Qui est d’extrême droite ?

12/09/2011 | 132 commentaires

Comme tous ceux qui voient dans les atten­tats cri­mi­nels du 11 sep­tembre la POSSIBILITÉ (et pas du tout la cer­ti­tude) d’un coup d’É­tat des­ti­né à réduire les liber­tés publiques et à légi­ti­mer un état de guerre per­ma­nent, je deviens appa­rem­ment le « fas­ciste » des chiens de garde de la véri­té officielle.

Un papier assez veni­meux, plu­tôt bête et sur­tout très calom­nieux, vient de paraître, là :
conspishorsdenosvies…faux-ami-etienne-chouard-en-tournee/

Il y est dit que je suis désor­mais « un conspi­ra­tion­niste d’ex­trême droite » (sic), que l’  »on doit » (re sic) consi­dé­rer comme un « enne­mi poli­tique » (re re sic)…

Je dois aller en cours ce matin et je n’ai pas le temps de déve­lop­per, mais je peux dire rapi­de­ment quelques choses simples et fortes : je suis prêt à débattre (mais pas à me battre) avec n’im­porte qui :

1) de ce qui CARACTÉRISE la pen­sée d’ex­trême droite (on en pro­fi­te­ra pour carac­té­ri­ser ce qu’est une vraie pen­sée de gauche),

2) de ce qui consti­tue ma propre pen­sée, pour savoir si, fina­le­ment, je suis de droite ou de gauche.

En deux mots, si c’est possible :

• De ce que j’en sais, le pro­jet d’ex­trême droite est un pro­jet de domi­na­tion d’une bande de riches pri­vi­lé­giés, au moyen d’un chef unique pas ou peu contrô­lé par « son » peuple : l’ex­trême droite veut un homme fort, un lea­der maxi­mo, un duce, un füh­rer, un roi, un dieu.

La maî­trise de l’É­tat (c’est-à-dire du mono­pole de l’u­sage de la force) par ces pri­vi­lé­giés leur per­met de rendre éter­nels leurs pri­vi­lèges, et l’une des mis­sions du chef d’ex­trême droite, c’est de faire régner l’ordre des pro­prié­taires par la ter­reur ins­pi­rée aux tra­vailleurs, à qui l’ex­trême droite rêve d’in­ter­dire les syn­di­cats et les asso­cia­tions, et, fina­le­ment, de pri­ver les pauvres de toute pos­si­bi­li­té de résis­tance poli­tique aux riches du moment.

• La vision que j’ai de la socié­té, qui est radi­ca­le­ment démo­cra­tique (au sens strict et hon­nête du terme, et pas au sens « moderne » dévoyé par les élus) est dia­mé­tra­le­ment oppo­sée à celle de l’ex­trême droite : JE NE VEUX PAS DE CHEF (c’est d’ex­trême droite, ça ? Il faut arrê­ter de dire des bêtises) ; je cherche à mettre tous les aspi­rants chefs sous le contrôle quo­ti­dien de ceux qu’ils pré­tendent domi­ner ; je cherche les condi­tions d’un pro­ces­sus consti­tuant hon­nête qui don­ne­ra aux peuples des ins­ti­tu­tions leur per­met­tant — à tout moment et de leur propre ini­tia­tive — de résis­ter contre tout pro­jet de domi­na­tion, quel qu’il soit ; je pré­tends que toutes les déci­sions impor­tantes pour la socié­té doivent être débat­tues et prises par les citoyens eux-mêmes, sous leur propre contrôle, effec­tif et quo­ti­dien ; je conteste toute véri­té offi­cielle, quelle qu’elle soit, et je défends l’i­sé­go­ria, droit de parole publique pour tous, à tout moment et à tout propos…

Sauf à être de mau­vaise foi, on ne peut pas dire que ces convic­tions soient le mar­queur de l’i­déo­lo­gie d’ex­trême droite. Il faut être sacré­ment inculte (ou un fief­fé men­teur) pour le prétendre.

Quand je dis que les nou­veaux éten­dards de la pré­ten­due « gauche » socia­liste sont secon­daires, je sais très bien ce que je dis : SECONDAIRE NE SIGNIFIE PAS SANS INTÉRÊT, SECONDAIRE SIGNIFIE QU’IL Y A DES CHOSES PLUS IMPORTANTES (et ça ne fait pas de moi un « fasciste ») :

- je suis évi­dem­ment pour l’é­ga­li­té poli­tique et sociale entre les hommes et les femmes ; mais je ne consi­dère pas ceux qui pensent le contraire comme des ennemis ;

- je suis évi­dem­ment pour la plus grande liber­té sexuelle entre adultes consen­tants (comme le dit fort bien Michel Onfray) et, bien sûr, pour la liber­té de se marier entre homo­sexuels (les gens font bien ce qu’ils veulent) ; mais je ne consi­dère pas ceux qui pensent le contraire comme des ennemis ;

- je suis contre la peine de mort (une bar­ba­rie n’en jus­ti­fie pas une autre) ; mais je ne consi­dère pas ceux qui pensent le contraire comme des ennemis ;

- je ne suis pas raciste et je pense que le racisme LA PLUPART DU TEMPS est une erreur, une peur mal fon­dée, une opi­nion poli­tique qui peut être chan­gée par un débat res­pec­tueux et appro­fon­di — alors que cette pen­sée poli­tique (raciste) s’en­dur­cit quand elle est sot­te­ment cari­ca­tu­rée et cri­mi­na­li­sée par des Tor­que­ma­da arbo­rant frau­du­leu­se­ment l’é­ten­dard « anti­ra­ciste » ; mais je ne consi­dère pas ceux qui pensent le contraire comme des ennemis.

Sur tous ces sujets, mes idées sont sans impor­tance et je pré­tends que nous devrions d’a­bord beau­coup débattre entre nous (plu­tôt qu’entre « repré­sen­tants ») et sur­tout déci­der par RÉFÉRENDUM POINT PAR POINT sans nous déchi­rer à leur sujet car là n’est pas l’essentiel.

Alors, où est l’es­sen­tiel ? Je pense qu’en rem­pla­çant la résis­tance des pauvres contre les pro­jets de domi­na­tion des riches par la résis­tance des immi­grés contre le racisme, les nou­veaux « hommes de gauche » ont vidé la gauche de son sens et de sa force, ils ont tra­hi et désar­mé ceux qui tra­vaillent : je pense effec­ti­ve­ment que ceux qui confisquent aujourd’­hui l’é­ti­quette « socia­liste » ne sont pas de gauche. Je pense que, à quelques détails secon­daires près, les pré­ten­dus « socia­listes » font la même poli­tique que l’ex­trême droite, à com­men­cer par la construc­tion de l’U­nion euro­péenne, pro­jet de domi­na­tion poli­tique épou­van­table, de mon point de vue.

Dire cela fait de moi peut-être l’en­ne­mi de ces faux socia­listes, mais ça ne fait pas de moi un fasciste 🙂

L’es­sen­tiel, à mon sens, c’est de savoir com­ment ceux qui tra­vaillent peuvent résis­ter aux pro­jets de domi­na­tion de ceux qui font tra­vailler les autres. Le vrai cli­vage gauche droite, à mon sens, il est là.

Mais pour en reve­nir à ma pre­mière impres­sion, je pense que la rai­son réelle de ces accu­sa­tions fan­tai­sistes de « fas­cisme » n’a rien à voir avec le fond de ce que je pense : il s’a­git de salir, par la vieille tech­nique de la calom­nie, ceux qui résistent aux pro­jets de domi­na­tion du moment. La liber­té de pen­ser sur les atten­tats du 11 sep­tembre est un mar­queur très inté­res­sant, et je com­mence à iden­ti­fier ceux qui traitent les autres de « conspi­ra­tion­nistes » comme des COMPLICES objec­tifs du sys­tème en formation.

Ce qui devrait conduire à se poser cette ques­tion : les auteurs de telles calom­nies sont-ils bien « de gauche » ? Ou ne sont-ils, pas pré­ci­sé­ment, des faux-nez des pri­vi­lé­giés s’af­fu­blant de l’é­ti­quette frau­du­leuse « antifasciste » ?

En tout cas, ma devise reste :
BIEN FAIRE ET LAISSER BRAIRE.

J’at­tends serei­ne­ment les pro­chains débats sur le fond de toutes ces accusations.

Étienne.

______________

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132 Commentaires

  1. hébé

    Je me sou­viens du tol­lé à pro­pos de votre blog anti TCE…

    Ce sont les mêmes qui ruent ici.

    Ils sont sans inté­rêt, et ils se nuisent à eux-mêmes par la calomnie.

    J’ai bien l’im­pres­sion, qu’ef­fec­ti­ve­ment, ce sont des nan­tis qui ne veulent rien chan­ger pour gar­der leurs privilèges.

    Leur réac­tion est une réac­tion de peur pas une réflexion.

    Réponse
  2. behemothe

    Je pense que c’est la preuve que vous com­men­cez à déran­ger et que vous pre­nez une place qui inquiète le pou­voir en place.

    L’o­li­gar­chie prend peur, il faut s’at­tendre à bien d’autre coup bas. Mais il faut recon­naitre que celui ci est d’une stu­pi­di­té rare ce qui ten­te­rait à prou­ver qu’ils n’ont pas d’autres angle d’at­taque, et ça c’est plu­tôt rassurant.

    Peut-être aus­si la volon­té de vous obli­ger à vous mar­quer poli­ti­que­ment pour vous isoler.

    J’es­père que cela ne vous décou­ra­ge­ra pas.

    Réponse
  3. Youri

    Je viens de décou­vrir que NKM viens de vendre 1740 (1740) exem­plaires de son der­nier ouvrage.

    Belle per­for­mance !

    Vous êtes dans le vrai et cela com­mence à déranger.

    Il est nor­mal que ceux qui en croquent actuel­le­ment réagissent et vous consi­dèrent comme un des hommes à abattre.

    Les idiot utiles emboîtent le pas.

    Tout est normal.

    Sauf que nous sommes de plus en plus nom­breux à nous ras­sem­bler grâce à vous.

    Et ça, ça les dérange…

    Réponse
  4. Lombard

    Bon­jour,

    Je vous découvre depuis peu, et c’est sou­la­ge­ment, car même avec beau­coup d’at­ten­tion à la vie poli­tique, je n’ar­ri­vais pas à bien cer­ner cer­taines choses.
    J’a­vais cepen­dant conclu tout seul, que le moyen de résis­tance le plus effi­cace était le vote blanc, et j’a­vais mis une pro­po­si­tion sur mon blog : 

    http://​jesui​sun​ra​leur​.canal​blog​.com, sous le titre : le vote subversif.

    Peut-être cela peut-il vous intéresser ?

    Réponse
  5. Jean-philippe Santerres

    Mr Chouard, je viens de lire l’ar­ticle cité en lien, qui sus­cite votre publication.

    Les bras m’en tombent ! Je reste sans voix et ne sais vrai­ment que dire tel­le­ment je suis révol­té par les qua­li­fi­ca­tifs dont on vous affuble…

    Espé­rons que ces per­sonnes ne seront jamais tirées au sort !

    Et si c’é­tait vous, le plan C à l’avenir ?

    Réponse
  6. Jc

    Cet article émane soit d’une per­sonne qui n’a jamais écou­té vos confé­rences, soit d’un men­teur. Dans tous les cas, vous lui avez don­né une bien belle réponse.

    Cou­rage ! 🙂

    Réponse
  7. ours

    Etienne j ‘ai eu l’oc­ca­sion d’as­sis­ter à tes confé­rences je par­tage tes idées et ne peux pen­ser à aucun moment que se sont les ouvriers, qui sont inquiets du contrôle des élites. C’est vrai qu’ils en ont besoin.

    Réponse
  8. Lysiane

    J’ap­prends beau­coup à tra­vers vos confé­rences, et textes que vous met­tez sur le net.

    Ces nou­velles voix qui s’é­lèvent, dérangent l’in­tel­li­gent­sia habituelle.

    Conti­nuez !

    Réponse
  9. Thomas

    « Ce qui devrait conduire à se poser cette ques­tion : les auteurs de telles calom­nies sont-ils bien « de gauche » ? Ou ne sont-ils, pas pré­ci­sé­ment, des faux-nez des pri­vi­lé­giés s’af­fu­blant de l’é­ti­quette frau­du­leuse « antifasciste » ? »

    Vous ne pou­viez décem­ment pas finir votre « droit de réponse » sans expo­ser une théo­rie conspirationniste.…

    Pour le reste vous éli­mi­nez de la cri­tique de ce site la liste de liens que vous recom­man­dez et qui sont indis­cu­ta­ble­ment d’ex­trême-droite ou (seule­ment) réac­tion­naires. En tout cas on est très loin de la gauche. En revanche je ne pense pas comme les auteurs de cet article que vous êtes fas­ciste, mais plu­tôt un idiot utile mani­pu­lé par les assoces et la rhé­to­rique d’ex­trême-droite – qui a tou­jours été conspi­ra­tion­niste – et que comme vous je pense qu’il est tou­jours pos­sible de chan­ger d’o­pi­nion. Et il est par­fois plus que salu­taire de mettre les points sur les i.

    Réponse
  10. max

    Bon­jour Mr Chouard,

    Un mes­sage de plus pour vous encou­ra­ger et recon­naître l’im­mense valeur de votre travail 🙂

    Si de telles calom­nies com­mencent à poindre, j’y vois pour ma part une excel­lente nou­velle, celle que les idées debat­tues ici com­mencent à faire leur bout de che­min ! La contre­par­tie étant (comme vous le savez bien hélas) que ce genre d’at­taques risque de se faire de plus en plus fréquemment.

    Tenez bon, on est de plus en plus nom­breux avec vous.

    Réponse
  11. GdN

    « Gauche » ou «(extrême)-droite » n’est pas la question. 
    Est-ce que ce que dit Étienne Chouard est faux ? 
    Si Étienne Chouard est un « idiot utile » alors démon­trez-le avec des argu­ments.

    Réponse
  12. Stouf le ouf

    Nous y voilà…

    Bien que vos idées me séduisent, j’ai été inter­pe­lé par le fait que les idées de l’ex­trême gauche rejoignent en par­tie celles de l’ex­trême droite.

    C’est pro­ba­ble­ment du au fait qu’elles par­tagent le popu­lisme, une à la sauce citoyenne et l’autre à la sauce natio­na­liste. Cepen­dant, dans ces deux sauces, il y en a une qui est indigeste.

    Est-ce que le tirage au sort est une solu­tion pour une meilleure repré­sen­ta­tion du citoyen ? Je pense qu’il y a là un vaste débat. Cepen­dant, il est impor­tant que des gens défendent des idées nouvelles

    J’ai­me­rais quand-même atti­rer votre atten­tion sur un point. Lorsque l’on devient une per­son­na­li­té publique, il faut, lorsque l’on défend une thèse, envi­sa­ger son contraire. Sans cette métho­do­lo­gie, on se leurre sou­vent soi-même, mais plus grave, on leurre ses lecteurs…

    Au cours des années 70, les états ont opté pour une poli­tique néo­li­bé­rale. A la base, pour­quoi pas ? Le capi­ta­lisme sem­blait fonc­tion­ner et être cou­plé à un cer­tain pro­grès social. Il s’a­vère que depuis quelques années, cette idée s’est avé­rée extrê­me­ment mau­vaise. La finance mon­diale est dans une impasse qui met­tra pro­ba­ble­ment fin au capi­ta­lisme dans se forme actuelle..

    Est-ce que l’on doit impu­ter l’im­pé­ria­lisme amé­ri­cain à un com­plot mon­dial ? Les nations agissent en géné­ral dans leurs inté­rêts. Le seul pro­blème, mais il est fon­da­men­tal, c’est qu’elles oublient trop sou­vent l’ar­ticle numé­ro 1 de la charte des droits de l’homme.

    Est-ce qu’il y a mani­pu­la­tion de la part des gou­ver­ne­ment ? Evi­dem­ment, pour la simple rai­son que les poli­ti­ciens veulent se por­ter garants de la sta­bi­li­té de leur pays et craignent les effets de foules qui ne sont pas tou­jours réfléchis.

    Rem­pla­cer un sys­tème pour un autre ne mène pas tou­jours à une amé­lio­ra­tion. Je ne suis pas sur que la révo­lu­tion tuni­sienne est une grande réus­site même si ça ne pou­vait pas être pire que l’an­cien régime…

    Ceci dit, l’ar­ticle dont vous êtes vic­time n’a clai­re­ment pour but que de vous dis­cré­di­ter sans aucune argu­men­ta­tion solide…

    J’es­père que dans votre nou­velle consti­tu­tion, vous inclu­rez l’ar­ticle 1 des droits de l’homme comme base fondamentale.

    Ami­ca­le­ment

    Sté­phan

    Réponse
  13. jb5175

    Bra­vo, il est tou­jours utile que vous re-pré­ci­siez vos pen­sées, vos enga­ge­ments, et vos convictions.

    Vous sus­ci­tez la confiance, et j’ai­me­rai vous comp­ter comme sui­veur de notre démarche. Fai­sons dire aux citoyens dans quel monde ils veulent vivre. J’aime que vous recon­nais­siez le droit à d’autres de pen­ser dif­fé­rem­ment, c’est démocratique 🙂

    Vive­ment NOTRE constitution !

    Bonne réus­site à nos initiatives

    Réponse
  14. sitouaillain

    Salut Etienne,
    je suis évi­dem­ment très choqué,
    comme je l’a­vais été des calom­nies dou­teuses d’An­dré Bel­lon et celles de Raoul Marc Jen­nar (après le 6 février 1934 sur son blog, j’ai même un mail de lui en stock où il te traite tex­to de Vichiste…)

    à la limite c’est ceux-là qu’il faut com­battre, les petits pignoufs du blog « conspis hors de nos villes » on s’en fiche un peu, ils sont d’ailleurs ce qu’ils cri­tiquent eux-mêmes, en plus laches… en bref « conspi­ra­tion­nistes vous mêmes », aurait été une bonne réponse avant de répondre vraiment.…domage
    comme dit Cas­to­ria­dis, nous vivons à l’ère de l’in­si­gni­fiance, et ces petits sol­dats de la police de la pen­sée sont la plaie de notre socié­té en voie de pour­ris­se­ment, per­sonne ne croie plus en rien ni per­sonne, la pas­sion de cra­cher du fiel est un sport natio­nal (paris cham­pion, s’entend)…je suis dzé­çu que tu t’y adonnes.

    je m’as­so­cie donc à cet élan de soli­da­ri­té envers toi, et bot­ter le cul de ces odieux per­son­nages me ferait bien plaisir,

    je n’en reste pas moins cri­tique sur un cer­tain nombre de tes affir­ma­tions et rai­son­ne­ments et je constate encore une fois que l’in­jure est un bon moyen pour obte­nir une réponse…et, encore, c’est tou­jours à côté du fond :
    là était l’es­sen­tiel de ce qui méri­tait réponse :
    « L’introduction du tirage au sort ou le déve­lop­pe­ment du réfé­ren­dum comme mode de consul­ta­tion démo­cra­tiques sont à ses yeux les remèdes aux crises que nous tra­ver­sons. Ce qui est assez idiot : com­ment pen­ser que ces seules mesures pour­raient résoudre nos pro­blèmes, si les domi­na­tions de classe persistent ? »

    …
    « Tou­jours est-il que si cette vision idéa­li­sée d’Athènes peut, pour­quoi pas, ser­vir de guide à un enga­ge­ment poli­tique, elle ne sau­rait cepen­dant être confon­due avec la réa­li­té. Or, Etienne Chouard pense qu’il peut serei­ne­ment « dia­lo­guer » avec tout le monde et que tout le monde (notam­ment fas­cistes et anti-fas­cistes) devrait faire de même. C’est perdre com­plè­te­ment de vue la ques­tion des conflits poli­tiques et de la domi­na­tion de classe dans les­quels s’inscrit pour­tant néces­sai­re­ment tout com­bat poli­tique. Perdre de vue cette ques­tion ne peut que conduire à une totale inef­fi­ca­ci­té dans l’action. »

    le fait que tu ne réponde pas là-des­sus (c’é­tait tout de même des perches!) me parait « symp­to­ma­tique », si je puis me per­mettre, fais donc atten­tion Etienne car à force de te per­sua­der que tu as rai­son et que ceux qui cri­tiquent ont, soit un inté­rêt dou­teux, soit n’ont pas com­pris ou ne sont pas « prêts »,
    à force de sys­té­ma­ti­que­ment gom­mer les nuances avec des TOUJOURS et PARTOUT, etc., tu n’es pas à l’a­bri d’ap­pa­raître comme dogmatique…la parade est dans la conscience d’être dans un cheminement…ce que ne font plus les petits sol­dats de la bien-pen­sance et autre mili­tants ayant arrê­té de pen­ser pour suivre..

    Fra­ter­nel­le­ment

    PS : tu risque d’a­voir un contra­dic­teur d’Al­ter­na­tive Libé­rale au débat du 17/09…j’me marre…

    Réponse
  15. valerie

    Bon­jour Étienne,

    Cela se rap­proche un peu de la ques­tion que je vous ai envoyée par mail le 09 sep­tembre (11h51) à pro­pos d’A­lain Soral, (entre autres ques­tions !), même si le pro­cé­dé n’est pas le même.

    Donc si vous avez le temps de vous y pencher…

    Ceci montre un peu ce que j’es­sayais de dire : il faut peut-être cla­ri­fier les choses pour évi­ter toute confusion…

    Mer­ci

    Valé­rie

    Réponse
  16. Nicolas Ngo-Doan-Ta

    « Les impé­ria­listes voient des extré­mistes par­tout » Hugo Chavez.

    Dès qu’on s’at­taque au sys­tème, celui-ci se défend. Pas éton­nant d’être trai­té de la sorte par les chiens de garde du système…

    Toute per­sonne intel­li­gente ou qui te connait un peu sait très bien que tu es aux anti­podes de l’ex­trême droite. Ne perds pas ton temps à répondre à des gens qui n’ose même pas signer leurs articles calom­nieux. Ces gens ne cherchent pas le débat, ils cherchent à détruire, c’est leur rôle.

    Quant à ceux qui te demandent encore des comptes sur le lien vers le site d’A­lain Soral, ils n’ont encore rien com­pris au sys­tème de domination.

    Ami­tié.

    Réponse
  17. catherine

    Je n’ai pas tout lu Etienne , quelques lignes suf­fisent pour devi­ner le teneur du papier.

    Si l’on vous disait mar­tien, croyez-vous que vous vous use­riez l’é­chine à prou­ver le contraire, non, je ne crois pas.

    Conti­nuez votre route, votre route comme toute route est semée d’embuches, c’est plu­tôt nor­mal, seul celui qui reste figé sur place ne risque pas d’a­voir à subir ce genre de cailloux dans la chaus­sure, mais un cailloux quand on le sent, on le regarde et on l’en­lève puis on reprend sa route.

    Bonne route à vous !

    Réponse
  18. Étienne

    Mer­ci à tous,

    Ça fait du bien de vous savoir là.

    Le raz-de-marée de réponses chez les « anti­fas » est tout à fait éton­nant (et intéressant)

    Bonne nuit.

    Étienne.

    Réponse
  19. turandot

    Bon­jour Étienne.

    J’ai regar­dé le site dont tu donnes le lien .

    Ils ont fait 4 billets, c’est tout : amal­games de tout et n’im­porte quoi .

    Il n’y a rien d’autre que 4 billets sur ce site fait de pro­vo­ca­tions : je crois qu’il vaut mieux igno­rer .Ils mélangent tout et à mon avis n’ont jamais écou­té une seule de tes conférences

    Je suis très fière que tu viennes chez nous (ain­si que Liêm Hoang-Ngoc): 

    http://​www​.super​no​.com/​b​l​o​g​/​2​0​1​1​/​09/…etienne-chouard-et-liem-hoang-ngoc-a-metz-same­di-22-octobre

    Regarde tes mails !

    Réponse
  20. Fab

    Bon­jour Étienne,

    Moi on m’a écrit « eugé­nisme ». L’u­nion fait la force disent cer­tains ; non non, on lui dit non, pas l’u­nion non, il y a des limites…répondent-elles.

    Là aus­si on parle de démo­cra­tie, et sur­tout – il est temps – du comment.

    Réponse
  21. Pascal

    Tom­bé sur ce site par hasard, conspi machin, leur rhé­to­rique est ron­flante et gon­flante. Et puis ces beaux par­leurs débla­tèrent à l’a­bri de leur confor­table ano­ny­mat au sujet de per­sonnes qui elles ont le cou­rage de s’af­fi­cher publi­que­ment ! Avec des amis comme ça, la cause de la jus­tice n’a pas besoin d’en­ne­mis ! Ils prennent vrai­ment les gens pour des imbé­ciles, inca­pable de pen­ser par eux mêmes ! j’ai cru com­prendre que les auteurs auto­pro­cla­més supé­rieu­re­ment éclai­rés de ce site se réclament de l’a­nar­chie : cause per­due d’a­vance pour long­temps vu le degré d’in­tel­li­gence qu’ils prêtent à la popu­la­tion qu’ils gavent de leurs pro­pos sen­ten­cieux afin de la pré­mu­nir de sa soi-disant bêtise face aux méchants des­sins des stu­pides conspirationistes !

    Je pense que le but visé par la rhé­to­rique autour du conspi­ra­tio­nisme, caté­go­rie fabri­quée pour dis­cré­di­ter en dia­bo­li­sant, est de consti­tuer en petit groupe sec­taire et extré­mistes afin de les iso­ler les indi­vi­dus qui s’ef­forcent de conduire leur propre réflexion en ali­men­tant celle-ci à diverses sources libre­ment choi­sies, sans se sou­mettre aux ukases et tabous énon­cés par ces prêtres de la moder­ni­té, ces idéo­logues paten­tés, por­teurs de nobles idéaux enfan­tés au XIXe siècle, mais qui depuis se sont heur­tés à la dure oppo­si­tion du réel que consti­tue la condi­tion humaine laquelle ne se laisse par tordre aus­si faci­le­ment que d’au­cun vou­draient encore le croire dans leurs dési­rs inas­sou­vis de toute puissance !

    Réponse
  22. franck

    Bra­vo Etienne,
    « bien faire et lais­ser braire » tu as tout a fait raison.
    on dirais que tu com­mences à déran­ger l’o­li­gar­chie en place. c’est bon signe n’est ce pas ?
    conti­nuons.… et compte sur mon soutien.
    Franck

    Réponse
  23. Curieux

    Bon­soir M. Chouard,

    J’ai regar­dé aujourd’­hui même sur You­tube l’une de vos Confé­rences sur la démo­cra­tie ori­gi­nelle athé­nienne et son appli­ca­bi­li­té aujourd’­hui. J’ai appré­cié votre rai­son­ne­ment qui m’a sem­blé pré­sen­ter une alter­na­tive ori­gi­nale et opti­miste à notre oli­gar­chie actuelle. Un peu plus tard, me ren­sei­gnant plus pré­ci­sé­ment sur votre enga­ge­ment, je suis tom­bé sur l’ar­ticle à l’o­ri­gine de cette réponse.
    Il est en effet sim­pliste de mener une cri­tique sur la base de quelques rela­tions et le ton agres­sif est navrant. Je ne suis pas pour les éti­quettes et s’il me paraît évident que vous n’êtes pas d’ex­trême droite, le façon dont vous van­tez les mérites du sys­tème suisse m’a gêné. Sim­ple­ment parce que le réfé­ren­dum contre les mina­rets est un exemple de popu­lisme d’ex­trême droite xéno­phobe per­mise par une démo­cra­tie plus directe.
    J’ap­pré­cie­rais que vous me pré­ci­siez pré­ci­sé­ment votre posi­tion concer­nant cette mesure en particulier.
    De même si pou­vez me répondre clairement :

    Etes vous nationaliste ?
    Etes vous pour une immi­gra­tion moins stig­ma­ti­sée en France ?
    Pen­sez-vous vrai­ment que les Ban­quier juifs pro­fitent réel­le­ment de l’a­mal­game de l’antisémitisme ?

    Je tiens à dire éga­le­ment que l’op­po­si­tion sociale travailleurs/profiteurs s’ar­ti­cule à mon sens avec d’autres, de culture, homme/femme etc… qui ne sont pas élu­dables. Et NON, « votre avis sur ces sujets » a son importance.
    Je ne sau­rais accor­der ma confiance sur des sujets poli­tiques à qui­conque sans savoir au préa­lables si ses convic­tions sont réel­le­ment celles d’une ouver­ture huma­niste et multiculturelle.

    cor­dia­le­ment

    Réponse
  24. jelejure

    « tous les élus sont pourris » ?

    Si oui, alors Étienne a rai­son de ne pas s’embarrasser avec des « détails de l’his­toire »…Mais si non, alors, Étienne ne sert la soupe qu’à la bar­ba­rie la pire, j’es­père bien non inten­tion­nel­le­ment, mais faire du sen­ti­ment per­son­nel ici relè­ve­rait de la col­la­bo­ra­tion la plus lâche !

    Les élus au banc des accu­sés, oui, mais la « rigueur intel­lec­tuelle », et l’es­prit même des « lois » exi­ge­raient un pro­cès équi­table : conclu­sion : non, tous les élus ne sont pas pour­ris, et il revient au peuple de savoir uti­li­ser le poten­tiel démo­cra­tique de l’é­lec­tion pour envoyer aux pou­voirs les élus qui ne sont pas pour­ris : sépa­rez le bon grain de l’i­vraie, si vous ne vou­lez pas ali­men­ter les chiennes des têtes rasées hon­groises et autres, qui reviennent au pas de l’oie en jouant du vio­lon appe­lé « tirage au sort et réfé­ren­dum populiste !

    Com­mu­ni­qué de presse groupe par­le­men­taire GUE/NGL 6 octobre 2011 
    « Soli­da­ri­té avec les Indi­gna­dos » Le groupe par­le­men­taire de la Gauche Européenne/Gauche Verte Nor­dique GUE/NGL a lan­cé une ini­tia­tive pour expri­mer sa soli­da­ri­té avec le mou­ve­ment des « indi­gnés » – un col­lec­tif de gens de par­tout en Europe, qui arri­ve­ront à Bruxelles à par­tir du 8 octobre 2011. Dans trois lettres offi­cielles adres­sées au Bourg­mestre de la Com­mune de Koe­kel­berg, au Pré­sident ministre de la Région Bruxelles-Capi­tale et au Fred­dy Thie­le­mans, Bourg­mestre de la Com­mune Bruxelles, les dépu­tés demandent d’offrir aux « indi­gnés » d’hos­pi­ta­li­té et de mon­trer une ouver­ture d’es­prit digne de la capi­tale de l’U­nion euro­péenne. Les lettres ont été signées par la suite par de nom­breux dépu­tés euro­péens des groupes des Verts et des Socia­listes. Le mou­ve­ment des “Indi­gna­dos” va orga­ni­ser des réunions et des mani­fes­ta­tions publiques à Bruxelles pour dis­cu­ter des défis actuels, autant sociaux que poli­tiques de l’Eu­rope ; et pour faire entendre la voix des citoyens dans les ins­ti­tu­tions de l’U­nion euro­péenne. Les orga­ni­sa­teurs attendent des mil­liers de personnes.

    Press contacts GUE/NGL

    Réponse
  25. Étienne

    Ben voyons… : tous ceux qui dénoncent l’es­cro­que­rie par­le­men­taire sont des « fas­cistes », qui « servent la soupe à la pire bar­ba­rie », via des « séduc­teurs populistes »… 

    C’est cela, oui, conti­nuez à nous prendre pour des imbéciles.

    Cette pro­tes­ta­tion indi­gnée est sans doute signée par… un parlementaire ?

    L’exemple du com­mu­ni­qué de presse des élus GUE/NGL se pré­ten­dant « soli­daires avec les Indi­gnés » est acca­blant : les citoyens sont priés de se conten­ter d’un insi­pide bla­bla sans la moindre por­tée contrai­gnante, et de ne pas tenir rigueur aux élus pour toutes les régres­sions anti­so­ciales (bien réelles et bien contrai­gnantes, elles) que rend pos­sible depuis qua­rante ans l’U­nion euro­péenne (impo­sée par VIOL par les mêmes élus). Les élus font prendre aux élec­teurs des ves­sies pour des lan­ternes. Trop tra­hi, j’en ai marre d’être repré­sen­té, repré­sen­ta­tion qui m’in­fan­ti­lise : je veux la démo­cra­tie, la vraie. Je ne veux plus être réduit à un élec­teur-enfant ; j’as­pire à être recon­nu comme un citoyen-adulte. Et sur ma route, en tra­vers de ma route, je trouve… des élus. Des élus qui tiennent mor­di­cus à res­ter mes maîtres et tout déci­der à ma place. 

    J’en ai marre des élus : ni dieu, ni maître.

    Donc oui, Alain, je résiste à cette inti­mi­da­tion par­le­men­taire que je trouve pro­fon­dé­ment ANTIDÉMOCRATIQUE.
    Et ça ne fait pas de moi un fas­ciste : il ne faut pas prendre les gens pour des imbé­ciles, il ne suf­fit pas d’in­ju­rier les gens — à fronts ren­ver­sés, en plus ! — pour pro­duire une démonstration.

    Ceux qui dénoncent comme « fas­cistes » tous les don­neurs d’a­lerte radi­caux (les vrais don­neurs d’a­lerte, quoi) sont même for­te­ment sus­pects de défendre… les vrais fas­cistes (tou­jours pré­sents, appa­rem­ment, contrô­lant la force publique pour péren­ni­ser leurs grands privilèges). 

    On dirait une cour de récré où volent les points God­win :
    — « Fasciste ! » 
    — « Toi-même ! « .…

    Étienne.

    Réponse
  26. jelejure

    « L’exemple du com­mu­ni­qué de presse des élus GUE/NGL se pré­ten­dant « soli­daires avec les Indi­gnés » est acca­blant : les citoyens sont priés de se conten­ter d’un insi­pide bla­bla sans la moindre por­tée contrai­gnante, et de ne pas tenir rigueur aux élus pour toutes les régres­sions anti­so­ciales (bien réelles et bien contrai­gnantes, elles) que rend pos­sible depuis qua­rante ans l’U­nion euro­péenne (impo­sée par VIOL par les mêmes élus) ».… Etienne, relis-toi bien et tu seras acca­blé ! qui dit jus­tice dit jus­tice, mais qui mélange l’or­dure avec ses der­nières res­sources mérite l’en­fer­me­ment qu’il s’im­pose lui-même : il n’y a aucun espoir si l’on pro­cède de la sorte, cédant à une pul­sion de haine impos­sible à dis­si­mu­ler qu’à soi-même !
    tout est dans cet aveu­gle­ment, ce juge­ment som­maire : « viol par les mêmes élus » !

    Je ne suis pas par­le­men­taire, mais cet amal­game entre élus et élus m’in­digne autant que tous les signes de régres­sion men­tale annon­cia­teurs du pire !
    Alain

    Réponse
  27. Étienne

    Alain (c’est toi, « jelejure » ?!),

    Je n’ai pas de haine : je me défends contre l’op­pres­sion (même si ceux qui m’op­pressent sont ceux qui sont élus pour me défendre). J’ai le droit ? Ou bien, selon toi, je dois me pros­ter­ner et les ado­rer, sous peine de blas­phème, crime de lèse-parlementaire ?

    Mais allons, je suis prêt à battre ma coulpe, Alain : fais-moi connaître la posi­tion de ton par­ti, le PC, sur la sor­tie du piège poli­tique majeur de l’U­nion européenne.

    Si je me suis trom­pé, et si les élus du PC —parce qu’ils réclament effec­ti­ve­ment à cor et à cri la sor­tie du piège capi­ta­liste mon­dia­liste de l’UE— ne doivent pas être amal­ga­més avec les repré­sen­tants qui nous enferment DE FAIT dans ces ins­ti­tuions épou­van­tables, je le recon­naî­trai et je me repen­ti­rai. Je le jure.

    Prouve-moi que je dois trai­ter les élus avec dis­cer­ne­ment SUR L’ESSENTIEL (et pas sur des décla­ra­tions de soli­da­ri­té qui ne comptent pas plus qu’un léger cou­rant d’air au milieu d’une tornade).

    Étienne.

    Réponse
  28. fojurer2rien

    avant de com­pa­raître devant un pro­cu­reur aus­si redou­table, je me sens sale, et fati­gué car j’ai relu tes réponses à mes inter­pel­la­tions depuis le début : tu conti­nues à mar­te­ler le même men­songe au sujet de ce que fait le groupe par­le­men­taire GUE en Europe ! Cette façon de mépri­ser elle res­semble aux émis­sions les pires des ber­nard Gué­ta et autres « salauds »(…« dans le sens sar­trien du terme », comme dirait JL Mélen­chon) ou plu­tôt, pour être plus exact donc plus juste et moins cruel, ta méthode a un point de res­sem­blance avec celle des droites les plus mépri­santes : ce point c’est le mépris, qui se mani­feste quand on nie la réa­li­té d’une per­sonne ou d’un groupe, en le styg­ma­ti­sant tout en orga­ni­sant le « trou noir du silence radio », ou en col­por­tant des sté­réo­types, « por­traits robots préfabriqués » :

    En 2005 tu t’in­sur­geais contre « les salauds », (pas de la façon « mili­taire » d’un JL Mélenchon,d’une façon plus « molle », soi-disant « paci­fiste ») : silence était impo­sé sur les médias à ces « nonistes de gauche » que nous étions, et le por­trait sté­réo­ty­pé que les tri­buns oui-ouistes fai­saient de « nous », ils nous inter­di­saient d’ap­por­ter les preuves du contraire.

    Car à l’é­poque « nous » n’é­tions ni des réfrac­taires à l’i­dée que les peuples euro­péens avaient quel­que­chose à construire ensemble ni par­ti­sans d’un repli natio­na­liste, mais c’é­tait le pro­cès que nous fai­saient les oui-ouistes avec d’autres mensonges.
    Je vais donc prendre une douche avant de te répondre plus lon­gue­ment, en mon nom per­son­nel, car si je cotise au PCF, cela ne m’empêche pas d’u­ser du droit de me consi­dé­rer plus « liber­taire » que tu n’i­ma­gines !…libre à toi aus­si de te pré­tendre « plus com­mu­niste que je ne t’i­ma­gine »…Mais avant de reve­nir sur ce blog, je te demande de me prou­ver que tu n’es pas plu­tôt un anti­com­mu­niste, et d’ailleurs si les incon­di­tion­nels qui font de toi leur gou­rou ne veulent pas que je prenne trop de « temps d’an­tenne », ils doivent le dire : afin que le blog du plus grand noniste de France ne devienne pas « un PCF élargi »…

    Réponse
  29. Étienne

    fojurer2rien,

    Comme Alain (le phi­lo­sophe), je pense très pro­fon­dé­ment que LE COMMUNISME EST LA FAÇON LA PLUS NATURELLE ET LA PLUS PACIFIQUE DE VIVRE ENSEMBLE (Alain sou­ligne que nous avons tous vécu dans le sys­tème très simple et très natu­rel du com­mu­nisme : dans notre famille !), À CONDITION QUE CE SOIT VOLONTAIRE : SI LE COMMUNISME (OU LA DÉMOCRATIE) EST IMPOSÉ(E), CE SERA TOUJOURS UNE BOUCHERIE.

    C’est ce que dit Alain, et je le pense aussi.

    C’est pour ça que je tra­vaille (tous les jours) à ce que nous nous pas­sions le mot entre nous, à la base, pour que nous com­pre­nions tous ce qui per­met­tra enfin à une vraie démo­cra­tie de voir le jour : je tra­vaille à ce QUE NOUS FASSIONS NOUS-MÊMES « ÉCOLE », nous simples citoyens, pour FABRIQUER PATIEMMENT CET INDISPENSABLE CONSENTEMENT DÉMOCRATIQUE géné­ral qui devrait per­mettre une tran­si­tion démo­cra­tique PACIFIQUE, paci­fique parce que nous la vou­lons tous. 

    Tu trouves vrai­ment que c’est « fas­ciste », ce projet ?

    La démo­cra­tie, la vraie, VOULUE par LA PLUPART de ses citoyens, c’est une des ver­sions intel­li­gentes du com­mu­nisme, peut-être. 
    MAIS ATTENTION, SANS CHEF !

    Et ce refus de chefs est (appa­rem­ment) inac­ces­sible intel­lec­tuel­le­ment (peut-être même est-ce un péché mor­tel ?) pour les com­mu­nistes mar­xistes. (Sont-ils réduc­tibles à une caté­go­rie, d’ailleurs ? Sans doute pas.)

    Les par­le­men­taires GUE me défendent peut-être contre le fas­cisme finan­cier pro­mu par l’UE : prouve-le moi, donne-moi des faits, des vic­toires. Ce sera facile si c’est vrai. Et je chan­ge­rai d’a­vis. Mais jus­qu’à plus ample infor­mé, les par­le­men­taires sont — pour la plu­part, et je sais bien qu’il existe des excep­tions (remar­quables), mais c’est trop facile de s’ap­puyer sur des excep­tions pour dis­cré­di­ter la cri­tique de l’en­semble— des escrocs qui décident tout à la place des autres en pré­ten­dant les servir.

    Et ton refus de cette cri­tique — en la cari­ca­tu­rant à ton tour (exac­te­ment selon la méthode que tu pré­tends com­battre, tu le remar­que­ras)—, ce refus me pousse à radi­ca­li­ser moi-même ma cri­tique, au-delà de ce que je pense en mon for inté­rieur, alors que je pour­rais être bien plus nuan­cé, natu­rel­le­ment, si la contro­verse ne me pous­sait pas à for­cer le trait.

    Quand je te vois me mélan­ger aux furieux de l’ex­trême droite, je me dis que tu perds le sens com­mun, mais c’est la méca­nique natu­relle des par­tis : elle nous empêche de fra­ter­ni­ser, elle force les par­ti­sans à voir des enne­mis par­tout : les autres sont soit des amis, soit des ennemis.

    Est-ce que tu es ouvert à l’i­dée que, peut-être, c’est toi qui te trompes ? Moi oui : je sais qu’il y a des élus for­mi­dables, des gens dont le dévoue­ment quo­ti­dien est immense, je sais que les élus com­mu­nistes sont PARTICULIÈREMENT VALEUREUX et beau­coup moins cor­rom­pus que les autres, je sais ça. Mais je vois bien que, dans les faits, ils n’ont plus aucun moyen de me pro­té­ger. Et quand je découvre que la plu­part d’entre eux refusent de sor­tir de l’UE, et qu’ils dia­bo­lisent même ceux qui veulent seule­ment sor­tir de l’U­nion euro­péenne, je suis pris d’une doute fon­da­men­tal, effec­ti­ve­ment, sur leur dévoue­ment au bien commun.

    Mais tu vas me ras­su­rer et me démon­trer que les élus com­mu­nistes poussent de toutes leurs forces à nous faire sor­tir de ce piège à rats qu’est l’U­nion européenne.

    J’at­tends.

    Étienne.

    Réponse
  30. langagé

    NON, Etienne, je ne peux accep­ter qu’on pré­tende être « juste » (je limite pour l’ins­tant mes reven­di­ca­tions à cet aspect : contre l’in­jus­tice !) en me ten­dant le piège d’une « obli­ga­tion de résul­tat » , ce que tu fais en me disant en gros ceci : « tes excep­tions j’en ai rien à f.…. car ils ne m’ont rien don­né comme résul­tat attendu ».

    Ce que j’at­tends d’un élu de droite de gauche ou « de dieu », ce n’est pas un « résul­tat », car j’ai dépas­sé le stade du biberon !

    Ce que j’at­tends, c’est l’en­ga­ge­ment qui entre­ra en cohé­rence avec mon propre enga­ge­ment de citoyen adulte, et l’on entre en « résis­tance » sans être obsé­dé par la consom­ma­tion d’un « résultat »…
    J’ar­rête (droit à la pause) car je ne suis pas un pro, moi, et d’ailleurs le peuple est consti­tué de gens comme moi, qui , du fait de leur emploi du temps, doivent « délé­guer »…(ceci annonce la suite, si permis)

    Réponse
  31. gilles

    Étienne, et Alain Guillou, jele­jure, fojure2rien, lan­ga­gé, et etc … … en Grèce le Par­ti Com­mu­niste Grec, contrai­re­ment à la direc­tion du PCF épu­rée des oppo­sants à l’UE comme par exemple André GÉRIN, ce par­ti en Grèce est res­té fidèle aux valeurs de la démo­cra­tie et de la sou­ve­rai­ne­té du peuple.

    http://fr.kke.gr/news/news2011/2011–09-20-crise

    Alain, a contra­rio de l’ac­tion cou­ra­geuse par exemple d’André Gérin et de nom­breux autres mili­tants com­mu­nistes on peut citer le col­lec­tif « L’i­déo­lo­gie euro­péenne », Annie Lacroix-Riz, le col­lec­tif com­mu­niste Polex et tant de mili­tants ano­nymes et cou­ra­geux dont le cou­rant « Vive le PCF », pour­quoi cer­tains diri­geants com­mu­nistes fran­çais consacrent toutes leurs forces à nous faire res­ter dans ce piège à rats qu’est l’U­nion européenne ?

    Réponse
  32. vérifier-falsifier-dépasser

    Je suis ten­té de répondre à Gilles qu’il y a tou­jours eu autant de concep­tions du « par­ti com­mu­niste » que de membres adhé­rants : à chaque congrès tout est remis d’une façon ou d’une autre sur la table…Staline a su pro­fi­ter du néces­saire « patrio­tisme » qui s’im­po­sa à l’URSS face à tout ce qui mena­çait « la patrie du com­mu­nisme », pour ver­rouiller SA défi­ni­tion défi­ni­tive du soi-disant « com­mu­nisme »…Or s’il reste un « pari com­mu­niste » à faire ( et je n’ai pas encore lu l’ou­vrage de Pierre Laurent…), c’est le pari d’une « méta­mor­phose réus­sie », et si elle est réus­sie, elle ne peut l’être que d’une façon pla­né­taire, si non, « rien qu’une immense régres­sion » ! Ce n’est pas par­ceque la situa­tion concrète pré­sente du peuple de France jus­ti­fie à mes yeux qu’il dis­pose d’un « fort par­ti com­mu­niste », que je crois au « saint PCF éter­nel » : je crois plu­tôt qu’à mesure que les peuples d’Eu­rope, et du monde s’é­man­ci­pe­ront, ils réa­li­se­ront la méta­mor­phose des par­tis poli­tiques en autre­chose de bien plus « intel­li­gent », sur « le che­min de l’es­pé­rance » évo­qué par Sté­phane Hes­sel et Edgar Morin : « notre sys­tème pla­né­taire est condam­né à la mort ou à la méta­mor­phose ». Ceci dit, ma réponse est déjà dix ou vingt fois sur ce blog : il faut avoir , comme les scien­ti­fiques qui véri­fient ou inva­lident la théo­rie d’Ein­stein, le scru­pule assez poin­tu : par exemple, se poser les ques­tions « qui fait quoi à l’As­sem­blée euro­péenne » etc : ces ques­tions sont posées ici depuis 2007 par moi, par julia mou­lin, et d’autres, mais vous les trai­tez comme les oui-ouistes trai­taient les ques­tions des nonistes, car ce sont des « neu­tri­nos » qui inva­lident votre vitesse de lumière à vous, votre chère com­mode et glauque théo­rie du « élus tous pour­ris »…forme de conspirationnisme !

    Réponse
  33. gilles

    Alain, tu te fais du mal, l’Eu­rope, c’est patronal !

    Le vote Non au TCE a été quand même contour­né par ce sys­tème de créa­tion for­ce­née d’une Nation Euro­péenne par les créa­teurs de cet Ordre Nou­veau Euro­péen. Je n’ai jamais pour ma part que les élus du PCF étaient pour­ris, relis-moi cal­me­ment. Dans le cadre de l’Ordre Nou­veau Euro­péen que l’on nous impose en dépit de notre consen­te­ment, les élus magni­fiques et cou­ra­geux du PCF mal­gré toute leur bonne volon­té, pédalent dans le vide. Pour­quoi cer­tains diri­geants com­mu­nistes fran­çais, heu­reu­se­ment pas tous, consacrent toutes leurs forces à nous faire res­ter dans ce piège à rats qu’est l’U­nion européenne ?

    Réponse
  34. exception

    Née à Roanne en 1956, je suis mariée et mère d’un fils de 13 ans.
    Je suis fille d’un ouvrier bou­cher et d’une secré­taire. En 1965, j’ar­rive à Cha­lon-sur-Saône où je passe le reste de mon enfance et mon ado­les­cence. Je pars ensuite à Dijon pour faire mes études uni­ver­si­taires. Je suis titu­laire d’une maî­trise de Droit public et d’un DEA d’Histoire du droit.

    Chef de cabi­net du Maire de Che­vi­gny-Saint-Sau­veur, dans la ban­lieue de Dijon, de 1981 à 1983, je rejoins ensuite le groupe socia­liste à l’Assemblée natio­nale où je tra­vaille jusqu’en 1997. De sep­tembre 1997 à décembre 1999, je suis conseillère tech­nique au cabi­net de Mar­tine Aubry. J’ai ensuite tra­vaillé jus­qu’à mon élec­tion comme agent contrac­tuelle au Minis­tère des Affaires sociales au sein de la Délé­ga­tion inter­mi­nis­té­rielle à l’in­no­va­tion, à l’ex­pé­ri­men­ta­tion sociale et à l’é­co­no­mie sociale où j’ai exer­cé notam­ment les fonc­tions d’ad­jointe au Délé­gué et ai assu­ré la veille juri­dique et européenne.

    Enga­gée au sein de l’UNEF durant mes études, j’ai été très enga­gée, notam­ment au cours des grèves de 1976 contre la réforme des DEUG et, en 1980, contre les réformes d’Alice Sau­nier-Sei­té. J’adhère au Par­ti socia­liste, à l’automne 1980, pour faire la cam­pagne de Fran­çois Mit­ter­rand sans y prendre de res­pon­sa­bi­li­tés par­ti­cu­lières. Je quitte le Par­ti socia­liste en 2005 dans lequel j’a­vais ces­sé de mili­ter dès 1995.

    Mili­tante de la Ligue des droits de l’Homme depuis 1983, j’ai été pré­si­dente de sa fédé­ra­tion de Seine-Saint-Denis de jan­vier 2000 à jan­vier 2008 et de son comi­té cen­tral jus­qu’en mars 2009 membre. Je suis éga­le­ment vice-pré­si­dente de la fédé­ra­tion des œuvres laïques (FOL) de Seine-Saint-Denis et membre du conseil d’ad­mi­nis­tra­tion de la Ligue de l’en­sei­gne­ment depuis 2005. J’ai des res­pon­sa­bi­li­tés locales à la Fédé­ra­tion des conseils de parents d’é­lèves (FCPE) depuis 2000.

    Aux élec­tions euro­péennes de 2009, j’ai été dési­gnée comme tête de liste du Front de gauche dans la cir­cons­crip­tion Sud-Est (Rhône-Alpes, Pro­vence-Alpes-Côte d’A­zur et Corse). J’ai été élue dépu­tée euro­péenne le 7 juin 2009. Au Par­le­ment euro­péen, je siège au sein du groupe de la Gauche uni­taire européenne/Gauche verte nor­dique (GUE/NGL). J’ai été élue tré­so­rière de ce groupe et dési­gnée comme coor­don­na­trice de la Délé­ga­tion française.

    Je suis membre de la com­mis­sion de la « Culture et édu­ca­tion » et de la sous-com­mis­sion des « Droits de l’Homme », ain­si que membre sup­pléant de la com­mis­sion des « Liber­tés civiles, jus­tice et affaires intérieures ».

    Qui suis-je ? Marie-Chris­tine VERGIAT dépu­tée euro­péenne Front de gauche, venez donc voir sur notre site GUE/NGL quel relai nous pou­vons être pour « les indi­gnés d’europe » !

    J’ai donc cité MC VERGIAT à la barre du pro­cu­reur Etienne Chouard, qui cite­ra sans doute son contre-modèle, son « cher ami » JOSE BOVE encore un « plus com­mu­niste liber­taire que moi t’es fusillé » ! …Lequel Chouard se mijote une place de ministre en léchant les bot­tines des élé­phants du PS…(en concur­rence d’ailleurs avec Robert HUE…)

    Réponse
  35. nimoidiledindon

    « 2011−10−13 – C’est à un nou­veau débat sur­réa­liste que nous avons encore pu assis­ter cette semaine au Par­le­ment euro­péen dans le cadre de la soit disant pré­pa­ra­tion du pro­chain Conseil euro­péen. Quand les dépu­tés de la GUE/NGL ont deman­dé qu’il y ait enfin de la soli­da­ri­té avec les peuples euro­péens qui, pour le moment, sont tou­jours les seuls à payer la crise, la seule réponse enten­due a été soli­da­ri­té des Etats Membres avec les banques.

    Un nou­veau remède miracle est appa­ru : la reca­pi­ta­li­sa­tion. Le seul objec­tif affi­ché reste celui de remettre en marche la machine folle qui nous conduit dans le mur, de cal­mer les mar­chés et les agences de notation.

    Les Etats Membres vont encore injec­ter des mil­liards d’eu­ros sans contre­par­ties. Une fois de plus, on va natio­na­li­ser les pertes et les pro­fits res­te­ront privatisés.

    Les citoyens sont de plus en nom­breux aux quatre coins de l’Eu­rope et d’ailleurs à refu­ser ces poli­tiques d’aus­té­ri­té et pour­tant dans l’hé­mi­cycle, une fois de plus les dépu­tés de la GUE/NGL se sont sen­tis bien seuls »

    (Marie-Chris­tine Ver­giat, dépu­tée GUE)

    Nos dépu­té GUE sont là où il faut pour dénon­cer, aler­ter, relayer , mais seul un mou­ve­ment popu­laire inter­na­tio­nal d’une ampleur inégalée,libre éga­li­taire et fra­ter­nel, pour­ra faire rendre gorge aux « commissaires » !…

    Pour le « tirage au sort, on ver­ra plus tard, désolé !

    Réponse
  36. Étienne

    Alain, il n’y a que vous pour voir nos luttes comme contradictoires. 
    Je les vois, moi, complémentaires. 
    Et, à mon avis, tous nos désac­cords pour­raient trou­ver des solu­tions intel­li­gentes nuancées. 
    Encore faut-il le vouloir.

    Vous êtes trop sus­cep­tible, trop à cran. 

    Je ne brigue aucun pou­voir, je n’ai pas de dettes, je n’ai pas vos échéances, je ne suis pas en com­pé­ti­tion, ni contre vous ni contre les autres poli­ti­ciens de métier. 
    Je ne suis pas un acteur ; poli­ti­que­ment, dans la cage du gou­ver­ne­ment pré­ten­du­ment « repré­sen­ta­tif », je ne suis rien.

    Je pense et je m’ex­prime librement. 
    C’est tout.

    Et ce petit rien qui ose juste par­ler vous fait si peur que vous le voyez comme un « procureur » ?!

    Vous avez peur de votre ombre, Alain.

    Je ne suis pas votre ennemi.

    Étienne.

    Réponse
  37. Personne

    La phi­lo­so­phie taoïste reflète la pen­sée d’un homme Lao­zi (Lao-Tseu) mar­qué par la cruau­té, les injus­tices, les abus de pou­voir. Ain­si « le Vieux » pré­co­nise-t-il une forme de « para­dis per­du » à retrou­ver en soi : « Tout, dans la nature, tra­vaille en silence. Les choses naissent et ne pos­sèdent rien. Elles accom­plissent leur fonc­tion sans rien récla­mer. Toutes les choses font leur besogne dans l’a­pai­se­ment. Après qu’elles ont atteint leur plein épa­nouis­se­ment, cha­cune retourne à son ori­gine. Retour­ner à son ori­gine, cela signi­fie se repo­ser, rem­plir sa des­ti­née. Ce retour est une loi éter­nelle. Connaître cette loi, c’est la sagesse. »

    Le taoïste n’est ni pieux ni dévot. Son silence est le début de la sagesse, et il s’abs­tient même de par­ler du dao (Tao ). L’a­ban­don des pas­sions, des ges­ti­cu­la­tions éphé­mères et inutiles consti­tue donc l’i­déal que recher­chait Lao­zi (Lao-Tseu): « culti­ver son jar­din » reste encore une ver­tu apai­sante et cura­tive, une phi­lo­so­phie à part entière, notam­ment dans les socié­tés indus­trielles modernes.

    Réponse
  38. famillejetehais

    Étienne, il n’est pas ques­tion de peur, il est ques­tion d’indignation !

    Vos pro­pos, par l’ambiguïté qu’ils uti­lisent comme vec­teur, ne sont sépa­rés des pro­pos des fachos que par la feuille de route qui sépare les paroles de Marine le Pen des pen­sées de son père !

    Tant que vous ne recon­naî­trez pas la gra­vi­té de l’a­bus qui consiste à stig­ma­ti­ser « tous les élus » dans votre « tous pour­ris », vous dis­cré­di­te­rez tout votre (encore) remar­quable tra­vail quant à la recherche d’un plan C pour l’Eu­rope… Car n’ou­bliez pas que vous avez embar­qué dans votre aven­ture des gens sin­cères, qui ont vou­lu oppo­ser aux trai­tés et autres direc­tives des « com­mis­saires euro­péens » leur volon­té de construire « une autre Europe, un autre monde »…ces citoyens sin­cères n’au­raient pas embar­qué sur votre galère de natio­na­listes confon­dant tra­vail famille et patrie dans une appel­la­tion « com­mu­niste » peu regar­dante quant la des­ti­na­tion affichée !

    Quant à votre phrase « je ne brigue aucun pou­voir, je n’ai pas de dettes, je n’ai pas vos échéances », elle est aus­si creuse que le com­men­taire de « personne » !

    Un « rien » qui appelle l’air de rien à la haine et et la rage popu­liste contre les « tous pour­ris », c’est pas rien : plus de 2 mil­lions de clics au comp­teur ! Bra­vo, mon­sieur « rien » !

    Réponse
  39. Catherine

    Alors famille jete­hais, mon­trez-nous donc de quel bois vous chauf­fez car votre marasme dans les struc­tures soi-disant repré­sen­ta­tives appelle à vous deman­der des comptes il me semble et c’est tout à fait nor­mal de deman­der des comptes à ceux qui sont sup­po­sés nous repré­sen­ter, c’est le contraire qui ne l’est pas et qui amène la peste actuelle dans laquelle nous ten­tons de sur­vivre, car vivre ça fait long­temps que ça n’existe plus, aus­si, il ne faut quand même pas ren­ver­ser les rôles, ça suf­fit de se faire entu­ber, il faut finir par voir une bonne fois pour toute, ce qu’on fait, qui est par­fois à mille lieues de ce que l’on pré­tend faire, mais pour cela, il faut dire stop et obser­ver quelques ins­tants l’é­tat des lieux.

    Qu’a­vez-vous fait, moi, c’est ça qui m’in­té­resse les faits et ensuite il sera tou­jours temps de pas­ser à autre chose, d’y mettre un nom, mais à la limite, la qua­li­fi­ca­tion, on s’en fiche. Sachant ce que vous avez fait dites nous aus­si ce à quoi vous vous êtes oppo­sé farou­che­ment et qui a pro­duit des fruits. N’est-ce pas aux fruits que l’on recon­nait l’arbre ?

    C’est ça qui est inté­res­sant, les faits, le reste, c’est du sur­plus, de la fioriture.

    Réponse
  40. Alain Guillou

    Cher Gilles, Chère catherine,je n’ai ni ne cultive la haine, mais culti­ver l’in­jus­tice sti­mule ceux qui cultivent la haine !

    …Si tu cliques sur « soral », tu prends du recul en reli­sant les der­nières « pen­sées du phi­lo­sophe à la mode Onfray-anti-freud » et tu te retrouves dans le pré-car­ré de l’ex­trême droite ! si tu as « adhé­ré » à « Ega­li­té & Récon­ci­lia­tion », ta cotise ne te donne aucun droit : cette asso­cia­tion n’a pas de sta­tut autre que « la voix de ton maître », le gou­rou Soral qui récolte ses sous ain­si, sans avoir de compte à rendre : si ce n’est pas « un chef », toi tu es une bonne poire : demain il se lâche et tu n’as aucun compte à lui deman­der!… Au moins dans un par­ti répu­bli­cain tu as le droit d’in­ter­ve­nir en congrès, de dis­cu­ter les sta­tuts et de cri­ti­quer le rap­port des élus, tu as un droit de sanc­tion etc…Bien sûr il faut cher­cher un autre mode de sou­ve­rai­ne­té per­met­tant d’exis­ter comme citoyen dans « la trans­ver­sa­li­té des asso­cia­tions », mais l’ar­naque ne se can­tonne pas aux « élus », et elle ne concerne pas « tous les élus » ! en com­pa­gnie de car­la qui se dit « de gauche »…quant à Alain phi­lo­sophe com­mu­niste, autant­dire que Céline était sioniste…

    Peu importe, je ne fais pas d’autre pro­cès que celui qu’est en droit de faire un citoyen à qui on bourre le mou avec des contre-véri­té sur « les élus en général » !

    Si tu recon­nais que la plu­part des élus du FdG (PC PdG, GU, FASE et peut-être un jour enfin NPA) sont d’ex­cel­lents mili­tants qui pour­raient ser­vir la cause du peuple si des men­teurs pro­fes­sion­nels au pou­voir et hors pou­voir ne ten­taient pas de brouiller les pistes d’un repé­rage popu­laire, alors, il faut recon­naître que si ces élus étaient plus nom­breux le peuple aurait com­pris quel usage il peut en faire, en conju­guant luttes sociales et vote intelligent…

    La dés­in­for­ma­tion « tous pour­ris » sert à dis­sua­der le peuple de ten­ter de recon­naître ceux qui peuvent le ser­vir dans ses com­bats quo­ti­diens contre les maux qui l’assaillent !

    Bien sûr, si le peuple est inca­pable d’en­voyer une majo­ri­té qui le sert aux pou­voirs, alors, il sera tout aus­si incom­pé­tent, « tiré au sort », pour déjouer les men­songes pro­pa­gés par les dominants…

    Donc, en répé­tant le men­songe lepe­niste du « tous pour­ris », Etienne des­sert sa cause du tirage au sort…Bref, seul l’en­ga­ge­ment mas­sif suite à l’in­di­gna­tion mas­sive du peuple peut rendre le vote et le tirage au sort signi­fiants pour une vraie démocratie…or le men­songe pré­ten­dant amal­ga­mer le pour­ri et le mili­tant sin­cère est exac­te­ment ce qui vise à noyer la confiance en soi néces­saire du peuple !

    Res­tent alors des « qui n’ont pas les mêmes échéances », et qui feront par­tie des « volon­taires » soit pour diri­ger une dic­ta­ture, soit pour faire la même chose en étant « natu­rel­le­ment » de la classe sociale dis­po­nible pour affir­mer sa « com­pé­tence popu­laire »…mais alors le peuple réel est relé­gué au rang des « sous ‑citoyens ‑trop cons,-trop endettes-trop déses­pé­rés-trop sur­ex­ploi­tés « pour se trou­ver « volon­taires dési­gnables par le tirage au sort » : le sort en ques­tion n’a rien de vrai­ment républicain !

    Par contre, si l’on admet que « le tous pour­ris est une approxi­ma­tion men­son­gère », alors l’es­poir est per­mis, car l’i­den­ti­fi­ca­tion des « non pour­ris » ne se fait pas par « éti­quette poli­tique » mais sim­ple­ment en obser­vant quels sont ceux qui ne méprisent pas le peuple et qui dans leurs actes incitent le peuple à s’en­ga­ger …je suis bien obli­gé de faire bref, mais j’es­père que tu sai­sis mon raisonnement !

    Le front de gauche n’est pas « bon » parce que ses com­po­santes seraient idéo­lo­gi­que­ment « bonnes », il est « bon » pour rendre rai­son poli­tique au « front des luttes sociales » et aider le peuple domi­né à reprendre sa confiance contre les domi­nants …Les « pour­ris » sont donc ceux qui disent au « front des luttes » t’as qu’à mor­fler, c’est tant mieux si t’en baves , t’a­vais qu’à chan­ger la Consti­tu­tion, tes élus sont pour­ris comme ceux de la classe domi­nante » : en gros : « peuple t’es con, on va tirer au sort des gens intel­li­gents dans tes rangs, mais bien sûr, ce seront les volon­taires , pas les cons »…
    Le gros con de peuple n’est pas près de croire Etienne : il vote donc « tous pour­ris » donc Le Pen…ça c’est effi­cace en effet !

    Pour résu­mer, ce qui m’in­digne ici-même, c’est l’os­tra­cisme contre le Front de Gauche, copie conforme et bien dis­ci­pli­née de l’o­mer­ta domi­nante (le jeu des puja­das, guet­tas et autres « salauds »…) chez les gens qui vont répé­tant qu’ils ne voient pas l’exis­tence d’é­lus hon­nêtes, ce qui ali­mente vicieu­se­ment le « tous pour­ris », injuste et donc por­teur de la haine et du deses­poir popu­laire dont se nour­rissent les « dominants » !
    Fraternellement
    Alain

    Réponse
  41. Alain guillou

    « Et ce petit rien qui ose juste par­ler vous fait si peur que vous le voyez comme un « procureur » ?!

    Vous avez peur de votre ombre, Alain.

    Je ne suis pas votre ennemi. »
    rions donc, que me voi­la ras­su­ré, cher etienne !

    mon « j’ai peur du pro­cu­reur », c’é­tait de l’hu­mour, Etienne, à mon âge je n’ai plus peur que du chirurgien…!

    J’u­ti­lise les pseu­dos contre la per­son­na­li­sa­tion du débat qui ne sert qu’à dévoyer la réflexion sur le fond du pro­blème :omme le demande Valé­rie, post 15,(qui n’est pas encore un pseu­do à moi),  » il_ faut peut-être cla­ri­fier les choses pour évi­ter toute confusion… »

    Et ne pas répondre à alain guillou « je n’ai pas vos échéances », mais plu­tôt : « oui, il y a déjà eu ce débat ici sur ce blog au moment de la can­di­da­ture de Raoul Marc JENNAR »

    A l’é­poque Etienne Chouard m’a­vait déjà trai­té sans grand sou­ci du pro­blème posé, plu­tôt comme un troll quand j’ ai énu­mé­ré les actions des élus de la GUE au sein de ce « par­le­ment euro­péen inutile »…

    Il faut aller au fond des choses plu­tôt que se défendre comme un « micro-par­ti » assailli par des « pour­ris de l’ex­té­rieur », le micro par­ti du blog du plan C ayant viré de bord à 180 degrés depuis le fran­chis­se­ment en fan­fare des passes du « NON de Gauche » : au départ, que signi­fiait « le plan C » sur lequel nous étions nom­breux à embarquer ?
    … il y a eu comme un congré d’E­pi­nay, en pire, car le pilote tout seul est bien maître chez lui…Dommage pour les invi­tés, mais sur­tout dom­mage pour Etienne lui-même, car il n’a pas les sou­tiens qu’il pour­rait face à des « enne­mis décla­rés » comme « hau­tet­fort » !(ce n’est pas Nico­las Ngo-Doan-Ta qui va sau­ver le sol­dat chouard !)…J’ap­pelle donc les nonistes de gauche , les ceusses qui gra­vitent autour et dans le « Front de gauche » à venir fré­quen­ter le blog d’E­tienne pour que celui-ci ne sombre pas avec ses adu­la­teurs deve­nus niais ! Il ne s’a­git pas d’a­bon­der dans le sens d’un « blog enne­mi », il s’a­git de prendre à bras le corps les ques­tions aux­quelles il a répon­du à notre place ( sur hau­tet­fort j’ai avoué m’être fait « moi aus­si » embar­quer par Etienne, et j’ai rajou­té « presque »…Allons donc au fond du pro­blème si nous vou­lons lever le doute encore permis !

    La Loire n’a pas, je l’es­père livré tous ses tré­sors secrets…Savoir pour­quoi le soir j’y vois les amants faire encor’glisser…Leur barque au gré d’une pen­sée …marques noyée dans ses mys­tère ? Elle n’a pas cette rivière l’ombre du moindre mau­vais goût…même si vous devi­nez poindre.. Au bel oubli d’un ciel de traine… Comme une peine à se rejoindre… Qu’ont les esprits de Sèvre ou Maine…Jamais la Loire ne pro­mène reflet ni de peur ni de haine!…

    N’empèche, il y a une rue des mar­tyrs à Nantes, et du sang inno­cent dans toutes les belles rivières !

    ___

    Réponse
  42. Catherine

    Je fais la pares­seuse, mais bon, pas tant que ça parce que vous n’a­vez pas répon­du Alain, alors je bisse !

    Mon­trez-nous donc de quel bois vous chauf­fez car votre marasme dans les struc­tures soi-disant repré­sen­ta­tives appelle à vous deman­der des comptes il me semble et c’est tout à fait nor­mal de deman­der des comptes à ceux qui sont sup­po­sés nous repré­sen­ter, c’est le contraire qui ne l’est pas et qui amène la peste actuelle dans laquelle nous ten­tons de sur­vivre, car vivre ça fait déjà long­temps que ça n’existe plus, c’est pour­quoi il ne faut quand même pas ren­ver­ser les rôles Alain, ça suf­fit de se faire entu­ber, il faut finir par voir une bonne fois pour toute, ce qu’on fait, qui est par­fois à mille lieues de ce que l’on pré­tend faire, mais pour cela, il faut dire stop et obser­ver quelques ins­tants l’é­tat des lieux.

    Qu’a­vez-vous fait de là où vous êtes en tant que repré­sen­tant, moi, c’est ça qui m’in­té­resse, les faits et ensuite il sera tou­jours temps de pas­ser à autre chose, d’y mettre un nom, mais à la limite, la qua­li­fi­ca­tion, on s’en fiche. Sachant ce que vous avez fait dites nous aus­si ce à quoi vous vous êtes oppo­sé farou­che­ment et qui a pro­duit des fruits. N’est-ce pas aux fruits que l’on recon­nait l’arbre ?

    C’est ça qui est inté­res­sant, les faits, le reste, c’est du sur­plus, de la fioriture.

    Voir ses peti­tesses, c’est signe d’une gran­deur réelle, car quand on est trop faible, c’est mis­sion impos­sible, on suc­com­be­rait à leur vision, mais si elles sont vues enfin, alors c’est le début d’une re-voli­tion, non je n’ai pas fait de faute de frappe !

    Réponse
  43. Alain Guillou

    Cathe­rine vous êtes pares­seuse aveugle et sourde, je vous ai fait la liste des votes des dépu­tés GUE/NGV au par­le­ment, vous avez leurs pro­po­sis­tions, depuis belle lurette, et si vous uti­li­siez un tant soit peu le plu­ra­lisme encore dis­po­nible de la presse, à chaque fois que vous ouvri­riez l’hu­ma, vous auriez les réponses d’un ou deux de ces élus !
    Faut pas prendre les gens pour des demeu­rés, sinon vous n’au­rez « tiré au sort » que des demeurés !
    Tout n’est pas noir côté élus et blanc côté rue : il faut que la rue ren­contre ses élus, la légi­ti­mi­té est un com­bat com­plexe, et alors oui, le tirage au sort peut deve­nir une reven­di­ca­tion pour appro­cher mieux cette complexité !

    Je ne suis pas ici pour vous dres­ser un cata­logue , vous n’a­vez qu’à conti­nuer à for­mer votre esprit consom­ma­trice sur « la redoute »… l’hu­ma c’est un peu différent !

    Réponse
  44. Étienne

    Alain,

    Quand tu me l’as deman­dé, chaque fois j’ai rap­pe­lé l’ad­mi­ra­tion sin­cère que je porte à ceux des élus qui se dévouent corps et âme pour le bien public, que je connais bien et dont je ne nie pas les ver­tus, beau­coup plus au niveau local qu’ailleurs d’ailleurs ; chaque fois j’ai rap­pe­lé que les élus com­mu­nistes méri­taient sou­vent une admi­ra­tion sup­plé­men­taire (mais pas aveugle quand même, c’est bien le point) ; et pour­tant chaque fois, tu fais comme si je n’a­vais rien dit, tu forces à nou­veau le trait de ma pen­sée en me fai­sant dire « tous pour­ris sans réserves », et tu recom­mences à m’a­gres­ser en me trai­tant de « fas­ciste hai­neux », comme si tu avais envie (et besoin) que je dise « tous pour­ris sans réserve » pour te débar­ras­ser de moi, exac­te­ment comme font les soi-disant « antifas ». 

    La paren­té de rai­son­ne­ment et de méthode com­mence d’ailleurs à m’ap­pa­raître : les com­mu­nistes auto­ri­taires (l’é­lite élue de l« avant-garde éclai­rée ») n’aiment pas être contre­dits, appa­rem­ment, et ils ont l’ac­cu­sa­tion « fas­ciste » assez facile ! Ce qui, pro­gres­si­ve­ment, retire beau­coup de force à l’ac­cu­sa­tion en ques­tion, d’ailleurs : à force de trai­ter de « fas­cistes » les plus vaillants résis­tants au pro­jet de domi­na­tion en cours, il va bien­tôt être hono­ri­fique d’être éti­que­té « fas­ciste » par les com­mu­nistes auto­ri­taires… Beau résul­tat, en vérité !

    Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage. Quand on veut se débar­ras­ser d’une pen­sée dis­si­dente, on l’ac­cuse de com­plai­sance fasciste.

    Je dis (et je démontre) que LES INSTITUTIONS DU GOUVERNEMENT REPRÉSENTATIF (et PAS la nature des hommes, quels qu’ils soient ; est-ce que c’est clair ?), PAR CONSTRUCTION, INÉLUCTABLEMENT, POUSSENT AU MENSONGE ET À LA CORRUPTION.

    Toi, là où je dis « ins­ti­tu­tions capables de pour­rir qua­si­ment tout le monde », tu entends le « tous pour­ris » des réac­tion­naires d’an­cien régime qui veulent la peau du Par­le­ment pour res­tau­rer leur roi. Ce n’est pas de ma faute si tu as de la cire dans les oreilles, des œillères sur les mirettes, une glu par­ti­sane dans la tête qui te conduit à amal­ga­mer tous tes adver­saires (fas­cistes à ta droite et anar­chistes à ta gauche), et si tu n’en­tends que ce que tu as envie ou peur d’entendre.

    Et je répète que DES PARLEMENTAIRES QUI ME TIENNENT ENFERMÉ dans le piège poli­tique majeur qu’est l’U­nion euro­péenne (CECI EST UN FAIT) me sont for­cé­ment gra­ve­ment SUSPECTS : c’est trop fon­da­men­ta­le­ment gra­vis­sime pour être balan­cé par d’autres luttes sans doute réelles mais sur des fronts que je consi­dère comme par­fai­te­ment secon­daires. Et c’est bien mon droit de fixer mes cri­tères de juge­ment de mes repré­sen­tants sur les vraies CAUSES des injus­tices sociales plu­tôt que sur leurs mul­tiples CONSÉQUENCES, sans être pour autant méri­ter l’in­sulte « fasciste ».

    De toutes façons, tu peux bien me trai­ter de facho, c’est aus­si ton droit, puis­qu’il est abso­lu­ment essen­tiel que tous puissent s’ex­pri­mer libre­ment ; mais je trouve cette insulte indigne et d’un niveau de réflexion calamiteux.

    Étienne.

    Réponse
  45. Alain Guillou

    Le PGE pro­pose de rem­pla­cer le fonds de sta­bi­li­sa­tion par un Fonds de déve­lop­pe­ment social et soli­daire. À l’opposé du fonds de sta­bi­li­té euro­péen, il dis­tri­bue­rait des finan­ce­ments pour des pro­jets de ser­vice public sur la base de cri­tères sociaux et environnementaux.

    Il pour­rait par­fai­te­ment être abon­dé par la BCE, une part du bud­get de l’UE et la taxa­tion des tran­sac­tions et reve­nus finan­ciers, il libè­re­rait l’investissement public des mar­chés finan­ciers et désar­me­rait les spéculateurs.

    Les élus du Par­ti de Gauche euro­péen (bien autre chose et bien plus qu’un « PCF élar­gi » comme tu le crois !) exigent un audit public sur la dette et l’an­nu­la­tion de la part illé­gi­time des dettes des États.

    Ce groupe blak-lis­té par les médias (B.Guetta, A. Adler et autres titu­laires per­ma­nents du cra­choir public) s’arc-boute contre les attaques à la sou­ve­rai­ne­té popu­laire, aux sou­ve­rai­ne­tés natio­nales des pays membres de l’UE. Je te reproche d’a­bon­der dans cette injus­tice média­tique des « trom­pettes de la renom­mée » car bien plus que des mérites moraux des élus com­mu­nistes, le fait dont il est ques­tion pour ouvrir les yeux sur « ce qui se joue réel­le­ment en Europe » , c’est que le PGE, repré­sente bien « le non de gauche » contre les euro-béats et que le groupe GUE/NGV défend tou­jours la sou­ve­rai­ne­té des peuples.

    Ce groupe repré­sente abso­lu­ment la résis­tance contre « la gou­ver­nance éco­no­mique » et le fédé­ra­lisme auto­ri­taire que viennent d’a­dop­ter en chœur au Par­le­ment euro­péen les libé­raux, les éco­lo­gistes et les sociaux-démocrates.

    Ces élus euro­péens dénoncent la sou­mis­sion aux mar­chés, qui ne règle rien et qui déses­père les peuples, ouvrant un bou­le­vard à l’ex­trême droite en Europe, extré­misme utile aux tenants d’une « dic­ta­ture de crise » contre les élus qui s’op­posent à la gou­ver­nance auto­ri­taire des mar­chés. Les popu­listes, qui attendent l’é­cla­te­ment de l’UE, ne se sou­cient pas de la sou­mis­sion au dol­lar et du chaos social qu’il implique.

    Que l’on soit membre de la zone euro ou non, que l’on rejette l’U­nion euro­péenne ou que l’on se batte pour la trans­for­mer, nos des­tins sont liés et nos com­bats sont les mêmes. Soyons soli­daires, contre la pré­di­lec­tion dic­ta­to­riale des « mar­chés », « les agences de nota­tion » contre les élus… Soyons soli­daires donc des élus qui sont soli­daires de nos luttes ! Notre adver­saire est le même : l’ex­ploi­ta­tion et la domi­na­tion capitaliste…On ne pour­ra pas chan­ger la consti­tu­tion sans lut­ter contre le capi­ta­lisme, et l’on ne pour­ra pas gagner sans chan­ger la consti­tu­tion… Mais si tu ne vois pas la dia­lec­tique entre l’un et l’autre, c’est le déses­poir qui te vain­cra, et il est de plus en plus évident que ce déses­poir du peuple est « l’op­tion anti­dé­mo­cra­tique de rechange » pour les capitalistes !

    Le niveau euro­péen pour cette bataille est cru­cial. Mesu­rons à quel point nous avons besoin d’u­nir les forces qui résistent à l’of­fen­sive capi­ta­liste en cours, pour que l’hu­main prime sur la finance. Enga­geons-nous à par­ti­ci­per et à aider, par­tout et sans a prio­ri, la construc­tion des fronts de résis­tance au retour de la forme la plus bar­bare du capi­ta­lisme : le capi­ta­lisme dictatorial !

    C’est pour cela que nous devons aus­si uti­li­ser les élus GUE/NGV ! Il n’y a pas de fatalité.

    Réponse
  46. Catherine

    Vous m’a­vez fait rigo­ler Alain avec votre his­toire d’es­prit La Redoute, bon, là, je dois aller bos­ser, mais ven­dre­di soir, j’au­rai un peu de temps et je vous répon­drai car il y a à répondre bien sûr. Vives pen­sées redout-iennes !

    Réponse
  47. sitouaillain

    Alain,

    mon coeur ligé­rien s’en­flamme à la lec­ture de ces vers, je me dis même que le mar­tyr, c’est la Loire elle-même, quand ses eaux servent à refroi­dir des réac­teurs nucléaires ou a arro­ser des champs gor­gés de pro­duits phytosanitaires.

    je suis un frère d’arme dans le com­bat que tu mènes ici, tant qu’il ne s’a­git pas de défendre sans nuance ce qu’est le PCF, ses diri­geants et ses élus, et peut être même ses militants…

    le tra­vail des dépu­tés euro­péens de la GUE est remar­quable en termes de trans­pa­rence, de res­pect des enga­ge­ments pris et de constance dans les choix opé­rés, et j’aime tout par­ti­cu­liè­re­ment être au cou­rant des mul­tiples tra­hi­sons des dépu­tés verts et PS, en ce sens les dépu­tés GUE jouent un rôle de sen­ti­nelle, à défaut d’a­voir des jour­na­listes com­pé­tents, ils sont précieux !

    En matière euro­péenne, le Front de Gauche pro­pose un pro­gramme cohé­rent et stra­té­gi­que­ment intel­li­gent. Il s’a­git d’un pro­jet s’ins­cri­vant dans la tra­di­tion inter­na­tio­na­liste com­mune à toute les gauches, tenant compte des rap­ports de forces actuels et se don­nant les moyens d’en­clen­cher un pro­ces­sus de trans­for­ma­tion des ins­ti­tu­tions euro­péennes. Le « non de gauche » s’in­carne dans ce pro­jet d’une europe de la soli­da­ri­té entre les peuples et le Front de Gauche appelle les fran­çais à prendre la res­pon­sa­bi­li­té his­to­rique d’i­ni­tier le pro­ces­sus d’in­sur­rec­tion des peuples face à la dic­ta­ture des marchés.

    Mais, puisque nos soi-disant cama­rades pré­fèrent se reti­rer la tête dans le sable, disant, il faut sor­tir de l’UE, quand nous disons il faut s’as­so­cier sur de nou­velles bases,

    je te pro­pose de les prendre au mot, sui­vons ces rai­son­ne­ments obs­curs mais peut être vision­naires (il parait qu’on n’a rien com­pris) et, non seule­ment récla­mons la sor­tie de l’UE mais récla­mons aus­si la sor­tie de la France, nous construi­rons nos répu­bliques ligé­riennes loin des France libé­rales ou poujadistes,

    pour­quoi res­ter dans ce « machin » tech­no­cra­tique et auto­ri­taire, sans cohé­sion, qu’est la répu­blique fran­çaise, que pou­vons nous attendre dans ce cadre vicié ?
    Pour le dra­peau, j’hé­site entre l’au­truche, la tor­tue ou l’escargot..;)

    Réponse
  48. presque toujours adios !

    « L’exemple du com­mu­ni­qué de presse des élus GUE/NGL se pré­ten­dant « soli­daires avec les Indi­gnés » est acca­blant : les citoyens sont priés de se conten­ter d’un insi­pide bla­bla sans la moindre por­tée contrai­gnante, et de ne pas tenir rigueur aux élus pour toutes les régres­sions anti­so­ciales (bien réelles et bien contrai­gnantes, elles) que rend pos­sible depuis qua­rante ans l’U­nion euro­péenne (impo­sée par VIOL par les mêmes élus) »… 

    Je n’ai pas mal lu, Étienne, ta pra­tique du men­songe déli­bé­ré sonne l’a­lerte : il est abso­lu­ment mal­hon­nête d’é­crire que les élus GUE ont impo­sé cette Europe par viol !

    Je suis dégoû­té par la suf­fi­sance jorio­nesque avec laquelle tu qua­li­fies un niveau de réflexion cala­mi­teux dès lors qu’il est plus exi­geant que le tien ques­tion « rigueur » et que tu es pris en fla­grant-délit d’ap­proxi­ma­tion calomnieuse !

    Car c’est dégoû­tant : ton « bla­bla » ne vaut sûre­ment pas mieux que celui de ces élus-là…Ce qui est révé­la­teur c’est ton soi-disant « anti-racisme » for­mu­lé ain­si : « le racisme est presque tou­jours injus­ti­fié » là est atteint le som­met de ton « anti-calamité » ?

    Réponse
  49. LA PLUPART DU TEMPS, adios !

    « je ne suis pas raciste et je pense que le racisme LA PLUPART DU TEMPS est une erreur »

    Celui qui ose écrire cela sans l’ef­fa­cer hum­ble­ment après avoir été confron­té à l’in­di­gna­tion de ses lec­teurs, je suis flat­té qu’il juge comme tu le fais, Étienne, « mon « niveau de réflexion » !

    Réponse
  50. et le reste du temps?

    Salu­ta­tions citoyennes, Sitouallain !

    Nous pour­rions conti­nuer la conver­sa­tion sur le Blog d’un autre élu expo­sé au risque « consti­tu­tion­nel » d’être concer­né par la pour­ris­se­ment : notre cama­rade com­mun Jean-luc Mélenchon…Mais tu m’in­ter­pelles sur ce blog-ci, donc nous avons peut-être encore quelque espoir com­mun ou quelque « nos­tal­gie » de noniste de gauche, ici-même, donc nous devons à Étienne un éclair­cis­se­ment quant à ce phé­no­mène poli­tique inat­ten­du qui a abou­ti, au grand désar­roi des oui-ouistes et nonistes de droite, à cette « méta­mor­phose poli­tique en cours « : le « Front de gauche ».

    Étienne dit son désar­roi ain­si : « le front de gauche est un PCF élar­gi » (c’est ain­si que mon niveau men­tal désas­treux retient l’ob­jec­tion, en tout cas!).

    Or nous deux, ici même, sommes l’exemple d’un « élar­gis­se­ment différent » !

    Mais j’in­vite ceux que la ques­tion inté­resse à venir lire une « suite » sur le blog de jean-Luc ! Car il ne fau­drait pas per­tur­ber plus long­temps les savants qui tra­vaillent ici même à des alti­tudes qui nous essoufflent !

    Réponse
  51. sitouaillain

    salu­ta­tion citoyenne alain !

    le débat mérite de se pour­suivre ici, et dans des termes un peu plus construc­tifs, l’in­vec­tive, et en par­ti­cu­lier l’ac­cu­sa­tion de racisme n’a pas sa place ici, avant de se reven­di­quer dans le camp du « bien », « de gauche », com­men­çons par nous dis­ci­pli­ner, si nous ne sommes pas capables d’a­voir une réac­tion spon­ta­née d’a­mi­tié envers l’autre, soyons au moins décents dans nos critiques.

    Non le front de gauche n’est pas un PCF élar­gi, mais il est une alliance d’ap­pa­reils, et cer­tains, et c’est dom­mage, ont besoin d’une alliance d’ap­pa­reils, pour se sen­tir auto­ri­sés à fra­ter­ni­ser. Si cette alliance existe, c’est que le PCF s’y taille la part du lion et qu’il est sûr de maî­tri­ser l’es­sen­tiel des orien­ta­tions et des bénéfices.

    J’ai eu des débats bien plus inté­res­sants que sur le blog de Mélen­chon, nous étions en 2006, et nous construi­sions une alliance mili­tante, citoyenne, par le bas, nous pour­sui­vions le com­bat du Non au TCE, nous vou­lions construire un mou­ve­ment, les non-encar­tés dont je suis avaient aver­tis les mili­tants sin­cè­re­ment atta­chés au pro­jet uni­taire, nous avions vu juste, ce pro­jet, le PCF l’a tor­pillé, la LCR lui a emboi­té le pas. j’ai vu le vrai visage du gros de la troupe de ces orgas.

    j’aime lire et écou­ter Mélen­chon, mais à l’é­poque, il était encore au PS, et par cer­tains côtés il y est tou­jours, mais, qu’il soit le bien­ve­nu à gauche, et qu’il la fasse gagner aux élec­tions, cela je le sou­haite ardem­ment, je vote­rais FDG par sen­ti­ment d’une néces­si­té his­to­rique et sur­tout par dépit, non pas vis-à-vis de lui, mais en rai­son d’une décep­tion de ce qu’est le front de gauche.

    Nous sommes nom­breux, en dehors des par­tis, mili­tants asso­cia­tifs, tra­vailleurs sociaux, syn­di­ca­listes de base, décrois­sants, ouvriers et employés, petits cadres, jeunes chô­meurs ou pré­caires, des ban­lieues, alter­mon­dia­listes, pay­sans, arti­sans, révo­lu­tion­naires ou indi­gnés, etc. à nous sen­tir orphe­lins de cet élan de 95 et de 2005 puis de 2006–2007,

    le front de gauche nous pro­pose une coquille, nous invite à y entrer, nous ne l’a­vons pas construite, et le PCF a bien fait atten­tion de ne pas trop nous don­ner de place, entre appa­reils il est en posi­tion de force, il a le plus d’adhé­rents, il pour­ra récu­pé­rer ses sièges, son finan­ce­ment, sa sur­vie usur­pée sur nos voix bâillon­nées, mais nous qui n’adhé­rons ni au PG, ni au PCF, ni au NPA, nous sommes la gauche, aus­si, et sûre­ment plus nombreux,

    je prends note des chan­ge­ments, des ouver­tures au moins ver­bales de Pierre Laurent, la révo­lu­tion citoyenne, etc., mais des révo­lu­tion­naires au PCF, j’en connais peu, par contre des vieux stals ça oui, et les fas­cistes rouges du NPA n’ont rien à leur envier, quand au sui­vistes du PG…bon j’ar­rête là, mais tout ça pour dire que la méthode me parait un peu ban­cale pour une véri­table « méta­mor­phose poli­tique », c’est une étape, c’est indé­niable, mais le che­min à par­cou­rir est au-delà des 8 mois à venir et se déploie aus­si sur le ter­rain syn­di­cal et dans bien d’autres luttes…et pas vrai­ment sur un blog de Mélen­chon où le débat de fond est mal­heu­reu­se­ment absent, sur sa gauche…

    c’est sur un au-delà des par­tis et des syn­di­cats que nous avons à faire front, ces vieilles struc­tures nous briment dans nos élans, il faut don­ner un nou­veau souffle à l’or­ga­ni­sa­tion, la mettre en phase avec notre temps, nous confron­ter aux dogmes de la vieille gauche, explo­ser les cadres, com­men­cer la révo­lu­tion par là, apprendre à s’or­ga­ni­ser et à se relier les uns aux autres autre­ment, être plu­riels, mul­ti­formes, com­ment crois-tu que l’A­mé­rique Latine fait sa révo­lu­tion ? en écou­tant les stra­tèges du NPA et du PCF ou de la CGT ?

    déso­lé si cela paraît exa­gé­ré, mais rien n’est diri­gé contre toi, simple pro­vo­ca­tion pour ouvrir un débat 🙂

    Réponse
  52. effronté de gauche

    Ecoute Sitouaillin,

    un voyage dans la réa­li­té des par­tis poli­tiques for­me­rait ta jeu­nesse militante !

    …Car par exemple la réa­li­té pré­sente du PCF, si elle montre certes encore beau­coup des carac­té­ris­tiques que tu évoques, t’ap­pren­drait des « démen­tis » tout comme voya­ger au Bré­sil de 2010 peut révé­ler qu’il n’est plus vrai­ment celui de 1969…

    Cha­cun n’est expert que de ce qu’il pra­tique, et je pra­tique à la fois le PCF et le Bré­sil. Excuse-moi si c’est étrange de pré­sen­ter ain­si sa pré­ten­tion d’expert…Car il n’y a rien de plus dif­fé­rent que ces deux champs d’ex­pé­ri­men­ta­tion, et pour­tant on y ren­contre un même phé­no­mène : un grand patrio­tisme et une immense géné­ro­si­té se téles­copent, et du choc sort un tré­sor de créa­ti­vi­té : l’i­den­ti­taire se brise contre sa propre voca­tion et là jus­te­ment, pro­duit son potentiel.

    Je m’ex­plique : les « héri­tiers-de-Guy-Moquet-sou­cieux-d’en-être-dignes » s’en montrent inca­pables à cause de leur pré­ten­tion d’hé­ri­tiers, puis ils se brisent sur leur propre réflexe iden­ti­taire : congrès der­nier, il en est résul­té le mes­sage que les plus anciens comme les plus jeunes ont lan­cé : « nous vou­lons faire un Front poli­tique ouvert à tous qui ouvre une pers­pec­tive socié­tale aux fronts sociaux ».

    Il se trouve que comme pour l’i­den­ti­té d’une nation, l’i­den­ti­té d’un par­ti se res­source en se don­nant un sens beau­coup plus géné­reux : c’est le sens aus­si de l’ap­pel lan­cé par Sté­phane Hes­sel et Edgar Morin aux fran­çais jaloux de leur « iden­ti­té », en citant le 12ème et der­nier cou­plet tou­jours mécon­nu de La Marseillaise : 
    « un pro­jet plus grand et plus sage
    Nous engage dans les combats… »

    Bien sûr Étienne inter­pelle avec une grande part de rai­son au sujet du ver­sant néfaste des « partis ».

    Sauf qu’il res­te­rait, une fois rayés tous les par­tis, une orga­ni­sa­tion pire, hyper-pyra­mi­dale et déshu­ma­ni­sante : celle du « mar­ché dominant ».

    Étienne a rai­son de s’y frot­ter en pre­nant le risque d’être trai­té de « conspi­ra­tion­niste », car cette orga­ni­sa­tion « natu­relle-comme-est-natu­rel-le capi­ta­lisme », dès qu’elle entre dans sa crise sys­té­mique, conspire, avec ses super-patrons, contre les peuples comme celui du Brésil…Avec quelques suc­cès comme en Lybie…(où les « indi­gnés » manquent d’un front de gauche assez orga­ni­sé pour ne pas être embar­qués dans la col­lu­sion objec­tive islamistes-otan !)

    Ces peuples font l’ap­pren­tis­sage de la néces­si­té de s’or­ga­ni­ser, et rien n’est encore gagné pour eux !

    Alors oui, débat­tons de l’in­tel­li­gence de « dépas­ser les par­tis », mais il faut bien envi­sa­ger « pour quoi » et « face à quoi », …Et donc ne pas jeter par des­sus bord, tan­dis qu’un grand nau­frage mon­dial menace, tout canot de sau­ve­tage, aveu­glé­ment : qui oublie son his­toire est condam­né à la revivre!…oui, les com­mu­nistes de 1941 étaient aus­si « chiants » que ceux d’au­jourd’­hui ! Il faut savoir que dans pas mal de demeures bour­geoises où sont encore accro­chés aux murs des fran­cisques et autres sou­ve­nirs de Pétain, on enterre reli­gieu­se­ment l’aïeul en pré­ve­nant les arrière-petits-enfants : « mieux vaut l’Al­le­mand que le coco ! »… Dimanche j’i­rai voir Ber­nard Thi­baud (cet hor­rible ni-ouiste…) à Chateaubriand !

    Réponse
  53. sitouaillain

    Alain,

    je suis assez sen­sible à ton ana­lyse et j’es­père que les mili­tants du PCF sau­ront le refon­der de l’intérieur,
    pour ma part, je res­te­rai en-dehors, je ne suis pas compatible 🙂

    Sur le côté « canot de sau­ve­tage », sans doute, mais avec un paquet de rameurs à contre­sens, on n’i­rait pas loin !

    je n’ai pas dit il faut détruire, renier, aban­don­ner, les par­tis ou les syndicats,
    et je n’ac­cepte pas ton idée que les par­tis dis­pa­rus, il ne res­te­rait que le vide, de mul­tiples formes de résis­tances, infor­melles, orga­ni­sées, iso­lées, en réseaux, existent déjà.

    je dis il faut dépas­ser les par­tis dans le sens où ces ins­ti­tu­tions ont des formes et des pra­tiques qui empêchent le grand nombre de se sen­tir à l’aise dans l’as­so­cia­tion avec les mili­tants, les stra­té­gies de conser­va­tion de l’ins­ti­tu­tion « par­ti », sa hié­rar­chie, ses dogmes, rendent qua­si impos­sible de fédé­rer ceux qui veulent com­battre, créer, résis­ter, débattre, sur une base hori­zon­tale. La struc­ture actuelle des par­tis exa­cerbe les logique iden­ti­taires, la méfiance du « nous » envers « eux », la soit disant réso­lu­tion de la contra­dic­tion entre pré­ser­ver le par­ti et construire l’u­ni­té ne pas­se­ra pas le deuxième tour..logique viciée d’une ins­ti­tu­tion dépen­dante des résul­tats aux élec­tions pour sa sur­vie, d’un par­ti qui n’est plus un par­ti révo­lu­tion­naire mais un rouage de l’ap­pa­reil d’ETAT.

    j’au­rais pré­fé­ré que les mili­tants du PCF ne disent pas « nous vou­lons un front de gauche élar­gi », mais plu­tôt, le PCF est ce qui « nous » ras­semble, mais « nous » somme inclus dans une cause et un pro­jet plus vaste, aus­si le PCF n’a pas de légi­ti­mi­té à exis­ter en tant que tel dans un Front de gauche élar­gi, un front élar­gi, c’est une néces­si­té his­to­rique, mais la fin ne jus­ti­fie pas les moyens, ce front doit être démo­cra­tique, donc libé­ré des rap­ports de forces entre orga­ni­sa­tions, une asso­cia­tion de mili­tants de divers bord, la plus hori­zon­tale pos­sible, pas une ten­ta­tive d’at­ti­rer à « nous » ceux qui ne sont pas là pour des rai­sons que nos yeux ne voient plus, cela est voué à échouer, « nous » ne ferons jamais mou­ve­ment tant que « nous » pré­ten­drons à le diri­ger, le mou­ve­ment est là, en poten­tiel, « nous » n’en sommes qu’une miette de force bien orga­ni­sée, mais groupusculaire…

    j’au­rais pré­fé­ré que se fasse ce FDG élar­git plu­tôt que des voeux pieux, il eut fal­lu deman­der à ins­ti­tuer des sec­tions locales du FDG qui chois­sisent leurs can­di­dats, plu­tôt que d’ac­cep­ter la petite cui­sine des appareils…et là, le savoir-faire orga­ni­sa­tion­nel des mili­tants eut été très pré­cieux, à condi­tion bien-sûr qu’ils sachent se renou­ve­ler dans leurs pratiques…(souvenirs de réunions ennuyeuses où les non-encar­tés fuyaient de semaines en semaines…)

    à part ça, vive le front de gauche mais la consti­tuante à la proportionnelle…non seule­ment on sent le manque d’i­ma­gi­na­tion mais faut être tor­du pour y croire !

    Réponse
  54. Catherine

    Alain Guillou ça devient vrai­ment fati­gant ce genre de dis­cus­sion où vous ten­tez d’en­fer­mer le dis­cours de l’autre dans une cami­sole qui relève encore une fois de l’al­ter­na­tive illusoire.

    Entre votre alliance GUE j’sais pas quoi et les marion­nettes de l’UMPS et consort, fran­che­ment c’est de la rigo­lade, vrai­ment de la rigo­lade, et ça com­mence vrai­ment à me fiche en colère noire, d’a­voir encore et encore à avoir à répondre à ce genre de bali­vernes que vous balan­cez sans rete­nue et sans l’ombre d’un regard cri­tique semble-t-il.

    Être contre le sys­tème comme vous sem­blez l’être à ce que vous dites ou être pour le sys­tème de façon plus osten­ta­toire, c’est du pareil au même pour moi. Y’a autant de dif­fé­rences entre vous et les gens que vous vili­pen­dez, qu’entre patate et pomme de terre si vous vou­lez le fond de ma pensée.

    Vous vous dites contre mais il me semble que vous pro­fi­tez bien de ce sys­tème en tant que dépu­té, c’est votre fond de com­merce cette des­serte euro­péenne et elle vous sert bien que je sache. Je vous demande des comptes et vous me ren­voyez à l’hu­ma, c’est un peu court il me semble. Ce jour­nal que je ne lis pas il est vrai ne sau­rait il me semble vous ser­vir de para­pluie, vous êtes en tant qu’in­di­vi­du res­pon­sable à titre indi­vi­duel de vos enga­ge­ments et le groupe ne sau­rait vous sous­traire à votre responsabilité.

    C’est une méta-alter­na­tive qu’il nous faut pen­ser, entre le fas­cisme de droite ou le fas­cisme de gauche, peut-être y‑a-t-il un au-delà de ce para­digme étroit et ratio­ci­nant. Pour ce qui est du tirage au sort, j’ai de grandes réserves que j’ai expri­mé. Aus­si ne m’en­fer­mez pas encore une fois svp dans vos tiroirs. On peut pen­ser autre­ment qu’en terme d’ap­par­te­nance à une case, mer­ci. Vous n’a­vez pas assez d’i­ma­gi­na­tion Alain !

    Réponse
  55. Catherine

    Quant à votre Mélan­chon dont je ne savais trop quoi pen­ser, je lui sen­tais de vagues accents de sin­cé­ri­té, j’ai bien vite revu ma copie, quand une connais­sance est venue me dire qu’elle avait été cen­su­rée chez lui, bigre, est-ce bien la manière d’une homme de gôooooche, j’ai comme des doutes voyez-vous !

    y’en a marre de tous ces gens qui nous gavent de bonnes paroles et qui font le contraire de ce qu’ils disent, oui, y’en a vrai­ment marre et y’a du ménage à faire.

    Réponse
  56. bonjourtristesse

    ..j’a­vais pour­tant déjà ima­gi­né votre réponse, avec un cer­tain sou­rire, mais pour­quoi per­son­na­li­ser quand il y a à réflé­chir sur des ques­tions objec­tives : objec­ti­ve­ment, de qui se fait-on com­plice ? de ceux qui veulent mettre le peuple en état de choc de peur de lui-même et de déses­poir, ou de ceux qui appellent le peuple à une résis­tance créa­tive s’ins­pi­rant des leçons du pas­sé ? Aucun peuple ne fera rien vers son éman­ci­pa­tion assez mas­si­ve­ment tant que l’es­poir ne lui sera pas au coeur, et peindre en noir tout et son contraire, « à quoi bon ? il y a mieux pour « pen­ser le coeur léger avec la jeu­nesse du monde » !

    La fatigue excuse les déraille­ments, hélas, mais je ne suis pas le « dépu­té »… je res­semble plu­tôt à un « tiré au sort »…et moi je milite dans mon par­ti qui a l’his­toire qu’il a et qui trim­balle de bons et de moins bons repères, je milite pour que le tirage au sort soit pen­sé sans dog­ma­tisme comme l’a­ve­nir pos­sible de la démo­cra­tie. Mon refus des pro­po­si­tions d’Étienne vient du fait que je n’ap­pré­cie pas comme lui ce que don­ne­rait aujourd’­hui une appli­ca­tion totale et inté­grale du tirage au sort.

    Le front de gauche a édi­té un pro­gramme qui s’in­ti­tule « l’hu­main d’a­bord ». Ce pro­gramme est « par­ta­gé » dans son mode d’é­cri­ture, donc il est « par­ta­geable » dans l’é­cri­ture de ses com­plé­ments : il reste aux citoyens la pos­si­bi­li­té d’in­ter­ve­nir par exemple pour que la Consti­tuante soit indé­pen­dante de l’As­sem­blée Natio­nale élue : cela veut dire qu’il est temps de pro­po­ser dans les dis­cus­sions en cours (rien n’est fer­mé) un mode hybride pour l’As­sem­blée constituante…Je vous ren­voie au blog de Clé­men­tine Autain (FASE)…car vous m’i­ma­gi­nez conforme à vos pré­ju­gés, mais il m’ar­rive de sor­tir moi aus­si de mon trou !

    Bises, Cathe­rine !

    Réponse
  57. Catherine

    J’ose l’es­pé­rer en effet Alain, que vous sor­tiez de votre trou, et comme vous le savez, il ne s’a­git nul­le­ment de pré­ju­ger de quoique ce soit car nous ne sommes pas dans un pré-pré­sent mais dans un pré­sent et ce ne sont donc pas des pré­ju­gés mais des jugés et des jugés sur pièce dont il s’agit.

    Réponse
  58. tchao!

    Cathe­rine, ayez donc la curio­si­té de vous rendre à une des assem­blées citoyennes du Front de gauche, et vous pour­rez « juger sur pièce », plu­tôt que me dire qu’une amie à vous a été cen­su­rée chez Mélen­chon ! le blog de Mélen­chon a les règles de Mélen­chon, ce n’est pas une ins­tance appar­te­nant au front de gauche !

    D’ailleurs, Étienne a pris le pari de lais­ser son blog ouvert à tous, mais si un inter­naute mal­veillant écri­vait des pro­pos insul­tants dif­fa­ma­toires etc, il serait obli­gé de cen­su­rer, car sa res­pon­sa­bi­li­té l’o­blige a y veiller. Je trouve que si l’on veut ne pas tour­ner en rond, il faut à un moment don­né choi­sir une orien­ta­tion, et oser dire à Alain Guillou, par exemple : ici on cen­sure les com­mu­nistes encar­tés, plu­tôt que conti­nuer à faire sem­blant de ne pas être « anti-com­mu­niste-encar­té »…Si je me pré­sente comme tel c’est par hon­nê­te­té, mais fran­che­ment, ce que je défends ici c’est la « dyna­mique de la révo­lu­tion citoyenne » et rien d’autre !

    Oui, c’est du « bla­bla » ? alors tchao !

    Réponse
  59. sitouaillain

    Alain,

    ton bla­bla m’a l’air très sensé,
    mal­gré ma pos­ture cri­tique (qui je l’es­père t’ap­pa­rait construc­tive), sois-en assuré,
    nous sommes défi­ni­ti­ve­ment du même bord, et je par­tage en grande par­tie tes ana­lyses, les leçons du pas­sé, la sourde oreille de Marx face à Bakou­nine, un pcf qui suit les bol­che­viks quand il avait tout près Rosa Luxem­bourg et Panoeke, etc..
    et tu as rai­son, j’ai l’ai déjà ten­té à plu­sieurs reprises et de manières dif­fé­rentes, mais je vais per­sé­vé­rer, il faut que ce pro­blème de la consti­tuante à la pro­por­tion­nelle soit remis en débat dans le FDG. et puisque tu y fais réfé­rence, dom­mage que le FDg ne soit pas une FASE élar­gie, ça res­sem­ble­rait plus à la révo­lu­tion citoyenne !

    salu­dos revo­lu­cio­na­rios, sigue luchando

    Réponse
  60. Catherine

    Moi voyez-vous Tchao, plus que les dis­cours et tout le tou­tim c’est le vécu que je regarde et lui ne ment pas.

    On peut se faire entu­ber par de beaux mots jamais par le vécu, le vécu ne ment pas parce que le vécu vous le pre­nez en pleine tronche et c’est déci­dé­ment pas la même chose.

    L’en­ne­mi comme dit j’sais pas qui, n’est pas une per­sonne x ou y, l’en­ne­mi c’est le rap­port qui nous tient, reli­sez bien cette phrase et impré­gnez vous bien de son essence.

    Et dans un rap­port, un lien, une rela­tion, on est au moins deux, trois quand l’es­prit de la rela­tion vient souffler(humour!) bref nous sommes tous, tous, tous, tous, tous co-construc­teurs, co-acteurs de cette sinistre pièce de théâtre que nous avons sous les yeux et dans laquelle nous pataugeons !

    Et ces gens de gôche y sont encore davan­tage que les autres car ils s’ac­crochent bec et ongle aux reli­quats du sys­tème qui les fait exis­ter, ce sys­tème est une jus­ti­fi­ca­tion de CE qu’ils sont, le sys­tème tombe, ces gens-là n’existent plus, Alain , ça devrait te dire qq chose toi qui as lu l’exis­ten­tia­lisme est un huma­nisme, mais dans humain,il y a hu-mus qui nous relie à la terre mais il y a aus­si mana ou qq chose dans ce goût là qui ren­voie à esprit, et par­fois ce vent-là, celui de l’es­prit incar­né manque cruel­le­ment et du coup notre humain il est de guingois !

    Réponse
  61. gilles

    Alain et citoyen, pour abon­der sur ce que dit Cathe­rine, un rap­port de la Fon­da­tion Res Publi­ca sur le vécu des classes ouvrières et employées de notre pays :

    L’évidente rup­ture entre les classes popu­laires et la poli­tique découle direc­te­ment d’une vision erro­née de la socié­té fran­çaise. La com­pré­hen­sion géo­gra­phique et sociale de la France doit s’émanciper du sens com­mun et de trop fré­quentes repré­sen­ta­tions impo­sées pour retrou­ver le che­min d’une repré­sen­ta­tion réa­liste et lucide de la France popu­laire. Il faut « chas­ser les mythes » comme aurait dit le socio­logue Nor­bert Elias.

    D’abord concen­trons-nous sur les faits. Il n’existe pas de jeu­nesse qu’en ville et, à for­tio­ri, les « quar­tiers popu­laires » sont loin d’être tous concen­trés dans les métro­poles. Une nou­velle réa­li­té sociale est née de la mon­dia­li­sa­tion néo­li­bé­rale et s’incarne dans une géo­gra­phie sociale nou­velle. La muta­tion de l’économie liée à la glo­ba­li­sa­tion finan­cière a enga­gé la muta­tion du ter­ri­toire : la France ne res­semble plus à l’image que l’on se fait d’elle. Un puis­sant effet de per­sis­tance réti­nienne a en effet empê­ché de com­prendre les muta­tions à l’oeuvre. Cette nou­velle géo­gra­phie sociale a entraî­né un pro­fond chan­ge­ment des repré­sen­ta­tions col­lec­tives. Glo­ba­li­sa­tion finan­cière, chan­ge­ment de géo­gra­phie sociale et modi­fi­ca­tion des repré­sen­ta­tions col­lec­tives sont liés.

    Il faut d’abord pré­ci­ser le voca­bu­laire employé. Par­ler des « quar­tiers popu­laires » c’est avant tout par­ler des milieux popu­laires, dont la pré­sence ne peut plus être réduite – loin s’en faut – au fait urbain dense. La vision défor­mée (et média­tique) de la géo­gra­phie fran­çaise qui résume les « quar­tiers popu­laires » aux ban­lieues à forte concen­tra­tion de popu­la­tions immi­grées est réduc­trice et ne cor­res­pond pas à la réa­li­té. En outre, le fait urbain dense est aujourd’hui mino­ri­taire, ain­si que l’a démon­tré le géo­graphe Chris­tophe Guilluy (« Frac­tures fran­çaises », Bou­rin Edi­teur, 2010). La France popu­laire, celle des ate­liers et des usines n’est plus celle des grandes métro­poles mais une France péri­phé­rique, soit péri­ur­baine, soit rurale. Depuis le début des années 1980, la France subit un double effet d’étalement urbain et d’expulsion des ouvriers et des employés de ses villes centres. Ce phé­no­mène concerne le halo péri­ur­bain qui entoure les grandes métro­poles urbaines fran­çaises. Mais une par­tie de l’espace rural aus­si est en pleine crois­sance démographique.

    Un exode urbain se pro­duit en direc­tion des zones péri­ur­baines d’une part et des zones rurales de l’autre. Ain­si les com­munes péri-urbaines, peu­plées de 820 habi­tants en moyenne, accueillent-elles un nombre crois­sant d’ouvriers et d’employés. Les grandes métro­poles se nour­rissent par exemple d’un sala­riat d’exécution dans le domaine des ser­vices qui a élu domi­cile dans l’espace péri­ur­bain. Ce der­nier ras­semble 12% des emplois mais 22% des sala­riés. Ces mêmes sala­riés sont sou­mis aux plus longs temps de trans­port et bien sou­vent subissent les effets de la rigueur sala­riale. En effet, les employés sont ceux qui ont le plus per­du, d’un point de vue sala­rial, dans les deux der­nières décen­nies. Cette réa­li­té péri­ur­baine est aus­si liée à l’importance de la petite pro­prié­té. Le dédain pour la France des pavillons fait l’impasse sur le fait qu’une grand par­tie du sala­riat d’exécution fran­çais a opté pour l’habitat indi­vi­duel et le pavillon loin des centre-villes où on peut encore trou­ver des prix de ter­rain acces­sibles, loin aus­si des quar­tiers gan­gre­nés par la délin­quance. Éta­le­ment urbain et pré­ca­ri­sa­tion des classes dites « moyennes » mais appar­te­nant en réa­li­té au sala­riat d’exécution sont deux phé­no­mène cor­ré­lés l’un à l’autre.

    Plu­sieurs rap­ports – celui de l’IGAS ou de la direc­tion du Tré­sor – pointent pour l’un les dif­fi­cul­tés liées aux mondes ruraux et pour l’autre à la dés­in­dus­tria­li­sa­tion, qui sont étroi­te­ment liés. Pour­tant, la vision média­tique de la socié­té nous masque ces enjeux. 35% des actifs des mondes ruraux sont des ouvriers, fait constam­ment igno­ré ou més­es­ti­mé. Les pre­mières vic­times de la crise et des délo­ca­li­sa­tions depuis 2008 sont en effet les ouvriers ruraux ain­si que les pré­caires, de plus en plus nom­breux dans un rural tout à la fois délais­sé et refuge des plus modestes.

    Dans un bas­sin comme le Cha­ro­lais, connu pour son agri­cul­ture d’embouche, 38% des actifs sont concer­nés par l’industrie et le sec­teur de la construc­tion. Les zones rurales ne comptent plus, dans leur ensemble, que 7 à 8% d’actifs concer­nés par l’agriculture. Il faut donc rela­ti­vi­ser l’idée d’une « rura­li­té agri­cole » et com­prendre qu’il existe désor­mais des mondes ouvriers ruraux. Un cher­cheur comme Nico­las Rena­hy a très bien démon­tré la réa­li­té de la jeu­nesse rurale ouvrière ou pré­caire (« Les gars du coin, Enquête sur une jeu­nesse rurale », La Décou­verte, 2005). A l’ère de la mise en avant des « vic­times », il est frap­pant de consta­ter que la dis­cri­mi­na­tion la plus meur­trière concerne les acci­dents de la route. La jeu­nesse ouvrière rurale (plus d’un Fran­çais sur trois de 15 à 24 ans est un rural) en est la pre­mière vic­time. Dans l’indifférence qua­si-géné­rale pour­tant, alors qu’il s’agit d’une véri­table « héca­tombe sociale », ce fait majeur conti­nue de mar­quer les milieux popu­laires ruraux.

    L’IGAS a démon­tré, dans son rap­port daté de sep­tembre 2009, que la situa­tion des 11 mil­lions de ruraux était, plus géné­ra­le­ment, loin d’être enviable : « les caté­go­ries les moins qua­li­fiées sont sur-repré­sen­tées par­mi les actifs en emploi : 32% d’ouvriers et 27% d’employés, contre 7% de cadres et pro­fes­sions intel­lec­tuelles (7% d’agriculteurs). Dans les der­nières années, le milieu rural a subi de plein fouet les réduc­tions d’emploi qui ont tou­ché les sec­teurs de l’industrie et de l’agriculture ». Le rap­port ajoute que le « le taux de pau­vre­té moné­taire moyen dans l’espace rural en 2006 est de 13,7%, contre 11,3% dans l’espace urbain ». Les ruraux sont donc en moyenne “plus sou­vent pauvres”. Tou­te­fois, cette réa­li­té là est aus­si mas­quée par une construc­tion sociale de la réa­li­té qui estompe gran­de­ment les traits saillants de cette évi­dence sociologique.

    Il s’agit aus­si de s’interroger sur les repré­sen­ta­tions col­lec­tives nées de la muta­tion de cette géo­gra­phie sociale. Une dimen­sion fon­da­men­tale de la glo­ba­li­sa­tion finan­cière est l’œuvre de sape qu’elle a accom­plie au regard de l’identité des mondes ouvriers. Le socio­logue Nor­bert Elias avait défi­ni dans « Les logiques de l’exclusion » le fonc­tion­ne­ment des res­sources d’autochtonie qui était consub­stan­tiel à la défi­ni­tion de l’identité des mondes ouvriers de l’Europe d’après la Révo­lu­tion Indus­trielle. Le capi­tal d’autochtonie – concep­tua­li­sé par Jean-Noël Retière – est défi­nis­sable comme l’ensemble des res­sources mobi­li­sables par celui qui est né là où il vit et qui lui donnent un avan­tage social par rap­port à celui qui vient d’ailleurs. Ce capi­tal, ados­sé au sen­ti­ment de l’enracinement local, a long­temps per­mis une par­ti­ci­pa­tion à la vie publique et une inser­tion dans l’économie locale plus aisées pour les couches popu­laires. La glo­ba­li­sa­tion finan­cière, et son impact en termes de délo­ca­li­sa­tions, est cou­pable d’avoir fait voler en éclats le « capi­tal d’autochtonie » et d’avoir entraî­né une désaf­fi­lia­tion mas­sive des citoyens. Il s’ensuit que le besoin de « sécu­ri­sa­tion morale » s’est déve­lop­pé et que, l’exercice de la citoyen­ne­té se trou­vant mal­me­né par la crise, les reven­di­ca­tions sociales ont pu, par­fois, se muer en reven­di­ca­tions « morales ».

    La ques­tion du lien entre les ter­ri­toires et les entre­prises doit être posée. La France souffre, dans la com­pé­ti­tion mon­diale, d’une dés­in­dus­tria­li­sa­tion mas­sive, dans un contexte de mon­naie sur­éva­luée, d’absence de pro­tec­tions com­mer­ciales et de refus de poli­tique indus­trielle cohé­rente. Mettre un terme à l’appauvrissement des classes popu­laires et redon­ner un ave­nir à la jeu­nesse du monde du tra­vail passe par une réin­dus­tria­li­sa­tion de la France. Où l’on voit qu’à l’heure de la glo­ba­li­sa­tion finan­cière, tout est lié.

    Enfin, com­ment ne pas voir que, face à cette réa­li­té sociale, l’offre poli­tique peine à répondre ? Les ques­tions de l’industrie, du libre-échange, de l’Ecole, de la sécu­ri­té ne sont pas trai­tées dans le champ poli­tique. La crise de la repré­sen­ta­tion puise ses sources dans cette non prise en compte des enjeux qui déter­minent pour­tant l’avenir des classes popu­laires… autant que de notre pays.

    Réponse
  62. Catherine

    Sans contraintes, il n’est pas de pro­grès nous dit le gran­dis­sime William Blake, alors là, on peut dire qu’il y a des ouver­tures, non… les points de sus­pen­sion c’est pour ce qu’il nous revient de créer, là, tout de suite, allons de l’a­vant non pas le cœur en berne mais le cœur en efflo­res­cence, et des fleurs vien­dront des fruits, espé­rons qu’ils soient de lumière et non de ténèbres comme ceux d’au jour d’huis, l’huis, c’est la porte, et ce qui passe au jour d’au­jourd’­hui par notre porte du vécu, c’est pas glo­rieux, alors fai­sons en sorte d’al­ler de l’a­vant le cœur vaillant!!!!

    Réponse
  63. sitouaillain

    salut Gilles,

    ce texte est très inté­res­sant, il montre bien là où sont les enjeux, par contre ça ne contre­dit en rien ce que je pense, d’une part parce que je suis né dans un quar­tier HLM d’une zone rurale, que les « gars du coin » je connais bien, j’ai été ouvrier agri­cole, ouvrier d’u­sine de l’a­groin­dus­trie (délo­ca­li­sée), et j’ai aus­si lu Nor­bert Elias,

    pour te dire à quel point je sous­cris à cette analyse,

    je me suis poin­té der­niè­re­ment à Saint Denis (la galère m’a pous­sée à vivre à Paris…j’ai donc per­du mon capi­tal d’au­to­toch­nie), dans une assem­blée citoyenne du FDG sur le loge­ment… il se trouve que je connais bien cette ques­tion puisque j’ai sillon­né la France et les salons minis­té­riels dans le cadre d’é­va­lua­tions d’ex­pé­ri­men­ta­tions sur l’ac­cès au loge­ment (il se fai­sait aus­si des bonnes choses quand M. Hirsch était ministre),

    donc, cette assem­blée citoyenne n’en était pas une, d’une il y avait à peine trente per­sonnes, de deux il y avait une inter­ven­tion de Lei­la Chai­bit, du col­lec­tif jeu­di noir, que je connais bien et un mec du PC que je connais pas mais qui a pris tout le temps de parole,

    donc je le laisse rap­pe­ler le constat, les chiffres, cer­tains même que je connais­sais bien pour les avoirs ana­ly­sés, bref mon­sieur nous dit à quel point tout va mal, et il nous dit en gros que la solu­tion c’est la construc­tion mas­sive de loge­ments sociaux…

    bon, j’at­tends mon tour, et là j’ex­plique que le rêve des gens n’est pas de vivre dans un loge­ment social, mais bien d’a­voir un chez-soi, que l’ur­gence n’est pas de construire des barres mais bien de modi­fier le pro­blème à la racine : le droit de pro­prié­té romain qui auto­rise quel­qu’un a per­ce­voir un loyer. J’ex­plique aus­si que le pro­gramme du front de gauche pro­pose une relo­ca­li­sa­tion des pro­duc­tion et que cela s’ins­crit aus­si dans la par­tie « pla­ni­fi­ca­tion éco­lo­gique » du pro­gramme, pla­ni­fi­ca­tion com­prise intel­li­gem­ment d’ailleurs, car vu comme néces­sai­re­ment décen­tra­li­sée, mais que la pla­ni­fi­ca­tion éco­lo­gique décen­tra­li­sée veut aus­si dire amé­na­ge­ment du ter­ri­toire et que la balance doit être réta­blie par une pen­sée direc­trice radi­cale : non la ville-vor­tex du capi­ta­lisme du 19ème qui absorbe les flux et attire à elle les masses et la ville capi­ta­liste de la fin du 20ème qui expulse ces masses dans des espaces péri­ur­bain éta­lés et ne consti­tuant pas un espace de vie com­mune comme l’est un vil­lage (cela reste des ban-lieues), bref que tout ça amène à abor­der la ques­tion du loge­ment sous l’angle du rééqui­li­brage du ter­ri­toire, recons­truire le patri­moine bâti en ruine dans les zones rurales délais­sées, construire avec des modes d’ap­pro­vi­sion­ne­ment et de construc­tion locaux, et sur­tout pla­ni­fier, en tout cas inci­ter via ce fameux « pôle ban­caire public » (dont on peut pen­ser que la meilleure forme reste celle d’une maî­trise non pas éta­tique mais inter­com­mu­nale) à la relo­ca­li­sa­tion-créa­tion d’ac­ti­vi­tés, cir­cuits courts de pro­duc­tion, maillage de trans­ports en com­mun, etc. non plus autour des seules grandes villes, mais sur l’en­semble du ter­ri­toire, en axant la prio­ri­té sur le dépeu­ple­ment des zones urbaines, pré­ci­sé­ment pour recons­ti­tuer des espaces de vie com­mune, d’ha­bi­tat, pro­pices à la soli­di­fi­ca­tion des soli­da­ri­tés et au sen­ti­ment d’un vivre ensemble autoch­tone et digne surtout.

    il y a donc dans le pro­gramme du FDG des pistes nou­velles pour pen­ser et agir en-dehors des cadres, mais bien-sûr, les yeux ronds et la réponse de l’o­ra­teur-sachant du PCF m’ont fait com­prendre que le tout État, les barres HLM dans des espace-repous­soirs et la réponse « en creux » des zones d’ha­bi­tats pavillon­naires, le tabou de la pro­prié­té de son loge­ment, la foca­li­sa­tion sur les villes (pour­tant pro­duits des échanges inégaux, nœuds d’ab­sorp­tion et de sur­con­som­ma­tion des res­sources natu­relles et de spo­lia­tion du tra­vail humain), l’in­dus­trie pas for­cé­ment éco­lo­gique, la cen­tra­li­sa­tion, bref tout ça est encore bien ancré dans la tête de ceux qui croient savoir ce qui est bon pour le peuple,

    peuple absent de la réunion et de leurs orga­ni­sa­tions d’ailleurs, peuple qui n’existe que de moins en moins, pri­vé, que ce soit par la mon­dia­li­sa­tion, la socié­té de consom­ma­tion ou par le cen­tra­lisme jaco­bin, de ses iden­ti­tés, de ses cultures, de ses lieux d’exer­cice et de construc­tion d’une autotch­to­nie émancipatrice.

    cela dit, les forces conser­va­trices du pays sachant flat­ter cet élec­to­rat dont parle Res publi­ca, il ne faut pas perdre de vue que si la gauche d’au­jourd’­hui ne com­prend pas encore la por­tée du mes­sage et des luttes d’un sous com­man­dant Mar­cos ou d’un Morales, si elle est encore pri­sion­nière du scien­tisme, du jaco­bi­nisme, du mar­xisme, du pater­na­lisme, il faut oeu­vrer à son ouver­ture d’es­prit, comme le fait alain de l’in­té­rieur, ou comme le font les décrois­sants, les déso­béis­sants, etc., à moins que vous ne soyez pour la france de Vichy, la france des notables, des vendéens,des évêques etc., même si nous diver­geons, que per­sonne ne perde de vue les enjeux et le carac­tère néces­sai­re­ment soli­daire de nos luttes, en gros, face à la science du brouillage des pistes et de la récup que cultive l’ex­trême droite, res­tons lucides quand à la néces­si­té de faire front commun.…

    Réponse
  64. Catherine

    Sauf sit­toua­lain qu’on ne s’as­so­cie pas à n’im­porte quoi, et pour savoir où on va, on regarde où est diri­gée la barre.

    Et quand la barre indique un cul de sac (ne pas vou­loir sor­tir de la pri­son de l’Eu­rope telle qu’elle est construite aujourd’­hui est pour moi un cul de sac), on peut, sans se faire taxer de vichi­siste, ou fas­ciste, ou de notable, ou de ven­déens ou d’é­vêques, enfin bref tous les attri­buts en vogue aux­quels vous prê­tez main forte, on peut disais-je, enfin, ose­rais-je le pen­ser, on peut, en tout cas je m’au­to­rise à le pen­ser, qu’il est pos­sible d’o­rien­ter son désir vers d’autres rivages merci !

    C’est l’axe qui importe et il est essen­tiel, abso­lu­ment essen­tiel, irré­vo­ca­ble­ment essen­tiel, ensuite pour les ques­tions sub­si­diaires, ça peut s’embrouiller, se dis­pu­ter, expri­mer des désac­cords, là n’est pas l’en­jeu véri­table, mais l’ac­cord doit être total, plein, abso­lu sur le cap, c’est en tout cas mon point de vue !

    Réponse
  65. sitouaillain

    Cathe­rine,

    non seule­ment je ne t’ai pas mis dans une case, je dis méfie-toi, il existe des forces orga­ni­sées promptes à récu­pé­rer la frus­tra­tion du peuple et qui se nour­rissent des carences orga­ni­sa­tion­nelles, pra­tiques et théo­riques du « mou­ve­ment social », des « résis­tants », et sur­tout de ses divi­sions entre­te­nues par les dis­cours de déni­gre­ment sans contre­par­tie constructive,
    œuvrer à créer des ponts entre toutes formes de luttes éman­ci­pa­trices, tel est le sens de l’ap­pel de la forêt de Lacan­don, tel est l’en­jeu des ten­ta­tives mal­adroites et boi­teuses de fédé­rer les com­po­santes du mou­ve­ment social, et c’est à tra­vers cer­tains de tes posts que j’ai pu iden­ti­fier que tes aspi­ra­tions sont contraires à celles des aspi­rants à une régres­sion nos­tal­gique des anciennes formes de domi­na­tion de l’homme par l’homme (Église, État Bour­geois, Notables locaux, nobles, auto­ri­ta­risme), et que comme moi tu aspires aus­si à ce que soient extir­pées de l’i­dée de pro­grès humain cer­tains dogmes bien gênants et pour l’ins­tant encore pré­sents dans le « cadrage » des luttes et la fixa­tion des caps,

    ils sont encore pré­sents, aus­si parce que d’au­cuns pré­fèrent s’a­char­ner contre les hommes qui les portent en eux, se tenir en-dehors, sans tâche et purs mais bien insi­gni­fiants, ato­mi­sés, plu­tôt que de se recon­naitre comme frères, se fédé­rer et œuvrer à la trans­for­ma­tion des cadres de la lutte.

    sur la ques­tion de l’Eu­rope, je ne com­prends pas ce qui te cha­grine, j’ai bien peur que tu sois arc-bou­tée sur des consi­dé­ra­tions d’ordre séman­tique, de la même manière qu’on ne peut pas sor­tir du nucléaire en cla­quant des doigts, non seule­ment on ne peut pas sor­tir de l’Europe comme ça, et sur­tout on ne peut pas déta­cher la France de son continent…donc si on veut débattre au-delà d’un appel au repli sur soi (qui ne règle rien d’ailleurs), on pense aux stra­té­gies pour construire une autre Europe,

    voi­ci la par­tie « s’af­fran­chir du trai­té de Lis­bonne et construire une autre Europe » du pro­gramme par­ta­gé du FDG. Lis ça et si tu as une meilleure stra­té­gie et de meilleurs prin­cipes, fais-les par­ta­ger et on en discute..de mon point de vue, quelques points sont à amé­lio­rer (à amé­lio­rer, pas à cra­cher des­sus, c’est pos­sible ça ?)

    « Agir tout de suite :
    Remise en cause du Pacte pour l’euro+ et créa­tion d’un Fonds
    de déve­lop­pe­ment social, éco­lo­gique et soli­daire européen

    Agir pour un chan­ge­ment durable :
    Bataille poli­tique et diplo­ma­tique pour un nou­veau trai­té européen
    Refonte des sta­tuts et mis­sions de la Banque cen­trale euro­péenne (BCE)

    Nous vou­lons une Europe affran­chie du trai­té de Lis­bonne qui respecte
    la sou­ve­rai­ne­té des peuples et qui sou­tienne des poli­tiques de développement
    social et éco­lo­gique. Le trai­té de Lis­bonne, reje­té à près de 55%
    des Fran­çaises et des Fran­çais et impo­sé par voie légis­la­tive, est illégitime.

    Nous refu­sons tous les pactes et plans d’austérité qui concourent
    à ampli­fier la réces­sion éco­no­mique et la régres­sion sociale au nom de
    la même logique libé­rale de sou­mis­sion aux mar­chés finan­ciers. Nous
    vou­lons mettre un terme à la libé­ra­li­sa­tion des ser­vices publics et nous
    enga­ge­rons la refonte du code des mar­chés publics qui sou­met l’action
    publique aux règles de la concur­rence libre et non faussée.

    Nous avons besoin d’une Europe laïque, indé­pen­dante, de paix et de
    soli­da­ri­té inter­na­tio­nale. Une Europe qui agisse pour mettre fin aux
    ingé­rences impé­ria­listes et néo­co­lo­nia­listes. Une Europe qui s’engage
    pour le res­pect des droits des peuples, en par­ti­cu­lier ceux du peuple
    Palestinien.

    En pre­nant appui sur les luttes et les aspi­ra­tions au chan­ge­ment en
    Europe, nous nous enga­ge­rons dans la mise en chan­tier d’un nouveau
    trai­té qui serait adop­té en France par réfé­ren­dum après un grand débat
    popu­laire. Nous agi­rons pour l’adoption d’une clause de non régression
    sociale et environnementale.

    La France pren­dra l’initiative d’Etats géné­raux de la refon­da­tion européenne
    en fai­sant appel à toutes les forces poli­tiques et sociales
    dis­po­nibles en Europe.

    Nous com­bat­tons le pacte euro plus et le semestre euro­péen qui veulent
    impo­ser l’austérité à vie aux peuples et nier la sou­ve­rai­ne­té de leurs
    repré­sen­tants. Nous orga­ni­se­rons un refe­ren­dum sur ces dispositions
    nou­velles et nous ferons cam­pagne pour qu’elles soient rejetées.

    Sans attendre cette échéance, nous agi­rons pour déve­lop­per des
    poli­tiques euro­péennes nou­velles, libé­rées de l’emprise des marchés
    financiers.

    Confor­mé­ment au man­dat qui nous aura été don­né par le peuple français
    de mettre en place une poli­tique de gauche dans notre pays, nous
    refu­se­rons d’appliquer des direc­tives contra­dic­toires à nos engagements
    notam­ment en ce qui concerne la déré­gu­la­tion des services
    publics.

    Notre déso­béis­sance fera tache d’huile dans l’Union et dans la zone
    euro. Elle sera un appui pour les petits pays dévas­tés par les plans de
    rigueur (Grèce, Por­tu­gal, Espagne…). A terme, notre but est de bri­ser le
    bloc libé­ral au sein de l’UE et de pous­ser à la négo­cia­tion d’un nouveau
    trai­té. Il faut sor­tir du pes­si­misme et de la sou­mis­sion à la technocratie
    euro­péenne. La France, en tant que pays fon­da­teur de l’Union
    euro­péenne, a les capa­ci­tés de la trans­for­mer si elle conjugue action
    sou­ve­raine et bataille d’opinion euro­péenne. Loin d’être iso­lés, nous
    serons ren­for­cés dans une Europe actuel­le­ment domi­née par l’ultralibéralisme
    et le moné­ta­risme pro­mus de longue date par les gouvernements
    bri­tan­niques et allemands.

    Nous agi­rons pour le réamé­na­ge­ment négo­cié des dettes publiques,
    l’échelonnement des rem­bour­se­ments, la baisse des taux
    d’intérêts les concer­nant et leur annu­la­tion partielle.
    La France pro­po­se­ra une refonte des mis­sions et des sta­tuts de la
    Banque cen­trale euro­péenne (BCE) qui doit être mise sous contrôle
    démo­cra­tique pour lui per­mettre de pou­voir prê­ter à taux faibles, voire
    nuls, direc­te­ment aux États, ache­ter des titres de la dette publique sur
    le mar­ché moné­taire pour pro­mou­voir l’emploi et la for­ma­tion et les
    ser­vices publics en visant la réponse aux besoins humains et à ceux
    de la planète.

    Nous pro­po­se­rons la créa­tion d’un « Fonds euro­péen de développement
    social, éco­lo­gique et soli­daire » répon­dant à cette exi­gence ; d’un
    « visa social et éco­lo­gique » (voir page 6) pour les échanges commerciaux
     ; et l’abandon de toute poli­tique de la « flexicurité ».

    Nous tra­vaille­rons à une har­mo­ni­sa­tion fis­cale qui exi­ge­ra une imposition
    mini­male des entre­prises pour empê­cher le dum­ping social entre
    pays membres de l’UE, ins­tau­re­ra un contrôle des mou­ve­ments de capitaux
    et le blo­cage de ceux à visée spé­cu­la­tive, la taxa­tion du capital
    et des tran­sac­tions finan­cières, le contrôle des acti­vi­tés des banques et
    la lutte contre les délo­ca­li­sa­tions. Nous éta­bli­rons un sec­teur bancaire
    public pour favo­ri­ser le déve­lop­pe­ment d’un nou­veau crédit.

    La France met­tra son veto au pro­jet de Grand Mar­ché Transatlantique
    qui consa­cre­rait la vas­sa­li­sa­tion de l’Europe par les Etats-Unis.
    Une nou­velle poli­tique agri­cole com­mune sera éla­bo­rée fon­dée sur la
    sécu­ri­té et la recon­nais­sance du droit à la sou­ve­rai­ne­té alimentaire,
    rap­pro­chant les pay­sans euro­péens au lieu de les mettre en concurrence,
    tour­née vers le déve­lop­pe­ment des coopé­ra­tions avec les pays
    qui souffrent le plus de sous-alimentation.

    La France s’engagera pour une Europe de l’harmonisation sociale. Elle
    deman­de­ra la mise en place d’un SMIC euro­péen (éta­blis­se­ment d’un
    salaire mini­mum légal dans chaque pays et pro­cé­dure de convergence
    vers le haut).

    Les ser­vices publics, avec de nou­velles créa­tions à l’échelle européenne
    devien­dront un pilier de la construc­tion européenne.

    Les pou­voirs de la Com­mis­sion euro­péenne devront recu­ler au profit
    de ceux du Par­le­ment euro­péen et des par­le­ments natio­naux dont les
    pou­voirs d’initiative, de co-déci­sion et de contrôle seront renforcés.

    La France agi­ra pour une Europe de l’égalité des droits qui s’inscrira
    en faveur de la digni­té humaine, contre la pau­vre­té, l’exclusion, les divisions
    et discriminations.

    Elle agi­ra éga­le­ment pour que les poli­tiques d’Europe « forteresse »,
    de stig­ma­ti­sa­tion des étran­gers non com­mu­nau­taires soient abandonnées
    et les accords de Schen­gen rené­go­ciés au pro­fit d’une action
    réso­lue de l’Europe en faveur de poli­tiques nou­velles de migra­tions internationales
    et de co-déve­lop­pe­ment, en par­ti­cu­lier avec les pays des
    pour­tours Méditerranéen.

    L’égalité femme-homme sera une valeur fon­da­men­tale de l’Union européenne,
    la « clause de la femme la plus avan­ta­gée » en Europe sera
    mise en place. »

    Réponse
  66. pertontemps

    Il y a des esprits qui sont des impasses, inutile d’es­sayer de leur mon­trer des issues « trom­peuses par défi­ni­tion » : ils sont fer­més même aux sen­tiers les plus lumi­neux ! les ronces de leur mau­vais carac­tère vous retiennent un temps, mais quand vous avez fini de tailler dedans, vous décou­vrez non seule­ment « rien », mais aus­si le nihi­lisme, favo­rable aux haines stig­ma­ti­santes : ce « rien » ne pour­ra jamais deve­nir le « tout » de l’In­ter­na­tio­nale ! De cette sorte de piège à c.. on ne se sort qu’en ne disant plus rien : ain­si le silence de mort per­met aux « spi­ri­tua­lismes » de reve­nir cas­ser la croûte en tailleur dans les ronces du « no futur »… Et à défaut de ronces cer­tains ont pré­vu du fil de fer barbelé !

    « ..Mais un jour dans notre vie Le prin­temps refleurira ! »

    Réponse
  67. Catherine

    Si on part vain­cu d’a­vance alors c’est sûr que ça ne mar­che­ra pas Alain, la meilleure façon de rater, c’est de ne pas essayer en effet, il faut y croire pour avan­cer sinon vous faites du sur place, pire, vous ris­quez fort de reculer.

    Que vous ayez cette opi­nion aus­si arrê­tée me concer­nant n’est pas à pro­pre­ment un pro­blème Alain Guilloux, car ma foi ça n’est un pro­blème que pour vous, pour moi, il en va tout autrement.

    Ce n’est pas pour ma pomme que je roule, c’est tout sim­ple­ment pour que la Vie puisse se mani­fes­ter de façon plus har­mo­nieu­se­ment dans mon espace qui croise celui des autres, et je suis pour un équi­libre res­pec­tueux entre ces deux ins­tances, la per­sonne et le groupe. Un « je » per­son­nel qui n’an­nule pas le « nous » com­mu­nau­taire, et un « nous » com­mu­nau­taire qui n’an­nule pas le « je » per­son­nel, voi­là pour quoi je roule.

    Et la recherche d’é­qui­libre, elle est ardue, mais c’est le sens de notre vie de le cher­cher tou­jours et encore, et il ne tombe pas du ciel cet équi­libre, il se construit, et à ma façon, c’est ce que j’es­saie de faire, faire en sorte que l’éner­gie envi­ron­nante ne soit plus, ou moins per­çue pour être moins pré­ten­tieuse, comme un ogre dévo­rant parce qu’a­veugle, mais au contraire d’in­té­grer peu à peu ses consti­tuants, ses forces, et une force conte­nue dans une main ça peut à la fois être une main qui tue ou une main qui sauve, tout dépend de la manière, du faire à faire et c’est lui qu’il faut diri­ger, après il y a des cou­rants hos­tiles, mais tenir la barre, ça c’est le sens de notre éner­gie et l’éner­gie quand elle est inté­grée qu’est-elle de plus que de l’in-for­ma­tion, mais infor­ma­tion au vrai sens du terme, c’est à dire celle qui nous fait être des êtres incar­nés car cette éner­gie nous forme alors de l’intérieur.

    Mer­ci pour ta réponse sitouaillain, j’y fais suite ce soir.

    Réponse
  68. sitouaillain

    Un « je » per­son­nel qui n’an­nule pas le « nous » com­mu­nau­taire, et un « nous » com­mu­nau­taire qui n’an­nule pas le « je » per­son­nel, voi­là pour quoi je roule.
    pareil

    d’où ma mise en garde sur ton attente d’un accord t‑o-t-a‑l sur le cap et l’ho­ri­zon, mieux vaut un plus petit déno­mi­na­teur com­mun au « nous » pour se lais­ser la pos­si­bi­li­té d’a­van­cer, tout en ouvrant la voie à divers che­mins plu­tôt que de viser l’u­ni­for­mi­té et prendre le risque de tous se trom­per, ou qu’il n’y ait que des « je » jux­ta­po­sés, désuet­te­ment fra­giles face aux « eux » prédateurs…

    J’ai pour ma part proxi­mi­té de vue, d’as­pi­ra­tions très forte avec des amis alle­mands, ita­liens, polo­nais, irlan­dais, espa­gnols, grecs, croates, tchèques et j’en oublie, bien plus qu’a­vec la plu­part de mes com­pa­triotes (qui, que tu le veuilles ou non, légi­ti­me­rons à nou­veau par leur vote ce que tu rejettes, repus de leurs cer­ti­tudes, croyant pen­ser par eux mêmes quand il ne font que répondre aux sti­mu­lus médiatiques),

    tu ne me feras pas sor­tir de l’Eu­rope, je suis de mon vil­lage, indi­gène ange­vin, je suis fran­çais, je suis euro­péen, je suis humain avec ces traits culturels-là,

    tu peux vou­loir que l’i­dée de la France se trans­forme pour qu’elle n’op­presse plus les « nous » bre­tons, ber­ri­chons ou pro­ven­çaux, mais pour­quoi reje­ter le « nous » fran­çais qui ren­drait soli­daires ces peuples…

    pour­quoi, sous pré­texte qu’en ce moment le résul­tat est contraire aux objec­tifs, reje­ter l’i­dée de « nous euro­péens » à la fosse com­mune des monstres de l’histoire ?

    j’ai peut être tort mais je me refuse à croire que les sacri­fices des peuples d’Eu­rope pour construire l’U­nion ont été vains, je ne cois pas qu’il faille jeter le bébé avec l’eau du bain, sur­tout quand on réflé­chit luci­de­ment à ce que coû­te­rait une sor­tie bru­tale, et qu’on consi­dère que cette éner­gie peut être dépen­sée à construire une autre Union Européenne.

    Réponse
  69. Catherine

    Pour tout te dire, je tâtonne, je ne sais pas trop quel est le bon che­min. Mais ce qui me fait m’arc-bouter sur cette sor­tie de l’Europe puante, c’est qu’elle est puante, et que de la puan­teur il est bien dif­fi­cile d’en sor­tir un par­fum délicat.

    D’ailleurs depuis que vous y êtes, dis-moi, quels ont donc été les avan­cées consé­quentes ? Je n’en vois aucune pour ma part, et bien pire, c’est d’un enfon­ce­ment dans la misère que ça pro­duit au fil du temps, avec le pon­cif d’une fausse plu­ra­li­té qui s’exprime, vous ser­vez donc d’alibi qui plus est, sans vous, il n’y aurait pas de jus­ti­fi­ca­tion pos­sible de la machi­ne­rie, elle serait vue pour ce qu’elle est, une machine dévo­reuse d’hommes, c’est cela que je vous reproche, c’est de vous dire contre mais de faire avec, et donc de légi­ti­mer le sys­tème, d’ailleurs pen­ser et agir contre c’est encore pen­ser et agir selon et donc c’est res­ter enfer­mé dans la cami­sole que nos geô­liers ont construit et que nous entre­te­nons nous-mêmes avec nos comportements.

    Alors c’est vrai qu’il me semble impor­tant de s’en tenir à des prin­cipes rigou­reux de base et donc de vou­loir sor­tir de cette pri­son, car je ne vois pas bien à vrai dire com­ment on pour­rait, même avec la meilleure volon­té du monde, créer du plus avec du moins, c’est mis­sion impossible.

    Mais para­doxa­le­ment, si je place les prin­cipes très haut, je crois de plus en plus aux petites actions, toutes petites actions de ter­rain, de proxi­mi­té qui elles seules sau­ront redy­na­mi­ser l’espace com­mu­nau­taire par le biais de l’individuel pos­si­ble­ment res­tau­ré ou en passe de l’être. J’ai la chance de pou­voir faire cela dans mon bou­lot quo­ti­dien et j’en suis fort aise. Si les élé­ments de la struc­ture sont moins influen­çables car plus forts, sûr qu’au bout d’un moment, il y aura des répercussions.

    De plus, sor­tir de l’Europe, ce n’est pas la fin du monde, c’est juste la fin d’un monde

    Quand c’est aus­si pro­duc­teurs de mort, il faut choi­sir son camps, celui de la vie ou de la mort, j’ai choi­si le mien, c’est celui de la vie, je l’aime trop pour l’abandonner aus­si facilement.

    Main­te­nant, il faut que je te dise que ton ouver­ture est tout à fait ras­su­rante, peut-être qu’au fil des échanges nous arri­ve­rons à trou­ver des points de syner­gie, déjà le je et le nous, nous sommes d’ac­cord, en la néces­si­té du res­pect mutuel de ces deux ins­tances, c’est prometteur !

    Réponse
  70. Alain le carté

    « Pour tout te dire, je tâtonne » Mer­ci Cathe­rine, alors je vais te faire un aveux : moi aus­si je tâtonne !

    …Ce dont je suis « LA PLUPART DU TEMPS » cer­tain, c’est qu’en effet plus la pla­nète approche de nou­veaux périls plus il vaut mieux tâton­ner que « car­ton­ner » ! Mais il y a des « moments his­to­riques » ou en effet il faut dire « NON », et je reste heu­reux que nous l’ayons fait face à la pré­ten­tion de « com­mis­saires non élus » donc illé­gi­times d’im­po­ser « leur Consti­tu­tion », c’est‑à dire celle qui fut taillée sur mesure pour « le capi­tal » et contre « l’humain ».

    Je regrette de t’embêter encore avec « mon par­ti », mais il sera impos­sible d’é­li­mi­ner d’un coup de botte les mili­tants des par­tis, autant donc essayer de voir si « les tâton­ne­ments des uns et des autres » (y com­pris chez le diable social-démo­crate!) ne sont pas, sait-on jamais, por­teurs d’un « au-delà des dog­ma­tismes » qui ne soit pas pure régres­sion opportuniste :

    Le livre de Sté­phane Hes­sel et Edgar Morin inti­tu­lé comme par angé­lisme « le che­min de l’es­pé­rance » n’est pas si mou ni si angé­lique qu’il paraît à la pre­mière lecture.

    Ils inter­pellent « les par­tis » pour qu’en­semble ils se méta­mor­phosent en se res­sour­çant pour revi­ta­li­ser la démo­cra­tie car il y a inter­ac­tion com­plexe entre les replis indi­vi­duels des frus­trés-consom­ma­teurs et le ren­for­ce­ment de la dic­ta­ture du Capi­tal finan­cier contre les humains « qui tâtonnent »…Je ne suis pas abso­lu­ment cer­tain que ce petit livre de 60 pages soit des­ti­né à rem­pla­cer « la pen­sée unique » qui nous gou­verne, mais tout en obser­vant que les par­tis poli­tiques actuels, en voie de fos­si­li­sa­tion, s’ils ne veulent pas avoir exis­té pour rien doivent « se décom­po­ser-recom­po­ser » (je résume entre mes guille­mets) pour régé­né­rer la vie démo­cra­tique, « en contri­buant à la for­ma­tion d’un puis­sant mou­ve­ment citoyen, d’une insur­rec­tion des consciences ».…Il me semble que « tout en tâton­nant », le PCF et les autres par­tis ini­tia­teurs du « Front de gauche » acceptent et sou­haitent le « dépas­se­ment du car­tel ini­tial » par les adhé­sions d’as­so­cia­tions, de syn­di­cats et de citoyens inor­ga­ni­sés, sur un mode nou­veau qui soit celui dont a besoin « la révo­lu­tion citoyenne »…Mais tu com­pren­dras mieux les phrases des augustes auteurs que les miennes ! Achète donc cet ouvrage 4 € 75 chez… Leclerc… ou alors à l’A­MAP du coin ! ou son équi­valent par­ti­daire (7 € avec en prime le pro­gramme par­ta­gé du Front de Gauche « l’hu­main d’a­bord » chez des encar­tés comme moi)…

    Réponse
  71. Catherine

    De plus je ne pense pas que se poser en tant qu’i­den­ti­té fran­çaise non diluable dans la mélasse euro­péenne d’au­jourd’­hui nuise à l’i­dée d’une Europe en construc­tion, y’a juste que cette construc­tion euro­péenne là, ils peuvent se la gar­der, moi, je n’en veux pas, mais ça ne veut pas dire que je suis contre l’i­dée euro­péenne, y’a juste que celle-là, je n’en veux pas car le modèle tor­du ne peut don­ner que des trucs patho­lo­giques pour la majo­ri­té des gens. Et si tu reprends à ton compte ce lamen­to d’une idée euro­péenne pour laquelle les peuples se seraient sacri­fiés et qu’on ne pour­rait pas, dès lors, igno­rer au risque de pas­ser pour de sales ingrats, non, ce n’est pas juste à mon sens de voir les choses ainsi.

    Ce n’est donc pas une pos­ture de repli fri­leux, ce serait même tout le contraire.

    Réponse
  72. Catherine

    Alain le car­té, j’suis trop fati­guée pour te répondre, alors de tâton­ne­ment en tâton­ne­ment je te fais une bise pour la nuit en guise de réponse ! sourire !

    Réponse
  73. Catherine

    Loin de moi l’i­dée de cra­cher sur le pro­gramme par­ta­gé du FDG, ça me semble même bien gros­so modo, mais tout ça, ce sont des vœux pieux, rien que des vœux pieux.

    Alors les vœux, il est pos­sible de les expri­mer et c’est même une ini­tia­tive lar­ge­ment encou­ra­gée dans les antres putrides de la bête euro­péenne car ça donne dès lors un pseu­do change qui laisse croire que ben, oui, il est pos­sible de rêver en ces lieux sti­pen­diés par des gens qui n’y com­prennent déci­dé­ment rien, mais c’est oublier alors que cette construc­tion euro­péenne d’au­jourd’­hui c’est tout ce qu’elle nous auto­rise à faire des vœux pieux, mais les réa­li­ser, non, là-bas c’est pas Lourdes, et tout a été cade­nas­sé soli­de­ment pour empê­cher les belles vel­léi­tés de s’ac­tua­li­ser. On les tue dans le nid là-bas, on peut en par­ler mais c’est tout ce qu’on peut faire, les actua­li­ser, nen­ni, c’est barré !

    Voi­là pour­quoi ces poten­tia­li­tés écrites et belles je l’ad­mets ne seront jamais, jamais au grand jamais réa­li­sables là-bas, car on ne fait pas d’une char­rette une voi­ture de course, et il faut être un doux rêveur pour y croire encore.

    Main­te­nant les rêves il en faut, mais il faut qu’ils soient à la mesure de la réa­li­té de ter­rain a mini­ma, sinon, c’est une pure perte d’éner­gie, mais com­prendre cela c’est déjà avan­cer car dès lors notre éner­gie ne s’é­puise plus à vou­loir faire entrer un cha­meau dans le chas d’une aiguille, sourire !

    Réponse
  74. Alain Guillou

    Qui te dit que « le rêve » n’est pas, à cer­tains moments de l’his­toire, plus effi­cace que les bombes ?

    Ton « axe » la fameuse « direc­tion », c’est un rêve. Quand une idée s’empare des masses, elle devient une réa­li­té… (qui peut être pire que l’é­tat pré­sent des « choses », ou enfin « meilleure »).

    Cer­tains disent « le front de gauche est une impasse car il pré­tend nous enfer­mer dans une Europe infernale »…

    Cette « Europe » se détruit d’elle-même, car elle est à voca­tion impé­ria­liste, avec une alliance pro­vi­soire et illu­soire « fran­co-ger­ma­nique » qui peut virer du jour au len­de­main en guerre froide voire plus encore.

    Ce virage peut aus­si se pro­duire avec son écla­te­ment et la vic­toire des extrêmes-droites euro­péennes, car les contra­dic­tions inter-impé­ria­listes sont tou­jours là, der­rière la confu­sion du « mar­ché mondialisé ».

    Les réunions poli­tiques où qu’elle se pro­duisent, à tous les niveaux, sont « déce­vantes » car c’est « l’an­cien qui pré­tend convo­quer le nouveau ».

    Il faut que l’in­di­gna­tion citoyenne gran­disse assez pour que ce soit le nou­veau qui convoque l’ancien.
    …Mais l’an­cien est bien plus rusé que le nou­veau, et il le voit venir…Il faut donc faire par­tie de cette « ruse » pour la déjouer.

    Cha­cun avec soi-même a déjà en per­ma­nence ce « com­bat », avec à la fois la nos­tal­gie et « le rêve ».

    Réponse
  75. Catherine

    Je suis une grande, très grande rÊveuse, mais le rêve doit pas­ser au crible de la réflexion sinon il est sté­rile et fait le contraire de ce pour­quoi il existe, il rétré­cit au lieu de dila­ter l’es­pace des pos­sibles. Pas le temps d’en dire plus, je fais shab­bat ! bonne jour­née à toi et à tous, le toutes étant inclus dedans

    Réponse
  76. Di Girolamo

    Les par­tis poli­tiques et les asso­cia­tions fonc­tionnent sur le même prin­cipe de per­sonnes s’as­so­ciant autour d’un même but.

    Ces ras­sem­ble­ments sont des faits ancrés dans nos socié­tés ; ils sont incontournables.

    Se ras­sem­bler, s’unir est en soi très posi­tif et donne de l’éner­gie et de l’ef­fi­ca­ci­té dans le sens des buts et objec­tifs pour­sui­vis. De plus les liens humains qui se créent dans ces ensembles sont sou­vent très récon­for­tants. L’inverse pou­vant aus­si être indiqué.

    Néan­moins l’in­con­vé­nient est une cer­taine fer­me­ture en cercle autour de per­sonnes rai­son­nant de la même manière. Il y a risque avé­ré de fer­me­ture. Il y a aus­si l’humain, les conflits de pou­voir etc

    Je crois qu’il faut bien dis­tin­guer la chose publique et la démo­cra­tie, et ces modes de ras­sem­ble­ment. La démo­cra­tie dans son essence s’a­dresse à tous quelque soit sa situa­tion et son opi­nion, sans exclu­sive (l’ex­clu­sive pou­vant être néan­moins clai­re­ment défi­nie et très enca­drée juri­di­que­ment, très res­treinte, et très trans­pa­rente , vis à vis d’ac­tions ‚paroles ou écrits répré­hen­sibles au regard des lois que démo­cra­ti­que­ment la socié­té s’est donné )

    La démo­cra­tie s’adresse aux per­sonnes, aux indi­vi­dus et non aux asso­cia­tions et par­tis poli­tiques : le vote est per­son­nel et secret.

    Je pense que le plus impor­tant dans une démo­cra­tie est de veiller à ce que les asso­cia­tions et par­tis poli­tiques ne prennent pas le pouvoir :

    « La sou­ve­rai­ne­té natio­nale appar­tient au peuple qui l’exerce par ses repré­sen­tants et par la voie du référendum.

    Aucune sec­tion du peuple ni aucun indi­vi­du ne peut s’en attri­buer l’exer­cice. » Article 3 de notre constitution
    « Les par­tis et grou­pe­ments poli­tiques concourent à l’ex­pres­sion du suf­frage. Ils se forment et exercent leur acti­vi­té libre­ment. Ils doivent res­pec­ter les prin­cipes de la sou­ve­rai­ne­té natio­nale et de la démo­cra­tie. » Article 4

    En ce sens je suis assez d’accord avec cette for­mu­la­tion de la consti­tu­tion actuelle . Sauf qu’elle n’est pas appliquée.

    ARTICLE 5.
    « Le Pré­sident de la Répu­blique veille au res­pect de la Consti­tu­tion. Il assure, par son arbi­trage, le fonc­tion­ne­ment régu­lier des pou­voirs publics ain­si que la conti­nui­té de l’État. »

    ARTICLE 20.
    « Le Gou­ver­ne­ment déter­mine et conduit la poli­tique de la nation. »

    Nos pra­tiques poli­tiques ne res­pectent pas du tout ces prin­cipes : le pré­sident qui devrait veiller à ce la sou­ve­rai­ne­té soit bien déte­nue par le peuple et qu’ « aucune sec­tion du peuple ni aucun indi­vi­du s’en attri­bue l’exer­cice », est lui-même issu d’un par­ti et c’est lui qui au nom de son par­ti « déter­mine et conduit la poli­tique de la nation ».( alors que cette tâche est celle du gouvernement )

    On est donc dans une situa­tion où le pou­voir a été cap­té par les par­tis et les asso­cia­tions ; ce qui a pour consé­quence ce que l’on sait : lutte per­ma­nente pour conser­ver ou conqué­rir le pou­voir , poli­tiques court ter­mistes, bi par­tisme etc

    Pour moi clai­re­ment la donne est faus­sée dès le départ

    Et de ce fait même les par­tis d’alternative sont pié­gés en ren­trant dans le jeu. Et peu à peu avec le temps prennent tous les gros défaut des grands par­tis, effi­ca­ci­té oblige !

    C’est la rai­son pour laquelle je suis pour la créa­tion d’un outil PUBLIC d’expression, réflexion , étude , débat …sur les grands enjeux

    Où les pro­blé­ma­tiques sont dis­cu­tées pour elles mêmes en dehors du jeu poli­ti­cien, direc­te­ment par les citoyens .

    Je reprends en copie col­lé un pas­sage de Sitouaillin qui m’a bien plu ( il se plaint d’ailleurs de la raré­fac­tion des citoyens) :

    « .…il y a donc dans le pro­gramme du FDG des pistes nou­velles pour pen­ser et agir en-dehors des cadres, mais bien-sûr, les yeux ronds et la réponse de l’o­ra­teur-sachant du PCF m’ont fait com­prendre que le tout État, les barres HLM dans des espace-repous­soirs et la réponse « en creux » des zones d’ha­bi­tats pavillon­naires, le tabou de la pro­prié­té de son loge­ment, la foca­li­sa­tion sur les villes (pour­tant pro­duits des échanges inégaux, nœuds d’ab­sorp­tion et de sur­con­som­ma­tion des res­sources natu­relles et de spo­lia­tion du tra­vail humain), l’in­dus­trie pas for­cé­ment éco­lo­gique, la cen­tra­li­sa­tion, bref tout ça est encore bien ancré dans la tête de ceux qui croient savoir ce qui est bon pour le peuple, peuple absent de la réunion et de leurs orga­ni­sa­tions d’ailleurs, peuple qui n’existe que de moins en moins, pri­vé, que ce soit par la mon­dia­li­sa­tion, la socié­té de consom­ma­tion ou par le cen­tra­lisme jaco­bin, de ses iden­ti­tés, de ses cultures, de ses lieux d’exer­cice et de construc­tion d’une autotch­to­nie émancipatrice. »

    Réponse
  77. sitouaillain

    j’a­vais recon­nu le D !

    d’ailleurs Di Giro­la­mo, je ne sais pas si tu as déjà déve­lop­pé ailleurs ton idée d’es­pace public-outil public d’ex­pres­sion, je la trouve essentielle, 
    je me pose aus­si la ques­tion depuis long­temps, et je me demande aus­si com­ment tu comptes t’y prendre pour l’instituer…

    même chose pour Cathe­rine, déso­lé, je vois que tu fais la bise à Alain, ça me réjouis, mais, je suis quand même un pti peu éner­vé par ce débat,
    j’at­tends une VRAIE réponse, c’est-à-dire quelle force poli­tique (qui ?) va faire sor­tir la France de l’U­nion Euro­péenne, com­ment, selon quelle tem­po­ra­li­té, avec quelles consé­quences pour faire quoi et avec qui…

    bref du sérieux, de l’a­na­lyse, des stra­té­gies, pas de méta­phores sous acides pour maquiller du vide, please !

    Réponse
  78. Di Girolamo

    @ Sitouaillin

    « com­ment tu comptes t’y prendre pour l’instituer… »

    That is the ques­tion parce que je m’aperçois que côté ins­ti­tu­tion (élus , par­tis ) et côté socié­té civile (asso­cia­tions ‚orga­nismes .…) la démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive est au mieux uti­li­sée et dévoyée au pire repous­sée .…Per­sonne n’en veut!!!

    Les Conseils Locaux de Déve­lop­pe­ment qui pour­raient être loca­le­ment de magni­fiques outils par­ti­ci­pa­tifs viennent d’être pas­sé à la trappe dans le cadre des réformes ter­ri­to­riales , dans l’in­dif­fé­rence générale.

    Et puis cultu­rel­le­ment c’est vrai­ment pas dans les mœurs.….

    J’a­voue me heur­ter à un mur.
    Je l’a­vais évo­qué sur ce blog, je suis même à ce sujet indé­si­rable et viré du pays par les élus quand ils ont com­pris que le pro­jet que je menais ( films dans les com­munes pour dis­cu­ter élus et popu­la­tion des grands enjeux de socié­té ) allait les remettre en ques­tion sur leur pié­des­tal de sachants et les contraindre de par­ler à éga­li­té de pro­blèmes que les citoyens ordi­naires pou­vaient abor­der aus­si bien. Je suis donc en pro­cès (tri­bu­nal admi­nis­tra­tif) pour défendre cette idée de démo­cra­tie participative.

    Quand je parle d’é­lus, ce sont les poten­tats locaux : pré­si­dents com­mu­nau­té de com­munes et gros bourg, dépu­té maire .…

    Réponse
  79. Catherine

    Mer­ci sitouaillain d’être aus­si direct, j’aime quand les choses sont dites aus­si clai­re­ment, sans iro­nie aucune.

    Alors tu me poses une ques­tion et puis tu as l’im­pres­sion que je me défausse, que j’emploie des sub­ter­fuges pour ne pas répondre.

    C’est que je n’ai pas la réponse vois-tu, et encore moins la vraie réponse, d’où je le sor­ti­rais dis-moi ?

    Si on devait attendre d’a­voir une vraie stra­té­gie, avec des VRAIES réponses sur qui, quand , quoi, com­ment, où, bigre c’est qu’on serait un sacré devin et je ne suis pas devi­ne­resse, non, c’est pas dans mes cordes ça.

    De plus, s’il fal­lait attendre d’a­voir répon­du à toutes ces ques­tions bien pro­pre­ment et bien comme tu vou­drais qu’elles soient répon­dues, et bien tu peux aller te recou­cher et tu n’es pas prêt de te rele­ver car c’est mis­sion impos­sible ce que tu demandes là, ce n’est tout sim­ple­ment pas pos­sible d’y répondre et le monde dans lequel on est, il est pas prêt de chan­ger alors, si c’est ça qu’il faut attendre pour se bouger.

    Tu ne peux pas enser­rer dans une stra­té­gie struc­tu­rée et ordon­née, un mou­ve­ment aus­si dyna­mique qu’est celui de la vie à moins de le conte­nir très très vite et très très fort dans un appa­reil très très contrai­gnant et ce n’est pas le but même si des règles doivent être de mises.

    En revanche, ces­ser d’o­béir à tous nos soi-disant repré­sen­tants à qui nous délé­guons nos droits en contre-par­tie de sup­po­sées garan­ties de démo­cra­tie qui sont tous sauf garan­ties, là, c’est déjà une réponse. Car ces­ser d’o­béir ce n’est pas rien ça, ça pro­duit du concret, ça fait tom­ber des murs qui semblent gigan­tesques mais qui dès lors qu’ils sont pri­vés de sou­tien, le nôtre, tombent, et c’est là qu’on se rend compte que la force qu’ils avaient, c’est nous qui la leur don­nions. Et se rendre compte de cela, ça impulse un sacré mou­ve­ment, ça rejoint la force des pos­sibles autre­ment, car on se rend compte que la réa­li­té est autre dès lors qu’on cesse d’ac­cep­ter qu’elle est ce qu’elle est, que c’est nous qui sommes co-acteurs de cette réa­li­té en déci­dant de faire ou de ne pas faire, de consen­tir ou de ne pas consentir.

    Ces­ser de jouer ce jeu de dupes des pseu­do-élec­tions dans les glauques enceintes euro­péennes, c’est envoyer un mes­sage très très fort, c’est ren­voyer tout le men­songe de cette pré­ten­due démo­cra­tie et c’est un début de réponse et de vraie réponse ça, il me semble.Enlever, défaire les liens qui empri­sonnent et qui asphyxient comme ceux des élec­tions euro­péennes, ça dit et ça porte

    un souffle capable de sou­le­ver des mon­tagnes je crois…

    Réponse
  80. Olga

    Les der­niers posts sont cap­ti­vants. « Qui va faire sor­tir la France de l’UE » ?

    L’UE n’est rien sans l’adhé­sion populaire…Bien sûr il faut un silence his­to­rique de plus d’une demi-heure pour que le désa­veu popu­laire devienne une réa­li­té incon­tour­nable, car, contrai­re­ment au mar­ché finan­cier qui court à la vitesse de la lumière, la prise de conscience puis la mise en mou­ve­ment des « masses popu­laires indi­gnées » sont retar­dées, car le tuyau « poli­tique » unique et obli­ga­toire s’ap­pelle « bipar­tisme » et nos ins­ti­tu­tions l’ont fait ain­si pour conser­ver au capi­tal finan­cier son pri­vi­lège, autant dire ses « agios poli­tiques ». Les domi­nants ont « inves­ti le sys­tème média­tique » pour rétré­cir « le tuyau » de la cir­cu­la­tion des idées, contre la sou­ve­rai­ne­té des peuples. Les par­tis poli­tiques doivent être som­més par « la rue  » d’ou­vrir la poli­tique, et d’a­ban­don­ner leur stra­té­gie de guerre peuple car­té contre peuple réel.

    C’est l’in­ten­tion affi­chée dans le pro­gramme du Front de gauche quand il s’an­nonce sous le titre « l’hu­main d’a­bord »… Mais il échoue­ra si le peuple n’u­ti­lise pas inter­net pour vaincre l’os­tra­cisme des médias pour empê­cher ce que le peuple a lui-même à « se dire ». Contour­ner le « bipar­tisme » bon­net-blanc-blanc-bon­net impo­sé. Reste donc à « la rue » non pas à se conten­ter de la rue, mais à faire irrup­tion, entre autres « espaces citoyens pos­sibles », dans un front popu­laire « à sa main » pour se l’ap­pro­prier avant qu’il se referme à son tour sur sa tige d’o­ri­gine par­ti­daire : soyons les bour­dons et les abeilles de cette « révo­lu­tion citoyenne pos­sible » ! Et fai­sons entrer cette révo­lu­tion là où elle est néces­saire : au cœur de l’Eu­rope ! Finis­sons-en en indi­gnés enga­gés contre la « gabe­gie euro­péenne » ! Loin de « sor­tir de l’Europe », fai­sons ava­ler leur cha­peau aux com­mis­saires et faux-nez de Bruxelles qui usurpent le titre d’Eu­ro­péens alors qu’ils sont les enne­mis des peuples euro­péens ! Il ne faut pas « sor­tir de l’Eu­rope », il faut au contraire que les peuples se l’ap­pro­prient en y fai­sant conver­ger leurs reven­di­ca­tions sociales et poli­tiques « com­munes » face aux dic­tats du mar­ché finan­cier : Cette « mise en mou­ve­ment » est l’en­jeu euro­péen prin­ci­pal : ne lais­sons pas les indi­gnés se réduire à une mino­ri­té mar­gi­na­li­sable par des médias mal­veillants ! Ce que le peuple a lui-même à se dire ? c’est sa prise de conscience !: « La conscience est un être pour lequel il est dans son être ques­tion de son être en tant que cet être sup­pose un être autre que lui »…(Sartre n’é­tait pas un char­lot, alors on peut le relire pour « repen­ser » la prise de conscience « popu­laire », spectre tant redou­té par les Capi­ta­listes européens!)

    Réponse
  81. Catherine

    Je réponds quand même vite fait à Alain Guilloux par rap­port à ce qu’il me dit , à savoir : « Ton « axe » la fameuse « direc­tion », c’est un rêve.

    Bien sûr qu’il n’est pas réa­li­sable, je le sais bien, mais jus­te­ment c’est un peu comme l’é­toile polaire. On sait bien qu’on ne la tou­che­ra jamais, n’empêche, c’est elle qui nous sert de guide POUR NOUS ORIENTER et d’a­voir un guide pla­cé haut ça évite de tom­ber trop bas, ça oblige à rele­ver la tête et à vou­loir tou­jours aller plus haut pour ten­ter de la rejoindre cette étoile, ça per­met de se ral­lier à la flamme du désir qui ne s’é­tein­dra jamais mais qu’on essaie­ra de com­bler un peu en ten­tant de s’en appro­cher avec les moyens qui sont les nôtres et ça nous obli­ge­ra à construire un faire et à ne pas attendre que les choses nous tombent toutes cuites dans le bec !

    Voi­là donc à quoi me sert cette mesure du je per­son­nel qui n’an­nule pas le nous com­mu­nau­taire et le nous com­mu­nau­taire qui n’an­nule pas le je per­son­nel, ça me sert de boussole !

    Réponse
  82. Catherine

    Déjà là faire qq chose TOUT DE SUITE c’est peut-être sou­te­nir Di Giro­la­mo. Com­ment pour­rions-nous sou­te­nir cette démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive lors de ton procès ?

    Réponse
  83. Di Girolamo

    @ Cathe­rine

    Mer­ci pour ton soutien .

    Les Conseils Locaux de Développement(CLD) sont des struc­tures citoyennes ados­sées au « pays » ; un pays est com­po­sé de plu­sieurs com­mu­nau­tés de com­munes , son domaine de com­pé­tence étant l’a­mé­na­ge­ment et le déve­lop­pe­ment du ter­ri­toire concer­né ; élus locaux réunis dans un comi­té de pilo­tage , citoyens dans le conseil de déve­lop­pe­ment et char­gés de mis­sion tra­vaillent ensemble à la construc­tion de l’a­ve­nir de ce ter­ri­toire ; ils gèrent l’argent régio­nal alloué à un contrat de déve­lop­pe­ment entre la région et ce pays .

    Les CLD ont un rôle de par­ti­ci­pa­tion et conseil ;de sen­si­bi­li­sa­tion ‚infor­ma­tion de la socié­té civile à ces pro­ces­sus de par­ti­ci­pa­tion aux poli­tiques locales ; ils s’or­ga­nisent libre­ment mais sont enca­drés dans leurs missions .

    La région leur four­nit des moyens pour finan­cer un salaire d’animation.

    Cette image idy­lique des CLD se heurte à de petits pou­voirs locaux et en interne et au sein des élus : les pays se réduisent trop sou­vent en gui­chet de sub­ven­tion régio­nale et les CLD en annexe tech­nique à la remorque des élus.

    Du fait d’une action que j’ai ten­té de mener (pour­tant finan­cée par la région sur des fonds de sou­tien à la Démo­cra­tie Par­ti­ci­pa­tive ‚et qui allait dyna­mi­ser le CLD Local et mobi­li­ser des citoyens ) je me suis heur­té de front aux « petits pou­voirs locaux  » dont un gros pou­voir : dépu­té maire pré­sident du pays .Le poids inima­gi­nable de ce der­nier par ailleurs per­son­na­li­té du PS a fait qu’on m’a exclu du pays ( au mépris des règles et lois enca­drant les CLD) .

    J’ai sai­si le Tri­bu­nal Admi­nis­tra­tif pour abus de pou­voir , non res­pect des règles en vigueur sur les CLD , en réfé­ré (pro­cé­dure rapide et en requête ordinaire.

    Le réfé­ré est trai­té en Conseil d’E­tat et j’au­rai une réponse sans doute dans le mois qui vient ; le réfé­ré peut sus­pendre la déci­sion admi­nis­tra­tive ; la requête ordi­naire ( sur le fond) sera bien plus longue ; si je gagne une large publi­ci­té du pro­cès sera faite auprès des élus locaux , des consei­lers régio­naux et géné­raux , dans la presse locale (c’est ma demande).

    Cela dit les pays viennent donc d’être abro­gés dans le cadre de la nou­velle réforme territoriale,sans une larme de la droite et de la gauche .

    J’ai vrai­ment com­pris avec cette aven­ture trop longue et tra­gi­que­ment rocam­bo­lesque à racon­ter que j’a­vais tou­ché là à quelque chose d’im­por­tant tou­chant à l’or­ga­ni­sa­tion locale ( et donc natio­nale) du pouvoir .

    J’ai aus­si pu consta­ter la mécon­nais­sance et méfiance de la socié­té civile vis à vis de cette « démo­cra­tie par­ti­ci­pa­tive » mobi­li­sant en fait personne.

    Mer­ci encore pour la pro­po­si­tion d’aide ; mais pour l’ins­tant il me faut attendre les résul­tats des pro­cé­dures que j’ai engagées.

    Réponse
  84. ombre et lumiere

    Dis­sec­tion d’une pen­sée sous-fas­ciste : le cas Alain Soral

    Source : http://​forum​.anar​chiste​-revo​lu​tion​naire​.org/​v​i​e​w​t​o​p​i​c​.​p​h​p​?​f​=​7​6​&​t​=​4​3​1​9​&​s​t​a​r​t=0

    Bien sûr tout n’est pas rose… Mais dans les gris on trouve quelques beaux merdegris !

    On ne va pas brû­ler tous les livres, il est plus facile de griller les esprits !

    Réponse
  85. sitouaillain

    @ Gilles,

    ce qu’il importe aus­si de savoir, c’est l’im­pact éco­no­mique et social des mesures que tu pré­co­nises pour la Grèce à moyen terme,considérant que le sys­tème actuel n’a pas per­mis aux Euro­péens de prendre les mesures néces­saires pour empê­cher la Grèce de s’en­fon­cer, il est pos­sible qu’un régime spé­cial puisse lui être accor­dé tout en res­tant dans l’UE.

    Les trai­tés dénon­cés contiennent aus­si des avan­cées pré­cieuses, j’en fais tous les jours usage en matière de droits de l’homme, mais il est indé­niable qu’il faille les abo­lir, ce qui peut vou­loir dire les rem­pla­cer par un nouveau.

    C’est ce que pro­pose le Front de Gauche et cela me parait très lucide, dans la mesure où une sor­tie bru­tale de l’UE expo­se­rait le pays à des défis qu’il n’est pas en mesure d’af­fron­ter seul, et ceci, d’a­bord parce que la durée d’exer­cice du mar­ché unique à accen­tué l’in­ter­pé­né­tra­tion des éco­no­mies euro­péennes. Il est donc plus inté­res­sant de conser­ver la coopé­ra­tion euro­péenne comme cadre, tout en se don­nant des marges de manœuvre (clause du mieux disant social et envi­ron­ne­men­tal, créa­tion d’un pôle ban­caire public, etc.) per­met­tant de relo­ca­li­ser les pro­duc­tions et cela passe aus­si par des coups d’é­clats, des vio­la­tions déli­bé­rées des trai­tés en cours (en s’a­bri­tant der­rière le choix du peuple par réfé­ren­dum) et en adop­tant une pos­ture d’ou­ver­ture aux autres peuples.

    pour dire les choses tri­via­le­ment, ça me paraît plus malin et plus au fait des consé­quences à court et moyen terme d’une sor­tie de l’UE et de l’euro.

    Un pré­cé­dent his­to­rique (la fameuse poli­tique de la chaise vide de De Gaulle) montre qu’une volon­té ferme de la France d’ob­te­nir gain de cause ne souffre aucune résis­tance pos­sible, et ce, j’i­ma­gine, d’au­tant plus si les solu­tions pro­po­sées touchent les peuples d’Eu­rope et mettent en porte-à-faux leurs élites…

    bien sûr per­sonne n’est obli­gé d’y croire, d’ailleurs les médias sont for­mels, mélen­chon est un gui­gnol et chaque fois qu’ils pour­raient dire ce qu’est la pro­po­si­tion du FDG ils pré­fèrent dire « voi­là une pro­po­si­tion de Le Pen » en oubliant que ni les pro­po­si­tions, ni les pers­pec­tives ne sont tout à fait les mêmes,

    ou bien, plus en pro­fon­deur, cha­cun à le droit de ne pas croire qu’une élec­tion puisse appor­ter quoi que ce soit, c’est un point de vue qui se res­pecte, mais il n’y a là nulle obli­ga­tion à déni­grer ceux qui cherchent à obte­nir un man­dat du peuple pour chan­ger les choses dans un sens qui lui soit plus favorable…qui peut affir­mer serei­ne­ment qu’il est plus facile de lut­ter sous Sar­ko­zy que sous une man­da­ture Front de Gauche ?

    enfin, la ques­tion qui se pose lors­qu’on parle de sor­tie de l’UE sans pol­luer plus et sans mettre plus de monde sur la paille est la sui­vante : un pays d’Eu­rope peut-il se sor­tir de la crise sans qu’il existe une coor­di­na­tion entre les poli­tiques bud­gé­taires, moné­taires et éco­no­miques des prin­ci­paux pays d’Eu­rope, là tout de suite maintenant ?

    et celui qui vou­drait ten­ter de répondre à cette ques­tion est-il capable de pen­ser le contexte, l’é­co­no­mie monde, les évo­lu­tion-réac­tions du reste du monde, notam­ment des autres pays euro­péens, face à telle déci­sion prise dans un seul pays ?

    Avez-vous lu le scé­na­rio de sor­tie de l’eu­ro de Jacques Sapir ? l’a­vez-vous bien lu ? si oui, votre col­lec­tif ou que sais-je à inté­rêt à être bien prêt et à la seconde près pour évi­ter la catas­trophe. Sapir lui-même avoue sa pré­fé­rence pour la pos­ture de négo­cia­tion avec les par­te­naires euro­péens et pré­fère aver­tir les gens ten­tés par cette option en disant qu’il est bien moins coû­teux d’ob­te­nir une trans­for­ma­tion du cadre de l’UE, si besoin en agi­tant le chif­fon rouge d’une sor­tie de l’eu­ro, que de le faire vraiment…

    PS : je n’ai aucun inté­rêt maté­riel direct lié à une quel­conque élec­tion, je n’adhère à aucun par­ti et suis par­fai­te­ment lucide quant au che­min qui nous reste à par­cou­rir pour vivre vrai­ment en démo­cra­tie, et, comme le dit Cathe­rine, sim­ple­ment lais­ser se déployer la vie (même si en ne pre­nant pas vrai­ment en compte dans ses rai­son­ne­ments les effets de struc­tures, elle oublie que la vie humaine est un vivre ensemble qui néces­site des règles et des réa­li­tés sym­bo­liques par­ta­gées pour ne pas être auto­des­truc­trice). Sim­ple­ment, pour reprendre une judi­cieuse obser­va­tion d’A­lain, je ne suis pas nihiliste.

    je vois que nous par­ta­geons tous les mêmes constats sur l’UE actuelle (quelques petite plon­gées dans les trai­tés et dans l’his­toire per­met­trons à cer­tains de nuan­cer le côté « tout est à jeter » assez insup­por­table), par contre nous ne réflé­chis­sons pas sur la même tem­po­ra­li­té ni sur le même plan, rien de grave, mais de grâce, lais­sez-nous, Alain et moi et les autres, pour­suivre nos rêves de la manière que nous pen­sons appropriée.

    Vous n’êtes pas plus en capa­ci­té de por­ter les citoyens au pou­voir, d’au­tant plus que vous n’a­vez aucun appui orga­ni­sa­tion­nel (en ce sens qui légi­time vrai­ment le sys­tème?) vous n’êtes pas en capa­ci­té de faire sor­tir la France de l’UE mais par contre vous don­ner de l’eau au mou­lin à ceux qui le sont et qui n’ont pas les mêmes aspi­ra­tions que vous, contrai­re­ment à nous…à peu de choses près

    Réponse
  86. Alain G

    « There is no alternative. » 

    Il n’y a effec­ti­ve­ment pas d’alternative si l’on conti­nue de se sou­mettre à l’emprise des mar­chés finan­ciers. C’est là le point car­di­nal et la ligne de par­tage de toute poli­tique.

    A ce titre, au Par­le­ment euro­péen, les par­tis de la Gauche Unie Euro­péenne ont refu­sé clai­re­ment cette « gou­ver­nance » des com­mis­saires, dra­ma­tique pour les populations…

    C’est un fait à ne pas taire, non seule­ment pour « être juste », mais aus­si pour aider le fameux « peuple pri­vé de sou­ve­rai­ne­té » à com­prendre qui fait quoi, ce que signi­fient « pra­ti­que­ment » les « repères gauche droite », et qui fal­si­fie les bous­soles ? (les « ni droite ni gauche », les « gauche molle » et autres « centres plus démo­crates que leur ombre ») …

    Sur­tout si l’on pré­tend pui­ser dans un « tirage au sort » une quel­conque « exper­tise populaire »…

    il est impor­tant de ne pas pra­ti­quer la déma­go­gie popu­liste qui flatte des citoyens en état de dés­in­for­ma­tion plu­tôt que de les appe­ler à la vigi­lance et à l’in­ter­ro­ga­tion des dif­fé­rents points car­di­naux politiques !

    Réponse
  87. Catherine

    Ils peuvent bien refu­ser ci ou ça les par­tis de gauche et tout compte fait plus on les enten­dra refu­ser ci ou ça mieux ça vau­dra pour la struc­ture euro­péenne, et même qu’il y aura des chan­ge­ments de ci de là qui seront favo­ri­sés. Mais comme dit Lam­pe­du­so, il faut que tout change pour que rien ne change, il y aura des chan­ge­ments de fau­teuils, des grin­ce­ments de dent, des simu­lacres de rébel­lion, mais le fond du fond de la struc­ture res­te­ra le même car la struc­ture euro­péenne est construite de telle sorte qu’au­cune brèche ne puisse s’ou­vrir, c’est son génome à elle de figer les liens struc­tu­raux qu’elle a crée et chan­ger un génome ça ne se détruit pas comme ça, à coup de refus ora­toire. Ils peuvent tou­jours cau­ser tous les par­tis qui y sont car ça n’a abso­lu­ment aucun impact si ce n’est de ren­for­cer posi­ti­ve­ment la struc­ture en pen­sant l’an­nu­ler, c’est le para­doxe encore un de plus qui vient coif­fer et dépas­ser les contra­dic­tions qu’il fau­dra quand même bien un jour dépas­ser, ce jour là fut-il le dernier…

    Réponse
  88. oubliez si vous voulez

    Inter­ven­tion de Pierre Laurent, secré­taire natio­nal du PCF
    Châ­teau­briant ‑23 octobre 2011 – 70e anniversaire

    L’a­mour est une force immense. Une force qui don­na à ces femmes et à ces hommes la digni­té dont seuls sont capables les femmes et les hommes libres. Cette Mar­seillaise qui reten­tit des bara­que­ments à l’heure du départ des cama­rades. Ce cri, Vive le Par­ti com­mu­niste alle­mand, pro­non­cé par le métal­lur­giste Tim­baud à l’heure des fusils. Ces gen­darmes qui saluent les mar­tyrs à leur pas­sage. L’his­toire s’est écrite ici. Une page d’hor­reur, et pour­tant grâce à vous les 27, une si puis­sante pro­messe d’humanité.

    C’est au nom de cette pro­messe que nous sommes là depuis tou­jours, d’autres avant nous, d’autres encore, demain, après nous. Nous n’ho­no­rons pas Guy Môquet et ses cama­rades le temps d’un cal­cul élec­to­ral avant de les oublier pour mieux mas­sa­crer tout ce que leur com­bat a permis.

    Alors oui, aujourd’­hui, ne rete­nez ni les balles, ni la haine, ni cet offi­cier alle­mand qui à coups de barre de fer cas­sa ce corps trop grand pour entrer dans son cer­cueil. Un ins­tant oubliez tout cela car ce qui est excep­tion­nel, c’est que ces hommes furent à cette heure, leur heure, mal­gré l’hor­reur, plei­ne­ment des êtres humains.

    Par­ler avec les 27, c’est par­ler d’es­poir. Tous les actes, du der­nier repas, du tabac fumé, des sou­rires, des dis­cus­sions pour­sui­vies jus­qu’au der­nier moment, leur ami­tié, leurs larmes, leurs lettres, tout cela témoigne que dans ces ténèbres du 22 octobre 1941 ce qui unit ces hommes, la révo­lu­tion, le com­mu­nisme, donne à cha­cun d’entre eux une force immense de digni­té et de courage.

    Dans l’é­preuve, ces hommes sont liés les uns aux autres. Comme sur la bar­ri­cade devant l’u­sine à l’heure où les gardes se pré­parent à char­ger, nul ne bouge. Comme ces Pari­siens lors de la Com­mune, nul ne recule. Dans l’é­preuve, ces hommes vont mou­rir et pour­tant ils sont vivants jus­qu’à la der­nière seconde. Ces révo­lu­tion­naires meurent debout car ils savent ce que vivre veut dire.

    Aucun d’entre eux n’a­vait choi­si les armes, ni la guerre. Ils étaient entrés dans le com­bat pour en débar­ras­ser le monde. La jus­tice et la fra­ter­ni­té de tous les humains voi­là ce qu’ils vou­laient, tout sim­ple­ment. La bar­ba­rie, ils l’ont ren­con­trée sur leur che­min, et ils se sont levés.

    Comme l’é­crit le poète et résis­tant Robert Antelme en ren­trant des camps : « Le res­sort de notre lutte n’au­ra été que la reven­di­ca­tion for­ce­née de res­ter jus­qu’au bout des hommes. La mise en ques­tion de la qua­li­té d’homme pro­voque une reven­di­ca­tion presque bio­lo­gique d’ap­par­te­nance à l’es­pèce humaine. »

    Oui, nous sommes ici à Châ­teau­briant pour par­ler d’hommes qui ne vou­laient renon­cer ni à leur huma­ni­té, ni à l’hu­ma­ni­té du monde, quand d’autres avaient peu à peu fait le choix, pour sau­ver les pri­vi­lèges de l’argent, de la capi­tu­la­tion devant la bar­ba­rie, puis de la col­la­bo­ra­tion avec elle.

    Soixante-dix ans plus tard, nous sommes à nou­veau au défi, l’his­toire conti­nue de crier dans le pré­sent. La sau­va­ge­rie n’a tou­jours pas quit­té les sociétés.

    Car il y a bien de la sau­va­ge­rie lorsque le simple jeu d’é­cri­ture infor­ma­tique, la spé­cu­la­tion sur les matières pre­mières agri­coles placent deux cents mil­lions de per­sonnes sup­plé­men­taires en situa­tion de malnutrition.

    Il y a de la sau­va­ge­rie lorsque l’Eu­rope décide l’in­tro­duc­tion de 10% d’a­gro­car­bu­rants dans notre essence et que cela conduit au pillage en Afrique des meilleures terres arables, et que chaque res­pon­sable le sait, et que chaque res­pon­sable le tait en atten­dant une nou­velle apo­ca­lypse alimentaire.

    Et com­ment faut-il appe­ler le fait que des émeu­tiers anglais prennent plu­sieurs mois de pri­son pour des­truc­tion de biens publics alors que les res­pon­sables d’une crise qui a licen­cié à tra­vers le monde plu­sieurs dizaines de mil­lions de tra­vailleuses et tra­vailleurs jouent, eux, au golf sans que per­sonne n’y trouve rien à redire.

    Et com­ment com­prendre qu’à l’heure où les bottes résonnent en Hon­grie, où l’ex­trême droite et Marine le Pen se repaissent de la crise et de la souf­france des peuples comme des cha­cals se nour­rissent d’une bête bles­sée, com­ment com­prendre qu’à nou­veau, les puis­sants fassent le choix de la défaite ? Ici, à la car­rière, je dénonce la tra­hi­son des peuples car accep­ter la domi­na­tion des mar­chés et des banques, c’est tra­hir les démo­cra­ties. Ici, à la car­rière, je dénonce la com­plai­sance avec laquelle le pou­voir fran­çais uti­lise des par­le­men­taires issus de ses rangs pour favo­ri­ser de fait le rap­pro­che­ment avec le Front natio­nal et de futures alliances. Ici, à la car­rière, je dénonce le mar­tyr du peuple grec, la dou­leur du peuple espa­gnol, le crime dus sys­tème éco­no­mique contre la jeu­nesse européenne.

    Et il n’est pas exa­gé­ré d’ap­pe­ler à la résis­tance car après tout face aux nou­veaux dan­gers qui menacent il faut bien qu’en face il y ait des résis­tants. Alors, oui, soixante-dix ans après, tout démo­crate, tout répu­bli­cain, toute femme ou homme de gauche, doit consi­dé­rer ses res­pon­sa­bi­li­tés. Le capi­ta­lisme finan­cier nous somme d’ac­cep­ter son pou­voir, son dik­tat, ses volon­tés. Allons-nous plier ? Allons-nous résis­ter ? Allons-nous lais­ser détruire ce que le Conseil natio­nal de la résis­tance a bâti ? Allons-nous, jus­qu’au bout, liqui­der le ser­vice public, liqui­der la Sécu­ri­té sociale, liqui­der les garan­ties col­lec­tives des tra­vailleurs ? Ou accep­te­rons-nous de recons­truire une démo­cra­tie authen­tique qui repousse ces nou­velles féo­da­li­tés ban­caires et finan­cières qui se com­portent avec les peuples comme des maîtres, de consti­tuer un gou­ver­ne­ment de com­bat contre les mar­chés, d’ou­vrir un nou­vel ave­nir social, éco­lo­gique, cultu­rel, démo­cra­tique ? C’est pour nous être fidèles ici à ceux qui périrent dans la carrière.

    La crise actuelle est éco­no­mique, elle est aus­si morale. Notre seule valeur est deve­nue notre pro­fi­ta­bi­li­té. C’est le seul mes­sage, le seul cré­do, notre chance de sur­vie. Ces der­nières décen­nies, le capi­ta­lisme a entre­pris de convaincre les nations que le but de la socié­té, le but de la poli­tique, le but de l’E­tat est d’as­ser­vir, est de trans­for­mer en mar­chan­dise, jus­qu’à la der­nière liber­tés des êtres humains. Nous, nous ne recon­nais­sons qu’une seule loi, celle des Lumières : les femmes et les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Nous nous recon­nais­sons dans la longue évo­lu­tion qui a trans­for­mé l’a­ni­mal humain en être de coopé­ra­tion, de fra­ter­ni­té, de ten­dresse. Pour nous, la gran­deur des socié­tés vient de leur capa­ci­té à faire recu­ler sans cesse la guerre de tous contre tous, pour coopé­rer tous avec tous, pour créer ensemble.

    La mar­seillaise de ce 22 octobre résonne encore. Elle s’é­le­va au nom de la classe ouvrière, elle s’é­le­va au nom de la France. Elle s’é­le­vait de la part de femmes et d’hommes dont la joie de vivre, dont l’a­mour, dont la digni­té disaient un monde à venir, un monde à naître.

    ***

    Ici, aujourd’­hui, je pense aux Amé­ri­cains qui campent devant Wall Street, je pense aux jeunes espa­gnols, aux jeunes grecs, aux jeunes pales­ti­niens, aux jeunes israé­liens, je pense à notre com­bat de chaque jour, et je res­sens comme vous qu’à nou­veau, les vents du chan­ge­ment, certes épars, certes divers, mais bien réels, se lèvent, que femmes et hommes se lèvent, pensent, rêvent, ima­ginent, luttent et espèrent.

    Il faut créer le mou­ve­ment par lequel ce kaléi­do­scope de forces cri­tiques, popu­laires, syn­di­cales, citoyennes, poli­tiques trou­ve­ront la force d’être ensemble, soli­daires, unies pour rou­vrir le che­min du progrès.

    Notre res­pon­sa­bi­li­té, à toutes et tous, est d’ac­cep­ter qu’au-delà de nos dif­fé­rences, notre dia­logue per­mette de for­ger des idées com­munes, une com­mu­nau­té d’action.
    Nous devons nous unir, nous devons don­ner toute notre éner­gie à notre union, en pen­sant sans cesse qu’à ne pas assu­mer nos res­pon­sa­bi­li­tés devant notre peuple, nous nous déshonorerions.
    Ceux qui dans la Résis­tance se levèrent n’ont pas oublié ce qu’ils pen­saient, ce qu’ils étaient – com­mu­nistes, chré­tiens, conser­va­teurs ou socia­listes, radi­caux – ils ne ces­sèrent pas d’être ce qu’ils étaient et ils étaient ensemble.

    Dans la résis­tance à l’op­pres­sion pré­sente, le temps est venu d’une main ten­due à toutes celles et ceux qui veulent bri­ser les nou­velles dic­ta­tures de l’argent, les nou­velles oppres­sions de l’esprit.

    Ces mots sont un appel aux citoyens de ce pays : une force d’es­poir doit gran­dir car lorsque la civi­li­sa­tion est mena­cée par la crise sociale et éco­lo­gique, nous n’a­vons plus le droit de res­ter seuls, nous avons le devoir d’être ensemble. Ces mots sont un appel aux tra­vailleurs, aux tra­vailleuses de ce pays : vous n’êtes pas res­pon­sables de la crise, ce n’est pas à vous de la payer. Vous seuls pou­vez redres­ser ce pays. N’é­cou­tez pas ceux qui cherchent à vous divi­ser, à vous oppo­ser, ceux qui prêchent la haine. La soli­da­ri­té est et res­te­ra la plus belle valeur du monde ouvrier. Celle sans laquelle il ne sera jamais pos­sible de rendre au tra­vail sa liber­té et sa capa­ci­té créa­trice au ser­vice des besoins humains. Ici, en pen­sant aux 27, nous fai­sons le ser­ment que ceux qui cher­che­ront à vous faire payer la crise, parce que nous croyons à l’a­ve­nir de la France, nous trou­ve­ront sur leur chemin.

    Amis et camarades,

    nous sommes là pour la mémoire de nos frères, pour Jules, Hen­ri, Titus, Maxi­mi­lien, Marc, Emile, Charles, Mau­rice, Jean, Dési­ré, Pierre, An, Eugène, Ray­mond, Claude, Edmond, Julien, Charles,Guy, Antoine, Jean, Hen­ri, Vic­tor, Ray­mond, Mau­rice, Pierre et Jules.

    Nous sommes là pour ces syn­di­ca­listes, ces com­mu­nistes, ces âmes magnifiques.

    Nous sommes ras­sem­blés car nous savons que nous ne com­mé­mo­rons pas un acte de guerre mais des idées de paix que c’est notre hon­neur de pour­suivre votre combat.

    Chers cama­rades dis­pa­rus, ici devant vous, les yeux deviennent humides. Demain, ils auront séché. Pas nos cœurs. Nous le promettons.

    Vive le Par­ti com­mu­niste français !

    Vive la République !

    Vive la France !

    Réponse
  89. gilles

    sitouaillain, quelle ortho­graphe bar­bare pour le noble mot de citoyen, que dois-je en pen­ser ? Je répon­drais d’i­ci dimanche à votre argu­men­taire, mais sachez que d’ores et déjà, la plu­part des gens de gauche en Grèce sont bien au-delà des idées de déso­béis­sance euro­péenne et ne sup­portent plus les admi­nis­tra­teurs colo­niaux envoyés par l’UE. Ces admi­nis­tra­teurs colo­niaux de l’UE, du FMI, de la BCE font pres­sion sur le Par­le­ment grec et le gou­ver­ne­ment grec par des menaces qu’ils font peser sur « l’aide », leur action abou­tit à rabo­ter les salaires, les retraites, pri­va­ti­ser les ser­vices publics. Nor­ma­le­ment, à moins que tu veuilles conti­nuer à rêver, tu devrais être au cou­rant. Des membres des syn­di­cats ouvriers, des retrai­tés brûlent régu­liè­re­ment des dra­peaux de l’UE lors des mani­fes­ta­tions, pas depuis quelques jours, mais depuis déjà l’é­té 2010.

    J’es­père que cette fois-ci les liens hyper­textes sur ce forum Dot­Clear V1 ( non-mis à jour par manque de temps par notre géné­reux hôte Étienne qui est à juste titre légi­ti­me­ment occu­pé par ailleurs ) vont fonc­tion­ner et poin­ter aux bons endroits.

    Pre­mier lien vers une image d’une mani­fes­ta­tion en août 2010 à Athènes…

    Deuxième lien vers un article mon­trant une série de pho­tos des mani­fes­ta­tions des 19 et 20 octobre 2011 à Athènes à l’ap­pel uni­taire natio­nal des cen­trales syn­di­cales GSEE, ADEDY et le PAME.

    Dans cette série de pho­tos, la per­sonne âgée qui ensemble avec le plus jeune brûle le dra­peau de l’UE a deux pan­cartes, sur celle de des­sus, nous voyons :

    360.80 ΕΥΡΩ
    Η ΣΥΝΤΑΞΗ ΜΟΥ … !

    360,80 €
    Ma retraite !

    Hou-hou, sitouaillain, tu es réveillé maintenant !

    Réponse
  90. gilles

    Rec­ti­fi­ca­tif dans le deuxième lien, il s’a­git d’un article rédi­gé le 5 octobre 2011 mon­trant une série de pho­tos des mani­fes­ta­tions ayant eu lieu à Athènes à l’ap­pel uni­taire natio­nal des cen­trales syn­di­cales GSEE, ADEDY et le PAME.

    Réponse
  91. sitouaillain

    mer­ci Gilles,

    Pour ce qui est du pseu­do, le jour où je serais vrai­ment citoyen et où je n’au­rais affaire qu’à des citoyens, je chan­ge­rai de pseu­do ou je met­trais mon vrai nom,

    j’a­vais même mani­fes­té en 2006 avec des étu­diants grecs et par­ti­ci­pé à un forum inter­na­tio­nal sur le pro­blème de la mar­chan­di­sa­tion des uni­ver­si­tés, où nous fai­sions la même cri­tique de ce qu’est l’UE, et ce qui allait advenir…on ne s’est pas trom­pé, malheureusement…

    je ne crois pas que le débat puisse s’é­ter­ni­ser sur les constats, la ques­tion est que fait-on ? on peut brû­ler des dra­peaux fran­çais pour dire que la France telle qu’elle est, ça ne nous va pas, et après ? tu peux crier il faut sor­tir de la France, la belle affaire…

    la Grèce toute seule est-elle capable de tirer la langue au FMI ? Ce sont les autres Etat d’Eu­rope qui envoie les poli­ciers sur les mani­fes­tants ? Papan­dreou est un nes­tor kirch­ner qui s’i­gnore ? les grecs ont choi­si leur fran­çois hol­lande à eux, cha­cun son valet des possédants !

    le défi­cit grec ali­mente l’ex­cé­dent alle­mand, main­te­nant on a des magi­ciens qui nous disent qu’en sor­tant de l’UE pouf, ça va s’ar­rê­ter, les manu­fac­tures vont pous­ser comme des cham­pi­gnons, les ingé­nieurs high­tech for­més en un clin d’oeil et la drachme déva­luée va les ali­men­ter les usines avec des matières pre­mières pas chères, à moins qu’on trouve de nou­velles mines dans le pays cha­peau les gars, j’y avais pas pensé !

    et même, les grecs vont subi­te­ment accé­der en masse à la conscience néces­saire pour éta­blir le com­mu­nisme, dans une optique liber­taire, éco­so­cia­liste ou que sais-je, bref la démo­cra­tie, chouette, et pif paf pouf, pareil en France, en Alle­magne, en Chine aux États-Unis, en Rus­sie, et tout ira bien, sor­tons de l’UE, THE solu­tion à tous vos pro­blèmes et subi­te­ment toute la pla­nète coopère, dans la fra­ter­ni­té et l’é­change équi­table, mazette !

    Ce que les grecs subissent n’est pas l’oeuvre d’un grand machin loin­tain et obs­cur nom­mé union Euro­péenne, ce sont les Nations Euro­péennes les plus puis­santes, à com­men­cer par la France, diri­gée depuis des décen­nies par des hommes acquis à l’u­to­pie néo­li­bé­rale, tout comme leurs homo­logues de tous les autres pays européens,

    l’UE n’a pas plus de fonc­tion­naires que la Maire de Paris, les trai­tés sont négo­ciés entre Etats, il n’est pas une déci­sion de Bruxelles qui ne soit l’é­ma­na­tion de la volon­té des Etats, pas une direc­tive qui ne néces­site sa trans­po­si­tion par un par­le­ment natio­nal. L’UE en soit n’a aucun pou­voir coer­ci­tif, ce sont les Etats qui décident de mettre à l’a­mende un de leurs homo­logue, et celui-ci peut tou­jours déci­der de ne pas payer…

    Les élites euro­péennes vivent dans le consen­sus, la cer­ti­tude qu’il faut mettre en confor­mi­té les réa­li­tés avec les théo­ries néo­li­bé­rales, ce qui veut dire pla­cer chaque états en situa­tion de concur­rence avec les autres, ouverts com­plè­te­ment aux logiques de la mon­dia­li­sa­tion et s’y adap­ter, d’autres volets de l’UE sont plus pro­tec­teurs et fon­da­men­taux, et des axes de coopé­ra­tion intel­li­gent n’existent qu’à l’é­tat embryon­naire ou sous-uti­li­sés poli­ti­que­ment, on en repar­le­ra si tu veux, il y a des cryp­to-mar­xistes et des cryp­to-éco­los qui abattent un bou­lot for­mi­dable pour intro­duire dans le droit euro­péen des brèches for­mi­dables qui n’at­tendent qu’une volon­té poli­tique forte pour s’y engouffrer,

    mais sur le plan des condi­tions du mar­ché com­mun, stu­pides, des­truc­trices de ce qu’est l’i­den­ti­té euro­péenne d’ailleurs, il ne sert à rien de sor­tir de l’UE, la situa­tion d’i­so­le­ment serait même pire, en tout cas, en sor­tir, ça ne change rien aux termes de l’é­change avec les autres pays, les rap­ports de forces seront sim­ple­ment plus brutaux.

    par contre, conser­ver un cadre de coopé­ra­tion, cette sorte d’o­bli­ga­tion morale qui fait qu’au­jourd’­hui, mal­gré tout, les affreux qui nous gou­vernent pensent à modi­fier les trai­tés et, oh comble de l’hé­ré­sie per­mettent à la Grèce de rayer sa dette de moi­tié, sans l’UE ils la lais­se­rait som­brer sans scrupule,

    je rap­pelle à l’oc­ca­sion que la crise lar­vée en Europe est due aux cri­tères de Maas­tricht mais que la crise à pro­pre­ment par­ler vient de la crise des sub­primes aux USA, de la chute de quelques banques et d’une stra­té­gie spé­cu­la­tive sur les dettes des Etats, et qu’en ce sens elle est d’a­bord une crise pure­ment fic­tive, psy­cho­lo­gique, pre­nant appui une soup­çon­née inca­pa­ci­té à rem­bour­ser d’un État,

    soup­çon (note d’a­gence) per­met­tant de faire mon­ter la sauce en termes de taux d’intérêts, met­tant les etats, obli­gés par les trai­tés de l’Ue de s’ap­pro­vi­sion­ner sur le mar­ché de la dette, en posi­tion de fai­blesse et en concur­rence avec d’autres acteurs (mul­ti­na­tio­nales) et d’(autres moyens de faire fruc­ti­fier de manière sûre son pécule, un peu comme si un scien­ti­fique lâchait une rumeur sur la dés­in­té­gra­tion pro­bable de l’or, lâcher le doute sur la deuxième valeur refuge qu’est la dette des Etats, pro­voque la panique des marchés…

    la réponse de l’Ue est pitoyables, les diri­geants des prin­ci­paux États pro­fitent de la stu­pi­di­té des peuples et se retranchent der­rière le repli natio­na­liste qui nour­rit les droites en élec­teurs (France, Allemagne),

    mais il ne s’a­git nul­le­ment d’une fata­li­té ni même d’une volon­té des diri­geants actuels de l’UE de pro­vo­quer une crise, c’est sim­ple­ment leur logi­ciel de pen­sée et leur inca­pa­ci­té à envi­sa­ger d’autres cadres qui les empêchent d’en­vi­sa­ger des solu­tions tout sim­ple­ment humaine, ils pré­co­nisent donc des mesures inhu­maines, répé­tées à l’en­vie par toutes les intel­li­gent­sia du monde entier, télés, jour­naux, salons feu­trés, tous ces gens « s&rieux » sont des fous en cage mani­pu­lés, marion­nettes des inté­rêts des puissants,

    ce sont eux pour le coup qui cherchent des solu­tions à l’in­té­rieur du cadre néo­li­bé­ral, capi­ta­liste, libre-échan­giste, plu­tôt que d’in­ven­ter d’autres règles !

    en tout cas ce cadre là, pas le capi­ta­lisme triom­phant et ses « mar­chés finan­ciers », simples solu­tions tech­niques de drai­nages de capi­taux ren­dues toutes puis­santes par les nou­veaux moyens de com­mu­ni­ca­tion en réseaux et les stra­té­gies néo­li­bé­rales per­met­tant la sur­con­cen­tra­tion des capi­taux, ce cadre là, l’i­dée (rien que l’i­dée, et même si les faits actuels la contre­dise) que l’Eu­rope est un conti­nent Poli­tique, une enti­té humaine uni­fiée, un pôle dans le monde, un cadre de pro­tec­tion sur le mode « l’u­nion fait la force », ce cadre-là, l’im­pé­ra­tif moral et poli­tique, (dont nous devons sou­hai­ter la sur­vi­vance et l’adhé­sion par­mi nos frères d’Eu­rope) intel­li­gem­ment uti­li­sé par un État comme la France, gou­ver­né par un Front refu­sant la sou­mis­sion aux mar­chés et aux banques, peut ser­vir à créer une situa­tion plus favo­rables à des mou­ve­ments d’é­man­ci­pa­tion plus en pro­fon­deur dont les anar­chistes grecs seront, je n’en doute pas, les fers de lance.

    je pré­fère pour ma part lut­ter sous un Mélen­chon que sous un Sar­ko­sy, je pré­fère que l’UE sur­vive avec un autre trai­té, plu­tôt que de voir mon pays som­brer face aux impé­ria­lismes chi­nois, éta­su­niens, russes, que sais-je, je pré­fère une France qui dit non au dik­tat des mar­chés et qui tra­vaille à une Europe des peuples, soli­daire et éco­lo­gique, que de me murer dans une pos­ture du genre « de toute façon cela ne mène­ra à rien », et lan­cer des slo­gans « il faut sor­tir de l’Ue » qui ne résou­dront jamais la néces­si­té du dépas­se­ment du capi­ta­lisme et de la démo­cra­tie représentative…pire ils ouvrent la voie à de bien plus sombres pers­pec­tives (il n’y avait pas de vidéo sur­veillance en 1933 ni d’internet)où nous ver­rons bien qui est vrai­ment résistant…

    une chose est sûre, vu mon bou­lot, un suc­cès élec­to­ral d’un sar­ko, d’un hol­lande ou d’un mou­ve­ment prô­nant la sor­tie de l’UE me don­ne­ra beau­coup de tra­vail et beau­coup de gestes quo­ti­diens pour satis­faire ma bonne conscience, et aider ces pauvres gens broyés par la stu­pi­di­té de leurs diri­geants et des veaux qui les suivent…ou les laissent faire.

    Réponse
  92. Olga

    Les « mar­xismes » se contre­disent, mais Marx n’est pas mort encore : sa pen­sée n’est pas « cho­si­fiable » comme un « science ».

    Je vote­rais pour la science « LA PLUPART DU TEMPS », mais il parait que jamais Marx n’a résu­mé sa pen­sée à « une science ».

    Cepen­dant il semble que « LA PLUPART DU TEMPS » Marx a confron­té son cer­veau à des exi­gences qui sont celles des scien­ti­fiques de divers disciplines…

    Il en aurait donc conclu : « je ne suis pas mar­xiste »…STALINE n’a­vait en tous cas pas les mêmes scrupules.

    Je conti­nue à lire des auteurs qui se disent pru­dem­ment « mar­xiens » et d’autres qui sau­poudrent leurs écrits d’un anti-mar­xisme ras­su­rant, mais ce qui est bizarre c’est de dire « les poux sont morts » et de rem­plir sa salle de bain de peignes fins et de nou­velles inven­tions contre cette « vieille his­toire »…Peut-être long­temps encore après avoir piqué, Marx mort conti­nue à pro­vo­quer des allergies…Mais cette réflexion singe un peu trop la science médi­cale, c’est un tic !

    On aurait « LA PLUPART DU TEMPS » eu mieux fait de se cher­cher des poux dans la tête, mais même quand on aime « rêver » on reste quand-même en conflit avec sa paresse men­tale, « LE RESTE DU TEMPS »…Par la force des « choses ». 

    Ami­ca­le­ment.

    Réponse
  93. sitouaillain

    c’est bien dit Olga,

    Après, cela m’exas­père mais la paresse intel­lec­tuelle, c’est très humain, on se repose faci­le­ment dans des cadres que d’autres nous pro­curent, c’est la force des idéo­lo­gies et des reli­gions après tout.

    la cri­tique la plus per­ti­nente que j’ai jamais lue de Marx se trouve dans la pre­mière par­tie de « l’ins­ti­tu­tion ima­gi­naire de la socié­té » de Cor­ne­lius Cas­to­ria­dis, sur le fond,
    et d’ailleurs un autre membre du groupe « socia­lisme ou bar­ba­rie », ivan Illich, pro­duit une cri­tique de la socié­té indus­trielle qui n’est pas com­pa­tible avec les pers­pec­tive scien­tiste et pro­duc­ti­viste de Marx,

    et d’ailleurs, fina­le­ment, dire que « il semble que « LA PLUPART DU TEMPS » Marx a confron­té son cer­veau à des exi­gences qui sont celles des scien­ti­fiques de divers dis­ci­plines… » signi­fie que par essence la pen­sée de Marx est dépas­sée dès lors que l’on est capable de s’im­po­ser cette même dis­ci­pline, si tant est qu’on puisse accep­ter que les savoirs accu­mu­lés à notre époque sont plus évo­lués qu’à celle de Marx.

    Sur la forme, il faut aus­si regar­der Marx, non plus comme pen­seur, mais comme homme d’ac­tion, l’homme poli­tique, et là il se montre homme auto­ri­taire, ne souf­frant pas la cri­tique des anar­chistes et façon­nant l’in­ter­na­tio­nale en mou­ve­ment marxiste…

    c’est d’ailleurs là où le bas blesse, à savoir que Marx s’est contre­dit lui même, il dit, l’é­man­ci­pa­tion des tra­vailleurs sera l’oeuvre des tra­vailleurs eux-mêmes, mais il construit un mou­ve­ment, des par­tis, ayant la voca­tion de diri­ger les masses…voilà un sérieux vice de forme que les anar­chistes avaient noté dès le début.

    tout cela pour dire que le pro­blème n’est pas Marx, n’est pas la science, ce n’est pas Smith ou Fried­man, c’est la croyance, la foi, donc, comme tu le dis la paresse intel­lec­tuelle, et je rajou­te­rais, que cela devient tout à fait dan­ge­reux quand cela s’a­joute à la pré­ten­tion, l’im­pu­dence, de croire que l’on pour­rait faire le bon­heur des gens mal­gré eux, l’im­pu­dence d’é­ri­ger en dogme ce qui n’est qu’une piste, un cadre arbi­traire posé sur des réa­li­tés mou­vantes et impen­sables dans leur totalité.

    dire cela ne peut avoir de sens que dans l’ac­cep­ta­tion de la néces­saire imper­fec­tion de toute ten­ta­tive de lec­ture de la « réa­li­té », tout en recon­nais­sant que ces ten­ta­tives sont elles-mêmes néces­saires, et sur­tout, qu’elles ne se valent pas toutes. Elles déter­minent des formes par­ti­cu­lières de praxis, elles se nour­rissent de cer­taines formes de praxis​.Et sur­tout, les praxis peuvent très bien se nour­rir les unes les autres, ou s’ac­com­mo­der de plu­sieurs pen­sées ou théo­ries, mêmes contradictoires.

    Réponse
  94. Aïda

    Le 4 juin 2009 , tan­dis qu’E­tienne sem­blait s’in­sur­ger contre l’abs­ten­tion­nisme aux euro­péennes, appe­lant alors à voter RM JENNAR, j’ai cité ce témoi­gnage qui devrait évi­ter « LA PLUPART DU TEMPS » de calom­nier aveu­glé­ment, notam­ment les élus GUE/NGV : » »

    QUI A FAIT QUOI AU PARLEMENT ?

    Qui a voté le Trai­té de Lis­bonne, la direc­tive Bol­ken­stein, la pri­va­ti­sa­tion de la Poste, de l’électricité ? : décryp­tage de quelques votes emblé­ma­tiques au sein du Par­le­ment euro­péen, à quelques jours des euro­péennes de 2009… Com­ment les groupes poli­tiques du Par­le­ment euro­péen se sont pro­non­cés sur cinq dos­siers d’importance.

    I. Trai­té de Lis­bonne Le Par­le­ment euro­péen a adop­té, le 20 février 2008, une réso­lu­tion sur le trai­té de Lis­bonne. « Le Par­le­ment conclut que, pris dans son ensemble, le trai­té de Lis­bonne consti­tue une amé­lio­ra­tion sub­stan­tielle par rap­port aux trai­tés exis­tants » , explique la réso­lu­tion qui se garde de faire men­tion des dis­po­si­tions de libé­ra­li­sa­tion et de déré­gle­men­ta­tion conte­nues dans le traité.

    Le vote 525 voix pour, 115 contre et 29 abstentions.

    Aux voix des euro­dé­pu­tés de l’UMP et du Modem pour l’adoption de la réso­lu­tion s’ajoutent celles du PS, à l’exception d’André Lai­gnel (contre) et d’Henri Weber (abs­ten­tion). Les Verts votent pour. Les euro­dé­pu­tés com­mu­nistes de la GUE-GVN votent contre.

    L’amendement (32) pro­po­sé en février 2008, soit quatre mois avant le réfé­ren­dum en Irlande, par la GUE visant à enga­ger le Par­le­ment à « res­pec­ter le résul­tat du réfé­ren­dum irlan­dais » (où le « non » au trai­té l’a fina­le­ment empor­té) sera reje­té à l’époque par le Modem, les Verts et le PS, à l’exception de deux socia­listes qui le sou­tiennent (Fran­çoise Cas­tex et André Lai­gnel) et de deux Verts qui s’abstiennent (Gérard Ones­ta et Hélène Flautre).

    II. Rap­port sur les ser­vices dans le mar­ché inté­rieur (direc­tive Bol­ke­stein)

    La direc­tive Bol­ke­stein visant à libé­ra­li­ser les pres­ta­tions de ser­vices au sein de l’UE ouvrait la porte à un dum­ping social sans équi­valent entre pays membres. Cha­cun d’eux étant régi en interne par une régle­men­ta­tion propre en matière de droit du tra­vail, l’État qui pro­tège le moins ses tra­vailleurs, s’il par­ve­nait à expor­ter ses règles en même temps que sa main‑d’œuvre, pou­vait dès lors gagner un nombre consi­dé­rable de mar­chés, obli­geant du même coup ses res­sor­tis­sants à vivre dans un pays étran­ger dans les condi­tions de tra­vail et de rému­né­ra­tion de leur pays d’origine. L’énormité du risque mis au jour, des euro­ma­ni­fes­ta­tions géantes eurent lieu avant que ne s’ouvre le débat au Par­le­ment euro­péen sui­vi d’un vote en pre­mière lec­ture, le 16 février 2006.

    Une pluie d’amendements pour mini­mi­ser la por­tée de la direc­tive, jusqu’à la pro­po­si­tion de son rejet pur et simple (GUE-GVN), a été déposée.

    Amen­de­ment 321 (dépo­sé par la GUE-GVN). Il met en avant le prin­cipe selon lequel ce sont bien les règles du pays qui accueille l’activité et non celles du pays d’origine qui doivent être respectées.

    La droite et le Par­ti socia­liste euro­péen (PSE) votent contre l’amendement, les socia­listes fran­çais le sou­tiennent. Les Verts euro­péens le rejettent (à l’exception de Jean-Luc Ben­nah­mias). En deuxième lec­ture alors que les Verts s’abstiennent, Daniel Cohn-Ben­dit vote contre l’amendement. (amen­de­ment 25 repre­nant le conte­nu de l’amendement 321)

    Le vote En pre­mière lec­ture, le 16 février 2006 : 394 pour, 215 contre, 33 abstentions.

    La GUE-GVN, le PS fran­çais (Gilles Sava­ry s’abstient) et les Verts votent contre la direc­tive en pre­mière lec­ture. Le Modem et l’UMP ain­si que leurs groupes res­pec­tifs (ALDE et PPE-DE) votent pour la direc­tive Bol­ke­stein, avec le sou­tien du Par­ti socia­liste européen.

    En deuxième lec­ture, le 15 novembre 2006, un amen­de­ment (38 et 39 GUE-GVN et Verts) pro­pose de reje­ter in fine la direc­tive Bolkestein

    105 pour, 405 contre et 12 abstentions.

    Les Verts et le PS fran­çais (sauf Michel Rocard) sou­tiennent l’amendement de rejet de la direc­tive. La droite et le reste du PSE votent contre cet amen­de­ment de rejet.

    Bien qu’amendée, la direc­tive sera adop­tée pour une entrée en vigueur le 28 décembre 2008, et une obli­ga­tion de trans­po­si­tion dans les légis­la­tions natio­nales le 28 décembre 2009.

    III. Ouver­ture à la concurrence

    Le choix poli­tique d’ouvrir à la concur­rence l’ensemble des acti­vi­tés humaines n’a pas épar­gné les ser­vices publics. L’énergie, les ser­vices pos­taux, les che­mins de fer font tous l’objet de direc­tives qui passent par le Par­le­ment euro­péen sous forme de résolutions.

    1. Achè­ve­ment de la libé­ra­li­sa­tion du mar­ché pos­tal (rap­port Ferber)

    Le vote En pre­mière lec­ture, le 22 avril 2009 : 512 pour, 155 contre et 13 abstentions.

    Les euro­dé­pu­tés socia­listes fran­çais, Verts et la GUE-GVN votent contre la réso­lu­tion, ceux du Modem pour.

    En deuxième lec­ture, un amen­de­ment de rejet de la réso­lu­tion et dépo­sé par la GUE-GVN.

    Seule­ment 4 socia­listes fran­çais et un Verts sou­tiennent l’amendement de rejet.

    2. Libé­ra­li­sa­tion de sec­teur de l’énergie

    a) Mar­ché inté­rieur de l’électricité (rap­port Morgan)

    Résul­tat final en deuxième lec­ture, le 22 avril 2009 : 588 pour, 81 contre et 9 abstentions.

    La GUE-GVN ain­si que les Verts rejettent le texte (Jean-Luc Ben­nah­mias s’abstient, les Verts avaient été les seuls euro­dé­pu­tés fran­çais à sou­te­nir le texte en pre­mière lec­ture), alors que les socia­listes fran­çais sou­tiennent le com­pro­mis, à l’exception de Marie-Noëlle Lie­ne­mann qui le rejette. Har­lem Désir et Benoît Hamon s’abstiennent.

    b) Mar­ché inté­rieur du gaz natu­rel (rap­port La Rus­sa puis Mussa)

    Résul­tat final du vote en deuxième lec­ture, le 22 avril 2009 : 596 pour, 45 contre et 45 abstentions.

    Les Verts s’abstiennent, le GUE-GVN vote contre, et le reste du Par­le­ment vote le com­pro­mis de réso­lu­tion (à l’exception de deux socia­listes, Marie-Noëlle Lie­ne­mann qui vote contre, et Har­lem Désir qui s’abstient).

    IV. Droit des migrants : La « direc­tive retour » (rap­port Weber)

    Appe­lé éga­le­ment « direc­tive de la honte », le texte visait à « har­mo­ni­ser » les condi­tions dans les­quelles les migrants irré­gu­liers sur le ter­ri­toire de l’Union euro­péenne doivent être déte­nus et « recon­duits ». Il abou­tit à un rai­dis­se­ment inédit en la matière et fixe à dix-huit mois d’emprisonnement la peine encou­rue par les sans-papiers et une inter­dic­tion de séjour de cinq ans dans l’UE.

    Sur le vote de la réso­lu­tion, les Verts et le PS fran­çais (le PSE est divi­sé sur la ques­tion) rejettent la direc­tive avec la GUE-GVN. Le Modem est divi­sé : Natha­lie Gries­beck, Anne La Per­rouze et Ber­nard Lehi­deux sont contre ; Marielle de Sar­nez, Jean-Marie Beau­puy et Phi­lippe Morillon s’abstiennent.

    Résul­tat final du vote en pre­mière lec­ture, le 18 juin 2008 : 369 pour, 197 contre, 106 abstentions.

    V. Poli­tique exté­rieure Le rôle de l’OTAN dans l’architecture de sécu­ri­té de l’UE (rap­port Vatanen)

    Le rap­por­teur du PPE, Ari Vata­nen, indique que « le Par­le­ment se féli­cite vive­ment de l’initiative fran­çaise visant à réin­té­grer offi­ciel­le­ment les struc­tures mili­taires de l’OTAN et salue les efforts déployés par la pré­si­dence fran­çaise au sein du Conseil pour rap­pro­cher l’UE et l’OTAN, en réponse aux nou­veaux enjeux sécu­ri­taires ». La mise sous tutelle amé­ri­caine de l’UE pro­voque un débat au Par­le­ment, clos par un vote extrê­me­ment serré.

    Le vote Résul­tat final du vote du Par­le­ment euro­péen en pre­mière lec­ture le 19 février 2009 : 293 pour, 283 contre, 60 abstentions.

    La GUE-GVN et les Verts se retrouvent sur le thème du désar­me­ment. La posi­tion du Modem est plus ambi­guë dans la mesure où il rejette la réso­lu­tion (sauf Jean-Marie Cava­da et Janel­ly Four­tou qui la sou­tiennent) mais vote contre la plu­part des amen­de­ments de la GUE-GVN dont le nº 26 qui « sou­ligne que toutes les poli­tiques de l’Union euro­péenne doivent être plei­ne­ment com­pa­tibles avec le droit inter­na­tio­nal » (sou­tien du PSE et des Verts, abs­ten­tion de Jean-Luc Bennahmias).

    Le résul­tat du vote sur l’amendement 27 (GUE-GVN) qui remet en cause les struc­tures dites « Ber­lin Plus » qui encadrent la coopé­ra­tion UE-OTAN est éclai­rant : GUE-GVN et Marie-Anne Isler-Béguin (Verts) votent pour, Marie-Noëlle Lie­ne­mann (PS) s’abstient et le reste du Par­le­ment vote contre »…

    La bataille fait tou­jours rage, à tel point que « les domi­nants au ser­vice de la finance » rêve­raient d’être dis­pen­sés de la pré­sence de plus en plus « inutile » et « encom­brante » des élus, les­quels com­mencent à se rebif­fer bien au-delà des seuls rangs du « Par­ti de Gauche européen »…

    On peut trou­ver un témoi­gnage de ces der­nières « indi­gna­tions des élus » dans la der­nière livrai­son de JL MELENCHON sur son Blog…

    Réponse
  95. Étienne

    Mer­ci Aïda, ce mes­sage est très inté­res­sant, et important.

    Il en fau­drait d’autres comme celui-là, sur tous les sujets, et sur tous les partis.

    On y per­çoit bien que, lors­qu’on a L’IMPRESSION que, en France comme en UE, le par­le­ment vote « comme un seul homme », c’est une impres­sion qui conduit à oublier, à négli­ger, les quelques par­le­men­taires, qui sont de moins en moins nom­breux parce que nous en éli­sons NOUS-MÊMES de moins en moins, qui résistent comme ils peuvent. 

    Ce mes­sage me fait mieux per­ce­voir l’in­jus­tice qui peut avoir été la mienne dans cer­tains juge­ments trop glo­ba­li­sants, trop à la serpe.

    Je regrette ces injustices.

    Cepen­dant, je rap­pelle quand même que je signale dans presque chaque confé­rence que Mélen­chon et Géné­reux sont « mes pré­fé­rés ». Donc, il ne faut pas char­rier quand même, dans le sens inverse qui ferait de moi un anti­com­mu­niste… Ce serait com­plè­te­ment décon­nant. Il ne faut pas être sus­cep­tible au point de tirer à bou­lets rouges sur ses proches pour quelques mal­adresses injustes. Il faut aus­si tenir compte du fait que, plus on parle, plus on prend le risque de dire une bêtise 🙂 (sans que ce soit vrai­ment un drame).

    En tout cas, mer­ci Aïda, pour cette utile mise au point.

    Étienne.

    PS : auriez-vous des liens pré­cis vers le blog de Jean-Luc, sur cette question ?

    Je rap­pelle que le livre « En quête de gauche » est un réqui­si­toire pas­sion­nant contre toutes les tra­hi­sons de toutes les social-démo­cra­ties du monde, une liste longue comme un jour sans pain de toutes les tur­pi­tudes de tous les par­tis soi-disant « socia­listes » du monde. À lire.

    Réponse
  96. Alain Guillou

    Étienne, en effet, le ter­rain est « LA PLUPART DU TEMPS » assez savon­neux et pen­tu pour que se ramassent à la pelle au pied du mur, un amal­game d’extrémistes et de non extré­mistes que d’autres extré­mistes enduisent avec joie d’une boue partageable…Il est vrai que la plu­part du « temps res­tant », revoi­là la poli­tique poli­ti­cienne dans toute l’hypocrisie de ses langues de bois d’es­sences diverses… Ici on a fonc­tion­né comme un tri­bu­nal popu­laire sans la pres­sion d’un « pou­voir domi­nant », et si je ne m’au­to­rise pas à faire par­tie du jury, tu es acquit­té, mal­gré mon témoi­gnage « à charge »… Même cette jus­tice de proxi­mi­té n’est pas infaillible ! J’es­père que quelques blo­gueurs de « hau­tet­fort » vien­dront désor­mais ici véri­fier à quoi res­semble un blog trop libre pen­seur… En tous cas, phé­no­mène lié à l’am­biance de notre sar­ko­land, la ques­tion « QUI EST D ‘EXTRÊME-DROITE » est très racoleuse !

    Réponse
  97. Julia Moulin

    Je vous recom­mande le der­nier livre de nos amis Filoche et Cha­vi­gné : DETTE INDIGNE.

    Il m’a été conseillé par un « affreux-ami- socia­liste-qui-lutte-pour-L’AN­CRAGE A GAUCHE DU PS » 
    (http://​www​.demo​cra​tie​-socia​lisme​.org/​s​p​i​p​.​p​h​p​?​a​r​t​i​c​l​e​2​469)

    -Ils sont hélas mino­ri­taires au PS, mais les « indi­gnés » ima­ginent-ils qu’un tirage au sort à l’ins­tant pré­sent les dési­gne­rait peut-être comme un infime grou­pus­cule d’a­gi­ta­teurs, ou au mieux, une mino­ri­té agis­sante ? les insur­gés de la place TAHRIR ima­gi­naient-ils que leur laïque et sociale indi­gna­tion ini­tiale ouvri­rait grande la porte à son contraire isla­miste majoritaire ?

    -On devrait réflé­chir encore à la dyna­mique com­plexe qui conduit de l’in­di­gna­tion à l’é­man­ci­pa­tion : rien n’est « linéaire », l’or­ga­ni­sa­tion des citoyens ne va pas de soi, il y a par­tis et par­tis, et en France, l’heure de « la trans­ver­sa­li­té » entre mou­ve­ment social et dyna­mique poli­tique me semble avoir son­né pour convo­quer un front popu­laire de citoyens diver­se­ment orga­ni­sés sans voi­ler leurs « appar­te­nances-ou-pas » d’as­so­cia­tions par­tis clubs blogs ou syn­di­cats dont la conver­gence pos­sible ne soit pas le fias­co habituel !

    La matrice dis­po­nible est pro­ba­ble­ment « le Front de gauche », car il a posé le prin­cipe d’un « pro­gramme par­ta­gé » qui ne soit pas « fice­lé-à-prendre-ou-a-lais­ser », mais jus­qu’i­ci dis­cu­table, amen­dable par les assem­blées citoyennes, du moment que les grandes lignes et prin­cipe sont annon­cées dès son titre : « l’hu­main d’a­bord » : c’est tout un pro­gramme déjà… déve­lop­pé jus­qu’au point où il peut encore être appro­prié par « nous » !

    Réponse
  98. Étienne

    À pro­pos du racisme qui est effec­ti­ve­ment, selon moi, LA PLUPART DU TEMPS, une erreur que l’on peut corriger :

    Alain,

    Comme je vois que ça vous tara­buste, je vais éclair­cir un mal­en­ten­du (un mal­en­ten­du entre­te­nu par cer­tains comme si ça les arran­geait qu’un mili­tant de la vraie démo­cra­tie soit en fait un affreux crypto-raciste) :

    Je repro­duis ci-des­sous une mise au point que j’ai faite à ce sujet sur Face­book il y a quelque temps (le 13 octobre) :

    « Cyril, LE RACISME EST UNE SALOPERIE QU’IL FAUT COMBATTRE.

    Ça va ? C’est assez clair ?

    Bon, main­te­nant, il ne faut pas être stu­pide et NE PAS TOUT MÉLANGER : je ne confonds pas le raciste « STRUCTUREL » (INCORRIGIBLE) et le raciste « CONJONCTUREL » (CORRIGIBLE) ; autre­ment dit, je ne confonds pas le vrai racisme (qu’il faut com­battre avec la der­nière éner­gie) avec la simple peur de l’autre (qui n’est pas un sen­ti­ment aus­si dan­ge­reux, ou aus­si incom­pré­hen­sible, car il dis­pa­raî­trait en même temps que sa vraie cause, qui est sou­vent économique).

    Je m’ex­plique :

    • Quand le roi Léo­pold II de Bel­gique colo­nise le Congo et réclame une main de noir par balle de fusil confiée à ses sol­dats pour évi­ter les gas­pillages (voir le livre bou­le­ver­sant d’A­dam Hoch­schild, « Les fan­tômes du roi Léo­pold), on est dans le racisme que j’ap­pelle struc­tu­rel, en pro­fon­deur, indé­crot­table, révul­sant : je pense qu’il est vain d’es­sayer de convaincre des monstres pareils. Il faut les combattre.

    Et je mets dans le lot des racistes struc­tu­rels (incor­ri­gibles et ultra-dan­ge­reux pour la cité) les racistes sociaux, comme le sont appa­rem­ment qua­si­ment tous les ultra-riches (les fre­lons oisifs) à l’en­contre des pauvres (les tra­vailleurs). Je pense qu’il est vain d’es­sayer de convaincre des monstres pareils. Il faut les combattre.

    • Par contre, quand une petite vieille dans sa cité a peur de tous ces jeunes à cas­quette à l’en­vers qui traînent jour et nuit dans l’en­trée, et qu’elle racia­lise cette peur en esti­mant qu’il y a trop d’é­tran­gers dans son pays (au lieu d’in­cri­mi­ner les POLITIQUES PATRONALES IMMIGRATIONNISTES qui ne per­mettent pas l’in­té­gra­tion har­mo­nieuse des étran­gers dans notre corps social, qui fabriquent de toutes pièce « l’ar­mée de réserve » d’un sous-pro­lé­ta­riat en escla­vage ou en déshé­rence char­gé pré­ci­sé­ment de faire PEUR au pro­lé­ta­riat et de le rendre DOCILE pour qu’il accepte des bas salaires et de dures condi­tions de tra­vail), je pense qu’ELLE SE TROMPE DE CAUSE, cette petite vieille, et qu’ON PEUT LUI EXPLIQUER, mais je ne fais pas d’elle un monstre iden­tique au vrai raciste, mu par une idéo­lo­gie de domi­na­tion à base de mépris des autres.

    Je pense que, de la part des gens sin­cè­re­ment de gauche, c’est folie de trai­ter de dan­ge­reux racistes tous ceux qui trouvent qu’il y a trop d’é­tran­gers dans leur pays : 1) c’est une erreur (ce n’est pas du racisme), et 2) ça dis­cré­dite la gauche auprès des classes popu­laires qui ne se sentent donc pas défen­dues sur un point jugé impor­tant et sot­te­ment cri­mi­na­li­sé : au total, cet amal­game idiot inter­dit tout regrou­pe­ment popu­laire à gauche et sert… les riches !

    Tiens, tiens… En fait, tout se passe comme si l’an­ti­ra­cisme (celui qui mélange tout et qui crie fort) avait été inven­té et défen­du par les plus riches, sous faux dra­peau « socia­liste », pour dis­sua­der la mul­ti­tude de ne plus jamais voter « à gauche », et pour ain­si péren­ni­ser… les grands privilèges.

    Je m’ap­puie, entre autres, sur le tra­vail de Chris­tophe Guilluy qui, dans son livre « Frac­tures fran­çaises », sou­ligne bien que cette crainte-du-trop-grand-nombre-d’é­tran­gers (qui est une réac­tion uni­ver­selle, contre laquelle il est d’ailleurs pro­ba­ble­ment illu­soire de résis­ter) n’a RIEN À VOIR avec le racisme (qui est une idéo­lo­gie de mépris et de domi­na­tion, qu’il faut combattre).

    Et quand je pré­tends (en le prou­vant) que la cause des causes des injus­tices sociales, c’est notre négli­gence par rap­port au pro­ces­sus consti­tuant (qui per­met aux riches d’é­crire eux-mêmes la Consti­tu­tion à tra­vers les élus qu’ils ont cor­rom­pus ; Consti­tu­tion dévoyée qui per­met à son tour de faire élire des pan­tins au ser­vice des ultra-riches et de pro­gram­mer en tous points l’im­puis­sante poli­tique TOTALE de la mul­ti­tude des gens qui tra­vaillent ; situa­tion déses­pé­rante de dif­fi­cul­tés éco­no­miques et d’im­puis­sance poli­tique qui entraîne à son tour la recherche de boucs émis­saires par­mi les­quels on trouve le plus sou­vent les étran­gers !) ; quand je dis donc que, dans son sens cou­rant (mal défi­ni à mon avis), LE RACISME EST UNE CONSÉQUENCE DES INJUSTICES SOCIALES ET PAS UNE CAUSE ; et quand je dis enfin que le racisme (dans son sens cou­rant, mal défi­ni à mon avis) est donc LOGIQUEMENT un pro­blème secon­daire (secon­daire ne signi­fie PAS sans impor­tance) par rap­port à la vraie démo­cra­tie et par rap­port à la pros­pé­ri­té éco­no­mique rai­son­nable, je ne suis pas sur une ligne fas­ciste, AU CONTRAIRE.

    Je peux me trom­per, cela va sans dire, mais pré­tendre que mon rai­son­ne­ment est sus­pect de com­plai­sance avec l’ex­trême-droite est d’une mal­hon­nê­te­té — ou d’une sot­tise — crasse.

    Je vous demande de lire ce que j’é­cris, et pas ce qu’é­crivent les autres de moi.

    Je vous remer­cie de l’ef­fort que vous ferez pour me com­prendre avant de me condamner.

    Étienne.

    ____________

    PS : Encore un mot, peut-être : quand je dis que le racisme est LA PLUPART DU TEMPS une erreur de juge­ment, je pense donc bien sûr à cette vieille dame, et je pense effec­ti­ve­ment que les cas de racisme idéo­lo­gique et indé­crot­table sont peu nom­breux, en regard de toutes ces réac­tions de peur (nom­breuses, elles) dont c’est la cause pre­mière qui devrait nous mobi­li­ser en prio­ri­té.

    Cher­chez la cause des causes (Héro­dote).

    Bon, voi­là. En tout cas, c’est ce que je pense, moi, pour l’ins­tant, du racisme et de « l’antiracisme ».

    Ah oui, aus­si, pour info :

    1) je suis marié à (et j’aime) une demi-étrangère,

    et

    2) pour moi, un étran­ger est un ami que je ne connais pas (encore).

    Étienne. »

    Réponse
  99. sitouaillain

    @ Etienne,

    En cher­chant une direc­tive toute fraiche mou­lue, je me suis aper­çu en tom­bant sur le blog de mélen­chon que ce dépu­té et ses pti cama­rades de la Gauche uni­taire euro­péenne fai­saient dans la par­tie « ana­lyse des votes en ses­sion » l’ef­fort d’ex­pli­quer les textes, d’ex­pli­ci­ter les enjeux et d’ex­pli­quer son vote, il explique aus­si les condi­tions de vote, par­fois rocam­bo­lesques, notam­ment lorsque la tra­duc­tion en fran­çais arrive 5min avant le vote, bref, de la transparence…

    et, c’est hors sujet mais ce qui se passe en tuni­sie, je l’es­père, cloue­ra le bec à ceux qui t’ont trai­té de fas­ciste, j’ai nom­mé andré bel­lon et raoul marc jen­nar : on voit qu’une révo­lu­tion peut être très vite spo­liée avec une assem­blée consti­tuante élue, à la proportionnelle…

    et pour faire plai­sir à alain je suis allé dire ce que je pen­sais de cette pro­po­si­tion du front de gauche sur le blog de méluche…0 débat suscité…

    Réponse
  100. Étienne

    Mer­ci Julia.

    Gérard et Jean-Jacques sont de vaillants résis­tants, de vrais héros dans ce panier de vieux crabes traî­treux qu’est le PS. Leur place est au Front de gauche, mais ils tiennent à res­ter au PS pour « ancrer le PS à gauche ». Bel objec­tif, mais mis­sion impos­sible, apparemment. 

    Les amis du peuple ne devraient pas être dans des par­tis différents. 
    Il fau­drait se concen­trer sur la cause des causes des injus­tices sociales et se réunir enfin.

    Les par­tis inter­disent cette union, et ils l’in­ter­di­ront toujours. 
    Pour sur­vivre, simplement. 
    Leur logique d’ap­pa­reil, logique de sur­vie, n’est pas la même que celle de leurs membres.

    Les par­tis nous empêchent de fraterniser.

    Mais nous n’a­vons besoin de par­tis que pour gagner des élec­tions : nous n’a­vons pas besoin de par­tis pour faire de la politique. 
    Je peux me trom­per, bien sûr, mais c’est ce que je crois.

    Étienne.

    Réponse
  101. Étienne

    Mer­ci Sitouaillain 🙂

    Il est beau, l’é­change que vous avez eu ici pen­dant les quatre jours que je viens de pas­ser à Metz et Paris. 
    J’ai pas­sé la mati­née à l’é­di­ter, pour y mettre quelques coups de sur­li­gneur, rendre les liens cli­quables, et cor­ri­ger les coquilles.

    Ce que raconte Mélen­chon sur son blog, qua­si­ment tous les jours, est lit­té­ra­le­ment pas­sion­nant : un vrai cours d’ins­truc­tion civique.

    Si vous avez des nou­velles de la consti­tu­tion tuni­sienne, faites pas­ser, s’il vous plaît.

    Ami­ca­le­ment.

    Étienne.

    Réponse
  102. sitouaillain

    Etienne,

    ins­truc­tion civique…si tu le dis ;), en tout cas en terme de pra­tique civique, le débat, c’est plus ici que ça se passe ! (enfin c’est quand même pas le fil le plus inté­res­sant du blog à mon avis…)

    mer­ci pour le tra­vail de mise au propre, j’ai un peu de mal avec ce blog, dès que je poste, ça sape toute ma mise en forme…grr

    pré­viens-moi la pro­chaine fois que tu passes à Paris, je ne peux pas te rece­voir décem­ment (à 2 dans un 20m² c’est déjà étroit…) mais ça serait l’oc­ca­sion se rencontrer…

    Réponse
  103. Étienne

    Volon­tiers, « sitouaillain »,

    Envoie-moi tes coor­don­nées sur [email protected]. Je t’appellerai.

    Étienne.

    Réponse
  104. Étienne

    Je viens de décou­vrir un nou­veau tor­chon « anti­fa », intitulé :
    « Étienne Chouard, porte voix de Kadha­fi » (ben voyons…)

    http://​contre​sub​ver​sion​.word​press​.com/​2​0​1​1​/​0​9​/​1​4​/​e​t​i​e​n​n​e​-​c​h​o​u​a​r​d​-​p​r​o​p​a​g​a​n​d​-​k​a​d​h​afi

    J’ai répon­du ça (ils com­mencent à me cas­ser les pieds, ces affreux) :

    « Bon­soir,

    Je découvre tar­di­ve­ment cet article calom­nieux et fantaisiste.

    Je manque de temps pour y répondre en détail, mais il faut quand même rec­ti­fier trois ou quatre énormités :

    1) Je laisse les gens com­men­ter mon mur Face­book en fai­sant le pari (démo­cra­tique — mais connais­sez-vous le sens de ce mot ?) que la publi­ca­tion de TOUTES les opi­nions dis­si­dentes per­met­tra à cha­cun d’y voir plus clair dans la com­plexi­té du réel.

    Et le plus sou­vent, l’expérience me donne rai­son car j’apprends des tas de choses utiles de mes lecteurs/commentateurs.

    2) En cette occur­rence pré­cise de la guerre lan­cée par la France contre la Libye, j’attire votre atten­tion sur le fait qu’un pays en guerre ali­mente tou­jours, par force, ce qui s’appelle une PROPAGANDE DE GUERRE, par essence très men­son­gère. Et votre site, auto-éti­que­té « contre-sub­ver­sif », c’est-à-dire pro-sys­tème (donc pro-gou­ver­ne­men­tal), vou­drait m’imposer de ne relayer sur ma page que la pro­pa­gande de guerre de mon pays (c’est inad­mis­sible, mais c’est logique avec un nom comme le vôtre).

    Il se trouve que je suis libre et que vos inti­mi­da­tions soi-disant « contre-sub­ver­sives » (la bonne blague) ne me font ni chaud ni froid : dans cette situa­tion de guerre, j’attache beau­coup d’importance à entendre et lire non seule­ment la pro­pa­gande de guerre de la France (le pays agres­seur, ne vous déplaise), mais aus­si la pro­pa­gande de guerre de la Libye (puisque le pays agres­sé est aus­si en guerre), et encore (et sur­tout ?) les infor­ma­tions des pays qui ne sont PAS en guerre (hors OTAN, donc)…

    Rai­son pour laquelle, les infor­ma­tions en pro­ve­nance de Thier­ry Meys­san et Michel Col­lon (qu’il est pro­pre­ment RIDICULE de pla­cer à l’extrême droite) — et d’autres — me semblent tout à fait inté­res­santes, sur­tout qu’elles ne sont nul­le­ment relayées par les médias mains­tream du pays (pour la rai­son évo­quée plus haut).

    3) Je passe une par­tie de ma vie à tra­vailler sur les consti­tu­tions du monde et je ne connais­sais pas le « livre vert ». J’ai donc natu­rel­le­ment remer­cié celui qui me l’a fait connaître ; la belle affaire !

    Je n’ai pas encore tra­vaillé ce texte, mais je ne man­que­rai pas de publier mes impres­sions le moment venu. Est-ce inter­dit ? Par qui ? Si vous me l’interdisez, ça va m’inciter à le lire plus vite et plus atten­ti­ve­ment encore… Pour qui vous pre­nez-vous ? Tenez-vous une « liste des livres inter­dits » ? C’est ridicule.

    Par contre, je suis très inté­res­sé (pour me mettre à l’abri d’une éven­tuelle « sub­ver­sion »… vous allez me pro­té­ger) par une liste détaillée des reproches pré­cis que vous faites vous-même à ce « livre vert » : êtes-vous capable de pro­duire cette cri­tique fac­tuelle et objec­tive ? Ça m’intéresse au plus haut point.

    J’aimerais éga­le­ment, si vous êtes au cou­rant, que vous me don­niez des infor­ma­tions sur la réa­li­té de l’application (ou de la non appli­ca­tion) de ce « livre vert » dans la vie quo­ti­dienne des Libyens, avant qu’on ne les mas­sacre à coups de bombes pour leur apprendre la « démo­cra­tie » (la fausse).

    En la matière, j’ai tout à apprendre, réel­le­ment, et je suis donc ouvert à tout ensei­gne­ment. Je ne risque donc pas de me fer­mer à telle ou telle infor­ma­tion, sous les injonc­tions com­mi­na­toires d’un pré­ten­du « contre-sub­ver­sif » sor­tant d’on ne sait où : j’ai besoin d’une INFORMATION PLURALISTE (mais savez-vous le sens et l’importance de ce terme ?) pour m’éclairer convenablement.

    4) Vous me repro­chez qu’aucune contra­dic­tion n’ait été appor­tée sur ma page aux infor­ma­tions venant défendre le point de vue de Kadha­fi… Mais ce n’est pas moi qui ali­mente ces dif­fé­rents points de vue, bien sûr, dans un dos­sier que je ne connais pas et dont j’attends pré­ci­sé­ment des lumières en pro­ve­nance des autres.

    Puisque ces infor­ma­tions dis­si­dentes vous ont sem­blé si erro­nées, POURQUOI N’ÊTES-VOUS PAS VENUS VOUS-MÊMES, VOUS OU VOS AMIS, PROTESTER, CONTESTER, CORRIGER, CES INFORMATIONS EN APPORTANT LES VÔTRES ? Pourquoi ?

    Per­sonne ne vous l’interdisait puisque mon mur est ouvert à la contra­dic­tion. C’est quand même extra­va­gant de me repro­cher à moi de vous être tus vous-mêmes… Puisque vous êtes sans doute porteur(s) (comme vous êtes cou­ra­geu­se­ment anonyme(s), je ne sais pas s’il faut par­ler de vous au sin­gu­lier ou au plu­riel) des preuves irré­fu­tables que ces infor­ma­tions qui vous hérissent étaient fausses, que n’êtes-vous venus au moins démen­tir ces dernières ?

    Je pense plu­tôt que vous êtes un sacré Tar­tuffe, un hypo­crite, un faux-nez peut-être, un drôle sûrement.

    Votre dos­sier ne vaut rien, c’est un tis­su d’âneries, de mau­vais pro­cès, de micro-détails mal inter­pré­tés et mon­tés en épingle à la manière d’une com­mère en mal de ragots.

    Tout ça est lamen­table. Vous nous faites perdre un temps pré­cieux, au lieu de vous en prendre aux vraies causes des injus­tices sociales.

    Mais ce chan­tier-là vous inté­resse mani­fes­te­ment moins que la calom­nie professionnelle.

    Sale bou­lot que le vôtre.
    J’espère au moins que vous êtes bien payés.

    Je ne vous salue pas.

    Étienne Chouard. »

    Réponse
  105. Alain Guillou

    Le « pro­cès » fait à Étienne, je le lui fai­sais « droit dans les yeux » dès le début de mes inter­ven­tions sur ce blog (que j’a­dore), mais ce n’est pas celui, fourbe et « de mos­cou » qui lui est fait par des « déla­teurs ins­pi­rés » sur des blogs soi-disant « antifa… »

    Je ne dis pas « Étienne est un ceci ou un cela », ce que je mets en doute c’est la ver­tu poli­tique d’une cer­taine façon de s’a­ven­tu­rer sur les ter­rains glis­sants dont la pente est bien faite pour nous ramas­ser « en bas », au plus bas du populisme.

    JL Mélen­chon au début de son enga­ge­ment pour « la révo­lu­tion citoyenne », s’est trou­vé pié­gé dans une telle pente, mais elle avait été bien lubri­fiée par « les salauds » (pré­cau­tion : « au sens sar­trien du mot ») de Puja­das and C°…nom choi­si au hasard je ne sais pas pour­quoi…: il est connu !

    Il se trouve que le « sar­khol­land » est un ter­ri­toire pen­tu glauque et glis­sant avec une bes­tiole marine « en bas » et qui chante comme une sirène : « moi, gluante ? …jamais de la vie, d’ailleurs j’ai tou­jours dit à mon pater­nel que lui c’é­tait pas moi… »

    Étienne a un cer­tain mérite car il n’im­pose aucune cen­sure, donc pas à sa propre « inves­ti­ga­tion » : sans doute a‑t-il des chaus­sures anti­dé­ra­pantes, donc « BRAVO ÉTIENNE » (et mer­ci, aussi…)!

    Mais quand même, fais bien atten­tion, car beau­coup glissent en ce moment : mon larousse semble lui-même avoir subi une invi­sible pul­vé­ri­sa­tion : chaque mot me conduit à me mordre les joues : tan­tôt la droite, tan­tôt la gauche !

    Réponse
  106. catherine

    Cher Alain, vou­lez-vous bien entendre ce que dit un mon­sieur du nom de Gödel, qui se fonde sur les Prin­ci­pia Mathe­ma­ti­ca et qui a publié son célèbre(?)théorème sur ‘indi­ci­da­bi­li­té qui dit que nous pou­vons aban­don­ner sans risques l’es­poir qu’un sys­tème assez com­plexe pour inclure l’a­rith­mé­tique ou n’im­porte quel lan­gage com­plexe ne pour­ra jamais prou­ver sa propre contra­dic­tion à l’in­té­rieur de son propre cadre, ça revient à ce que dit Ein­stein. Car cette preuve-là ne peut venir que du dehors et non du dedans, aus­si il faut sor­tir du cadre de la pseu­do-contra­dic­tion du sys­tème et construire un méta­sys­tème qui vienne englo­ber le nôtre

    Réponse
  107. catherine

    Je reviens vite fait sur cette phrase : »« Étienne Chouard, porte voix de Kadha­fi » : quand bien même ce serait vrai, ce serait tout à fait à votre hon­neur Étienne, car qu’a-t-on fait de cet homme ? Je parle de l’homme en tant qu’­homme et non de ce qu’il a fait car ce qu’il a fait s’il l’a fait c’est parce que beau­coup d’autres y trou­vaient inté­rêt sinon il n’au­rait tout sim­ple­ment pas pu ébau­cher un seul geste, que dis-je, pas même une seule pen­sée. Alors il faut arrê­ter de ran­ger les gens dans des cases en fonc­tion de l’hu­meur du moment, il me semble qu’il n’y a pas si long­temps les tapis rouges étaient dérou­lés, l’au­rait-on oublié ?

    C’est tout sim­ple­ment une mons­truo­si­té ce que l’on fait subir à tous ces gens, et main­te­nant en Syrie, mais de quel droit, en ver­tu de quelle qua­li­té pour­rions-nous déci­der de ce qui est bon ou pas bon, quel est notre éta­lon que diable, est-il si bon que cela que nous puis­sions l’ex­por­ter si diligemment ?

    Réponse
  108. catherine

    Pour conti­nuer sur l’as­pect« sys­té­mique » ESSENTIEL de nom­breux auteurs notam­ment ceux qui s’in­té­ressent à la thé­ra­pie fami­liale savent bien qu’un sys­tème qui passe par tous ses chan­ge­ments internes pos­sibles( quel que soit leur nombre) sans effec­tuer de chan­ge­ment de struc­ture, de cadre est condam­né, je dis bien condam­né à un jeu sans fin.

    Mais le para­doxe encore une fois c’est que le sys­tème quand il est ver­rouillé comme il l’est aujourd’­hui ne sau­rait s’ou­vrir que par de toutes toutes petites brèches, d’où l’u­ti­li­té que dis-je, la néces­si­té impé­rieuse de construire sur le ter­rain du quo­ti­dien vécu à chaque seconde, à chaque souffle dans le plus petit petit acte qui soit, c’est sur le ter­rain de l’or­di­naire, du tout petit ordi­naire que l’ex­tra-ordi­naire se cache encore !

    Réponse
  109. Alain Guillou

     » Je dirais, si j’é­tais exces­sif, que ce sont des méthodes fas­cistes « …(avo­cat d’une pré­su­mée tra­fi­quante fran­çaise en Amé­rique du sud). Les méthodes consistent à accu­ser sans preuve et en s’ap­puyant sur des « témoins fan­tômes ». En fait nous sommes tous capables de choses assez proches de cela, et seule une phi­lo­so­phie du droit peut nous aider à « ne pas déra­per » : c’est peut-être dans cette branche de la pen­sée phi­lo­so­phique que l’on peut dépas­ser la peti­tesse du lan­gage immé­diat dis­po­nible et pen­ser depuis un « méta­sys­tème », celui de la pen­sée « cri­tique ». En tous cas je par­tage les réti­cences d’IN­DY­ME­DIA contre les sim­plismes poli­tique dont Étienne se contente par­fois, mais je condamne cette police poli­tique que pré­tend assu­mer ce flic idéo­lo­gique « indy­mé­dia », avec des méthodes peu scru­pu­leuses contre Étienne. Fra­ter­ni­té répu­bli­caine ! Vive la pen­sée libre !

    Réponse
  110. Quant au terme bankster

    La pre­mière fois que j’ai lu ce terme « banks­ter », c’é­tait dans un édi­to­rial de l’Hu­ma, il y a long­temps, mais actuel­le­ment encore Patrick Le Hya­ric, direc­teur de ce quo­ti­dien « fas­ci­sant » selon les cri­tères des accu­sa­teurs d’E­tienne Chouard (il est vrai que le quo­ti­dien com­mu­niste a « flot­té » en 1940 le temps de « dépas­ser le trouble » de Munich et l’in­di­gna­tion vichyste face au « pacte ger­ma­no-sovié­tique »…hum!)…Nous sommes dans une période de nou­veau « trouble », il suf­fit d’en­tendre Madame Badin­ter patau­ger dans « ce qu’elle ne vou­lait pas dire » pour se poser la question :

    Il fut un temps où il fal­lait par­tir à Londres pour entendre « les Fran­çais parlent aux fran­çais »…aujourd’­hui il faut tra­ver­ser toutes les lignes pour que le peuple « se parle librement ».

    Qu’on appelle clai­re­ment à la vigi­lance contre le Front natio­nal puis­qu’il pra­tique la dési­gna­tion de bouc émis­saires inno­cents pour « expli­quer la crise » avec des méthodes qui n’ont pas de nom sup­por­table si l’on res­pecte ceux à qui l’on s’adresse.

    La dési­gna­tion des « banks­ters » n’est pas un appel à la haine contre des inno­cents, c’est l’ob­jet du livre de Patrick LE HYARIC, que je recom­mande : « Le Bal des rapaces »
    Fraternellement.(Alain bien sûr)

    Réponse
  111. Olga Quintavalle

    Pour dire l’indicible
    On risque torts
    On risque gros
    Pour cibler l’invisible
    On risque mort
    Vis­queuse trop
    Pour ôter l’impossible
    Fran­cisque encor
    À nos drapeaux
    On risque fort
    D’en faire trop…

    Réponse
  112. lanredec

    Ne débat­tez pas de droite ou de gauche. Il y a bien d’autres axes sur les­quels peut se déve­lop­per une pen­sée poli­tique, et clai­re­ment les axes que vous déve­lop­pez sur votre site sont ortho­go­naux à ce que mettent sur l’axe droite-gauche ceux qui ont le cer­veau uni­di­rec­tion­nel. Et puis n’ou­blions pas que le fas­cisme (« Tout dans l’É­tat, rien contre l’É­tat, rien hors de l’É­tat ») est une doc­trine de gauche puisque déri­vée du Jaco­bi­nisme. Et qu’­Hit­ler était natio­nal-socia­liste, ce que sa poli­tique éco­no­mique démontre amplement.

    Réponse
  113. Étienne

    Affaire « Ornel­la Guyet – Marie-Anne Botuleau » : 
    les hon­teux stra­ta­gèmes d’une mani­pu­la­trice démasqués

    par Sil­via Cattori
    lun., 27 juin 2011 02:22

    La jour­na­liste qui, sous le pseu­do­nyme de « Marie-Anne Bou­to­leau », et sous le masque d’une « anar­chiste liber­taire anti­fas­ciste », se livrait depuis plu­sieurs mois sur divers sites Inter­net – Article11, Indy­me­dia, Rebel­lyon (*) – à une fré­né­tique cam­pagne d’ac­cu­sa­tions calom­nieuses contre de pré­ten­dus « fas­cistes », « d’ex­trême droite », « conspi­ra­tion­nistes », et « anti­sé­mites », vient d’être démas­quée par l’une de ses cibles : Fran­çois Asse­li­neau, le pré­sident de l’U­nion Popu­laire Répu­bli­caine (UPR).

    Ayant pu éta­blir que le véri­table nom de « Marie-Anne Bou­to­leau » est Mlle Ornel­la Guyet, l’U­PR – dont le pro­gramme est de sor­tir de l’U­nion euro­péenne, et qui se défend d’être à l’ex­trême droite [1] – a dépo­sé plainte contre elle [2] et appor­té à son sujet d’é­ton­nantes révé­la­tions. En par­ti­cu­lier que Mlle Guyet avait par­ti­ci­pé sous son vrai nom à un « Sémi­naire sur les Médias Inter­na­tio­naux », orga­ni­sé à Paris du 15 au 21 mars 2009 sous l’é­gide du Cen­ter for the Stu­dy of Inter­na­tio­nal Com­mu­ni­ca­tions et de la School of Media and Public Affairs de l’U­ni­ver­si­té George Washing­ton. Une uni­ver­si­té qui serait « connue pour être l’un des hauts lieux de for­ma­tage des élites amé­ri­caines à la pen­sée unique ultra-libé­rale (…) [et] éga­le­ment connue pour être un lieu de recru­te­ment de la Cen­tral Intel­li­gence Agen­cy (CIA), un cer­tain nombre d’en­sei­gnants y ser­vant d’a­gents recru­teurs » [3].

    La pré­sence dans ce cénacle de celle qui se pré­sente comme « anar­chiste liber­taire anti­fas­ciste » lors­qu’elle écrit sous le pseu­do­nyme de « Marie-Anne Bou­to­leau » est pour le moins trou­blante et sou­lève bien des ques­tions. Tou­te­fois, l’U­PR évite de se livrer à des conclu­sions trop hâtives : « Nous n’af­fir­mons pas que Mlle Guyet et ses com­pères de « l’an­ti-fas­cisme » sont for­cé­ment des agents de la CIA ou des ser­vices d’in­fluence amé­ri­cains. Mais nous dirons que les infor­ma­tions obte­nues, plus sur­pre­nantes les unes que les autres, ont conduit à ce que le doute s’installe ».

    Éga­le­ment trou­blante appa­raît dans cette affaire l’at­ti­tude d’A­cri­med – un site axé sur la cri­tique du trai­te­ment de l’in­for­ma­tion et la mise en lumière des men­songes de la presse. Dans un billet à ses adhé­rents qui aurait dû res­ter confi­den­tiel, au lieu de condam­ner les inac­cep­tables dérives de sa « col­la­bo­ra­trice » Guyet-« Bou­to­leau », dont la plume dis­tille men­songes et invec­tives sur divers sites, le Conseil d’ad­mi­nis­tra­tion d’A­cri­med condamne l’U­PR [4]. Ce qui, du point de vue des per­sonnes lésées, montre une curieuse col­lu­sion entre Guyet-« Bou­to­leau » et Acrimed.

    Cette étrange his­toire a de quoi déso­rien­ter un lec­to­rat de gauche qui accor­dait jus­qu’i­ci sa confiance à cer­tains des sites incri­mi­nés. Elle ne peut que l’in­ci­ter à se deman­der au béné­fice de qui Guyet-« Bou­to­leau » lan­çait ses appels à la lutte contre de pré­ten­dus « fas­cistes », et si ces appels n’a­vaient pas pour prin­ci­pal objec­tif de créer la divi­sion entre des gens qui devraient avoir – et ont sans doute – beau­coup en commun.

    Avant de tirer quelques pre­miers ensei­gne­ments de ce qui vient d’être dévoi­lé, il convient de rap­pe­ler com­ment on en est arri­vé là.

    L’o­ri­gine de « l’af­faire Bou­to­leau » et ses rebondissements

    Le site Article11 publiait, le 28 mars 2011, un article incen­diaire signé « Marie-Anne Bou­to­leau et Joe Rash­kou­nine », [5] accu­sant le site web Le Grand Soir de publier des « auteurs issus de l’ex­trême-droite ou de la mou­vance conspi­ra­tion­niste. Une dérive regret­table, sur fond de confu­sion­nisme poli­tique et avec l’an­ti-impé­ria­lisme pour seule grille de lec­ture ». Par­mi ces auteurs, qua­li­fiés pêle-mêle de « fas­cistes », « anti­sé­mites », « néga­tion­nistes », « conspi­ra­tion­nistes » etc : Jean Bric­mont, Fran­çois Asse­li­neau, Michel Col­lon, Annie Lacroix-Riz, Sil­via Cat­to­ri, Michel Chos­su­dovs­ky. D’autres sites web étaient éga­le­ment mis à l’in­dex, par­mi les­quels : Dazi­baoueb, Info­Wars, Mon​dia​li​sa​tion​.ca, Vol​taire​.net.

    S’en­sui­vit une vive réac­tion de la part des res­pon­sables des sites Dazi­baoueb [6] et Le Grand Soir [7] dénon­çant les allé­ga­tions calom­nieuses de Bou­to­leau et sus­ci­tant, sur leurs forums res­pec­tifs, un tor­rent de commentaires.

    La goutte qui fit débor­der le vase, et pré­ci­pi­ta le dépôt de plainte de l’U­PR contre Ornel­la Guyet-« Bou­to­leau », fut la viru­lente cam­pagne qu’elle mena ulté­rieu­re­ment contre Fran­çois Asse­li­neau [8].

    À peine le vrai nom de cette « jour­na­liste » était-il révé­lé par l’U­PR que Dazi­baoueb, un des sites visé par ses attaques, dénon­çait ses hon­teux pro­cé­dés [9]. Les admi­nis­tra­teurs du Grand Soir, quant à eux, tom­baient des nues en décou­vrant qu’une cer­taine Ornel­la Guyet avec laquelle ils avaient, par ailleurs, des échanges ami­caux… n’é­tait autre que celle qui les atta­quait sous le pseu­do­nyme de « Marie-Anne Bou­to­leau », et ils en dénon­çaient vive­ment la dupli­ci­té [10] ! Nul ne peut, en effet, accep­ter de se faire publi­que­ment et indé­fi­ni­ment insul­ter. Tôt ou tard les vic­times réagissent. Ayant été per­son­nel­le­ment visée, nous avons éga­le­ment réagi en deman­dant, au site Article 11, un Droit de réponse qui, sans sur­prise, nous fut refu­sé [11].

    Il est rare de voir une vraie « conspi­ra­tion­niste » prise en fla­grant délit de manipulation

    Si à ce stade, les décou­vertes faites par l’U­PR n’ont pas encore per­mis de démê­ler tous les fils, la plainte dépo­sée contre Ornel­la Guyet, a déjà eu pour effet posi­tif de cal­mer la fré­né­sie dénon­cia­trice qu’elle déployait sous pseu­do­nyme. Et de mettre en évi­dence des aspects cachés et inquié­tants de la vie poli­tique, en France et dans nos pays res­pec­tifs. Aspects qui demeurent géné­ra­le­ment incon­nus du public, à savoir : l’in­fil­tra­tion de groupes et mou­ve­ments par des agents pro­vo­ca­teurs agis­sant sous pseu­do­nymes – que l’on a géné­ra­le­ment peine à confondre faute de preuves maté­rielles [12] et qui sont par consé­quent rare­ment démasqués.

    Ces révé­la­tions com­mencent à lever le voile sur les véri­tables « conspi­ra­tion­nistes », qui cari­ca­turent, dénigrent, dif­fament des auteurs qu’ils qua­li­fient, ad nau­seam d’ « extrême droite », de « fas­cistes », d’ « anti­sé­mites », de « néga­tion­nistes », pour dis­cré­di­ter leurs ana­lyses et les iso­ler ; et qui, pour y par­ve­nir, ins­tru­men­ta­lisent des mou­ve­ments dans le but de sus­ci­ter des divi­sions par­mi des mili­tants, ou simples citoyens, qui ont beau­coup en com­mun, de façon à les jeter les uns contre les autres dans une guerre fic­tive et hai­neuse entre gauche et pré­ten­dus « fascistes ».

    Quelle cha­pelle poli­tique ser­vait Mlle Guyet-« Bou­to­leau », en agis­sant de la sorte ? La chose reste à éclair­cir. Le fait que ce ne soit pas seule­ment Article11, qui soit com­pro­mis pour avoir publié son brû­lot, mais éga­le­ment le site Acri­med, – dont les membres se pré­sentent comme « la gauche de la gauche » – qui se soli­da­rise avec son « adhé­rente » Guyet-« Bou­to­leau », sou­lève de nou­velles ques­tions [13].

    Ce qui est d’ores et déjà cer­tain est que toutes les per­sonnes sur les­quelles elle a vou­lu jeter le dis­cré­dit, dans son article dif­fa­ma­toire du 28 mars 2011, ont pour carac­té­ris­tique d’être des cri­tiques vigou­reux, soit de la poli­tique impé­ria­liste des puis­sances alliées de l’O­tan, soit de la poli­tique de l’É­tat hébreu (et de cer­tains aspects de cette poli­tique qui res­tent géné­ra­le­ment tabous, y com­pris au sein du « camp de la paix »), soit des deux à la fois.

    Ain­si, sous cou­vert d’une ligne poli­tique se pro­cla­mant « de gauche » et « clai­re­ment anti­ca­pi­ta­liste » – d’une gauche, dit-elle, qui se refuse à avoir « l’an­ti-impé­ria­lisme pour seule grille de lec­ture » – la tech­nique gros­sière que Guyet-« Bou­to­leau » a uti­li­sée pour dis­cré­di­ter ces auteurs consis­tait à les accu­ser, selon les cas, et par amal­game, d’être « d’ex­trême droite », « conspi­ra­tion­nistes », « anti­sé­mites » ou « néga­tion­nistes ». Ou – par exemple pour Jean Bric­mont – d’a­voir de « troubles accoin­tances régu­liè­re­ment dénon­cées par des mili­tants anti­fas­cistes » [14]. Cela bien sûr en se dis­pen­sant de jus­ti­fier ses accu­sa­tions sur la base de ce que ces der­niers disent et écrivent réel­le­ment. C’est par ce genre de pro­cé­dé que, s’é­ri­geant en pro­cu­reur, Guyet-« Bou­to­leau » cher­chait à réduire au silence des authen­tiques anti-impérialistes !

    Cette affaire jette une lumière crue sur les jour­naux et les sites inter­net dits « alter­na­tifs » aux­quels Bou­to­leau se réfère avec insis­tance comme des « sources sérieuses » à l’ap­pui de ses affir­ma­tions calom­nieuses, ou qui publient ses articles dif­fa­ma­toires. Notam­ment : conspi​ra​cy​watch​.info, indy​me​dia​.org (en France), ReflexeS [15], Arti​cle11​.info, CQFD, luft­men­schen, Rebel­lyon, pour ne citer que ceux-là [16].

    Les lec­teurs, qui ignorent géné­ra­le­ment tout de ces manœuvres hon­teuses de noyau­tage et de mani­pu­la­tion par des faus­saires omni­pré­sents sur la toile, mais aus­si au sein des mou­ve­ments sociaux, ont aujourd’­hui à la lumière de cette affaire la preuve écla­tante que cer­tains sites et organes dits d’in­for­ma­tion, pré­ten­du­ment « indé­pen­dants, alter­na­tifs, liber­taires », peuvent avoir – sous cou­vert d’une chasse à des « anti­sé­mites » et des « fas­cistes » ima­gi­naires, fabri­qués à des­sein – un agen­da bien dif­fé­rent de la lutte qu’ils pro­clament. Un lec­teur aver­ti en vaut deux.

    Cela dit, mal­gré les ten­ta­tives de mise sous contrôle de l’in­for­ma­tion, Inter­net demeure un fan­tas­tique outil de com­mu­ni­ca­tion et d’é­change. Pas éton­nant que de nom­breuses offi­cines et de nom­breux États cherchent à s’en empa­rer. Les lec­teurs doivent impé­ra­ti­ve­ment apprendre à faire le tri et à se méfier des sites dont les posi­tions appa­rem­ment « radi­cales » ne sont qu’une image affi­chée pour mieux ser­vir d’ap­pât à des fins de condi­tion­ne­ment poli­tique. Et se rap­pe­ler que nombre d’in­ter­ve­nants sur les forums, ne sont pas là en toute inno­cence : ils ne sont là que pour ali­men­ter de faux débats et dis­cré­di­ter l’in­for­ma­tion sérieuse.

    Une conclu­sion per­son­nelle dou­lou­reuse tou­chant la dif­fa­ma­tion et la manipulation

    Mon expé­rience per­son­nelle m’a ame­née à bien com­prendre ce que recouvrent cer­taines accu­sa­tions gra­tuites. En l’oc­cur­rence l’as­so­cia­tion à l’« anti­sé­mi­tisme » et au « négationnisme ».

    En 2002 j’ai visi­té la Pales­tine. Ce fut une décou­verte bou­le­ver­sante mais riche d’en­sei­gne­ments. Ce que j’y ai vu et com­pris a chan­gé ma vie. J’y suis retour­née en 2003 et en 2006. J’ai rap­por­té en toute sin­cé­ri­té les hor­reurs com­mises par les sol­dats israé­liens dont j’a­vais été témoin et que, à ma sur­prise les jour­na­listes basés à Jéru­sa­lem ou Tel Aviv, et les envoyés spé­ciaux, minimisent.

    Très vite, avec effa­re­ment, j’ai vu appa­raître, en France, le qua­li­fi­ca­tif infa­mant d’ « anti­sé­mite » ou de « néga­tion­niste » acco­lé à mon nom, me voyant ain­si asso­ciée, par des curieux plu­mi­tifs, à la sinistre his­toire du nazisme pour avoir sim­ple­ment témoi­gné de ce que j’a­vais vu en Palestine !

    J’ai rapi­de­ment été ame­née à consta­ter qu’il y avait, y com­pris au sein du mou­ve­ment de soli­da­ri­té pro-pales­ti­nien, des per­sonnes qui se ser­vaient de leur posi­tion pour humi­lier et déshu­ma­ni­ser des gens dont l’a­na­lyse heur­tait leur « sen­si­bi­li­té ». Ou, plus pré­ci­sé­ment remet­tait en ques­tion leurs par­tis pris. Leur arro­gance, leurs pro­cé­dés ignobles, m’ont pro­fon­dé­ment heur­tée. Le nom de cha­cune des per­sonnes qui ont, par leurs men­songes, cou­vert mon nom de boue – et celui de tant d’autres per­sonnes par­fai­te­ment res­pec­tables – reste depuis lors gra­vé dans ma mémoire.

    Entre 2003 et 2006, révol­tée par ce que je décou­vrais, vou­lant com­prendre ce phé­no­mène nou­veau pour moi, je me suis ren­due à Paris où j’ai inter­ro­gé nombre de per­sonnes qui se sont trou­vées du jour au len­de­main accu­sées d’ « anti­sé­mi­tisme », dont l’hu­mo­riste Dieu­don­né. Cela m’a per­mis de mesu­rer l’am­pleur de cette imposture.

    J’ai pu voir com­ment, fin 2003, à la suite de son sketch sur la vio­lence des colons juifs en Pales­tine, une foule de gens bizarres s’est ruée sur lui. J’ai pu voir com­ment l’ac­cu­sa­tion infa­mante lan­cée par des orga­ni­sa­tions juives et leurs avo­cats [17] en a rapi­de­ment fait, l’« anti­sé­mite » le plus célèbre et le plus per­sé­cu­té de France. J’ai pu voir com­ment celui qui était pré­cé­dem­ment qua­li­fié d’« humo­riste le plus talen­tueux et aimé des Fran­çais » s’est vu sou­dai­ne­ment ban­ni, dans le rôle du paria.

    J’ai pu voir com­ment le très esti­mé socio­logue Edgar Morin s’é­tait vu lui aus­si pris dans une tour­mente et condam­ner, en 2005, pour « dif­fa­ma­tion raciale et apo­lo­gie des actes de ter­ro­risme » pour avoir cosi­gné un article inti­tu­lé « Israël-Pales­tine : le can­cer », publié en juin 2002 dans la tri­bune libre du quo­ti­dien Le Monde. Il nous avait alors confié : « Beau­coup de gens me disent « mais toi tu peux écrire ces choses là parce que tu es d’o­ri­gine juive mais nous on n’o­se­rait pas, on a peur, on se ferait tout de suite trai­ter d’an­ti­sé­mite. » Alors, cette peur de se faire trai­ter d’an­ti­sé­mite chaque fois que l’on veut exer­cer un acte de libre cri­tique, crée un cli­mat empoi­son­né. » [18]. Le juge­ment qui le condam­nait fut heu­reu­se­ment cas­sé ulté­rieu­re­ment, en 2006, par la Cour de Cas­sa­tion. Mais tous les dif­fa­més n’ont pas eu un pro­cès qui les a blan­chis, ou les moyens d’en enga­ger un.

    J’ai pu voir, dans mon propre cas, com­ment ce méca­nisme avait fonc­tion­né [19] à par­tir de calom­nies lan­cées contre moi, pour com­men­cer, par Pierre Stam­bul, alors vice-pré­sident de l’U­nion juive fran­çaise pour la paix (UJFP) [20]. J’ai pu voir com­ment, une fois asso­ciée à un nom, et lâchée, l’ac­cu­sa­tion d’« anti­sé­mi­tisme » et de « néga­tion­nisme » était mon­tée en épingle, par exemple dans les colonnes du men­suel du judaïsme fran­çais l’Arche [21] ; ou de Proche-Orient.Infos, un autre organe de pro­pa­gande en faveur d’Is­raël, main­te­nant dis­pa­ru, diri­gé par une ancienne jour­na­liste du Nou­vel Obser­va­teur, Eli­sa­beth Schem­la. Et com­ment, une fois jetés en pâture, les noms des per­sonnes ain­si salies étaient repris en boucle, sans aucune véri­fi­ca­tion, à lon­gueur d’an­nées, par toute une ribam­belle de mani­pu­la­teurs. Pour être enfin reprises par des jour­na­listes peu scru­pu­leux du quo­ti­dien Libération.

    Tou­te­fois, l’a­bus du pro­cé­dé a fini par en émous­ser l’ef­fi­ca­ci­té [22]. L’in­vo­ca­tion du pré­ten­du « dan­ger anti­sé­mite » ne fai­sant plus à lui seul recette, la nou­velle tac­tique en usage, pour trans­for­mer un adver­saire en épou­van­tail, est de le qua­li­fier tout à la fois d’« anti­sé­mite », « fas­ciste », et d’« extrême droite ». Il convient donc de ne jamais perdre de vue qu’en poli­tique les calom­nies sont des armes. Et que ceux qui s’en servent – comme nous l’a­vons vu avec Ornel­la Guyet ou d’autres – ont un agen­da caché. Par consé­quent, quand il vous arri­ve­ra de les entendre dire qu’un tel est « anti­sé­mite », « fas­ciste », « conspi­ra­tion­niste », n’en croyez rien. Deman­dez-vous ce qu’ils cherchent à mas­quer sous leurs gros men­songes. Et allez véri­fier par vous-mêmes ce que disent vrai­ment les per­sonnes incriminées.

    Sil­via Cattori

    ___________

    Notes :

    (*) À ne pas confondre avec le site espa­gnol Rebelión

    [1] Voir la charte fon­da­trice de l’U­PR : http://www.u‑p-r.fr/charte-fondatrice

    [2] Voir : « Dépôt de plainte à l’en­contre de Mlle Ornel­la Guyet et des sites inter­net Indy­me­dia et Rebeyl­lyon », u‑p-r.fr, 14 juin 2011

    [3] Voir : « Qui veut nuire à l’U­PR ? Dr Jekyll & Mrs Hyde : « L’an­ti­fas­ciste Bou­to­leau et la très amé­ri­ca­no­phile « Pro­fes­sor » Guyet », u‑p-r.fr, 14 juin 2011.

    [4] Ce billet nous apprend que c’est « sur man­dat d’A­cri­med et au nom du CA » que son « adhé­rente » Guyet-Bou­to­leau a par­ti­ci­pé au sémi­naire en ques­tion. Et il s’in­surge contre « l’ac­cu­sa­tion à peine mas­quée, à la fois gro­tesque et scan­da­leuse, por­tée contre Ornel­la par l’U­PR d’être un agent, réel ou poten­tiel, de la CIA (ou de l’im­pé­ria­lisme amé­ri­cain) ». Voir : http://​www​.legrand​soir​.info/​q​u​a​n​d​-​l​e​-​g​r​a​n​d​-​s​o​i​r​-​r​e​c​e​v​a​i​t​-​l​e​-​b​a​i​s​e​r​-​d​e​-​j​u​d​a​s​-​u​n​e​-​h​i​s​t​o​i​r​e​-​c​r​o​u​s​t​i​l​l​a​n​t​e​-​i​n​c​r​o​y​a​b​l​e​-​m​a​i​s​-​v​r​a​i​e​.​h​t​m​l​#​f​o​r​u​m​7​0​097

    [5] Voir : « Le Grand soir : ana­lyse des dérives droi­tières d’un site alter », par Marie-Anne Bou­to­leau et Joe Rash­kou­nine, arti​cle11​.info, 28 mars 2011.

    [6] Voir : « En réponse à article 11 », dazi​baoueb​.fr, 30 mars 2011.

    [7] Voir :

    « Le Grand soir : ana­lyse des dérives droi­tières d’un site alter », legrand​soir​.info, 9 avril 2011.

    « Ana­lyse de la culture du men­songe et de la mani­pu­la­tion « à la Marie-Anne Bou­to­leau » sur un site alter », legrand​soir​.info, 16 avril 2011.

    [8] Voir : « Atten­tion, l’ul­tra-droite sou­ve­rai­niste débarque à Lyon ! », par Des anti­fas­cistes lyon­nais et pari­siens (avec la docu­men­ta­tion réunie par Marie-Anne Bou­to­leau, jour­na­liste indé­pen­dante), paris​.indy​me​dia​.org, 5 juin 2011.

    [9] Voir : http://​www​.dazi​baoueb​.fr/​a​r​t​i​c​l​e​.​php ?art=23450

    [10] Voir : « Quand Le Grand Soir rece­vait le bai­ser de Judas (une his­toire crous­tillante, incroyable mais vraie). », legrand​soir​.info, 17 juin 2011.

    [11] Voir : « Refus de publi­ca­tion d’une demande de « droit de réponse » par Article XI – Marie-Anne Bou­to­leau, une bien étrange jour­na­liste ! », par Sil­via Cat­to­ri, sil​via​cat​to​ri​.net, 18 juin 2011.

    [12] Ain­si, par exemple, les men­songes répan­dus par des sites pro-israé­liens pour déna­tu­rer les témoi­gnages et dis­cré­di­ter les témoins de crimes com­mis par l’ar­mée israé­lienne nous avaient déjà démon­tré l’u­sage de ces pra­tiques. Voir : « Pro­pa­gan­distes au ser­vice de l’É­tat colo­nial d’Is­raël – Cidin­fo : Un site où les fal­si­fi­ca­tions sont reines », par Sil­via Cat­to­ri, sil​via​cat​to​ri​.net, 6 jan­vier 2005.

    Nous avions fait un constat du même genre à l’é­poque où nous avions ren­con­tré Dieu­don­né, ain­si que le socio­logue Edgar Morin dans le cadre de divers entre­tiens. Voir : « Infil­tra­tion et mani­pu­la­tion des sites Inter­net – Les « maîtres chan­teurs » sillonnent les Sites et les Forums », par Sil­via Cat­to­ri, sil​via​cat​to​ri​.net, 3 octobre 2005.

    [13] Le fait que le Conseil d’ad­mi­nis­tra­tion d’A­cri­med ne condamne pas les calom­nies pro­fé­rées par Guyet-Bou­to­leau contre des per­sonnes res­pec­tables, et se soli­da­rise avec elle dans ses démê­lés avec l’U­PR, revient à cau­tion­ner ses agis­se­ments. Voir les réac­tions sur le forum de cet article du Grand Soir.

    [14] Figure du mou­ve­ment anti-impé­ria­liste et pro­fes­seur de phy­sique théo­rique à l’U­ni­ver­si­té de Lou­vain, Jean Bric­mont, qui avait été blâ­mé dans un article (non signé) de REFLEXes pour avoir recom­man­dé la lec­ture du livre de Paul-Éric Blan­rue « Sar­ko­zy, Israël et les juifs », avait répon­du à ses détrac­teurs en défen­dant vigou­reu­se­ment la liber­té d’ex­pres­sion et en se livrant à une cri­tique déca­pante du pré­ten­du « com­bat anti­fas­ciste » de ses détrac­teurs. Voir : « Anti­fas­cistes encore un effort, …si vous vou­lez l’être vrai­ment », par Jean Bric­mont, 21 0ctobre 2009.

    [15] Voir par exemple les nom­breuses inter­ven­tions de Bou­to­leau sur le forum de cet article de CQFD du 11 jan­vier 2011 inti­tu­lé « Les infil­trés ».

    [16] Si cette pseu­do-jour­na­liste signe Marie-Anne Bou­to­leau dans CQFD, Arti​cle11​.info, Oum­ma, Acri­med, Les­mot­son­tim­por­tants, Indy­me­dia, Rebel­lyon [à ne pas confondre avec le site espa­gnol Rebe­lión], Acri­med etc, elle signe en revanche sous son vrai nom, à savoir Ornel­la Guyet, dans Le Monde diplo­ma­tique et Bastamag.

    [17] Notam­ment, l’U­nion des Patrons et Pro­fes­sion­nels Juifs de France (UPJF), le Conseil repré­sen­ta­tif des ins­ti­tu­tions juives de France (CRIF), l’U­nion des étu­diants juifs de France (UEJF).

    [18] Voir : « Edgar Morin : « On a créé un état d’in­ti­mi­da­tion » », par Sil­via Cat­to­ri, sil​via​cat​to​ri​.net, 17 juin 2005.

    [19] Voir : « L’ac­cu­sa­tion d’an­ti­sé­mi­tisme comme arme au béné­fice d’Is­raël – Pales­tine : l’am­pleur de la tra­gé­die exige un sou­tien sans faille », par Sil­via Cat­to­ri, sil​via​cat​to​ri​.net, 30 jan­vier 2005.

    [20] Pierre Stam­bul était inter­ve­nu auprès de sites pour deman­der que soit enle­vée une inter­view de Dieu­don­né que j’a­vais réa­li­sée. Par la suite, dans l’ar­ticle « Les « nou­veaux » anti­sé­mites », publié sur le site de l’U­JFP (et aujourd’­hui reti­ré) il m’as­so­ciait à l’ac­tion de « cou­rants inté­gristes », à « l’ex­trême droite » à des « néga­tion­nistes », de « vrais anti­sé­mites ». Voir : « Anti­sé­mi­tisme : réa­li­té et ins­tru­men­ta­li­sa­tion », par Pierre Stam­bul, 20 octobre 2006.

    [21] L’Arche, qui avait écrit, en 2005, que Sil­via Cat­to­ri « avait un long pas­sé d’ou­trances anti­juives » a dû publier son Droit de réponse.

    [22] En jan­vier 2008, Ber­nard Rave­nel, alors pré­sident de l’As­so­cia­tion France Pales­tine Soli­da­ri­té (AFPS), et Richard Wag­man, pré­sident d’hon­neur de l’U­nion Juive Fran­çaise pour la Paix (UJFP), furent condam­nés par la XVIIème chambre du tri­bu­nal cor­rec­tion­nel de Paris pour avoir dif­fa­mé le jour­na­liste et écri­vain Jean-Paul Cruse en le trai­tant d’ « anti­sé­mite notoire » et de « néga­tion­niste notoire », sans aucune preuve à l’ap­pui. Voir : « Usage de l’an­ti­sé­mi­tisme à des fins poli­tiques – L’ac­cu­sa­tion d’an­ti­sé­mi­tisme ne fait pas tou­jours recette », par Sil­via Cat­to­ri, sil​via​cat​to​ri​.net, 23 mai 2008.

    Source : http://​www​.sil​via​cat​to​ri​.net/​a​r​t​i​c​l​e​1​6​9​3​.​h​tml

    Réponse
  114. Morpheus

     » … s’emparer des pré­ju­gés et des pas­sions popu­laires, de manière à intro­duire une confu­sion de prin­cipes qui rend toute entente impos­sible entre ceux qui parlent la même langue et ont les mêmes intérêts … » (*)

    Ben voi­là, on est en plein dedans ! La mise en pra­tique sys­té­ma­tique et orga­ni­sée de la mani­pu­la­tion des dis­si­dences ayant pour but de divi­ser pour mieux régner, en s’ap­puyant sur … les pas­sions des uns et des autres.

    Il n’y a que la rai­son pour nous sau­ver de nos pas­sions. Mais qui fait valoir la rai­son en dépit des mul­tiples pièges pas­sion­nels qui nous sont tendus ?

    Même Mr Spock, par­fois, y succombe …

    Ah ! Un petit truc, peut-être, pour moins faci­le­ment tom­ber dans le piège : consi­dé­rer le mes­sage (les idées) et non le mes­sa­ger (les per­sonnes qui trans­mettent le mes­sage). De cette façon, j’ar­rive assez sou­vent à ne pas tom­ber dans le piège de la polé­mique pas­sion­nelle. Il y a une véri­table ver­tu démo­cra­tique dans cette méthode, qui me per­met tout autant de dia­lo­guer avec une sym­pa­thi­sante de Marine Le Pen, qu’a­vec un membre du PC. Ce qui ne fait de moi, ni un « com­plice de fascho », ni un « com­plice des néo-staliniens ».

    Quant à ceux ou celles qui seraient, par cal­cul ou cré­ti­nisme, ten­té tout de même de me mettre une éti­quette sur le front … je les emmerde ! Rien à cirer.

    Mor­pheus,
    anar­chiste, liber­taire, démo­crate et poil à gratter.

    (*) Mau­rice Joly – Dia­logue aux enfers entre Machia­vel et montesquieu

    Réponse
  115. Étienne
  116. Ana Sailland

    Bigre, j’y ai pas­sé trois heures … J’aime bien l’a­bro­ga­tion de l’or­don­nance royale de 1834 😉

    J’a­voue avoir un peu de peine à déco­der le jar­gon, la topo­lo­gie du spectre d’un anneau com­mu­ta­tif m’é­tant plus fami­lière hihi, mais sur le fond, il me semble que nos « repré­sen­tants » ne sont quand même pas clean. Il me reste cepen­dant du tra­vail avant d’a­voir les idées claires. D’au­tant plus impor­tant si je me mêle de ça en public, ouïe ouïe.

    Oui, ce Sam a de la res­source. Dom­mage que les gens usent de pseudos 🙁

    Réponse
  117. Étienne

    Ce Sam est un ami cher. 
    Une sorte d’al­ter ego.
    Il s’ap­pelle Sam 🙂

    Réponse
  118. Étienne

    Encore une excel­lente ana­lyse du site Le Grand Soir — site que je trouve pas­sion­nant et cou­ra­geux, pour ma part ; exac­te­ment comme Michel Col­lon et Jean Bricmont :

    http://​www​.legrand​soir​.info/​l​e​-​f​a​s​c​i​s​m​e​-​r​e​v​i​e​n​d​r​a​-​s​o​u​s​-​c​o​u​v​e​r​t​-​d​-​a​n​t​i​f​a​s​c​i​s​m​e​-​o​u​-​d​e​-​c​h​a​r​l​i​e​-​h​e​b​d​o​-​c​a​-​d​e​p​e​n​d​.​h​tml

    Le fas­cisme revien­dra sous cou­vert d’antifascisme
    – ou de Char­lie Heb­do, ça dépend.

    Char­lie Heb­do, c’est comme les couches-culottes : à une cer­taine époque de sa vie, on trouve ça bien et on est content que ça existe.

    Rap­pel historique

    Mais je me sou­viens qu’en juin 2002, le rédac­teur en chef du jour­nal sati­rique fran­çais Char­lie Heb­do nous expli­quait com­ment la gauche pou­vait s’en sor­tir. Dans un article fleuve publié en plu­sieurs par­ties et inti­tu­lé « Pour aller à gauche, c’est par où ? », Phi­lippe Val avait déci­dé dans la deuxième par­tie de s’en prendre à Noam Chom­sky. Ici, les contre-véri­tés se sont enchai­nées au rythme d’un scan­dale bour­sier à New York. Chom­sky y fut qua­li­fié « d’amoureux des sectes », « il est gaga, (…) il empoi­sonne la réflexion de gauche en nour­ris­sant une théo­rie du com­plot ne flat­tant que les ins­tincts fas­cistes et visant à faire por­ter à un ’Autre’ les res­pon­sa­bi­li­tés des mal­heurs du monde ». Ou encore « il est évident que jamais, contrai­re­ment à ce que pense Chom­sky, les citoyens n’ont dis­po­sé d’autant d’informations ». Pas mal. Sauf que Chom­sky est, et dit, à peu près tout le contraire. Sans oublier ce bijou : « le style (de Chom­sky) est à l’usage des enfants du CM2 ». Pas mal pour le rédac­teur en chef d’un jour­nal qui fait dans le pipi-caca-prout.

    En sep­tembre 2007, dans sa chro­nique radio­pho­nique sur France-Inter, Phi­lippe Val – sous l’emprise de la jalou­sie ? – revient encore à l’attaque et lance « Chom­sky-Ben Laden, même com­bat ! ». Non, ce n’était pas de l’humour.

    Par­ti­ci­pant à un col­loque du patro­nat en 2007, il se défen­dra en pro­fé­rant ce Vol­tai­risme à l’usage des enfants de CM2 : « dia­lo­guer ou débattre, ce n’est en aucun cas être com­plice », et que l’essence même du dia­logue était de réunir deux inter­lo­cu­teurs de points de vue dif­fé­rents. (cf Wiki­pe­dia). On en pleu­re­rait, tel­le­ment c’est beau.

    Voi­là tout le style de Phi­lippe Val : pondre des articles sup­po­sés éta­ler une connais­sance ency­clo­pé­dique mais qui ne font en réa­li­té que cla­po­ter dans un jacuzzi.

    Défen­seur ardent de toutes les guerres de l’OTAN, toutes, il a quand même fini par être récom­pen­sé pour sa fidé­li­té légen­daire. Et c’est ain­si qu’il fut pro­mu en mai 2009 (« bom­bar­dé » aurais-je envie de dire…) à la direc­tion de France-Inter. Car ce n’est pas le tout que d’être un ven­du, encore faut-il savoir se vendre.

    Deux heures après sa nomi­na­tion à France Inter, il ren­voyait Fré­dé­ric Pom­mier qui fai­sait la revue de presse. En juin 2010, les humo­ristes Sté­phane Guillon et Didier Porte sont licen­ciés de France Inter. Quatre mois plus tard, l’humoriste Gérald Dahan est licen­cié à son tour, au len­de­main d’une chro­nique cri­tique envers Michèle Alliot-Marie.

    France-Inter est donc actuel­le­ment diri­gée par un type capable de balan­cer à la fois « Chom­sky-Ben Laden, même com­bat » et les der­niers inter­ve­nants qui pré­sen­taient un quel­conque inté­rêt sur cette radio (à l’exception de l’émission Là-bas si j’y suis, évi­dem­ment). Com­ment la situa­tion pour­raient-elle être pire que ça ?

    Phi­lippe Val a diri­gé Char­lie Heb­do de 1992 à 2009, soit 17 ans. 17 ans de pro­pa­gande gau­cho-impé­ria­liste. 17 ans de com­pli­ci­tés avec toutes les opé­ra­tions d’assassinat à ciel ouvert de l’OTAN. 17 ans qui n’ont appa­rem­ment pas gêné plus que ça le reste de cette joyeuse équipe de sou­dards (à quelques rares excep­tions près).

    Mais Char­lie Heb­do, c’est comme les couches-culottes : à une cer­taine époque de sa vie, on trouve ça bien et on est content que ça existe. Puis un jour on gran­dit et on est plu­tôt content de s’en passer.

    Retour au présent 

    Pour­quoi par­ler de Char­lie Heb­do ? Dans le numé­ro daté du 8 août 2012, un article inti­tu­lé « Les sou­tiens bruns de Damas », annon­cé en cou­ver­ture (« Syrie. Cette extrême droite qui sou­tient Damas ») et signé Eric Simon, nous refait le coup de dési­gner Le Grand Soir, et nom­mé­ment ses deux admi­nis­tra­teurs, comme des relais de l’extrême-droite.

    Sont éga­le­ment citées « des per­son­na­li­tés » telles que Michel Col­lon (salut Michel, ça va ? Qu’est qu’on rigole, non ?) qui, « avec l’intellectuel Jean Bric­mont se sont four­voyées à tel point que la CGT les a inter­dit de confé­rence à Paris en novembre 2011. »

    Voi­là une tech­nique que l’on recon­naît immé­dia­te­ment : le « petit » men­songe qui vient se glis­ser, ni vu ni connu. Bric­mont n’a jamais été « inter­dit », et Michel Col­lon, qui devait don­ner une confé­rence à la Bourse de Tra­vail de Paris, en fut empê­ché suite à une cam­pagne d’affiches éma­nant de milieux « anar­chistes ». On com­mence déjà à devi­ner les sources d’inspiration de Char­lie Heb­do. Avec Ornel­la Guyet, les anti­cons­pis-truc et Rudy Machin-chose, et main­te­nant Char­lie Heb­do, ce n’est même plus une tech­nique, c’est deve­nu un style.

    « Si l’analyse anti-impé­ria­liste per­met de débus­quer les rai­sons cachées des guerres « justes » ou « huma­ni­taires » du camp occi­den­tal, elle peut faci­le­ment dérailler si elle défend l’innommable com­mis par le camp d’en face. Si, en outre, elle laisse reprendre ses thèses par les sites d’extrême-droite, jusqu’à finir par s’inviter les uns chez les autres, la messe est dite. C’est ce qui est arri­vé à des sites comme legrand​soir​.info de Maxime Vivas et Vic­tor (sic) Dedaj, qui publient aus­si bien des articles d’Infosyrie que des (sic) contri­bu­tions de Ginette Skan­dra­ni (…) voire des dis­cours de Kadha­fi ou Bachar el-Assad… »

    Le jour­na­liste de Char­lie Heb­do n’a même pas su ortho­gra­phier cor­rec­te­ment mon pré­nom, c’est vous dire si son enquête fut méti­cu­leuse. Même pour calom­nier ? Sur­tout pour calom­nier, tu rigoles ou quoi ? Mais faire du copier/coller, Eric, c’est pas bien, même pour un jour­na­liste de Char­lie Heb­do. Si vous pou­viez faire cor­ri­ger la coquille à ceux (et celle) qui vous ont ins­pi­ré, mer­ci d’avance.

    Figure impo­sée : la véri­té, rien que la vérité.

    LGS n’a jamais défen­du « l’innommable com­mis par le camp d’en face ». A l’heure où le camp occi­den­tal n’avait pas sif­flé le signal de l’hallali, à l’heure où Bashir Al Assad jouis­sait de la consi­dé­ra­tion de notre gou­ver­ne­ment (et donc de notre presse), LGS dénon­çait un deal « innom­mable » pas­sé entre les USA et les tor­tion­naires au pou­voir en Syrie.

    Par ailleurs, LGS « laisse reprendre ses thèses par les sites d’extrême-droite » ? Oui, et par des sites incon­nus de divers pays et par pas mal de sites de la vraie gauche. Char­lie Heb­do sait com­ment inter­dire la repro­duc­tion d’articles en copy­left ? Est-ce qu’Eric Simon ne serait pas en train de nous dire : « Tai­sez-vous et faites taire » ?

    Alors voyons-voir : le nombre phé­no­mé­nal d’articles d’Infosyrie repris par le Grand Soir s’élève à 2 (si j’ai bien comp­té) et dont le conte­nu est irré­pro­chable – à mes yeux. Les (ah, un plu­riel ?) contri­bu­tions de Mme Skan­dra­ni s’élèvent à… 1 (au conte­nu irré­pro­chable – oui, oui, nous sommes au cou­rant main­te­nant, mer­ci). Quant aux « dis­cours de Kadha­fi ou Bachar el-Assad », réunis il doit y en avoir 3 ou 4 (en comp­tant les inter­views). Ces « dis­cours » n’ont pas été publiés « comme ça », pour le fun, mais en pleine période d’agression mili­taire ouverte contre la Libye et la Syrie. Char­lie Heb­do vou­drait que l’on s’abstienne de don­ner la parole aux diri­geants en exer­cice de pays en proie à une agres­sion mili­taire, ou de reprendre des infor­ma­tions qui contre-balan­ce­raient un tant soit peu le rou­leau-com­pres­seur média­tique. Où est la sur­prise pour un heb­do­ma­daire qui a sou­te­nu toutes les guerres de l’OTAN ?

    Char­lie Heb­do ne dit rien sur les articles repris par Le Grand Soir (et qui se sont révé­lés plus exacts que pas, soit-dit en pas­sant), mais nous sert un laïus sur l’administrateur du site Info­sy­rie. Ancien du GUD (« ancien », c’est bien, non ?) et autres affir­ma­tions qui deman­de­raient toutes à être véri­fiées, vu la qua­li­té et la pré­ci­sion habi­tuelle de ce genre d’article. Mais tout ça au final pour dire quoi ? Rien. Aucun com­men­taire sur le conte­nu, sinon que le patron, ben il est pas de « notre bord » (en ce qui concerne l’anti-impérialisme, il me semble que Char­lie Heb­do non plus n’est pas de « notre bord », en tous cas pas du mien). Mais Char­lie annonce quand même une bonne nou­velle : Le Grand Soir et l’extrême-droite « s’invitent les uns chez les autres ». C’est une bonne nou­velle parce que ça vou­drait dire que l’ « extrême-droite » se gau­chise au contact du Grand Soir. Sacré ser­vice que nous ren­dons à l’humanité, qui en sera cer­tai­ne­ment recon­nais­sante, et Char­lie avec sans doute.

    Par­don, on me souffle dans l’oreillette que c’est for­cé­ment le contraire. Mince, la conta­gion à sens unique (je parle évi­dem­ment d’une poi­gnée d’articles sur une dizaine de mil­liers, mais quitte à jouer à ce petit jeu, jouons le jusqu’au bout…).

    Et par la grâce de ces mêmes lois mys­té­rieuses, Char­lie Heb­do, sou­tien indé­fec­tible à toutes les guerres impé­ria­listes et vio­la­tions du droit inter­na­tio­nal, ne sau­rait être, et en aucun cas, taxé de pas­se­relle avec les fas­cistes néo­con­ser­va­teurs amé­ri­cains, parce que là, ça ferait « confusionniste ».

    Si tu cherches de l’eau dans un désert, il te faut mar­cher jusqu’au puits 
    (dic­ton arabe, mais pas vrai­ment parce que je viens de l’inventer)

    Les lec­teurs (vous comme moi) n’auraient donc pas le droit de savoir ce que pour­raient bien avoir à répondre les diri­geants des pays bom­bar­dés par nos forces mili­taires « huma­ni­taires ». Don­ner à lire une inter­ven­tion d’un res­pon­sable syrien ou libyen est « rouge-brun ». Pour ne pas être rouge-brun, il faut donc s’abstenir de don­ner à lire. Et pour celui qui « ose­rait » le faire (car on en est là…), il y a une puni­tion à la clé.

    La situa­tion est donc celle-ci : lorsque l’Occident attaque ou menace d’attaquer un pays diri­gé par un salaud, toute infor­ma­tion éma­nant peu ou prou du pays en ques­tion sera inter­pré­té comme un signe de ral­lie­ment au salaud en ques­tion et, par asso­cia­tion, fera de vous un salaud. Donc un rouge-brun. Donc un anti­sé­mite. Donc une cible. Bon­jour l’ambiance « USA post 11⁄9 ».

    Encore un peu, et Char­lie Heb­do dira qu’on est des mau­vais Fran­çais et nous repro­che­ra notre manque de patrio­tisme. Phi­lippe Val n’est plus à la tête de Char­lie Heb­do, mais son esprit rôde encore dans les locaux. Suis-je le seul à res­sen­tir des frissons ?

    Énon­cée à voix haute, claire et intel­li­gible, voi­là ce que ça donne :

    1) Lorsqu’un pays est atta­qué par l’Occident, il est inter­dit de don­ner la parole aux agressés.

    2) Lorsqu’un pays est atta­qué par l’Occident, il faut impo­ser un black-out sur toutes les infor­ma­tions ou inter­ven­tions en pro­ve­nance du pays ciblé – sauf celles qui vont dans le sens ou servent le dis­cours dominant.

    3) Lorsqu’un pays est atta­qué par l’Occident, le seules « infor­ma­tions » issues du pays sont celles qui seront sélec­tion­nées, fil­trées, char­cu­tées et com­men­tées par les com­men­ta­teurs offi­ciels et atti­trés du pays agresseur.

    4) Lorsqu’un pays est atta­qué par l’Occident, toute ten­ta­tive de relayer in exten­so, sans tri­pa­touillages ou cou­pures, des infor­ma­tions pro­ve­nant du pays agres­sé ou toute ten­ta­tive de contre-balan­cer a mini­ma la cam­pagne de pro­pa­gande sera qua­li­fiée de rouge-bru­nisme (en atten­dant le jour où ils emploie­ront le mot « trahison »).

    5) Pour toutes les rai­sons qui pré­cèdent, lorsqu’un pays est atta­qué par l’Occident, toute la presse – y com­pris « rebelle », « anar », etc. – s’alignera.

    Check-list : Irak, Afgha­nis­tan, Libye, Syrie… oui, ça marche et ça se véri­fie à tous les coups. En une seule for­mule : 1) + 2) + 3) + 4) + 5) = propagande.

    Voi­là : nous ne sommes même plus dans une situa­tion où un jour­nal nie faire de la pro­pa­gande (ce qui est de « bonne guerre », ha, ha !), mais dans une situa­tion où il la réclame, l’exige, tape du pied et se roule par terre devant ceux qui refusent de s’y plier.

    Suis-je le seul à res­sen­tir des frissons ?

    Faites ce que je fais, pas ce que je dis que je fais

    Le plus cocasse est que tous ces don­neurs de leçons et mora­listes n’ont et n’auraient – allez, soyons hon­nêtes – n’oseraient rien dire si le Monde ou Libé­ra­tion ou tout autre média appar­te­nant à un grand groupe capi­ta­liste hyper-sou­cieux du plu­ra­lisme publiaient des inter­ven­tions de Kadha­fi ou Bashir el-Assad ou Dieu sait qui. Non, non : eux seuls sont habi­li­tés à le faire, à déci­der les­quelles, à déci­der quels extraits, à com­men­ter des phrases choi­sies sor­ties du contexte et à déci­der quand et où… Oui, on connaît la musique. Mais pas nous et pas vous. Pour­quoi ? Parce que. Parce que quoi ? Parce que, quoi.

    Guerre huma­ni­taire : une érup­tion sou­daine, inat­ten­due et vio­lente de bonté ?

    Sans oublier une cer­taine loi de la nature : dans tout conflit, c’est plu­tôt l’agresseur qui recourt au men­songe. Pour­quoi ? Parce que l’agresseur veut la guerre et cher­che­ra donc des rai­sons pour la faire, quitte à les inven­ter. En réa­li­té, l’agresseur est pra­ti­que­ment obli­gé de les inven­ter. Pour­quoi ? Et bien parce que les jus­ti­fi­ca­tions pour une guerre d’agression – selon le Tri­bu­nal de Nurem­berg et selon le droit inter­na­tio­nal – sont au nombre d’un chiffre très très proche de zéro. Et lorsque la loi ne convient pas, il y a pas trente-six solu­tions : il faut la res­pec­ter, la chan­ger ou la vio­ler. L’Occident, en par­ti­cu­lier, est un adepte de la troisième.

    Oui, je sais : il y a la « guerre huma­ni­taire ». On ferait des guerres « huma­ni­taires ». Comme d’autres feraient de la « tor­ture thé­ra­peu­tique » ?. Risible, bien-sûr, mais pour la beau­té du débat, admet­tons un ins­tant ce concept de « guerre humanitaire ».

    Par consé­quent : Il exis­te­rait un espace-temps (ici et main­te­nant appa­rem­ment) où des pou­voirs poli­tiques seraient « for­cés » par des évé­ne­ments « par­ti­cu­liè­re­ment tra­giques » à faire une guerre pour des « rai­sons huma­ni­taires ». La cava­le­rie légère volant au secours de la veuve et de l’orphelin. Le petit gar­çon au fond de moi aime bien cette image. L’adulte, lui, lève un sour­cil en enten­dant que les res­pon­sables poli­tiques actuels seraient prêts à com­mettre le « crime des crimes » (tou­jours selon Nurem­berg et le droit inter­na­tio­nal) pour venir au secours d’une popu­la­tion (« étran­gère » qui plus est) dont jusqu’à pré­sent ils se fichaient éperdument.

    Étrange « charge émo­tion­nelle » et « appli­ca­tion de prin­cipes » de la part de diri­geants poli­tiques qui sont par ailleurs inca­pables de prendre la moindre mesure « huma­ni­taire » lorsqu’il s’agit des sans papiers, des Pales­ti­niens, des per­sonnes âgées, de qui vous vou­lez. Ils sont pour­tant là, sous leurs fenêtres, ou pas très loin. Ces mêmes res­pon­sables poli­tiques qui pour­raient sau­ver pour des rai­sons « huma­ni­taires » les 10.000 enfants qui meurent de faim par jour et pour un prix infé­rieur à un seul mis­sile de croi­sière. Nan, trop com­pli­qué. Allons plu­tôt bom­bar­der un pays pour mon­trer toute l’étendue de notre « bonté ».

    En résu­mé : les salo­pards qui nous gou­vernent auraient des crises d’humanisme tel­le­ment fortes qu’ils sont capables de tout, y com­pris de com­mettre l’irréparable, pour accom­plir le bien. Elle est étrange, cette déter­mi­na­tion – si sou­daine, si inat­ten­due, une véri­table révé­la­tion – qui n’apparaît que lorsqu’il s’agit de faire la guerre, loin de pré­fé­rence, dans un rap­port de forces tota­le­ment dés­équi­li­bré de pré­fé­rence (parce qu’il y a des limites chez eux, même aux prin­cipes), là où per­sonne ne peut vrai­ment contrô­ler ce qui se passe, et qu’on ne retrouve jamais en temps de paix…

    Oui, sou­dain, les voi­là qui sont « bons », et « atten­tion­nés », et « inflexibles », et « sou­cieux » du bien-être d’une popu­la­tion. Tel­le­ment sou­cieux qui si un membre de la popu­la­tion se pré­sente à la fron­tière pour un bout de pain, ils le ren­ver­ront chez lui avec ces mots d’encouragement : « ren­trez chez vous, on va bien­tôt vous envoyer des secours » (sur la gueule).

    Oui, sou­dain, dans toutes les tri­bunes, les mots « into­lé­rables » et « inad­mis­sibles » leur sortent de la bouche, comme des colombes de la manche d’un prestidigitateur.

    Oui, une véri­table méta­mor­phose. Mais qui ne dure, hélas, que le temps d’une guerre. Et qui dis­pa­raît, comme par enchan­te­ment, une fois la bête repue. A croire que toute leur pos­ture n’aura été créée et tenue que pour la circonstance.

    Mon Dieu que je suis mau­vaise langue !

    Le tout par des gens qui vous expli­que­ront avec tout le sérieux du monde et la main sur le cœur – de pré­fé­rence autour d’un dîner bien arro­sé – com­bien ils sont contre la peine de mort, cri­ti­quant au pas­sage les pays qui l’appliquent encore (jusqu’à là, tout va bien) et qui enchaînent aus­si­tôt qu’il faut faire la guerre, c’est-à-dire appli­quer la peine de mort à une échelle indus­trielle, mais cette fois-ci sans pro­cès, sans juge­ments, sans dis­cri­mi­na­tion, contre une popu­la­tion très majo­ri­tai­re­ment inno­cente de tout crime.

    Mon Dieu que je suis pinailleur !

    Sou­te­nir le fas­cisme suprême au nom d’un anti­fas­cisme de salon

    Le Grand Soir ferait trop dans l’anti-impérialisme ? Comme peut-on être trop contre le crime des crimes ? Com­ment peut-on être trop contre « le stade suprême du capitalisme » ?

    Le gant de velours du mar­ché ne mar­che­ra jamais sans une main de fer der­rière – McDo­nald ne peut pros­pé­rer sans McDon­nell Dou­glas, le fabri­cant (de l’avion de guerre) F15. – Tho­mas L. Fried­man « A Mani­fes­to for a fast World » – New York Times Maga­zine, 28 Mars, 1999

    Je croyais que la guerre était plu­tôt de droite et la paix plu­tôt de gauche. Je croyais que le res­pect du droit (y com­pris inter­na­tio­nal) était plu­tôt de gauche et sa vio­la­tion plu­tôt de droite. Je croyais que le droit des peuples à dis­po­ser d’eux-mêmes était plu­tôt de gauche et l’ingérence plu­tôt de droite. Je croyais que la cen­sure était plu­tôt de droite et la liber­té d’expression plu­tôt de gauche. Je croyais que l’aveuglement idéo­lo­gique était plu­tôt de droite et l’ouverture d’esprit plu­tôt de gauche. Je croyais que c’étaient nos actes et nos prises de posi­tion qui défi­nis­saient notre posi­tion­ne­ment poli­tique. Je croyais que s’endormir dans son lit et se réveiller dans un monde où toutes les valeurs étaient étran­ge­ment inver­sées n’arrivait que dans les romans de science-fiction.

    Je trouve même tota­le­ment indé­cent que l’on n’ait rien d’autre à nous oppo­ser, sinon que le pré­sident syrien ne serait pas l’Abbé Pierre (comme si nous ne le savions pas. Comme si n’avions pas nous-même rap­pe­lé que la Syrie, il y a encore peu, ser­vait de centre de tor­ture décen­tra­li­sé pour les États-Unis – pas très recon­nais­sants, comme à leur habi­tude) ou que le res­pon­sable de tel site ne serait pas du même bord poli­tique. Remar­quez, ça pour­rait être une autre bonne nou­velle parce que si ce n’est que ça, on va arran­ger ça ici et main­te­nant : « Le pré­sident de la Syrie est un salaud et le patron d’Infosyrie pue de la gueule. » Ca vous va ? Tout le monde est content ? On peut aller à la mani­fes­ta­tion main­te­nant et ten­ter d’arrêter le mas­sacre – où allez-vous encore nous trou­ver une autre excuse à la con ? Genre : l’ancien du GUD a l’haleine fraîche. Éric Simon pour­ra tran­cher puisqu’il se vante d’avoir dis­cu­té avec lui (il a le droit ! Pour­quoi ? Parce que la Sainte Inqui­si­tion a tran­ché ain­si : à Char­lie Heb­do, on peut, au Grand Soir, ce serait sacrilège).

    L’extrême-droite ferait de l’entrisme ? De l’entrisme dans quoi ? Le désert lais­sé par la gauche ? Et ce serait la faute du Grand Soir ? On entre dans une salle d’autant plus faci­le­ment qu’elle est vide. C’est plus dif­fi­cile lorsqu’elle est pleine à craquer.

    En réa­li­té, ce n’est pas le Grand Soir qui ali­mente des « pas­se­relles vers l’extrême-droite », mais des jour­naux comme Char­lie qui se la jouent « contestataires/libertaires » à lon­gueur de semaine et qui, au moment le plus cru­cial, tombent – presque « natu­rel­le­ment » – du côté le plus sombre, lais­sant le champ libre, et même ouvrant la voie, à d’autres. Char­lie Heb­do fait par­tie de cette presse, à l’instar de Libé­ra­tion, qui est deve­nu au fil du temps une véri­table fabrique de « gauche réac­tion­naire » et qui fait dire à un de ses jour­na­listes (conver­sa­tion télé­pho­nique avec un des admi­nis­tra­teurs du Grand Soir) : « l’anti-impérialisme me fait ger­ber ».

    Heu­reu­se­ment que le Grand Soir est là pour sau­ver (un peu) l’honneur de la gauche fran­çaise. Mais nous ne sommes pas seuls. Nous avons avec nous la qua­si-tota­li­té de la gauche lati­no-amé­ri­caine, nord-amé­ri­caine, asia­tique et afri­caine. Alors, être « iso­lés » au sein de la gauche fran­çaise, appe­lons ça « une posi­tion pas très confor­table », mais sans plus.

    Ce qui me fait pen­ser à ce qu’Ignacio Ramo­net (que j’apprécie beau­coup) avait écrit lors de la guerre contre la Libye – inter­ven­tion qu’il a sou­te­nue (eh oui…). En réfé­rence à l’opposition de la gauche lati­no-amé­ri­caine à cette inter­ven­tion, il a écrit que cette der­nière avait com­mis « une erreur his­to­rique ». Curieux qu’il ne se soit pas deman­dé si, a contra­rio, ce n’était pas la gauche fran­çaise, et lui avec, qui avait com­mis l’erreur his­to­rique en question.

    Lorsque Char­lie Heb­do se pro­mène la bra­guette ouverte

    Mais reve­nons à nos mou­tons (sic) de Char­lie Heb­do : Char­lie Heb­do, n’a appa­rem­ment rien à dire sur le fond de ce que nous publions et serait bien inca­pable de trou­ver un seul texte, une seule ligne, qui aille à l’encontre de notre ligne rédac­tion­nelle – qui est ce qu’elle est, que ça plaise ou non. Nous, nous par­lons de guerre et de paix, eux nous parlent du slip d’untel ou untel qui dépas­se­rait alors qu’eux-mêmes se pro­mènent la bra­guette grande ouverte. Exemples ?

    Acri­med rap­pelle que (extraits) :

    Une brève du 18 avril 2007 signale que « sur 38 col­la­bo­ra­teurs de Char­lie Heb­do : 18 votent Royal , 9 votent Voy­net, 3 votent Buf­fet, 3 votent Besan­ce­not, 3 votent Bay­rou , 1 vote Bové, 1 vote blanc. » Soient 21 col­la­bo­ra­teurs qui votent à « droite » et 16 à gauche. Char­lie Heb­do, de droite ? Oui, si l’on en croit Phi­lippe Val lui-même, puisque ce der­nier, en juin 1998 écri­vait que « la vraie droite aujourd’hui, c’est le PS. » Neuf ans plus tard, le 9 février 2007, il lâche chez Pas­cale Clark sur Canal+ (« en apar­té ») : « Je vote­rai pour le can­di­dat de gauche le mieux pla­cé. » Le mieux pla­cé ? Com­prendre Ségo­lène Royal.

    (…) Sur les prin­ci­pales ques­tions inter­na­tio­nales, Char­lie heb­do repro­duit peu à peu les posi­tions domi­nantes. Ain­si sur le Koso­vo. Alors que dans les années 70, Cabu s’insurgeait « contre toutes les guerres » et col­lec­tion­nait les pro­cès inten­tés par l’armée, en 1999, il sou­tient, avec toute l’équipe de Char­lie Heb­do, excep­tion faite de Siné et Charb, l’intervention mili­taire de l’OTAN au Koso­vo. Dans le n°361 de Char­lie Heb­do (19 mai 1999), en lieu et place de la chro­nique de Charb, un texte de Riss (qui n’écrit pas d’ordinaire) reproche même aux paci­fistes d’être des col­la­bos ! De même sur le trai­té consti­tu­tion­nel euro­péen : si d’autres voix que celle de Phi­lippe Val se font entendre, c’est lui qui conduit une cam­pagne véhé­mente et cari­ca­tu­rale contre les par­ti­sans du « non » au référendum.

    (…)

    Ce glis­se­ment poli­tique de gauche à droite, de la paix vers la guerre, de la sub­ver­sion vers l’orthodoxie, s’est fait pro­gres­si­ve­ment, mais sûre­ment. On voit ain­si dis­pa­raître, dans le silence qua­si-géné­ral, des signa­tures talen­tueuses (Cyran, Camé, Bou­jut,…) au pro­fit de plumes conven­tion­nelles et/ou média­ti­que­ment plus « relui­santes » : le des­si­na­teur Joan Sfar, l’ex-patron de France Inter Jean-Luc Hees, le socio­logue média­tique Phi­lippe Cor­cuff (lui même accu­lé à démis­sion­ner [16]), Renaud Dély venant de Libé­ra­tion, Phi­lippe Lan­çon du même, Anne Jouan du Figa­ro, etc.

    (…)

    …l’évolution conjointe des posi­tions poli­tiques et du posi­tion­ne­ment média­tique n’a pas été sans effet sur les pra­tiques jour­na­lis­tiques de l’hebdomadaire, et, au pre­mier chef, de Phi­lippe Val lui même : calom­nies et men­songes (notam­ment sur Noam Chom­sky), fausses rumeurs (par exemple sur le Forum social euro­péen), dif­fa­ma­tions de membres de l’Observatoire fran­çais des médias, refus des droits de réponse, que nous avons plu­sieurs fois rele­vés ici-même …

    (…)

    Charb a esti­mé, le 16 juillet 2008, que Siné avait por­té – c’est un comble – « atteinte » aux « valeurs essen­tielles » de Char­lie Heb­do. Et c’est pour­tant le même Charb qui dans sa chro­nique « Charb n’aime pas les gens » datée du 30 juillet 2008 écrit : « Per­sonne n’a dit que Siné était anti­sé­mite (…) parce que ça n’a jamais été le sujet du débat. Aurait-on tra­vaillé durant seize ans avec un anti­sé­mite ? Moi, non. » Si cela n’a jamais été le sujet du débat, alors pour­quoi Phi­lippe Val, dans son édi­to­rial du même jour se pose la ques­tion et res­sort une affaire vieille de 26 ans ? « Anti­sé­mite, Siné ? Ce n’est pas à moi d’en juger. Mais au len­de­main de l’attentat de la rue des Rosiers, en 1982, c’est lui-même qui décla­rait sur la radio Car­bone 14 : « Je suis anti­sé­mite et je n’ai plus peur de l’avouer. Je vais faire doré­na­vant des croix gam­mées sur tous les murs… Je veux que chaque juif vive dans la peur, sauf s’il est pro pales­ti­nien. Qu’ils meurent. » »

    (…)

    Une his­toire de Char­lie Heb­do http://​www​.acri​med​.org/​a​r​t​i​c​l​e​2​9​6​0​.​h​tml

    Etc.

    Lorsque le des­si­na­teur « de gauche » Plan­tu touche offi­ciel­le­ment un chèque de 10.000 euros de la dic­ta­ture brune-brune isla­miste du Qatar, tout le show­biz, chas­seurs de rouges-bruns et Char­lie Heb­do réunis regardent ailleurs. Vous appe­lez ça de la pudeur, de la honte ou de la complicité ?

    (Tiens, et sou­dain je pense à cet autre ancien des­si­na­teur vedette du jour­nal le Monde, Konk, qui a fini par rejoindre l’extrême-droite.)

    Lorsque Char­lie « de gauche » Heb­do publie à trois reprises et inter­viewe à domi­cile une des som­mi­tés du « rouge-bru­nisme » en France, membre du FN qui plus est à l’époque, vous appe­lez ça du jour­na­lisme, de l’autisme ou de j’aurais-mieux-fait-de-fermer-ma-gueule-isme ?

    Et on trouve tout ça sans même vrai­ment chercher.

    Le pro­blème, Char­lie, c’est que vous ne savez même plus où vous en êtes pour venir faire les marioles autour de Grand Soir. On en rirait si ce n’était pas aus­si pathé­tique. Alors le jour où Le Grand Soir exa­mi­ne­ra à la loupe cer­tains médias comme ces der­niers aiment tant le faire pour nous, il va y avoir de sacrées sur­prises. En atten­dant, Char­lie Heb­do a bien fait de ne pas employer le mot « confu­sion­nisme » parce que là, ils auraient eu l’air vrai­ment ballots…

    Eh oui, Char­lie Heb­do, c’est comme les couches-culottes : à une cer­taine époque de sa vie, on trouve ça bien et on est content que ça existe. Puis un jour on gran­dit et on est plu­tôt content de s’en pas­ser. Et avec le recul, même si on n’en a pas honte, on n’en est pas for­cé­ment fiers pour autant.

    Vik­tor Dedaj
    « alors, on rajoute une couche ou on en reste là ? »

    Source : http://​www​.legrand​soir​.info/​l​e​-​f​a​s​c​i​s​m​e​-​r​e​v​i​e​n​d​r​a​-​s​o​u​s​-​c​o​u​v​e​r​t​-​d​-​a​n​t​i​f​a​s​c​i​s​m​e​-​o​u​-​d​e​-​c​h​a​r​l​i​e​-​h​e​b​d​o​-​c​a​-​d​e​p​e​n​d​.​h​tml

    Je note particulièrement :

    « Pour­quoi par­ler de Char­lie Heb­do ? Dans le numé­ro daté du 8 août 2012, un article inti­tu­lé « Les sou­tiens bruns de Damas », annon­cé en cou­ver­ture (« Syrie. Cette extrême droite qui sou­tient Damas ») et signé Eric Simon, nous refait le coup de dési­gner Le Grand Soir, et nom­mé­ment ses deux admi­nis­tra­teurs, comme des relais de l’extrême-droite.

    Sont éga­le­ment citées « des per­son­na­li­tés » telles que Michel Col­lon (salut Michel, ça va ? Qu’est qu’on rigole, non ?) qui, « avec l’intellectuel Jean Bric­mont se sont four­voyées à tel point que la CGT les a inter­dit de confé­rence à Paris en novembre 2011. »

    Voi­là une tech­nique que l’on recon­naît immé­dia­te­ment : le « petit » men­songe qui vient se glis­ser, ni vu ni connu. Bric­mont n’a jamais été « inter­dit », et Michel Col­lon, qui devait don­ner une confé­rence à la Bourse de Tra­vail de Paris, en fut empê­ché suite à une cam­pagne d’affiches éma­nant de milieux « anar­chistes ». On com­mence déjà à devi­ner les sources d’inspiration de Char­lie Heb­do. Avec Ornel­la Guyet, les anti­cons­pis-truc et Rudy Machin-chose, et main­te­nant Char­lie Heb­do, ce n’est même plus une tech­nique, c’est deve­nu un style. »

    Réponse
  119. Étienne

    La réponse de Jean Bric­mont (à la même calom­nie hon­teuse de Char­lie Hebdo) ; 
    réponse sui­vie d’une ana­lyse plus géné­rale des pré­ten­dus « antifas » :

    Réponse
  120. Laurent

    A pro­pos de la loi de 1973.

    Les pro­pos de Bei­tone sur la loi de 1973 semblent vali­dés par Lor­don pui­qu’il y fait référence.

    Qu’en conclure ?

    Je suis un peu perdu.

    Réponse
  121. Étienne

    Sur la loi de 1973 et sur l’a­na­lyse d’A­lain Bei­tone (son pre­mier docu­ment, bref et insul­tant, et son deuxième docu­ment, plus détaillé et éclai­rant), voir :

    http://​etienne​.chouard​.free​.fr/​E​u​r​o​p​e​/​f​o​r​u​m​/​i​n​d​e​x​.​p​h​p​?​2​0​1​1​/​1​2​/​3​0​/​1​7​8​-​a​n​a​l​y​s​e​-​d​e​s​-​r​e​f​l​e​x​i​o​n​s​-​d​e​-​m​o​n​s​i​e​u​r​-​b​e​i​t​o​n​e​-​s​u​r​-​l​a​-​p​r​e​t​e​n​d​u​e​-​r​u​m​e​u​r​-​d​-​e​x​t​r​e​m​e​-​d​r​o​i​t​e​-​a​-​p​r​o​p​o​s​-​d​e​-​l​a​-​l​o​i​-​d​e​-​1​973

    Et notam­ment le pré­cieux (mais non défi­ni­tif) tra­vail de Lior et Magali : 
    http://​www​.theo​rie​-du​-tout​.fr/​2​0​1​2​/​0​3​/​l​o​i​-​1​9​7​3​-​r​o​t​h​s​c​h​i​l​d​.​h​tml

    Dans ce fil de dis­cus­sion de « La Théo­rie du tout », lisez bien les com­men­taires, et spé­cia­le­ment ceux de Sam (à la fin, juin 2012) qui sont, je trouve, par­ti­cu­liè­re­ment per­ti­nents. La contro­verse n’est pas finie.

    Il faut que je pré­pare une syn­thèse (à ce jour) des argu­ments en pré­sence dans la contro­verse sur la loi de 1973. 
    Les argu­ments de Sam sont puis­sants ; il faut les ramas­ser en une page A4, bien articulée.

    Étienne.

    Réponse
  122. Ana Sailland

    ça fait une quin­zaine que je me dis ça …

    On peut aus­si pis­ter, sources dif­fi­ciles à trou­ver, en tout cas par chez moi :

    - les effets de la loi de 1936 sur l’é­co­no­mie d’a­vant guerre
    – le refus, dans cette période, oppo­sé à de Gaulle de doter la France de l’é­qui­valent des divi­sions de panzers

    - Le miracle éco­no­mique qui a sui­vi 1945 : d’où venait le finan­ce­ment, outre le plan Mar­shall et le cadeau argen­tin (((tiens, on n’a pas ren­voyé l’as­cen­seur mais le FMI a « aidé » à big% )))

    - Quels sont les chan­ge­ments à impu­ter à la natio­na­li­sa­tion de la banque de France .

    - Causes, outre le choc pétro­lier, du bas­cu­le­ment de 1973 ( cita­tion du nico­las natio­nal : ren­dez vous compte, il n’y a pas eu un bud­get à l’é­qui­libre depuis 1973 <donc ça va saigner> )

    - La fameuse conven­tion : quelles déci­sions ou non déci­sions ? Quand y a‑t-il eu des réunions ? Le par­le­ment a‑t-il été consulté ?

    - Le maigre pla­fond a‑t-il été au moins utilisé ?

    - Sta­tis­tique des emprunts par l’État avant et après 73 . Qui sont les pré­teurs. Qui décide des taux. où trou­ver ça, je ne sais pas.

    ;;;;;;;;;

    La viru­lence de l’at­taque était peut être un symp­tôme. Je ne pense pas non plus que le dos­sier soit à enter­rer comme ça. Ne com­met­tons pas cepen­dant l’er­reur de nous accrocher.

    Réponse
  123. koa

    On parle du Char­lie heb­do de val , en fait.(?)

    Pas celui de cho­ron.(?) Qui avait au moins le mérite de ne rien respecter.

    Réponse
  124. Evanou

    Bon­jour Etienne,

    Je vou­lais don­ner mon avis sur votre pos­ture vis-à-vis du racisme et du sexisme qui sont selon vous des fronts secon­daires. Tel­le­ment secon­daires d’ailleurs que les défen­seurs du racisme et du sexisme peuvent consti­tuer des alliés poli­tiques potentiels (!).

    Je pense qu’il n’est pas pos­sible de créer un pro­jet réel­le­ment démo­cra­tique sans au préa­lable pen­ser l’é­ga­li­té de tous les citoyens. Or, les citoyens ne sont pas seule­ment des bour­geois ou des pro­lé­taires, ils sont aus­si femmes, hommes, Blancs, Noirs, Arabes, etc. Or, si nous sommes d’ac­cord pour dire qu’il existe une domi­na­tion de classe, je ne peux abso­lu­ment pas adhé­rer à votre pro­pos sur le racisme (et le sexisme par la même occa­sion) qui consiste à dire que ces maux sont le pro­duit d’  »une peur mal fon­dée » et donc peuvent être réso­lus par le dia­logue et l’é­du­ca­tion. Votre ana­lyse très indi­vi­dua­li­sante du racisme est sen­si­ble­ment la même que celle pro­po­sée par SOS Racisme à son époque. Un pro­blème qu’on résou­dra avec des badges jaunes infan­ti­li­sants et des inter­ven­tions dans les écoles. Le racisme (comme le sexisme) sont en réa­li­té deux SYSTEMES de domi­na­tion, qui struc­turent la socié­té, imprègnent les ins­ti­tu­tions et orga­nisent l’i­né­ga­li­té dans la dis­tri­bu­tion des richesses, du pou­voir poli­tique, des rôles sociaux, etc.

    Or com­ment pen­ser la démo­cra­tie réelle sans poser comme préa­lable l’é­ga­li­té de tous les citoyens (pas seule­ment l’é­ga­li­té de droits, mais l’é­ga­li­té réelle) ? Sans com­battre éner­gi­que­ment la domi­na­tion patriar­cale et la domi­na­tion blanche, le pou­voir sera peut-être ren­du à la masse des citoyens, mais à la masse mas­cu­line et blanche qui res­te­ra domi­nante, puis­qu’il n’y aura pas eu de réflexion et donc de chan­ge­ment social sur la place des femmes et des non-Blancs dans la société.

    Par ailleurs, je pense que la hié­rar­chi­sa­tion des luttes (classe, race, sexe) ne tient pas compte de la réa­li­té du vécu de la domi­na­tion. Avez-vous vous-même vécu l’une de ces deux autres formes de domi­na­tion pour savoir qu’elles sont moins bru­tales que la domi­na­tion de classe ? En ce qui me concerne, je vis sous le seuil de pau­vre­té mais je me sens au quo­ti­dien beau­coup plus oppres­sée et alié­née par ma condi­tion de femme que de prolétaire.

    Pour toutes ces rai­sons, je trouve que sur cette ques­tion du racisme et du patriar­cat votre pro­jet poli­tique manque de cohé­rence, et je ne peux m’y retrou­ver. Il est pour moi dif­fi­ci­le­ment conce­vable de trou­ver des alliés poli­tiques dans des groupes anti-éga­li­taires qui sont fer­vents défen­seurs du patriar­cat ou de l’as­si­mi­la­tion, deux formes de domi­na­tions extrê­me­ment oppres­santes au quotidien.

    Au plai­sir d’a­voir votre avis et de vous lire.

    Réponse
  125. Serge GAUTHIER

    Mon­sieur Frizon,

    Je sup­pose que vous vous décla­rez « huma­niste » et ouvert. Mais alors ! Qu’est-ce qui vous prend ? Quelle expres­sion de haine en quelques mots, votre rai­son est obs­cur­cie par une idéo­lo­gie d’une pré­ten­tion folle.

    Mer­ci Etienne, conti­nuez à échan­ger avec tous. Qui peut pré­tendre savoir ce qui est bon pour le monde ? 
    Quel inté­rêt y‑a-t’il à dis­cu­ter entre soi, avec soi ?

    Réponse

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