Deux documents récents attirent notre attention sur la possibilité de voir des utopies naître :
• Témoignage passionnant de VIKTOR DEDAJ SUR CUBA.
Je recommande à chacun, avant de porter un jugement sur Cuba, d’écouter attentivement la défense (évidemment) ; et je trouve que celle de Viktor Dedaj est simple et convaincante.
Sur ce sujet comme sur d’autres, nous manquons de débats contradictoires honnêtement conduits et nourris, et nous sommes la cible quotidienne de propagandes manifestement malhonnêtes (dénoncer les contreperformances de Cuba et sa pauvreté sans rappeler le blocus illégal qui l’étrangle depuis des décennies est simplement une crapulerie journalistique).
https://youtu.be/cKVAX3KExUY
[Mise à jour 20 sept. 2012 :
la vidéo sur Cuba de Viktor Dedaj n’est plus disponible : le lien ci dessous est le témoignage audio
http://www.legrandsoir.info/cuba-modele-de-resistance-ou-resistance-d-un-modele-conference-debat-audio.html
Merci Louisette 🙂 ÉC]
D’un autre côté, je me souviens du livre d’Hubert Matos, « Et la nuit est tombée », réquisitoire terrible contre Fidel Castro par un des ses meilleurs généraux, que Castro a jeté en prison (et torturé) pendant vingt ans pour s’être fermement opposé à lui ; ce livre m’a retourné, et j’en porte encore des traces, bien sûr.
J’imagine bien que le monde n’est pas noir ou blanc ; mais il faudrait que j’en parle à Viktor Dedaj pour essayer d’en avoir le cœur net.
Cuba, sujet important pour la démocratie – Conférence remarquable.
Le livre que Viktor Dedaj a écrit avec Danielle Bleitrach, « Cuba est une île » est très intéressant :
http://www.amazon.fr/Cuba-est-une-Danielle-Bleitrach/dp/2841094995
Il est malheureusement devenu indisponible.
Si vous avez des informations FIABLES, d’un côté comme de l’autre, je suis preneur.
• MARINALEDA, une utopie réalisée.
Encore une enquête passionnante de LBSJS (Là-bas si j’y suis).
C’est une rediffusion, et c’est encore plus enthousiasmant quand on l’écoute une deuxième fois… Avec tous les détails, plus sympas les uns que les autres…
EXPÉRIENCE FORMIDABLE, À CONNAÎTRE.
http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=2329
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Lire aussi :
« Marinaleda : un modèle d’auto-gestion unique en Europe », par Andrea DUFFOUR :
Elle est enthousiasmante, cette expérience !
Étienne.

« Cuba, où il y a ni disparus, ni meurtres, ni tortures, subit depuis trente ans un blocus qui entraine d’immenses privations pour son peuple et freine son développement. » – Beinusz Szmukler, président de l’Association Américaine des Juristes – 1994
Je ne connais pas en détail l’affaire « Matos », mais on peut se renseigner sur l’affaire « Valladarès » – « le poète emprisonné par Castro, torturé au point d’être handicapé » dont les « mémoires » ont ému tout autant. Jusqu’à ce que la supercherie soit révélée.
voir « Armando VALLADARES – le terroriste devenu poète »
http://viktor.dedaj.perso.neuf.fr/spip.php?article433
Merci Viktor.
Je vais tâcher de creuser ça de mon côté.
Étienne.
MA-GNI-FI-QUE merci M. Chouard, j’espère que vous ne rentrerez au Panthéon que dans 100 ans. Même si le monument de la rue soufflot n’a aucune valeur à mes yeux (pasteur l’imposteur, malraux le cocaïnomane, et céline depuis retiré, enfin si il n’y avait que ça)
http://www.legrandsoir.info/cuba-modele-de-resistance-ou-resistance-d-un-modele-conference-debat-audio.html
la vidéo sur Cuba de Viktor Dedaj n’est plus disponible : le lien ci dessus est le témoignage audio
merci
« Il y a un point commun entre DSK et Marinaleda, c’est le socialisme ».
D. Mermet
Non mais, sérieux, qu’est-ce qu’il faut pas entendre ! J’ai failli m’étrangler, bordel.
On pourrait éventuellement penser que c’est du second degré, qu’il ironise, mais non : il est sérieux, il y crois, il le pense …
Quel bouffon, ce Mermet.
Mais tu sais bien que le FMI »aide« les pays en souffrance.
J’ai visité Marinaleda en mars 2012. C’est de loin le village le plus beau et le mieux équipé de la région.
Voici un lien pour la video sur Cuba
http://www.youtube.com/watch?v=TPRGsYkYRCc
Monarchie mondiale
De la démocratie villageoise à la monarchie mondiale.
Dans cette évolution de l’humanité, les monarchies ont à chaque fois tué les démocraties, parce que les peuples ont eu la bêtise de croire que la représentativité était synonyme d’émancipation.
Sachons apprécier justement l’instant présent et nous souvenir des vérités du passé pour que le futur n’ait pour horizon que le bien universel. Il ne tient qu’à l’union de nos convictions intimes pour provoquer notre destin commun. L’opinion publique n’est qu’une minorité qui s’entend et non une majorité qui s’exprime. Quand vous votez pour un candidat, vous ne vous exprimez pas, vous vous entendez avec sa mégalomanie.
Nous sommes arrivés à une période décisive, nous n’avons plus que la philosophie de l’aïkido pour nous défendre, ils ont toutes les cartes, et nous sommes mains nues. Les monarchies nationales sont volontairement fragilisées afin d’établir la monarchie mondiale. C’est maintenant qu’il faut agir, quand l’ordre mondial sera établi, il n’y aura plus que le sang pour rétablir l’ordre naturel. C’est maintenant qu’il faut décentraliser le pouvoir national fragilisé, c’est maintenant que les communes doivent reprendre le pouvoir, le pouvoir d’émanciper les citoyens, le pouvoir d’établir une démocratie.
Nouveau reportage sur MARINALEDA sur France 2 :
http://pluzz.francetv.fr/videos/13h15_le_samedi.html
Il y a là des preuves qui valent beaucoup plus que de l’or 🙂
Si quelqu’un arrivait à enregistrer ce reportage, ça serait bien pour en garder une trace durable, car j’ai peur qu’on n’y accède plus bientôt.
Étienne.
Carnets d’utopies n°2 de M. Mompontet / Version… par 13h15_France2
Pour télécharger la vidéo :
http://www.6ma.fr/tuto/downloadhelper+telecharger+les+videos+web+avec+firefox-589
J’ai testé, ça fonctionne.
« Pas visible depuis votre région »
Fait chier ^^ (France Télévision de m.…)
Morpheus
Vu l’émission grâce à un sujet posté sur Agoravox.tv aujourd’hui.
Je déplore qu’ils aient utilisé des images du Projet Venus à la fin (sans le nommer) pour faire une sorte de contrepoint malhonnête. Ce n’était pas honnête.
Surtout, cela montre bien que les sujets montré dans l’émission sont acceptable par le système, car aucune des initiatives montrées dans l’émission ne remet fondamentalement en cause le système, tandis que le PV, lui, remet clairement en cause le système. Et ça, visiblement, c’est diabolique dans l’esprit de ces journalistes bienpensants.
Du coup, ça a remarquablement refroidit mon enthousiasme pour cette émission a priori prometteuse.
Cordialement, Morpheus
Je ne m’étais pas penché jusqu’ici sur Marinaleda. J’ai regardé ce reportage. J’ai aussi écouté l’émission de Daniel Mermet sur le sujet, et j’ai lu ce qu’en disaient Wikipédia et le New York Times.
Ce que j’en pense, d’après ce que j’ai compris :
Les décisions se prennent en assemblée générale de la population, et le vote se fait à la majorité. Cela me semble démocratique et tout à fait adéquat.
L’organisation de la production économique (de la production d’huile d’olive surtout semble-t-il) est de type coopératif. La coopérative est en fait le mode de fonctionnement démocratique emprunté au domaine politique et plaqué sur le domaine économique. C’est assez logique et à mon avis ce mode de production peut être gérable, pourvu que les gens qui y participent fassent preuve de bonne volonté.
Le modèle socio-économique de la commune semble cependant déficient :
- les terrains à bâtir sont fournis par la municipalité, qui les a obtenus en saisissant la propriété d’un particulier, le Duc de l’Infantado
-le matériel de construction est fourni sans contrepartie par les autorités d’Andalousie (18000 euros/maison apparemment)
-la construction est effectuée en partie par des ouvriers professionnels, en partie par les autres villageois. Ce n’est pas précisé, mais je présume que pour le travail effectué par ceux-ci, aucune cotisation sociale et aucune TVA n’est versée à l’Etat espagnol.
S’approprier le bien d’autrui, vivre d’allocation publiques et travailler au noir : il n’est pas besoin d’aller au fin fond de l’Andalousie pour trouver des gens qui améliorent effectivement leur quotidien de cette manière. J’en connais plusieurs dans mon quartier, et ils ne drapent pas pour cela dans l’uniforme de Che Guevara …
En somme, le système ne tient probablement que parce qu’il y a un transfert net de capitaux de l’extérieur vers la communauté. Il est de ce fait clair que cela ne peut donc être généralisé à l’ensemble du pays.
En outre, malgré cela, le résultat semble médiocre : le revenu (qui est le même pour tous) est de 47 euros/j. Notons que la commune n’étant pas autosuffisante pour toutes les fournitures, la vie ne doit donc pas y être moins chère qu’ailleurs en Espagne pour la plupart des biens. Alors, soit on estime qu’il est normal de se contenter de vivre ainsi au SMIC. En ce cas, pourquoi se plaindre du système économique actuel ? Soit on estime légitime de vouloir gagner plus, mais alors que faire dans une telle communauté de ceux qui veulent ainsi gagner plus ? Doivent-ils partir ?
Ceci étant dit, je ne nie pas qu’il y ait un problème majeur avec l’économie libérale, qui est l’accumulation d’une grande quantité des richesses dans les mains d’un petit nombre, et qu’il faut probablement imaginer des moyens de les redistribuer.
D’autre part, il faut aussi tenir compte que Marinaleda était probablement déjà une région pauvre au départ, et que les richesses qu’elle crée, des produits agricoles, n’ont qu’une faible valeur ajoutée. On ignore si ce système serait plus (ou moins) viable s’il était appliqué à une entité plus développée telle que Séville.
Ronald.
Ronald, effectivement, tes remarques sont pertinentes. Mais il faut comme même garder à l’esprit que c’est une jeune démocratie qui a malgré elle des contraintes du régime dominant national, et principalement la spoliation des terres par un monarque, qui utilise la loi de la possession individuelle à outrance, et je ne m’étale pas sur les taxes et les impôts…
Scandale judiciaire en Espagne :
le maire de Marinaleda sous les verrous
(LeGrandSoir)
Le maire de Marinaleda sous les verroux.
Quatre dirigeants du syndicat des travailleurs andalous SAT ont été condamnés à sept mois de réclusion. Parmi eux, le charismatique maire de Marinaleda, Juan Manuel Sánchez Gordillo, qui est aussi élu au Parlement.
🙁
Connait on le chef d’accusation ?
http://www.scienceshumaines.com/vers-un-nouveau-monde_fr_519.htm
D’après ce que j’en comprends, il aurait participé a une manif pour réclamer l’exploitation d’un terrain laissé en friche par l’état, et il y a une histoire à propos de prendre des policiers en photo (qui comme chacun sait est un acte d’une grande violence)…
C’est consternant.
La terre est aux chevaux et aux ânes qui y paissent…
Acharnement politique et judiciaire
contre Sanchez Gordillo et Marinaleda
http://www.legrandsoir.info/acharnement-politique-et-judiciaire-contre-sanchez-gordillo-et-marinaleda.html
Le secrétaire du Syndicat andalou des travailleurs et député (« Gauche Unie ») au parlement andalou est traîné une nouvelle fois devant les tribunaux espagnols, pour avoir, le 24 juillet 2012 et durant l’été 2012, occupé, avec 500 ouvriers agricoles, une grande propriété improductive appartenant à l’armée (« Las Turquillas », 1200 hectares). L’armée y élevait , blague à part, quelques ânes, en attendant d’acheter des drônes…
En Andalousie la terre appartient à ceux qui ne la travaillent pas, qui la possèdent par héritage familial ou vol (après la Guerre d’Espagne, les « vainqueurs » s’approprièrent de nombreux biens de familles « rouges »). L’oligarchie néo-franquiste possède des « cortijos » (propriétés) à perte de vue, pendant que des milliers d’ouvriers agricoles attendent sur la place du village que « el amo » (le maître) vienne les embaucher quelques jours à l’année.
Le syndicat andalou SAT pratique donc la « désobéissance » face à un ordre injuste, et des actions « illégales », mais ô combien légitimes, pour obtenir une authentique réforme agraire. Il occupe les terres oisives… pendant que l’armée espagnole occupe des pays lointains. Pour avoir campé pacifiquement sur un bien du ministère de la Défense , le SAT et Juan Manuel Sanchez Gordillo, son secrétaire général, ainsi que 52 militants , sont accusés « d’usurpation », de « désobéissance, de vol et autres « dégâts », par le Tribunal de Justice d’Andalousie. Le Tribunal évalue les « dégâts » à 794,14 euros… Colossal !! Le millième d’une chasse royale à l’éléphant. Et quel peut être « le prix » des près de 37% de chômeurs andalous ? Le prix des malversations dont se sont rendus coupables le gendre du roi et son infante d’épouse, un temps mise en examen, puis relaxée sur intervention royale dit-on ?
Selon le magistrat instructeur, les manifestants brisèrent une chaîne (quel beau symbole !) pour pénétrer sur cette riche terre où paissent, sur 1200 hectares, quelques ânes et chevaux… Les occupants voulaient y travailler, la faire prospérer… Insupportable « délit d’usurpation » et d’atteinte à la tranquillité des bourrins, leur signifia la garde civile, qui pacifia si bien l’Espagne après la guerre. Les gueux eurent même le culot de mettre un panneau proclamant « Egalité et Terre ». Le magistrat en est atterré. La garde civile filma le crime qui sera présenté à la prochaine mostra de Carabanchel (ex-prison franquiste madrilène). Les vandales, se croyant tout permis, installèrent un campement sauvage pour dormir sur place et travailler la terre occupée. Ils utilisèrent même des abreuvoirs comme douches et s’emparèrent d’outils de labour abandonnés par les militaires.
Le 26 juillet, ils firent flamber 18 fagots de paille avec risque d’incendie, sans doute pour fêter l’assaut de la caserne Moncada par Fidel Castro.
Le 7 août, le « tribunal d’instruction numéro un de Osuna » ordonna l’expulsion des intrus, qui refusèrent d’obtempérer pendant 48 heures.
Le capitaine de « l’Institut armé » qui se rendit sur le front, déclara , désarmé, « avoir eu un peu peur » en rencontrant les leaders des rebelles. A Bagdad, il aurait fait dans son froc…
Incorrigibles, le premier mai 2013, les sans terre andalous ont occupé à nouveau le terrain et refusent aujourd’hui de répondre aux questions de la justice ; ils ne se sont même pas rendus à sa convocation. Ne pas se rendre : un impardonnable délit ; un acte de courage qui mérite toute notre solidarité. Les insoumis risquent de lourdes peines… Marinaleda, une utopie concrète.
Jean Ortiz
(28 mai 2013)
Source : Le Grand Soir.
Marinaleda, une vidéo utopique de nos lecteurs.
http://www.legrandsoir.info/marinaleda-une-video-utopique-de-nos-lecteurs.html