Prochaine conférence à Libourne, avec Bernard FRIOT : monnaie, démocratie, travail, salaire… nous sommes tous concernés.

29/01/2012 | 8 commentaires

Pro­chaine confé­rence à Libourne, le 9 février 2012, toute la jour­née, avec Ber­nard FRIOT :
« Mon­naie, démo­cra­tie, tra­vail, salaire…
nous sommes tous concernés ».

Je suis sûr que cette jour­née va être pas­sion­nante. Le pro­chain livre de Ber­nard FRIOT, sur les SALAIRES, sort pro­chai­ne­ment : il va avoir plein de choses impor­tantes à nous dire.

J’ai hâte d’y être.

Je rap­pelle que Ber­nard Friot est un des cher­cheurs les plus enthou­sias­mants que je connaisse : ses ana­lyses de la retraite par répar­ti­tion, du finan­ce­ment de l’ac­ti­vi­té éco­no­mique par les coti­sa­tions sociales, du tra­vail et de l’emploi, sont pro­pre­ment révo­lu­tion­naires : il nous offre une vraie alter­na­tive au capitalisme. 

Voyez http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​f​o​r​u​m​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​2​0​1​0​/​1​1​/​0​7​/​1​1​0​-​l​-​e​n​j​e​u​-​d​e​s​-​r​e​t​r​a​i​tes.

Étienne.

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Étienne

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8 Commentaires

  1. Frédéric

    Bon­jour,

    J’ai hâte de regar­der la vidéo.

    Bonne confé­rence.

    A+

    PS : si pos­sible une meilleure prise de son.

    Réponse
  2. Gérard Auvray

    Bon­jour Etienne,

    Habi­tant la ban­lieue pari­sienne, je ne pour­rais pas assis­ter à cette confé­rence, mais il y a une ques­tion que j’ai­me­rais poser à Ber­nard Friot suite au vision­nage d’un confé­rence qu’il fit à Metz au moment du mou­ve­ment de défense des retraites.

    J’a­vais com­men­cé à retrans­crire la confé­rence en texte (je dépose divers textes sur les sujets en cours dans la salle de pause au bureau) et à la lec­ture un pas­sage un pas­sage m’est res­té obs­cur, le voila :

    « Je vais com­men­cer par l’investissement car c’est ce qui est de plus facile à entendre, à admettre, je vous laisse votre quant à soit bien sûr. Sur l’emploi, cela va être plus dif­fi­cile. Cela va entraî­ner un cer­tain nombre de réac­tions que j’attends avec plai­sir pour le débat qui sui­vra à par­tir de 18 h. 

    L’investissement donc : nous sommes dans un sous inves­tis­se­ment consi­dé­rable, n’investir que 20 % du PIB, c’est inves­tir beau­coup trop peu, et nous n’investissons pas car les inves­tis­seurs n’investissent pas. Qu’est ce que c’est qu’un inves­tis­seur ? C’est quelqu’un qui, par exemple, va reprendre une entre­prise mena­cée de délo­ca­li­sa­tion, ou de fer­me­ture ou avec un plan de licen­cie­ment en plus de sau­ve­tage de l’emploi. Cet inves­tis­seur qui dit : « J’apporte 1 M d’€ pour relan­cer l’entreprise », il n’apporte pas 1 M d’€ avec des billets dans des valises. Il apporte 1 M de titres finan­ciers, et ces titres finan­ciers pour pou­voir finan­cer les machines, les bâti­ments, les four­nis­seurs, les salaires, il faut qu’ils les conver­tissent en mon­naie, et la conver­sion de ces titres en mon­naie sup­pose que cette mon­naie pré­existe. Un titre ne peut pas créer de mon­naie, la mon­naie qui est géné­rée par la sphère finan­cière, c’est de la mon­naie vir­tuelle ce qui est un oxy­more, c’est tout sauf de la monnaie.

    On s’en aper­çoit à chaque dégon­fle­ment de bulle, et des dégon­fle­ments de bulles, on en a de plus en plus sou­vent. Puisque, depuis 85, nous sommes dans des crises de plus en plus rapides, de de plus en plus pro­fondes. À chaque dégon­fle­ment de bulle, on s’aperçoit que la pré­ten­due mon­naie vir­tuelle, c’était rien du tout. C’est pour cela qu’en 2008, pour sau­ver la mise des action­naires, des banques, les banques cen­trales se sont empres­sées à tra­vers un refi­nan­ce­ment à taux 0 % de leur titres toxiques, de créer de la mon­naie pour les action­naires de ces banques aient un retour de capi­tal à la hau­teur qu’ils exigent et pour que cette mon­naie créée par les banques cen­trales à des mil­lions de mil­liard d’€. Quand on nous raconte que l’on ne peut pas créer de mon­naie, c’est invrai­sem­blable. Pour que cette mon­naie-là ne soit pas de la mon­naie de singe, et que les action­naires empochent les 15 % qu’ils exigent de fait, il faut que cette mon­naie soit assise sur notre tra­vail, et que nous entrions dans une longue cure d’austérité. »

    C’est un peu long, mais la ques­tion du méca­nisme de trans­for­ma­tion des titres finan­ciers en mon­naie me parait essentielle.
    Je suis à la Poste et, même pour nous qui bai­gnons un peu dedans, tout ceci n’est pas clair. Y a‑t-il des textes de réfé­rence clairs sur le sujet ?

    Mais, si on ajoute à cela l’in­ter­dic­tion de créa­tion de mon­naie suite à la loi de 73, et le finan­ce­ment des inté­rêts par l’im­pôt, la qua­li­fi­ca­tion qui me vient de plus en plus à l’es­prit sur ces sujets, c’est celle d’escro­que­rie en bande orga­ni­sée.

    D’autre part, j’é­cou­tais ce matin l’é­mis­sion de Ruth Ste­gas­si sur France cult. Elle rece­vait ce matin Ber­nard Lie­tar, auteur d’Au cœur de la mon­naie, ils par­laient de mon­naies com­plé­men­taires, du méca­nisme concen­tra­tion­naire struc­tu­rel du sys­tème actuel et d’in­té­rêts néga­tifs. Peut-être as-tu écou­té ? Le pod­cast est acces­sible une semaine. Ça t’in­té­res­se­ra surement.

    Mer­ci à tous deux pour vos travaux.

    Réponse
  3. Étienne

    Mer­ci Gérard.

    Oui, j’ai écou­té Terre à terre (voir aus­si ce site éton­nant pour archives et trans­crip­tions) ce matin, comme d’ha­bi­tude, et comme les autres, cette émis­sion était très inté­res­sante : Ber­nard Lie­taer a bien des choses à dire pour nous aider à résis­ter à la mafia bancaire.

    Sur le pre­mier point de ton mes­sage, je te com­prends : la concep­tion de Friot de la mon­naie me gêne un peu, moi aus­si, car elle ne colle pas tout à fait avec l’i­dée que je m’en fais. Mais elle est très sti­mu­lante (et si ça se trouve, elle est plus per­ti­nente que celle que j’ai com­prise pour l’ins­tant ; on ver­ra) et je me réjouis déjà de pou­voir en débattre un peu avec lui. Je te raconterai 🙂

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  4. A-J Holbecq

    Friot dit « Un titre ne peut pas créer de mon­naie, la mon­naie qui est géné­rée par la sphère finan­cière, c’est de la mon­naie vir­tuelle ce qui est un oxy­more, c’est tout sauf de la monnaie. »

    C’est une idée tout à fait erro­née ; ou alors il va fal­loir revoir tota­le­ment les défi­ni­tions de la monnaie.

    Et, pour ce que nous en savons actuel­le­ment : la mon­naie est une dette des banques qui cir­cule, un élé­ment de leur pas­sif ban­caire recon­nu en tant que mon­naie, donc uti­li­sable au sein d’une com­mu­nau­té qui la recon­naît ainsi.

    (recon­naître ne veut ici pas dire que l’on en a conscience : je suis bien cer­tain que la majo­ri­té de la popu­la­tion n’a jamais vu la mon­naie sous cet angle)

    La mon­naie géné­rée par la sphère finan­cière (ban­caire) est bien de la mon­naie qui n’a rien de « vir­tuelle » car elle a les 3 carac­té­ris­tiques de la mon­naie depuis Aristote :
    – uni­té de compte
    – réserve de valeur
    – inter­mé­diaire des échanges

    Réponse
  5. Étienne

    GUERRE DES SALAIRES : 
    IL FAUT AIDER LE SOLDAT FRIOT !

    Je ne connais pas de tra­vail plus pro­met­teur pour nous éman­ci­per du capi­ta­lisme que celui de Ber­nard Friot. Mais il a abso­lu­ment besoin de notre aide, bien sûr. Je vous fais donc pas­ser une docu­men­ta­tion (rec­to-ver­so) qui signale son pro­chain livre (que j’at­tends avec impa­tience) et une autre pla­quette qui explique com­ment sou­te­nir son effort d’é­du­ca­tion popu­laire :


    http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​B​e​r​n​a​r​d​_​F​r​i​o​t​_​p​l​a​q​u​e​t​t​e​_​L​_​e​n​j​e​u​_​d​u​_​s​a​l​a​i​r​e​.​pdf



    http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​B​e​r​n​a​r​d​_​F​r​i​o​t​_​p​l​a​q​u​e​t​t​e​_​L​_​e​n​j​e​u​_​d​u​_​s​a​l​a​i​r​e​.​pdf



    http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​r​e​s​e​a​u​_​s​a​l​a​r​i​a​t​_​b​u​l​l​e​t​i​n​_​a​d​h​e​s​i​o​n​_​d​o​n​s​_​p​a​r​t​i​c​i​p​a​t​i​o​n​.​pdf



    http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​r​e​s​e​a​u​_​s​a​l​a​r​i​a​t​_​b​u​l​l​e​t​i​n​_​a​d​h​e​s​i​o​n​_​d​o​n​s​_​p​a​r​t​i​c​i​p​a​t​i​o​n​.​pdf

    Étienne.

    Réponse
  6. Yvan

    Au sujet du Réseau Sala­riat et du « salaire à vie », voi­là un petit mon­tage que je viens de ter­mi­ner (résu­mant sous forme de zap­ping une confé­rence de Ber­nard Friot qui date de Juin 2010, sur « L’en­jeu des retraites »). Une vidéo qui plai­ra aux hérétiques :

    c

    Aus­si je me per­mets de rebon­dir sur les pro­pos de A‑J.Holbecq (com­men­taire n°5) :

    Vous dites que la mon­naie, pour être consi­dé­rée comme telle, doit être, entre autre, une réserve de valeur. Cela paraît logique en effet… Or, la mon­naie vir­tuelle n’existe réel­le­ment que si elle trouve sa contre­par­tie en mon­naie fidu­ciaire. Non ? Le reste n’est que mon­naie de singe !

    Un inves­tis­seur qui s’oc­troie, par le biais de titres (vir­tuels) le droit de tirer un pro­fit sur la valeur qui est créée (ou qui va être créée), il n’a­mène en réa­li­té aucune valeur concrète dans l’en­tre­prise, mais uni­que­ment une pro­messe (dont on peut dou­ter sou­vent) que ces titres valent bien ce qu’ils repré­sentent actuel­le­ment sur les mar­chés, aux yeux des autres acteurs éco­no­miques donc, une valeur qui n’est qu’un droit de pro­prié­té lucra­tive, mais nul­le­ment une valeur en soi. D’ailleurs, pour que les employés puissent avoir leur salaire et échan­ger bien et ser­vices, ils auront besoin de mon­naie fidu­ciaire pour le faire, ils pas­se­ront reti­rer l’argent sur leur compte. Il en est de même pour le reste de l’in­ves­tis­se­ment il me semble, car pour ache­ter des machines ou louer des locaux, ces titres vont cir­cu­ler, mais ils devront in fine trou­ver la mon­naie fidu­ciaire cor­res­pon­dante à leur soi-disant valeur pour vrai­ment exis­ter, et payer les sala­riés de l’en­tre­prise qui vend les machines ou qui louent les locaux.

    On peut rele­ver le fait que les clients d’une banque ne retirent qu’en par­tie leur salaire, puis­qu’une bonne par­tie cir­cule, là encore, seule­ment via des chiffres sur un écran… mais c’est bien un pro­blème éga­le­ment, en tous cas dans le sys­tème actuel, puisque ces chiffres qui cir­culent sont ceux que s’é­changent les banques et sont sous la tutelle des titres sur les mar­chés, des banques qui peuvent d’ailleurs du jour au len­de­main se retrou­ver sans liqui­di­tés, car blin­dées de titres pour­ris, comme se fut le cas pour Leh­man Bro­thers en 2008 (et les clients n’a­vaient plus que leurs yeux pour pleurer).

    Je par­tage tota­le­ment les ana­lyses de B.Friot au sujet de la créa­tion moné­taire, et de la valeur de la mon­naie scrip­tu­rale (les titres). Cette der­nière ne peut exis­ter sans mon­naie fidu­ciaire en face, on le voit bien quand une bulle finan­cière éclate explose, que per­sonne ne veut/peut plus hono­rer ses dettes, et que les titres fondent à vue d’oeil, pour fina­le­ment ne plus rien valoir… puis­qu’on ne peut plus y ados­ser aucune mon­naie en face (à moins d’emballer une nou­velle fois ces titres pour­ris dans de beaux paquets estam­pillés AAA et de les faire cir­cu­ler dans une nou­velle bulle, afin de les échan­ger contres des titres moins ris­qués qui ont encore la confiance des acteurs sur le mar­ché, et en cela une chance de trou­ver leur cor­res­pon­dance en mon­naie fidu­ciaire, et fina­le­ment en valeur réelle… mais bon, inévi­ta­ble­ment, cette mas­ca­rade ren­con­tre­ra iné­luc­ta­ble­ment un mur, et le crash n’est jamais qu’une ques­tion de temps, on le sait bien).

    Je ter­mi­ne­rai en poin­tant du doigt une évi­dence dont vous êtes bien conscient je pense, c’est que l’ac­cès à la mon­naie manque cruel­le­ment au sein de la popu­la­tion aujourd’­hui, nous empê­chant de géné­rer de l’ac­ti­vi­té, et d’é­chan­ger libre­ment… et ce n’est sur­ement pas du au fait que la mon­naie fidu­ciaire manque dans les coffres de la Brinks ou de la BNP, au pire on peut en faire des pièces et des billets, sur­tout si on éli­mine les valeurs vir­tuelles dans le même temps, ce qui com­pen­se­ra toute infla­tion très natu­rel­le­ment. Ce qui nous empêche de béné­fi­cier de cette mon­naie bien réelle, c’est ce droit de pro­prié­té qu’exerce les finan­ciers sur cette valeur, via la mon­naie vir­tuelle (via les titres) qui per­met à ces cra­pules de déci­der qui a le droit d’a­voir un emploi (et donc qui a le droit d’u­ti­li­ser la mon­naie, via un salaire que l’employeur n’ac­corde que dans les condi­tions qu’il aura lui-même défi­ni), qui oriente les inves­tis­se­ments et dans quel but, pour ache­ter quoi, pour pro­duire quoi, dans quelles condi­tions, etc… bref, ces vau­tours sont d’une part com­plè­te­ment inutiles, et d’autre part tota­le­ment nocifs à l’é­co­no­mie et au bien être social.

    Voi­là un pro­fond sujet qui mérite d’être appro­fon­di. Mais com­bien d’autres aus­si… car dans le fond, il serait inté­res­sant de savoir com­ment on peut redé­fi­nir la valeur aus­si, ou déjà « peut-on la redé­fi­nir » même ? (afin de contrô­ler la masse moné­taire en fonc­tion de la valeur, puis­qu’elle dépend intrin­sè­que­ment de celle-ci, n’est-ce pas ?).

    Il est tout aus­si sti­mu­lant de réflé­chir en paral­lèle à la qua­li­fi­ca­tion des per­sonnes, car aujourd’­hui celle-ci ne trouve cer­ti­fi­ca­tion qu’à tra­vers des diplômes qui ne recon­naissent qu’un ensemble de com­pé­tences, mais on pour­rait très faci­le­ment pen­ser que dans les qua­li­fi­ca­tions de demain, on pren­drait en compte l’u­ti­li­té sociale d’une acti­vi­té, et les condi­tions de tra­vail aus­si. Car dans le fond, un éboueur, certes moins diplô­mé qu’un chi­rur­gien, n’est pour­tant pas moins utile à la socié­té, loin de là même. Mais ce n’est qu’un exemple, et on peut en trou­ver des tas d’autres en se pen­chant sur la question.

    Des débats fort inté­res­sants, qui per­mettent de réflé­chir vrai­ment hors du cadre. Mais je reste convain­cu d’une chose, c’est que reprendre le contrôle de la mon­naie ne suf­fi­ra pas à mettre un terme au mar­ché du tra­vail, et donc à l’emploi… alors que c’est un com­bat que nous devons mener de front éga­le­ment, pour enfin nous libé­rer des griffes des investisseurs/employeurs. Il faut reprendre la main sur la mon­naie, bien sur, mais pas en conti­nuant de s’a­lié­ner à recher­cher le plein emploi, alors qu’on pour­rait reven­di­quer la pleine qua­li­fi­ca­tion à la place.

    Ami­tiés.

    Yvan P.

    Réponse
  7. Yvan

    Je passe vous redon­nez un lien pour la vidéo du com­men­taire au dessus :
    http://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​O​D​v​b​V​D​d​s​ZFY

    (com­men­taire à effa­cer si celui d’a­vant est mis à jour avec ce nou­veau lien)

    Au pas­sage, et en com­plé­ment, on peut rajou­ter celle-ci (un autre petit résu­mé en zapping) :
    http://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​j​3​H​T​I​C​k​y​3z0

    A bien­tôt 🙂

    Réponse

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