Conférence de LYON, 9 mars 2012 : La démocratie est-elle un leurre ?

13/04/2012 | 29 commentaires

Confé­rence de LYON, 9 mars 2012, avec la MJC Saint-Just

La démo­cra­tie est-elle un leurre ?

[Mise à jour août 2012 : cette confé­rence a été retrans­crite en fran­çais, puis tra­duite et sous-titrée EN ANGLAIS. (L’es­pa­gnol est en cours.)
La page des vidéos tra­duites, inti­tu­lée « Is Demo­cra­cy a trap ? — Etienne Chouard — March 2012 » est là : http://​www​.you​tube​.com/​p​l​a​y​l​i​s​t​?​l​i​s​t​=​P​L​F​8​1​0​C​7​C​F​3​4​1​5​5​740
(Il faut acti­ver manuel­le­ment les sous-titres, en bas des vidéos.)
Mer­ci aux modestes et géniaux gen­tils-virus qui se chargent dis­crè­te­ment de ces tra­vaux d’Hercule.]

D’a­bord, l’annonce :

https://​you​tu​.be/​-​z​N​c​N​h​L​6​89c

PARTIE I : Par­cours depuis 2005.

Un chan­tier ori­gi­nal. — Le trai­té anti-consti­tu­tion­nel. — Douze mille mails sous les mers. — S’op­po­ser et construire. — Rôle des consti­tu­tions. — De la contra­dic­tion. — Les outils col­la­bo­ra­tifs du plan C : Le forum, le wiki, le blog.

https://​you​tu​.be/​e​E​n​A​T​S​y​X​L3g

PARTIE II : Remettre les mots à l’endroit.

Nos acteurs poli­tiques, l’in­té­rêt géné­ral, et l’in­té­rêt des banques. — 1% et 99%. — Élec­tions = démo­cra­tie ? — Démo­cra­tie et gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif. — Dési­gner des maîtres. — La consti­tu­tion : le pro­blème et la solu­tion. — La ver­gogne. — 1789, l’ab­bé Sieyès. — Hen­ri Guille­min. — Cher­cher la cause des causes.

https://​you​tu​.be/​O​G​Q​J​F​B​5​t​Q6g

Par­tie III : Impuis­sances et constitutions.

Les résis­tances impuis­santes. — Les branches et les racines. — Consi­dé­ra­tions sur Inter­net. — Qui écrit les consti­tu­tions ? — Notion de conflit d’in­té­rêts. — Consti­tuer une assem­blée consti­tuante. — La Tuni­sie et l’ Islande.

https://​you​tu​.be/​4​5​u​x​E​C​d​-​mZ8

Par­tie IV : objec­tions et réfutations.

Les Iro­quois et la place du chef. — Élec­tions, aris­to­cra­tie, et oli­gar­chie. — Athènes, Pla­ton, et les sophistes. — Tirage au sort et démo­cra­tie.— Vou­loir la démo­cra­tie. — Désyn­chro­ni­ser la richesse éco­no­mique et le pou­voir politique.

Les objec­tions de « l’as­sem­blée du 5ème arron­dis­se­ment de Lyon » :
— Pour­quoi la démo­cra­tie athé­nienne s’est-elle éteinte ?
— Les humains veulent-ils la démo­cra­tie ?
— Escla­va­gisme et phal­lo­cra­tie à Athènes, au Vème siècle avant J.-C.
— Le tirage au sort et la ques­tion de la com­pé­tence.
— La ques­tion du nombre.

— Mon­taigne, et l’art de converser.

https://​you​tu​.be/​f​S​Y​1​X​7​O​1​4CU

Par­tie V : 

L’as­sem­blée des citoyens à Athènes, à l’é­poque de la démo­cra­tie. —
le​-mes​sage​.org. — Ama­teu­risme poli­tique, éga­li­té poli­tique, et ques­tion de la com­pé­tence. —
Assem­blées citoyennes tirées au sort. — Élec­tions, endet­te­ments, et retours d’as­cen­seurs. —
Ques­tion de la cor­rup­tion. — Ques­tion du contrôle des pouvoirs.

Réfé­rences biblio­gra­phiques :
– Cor­ne­lius Cas­to­ria­dis, Post-scrip­tum sur l’in­si­gni­fiance. — Édi­tions de l’Aube (7 mai 2004).
– Yves Sin­to­mer, Petite his­toire de l’ex­pé­ri­men­ta­tion démo­cra­tique. Tirage au sort et poli­tique d’A­thènes à nos jours. — Édi­tions La Décou­verte (13 octobre 2011).

https://​you​tu​.be/​9​X​i​r​g​0​M​N​tS0

Par­tie VI : DÉBATS

— Une pro­po­si­tion ori­gi­nale de Boris, débat­tue ensuite avec Monique.
— Une idée simple et puis­sante : « Nous ne vou­lons pas de pro­fes­sion­nels de la poli­tique dans l’as­sem­blée constituante. »

Retour sur :
– L’im­por­tance de la consti­tu­tion.
– Le conflit d’in­té­rêt.
– La cause des causes.
– Les ques­tions de la com­pé­tence et de la volonté.

Biblio­gra­phie :
– Alain, Pro­pos sur les pou­voirs. — Édi­tions Gal­li­mard (1 jan­vier 1985).

https://​you​tu​.be/​9​z​C​p​k​6​j​E​V2w

PARTIE VII :

Rédac­tion d’une consti­tu­tion : le cas du Vene­zue­la, une alter­na­tive au tirage au sort.
— Réfé­ren­dums d’i­ni­tia­tive popu­laire, fonc­tion­ne­ments pos­sibles.
— Reve­nu de base, reve­nu uni­ver­sel, divi­dende uni­ver­sel, salaire à vie.
— Quelles armes contre l’o­li­gar­chie ?
— Le diplo­do­cus et le virus.
— Inter­net et l’exponentielle.

Biblio­gra­phie :
– Ber­nard Friot, L’en­jeu du salaire. Édi­tions La Dis­pute (19 jan­vier 2012).
– Ber­nard Friot, L’en­jeu des retraites. Édi­tions La Dis­pute (25 mars 2010).
– Duboin Jacques, La grande relève des hommes par la machine. Édi­tions Nou­velle (1932).
– Ber­nard Manin, Les prin­cipes du gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif. Flam­ma­rion (15 sep­tembre 2008).

https://​you​tu​.be/​k​X​Z​Q​6​a​J​h​d7A

FIN de la conférence 🙂

Mille mer­cis à Mat­thieu Wagon pour ce bou­lot consi­dé­rable,
et mer­ci aus­si à tous les mili­tants qui ont ren­du tout ça pos­sible,
et qui m’aident tant à semer toutes ces graines d’é­man­ci­pa­tion à venir.

Bien ami­ca­le­ment.

Étienne.

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Étienne

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29 Commentaires

  1. Romain (hertek)

    Bon­jour, romain, 30 ans

    Je suis en pleine réflexion sur l’u­ti­li­té d’al­ler voter ou pas la semaine prochaine.

    Vive­ment la suite, je découvre ce site.

    Mer­ci à Etienne Chouard.

    Réponse
  2. vincent

    Dans la série « redon­nons leurs sens aux mots », je pen­sais à l’anarchie.

    On pré­sente sou­vent l’a­nar­chie comme l’in­verse de la civilisation.

    Comme par exemple dans la phrase : « Si tout le monde a son mot à dire ça va être l’anarchie ! »

    Je pense que c’est inté­res­sant de voir que les mots nous forcent à pen­ser que l’a­nar­chie – c’est-à-dire l’ab­sence de toute domi­na­tion – équi­vaut à l’ab­sence de toute organisation.

    Comme s’il n’y avait que le choix entre la domi­na­tion et l’ab­sence d’or­ga­ni­sa­tion, le chef ou le chaos.

    Comme s’il ne pou­vait y avoir une orga­ni­sa­tion sans domination.

    Il n’y a plus de mot pour ça.

    Réponse
  3. vincent

    @ romain

    À mon humble avis, tu trou­ve­ras sur ce site pas mal de rai­sons de voter blanc (ou t’abs­te­nir ce qui revient au même), quelques rai­sons de voter Mélen­chon, d’autres pour Dupont-Aignan, quelques unes pour Le Pen et un bon paquet quand même pour Joly, Artaud et Pou­tou. En cher­chant bien, tu trou­ve­ras aus­si des rai­sons de voter pour Cheminade.

    Si donc tu suis une des recom­man­da­tions impli­cites de ce site, tu devras renon­cer à conqué­rir l’Élysée.

    Mais tu pour­ras cher­cher à emmer­der le futur loca­taire de l’Élysée.

    Option 1 : en cher­chant à obte­nir plus de 50 % d’abstention.

    Option 2 : en cher­chant à pla­cer un des noms sus­ci­tés au deuxième tour.

    À toi de voir !

    PS : Au cas où tu hési­te­rais encore, rap­pelle-toi que Le Pen en 2002 a sur­tout per­mis à Chi­rac de pas­ser avec 82 %… Pour ce qui est de l’emmerder…

    Réponse
  4. sitouaillain

    @ Vincent,

    là, je n’i­ro­nise plus, je suis bien d’ac­cord avec toi, tu as rai­son sur l’anarchie,

    regarde, même les flics sont en train d’y revenir
    http://​www​.20mi​nutes​.fr/​a​r​t​i​c​l​e​/​9​1​6​0​0​1​/​t​r​o​i​s​-​c​o​m​m​i​s​s​a​i​r​e​s​-​c​o​l​l​i​m​a​t​e​u​r​-​p​o​l​ice,

    je suis per­sua­dé que l’or­ga­ni­sa­tion anar­chique est la forme qua­si spon­ta­née des gens qui ont à prendre en main leurs affaires, à éga­li­té de droits et de devoirs. De nom­breux exemples his­to­riques le démontrent.

    j’ai même envie de lan­cer un slo­gan à la con : le 21ème siècle sera anar­chiste ou ne sera pas !

    Réponse
  5. Florence

    Je viens de lire un article de bio-dyna­mie sur les ânes. Graines d’ananars ?

    « A l’é­tat sau­vage, les ânes s’or­ga­nisent non-hié­rar­chi­que­ment. Il existe sou­vent une matriarche qui est écou­tée mais son rôle est de conseiller et non de déci­der pour tous. Chaque membre du groupe peut chan­ger d’herbe s’il le désire et ceux qui veulent suivre un auda­cieux vers de nou­velles prai­ries ne reçoivent aucun blâme. La dif­fé­rence avec une harde de che­vaux, menée par un éta­lon et une jument domi­nants saute aux yeux. On a l’im­pres­sion d’a­voir à faire à un groupe d’a­mis qui se connaissent et s’ap­pré­cient plu­tôt qu’à un trou­peau pro­pre­ment dit. Impres­sion cor­ro­bo­rée par le fait que les ânesses s’oc­cupent long­temps et très affec­tueu­se­ment de leur ânon et qu’il est impos­sible (à la dif­fé­rence de la vache) de traire une ânesse si son petit lui est reti­ré : elle tarit en quelques jours. La lac­ta­tion a donc un fon­de­ment affec­tif et non uni­que­ment phy­sio­lo­gique chez l’â­nesse, ce qui est rare et sou­ligne le carac­tère sociable de l’a­ni­mal. Une des recom­man­da­tions récur­rentes concer­nant l’é­le­vage des ânes est d’ailleurs d’en acqué­rir au moins deux. Un ani­mal seul ne reçoit pas ce dont il a besoin au niveau psy­chique et s’attriste. »
    « décide par lui-même »
    « réfléchit »
    « refuse de céder à la contrainte »…
    (Et le bon­net d’âne serait pour que la sagesse se trans­mette à la tête coiffée…)

    in Bio­dy­na­mis, n° 70, Nico­las Dubran­na, p. 15.

    Mon idée sur l’hu­ma­ni­té est qu’elle peut inté­grer dans son extrême plas­ti­ci­té, tous les états et com­por­te­ments des autres vivants (ani­maux).
    La nature de l’âne, si l’on peut géné­ra­li­ser (alors qu’il y a sûre­ment des per­son­na­li­tés d’âne) m’est plus que séduisante.

    Bien à vous tous !

    Réponse
  6. Morpheus

    @ Vincent

    A pro­pos du sens du mot « anar­chie » (et du sens des mots en géné­ral), je te ren­vois à un article que j’ai publié sur Ago­ra­vox.

    Je reprends ici le pas­sage spé­ci­fique à l’anarchie :

    Si je vous dis « anar­chie », à quoi pen­sez-vous immédiatement ?

    Désordre, chaos, situa­tion poli­tique et sociale hors de contrôle. Au vrai, la défi­ni­tion de l’a­nar­chie qui nous est don­née 99 fois sur 100 est celle-là. Elle entraîne inévi­ta­ble­ment une réac­tion de rejet de l’a­nar­chie, consi­dé­rée comme socia­le­ment inadap­tée, voir contraire à l’in­té­rêt géné­ral : l’a­nar­chie est donc, sans plus de réflexion, éva­cuée des débats et alter­na­tives pos­sibles. En effet, si la civi­li­sa­tion repose sur l’or­ga­ni­sa­tion sociale, une idéo­lo­gie qui prône le désordre est inévi­ta­ble­ment disqualifiée.

    Logique, non ?

    Sauf que la situa­tion de désordre social, de désor­ga­ni­sa­tion et de chaos n’est pas l’a­nar­chie, mais bien l’a­no­mie ! Hein ? L’ « ano­mie » ? Qu’est-ce que c’est que ce mot ? Jamais enten­du par­ler ! Véri­fions donc par nous-mêmes dans un dictionnaire :

    Ano­mie : absence de normes ou d’or­ga­ni­sa­tion stable ; désar­roi qui en résulte chez l’individu.

    Bon. Oui, mais – dirons encore cer­tains – « anar­chie est un syno­nyme d’a­no­mie ». Et bien, non : l’u­nique syno­nyme d’a­no­mie est … autonomie !

    Mais alors, que désigne l’a­nar­chie ? Au propre, l’a­nar­chie désigne « la situa­tion d’une socié­té où il n’existe pas de chef, pas d’au­to­ri­té unique. Il peut exis­ter une orga­ni­sa­tion, un pou­voir poli­tique ou même plu­sieurs, mais pas de domi­na­tion unique ayant un carac­tère coer­ci­tif. L’anarchie peut, éty­mo­lo­gi­que­ment, éga­le­ment être expli­quée comme le refus de tout prin­cipe pre­mier, de toute cause pre­mière, et comme reven­di­ca­tion de la mul­ti­pli­ci­té face à l’unicité. »

    Une défi­ni­tion qui – éva­cuée de toute asso­cia­tion trom­peuse – ne peut qu’in­ter­pel­ler un démo­crate sin­cère, tant elle coïn­cide avec celle de démo­cra­tie : « régime poli­tique dans lequel le peuple est sou­ve­rain », ou « pou­voir du peuple, par le peuple et pour le peuple ». En effet, dans un régime poli­tique où le peuple (l’en­semble des citoyens) est sou­ve­rain, il ne devrait, en toute logique, pas y avoir d’au­to­ri­té, de domi­na­tion unique à carac­tère coer­ci­tif. Consi­dé­rée sous cet angle, il appa­raît que l’a­nar­chie devrait en toute logique être étroi­te­ment asso­ciée à la démocratie.

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  7. Morpheus

    @ Sitouaillain

    « le 21ème siècle sera anar­chiste ou ne sera pas ! »

    Ou alors, celui que j’u­ti­lise personnellement :

    Je suis démo­crate DONC je suis anarchiste !

    hé, hé, …

    😉

    Mor­pheus

    Réponse
  8. Romain (hertek)

    J’ai lu vos articles, je tache­rais de vous répondre, il se fait tard.

    Réponse
  9. cooli
  10. Étienne

    Bon­soir à tous.

    Le gen­til virus Mat­thieu conti­nue à bosser 
    sur le mon­tage de la conf de LYON => voi­ci donc la DEUXIÈME PARTIE :

    Impor­tant : je n’ar­ri­ve­rais à rien dans cette incroyable bagarre pour le bien com­mun sans tous ces efforts ano­nymes et dévoués, et généreux.
    Mer­ci à tous, vraiment.
    On n’est forts qu’ensemble.

    Étienne.

    Réponse
  11. sitouaillain

    salut Étienne,

    voi­ci une étude ifop pour les coli­bris por­tant sur le fonc­tion­ne­ment de nos ins­ti­tu­tions et quelques grands thèmes comme la poli­tique éner­gé­tique et la poli­tique agricole.

    c’est édi­fiant, on y lit notam­ment que 56% des fran­çais estiment que la démo­cra­tie ne fonc­tionne plus réel­le­ment en France où « priment les inté­rêts éco­no­miques et financiers »,
    64% pour la sor­tie du nucléaire, etc., etc.

    bref un peu d’eau au moulin :

    http://​www​.coli​bris​-lemou​ve​ment​.org/​s​i​t​e​s​/​d​e​f​a​u​l​t​/​f​i​l​e​s​/​e​t​u​d​e​_​i​f​o​p​_​c​o​l​i​b​r​i​s​.​pdf

    Réponse
  12. Di Girolamo

    Très inté­res­sant ce type d’é­tude ;elle montre d’une manière assez objec­tive que si ces sujets de socié­té étaient abor­dés dans le cadre démo­cra­tique offi­ciel et légal de la sou­ve­rai­ne­té pupu­laire , la socié­té évo­lue­rait dans le bon sens.

    L’é­tude et le débat autour de ces thèmes per­met­traient des affi­nages de posi­tions et sans aucun doute de faire pro­gres­ser les choses.

    C’est donc assez opti­miste sur la démo­cra­tie et la capa­ci­té du peuple à se gou­ver­ner lui même.

    Les blo­cages sont donc bien poli­tiques : la cap­ta­tion de la sou­ve­rai­ne­té du peuple par les deux grands par­tis poli­tiques en place qui ont réus­si à impo­ser comme une véri­té un men­songe : que la démo­cra­tie serait de voter en alter­nance pour un des deux grands par­tis. Alors que la démo­cra­tie consiste à orga­ni­ser la réflexion col­lec­tive puis la déci­sion sur les sujets de société.

    Le pou­voir en manège alter­na­tif avec les dra­peaux c’est fait pour les gamins de 15 ans.

    Réponse
  13. Étienne

    CONFÉRENCE DE LYON, PARTIE 3

    Le jeune Mat­thieu Wagon, virus hyper­ac­tif de son état, conti­nue à bos­ser comme un fou… Du fond du cœur, MERCI !

    :o)

    Réponse
  14. Tim-X

    Bon­jour à tous,

    Serait-il pos­sible d’a­voir dans les vidéos qui sont publiées, l’é­tape où le public pose des ques­tions. Cela per­met­trait de s’i­den­ti­fier aux objec­tions et de connaître les réponses appor­tées par Etienne.

    Démo­cra­ti­que­ment,

    Tim‑X.

    Réponse
  15. Étienne

    Par­tie IV : objec­tions et réfutations.

    Les Iro­quois et la place du chef. — Élec­tions, aris­to­cra­tie, et oli­gar­chie. — Athènes, Pla­ton, et les sophistes. — Tirage au sort et démo­cra­tie.— Vou­loir la démo­cra­tie. — Désyn­chro­ni­ser la richesse éco­no­mique et le pou­voir politique.

    Les objec­tions de « l’as­sem­blée du 5ème arron­dis­se­ment de Lyon » :
    — Pour­quoi la démo­cra­tie athé­nienne s’est-elle éteinte ?
    — Les humains veulent-ils la démocratie ?
    — Escla­va­gisme et phal­lo­cra­tie à Athènes, au Vème siècle avant J.-C.
    — Le tirage au sort et la ques­tion de la compétence.
    — La ques­tion du nombre.

    — Mon­taigne, et l’art de converser.

    Réponse
  16. Ana Sailland

    Bon­jour,

    Pour me joindre :
    ana.public le_truc_en_escargot live​.fr

    Dans la par­tie IV les amé­rin­diens apparaissent.

    Il s’a­git là d’un thème fon­da­men­tal qui nous per­met­tra si nous l’ap­pro­fon­dis­sons de frô­ler la psy­cha­na­lyse col­lec­tive des peuples, la cause de la cause des causes des causes, si j’ose dire.
    Car il est clair que si dans un civi­li­sa­tion le tabac est uti­li­sé comme élé­ment sacré à sus­pendre à la voute du sweat lodge, et si dans une autre il est uti­li­sé pour se pré­pa­rer un can­cer du pou­mon, cette dif­fé­rence n’est pas ano­dine et témoigne d’une sau­va­ge­rie qui appar­tient plu­tôt à la moder­ni­té qu’à l’autre entité.

    Je pour­rais poursuivre.
    Je me conten­te­rai ici de citer un court extrait :

    …

    Pour­tant, écou­tez moi vous tous
    Nous avons affaire à une autre race
    petite et faible quand nos pères l’ont ren­con­trée pour la pre­mière fois
    mais aujourd’­hui grande et arrogante.

    Assez étran­ge­ment, ils ont dans l’i­dée de culti­ver le sol ! …
    Et l’a­mour de pos­sé­der est chez eux une maladie.

    Ces gens là ont éta­bli beau­coup de règles
    que les riches peuvent bri­ser mais non les pauvres.
    Ils pré­lèvent des taxes sur les pauvres et les faibles,
    pour entre­te­nir les riches qui gouvernent.

    Ils reven­diquent notre mère à tous, la Terre,
    pour leur propre usage,
    et se bar­ri­cadent contre leurs voisins ;
    ils la défi­gurent avec leurs constructions
    et leurs ordures.

    Cette nation est pareille à un tor­rent de neige fon­due qui sort de son lit et détruit tout sur son passage.

    Sit­ting Bull
    Chef sioux hunkpapa
    1874

    Il est à noter que Sit­ting Bull n’est pas can­di­dat en 2012 et que nous pou­vons donc relayer son mes­sage sans crainte d’être prosélytes.

    Ana

    Réponse
  17. Étienne

    Ah ! C’est chouette de vous voir arri­ver par ici, Ana ! Bienvenue ! 

    🙂

    Étienne.

    Réponse
  18. Ana Sailland

    Mer­ci Étienne pour l’accueil.
    Et au nom de Bison Assis, mer­ci pour la mise en page :

    J’étais dépi­tée de l’avoir lou­pée et me sen­tais mal vis-à-vis de ce glo­rieux ancêtre des résis­tances modernes. Je suis en effet amou­reuse de ces peuples, au point de m’en sen­tir citoyenne éga­rée dans mon monde pré­sent, … et hor­ri­fiée qu’à l’université de Bue­nos Aires, sec­tion lit­té­ra­ture, Sar­mien­to soit encore adu­lé. Alors qu’il est el pre­si­dente qui un jour lâcha l’ordre : « tuez les tous ». Et ce fut fait «… dans le but de favo­ri­ser la civilisation » !

    Qu’Eva ne l’a‑t-elle point cité …, ce texte de Sit­ting Bull, texte qui, extrait d’une harangue majeure datant de 138 ans est pour­tant à mon sens brû­lant d’actualité.
    Qui nous met face à l’aspect meur­trier de notre civilisation.

    Proche de l’autodestruction, immi­nente, on peut le craindre.

    Folie de l’avoir. Glou­ton­ne­rie incon­tes­tée, sys­té­mique, encen­sée, … constitutionnelle.
    Oui, glou­ton­ne­rie consti­tu­tion­nelle, alias la crois­sance … dog­ma­tique prin­cipe »sal­va­teur« bran­di par la soi-disant gauche du cœur autant que par la droite de l’hémicycle.

    J’ai envie ici de pla­gier Claude Guéant : Si les civi­li­sa­tions ne se valent pas, ce n’est pas for­cé­ment celle qui détruit tout sur son pas­sage qui est la plus riche :
    être riche en Euro ou en Dol­lar, fidu­ciaire, scrip­tu­ral, en titres cotés, obli­ga­tions, papiers far­fe­lus, terres arables à épui­ser, forêts pul­mo­naires à tron­çon­ner, être riche de cette façon là n’est qu’illusion quand on est pauvre en Nature.

    Sachez que les Apaches ou autres Black Feet, Crows, et tant et tant, nom­maient le dol­lar « peau de gre­nouille verte », sobri­quet mépri­sant car déses­pé­ré. Ces gens n’avaient pas écou­té les confé­rences d’Étienne Chouard sur la créa­tion moné­taire scrip­tu­rale ex nihi­lo assor­tie d’intérêts cal­cu­lés sur le vent, et confiée au sec­teur pri­vé, mais pour­tant ils savaient le fond de la chose, intui­ti­ve­ment, tri­pa­le­ment, bien plus que ne savent ceux de nos conci­toyens qui, malaxés de pro­pa­gande, acceptent la règle de plomb (un mot remis à l’endroit !) comme iné­luc­table ; pré­pa­rés ain­si à sup­por­ter le poids écra­sant des déci­sions du Maître « Dark Veau_d’OR » (hihi).

    Tou­jours dans l’esprit (cf mes­sage 17) qui consiste à recher­cher dans l’inconscient col­lec­tif la cause de la cause des causes des causes, je vais me per­mettre du sug­gé­rer la lec­ture ou la relec­ture du sacri­fice d’Isaac ; très brève page ; elle se trouve sans peine sur le net ; ça peut être éton­nant ici, ce conseil que je donne, mais vous allez ain­si com­prendre en quoi nous sommes radi­ca­le­ment et ances­tra­le­ment dif­fé­rents de Sit­ting Bull, Cochise, Tecumseh. 
    C’est dans le détail du scé­na­rio et non pas dans le thème du sacri­fice que vous décou­vri­rez nos fameuses « racines », dont cer­tains nous glo­ri­fient … sans exa­men soigneux :

    Tout d’abord, on constate qu’il y a un maître et des serviteurs.
    Et que le maître n’hésite pas à men­tir à ses serviteurs.
    C’est pas rien, ça, puisque nous le vivons encore …
    Il n’hésite pas non plus à men­tir à son fils.
    Tiens donc …

    Vient un moment où, en récom­pense pour la sou­mis­sion à l’autorité, l’angellos pro­met : « Tu tien­dras la porte de tes enne­mis » ( Com­prendre : tu occu­pe­ras leur Terre et règle­ras leur mouvement)

    Last but not least, alors que rien ne l’y oblige (demande n’en est pas faite par l’autorité), le papa s’autorise (par dépit ?!?) à tuer un pauvre bouc sau­vage dont les cornes sont empê­trées dans la brous­saille. Ici est signée la main­mise de nos peuples sur la nature et sur la vie, allant jusqu’à tuer par fan­tai­sie, caprice, jeu.

    Tout ça n’est pas rien.

    Alors que chez maints peuples, quand cou­per un tronc & un seul est néces­saire pour le vital, on s’excuse auprès de l’arbre.

    Pour­quoi par­ler de tout ça … Cer­tains juge­ront peut-être inutile, voire débile.
    C’est rece­vable dans le contexte « prag­ma­tique » de ce monde-ci.
    Mais
    si nous allons débattre encore long­temps des remèdes immé­diats aux abus de pou­voirs, si ce débat est néces­saire, si la mise en place de cer­taines conclu­sions est vitale, et nous allons tous nous y employer ( !), cela ne doit pas occul­ter la racine de ce que nous affron­tons, qui est en nous !!!, par héritage.

    Sans cura­tion, nous serons condam­nés, nous et nos suc­ces­seurs, à tou­jours recom­men­cer la lutte, contre nos propres contradictions.
    Si bien qu’un autre com­bat que le com­bat poli­tique immé­diat est à enga­ger, plus per­son­nel, plus lent, encore plus constant :
    Viva la revo­lu­cion, pero inter­ior tambien.

    Les spa­ra­draps que nous nous devons dans l’urgence d’appliquer sur les méfaits d’un incons­cient col­lec­tif défec­tueux, et par­se­mé des escarres du temps, pour­ront nous sau­ver, certes, amé­lio­rer l’ordinaire, mais ne suf­fi­ront pas nous éle­ver, ni à nous libé­rer de l’Histoire, qui res­te­ra récur­rente tant que le ver sera dans la pomme ou dans notre esprit.

    Réponse
  19. Ana Sailland

    De la com­pé­tence ( de tous ! )

    Pour mar­di soir 8 mai sur opi­news, j’ai enten­du Étienne sug­gé­rer de plan­cher sur la com­pé­tence.

    (Mon ADSL de mon­tagne ne me per­met pas de par­ti­ci­per en direct sur opi​news​.com et il me semble qu’ici l’espace-commentaires de cette confé­rence de Lyon est un bon lieu pour écrire sur ce thème)

    Mon sen­ti­ment est que quand nous par­lons de démo­cra­tie réelle et directe, d’une part, et/ou du tirage au sort, d’autre part, l’un des argu­ments les plus solides qu’on nous oppose concerne la com­pé­tence « du peuple ».

    Et du coup la com­pé­tence des élus peut avoir ten­dance à être lais­sée de côté dans le débat, alors qu’elle aus­si pose problème.

    C’est pour­quoi je vais ici m’intéresser à la com­pé­tence de tous.
    Celle du peuple et celle des élus, sépa­ré­ment, autant que celle de tous, globalement.

    La com­pé­tence du peuple est inhi­bée par le sys­tème représentatif.

    En effet, méca­ni­que­ment, un peuple qui, sauf en de rares occa­sions, est écar­té depuis 200 ans (et plus) du pro­ces­sus d’élaboration des choix qui le concernent, un tel peuple hésite à consa­crer le temps néces­saire à exa­mi­ner dans le détail et la minu­tie le pour­quoi et le com­ment des dos­siers rela­tifs aux déci­sions que ses maîtres élus vont prendre pour lui, en son nom, et sans le consul­ter, ni sou­vent l’informer.
    Il suf­fit pour se convaincre de cela d’aller au PMU écou­ter le « de toute façon ils font ce qu’ils veulent »

    Au contraire, si occa­sion­nel­le­ment est ren­du au peuple sont droit légi­time à par­ti­ci­per à la prise de déci­sion, en tel cas, son inté­rêt s’embrase et sa com­pé­tence est dopée dans des pro­por­tions éton­nantes. Il suf­fit pour s’en convaincre de nous sou­ve­nir du débat pas­sion­né de 2005, et mieux encore de remar­quer que si ce lieu d’écriture existe où pré­sen­te­ment je m’exprime, c’est bien grâce à l’aumône démo­crate qui nous fut accor­dée il y a sept ans et par­ti­ci­pa de l’éveil de notre hôte, comme il nous l’explique lui-même.

    Je résume :
    La com­pé­tence du peuple est inhi­bée par le sys­tème représentatif.
    La com­pé­tence du peuple est dopée par la démo­cra­tie directe.

    L’honnêteté est l’un des cha­pitres de la compétence.
    Le sys­tème repré­sen­ta­tif inhibe l’honnêteté des élus.
    Comme le signale Étienne, il y a bien sûr le fait que les élus devront rendre des comptes aux gens qui ont finan­cé leur campagne.
    J’imagine mal qu’un can­di­dat finan­cé par le lob­by nucléaire fran­çais, en direct ou via un inter­mé­diaire écran, j’imagine mal qu’un tel élu pro­pose ou vote des déci­sions allant dans le sens de l’inquiétude, dans le sens du res­pect rigou­reux de la Vie, de la Terre, si tendre et si fra­gile, dans le sens du prin­cipe de précaution.
    J’imagine mal qu’un pré­sident issu de la Banque, fut il Nor­ma­lien, ait pro­po­sé la loi du 3 jan­vier 1973 par simple convic­tion que les pen­sées modistes de l’école de Chi­ca­go auraient été favo­rables au peuple de France.
    Et ne sont-ils pas en che­ville avec les empires grai­ne­tiers, ces élus qui viennent, il n’y a guère long­temps, de déci­der de taxer le pay­san qui d’une année sur l’autre conserve une par­tie de sa récolte pour res­se­mer, comme cela se fait depuis au moins dix mille ans ?

    Je résume :
    L’honnêteté est l’un des cha­pitres de la compétence.
    Le sys­tème repré­sen­ta­tif inhibe l’honnêteté des élus.

    « Lob­by Inside » pour­rait être gra­vé sur le fron­ton de nos institutions.

    Avant d’aller plus loin, je sou­haite trop rapi­de­ment soi­gner l’absence de réflexion sur ce qu’est la com­pé­tence en poli­tique, c’est-à-dire quelles sont les qua­li­tés humaines et per­son­nelles utiles en vue de la bonne prise de décision.

    Il y a bien enten­du la connaissance.
    Mais elle n’est pas for­cé­ment l’essentiel.
    N’a‑t-on jamais vu un ministre des armées qui n’avait pas fait son ser­vice militaire ?
    N’a‑t-on jamais vu un ministre de l’agriculture qui n’avait jamais fait pous­ser la moindre carotte ?
    Est il vrai­ment néces­saire d’être ingé­nieur en génie nucléaire pour réflé­chir aux dan­gers qui nous guettent ?
    Un ban­quier sera-t-il meilleur aux finances qu’une mère céli­ba­taire qui a réus­si à éle­ver trois enfants digne­ment avec un SMIC ?

    Non, la connais­sance n’est pas l’essentiel et s’efface devant la capa­ci­té de dis­cer­ne­ment et l’aptitude à par­tir à la chasse aux infos.

    Pire encore, l’expertise est sou­vent un leurre, ou un levier pour le men­songe et la dis­si­mu­la­tion, pour la mani­pu­la­tion : N’oublions pas, par exemple, que concer­nant le dos­sier OGM, par­mi les experts consul­tés par nos « élites » natio­nales ou euro­péennes, il y avait ( ou il y a ? ) des sala­riés d’une très célèbre entre­prise amé­ri­caine, pro­duc­trice d’OGM au niveau mon­dial, qui avaient remar­qué chez les sou­ris des modi­fi­ca­tion au niveau du foie, mais « non signi­fi­ca­tives » , et n’oublions pas que ces lignes étaient occul­tées à l’époque.

    En fait, la déci­sion, qui est sou­vent plus phi­lo­so­phique que tech­nique, devrait être au moins par­tiel­le­ment décou­plée de l’expertise, ce serait sagesse. Car l’expertise induit la courte vue.

    Les lunettes pour voir de loin ne sont pas les lunettes pour voir de près.

    Par­mi les autres qua­li­tés liées à la com­pé­tence, je cite­rai encore en vrac :
    Neu­tra­li­té bien­veillante, per­cep­tion de l’unité, modes­tie, humi­li­té, enga­ge­ment altruiste, absence d’esprit de lucre, ver­gogne, curio­si­té, esprit inven­tif, dyna­misme, encore hon­nê­te­té, encore capa­ci­té de dis­cer­ne­ment, liber­té vis-à-vis des dogmes„ oser dire, oser s’extraire des sillons de l’Histoire, empathie.

    Liste non exhaustive.

    A pro­pos d’oser dire, je cite­rai l’aventure récente vécue par Chan­tal Jouan­no (UMP) qui osa expri­mer un avis « un peu trop per­son­nel ». Le résul­tat immé­diat fut venant de ses pairs une cata­racte d’insultes, par­fois d’une gros­siè­re­té inima­gi­nable. Il s’agit ici de ce qu’on appelle joli­ment la dis­ci­pline de parti.

    Rete­nons que le sys­tème des par­tis inhibe la liber­té de pen­sée et d’expression des élus.
    Il est bien loi, ou hypo­crite, le fameux « en mon âme et conscience ».

    Il me semble, et ce n’est pas for­cé­ment une illu­sion d’optique, que les sus­dites qua­li­tés de com­pé­tence sont fina­le­ment plus fré­quentes au sein du peuple que par­mi les élus, qui sont loin de méri­ter le terme d’élites qu’on leur attri­bue par tra­di­tion, tra­di­tion non pen­sée, ou injec­tée par manipulation …

    En outre, les gens qui sont munis du couple magni­fique modestie+dynamisme s’engageront rare­ment en poli­tique : ils sont pas­sion­nés par d’autres che­mins, autre­ment moins glo­rieux, mais sou­vent autre­ment plus altruistes ou construc­tifs. Si bien qu’au som­met de nos hié­rar­chies on trou­ve­ra sou­vent non pas les meilleurs mais les plus ternes, voire les pires.

    C’est un peu comme si l’égocentrisme et les cour­bettes néces­saires à l’ascension vers les som­mets de l’Etat consti­tuaient un filtre bizarre rete­nant ce qu’il y a de plus fin et lais­sant pas­ser le grossier.

    Mais j’exagère cer­tai­ne­ment, sou­rire en coin.

    Par contre, ce qui serait bien, c’est qu’on réflé­chisse aux moyens de boos­ter la com­pé­tence en poli­tique, et la com­pé­tence de tous.

    On pense immé­dia­te­ment en pre­mier à l’école, c’est normal.

    Pour qu’elle soit effi­cace, encore fau­drait il qu’elle soit elle-même com­pé­tente à la perfection.

    Or il se trouve que les élus ne l’ont pas vou­lu telle.

    Elle est plus un outil de repro­duc­tion de la sou­mis­sion sys­té­mique qu’un outil d’expansion de la conscience libre. Elle trans­met une cer­taine culture, certes, et des tech­niques, et du savoir ; elle approche même le concept d’indépendance des esprits, mais il y a un je ne sais quoi qui ne favo­rise pas vrai­ment la liber­té réelle sous le scalp ni le droit de l’âme à l’autodétermination.

    Ce sont les autres boos­ters de la com­pé­tence qui per­met­tront éven­tuel­le­ment de réduire cette lacune et carence partielle.

    En second, on pense aux médias.

    La librai­rie, la presse, la radio, la télévision.

    La librai­rie touche peu. C’est dom­mage car le livre est un outil qui reste assez libre et peu dépen­dant de la finance, même si, comme dans le cas de la presse, les dis­tri­bu­teurs se sucrent de manière éhon­tée, simples camion­neurs qui encaissent sou­vent plus que les pro­duc­teurs en tous genres.

    La presse, la radio, la téloche, sont gros­so modo les jouets de l’empire média­tique. Ces trois outils façonnent plus qu’ils n’éveillent. Le men­songe sous toutes ses formes est au ser­vice de leurs propriétaires. 
    Men­songe par matra­quage conti­nu et intense d’idées contes­tables mais incon­tes­tées, mais aus­si men­songe par omis­sion. Que ne nous parlent-ils pas de la révo­lu­tion islandaise ? 
    (http://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​f​e​a​t​u​r​e​=​p​l​a​y​e​r​_​e​m​b​e​d​d​e​d​&​v​=​w​p​x​i​w​x​L​1​XWU) Il est vrai que ça pour­rait don­ner des idées … Ce silence n’est qu’un exemple des silences les plus cou­pables. Sans comp­ter les cas où la réa­li­té est direc­te­ment fal­si­fiée, dans une curieuse har­mo­ni­sa­tion des dif­fé­rents médias, pour­tant cen­sés être concurrents.

    Bon ! Allez, zou ! Râler ne suf­fit pas :
    il faut pro­po­ser .

    Je sug­gère des jour­na­listes tirés au sort, pas tous, seule­ment quelques uns, tirés au sort et non cen­su­rables, à man­dat court (un à trois mois) ………….
    Quant à l’obtenir, c’est une autre paire de manches ……….

    En troi­sième salve vient l’internet.

    La grande nou­veau­té, une révo­lu­tion his­to­rique ( pour une fois, le mot his­to­rique est adé­quat ). En effet, c’est la pre­mière fois dans l’Histoire de notre espèce que l’individu lamb­da, encas­tré dans son fau­teuil, peut à moindre frais s’adresser à toute la pla­nète avec une bonne chance d’être lu par quelques mil­liers de per­sonnes, ou plus.

    Tran­si­tion extra­or­di­naire qui trans­forme la com­mu­ni­ca­tion à sens unique en com­mu­ni­ca­tion mul­ti­di­rec­tion­nelle, qui nous libère du mes­sage allant des pou­voirs vers le vas­sal : elle nous offre le mes­sage de tous vers tous, libre de toute cen­sure, libre des contraintes maté­rielles et tech­niques, libre de l’argent. Et j’en use à cette seconde pré­cise, sourire.

    Mieux encore, voi­ci que les bal­bu­tie­ments de l’intelligence arti­fi­cielle per­mettent à tra­vers les moteurs de recherche un accès rapide aux thèmes qui inté­ressent le lec­teur par­mi la forêt sau­vage et pro­fonde des infor­ma­tions offertes, ano­nymes ou pas.

    Mais ne pei­gnons pas tout le pay­sage en rose car il y a des ombres tenaces et pour cer­taines croissantes.

    Un pro­blème à résoudre « poli­ti­que­ment » réside dans le fait que les moteurs de recherche sont affi­liés à l’argent et vont infailli­ble­ment être cali­brés pour fil­trer dans l’intérêt de divers pouvoirs.

    Un pro­blème à résoudre « tech­ni­que­ment » tient au fait que celui qui cherche trou­ve­ra assez faci­le­ment ce qu’il cherche mais plus rare­ment ce qu’il ne cherche pas, et qua­si­ment jamais ce qui est contraire à ses croyances et à ses atta­che­ments amou­reux à tel ou tel dogme ou théo­rie. En cela réside la grande lacune de l’internet qui de se fait n’est que par­tiel­le­ment un outil d’éveil et de révo­lu­tion intérieure.

    Cer­tains pointent aus­si comme dan­ger la fausse nou­velle. En géné­ral, le men­songe est assez vite éven­té sur le net. Je ne vois pas cela comme un incon­vé­nient majeur, d’autant plus que le « sur­fer » apprend vite à détec­ter les dévia­tions et à recou­per les infor­ma­tions. J’espère ne pas me tromper…

    Par­lons aus­si des mails d’alerte.
    Nous en sommes enva­his. Cer­tains sont reçus à dix exem­plaires. Du coup on ne les lit plus. C’est dom­mage mais inévitable.
    Le remède serait la créa­tion d’un « mur des lamen­ta­tions » vir­tuel, une sorte d’adjonction à l’internet qui per­met­trait de clas­ser les alertes par thèmes, sans redon­dance, auto­ma­ti­que­ment. Je sais que c’est pos­sible. Ce serait un bel outil.

    La struc­ture de la toile a un côté sau­vage, qui est à conser­ver car il est garant de non main­mise mani­pu­la­toire défi­ni­tive et durable. Il est pro­bable d’ailleurs que nous devrons le défendre ce côté far­fouille sauvage … 
    Mais je pense qu’un second outil est à inven­ter, plus struc­tu­ré bien que non gou­ver­né, qui serait plus apte à l’échange poli­tique et …….. pour­rait être cou­plé au pro­ces­sus de déci­sion (avec toutes les pré­cau­tions néces­saires) . Ce der­nier point est à méditer…

    Qua­trième outil de boost des com­pé­tences et des consciences :

    Mais oui mais c’est bien sûr :

    Le pan­car­tisme, le lâcher de bal­lons, le col­lage d’affiches, les tracts, les manifs.
    N’oublions pas cet outil là, il est précieux, 
    … mais ne peut être plei­ne­ment effi­cace qu’au sein d’une réelle démo­cra­tie telle que nous ne l’avons jamais connue ni vécue.
    « La poli­tique ne se mène pas dans la rue » , disait Raffarin . 
    Quel aveu !!!!!!!!!

    Réponse
  20. sitouaillain

    @ Ana Sailland,

    je pense avoir moi aus­si un pbm tech­nique, en puis en même temps ton écrit pose tel­le­ment bien les choses qu’il donne envie de prolonger.

    a mon avis, le pre­mier outil, c’est la parole ; le bouche à oreille, le télé­phone arabe.

    et nous man­quons de libre-par­leurs et d’es­paces de libre-parole,

    nous nous tai­sons trop sou­vent, ou pré­fé­rons trop sou­vent évo­quer des choses tri­viales, ne frois­ser per­sonne, ne pas faire de vagues.

    nous lais­sons trop sou­vent le silence autour des lita­nies d’âneries, de pré­ju­gés et d’i­dées reçues, sou­vent même, nous répé­tons les âne­ries pour ne pas nous voir exclus du groupe,

    alors même que nous pou­vons trans­for­mer le monde vécu, par la parole, nous faire agents de contre-pro­pa­gande, virus de l’in­tel­li­gence et de la curio­si­té collective.

    c’est un enjeu poli­tique de pre­mier ordre : libé­rer la parole !
    créer des lieux de ren­contre, des fêtes, des moments de convivialité…hors marché.

    la convi­via­li­té, c’est déjà tout un pro­gramme : « ils ont déci­dé de ne plus se craindre en silence, alors ils enta­mèrent des pourparlers ».

    Main­te­nant sur la compétence,

    et bien je dirais que les élus ont tout sim­ple­ment trop de compétence,

    et oui, la com­pé­tence c’est aus­si la lati­tude qu’on a à déci­der, les domaines sur les­quels on a le droit de déci­der et la manière dont on peut prendre sa décision.

    il n’y a aucune rai­son de cher­cher à se rendre com­pé­tent (sachant) si on pense que quoi qu’on dise, quoi qu’on fasse, on ne sera jamais com­pé­tent (capable). Et même, c’est encore pire de savoir quand on est impuissant.

    par contre il y a toutes les rai­sons de cher­cher à se rendre com­pé­tent (capable) si on pense que si on ne fait rien on ne sera jamais com­pé­tent (capable).

    en fait notre sys­tème est mau­vais, oui, mais nous le sommes tout autant,
    la repré­sen­ta­tion déresponsabilise :
    mon oncle râle car il a com­men­cé le tra­vail à 14 ans et a dû tra­vailler 18 mois de plus pour être à la retraite ;
    il a voté Sar­ko­zy en 2007,
    il n’a fait aucune agi­ta­tion, aucune grève, aucune manif au moment de la réforme…pour lui tout est la faute de sar­ko­sy, de l’E­tat, etc.
    on voit que mon oncle n’est pas du tout com­pé­tent pour le sys­tème repré­sen­ta­tif. D’une part, il ne sait pas choi­sir la bonne per­sonne à élire ou ne cherche à vrai­ment savoir quels sont les pro­grammes, d’autre part il ne sait pas résis­ter aux mau­vaises déci­sions de son élu et faire en sorte d’o­bli­ger l’é­lu à l’écouter.

    Par contre mon oncle, il est par­fai­te­ment capable de dis­cu­ter de ce que devrait être un sys­tème de retraite juste, équi­table et pérenne.

    le pire c’est que ceux qui ont éla­bo­ré la réforme de sar­ko­sy aussi,

    et qu’en fait la com­pé­tence est tou­jours par­ta­gée, c’est la com­pé­tence de tout un peuple qu’il faut regar­der et qu’il faut cher­cher à valoriser,

    fina­le­ment la com­pé­tence glo­bale est d’au­tant plus grande que le débat public est ouvert et de qua­li­té, d’au­tant plus grande lorsque tout le peuple à la capa­ci­té de déci­der. Car a ce moment là seule­ment on peut espé­rer que la com­pé­tence pré­sente dans le peuple a bien été optimisée.

    en effet, le propre de la com­pé­tence en termes d’ap­ti­tudes, de savoirs, etc., c’est que celui qui en a peut tout trans­mettre sans rien en perdre et que quand on la met en com­mun elle per­met des réa­li­sa­tions supé­rieures à une simple addi­tion des parties.

    j’en déduis aque si notre sys­tème poli­tique était bien fait, nous n’au­rions pas à craindre l’in­com­pé­tence du peuple, puisque dans le peuple, il y aurait peut-être au départ moult incom­pé­tents irré­cu­pé­rables, mais une majo­ri­té de gens sen­sés et une mino­ri­té de gens très com­pé­tents, et de l’é­change entre tous ces gens se déga­ge­rait néces­sai­re­ment une déci­sion au conte­nu très supé­rieur à ce que peuvent pro­duire les mes­quines batailles d’in­té­rêts coa­li­sés, les que­relles d’é­gos ou les ten­dances autistes à pui­ser ses contra­dic­teurs dans son seul cercle de socia­bi­li­té et d’acceptabilité…

    après, c’est une affir­ma­tion gra­tuite qui n’en­gage que moi, mais je pense que le corps citoyen aura tou­jours assez de com­pé­tence pour savoir quelles sont les tâches qui néces­sitent véri­ta­ble­ment que les pré­po­sés pos­sèdent une com­pé­tence par­ti­cu­lière et quels sont les meilleurs moyens de for­ma­tion, de sélec­tion, d’exer­cice, de contrôle, de red­di­tion de comptes et de sanction.

    donc au final la com­pé­tence, c’est un faux pro­blème du point de vue des connaissances,etc., puis­qu’elles sont tou­jours pré­sentes dans le peuple,

    le vrai pro­blème est de savoir les faire se ren­con­trer, se com­bi­ner, au ser­vice du peuple,

    donc il reste uni­que­ment le pro­blème de la com­pé­tence de l’or­ga­ni­sa­tion des compétences,

    à savoir com­ment s’as­su­rer que toute ins­ti­tu­tion poli­tique fonc­tionne et prend ses déci­sions en appui sur les com­pé­tences pré­sentes dans le peuple et selon une com­bi­nai­son qui satis­fasse à l’in­té­rêt général ?

    et répondre à cette ques­tion sup­pose de retra­duire la ques­tion de la com­pé­tence des com­pé­tences en pro­blème de légitimité.

    l’é­lu de mau­vaise foi nous dira que le peuple est incompétent…à ce moment-là Mon­sieur, vous êtes donc vous-même illé­gi­time, lui répon­drons-nous, car com­ment pou­vez-vous vous dire com­pé­tent sur la base d’une recon­nais­sance par un peuple qui lui-même serait incom­pé­tent, ou bien plus sûre­ment, vous êtes un char­la­tan, car si le peuple était com­pé­tent, il ne vous aurait cer­tai­ne­ment pas élu…

    et si, mes­sieurs les élus, vous remet­tez de mau­vaise grâce au peuple le soin de vous dépar­ta­ger, et de dépar­ta­ger vos pro­grammes, alors lais­ser-nous gen­ti­ment nous concer­ter pour savoir si ce mode de dis­tri­bu­tion est bien le bon, car nous n’a­vons qu’un seul sou­ci, c’est que toutes les com­pé­tences soient les mieux employées pos­sible. Atten­dez-vous donc serei­ne­ment à une place de choix, ou bien à être démasqué…

    Réponse
  21. Ana Sailland

    biblio­gra­phie amérindiens

    Je détiens ces livres et peux les prê­ter à l’occasion

    Le mas­sacre des indiens
    Lucien Bodard
    Gallimard

    Vie et mort des indiens d’Amérique du Nord
    René Cou­let du Gard
    france empire

    Reli­gions et magies indiennes d’Amérique du Sud
    Alfred Métraux
    Gallimard

    Le cha­ma­nisme et les tech­niques archaïques d’extase
    Mir­cea Eliade
    Biblio­thèque his­to­rique Payot

    Les Hopis
    Robert Boissière
    Le Mail

    Le retour du peuple des oiseaux
    Ken Carey
    Le souffle d’or

    Femme de pou­voir – La Chamane
    Lynn Andrews
    L’espace bleu – Sten­dhal diffusion

    Légendes indiennes – Le chant de l’Aigle
    Mar­got Edmonds Ella Clark
    Edi­tions du rocher

    Inipi, le chant de la terre
    rap­por­té par Annie Pazzogna
    L’or du temps

    De mémoire indienne
    Tah­ca Ushte & Richard Erdoes
    Terre humaine Plon

    Voyage en terre indienne
    T.C. McLuhan
    Filipacchi

    Les indiens d’Amérique du Nord
    Colin Tay­lor & William Sturtevant
    Solar

    Chro­nique des indiens Guayakis
    Pierre Clastres
    Terre humaine – Plon

    Hors sujet mais ç’est très impor­tant, quoique simple à lire : 
    La femme au temps des cathédrales
    Régine Pernoud
    Poche

    Réponse
  22. Étienne

    Par­tie V : 

    L’as­sem­blée des citoyens à Athènes, à l’é­poque de la démocratie. —
    le​-mes​sage​.org. — Ama­teu­risme poli­tique, éga­li­té poli­tique, et ques­tion de la compétence. — 
    Assem­blées citoyennes tirées au sort. — Élec­tions, endet­te­ments, et retours d’ascenseurs. — 
    Ques­tion de la cor­rup­tion. — Ques­tion du contrôle des pouvoirs.

    Réfé­rences bibliographiques : 
    – Cor­ne­lius Cas­to­ria­dis, Post-scrip­tum sur l’in­si­gni­fiance. — Édi­tions de l’Aube (7 mai 2004).
    – Yves Sin­to­mer, Petite his­toire de l’ex­pé­ri­men­ta­tion démo­cra­tique. Tirage au sort et poli­tique d’A­thènes à nos jours. — Édi­tions La Décou­verte (13 octobre 2011).

    Réponse
  23. Étienne

    Par­tie VI : DÉBATS

    — Une pro­po­si­tion ori­gi­nale de Boris, débat­tue ensuite avec Monique.
    — Une idée simple et puis­sante : « Nous ne vou­lons pas de pro­fes­sion­nels de la poli­tique dans l’as­sem­blée constituante. »

    Retour sur :
    – L’im­por­tance de la constitution.
    – Le conflit d’intérêt.
    – La cause des causes.
    – Les ques­tions de la com­pé­tence et de la volonté.

    Biblio­gra­phie :
    – Alain, Pro­pos sur les pou­voirs. — Édi­tions Gal­li­mard (1 jan­vier 1985).

    Réponse
  24. Étienne

    Mat­thieu en a encore mis un bon coup, et nous pré­sente la der­nière par­tie de cette longue conférence. 
    Je le remer­cie encore une fois, du fond du cœur.

    PARTIE VII :

    Rédac­tion d’une consti­tu­tion : le cas du Vene­zue­la, une alter­na­tive au tirage au sort. 
    — Réfé­ren­dums d’i­ni­tia­tive popu­laire, fonc­tion­ne­ments possibles. 
    — Reve­nu de base, reve­nu uni­ver­sel, divi­dende uni­ver­sel, salaire à vie. 
    — Quelles armes contre l’oligarchie ? 
    — Le diplo­do­cus et le virus. 
    — Inter­net et l’exponentielle.

    Biblio­gra­phie :
    – Ber­nard Friot, L’en­jeu du salaire. Édi­tions La Dis­pute (19 jan­vier 2012).
    – Ber­nard Friot, L’en­jeu des retraites. Édi­tions La Dis­pute (25 mars 2010).
    – Duboin Jacques, La grande relève des hommes par la machine. Édi­tions Nou­velle (1932).
    – Ber­nard Manin, Les prin­cipes du gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif. Flam­ma­rion (15 sep­tembre 2008).


    FIN de la confé­rence. Ouf ! 🙂

    Réponse
  25. sitouaillain

    @ Etienne,

    je trouve que ton dis­cours n’est pas clair, en effet il com­porte des diver­gences d’a­na­lyses sur la « cause des causes » : ou bien tu dis que c’est le capi­ta­lisme et tu parles de lutte des classes, etc., ou bien c’est le suf­frage uni­ver­sel et là tu parles d’al­liance entre gens de droite et gens de gauche pour récla­mer le tirage au sort…

    pour moi, ou bien on est de gauche, c’est à dire pour aller vite, qu’on entend comme cause des causes un ensemble de méca­nismes ins­ti­tu­tion­nels, juri­diques qui font que les riches sont riches et le demeurent, et un ensemble de croyances qui amènent le peuple à sou­te­nir ces méca­nismes ou à ne pas les contester.

    ou bien on est de droite, c’est-à-dire qu’on sou­tient la dif­fu­sion des croyances jus­ti­fiant la domi­na­tion et qu’on estime que les inéga­li­tés et le droit de pro­prié­té qui les auto­rise et les rend pérennes sont néces­saires à la prospérité.

    En consé­quence de ces posi­tion­ne­ments dans la lutte des classes, ou bien on œuvre à la construc­tion d’une conscience de classe, ou bien on cherche à brouiller les clivages…

    Mais fon­da­men­ta­le­ment, entre droite et gauche, il y a incom­pa­ti­bi­li­té totale sur la nature de la démo­cra­tie : à savoir une démo­cra­tie à l’in­té­rieur des prin­cipes du capi­ta­lisme vs une démo­cra­tie hors capitalisme.

    de sorte que pour la gauche, le pro­blème que pose le suf­frage uni­ver­sel n’a rien à voir avec cette pro­prié­té méca­nique à por­ter les « riches » au pou­voir que tu lui attri­bue. Le pro­blème est plus pro­fond, il tient à la super­struc­ture du capi­ta­lisme, ses sou­bas­se­ment idéo­lo­giques, le façon­nage des esprits et les mul­tiples liens maté­riels asso­ciant les pro­lé­taires aux inté­rêts des capi­ta­listes. C’est à dire que la nature du sys­tème place, de fait, les oppo­sants au capi­ta­lisme dans une posi­tion d’in­fé­rio­ri­té struc­tu­relle quant à leur capa­ci­té à for­ger une conscience de classe, à dés­in­toxi­quer le peuple et donc à se faire élire.

    mais aus­si dif­fi­cile à admettre que ce soit, si on constate une récur­rence dans les résul­tats des élec­tions, si la plu­part du temps les riches gou­vernent, c’est parce que la conscience de classe est faible, les résis­tants peu nom­breux et mal outillés, mal orga­ni­sés, et que les can­di­dats des riches sont sou­te­nus par une majo­ri­té de ven­déens, de col­la­bos, d’au­truches, de lâches, et point barre ! le pro­blème n’a rien à voir avec le méca­nisme de l’é­lec­tion en soi, et d’ailleurs si un peuple porte au pou­voir par le suf­frage un adver­saire de l’o­li­gar­chie, en géné­ral ils savent s’as­seoir sur le for­ma­lisme démocratique…autrement dit tirage au sort ou élec­tion, le résul­tat dépend du niveau de conscience révo­lu­tion­naire du peuple…soit, quand la majo­ri­té du peuple n’est plus de droite ou passive.

    alors, tu peux affir­mer qu’en 200 ans jamais les riches n’ont gou­ver­né à Athènes..c’est pour moi faux, idéo­lo­gi­que­ment les athé­niens étaient sou­mis aux méca­nismes qui font que les riches sont riches et en 200 ans, ce sont tou­jours les plus riches qui ont occu­pé les postes-clés, élec­tifs ; avant qu’on ne paye les pauvres, c’é­taient les riches et les moyens riches qui se pres­saient pour occu­per les charges tirées au sort ; pen­dant long­temps il y eut une chambre aris­to­cra­tique qui sub­sis­tait et au bout de 200 ans il res­tait suf­fi­sam­ment de puis­sance aux riches pour mettre à bas le bel ouvrage, que leurs ancêtres riches avaient mis en place pour avoir la paix sociale…

    si j’é­tais un athé­nien pauvre, consta­tant que mal­gré mon tra­vail achar­né je reste pauvre, ou bien si j’é­tais un métèque ou un esclave ou une femme…aurais-je-du dire que le tirage au sort est mau­vais car il laisse per­du­rer les injus­tices ? assu­ré­ment non ! si j’ai droit de parole, je convainc mes conci­toyens des lois qui s’im­posent pour remé­dier au pro­blème, si je suis sans ce droit, femme ou esclave, je me révolte pour l’ob­te­nir et ensuite convaincre et ain­si de suite. Même chose avec le suf­frage universel…et si on se sent plus forts et plus assu­rés de ren­ver­ser le pou­voir des riches autre­ment que par le moyen paci­fique des élections…il existe dif­fé­rents moyens plus ou moins ris­qué et plus ou moins justifiables…

    dans tous les cas il faut bien que les citoyens veuillent le pou­voir et s’or­ga­nisent pour cela et qu’ils soient les plus nom­breux possibles.

    en l’é­tat des forces, le com­bat élec­to­ral a au moins le mérite de pou­voir nous comp­ter et de rameu­ter du monde, de lâcher des paroles, même si per­sonne n’est dupe et sur­tout pas celui qui a su par son talent ras­sem­bler phy­si­que­ment un nombre de résis­tants qui ne s’é­tait plus vu depuis longtemps :

    « Car certes, nous par­ti­ci­pons à la mas­ca­rade actuelle, et nous res­pec­tons sa conclu­sion parce que nous sommes répu­bli­cains et que nous nous sou­met­tons à la loi et à la Consti­tu­tion aus­si long­temps que le peuple ne l’aura pas chan­gée lui-même. Pour autant, ce serait une lourde faute d’en attendre davan­tage que ce que nous en voyons déjà. C’est-à-dire un mons­trueux déni de démocratie. »

    à mon avis il faut s’en­trai­der à pré­pa­rer l’  »insur­rec­tion civique », je me sou­viens qu’à une époque tu as sou­te­nu Bové…

    que dis-tu de ça : http://lafederation.org/images/stories/documents/publications/une%20nouvelle%20organisation%20politique%20-%20la%20fase%20-%2027–03-2012.pdf

    Réponse
  26. J.C

    @ Sitouaillain

    Une simple question :
    est-ce le sys­tème d’au­to­ri­té repré­sen­ta­tive (du peuple ou de Dieu) qui est à l’o­ri­gine de la notion de classe ou le contraire ?

    bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  27. sitouaillain

    @ J.C.

    Déso­lé, mais j’au­rais besoin d’un vrai déve­lop­pe­ment de ta part pour ne pas répondre à côté de ta question.

    Pour ce qui est de la notion de classe, c’est un concept, donc un arbi­traire posé sur le réel pour le rendre com­pré­hen­sible, et donc sujet à débat. Concept qu’on uti­lise pour décrire ce qu’on défi­nit comme des groupes plus ou moins stables dans une socié­té hié­rar­chi­sée, inéga­li­taire, qui ne se divise plus expli­ci­te­ment, c’est à dire juri­di­que­ment, en castes ou en ordres et cor­po­ra­tions, comme c’é­tait le cas à des degrés divers de toutes les socié­tés indo-euro­péennes dont nous avons hérité…

    sur la notion elle-même :
    http://​fr​.wiki​pe​dia​.org/​w​i​k​i​/​C​l​a​s​s​e​_​s​o​c​i​ale

    et sur la por­tée des débats théoriques :
    http://www.cairn.info/revue-societes-et-representations-2004–1‑page-385.htm

    à moins que ta ques­tion ne soit un pro­blème de métapolitique : 
    http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9tapolitique…
    Au moins, Gram­sci est mort en pri­son avant de voir ça !

    Réponse
  28. Étienne

    [Mise à jour août 2012 : cette confé­rence a été retrans­crite en fran­çais, puis tra­duite et sous-titrée EN ANGLAIS. (L’es­pa­gnol est en cours.)
    La page des vidéos tra­duites, inti­tu­lée « Is Demo­cra­cy a trap ? — Etienne Chouard — March 2012 » est là : http://​www​.you​tube​.com/​p​l​a​y​l​i​s​t​?​l​i​s​t​=​P​L​F​8​1​0​C​7​C​F​3​4​1​5​5​740
    (Il faut acti­ver manuel­le­ment les sous-titres, en bas des vidéos.)
    Mer­ci aux modestes et géniaux gen­tils-virus qui se chargent dis­crè­te­ment de ces tra­vaux d’Hercule.]

    Réponse

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