Logique interne des mutations antisociales de « LA GAUCHE », analysée par Jean-Claude MICHÉA

8/10/2011 | 21 commentaires

His­toire et logique impla­cable des muta­tions anti­so­ciales de « la gauche »
au feu de la cri­tique péné­trante de JEAN-CLAUDE MICHÉA :

https://​dai​.ly/​x​l​i​6iq
les matins – Jean-Claude Michéa par fran­ce­cul­ture

Il parle là de son der­nier livre,

« Le com­plexe d’Or­phée :
La gauche, les gens ordi­naires et la reli­gion du pro­grès »
.

Michéa pointe le moment déci­sif de l’af­faire Drey­fus, comme celui d’un COMPROMIS HISTORIQUE (fina­le­ment catas­tro­phique pour les pauvres) entre « les rouges » et « les bleus » qui ont alors fait alliance (face à une psy­chose du risque de coup d’É­tat des « blancs ») et où le rouge du dra­peau tri­co­lore a com­men­cé une longue ago­nie pour n’être aujourd’­hui même plus rose du tout.

Michéa prend comme exemple et démons­tra­tion de cette dérive sinis­tro­gire (ten­dant tou­jours à s’af­fi­cher à gauche) le livre de Lau­rence Pari­sot (sor­ti il y a quelques jours) et qui pour­rait lit­té­ra­le­ment avoir été écrit par nos pré­ten­dus « socia­listes » (à part Arnaud Mon­te­bourg, qui reste seul au poste à pro­té­ger un rouge digne de ce nom au PS). Michéa voit dans ce livre de L. Pari­sot la maté­ria­li­sa­tion incon­tes­table d’une conver­gence objec­tive entre la (pré­ten­due) gauche et la droite la plus dure.

Comme on sait, Michéa défend la com­mon decen­cy d’Or­well, la décence des gens ordi­naires, et il sou­tient (avec ses mots à lui) que le seul cli­vage gauche droite qui vaille, c’est bien le cli­vage « popu­liste » (comme celui de Chris­to­pher Lasch) entre la mul­ti­tude popu­laire et les pré­ten­dues « élites », en fait scan­da­leu­se­ment privilégiées.

Au pas­sage, Michéa fait l’é­loge de Chris­tophe Guilluy, et de son livre pas­sion­nant, « Frac­tures fran­çaises ». (Il fau­dra que je revienne sur ce livre très intéressant.)

Michéa sou­ligne com­bien ce qu’il appelle « la doxa BHL » —« toute contes­ta­tion du capi­ta­lisme mène iné­luc­ta­ble­ment au gou­lag => TINA, there is no alterr­na­tive… » — est une catas­trophe antisociale.

Michéa sou­ligne la contra­dic­tion interne de l’i­déo­lo­gie des « élites » « de gauche » qui imposent : « faites ce que je dis » (« Accep­tez de vous faire DÉRACINER ») « et pas ce que je fais » (« par moi qui m’enracine »).

Michéa appelle le sys­tème « d’al­ter­nance unique », une sorte de PRISON poli­tique, le cli­vage gauche droite qui pré­vaut depuis Mitterrand.

Certes, le libé­ral Ben­ja­min Constant (peu enthou­siaste pour le com­merce et plu­tôt uti­li­ta­riste) est le plus intel­li­gent, le plus inté­res­sant, concède Michéa à Jacques Jul­liard, mais ce que Michéa essaie d’i­den­ti­fier, c’est LA LOGIQUE INTERNE DU LIBÉRALISME telle qu’elle se met en place AU 17e SIÈCLE POUR SORTIR DES GUERRES DE RELIGIONS EN NEUTRALISANT ET PRIVATISANT LES VALEURS QUI NOUS DIVISENT, ET EN RÉGULANT LA SOCIÉTÉ PAR LE DROIT ET PAR LE MARCHÉ : ET LA LOGIQUE INTERNE DU SYSTÈME, L’ABSENCE DE LIMITES FONDÉES SUR DES VALEURS PARTAGÉES, ABOUTIT AU MONDE TEL QUE NOUS LE VIVONS : UNE SOCIÉTÉ DE CONTRÔLE.

Le renon­ce­ment à un sys­tème de valeurs com­munes orga­ni­sé par le libé­ra­lisme (son refus de tout « mon­tage nor­ma­tif com­mun ») condui­sant natu­rel­le­ment à l’a­to­mi­sa­tion des indi­vi­dus et à l’af­fai­blis­se­ment du lien social, on voit appa­raître, pour essayer de sau­ver les meubles, des « tech­ni­ciens du lien social » qui servent de béquilles aux humains muti­lés : des « coachs » et autres figures du libé­ra­lisme, qui font que les régu­la­tions qui se fai­saient autre­fois de façon auto­nome se font aujourd’­hui sous LE CONTRÔLE D’EXPERTS (ce que Lasch appe­lait « l’É­tat Thé­ra­peu­tique ») ; encore un indice qu’une socié­té dite « libé­rale » est condam­née à deve­nir une socié­té de contrôle !

Brice Cou­tu­rier, qui a pro­po­sé en début d’é­mis­sion un résu­mé bien inté­res­sant des thèses de Michéa, lui fait reproche d’un cer­tain ANGÉLISME qu’il y a peut-être à défendre la com­mon decen­cy, et sug­gère que rien ne prouve que les couches popu­laires soient plus « decent » que les « élites ». Ce à quoi Michéa répond fort bien que si, par­fai­te­ment, de nom­breux tra­vaux d’an­thro­po­lo­gie et de socio­lo­gie (MAUSS, God­bout, Bey­gout…) et obser­va­tions laissent à pen­ser que, glo­ba­le­ment, on retrouve plus sou­vent l’EN­TRAIDE et des com­por­te­ments « décents » au sein du peuple qu’au sein des élites. Certes, il y a là un « acte de foi orwel­lien », mais assu­mé. Brice sou­ligne que « la gauche » actuelle a ten­dance à favo­ri­ser le lupen que les classes popu­laires. Michéa confirme et ça ne l’é­tonne pas.

Michéa sou­ligne que le cre­do d’Or­well est assez simple et pas si conster­nant que ça : il s’ins­pire de la para­bole biblique : « Il est plus aisé pour un cha­meau de pas­ser par le trou d’une aiguille que pour un riche d’en­trer dans le royaume de Dieu » et Orwell sou­tient tout sim­ple­ment qu« il est plus dif­fi­cile d’être décent à un homme riche et puis­sant qu’à un homme ordinaire ».

J’aime ce pen­seur. Je me nour­ris du tra­vail et des réflexions de Jean-Claude Michéa (et de Lasch et Orwell avec, bien sûr). Je vous recom­mande cha­leu­reu­se­ment sa lec­ture. Ne ratez pas, sur­tout, « L’empire du moindre mal » et « La double pen­sée ». Mais en fait, TOUS ses livres sont passionnants.

Étienne.

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Étienne

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21 Commentaires

  1. Alain

    Bon­jour,

    A pro­pos de Mon­te­bourg le rouge du PS , il a écrit le texte des pri­maires en par­tie pour lui même.

    Ceux qui écrivent les textes ne devraient pas se pré­sen­ter .….selon Etienne Chouard.

    Ensuite ce can­di­dat rouge défend des posi­tions sur la démon­dia­li­sa­tion ins­pi­rées des idées de l’ex­trème droite qui se bat depuis des années sur ce sujet là.

    Mon­te­bourg jongle et défend un cré­neau qui lui assure un ave­nir poli­tique gouvernemental
    qu’il attend depuis déjà plu­sieurs années avec impatience.….

    res­tons lucide, il mani­pule et ne ferait pas
    le quart de ce qu’il avance lors­qu’il serait confron­té aux réalités

    en fait ‚vous vivez un éter­nel recommencement.……de crédulité

    Réponse
  2. Étienne

    Alain,

    Le pro­gramme de Mon­te­bourg serait celui de l’ex­trême droite ? Je ne com­prends pas.

    Mais pour aller dans votre sens quand même, je rap­pelle qu’Ar­naud Mon­te­bourg, comme les autres élus PS (et du PC ?), s’est ABSTENU lors du COUP D’ÉTAT DE 2008, ajou­tant l’hy­po­cri­sie à la félo­nie, quand les par­le­men­taires ont tra­hi l’in­té­rêt géné­ral en inté­grant DE FORCE le poi­son mor­tel de l’an­ti­cons­ti­tu­tion euro­péenne dans notre Consti­tu­tion, et ce mal­gré le refus popu­laire expli­cite du réfé­ren­dum de 2005 : je pense, effec­ti­ve­ment, que cette tra­hi­son-là — majeure — est tout sim­ple­ment impardonnable.

    Cepen­dant, j’at­tire votre atten­tion sur le fait que le monde n’est pas noir ou blanc, et que toutes les hor­reurs ne se valent pas : il n’est pas absurde, tout en réflé­chis­sant à une alter­na­tive véri­table, de cher­cher quels sont les moindres maux, non ?

    Étienne.

    Réponse
  3. Alain

    Je vous suis sur ce point, je por­tais à votre connais­sance une illus­tra­tion de votre maxime célèbre : « ceux qui écrivent.…ne devrait pas .… », Mon­te­bourg est pris les mains dans le sac.

    Oui, le pro­tec­tion­nisme est un point com­mun avec le FN ( qui défend cette idée depuis long­temps tou­jours avec des enne­mis en ligne de mire ‚ici la Chine ).

    Vous savez aus­si que si les idées défen­dues par Mon­te­bourg reçoivent tant de suc­cès c’est parce qu’elles parlent à l’é­goisme des Français.
    Le FN sur ce type d’i­dées , très natio­na­listes , recrutent essen­tiell­meent dans les milieux très à gauche tant pour les elec­teurs que pour les intellectuels.
    L’ex­trème gauche et l’ex­trème droite mènent le même com­bat, asser­vir le peuple en s’ap­pyant sur lui.

    Mon­te­bourg en toute logique , s’il tirent les leçons de son posi­tion­ne­ment , ne peut plus res­ter au PS mais doit rejoindre Mélenchon.Le PS n’ap­pli­que­ra jamais les mesures qu’il défend et Mon­te­bourg élu retour­ne­rait bien vite sa veste.

    C’est un simple avis mais il n’est pas dif­fi­cile de repé­rer l’op­por­tu­niste et le car­riè­risme de certains.

    Réponse
  4. micha el

    Le constat his­to­rique déve­lop­pé ici Michéa que le gauche et le libé­ra­lisme fusionnent, est très inté­res­sante parce qu’il four­nit une expli­ca­tion à la confu­sion droite gauche qui pré­vaut dans l’o­pi­nion. Et je suis assez d’ac­cord avec cette idée, mais je trouve qu’il y manque une expli­ca­tion de principe.
    à la réflexion on peut admettre que les trois prin­cipes répu­bli­cain, liber­té, éga­li­té, fra­ter­ni­té, sont trois sources de pou­voir qui s’ap­pliquent cha­cun à l’or­ga­ni­sa­tion d’un pan de la société.
    Sché­ma­ti­que­ment, mais cette réflexion est ouverte à toutes propositions :
    ‑le prin­cipe de liber­té s’ap­plique à la sphère de la pen­sée et de son expres­sion, comme à toutes créa­tions subjectives.
    ‑le prin­cipe d’é­ga­li­té s’ap­plique au droits et devoirs de cha­cun devant la loi. L’égalité régit la sphère légis­la­tive et judiciaire.
    ‑le prin­cipe de fra­ter­ni­té gou­verne la sphère éco­no­mique, c’est nou­veau mais çà tombe sous le sens ne serait-ce que pour cause de soli­da­ri­té et d’interdépendance.

    Si cette attri­bu­tion de prin­cipes vous semble arbi­traire, ou fausse, inter­ver­tis­sez les et vous consta­te­rez que :
    Quand le prin­cipe de liber­té est élar­gi au champ de l’économie, ce n’est plus la peine de faire un des­sin pour prou­ver les abé­ra­tions et les souf­frances qui s’en suivent. Cha­cun peu consta­ter l’hor­reur du libé­ra­lisme éco­no­mique, de « l’hérésie » libérale !
    Mais appli­quez le prin­cipe d’é­ga­li­té à l’économie, que ce soit en sup­pri­mant la pro­prié­té pri­vé, ou en impo­sant une éga­li­té de moyens ou de résul­tats , et voi­là une des causes de la faillite des « com­mu­nismes », …vous ne met­trez pas long­temps à vous convaincre de « l’hérésie » qu’il y a dans l’é­ga­li­ta­risme économique.
    Etc…
    « L’ab­sence de limites fon­dées sur des valeurs par­ta­gées » , devrait plu­tôt s’en­tendre comme l’ab­sence de limites fon­dées sur l’ab­sence de valeurs partagées.
    « Le renon­ce­ment à un sys­tème de valeurs com­munes orga­ni­sé par le libé­ra­lisme (son refus de tout « mon­tage nor­ma­tif com­mun ») » est à ren­voyer à la « pri­va­ti­sa­tion » de la morale, c’est a dire au fait qu’il n’y a plus de « morale publique »
    et le fait que le « mon­tage nor­ma­tif com­mun est exclu de la solu­tion libé­rale », résulte direc­te­ment du prin­cipe de liber­té appli­quée au champ éco­no­mique quand la « morale » serait au contraire d’appliquer la loi des prin­cipes et de res­treindre toutes liber­tés en dehors de son strict champ d’ap­pli­ca­tion. Retreindre les liber­tés ! Il est cer­tain qu’une telle pers­pec­tive semble impen­sable après tant de décen­nies de libé­ra­lisme, et pourtant…

    Nier la dia­lec­tique droite gauche, pour cause « d’al­ter­nance unique » et au pré­texte que nos diri­geants ont anéan­ti tout contre pou­voirs et orga­ni­sé une fausse oppo­si­tion bap­ti­sé d’un vrai nom, est une défaite de plus à notre détriment !
    dire que la droite et la gauche c’est la même chose, est un déni. Un déni de dua­li­té. Dua­li­té qui n’est pas un but mais une réa­li­té que nous devons apprendre à maî­tri­ser pour par­ve­nir au mou­ve­ment et à l’u­ni­té, quand son déni nous plonge dans la confu­sion. Confu­sion au ser­vice de l’oligarchie !
    Dans cette dua­li­té la droite et la gauche ne sont pas symétriques.
    ‑le prin­cipe de la droite est par réac­tion de conserver.
    ‑le prin­cipe de la gauche est d’in­no­ver, d’ap­por­ter les chan­ge­ments et les transformations.

    Après le constat que la gauche et le libé­ra­lisme fusionnent. Michéa « classe la capi­ta­lisme à gauche » puisque fac­teur de bou­le­ver­se­ment et d’innovations.
    Mais à qui pro­fite le crime ? Le capi­ta­lisme , en temps que bou­le­ver­se­ment, trans­for­ma­tion renou­vel­le­ment, serait de gauche, si au fond ce bou­le­ver­se­ment ne pro­fi­tait à la droite/en haut qui en conserve les pro­fits et qui en tire pou­voir de déci­sions et d’o­rien­ta­tions futures dans la pers­pec­tive de nou­veaux profits.
    Le fait que les cli­vages gauche droite et haut bas soient confon­dus dans une seule idéo­lo­gie tota­li­taire « bleu » ne fait que confir­mer que « l’en haut à droite » à pha­go­cy­té tout le champ politique.
    Quant à la ques­tion de savoir pour­quoi une socié­té libé­rale est condam­né à deve­nir une socié­té de contrôle, je pense que si on se place du point de vue des prin­cipes pour ana­ly­ser toutes situa­tions, il y a matière à argu­ments simples et utiles au com­mun des citoyens.
    donc le pro­blème n’est pas tant la fausse oppo­si­tion droite gauche, que « l’hé­ré­sie libérale ».
    « sor­tir du capi­ta­lisme nous conduit au gou­lag » c’est dire que renon­cer à « l’hérésie libé­rale » nous condam­ne­rait à « l’hé­ré­sie éga­li­taire » ! Voi­là bien un argu­ment défen­sif de droite puis­qu’il jus­ti­fie la conser­va­tion de tout les « bien­faits » du libéralisme.

    Main­te­nant on est loin des prin­cipes, et il fau­drait pou­voir s’en rap­pro­cher pour y voir clair ! Rendre la liber­té au domaine où elle est vitale, celui de l’ex­pres­sion et de la créa­tion, notam­ment de la pensée.
    Créer et conser­ver avec dis­cer­ne­ment, les deux sont néces­saire à la per­pé­tua­tion de l’es­pèce et à la créa­tion de la civilisation.

    Réponse
  5. D.T

    @Alain

    Votre facon de col­ler des eti­quettes aux idées des gens ne fait qu’empecher le debat.
    Si Le Pen aime la mon­tagne ca veut dire qu’on doit tous detes­ter la montagne ?

    Les gens ne veulent plus de mon­dia­li­sa­tion tout sim­ple­ment parce que nous y sommes depuis bien­tôt 20 ans main­te­nant et que nous avons eu ni le plein emploi ni le pou­voir d’a­chat qui a été pro­mis. On a même eu une belle aug­men­ta­tion de la misere dans le pays. Seuls les ren­tiers en ont profité.
    Vous etes pour la mon­dia­li­sa­tion ? Dites nous un peu qu’est ce qu’elle nous a appor­té depuis que l’U.E nous y a fait entrer ?

    C’est trop facile d’e­vi­ter le debat a grand coups de stigmatisation !

    Réponse
  6. alain

    Je vous répon­drais lorsque j’au­rai un peu de temps .

    Je ne stig­ma­tise pas , le pro­tec­tion­nisme et le natio­na­lisme sont dangereux.

    La mon­dia­li­sa­tion apporte quelque chose : la paix pos­sible entre les peuples, rien que pour cet espoir je suis pour.

    Eco­no­mi­que­ment, c’est plus com­plexe mais elle pré­sente aus­si des avan​tages​.Il exite beau­coup de revue qui traite des avan­tages et des incon­vé­nients, faites donc l’ef­fort de dépas­ser les solu­tions et les cri­tiques faciles !

    Cibler sur les incon­vé­nients est trop facile au regard des enjeux de concorde entre les peuples.

    Réponse
  7. Étienne

    Alain,

    Vous pré­ten­dez que le pro­tec­tion­nisme et le natio­na­lisme sont dan­ge­reux, mais pou­vez-vous le PROUVER ?

    Pour­riez-vous, par exemple, me don­ner un seul exemple de pays qui se soit appli­qué a lui-même le dogme (insen­sé) du libre-échange sans avoir RUINÉ son peuple ? Tous les pays qui l’ont fait se sont appau­vris, sans excep­tion, à ma connais­sance ; et tous les pays riches —ou en train de s’en­ri­chir— sont protectionnistes. 

    Alors ?

    Avez-vous lu Frie­drich LIST (« Sys­tème natio­nal d’é­co­no­mie poli­tique ») ? Son pro­tec­tion­nisme est astu­cieux, équi­li­bré et modé­ré : il consiste à régu­ler l’é­change pour pro­té­ger les jeunes indus­tries et évi­ter les injus­tices. Réduire le pro­tec­tion­nisme (qui est le B‑A-BA de tout être vivant) à la cari­ca­ture de l’au­tar­cie (c’est-à-dire l’ab­sence totale d’é­changes et le repli sur soi) est d’une mal­hon­nê­te­té insigne : PERSONNE NE DÉFEND L’AUTARCIE, évi­dem­ment. Le pro­tec­tion­nisme est une doc­trine réflé­chie, qui pré­tend RÉGULER RAISONNABLEMENT LES ÉCHANGES POUR INTERDIRE LES CONCURRENCES DÉLOYALES. Encore faut-il faire un effort pour le comprendre. 

    Par contre, ceux qui ont à gagner au libre-échange (et ce sont bien les seuls), ce sont les car­tels, les mul­ti­na­tio­nales apa­trides, pour qui les nations et leurs pro­tec­tions natio­nales sont la seule limite qu’elles puissent craindre, le seul contre-pou­voir à leur toute puis­sance. Tous les MEDEFs du monde rêvent de libre-échange, d’im­mi­gra­tion mas­sive et de dis­pa­ri­tion des États-nations, car ce sont les recettes infaillibles pour de très bas salaires, et donc de très gros profits.

    Confon­dez-vous, Alain, l’in­té­rêt par­ti­cu­lier des car­tels avec l’in­té­rêt général ? 

    Moi pas.

    Ceux qui en veulent à la nation (concept ima­gi­né et impo­sé par la Révo­lu­tion fran­çaise pour pro­té­ger le peuple contre les grands pri­vi­lé­giés), et à la pro­tec­tion (dont tout être vivant a vita­le­ment besoin), font OBJECTIVEMENT le jeu des mul­ti­na­tio­nales CONTRE les peuples (peuples qui réclament évi­dem­ment une protection). 

    Pour ma part, j’en ai marre des éti­quettes infa­mantes col­lées de façon expé­di­tive sur ceux qui défendent les inté­rêts du peuple contre ceux des indus­triels et des ban­quiers. On dirait que les poseurs d’é­ti­quettes infa­mantes TRAVAILLENT POUR ces indus­triels et pour ces ban­quiers. Comme Chris­to­pher Lasch, je suis un « popu­liste » (ce qui veut dire que je me défends moi-même) et je l’as­sume très bien. 

    On peut être vis­cé­ra­le­ment de gauche (pour la jus­tice sociale) et tenir à LA NATION FAUTE DE MIEUX : je pré­fère clai­re­ment l’é­chelle de LA COMMUNE (je le clame à tous les vents), dont la taille est beau­coup plus pro­pice à l’ins­ti­tu­tion d’une vraie démo­cra­tie ; MAIS, EN ATTENDANT, je ne veux pas lâcher la proie pour l’ombre et perdre la nation au pro­fit de cette salo­pe­rie de « gou­ver­nance » (qui est le gou­ver­ne­ment tota­li­taire de Big Bro­ther : les entre­prises pré­da­trices aux manettes, sans contre-pou­voir !) : je ne suis pas fou. Et on peut éga­le­ment être de gauche tout en tenant mor­di­cus aux pro­tec­tions aux fron­tières contre l’é­change inégal : on n’est pas obli­gés de se sui­ci­der économiquement.

    J’at­tends donc vos PREUVES de la noci­vi­té intrin­sèque du natio­na­lisme et du pro­tec­tion­nisme. Et faites atten­tion à bien véri­fier vos liens de cau­sa­li­té : une simple simul­ta­néi­té de phé­no­mènes ne fait pas une cau­sa­li­té (ni dans un sens ni dans l’autre).

    Étienne.

    _______________

    PS : « la mon­dia­li­sa­tion = la paix pos­sible entre les peuples » ?! C’est une blague ? La mon­dia­li­sa­tion ins­ti­tu­tion­na­lise la guerre éco­no­mique, c’est-à-dire l’af­fron­te­ment géné­ra­li­sé des peuples entre eux (la concur­rence, c’est la com­pé­ti­tion, c’est LE CONTRAIRE de la paix), pour le plus grand pro­fit des mul­ti­na­tio­nales. Les revues dont vous par­lez sont payées par ces mêmes mul­ti­na­tio­nales. Où voyez-vous la paix régner, Alain ? On rêve, là.

    Réponse
  8. alain

    Bon­soir DT ,

    Vous dites que la mon­dia­li­sa­tion a appor­té la misère. Êtes vous cer­tain du lien de cause à effet ?
    Pou­vez vous étayer vos affir­ma­tions ? Vous ferez avan­cer le débat que je puisse y répondre précisément.

    Le plein emploi serait-il là sans mon­dia­li­sa­tion ? Posez-vous la question.

    La mon­dia­li­sa­tion qui per­met d’ap­pré­hen­der les pro­blèmes de façon pla­né­taire, nous oblige à sor­tir du sché­ma de pen­sée national.
    Elle incite à pen­ser aux autres , aux pauvres qui vivent ailleurs que sur notre ter­ri­toire. Pou­vons vous conti­nuer à piller les res­sources, à nous gaver en sachant ce que nous savons ? Pou­vons reve­nir sur des posi­tions égoïstes, de pro­tec­tion natio­na­liste ? Pou­vons nous vou­loir inter­dire , punir et règle­men­ter pour défendre nos inté­rêts pure­ment français ?

    La mon­dia­li­sa­tion éco­no­mique à per­mis aux pays pauvres ( il fau­drait que je vous four­nissent des sta­tis­tiques )d’a­voir accès à des capi­taux ‚à des trans­ferts de tech­no­lo­gie, à des informations.

    La Chine en a pro­fi­té pour se déve­lop­per et bien d’autres pays.

    Une illus­tra­tion des bien­faits de la mon­dia­li­sa­tion en France, est l’ac­cès plus grand pour les citoyens à des ser­vices ou biens qui leur res­te­raient interdit .…

    N’ou­bliez pas non plus, que le fait d’é­chan­ger de manière ouverte rap­proche les gou­ver­nants, les peuples et contri­buent à ins­tau­rer un cli­mat plus favo­rable à la paix . Un des apports essen­tiels de l’UE est la PAIX.

    Le Pen et tous les tenants de la démon­dia­li­sa­tion ne prennent pas en compte le fonc­tion­ne­ment actuel du monde et pré­co­nisent une défense un repli égoïste, nous nous sommes déve­lop­pés mais il fau­drait inter­dire aux autres pays de jouer dans notre cour alors que nous avons joué dans la leur pen­dant des décennies.

    De plus leur inter­dire, revien­drait à nous expo­ser à des mesures de rétor­sion tout à fait jus­ti­fiées et péna­li­se­rait nos citoyens qui per­draient encore plus de tra­vail à moins qu’ils acceptent un recul sur leur mode de vie.…un chan­ge­ment de vie.….moins de confort.…y sont ils prêts ? le com­prennent-ils ? je ne crois pas.

    Rai­son­ner de sa cha­pelle n’ouvre guère d’horizon.

    Aujourd’­hui si les Fran­çais avaient dit OUI en 2005, la crise grecque se serait réglée beau­coup plus faci­le­ment avec les moyens de gou­ver­nance qui étaient pré­vu par la trai­té refusé.

    Il n’y rien de stig­ma­ti­sant DT, je m’in­surge seule­ment contre ces solu­tions toutes faites qui paraissent de bon sens mais qui cachent une triste mentalité.….

    Réponse
  9. kazem

    On est tous heu­reux de retrou­ver aus­si rapi­de­ment, en librai­rie, un nou­veau livre-pro­gramme de cet auteur que J. Pey­re­le­vade nous a dépeint sur son blog (Actua­li­té 22) comme « l’incarnation la plus émi­nente de ce curieux alliage, qu’alimentent aujourd’hui Jean-Luc Mélen­chon, Arnaud Mon­te­bourg et quelques autres » dont « le coup de men­ton sou­ve­rai­niste dis­si­mule la carence de la réflexion éco­no­mique qui n’a jamais dépas­sé un key­né­sia­nisme pri­maire et mal assimilé. »

    CHEVÈNEMENT RÉPOND AU COMMENTAIRE :

    L’EURO ÉTAIT-T-IL UNE ERREUR INSTITUTIONNELLE… VOULUE ?
    (kazem | le 02 octobre 2011 à 19:37)

    Tous les éco­no­mistes l’ont sou­li­gné : il n’y a pas d’exemple d’union moné­taire à devise unique qui ait sur­vé­cu avec des pays conser­vant leur sou­ve­rai­ne­té. L’émission d’emprunts d’Etat, lorsque celle-ci est récur­rente, consti­tue en effet l’épreuve de vérité :

    1/ un pays sou­ve­rain, qui la main sur sa propre Banque cen­trale, peut tou­jours allé­ger le far­deau par la moné­ti­sa­tion, fut-elle indi­recte. C’est le cas des Etats-Unis, pour­tant plus mal en point que la zone euro, et où la Fed a pro­cé­dé à près de 2000 mil­liards de dol­lars de rachats, depuis la crise.

    2/ un pays qui a renon­cé à ce droit au pro­fit d’une enti­té com­mune, se voit contraint d’en réfé­rer aux autres membres en cas de néces­si­té. Si les autres acceptent d’en par­ta­ger les consé­quences (accrocs à la BCE, FESF, bons euro­péens, etc.), cela revient à faire bourse commune.
    Or, faire bourse com­mune c’est le fon­de­ment même de la fédéralisation…
    Croire que les inia­teurs de la créa­tion de l’euro, où tous les ban­quiers cen­traux étaient par­tie pre­nante, auraient été inaver­tis de cette logique, serait leur faire injure.

    La zone euro n’a donc plus le choix qu’entre deux alternatives :

    - le retour en arrière par la dis­so­lu­tion de la zone… car la diver­gence grecque tou­che­ra vite d’autres pays.
    – la fuite en avant par le pas déci­sif de la fédé­ra­li­sa­tion moné­taire… qui entraîne sans peine les suivants…

    Ain­si se véri­fie la stra­té­gie esquis­sée par Jean Mon­net lorsqu’il pro­non­ça les mots célèbres :
    L’Europe ne se fera pas d’un coup, mais par petites touches, à petits pas…
    l’un de ces pas dans l’esprit du ban­quier Mon­net (c’était fatal) étant celui d’une mon­naie euro­péenne sus­cep­tible de dis­pu­ter un jour au dol­lar son rôle de mon­naie de réserve mais nous le payons, pour l’ins­tant, très cher !.

    …PAR SON DERNIER LIVRE « Sor­tir la France de l’im­passe » (oct. 2011)
    ou Che­vè­ne­ment DU VICE CONSTITUTIF AU GRAND SAUT FEDERAL

    « Le ban­quier Jean Mon­net, pour par­ve­nir à ses fins, a vou­lu pla­cer les peuples d’Eu­rope devant le fait accom­pli, ou plu­tôt devant une suc­ces­sion de faits accom­plis. » (p.12)

    « Ce fut, en 1951, la Com­mu­nau­té euro­péenne du char­bon et de l’a­cier (Ceca); on voit ce qu’il en reste aujourd’­hui : Arce­lor­Mit­tal, une mul­ti­na­ti­nale de droit néer­lan­dais dont le patron est un Indien vivant à Londres. Triomphe du capi­ta­lisme mul­ti­na­tio­nal ! » (p.80–81)

    « Le pro­jet d’u­nion moné­taire, lui, d’a­bord conçu dans les années 70 à 80, était cen­sé com­plé­ter le mar­ché com­mun. Il a débou­ché sur une mon­naie unique …Les créa­teurs de la mon­naie unique pariaient que celle-ci allait ren­for­cer les conver­gences entre les pays membres. C’est le contraire qui s’est pro­duit : les diver­gences se sont accrues… sans qu’il soit désor­mais pos­sible d’o­pé­rer les cor­rec­tions moné­taires (dévaluations/réévaluations) aux­quelles on avait l’ha­bi­tude de pro­cé­der. » (p.38–39)

    « En vou­lant fice­ler l’Al­le­magne, la France qui a tou­jours dû pério­di­que­ment déva­luer sa mon­naie, de 1945 à 1975, pour pré­ser­ver la com­pé­ti­ti­vi­té de ses pro­duits… s’est elle-même fice­lée. Le défi­cit abys­sal de notre com­merce exté­rieur (plus de 70 mil­liards d’eu­ros pré­vus en 2011, après 51 mil­liards en 2010) en témoigne. » (p.17–18)

    « C’est le vice consti­tu­tif… qui est en cause : la mon­naie unique a été bâtie non seule­ment dans l’i­gno­rance des nations, mais, plus encore, avec la volon­té de les conduire à faire le « grand saut fédé­ral ». (p.39)

    « La mon­naie unique était une mon­naie poli­tique qui devait conduire au fédé­ra­lisme. Elle nous met aujourd’­hui au pied du mur ; c’est ici qu’il faut sau­ter »(p.12)
    [Mais pour­quoi, dira-t-on, cet achar­ne­ment à vou­loir diluer la France et la ficeler
    ain­si ? Il n’est qu’à écou­ter les pré­di­ca­teurs pour com­prendre : tous par­tie pre­nante des milieux finan­ciers, ils voient dans l’Eu­rope le moyen idéal de sou­mettre mal­gré elle la France répu­bli­caine à ce capi­ta­lisme libé­ra­li­sé qui
    peut rap­por­ter sans limite… aux bénéficiaires:]

    M. Alain Minc, visi­teur noc­turne de M. Sar­ko­zy, déclare dans Le Monde du 6 août 2011 : « Si l’eu­ro pète, tout le monde meurt. Il va res­sor­tir un pas en avant avec la crise ita­lienne ; Mer­kel va accep­ter une inté­gra­tion qu’elle n’a pas accep­tée en Juillet ». Il pour­suit dans le Jour­nal du dimanche du 7 août : « Si l’I­ta­lie saute, l’Al­le­magne saute, l’Eu­rope aus­si, et le monde enfin. Donc l’I­ta­lie ne sau­te­ra pas. Nous allons à marche for­cée vers une gou­ver­nance éco­no­mique commune… »

    M. Jean-Pierre Jouyet, qui conseille Fran­çois Hol­lande et nom­mé à la tête de l’Au­to­ri­té des mar­chés finan­ciers par Sar­ko­zy, ne tient pas un rai­son­ne­ment très dif­fé­rent : « Le fédé­ra­lisme va se faire. C’est cela ou le sys­tème saute » (Le Monde, 6 août).

    Jacques Atta­li, autre conseiller du pré­sident de la répu­blique, dans le monde du 11 août 2011, s’ex­clame : « Le risque n’est pas de voir la Grèce sor­tir de l’Eu­ro par le bas, mais de voir l’Al­le­magne sor­tir par le haut. Pour l’é­vi­ter, il fauit créer les condi­tions d’un vrai fédé­ra­lisme. Il appar­tient à la France de convaincre l’Al­le­magne qu’elle a tout à y gagner ».

    Cer­tains se sou­viennent peut-être que Jacques Atta­li s’é­tait fait, avec Michel Rocard, en avril 1974, …le pro­ta­go­niste du franc fort qui ne col­lait pas vrai­ment avec l’o­rien­ta­tion du pro­gramme socia­liste « Chan­ger la vie ». Il eut gain de cause en 1983 quand Mit­ter­rand, après avoir hési­té et consul­té, déci­da de main­te­nir le franc dans le SME à une pari­té sur­éva­luée… Et voi­là à quoi les thu­ri­fé­raires du francs fort, trente sept ans après, vou­draient nous conduire aujourd’­hui : à sup­plier l’Al­le­magne de bien vou­loir mettre la France en cage ! » (p.39–41)

    …, CONTRADICTION PORTÉE à « France, Etat cri­tique » (Sept. 2011) ou
    Pey­re­le­vade DU PROGRÈS SOCIAL AU GRAND SAUT… EN ARRIÈRE

    « Pro­ner la démon­dia­li­sa­tion avec Arnaud Mon­te­bourg, impo­ser comme le sug­gère le par­ti socia­liste de Mar­tine Aubry des péna­li­tés sur les impor­ta­tions en pro­ve­nance des zones où ne seraient pas res­pec­tées les droits sociaux ou envi­ron­ne­men­taux…, pré­tendre avec les sou­ve­rai­nistes et cer­tains libé­raux que la liber­té des échanges n’est conce­vable qu’entre des pays de niveaux de déve­lop­pe­ment com­pa­rables…, autant d’illusions ! » (p 12)

    UN COMPORTEMENT DE CIGALES :
    « La France sait jouer les cigales, pas les four­mis. Il était inévi­table que le coût finisse par être sup­por­té par les fran­çais eux-mêmes…
    Ce qui per­met d’ailleurs aux éco­no­mistes de ATTAC et à Jean-Luc Mélen­chon de dire que, depuis cette période bénie, la part des salaires dans la valeur ajou­tée des entre­prises a recu­lé de dix points. Ils oublient juste de dire qu’à l’époque elle avait mon­té dans des pro­por­tions insupportables…
    Mais le virage de 1982⁄83 et les plans de redres­se­ment suc­ces­sifs ont effa­cé les erreurs macroé­co­no­miques… du début de sep­ten­nat de Fran­çois Mit­ter­rand » (p 18)

    L’EURO ANESTHESIANT :
    « Au moment même où l’Allemagne se réveille, la France s’assoupit…
    On croyait sans doute qu’il était pos­sible de relâ­cher la dis­ci­pline par ce que nous étions mon­tés dans le train com­mun fran­co-alle­mand. Eh bien, non, ce n’était pas un train com­mun ! » (p 31–32)
    « Tous les hommes poli­tiques qui laissent entendre aux Fran­çais que nous pour­rions sor­tir de la situa­tion actuelle et résoudre tous nos pro­blèmes en pre­nant l’argent « là où il est » sont dans la déma­go­gie. » (p 34)

    L’ANTI-MODÈLE FRANÇAIS :
    « Et l’on voit Nico­las Sar­ko­zy, pré­sident de la Répu­blique, incar­na­tion d’une droite sans com­plexe, répu­té libé­ral, qui convoque M. Joseph Sti­glitz, prix Nobel d’économie qui appar­tient à la gauche amé­ri­caine, pour lui faire écrire que la notion même de PIB doit être revue. Le génie fran­çais est déci­dé­ment sans limite ! » (p 53)

    LE MODÈLE FERMÉ :
    « Mau­rice Allais, notre seul prix Nobel d’économie est à maints égards emblè­ma­tique par ses allers-retours des contra­dic­tions françaises.
    « Il a com­men­cé par être libé­ral… Puis il est deve­nu plus tard farou­che­ment pro­tec­tion­niste, hys­té­ri­que­ment oppo­sé au libre échange » (p 58)
    « Enfin, deman­de­ra-t-on aux expor­ta­teurs étran­gers de prou­ver qu’ils paient , sur leur ter­ri­toire, les mêmes charges sociales que nous avons impo­sées à note appa­reil pro­duc­tif ? La Chine et l’Inde doivent-elles réin­ven­ter la Sécu­ri­té sociale et l’assurance-maladie pour avoir le droit d’exporter ? » (p 63)

    L’EXEMPLE ALLEMAND :
    « …une grande modé­ra­tion sala­riale puisque, sur la durée, le salaire réel moyen alle­mand n’a pas aug­men­té, il a même plu­tôt légè­re­ment dimi­nué. Entre 2000 et 2009, il a recu­lé au total de 4,5% quand il a pro­gres­sé de prés de 9% en France, pour un nombre d’heures de tra­vail for­cé­ment réduit à cause du pas­sage aux 35 heures. » (p 91) « En résu­mé, l’Allemagne s’est enga­gée dans un effort de longue durée dou­lou­reux, pénible… et, à la fin, ce sont les Alle­mands qui gagnent » (p.95)

    … qui gagnent quoi ? une réa­li­té sociale où « un emploi sur trois est désor­mais un temps par­tiel ou un CDD, 2,5 mil­lions de per­sonnes tra­vaillant pour moins de 5 euros l’heure dans un pays qui n’a pas de Smic, d’où le nombre d’emplois contri­buant au finan­ce­ment de la san­té et des régimes de retraites infé­rieur de deux mil­lions à ce qu’il était il y a 20 ans. » (Guillaume Bachelet).

    LA DETTE PARASITE… (depuis le « tour­nant de la rigueur »!):
    « Mit­ter­rand a déci­dé en mars 1983… de suivre les avis de Pierre Mau­roy, Pre­mier ministre et de Jacques Delors, ministre des finances, de chan­ger de cap, d’abandonner une par­tie de son volon­ta­risme de gauche et de prendre le virage de la défla­tion com­pé­ti­tive. Avec la volon­té expri­mée par Jacques Delors, de rame­ner le taux d’inflation fran­çais au niveau alle­mand et de ré-accro­cher com­plè­te­ment le franc au deutsche. Cela a pris dix ans, mais nous y sommes par­ve­nus. La spi­rale infla­tion-déva­lua­tion a été cas­sée, mais comme l’Etat a conti­nué à dis­tri­buer… la France est entrée dans une ère d’augmentation de la dette publique et de défi­cit per­ma­nent. Quand il n’y a plus d’inflation pour la gom­mer, la dette publique, une fois qu’elle est créée, est là, lourde, de plus en plus lourde… » (p 147)

    CHACUN JUGERA…

    Réponse
  10. alain

    Étienne,

    « Tous les pays qui l’ont fait se sont appau­vris, sans excep­tion, à ma connaissance »

    Etayez votre affir­ma­tion ! Prou­vez le.

    « Et on peut éga­le­ment être de gauche tout en tenant mor­di­cus aux pro­tec­tions aux fron­tières contre l’é­change inégal : on n’est pas obli­gés de se sui­ci­der économiquement »
    Gauche /Droite , le début du mépris et de la certitude
    Les pro­tec­tions existent déjà.Ce n’est pas l’a­pa­nage de la gauche de défendre les protections.
    Mais il faut agir avec réflexion, et pen­ser aux effets qui sui­vront les mesures pro­tec­tion­nistes ? Avons nous besoin des autres pays ? bien sur que oui, l’au­tar­cie n’est au pro­gramme d’au­cun poli­tique sérieux.

    Que les banques et les indus­triels pro­fitent de la mon­dia­li­sa­tion est une évi­dence. Il y a long­temps que les banques pro­fitent des citoyens( ceci à été dénon­cé par Irwing Fischer par exemple) , ceci ne doit pas remettre en cause la mondialisation…mais il faut trou­ver une régu­la­tion qui fait l’u­na­ni­mi­té avec les autres pays (pas une solu­tion popu­liste fran­co fran­çaise ) ain­si vous gué­ri­rez le mal à l’é­chelle de la pla­nète , grâce à la mondialisation.
    Ce n’est pas la mon­dia­li­sa­tion qui est en cause mais les pra­tiques humaines.…

    « Et faites atten­tion à bien véri­fier vos liens de causalité »

    tiens un professeur !

    Réponse
  11. Alain

    « Vous pré­ten­dez que le pro­tec­tion­nisme et le natio­na­lisme sont dan­ge­reux, mais pou­vez-vous le PROUVER ? »

    Vous osez poser cette ques­tion , alors il faut refaire l’his­toire pour que vous compreniez ?

    Puisque vous me sug­gé­rez des lec­tures, faites de même sur ces thèmes.
    Toc­que­ville par exemple qui entre­voyait les risques du nationalisme.

    Vous connais­sez un pays ayant pra­ti­qué des solu­tions pure­ment libérales ?
    Vous pen­sez que le sytème éco­no­mique actuel n’est pas du tout régu­lé ? que nous vivons dans un monde ultralibéral ?

    alors ce sera dif­fi­cile de vous convaincre.

    Sor­tez de vos chi­mères Monsieur.Les concur­rences déloyales sont déja dans le col­li­ma­teur des règles existantes.

    Liber­tés dans le res­pect de l’autre.….

    La gauche fran­çaise inso­lente et irres­pec­tueuse va peut être déte­nir tous les pou­voirs en 2012 ( régions/départements/AN/ Sénat/ exe­cu­tif , une influence incroyable dans les médias écrits et audio­vi­suels), une situa­tion inédite que les Fran­çais paie­ront cache.

    Réponse
  12. D.T

    @Alain,

    Je suis sur un plan éco­no­mique quand je parles de la mondialisation.
    Vous croyez que le libre échange sans aucune consi­de­ra­tion de la demande glo­bale est la seule façon d’a­voir des échanges avec le monde ?
    Si vous vou­lez depla­cer notre richesse vers la Chine par exemple pour­quoi il faut for­ce­ment enri­chir les action­naires au pas­sage ? (grace aux marges aug­men­tées par l’ex­ploi­ta­tion d’une main d’oeuvre sous payée).
    Pour­quoi on est obli­gé d’en­ri­chir les capi­ta­listes sur le dos des ouvriers fran­çais pour avoir l’a­mi­tié entre les peuples ?
    C’est comme l’o­bli­ga­tion de l’E­tat d’emprunter dans le pri­vé. On nous sort que c’est pour limi­ter les abus poli­ti­ciens mais comme par hasard c’est les deten­teurs de capi­taux qui s’en­graissent sur cette loi.

    C’est drôle ca ! A chaque fois que les capi­ta­listes s’en mettent plein les poches on nous sort de belles idées qui font bien derriere.

    Les chi­nois n’ont pas besoin de rem­pla­cer nos indus­tries pour se devel­lo­per. (d’ailleurs eux ils ont le droit de faire du pro­tec­tion­nisme) Quand l’oc­ci­dent ne pour­ra plus s’en­det­ter pour faire tra­vailler les chi­nois ils vont faire com­ment ? Mettre des Ipads dans leur assiette ?

    Ils n’ont pas besoin d’I­pad en pagaille mais de nour­ri­ture de qua­li­té, de tout a l’e­gout dans les vil­lages etc… Il y’a des inega­li­tés ter­ribles dans ce pays alors si la Chine doit se devel­lop­per elle doit le faire sur SA PROPRE DEMANDE ECONOMIQUE.
    Ain­si sa pro­duc­tion cor­res­pon­dra aux besoins de sa population.

    Comme l’a­vait pre­vu la CHARTE DE LA HAVANE cosi­gné par Keynes qui a orga­ni­sé une mon­dia­li­sa­tion sur le prin­cipe de l’E­QUI­LIBRE DES ECHANGES. Cette simple regle per­met a chaque pays du monde de se devel­lop­per tout en aug­men­tant son niveau de vie.

    Une mul­ti­na­tio­nale qui veut vendre dans un pays a hauts salaires doit lui même payer des hauts salaires. C’est la ou le pro­tec­tion­nisme est jus­tice lorsque cette regle n’est pas respectée.
    Et non pas cette mon­dia­li­sa­tion là qui est une pres­sion sur les reve­nus de ceux qui pro­duisent et qui ne peut pas durer sans crises qui sont en fait des rééqui­li­brages brutaux.

    La logique de la Charte de la Havane n’est pas com­plexe a com­prendre a condi­tion de faire l’effort.

    Réponse
  13. Alain

    A DT ,

    Le libre échange est en grande par­tie fon­dé sur une approche de la demande glo­bale sur le plan éco­no­mique , vous ne pou­vez pas écrire « sans consi­dé­ra­tion pour … ».
    Au sujet des action­naires, je vous apporte plu­sieurs objections :

    • les action­naires ‚sont les pro­prié­taires d’ac­tions dans les Grandes Entre­prises. L’é­co­no­mie fran­çaise repose sur­tout sur les PME.
    • les action­naires : cer­tains pos­sèdent beau­coup d’ac­tions mais la mul­ti­tude de ceux ci pos­sèdent quelques actions , ce sont vos voi­sins, vos amis qui ont un peu d’é­pargne. Vous rap­pro­chez abu­si­ve­ment action­naires et capi­ta­liste ( au sens péjo­ra­tif que vous lui donnez).Prenez pour exemple l’ac­tion­na­riat de Danone, vous décou­vri­rez le nombre d’ac­tions impressionnant.

    Tout cela pour vous rap­pe­lez que par­mi les action­naires ‚il y a aus­si des sala­riés qui per­çoivent des divi­dendes qui amé­liorent leur ordinaire.

    • ce qui est condam­nable est la spé­cu­la­tion à outrance par une mino­ri­té, même pro­blème pour les banques.

    La mul­ti­na­tio­nale paye les salaires en rap­port avec le pays ou elle s’implante.Elle sert aus­si au déve­lop­pe­ment des pays d’accueil.Elle forme les tra­vailleurs , construit des routes, paye des taxes.
    Quant au pro­tec­tion­nisme, il existe dans tous les pays du monde, aux US , en Ita­lie , en France.…..mais la démon­dia­li­sa­tion pré­co­ni­sée par Le Pen ou d’autres et qui plait tant aux citoyens pro­pose un repli non négo­cié , un retour aux conflits et au nationalisme .
    Pour finir la Chine doit se déve­lop­per sur sa propre demande mais vous oubliez que la mon­dia­li­sa­tion lui per­met de se déve­lop­per bien plus vite sur de mul­ti­tudes d’ac­ti­vi­tés, sa propre demande étant pri­maire pour l’ins­tant , elle n’y par­vien­drait pas très vite, en pro­fi­tant des avan­tages de la mon­dia­li­sa­tion , elle accé­lère son déve­lop­pe­ment : vous vou­lez lui interdire ?

    Ses citoyens n’ont pour l’ins­tant pas le pou­voir d’a­chat pour ache­ter des IPAD, et la Chine nepeut­pas leur pro­cu­rer , elle ne peut pas bru­ler les étapes du déve­lop­pe­ment mais la mon­dia­li­sa­tion peut lui per­mettre d’ac­qué­rir de savoirs faire , d’ac­cu­mu­ler des reve­nus qui réin­jec­tés dans l’é­co­no­mie chi­noise fai­ci­le­tront le déve­lop­pe­ment de la Chine.
    Pour la France , le pro­blème est dif­fé­rent, ce n’est pas le même pou­voir d’a­chat ‚le même état de développement.….

    Réponse
  14. Alain

    A DT ,

    Il faut s’in­ter­ro­ger sur les délocalisations :

    il en existe deux types :

    • celle qui est indis­pen­sable au main­tien d’une acti­vi­té (cer­taines entre­prises textile )
    • celle qui est uni­que­ment moti­vée par l’ap­pât de plus ge gain ( ex. Thom­son , levi-strauss )

    Que faire pour conser­ver les grandes entre­prises sur notre territoire ?

    L’E­tat doit mon­trer l’exemple lors­qu’il est client ? mais vous savez qu’il doit trai­ter les entre­prises etran­gères comme les entre­prises fran­çaises ( en ver­tu de la clause du trai­te­ment natio­nal ), alors que faire ? du pro­tec­tion­nisme ? cad dire le contraire de ce qui est pré­co­ni­sé par l’omc.

    Il faut donc faire évo­luer la règle­men­ta­tion inter­na­tio­nale mais il serait sui­ci­daire de se livrer à de telle pra­tique iso­le­ment en France.

    Reste à savoir si nos par­te­naires par­ta­ge­raient notre position.
    Si oui, le risque de retour aux replis natio­naux serait grand dans le domaine éco­no­mique mais aus­si dans les autres domaines , cela pren­drait vite le che­min du repli iden­ti­taire et les dégats pour­raient être considérables.….d’ou la pru­dence est de mise et l’u­ti­li­té de voir plus loin que le bout du nez.

    Réponse
  15. gilles

    [Extrait d’un repor­tage en Chine Libé­ra­tion 3 juin 2010 :
    https://​ixquick​.com/​d​o​/​m​e​t​a​s​e​a​r​c​h​.​p​l​?​q​=​s​u​i​c​i​d​e​+​F​o​x​c​o​n​n​+​a​p​p​l​e​&​amp

    À Shenz­hen, onze jeunes employés du sous-trai­tant chi­nois d’Apple, Dell ou Nokia se sont don­né la mort depuis le début de l’année. La porte sud de l’usine Fox­conn est gar­dée comme une caserne. Por­tail élec­tro­nique, fouille obli­ga­toire. Les sen­ti­nelles mani­festent une aller­gie par­ti­cu­lière à l’endroit des jour­na­listes qui viennent enquê­ter sur les onze sui­cides sur­ve­nus depuis le début de l’année au sein de cet ate­lier du monde, de taille déme­su­rée. Plus de 300 000 ouvriers y fabriquent à la chaîne l’iPhone d’Apple (1), les télé­phones por­tables Nokia, les consoles de jeu de Sony et les ordi­na­teurs de Dell et Hewlett-Packard.
    L’usine de Shenz­hen n’est pour­tant qu’une miette de l’empire de la sous-trai­tance élec­tro­nique du Taï­wa­nais Ter­ry Gou. Plus de 800 000 ouvriers tra­vaillent dans la dou­zaine d’usines Fox­conn de Chine. Son « modèle », révé­lait Ter­ry Gou en 2007 dans l’une de ses rares inter­views, est le conqué­rant mon­gol du XIIIe siècle Gen­gis Khan. « Il ne faut pas craindre d’être un dic­ta­teur quand c’est pour le bien de tous », lit-on dans un manuel des­ti­né à ses contre­maîtres. Sur les murs de l’entreprise, il a fait ins­crire « Le démon est dans le détail », une devise cen­sée inci­ter à la minu­tie les ouvriers qui tra­vaillent à la chaîne, où le même geste est répé­té en moyenne toutes les sept secondes.

    La plu­part des employés qui ont mis fin à leurs jours à l’usine Fox­conn de Shenz­hen, située à la fron­tière de Hong­kong, ont plon­gé du haut des dor­toirs modernes où ils vivent entas­sés à dix par cham­brée. Quatre filles et six gar­çons, âgés de 19 à 24 ans. Même les ingé­nieurs ne sont pas à l’abri. L’un d’eux, Yan Li, est « mort de sur­me­nage », le 26 mai, après avoir tra­vaillé vingt-quatre heures d’affilée, vient d’annoncer sa famille, qui réclame 250 000 yuans (30 000 euros) de dom­mages à Fox­conn. Jeu­di der­nier, le len­de­main du décès de l’ingénieur, un employé s’est taillé les veines, mais a pu être sau­vé à temps.

    Hon­du­ras :

    En 1996, Kathie Lee Gif­ford, une ani­ma­trice de talk-show dont la ligne de vête­ments est ven­due en exclu­si­vi­té chez Wal-Mart, tombe de haut : ses articles sont fabri­qués par des Hon­du­riennes qui triment vingt heures par jour pour 31 cents de l’heure.

    Actuel­le­ment, envi­ron 150 pays à tra­vers le monde accueillent des ate­liers de misère où tra­vaillent plus de 27 mil­lions de per­sonnes. On les retrouve prin­ci­pa­le­ment dans les zones franches des pays en déve­lop­pe­ment. Tou­te­fois, il en existe aus­si en Europe, aux États-Unis et au Cana­da qui emploient des tra­vailleurs illé­gaux ou immi­grants. Au Mexique et en Amé­rique cen­trale, les « Maqui­las » ou « maqui­la­do­ras » sont sou­vent de tels ateliers.

    Les condi­tions de tra­vail dans un ate­lier de misère sont :

    • salaire sous le seuil de la pauvreté ;
    • longues heures de tra­vail et tra­vail sup­plé­men­taire obli­ga­toire, sou­vent non payées, pour répondre au quo­ta imposé ;
    • emploi d’enfants ;
    • aucun accès aux soins de santé ;
    • pré­ca­ri­té (aucune sécu­ri­té d’emploi) ;
    • déné­ga­tion du droit de s’or­ga­ni­ser en syndicat ;
    • limite de visite au cabi­net de toi­lette durant la jour­née de travail.

    La mon­dia­li­sa­tion gas­pille des res­sources non-renou­ve­lables par le trans­port de mar­chan­dises uni­que­ment pour mettre les sala­riés en concur­rence entre eux afin d’aug­men­ter de manière non-régu­lée les profits.

    L’Organisation mon­diale du com­merce (OMC). Vingt ans après le contre-som­met de Seat­tle, le mou­ve­ment alter­mon­dia­liste n’a tou­jours pas de dis­cours clair au sujet de cette ins­ti­tu­tion. Nous enten­dons par­ler de réfor­mer l’OMC, de limi­ter ses pou­voirs. Nous enten­dons dire qu’il faut « sor­tir l’agriculture des com­pé­tences de l’OMC ». Mais que faut-il com­prendre ? Qu’il faut y lais­ser les ser­vices et l’industrie ? Qu’il faut lais­ser l’OMC empê­cher toute mesure ambi­tieuse de pro­tec­tion de l’environnement au nom de la libre-concur­rence ? Soyons clairs. L’OMC est un ras­sem­ble­ment de fana­tiques ultra­li­bé­raux. Elle n’est pas réfor­mable, et il faut tout sim­ple­ment en sortir.

    La Mon­dia­li­sa­tion est bien un pro­jet insen­sé d’as­ser­vis­se­ment des sala­riés, dans une logique de concur­rence à l’é­chelle mon­diale, et où qu’ils soient au pro­fit du patro­nat et des action­naires. L’i­dée simple et de bon sens d’une démon­dia­li­sa­tion contrô­lée est le début d’une réflexion pour res­tau­rer des marges de manœuvre pour les sala­riés et pour la pro­tec­tion de l’environnement.

    Réponse
  16. jelejure

    L’i­dée simple et de bon sens

    une telle « idée » est for­cé­ment, face à la com­plexi­té exi­gente , une grosse « connerie » !

    NON, en 2008 les élus PCF ne se sont pas abstenus !

    Etienne s’en­fonce dans le men­songe pour sau­ver ses pré­ju­gés « simples et de bon sens » !

    Réponse
  17. Étienne

    Quel men­songe ?

    J’ai posé une ques­tion parce que je ne me sou­ve­nais plus de la posi­tion des par­le­men­taires com­mu­nistes en 2008. Vous avez noté le point d’in­ter­ro­ga­tion ? Ou bien vous vous en fichez.

    Par contre, ce que je constate bel et bien, jus­qu’à aujourd’­hui, c’est qu’une grande par­tie du PC refuse cyni­que­ment de sor­tir de l’UE, ce que je prends, MOI, comme une preuve de com­pli­ci­té objec­tive avec le fas­cisme financier.

    Mais les men­songes fabri­qués sont plus faciles à dénon­cer, bien sûr : « jele­jure », vous faites vous-même (ano­ny­me­ment, d’ailleurs) ce que vous dénoncez…

    Mais on sent à demi-mot que vous êtes un incon­di­tion­nel du par­ti com­mu­niste, ce qui peut se com­prendre, mais ce qui per­met aus­si d’ex­pli­quer ce sourd res­sen­ti­ment qui vous anime appa­rem­ment par bouf­fées de colère. Les appa­rat­chiks des par­tis (les chefs qui veulent tout déci­der à notre place) vont évi­dem­ment détes­ter le tirage au sort, qui pro­tège les gens (tout le monde) contre les voleurs de pouvoir.

    Mais leurs insultes ne suf­fi­ront pas à me faire chan­ger d’avis.

    Et il y a, par­mi mes copains com­mu­nistes, les meilleurs des hommes. Je ne risque donc pas de réduire les com­mu­nistes à la cari­ca­ture auto­ri­taire et injuste dont vous don­nez le spec­tacle (sans le vou­loir, sans doute).

    Les com­mu­nistes (de base) et leur par­ti sont, pour moi, deux choses différentes.

    Étienne.

    Réponse
  18. Étienne

    Un com­men­taire inté­res­sant (une sorte de syn­thèse) du tra­vail de Michéa :

    « Gens ordi­naires de gauche et de droite, unissez-vous » : 
    le « popu­lisme » de J.-C. Michéa

    http://​www​.ago​ra​vox​.fr/​a​c​t​u​a​l​i​t​e​s​/​p​o​l​i​t​i​q​u​e​/​a​r​t​i​c​l​e​/​g​e​n​s​-​o​r​d​i​n​a​i​r​e​s​-​d​e​-​g​a​u​c​h​e​-​e​t​-​d​e​-​1​0​2​254

    Étienne.

    Réponse
  19. sitouaillain

    @ Alain,

    je tiens d’a­bord à dire que vous êtes cou­ra­geux, et je trouve la manière dont vous répon­dez rela­ti­ve­ment digne,

    la pro­pa­gande néo­li­bé­rale a réus­si en ceci qu’elle est par­ve­nue à rendre odieuse toute vel­léi­té des peuples à se pro­té­ger des exploi­teurs, pro­fi­tant du mes­sage mes­sia­nique de paix entre les peuples que les libé­raux du pas­sé avaient pen­sé à rebours des guerres entre poten­tats. Les peuples, contrai­re­ment à leurs princes, n’a­vaient pas voca­tions à se dis­pu­ter la sou­ve­rai­ne­té sur leurs terres.

    Notre vieille Europe est aujourd’­hui souillée de ses propres crimes, je ne m’en sens pas res­pon­sable et n’ai rien à expier. J’ai suf­fi­sam­ment voya­gé pour me sen­tir frère de tout être humain, et j’ai suf­fi­sam­ment réflé­chi pour ne pas voir dans l’al­té­ri­té un obs­tacle à cette fraternité.

    le prin­cipe du déve­lop­pe­ment de tous les pays, de la mon­dia­li­sa­tion, n’est pas dans mon esprit une régres­sion, en revanche, j’ai ten­dance à voir dans l’im­po­si­tion d’un seul modèle de déve­lop­pe­ment une régres­sion profonde.
    En effet, le prin­cipe même de la vie, de sa diver­si­té et de sa capa­ci­té à explo­rer les pos­sibles devrait nous ouvrir les yeux sur les dan­gers que porte ce géno­cide cultu­rel que repré­sente l’im­po­si­tion au monde entier d’une forme de de déve­lop­pe­ment qui a eu cours en Europe, bri­sant les culture et soli­da­ri­tés locales, tuant dans l’oeuf toute pos­si­bi­li­té de deve­nir plus pros­père, plus civi­li­sé, autrement.

    Le libre échange est une illu­sion dès lors que les capa­ci­tés à s’ap­pro­prier les res­sources et à en défi­nir les règles sont inégales, ricar­do est un impos­teur, ses théo­ries sont fausses, qui le nie­rait serait malhonnête ;
    Ce que chaque être humain à le droit de reven­di­quer, faire vivre et évo­luer sa culture, tra­vailler pour amé­lio­rer le quo­ti­dien, trans­mettre et échan­ger, pour­quoi tous devraient le faire aux condi­tions du plus cupide ?
    face à cela cer­tains réclament le res­pect de la plu­ra­li­té des mondes, et peut être devrions nous y sous­crire, notre culture, nos cultures ayant cer­tai­ne­ment encore à apprendre des autres et inver­se­ment. Tout pay­san ou tout arti­san n’a pas voca­tion à être enfer­mé à l’u­sine par peur de la famine.

    cela pour dire que le pro­tec­tion­nisme peut aus­si être un huma­nisme, tout dépend de la manière dont il s’or­ga­nise, mais il est avant tout un com­bat pour la paix qui ne soit pas une paix entre esclaves mais une paix entre peuples libres, sou­cieux de coopé­rer sur des bases pro­fi­tables à cha­cun, de peuple à peuple, cour­cir­cui­tant les élites locales et s’or­ga­ni­sant par la ter­ri­to­ria­li­sa­tion, là où l’ad­ver­saire, le pré­da­teur, est déterritorialisé.

    Et s’il faut pas­ser par cela, autant répa­rer le mal que nous avons fait, par sou­ci du bien com­mun, la france, l’u­ni­ver­sa­lisme à la fran­çaise, ce poi­son homo­gé­néi­sa­teur qui sert de jus­ti­fi­ca­tion aux pires exac­tions et à une réduc­tion mor­ti­fère de la diver­si­té des mondes pos­sibles, peut être est-ce à nous de le dépas­ser, par un uni­ver­sa­lisme du 21ème siècle qui com­prend que le contraire de l’é­ga­li­té, ce n’est pas la dif­fé­rence mais l’inégalité.

    il serait assez noble de notre part d’af­fir­mer cette idée d’une huma­ni­té, une et plu­rielle, et si cela passe par des échanges, il me parait pri­mor­dial que nous cher­chions à ce qu’au­cune tran­sac­tion entre l’un des nôtres et un frère d’ailleurs ne se fasse au prix de la souf­france d’au­trui ou de la pri­va­tion d’une res­source vitale. nul n’a voca­tion à se ser­vir de nous, nous n’a­vons pas voca­tion à nous ser­vir des autres et notre vie n’est pas supé­rieure à celle des autres aus­si devons nous leur lais­ser les res­sources néces­saires, à ceux qui sont déjà là et à ceux qui vien­drons. Ce pro­tec­tion­nisme là vise sim­ple­ment à appli­quer la maxime sui­vante : ne fais pas à autrui ce que tu ne vou­drais point qu’il te soit fait !

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