Traces de la soirée TEDx à PARIS, le 22 mars 2012

21/04/2012 | 9 commentaires

https://​you​tu​.be/​o​N​5​t​d​M​S​X​WV8
• 22 mars 2012 : soi­rée TEDx à PARIS

Le 22 mars der­nier, j’ai été invi­té à Paris par TEDx Repu­blic Square, pour résu­mer en un quart d’heure mon tra­vail sur la démocratie.

• la vidéo de 18 minutes (ci-des­sus)

• Un gen­til virus a pro­cé­dé à une RETRANSCRIPTION :
http://​cap​tain​short​man​.blog​spot​.fr/​2​0​1​2​/​0​4​/​c​h​e​r​c​h​e​r​-​l​a​-​c​a​u​s​e​-​d​e​s​-​c​a​u​s​e​s​-​e​t​i​e​n​n​e​.​h​tml

Chercher la cause des causes – Etienne Chouard

trans­crip­tion confé­rence TEDx­Re­pu­bli­queS­quare

Je viens vous par­ler de démo­cra­tie, de la vrai démo­cra­tie celle qui n’existe pas du tout et celle qui je crois serait capable de nous sor­tir du pétrin. Je suis prof à Marseille[BTS droit et éco­no­mie]. En 2005, je me suis réveillé poli­ti­que­ment à l’oc­ca­sion d’un débat public en France où on nous consul­tait sur une pré­ten­due consti­tu­tion. En la lisant je me suis mis en colère, j’ai trou­vé que c’é­tait dan­ge­reux. J’ai écrit un texte d’une dizaine de pages puis je l’ai publié sur mon site [le blog] J’ai envoyé cela à mes contacts, trois fois rien, une bou­teille à la mer.

Et puis il s’est pas­sé quelque chose qui a trans­for­mé ma vie : les gens s’en sont empa­rés. Cela cor­res­pon­dait à quelque chose qui leur man­quait. J’ai pas­sé des nuits, pen­dant des mois, à répondre à ces gens là sur­tout d’ailleurs ceux qui ne m’ai­maient pas en essayant de leur mon­trer qu’ils avaient tort, qu’ils se trom­paient. Pro­gres­si­ve­ment les jour­naux s’en sont empa­rés. Les télés, les radios, tout ces gens là sont pas­sés à la mai­son ; ils en ont rajou­tés un peu comme si on rajou­tait du kéro­sène sur un incen­die. Le comp­teur du site se trans­for­mait en ven­ti­la­teur : 40 000 visites par jour, 12 000 mails en deux mois.

Rétros­pec­ti­ve­ment je me suis aper­çu que c’est le regard des autres qui m’a trans­for­mé, qui m’a don­né une force inouïe ; à la fois le regard des autres, posi­tif, qui atten­daient de moi quelque chose et puis le regard de ceux qui ne m’ai­maient pas du tout, qui se méfiaient de moi, qui disaient que j’é­tais un impos­teur, un bon à rien, quel­qu’un qui n’é­tait pas à sa place et j’a­vais envie de leur mon­trer qu’ils se trom­paient et ça ten­dait le même res­sort. Tout les regards me don­naient une éner­gie consi­dé­rable qui marche encore aujourd’hui.

J’ai décou­vert que les Athé­niens appe­laient cela la ver­gogne. Je trouve que c’est un concept très inté­res­sant et essen­tiel. Pour les Athé­niens, le bon citoyen don­nait une impor­tance au regard des autres ça le pous­sait à la ver­tu. Quand les autres comp­taient sur lui et le récom­pen­saient de leur regard, cela lui don­nait l’in­ten­tion d’être ver­tueux et quand les autres avaient un regard répro­ba­teur ça l’in­ci­tait à ne pas sor­tir du sen­tier de la ver­tu. C’est vrai que cela marche : les gens qui ont de la ver­gogne sont plus ver­tueux que les autres. Inver­se­ment ceux qui n’ont pas de ver­gogne sont extrê­me­ment dan­ge­reux au point qu’à l’é­poque où ils avaient des mœurs plus bru­tales que nous ‑pas obli­gés de mettre à mort- on pou­vait évi­ter de leur don­ner des responsabilités.

Depuis je me donne du mal pour… pour­quoi ? d’a­bord je cherche à com­prendre, j’es­sayais de voir la cause des injus­tices sociales. j’es­saie de voir s’il n’y a pas une cause prin­ci­pale pour toutes les injus­tices sociales. Ensuite je découvre avec émer­veille­ment les idées géniales qui fon­daient la démo­cra­tie athé­nienne donc une vraie démo­cra­tie. Je remet à l’en­droit des mots impor­tants, des mots qui sont com­plè­te­ment mis à l’en­vers depuis au moins 200 ans. Fina­le­ment j’es­saie d’i­ma­gi­ner, c’est un chan­tier, je n’ai pas une véri­té révé­lée, je construis un objet. J’es­saie de rendre robuste une idée. Je cherche à pen­ser des ins­ti­tu­tions, de bonnes ins­ti­tu­tions qui nous pro­té­ge­raient tous contre les abus de pou­voir. Je compte sur de bonnes ins­ti­tu­tions pour nous pous­ser à la ver­tu. Je ne compte pas sur des citoyens ver­tueux, je ne crois pas à ça je crois que nous avons tous en nous-mêmes des bons et des mau­vais côtés. Par contre de bonnes ins­ti­tu­tions pour­raient nous pous­ser à la ver­tu ou, comme c’est le cas aujourd’­hui, nous laisse déri­ver com­plè­te­ment en dehors de l’in­té­rêt géné­ral et du bien commun.

Pour cher­cher, j’u­ti­lise une méthode, for­mi­dable, que nous a conseillé un vieux mon­sieur, un méde­cin, Hip­po­crate qui disait cher­cher la cause des causes. Je me sers de ça tout le temps. Pour­quoi il disait ça ? Quand on a un pro­blème, un mal à soi­gner, évi­dem­ment ne vous en pre­nez pas aux consé­quences, vous ne régle­rez pas le pro­blème. Ne vous en pre­nez même pas aux causes, elles sont mul­tiples, elles sont mul­ti­fac­to­rielles. Ce n’est même pas ça. Il vaut mieux cher­cher, par­mi toutes les causes, la cause, s’il y en a une, la cause déter­mi­nante, celle qui déter­mine les autres causes. C’est celle là qu’il nous faut, c’est celle que je cherche.

Alors je par­tage avec tous les copains résis­tants, depuis que je fais de la poli­tique, je ren­contre plein de gens qui résistent depuis tou­jours et je par­tage avec eux toutes ces luttes. J’ai fait un sché­ma pour vous mon­trer la varié­té des sujets sur les­quels les gens résistent. J’ai fait cela sous forme d’arbre. Je m’é­tonne que tous ces résis­tants s’en prennent à des choses impor­tantes mais qui ne sont que des consé­quences et je trouve que per­sonne ne cherche à com­prendre la cause de tout ça.

Il me semble que j’ai trou­vé une cause com­mune à toutes ces impuis­sances, ces injustices.

Il me semble qu’elles viennent de l’ab­sence de contrôle des pou­voirs qui pro­duisent une impuis­sance popu­laire. Je pense que, s’il y a des injus­tices sociales, c’est parce que les gens bien, les gens nor­maux n’ont pas le pou­voir de résis­ter. Tous ces gens qui résistent, tous ces mili­tants passent toute leur vie à se bagar­rer et ils ne changent rien. Com­ment ça se fait ? Parce que leur impuis­sance poli­tique leur inter­dit d’a­gir. Mais d’où elle vient cette impuis­sance politique ?

Pour ce que j’en ana­lyse je pense que cette impuis­sance poli­tique vient de la consti­tu­tion.

Les élus ne sont pas révo­cables, ils n’ont pas de compte à rendre, on ne peut pas choi­sir nos can­di­dats, on n’a pas de réfé­ren­dum d’i­ni­tia­tive popu­laire, de notre ini­tia­tive nous ne pou­vons déci­der de rien. La mon­naie on la laisse pri­va­ti­sée parce que dans la consti­tu­tion il n’y a rien qui oblige à ce qu’elle soit publique.

Dans la consti­tu­tion toutes nos impuis­sances sont pro­gram­mées, ça ne vient pas du ciel. Alors j’es­saye tou­jours de com­prendre la cause des causes. Qu’est-ce qui fait que par­tout dans le monde, toutes les consti­tu­tions pro­gramment l’im­puis­sance des peuples ? Ça ne peut pas être un com­plot, pas tout le temps et dans tous les pays, ce n’est pas ça, c’est autre chose. Un pro­ces­sus uni­ver­sel qui doit avoir une cause uni­ver­selle. Il me semble que ce qui fait que toutes ces consti­tu­tions sont mau­vaises, c’est qu’elles pro­gramment l’im­puis­sance des gens au lieu de pro­gram­mer notre puis­sance, au lieu de nous garan­tir contre les abus de pou­voir. Je pense que c’est parce que ceux qui écrivent les consti­tu­tions, les auteurs consti­tuants, ont un inté­rêt per­son­nel à ne pas écrire une bonne consti­tu­tion, à ne pas à écrire notre puis­sance. Ils sont juge et par­tie, ce sont des pro­fes­sion­nels de la poli­tique. La on est proche de la cause des causes. Ce n’est pas de leur faute, ce ne sont pas des pour­ris, c’est nous qui les lais­sons écrire cette constitution.

Pour com­prendre l’im­por­tance de cette erreur il faut que je rap­pelle ce qu’est une consti­tu­tion. Les peuples, nous, depuis long­temps, depuis 2 500 ans avons besoin de mettre au des­sus de nous, des repré­sen­tants, pour pro­duire et appli­quer un droit écrit qui nous pro­tège contre l’ar­bi­traire des plus forts. Donc ces gens-là sont très utiles, ils pro­duisent un droit dont nous avons besoin pour paci­fier notre socié­té. Mais en même temps ils sont très dan­ge­reux s’ils se mettent à ser­vir les inté­rêts d’une caste au lieu de ser­vir l’in­té­rêt géné­ral. Ou si ils se mettent à abu­ser du pou­voir en deve­nant fous car le pou­voir les rend fous sys­té­ma­ti­que­ment. Et bien, oui, ça fait 2500 ans que l’on sait ça : le pou­voir rend fou, tous les pou­voirs ont une ten­dance à abu­ser, tou­jours, Mon­tes­quieu. C’est comme une loi phy­sique, impla­cable, et il y a une idée géniale pour nous pro­té­ger de cela c’est la constitution.

Alors la consti­tu­tion qu’est-ce que c’est ? C’est un texte qui est au des­sus des pou­voirs et qui ne sert pas du tout à orga­ni­ser les pou­voirs. Les pou­voirs n’ont pas du tout besoin de nous pour s’or­ga­ni­ser, pas du tout. Tous les citoyens devraient savoir cela : la consti­tu­tion sert à affai­blir les pou­voirs, à inquié­ter les pou­voirs, pour nous pro­té­ger contre les abus de pouvoir.

Mais atten­dez ! Si les repré­sen­tants doivent craindre la consti­tu­tion, il ne faut pas qu’ils l’é­crivent eux-mêmes, sinon s’ils l’é­crivent eux-mêmes, ils vont pro­gram­mer leur puis­sance et notre impuis­sance. Un enfant com­prend ça. Donc l’i­dée cen­trale, l’i­dée essen­tielle, ce n’est pas aux hommes au pou­voir d’é­crire les règles du pou­voir. il ne faut pas attendre que ce soit eux qui renoncent à écrire les règles, la solu­tion ne vien­dra pas d’eux. C’est à nous de leur impo­ser, de leur inter­dire d’é­crire la consti­tu­tion. Ça c’est vrai­ment l’i­dée essen­tielle qui nous manque dans la bagarre qui va oppo­ser les gens nor­maux à ceux qui exercent le pou­voir actuellement.

Il y a une inver­sion des mots. D’a­bord je ne suis pas un citoyen. Un citoyen est auto­nome, il vote lui-même les lois. Moi je suis un simple élec­teur, c’est à dire que je suis hétéronome[qui se base sur des règles défi­nies à l’ex­té­rieur]. Je subis la loi écrite par quel­qu’un d’autre ; nous appe­ler des citoyens c’est nous payer de mots, on se la pète mais on n’est rien du tout. Qu’est-ce qu’on fait dans cette pré­ten­due démo­cra­tie ? Qu’est ce que l’on a comme droit ? On a le droit de dési­gner des maîtres poli­tiques qui vont tout déci­der à notre place pen­dant cinq ans. On les désigne par­mi des gens qu’on a même pas choi­si , en plus ce sont les plus riches qui les choi­sissent. Dans le cas éven­tuel où ils nous tra­hissent au der­nier degré [cf la consti­tu­tion de 2005] on n’a pas les moyens de résis­ter. C’est vrai que nous avons la liber­té d’ex­pres­sion mais sans aucune force contrai­gnante. On a le droit de bla­bla­ter, si cela n’a pas d’ef­fet on a le droit. Dès que cela change quelque chose c’est un mas­sacre. Et nous appe­lons cela une démo­cra­tie. C’est de notre faute, nous devrions faire la grève de ces mots men­teurs, nous devrions refu­ser d’ap­pe­ler démo­cra­tie ce qui est son strict contraire. Nous par­ti­ci­pons à notre impuis­sance poli­tique en accep­tant d’ap­pe­ler démo­cra­tie ce qui est la néga­tion même de nos droits. Quand on accepte d’ap­pe­ler cela démo­cra­tie, on arrive même pas à for­mu­ler une solu­tion. On a besoin de la démo­cra­tie mais on arrive même pas à le dire puisque le mot est pris par son contraire. C’est génial d’a­voir inver­ser les mots, c’est du big bro­ther abso­lu­ment. Ca ne sais pas pas­ser par hasard. Ce n’é­tait pas bien au début en 1789 quand ça a com­men­cé il y a 200 ans et puis ça s’est dégra­dé, ce n’est pas du tout ça. Sieyès, un grand pen­seur de la révo­lu­tion fran­çaise, une poin­ture, ce n’é­tait pas un second cou­teau écri­vait : « les citoyens qui se donnent à eux-mêmes des repré­sen­tants doivent renon­cer eux-mêmes à faire les lois. Ils n’ont pas de volon­té par­ti­cu­lière à impo­ser. S’ils dic­taient leurs volon­tés, la France ne serait plus un état repré­sen­ta­tif mais ce serait un état démo­cra­tique. Le peuple ‑dans un pays qui n’est pas une démo­cra­tie- et la France ne serait l’être, le peuple ne peut par­ler et ne peut agir que par ses repré­sen­tants. » Ce gars-là n’é­tait pas un démo­crate et il savait très bien ce qu’é­tait la démo­cra­tie, vous avez le voir dans un ins­tant. Tout le monde savait, avant 1789, Mon­tes­quieu, Aris­tote, tout le monde savait que l’é­lec­tion est aris­to­cra­tique donc oli­gar­chique. Aris­tote le disait expli­ci­te­ment, je vous passe la cita­tion ; Mon­tes­quieu le disait expli­ci­te­ment, je vous passe aus­si la citation.

Pen­dant 200 ans de tirage au sort à Athènes, pen­dant 200 ans où il y avait des riches et des pauvres,oui je sais ils avaient mis de côté les femmes et les esclaves. Je vous parle pas de ça, je vous parle des citoyens de l’é­poque, il y avait des riches et des pauvres. Pen­dant 200 ans de tirage au sort, ce sont les pauvres qui ont diri­gé, tou­jours. On a deux exemples his­to­riques, pen­dant 200 ans, ce sont des faits, ce ne sont pas des opi­nions. Pen­dant 200 ans de tirage au sort, ce sont les pauvres qui gou­ver­naient, il y avait des riches mais ce n’est pas eux qui gou­ver­naient. Et puis pen­dant 200 ans de gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif parce que c’est comme ça que ça s’ap­pelle notre régime, ça s’ap­pelle un gou­ver­ne­ment pré­ten­du­ment repré­sen­ta­tif, dans ce régime là pen­dant 200 ans c’est tou­jours les riches qui dirigent, tou­jours. Ma ques­tion : puisque le tirage au sort donne le pou­voir aux pauvres, les pauvres ce sont les 99 %, puisque l’é­lec­tion donne le pou­voir au 1 %, les ultras riches, jus­qu’à quand les pauvres vont-ils défendre l’é­lec­tion comme si c’é­tait une vache sacrée ? Pour moi, il y a quelque chose d’in­dé­fen­dable à avoir tous ces pauvres qui défendent l’é­lec­tion alors que le tirage au sort leur ren­drait le pou­voir. Qu’est-ce qui fait que nous tenons à l’é­lec­tion ? Je pense que ce sont des mythes. L’é­cole dite répu­bli­caine nous apprend, depuis que nous sommes tout petit, que élec­tions égal démo­cra­tie, démo­cra­tie égal élec­tions, on le croit. Il faut une période de dés­in­toxi­ca­tion de ces men­songes. Il faut arri­ver à remettre les mots à l’en­droit. Nous ne sommes pas en démo­cra­tie. Ce dont nous aurions besoin c’est une démo­cra­tie avec tirage au sort qui nous libére de ceux qui ont le pouvoir.

Pour chan­ger les choses il ne faut pas comp­ter sur ceux qui ont le pou­voir en ce moment. La solu­tion ne vien­dra pas d’eux, la solu­tion vien­dra des gens nor­maux, des gens simples, des gens qui ne veulent pas le pou­voir. Il faut que vous connais­siez cette pen­sée d’Alain, un pen­seur for­mi­dable qui disait : « le trait le plus visible de l’homme juste et de ne pas vou­loir du tout gou­ver­ner les autres et de se gou­ver­ner seule­ment lui-même. » Cela décide tout. Autant dire que les pires gou­ver­ne­ront. Si les gens bons ne veulent pas gou­ver­ner et qu’on donne le pou­voir comme dans tout gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif à ceux qui le veulent alors les pires gou­ver­ne­ront. Ce piège qui est déses­pé­rant, Alain à rai­son quand il parle du gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif parce que tant qu’on donne le pou­voir à ceux qui le veulent, les gens justes, les gens bons on ne les aura pas. Alors je pense qu’on peut sor­tir de ce piège, de ces tenailles, avec une vraie démo­cra­tie où vous don­nez le pou­voir à n’im­porte qui. Les meilleurs d’entre nous sont par­mi ces « n’im­porte qui » qui ne veulent pas du pou­voir. C’est à nous de le vou­loir, il ne faut pas attendre que nos élus le veuillent. Ils ne le vou­dront jamais ça les fou­trait au chô­mage, la démo­cra­tie. Le tirage au sort à Athènes don­nait un tout petit peu de pou­voir, pas long­temps, jamais deux fois de suite, avec plein de contrôles qu’il fau­drait prendre le temps d’ex­pli­quer. Ce qui fait que les Athé­niens don­naient ce petit mor­ceau de pou­voir pour gar­der pour eux le reste. Ce n’est pas les tirés au sort qui votaient la loi, les tirés au sort fai­saient la police, fai­saient la jus­tice, ils appli­quaient les lois, fai­saient la pré­pa­ra­tion des lois parce que les Athé­niens en une assem­blée ne pou­vaient pas pré­pa­rer les lois. Et parce que les repré­sen­tants étaient affai­blis par le tirage au sort, les citoyens avaient la garan­tie qu’ils res­taient eux le sou­ve­rain. Il ne faut pas craindre le tirage au sort, nous serions tous bien plus puis­sants avec un sys­tème de tirage au sort qui ferait que nos repré­sen­tants seraient nos ser­vi­teur et ne pour­raient pas deve­nir nos maîtres.

Allez sur le​-mes​sage​.org. Il me semble que nous devrions, comme des virus, sans attendre les médias, il faut que nous nous pas­sions le mes­sage entre nous en disant : il faut abso­lu­ment que l’as­sem­blée consti­tuante soit tirée au sort, c’est de ça que tout va décou­ler. Je vous remer­cie de votre attention.

• L’en­re­gis­tre­ment sonore inté­gral (25 minutes) :
https://​old​.chouard​.org/​E​u​r​o​p​e​/​m​u​l​t​i​m​e​d​i​a​/​E​t​i​e​n​n​e​_​C​h​o​u​a​r​d​_​T​E​D​x​_​P​a​r​i​s​_​2​2​_​m​a​r​s​_​2​0​1​2​_​2​5​_​m​i​n​.​mp3


Juste après le talk, un jour­na­liste s’est appro­ché avec son micro, et on a échan­gé quelques mots, tran­quille­ment. C’é­tait Her­vé Pau­chon, alors c’est deve­nu cela :

France Inter, « Un temps de Pau­chon », 19 avril 2012 : ITV de 4 minutes, juste après le talk TEDx :


Échanges sur Face­book :
https://​www​.face​book​.com/​p​e​r​m​a​l​i​n​k​.​p​h​p​?​s​t​o​r​y​_​f​b​i​d​=​3​7​1​7​7​0​5​9​2​8​6​5​4​0​0​&​i​d​=​6​0​0​9​2​2​316


Bilan du talk TED : de mon point de vue, au-delà de l’hu­ma­ni­té cha­leu­reuse et ravi­go­tante qui s’est déga­gée de toute cette soi­rée, cette invi­ta­tion de TEDx m’a pous­sé à tra­vailler la syn­thèse, rac­cour­cir mon temps d’ex­po­sé, essayer de ne dire que l’es­sen­tiel de l’es­sen­tiel, pour que le for­mat, très court, per­mette à un plus grand nombre de per­sonnes de décou­vrir cette idée nou­velle. J’ai bien sen­ti que ce tra­vail sur moi-même (qui a duré plu­sieurs semaines avant le 22) a trans­for­mé mes inter­ven­tions, juste avant (à Cannes, à Nice ou à Lyon) et juste après (à Saint-Sau­veur et à Bruxelles) : elles sont deve­nues plus courtes, plus denses.

Mer­ci à tous les gen­tils virus qui bossent pour faire connaître l’i­dée démo­cra­tique et pour fabri­quer plein de glo­bules blancs anti-oligarchie 🙂

Étienne.


PS (24 avril 2012, 1 h du mat) : TRANSCRIPTION ET TRADUCTIONS de la soi­rée TEDx sont déjà bien avancées !!!

Tout le monde peut par­ti­ci­per, si j’ai bien compris…

Pour la tech­nique, il faut deman­der à Luis Bical­ho, gen­til virus ini­tia­teur du pro­cess ‘tra­duc­tion TEDX ».

http://​www​.uni​ver​sal​sub​titles​.org/​f​r​/​v​i​d​e​o​s​/​G​H​n​N​a​j​2​1​B​E​V​m​/​i​n​f​o​/​e​t​i​e​n​n​e​-​c​h​o​u​a​r​d​-​c​h​e​r​c​h​e​u​r​-​e​n​-​c​a​u​s​e​-​d​e​s​-​c​a​u​s​e​s​-​t​e​d​x​r​e​p​u​b​l​i​q​u​e​s​q​u​a​re/

Purée, ils ont de plus en plus d’éner­gie, tous ces virus !…

Mille mer­cis à tous mes frères humains qui montent sur le pont pour que la prise de conscience se fasse à temps.

Étienne.

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Un grand merci aux donatrices et donateurs : par ce geste, vous permettez à de beaux projets de voir le jour, pour notre cause commune.
Étienne

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9 Commentaires

  1. Arméedormante

    Conti­nuez, de nom­breuses per­sonnes suivent vos tra­vaux et confé­rences mêmes si elles ne par­ti­cipent pas au forum ou au com­men­taires du blog, le nombres de « vues » sur inter­net n’est pas repré­sen­ta­tif de votre audience non plus car nombre de vos inter­ven­tions se pro­mènent sur cd ou clés usb… Mer­ci encore.

    Réponse
  2. Étienne

    Mer­ci Arméedormante 🙂

    Réponse
  3. senzu

    Mer­ci de dire mer­ci parce que c’est vrai que ça chôme pas. Conta­mi­ner les autres avec ce gen­til virus n’est pas une mince affaire, cer­tains, nom­breux, très nom­breux, sont extrê­me­ment coriaces ! 

    Mais mer­ci à toi, c’est beau­coup toi qui donne les outils ! 

    Ami­tiés.
    Senzu.

    Réponse
  4. Étienne

    Mise à jour (24 avril 2012, 1 h du mat) : TRANSCRIPTION ET TRADUCTIONS de la soi­rée TEDx sont déjà bien avancées !!!

    Tout le monde peut par­ti­ci­per, si j’ai bien compris…

    Pour la tech­nique, il faut deman­der à Luis Bical­ho, gen­til virus ini­tia­teur du pro­cess ‘tra­duc­tion TEDX ».

    http://​www​.uni​ver​sal​sub​titles​.org/​f​r​/​v​i​d​e​o​s​/​G​H​n​N​a​j​2​1​B​E​V​m​/​i​n​f​o​/​e​t​i​e​n​n​e​-​c​h​o​u​a​r​d​-​c​h​e​r​c​h​e​u​r​-​e​n​-​c​a​u​s​e​-​d​e​s​-​c​a​u​s​e​s​-​t​e​d​x​r​e​p​u​b​l​i​q​u​e​s​q​u​a​re/

    Purée, ils ont de plus en plus d’éner­gie, tous ces virus !…

    Mille mer­cis à tous mes frères humains qui montent sur le pont pour que la prise de conscience se fasse à temps.

    Étienne.

    Réponse
  5. Étienne

    Ça y est, 

    la vidéo ori­gi­nale de TEDx 
    est sous-titrée en anglais :

    http://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​o​N​5​t​d​M​S​X​WV8


    • Il y a une ver­sion Dai­ly­Mo­tion (pas mal vue aus­si, apparemment) : 

    http://​www​.dai​ly​mo​tion​.com/​v​i​d​e​o​/​x​q​6​w​7​n​_​e​t​i​e​n​n​e​-​c​h​o​u​a​r​d​-​c​h​e​r​c​h​e​u​r​-​e​n​-​c​a​u​s​e​-​d​e​s​-​c​a​u​s​e​s​_​w​e​b​cam

    => Ques­tions :

    • Les FICHIERS .SRT (des sous-titres anglais) créés avec YOUTUBE

    - http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​_​s​o​u​s​_​t​i​t​r​e​s​/​C​h​o​u​a​r​d​_​T​E​D​x​.​e​n​.​srt

    - http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​_​s​o​u​s​_​t​i​t​r​e​s​/​C​h​o​u​a​r​d​_​T​E​D​x​.​f​r​.​srt

    peuvent-ils ser­vir à sous-titrer une vidéo DAILYMOTION ?

    • Est-ce que qu’on peut écrire un mot à ceux qui ont publié une copie de la vidéo TEDx pour qu’ils intègrent les sous-titres en fran­çais et anglais à leur copie publiée ?

    • Savez-vous (est-il utile de) créer et publier la vidéo TEDX avec les sous-titres anglais affi­chés D’EMBLÉE (pour signa­ler un lien simple aux anglophones) ?

    Mer­ci pour tout.

    (Je suis dans les pré­pa­ra­tifs du départ pour Namur ce WE. Com­plè­te­ment débor­dé, quoi, comme d’hab.


    Confé­rences Sor­tons de la mar­mite Sart-Ber­nard… par infobelgium2011

    … Vie de fou…)


    Un groupe Face­book a été créé pour tra­duire tout ça (TEDx, Lyon, etc.) : 

    Équipe Lin­guis­tique Internationale

    http://​www​.face​book​.com/​g​r​o​u​p​s​/​2​6​3​0​3​0​8​4​3​7​9​3​8​9​3​/​2​6​3​4​5​1​9​8​0​4​1​8​446

    Mer­ci Luis 🙂

    Étienne.

    Réponse
  6. Yannick

    Bon­jour à tous ceux qui sou­tiennent l’i­dée que notre soit-disant démo­cra­tie n’est qu’une supercherie…

    Un petit mot pour rap­pe­ler que la for­ma­li­sa­tion de notre sys­tème éco­no­mique (qui date de la même période que la repré­sen­ta­tion) est éga­le­ment une super­che­rie : l’é­change prend le pas sur la néces­si­té… un exemple simple : un homme est en train de se noyer, le réflexe, selon l’é­co­no­mie, doit être non pas de lui tendre la main (la néces­si­té) mais de lui deman­der com­bien il nous donne pour le sor­tir de là (échange)… Il faut donc rap­pe­ler qu’au­cune méthode éco­no­mique ne peut nous sor­tir de la crise puis­qu’elle sera basée sur cette supercherie…

    De la même manière qu’il faut entiè­re­ment revoir notre sys­tème démo­cra­tique, il nous faut repen­ser entiè­re­ment notre économie…

    j’at­tends vos com­men­taires sur :

    http://​www​.face​book​.com/​g​r​o​u​p​s​/​2​5​1​2​2​9​0​5​4​9​2​0​6​82/

    Mer­ci d’y réfléchir

    Yan­nick

    Réponse
  7. Étienne

    La vidéo de la soi­rée TEDx (130 000 vues pour l’o­ri­gi­nal) est déjà tra­duite en 11 langues, 
    mais voi­ci une ver­sion espa­gnole avec des sous-titres plus lisibles :

    C’est publié là : http://​insa​cu​la​cion​.blog​spot​.fr/​2​0​1​3​/​0​5​/​l​o​s​-​q​u​e​-​d​e​t​i​e​n​e​n​-​e​l​-​p​o​d​e​r​-​n​o​-​d​e​b​e​n​.​h​t​m​l​?​s​p​r​e​f​=tw

    La ver­sion alle­mande est en cours.

    Si vous vou­lez voir ou télé­char­ger le texte des sous-titres, en fran­çais ou dans une autre langue, 
    ou si vous vou­lez pro­po­ser vous-même une nou­velle traduction, 
    le site de tra­vail col­la­bo­ra­tif de tra­duc­tion AMARA faci­lite la tâche :

    http://​www​.ama​ra​.org/​f​r​/​v​i​d​e​o​s​/​G​H​n​N​a​j​2​1​B​E​V​m​/​i​n​f​o​/​e​t​i​e​n​n​e​-​c​h​o​u​a​r​d​-​c​h​e​r​c​h​e​u​r​-​e​n​-​c​a​u​s​e​-​d​e​s​-​c​a​u​s​e​s​-​t​e​d​x​r​e​p​u​b​l​i​q​u​e​s​q​u​a​re/

    Mer­ci à tous pour votre bou­lot, lit­té­ra­le­ment enthousiasmant 🙂

    Étienne.

    Réponse
  8. Étienne

    « Niki­ta Malo » signale ceci sur Face­book :

    « Salut, Les Espa­gnols ont fait très fort avec ce ques­tion­naire très com­plet sur la démo­cra­tie, la Consti­tu­tion, le tirage au sort et les stra­té­gies à suivre… 
    Tout y est, le chan­ge­ment va venir de là- bas en pre­mier ! »

    http://​www​.aho​ra​tu​de​cides​.es/

    Réponse

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