Conférence de LYON, 9 mars 2012, avec la MJC Saint-Just
La démocratie est-elle un leurre ?
[Mise à jour août 2012 : cette conférence a été retranscrite en français, puis traduite et sous-titrée EN ANGLAIS. (L’espagnol est en cours.)
La page des vidéos traduites, intitulée « Is Democracy a trap ? — Etienne Chouard — March 2012 » est là : http://www.youtube.com/playlist?list=PLF810C7CF34155740
(Il faut activer manuellement les sous-titres, en bas des vidéos.)
Merci aux modestes et géniaux gentils-virus qui se chargent discrètement de ces travaux d’Hercule.]
D’abord, l’annonce :
https://youtu.be/-zNcNhL689c
PARTIE I : Parcours depuis 2005.
Un chantier original. — Le traité anti-constitutionnel. — Douze mille mails sous les mers. — S’opposer et construire. — Rôle des constitutions. — De la contradiction. — Les outils collaboratifs du plan C : Le forum, le wiki, le blog.
https://youtu.be/eEnATSyXL3g
PARTIE II : Remettre les mots à l’endroit.
Nos acteurs politiques, l’intérêt général, et l’intérêt des banques. — 1% et 99%. — Élections = démocratie ? — Démocratie et gouvernement représentatif. — Désigner des maîtres. — La constitution : le problème et la solution. — La vergogne. — 1789, l’abbé Sieyès. — Henri Guillemin. — Chercher la cause des causes.
https://youtu.be/OGQJFB5tQ6g
Partie III : Impuissances et constitutions.
Les résistances impuissantes. — Les branches et les racines. — Considérations sur Internet. — Qui écrit les constitutions ? — Notion de conflit d’intérêts. — Constituer une assemblée constituante. — La Tunisie et l’ Islande.
https://youtu.be/45uxECd-mZ8
Partie IV : objections et réfutations.
Les Iroquois et la place du chef. — Élections, aristocratie, et oligarchie. — Athènes, Platon, et les sophistes. — Tirage au sort et démocratie.— Vouloir la démocratie. — Désynchroniser la richesse économique et le pouvoir politique.
Les objections de « l’assemblée du 5ème arrondissement de Lyon » :
— Pourquoi la démocratie athénienne s’est-elle éteinte ?
— Les humains veulent-ils la démocratie ?
— Esclavagisme et phallocratie à Athènes, au Vème siècle avant J.-C.
— Le tirage au sort et la question de la compétence.
— La question du nombre.
— Montaigne, et l’art de converser.
https://youtu.be/fSY1X7O14CU
Partie V :
L’assemblée des citoyens à Athènes, à l’époque de la démocratie. —
le-message.org. — Amateurisme politique, égalité politique, et question de la compétence. —
Assemblées citoyennes tirées au sort. — Élections, endettements, et retours d’ascenseurs. —
Question de la corruption. — Question du contrôle des pouvoirs.
Références bibliographiques :
– Cornelius Castoriadis, Post-scriptum sur l’insignifiance. — Éditions de l’Aube (7 mai 2004).
– Yves Sintomer, Petite histoire de l’expérimentation démocratique. Tirage au sort et politique d’Athènes à nos jours. — Éditions La Découverte (13 octobre 2011).
https://youtu.be/9Xirg0MNtS0
Partie VI : DÉBATS
— Une proposition originale de Boris, débattue ensuite avec Monique.
— Une idée simple et puissante : « Nous ne voulons pas de professionnels de la politique dans l’assemblée constituante. »
Retour sur :
– L’importance de la constitution.
– Le conflit d’intérêt.
– La cause des causes.
– Les questions de la compétence et de la volonté.
Bibliographie :
– Alain, Propos sur les pouvoirs. — Éditions Gallimard (1 janvier 1985).
https://youtu.be/9zCpk6jEV2w
PARTIE VII :
Rédaction d’une constitution : le cas du Venezuela, une alternative au tirage au sort.
— Référendums d’initiative populaire, fonctionnements possibles.
— Revenu de base, revenu universel, dividende universel, salaire à vie.
— Quelles armes contre l’oligarchie ?
— Le diplodocus et le virus.
— Internet et l’exponentielle.
Bibliographie :
– Bernard Friot, L’enjeu du salaire. Éditions La Dispute (19 janvier 2012).
– Bernard Friot, L’enjeu des retraites. Éditions La Dispute (25 mars 2010).
– Duboin Jacques, La grande relève des hommes par la machine. Éditions Nouvelle (1932).
– Bernard Manin, Les principes du gouvernement représentatif. Flammarion (15 septembre 2008).
https://youtu.be/kXZQ6aJhd7A
FIN de la conférence 🙂
Mille mercis à Matthieu Wagon pour ce boulot considérable,
et merci aussi à tous les militants qui ont rendu tout ça possible,
et qui m’aident tant à semer toutes ces graines d’émancipation à venir.
Bien amicalement.
Étienne.

Bonjour, romain, 30 ans
Je suis en pleine réflexion sur l’utilité d’aller voter ou pas la semaine prochaine.
Vivement la suite, je découvre ce site.
Merci à Etienne Chouard.
Dans la série « redonnons leurs sens aux mots », je pensais à l’anarchie.
On présente souvent l’anarchie comme l’inverse de la civilisation.
Comme par exemple dans la phrase : « Si tout le monde a son mot à dire ça va être l’anarchie ! »
Je pense que c’est intéressant de voir que les mots nous forcent à penser que l’anarchie – c’est-à-dire l’absence de toute domination – équivaut à l’absence de toute organisation.
Comme s’il n’y avait que le choix entre la domination et l’absence d’organisation, le chef ou le chaos.
Comme s’il ne pouvait y avoir une organisation sans domination.
Il n’y a plus de mot pour ça.
@ romain
À mon humble avis, tu trouveras sur ce site pas mal de raisons de voter blanc (ou t’abstenir ce qui revient au même), quelques raisons de voter Mélenchon, d’autres pour Dupont-Aignan, quelques unes pour Le Pen et un bon paquet quand même pour Joly, Artaud et Poutou. En cherchant bien, tu trouveras aussi des raisons de voter pour Cheminade.
Si donc tu suis une des recommandations implicites de ce site, tu devras renoncer à conquérir l’Élysée.
Mais tu pourras chercher à emmerder le futur locataire de l’Élysée.
Option 1 : en cherchant à obtenir plus de 50 % d’abstention.
Option 2 : en cherchant à placer un des noms suscités au deuxième tour.
À toi de voir !
PS : Au cas où tu hésiterais encore, rappelle-toi que Le Pen en 2002 a surtout permis à Chirac de passer avec 82 %… Pour ce qui est de l’emmerder…
tiens romain,
un bon article (orienté) d’analyse de la campagne,
http://lespoir.jimdo.com/2012/04/08/une-pr%C3%A9sidentielle-au-ras-des‑p%C3%A2querettes/
@ Vincent,
là, je n’ironise plus, je suis bien d’accord avec toi, tu as raison sur l’anarchie,
regarde, même les flics sont en train d’y revenir
http://www.20minutes.fr/article/916001/trois-commissaires-collimateur-police,
je suis persuadé que l’organisation anarchique est la forme quasi spontanée des gens qui ont à prendre en main leurs affaires, à égalité de droits et de devoirs. De nombreux exemples historiques le démontrent.
j’ai même envie de lancer un slogan à la con : le 21ème siècle sera anarchiste ou ne sera pas !
Je viens de lire un article de bio-dynamie sur les ânes. Graines d’ananars ?
« A l’état sauvage, les ânes s’organisent non-hiérarchiquement. Il existe souvent une matriarche qui est écoutée mais son rôle est de conseiller et non de décider pour tous. Chaque membre du groupe peut changer d’herbe s’il le désire et ceux qui veulent suivre un audacieux vers de nouvelles prairies ne reçoivent aucun blâme. La différence avec une harde de chevaux, menée par un étalon et une jument dominants saute aux yeux. On a l’impression d’avoir à faire à un groupe d’amis qui se connaissent et s’apprécient plutôt qu’à un troupeau proprement dit. Impression corroborée par le fait que les ânesses s’occupent longtemps et très affectueusement de leur ânon et qu’il est impossible (à la différence de la vache) de traire une ânesse si son petit lui est retiré : elle tarit en quelques jours. La lactation a donc un fondement affectif et non uniquement physiologique chez l’ânesse, ce qui est rare et souligne le caractère sociable de l’animal. Une des recommandations récurrentes concernant l’élevage des ânes est d’ailleurs d’en acquérir au moins deux. Un animal seul ne reçoit pas ce dont il a besoin au niveau psychique et s’attriste. »
« décide par lui-même »
« réfléchit »
« refuse de céder à la contrainte »…
(Et le bonnet d’âne serait pour que la sagesse se transmette à la tête coiffée…)
in Biodynamis, n° 70, Nicolas Dubranna, p. 15.
Mon idée sur l’humanité est qu’elle peut intégrer dans son extrême plasticité, tous les états et comportements des autres vivants (animaux).
La nature de l’âne, si l’on peut généraliser (alors qu’il y a sûrement des personnalités d’âne) m’est plus que séduisante.
Bien à vous tous !
@ Vincent
A propos du sens du mot « anarchie » (et du sens des mots en général), je te renvois à un article que j’ai publié sur Agoravox.
Je reprends ici le passage spécifique à l’anarchie :
Si je vous dis « anarchie », à quoi pensez-vous immédiatement ?
Désordre, chaos, situation politique et sociale hors de contrôle. Au vrai, la définition de l’anarchie qui nous est donnée 99 fois sur 100 est celle-là. Elle entraîne inévitablement une réaction de rejet de l’anarchie, considérée comme socialement inadaptée, voir contraire à l’intérêt général : l’anarchie est donc, sans plus de réflexion, évacuée des débats et alternatives possibles. En effet, si la civilisation repose sur l’organisation sociale, une idéologie qui prône le désordre est inévitablement disqualifiée.
Logique, non ?
Sauf que la situation de désordre social, de désorganisation et de chaos n’est pas l’anarchie, mais bien l’anomie ! Hein ? L’ « anomie » ? Qu’est-ce que c’est que ce mot ? Jamais entendu parler ! Vérifions donc par nous-mêmes dans un dictionnaire :
Anomie : absence de normes ou d’organisation stable ; désarroi qui en résulte chez l’individu.
Bon. Oui, mais – dirons encore certains – « anarchie est un synonyme d’anomie ». Et bien, non : l’unique synonyme d’anomie est … autonomie !
Mais alors, que désigne l’anarchie ? Au propre, l’anarchie désigne « la situation d’une société où il n’existe pas de chef, pas d’autorité unique. Il peut exister une organisation, un pouvoir politique ou même plusieurs, mais pas de domination unique ayant un caractère coercitif. L’anarchie peut, étymologiquement, également être expliquée comme le refus de tout principe premier, de toute cause première, et comme revendication de la multiplicité face à l’unicité. »
Une définition qui – évacuée de toute association trompeuse – ne peut qu’interpeller un démocrate sincère, tant elle coïncide avec celle de démocratie : « régime politique dans lequel le peuple est souverain », ou « pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple ». En effet, dans un régime politique où le peuple (l’ensemble des citoyens) est souverain, il ne devrait, en toute logique, pas y avoir d’autorité, de domination unique à caractère coercitif. Considérée sous cet angle, il apparaît que l’anarchie devrait en toute logique être étroitement associée à la démocratie.
Cordialement,
Morpheus
@ Sitouaillain
« le 21ème siècle sera anarchiste ou ne sera pas ! »
Ou alors, celui que j’utilise personnellement :
Je suis démocrate DONC je suis anarchiste !
hé, hé, …
😉
Morpheus
J’ai lu vos articles, je tacherais de vous répondre, il se fait tard.
Et on inculque ces fausses structures et définitions chez les enfants tres tôt :
https://www.facebook.com/media/set/?set=a.3740470952797.170151.1306866494&type=1&l=bdc67ab037
Élections = démocratie…
L’importance du (rôle du) président…
Bonsoir à tous.
Le gentil virus Matthieu continue à bosser
sur le montage de la conf de LYON => voici donc la DEUXIÈME PARTIE :
Important : je n’arriverais à rien dans cette incroyable bagarre pour le bien commun sans tous ces efforts anonymes et dévoués, et généreux.
Merci à tous, vraiment.
On n’est forts qu’ensemble.
Étienne.
salut Étienne,
voici une étude ifop pour les colibris portant sur le fonctionnement de nos institutions et quelques grands thèmes comme la politique énergétique et la politique agricole.
c’est édifiant, on y lit notamment que 56% des français estiment que la démocratie ne fonctionne plus réellement en France où « priment les intérêts économiques et financiers »,
64% pour la sortie du nucléaire, etc., etc.
bref un peu d’eau au moulin :
http://www.colibris-lemouvement.org/sites/default/files/etude_ifop_colibris.pdf
Très intéressant ce type d’étude ;elle montre d’une manière assez objective que si ces sujets de société étaient abordés dans le cadre démocratique officiel et légal de la souveraineté pupulaire , la société évoluerait dans le bon sens.
L’étude et le débat autour de ces thèmes permettraient des affinages de positions et sans aucun doute de faire progresser les choses.
C’est donc assez optimiste sur la démocratie et la capacité du peuple à se gouverner lui même.
Les blocages sont donc bien politiques : la captation de la souveraineté du peuple par les deux grands partis politiques en place qui ont réussi à imposer comme une vérité un mensonge : que la démocratie serait de voter en alternance pour un des deux grands partis. Alors que la démocratie consiste à organiser la réflexion collective puis la décision sur les sujets de société.
Le pouvoir en manège alternatif avec les drapeaux c’est fait pour les gamins de 15 ans.
CONFÉRENCE DE LYON, PARTIE 3
Le jeune Matthieu Wagon, virus hyperactif de son état, continue à bosser comme un fou… Du fond du cœur, MERCI !
:o)
Bonjour à tous,
Serait-il possible d’avoir dans les vidéos qui sont publiées, l’étape où le public pose des questions. Cela permettrait de s’identifier aux objections et de connaître les réponses apportées par Etienne.
Démocratiquement,
Tim‑X.
Partie IV : objections et réfutations.
Les Iroquois et la place du chef. — Élections, aristocratie, et oligarchie. — Athènes, Platon, et les sophistes. — Tirage au sort et démocratie.— Vouloir la démocratie. — Désynchroniser la richesse économique et le pouvoir politique.
Les objections de « l’assemblée du 5ème arrondissement de Lyon » :
— Pourquoi la démocratie athénienne s’est-elle éteinte ?
— Les humains veulent-ils la démocratie ?
— Esclavagisme et phallocratie à Athènes, au Vème siècle avant J.-C.
— Le tirage au sort et la question de la compétence.
— La question du nombre.
— Montaigne, et l’art de converser.
Bonjour,
Pour me joindre :
ana.public le_truc_en_escargot live.fr
Dans la partie IV les amérindiens apparaissent.
Il s’agit là d’un thème fondamental qui nous permettra si nous l’approfondissons de frôler la psychanalyse collective des peuples, la cause de la cause des causes des causes, si j’ose dire.
Car il est clair que si dans un civilisation le tabac est utilisé comme élément sacré à suspendre à la voute du sweat lodge, et si dans une autre il est utilisé pour se préparer un cancer du poumon, cette différence n’est pas anodine et témoigne d’une sauvagerie qui appartient plutôt à la modernité qu’à l’autre entité.
Je pourrais poursuivre.
Je me contenterai ici de citer un court extrait :
…
Pourtant, écoutez moi vous tous
Nous avons affaire à une autre race
petite et faible quand nos pères l’ont rencontrée pour la première fois
mais aujourd’hui grande et arrogante.
Assez étrangement, ils ont dans l’idée de cultiver le sol ! …
Et l’amour de posséder est chez eux une maladie.
Ces gens là ont établi beaucoup de règles
que les riches peuvent briser mais non les pauvres.
Ils prélèvent des taxes sur les pauvres et les faibles,
pour entretenir les riches qui gouvernent.
Ils revendiquent notre mère à tous, la Terre,
pour leur propre usage,
et se barricadent contre leurs voisins ;
ils la défigurent avec leurs constructions
et leurs ordures.
Cette nation est pareille à un torrent de neige fondue qui sort de son lit et détruit tout sur son passage.
Sitting Bull
Chef sioux hunkpapa
1874
Il est à noter que Sitting Bull n’est pas candidat en 2012 et que nous pouvons donc relayer son message sans crainte d’être prosélytes.
Ana
Ah ! C’est chouette de vous voir arriver par ici, Ana ! Bienvenue !
🙂
Étienne.
Merci Étienne pour l’accueil.
Et au nom de Bison Assis, merci pour la mise en page :
J’étais dépitée de l’avoir loupée et me sentais mal vis-à-vis de ce glorieux ancêtre des résistances modernes. Je suis en effet amoureuse de ces peuples, au point de m’en sentir citoyenne égarée dans mon monde présent, … et horrifiée qu’à l’université de Buenos Aires, section littérature, Sarmiento soit encore adulé. Alors qu’il est el presidente qui un jour lâcha l’ordre : « tuez les tous ». Et ce fut fait «… dans le but de favoriser la civilisation » !
Qu’Eva ne l’a‑t-elle point cité …, ce texte de Sitting Bull, texte qui, extrait d’une harangue majeure datant de 138 ans est pourtant à mon sens brûlant d’actualité.
Qui nous met face à l’aspect meurtrier de notre civilisation.
Proche de l’autodestruction, imminente, on peut le craindre.
Folie de l’avoir. Gloutonnerie incontestée, systémique, encensée, … constitutionnelle.
Oui, gloutonnerie constitutionnelle, alias la croissance … dogmatique principe »salvateur« brandi par la soi-disant gauche du cœur autant que par la droite de l’hémicycle.
J’ai envie ici de plagier Claude Guéant : Si les civilisations ne se valent pas, ce n’est pas forcément celle qui détruit tout sur son passage qui est la plus riche :
être riche en Euro ou en Dollar, fiduciaire, scriptural, en titres cotés, obligations, papiers farfelus, terres arables à épuiser, forêts pulmonaires à tronçonner, être riche de cette façon là n’est qu’illusion quand on est pauvre en Nature.
Sachez que les Apaches ou autres Black Feet, Crows, et tant et tant, nommaient le dollar « peau de grenouille verte », sobriquet méprisant car désespéré. Ces gens n’avaient pas écouté les conférences d’Étienne Chouard sur la création monétaire scripturale ex nihilo assortie d’intérêts calculés sur le vent, et confiée au secteur privé, mais pourtant ils savaient le fond de la chose, intuitivement, tripalement, bien plus que ne savent ceux de nos concitoyens qui, malaxés de propagande, acceptent la règle de plomb (un mot remis à l’endroit !) comme inéluctable ; préparés ainsi à supporter le poids écrasant des décisions du Maître « Dark Veau_d’OR » (hihi).
Toujours dans l’esprit (cf message 17) qui consiste à rechercher dans l’inconscient collectif la cause de la cause des causes des causes, je vais me permettre du suggérer la lecture ou la relecture du sacrifice d’Isaac ; très brève page ; elle se trouve sans peine sur le net ; ça peut être étonnant ici, ce conseil que je donne, mais vous allez ainsi comprendre en quoi nous sommes radicalement et ancestralement différents de Sitting Bull, Cochise, Tecumseh.
C’est dans le détail du scénario et non pas dans le thème du sacrifice que vous découvrirez nos fameuses « racines », dont certains nous glorifient … sans examen soigneux :
Tout d’abord, on constate qu’il y a un maître et des serviteurs.
Et que le maître n’hésite pas à mentir à ses serviteurs.
C’est pas rien, ça, puisque nous le vivons encore …
Il n’hésite pas non plus à mentir à son fils.
Tiens donc …
Vient un moment où, en récompense pour la soumission à l’autorité, l’angellos promet : « Tu tiendras la porte de tes ennemis » ( Comprendre : tu occuperas leur Terre et règleras leur mouvement)
Last but not least, alors que rien ne l’y oblige (demande n’en est pas faite par l’autorité), le papa s’autorise (par dépit ?!?) à tuer un pauvre bouc sauvage dont les cornes sont empêtrées dans la broussaille. Ici est signée la mainmise de nos peuples sur la nature et sur la vie, allant jusqu’à tuer par fantaisie, caprice, jeu.
Tout ça n’est pas rien.
Alors que chez maints peuples, quand couper un tronc & un seul est nécessaire pour le vital, on s’excuse auprès de l’arbre.
Pourquoi parler de tout ça … Certains jugeront peut-être inutile, voire débile.
C’est recevable dans le contexte « pragmatique » de ce monde-ci.
Mais
si nous allons débattre encore longtemps des remèdes immédiats aux abus de pouvoirs, si ce débat est nécessaire, si la mise en place de certaines conclusions est vitale, et nous allons tous nous y employer ( !), cela ne doit pas occulter la racine de ce que nous affrontons, qui est en nous !!!, par héritage.
Sans curation, nous serons condamnés, nous et nos successeurs, à toujours recommencer la lutte, contre nos propres contradictions.
Si bien qu’un autre combat que le combat politique immédiat est à engager, plus personnel, plus lent, encore plus constant :
Viva la revolucion, pero interior tambien.
Les sparadraps que nous nous devons dans l’urgence d’appliquer sur les méfaits d’un inconscient collectif défectueux, et parsemé des escarres du temps, pourront nous sauver, certes, améliorer l’ordinaire, mais ne suffiront pas nous élever, ni à nous libérer de l’Histoire, qui restera récurrente tant que le ver sera dans la pomme ou dans notre esprit.
De la compétence ( de tous ! )
Pour mardi soir 8 mai sur opinews, j’ai entendu Étienne suggérer de plancher sur la compétence.
(Mon ADSL de montagne ne me permet pas de participer en direct sur opinews.com et il me semble qu’ici l’espace-commentaires de cette conférence de Lyon est un bon lieu pour écrire sur ce thème)
Mon sentiment est que quand nous parlons de démocratie réelle et directe, d’une part, et/ou du tirage au sort, d’autre part, l’un des arguments les plus solides qu’on nous oppose concerne la compétence « du peuple ».
Et du coup la compétence des élus peut avoir tendance à être laissée de côté dans le débat, alors qu’elle aussi pose problème.
C’est pourquoi je vais ici m’intéresser à la compétence de tous.
Celle du peuple et celle des élus, séparément, autant que celle de tous, globalement.
La compétence du peuple est inhibée par le système représentatif.
En effet, mécaniquement, un peuple qui, sauf en de rares occasions, est écarté depuis 200 ans (et plus) du processus d’élaboration des choix qui le concernent, un tel peuple hésite à consacrer le temps nécessaire à examiner dans le détail et la minutie le pourquoi et le comment des dossiers relatifs aux décisions que ses maîtres élus vont prendre pour lui, en son nom, et sans le consulter, ni souvent l’informer.
Il suffit pour se convaincre de cela d’aller au PMU écouter le « de toute façon ils font ce qu’ils veulent »
Au contraire, si occasionnellement est rendu au peuple sont droit légitime à participer à la prise de décision, en tel cas, son intérêt s’embrase et sa compétence est dopée dans des proportions étonnantes. Il suffit pour s’en convaincre de nous souvenir du débat passionné de 2005, et mieux encore de remarquer que si ce lieu d’écriture existe où présentement je m’exprime, c’est bien grâce à l’aumône démocrate qui nous fut accordée il y a sept ans et participa de l’éveil de notre hôte, comme il nous l’explique lui-même.
Je résume :
La compétence du peuple est inhibée par le système représentatif.
La compétence du peuple est dopée par la démocratie directe.
L’honnêteté est l’un des chapitres de la compétence.
Le système représentatif inhibe l’honnêteté des élus.
Comme le signale Étienne, il y a bien sûr le fait que les élus devront rendre des comptes aux gens qui ont financé leur campagne.
J’imagine mal qu’un candidat financé par le lobby nucléaire français, en direct ou via un intermédiaire écran, j’imagine mal qu’un tel élu propose ou vote des décisions allant dans le sens de l’inquiétude, dans le sens du respect rigoureux de la Vie, de la Terre, si tendre et si fragile, dans le sens du principe de précaution.
J’imagine mal qu’un président issu de la Banque, fut il Normalien, ait proposé la loi du 3 janvier 1973 par simple conviction que les pensées modistes de l’école de Chicago auraient été favorables au peuple de France.
Et ne sont-ils pas en cheville avec les empires grainetiers, ces élus qui viennent, il n’y a guère longtemps, de décider de taxer le paysan qui d’une année sur l’autre conserve une partie de sa récolte pour ressemer, comme cela se fait depuis au moins dix mille ans ?
Je résume :
L’honnêteté est l’un des chapitres de la compétence.
Le système représentatif inhibe l’honnêteté des élus.
« Lobby Inside » pourrait être gravé sur le fronton de nos institutions.
Avant d’aller plus loin, je souhaite trop rapidement soigner l’absence de réflexion sur ce qu’est la compétence en politique, c’est-à-dire quelles sont les qualités humaines et personnelles utiles en vue de la bonne prise de décision.
Il y a bien entendu la connaissance.
Mais elle n’est pas forcément l’essentiel.
N’a‑t-on jamais vu un ministre des armées qui n’avait pas fait son service militaire ?
N’a‑t-on jamais vu un ministre de l’agriculture qui n’avait jamais fait pousser la moindre carotte ?
Est il vraiment nécessaire d’être ingénieur en génie nucléaire pour réfléchir aux dangers qui nous guettent ?
Un banquier sera-t-il meilleur aux finances qu’une mère célibataire qui a réussi à élever trois enfants dignement avec un SMIC ?
Non, la connaissance n’est pas l’essentiel et s’efface devant la capacité de discernement et l’aptitude à partir à la chasse aux infos.
Pire encore, l’expertise est souvent un leurre, ou un levier pour le mensonge et la dissimulation, pour la manipulation : N’oublions pas, par exemple, que concernant le dossier OGM, parmi les experts consultés par nos « élites » nationales ou européennes, il y avait ( ou il y a ? ) des salariés d’une très célèbre entreprise américaine, productrice d’OGM au niveau mondial, qui avaient remarqué chez les souris des modification au niveau du foie, mais « non significatives » , et n’oublions pas que ces lignes étaient occultées à l’époque.
En fait, la décision, qui est souvent plus philosophique que technique, devrait être au moins partiellement découplée de l’expertise, ce serait sagesse. Car l’expertise induit la courte vue.
Les lunettes pour voir de loin ne sont pas les lunettes pour voir de près.
Parmi les autres qualités liées à la compétence, je citerai encore en vrac :
Neutralité bienveillante, perception de l’unité, modestie, humilité, engagement altruiste, absence d’esprit de lucre, vergogne, curiosité, esprit inventif, dynamisme, encore honnêteté, encore capacité de discernement, liberté vis-à-vis des dogmes„ oser dire, oser s’extraire des sillons de l’Histoire, empathie.
Liste non exhaustive.
A propos d’oser dire, je citerai l’aventure récente vécue par Chantal Jouanno (UMP) qui osa exprimer un avis « un peu trop personnel ». Le résultat immédiat fut venant de ses pairs une cataracte d’insultes, parfois d’une grossièreté inimaginable. Il s’agit ici de ce qu’on appelle joliment la discipline de parti.
Retenons que le système des partis inhibe la liberté de pensée et d’expression des élus.
Il est bien loi, ou hypocrite, le fameux « en mon âme et conscience ».
Il me semble, et ce n’est pas forcément une illusion d’optique, que les susdites qualités de compétence sont finalement plus fréquentes au sein du peuple que parmi les élus, qui sont loin de mériter le terme d’élites qu’on leur attribue par tradition, tradition non pensée, ou injectée par manipulation …
En outre, les gens qui sont munis du couple magnifique modestie+dynamisme s’engageront rarement en politique : ils sont passionnés par d’autres chemins, autrement moins glorieux, mais souvent autrement plus altruistes ou constructifs. Si bien qu’au sommet de nos hiérarchies on trouvera souvent non pas les meilleurs mais les plus ternes, voire les pires.
C’est un peu comme si l’égocentrisme et les courbettes nécessaires à l’ascension vers les sommets de l’Etat constituaient un filtre bizarre retenant ce qu’il y a de plus fin et laissant passer le grossier.
Mais j’exagère certainement, sourire en coin.
Par contre, ce qui serait bien, c’est qu’on réfléchisse aux moyens de booster la compétence en politique, et la compétence de tous.
On pense immédiatement en premier à l’école, c’est normal.
Pour qu’elle soit efficace, encore faudrait il qu’elle soit elle-même compétente à la perfection.
Or il se trouve que les élus ne l’ont pas voulu telle.
Elle est plus un outil de reproduction de la soumission systémique qu’un outil d’expansion de la conscience libre. Elle transmet une certaine culture, certes, et des techniques, et du savoir ; elle approche même le concept d’indépendance des esprits, mais il y a un je ne sais quoi qui ne favorise pas vraiment la liberté réelle sous le scalp ni le droit de l’âme à l’autodétermination.
Ce sont les autres boosters de la compétence qui permettront éventuellement de réduire cette lacune et carence partielle.
En second, on pense aux médias.
La librairie, la presse, la radio, la télévision.
La librairie touche peu. C’est dommage car le livre est un outil qui reste assez libre et peu dépendant de la finance, même si, comme dans le cas de la presse, les distributeurs se sucrent de manière éhontée, simples camionneurs qui encaissent souvent plus que les producteurs en tous genres.
La presse, la radio, la téloche, sont grosso modo les jouets de l’empire médiatique. Ces trois outils façonnent plus qu’ils n’éveillent. Le mensonge sous toutes ses formes est au service de leurs propriétaires.
Mensonge par matraquage continu et intense d’idées contestables mais incontestées, mais aussi mensonge par omission. Que ne nous parlent-ils pas de la révolution islandaise ?
(http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=wpxiwxL1XWU) Il est vrai que ça pourrait donner des idées … Ce silence n’est qu’un exemple des silences les plus coupables. Sans compter les cas où la réalité est directement falsifiée, dans une curieuse harmonisation des différents médias, pourtant censés être concurrents.
Bon ! Allez, zou ! Râler ne suffit pas :
il faut proposer .
Je suggère des journalistes tirés au sort, pas tous, seulement quelques uns, tirés au sort et non censurables, à mandat court (un à trois mois) ………….
Quant à l’obtenir, c’est une autre paire de manches ……….
En troisième salve vient l’internet.
La grande nouveauté, une révolution historique ( pour une fois, le mot historique est adéquat ). En effet, c’est la première fois dans l’Histoire de notre espèce que l’individu lambda, encastré dans son fauteuil, peut à moindre frais s’adresser à toute la planète avec une bonne chance d’être lu par quelques milliers de personnes, ou plus.
Transition extraordinaire qui transforme la communication à sens unique en communication multidirectionnelle, qui nous libère du message allant des pouvoirs vers le vassal : elle nous offre le message de tous vers tous, libre de toute censure, libre des contraintes matérielles et techniques, libre de l’argent. Et j’en use à cette seconde précise, sourire.
Mieux encore, voici que les balbutiements de l’intelligence artificielle permettent à travers les moteurs de recherche un accès rapide aux thèmes qui intéressent le lecteur parmi la forêt sauvage et profonde des informations offertes, anonymes ou pas.
Mais ne peignons pas tout le paysage en rose car il y a des ombres tenaces et pour certaines croissantes.
Un problème à résoudre « politiquement » réside dans le fait que les moteurs de recherche sont affiliés à l’argent et vont infailliblement être calibrés pour filtrer dans l’intérêt de divers pouvoirs.
Un problème à résoudre « techniquement » tient au fait que celui qui cherche trouvera assez facilement ce qu’il cherche mais plus rarement ce qu’il ne cherche pas, et quasiment jamais ce qui est contraire à ses croyances et à ses attachements amoureux à tel ou tel dogme ou théorie. En cela réside la grande lacune de l’internet qui de se fait n’est que partiellement un outil d’éveil et de révolution intérieure.
Certains pointent aussi comme danger la fausse nouvelle. En général, le mensonge est assez vite éventé sur le net. Je ne vois pas cela comme un inconvénient majeur, d’autant plus que le « surfer » apprend vite à détecter les déviations et à recouper les informations. J’espère ne pas me tromper…
Parlons aussi des mails d’alerte.
Nous en sommes envahis. Certains sont reçus à dix exemplaires. Du coup on ne les lit plus. C’est dommage mais inévitable.
Le remède serait la création d’un « mur des lamentations » virtuel, une sorte d’adjonction à l’internet qui permettrait de classer les alertes par thèmes, sans redondance, automatiquement. Je sais que c’est possible. Ce serait un bel outil.
La structure de la toile a un côté sauvage, qui est à conserver car il est garant de non mainmise manipulatoire définitive et durable. Il est probable d’ailleurs que nous devrons le défendre ce côté farfouille sauvage …
Mais je pense qu’un second outil est à inventer, plus structuré bien que non gouverné, qui serait plus apte à l’échange politique et …….. pourrait être couplé au processus de décision (avec toutes les précautions nécessaires) . Ce dernier point est à méditer…
Quatrième outil de boost des compétences et des consciences :
Mais oui mais c’est bien sûr :
Le pancartisme, le lâcher de ballons, le collage d’affiches, les tracts, les manifs.
N’oublions pas cet outil là, il est précieux,
… mais ne peut être pleinement efficace qu’au sein d’une réelle démocratie telle que nous ne l’avons jamais connue ni vécue.
« La politique ne se mène pas dans la rue » , disait Raffarin .
Quel aveu !!!!!!!!!
@ Ana Sailland,
je pense avoir moi aussi un pbm technique, en puis en même temps ton écrit pose tellement bien les choses qu’il donne envie de prolonger.
a mon avis, le premier outil, c’est la parole ; le bouche à oreille, le téléphone arabe.
et nous manquons de libre-parleurs et d’espaces de libre-parole,
nous nous taisons trop souvent, ou préférons trop souvent évoquer des choses triviales, ne froisser personne, ne pas faire de vagues.
nous laissons trop souvent le silence autour des litanies d’âneries, de préjugés et d’idées reçues, souvent même, nous répétons les âneries pour ne pas nous voir exclus du groupe,
alors même que nous pouvons transformer le monde vécu, par la parole, nous faire agents de contre-propagande, virus de l’intelligence et de la curiosité collective.
c’est un enjeu politique de premier ordre : libérer la parole !
créer des lieux de rencontre, des fêtes, des moments de convivialité…hors marché.
la convivialité, c’est déjà tout un programme : « ils ont décidé de ne plus se craindre en silence, alors ils entamèrent des pourparlers ».
Maintenant sur la compétence,
et bien je dirais que les élus ont tout simplement trop de compétence,
et oui, la compétence c’est aussi la latitude qu’on a à décider, les domaines sur lesquels on a le droit de décider et la manière dont on peut prendre sa décision.
il n’y a aucune raison de chercher à se rendre compétent (sachant) si on pense que quoi qu’on dise, quoi qu’on fasse, on ne sera jamais compétent (capable). Et même, c’est encore pire de savoir quand on est impuissant.
par contre il y a toutes les raisons de chercher à se rendre compétent (capable) si on pense que si on ne fait rien on ne sera jamais compétent (capable).
en fait notre système est mauvais, oui, mais nous le sommes tout autant,
la représentation déresponsabilise :
mon oncle râle car il a commencé le travail à 14 ans et a dû travailler 18 mois de plus pour être à la retraite ;
il a voté Sarkozy en 2007,
il n’a fait aucune agitation, aucune grève, aucune manif au moment de la réforme…pour lui tout est la faute de sarkosy, de l’Etat, etc.
on voit que mon oncle n’est pas du tout compétent pour le système représentatif. D’une part, il ne sait pas choisir la bonne personne à élire ou ne cherche à vraiment savoir quels sont les programmes, d’autre part il ne sait pas résister aux mauvaises décisions de son élu et faire en sorte d’obliger l’élu à l’écouter.
Par contre mon oncle, il est parfaitement capable de discuter de ce que devrait être un système de retraite juste, équitable et pérenne.
le pire c’est que ceux qui ont élaboré la réforme de sarkosy aussi,
et qu’en fait la compétence est toujours partagée, c’est la compétence de tout un peuple qu’il faut regarder et qu’il faut chercher à valoriser,
finalement la compétence globale est d’autant plus grande que le débat public est ouvert et de qualité, d’autant plus grande lorsque tout le peuple à la capacité de décider. Car a ce moment là seulement on peut espérer que la compétence présente dans le peuple a bien été optimisée.
en effet, le propre de la compétence en termes d’aptitudes, de savoirs, etc., c’est que celui qui en a peut tout transmettre sans rien en perdre et que quand on la met en commun elle permet des réalisations supérieures à une simple addition des parties.
j’en déduis aque si notre système politique était bien fait, nous n’aurions pas à craindre l’incompétence du peuple, puisque dans le peuple, il y aurait peut-être au départ moult incompétents irrécupérables, mais une majorité de gens sensés et une minorité de gens très compétents, et de l’échange entre tous ces gens se dégagerait nécessairement une décision au contenu très supérieur à ce que peuvent produire les mesquines batailles d’intérêts coalisés, les querelles d’égos ou les tendances autistes à puiser ses contradicteurs dans son seul cercle de sociabilité et d’acceptabilité…
après, c’est une affirmation gratuite qui n’engage que moi, mais je pense que le corps citoyen aura toujours assez de compétence pour savoir quelles sont les tâches qui nécessitent véritablement que les préposés possèdent une compétence particulière et quels sont les meilleurs moyens de formation, de sélection, d’exercice, de contrôle, de reddition de comptes et de sanction.
donc au final la compétence, c’est un faux problème du point de vue des connaissances,etc., puisqu’elles sont toujours présentes dans le peuple,
le vrai problème est de savoir les faire se rencontrer, se combiner, au service du peuple,
donc il reste uniquement le problème de la compétence de l’organisation des compétences,
à savoir comment s’assurer que toute institution politique fonctionne et prend ses décisions en appui sur les compétences présentes dans le peuple et selon une combinaison qui satisfasse à l’intérêt général ?
et répondre à cette question suppose de retraduire la question de la compétence des compétences en problème de légitimité.
l’élu de mauvaise foi nous dira que le peuple est incompétent…à ce moment-là Monsieur, vous êtes donc vous-même illégitime, lui répondrons-nous, car comment pouvez-vous vous dire compétent sur la base d’une reconnaissance par un peuple qui lui-même serait incompétent, ou bien plus sûrement, vous êtes un charlatan, car si le peuple était compétent, il ne vous aurait certainement pas élu…
et si, messieurs les élus, vous remettez de mauvaise grâce au peuple le soin de vous départager, et de départager vos programmes, alors laisser-nous gentiment nous concerter pour savoir si ce mode de distribution est bien le bon, car nous n’avons qu’un seul souci, c’est que toutes les compétences soient les mieux employées possible. Attendez-vous donc sereinement à une place de choix, ou bien à être démasqué…
bibliographie amérindiens
Je détiens ces livres et peux les prêter à l’occasion
Le massacre des indiens
Lucien Bodard
Gallimard
Vie et mort des indiens d’Amérique du Nord
René Coulet du Gard
france empire
Religions et magies indiennes d’Amérique du Sud
Alfred Métraux
Gallimard
Le chamanisme et les techniques archaïques d’extase
Mircea Eliade
Bibliothèque historique Payot
Les Hopis
Robert Boissière
Le Mail
Le retour du peuple des oiseaux
Ken Carey
Le souffle d’or
Femme de pouvoir – La Chamane
Lynn Andrews
L’espace bleu – Stendhal diffusion
Légendes indiennes – Le chant de l’Aigle
Margot Edmonds Ella Clark
Editions du rocher
Inipi, le chant de la terre
rapporté par Annie Pazzogna
L’or du temps
De mémoire indienne
Tahca Ushte & Richard Erdoes
Terre humaine Plon
Voyage en terre indienne
T.C. McLuhan
Filipacchi
Les indiens d’Amérique du Nord
Colin Taylor & William Sturtevant
Solar
Chronique des indiens Guayakis
Pierre Clastres
Terre humaine – Plon
Hors sujet mais ç’est très important, quoique simple à lire :
La femme au temps des cathédrales
Régine Pernoud
Poche
Partie V :
L’assemblée des citoyens à Athènes, à l’époque de la démocratie. —
le-message.org. — Amateurisme politique, égalité politique, et question de la compétence. —
Assemblées citoyennes tirées au sort. — Élections, endettements, et retours d’ascenseurs. —
Question de la corruption. — Question du contrôle des pouvoirs.
Références bibliographiques :
– Cornelius Castoriadis, Post-scriptum sur l’insignifiance. — Éditions de l’Aube (7 mai 2004).
– Yves Sintomer, Petite histoire de l’expérimentation démocratique. Tirage au sort et politique d’Athènes à nos jours. — Éditions La Découverte (13 octobre 2011).
Partie VI : DÉBATS
— Une proposition originale de Boris, débattue ensuite avec Monique.
— Une idée simple et puissante : « Nous ne voulons pas de professionnels de la politique dans l’assemblée constituante. »
Retour sur :
– L’importance de la constitution.
– Le conflit d’intérêt.
– La cause des causes.
– Les questions de la compétence et de la volonté.
Bibliographie :
– Alain, Propos sur les pouvoirs. — Éditions Gallimard (1 janvier 1985).
Matthieu en a encore mis un bon coup, et nous présente la dernière partie de cette longue conférence.
Je le remercie encore une fois, du fond du cœur.
PARTIE VII :
Rédaction d’une constitution : le cas du Venezuela, une alternative au tirage au sort.
— Référendums d’initiative populaire, fonctionnements possibles.
— Revenu de base, revenu universel, dividende universel, salaire à vie.
— Quelles armes contre l’oligarchie ?
— Le diplodocus et le virus.
— Internet et l’exponentielle.
Bibliographie :
– Bernard Friot, L’enjeu du salaire. Éditions La Dispute (19 janvier 2012).
– Bernard Friot, L’enjeu des retraites. Éditions La Dispute (25 mars 2010).
– Duboin Jacques, La grande relève des hommes par la machine. Éditions Nouvelle (1932).
– Bernard Manin, Les principes du gouvernement représentatif. Flammarion (15 septembre 2008).
FIN de la conférence. Ouf ! 🙂
@ Etienne,
je trouve que ton discours n’est pas clair, en effet il comporte des divergences d’analyses sur la « cause des causes » : ou bien tu dis que c’est le capitalisme et tu parles de lutte des classes, etc., ou bien c’est le suffrage universel et là tu parles d’alliance entre gens de droite et gens de gauche pour réclamer le tirage au sort…
pour moi, ou bien on est de gauche, c’est à dire pour aller vite, qu’on entend comme cause des causes un ensemble de mécanismes institutionnels, juridiques qui font que les riches sont riches et le demeurent, et un ensemble de croyances qui amènent le peuple à soutenir ces mécanismes ou à ne pas les contester.
ou bien on est de droite, c’est-à-dire qu’on soutient la diffusion des croyances justifiant la domination et qu’on estime que les inégalités et le droit de propriété qui les autorise et les rend pérennes sont nécessaires à la prospérité.
En conséquence de ces positionnements dans la lutte des classes, ou bien on œuvre à la construction d’une conscience de classe, ou bien on cherche à brouiller les clivages…
Mais fondamentalement, entre droite et gauche, il y a incompatibilité totale sur la nature de la démocratie : à savoir une démocratie à l’intérieur des principes du capitalisme vs une démocratie hors capitalisme.
de sorte que pour la gauche, le problème que pose le suffrage universel n’a rien à voir avec cette propriété mécanique à porter les « riches » au pouvoir que tu lui attribue. Le problème est plus profond, il tient à la superstructure du capitalisme, ses soubassement idéologiques, le façonnage des esprits et les multiples liens matériels associant les prolétaires aux intérêts des capitalistes. C’est à dire que la nature du système place, de fait, les opposants au capitalisme dans une position d’infériorité structurelle quant à leur capacité à forger une conscience de classe, à désintoxiquer le peuple et donc à se faire élire.
mais aussi difficile à admettre que ce soit, si on constate une récurrence dans les résultats des élections, si la plupart du temps les riches gouvernent, c’est parce que la conscience de classe est faible, les résistants peu nombreux et mal outillés, mal organisés, et que les candidats des riches sont soutenus par une majorité de vendéens, de collabos, d’autruches, de lâches, et point barre ! le problème n’a rien à voir avec le mécanisme de l’élection en soi, et d’ailleurs si un peuple porte au pouvoir par le suffrage un adversaire de l’oligarchie, en général ils savent s’asseoir sur le formalisme démocratique…autrement dit tirage au sort ou élection, le résultat dépend du niveau de conscience révolutionnaire du peuple…soit, quand la majorité du peuple n’est plus de droite ou passive.
alors, tu peux affirmer qu’en 200 ans jamais les riches n’ont gouverné à Athènes..c’est pour moi faux, idéologiquement les athéniens étaient soumis aux mécanismes qui font que les riches sont riches et en 200 ans, ce sont toujours les plus riches qui ont occupé les postes-clés, électifs ; avant qu’on ne paye les pauvres, c’étaient les riches et les moyens riches qui se pressaient pour occuper les charges tirées au sort ; pendant longtemps il y eut une chambre aristocratique qui subsistait et au bout de 200 ans il restait suffisamment de puissance aux riches pour mettre à bas le bel ouvrage, que leurs ancêtres riches avaient mis en place pour avoir la paix sociale…
si j’étais un athénien pauvre, constatant que malgré mon travail acharné je reste pauvre, ou bien si j’étais un métèque ou un esclave ou une femme…aurais-je-du dire que le tirage au sort est mauvais car il laisse perdurer les injustices ? assurément non ! si j’ai droit de parole, je convainc mes concitoyens des lois qui s’imposent pour remédier au problème, si je suis sans ce droit, femme ou esclave, je me révolte pour l’obtenir et ensuite convaincre et ainsi de suite. Même chose avec le suffrage universel…et si on se sent plus forts et plus assurés de renverser le pouvoir des riches autrement que par le moyen pacifique des élections…il existe différents moyens plus ou moins risqué et plus ou moins justifiables…
dans tous les cas il faut bien que les citoyens veuillent le pouvoir et s’organisent pour cela et qu’ils soient les plus nombreux possibles.
en l’état des forces, le combat électoral a au moins le mérite de pouvoir nous compter et de rameuter du monde, de lâcher des paroles, même si personne n’est dupe et surtout pas celui qui a su par son talent rassembler physiquement un nombre de résistants qui ne s’était plus vu depuis longtemps :
« Car certes, nous participons à la mascarade actuelle, et nous respectons sa conclusion parce que nous sommes républicains et que nous nous soumettons à la loi et à la Constitution aussi longtemps que le peuple ne l’aura pas changée lui-même. Pour autant, ce serait une lourde faute d’en attendre davantage que ce que nous en voyons déjà. C’est-à-dire un monstrueux déni de démocratie. »
à mon avis il faut s’entraider à préparer l’ »insurrection civique », je me souviens qu’à une époque tu as soutenu Bové…
que dis-tu de ça : http://lafederation.org/images/stories/documents/publications/une%20nouvelle%20organisation%20politique%20-%20la%20fase%20-%2027–03-2012.pdf
@ Sitouaillain
Une simple question :
est-ce le système d’autorité représentative (du peuple ou de Dieu) qui est à l’origine de la notion de classe ou le contraire ?
bien amicalement
J.C
@ J.C.
Désolé, mais j’aurais besoin d’un vrai développement de ta part pour ne pas répondre à côté de ta question.
Pour ce qui est de la notion de classe, c’est un concept, donc un arbitraire posé sur le réel pour le rendre compréhensible, et donc sujet à débat. Concept qu’on utilise pour décrire ce qu’on définit comme des groupes plus ou moins stables dans une société hiérarchisée, inégalitaire, qui ne se divise plus explicitement, c’est à dire juridiquement, en castes ou en ordres et corporations, comme c’était le cas à des degrés divers de toutes les sociétés indo-européennes dont nous avons hérité…
sur la notion elle-même :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Classe_sociale
et sur la portée des débats théoriques :
http://www.cairn.info/revue-societes-et-representations-2004–1‑page-385.htm
à moins que ta question ne soit un problème de métapolitique :
http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9tapolitique…
Au moins, Gramsci est mort en prison avant de voir ça !
[Mise à jour août 2012 : cette conférence a été retranscrite en français, puis traduite et sous-titrée EN ANGLAIS. (L’espagnol est en cours.)
La page des vidéos traduites, intitulée « Is Democracy a trap ? — Etienne Chouard — March 2012 » est là : http://www.youtube.com/playlist?list=PLF810C7CF34155740
(Il faut activer manuellement les sous-titres, en bas des vidéos.)
Merci aux modestes et géniaux gentils-virus qui se chargent discrètement de ces travaux d’Hercule.]