Rue89 : Étienne Chouard n’est pas mort, il soigne les orphelins du « non »

29/03/2012 | 14 commentaires

Bon­jour,

J’ai reçu récem­ment à la mai­son un jeune jour­na­liste de Rue89, Mathieu Des­landes, avec qui j’ai pas­sé la jour­née à refaire le monde.
De mon point de vue, ce fut un bon moment, et il en gar­dé les impres­sions suivantes :

Étienne Chouard n’est pas mort,
il soigne les orphelins du « non »


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Par Mathieu Des­landes | Jour­na­liste Rue89

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Les can­di­dats à l’é­lec­tion pré­si­den­tielle draguent la « France du “non” ». En 2005, un homme avait été son porte-parole. Sept ans après, Etienne Chouard reste mobilisé.

Étienne Chouard, chez lui, en mars 2012 (Mathieu Deslandes/Rue89)

Fran­çois Hol­lande et Nico­las Sar­ko­zy sont d’ac­cord au moins sur un point : pour l’emporter le 6 mai, il faut « récon­ci­lier la France du “oui” et la France du “non” ». Ces deux camps des­si­nés en 1992 lors du réfé­ren­dum sur le trai­té de Maas­tricht et ren­for­cés treize ans plus tard à l’oc­ca­sion du réfé­ren­dum sur le trai­té consti­tu­tion­nel européen.

En 2005, la « France du “non” » avait un héraut : Etienne Chouard. Un prof mar­seillais qui avait fait l’ef­fort de décor­ti­quer le pro­jet de Consti­tu­tion euro­péenne avant de recen­ser toutes les rai­sons qu’il y avait de s’y oppo­ser. Son blog était deve­nu un point de ralliement.

Sept ans après, Étienne Chouard reste une réfé­rence pour de nom­breux « nonistes ». Ils le lisent, lui écrivent, l’in­vitent à pro­non­cer des confé­rences. Depuis un an, cet émo­tif volu­bile aux faux airs de Guy For­get est en tour­née per­ma­nente. Lyon, Mont­pel­lier, Nice, Gap, Paris, Bruxelles…

Un soir, il se pro­duit dans une MJC ou un café citoyen ; le len­de­main, dans une uni­ver­si­té ; la semaine sui­vante, dans une antenne d’At­tac ou chez des mili­tants mi-éco­los mi-« indi­gnés ». « On est quel­que­fois 15, quel­que­fois 200. En géné­ral, on est autour de 80. » Ça peut durer cinq, six, sept heures. Refaire le monde est un marathon.

« Je fais comme Hippocrate »

L’in­vi­ta­tion est sou­vent lan­cée par « des vieux mili­tants qui se battent contre les injus­tices sociales depuis trente ou qua­rante ans ». Ils « se sont ren­du compte que ça ne chan­geait rien mais reprennent espoir quand ils m’en­tendent, parce que je leur apporte une lumière ».

À tous, cet athée de 55 ans révèle que « nos mal­heurs » (la catas­trophe éco­lo­gique, la des­truc­tion des ser­vices publics, l’ex­ploi­ta­tion au tra­vail, le règne de l’argent…) ont été ren­dus pos­sibles « à cause de notre impuis­sance à résis­ter ». Il indique :

« Je fais comme Hip­po­crate. Je cherche à remon­ter la cause des causes. Il est vain de s’en prendre aux conséquences. »

Il croit que cette « impuis­sance à résis­ter », cette « infan­ti­li­sa­tion », est « pro­gram­mée dans la Consti­tu­tion ».

Comme « ceux qui rédigent les Consti­tu­tions pensent d’a­bord à pré­ser­ver leurs inté­rêts », pour « chan­ger les choses », et ins­tau­rer « la vraie démo­cra­tie », il ne voit qu’une seule voie : tirer au sort des citoyens qui écri­raient eux-mêmes une nou­velle Consti­tu­tion, « comme en Islande et en Colom­bie bri­tan­nique ».

Ils sont quelques uns à s’être déjà mis au tra­vail. Pen­dant trois ans, à Aix, au sein d’une « uni­ver­si­té popu­laire ». Désor­mais sur le forum et « le wiki » héber­gés sur le site d’É­tienne Chouard.

« Je suis prêt à croi­ser le fer avec Hollande »

Son modèle est vieux de 2 500 ans ; c’est la démo­cra­tie athénienne.

« On vient de vivre 200 ans de gou­ver­ne­ment des ultra­riches. Mais les hommes ont déjà inven­té un autre sys­tème qui a mar­ché 200 ans aus­si. Ils tiraient au sort des délé­gués pour six mois et le pré­sident d’A­thènes était tiré au sort tous les jours. »

Il est convain­cu que « mettre du tirage au sort en poli­tique va tout chan­ger en bien ». Il est très sûr de lui :

« J’ai des mil­liers d’heures de tra­vail là-des­sus, je me sens invul­né­rable, je prends Strauss-Kahn ou Gis­card d’Es­taing quand ils veulent en débat, je n’ai pas peur. Je suis prêt à croi­ser le fer avec Mos­co, Hol­lande, Bar­ro­so, toute la clique. »

Des extraits de cer­taines de ses confé­rences cir­culent sur Inter­net. Tous les jours, le « père Chouard » – comme il dit – est des­ti­na­taire de témoi­gnages de gens bou­le­ver­sés d’a­voir enfin iden­ti­fié une issue pos­sible. Ils l’ont aus­si encou­ra­gé à se pré­sen­ter à l’é­lec­tion pré­si­den­tielle : « On aurait quel­qu’un der­rière qui se mettre… »

Patiem­ment, il a répon­du qu’il ne cher­chait pas à être élu. « Je cherche juste le bien com­mun, je ne veux pas le pou­voir, le pou­voir trans­forme tou­jours les êtres – c’est pour ça que les Athé­niens avaient mis en place une rota­tion des charges. »

« Je pense comme Robespierre »

Il ne don­ne­ra pas non plus de consigne de vote à ses disciples :

« Com­ment choi­sir entre le can­cer et le sida ? J’aime beau­coup Mélen­chon mais il ne veut pas sor­tir de l’UE. Des lec­teurs me disent qu’ils veulent voter Le Pen pour tout faire péter, mais ce n’est pas comme ça qu’on sort du piège.

Hol­lande fera la même chose que Sar­ko­zy, à quelques bri­coles près. C’est un jeu de dupes. On va perdre dans tous les cas. Ce sont tous des marion­nettes aux mains des hommes d’affaires. »

Les riches ! Chouard y revient tou­jours. « L’his­toire de la Répu­blique, c’est celle du gou­ver­ne­ment par les riches pour les riches », répète-t-il. « Qu’est-ce qu’ils se sont goin­frés depuis 200 ans, les Versaillais ! »

Il pense que « l’argent gou­verne tout », que « l’é­lec­tion met tou­jours Gold­man Sachs au pou­voir ». La preuve ? « Les grandes avan­cées ont tou­jours été por­tées par la grève géné­rale, jamais par l’élection. »

Entre deux bou­chées de pin­tade, il peut décla­rer : « Je pense très pro­fon­dé­ment, comme Robes­pierre, que les trop riches sont les fléaux de l’hu­ma­ni­té. » Ou encore :

« La logique de l’U­nion euro­péenne et des entre­prises, c’est des sala­riés pri­vés de moyens de résis­tance qui doivent se conten­ter des rému­né­ra­tions les plus basses pos­sible. Le bout du bout de cette logique, c’est les camps de tra­vail. C’est bien plus dur de se battre contre ça que contre le fas­cisme à la papa. »

« Je suis bien­tôt mort »

Les réfé­rences his­to­riques et théo­riques pro­li­fèrent dans son dis­cours. Depuis 2005, il est lan­cé dans une quête intel­lec­tuelle for­ce­née. Il vit avec les auteurs qu’il découvre, parle d’eux comme d’êtres familiers.

Au fur et à mesure qu’il inves­tit une nou­velle période, il éta­blit des paral­lèles avec le pré­sent : « On ne com­prend rien à notre époque si… » Il repère des per­ma­nences, des sens cachés, des forces à l’œuvre der­rière les évé­ne­ments. Cela le réjouit et le ter­ri­fie à la fois :

« Fal­lait m’ap­prendre tout ça à l’é­cole. A 50 ans, c’est trop tard. Je suis bien­tôt mort. »

Étienne Chouard, chez lui, en mars 2012 (Mathieu Deslandes/Rue89)

Sa biblio­thèque contient désor­mais 3 000 livres. « Je les ai tous feuille­tés, mais je ne vais pas avoir le temps de tous les lire en entier. » Alors il les scanne, page à page, en écou­tant des enre­gis­tre­ments de confé­rences de l’his­to­rien Hen­ri Guille­min, puis il les « trans­forme en docu­ments pour y faire des recherche par mot-clé ».

« Comme un fumeur en manque »

Il y a des papiers par­tout et une pou­belle Obé­lix. On par­court les rayonnages :

« Y a les anars, les cocos, ceux qui résistent au tra­vail et à l’i­déo­lo­gie du pro­grès. Ici, c’est les répu­bli­cains radi­caux, là la pen­sée de la résis­tance au tota­li­ta­risme… Orwell, Michéa, Lasch, c’est génial.

Puis on a ceux qui s’in­té­ressent à la fabrique du consen­te­ment et les lan­ceurs d’a­lerte. Le colo­nia­lisme, l’é­co­no­mie géné­rale, la créa­tion moné­taire, les théo­ries du gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif, la cri­tique du sio­nisme, la cri­tique de Freud, l’éthologie…

Mon fil d’A­riane, c’est la résis­tance aux abus de pouvoir. »

(Dans cette logique, il rêve d’être végé­ta­rien, il a arrê­té la viande trois mois, mais il avait mal par­tout, « comme un fumeur en manque ».)

C’est un peu ver­ti­gi­neux. Il a l’im­pres­sion de tou­cher du doigt la véri­té. De l’a­voir atteinte au terme d’une démons­tra­tion métho­dique. Il supplie :

« Si je me trompe, qu’on me le montre. Je ne demande pas mieux. Mais qu’on ne me dise pas que je suis para­noïaque, c’est un argu­ment de cour de récré. »

« Je m’en fous du 11 Septembre »

Para­no ? Il se voit aus­si régu­liè­re­ment accu­sé d’a­voir « glis­sé à l’ex­trême droite » et d’être deve­nu « complotiste » :

parce que sa cri­tique du par­le­men­ta­risme et des élites est jugée « fas­ciste » (« Ils oublient que cette cri­tique relève aus­si d’une tra­di­tion anar­chiste liber­taire ») ;
parce qu’il a eu le mal­heur d’a­vouer qu’il trou­vait Thier­ry Meys­san « inté­res­sant » et qu’il n’a­vait « rien trou­vé de dia­bo­lique dans ses écrits » ;
parce qu’il estime qu’on ne connaît pas « toute la véri­té sur le 11 Septembre ».

Il s’ex­plique :

« Je m’en fous du 11 Sep­tembre. Mais on m’a posé la ques­tion un jour et j’ai répon­du. C’est deve­nu le truc qui sert de mar­queur pour savoir qui peut par­ler ou pas. Or, moi, je suis pour l’i­se­go­ria, le droit de parole pour tous à tout propos. »

En 2005, ceux qui vou­laient le dis­cré­di­ter insis­taient sur son sta­tut de prof « de BTS » et rap­pe­laient que son œuvre publiée se com­po­sait en tout et pour tout de deux méthodes d’in­for­ma­tique (« Créer une appli­ca­tion avec Access » et « Prendre de bonnes réso­lu­tions avec Excel »).

Il enrage autant qu’il y a sept ans. Et recourt au même remède : le para­pente. « Ce qui compte », dit-il, « c’est voler ». Dan­ser avec les mar­ti­nets dans les nuages. Sur­vo­ler Gréoux, Valen­sole, Digne, et toute la chaîne de la Blanche, le lac de Serre-Pon­çon au soleil cou­chant, débou­cher face au Grand Mor­gon. Et ren­trer en stop. « La vie est plus belle en haut qu’en bas. »

On vient de se par­ler cinq heures d’af­fi­lée. Il a été tour à tour enthou­siaste, grave, inquiet, gran­di­lo­quent. On va se quit­ter et tout à coup, il s’as­som­brit. Il a une question :

« Est-ce que vous pen­sez que je pour­rais être deve­nu fas­ciste sans le savoir ? »

Mathieu Des­landes, Rue89.

Source (et com­men­taires, très nom­breux et sou­vent inté­res­sants) : Rue89 :
https://​www​.nou​ve​lobs​.com/​r​u​e​8​9​/​r​u​e​8​9​-​p​r​e​s​i​d​e​n​t​i​e​l​l​e​-​2​0​1​2​/​2​0​1​2​0​3​2​6​.​R​U​E​8​5​3​0​/​e​t​i​e​n​n​e​-​c​h​o​u​a​r​d​-​n​-​e​s​t​-​p​a​s​-​m​o​r​t​-​i​l​-​s​o​i​g​n​e​-​l​e​s​-​o​r​p​h​e​l​i​n​s​-​d​u​-​n​o​n​.​h​tml

Erra­tum : Mathieu exa­gère : je n’ai que 2 000 livres de tra­vail, pas (encore) 3 000 😉

Nota : dans les com­men­taires sur le site de Rue89, appa­raissent (à la fin) les pré­ten­dus « anti­fas », évi­dents chiens de garde des banques, char­gés de trai­ter d’an­ti­sé­mites tous ceux qui vou­draient cri­ti­quer l’empire ban­caire en for­ma­tion. On espère que pour cette basse besogne de police de la pen­sée par calom­nie pro­fes­sion­nelle, il sont —au moins— bien payés.

Je rap­pelle que « Rudy Reichs­tadt », après avoir copieu­se­ment calom­nié les gens, leur inter­dit de se défendre sur le lieu de ses men­songes (chez lui) : après avoir lais­sé pas­ser une pre­mière réponse, il cen­sure depuis le pre­mier jour toutes mes pro­tes­ta­tions… Un grand démo­crate, vous ne trou­vez pas, ce don­neur de leçon à la Tal­ley­rand (cra­pule dont la devise était « calom­niez, calom­niez, il en res­te­ra tou­jours quelque chose ») ? J’ai donc répon­du chez moi à ce triste sire et à ses petits cama­rades de défense de l’Em­pire : là et là, ain­si que là.

Mon­sieur Reichs­tadt ferait un bon Ministre de la Véri­té (char­gé de la Police de la pen­sée et des Dénon­cia­tions calom­nieuses) sous les ordres du Big Bro­ther qui vient.

Étienne.

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Étienne

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14 Commentaires

  1. julien

    la der­nière phrase que vous attri­bue le jour­na­liste de R89 don­ne­rait presque rai­son à Tal­ley­rand « Est-ce que vous pen­sez que je pour­rais être deve­nu fas­ciste sans le savoir ? »

    Je crois que la force de ces gens-là, au ser­vice de la « Véri­té », c’est qu’ils arrivent à s’ap­puyer sur votre propre hon­nê­te­té intel­lec­tuelle, votre néces­saire capa­ci­té à dou­ter de tout, pour vous inci­ter à dou­ter de vous-même…

    Réponse
  2. Morpheus

    Tu es radi­cal (et c’est tant mieux), tu cultives l’es­prit cri­tique (et c’est tant mieux), tu es indé­pen­dant d’es­prit (et c’est pré­cieux), tu es pas­sion­né (et c’est sans doute douloureux).

    Tu n’es pas moti­vé par le pou­voir (et c’est tant mieux), tu n’es pas inté­res­sé (et c’est remar­quable), tu n’es pas vani­teux (et c’est rare), tu ne juge pas les gens, seule­ment leurs actes ou leurs pen­sées (et c’est très différent).

    Donc, non, Étienne, tu n’es pas un « fas­ciste qui s’i­gnore » et tu n’es pas « deve­nu un fas­ciste sans le savoir ».

    Par contre, l’an­ti­fa de ser­vice, là, oui : c’est un fas­ciste. Même pas sûr qu’il s’i­gnore, en plus.

    Réponse
  3. Luc Guthrie

    Bon­jour Etienne.

    Mor­pheus a bien dit et je ne sau­rai pas dire mieux.

    Je te dédie ce petit extrait, du dis­cours mémo­rable de Mar­tin Luther King, en 1963 :

    « Nous sommes venus à ce lieu sacré pour rap­pe­ler au peuple amé­ri­cain l’ur­gence extrême du pré­sent. Ce n’est pas le moment de nous adon­ner au luxe de nous détendre ou de nous conten­ter de la drogue tran­quilli­sante d’une solu­tion gra­duelle. Il est temps main­te­nant de rendre réelles toutes les pro­messes de la démo­cra­tie ; il est temps main­te­nant de quit­ter la val­lée sombre et déso­lée pour nous avan­cer vers le sen­tier brillant de la jus­tice ; il est temps main­te­nant d’ai­der notre nation à se déga­ger des sables mou­vants de l’in­jus­tice pour l’ins­tal­ler sur le roc solide de la fra­ter­ni­té ; il est temps main­te­nant de faire que la jus­tice devienne une réa­li­té pour tous. Ce serait une erreur fatale pour la nation de refu­ser de voir l’ur­gence du moment. Cet été étouf­fant du mécon­ten­te­ment légi­time ne fini­ra pas jus­qu’à ce qu’ar­rive un automne vivi­fiant de liber­té et d’égalité ».

    Réponse
  4. frane

    Bon­jour Mr Chouard, à quand une autre de vos confé­rences à Marseille ? 
    Mer­ci bien et bonne journée.

    Réponse
  5. FabriceM

    « Est-ce que vous pen­sez que je pour­rais être deve­nu fas­ciste sans le savoir ? »

    Vous pour­riez le deve­nir à force d’a­voir à faire à des contra­dic­teurs de piètre qua­li­té. Il FAUT que vous vous confron­tiez à des vrais adver­saires, pour avoir tou­jours à mobi­li­ser vos connais­sances, à vous questionner.

    Vous avez un bon fond, tout le monde le recon­nai­tra après avoir un tant soit peu par­cou­ru votre blog.

    La seule chose qui puisse rendre folle une bonne per­sonne c’est un envi­ron­ne­ment qui rend fou.

    Posez vous la ques­tion « De quel envi­ron­ne­ment ai je besoin ? ».
    De mon humble point de vue, la plus grand menace qui pèse sur vous c’est de vous faire « absor­ber » par le mou­ve­ment que vous avez impul­sé. De deve­nir le centre d’une classe de convain­cus qui auront trou­vé votre pen­sée atti­rante mais sans avoir les moyens intel­lec­tuels de la cri­ti­quer. ( Vous pas­sez votre vie la dedans .. vous avez for­cé­ment un avan­tage consi­dé­rable sur tout le monde )

    Com­ment lut­ter contre ? Par exemple en sépa­rant « phy­si­que­ment » sur le site les com­men­taires « argu­men­ta­tifs » de tout ce qui est « sou­tien pur » qui endort mais qui est néces­saire tout de même pour le moral !

    Bref, c’est une idée .. à vous de voir 😉

    Et j’ou­bliais … ne soyez pas plus roya­listes que le roi non plus. La plu­part des poli­tiques n’en ont rien à faire que les gens com­prennent vrai­ment en pro­fon­deur ce qu’ils disent, cher­chant seule­ment à obte­nir l’adhé­sion, ce qui n’est déjà pas facile. Rela­ti­ve­ment, vous leurs êtes déjà bien supé­rieur. La per­fec­tion n’est pas de ce monde.

    Réponse
  6. sitouaillain

    « essayer nos idées démo­cra­tiques au niveau LOCAL ET RÉEL 🙂

    Un Mou­ve­ment des Citoyens Démo­crates (MCD) »

    ça fai­sait un moment que j’y pensais,

    je ferai une contri­bu­tion d’i­ci quelques jours,

    il va me fal­loir un peu de temps pour mettre à plat tous les défis que ça soulève,
    et lis­ter les dif­fé­rentes moda­li­tés d’in­ter­ven­tion qui pour­raient être à notre portée.

    à +

    Réponse
  7. Di Girolamo

    Le local réel c’est le local glo­bal : il faut qu’au local puisse appa­raître les pré­oc­cu­pa­tions natio­nales et au delà ; il faut qu’on puisse poser sur la table les pro­blèmes éco­lo­giques, sociaux , éner­gé­tiques, agri­coles etc

    Quand on regarde les ordres du jour des petites com­munes ‚c’est sou­vent le train train de ges­tion se prê­tant peu aux référendums.

    Concer­nant le tirage au sort dans une petite com­mune cela peut être conçu comme un moyen d’ou­ver­ture et renou­vel­le­ment des conseils : pas tou­jours les mêmes ! il fau­drait par exemple pré­voir un pour­cen­tage de tirés au sort . Que ceux qui n’ont pas un réseau social suf­fi­sant aient leur chances.Ce serait un signe et une volon­té d’ouverture .

    En effet les conseils ron­ronnent sou­vent avec tou­jours les mêmes.

    Le local glo­bal se situe bien plus à des éche­lons inter­com­mu­naux comme par exemple les SCOT ou les Pays . C’est là que se situent des com­pé­tences plus larges , par ex : éco­no­mie , amé­na­ge­ment et déve­lop­pe­ment du ter­ri­toire. C’est plus à ce niveau que peuvent être orga­ni­sés des réfé­ren­dums sur cer­tains sujets ;par ex ouver­ture d’un super mar­ché ‚ini­tia­tives ali­men­ta­tion locale etc mais à condi­tion de faire un tra­vail d’in­for­ma­tion et mobi­li­sa­tion des habi­tants pour par­ti­ci­per à ces structures .
    L’en­jeu est que dans ces stru­tures on dépasse l’entre soi des élus et char­gés de mis­sions qui s’en­ferment dans des rou­tines pro­fes­sio­na­li­sées et que la popu­la­tion soit impliquée.

    En conclu­sion je serais plus sur l’i­dée de démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive. Le pro­blème étant que en toute logique elle ne devrait pas être à pro­mou­voir : c’est un b.a.b.a de la démo­cra­tie ; d’ailleurs elle est pré­vue au pro­gramme des pays , avec les Conseils Locaux de Déve­lop­pe­ment qui sont des struc­tures citoyennes de par­ti­ci­pa­tion ; c’est pré­vu aus­si dans les Scots .…. Elle est pré­vue dans les textes et pro­mue dans les dis­cours mais en réa­li­té sur le ter­rain ne trouve pas son appli­ca­tion : les élus font leur train train , les habi­tants aus­si ; et les « mili­tants » ceux ani­més d’une conscience poli­tique tra­vaillent en contre pou­voir mais pas dans un cadre participatif.

    Déve­lop­per la démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive est donc dif­fi­cile puisque ni les élus et char­gés de mis­sions , ni les lamb­da , ni les mili­tants n’y sont spon­ta­né­ment disposés.

    Comme je l’ai plu­sieurs fois dit sur ce blog , j’ai mené une expé­ri­men­ta­tion dans ce domaine et au bilan des courses je suis en pro­cès et bien iso­lé …Enfin ce soir un résul­tat de mon obs­ti­na­tion : un mail du pré­sident de région qui va s’in­té­res­ser à ce qui s’est pas­sé et com­mence donc à répondre à cer­taines de mes demandes.
    Je pense donc que le tra­vail doit plus por­ter sur la démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive, sur éta­blir un lien entre élus char­gés de mis­sions lamb­da et mili­tants : si l’ins­ti­tu­tion se trouve inves­tie numé­ri­que­ment et que s’y déroule des réflexions , les réfé­ren­dums et le tirage au sort y trouvent place et sens mais comme des outils et non un aboutissement.

    L’im­por­tant étant que la démo­cra­tie soit vivante au niveau local.Que le fos­sé élus /lambda/militants se résolve au sein de l’ins­ti­tu­tion dans une sou­ve­rai­ne­té partagée.

    Réponse
  8. Di Girolamo

    .….Et tou­jours pour pro­lon­ger la réflexion du réel local ‚local global

    ce soir sur la cinq super débat sur l’éner­gie : on touche du doigt qu’on arrive au bout du bout des solu­tions dans ce domaine et que , du moins c’est mon point de vue , c’est en réamé­na­geant com­plè­te­ment le ter­ri­toire , avec des enti­tés plus auto­nomes en nour­ri­ture et éner­gie qu’on s’en sor­ti­ra ; quitte à se lever qu’à 10 h le matin quand le soleil fera grand jour.

    Démo­cra­tie locale ou désastre global.

    Et Mélen­chon dans tout ça ?

    Réponse
  9. sitouaillain

    @ di girolamo

    et bah mélen­chon il est d’ac­cord, le PCF un peu moins mais ils y viennent, et les affreux mili­tants du FdG ont même par­ti­ci­pé à une réflexion, en col­la­bo­ra­tion avec les asso et mou­ve­ments éco­lo et syn­di­caux, sur ce dont on a besoin pour mener à bien tout ça, le pro­gramme s’ap­pelle « l’hu­main d’a­bord », et les points que tu évoques, ça s’ap­pelle la pla­ni­fi­ca­tion éco­lo­gique, pro­duire autre­ment, et la VI répu­blique, avec des pro­po­si­tions notam­ment d’ins­crire la par­ti­ci­pa­tion citoyenne dans la consti­tu­tion avec divers dis­po­si­tifs, RIc, etc., http://​www​.pla​ceau​peu​ple2012​.fr/​w​p​-​c​o​n​t​e​n​t​/​u​p​l​o​a​d​s​/​h​u​m​a​i​n​_​d​a​b​o​r​d​.​pdf

    et puisque j’i­ma­gine que ce n’est pas le pro­gramme par­fait qu’au­rait fait tout seul dans son coin saint di giro­la­mo-au-des­sus-des-par­tis 😉 , comme le FdG, n’est pas tout vert mais qu’il est ouvert, il ne demande qu’à accueillir des gens de ta valeur, mélen­chon appelle ça des « têtes dures », et on va en avoir besoin pour faire la révo­lu­tion citoyenne, y com­pris contre cer­tains élus du FdG.…

    enfin, sur ton expé­rience, j’ai envie de dire, ça n’est qu’une expé­rience, il y a moult contre-exemples qui invitent à n’en pas faire une généralité,

    je te rejoins sur la faible impli­ca­tion struc­tu­relle des citoyens dans les démarches de démo­cra­tie participative,

    en revanche, objectivement,on note une ten­dance géné­rale à un chan­ge­ment des men­ta­li­tés dans les col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­riales et à bien des endroits, un inté­rêt réel à l’in­té­gra­tion des avis et des ini­tia­tives des citoyens pour amé­lio­rer la qua­li­té de l’ac­tion publique,

    c’est par­ti­cu­liè­re­ment vrai dans l’ouest et dans cer­taines com­munes du pour­tour pari­sien, et un cer­tain nombre d’ou­tils viennent soli­di­fier les pra­tiques, tu en cites plu­sieurs, mais il y a éga­le­ment les agen­das 21, les régies de quar­tier ou régies rurales, et dans bien des dis­po­si­tifs de pilo­tage de poli­tiques ciblées, fleu­rissent des clauses men­tion­nant la pré­sence obli­ga­toire des acteurs concer­nés au-delà des élus et des fonc­tion­naire, j’ai envie dire, ça c’est fini, has been, même si toutes les col­lec­ti­vi­tés n’ont pas pris le train en même temps,

    je ne cite­rais que la part crois­sante que prennent les acteurs asso­cia­tifs dans l’é­la­bo­ra­tion des PDALPD (plan dépar­te­men­tal d’ac­tion pour le loge­ment des per­sonnes en dif­fi­cul­té), on est certes à un autre niveau de la par­ti­ci­pa­tion, celui de la socié­té civile, mais il faut néan­moins sou­li­gner la dimen­sion nou­velle que cela prend, ne serait-ce qu’en terme de qua­li­té des réponses appor­tées, le sou­ci de s’a­dap­ter aux besoins réels des per­sonnes et non plus de les faire entrer dans des caté­go­ries et des dis­po­si­tifs qui germent dans la tête d’é­lus ou d’é­narques éloi­gnés du terrain,

    sur tous les pro­jets expé­ri­men­taux que j’ai pu croi­ser, lorsque dans mon métier pré­cé­dent, j’ai été ame­né à pro­duire des éva­lua­tions, les ini­tia­tives ont tou­jours émer­gés d’une prise en compte de la parole des usa­gers et de l’exa­men de leurs pro­blèmes concrets, et j’ai croi­sé bien des élus et des « char­gés de mis­sion » qui n’a­vaient que ce sou­ci-là, et à chaque fois ils devaient se battre pour arra­cher des miettes ou des auto­ri­sa­tions de la part des ins­ti­tu­tions de l’E­tat ou grat­ter ça et là les lar­gesses des poten­tats éco­no­miques locaux ou nationaux.

    mais sur les ini­tia­tives directes des citoyens, les amé­lio­ra­tions sont tan­gibles, par exemple une asso­cia­tion d’éo­liennes « citoyennes » est en train de rendre le ter­ri­toire concer­né auto­nome en éner­gie, avec le sou­tien des col­lec­ti­vi­tés et de l’a­deme, mais sur­tout via un finan­ce­ment des citoyens qui ont sou­hai­té sous­crire au pro­jet, et je suis sûr que ça va faire école,

    par contre, il faut bien mettre en pers­pec­tive les choses, je veux dire par là que sans chan­ge­ment radi­cal à la tête de l’E­tat, on ne peut que géné­rer des trans­for­ma­tions minimes et très lentes, et le sar­ko­sisme va lais­ser des traces car c’est une véri­table catas­trophe, mais le pro­blème est bien plus profond.

    il faut bien voir d’a­bord que les struc­tures éta­tiques sont dotées d’une culture par­ti­cu­lière, issue du jaco­bi­nisme ( j’ai là-des­sus un désac­cord de fond avec mélen­chon) et de l’é­li­tisme à la fran­çaise, d’où, en par­ti­cu­lier en cette période de « coha­bi­ta­tion décen­tra­li­sée », une méfiance réci­proque entre agents de l’E­tat, se per­ce­vant comme déten­teurs de l’in­té­rêt géné­ral de la Nation, et col­lec­ti­vi­tés ter­ri­to­riales se per­ce­vant comme légi­times sur leur ter­ri­toire, a qui l’État a « octroyé » des com­pé­tences, mais depuis très peu de temps finalement,

    et ces ten­sions, sont régu­liè­re­ment ravi­vées, parce qu’il existe bel et bien des pro­blèmes de fond entre les dif­fé­rentes com­pé­tences et niveau de légi­ti­mi­té, notam­ment lors­qu’une com­mune s’op­pose à tel ou tel pro­jet de l’E­tat, par exemple accueillir une pri­son ou un centre d’hé­ber­ge­ment, et on voit bien que sur ces exemples, l’ar­bi­trage n’est pas néces­sai­re­ment solubles par la démo­cra­tie participative,

    ensuite, dans la per­cep­tion que peuvent avoir les élus ter­ri­to­riaux de la par­ti­ci­pa­tion citoyenne, il ne faut pas non plus négli­ger l’en­semble des actions entre­prises par les citoyens qui visent à frei­ner tel ou tel pro­jet par­fois même en dépit de son carac­tère indispensable,

    puisque la démo­cra­tie repré­sen­ta­tive les a posée en déten­teurs légi­times de la défi­ni­tion de l’in­té­rêt géné­ral local, il me parait tout à fait nor­mal qu’ils voient d’un mau­vais oeil ces inces­santes chi­ca­ne­ries de gens mécon­tents pour ceci ou pour cela, en somme, bien des élus, n’ont affaire qu’à des chieurs jamais contents et dont les dési­de­ra­ta sont fata­le­ment contra­dic­toires avec ceux d’autres groupes de pression,

    imman­qua­ble­ment, les élus se trouvent pris entre les foudres contra­dic­toires et, puis­qu’on leur a délé­guer ce rôle, tran­cher fait par­tie de leur devoir,

    si je prends par exemple mon quar­tier pari­sien, les ins­tances de démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive sont enva­hies de retrai­tés bour­geois dont l’ob­ses­sion est d’empêcher la construc­tion de loge­ment sociaux, les béné­fiaires poten­tiels, fata­le­ment, ils sont pas encore là, qui va par­ler pour eux sinon l’é­lu qui pense mixi­té, néces­si­ter de loger des gens qui habitent ailleurs et tra­vaillent là pour ces mêmes bour­geois, ou des gens qui vivent des des habi­tats insa­lubres ou d’autres qui payent cher, bref, s’ils écou­taient ceux qui sont là, ils ferait le contraire de ce qu’il y a à faire,

    c’est pour­quoi la démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive peut géné­rer des a prio­ri néga­tifs chez bien des élus, dans une démo­cra­tie directe, c’est le col­lec­tif qui prend une déci­sion et qui en assume les consé­quences, dans notre sys­tème, même avec des démarches par­ti­ci­pa­tives, ça reste l’é­lu, le maître à bord,
    donc la démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive ne sera jamais qu’un moyen pour l’é­lu d’a­mé­lio­rer ses déci­sions ou de mieux la faire com­prendre et accep­ter, et la faible par­ti­ci­pa­tion s’ex­plique par là aus­si, car ça n’in­té­resse pas les gens de n’in­fluer que sur le dépla­ce­ment d’une jardinière,

    d’ailleurs, face à un élu récal­ci­trant, la par­ti­ci­pa­tion « mili­tante », c’est à dire en dehors des dis­po­si­tifs pré­vus, est géné­ra­le­ment bien plus effi­cace, puis­qu’a­près tout, peut importe ce qui se dit dans un forum, com­mis­sion consul­ta­tif machin truc, l’é­lu est élu, et les gens qui sont là, on sau­ra jamais ce qu’ils repré­sentent par rap­port au reste de la population…qui élit…tu sais bien, la fameuse « majo­ri­té silen­cieuse » a tou­jours le même avis que l’élu…bref, un peu d’a­gi­ta­tion, c’est tou­jours ça de plus dans le rap­port de force.

    on constate aus­si, que même de bonne volon­té, les admi­nis­tra­tions ou les élus ne par­viennent pas tou­jours à trou­ver la « recette » d’une démo­cra­tie locale vivante, car la par­ti­ci­pa­tion ne se décrète pas,

    dans le bou­quin d’yves sin­to­mer, on voit avec inté­rêt cette uti­li­sa­tion du tirage au sort dont tu parles, qui consiste à invi­ter nom­mé­ment des citoyens à des réunions, afin de limi­ter la dis­tor­sion d’une par­ti­ci­pa­tion réser­vée de fait à cer­taines caté­go­ries d’  »enga­gés » (militants,lobbystes, et citoyens « habi­tués » de ce genre de réunions et qui ont du temps), les effets sont pertinents,

    mais plus glo­ba­le­ment, cette géné­ra­li­sa­tion de la par­ti­ci­pa­tion qu’on devrait tous sou­hai­ter, ne peut pas faire l’é­co­no­mie d’une véri­table ingé­nie­rie qui la rend pos­sible, fonc­tion­nelle, et j’ai envie de dire « utile », ceci peut pas­ser par l’emploi de pro­fes­sion­nels sur des mis­sions pré­cises d’or­ga­ni­sa­tion et d’é­du­ca­tion, ou des méca­nismes incitatifs,

    mais, cela va de soi, ceci passe éga­le­ment par une refonte du contrat social via un pro­ces­sus consti­tuant, à l’is­sue duquel nous pour­rions avoir une défi­ni­tion claire des moda­li­tés d’in­ter­ven­tion directe des citoyens,

    et là, fata­le­ment, nous seront confron­tés à nos propres contra­dic­tions, c’est à dire que nous devrons bien recon­naître que le rôle de l’é­lu ou de l’ad­mi­nis­tra­tion com­porte une dimen­sion indé­pas­sable, non pas en tant qu’  »élu » ou « admi­nis­tra­tion » mais en tant que réfé­rent, garant, etc., et ceci ne peut être éva­cué d’un revers de main,

    ça n’est pas qu’une affaire d’in­cons­cient col­lec­tif, puisque tu rap­pe­lais ceci à juste titre, mais c’est aus­si une affaire de pro­cé­dures et d’ins­ti­tu­tions qui garan­tissent la sou­mis­sion de tous à la déci­sion col­lec­tive, qui, en l’absence de consen­sus, mécon­ten­te­ra néces­sai­re­ment pra­ti­que­ment tout le monde,

    c’est un peu ce qu’on retrouve dans l’é­lec­tion, et ton rap­port à mélen­chon par exemple, fata­le­ment, tu ne trou­ve­ras jamais per­sonne qui dira tout ce que tu penses, il est illu­soire de recher­cher l’u­na­ni­misme dans une élec­tion, donc c’est un semi com­pro­mis qui est élu, et le scru­tin majo­ri­taire, nous assure de sur­croit que c’est tou­jours un mau­vais com­pro­mis ou pire, un choix par défaut, voire irréfléchi.

    m^me chose avec la démo­cra­tie directe, mais là au moins, la recherche du consen­sus y est pos­sible, cepen­dant, nous avons du che­min à faire pour ôter de la tête des gens cette croyance en la ver­tu de la majo­ri­té, pour ne pas som­brer dans quelque chose de pire encore, il fau­drait vrai­ment nous édu­quer à avoir en hor­reur un déci­sion prise à 51% des voix,
    et ensuite nous édu­quer à assu­mer nos propres déci­sions col­lec­tives, légi­ti­mées par les pro­cé­dures, à les mettre en oeuvre nous mêmes, et je ne suis pas cer­tain que ceci soit pos­sible dès aujourd’­hui sans « res­pon­sables » « ins­ti­tu­tion­nels », qu’ils soient élu ou tiré au sort et encore moins sans qu’il s’ap­puient sur des com­pé­tences fixes (admi­nis­tra­tion) ou variables (grou­pe­ment professionnels,associations, syn­di­cats, « experts », béné­voles) pour garan­tir la mise en oeuvre et l’é­va­lua­tion des déci­sions prises, qu’elles soient le fait de citoyens « lamb­da » ou de professionnels,

    après tout, la plu­part des gens réclament que l’e­tat fasse ceci ou cela, ou la police, ou leur patron, ou « les autres », et puis se plaignent que ça n’est pas assez ceci ou trop cela…

    tout ça pour dire que la ten­sion exis­te­ra tou­jours, entre défi­ni­tion col­lec­tive et défi­ni­tion indi­vi­duelle de ce qu’est l’intérêt géné­ral, nous devons cher­cher à l’at­té­nuer, mais il s’a­git bien évi­dem­ment d’une ten­sion inévi­table entre soi et le groupe, exa­cer­bée dans une socié­té indi­vi­dua­liste, légi­ti­me­ment consa­crée par les droits libé­raux, et magis­tra­le­ment théo­ri­sée par Kant en tant « qu’in­so­ciable socia­bi­li­té de l’homme »,

    au final nous devons par­ve­nir à dépas­ser la contra­dic­tion de notre sys­tème poli­tique qui invoque l’in­té­rêt géné­ral (qui implique l’u­na­ni­misme) mais qui n’a pas encore trou­vé de solu­tion satis­fai­sante pour savoir le construire et qui ne par­vient en fait qu’à l’im­po­si­tion d’une balance des inté­rêts par­ti­cu­liers (qui implique que les « per­dants » soient mécon­tents et revan­chards), via des coa­li­tions d’in­té­rêts et de pré­oc­cu­pa­tions « majoritaires »,

    et pour dépas­ser ces contra­dic­tions, je suis convain­cu que les expé­ri­men­ta­tions locales sont la voie pour que le niveau glo­bal, au moins natio­nal, reflète le poten­tiel démo­cra­tique de notre peuple, sim­ple­ment, il fau­dra lut­ter pour cela, comme tu le fais à ton échelle, car les murs ne tombent pas tout seuls…

    Réponse
  10. Di Girolamo

    @ Saint Sitouaillain
    Je te ren­voies avec sym­pa­thie et malice la sain­te­té parce que sur tout ce que tu viens d’é­crire je suis d’accord.
    Je suis d’ac­cord aus­si sur le fait de l’u­ti­li­té des com­bats citoyens en direct. Sur le fait qu’on ne peut pas d’une expé­rience don­née tirer des conclu­sions géné­rales ; qu’il faut à un moment don­né quel­qu’un qui décide etc etc
    MAIS
    Je per­siste et signe dans l’af­fir­ma­tion consis­tant à dire que :

    -CE QUI NOUS MANQUE c’est au local comme au natio­nal un espace orga­ni­sé pour faire émer­ger l’in­tel­li­gence col­lec­tive sur les grands enjeux.
    – l’é­tat des lieux du monde fait qu’au­jourd’­hui cette démo­cra­tie cog­ni­tive réa­li­sant par delà les diver­si­tés une union de pro­jet est une néces­si­té abso­lue parce que nous allons couler.

    En d’autres termes ma convic­tion repose sur deux choses contradictoires :

    -mon grand pes­si­misme sur nous même et l’i­dée forte, ancrée, du Tita­nic en cours de l’es­pèce humaine
    – mon opti­misme, ma foi en nous,en notre capa­ci­té de par­ve­nir à une vraie démo­cra­tie écologique
    C’est la rai­son pour laquelle je recherche des per­sonnes, par exemple un pré­sident de la répu­blique ! qui pro­pose cet effort d’in­tel­li­gence natio­nale sur tous les grands sujets, au local et au natio­nal, avec l’aide de tous les par­tis toutes les com­po­santes de la socié­té ; c’est la rai­son pour laquelle je pense qu’il faut rompre avec ce mode d’é­lec­tion qui ‚qu’on le veuilles ou non divise et reste dans cet affron­te­ment élec­to­ra­liste per­ma­nent. Les meilleures idées, les meilleures pro­grammes, les meilleures per­sonnes ne résistent pas à cette contra­dic­tion indé­pas­sable qu’un sec­teur de la socié­té n’est pas la société .
    C’est pour­quoi la lec­ture de la consti­tu­tion, au moins sur ce point, me convient parce que c’est la pos­si­bi­li­té d’é­lire un pré­sident ras­sem­bleur ; le ras­sem­ble­ment n’é­tant pas dans mon esprit le gom­mage des dif­fé­rences comme chez les bisou­nours, mais tout le contraire ‚leur mise en avant , valo­ri­sa­tion , pour aller au bout du bout de la com­pré­hen­sion des choses.

    Pour com­prendre ma pen­sée il faut com­prendre et mon grand pes­si­misme et ma foi en nous ; et une cer­taine logique du genre on ne peut ser­vir deux maîtres ou il est dif­fi­cile de faire croire à la gra­vi­té de la situa­tion mon­diale quand on pré­fère pas­ser par des élec­tions au lieu de faire simple : quand un grand dan­ger menace la tri­bu on se réunit pour en par­ler. Bref on ne peut pas résoudre des pro­blèmes avec des outils impli­qués dans leur créa­tion ; il faut une rup­ture . Mélen­chon ne pour­ra jamais ras­sem­bler ; ce n’est pas son but, il croit au rap­port de force ; moi même je ne le nie pas mais je pense que c’est dépas­sé du fait d’une situa­tion pla­né­taire inédite ; non qu’il n’y ait pas des inté­rêts diver­gents et des tyran­nies insup­por­tables ; mais il va fal­loir faire mieux que les mettre alter­na­ti­ve­ment au pouvoir.

    PS : tu dis »
    c’est un peu ce qu’on retrouve dans l’é­lec­tion, et ton rap­port à mélen­chon par exemple, fata­le­ment, tu ne trou­ve­ras jamais per­sonne qui dira tout ce que tu penses, »
    eh OUI mon pro­blème c’est de recher­cher des gens qui ne pensent pas comme moi .Les élec­tions à la fois exa­cerbent les dif­fé­rences et à la fois les nient ; la démo­cra­tie est un rap­port apai­sé de ces différences.

    Bon, je vais écou­ter Mélen­chon sur la 2 !

    Réponse
  11. sitouaillain

    citoyen (a défaut d’être saint 😉 ) Di Girolamo,

    que pro­poses-tu ? com­ment on s’y prend ? concrètement ?
    parce que ça n’est pas une ques­tion d’op­ti­misme ou de pes­si­misme, mais bien une ques­tion d’ac­tions concrètes, d’or­ga­ni­sa­tion, de stra­té­gies, gand­hi ou mal­com X, Prou­dhon ou Marx,tout çz à la fois et com­ment on labellise…je sais pas moi, com­ment t’ar­rives à ta belle una­ni­mi­té et crois-tu vrai­ment qu’elle soit possible,

    com­ment penses-tu qu’au­raient été qua­li­fié les révol­tés tuni­siens par le TF1 local ? des pre­neurs d’o­tage de la majo­ri­té silencieuse ?

    PS : ce soir, pour une fois, mélen­chon a été net­te­ment moins convain­cant que poutou…d’où l’in­té­rêt de par­ler à plu­sieurs voix pour dire les mêmes choses…

    Réponse
  12. HeX

    (ouh pinaise un vieux sujet oublié)

    J’ai un peu de mal à conce­voir les anti­fas comme des défen­seurs du sys­teme par inter­êt per­son­nel. Pré­ci­sé­ment parce que je ne vois pas l’in­te­rêt que peuvent avoir ces gens là à s’op­po­ser à Étienne à moins qu’ils ne soient liés à l’o­li­gar­chie direc­te­ment ou finan­ciè­re­ment ce que j’ai du mal à visualiser.

    À mon sens, la défiance dont ils font preuve (de façon assez médiocre je vous l’ac­corde) vient d’a­mal­games. En effet, le non au TCE était sou­te­nu par le front natio­nal donc (et hop rac­cour­ci facile) les nonistes sont des fas­cistes et des sta­li­niens san­gui­naires. Il en est de même aujourd’­hui : des mili­tants du FN uti­lisent des extraits de confé­rences d’Étienne pour étayer leur pro­pa­gande et mettent « Étienne Chouard » en tag sur leurs vidéos. Du coup il ne faut pas s’é­ton­ner de voir débar­quer des anti­fas sur nos plates bandes.

    La réponse la plus savou­reuse que j’ai trou­vé (et qui va dans ce sens) est celle de Fré­dé­ric Lor­don à arrêt sur image ici :

    à par­tir d’1h 1min et 15sec.

    Réponse

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