Intéressante conversation avec Yvan Blot sur la démocratie réelle
à l’occasion de mon passage à Paris, mardi dernier, chez Jean Robin :
https://dai.ly/xlz6kr
Débat entre Etienne Chouard et Yvan Blot sur la… par enquete-debat
Yvan Blot connaît bien les semi-démocraties dans le monde.
– Il a commencé par rappeler les rouages essentiels de la Suisse, notamment les Référendums d’Initiative Citoyenne (RIC) ;
– après quoi, nous avons envisagé ensemble une de mes propositions d’amélioration substantielle (tirer au sort une des deux chambres législatives)
– et la nécessité d’étudier précisément les processus constituants qui ont rendu possibles ces démocraties semi-directes.
Yvan Blot a un site très intéressant :
http://www.democratiedirecte.fr
C’est un « libéral » radical, avec qui j’aurai donc sans doute quelques désaccords très nets, mais nos réflexions sur la vraie démocratie nous permettront sans doute de produire des échanges utiles à tous.
J’ai trouvé intéressant le dernier livre d’Yvan Blot, « L’oligarchie au pouvoir » :
http://www.democratiedirecte.fr/2011/07/nouveau-livre-loligarchie-au-pouvoir-par-yvan-blot/
Malgré quelques passages qui m’ont fait tiquer, et sur lesquels j’aimerais discuter point par point (nous sommes convenus de nous revoir pour continuer cet échange, en suivant justement l’ordre de mes notes dans son livre), j’y ai trouvé de nombreuses observations pertinentes et utiles sur les objectifs et méthodes de l’oligarchie marchande qui se prépare à nous essorer.
Étienne.
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PS (30 octobre) : cet entretien est l’occasion d’échanges étonnants sur des sites différents ; j’attire votre attention sur ceux-ci :
• un fil passionnant sur Agoravox :
http://www.agoravox.tv/actualites/politique/article/debat-entre-etienne-chouard-et-32309
• un fil également très intéressant sur le site Enquêtes et débats :
http://www.enquete-debat.fr/archives/debat-entre-etienne-chouard-et-yvan-blot-sur-la-democratie-reelle
• et encore un sur ma page Facebook :
http://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=210973388971058&id=600922316

Débat très intéressant.
Habitant Nantes, la décision unilatérale de l’oligarque ayrault de construire un aéroport ruineux et surnuméraire a englouti une part non négligeable de la lutte militante locale et pourrit la vie de nombreuses personnes depuis des années. Alors que si nous avions eu l’outil du référendum obligatoire (comme à Zurich lorsque la municipalité doit faire une infrastructure aux coûts importants) l’affaire aurait été tranchée par le peuple depuis bien longtemps (en passant très probablement aux oubliettes).
Concernant le tirage au sort, il y a le témoignage radiophonique sur son utilisation par les occupants de la place syntagma en Grèce lorsqu’il s’agit de choisir celles et ceux qui parleront à l’assemblée et les manoeuvres des membres des » orgas » pour manipuler ces règles.
http://www.sonsenluttes.net/spip.php?article357
Enfin,je ne peux qu’être consterné de voir la campagne de calomnies dont vous êtes l’objet par les gens anonymes de conspishorsdenisvies (servilement copiée-collée par les indymédias Nantes toulouse bordeaux paris) qui officient également sur Radio France Paris Plurielle dans l’émission actualité des luttes/zéro hebdo :
http://www.sonsenluttes.net/spip.php?article355
cela ressemble comme deux gouttes d’eau au leitmotiv » faux amis rouges-bruns « de guyet-boutolleau
https://nantes.indymedia.org/article/24323#comments
nul doute que ces infiltrés cognitifs ont pour mission de répandre la plus grande confusion entre gauche et droite ou entre fascisme et résistance, leur prose étant obscurantiste et inquisitoriale..
je vois que seul indymedia bruxelles a daigné publier votre droit de réponse.
la démocratie athénienne est disponible aux éditions texto pour 10 euros mais le livre de Mannin est en cours de réédition.
amicalement,
un adepte de l’élection par tirage au sort et de l’amateurisme politique.
Ouais moi dans ma ville c’est un vélodrome que les élus de la communauté d’aglomération essayent de nous imposer.
Tout simplement ÉNORME !!!!!
voilà le genre de débat qui mérite de remplacer les faux débats des chaînes de service public…
c’est aussi une démonstration de la nécessité de s’éduquer à la démocratie, car nous avons là deux personnes qui savent dialoguer, au sens presque socratique du terme, en tout cas se positionner l’une et l’autre dans une posture de recherche du consensus, l’un complétant ce que dit l’autre, posant des questions pour laisser l’autre préciser sa pensée, rebondir, et sortir par le haut des points de désaccord, ou les laisser en suspend par un humble et noble « je ne sais pas ».
après le cogito cartésien, je trouve qu’Étienne nous montre en acte une autre dimension de l’être de raison : le devenir. De sorte qu’il pourrait dire « je dialogue donc je deviens plus que ce que je suis ».
Et c’est là aussi que se situe l’essence de la démocratie, du devenir collectif humain : l’institution d’un « nous » agissant librement, passe par le dépassement de soi sans renoncer à soi.
De sorte que contrairement à une certaine conception, il ne s’agit pas d’atteindre un plus petit dénominateur commun (le compromis) mais de former un tout qui soit supérieur à la somme des parties (le consensus). Ce consensus, une fois atteint, l’espace d’une fraction de seconde puisqu’il n’annule pas le Je, il est éphémère une idée est déjà là pour le questionner.
Nous sommes des nains sur des épaules de géants, voilà des années (je suis encore jeune hein!) que je me pose la question suivante : qu’est-ce que le système idéal ?
Comme un peu tout un chacun préoccupé par cette question, je me suis plongé dans la lecture des anciens, les Grecs, les Chinois, les utopistes du moyen-âge, les Smith, Mill, les Rousseau, les Marx, les Proudhons, les sociologues, les philosophes etc.
J’ai peu à peu précisé ma question : comment produire l’harmonie ?
Et j’ai observé, lu de nouveau, relu, en complétant ma question par une autre plus problématique, qu’est-ce que l’homme ?
Et, observant la vie par le truchement des biologistes et des anthropologues, c’est à dire depuis l’être unicellulaire jusqu’aux organisations sociales les plus complexes, j’y réponds :
C’est une forme de vie qui peut évoluer, qui ne peut vivre seule, qui vit par et dans une société, mais qui est en danger à plus ou moins long terme dès que cette société est incapable de changer. Cf la fragilité d’un peuple isolé, figé, d’une civilisation figée qui épuise ses ressources jusqu’à disparaître, etc.
J’ai donc à nouveau complété ma question :
comment produire l’harmonie tout en laissant la place à la création de l’inédit, du nouveau ? Comment produire l’ordre sans cherche l’ordre pour l’ordre, mais plutôt la justice et la sagesse en devenir ?
En gros, il s’agit de rechercher le bonheur du « bon sauvage » sans tomber dans la dimension totalitaire d’une civilisation figée, des contre-utopies, d’Orwell, Philip K. Dick (la loterie universelle!), Huxley ou la « globalia » de la « fin de l’histoire ».
C’est donc en toute logique que je me suis intéressé aux expériences pratiques de la construction d’un « nous » agissant, c’est-à-dire à la manière dont le vivre ensemble s’organise, en situation, à petite échelle.
Et j’avoue que je m’y perds un peu, encore plus lorsqu’il s’agit de penser la démocratie à l’échelle macro, car je butte sur cette question : comment s’assurer que la sagesse et la justice l’emporte ?
Et c’est le vieux débat platonicien qui resurgit ! La dimension tragique de la démocratie est qu’il n’y a pas vraiment de réponse à cette question, contrairement à ce que dit pratiquement toute la pensée européenne derrière Platon (le philosophe-roi) , contrairement à ce que dit Marx (la dictature du Parti guidant le prolétariat) et contrairement aux libéraux (la compétition des intérêts et la sanction par le « marché »), contrairement aux théocrates (les prêtres), aux socio-démocrates ou démocrates chrétiens (les experts, les gens éclairés, etc.), aux scientistes (la science) ou aux indigènistes (les traditions, les ancêtres).
S’il ne peut y avoir d’autorité supérieure extérieure à celle du corps citoyen lui-même, c’est que la réponse à ma question de la production d’une « harmonie créatrice » se trouve à la croisée des chemins : peut-être doit-on prévoir des institutions qui limitent la dimension tragique de la démocratie directe intégrale, cette fameuse « dictature de la majorité » qui peut être oubli de la sagesse du philosophe, mépris de la science, imposition d’intérêts majoritaires ou mieux organisés, mépris de la tradition (emballement trop chaotique pour obtenir une table rase) ou au contraire repli sur la tradition (intégrisme ou simplement incapacité à s’adapter et à penser autrement), etc.
La sagesse est à la fois autolimitation (contraire de la folie) et absence de limite fixe (contraire de l’obscurantisme). Un peuple philosophe (amoureux de la sagesse) est donc un peuple qui se fixe ses propres limites tout en sachant reconnaître que ces limites sont d’ores et déjà à dépasser.
En tant que partisan de l’autonomie, j’entends agir selon une éthique. Et si je reconnais qu’un ordre doit exister, j’aimerais qu’il existe sous le principe suivant : nul ne peut être soumis à une loi à la rédaction de laquelle il n’a pu participer ou qu’il ne peut contester.
Je fais miennes ces institutions salutaires que sont les différents types de référendum et autres assemblées populaires qui permettent de rendre effectif cet impératif démocratique.
Mais je tiens à ce que la Loi ne soit pas uniquement perfectible et contestable par ces seuls moyens. Je souhaite aussi pouvoir librement la contester par les actes.
C’est-à-dire que, si mon éthique me conduisait à transgresser une loi (désobéissance civile), je tiens à ce qu’on me juge équitablement : mon acte est-il révélateur d’une imperfection de la loi ?
Et si mon comportement transgresse les lois, cette fois-ci par défaut de respect des autres, j’aimerais également qu’on m’aide par la sanction à me conformer à la loi, parce que je la comprends, je la fais mienne ou parce que j’ai réglé un problème affectif ou psychologique, etc.
Tel serait à mon sens le changement de paradigme indispensable à l’institution d’un pouvoir coercitif et à même de juger, d’appliquer les sanctions nécessaires, etc. un ordre qui progresse par la transgression, un ordre qui progresse par la compréhension des causes de son désordre interne et qui corrige et se corrige intelligemment.
Cela implique, là encore, une véritable séparation des pouvoirs : en cas de violation de la loi, la « police » constate, ce citoyen viole la loi. Le « juge » dit : c’est vrai mais la loi était mauvaise, il faudrait la réviser, ou il dit : c’est vrai et il faut le sanctionner, ou les deux. La « commission des sanctions » dit : ce citoyen a besoin de telle ou telle sanction pour que dorénavant il respecte la loi. La « commission d’application des sanctions » dit : la sanction a été efficace, il est réhabilité, ou elle a été inefficace, il faut l’adapter.
J’évoque ce point car je considère que l’harmonie progresse aussi par petites touches, la production de règles est aussi un tâtonnement, expérimentations, jurisprudences, réexamens des règles au regard des constats (évaluation), et les moyens de faire se conformer les citoyens aux règles, s’ils ne peuvent se satisfaire d’une simple autorégulation par le jeu social, sont d’autant plus efficaces qu’ils sont acceptables, doux et interdisent à l’ordre de se figer.
La vie elle-même progresse par dérivation d’avec l’ordre existant, une « évolution » est une dégénérescence génétique réussie…
Il est génial ton commentaire sitouaillain car il est ouvert, merveilleusement ouvert sur les possibles toujours possibles, et pour cela même aussi, possiblement impossibles, ça va avec.
Alors ce tout qui est plus que le tout l’est plus car le 1+1 ne fait pas deux quand souffle l’esprit de la relation.
Quand l’esprit de la relation est là, ça fait trois alors, l’esprit comptant pour un, et du coup ça respire mieux grâce au vent bienfaisant du petit génie elfique, sourire !
Et ça pourrait être ça la démocratie, ça devrait être ça si nous le voulions assez, tous autant que nous sommes. Si nous épousions nos contraires au service non pas d’un des termes de la relation x ou y qui voudrait avoir raison, mais au profit de la relation elle-même pour lui offrir un supplément d’âme, au profit de la Vie en somme.
Ce ne serait ni l’un ni l’autre qui aurions à en tirer gloriole, ce serait d’avoir laissé ouvert entre les deux qui aurait permis cette respiration plus respirante et porteuse de vie, donc de supplément d’âme, d’énergie, qu’il faudrait savourer et remercier et appeler de nos voeux encore et encore car un vivant se doit d’appeler le vivant et non d’inviter les morts à table.
Et donc remercier, que dis-je, glorifier, les deux termes du dia-logue d’avoir laissé passer le logos passer entre eux deux comme deux passeurs qui laisseraient passer le flux du fleuve sans contrarier ses mouvements juste des passeurs, mais être des passeurs justes, c’est un art !
Ceci dit je n’ai pas encore écouté ce dialogue mais c’est ce à quoi m’a fait penser la lecture de ton message citoyen x
Ton message est riche, essentiel, car il touche à la source de la source du vivant je trouve, et ce qui me vient en lisant ta phrase « il ne peut y avoir d’autorité supérieure extérieure à celle du corps citoyen lui-même » c’est de te dire que, eh bien si, moi, je crois fort qu’il y a une autorité supérieure à celle du corps citoyen lui-même, et c’est la Vie elle-même qui est supérieure à celle du corps citoyen, car si elle, la Vie, n’imprimait pas sa dynamique vitale dans ce corps citoyen, ce corps n’existerait tout simplement pas, comme aujourd’hui nous pouvons le constater amèrement, c’est le cas, où ça ne circule plus beaucoup la relation citoyenne, où ça coince à tous les carrefours d’échange, à tous les croisements de supposé-dialogue qui ne laisse rien passer que la voix du plus fort, où les espaces se raréfient et du coup où ça imprime de la mort dans les relations citoyennes où le mot-même semble être une gabegie, une ineptie, un mot vide, juste une enveloppe « pour faire semblant » car on aime beaucoup faire semblant, c’est le règne du semblant, mais le « pour de vrai », on ne sait pas où ça se niche ce bidule-là, car ça se niche dans le silence de la misère qui se tait !
La vie est le maître et nous, nous sommes ses serviteurs et c’est lorsque nous inversons les termes comme aujourd’hui au travers de tous les liens que nous tissons , que nous introduisons la mort en elle, et un vivant qui porte un mort en lui, ça fait mal et même que c’est mortel !
En voulant abusivement l’asservir pour taire nos peurs, pour asseoir nos prétentions,la Vie nous la brisons, la rudoyons, la répudions et nous nous tuons par là même, car nous sommes ses enfants à la Vie, c’est elle qui nous a engendré et non le contraire.
Nous, dans le meilleur des cas, cas rarissime il faut bien le dire, nous pouvons juste être créateurs d’actes mais à une condition, c’est que nous consentions librement, sans contrainte extérieure, à intégrer cet ordre naturel du vivant, sinon, on croit qu’on crée mais c’est de la redite, on fait le perroquet, mais pour ce qui est du début du début on n’en sait rien, c’est un principe, un Prince qui nous dépasse et dont on ne pourra jamais parler car nous, nous sommes limités et elle est illimitée la vie et le moins ne peut parler du plus, sinon, qu’en se trompant ou en disant ce n’est pas ci, ce n’est pas ça, mais d’affirmation, ça, c’est pas pour nous !
Bref, quand on divorce de la source du vivant qui nous origine, et la vie qu’est-elle sinon nature et structure du lien, et bien quand on divorce comme aujourd’hui de relation mais de la vraie pas de la fausse, ça produit des choses, ça produit ce qu’on vit, c’est à dire de la non-vie qu’on pourrait qualifier de sous-vie de survie peut-être mais vraiment pas au-delà de cette étiquette !
Tu dis encore« s’il ne peut y avoir d’autorité supérieure extérieure à celle du corps citoyen lui-même, c’est que la réponse à ma question de la production d’une « harmonie créatrice » se trouve à la croisée des chemins » tout à fait, 100% ok avec toi, c’est la définition même de la vie que tu donnes là !
La croisée des chemins, c’est l’espace de rencontre où tous les possibles sont possiblement possibles , mais pour se rencontrer il faut laisser ouvert dans sa tête, essayer de ne pas fermer le rideau de fer car on a entendu un mot qui nous renvoie illico à un réflexe pavlovien de fermeture, et ça, c’est rudement dur, ça nécessite d’avoir conscience de nos petitesses c’est à dire de nos réflexes à fermer quand on entend certains mots ou ceci ou cela. Mais une fois, qu’on est conscient ça, on fait davantage attention, et donc on ferme moins et du coup, on voit qu’on est pas mort quand on ouvre et même qu’on est plus pétillant et du coup on ouvre on ouvre davantage car à la peur succède peu à peu l’audace, le risque et la dynamique se met en route !
Merci à vous, pour ces riches commentaires.
Cet entretien est l’occasion d’échanges étonnants ; j’attire votre attention sur ceux-ci :
• un fil passionnant sur Agoravox :
http://www.agoravox.tv/actualites/politique/article/debat-entre-etienne-chouard-et-32309
• un fil également très intéressant sur le site Enquêtes et débats :
http://www.enquete-debat.fr/archives/debat-entre-etienne-chouard-et-yvan-blot-sur-la-democratie-reelle
• et encore un sur ma page Facebook :
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Il y en a peut-être d’autres, mais je n’arrive pas à suivre…
Là, je suis complètement débordé, je ne peux pas répondre à tout le monde, mais il y a des gens qui ont très bien compris ce que j’explique et qui me remplacent souvent efficacement.
Je vous remercie tous pour votre pétillance 🙂
Nous participons à la croissance d’un vrai beau cerveau collectif.
Étienne.
Merci Catherine,
Tu m’accorderas tout de même le droit de me forger moi-même mes réflexes de fermeture, disons immunitaires…
Je ne dis pas que ce que tu dis n’a pas de valeur ou n’a pas de profondeur, en soi, ou plutôt dans un entre soi égalitaire… Tous nus, tombés du ciel sans possessions devant une terre vierge, je t’écouterais avec encore plus d’attention.
J’aurais encore plus d’attention quand, après avoir entendu que la Vie nous est supérieure, j’entendrais certains dire « c’est la Vie », comme d’autres, ayant entendu certains de tes prédécesseurs, disent « Dieu l’a voulu ».
Je ne suis pas choqué par ton propos mais j’examine ton écriture en tant que potentielle affirmation, diffusion ou rediffusion de concepts libérateurs, subversifs, viraux,
et peut-être que j’ai l’esprit fermé et du coup, j’aimerais que tu me dises pourquoi je ne décèle aucune différence entre ce que tu dis et tout ce qui fonde l’ontologie du libéralisme primitif, je n’y vois aucun antidote à la force de captation des instincts et des désirs qu’est le capitalisme et la société de consommation, et surtout, je n’y vois aucune piste d’action qui soit autre chose qu’un appel à un léger sursaut moral chez ceux qui savent exploiter la vie des autres à leur profit.
Maintenant, pour compléter ce que tu dis ou du moins le rendre moins lénifiant,
je dirais que nous vivons dans une société héritée, inégalitaire et en mouvement, une forme particulière de la vie humaine dans un « moment » social et historique donné.
Si on veut changer la direction prise, c’est un peu s’aveugler (pour ne pas dire que tu confonds essence et substance, être et étant) que de parler de Vie en général à rechercher, à laisser faire, tout ce discours n’a pas de sens sauf dans une optique de bien-être individuel ou en secte. Or, à l’évidence tu n’es pas bouddha et tu n’interviens pas sur ce site pour faire la coach de développement personnel :), c’est donc que tu veux dire autre chose,
donc, je fais l’hypothèse que cet autre chose à dire aurait plus de force en prenant en compte que la vie humaine est certes « physique », innée, mais aussi et sans doute beaucoup plus « symbolique », acquise, c’est à dire qu’il n’y a pas de vie humaine sans définition humaine du « comment il faut vivre », un « comment matériel » mais aussi un « comment perception ». Et c’est en ce sens qu’il ne peut y avoir d’autorité extérieure au corps des citoyens, en tant qu’ils sont conscients qu’ils habitent un monde symbolique et matériel qu’ils construisent (le Cosmos).
S’ils n’en sont pas conscient, on aura beau tirer au sort les décideurs, ils ne feront que reproduire ce que d’autres ont déjà décidé pour eux, invoquant, dieu, mérites, fatalités, morales ou traditions pour justifier leur ascendant « naturel », toute trace symbolique, idéologique, institutionnelle. Par exemple, je dirais que l’individualisme est au jeune du ghetto ce que le brahmanisme est à l’intouchable qui croit encore à la réincarnation. Le respect de l’ouvrier envers le manager est une sorte de syndrome de Stockholm, la plupart du temps ses grèves ne mettent pas fin à la prise d’otage car elles consistent à demander aux ravisseurs s’il peut aller pisser…
Au-delà de ce qu’on ne saura jamais et en deçà de ce qu’il reste à savoir, pour comprendre l’humanité comme forme de vie, je crois que tout est déjà dans le Zoon politikon d’Aristote, mais on comprend mieux, on affine, quand on regarde l’homme sous l’angle des différentes sciences humaines (elles-mêmes en mouvement mais tout de même point de départ d’une révolution copernicienne de la compréhension de l’homme),
il n’est pas la créature de forces occultes, ou d’une compétition darwinienne, il est le décideur de la manière dont il pense, dont il chasse, dont il interagit avec son milieu et il crée même son propre monde intelligible, il vit et déploie son énergie vitale dans un monde qu’il se fabrique à partir de schèmes et de symboles, et souvent, il refoule bien vite sa création-recréation permanente (Dieu, les Ancêtres, la Vie en sont les auteurs).
On ne peut nier que l’homme est une forme de vie parmi d’autres et qu’il habite une planète finie avec un écosystème dont il dépend, mais même le dégout du fantasme de toute-puissance de l’homme occidental ne doit pas faire oublier que l’homme est le créateur de sa relation à l’écosystème, maître d’un devenir intersubjectif, par ses créations, ses outils, il est même capable de faire reculer les limites du monde : un épi de blé sélectionné pendant des millénaires donne plus qu’un épi sauvage.
On sent donc que, héritée, la société dans laquelle nous vivons est un agencement complexe en grande partie indépendante de la vie de chacun de ses individus, via des schèmes de pensées et de comportements, des choses instituées, des idées, qui leur survivent et dans lesquels ils piochent, au milieu desquelles ils vivent.
la société inégalitaire dans laquelle nous vivons est faite de relations de domination, d’exploitation et d’indifférence à la valeur intrinsèque de chaque homme, et les agencement machiniques, comme dit Illich, finissent même par asservir l’homme le plus riche, mais ces relations ne sont pas le fruit d’un manque de volonté de changement ou d’un abandon du désir de vivre, bien au contraire, cette société survit parce qu’elle permet au pouvoir agissant de se nourrir de la volonté de vivre, matérielle et symbolique,
et elle ne peut pas se transformer par un discours performatif (du genre si on s’y mettait tous, etc.) car ces relations de domination sont précisément couvertes, entretenues, justifiées par des schèmes transmis et retransmis en permanence.
Et, tu seras d’accord avec moi, ces schèmes, traces solidifiés d’une certaine culture et d’un certain langage, d’une certaine façon d’être humain, leurs agencement en structures, il faut les déconstruire, les dépasser, en créer de nouveaux, retenir ceux qui émancipent, les diffuser et les rediffuser…en actes autant qu’en paroles.
Tu m’as bien rire citoyen x en ce matin brumeux où mon esprit semble tout aussi embrumé que celui du dehors, de plus je dois aller bosser aussi ça va être dur de te répondre.
Alors juste deux, trois petits trucs pour commencer.
Le problème, c’est que ce type de discours, le mien peut desservir plus que servir si la personne qui le reçoit n’est pas en phase avec le propos, n’y met pas la même chose que moi, c’est que les mots c’est à la fois un salut mais plus souvent hélas un cimetière et là je crois bien que je me suis enterrée toute seule, par paresse, parce que je n’avais pas envie de m’étendre trop, parce que je pensais que ceux qui lisaient ou survolaient savaient grosso modo ce à quoi je faisais référence depuis le temps que je rabâche ça !
En fait c’est tout sauf lénifiant sous des apparences qui te semblent lénifiantes.
Pourquoi ?
Parce que c’est une guerre et une guerre farouche contre tout ce qui empêche la circulation libre et naturelle de la vie, et chacun sait ou devrait savoir qu’avant d’être un homme le pré-homme que nous sommes tous d’abord doit faire le travail qui le mène de son animalité relative à sa possible humanité qui est un pont justement entre l’aspect matériel et l’aspect plus intellectualisé de ce qu’il est mais sans jamais se couper, se séparer de ses deux berges.
Mais le paradoxe de l’homme c’est que sa construction première celle qui fabrique sa conscience, elle est comme la lame d’une épée. Elle peut tuer ou sauver selon Ce que l’on en fait.
Et là, ça renvoie au faire à faire, à notre responsabilité, c’est à dire à avoir à répondre de chacun de nos actes sur le chemin de notre existence chaotique d’abord pour aller vers un ordre mais pas n’importe quel ordre, celui du je qui n’annule pas le nous communautaire et inversement et ça c’est tout sauf tranquille, doux et tout le toutim.
Car c’est faire un travail de discernement, séparer le bon grain de l’ivraie comme diraient certains, mais ça, ça ne fait pas comme ça. Cela se fait sur les décombres de nos chutes, de nos errements, de nos expériences que nous avons alors possiblement intégrées, et de l’énergie intégrée comme nous disent les physiciens, c’est de l’in-formation, qq chose qui nous forme de l’intérieur, càd qui n’est plus collée comme sont d’abord collés tous les apprentissages d’une socio-culture qui n’oeuvre que pour ses intérêts, ça veut dire dé-coller du fond de la casserole à laquelle nous collions jusqu’alorsdu fait de notre aveuglement car avant de savoir on se sait pas ma foi, y’a pas de mal à ça, mais ensuite quand on sait ce n’est pas la même chose que lorsqu’on ne sait pas et la sévérité doit être de mise sinon il y a des écarts et ces écarts ne sont pas alors des erreurs mais des fautes car nous avions le devoir d’intégrer nos erreurs pour aller VERS la justesse, l’étoile que nos désirs appellent, bref tout sauf un chemin tranquille mais au contraire un chemin de grande rigueur et d’attention soutenue à tout mais dans une relative souplesse, c’est le chameau qui veut passer dans le chas de l’aiguille quoi. .
Mince, plus le temps, j’suis à la bourre, bonne journée, plus dès que je peux !
Bonjour monsieur Chouard,
je vous entend souvent parler de gouvernement représentatif pour désigner les régimes qui se disent démocratiques, mais le véritable nom de ce type de régime (et que je ne vous entend jamais prononcer) ne serait-il pas tout simplement République ? Car les définitions que j’ai lu de ce mot renvoient toutes à des représentants élus. Voilà voilà…
Les conséquences sur votre discours seraient, logiquement, que vous vous déclariez anti-républicain, et démocrate.
Cela pourrait en déstabiliser plus d’un, étant donné que les deux mots sont amalgamés, y compris dans l’introduction de notre constitution, ou il est dit que la France est une « république démocratique »… Pourquoi pas une Théocratie libérale tant qu’on y est…
« Chaque instrument ou ustensile, chaque dispositif mécanique… est un triomphe de l’esprit sur les forces physiques de la nature en concurrence incessante et sans but. Toutes les institutions humaines — religion, gouvernement, loi, mariage, coutume — en même temps que d’innombrables autres modes de régulation de la vie sociale, industrielle et commerciale sont, en général, autant de façons de contrecarrer et de faire échec et mat au principe de la concurrence tel qu’il se manifeste dans la société. » Lester Frank Ward
Ward est le père d’une sociologie centrée sur la vie humaine, qui s’oppose par une méthode scientifique et empirique aux thèses du darwinisme social, thèses qui aujourd’hui encore dominent la perception des élites américaines du jeu social et forment le versant social de la doctrine utilitariste du néolibéralisme.
Cette doctrine est basée sur des présupposés et des croyances erronées.
Depuis Darwin, les zoologues ont d’ailleurs affiné les recherches, démontrant que les animaux « sociaux » sont d’autant plus armés pour la survie que l’entraide, la capacité d’autorégulation du groupe et sa communication (notamment des savoir-faire) sont élaborés, dépassant ainsi la théorie darwinienne primitive qui laissait penser que la concurrence entre les individus était le principe cardinal de l’évolution.
Les loups sont un cas emblématique de solidarité et de coopération entre tous les individus de la meute. On démontre ainsi que la justification du pouvoir absolu de l’État, à savoir la conception hobbesienne de l’état de nature comme guerre de tous contre tous où l’homme est un loup pour l’homme, est tout simplement sans fondement. Aussi le Leviathan est un mal nécessaire si et seulement si les individus sous sa coupe sont incapables de se reconnaitre comme appartenant à la même meute !
Ceci amène à la conclusion suivante : Nous devons contester l’État comme instrument de coercition, perçu et vécu comme extérieur à la société, et qui a sa raison propre, et nous mettre en capacité de fonder un mode de régulation sociale mutuelle, consciente et réflexive, où l’État est la définition de ce qui nous relie et l’instance suprême de mise en scène de la résolution des conflits et des défis que le groupe affronte. Refusons l’État-berger et construisons l’État-alliance.
Cette conception de l’alliance, de l’État comme « Bund » scellant la communauté d’hommes libres et non autorité supérieure s’imposant à tous, même malgré eux, cette conception n’est finalement que le prolongement de notre histoire humaine, si l’on veut bien considérer l’empire romain et la chrétienté catholique comme une parenthèse dans l’histoire des hommes (dont nous sortirions certes enrichis!). Les peuples d’Italie, Athènes, Syracuse, etc., ne sont pas les seuls à avoir connus cette formes de démocratie, qui survit en suisse et dans certains états américains, celtes et germains l’ont aussi pratiquée :
« Les sociétés germaniques, jusqu’à la période des Grandes Invasions, ont une structure sociale assez souple. Les rois, les chefs de guerre, les prêtres n’ont qu’un pouvoir de circonstance fondé sur le consensus. L’instance supérieure est l’assemblée des hommes libres, autour d’un sanctuaire commun, où les décisions se prennent à l’unanimité par acclamations. Le groupe familial est très solidaire et collectivement responsable, notamment pour l’exercice de la vengeance et le paiement du wergeld (prix du sang). »
« Conquérants de l’Empire romain au Ve siècle, les Germains sont « conquis par leur conquête ». Ils adoptent la religion des vaincus, le christianisme, leur langue écrite, le latin. Leurs structures politiques et leur droit sont profondément modifiées au contact du modèle romain. L’expansion de l’Empire carolingien vers la Saxe, l’action des missionnaires chrétiens dans les royaumes anglo-saxons puis en Scandinavie, feront tomber dans l’oubli une grande partie de la civilisation germanique primitive, sans l’effacer tout à fait. »
source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Peuples_germaniques#Gouvernement
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« Thing, Althing, Leid.
Assemblées saisonnières de tous les hommes libres dans tous les districts où sont prises les décisions d’intérêt général, les procès, les projets… Un caractère sacré s’attachait à cette institution, présidées par le Lögsöguma (l’homme qui dit la loi) élu pour trois ans. Le dieu du Thing fut sans doute Tyr (dieu). Au printemps se tenait le « Varthing » (où se préparent les thèmes à venir). Au solstice d’été le « Althing » où se tenaient les votes, jugements, projets, échanges d’informations sur les voyages, récits de poèmes de sagas, cessions d’héritages, ventes de biens, transactions commerciales, mariages… durant deux semaines. En automne avait lieu le « Leid » qui entérinait les décisions prises en juin. Pour prendre part à ces assemblées il fallait s’acquitter du Thingfarakaup (adhésion, impôt, affecté à l’organisation du Thing). Les Thing avaient lieu dans des endroits naturels, vastes et représentant un avantage acoustique comme un mur naturel de basalte (site de Lögberg ou Mont de la loi)…Lors des procès, le verdict maximum était la compensation financière (bot), l’exil dans les bois (le skoggandr), le bannissement (fjorbaugsgardr) durée limitée, trois ans en général, mais pas de peine de mort sauf dans des domaines très précis de nature à invalider la qualité humaine du coupable (homosexualité, viol, vol) ils étaient alors qualifiés de obotamal (un cas qui ne saurait appeler compensation).
Devoir social de solidarité entre clans et envers les pauvres fataekr, ou félitill (qui a peu de biens), vieillards, malades…antérieur au christianisme. Quand la famille faisait défaut, le district (fjordungar), la province ou le land pouvait s’en charger, ou le hreppr. C’était l’équivalent de notre sécurité sociale, assurance maladie, assurances tous risques… (Pauvreté, perte de bétail, incendies…). Le hreppr était composé d’une vingtaine de Boendr et davantage, payant le Thingfararkaup, percevant l’impôt dont un quart revenait aux pauvres qui bénéficiaient également des dons en nourriture (matgjafir). »
source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Viking#Thing.2C_Althing.2C_Leid.
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« C’est probablement leur incapacité à s’unir et à fonder des entités politiques plus vastes que la cité ou la confédération de peuples qui les a perdus : il semble qu’à l’instar des Grecs archaïques, les Celtes aient eu horreur du centralisme et n’aient connu que des alliances temporaires, fondées sur le clientélisme. La civilisation celtique disparaît par acculturation après les conquêtes romaines puis leur soumission à l’Empire romain au Ier siècle avant notre ère, hormis dans les îles britanniques et particulièrement au Pays de Galles, en Écosse et en Irlande. »
source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Celtes
Vos références m’évoquent, Sitouaillain, ce que j’ai pu lire du premier christianisme breton, en Bretagne du moins (issu principalement de celui de Grande Bretagne, les Bretons historiques). La prégnance celtique est évidente.
C’est désormais trop flou dans mon esprit et je n’ai lu que des ouvrages très généraux, mais j’ai retenu cette période comme intéressante, singulière, d’une foi et d’une pratique religieuse originales qui se sont répercutées ou ont survécu dans l’ensemble de la société locale, après que l’Eglise ait pris les choses en main.
De mémoire, pendant la période médiévale, la féodalité a pu s’y montrer moins dure, le morcellement du territoire plus important, la propriété connaissait des modes de répartition particuliers.
Concernant
l'architecture des unités collectivesvéritablement démocratiques qui me semble dans l’air de réflexion du blog, Lewis Mumford pourrait être d’un recours inespéré. Sans prétention mais avec conviction et d’une grande culture, l’auteur, le « sage », américain portait un regard d’une lucidité folle sur les dérives écologiques de la modernité qui le rend, pour moi, d’autant plus cardinal. Et comme j’ai pu l’écrire ailleurs, il décrit l’Athènes antique avec grande affection, les pages nécessaires, tandis que Rome est assez vite observée, dans sa Cité à travers les âges… Le passage du village à la cité des premiers âges est parfois réitératif, mais passionnant, qui questionne les fondements du pouvoir, des agglomérations humaines.bonsoir Florence,
Levi Strauss a développé le concept de « Survivance », c’est-à-dire la survie à travers le temps de schèmes culturels, cognitifs ou matériels, et d’institutions, c’est assez intéressant pour expliquer pourquoi certains traits culturels peuvent trouver une manifestation contemporaine, malgré la « couverture » du christianisme et de la société industrielle,
la violence de l’Église de Rome s’est exercée avec une moindre acuité en Bretagne du fait de son relatif isolement politique avant le mariage d’Anne de Bretagne avec le roi de France et le rattachement de la Province au royaume.
Le particularisme régional est également dû à la deuxième évangélisation des territoires de l’ouest après les invasions vikings par des moines irlandais. En effet, la volonté de Rome de « normaliser » la traduction irlandaise de la foi chrétienne s’est interrompue pendant deux siècles pendant cette période trouble des raids puis des invasions Vikings jusque vers l’an mil. De sorte que l’Irlande a développé une forme originale du christianisme, en particulier monacale, prenant appui sur le savoir et la position sociale des druides. Et ce sont les moines irlandais qui évangélisèrent les bretons et plusieurs territoires de l’ouest, retombés dans le paganisme pendant ces périodes troubles. Ce fut, en quelque sorte un prêté pour un rendu car les premiers évangélisateurs de l’Irlande étaient Bretons (Saint Patrick notamment).
Je ne connaissais pas Lewis Mumford, j’ai lu une critique de son livre sur Persee, cela semble très intéressant.
Tout aussi intéressant, mais on n’est bien loin des Chouans 🙂 , le Prince Kropotkine (http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Kropotkine en particulier son essai sur l’entraide comme facteur d’évolution (http://www.larevolutionencharentaises.com/spip.php?article325) et ses travaux de géographes,
complétés par ceux d’http://fr.wikipedia.org/wiki/Élisée_Reclus (L’homme et la terre) et plus récemment ceux de Murray http://fr.wikipedia.org/wiki/Murray_Bookchin et sa conception de l’écologie sociale qui le conduit à prôner un Municipalisme Libertaire.
On trouvera la plupart des textes de ces messieurs dans leur intégralité dans cette http://kropot.free.fr/indexaut.htm
Sur le principe de l’entraide, voici ce que dit un critique de l’ouvrage de Kropotkine :
« De nos jours, il est difficile d’être informé de l’existence de ces théories qui placent l’aide mutuelle et l’entraide au cœur même des valeurs humaines et au centre de la nature humaine : on ne les enseigne pas à quelque niveau scolaire que ce soit, ni on n’en vante les mérites dans aucun média, et enfin on associe l’entraide a une certaine image péjorative du communisme (crée par les médias). Le message de la pensée dominante et des médias de masse est que l’humanité a naturellement trouvé sa forme achevée dans le capitalisme et sa forme institutionnelle dans le parlementarisme (ou la république : à ne pas confondre avec la démocratie). Toutefois, après analyse des discours, on constate qu’ils font appel à l’instinct d’entraide pour les détourner vers d’autres fins que le bien commun (marketing politique). Exemple de finalité ou l’idéologie trompée de l’Entraide amène : le nationalisme, totalitarisme, assujettissement de la population, perte de liberté, nihilisme, militarisme, le patriotisme. »
Et j’oubliais de donner un avant-goût :
« Dans la vie des sociétés, il est des époques où la Révolution devient une impérieuse nécessité, où elle s’impose d’une manière absolue. Des idées nouvelles germent de partout, elles cherchent à se faire jour, à trouver une application dans la vie, mais elles se heurtent continuellement à la force d’inertie de ceux qui ont intérêt à maintenir l’ancien régime, elles étouffent dans l’atmosphère suffocante des anciens préjugés et des traditions. Les idées reçues sur la constitution des États, sur les lois d’équilibre social, sur les relations politiques et économiques des citoyens entre eux, ne tiennent plus devant la critique sévère qui les sape chaque jour, à chaque occasion, dans le salon comme dans le cabaret, dans les ouvrages du philosophe comme dans la conversation quotidienne. Les institutions politiques, économiques et sociales tombent en ruine ; édifice devenu inhabitable, il gêne, il empêche le développement des germes qui se produisent dans ses murs lézardés et naissent autour de lui. »
Pierre Kropotkine, L’Esprit de Révolte, 1914 http://kropot.free.fr/Kropotkine-Revolte.htm
Très bon ouvrage pour des piste de réponse à la question d’Étienne : comment créer un contexte favorable à la mise en place d’une vraie démocratie.
Merci Sitouaillain 🙂
Elle va trouver une jolie niche dans ma très précieuse page « En Vrac », celle-là 🙂
Conférences de citoyens & Démocratie directe,
un résumé passionnant de Jacques Testard :
La partie « Démocratie » du site de Jacques Testard http://jacques.testart.free.fr/index.php?category/democratie est très intéressante ; c’est un adepte du tirage au sort ; c’est donc quelqu’un de sérieux 😉
Étienne.
BRETAGNE ETC
Sur la Bretagne et son particularisme (paganisme et christianisme entremêlés ancestraux aux ramifications prégnantes et insoupçonnées de réactualisation), à la suite de Sitouaillain…
Je relève un fond religieux (religieux dans une acception si large) encore plus épais que ce que j’imaginais grâce à votre plongée historique, Sitouaillain. Et ceci me ramène à un petit texte de Kenneth White, d’une érudition piquante, où le primitif et l’infini reprennent un galon bondissant. Surgissent des pensées rétives, heureuses au plus profond des âges, quelle que soit l’idéalisation que l’auteur y met. Tiens, tiens :
« Au bout de son cheminement, il arrive dans un espace très particulier marqué par cette haecceitas que j’ai déjà évoquée et qui est l’individuation absolue (hic homo existens : cet homme qui est là, cette pierre qui est là), l’actualité ultime de la forme des choses. » (K. White, « Une Celtie de l’esprit »)
http://blog.culture-bretagne.org/
J’entre un peu dans la pensée de Jacques Rancière en ce moment : je crois y retrouver de son EGALITE, et quant à mes préoccupations écologistes, l’extension, la perspective cherchée… Actualité ultime, actualité première !
J’ai aussi envie de reprendre que l’isolement reste notion si relative, toujours dans votre sillage, Sitouaillain (ah j’ai fini par vous reconnaître « citoyen » – c’est ainsi que mon arrière-grand-père – Breton – voulait qu’on l’appelât, et qu’on l’appelait, figurez-vous !), et que la géographie en presqu’Ile de la Bretagne a conduit à des échanges tous azimuts, bien au-delà du voisin britannique, là encore depuis des temps très reculés, et a permis une prospérité que l’Etat ou le Royaume français a sabordé en maintes occasions, au mépris des graves crises humaines engendrées. Implicitement, c’est encore la valorisation et sans doute la force (taille, clarté, moyens matériels, désir d’en découdre) d’une organisation politique d’un côté, qui pose l’inexistence d’organisations tout aussi politiques de l’autre, mais dépourvues de cet arsenal ouvertement conquérant sinon attractif.
Le lien à la pensée de Lewis MUMFORD et à une possible vivacité du débat du Plan C sur l’architecture politique favorable (momentanément ou définitivement) à la vraie démocratie sera ma dernière note : l’auteur américain regarde avec intérêt du côté du régionalisme, des coopérations transversales entre unités politiques concernées et mesurées (la question du nombre, de la masse est une problématique chère à Mumford). L’histoire de la Bretagne peut être exemplaire de ces relations fructueuses hors carcan supérieur, réglées sur des conditions naturelles (territoire), des atouts propres (humanités versus Rancière), tandis qu’à l’échelle européenne, l’idée de rapprochements entre certaines nations aux intérêts mutuels se fait jour chez certains analystes, aujourd’hui. Que cela vienne d’une impulsion des peuples eux-mêmes (revenus au fait de leurs priorités, et non aveuglés par la propagande des intérêts qui ne sont plus véritablement les leurs depuis longtemps) serait concluant… (Ceci dit après visionnage de SPYWAR !)
Adresse mieux renseignée…
http://blog.culture-bretagne.org/?p=378
Bonjour M. Chouard,
J« adhère à vos vues, mais je pense qu’il conviendrait de conserver une place dans cette assemblée constituante aux « élites écrémées » du tirage au sort, car dans les moins nommées comme dans les plus réputées peuvent se nicher de véritables bonnes idées.
Les densités locales de population excluraient de fait certains sages ou penseur locaux.
Je réponds quand même Sitouaillain à ton message du 31⁄10 qui faisait suite au mien, j’y réponds quoiqu’il me semblait y avoir répondu, n’empêche, juste un petit truc quand même pour éclairer.
Tu dis reprenant mes propos:« Il n’y a pas de vie humaine sans définition humaine du « comment il faut vivre », un « comment matériel » mais aussi un « comment perception ». Et c’est en ce sens qu’il ne peut y avoir d’autorité extérieure au corps des citoyens, en tant qu’ils sont conscients qu’ils habitent un monde symbolique et matériel qu’ils construisent (le Cosmos).
Il me semble que tu mets la charrue avant les boeufs en disant cela.
D’abord il faut sortir des ornières cognitives et émotionnelles dans lesquelles nous sommes pieds et poings liés.
Comprendre que vivre ce n’est pas exister même si vivre ça passe par l’exister Et pour cela, il faut d’abord sortir du cadre étroit dans lequel nous sommes pour en trouver un plus large qui vienne l’englober celui d’avant, c’est une loi de la nature des groupes, ce n’est pas moi qui l’invente, j’observe juste, c’est tout, je n’invente rien.
Vivre c’est l’étage du dessus de l’exister mais tant qu’on nous enferme sciemment dans l’exister point de possibilité de conscientiser autre chose que lui, car au même titre que si tout est bleu on ne saura dire que ce qu’on vit est bleu, il faudra sortir du cadre du tout bleu pour voir qu’il existe autre chose que lui, le bleu, et dès lors on saura définir le bleu car de sortir du cadre du tout bleu nous dira ce qu’il est, c’est à dire bleu justement.
Exactement Florence, c’est ce que les Suisses ont réussi…
Quant à l’ »isolement » des bretons, je ne pensais pas à un problème géographique, mais géopolitique et circonstancié, j’évoquais simplement le fait que la Bretagne n’est pas conquise par les Francs (Attention, à l’époque, c’est un tout petit territoire qui ne comprend pas les pays Nantais et Rennais), jamais conquise par Clovis et ses successeurs, elle reste autonome derrière une marche de l’Empire carolingien, avec de nombreux conflits entre le VIè et le IXè siècle, et lors de la phase de délitement de celui-ci (disons le Xè siècle), elle se retrouve très tôt séparée du destin religieux et politique des anciennes provinces gallo-romaines.
c’est le jacobinisme qui va définitivement forcer les bretons à devenir français,
Cela eut pu se faire autrement :
extrait de Louis MELENNEC « LE RATTACHEMENT DE LA BRETAGNE A LA FRANCE » mémoire soutenu en Sorbonne en 2001
(http://www.agencebretagnepresse.com/pdfs/13552_2.pdf)
« Mais dans la nouvelle organisation décidée par la Constituante, les anciens États
n’avaient plus leur place. Le 5 novembre 1789, les réunions d’États provinciaux avaient été interdites.
Un décret du 3 novembre 1789 ordonna aux Parlements de s’ajourner. La Chambre des vacations de
Rennes refusa, et fut inébranlable dans sa décision. Le 15 décembre 1789, l’ Assemblée Nationale
décida de faire comparaître devant elle le président et les membres de la Chambre. Le président de La
Houssaye et ses collègues comparurent le 8 janvier 1790. La Houssay exposa que la Constitution de la
Bretagne interdisait que les institutions fussent changées ou modifiées sans le consentement des États :
» Pour que le Parlement de Bretagne pût se croire autorisé à enregistrer, sans le consentement des
États, les lois qui sanctionnent les décrets de cette assemblée, il faudrait que la province eût renoncé à
ses franchises. Or, n’a-t-on pas vu nos pairs défendre à toutes les époques les droits inviolables du
pays ? Les deux ordres réunis à Saint-Brieuc n’enjoignaient-ils pas naguère à leurs députés de
s’opposer à toute atteinte que l’on pourrait porter aux prérogatives de la Bretagne ? Les deux tiers des
communes de la province se sont exprimés plus explicitement encore dans leurs cahiers. Or, ces
cahiers, nous ne craignons pas de le dire, fixent immuablement les limites de votre autorité, jusqu’à ce
que les États de Bretagne, légalement assemblés, aient renoncé expressément au droit de consentir
aux lois nouvelles ».
Le 9 janvier, l’abbé Maury prononça devant l’assemblée constituante un discours dont voici les
principaux extraits cxci :
» … Le fait que vous allez examiner dans ce moment est extrêmement simple. Onze magistrats qui
formaient la Chambre des vacations de Rennes ont refusé, après l’expiration de leurs pouvoirs
d’enregistrer les lettres-patentes rendues sur votre décret du 3 novembre pour proroger indéfiniment
leur commission et les vacances du Parlement. Ce refus vous est dénoncé comme un crime de lèsenation.
Je n’ai l’honneur d’être ni Breton, ni magistrat ; mais, revêtu du caractère de représentant de la
nation, je dirai la vérité avec tout le courage du patriotisme, j’invoquerai la justice. Je vais tâcher de
prouver que la Bretagne a des droits aussi anciens que la monarchie, et aussi sacrés que les contrats.
Les habitants de l’Armorique ou de la Bretagne
qui sous le nom de Celtes, luttèrent glorieusement
contre César et balancèrent la puissance des légions romaines, furent toujours soumis à des
souverains particuliers. Ces princes exercèrent toujours une souveraineté immédiate sur les Bretons.
Cette grande province qui forme aujourd’hui la douzième partie de la population du royaume continua
d’être indépendante de la nation française sous l’empire des ducs de Bretagne.
… La réunion de la Bretagne à la France avait été, pendant plusieurs siècles, le grand objet de la
politique de nos rois. Le dernier duc de Bretagne, François II, étant mort sans enfant mâle, Anne de
Bretagne, sa fille unique et son héritière, était déjà fiancée à l’empereur Maximilien ; mais le roi
Charles VIII parvint à faire rompre ce projet de mariage et l’épousa en 1491. Le successeur de
Charles VIII, Louis XII, qui épousa Anne de Bretagne lorsqu’il eut fait déclarer nul son mariage avec
Jeanne de Valois, n’eut de son union avec elle que deux filles, Madame Claude et Madame Renée de
France. Louis XII fit épouser sa fille Claude au duc d’Angoulême, son héritier présomptif. Ce dernier
prince, devenu si célèbre sous le nom de François Ier, eut deux enfants mâles de son mariage avec la
fille de Louis XII. L’aîné de ces princes, Henri II, était appelé par le droit de primogéniture au trône
de France, et le cadet, duc d’Angoulême, devait hériter du duché souverain de Bretagne, en vertu du
contrat de mariage d’Anne, son aïeule, avec Louis XII.
… La France, alarmée, pressa François Ier de consommer, par un contrat synallagmatique et
irrévocable, la réunion de cette province à la couronne. Pressé par les voeux de tout son peuple,
François Ier alla tenir lui-même les États de Bretagne à Vannes en 1532. Ces États de Bretagne, dont
on trouve aujourd’hui l’organisation si vicieuse, conclurent le Traité au nom de tout le peuple
breton : les nations transigèrent ensemble. La Bretagne fut unie à la couronne de France, et le
contrat qui renferme les conditions a été ratifié, depuis cette date, de deux ans en deux ans, par tous
les successeurs de François Ier, jusqu’en 1789 ».
L’abbé Maury ajoute : » L’intérêt commun est que la justice soit respectée. Tous les droits particuliers
reposent sous la sauvegarde de la foi publique. Les peuples ont des droits. Les prérogatives de la
Bretagne n’ont rien d’odieux pour la nation française, si elles émanent d’une convention libre et
inviolable.
Tous les cahiers du clergé et des communes de Bretagne demandent unanimement la conservation des
Droits, Franchises et Privilèges de la province. Les Bretons déclarent ne vouloir se soumettre à
aucune décision de l’Assemblée Nationale, à moins que ses décrets n’aient été librement adoptés par
les États particuliers de la Province. Ce n’est qu’à cette condition que la Bretagne nous a envoyé des
députés, en se réservant ses franchises que la Nation française n’a pas le droit, et par conséquent le
pouvoir de lui enlever.
Un principe fondamental qu’il ne faudra jamais perdre de vue dans cette cause, et qui n’est même pas
contesté, c’est que la province de Bretagne jouit, par sa Constitution, du droit de consentir dans ses
États la loi, l’impôt, et tous les changements relatifs à l’administration de la justice. Cette belle
prérogative est la condition littérale et dirimante de la réunion de ce duché à la couronne de France.
C’est l’exécution littérale de ce traité de Vannes de 1532 que réclament les Bretons. L’une des clauses
de ce contrat porte formellement que la Bretagne aura un parlement, une chancellerie, une chambre
des comptes, et qu’il ne sera fait aucun changement à l’administration de la justice de cette province
sans le consentement des États.
Tous les engagements des contrats sont réciproques. Les contrats doivent être révoqués de la même
manière qu’ils ont été sanctionnés. Il n’y a rien de plus sacré si un pareil titre n’est respecté. C’est
donc avec les États constitutionnels de la Bretagne que nous devons traiter la grande question des
droits qui appartiennent à cette province.
Il est donc démontré, et je ne crains pas de le publier en présence des représentants de la nation
française : la Bretagne est libre, nous n’avons aucun droit sur cette province, si nous ne voulons pas
remplir fidèlement les conditions du traité qui la réunit à la couronne. »
Dans une autre partie du pays, il est étonnant de savoir que la mascarade médiatico-patronale du fameux « trou » de la sécurité sociale ne trouve aucune prise, en Alsace-Moselle en effet, le régime de sécurité sociale est autonome et à l’équilibre, héritage du système de la fédération jurassienne. (il doit d’ailleurs avoir quelque chose à ce sujet sur ce blog…)
la question de l’autonomie des régions n’est donc pas simplement folklorique, c’est un enjeu démocratique de taille, qui peut faire rire les élites parisiennes et leurs valets idéologisés (hussards de la république centralisée), mais dont nous devrions souhaiter qu’elle les fasse trembler.
c’est aussi une question écologique, en termes d’aménagement du territoire, et plus profondément, dans une optique de réenracinement d’une solidarité concrète, organique, culturelle (et surtout pas ethnique!), soit un meilleur substrat pour une solidarité du genre humain qu’une pseudo appartenance à une « société » dont les membres sont placés en concurrence les uns avec les autres.
je ne crois pas qu’il soit réactionnaire de considérer la Commune comme lieu premier d’exercice de la citoyenneté et de la souveraineté populaire, de souhaiter que ces communes se fédèrent au sein de bassins de vie où les échanges quotidien ont lieu, les Pays, que ces Pays se fédèrent au sein de territoires d’échange appelés Régions, et que ces régions se fédèrent au sein d’un territoire appelé Nation.
Chaque étage peut être vu comme lieu du politique pour une prise de décision qui concerne tous les territoires représentés mais aussi comme le lieu de fixation de principes de solidarité, notamment pour contrer les effets des disparités et écarts de richesse initiaux.
Le risque est bien entendu de voir se développer des stratégies locales non-coopératives, cela implique une attention fine et subtile à la fixation de règles du jeu.
Mais en prenant le problème sous cet angle, on s’évite de retomber dans le travers jacobin qui confond harmonisation et uniformisation.
Et en poussant le raisonnement jusqu’au bout, on doit porter également l’attention à ce que la ville représente en termes de non séparation entre pouvoir politique et pouvoir économique. Le réseau des villes est un réseau de féodalités économiques, chaque ville-puissance procède par absorption de ressources et est elle-même menacée d’absorption. L’hypertrophie parisienne ne doit pas cacher l’hypertrophie Nantaise ou Lyonnaise. Il n’y a pas lieu d’être fasciné par l’existence de villes surpeuplées surconcentrant les richesses et surconsommant les productions, vidant de leur substance les territoires communaux par une mécanisme de vortex.
C’est pour cela que la division politique du territoire ne doit pas seulement être pensée comme dé-centralisée, mais plutôt a‑centralisée. C’est-à-dire ne pas se contenter d’abolir la vassalité Paris-Province, mais abolir toute relation de vassalité ville-campagne.
Ceci implique dans mon esprit de revenir sur la conception de la démocratie comme dictature de la majorité, car étant donnée que les communes sont inégalement peuplées, la surpopulation de la ville, rendrait de fait caduque toute possibilité de repenser l’aménagement, le peuplement et la répartition des richesses et des activités sur le territoire, par le seul mécanisme un citoyen=une voix.
il y a donc tout un champ de compétences qui concerne un pays ou une région qu’il serait pertinent d’exercer sur le mode « une entité fédérée=une voix »,
et je pense en particulier à l’exercice de la création monétaire : si le crédit est délivré selon des règles et des initiatives définies démocratiquement, si la régulation de la quantité de monnaie en circulation et donc de la répartition des volumes de crédits accordés est l’objet de décisions concertées, on peut s’attendre à ce qu’un vote entre entité communales souveraines aboutisse de fait à un rééquilibrage entre campagnes et villes, en termes d’investissements, de constructions d’infrastructures et de logements. Soit, une progressive et douce incitation à quitter les villes en même temps que l’enclenchement d’un processus d’équilibrage de l’occupation du territoire brisant le mécanisme de vortex que la ville incarne au sein du système économique et politique capitaliste.