Le cercle des déconnomistes à Aix en Provence, avec Généreux, Lordon, Holbecq, Kempf, Ruffin, etc. et « INSIDE JOB » en ligne

21/05/2012 | 32 commentaires

Bonnes nou­velles !

Le « Cercle des Décon­no­mistes »
se tien­dra à Aix-en-Pro­vence les 6, 7 et 8 juillet 2012 :

http://​www​.decon​no​mistes​.org/

Avec du beau monde… voyez le pro­gramme :
http://​www​.amis​.monde​-diplo​ma​tique​.fr/​I​M​G​/​p​d​f​/​D​P​-​1​0​_​0​6​_​2​0​1​2​.​pdf

Il ne faut pas rater ça 🙂

Infor­ma­tions complémentaires :

• L’ar­ticle de Renaud Lam­bert dans le Diplo qui dénon­çait les escrocs de l’é­di­to­rial éco­no­mique en France :
Conflits d’in­té­rêts et conni­vences média­tiques : Les éco­no­mistes à gages sur la sel­lette
http://​www​.monde​-diplo​ma​tique​.fr/​2​0​1​2​/​0​3​/​L​A​M​B​E​R​T​/​4​7​476

• Les impos­teurs de l’é­co­no­mie => le livre for­mi­dable de Laurent Mau­duit, à connaître abso­lu­ment :
http://www.amazon.fr/Les-imposteurs‑l%C3%A9conomie-Laurent-Mauduit/dp/2350133222

• Les impos­teurs de l’é­co­no­mie => sur le BLOG de l’au­teur :
http://​blogs​.media​part​.fr/​b​l​o​g​/​l​a​u​r​e​n​t​-​m​a​u​d​u​i​t​/​2​6​0​3​1​2​/​l​e​s​-​i​m​p​o​s​t​e​u​r​s​-​d​e​-​l​-​e​c​o​n​o​mie

• Assauts mul­tiples contre les « impos­teurs de l’é­co­no­mie » : l’au­teur du livre-choc raconte les per­sé­cu­tions lan­cées par les chiens de garde média­tiques :
http://​blogs​.media​part​.fr/​b​l​o​g​/​l​a​u​r​e​n​t​-​m​a​u​d​u​i​t​/​2​7​0​4​1​2​/​a​s​s​a​u​t​s​-​m​u​l​t​i​p​l​e​s​-​c​o​n​t​r​e​-​l​e​s​-​i​m​p​o​s​t​e​u​r​s​-​d​e​-​l​-​e​c​o​n​o​mie

• LE FILM FORMIDABLE « INSIDE JOB » :
On n’y incri­mine pas la mala­die anti­so­ciale de l’ARGENT-DETTE-PRI­VÉE (sacré lacune quand même…),
mais ce film est une ana­lyse pas­sion­nante de L’EXEMPLE ACADÉMIQUE DE L’ISLANDE
pour com­prendre la pré­ten­due « CRISE », par­tout dans le monde,
avec le rôle CENTRAL des MÉDIAS et des UNIVERSITAIRES « experts » POURRIS :

Quelques com­men­taires :

• On relève sur FB que « Décon­no­miste » semble être un mix entre éco­no­miste, décrois­sance et décon­neur… 🙂
Mais dé-conno­miste, c’est aus­si un assem­blage entre « dé » de défaire, et un « conno » qui fait pen­ser aux redou­tables et gigan­tesques conne­ries des impos­teurs pros­ti­tués (« édi­to­ria­listes » lit­té­ra­le­ment ven­dus aux plus dan­ge­reuses mafias). Ce titre est vrai­ment une trouvaille.

• Et SURTOUT, je suis vrai­ment heu­reux pour André-Jacques, dont la pré­sence entre Géné­reux et Lor­don, entre Kempf, Lam­bert et Ruf­fin, au milieu des copains du Diplo et des Repaires de LBSJS, est comme une légion d’hon­neur popu­laire, pour bons et loyaux ser­vices ren­dus à la résis­tance citoyenne aux mythes mar­chands, après une injuste tra­ver­sée du désert.

Ça me rem­plit de joie de voir là mon cou­ra­geux vieux frère.

En plus, je vais revoir Fré­dé­ric…
Je suis heureux 🙂

• Hum… Un bémol, quand même : il manque juste, au pro­gramme de ces décon­no­mistes dis­tin­gués, une évo­ca­tion de la cause des causes, celle qui rend pos­sible (et durable) la confis­ca­tion du pou­voir poli­tique par les riches (le pou­voir éco­no­mique)… Non ? 🙂

Mais j’es­père bien qu’il y a quelques confé­ren­ciers (et quelques spec­ta­teurs) qui vont au moins évo­quer cette piste de résis­tance « radi­ca­le­ment radi­cale » : pour désyn­chro­ni­ser quo­ti­dien­ne­ment la richesse éco­no­mique de la richesse poli­tique, insuffler/imposer une part de tirage au sort en poli­tique, sur­tout dans le pro­ces­sus consti­tuant, et sti­mu­ler la défense à chaque ins­tant de cet anti­dote antio­li­gar­chique —au plus haut niveau du droit— par des citoyens actifs (et armés).

Sans ça, si on n’a­na­lyse que les consé­quences, j’ai bien peur qu’on ne sorte jamais de ce piège à rats.

En tout cas, on va tâcher de ne pas rater ces conférences 🙂

Étienne.

Pour m'aider et m'encourager à continuer, il est désormais possible de faire un don.
Un grand merci aux donatrices et donateurs : par ce geste, vous permettez à de beaux projets de voir le jour, pour notre cause commune.
Étienne

Catégorie(s) de l'article :

32 Commentaires

  1. Gaspard

    Pauvre Saint-Quen­ti­nois de mon état, je ne pour­rais aller jouer le rôle du confé­ren­cier mal­heu­reu­se­ment. J’es­saie­rai de me rabattre sur l’u­ni­ver­si­té popu­laire de Michel Onfray s’il y a des sessions!!!

    J’es­père qu’on aura droit à la ver­sion vidéos car je dois dire que les noms qui sont au pro­gramme (notam­ment Mon­sieur Lor­don que j’ai décou­vert il y a peu) me font regret­ter de ne pas être un sudiste !

    Réponse
  2. Marion

    Et ils ne t’ont pas invi­té, Étienne ?
    Est-ce bien sérieux…
    🙂

    Réponse
  3. Ana Sailland

    J’y vais.

    Qui d’autre ?

    On devrait faire des heures sup en dehors des heures de débat. Chiche ?

    Réponse
  4. Héloïse

    La véri­té est un pro­duit rare et vis­queux, qui devient vite vola­tile voire explo­sif quand le cli­mat social se réchauffe…

    Un bémol, tou­tes­fois, peut détour­ner l’at­ten­tion des mélo­manes qui pia­notent sur ce pro­duit laqué qui enduit les touches des ins­tru­ments de la renommée…

    Le tirage au sort trou­ve­ra sa petite « res­pi­ra­tion sal­va­trice » au détour d’une croche oubliée, juste assez pour que sou­dain la tem­pé­ra­ture du cla­vier approche le seuil d’irréversibilité…

    Réponse
  5. sitouaillain

    « le meilleur moyen de sau­ver l’Eu­rope, c’est de lui désobéir »

    14 ques­tions posées à Jacques Géné­reux, ce qui lui per­met d’ex­po­ser les alter­na­tives qui s’offrent aux citoyens (élec­teurs s’en­tend) et d’ex­pli­quer la por­tée d’une « poli­tique sub­ver­sive » en res­tant dans l’eu­ro et l’UE pour opé­rer « un bou­le­ver­se­ment dans la repré­sen­ta­tion des pos­sibles » et sor­tir de la crise par le haut, une relance de l’  »acti­vi­té » et non de la « crois­sance », etc. par la maî­trise de la créa­tion moné­taire et une meilleure répar­ti­tion des richesses :


    14 ques­tions à Jacques Géné­reux par lepar­ti­de­gauche

    Pour être com­plet, il manque une 15ème ques­tion sur les méthodes d’ap­pli­ca­tion d’un pro­tec­tion­nisme « pro­gres­siste » qui est un com­plé­ment à la relance et à la pla­ni­fi­ca­tion écologique,

    et une 16ème ques­tion imper­ti­nente que Ber­nard Friot pose brillam­ment dans « l’en­jeu du salaire » : à quoi bon faire tout cela si c’est pour conser­ver les germes néfastes du capi­ta­lisme (pro­prié­té lucra­tive, etc.)?,

    car bien évi­dem­ment Géné­reux n’est pas vrai­ment sur la même ligne du « socia­lisme inté­gral » de Friot, on peut se faire une idée du conte­nu du « socia­lisme néo­mo­derne » dans ces extraits de son livre « l’Autre Socié­té » : http://​neo​mo​derne​.fr/

    Réponse
  6. neurologie

    La diver­si­té étant le propre de l’Eu­rope, le meilleur moyen de sau­ver l’Eu­rope est de mettre fin à l’U­nion Européenne.

    Cela se passe dans un hôpi­tal psy­chia­trique. Un neu­ro­logue dis­cute avec un autre neurologue :

    — « Connais-tu la dif­fé­rence entre l’his­toire des deux fous dont l’un dit à l’autre : « Accroche-toi au pin­ceau, j’en­lève l’é­chelle ! » et la situa­tion actuelle ? »

    — « Non, tu ne pas pas recom­men­cer, nous fai­sons un métier sérieux où l’hu­mour n’a pas sa place. Quoique ! L’hu­mour pour­rait être thé­ra­peu­tique fina­le­ment, tout compte fait. Allons‑y. Tu disais : Accroche-toi au pin­ceau et j’en­lève l’é­chelle et la situa­tion actuelle, euh, non, je vois pas. »

    — « Eh, bien les deux fous avec le pin­ceau et l’é­chelle, c’é­tait juste une his­toire, tan­dis qu’ac­croche-toi à l’eu­ro, j’en­lève ta mon­naie natio­nale, cela va entrer dans l’histoire. »

    Réponse
  7. Étienne

    TONIQUE ET PASSIONNANTE SYNTHÈSE :

    Max Kei­ser : toutes les banques du monde entier sont insolvables.

    Réponse
  8. A-J Holbecq

    L’u­ni­ver­si­té Aix Mar­seille, par son pré­sident Yvon Ber­land, annule bru­ta­le­ment les auto­ri­sa­tions accor­dées au cercle des decon­no­mistes d’u­ti­li­ser les salles aixoises pour les pre­mières ren­contres decon­no­mique, du 6 au 8 juillet 2012

    Fré­dé­ric Lor­don ( éco­no­miste et direc­teur au CNRS), Gérard Dume­nil ( direc­teur de recherche et éco­no­miste au CNRS), Gérard Filoche( ins­pec­teur du tra­vail ), Renaud Lam­bert (rédac­teur en chef au monde diplo­ma­tique), Her­vé Kempf (grand repor­ter) sont donc INTERDITS DE FAC. …( et moi 😉 )

    Réponse
  9. Di Girolamo

    Je vous conseille for­te­ment des uni­ver­si­tés d’é­té dans une des belles cam­pagnes de notre beau pays encore rural là où l’é­co­no­mie n’a pas encore tout rava­gé et donc là où quelques gaul­lois résis­tants seront heu­reux de vous accueillir pour oeu­vrer avec vous tous à une décon­ne­rie sym­pa­thique loin des Yvon Ber­land , sans doute un quel­qu’un bien sérieux et propre sur lui.

    Réponse
  10. Catherine B

    Viens donc à Lille André-Jacques, si ça te dit j’es­saie de cher­cher un lieu sus­cep­tible de vous rece­voir. Dis-moi « quoi »

    Réponse
  11. sitouaillain

    La Revue des Livres a publié 

    une recen­sion cri­tique du livre de Jacques Sapir « La Démon­dia­li­sa­tion » par Michel Husson :

    http://​www​.revue​des​livres​.fr/​d​e​m​o​n​d​i​a​l​i​s​a​t​i​o​n​-​h​e​u​r​e​u​se/

    puis la réponse de Jacques Sapir :

    http://​www​.revue​des​livres​.fr/​d​e​b​a​t​-​l​a​-​d​e​m​o​n​d​i​a​l​i​s​a​t​i​o​n​-​e​n​-​q​u​e​s​t​i​o​n​-​2​-​p​a​r​-​j​a​c​q​u​e​s​-​s​a​p​ir/

    Le tra­vail de Sapir m’ap­pa­rait inté­res­sant dans la mesure où, comme Géné­reux, sa vision des solu­tions à la crise se découple en deux volets,

    L’un consiste à exa­mi­ner ce qui pour­rait être fait si les ins­ti­tu­tions actuelles de l’UE se ran­geaient à la forme moderne de key­né­sia­nisme qu’il prône et qu’il s’o­pé­rait une trans­for­ma­tion des ins­ti­tu­tions et des stra­té­gies de l’UE, à savoir un sys­tème moné­taire euro­péen avec une mon­naie com­mune, et des mon­naies natio­nales à taux de changes fixes rééva­luées pério­di­que­ment de manière concer­tée avec un sys­tème de régu­la­tion des stra­té­gies éta­tiques par la réso­lu­tion moné­taire des dés­équi­libres struc­tu­rels de leurs balances com­mer­ciales, une BCE pou­vant émettre de la mon­naie, un contrôle des capi­taux, et un pro­tec­tion­nisme social et envi­ron­ne­men­tal aux fron­tières de l’UE et entre les Etats (avec sys­tèmes de caisse de compensation).

    L’autre consiste à exa­mi­ner ce qu’il iden­ti­fie comme « second best », à savoir ce qu’il serait sou­hai­table de faire si la pre­mière option n’est pas réa­li­sable dans l’im­mé­diat, et si un Etat de grande taille comme la France avait un gou­ver­ne­ment qui prend la mesure du pro­blème (les fran­çais n’ont pas choi­si ce type de gou­ver­ne­ment), et c’est là prin­ci­pale diver­gence qu’il a avec Géné­reux, puisque Géné­reux pense qu’il suf­fit de déso­béir uni­la­té­ra­le­ment sur des points névral­giques pour que s’en­clenche un rap­port de force favo­rable à la réa­li­sa­tion de l’op­tion 1, tan­dis que Sapir entend plu­tôt poser la sor­tie de l’Eu­ro comme « second best », tout en recon­nais­sant que la situa­tion ne serait pas du tout réso­lue, mais que ceci aurait au moins le mérite de géné­rer le branle-bas de com­bat dans la tête des diri­geants et citoyens des autres pays de la zone. Il affirme enfin, qu’il est plus pro­bable que l’af­fir­ma­tion d’une volon­té ferme quant cette sor­tie de la zone euro suf­fise à pro­duire les effets escomp­tés, à savoir, bou­ger les lignes pour mettre en œuvre l’op­tion 1.

    Le mérite de ces débats est de contri­buer à une défi­ni­tion de ce que la gauche de gauche peut for­mu­ler comme pro­jet euro­péen, ce vers quoi il convien­drait d’al­ler, tout en four­nis­sant un cadre opé­ra­toire natio­nal et des options stra­té­giques pour des poli­tiques natio­nales, dont le sens et la por­tée seraient orien­tées vers ce pro­jet euro­péen, mais sans se lier les mains indé­fi­ni­ment en atten­dant que ce pro­jet se réalise.

    La gauche de gauche en Grèce a vu se cris­tal­li­ser le débat sur deux options stra­té­giques natio­nales, d’un côté Syri­za qui ne sou­haite pas sor­tir de l’Eu­ro, de l’autre le PC qui sou­hai­tait sor­tir. ces deux posi­tions ont scin­dé en deux la gauche de gauche empê­chant un accord avant les élec­tions, et les mar­xistes grecs se jus­ti­fiaient en sou­li­gnaient qu’il était dan­ge­reux de lais­ser le thème de la sor­tie de l’eu­ro être récu­pé­ré par l’ex­trême droite.

    Une leçon poli­tique peut tout de même être tirée de l’é­lec­tion qui a eu lieu ce dimanche 17 juin.
    para­doxa­le­ment cette élec­tion abou­tit à la vic­toire du par­ti qui a pré­ci­pi­té la Grèce dans la crise. L’in­té­rêt des finan­ciers étant de récu­pé­rer leurs créances, la vic­toire pos­sible de Syri­za, les avait conduit à pro­mettre un report par­tiel de l’a­gen­da des poli­tiques d’aus­té­ri­tés. En même temps se déver­sait avec une force déme­su­rée la pro­pa­gande lais­sant sous-entendre qu’une vic­toire de Syri­za équi­vau­drait à une sor­tie de l’Eu­ro et au chaos.
    Autre­ment dit, le résul­tat des élec­tions montre qu’une par­tie signi­fi­ca­tive des élec­teurs grecs a pris peur.

    C’est-à-dire que le pou­voir des capi­ta­listes en Europe est tel qu’une stra­té­gie intel­li­gente de sor­tie de crise telle que pro­po­sée par Syri­za est déjà tel­le­ment contraire à leurs inté­rêts qu’ils sont par­ve­nus à dif­fu­ser une panique par­mi les élites euro­péennes et une bonne par­tie des classes moyennes, et ce, y com­pris en Grèce, après 5 ans de récession.

    Il est donc inté­res­sant de noter que Syri­za qui ne par­lait pas de sor­tie de l’Eu­ro a fait l’ob­jet d’une cam­pagne de dif­fa­ma­tion visant à assi­mi­ler toute mesure contre­di­sant l’a­gen­da néo­li­bé­ral impo­sé aux débi­teurs du FMI à une exclu­sion de fait de la zone euro. Fran­çois Hol­lande lui-même y est allé de son mes­sage d’a­ver­tis­se­ment aux grecs sur une de leurs grandes chaînes.

    D’où la panique en Grèce, puisque les grecs sont majo­ri­tai­re­ment pour y rester.

    En fai­sant des conjec­tures, il est fort pro­bable que si Syri­za avait eu les cou­dées franches pour for­mer un gou­ver­ne­ment, ou bien si le PC les avaient eu, le chaos pro­mis aurait eu lieu. Et, de toute façon, qu’on soit où non dans l’Eu­ro, les rap­ports de force tels qu’ils sont actuel­le­ment, obligent à mener les poli­tiques d’une manière qui ne peut être que vécue et per­çue comme auto­ri­taire par ses opposants.

    À sup­po­ser que la Grèce soit régie par une démo­cra­tie directe, il est pro­bable que le non à l’aus­té­ri­té soit majo­ri­taire et tout aus­si pro­bable que les consé­quences de ce non ne soient pas assu­mées par la tota­li­té de cette majo­ri­té. inca­pables de s’en tenir à une stra­té­gie de sor­tie de crise qui ne passe pas par l’aus­té­ri­té mais qui, imman­qua­ble­ment com­porte des risques et néces­site des res­tric­tions de liber­té (par exemple blo­quer les comptes ban­caires) du fait de com­por­te­ments irres­pon­sables des citoyens et du fait de la force de « l’en­ne­mi », les grecs ont fina­le­ment choi­si de se ran­ger du côté de la force, sans même cher­cher à la com­battre. C’est un peu comme si un peuple votait non à la guerre mais n’a­vait pas les res­sources morales néces­saires pour réagir col­lec­ti­ve­ment lorsque les chars arrivent aux frontières…le vote des grecs montre qu’ils ne pou­vaient que capituler.

    Cette élec­tion est donc de fait le vote des pleins pou­voirs à la Troïka.

    De sorte qu’en cette année 2012, et nous ver­rons bien ce qui advien­dra en Alle­magne en octobre, après les élec­tions espa­gnoles, le refe­ren­dum irlan­dais et le vote du par­le­ment belge favo­rables au TSCG, après les élec­tions en France et en Grèce, les citoyens d’Eu­rope viennent de prou­ver que le dieu argent est le plus puis­sant de tous leurs dieux, la reli­gion du mar­ché, la seule à laquelle ils étaient capable de se sou­mettre en conscience, la seule pour laquelle ils sont prêts à faire des sacrifices.

    Du coup le pro­jet euro­péen qui se des­sine n’est pas celui de Sapir… ni non plus celui des natio­na­listes, qui ont le même dieu et la même reli­gion, à ceci près qu’ils veulent le véné­rer sous embar­go et ne com­prennent pas grand chose du monde nou­veau… et s’ils le com­prennent, ce sera l’oc­ca­sion là encore de jus­ti­fier une dic­ta­ture… c’est après tout ce que sou­haite la majo­ri­té des élec­teurs, dic­ta­ture natio­nale ou dic­ta­ture euro­péenne… pour le moment cette deuxième pers­pec­tive a gagné, au moins depuis Maastricht.

    C’est pour cela que le débat entre éco­no­mistes est inté­res­sant à par­tir du point de vue sur les ins­ti­tu­tions : en effet,ayant com­pris l’en­tour­loupe, les peuples qui ont majo­ri­tai­re­ment dit Non au trai­té consti­tu­tion­nel, ont tous sans excep­tion voté Oui par la suite. En France, les élec­tions de 2007 et 2012 ont doté le camp du Oui d’une majo­ri­té écrasante.

    Cer­tains ont pu voir dans le NON, une vic­toire, un sur­saut démo­cra­tique, c’est sans doute vrai, mais la suite montre que ce fut une vic­toire à la Pyr­rhus. cer­tains même ont vou­lu faire accroire que ce Non était en quelque sorte une preuve de la fin du cli­vage droite-gauche tel qu’on l’a­vait connu, mais il n’en est rien et bien au contraire : les rai­sons qui pous­saient à dire non au TCUE sont pro­fon­dé­ment anta­go­nistes, incompatibles.

    De même dans le débat actuel entre éco­no­mistes ou pen­seurs de gauche, il y a un rela­tif consen­sus quant la néces­si­té iné­luc­table de la construc­tion euro­péenne, tan­dis qu’à droite on se divise entre par­ti­sans d’une Europe supra­na­tio­nale et par­ti­sans des nations, donc une simple diver­gence de forme de la nation tel que la droite entend cette notion : entre élar­gis­se­ment à l’Eu­rope de la Nation, comme Nation euro­péenne et un retour en arrière à l’Eu­rope des Nations, on reste sur une vision auto­ri­taire de l’État-Nation.

    Ce qui veut dire que le non de gauche, n’est pas un refus de l’Eu­rope, en tant qu’es­pace poli­tique, mais un refus de l’Eu­rope telle qu’elle est, et donc le but est de la trans­for­mer et non pas, comme à l’ex­trême droite, d’er­ra­di­quer l’i­dée d’une Europe politique.

    Et le débat consiste à défi­nir l’ho­ri­zon des pos­sible, à savoir, puisque la construc­tion euro­péenne est un pen­dant inévi­table de la sou­ve­rai­ne­té des peuples, et que le PS l’a consta­té à ses dépend en 1983, qu’est-il sou­hai­table de vou­loir, et quelles sont les stra­té­gies à mettre en oeuvre. Conver­ti à l’é­co­no­mie de mar­ché, le PS sou­haite qu’une Europe fédé­rale pro­duise des ins­ti­tu­tions capables d’exer­cer une régu­la­tion d’une éco­no­mie sociale de mar­ché d’é­chelle euro­péenne, d’où leurs erre­ments, puisque leur naï­ve­té les a conduit à céder, les unes après les autres, les leviers qui auraient per­mis d’a­bou­tir à cela, à com­men­cer par le sta­tut des banques cen­trales. certes, en 83, les socia­listes ont cédé à l’a­veu­gle­ment qui consis­tait à faire l’Eu­rope à tout prix, il n’empêche que, vu la situa­tion dans laquelle ils étaient, la qua­dra­ture du cercle était dif­fi­cile sans un cou­ra­geux bas­cu­le­ment révo­lu­tion­naire, ce dont ils (et encore plus le peuple) étaient incapables.

    Mais de toute façon, ce sur­saut révo­lu­tion­naire eut été dif­fi­cile à tenir sans que se répandent les mêmes envies dans toute l’Eu­rope, puisque le pro­blème des socia­listes en 83, c’est de résis­ter aux attaques des spé­cu­la­teurs, et des néo­li­bé­raux rea­gan et that­cher, et un pays comme la France n’é­tait pas plus capable de se doter de marges de manoeuvre pour pour­suivre une poli­tique pro­gres­siste sans s’al­lier à ses voi­sins conti­nen­taux, qu’elle ne l’é­tait pour mener une poli­tique ouver­te­ment impérialiste.

    Ce tour­nant de 83 et tout ce qui s’en­suit, c’est un pro­blème émi­nem­ment démo­cra­tique, puisque la seule manière de s’en sor­tir pour les socia­listes était de s’ap­puyer sur un puis­sant mou­ve­ment social aux visées socia­listes et non pas sociales-démo­crates, un mou­ve­ment qui oblige le gou­ver­ne­ment à avan­cer, et ce, inévi­ta­ble­ment, contre la majo­ri­té du peuple…puisque de toute façon, la social-démo­cra­tie était impos­sible à réa­li­ser démo­cra­ti­que­ment, c’est à dire dans le cadre de la démo­cra­tie repré­sen­ta­tive, et éco­no­mi­que­ment, c’est à dire dans le cadre d’une éco­no­mie très dépen­dante du reste du monde et gou­ver­née par les règles du mar­ché qui n’est déjà plus natio­nal depuis long­temps. On voit d’ailleurs qu’en dehors de la Zone Euro, la Suède est tout autant en train de déman­te­ler son éco­no­mie sociale de mar­ché, sans com­mune mesure bien sûr avec ce qui se passe chez nous, pré­ci­sé­ment parce que la social-démo­cra­tie sué­doise a été ins­ti­tuée auto­ri­tai­re­ment au len­de­main de la guerre, tan­dis que notre modèle social ins­ti­tué tout aus­si auto­ri­tai­re­ment était bien plus démo­crate chré­tien que social-démo­crate, vu l’au­ra de la droite ayant résis­té et vu que la France n’a­vait pra­ti­que­ment plus de sociaux démo­crates, seuls des élé­ments socia­listes-com­mu­nistes ont été ins­ti­tués. contrai­re­ment aux sué­dois, les fran­çais n’ont pas gran­di dans un état social-démo­crate, c’est donc plus facile aux réfor­ma­teurs de s’ap­puyer sur leurs vieilles valeurs de droite bien ancrées pour faire pas­ser la pilule, et pour l’é­lite de la gauche caviar et ses sou­tiens petits bour­geois, c’est plus facile de les séduire par le grand rêve euro­péen, s’ap­puyer sur leur naï­ve­té d’i­déa­listes et leur lâcheté…en effet, il fau­drait du cou­rage aujourd’­hui, rien que pour ins­ti­tuer un modèle sué­dois en France et savoir par­ler au peuple autre­ment que dans un lan­gage d’é­narque policé.

    Alors bien sûr, on a les diri­geants qu’on mérite, le cou­rage n’é­tant pas la ver­tu la mieux par­ta­gée dans ce pays…on sait cela depuis 1940…d’où un retour en force d’une admi­ra­tion pour le géné­ral put­schiste qui nous a lais­sé cette mer­veilleuse consti­tu­tion, un natio­na­lisme de petit coq et un impé­ria­lisme prédateur.

    Trente soit-disant glo­rieuses, puis trente piteuses pour en arri­ver à ce constat d’im­puis­sance de la France, de la par­tie consciente du peuple fran­çais, à assu­mer ses excès et ses contra­dic­tions pour ral­lu­mer la lumière dans les consciences européennes.
    Lor­don, Géné­reux et Sapir ont prê­ché dans un désert, Mélen­chon et Mon­te­bourg noyés sous une mon­tagne de viande hallal.

    Du coup, l’Europe d’au­jourd’­hui et qui va se ren­for­cer demain est le résul­tat du pro­jet néolibéral,

    Et la vrai ques­tion est de savoir si les condi­tions qui conduisent les grands argen­tiers à construire l’Eu­rope, de cette façon-là, et pour ce pro­jet-là, ne s’ap­pli­que­raient pas à n’im­porte quel peuple iso­lé, où qu’il soit, de sorte que tout pro­jet démo­cra­tique qui n’in­té­gre­rait pas la néces­si­té de s’as­so­cier, non plus entre capi­ta­listes, mais entre peuples, serait un vœu pieux, la sou­ve­rai­ne­té des uns s’ar­rê­tant là où com­mence celles des autres. il faut donc saluer Sapir et les autres de ne pas céder à la faci­li­té, en pro­po­sant des leviers d’ac­tion natio­nale tout en mar­te­lant qu’ils n’ont pas de sens s’ils ne sont pas employés en vue de la construc­tion d’une autre union européenne.

    Réponse
  12. Étienne

    Lettre ouverte à Yvon Ber­land, pré­sident de l’université d’Aix-Marseille

    Mar­seille, le 18 juin 2012

    Mon­sieur le Président,

    L’année der­nière à la même période j’avais pris l’initiative, dans le cadre des États géné­raux de la démo­cra­tie ini­tiés par le Conseil Régio­nal PACA, d’une ren­contre inti­tu­lée « Fabrique de la démo­cra­tie » concer­nant l’université.

    Vous m’aviez alors féli­ci­tée de cette ini­tia­tive, dont vous trou­viez le thème bien venu et utile à notre institution.

    Or aujourd’hui, à l’occasion des Ren­contres Éco­no­miques d’Aix en Pro­vence orga­ni­sées par le Cercle des éco­no­mistes, qui auront lieu dans les murs de l’université d’Aix Mar­seille, l’association Les Amis du Monde Diplo­ma­tique, orga­ni­sa­trice par l’intermédiaire du Cercle des Décon­no­mistes d’une autre mani­fes­ta­tion sur les mêmes thèmes, s’est vu reti­ré l’autorisation de tenir à l’Université ses propres débats.

    Pour­tant la confron­ta­tion d’idées est abso­lu­ment néces­saire, par­tie pre­nante même du déve­lop­pe­ment de la science et du mou­ve­ment des connais­sances et de la pensée. 

    L’université accueille­ra néan­moins une table ronde entre les inter­ve­nants des deux évé­ne­ments, ce qui per­met­tra un débat, de haute tenue scien­ti­fique dans les domaines de l’économie et des sciences de la socié­té. Il est d’autant plus sur­pre­nant que vous refu­siez que se tiennent dans l’université, les débats propres aux Décon­no­mistes. L’université ne pour­rait que s’enorgueillir de rem­plir ain­si sa mis­sion de dif­fu­sion de la culture scien­ti­fique, dans le néces­saire plu­ra­lisme de la pen­sée et dans le sens d’une démo­cra­tie uni­ver­si­taire vivante et
    audacieuse.

    Je ne peux que m’étonner, après les mul­tiples décla­ra­tions que vous avez faites de votre atta­che­ment à la démo­cra­tie, de cette res­tric­tion mise à son plein exer­cice intel­lec­tuel. En effet, l’exercice de la démo­cra­tie ne sau­rait se réduire à ses aspects élec­to­raux, bien sûr très impor­tants, mais qui perdent de leur force et de leur effi­ca­ci­té si on les coupe des temps de réflexion néces­saires à l’information, la déli­bé­ra­tion et la confron­ta­tion concep­tuelle. De plus, la rai­son invo­quée pour­rait lais­ser pen­ser que le par­rai­nage par l’université d’une mani­fes­ta­tion scien­ti­fique consti­tue éga­le­ment une prise de par­ti dans des débats rele­vant des seules com­pé­tences des scien­ti­fiques, ins­tau­rant une sorte de « pro­tec­tion » idéo­lo­gique que ne sou­haite, je le répète, aucune des orga­ni­sa­tions concernées.

    C’est pour­quoi, dans le sens des valeurs qui fondent l’université et dont pro­cèdent ses col­la­bo­ra­tions avec ses par­te­naires ter­ri­to­riaux, je me per­mets de vous deman­der le réexa­men de votre posi­tion de façon à ce que nous puis­sions tous saluer en la nou­velle uni­ver­si­té d’Aix Mar­seille un lieu émi­nent de liber­té scien­ti­fique et de démocratie.

    Je vous prie de rece­voir, Mon­sieur le Pré­sident, l’expression de mes sin­cères salutations.

    Anne Mes­liand
    Conseillère régio­nale Pro­vence Alpes Côte d’Azur
    Groupe Front de gauche
    Pré­si­dente de la com­mis­sion « Soli­da­ri­tés, Sécu­ri­té et pré­ven­tion, Ser­vices publics, Santé ».

    Réponse
  13. sitouaillain

    Romain Kroës,

    Un déco­no­miste de plus ?

    Il suit de près l’ac­tua­li­té à tra­vers des articles sur son blog : http://​kroes​.blog​.lemonde​.fr/

    « Cli­vages des consciences, 
    entre le modèle finan­cier et l’é­co­no­mie réelle, 
    entre les méta­phy­siques com­por­te­men­ta­listes et la démarche scientifique, 
    entre l’i­ma­gi­naire et la rai­son
     »

    en gros voi­ci son fil directeur :

    « Certes, fus­ti­ger « les riches » et « la finance » ne pré­sente pas le même carac­tère nau­séeux, que d’attribuer le chô­mage à la concur­rence de pauvres gens chas­sés de chez eux par la poli­tique de l’OMC et de l’Union euro­péenne, ou de stig­ma­ti­ser une caté­go­rie d’individus qui n’ont pas les mêmes reli­gions et tra­di­tions que les Fran­çais « de souche ». Mais cela pro­cède de la même croyance mul­ti­mil­lé­naire selon laquelle on explique une crise en dési­gnant des cou­pables : le capri­dé expul­sé dans le désert pour y empor­ter les maux de la cité. Or, ce ne sont pas « les riches », ni « la finance » qui sont la cause de la crise actuelle. Ils n’en sont que les pro­fi­teurs. C’est en pre­mier lieu l’empirisme des éco­no­mistes paten­tés qui toutes ten­dances confon­dues per­sistent à refu­ser de sou­mettre leur dis­ci­pline à une ascèse scientifique. »

    mwouais… ce genre de vision éco­no­mi­ciste, ça se discute 😉

    son der­nier travail :

    http://kroes.blog.lemonde.fr/files/2012/04/%C3%A9co-%C3%A9co1.pdf

    où il tente de décons­truire les dogmes de la pen­sée éco­no­miste, en insis­tant notam­ment sur l’ou­bli de la fini­tude des ressources,

    c’est pas tout à fait satis­fai­sant, mais je signale

    – un inté­res­sant pas­sage sur la monnaie,

    voi­ci d’ailleurs ce qu’il dit à pro­pos de la loi de 1973 :

    « Au 18e siècle, la Banque d’Angleterre avait élu les obli­ga­tions sou­ve­raines en contre­par­tie de ses émis­sions. Cette pra­tique fut inter­rom­pue après la cam­pagne réac­tion­naire de Ricar­do en faveur de la mon­naie or, puis res­tau­rée lorsque néces­saire, res­ti­tuant alors sa pré­ro­ga­tive au par­le­ment en matière de bud­get. Telle était la règle en France, avant 1973. Mal­heu­reu­se­ment, ce pro­grès de fait ne cor­res­pon­dait pas à un pro­grès intel­lec­tuel. Il était fon­dé sur la fic­tion du dol­lar-or et non sur la sub­ver­sion du mythe de la « valeur ».

    Sim­ple­ment, la balance des paie­ments des USA était sys­té­ma­ti­que­ment néga­tive ; de sorte que les balance-dol­lars s’accumulaient dans les livres des banques cen­trales, comme s’il s’était agi du métal lui-même, au tarif de 35 dol­lars l’once fixé à Bret­ton-Woods (1944), confor­mé­ment à la pari­té théo­rique entre l’or et la devise com­mer­ciale inter­na­tio­nale. En consé­quence, la Banque de France pou­vait émettre autant de mon­naie que néces­saire, au gré des poli­tiques contra­cy­cliques. Charles de Gaulle et son conseiller Jacques Rueff firent invo­lon­tai­re­ment voler la fic­tion en éclats, en récla­mant des paie­ments en métal réel en lieu et place des balance-dol­lars. D’autres pays ont sui­vi, et les spé­cu­la­teurs ont vite com­pris que Fort Knox ne pour­rait pas suivre. Le ster­ling et le dol­lar subirent l’orage, jusqu’à ce que l’administration Nixon abo­lisse la conver­ti­bi­li­té du dol­lar, de fac­to en 1971, de jure en 1973.

    Alors, au lieu de réa­li­ser que pen­dant plus d’un quart de siècle l’économie avait fonc­tion­né sur la base d’une mon­naie fidu­ciaire sans aucune valeur intrin­sèque, et sans entrai­ner aucun désordre, les éco­no­mistes, poli­ti­ciens et jour­na­listes fran­çais furent pris col­lec­ti­ve­ment d’une culpa­bi­li­té rétros­pec­tive. En consé­quence, la loi inter­di­sant à la Banque de France d’ouvrir des cré­dits à l’État fut votée sans ren­con­trer une ferme oppo­si­tion (1973). L’interdiction fut ensuite éten­due à l’Union Euro­péenne par le trai­té de Maas­tricht (1993). Appe­lé « pacte de sta­bi­li­té », repris et aggra­vé par celui de Lis­bonne, ce trai­té ne pou­vait débou­cher que sur l’instabilité à laquelle nous assis­tons maintenant. »

    - et cette série d’ar­ticles pas­sion­nants sur les intui­tions de Marx, Luxem­bourg et Keynes aux prises avec des croyances cen­te­naires voire mil­lé­naires dont ils ne seront pas par­ve­nu à s’ex­traire tout à fait pour com­prendre la nature pro­fonde de l’illu­sion capi­ta­liste et dont nous subis­sons encore les effets :

    http://​kroes​.blog​.lemonde​.fr/​m​a​r​x​-​e​t​-​l​a​-​f​i​n​-​d​u​-​c​a​p​i​t​a​l​i​s​me/

    Réponse
  14. Florence
  15. Florence

    Je viens de ter­mi­ner le vision­nage de la vidéo pré­cé­dem­ment citée.

    Etienne inter­vient à 1:30, tâchant de poin­ter l’es­sen­tiel caché der­rière la ques­tion de la sou­ve­rai­ne­té popu­laire qui appa­raît désor­mais comme le pro­blème numé­ro un avec la crise de l’Europe.

    Le « gros coquin » est en réa­li­té le véri­table spé­cia­liste de la ques­tion… Telle est la réponse de l’é­co­no­miste, tan­dis qu’une autre ques­tion posée par une per­sonne de la salle enté­ri­nait le hic.

    Une remarque du public est celle que je trim­balle quant à moi : « pour­quoi vou­loir l’Europe ? »

    La réponse de F. Lor­don est en véri­té (à mes yeux !) à double tran­chant et la réfé­rence phi­lo­so­phique rapide : la diver­si­té est néces­saire, comme nour­ri­ture vitale à cet être com­plexe que nous sommes, êtres humains (Spi­no­za en pierre angu­laire habituelle).

    La diver­si­té n’est-elle pas tout autant nour­ris­sante et sur­tout riche de n’être pas fédé­rée, super-struc­tu­rée, ou tout autre type d’or­ga­ni­sa­tion aus­si éga­li­taire ou hié­rar­chi­sée qu’on puisse l’imaginer ?

    Je reste sur mon inter­ro­ga­tion (et mon scep­ti­cisme) sur l’am­bi­tion. L’Eu­rope existe pour moi depuis bien avant les accords char­bon du XXe siècle pas­sé. Il se pour­rait même qu’elle existe sans même qu’existe son nom, s’il s’a­git de diversité…

    A noter aus­si le dra­ma­tique appau­vris­se­ment des cours géné­raux d’é­co­no­mie à l’é­cole, sous la gou­verne des éco­no­mistes domi­nants (ortho­doxes pour res­ter dans cette caté­go­ri­sa­tion), signa­lé au cours des échanges, à par­tir de l’en­nui qui s’y enroule.

    De la diver­si­té déci­dé­ment… Et de la com­plexi­té ? Ce serait peut-être inté­res­sant de défi­nir ce mot pour finir.

    Réponse
  16. HeX

    Effec­ti­ve­ment, les inter­ven­tions de Fré­dé­ric Lor­don sont tou­jours des plus savoureuses.

    Cepen­dant, je pense qu’un petit guest star de fin de confé­rence en la per­sonne d’E­tienne « the man with the plan » Chouard (puis­qu’on est par­ti pour les aka) aurait été du plus bel effet.

    Réponse
  17. Di Girolamo

    Mouais.… J’ai vision­né que le tout début de Lordon .…

    J’a­voue que Lor­don m’é­nerve un peu : il se la joue comme on dit ; pas trop d’ac­cord sur le refus de débat avec les « vrais » zéconomistes.

    Le fait qu’ils soient dans « la mouise » et aient besoin des lumières des décon­no­mistes n’est pas un bon argument;à par­tir du moment où le débat est bien orga­ni­sé c’est tou­jours positif.Toujours éclairant.

    On ne pour­ra de toute manière pas refaire le monde avec un esprit de clan.

    Réponse
  18. HeX

    Tu trouves qu’il se la joue par la façon dont il s’ex­prime ou parce qu’il n’a pas envie de débattre avec le cercle des économistes ?

    Si c’est la pre­mière rai­son, je pense que c’est une ques­tion de goût. Pour ma part, je trouve son lan­gage à che­val entre de l’a­ca­dé­mique et du Michel Audiard très agréable et par­fois tordant.

    Pour la deuxième rai­son, je pense qu’il faut visua­li­ser qui sont ces gens-là : de par­faits glan­dus pros­ti­tués au ser­vice de l’o­li­gar­chie qui passent leur temps à enfu­mer le grand public en ne débi­tant que des lieux com­muns et sur­tout des men­songes. Ils sont dans la mouise parce qu’ils ont tel­le­ment pro­fé­ré d’i­nep­ties qu’ils se retrouvent dans une situa­tion où ils ne savent même plus com­ment retour­ner leur veste au vu de la situa­tion actuelle. Bref qu’ils aillent au diable.

    Réponse
  19. HeX

    Oups j’ai vali­dé avant de finir.

    Je te rejoins tota­le­ment sur le fait qu’on ne refe­ra pas le monde avec un esprit de clan et que la contro­verse nous fait avan­cer. Mais en l’oc­cu­rence, ce sont des traitres à l’in­te­rêt géné­ral et leur tra­hi­son s’est faite de façon volon­taire et réflé­chie (et très cer­tai­ne­ment avec un petit billet au bout). Lais­sons les mari­ner un peu dans leur jus.

    Réponse
  20. Florence

    Sur le site des ren­contres décon­no­miques, l’en­semble des inter­ven­tions est consul­table. Accueil, cli­quer « vidéos des confé­rences » (cli­gno­tantes).

    http://​www​.decon​no​mistes​.org/

    Encore trop opti­mistes pour cer­tains ? Quoique la mise en place du « modèle » chi­nois nous concer­nant sous peu, éventuellement…

    Et les USA : des élec­tions qui feraient lis­ser la situa­tion ? Pas si sûr.

    http://​www​.dede​fen​sa​.org/​a​r​t​i​c​l​e​-​u​n​e​_​g​r​a​n​d​e​_​d​_​p​r​e​s​s​i​o​n​_​s​u​b​v​e​r​s​i​v​e​_​e​t​_​i​n​v​e​r​t​i​e​_​1​0​_​0​7​_​2​0​1​2​.​h​tml

    Réponse
  21. Florence
  22. Ana Sailland

    Suite à une ques­tion, au cours de sa pré­sen­ta­tion, André Jacques fait allu­sion à un dis­cours de Phi­lippe seguin.

    Je pense qu’il s’a­git de celui là

    qui est en effet assez riche, c’est le moins qu’on puisse dire.

    Réponse
  23. Étienne

    Mer­ci Ana, pour cette piqûre de rappel : 

    ce plai­doyer de Phi­lippe Seguin est sans doute le plus puis­sant — par­fai­te­ment for­mu­lé, par­fai­te­ment argu­men­té et par­fai­te­ment arti­cu­lé — que je connaisse contre le pro­jet de dic­ta­ture qu’est l’U­nion européenne :

    Étienne.

    Réponse
  24. Florence

    Quand cette langue (fran­çaise) que j’aime tant retrouve sa pré­ci­sion et du sens. Mer­ci Ana pour ce dis­cours poli­tique. Mais, pour ceux qui veulent l’é­cou­ter, accep­tez de pas­ser du temps : plus de deux heures.

    Copié à la volée :

    « 1992 (Maas­tricht) est lit­té­ra­le­ment l’anti-1789 ».

    « On est sou­ve­rain, ou on ne l’est pas. »

    « Ces­sons donc tri­cher (…) : choi­sir notre sou­ve­rai­ne­té ou y renoncer. »

    La qua­li­té de « fédé­ral » est gom­mée lors du débat de Maas­tricht (ce n’est plus le cas en 2012, avec un fédé­ra­lisme pour autant insai­sis­sable, confus). Il s’a­git en 1992, d’ « un fédé­ra­lisme au rabais, sans même les garan­ties du fédéralisme ».

    De la nation fran­çaise : valeurs col­lec­tives de sou­ve­rai­ne­té du peuple, appel de liber­té, cen­tra­li­té de la per­sonne humaine, com­bat contre les féo­da­li­tés et les injustices.

    « Que veut-on mettre à la place ? » : « L’Eu­rope des régions… »

    « Le folk­lore ne dérange personne. »

    « Iden­ti­té  » : terme uti­li­sé « lorsque l’homme est déjà en péril ». « Conces­sion minimale ».

    Banque cen­trale euro­péenne, avec des diri­geants n’ayant de compte à rendre à per­sonne. Effi­ca­ci­té / irres­pon­sa­bi­li­té ? Voir la FED. Même Fried­man, même Allais étaient contre cette « idée ».

    Des mesures moné­taires de l’Eu­rope désas­treuses pour la France et son économie…

    Des pays de l’Est ? la fai­blesse du dis­cours de Phi­lippe Séguin peut-être. L’Eu­rope des tech­no­crates et des oli­gar­chies a su aus­si faire, depuis, et peut-être avec plus d’ef­fi­ca­ci­té que nul ne pou­vait ima­gi­ner. Une polo­naise du CADTM enten­due : plus rien n’in­té­resse ses com­pa­triotes, même plus la sco­la­ri­té de leurs enfants, le suc­cès éco­no­mique et finan­cier indi­vi­duel est une obsession.

    La crise : une des­crip­tion. Crainte de la dérive natio­na­liste. Crise avant tout cultu­relle, tan­dis qu’un bas­cu­le­ment tech­nique est en cours.

    « Socié­té désor­mais comme entre­prise ». Quelle réduc­tion politique !

    Et de l’ar­gu­ment de l’im­puis­sance poli­tique natio­nale… Que de béné­fices de « ne plus assu­mer ces res­pon­sa­bi­li­tés », notam­ment l’im­pôt. (A mettre en paral­lèle avec la vision de l’im­pôt de Ber­nard Friot : légi­ti­ma­tion d’un type de société).

    « Fuite en avant ».

    « Pour des délé­ga­tions de com­pé­tences ». « Coopé­ra­tion par consen­sus » et « coopé­ra­tion entre États ». « Cadre souple et ouvert ».

    « Lan­ci­nante ques­tion du défi­cit démo­cra­tique ». « Rendre leurs pré­ro­ga­tives aux par­le­ments nationaux ».

    De l’Al­le­magne… (Selon Fran­çois Asse­li­neau, pays qui avait tout a gagné de l’Eu­rope que nous connais­sons, inver­se­ment à la France).

    La France ne sau­rait avoir l’Eu­rope comme seul hori­zon. Quant à ses valeurs… mes­sia­niques (uni­ver­sa­listes) ? Vision / ges­tion d’un pays.

    « Au peuple de voter ». « Refus de se sub­sti­tuer au peuple ».

    Nota 0 : On recon­naî­tra aus­si der­rière les attaques fon­da­men­tales de Phi­lippe Séguin contre l’Eu­rope, des « croyances », et que je qua­li­fie­rais de « droite » (éga­li­té des chances, infla­tion comme patho­lo­gie, légi­ti­mi­té des repré­sen­tants élus, valeur tra­vail – comme effort et dure­té, néces­si­té d’un redres­se­ment, par exemple, ou encore « oui, nous sommes en guerre éco­no­mique » – cette der­nière affir­ma­tion étant de celle que j’ai­me­rais voir déve­lop­per ici, chez Etienne ! car je ne peux m’y résoudre autre­ment que comme pré­texte à un com­bat, et des plus bru­taux, gagnable par cer­tains, et cer­tains seuls par­ti­cu­liè­re­ment – comme par hasard ; une vision idéo­lo­gique et par­tielle de la « vie », aux forces auto-réa­li­sa­trices, et que je refuse).

    Nota 1 : De la langue… Autant il nous appa­raît clai­re­ment à quel point elle est sub­ver­tie aujourd’­hui par les divers pou­voirs coa­li­sés, à coup de mots anglais s’il le faut, autant je veux aus­si sou­li­gner que le pro­jet-réa­li­té euro­péenne foule éga­le­ment ce tré­sor qui huma­nise et réunit. Et j’en­tends paral­lè­le­ment à mes notes, Phi­lippe Séguin rap­pe­ler Fran­çois Ier à Vil­lers-Cot­te­rêts, et reprendre cette idée, sur laquelle je m’ar­que­boute cultu­rel­le­ment, comme prin­ci­pielle d’une com­mu­nau­té. Déci­dé­ment, beau­coup est dit par Phi­lippe Séguin.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Ordonnance_de_Villers-Cotter%C3%AAts

    Nota 2 : La confé­rence de René TEBOUL aux ren­contres décon­no­miques m’a beau­coup appris sur l’His­toire des pre­miers éco­no­mistes (poli­tiques), fran­çais en l’oc­cur­rence. Se basant sur le réel, pré­oc­cu­pés du bien du pays, de Mont­chré­tien aux phy­sio­crates, ils se montrent tout à l’op­po­sé des pseu­do-scien­ti­fiques contem­po­rains, bien évi­dem­ment auto-pro­cla­més « ortho­doxes » (bien droits, les mes­sieurs) qui œuvrent à un monde hyper-inéga­li­taire, des­truc­teur de la majo­ri­té des êtres et de la pla­nète, de la bio-diver­si­té et, tout sim­ple­ment de son droit de vivre et d’être de la plu­part des humains, France com­prise (digne­ment devient un luxe).

    http://​www​.lives​tream​.com/​l​a​t​e​l​e​d​u​p​l​a​t​e​a​u​/​v​i​d​e​o​?​c​l​i​p​I​d​=​p​l​a​_​b​e​9​9​4​e​4​5​-​1​4​c​a​-​4​6​e​2​-​b​5​b​5​-​f​9​e​d​d​e​9​c​b​a​4​3​&​u​t​m​_​s​o​u​r​c​e​=​l​s​l​i​b​r​a​r​y​&​u​t​m​_​m​e​d​i​u​m​=​u​i​-​t​h​umb

    Rap­pel à l’oc­ca­sion que la cause de la nation fut un moment de paci­fi­ca­tion, en plus d’être pro­gres­siste (et j’en­tends Séguin rap­pe­ler la même pos­si­bi­li­té), contrai­re­ment à la vul­gate d’au­jourd’­hui (même Jean-Phi­lippe Des­bordes aux décon­no­miques reprend le flam­beau, par­mi d’autres erreurs, à mon goût, comme de pen­ser que l’on a « r« appa­trié le modèle colo­nial, comme si le sys­tème hié­rar­chique ne concer­nait pas l’une des pro­blé­ma­tiques essen­tielles de la pen­sée et du com­por­te­ment humains, savam­ment flat­tée de nos jours, assu­ré­ment et très gra­ve­ment – à mes yeux à par­tir de la méri­to­cra­tie répu­bli­caine, for­tunes de toutes sortes célé­brées à l’ex­cès à la suite, his­sant l’heu­reux béné­fi­ciaire – ou « acteur » à la supé­rio­ri­té finale, et au déjà cité « droit de vivre », pour conclu­sion en cours. Et si l’on fré­quente les ana­lyses d’Hen­ri Guille­min, on accepte que les pires poli­tiques ont abu­sé des fron­tières natio­nales pour mani­pu­ler les masses vers la haine de voi­sin, vers des com­bats meur­triers, pour ces mêmes et « seules » masses, sans que la fron­tière soit l’élé­ment déclen­cheur en soi. Tant à dire sur les limites !

    Nota 3 : L’at­ta­che­ment à la nation fran­çaise ? Que pen­ser ? Perdre quelque chose contre non pas rien, mais l’hor­reur, et je la crains durable, ou comme le mar­tèle Jean-Phi­lippe Des­bordes, « faite pour durer ».

    Réponse
  25. Di Girolamo

    Démo­cra­tie et mar­ché font mau­vais ménage parce que si c’est le mar­ché qui gouverne,ce n’est pas le peuple.

    Mais pour­quoi ne pas dire aus­si que sala­riat et démo­cra­tie font mau­vais ménage ? Parce que la fonc­tion du sala­rié est bien de ser­vir le marché ?

    Si la démo­cra­tie signi­fie gou­ver­ne­ment du peuple par le peuple , il est bien évident que cette gou­ver­nance doit s’oc­cu­per prio­ri­tai­re­ment de l’é­co­no­mie , sec­teur clé du fonc­tion­ne­ment d’un pays.

    Les citoyens doivent pou­voir déci­der de ce qu’ils pro­duisent et com­ment ils produisent .

    Le sala­riat est un sta­tut tout à fait inadap­té à cette citoyen­ne­té : on ne peut pas être juge et par­tie et contes­ter ce qui nous nourrit.

    Réponse
  26. Di Girolamo

    …Le sala­riat est un sta­tut tout à fait inadap­té à cette citoyen­ne­té : on ne peut pas être juge et par­tie et contes­ter ce qui nous nourrit.

    C’est pour­quoi les révo­lu­tions ( et consti­tu­tions )ne peuvent appa­raître que lorsque les salaires ne font plus vivre.

    De même les pré­oc­cu­pa­tions éco­lo­giques ne peuvent réel­le­ment émer­ger que lorsque le mar­ché n’est plus nour­ri­cier.( on ne peut pas ser­vir deux maîtres)

    Je ne vais pas pour­tant comme c’est l’ha­bi­tude ici en déduire que pour vivre dans un monde meilleur il faut sup­pri­mer le sala­riat ; la chi­rur­gie n’est pas une action poli­tique réa­liste puis­qu’elle ne fait qu’en­le­ver les symptômes .

    Les Socié­tés Coopé­ra­tives d’In­té­rêt Col­lec­tif ( SCIC) me semblent être un bon sta­tut pour des sala­riés qui en col­la­bo­ra­tion avec des col­lec­ti­vi­tés publiques peuvent déci­der de ce qu’ils doivent pro­duire et com­ment le produire.

    Réponse
  27. sitouaillain

    @ Di Girolamo,

    entiè­re­ment d’ac­cord avec toi,

    on pour­ra se consi­dé­rer en démo­cra­tie lorsque nul ne sera en mesure d’é­ta­blir un contrat de subor­di­na­tion ni d’u­ti­li­ser le tra­vail humain et les res­sources de la terre à des fins d’ac­cu­mu­la­tion per­son­nelle et pour des pro­duits non conformes aux normes fixées par le souverain.

    c’est donc les sta­tuts de toutes les entre­prises qu’il fau­drait convertir,
    redé­fi­nir les prin­cipes de la liber­té d’en­tre­prendre et du libre-échange, du cré­dit, etc.
    il fau­dra sans doute inven­ter d’autres sta­tuts que les SCOP ou les SCIC, et revi­si­ter celui des mutuelles, des asso­cia­tions, des syn­di­cats et col­lec­ti­vi­tés territoriales.

    si on réflé­chit à un prin­cipe consti­tu­tion­nel, et à la limite ce serait même plu­tôt au-des­sus de la consti­tu­tion, un article de décla­ra­tion des droits du citoyen, du style « la loi ne recon­naît aucun grou­pe­ment dont les membres n’ont pas un pou­voir égal de déci­sion et dont l’ac­ti­vi­té et ses fruits ne sont pas équi­ta­ble­ment répar­tis »…à amé­lio­rer bien sûr,

    mais voi­là qui nous pro­met bien des luttes, puisque l’ap­pli­ca­tion de ce prin­cipe serait d’un impact encore plus énorme et conflic­tuel que le Pro­tes­tan­tisme en son temps.

    mais mesu­rons notre chance et saluons nos pré­dé­ces­seurs qui ont eu ce genre d’i­dée, et ont grat­té par petits bouts la toute puis­sance des pos­sé­dants, d’a­bord le dimanche, jus­qu’aux 35h, 5 semaines de congés payés, coti­sa­tions chô­mage, san­té et normes d’hy­giène et de sécurité…bien enten­du cela parait peu de choses au regard des buts visés, mais c’est déjà beau­coup, et sur­tout beau­coup trop pour les pos­sé­dants qui eux ne lâchent rien, contrai­re­ment aux sala­riés (cf répar­ti­tion du vote ouvrier, taux de syn­di­ca­li­sa­tion, etc.).

    mesu­rons notre chance car, il y a belle lurette qu’on ne risque pas sa vie à dire ce que tu dis Di Giro­la­mo, ce qui n’est pas le cas encore aujourd’­hui en Colom­bie, et dans d’autres pays d’A­mé­rique Cen­trale, et il n’y a pas si long­temps aux USA, en Afrique du Sud, au Chi­li, Argen­tine et Brésil.

    j’i­ma­gine déjà l’in­ten­si­té de la cam­pagne inter­na­tio­nale pour la « liber­té de la presse » si on appli­quait le prin­cipe démo­cra­tique en com­men­çant par les médias, et avant qu’on en soit là, je pense que Chris­tophe Bar­bier et Yves Cal­vi auront depuis long­temps un badge Marine Le Pen sur leur veston..

    car ce que tu dis, pour l’ap­pli­quer « démo­cra­ti­que­ment », sauf déso­béis­sance loca­li­sée d’une col­lec­ti­vi­té, deman­de­rait à ce que la popu­la­tion ait gran­de­ment chan­gé d’a­vis, soit, l’é­qui­valent d’un deuxième tour de pré­si­den­tielle Poutou-Mélenchon…Or là on était sur du Sar­khol­lande, c’est dire à quel point le « peuple » sou­haite que le « mar­ché » gou­verne, faire des « sacri­fices » et se « ser­rer la cein­ture » pour des maîtres sans nom et sans visage indif­fé­rents à la pla­ni­fi­ca­tion écologique $.

    on a tel­le­ment à faire, mais effec­ti­ve­ment ça passe par des réa­li­sa­tions concrètes,et il y a des mil­lions de chô­meurs qui n’at­tendent que ça peut être ?

    Réponse
  28. sitouaillain

    mer­ci gilles,

    expé­ri­men­ta­tion à grande échelle au Vene­zue­la : http://​www​.rec​ma​.org/​n​o​d​e​/​1​033

    conseil de quar­tier ou de village+Banque de quar­tier ou de vil­lage géré par le conseil+sociétés de pro­duc­tion socialisées

    n’ou­blions pas non plus, comme sup­port du fai­sable ici et main­te­nant les régies de quar­tier ou régies rurales : http://​www​.cnlrq​.org/​r​u​b​.​p​h​p​?​i​d​_​t​h​e​m​e=2

    ou les régies muni­ci­pales de l’eau, de l’éner­gie ou des trans­ports, autant d’exemple de socia­lisme muni­ci­pal : http://​fr​.wiki​pe​dia​.org/​w​i​k​i​/​S​o​c​i​a​l​i​s​m​e​_​m​u​n​i​c​i​pal

    avec les coopé­ra­tives et le loca­lisme, il y a matière à don­ner corps au muni­ci­pa­lisme liber­taire : http://​fr​.wiki​pe​dia​.org/​w​i​k​i​/​M​u​n​i​c​i​p​a​l​i​s​m​e​_​l​i​b​e​r​t​a​ire

    tiens ça me donne une idée pour Di Giro­la­mo, les muni­ci­pales, c’est bien­tôt, pour­quoi n’or­ga­ni­se­rais-tu pas des assem­blées citoyennes pour éla­bo­rer un pro­gramme et une liste pour la démo­cra­tie directe ?

    Réponse
  29. Di Girolamo

    @ Sitouaillain

    A trop tirer la ficelle ‚elle se rompt ; c’est mon cas : j’ai beau­coup pas­sé de temps « mili­tant » ( l’é­chec cui­sant dont j’ai par­lé + la créa­tion d’un point de vente col­lec­tif – qui a été trop dif­fi­cile à gérer .….) et beau­coup délais­sé ma ferme qui en a pâti ; struc­tu­rel­le­ment tout est à reprendre ou finir sur mon exploi­ta­tion , d’au­tant que mon fils s’ins­talle et va créer un ate­lier de pâtes ali­men­taires bio fer­mières. J’ai donc fait le choix de m’en, tenir , ce qui est déjà beau­coup à l’ex­ploi­ta­tion pour en faire qqchose de bien.

    Donc pas ques­tion d’en rajou­ter : l’en­ga­ge­ment muni­ci­pale est vite lourd . D’autre part je ne suis pas un ges­tio­naire , mais plus un déve­lop­peur et créa­teur et si cela peut être dans cer­tains cas une ver­tu , ça devient un han­di­cap en zone péri­ur­baine , ni ville ni cam­pagne ‚où les gens ne s’im­pliquent pas poli­ti­que­ment et sont très très peu idéalistes.

    J’en avais fait l’ex­pé­rience il y a qq années en créant une liste muni­ci­pale avec comme pro­gramme sur un vil­lage qui pour des rai­sons his­to­riques ne s’é­tait pas du tout déve­lop­pé , de gérer un déve­lop­pe­ment par­ti­ci­pa­tif ; tout était encore à faire : pas de com­merces ‚pas de ser­vices , des construc­tions indi­vi­duelles hété­ro­clites qui allaient très vite bou­cher l’ho­ri­zon de l’a­mé­na­ge­ment col­lec­tif de la com­mune . J’a­vais per­du les élec­tions : les gens ont pré­fé­ré les construc­tions indi­vi­duelles hété­ro­clites ; aujourd’­hui le vil­lage n’a tou­jours pas de bis­tot ou épi­ce­rie et archi­tec­tu­ra­le­ment ne res­semble plus à rien . La démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive n’est ni com­prise ni sou­hai­tée . Du moins dans mon village.
    D’autre part le fait d’a­voir été exclu du pays et de l’être encore n’est pas un élé­ment facilitant .

    En termes d’ob­jec­tifs je m’en tiens donc à suivre et si pos­sible gagner le com­bat judi­ciaire afin si vic­toire d’en tirer par­ti pour faire van­cer les choses , et à ma ferme ‚ce qui n’est pas rien.

    Aus­si au blog Chouard parce que toi , Cathe­rine et qq autres mais bien rares , aiment débattre.

    Réponse
  30. sitouaillain

    @ di Girolamo,

    je suis déso­lé d’a­voir lan­cé cette idée, tu n’au­rais pas du te jus­ti­fier comme ça, c’est indécent ! 🙂

    moi aus­si j’ai subi le même genre de décon­ve­nues dans mon vil­lage (que j’ai quit­té depuis, pro­vi­soi­re­ment j’es­père), et en plus on m’a­vait for­cé un peu pour être sur la liste…bref, c’est la vie et le com­bat continue ! 😉

    mal­heu­reu­se­ment je n’ai pas de terre, je viens pour­tant de familles de pay­sans, mais le capi­ta­lisme a fait son oeuvre de pro­lé­ta­ri­sa­tion deux-trois géné­ra­tions plus avant, mais sou­vent je regrette de n’a­voir pas fait l’ef­fort de deve­nir pay­san, enfin tout ça pour dire que si j’a­vais des terres, et bien je ferais comme toi, voire je serais net­te­ment plus agres­sif avec ceux qui m’em… et ne m’embarrasserai pas de procès ! 

    bon cou­rage
    et mer­ci de prendre le temps d’é­crire ici, cha­cun de tes post contient une perle de sagesse revigorante 😉

    Réponse

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Derniers articles