Sur tribords.com, une interview de Paul, ce gentil-virus qui a pensé et réalisé le site le-message.org :
http://www.tribords.com/?tirage-au-sort-democratie-reelle
Tirage au sort : la démocratie réelle ?
La politique, ça vous pique ? Et si on repensait notre manière de voir le pouvoir ?
Tout a commencé par la découverte d’une idée. C’était il y a quelques mois déjà, chez le camarade blogueur Jérôme bien connu dans notre belle blogosphère. Le concept ne date pas d’hier et n’est pas le fruit d’une bande d’illuminés, mais d’une civilisation mythique : il prend ses sources dans l’antiquité grecque qui a fondé la vie politique de sa cité durant 200 ans sur ce modèle … L’idée c’est le tirage au sort comme moyen politique dans notre société. Dit comme ça, c’est un peu abrupte. Ce n’est pas du tout fait pour ça pourtant ; loin d’une bête provocation pour faire un buzz à l’emporte-pièce, une petite communauté commence à se fédérer sur le web autour de ses idées. Parmi ces citoyens qui veulent maintenant une démocratie réelle, il y a Paul. Il a simplement eu une initiative comme on en fait peu en politique : simplifier le message pour capturer l’attention. Pas au niveau des apparences, des appareils et des postures : des idées. Rencontre avec le créateur du site Le-Message.org : interview !
Qui est Paul, quel est son parcours ?
Vous avez sans doute remarqué qu’il n’est fait mention de moi nulle part sur le site, pas de bio ni même une courte présentation. Alors ce n’est ni une coquetterie ni un secret, je pense juste que cette information n’a aucun intérêt, je vais vous en faire la démonstration immédiatement. Je m’appelle Paul, je suis un citoyen Français en âge de voter depuis une bonne dizaine d’années, je l’ai même fait quelques fois. J’ai fait des études de droit, que j’ai stoppées pour prendre un virage artistique. Je n’ai jamais milité, pas plus en politique qu’ailleurs, comme disait l’autre je suis un citoyen « dégagé » (jusqu’à il y a peu du moins). Et ce dégagement politique s’est confirmé lors de mes années de droit à la FAC pendant lesquelles j’ai instinctivement ressenti l’impuissance citoyenne face à nos si respectables institutions. Reste que je me suis toujours fortement intéressé à l’actualité politique, ce qui pour arranger le tout avait jusqu’ici achevé de me convaincre qu’il n’y avait définitivement rien à faire.
Comment avez-vous découvert le contenu du message ?
Le-message.org est en fait un « résumé » de ce vous pouvez comprendre en lisant et en regardant les conférences d’Étienne Chouard. Il y a quelques mois je n’avais jamais entendu parler de lui, malgré son implication dans le débat sur le référendum sur du Traité Constitutionnel européen en 2005.
Mais au hasard de lectures économiques, je me suis retrouvé devant une vidéo de plus d’1h30, une conférence dans laquelle E.Chouard abordait des problèmes économiques et politiques très concrets en cherchant toujours à en découvrir « la cause des cause », la source commune à ces problèmes. J’ai tenu pendant toute la conférence, passionnante, et j’ai compris que l’impuissance citoyenne que j’avais toujours ressentie, trouvait là une explication limpide.
En gros, quel est le sens du message ? Est-ce un appel ou juste une manière de conscientiser les gens dans l’attente d’un réveil ?
Le site s’appelle Le Message parce qu’il prétend en une phrase donner la clé sans laquelle il n’est pas possible d’agir politiquement. Énormément de gens se battent contre un système qu’ils jugent injuste et tentent de faire entendre leur voix pour changer les choses. Mais toutes ces causes sont finalement en concurrence dans l’espace politico-médiatique, et tout le monde tape dans le même ballon en même temps mais dans des directions différentes. Au final le ballon ne bouge pas. Dire qu’on a trouvé la cause commune de tout ces problèmes (nous ne sommes pas en démocratie, nous ne pouvons donc rien changer), c’est aussi donner la solution du problème : nous devons rétablir une démocratie si nous voulons changer quoi que ce soit.
J’aimerais que ce soit un appel, mais il faudrait crier beaucoup plus fort pour qu’il atteigne suffisamment d’oreilles et de cerveaux. D’autant que vu le nombre d’idées reçues qui sont combattues sur le site, la compréhension du message n’est pas spontanée : par exemple ne serait-ce que d’envisager que l’élection puisse ne pas être une procédure démocratique, cela va tellement à l’encontre de tout ce que l’on a appris et qu’on nous répète en boucle de la crèche au cimetière, que les premières réactions sont forcement défensives. Alors je mise plutôt sur une prise de conscience progressive. Après tout, il y a encore un an j’étais très loin de tout ça, je suis la preuve vivante que comprendre Le Message est une vraie claque, et que ça réveille.
Simplifier pour le web, c’est optimiser la viralité ?
Oui. La raison d’être du message c’est la simplification, et donc une transmission plus facile de l’information. Quand on se retrouve face à la montagne d’informations disponible sur le site d’E. Chouard on se demande par où commencer. Même s’il a créé des pages et des documents pour simplifier le plus possible l’accès aux nouveaux venus, les thèmes sont si riches que le visiteur un peu frileux pourrait renoncer par peur de l’indigestion. Le-message c’est donc le menu light, simplifié, avec tous les défauts que peut avoir la simplification, mais ses avantages aussi. Le but n’est pas de faire changer d’avis ceux qui sont de toute façon opposés à ces idées, ni de prêcher des convaincus, mais d’attraper au passage la curiosité d’un lecteur qui ne s’était peut être jamais posé la question, et avait machinalement pensé comme il faut. C’est ce lecteur là qui est intéressant, et c’est pour lui que j’ai essayé de doser le niveau de complexité du site.
Un des principes phares du tirage au sort c’est que le pouvoir est limité dans le temps. Comment garantir une cohérence dans les décisions à long terme si il n’y a pas de classe et d’idéologie qui domine quelque peu ?
Une bonne constitution démocratique limite les mandats dans le temps car elle organise les contre-pouvoirs, pas les pouvoirs. Le pouvoir est dangereux, le confier trop longtemps et toujours aux mêmes implique mécaniquement l’abus de pouvoir.
Nos institutions actuelles ont donc effectivement permis la domination d’une classe et d’une idéologie : pas la peine d’en décrire ici les conséquences, le résultat est tout simplement catastrophique, à part pour la classe dominante, logique. La seule cohérence pendant deux siècles d’élection a finalement été le pouvoir des plus riches et je suis prêt à sacrifier cette cohérence là à toutes les incohérences que la démocratie pourrait potentiellement impliquer. L’idéologie qui est portée par la démocratie c’est la démocratie elle même : un pouvoir à l’image du peuple qui le crée, pas d’une classe. Bien évidemment la première qualité de ce pouvoir sera de savoir dire : je me suis trompé, mauvaise décision, on change. Et alors ? Quelle catastrophe subirions nous à changer d’avis, plutôt qu’à se tromper une fois pour toutes et pour toujours ?
Quand vous parlez de ce concept hautement politique avec votre entourage, ça grince des dents ?
Déjà ça prend du temps, les réflexes conditionnés par des dizaines d’années de mauvaises informations sont longs à combattre. Et oui, ça grince des dents au départ, mais finalement une fois que j’ai eu le temps d’exposer mon raisonnement, de répondre aux objections (toujours les mêmes) la discussion se termine souvent par une question essentielle qui conclut le débat : soit vous êtes pour la démocratie, et donc contre la fausse-démocratie actuelle, soit pour une oligarchie et donc fondamentalement opposé à l’idée du message. Mais l’essentiel pour moi est qu’à la fin de la discussion, d’accord où pas, on puisse se parler avec des mots dont on ne détourne plus le sens : « démocratie » veut dire quelque chose de bien précis, il faut arrêter d’utiliser ce mot pour décrire l’oligarchie dans laquelle nous vivons. Si déjà rien que cette idée là faisait son chemin dans les consciences, les conséquences seraient énormes. Les mots font tout en la matière, ce n’est pas pour rien que le mot démocratie a été réquisitionné et travesti pour lui faire dire l’inverse de son sens originel.
Un homme comme Jean-Luc Mélenchon avec son programme instaurant une constituante, cela vous semble une idée qui puisse mettre en perspective la démocratie réelle ?
Une constituante certes, mais avec qui dedans ? C’est toute la question. Le mécanisme de l’élection est impitoyable pour la démocratie, remettre à nouveau les clés de la Constitution à des élus, c’est mécaniquement créer une constitution pour des élus, rebelote. Ce n’est pas aux hommes de pouvoir d’écrire les règles du pouvoir, le conflit d’intérêt est flagrant.
Il ne s’agit pas de dire que nos élus sont malhonnêtes, simplement de leur signifier qu’en cette matière ils ne peuvent pas juger sereinement, on récuse bien des juges où des jurés quand un conflit de cette nature se produit au tribunal. La constituante doit donc être composée de citoyens désintéressés, c’est impératif. L’élection ne le permet pas, le tirage au sort le permet.
Selon vous, pourquoi les gens ne veulent pas tant que ça du pouvoir ?
Un détail : si les gens se préoccupaient si peu du pouvoir se donnerait-on le mal de leur faire croire qu’ils sont en démocratie, et donc qu’ils ont le pouvoir ?
Dans les faits il est certain que la plupart des gens se contentent de leur droit de vote comme exercice suffisant de leur « pouvoir » de citoyen. Mais comment les en blâmer vu qu’ils n’ont strictement aucune autre perspective d’action politique. Devenir un vrai citoyen, ça s’apprend, ça se comprend, ça s’exerce. Mais dans notre oligarchie les institutions nous disent : ne vous embêtez pas avec le pouvoir, vos représentants s’occupent de tout. La déresponsabilisation est manifeste, elle est organisée car nécessaire à la bonne marche de l’oligarchie.
Mais en vérité ce n’est pas tant le pouvoir qui importe car il n’intéresse de fait qu’une minorité de gens qui ont un désir suspect de domination, et il est méprisé par les autres qui ont autre chose à faire que de s’occuper de diriger leurs congénères (lire à ce sujet Alain, « Propos sur les pouvoirs », il le dit tellement mieux que ça…). La seule préoccupation des gens devrait en fait être les contre-pouvoirs : nous acceptons puisqu’il le faut de confier un peu de pouvoir à certains mais à condition qu’ils servent l’intérêt général. Si nos serviteurs devaient nous trahir, les contre-pouvoirs prévus par nos institutions devraient nous permettre de nous défendre et de les punir. Rien que cette menace devrait suffire à limiter la tentation d’abuser du pouvoir.
La dictature du divertissement médiatique permanent est un frein à la diffusion de votre message…
Un frein énorme. Et comment rentrer dans le jeu des médias alors qu’on veut en changer toutes les règles ? Les défenses immunitaires des grands médias sont très efficaces pour ridiculiser, démonter, diaboliser et pire ignorer les idées qui ne rentrent pas dans le cadre. Il y aurait la solution de trouver une figure médiatique récurrente pour incarner le message, ce pourrait être très logiquement Étienne Chouard par exemple car il existe déjà médiatiquement. Mais son honnêteté intellectuelle est un handicap terrible dans le débat médiatique. Presque autant que ses idées à contre courant. Et quand bien même, que vaudront dans les esprits 10 minutes d’Étienne Chouard et ses idées nouvelles face à des contradicteurs qui auront à leur service les millions d’heures de lavage de cerveau produits et diffusés depuis 50 ans et qui trimballent tous d’une seule voix les mêmes contre-vérités.
Alors quoi ? Du happening ? Des coups médiatiques ? Avec quels moyens et à quel prix ? Je conçois que ce que je dis là semble particulièrement défaitiste mais il me semble clair que le changement de système devra prendre sa source hors du système. Il est compliqué de le concevoir autrement. Internet est une fenêtre efficace pour la diffusion d’une idée, c’est comme ça que j’ai compris, et c’est comme ça que d’autres comprendront.
Comment les internautes peuvent-t-ils vous aider ?
Très logiquement en diffusant l’adresse du site, en s’appropriant son contenu, en en faisant tout ce qu’il est possible d’en faire : sons, vidéos, images… en débattant, mais pas seulement entre vous (ou alors au début pour s’entraîner). Le message doit sortir du petit cercle des militants et des internautes et toucher le grand public, ça se fera un par un, mais si quelques convaincus se mettent à convaincre à leur tour, et ainsi de suite… Le message passera 🙂
Ah si ! J’ai une idée : corrompre les élites à mon tour. Si un gagnant à l’euromillion par exemple veut bien me filer quelques dizaines de millions d’euros, je m’en servirai pour acheter quelques élus, ministres, journalistes, éditorialistes etc. qui devront progressivement faire passer mes idées dans la sphère médiatique. C’est pas joli joli mais après tout, s’il n’y a que ça pour les convaincre… Alors, un richissime volontaire à qui j’envoie mon RIB ?
Merci à vous de votre intérêt pour Le-Message.org !
Source : http://www.tribords.com/?tirage-au-sort-democratie-reelle
Eh bien, voilà du bon travail, par un bon virus (gentil) !
Je crois que les Indignés ont besoin de cette idée centrale. L’élection est une CAGE politique. Comprendre ce qui fait la force d’une vraie démocratie (le tirage au sort comme poison contre tous les voleurs de pouvoir), c’est (enfin) s’en prendre à la porte de la cage (au lieu de tambouriner inutilement chacun sur son morceau de mur de cage) : et cette porte n’est même pas fermée à clef, il suffit de la pousser.
Étienne.

Bonjour Étienne,
Votre réflexion est très intéressante. Elle m’a déjà fait évoluer sur certains points (j’étais plutôt contre le tirage au sort, je suis maintenant favorable au tirage au sort du Sénat, même si je ne suis toujours pas aussi enthousiaste que vous). Sur d’autres points, je ne suis toujours pas d’accord avec vous. Je suis notamment contre une assemblée constituante, parce que la Constitution est trop importante pour la confier à des représentants du peuple, même tirés au sort : l’assemblée constituante, ce ne peut être que le peuple lui-même. Et l’idée de soumettre la nouvelle Constitution au référendum ne me suffit pas, car le peuple doit pouvoir donner une réponse à chaque question, et ne pas être contraint à répondre en bloc par oui ou non à une multitude de questions.
Les lignes que vous venez d’écrire illustrent nos divergences :
Vous dites « L’élection est une CAGE politique ». Non : les Suisses ont des élections, mais ils ont aussi une véritable démocratie, car les élus ne peuvent pas confisquer le pouvoir entre deux élection. En particulier : le peuple, et uniquement lui, peut modifier la Constitution. Dès qu’il y a un véritable droit de référendum d’initiative populaire, la cage est ouverte.
Vous dites « au lieu de tambouriner inutilement chacun sur son morceau de mur de cage ». Ma réaction à cette phrase est ambigüe. D’une part, vous avez raison que le problème, c’est les divisions entre les démocrates qui font qu’ils ne parviennent pas à s’unir pour pousser tous au même endroit. D’autre part, je ne trouve pas cette façon de parler très respectueuse. Premièrement, parce que les diverses revendications des démocrates sont généralement justifiées. Deuxièmement, parce que ce n’est pas le fait de tambouriner sur son morceau de mur qui constitue en soi un problème, mais le fait de ne pas s’intéresser à la porte. Donner l’impression de vouloir écarter quelqu’un du combat pour lequel il se sent destiné (laisse tomber ton morceau de mur et viens avec nous pousser la porte) ne me paraît pas être une bonne stratégie. Il vaut mieux être explicite qu’il s’agit uniquement d’ajouter une voie indirecte pour mener son propre combat. Car si c’est vraiment la porte, cela doit lui permettre de faire passer sa réforme si le peuple le veut. Troisièmement, nous ne sommes pas tous d’accord sur où se trouve la porte. De mon point de vue, la porte c’est un véritable droit de référendum d’initiative populaire qui permette de modifier la Constitution (une fois ce droit obtenu, chaque courant démocrate pourra l’utiliser pour soumettre en votation populaire les réformes qu’il préconise). Donc pour moi, remplacer l’élection par le tirage au sort, c’est le mur de la cage. Mais peut-être y a‑t-il plusieurs portes.
Vous dites « cette porte n’est même pas fermée à clef, il suffit de pousser ». C’est un peu plus compliqué que cela. Admettons un instant que le tirage au sort soit la porte de la cage, et que la majorité du peuple veuille tirer ses représentants au sort. Comment le peuple pourrait-il imposer le tirage au sort à ses élus ? Il n’y a aucun processus qui permette au peuple d’imposer sa volonté. S’il y en avait un (par exemple : le peuple décide d’organiser un référendum pour ou contre le tirage au sort), la France serait déjà une démocratie. Certes, la clé de la cage n’est pas dans la poche d’un dictateur, car si la France n’est pas une démocratie, ce n’est pas une dictature non plus. Mais la clé n’est pas non plus simplement dans les mains du peuple. Je me représente la situation de la façon suivante. Imaginez que pour libérer les électeurs de gauche il suffise d’avoir la clé pour ouvrir leur cadenas, et de même, il suffit d’avoir la clé du cadenas des électeurs de droite pour les libérer. Problème : c’est les électeurs de gauche qui ont la clé pour libérer les électeurs de droite, et c’est les électeurs de droite qui ont la clé pour libérer les électeurs de gauche. Il suffirait qu’ils échangent les clés pour se libérer, mais chacun a intérêt à ne pas libérer l’autre. C’est le dilemme du prisonnier. Concrètement, les Français n’obtiendront la démocratie que si cela devient leur critère déterminant pour choisir leurs élus, et qu’ils n’accordent à leurs intérêts partisans qu’une priorité secondaire. Formellement, le peuple dispose bien des clés, mais il y a un problème de coordination qu’il ne faut pas sous-estimer.
J’ai focalisé ce commentaire sur nos divergences, mais il y a bien sûr de nombreux points sur lesquels nous sommes d’accord (de façon générale, les divergences entre démocrates sont négligeables comparées à ce qui les séparent des antidémocrates). Ma tendance à être plus rapide à dire non que oui, c’est certainement quelque chose que je devrais changer. D’un autre côté, j’ai l’impression que les divergences doivent être véritablement discutées, si l’on veut que les démocrates puissent vraiment s’unir.
Il faut en effet un message clair, net et précis !
pour commencer il faut se poser les bonnes questions, Les bonnes questions impliquant souvent les bonnes réponses
pour ce faire on peut se mettre à plusieurs, voir des dizaines de personnes
combien de temps tiennent les internautes devant un texte ?
devant une vidéo
qu’en serait-il d’un tract concis, percutant, sur une seule page, toujours le même,
tracts à distribuer à toutes les réunions politiques, car les militants politiques sont souvent des gens de bonne foi, ceci qu’ils soient de gauche ou de droite, et leurs problèmes dans la vie courante sont les mêmes que les vôtres et les miens
peut-être la méthode de travail de James Ellroy qui, partant d’un pavé de 2000 pages et qui arrivait à le réduire à 200 pages en coupant des mots, en enlevant des phrases complètes, arrivait quand même avoir un résultat explicite et exceptionnel
Peut-être le travail d’un texte d’une quarantaine de lignes est-il plus complexe (mais plus efficace politiquement) que de couvrir des dizaines de pages pour remplir un livre
si vous voulez un coup de main je suis présent. À mon avis, il faut commencer par préparer un texte et voir à le corriger chacun de son côté, par empirisme et recoupement, on devrait y arriver
@richy.
Que pensez-vous du texte ci-dessous ? Ce texte ne parle pas de tirage au sort ni d’assemblée constituante, mais c’est la clé qui permettrait d’ouvrir la porte de la démocratie : une fois ce droit acquis, vous pourrez soumettre l’introduction du tirage au sort ou la création d’une assemblée constituante en votation populaire.
Le peuple, et uniquement le peuple, doit pouvoir modifier la Constitution
Alors que les élections présidentielles et législatives de 2012 se dérouleront dans le contexte d’une crise aigüe de confiance vis-à-vis des élites, une opportunité exceptionnelle se présente pour refonder notre démocratie. Ce progrès est souhaité par une majorité de français de tous bords et de toutes conditions. Il est d’autant plus urgent que des décisions cruciales concernant notre souveraineté seront vraisemblablement prises prochainement dans le cadre de l’Union européenne.
Quelle est la réforme la plus modeste et la plus consensuelle qui permettrait de régénérer notre démocratie ? Un droit d’initiative populaire permettant de modifier la constitution. Voici en quoi consisterait un tel droit : si une proposition de modification de la constitution est soutenue par un nombre suffisant de signatures de citoyennes et de citoyens inscrits sur les listes électorales – par exemple un million de signatures réunies en 18 mois –, alors cette proposition devra être soumise par référendum à l’ensemble des citoyens. De plus, toute modification de la Constitution – même voulue par les élus – devra obligatoirement être soumise au référendum.
C’est à nous de faire en sorte que la refondation de la démocratie devienne un thème majeur des prochaines campagnes électorales, et que les candidats en lice se prononcent clairement sur ce thème.
Cette initiative émane de citoyens indépendants des partis. Si vous l’approuvez, parlez-en autour de vous, faites circuler cet appel à vos correspondants, contactez des personnes influentes dans les partis et les médias pour promouvoir ce projet politique au sens le plus noble du terme.
Il ne faut pas perdre de vue que la démocratie en tant que régime politique n’est pas une abstraction : en ce sens qu’elle s’inscrit sur un territoire et dans une histoire. Ce n’est pas un idéal désincarné pouvant se traiter et se résoudre à coup de formules, de lois ou une constitution qui viendrait s’imposer comme une évidence ; il y a concordance entre les habitants d’un pays, leur histoire, ce qu’ils sont en train de vivre et le type de régime politique qui est le leur.
Actuellement nous sommes dans un régime permettant d’élire des représentants qui s’occupent des affaires du pays ; nous en connaissons tous les limites et souhaitons aller vers une démocratie plus proche d’une citoyenneté active, des citoyens qui exercent eux même la gouvernance.
Ce souhait ne peut pas court-circuiter la réalité sociale d’aujourd’hui et l’histoire qui l’a produite : si les citoyens sont devenus des producteurs consommateurs et ont laissé les clés de la maison à une oligarchie, c’est qu’à un moment donné la société a basculée grâce au pétrole et aux avancées technologiques vers un modèle industriel ; les limites naturelles géographiques et physiques ont explosé, nous avons pu nous libérer, nous déplacer, un seul paysan a remplacé des centaines de bras, la planète s’est couverte de circuits de communication et de grandes cités ; l’exploitation et l’asservissement des peuples possédant des ressources a nourri notre libération, notre confort, notre enrichissement… Le contrat social est devenu : la réussite, la consommation, le confort pour tous, la compétition gérée par des représentants qui deviennent bien plus des contremaîtres de l’usine de l’exploitation de la planète que des hommes politiques….
Maintenant que ce système reposant sur le paradigme de « la terre est une marchandise à exploiter » craque de partout et qu’on rentre en crise, en début de crise globale, ce paradigme se fissure, et avec lui le régime politique lui correspondant : des producteurs consommateurs confiant la clé de la maison à des représentants. Le bateau tangue et ressurgit le besoin de démocratie, de gouvernail.
Est-ce pour autant qu’on va pouvoir d’un coup, alors que des années et des années ont structuré la matière et l’esprit de nos sociétés, qu’aujourd’hui des millions de français lambda sont à des années lumière des préoccupations de ce blog, rétablir la démocratie et la citoyenneté ? Allons-nous pouvoir le faire en mettant en place le tirage au sort ? en écrivant une nouvelle constitution ? Le problème n’est-il pas plus profond ? La solution plus difficile ? La stratégie plus laborieuse, plus subtile ? Plus communicante ?
Merci « democradirect », pour ces messages intéressants.
Intéressants et pas du tout contradictoires avec ce que je dis d’habitude, me semble-t-il : je pourrais tomber d’accord avec presque toutes vos objections 😉
Quand vous soulignez que le référendum d’initiative populaire suffirait à tout changer, vous parlez à un adepte ardent et enthousiaste du RIC et nous sommes donc presque d’accord. « Presque » parce que, précisément, et c’est tout sauf un détail, JAMAIS des élus ne nous donneront le RIC (à cause de leur intérêt personnel, violemment contraire à l’intérêt général sur ce point précis).
Alors ?
Si la raison et la logique nous amènent à être certains que jamais des élus n’ouvriront eux-même la porte de notre prison politique, est-ce bien une deuxième porte que d’y rêver quand même ?
À mon avis, jamais une Assemblée constituante où règnent en maîtres les conflits d’intérêts les plus criants, jamais une telle assemblée ne nous donnera le (très indispensable) RIC.
Je pourrais donc à mon tour vous faire le reproche (très amical) de ne pas tenir compte de cette aporie, de ne pas intégrer cette difficulté insurmontable, dans votre mise en priorité du RIC.
Une autre controverse, très utile je trouve, est celle que j’ai de temps en temps avec l’irremplaçable « sitouaillain », et consiste à discuter des techniques capables de nous débarrasser des conflits d’intérêts dans le processus constituant : alors que j’ai de mon côté l’impression que le tirage au sort parmi des élus non candidats arriverait bien à ce résultat, sitouaillain, lui, prétend (et je ne m’interdis pas de le rejoindre ; il ne reste que quelques difficultés) que mille constituantes locales à travers tout le pays, fédérant leur travail pour converger vers une Constitution unique, priveraient moins le peuple de son pouvoir constituant que le tirage au sort d’une Assemblée constituante qui, c’est vrai, elle aussi, comme une Assemblée élue, priverait les humains de leur droit à participer directement à ce processus politique essentiel. Je trouve que son objection est pertinente et robuste, et elle me conduit à infléchir ma réflexion (c’est en cours 🙂 et je suis lent parce que j’ai mille chantiers différents qui me mobilisent tous les jours.)
Merci pour votre patience.
Étienne.
Que ce soit tirage au sort ou RIC ou milles constituantes je suis D’ACCORD avec vous tous.…
MAIS
Cela ne se décrète pas : c’est un rapport de force faisant intervenir numériquement un nombre important de citoyens ; sinon cela vient d’en haut imposé soit par un parti , ou par un groupe de tirés au sort éclairés .…Cela ne colle pas à la réalité sociale du moment ; cette réalité dévoile un constat à l’évidence très négatif en terme de réelle pratique de la citoyenneté par les populations.
Il y a donc un TRAVAIL de terrain de communication , d’information ‚de mobilisation des acteurs sociaux ENORME ; Internet ne suffit pas .
C’est la raison pour laquelle tout en vous donnant raison sur le fonds , je suis réticent sur la forme ; c’est la raison pour laquelle ma proposition reste la création et mise en œuvre d’un outil politique public d’éducation populaire , mettant en lien et en mouvement les acteurs autour d’une réflexion sur le constat de société : les problèmes que nous rencontrons et une réflexion prospective de projet : quelle société construire et comment . Cette mise en mouvement est concrète , part du terrain et s’intéresse directement à la résolution des problèmes ; c’est une démocratie participative en action non artificielle puisque orientée vers la résolution des problèmes ; le besoin de réfléchir à la gouvernance : comment disposer un outil politique efficace , sera aussi posé mais dans le cadre d’une réflexion globale , et non en soi ‚comme quelque chose d’abstrait , sans poser en même temps l’ensemble du constat sociétal.
@Étienne
Comment ouvrir la porte de la cage ? Les possibilités vont de la révolution (qui dépossèderait les élus de leur pouvoir et permettrait au peuple lui-même d’ouvrir directement la porte de sa cage), à l’élection d’un candidat démocrate (qui ouvrirait spontanément la porte), en passant par forcer des élus antidémocrates à ouvrir la porte de la cage. Quelle que soit la stratégie, le premier pas est de diffuser l’idée de démocratie (vos gentils virus). Mais si on veut forcer les élus, le moment de l’élection peut être particulièrement crucial (en particulier les élections de 2012 qui se dérouleront dans un contexte de fort discrédit des politiciens et à la veille de décisions cruciales sur la zone euro).
Comment forcer les élus ? On peut faire feu de tous bois. Tirer le maximum des élections (diffusion accrue des idées démocratiques, obtenir des promesses fermes et précises des candidats, vote blanc). Pressions en dehors des périodes d’élection (manifestations, etc…). Il peut d’ailleurs y avoir une synergie : les manifestations auront encore plus de poids si elles réclament la mise en œuvre d’une promesse précise non tenue.
J’ai dit qu’à mon avis il faut appuyer sur la réforme la plus modeste qui permette d’ouvrir la porte de la démocratie : le RIC limité aux modifications constitutionnelles (quand je songe aux obstacles, ils me paraissent encore plus insurmontables pour des réformes moins modestes). Vous posez la question de savoir comment obtenir ce RIC. Il est clair que les élus ne veulent pas d’un véritable RIC. Mais il ne s’en suit pas que jamais des élus ne nous donneront ce RIC. En effet, de même qu’on peut nettoyer deux mains sales en les frottant l’une contre l’autre, on peut faire émerger la démocratie de deux candidats antidémocrates en les mettant en concurrence. Comment ? Imaginez que 5% de citoyens décident qu’ils ne voteront pas pour un candidat qui ne s’est pas engagé précisément sur un véritable RIC (*), et que si le deuxième tour oppose un candidat qui s’est engagé contre un qui ne s’est pas engagé, alors ils voteront pour celui qui s’est engagé. Ces 5% peuvent faire la différence au second tour. Et les candidats seront contraints de s’engager pour le RIC s’ils sont convaincus que ces 5% voteront ainsi. Et une fois élu, il sera contraint de tenir sa promesse pour être réélu. À condition que la promesse soit très précise, de sorte que l’on puisse savoir sans l’ombre d’un doute si la promesse n’a pas été tenue, pour le cas échéant sanctionner aux élections suivantes.
Et si ça ne marche pas (aucun candidat au second tour ne prend un tel engagement) ? Alors la stratégie devient automatiquement le plan B suivant : voter blanc. Mais il ne faut pas passer directement au plan B sans avoir tenté le plan A. Et si le candidat élu s’est engagé, mais ne tient pas sa promesse ? Non réélection (la menace devrait être suffisante si elle est crédible, sinon la rendre crédible par des manifs, indignation sur internet, etc…).
(*) Pour moi, un engagement précis pour un véritable RIC, c’est par exemple : « Je m’engage à soumettre en votation populaire durant la première année de mon mandat l’introduction du droit de référendum d’initiative citoyenne suivant : si une proposition de modification de la constitution est soutenue par un million de signatures de citoyennes et de citoyens inscrits sur les listes électorales réunies en 18 mois, alors cette proposition devra obligatoirement être soumise en votation populaire. De plus, toute modification de la Constitution – même voulue par les élus – devra obligatoirement être soumise en votation populaire ». Si on veut être encore plus précis, on peut indiquer la nouvelle teneur des articles 11 et 89 de la Constitution.
Cordialement,
democradirect
« c’est la raison pour laquelle ma proposition reste la création et mise en œuvre d’un outil politique public d’éducation populaire , mettant en lien et en mouvement les acteurs autour d’une réflexion sur le constat de société : les problèmes que nous rencontrons et une réflexion prospective de projet : quelle société construire et comment . Cette mise en mouvement est concrète , part du terrain et s’intéresse directement à la résolution des problèmes ; c’est une démocratie participative en action non artificielle puisque orientée vers la résolution des problèmes ; le besoin de réfléchir à la gouvernance : comment disposer un outil politique efficace , sera aussi posé mais dans le cadre d’une réflexion globale , et non en soi ‚comme quelque chose d’abstrait , sans poser en même temps l’ensemble du constat sociétal. »
Di Girolamo, ma proposition de processus constituant par le bas, participatif, c’est pile poil dans le ton et en partant des constats de tes deux (excellents et essentiels) avertissements précédents,
L’idée c’est de « faire mouvement », quand les gens (motivés) s’assemblent, dans des assemblées locales, l’outil d’éducation populaire, il est là, j’en ai encore fait l’expérience il y a peu, dans une assemblée citoyenne sur la dette, les gens partagent ce qu’ils savent, ils « s’enseignent » les uns les autres et quand ils discutent d’avenir ou autres, ils parlent de problèmes « concrets », surtout s’ils fixent eux-même l’ »ordre du jour » et qu’il n’y a pas de « tribune »,
Parmi l’assistance,il y en aura toujours qquns qui auront été chercher l’info sur internet, dans des bouquins ou des journaux, l’info est disponible,ce qui manque,ce sont des lieux de sociabilité politique, de mise en commun des idées et des problèmes à résoudre, comme il y en avait des milliers pendant la période révolutionnaire,
J’estime en tout cas que la manière de faire aboutir, RIC, Constitution ou une réorganisation de notre système de production passe par l’investissement dans des lieux, des espaces-temps où s’incarne la dimension délibérative de la démocratie, où s’incarne la pratique participative de la citoyenneté, et son engagement dans des action constructives,
L’expansion de ce mouvement coordonné par et pour l’horizon démocratique sera la porte d’entrée, rien n’aboutira sans cela, c’est certain,
La démocratie à venir a besoin d’un socle et ce socle passe selon moi par la réunion pluraliste disséminée localement sur tout le territoire des gens déterminés à faire de ce pays une véritable démocratie, des gens qui la font vivre par de petites actions locales, et par des réflexion pour des solutions plus globales,
Ce socle fera tâche d’huile, c’est une vaste entreprise de déconditionnement collectif dont il s’agit d’accélérer l’avènement,
Il ne s’agirait donc pas de mille constituantes, mais d’un seul mouvement constituant dont les bases seront des assemblées locales qui auront le même horizon et sauront se coordonner, comme dans tout mouvement où se forment des collectifs qui se coordonnent au niveau national,
Et quand bien même on s’accorderait pour imposer le RIC ou une AC tirée au sort, il n’y a pas 36000 façon de faire pour s’organiser en « mouvement social », donc il faudra en passer par là,
Et pour moi, tant qu’à faire, il reviendrait à ces collectifs d’écrire la constitution, car la démocratie appartient à ceux qui la pratiquent, et je leur fais confiance pour bien décider,y compris en lieu et place de ceux dont la complicité ou la coupable passivité soutient l’insoutenable…
« Et pour moi, tant qu’à faire, il reviendrait à ces collectifs d’écrire la constitution, car la démocratie appartient à ceux qui la pratiquent, et je leur fais confiance pour bien décider,y compris en lieu et place de ceux dont la complicité ou la coupable passivité soutient l’insoutenable… »
Et voilà comment on reconstitue une aristocratie (les meilleurs,les démocrates actifs) aussitôt après avoir prétendu l’éradiquer. On se croirait dans la ferme aux animaux. Les bons et les mauvais, les coupables et les pratiquants…vieille antienne. Nous sommes divers et la seule façon pour faire une société apaisée est je crois d’intégrer tous les citoyens sur un mode authentiquement démocratique. Il faut attribuer un pouvoir politique (et à mon sens économique, sinon dérive en germe)identique pour chaque citoyen qu’il soit un abruti (aux yeux de certains)ou un clairvoyant (d’abord à ses propres yeux). La démocratie me semble être l’organisation de l’impossibilité d’un jugement d’aptitude politique de certains sur d’autres permettant l’exclusion de ces derniers (sauf en tant que délégués). Nous savons qu’il existe des abrutis et des génies (mais l’immense majorité est par définition dans la moyenne), mais si nous ne voulons échapper au syndrome de la ferme aux animaux, nous devons accepter que notre jugement ne peut priver qui que ce soit de ces droit tout simplement parce que ce jugement est faillible et subjectif (ce qui ne veut pas dire que ce jugement ne soit pas juste).
@ Paul à propos de son idée de corrompre les élus : Je ne crois pas que les élus soient si facilement corruptibles que ça. Bien sûr, il y en aura toujours quelques uns pour n’avoir aucun état d’âme dans leur quête d’enrichissement personnel.
Mais à mon avis, le mécanisme d’enrôlement aux services des puissants est le plus souvent plus progressif et plus subtil que ça. Au fur et à mesure qu’ils grimpent l’échelle du pouvoir, leurs représentations évoluent pour justifier leurs nouveaux choix à leurs propres yeux et leur permettre de mieux s’intégrer à leur groupe social (cf. expérience de Ash)et d’en attendre de meilleurs gratifications symboliques (dont le fric fait partie).
Je doute que la plupart des élus puissent modifier leurs représentations si rapidement ou qu’ils prennent le risque d’être désapprouvés par leur groupe social au risque d’en être exclus…
Ceux qui votent des lois comme par exemple celles suggérées par les lobbys ne sont déjà pas si loin de les trouver souhaitables. L’effort qu’ils devront faire pour s’auto-convaincre de leur bien-fondé ne devra pas être trop grand.
C’est ce mécanismes qui fait que ce ne sont pas des « corrompus nés » qui nous gouvernent mais des corrompus par l’exercice du pouvoir. À des degré divers, personne n’y échapperait…
@ Zedav,
quand je dis
« Et pour moi, tant qu’à faire, il reviendrait à ces collectifs d’écrire la constitution, car la démocratie appartient à ceux qui la pratiquent, et je leur fais confiance pour bien décider,y compris en lieu et place de ceux dont la complicité ou la coupable passivité soutient l’insoutenable… »
tu réponds
« Et voilà comment on reconstitue une aristocratie (les meilleurs,les démocrates actifs) aussitôt après avoir prétendu l’éradiquer. On se croirait dans la ferme aux animaux. Les bons et les mauvais, les coupables et les pratiquants…vieille antienne. Nous sommes divers et la seule façon pour faire une société apaisée est je crois d’intégrer tous les citoyens sur un mode authentiquement démocratique. »
je ne sais pas ce qui pour toi est un mode authentiquement démocratique pour intégrer tous les citoyens au processus constituant, mais pour moi il n’est pas question de les y obliger.
donc de fait il y en a qui ne participerons pas, et j’ai le droit de trouver ça dommage…mais c’est comme ça,
donc il n’y a pas d’autre choix que d’espérer que même ceux-là ne seront pas lésés.…rien d’ »institué » là-dedans, la ferme des animaux, c’est toi qui a voulu lire ça, je fais juste un constat, et à mon avis, si notre peuple n’avait pas baissé les bras, ça fait longtemps que le gouvernement actuel aurait du être déposé…donc, à nous de diminuer la part de ceux qui restent passifs
après, je suis entièrement d’accord avec ce que tu dis, et je n’ai jamais appelé à exclure qui que ce soit (sauf critères d’éligibilité), j’ai quand même le droit de ne pas trop attendre des moutons et des autruches qui font que le système tient, et ceux-là il y en a toujours dans toute société, sous Pétain, sous Kim Jong Il comme sous le neoliberalisme…et il faut vivre avec !
Je ne vais pas continuer sur la voix ces petits différends qui ne sont finalement que des joutes d’égo… il y a urgence ! On passe trop de temps et d’énergie à peaufiner nos modèles et nos théorisations, à se montrer comme on est beaux, intelligents, érudits… en un mot à faire les paons (et je m’inclus dans cette remarque d’autant plus que je rechute manifestement de temps à autre).
Nos beaux systèmes, nos belles considérations se dispersent sur des points secondaires à ce stade. La plupart de ceux qui circulent sur le site et le blog d’Étienne sont déjà d’accord sur l’essentiel : instaurer une vraie démocratie via une constituante tirée au sort. Pour que cela ait une chance d’advenir, il faut d’abord aider un max de gens à prendre conscience qu’ils ne sont pas DU TOUT en démocratie (« transmettre le virus ») et leur proposer des pistes (finalement pas si compliquées ni abstraites) susceptibles de leur rendre leur souveraineté politique (constituante,tirage au sort,révocabilité, mandat impératif, subsidiarité, fédération)…
Finalement,c’est ce que fait en partie Étienne dans ses conférences et ici (même s’il se disperse aussi sur des considérations secondaires à ce stade, cet homme semble ne fonctionner ni au pouvoir ni à l’argent mais à la jubilation de parcourir un chemin de vérité et à la reconnaissance).
J’essaie d’aller sur cette voie, à mon humble niveau. J’organise une soirée débat sur la base d’une conférence d’Étienne au café des Augustes de Clermont-Ferrand, le 10 mars prochain à 17 h et surtout, j’en parle partout autour de moi plus qu’aux convaincus…
« La plupart de ceux qui circulent sur le site et le blog d’Etienne sont déjà d’accord sur l’essentiel : instaurer une vraie démocratie via une constituante tirée au sort. Pour que cela ait une chance d’advenir, il faut d’abord aider un max de gens à prendre conscience qu’ils ne sont pas DU TOUT en démocratie (« transmettre le virus »)et leur proposer des pistes (finalement pas si compliquées ni abstraites)susceptibles de leur rendre leur souveraineté politique (constituante,tirage au sort,révocabilité, mandat impératif, subsidiarité, fédération)… »
J’entends bien ce que tu dis Zedav, mais, pour moi, il ne s’agit pas de querelle d’égo, justement aider un max de gens à leur faire comprendre qu’ils ne sont pas du tout en démocratie passe par comprendre soit même comment notre régime fonctionne, et il fonctionne notamment sur le mode suivant : comme la plupart pensent ceci, ils ont nécessairement raison et ont toute légitimité pour imposer leur décision…et à ce jeu-là, la proposition d’Étienne sera loin d’être gagnante..
Et, pour ma part, je ne suis pas d’accord avec cette modalité (la constituante tirée au sort), pas pour des raisons d’ego, mais pour des raisons de principes, de stratégie et de logique.
Quand je dis que je ne suis pas d’accord, cela peut aussi vouloir dire que, moyennant certaines garanties dans les procédures, je ne m’y opposerai pas… On est d’accord que ça ne peut être qu’une avancée… à condition d’avoir bien transmis le virus et qu’un malin ne tire pas au sort la constituante avant qu’on ait fait assez de boulot !
En espérant que ta soirée-débat n’attire pas que des convaincus 😉
Je ne dis pas que l’égo contrôle nos opinions (il contrôle plutôt nos affects), je dis que l’égo nous conduit à nous disperser sur des questions secondaires à l’heure où nous devrions d’abord chercher à nous mettre d’accord sur un noyau dur commun et nous battre pour lui. Le reste s’élaborera ensuite au cours du processus démocratique.
Qu’une minorité domine la majorité est un paradoxe apparent. Il est en fait plus facile à une minorité de s’unir et de se trouver des objectifs communs. Pour défendre ses intérêts,condition première de sa survie, elle est contrainte à l’excellence stratégique et opérationnelle du fait de son infériorité quantitative.
Pour ce qui est des riches, leurs privilèges exorbitants ne peuvent être maintenus que grâce au « contrôle » des représentations, par des récits qui les légitiment. Parmi ces récits, deux me paraissent essentiels, premiers et imbriqués : l’appellation de « démocratie » apposée sur les oligarchies « électives » et le mythe du mérite/libre arbitre.
Je laisse de côté la fiction du mérite/libre-arbitre parce qu’elle n’entre pas contradiction avec le souhait d’une véritable démocratie (par contre se serait probablement par la suite un des enjeux essentiels qui guiderait les choix des citoyens vers plus ou moins d’égalité économique).
Ce n’est évidemment pas le cas de l’appellation fallacieuse de démocratie : pourquoi revendiquer quelque chose que l’on a déjà ?
Nous sommes une immense majorité à subir les exactions d’une très petite minorité qui doit son pouvoir à l’alibi démocratique. Au sein de cette majorité, nous sommes une infime minorité a avoir pleinement conscience de ce leurre.
Notre seule chance est d’agir principalement sur ce point, de mettre en évidence la mystification, d’ouvrir les yeux de nos concitoyens et non de nous disperser encore sur des considérations chronologiquement secondaires.
Lorsque nous serons suffisamment nombreux à être convaincus du caractère fondamentalement pernicieux du système politique dominant et de la solution démocratique, les choses s’organiseront d’elle même par la participation, les revendications et les propositions d’un nombre croissant de citoyens.
Au risque de me répéter, je crois que c’est là qu’il nous faut jeter toute notre énergie, ensemble, pour faire cesser l’impuissance de la majorité…
@Paul : si tu gagnes une grosse somme, utilise-là plutôt à l’accroissement d’impact de ton site et à l’impression des citations sous forme de tee-shirt et d’autocollants 😉
« Lorsque nous serons suffisamment nombreux à être convaincus du caractère fondamentalement pernicieux du système politique dominant et de la solution démocratique, les choses s’organiseront d’elle même par la participation, les revendications et les propositions d’un nombre croissant de citoyens.
Au risque de me répéter, je crois que c’est là qu’il nous faut jeter toute notre énergie, ensemble, pour faire cesser l’impuissance de la majorité… »
Il y a des centaines de milliers de militants qui font ça depuis des années, avec des stratégies et des modes d’action différents,
Et les gens de ne sont pas si bêtes, nous sommes déjà « suffisamment nombreux à être convaincus du caractère fondamentalement pernicieux du système politique dominant », ultramajoritaires même, c’est la perspective qui manque à la plupart ou qui divise les autres (il y a même des royalistes!) et surtout, du point de vue de la solution démocratique, les choses ne s’organisent pas d’elles-mêmes, tu le sais très bien.
Quand je fais mon boulot de « gentil-virus », je ne dénigre pas les différentes méthodes et options politiques qui sont proposées, j’explique ce que propose Étienne par exemple, même s’il ne propose pas la manière d’y parvenir (qui tire au sort, comment on s’y prend pour faire en sorte que ça arrive,etc.), et comme il existe d’autres méthodes et qui ne sont pas toujours incompatibles, et bien j’en fais part, l’une d’entre elles est de passer par l’élection, et ça ne coûte rien d’essayer, rien que pour avoir ensuite l’accès au RIC (référendum d’initiative citoyenne) parmi les propositions sérieuses, il y a par exemple le front de gauche, EELV dommage qu’ils ne soient pas dans le FdG dont voici des extraits de programme, les deux programmes ayant été élaborés par des méthodes participatives relativement démocratiques dans des comités locaux ouverts à tous :
« Le problème est donc politique. Tout comme la noblesse de 1789 ne pouvait rompre avec l’Ancien Régime, le
capitalisme financier est incapable de sortir d’un système qui le gave de privilèges. Pour résoudre la crise, il faut
reprendre le pouvoir. Pour en finir avec l’insécurité sociale générée par le règne du profit, pour que le respect de
l’écosystème menacé par le réchauffement climatique et la destruction de la biodiversité prime sur les exigences du
court terme, pour que les lois adoptées visent à satisfaire l’intérêt général plutôt que l’avidité insatiable de quelques uns,
il faut que soient élus des dirigeants qui ne dépendent d’aucune manière de l’oligarchie financière et que le
peuple, à la faveur d’une Sixième République, exerce le pouvoir pour de bon. Il faut une révolution citoyenne.
Déjà des révolutions se développent sur plusieurs continents, en Amérique latine, dans les pays arabes… Le
leadership que se sont octroyé les États-Unis est contesté de toutes parts. Des jeunesses se lèvent, indignées. Les
bourses, les marchés financiers sont mis en cause, y compris par les « chefs d’État » qui leur ont donné tant de
pouvoirs !
Alors nous, en France, faisons aussi place au peuple. Un rendez-vous arrive qui peut en être l’occasion. Dans cette
période exceptionnelle, la présidentielle et les législatives de 2012 seront bien davantage qu’une énième échéance
électorale. Et quand le peuple tout entier sera appelé à exercer sa souveraineté et dire où il voit l’intérêt général, il
peut ouvrir le premier acte de cette révolution citoyenne.
Ce programme veut y contribuer. Non pas comme un recueil de solutions toutes faites. Nous sommes dans un de ces
moments de l’histoire où seule l’intervention directe du plus grand nombre peut réinventer l’avenir. Mais comme un
outil visant à rendre majoritaires deux convictions qui peuvent tout changer. »
Source : l’Humain d’Abord !, Introduction (http://www.placeaupeuple2012.fr/wp-content/uploads/humain_dabord.pdf)
« UN PROCESSUS CONSTITUANT, UNE ASSEMBLÉE CONSTITUANTE
Pour respecter pleinement la souveraineté populaire et poser les bases de la République démocratique et sociale que
nous voulons construire, nous engagerons un processus constituant, mettant au coeur l’engagement citoyen et le
débat public.
Une Assemblée constituante distincte de la nouvelle Assemblée nationale, ayant pour mandat de rédiger un projet de
Constitution nouvelle pour une VIe République, sera élue au suffrage universel, dès 2012. Elle sera élue à la
proportionnelle intégrale sans seuil, avec la parité. Les parlementaires en exercice ne pourront s’y présenter et les
élu(e)s de la Constituante ne pourront être candidats aux élections suivantes. Les modalités de l’élection et du débat
public seront établies après consultation des organisations sociales.
Le texte proposé sera l’aboutissement d’un grand débat public réunissant citoyens, organisations sociales et
politiques qui, sous des formes à définir (assemblées populaires, États généraux, forums citoyens, etc.), relayé par les
médias, devra permettre au peuple lui-même de s’en approprier les enjeux.
Ce projet de Constitution nouvelle, une fois voté par l’Assemblée constituante, sera soumis à référendum populaire. »
source : ibid. p.26
« LA 6e RÉPUBLIQUE
POUR LA TRANSFORMATION ÉCOLOGIQUE
DE LA SOCIÉTÉ
Face aux crises, la tentation d’un gouvernement autoritaire voire liberticide est forte. Certains sont
prêts à passer la démocratie par pertes et profits pour essayer de préserver le mode de vie des
sociétés occidentales.
La réponse des écologistes est différente. Elle consiste à refonder profondément nos institutions, à
tous les niveaux, pour affronter démocratiquement les temps qui viennent et bâtir ensemble une
nouvelle société.
La 6e République ne vise donc pas seulement à “réparer” la 5e, régime de concentration et de
confusion des pouvoirs, favorisant l’irresponsabilité et l’immunité des dirigeants, mettant à distance
les citoyens et leurs représentants.
La 6e République est d’abord un instrument essentiel de la transformation écologique de
l’économie et la société, un outil d’élaboration collectif des principes et des moyens d’un
gouvernement enfin attentif au long terme et au bien commun.
Il ne sera pas possible de faire face, avec une classe politique repliée sur elle-même et recrutée dans
des cercles restreints, avec un Président-monarque irresponsable mais concentrant l’essentiel des
pouvoirs, avec un système de prise de décision cadenassé et hostile à la délibération.
Le mode autocratique ou solitaire de gouvernement est impuissant face à la complexité des enjeux
écologiques et sociaux.
Pour répondre à ceux-ci de façon juste, responsable et efficace, il faut l’interaction d’une pluralité
d’acteurs, non la domination d’un seul ou même de quelques-uns.
Le cercle des gouvernants doit se diversifier, se “pluraliser”, se responsabiliser, faire une place réelle à la discussion.
Il faut permettre à une pluralité de points de vue de s’exprimer et de peser, permettre aux personnes
issues des couches populaires ou des groupes discriminés de la société de participer pleinement à la
définition des problèmes et à leur résolution.
Il faut que le gouvernement soit véritablement comptable de ses actions.
Enfin, il faut prendre le temps de la discussion, de l’élaboration collective des politiques publiques,
parce que les défis et les risques que nous affrontons n’ont pas de solution dans la précipitation.
C’est au prix d’une telle transformation de nos institutions et du système politique que la pression
aujourd’hui sans contrepoids des marchés et des grands groupes économiques pourra être
contrebalancée.
C’est en se transformant et en restaurant la confiance qu’il inspire aux citoyens que le système
représentatif pourra contribuer à imaginer et à favoriser un autre mode de vie, plus économe en
ressources, plus égal socialement, tourné vers le futur et non pas seulement vers le profit à court
terme ou la consommation débridée. »
Source : Programme EELV : vivre mieux vers la société écologique (http://eelv.fr/wp-content/uploads/2011/12/Projet_EELV_OK_adopte_dec2011.pdf)
Si EELV et le FDG prenaient réellement au sérieux la réforme de la gouvernance,et la nécessité de la réappropriation de la démocratie par les citoyens ,
s’ils pensaient réellement que cela est urgent et fondamental ,
que c’est la clé du changement …
Comment se fait il que sur ce point là ‚ils ne s’unissent pas entre eux et avec d’autres composantes politiques ou civiles , pour faire des propositions en ce sens et les imposer aux candidats ? Cela d’autant plus que ni EELV ni FDG ne sont en position de « prendre » le pouvoir , expression significative montrant son ignorance du pouvoir démocratique qui n’est pas un objet à prendre mais justement une pratique à faire vivre ensemble.
« Comment se fait il que sur ce point là ‚ils ne s’unissent pas entre eux et avec d’autres composantes politiques ou civiles , pour faire des propositions en ce sens et les imposer aux candidats »
Pourquoi ? parce que justement, la stratégie du FdG est de se mettre en position de rendre le pouvoir au peuple, tu dis qu’ils ne sont pas en position, certes, enfin surtout parce que le système médiatique prend soin de décrédibiliser toute initiative susceptible de renverser un grande partie du système, mais une telle période peut aider les citoyens à comprendre où est leur intérêt, et, je déplore que dans ces conditions EELV a choisi de s’allier au PS, pour avoir des sièges aux législatives, pour survivre et porter leur voix à l’oreille de sourds…enfin pour les militants j’imagine que ça passe mal…démocratie et écologie, les deux vont ensemble.
De toute façon, il y a beaucoup d’écologie politique dans le programme du FdG et je déplore comme toi que les Verts ne soient pas dans ce front, car il ne s’agit pas d’influencer les candidats du système (le PS ne veut même pas d’un referendum sur le nucléaire!), il s’agit d’offrir aux citoyens une alternative…à eux d’ouvrir les yeux…
Ça fait des années qu’on essaie de s’unir parce qu’on voit bien qu’en dehors des élections, nous sommes tous ensemble…donc quand il y a des élections, c’est aux citoyens de sanctionner les stratégies d’isolation groupusculaire ou de compromission avec les démophobes.…et, sans être dupes de ce qu’est la farce électorale actuelle, de considérer qu’il y a parti et parti,candidat et candidat…sinon, on fait le jeu du système et de son côté obscur…enfin c’est mon avis 😉
Bien amicalement
Oui mais il y a toujours des points qui peuvent à juste titre diviser ; et les gommer n’est pas la bonne méthode !
Non le seul point qui puisse faire l’unité des différences , et cela vaut pour tous les partis démocrates (en connais tu ? ) ‚c’est d’instaurer une gouvernance permettant à toutes les différences d’exister, de s’exprimer , s’affronter, SE MEDIATISER. Bref de faire pouvoir ensemble .
Mais cela ni les Verts ni le FDG ni le PS ni les autres partis n’en veulent parce que c’est leur condamnation en tant que compétiteur représentant du peuple comme ils disent ; c’est en fait le seul point qu’ils refusent d’examiner .
Ils sont incapables de se mettre d’accord sur ce principe simple qui s’imposerait s’ils le faisaient et disent : oui je suis d’accord ! mais on verra cela APRES ‚quand on sera en position . C’est un gros mensonge. Les partis sont bien plus attachés à eux mêmes qu’à la démocratie. Et le blocage démocratique ce sont les partis ; ce sont eux et non pas sarkosy qui n’est là que de passage qui bloquent le processus démocratique : nos partis qui nous représentent . J’en fais l’amère et réelle expérience vécue avec la région Rhône Alpes où tous les conseillers régionaux , FDG et EELV y compris sont paralysés et n’osent pas dénoncer les agissements d’un multi carte du PS au pouvoir de fait bien établi : ils font corps et se tiennent par les coudes : j’ai réussi un truc formidable : le consensus négatif et minable mais consensus quand même d’une corporation.
ok, Di Girolamo,
je connais des partis démocratiques (la FASE, les Alternatifs, la décroissance, la FA et Alternative Libertaire par exemple), et c’est aux citoyens qui s’engagent de refuser des passages en forces de directions de partis, et cela se voit de moins en moins à gauche.
dans les partis du système, ils sont capables d’avaler des couleuvres et de rassembler à l’UMP ou au PS des gens qui ont des points de vue politiques très différents, car ils sont capables de mettre de côté leurs convictions,ce qui les intéresse, le pouvoir pour le pouvoir, les relie. Et du point de vue des militants, je connais par exemple des gens qui sont aller au PS pour le transformer de l’intérieur…peine perdue !
dans les autres partis, ce qui intéresse les gens, ce sont des options politiques,des convictions, des visions du monde, et on s’y divise aussi sur des stratégies (cf exemple du ),
quand tu dis : « Les partis sont bien plus attachés à eux mêmes qu’à la démocratie. Et le blocage démocratique ce sont les partis »,
c’est vrai en général, mais pas toujours et surtout, le problème vient du fait qu’un parti n’est jamais qu’une faction, on ne peut pas y appliquer le même raisonnement que pour un pays, le fonctionnement démocratique d’un parti n’empêchera jamais ceux qui ne sont pas d’accord de quitter le parti, c’est plus difficile de quitter son pays…
chacun sa lecture de la réalité mais le problème est que la réalité est multiple, on peut se rejoindre sur le diagnostic de la fausse démocratie, il n’empêche que, à institutions constantes, les conséquences de l’accession au pouvoir d’untel ou d’untel ne sont pas les mêmes, l’histoire de Rome montre que le sort de la plèbe n’était pas le même sous Néron que sous Tibère.
Je dis cela parce que l’option qui consiste à passer par les urnes, nécessite de s’organiser en partis, l’option révolutionnaire insurrectionnelle elle-même nécessite de s’organiser, il ne faut donc pas confondre, ce ne sont pas vraiment les partis qui bloquent la démocratie, ceci n’est que très partiellement vrai, c’est avant tout le système politique actuel qui oblige à construire des partis,
et aujourd’hui, c’est par une alliance des partis que le peuple peut faire irruption par des bulletins de vote contre le système et obtenir des changements institutionnels profonds,
et, s’il se trompe ou se disperse encore dans son choix électoral, c’est grâce au savoir-faire organisationnel des militants syndicaux, associatifs et des partis de gauche que le peuple pourra obtenir que les oligarques ne détruisent pas complètement leurs acquis sociaux, voire obtenir de nouveaux droits.
comme toute organisation, les partis se sclérosent, se figent au cours du temps, mais c’est grâce au renouvellement générationnel ou à leur remplacement par d’autres partis plus en phase avec les idées neuves que la lutte permanente pour la démocratie réelle se ressource, que de nouvelles pratiques et une nouvelle éducation politique se propagent (par exemple l’idée d’autogestion suite à mai 68).
bref, si j’ai le même souhait que toi sur la nécessaire mise en forme du débat pour permettre de résoudre les contradictions qui traversent la société et avancer tous ensemble au sein d’une Nation, je n’en garde pas moins en ligne de mire que pour que ceci advienne, il reste encore du chemin à parcourir,
ceci me pousse donc dans la contradiction suivante : je vais voter pour une alliance de partis, alors même que j’aspire à une forme de démocratie qui rendrait caduque l’utilisation des partis comme écuries pour porter au pouvoir des représentants, une forme de démocratie qui ne reposerait pas sur un certains poids donné par les électeurs à une option politique cristallisée dans un parti et devant négocier avec les autres partis (enfin ce n’est même pas ça la 5ème république, le parti majoritaire peut passer en force). Bref je voterais et comme à chaque fois je cherche rationnellement ceux qui sont les plus susceptibles de rendre le pouvoir au peuple et les plus tournés vers le bien commun, et qui, bien sûr, le système étant ce qu’il est et les gens étant la plupart en attente qu’on fasse les choses à leur place, proposent plus que le simple établissement d’une vraie démocratie, séduction des foules oblige… (exemple : http://www.jean-luc-melenchon.fr/2012/01/28/intervention-devant-france-nature-environnement/ pour ceux qui ont un quart d’heure à perdre, avec les audiences à france nature environnement)
recension :
la démocratie. Histoire d’une idéologie
de Luciano Canfora, Paris, Seuil, 2006,
collection « Faire l’Europe », 484 p.
http://www.erudit.org/revue/ps/2006/v25/n2‑3/015935ar.pdf
« En premier lieu, il est question de la démocratie athénienne et de son usage
en tant que référence et miroir par les modernes. Loin de notre expérience, le
terme démocratie (dêmokratia) fut « forgé par les classes élevées pour désigner
l’“excès de pouvoir” (kratos) des non-possédants (dêmos) lorsque – justement
– est en vigueur un pouvoir “démocratique” » (p. 48). La citoyenneté
y était limitée à ceux qui pouvaient exercer la fonction de guerrier et qui, de
la sorte, acquéraient le droit de participer aux assemblées ; par ailleurs, pour
pouvoir être guerrier, ils devaient être en mesure de s’armer eux-mêmes, donc
d’être propriétaires (sans compter la nécessité d’être nés de deux parents athéniens).
Si la participation aux assemblées s’est parfois ouverte à de plus grandes
parties de la population, les membres des classes supérieures restèrent ceux qui
étaient les stratèges, les dirigeants militaires, les administrateurs du Trésor et
qui occupaient les véritables lieux du pouvoir. Il ne s’agit donc aucunement
à Athènes d’un gouvernement du peuple ; au contraire, parmi les riches et les
nobles, ceux qui acceptaient le système démocratique (où les non-possédants
représentent la plus grande force) sont ceux qui mènent, qui dirigent et se
laissent diriger, toujours dans une certaine mesure. Ces démocrates acceptent
le système, qui est perpétuellement menacé par ceux qui le refusent et qui se
regroupent secrètement : les oligarques (« les peu nombreux »). »