L’obéissance d’esprit est toujours une faute (Alain)

28/12/2011 | 82 commentaires

Chers amis,

Vous savez comme j’aime Alain.
Ça s’aggrave 🙂

J’ai encore trou­vé une perle : je pense que c’est un des meilleurs pro­pos d’A­lain. Il est magni­fique, puis­sant, essen­tiel, 0% de MG, toutes les phrases comptent ; il y décrit même, peut-être, la vraie cause des causes des injus­tices sociales.

Mais lisez plutôt.

Le juge­ment poli­tique et l’o­pi­nion commune

L’É­tat est aisé­ment neu­ras­thé­nique. Mais qu’est-ce qu’un neu­ras­thé­nique ? C’est un homme pen­sant, je veux dire ins­truit et fort atten­tif à ses opi­nions et à ses affec­tions ; atten­tif en ce sens qu’il en est le spec­ta­teur. Et c’est en cela que consiste ce genre de folie, à consta­ter ses propres opi­nions au lieu de les choi­sir et vou­loir. Comme un homme qui, condui­sant une auto­mo­bile à un tour­nant, se deman­de­rait : « Je suis curieux de savoir si je vais sau­ter dans le ravin. » Mais c’est jus­te­ment son affaire de n’y point sau­ter. De même le neu­ras­thé­nique se demande : « Est-ce que je serai gai ou triste aujourd’­hui ? Est-ce que j’au­rai de la volon­té ou non ? Que vais-je choi­sir ? Je suis curieux de le savoir. » Mais il ne vient jamais à cette idée si simple de décré­ter au lieu d’at­tendre, pour les choses qui dépendent de lui.

Or ce genre de folie n’est jamais com­plet dans l’in­di­vi­du. Com­mu­né­ment, dans les cir­cons­tances qui importent, il cesse d’at­tendre et se met à vou­loir, résis­tant aux vices et aux crimes mieux qu’à la tris­tesse, et plu­tôt mal­heu­reux que méchant.

Cette mala­die sin­gu­lière me paraît au contraire propre à tout État ; et par là j’ex­plique que ce grand corps soit tou­jours mal­heu­reux et sou­vent dan­ge­reux. Et voi­ci pour­quoi. Cha­cun a pu remar­quer, au sujet des opi­nions com­munes, que cha­cun les subit et que per­sonne ne les forme. Un citoyen, même avi­sé et éner­gique quand il n’a à conduire que son propre des­tin, en vient natu­rel­le­ment et par une espèce de sagesse à recher­cher quelle est l’o­pi­nion domi­nante au sujet des affaires publiques. « Car, se dit-il, comme je n’ai ni la pré­ten­tion ni le pou­voir de gou­ver­ner à moi tout seul, il faut que je m’at­tende à être conduit ; à faire ce qu’on fera, à pen­ser ce qu’on pen­se­ra. » Remar­quez, que tous rai­sonnent de même, et de bonne foi. Cha­cun a bien peut-être une opi­nion ; mais c’est à peine s’il se la for­mule à lui-même ; il rou­git à la seule pen­sée qu’il pour­rait être seul de son avis.

Le voi­là donc qui hon­nê­te­ment écoute les ora­teurs, lit les jour­naux, enfin se met à la recherche de cet être fan­tas­tique que l’on appelle l’o­pi­nion publique. « La ques­tion n’est pas de savoir si je veux ou non faire la guerre, mais si le pays veut ou non faire la guerre. » Il inter­roge donc le pays. Et tous les citoyens inter­rogent le pays, au lieu de s’in­ter­ro­ger eux-mêmes.

Les gou­ver­nants font de même, et tout aus­si naï­ve­ment. Car, sen­tant qu’ils ne peuvent rien tout seuls, ils veulent savoir où ce grand corps va les mener. El il est vrai que ce grand corps regarde à son tour vers le gou­ver­ne­ment, afin de savoir ce qu’il faut pen­ser et vou­loir. Par ce jeu, il n’est point de folle concep­tion qui ne puisse quelque jour s’im­po­ser à tous, sans que per­sonne pour­tant l’ait jamais for­mée de lui-même et par libre réflexion. Bref, les pen­sées mènent tout, et per­sonne ne pense. D’où il résulte qu’un État for­mé d’hommes rai­son­nables peut pen­ser et agir comme un fou. Et ce mal vient ori­gi­nai­re­ment de ce que per­sonne n’ose for­mer son opi­nion par lui-même ni la main­te­nir éner­gi­que­ment, en lui d’a­bord, et devant les autres aussi.

Posons que j’ai des devoirs, et qu’il fau­dra que j’o­béisse. Fort bien. Mais je veux obéir à une opi­nion réelle ; et, pour que l’o­pi­nion publique soit réelle, il faut d’a­bord que je forme une opi­nion réelle et que je l’ex­prime ; car si tous renoncent d’a­bord, d’où vien­dra l’o­pi­nion ? Ce rai­son­ne­ment est bon à suivre, et fait voir que l’o­béis­sance d’es­prit est tou­jours une faute.

Alain (Émile Char­tier), « Mars ou la guerre jugée » (1936).

Ce pro­pos m’ha­bite, depuis que je l’ai décou­vert : il revient tout seul dans ma tête, sou­vent ; je l’ai relu cent fois ; je sens qu’on touche à l’es­sen­tiel, tout proche de l’i­sé­go­ria (totale liber­té d’ex­pres­sion), mais sans se confondre avec elle ; il est comme son com­plé­ment indis­pen­sable : NOUS DEVONS PENSER PAR NOUS-MÊMES, avec le cou­rage d’être par­fois seul à pen­ser à notre façon. C’est un mar­queur de la citoyen­ne­té véritable.

Quand je cherche qui a cette qua­li­té de cou­rage (d’af­fron­ter, s’il le faut, en conscience, la répro­ba­tion géné­rale), je pense d’a­bord à Mau­rice (Allais), dont je trouve la liber­té de pen­ser exem­plaire, mais aus­si à quelques mili­tants encore bien vivants aujourd’­hui. Cher­chez : il n’y en a pas tant que ça, qui ne soient pas enfer­més dans la cha­pelle d’un par­ti et d’une pen­sée qua­si impo­sée par un groupe.

« Nous devons pen­ser par nous-mêmes… OK, mais c’est déjà le cas, non ? » vous deman­dez-vous peut-être en votre for inté­rieur… Hum… Reli­sez Alain. Il a rai­son : nous cher­chons tou­jours à savoir ce que pensent les autres, pour être sûr d’être en accord, en har­mo­nie avec la socié­té. Alors que, LOGIQUEMENT, c’est une néces­saire dis­ci­pline que de s’in­ter­dire l’o­béis­sance d’es­prit. Une sorte d’hy­giène démo­cra­tique de base.

D’un autre côté, cet impé­ra­tif de pen­ser libre­ment est À COMBINER AVEC l’art de débattre, d’é­cou­ter l’autre en cher­chant vrai­ment la véri­té, autre for­mi­dable sujet de réflexion, lui aus­si tout à fait cen­tral dans une démo­cra­tie véri­table (dont les DÉBATS per­ma­nents sont le cœur bat­tant), et que Mon­taigne étu­die magis­tra­le­ment dans le cha­pitre 8 du livre 3 des Essais (ce cha­pitre, inti­tu­lé « L’art de conver­ser », est une pure mer­veille). Mais ça, je vous en par­le­rai dans un pro­chain billet.

Je trouve ces sujets de réflexion inépui­sables. Et passionnants.

Et vous ?

Étienne.


Émile Char­tier, dit « Alain » (1868−1951)

Nom­breux livres d’A­lain à télé­char­ger sur le très pré­cieux site de l’UQAC.

Res­sources nom­breuses sur le site d’A­lain : http://​ali​na​lia​.free​.fr/, tenu par l’As­so­cia­tion des Amis d’A­lain (AAA)


Alain et Elie Halévy

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Étienne

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82 Commentaires

  1. stef

    Je trouve la réflexion d’A­lain très inté­res­sante. Il met le doigt sur un sujet qui me semble aus­si impor­tant aujourd’hui dans notre socié­té ; le fait qu’on manque énor­mé­ment de culture émo­tion­nelle : le fait que ce sys­tème capi­ta­lisme nous coupe de nous-même et de nos émo­tions, qu il nous enferme dans le « faire » (« le plai­sir de faire » au pro­fit du « faire plai­sir ») plu­tôt que dans l’être » (et donc dans la pen­sée, cogi­to ergo sum pour citer Des­cartes). C’est en ce point que je rejoins les pro­pos d’A­lain qui nous incite à un chan­ge­ment inté­rieur pour un chan­ge­ment extérieur.

    Encore mer­ci pour tous ces textes et toutes ces expli­ca­tions qui nous ouvrent l’es­prit pour mieux voir qui tirent nos ficelles.

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  2. jb5175

    Bon­jour Étienne,
    Mer­ci pour ce trait d’es­prit qui éclaire la jour­née, encore !
    Je ne peux que pré­ci­ser que c’est en effet ce que nous sou­hai­tons aus­si orga­ni­ser, en paral­lèle du Plan C : la contri­bu­tion de tous à défi­nir les orien­ta­tions claires du pro­chain gouvernement.
    Dites : dans quel monde vous vou­lez vivre ? http://​www​.dqm3v​.com/

    à bien­tôt

    JB

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  3. Di Girolamo

    « Et ce mal vient ori­gi­nai­re­ment de ce que per­sonne n’ose for­mer son opi­nion par lui-même ni la main­te­nir éner­gi­que­ment, en lui d’a­bord, et devant les autres aus­si. »

    C’est, dit autre­ment, ce que je sou­tiens obs­ti­né­ment : que la prio­ri­té des prio­ri­tés est bien l’or­ga­ni­sa­tion du débat public, ce qui per­met de sor­tir de la non pen­sée du sys­tème, et, sur la base de la confron­ta­tion des idées de poser des choix politiques.

    J’en déduis que la seule action impor­tante à mener pour ceux qui, ici ou là, droite gauche centre ou autres, se pré­valent de pen­ser par eux mêmes, est de s’u­nir pour reven­di­quer de pou­voir confron­ter leurs idées au sein d’un espace public et poli­tique amé­na­gé à cet effet.

    Mais las, ils sont pris dans le piège des par­tis ou celui de leurs egos et se contentent de noto­rié­tés média­tiques, le net étant à cet égard un for­mi­dable outil.

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  4. Yan

    Je par­tage aus­si cette vision de la socié­té. Ne pas se fondre dans la masse parce que c’est simple mais plu­tôt com­prendre pour­quoi nous sommes aujourd’­hui arri­vé a ce point aujourd’hui.

    Est ce un point de non retour ? Je ne pense pas, mais quand alors allons nous arri­ver à y voir un début d’optimisme.

    La quête inté­rieure en est une, mais à l’extérieur qui s’en occupe ? Suf­fit il d’al­ler dans la rue pour mani­fes­ter notre mécon­ten­te­ment ? Quelles ini­tia­tives abou­tissent au progrès ?

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  5. Paco Tille

    A rap­pro­cher, pour s’en­fon­cer dans un puits sans fond de réflexion, de la petite phrase qu’on attri­bue je crois à Ein­stein (mais on lui en attri­bue tel­le­ment que le doute s’im­pose..) : « Mieux vaut se trom­per avec les autres qu’a­voir rai­son tout seul. »

    Et pour accom­pa­gner cette phrase d’A­lain « Mais il ne vient jamais à cette idée si simple de décré­ter au lieu d’at­tendre, pour les choses qui dépendent de lui. »,

    celle, tel­le­ment per­cu­tante, de Sénèque (ori­gine cer­ti­fiée, cette fois-ci) : « Quand tu auras désap­pris à espé­rer, je t’ap­pren­drai à vou­loir. »

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  6. Alain2Treguier

     »Il a rai­son : nous cher­chons tou­jours à savoir ce que pensent les autres, pour être sûr d’être en accord, en har­mo­nie avec la société »… »

    NON, si Alain dit cela ain­si, il a tort ! ou alors, « nous » n’est et ne sera jamais moi : je milite dans un par­ti à par­tir d’un choix essen­tiel, « exis­ten­tiel », abso­lu­ment per­son­nel, donc ni défi­ni­tif ni exclu­sif : de même si j’ai eu le choix d’un métier, cela ne m’a pas trans­for­mé en sté­réo­type de ma pro­fes­sion, que j’aime !

    J’ai choi­si de me pen­ser plu­tôt Bre­ton que Turc ou Autri­chien ou Ita­lien ou Pari­sien, car j’a­vais ces choix.. ceci ne m’im­pose pas d’ap­prendre à par­ler bre­ton et à boire du chou­chen (excellent sur Tré­guier…). Donc, je refuse tous les cha­peaux ronds dont on pré­tend me coif­fer « au nom de la pen­sée sublime d’A­lain »… Ceci dit, OUI, c’est un pen­seur qui reste fort utile à condi­tion de le confron­ter à des gens qui sont à des années-lumières de son monde… Par exemple Sartre : « Un homme qui adhère à tel syn­di­cat, com­mu­niste ou révo­lu­tion­naire, veut des buts concrets(…) nous vou­lons la liber­té pour la liber­té et à tra­vers chaque cir­cons­tance par­ti­cu­lière »

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  7. le facteur

    Deso­lé, je vais être hors sujet, mais ce site me donne la banane… Tout n’est pas per­du, vous en êtes la preuve. Vous n’a­vez rien à vendre, rien à y gagner… Cha­peau citoyen.

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  8. J.C

    Est-ce que la démo­cra­tie est néces­sai­re­ment obéir à la pen­sée du plus grand nombre ? 
    Mani­pu­ler le plus grand nombre, c’est contrô­ler la démo­cra­tie et la trans­for­mer en oligarchie. 

    Com­ment pré­ser­ver la plus grande liber­té de cha­cun à pen­ser par lui même, s’il y a une quel­conque représentation ?

    Réponse
  9. Thibaut

    Je trouve très inté­res­sant que l’in­ter­ro­ga­tion sur « la cause des cause » et, en l’occurrence, celle des injus­tices sociales, se tourne enfin vers qui nous sommes.

    C’est ce que j’ai expri­mé lors d’un pré­cé­dent mes­sage : Qu’est ce qui fait que l’être humain choi­si plu­tôt son inté­rêt per­son­nel que l’in­té­rêt général ?

    Est-ce que la cause des cause vient d’une consti­tu­tion faus­sée, où est-ce parce que nous sommes (encore) majo­ri­tai­re­ment égoïstes ?

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  10. Linda Gluba

    Nous inter­ro­ger sur notre vou­loir per­son­nel et en débattre sur un blog, donc le sou­mettre à autrui, n’est ce pas retour­ner à l’er­reur initiale ?.…

    Réponse
  11. guillaume

    Bon­jour,

    La force de cette pen­sée réside dans sa capa­ci­té à obéir à une hon­nê­te­té intel­lec­tuelle abso­lue… Je me rends compte alors que dans l’exer­cice de la pen­sée, de la rai­son, j’ap­prends tout juste à marcher.
    Il y a selon moi, un pré­re­quis essen­tiel à l’au­to­no­mi­sa­tion de la pen­sée : les outils néces­saires à cette pen­sée. De même que l’ar­ti­san doit en pre­mier lieu s’im­pré­gner du savoir faire de sa pro­fes­sion avant de deve­nir lui même créa­tif et source de pro­grès, il est pri­mor­dial d’é­ta­blir (ou pro­té­ger) dans nos socié­té des ins­ti­tu­tions suf­fi­sam­ment dés­in­té­res­sées qu’elles n’au­ront pas de craintes à apprendre aux citoyens à penser…

    L’é­du­ca­tion de nos enfants est une prio­ri­té au chan­ge­ment struc­tu­rel que nous vou­lons appli­quer à nos sociétés.

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  12. Maurice jean-pierre

    En effet l’é­du­ca­tion de nos enfants est une prio­ri­té , mais sur quel mode ? Si des péda­gogues comme Decro­ly , Mon­té­so­ri , Frei­net et Oury ( pour ne citer que les plus connus ) n’ont jamais ser­vi de réfé­rence pour les dif­fé­rents minis­tères de l’É­du­ca­tion Natio­nale, c’est que jus­te­ment la péda­go­gie qu’ils pro­po­saient avait pour but de faire des têtes bien faites plu­tôt que des têtes bien pleines ! 

    Les pro­pos d’A­lain me donnent à pen­ser que nous aurons bien du mal à réunir des citoyens autour d’un pro­jet qui aurait pour but d’é­ta­blir une nou­velle consti­tu­tion, il faut bien enten­du mul­ti­plier à l’en­vie tous les lieux de paroles poli­tiques, mais com­ment faire pour que les gens com­prennent que ce qu’ils pensent peut avoir une quel­conque résonance ?

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  13. roland

    Pro­ba­ble­ment son meilleur livre…

    Déjà à son époque, Alain « déran­geait », et on en n’en­tend guère parler…

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  14. ndb

    Nous devons pen­sez par nous même ne pas tenir compte expri­mer sa propre opi­nion, soit ! 
    Que dites-vous de ce paradoxe : 
    je suis pro­fon­dé­ment atta­ché à des valeur humaniste. 
    Pour­tant j’ai des pen­sées extré­mistes, comme ré-ouvrir les bagnes pour y mettre les pédo­philes, res­sor­tir la guillo­tine mais uni­que­ment pour les hommes politiques ! 
    Qu’en dites-vous, gens bien pensant ? 
    Ça sort un peu des sen­tiers bat­tus, dois-je le crier haut et fort ?

    Réponse
  15. guillaume

    Bon­jour Ndb,

    Ce que vous décri­vez relève plus des pul­sions que de la rai­son à mon sens. Nul besoin de la guillo­tine pour les hommes poli­tiques, juste d’une d’une consti­tu­tion qui ren­drait impos­sible tout abus de pouvoir.

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  16. Elviathan

    Je rejoins le pre­mier com­men­taire de stef : l’hu­main n’est actuel­le­ment pas com­plet parce que l’é­mo­tion n’est jamais prise en compte.

    Or, qu’est-ce qui pousse l’in­di­vi­du à se confor­mer à la masse ? La peur. Cette émo­tion si géné­rale, si puis­sante, si ancienne. L’hu­main a peur parce qu’il n’a pas appris à se connaître, il a juste appris à se fuir, à se nier.

    Les émo­tions sont des mar­queurs de notre per­son­na­li­té, apprendre à les connaitre est un pré­lude obli­ga­toire à :

    - notre liber­té retrou­vée : liber­té par rap­port à toutes nos réac­tions incon­trô­lables qui sont le lot de l’hu­ma­ni­té depuis trop long­temps, liber­té par rap­port à nos pen­sées qui sont gou­ver­nées par nos émotions.

    - notre prise de res­pon­sa­bi­li­té véri­table, res­pon­sa­bi­li­té de nos émo­tions par la recon­nais­sance que c’est en nous que se situe la cause de celles-ci et non pas à l’ex­té­rieur, non pas chez les autres (gou­ver­ne­ment, parents, amis, etc…)

    Réponse
  17. theuric

    Suivre pour être sui­vi, obéir pour être obéi, serait-il pos­sible que ces deux traits soient de même nature ?

    Qu’est ce qui fait, en effet, ce besoin que nous res­sen­tons tous de vou­loir nous déchar­ger, sur d’autres, quels qu’ils soient, de nos res­pon­sa­bi­li­tés d’être plu­tôt que d’être et res­ter res­pon­sable de ce que nous sommes, de corps comme d’esprit ?

    Qu’est ce qui marque notre psy­ché à ce point pour que nous per­pé­tuions, ain­si, de nos réflexes infan­tiles, même aux âges canoniques ?

    Parce que n’est-ce donc faire injure à notre intel­li­gence (cette grande œuvre de mère nature) que de se déchar­ger de la sorte de nos prises de décisions ?

    Cette obéis­sance prise au sens large fut rare­ment étu­diée, et si ce n’est Mil­gram et ses fausses décharges élec­trique ou Adler et sa théo­rie du com­plexe d’in­fé­rio­ri­té plus, je l’es­père, quelques autres que j’i­gnore, la psy­cho­lo­gie comme la psy­cha­na­lyse s’en fit très peu écho.

    Étant don­né que la poli­tique est, d’a­bord et avant toutes choses affaires humaines, la pen­sée consciente et incons­ciente y est natu­rel­le­ment au centre.

    Réponse
  18. catherine

    C’est tou­jours le même venin qui empoi­sonne la vie, c’est celui de prendre le vrai pour le faux ou inver­se­ment, le faux pour le vrai.

    Et le faux c’est de pen­ser abu­si­ve­ment que l’on pense par soi-même, oubliant qu’avant de pen­ser par soi-même, aus­si tant est qu’on le puisse un jour, pen­ser, c’est la mala­die la moins conta­gieuse comme dirait ce sub­til Oscar Wilde, on se fait pen­ser par les autres que l’on a inté­rio­ri­sés en soi et cela ça s’appelle la socia­li­sa­tion ma foi.

    Sou­vent on se croit « libre » de pen­ser ose-t-on dire avec outre­cui­dance, pré­ten­tieux que nous sommes tous, je m’in­clus dans le lot bien sûr, alors qu’on est tout « occu­pé » de la pen­sée des autres, celle envi­ron­nante du « on » odieux de l’o­pi­nion, la pire des connais­sances, celle qui nous fait être et pen­ser et émo­tion­ner ce que nous sommes sup­po­sés être, comme si l’être se posait comme ça, sans qu’il soit néces­saire d’aller le cher­cher ce bougre d’être ! C’est qu’avant d’être on a besoin d’avoir…mais bon, ça, c’est encore une autre histoire.

    Bref, pour reve­nir à nos mou­tons, des libres pen­seurs y’en a jamais eu autant que depuis qu’on nous serine les chants de la liber­té sous tous les tons, sous tous les fron­tons, de la démo ceci, de la démo cela, et des plus libres que libres comme la les­sive qui lave plus blanc que blanc, c’est du même aca­bit tout ça, alors qu’on est tout occu­pé à dis­cou­rir de la pseu­do-pen­sée qui ne veut pas faire de vague, qui veut être recon­nue, qui s’attache à pré­voir ses sécu­ri­tés bien propres qui dépassent pas d’un fil, ses garde-fous, mais c’est oublier alors que la liber­té ne peut voi­si­ner que sur les ter­rains abrupts, escar­pés de la soli­tude âpre où l’air se raré­fie car il gagne en pure­té, la liber­té ne sau­rait se trou­ver dans le ser­vice à ceci ou à cela, à une obé­dience quel­conque, elle est la sor­tie de la terre d’esclavage et tant qu’on sert l’apparence au détri­ment de l’essence, tant qu’on ne sort pas de cette ser­vi­tude-là, on est dans le ser­vage, dans la ser­vi­tude, même si l’on croit qu’on pense par soi-même, et sur­tout, d’au­tant plus si l’on pense pen­ser par soi-même ose­rais-je dire .

    Je reviens au para­doxe dont je par­lais au tout début, celui de la socia­li­sa­tion, disons que ce serait un peu comme notre abé­cé­dé la socia­li­sa­tion, mais qu’ensuite il nous revient d’écrire notre livre.

    C’est le pas­sage obli­gé que celui de l’alphabet, car sans lui c’est dif­fi­cile de nous ouvrir à nous-même aux autres et donc au monde, mais c’est aus­si, vache­rie de vache­rie, cette socialisation,le para­doxe essen­tiel de l’homme, néces­saire alpha­bet, qui nous ouvre dans un pre­mier temps et cel­lui-là même qui nous enferme ensuite, ah, c’est pas facile d’être un homme, mais c’est beau jus­te­ment et ça se mérite que diable !

    Alors que faut-il faire ?

    Et bien, il faut d’abord se savoir- ça-voir ( voir ça, la fai­blesse de notre pen­sée pre­mière qui est d’abord de se faire pen­ser par les autres, par une socio culture et tout le tou­tim) la voir pour ce qu’elle est, sans excès, sans réduc­tion, et fort de cette fai­blesse pri­mor­diale inté­grée, vue, comme l’est notre abé­cé­dé, construire notre conscience petit à petit sur le décombre de nos chutes, de nos dou­leurs, les nôtres et celles de la com­mu­nau­té , c’est le vécu qui est seul à ne pas men­tir tout le reste est men­songe à degrés divers et variés mais men­songe a minima.

    Sur le ter­rain du vécu, oui, sur lui et rien que sur lui, le pas­ser au crible de la réflexion, et voir au grès des fruits que portent les actes de ce vécu et les non-actes, le notre, celui des autres, voir si ça re-specte l’individu et la com­mu­nau­té et en fonc­tion de cette bous­sole-là, le res­pect des deux ins­tances indi­vi­du-com­mu­nau­té, construire sa voie, notre voie, la voie de la justesse.

    Pour moi, le che­min, le pas­sage vers l’hypothétique libre pen­sée est là et nulle part ailleurs que là.

    Cela veut dire que la voie n’est pas tra­cée, et sera tou­jours inédite, comme une balance qui marque trop ou trop peu, c’est sur ces trop peu ou ces pas assez, que se construit notre ligne de pen­ser, c’est-à-dire que ce n’est pas nous qui pen­sons, nous ne fai­sons alors que lire les mar­queurs du trop ou trop peu et essayons de construire le point d’équilibre entre les deux et pour les deux ins­tances qui sont notre cible, enfin qui devraient l’être de mon petit point de vue de non libre pen­seuse ! sourire !

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  19. Di Girolamo

    Alors .…..Là !!! .…Je sais plus quoi pen­ser ! (sou­rire ! )

    Réponse
  20. Ralph

    Excellent texte qui a immé­dia­te­ment réson­né pour moi avec un excellent ouvrage :

    - L’his­toire d’un alle­mand de Sébas­tian Haffner

    Ce récit est une mine pour com­prendre com­ment les citoyens alle­mands ont glis­sé jus­qu’à por­ter au pou­voir le par­ti nazi. Com­ment est-ce pos­sible, serait-ce pos­sible aujourd’hui ?

    une har­mo­nique secondaire :

    Nos mythes ont conser­vé la trace d’O­gier de Dane­marche (Hol­ger Danske) sous forme du valet de pique (le fameux pouilleux). Au Dane­mark, il est dit que chaque fois que le pays sera en dan­ger, Ogier, le géant silen­cieux, se lève­ra pour le sau­ver. Ce géant silen­cieux, c’est jus­te­ment le peuple, l’o­pi­nion publique.
    L’his­toire humaine a mon­tré que réveiller Ogier n’est pas suf­fi­sant, si nous vou­lons faire mieux que les révo­lu­tion­naires du pas­sé, il faut lui don­ner une conscience. A mon sens, Alain nous donne des pistes plu­tôt sérieuses pour y parvenir.

    Réponse
  21. micha el

    Salut Étienne,
    je me per­met de t’in­ter­pel­ler ici car je ne sais où le faire. Il y aurait peut être un endroit plus approprié… ?

    Je me pose la ques­tion sui­vante et serais curieux de savoir ce que tu en pense :

    Actuel­le­ment je suis entrain d’é­plu­cher « Sor­tons de l’Eu­ro » le livre très inté­res­sant de Jacques Niko­noff. Il déve­loppe de façon assez convain­cante le fait que l’Allemagne pro­fite de l’eu­ro, et pour cela elle a besoin que l’on y reste et d’y res­ter elle aussi.
    Asse­li­neau à l’air de dire au contraire que l’Allemagne aime­rai sor­tir de l’eu­ro mais que le gou­ver­ne­ment amé­ri­cain l’en empêche.

    Que pense tu de cette contradiction ?

    Réponse
  22. Morpheus

    Dire ce que l’on pense est une chose ; pen­ser ce que l’on dit en est une autre.

    Il n’y a pas deux jours, j’é­cou­tais par­ler un vieux bon­homme de 95 ans (J. Fres­co) dans une vidéo sur le net. Il explique benoî­te­ment que l’i­dée même de libre-arbitre est une supercherie.

    Les choix que nous opé­rons ne sont pas des choix libres, explique-t-il, car cela sup­po­se­rait que cha­cun de nos choix, pour être « libre », soit indé­pen­dant les uns des autres, et indé­pen­dant de notre expé­rience et de nos conditionnements.

    Cha­cun de nos choix est une réac­tion à un sti­mu­li exté­rieur, et la réac­tion n’est jamais une créa­tion (ndlr : remar­quez éven­tuel­le­ment que les mots CRÉATION et RÉACTION sont presque iden­tiques – des ana­grammes dont seule la lettre C change de posi­tion pour chan­ger le mot), c’est-à-dire que le choix opé­ré dépend entiè­re­ment des expé­riences acquises par le pas­sé dans des situa­tions ana­logues – ou jugées ana­logues par l’es­prit. Et plus par­ti­cu­liè­re­ment, par l’es­prit émo­tion­nel, et non l’es­prit ration­nel, dans 99% des cas.

    Nous sommes donc non seule­ment condi­tion­né par l’en­vi­ron­ne­ment socio­cul­tu­rel dans lequel nous évo­luons, mais nous sommes éga­le­ment condi­tion­né par nos propres expé­riences per­son­nelles intimes. Nos affects (émo­tion­nels) déter­minent nos choix, et (presque) jamais la rai­son, la logique ou le bon sens.

    Nous nous ber­çons et nous nous illu­sion­nons nous-mêmes – sans doute par cette incroyable arro­gance, cette vani­té typi­que­ment humaine – de « libre-arbitre » et de « libre choix », alors que tout nous montre que nous sommes à mille lieues de cet idéal.

    Bien enten­du, les grands mani­pu­la­teurs d’o­pi­nions (les experts de l’in­gé­nie­rie du consen­te­ment) savent tout cela per­ti­nem­ment, et ils savent éga­le­ment que même ceux qui, comme moi, ont conscience de ça,fonctionnent selon les mêmes règles.

    Même si cela m’en coûte en amour-propre, je ne peux pas conti­nuer à me men­tir moi-même en me fai­sant croire que je ne suis pas condi­tion­né par mon envi­ron­ne­ment socio­cul­tu­rel et par mon expé­rience intime dans la vie.

    La véri­té, si ter­rible soit-elle, c’est que mes choix ne sont que des réac­tions condi­tion­nées par ces condi­tion­ne­ments. La seule véri­té inté­res­sante à reti­rer de tout cela, c’est que ma per­son­na­li­té n’est qu’un masque de la grande mas­ca­rade sociale qu’est le grand jeu de rôle(s) gran­deur nature mas­si­ve­ment mul­ti­joueur qu’est la vie, un dégui­se­ment qui me fait croire que je suis unique. En réa­li­té, je n’existe en tant qu’in­di­vi­du QUE par le pro­ces­sus inalié­nable de l’in­ter­dé­pen­dance mutuelle des phé­no­mènes. Mon ego est une construc­tion men­tale arti­fi­cielle, un simple outil me per­met­tant de voir les choses (le monde) d’un cer­tain point de vue. Rien de plus.

    Dans le film Matrix : Reloa­ded, le per­son­nage du Méro­vin­gien dit à pro­pos du choix : Non. Faux. Il n’y a pas de choix. Le choix est une illu­sion créée pour sépa­rer ceux qui ont le pou­voir et ceux qui n’ont aucun pou­voir. La cau­sa­li­té. Cause et effet. Voi­là la constante et unique vérité !

    Un bon petit casse-tête à médi­ter à l’occasion :

    En l’ab­sence de ce que je ne suis pas, ce que je suis n’est pas.

    Cor­dia­le­ment,

    Mor­pheus

    Réponse
  23. tiens tiens

    Nou­veau sur ce blog.
    Dis­pa­ri­tion de contri­bu­tions entre le 5 et 6 janvier.
    La nou­velle décou­verte amé­ri­caine de dis­pa­ri­tion a été rapi­de­ment mise en application !

    Réponse
  24. tiens tiens

    Non, erreur de blog simplement.
    texte d’ Alain trop attirant !
    J’ aime bien mieux.

    Réponse
  25. catherine

    Mor­pheus, certes nous sommes vous moi les autres tous condi­tion­nées et tous cause à degrés divers et variés de ce qui nous envi­ronne. N’empêche, il nous reste le pou­voir et le devoir une fois que l’on a consta­té cela, de sor­tir de cette pri­son d’exil de la ser­vi­tude pour gagner en auto-nom-ie, en liber­té a mini­ma. Sinon, il n’y aurait qu’à consta­ter désa­bu­sés cet état de fait et attendre que le der­nier souffle vienne nous sor­tir de ce marasme et la vie serait morte avant même d’a­voir été vécue car elle serait res­tée dans l’é­tage de la survie.

    Tout notre che­mi­ne­ment est celui d’al­ler de la sur­vie, l’é­tat que vous décri­vez à celui de la vie.

    Et cela passe par l’in­té­gra­tion des éner­gies poten­tielles qui sont en nous, que nous appe­lons sou­vent le mal, mais qui n’ont rien à voir avec le mal, car une éner­gie en soi ce n’est ni bien ni mal, c’est CE que l’on va en faire le sujet.

    Et la voca­tion des éner­gies c’est d’être inté­grées c’est à dire retour­nées en in-for­ma­tion, c’est à dire quelque chose qui nous forme à l’in­té­rieur de nous comme le nom in-for­ma­tion le dit dans ses petites lettres.

    C’est donc un faire à faire qui nous appelle à trans­for­mer les métaux( les conditionnements)en or ( l’hy­po­thé­tique liber­té avec une minus­cule) qui ne sera jamais tota­le­ment or il va sans dire mais cet or pour­ra nous ser­vir de bous­sole pour gui­der notre faire à faire et par­fois pour cela il faut croi­ser le fer, sourire !

    Réponse
  26. max

    Bon­jour,

    Ayant été for­mé par un dis­ciple d’Alain, j’ai pu consta­ter qu’une telle morale menait à faire sys­tème de cette impé­ra­tif caté­go­rique de « pen­ser par soi-même », mais en pra­tique à ne jamais y par­ve­nir… hor­mis sur chaque thème, en toute ques­tion, d’a­voir pour cha­cune des incon­nus de l’équation cette unique réponse.

    Des groupes d’amis, même, se réunis­sant autour du maître et son ancêtre tuté­laire Alain (Émile Char­tier), eurent vite fait de virer « groupe de conni­vences et d’entendus », le feu inté­rieur suf­fi­sant ample­ment au bon­heur de tous.

    Bien enten­du, la démo­cra­tie réelle fut rehaus­sée au rang d’objectif prio­ri­taire, de conni­vence majeure : cha­cun devant pen­ser par lui-même, la mise en com­mun des idio­syn­cra­sies devait géné­rer un caphar­naüm dont le réfé­ren­dum per­ma­nent et ses arran­ge­ments beso­gneux (appels au vote heb­do­ma­daire, recours au Net, montre-bra­ce­let élec­to­rale…), en étaient la contrainte juste et hon­nête, le contre-pou­voir bien com­mode per­met­tant aux « toute-puis­sances » en fric­tion dans l’Agora, de s’accorder pour faire chœur et pro­jet viable.

    Ce pro­fes­seur de phi­lo­so­phie s’appellait Paul Bar­ras­sin (1932-), vivait en Cha­rente (La Cha­pelle-des-Pots), ensei­gnait au Lycée Camille Julian de Bor­deaux (jusqu’au début des années 1990) et publiait à compte d’au­teur via l’im­pri­me­rie Dela­vaud de Saintes. Puis prit sa retraite tout en conti­nuant d’écrire. Un dis­ciple plus per­sé­vé­rant que ses congé­nères, Yvan Elis­salde, déci­da même d’en per­pé­tuer l’enseignement par voies de recen­sions érudites.

    Par­mi les ouvrages prin­ceps signés P. Bar­ras­sin, posant son car­do et son decu­ma­nus, on distinguera :
    L’Homme Infi­ni, déni­chant les bases mys­tiques à l’exhorte pour une « réflexion auto­nome géné­ra­li­sée », dans la puis­sance infi­nie de l’Esprit humain.

    Et Pro­pos sur la Chose Publique, une repré­sen­ta­tion de la Cité idéale (de forme athé­nienne mais spar­tiate dans le goût), avec Lois et Châ­ti­ments sen­sé­ment ins­pi­rés par le pré­cé­dent ouvrage et son héros, l’Homme Infi­ni doté de sa toute-puis­sance de penser.

    Il m’est aus­si dif­fi­cile de faire l’économie d’ironie sur Paul Bar­ras­sin que d’aucuns sur Alain Bei­tone… réglant ici méca­ni­que­ment de vieux comptes tou­chant à l’adolescence et leurs années de formation/répulsion pour une ancienne phi­lo­so­phie faite habit.

    Cet héri­tage fric­tion­nel per­son­nel m’empêchant de dénon­cer avec vous l’Empire par la recherche d’une citoyen­ne­té réel­le­ment démo­cra­tique, et m’obligeant à opter pour d’autres biais de répa­ra­tion des torts cau­sés à tous, je conti­nue­rai à frayer loin d’ici, dans d’autres eaux de la contes­ta­tion, celles por­tées à ébul­li­tion par Alain Soral…, tout en res­tant per­sua­dé que les écrits de ce pro­fes­seur de ter­mi­nale, Paul Bar­ras­sin, farouche mora­liste et défen­seur de l’autonomie indi­vi­duelle, existent encore, char­riant à jamais leurs saintes colères méta­phy­siques et leurs rêves de temples dédiés à l’Esprit, au cœur même des Cités humaines enfin Démocratiques.

    Max

    Réponse
  27. catherine

    En quoi votre voi­si­nage auprès d’A­lain Soral serait sus­cep­tible de répa­rer des torts causés ?
    Ce serait bien inté­res­sant d’a­voir votre éclai­rage, mais ne vous obli­gez à rien bien sûr, c’est juste une ques­tion qui me titille !

    Réponse
  28. max

    Bon­jour,

    Effec­ti­ve­ment les tra­vaux d’Alain Soral pèsent de tout leurs poids pour mettre en lumière l’Empire dans ses manœuvres inter­na­tio­nales pour faire plier les poches de résis­tance natio­nale au Moyen-Orient (Syrie, Lybie, Iran), en Europe ou en Amé­rique Latine (Vene­zue­la).

    A tra­vers le site de son asso­cia­tion Éga­li­té et Récon­ci­lia­tion, il démontre com­bien son ana­lyse de l’impérialisme moné­taire US, cha­pitre nodal de son der­nier ouvrage Com­prendre l’Empire (Edi­tions Blanche), a valeur pré­dic­tive en ces temps de recom­po­si­tions ter­ri­to­riales for­cées, et pré­sent-il, d’accélération de l’Histoire.

    Je vous concède qu’il n’appuie guère pour l’instant sur le levier consti­tu­tion­nel pour enga­ger ses troupes à résis­ter, pré­fé­rant œuvrer dans un pre­mier temps, au rap­pro­che­ment confes­sion­nel des com­po­santes du peuple fran­çais (notam­ment catho­lique et musulmane).

    Ses réfé­rences constantes aux tra­vaux d’Étienne Chouard témoignent pour­tant de sa connais­sance des outils juri­diques mis en avant par ce der­nier pour œuvrer à cette mas­sive réap­pro­pria­tion de sou­ve­rai­ne­té qu’en hommes cou­ra­geux et de bonne volon­té, nous sou­hai­tons tous, eux en pre­mière ligne.

    Cor­dia­le­ment.

    Max

    Réponse
  29. Morpheus

    @ Cathe­rine

    (d’a­bord, mer­ci de réagir 🙂 )

    J’en­tends bien ce que vous dites, et j’y sous­cris. Dès l’ins­tant où l’on accepte le fait que l’es­prit humain est condi­tion­né, il convient bien évi­dem­ment de faire de cette connais­sance (de cette conscience) quelque chose de posi­tif, qui d’a­près moi se résume assez sim­ple­ment dans l’op­po­si­tion entre ces deux notions du des­tin : le Fatum (fata­li­té) et l’Amor Fati (l’a­mour de la destinée).

    Pour reprendre l’al­lé­go­rie de la tri­lo­gie Matrix, dans le second opus (Matrix : Reloa­ded), Neo (le héros) ren­contre le per­son­nage de l’O­racle. Celle-ci lui explique qu’il n’est pas là pour faire des choix (les choix étant déjà fait), mais pour com­prendre pour­quoi il fait ces choix.

    C’est une autre façon de dire que nous sommes condi­tion­né (nb. dans cette allé­go­rie, c’est encore plus signi­fi­ca­tif, car l’his­toire secrète du film, c’est que Neo est, lui aus­si, pro­gram­mé – comme les machines qu’il est cen­sé com­battre – pour accom­plir une tâche pré­cise), et que lorsque l’on par­vient à le com­prendre, on peut déce­ler la nature des choix que l’on pose et le « pour­quoi » de ceux-ci.

    Dès lors, il nous reste à faire de cette conscience plus éle­vée de nous-même (plus éle­vée dans le sens « plus grande, plus large ») un outil pour gran­dir en conscience. Par exemple, en se deman­dant si les choix que nous opé­rons sont cohé­rents avec nos aspi­ra­tions, cohé­rents avec « qui je veux être ». Si c’est le cas, alors mes actions se trouvent ren­for­cée, et je peux me don­ner plus plei­ne­ment dans mes actions ; si ce n’est pas le cas, alors il me reste le choix de chan­ger mes choix.

    C’est la chose la plus dif­fi­cile qui soit, car cela implique de chan­ger notre « pro­gramme », de « virer les vieux implants » qui ont créé le pro­gramme de « choix ». Or, ces implants sont d’ordre émo­tion­nel autant qu’in­tel­lec­tuel. Si, sur le plan intel­lec­tuel, il n’y a pas trop de dif­fi­cul­té à chan­ger d’i­dée, sur le plan affec­tif, par contre, c’est à un véri­table com­bat inté­rieur que l’on se livre (nb. le vrai « Jihad » tant pré­co­ni­sé par les reli­gieux de l’is­lam, c’est de cela qu’il s’a­git : un com­bat inté­rieur, contre soi-même, pas une guerre exté­rieure contre autrui).

    Je peux don­ner un exemple per­son­nel qui me parle : lorsque j’ai vision­né le film Heart­lings (Ter­riens), j’ai été pro­fon­dé­ment cho­qué et bou­le­ver­sé. Ma prise de conscience des com­por­te­ments humains à l’é­gard des ani­maux, qui illustre notre « bar­ba­rie » (au sens le plus péjo­ra­tif du terme) me porte à hon­nir l’es­pèce humaine, et me sen­tir « non humain ». En toute logique, je devrais ces­ser de man­ger de la viande (car cela par­ti­cipe évi­dem­ment à ces com­por­te­ments cra­pu­leux). Pour­tant, je n’y arrive pas (encore). Je conti­nue à man­ger de la viande, et à appré­cier le goût de la viande. Je suis condi­tion­né depuis mon enfance à man­ger de la viande, mon orga­nisme est habi­tué à sol­li­ci­ter et digé­rer cet « ali­ment », et cette « pro­gram­ma­tion » est pro­fonde. Renon­cer à la viande est un com­bat dif­fi­cile (pas impos­sible, mais dif­fi­cile), qu’il faut non seule­ment faire en soi, contre soi-même, mais éga­le­ment vis-à-vis du monde exté­rieur, la socié­té, qui elle, n’a pas encore la conscience que j’ai acquise, et qui trouve par­fai­te­ment natu­rel de man­ger de la viande. Un double com­bat, donc.

    Mais effec­ti­ve­ment, faire un autre choix, faire un choix que l’on a jamais fait et qui ne cor­res­pond pas à nos « engrammes » (pro­grammes, implants, condi­tion­ne­ments, …), c’est véri­ta­ble­ment être en « créa­tion », et plus en « réac­tion ». C’est à ce moment-là, en pre­nant sur la voie du « che­min de gauche » (de sinis­tra, à gauche, mais aus­si sinistre, inquié­tant, incon­nu), que je crée une nou­velle réa­li­té, que je crée un nou­veaux pro­gramme. C’est seule­ment là que je deviens créa­teur de mon destin.

    Cor­dia­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  30. catherine

    Mer­ci à vous Max d’a­voir appor­té une réponse mais qui me semble assez timide je dois vous l’a­vouer, mais bon, c’est mieux que rien et je m’en contente.

    Et c’est quand même assez inté­res­sant ce que vous dites d’A­lain Soral et de son « sup­po­sé » désir de mettre en lumière  » l’Empire dans ses manœuvres inter­na­tio­nales pour faire plier les poches de résis­tance natio­nale au Moyen-Orient (Syrie, Lybie, Iran), en Europe ou en Amé­rique Latine (Vene­zue­la). »

    Car ce qu’il res­sort de mon vécu avec ce mon­sieur Soral, c’est que lorsque j’ai vou­lu dif­fu­ser des infor­ma­tions concer­nant les tra­vaux remar­quables d’An­to­ny Sut­ton, j’ai tout sim­ple­ment été cen­su­ré puis radié de son compte faR­ce­book, étrange ne trou­vez-vous pas

    Je sou­mets donc ces faits à votre connais­sance et vous laisse libre bien enten­du de pen­ser ce que vous vou­lez en pen­ser, n’empêche taire des faits c’est très par­lant pour moi, non ?

    Réponse
  31. catherine

    Mor­phéus, je crois que c’est Witt­gen­stein qui dit que lorsque l’on a com­pris cer­taines choses, ces cer­taines choses ne pro­dui­sant pas de si bonnes choses pour nous, les autres et le monde, on ne pour­ra plus de si tôt y rejouer sauf si ça répond à un état chez nous, qui nous appelle à recon­duire des erreurs, mais c’est alors que l’in­té­gra­tion de ces infor­ma­tions n’est pas pas­sée en nous ou pas suffisamment.

    Tout est ques­tion de degré en toute chose et nous évo­luons tou­jours sur un conti­nuum, un cur­seur on pour­rait presque dire qui nous fait aller du rien au tout ou du tout ou rien, et notre bou­lot c’est jus­te­ment de construire l’entre deux je crois, l’é­qui­libre et ce n’est jamais fixé, jamais gagné, c’est tou­jours sur le feu cette marmite-là .

    Des cartes qu’on a dans la main en nais­sant, certes on ne pour­ra pas les chan­ger. Que je m’en satis­fasse ou pas, je fais avec. Mais ça ne s’ar­rête pas là et c’est ça qui est essen­tiel, sinon la vie n’au­rait aucun goût et sur­tout aucun relief, aucun sens.

    Il me revient à moi, qui contient tout ça, d’en faire quelque chose au ser­vice de la vie, qui offre du sens pour moi dans un juste rap­port avec les autres, et ça, ça ne tombe pas du ciel cette affaire-là, ça se construit et c’est ça notre bou­lot d’homme je trouve.

    Ten­ter de construire du sens qui fasse sens pour le je et le nous, l’é­qui­libre de la balance qui res­pecte les deux ins­tances qui sont la per­sonne et la com­mu­nau­té, sans pré­va­lence de l’une par rap­port à l’autre comme aujourd’­hui ni comme jadis( j’en­tends ici les com­mu­nismes qui broient l’in­di­vi­du et qui sont un autre tota­li­ta­risme pas plus relui­sant que celui d’aujourd’hui)d’une ins­tance plu­tôt qu’une autre, et ça, ce n’est pas encore écrit, ça s’é­crit dans chaque souffle, chaque silence, chaque parole, chaque renon­ce­ment ou chaque acquies­ce­ment et ça, ce n’est écrit nulle part, sinon dans cette ouver­ture, cette ouver­ture au souffle qui sans lui nous fait répé­ter des sché­mas qui nous broient et nous tuent par anticipation.

    Enfin, ça reste un point de vue tout per­son­nel bien sûr, je ne peux par­ler que de mon vécu.

    Réponse
  32. Pierre Heudier

    Atten­tion !

    La pho­to du jeune homme à lunettes n’est pas une pho­to d’A­lain, mais de son élève Louis Canet.

    Cor­dia­le­ment,

    P. Heu­dier
    Vice-pré­sident de l’As­so­cia­tion des amis d’ALAIN

    Réponse
  33. Étienne

    Mer­ci Pierre, 

    j’ai cor­ri­gé.

    Et je vais remettre ici cette pho­to que je croyais d’A­lain et qui est celle d’un de ses élèves, parce que trouve qu’il a vrai­ment une bonne tête, comme l’i­dée que je m’en fais quand on s’é­lève à l’al­ti­tude d’Alain.


    Louis Canet, élève d’Alain.

    Au plai­sir de vous ren­con­trer et de par­ler ensemble de lui (et peut-être aus­si de Simone).

    Étienne.

    Réponse
  34. Étienne

    Trou­vée sur le site d’A­lain (alia​na​.free​.fr), cette perle :

    Si l’on croit que la culture de l’in­tel­li­gence ne convient qu’à un petit nombre d’hommes bien doués, qui gou­ver­ne­ront ensuite les autres, alors oui il faut ensei­gner mal, et ensei­gner vite ; et c’est tant pis pour celui qui ne sau­ra pas com­prendre à demi mot ; il appren­dra, au cours de ses études, le res­pect qui est dû à l’é­lite ; et cela suf­fit, dans un régime aris­to­cra­tique. A ce point de vue l’U­ni­ver­si­té défie toute concur­rence ; elle pos­sède l’art d’en­sei­gner mal ce qu’elle sait bien ; et ce n’est pas si facile qu’on le croirait.

    Mais si l’on consi­dère que les esprits les plus lents, et qui sont quel­que­fois les plus riches, sont ceux qui ont le plus besoin de conseils et de leçons ; si l’on croit que des citoyens pré­pa­rés à la réflexion et à la cri­tique sont le tré­sor d’une démo­cra­tie, et si l’on estime, d’a­près cela, que l’en­sei­gne­ment est fait prin­ci­pa­le­ment pour ceux qui ne sont pas capables de s’ins­truire tout seuls, alors, il faut recon­naître que l’U­ni­ver­si­té ne nous en donne point pour notre argent.

    Pro­pos d’un Nor­mand, 17 mars 1906

    Source : http://​alain​.ins​ti​tut​.free​.fr/​i​n​d​e​x​.​h​tml

    Réponse
  35. Étienne


    Le Canard Enchaî­né, 1985 : « Cher vieux prof ».

    Réponse
  36. Catherine B

    il parle notam­ment de Vic­tor Klem­pe­rer , phi­lo­logue qui a décryp­té la nov­langue nazie uti­li­sée comme moyen de pro­pa­gande. Et puis il cite sou­vent Kaf­ka le grand : » Une hache qui brise en nous, la mer de glace » fichtre, nous en aurions besoin de cette hache pour bri­ser la glace dans laquelle nous sommes gelés…

    Il reprend aus­si une très belle phrase de
    Kaf­ka qui dit:« un livre ne pré­sente d’in­té­rêt que s’il est un coup de poing dans le crâne qui réveille » je glis­se­rai pour dire aus­si, un blog n’a d’in­té­rêt que s’il est un coup de poing dans le crâne qui réveille, or, nous sommes endor­mis, anes­thé­siés par les dis­cours qui ne cessent de se suivre.

    Mer­ci à Fabrice Midal

    Réponse
  37. Ana Sailland

    La liber­té est elle com­pa­tible avec une volon­té géné­rale claire et incontestée ?

    Com­ment l’in­di­vi­du peut il dis­tin­guer ce qu’il choi­sit d’être de ce qu’on fait de lui ?

    Réponse
  38. Marie

    Je cher­chais un auteur qui ait trai­té de ce qui per­met à l’in­di­vi­du de faire cette différence,(ci-dessus#39)et puis j’ai pen­sé je ne sais pas encore bien pour­quoi, à Wil­helm Reich, un scien­ti­fique, pro­fes­seur d’A­lexan­der Lowen(ce der­nier auteur de la bio­éner­gie) dont a été ins­pi­rée la méthode Mézière ; Thé­rèse Ber­the­rat en fera plus tard un déve­lop­pe­ment sui­vie par Marie-Lise Labon­té. Les tra­vaux de recherche de W. Reich,(pas à cause de son nom fai­sant concur­rence;-) auront été en par­tie brû­lés par les nazi. Né en 1897-mort en pri­son en 57.
    En fait, je le trouve inté­res­sant dans le sens où, au-delà de la fonc­tion repro­duc­tive, la force sexuelle a je pense d’autres rai­sons et poten­tia­li­tées éman­ci­pa­trices et indi­vi­duente (la sexua­li­té est en elle-même individuante)page 2 du pdf http://​www​.psy​cha​na​lyse​.lu/​a​r​t​i​c​l​e​s​/​B​e​r​n​a​t​O​r​g​a​s​m​e​.​pdf et est aus­si liée à la force vitale de l’in­di­vi­du de son esprit ; ce qui rayonne en lui. Peut-être est-ce là la rai­son d’une volon­té à tra­vers la reli­gion de la sou­mettre, en l’empêchant d’être recon­nue comme natu­relle et donc dia­bo­li­sée au tra­vers de l’acte sexuel comme mal, comme pecher.

    Georges Orwell en parle aus­si dans son roman 1984 :
    « Nous abo­li­rons l’orgasme ! » (Orwell, 1972).
    W. Reich auteur de l’a­na­lyse carac­té­rielle – La psy­cho­lo­gie de masse du fascisme,…

    Réponse
  39. EFFAB

    La volon­té de tous étant incom­pa­tible avec la liber­té indi­vi­duelle (puisque majo­ri­taire et non repré­sen­ta­tive de l’en­semble), il faut donc constam­ment gar­der à l’es­prit que la volon­té géné­rale s’é­qui­libre en nombre sur le modèle indi­vi­duel quand celui-ci (l’in­di­vi­du) agit et par­ti­cipe au bien public, garant de son bien propre et particulier.

    Le tota­li­ta­risme n’est qu’une usurp­tion de la puis­sance publique par une élite en même temps qu’une majo­ri­té ignore ou se refuse, incons­ciente ou condi­tion­née, cette sou­ve­rai­ne­té pro­por­tion­nelle en nombre.

    L’en­jeu est bien un rap­port de force, mais cette exi­gence démo­cra­tique en même temps que ce prag­ma­tisme éclai­ré… et je ne vois qu’une solu­tion pour for­cer cette des­ti­née com­mune et ré-enchan­ter le Monde, inno­ver en tout cas.

    Cette Trans­pa­rence en même temps que cette Volon­té… simple délire ou pro­phé­tie des temps modernes, il sera tou­jours bien assez tôt pour voir de quoi il retourne.

    Réponse
  40. EFFAB

    Non pas tant l’or­gasme mais cette mon­tée en puis­sance sur­tout, cette fébri­li­té, cette déme­sure, cette exu­bé­rance, cette over­dose sen­suelle et incons­ciente de tout vou­loir, de tant dési­rer et de ne plus s’ap­par­te­nir… cette illi­mi­ta­tion de la volon­té, de la psy­ché, cette infi­ni dont on com­mence enfin à prendre conscience, cette subli­ma­tion par la beau­té, ce désir avant que cette contem­pla­tion, cette plé­ni­tude, cet absolu…

    … ou quelque chose comme ça, lol.

    Réponse
  41. EFFAB

    erra­tum : cet infini

    Réponse
  42. Marie
    :-)
    Bonne nuit:-)
    Réponse
  43. J.C

    @ Ana

    ques­tions essen­tielles, la seconde sem­blant pré­ci­ser la 1ere.

    Ques­tions en appe­lant d’autres :

    qu’en­tends tu par liberté ?
    et qui est le « on » de « on fait de lui » ?

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  44. Brigitte

    « Com­ment l’in­di­vi­du peut il dis­tin­guer ce qu’il choi­sit d’être de ce qu’on fait de lui ? »

    Ana : quand ses pen­sées, ses émo­tions et ses actes sont fon­dés sur son ins­tinct de Vie, et non sur un pseu­do « ins­tinct de sur­vie ». Sur l’Amour, et non sur son contraire : LA PEUR.

    Quand il a la Foi en la puis­sance créa­trice dont il est par­tie inté­grante, au lieu de res­sen­tir la peur, le doute, et aus­si­tôt le décou­ra­ge­ment, le sen­ti­ment d’impuissance puis la para­ly­sie. Ou au lieu de pas­ser direc­te­ment à la haine sans même avoir le temps de s’apercevoir qu’elle naît de la peur, comme le sen­ti­ment d’être vic­time naît de la peur.

    Quand son être n’entre en réso­nance avec aucune croyance (même si on lui répète « c’est ça la réa­li­té, tu te trompes de per­cep­tion »), mais seule­ment avec la Connaissance.

    Quand il res­sent une ten­dresse pro­fonde pour tout ce qui vit, au lieu de répandre comme de la confi­ture un ego dont l’ob­jec­tif n’est nul­le­ment de gagner, seule­ment d’a­voir raison.

    Quand il res­sent le long de sa colonne ver­té­brale la danse de l’énergie de Vie cou­rir en sara­bande, et qu’il sent les ondes de cette éner­gie se pro­pa­ger dans tout son corps comme une fête cos­mique dont il est une étin­celle, et qu’il peut même déci­der de l’émettre consciem­ment, et même avec une inten­tion précise.

    Bri­gitte

    Réponse
  45. Brigitte

    « la FORCE sexuelle a je pense d’autres rai­sons et potentialités »

    Oh oui Marie, elle a d’autres rai­sons, le corps à corps de l’amour est pour l’humain de cette pla­nète un des évé­ne­ments qui lui ouvrent l’accès à une autre dimen­sion, à sa véri­table dimen­sion : il ne sait plus qui est dans qui, où est le haut ni le bas, il ne res­sent aucune dou­leur, aucune sépa­ra­tion, aucune dua­li­té, il est entiè­re­ment relié à tout le vivant, il sort de l’espace et du temps linéaire de ce monde, il quitte la pri­son des per­cep­tions dans les­quelles on l’a enfer­mé, la bande de fré­quence trop étroite pour jouer sa musique, il entre dans la réa­li­té, c’est-à-dire dans l’infini… Il retrouve qui il est. Il ne l’oubliera plus jamais.

    C’est pour­quoi tout est fait pour le for­ma­ter en consom­ma­teur de sexe avant que cela n’arrive : il faut à tout prix lui effa­cer les traces qui le ramè­ne­raient à la connais­sance de qui il est.

    Bri­gitte

    Réponse
  46. Ana Sailland

    Il arrive que la ques­tion soit plus impor­tante que la réponse.

    La ques­tion éveille et la réponse endort.

    Ce qui est ennuyeux chaque fois que l’é­veil est la réponse 😉

    J.C,
    Je ne suis libre que si je suis et je ne suis que si je suis pro­fon­dé­ment humaine.
    Ma liber­té, selon ma pomme, se pré­sente donc aux rares ins­tants où les cir­cons­tances de ma vie et mes propres carac­té­ris­tiques me per­mettent de per­ce­voir ma dimen­sion la plus pro­fon­dé­ment humaine, puis de régler mes pen­sées et mes actes sur cette connais­sance là.
    C’est rare !
    Pour résu­mer : Per­ce­voir la pro­fon­deur et s’y conformer.

    Cette liber­té est non seule­ment indi­vi­duelle mais encore col­lec­tive -> Ma liber­té com­mence là où com­mence celle des autres !
    Car c’est lors­qu’il est lui-même libre que l’autre choi­sit de ne pas entra­ver ma liberté.
    Ain­si la liber­té est elle un phé­no­mène syner­gique en rap­port avec la solidarité.

    (((La concep­tion usuelle de la liber­té, qui dit on s’ar­rê­te­rait là où com­mence celle des autres, cette concep­tion là intègre la concur­rence, l’op­po­si­tion, et néces­site donc la loi, régu­la­trice des dési­rs égo­cen­trés de cha­cun, néces­site donc l’E­tat et la coer­ci­tion. Ain­si la concep­tion usuelle de la liber­té induit elle la coer­ci­tion, au contraire de l’autre, que je brosse ici, qui si elle était effec­tive, elle ne l’est pas hélas, per­met­trait l’heu­reuse anarchie)))

    L’hu­main ne peut appro­cher la liber­té que s’il déve­loppe, aus­si constante que pos­sible …, une atten­tion sur lui-même mais déga­gée de lui. Hors de l’at­ten­tion, il devient méca­nique, et une méca­nique n’est pas libre.

    La vidéo (qui m’a fait poser ces deux ques­tions) pro­po­sée par Cathe­rine démontre bien les effets per­vers de la non-liber­té (au sens sus­dit) lorsque des trou­peaux de mam­mi­fères humains sombrent dans l’ou­bli uni­ver­sel de soi en croyant pour­tant libre­ment adhé­rer à un »idéal collectif«.

    Puisque j’é­ta­blis­sais un lien entre la liber­té et la soli­da­ri­té (la per­cep­tion de l’u­ni­té inté­grée jusque dans l’at­ti­tude men­tale et dans l’acte phy­sique) il est impor­tant de noter que lorsque le rayon d’ac­tion de la per­cep­tion de l’u­ni­té est réduit, on n’est pas dans la liber­té mais dans la clas­si­fi­ca­tion (raciale ou natio­nale sur la vidéo)

    Réponse
  47. Ana Sailland

    JC, pour ton autre ques­tion : « On », c’était tout ce qui m’en­toure et me façonne sans me consul­ter, la liste est longue. Pas for­cé­ment des gens.

    Réponse
  48. J-Stéphane

    Bon­jour,

    À mon avis, la liber­té prend son sens quand un acte déli­bé­ré s’y oppose.

    Réponse
  49. Marie
    1. 42 Oui je suis d’ac­cord avec toi Effab 🙂 hier il fal­lait que j’aille faire dodo 😉 Par­don pour être com­plet dans ce que j’ai dis ; au-delà de l’é­change avec l’autre, cette force qui nous per­met d’être créa­tif dans tout et de tou­cher à l’in­fi­ni. le texte lien joint a dût limi­ter ce que je vou­lais partager 🙂
    Réponse
  50. Catherine B

    Ana ques­tionne : » Com­ment l’in­di­vi­du peut il dis­tin­guer ce qu’il choi­sit d’être de ce qu’on fait de lui ? »

    Quand il devient ser­vi­teur de la puis­sance de vie et non maître, alors il est dans le royaume de la puis­sance de vie et la jus­tesse, et tout lui est accor­dé par sur­croît comme dit Mat­thieu. Bref, tout le contraire de ce que l’on vit aujourd’­hui où tout est dic­té par la peur comme nous le rap­pelle si bien Brigitte.

    Au fait Etienne, pour­quoi n’ou­vrez-vous pas les vidéos que je pro­pose, mes­sages 37 et 38, auriez-vous oublié « vos limites » démocratiques ?

    Bigre, il vous faut don­ner l’exemple si vous vou­lez être enten­du, sinon, tout votre dis­cours coule, et va-l’eau !

    Réponse
  51. Ana Sailland

    Il y a dans la barre d’ou­til (au des­sus du pavé d’é­cri­ture) une pla­nète-sym­bole qui per­met de rendre les liens plus pra­tiques au lec­teur qui passe en atten­dant qu’Étienne ait eu le temps en plus de son métier de tout figno­ler ici et de répa­rer ce qui doit l’être (les spams entre autres). Ce serait bien de s’en servir.

    Réponse
  52. Catherine B

    no com­pren­do??? Ini­tiés, levez-vous !

    Réponse
  53. J.C

    Si l’in­té­rêt indi­vi­duel est contraire à l’in­té­rêt géné­ral, c’est qu’il ne s’a­git pas vrai­ment de l’in­té­rêt général.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  54. Catherine B

    Ouais, si l’in­té­rêt( stric­to sen­su inter ‑esse, ce qui est entre, l’es­pace entre moi et l’autre)mon inté­rêt est dif­fé­rent de celui des autres, alors ça ne veut pas dire qu’il soit faux, ou men­teur, ça veut dire qu’il y a un che­min à che­mi­ner pour que le moi et le nous se rejoignent, se relient, se marient, c’est de noces dont il s’a­git, non ?
    Bien barbaresquement

    Réponse
  55. Ana Sailland

    J.C

    Cela fai­sait suite à une vidéo mon­trant qu’une volon­té géné­rale peut être malsaine.

    C’est ce qui m’a pous­sée à tri­tu­rer la notion de liber­té intérieure.

    ;;;;;;;

    Cathe­rine, essaye déjà de cli­quer sur l’i­cône signa­lée. Tu devrais trou­ver assez vite com­ment ça marche.

    Réponse
  56. Catherine B

    Ana, je ne com­prends rien de ce que tu me dis.J’ai besoin qu’on me parle sim­ple­ment sinon je reste sur le bord de la route. Je vais me cou­cher , deux mains je me lève tôt car je dois aller bosser !

    Réponse
  57. J.C

    @ Ana,

    Oui, la volon­té géné­ral n’est pas l’in­té­rêt géné­ral sur­tout quand il s’a­git de la mani­pu­la­tion géné­rale mon général.

    j’au­rais bien un début de réponse sur la liber­té indi­vi­duelle mais je ne suis pas sûr quelle te plaise.

    Sous forme de ques­tion ça donne ça :

    nos carac­té­ris­tiques propres ne sont-elles pas héritées ?
    Nos réac­tions ne sont-elles pas conditionnées ?

    Nos actions étant tou­jours une réponse à l’en­vi­ron­ne­ment, la réponse se trouve dans la question.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  58. Catherine B

    La réponse se trouve dans la ques­tion, ça, c’est du lourd !

    Réponse
  59. Catherine B
  60. Ana Sailland

    « Nos actions étant tou­jours une réponse à l’environnement »

    Non, l’é­cole déter­mi­niste a vécu, du moins sa dimen­sion abso­lu­tiste, vain­cue par les faits, et croire cela c’est renon­cer à être humain, c’est se relé­guer, plus bas que le pri­mate, au rang de robot, bio­lo­gique certes, mais robot quand même, c’est renon­cer, et au Moi, et au Soi, et à toute la mes­nie poly­morphe qui gère notre ménage.

    De la com­plexi­té, celle du cadre & celle du sys­tème vivant, de l’hy­per­com­plexi­té des choses et des êtres, dans le foi­son­ne­ment d’im­pul­sions sou­vent contraires et désor­don­nées, mou­vantes, instables, venues du dedans et du dehors, naissent le libre arbitre et la ges­tion volon­taire, qui affran­chissent de la stricte cau­sa­li­té. Lorsque l’or­ga­nisme devient suf­fi­sam­ment auto­nome, il peut alors déci­der, ou pas, d’un moi direc­tion­nel, et cela en toute indé­pen­dance de ses moteurs primitifs.

    On pour­rait penser/objecter qu’in fine, à l’ins­tant où l’être se décide à orien­ter sa liber­té illu­soire, il est encore déter­mi­né, à son insu.
    L’in­tros­pec­tion atten­tive, au calme et sans pas­sion, tend à convaincre du contraire, mais sans preuve.

    Mais en phy­sique, on a dû renon­cer au déter­mi­nisme (et ce fut dur à ava­ler) et dans le cré­neau lais­sé par ce vide cau­sal peut se nicher la liber­té. A nous d’en faire notre royaume. « It’s a long way »

    Réponse
  61. Ana Sailland
  62. Ana Sailland

    Il y a eu un truc extra dans l’é­vo­lu­tion de la vie sur Terre, c’est quand l’at­ten­tion s’est mise à se pen­cher sur elle-même.

    Nous ne savons pas si la conscience pré­existe à la vie, mais c’est à cet ins­tant sin­gu­lier qu’elle se révèle :

    Le nom­bri­lisme cyber­né­tique est le germe de l’é­va­sion au loin de la cyber­né­tique biologique :

    Si nous sommes capables, et c’est consi­dé­ré comme une mala­die (un autisme acquis), de ne plus nous déter­mi­ner qu’en fonc­tion d’un monde inté­rieur, vir­tuel, créé de toute pièce, nous pou­vons aus­si, mais cette fois-ci sans hubris, user de cette capa­ci­té d’é­va­sion pour contre­ba­lan­cer la pres­sion du monde exté­rieur sur nos déci­sions au moyen de ce qu’il faut bien nom­mer liber­té intérieure.

    Vient alors l’ins­tant où les auto­no­mies se concertent.
    ça se complique 😉

    Réponse
  63. EFFAB

    Au-delà de tout com­plexi­fi­ca­tion – cette édi­fi­ca­tion frac­tale et cette diver­si­té du Vivant -, cette évi­dence de la Beau­té et de l’Har­mo­nie, cette effa­rante simplicité_paradoxes et sub­jec­ti­vi­té, le sen­ti­ment amou­reux comme ce recul éclai­ré, conscience et conditionnement…

    … Mais en phy­sique, on a dû renon­cer au déter­mi­nisme (et ce fut dur à ava­ler) et dans le cré­neau lais­sé par ce vide cau­sal peut se nicher la liber­té. A nous d’en faire notre royaume. « It’s a long way » (ANA)

    Telle une graine de laqelle va naître tant de vie et tout un monde, toute une inter­ac­ti­ci­té sys­té­mique née de rien mais ce Tout, bien pré­sent, bien réel, la Nature sou­ve­raine et l’Homme non indis­pen­sable… ou ce juste équi­libre, cette subli­ma­tion autant de cette auto­ma­ti­sa­tion phy­sio­lo­gique que cette inten­tion (spi­ri­tuelle) et cette atten­tion (res­pec­tueuse) cumu­lées, bref, cette exi­gence au même titre que cette humilité.

    Mais paral­lè­le­ment à ces évi­dences, tout n’en reste pas moins com­pli­qué… ou cher­cher l’er­reur, lol.

    Bien des choses, par-delà toute cette gri­saille prin­ta­nière et ce peu de soleil

    Réponse
  64. Morpheus

    @ Ana

    Essayes juste de faire une expé­rience toute simple. Une petite expé­rience de médi­ta­tion. Tu te mets au calme, et tu te concentre sur une seule chose : obser­ver ta res­pi­ra­tion. Et tu essayes de faire cela, disons 30 minutes. Le but étant de res­ter bien concen­tré sur la res­pi­ra­tion et rien que cela.

    Ensuite, on ver­ra si tu es tou­jours aus­si convain­cu sur l’ab­sence de condi­tion­ne­ment par l’en­vi­ron­ne­ment et que croire cela « c’est renon­cer à être humain, c’est se relé­guer, plus bas que le pri­mate, au rang de robot ».

    L’or­gueil humain est impayable : il est per­sua­dé qu’il a le libre-arbitre, qu’il est maître de lui-même, qu’il est seul au com­mande. Il est per­sua­dé qu’il est au des­sus de la nature, un être supé­rieur, au delà de l’a­ni­ma­li­té. Par­don, mais je me marre.

    Qu’il suf­fise de voir le film « Earth­lings » [ter­riens] pour se convaincre que, oui, en effet, l’hu­main civi­li­sé est au delà de l’a­ni­ma­li­té, au delà de la bes­tia­li­té : il est car­ré­ment dans l’a­bo­mi­na­tion démo­niaque digne des pires films d’hor­reur et de zom­bies que Hol­ly­wood a jamais pro­duit. Aucun ani­mal, jamais, ne s’est com­por­té de la sorte. Sauf peut-être les virus, si l’on consi­dère les virus comme des animaux…

    TOUTES les formes de vie sont condi­tion­nées par leur envi­ron­ne­ment. Et l’être humain a un lourd han­di­cap : il est domi­né par son men­tal. Qu’est-ce que le men­tal ? Non pas le conduc­teur, mais le conduit. Entre les mains du maître véri­table, le men­tal n’est qu’un outil. Tu portes la cuillère à sucre à la bouche et tu trouve cela doux ; ce n’est pas la cuillère qui est douce : essaye de la mordre, tu t’y cas­se­ras les dents.

    Mais bon. Crois ce que tu veux.

    Mor­pheus

    Réponse
  65. Morpheus

    @ Ana

    Dans « Mort de la famille », David Cooper à écrit :

    La mort du doute et la mort du corps tirent leur ori­gine des besoins gré­gaires déve­lop­pés au pre­mier chef par la famille. Une des pre­mières leçons que nous acqué­rons dans le cours du condi­tion­ne­ment fami­lial est qu’en ce bas monde nous ne pou­vons nous suf­fire à nous-mêmes. On nous enseigne avec force détail à nous dépos­sé­der de nous-mêmes et à vivre tel­le­ment agglu­ti­nés les uns aux autres que nous nous col­lons des lam­beaux de la per­son­na­li­té d’au­trui jus­qu’à ne plus dis­tin­guer ce qui, dans notre per­son­na­li­té, nous appar­tient de ce qui appar­tient aux autres.

    Telle est l’a­lié­na­tion : sou­mis­sion pas­sive à l’in­va­sion des autres qui ne sont, à l’o­ri­gine, que des membres de la famille. Toutes les méta­phores déve­lop­pées dans la « para­noïa » sont une pro­tes­ta­tion poé­tique contre cette invasion.

    L’ins­ti­tu­tion psy­chia­trique est, après l’é­cole et la pri­son, le troi­sième moyen de défense dont dis­pose la famille contre l’au­to­no­mie des indi­vi­dus, sans comp­ter, bien sûr, les nom­breuses ins­ti­tu­tions propres à les rejeter.

    Il me semble que, de nos jours, la para­noïa, du moins dans le pre­mier monde, est une néces­saire ten­ta­tive de libé­ra­tion et d’ac­com­plis­se­ment total. (…)

    Nous devons, je crois, rééva­luer cer­taines expé­riences et cer­tains états cata­lo­gués comme mor­bides, puis, grâce à une com­plète « décli­ni­ca­li­sa­tion » de notre appa­reil concep­tuel, les consi­dé­rer comme des tac­tiques plus ou moins réus­sies pour acqué­rir auto­no­mie et cohé­rence interne.

    Dans un ouvrage pré­cé­dent (note : Psy­chia­trie et Anti-psy­chia­trie), j’ai démon­tré quelle dis­tance infi­nie, du point de vue de la véri­té de la vie, sépare d’une part la norme — triste des­tin de la plu­part d’entre nous — et d’autre part la san­té et la folie qui se rejoigne au pôle opposé.

    Le point cru­cial est ici le rôle que joue la famille en pro­dui­sant, à tra­vers la socia­li­sa­tion ini­tiale de l’en­fant, la nor­ma­li­té et les bases du confor­misme. Pra­ti­que­ment, éle­ver un enfant c’est détruire une per­sonne. De plus, l’é­du­ca­tion met la per­sonne hors d’elle-même et loin d’elle-même. En jouant sur l’é­ty­mo­lo­gie grecque, on peut illus­trer cette idée.

    Eknoïa <-> Para­noïa <-> Noïa (En-noïa) <-> Anoïa / Antinoïa

    L’é­tat eknoïde à gauche du dia­gramme est l’é­tat nor­mal du citoyen condi­tion­né et tou­jours obéis­sant. Dans cet état, l’homme est étran­ger à tous les aspects de son expé­rience, à toute véri­table rai­son d’a­gir, étran­ger aus­si à son propre corps quand il n’est pas objet d’ex­plo­ra­tion pour les autres, il refuse pru­dem­ment toute pos­si­bi­li­té de chan­ge­ment, si bien que l’on peut dire, sans crainte d’une méta­phore dépla­cée, qu’il a per­du la tête. (…)

    De cet assas­si­nat, la com­pen­sa­tion est mani­feste : on peut deve­nir riche ou du moins « aisé », diri­ger une grosse entre­prise ou un État, ou même se réjouir de la dévas­ta­tion éco­lo­gique d’é­normes sur­faces au pro­fit de valeurs admises. Tout bien pesé, il n’y a rien de mieux que d’a­voir per­du la tête.

    Par une série de méta­noïas, l’homme peut se sor­tir de l’é­tat eknoïde. On entend par là un chan­ge­ment de sa per­son­na­li­té pro­fonde qui atteint son appa­rence, sa sur­face sociales. C’est un véri­table che­min de Damas, avec conver­sion, repen­tir et, même au deuxième stade de la méta­noïa, des « signes » de dépres­sion et de deuil.

    La pre­mière méta­noïa conduit à une zone « para­noïaque », état où l’homme est à côté de lui-même. Si l’ek­noïa est l’é­tat où l’on est hors de soi-même, dans la para­noïa, du moins, on en est près. »

    Ain­si l’on peut consi­dé­rer que si le « conspi­ra­tion­nisme ambiant » est le signe de l’é­mer­gence d’une forme de para­noïa dans la socié­té, il s’a­git d’un bon signe, c’est-à-dire le signe d’un réveil pro­gres­sif des consciences, dési­reuses de sor­tir de l’é­tat de zom­bies dans laquelle le confor­misme social les a entraî­nés, et de retrou­ver leur iden­ti­té propre.

    Il s’a­git donc de com­prendre que le pro­ces­sus d’in­di­vi­dua­tion est conti­nuel­le­ment confron­té au pro­ces­sus d’u­ni­for­mi­sa­tion impo­sé par l’en­vi­ron­ne­ment, c’est-à-dire, dans la civi­li­sa­tion, l’en­vi­ron­ne­ment socio­cul­tu­rel et la pres­sion du groupe sur l’in­di­vi­du. L’in­di­vi­du s’a­dapte, ce n’est jamais l’en­vi­ron­ne­ment qui s’a­dapte à l’individu.

    Dès lors, affir­mer que nous sommes condi­tion­nés par notre envi­ron­ne­ment est presque une tautologie.

    Ami­ca­le­ment,
    Morpheus

    Réponse
  66. Ana Sailland

    « Essayes juste de faire une expé­rience toute simple. Une petite expé­rience de médi­ta­tion. Tu te mets au calme, et tu te concentre sur une seule chose : obser­ver ta respiration. »

    On t’a pas atten­du tu sais.

    Réponse
  67. J.C

    @ Ana

    « Nos actions étant tou­jours une réponse à l’environnement »

    On agit pour modi­fier l’en­vi­ron­ne­ment sinon on n’a­gi­rait pas.

    la com­plexi­té ne change rien à l’affaire.

    « Nos actions étant tou­jours une réponse à l’environnement »

    Les repré­sen­ta­tions men­tales prennent tou­jours appui sur les facul­tés perceptives.
    Les éla­bo­ra­tions, les déduc­tions sont tou­jours des réponses conditionnées.
    Autre­ment dit, rien n’é­chappe à la causalité.
    Le point est de trou­ver l’o­ri­gine de la cau­sa­li­té, l’o­ri­gine des per­cep­tions ou champ perceptif.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  68. Morpheus

    @ Ana

    D’ac­cord, et qu’as-tu appris de cette expérience ?

    Réponse
  69. Ana Sailland

    J.C,

    « rien n’é­chappe à la cau­sa­li­té » -> ren­seigne-toi sur les révo­lu­tions scien­ti­fiques du siècle passé.

    « On agit pour modi­fier l’en­vi­ron­ne­ment sinon on n’a­gi­rait pas » -> Écrire un poème agit sur l’i­déo­sphère. Tu as donc raison 🙂

    Mor­phéus,
    suivre ton propre conseil t’é­clai­re­ra cer­tai­ne­ment mieux que je ne puis le faire : je ne vois pas ce qu’une andouille qui croit encore au libre arbitre pour­rait t’ap­por­ter sur ce plan là.

    Réponse
  70. J.C

    S’il n’y avait pas de cau­sa­li­té, il n’y aurait pas de science Ana.
    Sans rap­port de cause à effet, il n’y a rien à étudier.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  71. Ana Sailland

    Ren­seigne toi, disais-je.

    Réponse
  72. J.C

    Ana,

    Si tu fais réfé­rence à la phy­sique quan­tique, elle déplace la cau­sa­li­té de l’ob­jet au sujet mais ne l’a nie en rien.

    Toute science est fon­dée sur la cau­sa­li­té Ana.

    je te mets au défi de me don­ner un seul exemple d’ap­proche scien­ti­fique qui ne le soit pas.

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  73. Ana Sailland

    « elle déplace la cau­sa­li­té de l’ob­jet au sujet »

    Explique.

    Réponse
  74. J.C

    @ ana

    Lorsque l’on cherche à obser­ver un évè­ne­ment, on cherche à com­prendre la rela­tion entre l’a­vant et l’a­près, c’est à dire à en déter­mi­ner le fonc­tion­ne­ment, les rap­ports de cause à effet.

    Je vou­drais faire une petite paren­thèse concer­nant le déterminisme.
    Voi­là ce que l’on trouve sur Wikipédia :

    « Le déter­mi­nisme dit que dans les mêmes condi­tions, les mêmes causes pro­duisent les mêmes effets. Dans la pra­tique, ce « dans les mêmes condi­tions » pose un pro­blème de réa­li­sa­tion, car les condi­tions ini­tiales du sys­tème ne pou­vant pas être abso­lu­ment connues, si l’on fait deux fois ce qui semble être « la même expé­rience », quelque chose en dif­fé­re­ra nécessairement »

    On ne peut se laver les mains deux fois dans la même eau.
    En phy­sique clas­sique, nous consi­dé­rons géné­ra­le­ment les évè­ne­ments de manière objec­tives. Nous consi­dé­rons à tord qu’un évè­ne­ment peut être obser­vé indé­pen­dam­ment de nom­breuses condi­tions comme un élé­ment iso­lé ou l’ob­ser­va­teur lui même serait exté­rieur à celui-ci.
    Cette abs­trac­tion de l’interdépendance de toutes choses n’est accep­table que pour des appli­ca­tions simples ou un grand nombre de fac­teurs sont consi­dé­rés comme négligeable.

    Dans le cas de la phy­sique quan­tique, il n’est plus pos­sible de faire cette abs­trac­tion. Les méca­nismes à l’œuvre sont alors trop sub­tiles, dans ce champ de poten­tia­li­té, le sujet qui observe ne peut plus être consi­dé­ré comme exté­rieur à l’expérience.

    Le rôle de l’ob­ser­va­teur étant cen­tral, il rentre dans le champs des causes qui vont pro­duire un effet au sein même de l’évènement.

    C’est que j’en­tends par dépla­cer la cau­sa­li­té de la consi­dé­ra­tion pure­ment objec­tive (objet) à celle impli­quant direc­te­ment l’ob­ser­va­teur (sujet).

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse
  75. Ana Sailland

    -L’ob­ser­va­tion d’un para­mètre le fait certes bas­cu­ler d’un état flou à un état pré­cis ; elle peut en effet être per­çue comme cause de ce col­lap­sus des pos­sibles et être consi­dé­rée comme élé­ment insé­pa­rable du sys­tème obser­vé, mais néan­moins, l’é­lec­tion de la valeur mesu­rée par­mi le champ des pos­sibles demeure acau­sale. A moins que mes sou­ve­nirs d’il y a … 46 ans ne soient obsolètes 😉

    -Ce qui est impor­tant dans la chute du déter­mi­nisme, c’est qu’elle abo­lit l’i­dée de Gauss que la connais­sance de l’u­ni­vers à l’ins­tant t pour­rait per­mettre de pré­voir l’u­ni­vers à l’ins­tant t+dt ; c’est en quelque sorte la fin du « c’é­tait écrit », et l’ir­rup­tion d’un hasard radi­cal dans l’é­vo­lu­tion des choses.

    -Nous avons de la peine avec tout ceci, et Ein­stein s’ar­ra­chait le crin en cla­mant que dieu ne sau­rait jouer le monde aux dés, car nous avons ten­dance, peut être est ce un désir, un besoin angois­sé de pou­voir ima­gi­ner un monde qui serait pré­cis, gra­nu­leux et connais­sable même s’il ne nous est pas connu dans le détail de chaque gra­nule, un besoin de croire qu’en grat­tant la réa­li­té on peut tou­jours la connaître, nous avons ten­dance à tout vou­loir trier en vrai/faux, à dis­tin­guer ce qui vibre de ce qui est dur, ou à croire qu’à toute gran­deur est atta­chée à tout ins­tant une valeur numé­rique, qui même si elle nous est incon­nue n’en est pas moins précise.
    Nous aime­rions bien que tout effet soit l’en­fant d’une cause, car cela pour­rait nous lais­ser ima­gi­ner que la puis­sance de la déduc­tion nous per­met de tout anti­ci­per, et d’ain­si maxi­ma­li­ser notre maî­trise du monde.
    C’est faux.

    S’il passe par ici un phy­si­cien authen­tique, il va peut être hur­ler, mais je ne crois pas me trom­per sur l’ef­fon­dre­ment du mythe de la cause néces­saire à tout évènement :
    il y a des évè­ne­ments spon­ta­nés : ils étaient impro­bables, ou pro­bables, peu importe, mais ils se déclenchent mys­té­rieu­se­ment sans la néces­si­té d’une cause nou­velle ; ça fait vache­ment pen­ser à la révo­lu­tion tuni­sienne non ?

    Réponse
  76. cb

    Cli­quez sur Emma­nuel Rans­ford ou Basa­rab Nico­les­cu, il se peut que vous trou­viez chaus­sures à vos pieds !

    Réponse
  77. EFFAB

    De la spon­ta­néi­té et de la vie, cette incons­cience en nous et ce mou­ve­ment en acte, constant, inces­sant, tou­jours renou­ve­lé, infi­ni, poten­tiel illi­mi­té car per­pé­tuel et pou­vant se décli­ner dans tous les sens et toutes les directions…

    … le mou­ve­ment au coeur du vivant et de la réa­li­té objec­tive, et non le temps, per­cep­tion sub­jec­tive en soi comme du monde envi­ron­nant, le temps ce pos­tu­lat cultu­rel, cette conven­tion pra­tique et men­tale, mais ce temps phy­sique et abs­trait qui n’est rien d’autre qu’une inven­tion de notre esprit pour arrê­ter et déli­mi­ter le mouvement…

    … telles ces heures du jour et de la nuit qui n’exis­te­raient pas sans la révo­lu­tion terrestre…

    … telle cette atti­rance de l’autre qui ne serait rien sans libido…

    … telles ces que­relles de clo­cher et autres joutes par­ti­sanes qui n’au­raient plus de rai­son d’être sans ce sen­ti­ment inné de jus­tice et de liber­té, cette Conscience en nous par-delà cette incons­cience vitale, ce qui nous dépasse, cet Abso­lu, cette Har­mo­nie, de ce qui nous sublime, la beau­té du monde, les mots qui sus­pendent le mou­ve­ment et éter­na­lisent le vie qui passe, nos rêves, nos dési­rs et cet émer­veille­ment de l’enfant_comme de tout un cha­cun quand l’es­prit et le coeur sont à ce point équi­li­bré ici quelque part et com­plè­te­ment libé­rés de tout entrave et de toute représentation.

    Je viens de voir Mon oncle d’A­mé­rique, un film d’A­lain RESNAIS de 1980, je ne l’a­vais encore jamais vu ; du ciné­ma intel­li­gent et ces voi­tures de l’é­poque empor­tées dans cette grande danse du Mouvement !

    Réponse
  78. Ana Sailland

    @cb,

    judi­cieuse suggestion 😉

    j’y ai pas­sé du temps mais n’en sors enri­chie que de la per­sis­tance du mystère.

    Pen­sées en vrac (ne pas y cher­cher une logique ni une intention) :->

    Rien n’est plus ris­qué que d’affirmer.

    -C’est bien avant la science que la conscience inter­roge sur elle-même, et sur d’autres conti­nents sou­vent. Je crois même que nous d’oc­ci­dent sommes en retard parfois.

    -La syn­chro­ni­ci­té selon Jung ouvre peut être une piste à la science pour détec­ter comme cer­taine l’exis­tence du des­sous Descartes.
    Mais il y a de l’é­va­nes­cent dans ce genre de chose, qui nous condamne à la modes­tie du pêcheur qui sur­veille son bou­chon sans jamais savoir si ça va mordre, ni quand.
    Si bien que ce que nous nom­mons « la méthode scien­ti­fique » est de peu de secours au pays de l’ex­pé­rience non repro­duc­tible à souhait.

    -Le Cha­man lui aus­si comme Jung explore « scien­ti­fi­que­ment » et contrai­re­ment à ce que nous pen­sons avant d’a­voir « voya­gé », au propre ou au figu­ré (sans arti­fice, c’est pos­sible), il ne se laisse pas leur­rer : mais se met inten­tion­nel­le­ment en état d’être leur­ré, par diverses méthodes, ceci afin de ne pas lais­ser bais­sé le rideau ration­nel qui nous sépare de la com­po­sante mys­té­rieuse du réel. Et ça marche. Charge à lui de trier après l’ex­pé­rience et non pas avant, de trier le vrai vu du faux vu.

    -La fausse recon­nais­sance selon Berg­son, lors­qu’il ana­lyse l’im­pres­sion de déjà vécu, est typi­que­ment la démarche occi­den­tale qui consiste à bais­ser le rideau comme susdit.
    Refu­ser le béné­fice appor­té par la tra­hi­son de nos sens est un choix dan­ge­reux qui peut nous faire rater la perle rare de l’évènementiel.
    Ain­si la science mal com­prise (et en par­ti­cu­lier les fameux cri­tères de l’ob­jec­ti­vi­té) peut elle par céci­té choi­sie occul­ter l’occulte.
    C’est mar­rant, mais j’é­ta­blis un lien étroit entre ce que j’é­cris là et les réflexes de rejet en poli­tique, qui font refu­ser jus­qu’à l’ob­ser­va­tion de l’hy­po­thèse com­plo­tiste. Un phé­no­mène proche de la théo­rie du deuil selon Mme Kubler Ross conduit peut être par sou­ci de confort à s’ac­cro­cher au résul­tat labo­rieux d’une pen­sée ancienne : l’a­veugle volon­taire vit le confort extrême de ne jamais être ébloui.

    -Et c’est un sacré pavé dans la marre aux canards que l’ef­fon­dre­ment du déter­mi­nisme. Il laisse un trou béant dans l’eau, et des ondes concen­triques sur le lac lisse de nos dogmes. Il est donc logique de s’y engouf­frer, avec ou sans palmes aca­dé­miques, dans l’es­poir d’y trou­ver le Graal.
    Je l’ai fait quelques mes­sages plus haut en sug­gé­rant que dans le vide cau­sal peut s’im­mis­cer la liber­té, mais sans preuve.
    D’autres vont rejoindre une cer­taine pen­sée plus qu’an­cienne, cou­rante en Asie, en far­fouillant à la recherche du pan-psy­chisme ; il est en effet natu­rel de se deman­der si la dis­lo­ca­tion d’un noyau ato­mique, qui semble n’o­béir à aucune règle ((( voi­ci qui répond au défi de J.C)))n’est pas coor­don­née, non pas à des « variables cachées » mais à un machin conte­nu en toute chose, qui serait por­teur d’in­ten­tion ou d’esprit.

    -Insi­nuant le doute sur l’im­muable flèche du temps sur­vient alors la cau­sa­li­té rétro­grade sug­gé­rée par Oli­vier Cos­ta de Beau­re­gard, qui, lit on, per­met­trait d’ou­vrir au delà de l’in­ter­dic­tion d’ex­pli­quer qu’im­posent les expé­riences d’as­pect et le théo­rème des variables cachées.
    Et c’est vrai que si au labo­ra­toire on com­prend que l’ob­ser­va­teur est par­fois néces­saire pour faire pas­ser de la réa­li­té floue à la réa­li­té pré­cise, on peut se deman­der par exten­sion au delà des murs du cher­cheur si l’u­ni­vers exis­te­rait sans la conscience qui l’ob­serve, et s’il n’a pas été obli­gé de l’en­gen­drer pour se mirer en elle.

    Mais si rien n’est à jeter, rien non plus n’est solide et le mys­tère demeure. Croire d’ailleurs qu’il est réduc­tible est peut être un dogme.

    Réponse
  79. J.C

    @ Ana

    La vision objec­ti­viste qui consi­dère qu’un évè­ne­ment peut se pro­duire de manière indé­pen­dante et sépa­ré est effec­ti­ve­ment dépas­sée. Tout évè­ne­ment doit être envi­sa­ger dans le contexte plus large de l’in­ter­dé­pen­dance de toutes choses.
    Le terme « hasard » est uti­li­sé lorsque l’on a pas encore iden­ti­fié ou com­pris pour­quoi et com­ment les choses sont produites.

    Autre­ment dit, la poule et l’œuf ne naissent pas spon­ta­né­ment, comme le disait Lavoi­sier  » rien ne se crée, rien ne se perds, tout se transforme ».

    Le champ des poten­tia­li­tés n’est pas mesu­rable tel l’élé­ment espace, à chaque fois que l’on sou­haite mettre une fron­tière, on peut tou­jours se deman­der ce qu’il y a derrière.

    Par contre, tout ce qui est obser­vable est mesu­rable. Mesu­rer c’est mettre des limites.
    Avant toutes autres consi­dé­ra­tions, une chose existe qu’en rela­tion avec ce qui la dif­fé­ren­cie, ce qu’elle n’est pas, son oppo­sé, l’autre. L’exis­tence même d’une chose dépends d’autre chose que d’elle-même.

    Quand est-il de la pro­duc­tion ex nihi­lo (du néant), le néant n’a par défi­ni­tion aucune qua­li­té pour pro­duire quoique ce soit.
    D’ailleurs le néant existe-t-il s’il est dépour­vu de toutes caractéristiques ?
    La réponse est non.

    Les choses peuvent venir au jours que parce que leur exis­tence dépends d’autre chose que d’elles-mêmes, si elles exis­taient indé­pen­dam­ment les unes des autres elles seraient immuables, inchan­geantes puisque non sujettes à des condi­tions et rien ne pour­rait jamais se produire.

    Il existe une contra­dic­tion dans l’ob­jec­ti­visme qui conçoit une indé­pen­dance aux évè­ne­ments, une rigi­di­té qui conduit au déter­mi­nisme. Si l’on ne va pas jus­qu’au bout du rai­son­ne­ment concer­nant la nature de la mani­fes­ta­tion, on s’en­ferme dans des vues extrêmes éter­na­listes et nihilistes.

    Pour finir sur une touche d’hu­mour, il y a une excep­tion, la pro­duc­tion ex nihi­lo existe… en matière de créa­tion moné­taire mais là aus­si, en réa­li­té, il y a une astuce, cer­tains ban­quiers se prennent pour Dieu 😉

    Bien ami­ca­le­ment

    J.C

    Réponse

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