Vivre l’utopie !
mémoire des luttes ouvrières anarchistes,
pour la justice et pour la paix, en autogestion,
pendant la « guerre d’Espagne ».
Un film émouvant, qui entretient la mémoire des luttes.
Il y a plein de choses importantes dans ce documentaire :
🎬 Lecteur vidéo d’origine (Flash, plus lisible aujourd’hui) : video.google.com
Vivre l’utopie partie 1 par boxon64
Vivre l’utopie 2 par boxon64
vivre l’utopie 3 par boxon64
vivre l’utopie 4 par boxon64
vivre l’utopie 5 par boxon64
J’ai relevé (mais j’ai raté plein de phrases intéressantes, aidez-moi) :
• « Dans l’histoire, les eaux captives, que ce soit celles de l’habitude ou celles du despotisme, ne tolèrent pas la vie ; la vie dépend de l’agitation que créent quelques individus excentriques. En hommage à cette vie, à cette vitalité, la communauté doit accepter certains risques, et doit admettre une certaine part d’hérésie. Elle doit vivre dangereusement si elle veut vraiment vivre. » Herbert Read.
• « Un peuple sans histoire n’est pas un peuple, il n’est rien. » Un vieil anar espagnol.
• « Le plus choquant, c’est que la place était pleine, ils parlaient, et personne n’applaudissait : le silence. Les gens n’applaudissaient pas mais ils réfléchissaient à ce qui se disait, ils écoutaient. On entendait juste de temps à autre « Vive la CNT ! », et aussitôt un écho retentissait : « Vive la CNT ! Vive le communisme libertaire ! »… Ça nous enflammait, ça nous faisait vivre inténsément ces moments, sans applaudir, sans cette rhétorique communiste qui déclenche applaudissements sur applaudissements ; c’était plutôt une sorte de sérénité, de conscience. »
• L’enjeu crucial des armes, dont les riches ne manquent jamais et dont les peuples acceptent d’être privés, juste avant de se faire massacrer.
• « Le mépris traditionnel des anarchistes pour l’argent provoque un changement radical dans les relations économiques : on crée des monnaies locales, des bons, et dans bon nombre d’endroits, on en vient à une abolition totale de l’argent. » […]
« On ne payait rien, tout était gratuit. […] Aucun égoïsme, ça n’existait pas : comment aurait-il pu y en avoir ? Quand il n’y a pas d’argent, il ne peut y avoir d’égoïsme. »
« On le dit aujourd’hui et les gens ne le comprennent pas. Mais non, ça se passait bien. »
• On voit passer, bien sûr, George Orwell, qui a écrit un livre formidable sur l’expérience anarchiste en Espagne, « Hommage à la Catalogne ».
• « Chaque militant se considérait, tel Don Quichotte, comme un défenseur de cette utopie, de cette façon d’agir et de se conduire en société, selon une éthique, sans avoir besoin d’être surveillé. »
• L’armée de Franco, qui défendait les seuls intérêts des plus riches, a vaincu l’armée républicaine (et donc la multitude des pauvres) grâce à l’aide de Hitler et de Mussolini ; et aussi grâce à la passivité complice de Blum (légendaire hypocrisie des partis dits « socialistes », mais toujours au service des industriels et des banquiers).
Le voilà donc, le vrai sens profond du mot « fascisme » : les riches qui prennent les armes pour massacrer les pauvres quand ils rechignent à travailler pour des miettes, puis contraindre les survivants terrorisés aux travaux forcés à leur profit. => Rien à voir, donc, avec les définitions que les médias actuels (aux ordres des plus riches, précisément) nous imposent aujourd’hui : le fascisme, à les entendre, ce serait le nationalisme, le protectionnisme, le racisme, l’antisémitisme… Allons ! Voyons : le fascisme, c’est bien plutôt l’idéologie aboutie des Versaillais : l’État totalement au service des plus riches. Si on oublie ça, on n’arrive plus à se défendre, faute de pouvoir même viser l’adversaire.
• Ce sont les communistes (marxistes) qui ont froidement assassiné les cadres anarchistes (communistes libertaires).
« Le parti communiste était en train de prendre de l’ampleur, et toutes les bonnes armes qui arrivaient de Russie allaient aux forces qu’il commandait. Subrepticement, ils ont pénétré les entrailles de l’armée, les commissions, les services d’information militaire, jusqu’à les occuper en totalité. »
« Nous, nous étions convaincus que leur idée était d’accomplir l’ordre de Staline : d’éliminer notamment les anarchistes, de reprendre le pouvoir, et de terminer la guerre quand Staline le déciderait. C’était ça l’idée. »
« Idéologiquement, ça ne les intéressait pas que des mécanismes révolutionnaires se poursuivent et nous fasse gagner la guerre. On aurait pu dire au pays : ce qui a gagné la guerre, c’est à la fois l’œuvre qu’a accomplie l’anarchisme et ce qu’a fait la CNT, et c’est un départ pour l’avenir. »
« C’était la première révolution anarchiste du monde. Une révolution qui n’était pas contrôlée par les communistes n’avait aucun sens pour les communistes. »
« Tu sais ce qui s’est passé avec les collectivités : Lister est venu avec toute son armée, et il a fait table rase de tout, sous la férule des fusils. Voilà le grand paradoxe : que les communistes aient détruit le communisme le plus communiste. »
• « Souvent je me demande si tant de douleurs, tant de sacrifices, tant de souffrances ont valu la peine. Et puis je me dis qu’ »en réalité, nous avons donné une leçon au monde : on a beau dire, nous avons pu donner un exemple qu’il est possible de vivre sans gouvernement (puisqu’il n’y avait pas de gouvernement) et que les collectivités marchaient : tout marchait comme ça, par accords mutuels. »
« Pour moi, les trois mois que j’ai passés à la collectivité sont les moments les plus heureux de ma vie, car je n’avais à me préoccuper de rien : à quoi bon l’argent ? »
« Ce furent les années les plus intenses de ma vie : j’ai connu la fraternité, le désintérêt, l’esprit de sacrifice, et la solidarité. Je me suis senti frère de ceux qui luttaient avec moi, qui avaient les mêmes idées. »
« Je crois que c’est la meilleure des choses, qu’il faut lutter pour cela, car même si ce n’est pas pour demain, si ce n’est qu’un objectif, il faut que ce soit une illusion, une utopie, comme une poésie. »
« L’avenir appartient à ceux qui osent. Quand on ne peut plus rêver, on meurt. C’est que dit Emma Goldman, et c’est la vérité. »
Dites : j’ai l’impression que cette expérience anarchiste pendant la « guerre d’Espagne » (guerre menée par les riches, n’oublions pas ça, contre les pauvres en voie d’émancipation), cette expérience, donc, ressemble beaucoup à ce que pourrait être une VÉRITABLE DÉMOCRATIE, digne de ce nom, vous ne trouvez pas ?
Étienne.

Bonjour,
J’ai une curiosité naturelle pour le monde qui m’entoure, la façon dont il s’est façonné… J’en viens donc à m’informer et je tombe sur de très bonne sources, informations..
MAIS MON PLUS GROS PROBLÈME, C’EST LE FAIT D’ÊTRE EMBROUILLÉ ENTRE CE QU’ON M’ENSEIGNE À L’UNIVERSITÉ ET LES RECHERCHES QUE J’ENTREPRENDS, LES INCOMPATIBILITÉS, INCOHÉRENCES…
J’AI VRAIMENT CE SENTIMENT D’ÊTRE ENDOCTRINÉ ET CE MÊME POUR CE QUI EST DES COURS D’ÉCONOMIE…
Soit, c’était juste pour partager ma frustration, grandissante, grandissante… 🙂
Bien à vous tous, Xavier.
Bonjour !
merci pour vos conférences passionnantes. Vous mettez à ma portée des choses qui n’y étaient pas, surtout en économie.
Je trouve votre théorie sur le tirage au sort complètement intéressante.
C’est tout a fait ça dont on a besoin.
Ils nous ont fait croire que nous étions trop bêtes pour nous mêler de politique, qu’il valait mieux s’en remettre à eux.
Quelle blague !
et le pire de l’histoire, c’est que la plupart l’ont tellement intégré qu’ils pensent qu’on peut encore se contenter d’aller voter tous les 5 ans.
Je suis révoltée par tout ça, les médias, et le reste.
Heureusement qu’il y a des personnes comme vous , avec autant d’intelligence et d’énergie.
Merci de combattre l’ignorance, il y en a si cruellement besoin
Bonjour,
Pour ceux qu’un monde sans argent intéresse, je vous propose de lire ces 2 livres.
Ceux qui auront l’envie (le courage?) d’arriver au bout, merci de me faire part de vos commentaires, suggestions et critiques, même virulente.
Bonne lecture !
Bonjour ,
« Le vrai sens profond du mot « fascisme » : les riches qui prennent les armes pour massacrer les pauvres quand ils rechignent à travailler pour des miettes, puis contraindre les survivants terrorisés aux travaux forcés à leur profit. »
@Xavier
Notre étoile est seule et pourtant elle est double, si on arrive à voir et cerner clairement, nous pourrions peut être monter à la marche suivante. Dommage que les émotions perturbent la signification profonde des mots, il faudrait que tout le monde participe à les définir clairement. Laissant aux élites seules de les définir et les contrôler ramène tôt ou tard à la catastrophe :
le temps et les malheurs figés d’une manière cyclique<=> Les connaissances endoctrinées<=>Évolution limitée<=> Frustration grandissante ,
« J’ai relevé (mais j’ai raté plein de phrases intéressantes, aidez-moi) » =>
J’ai relevé ci-dessous quelques uns des passages qui me correspondent à 100%.
Désespérée presque de devoir choisir …
->
Tout est lié par l’esprit de solidarité.
c’est ce qui existe de plus important dans notre organisation.
……..
Les voisins étaient une grande famille.
A l’époque, il n’y avait pas d’assurance chômage, de sécurité sociale, ni rien.
Quand quelqu’un tombait malade, un voisin qui avait quelques économies, la première chose qu’il faisait, c’était de les poser sur la table, et il laissait ça là sur la table, sans papier ni poignée de main. « Quand tu retourneras travailler, quand tu pourras, tu me le rendras ». Et quand le malade retravaillait, il le rendait, sou par sou. C’était une question de principe, de morale.
…….
Il y avait la famille universelle
………
Et mon cœur a bondi, lorsque j’ai entendu qu’en certains lieux, l’argent était aboli.
Et mon cœur a bondi, lorsque j’ai entendu, plusieurs fois, que tout ça, c’est la seule issue.
C’est par les plus belles nuits d’Août, lorsque le ciel est le plus riche en lumières immémoriales, témoins scintillants des profondeurs infinies de l’ailleurs, que je m’allonge sur l’herbe encore tiède, et le regard tourné vers l’inconnu, me prends à rêver à la certitude perçue, au-delà de mon temps-espace, d’autres consciences, qui, n’en doutons pas, se coltinent tout là-haut la même aventure que la notre : celle de la marche hésitante et souvent douloureuse vers la liberté ultime de l’être individué quoique solidaire, liberté coordonnée entre tous par le cœur de tous, seule coordination fiable et viable, vive en foi non fardée, sur le long terme.
Car
Je me dis, et ce n’est peut être pas qu’une hypothèse, qu’existent deux (au moins deux) sortes de civilisations :
-Celles qui choisissent et demeurent dans le contractuel. Celles là disparaissent, tôt ou tard, souvent dans un cataclysme paradoxalement induit par leur principe fondateur. Celles là, je les appelle civilisations de la défiance, car elles sont fondées sur le donnant-donnant, sur le « je ne donne que si on me donne », si proche, de proche en proche, de la compétition, et donc de la rapacité, de la domination aveugle et destructrice, que nous vivons ici maintenant …
-Celles qui au contraire franchissent le pas, s’extraient du puits de potentiel infini de toutes les peurs et de tous les égoïsmes, véritable saut quantique, imprévisible, sans variable cachée, sinon la conscience. Celles là survivent. Je les appelle civilisations de la confiance. Elles sont fondées sur le don, le don sans contrepartie, également réparti au cœur de chacun comme moteur de l’acte et de la convergence, moteur unique.
Nous sommes à la croisée des chemins. Peut-être n’avons-nous plus que très peu de temps pour choisir …
~~~~~~~~~~~
Merci Merci Merci
Merci * 3
à eux
d’Espagne et d’ailleurs
Les Grands d’Espagne, les vrais, mains caleuses, actes nobles,
et d’ailleurs,
Merci à eux,
de nous avoir démontré la faisabilité.
Leur sang versé n’est pas leur échec.
Leurs vies sont notre espoir.
Merci car certains jours, la désespérance envahit.
Le doute.
Ce travail qui nous rassemble, chez Étienne ou ailleurs, en virtuel ou sur le terrain, ce travail qui de Pierre à Paul, Marie, Cunégonde, ne diffère que d’un détail tant l’essence est la même, ce travail, si modeste, si lent, discret, laborieux, parfois nous en doutons. Quiconque est engagé ne peut revenir, ni boire la liqueur d’oubli, sauf à mourir. C’est pourquoi ces instants de doute sont immense souffrance.
Merci donc d’avoir gravé dans l’Histoire la certitude que l’utopie fait partie du pragma.
Le doute, il faut bien le reconnaître, est superbement structuré : La dominance, que nos faiblesses ont construite en dix mille ans, a su jouer de nos lacunes pour s’insinuer au centre de notre libre arbitre, faire de nous des complices, de ce que nous exécrons, et c’est vital dans l’instant. « On » nous a inventé des besoins, on les a inventés de toute pièce, dont nous sommes amoureux, qui sont nos prisons modernes. Fini le chuintement des chenilles des panzers, plus besoin de bruit de bottes : nous sommes enfermés, dans le modernisme. Sacrée prison, enfer sacré. Au pas de lois votées par notre »démocratie«. Comprenons bien que si ces glorieux anciens qui renaissent par la magie d’un film avaient de la peine à vaincre le désordre établi, nous en aurons encore plus, de la peine : les technologies et les structures en tous genres ont tissé le filet dont nous ne pouvons plus nous libérer par simple réappropriation de la bêche, de la pioche, de la faucille, du compas, de l’équerre et du marteau : la production, l’échange, le stockage, le partage, la distribution, le politique, la monnaie, la finance, l’avoir, le devoir, la dominance, la soumission, tout est intriqué dans une opacité géante, hypercomplexe, qui rend le démêlage impossible dans l’immédiateté, contrairement à ce qui se vivait encore dans les années trente. Et si pourtant nous y parvenons, les forces réservistes, de la violence, guettent, pour rétablir, comme dans les années trente, le temple des hiérarques.
D’où le doute, et il est justifié.
Pour le vaincre, nous aurons à semer, non plus seulement nos champs, mais le jardin des consciences. Et pas seulement celles des pauvres, mais aussi celles des riches (((vaste programme … ;;; je ne suis pas séduite par le concept de lutte des classes ; j’ai une vision systémique, i.e. préchamanique de la politique mondiale …)))
Pour le vaincre, le doute, nous aurons à semer, à l’intérieur de nous, chaque individu en soi, l’aptitude à s’arracher du contexte aliénant, par des actes simples, exemples simples, impulseurs modestes, pollinisateurs de style, de noblesse et d’émergence.
Je reprends donc ici la citation de l’amont :
Quand quelqu’un tombait malade, un voisin qui avait quelques économies, la première chose qu’il faisait, c’était de les poser sur la table, et il laissait ça là sur la table, sans papier ni poignée de main. « Quand tu retourneras travailler, quand tu pourras, tu me le rendras ». Et quand le malade retravaillait, il le rendait, sou par sou.
Cet exemple nous pouvons/devons le suivre. Afin que notre exemple soit exemple à son tour.
C’est en s’extrayant du calcul que l’individu, seul, solitairement noble et seul juge, démontre que l’utopie balise le pragmatisme de demain, et qu’elle est viable, et fiable, vive en foi non fardée, sur le long terme.
Mieux encore, quand tu donnes, réclame si tu en as les moyens, réclame qu’on ne te rende pas à toi, mais suggère que plus tard on rende à une tierce personne. Un don ne doit pas en effet atterrir dès l’envol, ce serait sa mort : du peuple des oiseaux, mieux vaut qu’il circule, exactement comme circule l’argent-dette, mais sans la perversion attenante. (À ceux qui me croisent, j’explique l’argent-don …)
Pour le vaincre (le doute), nous disposons aussi de l’acte créatif (« Créer c’est résister, Résister c’est créer », comme nous l’a enseigné Lucie Aubrac), qui consiste à contrer, non pas de front, mais subtilement. Mille pistes. Creuser l’imaginaire pour découvrir en friche le champ nouveau de l’économie libre. Nous connaissons les AMAP, entre autres.
Je vous recommande de vous pencher (ce qui suit est citation) sur l’initiative citoyenne de Todmorden, une petite ville du nord de l’Angleterre, d’où est parti le mouvement des « Incroyables Comestibles » (« Incredible Edible » en VO). En 2008, une poignée d’activistes envahit le bitume de bacs de plantations : sur les trottoirs, dans la cour du collège, devant l’hôtel de police, sur les parterres de l’hôpital… Aujourd’hui, chaque citoyen cultive un carré de terre, et offre aux passants sa récolte. L’espace public s’est changé en jardin potager,géant, gratuit.
Cet exemple démontre qu’il est possible de nous extraire de la susdite hypercomplexité aliénante, sans inutile palabre. Agir. Sans débattre. C’est possible.
Dans le film est abordé un thème central qui partage en deux camps : le camp de la spontanéité et le camp de la structuration.
-Le camp de la spontanéité, c’est en gros celui de l’anarchisme (a privatif devant arXHeïn/commander), celui de la spiritualité laïque, c’est-à-dire de la foi active en ce qui se cache en nous, le bon sauvage de Rousseau. Le film démontre qu’il n’est pas un mythe, ce bonhomme là, mais bien réel, quoiqu’on en dise ; sous nos yeux s’étale la preuve que nous avons juste à l’exhumer hors de sa prison, cet homme bon, sa prison qui est en partie nous.
Le camp de la structuration, c’est en gros le socialisme, ou les socialismes.
L’Histoire démontre que s’il y a structure, fatalement émergent des dominateurs. Terrible constat. La isquierza del corazon est une attitude qui ne peut ni ne doit être légiférée, sauf à imposer la dictature d’une fausse fraternité. Quand la gauche du sternum se retrouve être la gauche de l’hémicycle, elle meurt.
Le rouet de Gandhi devient rouleau compresseur dès qu’il faut filer doux.
L’axe de l’utopie, c’est le cœur de l’Homme,
et quand certains s’en emparent,
au prétexte d’efficacité,
il n’est plus l’axe
mais le chaos de la route.
Pour conclure, je réponds à la question d’Étienne :
« Dites : j’ai l’impression que cette expérience anarchiste pendant la « guerre d’Espagne » (guerre menée par les riches, n’oublions pas ça, contre les pauvres en voie d’émancipation), cette expérience, donc, ressemble beaucoup à ce que pourrait être une VÉRITABLE DÉMOCRATIE, digne de ce nom, vous ne trouvez pas ? »
»> Oui et non : je pense que l’anarchie va plus loin que la démocratie, s’engage davantage sur le chemin de la liberté . Elle place le cœur, le dynamisme, la modestie, la solidarité réelle, au sommet de toutes les hiérarchies, qu’elle abroge comme obsolètes devant la grandeur naturelle de l’Homme. Elle illustre et incarne mon verbe de foi, spontané, venu je ne sais d’où, il m’a envahie voici quelques années, qui en première lecture fait ruer dans les brancards … : La liberté, c’est avoir l’opportunité d’obéir aux injonctions de l’âme.
• Sur http://www.toupie.org/Dictionnaire/Fascisme.htm on lit :
« Le régime fasciste entend faire de la nation une communauté unique rassemblée derrière un seul homme (culte de la personnalité et importance de la hiérarchie), avec un individu qui doit s’effacer devant l’État. Rejetant les droits de l’homme, il s’accompagne d’un État policier fort et sécuritaire, d’une organisation verticale des métiers en corporation, d’une méfiance envers les étrangers et d’une politique réactionnaire. »
• Sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9ories_du_fascisme, on lit :
« Le fascisme, sous sa forme italienne d’abord, puis sous sa forme générique d’idéologie politique nationaliste et autoritaire des années 1920–1940 a donné lieu à de nombreuses interprétations contradictoires de la part des différents courants de pensée politiques ainsi que des chercheurs des différentes sciences humaines – histoire, économie, sciences politiques, sociologie, psychanalyse, etc. Ces interprétations se basent par ailleurs sur des définitions parfois différentes du fascisme, élément qui doit également être pris en compte pour bien les comprendre. Elles ont cependant tendance à considérer le fascisme sous sa forme large, c’est-à-dire de phénomène politique européen (incluant en général fascisme italien et nazisme allemand, parfois d’autres régimes tels le franquisme espagnol, etc.) et pas seulement sa définition strictement italienne.
Les interprétations du fascisme sont classiquement regroupées en trois grandes catégories, à l’instar de l’historien français Pierre Milza dans son ouvrage de synthèse Les Fascismes :
Les trois thèses classiques, contemporaines du fascisme, sont souvent le fait de militants et penseurs antifascistes et sont donc marquées par ce contexte : thèse libérale de la « parenthèse antilibérale » ; thèse du déterminisme historique de l’Italie et de l’Allemagne ; thèse marxiste de l’expression du grand capital.
Les thèses issues des sciences humaines ont dominé les années 1950–1960. Parmi elles, la thèse du phénomène totalitaire de l’école américaine, la thèse de l’expression politique des classes moyennes et les thèses psychanalytiques (dont Wilhelm Reich et l’École de Francfort).
Les années 1970 voient l’appropriation du phénomène par les historiens, symbolisé notamment par la controverse autour des travaux de Renzo De Felice concernant le fascisme italien, la « querelle des historiens » suscitée par les travaux d’Ernst Nolte sur le nazisme, ou encore les spéculations sur l’existence ou non d’un fascisme français à la suite des travaux de Zeev Sternhell, etc. »
Article très intéressant, qui permet de se faire une idée des différentes lectures du phénomène fasciste,
En tout cas si on oublie que le fascisme ne pouvait se mettre en place que s’il existait une partie de la population qui y adhérait…on ne saura pas se défendre non plus…et le chauvinisme, le racisme et bien d’autres bas instincts, de même qu’un certain rapport à l’ordre, à l’Etat, au Parti, à l’Eglise, à autrui, etc., ont fait partie de la potion maléfique… le tout et c’est très difficile, c’est de savoir déceler ce qui à l’heure actuelle peut être très différent des singularités de l’époque mais relève des mêmes phénomènes…un peu comme fait Chomsky sur la « fabrique du consentement » ou ce qu’ont fait les philosophes de l’école de Francfort.
Disons que si nous étions en situation de déclencher le quart de ce qu’on réussi les révolutionnaires espagnols, si nous voulons que ça dure, il importe de bien comprendre que ce ne seront pas les riches qui nous poseront le plus de problèmes, même si bien sûr, la petite caste qu’ils forment est encore mieux armée aujourd’hui pour tirer parti de n’importe quelle situation..
reste aussi à évaluer combien de temps peut tenir une forme d’organisation telle qu’elle s’est faite jour en Espagne, en tout cas ce qui est à ne pas reproduire, au vue des possibilités laissées à des éléments nocifs de prendre de l’ascendant, par exemple les staliniens…les leçons de la révolution russe n’avaient-elles manifestement pas suffi à mettre du plomb dans la tête aux utopistes et anarchistes ou bien était-ce inévitable ? à nous de trouver les bonnes réponses !
« Dites : j’ai l’impression que cette expérience anarchiste pendant la « guerre d’Espagne » (guerre menée par les riches, n’oublions pas ça, contre les pauvres en voie d’émancipation), cette expérience, donc, ressemble beaucoup à ce que pourrait être une VÉRITABLE DÉMOCRATIE, digne de ce nom, vous ne trouvez pas ?
Étienne. »
Merci pour cette reconnaissance tardive de l’anarchisme et la condamnation du communisme non libertaire, Étienne.
Maintenant, il te manque encore comprendre le mécanisme logique (et pas du tout idéologique) qui fait que les « riches » veuillent être riches.
On en avait parlé le jour où on s’est vus à Bruxelles, mais tu es parfois si lent à comprendre qu’on se désespère de t’avoir un jour à nos côtés 😉 .
Cette guerre civile en Espagne, elle était menée par des puissances étrangères, les rouges qui voulaient contrôler la Péninsule Ibérique, et les bleus qui ne pouvaient pas se permettre que cela arrive.
Entre les deux ils ont étouffé le printemps anarchiste.
Puis, le vainqueur à écrit l’histoire qui lui convenait 😉 .
U‑topia un lieu qui se cherche, se rate, mais finira au fil des essais à se trouver possiblement un peu, si peu que nous nous laissons informer de nos erreurs, au vrai sens du terme du terme,in-formation, c’est à dire un agir qui nous forme du dedans de nous car nous avons intégré l’erreur de nos essais infructueux, sur le chemin quoi !
Nous avons passé ce film trois fois à l’automne 2010 autour de Toulouse avec Floréal Roméro, fils d’un couple ayant vécu cette révolution sociale, trois séances riches. Mais le film est trop long pour le passer en entier : nous avons sélectionné des parties montrant la vie des gens sous la révolution sociale. Voir sur mon site Puissance Plume
Il y a toujours des non dit en Espagne en 2012 sur le génocide opéré par les troupes de Franco et son administration. Il faut demander à savoir le noms de ces gens assassinés, même si l’on n’est pas espagnol.
Parce que que nous, en France, on nous apprend la GUERRE d’Espagne, des faits de guerre, mais jamais on nous parle de la RÉVOLUTION SOCIALE : ce sont 8 MILLIONS de gens qui vivaient sans État, et parfois sans monnaie.
Je pense comme Étienne qu’en cumulant la connaissance de la démocratie athénienne et la compréhension de la société anarchiste espagnole, on a vraiment de très grosses billes pour re-créer une constitution intéressante pour le peuple. Le seul problème : il faut que le peuple VEUILLE écrire une nouvelle constitution.
Par rapport à l’histoire, j’ai identifié trois points essentiels à faire découvrir aux gens, pour qu’ils aillent se renseigner sur les omissions de notre enseignement républicain :
1- la 1ère République espagnole en 1932 a instauré le droit de vote aux femmes et a légalisé l’avortement, c’est une impulsion directe de l’influence énorme des anarchistes dans la société de l’époque.
2- La 9è compagnie de la 2è Division Blindée du général Leclerc est entrée dans Paris en août 1944. Dans cette compagnie, il y avait 150 espagnols sur 169 soldats. La langue officielle était l’Espagnol. Ce sont eux qui étaient toujours en première ligne. C’est eux qui sont arrivés à l’Hôtel de Ville. Le jour du défilé de la Libération, les deux blindés de tête étaient espagnol, avec le Lieutenant Amado Granell. Voir le livre de Evelyn Mesquida : La nueve.
3- Le chef militaire des FTPF (Francs Tireurs Partisans Français) d’Ile-de-France en 1943, qui ont harassé les Allemands par les exécutions de rue, les sabotages jusqu’à la libération, s’appelait Joseph Epstein, il était juif polonais. J’ai bien écrit : le CHEF des FTPF pour toute l’Île-de-France, c’était un étranger.
Voir Joseph Epstein (1911−1944) : bon pour la légende.
Continuons ce combat acharné contre l’ignorance, l’abrutissement, et pour la connaissance, l’émancipation. Merci Étienne. Toutes mes amitiés.
Frédéric Boutet région toulousaine 24 mai 2012
j’ai noté :
« l’anarchisme c’est la liberté, c’est la porte ouverte sur l’infini… »
-de la part d’une société qui a réellement pratiqué la fraternité comme mode d’organisation de l ‘économie, cette mise en avant de la liberté met en relief l’importance donnée à la créativité spirituelle des anarcho-syndicalistes espagnols.
« la liberté et l’univers sont mes dieux »
« l’analphabétisme se perpétue depuis le début de la révolution industrielle…l’anarchisme apparaît comme une proposition … se propage pendant cent ans dans les classes les plus défavorisés du pays »
« en 1840 né à Barcelone la première société ouvrière, et en 1870 l’organisation des travailleurs espagnols est un exemple pour le reste de l’Europe »
« par le biais des société ouvrières, les anarchistes créent… dès 1902… des écoles gratuites qui pallient le manque d’enseignement public »
- l’information.
« fruit de solidarité ouvrières, la CNT, confédération nationale du travail né en 1910 à Barcelone, objectif, réunir le prolétariat espagnol en une seule organisation anarcho-syndicaliste ouverte à toute la classe ouvrière. »
- l’unité.
en 36 « dans des villes comme Barcelone un ouvrier sur deux est membre de la centrale anarcho-syndicaliste »
-la masse critique…
« le communisme libertaire, un communisme qui va du bas vers le haut »
- le pouvoir ascendant est le pouvoir du peuple, et on a vu que dans cette histoire tous les pouvoirs descendants se sont ligué pour la briser. franco soutenu par les puissances d’argent, l’église catho, Mussolini, hitler, ET avec le concours des communistes .
« comme je ne suis pas sourd-muet, je n’ai pas de raison de me taire ! »
« Nous n’avions plus besoin de gouvernement, il ne servait à rien ! »
- toute l’organisation sociale en local et en réseaux !
« Le 19 juillet (1936) un changement de société s’est opéré. La plus grande partie des capitalistes étaient partis, les autres ont abandonnés, ils ont fui et les ouvriers ont du prendre en charge l’organisation du travail. »
« Un jour le peuple de Membria s’est couché pauvre et s’est réveillé riche. Il s’est réveillé riche parce qu’il a mangé tout le pain qu’il voulait, alors qu’avant il ne pouvait que supporter sa faim. »
« ‘helisald’ ‘ford’ ‘general motors’ ‘cross’ ‘pirelli’, avec une rapidité stupéfiantes les travailleurs reconvertissent en à peine sept semaines les entreprises civiles en usines d’armement, cette transformation permettra à l’armée républicaine de survivre !»
« Presque tout le monde dit que c’est une utopie, c’est l’unique chose qui pourrait sauver le monde. L’anarchie ! Est ce qu’il y a de plus beau ! »
« Chacun travaille pour tout le monde, ni maître ni patron »
- notez bien qu’elle ne dit pas ‘ni dieu’, ni ‘dieux’.
« Chacun fait ce qu’il a envie car tout le monde à quelque chose à l’intérieur »
« la maternité consciente ne peut s’acquérir qu’à travers les connaissances. »
« j’ai toujours été le mouton noir qui sait éviter les pierres qu’on lui lance,
et plus passent les années, plus je m’écarte du troupeau car je ne sais où il va. »
« voilà le paradoxe : que les communistes aient détruit le communisme le plus communiste ! »
« On a démontré qu’on n’avait pas besoin de guardia civil, pas besoin de riches, pas besoin de prêtres pour bien vivre. ILS SONT LES SEULS QUI PARALYSENT LA PROGRESSION DE LA RICHESSE ! Car la seule richesse qui existe c’est le travail. »
- sous entendu ensemble, pour le bien de tous.
et le plaisir de chacun.
« ce furent les années les plus intenses de ma vie, j’ai connu la fraternité ; le désintérêt, l’esprit de sacrifice et la solidarité, je me suis senti frère de ceux qui luttaient avec moi, qui avaient les même idées »
- mes propres expérience de fraternité ressemblent à des jouets au regard des leurs. Expériences si intense qu’ils ont cru bon de devoir massacrer un maximum d’entre eux pour en effacer jusqu’à la mémoire, comme les égyptiens ont effacés et refrappé tous les cartouches de toutankAton, pour le rebaptiser en Toutankhamon. Même gogol me le suggère : ‘Essayez avec cette orthographe : toutankhamon’
Je crois qu’il faudrait se décider à se prononcer contre l’idéologie du progrès et pour la réalité de la régression…
La dépossession de l’outil de production est l’agression la plus grave contre nous tous.
objectivement la délocalisation mondialisé, n’as pas comme premier objectif de gagner plus d’argent, c’est quasiment un épiphénomène. Certainement la raison la plus importante qui pousse le capitalisme à délocaliser, c’est qu’une fois éloigné de leurs outils de production, les prolétaires, les sans pouvoirs que nous sommes toujours plus, ne peuvent plus s’en emparer, et cette révolution espagnole à démontré que de s’emparer de l’outil de production était la voie directe de destruction du toutim capitaliste.
Aujourd’hui nous n’avons plus ce moyen de détruire le système.
La délocalisation est un crime grave contre l’humanité à condition, mais condition toujours réalisée à ce jour, de mettre l’outil de production dans les mains de lumpen encore plus précaires et encore moins éduqués. Mais cette limite connue à déjà généré des changement de stratégies.
« le communisme libertaire abolit l’argent et la propriété avec création de monnaies locales de bons, on a fait ce qu’on a appelé ‘le tas de Kropotkine’…/… organise l’expropriation du petit nombre aux bénéfice de tous »
-Même la création et surtout la gestion de la masse monétaire est livrée à l’intuition populaire ! !
çà c’est un puissant signe de démocratie. Peut être le plus fort.
A noter : les notes jouées à partir de 00:30 sont celles de « Hijos del pueblo », considéré par beaucoup comme l’hymne anarchiste espagnol (d’autres lui préfèrent « A las barricadas »)
cette excellent vidéo, devenue inaccessible en haut de page est tronçonnée en 5 vidéo en lien ici
http://www.dailymotion.com/video/x1bo40_vivre-lutopie-partie‑1
http://www.dailymotion.com/video/x1byhx_vivre-lutopie‑2
http://www.dailymotion.com/video/x1cia2_vivre-lutopie‑3
http://www.dailymotion.com/video/x1ctiu_vivre-lutopie‑4
http://www.dailymotion.com/video/x1czxc_vivre-l-utopie-5_news
Bonsoir M. Chouard,
L’intégralité des régimes se réclamant du communisme de Marx ont viré à la tyrannie.
Bakounine (que vous connaissez certainement) avait prédit cela. Je vous adresse un de ses textes qui certainement un des meilleurs qu’il ait produit car l’essentiel y est dit en une page. Il y prédit l’URSS.
__L’ anarchisme
Bakounine contre Marx__
« Dans l’Etat populaire de M. Marx, nous dit-on, il n’y aura point de classe privilégiée. Tous seront égaux, non seulement au point de vue juridique et politique, mais aussi économique (…). Il n’y aura donc plus de classe, mais un gouvernement et, remarquez-le bien, un gouvernement excessivement compliqué, qui ne se contentera pas de gouverner et d’administrer les masses politiquement, mais encore les administrera économiquement, en concentrant entre ses mains la production et la juste répartition des richesses, la culture de la terre, l’établissement et le développement des fabriques, l’organisation et la direction du commerce, enfin l’application du capital à la production par le seul banquier, l’Etat. Tout cela exigera une science immense et beaucoup de têtes débordantes de cervelle dans ce gouvernement. Ce sera le règne de l’intelligence scientifique, le plus aristocratique, le plus despotique, le plus arrogant et le plus méprisant de tous les régimes. Il y aura une nouvelle classe, une hiérarchie nouvelle de savants réels et fictifs, et le monde se partagera en une minorité dominant au nom de la science, et une immense majorité ignorante. Et alors gare à la masse des ignorants !
(…) Ainsi, aucun Etat, si démocratiques que soient ses formes, voire la république la plus rouge, populaire uniquement au sens de ce mensonge connu sous le nom de représentation du peuple, n’est en mesure de donner à celui-ci ce dont il a besoin, c’est-à-dire la libre organisation de ses propres intérêts, de bas en haut, sans aucune immixtion, tutelle ou contrainte d’en haut, parce que tout Etat, même le plus républicain et le plus démocratique, même pseudo-populaire comme l’Etat imaginé par M. Marx, n’est pas autre chose que le gouvernement des masses de haut en bas par une minorité savante et par cela même privilégiée, soi-disant comprenant mieux les véritables intérêts du peuple que le peuple lui-même. »
Bakounine, Lettres aux compagnons du Jura, in J.W. Makhaiski, Le socialisme des intellectuels, Seuil 1979.