CIRCUS POLITICUS : MANIGANCES TRAÎTREUSES GÉNÉRALISÉES EN RÉGIME DE GOUVERNEMENT REPRÉSENTATIF

6/02/2012 | 4 commentaires

http://​www​.ago​ra​vox​.fr/​t​r​i​b​u​n​e​-​l​i​b​r​e​/​a​r​t​i​c​l​e​/​c​i​r​c​u​s​-​p​o​l​i​t​i​c​u​s​-​l​e​-​p​u​t​s​c​h​-​1​0​9​257


Un très bon livre, four­millant, cap­ti­vant, que je vous recommande.

Il aurait pu s’in­ti­tu­ler :

– Les aveux des traîtres à leur patrie, pris dans leur bouche même

– Le bal des affreux, en terres d’é­lec­tion

– MANIGANCES TRAÎTREUSES GÉNÉRALISÉES EN RÉGIME DE GOUVERNEMENT REPRÉSENTATIF

– Le grand mer­ci des Barons Voleurs au faux « suf­frage uni­ver­sel »

– Faits et docu­ments contre le gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif

– Argu­men­ta­tion impa­rable pour le tirage au sort en poli­tique :o)

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Vous y trou­ve­rez quelques traces du tra­vail du père Chouard : en effet, j’ai reçu Chris­tophe Deloire à la mai­son cet été (au départ, il vou­lait que je lui parle de 2005) ; je l’ai trou­vé par­ti­cu­liè­re­ment pétillant et sti­mu­lant ; j’ai pu lui par­ler lon­gue­ment de Mau­rice (Allais), de créa­tion moné­taire, de tirage au sort et de pro­ces­sus consti­tuant… Je lui ai aus­si signa­lé ma concep­tion des jour­na­listes, « sen­ti­nelles du peuple » en 1789, et l’i­dée que je me fai­sais de sa propre mis­sion — impor­tante — en tant que direc­teur d’une grande école de jour­na­listes ; il avait l’air d’a­voir déjà réflé­chi à cet aspect des choses.

Et ces vibrantes dis­cus­sions ont appa­rem­ment lais­sé quelques marques chez ce jour­na­liste qui m’a paru bien honnête.

Chris­tophe s’est peut-être trans­for­mé en virus gen­til cet été 😉

J’ai aimé cette ren­contre ; un homme bien.

Étienne.

https://​www​.dai​ly​mo​tion​.com/​v​i​d​e​o​/​x​o​9​zbb

Chris­tophe Deloire pré­sente Cir­cus Poli­ti­cus par Super_Resistence

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4 Commentaires

  1. Hadrien

    « MANIGANCES TRAÎTREUSES GÉNÉRALISÉES EN RÉGIME… REPRÉSENTATIF », on ne sau­rait trou­ver meilleur titre pour ce qui se déroule régu­liè­re­ment au par­le­ment euro­péen, et que décrit avec sa verve habi­tuelle Jean-Luc Mélen­chon, témoin impuis­sant de ce mic-mac :

    LE NOUVEAU TRAITÉ EUROPÉEN

    Mer­cre­di et jeu­di, on était en séance à Bruxelles au Par­le­ment euro­péen. Le prin­ci­pal sujet de débat était une fois de plus le trai­té inter­gou­ver­ne­men­tal « sur la sta­bi­li­té, la coor­di­na­tion et la gou­ver­nance dans l’union éco­no­mique et moné­taire » (« TSCG »). Ce docu­ment est fina­li­sé. La ver­sion finale de ce trai­té a été ren­due publique (en anglais bien sûr) mar­di midi après que 25 Etats membres de l’UE sur 27 se soient mis d’accord pour le signer.

    Les modi­fi­ca­tions qu’il a subies depuis sa pre­mière ver­sion, pré­sen­tée le 16 décembre par mon­sieur Van Rom­puy sont pour la plu­part mar­gi­nale. La « règle d’or » ren­for­cée et sa consti­tu­tion­na­li­sa­tion sont tou­jours à l’ordre du jour. Les sanc­tions auto­ma­ti­sées aus­si. La Cour de Jus­tice de l’Union euro­péenne pour­ra même désor­mais appli­quer des sanc­tions finan­cières si un Etat refuse de trans­po­ser la « règle d’or » dans sa Consti­tu­tion. Quant aux pos­si­bi­li­tés de modi­fi­ca­tion du Trai­té, elles ne sont pas évo­quées. Ce Trai­té ne serait donc modi­fiable qu’au moment où les Etats par­vien­draient à se mettre d’accord pour le trans­po­ser dans le Trai­té de Lis­bonne. Notez qu’une telle modi­fi­ca­tion est loin d’être acquise car elle requiert une rati­fi­ca­tion par l’ensemble des Etats-membres. Mais les rédac­teurs de ce pacte d’austérité ont pen­sé à tout. Si on lit atten­ti­ve­ment les « consi­dé­rants », on découvre que la Com­mis­sion pré­pare la trans­po­si­tion des dis­po­si­tions du Trai­té dans le droit euro­péen via la « méthode com­mu­nau­taire ». Tout le monde évi­dem­ment ne sait pas ce que cela veut dire. Cela signi­fie qu’il y a un pou­voir d’amendement et de rejet du Par­le­ment euro­péen et que les repré­sen­tants des Etats-membres au Conseil, votent à la majo­ri­té qua­li­fiée et non plus à l’unanimité. Dans ces condi­tions par­ti­cu­lières, ce qui est déci­dé de cette façon s’applique vite à tous sans avoir besoin d’être gra­vé dans le marbre des consti­tu­tions. Jeu­di donc, le Par­le­ment euro­péen devait se pro­non­cer sur le Trai­té fina­li­sé. Nous sommes pas­sés à l’examen de la deuxième motion sur le sujet. Celle du pro­gramme com­mun de la droite et des sociaux-démocrates.

    Comme lors de la séance pré­cé­dente, la droite, les libé­raux, les sociaux-démo­crates et les verts ont pré­sen­té une réso­lu­tion com­mune. L’Europe du « Oui » à son pro­gramme com­mun : l’austérité. Ils y ont réité­ré leur accord avec le fond du Trai­té et ont à nou­veau appe­lé à son ins­crip­tion dans le Trai­té de Lis­bonne. Ils n’ont pas envi­sa­gé la pos­si­bi­li­té d’un réfé­ren­dum. Toute la social-démo­cra­tie euro­péenne a voté pour ce texte. Vous êtes donc pré­ve­nus : si leurs repré­sen­tants arrivent au pou­voir vous n’aurez pas le droit de don­ner votre avis sur ce Trai­té. Ils trans­po­se­ront la « règle d’or » dans la Consti­tu­tion et la feront appli­quer. Côté fran­çais il n’en ira pas autre­ment. Car les dépu­tés du PS se sont conten­tés de s’abstenir. Le coup de l’abstention est un grand clas­sique du PS. C’est grâce à cela que le Trai­té de Lis­bonne est pas­sé au congrès de Ver­sailles. Nous avions été 115 par­le­men­taires socia­listes à voter contre. Si le reste du groupe avait voté contre, comme nous, au lieu de s’abstenir, le Trai­té était repous­sé et le pré­sident était obli­gé de faire un réfé­ren­dum pour le faire pas­ser. Dans ce cas, de nou­veau, c’est la même mas­ca­rade qui s’annonce. Car c’est un comble annon­cia­teur que cette abs­ten­tion. Fran­çois Hol­lande en effet, affirme qu’il veut rené­go­cier le Trai­té. Si c’est bien son inten­tion pour­quoi ne com­mence-t-il pas par désap­prou­ver la ver­sion actuelle ? Vincent Peillon a voté contre. Pour­quoi ? Il le dira sans doute. Par contre, les dépu­tés de la gauche du PS qui sié­geaient se sont abs­te­nus. Ici gît le « Non socia­liste » de 2005. Depuis le rap­pel à l’ordre de Fran­çois Hol­lande, ce qui res­tait de la gauche du PS s’est fait hara-kiri. Quant aux dépu­tés d’Europe-Ecologie-Les Verts, leurs votes sont allés du pour au contre en pas­sant par l’abstention.

    Un der­nier mot encore sur l’actualité euro­péenne. Cela vous a sans doute échap­pé mais lun­di der­nier ce n’est pas un mais deux trai­tés qui ont été vali­dés par le Som­met de l’Union euro­péenne. La règle en Europe est de faire com­pli­qué pour que per­sonne ne s’y retrouve. Le second Trai­té ins­ti­tue la mise en place du Méca­nisme euro­péen de Sta­bi­li­té dit « MES ». Ce MES, c’est l’institutionnalisation de l’actuel Fonds euro­péen de sta­bi­li­té finan­cière. Les prêts qu’il pro­pose aux Etats en dif­fi­cul­té ou « à titre de pré­cau­tion » sont subor­don­nés à l’application de plans d’austérité infli­gés par l’Union et le FMI. Ceux-ci sont à l’origine du mar­tyre actuel de la Grèce. Mais le Por­tu­gal et l’Irlande mangent bon eux aus­si. Sachez que ce Trai­té est par ailleurs conçu comme « com­plé­men­taire » du Trai­té sur la rigueur bud­gé­taire (TSCG).

    Appre­nez ain­si que les rédac­teurs des deux trai­tés ont pous­sé le chan­tage à l’austérité au point qu’à par­tir du 1er mars 2013, un Etat n’ayant pas rati­fié le Trai­té TSCG n’aura pas droit à une assis­tance finan­cière. Le Trai­té MES donne en outre un droit de véto à l’Allemagne, à la France et à l’Italie pour déci­der quel pays aura droit à une assis­tance finan­cière d’urgence. Il donne aus­si un droit de véto à l’Allemagne, la France, l’Italie et l’Espagne pour la date de son entrée en vigueur, d’où l’importance des votes de rati­fi­ca­tion de ces quatre pays.

    Ce second Trai­té sera sou­mis à la rati­fi­ca­tion de l’Assemblée Natio­nale dès le 21 février pro­chain. Il le sera en même temps que l’amendement au Trai­té de Lis­bonne qui per­met l’inscription de ce méca­nisme et donc du FMI dans le droit pri­maire de l’Union euro­péenne ! Je rap­pelle que confor­mé­ment à l’article 11 de la Consti­tu­tion fran­çaise « Le Pré­sident de la Répu­blique, sur pro­po­si­tion du Gou­ver­ne­ment pen­dant la durée des ses­sions ou sur pro­po­si­tion conjointe des deux Assem­blées, publiées au Jour­nal Offi­ciel, peut sou­mettre au réfé­ren­dum tout pro­jet de loi por­tant sur l’organisation des pou­voirs publics, sur des réformes rela­tives à la poli­tique éco­no­mique ou sociale de la nation et aux ser­vices publics qui y concourent, ou ten­dant à auto­ri­ser la rati­fi­ca­tion d’un trai­té qui, sans être contraire à la Consti­tu­tion, aurait des inci­dences sur le fonc­tion­ne­ment des ins­ti­tu­tions. Un réfé­ren­dum (…) peut être orga­ni­sé à l’initiative d’un cin­quième des membres du Par­le­ment, sou­te­nue par un dixième des élec­teurs ins­crits sur les listes élec­to­rales ». Ce Trai­té entrai­nant un enga­ge­ment éco­no­mique consé­quent de la France, le peuple fran­çais devrait pou­voir être consul­té. Il n’en sera rien bien sûr. Les amis de la liber­té au Vene­zue­la et à Cuba n’ont pas l’intention de se rebel­ler contre un déni de démo­cra­tie aus­si fla­grant. Du temps de l’URSS, les pays du Comé­con n’étaient pas trai­tés aus­si gros­siè­re­ment. De toute façon, Fran­çois Hol­lande a pré­ve­nu qu’il ne deman­de­rait pas de réfé­ren­dum. « Le pro­chain pré­sident » ne sera donc guère dif­fé­rent de l’actuel sur ce point.

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  2. pelx

    la démo­cra­tie s’ use quand on ne s’ en sert pas !

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  3. SnoiD

    Bon­jour,

    Je sou­hai­te­rai sou­mettre a l’a­na­lyse d’E­tienne ain­si qu’aux lec­teurs éclai­rés cet article :

    http://​www​.lemonde​.fr/​c​r​i​s​e​-​f​i​n​a​n​c​i​e​r​e​/​a​r​t​i​c​l​e​/​2​0​1​2​/​0​2​/​0​9​/​l​a​-​b​a​n​q​u​e​-​d​-​a​n​g​l​e​t​e​r​r​e​-​f​a​i​t​-​m​a​r​c​h​e​r​-​l​a​-​p​l​a​n​c​h​e​-​a​-​b​i​l​l​e​t​s​_​1​6​4​1​3​4​6​_​1​5​8​1​6​1​3​.​h​tml

    par­ti­cu­liè­re­ment ce pas­sage qui m’a sem­blé très étrange, pour ne pas dire autre chose : L’as­sou­plis­se­ment quan­ti­ta­tif consiste pour une banque cen­trale à acqué­rir des titres de dette d’en­tre­prises ou d’États pour les aider à se refi­nan­cer et appor­ter ain­si une bouf­fée d’oxy­gène à l’é­co­no­mie. Cela revient à faire mar­cher la planche à billets.

    Je n’a­vais pas l’im­pres­sion que rache­ter de la dette, c’é­tait faire tour­ner la planche à billet. Quel­qu’un pour m’expliquer/démentir ?

    Mer­ci d’avance

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  4. sitouaillain

    « c’est désor­mais sous les appa­rences d’af­fables com­mu­ni­cants, habiles met­teurs en scène d’une proxi­mi­té cal­cu­lée, que peuvent renaître d’an­ciennes et ter­ribles figures du retour­ne­ment de la démo­cra­tie contre elle-même. En effet, jamais la fron­tière n’a été aus­si ténue entre les formes d’un déve­lop­pe­ment posi­tif de l’i­déal démo­cra­tique et les condi­tions de son dévoie­ment. C’est là où les attentes des citoyens sont les plus fortes que les conduites poli­ti­ciennes peuvent doré­na­vant être le plus gros­siè­re­ment dévo­rantes. d’où l’im­pé­rieuse néces­si­té de consti­tuer la ques­tion en objet per­ma­nent de débat public. Faire vivre la démo­cra­tie implique plus que jamais de por­ter un regard constam­ment lucide sur les condi­tions de sa mani­pu­la­tion et les rai­sons de son inaccomplissement. »

    Pierre Rosan­val­lon, La légi­ti­mi­té démo­cra­tique : impar­tia­li­té, réflexi­vi­té, proxi­mi­té, seuil, 2008, p. 317.

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