DÉBAT SUR L’UE, AVEC LIÊM HOANG-NGOC : METZ, 22 OCTOBRE 2011

15/09/2011 | 7 commentaires

vous savez, l’au­teur du petit livre pas­sion­nant réca­pi­tu­lant les tra­vaux sur la courbe de Phil­lips (qui constate que chô­mage et infla­tion sont sou­vent inver­se­ment pro­por­tion­nels).

Échange public orga­ni­sé par Attac Metz, le 22 octobre prochain.

http://​www​.super​no​.com/​b​l​o​g​/​2​0​1​1​/​0​9​/​d​e​b​a​t​-​l​e​u​r​o​p​e​-​e​t​-​s​i​-​c​e​t​a​i​t​-​a​-​r​e​f​a​i​r​e​-​e​t​i​e​n​n​e​-​c​h​o​u​a​r​d​-​e​t​-​l​i​e​m​-​h​o​a​n​g​-​n​g​o​c​-​a​-​m​e​t​z​-​s​a​m​e​d​i​-​2​2​-​o​c​t​o​b​re/

Pour la biblio de Liêm Hoang-Ngoc, voir http://fr.wikipedia.org/wiki/Li%C3%AAm_Hoang-Ngoc

Voir aus­si son blog : http://​www​.liem​hoan​gn​goc​.eu/

Étienne.

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Mise à jour 21 sep­tembre 2011 :
LIÊM HOANG-NGOC S’EST DÉSISTÉ
(pour cause de réunion imprévue).

C’est vrai­ment dom­mage ; je me fai­sais une joie de ren­con­trer cet homme dont je lis les livres avec grand plaisir.

Il faut déci­dé­ment beau­coup de cou­rage pour résis­ter aux pros de la calom­nie. Je com­prends Liêm. Ce n’est pas grave.

On fera une confé­rence-débat sans lui, tant pis.

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Étienne

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7 Commentaires

  1. Hadrien

    MOURIR POUR LE YUAN ? (et l’EuroMark)

    Tel est le titre du livre pas­sion­nant de Jean-Michel Qua­tre­point, paru cette semaine, aprés son remar­quable « Sur la crise glo­bale » prix de l’excellence éco­no­mique 2009.
    (On attend avec impa­tience la remise des « Gérard de l’économie » et la nomi­na­tion atten­due de « France, état cri­tique » par Jean Pey­re­le­vade, paru en même temps).

    Jean Michel Qua­tre­point explique en effet, avec le recul qu’on lui connaît, tout ce que Jean Pey­re­le­vade et les benêts qui le suivent n’ont pas encore com­pris. On ne résiste pas au désir d’en don­ner ici des extraits démons­tra­tifs du fil de son propos :

    D’UNE GLOBALISATION À L’AUTRE

    Il y a plus d’un siècle, le monde a connu une pre­mière mon­dia­li­sa­tion… qui s’est effon­drée avec la Pre­mière Guerre mondiale.

    À l’époque, il ne man­quait pas de bons esprits, à gauche comme à droite, pour pré­dire la fin des nations, et donc la fin des guerres… grâce à l’internationalisation des échanges, des mar­chés et des capi­taux, faci­li­tée par les nou­velles tech­no­lo­gies et les moyens de com­mu­ni­ca­tion. Les tenants de la mon­dia­li­sa­tion ne se recru­taient pas seule­ment dans les rangs de la classe domi­nante, des capi­ta­listes, mais aus­si au sein de la gauche, Jean Jau­rès repre­nant une par­tie des ana­lyses d’Angell.

    Voi­là ce qui n’est pas sans rap­pe­ler notre seconde mondialisation.

    Cette seconde mon­dia­li­sa­tion, amor­cée depuis un quart de siècle, repro­duit les mêmes erreurs. D’abord, on a pous­sé les feux du libre-échange jusqu’à l’absurde. Au nom du « tou­jours plus loin, tou­jours moins cher », les mul­ti­na­tio­nales ont mas­si­ve­ment délo­ca­li­sé leur pro­duc­tion là où la main d’œuvre est la moins chère.

    Une fois de plus, les idéo­logues de la glo­ba­li­sa­tion ont pêché par naï­ve­té. Ils n’ont pas com­pris que les nations – et leur incar­na­tion, les États -, loin d’avoir été dis­soutes dans le libre-échange, s’en trou­vaient ren­for­cées. Ils ont com­pris trop tard que la Chine enten­dait prendre sa revanche de l’humiliation subie au XIXe siècle (et l’Al­le­magne, au XXe, cf plus loin).

    LA CHINE…

    Rétros­pec­ti­ve­ment, on peut dire que les Chi­nois ont réus­si là où les Japo­nais ont par­tiel­le­ment échoué.
    Ils ont été par­ti­cu­liè­re­ment bien pla­cés pour exa­mi­ner la manière dont les Amé­ri­cains ont mis le Japon à genoux en 1985, à l’hôtel Pla­za, à New York.

    À l’époque, les défi­cits com­mer­ciaux amé­ri­cains avec le Japon s’envolent. Tokyo est accu­sé de main­te­nir arti­fi­ciel­le­ment bas le taux de change du yen, pour engran­ger des excé­dents com­mer­ciaux et accroître ses parts de mar­ché. Ce qui n’est pas faux. Tokyo se retrouve seul sans alliés au sein du sys­tème de pou­voir américain.
    Au Pla­za, les japo­nais sont donc contraints par les Etats-Unis, la Grande-Bre­tagne et la France, de lais­ser le yen se rééva­luer. En quinze mois, sa valeur par rap­port au dol­lar va dou­bler. Un évè­ne­ment dont le pays ne se relè­ve­ra jamais.

    Les Chi­nois ont étu­dié en détail ces épi­sodes moné­taires et en ont tiré une conclu­sion : « Les Amé­ri­cains ne nous feront pas le coup qu’ils ont fait au Japon ».

    De fait, Pékin exerce désor­mais une sorte de fas­ci­na­tion sur Berlin…

    L’Allemagne et la Chine sont les deux usines du monde, par­fois concur­rentes. Le plus sou­vent com­plices. « La Chine est en quelque sorte l’établi du monde, et les Alle­mands livrent les outils », selon la belle for­mule des cher­cheurs de l’IFRI.

    Oui, l’Allemagne a une stra­té­gie. Tout comme la Chine. Et elles se res­semblent. Les deux pays ont, cha­cun à sa manière, soif de revanche. L’Allemagne a per­du deux guerres. Elle a été, après 1945, mise au banc de l’humanité. Trois géné­ra­tions plus tard, le temps de la repen­tance est terminé.

    L’Allemagne, ain­si que la Chine… doivent faire face au même phé­no­mène : le vieillis­se­ment très rapide de leur popu­la­tion. Avec des taux de fécon­di­té qui ne per­mettent pas le renou­vel­le­ment des géné­ra­tions. Avec la pers­pec­tive de coûts gigan­tesques pour la grande dépen­dance. Pour ces pays, il s’agit donc d’engranger le maxi­mum de recettes à l’exportation, afin de mettre de côté les sommes néces­saires pour payer demain les retraites, et après-demain la grande dépendance.

    Tous deux ont appuyé leur stra­té­gie mer­can­ti­liste en indexant leur mon­naie sur celle de leurs prin­ci­paux clients. La Chine sur le dol­lar. Et l’Allemagne avec l’euro.

    L’ALLEMAGNE…

    Hos­tiles à l’origine à l’abandon du mark, les Alle­mands ont fort habi­le­ment récu­pé­ré la mon­naie unique à leur avan­tage. Avec l’euro, il n’y avait plus de risque de déva­lua­tion com­pé­ti­tive de la part des autres pays euro­péens, à com­men­cer par la France. En dix ans, grâce à l’euro, l’industrie alle­mande s’est refait une san­té sur le mar­ché euro­péen. En y expor­tant, mais aus­si en y pre­nant les parts de mar­ché, et en éli­mi­nant de fait les concur­rents potentiels.

    Ses indus­triels ont dû retrou­ver un nou­vel HINTERLAND. La diplo­ma­tie alle­mande s’est alors employée à recu­ler plus à l’Est les fron­tières de l’Europe. Pologne, Tché­co­slo­va­quie, Hon­grie… puis pays Baltes, etc. Sans par­ler de la You­go­sla­vie qui éclate à la suite de la recon­nais­sance uni­la­té­rale de la Croa­tie par Berlin.

    L’industrie alle­mande tient son nou­veau Hin­ter­land. Elle va y inves­tir mas­si­ve­ment (envi­ron deux cent mil­liards d’euros), notam­ment l’industrie auto­mo­bile. Elle y trouve une main d’œuvre de qua­li­té, dans des mon­naies qui ont ten­dance à se déva­luer face au mark, puis à l’euro.

    Les délo­ca­li­sa­tions y ont été légion.

    … À DEUX VITESSES

    En Alle­magne, le salaire mini­mum n’existe pas pour les acti­vi­tés de ser­vices, com­merce, arti­sa­nat ou l’agriculture. C’est le revers de la médaille…

    Selon une étude de l’Institut du tra­vail de l’université de Duis­bourg, 6,5 mil­lions de per­sonnes, soit 20% des tra­vailleurs, tou­chaient en 2010 moins de dix euros de l’heure, dont deux mil­lions moins de six euros. Le coût des ser­vices à la per­sonne (le coif­feur est payé 5 à 6 euros de l’heure), sou­vent exer­cés par des immi­grés, est bien moins éle­vé en Alle­magne que dans la plu­part des pays euro­péens. Ce qui a ren­du moins pénible la stag­na­tion du pou­voir d’achat des autres classes moyennes. La baisse des prix de l’immobilier a, elle aus­si, per­mis aux ménages alle­mands de se loger à bon marché.

    Voi­là qui explique que la popu­la­tion alle­mande et les syn­di­cats aient jusqu’à pré­sent accep­té cette poli­tique de rigueur sala­riale et que l’Allemagne soit tel­le­ment obsé­dée par l’inflation. Que les prix dérapent, que les ser­vices et l’immobilier s’envolent, que l’alimentation devienne plus chère, et c’est tout le consen­sus autour de la stra­té­gie mer­can­ti­liste qui risque d’éclater !

    Si l’Allemagne engrange des excé­dents com­mer­ciaux lui per­met­tant de limi­ter ses défi­cits publics, si les entre­prises accu­mulent les béné­fices, une par­tie de la popu­la­tion, elle, a été décro­chée. En termes sta­tis­tiques, on défi­nit la classe moyenne alle­mande comme les ménages ayant entre 70% et 150% du reve­nu médian (1940 euros par mois pour une famille avec deux enfants). En 2000, 62 % de la popu­la­tion alle­mande entraient dans cette caté­go­rie. En 2006, ils n’étaient plus que 54%. La dif­fé­rence, soit 8%, cor­res­pond aux ménages tom­bés dans la trappe à pauvreté.

    Le modèle alle­mand fait désor­mais flo­rès, à telle enseigne qu’on veut l’imiter par­tout : à Paris comme à Washing­ton. Sans com­prendre tou­jours que les réus­sites de la Chine et de l’Allemagne tiennent à une alchi­mie par­ti­cu­lière, à une stra­té­gie mer­can­ti­liste qui ne peut réus­sir qu’à une condi­tion : que les autres, les clients, ne fassent pas la même chose.

    Réponse
  2. Hadrien

    MOURIR POUR LE YUAN (Conclu­sion)

    Un rap­port de la Banque mon­diale révèle que, depuis l’été 2008, la pro­duc­tion indus­trielle a aug­men­té de 20% dans les pays émer­gents, et de 40% en Chine. En revanche, l’industrie des pays déve­lop­pés, essen­tiel­le­ment l’Europe et les États-Unis, affiche un niveau d’activité encore infé­rieur de 9% à ce qu’il était avant la crise. Les délo­ca­li­sa­tions s’accélèrent, avec une nou­velle vague d’investissements étran­gers en Chine et dans les pays émergents.

    Peut-on conti­nuer avec un sys­tème où « des esclaves fabriquent des pro­duits ven­dus à des chô­meurs » ? (Jean-Michel Quatrepoint)

    Heu­reu­se­ment, comme on peut le lire dans « France, état cri­tique » (sept 2011):
    « On nous rebat les oreilles avec les délo­ca­li­sa­tions mais, toutes les études le montrent, leur res­pon­sa­bi­li­té dans la baisse des emplois indus­triels sur le ter­ri­toire fran­çais est infime. » (Jean Peyrelevade)

    Réponse
  3. Hadrien

    Pour ceux qui sont favo­rables au libre échange tous azi­muts, et qui citent l’Allemagne en exemple (sui­vez mon regard),

    Réponse de h‑toutcourt aux ques­tions de pey­re­le­vade (13 sep­tembre 2011 à 12:32) sur son blog :

    « Où sont les « démen­tis » d’Olivier Berruyer ? »

    Les voi­ci :

    En démen­ti à l’introduction de « France, état critique » :

    « inter­dire toute immi­gra­tion de main d’oeuvre, dans une sorte de rap­pel des dom­mages ima­gi­naires pro­vo­qués par l’arrivée fan­tas­mée des plom­biers polo­nais…, pro­ner la démon­dia­li­sa­tion avec Arnaud Mon­te­bourg, impo­ser comme le sug­gère le par­ti socia­liste de Mar­tine Aubry des péna­li­tés sur les impor­ta­tions en pro­ve­nance des zones où ne seraient pas res­pec­tées les droits sociaux ou environnementaux…,
    pré­tendre avec les sou­ve­rai­nistes et cer­tains libé­raux que la liber­té des échanges n’est conce­vable qu’entre des pays de niveaux de déve­lop­pe­ment com­pa­rables…, autant d’illusions ! »,

    BERRUYER écrit :

    « Que pen­ser des consé­quences qu’aurait une for­mu­la­tion ana­logue à l’ar­ticle 56 du Trai­té de Lis­bonne sur les capi­tauxa­na­logue à l’ar­ticle 56 du Trai­té de Lis­bonne sur les capi­taux : toutes les res­tric­tions aux mou­ve­ments de capi­taux aux mou­ve­ments de per­sonnes entre les États membres et entre les États membres et les pays tiers sont inter­dites ? Notre pays aurait rapi­de­ment cin­quante mil­lions d’habitants sup­plé­men­taires… La conclu­sion est seule­ment qu’il faut des garde-fous… ». (p 47)

    « Le bon sens indique qu’il semble illu­soire d’attendre du sala­rié fran­çais qu’il soit « com­pé­ti­tif » face à un ouvrier rou­main gagnant 300€ par mois (même en tra­vaillant 40 heures par semaine), à un sala­rié polo­nais dont l’entreprise fait des éco­no­mies en reje­tant du mer­cure et du souffre, à un sala­rié anglais dont la mon­naie vient d’être dépré­ciée de 30% – sans par­ler d’un employé viet­na­mien ou chi­nois pour qui la notion de pro­tec­tion sociale reste un simple concept théo­rique. Or, tout ceci, consti­tue bien une « concur­rence libre et très faus­sée », au sens le plus libé­ral du terme. » (p 67)

    À votre inter­ro­ga­tion faus­se­ment can­dide : « Enfin, deman­de­ra-t-on aux expor­ta­teurs étran­gers de prou­ver qu’ils paient sur leurs ter­ri­toires les mêmes charges sociales que nous avons impo­sées à notre appa­reil pro­duc­tif ? », BERRUYER répond mani­fes­te­ment oui !

    En démen­ti de votre charge contre les coti­sa­tions sociales du type euro­péen employeur/salarié :
    « C’est la consé­quence du choix poli­tique de faire lar­ge­ment finan­cer la pro­tec­tion sociale par les entre­prises et non par les seuls ménages : notre sys­tème pro­duc­tif paye près de 40% de notre pro­tec­tion sociale,… Et on s’étonne qu’il ne soit pas compétitif ! »,

    BERRUYER rap­pelle que ce que le sys­tème le moins com­pé­ti­tif est celui où le sala­rié paye inté­gra­le­ment sa propre pro­tec­tion (san­té, retraites, etc.) ce qui entraîne gas­pillage et salaires beau­coup plus éle­vés à la charge des employeurs (aux États-Unis, un conduc­teur de bus peut gagner 4000€) :« Sou­li­gnons au pas­sage que ces coti­sa­tions sociales sont stig­ma­ti­sées par les idéo­logues néo­con­ser­va­teurs… Les États-Unis sont le pays déve­lop­pé qui dépense le moins pour sa san­té sous forme socialisée;…mais ce sont eux qui dépensent le plus pour leur san­té au glo­bal – sous forme pri­vée. Ain­si, en quoi rem­pla­cer 1000€ d’impôts pour la san­té par 1500€ de dépenses pri­vées, pour stric­te­ment la même chose pour le patient, est-il une bonne idée ? Bref, en l’espèce, l’idéologie for­ce­née devrait céder la place à plus de prag­ma­tisme… » (p 103)

    En démen­ti de votre charge contre les trente-cinq heures, dans un sous-cha­pitre qui leur est consacré :
    « La réforme des trente cinq heures est, paraît-il, der­rière nous, digé­rée et donc irré­ver­sible. Eh bien, je suis comme Jean-Fran­çois Coppé…,Manuel Valls et quelques autres, mal­heu­reu­se­ment trop peu nom­breux, poli­ti­que­ment incor­rect. Serions deve­nus un peuple de paresseux ?

    À la semaine, au mois, à l’année, notre durée du tra­vail est tou­jours par­mi les plus courtes. On a certes le droit de pré­fé­rer le loi­sir au tra­vail, la paresse à l’effort. Mais si tel est vrai­ment le rêve col­lec­tif, on ne peut espé­rer de sa réa­li­sa­tion plus de reve­nus, davan­tage de crois­sance et de pou­voir d’achat »,

    BERRUYER répond :

    Défi­nis­sons la PRODUCTIVITÉ du tra­vail par P, … D comme LA DURÉE MOYENNE DU TRAVAIL, et n LE NOMBRE DE TRAVAILLEURS, on a évidemment :

    PIB = P x D x N.

    De cette très simple équa­tion, tri­viale, découle toute la pro­blé­ma­tique habi­tuelle, et les solu­tions possibles.

    Si, comme nous l’avons défen­du, on estime que la consom­ma­tion, ras­sa­siée, va stag­ner… et sI on pose comme prin­cipe de base que le nombre de tra­vailleurs ne doit pas bais­ser, il faut donc :

    - soit sup­pri­mer tout gain de productivité.

    - soit, si la pro­duc­ti­vi­té conti­nue d’augmenter, alors la der­nière variable d’ajustement est la durée du travail.

    Sans réduc­tion de tra­vail, la variable d’ajustement sera auto­ma­ti­que­ment le chô­mage, et nous paye­rons des chô­meurs à res­ter chez eux au lieu de payer des tra­vailleurs en par­ta­geant le travail.

    Nous ne pou­vons évi­dem­ment pas par­ler de réduc­tion du temps de tra­vail sans une ana­lyse de la mise en place des « 35 heures ».

    On constate que la mise en place des trente cinq heures a coïn­ci­dé avec LA PLUS FORTE AUGMENTATION DU POUVOIR D’ACHAT EN FRANCE DEPUIS DIX ANS.

    Les gra­phiques per­mettent d’analyser l’impact sur la com­pé­ti­ti­vi­té. On observe de nou­veau les résul­tats de la poli­tique sala­riale alle­mande visant à amé­lio­rer sa com­pé­ti­ti­vi­té au détri­ment de ses par­te­naires et de sa consom­ma­tion intérieure.

    On observe cepen­dant que LA FRANCE a éga­le­ment amé­lio­ré sa com­pé­ti­ti­vi­té par rap­port à ses voi­sins – mais dans une moindre mesure que l’Allemagne…

    Bref, il est faux de croire que la France a « per­du la course » face à l’Allemagne, en rai­son d’une poli­tique de réduic­tion du temps de tra­vail « inconséquente ».

    Les 35 heures n’ont pas détruit d’emplois quand elles ont été mises en place, elles ont au contraire créé 350 000 emplois.

    On n’observe bien AUCUN IMPACT NÉGATIF DES 35 HEURES SUR L’EMPLOI – au contraire, la situa­tion de l’emploi s’améliore un peu comparativement.

    Le der­nier gra­phique démontre l’absence du moindre impact néga­tif des 35 heures sur la croissance »
    (p 473–487)

    Last but not least, en démen­ti de votre pané­gy­rique béat de l’Allemagne au Cha­pitre 4, inti­tu­lé l’Allemagne qui tra­vaille, l’Allemagne qui gagne :

    « le salaire moyen de l’allemand n’a pas aug­men­té, il a même plu­tôt légè­re­ment dimi­nué. Entre 2000 et 2009, il a recu­lé au total de 4,5%… une indé­niable rigueur. Enfin est inter­ve­nue la réforme du sys­tème de pro­tec­tion sociale…

    En résu­mé, l’Allemagne… a accro­ché son modèle au mar­ché mon­dial, au com­merce inter­na­tio­nal…. ce sont les alle­mands qui gagnent (qui gagnent quoi ? des salaires en baisse et un régime social en baisse dans la course au moins-disant qu’a ouverte Pas­cal Lamy à l’OMC !),

    voi­ci les élé­ments que livre BERRUYER :

    » LE MODÈLE ALLEMAND À NE SURTOUT PAS SUIVRE (Titre IV.2):

    en consé­quence, la consom­ma­tion est beau­coup plus faible – l’argent du consom­ma­teur ne venant que des salaires gagnés. Ceci est de nature récessive.

    Le fameux modèle alle­mand ne peut donc mar­cher que s’il est for­te­ment expor­ta­teur – le consom­ma­teur alle­mand ne pou­vant ache­ter les pro­duits « com­pé­ti­tifs » ache­tés. Ce n’est donc en rien un modèle, puisque tout le monde ne peut l’appliquer, tous les pays ne pou­vant être expor­ta­teurs nets. Il repose sur une concep­tion d’exploitation de ses voi­sins : vou­loir être expor­ta­teur net (donc « gagner » sic) signi­fie vou­loir que ses par­te­naires com­mer­ciaux soient impor­ta­teurs nets, et « perdent donc en per­ma­nence ». ce genre de « jeu » ne dure jamais bien longtemps.

    Le manque de per­for­mance de ce sys­tème « para­site » s’observe sur les deux gra­phiques, qui illus­trent que LA CROISSANCE ALLEMANDE A ÉTÉ INFÉRIEURE À LA CROISSANCE FRANÇAISE 13 FOIS EN 16 ANS, et que LE PIB PAR HABITANT A DÉSORMAIS DÉPASSÉ SON HOMOLOGUE ALLEMAND alors qu’il lui était infé­rieur de 15% en 1995.

    Sou­li­gnons pour l’anecdote qu’un point a été cepen­dant pré­ser­vé par l’Allemagne : sa très faible durée du temps de tra­vail. Car on le sait peu, mais L’ALLEMAGNE TRAVAILLE 10% DE MOINS QUE LA FRANCE, 1310 heures de tra­vail par habi­tant et par an contre 1470 en 2009… »
    (p 445–448)

    Réponse
  4. Étienne

    Mer­ci Hadrien, tout ça est PASSIONNANT.

    Étienne.

    Réponse
  5. Étienne

    LIÊM HOANG-NGOC S’EST DÉSISTÉ
    (pour cause de réunion imprévue).

    C’est vrai­ment dom­mage ; je me fai­sais une joie de ren­con­trer cet homme dont je lis les livres avec grand plaisir.

    Il faut déci­dé­ment beau­coup de cou­rage pour résis­ter aux pros de la calom­nie. Je com­prends Liêm. Ce n’est pas grave.

    On fera une confé­rence-débat sans lui, tant pis.

    Réponse
  6. turandot

    Et ça sera génial, parce que ceux qui vien­dront ne vont pas se lais­ser convaincre comme ça par tes arguments .

    Y aura-t-il un élu cou­ra­geux dans la salle ?

    Réponse

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