Bonnes nouvelles !
Le « Cercle des Déconnomistes »
se tiendra à Aix-en-Provence les 6, 7 et 8 juillet 2012 :

http://www.deconnomistes.org/
Avec du beau monde… voyez le programme :
http://www.amis.monde-diplomatique.fr/IMG/pdf/DP-10_06_2012.pdf
Il ne faut pas rater ça 🙂
Informations complémentaires :
• L’article de Renaud Lambert dans le Diplo qui dénonçait les escrocs de l’éditorial économique en France :
Conflits d’intérêts et connivences médiatiques : Les économistes à gages sur la sellette
http://www.monde-diplomatique.fr/2012/03/LAMBERT/47476
• Les imposteurs de l’économie => le livre formidable de Laurent Mauduit, à connaître absolument :
http://www.amazon.fr/Les-imposteurs‑l%C3%A9conomie-Laurent-Mauduit/dp/2350133222

• Les imposteurs de l’économie => sur le BLOG de l’auteur :
http://blogs.mediapart.fr/blog/laurent-mauduit/260312/les-imposteurs-de-l-economie
• Assauts multiples contre les « imposteurs de l’économie » : l’auteur du livre-choc raconte les persécutions lancées par les chiens de garde médiatiques :
http://blogs.mediapart.fr/blog/laurent-mauduit/270412/assauts-multiples-contre-les-imposteurs-de-l-economie
• LE FILM FORMIDABLE « INSIDE JOB » :
On n’y incrimine pas la maladie antisociale de l’ARGENT-DETTE-PRIVÉE (sacré lacune quand même…),
mais ce film est une analyse passionnante de L’EXEMPLE ACADÉMIQUE DE L’ISLANDE
pour comprendre la prétendue « CRISE », partout dans le monde,
avec le rôle CENTRAL des MÉDIAS et des UNIVERSITAIRES « experts » POURRIS :
Quelques commentaires :
• On relève sur FB que « Déconnomiste » semble être un mix entre économiste, décroissance et déconneur… 🙂
Mais dé-connomiste, c’est aussi un assemblage entre « dé » de défaire, et un « conno » qui fait penser aux redoutables et gigantesques conneries des imposteurs prostitués (« éditorialistes » littéralement vendus aux plus dangereuses mafias). Ce titre est vraiment une trouvaille.
• Et SURTOUT, je suis vraiment heureux pour André-Jacques, dont la présence entre Généreux et Lordon, entre Kempf, Lambert et Ruffin, au milieu des copains du Diplo et des Repaires de LBSJS, est comme une légion d’honneur populaire, pour bons et loyaux services rendus à la résistance citoyenne aux mythes marchands, après une injuste traversée du désert.
Ça me remplit de joie de voir là mon courageux vieux frère.
En plus, je vais revoir Frédéric…
Je suis heureux 🙂
• Hum… Un bémol, quand même : il manque juste, au programme de ces déconnomistes distingués, une évocation de la cause des causes, celle qui rend possible (et durable) la confiscation du pouvoir politique par les riches (le pouvoir économique)… Non ? 🙂
Mais j’espère bien qu’il y a quelques conférenciers (et quelques spectateurs) qui vont au moins évoquer cette piste de résistance « radicalement radicale » : pour désynchroniser quotidiennement la richesse économique de la richesse politique, insuffler/imposer une part de tirage au sort en politique, surtout dans le processus constituant, et stimuler la défense à chaque instant de cet antidote antioligarchique —au plus haut niveau du droit— par des citoyens actifs (et armés).
Sans ça, si on n’analyse que les conséquences, j’ai bien peur qu’on ne sorte jamais de ce piège à rats.
En tout cas, on va tâcher de ne pas rater ces conférences 🙂
Étienne.

Pauvre Saint-Quentinois de mon état, je ne pourrais aller jouer le rôle du conférencier malheureusement. J’essaierai de me rabattre sur l’université populaire de Michel Onfray s’il y a des sessions!!!
J’espère qu’on aura droit à la version vidéos car je dois dire que les noms qui sont au programme (notamment Monsieur Lordon que j’ai découvert il y a peu) me font regretter de ne pas être un sudiste !
Et ils ne t’ont pas invité, Étienne ?
Est-ce bien sérieux…
🙂
J’y vais.
Qui d’autre ?
On devrait faire des heures sup en dehors des heures de débat. Chiche ?
La vérité est un produit rare et visqueux, qui devient vite volatile voire explosif quand le climat social se réchauffe…
Un bémol, toutesfois, peut détourner l’attention des mélomanes qui pianotent sur ce produit laqué qui enduit les touches des instruments de la renommée…
Le tirage au sort trouvera sa petite « respiration salvatrice » au détour d’une croche oubliée, juste assez pour que soudain la température du clavier approche le seuil d’irréversibilité…
« le meilleur moyen de sauver l’Europe, c’est de lui désobéir »
14 questions posées à Jacques Généreux, ce qui lui permet d’exposer les alternatives qui s’offrent aux citoyens (électeurs s’entend) et d’expliquer la portée d’une « politique subversive » en restant dans l’euro et l’UE pour opérer « un bouleversement dans la représentation des possibles » et sortir de la crise par le haut, une relance de l’ »activité » et non de la « croissance », etc. par la maîtrise de la création monétaire et une meilleure répartition des richesses :
14 questions à Jacques Généreux par lepartidegauche
Pour être complet, il manque une 15ème question sur les méthodes d’application d’un protectionnisme « progressiste » qui est un complément à la relance et à la planification écologique,
et une 16ème question impertinente que Bernard Friot pose brillamment dans « l’enjeu du salaire » : à quoi bon faire tout cela si c’est pour conserver les germes néfastes du capitalisme (propriété lucrative, etc.)?,
car bien évidemment Généreux n’est pas vraiment sur la même ligne du « socialisme intégral » de Friot, on peut se faire une idée du contenu du « socialisme néomoderne » dans ces extraits de son livre « l’Autre Société » : http://neomoderne.fr/
La diversité étant le propre de l’Europe, le meilleur moyen de sauver l’Europe est de mettre fin à l’Union Européenne.
Cela se passe dans un hôpital psychiatrique. Un neurologue discute avec un autre neurologue :
— « Connais-tu la différence entre l’histoire des deux fous dont l’un dit à l’autre : « Accroche-toi au pinceau, j’enlève l’échelle ! » et la situation actuelle ? »
— « Non, tu ne pas pas recommencer, nous faisons un métier sérieux où l’humour n’a pas sa place. Quoique ! L’humour pourrait être thérapeutique finalement, tout compte fait. Allons‑y. Tu disais : Accroche-toi au pinceau et j’enlève l’échelle et la situation actuelle, euh, non, je vois pas. »
— « Eh, bien les deux fous avec le pinceau et l’échelle, c’était juste une histoire, tandis qu’accroche-toi à l’euro, j’enlève ta monnaie nationale, cela va entrer dans l’histoire. »
TONIQUE ET PASSIONNANTE SYNTHÈSE :
Max Keiser : toutes les banques du monde entier sont insolvables.
L’université Aix Marseille, par son président Yvon Berland, annule brutalement les autorisations accordées au cercle des deconnomistes d’utiliser les salles aixoises pour les premières rencontres deconnomique, du 6 au 8 juillet 2012
Frédéric Lordon ( économiste et directeur au CNRS), Gérard Dumenil ( directeur de recherche et économiste au CNRS), Gérard Filoche( inspecteur du travail ), Renaud Lambert (rédacteur en chef au monde diplomatique), Hervé Kempf (grand reporter) sont donc INTERDITS DE FAC. …( et moi 😉 )
Je vous conseille fortement des universités d’été dans une des belles campagnes de notre beau pays encore rural là où l’économie n’a pas encore tout ravagé et donc là où quelques gaullois résistants seront heureux de vous accueillir pour oeuvrer avec vous tous à une déconnerie sympathique loin des Yvon Berland , sans doute un quelqu’un bien sérieux et propre sur lui.
Viens donc à Lille André-Jacques, si ça te dit j’essaie de chercher un lieu susceptible de vous recevoir. Dis-moi « quoi »
La Revue des Livres a publié
une recension critique du livre de Jacques Sapir « La Démondialisation » par Michel Husson :
http://www.revuedeslivres.fr/demondialisation-heureuse/
puis la réponse de Jacques Sapir :
http://www.revuedeslivres.fr/debat-la-demondialisation-en-question-2-par-jacques-sapir/
Le travail de Sapir m’apparait intéressant dans la mesure où, comme Généreux, sa vision des solutions à la crise se découple en deux volets,
L’un consiste à examiner ce qui pourrait être fait si les institutions actuelles de l’UE se rangeaient à la forme moderne de keynésianisme qu’il prône et qu’il s’opérait une transformation des institutions et des stratégies de l’UE, à savoir un système monétaire européen avec une monnaie commune, et des monnaies nationales à taux de changes fixes réévaluées périodiquement de manière concertée avec un système de régulation des stratégies étatiques par la résolution monétaire des déséquilibres structurels de leurs balances commerciales, une BCE pouvant émettre de la monnaie, un contrôle des capitaux, et un protectionnisme social et environnemental aux frontières de l’UE et entre les Etats (avec systèmes de caisse de compensation).
L’autre consiste à examiner ce qu’il identifie comme « second best », à savoir ce qu’il serait souhaitable de faire si la première option n’est pas réalisable dans l’immédiat, et si un Etat de grande taille comme la France avait un gouvernement qui prend la mesure du problème (les français n’ont pas choisi ce type de gouvernement), et c’est là principale divergence qu’il a avec Généreux, puisque Généreux pense qu’il suffit de désobéir unilatéralement sur des points névralgiques pour que s’enclenche un rapport de force favorable à la réalisation de l’option 1, tandis que Sapir entend plutôt poser la sortie de l’Euro comme « second best », tout en reconnaissant que la situation ne serait pas du tout résolue, mais que ceci aurait au moins le mérite de générer le branle-bas de combat dans la tête des dirigeants et citoyens des autres pays de la zone. Il affirme enfin, qu’il est plus probable que l’affirmation d’une volonté ferme quant cette sortie de la zone euro suffise à produire les effets escomptés, à savoir, bouger les lignes pour mettre en œuvre l’option 1.
Le mérite de ces débats est de contribuer à une définition de ce que la gauche de gauche peut formuler comme projet européen, ce vers quoi il conviendrait d’aller, tout en fournissant un cadre opératoire national et des options stratégiques pour des politiques nationales, dont le sens et la portée seraient orientées vers ce projet européen, mais sans se lier les mains indéfiniment en attendant que ce projet se réalise.
La gauche de gauche en Grèce a vu se cristalliser le débat sur deux options stratégiques nationales, d’un côté Syriza qui ne souhaite pas sortir de l’Euro, de l’autre le PC qui souhaitait sortir. ces deux positions ont scindé en deux la gauche de gauche empêchant un accord avant les élections, et les marxistes grecs se justifiaient en soulignaient qu’il était dangereux de laisser le thème de la sortie de l’euro être récupéré par l’extrême droite.
Une leçon politique peut tout de même être tirée de l’élection qui a eu lieu ce dimanche 17 juin.
paradoxalement cette élection aboutit à la victoire du parti qui a précipité la Grèce dans la crise. L’intérêt des financiers étant de récupérer leurs créances, la victoire possible de Syriza, les avait conduit à promettre un report partiel de l’agenda des politiques d’austérités. En même temps se déversait avec une force démesurée la propagande laissant sous-entendre qu’une victoire de Syriza équivaudrait à une sortie de l’Euro et au chaos.
Autrement dit, le résultat des élections montre qu’une partie significative des électeurs grecs a pris peur.
C’est-à-dire que le pouvoir des capitalistes en Europe est tel qu’une stratégie intelligente de sortie de crise telle que proposée par Syriza est déjà tellement contraire à leurs intérêts qu’ils sont parvenus à diffuser une panique parmi les élites européennes et une bonne partie des classes moyennes, et ce, y compris en Grèce, après 5 ans de récession.
Il est donc intéressant de noter que Syriza qui ne parlait pas de sortie de l’Euro a fait l’objet d’une campagne de diffamation visant à assimiler toute mesure contredisant l’agenda néolibéral imposé aux débiteurs du FMI à une exclusion de fait de la zone euro. François Hollande lui-même y est allé de son message d’avertissement aux grecs sur une de leurs grandes chaînes.
D’où la panique en Grèce, puisque les grecs sont majoritairement pour y rester.
En faisant des conjectures, il est fort probable que si Syriza avait eu les coudées franches pour former un gouvernement, ou bien si le PC les avaient eu, le chaos promis aurait eu lieu. Et, de toute façon, qu’on soit où non dans l’Euro, les rapports de force tels qu’ils sont actuellement, obligent à mener les politiques d’une manière qui ne peut être que vécue et perçue comme autoritaire par ses opposants.
À supposer que la Grèce soit régie par une démocratie directe, il est probable que le non à l’austérité soit majoritaire et tout aussi probable que les conséquences de ce non ne soient pas assumées par la totalité de cette majorité. incapables de s’en tenir à une stratégie de sortie de crise qui ne passe pas par l’austérité mais qui, immanquablement comporte des risques et nécessite des restrictions de liberté (par exemple bloquer les comptes bancaires) du fait de comportements irresponsables des citoyens et du fait de la force de « l’ennemi », les grecs ont finalement choisi de se ranger du côté de la force, sans même chercher à la combattre. C’est un peu comme si un peuple votait non à la guerre mais n’avait pas les ressources morales nécessaires pour réagir collectivement lorsque les chars arrivent aux frontières…le vote des grecs montre qu’ils ne pouvaient que capituler.
Cette élection est donc de fait le vote des pleins pouvoirs à la Troïka.
De sorte qu’en cette année 2012, et nous verrons bien ce qui adviendra en Allemagne en octobre, après les élections espagnoles, le referendum irlandais et le vote du parlement belge favorables au TSCG, après les élections en France et en Grèce, les citoyens d’Europe viennent de prouver que le dieu argent est le plus puissant de tous leurs dieux, la religion du marché, la seule à laquelle ils étaient capable de se soumettre en conscience, la seule pour laquelle ils sont prêts à faire des sacrifices.
Du coup le projet européen qui se dessine n’est pas celui de Sapir… ni non plus celui des nationalistes, qui ont le même dieu et la même religion, à ceci près qu’ils veulent le vénérer sous embargo et ne comprennent pas grand chose du monde nouveau… et s’ils le comprennent, ce sera l’occasion là encore de justifier une dictature… c’est après tout ce que souhaite la majorité des électeurs, dictature nationale ou dictature européenne… pour le moment cette deuxième perspective a gagné, au moins depuis Maastricht.
C’est pour cela que le débat entre économistes est intéressant à partir du point de vue sur les institutions : en effet,ayant compris l’entourloupe, les peuples qui ont majoritairement dit Non au traité constitutionnel, ont tous sans exception voté Oui par la suite. En France, les élections de 2007 et 2012 ont doté le camp du Oui d’une majorité écrasante.
Certains ont pu voir dans le NON, une victoire, un sursaut démocratique, c’est sans doute vrai, mais la suite montre que ce fut une victoire à la Pyrrhus. certains même ont voulu faire accroire que ce Non était en quelque sorte une preuve de la fin du clivage droite-gauche tel qu’on l’avait connu, mais il n’en est rien et bien au contraire : les raisons qui poussaient à dire non au TCUE sont profondément antagonistes, incompatibles.
De même dans le débat actuel entre économistes ou penseurs de gauche, il y a un relatif consensus quant la nécessité inéluctable de la construction européenne, tandis qu’à droite on se divise entre partisans d’une Europe supranationale et partisans des nations, donc une simple divergence de forme de la nation tel que la droite entend cette notion : entre élargissement à l’Europe de la Nation, comme Nation européenne et un retour en arrière à l’Europe des Nations, on reste sur une vision autoritaire de l’État-Nation.
Ce qui veut dire que le non de gauche, n’est pas un refus de l’Europe, en tant qu’espace politique, mais un refus de l’Europe telle qu’elle est, et donc le but est de la transformer et non pas, comme à l’extrême droite, d’erradiquer l’idée d’une Europe politique.
Et le débat consiste à définir l’horizon des possible, à savoir, puisque la construction européenne est un pendant inévitable de la souveraineté des peuples, et que le PS l’a constaté à ses dépend en 1983, qu’est-il souhaitable de vouloir, et quelles sont les stratégies à mettre en oeuvre. Converti à l’économie de marché, le PS souhaite qu’une Europe fédérale produise des institutions capables d’exercer une régulation d’une économie sociale de marché d’échelle européenne, d’où leurs errements, puisque leur naïveté les a conduit à céder, les unes après les autres, les leviers qui auraient permis d’aboutir à cela, à commencer par le statut des banques centrales. certes, en 83, les socialistes ont cédé à l’aveuglement qui consistait à faire l’Europe à tout prix, il n’empêche que, vu la situation dans laquelle ils étaient, la quadrature du cercle était difficile sans un courageux basculement révolutionnaire, ce dont ils (et encore plus le peuple) étaient incapables.
Mais de toute façon, ce sursaut révolutionnaire eut été difficile à tenir sans que se répandent les mêmes envies dans toute l’Europe, puisque le problème des socialistes en 83, c’est de résister aux attaques des spéculateurs, et des néolibéraux reagan et thatcher, et un pays comme la France n’était pas plus capable de se doter de marges de manoeuvre pour poursuivre une politique progressiste sans s’allier à ses voisins continentaux, qu’elle ne l’était pour mener une politique ouvertement impérialiste.
Ce tournant de 83 et tout ce qui s’ensuit, c’est un problème éminemment démocratique, puisque la seule manière de s’en sortir pour les socialistes était de s’appuyer sur un puissant mouvement social aux visées socialistes et non pas sociales-démocrates, un mouvement qui oblige le gouvernement à avancer, et ce, inévitablement, contre la majorité du peuple…puisque de toute façon, la social-démocratie était impossible à réaliser démocratiquement, c’est à dire dans le cadre de la démocratie représentative, et économiquement, c’est à dire dans le cadre d’une économie très dépendante du reste du monde et gouvernée par les règles du marché qui n’est déjà plus national depuis longtemps. On voit d’ailleurs qu’en dehors de la Zone Euro, la Suède est tout autant en train de démanteler son économie sociale de marché, sans commune mesure bien sûr avec ce qui se passe chez nous, précisément parce que la social-démocratie suédoise a été instituée autoritairement au lendemain de la guerre, tandis que notre modèle social institué tout aussi autoritairement était bien plus démocrate chrétien que social-démocrate, vu l’aura de la droite ayant résisté et vu que la France n’avait pratiquement plus de sociaux démocrates, seuls des éléments socialistes-communistes ont été institués. contrairement aux suédois, les français n’ont pas grandi dans un état social-démocrate, c’est donc plus facile aux réformateurs de s’appuyer sur leurs vieilles valeurs de droite bien ancrées pour faire passer la pilule, et pour l’élite de la gauche caviar et ses soutiens petits bourgeois, c’est plus facile de les séduire par le grand rêve européen, s’appuyer sur leur naïveté d’idéalistes et leur lâcheté…en effet, il faudrait du courage aujourd’hui, rien que pour instituer un modèle suédois en France et savoir parler au peuple autrement que dans un langage d’énarque policé.
Alors bien sûr, on a les dirigeants qu’on mérite, le courage n’étant pas la vertu la mieux partagée dans ce pays…on sait cela depuis 1940…d’où un retour en force d’une admiration pour le général putschiste qui nous a laissé cette merveilleuse constitution, un nationalisme de petit coq et un impérialisme prédateur.
Trente soit-disant glorieuses, puis trente piteuses pour en arriver à ce constat d’impuissance de la France, de la partie consciente du peuple français, à assumer ses excès et ses contradictions pour rallumer la lumière dans les consciences européennes.
Lordon, Généreux et Sapir ont prêché dans un désert, Mélenchon et Montebourg noyés sous une montagne de viande hallal.
Du coup, l’Europe d’aujourd’hui et qui va se renforcer demain est le résultat du projet néolibéral,
Et la vrai question est de savoir si les conditions qui conduisent les grands argentiers à construire l’Europe, de cette façon-là, et pour ce projet-là, ne s’appliqueraient pas à n’importe quel peuple isolé, où qu’il soit, de sorte que tout projet démocratique qui n’intégrerait pas la nécessité de s’associer, non plus entre capitalistes, mais entre peuples, serait un vœu pieux, la souveraineté des uns s’arrêtant là où commence celles des autres. il faut donc saluer Sapir et les autres de ne pas céder à la facilité, en proposant des leviers d’action nationale tout en martelant qu’ils n’ont pas de sens s’ils ne sont pas employés en vue de la construction d’une autre union européenne.
Lettre ouverte à Yvon Berland, président de l’université d’Aix-Marseille
Marseille, le 18 juin 2012
Monsieur le Président,
L’année dernière à la même période j’avais pris l’initiative, dans le cadre des États généraux de la démocratie initiés par le Conseil Régional PACA, d’une rencontre intitulée « Fabrique de la démocratie » concernant l’université.
Vous m’aviez alors félicitée de cette initiative, dont vous trouviez le thème bien venu et utile à notre institution.
Or aujourd’hui, à l’occasion des Rencontres Économiques d’Aix en Provence organisées par le Cercle des économistes, qui auront lieu dans les murs de l’université d’Aix Marseille, l’association Les Amis du Monde Diplomatique, organisatrice par l’intermédiaire du Cercle des Déconnomistes d’une autre manifestation sur les mêmes thèmes, s’est vu retiré l’autorisation de tenir à l’Université ses propres débats.
Pourtant la confrontation d’idées est absolument nécessaire, partie prenante même du développement de la science et du mouvement des connaissances et de la pensée.
L’université accueillera néanmoins une table ronde entre les intervenants des deux événements, ce qui permettra un débat, de haute tenue scientifique dans les domaines de l’économie et des sciences de la société. Il est d’autant plus surprenant que vous refusiez que se tiennent dans l’université, les débats propres aux Déconnomistes. L’université ne pourrait que s’enorgueillir de remplir ainsi sa mission de diffusion de la culture scientifique, dans le nécessaire pluralisme de la pensée et dans le sens d’une démocratie universitaire vivante et
audacieuse.
Je ne peux que m’étonner, après les multiples déclarations que vous avez faites de votre attachement à la démocratie, de cette restriction mise à son plein exercice intellectuel. En effet, l’exercice de la démocratie ne saurait se réduire à ses aspects électoraux, bien sûr très importants, mais qui perdent de leur force et de leur efficacité si on les coupe des temps de réflexion nécessaires à l’information, la délibération et la confrontation conceptuelle. De plus, la raison invoquée pourrait laisser penser que le parrainage par l’université d’une manifestation scientifique constitue également une prise de parti dans des débats relevant des seules compétences des scientifiques, instaurant une sorte de « protection » idéologique que ne souhaite, je le répète, aucune des organisations concernées.
C’est pourquoi, dans le sens des valeurs qui fondent l’université et dont procèdent ses collaborations avec ses partenaires territoriaux, je me permets de vous demander le réexamen de votre position de façon à ce que nous puissions tous saluer en la nouvelle université d’Aix Marseille un lieu éminent de liberté scientifique et de démocratie.
Je vous prie de recevoir, Monsieur le Président, l’expression de mes sincères salutations.
Anne Mesliand
Conseillère régionale Provence Alpes Côte d’Azur
Groupe Front de gauche
Présidente de la commission « Solidarités, Sécurité et prévention, Services publics, Santé ».
Romain Kroës,
Un déconomiste de plus ?
Il suit de près l’actualité à travers des articles sur son blog : http://kroes.blog.lemonde.fr/
« Clivages des consciences,
entre le modèle financier et l’économie réelle,
entre les métaphysiques comportementalistes et la démarche scientifique,
entre l’imaginaire et la raison »
en gros voici son fil directeur :
« Certes, fustiger « les riches » et « la finance » ne présente pas le même caractère nauséeux, que d’attribuer le chômage à la concurrence de pauvres gens chassés de chez eux par la politique de l’OMC et de l’Union européenne, ou de stigmatiser une catégorie d’individus qui n’ont pas les mêmes religions et traditions que les Français « de souche ». Mais cela procède de la même croyance multimillénaire selon laquelle on explique une crise en désignant des coupables : le capridé expulsé dans le désert pour y emporter les maux de la cité. Or, ce ne sont pas « les riches », ni « la finance » qui sont la cause de la crise actuelle. Ils n’en sont que les profiteurs. C’est en premier lieu l’empirisme des économistes patentés qui toutes tendances confondues persistent à refuser de soumettre leur discipline à une ascèse scientifique. »
mwouais… ce genre de vision économiciste, ça se discute 😉
son dernier travail :
http://kroes.blog.lemonde.fr/files/2012/04/%C3%A9co-%C3%A9co1.pdf
où il tente de déconstruire les dogmes de la pensée économiste, en insistant notamment sur l’oubli de la finitude des ressources,
c’est pas tout à fait satisfaisant, mais je signale
– un intéressant passage sur la monnaie,
voici d’ailleurs ce qu’il dit à propos de la loi de 1973 :
« Au 18e siècle, la Banque d’Angleterre avait élu les obligations souveraines en contrepartie de ses émissions. Cette pratique fut interrompue après la campagne réactionnaire de Ricardo en faveur de la monnaie or, puis restaurée lorsque nécessaire, restituant alors sa prérogative au parlement en matière de budget. Telle était la règle en France, avant 1973. Malheureusement, ce progrès de fait ne correspondait pas à un progrès intellectuel. Il était fondé sur la fiction du dollar-or et non sur la subversion du mythe de la « valeur ».
Simplement, la balance des paiements des USA était systématiquement négative ; de sorte que les balance-dollars s’accumulaient dans les livres des banques centrales, comme s’il s’était agi du métal lui-même, au tarif de 35 dollars l’once fixé à Bretton-Woods (1944), conformément à la parité théorique entre l’or et la devise commerciale internationale. En conséquence, la Banque de France pouvait émettre autant de monnaie que nécessaire, au gré des politiques contracycliques. Charles de Gaulle et son conseiller Jacques Rueff firent involontairement voler la fiction en éclats, en réclamant des paiements en métal réel en lieu et place des balance-dollars. D’autres pays ont suivi, et les spéculateurs ont vite compris que Fort Knox ne pourrait pas suivre. Le sterling et le dollar subirent l’orage, jusqu’à ce que l’administration Nixon abolisse la convertibilité du dollar, de facto en 1971, de jure en 1973.
Alors, au lieu de réaliser que pendant plus d’un quart de siècle l’économie avait fonctionné sur la base d’une monnaie fiduciaire sans aucune valeur intrinsèque, et sans entrainer aucun désordre, les économistes, politiciens et journalistes français furent pris collectivement d’une culpabilité rétrospective. En conséquence, la loi interdisant à la Banque de France d’ouvrir des crédits à l’État fut votée sans rencontrer une ferme opposition (1973). L’interdiction fut ensuite étendue à l’Union Européenne par le traité de Maastricht (1993). Appelé « pacte de stabilité », repris et aggravé par celui de Lisbonne, ce traité ne pouvait déboucher que sur l’instabilité à laquelle nous assistons maintenant. »
- et cette série d’articles passionnants sur les intuitions de Marx, Luxembourg et Keynes aux prises avec des croyances centenaires voire millénaires dont ils ne seront pas parvenu à s’extraire tout à fait pour comprendre la nature profonde de l’illusion capitaliste et dont nous subissons encore les effets :
http://kroes.blog.lemonde.fr/marx-et-la-fin-du-capitalisme/
Un premier apercu des rencontres, avec Frédéric Lordon (pour moi, « fred the lord » – alors que j’ai un problème avec toute hiérarchisation).
Et un clin d’oeil à Etienne (oui, mais seulement pour le TCE, alors que… c’est « tellement » davantage) :
http://www.livestream.com/lateleduplateau/video?clipId=pla_e1d9fffe-bf92-4066-a75c-bb77ac091e7d&utm_source=lsplayer&utm_medium=ui-comment-text&utm_campaign=lateleduplateau&utm_content=lateleduplateau
Je viens de terminer le visionnage de la vidéo précédemment citée.
Etienne intervient à 1:30, tâchant de pointer l’essentiel caché derrière la question de la souveraineté populaire qui apparaît désormais comme le problème numéro un avec la crise de l’Europe.
Le « gros coquin » est en réalité le véritable spécialiste de la question… Telle est la réponse de l’économiste, tandis qu’une autre question posée par une personne de la salle entérinait le hic.
Une remarque du public est celle que je trimballe quant à moi : « pourquoi vouloir l’Europe ? »
La réponse de F. Lordon est en vérité (à mes yeux !) à double tranchant et la référence philosophique rapide : la diversité est nécessaire, comme nourriture vitale à cet être complexe que nous sommes, êtres humains (Spinoza en pierre angulaire habituelle).
La diversité n’est-elle pas tout autant nourrissante et surtout riche de n’être pas fédérée, super-structurée, ou tout autre type d’organisation aussi égalitaire ou hiérarchisée qu’on puisse l’imaginer ?
Je reste sur mon interrogation (et mon scepticisme) sur l’ambition. L’Europe existe pour moi depuis bien avant les accords charbon du XXe siècle passé. Il se pourrait même qu’elle existe sans même qu’existe son nom, s’il s’agit de diversité…
A noter aussi le dramatique appauvrissement des cours généraux d’économie à l’école, sous la gouverne des économistes dominants (orthodoxes pour rester dans cette catégorisation), signalé au cours des échanges, à partir de l’ennui qui s’y enroule.
De la diversité décidément… Et de la complexité ? Ce serait peut-être intéressant de définir ce mot pour finir.
Effectivement, les interventions de Frédéric Lordon sont toujours des plus savoureuses.
Cependant, je pense qu’un petit guest star de fin de conférence en la personne d’Etienne « the man with the plan » Chouard (puisqu’on est parti pour les aka) aurait été du plus bel effet.
Mouais.… J’ai visionné que le tout début de Lordon .…
J’avoue que Lordon m’énerve un peu : il se la joue comme on dit ; pas trop d’accord sur le refus de débat avec les « vrais » zéconomistes.
Le fait qu’ils soient dans « la mouise » et aient besoin des lumières des déconnomistes n’est pas un bon argument;à partir du moment où le débat est bien organisé c’est toujours positif.Toujours éclairant.
On ne pourra de toute manière pas refaire le monde avec un esprit de clan.
Tu trouves qu’il se la joue par la façon dont il s’exprime ou parce qu’il n’a pas envie de débattre avec le cercle des économistes ?
Si c’est la première raison, je pense que c’est une question de goût. Pour ma part, je trouve son langage à cheval entre de l’académique et du Michel Audiard très agréable et parfois tordant.
Pour la deuxième raison, je pense qu’il faut visualiser qui sont ces gens-là : de parfaits glandus prostitués au service de l’oligarchie qui passent leur temps à enfumer le grand public en ne débitant que des lieux communs et surtout des mensonges. Ils sont dans la mouise parce qu’ils ont tellement proféré d’inepties qu’ils se retrouvent dans une situation où ils ne savent même plus comment retourner leur veste au vu de la situation actuelle. Bref qu’ils aillent au diable.
Oups j’ai validé avant de finir.
Je te rejoins totalement sur le fait qu’on ne refera pas le monde avec un esprit de clan et que la controverse nous fait avancer. Mais en l’occurence, ce sont des traitres à l’interêt général et leur trahison s’est faite de façon volontaire et réfléchie (et très certainement avec un petit billet au bout). Laissons les mariner un peu dans leur jus.
Sur le site des rencontres déconnomiques, l’ensemble des interventions est consultable. Accueil, cliquer « vidéos des conférences » (clignotantes).
http://www.deconnomistes.org/
Encore trop optimistes pour certains ? Quoique la mise en place du « modèle » chinois nous concernant sous peu, éventuellement…
Et les USA : des élections qui feraient lisser la situation ? Pas si sûr.
http://www.dedefensa.org/article-une_grande_d_pression_subversive_et_invertie_10_07_2012.html
Ecoutez Jean-Philippe Desbordes !!!! Un journaliste en plein dedans.
http://www.livestream.com/lateleduplateau/video?clipId=pla_af35b279-b3cb-4d58-8d88-cb36693b8ca1&utm_source=lslibrary&utm_medium=ui-thumb
Suite à une question, au cours de sa présentation, André Jacques fait allusion à un discours de Philippe seguin.
Je pense qu’il s’agit de celui là
qui est en effet assez riche, c’est le moins qu’on puisse dire.
Merci Ana, pour cette piqûre de rappel :
ce plaidoyer de Philippe Seguin est sans doute le plus puissant — parfaitement formulé, parfaitement argumenté et parfaitement articulé — que je connaisse contre le projet de dictature qu’est l’Union européenne :
Étienne.
Quand cette langue (française) que j’aime tant retrouve sa précision et du sens. Merci Ana pour ce discours politique. Mais, pour ceux qui veulent l’écouter, acceptez de passer du temps : plus de deux heures.
Copié à la volée :
« 1992 (Maastricht) est littéralement l’anti-1789 ».
« On est souverain, ou on ne l’est pas. »
« Cessons donc tricher (…) : choisir notre souveraineté ou y renoncer. »
La qualité de « fédéral » est gommée lors du débat de Maastricht (ce n’est plus le cas en 2012, avec un fédéralisme pour autant insaisissable, confus). Il s’agit en 1992, d’ « un fédéralisme au rabais, sans même les garanties du fédéralisme ».
De la nation française : valeurs collectives de souveraineté du peuple, appel de liberté, centralité de la personne humaine, combat contre les féodalités et les injustices.
« Que veut-on mettre à la place ? » : « L’Europe des régions… »
« Le folklore ne dérange personne. »
« Identité » : terme utilisé « lorsque l’homme est déjà en péril ». « Concession minimale ».
Banque centrale européenne, avec des dirigeants n’ayant de compte à rendre à personne. Efficacité / irresponsabilité ? Voir la FED. Même Friedman, même Allais étaient contre cette « idée ».
Des mesures monétaires de l’Europe désastreuses pour la France et son économie…
Des pays de l’Est ? la faiblesse du discours de Philippe Séguin peut-être. L’Europe des technocrates et des oligarchies a su aussi faire, depuis, et peut-être avec plus d’efficacité que nul ne pouvait imaginer. Une polonaise du CADTM entendue : plus rien n’intéresse ses compatriotes, même plus la scolarité de leurs enfants, le succès économique et financier individuel est une obsession.
La crise : une description. Crainte de la dérive nationaliste. Crise avant tout culturelle, tandis qu’un basculement technique est en cours.
« Société désormais comme entreprise ». Quelle réduction politique !
Et de l’argument de l’impuissance politique nationale… Que de bénéfices de « ne plus assumer ces responsabilités », notamment l’impôt. (A mettre en parallèle avec la vision de l’impôt de Bernard Friot : légitimation d’un type de société).
« Fuite en avant ».
« Pour des délégations de compétences ». « Coopération par consensus » et « coopération entre États ». « Cadre souple et ouvert ».
« Lancinante question du déficit démocratique ». « Rendre leurs prérogatives aux parlements nationaux ».
De l’Allemagne… (Selon François Asselineau, pays qui avait tout a gagné de l’Europe que nous connaissons, inversement à la France).
La France ne saurait avoir l’Europe comme seul horizon. Quant à ses valeurs… messianiques (universalistes) ? Vision / gestion d’un pays.
« Au peuple de voter ». « Refus de se substituer au peuple ».
Nota 0 : On reconnaîtra aussi derrière les attaques fondamentales de Philippe Séguin contre l’Europe, des « croyances », et que je qualifierais de « droite » (égalité des chances, inflation comme pathologie, légitimité des représentants élus, valeur travail – comme effort et dureté, nécessité d’un redressement, par exemple, ou encore « oui, nous sommes en guerre économique » – cette dernière affirmation étant de celle que j’aimerais voir développer ici, chez Etienne ! car je ne peux m’y résoudre autrement que comme prétexte à un combat, et des plus brutaux, gagnable par certains, et certains seuls particulièrement – comme par hasard ; une vision idéologique et partielle de la « vie », aux forces auto-réalisatrices, et que je refuse).
Nota 1 : De la langue… Autant il nous apparaît clairement à quel point elle est subvertie aujourd’hui par les divers pouvoirs coalisés, à coup de mots anglais s’il le faut, autant je veux aussi souligner que le projet-réalité européenne foule également ce trésor qui humanise et réunit. Et j’entends parallèlement à mes notes, Philippe Séguin rappeler François Ier à Villers-Cotterêts, et reprendre cette idée, sur laquelle je m’arqueboute culturellement, comme principielle d’une communauté. Décidément, beaucoup est dit par Philippe Séguin.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Ordonnance_de_Villers-Cotter%C3%AAts
Nota 2 : La conférence de René TEBOUL aux rencontres déconnomiques m’a beaucoup appris sur l’Histoire des premiers économistes (politiques), français en l’occurrence. Se basant sur le réel, préoccupés du bien du pays, de Montchrétien aux physiocrates, ils se montrent tout à l’opposé des pseudo-scientifiques contemporains, bien évidemment auto-proclamés « orthodoxes » (bien droits, les messieurs) qui œuvrent à un monde hyper-inégalitaire, destructeur de la majorité des êtres et de la planète, de la bio-diversité et, tout simplement de son droit de vivre et d’être de la plupart des humains, France comprise (dignement devient un luxe).
http://www.livestream.com/lateleduplateau/video?clipId=pla_be994e45-14ca-46e2-b5b5-f9edde9cba43&utm_source=lslibrary&utm_medium=ui-thumb
Rappel à l’occasion que la cause de la nation fut un moment de pacification, en plus d’être progressiste (et j’entends Séguin rappeler la même possibilité), contrairement à la vulgate d’aujourd’hui (même Jean-Philippe Desbordes aux déconnomiques reprend le flambeau, parmi d’autres erreurs, à mon goût, comme de penser que l’on a « r« appatrié le modèle colonial, comme si le système hiérarchique ne concernait pas l’une des problématiques essentielles de la pensée et du comportement humains, savamment flattée de nos jours, assurément et très gravement – à mes yeux à partir de la méritocratie républicaine, fortunes de toutes sortes célébrées à l’excès à la suite, hissant l’heureux bénéficiaire – ou « acteur » à la supériorité finale, et au déjà cité « droit de vivre », pour conclusion en cours. Et si l’on fréquente les analyses d’Henri Guillemin, on accepte que les pires politiques ont abusé des frontières nationales pour manipuler les masses vers la haine de voisin, vers des combats meurtriers, pour ces mêmes et « seules » masses, sans que la frontière soit l’élément déclencheur en soi. Tant à dire sur les limites !
Nota 3 : L’attachement à la nation française ? Que penser ? Perdre quelque chose contre non pas rien, mais l’horreur, et je la crains durable, ou comme le martèle Jean-Philippe Desbordes, « faite pour durer ».
Démocratie et marché font mauvais ménage parce que si c’est le marché qui gouverne,ce n’est pas le peuple.
Mais pourquoi ne pas dire aussi que salariat et démocratie font mauvais ménage ? Parce que la fonction du salarié est bien de servir le marché ?
Si la démocratie signifie gouvernement du peuple par le peuple , il est bien évident que cette gouvernance doit s’occuper prioritairement de l’économie , secteur clé du fonctionnement d’un pays.
Les citoyens doivent pouvoir décider de ce qu’ils produisent et comment ils produisent .
Le salariat est un statut tout à fait inadapté à cette citoyenneté : on ne peut pas être juge et partie et contester ce qui nous nourrit.
…Le salariat est un statut tout à fait inadapté à cette citoyenneté : on ne peut pas être juge et partie et contester ce qui nous nourrit.
C’est pourquoi les révolutions ( et constitutions )ne peuvent apparaître que lorsque les salaires ne font plus vivre.
De même les préoccupations écologiques ne peuvent réellement émerger que lorsque le marché n’est plus nourricier.( on ne peut pas servir deux maîtres)
Je ne vais pas pourtant comme c’est l’habitude ici en déduire que pour vivre dans un monde meilleur il faut supprimer le salariat ; la chirurgie n’est pas une action politique réaliste puisqu’elle ne fait qu’enlever les symptômes .
Les Sociétés Coopératives d’Intérêt Collectif ( SCIC) me semblent être un bon statut pour des salariés qui en collaboration avec des collectivités publiques peuvent décider de ce qu’ils doivent produire et comment le produire.
@ Di Girolamo,
entièrement d’accord avec toi,
on pourra se considérer en démocratie lorsque nul ne sera en mesure d’établir un contrat de subordination ni d’utiliser le travail humain et les ressources de la terre à des fins d’accumulation personnelle et pour des produits non conformes aux normes fixées par le souverain.
c’est donc les statuts de toutes les entreprises qu’il faudrait convertir,
redéfinir les principes de la liberté d’entreprendre et du libre-échange, du crédit, etc.
il faudra sans doute inventer d’autres statuts que les SCOP ou les SCIC, et revisiter celui des mutuelles, des associations, des syndicats et collectivités territoriales.
si on réfléchit à un principe constitutionnel, et à la limite ce serait même plutôt au-dessus de la constitution, un article de déclaration des droits du citoyen, du style « la loi ne reconnaît aucun groupement dont les membres n’ont pas un pouvoir égal de décision et dont l’activité et ses fruits ne sont pas équitablement répartis »…à améliorer bien sûr,
mais voilà qui nous promet bien des luttes, puisque l’application de ce principe serait d’un impact encore plus énorme et conflictuel que le Protestantisme en son temps.
mais mesurons notre chance et saluons nos prédécesseurs qui ont eu ce genre d’idée, et ont gratté par petits bouts la toute puissance des possédants, d’abord le dimanche, jusqu’aux 35h, 5 semaines de congés payés, cotisations chômage, santé et normes d’hygiène et de sécurité…bien entendu cela parait peu de choses au regard des buts visés, mais c’est déjà beaucoup, et surtout beaucoup trop pour les possédants qui eux ne lâchent rien, contrairement aux salariés (cf répartition du vote ouvrier, taux de syndicalisation, etc.).
mesurons notre chance car, il y a belle lurette qu’on ne risque pas sa vie à dire ce que tu dis Di Girolamo, ce qui n’est pas le cas encore aujourd’hui en Colombie, et dans d’autres pays d’Amérique Centrale, et il n’y a pas si longtemps aux USA, en Afrique du Sud, au Chili, Argentine et Brésil.
j’imagine déjà l’intensité de la campagne internationale pour la « liberté de la presse » si on appliquait le principe démocratique en commençant par les médias, et avant qu’on en soit là, je pense que Christophe Barbier et Yves Calvi auront depuis longtemps un badge Marine Le Pen sur leur veston..
car ce que tu dis, pour l’appliquer « démocratiquement », sauf désobéissance localisée d’une collectivité, demanderait à ce que la population ait grandement changé d’avis, soit, l’équivalent d’un deuxième tour de présidentielle Poutou-Mélenchon…Or là on était sur du Sarkhollande, c’est dire à quel point le « peuple » souhaite que le « marché » gouverne, faire des « sacrifices » et se « serrer la ceinture » pour des maîtres sans nom et sans visage indifférents à la planification écologique $.
on a tellement à faire, mais effectivement ça passe par des réalisations concrètes,et il y a des millions de chômeurs qui n’attendent que ça peut être ?
Merci sitouaillain et Di Girolamo pour ces idées pour rebondir vers l’activité coopérative ou bénévole.
Les Sociétés Coopératives d’Intérêt Collectif …
Plein de liens à explorer, je vous laisse.
merci gilles,
expérimentation à grande échelle au Venezuela : http://www.recma.org/node/1033
conseil de quartier ou de village+Banque de quartier ou de village géré par le conseil+sociétés de production socialisées
n’oublions pas non plus, comme support du faisable ici et maintenant les régies de quartier ou régies rurales : http://www.cnlrq.org/rub.php?id_theme=2
ou les régies municipales de l’eau, de l’énergie ou des transports, autant d’exemple de socialisme municipal : http://fr.wikipedia.org/wiki/Socialisme_municipal
avec les coopératives et le localisme, il y a matière à donner corps au municipalisme libertaire : http://fr.wikipedia.org/wiki/Municipalisme_libertaire
tiens ça me donne une idée pour Di Girolamo, les municipales, c’est bientôt, pourquoi n’organiserais-tu pas des assemblées citoyennes pour élaborer un programme et une liste pour la démocratie directe ?
@ Sitouaillain
A trop tirer la ficelle ‚elle se rompt ; c’est mon cas : j’ai beaucoup passé de temps « militant » ( l’échec cuisant dont j’ai parlé + la création d’un point de vente collectif – qui a été trop difficile à gérer .….) et beaucoup délaissé ma ferme qui en a pâti ; structurellement tout est à reprendre ou finir sur mon exploitation , d’autant que mon fils s’installe et va créer un atelier de pâtes alimentaires bio fermières. J’ai donc fait le choix de m’en, tenir , ce qui est déjà beaucoup à l’exploitation pour en faire qqchose de bien.
Donc pas question d’en rajouter : l’engagement municipale est vite lourd . D’autre part je ne suis pas un gestionaire , mais plus un développeur et créateur et si cela peut être dans certains cas une vertu , ça devient un handicap en zone périurbaine , ni ville ni campagne ‚où les gens ne s’impliquent pas politiquement et sont très très peu idéalistes.
J’en avais fait l’expérience il y a qq années en créant une liste municipale avec comme programme sur un village qui pour des raisons historiques ne s’était pas du tout développé , de gérer un développement participatif ; tout était encore à faire : pas de commerces ‚pas de services , des constructions individuelles hétéroclites qui allaient très vite boucher l’horizon de l’aménagement collectif de la commune . J’avais perdu les élections : les gens ont préféré les constructions individuelles hétéroclites ; aujourd’hui le village n’a toujours pas de bistot ou épicerie et architecturalement ne ressemble plus à rien . La démocratie participative n’est ni comprise ni souhaitée . Du moins dans mon village.
D’autre part le fait d’avoir été exclu du pays et de l’être encore n’est pas un élément facilitant .
En termes d’objectifs je m’en tiens donc à suivre et si possible gagner le combat judiciaire afin si victoire d’en tirer parti pour faire vancer les choses , et à ma ferme ‚ce qui n’est pas rien.
Aussi au blog Chouard parce que toi , Catherine et qq autres mais bien rares , aiment débattre.
@ di Girolamo,
je suis désolé d’avoir lancé cette idée, tu n’aurais pas du te justifier comme ça, c’est indécent ! 🙂
moi aussi j’ai subi le même genre de déconvenues dans mon village (que j’ai quitté depuis, provisoirement j’espère), et en plus on m’avait forcé un peu pour être sur la liste…bref, c’est la vie et le combat continue ! 😉
malheureusement je n’ai pas de terre, je viens pourtant de familles de paysans, mais le capitalisme a fait son oeuvre de prolétarisation deux-trois générations plus avant, mais souvent je regrette de n’avoir pas fait l’effort de devenir paysan, enfin tout ça pour dire que si j’avais des terres, et bien je ferais comme toi, voire je serais nettement plus agressif avec ceux qui m’em… et ne m’embarrasserai pas de procès !
bon courage
et merci de prendre le temps d’écrire ici, chacun de tes post contient une perle de sagesse revigorante 😉