Échange INTERACTIF programmé à LYON, le 5 mai 2012, à 19 h :
POUR UN PEUPLE CONSTITUANT :
QU’EST-CE QUI COMPTE LE PLUS, CONCRÈTEMENT,
DANS UNE CONSTITUTION DIGNE DE CE NOM ?
(du point de vue des citoyens)

Proposition de rencontre interactive, qui pourrait s’intituler :
« POUR UN PEUPLE CONSTITUANT :
QU’EST-CE QUI COMPTE LE PLUS
DANS UNE CONSTITUTION DIGNE DE CE NOM ? »
Je vous propose, — entre simples citoyens, n’aspirant pas au pouvoir mais soucieux de devenir enfin autonomes (donc plus actifs et mieux protégés que de simples électeurs) —, d’entrer dans le détail des GRANDS PRINCIPES D’UNE BONNE CONSTITUTION, un par un, en comparant :
1) notre Constitution actuelle,
2) l’anti-constitution européenne,
3) un projet citoyen (pour voir).
Après un rapide RAPPEL du rôle essentiel d’une Constitution, nous pourrions consacrer, pour chaque principe, 10 minutes d’exposé introductif et 20 minutes d’échanges (et plus si affinités), [30 min. par principe => 4 à 6 principes maximum à envisager en une soirée], et nous revoir plus tard (pour la suite) si nous n’avons pas fini (ce qui est hautement probable).
Pour ne pas perdre notre temps, je vous propose de PRÉPARER un peu le sujet avant de nous rencontrer, avec deux documents, à télécharger et à imprimer chez vous, puis à lire et commenter de votre côté (au moins le tableau comparatif de deux pages), avant que nous nous rencontrions :
1) Tableau comparatif de projets constituants, point par point.
2) Documents de référence (tout en un) : Constitution de 1958, Préambule de la Constitution de 1946, DDHC 1789 et 1948, parties 1 2 et 4 du TCE (rejeté par référendum en 2005 et imposé par voie parlementaire en 2008), Plan C, programme du CNR.
Idéalement, je rêve que de simples électeurs effectuent d’abord eux-mêmes une sorte d’état des lieux détaillé des anti-constitutions actuelles : qu’est-ce qui ne va pas ? Qu’est-ce qui manque ? Point par point. Ensuite, qu’ils rédigent eux-mêmes des propositions d’articles jugés indispensables dans une Constitution digne de ce nom => Nous apporterions ainsi la preuve tangible d’une métamorphose d’électeurs en citoyens, de mineurs politiques aspirant à devenir majeurs, concrètement, pragmatiquement, non utopiquement.
Prenez du papier et de quoi écrire 😉
Au plaisir de vous retrouver dans ces échanges.
Étienne Chouard.
___________
Adresse des deux documents à télécharger/imprimer/étudier :
• Liste des points suggérés à l’étude :
Points importants à surveiller (PAR NOUS TOUS), dans un projet constituant :
1. DÉSINTÉRESSEMENT des constituants aux fonctions qu’ils instituent eux-mêmes (tirage au sort et inéligibilité)
2. Indépendance et contrôle citoyen du Conseil Constitutionnel
3. Référendum obligatoire pour toute révision de la Constitution
4. Force supérieure du Préambule sur toute autre règle
5. Force supérieure de la Constitution sur les traités
6. Arbitrages populaires en cas de conflits entre organes
7. Référendum d’initiative populaire législatif
8. Référendum d’initiative populaire abrogatoire
9. Référendum d’initiative populaire révocatoire
10. Référendum d’initiative populaire constituant
11. Responsabilité des acteurs politiques (reddition des comptes et sanctions)
12. Contre pouvoir au Gouvernement
13. Contre pouvoir au Parlement
14. Contre pouvoir aux juges
15. Contre pouvoir au CSA
16. Pouvoirs importants de la Cour des Comptes
17. Constitutionnalisation du mode de scrutin (pour le mettre hors de portée des parlementaires, juges et parties)
18. CHOIX DES CANDIDATS POPULAIRE ET LIBRE
19. Respect du vote blanc
20. Interdiction du cumul des mandats
21. Limitation du renouvellement des mandats
22. QUORUM (taux de participation minimum pour qu’une élection soit valide et s’impose à tous)
23. Mode de scrutin pour l’assemblée nationale
24. Organisation de la deuxième chambre (tirée au sort ?)
25. Protection et énumération des services publics
26. Référendum avant toute nationalisation ou privatisation d’importance
27. Contrôle public de la création monétaire et des banques
28. Contrôle public de la télévision
29. Protection de la parole donnée aux mouvements sociaux dans les médias de masse
30. Constitutionnalisation du droit à l’Internet gratuit et de la consultation systématique des citoyens pour une réelle recherche de la volonté générale
31. Contrôle public des oligopoles (énergie, communication, santé, transports, grande distribution, eau, médicaments, soins, info, stats, sondages…)
32. Laïcité fortement proclamée et concrètement défendue
33. Participation des salariés à la gestion des entreprises et droit de veto contre les fusions et ventes inutiles.
34. ARMÉE & POLICE = CONSCRITS => peuple armé et entraîné
Mise à jour 13 mai 2012 :
Les vidéos de cette rencontre sont publiées, là :
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/forum/index.php?2012/05/13/221-videos-de-notre-recent-echange-a-lyon-le-5-mai-dernier
La première (d’une série de 5) :
https://youtu.be/Q4tNMe25VUQ

je suis contre toutes forme de monopole que cela soit dans la distribution style auchan,carfour et compagnie
je suis contre les méga projet qui donnerais trop de pouvoir que cela soit au niveau de l’argent ou de l’influence lobi de meme pour les chaines de quoi que ce soit midas station essence le pouvoir doit être divisé le plus possible pour une meilleur répartition je suis aussi pour l’interdiction de l’usure que pratique les banques le retrait de toute taxe sur la propriété et la saisie au non de l’état de tous bien qui ne peut être justifier honorablement pour diminué les écart de fortune entre les citoyens et que le prix de chaque chose puisse être justifier mathématiquement prix de revient transport plus marge fixe et contrôle par l’état
sur les points à surveiller, des référendums obligatoire, ou d’initiative avec des choix simples et rapides dans la mise en place, entre le temps ou on décide et le moment de approbation un temps cours.
attention aux contre pouvoirs de ne pas faire une deuxième instance, ou plus poliment (une usine)
le respect du vote blanc et nul, revoir le mode inscription sur les listes, et organiser peut être autrement les élections (semaine sur le temps de travail… ou les même heures ouverture fermeture)
je suis entièrement en accord avec le non cumul des mandats, limitation du renouvellement, l’age limite.
OK pour le quorum à chaque scrutin.
mode de scrutin peut être majoritaire et pour le sénat à la proportionnel, limitation et regard des dépenses pour les partis et égalité pour chacun.
revoir les pouvoirs qui soit local, régional, départemental bien définir le rôle de chacun et des fonctions claires, éviter la multiplications des pouvoirs, regroupement de communes pour une meilleure force et utilisation des ressources.
séparation de la finance du peuple et celle de l’entreprise. revoir l’usure de l’argent.
le contrôle des médias (attention à respecter la liberté de paroles) (peut être avoir une chaine d’état)
à prévoir ou revenir à quelques mois de service qui soit dans le social, humanitaire,armée, police..
OK pour la participation des salariés dans la gestion de l’entreprise, limitations des hauts revenus et meilleur répartition.
revoir la définition de l’impôt je suis partisan de l’impôt à la source, on travail en France pourquoi pas dépenser en France et participer à l’effort collectif.
avoir une vision de l’avenir dans l’environnent, énergie, santé, commerce, gaspillage et autre
un avenir pour nos enfants
Étrange débat, actuellement, que celui sur ces miettes de croissance que l’on pourrait encore arracher à un traité européen modifié, car vicié à la base. C’est bien là toute la contradiction du programme technocrate dans sa construction de l’Europe…
Peut-on rappeler tout simplement les trois règles de ce néolibéralisme que l’administration bruxelloise a imposé à marche forcée à l’Union Européenne, avec la bénédiction de toute la technocratie européenne, et en l’absence de, voire contrairement à, la consultation populaire :
Il s’agit de la libre circulation des capitaux, des marchandises, et des personnes.
C’est ainsi que le schéma bancal d’une monnaie unique pour des économies dissemblables a été la principale cause de l’acuité spécifique de la crise des dettes en zone euro ; c’est ainsi que la soumission idéologique inconditionnelle au libre-échangisme de « tous ces gens intelligents et compétents » a apporté à la finance sa principale nourriture : jouer avec la vulnérabilité aux différences (de taux, de coûts, de profits, de niveaux de vie, etc.) pour se constituer en superstructure de l’économie mondiale qui dicte sa loi au profit d’une oligarchie dans l’accumulation du capital ; c’est encore ainsi que l’ouverture immigrationniste amenant à nos portes « l’armée de réserve » propre à faire plier toute résistance syndicale et sociale a réveillé partout en Europe une extrême-droite que l’on croyait condamnée au rôle de vestige depuis la dernière guerre mondiale.
Au regard de cette actualité brûlante, qui donc peut encore croire que « C’est-pas-la-faute-à-Bruxelles…» ainsi qu’à son mépris délibéré pour la volonté populaire ?
LES « GRANDES MARGES DE MANŒUVRE »
(Item 33 : Participation à la gestion ET À LA PROPRIÉTÉ des entreprises)
La croissance évoquée au commentaire précédent est un sujet trop sérieux pour qu’on le laisse aux mains des économistes. Tel est le constat que l’on devrait faire en se référant à l’histoire :
Ce n’est qu’à partir des années cinquante que la notion a fait son apparition dans les milieux économiques. Jusque là, le dogme libéral imposait de voir « l’équilibre général » en économie comme l’équilibre statique étudié par Walras et qui vit son apogée avec les résultats terminaux de Arrow-Debreu à cette même époque des années cinquante.
A peine entrevus, ces résultats furent donc battus en brèche par la constatation que l’économie n’est jamais en équilibre, mais sujette à un constant mouvement de croissance sous l’effet de la créativité humaine : nouvelles inventions, nouvelles possibilités et nouveaux produits sécrètent une nouvelle productivité, de nouvelles consommations et de nouveaux besoins. Cet accroissement, qui s’accompagne nécessairement de création monétaire pour être consommé, était jusqu’alors suffisamment imperceptible pour n’être considéré qu’à l’échelle des siècles, sous le nom ancien de progrès.
Comment le mesure-t-on ? Par l’augmentation du PIB (parfois plus finement, par quelques autres critères additifs spécifiques à l’éducation, la santé, etc.).
En divisant par le nombre d’habitants, l’évolution du PIB par habitant donne une idée de l’augmentation de productivité humaine.
On constate, depuis 1975–1980, et plus nettement à partir des années 1980, que la rémunération salariale moyenne n’est plus proportionnelle à cette productivité, soit par le nombre d’où le chômage, soit par le nominal d’où la paupérisation des travailleurs et l’endettement privé. La part de l’État et des services publics ne suit pas davantage, d’où la paupérisation des États et l’augmentation des dettes publiques.
Voir, à ce sujet, la quatrième courbe dans :
http://www.marianne2.fr/Depuis-30-ans-les-salaires-baissent-sauf-au-sommet_a183144.html
Où passe donc la différence ? Certainement pas dans la poche des vrais innovateurs qui sont le plus souvent des chercheurs, ingénieurs ou techniciens salariés des secteurs public et privé.
Elle se retrouve sous la forme d’accumulation du capital dans les dividendes aux actionnaires, les primes aux grands patrons, les bonus des traders, etc. Lorsque l’un d’eux se trouve un tant soit peu « novateur » au titre commercial ou managérial, la presse spécialisée en fait grand cas, au point d’en faire l’égal d’un prix Nobel ! Ce fut le cas récemment avec Steve Jobs à qui l’on attribua l’invention de la « souris » qui était en fait un brevet existant, issu d’un concurrent… Parallèlement, ces rémunérations par l’accumulation du capital atteignent plusieurs dizaines de fois le prix Nobel chaque année pour les intéressés ! Cherchez l’erreur…
De fait, on oublie de plus en plus que l’accumulation détournée de la productivité humaine par l’appropriation pure et simple de sa plus-value n’est autre que le sujet central mis en évidence dès le XIXe siècle par Marx dans « Le capital ».
Sa croissance accélérée ne vient aujourd’hui qu’en exacerber les effets, visibles de tous !
Et ce ne sont pas les « petites marges de manœuvre » brandies en dernier ressort par François Hollande ou celles, encore plus limitées, de Mario Draghi qui changeront significativement le cours des choses.
Quand on pense que Marx écrivait dans « Das Sozial Demokrater », on est bien obligé de constater que la doxa néolibérale a fait son œuvre…
A propos des médias le film de Gilles Balbastre et Yannick Kergoat « Les nouveaux chiens de garde » connait un certain succès pour un documentaire.
France Info parle de « populisme » contre ces donneurs d’alerte. Quand on se sent visé…
Synopsis du film :
« Les médias se proclament « contre-pouvoir ». Pourtant, la grande majorité des journaux, des radios et des chaînes de télévision appartiennent à des groupes industriels ou financiers intimement liés au pouvoir. Au sein d’un périmètre idéologique minuscule se multiplient les informations pré-mâchées, les intervenants permanents, les notoriétés indues, les affrontements factices et les renvois d’ascenseur.
En 1932, l’écrivain Paul Nizan publiait Les chiens de garde pour dénoncer les philosophes et les écrivains de son époque qui, sous couvert de neutralité intellectuelle, s’imposaient en véritables gardiens de l’ordre établi.
Aujourd’hui, les chiens de garde sont journalistes, éditorialistes, experts médiatiques, ouvertement devenus évangélistes du marché et gardiens de l’ordre social. Sur le mode sardonique, LES NOUVEAUX CHIENS DE GARDE dénonce cette presse qui, se revendiquant indépendante, objective et pluraliste, se prétend contre-pouvoir démocratique. Avec force et précision, le film pointe la menace croissante d’une information produite par des grands groupes industriels du Cac40 et pervertie en marchandise. »
Petite précision :
Les diverses primes des grands patrons, bonus des traders, etc. sont autant de formes d’interessement au profit des actionnaires qui ont été salarisées, de sorte que leur formidable accroissement à la fin des années 90 apparaît faussement sur les courbes comme une inflexion favorable aux salariés.
Sans parler des stock-options.
Ces points ont été étudiés en détail par Michel Husson sur son hussonet disponible en ligne.
De la différence de progression entre salaires et productivité, dont il est question dans le lien de mon commentaire antérieur, il faut donc retenir qu’elle est bien passée du travail au capital.
Je travaille avec un collègue sur un projet de loi provisoire sur la nation québécoise qui devrait déboucher sur une constituante citoyenne.
Je surveille vos travaux avec intérêt et je vous félicite.
Pierre Cloutier ll.m
avocat à la retraite
Pour ma part, je ne suis pas contre tous les monopoles (façon Azor, commentaire n°1). Au contraire, je suis favorable à certains d’entre eux, s’ils sont publics (exemple EDF, GDF, La Poste, SNCF, etc …) parce qu’on peut alors leur confier des missions de service public qui réduisent les inégalités sociales.
Mais j’ai conscience que la question n’est pas là et je vais y réfléchir.
Etienne nous dit : « Je vous propose, — entre simples citoyens, n’aspirant pas au pouvoir… »
Il me semble que l’aspiration au pouvoir est un fondement de la démocratie. Lui correspond le refus de toute domination.
Si l’on part de l’idée qu’il faut être désintéressé au sens de ne pas aspirer au pouvoir , et que c’est une vertu positive pour être à même d’écrire une bonne constitution , on part d’une fausse définition du pouvoir en l’assimilant à l’abus de pouvoir ; la seule définition valide du pouvoir en démocratie est un pouvoir partagé : c’est le principe de la souveraineté populaire.
Pour écrire une bonne constitution il faut donc au contraire être profondément intéressé par le pouvoir. Parce qu’en société tout désintérêt est un renoncement,
Tout renoncement conduit à l’abus de pouvoir.
Si l’objet de la démocratie est de gérer la société et de construire ensemble son avenir, il est profondément normal d’être très intéressé à ce pouvoir là. Le piège pour le lambda n’étant pas d’avoir du goût pour le pouvoir mais de ne pas en avoir.
Un des moyens de l’amener à s’intéresser à l’écriture d’une constitution est de lui donner du goût pour le pouvoir et CONFIANCE EN SOI.
Une constitution mettant en place un régime démocratique est un contrat signé par des personnes voulant le pouvoir et décidant qu’il doit être partagé.
Le plus grand des dangers aujourd’hui est la perte de l’appétit du pouvoir par les lambda, la dépendance à l’escroquerie qui consiste à leur faire croire que pour être au pouvoir il faut savoir. Que dans un monde technique il faut des techniciens et que voter suffit.
Les citoyens sont aujourd’hui beaucoup trop désintéressés pour qu’on puisse revenir en démocratie. Beaucoup trop persuadés qu’ils sont incapables de gouverner pour même désirer le faire.
@ Di Girolamo
Tu écris : Il me semble que l’aspiration au pouvoir est un fondement de la démocratie.
Dans les Protocoles des Sages de Sion, le premier protocole dit :
« Il faut remarquer que le nombre des hommes aux instincts corrompus est plus grand que celui des gens aux instincts nobles. C’est pourquoi les meilleurs résultats s’obtiennent, dans le gouvernement du monde, en employant la violence et l’intimidation plutôt que les discussions académiques (1). Tout homme a soif du pouvoir ; chacun aimerait à être un dictateur si seulement il le pouvait, et bien rares sont ceux qui ne consentiraient pas à sacrifier le bien-être d’autrui pour atteindre leurs buts personnels. (2) »
(1) Cette prémisse repose sur l’idée qu’un grand nombre d’hommes sont « d’instinct corrompu », mais il ne donne aucun élément démontrant cette thèse. Il ne suffit pas de souscrire à pareil axiome, en se fondant sur l’observation exclusive des mauvais penchants humains qui peuvent être observés dans la civilisation, pour en faire une « loi naturelle ». Par contre, il est évident que par cette prémisse, les mauvais penchants seront utilisés – et par conséquent encouragés – et ce d’autant plus que l’on aura soi-même recours à la corruption. Dès lors, on se trouve être (ou devenir) soi-même « d’instinct corrompu ». En fait, l’action de juger « un grand nombre d’hommes » d’être corrompus, et de préconiser dès lors d’user de violence et d’intimidation, nous dit que l’on se comporte soi-même comme corrompu et avide de pouvoir. L’auteur (supposé) est donc lui-même un être corrompu et avide de pouvoir, s’exprimant à l’intention d’autres hommes de même tempérament.
(2) Ce second argument préliminaire repose entièrement sur un sophisme. Pour deux raisons. La première est que l’auteur (supposé) projette son propre penchant sur tous les hommes, faisant ainsi un absurde amalgame, ou ne prenant en compte dans son acception de l’humanité que le cercle restreint des hommes de pouvoir (ou avides de pouvoir) qu’il fréquente, ce qui est en soi un sophisme. Tout comme l’ambitieux et malhonnête S. Freud, l’auteur (supposé) « prend son cas pour une généralité ». La seconde parce qu’il existe à l’évidence un grand nombre d’hommes qui n’ont que faire du pouvoir, qui se satisfont très bien de n’être responsable que d’eux même, et aussi beaucoup d’autres qui ont grandes difficultés à être simplement responsable d’eux et de leur famille. On peut, sans prendre de risque, affirmer qu’une grande majorité d’hommes entrent dans cette dernière catégorie. L’on peut sans erreur conclure notre remarque en disant que, intimement ou intuitivement convaincus par cette belle maxime que nous devons à Marc Aurèle : « Ne regardes rien d’avantageux pour toi qui puisses te faire perdre le respect de toi-même. », beaucoup d’hommes n’ont cure du pouvoir ; ils n’aimeraient pas être dictateur, même s’ils le pouvaient, car ils ne consentiraient pas à sacrifier tant le bien-être d’autrui que le leur pour atteindre, au travers du pouvoir et de la dictature, leurs buts personnels. J’en veux pour preuve évidente que sans les masses populaires délégant leur pouvoir aux dirigeants, ceux-ci n’auraient ni pouvoir, ni puissance, ni force. Le pouvoir, la force et la puissance des dirigeants sont donc proportionnels au degré de soumission des peuples et à l’amplitude des pouvoirs qu’ils cèdent à ses dirigeants. Et les maîtres le savent, c’est la raison pour laquelle ils font tout pour garder entre leurs mains le pouvoir, en maintenant les peuples sous tutelle, les empêchant par-là même de s’émanciper.
Bien sûr, la liberté de se diriger soi-même implique des responsabilités. Liberté et responsabilité ne vont pas l’un sans l’autre. Tant que les hommes ont accepté de céder leur pouvoir aux dirigeants, ils ne pouvaient acquérir la responsabilité d’eux même. On entend d’ailleurs souvent, dans le chef de certains dirigeants, mais aussi dans la bouche de citoyens gagnés par les idées de ces dirigeants, que les peuples sont incapables de se prendre en charge. En conclusion, je répondrais à ce préambule initial des protocoles, ceci :
Le nombre d’hommes aux instincts corrompus est directement proportionnel à la force et à la pression corruptrice de la tutelle gouvernementale qui leur est imposée et de l’idéologie qui sous-tend l’action des maîtres. C’est pourquoi les meilleurs résultats dans l’objectif de l’émancipation de l’humanité sont obtenus lorsque l’on accompagne le processus de responsabilisation et d’individuation des hommes et des peuples, en leur laissant faire leurs expériences émancipatrices et en les aidant avec bienveillance dans les épreuves délicates qu’ils ne manqueront pas de traverser. Car « aucun oiseau ne vole haut qu’avec ses propres ailes ». Sans les masses populaires cédant leurs pouvoirs aux dirigeants, les dirigeants n’auraient ni pouvoir, ni puissance, ni force. Le pouvoir, la force et la puissance des dirigeants sont donc proportionnels au degré de soumission des peuples et à l’amplitude des pouvoirs qu’ils délèguent à ses dirigeants. La plupart des hommes n’ont cure du pouvoir ; ils n’aimeraient pas être dictateur, même s’ils le pouvaient, car ils ne consentiraient pas à sacrifier tant le bien-être d’autrui que le leur pour atteindre, au travers du pouvoir et de la dictature, leurs buts personnels. Le rôle des individus est d’acquérir leur émancipation en devenant responsables d’eux-mêmes, et le rôle des peuples est, à travers cette émancipation individuelle et collective, devenir, en tant que peuple, responsable de son propre devenir, non pas au travers d’une élite dirigeante, si bienveillante soit-elle, mais par eux-mêmes.
Donc, Di Girolamo, je t’invite à réfléchir à la contradiction qu’il y a dans ton présupposé, qui est le même que celui qui sort de la bouche de Machiavel dans le Dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu, et qui a servi de support à la rédaction des Protocoles des Sages de Sion.
Selon moi, l’aspiration au pouvoir est incompatible avec la démocratie. Seule l’aspiration à l’égalité (au moins politique) et la lutte contre les abus de pouvoir, sont compatible avec l’esprit de la démocratie.
Cordialement,
Morpheus
Morpheus
Tout dépend de ton point de départ ; et donc de la définition qui est la tienne du pouvoir . La tienne et aussi celle qui est abusivement passé en langage courant : on définit le pouvoir comme un pouvoir sur les autres ; on gouverne , on dirige on est le chef.Le pouvoir est une volonté de puissance.
Je refuse d’appuyer mon raisonnment sur une fausse définition du pouvoir , je refuse cette règle du jeu , je refuse ce piège.
Le pouvoir c’est la construction collective de la société. Ce n’est pas je sais ce qu’il faut faire suivez moi , votez pour moi ; c’est on en parle et on décide ensemble . Et ce pouvoir là il faut le revendiquer :c’est le fondement de la démocratie .
Appelons donc un chat un chat : le pouvoir au sens pouvoir sur les autres est une folie , un abus à ne jamais promouvoir , à condamner jusque dans la définition de ce qu’est le pouvoir .
On peut donc dire que ce qui est important c’est que les lambda en grand nombre puisseent discuter des affaires du pays : prendre le pouvoir.
Je crois que le point ici n’est pas de souhaiter le pouvoir sur les autres mais sur sa propre vie, ce qui implique que le pouvoir de nuisance d’autrui doit être restreint mais que la capacité d’émancipation de chacun, elle, doit être préservée et même accrue.
Et si vous vous dites que vous n’avez pas le temps pour ces démarches, demandez vous pourquoi.
Étienne, il me semble que la plupart des points que tu suggères portent toujours en eux les graines de l’asservissement des peuples.
À mon sens, nous devons nous passer de la notion de travail (engin de torture) pour avoir le droit de survivre et la remplacer par des d’activités choisies librement qui nous permettent de vivre une vie qui ait du sens.
Je remets donc ici une version un peu améliorée d’une ébauche de constitution ainsi que quelques idées sur des principes démocratiques dans le contexte de l’élaboration de règles du vivre ensemble.
La constitution
Le rôle de la constitution est d’abord de garantir le respect des droits inaliénables et inconditionnels de la personne, de les exposer et de donner un cadre pour les droits et devoirs qui en résultent ou qui prennent appui sur ceux là afin qu’ils puissent être mis en application.
La présente constitution a donc pour but de présenter les droits et devoirs qui permettent l’application, l’exercice et le respect des droits fondamentaux de l’individu.
Ainsi que de garantir le droit des individus et des peuples à disposer d’eux-même.
Tout les hommes naissent libre et égaux en droit.
Quelles sont ces droits ?
Les droits ici nommés :
1.les droits inaliénables et inconditionnels de la personne.
C’est à dire les droits concernant les besoins fondamentaux de chaque individu :
Chaque individu à le droit de vivre.
Il a le droit – de se nourrir, – de se vêtir, – de se loger, – de se soigner.
Il a le droit à la sécurité et au respect de son existence.
Il a le droit de s’émanciper, de vivre heureux, de vivre une vie pleine de sens.
Le droit :
de se nourrir, de se vêtir, de se loger, de se soigner :
La priorité doit être de mettre en place et de préserver les moyens pour que chaque individu puisse jouir librement de ces droits concernant ses besoins fondamentaux.
à la sécurité et au respect de son existence :
Aucun individu n’a le droit de maltraiter un autre individu que ce soit par la torture physique ou mentale sous quelque forme quelle soit ou de tous moyens cherchant à empêcher un individu d’exercer sa liberté de conscience.
Personne ne peut imposer à un autre de travailler pour lui. Personne n’a le droit d’empêcher un individu d’accéder à ses besoins fondamentaux.
De s’émanciper :
Tout individu a le droit de s’instruire, d’apprendre, d’avoir du temps pour lui et de pouvoir améliorer sa condition physique et psychique.
De vivre heureux :
Tout individu a le droit de mettre en application dans le respects des règles du vivre ensemble tout ce qui est susceptible de rendre sa vie meilleure et plus heureuse.
De vivre une vie pleine de sens :
Tout individu est libre de choisir ce qui pour lui donne du sens à son existence. (que ce soit dans ses opinions, ses points de vues et l’expression de celles-ci)
Quitte à s’isoler ou se tenir à l’écart de la sphère d’activité de la société s’il le souhaite. (tant qu’il ne cherche pas à nuire à quelqu’un en le faisant)
Ces droits sont inaliénables et inconditionnels.
2.Les droits conditionnés
préambule aux droits conditionnés
Le respect des droits et libertés de chaque individu suppose que certains droits soient soumis à restrictions afin que des individus ne puissent entraver ceux des autres.
Les droits conditionnés sont soumis au respect des droits et devoirs de l’individu et au respect des droits et devoir d’autrui. Quels sont ces droits ?
Il s’agit du droit de se déplacer librement et d’accéder à l’information.
se déplacer librement :
Sous condition du respect des droits et devoirs qui lui incombe tel que défini dans la constitution et les règles du vivre ensemble, tout individu a le droit de se déplacer dans les différents lieux tout en respectant les individus et êtres qui y vivent.
accéder à l’information :
Sous condition du respect des droits et devoirs qui lui incombe tel que défini dans la constitution et les règles du vivre ensemble, Tout individu a le droit d’accéder à toutes les informations qui ne mettent pas en danger la vie d’autrui.
Il a le droit de s’instruire dans les domaines dans lesquelles il souhaite développer sa connaissance et choisir librement les activités dans lesquelles il souhaite s’engager.
3.Les devoirs de chaque individu
La responsabilité individuelle concernant la constitution :
Les règles du vivre ensemble ne peuvent aller à l’encontre de la présente constitution.
Chaque individu est responsable et garant du respect et de l’application du contenu de la constitution.
La responsabilité individuelle concernant ses actes :
Chacun est responsable de ses actes.
Les individus qui ne respectent pas les devoirs de l’individu et les droits de chacun tel qu’exposé dans la présente constitution et les règles du vivre ensemble devront répondre de leurs actes.
Des mesures devront êtres prises pour les empêcher de nuire à autrui ainsi qu’a eux-même dans le respect des droits inaliénables et inconditionnels de la personne.
Ils pourront par ailleurs accéder aux informations qui ne mettent pas en danger autrui ou eux-même.
Des restrictions quand aux droits non-inaliénables et conditionnels pourront être prise à leurs encontre en cas de manquement à leurs devoirs d’individu dans la mesure ou elles seront jugées nécessaire.
Les individus concernés devront être tenu au courant du caractère et de la durée des restrictions qui leurs seront imposés. (ex : ne pas pouvoir se rendre dans certains lieux ou ne pas pouvoir accéder à certaines informations).
La mise en application des règles du vivre ensemble et les mesures prises pour les faires respecter devront tenir compte de l’aspiration de chaque être au bonheur, ainsi que des connaissances et des motivations qui animent les actes de chaque individu.
L’égalité politique et règles du vivre ensemble :
Chaque individu devra être informé de ces règles et pourra participer à leurs élaborations ou modifications :
Par la participation aux délibérations, par le vote de ces règles ou tout autres moyens qui rentrent dans le cadre de l’exercice de la démocratie directe. (référendum etc.)
Dans le cas ou les individus se trouveraient dans l’incapacité physique ou mentale d’exercer leurs droits politiques, personne ne pourra le faire à leur place.
Cependant, les assemblées démocratiques devront tenir compte des droits de ces individus.
Chaque individu qui participe à la vie de la société humaine devra se conformer à ces règles dans la mesure ou elles ne sont pas incompatibles avec la présente constitution et auront été votées selon les principes démocratiques de l’unanimité ou à défaut de la plus grande majorité.
Si un individu les trouve injustes, il pourra avoir recours aux droits qui lui permettent de défendre son point de vue ou se tenir à l’écart de la société humaine dans la mesure ou il ne nuit à personne.
4.Les grands principes :
les grands principes de la constitution ont pour objectif de présenter l’esprit de celle-çi et d’orienter le sens dans lequel les règles du vivre ensemble doivent être conçus pour que la société humaine puisse fonctionner de manière harmonieuse.
1. Le respect de l’écosystème, de la vie animale et végétale, soit de la vie en générale.
2. Le respect du droit des individus et des peuples à disposer d’eux-même par l’exercice et la préservation des principes démocratiques.
3. Les principes démocratiques comme moyen pour l’ensemble des individus qui constituent la société humaine d’écrire, de débattre et de voter la constitution et les règles du vivre ensemble ainsi que les moyens de les faire respecter ou de les modifier.
4. La libre circulation des informations et la liberté d’expression dans la limite du respect des droits et devoirs des individus tels que décrits dans la constitution et les règles du vivre ensemble.
Les règles du vivre ensemble :
I) les règles démocratiques :
art 1 : les règles ici exposés concerne l’ensemble des individus composants la société humaine et dénommé peuple ou individus.
Art 2 : Les règles du vivre ensemble doivent être soumises à la délibération du peuple dans son ensemble puis voté par lui au moyen du suffrage universel.
Art 3 : Tout article des règles du vivre ensemble doit être ratifié par le peuple
selon les principes de la démocratie. C’est à dire, à l’unanimité ou à défaut par la plus grande majorité des individus.
art 4 : Les règles ici exposées doivent s’accorder avec la constitution. Avant d’être définitivement ratifiées par le suffrage universel (du peuple), leur compatibilité avec la constitution doit être débattu par le peuple lui-même.
Art 5 : les votes minoritaires
Les délibérations et les votes se faisant à l’échelle communale, en cas de rejet minoritaire des règles du vivre ensemble par certaines communes n’ayant pas obtenu la majorité concernant ces règles. Il leurs sera laissé le choix entre un second vote après de nouvelles délibérations et/ou l’établissement de règles du vivre ensemble qui leurs sont propres dans le respect du droit des peuples à disposer d’eux-même.
Art 6 : organisations des assemblées :
Art 7 : mode de délibération et circulation des informations :
Art 8 : les sujets traités lors des délibérations :
Dans le système démocratique, les faits historiques, scientifiques, métaphysiques etc. ne sont pas de nature à être soumis au vote démocratique mais à la libre appréciation de chacun.
Bien amicalement
J.C
il est évident que la notion de travail rémunéré (d’une façon ou d’une autre) est le moyen par lequel nous sommes tous exploités, soumis à uns système que nous n’avons pas choisi.
Cette prison entretenue par l’idéologie du consumérisme est le meilleur moyen de domination qui soit.
bien amicalement
J.C
Dans une démocratie, les pouvoirs d’organisations sont au mains de ceux qui s’organisent et non pas délégué à certains.
Puisque le gouvernement nait de la constitution.
cette constitution doit naître du peuple en vue d’instaurer et de sauvegarder le pouvoir gouvernemental du peuple dans son ensemble.
Déléguer le pouvoir à un petit nombre au travers de la constitution plante la graîne ou plutôt devrais je dire les fondations du développement d’un pouvoir oligarchique. Dans le principe même de donner du pouvoir à une minorité, on pousse ce pouvoir à écarter de plus en plus ceux qui ont déjà commencé à vouloir s’en départir à ne plus s’en préoccuper.
il faut garder à l’esprit que le pouvoir implique aussi une notion de responsabilité.
en déresponsabilisant la population, on lui fait perdre par la même toute souveraineté sur lui même et toute conscience.
« le droit de juger et d’agir appartient à ceux qui payent et non à ceux qui reçoivent. » c’est exactement ce qui se passe aujourd’hui.
Avec l’argent on achète nos activités, nos vies, notre temps (de cerveau disponible) en faisant de nous des esclaves consuméristes, qui n’ont plus l’espace pour réfléchir sérieusement à leur conditions et aux moyens d’y échapper.
L’argent ce n’est pas ce qui nous rend libre mais ce qui limite nos capacités d’actions.
Nos capacités d’action dans nos sociétés sont proportionnelles à la quantité de temps qu’il nous a fallu pour dégager de l’argent. Quelle liberté d’action avons-nous, aujourd’hui que tout devient payant ?
l’argent est une prison et non une source de liberté et d’éveil, ni pour ceux qui en possèdent ni pour ceux qui n’en possèdent pas mais se soumettent à ce système.
« un gouvernement n’a pas le droit de se déclarer partie prenante dans un débat touchant au principe ou à la méthode utilisée pour élaborer ou amender une constitution »
Cela signifie t‑il que le gouvernement ne devrait pas s’impliquer d’aucune manière dans ce processus mais que chacun pourrait y participer en tant que simple citoyen ?
Qu’en penses tu Etienne ?
J.C
Absolument : de mon point de vue, un gouvernement n’a RIEN À FAIRE DANS LE PROCESSUS CONSTITUANT, absolument rien. Même pas dans un rôle de déclenchement ou de surveillance.
Comme aucun autre détenteur des pouvoirs constitués, d’ailleurs ;
sauf ceux — naturellement — qui sont expressément prévus pour ça dans la Constitution.
Un peuple adulte (donc vigilant) doit se méfier des conflits d’intérêts comme de la peste.
La question suivante est : existe-t-il un pouvoir constitué dans la constitution actuelle qui permette de déclencher un processus constituant ? et si oui, peut-il jouer son rôle sans intervention du gouvernement ?
Si ce n’est pas le cas, il semblerait qu’il ne serve à rien de descendre manifester pour s’opposer au gouvernement (à part bien sûr comme moyen d’informer davantage nos compatriotes) puisqu’il n’a rien à voir la dedans.
Dans ce cas, il suffit qu’une grande majorité ne reconnaisse plus la légitimité du pouvoir actuel et cesse de s’y soumettre en refusant de voter par exemple et en n’obéissant plus aux injonctions mais s’organisant au niveau local et dans un processus constituant de grande ampleur.
ta vision est-elle différente ?
bien amicalement
J.C
Nous n’avons pas de Constitution.
Il n’y a rien (ou pas grand chose) à attendre des institutions oligarchiques actuelles puisque, par construction, elles nous tiennent méthodiquement à l’écart de l’action politique. Ce que les oligarques appellent fallacieusement une constitution est en fait une prison (politique).
Mais pour imposer un processus constituant digne de ce nom, face à des tyrans qui ont progressivement pris le contrôle quasi scientifique de tous les pouvoirs qui comptent, il est essentiel d’être D’ABORD très nombreux à VOULOIR ce nouveau processus constituant => donc d’en avoir parlé suffisamment entre nous, AVANT, de façon virale et active, pour forger cette CONSCIENCE préalable nécessaire, autour D’UNE idée (forcément unique pour permettre NOTRE UNION), à la fois simple et forte, et aussi astucieuse (radicale) que possible.
Pour l’instant, je n’ai pas d’idée plus prometteuse.
Étienne.
Etienne,
il y avait au début du siècle dernier, mais en réalité depuis la fin sanglante de la commune, une vive discussion au sein du mouvement ouvrier entre les « spontanéistes » et les partisans de l’idée qu’une révolution, ça se prépare.
Ce débat a surtout fait rage en Russie, et c’est bien sûr la conception de Lénine qui l’a emporté. l’ennui c’est que la conception léniniste n’était pas la seule possible, parmi les gens sérieux qui prenaient en compte la question de la prise du pouvoir et de la transition, il s’en trouvait de bien plus démocrates. Simplement, ils ont pâti du manque de soutient de la part des « spontanéistes » et des autres courants du mouvements ouvriers qui n’envisageaient pas la question de la prise du pouvoir central (anarchistes et conseillistes).
et bien sûr on parle de divisions au sein d’un noyau de convaincus de la nécessité d’une révolution radicale, restaient aussi des mencheviks parlementaristes et d’autres mouvements démocrates « représentatifs ».
tout cela pour dire d’abord, que l’idée unique qui fait l’union, c’est une dimension d’un vouloir commun, nécessairement partisan, même si d’aucuns se satisfont de dire « nous sommes le peuple, nous sommes les 99% »,
un vouloir commun qui tient par l’Idée, mais aussi par le flou sur le pouvoir.
Et c’est cette question du pouvoir qui peut diviser.
pouvoir, au sens de « se mettre en capacité de », mais aussi au sens de « qui assure les responsabilités pendant la période de transition ».
cette question mérite la plus grande attention, passée sous silence, traitée dans le flou, les tabous, etc., elle expose le mouvement révolutionnaire à toute les manipulation, les récupération, et surtout, elle l’expose à l’impuissance totale…vouloir, n’est pas pouvoir.
et cette question du pouvoir liée à la radicalité du vouloir, amène à considérer aussi le rapport à ceux qui ont déjà un pied ou ont la volonté d’avoir un pied dans le pouvoir, puisque le nombre de ceux qui veulent l’Idée radicale, sans vouloir le pouvoir, ne sera jamais qu’un lobbying, une forte incitation pour ceux qui exercent ou veulent exercer l’autorité à prendre en compte une partie de l’Idée…moins profondément, moins radicalement.…bien encadrée…
on retrouve là encore ce qui a traversé le mouvement ouvrier, entre révolutionnaires et réformistes…division qui au départ n’était qu’une option stratégique pour un même mouvement, s’autorisant à agir dans le cadre institutionnel, en fonction des rapports de force…pour grappiller ce qu’on pouvait.
Sauf à vouloir réinventer la poudre comme les sympathiques « indignés », qui redécouvrent après coup la mémoire des luttes, et qui joyeusement ignorent ceux qui se sont réveillés avant eux en même temps qu’ils occultent leur propre structure interne nécessairement élitiste, il va bien falloir en passer par ces questions qui fâchent.
Mes propres réflexions et expériences sur ces sujets, m’amènent à poser un premier préalable : dire « ceci est la seule voie possible » c’est déjà participer à l’accroissement de l’impuissance politique du peuple.
Il me semble préférable de lister les différentes options, méthodes et moyens, de les confronter à différentes analyses de la situation présentes, de leurs conditions de possibilité puis de leurs conséquences probables.
ensuite, si l’examen lucide de la situation conduit à privilégier l’idée d’union, et qu’en même temps la diversité des options choisies implique une segmentation des formes de l’agir et des finalités partielles poursuivies, il semble stratégiquement indispensable de travailler à la création de ponts, de liens et de traits culturels communs entre les différentes formes d’engagement. Sinon le sectarisme guette…
ou disons, l’impuissance et le maintien de la propension collective à se laisser berner.
par exemple, j’ai émis des critiques de forme et de fond sur ton idée d’assemblée constituante tirée au sort et même sur certaines vertus prétendument intrinsèques du tirage au sort, je ne pense pas que tu y aies vraiment répondu, et donc j’en ai encore sous la pédale, en fonction des réponses, mais là n’est pas la question :),
l’important c’est qu’il me semble que nous poursuivons les mêmes fins dans une très large mesure,
par contre ce qui nous divise « virtuellement », c’est le sectarisme des moyens, ou plutôt la confusion entre les fins et les moyens que certaines affirmations portent en germe,
et ça n’a rien de personnel, j’ai toute confiance en toi, mais beaucoup moins dans la réception de tes propos, ceci étant une question de résonance avec des forces de propagande qui ont préalablement travaillé les esprits et qui nous échappent et que parfois nous répétons sans en prendre conscience.
là où je veux en venir, c’est que autant, en fonction de tel ou tel contexte, je pourrais soutenir à fond l’idée d’une constituante tirée au sort, autant je pourrais m’y opposer dans d’autres contextes,
et ceci, pour l’instant j’espère nous sépare, et pourquoi d’après toi ?
parce que ce que je désire ce n’est pas une assemblée constituante tirée au sort, c’est un ordre constitutionnel permettant au peuple d’avancer dans une voie d’émancipation (terme flou à développer) et comportant des mécanismes de contrôle empêchant à la fois ce que tu appelles le vol du pouvoir, mais aussi l’hubris collective et le fait que la démocratie puisse agir contre elle-même, ce qui d’ailleurs fait de la démocratie une fin nécessairement partielle et conditionnée, n’en déplaise aux puristes de la dictature de la majorité.
ceci implique qu’une assemblée tirée au sort n’a de vertu, pour moi, que si elle est très majoritairement peuplée de ce que tu appelles
des virus,
or il se pourrait bien qu’en parallèle de tes propres actions il y se trouve des forces de propagande bien plus puissantes et des entreprises de prise de pouvoir bien plus efficaces (y a pas de mal vu que tu ne fourni pas l’ombre d’une piste), de sorte que l’idée d’assemblée tirée au sort puisse donner lieu au renversement de l’ordre constitutionnel existant d’une manière telle que nous pourrions en venir à le regretter…
c’est à dire que pris isolément de la question du pouvoir (ie qui initie, qui contrôle et qui gère les « affaire courantes ») et des moyens de formation de « l’opinion » (par exemple qui contrôle les médias, les universités, les écoles, etc.), le processus constituant tel que tu le proposes ne peut pas constituer un objectif en soi.
Il me semble en tout cas que la portée de tes idées au sens de la fournitures d’armes conceptuelles et organisationnelles, est tributaire d’une capacité individuelle et collective des « virus » à ne pas laisser l’idée d’assemblée tirée au sort s’échapper isolément des véritables fins poursuivies à travers la promotion de ce moyen (parmi d’autres), qui ne « fonctionne » que si les « virus » sont majoritaires, ou du moins deviennent culturellement-idéologiquement hégémoniques et possèdent clairement la lucidité de citoyens « non-représentables » et sachant s’organiser pour être efficaces, non-manipulables et rester réactifs, au-delà de la pureté des idées, au contexte et aux actions qu’il appelle.
bref, pas évident ! 🙂
J’ai une idée de virus qui peut se révéler très efficace. Un moyen de manipulation qui est utilisé contre nous mais qui pourrait se révéler, utilisé dans l’autre sens comme un puissant moyen de communication véritable.
de quoi s’agit-il ?
le sondage par mail : 10 à 15 questions sur un panel de 1000 personnes par exemple et les résultats envoyés à tous nos contacts.
il faut trouver maintenant les bonnes questions qui révèlent la nécessité d’une constituante et la manière de s’y prendre mais aussi de faire prendre conscience au plus grand nombre de ce que les gens souhaitent vraiment et dans quelles conditions.
qu’en pensez-vous ?
bien amicalement
J.C
Le sondage pourrait porté sur des choses simple comme par exemple ce que les gens peuvent attendre d’une démocratie, ce qu’il pensent qu’est une démocratie en amenant gentillement à la question « pensez vous être en démocratie ? OUI-NON ? » suivit de question sur la constitution, à quoi sert-elle, son rôle, la nécessité d’un processus constituant et les moyens les plus simple et juste d’organiser ce processus.
Un sondage qui tournerait autour de ça et qui aurait pour but se sensibiliser, de faire prendre conscience au gens de la situation dans laquelle il sont et ce qui est possible au regard de ce chacun pense de mettre en place.
Autre sujet que je souhaiterais aborder ici dans l’éventualité de mises en place d’un processus constituant populaire non représentatif mais direct.
Et pourquoi pas comme article dans le contexte règles démocratique pour le fonctionnement des assemblées populaires.
circulation des informations :
Dans chaque assemblée, la ou les personne(s) désignée(s)devra/ont mettre par écrit la ou les propositions majoritaires ainsi que les objections minoritaires. le compte rendu de la séance devra être relu devant l’assemblée et filmée.
Chaque compte rendu de chaque assemblée devra être rendu publique et transféré à l’ensemble des assemblées par écrits et par vidéo.
Un logiciel de recoupement des propositions pourra être mis en place afin de favoriser la mise en commun des propositions majoritaires ainsi que de leurs objections. Ceci afin que chaque assemblée puisse avancée dans les débats de manière coordonnée avec l’ensemble des autres assemblées.
Bien amicalement
J.C
Étienne,
Je viens de rencontrer au marché ce matin un représentant du parti ouvrier indépendant (POI). Je souhaite éventuellement lui remettre une lettre d’information ainsi qu’à d’autre.
T’ayant cité, je préfère te demander ton avis.
Voici :
Lettre d’information
Bonjour,
J’ai pris connaissance de votre document concernant votre candidature aux prochaines élections législatives.
votre constat sur le système financier et votre motivation ont l’air sincère.
Cependant, vous n’êtes pas sans savoir que la constitution européenne de 2005 a été majoritairement rejetée par le peuple français et quelle est pourtant en application. il serait naïf de croire que nous avons un quelconque pouvoir sur les traités et les lois. Pour cela, il faudrait que nous soyons en démocratie.
Une démocratie est un système où les citoyens débattent, écrivent et votent les lois. Les simples citoyens n’ont jamais voté aucune loi et encore moins écrit. Un système représentatif comme celui dans lequel nous sommes est un pouvoir oligarchique.
Pour financer une campagne présidentielle, il faut beaucoup d’argent, et pour cela, il faut être financé par les banques privées dont on est redevable.
Quant aux députés, il n’écrivent pas les lois, ce sont les hauts fonctionnaires de l’état qui les écrivent.
Les députés de la majorité eux se contentent de les voter selon les injonctions qu’on leur donne. En ce qui concerne les députés minoritaires leurs votes n’ont aucune incidence. Cela donne l’apparence d’un débat.
Vous comprendrez donc que si vous êtes élu cela ne donnera aucun pouvoir aux citoyens. Les partis ne servent dans ce système qu’a diviser les gens. et même lorsque l’ensemble de la population s’expriment par référendum, cela n’a aucune incidence sur ce qui est prévu.
En outre, diviser en parti les citoyens en les réduisant à de simples électeurs de représentants est la meilleure façon de nous condamner tous à l’impuissance politique, quel que soit le domaine : social, écologique etc.
La seule façon de récupérer le pouvoir et d’instaurer un vraie démocratie est de réécrire tous ensemble une constitution digne de ce nom. Et comme le disait Thomas Paine à l’époque de la révolution Française
« un gouvernement n’a pas le droit de se déclarer partie prenante dans un débat touchant au principe ou à la méthode utilisée pour élaborer ou amender une constitution »
Le gouvernement naît de la constitution, un gouvernement légitime ne peut en aucun cas le précéder.
Comme le dit très bien Étienne Chouard :
« un gouvernement n’a RIEN À FAIRE DANS LE PROCESSUS CONSTITUANT, absolument rien. Même pas dans un rôle de déclenchement ou de surveillance. »
car il y a alors conflit d’intérêt.
« Ce n’est pas au gens au pouvoir d’écrire les rêgles du pouvoir » car ils les écrivent forcément pour eux même. C’est à l’ensemble du peuple de l’écrire afin de choisir par lui-même et pour lui-même.
bien amicalement
J.C
Etienne,
il me semble évident que les systèmes oligarchiques se mettent en place en tenant à l’écart l’ensemble de la population des décisions et des vraies informations. Le meilleur moyen de faire cela est d’utiliser comme méthode le fameux « diviser pour mieux régner ».
la séparation des pouvoirs n’a d’autre visée que de rendre le fonctionnement de chaque institution plus opaque et moins responsable car moins consciente en se soumettant à de simples injonctions sans comprendre pleinement les tenants et les aboutissants comme dans tout système totalitaire.
Chaque individu doit être responsable de sa propre vie, de ses propres actes et de leurs conséquences autant qu’il le peut.
Pour cela, si l’on veut établir une véritable démocratie responsable et saine, il m’apparaît indispensable qu’il n’y ait pas d’un côté le gouvernement et de l’autre la population.
Je propose que le pouvoir législatif, judiciaire et exécutif en reviennent au peuple dans son ensemble.
Comment cela ?
Pour le pouvoir législatif : les assemblées populaires de chaque commune débattent de la constitutions, des lois, des règles de vie puis les votent.
Pour le pouvoir judiciaire : Je propose l’application du tirage au sort sur la base de l’acceptation volontaire pour l’ensemble de l’appareil judiciaire avec des mandats cours non renouvelable ainsi que pour les jurés pour chaque affaire.
Pour le pouvoir exécutif : Je propose l’application du tirage au sort sur la base de l’acceptation volontaire pour l’ensemble de l’appareil exécutif avec des mandats cours non renouvelable (et conditions d’âge etc. selon les fonctions).
Chaque citoyen est garant de la paix sociale et ne doit mettre en application les règles établies démocratiquement que sous son propre assentiment. Il doit garder le droit de pouvoir se retirer de la société civile démocratique s’il ne devait pas être en accord avec les règles établies sans que pèse sur lui de sanctions à l’encontre de ses droits fondamentaux (concernant son existence).
le pouvoir législatif doit, selon moi, rester entre les mains de la population dans sa totalité. C’est à mon sens la seule façon pour que les lois ne violent pas la conscience et la liberté des individus en allant à l’encontre de leurs droits de exprimer librement et de décider par eux-mêmes, pour eux-mêmes.
Le pouvoir législatif étant le fondement et l’origine des deux autres, il ne doit s’écarter du simple citoyen sous aucun prétexte. Le tirage au sort est à proscrire en la matière.
Dans les différents domaines (scientifique etc.) où l’intervention d’experts ne peut relever des fonctions mises en place parle le tirage au sort, ceux-ci doivent avoir un rôle informatif à l’égard de la population et non pas décisionnel.
Être souverain, c’est décider (écrire) des règles pour soi-même.
La souveraineté consiste en la détention du pouvoir. À partir du moment où il y a délégation du pouvoir, il y a délégation de la souveraineté. La souveraineté ne peut être déléguée puisqu’elle consiste en l’exercice du pouvoir ; la déléguer revient à l’abandonner.
Remettons les choses à l’endroit : la souveraineté du peuple ne peut s’exercer que par lui-même.
L’état ne doit donc pas être un organe distinct du peuple composé d’une minorité, ne serait-ce que de simples fonctionnaires.
À mon sens, la logique voudrait que le peuple écrive les règles pour lui-même, et non pas qu’une minorité l’écrive pour elle-même, ni pour d’autres non plus (cf le rôle d’une assemblée constituante tirée au sort).
Le but n’est pas d’établir un monde de méfiance et de défiance à l’égard d’un pouvoir extérieur, mais plutôt de promouvoir l’apprentissage d’un pouvoir collectif démocratique et cohérent.
Bien amicalement.
JC