Prochaine conférence à Libourne, le 9 février 2012, toute la journée, avec Bernard FRIOT :
« Monnaie, démocratie, travail, salaire…
nous sommes tous concernés ».
Je suis sûr que cette journée va être passionnante. Le prochain livre de Bernard FRIOT, sur les SALAIRES, sort prochainement : il va avoir plein de choses importantes à nous dire.
J’ai hâte d’y être.
Je rappelle que Bernard Friot est un des chercheurs les plus enthousiasmants que je connaisse : ses analyses de la retraite par répartition, du financement de l’activité économique par les cotisations sociales, du travail et de l’emploi, sont proprement révolutionnaires : il nous offre une vraie alternative au capitalisme.
Étienne.


Étienne, la même conférence en version lol 🙂
Comment l’humour peut signifier plus qu’un long pensum sérieux, mais cela n’empêche pas d’étudier les mécanismes monétaires ! ( Très bon le livre d’Orléan ) ( lien cliquable … … )
Bonjour,
J’ai hâte de regarder la vidéo.
Bonne conférence.
A+
PS : si possible une meilleure prise de son.
Bonjour Etienne,
Habitant la banlieue parisienne, je ne pourrais pas assister à cette conférence, mais il y a une question que j’aimerais poser à Bernard Friot suite au visionnage d’un conférence qu’il fit à Metz au moment du mouvement de défense des retraites.
J’avais commencé à retranscrire la conférence en texte (je dépose divers textes sur les sujets en cours dans la salle de pause au bureau) et à la lecture un passage un passage m’est resté obscur, le voila :
« Je vais commencer par l’investissement car c’est ce qui est de plus facile à entendre, à admettre, je vous laisse votre quant à soit bien sûr. Sur l’emploi, cela va être plus difficile. Cela va entraîner un certain nombre de réactions que j’attends avec plaisir pour le débat qui suivra à partir de 18 h.
L’investissement donc : nous sommes dans un sous investissement considérable, n’investir que 20 % du PIB, c’est investir beaucoup trop peu, et nous n’investissons pas car les investisseurs n’investissent pas. Qu’est ce que c’est qu’un investisseur ? C’est quelqu’un qui, par exemple, va reprendre une entreprise menacée de délocalisation, ou de fermeture ou avec un plan de licenciement en plus de sauvetage de l’emploi. Cet investisseur qui dit : « J’apporte 1 M d’€ pour relancer l’entreprise », il n’apporte pas 1 M d’€ avec des billets dans des valises. Il apporte 1 M de titres financiers, et ces titres financiers pour pouvoir financer les machines, les bâtiments, les fournisseurs, les salaires, il faut qu’ils les convertissent en monnaie, et la conversion de ces titres en monnaie suppose que cette monnaie préexiste. Un titre ne peut pas créer de monnaie, la monnaie qui est générée par la sphère financière, c’est de la monnaie virtuelle ce qui est un oxymore, c’est tout sauf de la monnaie.
On s’en aperçoit à chaque dégonflement de bulle, et des dégonflements de bulles, on en a de plus en plus souvent. Puisque, depuis 85, nous sommes dans des crises de plus en plus rapides, de de plus en plus profondes. À chaque dégonflement de bulle, on s’aperçoit que la prétendue monnaie virtuelle, c’était rien du tout. C’est pour cela qu’en 2008, pour sauver la mise des actionnaires, des banques, les banques centrales se sont empressées à travers un refinancement à taux 0 % de leur titres toxiques, de créer de la monnaie pour les actionnaires de ces banques aient un retour de capital à la hauteur qu’ils exigent et pour que cette monnaie créée par les banques centrales à des millions de milliard d’€. Quand on nous raconte que l’on ne peut pas créer de monnaie, c’est invraisemblable. Pour que cette monnaie-là ne soit pas de la monnaie de singe, et que les actionnaires empochent les 15 % qu’ils exigent de fait, il faut que cette monnaie soit assise sur notre travail, et que nous entrions dans une longue cure d’austérité. »
C’est un peu long, mais la question du mécanisme de transformation des titres financiers en monnaie me parait essentielle.
Je suis à la Poste et, même pour nous qui baignons un peu dedans, tout ceci n’est pas clair. Y a‑t-il des textes de référence clairs sur le sujet ?
Mais, si on ajoute à cela l’interdiction de création de monnaie suite à la loi de 73, et le financement des intérêts par l’impôt, la qualification qui me vient de plus en plus à l’esprit sur ces sujets, c’est celle d’escroquerie en bande organisée.
D’autre part, j’écoutais ce matin l’émission de Ruth Stegassi sur France cult. Elle recevait ce matin Bernard Lietar, auteur d’Au cœur de la monnaie, ils parlaient de monnaies complémentaires, du mécanisme concentrationnaire structurel du système actuel et d’intérêts négatifs. Peut-être as-tu écouté ? Le podcast est accessible une semaine. Ça t’intéressera surement.
Merci à tous deux pour vos travaux.
Merci Gérard.
Oui, j’ai écouté Terre à terre (voir aussi ce site étonnant pour archives et transcriptions) ce matin, comme d’habitude, et comme les autres, cette émission était très intéressante : Bernard Lietaer a bien des choses à dire pour nous aider à résister à la mafia bancaire.
Sur le premier point de ton message, je te comprends : la conception de Friot de la monnaie me gêne un peu, moi aussi, car elle ne colle pas tout à fait avec l’idée que je m’en fais. Mais elle est très stimulante (et si ça se trouve, elle est plus pertinente que celle que j’ai comprise pour l’instant ; on verra) et je me réjouis déjà de pouvoir en débattre un peu avec lui. Je te raconterai 🙂
Amicalement.
Étienne.
Friot dit « Un titre ne peut pas créer de monnaie, la monnaie qui est générée par la sphère financière, c’est de la monnaie virtuelle ce qui est un oxymore, c’est tout sauf de la monnaie. »
C’est une idée tout à fait erronée ; ou alors il va falloir revoir totalement les définitions de la monnaie.
Et, pour ce que nous en savons actuellement : la monnaie est une dette des banques qui circule, un élément de leur passif bancaire reconnu en tant que monnaie, donc utilisable au sein d’une communauté qui la reconnaît ainsi.
(reconnaître ne veut ici pas dire que l’on en a conscience : je suis bien certain que la majorité de la population n’a jamais vu la monnaie sous cet angle)
La monnaie générée par la sphère financière (bancaire) est bien de la monnaie qui n’a rien de « virtuelle » car elle a les 3 caractéristiques de la monnaie depuis Aristote :
– unité de compte
– réserve de valeur
– intermédiaire des échanges
GUERRE DES SALAIRES :
IL FAUT AIDER LE SOLDAT FRIOT !
Je ne connais pas de travail plus prometteur pour nous émanciper du capitalisme que celui de Bernard Friot. Mais il a absolument besoin de notre aide, bien sûr. Je vous fais donc passer une documentation (recto-verso) qui signale son prochain livre (que j’attends avec impatience) et une autre plaquette qui explique comment soutenir son effort d’éducation populaire :
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/Bernard_Friot_plaquette_L_enjeu_du_salaire.pdf
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/Bernard_Friot_plaquette_L_enjeu_du_salaire.pdf
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/reseau_salariat_bulletin_adhesion_dons_participation.pdf
http://etienne.chouard.free.fr/Europe/reseau_salariat_bulletin_adhesion_dons_participation.pdf
Étienne.
Au sujet du Réseau Salariat et du « salaire à vie », voilà un petit montage que je viens de terminer (résumant sous forme de zapping une conférence de Bernard Friot qui date de Juin 2010, sur « L’enjeu des retraites »). Une vidéo qui plaira aux hérétiques :
c
Aussi je me permets de rebondir sur les propos de A‑J.Holbecq (commentaire n°5) :
Vous dites que la monnaie, pour être considérée comme telle, doit être, entre autre, une réserve de valeur. Cela paraît logique en effet… Or, la monnaie virtuelle n’existe réellement que si elle trouve sa contrepartie en monnaie fiduciaire. Non ? Le reste n’est que monnaie de singe !
Un investisseur qui s’octroie, par le biais de titres (virtuels) le droit de tirer un profit sur la valeur qui est créée (ou qui va être créée), il n’amène en réalité aucune valeur concrète dans l’entreprise, mais uniquement une promesse (dont on peut douter souvent) que ces titres valent bien ce qu’ils représentent actuellement sur les marchés, aux yeux des autres acteurs économiques donc, une valeur qui n’est qu’un droit de propriété lucrative, mais nullement une valeur en soi. D’ailleurs, pour que les employés puissent avoir leur salaire et échanger bien et services, ils auront besoin de monnaie fiduciaire pour le faire, ils passeront retirer l’argent sur leur compte. Il en est de même pour le reste de l’investissement il me semble, car pour acheter des machines ou louer des locaux, ces titres vont circuler, mais ils devront in fine trouver la monnaie fiduciaire correspondante à leur soi-disant valeur pour vraiment exister, et payer les salariés de l’entreprise qui vend les machines ou qui louent les locaux.
On peut relever le fait que les clients d’une banque ne retirent qu’en partie leur salaire, puisqu’une bonne partie circule, là encore, seulement via des chiffres sur un écran… mais c’est bien un problème également, en tous cas dans le système actuel, puisque ces chiffres qui circulent sont ceux que s’échangent les banques et sont sous la tutelle des titres sur les marchés, des banques qui peuvent d’ailleurs du jour au lendemain se retrouver sans liquidités, car blindées de titres pourris, comme se fut le cas pour Lehman Brothers en 2008 (et les clients n’avaient plus que leurs yeux pour pleurer).
Je partage totalement les analyses de B.Friot au sujet de la création monétaire, et de la valeur de la monnaie scripturale (les titres). Cette dernière ne peut exister sans monnaie fiduciaire en face, on le voit bien quand une bulle financière
éclateexplose, que personne ne veut/peut plus honorer ses dettes, et que les titres fondent à vue d’oeil, pour finalement ne plus rien valoir… puisqu’on ne peut plus y adosser aucune monnaie en face (à moins d’emballer une nouvelle fois ces titres pourris dans de beaux paquets estampillés AAA et de les faire circuler dans une nouvelle bulle, afin de les échanger contres des titres moins risqués qui ont encore la confiance des acteurs sur le marché, et en cela une chance de trouver leur correspondance en monnaie fiduciaire, et finalement en valeur réelle… mais bon, inévitablement, cette mascarade rencontrera inéluctablement un mur, et le crash n’est jamais qu’une question de temps, on le sait bien).Je terminerai en pointant du doigt une évidence dont vous êtes bien conscient je pense, c’est que l’accès à la monnaie manque cruellement au sein de la population aujourd’hui, nous empêchant de générer de l’activité, et d’échanger librement… et ce n’est surement pas du au fait que la monnaie fiduciaire manque dans les coffres de la Brinks ou de la BNP, au pire on peut en faire des pièces et des billets, surtout si on élimine les valeurs virtuelles dans le même temps, ce qui compensera toute inflation très naturellement. Ce qui nous empêche de bénéficier de cette monnaie bien réelle, c’est ce droit de propriété qu’exerce les financiers sur cette valeur, via la monnaie virtuelle (via les titres) qui permet à ces crapules de décider qui a le droit d’avoir un emploi (et donc qui a le droit d’utiliser la monnaie, via un salaire que l’employeur n’accorde que dans les conditions qu’il aura lui-même défini), qui oriente les investissements et dans quel but, pour acheter quoi, pour produire quoi, dans quelles conditions, etc… bref, ces vautours sont d’une part complètement inutiles, et d’autre part totalement nocifs à l’économie et au bien être social.
Voilà un profond sujet qui mérite d’être approfondi. Mais combien d’autres aussi… car dans le fond, il serait intéressant de savoir comment on peut redéfinir la valeur aussi, ou déjà « peut-on la redéfinir » même ? (afin de contrôler la masse monétaire en fonction de la valeur, puisqu’elle dépend intrinsèquement de celle-ci, n’est-ce pas ?).
Il est tout aussi stimulant de réfléchir en parallèle à la qualification des personnes, car aujourd’hui celle-ci ne trouve certification qu’à travers des diplômes qui ne reconnaissent qu’un ensemble de compétences, mais on pourrait très facilement penser que dans les qualifications de demain, on prendrait en compte l’utilité sociale d’une activité, et les conditions de travail aussi. Car dans le fond, un éboueur, certes moins diplômé qu’un chirurgien, n’est pourtant pas moins utile à la société, loin de là même. Mais ce n’est qu’un exemple, et on peut en trouver des tas d’autres en se penchant sur la question.
Des débats fort intéressants, qui permettent de réfléchir vraiment hors du cadre. Mais je reste convaincu d’une chose, c’est que reprendre le contrôle de la monnaie ne suffira pas à mettre un terme au marché du travail, et donc à l’emploi… alors que c’est un combat que nous devons mener de front également, pour enfin nous libérer des griffes des investisseurs/employeurs. Il faut reprendre la main sur la monnaie, bien sur, mais pas en continuant de s’aliéner à rechercher le plein emploi, alors qu’on pourrait revendiquer la pleine qualification à la place.
Amitiés.
Yvan P.
Je passe vous redonnez un lien pour la vidéo du commentaire au dessus :
http://www.youtube.com/watch?v=ODvbVDdsZFY
(commentaire à effacer si celui d’avant est mis à jour avec ce nouveau lien)
Au passage, et en complément, on peut rajouter celle-ci (un autre petit résumé en zapping) :
http://www.youtube.com/watch?v=j3HTICky3z0
A bientôt 🙂