Soirée TEDx à Paris, jeudi 22 mars 2012

21/03/2012 | 15 commentaires

Bon­jour à tous,

J’ai à peine le temps de vous pré­ve­nir, avant de filer en cours, que je tâche­rai demain, jeu­di 22 mars 2012, lors de la soi­rée TEDx à Paris, de résu­mer en 15 minutes (pas facile) les meilleures idées pour l’or­ga­ni­sa­tion du monde com­mun que m’a ins­pi­rées mon tra­vail depuis six ans :

Tout le monde pour­ra voir la soi­rée en direct sur le net, si j’ai bien compris.

Ensuite, same­di 24 ce sera Saint-Sau­veur-En-Pui­saye, et dimanche 25
Bruxelles. Vie de fou…

Au plai­sir de vous y retrouver 🙂

Étienne.

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Étienne

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15 Commentaires

  1. Gaudefroy

    Pour enre­gis­trer (et éven­tuel­le­ment écou­ter en dif­fé­ré ou en dia­go­nale) les 04 heures des diverses inter­ven­tions, il y a une solu­tion simple pour ceux qui sont sous Windows :

    ins­tal­ler le logi­ciel gra­tuit screa­mer

    Puis lan­cer le logi­ciel et y insé­rer dans la rubrique fichier l’url :
    http://​music​.saoo​ti​.neweez​.com/​n​e​w​eez
    (flux mp3 de 128 Kbps)

    Ami­ca­le­ment.

    Réponse
  2. NingúnOtro

    Bien­ve­nue de nou­veau à Bruxelles.

    J’es­père vous ren­con­trer cette fois-ci.

    Anto­nio.

    Réponse
  3. Vincent

    Salut à tous,

    C’é­tait vrai­ment une confé­rence incroyable !

    En écou­tant Étienne poser la ques­tion de savoir pour­quoi les 99% conti­nuent de défendre bec et ongles l’é­lec­tion favo­ri­sant sys­té­ma­ti­que­ment les 1% je me suis dit que j’ai­me­rais bien creu­ser cet aspect-là des choses.

    Parce qu’il y a les mythes bien sûr, l’é­qua­tion élec­tions libres = démo­cra­tie qu’on a tous bien ancrée dans nos têtes, les mots détour­nés comme « citoyens » ou, pré­ci­sé­ment, « démo­cra­tie » qui para­sitent le rai­son­ne­ment, mais je soup­çonne d’autres méca­nismes d’au­tant plus puis­sants qu’ils ne sont l’œuvre d’au­cun groupe en par­ti­cu­lier mais l’ex­pres­sion de ce qui en l’homme l’at­tire hors de la civi­li­sa­tion. La civi­li­sa­tion étant une conquête permanente.

    Je repen­sais à Bour­dieu et l’i­dée de vio­lence sym­bo­lique qui abou­tit à ce qu’une grande par­tie du peuple s’in­ter­dise le droit de pen­ser pour lui. Comme si la pen­sée n’é­tait pas son affaire. Et s’il fal­lait là trou­ver une rai­son à son dés­in­ves­tis­se­ment, qu’en est-il de la frange dite éclai­rée du peuple, celle qui s’au­to­rise à penser ?

    Il y a la ques­tion de la défense des inté­rêts de sa classe (Rous­seau contre Vol­taire) mais il reste encore une petite popu­la­tion, très mys­té­rieu­se­ment silen­cieuse : les artistes et intel­lec­tuels pauvres.

    Du coup ça me fai­sait pen­ser à Chris­to­pher Lasch et sa dénon­cia­tion de la méri­to­cra­tie qui enferme son béné­fi­ciaire dans une logique d’ar­ro­gance où il doit son ascen­sion à son seul talent et aux ins­ti­tu­tions en place.

    Mais je me disais qu’il y avait aus­si autre chose, encore plus radi­cale. Et si la culture n’é­tait pas le frein le plus puis­sant à l’é­man­ci­pa­tion ? La culture au sens du minis­tère de la culture, c’est-à-dire le culte du grand art, du grand homme, et de l’é­ter­ni­té pro­mise à la grandeur ?

    L’ar­tiste vise au pire la recon­nais­sance, au mieux l’é­ter­ni­té et oublie en che­min son rôle le plus fondamental.

    Réponse
  4. marc

    Il me sem­ble­rait plus juste, par prin­cipe, et on ver­ra ce que l’on fera ensuite, mais mettre en place ce sys­tème de connu, la notion de connu, tout ce qui est connu, consul­table et archi­vé, pour pou­voir y reve­nir, y débattre.

    et un deuxième sys­tème où serait le neuf, l’in­con­nu, le nou­veau, pour nous épar­gner ce tra­vail éter­nel du conflit. Lais­sons le peuple nour­rir et cor­ri­ger l’his­toire, je pense qu’il y aura des per­sonnes sou­cieuse de leurs jus­tesses. Nos his­to­riens, main­te­nant doivent sor­tir de leurs cer­veaux des moyens, mais cet ordre ne doit pas être la norme, ce qui est connu est connu. Ce qui fera le mou­ve­ment éter­nel de l’é­vo­lu­tion est la pen­sée, qui devien­dra la garante des liber­tés de l’humanité.

    Ce qui est la véri­té doit éclai­rer nos pas vers l’é­ga­li­té et la jus­tice pour tous dans la plus grande des fra­ter­ni­tés. À méditer

    Réponse
  5. Le citoyen engagé

    Il est clair main­te­nant qu’il va nous fal­loir sor­tir de ce sys­tème construit pour nous endor­mir et nous chlo­ro­for­mer pour mieux nous formater.

    Mais il faut avoir conscience que la poli­tique n’est qu’un aspect des choses, c’est la socié­té glo­bale toute entière qui est construite sur un modèle de mind control.

    Et il va fal­loir faire vite parce qu’ils sont en route vers la lutte finale…

    Réponse
  6. Payta

    Dans cette idée du sens des mots et en repre­nant ce que Vincent plus haut consi­dère comme impor­tant dans ce méca­nisme le culte ou la culture. Je vous conseille for­te­ment de prendre 2h et 3h pour regar­der les inter­ven­tions de Franck Lepage :

    inculture(s): http://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​9​M​C​U​7​A​L​A​q0Q

    inculture(s) 2 : http://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​A​C​x​R​S​S​k​Y​R_k

    Enjoy

    Réponse
  7. yvon
    NI MAÎTRE, NI TRIBUN !

    Salut Etienne, salut à tous,
    Déci­dé­ment, Mélen­chon est un sacré tri­bun. « Qu’ ils s’ en aillent tous ! » avait-il osé reprendre des révol­tés argen­tins contre leur oli­gar­chie… Haut-par­leur, capable « d’ empor­ter » les foules, de la Bas­tille, vers les vases élec­to­raux. Mais, « Les experts sont allés voir ce qu’ il y avait au fond du vase : il n’ y avait rien, qu’ un peu de vase »… C’ est tout le sujet de ton tra­vail, et du mien aus­si depuis long­temps… et de beau­coup d’ autres moti­vés sur la même recherche de « la cause des causes ? ». Ce désir d’ en finir aus­si, avec les sécu­laires indus­tries du men­songe de la domi­na­tion. Com­ment orien­ter sa vie, pour ne pas la subir ? Ni maître, ni tribun !…

    Com­ment mobi­li­ser les indi­vi­dus au fond d’ eux-mêmes, afin que, à la fois, nous agis­sions réel­le­ment ensemble, et par nous-mêmes indi­vi­duel­le­ment ? Mais en fai­sant atten­tion au fait que « Le beau­coup dilue », et que « Le peu concentre » : c’est un véri­table dilemme. Com­ment doser ces deux valeurs, pour réa­li­ser une réelle Évo­lu­tion !?… etc., etc. … A la fois, agir sur notre monde inté­rieur indi­vi­duel, et trans­for­mer le monde col­lec­tif exté­rieur : l’ invi­sible, et le visible … C’est un peu ce que tu dis, en par­lant de ton expé­rience, avec l’ expres­sion : « Faire confiance aux gens ! » . C’est une clé… du trous­seau… L’in­vi­sible et le visible sont com­plé­men­taires. Chaque mot agit à tra­vers l’ uni­vers, chaque geste agit aus­si de même… tout ce que nous fai­sons, pen­sons, agit… et nous relie les uns aux autres… dans cette dimen­sion sublime, dont par­lait Léo Fér­ré, L’ Éter­ni­té de l’ Instant !…

    Ce tri­bun des tri­bunes est, fina­le­ment, du régime du vieux monde :  manque total de visée vers la « réelle démo­cra­tie », vers une Consti­tu­tion écrite par et pour le peuple, dans son pro­gramme. Au fond, Mélen­chon n’ en veut pas. Le soir même de ce 18 mars 2012, je tombe par hasard, sur BFM TV​.com , Mélen­chon est là. J’ écoute… http://​www​.dai​ly​mo​tion​.com/​v​i​d​e​o​/​x​p​k​a​1​q​_​j​e​a​n​-​l​u​c​-​m​e​l​e​n​c​h​o​n​-​i​n​v​i​t​e​-​d​e​-​b​f​m​t​v​-​2​0​1​2​_​n​ews

    Voi­là sa véri­table pen­sée, avec quelques extraits de l’ entretien :

    Ques­tion du jour­na­liste du Point :
    Si vous êtes élu, la légis­la­tive qui suit est une Constituante ?

    Réponse de JL Mélenchon :
    Soit elle est une Consti­tuante, soit on élit une autre assem­blée dont c’ est le tra­vail. C’est à débattre. Parce que la nou­velle assem­blée qui serait élue à la suite de la vic­toire, dans six semaines, a aus­si beau­coup de tra­vail à faire (…). Et il faut en même temps que cette Consti­tuante tra­vaille, et tra­vaille vite pour que je puisse ren­trer chez moi le plus tôt possible…

    Le Point :
    C’ est-à-dire que vous abo­lis­sez la fonc­tion de pré­sident de la répu­blique élu au suf­frage universel ?

    JL Mélen­chon :
    Ça, c’est la Consti­tuante qui le décide. Jus­qu’ à ce que la nou­velle Consti­tu­tion s’ applique , l’ ancienne est de vigueur. (…)

    Le Point :
    Qui serait membre de la nou­velle Consti­tuante ? Parce que j’ ai vu dans votre pro­gramme que vous indi­quez le moda­li­tés de l’ élec­tion à la Consti­tuante, donc seront à éta­blir après consul­ta­tion des orga­ni­sa­tions sociales ?

    JL Mélen­chon :
    Oui, bon, il faut deman­der un petit peu à tout le monde, faut consul­ter… C’ est pas des choses qu’ on fera …(inau­dible) .
    C’ est l’ élec­tion au suf­frage uni­ver­sel à la pro­por­tion­nelle, de manière à obli­ger, à ce qu’ il y ait une repré­sen­ta­tion des femmes égale à celle des hommes. (…)

    Le Point :
    Que devient le Conseil Consti­tu­tion­nel ? Et tous les prin­cipes géné­raux du droit qui sont issus du pré­am­bule de 1945 et de la Décla­ra­tion de Droits de l’ Homme, est-ce que tout ça, vous le bazar­dez pour refon­der totalement ?

    JL Mélen­chon :
    Ça, c’ est le tra­vail de la Consti­tuante. Il faut bien se sou­ve­nir que nous par­lons de la Consti­tuante. Je suis un homme par­ti­san du régime d’ assem­blée que j’ estime plus stable, plus rai­son­nable quand on prend quelques dispositions.

          Mais ça vaut la peine, parce que les français ont été en quelque sorte intoxiqués, infestés de mentalités césariennes... Et ils finissent par croire qu' une assemblée, c' est la pagaille et qu' on ne peut rien faire. Je voudrais qu' ils se souviennent que la guerre 14-18 a été gagnée par un régime d' assemblée, dans lequel il y avait un comité secret, tenue au secret, qui dirigeait les opérations au côté de Clémenceau . Donc, un régime d' assemblée est capable des activités les plus pointues... C' est le régime d' assemblée qui permettrait que des députés envoyés comme parlementaires en mission, prennent des dispositions, ici et là, dont ils auraient à rendre compte en assemblée. Donc le régime d' assemblée est viable.

    (…)

    Oli­vier Mazerolle :
    Pro­por­tion­nelle inté­grale ? Pour l’ élec­tion de l’ assemblée ?

    JL Mélen­chon :
    Il faut la cor­ri­ger parce que l’ inté­grale a prou­vé que c’ était ingé­rable. Mais pour la pro­por­tion­nelle, Oui ! Et de même, je suis par exemple par­ti­san du réfé­ren­dum révo­ca­toire. Une des solu­tions de média­tion, entre l’ idée magni­fique de la démo­cra­tie directe, mais qui semble ingé­rable, hein ! Parce que per­sonne n’ y est jamais arri­vé… et puis la délé­ga­tion de pou­voir per­ma­nente et incon­trô­lable, c’ est le réfé­ren­dum révocatoire.

    Y’ a X signa­tures qui le demandent sur un texte, alors on prend la pro­por­tion des ins­crits sur les listes élec­to­rales. Alors ça peut être 10 %, ça peut être 5 %, et puis lors­qu’ ils ont signé alors la ques­tion est sou­mise à référendum.

    Le Point : – C’est le régime Suisse qui vous ins­pire de ce point de vue là ?

    JL Mélen­chon : – Le régime Suisse, le régime Véné­zué­lien, le régime Équa­to­rien, parce que dans tous ces pays, on a mis sur pied un réfé­ren­dum révocatoire.
    (…)etc., etc. …

    Réponse
  8. Di Girolamo

    A pro­pos de Consti­tu­tion je vous livre à débettre quelques réflexions sur la nôtre actuelle et son appli­ca­tion concer­nant les élec­tions présidentielles :

    Les élections Présidentielles

    Si les élec­tions ser­vaient à quelque chose il y a long­temps qu’elles seraient inter­dites. Coluche

    Je vous pro­pose un petit exer­cice de réflexion sur nos élec­tions pré­si­den­tielles, his­toire d’échanger pour une fois, non sur les can­di­dats et leurs pro­grammes mais les élec­tions elles mêmes.
    Pour ce faire la lec­ture de « la loi des lois » : notre consti­tu­tion, est éclai­rant et nous fait très vite nous rendre compte que ni le pré­sident de la Répu­blique, ni les par­tis poli­tiques , ni les repré­sen­tants , ni le pro­ces­sus élec­to­ral , ne sont à leur place res­pec­tant les mis­sions et pré­ro­ga­tives que leur donne la consti­tu­tion ; tout marche de tra­vers , à l’envers de ce qu’il faudrait .

    Que dit la constitution ?

    Que, c’est le cœur de la consti­tu­tion, nous sommes en démo­cra­tie et donc c’est le peuple qui détient la sou­ve­rai­ne­té. (Articles 2 et 3)
    Que cette sou­ve­rai­ne­té est fra­gile, en per­ma­nence mena­cée ; c’est une mise en garde forte : aucun indi­vi­du, aucune sec­tion du peuple ne doivent s’approprier le pou­voir ! (Article 3)
    Que les par­tis poli­tiques doivent eux aus­si res­pec­ter cette sou­ve­rai­ne­té du peuple et res­ter dans un rôle d’animation de la démo­cra­tie : « ils concourent à l’ex­pres­sion du suf­frage » ; ils n’ont pas voca­tion à prendre le pou­voir et diri­ger le pays. (Article 4)
    Que le pré­sident lui-même ne gou­verne pas – cette tâche est celle du gou­ver­ne­ment (Article 20) – son rôle est de veiller à ce que la consti­tu­tion s’applique, c’est-à-dire que la sou­ve­rai­ne­té soit exer­cée par le peuple et per­sonne d’autre. (Article 5)
    Que si ce sont bien les repré­sen­tants qui per­mettent au peuple d’exercer sa sou­ve­rai­ne­té, mais que cette sou­ve­rai­ne­té s’exerce aus­si par le réfé­ren­dum. « La sou­ve­rai­ne­té natio­nale appar­tient au peuple qui l’exerce par ses repré­sen­tants et par la voie du réfé­ren­dum. » Ce qui signi­fie que le peuple doit pou­voir aus­si s’exprimer direc­te­ment. (Article 3)
    Que « Le Par­le­ment vote la loi, contrôle l’ac­tion du Gou­ver­ne­ment, éva­lue les poli­tiques publiques. » (Article 24)
    Enfin concer­nant l’organisation du pro­ces­sus élec­to­ral que c’est une loi orga­nique qui doit orga­ni­ser un suf­frage uni­ver­sel direct. (Article 6)

    Que se passe t‑il dans les faits ?

    Les can­di­dats sont issus de par­tis poli­tiques et se pré­sentent sur la base d’un pro­gramme de gou­ver­ne­ment pour gouverner

    Les par­tis qui sont en lien avec le pré­sident qui a été élu, sont, de ce fait au pou­voir et gou­vernent aus­si avec lui

    Le par­le­ment en grande par­tie subit puisque se trou­vant face à un bloc majo­ri­taire qui com­prend l’exécutif, le pré­sident, des ministres et des dépu­tés du par­ti poli­tique majoritaire
    Il n’y a pas de réfé­ren­dums (ou tout à fait excep­tion­nel­le­ment) le peuple ne s’exprime donc qua­si ment jamais directement
    Il y a une pré­sé­lec­tion des can­di­dats (par­rai­nage) et donc rup­ture du carac­tère direct du suffrage.

    Quelle conclusion ?

    On ne peut pas dire que la Consti­tu­tion est impar­fai­te­ment appli­quée : elle est inté­gra­le­ment vio­lée, esprit et texte :
    La consti­tu­tion pour sau­ve­gar­der la sou­ve­rai­ne­té popu­laire pré­voit un dis­po­si­tif où les par­tis poli­tiques n’ont pas voca­tion à gou­ver­ner mais à aider les citoyens à s’exprimer, où le pré­sident, lui non plus n’a pas voca­tion à gou­ver­ner, mais doit veiller à ce que les citoyens exercent leur sou­ve­rai­ne­té par leurs repré­sen­tants et par des réfé­ren­dums et que les par­tis res­pectent leur mis­sion et ne s’emparent pas du pouvoir.

    Hors, dans les faits, les candidats sont liés à des partis et se présentent pour gouverner, et les citoyens n’ont quasi jamais l’occasion de s’exprimer par des référendums !

    Elle pré­voit une élec­tion au suf­frage uni­ver­sel direct et il y a un dis­po­si­tif sup­pri­mant en amont le carac­tère direct !
    L’immense para­doxe de la chose c’est que cette consti­tu­tion est sou­vent cri­ti­quée mais non pour ce qu’elle pro­pose mais pour ce qui se passe en son nom contre elle, à savoir une cap­ta­tion du pou­voir par les par­tis poli­tiques et leurs sou­tiens et une forte per­son­na­li­sa­tion du pouvoir.
    Com­ment expli­quer ce fait incroyable d’une consti­tu­tion non appli­quée avec la béné­dic­tion de tous ?
    Il ne peut y avoir d’autre expli­ca­tion que celle de dire que jusqu’à aujourd’hui, cette situa­tion a arran­gé tout le monde :
    Les par­tis poli­tiques en pre­mier lieu, leurs sou­tiens idéo­lo­giques et finan­ciers et la popu­la­tion elle-même.
    En effet ce mode de fonc­tion­ne­ment de deux par­tis poli­tiques puis­sants qui se relaient au pou­voir favo­rise un immo­bi­lisme ges­tion­naire chro­nique ; l’absence d’organisation de réfé­ren­dums per­met de ne pas s’interroger sur les grands enjeux de fond , ce qui main­tien cette ges­tion sys­té­mique tech­nique qui béné­fi­cie en fait à une classe diri­geante et est un choix poli­tique non dit d’un sys­tème éco­no­mique et poli­tique libé­ral ; les citoyens sont main­te­nus en posi­tion de consom­ma­teurs dans une démo­cra­tie du cad­dy : on choi­sit des par­tis, des pro­grammes, des lea­ders ‚comme sa les­sive ou son cho­co­lat, ce qui est une forte réduc­tion de la citoyen­ne­té mais per­met la pêche à la ligne. En effet c’est un prin­cipe géné­ral et natu­rel, les popu­la­tions pré­fèrent la tran­quilli­té d’esprit, le confort, la jouis­sance des biens maté­riels à la démo­cra­tie. C’est qu’on voit très bien avec la Chine et la Rus­sie où les popu­la­tions acceptent des régimes non démo­cra­tiques qui leur per­mettent tem­po­rai­re­ment une sta­bi­li­té et un meilleur niveau de vie.
    Ce type de régime, je reviens au nôtre, est une fausse démo­cra­tie, un théâtre, une mise en scène, une manipulation.
    Il est le pacte social incons­cient et donc très puis­sant d’une socié­té riche et qui pense le res­ter. (Chi­nois , Russes et Fran­çais même combat !)
    Il se main­tient tant que la richesse satis­fait l’élite et une large classe moyenne (qui peut faire du ski). C’est le confort et la richesse qui fondent ce pacte social.
    Il va se lézar­der parce que nous ren­trons en pau­vre­té. Cette entrée en pau­vre­té coïn­cide avec d’immenses inéga­li­tés qui ne l’expliquent qu’en par­tie parce que la dette est aus­si éco­lo­gique : nous ren­trons dans un monde de res­sources rares.

    Que faire ?
    Les deux grands par­tis et leurs satel­lites vont cher­cher à main­te­nir ce sys­tème éco­no­mique et poli­tique le plus long­temps pos­sible en fai­sant des ajus­te­ments ; Ils nous mènent en dou­ceur à la catastrophe.
    « Les extrêmes » (FDG ) ont des diag­nos­tics par­fois plus per­ti­nents mais res­tent dans le cadre éta­bli en concou­rant aus­si pour « le pou­voir » ; ils n’ont ain­si aucune chance d’y accé­der sauf par des alliances qui tra­hissent leurs idées ou dans l’attente que l’élection coïn­cide avec une situa­tion révo­lu­tion­naire. Mais dans ce cas ce n’est pas l’élection mais la révo­lu­tion qui les por­te­ra au pou­voir, même si c’est par les urnes.
    Il ne faut pas attendre cette situa­tion pré­ré­vo­lu­tion­naire parce que c’est attendre les effets d’une immense dégra­da­tion et c’est prendre tous les risques : le « plus jamais ça », risque de reve­nir en force.
    La solu­tion ne peut être que démo­cra­tique et écologique :
    Le peuple doit pou­voir réflé­chir aux enjeux de socié­té et pla­ni­fier la socié­té écologique.

    Pour ce faire la consti­tu­tion exis­tante telle qu’elle est écrite, et pas comme on l’applique, peut ser­vir de point de départ en pré­ci­sant cer­tains éléments.
    Le Pré­sident (qui rede­vient quelqu’un qui veille à ce que la sou­ve­rai­ne­té popu­laire s’exerce) peut lan­cer une réflexion natio­nale de fond sur les grands thèmes, et, quand cela sera pos­sible et sou­hai­table, après un véri­table appro­fon­dis­se­ment des thèmes, faire s’exprimer le peuple par référendum.
    Cette réflexion de fond sur l’organisation durable de la socié­té et les déci­sions qui émer­ge­ront en réfé­ren­dum seront la feuille de route du long terme que le gou­ver­ne­ment devra s’appliquer à mettre en œuvre.
    Les thèmes étu­diés seront des enjeux cru­ciaux pour l’avenir du pays ; exemple : Europe et Nation , quelle coor­di­na­tion, quel pro­jet, quelle orga­ni­sa­tion ? Ener­gie, éco­no­mie, richesse …. Qu’est ce que la richesse ? Com­ment orga­ni­ser la socié­té et amé­na­ger le ter­ri­toire ? La très grande ville : une solu­tion ou un piège ? etc etc
    Il s’agit donc
    – De dénon­cer le carac­tère illé­gal et anti­cons­ti­tu­tion­nel de l’élection présidentielle
    – De convaincre un nombre suf­fi­sant d’électeurs de dépo­ser une réclamation *
    – De reven­di­quer que le futur pré­sident res­pecte la consti­tu­tion et orga­nise sur les cinq ans de son man­dat un grand pro­ces­sus par­ti­ci­pa­tif natio­nal de réflexion sur les enjeux repé­rés comme enga­geant l’avenir du pays
    – D’organiser sur les points de réflexion ayant fait émer­ger des choix déci­sion­nels pos­sibles des référendums.
    Mes pro­po­si­tions, qu’il faut appro­fon­dir, expé­ri­men­ter, for­ma­li­ser … ont l’intérêt de ne pas mettre à mal le fonc­tion­ne­ment ordi­naire de la nation, mais d’introduire au cœur de la Répu­blique un espace citoyen d’intelligence col­lec­tive fon­dé sur la pen­sée glo­bale et le long terme.
    C’est seule­ment dans une démarche de pro­jet face aux enjeux qui viennent que peut se construire l’unité nationale.
    Etant bien enten­du que le local et le mon­dial s’entrecroisent et que la nation est ici éche­lon indis­pen­sable et non un nationalisme.

    • Il est pos­sible pour un élec­teur de dépo­ser auprès du pré­sident de son bureau de vote une récla­ma­tion concer­nant une mise en cause du carac­tère légal du scru­tin. Cette récla­ma­tion est trans­mise au Conseil Consti­tu­tion­nel. S’il n’y en a qu’une, il y a des chances que le conseil consti­tu­tion­nel n’en tienne pas compte ; s’il y en a des mil­liers et que la presse s’en mêle …… Cela peut deve­nir un com­bat poli­tique intéressant.
    Réponse
  9. Florence

    Mer­ci Vincent d’a­bor­der la MERITOCRATIE, ain­si que sub­si­diai­re­ment les intel­lec­tuels et artistes pauvres (une classe sociale aujoud’­hui ? Cela me fait pen­ser au livre de Bour­dieu : les Règles de l’art, témoi­gnant au pas­sage de la bohème du 19e siècle).

    http://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9ritocratie

    L’ar­ticle de Wiki­pé­dia est plu­tôt inté­res­sant… avec cette vision de hié­rar­chie sociale intrin­sèque qui m’a­mène per­son­nel­le­ment tou­jours à voir la ten­ta­tion humaine clas­sique de la hié­rar­chie humaine (et ter­restre) tout court, et à une volon­té de natu­ra­li­sa­tion (au pro­fit des sup­po­sés supé­rieurs) à mes yeux insup­por­table et dra­ma­tique, non contente d’être erronnée.
    Et je vois que toute pen­sée, et même tout acte éta­blit à un moment ou l’autre une hié­rar­chie (ce qui est impor­tant / ce qui ne l’est pas), que c’est l’un de nos fonc­tion­ne­ments natu­rels et pro­fonds, peut-être même vital, et davan­tage par­ta­gé avec le vivant (ani­mal et végé­tal) qu’on ne le vou­drait. Quant à ins­ti­tuer une hié­rar­chie des êtres, du vivant, voire du non-vivant (atten­tion, je sors mes griefs éco­los d’é­cor­chée puisque ce seraient les der­niers « objets » ‘tota­le­ment sacri­fiés aux autres)…

    L’ar­gu­ment d’une Nature de la concur­rence et de la riva­li­té ne tient pas la route. Quand de pseu­do-pen­seurs finissent par uti­li­ser cet argu­ment en trou­vant qu’ô­ter à des tas de gens la pos­si­bi­li­té de trou­ver un abri, de man­ger et boire et de s’oc­cu­per les mains et l’es­prit par leurs propres moyens, c’est tout vu, et n’est rien d’autre que l’as­sise éhon­tée d’une volon­té d’ordre ter­restre impla­cable et de main-mise sur l’es­sen­tiel par les tenants du discours.

    Mon pro­pos est rapide, et doit res­ter aus­si un clin d’oeil à la cause des causes d’E­tienne, à laquelle je sous­cris (même si je rajoute pas mal de trucs dans la cause des causes – dont mon gros dada, avec l’art de la com­mu­ni­ca­tion, des rela­tions : Alice Mil­ler !!! Pen­sons-nous vrai­ment nos rela­tions aux enfants et par­ti­cu­liè­re­ment aux plus jeunes autre­ment que lors­qu’il y a pro­blème ? Pour­tant, beau­coup s’y joue, quelles que soient les aven­tures vécues hors la famille ou les ins­ti­tu­tions du pre­mier âge, et ensuite par le « petit » que nous avons tous été et sommes sou­vent encore).

    J’en pro­fite pour pous­ser mon petit coup de gueule sur l’u­sage de la notion de peuple. Etienne a déjà four­ni quelques indi­ca­tions sur le conte­nu de cette notion très pro­fi­table pour tout can­di­dat aux élec­tions, et évi­dem­ment très confuse mais fort manipulable.

    http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​f​o​r​u​m​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​2​0​0​8​/​1​1​/​1​8​/​9​7​-​b​i​e​n​-​f​a​i​t​-​p​o​u​r​-​v​o​u​s​#​c​8​100
    Com­men­taire 78.

    Si jamais un peuple existe, les petits intel­lec­tuels sans dis­tinc­tion (ce que l’é­cole nous per­met – devrait nous per­mettre d’être tous, en un sens), voire les artistes sans recon­nais­sance (ce que cha­cun peut aus­si bien être au nom de sa sen­si­bi­li­té et de sa capa­ci­té à manier des formes sen­sibles, ceci avec ou sans l’é­cole !) en font incon­tes­ta­ble­ment par­tie. J’en ai assez d’en­tendre cer­tains « ana­lystes » décrire les élec­teurs pos­sibles de Mélen­chon, exemple par­mi d’autres, comme des intel­lec­tuels et artistes presque bas-de-gamme, l’en­vers des bobos en quelque sorte (ceux-ci déjà vili­pen­dés), les « ratés de l’am­bi­tion » pour les autres, des gens « favo­ri­sés » encore cepen­dant (et donc pas­sibles de défa­veurs face à ceux qui sont le vrai peuple ?). Chers médias, tou­jours ivres de rac­cour­cir les faits et réa­li­tés afin de retom­ber sur des conclu­sions faus­se­ment logiques et argu­men­tées dans le timing impar­ti, mais tel­le­ment idéo­lo­giques, si peuple il y a, il ne sau­rait se réduire aux ouvriers, ni même aux gens de peu (Pierre San­sot pour l’ex­pres­sion elle aus­si assez frap­pante). (Et les intel­lec­tuels pré­caires sont peut-être la part sor­tie de l’é­cole « à suc­cès » deve­nue « sur-plus » d’une socié­té sclé­ro­sée mono-orien­tée par l’u­ti­li­ta­risme matériel.

    Enfin et trève de bavar­dage, Michel Onfray a reven­di­qué l’in­té­rêt de la méri­to­cra­tie en com­men­tant son livre sur Camus chez Fin­kiel­kraut (Répliques) récem­ment (encore une décep­tion pour moi… ou il fau­drait développer !).

    Réponse
  10. Di Girolamo

    Il y a plu­sieurs défi­ni­tion du mot peuple ; et quand à uti­li­ser les chose , les gens, les mots , les situa­tions …Il suf­fit d’a­voir un but de domi­na­tion ou vic­toire ce qui est idem . La démo­cra­tie ne peut se pré­tendre vic­to­rieuse ; elle est tout le contraire : une ouver­ture et une humi­li­té. Cela ne veut pas dire qu’il faille se rési­gner et devant la tyran­nie ali­gner des mots ; par­fois la lutte est phy­sique et il faut se défendre ! Mais ce n’est plus de démo­cra­tie mais de la légi­time défense dont on parle .

    Le peuple , en sys­tème démo­cra­tique , c’est sur un ter­roir don­né et déli­mi­té , l’en­tente entre les habi­tants de ce ter­ri­toire de renon­cer à la domi­na­tion des uns sur les autres , et à signer un pacte social , une consti­tu­tion indi­quant que le peuple est l’en­semble de tous les citoyens de ce ter­ri­toire et que tous à éga­li­té sont souverains.C’est ce que je retrouve dans le texte sans doute bien impar­fait et incom­plet de la consti­tu­tion actuelle.

    Dans la même veine de réflexion je copie colle un mail en réponse que je viens de faire au FDG :

    http://​reseau​.dyna​mique​-front​de​gauche​.fr

    Un réseau citoyen pour le Front de gauche

    L’ap­pel* lan­cé afin que soit créé au sein du Front de gauche un cadre per­met­tant à celles et ceux qui en par­tagent les objec­tifs fon­da­men­taux de s’y inves­tir per­son­nel­le­ment a été signé par plus de 1700 per­sonnes. Sur cette base a été crée un véri­table réseau citoyen : « Ini­tia­tives Citoyennes-Front de gauche ».

    L’ob­jec­tif est de per­mettre à chacun‑e, adhérent‑e ou pas d’un des par­tis qui consti­tuent le Front de gauche, de trou­ver un lieu où s’ex­pri­mer, échan­ger et pro­po­ser libre­ment, mais aus­si prendre ensemble toutes les ini­tia­tives utiles au déve­lop­pe­ment et au rayon­ne­ment du Front de gauche. Ce que nous vou­lons, c’est contri­buer ain­si à une véri­table dyna­mique poli­tique citoyenne.….….….……

    Re : Ini­tia­tives citoyennes Front de gauche ; Un réseau citoyen pour le Front de gauche

    Je par­tage sur le fond les valeurs défen­dues par le FDG ; je les par­tage d’au­tant plus que je vous invite à être très vigi­lant à un point fon­da­men­tal de la démo­cra­tie , c’est à dire un régime poli­tique où la sou­ve­rai­ne­té est réel­le­ment popu­laire ; le peuple n’é­tant pas une enti­té de per­sonnes par­ta­geant les mêmes idées et inté­rêts mais l’en­semble diver­si­fié et contra­dic­toire des citoyens , habi­tants d’un territoire .

    C’est la rai­son pour laquelle les par­tis poli­tiques ( front ou pas ) doivent veiller à ne pas s’ap­pro­prier la sou­ve­rai­ne­té du peuple ; je par­tage l’i­dée actée dans le texte mais vio­lée dans la pra­tique de la consti­tu­tion à ce sujet :

    ARTICLE 3.
    La sou­ve­rai­ne­té natio­nale appar­tient au peuple qui l’exerce par ses repré­sen­tants et par la voie du référendum.

    Aucune sec­tion du peuple ni aucun indi­vi­du ne peut s’en attri­buer l’exercice.

    ARTICLE 4.
    Les par­tis et grou­pe­ments poli­tiques concourent à l’ex­pres­sion du suf­frage. Ils se forment et exercent leur acti­vi­té libre­ment. Ils doivent res­pec­ter les prin­cipes de la sou­ve­rai­ne­té natio­nale et de la démocratie.

    En consé­quence la réflexion citoyenne qui est une des com­po­santes essen­tielle de la sou­ve­rai­ne­té popu­laire ne peut pas se faire ni être vrai­ment effi­cace et aller sur le fond dans un cadre pri­vé . C’est d’un espace public dont nous avons besoin pour ce faire ; un think tank public ; que les bons son­dages et je le sou­haite bons scores aux pré­si­den­tielles ne vous fasse pas oublier cela : les élec­tions res­tent des pièges à cons : la démo­cra­tie ne se réduit pas au choix alter­na­tif de par­tis . Et un par­ti ou un front n’est pas la démo­cra­tie ou le peuple , mais une com­po­sante d’a­ni­ma­tion de l’é­mer­gence de l’ex­pres­sion citoyenne.

    C’est pour­quoi je suis 100% favo­rable aux espaces de réflexions citoyens mais reste atta­ché à ce qu’il soient publics et évitent ain­si la dérive de l’entre soi propre à tous les par­tis , toutes les associations .

    Ce thème de la créa­tion d’un véri­table espace public et média­tique de réflexion recherche et débat citoyen devrait faire par­ti des reven­di­ca­tions du FDG et des autres par­tis vrai­ment atta­ché à la démocratie .

    Mer­ci si cela est pos­sible de dif­fu­ser cette réflexion et demande .

    Réponse
  11. Di Girolamo

    Jean-Léon Beau­vois : « Nous n’avons pas de pré­ten­tion au pouvoir »

    Cette ana­lyse, qui pousse Jean-Léon Beau­vois à uti­li­ser un oxy­more (« démo­cra­tie tota­li­taire ») pour carac­té­ri­ser les socié­tés contem­po­raines de sou­mis­sion géné­ra­li­sée, ne doit-elle pas nous confor­ter dans l’idée qu’il n’y a jus­te­ment aucun sens à par­ler de démo­cra­tie aujourd’hui, puisque ce mot est tout de même cen­sé signi­fier « pou­voir du peuple » ? Si un régime dans lequel les indi­vi­dus se refusent à l’exercice du pou­voir, s’organise autour de la seule pro­cé­dure élec­tive, celle-ci ne doit-elle pas être consi­dé­rée comme un pro­fond leurre et le moyen même de nous tenir à l’écart du pouvoir ?

    http://​www​.ago​ra​vox​.tv/​a​c​t​u​a​l​i​t​e​s​/​s​o​c​i​e​t​e​/​a​r​t​i​c​l​e​/​j​e​a​n​-​l​e​o​n​-​b​e​a​u​v​o​i​s​-​n​o​u​s​-​n​-​a​v​o​n​s​-​3​4​480

    Réponse
  12. Vincent

    Salut ! Je viens de revoir Net­work de Syd­ney Lumet, un film de 1976 com­plè­te­ment vision­naire qui raconte l’his­toire d’un ani­ma­teur de télé qui pète les plombs et se met à dire « la véri­té » aux télé­spec­ta­teurs amé­ri­cains parce qu’il a épui­sé son stock de conne­ries à racon­ter (« I just ran out of bullshit »).

    Il y a cette scène très belle où il invite tous les télé­spec­ta­teurs à se mettre à la fenêtre et sim­ple­ment crier : « J’en ai plus qu’as­sez et je ne peux pas conti­nuer à accep­ter tout ça » (« I am mad as hell and I am not going to take it any­more »). Et tout le monde s’y met et se retrouve dehors.

    Mais la force du film est sur­tout de mon­trer que cet ani­ma­teur a beau dévoi­ler la stricte véri­té sur l’o­li­gar­chie, la mon­dia­li­sa­tion, la déhu­ma­ni­sa­tion, il a beau ordon­ner à son public d’é­teindre la télé, rien ne change et tout est récu­pé­ré parce qu’au fond, il fait de l’au­dience et il n’y a que ça qui compte.

    Le public d’Ho­ward Beale l’a­dore, l’é­coute avec atten­tion, l’ap­plau­dit à tout rompre, est d’ac­cord à 100% avec ce qu’il dit mais ça reste un diver­tis­se­ment, une émis­sion, un tour de manège intel­lec­tuel, rien de plus.

    C’est comme si on dor­mait, qu’on vou­lait se réveiller, que quel­qu’un nous disait : « réveille-toi ! », qu’on répon­dait : « car­ré­ment ! » mais qu’on n’a juste pas la force de sor­tir du rêve.

    Tout le monde sait que TF1 vend notre dis­po­ni­bi­li­té céré­brale à des annon­ceurs (ils l’ont dit) mais tout le monde conti­nue de regar­der TF1.

    Et ça me fait un peu pen­ser à la confé­rence TED et l’in­ter­ven­tion d’É­tienne que l’a­ni­ma­trice ponc­tue d’un : « c’é­tait l’é­gé­rie des salles des fêtes ».

    Ce n’est pas méchant, bien sûr, mais c’est un petit ton qui m’in­sup­porte, le petit ton du « sur­tout pas d’in­quié­tude, tout va bien, tout va conti­nuer à aller bien, fai­sons de beaux rêves »… Ce petit ton c’est la voix puis­sante du diver­tis­se­ment qui met tout sur le même niveau comme si les idées n’é­taient que des bibe­lots en vitrine. Mer­ci Étienne, ton idée est sym­pa, y’en a d’autres, cha­cun ses goûts…

    Pour­tant on sait ce qui se passe et on le sait depuis long­temps ! « Soyez réso­lus de ne ser­vir plus et vous voi­là libres »… Ça date de 1574. Pas exac­te­ment avant-hier.

    Mais rien n’y fait… on roupille !

    SAUF QUE !

    Sauf qu’on vit VRAIMENT une époque for­mi­dable. Pour deux raisons.

    1) On a internet.

    2) On a une « nou­velle » idée : le tirage au sort.

    Quand Étienne dit : « Il fau­drait qu’on VEUILLE une assem­blée consti­tuante tirée au sort », il reprend presque les termes de La Boé­tie, SAUF qu’il y a l’i­dée du tirage au sort. Donc, d’un coup, ce n’est pas qu’une idée abs­traite sur la volon­té com­mune, il y a une pro­cé­dure, très simple et implacable.

    Et, en plus, c’est sur inter­net. Or si réunir plus de la moi­tié du corps élec­to­ral dans la rue c’est un brin uto­pique, réunir 20 mil­lions de per­sonnes sur un site, ça l’est beau­coup moins. C’est pas gagné pour autant, ce n’est peut-être pas pour après-demain, mais pour une fois dans l’his­toire, il y a une chance, matériellement.

    Réponse
  13. Étienne

    Erra­tum : Hip­po­crate, et non Hérodote…

    Je signale que je com­mets sou­vent, ces temps-ci, une erreur (récente et bizarre) : après avoir cor­rec­te­ment attri­bué (pen­dant des années) la pater­ni­té du conseil « Cher­chez la cause des causes » à Hip­po­crate, je me suis mis, depuis quelques mois, dieu sait pour­quoi, à l’at­tri­buer à… Héro­dote… N’im­porte quoi… 🙂 Alors, sur­me­né, le père Chouard ?

    Voi­là com­ment j’interprète ce signe de séni­li­té : il est grand temps que je recom­mence à voler 😉

    Réponse
  14. Di Girolamo

    @ Etienne

    Je serai heu­reux d’a­voir ton point de vue sur mon ana­lyse ( com­men­taire 8) concer­nant l’ac­tuelle consti­tu­tion et sa totale vio­la­tion qui ne pose pas du tout pro­blème à quiconque.

    Réponse
  15. Vincent

    @ Di Girolamo

    Mer­ci pour votre réflexion autour du mot « peuple ».

    J’u­ti­lise aus­si assez sou­vent le mot et quand je cherche à le défi­nir, deux accep­tions me viennent à l’esprit.

    Soit l’on consi­dère que le « peuple » c’est sim­ple­ment l’en­semble de la popu­la­tion. Tout le monde. (C’est la défi­ni­tion que je pré­fère. Ça marche dans la phrase : « le peuple est souverain »).

    Mais il est vrai que lors­qu’on dit « peuple » c’est sou­vent pour l’op­po­ser à ce qui n’est pas le peuple. Par exemple, dans la phrase : « le peuple est manipulé ».

    Dans ce cas, je pro­po­se­rais une deuxième accep­tion : « le peuple c’est l’en­semble de la popu­la­tion qui n’a pas accès direc­te­ment à l’information ».

    Je crois que la dis­tinc­tion la plus fon­da­men­tale au sein du peuple (sens 1) c’est ceux qui ont un accès « immé­diat » (au sens strict) à l’in­for­ma­tion (les oli­garques) et ceux qui ont besoin du recours des « médias » (le peuple).

    Les pro­blèmes com­mencent quand les pre­miers se sentent le devoir de par­ler pour les deuxièmes, de « leur dire la véri­té » et de les protéger.

    (Sur l’o­ri­gine du rôle que se donnent les pre­miers sur les seconds, voir Wal­ter Lipp­mann)

    Réponse

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