ment matériels…nous on en est à s’ex­pli­quer sur la « lutte des classes »…si au moins on la fai­sait en s’é­char­pant sur Deleuze, Fou­cauld ou Bourdieu…je me sen­ti­rais moins alarmé…parce que ceux-là en péné­trant au USA, ils « les » ont sérieu­se­ment alarmé…heureusement pour « eux », « ils » ont tou­jours un temps d’a­vance sur « nous ».

    « L’im­pli­ca­tion dans le sys­tème repré­sen­ta­tif mas­ca­rade est une aber­ra­tion en terme d’ef­fi­ca­ci­té et après les 150 ans de luttes dont tu parles, c’est un échec com­plet en terme démo­cra­tique, la situa­tion est de pire en pire (mais ça n’a pas été un échec dans tous les domaines). »

    Pour­quoi mettre entre paren­thèses ce qui vient gâcher ta démons­tra­tion ? et à mon avis, ça n’est pas « de pire en pire » pour tout le monde, enfin pour « nous », c’est sûre­ment parce que le ter­rain de la lutte des classes a été aban­don­né, sapé, miné, pulvérisé…

    « Les quelques conces­sions faites à cer­taines époques n’ont eu pour but que d’é­ta­blir la paix sociale pen­dant le pro­ces­sus de mon­dia­li­sa­tion qui assure le contrôle glo­bal d’où toute oppo­si­tion ou alter­na­tive disparaît. »

    Oui, pour en finir avec les der­niers ferment du socia­lisme qui res­tent comme les ser­vices publics, les caisses de coti­sa­tions, les mutuelles, etc.…mais comme tout ça « nous » enferme…pourquoi le défendre ! votons pour celui qui a mai­gri ou contre « l’im­mi­gré » enfin bref, votons pour des gens qui font à notre place pen­dant que nous on consomme ou on vit notre petite spi­ri­tua­li­té authentique..ou ne votons pas, au moins le résul­tat peut nous don­ner l’illu­sion de n’a­voir rien avoir avec notre responsabilité..

    « Quelle que soit notre appar­te­nance poli­tique, on nous pousse à la révo­lu­tion pour l’ins­tau­ra­tion d’un nou­vel ordre mon­dial, la remise en cause de l’an­cien sys­tème. Tous les portes paroles (acteurs poli­tiques) d’en­ver­gures en parlent (Mr Sar­ko­zy en tête). »

    Ce n’est pas une révo­lu­tion, ça s’ap­pelle une contre-révo­lu­tion, un retour aux struc­tures du capi­ta­lisme d’a­vant les conquêtes du mou­ve­ment ouvrier, et sous une forme encore plus puis­sante et des­truc­trice, et je ne crois pas qu’il y ait de pilote dans l’avion…un aveu­gle­ment idéo­lo­gique oui

    « D’autre part, si ce qui est com­mu­ni­qué par les par­tis que tu sembles défendre ne révèle pas le fond de leur pen­sée comme tu le pré­tends sous pré­texte que cer­tains prin­cipes seraient trop effrayants. Peut-être ces prin­cipes le seraient-il même pour moi. »

    Oh non je ne crois pas, après, je ne te dis pas que les membres de LO ne m’ef­fraient pas, ils sont insi­gni­fiants et heu­reu­se­ment, mais ce que je vou­lais dire c’est que par exemple, un can­di­dat qui aujourd’­hui pro­pose le tirage au sort, il effraie­ra le petit peuple ou sera inau­dible, même chose aujourd’­hui pour bien des prin­cipes du socia­lisme ou de l’é­co­lo­gie radi­cale, c’est indi­cible car les majo­ri­tés sont tra­vaillées par d’autres pro­pa­gandes, vu la fai­blesse du mou­ve­ment social et des par­tis de la gauche…et, déso­lé, mais mis à part quelques spé­ci­fi­ci­tés peu enviables, toutes les idées de droites étaient aupa­ra­vant des idées de gauche…les contexte évo­lue et le spectre se déplace, même si c’est plus com­plexe que ça bien sûr et qu’en contre révo­lu­tion, le mou­ve­ment s’inverse.

    « Le sys­tème actuel fonc­tionne tou­jours sur un mode binaire ; on nous a incul­qué qu’il fal­lait choi­sir entre se désen­ga­ger de la vie poli­tique ou bien s’en­ga­ger dans la mas­ca­rade (anti-)démocratique. Il faut plu­tôt à mon sens sor­tir de ces condi­tion­ne­ments de la pen­sée si l’on veut s’en sor­tir tout court.

    Bah oui mais comme cer­tains l’ont fait avant toi, ils se sont orga­ni­sés, alors ça s’ap­pelle par­ti ou pas, fédé­ra­tion, asso­cia­tion, enfin bref ils ont un par­ti pris, et ne par­ti­cipent pas for­cé­ment aux élec­tions, ça n’est pas un pas­sage obli­gé et sur­tout pas la seule forme d’engagement

    « Pour ma part, je ne me consi­dère pas comme ayant des vues ultra-gauches ou droites etc. mais comme impli­qué dans une démarche de com­pré­hen­sion de ce qu’est réel­le­ment une démo­cra­tie et com­ment per­mettre à tous de le com­prendre, d’y aspi­rer et de par­ti­ci­per à sa mise en place. »

    Et tu crois peut être que des pen­seurs anar­chistes, com­mu­nistes, et d’autres avant eux, ou après eux, n’ont pas eu exac­te­ment la même démarche ? à savoir, qu’à l’é­poque quand on fai­sait ce che­mi­ne­ment logique et bien on abou­tis­sait à l’a­nar­chie, au com­mu­nisme, au socia­lisme comme forme réelle de démo­cra­tie, et à l’as­so­cia­tion inter­na­tio­nale des tra­vailleurs comme outils de ras­sem­ble­ment de ceux qui luttent pour ça…avant eux ils eu les libé­raux et d’autres, même jésus ou boud­dha, mais si tu ne com­prends pas qu’il y a une masse de tra­vail préa­la­ble­ment accu­mu­lé sur lequel s’ap­puyer, si tu ne t’ap­puies pas sûr eux, et sur l’his­toire, si par exemple tu te contente d’une vision de la gauche ou des par­tis telle qu’in­cul­quées par des pro­pa­gan­diste d’ex­trême droite puis les néo­li­bé­raux, ou si tu te contente de cari­ca­tu­rer les néo­li­bé­raux depuis une pro­pa­gande d’une gauche qui a per­du ses fon­de­ments, tu com­mets une grave erreur, par manque d’hu­mi­li­té, car imman­qua­ble­ment, tu vas rater des étapes de rai­son­ne­ment, tu vas occul­ter un condi­tion­ne­ment qui t’es propre, ne ques­tion­ner tes croyances, et à moins de faire dans ton coin ce qui s’ap­pelle réin­ven­ter la poudre, au lieu de savoir recon­naître chez les pen­seurs contem­po­rains ce qui dépasse tout ça, tu ne vas faire que suivre des pré­ten­tieux qui auront le bon­heur d’ad­joindre ta sym­pa­thie à leur capi­tal d’au­ra, The nou­veau concept qui fait fureur, copy­right, ou bien l’i­dée pauvre issue d’une paresse intel­lec­tuelle petite bour­geoise post 68, cèdant aux modes ambiantes, ou bien tu retrou­ve­ras les mêmes pen­sées que celles que tu as l’air de vou­loir éva­cuer du monde intel­li­gible sous d’autres formes déguisées.

    « Je garde aus­si à l’es­prit qu’une large par­tie de la popu­la­tion n’a pas confiance dans les par­tis poli­tique et ne connaît pas véri­ta­ble­ment ce que sont les vues fon­da­trices de la droite, de la gauche etc. »

    Ça me paraît être ton cas non ? et bizar­re­ment ça pro­fite tou­jours aux mêmes ce genre d’ap­pré­cia­tions grossières…ça m’a tou­jours fas­ci­né comme les gens riches savent faire la dif­fé­rence et ont une peur panique de la gauche (la vraie) et comme les gens pauvres majo­ri­tai­re­ment aujourd’­hui se fichent de la droite ou de la gauche voire adhèrent au dis­cours des riches sur la gauche et les idées de gauche…ça m’a­mu­se­rait encore plus si j’é­tais né riche

    « Pour finir, il me paraît clair qu’en vou­lant défendre les tra­vailleurs, on défend le travail.
    En défen­dant les citoyens, on défend la citoyenneté.
    Espé­rons alors que lors­qu’il n’y aura plus de tra­vailleurs, il y aura des citoyens ins­truits aux prin­cipes d’une véri­table démocratie. »

    Mais d’autres disent qu’en aban­don­nant le sens du mot tra­vail aux capi­ta­listes on avoue sa fai­blesse ; on est en train de perdre la bataille idéo­lo­gique, et selon ta logique tu devrais aus­si aban­don­ner le mot démo­cra­tie qui est actuel­le­ment uti­li­sé pour décrire autre chose que ce que tu entends par démo­cra­tie, et j’ai déjà du te le dire, ce que tu entends par démo­cra­tie, c’est une anar­chie, elle donc impos­sible à ins­ti­tuer tout de suite à l’é­chelle de la socié­té entière car la majo­ri­té est atta­ché à autre chose, dont une bonne par­tie est vis­cé­ra­le­ment contre tes idées et ils seront prêts à aller loin dans la vio­lence pour qu’elles ne soient pas appliquées…gentil petit virus, jesus prê­chait l’a­mour, l’u­ni­té, ils l’ont quand même crucifié 😉

    Bien ami­ca­le­ment

    Réponse
  63. Catherine B

    L’i­déo­lo­gie, c’est quand l’i­dée s’en­ferme dans la pri­son d’un sys­tème figé qui ne sup­porte pas les arri­vées d’air du dehors.

    Il y a tou­jours quelque chose de tra­vers, quelque chose qui coince, quelque chose de pas juste, quelque chose de pas vivant chaque fois qu’il y a reprise de quelque chose, d’une idée ou de j’sais pas quoi qui ne passe pas par soi, je veux dire par le vécu.

    Il faut qu’il y ait réap­pro­pria­tion sub-jec­tive de la parole quelle qu’elle soit. Sub, ça veut dire quelque chose qui pousse par en des­sous de nous et qui nous jette avec un peu d’a­vance dans le dehors, et ça, ça veut dire que c’est tou­jours ris­qué, qu’on n’est jamais assu­ré, le doute est tou­jours là.

    Car quand la parole ne nous appar­tient pas, que nous la répé­tons comme des per­ro­quets, nous ne par­lons pas, nous sommes par­lés par elle, comme si qq’un d’autre par­lait en nous, mais QUI parle alors

    Réponse
  64. Catherine B

    C’est Ouak­nine qui dit :  » L’homme accom­plit sa des­ti­née au moment où il renonce à la modes­tie du sens pas­si­ve­ment accep­té et ne se contente plus du sens imposé »

    Réponse
  65. Di Girolamo

    « lan­cer des poli­tiques publiques, la pla­ni­fi­ca­tion éco­lo­gique, ou ins­ti­tuer un vrai débat public, etc., ça demande quand même de se mettre en capa­ci­té de le faire…non ? »

    ben .….oui !
    Je ne vois pas d’autre moyen de se mettre en capa­ci­té que :

    mon­trer et dénon­cer le fait que l’ac­tion poli­tique aujourd’­hui n’est pas à la hau­teur des enjeux majeurs qu’on a .

    c’est la claire per­cep­tion de :
    1)la gra­vi­té des enjeux et néces­si­té de réflé­chir et agir
    2)de l’i­na­dap­ta­tion de notre orga­ni­sa­tion poli­tique actuelle à poser et résoudre ces enjeux

    qui peut aider à nous mettre en capa­ci­té de .

    Le pire des pièges étant d’o­rien­ter les éner­gies sur des voies de garage consis­tant à pro­mou­voir le 1 sans le 2 ou l’in­verse : c’est parce que les enjeux sont lourds , graves , sérieux qu’on a besoin d’une orga­ni­sa­tion poli­tique réel­le­ment démo­cra­tique ( débats ‚études, réflexion expé­ri­men­ta­tions planification.…)

    Il ne sert à rien d’a­ler­ter sur les enjeux éco­lo­giques, éco­no­miques ‚sociaux si on n’a­lerte pas en même temps sur le fait que nous n’a­vons pas les bons outils , la bonne orga­ni­sa­tion politique

    De même il ne sert à rien de prê­cher la démo­cra­tie réelle si on n’é­ta­blit pas le lien avec les enjeux .

    Le but est bien de résoudre les graves pro­blèmes qu’on a ! et il se trouve que la meilleure méthode c’est la démocratie !

    Donc , en terme de stra­té­gie : il faut refu­ser toute par­ti­ci­pa­tion à la vie poli­tique telle qu’elle est actuel­le­ment orga­ni­sée , ne plus voter

    Récla­mer ouver­te­ment et for­te­ment l’or­ga­ni­sa­tion d’un vrai débat de fond sur nos socié­tés : poser la ques­tion glo­bale du diag­nos­tic et de l’or­ga­ni­sa­tion pos­sible de notre avenir .

    On est plus dans l’i­déo­lo­gie ! on pose ensemble un regard col­lec­tif et donc très diver­si­fié sur nous mêmes aujourd’­hui .C’est le tra­vail qu’il faut faire ; le reste étant dans la situa­tion actuelle pur divertissement.

    Réponse
  66. Catherine B

    A vous deux Sitouillain et Georges, ce que vous dites l’un et l’autre se marie très bien je trouve. L’un sans l’autre est boi­teux il me semble, sur vos deux pieds vous êtes quand s’u­nissent vos deux points de vue. C’est un mariage qu’il nous faut ! sérieux mais sou­rire quand même !

    Réponse
  67. sitouaillain

    @ Cathe­rine B, je suis entiè­re­ment d’ac­cord avec toi,

    @ Di Girolamo,

    tu es en plein dans l’i­déo­lo­gie ! par exemple, sous des formes dif­fé­rentes mais proches par bien des points, le pro­gramme des Verts et le pro­gramme du FdG reliaient les points 1 et 2.

    heu­reu­se­ment qu’il y a des gens sin­cères et lucides qui par­ti­cipent, se mouillent, sinon les autres, ceux à qui tu veux Récla­mer, auraient les mains encore plus libres…de toute façon récla­mer effi­ca­ce­ment, ça demande un mini­mum d’organisation…même si tu fais une grève de la faim, une péti­tion, sans petits copains pour aler­ter les média, etc., tu réclames dans le désert.…

    en tout cas, je pré­fère Paul Ariès qui dit : les points 1 et 2 du FdG ne me vont pas tout à fait, mais ça va dans le bon sens, donc j’en­cou­rage, je sou­tiens mais je reste cri­tique, je conti­nue le débat, mais j’ap­pelle à voter fdG car je sais qu’il sera sans com­mune mesure plus facile de faire bou­ger les lignes, de déso­béïr sous un gou­ver­ne­ment FdG que sous tout autre gouvernement.

    en gros, même si on ne veut pas s’en­ga­ger, ou si on veut se pas­ser du suf­frage uni­ver­sel, il faut avoir la sagesse au moins de choi­sir à qui on va récla­mer, et bien des décrois­sants qui ne sont pas du genre à récla­mer ont su choi­sir de rejoindre le FdG avec des effets posi­tifs très impor­tants puisque la démo­cra­tie (impar­faite) interne qui y règne per­met au moins de dia­lo­guer et de convaincre et que peu à peu, la plu­part des gens enga­gés intègrent la sub­stan­ti­fique moelle de ces théo­ries, et qu’eux-mêmes com­prennent la por­tée supé­rieure de leurs dis­cours lors­qu’ils sont retra­vaillés par d’autres et enrichis.

    Sans renier la pure­té de leurs idées et ce qu’ils croient juste et néces­saire, jus­te­ment devant l’ur­gence, ils com­prennent que si la petite mino­ri­té de gens enga­gés, ne s’est pas tota­le­ment et subi­te­ment conver­tie à leurs idées, alors il est illu­soire de s’at­tendre à une accep­ta­tion de ces idées par le reste de la popu­la­tion, et encore moins sans uti­li­ser la fenêtre des élections.

    Pour eux, entendre Mélen­chon et des ex-pro­duc­ti­vistes du PCF dire que la crois­sance pour la crois­sance ça n’a pas de sens, par­ler d’  »acti­vi­té », c’est déjà le signe que leur tra­vail porte ses fruits et c’est déjà des cen­taines de mil­liers de gens tou­chés par le sens pro­fond de leurs idées, qui aupa­ra­vant ne tou­chaient qu’un tout petit milieu de militants.

    mais il fal­lait pas­ser par l’or­ga­ni­sa­tion poli­tique pour faire bou­ger les lignes, l’in­fluence sur la gauche des idées de la décrois­sance se pro­duit à par­tir d’un mou­ve­ment qui s’est struc­tu­ré, qui s’est doté de médias, etc. et qui s’est enga­gé au côté des autres mou­ve­ments de gauche dans des luttes concrètes, et c’est au coeur de ces luttes qu’ont pu avoir lieu les échanges et le dialogue.

    toi, et déso­lé si c’est violent, tu fais exac­te­ment la même chose que la plu­part des puristes décrois­sants, des anar­chistes, qui refusent la par­ti­ci­pa­tion à « la mas­ca­rade » par dog­ma­tisme, alors même que « la mas­ca­rade », elle existe, elle a des effets directs sur nos vies. et le vrai pro­blème c’est que les gens qui ne votent pas sont loin d’être décrois­sants ou anars, ou « di giro­la­mistes », ils sont dépo­li­ti­sés, ils ne savent pas quoi récla­mer et ils ne veulent pas le pouvoir…ils ne savent que se plaindre.

    mais au moins les dog­ma­tiques sus­men­tion­nés ont une stra­té­gie, ils s’or­ga­nisent, ils dis­tri­buent des tracts, font des jour­naux, etc., ils sont au coeur des luttes, ils se regroupent pour consti­tuer un pôle d’in­fluence, pour que leurs idées se dif­fusent et pro­duisent des effets. Et des gens dépo­li­ti­sés qui com­mencent à s’in­té­res­ser à la poli­tique finissent par être tou­chés. Donc c’est posi­tif que des par­tis (qui ne s’ap­pellent pas tou­jours par­tis) oeuvrent sur le ter­rain poli­tique à par­tir d’une pos­ture qui n’est pas élec­to­ra­liste. mais ce sont les mili­tants qui choi­sissent s’ils par­ti­cipent ou pas au com­bat électoral…souvent, vu leur nombre et le déca­lage de leurs idées avec celles majo­ri­taires dans la popu­la­tion, le choix est vite fait…par contre je ne cau­tion­ne­rai plus ceux qui font ça et chient sur ceux qui tra­vaillent à offrir de manière cré­dible un débou­ché élec­to­ral à la colère du peuple et qui se pré­tendent anti­fas­cistes, ou démo­crates, au-des­sus des par­tis, etc.

    ça n’est pas tout à fait ton cas, mais fran­che­ment, tu te rends pas compte que dans ta pro­po­si­tion tu dis jamais « qui » réclame, « com­ment » et « à qui » ? du coup moi je lis, Di Giro­la­mo se satis­fait que des gens aient le pou­voir à sa place, alors Di giro­la­mo réclame, et ne veut en fait qu’in­fluen­cer ceux qui par­ti­cipent à la mas­ca­rade et qui gagnent et tous les di giro­la­mo ont secrè­te­ment en hor­reur d’être pri­vés de la pos­ture du récla­mant « radi­cal », tout ou rien,

    je trouve que c’est para­doxal d’a­voir par exemple les idées d’E­tienne et de ne pas se mobi­li­ser si ce n’est pour construire le FdG et donc por­ter le débat sur tel ou tel point à l’in­té­rieur, et accep­ter d’y être mino­ri­taire, au moins pour dire aux gens, si vous êtes d’ac­cord avec moi, uti­li­sez votre bul­le­tin de vote pour por­ter au pou­voir ceux qui accroî­trons comme jamais aupa­ra­vant le pou­voir des citoyens.

    puisque dans les mois qui viennent, au lieu de faire cam­pagne pour une élec­tion d’une assem­blée consti­tuante telle que pro­po­sée par le FdG, c’est à dire avec des élus qui n’ont pas déjà un man­dat et qui ne seraient pas rééli­gibles, avec des assem­blées citoyennes locales, un vrai débat public, donc une assem­blée à la pro­por­tion­nelle où un par­ti de citoyens convain­cus par les idées d’E­tienne pour­raient être élus, s’ils se bou­geaient le c…, se coti­saient, allaient sur le ter­rain pour convaincre,

    une assem­blée qui bien sûr ne réa­li­se­raient pas le Plan C, pas plus d’ailleurs qu’une AC tirée au sort, mais qui au moins aurait pu être un énorme pas en avant, une for­mi­dable occa­sion d’al­ler au coeur des pro­blèmes, et d’ac­croître le nombres d’ins­ti­tu­tions où on peut réclamer,

    et bien au lieu de cela, évi­dem­ment, il va fal­loir se bou­ger pour récla­mer un débat et un refe­ren­dum sur le TSCG, pour récla­mer tout un tas de choses, qu’on aurait déjà plus à récla­mer si le FdG était au pouvoir…franchement, j’en ai marre des récla­ma­tions et on est très très loin d’être en posi­tion de force pour réclamer.…et pour ça tous les récla­ma­teurs pro­fes­sion­nels devraient remer­cier les pro­pa­ga­teurs de l’an­tié­lec­to­ra­lisme, ce popu­lisme de la socié­té des ego.

    et au lieu de s’é­char­per tous ensemble sur le conte­nu, la forme ins­ti­tu­tion­nelle, les moyens de la pla­ni­fi­ca­tion éco­lo­gique, nous allons brailler comme des c… « non à l’aus­té­ri­té », etc. belle perspective !

    per­son­nel­le­ment, je ne consi­dère pas le FdG comme un abou­tis­se­ment, ça n’est qu’une étape, son exis­tence est déjà un petit miracle. je sou­tiens parce que je sou­tiens l’u­ni­té de ceux qui com­battent pour la trans­for­ma­tion sociale, éco­lo­gique et poli­tique, parce qu’il y a urgence, et que le vrai dan­ger n’est pas que le FdG arrive au pou­voir même avec ses tares actuelles.

    du coup le pro­blème qui se pose pour moi, et pour des mil­liers de gens qui sont déjà dans une des 7 for­ma­tions poli­tiques qui le com­posent, ou qui ne sont dans aucune mais qui ont com­pris l’en­jeu his­to­rique, c’est de trans­for­mer le front de gauche en front du peuple, en par­ti de la démo­cra­tie réelle. Il l’est déjà plus que tout autre mou­ve­ment poli­tique, puis­qu’il ras­semble des gens aux idées très diverses, et que ça n’est pas tou­jours facile de main­te­nir une uni­té entre des vieux cons qui ne veulent pas chan­ger d’a­vis et des ados attar­dés qui croient que la démo­cra­tie, c’est quand tout le monde est d’ac­cord avec eux…

    donc il faut que le fdG se trans­forme, c’est évident, à la fois il faut qu’il s’é­lar­gisse et qu’il se dote des struc­tures per­met­tant à cha­cun d’ex­pri­mer ses vues, en ren­dant plus trans­pa­rente et plus moderne la manière dont on abou­tit à une posi­tion col­lec­tive, dont cha­cun peut com­prendre pour­quoi elle est celle-là (et ce n’est pas puja­das qui va t’ex­pli­quer pour­quoi la posi­tion est celle-là!), et il faut en même temps que les par­tis où les cou­rants puissent conti­nuer d’exis­ter en tant que tels, de façon à ce que per­sonne n’ait à renier ses idées, au pré­texte qu’elles sont mino­ri­taires, et c’est cette plu­ra­li­té qui fait la richesse du front et son évolution.

    il nous faut une immense force poli­tique, à la fois capable de péné­trer dans les foyers des citoyens qui ne s’in­forment que par la télé et les dis­cus­sions de comp­toir, capable d’é­du­quer poli­ti­que­ment par la pra­tique de la démo­cra­tie et par la lutte, capable de pas­ser par les urnes pour influen­cer le pou­voir, capable aus­si d’être une éti­quette pour que tous ceux qui veulent trans­for­mer la socié­té par et pour la démo­cra­tie, puissent se recon­naître, se ser­rer les coudes et construire ça et là ce qu’il est pos­sible de faire ici et main­te­nant, en se coti­sant, en don­nant du temps, en expé­ri­men­tant, etc., ce qui passe d’a­bord par réunir ce qui se fait déjà et se doter d’une cohé­rence d’en­semble, souple, plu­rielle, mul­ti­di­men­tion­nelle, mais uni­taire. il faut un « nous » plu­riel, ouvert, inclu­sif qui fait que nous sommes ceux qui oeu­vront pour l’é­co­no­mie sociale et soli­daire, nous sommes ceux qui orga­ni­sons des débats alter­na­tifs, nous sommes ceux qui trans­for­mons une com­mune en démo­cra­tie directe, nous sommes ceux qui pro­té­geons la nature de la cupi­di­té des hommes, qui sou­te­nons les coopé­ra­tives d’éner­gies, les AMAP, qui sou­te­nons les luttes des sala­riés, qui don­nons des cours du soir, ten­dons la main aux lais­sés pour compte, etc.

    alors bien sûr, il est plus facile de res­ter chez soi ou entre soi, à dire les par­tis gna­gna­gna, il y a même ici des gens qui ont le culot de se plaindre que ce sont les mili­tants des par­tis qui choi­sissent à leur place leurs can­di­dats aux élec­tions ! Mais encore heu­reux ! ce serait déjà pas mal que ce soit le cas au PS et à l’UMP…mais c’est plu­tôt la télé qui mani­pule, en sus des pro­blèmes internes de démocratie !

    plus facile aus­si de créer des col­lec­tifs sur des sujets par­ti­cu­liers, entre convain­cus, main­te­nant, des esprits petits bour­geois révo­lu­tion­naires, j’en ai vu à l’oeuvre, j’en connais, avec une énorme éner­gie, un énorme dévoue­ment, mais leur pro­pen­sion à tra­vailler au pro­lon­ge­ment de la « mas­ca­rade » me navre…la divi­sion nait sou­vent du fait que ceux qui ont à la bouche le mot démo­cra­tie, n’ont pas du tout envie de la mettre en oeuvre autre­ment que sous une forme où ils auraient déjà le der­nier mot…tout est dans le non dit, mais cer­tains ont toutes les peines du monde à accep­ter d’être patient, à consta­ter leur impuis­sance à convaincre, à per­sé­vé­rer, et j’en connais des tas qui au moins ont su dépas­ser le condi­tion­ne­ment de l’in­di­vi­dua­lisme néo­li­bé­ral et sont capables de s’ins­crire dans un col­lec­tif, mais qui, alors qu’ils par­tagent le gros des idées, ne veulent pas inté­grer le FdG au pré­texte qu’il ne serait pas assez ceci ou cela…ou bien ça ne leur vient pas à l’i­dée que si le FdG n’est pas assez ceci ou cela, c’est pré­ci­sé­ment parce qu’il n’y sont pas, ou bien leur réti­cence est un aveu d’é­chec quant à leur capa­ci­té à convaincre…Or s’ils ne sont pas capable d’ac­cep­ter que le résul­tat d’un dia­logue entre eux et des vieux cocos, n’a­bou­ti­ra pas tout de suite à les faire adhé­rer à la tota­li­té de leurs idées (qui ont aus­si leurs tares) à quoi bon récla­mer la démocratie…j’imagine l’en­fer que ce serait pour eux d’a­voir à dis­cu­ter avec des nadine mora­no et des puja­das et de consta­ter que, même en démo­cra­tie « réelle » les nadine mora­no et les puja­das sont pour le moment majo­ri­tai­re­ment les plus influents…parce que la démo­cra­tie « réelle » elle com­mence dans le monde « réel », un monde où même si di giro­la­mo avait carte blanche pour orga­ni­ser le sys­tème média­tique, il se pas­se­ra des dizaines d’an­nées avant que l’af­fluence à une confé­rence d’E­tienne Chouard dépasse de loin la cohue devant un apple-store le jour de la sor­tie d’un nou­vel appareil…en tout cas moi je me suis fait une rai­son, vu la force de l’ad­ver­saire, pour le moment, le PCF et ses mili­tants, sont de pré­cieux cama­rades, même s’ils ne par­tagent pas la tota­li­té des valeurs démo­cra­tiques et éco­lo­giques qui sont les miennes, leur propre fai­blesse les a contraint au dia­logue sur le fond, les lignes bougent, il faut encore plus de gens dans le FdG pour lever les der­niers gros points de blo­cage, mais gros­so­mo­do, pour moi, l’heure n’est pas à faire la fine bouche…sans un mini­mum de luci­di­té et d’ab­né­ga­tion de notre part, 5 ans de PS peuvent très bien abou­tir à ce que la colère des gens se porte via les urnes sur à nou­veau sar­ko en pire, ou le pen…on pour­ra mettre nos idées là où je pense pen­dant long­temps encore…

    mais si t’as une solu­tion miracle pour que d’i­ci-là des mil­lions de gens adhèrent à ton dis­cours et qu’il prenne force de loi sans pas­ser par des élec­tions et que ça dure…file le tuyau tout de suite…et sur­tout passe le mot aux alle­mands ou aux amé­ri­cains ou aux chinois !

    Réponse
  68. sitouaillain

    après tout, peut-être qu’on com­prend mieux en adop­tant le point de vue de la droite :

    Pierre-André Taguieff dans son ouvrage sur Julien Freund rap­porte un dia­logue entre Jean Hyp­po­lite et Julien Freund lors de la sou­te­nance de thèse en 1965 de ce der­nier. Hyp­po­lite dit :

    « Sur la ques­tion de la caté­go­rie de l’a­mi-enne­mi, si vous avez vrai­ment rai­son, il ne me reste plus qu’à aller culti­ver mon jardin. »

    Freund répli­qua :

    « Écou­tez, Mon­sieur Hyp­po­lite, vous avez dit … que vous aviez com­mis une erreur à pro­pos de Kel­sen. Je crois que vous êtes en train de com­mettre une autre erreur, car vous pen­sez que c’est vous qui dési­gnez l’en­ne­mi, comme tous les paci­fistes. Du moment que nous ne vou­lons pas d’en­ne­mis, nous n’en aurons pas, rai­son­nez-vous. Or c’est l’en­ne­mi qui vous désigne. Et s’il veut que vous soyez son enne­mi, vous pou­vez lui faire les plus belles pro­tes­ta­tions d’a­mi­tiés. Du moment qu’il veut que vous soyez son enne­mi, vous l’êtes. Et il vous empê­che­ra même de culti­ver votre jardin. »

    Hyp­po­lite répondit :

    « Dans ce cas, il ne me reste plus qu’à me suicider. »

    P.-A. Taguieff cite ensuite le com­men­taire cri­tique fait par Ray­mond Aron à pro­pos de Jean Hyp­po­lite et rap­por­té par Julien Freund :

    « Votre posi­tion est dra­ma­tique et typique de nom­breux pro­fes­seurs. Vous pré­fé­rez vous anéan­tir plu­tôt que de recon­naître que la poli­tique réelle obéit à des règles qui ne cor­res­pondent pas à vos normes idéales. »

    http://​www​.alain​de​be​noist​.com/​p​d​f​/​j​u​l​i​e​n​_​f​r​e​u​n​d​.​pdf

    http://www.franceculture.fr/emission-le-tete-a-tete-alain-de-benoist-2012–05-13 (écou­tez, ça vaut le coup, vrai­ment passionnant)

    et un petit exemple de ceux que ce genre de brillant pen­seur inspire : 
    http://​naz​bol​-france​.blog​spot​.fr/​p​/​h​i​s​t​o​i​r​e​.​h​tml…

    Eux aus­si se disent ni de droite, ni de gauche… et ne par­ti­cipent pas à la mas­ca­rade… et c’est tant mieux !

    Réponse
  69. Di Girolamo

    @ Sitouaillain

    Excuses moi de ne pas être très réac­tif à répondre : je fais mes foins ; gros gros avan­tage de cette acti­vi­té : pas de débats, pas de dis­cus­sions sur le prin­cipe : les bêtes doivent man­ger cet hiver , je dois faire mes foins , c’est mon job. Faire du bon foin dépend gran­de­ment de la météo , du ciel quoi ! et pas du tout de mon posi­tion­ne­ment à droite , à gauche , au centre .

    Au risque de te re-éner­ver : je reven­dique la pos­si­bi­li­té de ne pas être à droite , à gauche , au centre , dans la mesure où cette conven­tion n’est pas la mienne.
    Notre dis­cus­sion porte bien sur le cadre poli­tique actuel ? Nous débat­tons bien sur la néces­si­té /l’intérêt ou non de ren­trer dans ce cadre ?

    La ques­tion que je te pose donc : dans quel cadre pou­vons nous réel­le­ment ( réel­le­ment signi­fiant un débat qui peut être pris en compte poli­ti­que­ment ) débattre du cadre poli­tique actuel ? Et par exten­sion dans quel cadre pou­vons nous débattre du cadre géné­ral de l’or­ga­ni­sa­tion de la société ?

    Je réponds : en tous cas pas de le cadre poli­tique et cultu­rel actuel.

    Autant je me sou­mets volon­tiers et avec plai­sir à l’o­bli­ga­tion de faire mes foins, autant je reven­dique la pos­si­bi­li­té et la néces­si­té d’é­va­luer le cadre poli­tique et socié­tal qu’on me propose.

    Cette éva­lua­tion du cadre poli­tique oblige à une dis­tan­cia­tion et sur­tout ne pas dis­cu­ter dans le cadre : ce que tu fais Sitouaillain .

    Si tu es en inca­pa­ci­té de prendre cette dis­tance ana­ly­tique, notre dia­logue res­te­ra un dia­logue de sourds.

    Le point de départ est une cri­tique du sys­tème poli­tique en place ; une cri­tique sévère abou­tis­sant à la conclu­sion que ce sys­tème ne peut conve­nir que dans une socié­té qu’il suf­fi­rait de gérer et dont le cadre convien­drait ; par exemple gérer la crois­sance. Mais dès qu’on est dans une socié­té qui pose réel­le­ment un pro­blème de cadre , et c’est le cas de la nôtre , ce sys­tème est par nature conser­va­teur . Tu dirais de droite ; para­doxa­le­ment l’extrême gauche se pré­sente c’est-à-dire par­ti­cipe dans un cadre conservateur !

    Étienne a rai­son quand il dit (je pense qu’il le dit ? ) qu’il faut trai­ter les pro­blèmes en eux-mêmes pour eux-mêmes ; et non dans un cadre fil­trant qui empêche de les abor­der direc­te­ment : il faut adhé­rer à un par­ti , il faut ceci cela , bref tout sauf trai­ter direc­te­ment les pro­blèmes qu’on a.

    L‘idée de dire il faut faire nombre et s’organiser convient à une armée mais pas au débat, pas à la démocratie.

    Je pense que ce sont les pro­blèmes qu’il faut mettre en avant (parce qu’ils sont assez sérieux pour moti­ver « le plus grand nombre ») et dénon­cer le fait d’un sys­tème poli­tique qui n’a ni le but de les poser ni celui de les résoudre.

    A un moment don­né ça va mobi­li­ser parce que c’est la réalité .

    Actuel­le­ment indé­pen­dam­ment de leurs moti­va­tions ce sont les abs­ten­tion­nistes qui inter­rogent le plus le sys­tème : plus nom­breux que le FDG .

    Réponse
  70. Catherine B

    Pas tout lu, pas le temps, je repars au bou­lot, mais en fili­grane, vos deux posi­tions addi­tion­nées forment l’at­ti­tude juste que la dyna­mique sociale devrait adop­ter je trouve, et faire que ces deux atti­tudes divorcent c’est oeu­vrer pour le divorce de la juste atti­tude sociale, point de vue per­so il va sans dire. Ces atti­tudes, vos atti­tudes sont dis­tinctes mais en rien ne dévient de la cible que vous ciblez l’un et l’autre. Divi­ser et dis­tin­guer, c’est rude­ment pas la même chose.

    C’est le côté « pra­tique » avec Georges et le côté plus théo­rique avec Sitouaillain, mais les deux côtés sont indis­pen­sables, indis­so­ciables, un peu comme si l’ac­tion poli­tique au sens noble était une ten­sion entre ces deux pôles, pra­tique et théo­rique, comme les deux pôles d’un aimant, et que si l’un vient à man­quer, le cou­rant ne passe pas !

    Réponse
  71. Di Girolamo

    « si t’as une solu­tion miracle pour que d’i­ci-là des mil­lions de gens adhèrent à ton dis­cours et qu’il prenne force de loi sans pas­ser par des élec­tions et que ça dure…file le tuyau tout de suite…et sur­tout passe le mot aux alle­mands ou aux amé­ri­cains ou aux chinois ! »

    Tu avoues là vou­loir encore croire encore aux miracles .

    Il suf­fit pour­tant d’ob­ser­ver les gens , en France ‚en Chine, en Amérique.…Comme d’ailleurs tu le sug­gères.… pour com­prendre que miracle il n’y aura pas .

    C’est pour­quoi croire qu’on peut en s’u­nis­sant dans le cadre du com­bat poli­tique élec­to­ral faire émer­ger ce miracle , c’est prendre des ves­sies pour des lanternes .

    De même croire qu’une consti­tuante de tirés au sort va trans­for­mer la société .

    Le seul pro­blème avec ces sym­pa­thiques croyances c’est que si elles portent du rêve et des valeurs qui nous attirent( et qui ne sont pas contes­tables) , elles portent aus­si au bout du compte la dés­illu­sion . Parce qu’elles sont décon­nec­tées du réel qui est que les fran­çais , les chi­nois , les russes , les indiens , veulent des por­tables , des voi­tures , des vacances , des vête­ments etc etc

    C’est Hol­lande l’é­lu : celui qui repré­sente ce désir de pro­lon­ger encore un peu l’illu­sion de crois­sance et de conti­nui­té « normale ».

    Non je suis hyper réa­liste : je regarde ce que l’ac­tion poli­tique peut aujourd’­hui espé­rer ; pas grand chose ; au moins , sans illu­sions, recen­trer les choses sur les vrais enjeux : celui de la crois­sance qui va faire dura­ble­ment défaut en est un majeur. Celui de la nul­li­té de l’ou­til poli­tique et média­tique pour abor­der cet enjeu , en est un autre.

    Miracle il n’y aura pas ; mais la logique des choses fait que ce sys­tème non sou­te­nable va nous dénu­der , et quand le peuple sera nu , c’est là que nous aurons besoin de sur­na­tu­rel , de miracle : autant donc nous y pré­pa­rer et évi­ter les che­mins d’illusions .

    Après c’est sûr qu’il y a matière à réflé­chir pour don­ner un porte voix à ce type de dis­cours de lan­ceur d’a­lerte ; oui voi­là « lan­ceur d’a­lerte » , non seule­ment sur ceci ou cela , mais sur la socié­té , les risques qu’on prend , la poli­tique de l’au­truche qu’on mène.

    Réponse
  72. Di Girolamo

    .….Quand j’au­rais à nou­veau un peu de temps (foins, mois­sons , beau­coup d’autres pro­jet en cours sur la ferme )

    je pense pré­pa­rer un cour­rier sous forme de recommandé/ lettre ouverte à notre cher pré­sident+ chers dépu­tés + cher conseil consti­tu­tion­nel , en pro­lon­ge­ment de ma récla­ma­tion élec­to­rale dont j’a­vais par­lé sur ce blog afin de me plaindre en tant que citoyen se trou­vant dans l’im­pos­si­bi­li­té de voter du fait de la non appli­ca­tion des textes constitutionnels.Plainte indi­quant que le pré­sident lui même n’ap­plique pas la loi, que je n’ai aucune pos­si­bi­li­té d’être repré­sen­té à l’As­sem­blée Natio­nale ; que la repré­sen­ta­tion popu­laire est déviante et fac­tice , que les ques­tions fon­da­men­tales ne sont pas trai­tées etc etc etc

    C’est sans doute aus­si peu effi­cace qu’un bul­le­tin de vote mais au moins j’ai l’im­pres­sion de ten­ter quelque chose.

    Sur le plan local pour reve­nir à l’é­lec­tion j’a­vais le choix en ce deuxième tour des légis­la­tives entre un jeune UMP et le jeune socia­liste déjà dépu­té dont j’ai déjà par­lé ici. Cela pour me confor­ter dans le grand inté­rêt du vote dans ce cadre là.

    Res­tant pour l’ins­tant exclu du pays( le tri­bu­nal admi­nis­tra­tif n’ayant pas encore sta­tué) , j’ai peu de moyens d’action.

    Je sou­hai­te­rais aus­si pou­voir tra­vailler sur la pro­po­si­tion de lan­ce­ment d’ex­pé­ri­men­ta­tions de socié­té de tran­si­tion dans un contexte rural /urbain ( arti­cu­la­tion tra­vail habi­tat éner­gie mon­naie locale Scic /revenu de vie/ Poli­tique fon­cière ETC )dans le cadre d’une recherche publique.

    Je suis donc réso­lu­ment sur un autre che­min que « la poli­tique ».Mais sou­haite res­ter dans le cadre de l’exis­tant et des acteurs élus en place : ne pas recréer un nou­veau parti.

    Réponse
  73. Di Girolamo

    .…Les élus sont ceux qui se disent légi­times et ce sont ceux qui ont le pou­voir ; loca­le­ment ou au niveau natio­nal ou euro­péen ce sont eux qui ont le pouvoir.
    Ce sont des per­sonnes publiques connues avec nom adresse tel mail.

    Soit on cherche soi même à se faire élire et on rentre dans la danse , soit on inter­roge les élus depuis sa posi­tion de citoyen . Au local on rentre dans les cc de com­munes , les SCOT, les pays …au natio­nal on voit nos dépu­tés , le pré­sident etc

    Il y a le posi­tion­ne­ment de dire la poli­tique consiste à se pré­sen­ter ou à voter pour quel­qu’un et celui de dire , la poli­tique c’est en tant que citoyen par­ti­ci­per aux poli­tiques publiques.

    Le fait de par­ti­ci­per casse le jeu de la fausse repré­sen­ta­tion : ce n’est pas pour rien que je me suis fait exclure du pays par les élus. Les élus ne sup­portent pas qu’on se mêle concrè­te­ment de nos affaires .

    Tant que les citoyens vont mili­ter au FDG ou ailleurs , ça va , on reste dans les règles . Mais si les citoyens rentrent dans les ins­ti­tu­tions ! C’est crime de lèse majesté .
    C’est pour­tant par ce biais de la par­ti­ci­pa­tion qu’il faut agir ; mais là les caté­go­ries sociales à convaincre se sont celles des mili­tants qui militent déjà en contre pou­voir , en dehors de l’institution .
    L’ex­pé­rience que j’en ai c’est que tout comme les élus ils pré­ferrent les règles établies .

    Réponse
  74. sitouaillain

    @ Di Girolamo

    mer­ci en tout cas de prendre le temps de répondre pen­dant les foins !

    je ne crois pas non plus aux miracles.

    tu dis quand même : « Après c’est sûr qu’il y a matière à réflé­chir pour don­ner un porte voix à ce type de dis­cours de lan­ceur d’a­lerte ; oui voi­là « lan­ceur d’a­lerte » , non seule­ment sur ceci ou cela , mais sur la socié­té , les risques qu’on prend , la poli­tique de l’au­truche qu’on mène. »

    per­son­nel­le­ment je trouve, ce tra­vail de construc­tion d’un porte-voix puis­sant, c’est pré­ci­sé­ment la stra­té­gie du FdG…et sa par­ti­ci­pa­tion aux élec­tions se com­prend comme une volon­té de chan­ger le cadre et d’un point de vue très « réaliste ».

    et tu veux « tra­vailler sur la pro­po­si­tion de lan­ce­ment d’ex­pé­ri­men­ta­tions de socié­té de tran­si­tion dans un contexte rural /urbain ( arti­cu­la­tion tra­vail habi­tat éner­gie mon­naie locale Scic /revenu de vie/ Poli­tique fon­cière ETC ) »

    c’est très inté­res­sant, ne lâche rien, main­te­nant tu as plein de gens qui sont prêts à t’en­cou­ra­ger, notam­ment dans le fdG, et si le FdG devient ce que je sou­haite, tu aurais plus de faci­li­tés à faire ce tra­vail, il pour­rait même se faire à grande échelle…

    de fait, le pro­blème que j’ex­po­sais et sa solu­tion à par­faire, c’est que dans la socié­té, il y a des mil­liers de gens comme toi, qui veulent faire des choses, qui en font, dans tout un tas d’as­socs, de syn­di­cats, de par­tis, ou tous seuls, ou a quelques uns, des choses très inté­res­santes, mais que le pro­blème désor­mais, jus­te­ment face à l’ur­gence éco­lo­gique et la catas­trophe éco­no­mique, c’est de savoir se recon­naître comme fai­sant par­tie ensemble d’un même mouvement.

    et je consi­dère que ce mou­ve­ment qui agit peut très bien à la fois déve­lop­per des actions « hors cadre », selon la pré­fé­rence des indi­vi­dus ou des groupes qui le com­posent, et des actions « dans le cadre », y com­pris, sans illusions…et ce dans les deux types de moda­li­tés d’action…puisqu’on est tou­jours « dans le cadre ».…même les gars sur leurs lopins de terre en auto­suf­fi­sance totale seront rat­tra­pé par la catastrophe…il n’y a qu’une planète !

    le mec dans le cadre c’est pas moi…c’est toi qui réduit gauche/droite à un pro­blème électoral…pour moi ce sont des idées, des pers­pec­tives, une conscience, qui fait qu’on agit comme ci ou comme ça, qu’on dit ceci ou cela autour de soi, qu’on entend ou pas un lan­ceur d’alerte.

    en fait toi, comme beau­coup de gens qui ne par­viennent pas à se sor­tir du cadre des idées domi­nantes, tu es dans le cadre men­tal qu’on vou­drait nous inculquer…celui de la repré­sen­ta­tion ! et d’ailleurs dans un sens double, repré­sen­ta­tion-délé­ga­tion et représentation-croyance…le « réel » ça n’est que ça, et les « sym­pa­thiques croyances » du camp d’en face ont gagné, ton « réa­lisme » est soit ban­cal, soit capitulard…le com­bat poli­tique des éco­lo­gistes a for­gé ta conscience…les plus « réa­listes » d’entre eux, sont sans com­plexe de gauche, radicale.

    en fait pour toi, la droite et la gauche c’est une affaire de repré­sen­tants, de poli­ti­ciens, et les poli­ti­ciens, les par­tis, c’est mal, donc ça ne te concerne pas…mais en fait la gauche ou la droite pour moi c’est la dif­fé­rence entre celui qui veut chas­ser l’é­tran­ger et celui qui le cache quand la police le traque…celui qui veut pro­duire bio et celui qui met des poi­sons dans son champ…ça n’est pas une essence,on peut chan­ger d’a­vis ou de pra­tiques, ça n’est pas une affaire de poli­ti­ciens, mais de citoyens qui font des choix…devant son champ comme devant une urne…et on peut aus­si très bien faire le choix de ne pas cher­cher à com­prendre ce que signi­fie gauche et droite, faire le choix de ne pas dis­tin­guer les nuances des idées de gauches entre elles et celles des idées droites et le choix de faire l’au­truche devant une urne…ou de voter pour le plus beau…après tout, la poli­tique, c’est une affaire de poli­ti­ciens, ça ne sert à rien…mais au moins les effets des poli­tiques menées don­ne­rons du bou­lot très gra­ti­fiant aux « lan­ceurs d’a­lerte » et autres âmes cha­ri­tables « huma­ni­taires »…au train où ça va, ils fini­ront tous sponsorisés !

    Je dis, que ça te plaise ou non : à par­tir du moment où tu veux trans­for­mer la socié­té, il faut que tu convainques, ne serait-ce que de la néces­si­té du débat, et, que ça te plaise ou non, les hori­zons que tu fixes sont de gauche, et puisque tu t’au­to­rises à appe­ler le FDG « extrême », je m’au­to­rise à te pen­ser atteint de la « mala­die infan­tile » qui s’ap­pelle le « gau­chisme », tout en sachant bien que tu ne sais pas vrai­ment à quoi je fais allusion.

    Fina­le­ment, la « dis­tan­cia­tion ana­ly­tique », c’est toi qui oublie de la faire, puisque pour l’o­pé­rer, il fau­drait d’a­bord se défaire de ses pré­sup­po­sés, de ses préjugés.

    De sorte que la mas­ca­rade comme tu dis, c’est la par­tie émer­gée de l’i­ce­berg et peut être la plus poli­cée, mais je m’op­po­se­rai tou­jours à ceux qui veulent enfer­mer les étran­gers dans des camps ou mettre les femmes au foyer ou lais­ser pol­luer ou pri­va­ti­ser l’eau…mettre un bul­le­tin de vote, c’est déjà un moyen pour ceux qui n’au­ront pas le cou­rage de le faire phy­si­que­ment, d’empêcher ou du moins d’at­té­nuer les problèmes…ça ne les résout pas ;

    pour moi la droite ce seront tous ceux qui dans tes grands débats machin-chose au mieux, te contre­di­rons en sou­te­nant l’ordre des choses,

    donc en fait, tu restes men­ta­le­ment dans le cadre et tu ne me com­prends pas

    ce qui te fais dire : « C’est pour­quoi croire qu’on peut en s’u­nis­sant dans le cadre du com­bat poli­tique élec­to­ral faire émer­ger ce miracle , c’est prendre des ves­sies pour des lanternes . »

    alors que je n’ai pas pro­po­sé de s’u­nir « dans le cadre du com­bat élec­to­ral », mais bien dans un cadre de com­bat poli­tique, com­bat qu’il appar­tient à cha­cun d’in­ves­tir selon ses pré­fé­rences, le tout étant de res­pec­ter les autres pour ne pas l’af­fai­blir, de sorte que le com­bat élec­to­ral, tu peux le consi­dé­rer comme inutile, par idéo­lo­gie, il n’empêche que je trouve dom­mage que tu te prives de toute pos­si­bi­li­té de construire le conte­nu d’un dis­cours du porte-voix dans des élec­tions, avec les gens qui, a des degrés divers, par­tagent tes aspi­ra­tions et sou­tiennent tes initiatives…en tout cas, per­sonne au FdG ne pense qu’il n’y a pas de pro­blème de cadre pour notre socié­té et per­sonne n’a déci­dé du « cadre conser­va­teur » dans lequel ses can­di­dats se présentent…pour les changer…et des cau­tions au cadre, par la force des choses, tu en fais tous les jours.

    « L‘idée de dire il faut faire nombre et s’organiser convient à une armée mais pas au débat, pas à la démo­cra­tie. » ou bien nous sommes en démo­cra­tie et le débat existe, ou bien il faut faire nombre « pour recen­trer les choses sur les vrais enjeux : celui de la crois­sance qui va faire dura­ble­ment défaut en est un majeur. Celui de la nul­li­té de l’ou­til poli­tique et média­tique pour abor­der cet enjeu » et en pas­sant c’est déjà dans le pro­gramme du FdG et le degré de conscien­ti­sa­tion de ses mili­tants dira s’ils sont capables de le faire de manière effi­cace en dehors d’une cam­pagne élec­to­rale, en tout cas l’ou­til FdG vise à four­nir une caisse de réso­nance à ce qui se fait déjà sur des sites, dans des lieux, des confé­rences, etc.

    il manque juste une matu­ri­té poli­tique aux citoyens enga­gés, pour qu’ils com­prennent que les petites his­toires d’é­go et de pure­té ne sont pas à la hau­teur des enjeux historiques,

    quand tu dis : « les pro­blèmes qu’il faut mettre en avant (parce qu’ils sont assez sérieux pour moti­ver « le plus grand nombre ») et dénon­cer le fait d’un sys­tème poli­tique qui n’a ni le but de les poser ni celui de les résoudre.

    A un moment don­né ça va mobi­li­ser parce que c’est la réalité »

    les mili­tants du FdG et d’une mul­ti­tude d’autres par­tis sont à des degrés divers conscients des pro­blèmes, d’ailleurs, sans ces mili­tants, notam­ment éco­lo­gistes, tu ne pen­se­rais pas ce que tu penses,

    mais ils ne rai­sonnent pas comme toi, ils ne croient pas aux miracles, ils ne disent pas, pif paf pouf, à un moment don­né, non, ils agissent pour que le moment don­né arrive le plus tôt possible,

    et il leur manque des voix et des bras qui s’as­so­cient à eux, au lieu d’i­gno­rer, déni­grer ce qu’ils font, tu devrais quand même réflé­chir d’a­bord sur les moyens pra­tiques de chan­ger le sys­tème politique…c’est à dire être assez nom­breux, conscients et coor­don­nés pour le trans­for­mer et non plus pas­ser tout son temps à le dénon­cer et com­ment faire pour que « le plus grand nombre » voit cette « réa­li­té » dont tu parles et l’en­vi­sage comme des pro­blèmes à résoudre, aient confiance dans leur capa­ci­té à les résoudre et aient suf­fi­sam­ment de conscience et de moyens d’ac­tion pour s’y mettre.

    et pleins de gens s’y mettent déjà, et je trouve que, faute de mieux, c’est à dire, faute d’une puis­sance de la mino­ri­té agis­sante, puis­qu’elle n’est pas capable de contrer la puis­sance de la mino­ri­té agis­sante du camp d’en face, eh bien l’é­lec­tion sert aus­si à leur don­ner de plus grands moyens d’action..

    c’est tout de même dingue de ne pas voir qu’une mobi­li­sa­tion col­lec­tive radi­cale porte plus faci­le­ment ses fruits face à un gou­ver­ne­ment de gauche radi­cale, et que sous un tel gou­ver­ne­ment un nombre consé­quent de pro­blèmes, de causes par­tielles, ou de consé­quences etc. sont résolues…et la lutte s’o­riente sur des choses plus profondes…mais on ne change pas tout d’un coup et sur­tout pas la men­ta­li­té des gens…

    et pour l’ins­tant, force est de consta­ter que la mino­ri­té agis­sante et pen­sante, disons, dans le bon sens, est com­plè­te­ment perdue…elle ne sait pas se recon­naître ni décu­pler ses forces par manque de luci­di­té poli­tique et stratégique…c’est un peu comme ces révo­lu­tion­naires Egyp­tiens qui se plaignent que les frères musul­mans ont « volé » leur révolution…mais eux dénon­çaient, tan­dis que les frères musul­mans agis­saient, por­tant assis­tance ici où là, construi­sant des soli­da­ri­tés, réglant des pro­blèmes, avec une éti­quette et un pro­jet de socié­té affi­ché, plus ils ren­daient ser­vice, plus leurs rangs gros­sis­saient et plus les gens du peuple ont eu confiance en eux…résultat, les petits révo­lu­tion­naires roman­tiques face­book ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes…

    en gros, s’il y a un mou­ve­ment révo­lu­tion­naire en ges­ta­tion dans notre socié­té, le but du FdG est qu’il se révèle à lui-même, qu’il soit conscient de son exis­tence et de son rôle his­to­rique, qu’il se donne des hori­zon com­muns et des buts attei­gnables à moyen court terme, qu’il se déploie en agran­dis­sant ses sou­tiens et ses réa­li­sa­tions concrètes.

    le pro­blème n’est pas, comme tu le penses, la par­ti­ci­pa­tion des orga­ni­sa­tions du FdG aux élec­tions, le pro­blème c’est l’or­ga­ni­sa­tion interne du front, et ce pro­blème doit être réso­lu pour avancer.

    ce sont des pro­blèmes dif­fi­ciles à résoudre jus­te­ment parce que les citoyens enga­gés ont sou­vent fait beau­coup d’ef­forts pour s’in­for­mer en dehors des médias, etc., mais ils ont d’im­menses lacunes du côté du cor­pus théo­rique du vieux mou­ve­ment révo­lu­tion­naire, qui, sur bien des points à fait ses preuves, et sur­tout parce que cet ensemble théo­rique très vaste et très divers, où se trouve par exemple à un niveau au-des­sus, le genre de débat que nous tenons, s’est nour­ri de la pratique,

    et, donc bien des gens ne viennent pas appor­ter leurs pra­tiques, leurs éner­gies, etc., peut être parce qu’il y a des pro­pa­gandes silen­cieuses « anti­po­li­tiques » qui font que les gens qui s’en­gagent occultent volon­tiers le fait qu’ils font de la poli­tique, et ils le font sur un mode sou­vent iden­tique à celle des pre­miers socialistes…sauf que pour eux, le « cadre » ne leur per­met­tait même pas de se pré­sen­ter à une élec­tion, et ils le font aus­si par­fois avec des méthodes ori­gi­nales, adap­tées à notre socié­té, mais faci­le­ment récu­pé­rable ou car­ré­ment insi­gni­fiantes, par manque de conscience, de culture révolutionnaire…en fait c’est comme s’ils n’a­vaient pas envie de béné­fi­cier de l’hé­ri­tage de leurs aînés…ils sont donc inca­pables de le renouveler…et les autres enga­gés réti­cent voire car­ré­ment oppo­sants au FdG, lors­qu’ils acceptent un héri­tage ancien, souffrent sou­vent de dog­ma­tisme, de sus­cep­ti­bi­li­tés identitaires.

    donc, bien évi­dem­ment, le FdG est très impar­fait et manque de tout un tas de choses et sur­tout de gens…
    mais pour tout un tas de ceux qui y sont, c’est un outil, pour la trans­for­ma­tion sociale, ça n’est pas une écu­rie d’un poli­ti­cien visant à cap­ter la colère popu­laire à son profit.

    par exemple, cer­tains fau­cheurs d’OGM (c’est déjà une éti­quette, et les éti­quettes sont néces­saires sinon on est délin­quant pour rien) se sont dit qu’ils fau­che­raient long­temps s’ils ne s’oc­cu­paient pas de par­ti­ci­per à construire ce front unitaire…

    de même Di Giro­la­mo, tu écri­ras encore beau­coup de lettres de réclamation…puisque ton but, si ce n’est que ta récla­ma­tion soit prise en compte, c’est que les citoyens de ton pays soient capables de gérer le ter­ri­toire, avec, peut être entre temps une étape où l’é­lu est celui que tu as choi­si avec tes petits cama­rades du front, dont vous avez fixé le man­dat et à qui tu n’a pas besoin d’en­voyer de lettre de réclamation,

    et fina­le­ment, le miracle, ce serait que tu com­prennes, et à tra­vers toi, tout un tas de gens, que construire ce front est indis­pen­sable pour que la « réa­li­té » change, et que peu importe son nom, l’es­sen­tiel c’est qu’il soit vrai­ment de gauche, c’est à dire por­teur d’une évo­lu­tion révo­lu­tion­naire, tout en étant plu­riel, tant dans ses pro­jets que dans ses moda­li­tés d’ac­tion poli­tique, qu’il soit visible sur le ter­rain, réa­lise des choses concrètes, etc.

    et le second miracle, serait que tu com­prennes que par­ti­ci­per à un tel front uni­taire requiert, pour y faire valoir tes idées, la même dis­ci­pline que toute réelle démo­cra­tie requiert : accep­ter que la déci­sion prise à l’is­sue du débat ne soit pas celle qu’on aurait prise et s’y soumettre.

    et tout l’en­jeu porte donc sur la forme d’or­ga­ni­sa­tion qui per­mette à cha­cun de se sen­tir auto­nome en se sou­met­tant à une déci­sion à laquelle il a pu par­ti­ci­per et qui ne res­semble pas à une entour­loupe et dont il a la convic­tion qu’il peut la faire évoluer.

    par contre, comme je ne crois pas au miracle, il se peut très bien, faute d’un nombre suf­fi­sant d’in­di­vi­dus plei­ne­ment conscients des tares actuelles du FdG, que cet enjeu ne se réa­lise jamais…et même si je compte sur la vita­li­té des citoyens enga­gés et lucides pour recons­truire rapi­de­ment quelque chose à coté.

    enfin, pour faire bou­ger les choses, on n’est pas obli­gé d’in­té­grer le FdG, c’est évident, mais c’est illu­soire de pen­ser qu’on pour­ra faire sans et faire contre, sans faire mieux !

    jusque là, ce sont tes enne­mis qui ont fait mieux.

    mais pour le com­prendre il fau­drait remon­ter à des causes qui vont bien au-delà de ce qu’un angle de juriste peut comprendre…le droit n’est jamais que le reflet sta­bi­li­sé de rap­ports de force antérieurs.

    en matière de miracles, les boli­viens semblent s’y connaître mieux que toi : 
    http://​risal​.col​lec​tifs​.net/​s​p​i​p​.​p​h​p​?​a​r​t​i​c​l​e​2​379

    Réponse
  75. sitouaillain

    @ di Girolamo,

    j’a­vais pas vu ton der­nier com­men­taire, c’est le plus rigo­lo de tous…

    les mili­tants qui cau­tionnent le cadre et toit qui le cau­tion­ne­rait pas !

    en fait les ins­tances de démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive sont un cadre de par­ti­ci­pa­tion, les élec­tions en sont un autre, et donc, refu­ser l’un et l’autre, ce serait dans la logique de ta pos­ture du départ, main­te­nant je vois que tu es légitimiste…surtout se bor­ner à être « conseiller du prince ».…

    alors qu’en véri­té, si les mili­tants ne veulent pas par­ti­ci­per, ils ont tort, et toi tu as dou­ble­ment tort vu que tu te penses au-des­sus d’eux.…si c’est une affaire de goût, cha­cun fait ce qu’il trouve le plus per­ti­nent, le tout c’est d’être unis…car vous êtes complémentaires…

    de fait les mili­tants dans leurs par­tis res­pec­tifs ou dans les col­lec­tifs et actions dans les­quelles ils se retrouvent, ils par­ti­cipent à la défi­ni­tion des poli­tiques publiques qu’ils sou­haitent, des prin­cipes qui doivent gui­der les choix publics, et ensuite cer­tains pré­sentent des can­di­dats pour les mettre en oeuvre,

    et ils ne sont pas plus dans le sys­tème que toi, parce que, de toute façon, le sys­tème par­ti­ci­pa­tif du PS ou de l’UMP dans lequel tu rentres sera tou­jours bor­né, et par un cadre légal, et par les orien­ta­tions poli­tiques de l’é­lu, et par ses propres inté­rêts de notable…

    ta drôle de dis­tan­cia­tion ana­ly­tique t’empêche de faire autre chose que de mettre tous les élus dans le même panier, c’est problématique…alors qu’une par­tie du com­bat, dans l’é­tat actuel des choses, où une majo­ri­té pré­fère se lais­ser gou­ver­ner, et où, par le jeu de l’é­lec­tion, et sous l’empire du droit, l’é­lu est légi­time, c’est de chan­ger d’é­lus et aus­si de for­ger une nou­velle concep­tion du rôle de l’élu.

    en fait le pou­voir de l’é­lu, c’est le pou­voir d’une mino­ri­té active s’ap­puyant sur la doci­li­té d’une majo­ri­té silencieuse…de sorte qu’en contes­tant la légi­ti­mi­té de l’é­lu, tu ne fais que recon­naître que les seuls vrais citoyens sont ceux qui agissent et s’ex­priment, et en contes­tant le bien-fon­dé des par­tis ou des coa­li­tions, tu oublies que le citoyen seul est moins puis­sant que des citoyens asso­ciés. et dans cet affron­te­ment d’in­fluences entre mino­ri­tés actives, ceux qui contre­disent les inté­rêts de l’argent, ont d’au­tant plus besoin d’être sou­dés, intel­li­gents, nom­breux, pour peser.

    en tout cas, le fait que Mos­sieur Di Giro­la­mo au-des­sus des par­tis puisse l’ou­vrir dans une ins­tance de démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive est déjà le résul­tat de com­bats poli­tiques antérieurs…et il fau­drait une sacré dose de conscience poli­tique dans la popu­la­tion pour que ladite ins­tance par­ti­ci­pa­tive puisse se décla­rer sou­ve­raine et avoir les moyens effec­tifs d’être per­çue comme légitime !

    Réponse
  76. Di Girolamo

    « j’a­vais pas vu ton der­nier com­men­taire, c’est le plus rigo­lo de tous…

    les mili­tants qui cau­tionnent le cadre et toit qui le cau­tion­ne­rait pas ! »

    Allons allons, Sitouaillain, reprends-toi ! Je sais que, quand tu veux, tu peux rai­son­ner autre­ment que de façon simpliste.

    Môs­sieur Di Giro­la­mo n’est que ton humble contra­dic­teur, ses che­villes bien en place.

    Il sait ce qu’il doit aux mili­tants d’hier et aujourd’­hui et à sa mère de l’a­voir engen­dré , son père aus­si , sa soeur , son prof de phi­lo et Dieu le père qu’il existe ou non​.Et à Sitouaillain qui du fond de son humi­li­té pro­pose la syn­thèse de ce qui est et a été .

    De quel(s) cadre(s) parle t‑on ?

    Celui élec­to­tal , le fait qu’on choi­sisse ensemble un homme un par­ti un pro­gramme une idéo­lo­gie ; celui là n’est pas contes­té . Rares en effet ont été les récla­ma­tions contes­tant le cadre lui même. Tout le monde trouve nor­mal qu’au lieu de débattre des pro­blèmes du pays on vote pour se relayer à ne pas en débattre.

    J’ai honte de moi ! Sei­gneur com­ment ais je pu ? Quel orgueil ! quel vani­té ! on en a brû­lé pour beau­coup moins que cela. Enfin , ouf ! on est en démo­cra­tie ! on peut tout dire , tout contes­ter ! on s’en fou !

    Celui de la par­ti­ci­pa­tion , le fait qu’il me semble que la démo­cra­tie repré­sen­ta­tive ne peut être que par­ti­ci­pa­tive ou ne pas être (sinon ce sont de faux repré­sen­tants); celui là n’est pas contes­té en façade mais est rigou­reu­se­ment non appli­qué : donc sur le fond il est abso­lu­ment contes­té .Et par tous : ceux qui sont au pou­voir , ceux qui veulent prendre le pou­voir , ceux qui veulent une démo­cra­tie par­faite . Là encore j’ai grande honte ! celui là que tout le monde conteste , je veux le valo­ri­ser et le faire appli­quer ! Quel vanité !

    Sitouaillain je ne suis pas hors cadre mais pas dans le bon cadre.

    Et si je me suis fais exclure du cadre par­ti­ci­pa­tif par M vilain dépu­té , si les gen­tils FDG n’ont pas levé le petit doigt pour dénon­cer cela , c’est bien ma faute , incons­cient que je suis , de ne pas être ren­tré dans leur cadre : j’au­rais pu béné­fi­cier gra­tos du ser­vice d’ordre ; parce que j’ai oublié  » que le citoyen seul est moins puis­sant que des citoyens associés ».

    Si comme tu sembles le pen­ser TOUT n’est que rap­port de force et que « le droit n’est jamais que le reflet sta­bi­li­sé de rap­ports de force anté­rieurs. » Alors tout rai­son­ne­ment est impos­sible . Le droit comme tout le reste est le reflet du rap­port de force mais c’est aus­si en même temps la volon­té de le dépasser .

    Crois-tu un peu beau­coup pas du tout en la démo­cra­tie ? Qui est une belle idée, certes uti­li­sée dans le rap­port de force, mais paut être aus­si un cadre intéressant ?

    Réponse
  77. Di Girolamo

    « Quand on est A gauche pour de vrai ! la VIe répu­blique sociale et soli­daire non seule­ment devient une évi­dence mais bien plus sûre­ment une urgence » :

    http://​www​.ago​ra​vox​.fr/​a​c​t​u​a​l​i​t​e​s​/​p​o​l​i​t​i​q​u​e​/​a​r​t​i​c​l​e​/​l​a​-​v​e​-​c​-​e​s​t​-​b​i​e​n​-​l​e​-​c​o​u​p​-​d​-​e​t​a​t​-​1​1​8​744

    Je pour­rais dire aus­si quand on est éco­lo­giste pour de vrai la VIe répu­blique sociale et soli­daire non seule­ment devient une évi­dence mais bien plus sûre­ment une urgence

    Alors ce qui me sidère c’est pour­quoi pour poser le pro­blème de l’ou­til de gou­ver­nance il faut obli­ga­toi­re­ment pas­ser par l’é­lec­tion pré­si­den­tielle ? Et donc la concur­rence entre les par­tis ? Alors que mani­fes­te­ment c’est un sujet d’in­té­rêt national ?

    Ah mais j’ou­bliais , tout passe par le vote pour un homme un par­ti un pro­gramme ! et si le pro­chain est pour le nucléaire , pour la sixième et pour la léga­li­sa­tion du can­na­bis on aura gaga­né au moins un lot ; ça progresse .

    Réponse
  78. Di Girolamo

    @ Sitouaillain
    je reviens encore vers toi pour recen­trer un peu notre discussion :

    je te donne mon point de vue amont :ce qui fonde le reste de ma pensée

    je pense que notre outil et nos pra­tiques poli­tiques sont com­plè­te­ment inadap­tées aux nou­veaux pro­blèmes qu’on a ; la nou­veau­té réside dans le fait que les anciens et récur­rents pro­blèmes en matière de pou­voir et de jus­tice se sont élar­gis du pro­blème éco­lo­gique et éco­no­mique qui lui est lié , aus­si le phé­no­mène de la mon­dia­li­sa­tion et finan­cia­ri­sa­tion ; cet ensemble forme un cok­tail nou­veau qui remet tout en cause et face à cela notre outil poli­tique et nos pra­tiques qui cor­res­pondent à de la ges­tion de socié­té sont par nature inca­pables de résoudre quoi que ce soit ; à ce niveau , il fau­drait être en capa­ci­té d’a­na­lyse glo­bale , de pro­jet et de planification ;

    à par­tir de ce constat de grand dan­ger mon­dial et de pra­tiques poli­tiques inadap­tées je ne vois pas d’autre solu­tion que de chan­ger la pra­tique poli­tique ; jugeant ce chan­ge­ment cultu­rel­le­ment impos­sible à réa­li­ser d’un coup ; mon point de vue est qu’il faut au moins créer un outil spé­ci­fique expé­ri­men­tal ; l’ex­pé­ri­men­ta­tion ayant des carac­té­ris­tiques peu agres­sives poli­ti­que­ment et l’a­van­tage de mieux pou­voir faire pas­ser des chan­ge­ments radicaux.

    Il pour­rait s’a­gir de déve­lop­per sur fonds publics et pri­vés des zones rurale /urbaine où serait expé­ri­men­té des mises en place de mode d’or­ga­ni­sa­tion socié­taux sucep­tible d’o­pé­rer la transition.

    C’est un tra­vail de recherche par­ti­ci­pa­tifs fai­sant appel à des acteurs ruraux et urbains volon­taire ; ces tra­vaux seraient sou­te­nus par l’é­tat et les régions mais auraient une liber­té totale d’i­ma­gi­na­tion et de mise en oeuvre vu les objec­tifs d’in­no­va­tion recherchés.

    Tu sais que je suis atta­ché au carac­tère public et offi­ciel de ce type de démarche pour lui don­ner de vrais moyens et une « neu­tra­li­té  » poli­tique ; en sachant que cette neu­tra­li­té n’est pas neutre ( rien ne l’est) mais que c’est un che­val de Troie dans un contexte peu évident à manier.

    Ce n’est donc pas une démarche sim­ple­ment éco­lo­gique au sens éco­no­mies et éner­gies renou­ve­lables , c’est plus une pla­ni­fi­ca­tion éco­lo­gique construite sur le ter­rain par les acteurs eucx même , mais dans le cadre d’un volon­té et sou­tien public .

    Je ne sous-estime pas la dif­fi­cul­té de faire pas­ser et obte­nir ce sou­tien ; mais connais-tu qqchose de simple et facile ?

    Réponse
  79. sitouaillain

    @ Di Girolamo,

    l’a­mi, tu poses des ques­tions intéressantes,

    bon d’a­bord, l’ar­ticle en lien est d’une médio­cri­té sans nom et ses com­men­taires illus­trent bien à quel point nous en sommes,

    je suis beau­coup plus à gauche que cette auteure, mais, jus­te­ment, on voit bien que même par­mi les gens qui ont envie que ça change vrai­ment, la radi­ca­li­té est plus ou moins forte, et cette par­tie de la popu­la­tion est mino­ri­taire, de sorte que, pour moi l’es­sen­tiel est qu’on s’u­nissent pour que ça change vrai­ment, après, on sera de toute façon frus­trés parce que les gens n’ont pas envie d’a­voir de le pou­voir et même cette per­sonne qui se dit « vrai­ment de gauche » n’a même pas com­pris toute la por­tée de la pro­po­si­tion de Vième répu­blique telle que pro­po­sée dans le pro­gramme du FdG, qui ne s’ar­rête pas à une répu­blique par­le­men­taire avec une assem­blée à la pro­por­tion­nelle, loin s’en faut,

    dans la mesure où, vu la période qu’on vit, on n’est même pas sûr d’ob­te­nir des pro­grès démo­cra­tiques mais plu­tôt l’in­verse, il va pour moi de soi que je sou­tienne le FdG,
    et, dans une démo­cra­tie, je suis bien obli­gé de recon­naître que la popu­la­tion n’en est déjà pas à vou­loir ce que pro­pose le FdG, alors à quoi cela ser­vi­rait-il de cri­ti­quer parce que ça ne va pas assez loin?!

    du coup, en dehors, mais aus­si dans le FdG, il y a des gens qui sont bien plus à gauche que ça, du genre vrai­ment radi­cal, et ça n’empêche pas de conti­nuer à dif­fu­ser des idées sur ce que devrait être une démo­cra­tie qui se res­pecte, mais, pour que tout ceci advienne, il fau­drait déjà que le FdG puisse accé­der au pou­voir, mettre en oeuvre les amé­lio­ra­tions qui sont proposées,

    pro­po­si­tion d’as­sem­blée consti­tuante et de VIème répu­blique qui est en fait le résul­tat de dis­cus­sions, de débats, où les gens comme toi, Étienne ou moi sont mino­ri­taires, enfin sur­tout parce qu’ils n’y sont pas…mais ça n’est pas une fatalité,

    sim­ple­ment, il faut quand même bien voir que la popu­la­tion dans son ensemble n’en est même pas à pou­voir accep­ter les chan­ge­ments majeurs pro­po­sés, car ils demande de la conscience, du cou­rage et de la par­ti­ci­pa­tion active, et qu’il faut, du moins pour les porte-parole aux élec­tions, qui s’a­dressent à des télé­spec­ta­teurs et non à des citoyens, en pas­ser par des pro­po­si­tions, disons, un peu plus timides, pour peser dans le débat, de façon à s’as­su­rer que la pro­chaine assem­blée consti­tuante ne débouche pas sur une consti­tu­tion bonapartiste…ce qu’elle est déjà, mais ce serait pire si le FN pre­nait le pouvoir…

    quand on est « vrai­ment de gauche » on veut une démo­cra­tie la plus directe et la plus par­ti­ci­pa­tive possible…mais à mon sens, il y a une dif­fé­rence immense entre ce que je sou­haite, et ce que l’im­mense majo­ri­té des gens souhaite…là-dessus je suis très lucide…il y a donc peut être des étapes, et, mon avis, c’est que tout ceux qui veulent une vrai démo­cra­tie devraient voir dans l’ac­ces­sion du FdG (amé­lio­ré) au pou­voir une étape, une grande amé­lio­ra­tion qui per­met­trait d’al­ler plus loin ensuite…parce que jus­te­ment, la démo­cra­tie repré­sen­ta­tive telle qu’elle est, per­met à un gou­ver­ne­ment « vrai­ment de gauche » de faire des choses que seuls les gens « vrai­ment de gauche » sou­haitent, comme par exemple la pla­ni­fi­ca­tion éco­lo­gique ou convo­quer une assem­blée constituante…ce qui est déjà un risque…vu la pro­por­tion de gens de droite dans ce pays, ça risque de ne même pas débou­cher sur la pro­po­si­tion du FdG et res­ter bien en deça…

    mais, si par exemple, dans une consti­tuante à la pro­por­tion­nelle se consti­tuait un par­ti avec les idées d’E­tienne, et que, même avec très peu d’é­lus il devient indis­pen­sable pour avoir une majo­ri­té de gauche radi­cale, alors il serait tout à fait pos­sible d’in­tro­duire du tirage au sort dans la consti­tu­tion, l’es­sen­tiel étant, de savoir être pragmatique…si c’est tout ou rien, rien ne se fera, alors que si les choua­ristes deve­naient moins sec­taires que chouard, ils sau­raient mon­trer par leur sou­tien à l’ac­ces­sion au pou­voir par les urnes du FDG dans le cadre de la Vème qu’ils sont des amis, et au moment de la consti­tuante, comme il n’y a pas lieu avec la pro­por­tion­nelle de se coa­li­ser outre mesure, ils peuvent pré­sen­ter des listes indé­pen­dantes, et au moment des débats ils pour­ront obte­nir des doses de tirage au sort, de façon à ce que par la suite, le tirage au sort fasse ses preuves, et qu’un jour, via un RIC, on puisse en mettre un peu plus…maintenant, pour tes pro­po­si­tions à toi, j’es­time qu’elles sont déjà dans l’Hu­main d’abord…

    après bien sûr, la VIème répu­blique, une assem­blée consti­tuante, ce n’est pas obli­ga­toi­re­ment quelque chose qui advien­dra par les urnes, et peut être qu’un mou­ve­ment social de masse ren­ver­se­ra le pou­voir en place, ou l’o­bli­ge­ra à une consti­tuante, et c’est ce à quoi tra­vaille aus­si le FdG,

    je veux dire, on n’est pas obli­gé de se limi­ter aux élec­tions, ça n’est pas la seule option, je ne sais pas pour­quoi tu penses que la seule stra­té­gie des par­tis de la gauche de gauche c’est de pas­ser par les urnes, la plu­part d’ailleurs n’at­tendent rien des élec­tions, cer­tains n’y par­ti­cipent jamais, d’autres l’u­ti­lisent comme tribune…il n’y a que des esprits bizarres, mal­heu­reu­se­ment très répan­dus, pour croire que si on par­ti­cipe aux élec­tion alors on pense que c’est l’u­nique option…comme si les élec­tions étaient l’u­nique option des capi­ta­listes ! avec le tirage au sort, s’ils gardent les télés, les radios et leurs sources de pro­fits, ils accroi­trons encore leur pou­voir, là-des­sus, j’ai zéro doute !

    le tra­vail des par­tis révo­lu­tion­naires, et celui des syn­di­cats révo­lu­tion­naires, c’est de sou­te­nir et d’am­pli­fier les luttes, de sus­ci­ter des révoltes, et si la mayon­naise prend, ça peut débou­cher sur quel­que­chose, mais force est de consta­ter que tout ça est bien plus dif­fi­cile encore que les élec­tions, et depuis 150 ans les mou­ve­ments de gauche n’ont pas réus­si dans cette stra­té­gie, et mai 68 est la preuve que sans orga­ni­sa­tion des révol­tés, ce qui pou­vait être une révo­lu­tion poli­tique n’est qu’une érup­tion dans un long mou­ve­ment sociétal…et la consti­tu­tion reste la même avec des rava­le­ments cos­mé­tiques dans une UE pour­rie, car le nou­vel indi­vi­dua­lisme et le nou­veau capi­ta­lisme éloigne encore plus les indi­vi­dus de la capa­ci­té à s’ins­crire dura­ble­ment dans un col­lec­tif de lutte et même à voter pour ceux qui luttent à leur place…c’est dire où on en est !

    de plus, dans ces mou­ve­ments de masse, les citoyens révol­tés ne savent pas com­ment s’or­ga­ni­ser, non seule­ment pour faire vrai­ment vaciller le pou­voir, et notam­ment pour maî­tri­ser mieux ce qui est pro­duit comme dis­cours média­tique sur les révol­tés afin d’ac­croître les sou­tiens, mais ils ne savent pas non plus s’or­ga­ni­ser pour empê­cher que les mieux orga­ni­sés par­mi eux (par­tis, syn­di­cats) soient de fait (parce que les autres sont inor­ga­ni­sés) les dépo­si­taires de leur sort, de sorte que les moins révo­lu­tion­naires de ces orga­ni­sa­tions finissent tou­jours par être dis­tin­guées des autres par le pou­voir, afin de négocier,

    ceci se passe d’au­tant plus faci­le­ment quand les mani­fes­tants n’ont pas été préa­la­ble­ment tra­vaillés par la conscience révo­lu­tion­naire, et c’est mal­heu­reu­se­ment de plus en plus le cas, vu la fai­blesse numé­rique de ceux qui consentent à s’or­ga­ni­ser durablement.

    autre­ment dit, dans cette ère post68, qu’on passe par les urnes ou par la rue, l’en­jeu est de construire un front qui ne soit pas une alliance d’ap­pa­reils, comme c’est le cas actuel­le­ment du FdG, mais bien de construire une alliance de mili­tants et sym­pa­thi­sants, de citoyens, afin d’a­voir une base ins­ti­tu­tion­nelle qui puisse, lors d’un mou­ve­ment social d’am­pleur, s’é­lar­gir et être sou­ve­raine, par rap­port aux par­tis et syn­di­cats, et sur­tout une base qui peut avoir des tas d’ac­tions et de pra­tiques dif­fé­rentes, mais qui tra­vaille à por­ter assis­tance et à conscien­ti­ser le peuple.

    mais plus on est et plus on fait bien notre tra­vail, inévi­ta­ble­ment, que nous ayons ou pas un can­di­dat, celui qui sera élu sera obli­gé de tenir compte de nos idées, en tant qu’elles se seront mas­si­ve­ment dif­fu­sées dans le peuple, comme on n’est jamais mieux ser­vi que par soi-même, il est plus ration­nel de pré­sen­ter des candidats.…

    cet enjeu-là de l’u­ni­té du mou­ve­ment social dans les unres comme dans la rue était aus­si l’en­jeu des col­lec­tifs uni­taires anti­li­bé­raux et c’est pour cet enjeu et pour le pro­gramme que les col­lec­tifs avaient éla­bo­ré qu’on avait été cher­cher Bové pour avoir un can­di­dat qui ne soit pas issu de l’un des par­tis dont les mili­tants for­maient le gros des troupes, et, sans illu­sions, nous avons consta­té que les par­tis en ques­tion ont sui­vi une ligne « égoiste », sur­tout le PCF et la LCR au grand dam des mili­tants sin­cères qui étaient liés par ce pacte tacite de la non pré­émi­nence d’un par­ti sur un autre et de la sou­ve­rai­ne­té des collectifs,

    mais cet enjeu est vital, du coup la LCR a ten­té le NPA, ce qui ne pou­vait pas mar­cher vu que ce n’est pas à un par­ti en par­ti­cu­lier de « cha­peau­ter » la gauche de trans­for­ma­tion sociale et éco­lo­gique, et désor­mais il y a le FdG, qui est moins satis­fai­sant que les col­lec­tifs anti­li­bé­raux du point de vue ins­ti­tu­tion­nel, mais qui a le mérite d’exister,

    et aujourd’­hui, l’en­jeu est d’in­ves­tir en masse le FdG et sur­tout pas en inté­grant le PG ou le PCF ou alors de cri­ti­quer le FdG mais de manière construc­tive et en mon­trant que son poten­tiel est immense s’il se trans­forme, de façon a contraindre ces par­tis à être clairs sur qui y a le pou­voir, pour que, par la suite n’im­porte qui, qu’il soit dans un par­ti ou pas puisse rejoindre le FdG, et de façon à ce que de nou­veaux par­tis puissent l’in­té­grer sans avoir l’im­pres­sion de se sou­mettre au PCF…mais si on ne fait pas ça…ta démo­cra­tie machin-chose, tu vas l’at­tendre longtemps !

    le pro­blème des par­tis de cette gauche-là, c’est que tous sont en fait des réunions de citoyens basées sur des idées de gens ayant eu la même démarche qu’é­tienne, et qui ont com­pris qu’il fal­lait que les citoyens s’u­nissent et s’or­ga­nisent pour en finir avec le capitalisme,

    et que beau­coup de ces par­tis ont pen­sé qu’ils avaient le seule bonne idée qui vaille, comme étienne ou comme toi, et que donc ils étaient voués à prendre les devant et à cha­peau­ter les citoyens paumés…de sorte que le PCF ou la LCR par exemple sont deux orga­ni­sa­tions qui se pensent comme capable de réunir ces citoyens pau­més, de les conscien­ti­ser pour qu’ils soient aptes à trans­for­mer une révolte en révolution…

    et en fait le pro­blème c’est que comme ils ne sont pas d’ac­cord entre eux, et qu’il y a pleins de par­tis qui se concur­rencent et que de plus en plus, arrivent des « per­son­na­li­tés » qui ne sont même plus capables d’in­té­grer un col­lec­tif, il y a foi­son d’i­dées géniales, de pra­tiques, etc., et pen­dant ce temps-là, les capi­ta­listes eux sont bien sou­dés et plus forts…

    d’où l’i­dée qu’il faut en finir avec la concep­tion du « par­ti d’a­vant-garde » pour pas­ser à la logique de « mou­ve­ment orga­ni­sé » et aus­si que chaque citoyen se dis­ci­pline un mini­mum pour deve­nir démo­crate, c’est à dire capable de recon­naître que l’or­ga­ni­sa­tion est néces­saire et capable de recon­naître qu’au sein de cette orga­ni­sa­tion démo­cra­tique, ses idées ne sont pas celles de tout le monde, l’es­sen­tiel n’est donc pas d’être tous d’ac­cord sur le tirage au sort, sur le socia­lisme ou sur l’a­nar­chisme ou la décrois­sance ou je ne sais quoi,

    l’es­sen­tiel c’est qu’on soit d’ac­cord pour s’u­nir pour trans­for­mer dura­ble­ment les ins­ti­tu­tions, l’é­co­no­mie, l’é­co­lo­gie, le social et que cha­cun puisse se sen­tir auto­nome en se sou­met­tant libre­ment aux règles de l’or­ga­ni­sa­tion, règles fixées démocratiquement.

    et il faut donc trou­ver un équi­libre ins­ti­tu­tion­nel entre les par­tis, les syn­di­cats, qui n’ont pas à prio­ri à aban­don­ner leur iden­ti­té et leurs idées, et les citoyens qui ne veulent pas y adhé­rer ni en for­mer, et cet équi­libre, ne peut pas être trou­vé si les­dits citoyens sont à l’é­chelle indi­vi­duelle ce que les par­tis sont aujourd’­hui, à savoir les déten­teurs de la seule véri­té possible,
    puisque par nature, la démo­cra­tie c’est de savoir recon­naître que tout le monde n’est pas néces­sai­re­ment au même niveau de conscience ou de savoir, tout le monde n’a pas les mêmes prio­ri­tés, cer­taines idées sont incom­pa­tibles entre-elles et qu’on sera jamais d’ac­cord sur tout,

    au moins à échelle res­treinte, la plu­part des par­tis révo­lu­tion­naires sont des démo­cra­ties, certes entre convain­cus, c’est plus facile, et, ceux qui sont dans le FdG ont été capable de faire leur muta­tion et d’a­ban­don­ner plus ou moins l’es­poir qu’un seul par­ti pour­rait consti­tuer le « par­ti de la classe labo­rieuse », si le diso­curs qui émane du FdG est déjà une syn­thèse, du socia­lisme, du com­mu­nisme, de la décrois­sance, etc., il me semble qu’il­manque encore un peu de souffle nou­veau et un renou­vel­le­ment du voca­bu­laire et des horizons,

    et tout cela est déjà pré­sent dans le front, il manque aus­si cer­tains par­tis qui pour­raient appor­ter beau­coup, mais il reste que cer­tains par­tis du fdG sont trop puis­sants par rap­port au reste des effec­tifs, jus­te­ment parce que le reste des effec­tifs poten­tiel est un amas de gens sin­cè­re­ment por­tés au chan­ge­ment radi­cal mais n’ayant pas le cou­rage de vrai­ment s’en­ga­ger, s’é­ti­que­ter et affi­cher la cou­leur, parce que dans la socié­té d’au­jourd’­hui, ça fait pas bien de se mêler de ce genre de choses sales, bref tout un condi­tion­ne­ment de pro­pa­gande et d’i­dées reçues issues d’une obser­va­tion télé­vi­sée de la réa­li­té, pas bien de se dire de gauche, pas bien de fré­quen­ter des com­mu­nistes, etc.

    mais si les indi­vi­dus « élec­trons libres » ne sont pas capables de res­pec­ter la démo­cra­tie dans une coa­li­tion avec des mili­tants des par­tis, des syn­di­cats, des sym­pa­thi­sants, si sous le moindre pré­texte de lèse ego ou au pre­mier constat d’une diver­gence, ils s’en vont, com­ment seraient-ils capable de sup­por­ter la démo­cra­tie à l’é­chelle d’une Nation ?

    donc si on accepte que les par­tis ne soient pas par­faits, si on accepte que les gens ne soient pas par­faits, main­te­nant c’est quand même un pro­grès qu’une coa­li­tion ait pu se faire, avec des pro­grès notables dans les pra­tiques, notam­ment parce que le FdG a des assem­blées locales ouvertes à tous, et qu’il y a dans son sein des orga­ni­sa­tions très en avance sur le PG ou le PCF pour ce qui est des pra­tiques démo­cra­tiques et des idées..

    mais bien sûr, ça ne concerne que des gens qui ont conscience qu’il est pré­fé­rable de s’u­nir plu­tôt que d’être à che­val sur des prin­cipes, vu l’ur­gence sociale, poli­tique et éco­lo­gique, il vaut mieux être patient quant à la facul­té des citoyens à chan­ger de mentalités…dans le FdG, j’ai ren­con­tré per­sonne qui croyait qu’un élu pou­vait à lui tout seul chan­ger les choses, en dehors, cette croyance est majoritaire…dont acte.

    le pro­blème c’est qu’on est dans un sys­tème qui a façon­né les gens, et que ces for­ma­tions très inté­res­santes comme la FASE, ou d’autres autour du FdG comme les Alter­na­tifs, ne se suf­fisent pas à elles-mêmes, elles sont insi­gni­fiantes, parce que les citoyens assi­milent tous les par­tis au spec­tacle des par­tis bour­geois qui se dis­putent des sièges et doivent men­tir pour se faire élire, parce qu’ils sont condi­tion­nés à regar­der la poli­tique comme exté­rieure à eux-mêmes, condi­tion­nés au libé­ra­lisme et sa pri­mau­té à la sphère pri­vée et que du coup, ils ne font aucun effort pour com­prendre quoi que ce soit et s’informer…et il faut dire qu’ils ne sont pas aidés par les jour­na­listes, qui n’ont rien com­pris de ce qu’est le FdG et qui mar­tèlent tous les jours des sim­pli­fi­ca­tions que je trouve odieuses…et il ya une méfiance géné­rale à l’é­gard des par­tis et de leurs can­di­dats, à droite je veux bien au PS, je veux bien, mais pour ceux dont on parle…j’ai l’im­pres­sion que les gens sont d’autnt plus méfiants que les par­tis sont d’au­tant plus proches de leurs, idées, de leurs besoins et de leurs aspirations…

    d’où la dif­fi­cul­té des anciens mili­tants à for­ger la conscience des nou­veaux venus, atti­rés par la verve de méluche et qui, à juste titre, l’ont per­çu comme quel­qu’un de sincère…ça se fera petit à petit, par les échanges.

    si toi ou JC est­mez que vos idées sont plus radi­cales que celles du FdG..comme le pro­gramme est le résul­tat de débats démo­cra­tiques d’as­sem­blées ouvertes à tous où il y avait des gens plus radi­caux et des moins radi­caux, ima­gi­nez une seconde ce que serait le pro­gramme démo­cra­tique de la Nation française…vous ne vous y retrou­ve­riez pas du tout !

    mais, l’heure n’est sur­tout pas à la divi­sion, en tout cas pour moi, donc je ne par­tage pas tout ce qu’a écrit cette jeune fille, et de toute façon méluche va beau­coup plus loin, mais même ce qu’elle dit, j’en par­tage suf­fi­sam­ment pour m’en sen­tir soli­daire, de même avec toi ou d’autre, mais elle au moins a com­pris que pour mettre un gros coin dans ce sys­tème blo­qué, l’u­nion fait la force ! et un jour, ce qu’elle dit sera « vrai­ment de droite »

    Réponse
  80. sitouaillain

    @ di girolamo,

    sur ton deuxième mes­sage, ton pro­jet rentre plei­ne­ment dans le cadre de la pla­ni­fi­ca­tion éco­lo­gique et des chan­ge­ment ins­ti­tu­tion­nels tels que pro­po­sés par le FdG, vu tes idées, je trouve pro­blé­ma­tique que tu n’ai pas su voir en mélen­chon le « che­val de troie » pour toutes ces ini­tia­tives par les acteurs eux-mêmes,

    donc tu peux essayer, ça mar­che­ra peut-être mais si les obs­tacles sont poli­tiques, il faut donc que le FdG gagne les élec­tions pour que ton truc puisse se faire faci­le­ment de manière « offi­cielle » avec le sou­tien de l’E­tat, etc.

    sinon il existe déjà des dis­po­si­tifs comme les régies rurales et tu peux peut-être obte­nir des sub­ven­tions de l’a­deme, de la région et autres col­lec­ti­vi­tés ou de l’UE, il fau­drait aus­si que les maires et les élus du pays soient plus à gauche…bref on est en plein dans le débat…à défaut de révo­lu­tion par la rue, les élec­tions ça reste le sys­tème et donc le sys­tème, il faut s’en servir.…pour le faire changer !

    entre temps, prend des contacts avec le milieu mili­tant asso­cia­tif ou par­ti­daire et avec tous ceux qui sont d’ac­cord avec ce pro­jet, orga­nise une confé­rence, pour créer une soli­da­ri­té autour, il y asû­re­ment des pro­jets simi­laires ailleurs,

    mais pour sou­te­nir tout ça loca­le­ment, en dehors de « l’of­fi­ciel », s’il y avait un puis­sant FdG, avec des gens bien conscien­ti­sés, tu irais à ton assem­blée locale pré­sen­ter ton pro­jet, tous ces gens y seraient et ils seraient prêts à se coti­ser pour t’ai­der, mais ton pro­jet peut aus­si être l’oc­ca­sion de sus­ci­ter loca­le­ment cette néces­saire uni­té poli­tique durable, par exemple pour faire élire des maires qui met­tront de la démo­cra­tie directe, sou­tien­dront tes pro­jets et ceux des autres…CQFD.…le chan­ge­ment, c’est pour quand ?

    Réponse
  81. sitouaillain

    À lire absolument !

    Alain de Benoist, 
    « Du socialisme »

    http://​www​.alain​de​be​noist​.com/​p​d​f​/​d​u​_​s​o​c​i​a​l​i​s​m​e​.​pdf

    Voi­là un homme, dont le che­mi­ne­ment intel­lec­tuel depuis une jeu­nesse d’ex­trême droite l’a conduit à dépas­ser une grande par­tie de ses idées réactionnaires,

    son article dit la plu­part de ce que je pense, à quelques détails près, et je par­tage sa lec­ture du socia­lisme, la néces­si­té d’un recours aux sources et non un retour aux sources, et tout cela est en bonne voie,

    puisque notam­ment les décrois­sants et Michéa, etc., ont fait des cri­tiques construc­tives et que la gauche, la vraie, est en train de se rele­ver, mais ça pren­dra du temps pour détour­ner le peuple de la bête blonde, de la rési­gna­tion et des chi­mères consuméristes.…socialisme ou barbarie.

    « Michéa dit encore très jus­te­ment que, si l’on doit voir un jour les gens ordi­naires s’engager dans un nou­veau grand pro­jet col­lec­tif d’autonomie et d’émancipation, sus­cep­tible de débou­cher sur une socié­té où l’on ne pour­ra plus vivre du tra­vail d’autrui, ce mou­ve­ment « ne par­ti­ra jamais d’en haut ». Comme l’avait éga­le­ment bien mon­tré André Gorz, il est en effet clair qu’il faut aujourd’hui par­tir du local, c’est-à-dire du lieu de vie, du quar­tier, de l’entreprise, de la démo­cra­tie municipale.

    Lorsqu’un chan­ge­ment glo­bal est impos­sible, il faut d’abord recréer des espaces de liber­té et d’être-ensemble qui soient autant de « ter­ri­toires » le plus pos­sible sous­traits aux emprises domi­nantes, per­met­tant du même coup de remé­dier à la dé-liai­son sociale, de faire réap­pa­raître des valeurs par­ta­gées et de sus­ci­ter la renais­sance d’une sphère publique de citoyen­ne­té active, liée à une démo­cra­tie plus par­ti­ci­pa­tive et plus directe, seule apte à per­mettre aux gens de déci­der par eux-mêmes de ce qui les concerne dans une optique de subsidiarité.

    Ceux qui s’emploient à cette tâche ne peuvent être que des révo­lu­tion­naires. Le mot doit être employé sans se payer de gran­di­lo­quence. Etre un révo­lu­tion­naire, ce n’est pas se ber­cer, de façon roman­tique ou nos­tal­gique, de sou­ve­nirs de bar­ri­cades et d’insurrections armées, mais entre­te­nir en soi une dis­po­si­tion d’esprit qui se veut tota­le­ment étran­gère à ce qui triomphe aujourd’hui dans le monde de l’inauthentique et de l’aliénation, et qui s’éprouve comme telle.

    Le révo­lu­tion­naire agit dans un monde auquel il se veut par­fai­te­ment étran­ger, parce qu’il le trouve abject, mais qu’il connaît cepen­dant par­fai­te­ment. C’était déjà le conseil que don­nait Georges Sorel aux mili­tants syn­di­ca­listes révo­lu­tion­naires en leur conseillant de prendre pour exemple les pre­miers chré­tiens, qui refu­saient abso­lu­ment le monde qu’ils contes­taient. L’attitude néces­saire est celle de la plus totale radi­ca­li­té cri­tique. La radi­ca­li­té cri­tique – qui n’est pas le syno­nyme de l’extrémisme, mais bien plu­tôt son contraire – se bat, certes, pour le main­tien des peuples et des cultures, mais aus­si pour le main­tien de ce qu’il y a d’humain (et de spé­ci­fi­que­ment humain) en l’humanité, sachant que les hommes n’appartiennent pré­ci­sé­ment à l’humanité que de façon médiate, c’est-à-dire par l’intermédiaire des peuples et des cultures dont ils sont les héri­tiers et dont il leur revient de pro­lon­ger à leur mesure l’éternelle nar­ra­tion historique.

    Les domi­nants ont tou­jours appli­qué le même mot d’ordre : divi­ser pour régner. Ceux qui n’ont pas com­pris que, face à l’ennemi com­mun, tout le reste est secon­daire, les aident à réa­li­ser ce programme.

    D’où l’importance de dési­gner l’ennemi principal.

    L’ennemi prin­ci­pal est à la fois le plus nui­sible et, sur­tout, le plus puis­sant. C’est aujourd’hui le capi­ta­lisme et la socié­té de mar­ché sur le plan éco­no­mique, le libé­ra­lisme sur le plan poli­tique, l’individualisme sur le plan phi­lo­so­phique, la bour­geoi­sie sur le plan social et les Etats-Unis sur le plan géo­po­li­tique. L’ennemi prin­ci­pal occupe le centre du dispositif.

    Tous ceux qui, dans la péri­phé­rie, com­battent le pou­voir du centre devraient être solidaires.

    Mais ils ne le sont pas. Cer­tains croient plus que le plus impor­tant est de savoir « d’où l’on vient » et « d’où l’on parle ». Ce sont ceux qui, lorsqu’une mai­son brûle, pensent que le plus urgent est de deman­der leurs papiers à ceux qui viennent éteindre le feu. En aucun cas, à leurs yeux, les enne­mis de leurs enne­mis ne sau­raient être leurs amis. Je crois exac­te­ment l’inverse.

    Les enne­mis de mes enne­mis ne sont pas for­cé­ment mes amis, mais ils sont néces­sai­re­ment des alliés. Je ne suis notoi­re­ment pas cas­triste, mais je sou­tien­drai tou­jours Cas­tro dans son com­bat contre l’impérialisme amé­ri­cain. Je ne suis notoi­re­ment pas chré­tien, mais je sou­tien­drai tou­jours les chré­tiens chaque fois qu’ils lut­te­ront contre le pou­voir de l’argent.

    Ceux qui rai­sonnent autre­ment n’ont pas le sens des prio­ri­tés ni celui des enjeux. 
    À moins qu’ils ne soient tout sim­ple­ment com­plices
    .

    Réponse
  82. Catherine B

    L’en­ne­mi comme tu l’ap­pelles Sitouillain ne ren­voie-t-il pas à une cer­taine figure de nous-mêmes ?

    Ne sommes-nous pas a mini­ma tout ce que l’on peut repro­cher au « sys­tème » ? Je me le demande parfois.

    En ce sens alors, ce fameux enne­mi dont nous par­lons tant, n’est-il pas un adver­saire qui nous ren­voie comme un miroir, des reflets de nous-mêmes, et n’est-ce pas en inté­grant nos propres pas de tra­vers qu’il nous sera pos­sible de faire face à cet irres­pect généralisé ?

    Cela veut dire qu’a­vant de voir les autres, c’est d’a­bord nous-mêmes que nous devons obser­ver de façon radi­cale. Je ne mets en cause per­sonne en par­ti­cu­lier ici, juste moi, alors en pen­sant à ce que je suis , je me demande si ça peut pas s’é­tendre à d’autres ? Je n’en sais rien !

    Réponse
  83. Catherine B
  84. Di Girolamo

    @Sitouaillain

    Mélen­chon est un drôle de che­val mais il n’est pas un che­val de Troie ; le FDG ras­semble les siens ; le résul­tat des élec­tions l’a montré .

    Quant tu orga­nises une réunion publique , si c’est le FdG l’or­ga­ni­sa­teur tu y ren­con­tre­ra les membres et les sym­pa­thi­sants ; si c’est EELV idem ; le PS idem etc etc ce que je dis n’est pas une opi­nion mais un constat : les par­tis divisent.

    Dans les très grandes villes qui sont le pro­duit du sys­tème actuel , ces divi­sions font la vie poli­tique ; what else ? mais dans les zones rurales , sur les ter­ri­toires mixtes urbains/ruraux , dès qu’on veut faire du déve­lop­pe­ment local , on est contraint de faire avec des élus PS , fdg , EELV , ump etc etc des conseillers muni­ci­paux très divers , des arti­sans , des pay­sans conf et des agri­cul­teurs FNSEA … bref on doit com­po­ser avec une diver­si­té d’ acteurs.

    Or, deuxième constat, les uns et les autres res­tent dans des logiques libé­rales où la pla­ni­fi­ca­tion col­lec­tive est rem­pla­cée par des sub­ven­tions (ce que tu me conseilles)

    Le libé­ra­lisme gère et donne des impul­sions sec­to­rielles (taxes ou sub­ven­tions) ;le com­mu­nisme pla­ni­fie d’en haut ; la démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive , pla­ni­fie d’en bas.

    Eh bien figure-toi qu’en défi­ni­tive, je suis bien plus à gauche que le FDG qui, lui, pré­fère gar­der le sys­tème de non pla­ni­fi­ca­tion et attendre un mode par­fait où là , il gagne­ra aux élec­tions et met­tra en place une démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive ; quel para­doxe ! Alors qu’il appa­raît évident que

    c’est dans le monde réel avec des acteurs diver­si­fiés qu’on peut faire tout de suite quelque chose.

    Cathe­rine B a rai­son quand elle dit : « L’en­ne­mi comme tu l’ap­pelles Sitouillain ne ren­voie-t-il pas à une cer­taine figure de nous-mêmes ? »
    Bon Dimanche à tous ; ici les foins sèchent ça sent bon ; c’est bon .
    Fina­le­ment plu­tôt que droite gauche je dirais plu­tôt urbain rural.

    Réponse
  85. Florence

    En relais un blog que j’ap­pré­cie fort, et dont j’ai déjà don­né le lien chez Étienne.
    De la per­ti­nence, avec en prime une fenêtre vers Rancière.

    Chris­tophe Bar­bier est un anti-démocrate :

    http://​www​.alexan​drea​ni​zy​.com/​a​r​t​i​c​l​e​-​c​h​r​i​s​t​o​p​h​e​-​b​a​r​b​i​e​r​-​e​s​t​-​u​n​-​a​n​t​i​-​d​e​m​o​c​r​a​t​e​-​1​0​7​3​6​2​8​6​0​.​h​tml

    « Dans un édi­to­rial sur le site de l’heb­do­ma­daire qu’il dirige, Chris­tophe Bar­bier a réci­di­vé dans sa haine de la démocratie. (…) »

    Réponse
  86. sitouaillain

    @ Di Girolamo,

    Cathe­rine a rai­son au plus haut point,

    du coup quand je lis « le com­mu­nisme pla­ni­fie d’en haut »… c’est cari­ca­tu­ral, une réfé­rence aux sys­tèmes sovié­tiques, qui ne cor­res­pond pas à tous les com­mu­nismes, et sur­tout pas au com­mu­nisme libertaire,

    et comme en occi­dent, on aime bien les modes de pen­sée bipo­laires, on oublie c’est un arte­fact pour signi­fier un conti­nuum, de sorte que tu opposes le vice (la pla­ni­fi­ca­tion d’en haut) à la ver­tu (la pla­ni­fi­ca­tion d’en bas), comme on pour­rait aus­si oppo­ser libre mar­ché à pla­ni­fi­ca­tion, or tout ceci est absurde, dog­ma­tique et dangereux,

    Nous devons cher­cher un équi­libre satis­fai­sant entre la libre ini­tia­tive indi­vi­duelle et col­lec­tive et la capa­ci­té à fixer des caps et des orien­ta­tions, loca­le­ment et natio­na­le­ment, mais il y a néces­sai­re­ment une dimen­sion glo­bale ou natio­nale qui contraint la pla­ni­fi­ca­tion locale par­ti­ci­pa­tive, sans quoi loca­le­ment on déci­de­rai par exemple sans pro­blème de construire une cen­tral nucléaire… le tout en matière de pla­ni­fi­ca­tion étant d’être bien au clair sur le contrôle des déci­sions du haut, comme du bas…

    Autre réflexion curieuse, celle qui consiste à dire ceci : « le FDG qui, lui, pré­fère gar­der le sys­tème de non pla­ni­fi­ca­tion et attendre un mode par­fait » ce qui est dou­ble­ment absurde étant don­né son pro­gramme de pla­ni­fi­ca­tion éco­lo­gique d’une part, et d’autre part, étant don­né que tu reproches aux par­tis de ne pas attendre que le sys­tème soit par­fait et donc de le cau­tion­ner en par­ti­ci­pant aux élec­tions… et enfin parce qu’un mili­tant peut à la fois être soli­daire des autres dans une élec­tion mais aus­si dans tout un tas d’autres tâches, dans ou en dehors du par­ti auquel il appartient

    « c’est dans le monde réel avec des acteurs diver­si­fiés qu’on peut faire tout de suite quelque chose. » cette phrase est très juste, et c’est tout l’ob­jet de notre cha­leu­reuse empoi­gnade, je ne fai­sais que cher­cher, en vain bien sûr, de te faire com­prendre que dans le monde réel les gens sont divi­sés, qu’il y a des par­tis et que c’est aus­si avec eux qu’on peut faire tout de suite quelque chose, en œuvrant à réunir ceux qui veulent vrai­ment que ça change par le pou­voir des citoyens engagés,

    et ce n’est pas ma faute à moi si les gens se divisent, s’ils ne vont pas aux confé­rences orga­ni­sées par des par­tis, s’ils ne s’in­forment pas sur les par­tis, s’ils votent n’im­porte com­ment, ne par­ti­cipent pas, à la limite c’est leur choix,
    on ne peut faire que ten­ter de leur faire chan­ger d’avis,

    le sys­tème est ce qu’il est par la col­la­bo­ra­tion active ou pas­sive de ses agents… et il n’y a pas beau­coup de résis­tants, c’est tout.

    il y aurait pour moi un para­doxe à regret­ter que les par­tis divisent et à ne pas sou­te­nir ceux qui s’u­nissent, et, qui plus est, cherchent à renou­ve­ler leurs conte­nus pro­gram­ma­tiques dans un sens plus proche du sou­hai­table par des débats de fond,

    mais il serait encore plus absurde de ne voir que les par­tis, les syn­di­cats, etc;, comme des divi­seurs, puisque les par­tis sont avant tout des réunions de citoyens, d’êtres humains, sur la base d’i­dées et d’ob­jec­tifs par­ta­gés, dis­cu­tés entre eux, des gens qui osent dire aux autres, j’ai pris par­ti, je m’in­té­resse à la poli­tique, j’as­pire à être acteur,

    le fait qu’il y ait plein d’autres manière d’être acteur n’en­lève rien à la per­ti­nence de s’as­so­cier pour peser sur le cours des choses autre­ment qu’en cri­ti­quant seul dans son coin, ou en jouant aux héros soli­taire ou au prophète,

    mais de toute manière, les par­tis four­nissent des pôles de cris­tal­li­sa­tion aux idées poli­tiques et comme de toute manière les citoyens sont divi­sés parce qu’ils ne pensent pas tous pareil et que c’est très bien comme ça, les par­tis per­mettent d’en ras­sem­bler cer­tains qui, s’il n’y avait pas de par­ti, n’au­raient même pas pro­duit de pôle de cris­tal­li­sa­tion d’i­dées, c’est-à-dire déjà un débat qui sur­passe l’ad­di­tion d’o­pi­nions indi­vi­duelles et réunit dans le consen­sus ou le com­pro­mis des gens aux idées proches, et, sans cette capa­ci­té-là, les citoyens sont inca­pables de s’in­té­grer dans un sys­tème démo­cra­tique, où de toute façon notre auto­no­mie indi­vi­duelle, nos petites idées à nous que d’au­cuns aiment réduire à leur essence, à leur moi, ne seront jamais tout à fait celles des autres, et que par consé­quent, quel que soit le sys­tème poli­tique nous sommes tou­jours plus gou­ver­nés par les autres que par soi-même, quoi qu’en disent les mys­ti­fi­ca­tions libérales.

    Du coup, grâce aux par­tis, le pro­blème du débat démo­cra­tique à grande échelle est déjà consi­dé­ra­ble­ment com­pro­mis, pour chaque par­ti, ce qui dimi­nue le nombre de posi­tions diverses. on doit bien sûr cri­ti­quer la manière anti­dé­mo­cra­tique dont cer­tains par­tis for­mulent les posi­tions qu’ils dif­fusent, mais le pro­blème est sur­tout lié au biais plou­to­cra­tique, qui fait que plus un par­tis s’approche du sou­hai­table du point de vue des puis­sances d’argent et des puis­sances morales et plus il a de chance de voir sa posi­tion valo­ri­sée par­mi les fmé­lio­ré, puisque les posi­tions diverses sont tra­duites en flux de propagande.

    Les par­tis de la gauche de gauche sont donc de fait struc­tu­rel­le­ment en situa­tion d’in­fé­rio­ri­té, il faut donc qu’ils déploient des stra­té­gies en conséquence.

    Du coup, le pro­blème est plus dans la démis­sion des citoyens que dans les par­tis eux-mêmes… avec des citoyens majo­ri­tai­re­ment actifs, cela fait bien long­temps que les par­tis « pour­ris » auraient dis­pa­ru ou auraient été renou­ve­lés et que la forme de la répu­blique aurait radi­ca­le­ment changé,

    Disons que, pour le moment, le pro­blème est plus que les citoyens laissent d’autres qu’eux se dis­pu­ter le pou­voir, qu’ils ne font pas l’ef­fort de choi­sir leurs prio­ri­tés, leurs idées, autre­ment que par la pro­pa­gande média­tique et qu’ils finissent par sou­te­nir eux-mêmes, par leur pas­si­vi­té, le fait que cer­tains par­tis se dis­putent le pou­voir, appuyés par des com­men­ta­teurs qui par­tagent le gros de leurs idées et sou­te­nus par des masses d’in­di­vi­dus consommateurs.

    mais je pen­sais comme toi avant.…

    En tout cas, j’ai atter­ri sur ce site parce que nous avions fon­dé un groupe de tra­vail pour une assem­blée consti­tuante et que les débats ont été blo­qué par l’intransigeance d’in­di­vi­dus peu poli­ti­sés ayant été influen­cés par ce blog, et je vou­lais com­prendre ce qui blo­quait (donc je suis aller voir à la source du blo­cage), et pour­quoi ces der­niers étaient inca­pables de s’u­nir aux autres si les autres n’a­dop­taient pas leur idée de tirage au sort… C’est donc que le pro­blème n’est pas dans les par­tis, en soi, mais il est sans nul doute bien pire en dehors… bref, je n’en dis pas plus, ça ne sert pro­ba­ble­ment à rien.

    Il n’est pas facile de dépar­ta­ger les gens aux idées bien arrê­tées et les gens aux idées en che­min, d’au­cuns pré­fèrent de prime abord déni­grer tous les gens aux idées bien arrê­tées, moi je pré­fère regar­der le che­min qu’il y a eu avant…

    bon foins di girolamo,

    Réponse
  87. Étienne

    [Mise à jour 25 juin : 
    mer­ci
    à tous les gen­tils résis­tants qui ont bos­sé sur le fichier son 
    => je ne sais plus où don­ner de la tête (lequel choisir), 
    mais grâce à vous, j’ai rem­pla­cé ma propre cap­ture par un bien meilleur son. ÉC]

    Réponse
  88. barbatux

    y’a t il un « blanc » vers 37’30 – 38’15 .est-ce normal ?

    [C’est le moment où l’on retourne la cas­sette, non ? ÉC]

    Réponse
  89. sitouaillain

    @ Di Girolamo,

    comme tu aimes la « dis­tan­cia­tion analytique »,

    voi­ci un extrait d’un article expo­sant les diver­gences de fond entre libé­ra­lisme et com­mu­nau­ta­risme, qui te per­met­tra de com­prendre la filia­tion théo­rique de « ton » idée de l’État comme cadre « neutre », et « ta » vision de la démo­cra­tie comme essen­tiel­le­ment « procédurale »,

    idées qui découlent de la concep­tion libé­rale de « l’in­di­vi­du » comme sépa­ré du social et donc de la socié­té comme agré­gat d’in­di­vi­dus séparés. 

    En effet, selon l’hy­po­thèse libé­rale un indi­vi­du se conçoit de manière sépa­rée, exis­tant comme un
    tout com­plet par lui-même, qui cherche à maxi­mi­ser ses avan­tages en opé­rant de
    libres choix, volon­taires et ration­nels, sans que ceux-ci soient cen­sés résul­ter des
    influences, des expé­riences, des contin­gences et des normes propres au contexte social et cultu­rel dans lequel il vit :

    « Le pri­mat du juste sur le bien ins­pire enfin la théo­rie selon laquelle l’E­tat doit
    res­ter neutre envers les fins, théo­rie que l’on retrouve, sous des formes différentes,
    chez la plu­part des auteurs libé­raux. Bruce Dou­glass, par exemple, défi­nit la
    socié­té libé­rale comme celle qui « ne pré­juge pas de ce que les citoyens doivent
    être, doivent faire ou doivent croire ». Ronald Dwor­kin affirme qu’une telle société
    n’a­dopte « aucune vue posi­tive par­ti­cu­lière sur la fina­li­té de l’exis­tence ». Robert
    Nozick prend posi­tion, lui aus­si, pour un gou­ver­ne­ment « scru­pu­leu­se­ment neutre
    entre les citoyens », Charles Lar­more esti­mant pour sa part que ce pos­tu­lat de
    neu­tra­li­té « est sans doute ce qui décri­ra le mieux la concep­tion morale minimale
    du libéralisme ».

    La jus­ti­fi­ca­tion de cette néces­saire « neu­tra­li­té » emprunte en géné­ral deux
    formes dif­fé­rentes. Soit on on affirme que nul ne sait mieux que l’in­di­vi­du lui-même
    où réside son meilleur inté­rêt, soit on insiste sur le plu­ra­lisme social pour en tirer la
    conclu­sion que les socié­taires ne pour­ront jamais s’en­tendre sur une conception
    par­ti­cu­lière du bien. Le pre­mier argu­ment dérive de la vision kan­tienne de
    l’au­to­no­mie fon­da­trice de la digni­té humaine, c’est-à-dire de l’é­gale capa­ci­té de
    cha­cun à déter­mi­ner libre­ment ses fins : toute concep­tion par­ti­cu­lière de la vie
    bonne, c’est-à-dire tout mode de vie concret impli­quant une struc­ture spécifique
    d’ac­ti­vi­tés, de signi­fi­ca­tions et de fins, doit être regar­dée comme purement
    contin­gente, car si elle était consti­tu­tive du moi (self), l’in­di­vi­du ne pour­rait pas faire
    libre­ment ses choix en se his­sant au-des­sus des cir­cons­tances empi­riques. On
    retrouve ici la concep­tion de l’in­di­vi­du comme atome sépa­ré, dans laquelle le moi
    est tou­jours anté­rieur à ses fins. Cette anté­rio­ri­té du moi sur ses fins signi­fie que je
    ne suis jamais défi­ni par mes enga­ge­ments ou mes appar­te­nances, mais que je
    peux au contraire tou­jours prendre vis-à-vis d’eux suf­fi­sam­ment de dis­tance pour
    déter­mi­ner libre­ment mes choix, ce qui n’est jus­te­ment pos­sible que si je suis un
    être sépa­ré. C’est cette vision qui trouve son expres­sion dans l’i­dée d’un Etat
    conçu comme « cadre neutre ». « Du point de vue de l’é­thique fon­dée sur les
    droits, écrit Michael J. San­del, c’est pré­ci­sé­ment parce que nous sommes
    essen­tiel­le­ment des indi­vi­dus (selves) indé­pen­dants et sépa­rés que nous avons
    besoin d’un cadre neutre, d’un cadre de droits qui se refuse à tran­cher entre des
    fins et des objec­tifs concur­rents. Si l’in­di­vi­du (self) est anté­rieur à ses fins, alors le
    juste doit être anté­rieur au bien ».

    Le second argu­ment, qui fait appel à la notion de plu­ra­lisme, affirme qu’aucun
    accord ration­nel ne peut s’é­ta­blir qui per­met­trait de tran­cher entre les conceptions
    concur­rentes du bien. On en déduit que, dans une socié­té plu­ra­liste, un Etat qui
    s’i­den­ti­fie­rait ou qui pri­vi­lé­gie­rait une concep­tion de la vie bonne plu­tôt qu’une autre
    dis­cri­mi­ne­rait entre les citoyens qui adhèrent à cette concep­tion et les autres, et
    par consé­quent ne serait plus capable de trai­ter tous les socié­taires en égaux.
    Comme il est impos­sible de dire objec­ti­ve­ment et ration­nel­le­ment quelle est la
    « meilleure » concep­tion de la vie bonne, aucune poli­tie libé­rale ne peut se fonder
    sur une idée par­ti­cu­lière du bien com­mun. Inver­se­ment, aucun accord sur la
    nature du bien n’est requis aus­si long­temps que les membres de la société
    s’ac­cordent sur la prio­ri­té du droit de cha­cun à opé­rer libre­ment ses choix d’une
    manière com­pa­tible avec les choix des autres. Le rôle de l’E­tat n’est donc pas de
    rendre les citoyens ver­tueux, ni de pro­mou­voir des fins par­ti­cu­lières, ni même de
    pro­po­ser une concep­tion sub­stan­tielle de la vie bonne, mais seule­ment de garantir
    les liber­tés poli­tiques et civiles fon­da­men­tales (cor­res­pon­dant au pre­mier principe
    de Rawls, auquel les liber­ta­riens ajoutent le droit de pro­prié­té), de façon à ce que
    cha­cun puisse pour­suivre libre­ment les fins qu’il s’est fixées en réfé­rence à la
    concep­tion du bien qui est la sienne, ce qui n’est pos­sible qu’à la condition
    d’a­dop­ter des prin­cipes qui ne pré­sup­posent aucune concep­tion par­ti­cu­lière du
    bien. L’E­tat doit res­pec­ter la diver­si­té des doc­trines « compréhensives »
    (glo­bales) et des sys­tèmes de valeurs aus­si long­temps que celles-ci s’avèrent
    com­pa­tibles avec ses prin­cipes de jus­tice, et se bor­ner à appli­quer des règles
    morales déri­vées de la rai­son com­mune sans prendre par­ti entre les conceptions
    concur­rentes du bien. Ses valeurs doivent res­ter pure­ment pro­cé­du­rales, afin de
    per­mettre la coexis­tence concur­ren­tielle de ces dif­fé­rentes concep­tions, tout en
    empê­chant que l’u­sage que les uns font de leur liber­té nuise à l’é­gale capa­ci­té que
    doivent avoir les autres d’en faire autant. Cette fin pro­cé­du­rale, ajoutent les
    liber­ta­riens, ne cor­res­pond nul­le­ment à une fin déter­mi­née, mais constitue
    seule­ment le cadre dans lequel peuvent s’ef­fec­tuer les choix indi­vi­duels. « En
    d’autres termes, observe San­del, ce qui fait qu’une socié­té est juste dans l’optique
    libé­rale, ce n’est pas son telos, ni l’ob­jec­tif ou la fin vers laquelle elle pourrait
    tendre, mais bel et bien son refus de choi­sir à l’a­vance par­mi les fins et les
    objec­tifs rivaux ». La consé­quence de cette théo­rie de la « neu­tra­li­té » de l’Etat,
    liée à l’i­dée de gou­ver­ne­ment limi­té et à la dis­tinc­tion entre sphère publique et
    sphère pri­vée, est une vision pure­ment ins­tru­men­tale du poli­tique : le politique
    n’est por­teur d’au­cune dimen­sion éthique qui lui soit propre, en ce sens qu’on ne
    peut en son nom exi­ger ni même pro­mou­voir aucune concep­tion du bien commun.

    Face à cette doc­trine, le point de départ de la cri­tique com­mu­nau­ta­rienne est
    avant tout d’ordre socio­lo­gique et empi­rique. Obser­vant les sociétés
    contem­po­raines, les com­mu­nau­ta­riens constatent la dis­so­lu­tion du lien social,
    l’é­ra­di­ca­tion des iden­ti­tés col­lec­tives, la mon­tée des égoïsmes et la généralisation
    du non-sens qui en résulte. Ces phé­no­mènes, selon eux, sont autant d’ef­fets d’une
    phi­lo­so­phie poli­tique qui pro­voque l’a­to­mi­sa­tion sociale en légi­ti­mant la recherche
    par chaque indi­vi­du de son meilleur inté­rêt, lui fai­sant ain­si regar­der l’autre comme
    un rival poten­tiel ; qui défend une concep­tion anhis­to­rique et dés­in­car­née du sujet,
    sans voir que les enga­ge­ments et les appar­te­nances des agents sont aussi
    consti­tu­tifs de leur per­son­na­li­té (self) ; qui pro­voque, en se récla­mant d’un
    uni­ver­sa­lisme abs­trait, l’ou­bli des tra­di­tions et l’é­ro­sion des modes de vie
    dif­fé­ren­ciés ; qui ne voit dans la socié­té, comme le dit Rawls, qu’une « entreprise
    coopé­ra­tive fon­dée sur l’a­van­tage mutuel » et nie l’exis­tence du bien commun ;
    qui géné­ra­lise le scep­ti­cisme moral sous cou­vert de « neu­tra­li­té » et qui, de façon
    plus géné­rale, reste en fonc­tion même de ses prin­cipes néces­sai­re­ment insensible
    aux notions d’ap­par­te­nance, de bien com­mun et de valeurs partagées.

    (…)

    Pour les com­mu­nau­ta­riens, l’homme se défi­nit donc avant tout comme un
    « ani­mal poli­tique et social » (Aris­tote). A par­tir de là, l’é­ga­li­té est défi­nie, non
    comme ce qui reste de l’in­di­vi­du une fois que l’on a fait dis­pa­raître tout ce qui le
    rat­tache à un contexte social-his­to­rique don­né, mais comme ce qui peut
    éven­tuel­le­ment résul­ter de la libre expres­sion des iden­ti­tés situées et constituées
    dans ce contexte. Les droits ne sont pas des attri­buts uni­ver­sels et abstraits,
    pro­duits par une « nature » dis­tincte de l’é­tat social et qui for­me­raient par eux-mêmes
    un domaine auto­nome, mais l’ex­pres­sion des valeurs propres à des
    col­lec­ti­vi­tés ou des groupes dif­fé­ren­ciés (le droit d’un indi­vi­du à par­ler sa langue
    est indis­so­ciable du droit à l’exis­tence du groupe qui la pra­tique), en même temps
    que le reflet d’une théo­rie plus géné­rale de l’ac­tion morale ou de la ver­tu. La justice
    se confond avec l’a­dop­tion d’un type d’exis­tence (la vie bonne) ordon­né aux
    notions de soli­da­ri­té, de réci­pro­ci­té et de bien com­mun. Quant à la « neutralité »
    dont se pré­vaut l’E­tat libé­ral, elle est regar­dée soit comme désas­treuse dans ses
    consé­quences, soit plus géné­ra­le­ment comme illu­soire, car renvoyant
    impli­ci­te­ment à une concep­tion sin­gu­lière du bien qui ne s’a­voue pas comme telle.

    Sur le plan de la méthode intel­lec­tuelle, le point de vue communautarien
    appa­raît proche tan­tôt de l’her­mé­neu­tique, dans la mesure où les
    com­mu­nau­ta­riens insistent sur la façon dont les faits sociaux sont toujours
    « construits » au terme d’un pro­ces­sus d’in­ter­pré­ta­tion, tan­tôt de cer­tains auteurs
    de l’E­cole de Franc­fort (prin­ci­pa­le­ment Ador­no), voire du prag­ma­tisme d’un
    Richard Ror­ty, en rai­son de son « construc­tion­nisme social » et de l’importance
    qu’il attache à la notion de solidarité45. A la suite de Hegel (Charles Tay­lor), les
    com­mu­nau­ta­riens récusent le pri­mat du juste sur le bien et la repré­sen­ta­tion des
    indi­vi­dus comme des agents moraux tota­le­ment auto­nomes. Se réfé­rant à Aristote
    (Alas­dair MacIn­tyre), ils affirment qu’on ne peut orga­ni­ser une socié­té politique
    don­née sans réfé­rence à des fins et des objec­tifs com­muns, et que nous ne
    pou­vons nous conce­voir nous-mêmes sans nous appré­hen­der d’a­bord en tant que
    citoyens.

    (…)

    Presque tous les com­mu­nau­ta­riens contestent l’i­dée de « citoyen­ne­té éco­no­mique », qui transforme
    les socié­taires en « spec­ta­teurs qui votent » et en consom­ma­teurs tou­jours plus
    dési­reux d’a­mé­lio­rer leur posi­tion sur le mar­ché, tout en don­nant aux indus­triels la
    pos­si­bi­li­té de recher­cher un pro­fit maxi­mum en dehors de toute régulation
    démo­cra­tique. Presque tous cri­tiquent éga­le­ment le cen­tra­lisme, la bureaucratie
    éta­tique et prônent des formes variées de démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive. Le fond de leur
    mes­sage est que si l’on ne peut redon­ner vie à des com­mu­nau­tés organiques
    ordon­nées à l’i­dée de bien com­mun et de valeurs par­ta­gées, la socié­té n’au­ra pas
    d’autre alter­na­tive que l’au­to­ri­ta­risme ou la dés­in­té­gra­tion. Si cer­tains se proposent
    de revi­ta­li­ser les tra­di­tions, tan­dis que d’autres sou­lignent avant tout l’importance
    des biens publics et des équi­pe­ments col­lec­tifs, beau­coup se réclament d’une
    tra­di­tion de « répu­bli­ca­nisme civique » qui remonte à l’Antiquité 
    et a connu son apo­gée dans les répu­bliques ita­liennes de la fin du Moyen Age, avant de jouer
    éga­le­ment un rôle dans les révo­lu­tions fran­çaise et amé­ri­caine. Aux Etats-Unis,
    cette tra­di­tion emprunte autant à Machia­vel et à Han­nah Arendt qu’à Tho­mas Jefferson, 
    Patrick Hen­ry et John Dewey. L’idée d’une néces­saire réac­ti­va­tion de la citoyen­ne­té active 
    en consti­tue le cœur, de pair avec une redé­fi­ni­tion de la vie
    démo­cra­tique axée sur l’i­dée de par­ti­ci­pa­tion, de recon­nais­sance et de bien
    com­mun. « La notion cen­trale de l’hu­ma­nisme civique, écrit ain­si Charles Taylor,
    est que les hommes trouvent leur bien dans la vie publique d’une répu­blique de
    citoyens ». La pen­sée com­mu­nau­ta­rienne semble par là devoir débou­cher sur une
    remise en cause de l’E­tat-nation et sur un cer­tain renou­veau de l’i­dée fédéraliste.

    Chan­tal Mouffe affirme pour sa part que la cri­tique de la rai­son libé­rale, « pour
    tous ceux qui refusent de croire que les socié­tés libé­rales démo­cra­tiques capitalistes 
    “réel­le­ment exis­tantes” repré­sentent la fin de l’his­toire, consti­tue la condi­tion sine qua non 
    de tout pro­grès de la démocratie ». »

    Réponse
  90. Di Girolamo

    @Cher Sitouaillain ; étant beau­coup moins struc­tu­ré que toi sur le plan cultu­rel, je fais de la prose ou des vers sans le savoir mais penses que tu as trop ten­dance à vou­loir trop vite clas­ser et éti­que­ter : quand je parle de com­mu­nisme, de pla­ni­fi­ca­tion éta­tique venant d’en haut , j’ai par­fai­te­ment conscience que je ne délivre pas un mes­sage exhaus­tif sur le com­mu­nisme : ma réduc­tion n’est là que pour illus­trer mon rai­son­ne­ment ; idem quand je fais allu­sion à la « neu­tra­li­té » de l’E­tat c’est dans un cer­tain contexte de rai­son­ne­ment et je par­tage l’i­dée des limites et du sans issue d’un état libé­ral qui main­tien l’ordre et gère la liber­té de cha­cun jus­te­ment sans jamais pou­voir rien pla­ni­fier sur le long terme ce qui l’o­bli­ge­rait à prendre par­ti et donc chan­ger de nature ; et quand je parle de pla­ni­fi­ca­tion de ter­rain par les acteurs eux mêmes , j’ai tout à fait conscience des éche­lons et que l’é­che­lon natio­nal ou euro­péen n’ont pas les mêmes modes de fonctionnement.

    La chose publique n’est pas neutre, elle est poli­tique et le libé­ra­lisme est le choix poli­tique du non choix ; ce que j’entendais par neu­tra­li­té ‚un mot que je vais doré­na­vant ban­nir , c’est qu’au-delà des par­tis qui ont toute leur uti­li­té et jus­ti­fi­ca­tion il est impé­ra­tif qu’il existe un lieu d’accueil du débat des par­tis et autres acteurs sociaux , un lieu dont la voca­tion est d’accueillir tous les acteurs , ce lieu étant à carac­tère public et ayant cette voca­tion d’être au des­sus des par­tis ; non un au des­sus de pou­voir mais de garan­tie du fonc­tion­ne­ment et de l’expression de tous les par­tis , tous les acteurs, tous les citoyens. La seule chose sur laquelle peuvent tom­ber d’accord tous les par­tis, tous les acteurs , s’ils se délivrent un peu de la concur­rence élec­to­rale, c’est bien de la néces­si­té de ce point com­mun démocratique.Le lieu du mûris­se­ment de la déci­sion poli­tique. Et c’est parce que ce lieu n’existe pas que les par­tis ont eux-mêmes déri­vés et sont tout à fait critiquable.C’est parce que ce lieu n’existe pas que ne sont pas abor­dés les sujets de fond et que la pla­ni­fi­ca­tion est confi­née aux oubliettes .C’est parce qu’il n’existe pas que nous votons un coup pour les uns un coup pour les autres sans aucun espoir de changement.
    De même qu’on ne peut réduire la chose publique aux par­tis, on ne peut la réduire aux indi­vi­dus ; la notion de citoyen­ne­té appor­tant aux indi­vi­dus le côté col­lec­tif, la dimen­sion sociale, his­to­rique, poli­tique. Leur per­met­tant d’adhérer ou non à des par­tis ; en rap­pe­lant que le vote est secret et indi­vi­duel (encore un sujet de débat !)

    En fait il n’y a pas de solu­tion démo­cra­tique à une seule face ; et lorsque je cri­tique le sys­tèmes des par­tis et des élec­tions c’est parce qu’on a là une orga­ni­sa­tion poli­tique à une face et donc dés­équi­li­brée ; il n’y a de démo­cra­tie qu’en mou­ve­ment et rien ne peut jamais la figer dans une pos­ture par­faite : toute volon­té de la can­ton­ner est la nier , c’est quelque part une prise de pou­voir tyran­nique ; c’est pour­quoi ce qui manque aujourd’hui c’est l’aspect dyna­mique et l’aspect pla­ni­fi­ca­teur au sens où par l’organisation du débat public l’état se met en capa­ci­té de faire émer­ger des poli­tiques de fond ou de long terme c’est idem.

    L’absence pra­tique et struc­tu­relle de débats de fond et de poli­tiques de long terme, de pla­ni­fi­ca­tion est du au fait que tout se réduit au com­bat élec­to­ral des par­tis ; ce qui me fait dire que le sys­tème poli­tique actuel est mau­vais et qu’y par­ti­ci­per sans dénon­cer cette carence c’est faire le jeu du conser­va­tisme et du libéralisme .

    L’intérêt du déve­lop­pe­ment appli­qué à un ter­ri­toire, ou déve­lop­pe­ment local c’est d’être par nature trans­ver­sal et de concer­ner tous les habi­tants, tous les acteurs, tous les citoyens du ter­ri­toire. Très sou­vent ces poli­tiques de déve­lop­pe­ment sont impul­sées par des sub­ven­tions , ces sub­ven­tions étant déci­dées et attri­buées grâce à des chartes ter­ri­to­riales que les char­gés de mis­sions concoctent très bien dans un jar­gon qu’ils pos­sèdent à mer­veille ; ces tra­vaux étant « légi­ti­més » par quelques réunions publiques for­ma­tés par les mêmes char­gés de mis­sions , et en pré­sence des élus. Cette manière d’intervenir per­met à l’état ou la région de « ser­vir tout le monde » et de pas trop se mouiller lui-même, res­pec­tant ain­si cette sacro sainte neutralité .

    Ce que j’ai ten­té (expé­rience décrite pré­cé­dem­ment avec ses déboires) c’est de prendre à la lettre le lois d’aménagement du ter­ri­toire et les CLD impul­sés par D Voi­net : c’est de la démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive : les acteurs locaux et leurs élus cher­chant à mener ensemble les poli­tiques publiques locales ; avec un vrai temps de diag­nos­tic ter­ri­to­rial dans le contexte his­to­rique glo­bal , un temps de pla­ni­fi­ca­tion , de mise en œuvre d’une poli­tique locale ; on est plus du tout dans les seules sub­ven­tions , le mar­ché , la libre entre­prise : il y a une prise en main col­lec­tive du local ‚où les élus et au tra­vers eux l’état , la région , le dépar­te­ment , les com­munes, s’impliquent . Sur un plan pra­tique ça débouche sur une éco­no­mie locale soli­daire qui s’organise et se dote de cer­tains outils comme les SCIC , les mon­naies locales etc

    Cette métho­do­lo­gie de déve­lop­pe­ment soli­daire local , est un che­val de Troie du Libé­ra­lisme , et re-poli­tise de fait et immé­dia­te­ment les choses , autour des choix d’orientations qu’on va faire ensemble loca­le­ment . Ce que j’essaie de te dire c’est que cette pla­ni­fi­ca­tion, ce tra­vail col­lec­tif inté­grant l’ensemble des acteurs le sou­hai­tant, y com­pris les par­tis poli­tiques , est , c’est mon constat , refu­sé par tous : les élus parce que ça les remet en ques­tion , les char­gé de mis­sions parce que sans doute encore plus, les citoyens lamb­da , parce qu’ils ont du mal à com­prendre , les mili­tants des par­tis ou asso­cia­tions parce qu’ils pré­fèrent tra­vailler dans leurs propres struc­tures ; le décloi­son­ne­ment est refu­sé , ce qui veut dire qu’on pré­fère le sys­tème cloi­son­né que le libé­ra­lisme a mis en place .

    J’ai rdv très pro­chai­ne­ment avec un conseiller régio­nal FDG et un EELV ( impli­qué depuis de longue date à la conf ) : le sujet de ces rdv ‚c’est la démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive , les CLD ; on sera très proche de nos dis­cus­sions géné­rales ; le but étant ici si pos­sible de recol­ler les mor­ceaux ( après inci­dents déjà décrits) et de redé­mar­rer des actions poli­tiques locales.

    Bon je repars au foin.

    Réponse
  91. Catherine B

    Je ne sais pas si tu connais, Georges, mais il y a quel­qu’un qui comme toi n’aime pas les par­tis politiques.

    Ceci dit, est-ce qu’on n’est pas à nous tout seul, en nous, com­po­sé de par­tis poli­tiques qui se font la guerre, se dis­putent des pré­ro­ga­tives, et c’est par­fois au scru­tin majo­ri­taire à plu­sieurs tours qu’on se décide à lais­ser par­ler l’un d’entre eux, celui qui honore le plus de voix au moment où nous le lais­sons s’ex­pri­mer, mais avoue que ça tiraille aus­si farou­che­ment en nous, par­fois, et pour­tant on ne peut pas se cou­per en mor­ceaux, on prend tout le bon­homme bon gré mal gré, on fait avec et on essaie de trou­ver une ambiance inté­rieure pas trop mauvaise.

    Bon, je reviens au mon­sieur qui comme toi n’aime pas les par­tis poli­tiques. Il s’ap­pelle Labo­rit ce mon­sieur, Hen­ri de son pré­nom, et dans son livre » l’Homme ima­gi­nant, voi­là ce qu’il dit sou­mis à l’é­preuve de la réa­li­té qui res­semble fort à celle que nous vivons je trouve :

     » L’en­ga­ge­ment ne devient pos­sible qu’en cas de crise aigüe, parce qu’à ce moment ‑là, l’in­di­vi­du retourne à ses com­por­te­ments pri­mi­tifs. Il ne s’a­git plus d’être homme pen­sant, mais de lut­ter ou de fuir sui­vant le com­por­te­ment ani­mal le plus ins­tinc­tif. Comme un com­bat, dans lequel l’en­jeu est la vie même, non de l’in­di­vi­du mais du groupe où ses déter­mi­nismes l’ont pla­cé, ne se mène pas seul, on com­prend que l’en­ga­ge­ment devienne une néces­si­té. Lorsque l’é­vo­lu­tion s’o­riente, non vers la syn­thèse ou le dépas­se­ment de deux ensembles anta­go­nistes, mais vers la dis­pa­ri­tion, par la force bru­tale, de l’en­semble le plus néo­cé­pha­li­sé, plu­tôt que le retour vers un état où la fonc­tion pen­sante est la moins appré­ciée, où il n’est exi­gé de l’homme pour sa sur­vie que l’ap­pren­tis­sage de quelques réflexes condi­tion­nés, l’en­ga­ge­ment devient logique. Il ne m’ap­pa­raît que comme une régres­sion, un choix, non pour la pen­sée, mais pour la vie contre la mort… Le plus dif­fi­cile est de savoir quand com­mence une crise, quand il est plus effi­cace de com­battre en se mêlant à un sous-ensemble impar­fait plu­tôt que de pen­ser seul sans agir »

    Ceci dit tu agis et tu penses, mais n’empêche, le temps n’est-il pas venu de se ral­lier à un sous-ensemble impar­fait et de le par­faire de l’in­té­rieur, je n’en sais rien, mais je dois dire que des pos­tures d’ou­ver­ture comme celle de Sitouaillain nous invi­te­raient bien à la noce, non ? Ce qui n’empêcherait nul­le­ment l’ac­tion locale que tu mènes, mais bon, je dis ça, mais moi-même j’ai du mal à faire le pas !

    Réponse
  92. Catherine B

    c’est le com­mun, éri­gé en sys­tème, comme dans com­mun-ismequi est mor­tel. L’i­dée de départ peut-être bonne, ça se dis­cute, mais pétri­fiée en sys­tème, n’im­porte quelle idée aus­si bonne soit-elle ne résiste pas à une telle momi­fi­ca­tion, et du coup, elle pro­duit de la mort, car la vie n’est pas sta­tique mais dyna­mique et il faut se rap­pe­ler qu’au­cun mot aus­si beau soit-il ne peut conte­nir la vie en mouvement.

    Et pour­tant, para-doxe, sans mot, aucun lien pos­sible, donc aucun sens à don­ner à ce que nous vivons, tout devient très vite confus.

    Alors là, encore, l’i­dée est un ser­vi­teur au ser­vice de la puis­sance de vie, c’est quand elle outre­passe ses fonc­tions et qu’elle prend la place du maître, celle de la puis­sance de vie qu’elle devient un poi­son, non ?

    Réponse
  93. Catherine B

    Je pense que ce que je dis plus haut s’ap­plique aus­si pour cette his­toire de tirage au sort-isme à laquelle je n’adhère pas d’ailleurs, mais ça ne concerne que moi bien sûr. Néan­moins si elle a des adeptes, et elle en a cette idée, qu’ils veillent bien à la lais­ser res­pi­rer et donc à ne pas enfer-mer leur bébé dans une sys­té­ma­ti­sa­tion atro­phiante car celle-ci pour­rait faire mou­rir d’as­phyxie l’en-fans (stric­to sen­su, celui qui ne parle pas encore) l’en­fant à naître, l’en­fant pro­dige et pour­quoi pas prodigue !

    Réponse
  94. sitouaillain

    @ di Girolamo,

    tu cherches un lieu qui garan­tisse l’ex­pres­sion de tous les par­tis pris, et dans le libé­ra­lisme ce lieu, his­to­ri­que­ment, c’est le parlement…
    puisque tout ça ne fonc­tionne pas, il fau­drait aujourd’­hui des lieux d’ex­pres­sion autres, des ins­tances de démo­cra­tie participative…

    mais en fait, en fai­sant l’a­po­lo­gie de cette démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive, dans le sys­tème repré­sen­ta­tif libé­ral, tu oublies que ces ins­tances ne seront jamais que subor­don­nées au sys­tème repré­sen­ta­tif, c’est à dire aux élus et leurs char­gés de mis­sion, en tant que repré­sen­tants légi­times de l’autorité,

    de sorte que tu en viens à sur­va­lo­ri­ser le local hors élec­tions comme lieu du contre-pou­voir au libéralisme…

    mais en réa­li­té, le champ des pos­sibles n’est jamais que déter­mi­né par le rap­port de l’é­lu et de la « majo­ri­té » qu’il incarne au « sys­tème » glo­bal… dans le sens où, selon l’é­lu et son idéo­lo­gie, il sera plus ou moins dans une pos­ture qui consiste à faire de son ter­ri­toire, avec ou sans par­ti­ci­pa­tion des « citoyens », un pôle d’at­trac­tion des flux de la mon­dia­li­sa­tion, notam­ment des flux d’argent, ou une zone le plus pos­sible auto­nome des impé­ra­tifs du « marché »…

    et donc au final, la par­ti­ci­pa­tion ne vient cor­ri­ger la pré­émi­nence d’une ligne poli­tique sur une autre qu’à la marge, bien plus, la par­ti­ci­pa­tion vient en affi­ner le conte­nu et asso­cier des « citoyens » à une poli­tique pré­dé­fi­nie par le choix électoral…prostitution ou résistance…comme les citoyens ont choi­si la pros­ti­tu­tion, la démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive est un « mana­ge­ment participatif ».

    bien sûr, on peut voir cette évo­lu­tion d’une manière posi­tive, et je suis d’ac­cord avec toi, à par­tir du moment où les citoyens n’ont pas le pou­voir, quand le pou­voir offre des lieux d’exer­cice de pou­voir aux citoyens, il faut s’en sai­sir, et c’est aus­si pour­quoi je suis favo­rable à la par­ti­ci­pa­tion aux élections…

    mais si les citoyens n’ont pas le pou­voir, la cause n’en incombe pas aux par­tis, ni à l’é­lec­tion, et il est illu­soire de croire que tous les par­tis puissent s’ac­cor­der sur des dimen­sions qui remettent en cause cette néces­si­té du capi­ta­lisme et de toutes les socié­té inéga­li­taires et hié­rar­chiques : il y est impé­ra­tif que jamais le plus grand nombre n’ait le pouvoir…d’où le fait que le libé­ra­lisme n’est pas le choix du non-choix, c’est tout un tas de choix qui ne sont pas contes­tés par les « citoyens », comme le choix de la congruence entre l’in­té­rêt éco­no­mique de quelques-uns et l’in­té­rêt général.

    du coup tu dis : « C’est parce qu’il n’existe pas que nous votons un coup pour les uns un coup pour les autres sans aucun espoir de chan­ge­ment » or moi je pense que c’est aus­si parce les autres votent un coup pour l’un un coup pour l’autre sans aucun espoir de chan­ge­ment qu’il n’existe pas d’es­pace public « neutre » mais qu’au contraire, dans l’es­pace publique, dans l’a­go­ra, la voix des uns sur­passe celle des autres non pas en fonc­tion d’une jus­tesse de leur pro­pos mais en fonc­tion de qui pos­sède les médias dominants.

    C’est le fameux biais plou­to­cra­tique le pro­blème, et dire que « L’absence pra­tique et struc­tu­relle de débats de fond et de poli­tiques de long terme, de pla­ni­fi­ca­tion est du au fait que tout se réduit au com­bat élec­to­ral des par­tis ; » c’est oublier que la réduc­tion du com­bat élec­to­ral à autre chose que des débats de fond, est le fait de cer­tains médias, en conni­vence d’ailleurs avec leurs clients et leurs télé­spec­ta­teurs, ce n’est pas le fait des par­tis eux-mêmes, mais il est vrai que cer­tains s’en accom­modent mieux que d’autres…sinon, en ce qui me concerne, je n’ai aucun mal à accé­der à des débats de fonds, et je vois très bien quelles poli­tiques de long terme et de pla­ni­fi­ca­tion existent bel et bien…et elles ne me plaisent pas du tout, mais ce serait faire preuve de paresse intel­lec­tuelle et d’a­veu­gle­ment que de dire que parce que les résul­tats des élec­tions ne me conviennent pas, le pro­blème serait l’é­lec­tion, alors que celle-ci est, non­obs­tant ses tares pro­cé­du­rales, le reflet d’une socié­té, ce qu’elle croit, ce qu’il fal­lait dire pour la séduire, et comme elle ne croit plus en rien, il ne fal­lait rien dire pour la séduire, lui don­ner l’as­su­rance de la per­pé­tua­tion du même, pas de risque, pas de vague, pas d’an­ta­go­nisme, illu­sions, spec­tacle et res­pect de la volon­té d’être repré­sen­té, de ne sur­tout pas avoir à se mêler d’af­faires compliquées…

    du coup, tu peux par­ler de ta concep­tion de la démo­cra­tie locale et je la par­tage, mais en revanche tout le non dit dans « les choix d’orientations qu’on va faire ensemble loca­le­ment », c’est que cet « ensemble » est néces­sai­re­ment res­treint, à ceux qui par­ti­cipent et à ceux qui par­ti­cipent dans ton sens, avec ton éthique, les autres que tu le veuilles ou non, seront des enne­mis, et la preuve, c’est qu’ils t’ont déjà dési­gné comme enne­mi et ont vou­lu t’évacuer…

    bien sûr oh c’est dom­mage, mais, nous ne sommes pas en démo­cra­tie, et ça n’est pas faute de débats de fond, c’est faute de conscience politique…la fic­tion démo­cra­tique actuelle, cache mal que toute avan­cée démo­cra­tique s’est faite par l’acte arbi­traire d’une par­tie du peuple contre une autre, à l’i­mage de la déci­sion de Voy­net qui n’en repré­sen­tait qu’une toute petite par­tie, et avec laquelle tu ne sembles pas gêné, de même que tu ne te gênes pas pour faire pas­ser tes vues en repre­nant cer­tains articles d’une consti­tu­tion écrite pour un géné­ral putschiste…

    et enfin, je suis d’ac­cord avec toi sur la plu­part de ce que tu dis, notam­ment que « le sys­tème poli­tique actuel est mau­vais et qu’y par­ti­ci­per sans dénon­cer cette carence c’est faire le jeu du conser­va­tisme et du libé­ra­lisme » , mais contrai­re­ment à toi je ne suis pas de mau­vaise foi, par exemple le NPA, le FdG, EELV ont tout trois dénon­cé ce sys­tème poli­tique, et ont fait des pro­po­si­tions pour de véri­tables avan­cées démocratiques…le pre­mier a fait le choix de l’i­so­la­tion­nisme jus­qu’au-bout-iste pour pré­ser­ver sa bou­tique, le second est une alliance de par­tis dif­fé­rents qui ont fait le choix de l’u­ni­té et le troi­sième s’est sou­mis au PS et ne conteste pas le capi­ta­lisme, et ses sym­pa­thiques membres locaux se font faire un enfant dans le dos à chaque séance du par­le­ment européen…bref entre dif­fé­rents « packages » pro­po­sés aux « citoyens-consom­ma­teurs », ça n’é­tait pas si dur de faire un choix, si leur prio­ri­té est la démo­cra­tie, comme c’est mon cas…à l’ar­ri­vée, c’est un tout autre « package » qu’on va se prendre sur la tronche mais qui vaut déjà mieux que le « package » de droite sarkosiste…

    et, pour reve­nir au com­mu­nisme, fina­le­ment, la cri­tique qui a été adres­sée par les anar­chistes et d’autres révo­lu­tion­naires à ceux qui par­ti­cipent et acceptent le résul­tat des élec­tions, et attendent que les « citoyens » adhèrent à leurs idées pour enfin mettre dans « l’op­po­si­tion » les par­tis capi­ta­listes, c’est qu’ils prennent le risque, voire se condamnent à, des dérives droi­tières, dans le sens où les « citoyens » étant majo­ri­tai­re­ment inféo­dés au capi­ta­lisme et tirant leur sub­sis­tance de ce sys­tème, ils voient avec effroi ceux qui leur pro­posent d’en chan­ger radi­ca­le­ment, d’où la dif­fi­cul­té du choix de dis­cours si on veut être élu…de sorte que ces révo­lu­tion­naires anti-élec­to­ra­listes ont pour point com­mun le repli sur les luttes, pre­nant en compte le fait que seule la lutte per­met de tra­duire en acte les dis­cours, et le fait que « en temps nor­mal », si les « citoyens », ne sont pas décon­nec­tés de leur quo­ti­dien, ils ne par­viennent pas à dépas­ser leur sou­mis­sion men­tale et maté­rielle au capitalisme.

    ce vieil anta­go­nisme entre révo­lu­tion­naires et réfor­mistes est en train d’être par­tiel­le­ment dépas­sé, car jus­te­ment, le FdG est les deux à la fois, puis­qu’il sou­tient et cherche à sus­ci­ter les luttes, tout en pre­nant acte du sys­tème tel qu’il est et se sai­sis­sant des oppor­tu­ni­tés que le sys­tème offre pour évi­ter de lais­ser tout le pou­voir aux capitalistes.

    le pro­blème des com­mu­nistes, anar­chistes, socia­listes, etc, c’est qu’ils n’ont pas su résoudre et dépas­ser des diver­gences de fond et de forme, pour pou­voir s’u­nir, alors même qu’ils n’é­taient pas du tout en posi­tion de pou­voir et ne l’ont jamais été ici en Europe, il eut d’a­bord fal­lu consi­dé­rer de quelle manière pou­vaient se tran­cher ces diver­gences si elles n’é­taient pas dépas­sables, mani­fes­te­ment, le FdG est sur la bonne voie, grâce notam­ment aux éco­lo­gistes radi­caux, mais bien sûr, il pour­rait être inca­pable d’é­vi­ter la catas­trophe, vu sa fai­blesse actuelle, son orga­ni­sa­tion pour le moment défi­ciente et la fai­blesse actuelle des idées anar­chistes, socia­listes, com­mu­nistes et des enga­ge­ments mili­tants en géné­ral, idées qui ne sont que des visions du pro­jet démo­cra­tique com­mun, en tant qu’il est vu comme incom­pa­tible avec la per­sis­tance du capitalisme…mais vu la puis­sance du capi­ta­lisme, il est plus que pro­bable que ce pro­jet-là soit relé­gué aux oubliettes,

    sur­tout, si les gens comme toi se contentent de faire des choses loca­le­ment pour amé­na­ger la situa­tion sans dire aux autres, voi­là ce que je fais ou ce que je veux faire serait plus large ou serait pos­sible si vous votiez pour tel ou tel parti,

    en tout cas c’est ce que je fais, je ne dis à per­sonne, nos pro­blèmes se résou­dront par une élec­tion, mais je ne dirais jamais qu’une élec­tion dans ce sys­tème-là ne sert à rien, car elle sert au moins à peser dans le choix de nos adversaires…et je ne te cache pas que sans illu­sion sur ce qui nous sépare d’un mou­ve­ment vers la démo­cra­tie, je pré­fè­re­rais de loin pou­voir être l’ad­ver­saire de Mélen­chon qui aspire à accé­lé­rer ce mou­ve­ment (http://​www​.jean​-luc​-melen​chon​.fr/​2​0​1​2​/​0​6​/​2​2​/​a​p​r​e​s​-​u​n​-​j​o​u​r​-​d​e​-​p​l​u​ie/) plu­tôt que de f. Hol­lande, de sar­ko­sy ou de Le Pen… simple ques­tion de res­pon­sa­bi­li­té et de cor­res­pon­dance entre ce qu’il y a à faire loca­le­ment ici et main­te­nant et ce qu’il y a à faire pour que les choses changent plus glo­ba­le­ment petit à petit ou par un sur­saut révo­lu­tion­naire, dans un pays où les gens ne sont pas majo­ri­tai­re­ment révo­lu­tion­naires et où ils sont ultra-majo­ri­tai­re­ment défé­rents vis‑à vis du résul­tat d’é­lec­tions, défé­rents vis-à-vis du pou­voir, qu’ils votent ou ne votent pas, qu’ils pro­testent ou pas, et quand ils votent ils ne votent pas pour celui qui leur dit « pre­nez le pou­voir », et quand ils pro­testent, ils ne cherchent pas à le prendre, ils réclament,

    moi qui suis né au bord du grand fleuve sau­vage, je sais très bien que le nombre de pois­sons dans mon casier dépend du bon vou­loir des habi­tants de l’amont…le local et le natio­nal, l’in­ter­na­tio­nal sont imbri­qués, il n’y a pas d’é­chap­pa­toire, l’eau coule, si seuls quelques-uns veulent qu’elle coule pour tous et qu’il y ait encore des pois­sons, alors je suis dans leur camp, si dans ce monde d’é­goïstes ma voix dans l’é­lec­tion per­met ne serait-ce qu’il ne reste qu’un filet d’eau, je vote.…..quand le fleuve sera tari les indé­cis et leurs illu­sions una­ni­mistes n’au­ront plus que leurs yeux pour pleurer !

    et donc en fait, je ne fais que poser une limite à la pos­sible entente entre par­tis, et je vois que tu fais de même, même sis tu per­siste à pen­ser que tous les par­tis peuvent s’u­nir sur des points pré­cis, moi je ne le crois pas, en tout cas, pas sur ce que tu souhaites.

    et pour aller jus­qu’au point god­win, si dans l’al­le­magne des années trente ceux qui à gauche per­sis­taient à poser une divi­sion de prin­cipe entre les « purs » qui ne par­ti­cipent pas aux élec­tions et ceux qui y par­ti­cipent avaient écou­té Trots­ky qui, contre les sta­li­nistes, les exhor­tait à s’u­nir face au péril fasciste…peut-être serions-nous aujourd’­hui dans une situa­tion différente…vu ce que je lis ici (pas for­cé­ment de ta part, bien sûr), je n’ai aucune rai­son d’être opti­miste, je ne le suis que par volonté !

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  95. Alain Guillou

    Le fas­cisme est l’é­tat dans lequel se trouve la socié­té pen­dant une crise du sys­tème domi­nant : car à un moment cru­cial de la crise dite « éco­no­mique », c’est l’hu­main qui est en crise, car la perte de confiance en l’a­ve­nir favo­rise cela : l’homme rede­vient « la bête », tra­quée : pour gar­der sa domi­na­tion le domi­nant uti­lise la peur, donc la force brute, et la ruse poli­tique qui lui per­met de mettre fina­le­ment en camp d’ex­ter­mi­na­tion tout ce qui bouge autre­ment que comme pré­vu… Un autre « sys­tème tota­li­taire » se com­por­te­ra de la même façon quand il sera « en crise ». Pol pot c’é­tait du fas­cisme aussi…

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  96. sitouaillain

    Cela dit, ce que dit Cathe­rine me rend très opti­miste quand même !

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  97. Alain Guillou

    L’u­ni­té des résis­tants est un libre pro­ces­sus vers une « auto-dis­ci­pline » : Un sys­tème qui abou­tit a l’ex­trème insol­va­bi­li­té de sa crise se crée des enne­mis de l’ex­té­rieur et de l’in­té­rieur afin de ne pas recon­naître sa nui­sance intrinsèque…Il est aidé en cela par cer­tains aspects per­ma­nents de la nature humaine : le monarque divise pour régner, ou déclare une guerre à l’étranger…La reli­gion dont les prêtres sont pris en fla­grant délit de men­songe se défend en deve­nant intégriste…L’individu culpa­bi­li­sé devient paranoiaque…Le col­lec­tif stig­ma­ti­sé devient ter­ro­riste, etc…Pour que le monde tourne à l’en­droit, chaque indi­vi­du est por­teur d’un poten­tiel d’é­pa­nouis­se­ment per­son­nel qui ne suf­fit pas, mais qu’il est néces­saire de culti­ver, car ce poten­tiel n’a quelque chance de se réa­li­ser que selon les dis­po­si­tions, les confi­gu­ra­tions collectives…Prendre par­ti pour telle ou telle « logique col­lec­tive » sup­pose à la fois la créa­tion de « par­tis » et l’a­ni­ma­tion de réseaux « hors par­tis » beau­coup plus fluides et per­méables aux idées « été­ro­gènes » (exemple ce forum ?), donc favo­ri­sant « l’in­te­rac­tion consciente »…Mais ce qui éven­tuel­le­ment per­met de répondre à un « chan­ge­ment d’é­poque his­to­rique » dont tous les conte­nus ne sont pas encore envi­sa­geables (il y fau­drait le recul de l’his­to­rien, or il s’a­git du pré­sent entrain de s’é­crire!), ne peut rele­ver d’au­cune théo­rie exis­tante « clé en main ». Vou­loir tout faire ren­trer dans un seul des cadres théo­riques dis­po­nibles, c’est du dog­ma­tisme, et ça han­di­cape « l’in­tel­li­gence vivante d’un éven­tuel peuple résis­tant »…Si Le fas­cisme est au ren­dez-vous des dog­ma­tismes, l’é­man­ci­pa­tion est peut-être au ren­dez-vous que devraient se don­ner dans le mou­ve­ment social, les rebelles comme les dis­ciples, divers, mais tous « résis­tants pour créer ».…résis­tants à quoi, si ce n’est « le fas­cisme » ? par­mi les dogmes condui­sant au fas­cisme, celui qui saute aux yeux est le dogme de « la race supé­rieure », mais il y en a d’autres, comme le dogme de « la bien­fai­sance de la main invi­sible du mar­ché », qui sont autant de sources de « Grande régres­sion »…je repense à l’ou­vrage de J. Géné­reux (La Grande régres­sion , Le Seuil, 2010).

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  98. sitouaillain

    @ alain, d’ac­cord avec toi,

    comme disent les zapa­tistes, il faut créer des ponts entre les dif­fé­rentes formes de résistances !

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  99. Alain Guillou

    FRONT NATIONAL ET « DEMOCRATIE »

    Par Patrick Mignard Les ques­tions qui fâchent ! A lire…sur je site JDOR.

    Le « néo­fas­cisme » tel que l’é­voque Jacques Géné­reux dans « La Grande Régres­sion » c’est bien le soft-fas­cisme. Seule la frange fra­gi­li­sée de la popu­la­tion fran­chit le pas du fas­cisme pur et dur, donc ces gens que Manuel Vals conseille au PS de lais­ser tom­ber comme irré­cu­pé­rables, c’est l’UMP qui essaie de les récupérer…Mais le « soft­fas­cisme » ali­mente fina­le­ment le fas­cisme pur et dur : on est ten­té de crier « bas les masques » !

    Bien sûr, il est contre-pro­duc­tif de hur­ler « fas­ciste » à tort et à tra­vers, car ce fai­sant « à force de crier au loup…« etc.

    Mais per­son­nel­le­ment si je fran­chis cet inter­dit « anti­fa », c’est par­ce­qu’il est évident que l’es­prit cri­tique devient rare : nous bai­gnons dans « la grande Régression » !

    Réponse
  100. Périclès

    Il serait temps de com­prendre que l’on peut être hos­tile à l’im­mi­gra­tion de masse, orga­ni­sée et impo­sée par les déten­teurs de capi­taux, sans être fas­ciste. Cela n’a aucun lien avec le fascisme.

    Ce que ne com­prennent pas les béo­tiens de l’an­ti­fas­cisme de salon contem­po­rain qui rai­sonnent avec la grille de lec­ture dépas­sée des années 30, c’est que le chan­ge­ment de popu­la­tion réa­li­sé à grande échelle par l’UE et les milieux finan­ciers qui la dirigent, est un pro­jet d’es­sence tota­li­taire et que s’y oppo­ser est rél­le­ment une atti­tude de gauche au sens clas­sique, anti­ca­pi­ta­liste et émancipatrice.

    Réponse
  101. Alain Guillou

    Etre hos­tile à tout ce qui est orga­ni­sé et impo­sé par les capi­ta­liste, ce n’est pas une atti­tude de gauche. Ce qui est « de gauche  » c’est d’être hos­tile au fait que les 1% de la popu­la­tion mon­diale qui détiennent les 90% des richesses pro­duites par autrui orga­nisent et imposent à « autrui » leur cupi­di­té. Quant à la ges­tion des flux migra­toires, la spé­ci­fi­ci­té des fas­cistes est de s’ap­puyer sur le rejet vis­cé­ral de « l’Autre » pour faire fruc­ti­fier l’arbre plan­té dans le jar­din dont en effet les capi­ta­listes attendent encore plus de pou­voirs : ce fruit c’est la baisse du coût du tra­vail.… et son nec­tar c’est la divi­sion des esclaves …

    Réponse
  102. Di Girolamo

    Sitouaillain

    Quand tu me dit :

    « en fai­sant l’a­po­lo­gie de cette démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive, dans le sys­tème repré­sen­ta­tif libé­ral, tu oublies que ces ins­tances ne seront jamais que subor­don­nées au sys­tème repré­sen­ta­tif, c’est à dire aux élus et leurs char­gés de mis­sion, en tant que repré­sen­tants légi­times de l’autorité,

    de sorte que tu en viens à sur­va­lo­ri­ser le local hors élec­tions comme lieu du contre-pou­voir au libéralisme… »

    Comme je l’ai déjà dit je pense, la notion de contre pou­voir est direc­te­ment lié au libé­ra­lisme qui les acceptent très volon­tiers tant qu’il ne se sent pas fon­da­men­ta­le­ment menacé.
    Par contre la notion de citoyen­ne­té et de démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive et de débat public , lui est tota­le­ment étran­gère, parce que le fait même d’or­ga­ni­ser la par­ti­ci­pa­tion des citoyens aux affaires du pays , donne un sens pri­maire et vrai au mot poli­tique et oblige à faire des choix de socié­té, ce qui est l’an­ti­thèse du libéralisme.

    C’est la rai­son pour laquelle les lois de par­ti­ci­pa­tion citoyennes à la défi­ni­tion, mise en œuvre et éva­lua­tion des poli­tiques publiques ne sont pas appli­quées mais rem­pla­cées par un faux semblant .

    C’est exac­te­ment la même chose pour les lois natio­nales consti­tu­tion­nelles défi­nis­sant l’exer­cice de la sou­ve­rai­ne­té natio­nale qui ne sont pas appli­quées et rem­pla­cées par le faux sem­blant de l’é­lec­tion pré­si­den­tielle ‚le pack homme ‑pro­gramme – par­ti qui rem­place l’exer­cice citoyen du débat .

    Mon posi­tion­ne­ment est donc le même au niveau local et natio­nal : les quelques impor­tantes avan­cées qui ont eux lieu au niveau ins­ti­tu­tion­nel sont inap­pli­quées dans l’indifférence générale.

    D’autre part je pense que plus en pro­fon­deur IL FAUT sur – valo­ri­ser le local parce que c’est l’é­che­lon mar­ty­ri­sé du libé­ra­lisme, et pour cause ; et c’est cet éche­lon qui doit être le but de l’har­mo­ni­sa­tion local ‑natio­nal – inter­na­tio­nal : aller vers une vision des diver­si­tés locales mon­diales à faire vivre.

    Réponse
  103. sitouaillain

    « le but de l’har­mo­ni­sa­tion local ‑natio­nal – inter­na­tio­nal : aller vers une vision des diver­si­tés locales mon­diales à faire vivre. »

    Allons‑y !!!:)

    Réponse
  104. sitouaillain

    une atti­tude de gauche au sens clas­sique, anti­ca­pi­ta­liste et éman­ci­pa­trice consiste à ne pas dres­ser les exploi­tés les uns contre les autres, car, mal­gré le capi­tal élec­to­ral que peuvent rap­por­ter les encou­ra­ge­ments à l’é­troi­tesse d’es­prit voyant dans « l’im­mi­gra­tion » la source des pro­blèmes, cer­tains par­ti­cipent à détour­ner le regard des vrais pro­blèmes, par exemple ceux qui font qu’un homme vit dans une telle misère, qu’il est prêt à tra­ver­ser la mer au péril de sa vie, pour gagner la terre de ceux qui ont exploi­té la terre de ses pères.

    les fas­cistes luttent contre les immi­grés, pas contre l’im­pé­ria­lisme, les fas­cistes veulent plus de flics, plus de pri­sons, plus d’au­to­ri­té, ils luttent contre les délin­quants, pas contre l’ex­ploi­ta­tion et l’i­déo­lo­gie de la richesse et de la réus­site comme accu­mu­la­tion d’objets,
    il leur suf­fit que les masses s’at­taquent et ne voient que les symp­tômes, pour mieux pro­pa­ger la maladie…

    je connais un agri­cul­teur qui, dans ses champs immenses et sans haies, cultive avec force pro­duits chi­miques et grosses machines ache­tées à cré­dit, du maïs pour obte­nir des graines hybrides, ven­dues sur un mar­ché mon­dial, il rentre le soir et allume TF1, le wee­kend, il prend sa grosse voi­ture, tra­verse une haie de publi­ci­tés jusque sur le par­king du centre com­mer­cial, ses chères têtes blondes fas­ci­nées par les étals éclai­rés au néon, par­fois il les emmène au mac­do, puis au ciné­ma mul­ti­plex voir un block­bus­ter, il adore john­ny et clo­clo, ses enfants écoutent NRJ et suivent la star-aca­de­my, et, lui aime le wis­ky-coca à l’apero.…il m’a confié au bout du deuxième verre qu’on fini­rait par être enva­hi et que les immi­grés détrui­saient notre culture…sans doute était-ce là « une atti­tude de gauche au sens clas­sique, anti­ca­pi­ta­liste et éman­ci­pa­trice »? Orwell n’au­rait pas dit mieux.

    Réponse
  105. Catherine B

    je reprends ce que tu dis Georges:« le but de l’har­mo­ni­sa­tion local ‑natio­nal – inter­na­tio­nal : aller vers une vision des diver­si­tés locales mon­diales à faire vivre. »

    Bon, alors la cible ce serait cela l’harmoni­sa­tion, où comme le dit si bien ce grand Mon­sieur Michel Caze­nave, dans ce mot h–ar-monie, on retrouve le ar qui se trouve dans le mot ar-tisan, ça en dit peut-être long ce mot, c’est de l’artisa­nat, ça demande donc de l’ap­pli­ca­tion à la tâche, de la répé­ti­tion dans le faire à faire et une infi­nie patience, on en sait tous quelque chose.

    L’har­mo­ni­sa­tion, c’est à dire trou­ver un point d’é­qui­libre satis­fai­sant entre les dif­fé­rentes par­ties géo­gra­phiques que tu cites, à savoir le local, le natio­nal et le mondial.

    Mais il me semble que le point le plus impor­tant c’est quand tu dis à faire vivre, ça veut dire quoi, à faire vivre, ça veut dire à mon avis de gar­der du re-spect( au sens pre­mier du terme, càd qu’on quitte le pre­mier regard pré­fa­bri­qué par x ou y pour aller vers ce « re » ce deuxième regard, celui qui va davan­tage dans la pro­fon­deur et qui ne se contente pas de la super­fi­cie des choses, des simi­li-machins trucs qui pour­raient nous empê­cher d’al­ler voir plus avant). ET donc, puisque ces ins­tances géo­gra­phiques que tu cites sont com­po­sées d’élé­ments, et bien com­men­cer par le com­men­ce­ment, c’est à dire déjà se res­pec­ter soi en tant qu’en­ti­té vivante qui a déjà à faire vivre l’éner­gie qui coule en lui ou en elle et donc à se regar­der, s’ob­ser­ver, se ren­con­trer, et donc des­cendre en soi et consta­ter qu’il n’y a pas que des trucs sym­pas en nous mais que si on les intègre ces trucs pas sym­pas comme étant aus­si une figure de nous-mêmes, et bien on ne ver­ra plus l’autre comme un enne­mi mais quel­qu’un qui nous ren­voie à tout l’i­nac­com­pli qui est en nous. L’en­ne­mi n’est pas un sujet qui me fait face mais un rap­port qui me tient, ça, ça devrait être écrit sous tous les fron­tons tel­le­ment ça me semble hyper, hyper-impor­tant, essen­tiel même!ça veut donc dire que tout est dans le rap­port, dans le lien, le pont entre deux termes, car c’est dans l’entre-deux que la vie se déploieLA RELATION et nulle part ailleurs que là, c’est donc cet inter-valle-là, l’es­pace de res­pi­ra­tion qui est celui qui per­met la vie ou la mort, et donc le res­pect ou l’ir­res­pect selon le faire que l’on fera, mais on y est tou­jours dans tout, tout, tout, on est condam­né à inter-pré­ter, tou­jours, tou­jours, pas moyen de faire autrement.

    Bon, j’ai plus le temps mais je me rends compte que ce n’est pas clair, j’ai pas de com­plexe, j’en­voie quand même !

    Réponse
  106. Périclès

    je n’ai de leçon à rece­voir de per­sonne en matière d’an­ti fas­cisme (c’est d’ailleurs d’au­tant plus facile à ceux qui en font pro­fes­sion qu’il n’y a pas de fas­cisme en France), je suis hos­tile à la socié­té spec­ta­cu­laire-mar­chande comme la dénom­maient les situa­tion­nistes il y a fort long­temps, hos­tile à l’ac­cul­tu­ra­tion, à la mac­do­na­li­sa­tion, à la mon­dia­li­sa­tion, aux diver­tis­se­ments abru­tis­sants et décer­vel­li­sants, et en même temps hos­tile à l’im­mi­gra­tion de masse qui est un pro­jet ultra libé­ral lar­ge­ment sti­mu­lé par le MEDEF, l’UE, l’OCDE, les Nations Unies, les ultra libé­raux, et toutes les offi­cines com­plo­tistes qui décident de tout en 2012 dans ce pays.

    L’im­mi­gra­tion de masse est le moyen extrê­me­ment habile de l’o­li­gar­chie pour cas­ser la lutte des classes, faire explo­ser la cri­tique sociale en empê­chant la consti­tu­tion d’un lan­gage com­mun, car cette oli­gar­chie a peur de se retrou­ver face à son enne­mi de classe éter­nel en face à face comme ce fut le cas en 1792, en 1848, en 1871, en 1936 sur­tout en Espagne, en 1968 pen­dant quelques mois, et on peut être sûr que dès lors que des peuples venant de la terre entière avec des langues, des visions du monde, des inté­rêts dif­fé­rents, cette lutte de classe s’é­tiole et dis­pa­raît dans le mael­ström accul­tu­rel et com­mu­nau­ta­riste de al guerre de tous contre tous.

    Pour faire simple, je ne vois com­ment un sala­rié fran­çais pas­sa­ble­ment exploi­té et per­dant tout le peu de ce qui avait été conquis dans le pas­sé, pour­rait trou­ver le moindre inté­rêt à voire défer­ler toutes ces masses venues d’ailleurs, aucun inté­rêt, cela ne peut que lui être nui­sible, par contre les milieux patro­naux, eux, y ont inté­rêt et c’est d’ailleurs pour cela qu’ils orga­nisent la venue de tous ces peuples.

    Quand on veut s’en rap­por­ter à Orwell, il faut être un peu plus fin et se poser la ques­tion éter­nelle : CUI PRODEST ?

    Réponse
  107. sitouaillain

    @ Per­icles,

    si tu veux don­ner des leçons, accepte d’en rece­voir, tu t’at­taques aux consé­quences, pas aux causes, et sans doute aux per­sonnes, tu te dis « plus fin » mais tu répètes ce gros­sier anti-immi­gra­tion­nisme com­plo­tiste qui ne révèle rien, ne sert à rien, n’ap­prend rien, si ce n’est sur la patho­lo­gie ambiante :

    http://​www​.alain​de​be​noist​.com/​p​d​f​/​p​s​y​c​h​o​l​o​g​i​e​_​d​u​_​c​o​n​s​p​i​r​a​t​i​o​n​n​i​s​m​e​.​pdf

    c’est sans doute la faute des immi­grés si les bons inno­cents fran­çais ne se syn­diquent pas, et il est sûre­ment hau­te­ment éman­ci­pa­teur de voter à droite et de récla­mer la traque (infi­nie) des sans-papiers tout en chiant sur ceux qui les aident à se syn­di­quer, en atten­dant qu’on puisse mettre fin aux règles de l’OMC, du FMI, au néo­co­lo­nia­lisme et aux bre­vets que tous ces gen­tils inno­cent ont constam­ment appuyé par leurs votes et leurs inep­ties hai­neuses et de mau­vaise foi.

    quand on est vrai­ment anti­ca­pi­ta­liste, on sait que les immi­grés, les tra­vailleurs de tous les pays, sont du même côté de la bar­ri­cade, ils ont les mêmes « inté­rêts », et on sait à qui pro­fite en der­nière ana­lyse le confu­sion­nisme d’ex­trême droite…

    mais je me trompe peut être sur ton compte, et du coup tu seras d’ac­cord avec moi, lut­ter contre le capi­ta­lisme, l’im­pé­ria­lisme, c’est lut­ter contre l’im­mi­gra­tion de masse, mon­trer du doigt l’im­mi­gré, l’as­sis­té, le fonc­tion­naire, c’est lut­ter pour la per­pé­tua­tion du capitalisme.

    Réponse
  108. Péricles

    Dans ce pays, il est deve­nu tota­le­ment impos­sible de cri­ti­quer l’im­mi­gra­tion de masse, et c’est d’ailleurs la seule chose qu’il est inter­dit de critiquer.

    Si l’on s’op­pose à ce phé­no­mène de très grande ampli­tude, orga­ni­sé par les milieux finan­ciers, on est tout de suite taxés de fas­cisme, de racisme, voire de bêtise et on n’est plus un inter­lo­cu­teur, c’est clas­sique et c’est le rôle des médias objec­ti­ve­ment pro immi­gra­tion­nistes et cela marche par­ti­cu­liè­re­ment bien avec la soi-disant extrême gauche anti capi­ta­liste qui sur le plan théo­rique est res­tée un petit peu en retard même sur le meilleur de 1968.

    L’ex­trême gauche a tou­jours été en retard, déjà en mai 1968, elle ne com­pre­nait rien à la nou­velle donne, repré­sen­tée au mieux à l’é­poque par les situa­tion­nistes, il est évident que 40 plus tard cette même extrême gauche n’a tou­jours rien com­pris et surfe avec des poses de radi­ca­li­té sur tous les gad­gets lan­cés par le Sys­tème, plein de gens sans doute des fas­cistes d’ailleurs ont trou­vé le qua­li­fi­ca­tif assez bien vu « d’i­diots utiles du Système ».

    Non, les inté­rêts des sala­riés euro­péens et ceux des masses immi­grées ne sont pas les mêmes ! l’in­ter­na­tio­na­lisme pro­lé­ta­rien était valable à l’é­poque de Marx et Bakou­nine, à l’é­poque de la consti­tu­tion de la Pre­mière Inter­na­tio­nale en 1864 et jus­qu’aux années de l’im­mé­diat après-guerre, lorsque des tra­vailleurs fran­çais, alle­mands, ita­liens, espa­gnols, anglais, euro­péens étaient concer­nés avec des condi­tions éco­no­miques et cultu­relles à peu près équi­va­lentes, face à une bour­geoi­sie euro­péenne sou­dée dans sa répres­sion sociale mal­gré la concur­rence impé­ria­liste. Mais c’est fini désor­mais, à l’é­poque de la mon­dia­li­sa­tion intense, cette grille de lec­ture est morte.

    Le capi­ta­lisme a su évo­luer et il est tou­jours là, tout-puis­sant et répres­sif, mais sa cri­tique, elle, est res­tée anté­di­lu­vienne et n’a pas su se renouveler.

    Mais de toute façon, il n’y a aucune pos­si­bi­li­té de convic­tion de l’autre en ce genre de débat, on n’est plus dans le « poli­tique », le « ration­nel », mais dans « l’é­mo­tion­nel », et il est inter­dit de cri­ti­quer l’im­mi­gra­tion, quand on ose le faire alors que cela n’a rien à voir avec un quel­conque racisme, on est aus­si­tôt condam­né, ostra­ci­sé, ana­thé­mi­sé, fas­ci­sé, déva­lo­ri­sé, mépri­sé, reje­té, on n’est plus un inter­lo­cu­teur, mais un facho demeuré !

    En cela les médias ont fait un excellent travail.

    Réponse
  109. sitouaillain

    @ Péri­clès,

    tu t’emportes pour rien, je ne t’ai pas insul­té et je ne vois pas où j’ai pu te dire ça :

    « il est inter­dit de cri­ti­quer l’immigration »

    je te disais sim­ple­ment que tu pré­sentes les choses (et en plus tu laisses hau­tai­ne­ment sous-entendre que tes ana­lyses seraient supé­rieures, mais elles empruntent tout à « l’ex­trême gauche »… et pas la plus évo­luée, donc tu ne m’ap­prends stric­te­ment rien) d’une manière typi­que­ment « confusionniste »,

    puisque encore une fois, l’im­mi­gra­tion de masse est un phé­no­mène lié à l’im­pé­ria­lisme, à la struc­ture du capi­ta­lisme, c’est pour­quoi j’af­firme que nous avons les mêmes inté­rêts, à savoir faire tout ce qui est en notre pou­voir pour éra­di­quer l’ex­ploi­ta­tion chez nous, celle que les capi­ta­listes fran­çais opèrent au sud, la mar­chan­di­sa­tion du monde,

    bref tout faire pour que les rai­sons qui poussent ceux qui quittent leur pays aujourd’­hui s’in­versent ! sinon tu vas « cri­ti­quer l’im­mi­gra­tion de masse » comme un Sisyphe cri­ti­que­rait son rocher !

    ce qui veut dire que si les fran­çais ne modi­fient pas radi­ca­le­ment leurs struc­tures éco­no­miques internes et n’œuvrent pas à la modi­fi­ca­tion des struc­tures inter­na­tio­nales, ou à mini­ma ne se mettent pas en capa­ci­té d’o­pé­rer de vastes trans­for­ma­tions dans la struc­tu­ra­tion des échanges, en par­ti­cu­lier agri­coles et de matières pre­mières, mais aus­si en opé­rant tous les trans­ferts de tech­no­lo­gie et de savoirs pos­sibles vers les pays d’où pro­vient l’immigration,

    il ne sert à rien de cri­ti­quer, sauf à foca­li­ser l’at­ten­tion des gens sur une consé­quence, fâcheuse, mais inévi­table, sauf à construire un mur autour du pays.

    comme les gens comme toi, au lieu d’ap­por­ter à ceux de gauche, qui semble-t-il selon toi seraient éga­rés, une force sup­plé­men­taire pour trans­for­mer les condi­tions éco­no­miques, poli­tiques, sociales et éco­lo­giques, s’é­ver­tuent à taper des­sus et donc à atti­rer « l’é­lec­to­rat » vers les valets ser­viles comme sar­ko­sy ou le pen, com­ment veux-tu que je réagisse à ce genre de dis­cours obsé­dé par « l’immigration » ?

    com­ment veux-tu que je te prenne au sérieux, puisque, éva­cuant ce que j’es­saie de te faire com­prendre, éva­cuant les leçons de l’his­toire sur le « socia­lisme des imbé­ciles », et insi­nuant que qui­conque ne répète pas comme un per­ro­quet les maquillages idéo­lo­giques de l’ex­trême droite serait un « idiot utile », tu n’as même pas le sens tac­tique de voir que le tra­vail idéo­lo­gique pré­pa­ra­toire de la mou­vance d’ex­trême droite, dont tes affir­ma­tions ne sont qu’un pro­lon­ge­ment, a déjà ser­vi à aggra­ver les pro­blèmes en fai­sant élire sar­ko sur des thèmes-diver­sion, et par­ti­cipe de plus à géné­rer à gauche des phé­no­mènes de vote « utile » ?

    et d’ailleurs, j’ai plu­tôt l’im­pres­sion que dans ce pays on ne peux plus dire que « l’im­mi­gra­tion » n’est pas le fond du pro­blème, qu’il faut se sen­tir soli­daire des tra­vailleurs du sud, orga­ni­ser le codé­ve­lop­pe­ment sur des saut tech­no­lo­giques éco­lo­giques, et puis­qu’ils sont là, par la volon­té du peuple qui a voté pour ça ! alors il faut don­ner à tous des papiers, qu’ils se syn­diquent et tra­vaillent dans les condi­tions de la loi (c’est après tous les seules solu­tions tran­si­toires à ta théo­rie fumeuse de « l’ar­mée de réserve »),

    on ne peut plus dire cela sans se faire accu­ser de vou­loir lais­ser « enva­hir » la France et pata­ti et pata­ta, et des mil­lions de gens osent se dire « natio­naux » en bafouant les prin­cipes mêmes de la France, ils réclament qu’on traquent les étran­gers, qu’on ne leur per­mettent pas de se soi­gner, qu’on les parquent dans des camps, et ensuite ils parlent « d’in­té­rêt des sala­riés fran­çais »…ah mais où est cette avant-garde lumi­neuse de la classe ouvrière quand les groupes fran­çais délo­ca­lisent, quand l’a­gro-indus­trie inonde de pro­duits sub­ven­tion­nés les mar­chés mon­diaux, quand on détruit la sécu, les retraites, les entre­prises publiques, l’é­cole publique, l’hôpital, quand on bétonne les villes, quand on dif­fuse par­tout une culture mortifère ?

    tu ne crois pas qu’en ne vou­lant voir des « pro­blèmes » que dans la viande hal­lal, les mina­rets et le voile, on ne fait que s’at­ta­quer à des épiphénomènes…je sais bien que tu ne parles pas de ça dans ton post, mais tu ne peux pas d’un côté dire qu’il y a com­plot et en même temps ne pas t’a­per­ce­voir que tu four­nis de la belle matière pour détour­ner les gens des vrais pro­blèmes. Mal­gré ta pré­ten­tion à la supé­rio­ri­té, peut être que tes vrais adver­saires, qui ne sont pas les immi­grés, ne sont pas aus­si intel­li­gents que toi, mais ils sont plus forts que toi, ils ont la puis­sance idéo­lo­gique et média­tique pour faire en sorte que le peuple ne retienne que « il faut lut­ter contre l’im­mi­gra­tion de masse » et conti­nuer leurs affaires…ça ne sera pas la pre­mière fois qu’un pom­pier pyro­mane se fera élire…mais vas‑y insiste, je suis confiant dans ta capa­ci­té à t’au­to-jus­ti­fier même devant l’é­vi­dence, oh que oui les « médias ont bien fait leur tra­vail », et tu tra­vailles pour eux.…

    la France se couvre de lotis­se­ments cali­for­niens, de fast-food, de centres com­mer­ciaux, mais le pro­blème c’est les mina­rets ? et c’est la faute des « rouges » ? ou bien à « une bour­geoi­sie euro­péenne sou­dée dans sa répres­sion sociale » et sur­tout sou­dée à des classes popu­laires extrême-droi­ti­sées, sado-maso­chistes, récla­mant plus de répression,

    les fran­çais achètent des cana­pés, de la « déco », des écrans plats, de voi­tures neuves, à cré­dit, les ban­quiers se gavent, ils sous­crivent à des assu­rances et des fonds de pen­sion au lieu de mutuelles, les finan­ciers se gavent, ils ne se syn­diquent pas, se laissent pré­ca­ri­ser, pres­su­rer au tra­vail et tout ce qu’ils savent faire c’est récla­mer que l’E­tat fasse pres­su­rer autant qu’eux les fonc­tion­naires et les agents des entre­prises publiques, ils n’aiment pas les grèves, ils appellent « charges » des coti­sa­tions, ils jouent doci­le­ment des coudes dans la com­pé­ti­tion de tous contre tous où à la fin ce sont tou­jours les mêmes qui gagnent, et toi, tu vas leur offrir la cerise sur le gâteau de l’au­tru­chisme : c’est la faute des immi­grés, chas­sons-les, tout ira mieux…

    alors, bien sûr, ce n’est pas tout à fait ce que tu dis, et bien sûr que tu ne dis pas ce que tu dis à par­tir d’une volon­té d’af­fir­mer la supré­ma­tie blanche et de chas­ser ou d’ex­ter­mi­ner tous les « immi­grés », la supé­rio­ri­té de l’es­prit du « bon fran­çais », mais tu sais bien qu’en fonc­tion de ce qui les arrange les gens qui n’aiment pas se sen­tir res­pon­sables de la propre m… dans laquelle ils se sont mis, ceux qui font sem­blant de s’ai­mer eux-mêmes en haïs­sant les autres, vont de toute façon réduire ton dis­cours à cette solu­tion de facilité…

    et jus­te­ment, on est sur le registre de « l’é­mo­tion », il est plus facile d’en­fer­mer les déviants, que de régler les causes de la déviance, et ça prend plus de temps à expli­quer, et plus facile de raton­ner l’im­mi­gré pour se sen­tir homme, quand on s’hu­mi­lie chaque jour devant le patron, le ban­quier, le client, le flic…

    autre­ment dit, tu peux « cri­ti­quer l’im­mi­gra­tion de masse » tant que tu veux, l’im­por­tant c’est de ne pas entre­te­nir la haine de l’im­mi­gré, et à la limite de se ser­vir de la peur qu’ils sus­citent chez les gens, d’in­ver­ser leur pro­pen­sion à s’en prendre à plus faible que soi, pour leur expli­quer que le vrai pro­blème ça n’est pas l’im­mi­gré, qu’ils doivent plu­tôt com­prendre ce qui fait qu’un frère humain s’ar­rache à son pays,

    l’a­mour n’empêche pas la fer­me­té, et la haine est tou­jours mau­vaise conseillère, donc, ou bien nous fran­çais, construi­sons ensemble un pro­jet de socié­té posi­tif et nous le défen­dons, ou bien nous « cri­ti­quons » l’im­mi­gra­tion de masse, qui vien­drait per­tur­ber quoi ? une socié­té déjà malade, décul­ti­vée, égoïste, vio­lente et destructrice ?

    s’ils veulent des boucs émis­saires, qu’ils choi­sissent plu­tôt les ban­quiers et les grands opé­ra­teurs finan­cier, l’in­dus­trie agro-ali­men­taire et de l’ar­me­ment, les mul­ti­na­tio­nales fran­çaises du pétrole, de l’eau, du béton et les médias qu’ils pos­sèdent et s’ils veulent vrai­ment régler les vrais pro­blèmes, qu’ils désertent, qu’ils construisent des à‑côtés, qu’ils s’at­taquent au capi­ta­lisme là où il est vul­né­rable, et, tant qu’à faire, qu’ils s’in­ter­rogent sur leur propre par­ti­ci­pa­tion à ce sys­tème, dont l’im­mi­gra­tion de masse n’est qu’une conséquence…qui sème le vent…non ?

    Réponse
  110. Péricles

    je m’at­taque aux vraies causes, au sys­tème capi­ta­liste mor­ti­fère et tota­le­ment pré­da­teur que nous connais­sons actuel­le­ment mais j’af­firme que l’im­mi­gra­tion de masse est aus­si une cause car appar­te­nant au plan de l’o­li­gar­chie qui orga­nise cette immi­gra­tion de masse

    ce n’est pas parce que l’on s’at­taque à cette volon­té poli­tique éta­tique d’im­po­ser cette immi­gra­tion que l’on s’en prend aux immigrés

    et d’ailleurs je n’ai jamais écrit cela et tu le sais et tu l’a­voues toi-même

    je pré­tends que la cri­tique anti capi­ta­liste peut très bien conte­nir la cri­tique de l’im­mi­gra­tion qui n’est qu’une com­po­sante de la mondialisation

    un mec comme Atta­li, chantre du noma­disme et du déra­ci­ne­ment post-moderne à visée tota­li­taire, est un mili­tant for­ce­né de l’im­mi­gra­tion de masse et plus glo­ba­le­ment de l’i­dif­fé­ren­cia­tion géné­ra­li­sée et de la culture des hommes hors-sol pour le plus grand pro­fit éco­no­mique et poli­tique de l’oligarchie

    il ne s’a­git pas de foca­li­ser sur ce pro­blème, il s’a­git de dénon­cer une poli­tique qui tra­vaille sur tous les fronts et de faire com­prendre aux popu­la­tions que cela par­ti­cipe d’un pro­jet glo­bal cohérent

    tout ce qui est orga­ni­sé par le Pou­voir doit être cri­ti­qué, immi­gra­tion comprise

    il s’a­git de poli­tique et non d’un pro­blème vague­ment moral même si je ne suis pas un adepte de « la fin jus­ti­fie les moyens »

    d’autre part, je ne suis pas d’ac­cord avec ta vision en fili­grane d’un sala­rié fran­çais quelle que soit son ori­gine eth­nique, uni­que­ment consom­ma­teur de paco­tille, débile, fas­ci­né par l’é­cran plat, indi­vi­du tota­le­ment mépri­sable sous emprise consom­ma­trice, c’est faux, c’est une image d’Épinal et d’ailleurs tout le monde dans ce cas est sous cette emprise à com­men­cer par les nou­velles popu­la­tions avides de consom­ma­tion osten­ta­toire très rapi­de­ment et abso­lu­ment pas cri­tiques de la marchandise

    Réponse
  111. Di Girolamo

    Péricles

    Quand tu dis :

    « j’af­firme que l’im­mi­gra­tion de masse est aus­si une cause car appar­te­nant au plan de l’o­li­gar­chie qui orga­nise cette immi­gra­tion de masse »

    Plu­tôt que « appar­te­nant au plan de l’o­li­gar­chie qui orga­nise cette immi­gra­tion de masse » ne serait il pas plus juste de dire « uti­li­sé par »

    et au lieu de « la cri­tique de l’im­mi­gra­tion » dire l’é­tude du phé­no­mène de l’immigration ?

    En effet si l’im­mi­gra­tion est une cause de poli­tiques pas­sés , c’est main­te­nant un fait .

    Ce fait est aus­si un enjeu , soit pour le résoudre et chan­ger la socié­té , soit pour l’u­ti­li­ser , ce que ferait d’a­près toi « l’oligarchie ».

    Face à un pro­blème il y a plu­sieurs posi­tionn­ments : ceux qui l’u­ti­lisent et repro­duisent ain­si les causes qui l’on fait naître , ceux qui cherche à le résoudre et à reve­nir sur ces causes originelles.

    D’autre part il y a l’as­pect court terme , qui face à un tel pro­blème est un trai­te­ment comme on peut , pas facile . Et l’as­pect long terme qui cor­res­pond à l’a­na­lyse poli­tique et la planification .

    Il appa­raît évident qu’au­jourd’­hui les diri­geants poli­tiques et le spo­pu­la­tions qui les élisent se situent sur le court terme et l’u­ti­li­sa­tion du phé­no­mène , cer­tai­ne­ment pas pour sa réso­lu­tion et mener une vraie et concrète poli­tique de changement .

    Mais cela vaut aus­si pour les autres problèmes.

    Je pense qu’il est très impor­tant quand on parle de ces sujets sen­sibles de bien poser le discours.

    D’où le grand inté­rêt de débattre , sur­tout avec Sitouaillain qui lâche dif­fi­ci­le­ment prise.

    Réponse
  112. Catherine B

    Oui, c’ est tout à fait remar­quable cette atti­tude de Sitouillain qui est pleine d’ar­deur et trouve tou­jours assez de punch pour répondre. Remar­quable, il pousse, il pousse, il se fait pous­ser aus­si par­fois, mais du coup, ça avance je trouve, mer­ci pour ce com­por­te­ment car il repré­sente un vrai, un bel effort et une pug­na­ci­té auda­cieuse qui est peu courante !

    Réponse
  113. sitouaillain

    mer­ci cathe­rine, et di Giro­la­mo, Etienne, et tant d’autres, de ne rien lâcher non plus, et mer­ci de faire régner une si douce atmot­sphère d’a­mi­tié, de res­pect et de pro­fon­deur, que je me sens par­fois indigne de per­tur­ber en accep­tant trop faci­le­ment le rôle de pous­seur que de pous­sé, sans oublier d’ailleurs, qu’il y a un peu de Socrates et du cou­rage dans un Per­icles, en tout cas j’es­père que ça avance, je reçois plus que je ne donne, et c’est un gros défaut que de se faire remarquer…mea culpa 😉

    Réponse
  114. Périclès

    Pous­ser, se faire pous­ser, je ne com­prends pas ces formules !

    Ma convic­tion reste entière et pro­vient hum­ble­ment de tout le patri­moine idéo­lo­gique du mou­ve­ment ouvrier depuis le milieu du XIXème siècle et je n’ai donc aucun pro­blème avec tous ces sujets

    il n’y a pas de sujet sen­sible, il y a la poli­tique et la cri­tique sociale la plus radi­cale à faire renaître

    l’im­mi­gra­tion et ses dérives pla­ni­fiées par le Sys­tème ne doit pas être un sujet tabou, le poli­ti­que­ment cor­rect m’in­sup­porte et repré­sente la nou­velle chape de plomb « orwel­lienne » qui inter­dit le renou­vel­le­ment de la pen­sée cri­tique en ins­til­lant de l’hy­po­cri­sie « mora­li­sa­trice » dans les débats sur ce sujet

    l’en­jeu actuel pour l’o­li­gar­chie mon­dia­liste repré­sen­tée par ses offi­cines UMP et PS avec le patro­nat et la banque en sous-main, c’est tout sim­ple­ment la tiers-mon­di­sa­tion de l’Eu­rope qui repré­sen­tait ana­chro­ni­que­ment une sur­vi­vance de la cri­tique sociale à inter­valles plus ou moins régu­liers sur cette pla­nète, tous les 30 ans en gros, et ça le Sys­tème n’en veut plus, de crainte de se retrou­ver devant son vieil enne­mi : la conscience de classe.

    Aus­si, ce même Sys­tème a inté­rêt à faire venir en Europe de effec­tifs impor­tants de popu­la­tions indemnes de cette cri­tique sociale et éven­tuel­le­ment for­te­ment isla­mi­sées, donc sou­mises, c’est un gage de paci­fi­ca­tion sociale.

    Rien n’est fait au hasard, les peuples du Sud ne viennent pas par un effet natu­rel sur le ter­ri­toire euro­péen, ce sont les Etats euro­péens qui tra­vaillent acti­ve­ment à leur venue dans le but jus­te­ment de com­mu­nau­ta­ri­ser la socié­té et d’empêcher la consti­tu­tion d’un lan­gage com­mun critique.

    Et si vous croyez à un lan­gage com­mun dans la cri­tique avec les peuples de la Terre entière, eh bien vous vous illu­sion­nez, la lutte des classes ne fera que régres­ser et on le voit jus­te­ment depuis près de 30 ans main­te­nant, on sera tota­le­ment spo­lié par la finance inter­na­tio­nale avant même de pou­voir réagir, car ce lan­gage com­mun n’existe plus, pra­ti­que­ment au sens propre car la langue est mal­me­née et donc le sens et les concepts.

    Il faut répé­ter et répé­ter encore que l’im­mi­gra­tion mas­sive est un pro­jet ultra libé­ral et le dénon­cer, encore une fois ce n’est pas jeter l’a­na­thème sur les immi­grés, mais c’est recon­naître que pour eux comme pour nous, tout ceci est nuisible.

    Je pré­ci­se­rai d’autre part, sur un site qui ne cesse par son ani­ma­teur de van­ter l’ex­pé­rience démo­cra­tique athé­nienne, que l’His­toire au sens de conflit d’idées,d’idéologies, de concepts, de conflits de classe, la vraie his­toire est uni­que­ment euro­péenne, ce n’est pas de l’eu­ro­cen­trisme raciste, c’est un fait.

    Par­tout ailleurs, l’His­toire n’est que celle de la suc­ces­sion de dynas­ties sans remise en compte du Pou­voir sauf quand ce fut impor­té par les régimes sta­li­niens dans cer­tains pays du Tiers-monde, par­tout ailleurs il y a gla­cia­tion des rap­ports de force. L’His­toire y était figée.

    Si on démontre comme le fait Etienne Chouard avec grand talent que l’ex­pé­rience athé­nienne est qua­si­ment unique, il faut aller jus­qu’au bout et se rendre compte que l’His­toire euro­péenne est gran­de­ment tri­bu­taire de cette expé­rience. Ailleurs, il ne s’est rien passé.

    Même si l’au­teur peut déplaire, l’a­na­lyse hégé­lienne des dif­fé­rents types de civi­li­sa­tion dans « La phi­lo­so­phie de l’His­toire » est plus que jamais de mise..

    Tout cela pour dire que l’en­trée de peuples sans cette tra­di­tion his­to­rique, civi­li­sa­tion­nelle avec d’autres Wel­tAn­schauuen­gen pour faire snob, n’est pas sans consé­quence, et cela les oli­garques l’ont bien compris.

    Plus l’im­mi­gra­tion sera impor­tante en effec­tifs, plus la lutte de classe et le pro­jet occi­den­tal d’é­man­ci­pa­tion (ceci dit mal­gré les tares de l’Oc­ci­dent avec ses dérives tota­li­taires connues) reculera.

    Si vous ne vou­lez pas le voir, vous faîtes dans l’a­veu­gle­ment volon­taire et vous vous leur­rez dans un uni­ver­sa­lisme inopé­rant et désuet.

    Encore une fois, tout ceci n’a rien à voir avec un quel­conque racisme, ce sont sim­ple­ment des faits civi­li­sa­tion­nels qui d’ailleurs n’ont que faire des rédac­tions à la Hun­ting­ton où ces faits sont ins­tru­men­ta­li­sés dans un autre but.

    Il faut reje­ter les uni­ver­sa­lismes, les peuples ont leur propre vision et chaque peuple doit aller au rythme de sa conscience et de ses valeurs civi­li­sa­tion­nelles, cela ne s’ex­porte pas à la façon sor­dide d’un dis­cours hypo­crite à la Bush et c’est vrai aus­si chez nous sur place quand ces peuples y sont importés.

    Réponse
  115. sitouaillain

    @ Per­icles,

    je pré­fère encore vivre dans « l’a­veu­gle­ment volon­taire » et me « leur­rer dans un uni­ver­sa­lisme inopé­rant et désuet » que de lais­ser une seconde mon esprit diva­guer dans tes délires paranoïaques.

    je pré­fère l’a­mour incon­di­tion­nel de l’hu­ma­ni­té comme guide de mon esprit, que d’y lais­ser des haines régres­sives venir le polluer,

    ça n’est pas facile, mais c’est essentiel.

    je suis obli­gé de te dire que ton dis­cours me semble l’ar­ché­type même de l’ac­tuelle fas­ci­sa­tion des esprits à l’œuvre, dans sa ver­sion « rouge-brune », c’est assez effrayant pour méri­ter de s’y attarder.

    « Ma convic­tion reste entière et pro­vient hum­ble­ment de tout le patri­moine idéo­lo­gique du mou­ve­ment ouvrier depuis le milieu du XIXème siècle et je n’ai donc aucun pro­blème avec tous ces sujets

    il n’y a pas de sujet sen­sible, il y a la poli­tique et la cri­tique sociale la plus radi­cale à faire renaître »

    ceci est un bon point,

    mais le fait que tu te places der­rière cet héri­tage, ne te dédouane en rien de toute cri­tique, jus­te­ment parce que le fas­cisme, le natio­nal-socia­lisme et le sta­li­nisme dérivent de cet héri­tage, tra­hi par des esprits malades à la fausse humi­li­té mais aux convic­tions jus­te­ment trop « entières », pour ne pas dire inébran­lables, même devant des véri­tés simples et nues.

    « l’im­mi­gra­tion et ses dérives pla­ni­fiées par le Sys­tème ne doit pas être un sujet tabou, le poli­ti­que­ment cor­rect m’in­sup­porte et repré­sente la nou­velle chape de plomb « orwel­lienne » qui inter­dit le renou­vel­le­ment de la pen­sée cri­tique en ins­til­lant de l’hy­po­cri­sie « mora­li­sa­trice » dans les débats sur ce sujet »

    c’est très bien je trouve d’être insup­por­té par le « poli­ti­que­ment cor­rect » et « l’hy­po­cri­sie mora­li­sa­trice », sim­ple­ment, le « renou­vel­le­ment de la pen­sée cri­tique », enfin disons, modes­te­ment, ta liber­té de pen­sée est totale, mais dès lors que tu t’ex­primes en public, avec une telle ambi­tion qui plus est, le mini­mum est de tro­quer le « poli­ti­que­ment cor­rect » pour du « scien­ti­fi­que­ment cor­rect », c’est-à-dire à mini­ma une poli­tesse envers le lec­teur… En disant par exemple « tout me porte à croire qu’il y a une guilde d’hommes puis­sants et sans scru­pules, un com­plot mon­dial, qui pla­ni­fie des dépla­ce­ments de popu­la­tion du tiers monde vers l’Eu­rope » …  » un cer­tains nombre d’in­ter­dits moraux m’empêchent de vous dire qu’il s’a­git-là d’un into­lé­rable métis­sage géné­tique pour la race pure » … « donc je pré­fère vous prou­ver que la puis­sante guilde d’hommes sans scru­pules, tota­le­ment ration­nels et omni­po­tents, et dont mon esprit génial sait déce­ler les des­seins, opère par immi­grés inter­po­sés et je vais vous expo­ser leurs des­seins, afin que vous puis­siez les contrer, et je vous laisse le soin d’ad­mi­rer ma capa­ci­té à maquiller mes pul­sions d’é­pu­ra­tion eth­nique et mes angoisses de perte iden­ti­taire et mon com­plexe d’in­fé­rio­ri­té der­rière un habillage mar­xi­sant ».

    « l’en­jeu actuel pour l’o­li­gar­chie mon­dia­liste repré­sen­tée par ses offi­cines UMP et PS avec le patro­nat et la banque en sous-main, c’est tout sim­ple­ment la tiers-mon­di­sa­tion de l’Eu­rope qui repré­sen­tait ana­chro­ni­que­ment une sur­vi­vance de la cri­tique sociale à inter­valles plus ou moins régu­liers sur cette pla­nète, tous les 30 ans en gros, et ça le Sys­tème n’en veut plus, de crainte de se retrou­ver devant son vieil enne­mi : la conscience de classe. »

    Donc, nous voi­là avec un concept flou pour un pro­jet effrayant « la tiers-mon­di­sa­tion de l’Eu­rope », on dirait du Zey­mour dans le texte, avec un début de polé­mique inso­luble à l’horizon…comment se fait-il que depuis 45, c’est pré­ci­sé­ment hors d’Eu­rope que la cri­tique sociale inter­na­tio­nale à pro­duit des effets ? sans doute aus­si pour­rait-on se deman­der si au lieu d’of­fi­cines et d’ac­teurs « en sous main », le « sys­tème » ne four­nit pas en lui même des expli­ca­tions, pour peu que l’on y cherche pas des com­plots mais des « loi de l’his­toire » et des « prin­cipes de fonc­tion­ne­ment »…simple rap­pel métho­do­lo­gique au « patri­moine du mou­ve­ment ouvrier » et rap­pel utile au demeu­rant, pour le contrer effi­ca­ce­ment, au stade de l’im­pé­ria­lisme, du capi­ta­lisme mon­dial, acen­tré et déter­ri­to­ria­li­sé, « la conscience de classe » doit cor­res­pondre au ter­ri­toire d’ex­pan­sion du capitalisme…et en ce sens oui et en ce sens seule­ment, le local et ses cultures sin­gu­lières peuvent être des points de résis­tance effi­cace à la péné­tra­tion spi­ri­tuelle et maté­rielle de la forme-capi­tal et du féti­chisme de la mar­chan­dise, de la « valeur »…mais cultures locales dif­fé­rentes et « conscience de classe » peuvent par­fai­te­ment coha­bi­ter. « Pro­lé­taires de tous les pays unis­sez-vous » ne veut pas dire « uni­for­mi­sez-vous », ça c’est l’œuvre du capi­ta­lisme, et c’est jus­te­ment parce qu’il est d’o­ri­gine « occi­den­tale », que les « occi­den­taux » deviennent des « res­sources humaines » à la culture fabri­quée par l’in­dus­trie cultu­relle et inter­mé­diée par des objets sériées et sans « âme »…

    « Aus­si, ce même Sys­tème a inté­rêt à faire venir en Europe de effec­tifs impor­tants de popu­la­tions indemnes de cette cri­tique sociale et éven­tuel­le­ment for­te­ment isla­mi­sées, donc sou­mises, c’est un gage de paci­fi­ca­tion sociale. »

    et nous voi­ci donc au cœur du délire… un sys­tème qui a des inté­rêts… un « sys­tème » fonc­tionne selon des logiques, l’au­to­no­mie des indi­vi­dus y est mar­gi­nale, ce sont leurs inter­ac­tions, selon des logiques de sys­tème et logiques sou­vent contra­dic­toires dans le sys­tème, qui « font sys­tème ». Et en l’oc­cur­rence per­sonne ne « fait venir » per­sonne, c’é­tait vrai dans la période d’a­près-guerre, mais là, les gens viennent d’eux-mêmes, et, la plu­part du temps, s’ils viennent, c’est parce qu’ils sont dans le sys­tème, déjà pro­lé­ta­ri­sés, déjà acculturés.

    Et dans la mesure où l’im­mense majo­ri­té des immi­grés viennent de pays ancien­ne­ment colo­ni­sés c’est un contre­sens total que de consi­dé­rer à prio­ri ces per­sonnes comme « indemnes de cette cri­tique sociale », une inep­tie même parce que les plus indemnes, ceux pour qui c’est le plus flou et le moins frai dans leur tête, ce sont pré­ci­sé­ment ceux qui vivent au coeur du sys­tème impé­ria­liste, ceux du « premier-monde ».

    Et le « for­te­ment isla­mi­sées donc sou­mises » est une cocas­se­rie sym­pa­thique, étant don­né jus­te­ment l’absence de prêtres et de pape dans l’is­lam, et une mau­vaise inter­pré­ta­tion du phé­no­mène d«  ‘isla­mi­sa­tion » à l’œuvre…justement parce qu’il est radi­ca­le­ment en oppo­si­tion à « l’oc­ci­den­ta­li­sa­tion » impé­ria­liste, et qu’en Europe ou aux USA, au lieu de la « conscience de classe » on a « l’al­liance de classe », la « fausse conscience » natio­na­liste ou « civi­li­sa­tio­niste »… comme si nous n’é­tions pas enva­his d’a­bord par « l’oc­ci­dent » qui est la néga­tion des cultures et de ce qu’il y a de spé­ci­fi­que­ment humain dans l’homme.

    « Rien n’est fait au hasard, les peuples du Sud ne viennent pas par un effet natu­rel sur le ter­ri­toire euro­péen, ce sont les États euro­péens qui tra­vaillent acti­ve­ment à leur venue dans le but jus­te­ment de com­mu­nau­ta­ri­ser la socié­té et d’empêcher la consti­tu­tion d’un lan­gage com­mun critique. »

    vision encore une fois com­plo­tiste « il n’y a pas de hasard » et « tout est ration­nel », « pla­ni­fié », et ce sont les États et non Per­icles qui empêchent la consti­tu­tion d’un lan­gage com­mun cri­tique… bizar­re­ment, je com­prend mieux les indi­gènes de Boli­vie ou du Mexique, les mou­ve­ments ouvriers du Gou­ja­rat, les résis­tants pales­ti­niens que toi…

    « Et si vous croyez à un lan­gage com­mun dans la cri­tique avec les peuples de la Terre entière, eh bien vous vous illu­sion­nez, la lutte des classes ne fera que régres­ser et on le voit jus­te­ment depuis près de 30 ans main­te­nant, on sera tota­le­ment spo­lié par la finance inter­na­tio­nale avant même de pou­voir réagir, car ce lan­gage com­mun n’existe plus, pra­ti­que­ment au sens propre car la langue est mal­me­née et donc le sens et les concepts. »

    la lutte des classes ne régresse sur­tout pas en Europe, elle fait rage depuis 30 ans et non avons per­du du ter­rain, les causes sont mul­tiples, mais mis à part l’embourgeoisement des anciens sou­tien au mou­ve­ment révo­lu­tion­naire, si la langue est certes de plus en plus mal­me­née, ça n’est pas une rai­son de conti­nuer l’œuvre des contre-révo­lu­tion­naires et de l’ex­trême droite.

    « Il faut répé­ter et répé­ter encore que l’im­mi­gra­tion mas­sive est un pro­jet ultra libé­ral et le dénon­cer, encore une fois ce n’est pas jeter l’a­na­thème sur les immi­grés, mais c’est recon­naître que pour eux comme pour nous, tout ceci est nuisible. »

    Pré­fé­rons dire qu’il s’a­git-là d’une consé­quence du pro­jet ultra-libé­ral, d’une consé­quence logique du « sys­tème », et que pour le sub­ver­tir, le ren­ver­ser, mieux vaut consi­dé­rer l’im­mi­gré comme un frère de lutte, un frère qui peut être intel­li­gent, fron­deur, enra­gé, et qui sou­vent d’ailleurs ne demande qu’à deve­nir citoyen, et si leurs des­cen­dants nés ici ne le sont pas ou sont agres­sifs, c’est que les rési­dents de plus longue date ont la haine de l’autre, ce sont de petits bour­geois sans conscience de classe, ils ont des réac­tions nui­sibles en quelque sorte…du coup tout ce cirque continue…dans un engre­nage infernal.

    « Je pré­ci­se­rai d’autre part, sur un site qui ne cesse par son ani­ma­teur de van­ter l’ex­pé­rience démo­cra­tique athé­nienne, que l’His­toire au sens de conflit d’idées,d’idéologies, de concepts, de conflits de classe, la vraie his­toire est uni­que­ment euro­péenne, ce n’est pas de l’eu­ro­cen­trisme raciste, c’est un fait.

    Par­tout ailleurs, l’His­toire n’est que celle de la suc­ces­sion de dynas­ties sans remise en compte du Pou­voir sauf quand ce fut impor­té par les régimes sta­li­niens dans cer­tains pays du Tiers-monde, par­tout ailleurs il y a gla­cia­tion des rap­ports de force. L’His­toire y était figée. »

    oui c’est un fait, tu es un eth­no­cen­triste, un raciste cultu­rel (http://​fr​.wiki​pe​dia​.org/​w​i​k​i​/​P​h​i​l​o​s​o​p​h​i​e​_​c​h​i​n​o​ise) c’est du n’im­porte quoi.

    « Si on démontre comme le fait Étienne Chouard avec grand talent que l’ex­pé­rience athé­nienne est qua­si­ment unique, il faut aller jus­qu’au bout et se rendre compte que l’His­toire euro­péenne est gran­de­ment tri­bu­taire de cette expé­rience. Ailleurs, il ne s’est rien passé. »

    mais com­ment peut-on écrire cela en 2012 ?!! il ne s’est rien pas­sé pour toi, pour ta vision occi­den­ta­lo­cen­trée et depuis les petits contes de l’é­cole sur la filia­tion gréco-romaine…mais quid de la filia­tion baby­lo­nienne, sumé­rienne, ira­nienne, quid des peuples de l’Europe du nord aux struc­tures cla­niques rela­ti­ve­ment démo­cra­tiques, et sur­tout pour­quoi ne se serait-il « rien pas­sé » en Afrique, en Amé­rique, en Chine, par­tout, sous pré­texte que « l’homme blanc » n’en serait pas l’origine ?!!

    « Même si l’au­teur peut déplaire, l’a­na­lyse hégé­lienne des dif­fé­rents types de civi­li­sa­tion dans « La phi­lo­so­phie de l’His­toire » est plus que jamais de mise.. »

    Plus que jamais à mettre au musée avec son com­pa­triote Her­der, depuis que l’his­toire et l’an­thro­po­lo­gie ont pro­duit des juge­ments plus conforme à la raison…

    « Tout cela pour dire que l’en­trée de peuples sans cette tra­di­tion his­to­rique, civi­li­sa­tion­nelle avec d’autres Wel­tAn­schauuen­gen pour faire snob, n’est pas sans consé­quence, et cela les oli­garques l’ont bien compris.

    Plus l’im­mi­gra­tion sera impor­tante en effec­tifs, plus la lutte de classe et le pro­jet occi­den­tal d’é­man­ci­pa­tion (ceci dit mal­gré les tares de l’Oc­ci­dent avec ses dérives tota­li­taires connues) reculera. »

    Tiens, on va faire de la phi­lo­so­phie de l’his­toire à la Péri­clès : c’est sans doute parce que les oli­garques romain étaient aus­si du genre omni­scients et omni­po­tents qu’ils ont méti­cu­leu­se­ment pla­ni­fié l’en­trée de bar­bares sur leur ter­ri­toire pour faire pres­sion sur les citoyens romains… et c’est à cause de l’im­mi­gra­tion de masse des bar­bares avec d’autres visons du monde que les citoyens romains n’ont pas su faire écla­ter l’empire.…

    « Si vous ne vou­lez pas le voir, vous faîtes dans l’a­veu­gle­ment volon­taire et vous vous leur­rez dans un uni­ver­sa­lisme inopé­rant et désuet.

    Encore une fois, tout ceci n’a rien à voir avec un quel­conque racisme, ce sont sim­ple­ment des faits civi­li­sa­tion­nels qui d’ailleurs n’ont que faire des rédac­tions à la Hun­ting­ton où ces faits sont ins­tru­men­ta­li­sés dans un autre but. »

    Il ne suf­fit pas de dire « ça n’a rien à voir avec » pour détour­ner du fait qu’indubitablement, ta manière de voir les « faits civi­li­sa­tion­nels » est com­plè­te­ment pol­luée par un eth­ni­cisme essen­tia­liste par­fai­te­ment condescendants.…

    « Il faut reje­ter les uni­ver­sa­lismes, les peuples ont leur propre vision et chaque peuple doit aller au rythme de sa conscience et de ses valeurs civi­li­sa­tion­nelles, cela ne s’ex­porte pas à la façon sor­dide d’un dis­cours hypo­crite à la Bush et c’est vrai aus­si chez nous sur place quand ces peuples y sont importés. »

    Oh bien sûr, toi qui fais des « peuples » des essences, ça ne te vien­drait pas à l’es­prit que ce que nous appe­lons civi­li­sa­tion euro­péenne, est pré­ci­sé­ment un pro­ces­sus de réunion d’une mul­ti­pli­ci­tés de tri­bus à la culture propre dans un vaste ensemble d’é­change Est-Ouest et Nord-Sud…il suf­fit d’al­ler en Ana­to­lie pour comprendre.

    et enfin, contrai­re­ment à ce que tu dis, ce ne sont pas des « peuples » qui sont impor­tés, ce sont des indi­vi­dus qui migrent, déra­ci­nés, ils n’existent pas en tant que peuple sur notre ter­ri­toire… c’est le pro­ces­sus même du capi­ta­lisme, qui pro­duit des bidon­villes, mais c’est la culture et l’i­déo­lo­gie des gens de la ville et des cam­pagne qui va faire si les indi­vi­dus « étran­gers » res­te­rons plus ou moins long­temps en com­mu­nau­tés, en marge… notre culture est ava­lée par « l’oc­ci­dent », sur­tout en ville, donc il n’y a pas vrai­ment d’i­den­ti­té locale à s’ap­pro­prier pour le nou­veau venu, et l’in­di­vi­dua­lisme néo­li­bé­ral plus le fond raciste rend encore plus dif­fi­cile les inter­ac­tions où un indi­vi­du « étran­ger » vas pou­voir sen­tir que le groupe d’ac­cueil est prêt à l’ac­cep­ter s’il devient ceci ou cela…mais en aucun cas son iden­ti­té est figée, en aucun cas elle n’est mena­çante, et sur­tout en aucun cas les nou­veaux venus ne sont moins spon­ta­né­ment « socia­listes » que la masse petite bour­geoise qui, frus­trée de n’être pas assez gavée, pré­fè­re­ra tou­jours voir l’a­rabe qui cache la forêt…

    Tiens, amuse-toi à appli­quer tes théo­ries fumeuses sur les Bre­tons…(http://​bre​tons​de​pa​ris​.gwa​larn​.org/​b​a​p​a​r​i​s​.​h​t​m​l​#​t​i​t​re1) des fois qu’ils aient empê­ché les Pari­siens de se révol­ter… À moins que ça ne soit les Auver­gnats (http://fr.wikipedia.org/wiki/Beno%C3%AEt_Malon) ou bien que les pro­blèmes de « fond civi­li­sa­tion­nel » ne per­mette pas de s’i­den­ti­fier à un Lou­ver­ture, Fanon, Morales, Lumum­ba, , etc. et tous ceux qui mènent aujourd’­hui la lutte concrète sans tes théo­ries fumeuses et para­noïaques… revois ta copie, cama­rade, elle est mal­saine, pas mal­séante, malsaine !

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  116. NingúnOtro

    Voi­là donc Péri­clès réduit à son mono­neu­rone … la lutte des classes 😉 .

    Voi­là que pour se jus­ti­fier… il ne trouve rien de mieux que de sta­tuer que per­sonne au monde n’a de pou­voir d’i­ni­tia­tive après avoir fait une ana­lyse propre de ces circonstances.

    On est tous, du pre­mier au der­nier… des marion­nettes per­chés de fils contro­lés par autrui. Quí donc ?

    Cela ne lui vient pas à l’es­pi­rit d’a­na­ly­ser de quel droit ou avec quelle auto­no­mie LUI… il vient de s’o­tor­guer le droit de faire cette ana­lyse 😉 dont il refuse la capa­ci­té aux autres.

    Ah, le dogme, quand tu nous tiens ;( .

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  117. sitouaillain

    @ nin­gu­nO­tro,

    en l’oc­cur­rence, encore eut-il fal­lu com­prendre l’i­dée de conscience classe et de lutte des classes…

    puisque sa thèse, c’est que la lutte des classes se jouent en défa­veur du pro­lé­ta­riat euro­péen, à cause des immi­grés, car de par une nature de l’im­mi­gré qu’il défi­nit comme imper­méable à la « cri­tique sociale », il devien­drait de moins en moins pos­sible de pro­duire une « conscience de classe » afin que la classe exploi­tée, le pro­lé­ta­riat, puisse lut­ter effi­ca­ce­ment contre les exploiteurs,

    c’est à dire qu’il ne voit même pas que la haine des sala­riés fran­çais contre les immi­grés, est déjà une contra­dic­tion avec le « dogme », qui veut que jus­te­ment la « conscience de classe » est incom­pa­tible avec ce genre de réac­tion identitaire,

    et en plus, comme si les capi­ta­listes étaient des sou­ve­rains otto­mans dépla­çant à leur gré des popu­la­tions, il attri­bue l’im­mi­gra­tion à un plan d’une « oli­gar­chie », qui elle aurait com­pris com­ment empê­cher la for­ma­tion d’une « conscience de classe », alors que le « dogme », montre bien que c’est le com­pro­mis for­diste et la phase de plus en plus hédo­niste et indi­vi­sua­liste du capi­ta­lisme aujourd’­hui dans sa ver­sion néo­li­bé­rale qui a détruit tout ce que les move­ments ouvriers avaient construits comme mani­fes­ta­tion de cette « conscience » et bien avant, Marx, Lenine, Luxem­bourg ou Wal­ler­stein puis Brau­del ont mon­tré que c’est la façon même dont le capi­ta­lisme se déve­loppe qui génère et absorbe en son centre des masses arra­chées à leur terre d’o­ri­gine et ce, de plus en plus loin, d’a­bord des locaux puis des étran­gers à mesure que le capi­ta­lisme se déve­loppe, que le « mar­ché s’é­tend »…c’est donc dou­ble­ment ridicule…les bour­geois de paris ont été éle­vés par des bonnes bre­tonnes, ils le sont main­te­nant par des bonnes africaines…

    http://​fr​.wiki​pe​dia​.org/​w​i​k​i​/​L​u​t​t​e​_​d​e​s​_​c​l​a​s​ses

    http://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9g%C3%A9monie_culturelle

    http://​revue​so​cia​lisme​.pages​per​so​-orange​.fr/​s​1​1​s​t​e​p​h​a​n​e​.​h​tml

    Réponse
  118. Alain Guillou

    plus aucun peuple ne va comme le sou­haite cer­tain « chaque peuple doit aller au rythme de sa conscience »…

    C’est un constat, si l’His­toire n’é­tait qu’oc­ci­den­tale, (démen­ti pos­sible, car les anthro­po­logues le font : s’il s’a­git de l’his­toire des humains, elle n’a com­men­cé nul­le­part encore : tout est à faire à par­tir d’un exis­tant déla­bré excep­tion faite des tri­bus encore pré­ser­vées de l’his­toire de l’in­hu­ma­ni­té) et c’est bien l’oc­ci­dent qui a décré­té « la fin de l’his­toire »…Les indi­gnés face à ce décret viennent des ex-colo­nies, et mer­ci à eux entre autres.

    Quelle hor­reur j’ai des pré­ju­gés « moraux », et pire encore : « altermondialistes » !

    L’his­toire « humaine  » n’a pas encore commencé !

    Réponse
  119. Péricles

    tu as le dis­cours clas­sique du gau­chiste nar­cis­sique, abso­lu­ment sans intérêt

    aucun inté­rêt de dis­cu­ter avec des indi­vi­dus comme toi, c’est tout de suite la reduc­tio ad hitlerum

    aime l’hu­ma­ni­té, mon vieux, c’est tout ce que tu peux faire

    je perds mon temps et il est précieux

    Réponse
  120. sitouaillain

    @ Péri­clès,

    je ne pense pas qu’il soit plus accep­table de s’a­bri­ter der­rière le sta­tut de vic­time (reduc­tio ad hit­le­rum, chape de plomb orwel­lienne, etc.) pour s’in­ter­dire d’in­ter­ro­ger en pro­fon­deur sur l’in­co­hé­rence de ta pen­sée qui com­bine des élé­ments véri­diques, des élé­ments tota­le­ment erro­nés, le tout for­mant une vision para­noïde en cercle fer­mé (non dialectique),

    impres­sion confir­mée par le fait que tu n’ac­ceptes aucune cri­tique, comme si ce que tu dis avait fon­da­men­ta­le­ment à voir avec ce que tu es, et que cri­ti­quer ce que tu dis, serait t’in­ter­dire « d’exis­ter »…en fai­sant cela, en res­tant dans un solip­sisme de la pen­sée, où ta logique cir­cule sans confron­ta­tion et sans méthode, tu te prives effec­ti­ve­ment d’a­voir à aban­don­ner les par­ties de ton rai­son­ne­ment qui ne résistent pas à la réfu­ta­tion et au réel,

    ceci afin de n’en conser­ver que les par­ties per­ti­nentes, ori­gi­nales et contri­buant réel­le­ment au « renou­vel­le­ment de la pen­sée cri­tique » collective,

    par cette atti­tude pué­rile d’at­ta­che­ment à « tes » idées, de fait, tu perds ton temps.

    si tu as besoin de la figure repous­soir des « gau­chistes nar­cis­siques » pour exis­ter, et du coup trou­ver géniales « tes » idées, je peux volon­tiers en répé­ter les pon­cifs et assu­mer ce rôle,

    après tout, les contraires s’annulent,

    mais ça n’est pas ce que j’ai fait, non pas que je ne trouve pas tes « convic­tions » tout autant sté­réo­ty­piques, inutiles et bor­nées, mais parce que je ne fais pas des pen­sées expri­mées une « essence », une « nature », et que j’es­time que tout indi­vi­du doué de rai­son peut de bonne foi se trom­per, et que l’a­mi­tié consiste à dire, ami, tu te trompes,

    et je n’ai cher­ché à être ton ami que par la force des choses, parce que nous appar­te­nons à la même com­mu­nau­té poli­tique, et que tes erreurs, épi­dé­miques dans cette socié­té déstruc­tu­rée, ont des effets délé­tères sur le réel, sinon je ne per­drais pas mon temps,

    je m’in­té­resse à ceux qui brisent des idées reçues, des tabous, mais en posant des jalons, en le fai­sant avec pru­dence, pas en semant la confusion,

    tes délires pseu­do-anti­con­for­mistes, qui d’ailleurs sont dupli­qués à des mil­liers d’exem­plaires sur cette toile, ne m’in­té­ressent pas, sauf par curio­si­té psy­cho-socio­lo­gique, en tant que reflet d’une « ambiance », symp­tôme d’une patho­lo­gie col­lec­tive. com­prends-bien qu’on ne dépasse pas les dogmes, les tabous, les aveu­gle­ments, ou les expli­ca­tions dépas­sées car expli­quant un monde qui n’est plus tout à fait là, sans s’in­fli­ger une rude dis­ci­pline de la pen­sée, qu’on ne s’a­ven­ture pas sans risque dans la forêt vierge, il faut savoir s’y maî­tri­ser et que l’ex­plo­ra­teur risque sans cesse de réagir à l’in­con­nu par de vieux réflexes condi­tion­nés, ins­tinc­tifs : une branche lui fouette le visage et c’est l’œuvre d’un esprit malfaisant…à la deuxième le diable est contre lui… même chose avec les « com­plots », les « sys­tèmes » qui ont des volon­tés, les « grands ini­tiés » omnipotents..des dieux…pensées d’une marion­nette vou­lant cou­per ses ficelles et qui aus­si­tôt en retisse.

    mais puisque tu dis­qua­li­fies ce que je te dis à par­tir d’une dis­qua­li­fi­ca­tion de mon « iden­ti­té » sup­po­sée, peut-être écou­te­ras-tu ce mon­sieur de Benoist qui sem­bla faire figure de men­tor à droite mais qui s’est aper­çu qu’il s’a­dres­sait à des im-béciles (au sens éthy­mo­lo­gique du terme):

     » À droite et à l’ex­trême droite, l’im­mi­gra­tion a de toute évi­dence réveillé ou
    cris­tal­li­sé quan­ti­té de vieux fan­tasmes : refus de l’Autre, iden­ti­ta­risme crispé,
    logique du bouc émis­saire, sim­pli­fi­ca­tion abu­sive (« com­plot mondialiste »,
    annonce d’une « guerre raciale » entre l’Oc­ci­dent et le Tiers-monde). A coup
    de rémi­nis­cences his­to­riques som­maires, l’ar­ri­vée des immi­grés est assimilée
    à l’is­lam conqué­rant du Moyen Age, aux Huns, aux Turcs (les « grandes
    inva­sions » ger­ma­niques étant plus rare­ment citées), le tout dans un contexte
    psy­cho­lo­gique volon­tiers apo­ca­lyp­tique, où le com­plexe de « Fort Alamo »
    tient la place prin­ci­pale (image du « lager » assié­gé par les Indiens ou les
    Hot­ten­tots, « camp des saints », résis­tance deses­pé­rée des « derniers
    Blancs » contre les « hordes afro-asia­tiques », etc.). Ceux qui tiennent ce
    dis­cours s’é­meuvent appa­rem­ment beau­coup moins de l’im­pé­ria­lisme culturel
    amé­ri­cain ou de la puis­sance éco­no­mique japo­naise. Quant à l’immigration
    magh­ré­bine et musul­mane, pre­mière visée, elle sus­cite un cer­tain nombre de
    stig­ma­ti­sa­tions, d’a­mal­games et de rumeurs que résume assez bien la
    « tri­lo­gie clan­des­tin-délin­quant-inté­griste » (1).

    A gauche et à l’ex­trême gauche, d’autres rémi­nis­cences his­to­riques tout
    aus­si som­maires conduisent à assi­mi­ler toute cri­tique de l’im­mi­gra­tion à une
    nou­velle « mon­tée du fas­cisme » et du « racisme », quand ce n’est pas au
    « retour de Vichy », la dénon­cia­tion tous azi­muts d’un « populisme »
    rare­ment défi­ni de façon rigou­reuse (2) per­met­tant du même coup de
    res­pec­ta­bi­li­ser une méfiance révé­la­trice vis-à-vis des « mau­vais penchants »
    du peuple. Ces com­pa­rai­sons his­to­riques, au res­sort à la fois émo­tion­nel et
    com­mé­mo­ra­tif, semblent avoir objec­ti­ve­ment pour but de faire l’économie
    d’une ana­lyse sérieuse de ce dont on parle. La stra­té­gie géné­rale consiste à
    rame­ner un phé­no­mène actuel à du déjà vu, sans prendre en compte ce qu’il
    peut avoir de nou­veau, c’est-à-dire ce qui per­met­trait pré­ci­sé­ment de le
    com­prendre. « L’un des grands dan­gers que fait cou­rir à la civilisation
    fran­çaise le Front natio­nal, écrit à ce pro­pos Jean-Fran­çois Revel, c’est la
    masse des inter­pré­ta­tions stu­pides que sus­cite son exis­tence. Les envolées
    alar­mistes sur une pré­ten­due mon­tée géné­rale du fas­cisme, les comparaisons
    his­to­riques, conster­nantes d’in­com­pé­tence, avec les ligues d’avant-guerre -
    comme si le contexte natio­nal et inter­na­tio­nal avait le moindre rap­port – n’ont
    qu’un but : sub­sti­tuer l’in­di­gna­tion à l’ac­tion et voi­ler à l’aide d’emphatiques
    pla­ti­tudes les causes concrètes de la pro­tes­ta­tion lepéniste »

    (…)

    Paral­lè­le­ment à une cri­tique en règle de la logique du capi­ta­lisme, il n’y a
    pas d’autre option sérieuse, pour ralen­tir l’im­mi­gra­tion, que d’a­gir sur les
    causes du pro­blème, en met­tant en œuvre avec les pays du Tiers-monde une
    poli­tique de coopé­ra­tion accrue. Le ralen­tis­se­ment de l’im­mi­gra­tion dépend
    en effet plus encore de la volon­té et de la capa­ci­té des pays d’o­ri­gine à
    rete­nir les immi­grés que de la volon­té et de la capa­ci­té des pays d’ac­cueil à
    les conte­nir. C’est aus­si la coopé­ra­tion qui doit per­mettre d’en­vi­sa­ger la
    pos­si­bi­li­té pour les immi­grés qui le sou­haitent de retour­ner dans leur pays
    d’o­ri­gine, retour dans des condi­tions qui ne sau­raient repré­sen­ter pour eux un
    déra­ci­ne­ment sup­plé­men­taire, et donc une aggra­va­tion de leurs difficultés.
    L’a­dop­tion d’une telle poli­tique ne peut cepen­dant pro­duire ses effets qu’au
    bout d’un cer­tain temps, l’ex­pé­rience mon­trant que l’a­morce d’un processus
    de déve­lop­pe­ment, s’il freine à terme l’im­mi­gra­tion lors­qu’il s’est stabilisé,
    com­mence plu­tôt par l’en­cou­ra­ger en créant des condi­tions de mobilité
    inté­rieure qui n’exis­taient pas avant, et c’est pour­quoi cette poli­tique n’est
    pas exclu­sive de la mise en oeuvre d’un cer­tain nombre de pro­cé­dure de
    contrôle des entrées à l’arrivée.

    Une telle stra­té­gie exige en outre une redé­fi­ni­tion de la coopé­ra­tion et
    l’a­ban­don de la concep­tion homo­gène du déve­lop­pe­ment qui a prévalu
    jus­qu’i­ci. L’ob­jec­tif n’est pas d’en­cou­ra­ger les pays du Tiers-monde à accéder
    à des « stades » suc­ces­sifs de deve­lop­pe­ment leur per­met­tant de s’a­li­gner à
    terme sur les modes de pro­duc­tion et de consom­ma­tion des pays du Nord (ce
    qui aurait pour effet de rendre la pla­nète invi­vable), mais de les aider à
    deve­nir auto­suf­fi­sants en fonc­tion des carac­té­ris­tiques de struc­ture qui leur
    sont propres, c’est-à-dire en pri­vi­lé­giant leur mar­ché inté­rieur et en rompant
    avec les mirages de la « divi­sion inter­na­tio­nale du tra­vail » pro­pa­gés par la
    Banque mon­diale et le FMI. C’est ici très clai­re­ment le modèle occi­den­tal de
    déve­lop­pe­ment qui doit être remis en cause, ne serait-ce que pour ces­ser de
    faire appa­raître l’Oc­ci­dent aux yeux des can­di­dats à l’im­mi­gra­tion comme
    « une immense et clin­quante lumière de la ville, sem­blable à celle qui
    fas­ci­nait les pay­sans au XIXème siècle » (8). L’i­déal, à cet égard (on peut
    tou­jours rêver), serait que l’Oc­ci­dent donne lui-même l’exemple d’une refus
    d’exem­pla­ri­té, et renonce lui-même à un modèle de déve­lop­pe­ment qui ne
    sus­cite plus aujourd’­hui que des illu­sions, des espoirs déçus et du
    ressentiment.

    (…)

    La ques­tion de l’i­den­ti­té (natio­nale, cultu­relle, etc.) joue un rôle central
    dans le débat sur l’im­mi­gra­tion. D’en­trée de jeu, deux remarques à ce sujet
    s’im­posent. La pre­mière consiste à obser­ver que, si l’on parle beau­coup de
    l’i­den­ti­té de la popu­la­tion d’ac­cueil, on parle en géné­ral beau­coup moins de
    celle des immi­grés eux-mêmes, qui est pour­tant la plus mena­cée, et de loin,
    par le fait même de l’im­mi­gra­tion. En tant que mino­ri­té, les immigrés
    subissent en effet direc­te­ment la pres­sion des modes de com­por­te­ment de la
    majo­ri­té. Vouée à l’ef­fa­ce­ment, ou au contraire exa­cer­bée de façon
    pro­vo­ca­trice, voire patho­lo­gique, leur iden­ti­té ne sur­vit le plus sou­vent que de
    manière néga­tive (ou réac­tive), en rai­son de l’in­dif­fé­rence ou de l’hos­ti­li­té du
    milieu d’ac­cueil, voire de la sur­ex­ploi­ta­tion capi­ta­liste qui s’exerce sur des
    tra­vailleurs cou­pés de leurs moyens de défense et de pro­tec­tion naturels.
    On est d’autre part frap­pé de voir com­ment la pro­blé­ma­tique de l’identité
    est pla­cée, dans cer­tains milieux, dans la seule dépen­dance de l’immigration.

    La prin­ci­pale « menace », sinon la seule, qui pèse­rait sur l’i­den­ti­té nationale
    fran­çaise serait repré­sen­tée par les immi­grés. C’est faire bon mar­ché des
    fac­teurs qui, par­tout dans le monde, dans les pays qui comptent une forte
    main d’oeuvre étran­gère comme dans ceux qui n’en com­portent aucune,
    induisent une désa­gré­ga­tion des iden­ti­tés col­lec­tives : pri­mat de la
    consom­ma­tion, occi­den­ta­li­sa­tion des moeurs, homo­gé­néi­sa­tion médiatique,
    géné­ra­li­sa­tion de l’axio­ma­tique de l’in­té­rêt, etc.

    Il n’est que trop facile, dans cette aper­cep­tion des choses, de tom­ber ou
    de retom­ber dans la logique du bouc émis­saire. Ce n’est pour­tant pas la faute
    des immi­grés si les Fran­çais ne sont appa­rem­ment plus capables de produire
    un mode de vie qui leur soit propre, ni de don­ner au monde le spec­tacle d’une
    façon ori­gi­nale de pen­ser et d’exis­ter. Ce n’est pas non plus la faute des
    immi­grés si le lien social se défait par­tout où l’in­di­vi­dua­lisme libé­ral se
    répand, si la dic­ta­ture du pri­vé éteint les espaces publics qui pourraient
    consti­tuer le creu­set d’un renou­veau d’une citoyen­ne­té active, et si les
    hommes qui vivent dans l’i­déo­lo­gie de la mar­chan­dise deviennent de plus en
    plus étran­gers à leur propre nature. Ce n’est pas la faute des immi­grés si les
    Fran­çais forment de moins en moins un peuple, si la nation devient un
    fan­tôme, si l’é­co­no­mie se mon­dia­lise et si les indi­vi­dus ne veulent plus se
    conduire en acteurs de leur propre exis­tence, mais acceptent de plus en plus
    qu’on décide à leur place à par­tir de valeurs et de normes qu’ils ne
    contri­buent plus à for­mer. Ce ne sont pas les immi­grés, enfin, qui colonisent
    l’i­ma­gi­naire col­lec­tif et imposent à la radio ou à la télé­vi­sion des sons, des
    images, des pré­oc­cu­pa­tions et des modèles « venus d’ailleurs ». Si
    « mon­dia­lisme » il y a, disons même avec net­te­té que, jus­qu’à preuve du
    contraire, c’est de l’autre côté de l’At­lan­tique qu’il pro­vient, et non de l’autre
    côté de la Médi­ter­ra­née. Et ajou­tons que le petit épi­cier arabe contribue
    cer­tai­ne­ment plus à main­te­nir, de façon convi­viale, l’i­den­ti­té fran­çaise que le
    parc de loi­sirs amé­ri­ca­no­morphe ou le « centre com­mer­cial » à capi­taux bien
    français.

    (…)

    Bref, si l’i­den­ti­té fran­çaise (et
    euro­péenne) se défait, c’est avant tout en rai­son d’un vaste mouvement
    d’ho­mo­gé­néi­sa­tion tech­no-éco­no­mique du monde, dont l’impérialisme
    trans­na­tio­nal ou amé­ri­ca­no­cen­tré consti­tue le vec­teur prin­ci­pal, et qui
    géné­ra­lise par­tout le non-sens, c’est-à-dire un sen­ti­ment d’ab­sur­di­té de la vie
    qui détruit les liens orga­niques, dis­sout la socia­li­té natu­relle et rend chaque
    jour les hommes plus étran­gers les uns aux autres.

    L’im­mi­gra­tion joue, de ce point de vue, un rôle de révé­la­teur. Elle est le
    miroir qui devrait per­mettre aux Fran­çais de prendre la pleine mesure de
    l’é­tat de crise lar­vée dans lequel ils se trouvent, état de crise dont
    l’im­mi­gra­tion repré­sente moins la cause qu’une consé­quence par­mi d’autres.
    Une iden­ti­té se sent d’au­tant plus mena­cée qu’elle se sait déjà vulnérable,
    incer­taine, et pour tout dire défaite. C’est la rai­son pour laquelle elle n’est
    plus capable de faire fond sur un apport étran­ger pour l’in­clure dans son
    propre. En ce sens, ce n’est pas tant parce qu’il y a des immi­grés en France
    que l’i­den­ti­té fran­çaise est mena­cée, c’est bien plu­tôt parce que cette identité
    est déjà lar­ge­ment défaite que la France n’est plus capable de faire face au
    pro­blème de l’im­mi­gra­tion, sinon en s’a­don­nant à l’an­gé­lisme ou en prônant
    l’exclusion.

    (…)

    On voit par là com­bien il est insen­sé de croire qu’il suf­fi­rait d’in­ver­ser les
    flux migra­toires pour « sor­tir de la déca­dence ». La déca­dence a bien d’autres
    causes, et s’il n’y avait pas un seul immi­gré en France, les Fran­çais ne s’en
    retrou­ve­raient pas moins confron­tés aux mêmes dif­fi­cul­tés, mais cette fois
    sans bouc émis­saire. En s’ob­nu­bi­lant sur le pro­blème de l’im­mi­gra­tion, en
    ren­dant les immi­grés res­pon­sables de tout ce qui ne va pas, on obli­tère du
    même coup quan­ti­té d’autres causes et d’autres res­pon­sa­bi­li­tés. On opère,
    autre­ment dit, un pro­di­gieux détour­ne­ment d’at­ten­tion. Il serait intéressant
    de savoir au pro­fit de qui.

    (…)

    Or, ce petit caté­chisme d’une sorte de reli­gion de la France (où
    la « France éter­nelle », tou­jours iden­tique à elle-même, se tient de tous temps
    prête à se dres­ser contre les « bar­bares », le Fran­çais ne se défi­nis­sant plus, à
    la limite, que comme celui qui n’est pas étran­ger, sans plus aucune
    carac­té­ris­tique posi­tive que sa non-inclu­sion dans l’u­ni­vers des autres) n’a
    que des rap­ports assez loin­tains avec l’his­toire d’un peuple qui n’a au fond de
    spé­ci­fique que la façon dont il tou­jours su faire face à ses contradictions.
    Mieux encore, il n’est ins­tru­men­ta­li­sé que pour res­ti­tuer une continuité
    natio­nale débar­ras­sée de toute contra­dic­tion dans une optique manichéenne
    où la mon­dia­li­sa­tion est pure­ment et sim­ple­ment inter­pré­tée comme
    « complot ».

    (…)

    Ce qui menace aujourd’­hui le plus l’i­den­ti­té natio­nale pos­sède enfin une
    forte dimen­sion endo­gène, repré­sen­tée par la ten­dance à l’im­plo­sion du
    social, c’est-à-dire à la déstruc­tu­ra­tion interne de toutes les formes de
    socia­li­té orga­nique. Roland Cas­tro a pu à juste titre par­ler de socié­té où
    « per­sonne ne sup­porte plus per­sonne », où tout le monde exclut tout le
    monde, où tout indi­vi­du devient poten­tiel­le­ment étran­ger à tout autre.
    L’in­di­vi­dua­lisme libé­ral porte à cet égard la res­pon­sa­bi­li­té la plus grande.

    Com­ment par­ler de « fra­ter­ni­té » (à gauche) ou de « bien com­mun » (à
    droite) dans une socié­té où cha­cun s’en­gage dans la recherche d’une
    maxi­mi­sa­tion de ses seuls inté­rêts, dans une riva­li­té mimé­tique sans fin,
    pre­nant la forme d’une fuite en avant, d’une concur­rence permanente
    dépour­vue de toute finalité ?

    Comme l’a remar­qué Chris­tian Tho­rel, c’est « le recen­trage sur l’individu
    au détri­ment du col­lec­tif qui conduit à la dis­pa­ri­tion du regard sur l’autre »
    (7). Or, le pro­blème de l’im­mi­gra­tion risque d’o­bli­té­rer cette évidence.

    L’« exclu­sion » dont sont vic­times les immi­grés risque en effet de faire oublier
    que nous vivons de plus en plus dans une socié­té où l’ex­clu­sion est tout aussi
    bien la règle entre les « autoch­tones » eux-mêmes. Pour­quoi les Français
    sup­por­te­raient-ils les étran­gers puis­qu’entre eux, ils se sup­portent déjà de
    moins en moins ? Cer­tains reproches, d’autre part, tombent d’eux-mêmes. On
    dit sou­vent aux jeunes immi­grés qui « ont la haine » qu’ils devraient avoir le
    res­pect du « pays qui les accueille ». Mais pour­quoi les jeunes Beurs
    devraient-ils être plus patriotes que les jeunes Fran­çais « de souche » qui ne
    le sont plus ? En fin de compte, le risque le plus grand est de don­ner à croire
    que la cri­tique de l’im­mi­gra­tion, qui est en soi légi­time, sera faci­li­tée par la
    mon­tée des égoïsmes, alors que c’est cette mon­tée qui défait le plus
    pro­fon­dé­ment le tis­su social. Tout le pro­blème de la xéno­pho­bie est d’ailleurs
    là. On croit for­ti­fier le sen­ti­ment natio­nal en le fon­dant sur le rejet de l’Autre.

    Après quoi, l’ha­bi­tude étant prise, ce sont ses propres com­pa­triotes qu’on finit
    par trou­ver nor­mal de rejeter.

    Une socié­té consciente de son iden­ti­té ne peut être forte que lorsqu’elle
    fait pas­ser le bien com­mun avant l’in­té­rêt indi­vi­duel, la soli­da­ri­té, la
    convi­via­li­té et la géné­ro­si­té envers autrui avant l’ob­ses­sion de la concurrence
    et le triomphe du moi. Elle ne peut durer que lors­qu’elle s’im­pose des règles
    de dés­in­té­res­se­ment et de gra­tui­té, seul moyen d’é­chap­per à la réification
    des rap­ports sociaux, c’est-à-dire à l’a­vè­ne­ment d’un monde où l’homme se
    pro­duit lui-même comme objet après avoir trans­for­mé tout ce qui l’en­toure en
    arte­fact. Or, ce n’est évi­dem­ment pas en prô­nant l’é­goïsme, fût-ce au nom de
    la « lutte pour la vie » (simple retrans­po­si­tion du prin­cipe indi­vi­dua­liste de la
    « guerre de tous contre tous »), qu’on pour­ra recréer la socia­li­té convi­viale et
    orga­nique sans laquelle il n’y a pas de peuple digne de ce nom. On ne
    retrou­ve­ra pas la fra­ter­ni­té dans une socié­té où cha­cun a pour seul but de
    mieux « réus­sir » que ses voi­sins. On ne res­ti­tue­ra pas le vou­loir vivre
    ensemble en fai­sant appel à la xéno­pho­bie, c’est-à-dire à une détes­ta­tion de
    prin­cipe de l’Autre qui, de proche en proche, finit par s’é­tendre à chacun.

    (…)

    Il n’y a tou­te­fois d’in­té­gra­tion dans la dif­fé­rence pos­sible qu’à la condition
    que le peuple d’ac­cueil se trans­forme lui-même et sai­sisse l’oc­ca­sion de ce
    nou­veau défi pour s’in­ter­ro­ger sur son exis­tence et sur son pro­jet. Non
    seule­ment il ne sau­rait être ques­tion d’as­si­mi­ler les immi­grés dans le creuset
    de plus en plus réduc­teur où sont déjà venues se fondre les anciennes
    cultures régio­nales, mais c’est bien plu­tôt l’im­mi­gra­tion qui devrait être
    l’oc­ca­sion d’une réflexion en pro­fon­deur sur la dimen­sion plu­rielle de l’identité
    fran­çaise. « Ce qui est grave, écrit à ce pro­pos Pierre Le Vigan, ce n’est pas
    que la socié­té fran­çaise devienne mul­ti­cul­tu­relle, c’est qu’elle devienne
    mono­cul­tu­relle tout en deve­nant mul­ti­ra­ciale (…) Or, pour faire vivre les
    cultures, ni l’ho­mo­gé­néi­té raciale ni la mul­ti­ra­cia­li­té du pays n’ont ellesmêmes
    de valeur en soi. Elles n’en ont que comme sup­port de diversités
    cultu­relles (…) Diver­si­té. For­mu­ler ain­si la nature de ce qu’il faut préserver,
    c’est poser net­te­ment que la ques­tion n’est pas seule­ment de savoir qui, à
    quelle “dose” et à quel rythme la France et l’Eu­rope vont inté­grer, mais
    com­ment pen­ser dès main­te­nant l’i­den­ti­té fran­çaise au plu­riel. C’est dire qu’il
    faut dépas­ser l’i­den­ti­fi­ca­tion de la citoyen­ne­té à un Etat jaco­bin et à une
    Répu­blique “une et indi­vi­sible”, et appe­ler à un tra­vail de décons­truc­tion et
    de refon­da­tion de la France, sans lequel est à l’oeuvre l’a­ra­se­ment des
    héri­tages culturels ”.

    …

    Le par­ti com­mu­niste, enfin, tenu par tra­di­tion de pro­fes­ser un antiracisme
    sans nuances, reste en fait assez réser­vé sur une immi­gra­tion dont il sait très
    bien qu’elle est mal per­çue par son élec­to­rat popu­laire. Aus­si souligne-t-il
    qu’« aujourd’­hui, ce n’est pas un libre choix qui conduit des cen­taines de
    mil­lions d’hommes sur les che­mins de l’im­mi­gra­tion », ajou­tant qu’il serait
    pré­fé­rable de sub­sti­tuer, à ce « ter­rible exode, révé­la­teur des contradictions
    qui déchirent l’hu­ma­ni­té sous l’ordre domi­nant des puis­sances de l’argent »,
    la pos­si­bi­li­té d’un « libre choix [qui] sup­pose de pou­voir vivre dans son propre
    pays, là où s’en­ra­cine la per­son­na­li­té, la culture de cha­cun ». Notant au
    pas­sage que, « si le nombre total des immi­grés varie peu en France depuis
    une quin­zaine d’an­nées, leur concen­tra­tion est beau­coup plus accu­sée et
    l’é­vo­lu­tion des com­mu­nau­tés eth­no­cul­tu­relles concer­nées trans­forme sa
    per­cep­tion », il se pro­pose, fina­le­ment, d’« arrê­ter l’exode de la misère en
    s’op­po­sant clai­re­ment et sur le fond aux poli­tiques d’ex­ploi­ta­tion des
    pres­sions migra­toires au pro­fit des stra­té­gies capi­ta­listes de pillage des
    res­sources humaines »

    (…)

    Sub­si­diai­re­ment, à droite, la cri­tique de l’im­mi­gra­tion per­met, par sa cen­tra­li­té obses­sion­nelle, de
    faire l’é­co­no­mie de toute réflexion en pro­fon­deur sur les vraies causes du
    malaise social, tan­dis qu’à gauche, comme l’a dit Fran­çois Furet, « le drapeau
    de l’an­ti­ra­cisme couvre le désert d’i­dées » (22). Tout le monde y trouve son
    compte.

    Tout le monde, sauf ceux qui jugent l’i­dée d’un Tiers-monde venant se
    déver­ser mas­si­ve­ment en Occi­dent tout aus­si uto­pique que celle d’une
    socié­té « mel­ting-potes », et qui pensent qu’on ne réa­li­se­ra pas plus la
    « fra­ter­ni­té humaine » sur les ruines des com­mu­nau­tés qu’on ne préservera
    l’« iden­ti­té natio­nale » en dénon­çant celle des autres. Archaï­sé et béton­né de
    manière insup­por­table, le débat, aujourd’­hui, ne se prête malheureusement
    pas aux nuances. On ne peut plus cri­ti­quer l’im­mi­gra­tion sans être taxé de
    « lepé­nisme » ni se dire soli­daire des immi­grés sans être accu­sé de
    « mon­dia­lisme ». Pour finir, on en arrive à l’é­change des faits-divers : « crimes
    racistes » contre « délin­quance magh­ré­bine ». C’est vrai­ment le degré zéro de
    la réflexion. « Nous sommes vic­times d’un double ter­ro­risme, déclare Jean-
    Claude Bar­reau : celui des lepé­nistes, qui assi­milent toute immi­gra­tion au
    laxisme, celui de Har­lem Désir et de diverses orga­ni­sa­tions de gauche, qui ne
    veulent aucune expul­sion. Cette conjonc­tion des contraires fonctionne
    par­fai­te­ment »  »

    Réponse
  121. Péricles

    Cer­taines affir­ma­tions prouvent assez que nous n’ap­par­te­nons pas à la même com­mu­nau­té politique.

    La dénon­cia­tion du « com­plo­tisme » suf­fit à le démon­trer. Tous ceux qui sont dans la ten­ta­tive de démon­trer que tous les jours des gens tra­vaillent à orga­ni­ser et for­ma­ter l’a­ve­nir, un ave­nir qui soit celui des puis­sants de ce monde, et donc que ces puis­sants com­plotent, sont tou­jours moqués et dis­qua­li­fiés par le confor­misme ambiant et la pen­sée soumise.

    Comme le signa­lait avec luci­di­té Debord dans un écrit déjà ancien de mémoire :« Dans le Pas­sé, on com­plo­tait contre le Pou­voir, désor­mais on com­plote en sa faveur », le com­plot est désor­mais omni­pré­sent et rien ne se fait au hasard.

    Donc il y a effec­ti­ve­ment « com­plot », ce n’est jamais que l’exer­cice de la puis­sance avec dse moyens tech­no­lo­giques et média­tiques sans cesse renforcés.

    D’autre part, ce com­plot contre la sub­ver­sion pos­sible ou tout sim­ple­ment la résur­gence fort hasar­deuse de la cri­tique sociale (mais ces gens-là ne veulent prendre aucun risque !) peut avoir divers objec­tifs dont celui non négli­geable de l’or­ga­ni­sa­tion de l’in­dif­fé­ren­cia­tion et l’ob­jec­tif d’empêcher la refor­ma­tion d’un lan­gage cri­tique com­mun à un peuple, en impo­sant la « pro­mis­cui­té » des peuples et des cultures, c’est sans le moindre doute un des objec­tifs cen­traux de la domi­na­tion en 2012 en Europe.

    On peut le nier comme le pre­mier des bisou­nours venus, armé de sa bonne conscience « citoyen­niste du monde », et c’est le cas de la majo­ri­té des indi­vi­dus qui se sentent « à gôche », c’est ins­crit dans leur patri­moine « intel­lec­tuel » et sans cette ins­crip­tion, ils deviennent peu de chose. Cette pers­pec­tive « citoyen­niste », « uni­ver­sa­liste », « inte­na­tio­na­liste de paco­tille » est à l’é­vi­dence l’un des plus gros han­di­caps pour la cri­tique actuel­le­ment et empêche ceux qui sont convain­cus de la néces­si­té de lut­ter contre l’ul­tra libé­ra­lisme, la déshu­ma­ni­sa­tion ambiante, consé­quence de ce Sys­tème inique d’ob­te­nir la moindre effi­ca­ci­té poli­tique autant théo­rique que pratique.

    Réponse
  122. sitouaillain

    Ras­sures-toi Per­icles, la cri­tique se porte très bien sans toi !

    « l’ob­jec­tif d’empêcher la refor­ma­tion d’un lan­gage cri­tique com­mun à un peuple » est atteint grâce à des idiots utiles don­nant audit peuple le sen­ti­ment que l’im­mi­gra­tion est son prin­ci­pal problème,

    tu fais donc par­tie de ceux qui com­plotent contre le peuple, puisque tu es au par­fum du com­plot et que pré­ci­sé­ment tu dis tout ce qu’il faut pour qu’il soit réus­si, affir­mer que « l’im­mi­gré » serait par nature inac­ces­sible à toute « cri­tique sociale » et que « l’im­mi­gré » empêche les natifs de for­mu­ler une cri­tique com­mune, res­sem­blant en effet à une pro­phé­tie auto­réa­li­sa­trice de la pire espèce,

    donc soit tu es un mer­veilleux et cynique com­plo­teur, soit il faut avoir pitié de toi d’être tom­bé dans le pan­neau d’une manière aus­si sublime, tout pol­lué d’i­déo­lo­gie raciale bour­geoise du XXème enca­naillée par un mar­xisme-léni­nisme délirant,

    et effec­ti­ve­ment il n’est pas sûr que la « bonne conscience » suf­fise à endi­guer les dégâts de ce genre de cock­tail détonant,

    à sup­po­ser que tu ne changes pas d’a­vis et de méthode de rai­son­ne­ment, dans ton genre « natio­nal-bol­che­vique », puisque tu m’af­firmes toi-même que « nous n’ap­par­te­nons pas à la même com­mu­nau­té poli­tique », cela me délivre d’a­voir à attendre toute preuve maté­rielle de cette non-appar­te­nance, en même temps que cette non-appar­te­nance à la même com­mu­nau­té poli­tique me délivre de toute obli­ga­tion ou égard à ton encontre, du coup, médite bien sur le fait que ta vie ne tiens que par la bonne conscience des bisounours…

    Réponse
  123. Péricles

    t’en fais pas, mon pote, je n’ai pas le moindre égard pour toi non plus et ta pauvre exis­tence de même ne tient qu’à la bonne conscience des nationaux-bolcheviques

    tu nies comme un pauvre petit-bour­geois, un bobo anes­thé­sié des centres-ville que tu es, les dif­fé­rences cultu­relles qui font que les peuples n’o­béissent pas aux mêmes repré­sen­ta­tions, et c’est tant mieux, les uni­ver­sa­lismes ont tous un petit côté tota­li­taire qui s’ignore

    tu n’es que l’i­diot utile d’un Atta­li et de toute la clique ultra libé­rale et le peuple se fout comme d’une guigne de tes pré­ten­tions de citoyen du monde à deux balles et de ta volon­té sans doute de régu­la­ri­ser tous les sans-papiers

    reste dans ton remugle genre front de gauche boboi­sé sous influence ou gau­chard attar­dé, ta soupe mul­ti­cul les sala­riés de France n’en veulent pas !

    c’est parce que tu es sans le moindre doute bien ins­tal­lé dans ta petite sécu­ri­té maté­rielle de petit bobo que tu peux ânon­ner ton caté­chisme usé, ton chant d’a­mour à la Terre entière et tu te démasques en tant que tel

    tout l’hé­ri­tage du mou­ve­ment ouvrier depuis deux siècles vient s’op­po­ser à ta doxa qui n’est jamais que le dis­cours média­tique domi­nant que tu répètes comme un per­ro­quet et n’ou­blions pas que « les idées domi­nantes d’une époque ne sont jamais que les idées de la classe dominante »

    et pour finir rem­balle tes insultes à venir du genre « raciste, xéno­phobe, com­plo­tiste, rouge-brun ou autre », tu te trompes de client, c’est pas mon pro­fil, et à l’a­vance je te trans­mets mon mépris le plus sin­cère ! rideau !

    Réponse
  124. Alain Guillou

    @ Péri­clès

    j’ai la conscience d’un capi­taine au long cours ayant par­cou­ru le monde assez pour en sai­sir l’é­vo­lu­tion dans son indé­niable glo­ba­li­té, et sur­tout ayant été accueilli digne­ment et cha­leu­reu­se­ment le plus sou­vent (bien sûr il y a par­tout un cer­tain pour­cen­tage de xéno­pho­bie, mais c’est des marginaux!)…jusqu’aux fins fonds de « l’é­tran­ge­té » qui insup­porte les médiocres agrip­pés à leur radeau de la méduse « Occident ».

    La convic­tion que j’ai res­sort d’un vécu assez humain pour valoir plus que les théo­ries iden­ti­taires de soi-disant peuples à des­ti­née supérieure…La « pla­nète homme », hors de toute idéo­lo­gie spé­ci­fique, est la réa­li­té se pro­dui­sant, qui n’a rien à faire de ce que l’on en pense : elle s’im­pose comme notre condi­tion humaine, le reste est théo­rie de guer­riers ayant été expé­ri­men­tée avec les graves « suc­cès » que l’on sait…

    Bien sûr la notion de « pla­nète-homme » peut être tour­née en ridi­cule, voire même , ser­vir comme leurre, acca­pa­rée par les 1% domi­nants qui la fal­si­fient…« et pour­tant elle tourne ! »…J’es­père que vos nerfs tien­dront le coup sur cet autre monde sans fron­tière qu’est le Net…La culture du peuple de France est à la fois riche d’i­den­ti­tés locales et d’ap­ports hété­ro­gènes, « insé­mi­na­tions cultu­relles qui font fré­mir les vieges esprits étri­qués, natio­na­listes effa­rou­chés… Car il se joue une course de vitesse entre les capi­ta­listes domi­nants d’une part, et les pro­lé­taires conqué­rants d’au­tre­part, les uns comme les autres sachant qu’il n’y a pas trois voies pos­sibles pour l’a­ve­nir : la gou­ver­nance mon­diale sera soit celle des domi­nants guer­riers, soit celle de l’é­man­ci­pa­tion paci­fique de peuples s’é­du­quant mutuel­le­ment dans le res­pect d’un ave­nir fait de fusions ami­cales, (« sinon rien…! »)

    autant choi­sir son camp tout de suite : moi c’est celui des « indi­gnés », celui des 99% qui vont se libé­rer de la tutelle des 1%…

    Cher­cher à s’en­grais­ser sur le dos des autres c’est de la cupi­di­té, mortifère !

    C’est fou ce que vous sti­mu­lez vos contra­dic­teurs ! Mer­ci, Périkles ! …Et bonnes vacances, car les congés payés sont une conquête de « la gauche » que vous vomissez…Tout en en jouis­sant, je l’espère.

    Réponse
  125. sitouaillain

    Fratz Fanon, Lettre du Front à ses parents, 1945

    « Si je ne retour­nais pas, si vous appre­niez un jour ma mort face à l’ennemi, conso­lez-vous, mais ne dites jamais : il est mort pour la cause. Dites : Dieu l’a rap­pe­lé à lui ; car cette fausse idéo­lo­gie, bou­clier des laï­ciens et des poli­ti­ciens imbé­ciles ne doit plus nous illu­mi­ner. Je me suis trom­pé ! Rien ici, rien qui jus­ti­fie cette subite déci­sion de me faire le défen­seur des inté­rêts du fer­mier quand lui-même s’en fout. »

    - Les Dam­nés de la Terre (1961), Frantz Fanon,

    « Les nations euro­péennes se vautrent dans l’opulence la plus osten­ta­toire. Cette opu­lence euro­péenne est lit­té­ra­le­ment scan­da­leuse car elle a été bâtie sur le dos des esclaves, elle s’est nour­rie du sang des esclaves, elle vient en droite ligne du sol et du sous-sol de ce monde sous-déve­lop­pé. Le bien-être et le pro­grès de l’Europe ont été bâtis avec la sueur et les cadavres des Nègres, des Arabes, des Indiens et des Jaunes. Cela nous déci­dons de ne plus l’oublier. »

    « Si les condi­tions de tra­vail ne sont pas modi­fiées il fau­dra des siècles pour huma­ni­ser ce monde ren­du ani­mal par les forces impérialistes. »

    « Poli­ti­ser les masses, ce n’est pas, ce ne peut pas être faire un dis­cours poli­tique. C’est s’acharner avec rage à faire com­prendre aux masses que tout dépend d’elles, que si nous stag­nons c« est de leur faute et que si nous avan­çons c’est aus­si de leur faute, qu’il n’y a pas de démiurge, qu’il n’y a pas d’homme illustre res­pon­sable de tout, mais que le démiurge c’est le peuple et que les mains magi­ciennes ne sont en défi­ni­tive que celles du peuple. »

    « Au bout d’un ou deux siècles d’exploitation se pro­duit une véri­table éma­cia­tion du pana­ro­ma cultu­rel natio­nal. La culture natio­nale devient un stock d’habitudes motrices, de tra­di­tions ves­ti­men­taires, d’institutions mor­ce­lées. On y décèle peu de mobi­li­té. Il n’y a pas de créa­ti­vi­té vraie, pas d’effervescence. Misère du peuple, oppres­sion natio­nale et inhi­bi­tion de la culture sont une seule et même chose. Après un siècle de domi­na­tion colo­niale, on trouve une culture rigi­di­fiée à l’extrême, sédi­men­tée, minéralisée. »

    « La pre­mière chose que l’indigène apprend, c’est à res­ter à sa place, à ne pas dépas­ser les limites ; c’est pour­quoi les rêves de l’indigène sont des rêves mus­cu­laires, des rêves d’action, des rêves agres­sifs. Je rêve que je saute, que je nage, que je cours, que je grimpe. Je rêve que j’éclate de rire, que je fran­chis le fleuve d’une enjam­bée, que je suis pour­sui­vi par une meute de voi­tures qui ne me rat­trapent jamais. Pen­dant la colo­ni­sa­tion, le colo­ni­sé n’arrête pas de se libé­rer entre neuf heures du soir et six heures du matin. Cette agres­si­vi­té sédi­men­tée dans ses muscles, le colo­ni­sé va d’abord la mani­fes­ter contre les siens. C’est la période où les nègres se bouffent entre eux et où les poli­ciers, les juges d’instruction ne savent plus où don­ner de la tête devant l’étonnante cri­mi­na­li­té nord-africaine. »

    Frantz Fanon, L’An V de la révo­lu­tion algé­rienne, 1959

    « le colo­nia­lisme se bat pour ren­for­cer sa domi­na­tion et l’exploitation humaine et éco­no­mique. Il se bat aus­si pour main­te­nir iden­tiques l’image qu’il a de l’Algérien et l’image dépré­ciée que l’Algérien avait de lui-même. »

    « Le peuple colo­ni­sé est idéo­lo­gi­que­ment pré­sen­té comme un peuple arrê­té dans son évo­lu­tion, imper­méable à la rai­son, inca­pable de diri­ger ses propres affaires, exi­geant la pré­sence per­ma­nente d’une direc­tion. L’histoire des peuples colo­ni­sés est trans­for­mée en agi­ta­tion sans aucune signi­fi­ca­tion et, de ce fait, on a bien l’impression que pour ces peuples l’humanité a com­men­cé avec l’arrivée de ces valeu­reux colons »

    Mais de quoi Fanon est-il le contraire ?

    Ber­nard Doray (http://​www​.frantz​fa​no​nin​ter​na​tio​nal​.org/​s​p​i​p​.​p​h​p​?​a​r​t​i​c​l​e​299)

    « Pour que l’idéologie colo­niale devienne hégé­mo­nique, il a fal­lu à l’Histoire un bou­te­feu. Un jour de 1908, les Annales Médi­co-psy­cho­lo­giques ont accep­té, pour leur rubrique L’aliénation men­tale et la méde­cine légale des alié­nés, un article d’une rare vio­lence. Le lec­teur de cette pres­ti­gieuse revue édi­tée par Mas­son qui publie­ra aus­si Caro­thers, ce lec­teur-la, donc, pou­vait lire par exemple : « Les Occi­den­taux ont le plus tra­vaillé, le plus pro­duit, le plus lut­té, le plus bâti, le plus orné, le plus per­fec­tion­né. On peut déter­mi­ner leur type, psy­cho­lo­gique en disant qu’il est « actif ». D’autres popu­la­tions, au pre­mier rang duquel se placent les popu­la­tions isla­miques, n’ont au contraire jamais pro­duit aucun tra­vail extra­or­di­naire, bâti aucune capi­tale, construit aucune flotte, étu­dié à fond aucune science, embel­li de manière durable de la terre. L’Islam résulte d’un ensemble d’instincts arrê­tés dans leur exten­sion natu­relle par l’œuvre Maho­met. On déter­mine le type psy­cho­lo­gique de l’Islam en disant qu’il est « inac­tif ». Cette sou­mis­sion abso­lue à Maho­met et au Coran déter­mine ce qu’est un musul­man. Une sil­houette médiocre du Pro­phète. C’est un inca­pable de navi­guer, mais qui sait se ser­vir de marins non musul­mans, c’est un homme inca­pable de deve­nir un musi­cien de mérite… etc ». La fin de cet article décrit le para­si­tisme de l’islam comme une vaste toile d’araignée avec « un foyer cen­tral » qui dirige tout le sys­tème : – Je cite – « Cette défec­tuo­si­té de l’esprit relève de la struc­ture men­tale kora­nique, c’est à dire de la patho­lo­gie. Elle s’explique par l’état de dépen­dance étroite dans lequel se trouvent tous les musul­mans les uns par rap­port aux autres, l’ensemble consti­tuant un vaste méca­nisme impul­sif, un immense appa­reil élec­trique dont toutes les par­ties sont solidaires. »

    vu la paren­té évi­dente de tes pro­pos avec ce genres de cin­glés, c’est pour moi une grande fier­té que de rece­voir ton mépris,

    et mon « chant d’a­mour à la terre entière » que tous les peuples saints d’es­prit entonnent dans leurs langues res­pec­tives, rai­sonne depuis ma terre où fleu­rissent men­hir et dol­men qui n’ont pas encore été détruits par les agri­cul­teurs et les petits patrons qui ont exploi­té tous ceux de ma famille, mais c’est bien de la morgue et du mépris de tous les petits bour­geois dans ton genre qui me mon­traient du doigt parce que je n’a­vais pas les « bonnes » chaus­sures ou les bonnes marques de vête­ments, de tous ceux qui m’ont mon­tré leur mépris de classe, à cause de tel ou tel attri­but « cam­pa­gnard » ou « ouvrier », que je tire ma force, que j’a­li­mente mon désir de savoir, de com­prendre et d’agir,

    de sorte que tes pro­tes­ta­tions de vic­time et l’é­ta­lage de tes névroses et de tes angoisses sous forme d’ha­billage pseu­do théo­rique et de vomis­se­ment de haines, simple face sombre de la bonne conscience mis­sion­naire et cari­ta­tive, m’ins­pirent ce conseil : com­mence par domp­ter le monstre qui est en toi ou bien laisse le aller, chasse ces der­niers ves­tiges de mora­lisme et de poli­ti­que­ment cor­rect, avoue-toi ouver­te­ment et fiè­re­ment fas­ciste, déchaîne le com­plexe d’in­fé­rio­ri­té de la masse pour qu’elle mal­traite plus faible que soi et se sente forte, sou­mise à l’Au­to­ri­té, avide de châ­ti­ments et de puni­tion, vas‑y, qui sau­rait te blâ­mer toi dont les pen­sées sublimes ne souf­frant aucune contra­dic­tion, pas même celles du réel, ont voca­tion à domi­ner le monde ?

    Réponse
  126. Péricles

    Tu peux mettre Fanon dans le lot des cin­glés, ils font la paire avec l’autre que tu cites

    on voit bien avec ta réfé­rence fano­nienne que tu te situes avec ta psy­cho­lo­gie auto fla­gel­li­sante culpa­bi­li­sa­trice dans le camp des petits blancs souf­fre­teux men­diant l’a­mour des autres, des autres peuples, tou­jours des autres, ou de l’Autre comme dirait Fin­fiel­kraut qui est sans doute un fas­ciste pour un mec comme toi

    tous les types comme toi, plé­tho­riques à gôche, rele­vez de la psy­chia­trie, c’est une psy­cho-patho­lo­gie ce truc qui consiste à tou­jours aimes l’Autre mais dans le même temps à conchier la com­mu­nau­té à laquelle on appar­tient en la char­geant de tous les maux, ça vous valo­rise, vous pou­vez vous regar­der dans le miroir et vous dire que vous appar­te­nez au Camp du Bien

    Comme l’é­cri­vait Cas­to­ria­dis, il n’y a qu’en Occi­dent que l’on trouve ce genre d’au­to fla­gel­la­tion per­ma­nente et de détes­ta­tion de sa propre culture, de sa propre His­toire, par­tout ailleurs les peuples font corps avec leur His­toire et en sont fiers, et Cas­to­ria­dis le déplo­rait mais je sup­pose que pour toi c’est aus­si un fasciste !

    Mal­heu­reux dhim­mi que tu es, bobo déra­ci­né nar­cis­sique, je te conseille de lire Chris­to­pher Lasch et sa « Culture du nar­cis­sisme » tu t’y retrou­ve­ras, il avait déjà vu fort pré­co­cé­ment les ravages de cette patho­lo­gie de la « gauche » amé­ri­caine avec discernement

    mais c’est vrai que toi, tes lec­tures de col­lé­gien c’est Franz Fanon, il vaut mieux que tu en restes là, ton cor­tex ne sup­por­te­rait pas tant d’efforts !

    Réponse
  127. Héloïse

    Mer­ci Périk­lès pour l’é­ta­lon que vous êtes… Mer­ci de vous mettre à la dis­po­si­tion de tous, ce sera utile pour que cha­cun soit pré­ve­nu que « ça existe », c’est bête, méchant et pré­ten­tieux, cela a déjà fait d’é­normes dégats, il faut s’en gar­der, sou­vent à droite, par­fois à gauche, et « res­ter grou­pés » : ser­rons les fesses comme l’Homme de Cro­ma­gnon devant le diplo­do­cus en rage…la vigi­lance citoyenne est donc heu­reu­se­ment confor­tée ! à moins que, toute honte bue, vous vous sachiez insi­gni­fiant, et que vous l’as­su­miez der­rière votre beau pseu­do : « n’ayez pas peur car je ne suis rien »…Mer­ci, on avait com­pris ! Oui, il n’y a qu’en Occi­dent qu’on ceci et qu’en Gro­land qu’on cela… et bla bla bla…Nuit et brouillard, « y a qu’en Occi­dent », les « autres » ont imi­té, sans jamais éga­ler, on n’at­tend plus que les Mar­tiens pour faire mieux !
    Afin que vous sachiez relire autre­ment votre exem­plaire de Chris­to­pher Lasch,(à sup­po­ser que vous l’ayez vrai­ment lu…), je vous recom­mande Jean Zie­gler : DESTRUCTION MASSIVE, Géo­po­li­tique de la faim (Seuil Oct 2011).

    Réponse
  128. Catherine B

    Je reprends après quelques jours d’ab­sence et il semble s’en être dit des choses à la vue de la lon­gueur des textes. Je com­mence par le début et il y a cette phrase de Péri­clès qui reprend ce que je disais à savoir : « Pous­ser, se faire pous­ser, je ne com­prends pas ces for­mules » dit-il !

    Le pous­ser et le « se faire pous­ser » c’est ce va et vient entre un don­né et un tra­vail de ré-flexion sur le don­né.

    C’est ten­ter d’en­trer dans un sens nou­veau de ce qui pré­sen­te­ment est vu, tou­ché, enten­du, sen­ti, goû­té, perçu.

    C’est revi­si­ter les élé­ments qui forment la struc­ture d’un évé­ne­ment, d’une pen­sée, d’une croyance en les péné­trant davan­tage par ce tra­vail mou­vant de ques­tion­ne­ment qui nous fait aller en arrière et en avant, c’est bous­cu­ler l’ordre éta­bli de la linéa­ri­té de nos pré-jugés qui jugent avant même d’a­voir fait l’ex­pé­rience de cette tra­ver­sée des appa­rences dont on se contente sou­vent, par paresse, par confort, pour moult rai­sons, voi­là ce que je vou­lais dire.

    C’est inter­ro­ger ce qui nous semble être une évi­dence, évi­dence jus­qu’à ce que l’on se laisse ren­con­trer par la parole de l’autre, ce qui n’est pas tou­jours facile, et ‘se mettre peut-être à dou­ter de ce que l’on croyait jus­qu’a­lors être une véri­té indé­trô­nable’, vis­sée dans nos croyances en béton armé.

    C’est per­mettre au doute d’exis­ter et dès lors ouvrir des espaces, et cha­cun sait que sans espace, nulle res­pi­ra­tion n’est pos­sible et que sans souffle, rien ne vit.

    Réponse
  129. Catherine B

    tu dis : « il n’y a pas de sujet sen­sible, il y a la poli­tique et la cri­tique sociale la plus radi­cale à faire renaître

    l’im­mi­gra­tion et ses dérives pla­ni­fiées par le Sys­tème ne doit pas être un sujet tabou, le poli­ti­que­ment cor­rect m’in­sup­porte et repré­sente la nou­velle chape de plomb « orwel­lienne » qui inter­dit le renou­vel­le­ment de la pen­sée cri­tique en ins­til­lant de l’hy­po­cri­sie « mora­li­sa­trice » dans les débats sur ce sujet »

    On ne peut qu’être d’ac­cord avec ça il me semble, en tout cas, moi j’adhère à ce début de dis­cours. Il y a un débat à enta­mer urgem­ment là-des­sus c’est évident et de façon radi­cale, en allant à la racine de la pro­blé­ma­tique . Le conflit est en soi très fécond, il ne faut pas l’é­teindre, ni l’é­vi­ter, il faut au contraire entrer dedans, com­plé­te­ment, aller à sa source pour voir les tenants les abou­tis­sants qui nous amènent à pen­ser ce que l’on pense et agir comme on agit, non ? Sinon, cha­cun reste dans son coin et rien n’a­vance, c’est sta­tique et ça sert fina­le­ment tou­jours les mêmes intérêts.

    Réponse
  130. Catherine B

    «  »l’en­jeu actuel pour l’o­li­gar­chie mon­dia­liste repré­sen­tée par ses offi­cines UMP et PS avec le patro­nat et la banque en sous-main, c’est tout sim­ple­ment la tiers-mon­di­sa­tion de l’Eu­rope qui repré­sen­tait ana­chro­ni­que­ment une sur­vi­vance de la cri­tique sociale à inter­valles plus ou moins régu­liers sur cette pla­nète, tous les 30 ans en gros, et ça le Sys­tème n’en veut plus, de crainte de se retrou­ver devant son vieil enne­mi : la conscience de classe.

    Aus­si, ce même Sys­tème a inté­rêt à faire venir en Europe de effec­tifs impor­tants de popu­la­tions indemnes de cette cri­tique sociale et éven­tuel­le­ment for­te­ment isla­mi­sées, donc sou­mises, c’est un gage de paci­fi­ca­tion sociale ». »

    Bien sûr, ça me semble tout à fait ok tout ce que tu dis là, c’est exac­te­ment ce que nous vivons et le vécu ne ment pas.

    Réponse
  131. Catherine B

    moi, pour faire court car je dois aller bos­ser, ce pro­blème d’in­té­gra­tion de com­mu­nau­tés dif­fé­rentes avec for­cé­ment des enjeux dif­fé­rents mais en revanche un inté­rêt très pré­cis à la clef car les hasards n’existent à mon humble avis que pour ceux qui ne savent pas lire, et bien, ça me fait pen­ser à la para­bole que l’on retrouve dans je ne sais plus quel évan­gile, celle du tis­su neuf que l’on ne sau­rait coudre avec du tis­su usagé.
    Per­sonne ne rac­com­mode en effet un vieux vête­ment avec une pièce d’é­toffe neuve, autre­ment la pièce neuve tire sur le vieux tis­su et le déchire davan­tage. Et il ne faut pas se trom­per, il ne s’a­git nul­le­ment de juger de la qua­li­té de l’une ou l’autre étoffe, c’est la com­bi­nai­son des deux qui fait déchirure !

    Réponse
  132. Catherine B

    Dans le 137, c’est l’illus­tra­tion encore et tou­jours de ce bel apho­risme. L’en­ne­mi n’est pas un sujet qui me fait face mais un rap­port qui me tient.

    Les enne­mis ce ne sont pas les immi­grés, il ne faut pas se trom­per de cible, mais en revanche voir et consta­ter que l’af­flux de main d’oeuvre qui accepte d’être sous-payée en France mais sur-payée au regard de ce qu’ils auraient dans leur pays d’o­ri­gine, vient tarir les exi­gences qu’au­raient pu avoir des sala­riés fran­çais du pays français.

    Dans les trans­ports, c’est un peu la même chose, quand il y a une concur­rence folle des polo­nais etc, qui viennent offrir leurs ser­vices à des prix défiants toute concur­rence fran­çaise à des socié­tés de trans­port fran­çaises, les socié­tés fran­çaises vont le plus sou­vent dans le sens de leurs inté­rêts et embauchent les polo­nais his­toire d’a­voir un pac­tole plus impor​tant​.Se refu­ser à voir cela, c’est refu­ser me semble-t-il de voir ce qui est là sous nos yeux !

    Réponse
  133. Di Girolamo

    Tout cela on le sait Catherine.

    Quand on pose un pro­blème, et l’immigration/émigration en est un impor­tant , soit on se situe dans une optique de réflexion, avec en arrière fond l’i­dée de mieux com­prendre et si pos­sible d’a­gir dans le sens de ce qui pour­rait faire avan­cer les choses vers de meilleures orga­ni­sa­tions de nos socié­tés qui per­met­traient à court et à long terme de répondre aux enjeux sus­ci­tés par ce problème ,

    soit on uti­lise se pro­blème à des fins autres, quelles qu’elles soient.

    Le dis­cours , et le ton de Péri­clès donne à tort ou à rai­son le sen­ti­ment que son posi­tion­ne­ment relève du second cas de figure et ne donne pas envie de réflé­chir avec lui.

    Je peux me trom­per mais c’est mon impression.

    C’est un dis­cours outran­cier , sans nuances et ouver­tures qui se contre­dit en cri­ti­quant le fait que ce soit un pro­blème tabou et en ne vou­lant même pas faire l’ef­fort de voir qu’il peut s’a­bor­der sous plu­sieurs angles.

    En tous cas l’as­pect le plus grave de ce pro­blème est bien mal­heu­reu­se­ment vécu par ceux qui en sont vic­times ici et là bas.

    Je ne vois aucune vraie solu­tion sans des poli­tiques fortes et vraies de relo­ca­li­sa­tion et d’a­mé­na­ge­ment des ter­ri­toire ici et là bas ; ce qui pour l’ins­tant reste un vœu pieux , ceci http://fr.news.yahoo.com/linsee-juge-les-classes-moyennes-plutôt-épargnées-par-052247738–business.html pou­vant peut être expli­quer cela.

    Réponse
  134. sitouaillain

    @ Cathe­rine

    « Bien sûr, ça me semble tout à fait ok tout ce que tu dis là, c’est exac­te­ment ce que nous vivons et le vécu ne ment pas. »

    oh que si le vécu ment

    « voir et consta­ter que l’af­flux de main d’œuvre qui accepte d’être sous-payée en France mais sur-payée au regard de ce qu’ils auraient dans leur pays d’o­ri­gine, vient tarir les exi­gences qu’au­raient pu avoir des sala­riés fran­çais du pays français. »

    La vraie ques­tion qui se pose c’est qui peut accep­ter d’être sous-payé à part ceux qui n’ont pas de papiers… sinon il y a le droit du tra­vail, le SMIC et des conven­tions col­lec­tives, en moyenne les sec­teurs employant le plus de main d’œuvre immi­grée ont des salaires plus éle­vés que dans les sec­teurs des ser­vices, par exemple dans le bâti­ment. de plus le tra­vail idéo­lo­gique de l’ex­trême droite qui fait voir les choses, et vivre les choses comme tu dis sous un cer­tain angle, par exemple que les immi­grés prennent le tra­vail des Fran­çais, est tout à fait contes­table, puisque les immi­grés occupent sou­vent des postes dont les Fran­çais ne veulent pas.

    Sur­tout, la baisse du taux de syn­di­ca­li­sa­tion et la sou­mis­sion des Fran­çais au capi­tal n’a rien à voir avec les immi­grés. et pour ce qui est de mon vécu, en termes d’ac­tion syn­di­cale, les col­lègues immi­grés sont loin d’être les der­niers à s’en­ga­ger, ce sont plu­tôt de bons Fran­çais, bien sou­mis, avec leurs cré­dits, leur men­ta­li­té de pro­prié­taire, etc.

    ce sont d’ailleurs ceux-là ain­si que ceux dont le vécu ne les as pra­ti­que­ment jamais mis en pré­sence d’im­mi­grés sinon à tra­vers un écran de télé, ce sont les plus pré­oc­cu­pés par l’im­mi­gra­tion, qui ont voté sys­té­ma­ti­que­ment pour ceux qui ont créé les condi­tions que tu décris avec le chauf­feur litua­nien, en même temps qu’ils pro­lon­geaient les condi­tions d’ex­ploi­ta­tion des ex-colo­nies qui ali­mentent les flux migratoires.

    ensuite, par rap­port aux pro­blèmes cultu­rels et ta méta­phore du man­teau, je ne sais pas trop où tu veux en venir, mais en fonc­tion du vécu, c’est à dire en fonc­tion de si oui où non notre cor­tex, comme dit Péri­clès, est capable de voir un homme der­rière son faciès, ses vête­ments et ses cou­tumes, il se pro­duit ou pas les bonnes réactions…et c’est jus­te­ment ce que montre Fanon, le condi­tion­ne­ment plu­ri­sé­cu­laire des euro­péens à se pen­ser comme supé­rieurs n’aide pas, ce qui fata­le­ment en retour pro­dui­ra des réac­tions, mais que per­sonne ne s’é­tonne qu’à force de trai­ter quel­qu’un d’  »Arabe », il se com­porte comme tel. d’au­tant que si la France, ce sont des gens comme le pen, hor­te­feux ou péri­clès, avoue que ça ne donne pas envie. En tout cas toute impo­si­tion à prio­ri de traits cultu­rels pen­sés comme immuables, défi­ni­ti­ve­ment atta­ché au per­sonnes ( par exemple quand tu dis OK à quel­qu’un qui appose l’é­pi­thète « sou­mis » à « Musul­man ») me parait iden­ti­fiable comme une forme de racisme, c’est-à-dire de déni d’hu­ma­ni­té, dans le sens où les hommes sont ceci ou cela selon leurs échanges entre-eux, selon que ces échanges sont d’a­mour ou de haine, et mon propre vécu atteste ma capa­ci­té à chan­ger de men­ta­li­té sur ceci ou sur cela, pour­quoi cela serait-il dénié à autrui.

    d’au­tant que par rap­port au phé­no­mènes de cri­mi­na­li­té ou de reven­di­ca­tions iden­ti­taires qui jus­te­ment ne sont pas impu­tables aux immi­grés, mais à des enfants de deuxième ou troi­sième géné­ra­tion, leur non inclu­sion dans la « socié­té » est ren­du plus rigide par le racisme ambiant, sans oublier bien sûr qu’il est plus facile pour eux de ne pas s’in­ter­ro­ger sur ceci ou cela en adop­tant une atti­tude vic­ti­maire, il n’empêche, le phé­no­mène « cultu­rel » est tout à fait mar­gi­nal par rap­port au phé­no­mène social, et il suf­fit encore une fois de lire ce qui s’é­cri­vait au dix-neu­vième sur la plèbe s’en­tas­sant autour des grandes villes pour com­prendre que les élu­cu­bra­tions zem­mou­riennes ou lepe­nistes sont des inepties.

    Et nos com­pa­triotes pré­fèrent écou­ter ceux-là plu­tôt que de s’at­ta­quer aux causes des pro­blèmes, jus­te­ment parce qu’ils sont tel­le­ment atta­chés au capi­ta­lisme qu’ils pré­fèrent récla­mer la répres­sion pour les « classes dan­ge­reuses » ou bien soi­gner leur bonne conscience en récla­mant de la « pré­ven­tion » et de l’  »inser­tion »…et comme la « lutte contre l’im­mi­gra­tion » ou la « lutte contre le ter­ro­risme », la « lutte contre l’in­sé­cu­ri­té », tout ça sont autant de tâches infi­nies, si on n’o­père pas une tran­si­tion radi­cale, du genre de ce que Di Giro­la­mo propose,

    mais entre­temps, il n’est pas inutile de rap­pe­ler que notre nation n’a jamais été une nation eth­nique, que la civi­li­sa­tion euro­péenne non seule­ment n’est pas une enti­té immuable et uni­forme, mais qu’elle n’a pas d’exis­tence « hors-sol » c’est-à-dire qu’elle est aus­si le pro­duit d’in­fluences et d’é­changes avec le reste du monde, que nos cultures ne dis­pa­raissent pas à cause de sup­po­sées inva­sions bar­bares, mais à cause de la bar­ba­rie capi­ta­liste mar­chande, c’est-à-dire à cause de notre propre décadence.

    et pour ce qui est de mon vécu, moi qui suis fier d’être fran­çais, je n’ai jamais eu aucun mal à dis­cu­ter avec des « immi­grés », ou même avec des étran­gers loin­tains, per­sonne ne m’a agres­sé dans ma culture, et ceux qui m’ont le plus sou­vent agres­sé en niant ma culture sont des gens comme péri­clès ou des mou­tons lepe­nistes, c’est à dire des gens qui ont la men­ta­li­té de bar­bares ger­ma­niques, qui ne com­prennent pas qu’être fran­çais ce n’est pas être blanc ou noir, c’est d’a­bord par­ta­ger des valeurs, cer­taines formes de poli­tesse, de galan­te­rie, d’être ensemble, et ces gens-là ont démis­sion­né, non seule­ment ils ne veulent pas deve­nir un peu plus fran­çais, c’est-à-dire éle­ver leur esprit jus­qu’à atteindre des niveaux de conscience qui ont jadis fait l’ad­mi­ra­tion de tous les peuples, mais sur­tout, en démis­sio­nant pour un cha­cun chez soi com­mu­nau­ta­ristes, ils rendent impos­sible toute pro­duc­tion d’un vivre ensemble, parce qu’il ne suf­fit pas de dire à l’é­tran­ger qui vit là, que cer­tains traits cultu­rels sont incom­pa­tibles avec la manière dont notre peuple à réso­lu ses ten­sions et a pro­duit des formes d’i­den­ti­fi­ca­tion col­lec­tives, encore fau­drait-il, plu­tôt que de le nier dans son huma­ni­té ou dumoins dans sa capa­ci­té à inté­grer ses normes-là, encore fau­drait-il per­sé­vé­rer, par amour, c’est-à-dire non pas en mon­trant du doigt et en vomis­sant de la haine, mais en échan­geant, en per­met­tant aux indi­vi­dus d’a­jus­ter leur manière d’être et de voir le monde à la socié­té dans laquelle ils vivent, en mon­trant qu’ils ne se renie­ront en rien, mais qu’au contraire ils seront plus riches,

    et de par mon vécu, chère cathe­rine, je constate que beau­coup d’im­mi­grés que je ren­contre, de par le fait colo­nial, ont déjà en eux cette pos­si­bi­li­té de dépas­se­ment, et que bien des fils ou petit-fils d’im­mi­grés, ont par­fai­te­ment com­pris cela, ont fait tous les efforts nécessaires,

    mais que comme moi, qui suis un « bon fran­çais » au regard des cri­tères raciaux péri­clé­sien, ils ne se sentent pas à l’aise dans ce pays, jus­te­ment parce que ce pays est en néga­tion com­plète par rap­port à ses valeurs, et que ses citoyens leur ren­voie une iden­ti­té d’é­ter­nel étran­ger, métèque, et tous les cli­chés afférants.

    Il va de soi bien sûr que plus les inéga­li­tés internes et plus les inéga­li­tés entre pays s’ac­croissent et plus les immi­grés affluent, plus notre capa­ci­té de pro­duc­tion d’un vivre ensemble à par­tir des traits saillants de notre culture natio­nale s’a­moin­drit, mais, sauf à ne pas être bien sûr de sa culture et de sa capa­ci­té à lier les hommes entre-eux, sauf à refu­ser de voir les réa­li­tés, notre poten­tiel de pro­duc­tion de ce vivre ensemble est plus que sous-uti­li­sé, jus­te­ment par renon­ce­ment, par démis­sion, parce que nous nous hais­sons tous en silence, per­sonne ne fait de remarque quand il se sent gêné, tout le monde a peur de l’autre, et les locaux ne cherchent même plus à com­prendre, et pire, ils pro­duisent par des dis­cours et atti­tudes consciem­ment ou incons­ciem­ment racistes, des iden­ti­fi­ca­tions néga­tives, qui obligent les natifs se sen­tant reje­tés à se bri­co­ler des iden­ti­tés en pio­chant avec outrance dans des pano­plies étran­gères, de rap­peur amé­ri­cain ou de « musul­man », au choix…

    pire encore, c’est que là où il existe une rela­tive mixi­té, les aspects pro­pre­ment « fran­çais » de la pano­plie iden­ti­taire, c’est-à-dire les aspects de cultures popu­laires très anciennes, ne consti­tuent pas for­cé­ment le socle iden­ti­fi­ca­toire de ceux dont les ancêtres sont là de longue date, bien au contraire, leur culture se construire de manière inter­mé­diée, par un cer­tain nombre de schèmes dif­fu­sés par l’in­dus­trie cultu­relle, de sorte que des mil­lions de fran­çais, en par­ti­cu­lier de ban­lieue, c’est-à-dire ceux-là qui devraient por­ter un socle cultu­rel par­ti­cu­lier, que l’é­change per­met­trait de trans­mettre aux der­niers arri­vés, ont une part pro­pre­ment fran­çaise très ténue, je veux dire qu’ils n’ont pas vrai­ment d’autre culture que le mains­tream glo­bal tra­duit localement…j’espère que j’exa­gère et que nous n’a­vons pas atteint le point de non-retour.

    et mis à ma part ma for­ma­tion de socio­logue, qui jus­te­ment me per­met de te dire que le vécu ment,

    mon propre vécu de cam­pa­gnard fils et petit fils d’ou­vriers agri­coles, me per­met de dire que le dis­cours de péri­clès est pré­ci­sé­ment un symp­tôme de cette déca­dence dont je par­lais plus haut, au sens où, cet angois­sé mani­pu­lé par des pro­pa­gandes qui trans­forment son vécu en une para­noïa, n’ar­rive pas à mettre les choses dans le bon ordre, à savoir que c’est pré­ci­sé­ment parce que l’ex­ten­sion du domaine de la mar­chan­dise, le capi­ta­lisme, fait de nous des indi­vi­dus pro­duc­teurs-consom­ma­teurs sériés, se défi­nis­sant entre-eux à tra­vers des objets-sym­boles non spé­ci­fiques à une culture, que la figure de « l’im­mi­gré » nous offre une porte de sor­tie, au sens où ces gens qui viennent sont issues des classes popu­laires de leurs pays res­pec­tifs, imbi­bés de tra­di­tions mil­lé­naires. Et ils sont ce qu’ils sont parce que chez eux, la phase de déve­lop­pe­ment du capi­ta­lisme, n’a trans­for­mé les indi­vi­dus en choses sériées et abs­traites que paris les élites et une minus­cules classe moyenne, tan­dis que chez-nous, ce phé­no­mène en est à un stade bien plus problématique.

    Or, jus­te­ment, puis­qu’il y fait réfé­rence, le mou­ve­ment ouvrier et pay­san, s’est d’a­bord oppo­sé au capi­ta­lisme, non seule­ment dans son aspect avi­lis­sant du point de vue maté­riel, mais aus­si du point de vue cultu­rel, c’est à dire que, toutes choses égales par ailleurs, à l’a­fri­cain en bou­bou ayant quit­té son vil­lage pour s’embauche à l’u­sine, cor­res­pond au pay­san en pale­tot du XIXème siècle, qui de par sa culture pay­sanne ances­trale et les retra­duc­tions ouvrières à cette époque, ils étaient capables de per­ce­voir avec acui­té à quel point le capi­ta­lisme leur était étran­ger, à quel point il détrui­sait les rela­tions humaines « com­mu­nau­taires », d’au­tant que les ouvriers n’a­vaient pas accès à ce qu’ils pro­dui­saient, tan­dis que nos contem­po­rains, sur­tout avec la période dite des « trente glo­rieuses », ou disons, nous, sommes des êtres for­te­ment accul­tu­rés à la logique abs­traite du capitalisme,
    en consé­quence, ce qui fait notre spé­ci­fi­ci­té cultu­relle dis­pa­raît peu à peu, bien des traits ne sont déjà plus que des réfé­rences ima­gi­naires à un pas­sé révolu.

    et s’il reste quelque chose, c’est plu­tôt dans les cam­pagnes qu’il faut aller « voir », et ce que j’y ai vu et vécu, c’est que même là, le pro­ces­sus d’ac­cul­tu­ra­tion est en marche, et la france se couvre de centres com­mer­ciaux et de lotis­se­ment cali­for­niens pen­dant qu’on s’é­charpe sur des minarets…Or, pour ce qui est de mon vécu, les enfants d’im­mi­gré musul­man qui étaient mes voi­sins dans mon vil­lage, sont bien plus proche de moi du point de vue des valeurs, de l’é­thique et des aspi­ra­tions que les « fran­çais de souche » de com­munes pavillo­naires péri­ur­baines, com­plè­te­ment consuméristes,

    et les gens de mon vil­lage ont beau être nom­breux à être racistes et voter le pen ou sar­ko­sy, dans leur rap­port réels avec les immi­grés, ils ont su en faire des cama­rades et leur trans­mettre des carac­tères pro­pre­ment fran­çais, tan­dis que les classes moyennes de ban­lieues, bien accul­tu­rées à l’i­déo­lo­gie consu­mé­riste, indi­vi­dua­liste, cha­cun chez-soi, etc., en sont moins faci­le­ment capables et pré­fèrent fuir, ce qui, natu­rel­le­ment, au vu des phé­no­mènes de ghet­toi­sa­tion, de concen­tra­tion des pauvres désaf­fi­liés, est plus que compréhensible.

    tou­jours est-il que les pro­pa­gandes qui visent à faire de l’im­mi­gré le cou­pable entrent en réso­nance avec cette perte géné­rale de repères cultu­rels, inhé­rent à la forme capi­ta­liste et à la célé­ri­té du pro­grès tech­nique, mais ce ne sont pas les immi­grés qui empêchent, si ce n’est une « conscience de classe », du moins une conscience col­lec­tive révo­lu­tion­naire, bien au contraire, c’est parce qu’il n’y a pas cette conscience que les « sala­riés fran­çais » embour­geoi­sés, c’est à dire ayant une culture consu­mé­riste de petit capi­ta­liste, enne­mis des syn­di­cats et des « rouges », ceux pour qui faire grève serait un risque de levée d’hypothèque sur leur mai­son ou leur voi­ture neuve, ou du moins une perte de « pou­voir d’a­chat », se laissent orien­ter vers des diver­sions, et cau­tionnent des poli­tiques réac­tion­naires de pom­piers-pyro­manes, en même temps que ces réac­tion­naires sont des ultra-libé­raux ou des capi­ta­listes paternalistes…

    de sorte que l’in­ter­ro­ga­tion sur la perte d’i­den­ti­té, au lieu de débou­cher sur une lutte visant à en finir avec le capi­ta­lisme, s’o­riente par des réac­tions pri­maires contre les pre­mières « vic­times » du capi­ta­lisme, en même temps que ceux qui excitent ce genre de réflexe pri­maires, tra­vaillent à l’ex­ten­sion de l’emprise capitaliste.

    Du coup, si la mise en concur­rence des tra­vailleurs à l’é­chelle mon­diale et l’ex­pro­pria­tion capi­ta­liste qui jette des gens hors de leur pays pour venir chez nous, doit être enrayé, ça n’est en aucun cas pos­sible à par­tir d’une per­cep­tion eth­ni­ciste, bien au contraire, et mon vécu, jus­te­ment, c’est qu’il est bien plus facile de convaincre des immi­grés ou des sans papier de se défendre, de se syn­di­quer, d’être soli­daires, que de convaincre des « sala­riés français ».

    ce qui m’a­mène à voir très néga­ti­ve­ment le dis­cours de Péri­clès, au-delà du fait qu’il est en contra­dic­tion totale avec le posi­tion­ne­ment inter­na­tio­na­liste et la confi­gu­ra­tion mon­diale des luttes telles qu’elles se construisent dans le dia­logue lors de forum sociaux, qui com­porte bien évi­de­ment un aspect de défense achar­née de la spé­ci­fi­ci­té des cultures locales face à l’im­pé­ria­lisme. Car son tra­ves­tis­se­ment des concepts, ne peut abou­tir qu’à un ren­for­ce­ment de la per­cep­tion pri­maire, celle d’un apar­theid, et que du point de la lutte, de l’en­ga­ge­ment col­lec­tif pour enrayer lesz causes de nos pro­blèmes, il ne peut que cau­tion­ner la faci­li­té décon­cer­tante avec laquelle les « sala­riés fran­çais » se dédouanent de leur res­pon­sa­bi­li­té his­to­rique, en disant « c’est la faute des étran­gers », « c’est la faute d’une petite élite mon­dia­liste qui complote ».

    Bref au-delà d’une oppo­si­tion de fond, c’est-à-dire mon refus de consi­dé­rer un étran­ger à par­tir d’une essence immuable et d’une inca­pa­ci­té sup­po­sée à deve­nir révo­lu­tion­naire, refus jus­ti­fié par l’his­toire y com­pris très récente, au-delà d’une diver­gence totale sur la concep­tion de l’homme (et en ce sens il n’a rien com­pris de Cas­to­ria­dis), il s’a­git aus­si d’une oppo­si­tion fon­da­men­ta­le­ment tac­tique, notam­ment parce que le mou­ve­ment ouvrier dont il se réclame défi­nit sa lutte « pro­lé­ta­rienne », non pas sur une dif­fé­rence eth­nique, mais bien au contraire sur une dif­fé­rence de posi­tion dans les rap­ports de pro­duc­tion, et que non seule­ment, à sup­po­ser qu’il voit juste sur l’ inca­pa­ci­té des immi­grés à s’ins­crire dans une lutte pro­pre­ment anti­ca­pi­ta­liste voire de reven­di­ca­tions sala­riales, leur nombre ne jus­ti­fie en rien qu’on s’at­tarde sur leur cas, notam­ment au regard du nombre de chô­meur et de rmistes, mais en plus, là où est vrai­ment la force poten­tielle (si on suit tou­jours la théo­rie mar­xienne), là où est le pro­blème , c’est-à-dire le fait que l’im­mense pro­lé­ta­riat « fran­çais », de l’ou­vrier à l’in­gé­nieur n’a pas de conscience révo­lu­tion­naire, ne peut pas être réso­lu par son dis­cours anti-immi­gra­tion­niste, bien au contraire, il ne peut débou­cher que sur une diver­sion, une oppo­si­tion entre pro­lé­taires, entre com­pa­gnons de galère, et géné­rer des haines inutiles, en même temps qu’elles ren­forcent et les pro­blèmes et le « sys­tème », en somme, à sup­po­ser que « les sala­riés fran­çais » sous­crivent à ses délires, cela ne peut débou­cher que sur un iso­la­tion­nisme natio­na­liste et auto­ri­taire dou­blé d’un mons­trueux « chas­sons les immi­grés, ils nous empêchent de consom­mer comme l’in­jonc­tion publi­ci­taire et l’i­den­ti­fi­ca­tion à une pseu­do-culture bour­geoise nous pousse à désirer ».

    Réponse
  135. Catherine B

    Georges, je ne sais pas quelles sont les fins de Per­iclés et je m’en contre­fiche à vrai dire.S’il fal­lait attendre ceci ou cela pour se rendre compte, que ben, oui, poser ce genre de ques­tion­ne­ment ‑là de manière radi­cale ça ferait fich­tre­ment du bien pour tous, et bien on en serait là où on est aujourd’­hui, c’est à dire à s’ar­rê­ter si les manières ne nous plaisent paset donc à ne jamais vrai­ment poser les tenants et les abou­tis­sants de cette ques­tion ESSENTIELLE. Moi, les manières pour ce genre de pro­blème aigu, cru­cial, je m’en balance, en revanche les poser et croi­ser les points de vue, ça c’est rude­ment inté­res­sant à mon avis​.Je pense Péri­clés mal­adroit, je me recon­nais d’ailleurs un peu à tra­vers lui, dans sa mal­adresse qui des­sert ses pro­pos inté­res­sants pour­tant et son lever de bou­clier rapide, mais j’ai l’in­tui­tion que son désir est que ça change et je pré­fère le voir comme ça et sen­tir ses pro­pos comme de la dyna­mite salu­taire, la dyna­mite, on en a rude­ment besoin en ces temps de sclérose.

    Alors tu me dis que ce que je dis on le sait déjà, t’es gen­til, allez dis-le que je radote, je viens de fêter mes 55 révo­lu­tions solaires, c’est vrai, mais bon, que je répète quelque chose que tout le monde sait c’est vrai, tu as rai­son, mais j’ai le sen­ti­ment que de le répé­ter encore ça aide à inté­grer encore mieux cer­taines choses, mille excuses pour ceux chez qui c’est déjà fait.

    Réponse
  136. Catherine B

    Cher Sitouillain, mer­ci d’of­frir une telle tri­bune, tri­bune que je ne sau­rai hono­rer ce soir. J’es­père pou­voir lire demain et répondre si je sais répondre quelque chose. Pug­na­ci­té et exi­gence, j’aime ces belles qualités !

    Réponse
  137. Catherine B

    Tu me dis que le vécu ment Sitouaillain,le vécu est vécu fonc­tion de nos modes de per­cep­tion etc etc et ces modes sont eux-mêmes tri­bu­taires de nos appren­tis­sages qui sont des filtres, ain­si ne voit-on que ce que l’on a appris à voir, n’empêche, même si le vécu est impar­fait car il passe par notre canal humain qui n’est jamais par­fait, l’ex­pé­rience pra­tique de ce vécu est tou­jours plus pro­bante, plus par­lante qu’une théo­rie. Voi­là ce que je vou­lais dire.

    Je conti­nue, puis tu dis : » la vraie ques­tion qui se pose c’est qui peut accep­ter d’être sous-payé à part ceux qui n’ont pas de papiers« Mais c’est jus­te­ment cela la ques­tion essen­tielle, c’est qu’en fait ces sans-papiers s’ils n’exis­taient pas il fau­drait les inven­ter.

    ça sert qui les sans-papiers ?

    ça sert ceux qui veulent tou­jours avoir davan­tage de béné­fices en rap­tant sans ver­gogne l’éner­gie vitale des sans-papiers dont ils n’ont que faire, ça sert à ça les sans-papiers. A faire du fric, ça sert à avoir une main d’œuvre taillable et cor­véable à mer­ci, sans droit, sinon celui de cour­ber l’é­chine et de sur­vivre la peur au ventre, constam­ment. S’il n’y avait pas de sans-papiers, il fau­drait quand même que le tra­vail soit fait a mini­ma, il fau­drait trou­ver une main d’œuvre, mais alors ce serait une main d’œuvre qui vivrait moins dans la peur et qui serait donc un peu moins docile et un peu moins cor­véable, et donc au bout du compte, celui qui les fait tra­vailler ver­rait ses royal­ties comme moins royales si je peux dire.

    La para­bole des deux tis­sus dif­fé­rents, vieux et neuf, qu’on essaie d’u­nir et qui finissent par se déchi­rer, c’é­tait une façon de dire que lorsque l’on met côte à côte deux modes de rétri­bu­tion dif­fé­rents, ça va tou­jours dans le sens de celui qui est le plus fort et celui qui est le plus fort c’est celui qui offre le tra­vail rétri­bué, c’est-à-dire le patron. Deux modes de rétri­bu­tion dif­fé­rents au regard des pays d’o­ri­gine . Rétri­bu­tion qui pour l’un est un avan­tage par rap­port à ce qu’il gagnait dans son pays, est un désa­van­tage pour l’autre for­cé­ment, celui qui gagnait vaille que vaille sa croûte mais qui là va entrer en concur­rence déloyale dans un com­bat d’in­té­rêt per­du d’a­vance parce que c’est le patron qui fixe la bous­sole. C’est un conflit d’in­té­rêt inso­luble car l’or­gane de déci­sion final c’est le patron et le patron œuvre pour son inté­rêt de patron qui est d’a­voir une main d’œuvre la moins payée pos­sible pour qu’il puisse faire le plus de béné­fice pos­sible . C’est la roue­rie du sys­tème, celle de faire s’op­po­ser deux niveaux de réa­li­té dif­fé­rents sur un même niveau, et ça, c’est mis­sion impos­sible, c’est comme pour les tis­sus, voi­là l’i­mage et nulle ques­tion de bien ou de mal, c’est une loi, c’est tout. Et donc puisque c’est impos­sible, ça veut bien dire que cette contra­dic­tion qui fait naître cette ten­sion ne pour­ra, ne sau­ra être dépas­sée qu’en allant sur un autre niveau de réa­li­té, celui qui est au-des­sus, c’est-à-dire celui qui règle les auto­ri­sa­tions et les empê­che­ments. c’est sur ce ter­rain-là que ça se joue, de la ver­ti­ca­li­té et pas sur le ter­rain de l’ho­ri­zon­ta­li­té, cette pseu­do-guerre de sala­riés, où quoi­qu’on fasse on est tou­jours per­dant. Tou­jours per­dant jus­qu’à ce que l’on com­prenne que c’est la norme qu’il faut chan­ger et donc dépas­ser cette que­relle sté­rile de racisme qui sert trop bien des inté­rêts qui sont tou­jours les mêmes.

    Pas le temps d’en dire plus, je suis désolée

    Réponse
  138. Catherine B

    Et d’ailleurs, la com­mis­sion euro­péenne a très bien inté­gré cette notion, elle qui contri­bue à cas­ser toute norme qui pour­rait contre­ve­nir à cette règle du tou­jours plus pour cer­tains et du tou­jours moins pour les autres.

    C’est là que ça se passe et tout le reste est temps per­du, c’est en haut qu’il faut aller voir là où les règles viennent nor­mer les rap­ports humains car comme cha­cun sait et atten­tion je vais faire le per­ro­quet, les valeurs ne tombent pas du ciel il faut les faire advenir.

    Et ce sont les lois qui viennent enca­drer les rela­tions sociales et qui font adve­nir les valeurs et non l’inverse.

    Invo­quer des valeurs ne les a jamais mises au monde, il faut les por­ter sur l’au­tel des normes légales et alors peut-être que quelque chose chan­ge­ra. Pour s’en convaincre, regar­dons com­ment nous en sommes arri­vés là. La com­mis­sion euro­péenne a fait un tra­vail remar­quable de sapage de vie, c’est un vrai lami­noir d’hu­ma­ni­té, et là, sur ce ter­rain-là, nous pou­vons tous nous retrou­ver, tous, tous !

    Réponse
  139. Di Girolamo

    Cathe­rine

    Bien sûr que « poser ce genre de ques­tion­ne­ment ‑là de manière radi­cale ça ferait fich­tre­ment du bien pour tous, et bien on en serait là où on est aujourd’­hui, c’est à dire à s’ar­rê­ter si les manières ne nous plaisent pas »

    Je dis sim­ple­ment que la manière compte d’au­tant plus que le sujet est sérieux et complexe.
    Et je n’ai pas dit que tu rado­tais ! Bien que ce soit une atti­tude très lar­ge­ment par­ta­gé par nous tous.

    Réponse
  140. sitouaillain

    Ok Cathe­rine avec ce que tu dis,

    par contre, atten­tion avec ça : « l’ex­pé­rience pra­tique de ce vécu est tou­jours plus pro­bante, plus par­lante qu’une théorie »

    sim­ple­ment pour nuan­cer, il faut tout de même recon­naître que l’exi­gence scien­ti­fique, avec bien sûr tous ses tra­vers, est une manière de pro­duire des théo­ries à par­tir du vécu, dans un pro­ces­sus de prise de dis­tance avec les croyances, les idées reçues, en somme, dévoi­ler le vécu, c’est pour cela qu’on dit que théo­rie et praxis se nourrissent

    c’est à dire qu’il n’y a pas for­cé­ment d’op­po­si­tion nette entre vécu et théo­rie, il n’y a qu’une oppo­si­tion entre vécu tou­jours sin­gu­lier et théo­rie qui construit des géné­ra­li­tés s’ap­pro­chant de mil­liers, mil­lions, mil­liards de vécus, et oppo­si­tions entre théo­ries, plus ou moins proches du vécu, et plus ou moins éloi­gnées de préjugés.

    par exemple la théo­rie néo­li­bé­rale qui se base sur une idée d’un indi­vi­du abs­trait, « ration­nel », cher­chant tou­jours à maxi­mi­ser son pro­fit, donc qui n’existe pas.

    et par rap­port à ce que tu dis sur les sans papier, cela s’ap­plique aus­si à bien des femmes, des jeunes, qui acceptent des condi­tions de pré­ca­ri­té inouïes, et bien évi­dem­ment tout ceci est in fine une affaire de normes, de mobi­li­sa­tions pour faire adve­nir de nou­velles normes, et ces mobi­li­sa­tions ne réus­sissent que si elles ont un appui théo­rique bien en prise avec le vécu, quand la théo­rie fait vire le vécu comme alié­na­tion , comme situa­tion à trans­for­mer et non plus comme « fata­li­té » ou comme « vécu singulier »…

    et, chose impor­tante, à par­tir du moment où ce n’est qu’une affaire de méthode et de dis­ci­pline, la théo­rie n’est pas une affaire de théo­ri­cien, comme la poli­tique n’est pas une affaire de politicien… 😉

    Réponse
  141. Catherine B

    Tout à fait ok Sitouillain, c’est un va et vient conti­nuel, une dyna­mique qui se nour­rit deux deux pôles, théo­rie et pra­tique et si l’un vient à man­quer, il n’y a plus de ten­sion, donc plus de vie, bonne bonne jour­née à tous.

    Réponse
  142. Héloïse

    « et s’il reste quelque chose, c’est plu­tôt dans les cam­pagnes qu’il faut aller « voir », et ce que j’y ai vu et vécu, c’est que même là, le pro­ces­sus d’ac­cul­tu­ra­tion est en marche, et la france se couvre de centres com­mer­ciaux et de lotis­se­ment cali­for­niens pen­dant qu’on s’é­charpe sur des mina­rets… »

    Mer­veilleux vos der­niers posts, Sitouaillain ! Il est bon de débus­quer la peti­tesse d’es­prit qui peut rata­ti­ner tout un peuple, s’il consent à ce que Chris­to­pher Lasch décrit comme anéan­tis­se­ment de la per­sonne humaine : le com­plé­ment asso­cié au dogme du libé­ra­lisme éco­no­mique c’est bien le rabou­gris­se­ment des humains, l’a­lié­na­tion de leur huma­ni­té, et l’inoculation chez les consom­ma­teurs du virus (méchant celui-là) grâce auquel cha­cun est un buvard sur lequel aucune conscience propre ne peut tra­cer son écri­ture per­son­nelle : les tâches s’é­lar­gissent et il pleut des haines com­pen­sa­trices de frus­tra­tions crois­santes.. les rumeurs suf­fisent en guise de pen­sées, et l’on ne cite un auteur qu’à tort et à tra­vers, car on ne lit plus vrai­ment, on cherche des confir­ma­tions ras­su­rantes aux états d’âme ins­tal­lés… Qui recon­nait quels oiseaux chantent dans nos forêts aujourd’­hui ? Tel est « notre mépris » des espèces, qu’il reflète le mépris de l’hu­main lui-même ! Non, les sages ne peuvent qu’être « révolutionnaires » !

    Réponse
  143. Morpheus

    @ Péri­clès

    Peut-être gagne­riez-vous à faire la dif­fé­rence entre la per­sonne avec qui vous échan­gez des idées et les per­son­na­li­tés ou sources qu’il cite ?

    Je vous vois atta­quer ad homi­nem notam­ment sitouaillain, parce qu’il cite un auteur que visi­ble­ment vous conchiez. Soit, libre à vous d’ex­pri­mer le fait que vous conchiez cet auteur, et mieux encore, d’ex­pli­quer pour­quoi.

    Mais juger sitouaillain comme vous le faite, pri­mo cela ne ren­force pas les idées que vous défen­dez, et deuxiè­me­ment cela n’honore en rien votre personne.

    Dans un fil, sitouaillain cite un long pas­sage de Freud. Per­son­nel­le­ment, je conchie Freud et sa pseu­do psy­cha­na­lyse de bazar. Je l’ai fait remar­quer sans ambi­guï­té à sitouaillain, sans pour autant m’en prendre à sa per­sonne. Il est libre de choi­sir ses réfé­rences, même si celles-ci m’ap­pa­raissent mau­vaises. Je ne gagne­rais rien à le prendre à par­tie pour cela. Au contraire, si je ne l’at­taque pas per­son­nel­le­ment, peut-être s’in­ter­ro­ge­ra-t-il sur les rai­sons pour les­quelles je conchie Freud.

    En tous les cas, je peux vous assu­rer que si la com­mu­ni­ca­tion consciente et non vio­lente ne rend pas néces­sai­re­ment ser­vice, la com­mu­ni­ca­tion vio­lente, elle, des­sert tou­jours ceux qui en usent.

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  144. Ana Sailland

    Ah mais non, nous ne sommes pas hors sujet hihi ! ->

    Il est remar­quable que dans un fil de dis­cus­sion sur le fas­cisme se côtoient des dis­putes, voire des insultes, des émo­tions, des réflexions sur la com­mu­ni­ca­tion vio­lente ou non vio­lente, sur la psy­cha­na­lyse, sur la conscience.

    Remar­quable car enfin oui, si le fas­cisme est pos­sible, c’est bien, « cause des causes », parce que cette longue liste de thèmes est mal gérée/intégrée par notre espèce, ce qui laisse la porte ouverte à l’in­tru­sion de l’é­mo­tion, aléa­toire ou gui­dée, dans les moteurs de la déci­sion, ce qui favo­rise une forme de robo­tisme céré­bré au détri­ment de la conscience.

    La conscience n’est pas l’in­tel­li­gence : la seconde conçoit les armes et la pre­mière s’in­ter­roge sur cette invention.
    C’est en cela que la conscience est « plu­sieurs crans en des­sus » de l’intelligence.
    L’exemple n’est pas unique.
    Elle est le rem­part aux abus de l’in­tel­li­gence, mais aus­si un che­nal vers l’in­di­cible cohérence.

    La défi­nir clai­re­ment est très dif­fi­cile sans tom­ber dans le piège de cli­chés plus ou moins pro­sé­lytes ou emboi­ter le pas de pom­peux philosophes.
    On essaye ?

    L’his­toire « humaine » n’a pas encore com­men­cé ! nous dit l’un de nous.
    C’est joli­ment dit.
    À moins que jus­te­ment nous ne soyons en plein dedans, en train de l’é­crire, notre His­toire, ou de l’en­se­men­cer, au moment pré­cis où nous choi­sis­sons d’ob­ser­ver nos désordres, per­son­nels ou de groupe, avec bienveillance.

    Réponse
  145. Alain Guillou

    Oui, comme l’é­cri­vait un cer­tain Jau­rès, « l’hu­ma­ni­té n’existe pas encore… »

    Bien sûr il faut lire çà avec toute sa « conscience », c’est-à-dire en n’ou­bliant rien de ce qui fait de nous des monstres poten­tiels, tan­dis que nous atten­dons « de l’hu­main » dans notre miroir, c’est-à-dire chez « autrui ». Le nazi a bri­sé défi­ni­ti­ve­ment ce miroir, oubliant même que sa pro­gé­ni­ture vou­dra en recol­ler les mor­ceaux pour étan­cher sa soif d’humanité…S’il l’ob­serve, il la trou­ve­ra bien « petite bour­geoise » et ne com­pren­dra tou­jours pas le pro­ces­sus de tout « héritage ».

    Ne soyons pas naifs, l’his­toire pro­pre­ment humaine a peut-être frap­pé les trois coups depuis 2000 ans envi­ron, mais depuis, on attend qu’une panne soit répa­rée au théatre de « l’ho­mi­ni­sa­tion »… par­don pour ce mot assez mal appro­prié, ce qui arrive s’il faut faire court !

    Réponse
  146. Héloîse

    - De l’hominisation à l’humanisation / Le rela­tif et l’universel dans les fonc­tions cognitives.

    Avec Alain Ber­thoz, Col­lège de France.

    Le pro­ces­sus est uni­ver­sel, mais jus­te­ment les ten­sions entre « homi­ni­sa­tion » bio­lo­gique et « huma­ni­sa­tion » juri­dique sont à la fois pro­duc­trices de « chances » et de « risques ». Le risque de la mon­dia­li­sa­tion mar­chande est sans doute évident pour beau­coup d’entre nous mais une « grande régres­sion » menace si nous tar­dons à prendre conscience de la « cho­si­fi­ca­tion » du vivant induite à la fois par la logique interne du capi­tal et l’im­pos­ture de la tech­nique, tan­dis que le mys­tère de la vie n’est pas une pure ques­tion mathé­ma­tique, et qu’il devrait sti­mu­ler bien autre­ment notre « curio­si­té humaine ».

    Réponse
  147. Périclès

    Que de bla bla !

    Il y a du conflit dans le monde, entre classes, entre civi­li­sa­tions, et ne s’ar­mer contre en sor­tant tou­jours les mêmes sor­nettes écu­lées dignes du « Ima­gine  » de John Len­non, est autant nui­sible que d’être un par­ti­san convain­cu du conflit et de la guerre.

    Ne pas avoir le mini­mum d’a­gres­si­vi­té qui per­mette d’en­vi­sa­ger la capa­ci­té de nui­sance d’autres groupes qui ne par­tagent pas les mêmes inté­rêts ni les mêmes objec­tifs, est suicidaire.

    Deux écueils à éviter :

    l’es­prit de conquête et le choix du conflit pour sou­mettre comme le fait l’is­lam par essence

    faire l’a­po­lo­gie pué­rile de l’a­mour de l’Autre avec un uni­ver­sa­lisme de paco­tille, en fer­mant les yeux sur la volon­té de puis­sance des autres groupes

    Il semble évident que sur un blog tel que celui-ci, c’est la deuxième atti­tude qui est majo­ri­taire, c’est l’at­ti­tude géné­ra­le­ment de la classe moyenne boboi­sée des centres ville, au contraire de l’at­ti­tude du « peuple d’en bas » bien sûr tou­jours beauf et fas­ciste qui lui reste mieux armé contre cet uni­ver­sa­lisme anes­thé­siant qui ne pro­fite qu’à l’hy­per­classe dans son choix mon­dia­liste totalitaire.

    Réponse
  148. sitouaillain

    @ Péri­clès

    « Deux écueils à éviter :

    l’es­prit de conquête et le choix du conflit pour sou­mettre comme le fait l’is­lam par essence

    faire l’a­po­lo­gie pué­rile de l’a­mour de l’Autre avec un uni­ver­sa­lisme de paco­tille, en fer­mant les yeux sur la volon­té de puis­sance des autres groupes »

    et j’ai bien vu à quel point tu as déployé force éner­gie pour m’at­tri­buer l’at­ti­tude de « la classe moyenne boboi­sée des centres ville » alors que je ne fai­sais que cher­cher démon­trer à quel point tu évites le deuxième écueil en tom­bant dans l’autre…

    Pour­tant tu aurais eu tout autant voire encore plus rai­son si tu rem­pla­çais « l’is­lam » par « la chré­tien­té », et encore plus si tu rem­pla­çais tous ces noms d’oi­seau par « les pro­sé­lytes qui cherchent à vaincre plu­tôt qu’à convaincre et pour qui presque tous les moyens sont bons, que ce soit au nom de dieu, la liber­té, la nation, ou la démocratie ».

    et libre à toi de croire que « le peuple d’en bas » est mieux armé contre « cet uni­ver­sa­lisme anes­thé­siant », il n’empêche qu’il serait mal­hon­nête d’af­fir­mer que cela l’im­mu­nise des ins­tru­men­ta­li­sa­tions de ce qui fait qu’il est « mieux armé »,

    et mal­hon­nête de ne pas recon­naître que répé­ter des âne­ries sur « l’is­lam par essence » pro­fite tout autant à « l’hyperclasse »,

    mal­hon­nête enfin de se faire l’a­vo­cat des vic­times, de vou­loir contrer les pré­ju­gés de la classe diri­geante envers le peuple « bien sûr tou­jours beauf et fas­ciste » , tout en appli­quant les mêmes pro­cé­dés aux « musul­mans » for­cé­ment ceci ou cela,

    s’il est salu­taire de ne jamais ver­ser dans l’u­ni­ver­sa­lisme ou le paci­fisme béat, la pente inverse semble avoir fait plus de malheurs,
    la rai­son impose de recon­naître que mon enne­mi est dif­fé­rent de moi, la sot­tise incite à voir l’en­ne­mi dans tout ce qui est dif­fé­rent de moi.

    et je ne crois pas que les armes des peuples se four­bissent à l’ombre des pré­ju­gés et des sophismes,

    , au pas­sage, si on veut être pré­cis, on ne dit pas « boboï­sé » mais « embour­geoi­sé », et quand tu auras décons­truit tout ce qu’il y a de petit-bour­geois dans tes pen­sées faus­se­ment sub­ver­sives et pseu­do-enca­naillées, peut-être aurons-nous droit à autre chose que du bla­bla contreproductif.

    en atten­dant, je ne peux que déplo­rer que la péren­ni­té de « l’hy­per­classe » dis­pose de sou­tiens en la per­sonne de ceux qui, tout en recon­nais­sant son « choix mon­dia­liste tota­li­taire », se plaisent à dres­ser des bar­ri­cades entre les « peuples d’en bas » avec des dis­cours d’al­liance de classes,

    En Europe ou ailleurs, le conflit de civi­li­sa­tion est là, face aux bar­bares qui consi­dèrent qu’une civi­li­sa­tion est un état et non un pro­ces­sus, que les hommes sont et jamais ne deviennent, qu’il vaut mieux cru­ci­fier un pro­phète ou bri­ser le miroir que de chan­ger d’a­vis ou de mœurs.

    Réponse
  149. Périclès

    Les « bar­ri­cades » entre civi­li­sa­tions existent non­obs­tant tes rêves de col­lé­gien, et il faut les iden­ti­fier, le com­bat pour l’i­den­ti­té n’est pas un vain mot et n’a rien de « fas­ciste » ou de guer­rier. Encore une fois, cela ne signi­fie pas la guerre, mais le droit à sa sin­gu­la­ri­té et d’ailleurs les membres des autres civi­li­sa­tions ne manquent pas de l’af­fir­mer eux, leur sin­gu­la­ri­té, mais eux ils ont le droit, pas les Occi­den­taux c’est sûr !

    Une civi­li­sa­tion est un pro­ces­sus mais sur ses bases pas sur un mode de pha­go­cy­tose par les autres pour fina­le­ment abou­tir à sa disparition.

    Mais je vois que tu es prêt éven­tuel­le­ment à « chan­ger de mœurs », libre à toi, c’est un aveu de mul­ti­cul­tu­ra­liste invé­té­ré comme le Sys­tème en pro­duit indus­triel­le­ment et tu fais par­tie de la chaîne de pro­duc­tion. Le mul­ti­cul­tu­ra­lisme est un des ingré­dients majeurs de l’i­déo­lo­gie anglo-saxonne ultra libé­rale, sa cible ce sont les gens comme toi et ça marche.

    D’autre part, l’Is­lam est de fait une menace et contraire à notre civi­li­sa­tion et pour te contre­dire on voit bien que l’om­ni­po­tente et scan­da­leuse puis­sance amé­ri­caine en use ad nau­seam pour implan­ter ses régimes tota­li­taires aux inté­rêts com­muns en Libye ou aujourd’­hui en Syrie, tous les régimes laïcs arabes étant abat­tus même si en effet ce pou­vaient être des dictatures.

    Réponse
  150. sitouaillain

    @ Péri­clès,

    les pleur­ni­che­ries vic­ti­maires ne m’in­té­ressent pas, sur tout les craintes para­noïaque du « pauvre petit occi­den­tal », qui t’in­ter­dit d’af­fir­mer ta sin­gu­la­ri­té ? et pour­quoi dois-tu m’ac­cu­ser d’être ceci ou cela, être prêt à chan­ger de moeurs, ce peut être apprendre la poli­tesse et enri­chir sa conscience jus­qu’au plus haut degré de civi­li­sa­tion connu, et adap­ter son com­por­te­ment, rien à voir avec le mul­ti­cul­tu­ra­lisme, et il n’y a là aucun appel à tolé­rer l’i­nac­cep­table, mais bien plu­tôt un appel à se mettre à la hau­teur de ce qu’on exige des autres,

    tu peux dis­qua­li­fier tant que tu veux mes pro­pos et les dis­tordre de façon à mieux pou­voir te poser en vic­time ou en être supé­rieur, que m’im­porte si tu n’as rien à m’ap­prendre, que m’im­porte si ta haine et tes com­plexes d’in­fé­rio­ri­té ou de supé­rio­ri­té te conduise à des paroles qui t’é­loignent de ce que je peux accep­ter comme venant d’un com­pa­triote, car c’est ce que tu dis qui empêche notre civilisation.

    je ne crois pas être tout à fait athée mais en tout cas com­plè­te­ment agnos­tique, et que ce soit à par­tir d’une tra­di­tion, d’un idéo­lo­gie ou d’une reli­gion, les fana­tiques et les bor­nés m’in­dis­posent, les sala­fistes m’in­dis­posent, tu m’in­dis­poses, pas l’  »islam », qui effec­ti­ve­ment est incom­pa­tible avec ta civi­li­sa­tion, la mienne sait res­pec­ter ce qui est res­pec­table, sait se régé­né­rer, reje­ter ce qui l’a­vi­lit et absor­ber ce qui l’é­lève, que cela vienne de son sein ou d’ailleurs,

    et ton médi­ca­ment est un poi­son à trop forte dose, mais je ne demande pas mieux que tu prennes une juste dose d’u­ni­ver­sa­lisme qui ne serait pas « de paco­tille », afin d’u­ser ton intel­lect à dire des choses justes et étayées, l’is­lam ne peut être défi­ni comme tu le fais,

    d’ailleurs Maho­met dit dans le Coran : « Appelle au che­min de ton Sei­gneur avec la sagesse et la bonne exhor­ta­tion, puis dis­cute avec eux sur un ton modéré »
    (Les Abeilles, V. 125)

    Et il dit : « Ne dis­cu­tez avec les gens du Livre que de la manière la plus douce » Sou­rate 29, ver­set 46.

    La sou­rate 49 ver­set 13 dit : « Ô hommes, Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle, et nous avons fait de vous des nations et des tri­bus, pour que vous vous entre-connaissiez »

    Et dans un autre verset :

    « Allah ne vous défend pas d’être bien­fai­sants et équi­tables envers ceux qui ne vous ont pas com­bat­tus pour la reli­gion et ne vous ont pas chas­sés de vos demeures (de prendre soin d’eux et bien se com­por­ter avec eux). Car Allah aime les équitables.

    Allah vous défend seule­ment de prendre pour alliés ceux qui vous ont com­bat­tus pour la reli­gion, chas­sés de vos demeures et ont aidé à votre expul­sion. Et ceux qui les prennent pour alliés sont les injustes. »

    Coran, 60, ver­sets 8 et 9.

    dans la Sun­na on apprend qu’une délé­ga­tion de Chré­tiens vint à Médine en pro­ve­nance de Naj­ran, une ville du sud-ouest d‘Arabie, le pro­phète Moha­met les reçut dans sa mos­quée et les invi­ta à dire leurs prières à l’intérieur de la mos­quée. Les Musul­mans disaient leurs prières d’un côté de la mos­quée et les Chré­tiens de l’autre. Au cours ce cette visite, le Maho­met dis­cu­ta aima­ble­ment avec eux sur de nom­breux sujets.

    en matière de chan­ge­ment de moeurs, on y lit aus­si : « … Puis, le Négus nous invo­qua à sa ren­contre. Nous nous réunîmes avant d’y aller. Nous dîmes les uns aux autres : « Le roi va vous inter­ro­ger sur votre reli­gion. Expo­sez donc clai­re­ment ce à quoi vous croyiez et que Ja’­far ibn Abû Tâlib soit exclu­si­ve­ment votre porte-parole ». Nous allâmes ensuite voir le Négus qui était entou­ré de ses patriarches, endos­sant leurs sou­tanes, vêtus de leurs calottes et rete­nant leurs livres entre les mains. Nous trou­vâmes chez lui aus­si ‘Amr ibn Al-‘As et ‘Abd-Allâh ibn Abû Rabi’a. Quand nous prîmes place, le Négus nous adres­sa la parole, en disant : « Quelle est donc cette nou­velle reli­gion que vous avez inven­tée, en abju­rant celle de votre tri­bu, et sans tou­te­fois que vous conver­tis­sez à la mienne ou à n’im­porte quelle autre reli­gion bien connue ? »

    Ja’­far ibn Abû Tâlib s’ap­pro­cha alors de lui et dit : « Ô roi ! Nous étions des gens ignares : nous ado­rions les fétiches, nous magnions les bêtes cre­vées, nous com­met­tions les tur­pi­tudes, nous nui­sions à nos liens de famille, nous por­tions atteinte au voi­si­nage, et le fort par­mi nous n’hé­si­tait jamais à fou­ler aux pieds le faible. Nous res­tions sur cet état jus­qu’à ce qu’Al­lah nous a envoyés un Mes­sa­ger pris par­mi nous. Nous connais­sons sa lignée et nous sommes sûrs de sa sin­cé­ri­té, de son hon­nê­te­té et de sa digni­té. Il nous appelle à vouer un culte exclu­sif à Allah l’U­nique et à quit­ter les idoles de pierre que nous ado­rions avec nos ancêtres. Il nous exhorte à la fran­chise et nous aver­tit contre la tra­hi­son des dépôts. Il nous prêche aus­si d’en­tre­te­nir nos liens fami­liaux, de s’at­ta­cher au bon voi­si­nage, de s’abs­te­nir des grands péchés et d’ar­rê­ter les effu­sions du sang. Il nous enjoint de ne jamais com­mettre les tur­pi­tudes, ni de faire de faux témoi­gnage, ni de s’ac­ca­pa­rer des biens des orphe­lins, ni de lan­cer des accu­sa­tions contre les femmes chastes. Il nous invite à ado­rer Allah, l’U­nique sans jamais Lui don­ner d’as­so­cié, d’ac­com­plir la prière (Al-Salât), de faire l’au­mône légale (Al-Zakât), de jeû­ner le mois de Rama­dan (Al-Siyâm). Nous lui avons don­né foi, nous avons cru en lui et nous l’a­vons sui­vi en se confor­mant à ce qui lui a été révé­lé de la part d’Al­lah. Nous avons donc consi­dé­ré comme licite ce qu’il nous l’a décla­ré comme tel, et vice-versa. »

    mes (soit-disant?) ancêtres n’a­vaient peur que d’une chose, que le ciel leur tombe sur la tête, et voi­là qu’on m’ap­pelle à être une mau­viette crai­gnant les paroles du sar­ra­sin, pour sau­ve­gar­der je ne sais quelle cré­ti­ne­rie qui nous serait propre, au pré­texte que d’autres font de même…tout ça sent un peu trop la déca­dence et la dégénérescence…ma patrie et ma culture sont suf­fi­sam­ment fortes, mais nous avons trop lâché du lest en tolé­rant des pro­pos qui la détruisent, ton eth­no­dif­fé­ren­tia­lisme, ton essen­tia­lisme iden­ti­taire, ton antiu­ni­ver­sa­lisme rela­ti­viste sont une régres­sion et non un dépas­se­ment, ce sont les tra­vers occi­den­taux d’un tri­ba­lisme ger­ma­nique, or notre spé­ci­fi­ci­té dans le monde, et ce qui fait que même dis­pa­rue, notre civi­li­sa­tion conti­nue­ra d’exis­ter, c’est notam­ment d’a­voir su construire le vivre ensemble sur autre chose que l’eth­ni­cisme, d’a­voir su construire la recherche de la véri­té et du bien vivre sur autre chose que des dogmes et des véri­tés révé­lées, et nous avons su tirer pro­fit de l’é­change entre cultures et civi­li­sa­tions, et sans doute sommes aus­si les héri­tiers de géno­ci­daires et d’é­ra­di­ca­teurs de la diver­si­té cultu­relle, jus­te­ment parce que l’u­ni­ver­sa­lisme jaco­bin com­porte sa part de bar­ba­rie eth­no­cen­triste et que son anti­dote se trouve ailleurs pour mieux repui­ser chez nous à la source des sagesses éra­di­quées car païennes ou héré­tiques et sur­tout contra­dic­toires avec la domi­na­tion d’une élite, mais seul un imbé­cile ne sau­rait voir à quel point nos traits cultu­rels et phi­lo­so­phiques spé­ci­fiques doivent leur exis­tence à la décou­verte de L’Autre, et jus­te­ment par l’é­tude de ce qui nous ras­semble et ce qui nous dif­fé­ren­cie, de la contro­verse de Val­la­do­lid, des récits de mar­co polo, de la fas­ci­na­tion pour l’o­rient, le rayon­ne­ment cultu­rel de l’Al­le­magne et ses géants de la pen­sée n’au­rait pas eu lieu sans le patient tra­vail de pas­teurs alle­mands pour com­prendre et tra­duire les sagesses indiennes et chi­noises, et nous ne serions pas si riches sans l’ap­port tech­nique et phi­lo­so­phique des sages de l’is­lam qui fai­sait tant de place à la science contrai­re­ment au chris­tia­nisme obs­cu­ran­tiste d’a­vant la renais­sance, les âges d’or sont les âges de curio­si­té et d’é­change, de confiance en soi, et c’est ain­si que les hommes se civi­lisent et qu’ils retra­duisent sous des traits spé­ci­fiques ce que d’autres hommes leur ont appris, toute culture humaine est un syn­cré­tisme, tout lan­gage un créole, même au fin fond de la jungle, mais sur­tout dans des espaces aus­si ouverts que l’Europe, Mozart magni­fie le vio­lon que des ber­gers ouï­ghours ont inven­té quelques mil­lé­naires avant, Pytha­gore conver­sait avec des druides celtes et des sages de Perse et d’Inde, Mev­la­na le sou­fi der­viche autant héri­ter des sadhous que des moines byzan­tins ins­pire la pen­sée bré­si­lienne d’au­jourd’­hui, qu’ai-je à craindre de tout cela ?

    en termes d’at­ti­tude men­tale contraire à la civi­li­sa­tion, je ne vois que peu de dif­fé­rences entre la manière dont tu pré­sentes les choses et dont tu t’a­dresses à moi, les appels de Bush à la croi­sade et ceux des sala­fistes au dji­had, tout ceci est la néga­tion même de ma culture, et il n’y a pas lieu de tolé­rer l’obs­cu­ran­tisme et l’in­té­grisme chez moi au pré­texte qu’il serait un rem­part contre « l’a­mé­ri­ca­ni­sa­tion », mais ras­sure-toi, j’ai bien conscience que cet impé­ria­lisme mar­chand est à la source de ces réac­tions iden­ti­taires pri­mi­tives, et ce sont pré­ci­sé­ment ceux qui s’y aban­donnent qui s’af­fai­blissent et se rendent inca­pables de résis­ter effi­ca­ce­ment, en alliance objec­tive avec ceux qui s’af­fai­blissent en tolé­rant tout et en se confor­mant au système.

    mais tu ne sais sans doute pas que les gens qui te mettent ces idées dans la tête sont du côté oppo­sé de la bar­ri­cade et ont été pui­ser leur source idéo­lo­gique dans le monde anglo-saxon, ce qui fait de toi un étran­ger pour moi, un apôtre de la civi­li­sa­tion de l’a­par­theid et des guerres de reli­gion ne sau­rait me salir en se pré­ten­dant fran­çais, mon peuple a déjà assez souf­fert de ce genre de barbarie,

    et pour­tant je suis sûr que tu as les res­sources pour décons­truire ce qui empoi­sonne ton dis­cours et pour pui­ser aux sources de l’a­mour uni­ver­sel les moyens de te désa­lié­ner, car pour le moment la haine et la crainte t’empêchent d’être un adver­saire sérieux à ce que tu pré­tends combattre.

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  151. Périclès

    Imbé­cile ! men­teur prêt à me vendre la salade pro islam d’une sagesse de l’is­lam ver­sus l’obs­cu­ran­tisme du Moyen-Age, la vieille comp­tine écu­lée du sys­tème ser­vant à jus­ti­fier Eurabia.

    Dhim­mi, aucun dia­logue pos­sible avec un pro isla­miste déguisé !

    Tout ton texte minable n’est qu’un tis­su de men­songes cor­res­pon­dant à la pro­pa­gande offi­cielle du petit gau­chiste de salon tota­li­taire et pro islamiste

    Nous sommes enne­mis, tu n’ap­par­tiens pas à ma civi­li­sa­tion, tu es sans doute d’ailleurs un muzz dégui­sé qui couillonne tous les bobos bisou­nours qui fré­quentent ce blog.

    En tout cas, t’as du temps à perdre pour écri­vaillon­ner ta longue rédac de col­lé­gien attardé.

    Réponse
  152. sitouaillain

    Péri­clès, j’ai bien com­pris que ce qui t’ef­fraie le plus est ce qui pour­rait t’a­me­ner à explo­rer des champs pour les­quels tu as déter­mi­né des réponses défi­ni­tives, et, comme tout croyant, comme tout pen­seur hété­ro­nome, ta sécu­ri­té psy­chique t’es plus pré­cieuse que la vérité,

    il se trouve que la vieille comp­tine écu­lée du sys­tème res­sem­ble­rait plu­tôt à ce que tu dis, notam­ment sur l’is­lam ou les non-européens,

    moi je défend la laï­ci­té, c’est à dire que je n’ai pas de reli­gion et per­sonne ne me conver­ti­ra, et j’en­tends qu’on me laisse en paix là-dessus,
    mais dès qu’un type dans ton genre, qu’il soit chré­tien, athée ou musul­man, sort du cadre de la laï­ci­té, alors oui je prends du temps, car c’est mon devoir de citoyen français,

    mais vois-tu, vis-à-vis du chré­tien ou du musul­man, à défaut de les convaincre d’a­ban­don­ner leur atta­che­ment exclu­sif à une véri­té par­ti­cu­lière, tout ce que je peux faire lors­qu’ils adoptent un com­por­te­ment non conforme à ce que je crois être juste, c’est de fouiller dans leurs sagesses res­pec­tives ce qui tra­duit cette soif de jus­tice et cet amour uni­ver­sel qui est le ciment du vivre ensemble,

    notre culture a ceci de défen­dable qu’elle ne résume pas l’i­den­ti­té à un code géné­tique, ni à une reli­gion, mais cela ne veut pas dire que tous les fran­çais sont à ce niveau de culture, la preuve, tu existes et es sans doute né en France, mais tu n’es pas tout à fait français,

    si tu l’é­tais plei­ne­ment, tu n’au­rais pas peur, car ce n’est pas l’is­lam qui te menace, et ta propre fai­blesse et fer­me­ture d’es­prit, t’empêche de com­prendre ce qui génère l’in­té­grisme et ce qui pour­rait l’en­rayer, bien au contraire tes dis­cours en ali­mentent la légi­ti­mi­té aux yeux de ceux qui s’y adonnent, à ce titre tu ne vaux pas mieux qu’eux, et tu n’es pas plus fran­çais qu’eux.

    « La plus extra­va­gante idée qui puisse naître dans la tête d’un poli­tique, est de croire qu’il suf­fise à un peuple d’entrer à main armée chez un peuple étran­ger, pour lui faire adop­ter ses lois et sa consti­tu­tion. Per­sonne n’aime les mis­sion­naires armés ; et le pre­mier conseil que donnent la nature et la pru­dence, c’est de les repous­ser comme des enne­mis. » Robespierre

    Réponse
  153. Périclès

    Le Sys­tème média­ti­co-poli­tique aux ordres de la finance inter­na­tio­nale, est favo­rable à l’Is­lam et à sa bana­li­sa­tion, et tu le sais, escroc et tu es com­plè­te­ment ali­gné sur cette position.Tous les jours les medias vili­pendent ceux qui vou­draient aler­ter sur les dan­gers de l’Is­lam et la venue en effec­tifs consi­dé­rables de popu­la­tions isla­mi­sées sur notre ter­ri­toire, la vin­dicte à l’é­gard d’un groupe tel que Riposte laïque en est un exemple, mais il est vrai que ce sont sans doute des fas­cistes pour un mec comme toi.

    Le seul argu­ment des escrocs dans ton genre qui en géné­ral hantent ce genre de blog, c’est d’ac­cu­ser l’autre, le contra­dic­teur de la doxa ambiante et poli­ti­que­ment cor­recte, de fai­blesse psy­cho­lo­gique ; le psy­cho­lo­gisme de bazar est ton seul non argument.

    Réponse
  154. sitouaillain

    @ Péri­clès, vu que tu ne com­prends rien à ce que je dis, je suis obli­gé de plai­der la fai­blesse psychologique,

    c’est tout de même pas dur de recon­naître que tu ne connais rien à « l’is­lam », que « l’is­lam » recèle les mêmes « dan­gers » que le « catho­li­cisme » et qu’ef­fec­ti­ve­ment il y a lieu de les dénon­cer, mais stu­pide de reje­ter tout en bloc et de tenir des dis­cours dans ton genre ne mène à rien si ce n’est à la guerre civile,

    le poli­ti­que­ment cor­rect, ça n’est pas mon genre, je ne m’at­taque pas à ce que tu dis parce que c’est poli­ti­que­ment incor­rect, mais parce que c’est faux, et le plus ridi­cule c’est que tu te crois subversif,

    et si « Le Sys­tème média­ti­co-poli­tique aux ordres de la finance inter­na­tio­nale » me dit que la terre tourne autour du soleil, selon toi je devrais dire l’inverse ?

    ou bien les théo­ries racia­listes, l’eth­no­dif­fé­ren­cia­lisme, ou le « choc des civi­li­sa­tions », ça ne vient pas des élites exploi­teuses ? com­ment peux-tu ima­gi­ner cri­ti­quer effi­ca­ce­ment le mul­ti­cul­tu­ra­lisme en en adop­tant les mêmes schèmes et les mêmes pré­misses de pen­sée ? puisque le mul­ti­cul­tu­ra­lisme, tolé­rance hypo­crite et indif­fé­rente, est déjà un pro­grès par rap­port à ton ima­gi­naire d’é­pu­ra­tion eth­nique, comme disais Bush, je t’ai mal sous-esti­mé ? ou bien seras-tu capable de com­prendre ce que les hommes ont pro­duit de supé­rieur à ces théo­ries de ghettoïstes ?

    et si c’é­tait toi qui n’a pas pas d’ar­gu­ments, justes des fausses croyances, des insultes et des pleur­ni­che­ries de vic­time. ouvres les yeux pour­tant, vous êtes presque majo­ri­taires, le pen, hor­te­feux et sar­ko pensent comme toi, zey­mour dis la même chose tous les jours à la télé, tous les jour­na­listes ont déplo­ré l’ar­ri­vée de par­tis ouver­te­ment musul­mans à la tête des révo­lu­tions arabes, islam pas com­pa­tible machin on entend ça tous les jours, de récents son­dages aux USA montrent que l’ul­tra­ma­jo­ri­té du peuple yan­kee pense comme toi, tu vois, t’es dans le sys­tème, fas­ciste, mais réjouis-toi de l’être puisque tu es si fier de tes idées, t’es encore trop bri­mé par le poli­ti­que­ment correct !

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  155. Périclès

    Pauvre type, tu montres là à quel point tu mens par ce petit extrait de ta prose mer­dique, puisque c’est tout le contraire qui est expri­mé par les jour­na­listes aux ordres !

    « tous les jour­na­listes ont déplo­ré l’ar­ri­vée de par­tis ouver­te­ment musul­mans à la tête des révo­lu­tions arabes, islam pas com­pa­tible machin on entend ça tous les jours, »

    et je ne vois pas en quoi le catho­li­cisme est une menace, salopard !

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  156. sitouaillain

    encore une fois mon esprit est capable de voir de l’ombre et de la lumière là où tu ne sais que voir ombre ou lumière, sans doute un héri­tage judéo­chré­tien qui atro­phie ta pen­sée, mais sans aller au fond des choses pour t’ex­pli­quer mon point de vue sur le catho­li­cisme, et puis comme j’en ai un aus­si sur les dan­gers du pro­tes­tan­tisme, si tu ne « ne vois pas en quoi le catho­li­cisme est une menace » en soi, c’est parce que tu es le sujet de modes de pen­sée hété­ro­nome, en ce sens, tu n’as rien com­pris à Castoriadis,

    mais, plus pro­saï­que­ment, même si en France nous n’a­vons pas fini de la muse­ler et de la remettre à sa juste place, la plus vaste orga­ni­sa­tion que le monde ait connu, cen­tra­li­sée, hié­rar­chique, dog­ma­tique et anti­dé­mo­cra­tique, est « mon­dia­liste », c’est même sa rai­son d’être, d’où son nom et sa pro­pen­sion pas­sée à brû­ler de l’hérétique,

    et ce n’est pas moi qui ait écrit ce qui suit mais ton maître, le petit père des peuples sou­mis à Rome, le véné­rable cama­rade Ratzinger :

     » cette trans­for­ma­tion s’ef­fec­tue­ra au prix d’un trans­fert, gra­duel et et équi­li­bré, d’une par­tie des attri­bu­tions natio­nales à une Auto­ri­té mon­diale et aux Auto­ri­tés régio­nales, ce qui s’a­vère néces­saire à un moment où le dyna­misme de la socié­té humaine et de l’é­co­no­mie, ain­si que le pro­grès de la tech­no­lo­gie, trans­cendent les fron­tières qui se trouvent en fait déjà éro­dées dans l’u­ni­vers mondialisé »

    « Mal­gré cer­tains de ses aspects néga­tifs, la mon­dia­li­sa­tion réunit davan­tage les peuples, les inci­tant à s’o­rien­ter vers un nou­vel Etat de droit au niveau supranational..suivant une dyna­mique ana­logue à celle qui, dans le pas­sé, a mis fin à la lutte anar­chique entre les clans et les royaumes rivaux, en vue de la consti­tu­tion d’E­tats natio­naux, l’hu­ma­ni­té doit aujourd’­hui s’en­ga­ger dans la tran­si­tion entre une situa­tion de luttes archaïques entre les enti­tés natio­nales et un nou­veau modèle de socié­té inter­na­tio­nale plus unie…le temps est venu de conce­voir des ins­ti­tu­tions ayant une com­pé­tence universelle. »

    le reste du texte « Pour une réforme du sys­tème finan­cier inter­na­tio­nal dans la pers­pec­tive d’une auto­ri­té publique à com­pé­tence uni­ver­selle » est à l’a­ve­nant avec tout plein des bons sen­ti­ments que tu vomis pour­tant en les qua­li­fiant de « gau­chistes boboïsés ».

    devant tant d’i­gno­rance, tes insultes me flattent !

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  157. Périclès

    Boni­men­teur ! la menace mon­dia­liste vient de mecs comme toi, tou­jours prêts à bana­li­ser l’Is­lam, à te cou­cher et à vitu­pé­rer le chris­tia­nisme, tu appar­tiens vrai­ment à une sale engeance, deux enne­mis : les ultra­li­bé­raux et les jobards de ton espèce.

    Réponse
  158. Catherine B

    Bon,je mets cette ques­tion ‘fis­su­rante » dans la rubrique fas­cisme car je trouve que ça y a trait.Nous vivons dans une struc­ture fas­ciste, c’est mon point de vue.

    Tout compte fait on aban­donne une bonne par­tie de nos droits à un pseu­do col­lège de repré­sen­tants à la condi­tion, c’est le contrat, que d’autres droits nous soient garantis.

    Mais dites-moi, où sont-ils donc ces fameux droits qui nous seraient garan­tis moyen­nant notre subor­di­na­tion aux struc­tures repré­sen­ta­tives ? Je ne les vois pas, les voyez-vous ? Pou­vez-vous éclai­rer ma lanterne ?

    Ne sommes-nous pas com­plices de nos ser­vi­tudes à force de leur obéir de façon aus­si auto­ma­tique, en rechi­gnant certes, mais en obéis­sant quand même, et c’est pas tant ce qu’on dit que ce qu’on fait qui construit notre quotidien.

    Agis et tu seras ce que tu penses comme dit un ami de Wat­sla­vik dont j’ai oublié le nom. Comme on n’a­git pas ou peu, je parle sur­tout de moi, et qu’on se contente de cau­ser, on pense tou­jours avec les mêmes pen­sées qui finissent par nous don­ner le tour­nis, et on est tou­jours occu­pé par la même affaire for­cé­ment, et on tourne en rond, non ?

    Réponse
  159. Alain Guillou

    Fina­le­ment, sous la rubrique « fas­cisme » nous avons réus­si à la fois à ali­men­ter nos petites cel­lules grises, et à faire des tra­vaux pra­tiques, grâce à un échan­tillon volon­taire, très utile pour la péda­go­gie « anti-fa »…Heu­reu­se­ment que là où j’é­tais en vacances les murs abri­taient la fraî­cheur et l’hos­pi­ta­li­té des hôtes signi­fiait bien plus que les insultes d’un psy­cho-rigide-obsé­dé pur porc !

    Réponse
  160. Péricles

    On le voit bien avec une for­ma­tion telle que le Front de gauche et son pré­sident, sorte d’a­boyeur tota­li­taire qui vou­drait inti­mi­der le qui­dam grâce à son ser­vice d’ordre, les « fas­cistes » ne sont plus à l’ex­trême-droite ou éti­que­tée telle, mais bien plu­tôt du côté de la pseu­do gauche, des pseu­do verts, des pseu­do anars, et de toute l’en­geance de la rebel­li­tude alter­mon­dia­liste inculte, ils sont à la fête de l’Huma.

    La dégé­né­res­cence du gau­chisme, déjà un stade fal­si­fié de la vraie cri­tique, atteint son point culmi­nant dans la pos­ture « anti­fa » poli­ti­que­ment cor­recte et enfu­meuse et d’ailleurs les sala­riés de ce pays l’ont bien com­pris en n’ayant que mépris et indif­fé­rence pour ces indi­vi­dus narcissiques.

    Les situa­tion­nistes avaient déjà par­ti­cu­liè­re­ment bien com­pris la misère de ces milieux et l’a­vait dénon­cée en son temps comme de la fausse cri­tique tou­jours en retard d’une guerre. Main­te­nant que ce type de cri­tique situ ou proche a dis­pa­ru, il ne faut pas s’é­ton­ner de voir pro­li­fé­rer le gau­chisme imbé­cile par­fois presque isla­mo­phile que vous repré­sen­tez, vous trois ou quatre contra­dic­teurs de ce fil.

    Il est évident que la rup­ture sociale, le bou­le­ver­se­ment révo­lu­tion­naire ne vien­dront pas de vous, vous êtes dis­qua­li­fiés et sans intérêt.

    Réponse
  161. Péricles

    Le cré­tin « sitouaillin » parle de pen­sée hété­ro­nome, pauvre petit pré­ten­tieux à deux balles, il parle de « menace catho­lique », dans ton cas le cer­veau rep­ti­lien n’est pas encore arri­vé au stade de la pen­sée ! enfonce des portes ouvertes, imbé­cile, t’as un siècle de retard, tire sur l’am­bu­lance « catho­lique », c’est pas dan­ge­reux, et c’est bien vu, et laisse toi isla­mi­ser dans la joie, à moins que cela ne soit déjà fait, pauvre his­trion, tu cor­res­ponds exac­te­ment à la par­faite réus­site du for­ma­tage des esprits dans le poli­ti­que­ment cor­rect, au super­mar­ché des pos­tures modernes tu repré­sentes « la fausse cri­tique » per­mise et encou­ra­gée pour les bour­rins de ton espèce.

    La menace c’est des mecs comme toi essen­tiel­le­ment pour l’in­tel­li­gence humaine.

    Réponse
  162. Péricles

    Et le comique « Guillou » qui parle de péda­go­gie « anti­fa » avec des airs supé­rieurs, ridi­cule bobo sur cla­vier, où t’en as vu des « fas­cistes », pauvre cré­tin, tu te crois à Bar­ce­lone en mai 1937 ! facile de jouer les « anti­fas » quand il n’y a pas de « fas », cuistre impos­teur, des géné­ra­tions entières de vrais com­bat­tants du fas­cisme authen­tique doivent se retour­ner dans leur tombe en sachant que de telles niai­se­ries peuvent être pro­fé­rées par des bobos sans cervelle.

    J’ai beau­coup d’es­time pour Étienne Chouard, mais le pauvre je ne sais s’il se rend compte à quel point un blog tout à fait hono­rable comme le sien, réus­sit à concen­trer tout le bidon­nage de la fausse cri­tique dans les com­men­taires, ce fil est par­ti­cu­liè­re­ment gra­ti­né, je n’ai pas trop vu les com­men­taires sur les autres, j’ose espé­rer que le niveau est moins désespérant.

    Réponse
  163. Ana Sailland

    Cas­sé le miroir ?

    Réponse
  164. Morpheus

    @ Péricles

    Tout l’in­té­rêt du blog d’Étienne, c’est de don­ner réel­le­ment la parole à tous, à tout pro­pos et à tout moment. Y com­pris pour ceux et celles qui res­sentent le besoin de s’empailler et de se défouler.

    Une véri­table ISEGORIA.

    Par exemple, bien que sur la ques­tion des anti­fa, je sois du même avis que toi, ta manière de les dénon­cer me donne des bou­tons. Mais ce n’est pas grave : c’est moi que cela regarde. Je ne suis pas obli­gé de te lire. Et si je te lis, alors c’est ma res­pon­sa­bi­li­té si j’at­trape des boutons.

    Donc, quand je m’empaille avec sitouaillain (oui, oui, ça arrive), j’ac­cepte que cela puisse, le cas échéant, me por­ter sur les nerfs (sachant qu’à mon avis, c’est réciproque).

    C’est là tout le piquant de ce grand prin­cipe qu’est la liber­té d’ex­pres­sion. Nous avons donc un très bel exemple ici pour démon­trer – si cela devait encore l’être – qu’il y a une grande dif­fé­rence entre connaître le che­min et arpen­ter le che­min.

    😉

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  165. jules

    Du nou­veau ; « l’ob­ser­va­toire euro­péen des mou­ve­ments néo-nazis et assi­mi­lés » décla­ré à la pré­fec­ture de Paris sous une asso­cia­tion loi 1901. A voir leur posi­tion sur ces groupes d’ex­trême droite.

    Réponse
  166. Pouni

    Le nazisme étant un mélange glauque de paga­nisme pan ger­ma­nique pro lumières anti catho­lique et anti judaïsme, cet obser­va­toire doit déjà avoir l’UE en ligne de mire, à part le cri­tère anti-juif (et même au contraire), tout y est.
    Donc s’ils ne le voient pas, concluons qu’ils font seule­ment la chasse aux anti­sé­mites et sûre­ment aux anti­bio­tiques puisque l’a­mal­game. Est à la mode chez nous (si tant est que nous ayons encore un chez nous).

    Réponse
  167. @eps

    J’ai enten­du que l’Ob­ser­va­toire des Mou­ve­ments néo-nazis avait tenu une réunion mar­di der­nier dans le dixième arron­dis­se­ment de Paris. Savez-vous si d’autres réunions sont pré­vues et com­ment faire pour y assister ?

    Réponse

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