Crimes économiques contre l’Humanité

27/01/2012 | 12 commentaires

« Crimes éco­no­miques contre l’Hu­ma­ni­té » : une réflexion inté­res­sante,
sur fond de réap­pro­pria­tion DES MOTS qui per­mettent de dési­gner l’en­ne­mi et de nous défendre :

Crimes économiques
contre l’Humanité

« Selon la Cour pénale inter­na­tio­nale, le crime contre l’hu­ma­ni­té c’est :

« tout acte inhu­main qui cause de graves souf­frances ou atteintes à la san­té phy­sique ou men­tale de celui qui le souffre, et com­mis dans le cadre d’une attaque géné­ra­li­sée ou sys­té­ma­tique contre une popu­la­tion civile ».

Depuis la Seconde Guerre mon­diale nous nous sommes fami­lia­ri­sés avec ce concept et l’i­dée que, quelle que soit leur ampleur, il est pos­sible et obli­ga­toire d’en­quê­ter sur ces crimes afin de tra­duire les cou­pables devant la jus­tice inter­na­tio­nale pour leur faire payer leurs actes.

l’Is­lande est le seul pays à avoir pour­sui­vi péna­le­ment les res­pon­sables de la crise. C’est éga­le­ment le seul pays à avoir lais­ser ses banques s’ef­fon­drer.

Tous les autres gou­ver­ne­ments pro­tègent ceux qui ont pro­vo­qué la crise.

Des situa­tions telles que celles qui ont géné­ré l’ac­tuelle crise éco­no­mique ont conduit à com­men­cer à par­ler de crimes éco­no­miques contre l’Hu­ma­ni­té. Le concept n’est pas nou­veau. L’é­co­no­miste et prix Nobel de la spé­cia­li­té, Gary Becker, avait déjà intro­duit sa « théo­rie de la cri­mi­na­li­té » au niveau microéconomique.

La pro­ba­bi­li­té qu’un indi­vi­du com­mette un crime dépend, pour Becker, du risque pris, du pos­sible butin et des peines encou­rues. Au niveau macroé­co­no­mique, le concept a été uti­li­sé dans les dis­cus­sions sur les poli­tiques d’a­jus­te­ment struc­tu­rel pro­mues par le Fonds moné­taire inter­na­tio­nal (FMI) et la Banque mon­diale (BM) au cours de années 80–90, et qui ont eut d’é­normes consé­quences avec de graves coûts sociaux pour les per­sonnes en Afrique, en Amé­rique latine, en Asie (au cours la crise asia­tique de 1997–98) et en Europe de l’Est. Beau­coup d’a­na­lystes ont signa­lé ces orga­nismes, les poli­tiques qui les ont sub­ven­tion­nés et les éco­no­mistes qui les ont conçues comme res­pon­sables, et tout par­ti­cu­liè­re­ment le FMI qui per­dit une bonne par­tie de son pres­tige après la crise asiatique.

Aujourd’­hui, les pays occi­den­taux sont ceux qui souffrent des coûts sociaux de la crise finan­cière et de l’emploi, ain­si que des plans d’aus­té­ri­té qui sont cen­sés lut­ter contre elle. La perte des droits fon­da­men­taux tels que l’emploi, le loge­ment et la souf­france de mil­lions de familles qui voient leur sur­vie en dan­ger sont des exemples effrayants des coûts de cette crise. Les ménages vivant dans la pau­vre­té sont en train d’aug­men­ter du manière expo­nen­tielle. Mais qui est res­pon­sable ? Les mar­chés, c’est ce que nous lisons et enten­dons tous les jours…

Dans un article publié dans Busi­ness­Week du 20 Mars 2009 sous le titre “Wall Street : crimes éco­no­miques contre l’hu­ma­ni­t锝, Sho­sha­na Zuboff, ancien pro­fes­seur à la Har­vard Busi­ness School, sou­te­nait le fait que lorsque l’en­semble des res­pon­sables de la crise nient les consé­quences de leurs actions, ils démontrent à la fois « la bana­li­sa­tion du mal » et le « nar­cis­sisme ins­ti­tu­tion­na­li­sé » dans nos socié­tés. C’est un échan­tillon du manque de res­pon­sa­bi­li­té et de la « dis­tance émo­tion­nelle” avec les­quelles ceux qui ont accu­mu­lés des mil­lions, sont ceux qui main­te­nant nient être en rela­tion avec le pré­ju­dice subi. Blâ­mer seule­ment le sys­tème ce n’est pas accep­table, tout comme il aurait été inac­cep­table d’ac­cu­ser seule­ment les idées dans les crimes nazis et non pas ceux qui les avaient commis.

Blâ­mer les mar­chés est en fait res­ter à la sur­face du pro­blème…

IL Y A DES GENS RESPONSABLES, et ce sont des per­sonnes et des ins­ti­tu­tions concrètes :


– Celles et ceux qui ont défen­du la libé­ra­li­sa­tion incon­trô­lée des mar­chés finan­ciers

– Les cadres et les entre­prises qui ont béné­fi­cié de l’ex­cès du mar­ché durant le boom finan­cier

– Celles et ceux qui ont per­mis leurs pra­tiques et leur per­mettre actuel­le­ment de sor­tir indemnes et ren­for­cés, avec plus d’argent public, en échange de rien

– Les entre­prises telles que Leh­man Bro­thers ou Gold­man Sachs

– Les banques qui ont per­mis la pro­li­fé­ra­tion des cré­dits pou­belle

– Les com­mis­saires aux comptes qui ont cer­ti­fié et garan­ti les comptes sociaux

– Les per­sonnes qui, comme Alan Greens­pan, pré­sident de la Réserve fédé­rale amé­ri­caine sous les gou­ver­ne­ments Bush et Clin­ton, sont contre la régle­men­ta­tion des mar­chés finan­ciers

– La propre FED qui, depuis 2008, n’ar­rête pas de faire mar­cher la planche à billets ce qui pro­voque, entre autres, l’aug­men­ta­tion de toutes les matières de pre­mières néces­si­tés dans le monde et met en dan­ger son propre peuple.

– John Paul­son, qui a empo­ché 5 mil­liards de dol­lars de pro­fits en 2010 en conti­nuant ses pra­tiques finan­cières comme si de rien n’é­tait.

– Les entre­prises du CAC 40 qui ont gagné 140 mil­liards d’eu­ros en 2010 dis­tri­buant des divi­dendes aux action­naires ou inves­tis­sant en auto finan­ce­ment sans créer d’emplois

– Les mul­ti­na­tio­nales qui, tel que Tele­fo­ni­ca SA depuis sa pri­va­ti­sa­tion, conçoivent des plans de licen­cie­ments mas­sifs alors que les résul­tats annuels sortent en béné­fices et non pas en pertes, ce qui démontre qu’il n’y a aucune logique pré­vue de déve­lop­pe­ment durable à long terme, mais seule­ment une stra­té­gie de ren­ta­bi­li­té capi­ta­lis­tique indi­vi­duelle à court terme.

En ce sens, sur les ori­gines de la crise de 2008, la Com­mis­sion du Congrès amé­ri­cain a été instructive.

Créée par le pré­sident Oba­ma en 2009 pour enquê­ter sur les actions illé­gales ou cri­mi­nelles de l’in­dus­trie finan­cière, elle a inter­ro­gé plus de 700 experts. Son rap­port, publié en jan­vier der­nier, a conclu que la crise aurait pu être évi­tée. Il signale des défaillances dans les sys­tèmes au point de vue de la régle­men­ta­tion et la super­vi­sion finan­cière du gou­ver­ne­ment et des entre­prises, dans les pra­tiques comp­tables et d’au­dit et dans la trans­pa­rence dans les affaires. La Com­mis­sion a exa­mi­né le rôle direct de cer­tains géants de Wall Street dans le désastre finan­cier, par exemple dans le mar­ché des sub­primes, et celui des agences char­gées du clas­se­ment des obligations.

S’il est impor­tant de com­prendre les dif­fé­rents degrés de res­pon­sa­bi­li­té de chaque acteur de ce drame, ne sont pas admis­sibles ni le sen­ti­ment d’im­pu­ni­té sans « res­pon­sables » et ni l’ac­tuelle poli­tique éco­no­mique de répres­sion que nous subis­sons tous, à tous les niveaux.

En ce qui concerne cer­taines des vic­times des actuels crimes économiques :

En Espagne, avec 20% de taux de chô­mage depuis plus de deux ans, le coût humain et éco­no­mique est mon­té en flèche. Des mil­liers de familles en subissent les consé­quences pour avoir cru que leurs salaires de « mil­leu­ristes » paie­raient l’hy­po­thèque. Résul­tats : 90.000 sai­sies en 2009 et 180.000 en 2010 avec les expul­sions qui suivent. Notez qu’en Espagne, bien que la banque encaisse la vente aux enchères après avoir sai­si l’im­meuble, l’an­cien pro­prié­taire doit encore 80% de la dette à l’or­ga­nisme bancaire.

En France, il y a 6 mil­lions de chô­meurs et 8 mil­lions de per­sonnes vivent en des­sous du seuil de pau­vre­té. Pour mémoire, en Mars 2011, d’a­près les sta­tis­tiques du minis­tère du Tra­vail fran­çais lui-même, 57% des offres d’emplois cor­res­pondent à des contrats de tra­vail de moins de 6 mois. Le sys­tème est en train de créer encore plus de précarité.

Aux États-Unis, le taux de chô­mage repré­sente la moi­tié de celui de l’Es­pagne, mais sup­pose envi­ron 26 mil­lions de chô­meurs, ce qui signi­fie une aug­men­ta­tion énorme de la pau­vre­té dans l’un des pays les plus riches du monde. Selon la Com­mis­sion sur la crise finan­cière, plus de quatre mil­lions de familles ont per­du leurs mai­sons, et quatre mil­lions sont en cours d’ex­pul­sion. Onze mil­liards de dol­lars de « patri­moine fami­lial » ont « dis­pa­ru » quand leurs actifs ont per­du de la valeur, y com­pris les mai­sons, les pen­sions et l’é­pargne. Une autre consé­quence de la crise est son effet sur ”‹”‹les prix des den­rées ali­men­taires et autres pro­duits de base, sec­teurs aux­quels les spé­cu­la­teurs se déplacent avec leur capi­tal (FED incluse). Le résul­tat c’est l’in­fla­tion et la pau­vre­té qui augmente.

Dans cer­tains cas notoires comme celui de Madoff, l’au­teur est en pri­son et les pour­suites enga­gées contre lui car ses vic­times ont du pou­voir éco­no­mique. Mais en géné­ral, celles et ceux qui ont pro­vo­qué la crise, non seule­ment ont encais­sé des béné­fices fabu­leux, et ne craignent aucune repré­sailles de quelque nature que ce soit. Per­sonne n’en­quête leurs res­pon­sa­bi­li­tés ni leurs déci­sions.

Les gou­ver­ne­ments les pro­tègent et l’ap­pa­reil judi­ciaire ne les pour­suit pas.

En Europe, il y a un bon exemple actuel qui démontre tout ce que j’ai expli­qué aupa­ra­vant : il s’a­git du très célèbre pro­jet « pacte de com­pé­ti­ti­vi­té » fran­co alle­mand, rebap­ti­sé (avec plus de dou­ceur média­tique) « Pacte pour l’Eu­ro ». S’y réfé­rant, l’ac­tuel pré­sident du Conseil de l’U­nion euro­péenne, Her­man Van Rom­puy, a récem­ment décla­ré : “Notre but ultime est de créer des emplois.” Il l’a très bien dit d’ailleurs : c’est son der­nier objec­tif, et non pas le pre­mier mal­heu­reu­se­ment. Avant l’emploi en Europe, il y a l’eu­ro, le méca­nisme de sau­ve­tage ou la « gou­ver­nance économique ».

Nos tech­no­crates se sont ven­dus, ou plu­tôt ont ven­du leurs âmes au diable. Ils ont com­plè­te­ment oublié que leur mis­sion prin­ci­pale, à par­tir du moment où ils acceptent d’être des acteurs poli­tiques démo­cra­ti­que­ment élus, est celle de ser­vir leurs peuples res­pec­tifs. Par consé­quent, en accep­tant de fer­mer les yeux sur les pra­tiques illé­gales menées jus­qu’en Sep­tembre 2008, de sorte que les res­pon­sables com­mer­ciaux et/ou ban­caires ne soient ni pour­sui­vis ni punis, ces mêmes tech­no­crates se retrouvent main­te­nant dans une impasse parce qu’ils se sont conver­tis en com­plices de ce qui s’est pas­sé et tout ce qui reste à se produire.

Si nous avions des notions claires de ce qu’est un crime éco­no­mique et s’il exis­tait des méca­nismes pour enquê­ter et pour­suivre, on aurait pu évi­ter beau­coup des pro­blèmes actuels. Ce n’est pas une uto­pie. L’Is­lande offre un exemple inté­res­sant. Plu­tôt que de ren­flouer les ban­quiers qui ont rui­né le pays en 2008, le pro­cu­reur géné­ral a ouvert une enquête pénale contre les auteurs. En 2009, le gou­ver­ne­ment tout entier a dû démis­sion­ner et le rem­bour­se­ment de la dette ban­caire a été blo­qué. L’Is­lande n’a pas socia­li­sé les pertes comme le font de nom­breux pays, y com­pris l’Es­pagne, mais a accep­té que les res­pon­sables soient punis et que leurs banques fassent faillite.

De la même manière que les ins­ti­tu­tions et les pro­cé­dures ont été créées pour juger les crimes poli­tiques contre l’Hu­ma­ni­té, il est l’heure de faire la même chose avec les crimes éco­no­miques com­mis par des ins­ti­tu­tions (quelles qu’elles soient) et des per­sonnes phy­siques contre l’Humanité.

Main­te­nant c’est le bon moment, compte tenu que leur exis­tence est dif­fi­cile de réfu­ter. Il est urgent que la notion de « crime éco­no­mique » soit incor­po­rée dans le dis­cours citoyen et que l’on com­prenne toute son impor­tance pour construire une démo­cra­tie éco­no­mique et poli­tique réelle. Au moins, tout cela fera appa­raitre le besoin urgent que nous avons de régu­ler les mar­chés pour qu’ils soient au ser­vice de la socié­té, et non vice versa. »

Source : http://​notre​pla​ne​te​bleue​change​.word​press​.com/​2​0​1​1​/​0​6​/​0​4​/​c​r​i​m​e​s​-​e​c​o​n​o​m​i​q​u​e​s​-​c​o​n​t​r​e​-​l​h​u​m​a​n​i​te/

Mon com­men­taire (l’an­tienne d’Étienne) :

Bon, tout ça, c’est bien gen­til, mais ça rate encore (lamen­ta­ble­ment) LA CAUSE DES CAUSES :

1) Qu’est-ce qui CONDUIT les gou­ver­ne­ments à sau­ver les banques aux dépens de leurs peuples ? Leur dette élec­to­rale, puisque la pré­ten­due Consti­tu­tion impose aux peuples de seule­ment dési­gner leurs maîtres en guise de démo­cra­tie, à l’oc­ca­sion d’un pro­ces­sus rui­neux et CORRUPTEUR fal­la­cieu­se­ment inti­tu­lé « suf­frage universel ». 

2) Qu’est-ce qui PERMET aux gou­ver­ne­ments de sau­ver les banques aux dépens de leur peuple mal­gré la colère de ces peuples ? Leur totale irres­pon­sa­bi­li­té devant le peuple, puisque la pré­ten­due Consti­tu­tion, au lieu de pro­té­ger les citoyens, orga­nise métho­di­que­ment leur totale impuis­sance poli­tique entre deux élec­tions truquées.

==> Qu’est-ce qui force les peuples à SUBIR d’aus­si mau­vaises (FAUSSES) « consti­tu­tions », tou­jours et par­tout ? La mau­vaise qua­li­té des pro­ces­sus consti­tuants : L’ÉLECTION DES CONSTITUANTS des Consti­tuants par­mi les CANDIDATS PROFESSIONNELS de la poli­tique, ce qui conduit aux pires CONFLITS D’INTÉRÊTS, avec des hommes de pou­voir qui écrivent eux-mêmes les règles supé­rieures qu’ils devraient craindre (!) et qui orga­nisent DONC très métho­di­que­ment — et très logi­que­ment — la totale impuis­sance poli­tique des gouvernés.

Cet article inté­res­sant est donc, lui aus­si, encore une fois, pas­sé À CÔTÉ de l’essentiel.

Mais on va bien finir par y arri­ver : la ques­tion de la qua­li­té du pro­ces­sus consti­tuant va bien finir par sur­gir dans le débat public…

On peut rêver.

Étienne.

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Étienne

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12 Commentaires

  1. Mike

    C’est effec­ti­ve­ment bien gen­til. L’au­teur semble ne pas se rendre compte que 80% de la popu­la­tion des 100 pays les plus pauvres sont dans une situa­tion pire que les 20% les plus pauvres des « pays occi­den­taux », pour exac­te­ment les mêmes rai­sons, et depuis, au moins, l’in­dé­pen­dance de ces pays.

    Sur la res­pon­sa­bi­li­té des « petits Eich­manns » (même si l’au­teur ne men­tionne pas l’ex­pres­sion), cette idée date au moins de 1995 (John Zer­zan, « Whose Una­bom­ber ? »). Elle a été réuti­li­sée en 2001 par Ward Chur­chill dans « On the jus­tice of roos­ting chickens ».

    Réponse
  2. Ro.Cr.

    Bon­jour à tous,

    Je vous demande à l’a­vance de bien vou­loir par­don­ner mes pro­pos qui ne seront pas sou­te­nus par autant de culture éco­no­mique et poli­tique que cer­taines inter­ven­tions que j’ai pu lire au cours des nom­breux échanges pré­sents sur ce site. Je ne demande qu’à com­prendre et avan­cer, mais je vois bien que j’ai beau­coup de che­min à par­cou­rir sur ce sujet.

    J’ai bien com­pris qu’É­tienne place au centre de son com­bat la défense de la démo­cra­tie, la vraie, celle ins­pi­rée par le modèle athé­nien. Il la place au centre car, de ce sys­tème fon­da­men­tal de notre socié­té, découle ensuite tout le reste : les dés­équi­libres, les exac­tions, les men­songes, les abus que nous vivons au quo­ti­dien. J’aime cette idée de vraie démo­cra­tie car elle replace le rôle du citoyen dans la cité et va dans le sens de l’é­man­ci­pa­tion des hommes et pour laquelle nous vivons une époque char­nière, décisive.

    L’Ennemi a tou­jours été pour l’hu­ma­ni­té, la per­ver­sion. J’en­tends par per­ver­sion, le fait de détour­ner une idée, un prin­cipe, un sys­tème de son che­min ini­tial, de son essence, de son esprit, pour l’amener dans un sens dif­fé­rent (et sou­vent contraire) de son sens ini­tial. Cette per­ver­sion est sou­vent ini­tiée par des appé­tits égo­tiques et égoïstes, donc indi­vi­dua­listes, et par consé­quent n’ayant aucune consi­dé­ra­tion pour le bien com­mun, tra­vaillant uni­que­ment à trou­ver la faille du sys­tème pour ensuite se goin­frer. C’est mon humble avis.

    Nous voyons aujourd’­hui la mas­ca­rade qui recom­mence sur les élec­tions pré­si­den­tielles et ce choix évident entre les deux par­tis majo­ri­taires. Peut-être d’ailleurs le sont-ils par choix média­tique qui nous assomme à lon­gueur d’an­née cette « évi­dence » qui n’est à mon avis qu’une illu­sion. À ma connais­sance la grande majo­ri­té des Fran­çais n’adhèrent à aucun par­ti : ils n’ont pas plus la carte de l’ump que celle du par­ti socia­liste. La déci­sion devant l’urne n’est donc pas si « évi­dente » que cela… J’en­tends déjà autour de moi, cette réflexion révol­tante : « bah oui, mais pour qui voter d’autre ? »

    Autre­ment dit, ump ou socia­liste, le reste n’existe pas, incroyable.

    Quid d’As­se­li­neau ? Est-il en lice ou rame-t-il pour obte­nir les 500 voix qui lui don­ne­ront le ticket d’entrée ?

    Étienne Chouard n’est d’au­cun par­ti, com­ment se faire entendre par le plus grand nombre, com­ment obte­nir une recon­nais­sance, une légi­ti­mi­té aux yeux des Fran­çais moribonds ?

    J’ai le sen­ti­ment que cette graine qu’É­tienne entre­tient et entoure de ses soins est un des plus grands espoirs pour le monde de demain, un demain qui pousse déjà la porte de notre pré­sent (et je ne fais pas réfé­rence aux présidentielles).

    Aux même titre que l’Éner­gie libre bour­geonne désor­mais un peu par­tout et que ses prin­cipes ne pour­ront plus être étouf­fés, que les men­songes res­sortent inexo­ra­ble­ment des maré­cages puants des com­pro­mis­sions poli­tiques et finan­cières. Je sou­haite que le mou­ve­ment d’É­tienne Chouard s’ins­crive dans cette dynamique.

    J’ai confiance car cette dyna­mique est le pont entre nous et les géné­ra­tions à venir. Les forces qui entravent aujourd’­hui son déve­lop­pe­ment sont des forces en déclin, tout l’in­dique selon moi. L’His­toire est tou­jours en marche mais l’ho­ri­zon qui s’ouvre à nous aujourd’­hui res­te­ra long­temps dans les mémoires.

    Force et patience, cou­rage et rec­ti­tude, amour et véri­té sont nos com­pa­gnons de route.

    Réponse
  3. simone

    Bon­jour à tous,

    je vou­drais juste réagir sur les sai­sis et expul­sions de mil­liers de gens suite aux crises éco­no­miques. Voi­ci ce que j’ai trou­vé dans une vidéo alle­mande et dont j’ai trans­crit une par­tie en français :

    « En 1969 un homme, Mr Jerome Dai­ly, se retrouve devant le tri­bu­nal de Min­ne­so­ta. Il conteste la demande de sa banque qui veut lui confis­quer sa mai­son, suite à son impos­si­bi­li­té de rem­bour­ser le cré­dit qui lui a été attri­bué par celle ci. Son argu­ment était, que, l’hy­po­thèque, signé par lui et la banque, demande, à cha­cune des deux par­ties, d’ap­por­ter une forme légi­time de bien propre. C’est à dire, cha­cun doit appor­ter une contre-valeur au contrat : « un contrat est basé sur l’é­change d’une valeur en une autre ». Mr Dai­ly explique, que l’argent que la banque lui a prê­té n’é­tait en effet pas la pro­prié­té de la banque, car il a été créé à par­tir de rien, lors de l’en­re­gis­tre­ment du cré­dit accor­dé. Cet argent ne vient pas des réserves de la banque, mais a été tout sim­ple­ment « inven­té » par celle ci, qui ne met donc rien de son propre capi­tal à dis­po­si­tion. Le pré­sident de la banque, Mr Mor­gen, a du avouer devant le tri­bu­nal, qu’il crée, avec la FED, l’argent par une écri­ture dans les livres. Qu’argent et cré­dit n’existent uni­que­ment que s’ils les crée. Il avoue éga­le­ment qu’il n’existe aucune lois des Etats Unis qui lui per­mets de faire ceci.
    Les jurés constatent qu’il n’y a pas eu de contre-valeur juri­dique de la part de la banque. La court a reje­té la demande de confis­ca­tion par la banque. Mr Dai­ly a pu conser­ver sa maison.

    Donc, en prin­cipe, à chaque fois que nous emprun­tons de l’argent à la banque, cet argent est une forme illé­gale de contre-valeur. Dans ce sens, le contrat de rem­bour­se­ment est caduque, car l’argent n’a jamais été la pro­prié­té de la banque.

    Mal­heu­reu­se­ment, de tels juris­pru­dences sont igno­rées. Et ain­si, l’en­det­te­ment continue. »

    (j’ai trou­vé rien d’autre sur ce cas à par ceci, en anglais 
    http://​fights4​rights​.com/​1​/​d​a​i​l​y​.​php .

    Mal­heu­reu­se­ment je n’y com­prend rien, sauf peut-être que la banque est aller en deuxième ins­tance ? Qu’est ce qui en est adve­nu ?… je n’en sais rien. Avis à ceux qui com­prennent suf­fi­sam­ment l’anglais !)

    la vidéo conti­nue ain­si (j’a­brège…) :

    « L’ul­time ques­tion est alors : Pourquoi ?

    L’es­cla­vage se sert d’une force de tra­vail en contre­par­tie d’un loge­ment, de nour­ri­ture et de soins.
    L’es­cla­vage moderne consiste à uti­li­ser les forces de tra­vail, tout en lais­sant aux esclaves le soin de s’oc­cu­per eux-mêmes de leurs loge­ments, leur nour­ri­ture et leur santé.
    Celui qui contrôle l’argent, contrôle les forces de tra­vail à tra­vers les salaires.
    La créa­tion moné­taire par les banques est de l’es­cla­va­gisme moderne.
    L’argent est crées par les dettes.
    Que font les gens, quand ils sont endettés ?
    Ils se mettent au bou­lot pour épon­ger leurs dettes.
    Mais, si les cré­dit sont uni­que­ment crée par des dettes, com­ment une socié­té peut elle se des-endetter ? »

    Bref, en ce qui concerne le cas de Jerome Dai­ly, est ce que quel­qu’un sait si des pro­cès simi­laires ont été ten­tés ailleurs ? Que peut en dire un(e) juriste ?

    cor­dia­le­ment
    simone

    Réponse
  4. Mike

    A pro­pos de Jerome Daly : 
    http://​en​.wiki​pe​dia​.org/​w​i​k​i​/​F​i​r​s​t​_​N​a​t​i​o​n​a​l​_​B​a​n​k​_​o​f​_​M​o​n​t​g​o​m​e​r​y​_​v​s​_​J​e​r​o​m​e​_​D​aly

    En bref : le juge­ment en pre­mière ins­tance a été annu­lé en appel et ne peut donc pas ser­vir de juris­pru­dence ; ce n’est pas le seul cas où cet argu­ment a été uti­li­sé, accep­té en pre­mière ins­tance et reje­té en appel.

    Réponse
  5. simone

    Eh ben, je m’en dou­tais. Mer­ci pour ta réponse !

    Réponse
  6. Heloise

    L’Eu­rope du oui s’est ren­for­cée lors du der­nier « tra­vail » de l’As­sem­blée Euro­péenne : Comme lors de la séance pré­cé­dente, la droite, les libé­raux, les sociaux-démo­crates et les verts ont pré­sen­té une réso­lu­tion com­mune. L’Europe du « Oui » à son pro­gramme com­mun : l’austérité. Ils y ont réité­ré leur accord avec le fond du Trai­té et ont à nou­veau appe­lé à son ins­crip­tion dans le Trai­té de Lis­bonne. Ils n’ont pas envi­sa­gé la pos­si­bi­li­té d’un réfé­ren­dum…Mais ils ont récol­té un signi­fi­ca­tif vote OUI qui devrait faire réflé­chir plus d’un ici-même : celui de Marine LEPEN qui sait être adou­bée à la fois par le lob­by juif US et val­ser à Vienne avec les néo-nazis.
    Mais je ne suis pas hors sujet en écri­vant çà ici : En effet, si Étienne a rai­son de culti­ver la petite graine pré­cieuse de la démo­cra­tie Athé­nienne, nous devons aus­si nous deman­der pour­quoi cette plante mira­cu­leuse n’a pas enva­hi la planète…

    C’est à cause de la tau­to­lo­gie du sys­tème , laquelle nous enferme dans notre propre tau­to­lo­gie : com­ment faire explo­ser cette bulle d’infertilité ?

    « l’im­puis­sance » des peuples vient bien de quelque part au sein de chaque être humain : il s’a­git à mon humble avis de la lâche­té intrin­sèque à la nature humaine, celle du « sau­vage de jj Rousseau »…

    Sartre a écrit quant à « La nau­sée » que donne un peuple atteint par le virus de lâcheté.

    Ne faut-il pas regar­der en face en quoi consiste exac­te­ment, concrè­te­ment, aujourd’­hui, cette « éter­nelle lâche­té humaine » ?

    Elle consiste à se trou­ver un ali­bi « noble et valo­ri­sant », pour renon­cer à inter­ve­nir dans le com­bat poli­tique tel qu’il nous est impo­sé : s’il s’a­gis­sait de régler le conten­tieux his­to­rique avec un match de foot, plus per­sonne n’ai­me­rait le foot , cha­cun adop­tant la pos­ture de l’in­tel­lo bien connu pour son aver­sion contre ce « jeu de c.. »

    Mais ce qui nous fut pré­sen­té en Mai 2005, ce n’é­tait pas un match de foot, c’é­tait un réfé­ren­dum : contre l’é­vi­dence ini­tiale des son­dages, la résis­tance des « NONISTES DE GAUCHE » a été exemplaire.

    Aujourd’­hui, il y a un réfé­ren­dum pour ou contre l’aus­té­ri­té déci­dée à Bruxelles par Marine , les soc, la droite et les « verts »…

    Le NON à tout ça, c’est le vote FdG, et l’in­ter­ven­tion de chaque « citoyen refu­sant la lâche­té géné­rale », seule atti­tude enfin de vraie « résis­tance », qui ne refuse pas le pre­mier des com­bats (élec­to­ral), mais qui mobi­lise à cette occa­sion pour une « révo­lu­tion citoyenne », dont la reven­di­ca­tion cen­trale est bien celle d’un « pro­ces­sus consti­tuant » où un peuple se consti­tue en fronts de luttes à la fois sociales, élec­to­rales et « phi­lo­so­phiques », dans le sens où la phi­lo­so­phie rede­vient comme à ATHÈNES une néces­si­té vitale popu­laire : Avec une telle atti­tude, le front entre dans une logique de conquêtes à la fois de sou­ve­rai­ne­té popu­laire de légi­ti­mi­té popu­laire : un peuple lâche s’a­buse lui-même en uti­li­sant l’a­li­bi du « tirage au sort » à contre-sens, pour mas­quer le che­min fait d’une suite logique d’en­ga­ge­ments concrets qui peut don­ner son sens à cette « chose ».

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  7. chat noir

    M.E.S : la mise en escla­vage de l’Eu­rope ! Coup d’é­tat dans 17 pays simultanément

    Le Méca­nisme euro­péen de sta­bi­li­té (MES) est le dis­po­si­tif per­ma­nent de ges­tion des crises. Un fonds per­ma­nent de ren­floue­ment de l’euro doté de pou­voirs exorbitants

    Les élites euro­péennes sont prêtes à nous endet­ter à 77% pour sau­ver l’UE. Tout le sys­tème finan­cier peut bas­cu­ler en quelques jours.

    Fillon a décla­ré qu’il faut « une gou­ver­nance éco­no­mique euro­péenne », ce qui veut dire que des tech­no­crates finan­ciers, non élus, auront le pou­voir des choix éco­no­mique des pays

    Ils sont prêts à endet­ter les peuples pour sau­ver les banques. L’u­nion euro­péenne s’ap­prête à faire pas­ser le « méca­nisme euro­péen de sta­bi­li­té » : M.E.S, l’U­nion des dettes, dans l’i­gno­rance des peuples et sans qu’ils aient leur mot à dire. Les oli­gar­chies veulent à tout prix le fina­li­ser, le mettre en œuvre, et ceci sans retour possible.

    Le 11 juillet 2011 le trai­té était signé. Le len­de­main aucuns jour­naux Fran­çais ou étran­gers ne titraient sur cette signa­ture. La tra­duc­tion de ce texte en fran­çais date du 15 octobre 2011

    Ce trai­té devien­dra défi­ni­tif, lorsque les Par­le­ments des 17 pays de la zone euro l’au­ront ratifié.

    Le MES est le nou­veau dic­ta­teur euro­péen. Il peut sim­ple­ment exi­ger des pays de la zone euro de payer des mil­liards d’eu­ros sous 7 jours.

    Le « MES » est créé sous clause de DUREE ILLIMITEE – et un Etat signa­taire n’a aucune pos­si­bi­li­té de sor­tir du pro­ces­sus. Nous appar­tien­drons à jamais aux Banques, incon­di­tion­nel­le­ment et irré­vo­ca­ble­ment, nous serons les garants et cau­tions des dettes auprès des banques, les­quelles ont un inté­rêt majeur à ce que cet endet­te­ment ne prenne jamais fin.

    Le MES contrôle sur tous les bud­gets des Etats membres, toute impo­si­tion et taxa­tion, droits de douane et TVA acquit­tés doivent lui être « restitués »….

    La bureau­cra­tie Bruxel­loise arrive à adap­ter les trai­tés à toute vitesse pour effec­tuer ce coup d’é­tat dans 17 pays simultanément

    LE MES NOUS MET EN ESCLAVAGE POUR 4.000 MILLIARDS. Ad vitam æternam

    4000 mil­liards d’eu­ros, serons néces­saire pour sau­ver les banques euro­péennes. Et c’est nous tous qui allons payer. Le méca­nisme va nous mettre en escla­vage abso­lu par la dette, l’UE a créé un trai­té hors la loi, AVEC IMMUNITÉ DIPLOMATIQUE, Si le MES passe, nous sommes tous mort éco­no­mi­que­ment. C’est une dic­ta­ture au seul béné­fice du Cartel

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  8. marguerite

    Pour ne plus être esclaves des banques, il fau­drait pro­gres­si­ve­ment se sous­traire à leur pou­voir en créant plus d’es­paces ruraux dans les villes du monde entier et donc reven­di­quer la rura­li­sa­tion des villes au lieu de nous lais­ser embé­ton­ner. Mais seul, on ne peut rien faire, sur­tout quand on est au chômage. 

    Au lieu de cela, tous les par­tis se contentent d’ac­croître les pro­fes­sions d’ex­ploi­tants de misère, sur­tout sur le dos des plus pauvres si mal repré­sen­tés par le sys­tème syn­di­cal. R

    Réponse
  9. Di Girolamo

    @Marguerite

    Je crois que le réamé­na­ge­ment des villes ET des cam­pagnes est une réflexion essen­tielle ; je ne crois pas qu’on puisse dura­ble­ment gar­der une socié­té tout sim­ple­ment humaine avec une sur-urba­ni­sa­tion et sur-indus­tria­li­sa­tion des campagnes.

    Il y là un chan­tier majeur à mener et qui plus est par les citoyens eux mêmes. Il fau­drait aller bien au delà de quelques ini­tia­tives mar­gi­nales mais mettre le paquet en terme de pla­ni­fi­ca­tion et d’in­ves­tis­se­ment . Il y a là un poten­tiel d’ac­ti­vi­tés créa­trices consi­dé­rables dans tous les domaines de la vie ; c’est une reprise en mains du ter­ri­toire , du milieu nourricier.

    Il fau­drait concep­tua­li­ser cela et en faire une option poli­tique majeure.

    Je ne pense pas qu’on puisse dura­ble­ment régler les pro­blèmes sociaux , éco­lo­giques , éco­no­miques , moraux etc sans une recherche appli­quée dans ce sens aux niveau des poli­tiques des états :une action poli­tique forte : pas seule­ment des ini­tia­tives pilotes ou « exem­plaire » ( mot à la mode et assez désagréable )

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  10. Bruno

    Dans plu­sieurs com­men­taires pré­sen­tés ci-des­sus, le modèle de la démo­cra­tie athé­nienne est pris pour exemple.C’est une idéa­li­sa­tion dan­ge­reuse. Faut-il rap­pe­ler que la démo­cra­tie athé­nienne fut en fait une oli­gar­chie dégui­sée (10% du peuple d’A­thènes y par­ti­ci­pait : les hommes libres majeurs, fils de citoyens, ayant fait l’é­phè­bie (sorte de ser­vice mili­taire). Doit-on aus­si rap­pe­ler que les hautes magis­tra­tures (Charges) du pou­voir étaient occu­pées par les plus riches qui avaient le moyen de finan­cer des litur­gies (acte civique fon­dé sur le finan­ce­ment sur fonds per­son­nels d’une néces­si­té publique : armer une trière (bateau de guerre) ou finan­cer un spec­tacle pour le peuple) et donc d’exer­cer une influence par l’argent. Si le sys­tème fut inno­vant en son temps et a pu ser­vir d’exemple pour créer nos démo­cra­ties contem­po­raines, il ne mérite pas l’i­déa­li­sa­tion : il n’est pas fon­dé sur les droits de l’homme (escla­vage), ni sur la véri­table éga­li­té (influence et poids des riches familles athé­niennes), pas plus que sur l’u­ni­ver­sa­lisme démo­cra­tique sym­bo­li­sé par le suf­frage uni­ver­sel (sym­bole pour­tant néces­saire, même si la véri­table démo­cra­tie ne peut se fon­der que sur l’électoralisme).
    Que pour­rait-être une créa­tion démo­cra­tique issue d’un pro­ces­sus consti­tuant qui par­ti­rait plus ou moins spon­ta­né­ment de la base popu­laire, puisque c’est ce à quoi semblent aspi­rer cer­tains auteurs de com­men­taires ? Une nou­velle illu­sion aux consé­quences dra­ma­tiques ? Les Bol­che­viques russes n’en furent-ils pas vic­times en créant des mil­liers de soviets (comi­tés d’ou­vrier, pay­sans et sol­dat aux niveaux du quar­tier, de la ville, de la région, etc…) popu­laires pour créer ex nihi­lo une nou­velle socié­té ? On connait le résultat…le gou­lag. Les Répu­bli­cains de 1793–1794 ont eux aus­si vou­lu faire table rase du pas­sé en s’ap­puyant sur les sec­tions des sans-culottes pour éta­blir la Répu­blique idéale et, pen­dant que Robes­pierre pro­non­çait de magni­fiques dis­cours sur la libé­ra­tion de l’homme, il cou­vrait le pre­mier géno­cide de l’his­toire, celui des Ven­déens (voir à ce pro­pos le der­nier livre de Ronald Sey­chet sur ce drame qui montre, docu­ments à l’ap­pui que Robes­pierre et son entou­rage ont pla­ni­fié depuis le Comi­té de Salut public l’ex­ter­mi­na­tion du peuple ven­déen au nom d’un Peuple idéa­li­sé. Robes­pierre tua au nom d’une idole qu’il s’é­tait construit, comme le firent les sovié­tiques. Ces idéaux de pure­té démo­cra­tique et sociale pous­sés à l’ex­trême sont sou­vent des formes de déni du Réel, lequel est rem­pla­cé par une idéa­li­sa­tion intel­lec­tuelle. La consé­quence peut en être un décou­plage dra­ma­tique entre le réel et l’i­déel qui ouvre le gouffre par lequel sur­git une des formes du véri­table mal : l’ex­ter­mi­na­tion mas­sive et sans rai­sons de l’Autre sur lequel sont pro­je­tés toutes les fan­tas­ma­tiques néga­tives des commanditaires.
    Méfions nous donc d’une idéa­li­sa­tion du réel qui tend vers l’ob­ses­sion de pure­té. Etienne Chouard a expri­mé sur une vidéo son admi­ra­tion pour Robes­pierre, cela met mal à l’aise lorsque l’on ne se contente pas des idéaux de l’  »incor­rup­tible » pour esti­mer la valeur du per­son­nage, mais que l’on étu­die ses actions sur le réel.

     N'y aurait-il pas chez l'auteur de ce blog une filiation cachée ou (et) inconsciente avec ces utopistes sociaux que furent Robespierre et Lénine et dont la saine mémoire conserve d'abord le souvenir des grands drames historiques dont ils sont responsables?
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  11. sitouaillain

    cher bru­no, Robes­pierre a été celui qui,au sein du comi­té de salut public, était le plus modéré…et ce sont les roya­listes ven­déens qui ont pris les armes, contre la république..
    si la répu­blique confis­quée a par la suite fait de robes­pierre le repous­soir abso­lu, c’est pour mieux conju­rer sa peur du peuple !

    et le véri­table pro­blème de cette révolution,c’est l’i­déo­lo­gie jaco­bine et son cen­tra­lisme, bref, le contraire de la consti­tu­tion de Robespierre !

    alors je sous­cris à ton ana­lyse de la cité athé­nienne, mais on n’est pas là pour juger des gens qui vivaient il y a 2500 ans,

    si tu te satis­fait du sys­tème en place, tant mieux, mais ne va dire que l’or­ga­ni­sa­tion démo­cra­tique à la base conduit au goulag,
    le soviet, l’as­sem­blée, c’est l’or­ga­ni­sa­tion spon­tan­née de la démo­cra­tie popu­laire, on voit ça dans tout mou­ve­ment de grève, ou dans n’im­porte quelle com­mu­nau­té, les gens s’as­semblent pour prendre ensemble les décisions,

    là encore, tu n’as rien com­pris à l’his­toire, tu dois avoir les même bou­quins écris pour inci­ter les peuples à ne sur­tout pas se révolter,
    Lénine et ses aco­lytes bol­che­viks n’ont pas créés les soviets, ce sont les ouvriers et les pay­sans qui les ont créés, et l’u­kraine et les makh­no­vistes ont fonc­tion­né plu­sieurs années comme ça,

    mais comme le mar­xisme léni­nisme a sa théo­rie du par­ti d’a­vant garde et de la cen­tra­li­sa­tion, comme ils pen­saient savoir pour le peuple ce qu’il devait faire et sur­tout que la fin jus­ti­fiait les moyens,
    ils ont mani­pu­lés les soviets libres et auto­nomes, ils ont pra­ti­qué la ter­reur, ils ont sup­pri­mé l’as­sem­blée consti­tuante, ils ont dépor­té ou tué des mil­liers d’a­nar­chistes, donc non mon­sieur, l’or­ga­ni­sa­tion auto­nome du peuple à la base ne conduit pas au gou­lag, c’est le cen­tra­lisme, le par­ti unique et la volon­té de faire ren­trer de force un peuple dans une idéo­lo­gie qui mène au goulag.

    et cela dit, à la décharge des Bol­che­viks (ils ont tout de même fait moins de mort que le capitalisme…je rap­pelle que des gens meurent de faim dans ce monde et que quand ils viennent chez nous, on les parque dans des centres de réten­tion), à leur décharge, ils n’au­raient pas eu à exis­ter si les blancs n’a­vaient pas pris les armes contre leur propre peuple, aidés par les pays capitalistes…comme pen­dant la révo­lu­tion fran­çaise, ou en alle­magne, ou en espagne, ou en afgha­nis­tan, ou au Chi­li, c’est encore le camp démo­phobe, le camp des puis­sants, le camp capi­ta­liste, qui a fabri­qué les monstres…

    c’est à nous, citoyens de res­ter vigi­lants pour qu’il n’y ait pas de dérives, et l’his­toire com­porte des leçons, encore faut-il ne pas lais­ser les enne­mis du peuple écrire l’his­toire et nous l’enseigner…désintoxicons-nous !

    Réponse

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