Référendum sur le Pacte budgétaire et « MES » : pétitions et informations

12/02/2012 | 32 commentaires

Impor­tante pétition :

Pétition pour un
RÉFÉRENDUM
sur le Pacte budgétaire

Nous, citoyens fran­çais, de gauche, de droite et du centre, deman­dons la tenue d’un réfé­ren­dum consa­cré à la rati­fi­ca­tion du Pacte budgétaire.

Ce Pacte, ou Trai­té sur la sta­bi­li­té, la coor­di­na­tion et la gou­ver­nance au sein de l’U­nion éco­no­mique et moné­taire, oblige les États signa­taires à intro­duire dans leur droit natio­nal le prin­cipe d’é­qui­libre bud­gé­taire (règle d’or) et les sou­met encore davan­tage aux recom­man­da­tions de la Com­mis­sion européenne.

Sans pré­ju­ger ici du carac­tère bon ou mau­vais des dis­po­si­tions ins­crites dans le Trai­té, nous exi­geons cepen­dant d’être direc­te­ment consul­tés quant à l’op­por­tu­ni­té d’un tel trans­fert de sou­ve­rai­ne­té (et ce, avant toute réforme de notre Constitution).

En effet, la France, en signant ce Trai­té, entend trans­fé­rer une large part de sa sou­ve­rai­ne­té aux ins­ti­tu­tions euro­péennes, et ce au détri­ment des dis­po­si­tions de l’ar­ticle de la Décla­ra­tion des droits de l’homme et du citoyen qui pose le prin­cipe de la sou­ve­rai­ne­té nationale :

« Le prin­cipe de toute Sou­ve­rai­ne­té réside essen­tiel­le­ment dans la nation. Nul corps, nul indi­vi­du ne peut exer­cer d’au­to­ri­té qui n’en émane expressément ».

Une ques­tion devra être posée à l’en­semble des fran­çais : êtes-vous pour ou contre la rati­fi­ca­tion du Trai­té sur la sta­bi­li­té, la coor­di­na­tion et la gouvernance ?

Pro­jet « défi­ni­tif » du Trai­té sur la sta­bi­li­té, la coor­di­na­tion et la gou­ver­nance au sein de l’U­nion éco­no­mique et moné­taire, tel que signé par la France lors du Conseil euro­péen du 30 jan­vier 2012

POUR SIGNER LA PÉTITION :
http://​www​.peti​tions24​.net/​p​a​c​t​e​b​u​d​g​e​t​a​ire

Ce trai­té est une haute tra­hi­son, il faut VITE nous mettre en tra­vers, autant que possible.

Jean-Luc Mélen­chon a fait un dis­cours là-des­sus, assez bon mais peut-être pas très pré­cis sur les hor­reurs du MES :

Sur le MES, plus pré­cis, il faut voir ça :

• MES, le nou­veau dic­ta­teur euro­péen
article par Rudo de Rui­j­ter :
http://​www​.court​fool​.info/​f​r​_​M​E​S​_​l​e​_​n​o​u​v​e​a​u​_​d​i​c​t​a​t​e​u​r​_​E​u​r​o​p​e​e​n​.​htm

• MES, un coup d’é­tat dans 17 pays
http://​www​.court​fool​.info/​f​r​_​M​E​S​_​u​n​_​c​o​u​p​_​d​_​e​t​a​t​_​d​a​n​s​_​1​7​_​p​a​y​s​.​htm

Et ça : pro­po­sée par Michel Julier, une syn­thèse de L’HORRIBLE MES (« Méca­nisme Euro­péen de Stabilité ») :

http://mjulier.free.fr/monnaie/2012–01-01-MES.pdf

Il ne faut pas rater le site de Lior, qui a fait un gros bou­lot de recherche et d’ex­pli­ca­tions sur le MES :

• Le Méca­nisme Euro­péen de Sta­bi­li­té pour les Nuls, le retour
http://​www​.theo​rie​-du​-tout​.fr/​2​0​1​1​/​1​0​/​b​i​l​l​e​t​-​l​e​s​-​m​e​c​a​n​i​s​m​e​-​e​u​r​o​p​e​e​n​-​d​e​.​h​tml

• Trai­té MES : Signa­ture de la ver­sion défi­ni­tive !
http://​www​.theo​rie​-du​-tout​.fr/​2​0​1​2​/​0​2​/​b​i​l​l​e​t​-​s​i​g​n​a​t​u​r​e​-​d​e​-​l​a​-​v​e​r​s​i​o​n​.​h​tml

Il y a aus­si un fil de dis­cus­sion sur l’hor­rible MES sur le forum du plan C :
https://​old​.chouard​.org/​f​o​r​u​m​/​v​i​e​w​t​o​p​i​c​.​p​h​p​?​i​d​=​276

Dans le livre Cir­cus Poli­ti­cus, il est ques­tion du MES au cha­pitre 6 (pages 39 et s.) avec les conver­sa­tions secrètes du Conseil euro­péen, enfin connues grâce aux « NOTES ANTICI », véri­tables trou­vailles des auteurs : chaque note Anti­ci (du nom du pre­mier diplo­mate qui a fait comme ça) est le ver­ba­tim (la retrans­crip­tion fidèle) éta­bli par un diplo­mate (debout) pen­dant une séance — tou­jours scan­da­leu­se­ment secrète — du Conseil euro­péen (conseil des chefs de gouvernement).

http://​www​.ama​zon​.fr/​C​i​r​c​u​s​-​p​o​l​i​t​i​c​u​s​-​C​h​r​i​s​t​o​p​h​e​-​D​e​l​o​i​r​e​/​d​p​/​2​2​2​6​2​3​8​59X

Il faut aus­si connaître les réac­tions de nos voi­sins en Belgique : 

http://​www​.inter​pel​la​tion​-mes​.be/

Et notam­ment cette lettre aux par­le­men­taires belges, assez bien faite (nous pour­rions nous en inspirer) :

Lisez la lettre aux par­le­men­taires belges :

http://​www​.inter​pel​la​tion​-mes​.be/​l​i​s​e​z​-​l​a​-​l​e​t​t​re/

Lettre pro­po­sée, que cha­cun pour­rait envoyer aux parlementaires :

Madame, Mon­sieur,

Je vous écris concer­nant le trai­té euro­péen ins­ti­tuant le méca­nisme euro­péen de sta­bi­li­té sur lequel vous devrez vous pro­non­cer pro­chai­ne­ment en tant que par­le­men­taire belge. Je m’é­tonne du silence qui entoure ce trai­té cru­cial et je m’in­digne de l’ab­sence de consul­ta­tion popu­laire à ce sujet. Il faut impé­ra­ti­ve­ment ouvrir un débat public sur cette ques­tion dans les plus brefs délais. Les citoyens n’ayant jus­qu’à pré­sent pas été direc­te­ment consul­tés sur ce docu­ment essen­tiel, la balle est dans votre camp et je compte sur vous.

Au sein de ce méca­nisme, les déci­sions seront prises par le Conseil des gou­ver­neurs com­po­sé exclu­si­ve­ment des ministres des finances de la zone euro 1. Aucun veto, ni aucune auto­ri­té des par­le­ments natio­naux n’est pré­vu sur ces ministres lors­qu’ils agissent au titre de gou­ver­neurs. De plus, ils joui­ront en cette qua­li­té d’une immu­ni­té totale leur per­met­tant d’é­chap­per à toute pour­suite judi­ciaire 2. Pour­tant, ils dis­po­se­ront alors libre­ment des caisses de l’É­tat qui devra accé­der de façon « irré­vo­cable et incon­di­tion­nelle » 3 à leurs demandes. Il est aus­si inté­res­sant de noter que le bud­get de départ 4 du MES pou­vant être récla­mé aux États-membres dans un délai de sept jours seule­ment 5 n’est pas pla­fon­né et peut donc aug­men­ter de façon illi­mi­tée sur déci­sion du Conseil des gou­ver­neurs 6.

Aucun membre ou employé de cette struc­ture ne sera élu par la popu­la­tion ni res­pon­sable devant elle. Plus fort encore, le MES peut atta­quer en jus­tice mais pas être pour­sui­vi, pas même par les gou­ver­ne­ments, les admi­nis­tra­tions ou les tri­bu­naux 7. Le manque de trans­pa­rence concerne aus­si les docu­ments « invio­lables » 8, qui ne seront ren­dus publics que si le Conseil des gou­ver­neurs le souhaite.

Néga­tion des com­pé­tences fis­cales et bud­gé­taires des par­le­ments natio­naux, déni des prin­cipes de base de la démo­cra­tie, impos­si­bi­li­té d’op­po­ser un veto, immu­ni­té judi­ciaire totale, opa­ci­té des docu­ments… Autant de pro­cé­dés anti­dé­mo­cra­tiques qui m’a­mènent aujourd’­hui à vous deman­der d’a­dop­ter une posi­tion claire quant à ce trai­té. Allez-vous l’ac­cep­ter ou le reje­ter ? Il va sans dire que je pren­drai en compte votre réac­tion sur cette ques­tion cru­ciale la pro­chaine fois que je serai appelé(e) aux urnes. Pour infor­ma­tion, votre réac­tion sera publiée sur un site 9 per­met­tant aux citoyens de savoir quels par­le­men­taires ont répon­du à cette inter­pel­la­tion et com­ment cha­cun s’est prononcé.

Mer­ci d’a­vance pour votre réponse.

(Source : http://​www​.inter​pel​la​tion​-mes​.be/​l​i​s​e​z​-​l​a​-​l​e​t​t​re/)

Il faut se bou­ger, ça urge !

Étienne.

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Étienne

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32 Commentaires

  1. Heloise

    Les nau­fra­geurs de la quote boursière

    Si je veux creu­ser cette idée
    Verre un peu trop vite vidé
    Fort de café déjà tiédi
    Rêver je me suis interdit

    Ton par­fum, Prin­temps inventé
    Dans l’ur­gence s’est éventé
    L’é­té pèse avec son orage
    Sur l’a­mure et tourne la page

    Il est tard pour les équipages
    En quête d’un bos­co courageux
    Pour faire échouer le chantage
    Des pirates moyenageux

    Ban­quiers dans la nuit du secret
    Faux mon­nayeurs vont sur la plage
    Aux cornes des vaches sacrées
    Allu­mer les feux du naufrage

    Spé­cu­lé sur ce beau rivage
    L’argent dette est un beau fromage
    Seuls de fiers mutins désormais
    Pour­ront résis­ter poings fermés
    A l’ordre insen­sé qui traverse
    Les faux hori­zons du commerce…

    Réponse
  2. gilles

    Jacques Sapir :

    « Je suis pro­fon­dé­ment per­sua­dé que la sou­ve­rai­ne­té est une valeur de gauche et non de droite. Tout d’abord parce qu’elle est essen­tielle à la démo­cra­tie. On peut avoir la sou­ve­rai­ne­té sans la démo­cra­tie, mais on a JAMAIS eu la démo­cra­tie sans la sou­ve­rai­ne­té. La démo­cra­tie implique la sou­ve­rai­ne­té car il faut bien pré­ci­ser qui est res­pon­sable de quoi. Je constate que la gauche fut par ailleurs autre­fois très atta­chée à la Nation.

    Je constate aus­si que la gauche et l’extrême gauche se retrouvent sur les posi­tions de « sou­ve­rai­ne­té ali­men­taire ». Mais qu’est-ce que la sou­ve­rai­ne­té ali­men­taire, si ce n’est un élé­ment d’un tout glo­bal que l’on nomme souveraineté ?

    La ques­tion de l’internationalisme de l’extrême gauche me semble rele­ver du faux pro­blème. L’internationalisme consiste à recon­naître que, par delà les fron­tières, nous par­ta­geons avec « l’autre » les mêmes pro­blèmes. Ce constat est vrai et j’y suis très atta­ché. Mais dire que l’on par­tage les mêmes pro­blèmes ne signi­fie pas que l’on peut éla­bo­rer ensemble des solu­tions néces­sai­re­ment com­munes. Les cadres poli­tiques, les ins­ti­tu­tions, sont des créa­tions de l’histoire et elles spé­ci­fient les espaces natio­naux comme des espaces poli­tiques par­ti­cu­liers. Ce sont dans ces espaces poli­tiques par­ti­cu­liers qu’il nous faut trou­ver des solutions.

    Gui­zot, qui fut un grand his­to­rien au début du XIXème siècle (et par ailleurs Ministre de Louis-Phi­lippe) écri­vait que la « lutte des classes » était la source des ins­ti­tu­tions de l’Europe. On connaît la for­mule, elle fut reprise par Marx. Mais, ce que Gui­zot ajou­tait, c’est que cette lutte des classes avait besoin d’espaces de sou­ve­rai­ne­té. Le pas­sage de la ville à l’État-Nation a per­mis ain­si d’ouvrir des espaces plus consi­dé­rables à ce pro­ces­sus, et nous en avons tous béné­fi­cié. John Com­mons, l’un des pères du cou­rant ins­ti­tu­tion­na­liste amé­ri­cain, sou­ligne lui aus­si ce que les ins­ti­tu­tions doivent à ce qu’il appelle la « conflic­tua­li­té sociale » soit la lutte des classes. Il sou­ligne que le pro­ces­sus d’extension des ins­ti­tu­tions, qui le fait pas­ser du niveau local au niveau natio­nal est un pro­ces­sus indispensable.

    Alors, pour­quoi ne peut-on avoir un pro­ces­sus iden­tique au niveau euro­péen et au niveau mon­dial ? Et bien, et tout sim­ple­ment, parce que ce mou­ve­ment d’extension des ins­ti­tu­tions du local au natio­nal a été dans le même temps le pro­ces­sus de consti­tu­tion his­to­rique des États, qui leur a don­né leur sin­gu­la­ri­té propre. Et c’est pour­quoi, aujourd’hui, le pro­jet fédé­ra­liste bute sur cette sin­gu­la­ri­té. Il ne peut que la nier, mais ce fai­sant, et nous avons assez d’exemples à ce sujet, il nie la démo­cra­tie. Le fédé­ra­lisme aujourd’hui, en Europe, ne peut être qu’un pro­jet anti-démo­cra­tique. Ce n’est pas un hasard si Hayek, quand il bas­cule vers la fin des années 1960 dans le conser­va­tisme (qui n’était pas sa posi­tion ini­tiale) se fait l’apôtre de règles conçues hors de toute démo­cra­tie et in fine de nature divine, jus­te­ment pour ten­ter de limi­ter le mou­ve­ment des ins­ti­tu­tions qu’implique la lutte des classes.

    Le libre-échange, parce qu’il met les tra­vailleurs en concur­rence pour le plus grand pro­fit des patrons, nie à des­sein cette construc­tion his­to­rique des ins­ti­tu­tions dans un cadre natio­nal. Il est le contraire en réa­li­té de l’internationalisme.

    La for­mule de Jau­rès « un peu d’internationalisme éloigne de la Nation ; beau­coup y ramène » doit se com­prendre comme la ten­sion néces­saire qui existe entre la com­mu­nau­té des pro­blèmes par-delà les fron­tières et le fait que des solu­tions ne peuvent être trou­vées à ces mêmes pro­blèmes que dans le cadre des espaces poli­tiques que sont les Nations. Il faut ensuite trou­ver des cadres de coor­di­na­tion ou de négo­cia­tion entre les Nations, mais le niveau du natio­nal reste le niveau principal.

    La construc­tion de cadres légaux au-delà des Nations, et donc au-delà du contrôle démo­cra­tique qui s’exprime en leur sein, a tou­jours signi­fié une régres­sion sociale et poli­tique. Aujourd’hui, le pro­jet euro­péen avance à la même vitesse que le déman­tè­le­ment de la démo­cra­tie non seule­ment en Europe mais dans cha­cun des pays membres. »

    La gauche com­mence à reve­nir à la Nation, timi­de­ment : La péti­tion pour un réfé­ren­dum sur le pacte bud­gé­taire a été signée le 12 février 2012 par Patrick Le Hyaric…

    —

    Un peu plus har­di­ment Jean-Luc Mélen­chon parle de géo-stra­té­gie, des États-Unis d’A­mé­rique, de la Chine, de le Grand Mar­ché Trans­at­lan­tique, de la patrie répu­bli­caine, du libre-échange, de l’é­ga­li­té entre les peuples, de la res­pon­sa­bi­li­té des Fran­çais devant l’Histoire…

    —

    Péti­tion pour un RÉFÉRENDUM sur le Pacte budgétaire 

    Réponse
  3. Étienne

    MES, rati­fi­ca­tion accé­lé­rée en France

    Par Rudo de Ruijter, 
    Cher­cheur indépendant, 
    le 13 février 2012.

    Le 2 février 2012, la nou­velle ver­sion du Trai­té du Méca­nisme Euro­péen de Sta­bi­li­té (MES) a été signée par les repré­sen­tants légaux (Ambas­sa­deurs de CoRe­Per) des 17 pays de la zone euro. [1]

    Déjà Alain Jup­pé à dépo­sé une loi en pro­cé­dure accé­lé­rée pour faire rati­fier ce trai­té par l’As­sem­blée Natio­nale [2].

    La séance de rati­fi­ca­tion est pré­vue le 21 février 2012

    Fin du pou­voir suprême du parlement

    Comme j’ai dénon­cé dans mes articles sur le MES, ce trai­té met fin à la sou­ve­rai­ne­té natio­nale des pays membres et réduit de façon signi­fi­ca­tive le pou­voir des par­le­ments natio­naux, en par­ti­cu­lier leur pou­voir suprême, celui de déci­der du bud­get de leur pays. Le trai­té qui sera asso­cié au MES rédui­ra encore davan­tage les pos­si­bi­li­tés des gou­ver­ne­ments natio­naux pour gérer leur pays et pour faire face aux problèmes.

    S’en­ga­ger finan­ciè­re­ment sans connaître les conditions

    Si les pays de la zone euro rati­fient le trai­té du MES [3], ils s’en­gagent à contri­buer finan­ciè­re­ment. Cepen­dant, ils ne pour­ront pas béné­fi­cier des contre­par­ties, car celles-ci seront condi­tion­nées par un autre trai­té qui n’est pas encore défi­ni­tif (et donc ni signé, ni rati­fié.) Curieux ? Oui. Cette contri­bu­tion finan­cière n’est pas qu’un petit mon­tant. Avec les chiffres actuels il s’a­gi­rait, au démar­rage, d’un mon­tant assez com­pa­rable aux impôts sur les reve­nus annuels. Le mon­tant est dû en cinq tranches annuelles. Mais il est déjà pré­vu, que seule­ment quelques jours après la rati­fi­ca­tion fran­çaise, au mois de mars, les néces­si­tés finan­cières pour le MES seront rééva­luées. Des mon­tants plu­sieurs fois supé­rieurs ont déjà été annoncés.

    Pro­cé­dure accé­lé­rée, infor­ma­tion incomplète

    En rai­son de la pro­cé­dure accé­lé­rée on a toutes les rai­sons de craindre que les dépu­tés n’aient pas assez de temps pour prendre connais­sance de quelques infor­ma­tions essen­tielles, qu’on leur a cachées.

    En par­ti­cu­lier, on peut craindre que la plu­part des dépu­tés ignorent toujours :

    1. que l’eu­ro ne peut pas fonc­tion­ner dans une zone si hétérogène ;

    Voi­ci la raison :

    Rien n’empêche les consom­ma­teurs dans des pays à faible pro­duc­ti­vi­té de pré­fé­rer des pro­duits meilleurs et moins chers venant de pays à plus forte pro­duc­ti­vi­té. Cela entraîne un flux per­ma­nent d’eu­ros des pays faibles vers les pays forts. Il en suit, que les pays faibles manquent en per­ma­nence d’eu­ros et doivent emprun­ter tou­jours plus pour pou­voir dis­po­ser d’eu­ros. (Avant l’eu­ro, ces pays pou­vaient déva­luer leur mon­naie de façon à rendre les pro­duits d’im­por­ta­tion plus chers pour leurs habi­tants et rendre les pro­duits d’ex­por­ta­tion moins chers pour les ache­teurs étran­gers. Cela frei­nait les impor­ta­tions, aug­men­tait les expor­ta­tions et réta­blis­sait la pro­duc­ti­vi­té du pays.)

    Dans la zone euro les pays par­ti­ci­pants ont beau­coup trop de dif­fé­rences dans les condi­tions qui déter­minent la pro­duc­ti­vi­té, comme par exemple le cli­mat local, la situa­tion géo­gra­phique, la fer­ti­li­té du sol, le volume d’eau douce dis­po­nible, la pré­sence ou non de sources d’éner­gie, les dis­tances à cou­vrir et les dif­fi­cul­tés de trans­port. Ces condi­tions déter­minent en grande mesure l’échec ou la réus­site d’activités éco­no­miques. La Grèce, l’I­ta­lie, l’Es­pagne, le Por­tu­gal (pour n’en men­tion­ner que quelques uns) ne res­sem­ble­ront jamais à l’Allemagne.

    En outre, la Banque Cen­trale Euro­péenne ne dis­pose que d’un seul taux d’in­té­rêt pour 17 éco­no­mies dif­fé­rentes. Un chan­ge­ment de ce taux, dont on a tou­jours dit qu’il est si impor­tant pour gui­der l’é­co­no­mie, ne peut que pro­fi­ter à cer­tains pays, tan­dis que les autres devront en subir les consé­quences. Moné­tai­re­ment cette zone n’est pas gérable.

    2. que la méthode des « fonds de secours », qui consiste à char­ger plus de dettes sur des pays qui en ont déjà trop, ne rime à rien ;

    Les pro­jets que les prê­teurs financent ne pro­fitent pas à la popu­la­tion dans les « pays béné­fi­ciaires ». Ces pro­jets sont géné­ra­le­ment exé­cu­tés par des entre­prises étran­gères, qui viennent le plus sou­vent avec leur propre per­son­nel. L’argent n’entre même pas dans ces pays, mais va à ces entre­prises étran­gères. Et comme l’argent n’est pas dépen­sé dans ces pays, ces pays ne dis­posent pas de cet argent et donc ne pour­ront pas le rem­bour­ser. En fait, les pays « béné­fi­ciaires » ne se noient que davan­tage dans les dettes.

    3. que le MES, en tant que trai­té inter­na­tio­nal, a prio­ri­té sur la légis­la­tion natio­nale, ce qui veut dire, en par­ti­cu­lier, que le par­le­ment ne dis­pose pas d’un droit de véto lors des rehaus­se­ments de capi­tal du MES ;

    Il convient de lire très soi­gneu­se­ment l’article10, qui est rédi­gé de telle façon qu’un igno­rant peut croire que les « pro­cé­dures natio­nales appli­cables » signi­fient un droit de véto. Cepen­dant, même si cela était le cas, ne pas accep­ter les hausses du capi­tal du MES signi­fie­rait sor­tir du MES, et par défi­ni­tion sor­tir de l’eu­ro, et par défi­ni­tion sor­tir de l’U­nion Euro­péenne. (Bruxelles, dans son inso­lence, a fice­lé tous les trai­tés ensemble pour vous faire peur de dire non. Le Géné­ral De Gaulle n’est plus là, alors qui ose ?

    4. que les coupes bud­gé­taires détruisent inuti­le­ment l’é­co­no­mie et les acquis sociaux ;

    La dis­ci­pline bud­gé­taire n’a rien à voir avec une quel­conque néces­si­té pour chaque pays pris indi­vi­duel­le­ment. Aucun des pays membres de la zone euro n’a­vait des pro­blèmes insur­mon­tables au moment de son adop­tion de l’eu­ro, mal­gré ses dépas­se­ments bud­gé­taires et mal­gré ses dettes.

    Dans tous les états membres le gou­ver­ne­ment est à la base de beau­coup d’ac­ti­vi­té éco­no­mique. Les coupes bud­gé­taires réduisent cette acti­vi­té et mettent les gens au chô­mage. Appa­rem­ment, ces têtes du Troï­ka pensent que mira­cu­leu­se­ment ces chô­meurs trou­ve­ront un emploi plus pro­duc­tif. Au contraire, le plus pré­vi­sible sera, qu’on devra sou­te­nir des mil­lions de gens en détresse avec une popu­la­tion active de plus en plus réduite. Vien­dront s’y rajou­ter tous les expa­triés des autres pays en dif­fi­cul­té, qui espèrent trou­ver un emploi – même mal payé – dans les pays répu­tés plus riches.

    5. qu’il existe une solu­tion saine qui rap­porte gros…

    Vous connais­sez l’al­ter­na­tive, qui consiste à retour­ner au franc d’an­tan. C’est une pos­si­bi­li­té. Comme la créa­tion de francs ne coûte qua­si­ment rien et qu’on les échange contre tous les euros en cir­cu­la­tion dans le pays, cela fait une jolie cagnotte d’eu­ros. L’his­toire qui dit que quit­ter l’eu­ro coûte cher est archi-fausse. Il en va de même pour les his­toires effrayantes que la coopé­ra­tion euro­péenne s’ar­rê­te­rait, si l’on quitte l’euro.

    Réin­tro­duire le franc c’est un bon pas. Mais si l’on veut évi­ter que les crises finan­cières conti­nuent à rava­ger notre socié­té, il fau­dra aller un pas plus loin. La cause pro­fonde de ces déra­pages du monde finan­cier, c’est la crois­sance déme­su­rée et expo­nen­tielle de la masse d’argent. Elle est cau­sée par la mul­ti­pli­ca­tion de l’argent par les banques pri­vées. Les banques pri­vées créent de l’argent sous forme d’a­voirs chaque fois qu’elles émettent des prêts. Et plus elles émettent des prêts, plus elles gagnent des intérêts.

    La solu­tion est donc de créer une Banque Cen­trale de l’É­tat (il ne fau­dra pas l’ap­pe­ler BCE, mais Banque de l’É­tat Fran­çais), qui sera seule habi­li­tée de créer de l’argent. (C’est d’ailleurs la façon dont la majo­ri­té des gens pensent que cela fonc­tionne, ce qui hélas ! n’est pas le cas actuel­le­ment.) Dans ce nou­veau sys­tème, les banques pri­vées actuelles n’au­ront plus le droit de créer de l’argent du néant et elles pour­raient – si elles veulent – deve­nir des gui­chets de la Banque d’É­tat. Elles ne rece­vraient plus d’in­té­rêts, mais, à la place, un dédom­ma­ge­ment pour leurs ser­vices. Si elles acceptent, les usa­gers pour­raient même gar­der leurs comptes actuels.

    Pour une expli­ca­tion facile, lisez l’ar­ticle Des dettes d’É­tat au franc d’État.

    Par­le­men­taires sous pression

    Nor­ma­le­ment les repré­sen­tants du peuple doivent pou­voir voter libre­ment et sans être mis sous pres­sion. Si l’on juge les infor­ma­tions très sub­jec­tives et alar­mistes qui leurs sont don­nées et le peu de temps qui leur est lais­sé pour s’in­for­mer plus cor­rec­te­ment, il y a un risque évident que le vote du 21 février 2012 ne res­pecte ni l’é­thique, ni les règles démo­cra­tiques. Il en va de même pour l’ab­sence de réfé­ren­dum pour connaître l’o­pi­nion du peuple sur le trans­fert de sou­ve­rai­ne­té vers le MES.

    Et si l’on refuse le MES ?

    Si nos repré­sen­tants refusent le MES, nous devons quit­ter l’eu­ro. Va-t-on perdre des mar­chés ? Non, au contraire, on devient plus com­pé­ti­tif sans les coûts déme­su­rés de l’eu­ro. Est-ce que cela met fin à la coopé­ra­tion euro­péenne ? Bien sûr que non, l’Eu­rope ne peut pas se pas­ser d’une forme de coopé­ra­tion et cela conti­nue­ra, quel que soit la mon­naie de ces membres.

    Vive l’Eu­rope

    Si l’Eu­rope veut être une com­mu­nau­té de gens qui tra­vaillent ensemble en res­pec­tant les dif­fé­rences de cha­cun, elle ne devra plus lais­ser le monde finan­cier détour­ner ses aspirations. 

    Nous n’ac­cep­te­rons pas une dic­ta­ture Bruxel­loise, ni sous pré­texte qu’il faut sau­ver l’eu­ro, ni sous pré­texte qu’il faut sau­ver les banques, ni sous quelque pré­texte que ce soit.

    __________

    Références :

    [1] Texte du nou­veau Trai­té du MES (du 2 février 2012)
    http://​www​.euro​pean​-coun​cil​.euro​pa​.eu/​m​e​d​i​a​/​5​8​2​8​6​3​/​0​6​-​t​e​s​m​2​.​f​r​1​2​.​pdf (si pas dis­po­nible, copie ici)

    video de 3′51″: http://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​r​F​T​b​I​G​a​h​zhU

    [2]. Pro­jet de loi d’A­lain Jup­pé en pro­cé­dure accé­lé­rée pour la rati­fi­ca­tion fran­çaise du traité.
    http://​www​.assem​blee​-natio​nale​.fr/​1​3​/​p​r​o​j​e​t​s​/​p​l​4​3​3​6​.​asp

    [3] Selon l’ar­ticle 48 du trai­té il n’y a pas besoin que tous les pays membres rati­fient le trai­té. Il suf­fit que ceux qui détiennent ensemble 90% des sous­crip­tions du capi­tal se déclarent d’ac­cord. Le nombre de sous­crip­tions par pays est dans le tableau II sous le texte du trai­té. (Ils ont donc déjà tenu compte de l’é­ven­tua­li­té que la Grèce et/ou un autre petit pays quit­te­raient l’eu­ro ou refu­se­rait de se rendre.)

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    (Source : http://​www​.court​fool​.info/​f​r​_​M​E​S​_​R​a​t​i​f​i​c​a​t​i​o​n​_​a​c​c​e​l​e​r​e​e​_​e​n​_​F​r​a​n​c​e​.​htm)

    Réponse
  4. Alain Guillou

    Péti­tion « Soli­da­ri­té avec la résis­tance grecque »

    « Le Peuple grec est en situa­tion de légi­time défense. On tente de lui impo­ser des poli­tiques d’aus­té­ri­té insupportables.(…)
    En le sou­met­tant tou­jours davan­tage au dik­tat des mar­chés finan­ciers on ne traite pas le malade. On le tue.(…)
    Par­tout aujourd’­hui(…) La démo­cra­tie est piétinée. 
    Des gou­ver­ne­ments non élus, comme celui d’A­thènes, sont dési­gnés,(…) pour for­cer les résis­tances popu­laires contre l’é­cra­se­ment des salaires et des pro­tec­tions sociales.(…) 
    L’aus­té­ri­té, fait mal aux peuples européens(…) 
    Il faut un véri­table plan de soli­da­ri­té avec la Grèce.(…)
    La Banque Cen­trale Euro­péenne (BCE) doit aider à relan­cer la crois­sance et l’emploi en Grèce et par­tout ailleurs, en finan­çant – au taux auquel elle prête aux banques à 1% voire moins -, les Etats et leurs ser­vices publics, en leur per­met­tant ain­si de sor­tir de leurs dépen­dances des mar­chés finan­ciers et de leurs taux d’in­té­rêt usuraires… »

    Ces extraits sont tirés de la péti­tion lan­cée par l’Hu­ma d’au­jourd’­hui que je vous recommande :

    http://​www​.huma​nite​.fr/​p​o​l​i​t​i​q​u​e​/​g​r​e​c​e​-​s​i​g​n​e​z​-​l​a​-​p​e​t​i​t​i​o​n​-​l​i​n​i​t​i​a​t​i​v​e​-​d​e​-​l​h​u​m​a​n​i​t​e​-​4​9​0​081

    Réponse
  5. Heloise

    On peut lire l’ap­pel à soli­da­ri­té pro­ve­nant de la résis­tance grecque elle-même ici :

    http://​real​de​mo​cra​cy​gr​.word​press​.com/​2​0​1​2​/​0​2​/​1​0​/​s​o​-​i​t​s​-​f​i​n​a​l​-​n​ow/

    Les peuples de la pla­nète ont déjà res­sen­ti la néces­si­té d’une « ONU ». …Ce que cette der­nière devient sous la domi­na­tion impé­ria­liste qu’u­ti­lisent les capi­ta­listes du monde contre l’é­man­ci­pa­tion des peuples devrait nous inci­ter à défendre tous ensemble « une autre orga­ni­sa­tion mondiale »…

    Bien sûr il est légi­time que chaque peuple prenne son appel dans sa nation, mais la néces­si­té est bien de prendre un appel inter­na­tio­nal pour dépas­ser l’ère du néo­co­lo­nia­lisme ayant suc­cé­dé à celle du colonialisme.

    L’es­prit qui a ani­mé les créa­teurs de l’O­NU ne venait pas d’une quel­conque reli­gion de la mon­dia­li­sa­tion, mais de la dure expé­rience des guerres mondiales.

    Aujourd’­hui l’o­li­gar­chie mon­diale existe en tant que classe domi­nante et si chaque nation sui­vant l’exemple de celles qui se libèrent du joug impé­ria­liste demeu­rait iso­lée , les USA n’au­raient que la tâche facile pour l’asphyxier dans son auto-blocus…Il faut donc aus­si tra­vailler à des luttes trans­na­tio­nales, comme l’oc­ca­sion s’en pré­sente en Europe, pour reprendre la main sur la BCE par exemple.

    « Un autre monde est possible » !

    Réponse
  6. Paul Remote

    Le MES (Méca­nisme Euro­péen de Sta­bi­li­té) va être voté au par­le­ment en mode accé­lé­ré le 21 février.

    Court​Fool​.info pré­pare une liste des dépu­tés ayant voté cette loi pour infor­mer les citoyens :
    http://​www​.court​fool​.info/​f​r​_​M​E​S​_​l​e​s​_​v​o​t​e​s​_​d​e​s​_​d​e​p​u​t​e​s​.​htm
    (Par Rudo de Ruijter.)

    Le pro­blème c’est qu’on risque de ne pas avoir le détail du vote. En effet, le pro­gramme de tra­vail de l’as­sem­blé nationale :
    http://​www​.assem​blee​-natio​nale​.fr/​a​g​e​n​d​a​s​/​c​o​n​f​e​r​e​n​c​e​.​pdf

    Ne men­tionne pas « Expli­ca­tions de vote et votes par scru­tin public »

    Il est pos­sible que ca se fasse donc au mieux par scru­tin public a la demande des dépu­tés GDR c’est à dire par vote a la publi­ca­tion incom­plète et au pire à main levée. Avoir des gens sur place ayant pré­im­pri­mé le plan de l’hé­mi­cycle pour cocher les cases de ceux dont on peut voir le vote peut cer­tai­ne­ment être utile.

    On peut trou­ver le plan impri­mable de l’hé­mi­cycle ici :
    http://​www​.assem​blee​-natio​nale​.fr/​1​3​/​q​u​i​/​d​e​p​u​t​e​s​_​h​e​m​i​c​y​c​l​e​.​asp

    Réponse
  7. Morpheus

    Réponse socia­liste au cour­rier made in bel­gium : on ne peut mieux dire pour ne rien dire…

    -Mes­sage d’o­ri­gine-
    De : [email protected] mailto:[email protected]
    Envoyé : jeu­di 2 février 2012 18:29

    Objet : RE : Mes. À pro­pos du Méca­nisme euro­péen de Stabilité

    Au nom du groupe socia­liste de la Chambre des Représentants,

    Madame, Mon­sieur,

    J’ai pris connais­sance avec atten­tion de votre courrier.

    Comme vous le spé­ci­fiez, la mise en œuvre du Méca­nisme Euro­péen de Sta­bi­li­té consti­tue un chan­tier impor­tant pour l’avenir de notre Union éco­no­mique et moné­taire.

    Cette impor­tance a tou­jours été, et le sera encore, inté­grée dans les tra­vaux et inter­ven­tions du Groupe socia­liste à la Chambre des Représentants.

    Cer­tains méca­nismes de ce Trai­té peuvent sus­ci­ter cer­tains ques­tion­ne­ments. Il n’en reste pas moins que ce Méca­nisme, suc­ces­seur du FESF, consti­tue l’expression concrète de la soli­da­ri­té indis­pen­sable entre les Etats-membres de notre Union.

    Face à l’énorme crise finan­cière sans pré­cé­dent qui a tou­ché l’Europe, entrai­nant les dif­fé­rentes crises de la dette, cette soli­da­ri­té s’avère essen­tielle. Le FESF, et le MES ensuite, consti­tuent une pre­mière étape indis­pen­sable pour évi­ter le défaut de paye­ment éven­tuel d’un Etat-membre de l’Eurozone qui pro­vo­que­rait une crise de confiance affec­tant gra­ve­ment l’ensemble de l’Union.

    Nous aurions tous à perdre d’une telle situation.

    Mais si cette soli­da­ri­té euro­péenne doit pas­ser par ce méca­nisme, pour les socia­listes, elle se doit d’être beau­coup plus large notam­ment par des méca­nismes socio-éco­no­miques ren­for­cés au niveau de l’Union euro­péenne et de l’Eurozone.

    Cette volon­té d’une solu­tion équi­li­brée, rigou­reuse sans recou­rir à une aus­té­ri­té dan­ge­reuse est le mes­sage déli­vré par les élus socia­listes dans les dif­fé­rents forums natio­naux et européens.

    Ce mes­sage com­mence à être enten­du par nos dif­fé­rents par­te­naires se ren­dant compte que la voie de la rigueur néces­site éga­le­ment un Pacte pour l’emploi et la croissance.

    Concer­nant le défi­cit démo­cra­tique que vous men­tion­nez, j’aimerais faire le point.

    L’entrée en vigueur du Trai­té de Lis­bonne a per­mis de don­ner une place plus impor­tante aux Par­le­ments euro­péen et natio­naux dans les tra­vaux de la Com­mis­sion euro­péenne et du Conseil euro­péen. Il est vrai cepen­dant que la tem­po­ra­li­té ou le modèle poli­tique de l’UE ne sont pas ceux en vigueur au sein des Etats-membres (méca­nismes oppo­si­tion ver­sus majo­ri­té, besoin d’une réponse rapide à une crise spécifique, …).

    Cer­tains rouages res­tent donc à amé­lio­rer dans cette concer­ta­tion, et il faut ren­for­cer l’implication des élus, qui sont les garants de la légi­ti­mi­té d’une déci­sion. Les tra­vaux pour com­bler le « défi­cit démo­cra­tique » ont com­men­cé à por­ter leurs fruits mais doivent être pour­sui­vis. Il est faux de lais­ser croire que le contrôle démo­cra­tique n’existe pas au sein de l’Union…la prio­ri­té est de le ren­for­cer ; il se concré­tise même jour après jour par des débats par­le­men­taires et l’adoption d’avis par les Com­mis­sions sec­to­rielles du Par­le­ment fédé­ral sur dif­fé­rents pro­jets européens…

    Enfin, soyez cer­tains que les Dépu­tés socia­listes, dont je fais par­tie, ont à cœur de construire une Europe plus soli­daire, com­pé­ti­tive et por­teuse d’avenir.

    C’est pour­quoi nous ne ces­sons de plai­der pour une meilleure impli­ca­tion du Conseil EPSCO (Affaires sociales et emploi) dans les dif­fé­rents débats européens.

    L’Europe doit être por­teuse de chan­ge­ments posi­tifs pour nos citoyens en pré­ser­vant notre modèle social mais aus­si notre pros­pé­ri­té ce qui implique de nou­veaux méca­nismes dont le MES fait par­tie à part entière.

    Je vous prie de croire, chère Madame, cher Mon­sieur, à l’expression de mes sen­ti­ments les meilleurs.

    Karine LALIEUX
    Dépu­tée fédérale
    Groupe PS – Chambre des Représentants
    Rue de Lou­vain , 21
    1008 Bruxelles
    Tél : 02⁄549 84 61
    [email protected]

    http://​www​.ps​.be tar­get=« _blank » – http://​www​.psla​chambre​.be

    Note : gras et sou­li­gnés sont de moi.

    Réponse
  8. Morpheus

    Réponse de Cathe­rine Fonck au cour­rier made in Bel­gium (elle est aus­si chef de groupe CDH au Par­le­ment Fédé­ral belge).

    -Mes­sage d’o­ri­gine-
    De : Cathe­rine Fonck mailto:[email protected]
    Envoyé : lun­di 30 jan­vier 2012 12:26

    Objet : Re : Mes. À pro­pos du Méca­nisme euro­péen de Stabilité

    Madame, Mon­sieur,

    Vous nous avez écrit pour nous faire part de votre pré­oc­cu­pa­tion à pro­pos du futur Méca­nisme euro­péen de sta­bi­li­té (MES). Comme vous le savez, une ver­sion révi­sée du trai­té fon­da­teur du MES vient d’être adop­tée par les ministres des finances des Etats membres de la zone euro ce lun­di 23 jan­vier. Ce nou­veau trai­té devrait être signé au mois de février et sera ensuite rati­fié par les Par­le­ments natio­naux. Il est pré­vu que le MES entre en fonc­tion au mois de juillet 2012, un an plus tôt que la date pré­vue initialement.

    Vous avez jus­te­ment remar­qué le silence qui entoure ce trai­té. Il est sans doute moins dû au dés­in­té­rêt des médias ou à une volon­té de cacher quelque chose qu’à un excès de nou­veaux évè­ne­ments en matière de mesures prises par l’Union pour sor­tir de la crise (semestre euro­péen, pacte euro plus, six-pack, pacte fis­cal) et à la com­plexi­té de ces mécanismes.

    Il faut tout d’abord rap­pe­ler la nature et la fonc­tion du Méca­nisme euro­péen de sta­bi­li­té. Il s’agira d’une ins­ti­tu­tion inter­na­tio­nale qui accor­de­ra des prêts aux Etats membres de la zone euro qui, du fait de leurs dif­fi­cul­tés finan­cières, ne seraient plus en mesure de lever des fonds sur les marchés.

    Le MES sera un méca­nisme per­ma­nent et rem­pla­ce­ra le sys­tème pro­vi­soire actuel­le­ment en vigueur, basé sur le Fonds euro­péen de sta­bi­li­té finan­cière (FESF) et le Méca­nisme euro­péen de sta­bi­li­té finan­cière (MESF).

    La capa­ci­té du fonds sera ini­tia­le­ment de 500 mil­liards d’euros. Cette capa­ci­té de prêt pour­ra être revue à la hausse, comme vous l’avez remar­qué, car même 500 mil­liards seraient insuf­fi­sants s’il fal­lait accor­der des prêts à des pays de plus grandes dimen­sions que ceux qui ont fait l’objet d’une aide jusqu’à pré­sent (Irlande, Por­tu­gal et Grèce). Il ne s’agit pas de vider
    les caisses des Etats membres par caprice mais de pré­ve­nir la conta­gion des dif­fi­cul­tés finan­cières d’un Etat de la zone euro aux autres, du fait de la très forte inter­dé­pen­dance entre leurs économies.

    Vous sou­le­vez la ques­tion du contrôle sur le Conseil des gou­ver­neurs, com­po­sé des ministres des finances des Etats par­ti­ci­pants. Tout d’abord, le contrôle du Par­le­ment sur le gou­ver­ne­ment et ses ministres ne s’arrête pas dès lors que ceux-ci agissent en tant que membre du Conseil des gou­ver­neurs du MSE. La pré­sence des ministres à la tête de cet organe qui, dans la plu­part des déci­sions, sta­tue à la majo­ri­té qua­li­fiée est même, au contraire, une garan­tie pour les Etats membres. Il en serait tout autre­ment si la direc­tion du MES était confiée à un organe indépendant.

    Ensuite, le fait que les diri­geants du MES ne soient pas direc­te­ment dési­gnés ou contrô­lés par la popu­la­tion n’est pas anor­mal. Dans nos sys­tèmes, le corps élec­to­ral élit un Par­le­ment lequel, à son tour, consti­tue un gou­ver­ne­ment. Le même méca­nisme se met peu à peu en place au niveau euro­péen avec deux Chambres (le Par­le­ment euro­péen et le Conseil) et un exé­cu­tif (la Com­mis­sion). Tant au niveau natio­nal qu’au niveau euro­péen, ces ins­ti­tu­tions en contrôlent d’autres. Mais le corps élec­to­ral n’est pas ame­né chaque jour à se pro­non­cer sur les cen­taines de nomi­na­tions dans les cen­taines d’organes exis­tants dans nos sys­tèmes natio­naux et européen.

    Vous avez tou­te­fois en par­tie rai­son quant à la consul­ta­tion des citoyens.

    Avant de créer le MES, le gou­ver­ne­ment alle­mand exi­geait une modi­fi­ca­tion des trai­tés de l’UE pour évi­ter un conflit avec sa Cour constitutionnelle.

    Or, une révi­sion des trai­tés requiert, dans cer­tains Etats, la tenue d’un réfé­ren­dum popu­laire. L’al­ter­na­tive est de faire recours à la pro­cé­dure de révi­sion sim­pli­fiée, qui per­met d’apporter des modi­fi­ca­tions mineures aux trai­tés au moyen d’une déci­sion à l’unanimité du Conseil euro­péen. Quoi qu’il en soit, cela ne change pas grand chose pour la Bel­gique puisque la
    consul­ta­tion popu­laire n’est pré­vue chez nous que pour les matières d’intérêt com­mu­nal (Consti­tu­tion, art. 41).

    Ces infor­ma­tions sont pro­vi­soires, le trai­té a été révi­sé ce lun­di 23 jan­vier, d’autres modi­fi­ca­tions pour­raient inter­ve­nir et, comme vous l’aurez remar­qué, le texte n’a pas encore été ren­du public. Nous y prê­te­rons la plus grande atten­tion dès lors qu’il nous sera trans­mis, notam­ment en fonc­tion des nom­breuses inter­pel­la­tions qui nous sont par­ve­nues, et nous ne man­que­rons pas de répondre à vos éven­tuelles ulté­rieures questions.

    Je vous prie d’agréer, Madame, Mon­sieur, l’ex­pres­sion de mes salu­ta­tions respectueuses.

    Cathe­rine FONCK
    Dépu­tée fédé­rale – Pré­si­dente du groupe cdH de la Chambre Conseillère
    com­mu­nale à Fra­me­ries Pri­vé : Chaus­sée Romaine 42 – 7080 Noir­chain Mobile
    +32 (0)474 66 25 32 Bureau : Mai­son des par­le­men­taires | Rue de Lou­vain, 21
    – 1000 Bruxelles T +32 (0)2 549 86 97 – (0)2 549 87 04 Email : [email protected]

    Réponse
  9. Morpheus

    Réponse des ECOLO-GROEN au cour­rier made in Belgium.

    De : BOULET Juliette mailto:[email protected]
    Envoyé : lun­di 30 jan­vier 2012 21:36
    À : Mathilde Fourny
    Objet : RE : Mes. À pro­pos du Méca­nisme euro­péen de Stabilité

    Madame, Mon­sieur,

    Nous avons bien reçu votre cour­riel et vous en remercions.

    Comme vous le savez, il n’y a pas un mais bien deux trai­tés qui sont en rela­tion avec la gou­ver­nance éco­no­mique euro­péenne. Le pre­mier (chro­no­lo­gi­que­ment) por­tait sur le méca­nisme euro­péen de sta­bi­li­té et le second qui trouve son ori­gine dans le Conseil euro­péen et la ren­contre des chefs d’E­tat et de gou­ver­ne­ment de la zone euro en décembre dernier.

    Ces deux trai­tés posent une série de pro­blèmes pour les Eco­lo­gistes et on fait l’ob­jet d’une réso­lu­tion dépo­sée au Par­le­ment euro­péen (http://​www​.greens​-efa​.eu/​f​r​/​e​u​r​o​p​e​a​n​-​c​o​u​n​c​i​l​-​o​f​-​8​9​-​d​e​c​e​m​b​e​r​-​2​0​1​1​-​a​n​d​-​d​r​a​f​t​-​i​n​t​e​r​n​a​t​i​o​n​a​l​-​a​g​r​e​e​m​e​n​t​-​o​n​-​a​-​f​i​s​c​a​l​-​s​t​a​b​i​l​i​t​y​-​u​n​i​o​n​-​5​1​3​2​.​h​tml) et d’in­ter­pel­la­tions diverses à tous les niveaux de pouvoir.

    Tout d’a­bord, Eco­lo cri­tique sévè­re­ment les méthodes de négo­cia­tion renouant avec les pra­tiques d’a­vant le Trai­té de Lisbonne.

    Pour rap­pel, une Conven­tion sur le Futur de l’Eu­rope avait été mise en place et ras­sem­blait une cen­taine de délé­gués éma­nant des enceintes par­le­men­taires euro­péennes et natio­nales, des gou­ver­ne­ments et de la socié­té civile. Les contri­bu­tions étaient acces­sibles en temps réel sur un site ad hoc et les ses­sions étaient ouvertes au public. Les fruits des quelques deux années de tra­vail de cette Conven­tion avaient été trans­mis à une Confé­rence inter­gou­ver­ne­men­tale au sein de laquelle les Ministres des Affaires étran­gères et les chefs d’E­tat et de gou­ver­ne­ment ont pro­cé­dé à quelques chan­ge­ments, la grande par­tie du texte étant préservée.

    Celui-ci don­ne­ra fina­le­ment lieu à l’ac­tuel Trai­té du Lis­bonne. En dépit des insa­tis­fac­tions que ce Trai­té peut sus­ci­ter, il n’en est pas moins que la méthode pour le mettre au point était en rup­ture totale avec les pra­tiques anté­rieures où les négo­cia­tions se dérou­laient dans le plus grand silence alors qu’elles enga­geaient tou(te)s les citoyen(ne)s. Or, force est de consta­ter que les nou­veaux Trai­tés renouent mal­heu­reu­se­ment avec ces pra­tiques que l’on croyait révo­lues et qui à notre sens, sont inac­cep­tables car c’est au moment où l’Eu­rope tra­verse une crise pro­fonde qu’il s’a­git de pré­ser­ver (ce qui reste de) la confiance avec les citoyen(ne)s en jouant carte sur table.

    Les Verts au Par­le­ment euro­péen avaient pro­po­sé il y a quelques mois, alors même que l’i­dée du Trai­té ne cir­cu­lait pas encore, de convo­quer une telle conven­tion (quitte à en revoir la com­po­si­tion et les moda­li­tés de fonc­tion­ne­ment) pour débattre de manière appro­fon­die des orien­ta­tions éco­no­miques des poli­tiques euro­péennes. Ce mes­sage est tou­jours valable à l’heure actuelle.

    Eco­lo insiste pour que confor­mé­ment au pro­to­cole n°1 sur le rôle des par­le­ments natio­naux – pro­to­cole gref­fé au Trai­té de Lis­bonne -, ceux-ci soient dûment impli­qués dans les déci­sions qui les concernent afin qu’ils ne soient relé­gués à un rôle de chambre d’en­ter­ri­ne­ment des pro­jets des gou­ver­ne­ments natio­naux qui auront été vali­dés par les tech­no­crates européens.

    Eco­lo plaide depuis long­temps pour une coor­di­na­tion plus étroite des poli­tiques éco­no­miques – fis­cales y com­pris – mais cela ne doit pas se faire au détri­ment d’un vide démo­cra­tique et une telle euro­péa­ni­sa­tion des pro­ces­sus ne peut impli­quer en aucune manière un blanc seing don­né à la Com­mis­sion dont le biais idéo­lo­gique est patent, comme en atteste la manière dont elle sur­veille l’exé­cu­tion de la Stra­té­gie UE2020 (pour plus de détails, nous ren­voyons à cette étude des Verts : http://​www​.greens​-efa​.eu/​d​e​/​t​h​e​-​f​i​r​s​t​-​e​u​r​o​p​e​a​n​-​s​e​m​e​s​t​e​r​-​a​n​d​-​i​t​s​-​c​o​n​t​r​i​b​u​t​i​o​n​-​t​o​-​t​h​e​-​e​u​2​0​2​0​-​s​t​r​a​t​e​g​y​-​4​6​3​8​.​h​tml)

    Au niveau du Par­le­ment euro­péen, les Verts ont régu­liè­re­ment insis­té pour que le Méca­nisme Euro­péen de Sta­bi­li­té fasse l’ob­jet d’un contrôle démo­cra­tique en rai­son de son impor­tance dans le dis­po­si­tif de pré­ven­tion et ges­tion des crises. Tout en recon­nais­sant la néces­si­té d’as­sai­nir les finances publiques, les Eco­lo­gistes contestent la rigi­di­té de la règle d’or qui plon­ge­rait l’Eu­rope et ses États membres dans une aus­té­ri­té permanente.

    Nous pro­po­sons donc de la rem­pla­cer par une triple règle d’or com­bi­nant assai­nis­se­ment bud­gé­taire, résorp­tion de la dette éco­lo­gique (part des éner­gies renou­ve­lables dans le mix éner­gé­tique, consom­ma­tion de res­sources par per­sonne, empreinte éco­lo­gique notam­ment) et réduc­tion de la dette sociale (taux de pau­vre­té, inéga­li­tés sociales, etc.). Ces trois dimen­sions devraient être pla­cées sur pied d’é­ga­li­té et éva­luées sur base d’in­di­ca­teurs (qui, par ailleurs, existent déjà, pour la plu­part, et font l’ob­jet d’une har­mo­ni­sa­tion au niveau européen).

    Nous esti­mons aus­si que la sor­tie de crise ne sera pos­sible qu’en res­pec­tant les pra­tiques natio­nales de dia­logue social, l’é­mis­sion d’eu­ro-obli­ga­tions qui, en mutua­li­sant une bonne par­tie des dettes natio­nales, en allè­ge­ra les coûts de finan­ce­ment et l’in­tro­duc­tion d’une taxe sur les tran­sac­tions financières.

    Nous deman­dons éga­le­ment au gou­ver­ne­ment fédé­ral qui négo­cie au nom de la Bel­gique de prendre langue avec les enti­tés fédé­rées afin que celles-ci qui repré­sentent la plus grande par­tie des dépenses publiques et des inves­tis­se­ments publics, soient impliquées.

    Enfin, le gou­ver­ne­ment devra infor­mer les par­le­men­taires mais aus­si les citoyen(ne)s des évo­lu­tions en cours qui consti­tuent rien de moins qu’une réforme fon­da­men­tale dont la média­ti­sa­tion est inver­se­ment pro­por­tion­nelle à l’importance.

    Fina­le­ment, nous appe­lons les par­tis du gou­ver­ne­ment à veiller au res­pect de l’ac­cord gou­ver­ne­men­tal dans la mesure où ils y plai­daient pour le res­pect de la méthode com­mu­nau­taire et de l’im­pli­ca­tion du Par­le­ment euro­péen, pour la mise en place d’une conver­gence sociale vers les stan­dards les plus éle­vés, la créa­tion d’eu­ro-obli­ga­tions et d’une taxe sur les tran­sac­tions finan­cières et pour des poli­tiques macroé­co­no­miques proactives.

    Veuillez agréer, Madame, Mon­sieur, nos salu­ta­tions distinguées.

    Juliette BOULET

    Dépu­tée Fédé­rale ECOLO-Groen !

    Bureau 1136 Mai­son des Parlementaires

    Rue de Lou­vain, 21
    1008 Bruxelles
    Tél : 02⁄549 88 73
    Fax : 02⁄549 87 98
    Rue des Domi­ni­cains, 42
    7000 Mons
    Tél : 065⁄36 44 48
    Fax : 065⁄88 11 72

    http//www.juliette-boulet.be

    Impose ta chance, serre ton bon­heur et va vers ton risque. A te regar­der, ils s’ha­bi­tue­ront. (René Char, Les Mati­naux 1950)

    Réponse
  10. Morpheus

    Réponse des libé­raux (MR) au cour­rier made in Belgium.

    De : Charles MICHEL mailto:[email protected]
    Envoyé : mar­di 31 jan­vier 2012 8:25
    Objet : Méca­nisme euro­péen de stabilité

    Chère Madame,

    Votre cour­riel concer­nant le méca­nisme euro­péen de sta­bi­li­té m’est bien par­ve­nu et a rete­nu ma meilleure attention.

    Le Méca­nisme euro­péen de sta­bi­li­té (MES) a été for­mel­le­ment approu­vé lors de la réunion de l’Eu­ro­group, le 20 juin 2011 et lors de la réunion du Conseil euro­péen le 24 juin 2011. Des­ti­né à sou­te­nir les Etats membres de la zone euro sur les­quels pèsent des dif­fi­cul­tés finan­cières impor­tantes, cet organe de coopé­ra­tion inter­gou­ver­ne­men­tale sera opé­ra­tion­nel dès juillet 2013 et béné­fi­cie­ra, à cet effet, d’une garan­tie de 500 mil­liards d’euros appor­tée par l’ensemble de ces États. D’autres États euro­péens dont la mon­naie n’est pas l’eu­ro sou­hai­tant témoi­gner de leur soli­da­ri­té pour­ront y contribuer.

    Orga­ni­sa­tion nou­velle de droit public inter­na­tio­nal éta­blie par un trai­té entre les États membres de la zone euro, son but est de sau­ve­gar­der la sta­bi­li­té finan­cière de la zone euro dans son ensemble. Les déci­sions les plus impor­tantes seront adop­tées par consen­sus par un Conseil des gou­ver­neurs com­po­sé des Ministres des Finances de la zone euro. Ce consen­sus se fera sur la base d’une ana­lyse de sou­te­na­bi­li­té de la dette de l’É­tat membre concer­né, réa­li­sée par la Com­mis­sion euro­péenne et le Fonds moné­taire inter­na­tion­nal (FMI), en liai­son avec la Banque cen­trale euro­péenne (BCE).

    Ain­si, le MES sera doté d’une capa­ci­té d’intervention finan­cière effec­tive de 500 mil­liards d’euros qui sera assu­rée grâce à la consti­tu­tion d’un capi­tal total de 700 mil­liards d’euros, com­po­sé de 80 mil­liards d’euros de capi­tal libé­ré et de 620 mil­liards d’euros de capi­tal appe­lable. 40 mil­liards d’euros de capi­tal libé­ré seront dis­po­nibles dès juillet 2013, la mise à dis­po­si­tion des 40 mil­liards d’euros autres s’étalera sur les trois années sui­vantes. Chaque État contri­bue­ra au capi­tal du MES en fonc­tion d’une clef de répar­ti­tion basée sur les contri­bu­tions au capi­tal de la BCE ajus­tée mar­gi­na­le­ment pour tenir compte de la richesse rela­tive des pays.

    Notre sou­tien à la Grèce, tout comme à tout pays de l’eurozone, est une exi­gence de soli­da­ri­té entre les peuples, mais aus­si un sou­tien indis­pen­sable à l’économie de notre pays, à l’épargne, à nos emplois et à notre indus­trie. Il est indé­niable que l’ex­clu­sion (option non envi­sa­gée par les trai­tés) voire la faillite d’un Etat consti­tue­rait un tsu­na­mi pour l’en­semble de l’U­nion euro­péenne, en ce com­pris notre pays.

    Ce que l’on a vou­lu sau­ve­gar­der à tra­vers l’intervention en Grèce, comme on l’a fait à l’é­poque pour l’é­pargne des Belges, c’est l’en­semble de l’é­co­no­mie dans la zone euro. Si on laisse tom­ber un des pays de l’eurozone, il ne pour­ra rem­bour­ser sa dette aux banques et donc à des épar­gnants de notre propre pays. L’ef­fet domi­no sera là et il y aura des consé­quences irré­mé­diables dans les pays les plus faibles comme l’Irlande ou le Por­tu­gal, mais aus­si chez nous si nous ne par­ve­nons pas à contrer l’effet d’emballement. La réponse à cette crise ne se trouve pas dans le « Moins d’Europe » mais au contraire dans le « Plus d’Europe ».

    A terme, la zone euro va devoir se ren­for­cer bud­gé­tai­re­ment, mais aus­si éco­no­mi­que­ment et socia­le­ment au tra­vers d’un fédé­ra­lisme euro­péen. A cette fin, il ne sera pas pos­sible de conti­nuer avec une mon­naie com­mune, une banque cen­trale unique, mais 17 Etats qui prennent des enga­ge­ments spé­ci­fiques. A terme, il sera indis­pen­sable de déve­lop­per une poli­tique bud­gé­taire, éco­no­mique et sociale com­mune et contrô­ler beau­coup plus tôt la façon dont les Etats gèrent leurs bud­gets nationaux.

    Res­tant à votre écoute, je vous prie de rece­voir, chère Madame, l’expression de mes sen­ti­ments les meilleurs.

    Charles MICHEL

    Pré­sident

    Réponse
  11. Morpheus

    Pour info à des­ti­na­tion des Français :

    PS = PS en France (socia­listes)
    CDH (Centre Démo­crate Huma­niste, ancien­ne­ment Parti Social Chré­tien) = sociaux démo­crates (cen­tristes)
    ECOLO-GROEN = les Verts
    MR (Mou­ve­ment Réfor­ma­teur) = UMP (libé­raux)

    Réponse
  12. SnoiD

    Un article concer­nant le MES en France, un des pre­miers que je vois, 
    et j’ai l’im­pres­sion que, au-delà du PS qui va adop­ter sa posi­tion pré­fé­ré de « je m’abstiens »,
    ce ne sont pas les « bon » articles du MES qui sont cri­ti­qués :

    Le PS refuse le « piège » du Méca­nisme euro­péen de stabilité

    http://​www​.lemonde​.fr/​e​l​e​c​t​i​o​n​-​p​r​e​s​i​d​e​n​t​i​e​l​l​e​-​2​0​1​2​/​a​r​t​i​c​l​e​/​2​0​1​2​/​0​2​/​1​6​/​l​e​-​p​s​-​r​e​f​u​s​e​-​l​e​-​m​e​c​a​n​i​s​m​e​-​e​u​r​o​p​e​e​n​-​d​e​-​s​t​a​b​i​l​i​t​e​_​1​6​4​4​6​8​9​_​1​4​7​1​0​6​9​.​h​tml

    On apprend qu’on aura les noms des dépu­tés qui vote­ront le MES :

    « Ceux du Front de gauche (PCF et Par­ti de gauche), qui ont fina­le­ment obte­nu un vote solen­nel nomi­nal par scru­tin public à l’is­sue des débats, vote­ront contre. »

    Réponse
  13. Étienne

    Bon­soir à tous.

    Je viens de rece­voir un mes­sage inté­res­sant de Rudo, que je vous trans­mets ici :

    Bon­jour Étienne,

    À pro­pos de votre appel pour un refe­ren­dum sur le TSCG, voi­ci quelques pré­ci­sions (pour vous évi­ter de dépen­ser beau­coup d’éner­gie inutilement.)

    Le Trai­té sur la sta­bi­li­té, la coor­di­na­tion et la gou­ver­nance (TSCG) au sein de l’U­nion éco­no­mique et moné­taire est asso­cié au Trai­té du MES.

    Dans le Trai­té du MES les par­ti­ci­pants s’en­gagent à « côti­ser » et ne pour­ront béné­fi­cier des « aides » du MES que s’ils rem­plissent les condi­tions qui seront pré­ci­sées dans le TSCG. 

    Donc si le 21 février 2012 l’As­sem­blée Natio­nale décide de rati­fier le MES, quelles sont, à ton avis, les chances qu’elle refuse le TSCG (et accepte de ne rien pou­voir rece­voir en retour pour les sommes énormes ver­sées au MES) ?

    Un refe­ren­dum sur le TSCG n’a aucun sens. Comme dit l’ex­pres­sion hol­lan­daise « c’est de la mou­tarde qui arrive après le repas ».)

    Meilleures salu­ta­tions,

    Rudo
    http://​www​.court​fool​.info

    Réponse
  14. Étienne

    MES ou le bra­quage à l’européenne
    19 février 2012, par Gabriel Maisonneuves :

    « Si le trai­té ins­tau­rant le Méca­nisme Euro­péen de Sta­bi­li­té est rati­fié mer­cre­di pro­chain par notre pays (1) autant aller à la pêche le 22 avril, parce que, qu’importe le can­di­dat, la « MES » est dite.

    Les peuples d’Europe devront alors assis­ter au plus incroyable bra­quage de leurs finances, mais éga­le­ment un déni de sou­ve­rai­ne­té sans pré­cé­dent qui son­ne­rait le glas des quelques bribes de démo­cra­tie qui nous restent. » […]

    http://​blogs​.media​part​.fr/​b​l​o​g​/​g​a​b​r​i​e​l​-​m​a​i​s​o​n​n​e​u​v​e​s​/​1​9​0​2​1​2​/​m​e​s​-​o​u​-​l​e​-​b​r​a​q​u​a​g​e​-​l​e​u​r​o​p​e​e​nne

    Réponse
  15. Étienne

    Le décor­ti­cage du MES par Lior, méti­cu­leux mais pas catas­tro­phiste ; il l’a fait depuis long­temps, et on ne le relaie pas assez !

    http://​www​.theo​rie​-du​-tout​.fr/​2​0​1​2​/​0​2​/​m​e​c​a​n​i​s​m​e​-​e​u​r​o​p​e​e​n​-​d​e​-​s​t​a​b​i​l​i​t​e​-​m​e​s​.​h​tml

    Méca­nisme Euro­péen de Sta­bi­li­té (MES) : Rati­fi­ca­tion le 21/02/2012
    Publié par Lior CHAMLA
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    Le 11 juillet 2011, les ministres des Finances de la zone euro ont signé le trai­té éta­blis­sant le Méca­nisme euro­péen de sta­bi­li­té (MES, ESM en Anglais), atten­du depuis mai 2010. Une nou­velle ver­sion a été signée le 2 février 2012.

    Le but est de per­mettre la créa­tion d’un méca­nisme per­met­tant de sau­ve­gar­der la sta­bi­li­té de la zone euro de manière per­ma­nente. Le trai­té est main­te­nant en cours de rati­fi­ca­tion par les dif­fé­rents Etats membres et devrait entrer en vigueur en Juillet 2012. C’est le 21 février 2012 que les Par­le­men­taires Fran­çais devront se pro­non­cer sur ce traité.


    Le ministre de l’E­co­no­mie fran­çais, Fran­çois Barouin, signant le Trai­té. Copy­right © Eur​Ac​tiv​.fr

    1. HISTORIQUE
    Com­ment en est-on arri­vé là ?

    Retour au 9 mai 2010 : la Com­mis­sion confie au Conseil Eco­fin une pro­po­si­tion de règle­ment per­met­tant d’é­ta­blir le Méca­nisme euro­péen de sta­bi­li­sa­tion finan­cière (MESF).

    Les 9 et 10 mai 2010, les ministres des finances des 27 états vont approu­ver la créa­tion du MESF et du Fonds Euro­péen de Sta­bi­li­té Finan­cière (FESF). Le pre­mier est un orga­nisme com­mu­nau­taire ados­sé au bud­get de l’U­nion Euro­péenne et n’est garan­ti « que » à hau­teur de 60 mil­liards d’eu­ros (aux­quels s’a­joutent 30 mil­liards d’eu­ros de garan­ties du FMI). Le second est un orga­nisme inter-gou­ver­ne­men­tal doté de 440 mil­liards d’eu­ros de capi­tal garan­ti (le FMI garan­tis­sant 220 mil­liards d’eu­ros de plus, le capi­tal garan­ti s’é­lève à 660 mil­liards d’euros).

    Aus­si, afin de « péren­ni­ser » un méca­nisme euro­péen de sta­bi­li­té, les diri­geants euro­péens doivent modi­fier le Trai­té sur le Fonc­tion­ne­ment de l’U­nion Euro­péenne (TFUE). Vali­dée par le Par­le­ment Euro­péen, la modi­fi­ca­tion de l’ar­ticle 136 du TFUE est enté­ri­née par le Conseil le 23 mars 2011. Elle devra, dans le même temps que le Trai­té MES, être rati­fiée par les Par­le­ments nationaux.

    Le 2 février 2012, une deuxième ver­sion du trai­té a été signée afin d’y inté­grer des nou­veau­tés dans plu­sieurs domaines.

    2. MANQUE DE TRANSPARENCE ET SUSPICIONS
    Des citoyens méfiants s’inquiètent 

    Le texte n’est dis­po­nible offi­ciel­le­ment qu’en Anglais bien qu’une socié­té pri­vée ait récem­ment déci­dé de le tra­duire. Ses grandes lignes étaient connues depuis le Conseil Euro­péen des 24 et 25 mars 2011.

    Depuis juillet 2011, date de sa signa­ture, la sus­pi­cion règne sur le net vis-à-vis de ce trai­té, ali­men­tant la peur d’une « dic­ta­ture finan­cière ». Cer­tains se demandent aus­si si sa rati­fi­ca­tion s’est faite léga­le­ment.

    Pour­tant très atten­due, sa signa­ture n’a pas été com­men­tée dans les grands médias. Seuls les sites offi­ciels ain­si que cer­tains médias spé­cia­li­sés (voir vidéo au bas de l’ar­ticle*) ont rap­por­té l’information.

    3. LE MES TEL QUE DÉCRIT PAR LE TRAITÉ
    Struc­ture et But du futur organisme

    Le MES sera une ins­ti­tu­tion inter­na­tio­nale composée :

    • d’un Conseil d’Ad­mi­nis­tra­tion pré­si­dé par un Direc­teur Géné­ral et dont le tra­vail sera de gérer les affaires cou­rantes et techniques ;

    • d’un Conseil des Gou­ver­neurs char­gé de prendre les déci­sions impor­tantes. Ce der­nier, regrou­pant les ministres des finances des États membres, éli­ra son pré­sident pour un man­dat de 2 ans renou­ve­lable, et nom­me­ra aus­si le Direc­teur Géné­ral du Conseil d’Ad­mi­nis­tra­tion pour un man­dat de 5 ans renou­ve­lable une fois.

    Le but de cet orga­nisme sera de prendre la suite du FESF en finan­çant sous condi­tions un état membre si sa situa­tion menace la sta­bi­li­té de la zone euro. Ce méca­nisme pour­ra lever des fonds via des ins­tru­ments finan­ciers (par des émis­sions d’o­bli­ga­tions notam­ment), mais aus­si via des accords de coopé­ra­tions avec des états non-membres ou des ins­ti­tu­tions tiers telles que le FMI.

    4. LA POMME DE LA DISCORDE
    Les sommes en jeu, les pou­voirs et les pri­vi­lèges accordés

    Objet du scan­dale n°1 : Le capital

    Tout comme ses pré­dé­ces­seurs, le MES ne prê­te­ra pas son propre argent aux États en dif­fi­cul­té. Il se base sur un capi­tal garan­ti par les états membres pour pou­voir emprun­ter sur les mar­chés. Le capi­tal s’é­le­vant au total à 700 mil­liard­sd’eu­ros dont 11% seule­ment (80 mil­liards d’eu­ros) seront réel­le­ment ver­sés durant les 5 années sui­vant la rati­fi­ca­tion du traité.

    Deux types de capital :

    D’une part, le MES dis­po­se­ra de fonds mobi­li­sables qu’on appelle capi­tal libé­ré (c’est l’argent que les états auront vrai­ment don­né au MES), d’un mon­tant ini­tial de 80 mil­liards d’eu­ros, d’autre part un capi­tal non libé­ré (il est sujet à appel mais n’est pas ver­sé tant qu’on n’en a pas besoin) d’un mon­tant ini­tial de 620 mil­liards d’euros.

    La modi­fi­ca­tion du capi­tal par le Conseil des Gouverneurs :

    Ce qui pose pro­blème à cer­tains com­men­ta­teurs, c’est le fait que le Conseil des Gou­ver­neurs pour­ra déci­der de modi­fier ces mon­tants. Il pour­ra donc, d’un com­mun accord (una­ni­mi­té des votants, l’abs­ten­tion n’é­tant pas comp­tée), aug­men­ter le mon­tant du capi­tal libé­ré ou non libéré.

    Le Conseil des Gou­ver­neurs aura par ailleurs la pos­si­bi­li­té de faire appel à du capi­tal non libé­ré des États membres. Dans les cas extrêmes où le MES se ver­rait dans l’in­ca­pa­ci­té poten­tielle d’ho­no­rer ses créan­ciers, le Direc­teur Géné­ral pour­ra faire appel au capi­tal non libé­ré : les États s’en­ga­ge­ront alors incon­di­tion­nel­le­ment et irré­vo­ca­ble­ment à pro­cé­der au paie­ment dans les 7 jours sui­vant l’appel.

    Enfin, le Conseil d’Ad­mi­nis­tra­tion pour­ra, à la majo­ri­té simple, faire appel au capi­tal non libé­ré pour main­te­nir le niveau de capi­tal libé­ré : Si, à cause de pertes, le mon­tant du capi­tal libé­ré des­cend à 75 mil­liards, il pour­ra alors deman­der aux États de libé­rer 5 mil­liards d’eu­ros pour reve­nir au mon­tant pré­vu de 80 mil­liards d’eu­ros de capi­tal libéré.

    Objet du scan­dale n°2 : immu­ni­té, pri­vi­lèges et manque de transparence

    Le MES « aura pleine per­son­na­li­té juri­dique et aura pleine capa­ci­té juri­dique ». Il pour­ra aller en jus­tice, acqué­rir et alié­ner des biens immo­bi­liers et mobi­liers ou pas­ser des contrats.

    Tous ses biens, fonds et avoirs joui­ront de l’im­mu­ni­té de toute forme de pro­cé­dure judi­ciaire et seront exempts de res­tric­tions, régle­men­ta­tions, contrôles et mora­toires. Sa pro­prié­té, son finan­ce­ment et ses actifs seront exempts de per­qui­si­tion, réqui­si­tion, confis­ca­tion ou sai­sie, d’où qu’elles émanent. Ses archives et docu­ments, ain­si que ses locaux seront inviolables.

    Les employés seront à l’a­bri de toute pour­suite à l’é­gard d’actes accom­plis en leur qua­li­té offi­cielle, seront sou­mis au secret pro­fes­sion­nel, paie­ront un impôt interne déci­dé par le Conseil d’Ad­mi­nis­tra­tion ​(les salaires et émo­lu­ments étant exempts de l’im­pôt sur le reve­nu national).

    Notons que le Conseil des Gou­ver­neurs aura le pou­voir de lever cer­taines immu­ni­tés quand il le juge­ra opportun.

    Objet du scan­dale n°3 : Le TSCG

    Le trai­té éta­blis­sant le MES fait expli­ci­te­ment men­tion du Trai­té sur la Sta­bi­li­té, la Coor­di­na­tion et la Gou­ver­nance, signé par 25 Etats de l’U­nion Euro­péenne le 30 jan­vier 2012, et qui a pour but de ren­for­cer la dis­ci­pline bud­gé­taire des Etats signataires. 

    En effet, une des condi­tions d’ac­cès à l’as­sis­tance du MES sera d’a­voir au préa­lable rati­fié le TSCG et d’a­voir créé un méca­nisme de cor­rec­tion bud­gé­taire (la « Règle d’Or »).
    C’est à cause de cette men­tion faite du TSCG que les Par­le­men­taires Socia­listes sont appe­lés à s’abstenir.

    5. CONCLUSION
    Pour résumer !

    Le MES aura un immense pou­voir au sein de la zone euro et pren­dra la place du FESF au cou­rant de l’an­née 2013. Le capi­tal pour­ra être modi­fié à l’u­na­ni­mi­té des Gou­ver­neurs, offrant donc une flexi­bi­li­té poten­tielle tout en gar­dant la pos­si­bi­li­té pour un membre d’u­ser de son droit de véto. 

    La France y est enga­gée à hau­teur de 142,7 mil­liards d’eu­ros, dont 16,3 mil­liards d’eu­ros de capi­tal à libé­rer dans les 5 ans sui­vant 2013, soit envi­ron 3,26 mil­liards d’eu­ros par an. Bien sur, si la déci­sion d’aug­men­ter le capi­tal était prise, la France et les autres membres devraient aug­men­ter leurs trans­ferts vers le MES.

    Dans les cas extrêmes, les pays signa­taires s’en­gagent à ver­ser du capi­tal non libé­ré au MES dans les 7 jours sui­vant l’ap­pel du Direc­teur Général.

    Fac­teur à ne pas négli­ger non plus : aucun acteur de ce sys­tème n’est élu ni res­pon­sable devant les peuples européens.

    * Voir l’in­ter­ven­tion d’Oli­vier Dela­marche sur BFM Busi­ness (à par­tir de 6 minutes 40) :

    Confé­rence sur le fonc­tion­ne­ment du FESF et du MES :


    Com­prendre le MES et le FESF (Libre Jour­nal… par LeLi­breTS

    Source : http://​www​.theo​rie​-du​-tout​.fr/​2​0​1​2​/​0​2​/​m​e​c​a​n​i​s​m​e​-​e​u​r​o​p​e​e​n​-​d​e​-​s​t​a​b​i​l​i​t​e​-​m​e​s​.​h​tml

    Réponse
  16. Magali

    Bon­soir,

    Je m’ap­pelle Maga­li, je suis l’au­teure du Blog « Contre­La­Cour » et, en outre, à l’i­ni­tia­tive de la péti­tion deman­dant un réfé­ren­dum sur le TSCG.

    En effet, il ne serait pas très cohé­rent d’ac­cep­ter le MES et puis ensuite de refu­ser le Pacte budgétaire.
    En fai­sant cela la France se pri­ve­rai de l’ac­cès aux prêts du MES.

    Mais un réfé­ren­dum sur le TSCG garde cepen­dant tout son sens.

    Le Pacte fait éga­le­ment naître des obli­ga­tions qui seront appli­cables à tous les États par­ties, même non béné­fi­ciaires du MES. Je pense notam­ment à la règle d’or (article 3 du TSCG) et aux pou­voirs accrus de la Com­mis­sion et de la CJUE.

    Toutes ces dis­po­si­tions, qui engagent un large trans­fert de sou­ve­rai­ne­té, ne doivent pas être pen­sées en lien avec le MES.

    Autre­ment dit, si le MES a besoin du Pacte, le Pacte n’a pas besoin du MES.

    Plus clai­re­ment encore : si la France rati­fiait le MES, mais ne rati­fiait pas le TSGC :
    – elle n’au­rait vrai­sem­bla­ble­ment pas accès aux prêts du MES,
    – elle n’au­rait pas à inté­grer dans son droit natio­nal la règle d’or budgétaire.

    Cor­dia­le­ment

    - Pour en savoir plus sur le MES : http://​www​.theo​rie​-du​-tout​.fr/​2​0​1​2​/​0​2​/​m​e​c​a​n​i​s​m​e​-​e​u​r​o​p​e​e​n​-​d​e​-​s​t​a​b​i​l​i​t​e​-​m​e​s​.​h​tml

    - Pour en savoir plus sur le TSCG : http://​contre​la​cour​.over​-blog​.fr/​a​r​t​i​c​l​e​-​s​o​m​m​e​t​-​e​u​r​o​p​e​e​n​-​d​u​-​3​0​-​j​a​n​v​i​e​r​-​t​o​u​t​-​s​a​v​o​i​r​-​s​u​r​-​l​e​-​p​a​c​t​e​-​b​u​d​g​e​t​a​i​r​e​-​9​8​4​0​8​5​8​9​.​h​tml

    Réponse
  17. SnoiD

    Les c*nneries ont offi­ciel­le­ment com­men­cées le PS a décla­ré offi­ciel­le­ment qu’il s’abs­tien­drait, la meilleure partie :

    « Notre abs­ten­tion est dyna­mique, offen­sive. Le vote +non+ aurait don­né l’impression de ne rien déci­der (…) », a expli­qué le chef de file des dépu­tés socialistes.

    (O_O) non mais que dire !?!

    Réponse
  18. Étienne

    L’abs­ten­tion des socia­listes est une TRAHISON DE TARTUFFES, c’est une HONTE.

    ————————

    Le BILAN de l’é­lec­tion est effrayant.
    Ses PERS­PEC­TI­VESl le sont tout autant.

    Poli­ti­que­ment, nous sommes des ENFANTS, main­te­nus dans l’en­fance (dans l’o­béis­sance et l’im­puis­sance) par des tyrans, impos­teurs habillés en parents.

    Une crise est un accident.
    Ce qui se passe aujourd’­hui n’est pas un acci­dent : il n’y a ps de crise, tout se passe comme prévu : 
    les pré­ten­dus « socia­listes » sont en train de voter les pleins pou­voirs à Pétain, 
    le sabor­dage de la nation au pro­fit des patrons et des banquiers.

    C’est révol­tant.

    Bien­tôt les rafles de résistants ?

    Réponse
  19. sitouaillain

    il reste une incon­nue dans la suite des évè­ne­ments : que va-t-il se pas­ser ce 28 février lorsque le MES sera sou­mis au vote du sénat ?

    je ne me fais aucune illu­sion, mais la pro­cé­dure de rati­fi­ca­tion n’est pas encore close.

    à par­tir de là on pour­ra se poser la ques­tion sui­vante : qui est un traître et un tar­tuffe et qui ne l’est pas.

    ensuite, quoi qu’on pense des élec­tions, il va y en avoir très prochainement,

    dans le cadre de condi­tion­ne­ment actuel, nos moyens de lutte et de dif­fu­sion d’ar­gu­men­taires inter­di­sant tout espoir de voir les fran­çais enle­ver toute foi envers le résul­tat de la pro­chaine élection,
    il faut bien consi­dé­rer la stra­té­gie à suivre :
    s’il s’a­vère que par­mi ceux qui sont can­di­dats aux élec­tions il y en a qui ne sont ni traîtres ni tar­tuffes, alors il y a lieu de les sou­te­nir. l’heure est grave.

    s’il s’a­vère qu’un traître ou un tar­tuffe est de nou­veau élu, alors il y aura lieu d’a­dop­ter une autre stratégie.

    en attendant,chaque voix compte.

    je remarque une chose qui m’at­triste : la réforme des retraites est pas­sée mais on pou­vait mesu­rer aisé­ment la tar­tuf­fe­rie au degré de mobi­li­sa­tion dans la rue,
    pour le MES, RAS ou presque…sans doute à cause des polé­miques sur la viande hal­lal ingé­rée par les français…épisode média­tique savou­reux d’om­ni­pré­sence du FN…sans que la parole des citoyens mobi­li­sés pour défendre le peuple fran­çais et tous leurs frères d’Europe n’aient pu avoir voix au chapitre.

    nous n’a­vons pas pu ou su mobi­li­ser, nous sommes pour l’ins­tant impuis­sants, mais un peuple qui accepte un tel coup d’état…deux fois de suite…et sur­tout plu­sieurs peuples !

    ce qui se pré­pare sera ter­rible, je n’ose l’imaginer.

    cer­tains ont voté non au TCE pour de mau­vaises rai­sons, je ne l’ou­blie pas,

    per­so, j’ai honte de par­ta­ger la même natio­na­li­té qu’eux…leur haine ou leur oubli de l’autre me révolte, d’au­tant plus que sur bien des domaines, ils ont déjà le pou­voir, diri­gés par des borgnes.

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  20. Di Girolamo

    « dans le cadre de condi­tion­ne­ment actuel »

    « s’il s’a­vère qu’un traître ou un tar­tuffe est de nou­veau élu, alors il y aura lieu d’a­dop­ter une autre stratégie »

    « pour le MES, RAS ou presque… »

    MAIS

    « en attendant,chaque voix compte. »

    On a pas besoin de vivre le paroxysme élec­to­ral pour savoir que nous sommmes dans un cadre condi­tion­né et que per­mettre que les médias jouent leur rôle citoyen (pas mili­tant ) nous per­met­tant de poser les bonnes ques­tions est FONDAMENTAL.
    Ni d’at­tendre les résul­tats des élec­tions qui dans ce mode de dési­gna­tion de pre­miers ministres (qu’on nomme pré­sident ) pour savoir que l’un des deux can­di­dats conser­va­teurs sera élu et que s’in­ter­ro­ger sur ce mode d’or­ga­ni­sa­tion de la gou­ver­nance est FONDAMENTAL.

    Déduire de ce double constat que « en attendant,chaque voix compte « m’in­ter­roge for­te­ment et me fait croire qu’  » il y a(ura) lieu d’a­dop­ter une autre stratégie »

    Réponse
  21. Étienne

    Les dépu­tés fran­çais ne sont pas tous pourris : 

    Réponse
  22. sitouaillain

    « per­mettre que les médias jouent leur rôle citoyen (pas mili­tant ) nous per­met­tant de poser les bonnes ques­tions est FONDAMENTAL »

    com­ment ? à quel hori­zon temporel ?

    « Ni d’at­tendre les résul­tats des élec­tions qui dans ce mode de dési­gna­tion de pre­miers ministres (qu’on nomme pré­sident ) pour savoir que l’un des deux can­di­dats conser­va­teurs sera élu et que s’in­ter­ro­ger sur ce mode d’or­ga­ni­sa­tion de la gou­ver­nance est FONDAMENTAL »

    si on s’est assez interrogé,on change ça comment ?

    « il y a lieu d’a­dop­ter une autre stratégie »

    évi­dem­ment, on fait quoi alors ?

    peut-être qu’il ne manque pas de réponses, le tout étant de faire en sorte que les pers­pec­tives soient mas­si­ve­ment par­ta­gées, la conscience civique éle­vée et les modes d’ac­tion mas­si­ve­ment inves­tis et très lar­ge­ment accep­tables. et tout ça dans un contexte poli­tique, média­tique, etc. où d’autres luttent dans un sens contraire, et où beau­coup s’en fichent.

    Réponse
  23. Florence

    http://www.cadtm.org/L‑austerite-a-marche-forcee-10

    Une autre ana­lyse du MES, par le CADTM.

    Le site est très impli­qué dans tout ce qui nous arrive actuel­le­ment. Le tra­vail de l’as­so­cia­tion est au coeur du pro­pos d’E­tienne, mais je le signale tout de même.

    - Per­so, c’est désor­mais une consul­ta­tion quo­ti­dienne de leur site que je pratique :

    http://​www​.cadtm​.org/​F​r​a​n​c​ais

    J’en pro­fite pour com­mu­ni­quer cette vidéo trou­vée sur le site de Sko­liad (avec un ensemble de textes et docu­ments tout en hom­mage à Etienne :

    http://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​O​R​_​m​3​q​2​P​S​c​4​&​f​e​a​t​u​r​e​=​p​l​a​y​e​r​_​e​m​b​e​d​ded

    J’y ai appris l’exis­tence de FEMA aux Etats-Unis. A exa­mi­ner de plus près me semble-t-il.

    Et le site relais : http://​sko​liad​.sky​net​blogs​.be/​d​e​s​-​r​a​i​s​o​n​s​-​d​e​-​r​e​v​o​l​te/

    Réponse
  24. Étienne

    Mer­ci Flo­rence, pour cette inté­res­sante et savou­reuse vidéo.

    Pour répondre à la ques­tion qu’il pose à la fin, je pense que nous sommes stu­pides ET « pâte molle » (ou « pattes molles »)… 

    🙂

    J’a­dore cet accent qué­be­quois, tout proche : il me rend les réa­li­tés plus sen­sibles, plus vraies. 

    Étienne.

    Réponse
  25. Florence

    Du MES et autres délices venus des très « hauts » pour l’Eu­rope, et pour reve­nir au titre du pré­sent billet :

    des ana­lyses et des pro­po­si­tions des Eco­no­mistes atterrés.

    Bonnes à écou­ter pour le futur tiré au sort, qui gar­de­ra, bien enten­du, son quant à soi d’in­di­vi­du res­sen­tant, pen­sant et agis­sant ! L’Eu­rope, et pour­quoi PAS, par exemple…

    http://​pier​re​bour​dieuun​hom​mage​.blog​spot​.fr/​2​0​1​2​/​0​6​/​v​i​d​e​o​-​l​e​s​-​e​c​o​n​o​m​i​s​t​e​s​-​a​t​t​e​r​r​e​s​-​d​e​b​a​t​.​h​tml

    Réponse
  26. sitouaillain

    pour le moment le sort qu’on nous réserve est moins relui­sant, les solu­tions à la crise selon Gol­man Sachs : 

    ttp://www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/0202117703272-huw-pill-la-zone-euro-souffre-de-l-echec-de-sa-gouvernance-333891.php

    Pour l’ins­tant flo­rence, le futur tiré au sort, il a pas lu les recom­man­da­tions des éco­no­mistes atter­rés… Sinon on aurait un autre pré­sident, une autre assem­blée… on va donc avoir besoin d’une énorrrrme prise d’o­tages, en seras-tu ?

    (prise d’o­tage : expres­sion nov­langue dési­gnant une action col­lec­tive paci­fique de citoyens actifs, géné­ra­le­ment ini­tiée par des membres de syn­di­cats ou de par­tis ou d’as­so­cia­tions dis­si­dents, visant à faire exé­cu­ter par l’E­tat ou une entre­prise une déci­sion que que ses diri­geants ne pren­draient pas autre­ment ; à noter que l’ex­pres­sion s’ac­com­pagne géné­ra­le­ment d’une des­crip­tion des­dits citoyens actifs via le champ lexi­cal de la bes­tia­li­té sur la forme(la grogne des mani­fes­tants) et via un ensemble de qua­li­fi­ca­tifs dépré­ciants de type pater­na­listes (« irres­pon­sables », « affron­ter les réa­li­tés », « mani­pu­lés par l’ex­trême gauche ») ou mon­dains (« rin­gards », « dépassés »).

    Réponse
  27. Florence

    Cette fois, nous pour­sui­vons dans le com­plot à décou­vert, Sitouillain : celui qui peut passer !

    « Bes­tiale » (avec encore davan­tage que de la grogne, mais quelle allure de « pas­sion­na­ta » – atten­tion, la prise d’o­tage va deve­nir plus encore média­tique), « rin­garde », « mani­pu­lée » (par Etienne Chouard), « irres­pon­sable » : rien qu’a­vec ça, j’en serai sûre­ment, de cette vaste action col­lec­tive paci­fique et mesu­rée (gageons que les quelques otages res­tants seront des « gros », des oli­garques, tiens !)
    Allez, fastoche…

    Mais, j’ai enten­du « un bout » de Daniel Cohen ce matin sur France Culture : diantre, l’Eu­rope, si mal fichue, n’a pas pré­vue de règle­ment auto­ma­tique de sou­tien (public) en cas de faillite de banque (pri­vée). Et d’en­chaî­ner (peut-être parce Lazare appré­cie­rait momen­ta­né­ment, et que je crois avoir enten­du qu’il en était conseiller – ah, la radio se ferait-elle plus lim­pide sur ses invi­tés et grands péda­gogues, enfin, plus basi­que­ment jour­na­lis­tique ?) que BNP-Paris­bas mani­pule des sommes dignes d’un bud­get natio­nal comme celui de la France… et que rien, rien (grands dieux) de rien n’est pré­vu si elle s’écroulait.

    DANIEL COHEN AVOUE TOUT, sur Fance culture : les éco­no­mistes de banques, euro­lâtres traîtres à leur patrie, com­mencent à pas­ser aux AVEUX : ils savaient depuis le début (mais ça ne les empê­chait pas de nous trai­ter de xéno­phobes « repliés sur nous-mêmes »)… (Mer­ci à Ray­mond pour le lien)

    Ras­su­rez-vous, l’a­mi Cohen, les Etats et même l’Eu­rope seront pré­sents ! (Quel bel esprit pré­cau­tion­neux et cari­ta­tif, ce savant si loquace.)
    Avant d’ar­rê­ter le son – devant tant de tra­ves­tis­se­ment et de par­tia­li­té (et d’abs­trac­tion), j’ai été « ravie » d’en­tendre que les Grecs reti­raient « très gros­siè­re­ment » leur argent de leurs banques actuel­le­ment (autre prise d’o­tage sans doute, si je sup­pose que c’est pour pou­voir encore man­ger un peu – il ne fut jamais ques­tion de leur dou­lou­reux pré­sent), et que là encore, c’é­tait une catas­trophe. Odieux : les qui­dams à l’u­ni­té qui ne ne pré­oc­cupent pas des pauvres ban­quiers ! Com­prennent déci­dé­ment rien, même avec l’é­cole obligatoire.

    Réponse

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