Analyse des réflexions de Monsieur Beitone sur la prétendue rumeur d’extrême droite à propos de la loi de 1973

30/12/2011 | 259 commentaires

Un pro­fes­seur de Mar­seille, un cer­tain Mon­sieur Bei­tone, vient d’é­crire un article dans Le Monde qui dénonce « une rumeur d’ex­trême droite » incri­mi­nant la loi « Pom­pi­dou-Roth­schild » de 1973 dans la crise de la dette publique.

Déci­dé­ment, l’a­na­thème « fas­ciste » et ses déri­vés est une arme bien com­mode, et bien rodée, pour contrer la cri­tique radi­cale de la créa­tion moné­taire pri­vée. Mani­fes­te­ment, cette calom­nie va res­ser­vir dans les mois qui viennent. À se deman­der s’il n’y a pas un code secret entre les com­plices du racket, un code dans lequel « extrême droite » signi­fie­rait en réa­li­té « ayant com­pris et dénon­çant l’es­cro­que­rie moné­taire des familles de ban­quiers pri­vés ». Ça expli­que­rait bien des malentendus.

L’ar­ticle, inti­tu­lé « La rumeur et l’ex­trême droite : La “loi Pom­pi­dou, Gis­card, Roth­schild” votée en 1973 empê­che­rait l’É­tat de battre mon­naie », se trouve là :
http://​www​.lemonde​.fr/​i​d​e​e​s​/​a​r​t​i​c​l​e​/​2​0​1​1​/​1​2​/​2​9​/​l​a​-​l​o​i​-​p​o​m​p​i​d​o​u​-​g​i​s​c​a​r​d​-​r​o​t​h​s​c​h​i​l​d​-​v​o​t​e​e​-​e​n​-​1​9​7​3​-​e​m​p​e​c​h​e​r​a​i​t​-​l​-​e​t​a​t​-​d​e​-​b​a​t​t​r​e​-​m​o​n​n​a​i​e​_​1​6​2​3​2​9​9​_​3​2​3​2​.​h​tml

Je trouve qu’il ne vaut pas grand chose, mais j’ai pris une dizaine d’heures pour le démon­trer, point par point.

J’ai pré­sen­té la contro­verse dans un tableau à deux colonnes, pour bien mettre face à face chaque idée en présence.

Le docu­ment (l’ar­ticle et ma réponse point par point) se trouve là :

Ana­lyse des réflexions de Mon­sieur Bei­tone sur la pré­ten­due rumeur d’ex­trême droite à pro­pos de la loi de 1973

https://​old​.chouard​.org/​E​u​r​o​p​e​/​A​n​a​l​y​s​e​_​d​e​s​_​r​e​f​l​e​x​i​o​n​s​_​d​_​A​l​a​i​n​_​B​e​i​t​o​n​e​_​s​u​r​_​l​a​_​d​e​n​o​n​c​i​a​t​i​o​n​_​d​e​_​l​a​_​l​o​i​_​d​e​_​1​9​7​3​.​pdf

Je regrette un peu mon ton encore aga­cé dans cette réponse (bien que j’aie beau­coup adou­ci cette réponse, et que j’en aie reti­ré toutes les répar­ties trop vives), mais c’est tel­le­ment vexant de se faire trai­ter de fas­ciste que ça énerve un peu, quand même. Le gars qui écrit un article pareil peut s’at­tendre à une cer­taine… mau­vaise humeur.

On pour­ra ajou­ter dans les com­men­taires ci-des­sous des argu­ments sup­plé­men­taires, d’un côté comme de l’autre.

Au plai­sir de vous lire.

Étienne.

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Étienne

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259 Commentaires

  1. Claude Bourrinet

    Je pré­fé­re­rais me faire trai­ter de Che­mise noire que de « démo­crate », sur­tout quand on sait que non seule­ment, l’é­ti­quette ne cor­res­pond plus à rien, mais aus­si qu’elle prend de plus en plus la conno­ta­tion de pour­ri, de ven­du et de cynique. Que les son­dages d’une popu­la­tion apa­thique, mani­pu­lée et sidé­rée n’in­duisent pas ces maîtres du monde mar­chand en erreur de pers­pec­tive. Les gens répondent selon ce que les médias leur ordonnent. Dans le fond, la popu­la­tion n’é­prouve qu’un pro­fond mépris pour ceux qui nous gou­vernent, et qui n’ont comme seule légi­ti­mi­té que des élec­tions far­cesques, pipées, ritua­li­sées et gro­tesques. Tout cela n’est qu’une vaste plai­san­te­rie, pour la gale­rie et pour enfu­mer les peuples. Alors, les dénon­cia­teurs de « fas­cistes », fermez-la !

    Réponse
  2. Nadine Bompart

    Bra­vo !!! Beau travail !!!

    « le Monde » , « LE » jour­nal de réfé­rence, si sérieux, si indé­pen­dant.… si gor­gé de « pen­sée unique »…

    La mode de mettre dans le même sac l’ex­trême droite et l’ex­trême gauche n’a pas fini de faire des ravages.… Tel­le­ment facile, n’est-ce pas, de regrou­per les « extrêmes » dans une sorte d’é­pou­van­tail glo­ba­li­sant et outran­cier… Sur­tout n’é­cou­tez pas, braves gens, entre Pino­chet et Sta­line, la Peste est à vos portes !!!!

    Le pire dans tout ça, c’est que les gens le croient.….

    Réponse
  3. Mario

    Ces gens ne roulent que pour eux même.
    La farce démo­cra­tique est morte sous nos yeux.

    Ils ne veulent pas perdre leurs prébendes.

    Comme pour le 11 sep­tembre ‚l’in­sulte est leur seule arme.

    Fac­siste, conspirationiste…

    Jamais de preuves,jamais de débats.
    Dra­pés dans leur mau­vaise foi crasse, ils insultent tout ce qui réfléchit.

    Les médias aux ordres ne sont plus que des chiens de garde.

    Cela prouve à quel point ce monde est en état de putré­fac­tion avancée.

    Celui qui dit la véri­té sera exécuté…

    Voyez-vous mon­sieur Chouard, quand mon grand père est mort, j’ai retrou­vé un plein coffre de jour­naux datant de 1939–1946. Au jour le jour, on peut y lire l’i­gno­mi­nie « journalistique ».
    Nous sommes désor­mais dans l’i­den­tique de ces années.
    Si tant est que ces « jour­na­listes » n’ont jamais été autre chose que les paillas­sons du pou­voir en place.

    Cou­rage à vous et mer­ci pour votre combat .

    Réponse
  4. Brice

    Juste après la lec­ture de ce papier sur Le Monde, j’ai vou­lu vous rendre visite pour voir si cela vous avait fait réagir.

    Bin­go !

    Je suis tout aus­si déran­gé de cette pro­pen­sion à user de l’an­ti­sé­mi­tisme à toute les sauces pour délé­gi­ti­mer toute réflexion contraire a la doxa libé­rale dominante.

    Par contre, cela prouve à quel point ce dis­cours cri­tique – celui que vous tenez, avec plus de brio que Marine Le Pen – se trouve tou­jours relé­gué aux deux pôles extrêmes des idéo­lo­gies poli­tiques, alors qu’il devrait se trou­ver au centre des échanges démo­cra­tiques… C’est désespérant…

    Bien à vous, en tout cas, et que l’an­née s’achève !

    Réponse
  5. Romain

    Bon­jour,

    Trai­ter son oppo­sant d’an­ti­sé­mite, de fas­ciste ou de nazi a tou­jours été une dérive facile et cou­rante du débat d’idée.

    À cours d’ar­gu­ments, on en arrive tou­jours à cet extrême.

    Ça a d’ailleurs un nom dans les dis­cu­tions sur les forums inter­net, le « Point de God­win » = point de non retour du débat.

    http://​fr​.wiki​pe​dia​.org/​w​i​k​i​/​L​o​i​_​d​e​_​G​o​d​win

    On peut donc en conclure que notre détrac­teur est à cours d’ar­gu­ments valables pour défendre son point de vue.

    Il faut donc conti­nuer à se faire entendre.

    Bon cou­rage et féli­ci­ta­tions pour le tra­vail que vous faites, il y a encore peu je croyais être tout seul à dénon­cer cette loi imbécile.

    Réponse
  6. Liior

    Ma réponse sur le blog d’o­ri­gine de l’article :

    Je suis tout sim­ple­ment hal­lu­ci­né par cet article qui est d’une mau­vaise foi sans bornes.

    Pour com­men­cer, cer­tains citoyens n’ont pas du tout atten­du la crise de la dette pour par­ler de la loi de 1973. Ils en ont par­lé bien avant 2009 et le début de la débâcle des dettes sou­ve­raines euro­péennes. Donc effec­ti­ve­ment, nous dire que l’abrogation de cette loi n’est pas une solu­tion à la crise de la dette, mer­ci, on le savait, puisqu’on en par­ler alors même que cette crise de la dette n’existait pas encore. Per­sonne n’évoque cette loi pour RÉGLER la crise de la dette, a la limite, on évoque cette loi pour EXPLIQUER LES ORIGINES.

    Ensuite, vous sup­po­sez que puisqu’on parle de Roth­schild, on est for­cé­ment anti-sémite, or :

    1) Quand on parle de Roth­schild, on parle de lui, de la famille et de la puis­sance, pas des juifs en géné­ral, qui sont comme tout le monde (riches ou pauvres, sym­pa­thiques ou méchants, ni plus ni moins que dans les autres com­mu­nau­tés reli­gieuses). C’est vous qui assi­mi­lez Roth­schild à tous les Juifs, et donc vous nous met­tez sur le dos un anti­sé­mi­tisme auquel on n’avait pas pensé.

    2) Quand on parle de Roth­schild, c’est la dynas­tie de ban­quiers qui est visée, encore une fois, et non pas les Juifs en tant qu’entité (si le mec s’était appe­lé Dupont, vous nous auriez trai­té d’ “anti-fran­cisme” ?

    D’autres parts, vous expli­quez très bien que cette loi a été abro­gée en 1994 pour pou­voir être redé­fi­nie dans le cadre du trai­té de Maas­tricht (article 104), et main­te­nant article 123 du TFUE (Trai­té modi­fié après l’adoption du trai­té de Lis­bonne). Et vous faites mine de croire que les adver­saires de la loi de 1973 ne sont pas au cou­rant ? Alors que ceux-ci savent très bien que désor­mais cette loi est mon­tée au niveau Euro­péen et qu’il sera sur­ement impos­sible de la modi­fier au sein des trai­tés, tant l’Allemagne ain­si que d’autres Etats y tiennent.

    Vous nous expli­quez que cette loi n’a rien à voir avec la mon­tée du taux d’endettement de la France, pour­quoi pas, mais à ce moment là il fau­dra argu­men­ter plus pré­ci­sé­ment et nous expli­quer com­ment une dette payée avec inté­rêts serait aus­si indo­lore qu’une dette payée sans inté­rêts. Je rap­pelle au lec­teur que pour une obli­ga­tion de 1000€ à 2,5% sur 15 ans, on doit rem­bour­ser aux mar­chés finan­cier l’équivalent de 1375€, là où aupa­ra­vant on aurait rem­bour­sé 1150€ (avec un taux de 1%). J’aimerai beau­coup que vous m’expliquiez (et je ne suis pas iro­nique, j’aimerai VRAIMENT) com­ment l’endettement de la France peut être le même avec ou sans la loi de 1973 alors même que pour un simple emprunt de 1000€, je suis endet­té à hau­teur de 375€ avec 2.5% et seule­ment de 150€ avec 1%. Si vous cal­cu­lez bien, on a bien un ren­ché­ris­se­ment des inté­rêts dus de plus du double (on passe de 150€ à rendre à la Banque Cen­trale, à 375€ à rendre aux “riches”).

    Vous nous expli­quez avec sim­pli­ci­té qu’en fait, le pro­blème n’est pas la loi de 1973, mais les poli­tiques de rigueur au lieu de poli­tiques de relance de la crois­sance. Sur ce point je suis entiè­re­ment d’accord : Le pro­blème n’est pas tant notre endet­te­ment, que notre capa­ci­té à créer les richesses néces­saires pour rem­bour­ser cet endet­te­ment. Vous nous dites, à rai­son, qu’il faut sti­mu­ler la crois­sance, mais vous ne dites pas que sans l’emprunt à la banque cen­trale, non seule­ment cette relance de la crois­sance se fera à des taux éle­vés (puisque la crise est déjà com­men­cée, on subit les taux que les mar­chés veulent bien accor­der), mais qu’en plus elle ne suf­fi­ra donc pas à payer les inté­rêts que l’on devra rembourser.

    Vous nous dites donc que la loi de 1973 n’a rien à voir dans le fait de relan­cer la crois­sance. Or tout le monde a bien com­pris qu’entre emprun­ter à 1% à la BC, et emprun­ter à 3,5, voir 4,5% en émet­tant des obli­ga­tions sur le mar­ché, le prix à payer sera dif­fé­rent, du simple au double. Et c’est ce frein à l’endettement qui nous empêche aujourd’hui de vrai­ment inves­tir massivement.

    Enfin, vous nous dites qu’en par­lant de 1973, on passe sous silence Maas­tricht. Or lorsque l’on parle de Maas­tricht ou Lis­bonne, on nous dit qu’on passe sous silence la loi de 1973. En d’autres termes, le fait de par­ler de Maas­tricht et de Lis­bonne, c’est très très bien et ça ins­truit les gens, mais quand on veux expli­quer la RACINE du pro­blème en France, il est en effet bon de par­ler de 1973, car on ne sau­rait expli­quer aux gens que cela ne fait que depuis Maas­tricht que la France s’est empê­cher d’emprunter à la Banque Cen­trale, ce qui est incom­plet ou tout sim­ple­ment faux. D’où la néces­si­té de par­ler de la loi de 1973.

    Tout le monde sait donc qu’il faut chan­ger les trai­tés, et tout le monde sait, au moins incons­ciem­ment, que les trai­tés ne seront pas chan­gés en ce sens.

    Per­sonne, je dis bien per­sonne, par­mi les gens sérieux qui parlent de la loi de 1973 n’explique qu’il faut se ser­vir de la créa­tion moné­taire pour des dépenses sociales ou de fonc­tion­ne­ment. Tout le monde sait que la créa­tion moné­taire doit être uti­li­sées pour des inves­tis­se­ments de fond et d’infrastructure qui crée­ront du dyna­misme éco­no­mique, de l’activité, du tra­vail, et donc de la croissance.

    Par contre, ce qui est beau­coup dénon­cé, c’est le fait que cette loi, nous obli­geant à ache­ter notre mon­naie sur les mar­chés, implique des inté­rêts à payer (aujourd’hui le 2ème poste de dépense qui mange tout l’impôt sur les reve­nus des Fran­çais). Ce qui est donc vou­lu, ce n’est pas CRÉER DE LA MONNAIE pour le social, ce qui est vou­lu c’est l’arrêt du rem­bour­se­ment d’intérêts, et donc la sau­ve­garde de l’impôt sur le reve­nu pour aller là où on en a vrai­ment besoin (social etc.).

    Vous avez donc très mal (ou très bien) écrit votre article pour que les gens :

    1) Se disent que par­ler de la loi de 1973 est anti­sé­mite et fasciste ;

    2) Que ca ne change stric­te­ment rien d’emprunter à la banque cen­trale ou sur les marchés ;

    3) Que les débiles qui parlent de ça en parlent pour finan­cer le social alors que tout le monde sait qu’il ne faut pas ;

    En espé­rant une réponse de votre part,

    Je vous prie d’agréer mes cor­diales salutations.

    Réponse
  7. jb5175

    Bon­jour et mer­ci Étienne !

    Il est bon que ce tra­vail d’a­na­lyse et de réponse étayée soit fait. Cela nous sert à tous !

    L’é­tape sui­vante arrive… patience ! Nous agis­sons dans l’ombre, mais bien­tôt arrive la fin du tun­nel : pour la pré­si­den­tielle, nous serons repré­sen­tés pour des chan­ge­ments radi­caux, véri­ta­ble­ment démo­crates et sur­tout apai­sants ! Mer­ci encore et à très bientôt

    JB

    Réponse
  8. max

    La perle de l’ar­ticle original :

    « Curieu­se­ment, la dénon­cia­tion de la « loi de 1973 » fait aus­si flo­rès au sein de la gauche radicale. »

    Évi­dem­ment, voi­là qui contre­dit l’axiome de départ « dénon­cia­teur de la loi 1973 = fasciste/antisémite ».

    Mais plu­tôt que de remettre en cause cet axiome, appe­lons-donc le réel « curieux », c’est moins fatiguant.

    Quel talent.

    Réponse
  9. Simon

    Mer­ci, j’ai bien rigo­lé. Sur­tout la vanne sur Dia­foi­rus, et le vir­tuose de l’euphémisme. 😀

    Bonne réponse sinon.

    Réponse
  10. SimonLambert

    Le type du Monde n’a même pas par­lé d’in­fla­tion, nor­ma­le­ment c’est l’ar­gu­ment clas­sique (et faux) qui est uti­li­sé par les imbé­ciles comme JF Copé ou Zemmour.

    Réponse
  11. contrelabienpensance

    N’ayez crainte sur le ton par­fois offen­sif de votre réplique point par point, c’est tout à fait natu­rel quand on a affaire à des indi­vi­dus habi­tués à vou­loir vous faire prendre à toutes forces des ves­sies pour des lan­ternes : on abroge une loi mais on la réin­tro­duit qua­si­ment mot pour mot, voire amplifiée !

    Bien à vous.

    Réponse
  12. K.Gibi

    Bra­vo Etienne, votre argu­men­taire est par­fai­te­ment beitoné !

    Réponse
  13. RST

    Mer­ci à Étienne pour ce démon­tage en règle.

    On devrait voter une loi décla­rant Étienne Chouard d’u­ti­li­té publique 😉

    Il y a juste un point qu’il fau­drait peut-être pré­ci­ser, c’est le cas  » des avances auprès de la Banque de France dans le cadre d’une conven­tion approu­vée par le par­le­ment. » Il semble me sou­ve­nir avoir lu quelque part qu’il y a effec­ti­ve­ment quelque chose comme ça dans la fameuse loi mais qui est de toute manière inap­pli­cable en pra­tique. De toute manière, c’est un détail, la réa­li­té est bien que l’État ne peut plus emprun­ter à la Banque de France.

    En fait, ce texte est tel­le­ment mau­vais que la seule vraie ques­tion qui me semble per­ti­nente est de savoir pour qui roule le connard (je crois qu’ar­ri­vés où nous en sommes, il faut appe­ler les choses par leur nom) qui l’a écrit ? Quelles sont ses réelles moti­va­tions der­rière cette ten­ta­tive minable d’enfumage ?

    Réponse
  14. Similaire

    http://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​R​_​I​B​r​w​0​Z​x28

    Rien qu’à sa gueule (sans faire de délit de faciès) on voit qu’il ne porte pas de couilles… Mais peut-être a t‑il des enfants j’ai­me­rais bien savoir com­ment il se com­porte avec.

    On dirait qu’il sort d’une mater­nelle et que si on lui souffle des­sus il va bien­tôt pleu­rer. Je me demande com­bien il touche pour sa pige à l’imMonde

    Réponse
  15. Étienne

    Mer­ci Simi­laire, pour ce lien vidéo.

    Mais je vous trouve bien sévère : il dit aus­si des choses intel­li­gentes, cet homme-là. 
    On dirait que, intel­lec­tuel­le­ment, il pour­rait peut-être débattre, sur la por­tée de son article 
    (que je consi­dère comme une lamen­table calom­nie, mais pas for­cé­ment défi­ni­tive ni intangible). 

    Étienne.

    Réponse
  16. Christophe jacques

    On croit rêver, Mr Bei­tone aurait mieux fait d’al­ler dans les calanques de Mar­seille au lieu de se ridi­cu­li­ser sur la loi de 73 en omet­tant de par­lé de l’ar­ticle 104 du trai­té de Maas­tricht et de l’ar­ticle 123 du trai­té de Lis­bonne. Ajou­tez à cela, l’an­ti­sé­mi­tisme com­plo­tiste de ceux qui en font men­tion est d’une bas­sesse sans nom.

    Bref c’est d’un ridicule.

    Réponse
  17. Yoni

    Cher Étienne,

    Juste une ques­tion : avez-vous sol­li­ci­té un droit de réponse même si vous n’êtes pas direc­te­ment mis en cause de cet article. Ce serait à mon avis un acte poli­tique fort.

    CDT

    YB

    Réponse
  18. Di Girolamo

    ça pro­gresse : il n’y pas si long­temps cette ques­tion n’é­tait JAMAIS abor­dé dans les médias.… Nous aurions été éton­né (posi­ti­ve­ment) de voir Étienne pas­ser un article sur le Monde à pro­pos de la créa­tion moné­taire. Mais, après tout…qui sait ? Peut être pour­rais-tu, Étienne, le pro­po­ser à la rédaction ?

    Une chose récon­for­tante, c’est que, même si sou­vent nous pou­vons avoir l’im­pres­sion de pié­ti­ner sur le net, petit à petit les bonnes idées pro­gressent… Qu’en soit remer­cié ceux qui les font pro­gres­ser à tra­vers leurs blogues et leurs écrits. Je pense par exemple à AJ Holbecq.

    Réponse
  19. ®om

    Mer­ci, superbe réponse à la tri­bune d’A­lain Beitone.

    Juste pour pré­ci­ser, il ne s’a­git pas d’un « article du Monde », Le Monde pro­pose juste un espace où tout le monde peut pos­ter sa tri­bune (un lien « pro­po­sez votre contri­bu­tion » en bas).

    Étienne, peut-être pour­rais-tu pro­po­ser ta réponse pour qu’elle soit publiée là-bas ?

    Réponse
  20. Cédric

    Déso­lé de jouer le nazi de la grammaire 😉

    Mais, parce que ça m’a heur­té, je dois indi­qué qu’il est incor­rect d’écrire :

    « mal­gré que j’aie beau­coup adou­ci cette réponse »

    Réponse
  21. Le Général De Gaulle

    Cher Étienne Chouard mer­ci de vous être mouillé à répondre à ce tas d’im­bé­cil­li­tés au ser­vice d’in­té­rêts privés.

    Les accu­sa­tions « fas­cistes » « anti­sé­mites » et autres joyeu­se­tés arrivent lors­qu’on touche du doigt l’o­ri­gine du pro­blème, c’est en géné­ral fait pour que les esprits couards (et non pas chouards) se détournent de réflé­chir sur le but de cette loi 1973.

    Conti­nuez votre brillant et auda­cieux travail.

    Réponse
  22. Le Général De Gaulle

    Par contre j’ai sur­sau­té sur la seule erreur fatale et dévas­ta­trice à la fin de votre expo­sé lorsque vous écri­vez « (mal­gré que j’aie beau­coup adouci…) ».

    On dit « bien que » et jamais « mal­gré que ».

    Mais je vous par­donne bien sur car sur le fond votre ana­lyse est irré­pro­chable (sauf pour « le monde » pour qui vous êtes un sym­pa­thi­sant du pro­jet Hit­le­rien ce qui est ridi­cule et dont l’ex­cès les marque de ridi­cule et du manque de sérieux dont cette gazette avait la répu­ta­tion autrefois)

    [OK, mer­ci Géné­ral 🙂 Je vais cor­ri­ger. ÉC]

    Réponse
  23. RST

    J’ai sur­vo­lé très très rapi­de­ment le texte com­plet don­né par Étienne en 16. J’ai dû me bou­cher le nez tel­le­ment ça pue. Ce type désho­nore la pro­fes­sion d’en­sei­gnant. C’est grave qu’il puisse s’a­dres­ser à des élèves. Le pro­cé­dé uti­li­sé est hon­teux, fait d’a­mal­games plus indignes les uns des autres, de rac­cour­cis faciles et d’at­taques sur les per­sonnes (à tra­vers des remarques tota­le­ment dépla­cées et des juge­ments de valeur) qui n’ont stric­te­ment rien à voir avec le débat. Ça pue la médi­sance, la volon­té de dis­cré­di­ter et de nuire. C’est tout sim­ple­ment répugnant.

    Il y a peut-être au fond de tout ça des argu­ments qui méri­te­raient d’être dis­cu­tés mais per­son­nel­le­ment, je n’ai pas le cou­rage d’al­ler creu­ser la merde pour les ressortir.

    Réponse
  24. Joel

    Bon­jour,
    J’a­vais lu l’ar­ticle dans Le Monde et était res­té dubi­ta­tif. Néan­moins, je suis assez déçu par votre ana­lyse. Qui manque à mon avis de connais­sances, et aus­si de hauteur.

    Il est indé­niable que ban­quiers, chefs d’en­tre­prises et poli­tiques s’en­tendent au quo­ti­dien depuis tou­jours pour la prise de décision.
    Il est indé­niable qu’ils agissent pour leurs propres inté­rêts et contre l’in­té­rêt général.
    Ces deux véri­tés se suf­fisent à elles-mêmes. Conten­tez-vous de les mar­te­lez et d’ap­pe­ler à une nou­velle forme de démo­cra­tie.
    C’est ce que vous avez de plus pro­duc­tif à faire.

    Vous éga­rer dans des expli­ca­tions de la crise par le com­plot, qui sup­pose que l’homme de pou­voir est capable de rai­son­ner à (très) long terme — ce qui va à l’en­contre de vos pro­pos de manière géné­rale — est une erreur stra­té­gique dans votre démarche. Vous y per­dez en cré­di­bi­li­té et faites ain­si s’é­loi­gner le réveil géné­ral du peuple que vous sem­blez appe­ler, a prio­ri avec sin­cé­ri­té, de vos vœux.

    Cor­dia­le­ment.

    Réponse
  25. LECHEVALIER

    Étienne,

    Je suis béat d’ad­mi­ra­tion pour ton tra­vail de démon­tage minutieux.

    J’ap­prouve tes pro­pos et l’i­ro­nie qui les persille.

    J’a­jou­te­rai seule­ment un mot, au double titre d’a­gré­gé d’E­co et de mili­tant gaul­liste (ins­crit à l’U­DR en 1976 ‑ap. JC..-, juste APRÈS la triste défaite de Chaban :

    A/ Dire qu’une idée est d’ex­trême droite pour la dis­cré­di­ter est au plus bas du che­mi­ne­ment intel­lec­tuel. Ce n’est pas un rai­son­ne­ment, mais, au mieux, un appel au RÉFLEXE, de Pavlov ;

    B/ Si Marine le Pen dit qu’il fait plus froid en hiver qu’en été, elle a rai­son. Point ;

    C/ Si DLR, le FN, Mélen­chon, dénoncent la Loi de 1973, quitte à ne pas citer son épi­gone de Maas­tricht, ils en ont le DROIT démo­cra­tique. Et, par­mi ces mou­ve­ments, je crains qu’il s’en trouve qui ne soient pas de droite.

    D/ Au reste : et alors, d’ailleurs ?? (Cf : point B)

    Ami­tiés,

    Ch. L.

    Réponse
  26. THR

    Je suis tom­bé sur votre blog grâce à un lien pos­té en com­men­taire au-des­sous de l’ar­ticle du Monde.

    Je vous remer­cie pour cette réponse qui allie humour et professionnalisme.

    Ce Mon­sieur BELTONE risque de mou­rir de honte… à moins qu’il ne réponde point par point à votre réponse (on peut rêver non ?)

    Encore bra­vo et merci.

    Réponse
  27. Aless

    C’est n’im­porte quoi, cet article. Son auteur fait preuve d’une mal­hon­nê­te­té intel­lec­tuelle évi­dente. Un enfant pour­rait com­prendre la dif­fé­rence entre emprun­ter à du 4% (et selon les pro­phé­ties auto réa­li­sa­trices des mar­chés de spé­cu­la­tion, se réveiller le len­de­main avec un taux à du 6% et plu­sieurs mil­liards à rem­bour­ser en plus) et emprun­ter à un taux fixe qua­si-nul. Ces der­niers mois, on a prê­té à plu­sieurs banques pri­vées à des taux très avan­ta­geux (1%) alors que para­doxa­le­ment on ne veut se hasar­der à prê­ter aux États aux mêmes taux ? Il suf­fit de faire preuve d’un mini­mum de bon sens, d’au­tant plus que de nom­breuses banques pri­vées sont impli­quées dans la dette de cer­tains États… Cher­chez l’er­reur… Tout semble rap­pe­ler le krash de 1929, les mêmes acteurs sont pré­sents (Gold­man Sachs entre autres). La loi de 1973 a pié­ti­né la sou­ve­rai­ne­té du peuple en rédui­sant les dif­fé­rents états en « colo­nies ». C’est tout sim­ple­ment de « l’es­cla­vage moderne de masse », ne vous y trom­pez pas. Et bien des hommes s’al­lient à cette farce pour tirer leur épingle du jeu… Les huma­nistes, eux, pleurent en silence devant tant de bêtise et de cor­rup­tion. Mais je conserve la cer­ti­tude que cela ces­se­ra un jour, c’est juste la manière dont ça va se pro­duire qui m’in­quiète… Si cette manière de pen­ser (cohé­rente, j’ose croire) fait de moi un extré­miste, alors je le suis et je suis fier de l’être.

    Réponse
  28. Patrick

    Excellent ! Avec beau­coup d’hu­mour et de talent vous démo­lis­sez les pseu­do-argu­ments de ce guignol.

    Votre réponse, d’une lim­pi­di­té par­faite, per­met à des gens, dont je suis, ne connais­sant rien à l’é­co­no­mie, d’ap­pré­hen­der des réa­li­tés qui ne sont pas divul­guées par nos « élites ».

    Mer­ci Mon­sieur de four­nir aux citoyens des élé­ments leur per­met­tant d’y voir plus clair pour qu’ain­si, cha­cun puisse prendre ses res­pon­sa­bi­li­tés et voter en connais­sance de cause.

    Réponse
  29. Jean-Baptiste B

    Mer­ci à Nadine Bom­part de m’a­voir devan­cé (et aus­si pour son com­men­taire très élo­gieux à l’é­gard de mon blog, un des tout pre­miers, et dont je ne me sou­viens plus sur quel blog il fut pos­té). Je me per­mets sim­ple­ment d’a­jou­ter ceci :

    Mon Billet Une conspi­ra­tion ? résu­mant pour­quoi il ne s’a­git pas d’une conspi­ra­tion mal­gré tous les réseaux qui s’af­fairent à cet état de fait. Voir éga­le­ment La genèse des Sha­doks.

    Le contre-argu­ment des prêts à taux zéro de la Banque de France ne repré­sen­tant qu’une mino­ri­té des dettes de l’É­tat est éga­le­ment facile à démon­ter : ce qui compte, c’est l’ef­fet psy­cho­lo­gique de savoir si l’É­tat peut ou non faire faillite, les bons du Tré­sor sont néces­saires à la banque cen­trale pour influer sur les taux d’in­té­rêts, et pour cela seule­ment : ni pour finan­cer l’É­tat, ni pour que les banques com­mer­ciales décident de prê­ter.

    La socié­té que nos imbé­ciles de tech­no­crates incom­pé­tents et de ban­quiers à la défor­ma­tion pro­fes­sion­nelle mons­trueuse n’a aucune chance de fonc­tion­ner parce que le Mar­ché n’a pas la per­fec­tion néces­saire pour ne fonc­tion­ner qu’à cré­dit : la finance s’en­ferre dans une machine de Pon­zi car elle ne veut pas faire faillite (faillite que son sys­tème impose fré­quem­ment aux autres, en revanche).

    Tant qu’il n’y a plus aucun actif sûr « parce que tout doit être payé jus­qu’au der­nier cen­time », alors tout n’est que mon­tages finan­ciers foi­reux à la mer­ci des aléas de la vie réelle. Seule la sou­ve­rai­ne­té moné­taire, dont les prêts à taux zéro de la banque cen­trale et à la demande sont une forme assez pure, peut redon­ner une assise à une éco­no­mie monétarisée.

    Réponse
  30. Claude ROCHET

    Bra­vo Etienne d’a­voir mou­ché ce cuistre !

    Quand on apprend qu’il est « for­ma­teur en IUFM », on com­prend tout de suite d’où lui vient cette touche de com­mis­saire politique.

    Et se réfé­rer à Daniel Cohen, le sala­rié de la Banque Lazard, bap­ti­sé par Mar­tine Aubry le « meilleur éco­no­miste de France » !

    Passe un bon réveillon, avec la satis­fac­tion du devoir accompli.

    Bises à toute la famille.

    CR

    Réponse
  31. Étienne

    Je reviens sur un docu­ment signa­lé ce matin : 

    Je vous conseille de prendre la peine de lire aus­si ce document :

    « LA RUMEUR DE 73 »

    https://​docs​.google​.com/​v​i​e​w​e​r​?​a​=​v​&​p​i​d​=​e​x​p​l​o​r​e​r​&​c​h​r​o​m​e​=​t​r​u​e​&​s​r​c​i​d​=​1​f​n​i​G​j​x​3​a​9​V​g​t​A​S​E​r​9​e​0​p​e​O​r​y​H​m​g​w​B​K​9​W​Z​0​w​C​k​t​K​R​8​U​H​6​c​H​Y​Q​p​o​L​N​r​R​d​9​s​r​I​O​&​h​l​=​e​n​_US

    C’est un docu­ment plus com­plet (du même auteur A Bei­tone), qui a sans doute ser­vi à pro­duire le (mau­vais) résu­mé dans Le Monde.

    Docu­ment plus riche en mau­vais pro­cès (pour tout ce qui concerne la calom­nieuse machine à salir), mais aus­si plus riche en idées utiles, il faut le recon­naître : j’ai trou­vé là quelques idées de réformes ori­gi­na­le­ment dites et sur­tout une info qui va peut-être nous conduire tous (si nous sommes ouverts) à pro­gres­ser : la date de mise en place de la pre­mière pince de la tenaille de la dette n’est peut-être pas 1973, mais… 1936 ? C’est à creu­ser ; je trouve ça intéressant.

    Peut-être serait-il utile, effec­ti­ve­ment, d’or­ga­ni­ser un débat ? À Marseille ? 
    Mais seule­ment si on pro­met de ne pas s’ac­cu­ser des pires pen­sées cachées 😉

    Bonne lec­ture.

    Étienne.

    Réponse
  32. Étienne

    Mer­ci Nadine (avec retard, pardon).

    Je repro­duis un extrait de votre lien :

    Voi­ci un très bon article par l’économiste Michael Hud­son publié dans le pres­ti­gieux Frank­fur­ter All­ge­meine Zei­tung du 6 décembre 2011 et dont voi­ci la tra­duc­tion fran­çaise par Contre Info.

    Il met le doigt là sur le fond du pro­blème, c’est-à-dire la sou­ve­rai­ne­té moné­taire (la pure créa­tion de mon­naie), et je ne résiste pas au triomphe de vous citer le para­graphe dont Contre Info a mis la pre­mière phrase en exergue :

    « Si l’euro éclate, c’est en rai­son de l’obligation faite aux Etats de payer les ban­quiers avec de l’argent qui doit être emprun­té plu­tôt que créé par leur propres banques cen­trales. Contrai­re­ment aux États-Unis et à la Grande-Bre­tagne qui peuvent créer du cré­dit sur les cla­viers d’ordinateur de la banque cen­trale afin d’éviter la réces­sion ou l’insolvabilité, la Consti­tu­tion alle­mande et le trai­té de Lis­bonne empêchent la banque cen­trale de pro­cé­der ainsi. »

    Réponse
  33. FREDDY

    Mr Étienne Chouard l’a bien redit a de nom­breuses reprises , cette Loi de 1973 a été prise a une autre époque , a la fin des 30 glo­rieuses ou a la veille du 1er choc pétro­lier , donc dans une éco­no­mie qui sem­blait pro­mise a une crois­sance éternelle .

    Pom­pi­dou , peut-être affai­bli par la mala­die, s’est lais­sé entrai­ner sur la voie de la perte de sou­ve­rai­ne­té (moné­taire pour com­men­cer !) par des groupes d’in­fluence qui voyaient bien la leurs inté­rêts finan­ciers pour les années a ave­nir (sous l’ar­gu­ment appa­rem­ment sérieux de plus grande rigueur dans la ges­tion des finances publiques et d’une meilleure allo­ca­tion des res­sources moné­taires dans le pays , notam­ment en péna­li­sant l’État dans le cout de sa res­source par rap­port au sec­teur privé)..

    CDG n’au­rait évi­dem­ment jamais per­mis cela.

    PS : quant la la tech­nique de la dia­bo­li­sa­tion poli­tique , elle est vieille comme le com­mu­nisme : « tout ce qui n’est pas com­mu­niste est fas­ciste  » répé­taient en boucle déjà les plus Sta­li­niens de la « grande URSS » !

    Réponse
  34. Jean-Baptiste B

    À noter, cher Étienne, que la Fed se recrée la sou­ve­rai­ne­té moné­taire en douce (seconde par­tie du billet) : ce que les finan­ciers refusent au Tré­sor, ils le donnent à la banque cen­trale, comme si sa ges­tion était plus légi­time ou plus cou­ron­née de succès !

    Contrai­re­ment à Michael Hud­son, je ne suis pas sûr que ce soit la banque cen­trale, Fed ou Bank of England, qui crée la mon­naie chez ces pays. Je pense que c’est encore les Tré­sors publics. Mais les finan­ciers, via les ban­quiers cen­traux entre autre, ont tel­le­ment obs­cur­ci le pro­ces­sus de créa­tion moné­taire (qui était déjà tri­tu­rée par cette contrainte idiote de l’é­ta­lon-or et dont nous ne nous sommes pas débar­ras­sés de tout le super­flu) que, par­ti­cu­liè­re­ment dans la zone euro, il n’est plus pos­sible de dis­tin­guer clai­re­ment où la mon­naie com­mence et où elle finit, encore moins qui décide de son mon­tant et de son allo­ca­tion, ni s’il y a encore une sou­ve­rai­ne­té moné­taire quelque part dans le circuit.

    Réponse
  35. turandot

    Bon­soir Étienne, ou bonjour,

    Un lien , qui va t’in­té­res­ser , je pense :

    « Pour dis­cré­di­ter ceux qui cherchent les vrais moyens de sor­tir de la crise, trai­tez-les d’antisémites ! », par SUPERNO :
    http://​www​.super​no​.com/​b​l​o​g​/​2​0​1​1​/​1​2​/​p​o​u​r​-​d​i​s​c​r​e​d​i​t​e​r​-​c​e​u​x​-​q​u​i​-​c​h​e​r​c​h​e​n​t​-​l​e​s​-​v​r​a​i​s​-​m​o​y​e​n​s​-​d​e​-​s​o​r​t​i​r​-​d​e​-​l​a​-​c​r​i​s​e​-​t​r​a​i​t​e​z​-​l​e​s​-​d​a​n​t​i​s​e​m​i​t​es/

    Quand Bei­tone affirme que « La France est bien pas­sée d’un finan­ce­ment de la dette publique très lar­ge­ment admi­nis­tré dans le cadre du “cir­cuit du Tré­sor”, à un finan­ce­ment par le mar­ché. », il fau­drait qu’il nous démontre que la dette de 1973 a impli­qué cette infa­mie, de com­bien était cette dette ? Nous faire croire qu’on est pas­sé d’un finan­ce­ment public à un finan­ce­ment pri­vé («  à moindre coût  ») de cette  » dette », ferait pas­ser ces traitres pour des bienfaiteurs .

    J’es­père que « le Monde  » qui a per­mis ces pro­pos va publier ta réponse (excel­lente ).
    Passe un bon réveillon… Tu as, nous avons du bou­lot tous ensemble…

    Réponse
  36. A-J Holbecq

    Comme je suis par­fois cité en ce qui concerne l’o­ri­gine de l’in­for­ma­tion concer­nant cette loi de 1973, je vou­drais rendre à César…

    Je n’ai pas « décou­vert » cette loi de 1973 : j’ai cité pour la pre­mière fois cette date et ses consé­quences en 2001 dans « Un regard citoyen sur l’é­co­no­mie » (p.196), dans un cha­pitre co écrit avec Jan­pier Dutrieux, mais je n’a­vais pas le texte de loi à l’é­poque ; je savais seule­ment que la BdF ne pou­vait plus finan­cer l’E­tat depuis 1973.

    C’est en février 2007 que je crois avoir don­né pour la pre­mière fois les extraits et les liens (et la pho­to­co­pie du Jour­nal Offi­ciel) dans le site « faux mon­nayeurs » http://​www​.faux​mon​nayeurs​.org/​a​r​t​i​c​l​e​s​.​p​h​p​?​l​n​g​=​f​r​&​p​g=4 . Je pense me sou­ve­nir que c’est par l’in­ter­mé­diaire de « Chô­mage et mon­naie » que je les ai obte­nus et par la même occa­sion décou­vert qu’ils (Grand­jean et Galand) en avaient par­lé bien avant moi. Je pense que s’il faut une ori­gine à ce débat, ils sont les mieux placés.

    En 2004 / 2005 j’a­vais néan­moins por­té dans dif­fé­rents articles de fortes cri­tiques sur le risque de consti­tu­tion­na­li­sa­tion de l’ar­ticle 104 de Maas­tricht et Étienne m’a­vait heu­reu­se­ment sou­te­nu sur ce point

    Bien sur ensuite (après 2007) j’ai, avec Phi­lippe Derud­der et bien d’autres, lar­ge­ment insis­té sur son exis­tence dont les consé­quences ont été gra­vées dans le cal­caire des trai­tés depuis Maas­tricht et qui est à l’o­ri­gine de la loi ban­caire fran­çaise actuelle (1994 et la suite) et de l’ar­ticle 123 de Lisbonne.

    Il ne me semble pas avoir jamais uti­li­sé l’ex­pres­sion « loi Pom­pi­dou Roth­schild » mais plu­tôt celle de  » loi Pom­pi­dou Gis­card » même si j’ai par­fois signa­lé que Pom­pi­dou fut un fon­dé de pou­voir chez Rothchild .

    Bonne année à tous

    Réponse
  37. guillaume

    Bon­jour,

    Je crois que Shel­don Wolin et sa théo­rie du « tota­li­ta­risme inver­sé » per­met­trait à mon­sieur Bei­tone de com­prendre qui sont les véri­tables fachos, bien au delà de l’an­ti­sé­mi­tisme, les puristes de la misanthropie.

    Réponse
  38. TOM

    bon­jour Étienne,

    oui, une ren­contre à Mar­seille serait une belle oppor­tu­ni­té pour débattre et avan­cer tous ensemble…peut-être la deuxième quin­zaine de janvier ?

    Tho­mas

    Réponse
  39. Florence

    http://​www​.alexan​drea​ni​zy​.com/​a​r​t​i​c​l​e​-​l​a​-​c​r​e​a​t​i​o​n​-​d​e​-​m​o​n​n​a​i​e​-​d​o​i​t​-​r​e​d​e​v​e​n​i​r​-​u​n​e​-​f​o​n​c​t​i​o​n​-​r​e​g​a​l​i​e​n​n​e​-​9​5​8​2​7​2​7​9​.​h​tml

    Espé­rant que les conver­gences se pour­suivent… et non que le « modèle » de la réserve fédé­rale amé­ri­caine ne soit appli­qué en Europe.

    « La créa­tion de mon­naie doit rede­ve­nir une fonc­tion régalienne

    L’é­co­no­miste autri­chien Joseph Schum­pe­ter a écrit que le ban­quier est l’é­phore de l’é­co­no­mie capi­ta­liste, autre­ment dit le régu­la­teur du sys­tème. C’est pour­quoi cette fonc­tion-clé ne peut être stric­te­ment pri­vée, au risque de voir une caste cupide acca­pa­rer une part tou­jours crois­sante de la richesse pro­duite. (…) »

    Réponse
  40. Di Girolamo

    J’ai bien peur que « la fonc­tion réga­lienne » ne cor­res­ponde plus à grand chose et que le mal soit bien plus pro­fond que la monnaie.

    J’ai vision­né hier un repor­tage sur les peuples nomades du Tchad : je me sens beau­coup plus proche d’eux que de ce que nous sommes deve­nus. Et là il n’est pas ques­tion de monnaie .
    J’ai omis de dire que le repor­tage était de Nico­las Hulot parce que je sais qu’une des carac­té­ris­tiques du blo­gueur est de tirer sur tout ce qui bouge pour se rehaus­ser en pre­nant appui sur le sol boueux qui nous sert de che­min ( pas trop sur ce blog il faut heu­reu­se­ment le reconnaître).
    Bonne fin d’an­née à tous , par­ti­cu­liè­re­ment au maître des lieux .

    Réponse
  41. petite quenelle

    Quelques ajouts :

    Nous obte­nons donc d’une part le cumul des inté­rêts « payés » (courbe en tirets mauves) pour un total d’environ 1340 mil­liards d’euros depuis 1980, et d’autre part, en les dédui­sant chaque année de la dette consta­tée (courbe noire), l’estimation de l’évolution de la dette cal­cu­lée sans inté­rêts (courbe rouge), dette qui, s’il n’y avait pas eu ces inté­rêts à finan­cer par de nou­veaux emprunts, serait sans doute infé­rieure à celle de 1979, de l’ordre de 9% du PIB actuel :

    extrait de cet article, à lire absolument :
    « Un billet impor­tant de André-Jacques Hol­becq sur la dette publique », par Jean Gadrey :

    http://​alter​na​tives​-eco​no​miques​.fr/​b​l​o​g​s​/​g​a​d​r​e​y​/​2​0​1​0​/​1​1​/​2​8​/​u​n​-​b​i​l​l​e​t​-​i​m​p​o​r​t​a​n​t​-​d​e​-​a​n​d​r​e​-​j​a​c​q​u​e​s​-​h​o​l​b​e​c​q​-​s​u​r​-​l​a​-​d​e​t​t​e​-​p​u​b​l​i​q​ue/

    ou encore :

     »Les soldes pri­maires (sans inté­rêts) des bud­gets des Admi­nis­tra­tions publiques sont sen­si­ble­ment en équi­libre moyen sur la période 1980 – 2008.

    - Les défi­cits presque sys­té­ma­tiques des bud­gets des Admi­nis­tra­tions publiques sont dus aux inté­rêts qu’il a fal­lu payer et qui repré­sentent main­te­nant le second poste bud­gé­taire après l’enseignement.

    - Fin 1979, la dette, déjà injus­ti­fiable, était de 243 Md€ (21% du PIB) ; Fin 2010, la dette s’établit à 1591 Md€, 82% du PIB !

    - Entre fin 1979 et fin 2010 la dette a aug­men­té de 1348 Md€

    - Nous avons, sur cette période, payé 1 408 Md€ pour les seuls inté­rêts : 125 mil­lions par jour en moyenne, 5 mil­lions par heure ! »

    de cet article : http://​www​.ago​ra​vox​.fr/​a​c​t​u​a​l​i​t​e​s​/​e​c​o​n​o​m​i​e​/​a​r​t​i​c​l​e​/​s​o​l​d​e​s​-​p​r​i​m​a​i​r​e​s​-​d​e​s​-​b​u​d​g​e​t​s​-​1​0​3​444

    et tou­jours :

     »Donc, ce n’est pas la faute des gou­ver­ne­ments, puisqu’on les a pous­sés à emprunter ?

    Sauf que ce sont leurs choix fis­caux qui les ont conduits à se mettre dans la main des plus riches. Dans “Les dettes illé­gi­times”, Fran­çois Ches­nais montre bien com­ment, en France, les ultra­riches ont béné­fi­cié d’une baisse de leurs impôts qui leur per­met de prê­ter à l’État les res­sources dont il s’est lui-même pri­vé. Sans oublier l’auto-interdiction pour l’État de fabri­quer de la mon­naie, éta­blie par la loi Pom­pi­dou dès 1973, mais ren­due idéo­lo­gi­que­ment for­mi­dable par le mythe sup­plé­men­taire d’une Banque cen­trale euro­péenne à Franc­fort, sup­po­sée être hors de por­tée de l’État fran­çais. Chaque année, les Fran­çais se voient ain­si ponc­tion­ner, à tra­vers la TVA et les impôts directs, 250 mil­liards d’euros, dont près de 50 mil­liards d’intérêts, qui vont à des gens qui ont déjà trop d’argent. Les deux tiers sont d’ailleurs étran­gers, parce que la fête est mon­diale, les riches Fran­çais pou­vant en contre­par­tie se gaver de la sou­mis­sion des États et des peuples. Voi­là ce que cache le dis­cours alar­miste et mora­li­sa­teur sur l’endettement abys­sal, la faillite du pays et la néces­si­té de sau­ver le triple A. Der­rière l’apparente logique libé­rale du sys­tème, l’État devient une machine à ran­çon­ner les popu­la­tions au béné­fice des plus riches. »

    extrait de cet article :
    http://www.les-crises.fr/todd‑1/

    et puis­qu’on par­lait de Mau­rice Allais :

    http://​www​.les​-crises​.fr/​l​e​-​t​e​s​t​a​m​e​n​t​-​d​e​-​m​a​u​r​i​c​e​-​a​l​l​a​is/

    Et enfin :

     » Repre­nons en détail votre réponse

    Vous me prê­tez des pro­pos que je n’ai pas tenus en écri­vant « vous sem­blez pen­ser qu’une dette du Tré­sor public envers la Banque de France ne serait pas décomp­tée comme fai­sant par­tie de la dette de l’ad­mi­nis­tra­tion publique. »

    Mon pro­pos ne porte pas sur le capi­tal, mais sur les inté­rêts et je n’ai pas pen­sé qu’une dette du Tré­sor public envers la Banque de France ne serait pas – néces­sai­re­ment – décomp­tée comme fai­sant par­tie de la dette de l’ad­mi­nis­tra­tion publique.. . mais c’est aus­si, lorsque néces­saire, un moyen comme un autre d’émission moné­taire au fur et à mesure des besoins induits par la croissance.

    Vous écri­vez éga­le­ment : « : il s’a­gis­sait à l’é­poque de consti­tuer un véri­table mar­ché des titres à court, moyen et long terme, »

    J’ai effec­ti­ve­ment bien com­pris cette posi­tion. Au lieu de faire finan­cer les besoins des col­lec­ti­vi­tés publiques (le cas échéant en fai­sant la dif­fé­rence entre besoins finan­ciers de fonc­tion­ne­ment et besoins d’investissements) par une aug­men­ta­tion de la fis­ca­li­té ou un prêt de la Banque Cen­trale, on s’adresse au pri­vé et la col­lec­ti­vi­té paye donc des inté­rêts à ces prê­teurs. Et tant pis si le paye­ment par l’Etat des inté­rêts, s’il avait été au béné­fice de la Banque Cen­trale, aurait per­mis de béné­fi­cier in fine de prêts sans inté­rêt : comme je le disais dans la réponse pré­cé­dente, c’est plus de 1100 mil­liards d’euros en 25 ans que la col­lec­ti­vi­té aurait éco­no­mi­sé si ces inté­rêts lui avaient été restitués.

    Vous me répon­dez d’autre part « Ce que vous sup­po­sez consiste à dire qu’on aurait pu rem­pla­cer un endet­te­ment visible et struc­tu­ré par une simple émis­sion monétaire. »

    Que le prêt au Tré­sor Public soit direct par la Banque Cen­trale ou non, car issu de cré­dits (demande de mon­naie ) par les banques com­mer­ciales, il y a bien une émis­sion moné­taire équi­va­lente cor­res­pon­dante à l’origine.

    On aurait pu (plus pré­ci­sé­ment, « vous auriez pu »), pour éco­no­mi­ser le paye­ment d’intérêts, rem­pla­cer un « endet­te­ment visible et struc­tu­ré » auprès des déten­teurs de capi­taux, par un « endet­te­ment visible et struc­tu­ré » auprès de la banque de France, quitte à enca­drer les règles d’émission, par exemple au seuls besoins de finan­ce­ment des inves­tis­se­ments, en conser­vant le finan­ce­ment du fonc­tion­ne­ment de l’Etat et des col­lec­ti­vi­tés (y com­pris, si on veut, les amor­tis­se­ments) par les recettes fiscales.

    Vous auriez pu aus­si, lorsque vous avez pris les habits de Pré­sident, faire modi­fier cet article 25 de la loi du 3 jan­vier 1973 que vous aviez signée et qui inter­di­sait au Tré­sor public d’être pré­sen­ta­teur de ses propres effets à l’escompte de la Banque de France. Un cal­cul simple montre bien que, sans le poids des inté­rêts sur la dette publique, les soldes des bud­gets seraient res­tés posi­tifs pen­dant toute la période 1980–2005, sauf pour les années 1992 à 1996 et 2002 à 2005, au lieu d’être négatifs.

    Quand à l’inflation des années 50, je déduis des don­nées de « défla­tion par l’in­dice géné­ral des prix à la consom­ma­tion » de l’INSEE que :

    - l’inflation entre 1950 et 1959 à sui­vi annuel­le­ment les taux sui­vants 9,4 / 16,4 / 12,3 / ‑1,7 / 0,0 / 0,9 / 4,5 / 2,8 / 15,1 / 6,9

    - l’inflation entre 1960 et 1972 à sui­vi annuel­le­ment les taux sui­vants, très « rai­son­nables » 3,2 / 3,3 / 4,8 / 4,8 / 3,4 / 2,5 / 2,7 / 2,7 / 4,5 / 6,4 / 5,2 / 5,7 / 6,2 /

    Je remarque éga­le­ment qu’à par­tir de 1973, ces taux aug­mentent rapi­de­ment (près de 14% en 1974) et res­tent au des­sus de 8% jusqu’en 1984 … oh, je sais, la « pre­mière crise pétro­lière… » … Je ne crois donc pas que votre jus­ti­fi­ca­tion « Mais ce serait ouvrir les bras au retour à l’in­fla­tion des années 1950 » soit la bonne.

    Avec mes salu­ta­tions distinguées »

    Réponse de A‑J Hol­becq à Pom­pi­dou directement.
    Une bonne petite que­nelle à ce jour sans réponse.
    Tiré du blog de Pompidou :
    http://​vge​-europe​.eu/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​p​o​s​t​/​2​0​0​8​/​0​7​/​2​5​/​R​e​p​o​n​s​e​-​d​e​-​V​G​E​#​c​o​m​m​e​nts
    (com­men­taire numé­ro 2)

    De quoi argu­men­ter un chouïa contre le pauvre article du jour­nal Le Monde …

    Réponse
  42. petite quenelle

    AH mais je n’a­vais pas fait atten­tion, mon idole de mon post pré­cé­dent c’est jus­te­ment expri­mé au dessus.

    Spé­ciale dédi­cace donc Mr Holbecq;)
    (effec­ti­ve­ment je vous ai un peu beau­coup cité ^^ )

    Réponse
  43. Anonyme

    D’ac­cord d’ac­cord, le vilain trai­té de Maas­tricht ( qui a rem­pla­cé la loi de 1973 ) est donc res­pon­sable des énormes dettes euro­péennes. Pour­quoi alors cer­tains pays éga­le­ment signa­taires de ce trai­té s’en sortent mieux que la France ? Pour­quoi cer­tains pays, comme la Suède, arrivent à faire dimi­nuer leur dette publique alors qu’il leur est inter­dit à eux aus­si d’emprunter auprès de banques publiques, et qu’ils conti­nuent donc à payer des intérêts ?

    Com­ment expli­quez-vous éga­le­ment que le taux des inté­rêts que doit payer un pays soit pro­por­tion­nel à son défi­cit public ? Je croyais qu’ils étaient pro­por­tion­nels à la méchan­ce­té des banques pri­vées, d’a­près vous ?

    Réponse
  44. Étienne
  45. Claude Bourrinet

    Cédric (22) : la conjonc­tion « mal­gré que » sui­vie du sub­jonc­tif, est certes peu fré­quente, mais on ne peut pas dire qu’elle soit incor­recte. Elle est archaï­sante, peut-être, de ce fait, un peu affec­tée, et était usi­tée fré­quem­ment au XVIIe siècle.

    Réponse
  46. Étienne

    Mer­ci, Claude 🙂

    http://www.cnrtl.fr/lexicographie/malgr%E9 ?

    II.− Mal­gré que, loc.

    A.− Vx et lit­tér. Mal­gré que + pron. pers. suj. + avoir (au subj.). Contre (mon/ton. etc.) gré ; à contre-cœur. 
    Une verve et une caus­ti­ci­té qui fai­saient rire ma grand’­mère elle-même, mal­gré qu’elle en eût (Sand, Hist. vie, t. 2, 1855, p. 254). 
    Lau­don devi­nait, mal­gré qu’il en eût, une nature effi­cace s’a­gi­tant dans ce per­son­nage si dif­fé­rent de lui (Gobi­neau, Pléiades, 1874, p. 126) :

    Il faut bien que je vous aime, mal­gré que j’en aie, car, depuis que vous m’a­vez quit­tée, je ne sais ce que j’ai.
    Méri­mée, Car­men, 1847, p. 48.

    B.− Mal­gré que, loc. conj. [Marque la conces­sion ; loc. consi­dé­rée comme incer­taine par les puristes, même sui­vie du subj.; se ren­contre except. avec l’ind. dans l’u­sage oral] Synon. de bien que, encore que, quoique.

    1. [Avec le subj.] Tu m’as fait sen­tir que, mal­gré que l’homme n’ait pas conser­vé dans son cœur la pure­té et le cou­rage, les anges eux-mêmes recherchent encore son alliance (Saint-Mar­tin, Homme désir, 1790, p. 114). Et je pense à la ville (…) Mal­gré que la bêtise et l’in­trigue hâtive N’y souffrent pas non plus qu’on rêve et qu’on Écrive (Cros, Cof­fret san­tal, 1873, p. 73) :

    Il a fait beau et clair, même il fai­sait déjà presque chaud, mal­gré qu’à ces hau­teurs les mati­nées ordi­nai­re­ment soient assez fraîches.
    Ramuz, Gde peur, 1926, p. 49.

    2. [Avec l’ind.] Par­ler des jeunes gens qui t’ont sui­vi en 1830 et por­té en triomphe, mal­gré que tu répon­dais à leurs cris de « Vive la Charte » par ceux de « Vive le Roi » (Mme de Cha­teau­br., Mém. et lettres, 1847, p. 186). 
    Quand j’les ai vus atti­gés, je me suis levé − mal­gré qu’on m’gueu­lait : « Couche-toi ! » (Bar­busse, Feu, 1916, p. 38) :

    … quand elle était par­tie, mal­gré que je lui pro­met­tais tou­jours d’être rai­son­nable, je tom­bais dans un si morne déses­poir que, chaque fois, on crai­gnait pour ma santé.
    G. Leroux, Par­fum, 1908, p. 16.

    Rem.
    1. Ac. 1835–1935, Lit­tré et les gram­mai­riens puristes n’ac­ceptent mal­gré que que dans l’emploi II A, qui n’est pas un emploi conj. mais où mal­gré est un sub­st. com­pl. de j’en aie et que le pron. rel. La gra­phie cor­res­pon­dant à cet emploi serait d’ailleurs plu­tôt mal gré. Cf. sur ce point la rem. de Le Gal 1932 : „Cer­tains font remar­quer qu’on devrait écrire mal gré que et non mal­gré que, puisque mal­gré est com­po­sé de l’an­cien adjec­tif mal, mau­vais, et de gré. Cette gra­phie retien­drait dans la bonne voie beau­coup de per­sonnes qui, à cause de la sou­dure, prennent mal­gré que pour syno­nyme de quoique. Enten­du ! Haro sur la soudure!« 
    2. La confu­sion entre cette loc. où que est le pron. rel. ayant pour anté­cé­dent mal­gré et la loc. conj. est par­fois telle que l’on ren­contre, for­gées sur le même modèle, les loc. bien que j’en aie, en dépit* que j’en aie, quoique j’en aie, et aus­si quoi que j’en aie. Cf. p. ex. Grev. 1969 § 978 N.B. 2 : Bien qu’il en eût. Quoi qu’elle en ait, elle grom­melle mais s’in­cline (Le Monde, 18 oct. 1977, p. 12). 
    3. La confu­sion gra­phique obser­vée entre mal­gré et mal gré que en emploi non conj. s’ob­serve éga­le­ment au niveau de la loc. adv. bon gré mal gré par­fois ortho­gra­phiée bon gré mal­gré. À Cha­tel­le­raud le voya­geur est contraint, bon gré mal­gré, de payer son tri­but aux ardents cou­te­liers dont cette ville est rem­plie (Dusaulx, Voy. Barège, t. 1, 1796, p. 31). Pour détruire la contem­pla­tion, il faut, bon gré mal­gré, s’en prendre à la ver­tu de reli­gion elle-même (Bre­mond, Hist. sent. relig., t. 4, 1920, p. 548).

    🙂

    Pour ma part, j’ai par­fois lu (et remar­qué) un usage de la forme « mal­gré que » sous la plume d’au­teurs pré­cis et éru­dits, et cet usage m’a paru chaque fois assez recher­ché, assez soi­gné, pour être uti­li­sé sans com­plexe ; c’est par­fois le temps du verbe asso­cié qui pousse à réflé­chir un peu. Mais pour être agréable à notre Géné­ral, j’ai cor­ri­gé ma forme pour un usage plus courant.

    Bonne année à tous ! Qu’un gen­til virus démo­cra­tique se répande vite et bien, et que les pro­chaines che­nilles-chefs accé­dant au pou­voir nous sur­prennent et se méta­mor­phosent enfin en beaux papillons capables de convo­quer la pre­mière Assem­blée consti­tuante dés­in­té­res­sée de l’his­toire des hommes. Je nous sou­haite à tous une année 2012 sans catas­trophe ni esca­lade de haines, et des pro­jets de domi­na­tion qui déraillent.

    Étienne.

    Réponse
  47. TOM

    Je vous sou­haite une belle année 2012 à vous tous…Une année d’ac­tion, de com­bats pour ame­ner le pre­mier mil­lion de nos citoyens à com­prendre la néces­si­té du « tirage au sort » à se réveiller enfin et rejoindre cette vrai démo­cra­tie « made in chouard »…
    Au boulot !

    Ami­ca­le­ment
    Thomas

    Réponse
  48. Étienne
  49. wismer

    Un truc quand même, si l’é­tat bat sa propre mon­naie, elle finit par perdre de sa valeur, non ? et du coup, avoir la déva­lua­tion ou payer des inté­rêts, on y perd dans les deux cas, non ? Sinon, pour­quoi les états ne créent pas des mon­tagnes d’argent pour régler tous les pro­blèmes ? A l’é­poque où les états fai­saient ce qu’ils vou­laient, ils fai­saient faillite et/ou déva­luaient très sou­vent (cf les rois de France).

    (j’ai­me­rais vrai­ment bien votre point de vue là-dessus)

    Et un autre point : il y a crise de la dette car il y a dettes. On ne dépend de son ban­quier que quand on gère son argent comme un guignol.

    Réponse
  50. Thomas

    Bra­vo et mer­ci Mon­sieur Chouard d’a­voir pris le temps de répondre à cette attaque calomnieuse.
    Le ter­ro­risme intel­lec­tuel doit être combattu.

    Quant au monde, cela fait long­temps que je ne le lis plus. Je lui pré­fère le Monde Diplo­ma­tique, qui, tout en appar­te­nant au même groupe de presse, pro­pose des ana­lyses de bien meilleure qualité.

    Réponse
  51. sandy

    Je trouve qu’Étienne Chouard aurait du recon­naître qu’il y a actuel­le­ment une ten­ta­tive de la part de l’ex­trême droite, en par­ti­cu­lier de Soral et du FN, de récu­pé­rer cette dénon­cia­tion de la loi de 1973 et qu’ap­pe­ler cette loi « Pom­pi­dou-Roth­schild » comme ils le font n’est effec­ti­ve­ment pas inno­cent. Tout le monde sait très bien qu’ils défendent la thèse d’un com­plot sio­niste, et mettre en avant le nom de Roth­schild leur sert clai­re­ment à appuyer leur thèse.

    Et mal­heu­reu­se­ment il y a beau­coup de gens qui font le jeu de l’ex­trême droite en repre­nant ce terme de « Pom­pi­dou-Roth­schild » ou « Roth­schild » tout court.

    Réponse
  52. TOM

    Je me sou­viens d’un livre de Fran­cis Mer, ancien Ministre et patron de Solac « vous les Poli­tiques ». Il trai­tait les poli­tiques de « gui­gnol » de la dépense… inca­pables de gérer un bud­get où une entre­prise, le cas échéant… Les membres de la socié­té civile ont tou­jours été uti­li­sés par les poli­ti­ciens mais tou­jours écar­tés du pou­voir à cause de leur luci­di­té ou inté­gri­té et leur pragmatisme.

    L’é­tat, comme le par­ti­cu­lier doit uni­que­ment emprun­ter pour des inves­tis­se­ments per­met­tant de relan­cer son éco­no­mie, mais cer­tai­ne­ment pas pour son fonc­tion­ne­ment qui, là aus­si et comme pour un par­ti­cu­lier, doit équi­li­brer son bud­get et pour com­men­cer, dépen­ser l’argent dont il dis­pose et faire en sorte d’aug­men­ter ses recettes où du moins ne pas les dimi­nuer comme c’est le cas en France aujourd’­hui.. euh, les niches fis­cales je crois…

    La vidéo sur « com­prendre la dette publique » est très bien faire et nous per­met de trou­ver des réponses à nos interrogations.

    bonne nuit

    Tom

    Réponse
  53. leila

    Bon­soir,

    Tout d’a­bord, je vous féli­cite car vous êtes en train de tenir tête aux hommes les plus puis­sants du monde. 

    Ensuite, pour ceux qui veulent en savoir plus sur Roth­schild, j’ai édi­té un billet : http://​www​.lepe​tit​mon​de​co​zillon​.fr/​2​0​1​2​/​0​1​/​r​o​t​s​h​i​l​d​-​r​o​c​k​f​e​l​l​e​r​-​d​e​s​-​a​m​i​s​-​q​u​i​-​n​o​u​s​-​v​e​u​l​e​n​t​-​d​u​-​b​i​en/

    À bien­tôt et bonne continuation

    Réponse
  54. Franz

    Mer­ci pour ce tra­vail de fond qui per­met de mettre au clair ce que je pen­sais de ce monsieur.

    Je note à ce pro­pos un mal­en­ten­du ren­con­tré dans d’autres forum. La confu­sion (volon­taire) entre la créa­tion moné­taire liée au cré­dit et le droit de battre mon­naie qui reste, encore, pré­ro­ga­tive de l’Etat.

    Ce serait peut-être bien de tordre le cou un jour à cette confusion.

    Ami­ca­le­ment
    Franz

    Réponse
  55. Étienne

    La contro­verse sur la loi de 1973 se déroule également : 

    • sur le blog de Superno :

    Pour dis­cré­di­ter ceux qui cherchent les vrais moyens de sor­tir de la crise, trai­tez-les d’antisémites !
    http://​www​.super​no​.com/​b​l​o​g​/​2​0​1​1​/​1​2​/​p​o​u​r​-​d​i​s​c​r​e​d​i​t​e​r​-​c​e​u​x​-​q​u​i​-​c​h​e​r​c​h​e​n​t​-​l​e​s​-​v​r​a​i​s​-​m​o​y​e​n​s​-​d​e​-​s​o​r​t​i​r​-​d​e​-​l​a​-​c​r​i​s​e​-​t​r​a​i​t​e​z​-​l​e​s​-​d​a​n​t​i​s​e​m​i​t​es/

    J’y croise le fer avec Elie Arie.

    • sur le blog de Danielle Bleitrach 

    La rumeur et l’extrême droite : La “loi Pom­pi­dou, Gis­card, Roth­schild” votée en 1973 empê­che­rait l’Etat de battre mon­naie par Alain Beitone
    http://​his​toi​reet​so​ciete​.word​press​.com/​2​0​1​1​/​1​2​/​2​9​/​l​a​-​r​u​m​e​u​r​-​e​t​-​l​e​x​t​r​e​m​e​-​d​r​o​i​t​e​-​l​a​-​l​o​i​-​p​o​m​p​i​d​o​u​-​g​i​s​c​a​r​d​-​r​o​t​h​s​c​h​i​l​d​-​v​o​t​e​e​-​e​n​-​1​9​7​3​-​e​m​p​e​c​h​e​r​a​i​t​-​l​e​t​a​t​-​d​e​-​b​a​t​t​r​e​-​m​o​n​n​a​i​e​-​p​a​r​-​a​l​a​i​n​-​b​e​i​t​o​ne/

    Et Danielle m’a répon­du (sans me répondre) là :

    réponse à Etienne chouard : le posi­tion­ne­ment de l’intellectuel “indé­pen­dant” n’est pas le même si c’est le PCF ou le Front natio­nal qui est à 20%.
    http://​his​toi​reet​so​ciete​.word​press​.com/​2​0​1​2​/​0​1​/​0​2​/​r​e​p​o​n​s​e​-​t​r​e​s​-​p​a​r​t​i​e​l​l​e​-​a​-​e​t​i​e​n​n​e​-​c​h​o​u​a​r​d​-​a​-​p​a​r​t​i​r​-​d​a​l​a​i​n​-​b​e​i​t​o​n​-​l​e​s​-​d​u​p​e​s​-​e​r​r​e​nt/

    Je n’ai pas le temps de répondre ce soir (demain, c’est la ren­trée), mais je le ferai lun­di ou mar­di (il y a beau­coup à dire…).

    Étienne.

    Réponse
  56. RST

    Je pense que Danielle Blei­trach (qui pra­tique la cen­sure sur son blog : mon com­men­taire sur Bei­tone n’a pas été publié) a sur­tout besoin de voir un bon psy­chiatre, elle qui écrit en par­lant du Par­ti Communiste :

    « Voi­ci des années que je suis cen­su­rée, inter­dite, humi­liée, frap­pée même par les gens de ce par­ti mais je conti­nue à pen­ser que la France et les intel­lec­tuels ont un besoin urgent autant que les classes popu­laires de ce par­ti. »

    Et donc ça c’est mieux que le FN ?

    Réponse
  57. SnoiD

    Bon­jour,

    Un autre article du Monde​.fr (qui a une rédac­tion sépa­rée du Monde le jour­nal il me semble) :

    Michel ROCARD et Pierre LARROUTUROU : 
    « Pour­quoi faut-il que les États payent 600 fois plus que les banques ? »

    http://​www​.lemonde​.fr/​i​d​e​e​s​/​a​r​t​i​c​l​e​/​2​0​1​2​/​0​1​/​0​2​/​p​o​u​r​q​u​o​i​-​f​a​u​t​-​i​l​-​q​u​e​-​l​e​s​-​e​t​a​t​s​-​p​a​y​e​n​t​-​6​0​0​-​f​o​i​s​-​p​l​u​s​-​q​u​e​-​l​e​s​-​b​a​n​q​u​e​s​_​1​6​2​4​8​1​5​_​3​2​3​2​.​h​tml

    Grâce aux expli­ca­tion d’É­tienne je com­prends mieux les petites lignes de ce billet mais pas assez pour être sûr que cette « nou­velle » solu­tion soit crédible.

    En espé­rant une ana­lyse de cette solu­tion de finan­ce­ment des états par la BCE via la BEI/Caisse des dépôts.

    Cor­dia­le­ment.

    Réponse
  58. Étienne

    À votre avis, Rocard (après s’être posé la même ques­tion que tous ceux qui dénoncent la loi de 1973, l’ar­ticle 104 et l’ar­ticle 123 TL), Rocard va-t-il, lui aus­si, être inju­rié et calom­nié, trai­té de fas­ciste et d’antisémite ?

    Je parie­rais que non.

    [L’ex­pé­rience toute récente de face­book m’in­cite à évi­ter l’i­ro­nie et le second degré ; donc, je dis clai­re­ment que Rocard va pro­ba­ble­ment avoir le droit de dire là, sans être trai­té de facho, ce que tous ceux qui pensent la même chose, en France, ne peuvent pas dire sous peine de subir les calom­nies des pré­ten­dus « antifas ».]

    Bonne nuit.

    Étienne.

    Réponse
  59. petit_poney

    « À votre avis, Rocard (après s’être posé la même ques­tion que tous ceux qui dénoncent la loi de 1973, l’ar­ticle 104 et l’ar­ticle 123 TL), Rocard va-t-il, lui aus­si, être inju­rié et calom­nié, trai­té de fas­ciste et d’antisémite ? »

    Non, parce que Rocard ne dénonce pas la loi de 1973, ni l’ar­ticle 104 de Maas­tricht, ni l’ar­ticle 123 du trai­té de Lis­bonne. Quand on fait cela, on montre du doigt des res­pon­sables, c’est très différent.

    C’est ce qui nous est repro­ché dans cet article du monde, et cer­tai­ne­ment pas de dénon­cer les pro­fits injus­ti­fiés des banques pri­vées puisque tout le monde le recon­nait aujourd’hui.

    Je pense que si il l’a­vait fait, il n’au­rait pas eu de trai­te­ment de faveur, tout comme Roland Dumas n’a pas échap­pé aux accu­sa­tions d’an­ti­sé­mi­tisme parce qu’il s’ap­pelle Roland Dumas, lors­qu’il a remis en cause la ver­sion offi­cielle des atten­tats du 11 septembre.

    J’at­tire votre atten­tion sur le der­nier para­graphe de l’ar­ticle. Rocard s’a­dresse-t-il ici au peuple ou aux élites ?

    Il me semble que ses objec­tifs sont d’é­vi­ter les défauts de paie­ment ; et sur­tout d’é­vi­ter que les peuples prennent conscience de leur perte totale de sou­ve­rai­ne­té : qu’ils croient encore à l’UE (qu’il appelle par erreur l’Eu­rope). Ce n’est pas tout à fait notre ligne. Donc Rocard est bien un « démocrate ».

    Réponse
  60. Grégory

    Je com­mence, après avoir lu l’ar­ticle ori­gi­nal (en ver­sion longue ici) à étu­dier la réponse, qui s’an­nonce excel­lente, mais…

    … vrai­ment…

    … et je suis bien sûr que ce n’est pas la pre­mière fois qu’on vous le dit, Etienne…

    … le jour où vous renon­ce­rez à l’emploi des majus­cules, du sur­li­gneur, du gras, etc, de tout ces équi­va­lents typo­gra­phiques du type qui se lève de sa chaise et se met à crier (pas votre genre pour­tant), je sabre­rai le cham­pagne : votre cré­di­bi­li­té pren­dra ins­tan­ta­né­ment un « bonus » vigoureux.

    Pour­quoi vous per­sis­tez là dedans, ça me dépasse, mais si je peux vous don­ner une bonne réponse d’ar­rê­ter ces sata­nés majus­cules, en voi­là une : ce n’est pas poli.

    http://​www​.ebsi​.umon​treal​.ca/​j​e​t​r​o​u​v​e​/​i​n​t​e​r​n​e​t​/​n​e​t​i​q​u​e​t​.​htm

    Majus­cules – Les phrases ou mots en lettres majus­cules sont exclus de la culture Inter­net et donnent l’im­pres­sion que tu CRIES. Uti­lise une majus­cule au début des phrases et au début des noms propres seulement.

    Réponse
  61. Grégory

    Je lis : effec­ti­ve­ment c’est très bien (il n’y a même pas trop de majus­cules, et je peux vivre avec le stabylo…).

    Un argu­ment de plus : quand AJH avait inter­pel­lé VGE sur son blog sur le sujet, la ligne de VGE n’a­vait rien à voir, et était même fran­che­ment incom­pa­tible avec cet article du Monde. Pour lui ce pourcent don­né aux banques se retrou­vait dans les inté­rêts des épar­gnants – après tout un argu­ment pas entiè­re­ment débile dans un pays alors par­ti­cu­liè­re­ment tour­né vers l’é­pargne des ménages. (mais tout de même un peu débile, ou machia­vé­lique : une mesure qui pro­fite méca­ni­que­ment plus à celui qui a beau­coup de capi­tal qu’à celui qui en a peu, et aux banques dans tous les cas)

    Par contre une remarque sur cette phrase :

    Non : ON EXIGE UNE TOTALE INDÉPENDANCE de la puis­sance publique par rap­port aux mar­chés financiers.

    Non, pas « ON ». Vous et d’autres (dont moi même), mais pas tout le monde. Dans la vision libé­rale, le mau­vais juge­ment c’est l’é­tat, le bon lémar­ché. Donc le but est pré­ci­sé­ment d’exer­cer un contre pou­voir des man­da­rins en place par une forme de réa­li­té : les mar­chés. Dans cette logique, c’est très bien cette crise de la dette : les gou­ver­nances sont mises face à leur crime (évi­dem­ment, le fait d’es­ti­mer que ce qui devrait faire loi mette la qua­si inté­gra­li­té de la popu­la­tion cible (les états) dans l’illé­ga­li­té n’est pas de nature à faire fré­mir un bon facho haye­kien, j’i­ma­gine). Reste que pour ma part je recon­nais qu’on sait bien, his­to­ri­que­ment, que des états qui ne sont pas res­pon­sa­bi­li­sés sur les consé­quences directes de leurs incu­ries ont leur propres pro­blèmes – par­fois pire que ceux aux­quels nous exposent le cer­veau fou du finan­cia­risme mondialisé.

    Bref, mon intui­tion est que cou­per com­plè­te­ment l’É­tat de l’in­fluence du réel, à l’heure d’é­ta­blir les bud­gets, peut au moins se dis­cu­ter. Je ne crois per­sonne qui m’af­firme déte­nir à coup sûr une véri­té défi­ni­tive sur le sujet 😉

    Réponse
  62. Incognitototo

    Il faut se cal­mer sur cette loi de 1973, extrait de cet article : Les dettes publiques : dans la série « on ne vous dit pas tout »… et c’est quoi la pen­sée virtuelle ?

    Allez lire direc­te­ment ce cha­pitre sur l’ar­ticle en ques­tion, si vous vou­lez les liens explicatifs…

    - La Loi de 1973 puis le sta­tut de la BCE, sont la cause de tout…

    Voi­là encore une demi-véri­té qui a la vie dure… dif­fu­sée, prin­ci­pa­le­ment, aus­si bien par le FN que par la gauche dite « radicale »…

    Bien évi­dem­ment, on peut tou­jours glo­ser et même être d’accord sur les pro­blèmes que consti­tue cette perte d’indépendance par rap­port aux besoins de finan­ce­ment des États, aux contraintes que cela implique et au sur­coût que cela représente…

    Cepen­dant, cette affaire du « sur-paie­ment » des dettes est à double tran­chant… Cer­tains affirment que notre dette serait aujourd’hui minime, si depuis 40 ans nous n’avions pas eu à régler les inté­rêts ver­sés aux Banques ; soit, on peut même leur faire confiance s’ils maî­trisent les opé­ra­tions arith­mé­tiques de base. Néan­moins, je n’ai jamais pu le véri­fier parce que tous ceux qui affirment cela, ne donnent ni les chiffres, ni les méthodes qu’ils ont uti­li­sées pour le cal­cul ; si c’est une simple addi­tion des inté­rêts payés, par exemple, c’est for­cé­ment faux, parce que seul le dif­fé­ren­tiel avec le taux de finan­ce­ment auprès de la banque cen­trale est à prendre en compte, et de plus, les impôts sur le sur­coût sont à déduire…

    Mais, il y a une autre rai­son plus fon­da­men­tale : cet argent a aus­si per­mis aux banques de finan­cer l’activité éco­no­mique… Per­sonne ne sait jusqu’à quel point cette déci­sion – qui a éga­le­ment, per­mis de créer un cir­cuit de sub­ven­tion­ne­ment de l’activité éco­no­mique qui échappe à toute accu­sa­tion de dum­ping éta­tique – a rap­por­té en impôts à l‘État et sou­te­nu l’économie. De même par rap­port aux « méca­nismes » de créa­tion moné­taire, il est pro­bable que les concep­teurs de ce sys­tème pen­saient que les banques étaient les mieux à même, « d’autoréguler » et d’ajuster la masse moné­taire en fonc­tion de l’augmentation réelle de richesses, confor­mé­ment à la Théo­rie quan­ti­ta­tive de la mon­naie (TQM)…

    En fait, il est peu pro­bable que nous sachions dis­tin­guer un jour quelle est la part du sur­coût réel qui a été per­due juste pour engrais­ser quelques ren­tiers, et celle qui a per­mis de sou­te­nir l’économie, en rap­por­tant éga­le­ment des impôts à l’État… N’oublions pas éga­le­ment que de 1981 à 1986, suite aux natio­na­li­sa­tions ban­caires, l’État fran­çais payait d’une main ce qu’il repre­nait de l’autre, sans que cela n’ait chan­gé signi­fi­ca­ti­ve­ment les résul­tats éco­no­miques et les pro­blèmes liés aux dettes…

    De même, nous ne sau­rons jamais, si nous aurions pu faire mieux sans cette Loi de 1973 ; per­sonne n’en sait rien, même pas moi ;o)), et ceux qui vous disent qu’ils savent sont des « vrais devins », en réa­li­té à fuir d’urgence. Parce qu’enfin, par­mi les pour­fen­deurs de notre sys­tème, d’aucuns oublient juste de rap­pe­ler que les USA (et bien d’autres pays) qui conti­nuent à finan­cer leurs défi­cits publics par la « planche à billets » et l’émission de bonds du tré­sor (comme nous avant 1973) sont encore en plus mau­vaise pos­ture que nous (pour vous en convaincre, les faillites ban­caires aux USA depuis 2008, stu­pé­fiant parce que presque per­sonne n’en parle), sans que ça ne change quoi que ce soit… Pire, ils ne doivent leur rela­tif salut qu’à la demande per­ma­nente de billets verts pour les échanges inter­na­tio­naux, ce qui les pousse à une fuite en avant, dont on voit mal com­ment elle pour­rait se ter­mi­ner autre­ment que par une « implo­sion sys­té­mique », où, à poids équi­valent, le billet vert devien­dra bien­tôt moins cher pour faire du feu, que du bois brut…

    En fait, on ne résout jamais aucun pro­blème en le dépla­çant, ailleurs, si on n’a pas trai­té ce qui le génère… C’est tou­jours ain­si quand on confond cause et effet.

    Par­mi les causes pre­mières, je conti­nue à pré­fé­rer celle qui date de 1971 quand les USA ont déci­dé uni­la­té­ra­le­ment de mettre fin à la conver­ti­bi­li­té or (ce qui n’était pas une mau­vaise chose en soi, si on avait adop­té le Ban­cor, par exemple, plu­tôt que ce qui a sui­vi). De mon point de vue ce chan­ge­ment para­dig­ma­tique est cen­tral et tout le reste en découle, y inclus le dik­tat libé­ral de libre échange pour tout et à tout prix, mais aus­si col­la­té­ra­le­ment d’autres faits socié­taux, comme, par exemple, le mépris pour la valeur tra­vail et le savoir… En réponse, à l’époque, notre course à la déva­lua­tion com­pé­ti­tive pour le Franc était la pire bêtise que nous pou­vions faire dans un envi­ron­ne­ment spé­cu­la­tif, où, en plus, les USA lais­saient filer leur infla­tion… Et dire qu’il y en a, qui veulent remettre ça…

    Si nous reve­nions à quelques fon­da­men­taux éco­no­miques de base, notam­ment ceux qui per­mettent de boos­ter la com­pé­ti­ti­vi­té (sans même tri­pa­touiller la mon­naie), de relo­ca­li­ser les éco­no­mies et de défaire notre dépen­dance aux finan­ceurs inter­na­tio­naux, on ne se pose­rait même pas la ques­tion des dettes… Bien évi­dem­ment, si pour se défaire de la dépen­dance aux finan­ciers inter­na­tio­naux, il faut en pas­ser, entre autres, par un finan­ce­ment direct auprès de la BCE, pour les dettes publiques, pour­quoi pas… Arrê­tons de faire de l’idéologie sur des sujets qui n’en méritent pas et concen­trons-nous sur ce qui est impor­tant, « est-ce que ça fonc­tionne ou pas ? », déjà, ça ira beau­coup mieux…

    Non acces­soi­re­ment, je ne com­prends pas cet achar­ne­ment à nous faire peur avec les dettes (n’oubliez pas : « à qui pro­fite le crime ? »). Après tout, n’importe quel ménage, par exemple, est en capa­ci­té de s’endetter de plu­sieurs années de reve­nus pour ache­ter un bien immo­bi­lier sans que ça ne gêne per­sonne. Les Japo­nais endet­tés à plus de 220 %, ne sus­citent aucun émoi de la part des mar­chés finan­ciers (sauf pour atta­quer le Yen), mais bien évi­dem­ment, il y a une rai­son à cela, c’est qu’ils sont déten­teurs natio­na­le­ment, de 90 % de leur dette publique.

    C’est donc bien, sur notre capa­ci­té de rem­bour­se­ment avec notre crois­sance atone, que le doute s’est ins­tal­lé ; et à cause de notre dépen­dance aux mar­chés finan­ciers inter­na­tio­naux que l’odieux chan­tage a pu prendre corps pour toute l’Europe…

    Force est de se deman­der pour­quoi tout le monde (ou presque) cherche des solu­tions macro-éco­no­miques, notam­ment moné­taires, alors que les vraies ques­tions sont :
    – com­ment, on réindustrialise ?
    – com­ment, on relo­ca­lise les pro­duc­tions de ce que nous ache­tons ailleurs ?
    – com­ment, on fait pour rendre nos pro­duc­tions plus com­pé­ti­tives que celles des autres ?
    – et com­ment, on fait pour cou­per notre dépen­dance aux mar­chés finan­ciers internationaux ?…

    Sûre­ment pas en bri­dant les yeux des sala­riés, en les fai­sant tra­vailler jusqu’à 70 ans et en espé­rant qu’ils accep­te­ront un jour, pour tout paie­ment, un bol de riz, ce qui semble être les seules pers­pec­tives que nous pro­posent les diri­geants actuels de l’Europe…

    Réponse
  63. TOM

    C’est peut être un mieux…sur le taux bien sûr…
    Qu’en pen­sez vous ?

    La BCE prête 489 mil­liards d’eu­ros aux banques euro­péennes, les mar­chés res­tent sceptiques

    LEMONDE​.FR

    Le siège de la Banque cen­trale euro­péenne, à Francfort.

    Le suc­cès dépasse les espé­rances et sonne déjà comme un cadeau pour l’Eu­rope en cette fin d’an­née tour­men­tée. La Banque cen­trale euro­péenne (BCE) a lan­cé ce mer­cre­di une opé­ra­tion inédite : un prêt sur trois ans, d’un mon­tant illi­mi­té, et très bon mar­ché à un taux d’in­té­rêt de 1 %. Les banques ont ain­si emprun­té 489 mil­liards d’eu­ros, un résul­tat lar­ge­ment supé­rieur aux attentes : les ana­lystes esti­maient qu’au-delà de 200 mil­liards, l’o­pé­ra­tion consti­tue­rait un succès.

    Reste à savoir main­te­nant si les banques vont en pro­fi­ter pour aider les États de la zone euro en dif­fi­cul­té. C’est en tout cas l’ob­jec­tif de ses diri­geants – Nico­las Sar­ko­zy et Ange­la Mer­kel en tête –, qui espèrent que, par ce biais, les banques rachè­te­ront des obli­ga­tions souveraines.

    Réponse
  64. Grégory

    si c’est une simple addi­tion des inté­rêts payés, par exemple, c’est for­cé­ment faux, parce que seul le dif­fé­ren­tiel avec le taux de finan­ce­ment auprès de la banque cen­trale est à prendre en compte, et de plus, les impôts sur le sur­coût sont à déduire…

    De ce que je com­prends, le taux d’emprunt à la banque cen­trale doit être consi­dé­ré comme nul : quel qu’il soit, il retourne de toute façon à l’é­tat. Donc la dif­fé­rence avec le taux pri­vé, c’est le taux pri­vé. Non ?

    Les impots sur le sur­cout : vous vou­lez dire l’im­pôt des banques sur les pro­fits qu’elles tirent de cet inté­rêt ? Certes mais si vous allez par là, vous pou­vez même sup­po­ser qu’une par­tie des taux ver­sés par l’é­tat vont dans des salaires et reviennent par la même via la fis­ca­li­té de l’é­co­no­mie natio­nale. Un tel rai­son­ne­ment est sans fin, et sur­tout, pro­duit un résul­tat inchif­frable (peut être est ce au fond le but, à poser des ques­tions de ce type ?). Pour ma part, il me semble que si les banques font une opé­ra­tion posi­tive dans l’af­faire là où elles n’en fai­saient pas (voire une néga­tive : la planche a billet fait de l’in­fla­tion, qui péna­lise notam­ment le capi­tal), la loi leur est favo­rable, au détri­ment de l’É­tat, c’est-à-dire un payeur finan­cé sur 45% des reve­nus de 90% des Fran­çais, et 14% des 0.5% les plus riches. Il me semble donc bien qu’il y a là un avan­tage fla­grant à ceux qui pos­sèdent (le capi­tal fruc­ti­fie mieux, au détri­ment de ceux qui en ont le moins).

    Réponse
  65. turandot
  66. Pole

    « Docu­ment plus riche en mau­vais pro­cès (pour tout ce qui concerne la calom­nieuse machine à salir), mais aus­si plus riche en idées utiles, il faut le recon­naître : j’ai trou­vé là quelques idées de réformes ori­gi­na­le­ment dites et sur­tout une info qui va peut-être nous conduire tous (si nous sommes ouverts) à pro­gres­ser : la date de mise en place de la pre­mière pince de la tenaille de la dette n’est peut-être pas 1973, mais… 1936 ? C’est à creu­ser ; je trouve ça intéressant. »

    Vous devriez écou­ter Annie Lacroix-Riz un peu plus souvent 😉

    D’une part, d’a­près elle, le réforme de la Banque de France n’a pas chan­gé grand chose.

    D’autre part, la Banque de France était pri­vée jus­qu’en 45 avant d’être natio­na­li­sée. Faire comme si la Seconde Guerre Mon­diale n’a­vait pas eu lieu est un pro­cé­dé plus que douteux.

    Plus de détails sur la poli­tique de la BdF ici : http://​fr​.wiki​pe​dia​.org/​w​i​k​i​/​B​a​n​q​u​e​_​d​e​_​F​r​a​n​c​e​#​U​n​e​_​f​o​n​c​t​i​o​n​_​h​i​s​t​o​r​i​q​u​e​_​i​m​p​o​r​t​a​n​t​e​_​.​2​8​a​u​j​o​u​r​d​.​2​7​h​u​i​_​r​.​C​3​.​A​9​v​o​l​u​e​.​2​9​_​:​_​l​e​s​_​c​o​n​c​o​u​r​s​_​.​C​3​.​A​0​_​l​.​2​7​.​C​3​.​8​9​tat

    Réponse
  67. Étienne

    Viviane,

    La « réponse » de Danielle est là :

    « Réponse à Étienne chouard : le posi­tion­ne­ment de l’intellectuel “indé­pen­dant” n’est pas le même si c’est le PCF ou le Front natio­nal qui est à 20%. »
    http://​his​toi​reet​so​ciete​.word​press​.com/​2​0​1​2​/​0​1​/​0​2​/​r​e​p​o​n​s​e​-​t​r​e​s​-​p​a​r​t​i​e​l​l​e​-​a​-​e​t​i​e​n​n​e​-​c​h​o​u​a​r​d​-​a​-​p​a​r​t​i​r​-​d​a​l​a​i​n​-​b​e​i​t​o​n​-​l​e​s​-​d​u​p​e​s​-​e​r​r​e​nt/

    Pour l’ins­tant, il n’y a pas un seul commentaire. 
    Pour ma part, je ne pour­rai pas com­men­ter avant demain soir.

    Mais, appa­rem­ment, Danielle n’a répon­du à aucune de mes objec­tions ou sug­ges­tions.

    Ami­tiés.

    Étienne.

    Réponse
  68. Pole

    J’a­joute que, quand il parle des bons du Tré­sor à 3 mois à 0.545 %, c’est évi­dem­ment une blague inté­res­sante de sa part (je reste poli) puisque : « Au 31 octobre 2009, la dette de l’État s’est consi­dé­ra­ble­ment accrue depuis 2005, attei­gnant un total de 1 141 Md€, répar­tis en :

    708 Md€ en OAT (dont le terme moyen est de 10 ans 18 jours)
    212 Md€ en BTAN (dont le terme moyen est de 2 ans 47 jours)
    221 Md€ en BTF (dont le terme moyen est de 115 jours)

    » (Wiki­pé­dia)

    Et que les emprunts à 10 ans sont un tan­ti­net plus chers que ceux à 3 mois (cf. son gra­phique : ~ 3 % soit à peine 6 fois plus !). Et oui, ces taux d’in­té­rêts sont éle­vés puis­qu’ils coûtent plu­sieurs dizaines de mil­liards d’eu­ros par an.

    Réponse
  69. catherine

    1936, vous dites Pole, ben oui que c’est inté­res­sant cette affaire là et que ça néces­site d’al­ler y mettre le nez car c’est plu­tôt grin­çant comme accoin­tance 36 avec ce que vous dites !

    Réponse
  70. chris06

    Cher Étienne,

    Chan­gez juste un peu votre fusil d’épaule :

    La loi de 73 ne fut pas une des causes majeures de la crise des dettes sou­ve­raines actuelle, puisque la France n’a­vait pas le choix de la pas­ser ou pas.

    La véri­table cause fut l’a­ban­don en 1971 d’un sys­tème de changes contrô­lé par les gou­ver­ne­ments au pro­fit d’un contrô­lé par les marchés…

    La loi de 73 n’en fut que la consé­quence inéluctable !

    Tous les grands pays occi­den­taux ayant aban­don­né le finan­ce­ment direct du tré­sor par leur banque cen­trale depuis 1949 (USA, D, J, B, NL et même l’I­ta­lie !) la France n’a­vait qu’à s’y résoudre pour pou­voir « don­ner confiance aux mar­chés » (à par­tir du moment où Nixon et le reste des pays occi­den­taux déci­dèrent d’ab­di­quer le contrôle des changes au pro­fit des mar­chés, dit changes flot­tants, cela deve­nait une néces­si­té…).

    La loi de 73 n’a rien de spé­ci­fique à la France ni à la zone Euro puisque toutes les autres mon­naies du sys­tème inter­na­tio­nal des changes flot­tants ont l’équivalent.

    Aban­don­ner la loi de 73 (ou son équi­valent pour l’eu­ro l’art. 123) sans aban­don­ner le sys­tème des changes flot­tants, contrô­lés par les mar­chés, est impossible.

    Réponse
  71. chris06

    Petites remarques :

    « • L’af­fir­ma­tion que ce Pré­sident (d’a­bord d’une grande banque privée,
    puis de la Répu­blique) a signé en 1973, au nom du peuple fran­çais, une
    mesure qui consiste à obli­ger l’É­tat à emprun­ter (prin­ci­pa­le­ment) aux
    banques pri­vées l’agent dont il a besoin (quand il en manque) moyennant
    un INTÉRÊT RUINEUX, et sur­tout à un TAUX VARIABLE AU GRÉ DES
    HUMEURS DES MÊMES BANQUES (via des « agences » complices),
    cette affir­ma­tion est aus­si UN FAIT, par­fai­te­ment incontestable. »

    OUI, mais il par­fai­te­ment contes­table de sous entendre qu’il l’a fait par conflit d’in­té­rêt ! Il y était obli­gé par la déci­sion de Nixon de 1971.

    « • L’af­fir­ma­tion que cette mesure est contraire à l’in­té­rêt géné­ral (puisque
    tous les emprunts d’É­tat sont deve­nus méca­ni­que­ment coû­teux) ET
    favo­rable à l’in­té­rêt des banques pri­vées (qui per­çoivent pré­ci­sé­ment ces
    inté­rêts, et dont fait par­tie, à plus d’un titre, la banque Roth­schild elle-même) est encore UN FAIT, par­fai­te­ment incontestable. »

    Il ne s’a­git pas d’un FAIT et c’est une conclu­sion par­fai­te­ment contes­table. Il fau­drait d’a­bord démon­trer que ne pas signer cette loi aurait été meilleur pour l’in­té­rêt géné­ral. Donc, se poser la ques­tion de quelles auraient été les consé­quences dans le cadre d’un sys­tème de changes flot­tants si la France avait été le seul pays à conti­nuer à finan­cer direc­te­ment son tré­sor public par sa banque centrale ?

    Or le cal­cul qui a été fait par André Jacques Hol­becq sup­pose que cela n’au­rait eu aucune consé­quences sur le cours du Franc par rap­port aux prin­ci­pales monnaies. 
    Notam­ment il sup­pose que l’in­fla­tion aurait été la même avec ou sans cette loi. 
    Ces hypo­thèses ne sont abso­lu­ment pas justifiées.

    « • La consta­ta­tion que la dette publique fran­çaise s’est progressivement
    envo­lée depuis cette année 1973, et que la charge de cette dette s’est
    envo­lée dans le même mou­ve­ment, cette consta­ta­tion est encore UN
    FAIT, par­fai­te­ment incontestable. »

    C’est uni­que­ment vrai après guerre (la France a connu des périodes ou ses dettes publiques étaient très éle­vées dans son his­toire avant 1945). Or com­pa­rer la période 1945–1971 qui fut dans un sys­tème moné­taire inter­na­tio­nal dif­fé­rent (changes fixes, Bret­ton Woods), de sur­croît de forte crois­sance, et sans l’im­pact des chocs pétro­liers, avec la période sui­vante, et consta­ter que la dette publique s’est envo­lée après la loi 73, en sous enten­dant qu’il y a lien de cause à effet, est par­fai­te­ment contestable.

    Il faut bien com­prendre que les 30 der­nières années de crois­sance dans les pays occi­den­taux ne furent obte­nues que grâce à un endet­te­ment public et pri­vé massif ! 
    Et on veut nous faire croire qu’on peut conti­nuer indé­fi­ni­ment comme cela ?

    Réponse
  72. Étienne

    Mer­ci beau­coup, Chris06,

    Ces objec­tions sont vrai­ment très inté­res­santes : on pro­gresse vers la cause des causes, apparemment. 
    La pièce cen­trale et déci­sive du piège date­rait de 1971.
    C’est très intéressant.

    Pour­tant, si cette jus­ti­fi­ca­tion était vrai­ment impa­rable, il est sur­pre­nant qu’au­cun acteur ou ana­lyste ne l’ait mise en avant jus­qu’i­ci (je n’ai jamais lue, même sur le blog de Gis­card lui-même, cette cau­sa­li­té-là, il me semble). C’est pour­tant facile : « je ne pou­vais pas faire autre­ment. Point barre. »

    Pour­riez-vous déve­lop­per le lien de cause à effet, s’il vous plaît ?

    Étions-nous vrai­ment obli­gés de pas­ser, nous aus­si, aux changes flot­tants (qui livrent effec­ti­ve­ment la valeur de la mon­naie aux mar­chés financiers) ? 

    Com­ment la déci­sion fran­çaise a‑t-elle été jus­ti­fiée à l’é­poque ; est-ce qu’on a des débats par­le­men­taires là-dessus ? 

    Est-ce que ce pour­rait-être ça (le pas­sage aux changes flot­tants), la déci­sion pre­mière contraire à l’in­té­rêt géné­ral (d’ailleurs bien dans l’es­prit de l’i­déo­lo­gie du libre-échange, utile selon moi aux seuls cartels) ?

    Il me semble qu’il y a encore des pays qui sont aujourd’­hui sous le régime d’un contrôle des changes et qui sur­vivent à ça mal­gré l’a­ban­don du cadre de Bret­ton Woods, non ?

    Je dois aller tra­vailler et je ne peux déve­lop­per tout de suite. Mais auriez-vous réflé­chi vous-même aux éven­tuels moyens de faire autre­ment quand même ? N’y a‑t-il donc aucun pays qui ait échap­pé à l’ab­so­lue néces­si­té d’un hara-kiri bud­gé­taire de type 1973 ? Aucun exemple de pays qui reste sou­ve­rain en dehors du piège de 1971 ?

    Connais­sez-vous un docu­ment qui dres­se­rait la liste des « Législations-Équivalent-1973–104-123 » par­tout dans le monde ?

    —

    Sur la ques­tion cen­trale des CONFLITS D’INTÉRÊTS : ceux-ci ne sont PAS une cor­rup­tion ou un déci­sion mal­hon­nête ; ils sont une situa­tion de RISQUE impor­tant de cor­rup­tion ou de cor­rup­tion ou un déci­sion malhonnête. 

    Or les situa­tions des chefs de gou­ver­ne­ment (grands ban­quiers deve­nu Pré­si­dents ou Pre­mier ministres — ou l’in­verse !), des par­le­men­taires (élus et réélus grâce à l’argent ou aux médias de ceux dont ils servent ensuite les inté­rêts), ou des dépu­tés consti­tuants élus par­mi les pro­fes­sion­nels de la poli­tique (écri­vant eux-mêmes les règles cen­sées ensuite les contrô­ler quo­ti­dien­ne­ment, les inti­mi­der et les tenir en res­pect sous contrôle du peuple) sont bel et bien des situa­tions de conflits d’in­té­rêts, à mon sens.

    Bien cor­dia­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  73. sitouaillain

    salut Étienne,

    sur le conflit d’in­té­rêt, Mar­tin Hirsh a récem­ment écrit un bon pam­phlet « pour en finir avec les conflits d’intérêts »,

    tu écris « La pièce cen­trale et déci­sive du piège date­rait de 1971.
    C’est très intéressant.

    Pour­tant, si cette jus­ti­fi­ca­tion était vrai­ment impa­rable, il est sur­pre­nant qu’au­cun acteur ou ana­lyste ne l’ait mise en avant jusqu’ici »

    Tous les manuels d’é­co­no­mie parlent du « choc de 1971–73 », c’est-à-dire l’a­ban­don par les USA de l’é­ta­lon-or et la mise en place d’un sys­tème de changes flot­tants (et les accords du GATT qui devien­dront l’OMC, la nou­velle orien­ta­tion du FMI et le rôle de la Banque Mon­diale, ils sont là les docu­ments que tu cherches !),

    La jus­ti­fi­ca­tion théo­rique de ce sys­tème a été essen­tiel­le­ment por­tée par les moné­ta­ristes, avec à leur tête Mil­ton Fried­man. Mais l’ac­tion de Nixon était plu­tôt dic­tée par la néces­si­té éco­no­mique : le volume des échanges glo­baux ne pou­vait plus per­mettre à qui­conque pré­ten­dant y par­ti­ci­per acti­ve­ment d’as­su­mer l’ac­cu­mu­la­tion d’or pour éta­lon­ner sa mon­naie. d’ailleurs Keynes avait déjà en son temps plai­dé pour la fin de l’é­ta­lon-or, la fameuse « relique barbare ».

    mais un petit tour sur l’ar­ticle wiki­pe­dia http://​fr​.wiki​pe​dia​.org/​w​i​k​i​/​C​h​a​n​g​e​s​_​f​l​o​t​t​a​nts peut suffire,

    ensuite, tes ques­tions doivent être refor­mu­lées pour pou­voir bien y répondre, (mais je vais être en retard au bou­lot) car les euro­péens ont jus­te­ment fait autre­ment que lais­ser com­plè­te­ment flot­ter leur mon­naie avec le ser­pent moné­taire, l’E­CU, puis l’Euro,
    notam­ment parce qu’in­di­vi­duel­le­ment, aucun pays n’a­vait suf­fi­sam­ment de marges de manoeuvre pour moné­ta­ri­ser ses dettes ou sim­ple­ment appli­quer une poli­tique moné­taire contra-cyclique sans affec­ter sa compétitivité-prix,

    c’est là en france qu’est le tour­nant, 1983, la rigueur, les socia­listes ont fait leur choix, fal­lait avoir des couilles et un peuple prêt à assu­mer les attaques du reste du monde, pour faire un autre choix…
    Maas­tricht est la consé­quence de ce qua­si non-choix de la France, mais il n’est pas sûr que les rap­ports de forces à l’é­poque per­met­taient d’en faire un autre, aujourd’­hui, la crise aidant, une refonte de l’Eu­ro semble possible…en sor­tir, serait reve­nir au dilemne de 1983 dans une situa­tion de fai­blesse (dépen­dance au reste du Monde) bien pire encore…

    Réponse
  74. catherine

    Réflexion réflexi­vante !

    Je lisais dans un livre la semaine der­nière, un livre sur les think tanks, une chose que l’on oublie bien trop sou­vent et qui fabrique la réa­li­té que nous réprouvons.

    C’est que nous avons la mémoire courte et du coup c’est ce qui fait que les plats peuvent nous être res­ser­vis sans qu’on se rap­pelle ou qu’on se rap­pelle si vague­ment qu’on reprend de ce brouet sau­mâtre, alors qu’un tra­vail de mémoire suf­fi­rait à nous en dégoû­ter à jamais !

    Il s’a­git d’un cha­pitre qui a trait au loge­ment. A ce pro­pos, l’au­teur nous dit : » l’une des mesures les plus struc­tu­rantes à ce pro­pos„ le pro­pos du loge­ment, reste la dés­in­dexa­tion des salaires sur l’in­fla­tion déci­dée en 1982 et qua­li­fiée par l« éco­no­miste Alain Cot­ta de « cadeau le plus consi­dé­rable fait à l’en­tre­prise pri­vée » le ministre de l’é­co­no­mie Jacques Delors, se féli­ci­tait alors d’im­po­ser  » ce que la droite n’a jamais osé faire » en deman­dant de mettre fin aux aug­men­ta­tions de salaires généralisées…

    Nous avons le devoir de reprendre toutes les mesures qu’ont prises ces soi-disant haumes de gôches et de droite qui s’ap­pliquent sur­tout à pro­té­ger leurs inté­rêts au détri­ment de la com­mu­nau­té tout en disant le contraire, ça ce serait du concret je trouve.

    Réponse
  75. A-J Holbecq

    @ 79. sitouaillain

    Sor­tir « sec » de l’eu­ro serait sur­ement dif­fi­cile, sor­tir à plu­sieurs avec nos mon­naies natio­nales non conver­tibles et une mon­naie com­mune serait sans doute plus facile.

    Il faut tenir compte que nos seuls besoins de devises (mon­naie « étran­gère », en par­ti­cu­lier dol­lars ou euro com­mun) seraient d’en­vi­ron 50 mil­liards par an (solde de notre balance des échanges)… à mon avis nous devrions sans pro­blème trou­ver à les emprun­ter en atten­dant qu’une déva­lua­tion salu­taire mais sur­tout la re-régio­na­li­sa­tion des pro­duc­tions nous per­mette cet équilibre.

    Pour répondre à Chris06, peut être a t‑il rai­son, mais si je me sou­viens bien le franc fluc­tuait éga­le­ment avant 1971…
    Je crois plus que c’est votre expli­ca­tion qui est la bonne (dogme monétariste)et mon­dia­li­sa­tion forcenée

    Réponse
  76. Di Girolamo

    Si je com­prends bien , parce que j’a­voue ne pas tou­jours tout bien com­prendre , on est sacré­ment coin­cé : dans l’im­pos­si­bi­li­té de mener une poli­tique natio­nale dans aucun domaine ?

    Reré­gio­na­li­ser les pro­duc­tions ne tom­be­ra pas du ciel , ne peut se conce­voir que dans le cadre d’une pla­ni­fi­ca­tion avec les moyens finan­ciers qui vont avec .….Et qu’on aura du mal à emprun­ter sur les marchés.De plus il faut que la popu­la­tion, pro­duc­teurs et consom­ma­teurs soient d’ac­cord et s’im­pliquent dans ce pro­ces­sus. Ce qui est hau­te­ment impro­bable , sauf nes­ces­si­té abso­lue si chaos abso­lu ; et puis les orien­ta­tions euro­péennes ne vont pas trop dans ce sens non plus.
    Bref votons Hol­lande et atten­dons la fin ?

    Réponse
  77. Christian Gomez

    Les connais­sant bien et ayant dis­cu­té avec eux de ce sujet autour d’une bonne table en face de la mer, Étienne et AJ savent bien mon com­plet désac­cord sur cette ques­tion. C’est pour cela que j’a­vance à visage découvert.

    1) Fon­da­men­ta­le­ment, l’in­ter­naute avec lequel je me sens le plus en har­mo­nie est Chris06, mais je dif­fère de lui quand il relie cette ques­tion à celle des taux de changes flot­tants. En effet, avant 1971, pour les pays habi­tués à « finan­cer » leurs défi­cits par des « avances au Tré­sor », la séquence était tou­jours la même : impasse bud­gé­taire, appel à la Banque Cen­trale, accrois­se­ment de la masse moné­taire, déra­page infla­tion­niste, dés­équi­libre exté­rieur ==> crise des changes et DÉVALUATION

    2) Il vient de là que la rai­son fon­da­men­tale à la mise en œuvre de cette loi est LA VOLONTÉ DE LUTTER CONTRE L’INFLATION, par­ti­cu­liè­re­ment après le pre­mier choc pétro­lier et en plein déra­page des salaires : IL N’Y AUCUN BESOIN D’ALLER CHERCHER MIDI à 14 HEURES, en vitu­pé­rant sur les « affreux finan­ciers » et ces ban­quiers suceurs du sang des braves tra­vailleurs. D’ailleurs, cela n’a eu aucun impact sur les banques à cette époque et la dette publique était dans l’en­semble à des niveaux très faibles.

    3) La grande épo­pée de la dette publique, nous la devons, mes­sieurs , aux socia­listes et aux réformes post-83 (Bere­go­voy, Jaffre, cela vous dit quelque chose?)qui, pour finan­cer une dette publique en explo­sion, ont vrai­ment mis en œuvre LA DÉRÉGULATION FINANCIÈRE et les réformes pour rendre la dette faci­le­ment « tra­dable » (liquide) et L’INTERNATIONALISER, avec le lan­ce­ment de la tech­nique de l’as­si­mi­la­tion (OAT) et BTAN.

    4) le but des banques n’a jamais été de gar­der sur le « porte-bagages » (bilan) les OAT et autres BTAN à l’é­mis­sion. Au contraire. Et là, je parle d’ex­pé­rience (ancien res­pon­sable de la vente/trading des ins­tru­ments de taux à la SG). A chaque adju­di­ca­tion d’OAT/BTAN ou au lan­ce­ment des grands emprunts ( je me sou­viens avec émo­tion de la pre­mière OAT-ECU en 1989 dont je diri­geais la vente pour la SG en liai­son avec la CDC), notre seul but était de vider les « soutes » de toutes les obli­ga­tions sous­crites (under­wri­ting), en gar­dant les com­mis­sions si pos­sibles ou « au pied des com­mis­sions » si néces­saire. Nos clients : les assu­reurs, les fonds de pen­sion, les sicav obli­ga­taires… Bref des ins­ti­tu­tion­nels, les banques n’é­tant que des intermédiaires.

    En fait, les banques ne déte­naient que des por­te­feuilles tech­niques pour le tra­ding (mar­ket making cash/dérivés) ou l’ar­bi­trage (cash/matif). IL ÉTAIT TRÈS DIFFICILE DE RENDRE NOTRE MÉTIER DE SVT (Spé­cia­listes en Valeurs du Tré­sor) PROFITABLE. Plus tard, comme le ratio cooke (capital/actifs pon­dé­rés) les inci­tait à le faire (pon­dé­ra­tion : 0%), elles ont pu déte­nir plus d’o­bli­ga­tions publiques que dans les années 90, mais ce fut tou­jours un pour­cen­tage très faible de bilans en forte expansion.

    5) En fait, der­rière toutes ces dis­cus­sions, il y a l’i­dée qu’il aurait été pos­sible de finan­cer le Tré­sor à coût nul sur des res­sources créées ex nihi­lo par la banque cen­trale. CETTE IDÉE N’A AUCUNE JUSTIFICATION ÉCONOMIQUE. Il suf­fit de réflé­chir à l’é­qui­libre emplois-res­sources de la nation. En situa­tion de plein emploi, un dés­équi­libre bud­gé­taire finan­cé par émis­sion moné­taire se tra­dui­ra soit par une épargne for­cée (infla­tion) du sec­teur pri­vé, soit par un endet­te­ment exté­rieur, sans comp­ter l’im­pact ulté­rieur sur la créa­tion moné­taire du fait d’une perte de contrôle de l’é­mis­sion de mon­naie de base. En situa­tion de sous-emploi, autre que struc­tu­rel, l’a­jus­te­ment se fera dif­fé­rem­ment par aug­men­ta­tion du reve­nu et géné­ra­tion d’une épargne ex post et/ou un défi­cit exté­rieur à finan­cer. IL N’Y A PAS DE FREE LUNCH EN ÉCONOMIE. Si des res­sources sont dépla­cées au pro­fit du sec­teur public, le sec­teur pri­vé (consom­ma­tion, inves­tis­se­ment) devra céder la place ou l’ex­té­rieur devra y pour­voir. IL FAUT EN ÊTRE CONSCIENT.

    6) Bien enten­du, une telle posi­tion ne signi­fie en rien pour moi une appro­ba­tion de l’ar­ticle du dénom­mé Bei­tone, article déri­soire et d’une totale inintelligence.

    Cri­ti­quant les posi­tions des fameux « fas­cistes » par­ti­sans de l’a­bo­li­tion de la loi de 73, avec des argu­ments inap­pro­priés d’ailleurs, il les endosse en fait pour­vu que ce soit la BCE qui le fasse en rache­tant toute la dette publique offerte en deçà d’un cer­tain prix. Même défen­due par des éco­no­mistes plus brillants que lui,cette pro­po­si­tion est irres­pon­sable et peut conduire à un « deba­se­ment » de la mon­naie comme disent les anglo-saxons. Compte tenu des lacunes que je décèle dans son article, je ne pense pas qu’il soit en mesure de dis­tin­guer les dif­fé­rences entre « open mar­ket », « quan­ti­ta­tive easing » et sou­tien à des dettes publiques en per­di­tion et, sur­tout, de com­prendre leurs consé­quences respectives.

    NB : une inter­ve­nante parle de son « manque » de PCF. C’est pour moi ren­ver­sant que des gens puissent encore par­ler comme cela d’un par­ti sti­pen­dié (comme le confirment toutes les archives main­te­nant mises à jour en Rus­sie) et qui n’a eu de cesse que de tra­hir son pays en se met­tant au ser­vice exclu­sif d’une puis­sance étran­gère et d’une idéo­lo­gie cri­mi­no­gène dont la faillite est sans exemple dans l’histoire.

    Réponse
  78. Kévin

    Une vidéo de Rocard (encore lui) qui date de novembre der­nier et qui est très inté­res­sante, sur­tout à par­tir de la 10ème minute. Il y déclare que l’en­det­te­ment des Etats fut « un choix du sys­tème » cor­res­pon­dant à la fin de la créa­tion moné­taire publique. C’est à par­tir de la 10ème minute. Pré­cur­seur de l’ar­ticle écrit avec Larrouturou.


    Michel Rocard par fran­cein­ter

    Réponse
  79. Morpheus

    Note préa­lable : je n’ai pas (encore) lu l’en­semble des répliques ci-des­sus au moment d’é­crire celle-ci.

    « La dia­lec­tique éris­tique est l’art de dis­pu­ter, et ce de telle sorte que l’on ait tou­jours rai­son, donc per fas et nefas (c’est-à-dire par tous les moyens possibles).

    En effet, quand mon adver­saire réfute ma preuve et que cela équi­vaut à réfu­ter mon affir­ma­tion elle-même, qui peut cepen­dant être étayée par d’autres preuves — auquel cas, bien enten­du, le rap­port est inver­sé en ce qui concerne mon adver­saire : il a rai­son bien qu’il ait objec­ti­ve­ment tort. Donc, la véri­té objec­tive d’une pro­po­si­tion et la vali­di­té de celle-ci au plan de l’ap­pro­ba­tion des oppo­sants et des audi­teurs sont deux choses bien dis­tinctes. (C’est à cette der­nière que se rap­porte la dialectique.)

    D’où cela vient-il ? De la médio­cri­té natu­relle de l’es­pèce humaine. »

    Cita­tion tirée des pre­mières lignes de l’in­tro­duc­tion à L’Art d’a­voir tou­jours rai­son – La dia­lec­tique éris­tique, de A. Scho­pen­hauer.


    « Si l’on s’a­per­çoit que l’ad­ver­saire est supé­rieur et que l’on ne va pas gagner, il faut tenir des pro­pos déso­bli­geants, bles­sants et gros­siers. Être déso­bli­geant, cela consiste à quit­ter l’ob­jet de la que­relle (puis­qu’on a per­du la par­tie) pour pas­ser à l’ad­ver­saire, et à l’at­ta­quer d’une manière ou d’une autre dans ce qu’il est : on pour­rait appe­ler cela argu­men­tum ad per­so­nam pour faire la dif­fé­rence avec l’ar­gu­men­tum ad homi­nem. Quand on passe aux attaques per­son­nelles, on délaisse com­plè­te­ment l’ob­jet et on dirige ses attaques sur la per­sonne de l’ad­ver­saire. On devient donc vexant, méchant, bles­sant, gros­sier. C’est un appel des facul­tés de l’es­prit à celles du corps ou à l’animalité. »

    Cita­tion tirée de l’Ultime Stra­ta­gème (nb. le 38ème et der­nier) du même ouvrage.


    Ain­si, on observe de la part des tenants de la pen­sée unique un recours de plus en plus pro­non­cé et régu­lier à l’ul­time stra­ta­gème de la dia­lec­tique éris­tique, ce qui est la démons­tra­tion fla­grante qu’ils savent qu’ils ont per­du la par­tie, qu’ils sont à cours d’ar­gu­ment, inca­pables de convaincre leur audi­toire, et que leur seule carte reste l’at­taque à la per­sonne et la volon­té de jeter l’a­na­thème, comme les inqui­si­teurs fai­saient pour mener les sor­cières au bûcher.

    À lire, ça vaut le coup :

    - L’Art d’a­voir tou­jours rai­son (la dia­lec­tique éris­tique), Arthur Scho­pen­hauer (éd. Mille et une nuit)

    - Les intel­lec­tuels faus­saires (le triomphe média­tique des experts en men­songe), de Pas­cal Boni­face (éd. Pocket)

    Réponse
  80. Étienne

    Mer­ci Kevin.

    Mer­ci Morphéus.

    Mer­ci à tous : vous pétillez de plus en plus, en ce moment, non ?

    Étienne.

    Réponse
  81. Étienne

    Je suis content de voir Chris­tian (Gomez) appa­raître ici (nous avons en com­mun l’a­mi­tié de Mau­rice Allais) : je ne connais pas de meilleur moyen pour pro­gres­ser que d’ai­gui­ser mes argu­ments à la meule de sa conversation 🙂

    Je rentre à peine du bou­lot, j’ai les 150 mails du jour à trai­ter, l’ac­ti­vi­té face­book et du forum qui explose, une réponse à faire à Danielle Blei­trach… Ce soir, je suis full up.
    Mais je vais cogi­ter sur les mes­sages pas­sion­nants de Chris06 et de Chris­tian, et pré­pa­rer une réponse constructive.

    À tout bientôt.

    Étienne.

    Réponse
  82. chris06

    Petites pré­ci­sions :

    1. l’a­ban­don de Bret­ton Woods en 1971 fut ren­du iné­luc­table par le dilemme de Trif­fin (du nom de l’é­co­no­miste Belge qui l’a­vait expli­qué plus de 10 ans avant sa réa­li­sa­tion : wiki­pe­dia a un petit article pour ceux qui veulent une introduction).

    Gros­so modo, Trif­fin avait mon­tré qu’au­cune mon­naie ne pou­vait ser­vir de base cen­trale de cal­cul comme le dol­lar l’é­tait pour Bret­ton Woods si elle ne repre­sen­tait pas la majeure par­tie du pib mon­dial. En 1945 la part du pib mon­dial des USA était très impor­tante mais n’a ces­sé de dimi­nuer durant les décen­nies sui­vantes et le dilemme de Trif­fin a fini par se réa­li­ser en 1971…

    Mais ni Trif­fin, ni Keynes n’a­vait jamais ima­gi­né que la solu­tion serait de pas­ser aux changes flot­tants, qui comme l’a pré­ci­sé plus haut sitoual­lain, fut une idée des moné­ta­ristes de l’é­cole de Chi­ca­go pous­sée par Mil­ton Fried­man (qui était alors conseiller du Pré­sident Nixon). En 1971 (et en 2012 la même chose), ce qu’il aurait fal­lu faire c’est rem­pla­cer le dol­lar dans le sys­tème de Bret­ton Woods par un panier de mon­naies pon­dé­ré par les pib res­pec­tifs, genre DTS de l’IMF. Mais les amé­ri­cains n’en vou­laient pas, il ne vou­laient pas que le SMI aban­donne le dol­lar comme mon­naie de réfé­rence mon­diale… donc ils ont for­cé les changes flot­tants et ce n’est pas la France qui avait alors les moyens de s’y opposer.

    Keynes avait déjà pré­ve­nu 30 ans plus tôt (je retrou­ve­rais la réfé­rence car elle était vrai­ment pré­mo­ni­toire) que libé­ra­li­ser à la fois 1. les changes 2. les échanges com­mer­ciaux 3. les mou­ve­ments de capi­taux engen­dre­rait plus tard une catas­trophe éco­no­mique et enlè­ve­rait tout contrôle pos­sible de l’é­co­no­mie aux gou­ver­ne­ments et aux banques cen­trales au pro­fit des mar­chés. Il ne faut pas s’é­ton­ner si aujourd’­hui les poli­tiques ne peuvent plus rien résoudre, quand je pense qu’il y a tant de Fran­çais qui croient encore que l’é­lec­tion du pré­sident de la répu­blique peut chan­ger quelque chose…

    2. La crise que nous vivons fut théo­ri­sée dans les années 90 par Mins­ky (dans son article sur l’hy­po­tèse de l’ins­ta­bi­li­té finan­cière), Mins­ky était élève de Keynes et cer­tains disent un des seuls éco­no­mistes qui avait vrai­ment com­pris sa pen­sée et un des seuls à avoir pré­vu ce qui nous arri­ve­rait plus de 15 ans avant la crise. Mais alors, per­sonne ne l’é­cou­ta ni le pris au sérieux, sur­tout pas Greens­pan ni Ber­nanke ni Trichet…

    3. Para­doxa­le­ment, le seul ban­quier cen­tral qui semble avoir com­pris que le pro­blème fon­da­men­tal (celui qu’il s’a­git de régler au plus vite si on ne veut pas un pro­chain col­lapse de l’é­co­no­mie mon­diale qui n’en­gen­dre­ra que le chaos et la misère des peuples) est celui de l’ar­chi­tec­ture du sys­tème moné­taire inter­na­tio­nal en vigueur depuis 1971… le gou­ver­neur de la Banque Popu­laire de Chine Zhou Xiao­chan. Le SMI des changes flot­tants est la fon­da­tion sur laquelle le châ­teau de cartes néo­li­bé­ral mon­dia­li­sé est bâti. C’est lui, vrai­ment, qui ôte tout contrôle de leurs mon­naies aux repré­sen­tants des peuples et le donne aux marchés.

    4. Sar­ko­zy a bien essayé de mettre à l’a­gen­da du G20 en novembre der­nier un nou­veau SMI, pous­sé aus­si par la Chine, mais Oba­ma lui a répon­du qu’il ne vou­lait pas en entendre parler !

    Que faire ?

    a) sor­tir la France de l’eu­ro et sor­tir le Franc du sys­tème des changes flot­tants (ce qu’on a pas fait en 1971) ? C’est-à-dire faire la même chose que la Chine, contrô­ler les changes et fixer le cours de la mon­naie au dol­lar et à l’eu­ro (ou au Mark nou­veau) ? Croyons-nous vrai­ment que la France a les moyens de cette ambi­tion ? La France n’est pas la Chine avec un énorme excé­dent commercial.

    b) convaincre les Alle­mands de sor­tir l’eu­ro de ce sys­tème, ce qui suf­fi­rait (l’eu­ro repré­sente 27% des réserves mon­diales), sans doute, à for­cer la main des amé­ri­cains et à négo­cier un nou­veau SMI. La zone euro aurait un allié de poids, la Chine.
    Pour le moment cela semble impos­sible, mais qu’en sera-t-il dans 6 ou 9 mois quand l’eu­ro sera au bord de l’ex­plo­sion ? L’Al­le­magne étant le pays qui a le moins inté­rêt à cette explo­sion, je pense que la réac­tion des Alle­mands sera très dif­fé­rente quand ils seront au pied du mur… un peu de patience et je pense que cette stra­té­gie peut marcher.

    D’au­tant plus que la zone euro, dans son ensemble, a un solde posi­tif pour sa balance commerciale.

    La loi de 73 dans tout cela est à mon avis, vrai­ment, un mau­vais che­val de bataille. Et le peuple fran­çais n’é­li­ra pas plus un pré­sident en 2012 qui pro­pose d’i­so­ler la France du SMI et du reste du monde qu’il ne l’a fait en 1971…

    La France n’est pas un pays qui s’i­sole du reste du monde, ce n’est pas sa tra­di­tion, sa vision de l’a­ve­nir. Mais c’est un pays qui peut créer une révo­lu­tion dans les esprits et faire avan­cer le monde !

    PS : pour les réfé­rences légis­la­tives des autres mon­naies qui leur inter­dit de finan­cer direc­te­ment le tré­sor par leur banque cen­trale (dol­lar, livre, cou­ronne sué­doise, …) j’y ai répon­du sur un billet sur post­jo­rion : cf per­se­veare diabolicum

    Réponse
  83. chris06

    @A.J.Holbecq,

    « Pour répondre à Chris06, peut-être a‑t-il rai­son, mais si je me sou­viens bien le franc fluc­tuait éga­le­ment avant 1971… »

    Non, les taux de changes sous Bret­ton Woods étaient fixés par rap­port au dol­lar par révi­sions pério­diques entre les gou­ver­ne­ments par­ti­ci­pants au sys­tème. Ils ne fluc­tuaient pas entre ces révi­sions. Quand un gou­ver­ne­ment pro­cé­dait sui­vant le pro­cé­dé évo­qué par Chris­tian Gomez :
    « En effet, avant 1971, pour les pays habi­tués à « finan­cer » leurs défi­cits par des « avances au Tré­sor », la séquence était tou­jours la même : impasse bud­gé­taire, appel à la Banque Cen­trale, accrois­se­ment de la masse moné­taire, déra­page infla­tion­niste, dés­équi­libre exté­rieur ==> crise des changes et DÉVALUATION »
    le cours de sa mon­naie était révi­sé à la baisse par rap­port au dollar.

    Après le 20 Sept 1949 il s’a­gis­sait en fait d’une spé­cia­li­té fran­çaise, même l’I­ta­lie l’ayant aban­don­né après 1949.

    La France pro­cé­da à 3 déva­lua­tions après cette date, celle de 57, de 58 et de 69 : le seul pays du sys­tème de Bret­ton Woods à l’a­voir fait.

    Cours du Franc par rap­port au dol­lar durant Bret­ton Woods :
    http://​en​.wiki​pe​dia​.org/​w​i​k​i​/​B​r​e​t​t​o​n​_​W​o​o​d​s​_​s​y​s​t​e​m​#​F​r​e​n​c​h​_​f​r​anc

    C’est pour cela que la loi de 1973 fut ren­due iné­luc­table après le pas­sage aux changes flot­tants. À par­tir du moment où les changes étaient déter­mi­nés par les mar­chés, c’est-à-dire par les mon­tants échan­gés par les inves­tis­seurs inter­na­tio­naux en créances libel­lées dans ces mon­naies, il fal­lait don­ner confiance à ces mêmes inves­tis­seurs inter­na­tio­naux pour qu’ils placent en Francs et en bons du tré­sor fran­çais… mais comme la France avait par­ti­cu­liè­re­ment mau­vaise répu­ta­tion car c’é­tait le seul grand pays qui pra­ti­quait des avances au tré­sor et des déva­lua­tions depuis 1949, Pom­pi­dou n’a­vait pas le choix que de trans­po­ser en France ce qui était déjà en vigueur dans les prin­ci­paux pays (USA, GB, D, J, I, NL, B, CH, …) depuis 1949.


    @Christian Gomez,

    « Fon­da­men­ta­le­ment, l’in­ter­naute avec lequel je me sens le plus en har­mo­nie est Chris06, mais je dif­fère de lui quand il relie cette ques­tion à celle des taux de changes flottants. » 

    La loi de 73 fut ren­due iné­luc­table par le pas­sage aux changes flot­tants, c’est-à-dire où les changes sont déter­mi­nés par les mar­chés, c’est à dire les inves­tis­seurs inter­na­tio­naux sui­vant les mon­tants des échanges de mon­naies des pla­ce­ments qu’ils font. C’é­tait une ques­tion de cré­di­bi­li­té. Voir mon expli­ca­tion plus détaillée plus haut à André Jacques.

    « Il vient de là que la rai­son fon­da­men­tale à la mise en œuvre de cette loi est LA VOLONTÉ DE LUTTER CONTRE L’INFLATION »

    La même chose, aucun inves­tis­seur ne veut pla­cer de l’argent dans une mon­naie dont le cours peut être faci­le­ment déva­lué par le pro­cé­dé décrit ci-des­sus. D’où l’in­ter­dic­tion dudit pro­cé­dé dans le cadre d’un sys­tème de changes déter­mi­né par les inves­tis­seurs inter­na­tio­naux, c’est-à-dire les mar­chés, par oppo­si­tion à un sys­tème de changes fixés par les gouvernements.

    Réponse
  84. Étienne


    MÉMOIRE DES LUTTES :

    Hen­ri Guille­min raconte de façon haletante
    les tra­hi­sons abjectes de THIERS
    et l’im­por­tance des mani­gances et des men­songes bancaires :

    http://​www​.rts​.ch/​a​r​c​h​i​v​e​s​/​t​v​/​c​u​l​t​u​r​e​/​d​o​s​s​i​e​r​s​-​d​e​-​l​-​h​i​s​t​o​i​r​e​/​3​4​4​8​4​8​8​-​q​u​i​-​e​s​t​-​t​h​i​e​r​s​.​h​t​m​l​.​h​tml

    « L’or­ga­ni­sa­tion et l’ac­cep­ta­tion de la défaite a été l’œuvre, en 1870–1871, des notables inquiets pour leurs pri­vi­lèges et prêts à tout pour pré­ser­ver la sécu­ri­té de leur profit. »

    Je ne sais pas ce que cette mémoire des luttes évoque pour vous, mais moi, je lui trouve une actua­li­té brû­lante, à un siècle d’intervalle.


    Le même pas­sion­nant Hen­ri Guille­min raconte 
    les grandes lignes de la révolution

    http://​www​.rts​.ch/​a​r​c​h​i​v​e​s​/​t​v​/​c​u​l​t​u​r​e​/​d​o​s​s​i​e​r​s​-​d​e​-​l​-​h​i​s​t​o​i​r​e​/​3​4​4​8​4​8​7​-​l​a​-​r​e​v​o​l​u​t​i​o​n​-​f​r​a​n​c​a​i​s​e​.​h​t​m​l​.​h​tml

    C’est lit­té­ra­le­ment DÉLICIEUX : ne ratez pas ça 🙂

    Ça recoupe tel­le­ment les tra­vaux d’An­nie (Lacroix-Riz)…
    C’est vrai­ment passionnant.

    Et pas du tout hors-sujet, puis­qu’il s’a­git de se sou­ve­nir — et donc de connaître — les clas­siques et scé­lé­rats modes opé­ra­toires des pri­vi­lé­giés, pour tra­hir et voler le bien public, orga­ni­ser la misère géné­rale et évi­ter les révo­lu­tions par le men­songe et par la guerre.

    Étienne.

    Réponse
  85. Mehdi L

    Guille­min est un ora­teur et un conteur extra­or­di­naire, dou­blé d’un his­to­rien minu­tieux mal­gré tout ce que « ces gens-là » disent.
    Je recom­mande à tous de vision­ner ses vidéos sur le site de la tsr ‚(qui contrai­re­ment à l’I­na met tout en ligne GRATUITEMENT, l’ac­cès aux archives, c’est pas un droit de l’homme ? Je dis ça, je dis rien…).

    Si vous sou­hai­tez avoir une preuve que vou­loir le pou­voir est une mala­die de gens anti­pa­thique, je vous recom­mande de com­men­cer par Napoléon…

    Réponse
  86. chris06

    @Kevin,

    « Une vidéo de Rocard (encore lui) qui date de novembre der­nier et qui est très inté­res­sante, sur­tout à par­tir de la 10ème minute. Il y déclare que l’en­det­te­ment des Etats fut « un choix du sys­tème » cor­res­pon­dant à la fin de la créa­tion moné­taire publique. »

    Mer­ci pour cette vidéo, qui vient fort à propos…

    Rocard y confirme ce que j’ai essayé d’expliquer…

    « un choix du sys­tème » pous­sé par Mil­ton Fried­man : le néo­li­bé­ra­lisme de l’é­cole de Chi­ca­go (Mil­ton Fried­man) qui s’im­po­sa dans la pen­sée éco­no­mique domi­nante comme une reli­gion à par­tir des années 70 à la place du Key­né­sia­nisme et dont la pre­mière et plus grande vic­toire fut d’im­po­ser les changes flot­tants après Bret­ton Woods (qui était l’œuvre de Keynes et de White). À par­tir de là, tout le reste a sui­vi pierre par pierre, la déré­gu­la­tion des mar­chés, la libé­ra­li­sa­tion des échanges com­mer­ciaux, des mou­ve­ments de capi­taux, l’a­ban­don de glass stea­gall … et le poli­tique qui ne peut plus rien faire car le dogme Fried­ma­nien vou­lait jus­te­ment que toute inter­ven­tion gou­ver­ne­men­tale dans l’é­co­no­mie capi­ta­liste pour essayer de la contrô­ler (qui avait été la clef de voûte de la pen­sée de Keynes de mon­trer qu’elles pou­vaient avoir leur impor­tance car elle se devaient d’être anti­cy­cliques pour pou­voir résor­ber les crises) soit inef­fi­cace et contre l’in­té­rêt général.

    Ce fut une catas­trophe. Mais beau­coup ne l’ont com­pris qu’a­près 2008.. et comme le dit Rocard, aux USA, en GB et au Japon, c’est mal­heu­reu­se­ment encore ce dogme Fried­ma­nien qui domine par­mi les gens qui ont de l’autorité.

    Voi­là le fond du pro­blème. Ce n’est pas sim­ple­ment la loi de 73, c’est beau­coup plus fondamental.

    Keynes avait rai­son, il nous avait pré­ve­nu mais le sys­tème a vou­lu l’oublier.

    Quand je pense que les pires extré­mistes du néo­li­bé­ra­lisme, les liber­ta­riens amé­ri­cains pro Ron Paul et pro tea par­ty qui dominent notam­ment le blog zero­hedge n’ar­rêtent pas de dire que c’est la fin du Key­né­sia­nisme ! C’est vrai­ment le comble de l’ironie…

    Ceci dit, en France c’est pas mieux avec les dis­cours anti-capi­ta­listes de Jorion et des conver­tis de l’ex PCF.

    Entre ceux qui annoncent la fin du capi­ta­lisme (Jorion et les mar­xistes) et ceux qui en veulent encore plus (les liber­ta­riens) per­sonne ne semble vou­loir écou­ter les véri­tables key­né­siens, lire Mins­ky, et trou­ver des solu­tions à cette crise.

    Réponse
  87. sitouaillain

    juste un grand mer­ci à Chris (mes­sages 89 et 90) qui explique les choses avec une clar­té savou­reuse, dont je ne me sens pas capable, et qui dit exac­te­ment ce que j’a­vais envie de répondre.

    par contre je rajou­te­rais à la pro­po­si­tion de ce qui aurait du être fait en 71 (du moins en 1981…année que les fran­çais croyaient être celle de l’alternative…enfin je n’é­tais pas né…) et qui devrait être fait dès maintenant :

    créer un éta­lon qui soit un panier de mon­naies ça me paraît essentiel,

    mais
    1° une pos­si­bi­li­té de finan­ce­ment direct des Etats auprès de la BCE par la voie de l’emprunt (donc rien à voir avec le « miracle » de la créa­tion moné­taire « ex-nihi­lo », il faut rem­bour­ser) me parait essen­tielle, et cela n’ex­clut pas un cer­tain nombre de cri­tères res­tric­tifs ou de condi­tions aux pos­si­bi­li­tés d’emprunts pour ne pas mettre à mal la sta­bi­li­té d’é­co­no­mies de fac­to interdépendantes

    2° pour tenir compte de ce que disent AJ Hol­becq et Di Giro­la­mo, l’im­pé­ra­tif éco­lo­gique et social de relo­ca­li­sa­tion des pro­duc­tion, permet
    a) de s’ar­ro­ger le droit à l’é­chelle euro­péenne de pré­fé­rence mais pour­quoi pas uni­la­té­ra­le­ment (stra­té­gie du coup de pied dans la four­mi­lière) de poser des bar­rières doua­nières aux pro­duits ne res­pec­tant pas des normes envi­ron­ne­men­tales et sociales qui auraient cours chez nous
    b) d’in­tro­duire des mon­naies locales qui visent pré­ci­sé­ment à ins­ti­tuer des cir­cuits de pro­duc­tion et d’é­changes de proxi­mi­té dans une pers­pec­tive de déve­lop­pe­ment endogène
    le tout étant de par­ve­nir à légi­ti­mer ces pra­tiques dans une pers­pec­tive très fran­çaise qui est celle de l’u­ni­ver­sa­lisme et non pas du natio­na­lisme ni d’une recherche déloyale de com­pé­ti­ti­vi­té ou de « mar­ché réser­vé », dans une pers­pec­tive uni­ver­sa­liste le res­pect de l’en­vi­ron­ne­ment ici ou ailleurs, le res­pect de l’homme où qu’il se trouve, nous impose de le faire et de s’in­ter­dire de cau­tion­ner telle ou telle forme de pro­duc­tion ou d’échange.

    par ailleurs, je rejoins Lor­don sur ses concep­tions de la banque cen­trale indé­pen­dante, démo­cra­tique et la forme décen­tra­li­sée et démo­cra­tique qu’il prône pour un sys­tème ban­caire effi­cace et sans prédation ;

    et tout cela est pos­sible en enga­geant les bons rap­ports de force, pas en votant hol­lande c’est sûr et sur­tout pas en sor­tant de l’eu­ro et de l’ue, on se pri­ve­rait d’un puis­sant levier…et j’es­père qu’on n’en arri­ve­ra jamais à ce genre d’ex­trê­mi­tés, heu­reu­se­ment, on peut tou­jours émi­grer 🙂 la France, tu l’aimes ou tu la quittes, j’ai pra­ti­qué suite à l’ar­ri­vée du petit pétain en 2007, je suis reve­nu mais j’aime trop ce pays pour le voir à ce point som­brer et s’abrutir…RESISTANCE !

    Réponse
  88. sitouaillain

    en réponse au der­nier mes­sage de chris :

    quand on fera le décompte des souf­frances infli­gées par le monétarisme/néolibéralisme, on trou­ve­ra presque sta­line sympatique..

    Keynes a raison…pour régu­ler le capi­ta­lisme, mais sa pen­sée ne résoud pas toutes les contra­dic­tions d’un cer­tain de pro­prié­té qui en est l’es­sence, ni même les pro­blèmes de pilo­tage et d’institutions,

    cela dit, ses théo­ries s’ap­pliquent assez bien à une éco­no­mie socia­liste (c’est à dire une éco­no­mie libre et non éta­ti­sée for­mée essen­tiel­le­ment d’en­tre­prises coopé­ra­tives), j’ai fait des tests éco­no­mé­trique à une époque sur un cer­tain nombre d’hy­po­thèses et ça colle plu­tôt pas mal…

    Sinon, à relire P. Krug­man « pour­quoi les crises reviennent tou­jours » (Mins­ky-com­pa­tible?)

    Réponse
  89. gilles

    Il y a plu­sieurs crises qui se sont sui­vies et se sont télé­sco­pées, celles des sub­primes dues aux banques et au gou­ver­ne­ment états-uniens, la crise finan­cière qui s’en est sui­vie, ensuite le ren­floue­ment des banques par les États, stu­pide et laxiste car sans aucune contre­par­tie de régu­la­tion, puis la crise d’une mon­naie stu­pide car inadap­tée à chaque éco­no­mie et impos­sible à déva­luer ou à rééva­luer. L’eu­ro était en effet un pari éco­no­mique et poli­tique dont tout le monde savait dès le début qu’il com­por­tait des risques. Ma convic­tion est que les avan­tages atten­dus de l’eu­ro n’é­taient aucu­ne­ment éco­no­miques mais poli­tiques : for­cer l’a­chè­ve­ment de l’é­tat euro­péen dont les dif­fé­rents peuples euro­péens ne vou­laient pas. La crise dont nous par­lons est celle des dettes publiques des pays de la zone, comme expli­quées dans cette ani­ma­tion vidéo :

    http://​ellynn​.fr/​d​e​s​s​o​u​s​d​e​b​r​u​x​e​l​l​e​s​/​s​p​i​p​.​p​h​p​?​a​r​t​i​c​l​e​170

    dues pour une part par les consé­quences de l’ar­ticle 123 qui oblige les États-membres de ce qui s’ap­pelle encore l’U­nion Euro­péenne à emprun­ter pour leurs dettes aux banques pri­vées avec inté­rêt au lieu d’emprunter à leur Banque Cen­trale sans inté­rêts. Pour une autre part, ce sont le manque de recettes bud­gé­taires des États qui créent le défi­cit. Manque de recettes dues à l’é­va­po­ra­tion des emplois indus­triels et agri­coles à cause d’une mon­naie sur­éva­luée pour cer­tains pays de ce que l’on appelle encore pour com­bien de temps, l’U­nion européenne.

    Voir le taux de cou­ver­ture des expor­ta­tions par rap­port aux expor­ta­tions en France :

    http://​files​.get​webb​.org/​f​i​l​e​s​/​3​4​/​0​7​/​b​d​/​0​1​d​d​8​c​3​9​8​0​f​3​7​9​0​a​5​1​6​1​5​6​b​2​e​e​4​c​8​6​6​c​0​8​/​s​o​u​r​c​e​.​png

    Mer­ci Étienne pour la vidéo de Guille­min archi­vée par la Télé­vi­sion Suisse Romande sur Thiers.

    Thiers et son livre « De la pro­prié­té » écrit en faveur des pri­vi­lé­giés, Thiers et Bis­marck col­la­bo­rant à l’eu­ro­péenne contre les classes popu­laires, contre la Com­mune de Paris. Déjà la fal­si­fi­ca­tion de l’ar­gu­ment de la paix avan­cé pour jus­ti­fier la tra­hi­son, plu­tôt Bis­marck que la Com­mune, ensuite cela sera plu­tôt Hit­ler que le Front Popu­laire et cela conti­nue avec la « construc­tion » euro­péenne. Ces gens étaient déci­dés pour main­te­nir leurs pri­vi­lèges à sacri­fier leur pays. Leurs des­cen­dants poli­tiques conti­nuent la même oeuvre. Tou­jours s’al­lier avec les diri­geants euro­péens conser­va­teurs réac­tion­naires contre les classes popu­laires de leur pays.

    Marx s’est sur­tout occu­pé de la domi­na­tion sociale, mais atten­tion il n’a pas tota­le­ment négli­gé la sou­ve­rai­ne­té des peuples puis­qu’il s’est pro­non­cé pour l’in­dé­pen­dance de la Pologne et de la Hon­grie lors du prin­temps des peuples de 1848.
    Il reprend cette posi­tion sur l’in­dé­pen­dance de la Pologne dans le Mani­feste Communiste :
    http://​www​.mar​xists​.org/​f​r​a​n​c​a​i​s​/​m​a​r​x​/​w​o​r​k​s​/​1​8​4​7​/​0​0​/​k​m​f​e​1​8​4​7​0​0​0​0​d​.​h​t​m​#​s​d​f​o​o​t​n​o​t​e​4​2​anc

    En 1915, la Confé­rence des sec­tions du Par­ti Ouvrier Social-Démo­crate de Rus­sie pré­si­dé par Lénine conclue que les États-Unis d’Eu­rope sont, en régime capi­ta­liste, ou bien impos­sibles, ou bien réactionnaires.
    http://​www​.mar​xists​.org/​f​r​a​n​c​a​i​s​/​l​e​n​i​n​/​w​o​r​k​s​/​1​9​1​5​/​0​8​/​v​i​l​1​9​1​5​0​8​2​3​.​htm

    Ni Marx, ni Engels, ni Lénine ne se sont pro­non­cés pour les États-Unis d’Eu­rope, mais tou­jours clai­re­ment contre. L’in­ter­na­tio­na­lisme véri­table, qui découle de l’ac­cep­ta­tion des nations est le contraire de l’eu­ro­péisme, symp­tôme de l’a­ban­don du com­bat pour le socia­lisme. Ci-devant, Sitouaillain, affreux pseu­do­nyme qui sonne très mal et qui semble révé­ler le mépris pour la citoyen­ne­té et l’au­to­no­mie des peuples, l’eu­ro­péisme est un puis­sant levier que pour ceux qui ont les moyens finan­ciers de voya­ger beau­coup et de pou­voir se payer des inter­prètes, en gros le patro­nat et les diri­geants poli­tiques cou­pés des peuples. Ce même euro­péisme est une chiourme qui entrave les mou­ve­ments de libé­ra­tion des peuples et indique la sou­mis­sion à la Sainte Alliance des diri­geants conser­va­teurs aujourd’­hui le PPE-PSE.

    Réponse
  90. Voxien2011

    Bon­jour

    @Etienne
    Vous avez pos­té cette adresse :

    http://​his​toi​reet​so​ciete​.word​press​.com/​2​0​1​1​/​1​2​/​2​9​/​l​a​-​r​u​m​e​u​r​-​e​t​-​l​e​x​t​r​e​m​e​-​d​r​o​i​t​e​-​l​a​-​l​o​i​-​p​o​m​p​i​d​o​u​-​g​i​s​c​a​r​d​-​r​o​t​h​s​c​h​i​l​d​-​v​o​t​e​e​-​e​n​-​1​9​7​3​-​e​m​p​e​c​h​e​r​a​i​t​-​l​e​t​a​t​-​d​e​-​b​a​t​t​r​e​-​m​o​n​n​a​i​e​-​p​a​r​-​a​l​a​i​n​-​b​e​i​t​o​n​e​/​#​c​o​m​m​e​n​t​-​422

    J’ai dépo­sé un com­men­taire le 3⁄01 vers 17h, il a été cen­su­ré ! j’en ai gar­dé une copie.

    Et pour­tant rien de bien méchant, en voi­ci le contenu :

    //–DÉBUT

    Ceux qui insistent sur la lutte des classes sou­haitent impo­ser la dic­ta­ture du pro­lé­ta­riat à terme.

    Ils sont natu­rel­le­ment contre la démo­cra­tie. Ils expliquent tout sous l’angle de l’économie darwinienne.

    Les lois, càd la culture, càd l’organisation consciente de la cité est une chose qui ne leur parlent pas.

    Leur pen­sée fait par­tie des concep­tions éli­tistes contre les­quelles les peuples qui aspirent aux res­pect, à la paix et à la digni­té sont ame­nés à lutter.

    La lutte des classes, c’est les lois “natu­relles” (elles ne le sont pas puisque c’est un pro­duit humain péris­sable comme l’ensemble de ses idées) de la jungle humaine, la jungle ani­males, elle, étant res­pec­tueuse d’un ordre éta­blit et non humain.

    //–FIN

    Les mar­xistes veulent à tout prix impo­ser un moule de pen­sée. Tout ce qui sort des lois de la jungle humaine qu’est la lutte des classes (qui n’est qu’un concept humain, un pro­duit de la pen­sée), est inva­lide. Ils veulent le pou­voir et ils croient que le pou­voir c’est les machines et les ins­tru­ments de production.

    Comme si faire socié­té n’existait pas dans leur dictionnaire !!

    Réponse
  91. Morpheus

    @ Voxien2011

    C’est qui, encore, qui disait il n’y a pas long­temps  » Oui, c’est une lutte des classes, et c’est la mienne qui a gagné. » ?

    😉

    Réponse
  92. Christian Gomez

    @chris06

    Pour ceux qui avaient l’âge (hélas) de suivre les évo­lu­tions éco­no­miques dans ces années là (je fai­sais mon DES/DEA à l’é­poque avec M.Allais), il était clair que cette mesure n’a­vait rien à voir avec les changes flot­tants qui d’ailleurs com­men­çaient juste après la faillite de l’ac­cord du Smith­so­nian Ins­ti­tute (Decembre 1971) à la mi-1973. Elle était liée à deux fac­teurs essentiels :

    – La volon­té de G. Pom­pi­dou de faire de la France une grande puis­sance indus­trielle et de dépas­ser la RFA (à l’époque)en sui­vant en fait la poli­tique de cette der­nière faite de dis­ci­pline et de rigueur ;
    – la pré­gnance de plus en plus grande du « Moné­ta­risme » qui fai­sait du contrôle des agré­gats moné­taires la pierre angu­laire de toute polit­qiue éco­no­mique et impli­quait donc de contrô­ler les sources de la mon­naie de base.

    A cet égard, je vou­drais m’in­sur­ger contre tous ces pon­cifs sur Keynes / Fied­man et les autres.

    Le sys­tème de Fried­man est un sys­tème par­fai­te­ment cohé­rent qui com­por­tait une mesure clef : la néces­si­té de contrô­ler l’offre de mon­naie dans une éco­no­mie de mar­ché ( A Pro­gram for mone­ta­ry stability)par un sys­tème dit de « 100% money » impli­quant la cou­ver­ture inté­grale des dépôts. Mal­heu­reu­se­ment, pro­ba­ble­ment pour évi­ter l’op­po­si­tion des ban­quiers et de WStreet, Fried­man a cru qu’il serait pos­sible d’ob­te­nir des résul­tats ana­logues par une poli­tique moné­taire appro­priée de contrôle de la base moné­taire, en sup­po­sant la sta­bi­li­té du mul­ti­pli­ca­teur de cré­dit. Ce fut une tra­gique erreur comme l’ont mon­trée les échecs des expé­riences des années 80. Il ne put en tirer les consé­quences lui-même vu son âge.

    C’est alors que se déve­lop­pa une « approche par la liber­té des mar­chés » (Free mar­ket Approach) qui fut, elle, une véri­table catas­trophe. Elle se résume en une for­mule d’ad­di­tion de trois théories :

    CAPM (Capi­tal Asset Pri­cing Model)
    +EMH (Effi­cient mar­ket Hypothesis)
    +REH (Tatio­nal mar­ket hypothesis)

    –

    = Chaos/crise de l’intelligence

    En peu de temps, ces théo­ries SANS AUCUNE BASE EMPIRIQUE, faut-il le pré­ci­ser, enva­hirent tout : les uni­ver­si­tés, les écoles de com­merce, les media, et contrô­lèrent toute la recherche et donc toutes les revues et les dis­pen­sa­teurs de subsides.

    La recons­truc­tion, à mon sens, ne passe cer­tai­ne­ment par une réha­bi­li­ta­tion béate et bor­née du rôle de l’E­tat, dont la faillite est elle aus­si consom­mée. L’ÉCONOMIE DE MARCHÉ est irrem­pla­çable et il nous fau­dra tou­jours des Jobs, Elli­son, Gates… pour ne pas som­brer dans la médio­cri­té la plus abso­lue qui est l’a­pa­nage des socié­tés socia­listes. Mais, il y a un point nodal de nos éco­no­mies qu’il faut réfor­mer : le fonc­tion­ne­ment de leur sys­tème financier.

    C’est un point sur lequel beau­coup des plus grands éco­no­mistes se sont rejoints : des plus libé­raux (au sens euro­péen) comme Mises et son élève Hayek, Simons et les éco­no­mistes de Chi­ca­go, Fisher, Fried­man, Allais, aux key­ne­siens comme Tobin et Mins­ky : La mise en place d’un sys­tème de 100% Money (nar­row ban­king pour Tobin).

    Le talon d’A­chille des éco­no­mies de mar­ché est son sys­tème ban­caire à cou­ver­ture frac­tion­naire. C’est lui le can­cer qu’il faut extirper.

    Réponse
  93. sitouaillain

    Gilles me traite d’  »euro­péeiste » et de « mépri­ser la citoyen­ne­té et l’au­to­no­mie des peuples »

    donc je répond gen­ti­ment (ce qui veut dire sans citer Marx, ni Lénine…face à des dis­ciples de Soral, ça n’en vaut pas la peine…)

    le natio­na­lisme est une idéo­lo­gie his­to­ri­que­ment située et socia­le­ment construite, pro­fon­dé­ment bour­geoise d’ailleurs, et cette idée de nation, sur­tout en France est une construc­tion sociale. je veux dire par là que l’i­dée de « France » et de « peuple fran­çais » ne pèse pas grand chose dans l’his­toire de l’hu­ma­ni­té, ne recouvre aucune réa­li­té eth­nique, et per­sonne ne nie­ra qu’à part la langue com­mune incul­quée à coup de for­ceps jaco­bin, l’al­sa­cien et le pro­ven­çal n’ont pas vrai­ment la même façon d’être français.

    donc ce qui relie les fran­çais, plus que par­tout en Europe, c’est pré­ci­sé­ment la citoyen­ne­té et je suis donc fier d’être fran­çais pour cela, et logi­que­ment, cet uni­ver­sa­lisme à la fran­çaise fait de moi un incon­di­tion­nel de l’Eu­rope en tant qu’es­pace d’une citoyen­ne­té com­mune qui orga­nise la soli­da­ri­té à l’in­té­rieur de cet espace cultu­rel, poli­tique et éco­no­mique où vivent des humains qui se res­semblent sur bien des points et qui par­tagent un des­tin commun.

    et c’est pré­ci­sé­ment parce que l’UE repré­sente à l’heure actuelle ce que les bol­che­vik ont impo­sés aux russes et aux autres peuples que je com­bat le visage actuel de la néces­saire coopé­ra­tion entre les pays d’Europe.

    et mon vécu de l’Eu­rope des peuples n’est pas celle du micro­cosme bruxel­lois, puisque j’ai pu par­ta­ger les luttes de cama­rades d’autres pays, ou tout sim­ple­ment vivre leur quo­ti­dien, de ces gens modestes qui par­tagent mes valeurs, et sans tra­duc­teur car j’ai appris leurs langues ou parce que nous uti­li­sons une langue par­lée en com­mun, et sans être riche, parce que j’ai fait des éco­no­mies pour pou­voir par­tir ou parce que j’ai fait du stop ou frau­dé des trains ou pris des covoi­tu­rages et que j’ai pas ache­té de cana­pé ni d’é­cran plat. et encore à l’é­poque de la renais­sance, cer­tains tra­ver­saient l’Eu­rope à pied…j’ai même ren­con­tré à Nantes un alle­mand de 40 ans qui mar­chait depuis des mois, il en a eu marre de sa vie étri­quée, il est par­ti, sans rien, et il était heu­reux, en pleine forme, une aura de saint homme, il mar­chait et ramas­sait ce qu’il trouvait…

    Et je me sens plus proche des mes amis d’Europe que de cer­tains fran­çais à l’es­prit étri­qué et mani­pu­lé qui disent pou­voir s’en sor­tir tout seul dans leur coin et qui réclame que sitouaillain s’é­crive citoyen alors même qu’ils ne se mettent pas en capa­ci­té de deve­nir citoyen, de regar­der quels sont les rap­ports de force en France et dans le monde, de com­prendre la struc­tu­ra­tion actuelle de l’é­co­no­mie pour savoir si leur petite fier­té de coq suf­fi­rait à conte­nir une attaque moné­taire ou un embargo…n’est pas cubain qui veut..

    et j’ai même un peu vécu là-bas en amé­rique, celle du sud, et figu­rez-vous que la pre­mière chose qu’ont fait les pays en che­min vers le socia­lisme, c’est de s’as­so­cier entre-eux dans l’ALBA…comme quoi les Lumières conti­nuent d’é­clai­rer là-bas…c’est vrai que la Boli­vie ou l’Équateur pèsent pas lourd face à l’im­pé­ria­lisme yan­kee, s’as­so­cier avec les autres pays du sous-contient est une néces­si­té, et ça ne les empêche pas de recon­naitre le droit à l’au­to­no­mie des peuples (des cen­taines de nations indi­gènes) qui vivent dans ces pays,

    mais si l’on veut être consé­quent, cher cama­rade, défendre l’au­to­no­mie des tchèques ou des fran­çais et leur droit à la citoyen­ne­té pleine et entière, on réflé­chit à deux fois avant de bazar­der l’i­dée d’Europe…comme dit l’hymne Vene­zue­lien : « Si el des­po­tis­mo levan­ta la voz, seguid el ejem­plo que Cara­cas dio » (tra­duc­tion gra­tuite « si le des­po­tisme élève la voix, sui­vez l’exemple que don­na Cara­cas »).…

    et au moins là-bas, tout le monde d’à peu près inté­res­sé à la poli­tique (soit bien plus de monde qu’ici)sait ce qu’est le néo­li­bé­ra­lisme et mil­ton fried­man et sait qu’à côte de l’AL­BA il y a l’A­LE­NA et l’OMC et le FMI,

    mais ça ne vien­drait à l’i­dée de per­sonne de confondre les deux options en trai­tant « d’a­mé­ri­ca­niste » celui qui défend l’u­nion des peuples des Amé­riques, ou d’ap­pe­ler traitre à sa patrie celui qui parle de coopé­ra­tion entre les peuples du monde !

    Réponse
  94. Morpheus

    En par­lant de « crise », je vou­drais faire part d’un début de réflexion avec prise de recul, sur le phé­no­mène de « crise ».

    Né en 1968, je peux vous affir­mer qu’aus­si loin que remonte ma mémoire, j’ai tou­jours enten­du dire que nous étions « en train de tra­ver­ser une crise ». Depuis envi­ron qua­rante ans – peut-être même plus ! -, il semble en effet qu’une crise chasse l’autre, plon­geant de fac­to notre socié­té dans une crise constante, per­ma­nente, lan­ci­nante, obsé­dante. Les orai­sons sur « la crise » sont les antiennes qua­si quo­ti­diennes enten­dues et lues dans nos médias depuis que je suis en âge de les com­prendre (au point que j’en viens par­fois à me deman­der s’il n’y aurait pas comme une sorte de lien méta­psy­chique de cause à effet entre ces crises sys­té­miques et les crises de rhi­nite chro­nique qui m’han­di­capent depuis bien­tôt trente ans).

    Or, qu’est-ce qu’une crise ? Le mot crise est issu éty­mo­lo­gi­que­ment du grec kri­sis « choix » et « action de sépa­rer », d’où « dis­sen­ti­ment », « contes­ta­tion ». Il pro­vient, par le mot crible, d’une racine indo-euro­péenne *krei- « cri­bler », attes­tée en grec dans kri­nein « sépa­rer », « choi­sir », « déci­der », « juger ».

    Selon le dic­tion­naire , une crise est un acci­dent qui dété­riore la bonne san­té appa­rente d’un sujet (ex. crise car­diaque), ou une aggra­va­tion brusque d’un état chro­nique (ex. crise de rhi­nite) ; une mani­fes­ta­tion sou­daine et vio­lente d’é­mo­tions (ex. crise de nerf, crise d’hys­té­rie) ou une phase grave dans une évo­lu­tion (ex. crise sociale, crise poli­tique, crise éco­no­mique, etc.).

    En 1954, com­mence la crise d’in­dé­pen­dance dans l’Al­gé­rie fran­çaise. La guerre qui en résul­te­ra dure­ra jus­qu’en 1962. Cette même année 62, le monde tremble devant la crise des mis­siles, période de vive ten­sion inter­na­tio­nale impli­quant le bloc sovié­tique et le bloc transatlantique.

    En 1963, le pré­sident éta­su­nien John F. Ken­ne­dy est assassiné.

    En 1964, les USA entrent en guerre contre le Viet­nam, guerre qui dure­ra onze longues années.

    En 1968, le Prin­temps de Prague marque la fin bru­tale du pro­jet de démo­cra­ti­sa­tion du régime com­mu­niste de Tché­co­slo­va­quie par l’ar­ri­vée des chars russes dans la capitale.

    En 1968, tou­jours, des révo­lu­tions étu­diantes fleu­rissent dans les uni­ver­si­tés fran­çaises, et s’é­tendent en une lutte ouvrière débou­chant sur une impor­tante crise poli­tique mar­quant le début d’une véri­table crise de société.

    En 1973, alors que la pré­si­dence éta­su­nienne est plon­gée dans la crise du Water­gate, sur­vient la guerre du Kip­pour entre Israël et une coa­li­tion entre l’E­gypte et la Syrie, ce qui entraî­ne­ra la crise du pétrole, lorsque l’O.P.E.P. déci­de­ra l’an­née sui­vante de qua­dru­pler le prix de l’or noir, plon­geant le monde dans une réces­sion éco­no­mique durable (la même année, le groupe anglais Pink Floyd sor­ti­ra son album The Dark Side of the Moon, aux relents pro­phé­tiques, notam­ment à tra­vers sa sixième plage inti­tu­lée Money). Le 11 sep­tembre 1973, au Chi­li, le gou­ver­ne­ment socia­liste du Pré­sident Sal­va­tore Allende est vio­lem­ment ren­ver­sé par un putsch mili­taire diri­gé par le Géné­ral Pino­chet, et sou­te­nu par la C.I.A. et les « Chi­ca­go boys », des dis­ciples de l’é­co­no­miste éta­su­nien Mil­ton Fried­man, qui en pro­fitent pour inau­gu­rer le pre­mier labo­ra­toire gran­deur nature de leur pro­jet « libé­ral » ultra capi­ta­liste (que la nov­langue a appe­lé pudi­que­ment « ultra libéral »).

    En 1979, c’est la révo­lu­tion ira­nienne, qui débou­che­ra sur le second choc pétro­lier, et inci­dem­ment sur la guerre entre l’I­ran et l’I­rak qui dure­ra près de dix ans.

    En 1989, chute du Mur de Ber­lin et effon­dre­ment des régimes com­mu­nistes en Europe de l’Est. Le capi­ta­lisme triom­phant s’im­pose par­tout et lâche ses chiens sur l’é­co­no­mie mon­diale. Suite à cela, crises moné­taires et finan­cières à répé­ti­tion : Junk Bonds (1989), bulle spé­cu­la­tive japo­naise (1989), inva­sion du Koweït et bulle sur le pétrole (1990), crise du sys­tème moné­taire euro­péen suite au réfé­ren­dum fran­çais sur le trai­té de Maas­tricht (1992 – 1993), brusque cor­rec­tion du mar­ché obli­ga­taire (1994), crise éco­no­mique mexi­caine (1994), crise asia­tique (1997), crise éco­no­mique au Bré­sil (1997 – 1998), qua­si-faillite du Hedge fund « Long Term Capi­tal Mana­ge­ment » (1998), crise des taux d’in­té­rêts en Tur­quie (2000), bulle d’in­ter­net (2000), atten­tats du 11 sep­tembre (2001), Junk bonds, encore (2001), crise éco­no­mique en Argen­tine, agré­men­té d’une course aux gui­chets (2001), crise sur les mar­chés obli­ga­taires au Bré­sil (2001), crise des Sub­primes (2007), entraî­nant une crise sys­té­mique mon­diale majeure (2008 à ?), crise de l’Eu­ro (2010), crise de la dette sou­ve­raine (2011).

    On pour­rait allon­ger la liste ad nau­seam, alors je ne cite que les plus impor­tantes ou les plus connues, mais on le voit, les crises se suc­cèdent, se mul­ti­plient, s’ad­di­tionnent, se répètent, ne ces­sant de balayer le monde dans une sorte de valse effré­née qui ne semble pas devoir s’ar­rê­ter, et qui fait pen­ser à La Valse à Mille Temps de Jacques Brel. A en perdre le souffle.

    Qu’est-ce qui peut expli­quer cela ? Qu’est-ce qui peut jus­ti­fier cela ? Y a‑t-il une cause, un socle com­mun qui relie ces crises les unes aux autres ? On est en droit de se poser la ques­tion. Plus qu’un droit, n’est-ce pas même un devoir ?

    Réponse
  95. sitouaillain

    @ Chris­tian Gomez

    quand tu nous dit :

    « pour ne pas som­brer dans la médio­cri­té la plus abso­lue qui est l’a­pa­nage des socié­tés socialistes »

    où est ta jus­ti­fi­ca­tion empi­rique ?

    à moins que tu ne confondes socia­lisme et pla­ni­fi­ca­tion cen­tra­li­sée, sinon, pour moi le socia­lisme, c’est une éco­no­mie de socia­li­sa­tion des moyens de pro­duc­tion, soit une éco­no­mie où les entre­prises sont pos­sé­dées et diri­gées par ceux qui y travaillent…économie d’en­tre­pre­neurs col­lec­tifs que les schum­pe­te­riens ne peuvent pas renier sans mau­vaise foi et que les libé­raux n’ac­ceptent pas par non prise en compte du carac­tère aso­cial du droit de pro­prié­té romain…enfin c’est mon avis…et c’est pas le sujet 🙂

    Réponse
  96. Morpheus

    @ Chris­tian Gomez

    En effet, l’i­déo­lo­gie de l’é­cole autri­chienne est « cohé­rente » avec le prin­cipe de l’é­co­no­mie basée sur la mon­naie (je dirais presque que c’est indéniable).

    Dans une éco­no­mie basée sur la mon­naie, ce qui donne de la valeur aux pro­duits et aux ser­vices, c’est leur rare­té : plus un pro­duit, une res­source, une com­pé­tence, … est rare, plus elle aura de valeur mar­chande ; plus elle est abon­dante, moins elle aura de valeur marchande.

    Donc, il est logique, dans pareil sys­tème, de rendre éga­le­ment rare … la quan­ti­té de mon­naie disponible.

    Par consé­quent, en effet, l’é­cole autri­chienne est logique lors­qu’elle pré­co­nise de rendre rare la quan­ti­té d’argent dis­po­nible, afin de lui conser­ver sa valeur.

    Cela ne signi­fie tou­te­fois nul­le­ment que c’est un bon sys­tème. Par « bon sys­tème », j’en­tends un sys­tème qui sert l’in­té­rêt des peuples.

    Si l’on ana­lyse le sys­tème sur cette base (l’in­té­rêt supé­rieur des peuples et des citoyens), on ne peut qu’en arri­ver à la conclu­sion que ce sys­tème est le plus mau­vais des système !

    Pour­quoi ? Parce que le sys­tème d’é­co­no­mie moné­taire consiste, in fine (c’est-à-dire dans la logique abso­lue prô­née par l’é­cole autri­chienne) à créer (arti­fi­ciel­le­ment) la pénu­rie et à gérer celle-ci, au seul béné­fice d’une très petite mino­ri­té de pri­vi­lé­giés de voleurs qui se sont appro­prié qui ont pillé la majeure par­tie des res­sources dis­po­nibles sur la pla­nète à leur seul profit.

    Ce sys­tème d’é­co­no­mie fon­dée sur la mon­naie entraîne inévi­ta­ble­ment la com­pé­ti­tion, la concur­rence et la pénu­rie, puis­qu’il DOIT ne jamais y en avoir assez pour tous (s’il y a assez pour tous, alors les choses n’ont plus de valeur et l’argent n’a plus d’intérêt).

    Ce sys­tème a sans doute eu sa rai­son d’être, il y a encore un, voir deux siècles, mais à pré­sent que le monde est « fini », que les connais­sances scien­ti­fiques et tech­niques per­mettent de gérer l’en­semble des res­sources de la pla­nète, ce sys­tème est deve­nu non seule­ment inef­fi­cace et obso­lète, mais au contraire, la cause fon­da­men­tale de tout ce qui merde cloche dans ce monde.

    Il serait plus que temps de son­ger à un tout autre sys­tème, un sys­tème encore jamais vu par le passé.

    Une éco­no­mie basée sur le par­tage équi­table des res­sources de la pla­nète, celles-ci étant préa­la­ble­ment recon­nue héri­tage et patri­moine com­mun de TOUS les êtres vivant sur la Terre.

    Réponse
  97. gilles

    À la per­sonne qui veut désho­no­rer le beau nom de citoyen.

    Laisse Alain Soral au néant dont il n’au­rait jamais dû sor­tir et pour ne pas y aller toi-même, ne te sens pas dis­pen­sé de cita­tions de Bakou­nine, Trost­ky, Bor­di­gha, Bou­ka­rhine, Éli­sée Reclus, Marat, Robes­pierre, Rous­seau, Babeuf, Miche­let ou tout autre qui pour­rait appuyer tes argu­ments. Je n’ai pas les moyens de me payer un billet pour l’A­mé­rique du sud, ni même pour l’autre bout de la France et tu me parles comme ceux qui nous fai­saient la leçon lors du réfé­ren­dum du TCE. (Le pire est peut-être que tu ne t’en rends même pas compte. Tu n’as pas conscience du nombre de gens que tu détournes du vote pour le front de gauche par ton boboïsme)

    Tu peux venir chez moi, il n’y a pas d’é­cran plat, ni de cana­pé, et il me semble que je devrais m’of­fus­quer de ton mépris de classe de bour­geois bohème qui ne subit pas les délo­ca­li­sa­tions et le chô­mage. Mais n’é­tant pas croyant, je puis quand même dire de manière méta­pho­rique : « Mon Dieu par­don­nez-lui, car il ne sait pas ce qu’il fait. » Et cela ne veut pas dire que je consi­dère les Fran­çais supé­rieurs aux autres comme ta com­pré­hen­sion hâtive te le fait croire. Jau­rès disait : « La nation, c’est le seul bien des pauvres », il était inter­na­tio­na­liste, il consi­dé­rait que la nation des autres pays était sacrée, que c’é­tait le bien des pauvres des gens d’ailleurs. La « construc­tion » euro­péenne est un mythe qui n’est vivable qu’à l’é­chelle où tu l’as vécu, celle des simples gens. Dès que le pou­voir s’en empare, les effets d’é­chelle ter­ri­to­riale en font un Empire et ceci quelle que soit la meilleure volon­té dont on puisse être animé.

    Il serait temps après (2012 – 1957) soit 55 ans de s’en apercevoir !

    Les pré­dé­ces­seurs dans cette Volon­té d’U­nion Impé­riale de l’Eu­rope étant quand même Napo­léon et Hit­ler, les per­sonnes comme toi auraient pu remar­quer que les sus­dits n’é­taient pas ce que l’on peut appe­ler des per­son­na­li­tés pro­gres­sistes dont nous pou­vions nous ins­pi­rer et que nous devions tout faire pour ne pas les suivre dans leurs funestes pro­jets. Ceci au cas où cela t’au­rais échap­pé jus­qu’à aujourd’hui.

    Et je me sen­ti­rais tou­jours plus proche de mes voi­sins HLM, Congo­lais, Rwan­dais, Algé­riens, Viet­na­miens et Maro­cains avec les­quels je suis soli­daire que de cer­tains Fran­çais qui ont aban­don­né l’i­dée col­lec­tive et pro­gres­siste de nation, celle de Robes­pierre, de Marat, du Conseil Natio­nal de la Résis­tance … …

    Réponse
  98. sitouaillain

    @ Gilles,

    je ne sais pas qui fait la leçon a qui, et je me fiche bien de ce que tu peux pen­ser de moi, et je n’ai pas de carte au front de gauche, tu ne sais ni d’où je viens, ni com­ment je vis, et tu crois déduire des choses,

    alors tu peux me trai­ter de bobo si ça te chante, tant que tu montres bien que tu n’as rien com­pris à ce que j’ai écris puisque tu crois que j’a­ban­donne l’i­dée de Nation de Robes­pierre etc., ça me ras­sure mais en même temps ça me désole,

    et si t’as pas les moyens de te payer un billet pour le Vene­zue­la, cesse de pleur­ni­cher, fais-toi le offrir, éco­no­mise sous à sous, orga­nise une tom­bo­la, vends des brioches, je sais pas mais il doit y avoir un moyen, j’a­vais pas non plus les moyens à l’é­poque, et j’ai pas plus d’argent aujourd’­hui qu’à l’é­poque et j’en ai jamais eu ni per­sonne dans ma famille et j’ai pas l’im­pres­sion d’être à l’a­bri du chô­mage et des crises, mais j’ai un écran plat et un beau cana­pé, c’est fou ce que les gens peuvent jeter !

    salu­ta­tion boboïstes

    Réponse
  99. zouski

    BRAVO, moi je dis sim­ple­ment BRAVO !!!!!!

    Enfin une réfé­rence intel­lec­tuelle en col­la­bo­ra­tion avec un jour­nal de réfé­rence qui fait l’a­po­lo­gie et la démons­tra­tion de la néces­si­té du pro­cès d’intention !!!!!!!

    Com­ment me direz-vous ? ou y a‑t-il un pro­cès d’intention ?

    Mais bien sûr, ce « fas­ciste » de Chouard qui avance mas­qué sous pré­texte de défendre les pauvres et le « peuple qui se lève tôt » mais qui en défi­ni­tive n’est qu’un agent des forces obs­cures qui tentent d’im­po­ser une vision anti­par­le­men­taire de notre sacro­sainte socié­té démo­cra­tique, et qui , crime de lèse majes­té, émet des doutes sur la repré­sen­ta­ti­vi­té réelle de nos parlementaires.

    Bra­vo !! vive les pro­cès d’in­ten­tion, il sont une obli­ga­tion citoyenne, notre démo­cra­tie actuelle ne peut vivre que si dans chaque déci­sion prise, cha­cun d’entre nous cherche à connaître les tenants et les abou­tis­sants qui les ont contraintes.

    Mais alors, par quel mys­tère nos chers repré­sen­tants et autres ministres seraient-ils à l’a­bri de cette logique ?

    Oui, il est sain de s’in­ter­ro­ger sur les moti­va­tions des immi­nents per­son­nages qui ont ima­gi­nés et votés cette loi de 1973 (comme toute les autres d’ailleurs), oui il est incon­ce­vable de don­ner un blanc seing à des per­sonnes qui, pauvres humains que nous sommes, sont sen­sibles à toutes sortes de pres­sions, oui le sys­tème repré­sen­ta­tif fait la part belle à ces pro­fes­sion­nels de la poli­tique qui tirent exclu­si­ve­ment leur reve­nu de leur pra­tique poli­tique (inté­rêt per­son­nel) au détri­ment de l’in­té­rêt général.

    À bas les condam­na­tions d’in­ten­tion (ie : sans preuve) et vive les pro­cès d’in­ten­tion ; grâce à Inter­net exer­çons ce réel contre pou­voir délais­sé par la qua­si tota­li­té des médias !!!!!

    Pre­nez garde au pro­cès en dif­fa­ma­tion (une idée pour CHOUARD) qui ne sont sou­vent qu’un moyen d’é­chap­per au vrai débat et de fuir le contrôle du peuple, paraît-il, souverain. !!!

    Réponse
  100. chris06

    @Christian Gomez,

    cette dis­cus­sion est intéressante.

    Nous ne sommes pas de la même géné­ra­tion. J’ai fait mes études d’é­co­no­mie et finance dans les années 90 (un MBA et un PhD en finance à l’INSEAD).

    À l’é­poque où j’é­tu­diais, le dogme disait que TOUTE inter­ven­tion des admi­nis­tra­tions publiques dans l’é­co­no­mie pri­vée, capi­ta­liste, était inefficace.

    Ce dogme néo­li­bé­ral était celui qui domi­nait tota­le­ment l’é­co­no­mie poli­tique et la finance.

    Ce dogme néo­li­bé­ral est ce qui était ensei­gné dans TOUTES les plus grandes écoles d’ad­mi­nis­tra­tion des affaires mon­diales, les grandes écoles de com­merce, à l’E­NA etc…

    C’est avec cet ensei­gne­ment (cette reli­gion ?) que la plu­part des déci­deurs d’au­jourd’­hui, les CEO, les ban­quiers, les diri­geants de hedge funds, ceux qui conseillent les poli­ti­ciens, les lob­byistes ont été formatés.

    Ce dogme néo­li­bé­ral nous a don­né des notions comme le consen­sus de Washing­ton.

    Ce dogme néo­li­bé­ral est né dans l’u­ni­ver­si­té Nor­th­wes­tern de Chi­ca­go dans les années 60 et n’a­vait qu’un et un seul objec­tif : convaincre les déci­deurs poli­tiques qu’il fal­lait pri­va­ti­ser le contrôle de l’é­co­no­mie et de la finance mon­diale de manière à redon­ner la part « per­due » de la valeur ajou­tée que les déten­teurs du capi­tal avaient dû lais­ser aux sala­riés durant les années d’a­près guerre (le com­pro­mis du fordisme).

    Ce dogme néo­li­bé­ral était peut être « cohé­rent » (quel joli mot, cohé­rent !), mais il n’a­vait stric­te­ment aucun inté­rêt pour les peuples, qui consistent en très grande majo­ri­té de sala­riés, non de pro­prié­taires des moyens de production.

    Entendre ici une apo­lo­gie de Fried­man et de l’é­cole de Chi­ca­go, je trouve cela formidable.

    Et je ne parle pas de la ver­sion encore plus extré­miste, l’é­cole autri­chienne. Pour­quoi pas l’a­po­lo­gie de Roth­bard tant qu’on y est ? Mur­ray Roth­bard allait jus­qu’à pro­po­ser la pri­va­ti­sa­tion de la jus­tice, de la police, de l’ar­mée… et même des phares qui signalent les côtes !

    Ah oui, c’est « cohé­rent ». Quand on part du prin­cipe que le gou­ver­ne­ment, les admi­nis­tra­tions publiques, les banques cen­trales, sont des inep­ties, qu’il s’a­git de tout pri­va­ti­ser, c’est cohé­rent. Cet anar­chisme capi­ta­liste, le sys­tème idéal selon les autri­chiens, est peut-être ce qu’on essaie de mettre en place aujourd’hui…

    Mais est ce dans l’in­té­rêt des peuples ?

    Qu’en pen­sez vous ?

    Ce que Keynes avait com­pris, il y a déjà pas mal d’an­nées, car il avait der­rière lui Mises et Marx, c’est que les deux sys­tèmes s’op­posent : le socia­lisme prô­né par Marx (qui avait mon­tré quel était la faille fon­da­men­tale qui condui­rait un jour le capi­ta­lisme à sa fin car il est incom­pa­tible avec la démo­cra­tie) et le capi­ta­lisme prô­né par Mises (qui avait mon­tré quelle était la faille fon­da­men­tale qui condui­rait le socia­lisme à sa fin car il est incom­pa­tible avec la démo­cra­tie). C’est pour cela qu’il a essayé de bâtir un modèle éco­no­mique qui laisse place aux deux.

    L’é­cole de Chi­ca­go fut sa néga­tion, basée sur l’i­dée que seul le capi­ta­lisme sur­vi­vrait à long terme et qu’il fal­lait tout pri­va­ti­ser. Le capi­ta­lisme pou­vait tout régler.

    Ah, c’est « cohé­rent ». Mais est ce dans l’in­té­rêt des peuples ?

    Cette ques­tion a‑t-elle de l’importance ?

    PS : quand j’é­tu­diais, je me rap­pelle des dis­cus­sions avec mes pro­fes­seurs. Parce que je refu­sais d’ac­cep­ter que les inter­ven­tions des gou­ver­ne­ments était tou­jours inef­fi­caces, on me trai­tait de « socia­liste ». Je ne l’é­tait pas, j’é­tais key­né­sien. Et le suis toujours.

    Et à mon avis ce sont les post key­né­siens (comme Mins­ky) qui ont vrai­ment com­pris ce qu’il faut faire pour ne pas repro­duire les mêmes erreurs du passé.

    Seuls les post key­né­siens ont com­pris com­ment fonc­tionne réel­le­ment le sys­tème moné­taire des changes flot­tants (créa­tion moné­taire pri­va­ti­sée) et en quoi il est fon­da­men­ta­le­ment dif­fé­rent d’un sys­tème de changes fixes (créa­tion moné­taire publique).

    Il est abso­lu­ment clair que les changes flot­tants et la pri­va­ti­sa­tion de la créa­tion moné­taire furent le fon­de­ment sur lequel le néo­li­bé­ra­lisme com­men­ça son entre­prise de pri­va­ti­sa­tion de l’en­semble de l’é­co­no­mie politique.

    Le résul­tat est connu : les sala­riés per­dirent plus de 10% de valeur ajou­tée au pro­fit des capi­ta­listes en 30 ans.

    C’est-à-dire un sys­tème « concen­tra­tion­naire de richesse » qui, si on le laisse conti­nuer comme cela, l’a­mè­ne­ra for­cé­ment à sa perte dans quelques décen­nies, pour les mêmes rai­sons que par le pas­sé : 1% de « riches » et 99% de « pauvres ».

    Ah, c’est « cohé­rent » ? Mais est-ce démocratique ?

    Réponse
  101. chris06

    @Morpheus,

    il y a une petite dif­fé­rence entre cette crise et toutes celles que vous citez entre 54 et 2008 : cette crise est mondiale.
    Et elle aura des consé­quences mondiales.

    La der­nière fois qu’on a connu une crise mon­diale, elle a duré de 1929 à 1945.

    Si je fais un cal­cul rapide et sans aucune jus­ti­fi­ca­tion ça nous donne la crise des années 2008 – 2024.

    On ver­ra com­ment sera le monde d’i­ci 12 ans… si on est encore là pour en parler ?

    Réponse
  102. chris06

    @Gilles,

    de quand date ce concept de nation ? Oh, il a bien quelque chose comme 300 ou 400 ans ?

    Croyez-vous vrai­ment que le monde en 2012 est le même qu’il ne l’é­tait il y a 300 ou 400 ans ?

    On est juste 10 fois plus peu­plé, nous sommes par des­sus la tête de pro­blèmes envi­ron­ne­men­taux, sociaux, éco­no­miques, poli­tiques MONDIAUX, et vous croyez, fran­che­ment, que ce concept de nation vieux de 300 ou 400 ans est encore adap­té à résoudre les pro­blèmes des peuples du monde entier ?

    Pou­vons nous avan­cer, un peu ? Pour le bien de l’humanité ?

    À moins que votre pro­po­si­tion soit de reve­nir à une popu­la­tion mon­diale de 700 mil­lions répar­tis en majo­ri­té entre quelques « nations » colo­niales européennes ?

    Réponse
  103. chris06

    @Gilles,

    « Les pré­dé­ces­seurs dans cette Volon­té d’U­nion Impé­riale de l’Eu­rope étant quand même Napo­léon et Hitler »

    À la dif­fé­rence qu’au temps de Napo­léon et Hit­ler, les « nations » euro­péennes avaient réel­le­ment des empires qui repré­sen­taient envi­ron 80% de la popu­la­tion mondiale.

    Aujourd’­hui, il n’est plus ques­tion de bâtir un « empire euro­péen », mais de faire en sorte que la région « Europe » qui repré­sen­te­ra bien­tôt non pas 80% de la popu­la­tion mon­diale mais moins de 10% ait encore son mot à dire pour le bien de ses peuples au sein de l’humanité.

    Réponse
  104. chris06

    @Gilles,

    PS :
    popu­la­tion de la France et du Royaume Uni en 2012 = 2% de la popu­la­tion mondiale

    popu­la­tion de l’empire bri­tan­nique et fran­çais il y a à peine 60 ans : + de 30% de la popu­la­tion mondiale.

    Croyez vous vrai­ment que l’ob­jec­tif actuel c’est de bâtir un « empire européen » ?

    Je n’ai pas l’im­pres­sion que vous vous ren­dez compte de ce que repré­sente l’Eu­rope toute entière aujourd’­hui dans le concert des nations : moins que ne l’é­tait la France et le Royaume Uni il y a 60 ans.

    Alors par­ler d’empire euro­péen de ceux qui veulent construire une Europe et une soli­da­ri­té euro­péenne, c’est le comble de l’ironie !

    Réponse
  105. chris06

    @Gilles,

    « Jau­rès disait : « La nation, c’est le seul bien des pauvres », il était inter­na­tio­na­liste, il consi­dé­rait que la nation des autres pays était sacrée, que c’é­tait le bien des pauvres des gens d’ailleurs. »

    Il est fort dom­mage que Jau­rès soit mort en 1914. Il se serait ren­du compte com­ment ce concept de « nation » a été le « bien des pauvres » au cours du XXème siècle.

    Sur­tout entre 1914 et 1945. Ah, les pauvres ont vache­ment appré­cié les « nations » en Europe à cette époque.

    Et les pauvres afri­cains ont vache­ment appré­cié le décou­page au cou­teau en « nations » copié sur le modèle ‘pro­gres­siste » euro­péen, par des européens.

    Par­ler de « nation » en 2012 après tout ce que ces ‘nations’ ont cau­sées comme hor­reurs au cours du siècle der­nier et y asso­cier le mot de « pro­gres­siste », de « bien des pauvres », c’est le comble de l’ironie !

    Réponse
  106. sitouaillain

    @ Chris,

    je suis déso­lé de faire un apar­té, mais ça me tient à cœur.

    la nov­langue néo­li­bé­rale uti­lise les mots de liber­té, libre-échange, etc. et les per­ver­tit, et Han­nah Arendt ou Orwell ont bien mon­tré que c’est le propre du tota­li­ta­risme que d’or­ga­ni­ser la confu­sion des termes et des valeurs,

    c’est ce qu’a fait la Rus­sie Sovié­tique avec le mot démo­cra­tie et le mot socia­lisme (qui n’est pas un mot copy­right Marx, il exis­tait avant lui),

    le socia­lisme ne peut pas être réduit à une éco­no­mie pla­ni­fiée, cen­tra­li­sée, bureaucratique,
    quand on lit des Prou­dhon, Bakou­nine et même le jeune Aris­tide Briand (dont la virée à droite n’est pas étran­gère à nos pro­blèmes actuels avec l’UE actuelle et dont le pro­jet (funeste au demeu­rant) n’a­vait rien à voir avec Hit­ler ou Napo­léon ou Charlemagne),

    bref quand on lit des gens qui appar­tient aus­si au cou­rant socia­liste à la fin du 19eme, début 20ème, dans leur esprit, le socia­lisme, c’est la démocratie.

    Mais chez d’autres il prend un sens différent.

    Par exemple au sein de la pre­mière inter­na­tio­nale socia­liste, on assiste à des débats viru­lents entre gros­so modo les par­ti­sans de la ligne de Marx et celle de Bakou­nine sur ce qu’il conve­nait de faire face à la concen­tra­tion des entre­prises, c’est-à-dire la ten­dance mono­po­lis­tique du capi­ta­lisme. Les com­mu­nistes « auto­ri­taires » der­rière Marx n’en­ten­daient pas s’y oppo­ser car ils y voyaient un moyen d’accélérer leur pro­jet de prise de contrôle de l’ap­pa­reil d’É­tat et des moyens de pro­duc­tion pour orga­ni­ser une éco­no­mie admi­nis­trée ; leurs adver­saires anar­chistes y voyaient un dan­ger à com­battre car ils pen­saient que les tra­vailleurs devaient s’or­ga­ni­ser dans de petites uni­tés pour pro­duire et satis­faire les besoins, etc. et il faut aus­si lire les cri­tiques de Rosa Luxem­bourg accu­sant vers 1903 Lénine d’être auto­ri­taire et de favo­ri­ser les chefs plu­tôt que les masses…

    Bref, ces gens aler­taient déjà sur les dan­gers d’une « bureau­cra­tie rouge », pro­phé­ti­sant les dérives du mar­xisme-léni­nisme, que Cas­to­ria­dis, dans la revue « socia­lisme ou bar­ba­rie », défi­ni­ra plus tard (fin 50’s début 60’s) comme un Capi­ta­lisme d’État.

    je veux dire par là qu’il y a un socia­lisme qui entend créer les condi­tions de la véri­table démo­cra­tie et des liber­tés poli­tiques et éco­no­miques, et ce socia­lisme liber­taire me semble, du point de vue de l’in­té­rêt des peuples et dans son accep­tion démo­cra­tique, bien plus « cohé­rent » que le key­né­sia­nisme tel qu’ap­pli­qué pen­dant les trente glorieuses.

    D’ailleurs, tes pro­fes­seurs avaient éga­le­ment rai­son, puisque, ou l’i­dée d’É­tat Pro­vi­dence chez les socia­liste par­le­men­ta­ristes fran­çais, ou de Wohl­fahrtS­taat chez leurs homo­logues alle­mands en 1870, ou le wel­fa­risme au début du 20ème aux USA, et dont Keynes pour­rait être consi­dé­ré comme le « théo­ri­cien mal­gré lui », est éga­le­ment un socia­lisme, mais à nou­veau comme dans la ligne de Marx, un socia­lisme incom­pa­tible avec la démo­cra­tie, car repo­sant sur l’i­dée qu’une élite éclai­rée doit prendre les mesures néces­saires pour consti­tuer l’État Pro­vi­dence et le gérer, de façon à satis­faire les besoins.

    Voi­là pour l’a­par­té n°1.

    Je suis de la même géné­ra­tion que toi,et je me lance (au risque de subir tou­jours plus d’at­taques ad homi­nem) j’ai un bac ES, une pré­pa HEC, un diplôme de science po, etc. (ce qui n’empêche pas de finir régu­liè­re­ment devant des conseillères pôle emploi dépi­tée devant mon cas… mais bon je suis inadap­té au néolibéralisme !)
    et je n’ai pas eu le même sen­ti­ment que toi au cours de mes études : je ne nie pas la forte influence du dogme néo­li­bé­ral-moné­ta­riste, et sa pré­do­mi­nance dans les for­ma­tions des élites, le prêt-à-pen­ser res­sas­sé à lon­gueur d’é­mis­sions poli­tiques et d’ar­ticles de jour­naux, les petits recueils de Bour­dieu (contre-feux 1 et et 2) sont bien faits pour en com­prendre les mécanismes.

    Je veux sim­ple­ment dire qu’à chaque fois que dans mes études il était ques­tion des thèses d’Hayek (qui ne dit pas que des bêtises), Fried­man, et consorts, il était tou­jours bien pré­ci­sé sur quels pré­sup­po­sés et croyances cela repo­sait et quelles en était la genèse et les consé­quences. L’ef­fet NAIRU était ensei­gné en ter­mi­nale ES, et à science Po, on étu­die aus­si les thèses de Marx, de Stie­glitz, de l’é­cole des choix publics et de Jacques Géné­reux, et des éco­no­mistes du déve­lop­pe­ment, etc. Main­te­nant, on était trois enfants d’ou­vriers et il y avait deux noirs dans l’am­phi et bizar­re­ment, on ne rete­nait pas la même chose que nos petits cama­rades un tant soit peu bour­geois… si sédui­santes thèses néo­li­bé­rales qui jus­ti­fient l’in­jus­tice de classe par la ver­tu du soit disant « pre­neur de risque » et la sélec­tion dar­wi­nienne par le marché…

    Mais tous ces gens de mau­vaise foi avaient accès à des ensei­gne­ments équi­li­brés (sauf côté décrois­sance et anar­chie) et objec­tifs qui pré­ci­saient bien que les condi­tions d’ef­fi­ca­ci­té du mar­ché (la concur­rence pure et par­faite etc.) étaient irréa­li­sables dans la réa­li­té (si tant est que ça existe la réa­li­té en économie ;)).

    Ils avaient même à côté autant de cours d’his­toire et de socio­lo­gie, etc., pour com­prendre qu’au-delà des théo­ries diver­gentes, le pre­mier dan­ger c’est l’é­co­no­misme comme seul hori­zon de la pen­sée poli­tique (pour ce qui est des énarques « old school », c’est plu­tôt le posi­ti­visme, le féti­chisme du droit, leur pro­blème…), et pour leur mon­trer que l’ho­mo œco­no­mi­cus du dogme libé­ral n’existe pas et que les rap­ports de force sociaux et inter­na­tio­naux existent, contrai­re­ment à ce que le léni­fiant Ricar­do racon­tait… Ces rai­son­ne­ments sim­plistes sont si facile à absor­ber et à res­sas­ser… C’est si « neutre » en appa­rence et si joli­ment habillé…

    Par contre, sur ce que Keynes tait ou ne regarde pas, je n’ai pas vrai­ment eu accès à un ensei­gne­ment où on remonte à la cause des cause, à part des trop courts pas­sages sur Wal­ler­stein et Brau­del, la théo­rie de la mon­naie de Marx et sa théo­rie de la valeur tra­vail, les choses qui fâchent vrai­ment ont été soi­gneu­se­ment évi­tées, même en droit et en his­toire des idées démo­cra­tiques, un pro­blème fon­da­men­tal en éco­no­mie a tou­jours été pas­sé sous silence : la notion de propriété.

    En fait, pas tout à fait, puis­qu’au lycée, l’i­ni­tia­tion à la socio­lo­gie en seconde et l’op­tion éco­no­mie de la ter­mi­nale ES per­met­tait d’a­bor­der ces ques­tions, soit par l’an­thro­po­lo­gie, soit sur des textes de Marx ou de Thiers…

    Je suis d’ac­cord avec ce que tu dis sur les néo-key­né­siens, tu n’as pas par­lé de Stie­glitz aus­si, mais j’i­ma­gine que tu t’y réfères bien volon­tiers, et moi aus­si d’ailleurs, pour expli­quer les désordres du capi­ta­lisme, il y a pas mieux que ces gens-là.

    En revanche, le sou­ci c’est qu’en oppo­sant sys­tème sovié­tique au sys­tème néo­li­bé­ral et en fai­sant du key­né­sia­nisme une sorte de juste milieu, on oublie que si effec­ti­ve­ment le capi­ta­lisme a besoin d’une régu­la­tion de type key­né­sienne pour faire en sorte que tout le monde mange à peu près à sa faim, on ne four­nit là aucune réponse au pro­blème démocratique.

    Parce que, fon­da­men­ta­le­ment, s’il faut régu­ler démo­cra­ti­que­ment le capi­ta­lisme et non pas le régu­ler par un État nou­nou (je pro­voque à des­sein 🙂 ) diri­gé par une oli­gar­chie tenant son pou­voir en par­tie des méca­nisme de légi­ti­ma­tion élec­to­rale et en par­tie de la méri­to­cra­tie sco­laire (les « experts » et les hauts fonc­tion­naires), oli­gar­chie qui applique les pré­ceptes de Keynes, pour faire le bien du « peuple » mal­gré lui, alors oui on se trouve effec­ti­ve­ment face à un pro­blème de cohérence.

    Certes la « cohé­rence » libé­rale de la com­pé­ti­tion et de la déré­gu­la­tion totale implique une loi du plus fort dans un capi­ta­lisme déter­ri­to­ria­li­sé et a‑centré (état de fait face auquel notre syn­di­ca­lisme mori­bond ne vaut pas tri­pette) et il est clai­re­ment démon­trable que ce sys­tème est incom­pa­tible avec la démocratie.

    Mais la régu­la­tion key­né­sienne ne fait qu’ai­der le capi­ta­lisme à tenir debout, elle ne menace pas les inté­rêts des béné­fi­ciaires du vol, elle est un moyen d’ap­por­ter aux êtres exploi­tés des avan­tages déri­soires au regard de ce qui leur est dû, tout en anes­thé­siant chez eux l’en­vie de ren­ver­ser le système,
    et elle ne laisse aucune place à une démo­cra­tie qui soit plus qu’une « balance des inté­rêts » et une « eutha­na­sie des luttes sociales » dans des pro­cé­dures de réso­lu­tion des conflits dont les classes pos­sé­dantes fixent les limites (cf Gram­sci), mais bien un che­min vers la socié­té des égaux, car une socié­té démo­cra­tique est une socié­té où l’on est col­lec­ti­ve­ment et indi­vi­duel­le­ment res­pon­sable de son des­tin social et politique.

    Je veux dire par là qu’on ne résou­dra pas le pro­blème de l’é­ga­li­té des « capa­bi­li­tés » (capa­ci­té du citoyen à faire usage d’un droit) et des chances si l’on laisse à l’hé­ri­tier, au pro­fi­teur, à l’ac­ca­pa­reur, à l’u­su­rier le loi­sir d’exis­ter léga­le­ment et socialement.

    Dit comme cela, il faut voir le key­né­sia­nisme comme une inter­ven­tion huma­ni­taire, ça ne résout pas ce qui fait que les gens ont faim, et ça n’aide pas les gens à se nour­rir eux-mêmes.
    Ou bien disons, même si bien sûr Keynes est un brillan­tis­sime éco­no­miste, du point de vue démo­cra­tique, l’ap­pli­ca­tion poli­tique de ses théo­rie, le key­né­sia­nisme, est un pater­na­lisme qui sta­tis­ti­que­ment réserve aux classes popu­laires le droit d’être sala­riées, et être sala­rié, c’est un état rela­ti­ve­ment incom­pa­tible avec la pleine et entière citoyen­ne­té démo­cra­tique, l’a­bo­li­tion du sala­riat est une condi­tion sine qua non de la démocratie.

    Quand on pense qu’on peut mettre de l’argent dans une boîte, par exemple ache­ter des actions, ne jamais tra­vailler dans cette boite, tou­cher des jetons de pré­sence au CA, tou­cher des divi­dendes, ne jamais perdre une once de son droit de pro­prié­té sur la boîte, payer des mana­gers qui font auto­ri­tai­re­ment bos­ser des sala­riés qui eux n’au­ront que des miettes et sur­tout, qua­si aucune prise sur leurs condi­tions de tra­vail, leur sou­mis­sion à des rythmes et des logiques machi­niques et leur rému­né­ra­tion… Com­ment au 21ème siècle peut-on encore trou­ver com­pa­tible avec la démo­cra­tie et l’é­ga­li­té des citoyens une telle entour­loupe, soit l’ins­ti­tu­tion­na­li­sa­tion du vol et du semi-escla­vage (sur­tout quand cer­tains naissent avec de quoi ache­ter beau­coup de vies de tra­vail à ceux qui ne naissent avec rien !) et com­ment peut on vou­loir encore que cette dépos­ses­sion de l’au­to­no­mie col­lec­tive et de la digni­té des citoyens soit assu­rée, péren­ni­sée par un état « pro­vi­dence », qui pilote une « éco­no­mie ikea » pour que le sys­tème perdure,

    sans oublier la méri­to­cra­tie sco­laire (cf Bourdieu)et sa repro­duc­tion des classes sociales et le pot­lach de consom­ma­tion béate d’ob­jets-signes (cf Bau­drillard ou Illich)? com­ment on sort de là ?!

    Réponse
  107. SnoiD

    Un simple com­men­taire d’en­cou­ra­ge­ment et de remer­cie­ment à tous pour vos inter­ven­tions : elles sont pour la plu­part très inté­res­santes de par la quan­ti­té d’arguments.

    Je retourne de ce pas dans l’ombre du lecteur.

    Réponse
  108. chris06

    @sitouaillain,

    « le socia­lisme ne peut pas être réduit à une éco­no­mie pla­ni­fiée, cen­tra­li­sée, bureaucratique »

    Non, bien sûr, mais il a eu le malin plai­sir d’à chaque fois qu’on a essayé de l’im­plé­men­ter de se dégra­der très rapi­de­ment en éco­no­mie pla­ni­fiée , en féo­da­lisme d’é­tat. Les plans quin­quen­naux ne sont pas arri­vés par hasard, une consé­quence non intentionnée !

    Tout sys­tème basé sur la valeur tra­vail est voué à cela. J’ai déjà dit plus haut ce que je pen­sais de l’é­cole autri­chienne, mais le seul mérite que je recon­nais à Mises c’est d’a­voir démon­tré l’im­pos­si­bi­li­té du cal­cul éco­no­mique en éco­no­mie socia­liste et l’i­né­luc­ta­bi­li­té de sa dégra­da­tion anti-démo­cra­tique en éco­no­mie pla­ni­fiée. Ce n’est pas arri­vé par hasard par­tout où c’est arri­vé, c’est arri­vé parce que cela devait arri­ver. Le socia­lisme est incom­pa­tible à long terme avec la démo­cra­tie, de même avec le capi­ta­lisme à cause de la baisse ten­dan­cielle du taux de pro­fit comme mon­tré par Marx.

    À lire notam­ment les débats entre Lud­wig v. Mises et Oskar Lange dans les années 20, tout y est.

    « le key­né­sia­nisme, est un pater­na­lisme qui sta­tis­ti­que­ment réserve aux classes popu­laires le droit d’être salariées »

    Abso­lu­ment pas : jamais dans l’his­toire la mobi­li­té sociale ne fut aus­si éle­vée que durant les trente glo­rieuses, jamais dans l’his­toire a‑t-on vu une décrois­sance tant rapide du fac­teur de GINI, jamais dans l’his­toire a‑t-on vu un accrois­se­ment tant rapide de la part de la valeur ajou­tée reve­nant aux salariés.

    Mais il est évident que durant les trente années qui ont sui­vi, où toutes les valeurs du capi­tal (dettes publiques et pri­vées, valeurs mobi­lières et immo­bi­lières) ont cru à un rythme trois fois supé­rieur au niveau des reve­nus, il n’y a plus eu aucune mobi­li­té sociale pos­sible, plus aucune chance d’en­tre­prendre si on a pas des parents for­tu­nés, plus aucune chance de pou­voir être pro­prié­taire d’un loge­ment et que les classes popu­laires sont réduites, dans le meilleur des cas à un sala­riat de merde et le pire au chô­mage de longue durée.

    Mais ce n’est pas Keynes qui avait conseillé les gou­ver­ne­ments durant ces trente der­nières années, ce n’est pas lui qui conseillait les ban­quiers cen­traux de sti­mu­ler l’en­det­te­ment en période de crois­sance (le comble de l’an­ti-key­né­sia­nisme : lui qui vou­lait que les gou­ver­ne­ments et les ban­quiers cen­traux sti­mulent les éco­no­mies en période de vaches grasses pour pou­voir sti­mu­ler l’é­co­no­mie en période de vaches maigres : on a sti­mu­lé l’é­co­no­mie pen­dant 30 ans avec un endet­te­ment public et pri­vé crois­sant à plus de 10% par an alors que la valeur ajou­tée ne crois­sait pas de 3,5% : une inep­tie selon Keynes, mais pas selon les néolibéraux).

    Réponse
  109. chris06

    Par­don, mal expliqué :

    « le comble de l’an­ti-key­ne­sia­nisme : lui qui vou­lait que les gou­ver­ne­ments et les ban­quiers cen­traux sti­mulent les éco­no­mies (au sens de « savings ») en période de vaches grasses pour pou­voir sti­mu­ler avec ces éco­no­mies en période de vaches maigres » ie une poli­tique anti-cyclique alors que le néo­li­bé­ra­lisme a nié tout béné­fice à l’interventionisme.

    Réponse
  110. fred91

    Bon­jour,

    Meilleurs vœux à tous.

    J’ai décou­vert ce site il a peu, je trouve ce tra­vail de cher­cher la cause des causes for­mi­dables. Je lis assi­du­ment et avec atten­tion le blog et les com­men­taires, un seul qua­li­fi­ca­tif pas­sion­nant. Mer­ci M. Chouard pour votre travail.

    Les crises s’en­chaînent, elles sont vou­lues, elles pro­fitent à quelques-uns, elles sont diri­gées contre l’in­té­rêt géné­ral, contre les peuples. Les crises et chocs éco­no­miques garan­tie une oppres­sion du plus grand nombre par une minorité.

    Sur l’en­chaî­ne­ment de toutes ces crises je me per­mets de vous conseiller le livre de Nao­mi Klein La Stra­té­gie du choc, qui est très éclai­rant sur la situation.

    Mer­ci à tous pour vous com­men­taires, ils sont très intéressants.

    La masse des citoyens de l’ombre s’a­gran­dit et le virus se propage.

    Réponse
  111. Christian Gomez

    @chris06 et aux autres

    Je vois que nos che­mins divergent du tout au tout et il y a trop de géné­ra­li­sa­tions outran­cières, de théories/lectures mal assi­mi­lées, de faits mal inter­pré­tés pour que l’on puisse espé­rer trou­ver un ter­rain d’en­tente en quelques lignes. Après l’ef­fon­dre­ment de tous les régimes socia­listes dans le monde (hors Corée du Nord et Cuba), il me parait aber­rant que l’on puisse croire que tous les pro­blèmes seraient réso­lus par .…. mais quoi au juste ?… des appels incan­ta­toires à un État Pro­vi­dence, pro­tec­teur, régu­la­teur… La France, un état libé­ral ? alors que la part des dépenses publiques dans le PIB doit être l’ordre de 52/53%. C’est une galé­jade. Tous les dis­cours sont pleins d’é­pou­van­tails (le capi­ta­lisme, l’ultra(néo)libéralisme, les banques cen­trales, les affreux ban­quiers, les tra­ders, les agences de nota­tion…), mais il n’y a pas l’ombre d’une approche ration­nelle et arti­cu­lée sur les effets com­bi­nés de la mon­dia­li­sa­tion et du pro­grès tech­nique, sur les causes de la crise finan­cière et éco­no­mique, sur le chô­mage struc­tu­rel.… Il n’y a que des « indi­gnés »… c’est-à-dire des gens qui souffrent, certes, mais qui sont inca­pables d’ar­ti­cu­ler quoi que ce soit de cré­dible tant leurs cer­veaux sont encom­brés de chi­mères et d’in­ter­dits. La confu­sion idéo­lo­gique est à son comble.

    Un exemple : Dans Chris06, tout le monde est mis dans le même sac : les « autri­chiens » (Mises, Roth­bard) et ceux qu’on appel­le­ra, par « ultra » com­mo­di­té, les néo-ultra­li­bé­raux (les Fama, Lucas, Sargent et consorts): il est vrai que tous croient qu’une éco­no­mie de mar­ché est la seule orga­ni­sa­tion pos­sible qui peut être effi­cace sur le plan éco­no­mique et…humain, MAIS ILS DIFFÈRENT SUR UN POINT CLEF : LA MONNAIE ET LE CONTRÔLE DE LA CRÉATION MONÉTAIRE. Et, cela change tout dans l’ap­proche car la créa­tion moné­taire (créa­tion ex nihi­lo d’un pou­voir d’a­chat) n’est JAMAIS NEUTRE, comme l’a­vaient vu déjà à l’o­ri­gine de la science éco­no­mique les Ricar­do, les éco­no­mistes de la Cur­ren­cy school, Wal­ras (eh oui…)…

    Lais­ser la créa­tion moné­taire entre des mains pri­vés, c’est faire d’une éco­no­mie de mar­ché une éco­no­mie de spo­lia­tion. Cela veut dire qu’il faut NATIONALISER LA MONNAIE(Fisher, Fried­man, Allais) MAIS PAS LES BANQUES (qui doivent retrou­ver dans la liber­té de la concur­rence leur fonc­tion d’in­ter­mé­dia­tion finan­cière). Sur ce point, les « liber­ta­riens », comme vous dites, prône un sys­tème de 100% Money-gold (voir l’ad­mi­rable ouvrage par sa clar­té de Mur­ray Roth­bard) qui me fas­cine mais dont je ne suis pas par­ti­san pour des rai­sons théo­riques (je ne peux m’é­tendre sur cette ques­tion du 100%M auquel j’ai consa­cré un article dis­po­nible sur Inter­net et publié dans un ouvrage sur la crise).

    Pour moi, les auteurs que vous citez ont pu poser de vrais problèmes :

    KEYNES : Com­ment contrô­ler les fluc­tua­tions de la pro­pen­sions à thé­sau­ri­ser (Pré­fé­rence pour la liqui­di­té) et les court-cir­cuits pério­diques que cela entraine ?

    MINSKY : Com­ment contrô­ler la ten­dance du sys­tème finan­cier à prendre tou­jours plus de risques au fur et à mesure du dérou­le­ment du cycle éco­no­mique et ce… jus­qu’à l’ef­fon­dre­ment et à la crise financière ?

    Vous ne rete­nez que leur appel à l’in­ter­ven­tion éta­tique pour contre­ba­lan­cer les défi­ciences pério­diques de la demande ou les crises finan­cières. C’est insuf­fi­sant. En effet, Keynes était très inté­res­sé par tous les sys­tèmes per­met­tant de régu­ler les encaisses dési­rées par les agents éco­no­miques (dans une ligne « à la Gesell ») pour mai­tri­ser les fluc­tua­tions éco­no­miques. Quant à Mins­ky, il était un chaud par­ti­san du sys­tème de 100%Money pro­po­sé par les éco­no­mistes de Chi­ca­go (notam­ment son maitre Hen­ry Simons), plan repris et popu­la­ri­sé ensuite par Fisher (voir son intro­duc­tion au livre de Phil­lips : The Chi­ca­go Plan and the new Deal Ban­king Reform).

    EN CONCLUSION, CE N’EST PAS L’ÉTAT QU’IL FAUT RÉHABILITER CAR IL NE PEUT QU’ÉTOUFFER LES INDIVIDUS et LA LIBERTÉ, MAIS C’EST LE FONCTIONNEMENT DES ÉCONOMIES DE MARCHÉ QU’IL FAUT RÉFORMER EN RÉVOLUTIONNANT LE FONCTIONNEMENT DE LEUR SYSTÈME FINANCIER. Nous avons besoin d’ ENTREPRENEURS, pas de bureau­crates sup­plé­men­taires. Il y a plus à prendre dans Mises, Roth­bard, Fried­man et Allais (qui fut mon maître incom­pa­rable dans mes études et recherches pour la thèse d’É­tat et demeure mon maître à penser)que dans les élu­cu­bra­tions de mar­xistes, qu’ils soient archo-néo ou ultra.…

    Ceci mar­que­ra ma der­nière inter­ven­tion ici. Je suis arri­vé dans vos dis­cus­sions un peu par hasard, par ami­tié pour Étienne et AJ. Je sens que je suis un peu comme un « vilain petit canard » et que j’u­ti­lise plein de mots « gros­siers » (mar­ché, entre­pre­neurs…). J’es­père seule­ment que cer­taines de mes vues per­met­tront à cer­tains d’en­tre­voir que les cri­tiques de la situa­tion actuelle peuvent repo­ser sur autre chose que des vitu­pé­ra­tions par­fai­te­ment inof­fen­sives et fina­le­ment utiles pour le « sys­tème » par leur vacui­té même. Je m’é­clipse donc.

    Réponse
  112. chris06

    @Christian Gomez,

    s’il vous plait, ne vous éclip­sez pas, c’est jus­te­ment par la mise en com­mun de nos vues contra­dic­toires que nous pour­rons progresser.
    Je ne trouve pas vos mots « gros­siers » mais au contraire très intéressants.

    Com­men­çons par un point d’ac­cord : il faut natio­na­li­ser la mon­naie.

    Com­ment peut-on dire que Fried­man et les autri­chiens (dont tout par­ti­cu­liè­re­ment Roth­bard) y sont favo­rables alors qu’ils sont adeptes du free ban­king qui prend sa source dans sa ver­sion moderne dans l’ou­vrage d’Hayek, « la déna­tio­na­li­sa­tion de la mon­naie » (publié en 1977) ?

    Nous avons visi­ble­ment là une contra­dic­tion essentielle…

    Réponse
  113. chris06

    @Christian Gomez,

    je tiens à vous dire que je me sens beau­coup plus proche de ce que vous avez écrit que vous ne le sem­blez croire.

    Moi aus­si je trouve cette pola­ri­sa­tion du débat sur les affreux ban­quiers et spé­cu­la­teurs ridicule.

    Moi aus­si je pense que nous avons plus besoin d’en­tre­pre­neurs que de bureaucrates.

    Moi aus­si je suis convain­cu qu’il faut « réfor­mer le fonc­tion­ne­ment de l’é­co­no­mie de mar­ché en révo­lu­tion­nant le fonc­tion­ne­ment de leur sys­tème finan­cier » et non pas s’en défaire en suc­com­bant aux sirènes des néo-marxistes.

    Moi aus­si je suis convain­cu que « lais­ser la créa­tion moné­taire entre des mains pri­vées c’est faire d’une éco­no­mie de mar­ché une éco­no­mie de spoliation. »

    Nous dif­fé­rons en fait sur l’in­fluence de l’é­cole de Chi­ca­go et de l’é­cole autri­chienne… que je mets dans le même sac et qua­li­fie de néfaste alors que vous non. C’est pas grand chose par rap­port à nos points d’accord !

    Alors, s’il vous plait, ne vous éclip­sez pas.

    Réponse
  114. chris06

     » Il y a plus à prendre dans Mises, Roth­bard, Fried­man et Allais (qui fut mon maître incom­pa­rable dans mes études et recherches pour la thèse d’É­tat et demeure mon maître à penser)que dans les élu­cu­bra­tions de mar­xistes, qu’ils soient archo-néo ou ultra.… »

    Je pense qu’il y a plus à prendre dans Keynes, Mins­ky, P. David­son et tous les post key­né­siens actuels (eg Steve Keen, Nou­riel Rou­bi­ni, Michael Hud­son) que chez les autri­chiens et ceux de l’é­cole de Chi­ca­go. Je ne parle même pas des élu­cu­bra­tions des néo-marxistes !

    Nous n’a­vons donc pas les mêmes réfé­rences mais sommes plus en accord sur l’es­sen­tiel que vous ne sem­blez le croire.

    Réponse
  115. A-J Holbecq

    Cher Chris­tian

    Comme toi je pense que la mon­naie doit être émise uni­que­ment par une Banque Cen­trale au béné­fice du Tré­sor Public (donc de l’E­tat, donc de la col­lec­ti­vi­té si on peut admettre le lien), et non par des ins­tances privées.

    Comme toi je pense que « l’ad­mi­nis­tra­tion » est tout à fait liber­ti­cide car elle étouffe les indi­vi­dus et la liber­té. On peut y rajou­ter le sys­tème juri­dique qui en est issu, et cer­tains syn­di­cats qui sont la cause de dégâts consi­dé­rables au tis­sus éco­no­mique et décou­ragent toutes les ten­ta­tives de « faire » (j’ai vécu en Gua­de­loupe un cer­tain nombre d’années…)

    Néan­moins je consi­dère que nous sommes au fond d’un trou (et que nous conti­nuons à creu­ser)… com­ment faire pour reve­nir à la sur­face ? C’est là peut être où nos pro­po­si­tions immé­diates peuvent diverger.

    Par exemple : « la dette » (sauf pas­sage au 100 M) est incon­trô­lable.. l’ef­fet boule de neige est trop impor­tant. Faut-il moné­ti­ser ou faire défaut et tant pis pour nombre de petits épar­gnants ? Y a t‑il des solu­tions intermédiaires ?

    Par exemple : com­ment résor­ber plu­sieurs mil­lions de chô­meurs et, en atten­dant, les aider à sur­vivre sans de forts pré­lè­ve­ments obligatoires ?

    Par exemple : com­ment faire la tran­si­tion éner­gé­tique et éco­lo­gique qui s’im­pose sans trou­ver quelques dizaines de mil­liards par an uti­li­sés par un État fort qui aura pla­ni­fié des inves­tis­se­ments de long terme dont la ren­ta­bi­li­té éco­no­mique et bud­gé­taire est nulle mais dont à l’é­vi­dence la ren­ta­bi­li­té socié­tale est importante ?

    J’en passe, mais voi­là déjà quelques rai­sons pour les­quelles ton expé­rience théo­rique et pra­tique « impose » que tu restes par­mi nous à nous aider au moins à syn­thé­ti­ser (et à défendre) tes propres pro­po­si­tions, et à nous don­ner ton avis sur les erreurs qu’in­dui­raient cer­taines des pro­po­si­tions que nous pour­rions faire.

    Ne t’é­clipse pas (d’i­ci et/ou de « postjorion »)…

    AJ

    Réponse
  116. Christian GOMEZ

    @chris06

    Mer­ci de vos remarques mais, c’est vrai que, quel­que­fois, les dis­cus­sions inter­net me donnent la fâcheuse impres­sion de « ne pas allouer mon temps » de façon optimale.

    Alors, juste encore quelques remarques :

    1) Free Ban­king : C’est un exer­cice pure­ment « intel­lec­tuel » propre à Hayek (et à quelques uns de ses fans bien sûr). Mais, Mur­ray Roth­bard a fait un expo­sé cri­tique de l’ex­pé­rience amé­ri­caine (1830−1860) dite de « Free ban­king » qui est sou­vent idéa­li­sée par ses thu­ri­fé­raires. C’est un peu loin­tain dans mon esprit car je ne m’y suis jamais inté­res­sé vrai­ment, tant ce sys­tème m’a tou­jours frap­pé par son irréa­lisme. Dans la pers­pec­tive d’un bou­quin sur les sys­tèmes moné­taires, j’ai tout un dos­sier sur le sujet, mais ça ne me pas­sionne pas vraiment.

    2)100% Money-gold (qui n’est pas le gold stan­dart qui com­bi­nait éta­lon or et sys­tème ban­caire à réserves frac­tion­naires) : C’est un mer­veilleux sys­tème où tout cou­lisse super­be­ment.… jus­te­ment ! Je ne pense pas que l’é­co­no­mie soit une vaste machi­ne­rie bien hui­lée dans laquelle prix et salaires s’a­justent sans pro­blèmes, tant au plan domes­tique qu’au plan inter­na­tio­nal. Et l’a­jus­te­ment du prix de l’or qui s’o­pé­re­rait avec toutes ses consé­quences induites me parait dif­fi­ci­le­ment concevable…

    3) Sur l’é­vo­lu­tion de la répar­ti­tion salaires/profits : l’élé­ment le plus frap­pant au cours du temps a été la sta­bi­li­té de ce rap­port que devaient néces­sai­re­ment géné­rer (vous avez sans doute appris cela) les modèles de crois­sance équi­li­brée (key­né­siens ou néo-clas­siques). Puis, il y a eu : (1) d’a­bord, les déra­pages des années 70 avec des pro­gres­sions de salaires supé­rieures aux gains de pro­duc­ti­vi­té et les effets induits : Chute des pro­fits, chute de l’in­ves­tis­se­ment, infla­tion, chô­mage), (2) la contre-révo­lu­tion (dont Mar­ga­ret That­cher fut l’illus­tra­tion) et le rééqui­li­brage avec le lan­ce­ment des pro­ces­sus de libé­ra­li­sa­tion des mar­chés du tra­vail, des biens et ser­vices, des capi­taux (3)enfin, l’en­trée dans la mon­dia­li­sa­tion avec l’ef­fon­dre­ment des régimes com­mu­nistes et l’é­mer­gence de la Chine sur le mar­ché mon­dial au moment où se pro­dui­sait une for­mi­dable révo­lu­tion tech­no­lo­gique (informatique/numérique/ inter­net) et que se déve­lop­paient les phé­no­mènes migra­toires. Je crois que l’on ne com­prend rien aux phé­no­mènes d’enrichissement/appauvrissement des popu­la­tions si l’on ne prend pas en compte tous ces facteurs.

    4) Le libé­ra­lisme n’est pas le « lais­ser-fai­risme » comme disait mon bon maître (Mau­rice Allais) : par exemple : on a le droit aujourd’­hui de se révol­ter contre des construc­tions insen­sées (euro) ou l’ap­pli­ca­tion aveugle de théo­ries, comme le libre-échan­gisme, dont on a oublié les pré­misses (les hypo­thèses de la théo­rie des coûts com­pa­rés) pour mieux détruire nos pays et nos popu­la­tions les plus vul­né­rables (ce que l’on appelle aujourd’­hui les classes popu­laires et les classes moyennes).

    5) Sur les néo-key­né­siens : je connais bien Mins­ky que j’ap­pré­cie beau­coup (vous connais­sez sans doute le Levy Ins­ti­tute de Bard Col­lege qui popu­la­rise et actua­lise les thèses de Mins­ky et dont je suis un fidèle lec­teur), David­son qui est un excellent com­men­ta­teur de Keynes et Krug­man que je déteste (trop « libe­ral »-ame­ri­can meaning-).
    Je ne connais pas du tout les autres.

    Bon, je ne vais pas m’é­clip­ser tota­le­ment mais mes inter­ven­tions seront plus à éclipses désor­mais. En tout cas, je suis per­sua­dé que nous avons la pos­si­bi­li­té de trou­ver une base com­mune de dis­cus­sions dans la recherche d’une cer­taine véri­té BASÉE SUR DES FAITS. Quand j’ex­pri­mais mon sen­ti­ment d’i­so­le­ment, ce n’é­tait vis à vis de vous, mais plu­tôt de tous ceux qui se disent « en mal de PCF » (!!!!) et, plus lar­ge­ment, qui n’ont rien appris du carac­tère mons­trueux du com­mu­nisme et de tous ses avatars.

    Réponse
  117. zouski

    Super, vous êtes en train de trans­for­mer cette dis­cus­sion inté­res­sante et construc­tive en bataille de clocher !!!!

    Conti­nuez votre alié­na­tion aux écoles et cou­rants de pen­sée, vous irez loin dans la recherche de solu­tions alternatives !!!!!!

    Notre socié­té est faite d’a­lié­na­tion de toutes sortes, donc pou­vez-vous nous évi­ter cela sur cette espace de libre expres­sion PERSONNELLE.

    Autre ques­tion doit-on obli­ga­toi­re­ment détailler son CV sur ce blog ? Cela a‑t-il pour objec­tif de rendre plus cré­dible vos propos ?

    je fais comme l’un d’entre-vous, je m’en retourne à mon sta­tut de lec­teur ano­nyme, rien ne sera pos­sible tant que nos idées seront enchaînées.

    Réponse
  118. Voxien2011

    Bon­jour,

    C’est l’é­co­no­misme qui va mener l’hu­ma­ni­té à sa perte.

    Pen­ser tout par et pour l’é­co­no­mie, voi­là qui qui ignore les diverses facettes de l’homme et de la Vie.

    Je reprend une for­mu­la­tion de Paul Ariès :
    Ein­stein aimait dire que tant qu’on a la tête sous forme d’un mar­teau, on voit tous les pro­blèmes sous forme de clous. Tant que nous aurons la tête for­ma­té par l’économisme nous irons cher­cher la solu­tion à tous les pro­blèmes sociaux dans le « tou­jours plus » (tou­jours plus de pro­duc­tion et de consom­ma­tion, tou­jours plus grand, tou­jours plus loin, tou­jours plus vite, etc)

    Dans le monde actuel où les éco­no­mistes et les poli­ti­ciens sont les archi­tectes du sys­tème, on a trop ten­dance à cher­cher les solu­tions à tous les pro­blèmes humains (sociaux, cultu­rels, poli­tique, envi­ron­ne­men­taux, …etc.) dans l’é­co­no­mie (les modèle mathé­ma­tiques, les chiffres, les sta­tis­tiques, le capital,…etc.)

    Et la crise actuelle n’at­té­nue guère cet achar­ne­ment, au contraire, les éco­no­mistes sont tou­jours aux com­mandes, tou­jours avec leurs cer­ti­tudes et leur orgueil.

    Les éco­no­mistes, armés de leurs cer­ti­tudes et de leur convic­tions héri­tées de leurs maitres pen­seurs (Allais, Keynes, Fried­man, Marx, …etc.), sont prêts encore une fois à mettre en place des nou­velles méca­niques qui vont enga­ger l’hu­ma­ni­té vers une nou­velle des­ti­née. Des­ti­na­tion ima­gi­née et sou­hai­tée par les élites pen­seuses, auto-pro­cla­mées pro­phètes des temps modernes.

    Bat­tez-vous plu­tôt pour mettre en place une véri­table démo­cra­tie, comme le pro­pose Mr Chouard et d’autres. De cette réelle démo­cra­tie, par l’in­tel­li­gence col­lec­tive et la par­ti­ci­pa­tion émer­ge­ra cer­tai­ne­ment un sys­tème dans le sens du bien com­mun, en tout cas loin des pro­phé­ties élitistes.

    Réponse
  119. Aro

    Bon­jour, je pense avoir assez bien com­pris les argu­ments en défa­veur de la loi 3 jan­vier 1973 sur la Banque de France (et des dis­po­si­tions qui sont venu la rem­pla­cer ensuite).

    Tou­te­fois je vou­drai éga­le­ment prendre connais­sance des argu­ments en faveur pour pou­voir me faire libre­ment une opi­nion. J’ai essayé de trou­ver une argu­men­ta­tion simple et claire mais je n’y suis pas par­ve­nu. À chaque fois, ses défen­seurs que j’ai pu trou­ver affirment sans démons­tra­tion (ou alors se n’est pas suf­fi­sam­ment lim­pide ?) que sans cela on connaî­trait de l’inflation. Ensuite, pour les plus mal ins­pi­rés d’entre eux, le reste de leur « argu­men­ta­tion » consiste à tour­ner en déri­sion les détrac­teurs de la loi, voir à les insul­ter (d’ignorants, d’incultes, de fas­cistes…) : en somme on par­vient à un point de Godwin.

    Je sais bien ce que l’on peut me répondre : « il n’y a pas d’argument en faveur et c’est pour ça que tu n’en trouves pas ». Mais j’insiste. Il doit bien y avoir une argu­men­ta­tion en faveur de cette loi.
    Donc, pour­rait-on me don­ner les argu­ments en faveur de la loi de 1973 ? À la limite, un détrac­teur de la loi pour­rait me l’expliquer tout en me mon­trant pour­quoi elle ne tient pas la route. Mer­ci d’avance !

    PS : s’il vous plaît, ne me ren­voyez pas à ces articles :

    - http://​www​.contre​points​.org/​2​0​1​1​/​0​5​/​1​5​/​2​5​0​7​8​-​l​a​-​t​h​e​o​r​i​e​-​d​u​-​c​o​m​p​l​o​t​-​d​e​-​d​u​p​o​n​t​-​a​i​g​nan

    - http://​www​.lemonde​.fr/​i​d​e​e​s​/​a​r​t​i​c​l​e​/​2​0​1​1​/​1​2​/​2​9​/​l​a​-​l​o​i​-​p​o​m​p​i​d​o​u​-​g​i​s​c​a​r​d​-​r​o​t​h​s​c​h​i​l​d​-​v​o​t​e​e​-​e​n​-​1​9​7​3​-​e​m​p​e​c​h​e​r​a​i​t​-​l​-​e​t​a​t​-​d​e​-​b​a​t​t​r​e​-​m​o​n​n​a​i​e​_​1​6​2​3​2​9​9​_​3​2​3​2​.​h​tml

    - http://​vge​-europe​.eu/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​p​o​s​t​/​2​0​0​8​/​0​7​/​2​5​/​R​e​p​o​n​s​e​-​d​e​-​VGE

    Réponse
  120. Voxien2011

    @Aro

    Il y a un très bel article dans le monde diplo­ma­tique de ce mois ci : http://​www​.monde​-diplo​ma​tique​.fr/​2​0​1​2​/​0​1​/​S​T​R​E​E​C​K​/​4​7​162

    Il expose les trois étapes du capi­ta­lisme démo­cra­tique qui sont inter­ve­nues à par­tir de la fin des années 60, càd après la fin de deux décen­nies inin­ter­rom­pues de la crois­sance éco­no­mique d’a­près guerre (année 50 et 60).

    Ces trois étapes sont : l’in­fla­tion, la dette publique et enfin la dette pri­vée. Ces arti­fices ont été inven­tés pour main­te­nir sous per­fu­sion la crois­sance économique.

    Réponse
  121. Aro

    @ Voxien2011

    Mer­ci pour ta réponse !

    Réponse
  122. chris06

    @Voxien2011,

    « Dans le monde actuel où les éco­no­mistes et les poli­ti­ciens sont les archi­tectes du sys­tème, on a trop ten­dance à cher­cher les solu­tions à tous les pro­blèmes humains (sociaux, cultu­rels, poli­tique, envi­ron­ne­men­taux, …etc.) dans l’économie »

    C’est qui « on » ?

    Je ne connais pas d’é­co­no­miste (peut être pou­vez vous en citer un) qui ait jamais sou­te­nu la thèse que tous les pro­blèmes humains se rédui­raient à des phé­no­mènes économiques.

    De même qu’é­tu­dier les phé­no­mènes éco­no­miques n’im­plique pas que les autres phé­no­mènes humains n’existent pas, étu­dier les phé­no­mènes météo­ro­lo­giques n’im­plique pas que les autres phé­no­mènes ter­restres n’existent pas.

    Cet « éco­no­misme » m’a tout l’air d’un faux pro­cès fait aux éco­no­mistes par ceux qui n’ont jamais pris la peine d’é­tu­dier les phé­no­mènes éco­no­miques (eg Paul Ariès).

    Réponse
  123. Di Girolamo

    Déci­dé­ment, le mérite de M Bei­tone, c’est d’a­voir don­né à réfléchir !

    Tou­jours dans la même rubrique de « com­ment nous en sor­tir », je suis tom­bé sur cette confé­rence que je n’a­vais pas vue et dont je vous donne le lien ci des­sous à copier et col­ler. 2H 30 et on ne s’en­nuie pas.

    Pour évi­ter le krach ultime, une confé­rence de Pierre Larrouturou :

    À la fin, pen­dant le débat, Pierre Lar­rou­tu­rou explique bien la dif­fi­cul­té des élus à com­prendre et se poser les bonnes ques­tions du fait même de l’or­ga­ni­sa­tion du pou­voir, par exemple le cumul des man­dats qui les empêchent de pen­ser par eux mêmes.…

    Cela dit, il me semble que Pierre Lar­rou­tu­rou, s’il a bien insis­té sur le rôle clé de la jus­tice sociale, n’a pas assez insis­té sur le pro­blème éco­lo­gique, notam­ment la fin des res­sources et le dérè­gle­ment du cli­mat qui doivent ren­trer bien plus acti­ve­ment dans la réflexion glo­bale de « peut-être sor­tie par le haut ».

    Réponse
  124. Di Girolamo

    Puisque nous sommes sur le blog qui recherche « la cause des causes », je pense vrai­ment que le pro­blème majeur à résoudre n’est ni éco­no­mique, ni social, ni écologique…

    Il est : « il faut chan­ger en pro­fon­deur l’ou­til poli­tique » afin de pou­voir enfin trai­ter en pro­fon­deur l’é­co­no­mique le social l’écologique…

    C’est vrai­ment là-des­sus qu’il faut tra­vailler et mobiliser.

    L’o­li­gar­chie des incapables : 

    Réponse
  125. Stouf

    @chris06,

    J’ai trou­vé tes remarques vrai­ment intéressantes.

    Tu sembles croire en une solu­tion à cette crise :

    « Entre ceux qui annoncent la fin du capi­ta­lisme (Jorion et les mar­xistes) et ceux qui en veulent encore plus (les liber­ta­riens) per­sonne ne semble vou­loir écou­ter les véri­tables key­ne­siens, lire Mins­ky, et trou­ver des solu­tions à cette crise. »

    D’un autre côté, tu sembles assez pes­si­miste sur notre ave­nir proche :

    « La der­nière fois qu’on a connu une crise mon­diale, elle a duré de 1929 à 1945.
    Si je fais un cal­cul rapide et sans aucune jus­ti­fi­ca­tion ça nous donne la crise des années 2008 – 2024.
    On ver­ra com­ment sera le monde d’i­ci 12 ans… si on est encore là pour en parler ? »

    Je me sou­viens d’une réunion d’en­tre­prise où l’o­ra­teur nous fai­sait la démons­tra­tion que le capi­ta­lisme était le moteur du pro­grès, source inépui­sable de créa­tions et de des­truc­tions, ne gar­dant que ce que les solu­tions opti­males, et anéan­tis­sant le reste. Il ter­mi­na son expo­sé avec l’i­mage d’une boite de coca-cola avec pour slo­gan : Enjoy capitalism…

    Dans cette logique, le modèle éco­no­mique mon­dial actuel qui n’est plus adap­té, devrait être anéan­ti par son fon­de­ment capitaliste.

    C’est juste une consta­ta­tion, sans juge­ment de valeurs sur le capitalisme.

    Mais dans toutes ces théo­ries éco­no­miques, on pour­rait se deman­der où est la part d’humanité.

    N’existe t‑il pas un modèle où l’in­tel­li­gence humaine est plus effi­cace que la simple auto-régu­la­tion sur base de pro­fits ? Avec les moyens de com­mu­ni­ca­tion actuels, n’est-il pas pos­sible de créer une socié­té plus humaine et plus effi­cace face aux défis qui nous attendent ?

    Que les 99% deviennent 100%

    Réponse
  126. Voxien2011

    @Aro

    Pour­tant c’est très rudimentaire.

    Éco­no­mie = la crois­sance + les modèles mathé­ma­tiques + les chiffres + les sta­tis­tiques + le capi­tal + …etc.

    Pro­blème sociaux ? Il nous faut de la croissance
    Pro­blème envi­ron­ne­men­taux ? Il nous faut de la croissance
    Pro­blème cultu­rels ? Il nous faut de la croissance
    Pro­blème dans l’é­du­ca­tion ? Il nous faut de la croissance
    Pro­blème dans ensei­gne­ment supé­rieur et la recherche ? Il nous faut de la croissance
    Pro­blème de chô­mage ? Il nous faut de la croissance
    .….

    Réponse
  127. Voxien2011

    @Aro

    Pour­tant c’est très rudimentaire.

    Éco­no­mie = la crois­sance + les modèles mathé­ma­tiques + les chiffres + les sta­tis­tiques + le capi­tal + …etc.

    Pro­blème sociaux ? Il nous faut de la croissance

    Pro­blème envi­ron­ne­men­taux ? Il nous faut de la croissance

    Pro­blème cultu­rels ? Il nous faut de la croissance

    Pro­blème dans l’é­du­ca­tion ? Il nous faut de la croissance

    Pro­blème dans ensei­gne­ment supé­rieur et la recherche ? Il nous faut de la croissance

    Pro­blème de chô­mage ? Il nous faut de la croissance .….

    Réponse
  128. simone

    Cher Mr Gomez et tous les autres,

    même en me don­nant beau­coup de mal d’as­si­mi­ler cor­rec­te­ment (?) mes lec­tures, notam­ment quand je vous lis… je crains de res­ter une simple indi­gnée, inca­pable d’ar­ti­cu­ler quoique ce soit de cré­dible (déso­lée pour le raccourcis 🙂

    Je peux vous assu­rer, que c’est une posi­tion très incon­for­table, que la mienne, si je suis contrainte à répé­ter bête­ment ce que j’en­tends des experts…

    Mais je suis d’ac­cord avec Étienne, qu’une vraie démo­cra­tie devrait nous don­ner le droit d’a­van­cer d’a­bord et de recu­ler ensuite, pour ajus­ter et cor­ri­ger nos erreurs. La force des ama­teurs étant de gar­der à l’es­prit le but à pour­suivre, en vous tarau­dant encore et encore avec des ques­tions : « Les banques, n’ont ils pas été créées dans le but pur et simple de garan­tir des pro­fits à quelques uns ? Oui ou non ? »

    Ce sys­tème ingé­nieux a été inven­té par des gens très malins, mais, nous avons d’aus­si des intel­li­gents, ici et aujourd’­hui (la preuve sur ce forum !) pour inven­ter autre chose…

    C’est l’i­dée de pas­ser d’une éco­no­mie de mon­naie à une éco­no­mie basé sur les res­sources, qui m’in­té­resse spé­cia­le­ment. Je suis pre­neuse pour toute infor­ma­tion concer­nant des per­sonnes qui ont réflé­chi à ça.

    Oui, moi aus­si je vais de ce pas retour­ner dans l’ombre des lec­teurs, comme l’a dit si joli­ment SnoiD…

    Juste encore ceci (dam­ned ! je ne peux pas tenir ma langue:-D) : Les simples indi­gnés, mal­gré leur incom­pé­tence, ont peut-être le mérite de pou­voir inté­res­ser par la suite leur entou­rage et de faire par­ta­ger un cer­tain enthou­siasme sur le fait que nous avons de quoi (jus­te­ment, des gens com­pé­tents) pour avan­cer dans la bonne direction.

    Mer­ci de ne pas vous éclip­ser ! On a besoin de vous.

    Réponse
  129. Di Girolamo

    Stouf :

    « N’existe t‑il pas un modèle où l’in­tel­li­gence humaine est plus effi­cace que la simple auto­ré­gu­la­tion sur base de pro­fits ? Avec les moyens de com­mu­ni­ca­tion actuels, n’est-il pas pos­sible de créer une socié­té plus humaine et plus effi­cace face aux défis qui nous attendent ? »

    Sans doute que si, sinon nous ne serions pas là à en discuter.

    Ce type de régu­la­tion est sans doute plus com­pli­qué que de la simple plom­be­rie ou science du flux auto­mo­bile afin d’é­vi­ter les bou­chons . … Une évi­dence c’est que lais­ser les choses aller à veau l’eau, c’est aller vers une régu­la­tion par la crise avec coin­cés au milieu des plaques tec­to­niques, nos doigts nos mains, le corps tout entier.

    L’évidence vou­drait qu’on cherche à mettre en place des outils de régu­la­tion per­ma­nents afin d’éviter les à‑coups et des nœuds qui avec le temps amènent à des situa­tions inex­tri­cables. Par exemple celui de la dette publique. Le piège fatal est de rai­son­ner par sec­teur et de croire que régu­ler ici va régu­ler là ; la poli­tique est bien affaire de vision glo­bale et de plan d’ensemble ; c’est la rai­son pour laquelle pour par­ve­nir à cette chose rare , c’est par tous les bouts qu’il faut pen­ser , c’est-à-dire en tenant compte de l’ensemble et en pre­nant donc en compte cet ensemble vivant ‚but et moyen de tout le reste : nous l’ensemble des citoyens dans leur diversité.

    On arrive donc à cette évi­dence que le meilleur outil de régu­la­tion est la démo­cra­tie appli­quée.

    Le nœud essen­tiel à dénouer est celui de redon­ner de l’intérêt pour le pou­voir aux citoyens ; redon­ner confiance dans le fait qu’ils peuvent déci­der ; et que c’est là que se situe le pou­voir de chan­ger les choses.

    Ce qui nuit gra­ve­ment à la démo­cra­tie, à la confiance en cette pos­si­bi­li­té de choix citoyen des poli­tiques publiques, c’est le contre pou­voir actuel : celui de « nos repré­sen­tants », des médias, des riches ; il faut prendre conscience que le contre pou­voir c’est la classe diri­geante. Et que toute leur habi­le­té consiste à faire croire l’inverse.

    Réponse
  130. Di Girolamo

    Simone

    Un ama­teur à un autre amateur :

    « La force des ama­teurs étant de gar­der à l’es­prit le but à poursuivre »

    Il faut lais­ser et confier le court terme tech­nique aux experts mais il faut que ces experts (qui sont des ama­teurs dans les sec­teurs où ils ne sont pas experts) soient gui­dés dans leurs exper­tise par « le but  » que nous tous , ama­teurs et amateurs/ experts, déci­dons ensemble démocratiquement.

    En d’autres termes c’est le long terme ‚le but , le pro­jet de socié­té qui compte et cela est affaire d’a­ma­teurs et non d’ex­perts ; là encore le contre pou­voir qui occupe le place veut nous faire croire le contraire et joue sur le manque de confiance en eux mêmes de la plu­part des citoyens.Sur le fait aus­si qu’il n’y a pas de lieu public d’ex­pres­sion citoyenne.

    Réponse
  131. chris06

    @Simone, Di Girolamo,

    inven­ter autre chose ?

    un but déci­dé démocratiquement ?

    Je ne vou­drais pas vous pré­oc­cu­per inuti­le­ment mais j’ai quand même l’im­pres­sion qu’il s’a­git avant tout de com­prendre quelles sont les contraintes qui pèsent sur la civi­li­sa­tion humaine…

    Le but c’est que tous les humains puissent vivre heu­reux et réa­li­ser leurs rêves, non ?

    Mal­heu­reu­se­ment, ce n’est pas si simple, notre civi­li­sa­tion est addicte aux dettes, je ne parle pas que des dettes finan­cières, mais aus­si envi­ron­ne­men­tales, énergétiques.

    Je ne sais pas si je m’ex­prime suf­fi­sam­ment clai­re­ment, il ne suf­fit pas de vou­loir réa­li­ser un but déter­mi­né démo­cra­ti­que­ment, encore faut-il com­prendre quelles sont les contraintes qui pèsent sur nous, les humains.

    capiche ?

    Réponse
  132. Morpheus

    @ simone

    Concer­nant l’é­co­no­mie basée sur les res­sources, son inven­teur est Jacque Fres­co, qui est le direc­teur du Venus Pro­ject (Pro­jet Venus en français).

    Pour faire simple, le Pro­jet Venus est une façon de repen­ser la struc­ture sociale – autre­ment-dit la civi­li­sa­tion – entiè­re­ment nou­velle et dif­fé­rente de tout ce que nous connais­sons (il convient donc de ran­ger nos idées pré­con­çues et nos a prio­ri afin de pou­voir en faire une étude cor­recte et docu­men­tée (autant que faire se peut) et poser un juge­ment honnête).

    Si l’é­co­no­mie basée sur les res­sources est le cœur de ce sys­tème d’or­ga­ni­sa­tion de la cité, son cer­veau repose sur la cyber­né­tique. La tech­no­lo­gie et la science sont direc­te­ment appli­quées dans le but de résoudre les pro­blèmes ren­con­trés par l’or­ga­ni­sa­tion sociale.

    De façon géné­rale, on peut dire que le rai­son­ne­ment de Jacque Fres­co est le même que le nôtre, à savoir qu’il a cher­ché « la cause des causes », ou plu­tôt un ensemble de causes struc­tu­relles à l’o­ri­gine des dys­fonc­tion­ne­ments de nos sociétés.

    Mais si une seule de ces causes avan­cées devait assez clai­re­ment res­sor­tir en tant que « La cause des causes » de son ana­lyse cri­tique, ce serait incon­tes­ta­ble­ment l’é­co­no­mie fon­dée sur la mon­naie, et c’est la rai­son la plus évi­dente qui fait que l’é­co­no­mie basée sur les res­sources soit au cœur de son sys­tème. Là où nous déployons encore notre éner­gie dans des débats pas­sion­nés sur la manière de réfor­mer le sys­tème moné­taire et les ins­ti­tu­tions ban­caires (les pré­sents débats en sont l’illus­tra­tion), Jacque Fres­co sort son balais et sa ser­pillère et envoie le tout direc­te­ment au bac à ordures : pour lui, le sys­tème moné­taire est struc­tu­rel­le­ment dys­fonc­tion­nel et consti­tue en lui-même la cause fon­da­men­tale de toutes les dérives du sys­tème actuel. Bien que cette thèse puisse paraître cho­quante (en par­ti­cu­lier, j’i­ma­gine, pour toutes les per­sonnes ayant une for­ma­tion en éco­no­mie, ce que je com­prends), elle vaut tout de même la peine d’être étu­diée, car elle repose sur un rai­son­ne­ment à la fois simple et robuste.

    1. La mon­naie est un ins­tru­ment inven­té par les humains pour échan­ger des mar­chan­dises et des ser­vices. Au moment où la mon­naie a été inven­tée, elle a sans doute répon­du à un besoin dans la façon dont les hommes vou­laient s’or­ga­ni­ser, et a donc sans doute ren­du ser­vice pen­dant un temps déter­mi­né. Le monde actuel, glo­ba­li­sé, avec la quan­ti­té de connais­sances et de décou­vertes acquises depuis des géné­ra­tions, a chan­gé, et ce sys­tème ne rem­plit plus la fonc­tion pour laquelle il a été inven­té : il est donc obsolète.

    2. La mon­naie, qu’elle soit maté­rielle (billets, pièces, or, etc.) ou vir­tuelle (don­nées infor­ma­tiques) n’a en elle-même aucune valeur réelle : on ne peut pas se nour­rir avec des billets, ni pro­duire de l’éner­gie, ni fabri­quer une mai­son ou quoi que ce soit ; ce n’est pas la mon­naie qui pro­duit des richesses, ce sont les res­sources qui consti­tuent la véri­table richesse.

    3. La valeur que l’on attri­bue à la mon­naie est sub­jec­tive et dépend de la confiance qu’on accorde à ces signes (nb. les lois contrai­gnantes qui imposent l’u­ti­li­sa­tion de la mon­naie ne doivent pas être négli­gées dans l’ap­pré­cia­tion de la « confiance » que les peuples accordent à la valeur de la mon­naie …), mais éga­le­ment de la quan­ti­té de signes en cir­cu­la­tion (infla­tion / déflation).

    4. Par contre, la valeur des biens et des ser­vices va dépendre essen­tiel­le­ment de leur rare­té : un pro­duit, un bien ou un ser­vice abon­dant aura un faible prix ; un pro­duit, un ser­vice ou une res­source quel­conque se trou­vant en faible quan­ti­té ou en pénu­rie aura un prix éle­vé (prin­cipe de la « loi de l’offre et de la demande »).

    5. Par consé­quent, l’en­semble du sys­tème éco­no­mique basé sur la mon­naie est fon­dé sur la (ges­tion de la) pénu­rie : pour qu’un pro­duit, une res­source ou un ser­vice ait une valeur, il doit être plus ou moins rare.

    6. Comme la quan­ti­té de signes (de mon­naie) en cir­cu­la­tion doit elle-même être en situa­tion de pénu­rie, il en résulte que de manière géné­rale, il doit ne jamais y en avoir assez pour tout le monde … !

    7. Ce sys­tème d’é­co­no­mie basée sur la mon­naie doit repo­ser sur un ensemble de lois contrai­gnantes, sans les­quelles l’en­semble des popu­la­tions ne joue­raient pas le jeu. Ces lois sont le ciment du sys­tème et ne peuvent être dis­cu­tées, à la façon d’un cre­do reli­gieux au sein d’une église.

    8. Comme l’argent devient néces­saire pour se pro­cu­rer les pro­duits et les ser­vices néces­saires à vivre et pros­pé­rer, et comme il n’y en a pas assez pour tout le monde, il s’en­suit logi­que­ment qu’il va y avoir concur­rence et com­pé­ti­tion. Cer­tains (peu nom­breux) vont le com­prendre très tôt et orien­ter tous leurs efforts afin de s’ap­pro­prier les res­sources ayant le plus de valeur mar­chande, et sur­tout qui sont les plus néces­saires au fonc­tion­ne­ment de la socié­té : pétrole, ura­nium, gaz, mais aus­si indus­tries phar­ma­ceu­tiques, chi­miques, agro-ali­men­taire, et je ne parle même pas des métaux et pierres précieuses.

    9. De façon géné­rale, l’en­semble des res­sources vont abou­tir entre les mains d’un très, très petit nombre de per­sonnes (en pro­por­tion au 7 mil­liards d’in­di­vi­dus), et ces per­sonnes, contrô­lant de (très) grandes por­tions des res­sources, déter­minent elles-mêmes la rare­té et les prix, quitte à détruire (ou dis­si­mu­ler) les res­sources excé­den­taires (il faut main­te­nir – arti­fi­ciel­le­ment ! – les prix, donc la rare­té et la pénurie).

    10. Donc, tout sys­tème éco­no­mique basé sur la mon­naie revient in fine à orga­ni­ser et péren­ni­ser la pénu­rie et la com­pé­ti­tion, plu­tôt que gérer de façon com­mune les res­sources dans le but de géné­rer l’a­bon­dance pour tous.

    Si pareille ana­lyse nous choque, nous pour­rions déjà nous deman­der si cela cor­res­pond à la réa­li­té obser­vable ou non (à mon point de vue, il n’y a pas pho­to). A la lumière de cette ana­lyse, il semble bien que – au delà d’un mau­vais sys­tème de gou­ver­ne­ment qui rend les peuples struc­tu­rel­le­ment impuis­sants (cri­tique très per­ti­nente et émi­nem­ment néces­saire) – ce soit le prin­cipe même de l’é­co­no­mie basée sur la mon­naie que nous devrions balayer de nos concep­tions, afin de repen­ser un sys­tème entiè­re­ment neuf.

    L’EBR pro­po­sée dans le Pro­jet Venus est un mode de socié­té qui éta­blit comme prin­cipe fon­da­teur que l’ensemble des res­sources natu­relles de la Terre consti­tue un héri­tage com­mun à tous les êtres humains. Cet héri­tage com­mun doit être géré en com­mun et équi­ta­ble­ment répar­tis à tous (et non à une petite mino­ri­té de pri­vi­lé­giés comme c’est actuel­le­ment le cas). Le sys­tème de ges­tion repose sur un ensemble de connais­sances scien­ti­fiques et tech­niques (actuel­le­ment dis­po­nibles, il ne s’a­git pas de pros­pec­tives sur des décou­vertes à venir) pour garan­tir l’accès gra­tuit à toutes les res­sources néces­saires au déve­lop­pe­ment digne et libre de chaque être humain, dans une ges­tion glo­bale et durable res­pec­tant les prin­cipes et les lois natu­relles de la bio­sphère (notam­ment l’é­qui­libre dyna­mique de repro­duc­tion des diverses espèces).

    L’i­dée prin­ci­pale est la sui­vante : pour pou­voir gérer effi­ca­ce­ment et en temps réel l’en­semble des res­sources que la pla­nète nous offre, tout en veillant à pro­té­ger l’é­co­sys­tème et la richesse offerte pour les géné­ra­tions futures, il faut tenir compte d’un nombre de don­nées très éle­vés. Cette ges­tion, aucune struc­ture ni cer­veau humain ne peut le faire du fait de la quan­ti­té énorme de don­nées qu’il faut trai­ter en temps réel. Par contre, des supers-ordi­na­teurs, reliés entre eux et à un ensemble de dis­po­si­tifs inté­grés au fonc­tion­ne­ment des cités, peuvent faire ce tra­vail, en ne néces­si­tant qu’un mini­mum de sur­veillance humaine.

    C’est donc ici que la cyber­né­tique entre en jeu, en pal­liant les limites inhé­rentes au fonc­tion­ne­ment de l’es­prit humain : les « déci­sions » néces­saire au bon fonc­tion­ne­ment du sys­tème dans son ensemble (c’est-à-dire dans cha­cune de ses fonc­tions, qui sont inter­dé­pen­dantes les unes des autres) ne sont pas prisent par un homme ou un groupe d’hommes (dont non seule­ment les capa­ci­tés intel­lec­tuelles sont limi­tées, mais dont les déci­sions peuvent être moti­vées par l’hu­meur du moment), mais par un sys­tème cyber­né­tique inté­gré. L’or­di­na­teur n’ayant pas d’é­tat d’âme, il prend les « déci­sions » en fonc­tion des meilleures options pos­sibles selon l’en­semble des don­nées dont il dis­pose, et cela en un temps impos­sible à réa­li­ser, même pour la meilleure équipe scien­ti­fique au monde. Pré­ci­sons déjà, avant tout début de polé­mique, que les « déci­sions » de ces super­or­di­na­teurs n’af­fectent pas les choix de vie des humains, mais seule­ment le fonc­tion­ne­ment des sys­tèmes inté­grés de la cité (ce qui peut affec­ter les condi­tions de vie des habi­tants, certes, mais la pré­ci­sion vaut ici pour bien indi­quer que ces ordi­na­teurs n’ont aucune fonc­tion dans l’or­ga­ni­sa­tion morale de la cité, seule­ment son orga­ni­sa­tion pra­tique, maté­rielle – Jacque Fres­co insiste bien sur le fait qu’il n’en­vi­sage en rien un monde à la Hux­ley ou à la Orwell).

    En tant que cher­cheur, inven­teur et desi­gner indus­triel, Fres­co a acquis des connais­sances concer­nant de très nom­breuses inven­tions et dis­po­si­tifs tech­niques et scien­ti­fiques dont la plus grande par­tie du publique ignore l’exis­tence (il par­lait déjà des écrans plats en … 1974 !). Bon nombre de décou­vertes et de pro­cé­dés ne sont pas en appli­ca­tion de nos jours (du moins, pas dans la socié­té civile), non parce que ce n’est pas pos­sible tech­ni­que­ment, mais parce que les freins « éco­no­miques » habi­tuels conti­nuent de jouer. Je ne men­tion­ne­rai pour l’exemple que le scan­da­leux et inac­cep­table frein de l’ob­so­les­cence pla­ni­fiée, qui fait que des cen­taines de mil­liers d’in­gé­nieurs à tra­vers le monde sont enga­gés et payés par des firmes, non pour déve­lop­per des pro­duits solides et durables, mais au contraire, pour trou­ver des pro­cé­dés qui limitent stric­te­ment la durée dans le temps des pro­duits mis sur le mar­ché. Pour scan­da­leux que soit ces pro­cé­dés, lar­ge­ment uti­li­sés par les indus­triels, ils entrent par­fai­te­ment dans la logique du mar­ché et de l’é­co­no­mie basée sur la mon­naie et la consommation.

    Concer­nant la pro­blé­ma­tique du pou­voir, Jacque Fres­co avance qu’il est par­fai­te­ment absurde que nous délé­guions un quel­conque pou­voir à des per­sonnes (les poli­ti­ciens) qui ne sont nul­le­ment qua­li­fiées pour résoudre les pro­blèmes nom­breux qui se posent dans la socié­té. En effet, à quoi un homme (ou une femme) ayant sui­vit des cours de droit et d’é­co­no­mie poli­tique peut-il ser­vir pour résoudre, disons, les pro­blèmes de déchets indus­triels, ou de pro­duc­tion d’éner­gie, ou tout autre ques­tion d’ordre tech­nique ? Ils n’ont ni les com­pé­tences ni les connais­sances requises pour seule­ment com­prendre les don­nées du pro­blème, et moins encore pour trou­ver des solu­tions . Jacque Fres­co fus­tige donc le fait – selon lui absurde et inap­pro­prié – que nous accor­dions tout pou­voir de déci­sion à des inca­pables. Fres­co affirme donc que, tech­ni­que­ment, la plu­part des pro­blèmes ren­con­tré (et pro­vo­qués) par la socié­té peuvent être réso­lus par des appli­ca­tions tech­niques et scien­ti­fiques : c’est seule­ment le manque de volon­té poli­tique qui fait que non seule­ment ces solu­tions ne sont pas mise en appli­ca­tion, mais que les pro­blèmes conti­nuent de s’am­pli­fier. Pour lui, nous n’a­vons plus besoin de poli­ti­ciens, qu’ils soient de gauche, de droite, du centre ou des extrêmes, qu’ils soient capi­ta­listes, com­mu­nistes, socia­listes, mar­xistes, … Aucun n’est sim­ple­ment apte à résoudre les pro­blèmes, essen­tiel­le­ment pra­tiques et tech­niques que ren­contre la société.

    Mais son ana­lyse des causes struc­tu­relles des dys­fonc­tion­ne­ment de la socié­té « moderne » ne s’ar­rête pas là. Une des approches radi­cales de son ana­lyse porte sur l’in­fluence de l’en­vi­ron­ne­ment sur les com­por­te­ments humains, et notam­ment les « com­por­te­ments déviants ». Cette approche nous mène direc­te­ment dans le (vieux) débat entre l’in­né et l’ac­quis, et porte sur le déli­cat sujet de la géné­tique. Des études récentes de plus en plus nom­breuses, en bio­lo­gie comme en socio­lo­gie, montrent qu’il existe une inter­ac­tion entre les fac­teurs géné­tiques et l’en­vi­ron­ne­ment socio­cul­tu­rel dans lequel évo­luent des sujets. On a décou­vert, notam­ment, que cer­tains com­por­te­ments, ou cer­taines mala­dies géné­tiques, peuvent ou non se déclen­cher selon le type d’en­vi­ron­ne­ment dans lequel évo­lue un sujet : dans un envi­ron­ne­ment socio­cul­tu­rel bien­veillant, sécu­ri­sant et épa­nouis­sant, les com­por­te­ments agres­sifs ou déviant, de même que des mala­dies géné­tiques, ne se déve­loppent pas – les gènes, même lors­qu’ils sont pré­sent (on parle alors de « pré­dis­po­si­tion géné­tique ») res­tent inertes (non actifs) ; tan­dis que dans un envi­ron­ne­ment stres­sant, insé­cu­ri­sant et anxio­gène, ils vont s’ac­ti­ver (ils peuvent même se créer alors qu’ils étaient absent). On appelle ce phé­no­mène l’é­pi­gé­né­tique.

    La chose essen­tielle à rete­nir dans les décou­vertes de l’é­pi­gé­né­tique, c’est que le fac­teur envi­ron­ne­men­tal (l’ac­quis) est déter­mi­nant, bien plus que la pré­sence ou non de gènes « déviants » (l’in­né). Or, l’en­vi­ron­ne­ment socio­cul­tu­rel dépend de nos choix de socié­té et n’est nul­le­ment le fait de la fata­li­té ou d’une pré­ten­due « nature humaine ». L’être humain n’est pas, « par nature », agres­sif, pré­da­teur, violent ou domi­na­teur. Ce qui carac­té­rise l’être humain, ce serait plu­tôt sa facul­té de s’a­dap­ter à l’en­vi­ron­ne­ment dans lequel il évo­lue. Dès lors, rien d’é­ton­nant que dans un envi­ron­ne­ment où la com­pé­ti­tion, la rare­té, la vio­lence et le manque sont criants, cer­tains êtres humains s’a­daptent et déve­loppent des com­por­te­ments jugés déviants, mais néces­saires pour sur­vivre à ce milieu dif­fi­cile. Autre­ment dit, si nous déve­lop­pions un envi­ron­ne­ment où règne l’a­bon­dance et où la col­la­bo­ra­tion, l’en­traide et la soli­da­ri­té sont la norme, un envi­ron­ne­ment où les condi­tions de vie sont épa­nouis­santes, les com­por­te­ments « déviants » n’au­ront plus lieu d’être, puis­qu’ils ne sont pas adap­té à l’en­vi­ron­ne­ment. Mais tant que nous ne sor­tons pas des condi­tions mêmes qu’en­traînent l’é­co­no­mie basée sur la mon­naie (rare­té arti­fi­ciel­le­ment entre­te­nue, concur­rence, com­pé­ti­tion), nous ne pour­rons agir sur les causes des com­por­te­ments déviants, qui ne feront que se per­pé­tuer, voir s’accentuer.

    Pour uto­pique que puissent paraître les solu­tions du Pro­jet Venus, elles n’en reposent pas moins sur de nom­breuses recherches et ana­lyses solides. De plus, pour juger du carac­tère uto­pique ou réa­liste du pro­jet, il nous faut envi­sa­ger les choses en dehors du car­can étroit des condi­tions actuelles, sans quoi nous condam­ne­rions la pro­po­si­tion sur des argu­ments fon­dés sur les condi­tion­ne­ments mêmes que l’on cherche à chan­ger, ce qui serait le comble de l’absurde.

    Notam­ment, le fait qu’au­jourd’­hui le monde est glo­ba­li­sé – « fini » dirons cer­tains – est un fac­teur déter­mi­nant dans la mise en œuvre du pro­jet, puisque la base même de l’é­co­no­mie de res­sources se fonde sur la ges­tion de l’en­semble des res­sources de la Terre, per­çue en tant que sys­tème vivant et dyna­mique ; tout comme le tirage au sort s’a­dapte infi­ni­ment mieux aux grandes échelles (par l’ef­fet de nombre), l’é­co­no­mie basée sur les res­source ne s’a­dapte pra­ti­que­ment et effi­ca­ce­ment qu’à l’é­chelle glo­bale (puisque cer­taines res­sources ne sont dis­po­nibles qu’en quelques endroits, et non sur tout le globe).

    C’est parce que nous sommes, aujourd’­hui, en mesure d’é­va­luer (tech­ni­que­ment) la quan­ti­té et la qua­li­té des res­sources et des richesses offertes par la pla­nète Terre tout entière, que nous sommes capable d’en­vi­sa­ger et de pro­je­ter un sys­tème social d’a­bon­dance (réelle) pour tous. Objec­ti­ve­ment par­lant, l’en­semble des peuples de la pla­nète ont tous inté­rêt à ce qu’un sys­tème de cette nature soit mis en place, puis­qu’il répon­drait aux besoins de cha­cun, néces­si­te­rait la col­la­bo­ra­tion et l’é­change, et met­trait fin aux causes majeures des guerres et des conflits. Nous nous bat­tons pour avoir accès aux piller les res­sources et richesses que la pla­nète nous offre dans d’autres pays, afin d’en béné­fi­cier égoïs­te­ment et d’ac­croître les chiffres d’af­faire de quelques indus­triels et action­naires, tout en pro­vo­quant la pau­vre­té et l’ins­ta­bi­li­té dans les pays dit « du sud » (ceux qui ont des richesses dans leur sol). Si ces res­sources étaient recon­nues comme patri­moine et héri­tage sécu­laire et sacré de TOUS les êtres vivants , et si nous met­tions en place une struc­ture glo­bale de ges­tion rai­son­née (et rai­son­nable) de celles-ci au béné­fice de TOUS, alors il parait évident que nous n’au­rions plus de rai­son de nous battre. Pas même pour le pou­voir, puisque pou­voir il n’y aurait plus besoin : étant les béné­fi­ciaires directes du sys­tème et de ce modèle d’é­co­no­mie, nous aurions toutes les moti­va­tions pour y prê­ter la main, sans autre ambi­tion que de par­ti­ci­per à son bon fonc­tion­ne­ment ou de l’a­mé­lio­rer, et sans qu’il y ait besoin d’un inci­tant mer­can­tile ou financier.

    Cela étant, même si sur de nom­breux points ce pro­jet est sédui­sant, il parait évident que nous devons en faire la cri­tique et l’a­na­lyse point par point. J’ai per­son­nel­le­ment écris une pre­mière ana­lyse – à chaud – du pro­jet, publiée en trois articles sur Ago­ra­vox. Cette ana­lyse cri­tique n’est qu’une pre­mière approche, enta­chée par un cer­tain nombre d’i­dées pré­con­çues et de manque d’in­for­ma­tions. Sans être inin­té­res­sante, elle méri­te­rait une « mise à jour », notam­ment parce que depuis que je l’ai écrite, j’ai trou­vé un cer­tain nombre de réponses aux diverses ques­tions que j’y pose (il va fal­loir que je m’y attèle).

    Là où, appa­rem­ment, le Pro­jet Venus semble en conflit avec les pro­po­si­tions du Plan C, je per­çois per­son­nel­le­ment, au contraire, une jonc­tion pos­sible, sinon néces­saire. En effet, si nous n’a­vons pas inté­rêt à délé­guer nos pou­voirs à des poli­ti­ciens et des éco­no­mistes de mar­ché (pour ne pas par­ler des ban­quiers), nous n’a­vons pas d’a­van­tage à accor­der notre entière confiance à des scien­ti­fiques et des tech­ni­ciens (même si je recon­nais qu’ils sont infi­ni­ment plus qua­li­fié que moi dans la plu­part des domaines). Nous avons autant de rai­sons de sur­veiller ce que font scien­ti­fiques et tech­ni­ciens, que nous en avons de sur­veiller ce que font les poli­ti­ciens. Par consé­quent, et même si cela ne sera pas néces­sai­re­ment bien vu et accep­té par Jacque Fres­co et les scien­ti­fiques, la mise en place de struc­tures et de consti­tu­tions démo­cra­tiques (réel­le­ment démo­cra­tiques) me semble palier ce qui fait défaut dans le Pro­jet Venus.

    Mon impres­sion pre­mière – qui reste vive – c’est que tel qu’il est pré­sen­té, le Pro­jet Venus entraî­ne­rait ipso fac­to une nou­velle forme d’a­ris­to­cra­tie, scien­ti­fique et scien­tiste. S’il me semble indé­niable que la socié­té ait besoin de ces ingé­nieurs et de ces cer­veaux, il me semble tout aus­si indé­niable que la socié­té a besoin de plus que de cer­veaux et d’in­gé­nieurs, même talen­tueux (et tous les ingé­nieurs ne sont pas talen­tueux). Or, les besoins de l’en­semble des indi­vi­dus ne peuvent être déter­mi­nés que par … les indi­vi­dus eux-mêmes. Et dans le cadre d’un envi­ron­ne­ment sein, j’ai ten­dance à croire en la « sagesse populaire ».

    Si je devais émettre un seul argu­ment de méfiance envers le monde scien­ti­fique et tech­nique en géné­ral, ce serait celui de la spé­cia­li­sa­tion : les spé­cia­listes s’y entendent mieux que qui­conque dans UN domaine mais, par défi­ni­tion, ils s’y entende bien moins d’en TOUS les autres, et sur­tout, ils ne fondent géné­ra­le­ment pas leur logique sur une vision d’en­semble (cer­tains le font sans doute, mais ce n’est pas ce que j’ob­serve le plus sou­vent). Un auteur dont j’ai oublié le nom a d’ailleurs écrit que « la spé­cia­li­sa­tion doit être ban­nie de la connais­sance holis­tique, car elle est le nerf de toutes les per­ver­sions de notre socié­té ». Je ne sais pas si cet auteur a entiè­re­ment rai­son, mais mon intui­tion me dit qu’il n’a pas entiè­re­ment tort, et donc que c’est un sujet que nous devons méditer.

    Un argu­ment qui me fait éga­le­ment pen­ser que les pro­po­si­tions du Plan C vont d’une cer­taine manière dans le sens du Pro­jet Venus est que celui-ci repo­se­rait néces­sai­re­ment sur un prin­cipe fédé­ral, chaque cité étant plus ou moins auto diri­gée selon ses spé­ci­fi­ci­tés locales (en fonc­tion de l’en­vi­ron­ne­ment), mais reliée aux autres pour toutes les res­sources dont elle ne dis­pose pas en propre. L’un des exemples type de cité pro­po­sée dans le Pro­jet Venus est éla­bo­ré pour 15.000 habi­tants, qui est une échelle idéale pour appli­quer la démo­cra­tie directe. D’autres villes, plus impor­tantes, sont pos­sible, mais demandent évi­dem­ment des moyens plus impor­tants (je ne suis per­son­nel­le­ment pas cer­tain que des échelles plus grandes soient avan­ta­geuses ou sou­hai­tables, mais il faut dire que je n’aime pas les grandes villes).

    Il y a encore beau­coup à en dire, mais j’ai déjà été très (trop ?) long.

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  133. sitouaillain

    Salut,

    J’ai eu l’im­pres­sion à vous lire, Chris­tian et Chris, que, n’ayant pas la Foi dans le capi­ta­lisme, ni de Keynes, ni d’Hayek, ce que je pou­vais dire fai­sait l’ob­jet d’une espèce de dis­qua­li­fi­ca­tion morale, car si j’en crois mes impres­sion pre­mières, toute ten­ta­tive de cri­tique du capi­ta­lisme conduit néces­sai­re­ment au Gou­lag et aux queues devant les magasins…

    je tiens à dire que j’a­vais 7ans le jour de la chute du mur et que j’ai pleu­ré de joie ce jour là. Bien des années plus tard, je me retrou­vais sur l’an­cienne Karl-Marx-Platz de Leip­zig, qui a retrou­vé son ancien nom d’Au­gus­tus Platz, au lieu des dra­peaux rouges, de grands néons Coca­co­la et Deutsche Bank sur les immeubles bor­dant la place, les camé­ras de video sur­veillance de la Sta­si son res­tées, elles ont vu la renais­sance de l’u­ni­ver­si­té ou pas­sèrent Goethe, Nietzsche, Marx, etc.

    J’ai vécu et étu­dié tout un tas de choses là-bas et par la suite, et croyez bien que chaque fois que j’é­cris quelque chose, j’en mesure les consé­quence à l’aune des ravages du capi­ta­lisme que j’ai vu là-bas et dans les pays limi­trophes et sur­tout de l’hor­reur tota­li­taire dans laquelle ces gens ont vécu et dont ils ont su se sor­tir en se ras­sem­blant tous les lun­di autour et dans la ThomasKirsche.

    ce qui a été dit plus haut est fon­da­men­tal : l’in­tel­li­gence col­lec­tive et la démo­cra­tie véri­table sont les moyens d’une sor­tie de crise par le haut.

    Une mul­ti­na­tio­nale ou n’im­porte qu’elle grande entre­prise est en elle-même un pan d’é­co­no­mie pla­ni­fiée et cen­tra­li­sée, et il est inté­res­sant de voir les sièges aux CA des entre­prises du CAC 40 occu­pés par les mêmes oli­garques.… Pen­sez-vous que la place de pou­voir sur nos vies qu’ils occupent est légi­time, pen­sez-vous que n’im­porte quel citoyen pour peu qu’il fasse les efforts néces­saires, a la même chance à la nais­sance d’ar­ri­ver à une telle posi­tion de pou­voir ? Moi pas.

    D’ailleurs Bour­dieu ou Bou­don montrent bien qu’à la fin des trente glo­rieuses un fils d’ou­vrier à plus de 60% de chances de mou­rir ouvrier.

    Un jeune amé­ri­cain m’a dit un jour que les pauvres sont pauvres parce qu’ils sont fainéants…c’est la pen­sée libé­rale dans toute sa rigueur. né par­mi les pauvres je n’a­vais jamais eu cette idée, et ayant pas­sé un an dans une fave­las de Cara­cas, je peux vous dire que quand l’E­tat ferme les yeux sur l’é­co­no­mie infor­melle, les pauvres y bossent durs et sont très créa­tifs et ingénieux…imaginez ce qui se passe quand l’é­tat les encou­rage à créer leurs propres acti­vi­tés et à gérer eux-mêmes leurs problèmes !

    Pour­tant, on peut légi­ti­me­ment pen­ser qu’une éco­no­mie libre et dyna­mique est sti­mu­lée par l’appât du gain et que celui qui ne fout rien reste pauvre, celui qui se démène s’en­ri­chit… jus­qu’i­ci tout va bien.

    Par contre, là où le dogme libé­ral pose pro­blème pour pen­ser ration­nel­le­ment les choses, c’est que nous ne sommes pas uni­que­ment pous­sés à faire des efforts par l’appât du gain, il y a l’en­vie de faire du bien aux autres, l’a­mour, l’a­mi­tié, la soli­da­ri­té et le gain n’est pas néces­sai­re­ment moné­taire, il existe d’autres rétri­bu­tions sym­bo­liques et d’autres rai­sons d’être fier de soi.

    Mais bien sûr on ne peut pas mesu­rer tout cela et encore moins se ris­quer à fon­der la satis­fac­tion des besoins sur l’al­truisme (sinon effec­ti­ve­ment on abou­ti à un truc proche de ce qui avait cours en union sovié­tique). A mon sens, il serait illu­soire d’a­ban­don­ner l’i­dée de la richesse et de l’ai­sance maté­rielle comme signe exté­rieur d’une cer­taine recon­nais­sance sociale.

    A par­tir de là, et tou­jours dans une sorte de ratio­na­li­té uto­pique (comme l’est le libé­ra­lisme poli­tique ou éco­no­mique), on peut envi­sa­ger qu’en démo­cra­tie les riches sont riches parce qu’ils tra­vaillent beau­coup et peut être aus­si parce que leur tra­vail apporte beau­coup au bien-être col­lec­tif. Méca­ni­que­ment cela implique que le pauvre est, sinon un fai­néant, quel­qu’un qui fait le strict mini­mum pour satis­faire ses besoins per­son­nels et se fiche de créer du sur­plus pour les autres ou se fiche que ce sur­plus soit rému­né­ré matériellement.

    Je déteste l’in­jus­tice, pas les inéga­li­tés, tant qu’elles sont justes et tant que l’i­dée de jus­tice est démo­cra­ti­que­ment déter­mi­née. Je pose donc la ques­tion, si nous vivons en démo­cra­tie, c’est donc que les pauvres ont choi­si d’être pauvres ? et si les 10 % les plus riches pos­sèdent 46 % de la for­tune natio­nale est-ce bien parce qu’ils sont les plus tra­vailleurs et les plus vertueux ?

    Par ailleurs, je consi­dère que si les inéga­li­tés peuvent être légi­times et trou­ver leur source dans une cer­taine idée de jus­tice, une socié­té démo­cra­tique ne peut les accep­ter qu’en deça d’un cer­tain seuil (à fixer tous ensemble).

    Je passe main­te­nant à l’i­dée de marché :

    en démo­cra­tie, pour être ration­nels et consé­quents, les citoyens ame­nés à déci­der des règles et ins­ti­tu­tions qui doivent régir le sys­tème de pro­duc­tion et d’é­changes libres ont à se poser la ques­tion sui­vante : quelles sont les règles qui vont nous per­mettre d’ins­ti­tuer un ordre où les inter­ac­tions des agents dans un « mar­ché » abou­tissent à la satis­fac­tion des besoins pri­maires et à la satis­fac­tion d’autres besoins consti­tu­tifs d’un mieux-être, col­lec­tif et jus­te­ment réparti.

    Il sur­git immé­dia­te­ment d’autres sous ques­tions : jus­qu’où ou à l’in­té­rieur de quelles règles la concur­rence abou­tit-elle à sti­mu­ler la créa­ti­vi­té, l’in­no­va­tion et in fine le mieux-être dans la plus fru­gale uti­li­sa­tion pos­sible des res­sources non-renou­ve­lables et renouvelables ?

    ou bien, quelle est l’or­ga­ni­sa­tion la plus effi­cace et la plus légi­time d’une entre­prise de pro­duc­tion à par­tir du moment où elle néces­site le tra­vail de plu­sieurs citoyens ?

    ou bien encore, com­ment faire en sorte que l’ac­tion des agents éco­no­miques qui cherchent uni­que­ment leur inté­rêt propre abou­tisse de fac­to à une opti­mi­sa­tion de la satis­fac­tion globale ?

    Si nous avions la pos­si­bi­li­té de dis­cu­ter de toutes ces ques­tions en pro­fon­deur, dans un débat démo­cra­tique dépas­sion­né, je suis cer­tain, du moins j’es­père, que nous construi­rions une archi­tec­ture poli­tique, sociale et éco­no­mique qui ne res­semble pas à ce qu’on appelle le capi­ta­lisme et encore moins à ce qui res­semble à ce que vous appe­ler le com­mu­nisme ou socia­lisme, bref à une éco­no­mie admi­nis­trée, ni même à un hybride key­né­sien de type scan­di­nave ou autre.

    Je crois au contraire que nous par­vien­drions au fur et à mesure, sans dogme ni reli­gion, et par expé­ri­men­ta­tions, à com­prendre et à construire les ins­ti­tu­tions et les règles qui per­met­trons de tirer par­ti du meilleur comme du pire de nous mêmes.

    Mais pour cela, il convient tout de même, sans jeter le bébé avec l’eau du bain, de regar­der les contra­dic­tions internes du capi­ta­lisme et les méca­nismes et ins­ti­tu­tions actuelles qui nous empêchent de dépas­ser le capitalisme.

    sur l’en­tre­prise et la néces­si­té d’en­tre­prendre, je pense, comme les libé­raux, que les struc­tures actuelles nous briment, en revanche, je ne regarde pas, comme les « libé­raux par inté­rêt » (il y en a de sin­cères !), les choses à l’a­veugle : nous ne par­tons pas tous avec les mêmes chances, les inéga­li­tés héri­tées sont injustes et l’o­rien­ta­tion actuelle des inves­tis­se­ments et du cré­dit est tour­née vers l’en­ri­chis­se­ment de ceux qui ont déjà du patri­moine et qui ont inté­rêt à ce que les règles du jeu qui font qu’ils seront tou­jours gagnant ne changent pas. Mais dans ce jeu, il y a de for­mi­dables entre­pre­neurs qui partent de rien et qui réus­sissent, tant mieux pour eux, je sou­haite sim­ple­ment qu’ils ne soient plus des excep­tions qui confirment la règle.

    Je dis alors que sur ce point, nous avons besoin de cor­ri­ger le tir, ne serait-ce que pour que tout le monde ait réel­le­ment les mêmes chances d’en­tre­prendre et que le fait d’en­tre­prendre ne soit pas tri­bu­taire du bon vou­loir d’in­di­vi­dus nais­sant avec un capi­tal préa­la­ble­ment accu­mu­lé, contre qui je n’ai stric­te­ment rien, tant qu’ils n’œuvrent pas sciem­ment à lais­ser per­du­rer les injus­tices et à détruire la planète.

    (je passe volon­tai­re­ment sous silence la ques­tion de cer­taines fonc­tion de la mon­naie, ou de sa valeur, pour me concen­trer sur l’es­sen­tiel, en admet­tant que les banques aient le mono­pole du prêt et du finan­ce­ment de l’économie )

    Je pense qu’une mesure de bon sens serait de consi­dé­rer que, puisque, en tant que conven­tion sociale, la mon­naie est par nature un bien com­mun, et que cela n’ex­clut pas que l’ac­crois­se­ment de sa quan­ti­té et sa vitesse de cir­cu­la­tion dépende en grande par­tie d’i­ni­tia­tives pri­vées, la mise en cir­cu­la­tion de la mon­naie devrait être col­lec­ti­ve­ment régulée.

    ceci implique pour moi (et je me trompe peut être) que les pro­fes­sion­nels de la banque soient au ser­vice du peuple de la manière suivante :

    à l’é­chelle micro, tout entre­pre­neur ayant besoin d’argent doit voir son pro­jet exa­mi­né au regard de sa via­bi­li­té et de son uti­li­té sociale comme de son impact envi­ron­ne­men­tal, et la déli­vrance du cré­dit ain­si que son coût (taux d’in­té­rêt) doivent être déci­dé par le peuple,

    et ce, dans les contraintes d’une régu­la­tion moné­taire au niveau macro en tout les cas tour­née vers l’in­té­rêt géné­ral mais qui dépend beau­coup du sérieux avec lequel tous ces cré­dits sont délivrés…

    ceci implique dans mon esprit que la créa­tion moné­taire ne doit, ni être entre les mains d’o­li­garques se par­ta­geant le pou­voir d’État, ni entre les mains d’o­li­garques se par­ta­geant le pou­voir de mar­ché, mais bien entre les mains du peuple. Com­ment me direz vous ? et bien, je ne me sens pas com­plè­te­ment com­pé­tent pour répondre à cette question…

    je dirais sim­ple­ment qu’il ne fait aucun doute que bon nombre de tâches qui relèvent de l’ac­ti­vi­té ban­caire à tous les niveaux doivent être mises en œuvre par des pro­fes­sion­nels com­pé­tents, mais qu’en der­niers res­sorts, les choix fon­da­men­taux appar­tiennent aux citoyens, de la banque cen­trale de l’UE (si nous conser­vions une mon­naie com­mune) jus­qu’à l’a­gence de quar­tier. Et je vois bien à toute échelle des jury citoyens déci­der souverainement(en audi­tion­nant des experts et des membres de la socié­té civile orga­ni­sée en asso, cor­po­ra­tion, etc.) de l’o­rien­ta­tion des cré­dits et de leurs taux d’in­té­rêt, en fonc­tion de l’in­té­rêt éco­no­mique, social et envi­ron­ne­men­tal de chaque pro­jet, pour le niveau local, et en fonc­tion des grands équi­libres sou­hai­tés au niveau plus glo­bal d’une nation ou d’une fédé­ra­tion de peuples libres. Je ne vois pas en disant cela où se pro­filent les bar­be­lés du goulag..chaque banque est une ins­ti­tu­tion démo­cra­tique indé­pen­dante char­gée de remettre en cir­cu­la­tion l’argent thé­sau­ri­sé ou d’en créer du nou­veau en fonc­tion des besoins et des contraintes…et même ceux qui n’ont pas d’argent à la banque par­ti­cipent à l’o­rien­ta­tion, c’est encore plus démo­cra­tique qu’un sys­tème mutualiste..davai !

    et pour être sûr que la liber­té d’en­tre­prendre s’ar­rête la où com­mence celle des autres, et qu’elle per­mette de libé­rer l’éner­gie créa­trice en cha­cun de nous sans détruire ni acca­pa­rer trop les res­sources qui per­met­tront aux autres d’u­ser de la leur, je suis convain­cu que cer­tains fon­de­ments de notre sys­tème juri­dique devraient être sérieu­se­ment revus.

    je pense par exemple que si entre­prendre c’est d’a­bord avoir une idée, la mettre en œuvre sup­pose de s’ap­puyer sur des struc­ture exis­tantes ou d’u­ti­li­ser des biens col­lec­tifs, en ce sens, tout pro­fit géné­ré repose en par­tie sur le pré­lè­ve­ment d’une res­source col­lec­ti­ve­ment créée ou pos­sé­dée, il y a donc une part sociale légi­ti­me­ment pré­le­vable par la com­mu­nau­té pour d’é­ven­tuelles dépenses de fonctionnement,
    dont l’une serait de tout mettre en œuvre pour que l’en­fant qui naît chez un pauvre (fai­néant) soit en capa­ci­té de choi­sir sa vie et faire valoir ses pleines et entières capa­ci­tés, ou pour que l’en­fant ou l’a­dulte qui est frap­pé par la mala­die ou le han­di­cap ou la vieillesse soit assu­ré d’a­voir de quoi vivre et trou­ver une place digne, c’est à dire com­pen­ser les inéga­li­tés de nais­sance et l’ef­fet des acci­dents « natu­rels » de la vie, etc., rien que de très key­né­sien là-dedans après tout, et les libé­raux sociaux ne sau­rait le contredire,

    secon­do, entre­prendre c’est mettre en œuvre une idée, mais bien sou­vent, pas tout seul, et je ne vois pas pour­quoi, sous pré­texte que j’au­rais eu l’i­dée, à par­tir du moment où je ne suis pas capable de la mettre en œuvre seul, si j’ai besoin des autres, je ne vois aucune jus­ti­fi­ca­tion morale à ce que la loi m’au­to­rise à conti­nuer de pos­sé­der seul l’ou­til de tra­vail et sur cette base à déci­der seul de la répar­ti­tion du pro­fit que mon entre­prise génère,la place et le degré d’au­to­no­mie de mes col­la­bo­ra­teurs, etc.

    Je pense donc, logi­que­ment j’es­père, que l’é­co­no­mie d’une démo­cra­tie ne peut que mieux fonc­tion­ner quand l’agent éco­no­mique essen­tiel d’une éco­no­mie de mar­ché qu’est l’en­tre­prise est elle-même une enti­té démo­cra­tique, c’est à dire que chaque membre de ce col­lec­tif de tra­vail y pos­sède sa juste part, sa juste place et son juste pou­voir de décision.

    Vous voyez donc se des­si­ner une éco­no­mie de coopé­ra­tives, d’ar­ti­sans, de com­mer­çants. Ceci ne change pas le sys­tème en une éco­no­mie sovié­tique sans cesse en pénu­rie, mais per­met de pen­ser qu’au­cun agent n’au­rait assez de pou­voir pour gérer la pénu­rie à son pro­fit comme dans le capi­ta­lisme actuel.

    d’ailleurs, une éco­no­mie qui serait réel­le­ment démo­cra­tique pose­rait d’autres pro­blèmes lors­qu’il s’a­gi­rait de savoir qui ferait le ménage ou l’en­lè­ve­ment des ordures ou autres tâches ingrates : le sys­tème féo­dal actuel per­met de ne pas trop se poser cette ques­tion, les inéga­li­tés héri­tées et l’en­tre­tien de la pénu­rie per­met d’a­voir suf­fi­sam­ment de can­di­dats à ces postes ingrats, en démo­cra­tie réelle, soit le méca­nisme de mar­ché ferait qu’il fau­drait payer très très cher un type pour qu’il accepte de pas­ser sa vie à ser­rer des bou­lons à la chaîne, soit on trouve un moyen de ne pas avoir à le faire (machines ou abs­ti­nence), soit on tire au sort qui doit le faire (pour le ménage, ça peut être pas mal), ou on le fait à tour de rôle, ou on réserve ça en fonc­tion des âges de la vie, mais en tous les cas, on va devoir en discuter…

    j’ar­rête là mes « élu­cu­bra­tions néo…machin » et je n’ap­pelle à aucune tabu­la rasa, j’i­ma­gine sim­ple­ment, du coup vous voyez que votre déni­gre­ment non argu­men­té ne m’a pas convain­cu de chan­ger d’a­vis, mais j’ai­me­rais qu’on me dise ce qui n’est pas cohé­rent là-dedans, et en quoi cela res­semble à un quel­conque che­min vers la dic­ta­ture, parce que je ne vou­drais pas que mes idées soient asso­ciées à cer­taines erreurs/horreurs de l’his­toire pas­sée ou à venir et que j’ai­me­rais me for­ger une opi­nion la plus éclai­rée possible,

    aus­si, si vous ne par­vien­drez jamais à me convaincre que le capi­ta­lisme est l’ho­ri­zon indé­pas­sable de l’hu­ma­ni­té, du moins me per­met­trez vous, par votre défense des ver­tus du capi­ta­lisme de ne pas lou­per quelque chose qui serait à conser­ver et à côté de laquelle je serais pas­sé, du fait de mon par­ti-pris et de ce que je n’ai pas encore iden­ti­fié comme construc­tion sociale, mythe ou croyance, bref ce qu’il y a de non réflé­chi, de non ques­tion­né, dans mon rai­son­ne­ment comme dans les vôtres (sou­vent emprun­tés à des man­da­rins du champ intel­lec­tuel dont on ne se méfie jamais assez ! :)).

    Réponse
  134. c1point2vues

    FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL (FMI) | Le che­val de Troie de Washing­ton en Europe

    Cela a été déci­dé juste avant les fêtes de Noël : les États euro­péens qui s’in­ter­disent à eux-mêmes de se prê­ter de l’argent ou de moné­ti­ser leurs dettes via la Banque Cen­trale Euro­péenne (BCE) vont offrir cette pré­ro­ga­tive au Fonds Moné­taire Inter­na­tio­nal (FMI) 1. 

    Le 19 décembre der­nier, les États euro­péens ont ain­si pris la déci­sion d’augmenter leur contri­bu­tion au sein de l’institution finan­cière, sise à Washing­ton, de 150 mil­liards d’Euros. En cadeau de Noël, les États de la Zone Euro ont ren­for­cé les pré­ro­ga­tives du FMI qui sera désor­mais le seul à pilo­ter les pro­grammes d’ajustement struc­tu­rels en lieu et place de la Troï­ka FMI, BCE et Com­mis­sion euro­péenne.

    Par ailleurs, la pra­tique des prêts bila­té­raux des pays au FMI sera géné­ra­li­sée. Ces avances se feront sur la base d’ac­cords de swap (« échanges ») à par­tir des réserves en devises et en or des banques centrales.

    La suite sur…

    http://​c1point2​vues​.blog​spot​.com/​2​0​1​2​/​0​1​/​f​m​i​-​l​e​-​n​o​u​v​e​a​u​-​g​o​u​v​e​r​n​e​m​e​n​t​-​e​u​r​o​p​e​e​n​-​l​a​.​h​tml

    Réponse
  135. Alain2Treguier

    Fina­le­ment Paul Jorion n’a­vait pas tort, et la Chine a rai­son d’ap­pe­ler depuis 2009 à un nou­vel ordre inter­na­tio­nal, en sug­gé­rant qu’on en revienne à « la bifur­ca­tion de 1944 » (pari­té or- mon­naie com­mune mon­diale)… « il fau­drait recou­rir à une mon­naie qui ne serait pas uti­li­sée au plan local mais qui ser­vi­rait aux tran­sac­tions entre zones éco­no­miques dans une pers­pec­tive d’é­qui­libre des balances com­mer­ciales »…

    Mais bien sûr il y a du Keynes la-dedans et cha­cun sait que ce der­nier était ins­pi­ré par le direc­teur de la banque cen­trale alle­mande qui fut ministre des finances d’Hit­ler… Hum, n’a­che­tez pas de moteur die­sel, même si ça n’a rien à voir avec le nazisme phy­si­que­ment… trop tard !

    ..Ne lisez pas non plus l’hu­ma-dimanche de ce week-end, c’est un tor­chon hit­lé­rien qui ose aus­si évo­quer 1973 !

    Réponse
  136. Luc GUTHRIE

    Étienne, mer­ci et mer­ci encore de vous atte­ler avec autant de cou­rage, de per­sé­vé­rance (et d’héroïsme)… en modeste tâche­ron com­man­dé par la néces­si­té de l’heure, à pour­fendre l’a­bys­sal et his­to­rique men­songe. Vous êtes tout sim­ple­ment nécessaire.

    Réponse
  137. chris06

    @sitouaillain,

    croyez vous que les tra­vailleurs russes quand ils ont fait la révo­lu­tion en 1917 n’ont pas ima­gi­né un sys­tème « réel­le­ment démo­cra­tique » avec des bases très simi­laires à celles que vous énon­cez ? Pour­quoi leur bonnes inten­tions ont elles conduit gra­duel­le­ment et très rapi­de­ment (1921 : la NEP de Lénine, 1928 1er plan quin­quen­nal de Sta­line), à un sys­tème dic­ta­to­rial pla­ni­fié cen­tra­le­ment ? La néga­tion abso­lue de la démocratie ?

    Vous êtes vous jamais posé cette ques­tion ? Pour­quoi le même phé­no­mène s’est il repro­duit par­tout ailleurs où il a eu lieu au cours du XXeme siècle ? En Chine, en Corée du Nord, à Cuba, au Viet­nam, dans divers pays africains ?

    Faites vos propres recherches car il serait beau­coup trop long d’ex­pli­quer ici les réponses à vos ques­tions (je vous ai déjà conseillé de lire les débats entre L.v.Mises et O.Lange dans les années 20 qui se sont posé exac­te­ment les mêmes ques­tions.…) mais juste un pre­mier indice : en 1920 la pro­duc­tion indus­trielle et agri­cole russe repré­sen­tait un sixième de ce qu’elle était en 1913. Un sixième !

    Ah, mais « la révo­lu­tion fran­çaise pour une réelle démo­cra­tie en 2012 » ne refe­ra pas les mêmes erreurs ? Les néo-mar­xistes nous vantent les mérites d’un socia­lisme réel­le­ment démo­cra­tique en nous disant que les idées de Marx étaient fon­ciè­re­ment démo­cra­tiques mais sans jamais vou­loir expli­quer pour­quoi elles ont tou­jours conduit par le pas­sé à la néga­tion de la démo­cra­tie. Cette fois ci, ce sera la bonne, on l’im­plé­men­te­ra de manière réel­le­ment démo­cra­tique, on ne fera pas les même erreurs que par le pas­sé, cette révo­lu­tion socia­liste se fera en dou­ceur, sans guerre civile, sur des bases solides, avec des inten­tions admi­rables (toutes celles que vous énon­cez étaient déjà celles qu’a­vaient énon­cé les bol­ché­viks au début du siècle der­nier… croyez vous, fran­che­ment, qu’ils avaient vou­lu un sys­tème dic­ta­to­rial pla­ni­fié cen­tra­le­ment?), tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes…

    Veuillez excu­ser ma fran­chise, mais les cent der­nières années d’his­toire ont mon­tré que les croyances qua­si reli­gieuses en des dogmes de l’é­co­no­mie poli­tique (aus­si bien en l’au­to-régu­la­tion de l’é­co­no­mie de mar­ché que en celle oppo­sée d’une éco­no­mie socia­liste « réel­le­ment démo­cra­tique ») sont morts.

    Je n’ai « foi » ni en le capi­ta­lisme d’Hayek ni en le socia­lisme soi-disant « réel­le­ment démo­cra­tique » de Marx (ou sa niéme réin­car­na­tion à la fran­çaise pavée de bonnes inten­tions…) qui conduisent irré­mé­dia­ble­ment au féo­da­lisme et à la néga­tion de la démo­cra­tie. Existe-t-il une troi­sième voie ? Oui bien sûr, il existe une infi­ni­té de façons de mélan­ger les deux. Pen­dant les trente glo­rieuses on en a essayé une, un mélange entre éco­no­mie de mar­ché et socia­lisme qui a don­né des résul­tats beau­coup plus démo­cra­tiques (dans l’in­té­rêt géné­ral). Socia­lisme et Capi­ta­lisme ont besoin l’un de l’autre comme un bou­ton et une bou­ton­nière : dès que l’un anni­hile l’autre, soit en expro­priant les capi­ta­listes soit en niant à la col­lec­ti­vi­té publique toute inter­ven­tion dans l’é­co­no­mie de mar­ché, cela conduit irré­mé­dia­ble­ment à la concen­tra­tion de la richesse et du pou­voir en quelques mains. Ce que j’é­nonce ici n’est pas une « croyance », mais un résul­tat empi­ri­que­ment véri­fiable dans l’his­toire des cent der­nières années.

    Réponse
  138. sitouaillain

    @ Chris,

    croyez vous que les tra­vailleurs russes, quand ils ont fait la révo­lu­tion en 1917, n’ont pas ima­gi­né un sys­tème « réel­le­ment démo­cra­tique » avec des bases très simi­laires à celles que vous énon­cez ? Pour­quoi leur bonnes inten­tions ont elles conduit gra­duel­le­ment et très rapi­de­ment (1921 : la NEP de Lénine, 1928 1er plan quin­quen­nal de Sta­line), à un sys­tème dic­ta­to­rial pla­ni­fié cen­tra­le­ment ? La néga­tion abso­lue de la démo­cra­tie ? Vous êtes-vous jamais posé cette question ?

    J’ai bien sûr un cer­veau atro­phié et je ne me suis jamais posé la ques­tion de savoir pour­quoi les idées de Marx l’on conduit à être auto­ri­taire et à orga­ni­ser les par­tis com­mu­nistes sur un modèle hié­rar­chique et cen­tra­li­sé, ni pour­quoi les bol­che­viks ont butés les anar­chistes, les pay­sans ukrai­niens orga­ni­sés, etc. Il faut lire Voline, un russe des années 20 pour com­prendre : lui était sur place et soli­daire des révol­tés russes, il a vu com­ment les bol­che­viks ont rui­né les bases éco­no­miques, et les sta­li­niens espa­gnols ont rui­né les expé­riences d’au­to­no­mie anar­cho­syn­di­ca­listes bar­ce­lo­naises ou anda­louses, etc., etc.

    Ce qui s’est pas­sé, c’est du pas­sé et c’est ins­truc­tif, très ins­truc­tif et je n’ai pas besoin de me réfé­rer à Marx ; je ne suis pas mar­xiste, c’est un auteur comme un autre, d’ailleurs le pre­mier cha­pitre de « l’ins­ti­tu­tion ima­gi­naire de la socié­té » de Cas­to­ria­dis explique très bien et en pro­fon­deur pour­quoi on en est arri­vé là, et pour­quoi le mar­xisme ne per­met pas de pen­ser une socié­té démo­cra­tique non capi­ta­liste (pléo­nasme). Mais mer­ci du conseil tout de même…

    « Croyez vous, fran­che­ment, qu’ils les bol­che­viks avaient vou­lu un sys­tème dic­ta­to­rial pla­ni­fié cen­tra­le­ment ?) » bah oui ! ils ont tota­le­ment mis sous tutelle les soviets pour ça et c’é­tait dans leur pro­gramme (avant-garde, dic­ta­ture du par­ti, pla­ni­fi­ca­tion cen­tra­li­sée, etc., etc.), vous n’a­vez pas lu Rosa Luxem­bourg dans son adresse à Lénine en 1903 ?!

    Sinon tu me don­ne­ras la recette de ta boule de cris­tal et le mode d’emploi de ta les­si­veuse à idées et de rac­cour­cis… en tous les cas je trouve qu’il y a mieux comme argumentaire !

    Donc, je déduis qu’une éco­no­mie de coopé­ra­tives (que je croyais être très proche d’une éco­no­mie de mar­ché… mais en mieux, en matière de dis­tri­bu­tion ex ante et d’ef­fi­ca­ci­té pro­duc­tive et d’ex­ter­na­li­tés posi­tives) et de mon­naie démo­cra­tique (que je croyait être proche de ce que Fischer et d’autres prônent) conduit au gou­lag et qu’il vaut mieux lais­ser per­du­rer la sala­riat, la rente mobi­lière, immo­bi­lière et fon­cière, de peur de bous­cu­ler un peu les si savants cal­culs économiques…

    Je ne suis pas naïf et je sais très bien qu’il fau­dra être bien conscient qu’on ne peut pas s’af­fran­chir du joug capi­ta­liste, et trans­for­mer en démo­cra­tie l’État qui est actuel­le­ment à son ser­vice, sans luttes (ouh l’af­freux gros mot !), du jour au len­de­main et dans la haine, et encore moins auto­ri­tai­re­ment ; mis à part ça, la seule jus­ti­fi­ca­tion morale que je vois à ce sys­tème, ce serait la reli­gion de la réincarnation.

    Comme je n’y crois pas, je ne cède­rai pas sur le ter­rain de la jus­ti­fi­ca­tion morale des inéga­li­tés à la nais­sance et sur la forme bar­bare du droit de pro­prié­té, je pré­fère la pro­prié­té d’usage,
    mais cela ne fait pas de moi un expro­pria­teur san­gui­naire
    , je pense par exemple que nous devrions annon­cer que nous pren­drons une loi pour modi­fier le sta­tut des entre­prises pour les trans­for­mer en coopé­ra­tives, tout en lais­sant fonc­tion­ner la bourse, et vous ver­rez qu’il sera facile de rem­bour­ser les capi­ta­listes petits et gros jus­qu’au der­nier centime…,

    et je pro­pose éga­le­ment que tous les loyers soient trans­for­més en une sorte de lea­sing, les pro­prié­taires seront rem­bour­sés (sauf ceux qui le seraient déjà depuis long­temps vu le nombre de loyers encaissés…) !

    Bien enten­du, ces ques­tions sont déli­cates, la théo­rie de Rawls et son « voile d’i­gno­rance » per­met par exemple de savoir ce qui est juste et injuste quand il s’a­git de réta­blir la décence et des inéga­li­tés justes.. mais cet arté­fact intel­lec­tuel est loin de ce qui pour­rait se pas­ser dans la réalité…

    Sur la base du « ne fais pas aux autres ce que tu n’ai­me­rais pas qu’il te soit fait », c’est vrai qu’on ne peut pas blâ­mer ceux qui pra­tiquent le contraire au quo­ti­dien puisque la norme sociale le per­met et le valo­rise, et on ne peut pas décem­ment vou­loir ins­tau­rer la démo­cra­tie véri­table en cher­chant à se ven­ger pour ce que le peuple subit de vio­lence et de souf­france ou de spo­lia­tion… La « chasse au col­la­bo » n’a pas de sens… sinon tu serais ton­du et moi avec !

    Après, même si je n’aime pas tes pro­cé­dés de dis­qua­li­fi­ca­tion, je ne te prends pas pour un imbé­cile, aus­si je te demande de faire l’exer­cice sui­vant : relis mon post pré­cé­dent en fai­sant abs­trac­tion des ana­lo­gies que ton cer­veau, effrayé par toutes ces remises en cause, fait avec un quel­conque régime exis­tant et des idéo­lo­gies mora­le­ment dis­qua­li­fiées dans ton esprit et si tu as un mini­mum d’hon­nê­te­té intel­lec­tuelle, tu feras des objec­tions qui per­met­tront de mieux « sécu­ri­ser » ce que je dis, et fait la même chose avec ce que disent Paul Ariès ou Serge Latouche… On arri­ve­ra peut être à quelque chose… En atten­dant, ce prin­temps, comme je le disais à Di Giro­la­mo, je vais voter pour le pro­gramme où ce sont gros­so modo tes idées qui sont reprises… La seule dif­fé­rence de fond que j’ai avec ce que tu dis, c’est que je n’y vois qu’un pis-aller stra­té­gique compte tenu des rap­ports de force actuels et un pre­mier pas vers une tran­si­tion vers la démo­cra­tie véri­table… Évi­dem­ment, sous embar­go, mena­cés par les chars de l’O­TAN, etc., on flippe et on se dit qu’on ferait mieux de lais­ser les ultra-riches diri­ger nos vies… Je te comprends 😉

    Réponse
  139. chris06

    @Morpheus (141),

     » Bien que cette thèse puisse paraître cho­quante (en par­ti­cu­lier, j’i­ma­gine, pour toutes les per­sonnes ayant une for­ma­tion en éco­no­mie, ce que je com­prends), elle vaut tout de même la peine d’être étu­diée, car elle repose sur un rai­son­ne­ment à la fois simple et robuste. »

    Toute per­sonne ayant une for­ma­tion en éco­no­mie vous dira que ce rai­son­ne­ment est gros­siè­re­ment faux :

    « 5. Par consé­quent, l’en­semble du sys­tème éco­no­mique basé sur la mon­naie est fon­dé sur la (ges­tion de la) pénu­rie : pour qu’un pro­duit, une res­source ou un ser­vice ait une valeur, il doit être plus ou moins rare.

    6. Comme la quan­ti­té de signes (de mon­naie) en cir­cu­la­tion doit elle-même être en situa­tion de pénu­rie, il en résulte que de manière géné­rale, il doit ne jamais y en avoir assez pour tout le monde … ! »

    5. depuis les années 1870 (Wal­ras, Men­ger, Jevons et ce qu’on appelle en éco­no­mie le « mar­gi­na­lisme ») l’en­semble du sys­tème éco­no­mique (dans les éco­no­mies capi­ta­listes de mar­ché) est fon­dé sur le prin­cipe selon lequel la valeur éco­no­mique d’un bien dépend de son uti­li­té marginale :

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Utilit%C3%A9_marginale

    6. Pour info, la quan­ti­té de mon­naie dis­po­nible à tout moment (M1= billets et dépôts en banque au jour le jour, BCE Nov 2011 : http://​www​.ecb​.eu/​p​r​e​s​s​/​p​d​f​/​m​d​/​m​d​1​1​1​1​.​pdf) actuel­le­ment en zone euro est de 4789 mil­liards d’eu­ros (en moyenne plus de 30 000 euros par ménage euro­péen)… On est vrai­ment loin d’une situa­tion de pénu­rie de monnaie !

    (de com­bien de mon­naie a‑t-on besoin de dis­po­nible à tout moment en billets et sur son compte en banque pour vivre cor­rec­te­ment en zone euro ? Vous connais­sez beau­coup de monde qui a besoin de plus de 30 000 euros dis­po­nibles a tout moment ?)

    Le pro­blème n’est vrai­ment pas la quan­ti­té de mon­naie émise par les banques (par­lez plu­tôt de sa répar­ti­tion très inégale !).

    Réponse
  140. Étienne

    Chris06

    Est-ce que les deux der­niers points de vue ne peuvent pas se rap­pro­cher, en par­lant, non pas de « quan­ti­té de mon­naie en cir­cu­la­tion », mais plu­tôt de « quan­ti­té de mon­naie en cir­cu­la­tion dans le monde nor­mal des gens nor­maux (et pas confis­qué-enfer­mé dans le casi­no bour­si­co­teur des super riches) » ?
    C’est Gal­braith qui signale fort bien que les gens aisés (c’est son euphé­misme pré­fé­ré) uti­lisent comme ça l’argent sup­plé­men­taire qu’ils « gagnent » : à la bourse ou dans des objets spé­ci­fiques à leur classe sociale.

    La valeur sta­tis­tique « masse moné­taire » me paraît trop pauvre pour rendre compte de la confis­ca­tion d’une grande par­tie de cette masse moné­taire par des acteurs pri­vi­lé­giés qui l’en­grangent (et en privent les autres) puis s’en servent le plus sou­vent dans un monde à part. Non ?

    Et si on arrive à dis­tin­guer ain­si, au sein de la masse moné­taire, le monde des utra­riches (1%) et celui des gens nor­maux (99%), la pro­po­si­tion de Mor­phéus semble per­ti­nente : il n’y a pas assez d’argent — dans le cir­cuit (des 99%, dont font par­tie les PME) — pour don­ner du tra­vail à tout le monde.

    Non ?

    Ce qui peut se dire aus­si, comme vous le faites, en termes de répar­ti­tion.

    Je rêve ou nous sommes presque d’accord ? 😉

    Étienne.

    Réponse
  141. sitouaillain

    M3= 9775 mil­liards d’eu­ros divi­sés par 327 168 969 habi­tants de la zone euro, ça fait presque 30000 euros,
    M1= 4789 Mil­l­liards d’eu­ros soit moins de 15000 euros
    ce qui, Etienne a rai­son, ne nous dit pas sur les comptes ou les bas de laine de qui trouve-t-on cet argent, ni, pour cer­tains dépots, quelle est l’é­chéance de rem­bour­se­ment et à quel taux d’intérêt…

    Réponse
  142. A-J Holbecq

    @ Mor­pheus

    « Si ces res­sources étaient recon­nues comme patri­moine et héri­tage sécu­laire et sacré de TOUS les êtres vivants , et si nous met­tions en place une struc­ture glo­bale de ges­tion rai­son­née (et rai­son­nable) de celles-ci au béné­fice de TOUS, alors il parait évident que nous n’au­rions plus de rai­son de nous battre. »

    Peut être.. mais y a‑t-il la moindre chance que ça se pro­duise ? Non, aucune !
    Ne vaut-il pas mieux essayer de chan­ger pro­gres­si­ve­ment le sys­tème existant ?

    Réponse
  143. Di Girolamo

    « Ne vaut il pas mieux essayer de chan­ger pro­gres­si­ve­ment le sys­tème existant ? ».…

    Sans doute oui ‚mais

    « en met­tant en place (pour ce faire ) une struc­ture glo­bale de ges­tion rai­son­née (et raisonnable) »

    Il me semble que le chan­ge­ment pro­gres­sif ne peut s’o­pé­rer que de deux manière :

    - Moteur = économie/gestion sec­to­rielle de la socié­té /crise /dégâts humains/révolution .…..ges­tion sec­to­rielle de la socié­té /crise /dégâts humains/révolution ETC
    – Moteur= démo­cra­tie / Réflexion glo­bale rai­son­née (tous les acteurs) + ges­tion sectorielle
    Le choix 2 est plus dif­fi­cile, ne change pas tout d’un coup mais opère néan­moins un chan­ge­ment radi­cal immédiatement : 

    le but c’est le chemin.

    Réponse
  144. Di Girolamo

    Étienne pense qu’il faut mettre des gardes fous au pou­voir et que le tirage au sort est de fait un contre pou­voir radi­cal et durable . MECANIQUEMENT on irait vers une socié­té plus juste .La dif­fi­cul­té étant de par­ve­nir à cette mise en place.

    Je pense que cette pro­po­si­tion est très inté­res­sante mais sans doute non suf­fi­sante parce que d’une manière ou d’une autre pour qu’une socié­té fonc­tionne bien il faut que tous les acteurs(du moins une grande majo­ri­té) s’im­pliquent et exercent leur pou­voir ;ce pou­voir ne peut être confié ni à des repré­sen­tants élus ni à des tirés au sort.
    C’est notam­ment au niveau de la réflexion glo­bale que cette impli­ca­tion doit avoir lieu ( il ne peut d’ailleurs pas y avoir réflexion glo­bale sans pré­sence de tous les acteurs); la ges­tion peut et sans doute doit pou­voir en par­ti se délé­guer (et se contrôler) .

    L’as­pect glo­bal est essen­tiel puis­qu’il tente de répondre à la ques­tion : quelle socié­té vou­lons nous /pouvons nous mettre en œuvre ? Com­ment nous orga­ni­ser pour par­ve­nir à une socié­té durable (dans le mot durable il y a aus­si justice )?

    C’est la rai­son pour laquelle , mon « dada » c’est la mise en place d’un outil de réflexion glo­bale ; outil public , doté de moyens per­met­tant d’ac­ti­ver dans la durée ce ques­tion­ne­ment glo­bal qui MÉCANIQUEMENT (je rejoins Étienne) impac­te­ra la ges­tion au quo­ti­dien et opé­re­ra sur des bases rai­son­nées démo­cra­ti­que­ment le chan­ge­ment pro­gres­sif que sug­gère A‑J Holbecq .

    Réponse
  145. Alain2Treguier

    Par­tons du pré­ju­gé favo­rable en sachant que ce pré­ju­gé vaut mieux que son contraire : « les inter­ve­nants ici ont tous déjà plu­sieurs fois fait le tour des ques­tions que cha­cun se pose »…

    Bra­vo donc, et « Bonne Année » !.. Mais si nous lan­cions une « hypo­thèse » quant à la facul­té humaine d’in­ven­ter un « progrès » ?

    Ce ne sont pas seule­ment les « pen­sée his­to­riques » qui servent, c’est aus­si le cours des « leçons de chose » : les « choses » ont chan­gé et il s’y trouve la pro­duc­tion d’ins­tru­ments poli­tiques inédits : la révo­lu­tion infor­ma­tique n’est rien sans une nou­velle révo­lu­tion poli­tique, donc nous voi­ci au pied du mur : soit cette nou­veau­té poli­tique s’im­po­se­ra à nous comme une fata­li­té, et le pire encore inédit est à craindre (déshu­ma­ni­sa­tion ache­vée de la condi­tion humaine), soit la fameuse « volon­té » sans laquelle il n’y a ni digni­té ni « sou­ve­rai­ne­té » s’en prend de front au pro­blème de la « moder­ni­té attendue » :

    Alors en effet le capi­ta­lisme en crise est bien dans son rôle de « matrice » incon­tour­nable du dit « pro­grès », et ce qu’il convient d’i­ma­gi­ner est plus un « dépas­se­ment » c’est-à-dire une « sor­tie par le haut » qu’une « table rase » : rendre l’é­co­no­mie « poli­tique » et la poli­tique réel­le­ment « démo­cra­tique » sont deux exi­gences insé­pa­rables, ce qui jus­ti­fie tous les efforts de dia­logue trou­vés sur ce blog.

    Réponse
  146. Stouf

    En sur­fant sur le net, on peut com­men­cer à réper­to­rier pas mal de groupes contes­ta­taires concurrents :
    Jorio­nistes, post-Jorio­nistes, Com­mu­nistes, uto­pistes (Zeit­geist), natio­na­listes, syn­di­ca­listes, Chouar­distes, etc…

    Quel bor­del ça va être…

    Quels sont les cri­tères qui feront qu’une solu­tion pren­dra le pas sur les autres ?

    Comme l’a déjà sou­li­gné Étienne, c’est dans les périodes de troubles que la masse est la plus mal­léable, à moins que l’on marche tous comme un seul homme, mais ça me semble assez mal parti…

    Au-delà des théo­ries éco­no­miques, des pro­blèmes liés à la mon­naie, il n’y a qu’un élé­ment fédé­ra­teur, l’in­di­gna­tion et donc la néces­si­té de réins­tau­rer des valeurs morales fortes, pas par la force, mais par les faits. Je pense qu’il fau­drait régler ce pro­blème avant de trou­ver des solu­tions concer­nant notre modèle démocratique.

    Réponse
  147. Morpheus

    @ Chris06

    « Toute per­sonne ayant une for­ma­tion en éco­no­mie vous dira que ce rai­son­ne­ment est gros­siè­re­ment faux. »

    Alors, consi­dé­rant que je n’ai aucune for­ma­tion en éco­no­mie, il est effec­ti­ve­ment pos­sible que ce rai­son­ne­ment soit (gros­siè­re­ment) faux.

    Dans ce cas, je vous en prie, n’hé­si­tez pas à com­bler mes lacunes dans ce domaine (on appré­cie tou­jours d’a­van­tage, dans un échange, la démons­tra­tion de l’er­reur par un mes­sage didactique).

    @ A.J. Holbecq

    Vous dites que cela n’ar­ri­ve­ra jamais. Je com­prends pour­quoi vous arri­vez à cette sinistre conclu­sion. En effet, si nous ima­gi­nons que ces chan­ge­ments radi­caux pour­raient venir de ceux-là même qui détiennent les clefs du pou­voir (ceux qui détiennent les richesses et ceux qui détiennent les lois), il est effec­ti­ve­ment CERTAIN que cela n’ar­ri­ve­ra jamais.

    Je note que vous dites pour­tant que cela serait sou­hai­table. Si l’on demande à n’im­porte qui si une telle chose serait sou­hai­table, on obtien­drait pro­ba­ble­ment un score sta­li­nien de « oui », car c’est le bon sens.

    Pour­quoi devrions-nous, dès lors, conti­nuer d’ac­cep­ter de nous plier au dic­tat de cette ultra-mino­ri­té de puis­sants (de tyrans) que sont ces « élites ». Car par­ler de chan­ger pro­gres­si­ve­ment le sys­tème actuel me semble encore plus impos­sible, et sur­tout inutile.

    Ce que je vois, c’est une loco­mo­tive lan­cée à pleine vitesse (le sys­tème) qui nous mène, col­lec­ti­ve­ment, droit dans un gouffre : chan­ger pro­gres­si­ve­ment le sys­tème, c’est comme pro­po­ser de ralen­tir le train lors­qu’il est trop tard, le gouffre étant beau­coup trop proche.

    Ce que je veux dire, aus­si, c’est que conti­nuer de jouer dans les règles du sys­tème actuel, c’est comme jouer dans un jeu avec ceux qui ont écrit les règles : tous les joueurs vous dirons que dans pareil cas, on est tou­jours perdant.

    Ils accep­te­rons (peut-être) des micro-chan­ge­ments, ou cer­taines adap­ta­tions (comme les réformes key­né­siennes), qui ne feront que repor­ter le pro­blème à plus tard.

    Pou­vons-nous encore, une fois de plus, conti­nuer de repor­ter à plus tard les chan­ge­ments indis­pen­sables (et radi­caux, je le concède) néces­saires, à mon avis, à la sur­vie et à l’é­vo­lu­tion (dans le bon sens) de l’es­pèce humaine ?

    Vous savez, lors­qu’un ado­les­cent fait sa crise iden­ti­taire, que son corps se trans­forme, qu’il cherche à acqué­rir son indé­pen­dance vis-à-vis de ses parents, que ceux-ci serrent la vis (aggra­vant la rébel­lion), et que cet ado­les­cent peine donc encore plus à prendre ses res­pon­sa­bi­li­tés (car liber­té = res­pon­sa­bi­li­té), la crise n’est pas néces­sai­re­ment agréable, mais la rup­ture est inévi­table : l’en­fant n’est pas des­ti­né à res­ter dans le giron familial.

    La civi­li­sa­tion humaine tout entière est, je crois, dans une situa­tion simi­laire. Je fais par­tie de ces per­sonnes qui ne peuvent plus ni sup­por­ter ni accep­ter la dic­ta­ture de nos « parents », leur pater­na­lisme, les secrets d’é­tats, et les lois de la « famille » qui me sont impo­sées sans que j’ai mon mot à dire.

    L’a­ve­nir en dehors de ce sys­tème (de cette « famille » que je qua­li­fie sans ver­gogne de « famille dys­fonc­tion­nelle » avec des parents-tyrans et nar­cis­siques) est sans doute incon­nu, mais je pré­fère cet incon­nu à tout autre chose, par­ti­cu­liè­re­ment à la sou­mis­sion à un sys­tème que je connais, dont je connais l’in­croyable imbé­ci­li­té et l’i­nac­cep­table injus­tice. Nos « parents » (diri­geants) sont fous, ils ont pris les com­mande de l’a­sile ; je veux veut sor­tir de leur asile, d’une manière ou d’une autre …

    Lorsque les Frères Wright ont créés les pre­miers aéro­planes, tout le monde disait que c’é­tait des illu­mi­nés et des fadas. Tous les manuels de phy­sique de leur temps disaient que c’é­tait impos­sible. Eux ne savaient pas que c’é­tait impos­sible (où ils ont fait la sourde oreille, je ne sais pas), et ils l’ont fait.

    J’af­firme donc, sans pou­voir (ni vou­loir) le démon­trer, que contrai­re­ment à tout ce que l’on peut en pen­ser, la mise en place d’une civi­li­sa­tion fon­dée sur ces prin­cipes est pos­sible, néces­saire et inévi­table. Si je devais avoir un seul argu­ment, c’est celui du bon sens. Ce prin­cipe est le bon sens, il doit donc être mis en pratique.

    Je ne suis pas croyant. J’ai viré la reli­gion et ses dogmes de ma vie depuis un bon moment déjà. Et para­doxa­le­ment, c’est dans l’a­théisme que j’ai décou­vert la véri­table nature de la Foi, qui n’a rien à voir avec la croyance, (mais alors RIEN à voir !), mais tout avec l’ex­pé­rience (Hux­ley à écrit à ce sujet que « l’ex­pé­rience, ce n’est pas ce qui vous arrive, c’est ce que vous faites avec ce qui vous arrive »).

    C’est vrai que lorsque notre esprit est entiè­re­ment tour­né vers l’a­na­lyse et l’é­tude des ombres de la caverne, on oublie l’es­sen­tiel, à savoir que ce n’est qu’un jeu d’ombres et que l’es­sen­tiel n’est pas là. Mon vœux est que vous – et d’autres – se sou­viennent qu’eux aus­si ont encore, au fond d’eux-mêmes, un peu de cette lumière inté­rieure qui indique ce qui est essen­tiel, et qu’ils choi­sissent, contre la tyran­nie des ombres, de rani­mer cette flamme.

    On me trai­te­ra volon­tiers de doux rêveur, d’i­déa­liste, mais je m’en fiche.

    Mer­ci pour vos remarques et vos inter­ven­tions (à vous et à toutes les per­sonnes de ce forum), sou­vent très riches en infor­ma­tions et en réflexion.

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  148. Morpheus

    @ Di Giro­la­mo (152)

    Pou­vez-vous, s’il vous plait, déve­lop­per votre pro­po­si­tion ? J’y devine une pro­po­si­tion de pro­cé­dure, mais je ne par­viens pas à la décryp­ter :-p

    Mer­ci 🙂

    Mor­pheus

    Réponse
  149. Di Girolamo

    Mor­pheus

    C’est tout simple (et donc bou­gre­ment compliqué ) :

    La poli­tique consiste aujourd’­hui essen­tiel­le­ment à gérer les affaires de la cité ; la ges­tion a ce côté immé­diat , court terme ; elle a aus­si ce côté sec­to­riel : on gère les choses par secteurs.

    Nos « repré­sen­tants » ont donc énor­mé­ment de tra­vail sec­to­riel et pour ce faire sont for­te­ment assis­tés par des tech­ni­ciens et des spé­cia­listes des divers sec­teurs ; qui plus est la concur­rence élec­to­rale et la vie interne des par­tis , prennent aus­si beau­coup beau­coup de temps aux hommes poli­tiques ; ils sont aus­si beau­coup occu­pés à com­mu­ni­quer afin d’être connu et recon­nu pour pou­voir faire car­rière ; ils cumulent aus­si beau­coup les man­dats pour des motifs d’ef­fi­ca­ci­té dans la logique qui est la leur ; et ce cumul aus­si pèse sur leur calen­drier ; bref les hommes poli­tiques sont très très occu­pés , très dépen­dants des conseillers et spé­cia­listes , très dépen­dant aus­si de la finance en ce sens qu’ils ont impé­ra­ti­ve­ment besoin pour eux même et leur par­ti de moyens finan­ciers impor­tants. Ils sont géné­ra­le­ment très intel­li­gents , doués pour la parole et la com­mu­ni­ca­tion , mais ils sont com­plè­te­ment décon­nec­tés du monde réel de la cité , dans une bulle .

    Ils sont en fait dans la pire des situa­tions qui soit pour bien gou­ver­ner. L’as­pect sec­to­riel de la gou­ver­nance étant un fac­teur essen­tiel de myo­pie poli­tique, d’a­veu­gle­ment .C’est comme regar­der tous les aspects d’un tableau , les dis­sé­quer , sans savoir ce qui est peint sur ce tableau. C’est la rai­son pour laquelle on dit sou­vent à juste rai­son que les poli­tiques sont les der­niers à com­prendre ce qui se passe .

    Quand on a fait ce constat et qu’en plus on est inquiet d’un monde qui se délite .…. au delà de l’in­di­gna­tion, on devrait en appe­ler à la logique qui serait de dire : notre outil poli­tique est aujourd’­hui obso­lète, chan­geons le. Nous ne le chan­ge­rons pas en le cau­tion­nant c’est à dire en votant ;il faut réflé­chir à un autre outil qui puisse répondre au constat pré­cé­dant ; par consé­quent un outil qui com­plète l’as­pect ges­tion sec­to­rielle par réflexion glo­bale long terme ; un outil qui sorte du cercle fer­mé de la repré­sen­ta­tion poli­tique ‚donc ouvert à la par­ti­ci­pa­tion de tous .

    J’en parle ici d’une autre manière, avec une autre chan­son, mon cou­plet reve­nant en boucle :

    Com­men­taire 51 :

    http://​jean​zin​.fr/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​p​o​s​t​/​2​0​1​1​/​1​2​/​2​0​/​2​0​1​2​#​c​1​1​399

    Réponse
  150. Di Girolamo

    « Une ville en tran­si­tion est une ville dans laquelle se déroule une ini­tia­tive de tran­si­tion, c’est-à-dire un pro­ces­sus impli­quant la com­mu­nau­té et visant à assu­rer la rési­lience (capa­ci­té à encais­ser les crises éco­no­miques et/ou éco­lo­giques) de la ville face au double défi que repré­sentent le pic pétro­lier et le dérè­gle­ment cli­ma­tique. » Wikipedia

    Il me semble que ce concept « tran­si­tion towns » donne une piste qui consis­te­rait à créer au niveau natio­nal (et inter­na­tio­nal ) un outil de réflexion/ recherche « tran­si­tion socie­ty » qui pour trans­cen­der les conflits d’in­té­rêts devrait être à carac­tère public et poli­tique c’est à dire acces­sible à la par­ti­ci­pa­tion de tous et relié à l’institution.
    Je ne vois aucune autre piste réalisable.
    Il s’a­gi­rait tout sim­ple­ment de mettre les pro­blèmes sur la table et de rechercher
    des solu­tions à long terme.C’est une rup­ture com­plète et immé­diate avec l’ou­til poli­tique actuel qui le laisse en place tel qu’il est (réa­lisme) mais agit en che­val de Troyes pour le modi­fier en pro­fon­deur (uto­pie).

    Réponse
  151. Christian GOMEZ

    @sitouaillain

    il y a beau­coup d’i­déa­lisme dans tout cela et on peut s’en­tendre sur cer­taines fins pour­sui­vies mais,décidément, j’ai beau­coup de mal à entrer dans ces rai­son­ne­ments extrê­ment vagues et impré­cis où le mot « démo­cra­tique » rai­sonne comme une pana­cée uni­ver­selle alors qu’il n’est jamais défi­ni et n’est qu’une forme vide, incan­ta­toire, ouvrant le champ à toutes les mani­pu­la­tions et à toutes les hor­reurs comme l’a rap­pe­lé Chris06. Tous les des­potes, depuis le Comi­té de salut public jus­qu’aux socia­lo-com­mu­nistes, ont uti­li­sé ce vocable jus­qu’à vomir tant il ne signi­fait pour eux que le cache-sexe de leur appé­tit de pouvoir.

    Je me conten­te­rai ici de quelques points.

    Prin­cipe géné­ral : il n’y a pas de moyens plus effi­caces et rigou­reux d’al­louer les res­sourcs rares d’une éco­no­mie que l’u­ti­li­sa­tion des méca­nismes de mar­ché. Le mar­ché est une machine à col­lec­ter et à digé­rer des infor­ma­tions four­nies par tous les indi­vi­dus en vue d’a­jus­ter la pro­duc­tion à leurs besoins de la manière la plus effi­cace compte tenu des contraintes de ressources.

    Ceci dit, il y a des points à exa­mi­ner car il y a des pro­blèmes d’ap­pli­ca­tion du prin­cipe général :

    1) Il faut que tous les coûts (et les béné­fices) soient bien pris en compte (pro­blème recon­nu depuis long­temps, cf Pigou et les « exter­na­li­tés »). Par exemple, la consom­ma­tion des res­sources éco­lo­giques n’est pas suf­fi­samm­ment prise en compte d’où des gas­pillages éhontés

    2) la créa­tion moné­taire est un pro­blème car elle donne à des agents un pou­voir ‘achat qui ne cor­res­pond à aucun reve­nu gagné (et donc qui n’est pas le résul­tat d’une pro­duc­tion prélable)

    3) Il faut qu’au­cun pro­duc­teur ne puisse s’ap­pro­prier des gains de mono­pole et que les pro­duc­teurs ne puissent pas s’or­ga­ni­ser pour tirer des pro­fits illi­cites au détri­ment des consom­ma­teurs ( ce qui n’est pas simple avec la ten­dance des consom­ma­teurs à se foca­li­ser sur cer­taines marques qui peuvent rafler des parts énormes de mar­ché-je pense à Apple par exemple)

    4) les prix qui résultent des équi­libres de mar­ché et qui per­mettent qu’il n’y ait plus d’offres ou de demandes non satis­faites à ce prix peuvent ne pas être éthi­que­ment admis­sibles. Il s’a­git bien sûr dans ce cas du salaire d’où la pro­po­si­tion DES LIBé­RAUX, comme Fried­man, de fixer un REVENU MINIMUM et non un salaire mini­mum en offrant des indem­ni­tés com­pen­sa­toires à ceux qui ne pour­raient s’employer qu’à un salaire infé­rieur au reve­nu minimum.

    5) Dans l’é­change inter­na­tio­nal, le res­pect des méca­nismes de mar­ché et le prin­cipe de concur­rence ne doit pas conduire à faire n’im­porte quoi (« Lais­ser fai­risme »): il faut, par exemple, un sys­tème de taux change qui assure la pari­té des pou­voirs d’a­chat entre les monnaies.

    Dès que l’on a un cadre général…et des idées claires, il est pos­sible de poser les véri­tables pro­blèmes et de recher­cher des solu­tions. Sinon.… c’est le délire et les pseu­do-rai­son­ne­ments huma­nistes qui ne débouchent sur rien que sur une logo­ma­chie insupportable.

    Réponse
  152. chris06

    @Morpheus,

    ok, peut être ceci sera t(il plus didactique :

    vous dites

    « 5. Par consé­quent, l’en­semble du sys­tème éco­no­mique basé sur la mon­naie est fon­dé sur la (ges­tion de la) pénu­rie : pour qu’un pro­duit, une res­source ou un ser­vice ait une valeur, il doit être plus ou moins rare. »

    Je vous répond

    Depuis les années 1870 (Wal­ras, Men­ger, Jevons et ce qu’on appelle en éco­no­mie le « mar­gi­na­lisme ») l’en­semble du sys­tème éco­no­mique (dans les éco­no­mies capi­ta­listes de mar­ché) est fon­dé sur le prin­cipe selon lequel la valeur éco­no­mique d’un bien dépend de son uti­li­té mar­gi­nale (non pas de sa rareté):

    vu que je peut com­prendre que les concepts « d’u­ti­li­té mar­gi­nale » ou de « mar­gi­na­lisme » ne soient pas bien connus de ceux qui n’au­raient pas de for­ma­tion en éco­no­mie, je vous ren­voie aux courtes intro­duc­tions à ces sujets sur wikipedia.

    J’a­joute ici en apar­té qu’il existe une vive cri­tique du « mar­gi­na­lisme » et en géné­ral un débat tou­jours intense entre les éco­no­mistes sur la per­ti­nence des dif­fé­rentes « théo­ries de la valeur » qui sont le fon­de­ment des sys­tèmes éco­no­miques modernes, qu’elles soient ce qu’on appelle des théo­ries « clas­siques » (la valeur d’un bien est objec­tive et dépend de la quan­ti­té de tra­vail néces­saire pour le pro­duire, notam­ment défen­due par Smith, Ricar­do et Marx) qui ont géné­ra­le­ment été aban­don­nées depuis les années 1870 pour lais­ser place aux théo­ries « néo­clas­siques » (notam­ment celle qui domine tou­jours aujourd’­hui, le « mar­gi­na­lisme » où la valeur d’un bien est non pas objec­tive mais sub­jec­tive et dépend de l’u­ti­li­té mar­gia théo­ries de la valeur basées sur l’u­ti­li­té mar­gi­nale « néo­class­qiues » « mar­gi­na­lisme » ou qu’elles soient « néo­class­qiues » (la valeur d’un bien est sub­jec­tive et dépend de l’u­ti­li­té mar­gi­nale d’un bien).

    Mas en aucun cas ne peut on dire que les sys­tèmes éco­no­miques modernes sont fon­dés sur l’i­dée que la valeur d’un bien dépend de sa rareté.

    Ensuite vous dites :

    « 6. Comme la quan­ti­té de signes (de mon­naie) en cir­cu­la­tion doit elle-même être en situa­tion de pénu­rie, il en résulte que de manière géné­rale, il doit ne jamais y en avoir assez pour tout le monde … ! »

    De même qu’il n’y a rien dans les sys­tèmes éco­no­miques actuels qui impose que la valeur d’un bien dépende de sa rare­té, il n’y a rien non plus qui impose qu’il y ait situa­tion de pénu­rie de mon­naie. Il ne faut sur­tout pas réduire les pro­blèmes sociaux évi­dents liés au fait qu’il y ait une pro­por­tion gran­dis­sante de la popu­la­tion euro­péenne qui est en manque cri­tique qua­si per­ma­nent de mon­naie pour pou­voir sur­vivre digne­ment à une ques­tion de quan­ti­té de mon­naie émise par les banques, qui, dans l’ab­so­lu, est très lar­ge­ment suf­fi­sante, si elle était répar­tie plus équi­ta­ble­ment, pour per­mettre à tout un cha­cun de vivre plus que confor­ta­ble­ment en Europe.

    Autre­ment dit, pour résu­mer, les inéga­li­tés dans la répar­ti­tion de la mon­naie ne sont pas la consé­quence d’une hypo­thé­tique pénu­rie de mon­naie émise par les banques. Avec 4789 mil­liards d’eu­ros dis­po­nibles au jour le jour (en billets et sur les dépôts à vue) ont est loin de la pénu­rie de mon­naie en zone euro.

    Réponse
  153. chris06

    @Etienne,

    « C’est Gal­braith qui signale fort bien que les gens aisés (c’est son euphé­misme pré­fé­ré) uti­lisent comme ça l’argent sup­plé­men­taire qu’ils « gagnent » : à la bourse ou dans des objets spé­ci­fiques à leur classe sociale. »

    S’ils placent l’argent en bourse ou dans des objets spé­ci­fiques à leur classe sociale (aprt à Paris, montres, voi­ture et yacht de luxes, etc…), ce n’est pas de la thé­sau­ri­sa­tion de mon­naie (sous forme de billets et sur des dépôts à vue).

    Le pro­blème actuel c’est qu’on assiste, comme Keynes l’a­vait décrit en son temps, et dû à de nom­breux fac­teurs qu’il serait trop long d’ex­pli­quer ici, à ce double phé­no­mène qui s’au­to-ali­mente, d’une part un accrois­se­ment rapide des inéga­li­tés dans la dis­po­ni­bi­li­té de la mon­naie, d’autre part à la pré­fé­rence de plus en plus pro­non­cée des agents éco­no­miques pour la liqui­di­té et la thé­sau­ri­sa­tion, d’ou dimi­nu­tion rapide de la vitesse de cir­cu­la­tion de la mon­naie qui, mal­gré une aug­men­ta­tion rapide de la quan­ti­té de mon­naie émise par les banques, n’ar­rive pas à faire croître la valeur ajou­tée en zone euro.

    Cher­chons donc plu­tôt ce qui cause l’ac­crois­se­ment des inéga­li­tés en Europe et la pré­fé­rence pour la liqui­di­té que de par­ler de quan­ti­té de monnaie.

    @Sitouallain,

    je par­lais de M1, billets et dépôts à vue, donc dis­po­nibles au jour le jour (pas de terme, qua­si­ment pas d’intérêts).

    15000 euros par per­sonne en moyenne (ou 300000 euros par ménage) dis­po­nibles en per­ma­nence sur son compte à vue ou sous forme de billets, c’est beau­coup, ne trou­vez vous pas ? Et pour­tant, il y a une pro­por­tion gran­dis­sante de la popu­la­tion qui est en manque qua­si­ment per­ma­nent de mon­naie. Mais la cause de ce phé­no­mène n’est cer­tai­ne­ment pas que la quan­ti­té de mon­naie émise par les banques est géné­ra­le­ment trop faible ou qu’elles orga­ni­se­rait une hypo­thé­tique pénu­rie car c’est ce que demande tout sys­tème basé sur la mon­naie, thèse défen­due plus haut par Morpheus.

    Réponse
  154. chris06

    @sitouallain,

    mer­ci pour votre com­men­taire numé­ro 147 qui m’a don­né beau­coup à réflé­chir et m’a per­mit de mieux com­prendre votre position.
    Cela me deman­de­ra pas mal de tra­vail pour vous répondre mais j’es­saye­rais de le faire au fur et à mesure que le temps me le per­met­tra, nous en repar­le­rons, je le sou­haite vivement.

    Ceci dit, une pre­mière ques­tion : vous dites :

    « Donc, je déduis qu’une éco­no­mie de coopé­ra­tives (que je croyais être très proche d’une éco­no­mie de mar­ché… mais en mieux, en matière de dis­tri­bu­tion ex ante et d’ef­fi­ca­ci­té pro­duc­tive et d’ex­ter­na­li­tés posi­tives) et de mon­naie démo­cra­tique (que je croyait être proche de ce que Fischer et d’autres prônent) conduit au gou­lag et qu’il vaut mieux lais­ser per­du­rer la sala­riat, la rente mobi­lière, immo­bi­lière et fon­cière, de peur de bous­cu­ler un peu les si savants cal­culs économiques… »

    Sur quoi se base votre croyance en la supé­rio­ri­té d’une « éco­no­mie de coopé­ra­tives » sur une « éco­no­mie de marché » ?
    Pou­vez vous recom­man­der des articles à lire qui expliquent et défendent cette thèse ? Existe t’il des élé­ments empi­ri­que­ment véri­fiables qui per­mettent de la supporter ?
    Ensuite, des articles à lire qui per­mettent d’en­tre­voir com­ment une telle éco­no­mie de coopé­ra­tives fonc­tion­ne­rait asso­ciée à un sys­tème moné­taire de type 100% M (Fisher et autres ne l’ayant pro­po­sé que dans le cadre d’une éco­no­mie de marché).

    Mer­ci en tous cas pour un superbe commentaire.

    Réponse
  155. Morpheus

    @ Chris06

    Ce que vous expli­quez est très inté­res­sant. Il fau­dra que je me docu­mente d’a­van­tage sur les diverses théo­ries éco­no­miques afin d’af­fi­ner ma propre ana­lyse. Cela étant, je note tout de même qu’il s’a­git de « théo­ries ». Je me pose alors la ques­tion la plus évi­dente (pour un néo­phyte comme pour un ana­lyste sys­té­mique) : sur quels points ces théo­ries cor­res­pondent-elles à la réa­li­té, nous per­met­tant de com­prendre les res­sorts des méca­nismes réels de l’économie.

    Second point, la quan­ti­té de mon­naie émise. Dans les notions que j’ai assi­mi­lées, j’ai cru com­prendre qu’il faut déjà dis­tin­guer entre deux formes de valeurs monétaires :

    A – la mon­naie fidu­ciaire (concrète = billets, pièces de mon­naie) émise.

    B – la mon­naie scrip­tu­rale (abs­traite = jeu d’é­cri­tures, aujourd’­hui informatisée)

    Cette der­nière étant, par le prin­cipe de réserve frac­tion­nelle et du fonc­tion­ne­ment du sys­tème ban­caire, de l’argent-dette (c’est-à-dire que la quan­ti­té de valeur-argent émise dépend de la quan­ti­té de dettes émises).

    Ques­tion du néo­phyte : la quan­ti­té de valeur émise dont vous par­liez est-elle rela­tive à … ?

    a. la mon­naie fiduciaire
    b. la mon­naie scripturale
    c. les deux

    Autre réflexion sur ce point : si l’on peut effec­ti­ve­ment obser­ver qu’il n’y a pas pénu­rie de valeur émise, com­ment expli­quer que :

    1. ces valeurs soient si mal répar­ties, autre­ment-dit, quels sont les méca­nismes qui per­mettent à une mino­ri­té – déjà très (trop) for­tu­née – de s’ac­ca­pa­rer ces valeurs ?

    2. qui écrit les règles de l’é­co­no­mie et com­ment sont-elles tra­duites en lois dans nos législation ?

    3. qui peut opé­rer des chan­ge­ments dans ces règle­ment et com­ment peut-on opé­rer ceux-ci ?

    Si nous déce­lons les méca­nismes de cette roue­rie des valeurs émises, alors il sera pos­sible d’é­la­bo­rer des mesures de cor­rec­tion. S’il s’a­vère faux de dire qu’il y a pénu­rie de valeur émise, il est éga­le­ment insuf­fi­sant de dire que les valeurs émises sont inéga­le­ment répar­tie : il faut com­prendre com­ment et pour­quoi elles le sont, et rec­ti­fier cette inéga­li­té, puisque non seule­ment elle pro­duit un dés­équi­libre sys­té­mique, mais elle spo­lie les peuples.

    Der­nière chose : admet­tons que le rai­son­ne­ment consis­tant à dire que c’est la rare­té qui per­met de don­ner leur valeur aux pro­duits et aux res­sources soit faux.

    1. Qu’est-ce qui donne sa valeur aux pro­duits et aux ressources ?

    2. Faut-il dis­tin­guer divers types de pro­duits et de res­sources pour répondre vala­ble­ment à la ques­tion 1 ? (autre­ment-dit, le rai­son­ne­ment de la valeur-rare­té peut-il tout de même s’ap­pli­quer concer­nant cer­taines res­sources, je pense notam­ment aux res­sources énergétiques ?)

    3. Si une per­sonne (ou un très petit nombre de per­sonne = un groupe, un car­tel) détient une grande par­tie de res­sources et de pro­duits, ne devient-il pas maître du jeu ? Et dans ce cas, est-il encore faux de dire qu’il dicte la valeur des biens en sa pos­ses­sion, notam­ment en fai­sant de la réten­tion d’in­for­ma­tion sur la quan­ti­té de res­sources dis­po­nibles, et d’autre part, « confisque » une par­tie de ces res­sources afin de régu­ler de lui-même (donc déci­der) la valeur des dits produits ?

    Mer­ci de vos réponses, qui contri­bue à faire avan­cer ma connais­sance et les réflexions 🙂

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  156. chris06

    @Etienne,

    « Et si on arrive à dis­tin­guer ain­si, au sein de la masse moné­taire, le monde des utra­riches (1%) et celui des gens nor­maux (99%), la pro­po­si­tion de Mor­phéus semble per­ti­nente : il n’y a pas assez d’argent — dans le cir­cuit (des 99%, dont font par­tie les PME) — pour don­ner du tra­vail à tout le monde. »

    Je pense que vous vous trom­pez sur la répar­ti­tion de la mon­naie en France et dans la plu­part des pays de la zone euro. On parle bien ici de la répar­ti­tion de la mon­naie, c’est à dire de ce qui peut ser­vir de moyen de paie­ment immé­diat, c’est à dire les billets et les mon­tants qu’il y a sur les comptes de dépôt à vue.

    Les ultra­riches (les 1%) concentrent, en France, une part impor­tante du patri­moine finan­cier (c’est à dire le patri­moine excluant la rési­dence prin­ci­pale) qui, de mémoire, est de l’ordre de 30%. Mais, de manière géné­rale, plus les gens ont un patri­moine finan­cier impor­tant, plus celui ci est diver­si­fié (titres mobi­liers et immo­bi­liers, or, etc…) et moins grande est la pro­por­tion qui est gar­dée sous forme de mon­naie, thé­sau­ri­sée. Inver­se­ment, plus les gens sont dému­nis, plus grande est la pro­por­tion de leurs avoirs finan­ciers sous forme de mon­naie. Dans le cas extrême, les plus dému­nis d’entre nous n’ont bien sou­vent pour tout avoir finan­cier que quelques maigres billets de banque et pièces de mon­naie dans leur poches.

    Le résul­tat est qu’en fait, la répar­ti­tion de la mon­naie, aus­si inégale soit elle, l’est moins que le patri­moine finan­cier et qu’en fait ce sont les classes inter­mé­diaires qui thé­sau­risent la majo­ri­té de la quan­ti­té de mon­naie dis­po­nible au jour le jour. Par consé­quence on ne peut pas dire qu’il y a un manque d’argent par­mi les 99%, mais qu’il y a mal­heu­reu­se­ment en France de plus en plus de per­sonnes qui manquent cri­ti­que­ment d’argent et qui vivent en des­sous du seuil de pau­vre­té. C’est tota­le­ment inac­cep­table que dans un pays qui se dit déve­lop­pé on en arrive à cette situa­tion, c’est la manière dont nous trai­tons les plus dému­nis d’entre nous qui ne peut et ne doit plus durer !

    Cette pro­por­tion de 1%/99% cor­res­pond plu­tôt à une répar­ti­tion du pou­voir (les 1% en déte­nant la majeur par­tie) qu’à une répar­ti­tion de la mon­naie. Dans ce sens, j’u­ti­li­se­rait plu­tôt 25%/75%, les 25% les plus dému­nis étant réel­le­ment en situa­tion de plus en plus cri­tique de pénu­rie d’argent.

    Réponse
  157. A-J Holbecq

    Je pense que dans la cri­tique de cette répar­ti­tion de M1 on oublie une don­née et pro­ba­ble­ment une masse impor­tante, c’est la tré­so­re­rie des entre­prises… non ?

    Réponse
  158. A-J Holbecq

    @ Mor­pheus
    Juste un petit détail (je n’ai pas sui­vi votre débat avec Chris06)

    Il faut bien pen­ser que la mon­naie fidu­ciaire (mon­naie « manuelle » sous forme de billets et pièces), même si elle est émise par les banques cen­trales, ne peut être obte­nu que contre de la mon­naie scrip­tu­rale et donc in fine suite à une créa­tion moné­taire de banque commerciale

    Réponse
  159. chris06

    @Morpheus,

    Q1 : « sur quels points ces théo­ries de la valeur cor­res­pondent-elles à la réalité ».

    Qu’est ce qui a le plus de valeur, pour vous, à cet ins­tant t, dans la situa­tion qui est la votre par­mi tous les biens et ser­vices que vous dési­rez, peut être, ache­ter bien­tôt ? Main­te­nant, posez la même ques­tion à tous les êtres humains et a tous les ins­tants t futurs. Vous obtien­drez une qua­si infi­ni­té de réponses diverses et variées qui varie­ront en fonc­tion du temps, non ? Une théo­rie de la valeur aus­si sophis­ti­quée soit elle ne pour­ra jamais, au mieux, qu’ap­proxi­mer la réa­li­té de toutes ces déci­sions humaines.

    Depuis que les éco­no­mistes se penchent sur cette ques­tion, il y a débat, à la fois sur la ques­tion de savoir si la valeur d’une chose doit dépendre d’un ou plu­sieurs fac­teurs objec­ti­ve­ment mesu­rables ou si, au contraire, la valeur d’une chose est quelque chose de sub­jec­tif qui dépend de la dési­ra­bi­li­té de cette chose pour un consom­ma­teur don­né, mais aus­si, plus fon­da­men­ta­le­ment, si on a vrai­ment besoin d’une théo­rie de la valeur pour com­prendre les phé­no­mènes éco­no­miques et être capable de pré­voir les consé­quences des déci­sions d’ordre éco­no­mique et politique.

    Inutile de vous dire qu’on est encore loin de pou­voir répondre avec cer­ti­tude à votre ques­tion. Les déci­sions humaines ne sont pas faci­le­ment modé­li­sables et on ne peut, comme en sciences natu­relles, repro­duire des expé­riences rapi­de­ment et vali­der ou inva­li­der des théo­ries en fonc­tion des résul­tats ! Mais disons que depuis main­te­nant plus de 140 ans, dans les éco­no­mies capi­ta­listes de mar­ché, c’est la théo­rie sub­jec­tive de la valeur qui s’est impo­sée, notam­ment, le marginalisme.

    Q2 : « la quan­ti­té de mon­naie émise dont vous par­liez est-elle rela­tive à … ? »

    Ce qu’on appelle dans le jar­gon « M1 », les billets et pièces en cir­cu­la­tion plus l’argent qu’il y a de dis­po­nible à tout moment sur les comptes en banque, les « dépôts à vue », c’est à dire tout l’argent qui peut ser­vir comme moyen de paie­ment immé­diat pour sol­der une dette ou effec­tuer une tran­sac­tion d’achat.

    Gros­so modo, vous addi­tion­nez ce que vous avez sur votre compte en banque de dis­po­nible à un ins­tant t (mais pas ce que vous avez sur des comptes à terme, blo­qués jus­qu’à une échéance don­née) plus ce que vous avez dans votre por­te­feuille ou sous le mate­las ou dans un coffre fort (?) ici ou ailleurs sous forme de billets et de pièces, tout ça, c’est la quan­ti­té de mon­naie dont vous dis­po­sez à un ins­tant t. On fait la même chose pour tous les rési­dents de la zone euro et ça nous donne M1, la quan­ti­té de mon­naie dis­po­nible au jour le jour en zone euro.

    Voi­là pour vos deux pre­mières ques­tions, il faut bien en lais­ser un peu pour les autres ! PS : elles sont pas faciles à répondre vos ques­tions qui suivent !

    Réponse
  160. chris06

    @AJ Hol­becq (167)

    bonne remarque !

    Ceci dit, com­pa­rez M1 en zone euro (4700 mil­liards pour un pib de 9200 mil­liards, soit 51% du pib) avec M1 aux USA ($2100 mil­liards pour un pib de $15000 mil­liards, soit 14% du pib) et dites moi si vous croyez vrai­ment en une pénu­rie de mon­naie en zone euro ?

    S’il y a pénu­rie de mon­naie en zone euro, aux Etats Unis, ils ont quoi ? La disette ? Cela ne les empêche pour­tant pas d’a­voir des chiffres du chô­mage légè­re­ment meilleurs que les nôtres.

    Réponse
  161. sitouaillain

    ouf…que du lourd !

    Pour répondre à Chris­tian Gomez,

    réci­ter la doxa que je connais par cœur ne me convain­cra pas, les spé­cu­la­tions des théo­ri­ciens du mar­ché et de la concur­rence pure et par­faite per­mettent d’a­voir les idées claires, de se sen­tir à l’aise dans son cer­veau et d’a­voir réponse à tout mais ça reste des spé­cu­la­tions, basées sur bien des pré­misses qui ont été démon­trées comme fausses depuis long­temps (par la socio­lo­gie ou l’an­thro­po­lo­gie et la psychologie).

    d’ailleurs, les 5 condi­tions sine qua non d’ef­fi­cience mathé­ma­tique du mar­ché sont irréa­li­sables dans les faits et la volon­té de faire ren­trer la réa­li­té dans la théo­rie oblige l’État (en l’oc­cur­rence la com­mis­sion euro­péenne) à inter­ve­nir constam­ment dans l’é­co­no­mie… et puis la trans­pa­rence de l’in­for­ma­tion ne sera jamais atteinte, et encore faut-il pou­voir en absor­ber le flux, ce qui, à sup­po­ser que les acteurs soient ration­nels, intro­duit une ratio­na­li­té néces­sai­re­ment limi­tée… comme on a affaire à des humains et non a des homo œco­no­mi­cus (savou­rez le paral­lèle avec la refon­da­tion de l’homme sovié­tique !).…, la réac­tion ration­nelle est loin d’être la norme.

    enfin, à sup­po­ser le mar­ché tou­jours effi­cient, on en finit par oublier l’es­sen­tiel : l’hu­main, et que les signes échan­gés entre humains ne sont pas tou­jours tra­dui­sibles en mon­naie, ni les béné­fices ou les coûts de telle ou telle action,

    le mar­ché, qui sup­pose une dis­po­si­tion anthro­po­lo­gique par­ti­cu­lière qui ne se véri­fie pas si sou­vent que cela dans les rap­port inter humains et qui nous empri­sonne dans des com­por­te­ments (busi­ness is busi­ness) qui n’ont pas tou­jours de sens à un autre niveau de ratio­na­li­té que celui du pro­fit indi­vi­duel et cynique à court terme, est une construc­tion intel­lec­tuelle et idéo­lo­gique, assé­née comme une véri­té reli­gieuse, elle devient dangereuse .

    comme tout dogme je le com­bat, ce qui ne m’empêche pas d’y recon­naître une part de véri­té ou d’u­ti­li­té, c’est un outil concep­tuel inté­res­sant, inof­fen­sif quand Smith en a l’in­tui­tion, une dérive socio­pa­tho­lo­gique quand un Wal­ras se consacre à le mathé­ma­ti­ser, jus­qu’aux théo­ries fumeuses des « mar­chés contes­tables » et tout se qui vise à faire se plier la réa­li­té au dogme, quitte à jus­ti­fier l’injustifiable.

    Si le libé­ra­lisme est à l’o­ri­gine un huma­nisme, sa trans­for­ma­tion en dogme et son règne poli­tique à l’é­chelle mon­diale en font une idéo­lo­gie tota­li­taire dont le résul­tat est que quelques enfants sont morts de faim pen­dant que vous lisez ces lignes.

    Que la jus­ti­fi­ca­tion idéo­lo­gique de la pré­da­tion et de la domi­na­tion de cer­taines élites sur le reste du monde repose sur le libé­ra­lisme, ne veut pas dire que les théo­ries sont entiè­re­ment appli­quées (encore heu­reux il y a des résis­tances), de même les régimes sovié­tiques avaient beau en appe­ler à la démo­cra­tie et au com­mu­nisme, ils n’a­vaient rien à voir ni avec la démo­cra­tie, ni avec le communisme…tout dogme est enne­mi de l’humanité.

    Réponse
  162. sitouaillain

    Pour répondre à Chris06,

    pour com­plé­ter ce que tu dis sur la valeur et aller dans le sens de morphéus :

    il existe des agences de conseil qui aident les entre­prises à fixer leurs prix, en fonc­tion de leurs cibles, de l’i­mage qu’elles veulent don­ner à leur marque ou au pro­duit, et les études psy­cho­so­cio­lo­giques sur les méca­nismes de fixa­tion des prix ou les com­por­te­ments d’a­chat montrent bien le flou de la notion de valeur. Aucune théo­rie n’est donc satis­fai­sante, pour chaque bien ou ser­vice il y a des élé­ments objec­tifs maté­riel, la rare­té d’un bien (par­fois, qui plus est, rela­ti­vi­sable via le pro­grès tech­nique et qui n’est jamais basée que sur des dési­rs et des croyances), inter­sub­jec­tifs (liés à des conven­tions sociales) par exemple, le cout du tra­vail ou le cout social de ne pas déte­nir un bien ou le béné­fice sym­bo­lique de la déten­tion d’un bien, des dimen­sions sub­jec­tives voire des élé­ments aléa­toires, irrationnels.

    La seule cer­ti­tude en éco­no­mie, c’est que la valeur est une rela­tion mul­ti­di­men­sion­nelle., le prix est au mieux une méto­ny­mie de la valeur.

    (et sans déve­lop­per, en plus des méca­nismes liés au pro­grès tech­nique, cette « insai­sis­sable valeur », infirme la théo­rie de la baisse ten­dan­cielle du taux de pro­fit à l’é­chelle macro, sans oublier que ce pas­sage du Capi­tal de Marx où cette théo­rie est expo­sée com­porte un tableau pour illus­trer la démonstration(on est à l’é­poque du scien­tisme et une petite équa­tion fai­sait déjà très chic), manque de bol, si vous chan­gez les chiffres choi­sis par Marx pour que ça « colle », vous vous aper­ce­vez que ça ne colle pas ! ah le fourbe ! Mais comme mor­phéus il avait l’in­tui­tion qu’il y a dif­fé­rents types de valeur, don­née que l’u­ti­li­ta­risme a pu résoudre par l’ar­te­fact de l’u­ti­li­té mar­gi­nale, qui est, si je ne m’a­buse, une tau­to­lo­gie : la valeur d’un bien est la valeur qui lui est donnée.)

    Réponse
  163. sitouaillain

    tou­jours pour répondre à Chris06

    Sur l’é­co­no­mie de coopé­ra­tives, « l’autre socia­lisme », je pense que c’est pas mal de se faire une idée en lisant (je fais confiance à ton esprit cri­tique!) http://www.cnt‑f.org/cooperatives/theorie_economique.html sur le site de la CNT, un syn­di­cat-relique de l’a­nar­cho-syn­di­ca­lisme international.

    sinon il y a la notion d’é­co­no­mie sociale et soli­daire (http://​www4​.uqo​.ca/​o​b​s​e​r​v​e​r​/​E​c​o​n​S​o​c​/​N​o​t​i​o​n​s​E​S​/​N​o​t​i​o​n​s​/​Q​u​e​s​t​c​e​q​u​e​.​htm dont le côté fourre tout est gênant et qui, comme ces struc­tures évo­luent dans un uni­vers capi­ta­liste, ne per­met que d’a­voir des points d’ap­pui concrets et exis­tants pour géné­rer une pen­sée systémique.

    et cet article de l’OIT sur l’im­pact de la crise sur les coopé­ra­tives http://www.ilo.org/global/about-the-ilo/press-and-media-centre/insight/WCMS_105076/lang–fr/index.htm ou presque…

    voir aus­si les articles wiki­pe­dia sur les dif­fé­rents sta­tuts et formes de coopé­ra­tives (SCIC, SCOP, etc.) et de mutuelles.

    bien sûr, les chiffres sur l’Es­pagne des années trente sont inté­res­sants, les chiffres de la pro­duc­tion agri­cole ont été tri­plés (de mémoire!) mais on par­tait d’un sys­tème lati­fun­diaire, même chose en Bavière juste avant la répu­blique de wei­mar ou l’ex­pé­rience de la makh­nov­ni­na, toutes ces expé­riences ont eu lieu dans des contextes de troubles et on été sabordées.

    Et donc le pro­blème dans ce que tu me demandes, c’est le manque de sources à peu près objec­tives (j’ai des bou­qins chez moi, et tous les ouvrages de prou­dhon ou d’autres théo­ri­ciens du mou­ve­ment anar­chiste sont dis­po­nibles sur http://​kro​pot​.free​.fr/​i​n​d​e​x​a​u​t​.​htm et l’absence de modèle éco­no­mique exis­tant à grande échelle, il faut donc spé­cu­ler, c’est à dire exa­mi­ner ration­nel­le­ment les consé­quences ou la por­tée de telle ou telle organisation.

    ensuite, l’in­té­rêt c’est d’être prag­ma­tique et d’a­gir sur les règles qui dys­fonc­tionnent en terme d’al­lo­ca­tion des res­sources et de la dignité/reconnaissance, comme sur les struc­tures vec­teur de l’au­to­no­mie (mot syno­nyme de démocratie),

    ayant le coeur à gauche, j’ai une pro­pen­sion à la radi­ca­li­té (cher­cher à prendre les pro­blèmes à la racine, pas cou­per des têtes!)et je ne me satis­fait pas de la théo­rie de keynes pour cela, puis­qu’elle prend acte et consi­dère comme don­nées cer­taines formes juri­diques de la pro­prié­té qui font que les méca­nismes de mar­chés dys­fonc­tionnent et qu’il faut les régu­ler ex-post, et ça, sans par­ler de la forme de régu­la­tion plus scien­tiste que démo­cra­tique que cela appelle au niveau macro.

    après je n’ai pas la science infuse et le dia­logue enri­chit, mais une chose est sûre, le pro­blème est poli­tique, sinon, on aurait déjà bas­cu­lé vers un dépas­se­ment du capi­ta­lisme vu les nom­breuses expé­ri­men­ta­tions en psy­cho­so­cio­lo­gie qui démontrent qu’une orga­ni­sa­tion du tra­vail est plus effi­cace à tous points de vue quand les agents par­ti­cipent aux déci­sions et se sentent par­tie pre­nante des fins de l’or­ga­ni­sa­tion, et tous les manuels de manag­ment le disent…reste à appli­quer le pré­cepte dans toute sa portée.

    Main­te­nant pour ce qui est de la régu­la­tion démo­cra­tique de ce sys­tème (auquel on ne peut abou­tir que par expé­ri­men­ta­tions suc­ces­sives, petit à petit), je pense qu’une uti­li­sa­tion intel­li­gente du tirage au sort et du prin­cipe fédé­ra­tif est indis­pen­sable pour gar­der le cap : on n’est pas là pour faire se plier la réa­li­té à un dogme !

    Réponse
  164. sitouaillain
  165. A-J Holbecq

    170. @chris06

    D’ac­cord avec vos chiffres US… (et dans ces 2200 il y a 1000 de fidu­ciaire).. mais M2 est de 10000 ; plus que M3 en euro­zone. (mais de fait, avec un PIB inférieur=
    Je pense donc que, en fait, la mon­naie M1 tourne plus vite mais que les amé­ri­cains sont plus actifs sur leurs pla­ce­ments à court terme.

    Mais non, je ne crois pas à un manque de stock de mon­naie, mais à une mau­vaise répar­ti­tion de celle ci et sans doute à son « sta­tion­ne­ment  » sur des DAV du fait de la « non rétri­bu­tion » de l’é­pargne actuelle. Je suis cer­tain que si le livret A avec les taux d’in­té­rêts à 2,25 (?) était éten­du à toute la zone euro, on ver­rait sur­ement des trans­ferts vers M2 et une dimi­nu­tion de M1

    Réponse
  166. chris06

    @A J Holbecq,

    « mais M2 est de 10000 »

    même si on prend M2 (les US ne publient pas de M3) on a :

    US $9 600 / $15 000 = 64% du pib
    EURO 8 590⁄9 200 = 94% du pib

    Donc, que cela soit sur le stock de mon­naie dis­po­nible au jour le jour (M1) ou le stock de mon­naie dis­po­nible à court terme (<2 ans), il y en a plus en zone euro qu’aux USA.

    La cause ? Déjà, depuis plu­sieurs décen­nies les habi­tants de la « vieille Europe » (tout par­ti­cu­liè­re­ment en F, D et …I) épargnent une part plus impor­tante de leurs reve­nus que les amé­ri­cains et tendent à prendre moins de risques avec leur épargne.

    Para­doxe 1 : la cigale l’emporte sur la fourmi

    Main­te­nant les grands médias du monde entier ne parlent que de la crise de la zone euro… c’est inté­res­sant non ? C’est celui qui épargne plus et prend moins de risques qui serait en crise le pre­mier… Ça vous paraît logique ? Et pour­tant, ça a l’air d’être vrai, non ?

    Para­doxe 2 : l’é­cu­reuil accu­mule les noi­settes qu’il croit être vides

    On entend dire, ici ou là, que c’est une ques­tion de cré­di­bi­li­té, que même nous, les Euro­péens, sommes en train de perdre confiance en notre mon­naie. Paraît qu’il y a de plus en plus d’Al­le­mands, de Fran­çais, d’I­ta­liens qui ne croient plus en la péren­ni­té de l’eu­ro. Alors, pour­quoi en accu­mu­lons nous tou­jours plus, M1 et M2 en % du pib n’ont jamais été aus­si éle­vés qu’au­jourd’­hui… C’est bizarre : si on était en train de perdre confiance en l’eu­ro, on devrait voir le phé­no­mène inverse, non ?

    Réponse
  167. RHC

    Bon­jour

    Cita­tion de Chris06

    Qu’est ce qui a le plus de valeur, pour vous, à cet ins­tant t, dans la situa­tion qui est la vôtre par­mi tous les biens et ser­vices que vous dési­rez, peut-être, ache­ter bien­tôt ? Main­te­nant, posez la même ques­tion à tous les êtres humains et à tous les ins­tants t futurs. Vous obtien­drez une qua­si infi­ni­té de réponses diverses et variées qui varie­ront en fonc­tion du temps, non ? Une théo­rie de la valeur aus­si sophis­ti­quée soit elle ne pour­ra jamais, au mieux, qu’ap­proxi­mer la réa­li­té de toutes ces déci­sions humaines.

    Quel débat !

    On est com­plè­te­ment dans une conven­tion du temps linéaire avec des res­sources illi­mi­tées. Une droite peut-elle exis­ter dans la nature ?

    Ami­ca­le­ment,

    Réponse
  168. A-J Holbecq

    @ Chris06

    On peut aus­si tenir un autre raisonnement
    Vitesse de cir­cu­la­tion moné­taire aux USA = 1,56
    Vitesse de cir­cu­la­tion moné­taire en zone euro = 1,07

    Fran­che­ment, je ne pense pas que votre conclu­sion (l’é­pargne) soit la bonne… sur­tout que je pense comme Aunac « qu’il n’y a de mon­naie que dans M1″

    L’é­pargne est de toute façon uti­li­sée par d’autres (quelle que soit la « méthode » comp­table et ban­caire pour y par­ve­nir)… ou alors, on assiste à une dimi­nu­tion de la masse monétaire.

    Réponse
  169. chris06

    @RHC,

    Ne confon­dez-vous pas dési­rs et res­sources ?

    « Le pro­blème éco­no­mique », c’est com­ment satis­faire les dési­rs humains (que l’on assume illi­mi­tés car sinon, quelle limite pen­sez-vous mettre aux dési­rs ?) dans un monde où les res­sources sont limi­tées. C’est-à-dire déci­der de l’al­lo­ca­tion des res­sources et des fac­teurs de pro­duc­tion aux dif­fé­rentes pro­duc­tions de biens et ser­vices, les quan­ti­tés à pro­duire, etc…

    Un désir ne mange pas de pain, ne consomme pas de res­sources. Ce n’est qu’au moment où je choi­sis de concré­ti­ser ce désir de man­ger du pain que je consomme des ressources.

    Donc, le pro­blème éco­no­mique néces­site, pour être solu­tion­né, de com­prendre com­ment les humains hié­rar­chisent leurs dési­rs et font leurs choix. D’où l’in­tro­duc­tion, dans les théo­ries éco­no­miques modernes, de cet arte­fact « la valeur ».

    Inutile de pré­ci­ser qu’on est encore loin d’a­voir trou­vé une solu­tion accep­table au « pro­blème éco­no­mique » puis­qu’on est tou­jours inca­pable de don­ner à tout un cha­cun de quoi vivre dignement.

    Alors, que faire ? Aban­don­ner ces fou­taises, ce « pro­blème éco­no­mique », ces « théo­ries de la valeur », ces « dési­rs illi­mi­tés » et se concen­trer sur ce qu’il faut pro­duire pour que tous les humains puissent vivre dignement ?

    Qu’en pen­sez-vous ?

    Réponse
  170. Stouf

    La socié­té humaine est basée sur l’au­to-orga­ni­sa­tion. Bref, la solu­tion émer­gente dépen­dra essen­tiel­le­ment des contraintes aux­quelles nous ferons face dans le futur.

    Cepen­dant, qu’est ce qui fait qu’un concept trouve écho auprès des masses ? C’est de plus en plus dif­fi­cile à pré­dire dans un monde aus­si for­te­ment chan­geant, de telle sorte que les socié­tés com­mer­ciales s’a­ven­turent dans l’ex­pé­ri­men­ta­tion pour tes­ter les marchés.

    Il fau­drait un ou plu­sieurs micro-états suf­fi­sam­ment repré­sen­ta­tifs qui ser­vi­raient de labo­ra­toires de tests.
    On pour­rait tes­ter des « solu­tions » comme :
    – sor­tir de l’euro,
    – démo­cra­tie par tirage au sort
    – démondialisation
    etc..

    Réponse
  171. Alain2Treguier

    « Ce qu’il faut pro­duire pour que les humains vivent digne­ment »…c’est exac­te­ment ce qui fait la dif­fé­rence entre des « sha­doks » et des « gib­bies »…C’est donc « le néces­saire »,c’est-à-dire fina­le­ment le super­flux, car rien de ce qui est « néces­saire » n’est « humai­ne­ment » suf­fi­sant pour méri­ter d’être clas­sé dans le « néces­saire »… sinon, une gamelle de chien domes­tique suffit…
    Oui, si vous accep­tez mon péda­lage un peu humoristique,l’amour humain est le véri­table mini­mum vital, avec l’eau fraîche, bien sûr. Seule­ment,« il n’y a pas d’a­mour heu­reux » quand tout s’a­gite autour de « nous »…
    Fina­le­ment la mon­naie doit res­ter un moyen tran­si­toire pour mettre le coeur de l’hu­main en mou­ve­ment vers plus d’humanité…(quel « travail »!)
    Ce « Moyen » doit être « l’ar­ti­fice de cal­cul » le plus tran­si­toire pos­sible et toute « comp­ta­bi­li­té » est vouée à obso­les­cence « si com­pa­ti­bi­li­té » : le rôle émi­nent de la poli­tique devrait être recon­nu là : la poli­tique doit être l’acte majeur qui consiste à dire « stop » à « la mon­naie » quand elle dépasse le petit bout de fonc­tion qu’elle doit avoir!…(tout comme les « élus » doivent avoir un man­dat de courte durée…).
    Cela signi­fie que « le bout du che­min » de tout « sys­tème éco­no­mique et moné­taire » doit être l’in­tui­tion popu­laire selon laquelle « l’a­ve­nir, s’il y en a un pour l’hu­main, c’est la gra­tui­té »…Cer­tains trou­ve­ront peu sérieux mon pro­pos mais je ne pense pas être un « troll » ! Sérieusement !

    Réponse
  172. catherine

    Une his­toire est par­fois plus par­lante que de longs exposés !

    Un couple de vieux pay­sans habi­tait pau­vre­ment une ferme dans la montagne.

    Un jour, leurs petits enfants vinrent du vil­lage pour jouer dans cette ferme. Les granges étaient pour eux un ter­rain d’ex­plo­ra­tion fabuleux.

    Ce soir là, lorsque le vieil homme vou­lut aller cher­cher son âne au pré, il alla chercher
    la corde, comme d’ha­bi­tude, dans la grange, et se ren­dit compte qu’elle avait dis­pa­ru. Les enfants avaient joué avec et l’(avaient perdue.

    Com­ment vais-je faire pour rame­ner l’âne ? se lamenta-t-il.

    Vas‑y, et fais comme d’ha­bi­tude le geste de pas­ser la corde au cou de l’âne, lui sug­gé­ra sa femme.

    Le pay­san, un peu per­plexe, se ren­dit dans le pré et fit exac­te­ment les mêmes mou­ve­ments que d’ha­bi­tude, et l’âne sui­vit son maître comme s’il était tenu par une corde.

    Arri­vé à la ferme, le vieil homme, un peu inquiet tout de même, fit sem­blant d’at­ta­cher l’âne au piquet.

    Durant la nuit un orage écla­ta. Réveillé en hâte, le pay­san regar­da par la fenêtre et vit que l’âne était tou­jours dehors, sous la pluie. Il se dépê­cha pour aller le ren­trer dans la grange.

    Mais il eut beau tirer, pous­ser et même taper son âne, celui-ci ne bou­geait pas.

    Déses­pé­ré le vieil homme ne savait plus com­ment s’y prendre lorsque sa femme arri­va. Elle fit alors le geste de reti­rer la corde.

    Aus­si­tôt l’âne sans aucune résis­tance la suivit.

    Sachons rire de nous-mêmes, cet âne, c’est par­fois nous, lorsque nous sommes incons­ciem­ment atta­chés à nos croyances !

    Réponse
  173. Di Girolamo

    …Sauf que les ânes .…pour les connaître un peu , savent très bien quand ils ont la corde autour du cou , et s’ils sont mal atta­chés ne mettent pas long­temps à s’en appercevoir !

    Pour res­ter avec nos amis les bêtes , j’ai vu un repor­tage superbe sur les cor­beaux ; notam­ment un test de l’in­tel­li­gence de maître cor­beau , certes pas plus bête que l’âne :
    le cor­beau , fer­mé dans une grande cage , avait pris l’ha­bi­tude de prendre un mor­ceau de nour­ri­ture , pla­cée dans une petite cage ; la nour­ri­ture étant située non loin du grillage de la petite cage le cor­beau n’a­vait qu’à s’ap­pro­cher , tendre son bec et déguster.
    Pour tes­ter ses pos­si­bi­li­tés de réflexion , on ne lui mit pas un miroir , la réflexion eut été trop simple à obte­nir ! mais on lui mis sa nour­ri­ture dans la petite cage , bien trop loin pour qu’il puisse s’en sai­sir ; à sa dis­po­si­tion dans sa cage un petit bâton ; notre cor­beau mis très peu de temps à s’en sai­sir par le bec et grâce à cet outil à récu­pé­rer sa nour­ri­ture à tra­vers la grille.
    Quelques jours plus tard , on pla­ça sa nour­ri­ture dans la petite cage mais on ne lui lais­sa pas le petit bâton ;
    on lui lais­sa un très très petit bâton atta­ché au bout d’une ficelle ; et on lais­sa une autre cage avec dedans un gros bâton qu’il ne pou­vait pas attra­per directement …
    Le plai­sir que nous ( ma femme et moi télé­spec­ta­teurs) fit ce cor­beau , en tour­nant en virant dans sa cage comme s’il réflé­chis­sait !.. ce qu’il fai­sait puisque peu de temps après , après avoir tour­né viré d’un point à un autre un moment , il s’est atte­lé à défaire la ficelle , à récu­pé­rer le très très petit bâton , à s’en ser­vir comme outil dans son bec pour récu­pé­rer le grand bâton enfer­mé dans la cage .…Puis armé de ce nou­vel et plus impo­sant outil il alla , au tra­vers du grillage , récu­pé­rer sa nourriture .…
    D’autres cha­pitres du repor­tage nous ont mon­tré que les cor­beaux japo­nais fai­saient à Tokyo des choses extra­or­di­naires , du genre faire leurs nids avec les cintres métal­liques qu’ils récu­pé­raient et tor­daient pour les mettre en place , comme jeter leurs noix sur les chaus­sées des routes pour les cas­ser ‚en cal­cu­lant l’al­ti­tude opti­mum , et même en veillant aux feus rouges pour évi­ter les voitures !
    Depuis ce docu­men­taire pas­sé récem­ment sans doute sur Arte , je ne regarde plus les cor­beaux de la même manière .
    Rap­por­té à nos pro­blèmes de socié­té .….Sachons rire jaune de nous mêmes.

    Réponse
  174. Di Girolamo

    Puis j’ai deman­dé au cor­beau de réflé­chir un peu encore :

    « Rem­pla­cer l’énergie par l’intelligence
    Au lieu de grands champs dédiés à la mono­cul­ture, les agri­cul­teurs pour­raient ain­si trou­ver dans la diver­si­té un moyen simple de lut­ter contre les mala­dies et para­sites : « Si on mélange des varié­tés dans un champ, les mala­dies ont plus de dif­fi­cul­té à se pro­pa­ger, assure Ber­nard Che­vas­sus-au-Louis. Des haies autour des ver­gers peuvent abri­ter des insectes qui deviennent des auxi­liaires de culture et évitent la pro­li­fé­ra­tion de pucerons ». »
    http://​www​.20mi​nutes​.fr/​a​r​t​i​c​l​e​/​8​5​7​6​0​8​/​a​g​r​i​c​u​l​t​u​r​e​-​c​u​l​t​i​v​e​r​-​e​c​o​l​o​g​i​q​u​e​m​e​n​t​-​i​n​t​e​n​s​i​v​e​m​e​n​t​-​p​o​s​s​i​ble

    Au lieu des grandes cités concentrationnaires,déhumanisantes et dévo­reuses d’éner­gie, dépen­dantes de l’a­tome , du pétrole, du gaz Russe …Si au milieu de ces haies, de ces champs , on rééqui­li­brait les ter­ri­toires , vers une socié­té plus simple , moins consom­ma­trice , qu’on redon­nait de l’es­pace à de petits métiers créa­teurs .…. à des mon­naies locales .…

    Réponse
  175. catherine

    C’est que les cor­beaux ont moins d’a prio­ri que nous, ils sont plus souples cog­ni­ti­ve­ment, moins figés que nous ne le sommes dans nos croyances, nous qui sommes englués dans la répé­ti­tion mala­dive mal­gré tous les déboires que nous cumu­lons tou­jours davantage.

    Nous ne savons pas réflé­chir, nous nous fai­sons réflé­chir par les autres et les autres, ce sont ceux qui se font entendre le plus dans la Cité, même quand nous sommes contre nous sommes encore pour car nous pre­nons alors le cadre de réfé­rence de notre pri­son, il fau­dra que je vous offre l’é­nigme des neufs points qui dit rapi­de­ment de quoi il s’a­git très sim­ple­ment. Nous remet­tons rare­ment en ques­tion le conte­nu de notre pseudo-discours^même si nous pen­sons avoir rai­son contre tous, nous ne fai­sons que répé­ter comme des per­ro­quets. Nous sommes des machines, si au moins nous pou­vions être des cor­beaux, il y aurait déjà du progrès !

    En fait ce que tu dis Georges, c’est très simple et c’est à tout à fait fai­sable tout de suite. Mais cha­cun sait, c’est le vécu qui nous le dit qu’il n’y a rien de plus com­plexe que de vou­loir reve­nir au simple, je vis ça tous les jours dans mon bou­lot. C’est Ein­stein d’ailleurs qui avait dit quelque chose de très juste dont j’ai oublié l’in­ti­tu­lé exact mais qui vou­lait dire que c’é­tait plus simple de construire une bombe ato­mique que de remettre en cause une idée…

    Un construc­ti­viste disait agis et tu sau­ras ce que tu penses, ça va com­plé­te­ment à contre cou­rant de nos habi­tudes, mais par­fois c’est rude­ment néces­saire d’a­gir comme ça !

    Réponse
  176. catherine

    Pas le temps de tout réécrire, je fais un copié-col­lé de ce que j’ai mis chez Post‑J.

    C’est le pro­blème à neuf points.

    ça consiste à relier entre eux neufs points, trois points sur une pre­mière ligne à égale dis­tance entre eux, trois points sur la seconde ligne juste en ‑des­sous de la pre­mière et une troi­sième ligne où il y a les points 3, comme ceux de la pre­mière et deuxième ligne.

    ça fait donc neuf points, 3 fois 3 =9 points.

    Il faut donc essayer de relier entre eux les neufs points que j’ai essayé de vous repré­sen­ter le mieux que j’ai pu au moyen de quatre lignes droites sans jamais lever le crayon.

    Bon, allez à plus tard, ne déses­pé­rez pas, c’est très ins­truc­tif de se sou­mettre à ce petit exercice.

    Je ne connais qu’une seule per­sonne à avoir réus­si, il est alle­mand et fait des études de mathématiques !

    A vos méninges !

    Réponse
  177. Di Girolamo

    Agis et tu sau­ras ce que tu penses.
    Cela peut se conce­voir pour l’individu mais pas pour la socié­té pour laquelle le mode d’action est poli­tique. Pour une socié­té il faut dire : dotes toi d’une orga­ni­sa­tion poli­tique per­met­tant d’agir et tu sau­ras ce que tu penses.
    Le mode d’organisation poli­tique actuel est ges­tion sec­to­rielle des pro­blèmes que ren­contre la socié­té : cette orga­ni­sa­tion induit des gou­ver­nances court terme, tech­ni­ciennes, écla­tées, sans vision d’ensemble, sans pro­jec­tion dans l’a­ve­nir ; de ce fait la cohé­rence d’ensemble est don­née par les méca­nismes éco­no­miques et finan­ciers et par der­rière pro­fite aux acteurs éco­no­miques puissants.
    Il n’y a pas de pilote dans l’avion.
    Nous avons donc un sys­tème poli­tique orga­ni­sé pour subir.
    Le pro­blème n’est donc pas la liber­té d’action ou d’expression ; quoiqu’on fasse ou dise, nous sommes indi­vi­duel­le­ment ou col­lec­ti­ve­ment ava­lé par ce cadre fon­da­teur qui est orga­ni­sé de tel sorte qu’il est impos­sible d’agir.
    La com­plexi­té induite par la ges­tion sec­to­rielle dans les dif­fé­rents sec­teurs d’activité , joue le rôle du des­tin : c’est ain­si , nous n’avons pauvres humains qu’à nous sou­mettre à un monde qui nous dépasse , et mer­ci à nos diri­geants cos­tu­més qui se dévouent pour le bien com­mun , votons pour le plus sérieux , celui qui ras­sure le plus , qui peut pré­ser­ver de l’ordre dans cette toile d’araignée de com­plexi­té , celui qui pro­tè­ge­ra ce qui nous reste et qui est encore beaucoup..

    C’est la rai­son pour laquelle ce blog est inté­res­sant ; il ne dit pas il faut 3 points de TVA en plus ou en moins, ou ceci ou cela , il dit : il faut réflé­chir à l’organisation de la gouvernance.
    Il faut ten­ter de mettre en œuvre une pro­po­si­tion d’une orga­ni­sa­tion de la gou­ver­nance per­met­tant d’agir , ou de redon­ner le pou­voir au peuple , ce qui est la même chose.

    Réponse
  178. catherine

    Le pilote dans l’avion, ce serait la cible et la cible n’est pas défi­nie de notre point de vue, alors for­cé­ment ça abou­tit à CE à quoi ça abou­tit, c’est-à-dire n’importe quoi, on se fait cibler par les autres faute de l’a­voir défi­ni, la nôtre, de cible.

    Mais atten­tion, ce n’est pas n’importe quoi pour tout le monde et c’est cela qu’il faut avoir en tête car toute chose, tout phé­no­mène dépend tou­jours du point de vue qui le regarde.

    Ce n’importe quoi est n’importe quoi de notre point de vue, le nôtre, celui des gou­ver­nés, mais du point de vue des « puis­sants » je parle ici du sou­tè­ne­ment véri­table de la machine dévo­reuse d’humanité, pas des pseu­do-gou­ver­nants qui se gaussent de gou­ver­ner mais qui ne font qu’obéir aux forces prin­ci­pielles( prin­ceps= plus ou moins, le prince, d’où les relents machiavéliques!)qui les actionnent.

    De leur point de vue à eux, de ces connexions essen­tielles, c’est tout sauf n’importe quoi.

    C’est une arti­cu­la­tion fine et sub­tile et tra­vaillée dans l’in­gé­nio­si­té qu’il faut saluer quand même, soyons bons princes, com­po­si­tion de rap­ports qui agit et inter­agit pour construire la dé-construc­tion d’aujourd’hui, mais si ça décons­truit l’ordre que nous avions en tête, que nous vou­lions a mini­ma, de l’autre ça construit, et ça construit puis­sam­ment un ordre pré­cis, celui qu’il vou­lait mettre au monde un monde par­ti­cu­lier et dont ils ont accou­ché, le bébé est un état qui se veut sou­ve­rain dans les mots mais qui dans les faits a per­du toute sa sou­ve­rai­ne­té au pro­fit de cer­tains par­ti­cu­liers, la com­mu­nau­té est morte et enter­rée, la cible est atteinte.

    Il nous revient de défi­nir clai­re­ment ce que nous appe­lons démo­cra­tie et ensuite nous ver­rons quelles sont les fausses démo­cra­ties, ce sera déjà faire un pas en avant en fai­sant cela.

    Com­men­cer à débrous­sailler l’épaisse forêt de nos déter­mi­nismes foi­reux, de nos sté­réo­ty­pies de pen­sée qui s’é­puisent à force d’être répé­tées, c’est enle­ver les sur­plus, c’est net­toyer, c’est enle­ver les mau­vaises herbes qu’il nous faut, déso­béir à ce qui contre­vient à l’hu­main et donc aus­si défi­nir ce qu’est un humain libre, bref c’est pré­pa­rer notre terre, la terre sur laquelle se pose­ra pos­si­ble­ment un germe de quelque chose et cha­cun sait que si le germe est étouf­fé par des herbes, il meurt avant même d’avoir pu déployer toutes les infor­ma­tions de son deve­nir qui étaient pour­tant conte­nues dans le germe !

    Réponse
  179. catherine

    Et comme per­sonne ne sait vrai­ment ce qu’est une démo­cra­tie, il faut consi­gner tout ce qu’elle n’est pas et de là sor­ti­ra une forme qui n’est pas encore for­mée car elle se for­me­ra à ce moment là, et seule­ment à ce moment là.

    Réponse
  180. catherine

    Repris sur Post‑J afin de ne pas vous lais­ser sur votre faim ! il s’a­git de l’é­nigme des neufs points et de sa solu­tion, et sur­tout de ce que ça ren­voie en terme de réponse pos­sible à la pseu­do-énigme d’au­jourd’­hui qui n’en est qu’une que parce que nous consen­tons à res­ter dans la pri­son concep­tuelle qu’a for­gé cette même pri­son, il faut donc en sor­tir de ce cadre pour espé­rer s’en libé­rer, sinon, on peut encore écrire long­temps, on sera mort avant que ce sys­tème pour­ri ne s’éteigne !

    bart dit :
    21 décembre 2011 à 21:06

    Faux !

    c’est Mona – Lisa qui a trou­vé la solution !!

    http://​www​.naute​.com/​e​n​i​g​m​e​s​/​e​n​i​g​m​e​2​1​.​p​h​tml

    à moins que ce ne soit le gorille…

    🙂
    Répondre

    cathe­rine dit :
    21 décembre 2011 à 21:35

    Ah, Bart, ça revient à man­ger le fruit trop tôt ce que vous faites !

    ça vou­lait ren­voyer cette énigme,que celui qui essaie, qui essayait de la résoudre avant que n’arrive le bougre de Bart, part du pos­tu­lat qui rend impos­sible toute solution.

    Pour­quoi ?

    Car le pos­tu­lat est que les points forment un car­ré et que la solu­tion doit être trou­vée dans les limites de ce car­ré, condi­tion qu’il s’est impo­sé lui-même et qui ne se trouve nulle part dans l’énoncé.

    Le fait que le cher­cheur n’arrive pas à trou­ver de solu­tion ne tient donc pas à l’impossibilité de la tâche mais à la nature de la solu­tion ten­tée.

    Une fois qu’il a fabri­qué le pro­blème, peu importe quelle com­bi­nai­son de quatre lignes il essaie et dANs quel ordre, il finit tou­jours par se retrou­ver avec un point soli­taire qui n’est pas relié aux autres.

    La solu­tion est d’opérer un chan­ge­ment de sys­tème et de se relier avec ce que disait ce sacré Ein­stein, qu’un pro­blème ne savait être réso­lu qu’en sor­tant du sys­tème de pen­sée qui l’avait fait naître, tant qu’on reste dedans, c’est peine perdue.

    À bon enten­deur salut !

    sans ran­cune Bart !

    Gorille­ment vôtre

    Réponse
  181. RHC

    Bon­jour à tous et toutes

    @Chris06

    « quelle limite pen­sez-vous mettre aux désirs ? »

    Les dési­rs humains sont instable de nature, et ils évo­luent dans un pro­ces­sus tout au long de la vie et de son envi­ron­ne­ment(cog­ni­tif, lan­gage de concept). Si la théo­rie du « pro­blème éco­no­mique » dont le but est de clas­si­fier les dési­rs soit assez fiable pour que nous puis­sions les mettre en pra­tique, il nous faut accep­ter cette com­plexi­té et faire en sorte qu’elle soit res­pec­tée.. Le pro­blème se trouve là, a‑t-on res­pec­té l’a­vis de citoyen à citoyen et citoyens aux diri­geants pour déci­der d’ap­pli­quer une poli­tique éco­no­mique dans un pays ?

    « Alors, que faire ? Aban­don­ner ces fou­taises, ce « pro­blème éco­no­mique », ces « théo­ries de la valeur », ces « dési­rs illi­mi­tés » et se concen­trer sur ce qu’il faut pro­duire pour que tous les humains puissent vivre dignement ? »

    Actuellement,on ne devrait pas lais­ser à (1 à 6% ) de la popu­la­tion de déci­der et impo­ser dans le monde ce genre théo­rie avec cet arte­fact « valeur ». (c’est une approxi­ma­tion d’ordre pra­tique sim­pli­fier , il en résulte quelque indi­vi­dus (expert) peuvent ins­tru­men­ta­li­ser et impo­ser leur puis­sance à leur envi­ron­ne­ment et à la socié­té).
    Les dan­gers sont :

    – Les cou­tumes poli­tiques d’é­mo­tions et d’é­goïsmes se mani­festent automatiquement.
    – Les conflits des dif­fé­rents concepts struc­tu­rels se manifestent.
    – L’au­to­no­mi­sa­tion de la vie sociale tombe dans l’oublie.

    La finance contrôle l’é­co­no­mie et ses recherches, regar­dons objec­ti­ve­ment l’é­tat du monde.
    Il y a quelque chose qui cloche …

    Ami­ca­le­ment,

    Réponse
  182. Di Girolamo

    Je reviens plus haut au com­men­taire 33. 
    Le ven­dre­di 30 décembre 2011 à 19:31, par Étienne,

    au sujet des lois concer­nant la pos­si­bi­li­té pour l’État de créer la mon­naie et de se finan­cer direc­te­ment ; A Bei­tone dans son docu­ment cite l’ar­ticle 25 de la loi de 1973 « Le tré­sor public ne peut être pré­sen­ta­teur de ses propres Effets à l’escompte de la Banque de France » et l’ar­ticle 13 de la loi du 24 juillet 1936 « Tous les Effets de la dette flot­tante émis par le Tré­sor Public et venant à échéance dans un délai de trois mois maxi­mum sont admis sans limi­ta­tion au rées­compte de l’Institut d’é­mis­sion, sauf au pro­fit du Tré­sor Public ».

    Ce qui lui per­met de conclure

    « Ce qui veut donc dire que dès cette époque le Tré­sor ne pou­vait être le pré­sen­ta­teur de ses propres effets à l’escompte. »

    J’ai du mal à m’y retrou­ver ! Est ce que quel­qu’un peut éclair­cir le sujet ?

    Réponse
  183. catherine

    En lien avec l’his­toire de l’âne( mes­sage 183)!

    L’illusion de l’attachement, du joug, c’est plein pot ce que l’on vit aujourd’hui.

    Nous nous ima­gi­nons, ou plu­tôt, nous nous fai­sons ima­gi­ner, pen­ser, par cer­taines “auto­ri­tés” qui ne sont pas sans pro­duire cer­tains effets sur nous tous, que tout ce que nous vivons, subis­sons, est cause de notre endettement.

    C’est oublier de voir que cet endet­te­ment auquel nous consen­tons à croire, auquel nous consen­tons à pen­ser, et auquel nous concé­dons par le fait même d’y croire, à lais­ser créer petit à petit, un réel qui devient par le fait même d’y croire, un réel plus réel que réel, et bien, que ce pseu­do-réel est un conte, un songe, mais c’est un un songe qui ment, un ment-songe.

    En psy­cho­pa­tho­lo­gie, on appelle ça, une néo-réa­li­té, un dé-lire quoi, ni plus ni moins.

    Un dé-lire, c’est à dire un lire de côté, un lire de guin­gois, de guin­gois par rap­port à ce qui était écrit, posé, lu, au départ, et qui devient par son mal-posé, mal- écrit et donc mal-lu ensuite une mal- a dit, hors du sillon de ce sillon pre­mier, pour les puristes c’est ça, un délire !

    Le glis­se­ment “patho­lo­gique” s’est construit sur la dif­fé­rence entre CE qui était, le sillon, et CE que l’on a dit de Ce qui était, hors de ce sillon.

    Et ça a construit dans l’intervalle mau­dit, entre ce qui est et ce que l’on dit de ce qui est, une réa­li­té bien réelle celle-là, comme quoi les croyances c’est bien mieux que les véri­tés et ce sont elles qui mènent le monde.

    Bref, d’autres marques ont été mar­qué dans la Pierre ose­rais-je dire, et ces marques-là, elles brûlent même si au départ elles étaient pure­ment ima­gi­naires, l’imaginaire auquel on croit finit bel et bien par construire une réa­li­té pré­gnante et vivante.

    Men­tez, men­tez, à force d’être répé­tés les men­songes fabriquent des véri­tés, c’est un chantre du natio­nal socia­lisme qui disait cela, et il n’avait pas tout à fait tort !

    Réponse
  184. PRabourdin

    Qu’est ce qu’un état riche comme la France ?

    Des actifs qui ven­dus au pro­fit de chaque Fran­çais per­met­traient à cha­cun de rece­voir quelque chose comme 100 000 euros !

    On com­prend qu’il est com­mode dans ces condi­tions pour lui , l’É­tat fran­çais , d’emprunter en gageant une infime par­tie de sa richesse. Mais non, on doit payer à des épar­gnants amé­ri­cains des assu­rances des banques un taux d’intérêt pro­hi­bi­tif , parce qu’une agence de nota­tion qui a par­ti­ci­pé acti­ve­ment à pour­rir la finance mon­diale en
    cer­ti­fiant des créances sub­primes, en décide ain­si. Et la France doit obéir ! Parce que la colère du retrai­té US est ter­rible, ain­si que celle des ban­quiers que les états viennent juste de ren­flouer ! Et que pou­vons nous faire nous mal­heu­reux Fran­çais avec nos sous marins nucléaires fur­tifs face à ce gang de vieillards ? Je vous le demande ?
    Nous ne pou­vons que payer ! Évidemment !

    À part ça, escomp­ter des effets sans que le tré­sor public en béné­fi­cie( et donc auprès du pri­vé , comme Bei­tone le cuistre et l’embrouilleur ne le pré­cise pas) c’est un tour de passe passe , qui oblige l’é­tat à ache­ter de l’argent au pri­vé ! Pauvre état armé jus­qu’au dent qui doit se cou­cher devant les banques pri­vées… Blum a lui aus­si été obli­gé de bouf­fer son cha­peau parce qu’il dépen­dait bud­gé­tai­re­ment de ces gens-là.

    Pour ceux qui ne com­pren­draient pas pour­quoi les gen­tils occi­den­taux , inti­me­ment démo­crates, ont dénon­cé le pacte fran­co russe d’as­sis­tance mutuelle de mai 1935 (pacte iden­tique à celui signé par les mêmes avant 14–18 pour obli­ger les alle­mands à atta­quer sur deux fronts) en pac­ti­sant avec Hit­ler en 38 soit AVANT le pacte ger­ma­no sovié­tique et non APRÈS, lui don­nant ain­si le feu vert pour aller cas­ser la gueule aux russe, accords de Munich dénon­cé par le seul groupe com­mu­niste au parlement ,
    je conseille les tra­vaux d’An­nie Lacroix Riz – mille mer­cis à Étienne Chouard pour cette révé­la­tion – dont les confé­rences sont vision­nables sur le Net et uni­que­ment sur le Net. Aucune chance pour que cela passe à la télé ou qu’un jour­na­liste en parle !


    Le choix de la défaite‑1/4 par Libre_

    Réponse
  185. tripar

    L’ar­ticle de Bei­tone ? Le Point de Godwin

    Réponse
  186. Étienne

    Bon­soir à tous,

    Pour les rendre visibles, je repro­duis ici les deux mes­sages (impor­tants) que j’ai pos­tés à Danielle Blei­trach, sur son blog (http://​his​toi​reet​so​ciete​.word​press​.com/​2​0​1​1​/​1​2​/​2​9​/​l​a​-​r​u​m​e​u​r​-​e​t​-​l​e​x​t​r​e​m​e​-​d​r​o​i​t​e​-​l​a​-​l​o​i​-​p​o​m​p​i​d​o​u​-​g​i​s​c​a​r​d​-​r​o​t​h​s​c​h​i​l​d​-​v​o​t​e​e​-​e​n​-​1​9​7​3​-​e​m​p​e​c​h​e​r​a​i​t​-​l​e​t​a​t​-​d​e​-​b​a​t​t​r​e​-​m​o​n​n​a​i​e​-​p​a​r​-​a​l​a​i​n​-​b​e​i​t​o​ne/) :

    Étienne Chouard
    décembre 30, 2011 at 9:22

    Chère Danielle,

    J’arrive ici gui­dé par le buzz créé par l’article d’Alain Bei­tone, et je tombe sur ton com­men­taire (30 déc. à 8 h 09) qui me laisse un peu pantois.

    Ça fait six ans que je te lis et que j’apprécie sou­vent au plus haut point ton exi­gence et ton sou­ci de jus­tice sociale. Je ne déve­loppe pas.

    Mais ce que je lis aujourd’hui sous ta plume est tout à fait injuste. Je vais t’expliquer pourquoi.

    Je n’appartiens à aucun groupe, rigou­reu­se­ment aucun, et c’est par prin­cipe : je tiens plus que tout à gar­der ma totale liber­té de pen­ser et je me tiens à l’écart des par­tis, de leur “ligne” (que je consi­dère comme un dogme), de leurs prêtres, de leur police de la pen­sée, de leur haine de tous les autres par­tis ou presque, je m’en tiens à l’écart avec un soin rigoureux.

    Bien sûr, cela ne veut pas dire que je ne m’engage pas et tu sais que je me bagarre pas­sion­né­ment pour le bien com­mun comme les autres mili­tants, et je suis proche de plein de copains qui, eux, bien sûr, sont dans des par­tis ou dans des syn­di­cats : en effet, dans un régime de gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif, régi par un sys­tème élec­to­ral à base de can­di­da­tures, on n’a aucune chance comme homme seul, on ne vit poli­ti­que­ment que regrou­pés. C’est donc logique de leur part ; tout ça est normal.

    Il se trouve que, défen­dant la démo­cra­tie, la vraie, et le suf­frage uni­ver­sel, le vrai (celui où les citoyens votent EUX-MÊMES leurs propres lois, et pas leurs repré­sen­tants ; au moins à l’Assemblée consti­tuante, mère de toutes les puis­sances et impuis­sances), et cher­chant à iden­ti­fier la cause des causes des injus­tices sociales, de toutes les injus­tices sociales, j’intéresse de façon trans­ver­sale des gens de toutes condi­tions : mili­tants ou novices, de gauche, du centre ou de droite, y com­pris des pré­ten­dues “extrêmes” des deux côtés… Ce sont donc les gens qui s’intéressent à mon tra­vail et pas moi qui cherche à inté­grer des groupes.

    Évi­dem­ment, je les laisse faire ; com­ment pour­rais-je d’ailleurs faire autre­ment ? Tu aurais l’air fine, toi-même Danielle, si Marine Le Pen (je prends exprès celle que tu détestes sans doute le plus, mais peu importe, c’est un exemple) si MLP, donc, se met­tait à t’adorer, à te citer sans arrêt, à te tres­ser des louanges par­tout à la télé, à reprendre tes pro­pos et même à déve­lop­per ta pen­sée sur des thèmes où elle te sur­pren­drait peut-être en t’aidant toi-même à appro­fon­dir tes ana­lyses… Que ferais-tu ? Tu n’y pour­rais pas grand-chose, Danielle : et il te fau­drait te rendre à l’évidence que “les idées appar­tiennent à ceux qui s’en emparent”, autre­ment dit : aucune idée n’appartient à qui que ce soit (ni à quelque par­ti que ce soit). Et tu n’es PAS res­pon­sable de ceux qui aiment ta pensée.

    Tu n’es PAS res­pon­sable de ceux qui te sou­tiennent. Cha­cun ses idées. Mais tu pour­rais faire contre mau­vaise for­tune bon cœur et tâcher de tirer le meilleur par­ti de ce à quoi tu ne peux rien. ET EN PARLANT AVEC (Marine Le Pen ou une autre), TU TE RENDRAIS PEUT-ÊTRE COMPTE QUE TU TE TROMPAIS SUR SON COMPTE. Ce que je viens de dire est valable de façon uni­ver­selle : en chan­geant les deux per­son­nages, ça marche à tous les coups. J’insiste.

    À l’occasion de nom­breuses confé­rences, donc, soit pour les orga­ni­ser, soit au cours des débats, je ren­contre des gens de tous hori­zons, ce que je trouve d’ailleurs extra­or­di­nai­re­ment enri­chis­sant et vivifiant.

    Je découvre ain­si, pour prendre un exemple bien mar­qué, moi qui pen­sais (sot­te­ment) que les roya­listes étaient tous for­cé­ment des salauds anti­so­ciaux, des par­ti­sans d’une socié­té de pri­vi­lèges, je découvre qu’il existe des roya­listes, catho­liques pra­ti­quants, d’une gen­tillesse irré­pro­chable avec un sin­cère sou­ci constant du bien com­mun. Je répète : avec un sou­ci constant du bien com­mun. Moi, ça me parle, ça. Alors bien sûr, de mon point de vue, le roya­lisme est une folie pure, la porte ouverte à tous les abus de pou­voir, à tous les pri­vi­lèges, aux pires injus­tices… Bien sûr. Mais, ça m’intéresse de COMPRENDRE ce qui se passe dans la tête d’un roya­liste de bonne foi et plu­tôt “nor­mal” : com­prendre pour pro­gres­ser soi-même et/ou pour aider l’autre à pro­gres­ser aus­si. Je trouve ça plus malin, pour favo­ri­ser la concorde et la paix civile, que la guerre de tran­chées poli­tique que nous imposent les partis.

    Ce dont je suis sûr en tout cas, c’est que si j’affirme que “tous les roya­listes sont tous des salauds et que je lutte contre eux et que je ne veux même pas leur par­ler, ce sont des fas­cistes…”, ils ne chan­ge­ront cer­tai­ne­ment pas d’un mil­li­mètre ; ils vont même pro­ba­ble­ment se radi­ca­li­ser et deve­nir PIRES que si nous avions régu­liè­re­ment échan­gé nos points de vue de bonne foi.
    Pareil pour moi.
    Pareil pour tout le monde.
    La démo­cra­tie, de mon point de vue, c’est “orga­ni­ser des ins­ti­tu­tions pour nous obli­ger nous-mêmes à écou­ter tous les points de vue avant de déci­der quoi que ce soit, sujet par sujet” (et PAS groupe de sujets d’une ligne de par­ti par groupe de sujets d’une ligne de par­ti) : je peux très bien être en pro­fond désac­cord sur la posi­tion de mon roya­liste sur l’avortement ou sur la peine de mort, mais par­fai­te­ment d’accord et en lutte côte à côte avec lui contre un enne­mi com­mun à pro­pos des retraites.

    Je trouve cette der­nière pos­si­bi­li­té extrê­me­ment impor­tante dans une socié­té de citoyens-adultes : nous devrions tous pou­voir nous confron­ter idée par idée.

    Alors que les par­tis, défen­seurs du faux “suf­frage uni­ver­sel” (pour conti­nuer à tout déci­der à la place des autres), les par­tis nous condamnent à la seule confron­ta­tion pack d’idées par pack d’idées, à n’être et ne res­ter que des élec­teurs-enfants, tout juste bons à dire oui ou non pour une “ligne” de par­ti, à prendre ou à lais­ser, en bloc.

    Je trouve ça pro­pre­ment INFANTILISANT. De mon point de vue, on est là à mille lieues d’une démo­cra­tie digne de ce nom.

    Quand même, je dois dire que, quand je tombe sur un authen­tique salaud, un loup, un pré­da­teur indé­crot­table (il y en a, peu, mais il y en a), je n’arrive pas à dis­cu­ter aus­si bien qu’à l’accoutumée et à rap­pro­cher les points de vue, c’est sûr.

    Mais cela n’arrive pas si sou­vent que ça et bien sou­vent, les fron­tières par­ti­sanes sont tota­le­ment irra­tion­nelles et contre-pro­duc­tives pour les luttes sociales ; je le dis sou­vent comme ça : les par­tis nous empêchent de fra­ter­ni­ser. Je l’ai par­ti­cu­liè­re­ment (mal) vécu quand les mul­tiples petits par­tis de gauche ont été INCAPABLES de fusion­ner, de faire UN pour nous per­mettre de nous unir enfin : chaque par­ti a une logique pro­fes­sion­nelle de sur­vie et un inté­rêt en tant que sys­tème qui est, je crois, contraire aux inté­rêts des membres du par­ti lui-même.

    Je peux me trom­per, bien sûr, mais c’est comme ça que je vois le réel.

    Donc, je n’ai pas, mais pas du tout, d’approche par­ti­sane : je cherche les bonnes idées PARTOUT. Et ça, pour les par­ti­sans qui m’aiment bien, c’est par­fois vécu comme une tra­hi­son : je peux le com­prendre, mais ça ne me fera pas chan­ger : je suis un esprit libre. Fra­ter­nel et paci­fiant, autant que pos­sible, mais libre.

    Bon, alors, quand les gars d’Égalité et récon­ci­lia­tion orga­nisent une réunion pour par­ler de la démo­cra­tie, je ne suis pas bêcheur : pour par­ler de la démo­cra­tie (la vraie), je fais rare­ment des manières, je viens. Et quand ils veulent en par­ler avec moi, je leur parle. Oui oui, je leur parle. Et le croi­rais-tu, on s’enrichit à cela, même avec ceux qu’on aurait eu ten­dance à consi­dé­rer comme des affreux.

    Il y a un pro­verbe chi­nois qui dit : “Les véri­tés qu’on aime le moins à apprendre sont celles que l’on a le plus d’intérêt à savoir.”
    Je pense que c’est la même chose avec les gens qu’on n’aime pas rencontrer.

    Il y a une autre façon (impor­tante) de le dire :
    J’ai besoin de mes adver­saires pour progresser.

    Autre­ment dit, quand je ne suis qu’avec des copains qui pensent comme moi (ce qui est évi­dem­ment assez confor­table), je ne pro­gresse pas, ou peu.

    Je suis inti­me­ment convain­cu de cela, Danielle, et c’est pour ça que tu me ver­ras débattre avec des gens que tu consi­dères comme des salauds.

    Pour­tant ça ne fait pas de moi un salaud, Danielle.
    Je ne suis pas un salaud.

    Alors quand je lis ce que tu dis pour me dis­cré­di­ter, en bloc, de la même façon qu’Alain Bei­trone d’ailleurs, de façon par­ti­sane et sec­taire : “il a mis les pieds dans le camp oppo­sé et il a par­lé aux enne­mis, c’est donc deve­nu un enne­mi, il ne faut même plus le lire…”, je suis déçu, Danielle. Voilà.

    Quand tu racontes que le groupe d’E&R “a pour assise de masse l’université popu­laire d’Aix Mar­seille, l’organisation de Michel Onfray” (sic, sic et resic), ce sont des ragots, des rumeurs, des can­cans, des com­mé­rages, faits de détails réels més­in­ter­pré­tés et mon­tés en épingle avec mal­veillance, sans aucun fon­de­ment : c’est indigne de toi.

    Voyons les FAITS :
    1) Je ne suis évi­dem­ment pas à E&R, pas plus qu’à n’importe quel groupe.
    2) il n’y a aucun rap­port entre E&R et l’UP d’Aix, que je sache.
    3) L’UP d’Aix n’a (mal­heu­reu­se­ment) aucune “assise de masse” (le terme même est amusant).
    4) Il n’y a d’ailleurs presque aucun lien (si ce n’est affec­tif, sans doute), que je sache, entre l’UP d’Aix et Michel.
    5) Faute de temps, je ne mets plus les pieds à l’UP depuis deux ans.
    6) je n’ai besoin de per­sonne pour “lais­ser vibrer” en moi ce que tu appelles la “fibre natio­nale” : selon moi, Robes­pierre, ce grand homme, a pen­sé et défen­du le concept génial de nation pour pro­té­ger le peuple contre ses enne­mis ; je ne vais pas lais­ser salir cet outil indis­pen­sable de jus­tice sociale pour satis­faire un aya­tol­lah ou un Tor­que­ma­da de pas­sage. Je n’ai besoin d’aucun groupe pour me mon­trer com­ment défendre l’État et la nation contre les “mon­dia­listes”. Je crois être (deve­nu) un “sou­ve­rai­niste de gauche”, je ne suis mû que par le goût du bien com­mun, je ne suis can­di­dat à rigou­reu­se­ment rien, je cherche à ins­ti­tuer dura­ble­ment une socié­té paci­fiée de citoyens adultes qui votent eux-mêmes leurs lois et où aucun pou­voir, pas même celui du peuple assem­blé, ne soit à l’abri d’un contrôle réel quotidien.

    Ça va être com­pli­qué de démon­trer que je suis un nazi… ni de près ni de loin.

    Je lis et j’écoute les par­ti­sans, je lis les pen­seurs (Orwell, Chom­sky, Robes­pierre, Lasch, Rous­seau, Toc­que­ville, Marx, Keynes, Hayek, Lor­don, Sapir, Todd, Épi­cure et Démo­crite, Cas­to­ria­dis, etc. etc.); ils m’intéressent TOUS, mais je n’ai pas de maître, pas de foi, je suis “open”.

    Donc, ce serait bien de ne pas col­por­ter de fausses nou­velles sur mon compte, s’il te plaît. Je t’aime bien, et cela sur­plombe évi­dem­ment ces petites ani­croches, mais là, c’est juste déconnant.

    Sans ran­cune, aucune.

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​ope

    Réponse
  187. Étienne

    Deuxième mes­sage envoyé chez Danielle, à Pam qui me reproche de ne pas inté­grer le concept de CLASSES dans ma réflexion. C’est là :
    http://​his​toi​reet​so​ciete​.word​press​.com/​2​0​1​1​/​1​2​/​2​9​/​l​a​-​r​u​m​e​u​r​-​e​t​-​l​e​x​t​r​e​m​e​-​d​r​o​i​t​e​-​l​a​-​l​o​i​-​p​o​m​p​i​d​o​u​-​g​i​s​c​a​r​d​-​r​o​t​h​s​c​h​i​l​d​-​v​o​t​e​e​-​e​n​-​1​9​7​3​-​e​m​p​e​c​h​e​r​a​i​t​-​l​e​t​a​t​-​d​e​-​b​a​t​t​r​e​-​m​o​n​n​a​i​e​-​p​a​r​-​a​l​a​i​n​-​b​e​i​t​o​ne/

    Étienne Chouard
    jan­vier 1, 2012 at 12:45

    @ Pam

    Lutte des classes et faux “suf­frage universel”.

    Je crois (j’observe) effec­ti­ve­ment que LA LUTTE DES CLASSES FAIT RAGE comme jamais.

    Donc, loin de moi l’idée de nier ce fait de socié­té majeur.
    Ce n’est pas par là que nous serons en désaccord.

    Au contraire : non seule­ment je ne le nie pas, mais je cherche les causes pro­fondes qui per­mettent depuis 200 ans à une classe sociale de se goin­frer au-delà de tout ce qui s’était vu sur terre jusqu’à notre époque.

    Et il me semble (c’est ce que je dis dans toutes mes confé­rences) que ce qu’on appelle (trop gen­ti­ment) “le capi­ta­lisme” n’est pos­sible qu’en pre­nant LE CONTRÔLE TOTAL DE LA PRODUCTION DU DROIT, pour pro­duire — comme on le voit — UN DROIT INJUSTE, un droit cruel, qui sou­met presque tota­le­ment les pro­lé­taires (les non pro­prié­taires) au bon vou­loir féo­dal des pro­prié­taires des moyens de production.

    Sou­cieux d’efficacité pra­tique et remon­tant vers la source, cher­chant la racine, vers ce qu’Hérodote appe­lait “la cause des causes”, je me demande “Mais QUI donc écrit ce droit inique ?” et je constate que les par­le­men­taires et les gou­ver­ne­ments qui l’écrivent sont presque TOUJOURS élus à l’issue d’une CAMPAGNE ÉLECTORALE RUINEUSE qui en fait — méca­ni­que­ment, sys­té­ma­ti­que­ment, PAR CONSTRUCTION — les DÉBITEURS de leurs finan­ciers. Je ne parle pas des com­mu­nistes, jamais élus en majo­ri­té, je parle des élus qui font majo­ri­té et qui décident tout à notre place depuis 200 ans.

    Certes, la sou­mis­sion par la dette est une vieille affaire, mais la pos­si­bi­li­té de s’en ser­vir en matière poli­tique à grande échelle n’a que 200 ans, je crois : ça s’appelle “le gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif”, ça n’a RIEN à voir avec la démo­cra­tie, c’en est même le strict CONTRAIRE (ça prive le demos de tout cra­tos réel), et ça REND POSSIBLE LE CAPITALISME.

    Pire : ÇA LE VERROUILLE durablement.

    Autre­ment dit, tant qu’on n’aura pas réglé ça, tant qu’on res­te­ra dans la CAGE POLITIQUE de “l’élection par­mi des can­di­dats” (le faux “suf­frage uni­ver­sel”), on ne sor­ti­ra pas du capi­ta­lisme, qui est bien ver­rouillé grâce à cette pro­cé­dure géniale qui donne la qua­si tota­li­té du pou­voir poli­tique aux riches du moment.

    Et je sou­ligne ce para­doxe éton­nant que les ouvriers et employés que nous sommes, inci­tés en cela par nos par­tis (et c’est peut-être ça, l’explication du para­doxe qui nous conduit à nous empri­son­ner nous-mêmes dans la cage de l’élection, il fau­dra reve­nir sur ce point), nous défen­dons comme une vache sacrée ce faux “suf­frage uni­ver­sel”, comme s’il était l’alpha et l’oméga de notre éman­ci­pa­tion et de notre liberté.

    ALORS QUE, à l’évidence, nous n’avons JAMAIS, ou qua­si­ment jamais, gagné une élec­tion : même en 1936 (sym­bole remâ­ché de “vic­toire élec­to­rale pour le peuple”), il n’y avait aucun pro­po­si­tion sociale dans le pro­gramme de Blum et de son ministre des finances Auriol, qui avait même (comme tous ses pré­dé­ces­seurs sous la IIIe) été pro­mettre au Gou­ver­neur de la très pri­vée Banque de France et éga­le­ment Pré­sident du Comi­té des Forges (MEDEF de l’époque), Auriol, donc, avait été pro­mettre devi­nez quoi : Auriol avait été, comme tous les autres ÉLUS, pro­mettre au chef des patrons et à la fois chef des ban­quiers QU’IL NE MONTERAIT PAS LES SALAIRES ! Résul­tat miteux, sur l’essentiel, acquis par l’élection, donc.

    Ce n’est que la grève géné­rale — avec occu­pa­tions d’usines dans tout le pays — à qui nous devons les congés payés et la semaine de 40 heures ; beau­coup plus qu’à l’élection.

    Donc, obser­vant que nous per­dons tou­jours toutes les élec­tions (et nous per­drons 2012 comme les autres, pas besoin d’être devin pour le savoir), nous les pro­lé­taires, nous pour­rions prendre acte de ce que l’élection est RÉELLEMENT un piège à cons, une pro­cé­dure PAR ESSENCE aris­to­cra­tique — DONC oli­gar­chique — qui per­met aux riches, TOUJOURS ET PARTOUT, d’acheter le pou­voir poli­tique et d’ensuite faire écrire un droit qui leur est favo­rable par ceux qu’ils ont mis au pou­voir (et qu’ils remet­tront au pou­voir s’ils sont bien obéis­sants) : ça s’appelle “le capitalisme”.

    Donc, les deux ont 200 ans : faux “suf­frage uni­ver­sel” et “capi­ta­lisme”.

    Coïn­ci­dence ?

    Je ne crois pas, pré­ci­sé­ment, et c’est ma thèse : l’un a ren­du l’autre possible.

    Et les (for­mi­dables) excep­tions ne doivent pas nous trom­per, pour un Allende, com­bien de Bush ou Sarkozy ?

    Donc, je sug­gère que les com­mu­nistes m’entendent un peu (au moins) et que nous en par­lions, parce que j’ai l’impression que nous visons la même chose, la jus­tice sociale, mais par des che­mins dif­fé­rents. Une telle situa­tion devrait nous conduire à nous par­ler pour pro­fi­ter cha­cun de la réflexion de l’autre.

    —–

    Par ailleurs, Pam, vous sem­blez défendre la “dic­ta­ture du pro­lé­ta­riat” et ce sera sûre­ment un point de vif désac­cord entre nous parce que, de mon point de vue, TOUTES LES DICTATURES SONT DES SALOPERIES, même celle du pro­lé­ta­riat, évi­dem­ment. Ce que je veux dire, c’est que je n’essentialise pas les classes : si les classes oppri­mées doivent évi­dem­ment être défen­dues, je ne me fais pas d’illusion : si on donne du pou­voir et de la richesse aux pauvres, ils devien­dront exac­te­ment AUSSI REDOUTABLES que les riches actuels : ce sont donc les riches DU MOMENT dont il faut pro­té­ger le pou­voir politique.

    Mais de grâce, SANS dic­ta­ture : la démo­cra­tie (la vraie), c’est bien plus malin : ON FAIT ATTENTION À QUI ÉCRIT LES INSTITUTIONS, ON MET DES CONTRE-POUVOIRS PARTOUT et on se pro­tège ain­si TOUS, DURABLEMENT, contre les abus de pou­voir, contre tous les abus de pouvoir.

    Bon, la démo­cra­tie (un peuple qui vote lui-même ses propres lois) n’est certes pas le com­mu­nisme pen­sé par Marx, plu­tôt auto­ri­taire si j’ai bien com­pris : elle res­semble plu­tôt au com­mu­nisme liber­taire, accep­té par tous, à la Kro­pot­kine ou à la Prou­dhon. Mais je ne peux pas croire que les mar­xistes modernes soient tota­le­ment fer­més à une réflexion sur cette voie.

    Je me trompe peut-être.
    Vous me direz.

    —

    En tout cas, quand je vais par­ler avec un mili­tant de droite, c’est un mili­tant, ce n’est pas “mon maître” comme vous dites, c’est un citoyen, un être vivant doué de rai­son et doté de droits poli­tiques : certes, il est actuel­le­ment le sou­tien popu­laire de mes maîtres, mais il a un cer­veau et j’espère (au moins un peu) le conduire à — le convaincre de — ne plus sou­te­nir un maître mais plu­tôt se méfier de tous les maîtres, par principe.

    Vous sem­blez dire que c’est un com­bat per­du d’avance, que nos maîtres et leurs sou­tiens de base sont tous d’indécrottables salauds. Je peux le croire avec vous pour les chefs ; je suis de l’avis inverse pour les sym­pa­thi­sants : rien de défi­ni­tif ; de vrais débats pour­raient tout chan­ger (avec eux, pas avec les chefs).

    Comme je le disais hier, je ren­contre des tas de gens simples (pas des chefs) DITS “de droite” qui sont mani­fes­te­ment à la recherche d’une vie en socié­té sans injus­tice. Sans injus­tice… Ça compte, ça, non ?

    D’ailleurs, je parle bien de gens DITS “de droite” : je pense que le cri­tère qui per­met de clas­ser les gens “à gauche” ou “à droite” a été com­plè­te­ment trans­for­mé, défor­mé, retour­né même…

    De mon point de vue, ce qui devrait être LE MARQUEUR GAUCHE/DROITE, c’est la posi­tion par rap­port aux PRIVILÈGES : à gauche ceux qui cherchent à orga­ni­ser une socié­té sans pri­vi­lèges (sans conces­sion) ; à droite ceux qui jus­ti­fient de nom­breux pri­vi­lèges (sur­tout ceux des riches, naturellement).

    Par­mi les faux mar­queurs, par­mi les cri­tères modernes (qui ont rem­pla­cé la lutte contre les pri­vi­lèges), — nou­veaux cri­tères qui per­mettent à quelqu’un de se dire “de gauche” sans remettre en ques­tion les plus graves pri­vi­lèges du moment —, je cite­rai : le fémi­nisme, l’écologie, la défense de la liber­té des mœurs (trois luttes impor­tantes, évi­dem­ment, mais axées sur des consé­quences, et pas sur des causes, des injus­tices sociales), l’antiracisme (réelle salo­pe­rie, mais elle aus­si, consé­quence plus que cause des injus­tices : on a plus besoin de bouc émis­saire, on déteste plus “l’étranger” quand on a manque de tout ; beau­coup moins quand per­sonne ne manque de rien) , l’antinationalisme (haine de la nation qui est une folie tant que nous n’avons rien à mettre à la place de la nation pour nous pro­té­ger des mul­ti­na­tio­nales et des banques), et quelques autres “bons sen­ti­ments” qui ne s’en prennent plus qu’aux CONSÉQUENCES des pri­vi­lèges, sans plus jamais faire de la lutte contre les pri­vi­lèges — CAUSES pre­mières des injus­tices — la prio­ri­té des priorités.

    Cette “fausse gauche”, qui ne s’appuie pas sur les bons cri­tères pour cibler l’adversaire, c’est sans doute une bonne par­tie des causes (for­cé­ment mul­tiples, et plus com­plexes, bien sûr) de notre impuis­sance politique.

    Et en per­dant ce mar­queur, selon moi, ON PERD LA POSSIBILITÉ MÊME DE VISER l’ennemi de classe : les grands pri­vi­lé­giés du moment. Le choix de ce mar­queur est donc assez stra­té­gique pour résister.

    Je rap­pelle que je n’essentialise PAS “les bons” et “les méchants” : c’est l’excès (à une époque don­née) de richesses et de pou­voirs qui rend fou, et dan­ge­reux pour les autres, beau­coup plus que la nature (bonne ou mau­vaise) des gens ; et un chan­ge­ment de pou­voir a toutes les chances de mon­trer que les bons d’hier deviennent rapi­de­ment les pires salauds, et inversement.

    C’est pour­quoi, je n’incrimine PAS LES VICES des salauds du moment (ils vont, natu­rel­le­ment, jusqu’à ce qu’ils trouvent une limite, comme l’expliquait brillam­ment Mon­tes­quieu), je ne compte PAS DU TOUT sur la VERTU (chi­mé­rique, théo­rique, idéa­liste, pla­to­ni­cienne, opti­mistes, mys­ti­fiante) des acteurs, je n’attends rien d’un chef, ni d’un “sau­veur”, pas plus que d’une “avant-garde éclai­rée”, dont je me méfie beau­coup par prin­cipe, mais je cherche à ima­gi­ner plu­tôt de bonnes INSTITUTIONS (réa­listes, maté­ria­listes, pes­si­mistes, prag­ma­tiques), AU-DESSUS des acteurs, quels qu’ils soient, pour affai­blir QUOTIDIENNEMENT les pou­voirs et nous pro­té­ger TOUS contre leurs abus.

    Bon, je parle trop, pardon.

    Au plai­sir de vous lire.

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    ________

    « Vous admi­rez les grands hommes ; je n’admire que les grandes institutions.
    Je crois que pour être heu­reux, les peuples ont moins besoin d’hommes de génie que d’hommes intègres. »

    Mon­tes­quieu à Machia­vel dans le deuxième dia­logue aux enfers (Mau­rice Joly)

    http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​E​n​_​V​r​a​c​.​pdf


    Étienne Chouard
    jan­vier 1, 2012 at 12:48

    Texte pas­sion­nant :

    http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​m​e​s​s​a​g​e​s​_​r​e​c​u​s​/​D​i​a​l​o​g​u​e​_​a​u​x​_​e​n​f​e​r​s​_​e​n​t​r​e​_​M​a​c​h​i​a​v​e​l​_​e​t​_​M​o​n​t​e​s​q​u​i​e​u​.​pdf


    Étienne Chouard
    jan­vier 1, 2012 at 9:58

    Pour plus d’infos sur ces thèses, voyez :

    http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​t​o​u​s​_​l​e​s​_​r​e​s​u​m​e​s​.​php

    À demain 😉

    Étienne.

    Réponse
  188. sitouaillain

    Bra­vo Étienne,

    je sous­cris en tous points au conte­nu de ces deux messages,

    et je n’adhère à aucun par­ti pour les mêmes rai­sons que toi… et les con-vain­cus, les bien-pen­sants, les mora­listes, les dis­ci­pli­nés du cer­veau, ça n’a jamais fait des dis­cus­sions inté­res­santes, ni d’ac­tions ori­gi­nales et per­cu­tantes… cer­tains sont convain­cus d’être de gauche, mais ils sont pour­tant trop conser­va­teurs et rigides pour qu’on s’at­tarde à leur recon­naitre une quel­conque légitimité…

    Le fas­cisme est par­tout et réveille sa fureur 🙂

    Voline
    Le fas­cisme rouge

    Je viens de lire un extrait de lettre de notre vaillant cama­rade A. Petri­ni, qui se trouve en U.R.S.S., dans une situa­tion de pros­crit. J’y trouve les lignes suivantes :

    «… Un par un on nous empri­sonne tous. Les vrais révo­lu­tion­naires ne peuvent pas jouir de la liber­té en Rus­sie. La liber­té de la presse et celle de la parole sont sup­pri­mées, aucune dif­fé­rence donc entre Sta­line et Mussolini ».

    J’ai sou­li­gné exprès la der­nière phrase, car elle est par­fai­te­ment juste.

    Cepen­dant, pour bien com­prendre toute la jus­tesse de cette brève for­mule, pour bien sai­sir tout son ter­rible réa­lisme, il est indis­pen­sable d’avoir du fas­cisme une notion pro­fonde et nette : plus pro­fonde et plus nette que celle qui est géné­ra­le­ment admise dans les milieux de gauche.

    Ayant cette notion, le lec­teur com­pren­dra la phrase de Petri­ni non pas comme une sorte de bou­tade, mais comme l’ex­pres­sion exacte d’une très triste réalité.

    *
    * *

    Lorsque il y a douze ans, le mou­ve­ment de Mus­so­li­ni — le fas­cisme ita­lien rem­por­ta sa vic­toire, on croyait géné­ra­le­ment que celle-ci n’é­tait qu’un épi­sode local, pas­sa­ger, sans lendemain.

    Depuis, non seule­ment le « fas­cisme » s’est conso­li­dé en Ita­lie, mais des mou­ve­ments ana­logues se déclen­chèrent et l’emportèrent dans plu­sieurs pays. Dans d’autres, le « fas­cisme », sous tel ou tel aspect, forme un cou­rant d’i­dées mena­çant. Le terme lui-même, d’a­bord pure­ment natio­nal, est deve­nu géné­ral, international.

    Cet état de choses nous impose la conclu­sion que voi­ci : le mou­ve­ment dit « fas­ciste » doit avoir des bases his­to­riques concrètes, pro­fondes et vastes. Dans le cas contraire, il ne serait pas ce qu’il est.

    Quelles seraient donc ses bases ? Quelles seraient les rai­sons prin­ci­pales de la nais­sance et, sur­tout, des suc­cès du fascisme ?

    Pour ma part, j’en conçois trois, que je consi­dère, dans leur ensemble, comme rai­sons fon­da­men­tales de son triomphe.

    1° Rai­son éco­no­mique. Elle est assez nette et géné­ra­le­ment bien com­prise. En quelques mots la voi­ci : Le capi­ta­lisme pri­vé (dont la base éco­no­mique est la libre concur­rence des appé­tits pour le maxi­mum de pro­fits, et dont l’ex­pres­sion poli­tique est la démo­cra­tie bour­geoise) est en pleine décom­po­si­tion, en pleine faillite. Vio­lem­ment atta­qué par tous ses enne­mis, de plus en plus nom­breux, il s’é­croule dans la boue, dans le crime, dans l’im­puis­sance. Les guerres, la crise, les armées de chô­meurs, la misère des masses, face à l’a­bon­dance des richesses maté­rielles et à la pos­si­bi­li­té illi­mi­tée de les aug­men­ter encore, démontrent cette impuis­sance du capi­ta­lisme pri­vé à résoudre les pro­blèmes éco­no­miques de l’é­poque. D’une façon de plus en plus géné­rale, on est, aujourd’­hui, conscient de son ago­nie, de sa mort immi­nente. Alors ins­tinc­ti­ve­ment ou sciem­ment, on pense à lui sub­sti­tuer un capi­ta­lisme nou­veau modèle, dans l’es­poir que ce der­nier pour­ra « sau­ver le monde ». On pense — une fois de plus dans l’his­toire humaine — à la haute mis­sion d’un État fort, tout-puis­sant, à base dic­ta­to­riale. On pense à un capi­ta­lisme d’É­tat, diri­gé par une dic­ta­ture « au-des­sus des inté­rêts pri­vés ». Telle est la nou­velle orien­ta­tion du capi­ta­lisme qui ali­mente le mou­ve­ment fas­ciste économiquement.

    2° Rai­son sociale. Elle est aus­si très nette et, géné­ra­le­ment, bien com­prise. La faillite du capi­ta­lisme pri­vé, avec toutes ses consé­quences effroyables, crée une situa­tion net­te­ment révo­lu­tion­naire. Les masses, de plus en plus mal­heu­reuses, s’a­gitent. Les cou­rants révo­lu­tion­naires gagnent du ter­rain. Les tra­vailleurs orga­ni­sés se pré­parent, de plus en plus acti­ve­ment, à com­battre le sys­tème qui les écrase au pro­fit de bandes de mal­fai­teurs. La classe ouvrière, libre­ment et com­ba­ti­ve­ment orga­ni­sée (poli­ti­que­ment, syn­di­ca­le­ment, idéo­lo­gi­que­ment) devient de plus en plus gênante, de plus en plus mena­çante pour les classes possédantes.

    Ces der­nières se rendent compte de leur situa­tion pré­caire. Elles ont peur. Alors, ins­tinc­ti­ve­ment ou sciem­ment, elles cherchent le salut. Elles s’ef­forcent de main­te­nir, à tout prix, leur situa­tion pri­vi­lé­giée, basée sur l’ex­ploi­ta­tion des masses labo­rieuses. Il importe sur­tout que ces der­nières res­tent un trou­peau exploi­té, sala­rié, ten­du par les maîtres.

    S’il est impos­sible de main­te­nir le mode d’ex­ploi­ta­tion actuel, il fau­dra chan­ger le mode (ce qui n’est pas grave), pour­vu que le fond reste. Les maîtres d’au­jourd’­hui pour­ront res­ter tels s’ils acceptent de deve­nir membres d’un vaste appa­reil diri­geant, éco­no­mique, social et poli­tique, essen­tiel­le­ment éta­tiste. Or, pour réa­li­ser cette nou­velle struc­ture sociale, il faut dis­po­ser, avant tout, d’un État omni­po­tent, mené par un homme fort, un homme à poigne, un dic­ta­teur, un Mus­so­li­ni, un Hit­ler ! Telle est la nou­velle orien­ta­tion du capi­ta­lisme qui ali­mente le fas­cisme socialement.

    *
    * *

    Si le fas­cisme n’a­vait que ces deux bases : base éco­no­mique et base sociale, il n’au­rait jamais acquis la puis­sance que nous lui connais­sons. Sans aucun doute, les masses tra­vailleuses orga­ni­sées lui auraient, rapi­de­ment et défi­ni­ti­ve­ment bar­ré la route. En effet, les moyens avec les­quels la classe labo­rieuse lutte géné­ra­le­ment contre le capi­ta­lisme res­te­raient valables sauf quelques rema­nie­ments de détails, pour lut­ter effi­ca­ce­ment contre la réac­tion et le fas­cisme. Ce ne serait que la conti­nua­tion de la grande lutte his­to­rique des tra­vailleurs contre leurs exploi­teurs. Com­bien de fois, déjà, au cours de l’his­toire, l’en­ne­mi chan­gea de méthode, de façade ou d’armes ! Ceci n’empêchait nul­le­ment les tra­vailleurs de conti­nuer leur lutte, sans perdre l’é­qui­libre ou l’as­su­rance, sans se lais­ser démon­ter par les manœuvres de et les volte-face de l’adversaire.

    Or, voi­ci ce qui est impor­tant. Le fas­cisme, tout en étant consi­dé­ré comme une nou­velle manœuvre (défen­sive et offen­sive) du capi­ta­lisme rem­por­ta par­tout où il s’est mis sérieu­se­ment à l’œuvre, un tel suc­cès — éblouis­sant, extra­or­di­naire, fan­tas­tique — que la lutte de la classe labo­rieuse s’a­vé­ra du coup et par­tout, — en Ita­lie comme en Alle­magne, en Alle­magne comme en Autriche, en Autriche comme en d’autres pays, — non seule­ment dif­fi­cile, mais abso­lu­ment inef­fi­cace et impuis­sante. Non seule­ment la démo­cra­tie libé­rale bour­geoise ne sut se défendre, mais aus­si le socia­lisme, le com­mu­nisme (bol­che­viste) ; le mou­ve­ment syn­di­cal, etc., furent abso­lu­ment impuis­sants à com­battre le capi­ta­lisme aux abois manœu­vrant pour se sau­ver. Et non seule­ment toutes ces forces ne purent livrer une résis­tance vic­to­rieuse au capi­ta­lisme réor­ga­ni­sant ses rangs bou­le­ver­sés, mais ce fut ce der­nier qui, rapi­de­ment, se regrou­pa et écra­sa tous ses ennemis.

    Impuis­sance du socia­lisme, qui était si fort en Alle­magne, en Autriche, en Ita­lie. Impuis­sance du « com­mu­nisme », très fort, lui aus­si, sur­tout en Alle­magne. Impuis­sance des orga­nismes syn­di­caux. Com­ment expli­quer cela ?

    Le pro­blème, déjà assez com­pli­qué, le devient davan­tage si l’on songe à la situa­tion actuelle en U.R.S.S. Comme on sait, ce fut le com­mu­nisme auto­ri­taire et éta­tiste (le bol­che­visme) qui y rem­por­ta une vic­toire com­plète et assez facile lors des évé­ne­ments de 1917. Or, de nos jours, presque 17 ans après cette vic­toire, non seule­ment ce com­mu­nisme s’a­vère impuis­sant à résis­ter au fas­cisme dans d’autres pays, mais même en ce qui concerne le régime de l’U.R.S.S., on qua­li­fie ce der­nier, de plus en plus fré­quem­ment, de plus en plus sciem­ment, de « fas­cisme rouge ». On com­pare Sta­line à Mus­so­li­ni. On constate dans ce pays l’ex­ploi­ta­tion féroce des masses tra­vailleuses par l’ap­pa­reil diri­geant, com­pre­nant un mil­lion de pri­vi­lé­giés qui s’ap­puient, comme par­tout ailleurs, sur une force mili­taire et poli­cière. On y constate l’ab­sence de toute liber­té. On y constate des per­sé­cu­tions arbi­traires et impi­toyables. Et ce qui importe, c’est que de pareilles consta­ta­tions ou appré­cia­tions émanent non pas des milieux bour­geois, mais sur­tout des rangs révo­lu­tion­naires : socia­listes, syn­di­ca­listes, anar­chistes, et même des rangs de l’op­po­si­tion com­mu­niste (trots­kiste) qui, pour cette rai­son, « reprend la lutte éman­ci­pa­trice » et forme la IVe Internationale.

    Tous ces faits sont extrê­me­ment trou­blants. Ils nous mènent fata­le­ment à cette conclu­sion, parais­sant para­doxale, que même en U.R.S.S., quoique sous des appa­rences dif­fé­rentes, c’est le fas­cisme qui l’emporte ; que c’est un nou­veau capi­ta­lisme (capi­ta­lisme d’É­tat diri­gé par un homme à poigne, un dic­ta­teur, un Sta­line !) qui s’installe.

    Com­ment expli­quer tout cela ?

    Y aurait-il donc encore un élé­ment, encore une base, encore une rai­son d’être qui don­ne­rait au fas­cisme une force tout à fait particulière ?

    Je réponds : oui. C’est la troi­sième rai­son : celle, pré­ci­sé­ment, qu’il me reste à exa­mi­ner. Je la consi­dère comme la plus impor­tante, en même temps que la plus com­pli­quée et la moins com­prise. C’est elle, cepen­dant, qui nous explique tout.

    3° Rai­son psy­cho­lo­gique (ou idéo­lo­gique). La rai­son fon­da­men­tale des suc­cès fas­cistes et de l’im­puis­sance des forces éman­ci­pa­trices est, à mon avis, l’i­dée néfaste de la dic­ta­ture. Je dirai même plus. Il existe une idée répan­due à un tel point qu’elle est deve­nue presque un axiome. Des mil­lions et des mil­lions d’hommes s’é­ton­ne­raient, aujourd’­hui encore, si on la met­tait en doute. Mieux encore : bon nombre d’a­nar­chistes et de syn­di­ca­listes ne la tien­draient pas, eux non plus, pour sus­pecte. Pour ma part, je la consi­dère comme fon­ciè­re­ment fausse. Or, toute idée fausse accep­tée comme juste est un grand dan­ger pour la cause qu’elle touche. L’i­dée en ques­tion est celle-ci : Pour gagner dans la lutte et conqué­rir leur éman­ci­pa­tion, les masses tra­vailleuses doivent être gui­dées, conduites par une « élite », par une « mino­ri­té éclai­rée », par des hommes « conscients » et supé­rieurs au niveau de cette masse.

    Qu’une pareille théo­rie, — qui, pour moi, n’est qu’une expres­sion adou­cie de l’i­dée de dic­ta­ture car, en fait, elle enlève aux masses toute liber­té d’ac­tion et d’i­ni­tia­tive — , qu’une pareille théo­rie soit pré­co­ni­sée par des exploi­teurs, rien d’é­ton­nant. Pour être exploi­tées, les masses doivent être menées et sou­mises comme un trou­peau. Mais qu’une telle idée soit ancrée dans l’es­prit de ceux qui se pré­tendent éman­ci­pa­teurs et révo­lu­tion­naires, c’est un des phé­no­mènes les plus étranges de l’his­toire. Car — ceci me paraît évident, — pour ne plus être exploi­tées, les masses ne doivent plus être menées. Tout au contraire : les masses tra­vailleuses arri­ve­ront à se débar­ras­ser de toute exploi­ta­tion seule­ment lors­qu’elles auront trou­ver le moyen de se débar­ras­ser de toute tutelle, d’a­gir par elles-mêmes, de leur propre ini­tia­tive, pour leurs propres inté­rêts, à l’aide et au sein de leurs propres et véri­tables orga­nismes de classe : syn­di­cats, coopé­ra­tives, etc., fédé­rés entre eux.

    L’i­dée de la dic­ta­ture — bru­tale ou adou­cie — étant uni­ver­sel­le­ment répan­due et adop­tée, la route est toute prête pour la psy­cho­lo­gie, l’i­déo­lo­gie et l’ac­tion fas­cistes. Cette psy­cho­lo­gie pénètre, empoi­sonne et décom­pose tout le mou­ve­ment ouvrier et l’en­gage dans une voie périlleuse.

    Si la dic­ta­ture est jugée néces­saire pour mener la lutte éman­ci­pa­trice de la classe ouvrière, la lutte des classes devient, en réa­li­té, lutte des dic­ta­teurs entre eux. Au fond, il s’a­git, dans cette lutte, de savoir qui conser­ve­ra ou gagne­ra l’emprise déci­sive sur les masses. L’is­sue de la lutte dépend alors de toutes sortes de cir­cons­tances, d’un carac­tère plu­tôt acces­soire. Ici, c’est le dic­ta­teur X, là le dic­ta­teur Y ou Z qui l’emporte. L’un ou l’autre peuvent affi­cher des idéals très dif­fé­rents, même oppo­sés. Il n’en reste pas moins qu’au lieu d’une libre et vaste acti­vi­té des masses elles-mêmes, c’est le vain­queur qui va mener les masses, for­cées de le suivre, sous peine de répres­sion ter­rible. Il est évident qu’une telle pers­pec­tive ne peut avoir rien de com­mun avec l’é­man­ci­pa­tion réelle des masses travailleuses.

    L’i­dée de la dic­ta­ture, de l’é­lite diri­geante, mène fata­le­ment à la for­ma­tion de par­tis poli­tiques : Orga­nismes qui enfantent et sou­tiennent le futur dic­ta­teur. Enfin, tel ou tel par­ti l’emporte sur les autres. C’est alors sa dic­ta­ture ins­tal­lée. Quelle qu’elle soit, elle crée rapi­de­ment des situa­tions et, fina­le­ment, des couches pri­vi­lé­giées. Elle sou­met les masses à sa volon­té. Elle les opprime, les exploite, et, au fond, devient fata­le­ment fasciste.

    *
    * *

    Ain­si, je conçois le fas­cisme d’une façon vaste. Pour moi, tout cou­rant d’i­dée qui admet la dic­ta­ture — franche ou estom­pée, « droite » ou « gauche » — est au fond, objec­ti­ve­ment et essen­tiel­le­ment, fas­ciste. Pour moi, le fas­cisme est sur­tout l’i­dée de mener les masses par une « mino­ri­té », par un par­ti poli­tique, par un dic­ta­teur. Le fas­cisme, au point de vue psy­cho­lo­gique et idéo­lo­gique, est l’i­dée de la dic­ta­ture. Tant que cette idée est émise, pro­pa­gée, appli­quée par les classes pos­sé­dantes, on la com­prend. Mais quand la même idée est sai­sie et mise en pra­tique par des idéo­logues de la classe labo­rieuse comme le moyen de son éman­ci­pa­tion, on doit consi­dé­rer ce fait comme une aber­ra­tion funeste, comme une sin­ge­rie aveugle et stu­pide, comme un éga­re­ment périlleux. Car étant essen­tiel­le­ment fas­ciste, cette idée, appli­quée, mène fata­le­ment à une orga­ni­sa­tion sociale fon­ciè­re­ment fasciste.

    Cette véri­té a été jus­te­ment démon­trée — sans contes­ta­tion pos­sible — par « l’ex­pé­rience russe ». L’i­dée de la dic­ta­ture comme moyen d’é­man­ci­pa­tion de la classe ouvrière y a été pra­ti­que­ment appli­quée. Eh bien ! son appli­ca­tion pro­dui­sit fata­le­ment l’ef­fet qui devient aujourd’­hui de plus en plus net et que, bien­tôt, les plus igno­rants, les plus aveugles, les plus obs­ti­nés, seront obli­gés de consta­ter : la révo­lu­tion triom­phante, au lieu de mener à l’é­man­ci­pa­tion de la classe ouvrière, abou­tit en fait, et en dépit de toutes les théo­ries des éman­ci­pa­teurs-dic­ta­teurs, à l’es­cla­vage et à l’ex­ploi­ta­tion les plus com­plets, les plus ter­ribles, de cette classe ouvrière par une classe diri­geante privilégiée.

    Telle est la troi­sième et prin­ci­pale rai­son de la puis­sance par­ti­cu­lière du fas­cisme. Il est ali­men­té sur­tout par l’i­déo­lo­gie fon­ciè­re­ment fas­ciste — incons­ciem­ment fas­ciste — d’une mul­ti­tudes de gens qui seraient les pre­miers éton­nés et indi­gnés si on les accu­sait de fas­cisme. Cette idéo­lo­gie, répan­due par­tout, voire par­mi les « éman­ci­pa­teurs » et les tra­vailleurs eux-mêmes, empoi­sonne le mou­ve­ment ouvrier, le ramol­lit, le décom­pose. Elle tue la vrai acti­vi­té des masses et réduit à néant — ou plu­tôt au résul­tat fas­ciste — leurs luttes et même leurs victoires.

    Voi­là pour­quoi — hélas ! — Petri­ni a rai­son. « Aucune dif­fé­rence n’existe entre Sta­line et Mus­so­li­ni ». Et voi­là pour­quoi le « fas­cisme rouge » n’est nul­le­ment une bou­tade, mais l’ex­pres­sion exacte d’une bien triste réalité.

    Une conso­la­tion existe cepen­dant. Les masses s’ins­truisent sur­tout par l’ex­pé­rience vécue, bien pal­pable. Cette expé­rience est là. Elle est là tous les jours, sur une sixième par­tie du globe. Ses véri­tables résul­tats com­mencent à être connus de plus en plus ample­ment, avec de plus en plus de pré­ci­sions. Il faut espé­rer que les masses tra­vailleuses de tous les pays sau­ront en déga­ger, en temps oppor­tun, la leçon indis­pen­sable pour le suc­cès de leurs luttes futures.

    La réa­li­sa­tion de cet espoir dépend beau­coup de la conduite de tous ceux qui ont déjà com­pris. Il est de leur devoir de s’employer, avec la plus grande éner­gie, à faire com­prendre aux vastes masses tra­vailleuses le véri­table sens néga­tif de l’ex­pé­rience russe.

    Nous, les anar­chistes, nous qui avons com­pris, nous devons ampli­fier, inten­si­fier notre pro­pa­gande, en tenant compte sur­tout de cette expé­rience. Si nous rem­plis­sons notre devoir, si nous aidons les masses à la com­prendre en temps oppor­tun, alors « le fas­cisme rouge » de l’U.R.S.S. aura rem­pli, his­to­ri­que­ment par­lant, un rôle utile : celui d’a­voir tué, en l’ap­pli­quant, l’i­dée de la dictature.

    VOLINE
    Ce qu’il faut dire n° 2, juillet 1934

    Source : http://​kro​pot​.free​.fr/​V​o​l​i​n​e​-​f​a​s​c​i​s​m​e​r​o​u​g​e​.​htm.

    Réponse
  189. Di Girolamo

    Le pro­blème qu’on peut avoir nous les par­ti­sans du non par­ti­sa­nat , c’est un pro­blème d’organisation !

    En effet les per­sonnes peuvent grâce à la loi de 1901 s’as­so­cier par affi­ni­tés de pen­sées et d’ac­tion et s’ins­crire dans des mou­ve­ments , par­tis, associations …

    Mais nous, pauvres de nous, les sans par­tis nous n’a­vons pour nous ras­sem­bler que la démo­cra­tie ! Et vous l’a­vez sans doute remar­qué : elle a du mal à s’or­ga­ni­ser autre­ment qu’en par­tis.… Alors, com­ment allons-nous bien pou­voir avan­cer pour orga­ni­ser cet espace non par­ti­san qui a nom « démocratie » ?

    Et si nous cher­chions des com­plices pour par­ve­nir à nos fins révo­lu­tion­naires ? Révo­lu­tion n’est pas trop fort pour dési­gner quelque chose de non violent mais qui inverse com­plè­te­ment la donne .

    J’ai titillé sur ce sujet Jacques Atta­li en sol­li­ci­tant sa com­pli­ci­té de membre de la classe dirigeante :

    dans les der­niers commentaires :

    http://​www​.atta​li​.com/​a​c​t​u​a​l​i​t​e​/​b​l​o​g​/​s​o​c​i​a​l​/​p​o​s​i​t​i​ver

    Réponse
  190. sitouaillain

    « Mais nous , pauvres de nous, les sans par­tis nous n’a­vons pour nous ras­sem­bler que la démo­cra­tie ! Et vous l’a­vez sans doute remar­qué : elle a du mal à s’or­ga­ni­ser autre­ment qu’en par­tis .…Alors Com­ment allons nous bien pou­voir avan­cer pour orga­ni­ser cet espace non par­ti­san qui a nom démocratie ? »

    la démo­cra­tie, sur­tout si on s’ac­corde à la consi­dé­rer sous un angle autre que celui du « gou­ver­ne­ment repré­sen­ta­tif », ou de l’  »admi­nis­tra­tion », c’est un sacré par­ti pris, c’est même très par­ti­san et plein de gens seront contre ! (et pas seule­ment les membres diri­geants de par­tis ou les élus, rap­pe­lons-nous tou­jours des Ven­déens!) et pour reprendre ce que dit Étienne et ce que montre toute l’his­toire depuis la Révo­lu­tion, les avan­cées démocratiques…c’est de gauche…n’en déplaise aux idéo­logues (de droite) du « ni droite ni gauche » ou à ceux qui se foca­lisent sur des illu­sions una­ni­mistes : en matière de choix, le peuple se divise tou­jours, en roya­listes ou répu­bli­cains, en clé­ri­caux et anti­clé­ri­caux, en col­la­bos et résistants…ce ne sont pas les col­la­bos qui ont fait le pro­gramme du CNR, la sécu, les retraites, etc.…ce ne sont pas eux qui feront et impo­se­ront des ins­ti­tu­tions démocratiques !

    je suis assez opti­miste, à chaque mou­ve­ment social d’am­pleur, émergent des formes d’or­ga­ni­sa­tion popu­laire dépas­sant par­tis et syn­di­cats, on voit fleu­rir des « col­lec­tifs », des « coor­di­na­tions », des cam­pe­ments d’in­di­gnés, etc., etc., et de plus en plus de gens sont convain­cus que les luttes sec­to­rielles ou cir­cons­tan­cielles sont vouées à l’é­chec, et qu’il faut remon­ter au causes et ne plus agir contre des consé­quences mais pro­po­ser une alternative..
    l’autre alter­na­tive c’est l’ap­pro­fon­dis­se­ment de la dic­ta­ture, et il se trou­ve­ra des gens du peuple pour la soutenir…on dis­cute pas face à des miliciens…

    Réponse
  191. Christian Gomez

    En tant que salaud de droite, je ne vais pas com­pro­mettre Étienne en disant que j’aime bien sa démarche qui est celle d’un vrai cher­cheur en quête d’un dis­cours consis­tant (au sens anglo-saxon) sur la réa­li­té et la vie qui satis­fasse à toutes les contraintes qu’il s’est impo­sé, dont la néces­si­té de pré­ser­ver la liber­té n’est pas la moindre.

    Son alga­rade avec de petits « plu­mi­tifs » sta­li­niens ne m’é­tonne pas. Ce sont des néga­tion­nistes des pires crimes de l’His­toire et je ne vois pas ce qu’il y a à dis­cu­ter avec des gens de cette espèce. Ils n’ont rien à appor­ter : ils se veulent tou­jours por­teurs de ce mes­sia­nisme absurde de nature, d’ailleurs, religieuse,dont les ten­ta­tives de mise en œuvre se sont tou­jours tra­duites par les pires héca­tombes et l’ap­pau­vris­se­ment irré­mé­diable de tous. Tout ceci ne repose que sur l’ex­ploi­ta­tion des sen­ti­ments les plus bas de l’homme : l’en­vie et le res­sen­ti­ment et nous savons que ces mobiles conduisent tou­jours aux pires excès. Com­ment par­ler à des gens qui exaltent un par­ti qui fut le simple bras sti­pen­dié d’une puis­sance étran­gère et qui a été tou­jours du côté de la tra­hi­son et de l’a­bais­se­ment de notre pays ?

    Pour moi, en tant qu’­homme de droite, il ne s’a­git pas défendre de quel­conques « pri­vi­lèges » qu’il fau­drait d’ailleurs défi­nir : est-ce que les grands créa­teurs d’en­tre­prises (comme Gates, Jobs, Elli­son, …), de grands spor­tifs, de grands artistes… sont des pri­vi­lé­giés alors qu’ils ont créé leur richesse de toutes pièces par leur vision, leur tra­vail et leur talent ? Il s’a­git pré­ci­sé­ment de construire une socié­té avec le mini­mum de blo­cages où tous ceux qui ont du talent et de l’ar­deur au tra­vail pour­ront plei­ne­ment s’ex­pri­mer et en rece­voir les « justes » fruits. Avec les cor­rec­tifs néces­saires pour ceux qui ne pour­ront pas suivre car, mal­heu­reu­se­ment, dans chaque domaine, les capa­ci­tés de toutes sortes se dis­tri­buent selon un loi nor­male. Mais, dans ce cas, il s’a­git moins pour moi de « jus­tice sociale » que d’é­thique (ce que les bons chré­tiens appellent « la cha­ri­té envers son pro­chain et le devoir d’a­mour ») : D’ailleurs, dans le capi­ta­lisme amé­ri­cain, cette dimen­sion existe puisque beau­coup de grands capi­ta­listes font don de leur for­tune à des fon­da­tions cha­ri­tables au cours ou à la fin de leur vie (pen­sez à Gates ou à War­ren Buf­fet dont les dons sont un mul­tiple de tous les fonds d’aide de l’O­NU)… mais, bien sûr, dans l’op­tique de beau­coup de par­ti­ci­pants à ce blog, c’est néces­sai­re­ment louche.….

    Ce sera pour le coup ma der­nière inter­ven­tion. J’ai été encore inci­té à mettre mon grain de sel car je vois que, der­rière la logo­ma­chie sou­vent mal­adroite de beau­coup, il y a une frus­tra­tion véri­table et un désir sin­cère de faire avan­cer les choses. Je ne peux que les implo­rer de ne pas céder aux incan­ta­tions sim­plistes ou aux sirènes des pires enne­mis de tout ce qui est humain, les der­niers reje­tons et ava­tars de l’hor­reur com­mu­niste. Il faut là comme ailleurs tra­vailler pour comprendre.

    Réponse
  192. Étienne

    Mer­ci sitouaillain, pour ce très bon texte de Voline (que j’ai repro­duit in exten­so dans ton mes­sage, avec des reliefs de mon cru).

    Déci­dé­ment, ce qu’il nous faut, c’est bien une vraie démocratie, 
    tem­pé­rée par le droit natu­rel (à mettre au point, lui, à la qua­si una­ni­mi­té du corps social), selon moi.

    Étienne.

    Réponse
  193. PRabourdin

    À tous et à Chris­tian Gomez (sans aucune volon­té de défendre Staline)

    Expli­quez donc SVP les accords fran­co-russes de 1935 dénon­cés par ceux de Munich en 38 avec la seule oppo­si­tion du groupe com­mu­niste au parlement ?
    (l’oc­ci­dent livre ain­si des peuples aux appé­tits alle­mands et obligent Sta­line à pac­ti­ser à son tour s’il ne veut pas être agres­sé le 1er par Hitler)

    la dis­tinc­tion entre envoyer un gamin à l’usine/la mine et le goulag …

    la dis­tinc­tion entre le gavage idéo­lo­gique anti capi­ta­liste et notre édu­ca­tion anti-communiste

    Pour­quoi le pri­vé c’est bien et le public c’est mal

    pour­quoi l’é­co­no­mie n’é­tant pas ensei­gnée obli­ga­toi­re­ment, est-elle si peu expli­quée ? Pour­quoi les déci­sions éco­no­miques majeures sont-elles si peu médiatisées ?

    (Par exemple : Keynes et Bret­ton Woods, la déré­gu­la­tion des mou­ve­ments de capitaux
    appe­lée aus­si Big Bang éco­no­mique, la mon­dia­li­sa­tion éco­no­mique repo­sant sur des échanges d’argent numé­rique, échanges pri­vés, contrô­lés par le privé
    sans que le public ait son mot à dire !?! ‑à qui peut-on faire croire cela ?
    Qu’est-ce qui pousse le public à se tirer conti­nuel­le­ment une balle dans le pieds ?)

    Annie Lacroix Riz éta­blit que le capi­ta­lisme occi­den­tal a armé l’Al­le­magne, et porte une res­pon­sa­bi­li­té écra­sante dans le déclen­che­ment de la 2e guerre mon­diale et l’é­ta­blis­se­ment des dic­ta­tures en Espagne et en France.
    Pour­quoi ne peut-on l’é­cou­ter que sur le net ?
    Pour­quoi est-elle inter­dite de télés et de radios ?

    Expli­quez aus­si com­ment fonc­tionne un modèle éco­no­mique de guerre, avec nos lunettes actuelles où tout est cher. Auprès de qui les amé­ri­cains se sont-ils endet­tés pour armer le monde entre 39 et 45 ? Ils ont fait tour­ner la planche à billet, oui ou non ?
    A‑t-on eu droit à l’hyperinflation ?
    N’est ce pas exac­te­ment ce qui est fait aujourd’­hui par la BCE et la Fed injec­tant des cen­taines de mil­liards tous les 3 mois ?
    Pour­quoi n’y a‑t-il pas eu de dettes à régler en 1945 après 6 années de destruction ?
    Com­ment a‑t-on recons­truit la France, l’Al­le­magne en 45, sans argent ?
    Réponse : la planche à billets publique !!!

    Se poser des ques­tions aus­si sur la guerre en tant que leçon de ratio­na­li­té, ayant aus­si l’a­van­tage non négli­geable d’é­li­mi­ner (14−18 en par­ti­cu­lier) la vita­li­té râleuse des hommes, l’es­prit de contes­ta­tion de rébel­lion des hommes et pré­pare le monde de l’u­sine moderne, les temps modernes de Chaplin.…

    Réponse
  194. odp

    À PRa­bour­din : A‑t-on eu droit à l’hyperinflation ?

    Réponse : OUI : entre 1936 et 1958, dates aux­quelles la France a usé de la moné­ti­sa­tion de la dette publique, les prix ont été mul­ti­pliés par 44, impli­quant que 100F de 1936 ne valaient plus de 2,72F moins d’une géné­ra­tion plus tard.

    Réponse
  195. odp

     »Le ven­dre­di 30 décembre 2011 à 12:27, par Similaire
    Rien qu’à sa gueule (sans faire de délit de faciès) on voit qu’il ne porte pas de couilles… Mais peut-être a t‑il des enfants j’ai­me­rais bien savoir com­ment il se com­porte avec.
    On dirait qu’il sort d’une mater­nelle et que si on lui souffle des­sus il va bien­tôt pleu­rer. Je me demande com­bien il touche pour sa pige à l’imMonde. »

    @ simi­laire : je ne sais pas si A Bei­tone n’a pas de couilles, mais ce qui est cer­tain c’est que tu n’as pas de cer­veau (et pro­ba­ble­ment pas de couilles non plus).

    Réponse
  196. PRabourdin

    @odp

    l’hy­per­in­fla­tion désigne autre chose :

    –> http://​fr​.wiki​pe​dia​.org/​w​i​k​i​/​H​y​p​e​r​i​n​f​l​a​t​ion

    **
    en Alle­magne, après la Pre­mière Guerre mon­diale sous la Répu­blique de Wei­mar, une infla­tion galo­pante se trans­for­ma en hyper­in­fla­tion à par­tir de jan­vier 1923. Elle pren­dra fin le 15 novembre 1923 par déci­sion de l’É­tat avec le réta­blis­se­ment de la pari­té au dol­lar du mark d’a­vant-guerre. Pen­dant ces mois, les prix ont aug­men­té d’en­vi­ron 3,25 × 106 % par mois ;

    **
    (Il faut d’ailleurs pré­ci­ser que la télé nous ment en affir­mant avec aplomb que cela a mis Hit­ler au pou­voir il suf­fit de jeter un coup d’oeil ici :

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Parti_Nazi_aux_%C3%A9lections_l%C3%A9gislatives.svg)

    Sinon hor­mis l’hy­per­in­fla­tion , d’autres ques­tions ont été abor­dées sur ce post …
    Si vous avez le temps d’y répondre, merci.

    Réponse
  197. PRabourdin

    Cor­rec­tion du taux d’hy­per­in­fla­tion, peu lisible sur le post précédent :
    il s’a­git de 3,25 * 1 000 000 (10 puis­sance 6)
    par mois.

    Réponse
  198. Catherine

    A Odp, oui, c’est vrai que sans faire de délit de sale gueule, je suis allé voir sur dai­ly motion suite à votre mes­sage, et le mon­sieur dont vous faites men­tion, il semble bien comme vous dites, sans couille, comme beau­coup il faut dire, c’est un monde émas­cu­lés que le nôtre, je me demande où sont les hommes, Hommes au sens géné­rique bien sûr !

    Réponse
  199. Laurent

    Bon­jour et mer­ci pour votre réflexion, votre par­tage et vos éclaircissements.

    J’ai par­ta­gé votre article et d’autres de vos réflexions à un ami qui com­mence à ouvrir les yeux. 
    Sa réflexion est que « le recours aux banques pri­vées pour les emprunts d’État, revient à rem­pla­cer un finan­ce­ment par l’in­fla­tion, sup­por­té sur­tout par les sala­riés et pen­sion­nés, par un finan­ce­ment par le cré­dit, sup­por­té par l’im­pôt dont l’État garde la maî­trise en termes de répar­ti­tion sur la popu­la­tion. »

    Qu’en pen­sez-vous ?

    Réponse
  200. Marie

    À Cathe­rine, qui dit : « À Odp, oui, c’est vrai que sans faire de délit de sale gueule, je suis allé voir sur dai­ly motion suite à votre mes­sage, et le mon­sieur dont vous faites men­tion, il semble bien comme vous dites, sans couille, comme beau­coup il faut dire, c’est un monde émas­cu­lés que le nôtre, je me demande où sont les hommes, Hommes au sens géné­rique bien sûr ! »

    Je suis conster­née de lire de tels pro­pos sur ce blog, qui est cen­sé mettre en débat les plus grands prin­cipes ins­ti­tu­tion­nels !! Quel niveau !

    Réponse
  201. Étienne

    LOI « POMPIDOU-GISCARD » DE 1973

    Je vous signale le tra­vail remar­quable, que viennent de publier Lior et Maga­li, pour com­prendre pré­ci­sé­ment ce que la loi de 1973 a chan­gé et ce qu’elle n’a pas changé :

    Idée reçue sur la loi du 3 jan­vier 1973

    Par Lior Cham­la et Maga­li Pernin.

    http://​www​.theo​rie​-du​-tout​.fr/​2​0​1​2​/​0​3​/​l​o​i​-​1​9​7​3​-​r​o​t​h​s​c​h​i​l​d​.​h​tml

    Il fau­dra donc, je pense, cor­ri­ger notre rai­son­ne­ment au sujet de l’his­toire du sabor­dage moné­taire en France, car ce que j’ap­pe­lais la PREMIÈRE PINCE de la tenaille de la dette, et que je loca­li­sais dans la tra­hi­son d’un jour (le jour du vote d’une loi), se trouve donc, appa­rem­ment, davan­tage dans la tête des par­le­men­taires eux-mêmes, dura­ble­ment, (COMME LA SECONDE pince, par laquelle les mêmes par­le­men­taires ont mani­fes­te­ment accep­té, dura­ble­ment aus­si, la MISSION D’ENDETTER L’ÉTAT en votant année après année 40 bud­gets en dés­équi­libre !), puisque ces mêmes par­le­men­taires ont donc appa­rem­ment accep­té d’emprunter long­temps auprès des mar­chés finan­ciers ALORS QU’ILS N’Y ÉTAIENT PAS OBLIGÉS (jus­qu’en 1993).

    Dès que je serai moins char­rette, il fau­dra que je véri­fie (avec vous ?) que j’ai bien com­pris les consé­quences du tra­vail de Lior et Maga­li, mais je vou­lais vous en par­ler dès maintenant.

    Là, il faut que je parte d’ur­gence, pour Mont­pel­lier, ce soir et demain…

    Étienne.

    Réponse
  202. catherine

    A Marie, je com­prends tout à fait votre ater­moie­ment, mais réflé­chis­sez un peu.

    La vul­ga­ri­té que j’ai employé sciem­ment n’est que le miroir ten­du du visage que nous offre la chair des hommes aujourd’­hui( pris dans un sens géné­rique bien sûr, c’est à dire y com­pris les femmes, et je m’in­clus bien évi­dem­ment dedans car je suis sans c.…. moi aus­si, puisque tout compte fait, à part lan­cer des dia­tribes de ci de là, et réflé­chir un tout petit petit peu, et encore, je ne fais pas grand chose à part peut-être dans mon boulot!et encore, est-ce que je ne suis pas entrain de me la jouer en disant cela, peut-être bien un peu, je crois bien.

    C’est quand on aura tout lâché de cette pour­ri­ture qu’on pour­ra se dire autre que ce que nous sommes.Prendre le nom d’homme n’est pas don­né, ça s’ar­rache le nom d’homme, et ça se déchire sur les sco­ries de la déli­ques­cence ani­male, car avant d’être des hommes, nous sommes vêtus de peaux d’a­ni­maux et les peaux sont dif­fi­ciles à voir et donc à enle­ver pour sûr, car avant de les enle­ver et bien, il faut les voir !

    Et puis, il y a bien évi­dem­ment un côté pro­vo­ca­teur chez moi, un côté un peu dyna­mite pour réveiller un peu le ron­ron­ne­ment qui nous fait cau­ser cau­ser, mais cause tou­jours comme dirait l’autre, tant que tu me laisses faire ce que je veux du monde, alors cause, et cause encore de tout ton soûl !

    La vul­ga­ri­té n’est pas dans ce que je dis, elle est dans ce que le monde nous donne à voir, moi, j’ai ten­du le miroir, ren­dez à César ce qui appar­tient à César Marie. Edul­co­rer la chair du monde en termes pro­prets, ce serait men­tir à la réa­li­té du monde, ce serait défi­gu­rer l’i­mage que vous avez sous les yeux, ne la voyez-vous pas la vul­ga­ri­té occu­per tous les espaces de votre vie, alors dites-moi, pour­quoi ne vous en offus­quez pas ?

    N’est-ce pas étrange ? Moi, je trouve ça très étrange de vou­loir dire qu’il fait soleil quand il pleut, mais bon, cha­cun voit mi-di à sa porte dit-on dans le bon sens populaire !

    Réponse
  203. Volusien Chambergeot

    Bon­jour,

    Je suis tou­jours éton­né que des per­sonnes de qua­li­té comme Etienne Chouard passent autant de temps à réfu­ter l’ar­gu­men­ta­tion de cuistres comme Bei­tone. Quel est l’in­té­rêt, au final ?

    Étienne Chouard n’au­rait-il pas com­pris, depuis 2005, le film ? Je lui conseille de lire « Com­prendre l’empire », d’A­lain Soral. Quant à la loi de 1973, Mau­rice Allais, le fas­ciste bien connu, deman­dait son abro­ga­tion dès 1977…

    Réponse
  204. Réjean Drouin

    Bon­jour du Canada,

    Juste une petit mot pour vous remer­cier, vous et madame Zaki, pour l’in­for­ma­tion que vous nous appor­tez. J’ai vision­né le docu­ment « L’É­tat et les banques, les des­sous d’un hold-up his­to­rique » avec beau­coup d’in­té­rêt et j’ai pu enfin com­prendre quelque chose à ce sujet (qui n’est fina­le­ment pas si com­pli­qué lorsque bien expliqué).

    Mes res­pects,
    Réjean Drouin, L’As­somp­tion, Canada

    Réponse
  205. bourdeaux

    Bon­jour,

    je découvre votre blog. 
    A la lec­ture de cette loi de 73, j’ai été sur­pris à la lec­ture de l’ar­ticle 19, qui semble lais­ser à l’é­tat la pos­si­bi­li­té d’ob­te­nir des prêts ou avances de la BDF. Ma ques­tion est donc : cet article est-il en contra­dic­tion avec le 25 ? 
    Ou l’ar­ticle 25 n’ex­clut-il qu’une façon par­mi d’autres d’emprunter à la BDF ? 
    Pour­riez-vous m’éclairer ?
    Bien cordialement
    frédéric

    Réponse
  206. Ana Sailland

    Je remonte au mes­sage 141

    @Morpheus

    Je suis heu­reuse que dans ce 141 pointent des inquié­tudes que j’ai expri­mées vigou­reu­se­ment sur un autre fil de dis­cus­sion. Car ailleurs j’a­vais cru per­ce­voir un enthou­siasme qui m’inquiétait 😉

    ;;;;;;;;;;;;

    Oui, dans le cas d’une ges­tion scien­ti­fique (mais je suis contre, en tout cas sous la forme Fres­co, même s’il se défend de radi­ca­lisme), la vraie démo­cra­tie serait plus que jamais néces­saire, au mini­mum (vital) en ce qui concerne les organes de contrôle.

    ;;;;;;;;;;;;

    « si nous déve­lop­pions un envi­ron­ne­ment où règne l’a­bon­dance et où la col­la­bo­ra­tion, l’en­traide et la soli­da­ri­té sont la norme etc » -> Je pense, et c’est tri­pal, que la soli­da­ri­té n’est pas plus la soli­da­ri­té si elle est induite par la struc­ture que si elle est impo­sée par la loi. Et qu’en ces deux cas le retour­ne­ment de situa­tion reste pos­sible (et dans le cas de la loi, nous en avons la preuve déses­pé­rante). J’es­père que nous aurons un jour l’oc­ca­sion d’en creu­ser la sub­stance, car nous sommes peu à viser cette région là des solutions.

    Réponse
  207. EFFAB

    EEe­PURww… manque que le O !

    Il conti­nue le pitre, vou­lant nous narguer_quand il serait infi­ni­ment plus intel­li­gent et plus cou­ra­geux à prendre par­ti ou, du moins, se remettre en cause et ten­ter de gagner plus noble­ment sa vie mais, jus­te­ment, pas si aisé aujourd’­hui en ce monde de déli­ques­cence et de cupi­di­té, et pour Cause !

    Je réitère mon appel aux consciences et aux citoyens offi­ciant au sein des admi­nis­tra­tions, des forces armées et sécu­ri­taires, ces forces vives de la Nation sur les­quelles s’ap­puie le Pou­voir et l’E­tat vendu.

    Une révo­lu­tion est en marche, que cela fasse sou­rire ou pas, une révo­lu­tion qui est non seule­ment néces­saire mais légi­time, comme il est encore temps et en notre pou­voir à tous, en notre volon­té com­mune de chan­ger le cours de l’His­toire sans effu­sion aucune_cette force du plus grand nombre, cette inter­con­nec­ti­vi­té entre nous et votre aide, votre concours, vos fonc­tions comme vos posi­tions fort utiles le moment venu, vous tous qui offi­ciez ici-et-là, sous l’é­gide de l’E­tat usurpateur_ce monde de la Finance, du lob­by Eco­no­mique et tous ces néos-Impé­ria­listes qui nous entubent à chaque seconde et nous imposent leurs dik­tats, leurs pré­ten­tions, leur supé­rio­ri­té qui ne vaut que dans ce rap­port de force et cette sou­mis­sion, ce condi­tion­ne­ment au dogme moné­taire spo­lia­teur de la condi­tion humaine, cet irres­pect et des consciences et du vivant.

    La balle est dans ton camp, qui que tu sois, sata­né galo­pin qui s’a­muse à nos dépends ou pauvre bougre incons­cient et docile : ta res­pon­sa­bi­li­té contre cet idéal liber­taire et cette conscience aiguë de la vie qui sont les miens, ni plus ni moins.

    EFFAB

    Réponse
  208. EFFAB

    Olé !…

    Réponse
  209. EFFAB

    encore Olé !…

    … on va pas aller très loin comme ça, mon pote…

    … ou que veux-tu nous dire en inter­ve­nant ici en par­ti­cu­lier sur ce topic ? Qu’il fait trop beau aujourd’­hui mais que cela n’ôte en rien cette pol­lu­tion ou je-ne-sais-trop-quoi qui gri­saille et qua­drille le ciel ? Là, je suis bien d’ac­cord avec toi, qui que tu sois, et quel que soit ton matri­cule ou l’in­té­rêt qui est le tien en venant ici, simple rému­né­ra­tion ou cette plus-value pro­por­tion­nelle au nombre de réponses que déclen­che­ront tes micros-posts…

    … tu vois, je suis gen­til avec toi ou cette pitié à ton égard, c’est comme tu veux tu choises !

    Ami­ca­le­ment

    Réponse
  210. EFFAB

    Dia­logue de sourd ou ce défi impro­bable de com­mu­ni­quer enfin et d’oeu­vrer ensemble et soi-même à tout ce meilleur en nous mais ce res­pect pri­mor­dial et cet amour inconditionnel.

    La vie vaut d’être vécue, ce lieu com­mun, cette véri­té essen­tielle mais sur­tout cette réa­li­té concrète et agis­sante, subie ou désirée.

    Tant de choses, tant d’i­mages, tant de lumière qui sont liées à l’en­fance et contiennent en germe ce poten­tiel et ce deve­nir, ces ins­tants fugaces de totale liber­té et de plé­ni­tude immense, cette joie et cette émer­veille­ment qui devinent com­bien ce monde est beau, au-delà de toute appa­rence et faux-sem­blants_et qui pointent du doigt, pour qui en prend conscience, tout ce qu’il est pos­sible d’en­vi­sa­ger, au quo­ti­dien comme en idéal, l’u­to­pie n’é­tant que cet irréalisé.

    Bref, si tu as un tant soit peu des couilles et ce peu d’é­thique, d’es­time de soi, ce mini­mum d’hu­mi­li­té mais cette intel­li­gence qui ne s’a­chète ni ne s’af­fiche, alors exprime-toi digne­ment et fais-moi l’hon­neur et la cour­toi­sie d’é­chan­ger dans ce juste rap­port d’é­gal à égal, ni plus ni moins.

    Réponse
  211. Ana Sailland

    @wolfunix

    L’a­bro­ga­tion de l’es­prit de 73 et donc du 123 de Lis­bonne ne suf­fi­raient pas à abou­tir à un sys­tème sain.

    La confis­ca­tion par l’E­tat du pou­voir exor­bi­tant concé­dé aux banques de créer la mon­naie par la dette (mon­naie éphémère,c’est très impor­tant, puisque détruite par le rem­bour­se­ment) et d’en­cais­ser le loyer de cet argent là, ne suf­fi­rait pas non plus.

    Il y a quel­que­chose de cin­glé dans le méca­nisme de l’argent dette, et peu importe donc qui le gère et en bénéficie 😉

    En effet :

    Ima­gi­nons qu’à force de poli­tique intel­li­gente, et par la grâce des tech­no­lo­gies et des sciences, nous soyons arri­vés à une socié­té de l’a­bon­dance, dans laquelle tout le néces­saire serait dis­po­nible, et four­ni par un appa­reil pro­duc­tif solide et ne néces­si­tant aucune nouveauté.
    Aucun inves­tis­se­ment n’é­tant plus néces­saire, per­sonne ne serait plus conduit à emprun­ter, et il n’y aurait donc plus de créa­tion monétaire.
    Les gens rem­bour­sant leurs dettes, ou au moins une grande par­tie, il y aurait donc une éro­sion sub­stan­tielle de la masse moné­taire, donc tout sim­ple­ment plus assez de mon­naie pour assu­rer les salaires ou sim­ple­ment pour que la popu­la­tion puisse accé­der aux richesses de cette fameuse socié­té de l’abondance.

    Par ce rai­son­ne­ment qui est peut être sim­pliste (?) on voit bien l’ab­sur­di­té de la créa­tion moné­taire par l’emprunt : elle rend une socié­té sta­bi­li­sée dans l’a­bon­dance sys­té­mi­que­ment impossible . 

    Le méca­nisme de l’argent dette, si on ne veut pas voir la masse moné­taire trop faible, rend l’investissement/emprunt obli­ga­toire, vital et néces­saire pour que la socié­té puisse accé­der au fruit de l’in­ves­tis­se­ment. Il induit donc une fuite en avant, rend la crois­sance néces­saire ; il est dans son prin­cipe anti­éco­lo­gique. Et cela sans-même invo­quer la ques­tion des intérêts.

    Pire donc que la néces­si­té conve­nue par trai­té (une belle salo­pe­rie de nos repré­sen­tants sour­nois) pour les états de s’en­det­ter, pire est le méca­nisme de créa­tion-des­truc­tion moné­taire par l’emprunt-remboursement.

    Prière de me dévoi­ler la faille 🙂

    Réponse
  212. EFFAB

    Je n’a­vais pas lu ce @226… tou­jours ce plai­sir de lec­tures et de décou­vertes, et d’évidences…

    Mille mer­cis, sans oublier au pas­sage ppye­wuoy qui a à ce point besoin de clics rému­né­ra­teurs, fuite en avant et masse moné­taire de mise !!

    Réponse
  213. A près la mort, j'irai dormir!

    Stand-bye par­tout, à quand la ré-volu­tion du dis­po­nible ? Pour être dis­po, il faut brû­ler les encom­brants et donc oser les regar­der comme tels, des encom­brants, bel et bien des encom­brants, or, je ne vois que cri­tique conve­nue et tiède…pas pour deux mains alors ?

    Réponse
  214. EFFAB

    Qu’as-tu alors à pro­po­ser de concret ? et d’in­tel­li­gent ? j’en­tends par-là révo­lu­tion­ner les choses et le Monde sans morts inutiles et débor­de­ments en tous genres ?

    As-tu quelque plan d’ac­tion ? et si oui, lequel ? et si oui, crois-tu pou­voir par­ler de tout, sans détours et sans pré­cau­tion aucune ici-même sur cet espace publique ?

    As-tu bien com­pris la démarche d’E­tienne CHOUARD ? en es-tu à ce point impré­gné que rien n’est plus pré­cieux désor­mais à tes yeux que la liber­té d’au­trui et la vie dans sa globalité ?

    Et d’où te vient cette impa­tience sinon même de ta propre impuis­sance ? et es-tu bien cer­tain que le pro­blème ici ne concerne que toi et seule­ment toi en pre­mier lieu ?…

    La vio­lence et la haine n’en­gendrent qu’elles-mêmes, inva­ria­ble­ment, inévi­ta­ble­ment… vou­loir le meilleur et pour soi et pour autrui c’est à la fois s’en rendre digne et le vou­loir en tout humilité_ce res­pect d’au­trui, cette exi­gence, cette éthique, cette bon­té d’âme et ce sens des choses et de la vie_cette har­mo­nie d’en­semble comme cette com­plexi­té existentielle_qui n’est somme toute que diver­si­té, richesse, inter­con­nec­ti­vi­té et partage.

    Si encom­brants il y a, il faut pour cela cette intel­li­gence et cette volon­té, le tout assor­ti de cet amour et de cette compassion.

    Demain n’existe pas quand seul le moment pré­sent est réel, et toute la dif­fé­rence est là, entre qui désire ceci et qui le veut vraiment.

    J’at­tends ton plan d’ac­tion car il en existe cer­tai­ne­ment un.

    Réponse
  215. EFFAB

    le « Point de God­win » = point de non retour du débat.
    (@6, ROMAIN)

    L’His­toire qui se répète et rien de bien nou­veau sous le soleil ! lieu com­mun et sem­pi­ter­nelle redite…

    Je pro­fite de ces bon­jour récur­rents pour rebon­dir sur mon écran et me poser tout sortes de ques­tions, ces pro­blé­ma­tiques et ces pos­tu­lats que tant d’autres ici ont déjà abor­dés sous bien des angles… trou­ver ce point d’é­qui­libre et de concer­ta­tion fai­sant corps et volonté.

    Col­lec­tif Citoyen, Col­lec­tif Consti­tu­tion­nel, peu importe l’ap­pel­la­tion idéale comme on peut en ima­gi­ner dif­fé­rentes, le plus impor­tant étant de vrai­ment créer une syner­gie et un mou­ve­ment englo­bant tous les groupes et pen­sées alter­na­tives, ras­sem­bler toute cette diver­si­té, concen­trer tous nos efforts sur la néces­si­té de créer un mou­ve­ment révo­lu­tion­naire d’en­ver­gure tout en se optant pour les meilleurs méca­nismes et démarches fon­da­trices de cette nou­velle donne et de cette Démocratie_et nous savons tous ici com­bien ces fon­da­men­taux chouar­diens sont de sérieux can­di­dats pour opé­rer ce chan­ge­ment et ce nou­veau départ démo­cra­tique et sociétal.
    Mais à cha­cun de convaincre autrui tout en res­tant ouvert à toute autre pro­po­si­tion intègre et constructive.

    Mais cette obli­ga­tion d’al­ler de l’a­vant et d’oeu­vrer dans cet inté­rêt com­mun et ce calen­drier à ne plus remettre sous peine de connaître bien­tôt le pire et tout ce déni démocratique !

    Ces Gen­tils Virus, certes, à cha­cun d’entre nous d’en par­ler à son voi­sin, aux plus com­pé­tents, aux plus libé­rés de convaincre un plus grand nombre mais j’en reviens une nou­velle fois à cette néces­si­té, en paral­lèle, que dif­fé­rentes per­son­na­li­tés (intel­lec­tuels, élus, uni­ver­si­taires, hommes de ter­rain et d’ac­tion – pro­fes­sion­nels, béné­voles -, lan­ceurs d’a­lertes, confé­ren­ciers, etc.), tout en fai­sant corps et mou­ve­ment (citoyen) prennent la parole, fassent acte péda­go­gique et infor­ma­tion­nel, cette res­pon­sa­bi­li­té et cet enga­ge­ment citoyens, mais sur­tout légi­ti­misent / offi­cia­lisent cette volon­té légi­time avant qu’in­sur­rec­tion­nelle et révo­lu­tion­naire, car cet esprit liber­taire et cet objec­tif démo­cra­tique, ce res­pect dû à cha­cun et cet inté­rêt col­lec­tif, tout l’i­déal humain et huma­niste en lieu et place de cette usur­pa­tion capi­ta­liste et finan­cière du Monde et du Vivant !

    Les moyens et faci­li­tés com­mu­ni­ca­tion­nelles sont telles que nous avons aujourd’­hui cette chance unique, la rapi­di­té de la lumière, si je puis dire, en lieu et place de tous débor­de­ments intem­pes­tifs ; et cette trans­pa­rence garante et de notre sécu­ri­té et de toute la publi­ci­té (accep­tion pre­mière, chouar­dienne) opti­male pour oeuvre de façon construc­tive et éclairante.

    Mais pour cela, avant que d’exi­ger à cha­cun et aux plus petits cet effort, cet inves­tis­se­ment, il est impé­ra­tif qu’un Col­lec­tif s’or­ga­nise et s’en­gage plus avant, plus sérieu­se­ment, fasse corps et prenne sens.

    Tout cela est si évident et ce défi presque comme une gageure, c’est bien là le mini­mum ini­tial ou dites-vous bien que cette ou ces élites qui nous imposent et qui nous obligent ont non seule­ment façon­né toute machi­ne­rie déjà bien hui­lée (cette socié­té consu­mé­riste, égo­tiste…) mais a tout moyen et toute volon­té pour cor­ri­ger le tir et effec­tuer des coupes là où nécessaires.

    Comme pour ces sata­nés Chem­trails qu’on veut nous faire prendre pour des ves­sies de de vapeur d’eau, il est impé­ra­tif de notre part d’exi­ger de l’O­TAN la ces­sa­tion de cette ingé­rence aérienne comme de res­ter ouverts à cet impal­pable et ces Sylphes amis et pro­tec­teurs, mais tous ces essais nucléaires ont bien enta­més ces centres éner­gé­tiques terrestres_et nous en tenir à notre seule réa­li­té per­cep­tible et ration­nelle c’est à coup sûr faire preuve sinon de pré­ten­tion en tout cas d’i­gno­rance, mais sur­tout d’incon­sé­quences fâcheuses, Cause des Causes des causes…

    Cha­leu­reu­se­ment

    Réponse
  216. EFFAB

    Mau­rice Allais… et Ana­lyse des reflexions…, y‑a-t-il une rai­son par­ti­cu­lière à ce que ce soit tou­jours ou très sou­vent en tout cas ces deux topics sur les­quels inter­vient notre/nos ami(s) anglo­phone ? ou sim­ple­ment quelque logi­ciel ou quelque pré­sup­po­sé à ce job ne se com­pli­quant pas plus que ça la tâche ?… mais que vais-je me poser tout un tas de ques­tions plus far­fe­lues les unes que les autres quand il y a déjà bien assez à débattre et sur­tout à agir en tout ce qui nous inté­resse ici ?! jus­te­ment, le job et les choix de tout bon stra­tège prennent en compte tous les para­mètres, chaque détail et tout impré­vu, car rien n’est ano­din quand TOUT par­ti­cipe à l’EN­SEMBLE en même temps qu’en cha­cune de ses PARTIES, aus­si ano­dines, aus­si insi­gni­fiantes soient-elles, ce prin­cipe du Vivant et de toute Démo­cra­tie véri­table : le POUVOIR de TOUS par TOUS pour TOUS !

    Réponse
  217. EFFAB

    Je vais me per­mettre une fois de plus un de ces hors-sujets dont j’ai la fan­tai­sie, à moins que ce ne soit moi qu’il faille trai­ter de Gen­til Far­fe­lu et Fou de ser­vice !… mais ne sommmes-nous pas un peu tous ici comme les gui­gnols et les fous du Roi ? ces mêmes têtes cou­ron­nées et toutes puis­santes qui nous laissent là quelques miettes de liber­té et d’es­poir ?… oui, je sais, je suis beau­coup plus pro­fond que cer­tains ose­ront tou­jours à trai­ter ceux de mon espèce de gen­tils for­ce­nés et indé­crot­tables para­nos !… donc, his­toire d’en rajou­ter une couche, je vais vous livrer une petite vidéo que j’ai décou­verte hier…

    Sujet com­plè­te­ment fou ou des plus far­fe­lus, je l’ad­mets, et car­ré­ment hors-sujet avec le Blog d’E­TIENNE, j’en conviens sur toute la ligne… excep­té si d’autres Causes sont éga­le­ment à prendre en compte à côté de celle qui nous occupe ici, comme cer­tains pensent que la Civi­li­sa­tion ne sort ni d’A­dam et Eve et que l’His­toire humaine est infi­ni­ment plus com­plexe et plus diver­si­fiée qu’il n’y paraît – doux euphé­misme pour rendre d’une réa­li­té plus inter­na­tio­nale encore, enten­dez par-là d’autres civi­li­sa­tions, des élé­ments extra-ter­restre ou extra-dimen­sion­nel, j’a­voue que tout cela me dépasse moi-même… mais depuis le jour où j’ai pris conscience de ce para­doxe qu’est la vie à être autant une réa­li­té que cette imper­ma­nence, croyez bien que je serais bien pré­ten­tieux moi-même que d’être cer­tains de ceci ou de cela quand mon corps est à ce point limi­té et mon esprit à ce point mal­léable ou condi­tion­né et par sa nature et par son environnement !

    Quoi qu’il en soit, ETIENNE, n’hé­si­tez pas à four­guer tout ceci aux oubliettes si vous l’es­ti­mez utile ou…indispensable – lol, rhé­to­rique, rhé­to­rique, quand tu nous tiens, quand tu te joues de nous… tous ces contraires autant que ces para­doxes, tous ces poten­tiels, toutes ces ouver­tures, tout ce qui nous dépasse de tout ce qu’on intuitive.

    http://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​7​1​O​F​u​D​5​3​9ms

    (ce qui suit est un papier-col­lé de ce que j’ai pos­té à 10h17 ici – http://​www​.pla​nete​-reve​la​tions​.com/​t​7​5​6​6​p​3​0​-​u​s​a​-​u​n​-​c​o​l​o​n​e​l​-​r​e​p​t​i​l​i​e​n​-​d​e​m​a​s​q​u​e​#​1​5​1​774)

    Moi, ce sont ces moments-là qui m’interpellent…

    … 0’52
    … 4’57
    … 9’40
    … 10’55…

    … évi­dem­ment, on repasse là en boucle la même action, cette réac­tion du séna­teur de l’A­ri­zo­na, John McCAIN… mais regar­dez bien, cette réac­tion est telle à un ins­tant qu’on peut se deman­der si ce qu’il vient de voir ne sort pas effec­ti­ve­ment de l’or­di­naire ? à la fois le sujet abor­dée par cette vidéo que cette étrange ‘malaise’ aus­si sou­dain que rapide et ce retour à la normal…

    6’12… inté­res­sant ce que dit Hugo CHAVES sur le fait qu’on se rap­pelle de lui en tant qu’­Homme, un vrai, tout sim­ple­ment, et non de ces Hommes qui n’en sont pas vrai­ment, qui ne sont pas vrai­ment humains en tout cas… comme peut-être ici cer­tains d’entre nous qui inter­viennent sous tel ou tel masque… allez savoir, puisque le pire est pos­sible et ima­gi­nable ici-bien-bas, lol

    Je ne suis pas grand consom­ma­teur de ce genre de vidéos et sujets assi­mi­lés, mais ce monde des pos­sibles comme cette igno­rance cultu­relle m’o­blige autant à être pareille­ment dubi­ta­tif et néan­moins ouvert à tout. Ou que l’on me prouve le contraire, si tant est que prou­ver n’im­porte quoi de nos jours est autant à la por­tée du pre­mier venu que cette gageure !

    Réponse
  218. Ana Sailland
    "le POUVOIR de TOUS par TOUS pour TOUS !" (EFFAB) >>>  j'use volontiers de "la codécision universelle".

    Trou­ver une liste de des­crip­tions hyper­com­pactes de la démo­cra­tie (en plus de l’é­ty­mo­lo­gie) serait utile pour le tra­vail viral.

    Réponse
  219. Ana Sailland

    @232 (EFFAB)

    Ton mes­sage est plus inté­res­sant que ce que cer­tains vont en penser.

    Quand je posais la ques­tion « Qui ou quoi au des­sus des Bil­der­berg », j’en­trou­vrais une lucarne sur le ques­tion­ne­ment que tu pro­poses au regard-crible de chacun.

    Je ne suis pas étanche, mais saint tho­mas par son côté dou­teur me plaît assez.

    Et en res­tant sur le démon­trable immé­diat, on a déjà un beau maté­riel à dis­po­si­tion pour dénon­cer de vraies enti­tés pen­santes qui bien que non humaines gou­vernent la gou­ver­nance humaine, que cette der­nière soit légi­time ou pas.

    J’ai déjà posé des esquisses, nous déve­lop­pe­rons à l’occasion.
    (Quelques as sous la manche à ne pas abattre trop pré­co­ce­ment dans ce poker géant mené contre le pire du pire)

    Je n’ai jamais croi­sé de rep­ti­lien et pense que même si c’é­tait le cas, en faire état serait se décré­di­bi­li­ser sur le champ de bataille immé­diat de l’ur­gence. Nous avons bien assez à faire avec les lobies, les émo­tion­nels trai­nants, le squat de l’i­déo­sphère, et entre autres choses les trans­na­tio­nales qui, on le lit chaque jour « pensent » et « décident », et qui, dis­po­sant de « la capa­ci­té juri­dique » sont donc le lévia­than qui dépasse ses maîtres.

    Réponse
  220. EFFAB

    Evi­dem­ment, ce n’est pas moi qui l’ai dit, ceci, et je ne fais que répé­ter comme un gen­til mou­ton virant au chat liber­taire ce que j’ai enten­du ici-et-là, lol… par contre, tout her­mé­tique que je puis être par­fois pour cer­tains, moi qui ai ce chic d’a­bor­der cer­taines thé­ma­tiques par­mi les plus far­fe­lues (et je n’ose vous dire sur laquelle de ces thé­ma­tiques j’é­tais en train de me pen­cher en ce moment sur le Net !), j’ai par­fois quelque mal à bien vous inter­pré­ter, ma chère ANA, si je puis le for­mu­ler ain­si : ce voca­bu­laire et cet esprit qui m’en impose bien sou­vent, à moins que mon esprit plus ou moins tor­du ou exa­gé­ré­ment com­plexe (se com­pli­quant les choses) veuille en rajou­ter là où fina­le­ment il n’y a pas lieu, ouf ! je sais, c’est bien ce dont parlais^^

    La Démo­cra­tie concerne cha­cun d’entre nous : nos besoins au quo­ti­dien, notre inté­rêt à cha­cun et ce mieux vivre en com­mun ; tout le reste n’est que poli­tique et super­flu, spo­lia­tion et vaines promesses.

    Quand il n’y a rien à pro­mettre mais bien des pro­jets à mener à bien et des choix de socié­té, dans ce res­pect de tous, cette éco­no­mie de moyen et toute cette dimen­sion éco­lo­gique qui lui est associée.

    Le tirage au sort est démocratique_et le suf­frage uni­ver­sel est éli­tiste et plou­to­crate (je ne fais que citer ce que j’ai déjà lu ici quelque part) et tout un tas d’autres slo­gans tout aus­si fédé­ra­teurs qu’explicites !

    Réponse
  221. EFFAB

    @234, ANA

    Oui, ANA, je vais tacher de ne pas ren­ché­rir plus qu’il n’en faut, car je crains sinon que le réveil ne soit trop bru­tal pour cer­tains, avec ou sans pilule rouge^^… et peu importe, à vrai dire, qu’il y ait d’autres Causes à Celle qui nous occupe ici (à l’at­ten­tion de ceux qui prennent le train en route et ne sont pas tant fami­liers d’un cer­tain vocable employé ici, la Cause des causes chouar­dienne est cette néces­si­té fon­da­men­tale qu’il y a à se réap­pro­prier, en tant que Nation libre et citoyens maîtres de leur des­tin, la Consti­tu­tion qui déter­mine du bon fonc­tion­ne­ment des ins­ti­tu­tions au coeur d’une socié­té et de cette garan­tie qu’elle doit exer­cer par ses méca­nismes et ses fon­da­men­taux en vue de nos inté­rêts et de nos liber­tés, nous pré­mu­nir contre tout déra­page, contre tout excès ou abus quel qu’il soit), le plus impor­tant étant que les masses se réveillent et que change enfin l’Histoire !

    Je n’en ai jamais croi­sés non plus, ou je l’i­gnore moi-même, mais quelques vidéos aus­si sur­pre­nantes que des plus far­fe­lues me laissent à pen­ser désor­mais qu’il pour­rait bien y avoir une petite part de vraie au coeur de toutes ces légendes urbaines et mythes anté­di­lu­viens ! lol

    Réponse
  222. EFFAB

    Tu fais bien, Qui que tu sois, une mati­née à Chem­trails ! et une tren­taine de pho­tos, citoyen iso­lé pre­nant acte et fait.

    Des paral­lèles et des croix blanches dans le ciel, des avions échap­pant au traf­fic aérien civil, un bal­let qui n’a de contre à rendre à per­sonne et sur­tout pas à nous, citoyens lam­ba et consom­ma­teurs bien­tôt pucés, ce pré­texte et ce prin­cipe de pré­cau­tion, de san­té public… il y en a un de Comi­té qui ferait plu­tôt le ménage là où tout ces para­sites obligent la qua­si-tota­li­té… ! lol, ces pauvres gueux ont ren­ver­sé la Bas­tille ? moi, c’est l’As­sem­blée Natio­nale qu’il faut détruire et y un joli parc à vivre et à jouer à la Mary POPPINS !

    http://​www​.dai​ly​mo​tion​.com/​v​i​d​e​o​/​x​1​2​d​6​m​f​_​l​a​-​v​e​r​s​i​o​n​-​r​e​m​i​x​e​e​-​d​e​-​m​a​r​y​-​p​o​p​p​i​n​s​-​c​o​m​m​e​n​t​-​f​a​i​r​e​-​u​n​-​t​u​b​e​-​e​l​e​c​t​r​o​-​a​v​e​c​-​u​n​-​v​i​e​u​x​-​w​a​l​t​-​d​i​s​n​e​y​_​s​h​o​r​t​f​i​lms

    LADIES & GENTLEMEN

    Réponse
  223. EFFAB

    http://​www​.pla​nete​-reve​la​tions​.com/​t​3​2​4​8​-​m​e​s​s​a​g​e​s​-​s​u​b​l​i​m​i​n​a​u​x​-​e​t​-​c​i​n​ema

    Ce lien et ce post de JAYLEBEE, 16 déc. 23h04 dont le sujet me rap­pelle le fameux pas­se­port dans Matrix où on peut lire la date du 11/9/2001 pour un film sor­ti en 1999 !

    _

    « Tiens, cette vidéo sur World War Z, ça me fait penser :
    Je sais pas si on peut vrai­ment consi­dé­rer ça comme un mes­sage sub­li­mi­nal, mais je trou­vais le « clin d’oeil » suf­fi­sam­ment gros pour être cité ici : »

    « Vous vous rap­pe­lez du film Je suis une légende (2007) avec Will Smith ? »

    « Dans le film, Robert Will Smith Neville évo­lue dans un monde post-apo­ca­lyp­tique dans lequel le genre humain a été dévas­té par la pro­pa­ga­tion d’un virus… »

    « On a donc droit à de nom­breux plans illus­trant la chute de l’hu­ma­ni­té, Au tra­vers d’une ville de New York dans laquelle la nature a repris ses droits. » (je dirais moi la loi de la jungle et cela me rap­pelle un lien, un télé­fim ou une série oppo­sant des méga­poles ultra-modernes à des zones de non-droit…)

    « A un moment du film, on peut remar­quer une affiche arbo­rant les logos de Super­man et Batman,
    lais­sant sup­po­ser que le fléau qui a rava­gé le genre humain a eu lieu pen­dant la période de pro­mo­tion d’un film Bat­man ver­sus Superman. »

    « Alors okay, le film date de 2007, l’in­trigue se déroule en 2012 et l’af­fiche annonce une sor­tie pour le 15 Juin 2010 (05.15.10). »

    « Mais avouez que 6 ans plus tard, c’est quand même mar­rant de voir que Bat­man vs Super­man va réel­le­ment être produit
    (date de sor­tie pré­vue le 15 Juillet 2015 (07.15.15)) avec une pro­mo­tion plus ou moins simi­laire à celle qu’on peut voir dans le film : »

    _

    Pour voir les images, se réfé­rer au lien ci-des­sus et les par­ties sur­li­gnée sont de mon fait.

    Réponse
  224. EFFAB

    Selon toi, WEPWTOIU, quelle serait la meilleure démarche à ten­ter ou tout suit-il son cours comme il se doit ?… un Noël réel­le­ment magique au coeur de nos incons­cients et une Nou­velle Année si riche et si pro­met­teuse, si belle pour tous

    Mer­ci

    Réponse
  225. J-Stéphane

    Allons-nous encore pas­ser une année avec des œillères de com­plai­sance, et nous satis­faire de la mor­phine POUVOIR D’ACHAT ?

    Réponse
  226. EFFAB

    T’as rien de mieux à faire ?…

    … ou n’es-tu qu’un néo-col­la­bo­ra­teur ? ou as-tu ven­du ton âme au plus offrant, ou pire, par convictions ?…

    Réponse
  227. EFFAB

    Allez, une der­nière petite couche pour aujourd’­hui, his­toire de rela­ti­vi­ser notre rap­port à la Shoah et de faire autre­ment plus de cas, en ce qui nous concerne, de La Com­mune il y aura bien­tôt 150 ans !

    « La curieuse inau­gu­ra­tion d’un Par­le­ment Juif Euro­péen, en toute discrétion…

    « La séance inau­gu­rale des 120 membres élus du pre­mier Par­le­ment Juif Euro­péen, un nou­veau forum inno­va­teur où s’exprimeront les idées et les pré­oc­cu­pa­tions des Juifs euro­péens, s’est tenue jeu­di 16 février dans le bâti­ment du Par­le­ment Euro­péen à Bruxelles.

    « Pour­quoi pas un Par­le­ment chré­tien, puis musul­man ? Qu’est-ce que çà signifie ? !

    “Notre époque res­semble étran­ge­ment à ce qu’écrivait Baruch Levy à Karl Marx (impri­mé dans La Revue de Paris, p. 574, Juin 1, 1928) :

    « Le peuple juif dans son ensemble va deve­nir son propre Mes­sie. Il attein­dra la domi­na­tion du monde par la dis­so­lu­tion des autres races, par l’abolition des fron­tières, l’anéantissement de la monar­chie et par l’établissement d’une répu­blique mon­diale dans lequel les Juifs exer­ce­ront par­tout le pri­vi­lège de la citoyenneté.
    Dans ce nou­vel ordre mon­dial, les enfants d’Israël four­ni­ront tous les diri­geants, sans ren­con­trer d’opposition.

    Les gouvernements des différents peuples formant la république mondiale tombera sans difficulté dans les mains des Juifs. Il sera alors possible pour les dirigeants juifs d’ abolir la propriété privée et partout de faire usage des ressources de l’État.

    Ain­si les pro­messes du Tal­mud sera rem­plies, dans lequel il est dit que lorsque le temps mes­sia­nique sera arri­vé, les Juifs auront tous les biens du monde entier dans leurs mains. “

    « Source : Rea­lin­fo Tiré d’un com­men­taire chez LIESI

    source : http://​pro​ject​-world​-vision​.over​-blog​.com/​a​r​t​i​c​l​e​-​l​a​-​c​u​r​i​e​u​s​e​-​i​n​a​u​g​u​r​a​t​i​o​n​-​d​-​u​n​-​p​a​r​l​e​m​e​n​t​-​j​u​i​f​-​e​u​r​o​p​e​e​n​-​e​n​-​t​o​u​t​e​-​d​i​s​c​r​e​t​i​o​n​-​1​0​0​0​5​4​7​0​2​.​h​tml

    http://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​y​p​f​J​o​u​0​p​ylA

    La Cause est à ce prix, ne plus rien lais­ser pas­ser et bou­ter cette élite hors de l’es­pace publique… hors de la com­mu­nau­té démocratique !

    Réponse
  228. EFFAB

    Impos­sible n’est pas fran­çais, dit-on…

    http://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​W​H​J​P​6​O​F​e​J8o

    … mais peut-être que bou­ter VALLS hors des lustres de la Répu­blique est infi­ni­ment plus simple et plus acces­sible ?… car peut-il être assu­ré du sou­tien incon­di­tion­nel et de ce devoir de réserve de tous les hommes et de chaque corps consti­tuants qui sont sous son auto­ri­té ?… je n’en suis pas si sûr_et je ne suis cer­tai­ne­ment pas le seul à le penser.

    ROBESPIERRE

    Réponse
  229. Mélina
  230. EFFAB

    Je suis bien d’ac­cord, MELINA, la puis­sance de cette EGREGORE qui n’at­tend que nous la sol­li­ci­tions, tel les SYLPHES du ciel par­ti­ci­pant à ce com­bat parce que suf­fi­sam­ment nom­breux nous deve­nons à être infor­més et plei­ne­ment conscients de la réa­li­té des Chemtrails…

    … tel ce VERBE démo­cra­tique et ces QUENELLES popu­laires et contes­ta­taires qui s’op­posent au Pou­voir et aux poli­tiques… ce que cer­tains, dans cet incons­cient col­lec­tif et amou­reux (amour : un mot si riche et si sou­vent gal­vau­dé), ont nom­mé Gen­tils Virus !

    Cha­leu­reu­se­ment

    Réponse
  231. EFFAB
  232. EFFAB

    @268

    La capi­ta­li­sa­tion n’est pas chose très sérieuse, mon ami, ni pro­cé­dé très recom­man­dable, le tra­vail étant la seule valeur à prendre en compte. Et, quand besoin de finan­ce­ment pour tel ou tel pro­jet, pas besoin non plus d’en­ri­chir des ren­tiers para­sites et des por­te­feuilles action­naires qui trou­ve­ront tou­jours – plus gour­mands tout en en fai­sant le moins pos­sible – à spé­cu­ler sur le tra­vail d’au­trui et l’en­det­te­ment géné­ral ;

    Donc, MOREAU, tout sérieux et tout de bonne foi étant, pour­quoi emprun­te­rions-nous à qui que ce soit en pri­vé quand créa­tion moné­taire publique ou simple mutua­li­sa­tion sont ce qu’il y a de plus logique et de plus consé­quent à faire, pour des hommes et des femmes res­pec­tueux du vivant et tota­le­ment indé­pen­dants politiquement ?!…

    Au revoir, mon ami

    Louis EVEN, 1962…

    Louis Even – 1962 – L’ar­naque (et la tra­hi­son) de la dette publique :

    https://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​M​W​G​W​m​R​O​N​V9M

    Réponse
  233. Étienne

    Mer­ci Effab, pour cet utile rappel.

    Vrai­ment, je trouve Louis Even épatant 🙂

    Même uti­li­té sociale (et mêmes valeurs) qu’­Hen­ri Guillemin.

    Étienne.

    Réponse
  234. Jean D.

    @Morpheus

    La spé­cia­li­sa­tion a été inven­tée par des pirates qui, crai­gnant que les plus brillants ne chassent les grands de ce monde, pré­fé­raient les divi­ser. En gar­dant tous les indi­vi­dus remar­quables com­par­ti­men­tés dans leur spé­cia­li­sa­tion, les grands pirates se réser­vaient l’intégration des richesses pro­duites par les spé­cia­listes. Ce sont des pirates : ils sont maîtres du com­merce mondial.

    Richard Buck­mins­ter Ful­ler,  » Manuel d’ins­truc­tion pour le vais­seau spa­tial « Terre ».  » – 1969

    Réponse

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