Lettre ouverte aux Candidats à la Présidence de la République
par l’AIRAMA (Alliance Internationale pour la Reconnaissance des Apports de Maurice ALLAIS en Physique et en Économie)
NON AU « LAISSEZ-FAIRISME » SUICIDAIRE !
NON À L’ÉTAT DESTRUCTEUR DES EMPLOIS ET DE LA CROISSANCE !
OUI À LA RELANCE DE LA « PROTECTION COMPÉTITIVE » DES 30 GLORIEUSES !
Sur les avertissements de Maurice, depuis bien longtemps, je rappelle ceci :

Et à propos de protectionnisme (évident et urgent) et de libre-échange (toujours catastrophique pour les peuples et ne servant que les cartels),
je renouvelle ici mon conseil de lecture enthousiaste pour un nouveau livre PASSIONNANT et IMPORTANT :
« Comment les pays riches sont devenus riches
et pourquoi les pays pauvres restent pauvres »
d’Éric Reinert : http://www.amazon.fr/Comment-devenus-pourquoi-pauvres-restent/dp/2268072908
traduit et armé d’une stimulante et captivante préface par l’excellent Claude Rochet : http://www.facebook.com/claude.rochet2
Ce livre est FORMIDABLE !

Protectionnisme intelligent
http://postjorion.wordpress.com/2012/04/14/238/
Manifeste pour un débat sur le libre-échange et sur l’euro…
http://www.manifestepourundebatsurlelibreechange.eu/
Texte publié en 2005 :
MAURICE ALLAIS :
L’EUROPE EN CRISE, QUE FAIRE ?
http://allais.maurice.free.fr/Cliquer%20pour%20chargement.pdf
« Manifeste pour un débat sur. »
Je vous laisse compléter les sujets méritant débat ; en général des thèmes structurant , fondateur de la société et engageant son avenir. Bref des thèmes nécessitant dans une démocratie , approfondissement , travail d’intelligence collective , débat , délibération , décision.
Trouvez vous dans ces élections une quelconque organisation ou même volonté du débat ?
Ne pensez vous pas comme moi , qu’il faut donc mettre en place un Service National de l’Étude et du Débat public concernant les grands sujets ?
Pourquoi cette cause des causes en amont de toutes les autres (peut-on être pour le tirage au sort sans, en amont, expliquer et débattre à ce sujet ?) n’est-elle pas mise en avant comme principe même de la démocratie de l’unité nationale ?
« Pourquoi cette cause des causes en amont de toutes les autres ( peut on être pour le tirage au sort sans en amont expliquer et débattre à ce sujet ?) n’est elle pas mise en avant comme principe même de la démocratie de de l’unité nationale ? »
Encore une fois, c’est dans le programme du FdG et le candidat en a parlé à Marseille, et encore une fois, c’est la théorie de l’Espace Public, d’Habermas, pilier de la démocratie,
et Mélenchon a à juste titre rappelé qu’avant ça, il y a l’école,
qu’on l’appelle « média », « recherche » ou autre, ce que tu demandes ne peut exister que sous le régime de la séparation des pouvoirs,
c’est-à-dire indépendant du pouvoir économique et indépendant du pouvoir politique, sous contrôle citoyen,
avec des garanties constitutionnelles.
la lutte contre le néolibéralisme suppose que nous ouvrions une brèche,
ce système est pourri, je crois que là-dessus le débat est clos,
il est donc indispensable de s’unir dans les urnes et dans les mobilisations futures pour poser entamer la bifurcation,
je ne vois aucune autre option,
la force lucide et consciente qu’est le FdG est constituée de citoyens pour la plupart conscients et qui partagent tes idées, ils ne sont pas d’accord entre eux sur tout, ils ont des idées à eux, mais ils partagent la conviction qu’il n’est pas possible de s’affranchir de ce système sans s’unir, et que l’option électorale est une méthode pacifique pour rendre le pouvoir au peuple et créer les conditions de son exercice, pas à pas mais que c’est parfaitement illusoire de croire qu’on va laisser un gouvernement et un peuple changer de direction sans attaques.
pour les gens conditionnés au néolibéralisme et abrutis de propagandes quotidiennes, Monsieur Mélenchon est un extrémiste,
pour moi c’est un homme mesuré et modéré et j’ai un certain nombre de divergences de fonds avec ses idées politiques,
pourtant, dans la mesure où le reste du spectre politique capable de mobiliser suffisamment d’électeurs pour gagner l’élection est foncièrement engagé dans la perpétuation du système, je n’ai pas d’autre choix que d’ajouter ma voix à la masse de ceux qui dans ce pays ont compris de quels cadres nouveaux nous avons tous besoin pour prendre en main notre destin.
je ne me fais aucune illusion, simplement, je sais, que l’hégémonie culturelle du néolibéralisme est d’une telle puissance que cette bataille culturelle pour un déconditionnement des esprits est loin d’être gagnée, d’autant qu’une masse importante de gens s’accroche à des idées rétrogrades et haineuses et s’attaquent aux personnes avant de s’attaquer aux logiques, et s’attaquent aux symptômes (par ex, la délinquance)avant d’en comprendre les causes,
ces ferments de guerre civile larvée vont s’exacerber avec l’avancée de la crise, et la haine contre Mélenchon n’est qu’un signal bien évident de la manipulation possible des fascistes pour être les sauveurs du capitalisme,
les élites en place ont besoin des brutes et des ignares pour perdurer, il n’y a pas de raison que cela change !
il n’y a qu’à regarder l’hystérie de Christine Boutin au moment du débat sur le PACS pour comprendre que les changements ne vont pas se faire dans la concorde, tout le monde n’est pas capable de raisonner !
jamais la république n’a réussi à satisfaire tout le monde, les nostalgiques du pouvoir de la noblesse et du clergé tout puissant, ont longtemps sapé ses avancées,
de même, de par les choix qui s’imposent à nous aujourd’hui, il est inconséquent de croire à une illusoire unanimité et encore moins à une possibilité pacifiée de s’accorder avec ces gens-là,
tout ce que nous pouvons souhaiter, c’est que leurs enfants seront moins cons, et saurons retraduire en arguments l’étincelle de sagesse qu’il y a peut-être au milieu de leur folie noire..et on peut avoir de l’espoir, la preuve, marine le pen est déjà moins tarée que son père…reste à rallumer la lumière pour ses électeurs…qui n’aiment pas les « gauchistes », les « écolos », les « musulmans », bref ils n’aiment personne à part ceux qu’ils connaissent et ceux qui à la télé répètent les bêtises auxquelles ils croient…leurs ancêtres massacraient des protestants, des communistes, etc., bref, s’ils sont quelque chose, c’est, pour trouver une métaphore biblique, ils sont le peuple de Jérusalem préférant la crucifixion de jésus à celle d’un voleur…
bref, quoi qu’il advienne, on va en baver, autant en baver pour des idées humanistes et des conquêtes politiques et sociales concrètes…
Concernant la « cause des causes », si l’on parle du problème spécifique de notre impuissance politique (en tant que peuple et citoyens), je rejoins évidemment l’analyse d’Étienne.
La cause des causes de l’impuissance politique des peuples réside dans le processus constituant et peut s’énoncer comme tel « Ce n’est pas aux hommes de pouvoir d’écrire les règles du pouvoir ».
En revanche, en admettant même l’avènement d’une véritable démocratie, suivant une procédure constituante désintéressée et la reprise de pouvoir par les peuples, nous ne serions pas sauvé des innombrables problèmes que nous rencontrons dans nos sociétés. Car la cause des causes de ces innombrables problèmes (chômage, pauvreté, violence, criminalité, stress, suicides, maladies, pollutions, empoisonnements, guerres, j’en passe et des meilleurs …) se trouve pour l’essentiel dans l’économie fondée sur la monnaie.
Tant que nous nous bornons, au mieux, à réformer, à « moraliser » l’économie monétariste (ce qui est impossible), nous sommes fichu, condamnés au mythe de Sisyphe et au supplice de Tantale. L’économie monétariste, par essence, est LA corruption.
Je l’ai déjà évoqué dans ce blog, et je n’ai pas encore obtenu d’argument solide qui me fasse changer d’avis : tout système économique basé sur la monnaie revient in fine à organiser et pérenniser la pénurie et la compétition, plutôt que gérer de façon commune les ressources dans le but de générer l’abondance pour tous.
Il existe une solution alternative à l’économie monétariste : une économie basée sur le partage équitable des ressources (cette solution est présentée ici).
Pour utopiques que puissent paraître les solutions du Projet Venus, elles n’en reposent pas moins sur de nombreuses recherches et analyses solides. On peut réfléchir à toutes les implications et conséquences sur les comportements humains d’une société sans monnaie, sans argent, et où chacun à accès à tous les biens ou services dont il a besoin. Mais pour juger du caractère utopique ou réaliste du projet, il nous faut envisager les choses en dehors du carcan étroit des conditions actuelles, sans quoi nous condamnerions la proposition sur des arguments fondés sur les conditionnements mêmes que l’on cherche à changer, ce qui serait le comble de l’absurde. Nous sommes névrosés par le contexte de la société actuelle : nous sommes matérialiste parce qu’il n’y en a pas assez ; nous amassons et nous devenons possessifs avec les biens matériels, parce que cela représente des richesses, nous développons l’avidité parce que la possession est le signe de la réussite. Il en irait tout autrement dans un contexte où tous auraient accès à tout ce dont ils ont besoin librement. Dans pareil contexte, les névroses possessives disparaissent. Le besoin d’accumuler (peur du manque) n’a plus besoin d’être. L’obsolescence planifiée disparait, et les ingénieurs peuvent – enfin ! – déployer toute leur créativité afin de développer des dispositifs et appareils solides, fiables et durables (puisqu’il n’y a plus besoin de répondre à des objectifs de rentabilité et de consommation renouvelée). Les vols n’ont plus lieu d’être, par conséquent, toute une série de crimes n’ont plus de raison de se développer. Libéré des tâches pénibles et dangereuses grâce à la robotique, les gens peuvent consacrer une grande partie du temps ainsi libéré afin de se consacrer, qui à la gestion de la cité, qui a l’étude, qui à des loisirs (créatifs ou non), qui à des associations culturelles, qui à la spiritualité, qui à la recherche… La participation à la gestion de la cité est encouragée et souhaitée, par le biais de l’application des principes de l’Open Source à tous les domaines de la politique (au sens noble du termes, c’est-à-dire « gestion de la cité ») : une véritable démocratie participative.
Le fait qu’aujourd’hui le monde soit globalisé – « finit » dirons certains – est un facteur déterminant dans la mise en œuvre du projet, puisque la base même de l’économie de ressources se fonde sur la gestion de l’ensemble des ressources de la Terre, perçue en tant que système vivant et dynamique ; tout comme le tirage au sort s’adapte infiniment mieux aux grandes échelles (par l’effet de nombre), l’économie basée sur les ressource ne s’adapte pratiquement et efficacement qu’à l’échelle globale (puisque certaines ressources ne sont disponibles qu’en quelques endroits, et non sur tout le globe).
Par conséquent, œuvrer à une prise de conscience générale de l’ensemble des dysfonctionnements, perversion, perfidies et dangers qui menacent notre société aujourd’hui est une bonne chose, mais songer à des solutions alternatives est également nécessaire.
Songez que si nous ne nous penchons pas sur les solutions, lorsque l’effondrement du système surviendra (et il surviendra !), ceux qui en sont les responsables, eux, auront dans leur cartons des « solutions » d’urgence bien établies, bien préparées, qu’ils sortirons de leur chapeau comme par miracle. Je vous laisse deviner la nature de ces « solutions ». Vous connaissez la stratégie du choc … Le seul moyen d’y échapper est d’avoir, de connaître, de répandre des idées et des projets qui vont dans l’intérêt de tous, non d’une infime minorité.
Cordialement,
Morpheus
ARMÉE ZAPATISTE DE LIBÉRATION NATIONALE. MEXIQUE.
SIXIÈME DÉCLARATION DE LA FORÊT LACANDONE
http://enlacezapatista.ezln.org.mx/sdsl-fr/
« III.- COMMENT NOUS VOYONS LE MONDE.
Maintenant nous allons vous expliquer comment nous, les zapatistes, nous voyons ce qui se passe dans le monde. Eh bien nous voyons que le capitalisme est le plus fort en ce moment. Le capitalisme est un système social, c’est‑à ‑dire une forme selon laquelle dans une société sont organisées les choses et les personnes, et qui distingue ceux qui possèdent de ceux qui ne possèdent pas, ceux qui dirigent et ceux qui obéissent. Dans le capitalisme il y en a certains qui ont de l’argent, c’est-à-dire le capital et les usines et les commerces et les champs et beaucoup de choses, et d’autres qui n’ont rien, seulement leur force et leur savoir pour travailler ; et dans le capitalisme, ceux qui dirigent sont ceux qui ont l’argent et les choses, et ceux qui obéissent sont ceux qui n’ont rien d’autre que leur capacité de travail.
Ainsi le capitalisme signifie qu’il n’y en que quelques-uns qui ont des grandes richesses, mais pas parce qu’ils ont gagné un prix ou qu’ils ont trouvé un trésor ou qu’ils ont hérité d’un parent, mais parce qu’ils obtiennent ces richesses en exploitant le travail de beaucoup de gens. Autrement dit, le capitalisme repose sur l’exploitation des travailleurs, ce qui veut dire qu’il pressure les travailleurs et leur prend tout ce qui peut lui rapporter. Cela se fait avec des injustices parce qu’il ne paye pas justement la besogne du travailleur, mais lui donne à peine un salaire pour qu’il puisse manger et se reposer un peu, et le jour suivant retourner travailler à l’exploitation, que ce soit à la campagne ou en ville.
Aussi le capitalisme s’enrichit en dépouillant, c’est‑à ‑dire par le vol, puisqu’il prend aux autres ce qu’il désire, par exemple les terres et les richesses naturelles. Autrement dit, le capitalisme est un système où les voleurs sont libres, admirés et montrés en exemple.
Et, en plus d’exploiter et de dépouiller, le capitalisme réprime parce qu’il emprisonne et tue ceux qui se rebellent contre l’injustice.
Dans le capitalisme, ce qui l’intéresse le plus sont les marchandises, parce que quand on les achète et les vend, on s’enrichit. Ainsi le capitalisme convertit tout en marchandises : les personnes, la nature, la culture, l’histoire, la conscience. Selon le capitalisme, tout doit pouvoir s’acheter et se vendre. Et il cache tout derrière les marchandises pour que nous ne voyions pas l’exploitation. Alors les marchandises s’achètent et se vendent sur un marché. Et il se trouve que le marché, en plus de servir à acheter et à vendre, sert aussi à cacher l’exploitation des travailleurs. Par exemple, sur le marché, on voit le café déjà emballé, dans un petit sachet ou un flacon très joli, mais on ne voit pas le paysan qui a souffert pour récolter le café, et on ne voit pas l’exploitant qui lui a mal payé son travail, et on ne voit pas les travailleurs dans la grande entreprise qui emballent sans arrêt le café. Ou on voit un appareil pour écouter de la musique comme des cumbias, des rancheras ou des corridos ou selon les goûts de chacun, et on voit qu’il est bien parce qu’il a un bon son, mais on ne voit pas l’ouvrière de l’usine qui a bataillé de nombreuses heures pour souder les fils et les parties de l’appareil, et elle a été payée une misère, et elle habite loin de son lieu de travail, et elle dépense beaucoup d’argent pour s’y rendre, et en plus elle risque de se faire enlever, violer ou tuer comme ça arrive à Ciudad Juárez au Mexique.
Autrement dit, sur le marché on voit des marchandises, mais on ne voit pas l’exploitation avec laquelle elles ont été fabriquées. Et donc le capitalisme a besoin de beaucoup de marchés… ou d’un marché très grand, un marché mondial.
Ainsi, le résultat c’est que le capitalisme d’aujourd’hui n’est pas comme celui d’avant, quand les riches étaient contents d’exploiter les travailleurs dans leur pays, puisqu’il en est maintenant à une étape qui s’appelle Globalisation Néolibérale. Cette globalisation veut dire que les capitalistes dominent les travailleurs non seulement dans un ou plusieurs pays, mais qu’ils essayent de tout dominer dans le monde entier. Le monde, c’est-à-dire la planète Terre, on l’appelle aussi “globe terrestre”, et c’est pour ça qu’on parle de “globalisation”, autrement dit le monde entier.
Et le néolibéralisme, eh bien c’est l’idée que le capitalisme est libre de dominer le monde entier et tant pis, il faut se résigner et s’y conformer et ne pas faire de remous, c’est-à-dire ne pas se rebeller. En fait le néolibéralisme c’est comme la théorie, le plan, de la globalisation capitaliste. Et le néolibéralisme a des plans économiques, politiques, militaires et culturels. Dans tous ces plans, il s’agit de dominer tout le monde, et celui qui n’obéit pas est réprimé ou écarté pour qu’il ne transmette pas ses idées de rébellion à d’autres.
Donc, dans la globalisation néolibérale, les grands capitalistes qui vivent dans les pays puissants, comme les Etats-Unis, veulent que le monde entier se transforme en une grande entreprise où on produit des marchandises et en une sorte de grand marché. Un marché mondial, un marché pour tout acheter et tout vendre, et pour cacher l’exploitation de tout le monde. Alors les capitalistes globalisés se mêlent de tout, autrement dit vont dans tous les pays, pour faire leurs grandes affaires, c’est-à-dire leurs grandes exploitations. Et ils ne respectent rien et s’installent comme ils veulent. En fait, ils effectuent comme une conquête d’autres pays. C’est pour cela que les zapatistes nous disons que la globalisation néolibérale est une guerre de conquête du monde, une guerre mondiale, une guerre que fait le capitalisme pour dominer mondialement. Et ainsi cette conquête se fait parfois avec des armées qui envahissent un pays et le conquièrent par la force. Mais d’autres fois c’est avec l’économie : les grands capitalistes investissent leur argent dans un autre pays ou lui prêtent de l’argent, mais avec la condition d’obéir à ce qu’ils disent. Ils arrivent aussi avec leurs idées, c’est-à-dire avec la culture capitaliste qui est la culture de la marchandise, du gain, du marché.
Donc celui qui fait la conquête, le capitalisme, fait comme il veut : il détruit et change ce qui ne lui plaît pas et élimine ce qui le gêne. Par exemple, ceux qui ne produisent ni n’achètent ni ne vendent les marchandises de la modernité ou ceux qui se rebellent à cet ordre, le gênent. Et ceux-là qui ne lui servent à rien, il les dédaigne. C’est pour ça que les indigènes gênent la globalisation néolibérale, et qu’ils sont dépréciés et qu’on veut les éliminer. Et le capitalisme néolibéral supprime aussi les lois qui ne le laissent pas faire ses nombreuses exploitations et avoir beaucoup de profits. Par exemple il impose qu’on puisse tout vendre et tout acheter, et comme le capitalisme a beaucoup d’argent, il achète tout. Le capitalisme semble ainsi vouloir détruire les pays qu’il conquiert avec la globalisation néolibérale, mais semble aussi vouloir remettre tout en ordre ou tout refaire mais à sa manière, c’est-à-dire de manière à en tirer des bénéfices sans qu’on le dérange. Alors la globalisation néolibérale ou capitaliste détruit ce qu’il y a dans ces pays, détruit leur culture, leur langue, leur système économique, leur système politique, et détruit même les modes de relations de ceux qui vivent dans ce pays. Autrement dit, tout ce qui fait qu’un pays est un pays est détruit.
Donc la globalisation néolibérale veut détruire les Nations du monde et qu’il ne reste qu’une seule Nation ou pays, celui de l’argent, du capital. Et le capitalisme veut que tout soit comme il veut, à sa manière, et ce qui est différent ne lui plaît pas, et il le poursuit, et il l’attaque ou le met à l’écart dans un recoin et fait comme s’il n’existait pas.
Alors, en résumé, comme on dit, le capitalisme de la globalisation néolibérale se fonde sur l’exploitation, le pillage, le mépris et la répression contre ceux qui ne se laissent pas faire. C’est-à-dire comme avant, mais maintenant globalisé, mondial.
Mais ce n’est pas si facile pour la globalisation néolibérale, parce que les exploités de chaque pays ne se laissent pas faire et ne se résignent pas, mais se rebellent ; et ceux qui sont de trop et gênant résistent et ne se laissent pas éliminer. C’est pour ça qu’on peut voir dans le monde entier ceux qui sont démunis résister pour ne pas se laisser faire, et se rebeller, et pas seulement dans un pays, mais partout ; ainsi, comme il y a une globalisation néolibérale, il y a une globalisation de la rébellion.
Et dans cette globalisation de la rébellion, il n’y a pas que les travailleurs des champs et de la ville, il y a aussi beaucoup d’autres personnes qui sont poursuivies et humiliées parce qu’elles ne se laissent pas non plus dominer, comme les femmes, les jeunes, les indigènes, les homosexuels, lesbiennes, transsexuels, les migrants et beaucoup d’autres groupes du monde entier, mais que nous ne voyons pas jusqu’à ce qu’ils crient qu’il y en a assez de ceux qui les méprisent, et qu’ils se soulèvent, et alors nous les voyons, et nous les entendons, et nous les connaissons.
Alors nous voyons que tous ces groupes de gens luttent contre le néolibéralisme, c’est-à-dire contre le plan de la globalisation capitaliste, et qu’ils luttent pour l’humanité.
Tout cela provoque en nous une grande frayeur en voyant la stupidité des néolibéralistes qui veulent détruire toute l’humanité avec leurs guerres et leurs exploitations, mais aussi une grande satisfaction de voir que partout il y a des résistances et des rébellions, comme la nôtre qui est un peu petite, mais nous sommes là . Et nous voyons tout cela dans le monde entier et notre c½ur apprend que nous ne sommes pas seuls.
…
Nous sommes en train de dire que la politique ne sert à rien ? Non, ce que nous voulons dire c’est que CETTE politique ne sert à rien. Et elle ne sert à rien parce qu’elle ne tient pas compte du peuple, ne l’écoute pas, ne s’en occupe pas, elle ne s’en rapproche qu’au moment des élections, et il n’y a même plus besoin de votes, les sondages suffisent pour dire qui a gagné. Et donc, ce ne sont que des promesses pour dire qu’ils vont faire plein de choses, et après, salut, et on ne les revoit plus, seulement aux informations pour dire qu’ils ont volé beaucoup d’argent et qu’il ne va rien leur arriver parce que la loi, que ces mêmes politiques ont faite, les protège.
Parce que c’est ça le problème, c’est que la Constitution est complètement trafiquée et changée. Ce n’est plus celle des droits et des libertés du peuple travailleur, mais celle des droits et des libertés des néolibéralistes pour obtenir leurs grands profits. Et les juges sont là pour servir ces néolibéralistes, parce qu’ils les défendent toujours, et ceux qui ne sont pas riches ont droit aux injustices, aux prisons, aux cimetières.
Bon eh bien même malgré cette confusion que font régner les néolibéralistes, il y a des Mexicains et des Mexicaines qui s’organisent, luttent et résistent.
Et ainsi nous avons su qu’il y a des indigènes, que leurs terres sont loin d’ici, du Chiapas, et qu’ils sont autonomes et défendent leur culture et prennent soin de la terre, des forêts, de l’eau.
Et il y a des travailleurs de la campagne, des paysans donc, qui s’organisent et font des manifestations et des mobilisations pour exiger des crédits et des soutiens à l’agriculture.
Et il y a des travailleurs de la ville qui ne permettent pas qu’on leur retire leurs droits ou qu’on privatise leur travail, mais protestent et se manifestent pour qu’on ne leur retire pas le peu qu’ils ont et qu’on ne retire pas au pays ce qui est à lui de fait, comme l’électricité, le pétrole, la sécurité sociale, l’éducation.
Et il y a des étudiants qui ne permettent pas qu’on privatise l’éducation et luttent pour qu’elle soit gratuite et populaire et scientifique, autrement dit qu’elle ne soit pas payante, que tout le monde puisse apprendre, et que dans les écoles on n’enseigne pas de stupidités.
Et il y a des femmes qui ne permettent pas qu’on les traite comme des objets ou qu’on les humilie et les méprise simplement parce qu’elles sont des femmes, mais s’organisent et luttent pour le respect qu’elles méritent en tant que femmes.
Et il y a des jeunes qui n’acceptent pas qu’on les abrutisse avec les drogues ou qu’on les harcèle pour leurs manières d’être, mais prennent conscience avec leur musique et leur culture, leur rébellion en fait.
Et il y a des homosexuels, lesbiennes, transsexuels et des gens ayant beaucoup d’autres pratiques, qui n’acceptent pas qu’on se moque d’eux, et les méprise, et les maltraite, et parfois les tue parce qu’ils ont une pratique différente, et qu’on les traite d’anormaux ou de délinquants, mais s’organisent pour défendre leur droit à la différence.
Et il y a des prêtres et des religieuses et ceux qu’on appelle les séculiers, qui ne sont ni avec les riches ni résignés dans la prière, mais s’organisent pour accompagner les luttes des peuples.
Et il y a ceux qu’on appelle les travailleurs sociaux, qui sont des hommes et des femmes qui ont passé toute leur vie à lutter pour le peuple exploité, et ce sont les mêmes qui participent aux grandes grèves et aux actions ouvrières, aux grandes mobilisations citoyennes, aux grands mouvements paysans, et qui ont souffert les grandes répressions, et quoi qu’il en soit, bien que certains soient âgés, ils ne renoncent pas, et vont de tous côtés cherchant la lutte, l’organisation, la justice et ils mettent en place des organisations de gauche, des organisations non-gouvernementales, des organisations des droits humains, des organisations de défense des prisonniers politiques et de retour des disparus, des publications de gauche, des organisations d’enseignants ou d’étudiants, autrement dit la lutte sociale, et même des organisations politico-militaires, et ils ne s’arrêtent jamais, et beaucoup savent parce qu’ils ont vu, et entendu, et vécu et lutté.
Et ainsi en général, nous voyons que dans notre pays, qui s’appelle le Mexique, il y a beaucoup de gens qui ne se laissent pas faire, qui ne se rendent pas, qui ne se vendent pas. Autrement dit, des gens dignes. Et nous sommes très contents et heureux parce qu’avec tous ces gens, les néolibéralistes ne vont pas gagner si facilement, et peut-être que nous arriverons à sauver notre Patrie des grands vols et destructions qu’ils réalisent. Et nous espérons que notre “nous” pourra inclure toutes ces rebellions… » »
« II. OÙ NOUS EN SOMMES MAINTENANT
Alors, comme zapatistes que nous sommes, nous avons pensé qu’il ne suffisait pas d’arrêter de dialoguer avec le gouvernement, mais qu’il était nécessaire de continuer la lutte malgré ces parasites fainéants de politiques. L’EZLN a donc décidé la mise en application, seule et de son côté (comme on dit “unilatérale” parce que d’un seul côté), des Accords de San Andrés à propos des droits et de la culture indigènes. Pendant 4 ans, de mi-2001 à mi-2005, nous nous sommes consacrés à ça et à d’autres choses que nous allons vous dire.
Bon, nous avons donc commencé à mettre en place les communes autonomes rebelles zapatistes, ce qui est la manière dont se sont organisés les villages pour gouverner et se gouverner, pour se rendre plus forts. Ce mode de gouvernement autonome n’a pas été inventé comme ça par l’EZLN, puisqu’il provient de plusieurs siècles de résistance indigène et de la propre expérience zapatiste, et c’est comme un auto-gouvernement des communautés. Autrement dit, personne ne vient de l’extérieur pour gouverner, mais les villages eux-mêmes décident, entre eux, qui gouverne et comment, et si ce dernier n’obéit pas, il est écarté. C’est-à-dire que si celui qui dirige n’obéit pas au village, on le renvoie, il perd son autorité et quelqu’un prend sa place.
Mais alors nous avons vu que les communes autonomes n’étaient pas à égalité, mais que certaines étaient plus avancées et avaient plus de soutien de la société civile, et d’autres étaient plus isolées. Il fallait donc s’organiser pour que ce soit plus juste. Et nous avons aussi vu que l’EZLN avec sa partie politico-militaire se mêlait de décisions qui concernaient les autorités démocratiques, comme on dit “civiles”. Et le problème c’est que la partie politico-militaire de l’EZLN n’est pas démocratique, parce que c’est une armée, et nous avons vu que ce n’était pas bien que le militaire soit en haut, et le démocratique en bas, parce que ce qui est démocratique ne doit pas se décider militairement, mais ce doit être l’inverse : autrement dit qu’en haut, le politique démocratique décide et en bas, le militaire obéit. Ou peut-être que c’est mieux qu’il n’y ait rien en bas mais que tout soit bien à plat, sans militaire, et c’est pour ça que les zapatistes sont des soldats, pour qu’il n’y ait pas de soldats. Bon, mais alors, pour ce problème, ce que nous avons fait a été de commencer à séparer ce qui est politico-militaire de ce que sont les formes d’organisations autonomes et démocratiques des communautés zapatistes. Et ainsi, des actions et des décisions qui avant étaient faites et prises par l’EZLN, sont passées petit à petit aux mains des autorités élues démocratiquement dans les villages. Bien sûr que c’est facile à dire, mais dans la pratique c’est compliqué, parce ce sont de nombreuses années, d’abord de préparation de la guerre, ensuite de guerre elle-même, et on s’habitue au politico-militaire. Mais quoi qu’il en soit nous l’avons fait parce que c’est notre manière de faire ce que l’on dit, parce que sinon, pourquoi va-t-on dire quelque chose que nous ne faisons pas ensuite.
C’est ainsi que sont nées les Assemblées de Bon Gouvernement, en août 2003, et avec elles on a continué avec l’auto apprentissage et l’exercice du “diriger en obéissant”.
Depuis, et jusqu’à mi-2005, la direction de l’EZLN n’a plus donné d’ordres sur les questions civiles , mais a accompagné et soutenu les autorités élues démocratiquement par les peuples, et, en plus, a surveillé qu’on informait bien les populations et la société civile nationale et internationale des soutiens reçus et à quoi ils étaient utilisés. Et maintenant, nous transférons le travail de vigilance du bon gouvernement aux bases de soutien zapatistes, sous la forme de charges temporaires avec un roulement, de manière à ce que tous et toutes apprennent et effectuent cette tâche. Parce que nous pensons qu’un peuple qui ne surveille pas ses dirigeants est condamné à être esclave, et nous nous battons pour être libres, pas pour changer de maître tous les six mois.
L’EZLN, pendant ces 4 ans, a aussi fourni aux Assemblées de Bon Gouvernement et aux Communes Autonomes les soutiens et les contacts qui, dans tout le Mexique et le monde entier, ont été obtenus pendant ces années de guerre et de résistance. De plus, pendant ce temps, l’EZLN a constitué un soutien économique et politique qui permet aux communautés zapatistes d’avancer avec moins de difficultés dans la construction de leur autonomie et d’améliorer leurs conditions de vie. Ce n’est pas beaucoup, mais c’est bien plus que ce qu’il y avait avant le début du soulèvement, en janvier 1994. Si vous regardez une de ces études que font les gouvernements, vous allez voir que les seules communautés indigènes qui améliorent leurs conditions de vie, c’est-à-dire de santé, éducation, alimentation, habitation, ont été celles qui se trouvent en territoire zapatiste, comme nous appelons l’endroit où se trouvent nos peuples. Et tout cela a été possible grâce aux progrès des peuples zapatistes et le soutien très important qui a été reçu de personnes généreuses et nobles, que nous appelons “sociétés civiles”, et de leurs organisations du monde entier. Comme si toutes ces personnes avaient rendu réelle l’idée qu’un “autre monde est possible”, mais dans les faits, pas dans les bavardages.
Et alors les peuples ont eu de bonnes avancées. Maintenant il y a plus de compagnons et de compagnes qui apprennent à gouverner. Et bien que, petit à petit, plus de femmes prennent ces fonctions, on manque encore de respect pour les compagnes et elles devraient participer plus aux tâches de la lutte. Avec les Assemblées de Bon Gouvernement aussi, la coordination entre les communes autonomes et la résolution de problèmes avec d’autres organisations et avec les autorités gouvernementales officielles se sont améliorées. Il y a aussi eu des progrès dans les projets des communautés, et la répartition des projets et des soutiens de la société civile du monde entier est plus équitable : la santé et l’éducation se sont améliorées bien qu’il en manque encore autant pour arriver à ce que ça doit être, de même pour le logement et l’alimentation ; et dans certaines zones le problème de la terre a bien avancé puisque des terres récupérées aux grands propriétaires ont été réparties, même s’il reste des zones qui continuent de manquer de terres à cultiver. Il y a aussi eu des progrès dans le soutien de la société civile nationale et internationale, parce qu’avant chacun allait où il voulait, et maintenant les Assemblées de Bon Gouvernement les orientent où c’est nécessaire. Et pour les mêmes raisons, il y a partout plus de compagnons et de compagnes qui apprennent à se lier avec les personnes d’autres régions du Mexique et du monde, qui apprennent à respecter et exiger le respect, qui apprennent qu’il y a plusieurs mondes qui ont tous leur place, leur temps, leur manière, et qu’il faut donc se respecter mutuellement entre tous.
Bon, eh bien nous les zapatistes de l’EZLN nous avons consacré ce temps à notre principale force : les peuples qui nous soutiennent. Et ainsi, la situation s’est améliorée, et personne ne peut dire que l’organisation et la lutte zapatistes ont été vaines, puisque même s’ils nous éliminent complètement, notre lutte a servi à quelque chose. »
Source : http://enlacezapatista.ezln.org.mx/sdsl-fr/