« Vivre l’utopie » : mémoire des luttes ouvrières anarchistes, pour la justice et la paix

21/05/2012 | 13 commentaires

Vivre l’utopie !
mémoire des luttes ouvrières anarchistes,
pour la justice et pour la paix, en autogestion,
pendant la « guerre d’Espagne ».

Un film émou­vant, qui entre­tient la mémoire des luttes.

Il y a plein de choses impor­tantes dans ce documentaire :

🎬 Lec­teur vidéo d’origine (Flash, plus lisible aujourd’hui) : video​.google​.com

https://​www​.dai​ly​mo​tion​.com/​v​i​d​e​o​/​x​1​b​o40

Vivre l’u­to­pie par­tie 1 par boxon64

Vivre l’u­to­pie 2 par boxon64

vivre l’u­to­pie 3 par boxon64

vivre l’u­to­pie 4 par boxon64

vivre l’u­to­pie 5 par boxon64

J’ai rele­vé (mais j’ai raté plein de phrases inté­res­santes, aidez-moi) :

• « Dans l’his­toire, les eaux cap­tives, que ce soit celles de l’ha­bi­tude ou celles du des­po­tisme, ne tolèrent pas la vie ; la vie dépend de l’a­gi­ta­tion que créent quelques indi­vi­dus excen­triques. En hom­mage à cette vie, à cette vita­li­té, la com­mu­nau­té doit accep­ter cer­tains risques, et doit admettre une cer­taine part d’hé­ré­sie. Elle doit vivre dan­ge­reu­se­ment si elle veut vrai­ment vivre. » Her­bert Read.

• « Un peuple sans his­toire n’est pas un peuple, il n’est rien. » Un vieil anar espagnol.

• « Le plus cho­quant, c’est que la place était pleine, ils par­laient, et per­sonne n’ap­plau­dis­sait : le silence. Les gens n’ap­plau­dis­saient pas mais ils réflé­chis­saient à ce qui se disait, ils écou­taient. On enten­dait juste de temps à autre « Vive la CNT ! », et aus­si­tôt un écho reten­tis­sait : « Vive la CNT ! Vive le com­mu­nisme liber­taire ! »… Ça nous enflam­mait, ça nous fai­sait vivre intén­sé­ment ces moments, sans applau­dir, sans cette rhé­to­rique com­mu­niste qui déclenche applau­dis­se­ments sur applau­dis­se­ments ; c’é­tait plu­tôt une sorte de séré­ni­té, de conscience. »

• L’en­jeu cru­cial des armes, dont les riches ne manquent jamais et dont les peuples acceptent d’être pri­vés, juste avant de se faire massacrer.

• « Le mépris tra­di­tion­nel des anar­chistes pour l’argent pro­voque un chan­ge­ment radi­cal dans les rela­tions éco­no­miques : on crée des mon­naies locales, des bons, et dans bon nombre d’en­droits, on en vient à une abo­li­tion totale de l’argent. » […]
« On ne payait rien, tout était gra­tuit. […] Aucun égoïsme, ça n’exis­tait pas : com­ment aurait-il pu y en avoir ? Quand il n’y a pas d’argent, il ne peut y avoir d’é­goïsme. »
« On le dit aujourd’­hui et les gens ne le com­prennent pas. Mais non, ça se pas­sait bien. »

• On voit pas­ser, bien sûr, George Orwell, qui a écrit un livre for­mi­dable sur l’ex­pé­rience anar­chiste en Espagne, « Hom­mage à la Cata­logne ».

• « Chaque mili­tant se consi­dé­rait, tel Don Qui­chotte, comme un défen­seur de cette uto­pie, de cette façon d’a­gir et de se conduire en socié­té, selon une éthique, sans avoir besoin d’être surveillé. »

• L’ar­mée de Fran­co, qui défen­dait les seuls inté­rêts des plus riches, a vain­cu l’ar­mée répu­bli­caine (et donc la mul­ti­tude des pauvres) grâce à l’aide de Hit­ler et de Mus­so­li­ni ; et aus­si grâce à la pas­si­vi­té com­plice de Blum (légen­daire hypo­cri­sie des par­tis dits « socia­listes », mais tou­jours au ser­vice des indus­triels et des ban­quiers).
Le voi­là donc, le vrai sens pro­fond du mot « fas­cisme » : les riches qui prennent les armes pour mas­sa­crer les pauvres quand ils rechignent à tra­vailler pour des miettes, puis contraindre les sur­vi­vants ter­ro­ri­sés aux tra­vaux for­cés à leur pro­fit. => Rien à voir, donc, avec les défi­ni­tions que les médias actuels (aux ordres des plus riches, pré­ci­sé­ment) nous imposent aujourd’­hui : le fas­cisme, à les entendre, ce serait le natio­na­lisme, le pro­tec­tion­nisme, le racisme, l’an­ti­sé­mi­tisme… Allons ! Voyons : le fas­cisme, c’est bien plu­tôt l’i­déo­lo­gie abou­tie des Ver­saillais : l’É­tat tota­le­ment au ser­vice des plus riches. Si on oublie ça, on n’ar­rive plus à se défendre, faute de pou­voir même viser l’adversaire.

• Ce sont les com­mu­nistes (mar­xistes) qui ont froi­de­ment assas­si­né les cadres anar­chistes (com­mu­nistes liber­taires).
« Le par­ti com­mu­niste était en train de prendre de l’am­pleur, et toutes les bonnes armes qui arri­vaient de Rus­sie allaient aux forces qu’il com­man­dait. Subrep­ti­ce­ment, ils ont péné­tré les entrailles de l’ar­mée, les com­mis­sions, les ser­vices d’in­for­ma­tion mili­taire, jus­qu’à les occu­per en tota­li­té. »
« Nous, nous étions convain­cus que leur idée était d’ac­com­plir l’ordre de Sta­line : d’é­li­mi­ner notam­ment les anar­chistes, de reprendre le pou­voir, et de ter­mi­ner la guerre quand Sta­line le déci­de­rait. C’é­tait ça l’i­dée. »
« Idéo­lo­gi­que­ment, ça ne les inté­res­sait pas que des méca­nismes révo­lu­tion­naires se pour­suivent et nous fasse gagner la guerre. On aurait pu dire au pays : ce qui a gagné la guerre, c’est à la fois l’œuvre qu’a accom­plie l’a­nar­chisme et ce qu’a fait la CNT, et c’est un départ pour l’a­ve­nir. »
« C’é­tait la pre­mière révo­lu­tion anar­chiste du monde. Une révo­lu­tion qui n’é­tait pas contrô­lée par les com­mu­nistes n’a­vait aucun sens pour les com­mu­nistes. »
« Tu sais ce qui s’est pas­sé avec les col­lec­ti­vi­tés : Lis­ter est venu avec toute son armée, et il a fait table rase de tout, sous la férule des fusils. Voi­là le grand para­doxe : que les com­mu­nistes aient détruit le com­mu­nisme le plus communiste. »

• « Sou­vent je me demande si tant de dou­leurs, tant de sacri­fices, tant de souf­frances ont valu la peine. Et puis je me dis qu’  »en réa­li­té, nous avons don­né une leçon au monde : on a beau dire, nous avons pu don­ner un exemple qu’il est pos­sible de vivre sans gou­ver­ne­ment (puis­qu’il n’y avait pas de gou­ver­ne­ment) et que les col­lec­ti­vi­tés mar­chaient : tout mar­chait comme ça, par accords mutuels. »
« Pour moi, les trois mois que j’ai pas­sés à la col­lec­ti­vi­té sont les moments les plus heu­reux de ma vie, car je n’a­vais à me pré­oc­cu­per de rien : à quoi bon l’argent ? »
« Ce furent les années les plus intenses de ma vie : j’ai connu la fra­ter­ni­té, le dés­in­té­rêt, l’es­prit de sacri­fice, et la soli­da­ri­té. Je me suis sen­ti frère de ceux qui lut­taient avec moi, qui avaient les mêmes idées. »
« Je crois que c’est la meilleure des choses, qu’il faut lut­ter pour cela, car même si ce n’est pas pour demain, si ce n’est qu’un objec­tif, il faut que ce soit une illu­sion, une uto­pie, comme une poé­sie. »
« L’a­ve­nir appar­tient à ceux qui osent. Quand on ne peut plus rêver, on meurt. C’est que dit Emma Gold­man, et c’est la vérité. »

Dites : j’ai l’im­pres­sion que cette expé­rience anar­chiste pen­dant la « guerre d’Es­pagne » (guerre menée par les riches, n’ou­blions pas ça, contre les pauvres en voie d’é­man­ci­pa­tion), cette expé­rience, donc, res­semble beau­coup à ce que pour­rait être une VÉRITABLE DÉMOCRATIE, digne de ce nom, vous ne trou­vez pas ?

Étienne.

Pour m'aider et m'encourager à continuer, il est désormais possible de faire un don.
Un grand merci aux donatrices et donateurs : par ce geste, vous permettez à de beaux projets de voir le jour, pour notre cause commune.
Étienne

Catégorie(s) de l'article :

13 Commentaires

  1. Xavier

    Bon­jour,

    J’ai une curio­si­té natu­relle pour le monde qui m’en­toure, la façon dont il s’est façon­né… J’en viens donc à m’in­for­mer et je tombe sur de très bonne sources, informations..

    MAIS MON PLUS GROS PROBLÈME, C’EST LE FAIT D’ÊTRE EMBROUILLÉ ENTRE CE QU’ON M’ENSEIGNE À L’UNIVERSITÉ ET LES RECHERCHES QUE J’ENTREPRENDS, LES INCOMPATIBILITÉS, INCOHÉRENCES…

    J’AI VRAIMENT CE SENTIMENT D’ÊTRE ENDOCTRINÉ ET CE MÊME POUR CE QUI EST DES COURS D’ÉCONOMIE…

    Soit, c’é­tait juste pour par­ta­ger ma frus­tra­tion, gran­dis­sante, grandissante… 🙂

    Bien à vous tous, Xavier.

    Réponse
  2. lakri

    Bon­jour !

    mer­ci pour vos confé­rences pas­sion­nantes. Vous met­tez à ma por­tée des choses qui n’y étaient pas, sur­tout en économie.

    Je trouve votre théo­rie sur le tirage au sort com­plè­te­ment intéressante.

    C’est tout a fait ça dont on a besoin.

    Ils nous ont fait croire que nous étions trop bêtes pour nous mêler de poli­tique, qu’il valait mieux s’en remettre à eux.

    Quelle blague !

    et le pire de l’his­toire, c’est que la plu­part l’ont tel­le­ment inté­gré qu’ils pensent qu’on peut encore se conten­ter d’al­ler voter tous les 5 ans.

    Je suis révol­tée par tout ça, les médias, et le reste.

    Heu­reu­se­ment qu’il y a des per­sonnes comme vous , avec autant d’in­tel­li­gence et d’énergie.

    Mer­ci de com­battre l’i­gno­rance, il y en a si cruel­le­ment besoin

    Réponse
  3. Sylvain

    Bon­jour,

    Pour ceux qu’un monde sans argent inté­resse, je vous pro­pose de lire ces 2 livres.

    Ceux qui auront l’en­vie (le cou­rage?) d’ar­ri­ver au bout, mer­ci de me faire part de vos com­men­taires, sug­ges­tions et cri­tiques, même virulente.

    Bonne lec­ture !

    Réponse
  4. RHC

    Bon­jour ,

    « Le vrai sens pro­fond du mot « fas­cisme » : les riches qui prennent les armes pour mas­sa­crer les pauvres quand ils rechignent à tra­vailler pour des miettes, puis contraindre les sur­vi­vants ter­ro­ri­sés aux tra­vaux for­cés à leur profit. »

    @Xavier

    Notre étoile est seule et pour­tant elle est double, si on arrive à voir et cer­ner clai­re­ment, nous pour­rions peut être mon­ter à la marche sui­vante. Dom­mage que les émo­tions per­turbent la signi­fi­ca­tion pro­fonde des mots, il fau­drait que tout le monde par­ti­cipe à les défi­nir clai­re­ment. Lais­sant aux élites seules de les défi­nir et les contrô­ler ramène tôt ou tard à la catastrophe : 
    le temps et les mal­heurs figés d’une manière cyclique<=> Les connais­sances endoctrinées<=>Évolution limi­tée<=> Frus­tra­tion grandissante ,

    Réponse
  5. Ana Sailland

    « J’ai rele­vé (mais j’ai raté plein de phrases inté­res­santes, aidez-moi) » =>

    J’ai rele­vé ci-des­sous quelques uns des pas­sages qui me cor­res­pondent à 100%.
    Déses­pé­rée presque de devoir choisir …

    ->

    Tout est lié par l’esprit de soli­da­ri­té.

    c’est ce qui existe de plus impor­tant dans notre organisation.

    ……..

    Les voi­sins étaient une grande famille.

    A l’époque, il n’y avait pas d’assurance chô­mage, de sécu­ri­té sociale, ni rien.

    Quand quelqu’un tom­bait malade, un voi­sin qui avait quelques éco­no­mies, la pre­mière chose qu’il fai­sait, c’était de les poser sur la table, et il lais­sait ça là sur la table, sans papier ni poi­gnée de main. « Quand tu retour­ne­ras tra­vailler, quand tu pour­ras, tu me le ren­dras ». Et quand le malade retra­vaillait, il le ren­dait, sou par sou. C’était une ques­tion de prin­cipe, de morale.

    …….

    Il y avait la famille universelle

    ………

    Et mon cœur a bon­di, lorsque j’ai enten­du qu’en cer­tains lieux, l’argent était aboli.

    Et mon cœur a bon­di, lorsque j’ai enten­du, plu­sieurs fois, que tout ça, c’est la seule issue.

    C’est par les plus belles nuits d’Août, lorsque le ciel est le plus riche en lumières immé­mo­riales, témoins scin­tillants des pro­fon­deurs infi­nies de l’ailleurs, que je m’allonge sur l’herbe encore tiède, et le regard tour­né vers l’inconnu, me prends à rêver à la cer­ti­tude per­çue, au-delà de mon temps-espace, d’autres consciences, qui, n’en dou­tons pas, se col­tinent tout là-haut la même aven­ture que la notre : celle de la marche hési­tante et sou­vent dou­lou­reuse vers la liber­té ultime de l’être indi­vi­dué quoique soli­daire, liber­té coor­don­née entre tous par le cœur de tous, seule coor­di­na­tion fiable et viable, vive en foi non far­dée, sur le long terme.
    Car
    Je me dis, et ce n’est peut être pas qu’une hypo­thèse, qu’existent deux (au moins deux) sortes de civilisations : 

    -Celles qui choi­sissent et demeurent dans le contrac­tuel. Celles là dis­pa­raissent, tôt ou tard, sou­vent dans un cata­clysme para­doxa­le­ment induit par leur prin­cipe fon­da­teur. Celles là, je les appelle civi­li­sa­tions de la défiance, car elles sont fon­dées sur le don­nant-don­nant, sur le « je ne donne que si on me donne », si proche, de proche en proche, de la com­pé­ti­tion, et donc de la rapa­ci­té, de la domi­na­tion aveugle et des­truc­trice, que nous vivons ici maintenant …

    -Celles qui au contraire fran­chissent le pas, s’extraient du puits de poten­tiel infi­ni de toutes les peurs et de tous les égoïsmes, véri­table saut quan­tique, impré­vi­sible, sans variable cachée, sinon la conscience. Celles là sur­vivent. Je les appelle civi­li­sa­tions de la confiance. Elles sont fon­dées sur le don, le don sans contre­par­tie, éga­le­ment répar­ti au cœur de cha­cun comme moteur de l’acte et de la conver­gence, moteur unique. 

    Nous sommes à la croi­sée des che­mins. Peut-être n’avons-nous plus que très peu de temps pour choisir …

    ~~~~~~~~~~~

    Mer­ci Mer­ci Merci
    Mer­ci * 3
    à eux
    d’Espagne et d’ailleurs
    Les Grands d’Espagne, les vrais, mains caleuses, actes nobles, 
    et d’ailleurs,

    Mer­ci à eux, 
    de nous avoir démon­tré la faisabilité. 
    Leur sang ver­sé n’est pas leur échec. 
    Leurs vies sont notre espoir. 

    Mer­ci car cer­tains jours, la déses­pé­rance envahit. 

    Le doute.

    Ce tra­vail qui nous ras­semble, chez Étienne ou ailleurs, en vir­tuel ou sur le ter­rain, ce tra­vail qui de Pierre à Paul, Marie, Cuné­gonde, ne dif­fère que d’un détail tant l’essence est la même, ce tra­vail, si modeste, si lent, dis­cret, labo­rieux, par­fois nous en dou­tons. Qui­conque est enga­gé ne peut reve­nir, ni boire la liqueur d’oubli, sauf à mou­rir. C’est pour­quoi ces ins­tants de doute sont immense souffrance. 

    Mer­ci donc d’avoir gra­vé dans l’Histoire la cer­ti­tude que l’utopie fait par­tie du pragma. 

    Le doute, il faut bien le recon­naître, est super­be­ment struc­tu­ré : La domi­nance, que nos fai­blesses ont construite en dix mille ans, a su jouer de nos lacunes pour s’insinuer au centre de notre libre arbitre, faire de nous des com­plices, de ce que nous exé­crons, et c’est vital dans l’instant. « On » nous a inven­té des besoins, on les a inven­tés de toute pièce, dont nous sommes amou­reux, qui sont nos pri­sons modernes. Fini le chuin­te­ment des che­nilles des pan­zers, plus besoin de bruit de bottes : nous sommes enfer­més, dans le moder­nisme. Sacrée pri­son, enfer sacré. Au pas de lois votées par notre »démo­cra­tie«. Com­pre­nons bien que si ces glo­rieux anciens qui renaissent par la magie d’un film avaient de la peine à vaincre le désordre éta­bli, nous en aurons encore plus, de la peine : les tech­no­lo­gies et les struc­tures en tous genres ont tis­sé le filet dont nous ne pou­vons plus nous libé­rer par simple réap­pro­pria­tion de la bêche, de la pioche, de la fau­cille, du com­pas, de l’équerre et du mar­teau : la pro­duc­tion, l’échange, le sto­ckage, le par­tage, la dis­tri­bu­tion, le poli­tique, la mon­naie, la finance, l’avoir, le devoir, la domi­nance, la sou­mis­sion, tout est intri­qué dans une opa­ci­té géante, hyper­com­plexe, qui rend le démê­lage impos­sible dans l’immédiateté, contrai­re­ment à ce qui se vivait encore dans les années trente. Et si pour­tant nous y par­ve­nons, les forces réser­vistes, de la vio­lence, guettent, pour réta­blir, comme dans les années trente, le temple des hiérarques.

    D’où le doute, et il est justifié. 

    Pour le vaincre, nous aurons à semer, non plus seule­ment nos champs, mais le jar­din des consciences. Et pas seule­ment celles des pauvres, mais aus­si celles des riches (((vaste pro­gramme … ;;; je ne suis pas séduite par le concept de lutte des classes ; j’ai une vision sys­té­mique, i.e. pré­cha­ma­nique de la poli­tique mondiale …)))

    Pour le vaincre, le doute, nous aurons à semer, à l’intérieur de nous, chaque indi­vi­du en soi, l’aptitude à s’arracher du contexte alié­nant, par des actes simples, exemples simples, impul­seurs modestes, pol­li­ni­sa­teurs de style, de noblesse et d’émergence.

    Je reprends donc ici la cita­tion de l’amont :

    Quand quelqu’un tom­bait malade, un voi­sin qui avait quelques éco­no­mies, la pre­mière chose qu’il fai­sait, c’était de les poser sur la table, et il lais­sait ça là sur la table, sans papier ni poi­gnée de main. « Quand tu retour­ne­ras tra­vailler, quand tu pour­ras, tu me le ren­dras ». Et quand le malade retra­vaillait, il le ren­dait, sou par sou. 

    Cet exemple nous pouvons/devons le suivre. Afin que notre exemple soit exemple à son tour. 

    C’est en s’extrayant du cal­cul que l’individu, seul, soli­tai­re­ment noble et seul juge, démontre que l’utopie balise le prag­ma­tisme de demain, et qu’elle est viable, et fiable, vive en foi non far­dée, sur le long terme. 

    Mieux encore, quand tu donnes, réclame si tu en as les moyens, réclame qu’on ne te rende pas à toi, mais sug­gère que plus tard on rende à une tierce per­sonne. Un don ne doit pas en effet atter­rir dès l’envol, ce serait sa mort : du peuple des oiseaux, mieux vaut qu’il cir­cule, exac­te­ment comme cir­cule l’argent-dette, mais sans la per­ver­sion atte­nante. (À ceux qui me croisent, j’explique l’argent-don …)

    Pour le vaincre (le doute), nous dis­po­sons aus­si de l’acte créa­tif (« Créer c’est résis­ter, Résis­ter c’est créer », comme nous l’a ensei­gné Lucie Aubrac), qui consiste à contrer, non pas de front, mais sub­ti­le­ment. Mille pistes. Creu­ser l’imaginaire pour décou­vrir en friche le champ nou­veau de l’économie libre. Nous connais­sons les AMAP, entre autres. 
    Je vous recom­mande de vous pen­cher (ce qui suit est cita­tion) sur l’initiative citoyenne de Tod­mor­den, une petite ville du nord de l’Angleterre, d’où est par­ti le mou­ve­ment des « Incroyables Comes­tibles » (« Incre­dible Edible » en VO). En 2008, une poi­gnée d’activistes enva­hit le bitume de bacs de plan­ta­tions : sur les trot­toirs, dans la cour du col­lège, devant l’hôtel de police, sur les par­terres de l’hôpital… Aujourd’­hui, chaque citoyen cultive un car­ré de terre, et offre aux pas­sants sa récolte. L’es­pace public s’est chan­gé en jar­din potager,géant, gratuit. 

    Cet exemple démontre qu’il est pos­sible de nous extraire de la sus­dite hyper­com­plexi­té alié­nante, sans inutile palabre. Agir. Sans débattre. C’est possible. 

    Dans le film est abor­dé un thème cen­tral qui par­tage en deux camps : le camp de la spon­ta­néi­té et le camp de la structuration. 

    -Le camp de la spon­ta­néi­té, c’est en gros celui de l’anarchisme (a pri­va­tif devant arXHeïn/commander), celui de la spi­ri­tua­li­té laïque, c’est-à-dire de la foi active en ce qui se cache en nous, le bon sau­vage de Rous­seau. Le film démontre qu’il n’est pas un mythe, ce bon­homme là, mais bien réel, quoiqu’on en dise ; sous nos yeux s’étale la preuve que nous avons juste à l’exhumer hors de sa pri­son, cet homme bon, sa pri­son qui est en par­tie nous. 

    Le camp de la struc­tu­ra­tion, c’est en gros le socia­lisme, ou les socia­lismes.

    L’Histoire démontre que s’il y a struc­ture, fata­le­ment émergent des domi­na­teurs. Ter­rible constat. La isquier­za del cora­zon est une atti­tude qui ne peut ni ne doit être légi­fé­rée, sauf à impo­ser la dic­ta­ture d’une fausse fra­ter­ni­té. Quand la gauche du ster­num se retrouve être la gauche de l’hémicycle, elle meurt. 

    Le rouet de Gand­hi devient rou­leau com­pres­seur dès qu’il faut filer doux. 

    L’axe de l’utopie, c’est le cœur de l’Homme, 
    et quand cer­tains s’en emparent,
    au pré­texte d’efficacité,
    il n’est plus l’axe
    mais le chaos de la route. 

    Pour conclure, je réponds à la ques­tion d’Étienne :

    « Dites : j’ai l’im­pres­sion que cette expé­rience anar­chiste pen­dant la « guerre d’Es­pagne » (guerre menée par les riches, n’ou­blions pas ça, contre les pauvres en voie d’é­man­ci­pa­tion), cette expé­rience, donc, res­semble beau­coup à ce que pour­rait être une VÉRITABLE DÉMOCRATIE, digne de ce nom, vous ne trou­vez pas ? »
    »> Oui et non : je pense que l’anarchie va plus loin que la démo­cra­tie, s’engage davan­tage sur le che­min de la liber­té . Elle place le cœur, le dyna­misme, la modes­tie, la soli­da­ri­té réelle, au som­met de toutes les hié­rar­chies, qu’elle abroge comme obso­lètes devant la gran­deur natu­relle de l’Homme. Elle illustre et incarne mon verbe de foi, spon­ta­né, venu je ne sais d’où, il m’a enva­hie voi­ci quelques années, qui en pre­mière lec­ture fait ruer dans les bran­cards … : La liber­té, c’est avoir l’opportunité d’obéir aux injonc­tions de l’âme.

    Réponse
  6. sitouaillain

    • Sur http://​www​.tou​pie​.org/​D​i​c​t​i​o​n​n​a​i​r​e​/​F​a​s​c​i​s​m​e​.​htm on lit :

    « Le régime fas­ciste entend faire de la nation une com­mu­nau­té unique ras­sem­blée der­rière un seul homme (culte de la per­son­na­li­té et impor­tance de la hié­rar­chie), avec un indi­vi­du qui doit s’ef­fa­cer devant l’État. Reje­tant les droits de l’homme, il s’ac­com­pagne d’un État poli­cier fort et sécu­ri­taire, d’une orga­ni­sa­tion ver­ti­cale des métiers en cor­po­ra­tion, d’une méfiance envers les étran­gers et d’une poli­tique réactionnaire. »

    • Sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9ories_du_fascisme, on lit :

    « Le fas­cisme, sous sa forme ita­lienne d’abord, puis sous sa forme géné­rique d’idéologie poli­tique natio­na­liste et auto­ri­taire des années 1920–1940 a don­né lieu à de nom­breuses inter­pré­ta­tions contra­dic­toires de la part des dif­fé­rents cou­rants de pen­sée poli­tiques ain­si que des cher­cheurs des dif­fé­rentes sciences humaines – his­toire, éco­no­mie, sciences poli­tiques, socio­lo­gie, psy­cha­na­lyse, etc. Ces inter­pré­ta­tions se basent par ailleurs sur des défi­ni­tions par­fois dif­fé­rentes du fas­cisme, élé­ment qui doit éga­le­ment être pris en compte pour bien les com­prendre. Elles ont cepen­dant ten­dance à consi­dé­rer le fas­cisme sous sa forme large, c’est-à-dire de phé­no­mène poli­tique euro­péen (incluant en géné­ral fas­cisme ita­lien et nazisme alle­mand, par­fois d’autres régimes tels le fran­quisme espa­gnol, etc.) et pas seule­ment sa défi­ni­tion stric­te­ment italienne.

    Les inter­pré­ta­tions du fas­cisme sont clas­si­que­ment regrou­pées en trois grandes caté­go­ries, à l’instar de l’his­to­rien fran­çais Pierre Mil­za dans son ouvrage de syn­thèse Les Fascismes :

    Les trois thèses clas­siques, contem­po­raines du fas­cisme, sont sou­vent le fait de mili­tants et pen­seurs anti­fas­cistes et sont donc mar­quées par ce contexte : thèse libé­rale de la « paren­thèse anti­li­bé­rale » ; thèse du déter­mi­nisme his­to­rique de l’Italie et de l’Allemagne ; thèse mar­xiste de l’expression du grand capital.
    Les thèses issues des sciences humaines ont domi­né les années 1950–1960. Par­mi elles, la thèse du phé­no­mène tota­li­taire de l’école amé­ri­caine, la thèse de l’expression poli­tique des classes moyennes et les thèses psy­cha­na­ly­tiques (dont Wil­helm Reich et l’É­cole de Francfort).

    Les années 1970 voient l’appropriation du phé­no­mène par les his­to­riens, sym­bo­li­sé notam­ment par la contro­verse autour des tra­vaux de Ren­zo De Felice concer­nant le fas­cisme ita­lien, la « que­relle des his­to­riens » sus­ci­tée par les tra­vaux d’Ernst Nolte sur le nazisme, ou encore les spé­cu­la­tions sur l’existence ou non d’un fas­cisme fran­çais à la suite des tra­vaux de Zeev Stern­hell, etc. »

    Article très inté­res­sant, qui per­met de se faire une idée des dif­fé­rentes lec­tures du phé­no­mène fasciste,

    En tout cas si on oublie que le fas­cisme ne pou­vait se mettre en place que s’il exis­tait une par­tie de la popu­la­tion qui y adhérait…on ne sau­ra pas se défendre non plus…et le chau­vi­nisme, le racisme et bien d’autres bas ins­tincts, de même qu’un cer­tain rap­port à l’ordre, à l’E­tat, au Par­ti, à l’E­glise, à autrui, etc., ont fait par­tie de la potion malé­fique… le tout et c’est très dif­fi­cile, c’est de savoir déce­ler ce qui à l’heure actuelle peut être très dif­fé­rent des sin­gu­la­ri­tés de l’é­poque mais relève des mêmes phénomènes…un peu comme fait Chom­sky sur la « fabrique du consen­te­ment » ou ce qu’ont fait les phi­lo­sophes de l’é­cole de Francfort.

    Disons que si nous étions en situa­tion de déclen­cher le quart de ce qu’on réus­si les révo­lu­tion­naires espa­gnols, si nous vou­lons que ça dure, il importe de bien com­prendre que ce ne seront pas les riches qui nous pose­ront le plus de pro­blèmes, même si bien sûr, la petite caste qu’ils forment est encore mieux armée aujourd’­hui pour tirer par­ti de n’im­porte quelle situation..

    reste aus­si à éva­luer com­bien de temps peut tenir une forme d’or­ga­ni­sa­tion telle qu’elle s’est faite jour en Espagne, en tout cas ce qui est à ne pas repro­duire, au vue des pos­si­bi­li­tés lais­sées à des élé­ments nocifs de prendre de l’as­cen­dant, par exemple les staliniens…les leçons de la révo­lu­tion russe n’a­vaient-elles mani­fes­te­ment pas suf­fi à mettre du plomb dans la tête aux uto­pistes et anar­chistes ou bien était-ce inévi­table ? à nous de trou­ver les bonnes réponses !

    Réponse
  7. NingúnOtro

    « Dites : j’ai l’im­pres­sion que cette expé­rience anar­chiste pen­dant la « guerre d’Es­pagne » (guerre menée par les riches, n’ou­blions pas ça, contre les pauvres en voie d’é­man­ci­pa­tion), cette expé­rience, donc, res­semble beau­coup à ce que pour­rait être une VÉRITABLE DÉMOCRATIE, digne de ce nom, vous ne trou­vez pas ?

    Étienne. »

    Mer­ci pour cette recon­nais­sance tar­dive de l’a­nar­chisme et la condam­na­tion du com­mu­nisme non liber­taire, Étienne.

    Main­te­nant, il te manque encore com­prendre le méca­nisme logique (et pas du tout idéo­lo­gique) qui fait que les « riches » veuillent être riches.

    On en avait par­lé le jour où on s’est vus à Bruxelles, mais tu es par­fois si lent à com­prendre qu’on se déses­père de t’a­voir un jour à nos côtés 😉 .

    Cette guerre civile en Espagne, elle était menée par des puis­sances étran­gères, les rouges qui vou­laient contrô­ler la Pénin­sule Ibé­rique, et les bleus qui ne pou­vaient pas se per­mettre que cela arrive.

    Entre les deux ils ont étouf­fé le prin­temps anarchiste.

    Puis, le vain­queur à écrit l’his­toire qui lui convenait 😉 .

    Réponse
  8. Catherine

    U‑topia un lieu qui se cherche, se rate, mais fini­ra au fil des essais à se trou­ver pos­si­ble­ment un peu, si peu que nous nous lais­sons infor­mer de nos erreurs, au vrai sens du terme du terme,in-for­ma­tion, c’est à dire un agir qui nous forme du dedans de nous car nous avons inté­gré l’er­reur de nos essais infruc­tueux, sur le che­min quoi !

    Réponse
  9. Frédéric Boutet

    Nous avons pas­sé ce film trois fois à l’au­tomne 2010 autour de Tou­louse avec Flo­réal Romé­ro, fils d’un couple ayant vécu cette révo­lu­tion sociale, trois séances riches. Mais le film est trop long pour le pas­ser en entier : nous avons sélec­tion­né des par­ties mon­trant la vie des gens sous la révo­lu­tion sociale. Voir sur mon site Puis­sance Plume

    Il y a tou­jours des non dit en Espagne en 2012 sur le géno­cide opé­ré par les troupes de Fran­co et son admi­nis­tra­tion. Il faut deman­der à savoir le noms de ces gens assas­si­nés, même si l’on n’est pas espagnol.

    Parce que que nous, en France, on nous apprend la GUERRE d’Es­pagne, des faits de guerre, mais jamais on nous parle de la RÉVOLUTION SOCIALE : ce sont 8 MILLIONS de gens qui vivaient sans État, et par­fois sans monnaie.

    Je pense comme Étienne qu’en cumu­lant la connais­sance de la démo­cra­tie athé­nienne et la com­pré­hen­sion de la socié­té anar­chiste espa­gnole, on a vrai­ment de très grosses billes pour re-créer une consti­tu­tion inté­res­sante pour le peuple. Le seul pro­blème : il faut que le peuple VEUILLE écrire une nou­velle constitution.

    Par rap­port à l’his­toire, j’ai iden­ti­fié trois points essen­tiels à faire décou­vrir aux gens, pour qu’ils aillent se ren­sei­gner sur les omis­sions de notre ensei­gne­ment républicain :

    1- la 1ère Répu­blique espa­gnole en 1932 a ins­tau­ré le droit de vote aux femmes et a léga­li­sé l’a­vor­te­ment, c’est une impul­sion directe de l’in­fluence énorme des anar­chistes dans la socié­té de l’époque.

    2- La 9è com­pa­gnie de la 2è Divi­sion Blin­dée du géné­ral Leclerc est entrée dans Paris en août 1944. Dans cette com­pa­gnie, il y avait 150 espa­gnols sur 169 sol­dats. La langue offi­cielle était l’Es­pa­gnol. Ce sont eux qui étaient tou­jours en pre­mière ligne. C’est eux qui sont arri­vés à l’Hô­tel de Ville. Le jour du défi­lé de la Libé­ra­tion, les deux blin­dés de tête étaient espa­gnol, avec le Lieu­te­nant Ama­do Gra­nell. Voir le livre de Eve­lyn Mes­qui­da : La nueve.

    3- Le chef mili­taire des FTPF (Francs Tireurs Par­ti­sans Fran­çais) d’Ile-de-France en 1943, qui ont haras­sé les Alle­mands par les exé­cu­tions de rue, les sabo­tages jus­qu’à la libé­ra­tion, s’ap­pe­lait Joseph Epstein, il était juif polo­nais. J’ai bien écrit : le CHEF des FTPF pour toute l’Île-de-France, c’é­tait un étranger.

    Voir Joseph Epstein (1911−1944) : bon pour la légende.

    Conti­nuons ce com­bat achar­né contre l’i­gno­rance, l’a­bru­tis­se­ment, et pour la connais­sance, l’é­man­ci­pa­tion. Mer­ci Étienne. Toutes mes amitiés.

    Fré­dé­ric Bou­tet région tou­lou­saine 24 mai 2012

    Réponse
  10. mic el

    j’ai noté :

    « l’a­nar­chisme c’est la liber­té, c’est la porte ouverte sur l’infini… »

    -de la part d’une socié­té qui a réel­le­ment pra­ti­qué la fra­ter­ni­té comme mode d’or­ga­ni­sa­tion de l ‘éco­no­mie, cette mise en avant de la liber­té met en relief l’importance don­née à la créa­ti­vi­té spi­ri­tuelle des anar­cho-syn­di­ca­listes espagnols.

    « la liber­té et l’u­ni­vers sont mes dieux »

    « l’a­nal­pha­bé­tisme se per­pé­tue depuis le début de la révo­lu­tion industrielle…l’anarchisme appa­raît comme une pro­po­si­tion … se pro­page pen­dant cent ans dans les classes les plus défa­vo­ri­sés du pays »

    « en 1840 né à Bar­ce­lone la pre­mière socié­té ouvrière, et en 1870 l’or­ga­ni­sa­tion des tra­vailleurs espa­gnols est un exemple pour le reste de l’Europe »

    « par le biais des socié­té ouvrières, les anar­chistes créent… dès 1902… des écoles gra­tuites qui pal­lient le manque d’en­sei­gne­ment public »

    - l’in­for­ma­tion.

    « fruit de soli­da­ri­té ouvrières, la CNT, confé­dé­ra­tion natio­nale du tra­vail né en 1910 à Bar­ce­lone, objec­tif, réunir le pro­lé­ta­riat espa­gnol en une seule orga­ni­sa­tion anar­cho-syn­di­ca­liste ouverte à toute la classe ouvrière. »

    - l’u­ni­té.

    en 36 « dans des villes comme Bar­ce­lone un ouvrier sur deux est membre de la cen­trale anarcho-syndicaliste »

    -la masse critique…

    « le com­mu­nisme liber­taire, un com­mu­nisme qui va du bas vers le haut »

    - le pou­voir ascen­dant est le pou­voir du peuple, et on a vu que dans cette his­toire tous les pou­voirs des­cen­dants se sont ligué pour la bri­ser. fran­co sou­te­nu par les puis­sances d’argent, l’église catho, Mus­so­li­ni, hit­ler, ET avec le concours des communistes .

    « comme je ne suis pas sourd-muet, je n’ai pas de rai­son de me taire ! »

    « Nous n’a­vions plus besoin de gou­ver­ne­ment, il ne ser­vait à rien ! »

    - toute l’or­ga­ni­sa­tion sociale en local et en réseaux !

    « Le 19 juillet (1936) un chan­ge­ment de socié­té s’est opé­ré. La plus grande par­tie des capi­ta­listes étaient par­tis, les autres ont aban­don­nés, ils ont fui et les ouvriers ont du prendre en charge l’or­ga­ni­sa­tion du travail. »

    « Un jour le peuple de Mem­bria s’est cou­ché pauvre et s’est réveillé riche. Il s’est réveillé riche parce qu’il a man­gé tout le pain qu’il vou­lait, alors qu’a­vant il ne pou­vait que sup­por­ter sa faim. »

    « ‘heli­sald’ ‘ford’ ‘gene­ral motors’ ‘cross’ ‘pirel­li’, avec une rapi­di­té stu­pé­fiantes les tra­vailleurs recon­ver­tissent en à peine sept semaines les entre­prises civiles en usines d’ar­me­ment, cette trans­for­ma­tion per­met­tra à l’ar­mée répu­bli­caine de survivre !»

    « Presque tout le monde dit que c’est une uto­pie, c’est l’u­nique chose qui pour­rait sau­ver le monde. L’a­nar­chie ! Est ce qu’il y a de plus beau ! »

    « Cha­cun tra­vaille pour tout le monde, ni maître ni patron »

    - notez bien qu’elle ne dit pas ‘ni dieu’, ni ‘dieux’.

    « Cha­cun fait ce qu’il a envie car tout le monde à quelque chose à l’intérieur »

    « la mater­ni­té consciente ne peut s’acquérir qu’à tra­vers les connaissances. »

    « j’ai tou­jours été le mou­ton noir qui sait évi­ter les pierres qu’on lui lance,
    et plus passent les années, plus je m’é­carte du trou­peau car je ne sais où il va. »

    « voi­là le para­doxe : que les com­mu­nistes aient détruit le com­mu­nisme le plus communiste ! »

    « On a démon­tré qu’on n’a­vait pas besoin de guar­dia civil, pas besoin de riches, pas besoin de prêtres pour bien vivre. ILS SONT LES SEULS QUI PARALYSENT LA PROGRESSION DE LA RICHESSE ! Car la seule richesse qui existe c’est le travail. »

    - sous enten­du ensemble, pour le bien de tous.
    et le plai­sir de chacun.

    « ce furent les années les plus intenses de ma vie, j’ai connu la fra­ter­ni­té ; le dés­in­té­rêt, l’es­prit de sacri­fice et la soli­da­ri­té, je me suis sen­ti frère de ceux qui lut­taient avec moi, qui avaient les même idées »

    - mes propres expé­rience de fra­ter­ni­té res­semblent à des jouets au regard des leurs. Expé­riences si intense qu’ils ont cru bon de devoir mas­sa­crer un maxi­mum d’entre eux pour en effa­cer jus­qu’à la mémoire, comme les égyp­tiens ont effa­cés et refrap­pé tous les car­touches de tou­tan­kA­ton, pour le rebap­ti­ser en Tou­tan­kha­mon. Même gogol me le sug­gère : ‘Essayez avec cette ortho­graphe : toutankhamon’

    Je crois qu’il fau­drait se déci­der à se pro­non­cer contre l’i­déo­lo­gie du pro­grès et pour la réa­li­té de la régression…

    La dépos­ses­sion de l’ou­til de pro­duc­tion est l’agression la plus grave contre nous tous.
    objec­ti­ve­ment la délo­ca­li­sa­tion mon­dia­li­sé, n’as pas comme pre­mier objec­tif de gagner plus d’argent, c’est qua­si­ment un épi­phé­no­mène. Cer­tai­ne­ment la rai­son la plus impor­tante qui pousse le capi­ta­lisme à délo­ca­li­ser, c’est qu’une fois éloi­gné de leurs outils de pro­duc­tion, les pro­lé­taires, les sans pou­voirs que nous sommes tou­jours plus, ne peuvent plus s’en empa­rer, et cette révo­lu­tion espa­gnole à démon­tré que de s’emparer de l’outil de pro­duc­tion était la voie directe de des­truc­tion du tou­tim capitaliste.

    Aujourd’hui nous n’a­vons plus ce moyen de détruire le système.

    La délo­ca­li­sa­tion est un crime grave contre l’hu­ma­ni­té à condi­tion, mais condi­tion tou­jours réa­li­sée à ce jour, de mettre l’outil de pro­duc­tion dans les mains de lum­pen encore plus pré­caires et encore moins édu­qués. Mais cette limite connue à déjà géné­ré des chan­ge­ment de stratégies.

    « le com­mu­nisme liber­taire abo­lit l’argent et la pro­prié­té avec créa­tion de mon­naies locales de bons, on a fait ce qu’on a appe­lé ‘le tas de Kropotkine’…/… orga­nise l’ex­pro­pria­tion du petit nombre aux béné­fice de tous »

    -Même la créa­tion et sur­tout la ges­tion de la masse moné­taire est livrée à l’in­tui­tion populaire ! !

    çà c’est un puis­sant signe de démo­cra­tie. Peut être le plus fort.

    Réponse
  11. José Díaz

    A noter : les notes jouées à par­tir de 00:30 sont celles de « Hijos del pue­blo », consi­dé­ré par beau­coup comme l’hymne anar­chiste espa­gnol (d’autres lui pré­fèrent « A las barricadas »)

    Réponse
  12. mic el
  13. Hilote

    Bon­soir M. Chouard,

    L’in­té­gra­li­té des régimes se récla­mant du com­mu­nisme de Marx ont viré à la tyrannie.

    Bakou­nine (que vous connais­sez cer­tai­ne­ment) avait pré­dit cela. Je vous adresse un de ses textes qui cer­tai­ne­ment un des meilleurs qu’il ait pro­duit car l’es­sen­tiel y est dit en une page. Il y pré­dit l’URSS.

    __L’ anar­chisme
    Bakou­nine contre Marx__

    « Dans l’E­tat popu­laire de M. Marx, nous dit-on, il n’y aura point de classe pri­vi­lé­giée. Tous seront égaux, non seule­ment au point de vue juri­dique et poli­tique, mais aus­si éco­no­mique (…). Il n’y aura donc plus de classe, mais un gou­ver­ne­ment et, remar­quez-le bien, un gou­ver­ne­ment exces­si­ve­ment com­pli­qué, qui ne se conten­te­ra pas de gou­ver­ner et d’ad­mi­nis­trer les masses poli­ti­que­ment, mais encore les admi­nis­tre­ra éco­no­mi­que­ment, en concen­trant entre ses mains la pro­duc­tion et la juste répar­ti­tion des richesses, la culture de la terre, l’é­ta­blis­se­ment et le déve­lop­pe­ment des fabriques, l’or­ga­ni­sa­tion et la direc­tion du com­merce, enfin l’ap­pli­ca­tion du capi­tal à la pro­duc­tion par le seul ban­quier, l’E­tat. Tout cela exi­ge­ra une science immense et beau­coup de têtes débor­dantes de cer­velle dans ce gou­ver­ne­ment. Ce sera le règne de l’in­tel­li­gence scien­ti­fique, le plus aris­to­cra­tique, le plus des­po­tique, le plus arro­gant et le plus mépri­sant de tous les régimes. Il y aura une nou­velle classe, une hié­rar­chie nou­velle de savants réels et fic­tifs, et le monde se par­ta­ge­ra en une mino­ri­té domi­nant au nom de la science, et une immense majo­ri­té igno­rante. Et alors gare à la masse des ignorants !

    (…) Ain­si, aucun Etat, si démo­cra­tiques que soient ses formes, voire la répu­blique la plus rouge, popu­laire uni­que­ment au sens de ce men­songe connu sous le nom de repré­sen­ta­tion du peuple, n’est en mesure de don­ner à celui-ci ce dont il a besoin, c’est-à-dire la libre orga­ni­sa­tion de ses propres inté­rêts, de bas en haut, sans aucune immix­tion, tutelle ou contrainte d’en haut, parce que tout Etat, même le plus répu­bli­cain et le plus démo­cra­tique, même pseu­do-popu­laire comme l’E­tat ima­gi­né par M. Marx, n’est pas autre chose que le gou­ver­ne­ment des masses de haut en bas par une mino­ri­té savante et par cela même pri­vi­lé­giée, soi-disant com­pre­nant mieux les véri­tables inté­rêts du peuple que le peuple lui-même. »

    Bakou­nine, Lettres aux com­pa­gnons du Jura, in J.W. Makhais­ki, Le socia­lisme des intel­lec­tuels, Seuil 1979.

    Réponse

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Derniers articles