Le tirage au sort démonte le mécanisme qui conduit à notre impuissance actuelle
Entretien avec Étienne Chouard (Nexus n°78)
Chercheur indépendant, citoyen sans parti, sans étiquette et sans ambitions politiques personnelles, Étienne Chouard s’est fait connaître du grand public en 2005 à l’occasion du référendum sur le traité établissant une constitution pour l’Europe en argumentant pour le « non ». Devenu depuis un adepte du tirage au sort, il en est aussi l’un des principaux propagateurs et théoriciens. Conférencier infatigable, il sillonne les routes pour en expliquer la logique.
Nexus : Qu’est-ce qu’il y a de révolutionnaire dans le tirage au sort ?
Étienne Chouard : Tout. Le tirage au sort démonte le mécanisme qui conduit à notre impuissance actuelle. Il y a quantité de causes à notre impuissance, qui s’imbriquent les unes les autres. Ma méthode, empruntée à Hippocrate, consiste à chercher la cause des causes, à remonter à la racine du problème. Quand j’étudie les raisons de notre faiblesse par rapport aux abus de pouvoir, de proche en proche, j’aboutis à tous les coups à la même chose : la Constitution. La Constitution est en effet l’outil génial que les hommes ont inventé pour affaiblir les pouvoirs. Or, qui écritaujourd’hui la Constitution ? Des parlementaires, des professionnels de la politique, des ministres, des juges… Autrement dit, ceux-là mêmes qui vont exercer le pouvoir et qui devraient craindre les lois institutionnelles. Et il ne s’agit pas là d’un accident isolé, mais d’une règle générale : dans tous les pays du monde et à toutes les époques, ce sont les hommes au pouvoir qui dictent les règles du pouvoir — même si ces règles sont désormais souvent votées par les peuples, ce qui montre au passage qu’il est assez facile de convaincre le peuple d’accepter lui-même sa propre impuissance. C’est le grand paradoxe des constitutions : originellement pensées comme le moyen de protéger les citoyens contre les abus de pouvoir, elles donnent aujourd’hui une légitimité aux abus de pouvoir ! Voilà la cause des causes de nos problèmes. Malheureusement, les humains, qui restent à ce stade des enfants, ne mesurent pas l’importance du processus constituant. S’il est aussi stratégique qu’un tel processus soit désintéressé, c’est pour éviter très prioritairement les conflits d’intérêts. Pour cela, il faut radicalement séparer le pouvoir constituant des pouvoirs constitués. C’est là que le tirage sort s’impose comme solution : en raisonnant a contrario, on peut dire que, mécaniquement, n’importe qui fera mieux pour l’intérêt général qu’une personne qui a un intérêt personnel à défendre contre l’intérêt général.
Seule manière de récupérer la démocratie à ceux qui l’ont confisquée ?
Ils ne l’ont pas tant confisquée qu’empêchée d’advenir. La non-démocratie est écrite par des personnes qui ont un intérêt personnel à ce qu’il n’y ait pas de démocratie. Nos régimes sont délibérément et sciemment pensés et voulus comme des non-démocraties. La plupart des pères fondateurs de nos régimes parlementaires étaient des notables pleins de méfiance à l’encontre du peuple. Ils ont institué des gouvernements représentatifs qu’ils ont, plus tard, fallacieusement étiqueté du nom de « démocratie ». Mais c’est une escroquerie qui ne fonctionne qu’auprès des naïfs. C’est pourquoi je fais la grève du mot « démocratie ». Ce n’est d’ailleurs pas parce qu’on s’est fait berner pendant deux cents ans que cela va durer éternellement. J’ai bon espoir que nous nous passions le mot entre nous et que nous transformions en virus démocratique le principe du tirage au sort, seul antidote durable contre la confiscation du pouvoir par une oligarchie.
Mais vous l’avez dit, il y a quelque chose d’imparable dans la mécanique électorale, c’est le consentement : le peuple consent à sa propre domination…
C’est le mécanisme même de toute escroquerie. Les escrocs sont toujours des gens très séduisants, jamais des affreux qui font peur aux enfants. Ils nous piègent en nous flattant et en détournant la puissance libératrice de notre volonté : « puisque vous votez, vous êtes le souverain », nous disent-ils. Et c’est vrai qu’au niveau individuel, l’exercice de notre volonté nous permet souvent d’améliorer notre sort, à la condition qu’elle ne soit pas biaisée par des escrocs (c’est le point essentiel). Notre erreur est de croire que notre volonté, qui fonctionne bien au niveau individuel, va pareillement fonctionner au niveau collectif, alors qu’à ce niveau, apparaissent des raisons puissantes de circonvenir la volonté générale, des mobiles de crimes . De l’utilité souvent confirmée de notre volonté individuelle, nous déduisons fautivement qu’il en sera de même au niveau collectif. C’est une erreur. Au niveau collectif apparaissent des trompeurs d’opinion et l’élection donne une prise à ces voleurs de pouvoir.Le plus riche pourra financer les campagnes électorales et faire élire son candidat qui, du coup, sera son débiteur et mènera les politiques qui lui sont favorables. Le tirage au sort écarte cette mécanique corruptrice de l’élection en ne donnant aucune place à la volonté. C’est la loi des grands nombres (incorruptible par construction) qui décide, et non plus une volonté susceptible d’être trompée.
Mais on vous rétorquera que le sort est arbitraire ?
Impartial, plutôt. Le projet démocratique consiste à ne déléguer que très peu de pouvoir aux représentants. Ce que le tirage au sort permet. Il ne cherche pas à rendre l’humanité parfaite, il veut au contraire s’adapter à son imperfection, en en tirant les conséquences logiques : puisque nous sommes imparfaits, ne donnons jamais la totalité des pouvoirs à quelques-uns. Donnons un tout petit peu de pouvoir, à un grand nombre de personnes, pour très peu de temps, et jamais deux fois de suite. Le tirage au sort emporte avec lui la rotation des charges (des mandats courts et non-renouvelables) et le contrôle systématique des représentants. L’expression « démocratie indirecte » est un oxymore, une contradiction dans les termes. La démocratie est directe ou elle n’est pas. Certes, nous avons besoin de représentants, mais pas pour voter les lois : seulement pour les exécuter, les interpréter et les préparer. Ces représentants doivent être tirés au sort pour qu’ils restent nos serviteurs et qu’ils ne deviennent jamais nos maîtres. Les dérives corporatistes qui viennent toujours avec la professionnalisation des fonctions de représentation sont profondément anti-démocratiques. Les démocrates dignes de ce nom tiennent prioritairement à l’amateurisme politique.
Que répondez-vous aux deux objections les plus couramment formulées contre le tirage au sort, à savoir la dimension technique des problèmes, beaucoup plus complexe aujourd’hui, et le changement d’échelle : les citoyens ne se chiffrent plus en dizaines de milliers comme à Athènes, mais en dizaines de millions, sinon en centaines ?
La compétence d’un représentant fraîchement élu n’est pas innée. Il va devoir trancher sur une profusion de sujets, juridiques, techniques, scientifiques, etc. Il va acquérir sa compétence chemin faisant. Ce n’est pas un surhomme omniscient. C’est son travail qui va le rendre compétent. Toutes les expériences d’assemblées citoyennes démontrent que des personnes distinguées par le hasard se transforment, s’investissent, se responsabilisent et choisissent finalement les bonnes solutions, y compris sur des sujets complexes. Voyez comment les parlementaires européens, soi-disant si compétents, votent les lois : savez-vous qu’ils ont à leurs pieds une sorte de grande cantine dans laquelle sont classés tous les dossiers du jour ? Ces dossiers sont si nombreux, si complexes, si ardus, qu’il est impossible de seulement les lire à temps. Chaque dossier comporte donc un numéro et une consigne de vote fournie par le parti. Le député moderne n’est donc alors qu’un automate et l’argument de sa nécessaire compétence paraît bien surfait.
Et l’objection de la taille ?
Elle ne tient pas non plus. Raisonnons à partir de la cellule de base démocratique, qui n’est ni le continent, ni le pays, ni la région, mais la commune, la démocratie ne s’imposant pas par le haut, mais par le bas. A cet égard, rien n’a changé depuis les Grecs, la cellule de base pour nos démocraties reste la même. Au niveau communal, les gens se côtoient et se connaissent. Ils peuvent se surveiller mutuellement. Au niveau plus large, la démocratie s’organise autour de communes libres gérées dans le cadre d’une fédération. Les exemples fédératifs ne manquent pas (États-Unis, Suisse, Allemagne, etc.). Il n’est pas exagéré de dire qu’ils fonctionnent très bien, à cette réserve près qu’ils utilisent tous, à la base, une procédure aristocratique : l’élection. C’est cette procédure qu’il faut changer. Comment ? En la remplaçant par la seule procédure démocratique qui soit : le tirage au sort. Les citoyens de chaque commune décideront alors librement des sujets qu’ils sont en mesure de traiter eux-mêmes, directement, et ils délégueront les autres au niveau fédéral, selon le principe de la subsidiarité, qui veut que l’on ne doit pas faire à un échelon plus élevé ce qui peut l’être avec plus d’efficacité à un échelon plus petit.
Que pensez-vous des (rares) expériences de tirage au sort ?
Elles sont toutes enthousiasmantes, car elles montrent toutes que l’homme normal n’est pas bête mais astucieux et avisé. Tant que ce sera des hommes de parti et des élus qui parleront de démocratie participative, les choses n’avanceront pas. Les professionnels de la politique n’accoucheront jamais de la vraie démocratie, non parce qu’ils sont mauvais en eux-mêmes, mais parce qu’ils sont en conflits d’intérêts. Le conflit d’intérêts est la clé de compréhension de notre impuissance politique. Les constituants ne doivent plus être en conflits d’intérêts. Le jour où nous serons des millions à dire qu’on ne veut plus d’hommes de pouvoir dans les assemblées constituantes, mais seulement des gens normaux et désintéressés, alors tout changera.
Propos recueillis par François Bousquet.
À visiter :
https://old.chouard.org/Europe/

L’escroquerie antidémocratique du gouvernement prétendument « représentatif », formidablement résumée en une minute par Henri Guillemin :
Qui gouvernait réellement la France en 1911 ? par cycab
Étienne
Comment trouves tu le temps pour ton blog , les conférences , la lecture , les recherches documentaires etc etc ??!!!!!
Je ne connaissais pas ce monsieur Farage ; il n’y va pas avec le dos de la cuillère !
Pour revenir au tirage au sort ; comment articules-tu démocratie participative et tirage au sort ?
Dans mon esprit ce n’est pas forcément négatif d’être représenté À CONDITION que cette représentation soit véridique ‚c’est à dire qu’il y ait un lien vivant effectif entre le réprésentant et le représenté ; en qqsorte le représentant fait le boulot , il est au service du représenté et de ce fait il revient toujours vers lui pour s’enquérir de ce qu’il faut faire , si c’est bien fait, quels sont les résultats etc etc.
Bref la démocratie participative permet à la démocratie représentative de rester une démocratie .
L’intérêt fort de la démocratie participative c’est qu’elle permet au plus grand nombre d’exercer le pouvoir ; le pouvoir n’est pas confié au représentant ; le représentant est un serviteur .
À voir (et soutenir) le dernier film de Pierre Carles and co sur les médias qui font campagne. Joffrin, Apathie et Demorand en prennent pour leur grade :
http://www.pierrecarles.org/spip.php?article9
La récupération de la « démocratie » se fera contre ceux qui la dénaturent, elle s’est faite à la libération contre « ceux qui l’ont confisquée »…
Je trouve fausse l’affirmation selon laquelle « la démocratie a été confisquée » : cela signifierait en somme (mais pourquoi « en somme »?), qu’on a atteint le « degré zéro », et alors, sans levée de « partisans résistants armés », rien n’est qu’illusoire…
Heureusement, la démocratie , si elle est malade et ce jour en France, salie, souffrant entre autre d’une « incontinence xénophobique » qui l’empêche de « renaître », nous sommes derrière la vitre du « bloc opératoire », et nous pensons devant le spectacle des « infirmiers-politiciens » : « tirage au sort »… Quelle impuissance ! Ouvrons la porte du bloc , « intervention citoyenne » ! révolution citoyenne : sauvons la démocratie dont le cœur bat encore !
Héloïse
Si la démocratie est un idéal, alors on peut toujours dire que : si on est pas tout à fait en démocratie on l’est quand même un peu et que au regard de régimes tyranniques nous n’avons pas trop à nous plaindre ; et qu’il tient à chacun d’entre nous par notre attitude, nos actions d’améliorer la démocratie. Bref que c’est une question de degré : on est plus ou moins en démocratie.
Mais si la démocratie est un régime politique s’organisant autour du principe d’une souveraineté partagée accessible à tous, on n’est pas là seulement face à un idéal mais à un mode d’organisation politique encadré par des textes. D’où l’importance de ces textes constituants et de ceux qui les rédigent ; ces textes désignent des principes intangibles qui ne sont pas à améliorer mais donnent le cadre de ce qui fait qu’on est ou pas en démocratie.
La confiscation de la démocratie réside alors à ce niveau structurant du cadre : si on fausse les choses au départ, en amont, alors tous les efforts qu’on pourra faire en aval seront vains.
Si on se situe au niveau du cadre, nous ne sommes pas en démocratie ; nous avons des lois , des libertés individuelles , mais nous ne sommes pas en démocratie.
Le cadre de la démocratie c’est la souveraineté populaire ; à partir de là se déroule les lois , les politiques toujours imparfaites , toujours à améliorer . Mais si ces lois ces politiques sont menées par d’autres que le peuple, on n’est pas en démocratie et cela n’est pas une question de degré et d’amélioration : IL Y A CONFISCATION.
C’est pourquoi je pense qu’on peut être tolérant et indulgent pour soi même et pour autrui mais pas sur les principes ; si on ne respecte pas le contrat social, la constitution, ce n’est même pas la peine d’aller plus loin. Le principe fondateur d’une démocratie c’est la souveraineté populaire. Il est donc impératif que les pratiques politiques soient en conformité avec ce principe, du moins y tendent toujours.
Que le travail constituant soit fait par des tirés au sort ou des assemblées citoyennes locales ou autre il est de toute manière impératif que tous les citoyens soient informés de ce travail et que tous ceux qui le souhaitent puissent y participer et qu’enfin la validation officielle soit faite par un référendum.
L’état des lieux que je fais est que les principes fondamentaux de celle existante ne sont pas respectés dans le cœur même de nos pratiques politiques : la souveraineté alternative un coup l’un un coup l’autre est une captation permanente de la souveraineté populaire ; et que du fait de cette confiscation structurelle tous nos efforts seront vains. La souveraineté vraie c’est la présence en continu des citoyens autour de la construction de la société. Il est tout à fait exact de dire que c’est un idéal et un effort permanent mais je soutiens que nous sommes même privé de cet effort qui nous est confisqué du fait même de la règle du jeu en vigueur : un coup l’un un coup l’autre.
Même si rien n’est parfait et que la vie est une tension, un chemin, le point de départ et le point d’arrivée sont fondamentaux. On a beau s’agiter dans tous les sens notre ballon de rugby ne deviendra pas rond : les règles, le cadre sont fondamentaux.
Je m’étonne donc beaucoup que les partisans d’une constituante s’intéressent si peu à ce que je dis concernant la violation de la nôtre concernant la souveraineté populaire parce que si on s’attelle à ce travail constituant , d’une manière ou de l’autre , le principe de base sera bien la souveraineté de tous . Et que si on ne l’applique pas aujourd’hui, pourquoi l’appliquerions-nous demain ?
Complétement d’accord avec toi Georges, du Moins ne peut sortir du Plus. Les principes, ce sont les structures, les fondations de la maison, le pivot, l’axe, la colonne vertébrale du corps social et chacun sait que sans colonne vertébrale c’est mal parti pour se tenir debout, si elle n’existe pas la colonne vertébrale, on est condamné à ramper même si on déploie tous les efforts possibles.
Mais à peine dit cela que déjà je suis renvoyée dans la coursive du quotidien qui m’oblige à admettre que je le veuille ou non qu’il faut passer par le Moins pour aller vers le Plus.
A cet hypothétique Plus qui reste hypothétique tant que je ne l’ai pas touché, senti, vu, entendu,goûté en moi, à travers moi, au-delà de moi.
Ainsi, accepter de voter Mélanchon, c’était pour moi consentir au Moins mais à un Moins au service d’un Plus hypothétique, tellement hypothétique ce Moins pour un Plus, que je me suis fourvoyée, c’était le risque, en l’entendant offrir, ensuite, ses voix, à un homme qu’il semblait pourtant condamner durant sa campagne.
Ce qui veut dire à mon sens, que les principes, c’est essentiel, c’est notre étoile, notre boussole, celle qui sert à guider nos pas dans le marais bourbeux du quotidien, mais sans jamais oublier que cette étoile « principielle » on ne la touchera jamais car nos pas sont sur terre et pas dans le ciel, et qu’il faut peut-être accepter de mouiller la chemise, ( ce que tu fais au demeurant toi Georges et que je ne conteste pas et suis même admirative de cela) mais de prendre des risques autrement que tu ne le fais peut-être et peut-être même en associant les deux méthodes, quitte à se tromper, mais se tromper, tout compte fait, ce n’est pas si mal que cela. Certes, ça semble être une déconvenue et ça en est une c’est vrai et donc ça fait mal, mais ça présente une autre face aussi cette déconvenue, car dès lors on co-naît au travers de cette expérience malheureuse le faire d’une personne qui jusqu’alors parlait, ça permet de se rendre compte que les mots du dit monsieur divorcent du faire qu’il fait ensuite en disant autre chose que ce qu’il laissait entendre auparavant, bref, ça permet d’affiner l’image et donc ça permet de savoir où on ne mettra plus les pieds car on s’est brûlé au feu des illusions et que dès lors on fera davantage attention au bonhomme.
Et ainsi de ce Moins en faire un Plus( y’a juste que c’est pas le plus VERSlequel on dirigeait nos pas, maigre consolation mais consolation quand même, on a appris quelque chose.
Et puis surtout ça laisse ouvert je trouve, car si on ne fait pas a minima confiance, si on accepte pas de se prendre les pieds dans le tapis, c’est fini de tout espoir, le Plus, l’idéal des Principes ne nous sera pas servi sur un plateau doré, le plateau c’est nous qui devons le construire, sur nos trébuchements, nos erreurs, nos bévues, enfin, c’est mon point de vue aujourd’hui.
Catherine
Je respecte infiniment ceux qui ont voté Mélenchon et ils ont ma sympathie. J’ai souvent honte de moi même en allant pas aux manifs gaz de schiste ou autres combats de terrain. Mais ça commence à faire qqtemps déjà que j’ai décidé de m’accepter comme je suis et de combattre comme je le sens ; je sens par exemple que manifester contre le gaz de schiste a sa limite si en même temps on ne construit pas une société en capacité de vivre sans ; et selon moi construire la société de demain passe pas seulement par les élections et les manifs : faut construire . Je ne vois pas comment construire autrement qu’en se parlant au local dans les pays où nous vivons afin de cogérer nos territoires ; et ça ça dépasse les positions partisanes et les rapports de force. ça passe par une démocratie participative concrète sur des analyses partagées et des projets collectifs.
C’est un travail avec les élus, avec les acteurs du territoire . Ces travaux de développement solidaire d’un territoire de proximité c’est de la planification écologique (!) ; de ce fait , dans les faits on rejoints le rapport de force , le choix de société. Quand à Mélenchon il ne se renie pas : il avait dit depuis le début qu’il ferait barrage à Sarkosy ; Moi aussi je suis déçu ; mais déçu pour ces militants qui y ont cru fort et qui repartent pour 5 ans, 10 ans .…. Mélenchon ne passera pas par les urnes mais par la révolution ; moi je pense plutôt , comme je le soutiens à Sitouaillain que ça énerve au plus haut point ‚que la révolution actualisée aujourd’hui avec le monde tel qu’il est devenu , sera une révolution des intelligences , un travail politique d’intelligence collective , mais pas un rapport de force physique ‚numérique , de militants , de partis , de fronts .
On arrive trop au bout du bout du monde pour rester sur le rapport de force ; c’est ce qui nous pend au nez et c’est très peu réjouissant .Il n’existe qu’une potion magique pour apprivoiser le rapport de force c’est la démocratie qui introduit ces divergences d’intérêts dans une machine à construire le futur : la machine politique : réflexion-étude- débat – projet – décision votée.
Cher Georges,
Ce coup-ci, je m’y colle (un peu).
J’analyse notre prétendue « constitution » comme une ANTI-constitution, un texte-prison qui programme notre impuissance politique au lieu de nous protéger contre les abus de pouvoir.
Aussi, je serais très intéressé par ta recension des articles AYANT UNE FORCE CONTRAIGNANTE et qui te semblent réellement protecteurs.
De mon point de vue, même dans le cadre des objectifs d’une « gouvernement représentatif », pour qu’on puisse parler de « Constitution » (donc qui protège le peuple contre les tyrans), il manque, dans ce texte littéralement MONARCHIQUE (la « constitution » de 1958), les points suivants :
- la possibilité pour le peuple, de sa propre INITIATIVE, d’imposer les questions (et les réponses) qu’il estime bonnes (un référendum d’initiative populaire, un vrai).
- la possibilité pour le peuple de CHOISIR (vraiment) ses candidats, en dehors des faux choix imposés par les partis politiques (un peu comme on peut le faire dans les petites communes, où l’on peut barrer des noms de candidats sur la liste ou en ajouter de son cru). L’obligation d’aller mendier 500 signatures (publiées pour permettre un chantage) d’élus pour avoir le droit de se présenter à une élection est littéralement MAFIEUSE, scandaleuse.
- La possibilité d’exprimer des CHOIX NUANCÉS (et pas seulement à la hache) par le scrutin du VOTE À POINTS (12 points positifs et 12 points négatifs, par exemple) qui permet de d’exprimer plusieurs préférences ET PLUSIEURS CRAINTES. Réduire le suffrage universel au seul 1) choix de maîtres politiques, 2) parmi des gens qu’on n’a pas choisis et 3) sans aucun moyen de résister à un abus de pouvoir, est une véritable escroquerie politique. Nous n’avons pas de Constitution.
- la possibilité pour les citoyens, D’INCRIMINER n’importe quel acteur public devant une cour de justice composée de NON PROFESSIONNELS (ni pros de la politique ni pros de la justice) (qui, sinon, se protègent évidemment entre eux).
- UN PARLEMENT digne de ce nom, c’est-à-dire LIBRE de ses pensées et pas composé de parlementaires godillots à la botte d’un chef de parti, serviles parce que leur carrière politique dépend totalement des caprices du Président (chef du parti vainqueur qui donne ou pas les précieuses « investitures » aux prochaines élections et qui détient donc sur tous ses députés un « droit de vie et de mort politique »).
- une PROTECTION INVULNÉRABLE DES SERVICES PUBLICS contre l’avidité des cupides, parmi lesquels LA CRÉATION MONÉTAIRE, la GRANDE DISTRIBUTION, L’EAU, L’ÉNERGIE, L’INFORMATION, L’ÉCOLE, LES SOINS, LES MÉDICAMENTS, LES TRANSPORTS… (liste modifiable par le peuple à sa propre initiative, au vu de nouveaux dangers éventuels).
- une procédure (sévère) de REDDITION DES COMPTES en fin de mandats qui ferait peser sur les élus un risque réel de sanctions graves en cas de manquement aux promesses électorale, de malversations, ou d’enrichissement personnel. Le « pantouflage » devrait être très sévèrement incriminé et puni par la Constitution.
- L’affirmation de la SUPÉRIORITÉ DE LA CONSTITUTION SUR TOUS LES TRAITÉS, et la peine de Haute Trahison pour les félons qui tenteraient de déléguer à d’autres qu’eux la souveraineté nationale (QUI NE LEUR APPARTIENT PAS et qu’il ne peuvent donc évidemment pas transmettre à qui que ce soit).
- L’interdiction absolue pour les parlementaires de s’accorder à eux-mêmes des PRIVILÈGES, en toute matière.
- À commencer par la possibilité de changer eux-mêmes la constitution : aucun organe institué ne devrait pouvoir modifier lui-même le texte qu’il doit craindre. La possibilité de modifier la Constitution en Congrès sans référendum est une HONTE qui fait de la France une « république bananière ».)
- la totale INTERDICTION DE TOUT « POUVOIR RÈGLEMENTAIRE » (expression qui avoue la plus dangereuse confusion des pouvoirs, par construction): mise au BAN des DÉCRETS, permettant au prince prétendument « républicain » de produire lui-même du droit, comme un roi : ne sont possibles que de simples arrêtés, et sur les seules modalités d’application de la loi, mais ne pouvant produire aucune norme nouvelle.
- L’institution (avec financement public) d’un MÉDIA D’EXPRESSION POPULAIRE qui permette aux citoyens de PARLER directement aux autres citoyens (et pas seulement un télécran à sens unique pour déverser de la propagande). Des institutions qui permettent et même favorisent les grands débats publics permanents qui devraient caractériser une démocratie digne de ce nom.
- (Option) La surveillance par caméras devrait être réorientée dans le droit chemin (celui de l’intérêt général) : compte tenu que c’est bien le gouvernement qui doit avoir peur du peuple et pas l’inverse, les caméras devraient être interdites dans les rues et dans les lieux publics, et obligatoires dans toutes les pièces des ministères, des chambres, des commissariats, des palais de justice, etc. Et les vidéos de contrôle diffusées en continu sur des chaînes spécialisées sur Internet.
- L’INTERDICTION absolue pour une ENTREPRISE de posséder DES JOURNAUX, DES TÉLÉS…
- L’OBLIGATION ABSOLUE D’UN RÉFÉRENDUM avec majorité qualifiée (renforcée) POUR TOUTE MODIFICATION DE LA CONSTITUTION.
- etc.
Je vous parle de mémoire et de façon improvisée = > donc, j’en oublie sûrement des tas…
Mais je trouve que, dans notre constitution monarchique, il manque TOUT ce qui instituerait notre puissance,
et qu’il y a PRESQUE TOUT ce qui permet à un chef de parti de prendre le contrôle personnel du pays.
Donc, de mon point de vue, ce n’est PAS du tout une question d’interprétation des textes, mais ce sont bien les textes qui sont pourris en profondeur (parce que ceux qui les ont écrits les ont écrits pour eux-mêmes => c’est facile à comprendre mais c’est inadmissible), pourris dans la quasi totalité des articles (à part les chants de trompettes lénifiantes de l’introduction qui sont là pour gruger les passants qui ne lisent jamais les pages qui suivent la première, et qui se contentent de l’affirmation (sans force contraignante) « liberté égalité fraternité plein emploi croissance justice bla bla… » et peu importe si les pages suivantes (celles qui créent les vraies règles) n’organisent aucune puissance populaire : rien que du bla.
Cher Georges, je ne te réponds pas souvent comme je le devrais, faute de temps, mais je te lis le plus attentivement possible. Et j’aime bien tes positions pragmatiques, que je partage souvent complètement.
Bien amicalement.
Étienne.
Catherine
j’espère que tu ne crois pas vraiment à ce que tu dis, mais bon si tu préfères prendre 5 ans de sarkosy en plus…c’est ton problème…je suis désolé mais j’irais voter hollande pour que sarkosy dégage…comme va faire mélenchon…et je le fais vraiment sans état d’âme vu ce qui se passe dans ce pays…enfin, si tu ne veux pas voir que mélenchon conserve la même critique et la même incompatibilité avec le sieur hollande, c’est bien ridicule, mais il sait faire la différence entre hollande et sarkosy, et n’a pas la lâcheté de dire que c’est bonnet blanc et blanc bonnet, question d’objectivité…
et puis, pour ce qui est des élections par exemple on peut être contre mais, objectivement, quand on examine les choses, que préfères-tu un scrutin majoritaire à un tour ou la proportionnelle ? juste une question, mais à dessein, car la réforme des collectivités territoriales concoctée par le comité balladur et la droite est sacrément préoccupante…
très préoccupante pour l’avenir est aussi la fin des RASED, la fin de la possibilité d’intégrer l’école maternelle avant trois ans, la pénurie de places de crèches, l’augmentation des droits d’entrée à l’université, la pression sur les profs, etc., etc., mais évidemment ce genre d’enjeux, tout le monde s’en fout.…
sinon, par rapport à l’analyse d’Etienne, je suis totalement d’accord…et je vais de suite rédiger mon testament pour que mes arrière-arrière petits enfants continuent la « révolution de l’intelligence » du grand théoricien di Girolamo chacun dans leur coin…à moins qu’ils ne trouvent Proudhon et bakounine dans ma bibliothèque.…
Excusez-moi Etienne mais je m’y colle un peu aussi.
Dès les premiers mots de la Constitution, on pose d’emblée les droits fondamentaux comme base basante.
Que peut-on espérer de mieux dites-moi s’ils étaient respectés ces droits si bien écrits, si bien composés dans cet avant-propos de la Constitution, pas la peine d’aller plus loin à vrai dire( je pousse le bouchon bien sûr!) car à eux seuls ils constituent les fondations solides d’une possible belle construction si nous le voulions.
C’est donc bien d’une question d’interprétation, dont il s’agit, et de respect de ce qui est écrit, car les droits fondamentaux marquent les Principes sur lesquels s’appuient les éléments de la structure sociale dont nous parlions tout à l’heure, mais à condition de les respecter ces fameux Principes.
C’est de lecture biaisée, intéressée, de filtre personnel de certains groupes plus puissants que d’autres dont il est question et tout le malheur vient de là, de la lecture et des dérives qu’on lui fait subir à ce texte.
Je ne crois pas, mais je ne suis pas une spécialiste qu’il faille forcément changer la Constitution, à mon avis la faire respecter, ça suffirait.
Si nous avions cette possibilité là, de faire respecter les textes qui divorcent sans cesse de ce qu’ils disent, nous aurions tout gagné, or, nous avons tout perdu car nous ne savons pas COMMENT demander des comptes à ceux qui se doivent cependant de nous les rendre.
bien dit Catherine , tout à fait d’accord avec vous !
Voici les premiers mots : » Le peuple français proclame… etc, etc…
A la limite, tout est inscrit dans le verbe proclame.
Proclame, ça veut dire, clamer avant que ça ne soit posé en acte.
C’est dit EN MOT mais ce n’est pas encore fait EN ACTE.
ça veut dire que notre chemin, de citoyen, si nous nous considérons comme des citoyens, c’est de faire en sorte que ce qui est écrit, clamé, avant même sa réalisation, passe du mot à l’acte.
Donc, la citoyenneté de mon point de vue c’est ce passage-là, de la théorie à la pratique.
Toute la difficulté est dans la pratique.
Ce n’est pas le fait que le texte ait été écrit par ceux qui gouvernent ( ce qui d’ailleurs n’est pas exact ).
La constitution de 1958 est très bien écrite , elle permet de gouverner efficacement , de décider.
Maintenant, il faut compléter par des textes pour prévoir des contrôles : contrôle des parlementaires/des ministres notamment d’un point de vue éthique , même si c’est déja le cas.
Aux US , la constitution et le bipartiste est très efficace.
Il ne s’agit pas non plus d’instaurer un mandat impératif : le député deviendrait prisonnier de ses électeurs et le mandat ne serait plus un mandat de la Nation. De plus , il ne pourrait s’adapter rapidement aux événements surtout aujourd’hui ex. la crise.…
Dans cette vidéo, il y a du vrai pour aujourd’hui mais le système est dominé par une masse bien plus diverse qu’à l’époque.
Les politiques se sont en grande partie émancipés du pouvoir économique pour imposer des règles à tous.
Le peuple est mieux pris en compte. Les lois protectrices des plus faibles sont légions et tant mieux.
De plus l’Europe nous apporte la paix .….faisons attention ! la paix est fragile.
Euh, c’est une plaisanterie Tom???
De quelle vidéo parlez-vous d’abord ?
Et puis de où vous tenez que les politiques se seraient émancipés de l’économique ? C’est tout le contraire !
Le peuple est mieux pris en compte, ah bon, quand il dit non au traité européen, et qu’on lui fait repasser le texte par la fenêtre, vous appelez ça, mieux comprendre le peuple, vous ?
Les lois protectrices pour les faibles, là, c’est trop, et puis tout ça couronné par l’Europe porteuse de paix, rassurez-moi, c’est de l’ironie bien sûr !
Etienne
Et Sitouaillain qui dit « sinon, par rapport à l’analyse d’Etienne, je suis totalement d’accord…et je vais de suite rédiger mon testament pour que mes arrière-arrière petits enfants continuent la « révolution de l’intelligence » du grand théoricien di Girolamo chacun dans leur coin…à moins qu’ils ne trouvent Proudhon et bakounine dans ma bibliothèque.… »
C’est donc le grand théoricien qui vous parle : prière de garder ces écrits pour vos arrière-arrière petits enfants s’ils n’ont pas la malchance de rencontrer Sitouaillain et le FDG .
En préalable : je sors de mon canapé Télé, du film sur Arte : Mar ardentro , l’histoire d’un tétraplégique qui vous envole loin très loin de notre Constitution et la Sixième République…
Moi aussi je suis d’accord avec Étienne sur tout ce qu’il dit et propose concernant une bonne Constitution , qui non seulement doit dérouler les bon principes (qui ne sont pas du blabla) mais les faire suivre le plus précisément possible de contraintes , de gardes fous ; il faut les principes et il faut leur application et des articles ayant une force contraignante.
Notre débat ne porte donc pas là-dessus : je n’ai jamais soutenu que la Constitution actuelle était une bonne constitution et qu’il fallait s’en contenter. Elle a été bidouillée et modifiée sans nous , elle a de gros défauts , et donc assez d’accord sur la « pourriture en profondeur ».
Cela étant dit, certains articles essentiels qui semble-t-il n’ont pas été modifiés, sont incontournables et.……
Excusez mais il est 11h 15 et le sommeil me prend, j’aurais demain dans la journée les idées plus claires pour mieux positionner ce débat.
Et, le souci, c’est que lorsqu’on croit détenir une vérité, on devient aveugle à tout ce qui pourrait être autre qu’elle.
On se ferme au lieu de s’ouvrir, on se refuse à tout souffle qui pourrait venir perturber notre air ambiant.
Mais quand on s’arrête un peu, juste un peu, et que l’on regarde ce que ça donne comme fruits notre petite vérité, on se doit de se poser des questions.
De quelle nourriture nous nourrissent-elles nos petites vérités ?
Celui qui croit détenir la vérité détient peut-être un petit morceau de vérité, mais ce petit morceau ne doit pas l’empêcher d’admettre qu’elle n’est pas toute la Vérité !
Je me parle à moi-même aussi il va sans dire !
Quand perdrons-nous les clefs qui n’ouvrent aucune porte??
À di Girolamo,
ne dérivons pas, nous n’avons que des divergences d’analyse sur le présent, et sur le « que faire ? », pour l’avenir, je soutiens, tu le sais ta perspective d’espace de débat public officiel et impartial,
en revanche j’estime certaines de tes postures incohérentes, dans la mesure où il s’agit souvent d’une confusion temporelle entre la situation actuelle, ses dynamiques et ses « rapports de force », le faisable ici et maintenant et le souhaitable « à terme »,
de la même manière que j’accepte difficilement certaines postures et propositions d’Étienne, notamment parce qu’il se refuse à répondre explicitement à la question des moyens à mettre en œuvre pour aboutir au tirage au sort d’une constituante,
étant donné qu’il développe un concept de « gentils virus », on est en droit d’attendre des garanties quant au caractère intrinsèquement « gentils » desdits virus, et surtout une vision claire de l’attitude à tenir par ceux-là lorsque le « système » pour lequel ils sont un virus s’apercevra que leur gentillesse ne le concerne pas…
autrement dit, pas plus qu’aucune autre idée, ce ne sera pas le « tirage au sort » la bombe politiquement durable contre l’oligarchie, mais bien l’attitude des porteurs de l’idée, leurs traductions en actes politiques, et leurs rapport aux idéologies inégalitaristes…
donc, digression passée, je cite :
« prière de garder ces écrits pour vos arrière-arrière petits enfants s’ils n’ont pas la malchance de rencontrer Sitouaillain et le FDG »
bien, une fois requinqué tu feras un long développement là-dessus, en n’omettant pas d’expliquer en quoi sitouaillain est responsable de l’existence du FDG, des règles électorales de la Vème Rep et de la structuration du système médiatique,
Sitouaillain qui fait déjà de gros efforts pour soutenir le FdG alors même qu’il en connaît les véritables tares, mais Sitouaillain qui ne connait pas, au sein de son peuple, d’initiative ayant une chance de réussir et d’avoir un effet positif à moyen-court terme, préfère ne pas s’ajouter à la liste de ceux qui veulent la destruction du FdG, et continuer à considérer les initiatives comme complémentaires, sauf celles qui cherchent à annuler les autres,
donc, comme ton « projet » suppose la destruction du FdG (destruction, c’est-à-dire que les gens ne croient plus du tout en la stratégie proposée par des coalitions de partis réformistes),
tu m’expliqueras, si possible étape par étape, ta stratégie pour arriver à une constitution qui contienne les principes fondamentaux susmentionnés par Étienne, DDHC y compris,
et en quoi la réclamation que tu adresses au Conseil Constitutionnel serait-elle plus « pure » que la tentative d’un groupement de citoyens de passer par l’élection pour changer la constitution, puisque dans les deux cas, il s’agit de s’appuyer sur le peu de brèches que le système laisse entrouvertes…
et surtout, en quoi ton projet serait susceptible de surpasser en audience et en conviction générée pour passer au-dessus de partis comme le PS, l’UMP et surtout le FN…
j’examinerai scrupuleusement ce que tu dis et te dirais mon avis, s’il t’intéresse (précise au cas où),
enfin si finalement ton projet n’apparait pas incompatible avec l’existence du FdG, ayant moi-même, sans les considérer insolubles dans le temps, des divergences de forme quand à la nature du groupement citoyen en question et de fond quand au syncrétisme idéologique véhiculé, auras-tu un jour l’obligeance d’exposer clairement les tiennes ?
Je reprends ce que tu dis Sitouillain.
»ne dérivons pas, nous n’avons que des divergences d’analyse sur le présent, et sur le « que faire ? », pour l’avenir, je soutiens, tu le sais ta perspective d’espace de débat public officiel et impartial, »
puis ce que dit toi, Georges :
« moi je pense plutôt , comme je le soutiens à Sitouaillain que ça énerve au plus haut point ‚que la révolution actualisée aujourd’hui avec le monde tel qu’il est devenu , sera une révolution des intelligences , un travail politique d’intelligence collective , mais pas un rapport de force physique ‚numérique , de militants , de partis , de fronts »
et si la combinaison gagnante, c’était le mariage des deux points de vue, du local et du moins local mais tous réunis dans la même finalité.
Pourquoi tout compte fait devrions-nous exclure une posture au profit de l’autre ?
Pourquoi ne pourrions-nous pas conjuguer les deux pour lui donner des petits, à deux c’est quand même plus facile que tout seul, non ?
Sourire, mais c’est quand même un peu sérieux !
Sitouaillain
je vois ton message alors que je viens poster un semblant incomplet de réponse à Étienne (ah que je regrette de ne pas être un grand théoricien!)
Procédant donc dans l’ordre contraint des journées qui n’ont que 24 h , je te répondrais un peu plus tard.
Amicalement
Bonjour Etienne
Comme déjà dit hier soir je suis d’accord avec toi sur la nécessité de reprendre ou réécrire une constitution et bien évidemment sur la base d’une écriture ou pour le moins participation et validation par les citoyens eux-mêmes. Une constitution assez précise pour verrouiller au mieux les dérives.
Néanmoins je suis persuadé que même doté d’une telle constitution rien ne sera gagné : c’est dans la nature de l’histoire humaine de faire et défaire, ce qui ne signifie pas que globalement les choses n’avancent pas.
Il ne s’agit donc pas pour moi de porter aux nues cette constitution ou l’inverse mais d’observer ce qui se passe actuellement et d’en tirer des leçons ; mon observation n’est pas formatée par une « grille d’analyse » en référence au débat que tu ouvres avec Sitouaillain sur un autre fil. Entre parenthèse une grille même de bonne qualité reste une grille et est donc par nature un enfermement.
Ce qui se passe en termes d’organisation de la vie politique : tous les 5 ans des élections présidentielles selon une modalité de pré sélection de candidats par des élus ; le président issu d’un des 2 grands partis se présente sur les bases d’un programme de gouvernement et est ainsi un super premier ministre. Le président, son gouvernement, le parti ou alliance de partis qui le soutien forment une majorité en capacité d’imposer son action ; c’est la démocratie en alternance, qui enlève du pouvoir et au peuple et à ses représentants, un combat électoral permanent cantonnant la vie politique à la gestion et favorisant la conservation du système existant.
Je crois que tu es d’accord avec moi pour condamner ce fonctionnement d’apparence démocratique comme un piège bien tendu.
Hors il se trouve que les premiers articles de la constitution, les plus importants, ceux qui parlent de la souveraineté, du président de la république, des représentants du peuple, du gouvernement, ce pourrait être le cas mais ça ne l’est pas, ne prévoient pas du tout ce type de fonctionnement et sont ainsi violés. Ils deviennent ainsi de fait du blabla, du brillant, « des chants de trompettes lénifiantes » pour reprendre ton expression.
A partir de là quelle attitude avoir ? La mienne consiste à dire : je suis citoyen de ce pays, de cette République et je ne peux tolérer qu’on se fiche de moi. Les textes constitutionnels ont force de loi, j’exige leur application. Pourquoi faudrait-il que je sorte de ma citoyenneté et de cette exigence immédiate pour rentrer dans ce piège de devoir tous les 5 ans voter pour espérer une Sixième République ? Pourquoi espérer d’une sixième si nous sommes incapables de faire appliquer ce qu’il y a de bon dans la cinquième ?
Le piège c’est de positionner le citoyen en contre pouvoir, en militant. Comme si cet état, cette République n’était pas nôtre. Vous avez faim et soif ? Remplissez un formulaire ! Oui le bureau est au 7 ème étage et l’ascenseur est en panne !
Le piège c’est d’accepter que les textes soient « des chants de trompettes lénifiantes » ! Non ce sont des textes constitutionnels qui ont force de loi. Pour toutes les constitutions qu’on pourra écrire ce sera idem .
Que dit le texte constitutionnel en vigueur ? Que c’est le peuple qui détient la souveraineté que personne , ni individu ni groupement ne doit lui dérober ; que le peuple élit directement un président qui doit veiller au bon fonctionnement de ces principes, que c’est le gouvernement qui gouverne, que le peuple exerce sa souveraineté par ses représentants et par le référendum. Et que les partis politiques sont des organismes de recherche et d’animation dont le rôle est de « concourir à l’expression du suffrage » et surtout ne pas gouverner.
On est donc pas du tout dans le cas de figure d’un bloc majoritaire tous les 5 ans et d’un président présélectionné ( le suffrage est direct ) ; on a un gouvernement qui gouverne , une assemblée de représentants qui fait les lois , contrôle l’action du gouvernement , lance des études et débats sur les grands sujets afin de pouvoir recueillir l’expression du peuple et quand cela est possible et nécessaire faire trancher directement par le peuple par le référendum . Le président dans son rôle non partisan d’intérêt national veillant au bon fonctionnement de tout ça.
Pourquoi laisserions nous donc ce théâtre politique en place sans le dénoncer, sans dénoncer son hypocrisie et la violation de la loi ?
Pourquoi faudrait il rentrer nous même dans ce jeu faussé et toujours perdant qu’on nous impose ?
J’ai le même positionnement au local et en fait sur le même sujet de notre souveraineté et du mensonge en place : ll existe, je l’ai déjà dit et me répète des Conseils Locaux de Développement, structures encadrées par la loi et des règlements régionaux de participation citoyenne aux politiques publiques locales d’aménagement et développement du territoire. C’est, malgré tout l’intérêt que peuvent représenter ces conseils citoyens, comme pour la constitution, souvent du clinquant et de la poudre aux yeux ; les textes annoncent qqchose et en pratique c’est tout autre. Comme pour la Constitution il y a deux attitudes : celle qui dit c’est du pipo, j’exerce ma citoyenneté en dehors ‚sur le net , les manifs , je fais de « l’éducation populaire » je soutiens un parti politique etc ou la mienne qui dit ce territoire est le mien , les lois doivent être appliquée , la citoyenneté doit se faire dans nos communes , communautés de communes , dans l’institution qui est nôtre.
L’expérience que j’ai actuellement c’est que ça finit au tribunal et que ça met un sacré bazar dans la fourmilière ! Parce que ce n’est jamais bon de faire remonter au grand jour les contradictions et manquements à la loi de nos chers élus.
Sitouaillain, avec sa grille d’interprétation de l’histoire humaine, va me dire qu’il faut m’enfermer à l’asile, que seul on ne fait rien, qu’il faut rentrer dans la lutte en se regroupant. Eh bien d’accord avec cela ! Il est tout à fait évident que si ce combat me laisse seul indéfiniment, il est perdu d’avance. Mais rien n’est écrit et rien ne tient dans des grilles.
Et tout comme Étienne je cherche des complices pour ce grand complot : la Démocratie est le cheval de Troie de la Révolution.
Catherine
Tu dis :
« Pourquoi tout compte fait devrions-nous exclure une posture au profit de l’autre ? »
Dans les faits c’est ce qui se passe et je n’exclus rien ni personne ; mais ‚toujours dans les faits mon positionnment est très très minoritaire . En cela Sitouaillain a raison.
@ Étienne
Tiens, je m’y colle aussi, du coup :-p
Au préalable, sache que je suis entièrement d’accord avec TOUS tes arguments.
Je lis également les arguments et idées présentés par les autres intervenants de ce forum (Di Girolamo, sitouaillain, catherine, etc.).
Je vais mettre un peu les pieds dans le plat… en disant que LES LOIS et LES RÈGLEMENTS ne résolvent JAMAIS les problèmes à la racine.
C’est sans doute là que se situe les différents entre les uns et les autres sur les nombreuses discussions concernant la « force de la constitution » ou « l’efficacité de la constitution » ou « la mauvaise interprétation des textes ».
Au delà de ces considérations, je pense que le problème est là : les lois ne résolvent pas les problèmes !
A y songer de plus prêt, les lois (ne) sont (que) des tentatives pour contourner les problèmes, en instaurant un cadre « social » fait de règles, d’interdits, de punitions, etc.
Mais la loi ne règle pas le problème. Si je vois que des individus se livrent à des activités criminelles, je peux édicter des lois qui punissent et sanctionnent les criminels… Je ne résous pas la cause de ce choix d’activités criminelles. Je m’aperçois également qu’en dépit de lois et de sanctions, certains individus continuent de se livrer à ces activités. C’est le signe même de l’échec de mes lois : elles ne résolvent pas le problème.
Cela entraîne donc un cercle vicieux : si les lois ne parviennent pas à endiguer le problème de criminalité, je suis tenté de durcir les lois et les sanctions. De fil en aiguille, on arrive vite à un état policier.
Et mes problèmes ne sont toujours pas résolus.
Quid ?
Poursuivre notre démarche « Hippocratique » : chercher les causes, et si possible, la cause des causes des « déviances sociales ».
J’ai déjà une petite idée, ou en tout cas, une très bonne piste.
(to be continued)
Cordialement,
Morpheus
Sitouaillain
Tu dis ne pas connaître au sein du peuple « d’initiative ayant une chance de réussir et d’avoir un effet positif à moyen-court terme »
Je ne pense pas que les choses avanceront rapidement ;que c’est une idée à s’enlever de la tête. Politiquement puisqu’on parle de stratégie il faut tenter de trouver la meilleure méthode pour accélérer les évolutions et faire qu’elles soient plutôt « sympathiques » pour reprendre l’expression de Jancovici , que désastreuses .Donc préparer la paix plutôt que la guerre . Et notre système , système politique en alternance y compris , qui n’en est qu’une composante importante parce que structurante ‚conduit plus à la guerre qu’à la paix.
Concernant la stratégie court terme/ long terme ; je pense fortement que d’une manière ou l’autre ce qui compte c’est une bonne définition du point de départ (constat de la situation) et du point d’arrivée (projet) ; Cette définition donne le cadre : c’est un cadre dit démocratique , régime politique où le peuple participe à ces travaux de réflexion / construction de la société.
C’est bien impossible de viser la rapidité dans ce domaine des évolutions de la société ; on me reproche souvent de voir trop loin et on me dit souvent que du fait de l’urgence il faut d’abord choisir des options court terme. Ce n’est à mon avis pas en ces termes qu’il faut raisonner. Je suis hermétique au discours consistant à penser qu’il faut y aller par étape, qu’on ne peut pas vouloir tout tout de suite . Avec la critique implicite ou explicite de dire c’est utopique ;
Moi je pense que c’est une erreur de raisonnement. Je pense que tout est dans le cadre choisi au départ : ce qui va structurer l’action. Le cadre n’est pas soumis au temps et aux réforme et au petit à petit ; les réformistes pensent en réalistes, en petit à petit mais en prenant cette posture ne changeront jamais le cadre, la logique du système qu’ils ne prennent pas le temps d’examiner dans son fonctionnement . C’est par exemple le cas de ceux qui prônent le développement durable, l’économie verte : on laisse les choses en place et on rajoute le vert. De même pour la construction Européenne : si on ne dit pas clairement le projet , où on veut aller , alors le petit à petit qu’on nous propose au nom du réalisme est une soumission à ceux qui savent où eux veulent aller.
Le petit à petit est donc un immédiat et gros mensonge.
En ce qui me concerne je sais parfaitement que les choses se font dans le temps , lentement , par étape ; mais ce réalisme n’est pas la justification d’un conservatisme . Le fait de changer de cadre change tout, tout de suite mais laisse l’histoire dans son temps long à parfaire jour après jour. Simplement on est instantanément plus dans le même monde.
Je dis souvent qu’à partir du moment où les citoyens ‚les acteurs de la société décident de se rencontrer pour faire émerger du constat et du projet , en d’autres termes pour construire ensemble la société ( au niveau local des territoires, au niveau national du pays , ces deux niveaux pensant global ) ils sont déjà de plein pied dans le monde qu’ils souhaitent construire ; le court terme du présent et le long terme de l’avenir sont dans une logique de construction , de planification . On est donc de fait dans un autre régime politique ; c’est pourquoi j’ai employé plus haut la formule : la démocratie est le cheval de Troie de la révolution.
En effet dans mon esprit la démocratie c’est faire du constat et du projet, c’est construire ensemble, c’est étudier réfléchir débattre du présent de la société pour faire émerger du projet , la société de demain. Si on organise au local et au national la vie politique sur ce principe, on change de régime politique , c’est la révolution.
Si au contraire sous prétexte de résultats à court terme on reste dans le système d’alternance de 2 partis au pouvoir, les évolutions se feront sur les ruines de nos échecs successifs.
Le FDG ne peut pas dans ce système du bi-partisme réformiste gagner les élections ; s’il le fait dans 5 ans , 10 ans ce sera sur les ruines de la société.
Si j’ai cette position révolutionnaire, extrémiste, démocratique et pacifiste , c’est que je suis persuadé de la justesse de l’analyse de Jancovici ou du Club de Rome : le lien fort entre l’énergie et le développement de nos sociétés et du fait de la décroissance des ressources(+ pollutions + climats+ guerres etc) la décroissance de ces mêmes sociétés .
Dans cette optique la planification écologique prend une dimension centrale- la justice sociale y étant bien sûr comprise.
Comme pour la Constituante je ne crois pas que le meilleur cadre pour la planification écologique soit celui des élections et du combat politique au sens de prise de pouvoirs alternatives ; Il faut une prise de pouvoir absolue , permanente et pour cela il faut changer de cadre , de régime politique , passer en démocratie.
Tu me dis pour l’avenir soutenir ma perspective « d’espace de débat public officiel et impartial » , donc pour l’avenir tu soutiens la mise en place d’une démocratie ? Et la mise en œuvre d’une Constituante pour la sixième République, une réflexion sur la désignation des représentants en lien avec les préoccupations d’Etienne sur le sujet ?
Bref pour l’avenir il faut quitter le théâtre en alternance ? Et l’avenir ne venant pas tout seul en matière politique s’y coltiner dès à présent ?
Ce « projet n’apparait pas incompatible avec l’existence du FdG » ni incompatible avec les autres partis ; il est incompatible avec l’idée de partis en alternance au pouvoir et avec l’idée d’un parti unique en permanence au pouvoir. Il rejoint en fait très bien l’idée que « « Les partis et groupements politiques concourent à l’expression du suffrage. Ils se forment et exercent leur activité librement. Ils doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie. » constitution article4 ; les partis permettent de regrouper des personnes ayant des intérêts, des valeurs en commun , de défendre et faire s’exprimer leurs idées ; ce sont de puissants catalyseurs d’énergies , des animateurs du débats public , des centres de recherche .
Dans cette optique plus les partis sont forts, structurés, divers , plus riche et approfondi sera le débat public.
Mais les partis comme machines de prise de pouvoir sont incompatibles avec la démocratie.
Quant à théoriser ce que je raconte …contrairement à ce que tu dis pour te moquer amicalement je n’ai rien d’un grand théoricien, manque cruellement de culture générale et avance à mon rythme, pensant qu’à un moment donné peut être du renfort de poids pourra permettre une avancée plus visible plus rapide de ce type de projet.
Pour l’instant je suis au fond du trou mais ne lâche pas, ni au local ( le président de région m’a enfin répondu et va s’occuper de ces conseils citoyens) , ni au national ( je viens d’envoyer un courrier recommandé électronique au conseil constitutionnel pour qu’il m’envoie le compte rendu du procès verbal de la décision sur ma réclamation ; un mail aussi à des députés à ce sujet pour avoir leurs avis)
Misère misère disait Catherine récemment ! Mais qui sait, je vais peut être un jour convaincre des collègues de la conf et du FDG , de EELV ….de rentrer au CLD Ardèche Verte ? En échange je prendrais une carte chez eux !
@ Morphéus,
je pense que tu es sur une bonne piste !
@ Catherine,
je dis la même chose que toi, sous une autre forme, non ?
@ Di girolamo
la nuit n’est pas bonne conseillère ! je ne sais quelle « grille d’interprétation » tu me prêtes, personnellement, j’ai toujours fait attention à en avoir plusieurs mais surtout à ne pas en avoir aucune (encore plus dangereux que l’enfermement dans une seule, à mon sens),
c’est le côté tragique « rien n’est écrit et rien ne tient dans des grilles. » mais il faut poser arbitrairement des « grilles » sur le magma du réel, différencier et nommer les choses pour le comprendre, l’important est d’avoir conscience du côté arbitraire et par conséquent imparfait de l’exercice…
« Et tout comme Étienne je cherche des complices pour ce grand complot : la Démocratie est le cheval de Troie de la Révolution. »
je suis volontiers ton complice, mais pas d’accord pour bazarder l’accumulation des savoir-faire et des savoir-penser des générations de résistants précédentes, et les enseignements à en tirer,
car en disant
« Comme pour la Constitution il y a deux attitudes : celle qui dit c’est du pipo, j’exerce ma citoyenneté en dehors ‚sur le net , les manifs , je fais de « l’éducation populaire » je soutiens un parti politique etc ou la mienne qui dit ce territoire est le mien , les lois doivent être appliquées , la citoyenneté doit se faire dans nos communes , communautés de communes , dans l’institution qui est nôtre. »
tu es en train de reproduire le schéma néfaste qui pourrit le mouvement social depuis les origines…écoute ce que dis catherine, les attitudes sont compatibles, l’une n’empêche pas l’autre, rarement en tout cas, et je me tue à te le répéter, il faut pouvoir lier les initiatives entre elles, du local au global, c’est la meilleure façon de comploter !
@ Di girolamo,
je répondais en même temps que tu postais,
bon, c’est difficile si tu ne réponds pas vraiment à mes questions 😉
en fait, là où j’ai envie qu’on creuse un peu, c’est pas sur la contradiction qu’il y a à vouloir changer le cadre tout en inscrivant ses action à l’intérieur du cadre,
cette contradiction s’évacue dès lors que l’on examine les choses sous un angle « tactique », qui est valable pour ton action dans le Pays, comme pour celle du FdG dans les élections,
je passe aussi sur l’assimilation très tendancieuse de l’action du FdG à une volonté d’instaurer un régime de parti unique,
non là où il faut t’expliquer, c’est plutôt sur la croyance en une possibilité d’un changement de cadre en quelque sorte « spontanée », comme ça d’un coup,
je cite :
« Le fait de changer de cadre change tout, tout de suite mais laisse l’histoire dans son temps long à parfaire jour après jour. Simplement on est instantanément plus dans le même monde. Je dis souvent qu’à partir du moment où les citoyens ‚les acteurs de la société décident de se rencontrer pour faire émerger du constat et du projet , en d’autres termes pour construire ensemble la société ( au niveau local des territoires, au niveau national du pays , ces deux niveaux pensant global ) ils sont déjà de plein pied dans le monde qu’ils souhaitent construire »
et bien je n’y crois pas du tout, tout simplement parce que l’absence d’un semblant de consensus sur quel est le « cadre » qu’il faut changer et que signifie « démocratie », implique qu’une majorité de personnes peut très bien s’inscrire dans une volonté de faire émerger du constat et du projet sans pour autant arriver à dépasser le « cadre »…exemple sur le dvpt durable…
et, encore un fois, tout ça n’explique pas COMMENT tu envisages que le « cadre » tombe de lui-même !
et si ça peut te rassurer, cette discussion, je l’ai eu avec des tas de militants, souvent de groupuscules d’extrême gauche…tu n’es pas tout seul…mais ça n’est ptet pas très rassurant de ce point de vue là, puisque ça comment comme ça et ça finit par l’apologie de la lutte armée 😉
ce sont de vieux débats, et je crois qu’il vaut mieux se faire son propre avis en s’appuyant sur les diverses théories de la révolution, du réformisme, etc., la notion de « rapports de force », ou même de « fenêtre d’opportunité » chez les économistes libéraux, bref un bon voyage à faire sur wikipedia et les sites spécialisés,
et surtout, vas voir tes copains de la conf, les verts ou autre, à cette échelle-là, c’est plus une affaire de théorie mais de personnes, il y a des gens ouverts ou bornés partout, et aussi de bonnes raisons à s’opposer à ton mode d’action qui n’en infirment pas la pertinence « pour toi »…et peut être qu’organiser un débat sur la démocratie participative locale : pipo ou pas pipo attirera les motivés dont tu pourrais recevoir le soutien..
Tu sais Georges, dans les faits , j’aimerais bien m’y coller à ce que tu fais mais je ne sais pas trop comment faire, et puis j’ai été un peu échaudée avec les manifestations obstinées que nous faisions il y a maintenant quelques années, le maire qui me regarde un peu de travers depuis et qui n’a pas voulu me recevoir quand j’ai décidé de faire le pied de grue toutes les semaines devant le beffroi de ma ville, ça n’aide pas pour sûr, et puis aussi, je dois bien avouer que le soir, je me sens un peu fatiguée, y’a eu la journée de boulot à essayer de faire du mieux que je pouvais quelque chose qui me tient à cœur, mon boulot, mais je sens bien que je ne suis pas juste en négligeant cet aspect essentiel du travail que tu as le courage de faire toi et que je ne fais pas moi.
Si tu pouvais me donner quelques petits trucs, comment démarrer par exemple, où aller, ce serait peut-être l’occasion de faire mûrir quelque chose en moi, ou en d’autres, aussi,si tu avais un peu de temps, y’a pas d’urgence, je serais volontiers preneuse.
ça ne veut pas dire que je le ferais tout de suite, mais au moins j’aurais le mode d’emploi.Merci déjà et si ça ne te dit rien de répondre, si tu n’as pas le temps ou pas l’envie, ne te fais pas de soucis avec ça, quand on veut on trouve, et si je n’ai pas encore trouvé, c’est que je ne le veux pas assez tout compte fait.
Oui, citoyen sitouaillain, le contenu est le même, c’est juste la forme qui change, tu as raison !
as-tu lu ce livre de Vaneigem, Di Girolamo,
l’Etat n’est plus rien, soyons tout :
http://inventin.lautre.net/livres/Vaneigem-Soyons-tout.pdf
très intéressantes perspectives je trouve…
Catherine
Pas d’illusion sur le travail et le courage d’autrui au travers de dialogues sur blogs.Chacun son chemin . Et surtout n’enjolive pas le mien .Je refuse avec sincérité cette notion de courage appliqué à ma personne ; pas par modestie , par simple bon sens et lucidité .
Je crois en l’égalité citoyenne mais aussi humaine ; Bach qui nous entraîne aussi haut est il à admirer ? A remercier certes d’exister et d’être ce qu’il est .
Pas de trucs ‚pas de mode d’emploi à te donner ; on se donne parfois sans le vouloir ou le savoir .
Sitouaillain merci pour ce lien.
Et merci à Étienne de nous laisser nous exprimer comme bon nous semble sur cet espace de recherche de la cause des causes .
-Vous faites quoi dans la vie M Chouard ?
-Je cherche la cause des causes .
-?.… Laissez passer : il n’est pas dangereux.
Ton message Morphéus m’a fait écrire ça !
Le cerveau de l’homme est une machine, y’a quelque chose en lui qui l’empêche de faire du neuf. Il se raccroche au vieux parce que ça le rassure et pourtant ce qu’il connaît de cet « ancien », ça lui fiche une trouille pas possible, car le présent est construit sur l’ancien et le présent a de quoi fiche la trouille, n’empêche, il y va quand même dans ces vieux sentiers, et le paradoxe c’est que ça le rassure tout en maintenant sa peur, bigre.
Mon cerveau à moi est une machine, y’a quelque chose en lui qui m’empêche de faire du neuf. Il se raccroche au vieux, aux vieilles pensées, aux vieux conditionnements, il n’ose pas trop aller dans les sentiers inconnus par peur du manque, par peur de tomber et de ne pas savoir se relever, par peur de se retrouver seul, par peur aussi des faiblesses qui commencent à se faire sentir de ci de là et qui risquent de l’affaiblir encore davantage. Parce que c’est plus douillet de râler que de se bouger. Parce que la fatigue pointe le bout de son nez le soir et que l’audace de la dépasser s’éteint quand le soir tombe, justement.
Mais derrière ce cerveau-machine, il y a une conscience qui déborde, comme le vêtement déborde du porte-manteau et cette conscience a besoin de feu pour se sentir vivante, et l’on ne fait pas de feu sans brûler quelque chose.
Ce sont mes peurs qu’il faut que je fiche au panier, c’est elles qu’il faut que je brûle dans un feu de joie, même si trop souvent je me laisse croire abusivement que je n’ai pas peur, pourtant à bien y regarder, si je ne fais pas grand-chose pour me débarrasser de tout ce m…..ce sont bien mes peurs qui en sont l’origine, qu’est-ce que ça pourrait être d’autre ?
Il faut que je les retourne mes fatigues et mes craintes, en audace de vivre et alors quelque chose se transformera en moi, autour de moi, la cause des causes n’est-elle pas en nous d’abord, chacun à notre petit niveau ? Je le crois fort pour ma part.
Je suis responsable du monde dans lequel je fais vivre mes enfants et dans lequel je vis. S’il est ainsi ce monde, c’est parce que j’y ai consenti et que je n’ai pas fait grand-chose pour redresser la barre !
illustration du message 30, réponse, oui!!!!
Sitouaillain
« COMMENT tu envisages que le « cadre » tombe de lui-même ! » ?
Il me semble qu’il faudrait parvenir
1) à poser les bonnes questions
2) à les faire vivre dans des débats au local et au national en veillant à ce que l’organisateur ait clairement un caractère public.
-Poser les bonnes questions.
Pas simple ! Mais indispensable : il faut que ces ou cette question fasse consensus et qu’elle résume l’ensemble de nos principales préoccupations.
-Les faire vivre dans des débats au local et au national en veillant à ce que l’organisateur ait clairement un caractère public.
Pas simple non plus ! Cela demande de mettre en place une structure, des moyens et que cette structure puisse se faire reconnaître comme publique.
Dans la mesure où la démarche est nouvelle et entièrement à créer, le démarrage le plus adapté serait expérimental. Une expérimentation ne se présente pas comme la vérité révélée mais une recherche. Ça permet humilité, ouverture et souplesse.
.….….
La question à poser doit être la plus globale possible et ouvrir les champs du constat et du projet ; il faut se positionner comme un enfant ou un extra terrestre. C’est un regard entièrement nouveau.
Du style : où en sommes nous avec notre histoire ? Quelle organisation de la société humaine sur notre planète nous permettrait le mieux de faire face aux enjeux économique sociaux environnementaux qui assombrissent notre horizon ?
Il faut quitter le champ du savoir morcelé et spécialisé qui empêche de penser. Ne pas étudier les énergies renouvelables d’un côté, la financiarisation de l’économie de l’autre, la banlieue, l’agriculture…Il faut penser global, questionnons nous global.
Le pari est qu’un questionnement global collectif parce qu’il est simple mobilise très largement hors des « sachants » et autres donneurs de leçons ; penser global c’est refuser la soumission à tous les pouvoirs en place ; même ceux qu’on installe en soi. C’est la méthodologie globale et transversale qui s’intéresse au cadre, à la logique à la direction des choses. Le questionnement global collectif c’est la rupture. C’est ce qui peut précéder et activer la planification écologique. La construction d’une autre société. C’est l’acte politique par excellence.
C’est de s’interroger ainsi au local, au national, au mondial qu’on peut concrètement espérer maîtriser un changement moins chaotique, moins douloureux et qui aura lieu quoiqu’on fasse ; penser global c’est activer le subtil lien entre le déterminisme, réalité lourde, et notre liberté, réalité incontestable.
Et surtout parler de ce que l’on connaît soi, à travers son vécu propre, ça parle plus à tout le monde et du coup, c’est plus « entendable » et en parler du coup en termes concrets, compréhensibles par tous, sans expertise de ceci ou cela.
Et ensuite, mais ensuite seulement essayer de voir la chaîne du tissage qu’il y a sous la trame de nos vécus respectifs.
Global et local dans un parfait va et vient en somme sans exclusive de l’un ou de l’autre je crois, c’est comme ça que se font les liens, et les liens c’est la vie, c’est la relation, des choses qui s’unissent, on fait des associations multiples et du coup, ça permet de voir des choses que l’on ne voyait pas jusqu’alors et que du coup de com-prendre des choses des liens que l’on ne comprenait pas jusqu’alors faute d’avoir oublié de les lier.
Oui il faut partir du vécu des gens.
Ceux qui nous enseignent ou ceux qui nous représentent, nos dirigeants, ceux qui les suivent, ceux qui les soutiennent ‚rentrent dans des schémas , des grilles d’interprétation du réel et à partir de là disent qu’il faut éduquer le peuple , faire de l’éducation populaire ; je pense qu’au contraire il faut partir de ce que sont et vivent les gens et refaire avec eux ces chemins de connaissance dans l’humilité d’un non savoir. Le recueil et la mise en lien de toutes ces diversités, d’âge, de religion, de situation etc autour de la question commune du vivre ensemble est une méthode plus pertinente que de mettre en confrontation électorale des représentants qui savent et pour qui il faut voter.
Il faut les dénoncer comme faux savants attachés à leur personne, au pouvoir et à l’argent. Les vrais représentants du peuple sont ceux qui ne souhaitent pas représenter, ceux qui souhaitent activer la parole en place publique.
Je suis bien certain que si dans ma boîte aux lettres je recevais un courrier du maire de ma commune m’invitant à venir participer à une soirée d’échanges « on ne va pas refaire le monde ‚mais on peut en parler », le courrier d’invitation précisant que devant les menaces sur la situation économique et sociale , les menaces sur notre environnement , les justes inquiétudes qu’on pouvait avoir pour notre avenir ‚nous devions nous réapproprier la question du vivre ensemble ; avec l’aide de la région un cycle de soirées d’échange est proposé .
Les premières soirées seront consacrées à dresser un état des lieux ; des docs vidéo serviront de support aux échanges qui seront facilités par la présence d’un animateur. Ces soirées se veulent simples et conviviales ; les habitants sont invités à apporter leurs paniers en vue d’un repas tiré du sac. La municipalité organise une garderie pour les enfants des familles.
Je suis bien certain que si dans ma boîte aux lettres je recevais un tel courrier j’irais à cette soirée et que le repas tiré du sac aidant, une bonne méthodologie soutenant, ces soirées très officielles pourraient s’installer dans le paysage de la vie publique.
On pourrait même y parler du tirage au sort et inviter Étienne ! ( pour rester dans le sujet du fil)
Je pense qu’il n’y a pas d’inquiétude à avoir concernant « l’obéissance » au « droit-fil » du sujet Georges, on est en plein dedans.
Re-penser à ce que devrait être une juste Constitution, imaginer ce que pourrait être une hypothétique démocratie, ça se doit de se ré-fléchir SUR ce qui constitue le vécu des gens et non sur des idéaux lointains qui ne peuvent du fait de leur éloignement qu’éloigner les gens du sujet qui devrait pourtant les animer car ça concerne leur vie de tous les jours.
Et réfléchir, au vrai sens du terme, c’est faire une flexion, se plier, aller vers soi, ce qui nous meut, ce qui nous mobilise, ce qui nous paralyse, mais y aller, ne pas faire la fine bouche, se coller aux problématiques de terrain et du coup, ça risque fort d’avoir bien plus de résonance, et la résonance, ça rend sensible à certains bruits, alors pour sûr que c’est tant mieux s’il y a de l’écho !
Si l’on veut que des rapprochements soient faits entre les gens alors il faut se rapprocher du quotidien des gens. Je crois qu’en fait c’est très simple et très compliqué à la fois.
Tu parles d’humilité du non-savoir, pour sûr que j’adhère à ce genre de propos, car si nous savions » ce savoir » d’avance en vertu de je ne sais quoi, ce pseudo-savoir ne serait déjà plus qu’un vieux savoir au regard du présent qui n’est déjà plus du passé et il y aurait un décalage avec l’instant, donc une erreur d’appréciation.
Il ne serait possiblement vrai de savoir que si les horloges s’arrêtaient et qu’au lieu d’être dynamique, la vie était statique, figée, pétrifiée quoi !
Brrr!!
Inertie, pesanteur historique, fatalité, impuissance : bien sûr la constitution contenait le virus de l’impuissance populaire, mais aujourd’hui nous lui découvrons une « virulence » qu’au fil de l’histoire les hommes de pouvoir ont « améliorée ». Tout semble avoir déjà été tenté pour inverser le rapport de forces qui permet aux dominants d’être installés comme « constituants » à la place du peuple. Pourtant, peut-être reste-t-il encore des initiatives « politiques » à imaginer ?
Nous sommes dans ce « tuyau » avec une « liberté » prouvée par les flux autorisés dans son cadre. La constitution ne posait aucun problème à ceux qui se croyaient « libres » tant que leur condition de consommateurs les gardaient en « lévitation » dans ce tuyau « insoupçonnable »…Car pour replacer le peuple au poste de « Constituant » le problème n’est pas d’écrire une constitution mais de rendre au peuple son espoir, ses rêves, toutes ces choses dont les expériences fraîches des « indignés » comme du « Front de gauche », ont révélé le potentiel…et son contraire : nous sommes dans ce tuyau, mais « le fleuve a commencé à sortir de son lit » : il faut donc alimenter le mouvement actuel en liant chacune de ses « revendications » à l’exigence « cardinale » de rendre vraiment le peuple « constituant ».
Alors puisqu’il faut s’y coller et que rien ne vaut que l’exemple, allez j’y vais, ça ouvrira peut-être des fenêtres, qui sait ?
Alors comment commencer ?
A la vue de tout ce qu’il y a comme pré-requis pour comprendre un peu ce qui peut se retrouver dans un instant de la vie de quelqu’un, c’est presque mission impossible, et pourtant c’est dans cet instant-là que se trouve concentré, aggloméré toute la densité d’un être en lien avec lui-même, les autres et le monde, comme un caillot, un point de concentration, de fixation bref, mais de fixation quand même, qui dit de ce qui est de l’instant de ce quelqu’un et l’instant ne ment pas, c’est juste le décodage que l’on peut faire mentir, par mauvaise foi, par omission, par aveuglement, par inconscience, et tous ces trucs qu’on connaît bien. C’est mission impossible disais-je d’en parler bien ou juste car c’est déjà mission impossible pour la personne elle-même ! Tant de choses qui s’entremêlent et dont on n’a pas forcément conscience, on ne sent que les saillies, les choses qui dépassent, qui sont dans le plus ou dans le moins, mais pour le reste, ça fait un peu fouillis, bric-à-brac, quelque chose de brumeux, c’est mon point de vue surtout ce matin.
C’est que souvent, c’est pas facile de jongler avec les contradictions de notre vie ou serait-ce moi qui ai une vie « spéciale » je n’en sais rien, mais qu’il faut pourtant bien s’y coller et essayer de trouver ce juste mi-lieu dont Socrate nous dit qu’il est le lieu du non-savoir( Di Girolamo tu parles comme Socrate, tu ne le savais pas ça, hein!)
Ainsi, moi, en prise avec des problèmes avec mon fils. Il est resté presque un an à la maison à se traîner, suite à une déception amoureuse qui l’a complétement sidéré au vrai sens du terme, arrêté, stoppé dans sa dynamique de vie.Il venait juste de terminer son bac pro cuisine quand c’est arrivé. J’avais tellement la trouille qu’il fasse une bêtise que ce qu’il y avait d’urgent pour moi, de vital, c’était de reconstruire un semblant de base en lui pour qu’il essaie de se relever. J’étais tellement obnubilée par ça, par cette crainte d’un passage à l’acte que j’ai lâché toute exigence de travail alors que c’est ce que j’aurais du faire tout de suite l’inciter à travailler comme me l’avait conseillé ma fille aînée. J’ai écouté mon fils, encore et encore et encore jusqu’à ce qu’il se fatigue de me parler d’elle, son amoureuse, mais lui du coup, en laissant passer tout ce temps où il ne faisait rien que de penser à elle, ça l’a déconnecté du reste et ensuite quand je lui parlais boulot c’était l’abîme, le trou noir, ça devait lui fiche la trouille, il ne devait plus s’en sentir capable, allait-il savoir se lever, assumer un service de restauration, des heures de boulot à des cadences soutenues. Et puis surtout, surtout, il y avait cette absence totale, radicale de désir. Il était en arrêt. Je passe sur les détails de ces instants de conflit que j’ai pu vivre avec lui alors et les montées de violence, car sans doute avait-il l’impression que je lui portais atteinte en exigeant de lui, des exigences de travail que j’avais tues jusqu’alors. Pour que ce soit plus clair, que le tableau soit plus représentatif il faut vous dire que j’étais seule alors, divorcée depuis belle lurette, mon ex- mari ne voulait pas s’occuper de « ça », du problème qui se posait, il se contentait de téléphoner à notre fils et de l’inciter à se bouger mais ce n’était guère incitatif, bref, il était chez moi mon fils et mon ex-mari avait sa vie, point. Il faut savoir que c’est le lot de beaucoup de femmes ça, de se retrouver avec la charge éducative d’enfants, et donc de porter deux casquettes, pas facile et pas drôle tous les jours. Le clash a fini par avoir lieu avec mon fils, clash sérieux dont je vous passe les détails. Un appartement a été trouvé à Lille et du travail il a bien fini par trouver. Mais dur-dur les conditions de travail. Un travail de fou, sous-payé, là, au bout d’un an, il a décidé de donner sa démission et de revenir là où j’habite, mais je ne vous dis pas la trouille que j’ai, revivre ce que j’ai vécu pendant cette année où il ne faisait rien, j’ai plus la force. Alors, j’ai mis les points sur les i et les barres sur les t, en lui disant que je comprenais qu’il veuille quitter ce boulot dégradant car il dégrade réellement ses capacités vitales, mais qu’il devait retrouver un autre boulot pour revenir à la maison, sinon il fallait qu’il prenne un appart et qu’il assume ses choix. Mais imaginez deux secondes les tiraillements que ça peut représenter pour une mère. Savoir que les conditions de travail sont détestables, mais le remettre dans ce bain-là parce qu’il n’y a pas d’autre solution que celle-là, que de faire cette expérience-là, que lui doit vivre et que je ne peux pas vivre à sa place, celle de se coller à cette vacherie-là, dur-dur je vous assure, pas de bonne solution juste les moins pires. Essayer de trouver un semblant d’équilibre mais juste un semblant pour sûr, bien fragile, bien précaire. Et sans renier ma vie personnelle, sans être écrasée par ce poids du poids de faire à mes enfants des vies de chien, dur-dur, dur-dur vraiment.
Alors pour ce qui est de vivre des contradictions, ma foi, je suis vernie. Je vous explique.Il y a un an et demi, j’ai rencontré un monsieur dans une soirée chez une amie. On a parlé d’hypnose médicale, on a parlé boulot, du mien, je suis sophrologue, sur une base d’infirmière psy, c’était fluide comme conversation. Il voulait qu’on se reparle de tout ça, moi je n’étais pas contre, j’ai dit oui, j’aime bien les oui. Je ne savais pas ce que faisait ce monsieur, ce qu’il faisait dans la vie je veux dire, comme quoi cette expression elle dit beaucoup de choses, comme si un être se résumait à une fonction professionnelle, bigre. Bon, moi, prétentieuse comme je suis, pas d’a priori, a priori. V’là t’y pas que le dit monsieur vient me chercher chez moi, et qu’est-ce que je vois comme carrosse, je vous le donne en mille, une X6 de chez BMW. Alors je me dis en moi-même, ah non, ça quand même c’est trop fort, c’est rédhibitoire ça, s’il a ce type de bagnole c’est même pas la peine d’en savoir plus, c’est un ennemi de classe, j’ai l’esprit large je crois, mais qui prend de furieuses étroitesses parfois aussi, et c’était le cas là, c’était du vécu, du concret. Bon, bref, je me dis, tant pis pour moi, j’ai dit oui pour manger un morceau, alors maintenant j’assume. J’ai tellement bien assumé que j’ai très vite laissé tomber mes a priori même s’ils me chiffonnent quand même de temps en temps. Alors le dit monsieur, en fait, est italien, fils de mineur, qui a fait des études brillantes et qui s’est retrouvé ingénieur dans le textile, anoblissement de tissu ça s’appelle. Il a eu sa boîte donc, un dirigeant d’entreprise, petite entreprise mais entreprise quand même, et moi qu’est-ce que je fais avec ça, quand je me rends compte que derrière ça, y’a pas forcément un type égoïste, avec des doigts crochus qui essaient de ramasser l’argent. Et quand à la lecture de Friot hier soir je me rends compte que le dit monsieur entre dans la catégorie des gens qui ont deux propriétés lucratives!!!! Bigre, vous rendez-vous compte du grand écart que ça oblige à faire pour concilier tout ça, c’est un travail de tous les instants, en ayant par dessus le marché, une volonté pugnace de faire advenir plus de justesse dans les rapports humains, ça fait un sacré boulot, et là dessus essayer de réfléchir à ce qu’il y a lieu de faire au mi-lieu de ce lieu si bouillonnant, si divers, si plein de divergences, de déséquilibres, d’injustices de toute sorte, comment s’y retrouver soi déjà dans tout ça en essayant déjà de boucler ses fins de mois qui commencent à la mi du mois !
Voilà ce que c’est que la vie des gens, en tout cas la mienne et là dessus, on se branche sur la constitution ou sur l’Europe, et on se dit comment on fait avec tout ça ?
Le comment, la manière, c’est ça notre boulot, le comment ça renvoie à la main et la main invisible du marché, c’est pas la peine de faire un dessin, on sait bien ce qu’elle donne, comme quoi, la main, c’est bien d’elle dont il s’agit.
Bref, je suis dans la posture socratico-girolamienne, je ne sais pas, je ne sais pas, je ne sais pas mais j’avance pourtant en m’étonnant de faire un pas sur lequel vient se joindre un autre pas !
Je ne m’excuse pas pour la longueur du texte car ceux qui auront lu jusque-là ma foi, c’est qu’ils s’y seront retrouvés un peu, sinon, ils seraient déjà partis.
Non ! t’excuse pas pour la longueur : tu es restée tout à fait dans le sujet.
Et t’ayant lu après repas BIEN arrosé , j’ai énormément ri sur du vécu qui sans doute a été difficile pour toi et n’est pas du tout risible : encore une contradiction !
En tout cas la relation entre ce qu’on est ce qu’ont vit et la perfection du tirage au sort et du texte sacré est bien vue.
RIEN ne vaut la vie , avec ses contradictions . Et puisque nous n’en sommes pas à une contradiction près, il nous faudra bien revenir au sérieux de comment organiser au mieux notre société .
J’essaierai de résumer la position de chacun au stade où nous en sommes de nos conversations .Mais ce repas il faut d’abord le digérer un peu.
Pardonne-moi d’avoir ri Catherine c’est tout à fait profondément amical.
Catherine
Le repas est passé et si j’ai ri c’est de ton style, ta manière de raconter, de la BM et des contradictions qu’on a tous ; pas du reste ; et j’espère ne pas t’avoir blessée ; j’ai le vin joyeux , euphorique , c’est dans ma nature.
Pour revenir à notre sujet :
Étienne insiste sur le bon verrouillage des textes constituants, en amont : ceux qui écrivent la constitution doivent être mis en situation de désintérêt par le tirage au sort .En aval , le texte lui même doit prévoir des gardes fous clairs et contraignants ; mais il ne dit pas comment on va arriver à bousculer l’ordre établi et pouvoir parvenir réellement à cette constituante. Il se donne beaucoup de mal , fait de nombreuses conférences ..le point faible de la démarche est que par la force des choses il a du mal à sortir du cercle des convaincus .
Sitouaillain est plus précis à ce sujet et si je ne me trompe pas penche pour des comités constituants locaux , et est pour soutenir les forces sociales en émergence , notamment l’effort du FDG qui lui même propose une constituante. Position présentée comme réaliste et la seule voie actuelle pour avancer là dessus.
De mon côté je reste méfiant sur les propositions de ces forces sociales, non pas les hommes qui sont derrière, et avec qui je partage des valeurs, mais il me semble que les enjeux actuels doivent nous inciter à aller au delà des rapports de force historiques certes encore bien présents ; cela dans la mesure où nous sommes à un moment tout à fait inédit de l’histoire ; il va nous falloir une révolution dépassant de beaucoup les intérêts de classe. Ces mêmes intérêt ayant été par ailleurs noyé dans le goût général de la liberté individuelle, confort, BM ou deux cv.
Pour raccourcir j’ai en tête qu’il va falloir aller vers une relocalisation généralisée, des changements de mode de vie, d’habitats…. très profonds, un remaniement complet de l’aménagement du territoire , des métiers , de l’agriculture ‚de l’élevage , une relation différente avec la propriété , l’argent…. plus de PIB , plus de bourse …… Bref il va falloir un changement énorme, une rupture, une mise en œuvre de quelque chose de vraiment nouveau. Je suis persuadé que ces mises en œuvres ne peuvent pas passer par des vieux outils, par des pratiques politiques anciennes, elles mêmes adaptées à l’ancien monde. Persuadé que le changement passera par un changement de méthodologie en matière politique.
Et le seul outil politique réellement nouveau c’est la démocratie .Qui n’est rien d’autre que l’organisation du pouvoir partagé entre nous tous. Seul ce type d’organisation peut faire remonter un questionnement collectif impliquant la foule lambda ; peut lancer une recherche sociétale.
On a devant nous une crise de la mondialisation : la libre circulation des biens, des hommes, des marchandises, des entreprises a et va continuer à déséquilibrer, appauvrir l’économie européenne au profit des pays émergents ; eux mêmes sont dépendants d’une Europe qui si elle s’appauvrit trop n’achètera plus leur produits ; à cela se rajoute les politiques monétaires et financières qui vident les caisses et le pouvoir des états ; dans le même temps « la croissance » mondiale est prise dans l’étaux ressources /climat ;la crise écologique ; ces crise ne sont pas conjoncturelles mais structurantes de notre avenir . La crise écologique est largement sous estimée et donc mal comprise.
Je suis donc plus partisan d’opérer une rupture de l’outil politique et de rentrer dans un processus d’autoéducation populaire impliquant largement les acteurs sociaux, les scientifiques, la population , autour de la prise de conscience des enjeux écologiques , les enjeux sociaux , monétaires etc en faisant intégralement parti ; Disons que ma grille d’interprétation intègre très fortement l’enjeu écologique et est plus globale que le SMIG à 1700 € .
Ma démarche butte sur un isolement fort, une incompréhension . J’ai mis mon article sur Agora Vox http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/mon-bulletin-de-vote-pour-ces-115068
Il a fallu que je les pousse un peu pour qu’ils publient, et j’ai très peu de commentaires , signe évident d’un manque d’intérêt ; j’aurais fait un titre accrocheur et un truc croustillant sur Mélenchon , c’était carton plein .
Bon , j’arrête là et rebondirai sur vos commentaires si vous en faites .
Di Girolamo, surtout ne t’inquiète pas, c’est bonheur si j’ai réussi à te faire rire, et franchement c’est plutôt plaisant de te l’entendre dire de si bon coeur, ça me fait franchement plaisir.
Pour ce qui est du reste, j’avoue que je suis perplexe.
Je reprends ce que tu dis : « Etienne insiste sur le bon verrouillage des textes constituants, en amont : ceux qui écrivent la constitution doivent être mis en situation de désintérêt par le tirage au sort »
Le verrouillage pour ma part ne me semble pas devoir se faire seulement en amont.
Certes il faut être rigoureux et pointilleux sur les textes qui vont servir de structure à l’organisation sociale si le texte devait se réécrire. Mais personne ne nous dit que les personnes tirées au sort, si cela se faisait, ne seraient pas soumises aux mêmes lobbies, avec la même ardeur que nos représentants actuels,et avec une pression telle, qu’ils finiraient par y succomber à ces pressions si pressantes, car ils ne sont pas des dieux ces hommes tirés au sort, ils sont du même lot que tout un chacun, des hommes du commun et le commun résiste peu aux chants mélodieux des sirènes quand ils se font pressants et doux. Je suis presque certaine d’ailleurs, que parmi nos hommes politiques actuels, nos représentants de commune, de département, au tout départ, à l’origine de leurs engagements, il devait y avoir pour certains, une ferveur « candide », un élan sincère, quelque chose de propre qui s’est sali ensuite sur le chemin qui va de l’idée à la réalisation. Car il n’y a pas eu de garde- fous placés, et que la nature de l’homme est ainsi faite que tout comportement « dé-viant » ne s’éteint que s’il y a des sanctions à la clef, sinon, on a beau dire, c’est cause toujours, ça part partout la bonne parole sauf là où ça devrait passer et le comportement déviant ne s’éteint pas alors mais au contraire se renforce car l’expérience apprend que rien ne peut arriver de fâcheux pour ceux qui contreviennent à cet ordre-là, autant y aller de bon coeur puisque si ce n’est pas eux qui en profitent il y en aura d’autres qui le feront sans sourcillier.Et le vécu, ce vécu-là parle, les oreilles se tendent, et le message, ce message-là est reçu 5 sur 5.
Avant même de penser à révolutionner notre constitution, si déjà nous demandions des comptes à nos représentants sur les illégalités qui sont commises tous les jours, ça, ça serait rudement bien et ça ne doit pas être bien difficile mais il faut trouver le COMMENT. Pour le traité de 2005 par exemple, il y a eu une action en justice, j’y étais de ceux qui ont porté plainte à la Cour Européenne et nous avons été débouté, c’est quoi ça, une Cour qui est sensée défendre un droit qu’elle méprise , c’est du semblant, c’est pour faire semblant tout ça comme disent les enfants, c’est pour faire beau, tout ça c’est du trompe l’oeil, mais derrière il n’y a rien, car tout cela n’est que simulacre, aussi, on pourra avoir les plus beaux textes que l’on veut, si rien ne vient contraindre leur respect rigoureux à ces beaux textes, et bien, ça ne servira à rien qu’à gaspiller stérilement de l’énergie, enfin, c’est mon point de vue.
Maintenant, je crois qu’il faut partir de la terre, de notre terre à chacun avant de vouloir voler dans les Cieux. Il faut redevenir humbles et comme un bon jardinier, il faut préparer la terre sur laquelle on a le désir d’ensemencer quelque chose. Il faut donc enlever les mauvaises herbes et dieu sait s’il y en a, ça veut dire discerner, faire le tri, sélectionner ce qu’il y a sur notre terre, qu’est-ce qu’on garde, qu’est-ce qu’on jette.Tout ce qui est susceptible d’étouffer la semence et donc de la faire mourir doit être enlevé, éradiqué, et puis ensuite aérer la terre, la rendre légère. Moi, ça, ça me semble déjà un sacré boulot. Et ça pour faire ça,je ne vois rien d’autre que du local, du très local d’abord. Voir comment ça fonctionne dans les mairies par exemple. Comment sont prises les décisions, etc, etc, etc. Pour le reste, de toute façon, les conditions de vie vont tellement se durcir et se dégrader que les transformations vont se faire toutes seules, dans certaines villes il y a déjà du troc…les jeunes vont se regrouper pour vivre ensemble, les personnes âgées ne pourront plus aller en maison de retraite car ce sera trop cher, la médecine reviendra à des choses plus naturelles et donc beaucoup plus saines, mais bon, d’ici là, ça va craindre je le crains fort. Bon, j’arrête là, je suis fatiguée !
Il y a CE qui est écrit, dit et ce que l’on fait de ce qui est écrit, dit.
Et entre ce pont, entre ce qui est écrit et dit et ce que l’on en est fait sur le terrain du concret, qui est-ce qui fait ce faire dites-moi ?
Qui est l’artisan de ce divorce cruel ?
Et bien c’est pas la parole, le dire, l’écrit, c’est ce que l’homme en fait qui crée ce divorce.
L’homme qui par son consentement ou par son renoncement fabrique le monde tel qu’il est aujourd’huiet participe de ce divorce.
Donc, pas 36 trucs, juste deux petits choix limités, peut-être même un ( ou zéro s’il y a échec) je dis oui ou je dis non, oui ou non, sur un continuum gradué, mais les deux berges du pont, c’est d’un côté, le oui, de l’autre le non.
Mais ces choix-là sur le vécu, sur la terre que les hommes flouent tous les jours, ils ne construisent pas tout d’un bloc et c’est pourquoi on ne les voit pas, et ce que l’on ne voit pas, on n’en a pas conscience et si nous n’en n’avons pas conscience c’est comme si ça n’existait pas.
ça se construit à bas bruit toute cette cuisine ‑là, sur les feux d’une marmite qui mijote tranquillement, sans faire de bruit, en développement une odeur qui s’insinue très doucement, mais quand la cuisson est finie, on constate amer, les résultats de la cuisson.
Ce beau mot de démocratie est devenue démoncrassie. Il fallait avoir l’oeil sur la marmite, la goûter, la sentir, la retourner, enlever des trucs et peut-être rajouter des saveurs, bref, il nous fallait être en cuisine et faire notre boulot, surveiller la cuisson.
Sur le COMMENT, il faut un substrat, car les manières, ça s’apprend, il faut savoir COMMENT faire passer au mieux un message, et pour ça, je propose qu’on se colle à la lecture de
http://www.editions-zones.fr/spip.php?page=bonus&id_article=21
et qu’on se partage la tâche.
Que l’on concentre en quelques mots clés chacun des chapitres. Que ça serve de grille de travail en quelque sorte.
Est-ce que ça dit à quelqu’un, sachant que moi, je pars ce soir et ne reviens que le 09⁄05 et n’ai pas la possibilité d’avoir le net là où je vais.
Je me colle au premier chapitre, qui prend le suivant, puis le suivant
C’est une proposition,juste une proposition et si ça ne dit à personne, je ferai le boulot moi-même mais pas tout de suite. Qui vivra verra !
Certains auront peut-être des scrupules à utiliser cet outil de propagation, mais il faut se rappeler que __lorsqu’on fait de la propagande, on propage un message, en soi, ce n’est ni bien ni mal de propager__, ce n’est pas tant le message, sa forme qui importe que son contenu qui doit susciter et concentrer toute notre attention, propager un message, c’est ce que nous faisons tout le temps lorsque nous parlons, ou écrivons, ou nous taisons, nous faisons propager un message.
Ceux qui ont construit notre monde de guingois ont été de bons propagateurs, c’est donc auprès d’eux qu’il faut prendre les leçons du comment faire passer un message, et ensuite, utiliser cet outil neutre, neutre comme toute nature d’ outil, un couteau ça peut tuer ou sauver, et l’utiliser à notre profit, pour faire passer, pour que se propage l’idée d’une réelle démocratie, et donc en partant de là, dire la démocratie ce n’est pas ci, ce n’est ça, le ceci et le cela étant extraits de la terre du quotidien, par exemple, la démocratie ce n’est pas dire le peuple s’exprime par le vote et ensuite enterrer le vote car il ne correspond pas aux souhaits de quelques uns !
La propagande repose sur la déformation de l’idée de liberté qui n’est plus une liberté dans le cadre de la construction de l’intérêt collectif , mais une liberté individuelle de consommer et choisir ses biens de consommation. La chose publique n’existe plus qu’en tant qu’elle organise le marché ; celui des salades et des haricots , celui des votes.
Vous voulez cultivez bio ? no problèmes ! vous préférrez l’agriculture industrielle ? No problems ! N’est on pas en démocratie ?
Vous votez en 2007 pour la droite ? En 2012 pour la gauche ? Normal ! C’est çà la démocratie !
Ce piège mortel qui déplace la liberté vers l’individu qui a une capacité indéfini de choix dans un monde en perpétuel croissance , alors que la réalité est celle d’une société composée d’individus , trouve son aboutissemnt dans l’organisation du vote en alternance pour des programmes .
« COMMENT faire passer au mieux un message » ?
En l’extrayant des innombrables messages qui se valent tous …
En lui donnant de l’importance et de l’officialité.
La propagande a un terreau de complexité et multiplicité des messages. Monde de la liberté illusoire où cette multiplicité n’est pas une diversité mais une uniformisation ; dans un monde où tous les messages peuvent se dire et se proposer, plus aucun n’a d’importance et par en dessous les seuls messages qui « tirent leur épingle du jeu » qui gouvernent le jeu ce sont les messages sous tendus par le pouvoir et l’argent.
En économie les regroupements, les trusts rendent illusoire la liberté d’entreprendre et la diversité des entreprises ; en politiques les partis politiques puissamment structurés rendent illusoire le choix politique. Et quand les partis puissamment structurés s’unissent avec les trusts industriels et financiers…le seul terreau qui est arrosé et sujet de toutes les attentions c’est celui de la complexité, de la multiplicité, de la confusion des esprits.
Donc à la question : COMMENT faire passer au mieux un message , dans ce monde de multiplicité des messages ; je réponds en se saisissant de ce message comme Quelque chose d’important, de plus important que les autres messages : la signature d’un message important est que la puissance publique et les acteurs sociaux s’en emparent et le désignent comme tel .
DÉSIGNANT AINSI CE MESSAGE COMME D’INTÉRÊT GÉNÉRAL.
Souvent la pub d’un produit rajoute la formule « vu à la télé », cela comme un sigle d’officialité, d’importance.
Tant que l’état qui nous représente n’aura pas un message d’intérêt général dont puissent se saisir les acteurs du pays, les partis politiques, les syndicats , les médias, les citoyens et leurs représentants etc le message restera un message parmi d’autres, une option parmi d’autres .
D’où mon incessante proposition d’un espace public et officiel de recherche de l’intérêt général .
.….Où ce qu’on dit , ce qu’on étudie , ce à quoi on réfléchit , ce de quoi on débat prend une soudaine importance parce qu’en lien direct avec la souveraineté officielle,institutionelle.
La propagande nivelle les messages les replacent TOUS dans un régime politique libéral du caddy.
Attention Georges, t’es entrain de faire de la propagande, t’en as pas conscience mais c’est pourtant ce que tu fais, tu fais passer un message, tu propages, tu fais circuler un message, ton message, le tien,tu es un propagateur, sale propagateur va !
Ceux qui se taisent, en font propager un aussi de message, la plus grande propagande comme le dit Chomsky est celle du silence, on ne sort pas aussi facilement de tout ça, on ne saurait s’en laver les mains car le message, c’est celui de la vie , on a tous les mains dans le cambouis, car c’est le message de l’énergie qui passe et tant qu’on est vivant ma foi, ça passe, y’a juste le sens de l’énergie qui change, la direction VERS laquelle on veut faire passer l’énergie, notre énergie, celle de la communauté, celle de l’Europe, vers quelle cible, tout est question de cible mais la circulation du message, sa propagation, c’est comme la propagation de la lumière, qu’est-ce qui se passe quand la lumière n’est plus propagée ? ?
Tu dis Georges : « En l’extrayant des innombrables messages qui se valent tous … En lui donnant de l’importance et de l’officialité. La propagande a un terreau de complexité et multiplicité des messages. Monde de la liberté illusoire où cette multiplicité n’est pas une diversité mais une uniformisation ; dans un monde où tous les messages peuvent se dire et se proposer, plus aucun n’a d’importance et par en dessous les seuls messages qui « tirent leur épingle du jeu » qui gouvernent le jeu ce sont les messages sous tendus par le pouvoir et l’argent. En économie les regroupements, les trusts rendent illusoire la liberté d’entreprendre et la diversité des entreprises ; en politiques les partis politiques puissamment structurés rendent illusoire le choix politique. Et quand les partis puissamment structurés s’unissent avec les trusts industriels et financiers…le seul terreau qui est arrosé et sujet de toutes les attentions c’est celui de la complexité, de la multiplicité, de la confusion des esprits.
ça revient à ce que je dis, enlever les mauvaises herbes, car pour l’instant c’est la confusion la plus totale, mais c’est voulu, c’est pas un hasard, le hasard n’existe pas, c’est juste qu’on ne sait pas lire, c’est tout.
Noyer le poisson, c’est ce qu’ils font dans la profusion de messages qui se succèdent dans un flot hypnotisant, et c’est parfois ce que l’on fait aussi qu’on le veuille ou non, en refusant de se coller à qq chose d’essentiel comme cette stratégie de communication qui est la leur.
Si tu ne connais pas ton adversaire, tu auras du mal à atteindre ta cible, car tu n’auras pas la visibilité, tu essaieras de l’atteindre à l’aveugle, y’a une petite chance pour que ça marche( déterminisme incomplet comme disent les physiciens quantiques), mais y’a plus de mal-chance pour que ça râte, non
La matière c’est un ensemble complexe tissé de substance + de l’énergie + de l’in-formation + de l’espace-temps dixit Basarab Nicolescu ! Tout est interelié et omettre un aspect, c’est avoir une vision bancale et donc atrophiée du réel, et quand il nous manque une jambe, c’est moins facile pour marcher droit !
« Attention Georges, t’es entrain de faire de la propagande, t’en as pas conscience mais c’est pourtant ce que tu fais, tu fais passer un message, tu propages, tu fais circuler un message, ton message, le tien,tu es un propagateur, sale propagateur va ! »
Attention Zérard ! a.…ttention!! le pinard oui !!mais le hakic .…Nooon!!!!!
Il y a un moyen très simple de reconnaître la propagande à la démocratie : la propagande veut faire passer un message , la démocratie veut( et se donne les moyens pour ) que tous les messages puissent passer .
Rappelle toi comme tu t’es énervée à propos de la censure !!!! A juste titre . Sauf qu’il y a une nuance de taille entre un blog privé et une constitution , un contrat , une loi publique . Jorion y me fait marrer mais j’ai rien signé avec lui ; la censure publique là c’est du sérieux , de lavraie propagande importante.
Tu dis, ensuite j’arrête parce que personne ne semble s’intéresser à ça et pourtant à mon sens c’est le nerf de la guerre. Tu dis : « je réponds en se saisissant de ce message comme Quelque chose d’important, de plus important que les autres messages »
Important pour toi, mais pour les autres, l’est-il ? S’il était aussi important que tu le dis, alors on entendrait que lui de par le monde, or, est-ce le cas ? Non, bien sûr, ça veut donc dire qu’il y a une lutte, un combat entre des notions de message qui porte cet « important » bref, ++des forces en action dont certaines vont être plus agissantes que les autres et qui vont réussir à se faire entendre mieux que les autres et donc au bout du compte fabriquer notre tissage sociAl.++
Donc il faut une stratégie pour faire en-tendre ce message dans la cacophonie quotidienne, car pourquoi ton message sortirait du marais d’aujourd’hui, parce que tu t’appelles Georges et que tu es plein de bonne foi, non, la bonne foi ne suffit pas, il faut un modus operandi, et c’est le comment, la stratégie !
tu peux construire une maison sans plan toi Bon après tout, pourquoi pas,
Allez je laisse l’espace libre, à bientôt
Tout à fait d’accord sur la stratégie .
Et si on tirait au sort nos députés ?
LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 23.03.2012 à 20h55 • Mis à jour le 24.03.2012 à 16h08
Par Pierre Barthélémy, chronique
IMPROBABLOLOGIE – En cette année d’élections présidentielle et législative, les Français vont pour la plupart glisser quatre fois un bulletin dans l’urne. A voté, a voté, a voté, a voté ! Ce choix des responsables politiques par l’électorat améliorera-t-il la situation de la société pour autant ? C’est la question iconoclaste qu’a posée en 2011 un quintette de chercheurs italiens (deux physiciens, un politologue et deux statisticiens) dans un article paru sur le site de prépublications scientifiques arXiv. Leur idée n’était pas de jeter la démocratie aux orties, mais de rappeler que le gouvernement du peuple pour le peuple et par le peuple ne passait pas forcément par le bureau de vote : on peut très bien tirer au sort celles et ceux qui auront la responsabilité de diriger le pays et d’en faire les lois, tout comme le hasard désigne les jurés des tribunaux populaires.
Après tout, la démocratie athénienne ne procédait pas autrement pour choisir bouleutes et archontes. L’élection complexe du doge de Venise faisait elle aussi intervenir une bonne part de hasard. Le procédé, poursuivent ces chercheurs un brin utopistes, permettrait de réguler le régime des partis et serait plus égalitaire en menant au Parlement des citoyens de tous horizons politiques, de toutes origines sociales ou ethniques et, surtout, des deux sexes à parts égales. Fini ces Chambres bicolores où une oligarchie politique essentiellement masculine se préoccupe moins de l’intérêt général que de sa réélection. Fini aussi les campagnes électorales avec frénésie médiatique et sondages quotidiens contradictoires…
Encore faut-il s’assurer que le hasard fera vraiment bien les choses. Une Assemblée nationale complètement tirée au sort sera-t-elle plus efficace que celle élue ou bien faut-il concocter un cocktail des deux ? C’est là que la science improbable intervient avec une magnifique modélisation parlementaire basée sur les dernières avancées de la physique statistique. La Chambre aléatoire à 100 % est un échec retentissant. Certes, les projets de loi adoptés profitent tous au plus grand nombre, mais les 500 députés virtuels décrits par ce modèle sont tellement indépendants les uns des autres que la plupart des textes n’obtiennent pas la majorité suffisante pour être votés ! Efficacité presque nulle.
Les partis politiques ont donc un peu de bon. Encore faut-il se débrouiller pour qu’aucun d’entre eux – ou qu’aucune coalition – ne détienne la majorité absolue, car si c’est le cas les textes de loi ne viseront plus à régler les problèmes collectifs mais plutôt à satisfaire des intérêts clientélistes ou corporatistes. Toute l’astuce consiste à réserver aux députés tirés au sort, censés avoir une vision plus altruiste de la politique, une part suffisante des sièges pour que les politiciens de métier soient contraints de déplacer le curseur de leur action législative vers l’intérêt général.
Cette étude sur les mérites de la « lotocratie » est une récidive. En 2010, la même équipe avait montré qu’en raison du principe de Peter – lequel dit que, dans une entreprise ou une administration, tout employé finit, grâce au jeu des promotions, par atteindre son niveau d’incompétence – il était plus efficace, lorsqu’un poste à responsabilités devenait vacant, de désigner son titulaire par tirage au sort. Suggérons donc à la Française des jeux de créer de nouveaux tickets : PDG au grattage, député au tirage…
Journaliste et blogueur
(Passeurdesciences.blog.lemonde.fr)
Pierre Barthélémy, chronique Improbablologie
Lien pêché sur
http://elevons-niveau-nos-democraties.ning.com/profiles/blogs/et-si-on-tirait-au-sort-nos-d-put‑s
Quel dialogue !
j’ai lu attentivement ce qui précède, au final il me semble que la question des moyens est en suspend et catherine a raison sur son idée de propagande,
le message écologiste ne fait sens à bien d’entre nous que parce qu’il y a eu dans le passé des chercheurs et des activistes qui ont constitué des forces de propagandes et d’agitations, des greenpeace, des revues, des partis verts, des réseau sortir du nucléaire, des faucheurs d’OGM, etc.
ça ne tombe pas du ciel !
encore une fois la description de catherine sur les propagandes, est pertinente, elle permet de voir le monde imaginaire, celui qui se construit en même temps que nous le vivons, comme le résultats d’affrontements et de recompositions permamentes à partir de discours sur le réel, des propagandes qui s’agencent, s’annulent, et dont le résultat produit le monde, l’institue.
la question de l’officialité du message est donc une question secondaire, non pas qu’il faille nier la portée et la force supplémentaire de « l’officialité » du discours en tant qu’il devient discours « performatif » (producteur de réel),
mais plutôt parce qu’il faut d’abord et avant tou considérer qui tient le mégaphone « officiel »,
ceci pose donc la question du pouvoir institué (commune ou Etat),
l’impartialité du producteur de débats « officiels » et la neutralité de la parole « officielle » est donc par essence tributaire de l’organisation démocratique de ces institutions,
ce qui malheureusement n’est pas le cas aujourd’hui !
autrement dit, en appeler pour transformer le monde à une instance officielle de débat, c’est s’interdire à nouveau de répondre à la question des moyens d’y parvenir.
ce qui au final abouti à deux choses : l’apathie ou, de fil en aiguille, à la compréhension que pour porter un message et pour faire advenir un type d’organisation politique que l’on souhaite, il faut rassembler des personnes acquises à cette cause, diffuser de la propagande, faire des débats et donc à terme créer une association ou un parti, un collectif, bref…
tout est dans le message 41 ;
« Pour raccourcir j’ai en tête qu’il va falloir aller vers une relocalisation généralisée, des changements de mode de vie, d’habitats…. très profonds, un remaniement complet de l’aménagement du territoire , des métiers , de l’agriculture ‚de l’élevage , une relation différente avec la propriété , l’argent…. plus de PIB , plus de bourse …… Bref il va falloir un changement énorme, une rupture, une mise en œuvre de quelque chose de vraiment nouveau. Je suis persuadé que ces mises en œuvres ne peuvent pas passer par des vieux outils, par des pratiques politiques anciennes, elles mêmes adaptées à l’ancien monde. Persuadé que le changement passera par un changement de méthodologie en matière politique.
Et le seul outil politique réellement nouveau c’est la démocratie .Qui n’est rien d’autre que l’organisation du pouvoir partagé entre nous tous. Seul ce type d’organisation peut faire remonter un questionnement collectif impliquant la foule lambda ; peut lancer une recherche sociétale. »
voilà des propos intéressants, que je retraduirais ainsi : le changement passera par le renforcement d’organisations politiques et associatives agrégeant des citoyens soucieux du changement, motivés pour s’autoéduquer, mutualiser leurs savoirs et additionner leurs forces pour agir, construire des réalisations concrètes et retirer aux intérêts particuliers néfastes les pouvoirs d’agir qui sont les leurs actuellement,
cette force plurielle dans ses moyens d’action comme dans ses convictions et ses champs de prédilection, doit être solidaire et savoir se baser sur des instances de débat, de prises de décision et de définitions de stratégies entièrement démocratiques,
ce qui bien entendu suppose une double lutte, celle locale ou globale pour renverser les cadres actuels de la pensée dominante et du pouvoir oligarchique et celle, plus urgente, pour construire dans les initiatives et organisations existantes ou dans de nouvelles organisations des pratiques démocratiques qui préfigurerons l’organisation sociale dans son ensemble.
je rajouterais également qu’il faut perdre à tout jamais les illusions unanimistes, ou spontanéistes, jamais un peuple entier ne deviendra le moteur de sa propre destinée ni l’organisateur d’une planification écologique, ceci est une illusion malsaine au même titre que celle qui consiste à confier à une petite caste ou « avant-garde » le soin de guider le peuple,
il m’apparaît plus « réaliste » de considérer qu’une vaste fraction d’un peuple qui fait l’effort de conduire de manière désintéressée, et en pratiquant la démocratie et la tolérance, les actions et les avancées qu’il estime nécessaire pour le bien commun et l’ancrage solide de la démocratie, de la préservation de l’environnement et de la satisfaction des besoin en tant qu’accroissement de la liberté.
je dis cela en prenant par comparaison le phénomène religieux, même la plus belle des religion, plus libératrice, plus tolérante, etc., ne verra jamais l’ensemble de la population s’y convertir, il restera toujours de fortes minorité pour continuer à croire aux anciennes.
enfin, et c’est tout le sens de mon insistance pour un fédéralisme et une unité claire du mouvement social, il faut bien comprendre que l’absence de chef et la démocratie intégrale peuvent fonctionner à l’intérieur de certains cercles, j’ai pu l’expérimenter, cependant les difficultés sont d’un autre ordre lorsque l’on prend en considération que les modèles de pensée et d’éducation contemporain, s’il évoluent dans cette direction, n’en ont pas pour autant cessée de forger des individus enclins à se soumettre ou à rester apathiques, autrement dit je suis en train de justifier l’acceptation qu’ont beaucoup de gens à se fier à un guide, à des leaders, à des règles hiérarchiques…l’autonomie est un combat autant individuel que collectif, nous n’en sommes pas au bout, il faut donc avoir conscience de nos limites quant à nos capacités à instituer là tout de suite maintenant une démocratie intégrale qui soit « fonctionnelle »,
j’ajoute enfin, que la remarque de Catherine sur le caractère perméable au lobbying d’éventuels tirés au sort, n’est que la partie émergée de l’iceberg, puisque pour ma part c’est le mot « désintéressé » que je conteste à Étienne, non pas sur cette unique possibilité mais bien parce que nous sommes tous soumis à des conditionnements et à des propagandes diverses, et qu’il n’est pas donné à tout le monde de s’en abstraire, pour, comme le suggère Di Girolamo, adopter le point de vue de l’enfant ou de l’extraterrestre, ce qui en langage commun s’appelle le point de vue scientifique,
et c’est toute l’ambiguïté du discours tenu sur les idéologie et l’opposition formulée ici à travers le « vécu », ambiguïté car le « vécu » n’est jamais autre chose que ce que nos « grilles de lecture » en disent, et le chercheur vise à expliquer le vécu à partir d’angles de vues et de grilles qu’il explicite, qu’il questionne et met à l’épreuve des faits, le charlatan qui se prétend chercheur tentera de faire coller le réel à ses théories et le « lambda » fier de le rester dira son « vécu » à partir de ses propres préjugés et savoirs issu d’un sens commun érigé en « bon sens »…c’est ainsi que certains ont longtemps cru que le soleil tournait autour de la terre…est-ce si inoffensif que cela ? ou bien y a‑t-il une propagande à faire pour que le lambda et le chercheur se nourrissent et nourrissent la société de nouveaux imaginaires libérateurs ?
pour illustrer la notion d« imaginaire libérateur,
en voici au moins l’enjeu : casser les croyances et les visions de la société qui légitiment la domination.
Domination qui sous l’angle d’une grille de lecture d’un jurisconsulte se traduira par un Droit favorisant le maintien des pouvoirs au sein d’une caste dirigeante, l’élection n’étant qu’un moyen parmi d’autre, le principal étant bien-sûr la forme du droit de propriété, du droit d’héritage et celle du droit des échanges, voire la forme du Droit elle-même. Mais ceci reste à la surface des choses…
en effet, le tirage au sort en soi et une égalité politique sur le papier ne sauraient contrebalancer les effets de la domination dont les inégalités sociales sont les marqueurs,
si ces inégalités persistent sous la constitution athénienne, c’est qu’il y a autre chose,
et cet « autre chose » tient pour beaucoup au « rapport idéologique à la réalité » des hommes qui composent une société, il s’agit de l’hégémonie d’une certaine conception du social, dont la religion ou autres mythes justificateurs sont les soutènements.
De sorte que l’admiration pour Athènes ne doit pas cacher ce qui en faisait le vice (et favorisa sa chute): il n’y a aucun pour les riches à ce que les pauvres décident si les décisions des pauvres sont prisent à l’intérieur d’un cadre moral, religieux ou idéologique qui est la justification de la persistance des inégalités de condition à la naissance et des inégalités sociales. En ce sens, le mythe de la réincarnation est le plus beau qui ait été inventé pour justifier le fait que chacun se trouve bien à sa place…
« Les trois postulats de base de la Théorie de la Dominance Sociale
La théorie de la dominance sociale repose sur trois principaux postulats :
(1) Alors que les hiérarchies fondées sur le système d’âge et le système de
genre tendent à exister dans toutes les sociétés, les hiérarchies basées sur le
système de groupes arbitraires tendent à émerger seulement au sein des sociétés
qui produisent un surplus économique substantiel ;
(2) La plupart des formes de conflits intergroupes et d’oppressions (e.g.
racisme, ethnocentrisme, sexisme, nationalisme, classisme, nationalisme etc…)
peuvent être considérées comme différentes manifestations de la même
prédisposition humaine à former une hiérarchie sociale basée sur des groupes, et ;
(3) Les systèmes sociaux humains sont sujets à l’influence contrebalancée de
deux types de « mythes légitimisateurs » : (1) les mythes/forces qui accentuent la
hiérarchie sociale (e.g. racisme, sexisme, nationalisme, etc…); et, (2) les
mythes/forces qui atténuent la hiérarchie sociale (e.g. droit de l’homme,
multiculturalisme, socialisme, etc…). Alors que le premier type de mythe favorise
l’émergence ou le maintien des inégalités sociales entres les groupes, le second
favorise l’égalité sociale entre les groupes. »
la suite : http://www.prejuges-stereotypes.net/espaceDocumentaire/dambrunTDS.pdf
Bonjour, je viens de lire vos messages.
=> Lien vers le schéma explicatif sur la démocratie athénienne par le moyen du tirage au sort ( source : Étienne Chouard ) …
=> Lien vers un document format pdf d’homologation de cette société dénommée « Bureau Veritas » afin de vérifier la conformité des machines à voter( source : Bureau Veritas ) …
Or, il se trouve que cette une entreprise possédée par le baron Ernest-Antoine Seilière de Laborde, ex-président du MEDEF, président du directoire du holding familiale Wendel Investissement. Son chiffre d’affaires est en hausse de 10,6% au premier semestre 2005, grâce notamment à sa filiale Bureau Veritas (+11,6%). Source Boursorama
=> Lien vers une confirmation de la propriété par Ernest-Antoine Seilière de Laborde du « Bureau Veritas ( source : Business Week ) …
Je ne sais pas quelle est ma grille de lecture comme dirait sit…ain, mais à moins que l’on me prouve le contraire, il me semble qu’il y a très grave conflit d’intérêts pour ce dirigeant patronal entre la sincérité du résultat des élections et son intérêt personnel de chef d’entreprise.
Sitouaillain
Sur la « question des moyens » .….
J’ai commencé des réponses hier soir mais ce matin je décide de te copié collé le compte rendu de l’expérimentation qu’on avait commencée et qui a été malheureusement cassée par le pouvoir d’un député maire carriériste.
La stratégie c’est de passer par l’institution existante ( ici région et communes )de viser le public lambda , de ne surtout pas rentrer dans le débat politicien ‚d’aborder directement les problèmes , de mettre en oeuvre et inventer des méthodes attractives pour créer localement une culture du débat et de la réflexion ; d’avancer par effet boule de neige de communes en communes.
L’échec et la violence contre nous de certains institutionnels montre qu’on a touché réellement à leur système de pouvoir ; suite à mon insistance ( tribunal , lettre aux conseillers régionaux ) le président de région vient de me répondre , « m’assuranr de toute son attention »(!) et invitant son vice président en charge des territoires de s’en occuper ; mon idée est de continuer à appuyer fortement afin de pouvoir débloquer le CLD Ardèche Verte , redémarrer des soirées communales, donner une vraie autonomie à cette structure officielle , la faire vraiment connaître de tous et la dynamiser. Pourquoi pas établir un pont avec l’assemblée nationale et le principe des commission d’étude ( sur l’énergie , la monnaie etc)
Je copie colle :
Association Organiser la Démocratie Participative
à Région Rhône Alpes
Direction de la prospective, de l’évaluation et de la relation aux citoyens
08 025578 01-ODP002
Imputation : 935 58 6574
Compte rendu-évaluation de l’expérimentation « Comités de Villages »
« La démocratie sans la participation des citoyens à l’élaboration, la mise en œuvre et l’évaluation des politiques de la nation n’est pas une démocratie mais une oligarchie*. »
L’expérimentation intitulée « Comités de Villages » a été soutenue par la Région Rhône Alpes dans le cadre de sa politique d’aide au développement de la démocratie participative.
Elle a consisté à chercher à réunir les élus locaux et les acteurs du territoire autour d’une réflexion collective sur les enjeux écologiques au sens large du terme. Le territoire concerné géographiquement recoupe le Pays de l’Ardèche Verte. Nous pouvons en décrire la réalisation.
1. Démarrage de l’action.
1.1 Un contexte local difficile
En 2009 date du début de l’expérimentation le contexte local en termes d’organisation de la démocratie participative, sauf rare exception, est assez négatif : les conseils municipaux et communautaires sont peu ouverts à la participation, et concernant le Pays, le Conseil Local de Développement (CLD) Ardèche Verte, structure dédiée à la participation citoyenne, est une structure confidentielle, peu connue, réservée à des initiés. Les citoyens lambda sont à l’écart des politiques locales et les citoyens dits « militants »assument leur citoyenneté au travers du secteur associatif ; l’école premier et essentiel échelon de la république ne favorise pas assez l’esprit critique et la citoyenneté.
Le lien collaboratif élus /citoyens au sein même de l’institution est très peu vivant.
Dans ce contexte, l’expérience avait donc pour but, d’étudier la possibilité de renforcer la démocratie locale en cherchant à rapprocher les élus et les citoyens et de favoriser une culture du débat. Cela en s’appuyant sur le fait que nous avons aujourd’hui devant nous des enjeux majeurs susceptibles de pouvoir nous inciter à nous réunir au-delà des intérêts partisans.
1.2 Le choix d’une méthode.
La méthode employée consistait à mobiliser les élus locaux autour de l’organisation de soirées vidéo participatives sur leurs communes ; il s’agissait de réunir les maires, leurs conseillers et les habitants autour de films permettant une réflexion et des débats sur les grands enjeux écologiques. L’espace communal présentant un double avantage : celui de la proximité et un caractère public situé au-delà des clivages, permettant une démocratie participative à sa place au sein de l’institution. Les élus étaient invités à participer dès l’amont en termes d’organisation des soirées.
2. Des premiers pas prometteurs.
2.1 Premier film : un projet, des liens.
Le premier film auto réalisé cherchait à montrer la profondeur de la crise globale (économique, financière, sociale, écologique …) et tout l’intérêt de se regrouper localement pour la comprendre et agir ; le film renvoyait explicitement au Pays de l’Ardèche Verte et son Conseil Local de Développement (CLD), comme outil public de collaboration active entre les élus et les citoyens concernant les politiques d’aménagement et développement du territoire.
Le lien entre des réflexions participatives au niveau communal et le pays apparaissait alors comme une évidence d’autant que sur un plan pratique deux initiateurs de l’expérimentation étaient déjà membres du bureau du CLD.
Le président du CLD participa d’ailleurs à la première soirée qui se déroula sur la commune de Lemps et se dit très intéressé et tout disposé à faire en sorte que le CLD collabore avec l’association Organiser la Démocratie Participative sur ce type d’action.
Cette première soirée à laquelle participa M François Auguste, alors Vice Président de la région en charge de la Démocratie Participative fut un succès en terme d’intérêt et fréquentation des habitants et mobilisation des élus locaux qui mirent la salle communale à disposition gratuite et s’investirent dans l’organisation.
Un groupe de travail se constitua afin de pouvoir prolonger l’expérience sur d’autres communes ; plusieurs réunions furent organisées ‚et le lien se renforça avec le CLD Ardèche Verte qui dans le cadre d’un atelier déjà existant dit Atelier Démocratie Participative souhaita s’investir sur cette action qui correspondait rigoureusement à sa mission n° 4 de sensibilisation, information de la société civile destinée à faire connaitre le pays et son CLD comme outils participatifs ouverts aux acteurs locaux dans le cadre des politiques d’aménagement et développement du territoire par les contrats régionaux .
Une dizaine de personnes de ce groupe de travail suite à une réunion d’information sur le pays souhaitèrent s’inscrire comme membre du CLD ; de son côté le bureau du CLD avait validé la participation du CLD à cette action qui devait être présentée aux élus du Comité de Pilotage le 26 novembre 2009 à St Jean de Muzols.
L’expérimentation prenait donc forme positivement et la soirée de Lemps allait pouvoir se dupliquer sur d’autres communes du territoire : des rendez vous avaient d’ailleurs été pris à ce sujet avec le maire de Tournon sur Rhône et le Président de la Communauté de Communes du Haut Vivarais.
2.2 Où la démocratie rencontre ses limites
Pourtant, entre temps, le président du CLD avait été renouvelé et son successeur afficha d’entrée son opposition à ce type d’action de terrain, sa volonté de restreindre les activités du CLD à la participation aux réunions organisées par le Syndicat Mixte et de mettre en place un portage du poste d’animateur du CLD par le Syndicat Mixte, processus sur lequel il s’était déjà personnellement accordé avec le Président du Syndicat mixte Ardèche verte à l’origine de cette proposition de portage.
Le bureau du 5 octobre 2009 du Conseil Local de Développement en validant la participation du CLD à l’action expérimentale, en l’orientant résolument vers sa mission de démocratie participative de terrain et en choisissant une autre orientation que le portage de poste proposé se heurta de front aux souhaits déjà programmés des deux présidents, du Pays et du CLD.
Cet état de fait fut le déclencheur d’une interruption brutale de l’expérimentation et d’un long processus de décomposition du CLD. La présentation de l’action prévue au Comité de Pilotage le 26 novembre 2009 n’eut pas lieu. Suite à une violente intervention du président du CLD , le président de séance (pdt du Pays) a clos la séance sans laisser la présentation avoir lieu. Il déclara par ailleurs aux élus du Comité de Pilotage que cette action n’était pas soutenue financièrement par la Région.
3. Un épilogue provisoire … de faible niveau démocratique.
3.1 Jeux d’experts du pouvoir …
Suite à ce comité de pilotage, les élus ressentant fort bien le positionnement négatif du Président du Syndicat Mixte envers cette expérimentation annulèrent leurs rendez vous , Monsieur Jacques Deplace et moi-même, Georges Di Girolamo, furent exclus du CLD , puis plus récemment à nouveau exclus de la phase constitutive du nouveau CLD porté par le Syndicat Mixte par l’intermédiaire d’un bureau d’études à la commande précise (pour 10 000 €). Ce nouveau CLD étant clairement un instrument et une émanation du Syndicat Mixte.
Une requête auprès du Tribunal administratif est en cours à ce sujet.
Bien que positivement engagée et bien accueillie, l’expérimentation a été « cassée »par les présidents du CLD et du Pays. Venait-elle contrarier leur propre projet et bousculer leurs pouvoirs ? Les principes de l’ouverture à tous et d’indépendance des CLD, pourtant affichés clairement dans les délibérations régionales, ont été tranquillement violés. Le poids politique démesuré du président du Pays , député et maire, membre éminent du Parti socialiste dirigeant la région en lien étroit avec la rapporteuse régionale, le vice président en charge des territoires et le président de Région.
3.2 … et bénévolat citoyen.
De ce fait le groupe de travail constitué s’est découragé, les projections ont été interrompues, les personnes ayant par écrit demandé l’adhérer au CLD n’ont jamais eu de réponse ; le syndicat Mixte sous l’impulsion de son président, a mis en place un nouveau CLD, non indépendant, simple annexe du Syndicat Mixte qui décide de son statut et de sa composition.
Le programme expérimental n’a donc pu être réalisé pleinement, et cinq soirées seulement ont été organisées : la soirée inaugurale à Lemps et son avant première à Etables, une soirée vidéo de visionnage des débats des deux premières soirées, et plus récemment dans des conditions moins propices, suite au problèmes rencontrés au sein du Pays , une soirée sur la commune de Nozières , une soirée sur la commune de St Jean de Muzols en présence de Madame Lela Bencharif, vice présidente de la région .
4. Une évaluation nécessaire.
4.1 Une action utopique ?
L’arrêt brutal de l’expérimentation, pourtant bien engagée et bénéficiant de l’aide financière de la Région a parasité l’expérience et rendu difficile une véritable évaluation quant à l’ impact possible d’une telle action sur l’amélioration de la participation des habitants du pays , mais a surtout révélé des dysfonctionnements importants de notre démocratie locale et fait ressortir un questionnement de fond sur l’organisation régionale en matière de soutien à la démocratie participative.
Concernant l’évaluation de l’action, en rapport avec les buts fixés au départ d’amélioration de la démocratie locale ‚on peut remarquer que le contact direct et personnel avec des élus communaux s’est bien passé et qu’apparemment les élus des communes , maires et conseillers ‚sont prêt à jouer le jeux de la participation sur les bases proposées ; côté population , le fait qu’après la soirée inaugurale se soit constitué un groupe de travail et qu’une dizaine de personnes aient fait la démarche d’adresser une demande écrite d’adhésion au CLD Ardèche Verte, est un signe encourageant quant à l’intérêt de l’expérience et l’efficacité de sa méthodologie globale /locale .Ces aspects positifs n’effaçant pas pourtant les tendances négatives lourdes repérées au départ et qui ont été confirmées : une grande majorité de citoyens est difficile à mobiliser et les citoyens « militants » sont très méfiants vis-à-vis des élus et de l’institutionnel.
4.2 Pistes critiques et propositions.
Néanmoins, globalement, l’expérience et sa méthode s’est révélée positive au moins pour les cinq soirées organisées (Voir Compte rendu plus détaillé joint)
Concernant le (dys) fonctionnement de la démocratie locale, il a été au contraire mis en évidence, au niveau des instances intercommunales, et donc d’échelons représentatifs plus professionnalisés, de la réelle difficulté pour les élus à ce niveau d’accepter le principe de démocratie participative ; du moins si ce terme prend son vrai sens et dépasse l’utilisation qu’ils peuvent eux-mêmes en faire ; en effet l’élargissement et le développement du CLD, instance locale officielle de démocratie participative, dans le sens de sa mission de mobilisation des acteurs locaux à participer aux politiques locales ont été fortement contesté et refusé par les deux présidents qui ont souhaité imposer un CLD relié étroitement avec le Syndicat Mixte ‚et en définitive très peu autonome.
Le compte rendu des soirées vidéo et le témoignage qui peut être sollicité de Monsieur François Auguste et Madame Lela Bencharif Vice-présidents à la Démocratie Participative qui ont assisté à deux soirées montre clairement l’intérêt du processus expérimental engagé et rend d’autant plus incompréhensible la réaction des deux présidents.
Le contexte local explique pourtant bien les choses : dès l’origine le CLD Ardèche Verte a été vécu comme une obligation administrative par les élus du Comité de Pilotage du Pays ; il s’est constitué sur une base sociologique et géographique étroite et très déséquilibrée et en cela contraire aux prescriptions régionales … les divers présidents du CLD étaient ou président de la CCI ou présidents de l’Office du Tourisme d’Annonay ….le CLD s’est constitué sans jamais rédiger de règlement intérieur ; sur ces deux éléments en contradiction avec les prescriptions de la région ni le rapporteur régional , ni le chef de projet , ni les services de la région n’ont fait leur travail : la région n’aurait jamais du accepter de financer un CLD non doté d’un règlement intérieur.
Un CLD confidentiel de quelques « initiés » locaux, faisant corps avec les élus au sein de la même entité dirigeante, convenait très bien à tout le monde . L’expérimentation en cours, du fait de son possible succès venait bousculer cet équilibre assez convivial mais peu républicain : des réunions dans les villages, des personnes qui s’inscrivaient au CLD ! Où allait-on ?!
Les chargés de mission eux-mêmes, comme c’est souvent le cas, les élus par nécessité s’appuyant beaucoup sur eux du fait de leurs activités cumulées, étaient d’autant moins enclins à partager leur « pouvoir » qu’ils percevaient clairement le positionnement de leurs employeurs.
Enfin, comme déjà indiqué, le fait de cumul de mandats nationaux et locaux, fausse la vie politique locale en y insérant des relations de pouvoir tout à fait anormales et anti démocratiques. La pratique de la réserve parlementaire rajoutant encore de la pollution et de l’immoralité.
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Ces dérives qui sont connues mais jamais réellement remises en cause ou même discutées sont incompatibles avec la politique régionale de soutien à la démocratie (démocratie représentative et participative étant deux faces de la même médaille)
Conclusion provisoire.
En conclusion et en terme de préconisation suite aux résultats de l’expérimentation, nous citoyens de Rhône Alpes, demandons au conseil régional d’organiser des réunions de travail sur ces problématiques ; serait abordé le rôle et le fonctionnement des CLD et la méthode à mettre en œuvre pour les développer ; le CLD Ardèche Verte pourrait servir de champ d’expérimentation pour reconstruire une dynamique participative . Serait étudié le rapprochement des services démocratie participative ( Lela Bencharif) et territoire( Hervé Saulignac ) concernant les CLD. Même si les décisions les concernant dépendent « du législateur », Le problème des cumuls de mandats, notamment pour la présidence du pays devrait aussi être abordé.
Dans le contexte actuel de crise profonde de la gouvernance (et du reste !), dans la perspective des réformes territoriales qui en supprimant les pays qui assuraient le lien élus/ citoyens et la relation villes/campagne, l’élargissement des échelons territoriaux ayant naturellement tendance à accentuer l’aspect technique et gestionnaire de la gouvernance et à creuser le fossé entre les citoyens et leurs représentants, la région doit, suite à cette expérimentation, assez réussie au final ‚assumer dans les faits ses discours de soutien à une démocratie participative , aujourd’hui plus qu’avant, complètement nécessaire.
Réunions publiques de village autour du thème central
“Crise globale ! Solutions locales ?”
introduit par un film réalisé par Jo Di Girolamo.
Cinq soirées ont été organisées, préparées par des réunions intermédiaires notamment avec les équipes municipales de Lemps, Nozières, St Jean de Muzols. Elles visaient à la prise de conscience de la situation de crise dans laquelle nous sommes entrés et des solutions locales possibles que nous pouvons y apporter. Celles-ci étaient conditionnées par un lien étroit entre les élus locaux (municipaux, communautaires) et les citoyens de tous métiers, quelle que soit leur orientation politique. C’est la raison de la sollicitation des maires et de leur équipe municipale.
Animées par Jacques Deplace sous diverses contraintes visant à la démocratie la plus vivante :
Organisation de l’espace de la salle en hémicycle afin que tous les participants puissent se voir. La réorganisation des chaises entre une disposition centrée sur l’écran (pour le film) et un échange généralisé est un des temps de cette démocratie : les participants organisant eux-mêmes l’espace de leurs échanges plutôt que subir une parole verticale depuis une tribune avec des questions qui restent toujours posées au centre.
Distribution et régulation de la parole : pour éviter à la fois les apartés gênants et non participatifs comme les échanges incompréhensibles par excès d’intervenants simultanés.
Relance des thèmes de débat à partir des interventions des participants pour y inclure au maximum les apports de chacun.
Elaboration en direct d’une synthèse qui tente de faire percevoir aux participants la production commune de connaissances réalisée pendant ce temps d’échanges.
1. Etables (Maison de Pays de l’Ay au Doux 1) / 14 mars 2009⁄75 personnes
Lancement de l’opération dans un lieu dédié aux rencontres citoyennes comme à l’accueil de porteurs de projets ou à la présentation-vente de produits de pays.
Première présentation du film
2. Lemps (Salle des fêtes) / 26 mars 2009 130 personnes
Réunion publique longuement préparée avec le maire et l’équipe municipale, présents lors de cette réunion.
Film réalisé par Atelier Images (?) de la MJC d’Annonay
Présence de François Auguste (VP RégionRhpône Alpes en charge de la Démocratie participative) et du président (Michel Suzzarini) du CLD Ardèche Verte
3. Etables (Maison de Pays de l’Ay au Doux 2) / 20 janvier 2010⁄24 personnes (7 excusées)
Retour sur le film pris lors de la réunion de Lemps, en quelque sorte un film sur le film : analyse critique des échanges.
Présence d’un vice-président du CLD Ardèche Verte (Jean Chataignier, qui en deviendra président le 11 février). Notons qu’à l’issue de la réunion, 10 personnes ont manifesté leur désir de participer au Conseil Local de Développement et ont demandé leur adhésion … sans réponse à ce jour !!!!
4. Nozières (salle municipale) / 18 février 2010⁄60 personnes
Notons pour ce débat l’échange dense et passionné entre les partisans d’une contre-société, en dehors des institutions et ceux, partisans d’une transformation, certes difficile, de celles-ci. Des citoyens de Lamastre organisés dans l’association « Grains d’ici » présentent le programme de leur prochain « Forum des energies » dont les thèmes de réflexion-action et les méthodes de réunions rejoignent les nôtres. Notons qu’ils auront une grande difficulté à trouver une salle devant la mauvaise foi évidente de la mairie de Lamastre. Sur nos conseils, ils utiliseront des moyens juridiques rapides pour ramener la mairie à la simple légalité.
5. St Jean de Muzols / 26 mars 2011⁄80 personnes
Débats autour d’apports introductifs sur divers sujets :
Production paysanne de viande et race locale (par Frédéric Duvert)
Réalisation d’un réseau d’échanges en monnaie locale (la “mesure”) à Romans, par Thomas Heuriez qui présente aussi la chaussure éthique locale à travers l’entreprise “made in Romans” …
Construction de maison en paille (par Lionel Chauvet de l’association Terre de Sienne)
Débat général autour du lien à établir entre ces domaines : monnaie, habitat-énergies, alimentation …activités associatives et
La participation de Lela Bencharif Vice présidente Région Rhône alpes, en charge de la démocratie participative permet d’aborder la question du politique comme lieu de construction – difficile – du bien commun.
Éléments d’analyse.
Sur le total des 370 participants, il y a évidemment une part ( une petite vingtaine) de personnes du noyau militant qui se retrouvent. Cela fait cependant quelque 300 personnes concernées. Cela couvre toutes les générations, avec une dominante cependant des 40 – 60 ans.
Nous pouvons repérer les avancées démocratiques :
Perception de modes possibles d’échanges malgré les différences de langage, de perception, liées aux métiers, aux âges, aux orientations idéologiques (le terme est un peu lourd ici).
Perception d’une construction possible d’un monde commun avec une certaine autonomie locale : “ce qui dépend de nous”. Cette relative autonomie, qui ne signifie pas autarcie concerne l’ensemble des secteurs de notre vie quotidienne.
Connaissance partagée des structures existantes de la démocratie participative, notamment le Conseil Local de Développement. Ceci en complément d’une perception plus fine de la proximité des Conseils municipaux directement élus par les citoyens.
Même la perception des limites de l’action peut être mise au compte de son apport : il faut du temps pour construire ce monde commun et renforcer les liens citoyens nécessaires.
@ Di Girolamo,
finalement on voit bien que le facteur politique freinant la progression de vos initiatives est directement lié aux résultats des élections,
pour faire sauter le verrou, à mon avis, deux échéances devraient mobiliser ce qui reste de troupes : les législatives et les municipales.
il faut au moins faire tomber cet olivier Dussopt, député-maire d’Annonay et président du syndicat mixte du pays ardèche-verte(http://fr.wikipedia.org/wiki/Olivier_Dussopt) ne serait-ce que pour le salut public, c’est-à-dire avant qu’il ne nuise à niveau supérieur de responsabilités, car il est encore bien jeune et a de belles années de rapt politique devant lui. Son parcours montre bien pourquoi il a adopté de teles positions envers la participation citoyenne, puisqu’il est lui-même un ancien chargé de mission spécialiste en développement territorial,
fonction qui consiste souvent et surtout dans le cadre des pays, à mobiliser énergies et subventions en vue d’une extension des profits des membres influents des CCI et chambres d’agriculture et point du tout à générer des alternatives…ça c’est pour les beaux discours et la façade…l’ »attractivité du territoire », c’est pour financer publiquement la com des entreprises de tourisme et pas pour rendre la vie locale plus agréable…
stratégiquement, une alliance des verts locaux et du FdG devrait se construire pour lui ravir ses mandats, en s’appuyant sur ce document, qui, j’en suis sûr, ne constitue qu’un exemple parmi d’autres d’usurpation de pouvoir.
le député Jean-Jack Queyranne, Président de la région Rhône-Alpes est lui aussi membre du bureau national du PS, avec derrière lui un beau parcours de professionnel de la politique, il est cependant adhérent d’une autre tendance que celle du député-Maire d’Annonay (ce qui peut servir ta cause)…(http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Jack_Queyranne),
et décidément, comme on est là face à une véritable mafia, très semblable au « système PS » en Bretagne (là-bas directement lié à Véolia environnement…qu’en est-il en Rhône-Alpes?), il vous faudra également vous attaquer au député de l’Ardèche, président du Conseil Général, Pascal Terrasse(http://fr.wikipedia.org/wiki/Pascal_Terrasse), cumulard lui aussi très occupé, son business étant plutôt orienté sur les grabataires qu’il s’agissait de rendre solvables avec l’APA, il est tout de même membre des Conseils de Surveillance du Fonds de financement de l’allocation personnalisée d’autonomie, de l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale et de la Caisse nationale d’assurance vieillesse des travailleurs salariés ainsi que membre du Conseil d’orientation des retraites (COR).
Il intervient actuellement à Sciences-Po Paris dans le cadre de l’Executive master Politiques gérontologiques et gestion des EHPAD.
et également membre du bureau national du PS (décidément!) et chargé de la commission de contrôle des comptes (ce qui en soi devrait l’occuper à plein temps rien que sur le CG 13 et Marseille),
bref vous êtes sur des gros gros poissons…des vaches sacrées, le dernier ayant été élu député avec 61% des voix !
j’ai également lu le schéma d’orientation du Pays Ardèche verte, un Powerpoint artisanal dégoulinant de bonnes intentions, avec tout de même le constat du dysfonctionnement du CLD, et surtout un magnifique aveu sur ce que sont vraiment ces « machins » politiques que sont les pays, puisqu’on y déplore dans le diagnostic la concentration des actions de l’exercice précédent sur le domaine « économique »,
mais on enchaîne plus loin sur le « problème » de l’émiettement des parcelles pour la mise en valeur de la « filière bois », véritable « potentiel », là où on s’attendait à des recommandations en matière de préservation d’espaces pour les humains et les animaux, en cohabitation harmonieuse, nous voici face à un territoire « à exploiter » plus « rationnellement »…même si bien-sûr tout n’est pas à jeter dans les « fiches action »…on est bien loin de la « planification écologique » et de la « démocratie participative »…
les mots sont importants : un « dispositif de concertation » n’a rien de contraignant du point de vue décisionnel, il s’agit d’une simple caution « démocratique »,
m’est avis qu’intégrer ces instances consultatives, de concertation, etc., qui sont en fait des opérations de com pour mieux faire accepter les projets déjà établis et les améliorer très à la marge, ne peut avoir de sens qu’à la condition d’avoir bien préparé des contres-argumentaires pour mettre les « rapporteurs » face à leurs contradictions, et éventuellement pour rester intégrés aux avancées des travaux des décideurs afin de mieux alimenter des actions d’information et d’agitation visant à perturber le train-train communicationnel habituel suintant les bonnes intentions et la concorde publique,
bref, mieux vaut prioritairement agir en dehors de tout ça pour être un grain de sable efficace…et continuer ces séances de projection qui n’ont pas besoin de tampon officiel ni de subventions pour s’organiser et être des réussites…de même pour une newsletter et une liste de diffusion servant de contrepoint à la propagande des plaquettes officielles en papier glacé et aux divers bulletins masquant soigneusement les choses qui fâchent, tout comme la presse locale structurellement trop dépendante de ses sources « officielles » et des encarts publicitaires locaux pour s’attirer les foudres des élus et des pontes des CCI, CA, etc.
en tout cas, bravo pour ton combat ! 😉
Sitouaillain
À chaud avant de réfléchir plus avant sur ta réaction toujours bien documentée comme à ton habitude : tu es quelqu’un de précieux… à ce niveau là (!)
En fait ton argumentation sur les moyens se retourne à l’avantage de la mienne : ce que toi tu sais et moi par expérience, la population lambda est très loin d’imaginer un tel bouclage politique même si intuitivement les gens en savent beaucoup ;
Il est donc très intéressant de prendre au mot la loi ( la constitution , les CLD ) et de la faire appliquer ; ç’est une stratégie très révélatrice de l’existant et propre à ouvrir les yeux à beaucoup ; l’expérience m’a montré que les gens sont très très soumis à l’institution et n’osent pas rentrer en conflit ; aussi que les politiques sont très très frileux vis à vis de cela, très corporatistes quelque soit leur éthiquette politique ; la vice présidente de région en charge de la démocratie participative( bien que nous (un nous maintenant très restreint )soutenant n’a pas osée bouger une oreille ; chez les FDG c’est pareil ; il a fallu mon courrier aux conseillers régionaux que je te copie colle dessous pour qu’enfin Queyranne réponde .Dussopt est intouchable . Mais là je crois l’avoir touché.
Donc l’effet de ce positionnement fait office de révélateur et refuse ce jeu politique où quelque soit les partis c’est la même attitude .
De plus les CLD sont (comme les premiers articles de la constitution http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/mon-bulletin-de-vote-pour-ces-115068?pn=1000 ) sont de merveileux outils de participation : imagines toi leur impact si ils étaient réellement utilisé pour ce qu’ils sont et de vrais outils de réflexion collectif dans nos communes .
Ce que redoute par dessous tout nos représentants c’est que leurs représentés s’emparent des problèmes et y réfléchissent ; les réunions publiques montrent alors que le savoir des élus est souvent très limité !
Concernant des espaces citoyens autonome de l’institution : ça gêne beaucoup moins le système ; même pas du tout : ça reste du contre pouvoir et le contre pouvoir est accepté ; il rentre dansle jeu d’une démocratie du choix . C’est le pouvoir qu’il faut revendiquer.
De plus les lambda sont généralement très réticent à venir s’il y a une connotation politique : c’est comme ça . Et vice et versa les militants en organisant eux même hors de l’institution préfèrent ce fonctionnement en contre pouvoir .…
Bon c’est l’heure de manger mon petit fils vient me dire bonjour ;;;;j’arrête provisoirement et te copie colle mon courrier à la région :
Politique le l’Autruche à la Région
Mesdames Messieurs les Conseillers Régionaux
Vous trouverez ci-joint le Compte Rendu d’une expérimentation qui a été soutenue par la Région Rhône Alpes. Ainsi qu’un courrier à Monsieur Jean- Jack Queyranne qui accompagnait ce Compte Rendu.
Si nous vous informons et faisons appel directement à vous Conseillers Régionaux c’est que Monsieur Queyranne, sans doute pour des raisons compréhensibles de solidarité avec un collègue élu*, ne souhaite pas nous répondre et ne souhaite pas notamment préciser si la composition des Conseils Locaux de Développement est librement organisée par le CLD lui même, ou si au contraire le Chef de Projet et le Rapporteur Régional ont compétence pour choisir ou exclure les membres.
Nous reprochons en effet au président du Syndicat Mixte Ardèche Verte (entre autres mandats ou responsabilités) d’intervenir sur la composition du CLD Ardèche Verte en excluant des personnes et sur son fonctionnement en le réduisant à une simple annexe du Syndicat Mixte par le biais d’une prestation payante d’un bureau d’étude.
De deux choses l’une : ou notre point de vue est juste : les CLD sont par nature des structures citoyennes qui bien qu’encadrées précisément doivent rester indépendantes , ou nous nous trompons et interprétons mal les délibérations régionales et les divers textes officiels concernant les Conseils locaux de développement.
C’est de clarté dont nous avons besoin ; nous vous serions donc très reconnaissants de nous indiquer si vos délibérations (Délibération n° 05.07.805 du Conseil Régional) prévoient que le chef de projet et le rapporteur régional ont compétence pour intervenir sur la composition et le fonctionnement du CLD ou si le CLD s’organise librement dans le cadre de ces délibérations.
Nous vous serions très reconnaissants de solliciter Monsieur le président de région pour, comme nous lui avons demandé, provoquer une rencontre de travail à ce sujet. Il ne s’agit pour nous en aucun cas de régler des comptes mais de faire appliquer les règles concernant les Conseils Locaux de Développement qui nous semblent être des avancées démocratiques majeures pour activer des liens aujourd’hui si nécessaires de collaboration entre les élus locaux et les acteurs des territoires.
Nous sommes Mesdames Messieurs les Conseillers Régionaux, à votre entière disposition pour des informations complémentaires.
PS : Le TA de Lyon est saisi concernant des exclusions abusives/ La chambre régionales des comptes alertée sur le non respect des règles d’attribution des aides régionales au CLD Ardèche Verte (depuis sa création le CLD Ardèche Verte a vécu en circuit fermé sans se doter de règlement intérieur)
Monsieur Olivier Dussopt a été rapporteur régional concernant le Contrat de Pays Ardèche Verte et le CLD de 2006 à 2008 ; en 2008 il devient Président du Syndicat Mixte et Chef de Projet .Il est maire d’Annonay, député de l’Ardèche, Vice président de l’Association des petites villes de France, Vice Président de la Fédération Nationale des Elus Socialistes et Républicains, Secrétaire National au Territoire au sein du parti Socialiste.
On a à faire ici à un cas d’école de ce qu’il ne faut pas faire en terme de cumul abusif de mandats mal assortis : confier la présidence d’un SM de Pays à un élu aussi important sur le plan local, régional, et national pèse de fait et mécaniquement d’un manière très négative sur le fonctionnement et les missions même du Pays .
La vocation essentielle d’un pays est en effet de mobiliser la créativité et la mise en mouvement des acteurs locaux en terme de matière grise et d’action solidaire pour aménager et développer un territoire ; c’est une forme de gouvernance du bas vers le haut ; d’où la présence et l’importance d’un CLD qui doit être un relai, un lieu de liaison et de mise en synergie des acteurs territoriaux entre eux et avec les élus décisionnaires ; c’est donc tout le contraire d’un processus institutionnel vertical administré et pensé d’en haut . En ce sens un président du pays cumulant des hautes fonctions nationales et politiques ‚chargée d’un poids institutionnel fort , d’une haute autorité n’est pas le profil le mieux adapté à cette mission et à la nécessaire et spécifique méthodologie pays ; d’autre part c’est une tâche d’animation et mise en œuvre lourde nécessitant beaucoup de temps et de disponibilité , ces deux éléments étant peu compatibles avec le cumul de missions nécessitant pour chacune d’entre elle , plus qu’un temps plein de travail ! Enfin le cumul aussi important produit mécaniquement un pouvoir de fait démesuré, une influence disproportionnée pouvant donner lieu pour le moins à une auto censure chez les acteurs n’osant pas s’exprimer librement, à une certaine soumission naturelle à l’autorité, ou au pire à des abus de pouvoir. Il est très difficile aussi d’éviter l’effet de cour, processus relativement naturel ; il faut rappeler le poids que peut représenter un député auprès d’un élu local ; certaines dépendances indirectes non négligeables en terme d’avantages pour sa commune bien au-delà des fameuses et contestables enveloppes parlementaires.
Il est donc très difficile à un député maire président de susciter spontanément l’initiative et l’innovation et la pente naturelle liée à ce cumul est beaucoup plus d’aller vers des contrats classiques, relativement scolaires dans les constats et assez administratif dans l’application ; on aboutit donc logiquement à des contrats se réduisant à des guichets en définitive assez lourds et coûteux en terme de distribution de l’argent public. Bref tout le contraire des effets d’annonce des futures politiques régionales.
L’histoire du CLD Ardèche Verte dont M Dussopt fut le rapporteur régional de 2006 à 2008 puis Chef de projet à partir de 2008 illustre parfaitement les conséquences très négatives que cette situation de cumul peut induire et devrait inciter la région à demander que pour ses contrats de développements la présidence du SM soit confié à un élu de base qui aurait sans doute plus de temps et de cœur à l’ouvrage pour son territoire et un profil plus adapté pour réellement développer le pays.
Depuis l’origine le CLD Ardèche Verte a été subi par les élus comme une contrainte administrative, beaucoup plus que comme un atout et une opportunité. La collaboration avec des citoyens non élus était très mal comprise et perçu comme peu légitime par les élus ; cela parce qu’il n’y a pas eu de travail préparatoire à son intégration sur le Pays , et que le rapporteur régional et le chef de projet n’ont pas assumé sérieusement leur mission d’interface ni de réelle présence au sein du CLD . Ils n’ont pas même su vérifier sa conformité en terme de représentativité territoriale ou la présence d’un règlement intérieur, le minimum pour qu’il fonctionne correctement ; la région a ainsi financé un organisme non conforme à ses propres délibérations et voué dès l’origine à un mauvais fonctionnement.
Il semble évident que ces écarts d’avec les règles de délibération régionale auraient été bien plus facilement corrigées si le chef de projet avait été un élu de base , le rapporteur régional aurait plus facilement pu l’interpeller sur les demandes de la région ; dans la mesure où les postes de rapporteur et de chef de projet se sont chevauchés sur la même personne et que de plus cette personne était une haute personnalité , personne ne s’est senti habilité à intervenir ; dans la suite les relations entre M Dussopt et les rapporteurs régionaux étaient plus des relations « d’amitié » ou copinage comme on voudra que des relations administratives ; cet état de fait s’étendant d’ailleurs vers les autres acteurs institutionnels.
De ce fait le CLD Ardèche Verte a fonctionné plusieurs années en circuit fermé, il est resté un organisme confidentiel n’assumant pas sa mission d’information et sensibilisation des acteurs locaux ; ses membres actifs, bureau et CA était des personnes essentiellement résidentes sur Annonay et proximité et issue d’une même classe sociale ; les présidents successifs du CLD ont été ou président de CCI ou président d’office de Tourisme ou d’une association de développement économique Annonéenne. Bref une représentativité territoriale et sociale très exigu, de personnes se trouvant en terrain de connaissance avec les élus locaux.
C’est dans ce contexte très peu actif, d’un CLD élitiste et fermé sur lui-même , au demeurant fort sympathique mais en dehors de toute règle ou efficacité dans ses missions , que le président, M Suzzarini par ailleurs président de l’office de tourisme d’Annonay pour des motifs personnels démissionna du CLD remplacé par M Louis Claude Gagnaire Président d’une Association de développement économique à Annonay qui ‚seul candidat ‚fut élu à main levée alors que les prescriptions régionales imposent le vote à bulletin secret ; aussitôt élu il entama sa présidence en annonçant avec autorité qu’il s’était entendu avec M Olivier Dussopt que par ailleurs il connaissait bien pour faire porter le CLD dans son animation par le Syndicat Mixte. Cette décision qui officialisait en quelque sorte la situation d’un CLD peu actif qui allait recentrer essentiellement son action au sein du Syndicat Mixte et des commissions de travail thématique a été présentée par M Louis Claude Gagnaire comme un fait accompli sans discussion possible.
Étant moi-même depuis peu membre du bureau du CLD je suis intervenu proposant une réflexion collective du bureau du CLD sur le choix de ses orientations avant toute décision hâtive ; ce travail s’est soldé par le choix d’une nouvelle orientation beaucoup plus axée vers l’action de terrain de sensibilisation information mobilisation des acteurs correspondant à la mission 4 du CLD et devant ainsi le faire connaître et dynamiser ; dans la logique de ce choix , il a été décidé de conserver la maîtrise du poste de l’animation et de refuser la proposition du Président du SM ; cette nouvelle orientation du CLD passerait dans un premier temps par une participation à l’expérimentation dite « comité de villages » déjà entamée dans le cadre d’une subvention régionale ; ( le CR de cette expérimentation est en PJ ) Il existe un compte rendu de cette décision et du vote du bureau du CLD concernant ces choix qui a été déposé au Tribunal Administratif. .
A partir de là M Louis Claude Gagnaire fit tout ce qu’il pu en tant que président pour contrer ces nouvelles orientations pourtant légitimées par délibération et vote du bureau. Son attitude en introduisant le conflit pesa très négativement sur un CLD très fragile. Beaucoup de membres se sont distanciés craignant de mécontenter l’institution représentée par M Olivier Dussopt .
Dans la suite du bureau du CLDet à sa demande je fus en charge de présenter aux élus lors d’un Comité de pilotage ces nouvelles orientations du CLD et notamment l’action expérimentale dont il est question ici. Je fus pris dans ce qui m’apparais aujourd’hui avec le recul du temps dans un véritable guet apens : le président de séance, président du SM et chef de projet , M Olivier Dussopt ‚avant de me donner le parole mentit à deux reprises( je ne sais pas quel autre terme employer pour deux annonces fausses et connues par lui comme telles ) : alors que l’action que j’allais présenter avait fait l’objet d’un vote du bureau du CLD il l’indiqua comme personnelle (« certes M Di Girolamo est très attaché personnellement… ») , alors qu’elle avait déjà obtenue une subvention de la région il indiqua aux élus qu’elle ne serait pas aidée ( « mais la région ne soutiendra pas financièrement … ») , puis il me donna la parole ; je n’eu pas le temps de réellement m’exprimer puisque j’ai été immédiatement et violemment interrompu injurié et menacé d’exclusion par le président du CLD , M Louis Claude Gagnaire : « M Di Girolamo est un fauteur de troubles , nous allons l’exclure du CLD » criait il violemment soutenu dans ses invectives par un autre membre du bureau ; le président de séance, au lieu de rétablir l’ordre et me redonner la parole , laissa les invectives se poursuivre longuement , puis se tourna vers moi en me reprochant publiquement de ne pas l’avoir prévenu des désaccords ( qu’il connaissait pourtant parfaitement ) puis il clôt la séance en prétextant la nécessité de « libérer la salle pas trop tard ».
A partir de là les dés était jetés : les élus interloqués perçurent immédiatement le positionnement de leur président ; ceux avec lesquels j’avais pris des rdv pour mettre en œuvre l’expérimentation sur leurs communes annulèrent leur rdv . Au sein du CLD cet incident créa des tensions ; le président conforté par l’incident et le positionnement du chef de projet , indiqua que c’était bien regrettable mais « comme les élus sont opposés à ce genre d’action ‚ce que j’avais d’ailleurs prévu, nous allons donc recentrer le CLD sur sa vraie mission et réactualiser le portage du poste d’animateur par le SM » ; la boucle était bouclée ou presque puisque deux membre du bureau du CLD (moi-même et une autre personne) souhaitions ne pas céder face à la violence et l’abus de pouvoir et demandions la mise en application stricte des prescriptions régionales : rédaction d’un règlement intérieur ; respect des missions du CLD notamment sa mission 4 de sensibilisation et information des acteurs locaux .
Ces prises de position nous valurent d’être exclus par courrier simple : l’absence de règlement intérieur permettant tout, même exclure sans réunion du CA ! D’autant que cette exclusion avait été validée quelques jours avant dans un entretien entre le président du CLD et M Dussopt président du pays ; le Compte rendu de cet entretien est en PJ au tribunal administratif ; les deux hommes prévoient mon exclusion et la reconstruction d’un nouveau CLD.
Notre résistance et refus de l’exclusion contraint le président du SM à faire dissoudre le CLD et embaucher un bureau d’étude pour en recomposer un nouveau ; cela dans le refus absolu du dialogue. En coulisse le rapporteur régional était informé par M Dussopt de conflits de pouvoirs et volonté de puissance .Nous fûmes exclus une seconde fois, cette fois ci par le chef de projet et le rapporteur régional ( qui il faut le signaler n’ont à aucun moment été présent lors de cette phase de reconstruction) : nous gênions la reconstruction en informant les participant de l’existence des prescriptions régionales , ces informations risquant d’empêcher ce qui était prévu : recomposer un CLD en annexe du SM qui porterait le poste d’animation du CLD , cela grâce à la prestation d’un bureau d’étude payé pour livrer un CLD clé en main au syndicat Mixte. Cette manipulation a d’ailleurs été dénoncée par des participants au président de région qui n’a jamais répondu.
La stratégie employée par M Olivier Dussopt pour mener ces opérations a toujours été la même : aviver et valoriser les divisions au sein du CLD, puis prendre à témoins les élus et chargés de missions, le rapporteur régional, le vice président en charge du Territoire … de ces déviances et luttes d’influence et de pouvoir ! Et comble d’ironie , alors qu’on a été rapporteur régional et qu’on est aujourd’hui chef de projet ‚et qu’on ne s’est jamais soucié de l’application des règles , s’appuyer sur le non respect des règles au sein du CLD pour le dissoudre, exclure les personnes gênantes qui elles mêmes dénonçaient les manquements, et avaient entamé une redynamisation du CLD ( suite aux réunions que nous organisions 10 personnes ont exprimée par écrit leur volonté d’adhérer au CLD ; le président du CLD ne leur a jamais répondu )les salir habilement sans les désigner jamais nommément.
Conclusion
Les problèmes et dysfonctionnements décrits ci-dessus, même s’ils dévoilent des comportements beaucoup plus tournés vers le carriérisme que l’intérêt général, n’ont aucun intérêt en terme de jugement sur des personnes mais doivent être analysés pour améliorer le fonctionnement des contrats de pays ‚et accessoirement de la région !
à un moment de l’histoire humaine où les problèmes vont avoir de plus en plus de mal à être traités sectoriellement : la société formant un ensemble complexe qui ne pourra plus se traiter par morceaux mais dans le cadre d’une réflexion globale et mondiale sur le sens même des sociétés humaines sur la planète , les pays, territoires locaux sont cette immense opportunité d’être au local des laboratoires complets et transversaux pour faire émerger et expérimenter du projet .
Ce renversement de la gouvernance a besoin de tous les acteurs élus et non élus ; d’où l’importance des pays et leurs CLD.
Mon contact : Georges Di Girolamo [email protected]
PS : Pour être tout à fait complet GG
Concernant le cumul des mandats : si j’ai eu affaire à M Olivier Dussopt en tant que Président du Syndicat Mixte, j’ai aussi eu affaire à lui en tant que député :
- à ma demande il s’était occupé de poser 2 questions écrites au ministre de l’agriculture concernant d’une part le lien entre la nomination des délégués communaux SAFER et l’obligation qui leur était faite d’adhérer au syndicat agricole majoritaire et d’autre part la non obligation légale d’information de la vente de parcelles agricoles ; il avait délégué cette mission à un de ses collaborateurs ; je me souviens avoir du réécrire moi-même les questions qui étaient mal posées et aussi d’avoir été très peu satisfait du suivi inexistant concernant les réponses du ministre ; j’ai eu à l’époque la très nette impression que l’on avait affaire au jeu habituel de façade des questions écrites bien plus qu’à quelque chose de sérieux .
- Plus récemment je l’ai sollicité en urgence concernant des parcelles agricoles mitoyennes à ma ferme qui allaient être attribuées à des non exploitants agricole ; ces parcelles auraient été utiles pour conforter l’installation de mon fils qui est actuellement en formation pour reprendre mon exploitation. La réactivité de M le Député n’a pas été du tout à la hauteur et ces parcelles sont maintenant la propriété de retraités non agriculteurs et ont ainsi perdus leur vocation agricole.
Je tire donc la conclusion de la nocivité évidente de cumul de fonctions importantes.
J’avais eu l’occasion de m’exprimer à ce sujet du cumul avec M Dussopt , cette fois ci il était président du Syndicat Mixte et je lui avais donné sans langue de bois ma façon de voir les choses.
Sitouaillain
Pour revenir sur les moyens : pour moi il n’y a pas photo : le seul moyen que je vois pour que fonctionne au mieux une démocratie représentative c’est que cette démocratie représentative soit obligatoirement participative .
Obligation légale et constitutionnelle. Et que des moyens publics soient présents pour permettre d’animer cette participation . (animateurs , journalistes d’investigations, mise à disposition médias ‚outils de com. Comissions parlementaires etc )
La participation a un rôle de contrôle et d’évaluation des politiques publiques mais pas que : sa fontion essentielle est la réflexion prospective, réflexion de fond sur la société et son avenir qui fait progresser les mentalités et nourrit l’innovation en matière de politique publique.
Je ne condamne pas les partis ; ils peuvent avoir ce rôle d’animation du débat public ; je condamne ce monde à part de représentants qui prétend diriger la société et vit dans sa bulle et se satisfait et profite du fait de la distance des lambda et de la politique.
Di Girolamo,
je vais finir par m’impatienter !
« le seul moyen que je vois pour que fonctionne au mieux une démocratie représentative c’est que cette démocratie représentative soit obligatoirement participative . »
ça mon ami, ça n’est pas un moyen, c’est une fin partielle et, si j’en crois les convictions que nous partageons (citoyens au pouvoir) il s’agit même d’une fin « transitoire ».
Autrement dit tu ne réponds pas à la question des moyens, puisque je peux à nouveau te la reposer : si tu penses ce que tu dis, à ce moment là comment penses-tu qu’il soit possible d’instituer « une démocratie représentative qui soit obligatoirement participative » ?
Sur le comment, au Venezuela, il a été institué une démocratie mixant représentation élective et participation citoyenne à tous les niveaux par l’accession au pouvoir des forces coalisées du mouvement social dans le mouvement Quinta Republica (Vème république) derrière Chavez via une élection présidentielle, puis par l’élection d’une assemblée constituante dont les membres se sont déplacés dans tous le pays pour écouter des assemblées citoyennes…
même chose en Bolivie, en Équateur, etc.
face aux attaques répétées de l’intérieur comme de l’extérieur contre les actions du gouvernement bolivarien, celui-ci est même allé plus loin dans les avancées démocratiques en votant d’abord la loi organique sur les Consejos Comunales (conseils de quartiers) et la loi organique du pouvoir populaire et de la démocratie participative et protagonique, mettant en place les cadres juridiques pour une participation effective et à divers échelons des citoyens à la formulation, à la mise en oeuvre et à l’évaluation des politiques publiques, conformément à ce qui se pratiquait déjà sous diverses formes de par l’implication directe de citoyens engagés dans le processus révolutionnaire en cours et encouragés par le pouvoir central mais avec des bâtons dans les roues rencontrés ça et là au sein des élites de fonctionnaires et de potentats locaux, qu’ils se réclament ou pas du chavisme.
dans les nations a plus forte proportion d’indigènes, comme la Bolivie ou l’équateur, les institutions locales sont dotées d’une très grande autonomie et ces pays sont historiquement bien moins centralisés que le Venezuela…donc je ne m’étends pas à leur sujet,
en Colombie, dans les années 80, le même processus d’unification du mouvement social pour faire tomber les gouvernements néolibéraux et fascistes a eu lieu, les Farc sont sorties de la forêts , ont déposé les armes et se sont alliées aux mouvements socialistes, aux partis de gauche réformiste, aux écologistes, etc., la campagne et le réseaux militant laissait penser à une victoire, mais le premier candidat a été assassiné, son successeur idem, et le dernier aussi, s’en est suivi une campagne de répression et d’assassinats des militants de partis et de syndicats, répression systématique et ininterrompue, et qui a alimenté de nombreux charniers dont certains accueillent encore ce qu’il reste de luchadores…
au Mexique, le même processus que la répression colombienne ayant toute les chances de se produire, les militants se sont plutôt tournés vers la lutte armée, pour progressivement passer à la lutte d’émancipation locale et indigéniste, de sorte qu’une partie du pays est soustraite à la législature du pouvoir central et oppresseur, au Chiapas notamment, où fonctionne une démocratie directe et un fédéralisme, mais pour le moment, l’extension des territoires libérés semble impossible.
les révoltes du monde arabe montrent que le défaut d’organisation des citoyens conscient et menant une lutte d’émancipation à dimension universaliste les expose à une récupération par des mouvements mieux organisés qui ont su fixer durablement leur implantation par des actions charitables auprès des populations rurales et habitants des quartiers de relégation,
en Islande, les révoltes populaire contre les banques, ont abouti à une façade de démocratie car la population n’a pas d’appui politique pour une véritable remise en cause du féodalisme capitalistique qui règne sur cet île, les même causes reproduiront donc les mêmes effets à plus ou moins long terme.
en Espagne, le mouvement des indignés n’ pas réussi à déboucher sur un renversement du pouvoir ni même à une inflexion mineure de ses diktats,
aux États-Unis, les indignés peinent à construire un socle cohérent et une organisation politique capable de s’inscrire durablement dans un paysage politique totalement verrouillé au plan national mais très ouvert au niveau local, de sorte qu’ils s’exposent à une récupération de l’indignation générale par le mouvement d’extrême droite très organisé des Tea-Parties et financé par des ennemis du peuple.
En France, la démission du peuple un tant soit peu éduqué et son refus de prendre parti comme son adhésion aux thèses d’extrême droite et du néolibéralisme sur le « ni droite ni gauche » a permis la victoire idéologique de l’antifrance, là où l’urgence de la lutte contre les avancées du capitalisme mondialisé exigeait de s’impliquer dans la construction d’une force organisée,
la question des moyens pour moi est donc très ouverte, mais en même temps la lecture des rapports de force du présent en restreint les conditions d’efficacité selon qu’on se positionne pour telle ou telle méthode,
il est par exemple selon moi totalement improductif de prôner la lutte armée, à l’inverse prôner un mouvement citoyen sans capacité d’organisation et sans s’autoriser à désobéir massivement, et ans recherche d’une prise de pouvoir, c’est exactement ce qu’attendent les tenants du pouvoir, puisqu’il existe toujours des forces bien préparées pour prendre le pouvoir laissé vacant, c’était déjà la leçon de 1789, mais même résultat en 1989, à l’image de ce que les allemands de l’Est ont obtenu, une chute du mur, certes, mais pas celle du mur de l’argent, et ils ont aujourd’hui leur compatriote chancelière pour finir de les ruiner…l’effrayant étant que tous ne sont pas d’accord pour considérer qu’ils y ont gagné au change…
tout ça bien sûr n’étant que des pistes et des points de vues (orientés).
par contre, lorsque tu dis :
« Je ne condamne pas les partis ; ils peuvent avoir ce rôle d’animation du débat public ; je condamne ce monde à part de représentants qui prétend diriger la société et vit dans sa bulle et se satisfait et profite du fait de la distance des lambda et de la politique. »
ce que tu fais est encore plus pernicieux que de condamner les partis « ouvertement » puisque tu fais finalement un amalgame entre tous les partis en les assimilant tous à un « monde à part de représentants qui prétend diriger la société et vit dans sa bulle », alors que ce n’est objectivement pas le cas,
et d’ailleurs personnellement je m’interroge, et c’est pourquoi je ne lâche pas l’affaire aussi facilement, si ce n’est pas précisément ce type de discours aux conséquences lénifiantes, qui alimente cette distance des lambda à la politique, qui est en fait une lâcheté ou une paresse, une sorte de collaboration passive, soigneusement entretenue, et qui, par effet dialectique permet à des gens réellement engagés et réellement motivés par la cause commune de devenir des dirigeants autistes ou des suiveurs de dirigeants autistes, fautes d’un effet de masse né de l’engagement de tous ceux qui refusent cet état de fait,
précisément parce que les gens qui auraient tout à gagner à s’engager préfèrent ne pas se mouiller, ne pas se confronter aux réalité d’une action politique de parti pris, de choix, et par là même de débat entre gens engagés, qui ne sont pas tous d’accord sur les moyens et sur les fins et qui donc se construisent un chemin commun par la pratique de la démocratie en tant que citoyens actifs…précisément par cette confortable distance au « cambouis » de la politique, nous voyons avancer des thèses dangereuses dans le cerveaux des français, quand nous devrions tous être sur le terrain pour faire vivre la démocratie participative, qui commence par participer à la lutte contre les préjugés, l’ignorance et l’atavisme politique,
et tu as bien vu à quel point cet atavisme général te rends isolé lorsque tu as à combattre des potentats locaux, et je m’imagine bien qu’à force de votes blancs et de démissions politiques, il s’en faudra de peu que lesdits potentats aient le pouvoir de te faire enfermer à l’asile.
si je pousse le vice à retraduire ton propos tel que j’imagine ses conséquences logiques en termes d’attitude politique,
nous serions en fait un peuple de citoyens « lambda » qui lorsqu’ils sont appelés à voter font leur marché de consommateur parmi les produits qu’ »on » leur propose, l’offre électorale des partis,
et donc les « lambda » seraient en droit d’être insatisfaits, et de refuser tous les partis…
c’est oublier qu’avant le droit de vote il y a la liberté d’association, et certains ne se satisfaisant des fausses alternatives proposées, cherchent à construire par leur engagement des partis qui visent à faire advenir leurs revendications, d’autres construisent des associations pour influencer les partis déjà existants et les choix et mentalités des citoyens, etc., etc.
autrement dit, de fait, une démocratie représentative est une démocratie participative, avec la liberté suprême de choisir de ne pas participer, mais aussi celle de former des partis, d’intégrer ceux qui existent et de faire son choix en fonction de ses convictions,
je sais bien que ça peut paraître « tordu » de dire cela, mais il faut comprendre ce qu’est la nature de l’engagement, et en valoriser ses aspects positifs tout en dénonçant les arrières pensées de certains (qui intègre par exemple le PS pour se trouver une place au chaud, etc.),
en tous les cas, c’est l’existence du gouvernement représentatif qui a conduit des pans entiers du mouvement historique des ouvriers à construire des partis qui, selon leurs options stratégiques, participent ou non aux élections, s’allient ou non à d’autres courants politiques,
mais, sans nier le nécessaire besoin de renouvellement de cette option-là, sans nier la nécessaire complémentarité d’autres formes d’action et d’engagement, il est parfaitement rationnel d’envisager un parti comme une école d’autoéducation à la citoyenneté et d’émancipation des propagandes dominantes, une école de la participation citoyenne, citoyens rassemblés pour prendre le pouvoir et instituer une véritable démocratie, dans la limite de ce qu’il est possible de faire compte tenu des rapports de force en présence dans la société et du niveau d’adhésion du peuple dans son ensemble à ce projet…
un autre grand courant de pensée de la gauche historique envisage l’option électorale comme une impasse, et ce même si historiquement des alliances ont pu s’opérer avec des partis électoralistes,
il existe une multitudes de groupuscules qui conservent cette croyance, indépendamment des idéologies qui rassemblent leurs membres (anarchisme, trotskysme, décroissance, désobéissance civile, etc.), on peut dire, sous une forme enfantine et peu structurée que les « indignés » sont en train de réinventer la poudre de ce côté-là…quoi qu’il en soit, ces mouvements prônent une agitation révolutionnaire, agitation dont il devrait découler un renversement des structures du pouvoir en place…l’impensé c’est aussi qu’en général et, c’est bien compréhensible, le renversement du pouvoir conduirait à une reprise de pouvoir par les opprimés, qui seraient tôt ou tard en accord avec l’idéologie prônée par le groupe…parmi ceux-là, certains sont plus clairs puisqu’ils se pensent en avant-garde de la classe opprimée dont la révolte les conduirait à prendre le pouvoir pour organiser la transition selon les préceptes qu’ils ont défini à l’avance.…d’autres au contraire pensent que leurs actions et leurs exemples feront tâche d’huile, qu’il n’y a pas à attendre de « grand soir », qu’il faut agir ici et maintenant, détruire certaines choses si besoin mais avant tout construire…à vrai dire je préfère ça…
enfin, le troisième grand courant qui connait lui-même de multiple subdivisions, est assimilable à l’anarcho-syndicalisme, la révolte est alors conçue sous la forme d’une grève générale illimitée et les moyens de la susciter et de l’organiser sous une forme émancipatrice (les travailleurs font fonctionner l’économie à leur profit), sont contenus dans le travail syndical, travail d’éducation politique, d’organisation à la base et d’agitation permanente pour susciter l’indocilité du travailleur aux décisions patronales,
bien sûr certains mouvements combinent les trois versions avec plus ou moins de cohérence, et de contenu démocratique ou idéologique.
en tous les cas, chaque fois qu’un ces partis ou syndicats se transforme en armée de suiveurs moutonniers, ils s’éloigne de son concept originel qui est l’engagement, la participation active de chacun à la lutte, car ces organisations dont on peut légitimement se méfier pour certaines d’entre-elles, mais qui pour les plus valeureuses n’envisagent pas le parti ou le syndicat comme une officine d’où l’on pourrait s’arroger le droit de parler à la place des « sans voix et des sans grade », ni pour répéter des préjugés que l’ignorance invente mais bien comme le lieu de la participation et de mutualisation des forces pour la lutte contre l’oppression et pour l’émancipation.
j’ai mes idées, j’ai mes griefs à l’égard de certains partis ou de certaines idéologies ou formes d’action, mais en aucun cas je n’aurais la prétention de me sentir au-dessus de tout ça, ou même de les mettre sur le même plan que des partis ou syndicats d’autre nature (conservateurs),
j’ai mes idées sur la stratégie à tenir, mais je me garderais bien d’éloigner mes compatriotes de l’engagement dans des partis ou des syndicats où figure au programme la transformation radicale de la société dans un sens universaliste et humaniste, car c’est bien de cet engagement que peut émerger la force citoyenne capable de faire plier ou de s’abstraire du pouvoir des voleurs de pouvoir…
et je n’oublie pas non plus ce qui fait la force du citoyen, à savoir une méfiance permanente dans toute tentative d’installation durable de quelques-uns dans des positions de pouvoir, que ce soit à l’intérieur des institution d’un république comme à l’intérieur de toute organisation, qu’elle soit à vocation politique ou à vocation économique…
mais si personne ne va retourner la terre à ma place, pour que les légumes poussent, qu’ai-je à attendre si je ne m’engage pas ? et qu’ai-je à attendre si je ne m’engage pas en solidarité avec ceux qui le sont déjà ?
j’espère que tu ne prends pas mal tout ce que je dis, ça n’est pas du tout contre toi, et je respecte tes combats,
simplement j’insiste sur la mauvaise pente (à mon sens) qu’est la propension à se désolidariser des initiatives existantes,
et surtout sur la paresse intellectuelle et la démission qui consiste à ne pas vouloir faire le tri entre « amis » et « ennemis », voir à cette illusion de pureté qui voudrait oublier que selon les buts que l’on se fixe, l’ »ennemi » peut parfois être bon allié de circonstance, tout étant affaire de savoir faire en termes de neutralisation une fois le but atteint..c’est cynique hein ?
la perfection n’existant pas, je vois mal comment on pourrait prétendre lever les consciences et les forces de millions de gens vers la démocratie, quand on n’arrive pas déjà à se coordonner avec la toute petite minorité de ceux qui sont déjà engagés dans ce combat, et qui peinent déjà à susciter la révolte pour des horizons bien bas et bien matériels comme la défense de quelques « acquis sociaux » et de quelques « bouts de gras »,
encore moins lorsqu’il s’agit de défendre des choses plus conceptuelles comme « l’environnement », que dire alors de la constituante et de la démocratie, si nous ne sommes pas au (semi)diapason pour marteler l’aspect prioritaire de cette lutte et le caractère révoltant des institutions et des pratiques politiques qui la nie et l’étouffe…?
je ne te demande pas de rédiger un « que faire » comme cette canaille de lénine, je te demande simplement de m’exposer clairement quels sont les moyens concrets que tu envisages comme efficaces et légitimes pour parvenir à ce que tu/nous souhaitons. Car c’est en cherchant des moyens que nous avançons…reste à savoir si on n’invente vraiment du nouveau en ne regardant pas ce qui se fait déjà et ce qui a déjà été fait.…
Et finalement, cette question des « moyens » implique aussi de répondre à la question de la relation entre ce dans quoi tu es prêts à t’engager et ce qui existe déjà (je ne parles pas que du FdG), à savoir est-il possible d’être à la fois contre le système et à la fois contre ceux qui déjà sont engagés sous diverses formes contre ce système, y compris en faisant l’effort de s’y inscrire sous tel ou tel aspect ?
et l’absence de « résultats » probants dans une optique révolutionnaire de la part de ce qui existe déjà, est-il dû uniquement aux tares de ces initiatives ou bien plutôt à la force des puissances adverses et de ses propagandes voire aussi à la démission de biens des concitoyens acquis au moins moralement à la cause démocratique mais pas prêts à mouiller le gros orteil ?
enfin, ne convient-il pas de reconnaître que malgré l’absence de changement radical de direction (pour le moment), bons nombre d’initiatives produisent du changement positif, que d’autres vont renforcer la capacité d’autodéfense des citoyens, et d’autres encore, moins bien averties sur les stratégies et la lecture des rapports de force vont tout droit dans les filets du système en en renforçant sa structure immunitaire (je ne parle pas seulement des terroristes, j’y mets aussi bien des syndicalistes dirigeants à la propension « négociatrice »).…?
Sitouaillain ,
« comment penses-tu qu’il soit possible d’instituer « une démocratie représentative qui soit obligatoirement participative »
Concernant les Conseils Locaux de Développement (CLD) c’est déjà le cas : ce sont des structures participatives obligatoires : les élus locaux s’ils veulent contractualiser avec la région pour financer le développement local ‚sont obligés de créer un CLD ; ces CLD sont ouvert aux citoyens souhaitant participer ; si ça n’avait pas été le cas les élus d’Ardèche Verte n’auraient pas mis en place de CLD ; ce qui est tout à fait dommage c’est que les citoyens ne comprennent pas cette opportunité légale : travailler au niveau d’un pays c’est très transversal et ça touche à tous les combats militants : les OGN , le nucléaire , le gaz de schiste, le soutien à l’agriculture paysanne ‚à l’agriculture bio , la relocalisation de l’économie , la mise en oeuvre de SCIC , la mise en place de monnaies locales , l’installation agricole , l’habitat, l’emploi local etc etc etc
La Loi n° 95–115 du 4 février 1995 d’orientation pour l’aménagement et le développement du territoire
dit que :
« Les citoyens sont associés à son élaboration et à sa mise en oeuvre ainsi qu’à l’évaluation des projets qui en découlent. »
C’est une avancée démocratique majeure ! C’est une obligation légale ! Mais qui est très peu connue , très peu utilisée ; c’est quand même fort de café de lutter dans un sens et de ne pas saisir une opportunité légale , un droit qui fait rapport de force pour le citoyen.
Il y a selon moi à ce niveau là un « comment » à creuser .
Je ne me désolidarise pas des syndicats et partis et associations mais je regrette cette non appropriation du pouvoir local que le législateur sans doute sans bien y penser a rendu aux citoyens.
Même si ce sont les élus les décideurs , quand des travaux sont menés et soutenus par la population locale , ils sont contraints de les prendre en compte.
je suis admiratif de green peace et ses coups , comme celui de l’atterrissage sur la centrale ; reconnaissant aux militants qui vont manifester contre l’exploitation du gaz de schiste ; mais en même temps si, sur nos territoires on ne réfléchit pas à des modes d’organisations pour nous en passer , c’est pas cohérent .
Et au niveau national quand deux candidats disent oeuvrer pour le rassemblement national et que l’un veut x centrales nucléaires , l’autre y centrales et autres mesures de leurs programmes , est ce rassembler ? Le rassemblement ne serait il pas : un débat national sur l’énergie pendant la durée du quinquenat ? Parce qu’il faudra bien ce temps là ?
Et critiquer la non légalité d’un président menant l’éxécutif , n’est ce pas aussi un comment ?
Bon on n’en a pas pas fini avec ce comment et aussi le quoi (vers quoi voulons nous aller ) ‚le quoi et le comment marchant ensemble .
Di Girolamo,
tu as raison dans un certain sens, il faut saisir de ces instances,
mais personne n’est dupe, de même que les « négociations » entre patronat et syndicats sont obligatoires pour bien des aspects, il n’est nulle part écrit dans la LOADT ou pour n’importe quelle disposition législative ou réglementaire rendant obligatoire l’existance d’instance de « participatifs » ou de « concertation », que l’élu ou le fonctionnaire prend sa décision « après avis conforme » de ladite instance…
en tous les cas pour ce qui est des actions citoyennes, le dedans et le dehors ne peuvent que se nourrir l’un l’autre. Et particulièrement pour les Agenda 21 et les SCOT.
mis à part ça voici une bonne synthèse des (nombreux) travaux de recherche en science politique que le sujet a suscité (surtout en milieu urbain):
http://base.citego.info/fr/corpus_notedelecture/fiche-notedelecture-11.html
Sitouaillain
Merci pour le lien je regarderais.
A propos de « milieu urbain » , c’est un de mes a priori amont , faisant parti de mon quoi ( à débattre ) je suis intimement persuadé que le « milieu urbain » tel qu’il s’est organisé aujourd’hui n’est pas l’avenir de l’homme. Et qu’il va falloir en passer par une recomposition , un réaménagement de fond en comble du territoire . Pour moi la participation en milieu urbain n’a pas grand sens , parce qu’elle est dans l’incapacité de réfléchir cela et que ce que je dis est à 99,9% à contre courant de la pensée ambiante.
Autant sur les territoires mixtes des pensées transversales et des projets globaux peuvent se mettre en place, des solidarités se créer, autant en milieu urbain on reste comme des mouches derrière les vitres des grattes ciel : prisonnier matériellement du système .
Concernant la complémentarité des combats ‚il y a déséquilibre très fort et SIGNIFICATIF en faveur du dehors ; c’est pourquoi ‚il me semble qu’il est important d’élaborer une stratégie COMMUNE d’action dans ce dedans.
Je n’ai hélas pas le temps ni de lire avec approfondissement, ni de développer mon propre regard – et expérience, mais je relève un optimisme dans les derniers commentaires ci-présents (à l’égal d’un autre commentaire récent sur la commune – et ses attaques en cours, signalées par Etienne).
En effet, les dispositions légales attachées à l’urbanisme pourraient être ouvertes et possiblement démocratiques, comme dans d’autres domaines ; lorsque la loi est appliquée à sa mesure réelle, et avec volonté de citoyenneté (assez rare, non ?)…
Alors, certains, bien informés, veilleraient-il au grain (de l’anti-démocratie) pour éradiquer des latences encore trop disponibles…
http://www.laurent-mucchielli.org/index.php?post/2012/05/02/Tentative-d-atteinte-aux-droits-des-associations-citoyennes
Di Girolamo,
ne crois-tu pas que le déséquilibre en faveur du « dehors » est précisément lié à la nature de ces instances « octroyées » et à la dimension par nature débilitante d’un rapport au pouvoir décisionnaire qui s’inscrirait dans les cadres dont ce pouvoir à lui même fixé les limites ?
Ne crois-tu pas que lien entre le dehors et le dedans, du point de vue de l’efficacité repose principalement sur le fait que le citoyen qui parle « dedans » est en mesure de s’appuyer sur des centaines d’autres, qui, par leurs agitations et leurs diffusions de messages, créent de fait un rapport de force avec lequel « l’élu » est contraint de composer ?
« M Di Girolamo est un fauteur de troubles , nous allons l’exclure du CLD »= « M Di Girolamo est un fauteur de troubles isolé, comme il n’a pas les moyens de semer le trouble et de déstabiliser mon pouvoir, ce gêneur peut sans graves conséquences être évincé »
je traduis librement et j’espère que ce type se trompe, mais tu n’es pas sans savoir que les actions individuelles ont plus de chances de réussite si elle ne restent pas confidentielles, et il est difficile de les mener seul à bien, sans soutien, que ce soit un recours en justice, une grève de la fin, un assassinat, un entartage, une campagne de calomnies, etc., etc. et que surtout, toute action individuelle qui ne s’appuie pas sur un rapport de force créé par une action collective préexistante ou en gestation et à venir ne mène à rien…il n’a pas suffit qu’un commerçant s’immole par le feu en place publique pour faire tomber Ben Ali..
j’imagine que je t’ennuie avec cette question des « rapports de force » mais elle essentielle,
la démocratie directe suppose le consensus, ne serait-ce que pour reconnaître un droit de dernier mot à la « majorité »,
mais la situation d’impuissance politique, la non légitimité de juris de la parole citoyenne, suppose la recherche de compromis, que ce soit en situation de négociation directe avec le pouvoir, ou en situation d’action collective ou individuelle hors instances de négociation-concertation.
c’est à dire que le pouvoir en place étant institué par la loi (i.e originellement par la force) comme le seul détenteur de la légitimité à décider,
celui (ou ceux) qui prétend aller à l’encontre de sa décision doit, soit le renverser et prendre sa place, soit se mettre en situation de l’obliger à infléchir sa position.
c’est d’ailleurs le rapport de force, ou disons, la situation de faiblesse dans laquelle le pouvoir s’est parfois senti qui l’a contraint à pacifier les relations conflictuelles, que l’exercice de son autorité génère, au moyen d’instances de concertation, et ce depuis les premiers parlements jusqu’aux dispositifs actuels.
une instance de « participation », de « négociation », est donc, dans ce contexte de distribution inégale de la légitimité, quasi systématiquement une instance de justification-légitimation du pouvoir institué,
instance dans laquelle le requérant sera toujours en situation de subordination à l’autorité instituée, au sens où sa participation est une reconnaissance de fait que l’autorité est légitime et qu’elle le place en situation de « réclamer », soit un aveu d’impuissance à œuvrer soi-même en dehors du bon vouloir du prince.
donc tout l’enjeu pour le requérant est de se mettre en situation sinon d’avoir spontanément l’oreille du Prince, ce qui s’apparente à de la compromission, du moins d’avoir une position telle que le Prince pourrait voir son pouvoir durablement affaiblit voire définitivement perdu, s’il ne fait pas des compromis. Et pour obtenir un compromis qui lui coûte, il faut vraiment qu’il lui en coûte de ne pas céder…
en tous les cas, il va sans dire que le bon prince-philosophe qui écoute ce qu’a à dire le gueux et évalue ses dires à l’aune de l’intérêt général de ses sujets ou de l’espèce humaine et de la Terre entière, est soit une exception, soit un personnage de conte de fées.
donc en général un leader syndical se fait mieux entendre du patron lorsqu’il a le soutien actif des travailleurs derrière lui, prêts à se mettre en grève ou autre…et la caisse noire de l’IUMM était là pour que les patrons aient le temps de voir les grévistes s’affaiblir…rapports de force obligent…
Bien sûr, bien des choses invisibles et peu spectaculaires participent de l’établissement de rapports de force, et ce, même dans les négociations les plus feutrées.
Il va sans dire aussi, que le diviser pour mieux régner n’est pas que l’apanage du fort, et que ce qui est le plus important dans une réunion ce n’est pas ce qui s’y dit, mais bien ce qui s’est dit avant et ce qui s’en dira après entre participants ou par truchements médiatiques ou autres intermédiaires.
Pour ce qui est de ton combat sur le CLD, m’est avis que les législatives sont une fenêtre d’opportunité fantastique pour mettre au pied du mur les édiles…tu as déjà une bonne matière pour un long tract à ne pas oublier de transmettre à tous les partis, bien sûr…cela pourrait être rigolo…
sur ta réclamation au conseil constitutionnel, j’ai déjà dit ce que j’en pensais, et ceci n’est aucunement réductible à ma non indifférence envers une réélection possible de la clique au pouvoir, je n’ai pas dit non plus que ta vision du président ou du candidat « idéal » était injustifiée,
je dis simplement très pragmatiquement que sachant que siègent au CC des anciens Présidents dont l’un a dit « je décide, il exécute » à propos de Sarkosy et que la lecture de la constitution comme l’examen de sa pratique ou de la jurisprudence du CC m’imposent de considérer ton idée comme inopérante, hors sujet, pour ne pas dire inutile, si tant est qu’une lettre au père noël le soit(sorry).
je pense cela bien sûr du point de vue des objectifs que tu te fixes, faire appliquer la constitution,
cela supposerait d’abord que ta lecture soit « la bonne », ensuite qu’au moins un des membres du CC la partage histoire d’en convaincre les deux tiers, et qu’enfin il ne se trouve aucun membre pour rappeler que les réclamations étant portées sur le déroulement des élections, elles s’examinent par rapport aux articles de la constitution et de la loi organique et des décrets la régissant, il y a lieu pour le conseil de déclarer la réclamation irrecevable étant entendu qu’il n’existe aucun mécanisme juridique permettant de contraindre un candidat non seulement à respecter ses promesses mais aussi à les restreindre dans le seul cadre de ses compétences futures. Compétences qui objectivement sont bien plus vastes que tu ne sembles vouloir le lire dans les textes.
De plus, si des sanctions post élection d’un dépassement virtuel de fonction par les seules promesses d’un Président, sont proprement inenvisageables (je rappelle d’ailleurs qu’à chaque élection plusieurs résultats de bureaux de votes sont invalidés sans donner lieu à une nouvelle élection, de même pour des irrégularités de comptes de campagne),
il n’existe aucun mécanisme de saisine du CC qui puisse s’envisager si effectivement le Président outrepasse ses pouvoirs constitutionnels ou n’accomplit pas ses devoirs, et ce, même en période de cohabitation (cf quand Mitterrand a refusé de signer les lois de privatisations), à moins de problèmes de santé mentale dûment constatés, et encore…
Il s’agit donc d’une réclamation morale dont les fondements juridiques sont inexistants et dont les fondements politiques sont pour le moins incohérent avec la nécessité de construire un consensus national sur le caractère abject et antidémocratique de cette constitution, dont la réécriture est une nécessité, nécessité qui implique aussi d’éjecter celui qui pourrait bien aller au bout de ce qu’elle permet en matière de tyrannie sans même avoir à la violer. Ceci se fait par un bulletin de vote comptabilisable.
Nécessité de changer en profondeur selon une méthode légitime et impartiale la constitution qui passe aussi par le relais et la diffusion des arguments, et je veux bien accorder le caractère juste, raisonnable et puissant d’une démarche qui consiste à convaincre les « légitimistes » de la Vème république, à partir des principes fondamentaux qu’elle énonce et qu’elle transgresse ensuite, à la fois dans le texte lui-même, mais aussi à partir d’une lecture critique des pratiques qu’elle n’interdit ou ne contrôle pas ni a priori, ni a posteriori.
autrement dit la pierre à l’édifice du « comment » peut effectivement passer par des démarches se voulant « intégrées », « jouant le jeu » et visant à révéler les contradictions du système avec les principes qu’il énonce pour justifier sa légitimité,
simplement ta démarche, certes reposant sur une intuition juste, ne m’apparait pas pertinente du point de vue de l’efficacité.
Pour se faciliter le travail de lecture et de critique, le livre de Mitterrand « le coup d’Etat permanent » contient déjà beaucoup de ces critiques, et pour le reste, tout ou presque a déjà été écrit…reste donc à trouver des actions plus percutantes en complément des conférences d’Etienne 😉
toujours @ Di girolamo (au passage merci pour l’article Florence)
J’en suis moi aussi intimement persuadé,
le problème encore une fois, c’est le « comment », c’est à dire quelles sont les luttes à mener, quelles sont les imaginaires à construire et quels sont les leviers à notre portée, employables ici et maintenant, et quels sont ceux que l’on peut chercher à ravir aux tenants actuels du pouvoir.
En matière d’analyse du « milieu urbain » et de recomposition territoriale, je pense qu’il est inutile de rappeler que les Khmers rouges ou les maoïstes pensaient la même chose, ou que, depuis la révolution, les pouvoirs conservateurs se sont toujours appuyés sur les campagnes pour freiner les avancées démocratiques et sociales.
donc m’est avis qu’on doit être prudent, puisque le rapport ville-campagne est au moins aussi important en termes de socle anthropologique que le sont les formes de propriété, y toucher, c’est toujours à double tranchant…
alors je ne sais pas si tu seras d’accord avec moi, mais voici ce que cela m’inspire :
Dans le rapport Ville-Campagne, on s’attaque nécessairement à une « cause des causes », ou plus rigoureusement à un « faisceau de causalités » permettant d’expliquer la génèse des structures contemporaines de nos sociétés, qu’elles soient économiques, politiques, religieuses ou culturelles.
mais le problème c’est qu’on ne peut pas décemment s’autoriser à y voir les « origines du mal », Babylone, Sodome et Gomorrhe, etc. car les critères des jugements négatifs sur la ville comme incarnation du capitalisme, de l’Etat, de la dépravation des moeurs, du cosmopolitisme, de l’homme effeminé, etc., sont pertinents si et seulement si ils ne se basent pas sur une idéalisation de la campagne en tant qu’espace de la vertu, des valeurs, de l’homme fort, etc., masquant en fait une volonté plus ou moins consciente de retour à un monde figé et rigoriste,
c’est toute l’ambiguité des différences entre « société » et « communauté » et leurs implication sur la possibilité de la démocratie qui se jouent dans l’attribution de vices ou de vertus à la « Ville », et c’est tout le défi que pose le nécessaire rééquilibrage territorial, en termes répartition géographique-démographique, mais aussi en termes de rapports génériques entre espaces ruraux et espaces urbains, dans leur dimension juridique, politique et économique mais aussi dans leur dimension imaginaire et culturelle.
sur ce dernier point, c’est un peu comme si la lutte à mener était du même ordre que la lutte féministe, au sens où la suprématie de l’espace urbain-vortex, lieu de captation des flux et sa relation structurelle de domination sur l’espace rural serait du même ordre que la domination masculine.
ceci laisse d’ores et déjà penser qu’il pourrait y avoir une velléité excessive de renverser la domination, là où la sagesse impose une recherche d’un possible équilibre,
puisque la ville est (fut?) aussi l’espace qui permet aux campagnes de rester dans une société ouverte et dynamique.
j’ajoute également que nos sociétés souffrent d’un déséquilibre de même ordre entre le sédentaire et le nomade, cette dernière dimension étant devenue complètement marginale.
toujours est-il que la question que tu poses, ou du moins la critique que tu fais de la participation politique des citoyens en milieu urbain est légitime.
elle est légitime en termes de « rationalité » de la planification écologique et de l’aménagement « global » du territoire, et elle l’est d’autant plus lorsqu’on imagine un processus d’échelle régional, national ou plus, puisque le déséquilibre démographique et capitalistique positionne d’emblée les territoires ruraux en situation d’infériorité.
cette situation d’infériorité n’est pas insoluble, non seulement parce qu’un certain nombre de lois-cadres et de dispositifs fiscaux ou monétaires peuvent conduire à un rééquilibrage productif et démographique du territoire, mais aussi et surtout parce que les principes du fédéralisme permettent d’imaginer un système politique de type 1 commune= 1 voix.
cependant, là où je resterais prudent sur cette prétendue inefficacité de la participation politique en milieu urbain, c’est sur la dimension profondément politique qu’elle contient, au sens d’apprentissage de la citoyenneté, et surtout comme construction d’attitudes et de représentations qui forment une dimension indispensable de la capacité de nos société à produire une transformation radicale de nos rapports politiques et de nos rapports à l’environnement.
En fait il faut voir dans la capacité citoyenne à se réapproprier le fait politique et le fait urbain notamment un antidote à la distanciation, à la dépolitisation, à la délégation, bref à la perte de capacité du corps social à définir le beau, le bien et les normes du vivre-ensemble, laissant cela à des élites, des « entrepreneurs de morale » rigoristes ou new âge et la régulation sociale au forces du « marché ».
Et c’est précisément en se transformant en citoyen que l’individu urbain peut « recréer du social », du lien, briser le processus désocialisant de la division du travail et sortir de sa condition d’atome balloté par des pouvoirs distants, impersonnels, technicistes, âme balloté par des injonctions de propagandes, de pulsions consuméristes, et traduisant ses instincts grégaires par des liens impersonnels d’imitation (la mode, les « contre-cultures »), et sa quête de sens par des spiritualités composites évoluant au gré des modes ou s’accrochant aux traditions barbares.
alors bien-sûr les dispositifs générés par les pouvoirs sont une infime partie de la réalité des investissements politiques des citoyens dans l’espace urbain. Mais ce qui est intéressant c’est que la plupart des investissements le sont depuis une posture qui tient plus de la ruralité que de l’urbanité. Il s’agit souvent de recréer du lien, de remettre du sens dans ce que l’on achète et du contact humain dans ce que l’on échange, de faire émerger une nature en dé-bétonnant, en créant des jardins sur les toits, de revendiquer du beau, des déplacements doux, des loisirs non consuméristes, ou bien de créer des économies souterraines ou parallèles, des systèmes de solidarité, des lieux de sociabilité hors marché, etc., etc.
et il n’est pas non plus inutile de repérer que les espaces de la transgression, sont avant tout urbain, et que la révolte comme la création de nouveau nait de la transgression, hors codes, hors traditions, et que sans en occulter les aspects délétères et négatifs, cette transgression est la condition sine qua non de notre capacité à évacuer du réel et de l’imaginaire les injonctions de l’ordre marchand, sécuritaire et techniciste-scientiste-productiviste, comme celle de sa couverture morale-rigoriste et des religions officielles.
je ne peux m’empêcher de croire qu’une participation accrue des citoyens en milieu urbain ne débouche justement sur des rééquilibrages très intéressants du point de vue des relations écologiques et des imaginaires démocratiques, notamment parce que la crise qui a laissé en friche de vastes espaces industriels dans une ville comme Détroit a suscité des gestes politiques de réappropriation du sol pour en faire des espaces de culture, selon des modes de partage, à l’image de la gestion des prés communaux, ailleurs ce sont des immeubles voire des quartiers entiers que les habitants réinvestissent par l’autogestion, etc.
il ne manque finalement qu’une volonté-capacité politique plus puissante, une traduction politique de ces faits culturels et sociaux dans des lois et des mesures d’envergure communale et nationale…ce qui repose la question du comment prendre\transformer le pouvoir !
sitouaillain, tu veux une société neuve et tu te demandes comment se débarrasser de l’ancienne. Mon problème est plus simple, je veux acheter un boomerang neuf. Comment puis-je me débarrasser du vieux ?
@ L’amour comme un boomerang,
je ne sais pas où tu veux en venir,
pour ma part je veux ni société neuve, ni me débarrasser de l’ancienne, je souhaite que la société se transforme d’elle-même et pour elle-même, donc effectivement ton problème est plus simple…comme je n’aime pas jeter et que là c’est risqué vu que je ne sais pas me servir d’un boomerang, ma solution serait de m’en servir comme tuteur 🙂
@Sitouaillain
Quand on parle de dehors et de dedans , ne pas oublier que le dehors exprime seulement l’impossibilité d’être dedans ; en d’autres termes c’est parce que la gouvernance ne fonctionne pas démocratiquement que les réflexions, revendications , actions etc se déroulent en dehors.
Ce qui ne me convient pas c’est l’acceptation de cet état de fait comme quelque chose d’inéductable et de positif . Il y a une satisfaction à se revendiquer du dehors.Et les mêmes qui se revendiquent du dehors s’inscrivent avec satisfaction DANS le cadre imposé par le dedans ‚à savoir un processus du pouvoir alternatif,avec des partis en compétition pour cette « prise de pouvoir ».
Au lieu de se réunir autour d’une revendication commune de bon fonctionnement démocratique, chaque parti travaille à son ascension.
De ce fait tout le monde est bien trop occupé par ce jeu du pouvoir pour organiser raisonnablement le pouvoir de tous .
En disant cela je ne nie pas les nécessaires luttes contre la tyrannie , les inégalités etc mais il me semble plus intelligent de mettre un pauvre au pouvoir que d’augmenter son salaire ; plus intelligent méthodologiquement ( le comment ) de mettre ses forces , de créer des fronts sur la revendication démocratique . Le reste « viendra par surcroit ».
Or, c’est tout l’inverse qui se passe.
Dans la logique qui est la mienne ‚de revendication d’une gouvernance plus démocratique ‚et sachant que pour planter un clou il faut taper de nombreuses fois , j’ai ce matin déposé à mon bureau de vote une nouvelle réclamation , le coeur de son sujet étant que concernant la gouvernance du pays ‚sur tous les grands sujets structurant engageant l’avenir du pays,ce ne soit pas le président qui gouverne , mais bien le peuple grâce à ses représentants et aux référendums : en pratique les députés lancent des réflexions ‚études, enquêtes ‚débats , et gèrent des processus de consultation et référendums , au local ‚au national en utilisant les médias.
Ci dessous nouvelle réclamation :
Je soussigné Di Girolamo Georges Electeur au Bureau de vote 1 mairie de Lemps
07610
N° d’ordre sur la liste 12, fait Réclamation
1 Non respect de l’article 6 de la constitution indiquant que « Le Président de la République est élu pour cinq ans au suffrage universel direct. »
La loi organique d’application de cet article ne respecte pas le caractère direct du suffrage ; elle fait un mixte entre suffrage indirect et suffrage direct en faisant intervenir en amont les présentations des candidats par un secteur de la population. Cette présélection enlève le caractère direct du suffrage. La loi peut pour raison pratique de surabondance de candidats prévoir une présélection, mais le processus prévu doit garder un caractère direct, cette présélection devant être faite par l’ensemble des électeurs et non une partie d’entre eux.
2 Non respect de l’article 20 qui indique que « Le Gouvernement détermine et conduit la politique de la nation. » et de l’article 5 qui précise le rôle et les missions du Président de la République.
Les candidats se présentent à nos suffrages avec un programme de gouvernement ; leurs professions de foi, déclarations, sites internet, débat… en attestent. Le scrutin présidentiel ne respecte donc pas la Constitution : les candidats devraient se présenter à nos suffrages dans le cadre du rôle et des missions que l’article 5 donne au Président de la République et non dans celui du gouvernement (article 20)
Cette confusion des rôles ne respecte pas le texte constitutionnel et fausse entièrement les équilibres prévus par la constitution en ses articles 2,3 et 4 concernant la souveraineté.
Le fait que des habitudes, aujourd’hui entrées dans les faits et les mœurs se soient crées n’enlève rien au caractère illégal du scrutin. Cette pratique non constitutionnelle substitue le principe de « La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum. »(Article 3) par une délégation de souveraineté en alternance à une partie du peuple, puis à une autre, puis à une autre ……Ce « chacun son tour » va à l’encontre des intérêts supérieurs de la Nation, assèche le débat national sur les grands enjeux et fausse le principe fondamental d’une République Démocratique.
Je souhaite en tant qu’électeur formulant cette réclamation recevoir le procès verbal de son examen par le Conseil Constitutionnel .
.…. Donc quand tu me demandes :
« ne crois-tu pas que le déséquilibre en faveur du « dehors » est précisément lié à la nature de ces instances « octroyées » et à la dimension par nature débilitante d’un rapport au pouvoir décisionnaire qui s’inscrirait dans les cadres dont ce pouvoir à lui même fixé les limites ?
Ne crois-tu pas que lien entre le dehors et le dedans, du point de vue de l’efficacité repose principalement sur le fait que le citoyen qui parle « dedans » est en mesure de s’appuyer sur des centaines d’autres, qui, par leurs agitations et leurs diffusions de messages, créent de fait un rapport de force avec lequel « l’élu » est contraint de composer ? »
Je dis que tu es simplement en train de dresser un constat de l’existant : effectivement les processus de participation sont rares et peu précisément défini, peu de moyens leurs sont octroyés, ce sont la plupart du temps des cautionnements de façade …Et oui « la lutte » se passe en dehors. A partir de ce constat tu déduis que les cents du dehors sont précieux pour ceux du dedans. Ce serait le cas s’il y avait coordination, cohérence et synergie ; ce que ne montre pas du tout le constat de l’existant . Il est tout à fait évident que si les cent déplaçaient leur luttes vers le dedans , les lignes bougeraient et les processus de participation ne seraient plus des cautions mal fagotées mais de vrais outils d’action citoyens.
Je reste sur le positionnement d’un engagement consistant à dresser le constat précédent , à en faire une cause des causes de notre impuissance , à tenter de creuser publiquement ce sujet , afin que des centaines et des centaines de citoyens réclament une vraie démocratie n’obligeant pas à faire de l’ULM au dessus des centrales et nous permettant de prendre entière possession de notre pouvoir de citoyen , consistant à réfléchir ensemble représentants et représentés officiellement dans un cadre légal et médiatisé à ces enjeux. Je reste donc assez buté sur ce que tu avais lu de moi il y a déjà maintenant un peu de temps sur l’aménagement d’un nouvel outil de gouvernance publique.
C’est tout à fait exact qu’en termes de stratégie politique je suis très démuni pour porter ce combat ; démuni par mes propres moyens personnels (limite de temps, difficulté à conceptualiser..) démuni en terme d’alliés, ou associés pour promouvoir ces objectifs, démuni en terme de communication etc La difficulté que j’ai à faire passer cette approche même avec des gens comme toi , doit m’inciter à m’interroger sur sa justesse ou non ;je rame à contre courant ; mais je suis encore , sans crispation , ni passion , sur le point de vue de persévérer : à un moment donné c’est l’histoire qui tranche ; et si après avoir exploré diverses pistes à fond avec persévérance et que rien ne se passe , c’est que je suis réellement à côté de la plaque.
Mes pistes :
-Continuer à réfléchir au sujet grâce par exemple aux blogs quand j’ai la chance de trouver des débateurs comme toi (ce qui est rare : on débat peu sur les blogs on vient chercher une famille )
- Localement tenter de débloquer la situation avec la région et travailler avec le CLD afin de relancer la structure et des soirées communales ; convaincre des militants locaux dde s’investir dans le CLD et SCOT
- Médiatiquement : faire passer des articles
- Trouver un ou des alliés connus médiatiquement.
- Poursuivre les réclamations d’ordre juridique et les médiatiser
@ Di Girolamo,
http://www.programme-presidentiel.com/2007/03/08/jose-bove-lhomme-sandwich-sans-programme/
lis cet article, en ayant en tête ceci :
en 2006, suite à la campagne du NON de gauche au TCE et suite aux mobilisations contre le CPE (passé avec l’article 49–3 et avec 83% de français contre),
dans toute la France, se sont réactivés des collectifs pour l’union de la gauche de transformation sociale,
y venait qui voulait, y ont participé des gens, simples citoyens, militants encartés, associatifs, de tout,
nous avons élaboré sur le mode de la démocratie directe (plus ou moins imparfaite mais disons à partir de la souveraineté des collectifs locaux et avec des coordinations régionales puis nationales et donc des délégués tournants), un programme en 125 propositions.
ces propositions étaient le résultat des discussions entre participants, mais, finalement, à chaque proposition il s’agissait de dire ce que nous pensions important tout en renvoyant au choix du peuple dans de nouvelles institutions le soin de préciser, mettre en œuvre et contrôler.
comme nous avions choisi de fournir une traduction politique aux mouvements sociaux, les propositions faisaient bien sûr la part belle à ces revendications,
comme nous avions choisi de passer par les urnes pour traduire notre unité qui se manifestait à chaque mobilisation, il nous a fallu choisir une candidature…
Bon là c’est parti en couille, mais, de par le travail des militants encartés loyaux à l’esprit de consensus du mouvement citoyen, et surtout par le travail d’électrons libres comme moi et des gens plus connus au niveau national, nous avons décidé de ne pas nous plier aux diktats des partis et de présenter un candidat qui ne soit d’aucun parti, nous avons, parmi plusieurs personnalités qui émergeaient, choisi de présenter José Bové,
il ne voulait pas, nous l’avons convaincu de porter notre programme, nous avons été chercher les 500 signature, nous nous sommes cotisés pour payer des frais, faire des affiches, tout était artisanal et décentralisé, nous avons du faire une asso pour pouvoir emprunter, etc.
bref, nous avons tout fait selon les règles de la démocratie et du désintéressement et nous avons joué le jeu des cadres imposés par la constitution…
résultat : un échec total, puisque si tu lis l’article, tu verras que même un type qui aurait du être des nôtres n’a pas pu comprendre quelle était la nature inédite de cette candidature, de ce mouvement, et notre volonté de rendre le pouvoir au peuple.
le type demandait qu’il y ait un programme complet, précis, chiffré avec des décisions à prendre, qui ne relevaient pas de nous mais bien du peuple, Bové étant notre cheval de troie pour remettre à plat toutes les structures instituées.
Personne n’a compris, ce n’est même pas que le peuple ne voulait avoir le pouvoir, les citoyens n’ont tout simplement pas eu accès à ce que nous avions à dire, les médias interrogeant Bové comme s’il était candidat pour lui-même, et comme un « petit candidat »,sur sa « personnalité », se moquant, le mettant sur le même plan que buffet besancenot ou laguiller, bref, il était le candidat des sans voix, nous sommes resté sans voix et lui aussi.
bref, si les gens voulaient vraiment la démocratie et qu’on leur propose de l’instaurer en votant, un trisomique pourrait être élu dès le premier tour,
donc si on choisit cette option pour gagner, pas pour « témoigner », on se doit de se plier à bien des règles du jeu tacite..le candidat doit « faire Président », avoir l’air « volontaire », avoir un programme de « dictateur bienveillant », sourire aux journalistes, meetings, chiffrage des propositions, bref être crédible à minima, c’est à dire tel que les usages et les rapports de force ont constitué comme « signaux » de la « crédibilité ».
De par l’hégémonie du système médiatique, pour pouvoir faire contrepoint, le « candidat » ou les idées doivent être porté par un réseau de citoyens, très très nombreux, engagés ou simplement capables de retraduire dans leur entourage le sens de la mobilisation, et pour qu’ils soient assez nombreux, le noyau qui initie le processus doit établir des stratégies qui font émerger leurs initiatives sur la scène médiatique d’une manière qui paraisse un minimum sensée et sympathique, du moins qui ne laisse pas indifférent.…d’où les partis, les assocs, etc.
Sur la candidature Bové, notre homme sandwich, nous avons échoué, mais pour espérer une insurrection électorale, nous nous sentions contraint de choisir une personnalité connue, dont l’intégrité et le désintéressement ne faisait pas de doute parmi nous…même si la suite à montré qu’il n’était pas bon dans l’exercice et pas assez discipliné par rapport à la souveraineté de nos collectifs et le sens profondément démocratique de notre fonctionnement.
donc tout ça vu du dehors peut apparaître comme une volonté d’une fraction du peuple de prendre le pouvoir, en réalité nous aurions été ravis d’être débordés par le nombre, et puisque la participation au processus ne nécessitait pas de carte ni de serment nous n’avions pas d’autre déficit de légitimité que celui de la propre auto-exclusion du peuple lui-même.
Peuple qui s’en fout, qui regarde du dehors en spectateur, en consommateur, qui attend qu’on lui fasse des propositions ou qui n’attend rien du tout ou attend un miracle de surgissement d’un « homme providentiel » ou qui veut absolument que ce soit son parti qui dirige…
bref nous sommes toujours condamnés à vivre sous l’autorité d’une fraction du peuple, et cette fraction est (pour le moment)ultra-majoritaire : elle veut un guide qui donne l’air de maîtriser le troupeau qu’elle forme.
et d’ailleurs, de par la conception largement partagée de la démocratie, même en cas de gouvernance par référendum nous avons à subir la dictature d’une majorité.
il y aura donc toujours un « en-dehors » car il faut bien s’organiser pour donner de la force et de la consistance à des messages et faire en sorte que la majorité soit du côté de la liberté et de la démocratie…ce n’est pas le cas aujourd’hui car nos adversaires sont mieux organisés et mieux outillés ;
peu importe les textes, la souveraineté appartient toujours à la fraction du peuple la mieux organisée et la plus consciente pour posséder les moyens de faire en sorte que ce qu’elle pense bon pour elle ait force de loi.
j’appartiens à la fraction du peuple qui pense que cette souveraineté et sa quête n’a de sens que si la souveraineté en question est dévolue à tous et émane de tous, et qui entend l’exercice de la souveraineté comme le moyen de faire en sorte que ce qui est bon pour soi doit être bon pour tous.
Mon parti pris est que toute action non-violente envers les personnes qui vise à mettre le peuple en capacité d’exercer lui-même la souveraineté est légitime, que cette action soit perçue comme venant d’un parti pris, d’une fraction du peuple, qu’elle soit légale ou illégale, qu’elle ne réalise ce but que de manière infinitésimale, m’importe peu.
ceux qui gouvernent sont toujours ceux qui n’entendent pas que d’autres gouvernent à leur place et qui se donnent les moyens de gouverner.
comme je n’entends pas que d’autres gouvernent à ma place, je fais ce qui est en mon pouvoir pour que les autres ne gouvernent pas,
et comme je n’entends pas gouverner quelqu’un d’autre que moi-même, je cherche à m’associer avec ceux qui ont le même but,
et je cherche à neutraliser le pouvoir de ceux qui l’ont obtenu des personnes qui veulent être gouvernées, en soutenant librement les actions de ceux qui, s’ils avaient un pouvoir sur moi, m’assureront la plus grande part possible de souveraineté sur moi-même.
la triste réalité m’obligeant à prendre parti pour ceux qui se donnent les moyens d’éliminer le pouvoir de ceux qui me volent le plus de souveraineté et qui organisent le grossissement des rangs de ceux qui ne veulent ou qui ne peuvent se gouverner eux-mêmes en association avec les autres.
de cela je tire la conclusion que le parti de ceux qui ne veulent ni gouverner, ni être gouvernés, ne peut pas exister autrement que comme parti de ceux qui veulent gouverner pour que tous puissent gouverner. Et puisque tous ne peuvent gouverner, pour des raisons matérielles ou cognitives, le seul moyen d’arriver à ces fins est de s’attirer les grâces de ceux qui veulent rester gouvernés et de chercher à grossir les rangs de ceux qui sont en capacité de se gouverner eux-mêmes et de gouverner pour que ceux qui ne le sont pas le devienne.
« Quand on parle de dehors et de dedans , ne pas oublier que le dehors exprime seulement l’impossibilité d’être dedans »
ou la volonté d’être dedans
« ; en d’autres termes c’est parce que la gouvernance ne fonctionne pas démocratiquement que les réflexions, revendications , actions etc se déroulent en dehors. Ce qui ne me convient pas c’est l’acceptation de cet état de fait comme quelque chose d’inéluctable et de positif . »
« Il y a une satisfaction à se revendiquer du dehors. » satisfaction qui est la source de nos problèmes car elle est ultramajoritaire, en bon peuple de spectateurs que nous sommes.
« Et les mêmes qui se revendiquent du dehors s’inscrivent avec satisfaction DANS le cadre imposé par le dedans ‚à savoir un processus du pouvoir alternatif,avec des partis en compétition pour cette « prise de pouvoir ». »
ceci concerne tout le monde quel que soit son choix
« Au lieu de se réunir autour d’une revendication commune de bon fonctionnement démocratique, chaque parti travaille à son ascension. »
Tous les partis qui ont été en position de pouvoir sont réuni autour de la même « revendication démocratique », au moins celle d’éviter la guerre civile
« De ce fait tout le monde est bien trop occupé par ce jeu du pouvoir pour organiser raisonnablement le pouvoir de tous . »
oui mais pour changer les choses il faut être en position de pouvoir le faire, ce qui implique de concurrencer ceux qui le sont.
« En disant cela je ne nie pas les nécessaires luttes contre la tyrannie , les inégalités etc mais il me semble plus intelligent de mettre un pauvre au pouvoir que d’augmenter son salaire »
tout dépend du pauvre en question et tout dépend de qui le met au pouvoir.
« ; plus intelligent méthodologiquement ( le comment ) de mettre ses forces , de créer des fronts sur la revendication démocratique »
parce qu’augmenter les salaires ou diminuer le temps de travail n’est pas une revendication démocratique ? celui a faim ou n’a pas le temps de comprendre les enjeux peut-il seulement être citoyen ?
enfin, la plupart des gens préfèrent l’ordre et la sécurité, la survie, à la liberté et à ses risques, l’assurance du pain quotidien aux promesses de lendemains qui chantent, l’équilibre précaire du moment aux incertitudes d’un changement radical de direction, à moins d’un retour en arrière…ceux qui veulent le pouvoir le gagnent s’ils savent créer un désordre qu’ils maîtrisent, du moins qu’ils donnent l’impression de maîtriser.
c’est là la supériorité du démagogue sur l’honnête homme : comment tout un peuple de gens qui se mentent à eux-mêmes en faisant semblant d’être dupes pourrait préférer autre chose qu’un démagogue, comment un peuple de valets et satisfaits de l’être pourrait devenir un peuple de seigneurs ?
ce soir sera élu celui que le peuple pense le moins mauvais parmi les candidats que les seigneurs ont présélectionné,
les candidats du peuple… le peuple les a lui-même éliminés…
j’ai vu hier soir dans Paris bien des choses encourageantes, hors des cameras et des écrans géants,
dans ce carnaval de l’enterrement du nabot malfaisant,
une liesse grave, une joie exigeante,
une envie de prendre au mot le slogan : le changement c’est maintenant.
le peuple attend les nouveaux tyrans au tournant !
De l’idée à la réalisation, c’est notre Chemin semé d’embûches !
De la théorie à la pratique, c’est notre cuisine cette cuisine-là, et elle requiert une furieuse attention de tous les instants !
bah, …
Pouvez-vous m’expliquer ceux qui savent, pourquoi il y a tant de travaux dans toutes les villes à une époque où pourtant il faudrait resserrer les budgets non vitaux, si l’on suivait à la lettre la logique de ce système malade qui quand il dit oui, ça veut dire non, et quand il dit non, ça veut dire oui !